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LPH 997

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Jeudi 4 mai 2023

13 Iyar 5783

NÂș 997 |

Mensuel

DOSSIER ISRAËL, LA TÊTE DANS LES ÉTOILES

INTERVIEW NOÉMIE RICHARD L'ART DU FROMAGE REPORTAGE LE MOSSAD RECRUTE LES OLIM 'HADACHIM HISTOIRE L'ALTALENA, UNE AFFAIRE TRAGIQUE
À L'AFFICHE INTERVIEW D'ÉLIETTE ABÉCASSIS

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édito

Profitons du paysage sur le chemin

Contrairement aux autres peuples et peuplades qui choisirent d’ériger animaux, vĂ©gĂ©taux et minĂ©raux comme dieux ultimes, et de se faire plusieurs divinitĂ©s au cas oĂč l’une d’entre elles serait en RTT, le peuple d’IsraĂ«l dĂ©cida de placer toute ses billes en Lui et Lui Seul. Croire en D.ieu unique. À l’origine de tout. IllimitĂ©. Mettre sa foi en cette force infinie. Choisir de s’identifier au bien infini. C’est l’expression d’un libre arbitre dĂ©terminant qui place le peuple juif au-dessus des limites, par-delĂ  toute logique, Ă©ternel malgrĂ© les persĂ©cutions, fort malgrĂ© les humiliations, uni malgrĂ© les paradoxes de ses divisions. Être en quĂȘte de ce qui va nous stimuler, ĂȘtre mu par des rĂȘves soi-disant impossibles Ă  rĂ©aliser, apprendre pour comprendre, ou juste pour apprendre, rester en marche sur le chemin de la vie et tendre vers des valeurs absolues pour s’élever un peu plus haut que la poussiĂšre. Quel objectif exaltant ! Et c’est parce que nous le poursuivons inlassablement que nous sommes encore lĂ . Connaissez-vous l’histoire du Juif qui va Ă  Vilna et qui, Ă  son retour, raconte Ă  un ami : « C’est vraiment une ville extraordinaire ! Je n’ai jamais rien vu de semblable ! » ?

Son interlocuteur lui demande : « Mais qu’a-t-elle de si Ă©tonnant ? » L’autre lui rĂ©pond : « J’ai vu un Juif qui, toute la journĂ©e, rĂ©flĂ©chissait aux moyens de gagner de l’argent pour devenir riche. J’ai vu un Juif qui agitait sans cesse un drapeau rouge et qui criait qu’il fallait faire la rĂ©volution. J’ai vu un Juif qui courait aprĂšs toutes les femmes qu’il rencontrait. Et j’ai vu un Juif qui ne s’occupait que de religion. » Son ami s’étonne : « Et alors ? Vilna est une grande ville. Il y a lĂ -bas toutes sortes de Juifs. » Mais le premier lui rĂ©pond : « Non, c’était le mĂȘme Juif ! »

Comme le montre avec humour cette histoire, un Juif peut ĂȘtre tout Ă  la fois. Est-ce pour cela que D.ieu a choisi le peuple juif pour incarner l’essence de la vie ?

« Nous ferons et nous comprendrons » : une maniĂšre de dire que nous sommes toujours en train d’apprendre de nos erreurs, de nos victoires, de nos doutes et de nos joies. L’essentiel est de persister Ă  avancer malgrĂ© les obstacles. Et de ne pas oublier, en chemin, de profiter du paysage – car le chemin est peut-ĂȘtre plus important que la destination. Yom Yerouchalayim samea'h et bonne fĂȘte de Chavouot !

Lire LPH sur le net : https://lphinfo.com/lire-lph-magazine/

La direction décline toute responsabilité quant au contenu des textes et des publicités, qui n'engagent que leurs auteurs.

EN COUVERTURE : © Harten

3 LPH N° 997

sommaire N°997

6 CARTES SUR TABLE

The Voice

7 À L'AFFICHE

Éliette AbĂ©cassis : SĂ©pher, la folle histoire du livre le plus lu au monde

24 BON À SAVOIR

‱ Quelle est la fiscalitĂ© appliquĂ©e en cas de divorce ?

‱ Comment dĂ©duit-on un don de ses impĂŽts ?

28 INTERVIEW

Noémie Richard : relever l'identité fromagÚre israélienne

31 SANTÉ – BIEN-ÊTRE

Au cƓur de la pierre

34 DÉVELOPPEMENT DURABLE

PremiÚre mondiale : les plantes émettent des sons

36 CONSCIENCE

« Cherchez Ă  comprendre, puis Ă  ĂȘtre compris. »

38 REPORTAGE

Quand le Mossad recrute des olim 'hadachim Ă  Tel Aviv

10-23 DOSSIER ISRAËL, LA TÊTE DANS LES ÉTOILES

l ISRAËL À LA CONQUÊTE DE L’ESPACE

l CES REMARQUABLES INNOVATIONS DES ACTEURS ISRAÉLIENS DU NEW SPACE

l LES PIEDS EN ISRAËL, LA TÊTE DANS

LES ÉTOILES

l INTERVIEW : PROFESSEUR NOAH

DANA-PICARD

l UNE APPROCHE ORIGINALE

l QUI EST EYTAN STIBBE ?

40 HISTOIRE

L'Altalena, soixante-quinze ans aprĂšs

42 FORCES VIVES

Parcours d'une (com)battante

45 DÉCOUVERTE D'ISRAËL

Et si on visitait Israël à vélo ?!

ET AUSSI...

Livres et vous (44), Une annĂ©e avec la Cabale (46), Au nom de la loi (47), Mazal tov (48), Le Kling du mois (49), Les recettes d’Anaelle (50), Immobilier (53)...

4 LPH N° 997

ARRÊT SUR IMAGES

Mission dialogue

Yitzhak Herzog a annoncĂ© la crĂ©ation d’un Conseil consultatif juif mondial sous l'Ă©gide du bureau du prĂ©sident de l'État d'IsraĂ«l. L'initiative, « Kol HaAmVoice of the People » (« La voix du peuple »), favorisera un dialogue ouvert entre les communautĂ©s juives Ă  travers le monde et renseignera le prĂ©sident sur les principaux dĂ©fis auxquels le peuple juif est confrontĂ©. L’objectif est Ă©galement de former la prochaine gĂ©nĂ©ration de dirigeants engagĂ©s du peuple juif et de permettre aux jeunes Juifs de faire entendre leur voix, dans un espace sĂ»r oĂč pourront ĂȘtre menĂ©es des discussions honnĂȘtes et stratĂ©giques sur des questions sensibles et vitales.

Retour vers le futur

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou s’est rendu dans la start-up SteakHolder, qui produit de la viande de culture (vraie viande provenant de cellules animales). Lors de sa visite, des poissons d'Ă©levage ont Ă©tĂ© imprimĂ©s – une premiĂšre mondiale ! Le Premier ministre a goĂ»tĂ© les poissons et les viandes d'Ă©levage, et il a fait le tour des diffĂ©rentes imprimeries. IsraĂ«l est un leader mondial dans la recherche et les initiatives dans le domaine des protĂ©ines alternatives. La premiĂšre entreprise israĂ©lienne recevra bientĂŽt un permis pour produire du lait alternatif.

Soutien gouvernemental

Le combat d'un soldat

Itzik Saidyan, qui s’était immolĂ© par le feu en avril 2022 pour crier son dĂ©sespoir face au manque de prise en charge efficace des soldats victimes de stress post-traumatique, est sorti de l’hĂŽpital le 27 avril dernier. Soldat en service pendant la guerre de Gaza en 2014, Itzik Saidyan avait Ă©tĂ© traumatisĂ© et reconnu comme invalide Ă  25 %.

De maniĂšre exceptionnelle et symbolique, le Conseil des ministres s’est tenu le 20 avril Ă  SdĂ©rot. Le gouvernement a dĂ©cidĂ© d’allouer une enveloppe de 1.7 milliard de shekels Ă  la rĂ©gion du sud en bordure de la bande de Gaza, victime des attaques constantes du Hamas. 830 millions de shekels seront investis dans le dĂ©veloppement des infrastructures et la modernisation des espaces publics, 190 millions de shekels dans le dĂ©veloppement de moteurs de croissance locaux et rĂ©gionaux, 220 millions de shekels dans le dĂ©veloppement et le renforcement de l’économie locale, 70 millions de shekels dans la prĂ©paration aux situations d’urgence, 100 millions de shekels dans le renforcement de la rĂ©silience et de la sĂ©curitĂ© des personnes et des communautĂ©s.

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© Avshalom Sassoni/Flash90 © Marc Israel Sellem/POOL © Avshalom Sassoni/Flash90 © Eliyahu Hershkowitz/POOL Itzik Saidyan, au centre, entouré de l'équipe soignante de l'hÎpital Sheba de Ramat Gan le 27 avril dernier.

The Voice

Yehonathan Geffen, un des plus grands auteurs-compositeurs israĂ©liens, nous a quittĂ©s. Son fils, Aviv, est en deuil. C'est une occasion, pour le rĂ©conforter, de lui apporter notre soutien. Lui qui Ă  l'Ă©poque reprĂ©sentait la gauche israĂ©lienne antireligieuse a dĂ©cidĂ© il y a quelques annĂ©es de changer – et de changer sa relation Ă  l'autre. Peut-ĂȘtre cela a-t-il Ă©tĂ© une des consĂ©quences de sa participation Ă  l'Ă©mission The Voice1

Il Ă©tait alors le coach d'un jeune chanteur pratiquant de droite qui habitait la JudĂ©e-Samarie. Lors de l'Ă©mission, ce chanteur, Eyal Cohen, interprĂ©ta une des chansons les plus populaires du rĂ©pertoire israĂ©lien : « Efer vĂ©Avak », de Yehuda Poliker. Son auteur, Yaakov Gilad, intimait Ă  sa mĂšre, rescapĂ©e de la Shoah, de ne pas retourner en Pologne, terre qui, d'aprĂšs lui, n'Ă©tait que « cendre et poussiĂšre » et ne pouvait lui rappeler que de terribles souvenirs. Contre son avis, sa mĂšre, Halina Birenbaum, y Ă©tait allĂ©e des dizaines de fois. Elle avait trouvĂ© un sens Ă  ce voyage, et y retournait encore et encore pour transmettre aux jeunes gĂ©nĂ©rations et leur demander d'Ɠuvrer pour un monde meilleur. L'Ă©mission The Voice permit Ă©galement Ă  Aviv Geffen, grĂące Ă  la musique, Ă  ce jeune chanteur et au monde auquel il appartenait, de se rapprocher de ses frĂšres et de crĂ©er un pont entre deux parties du peuple qui se connaissent mal.

Aujourd'hui, Aviv Geffen participe souvent aux concerts de chanteurs religieux afin qu'ensemble

ils transmettent des messages d'union nationale. À l'aube de dĂ©cisions Ă  prendre concernant la fameuse rĂ©forme judicaire, nous espĂ©rons que ces messages d'union seront entendus et que les choses seront dĂ©cidĂ©es pour le bien de tous – Ă  moins que la politique ne l'emporte.

Une rĂ©forme totale affaiblirait Netanyahou et renforcerait les Ă©lĂ©ments du Likoud ainsi que les partis politiques plus Ă  droite que lui ; une annulation totale renforcerait la gauche ; et un compromis renforcerait Gantz qui a fait de cette notion une carte politique qui convainc les foules. Dans tous les cas, une issue rapide serait bĂ©nĂ©fique pour le peuple, afin qu’il puisse poursuivre la construction de l'État d'IsraĂ«l au seuil de sa soixante-seiziĂšme annĂ©e. EspĂ©rons que la voix de la sagesse soit entendue et qu'ensemble nous continuerons cette magnifique aventure sioniste. n

6 LPH N° 997 CARTES SUR TABLE
PAR ARIEL KANDEL 1 Voir sur YouTube : ڧڑڐڕ ŚšŚ€Ś ŚŸŚ”Ś› ŚœŚ™Ś (Eyal Cohen, « Efer vĂ©Avak »).
© Shir Torem –Flash 90
La famille Geffen lors des funérailles de Yehonathan le 21 avril 2023 au cimetiÚre de Nahalal, dans le nord d'Israël

Éliette AbĂ©cassis : SĂ©pher, la folle histoire du livre le plus lu au monde

L’écrivaine, historienne et philosophe Éliette AbĂ©cassis nous offre un nouvel Ă©clairage sur la Bible, sous forme de bande dessinĂ©e. Dans SĂ©pher, avec le dessinateur NĂ©jib, elle raconte l'Ă©popĂ©e de l'Ă©criture de la Bible : par qui a-t-elle Ă©tĂ© rĂ©digĂ©e, protĂ©gĂ©e et perpĂ©tuĂ©e ? L’autrice nous fait dĂ©couvrir un aspect encore inexplorĂ© de ce hĂ©ros qu'est le Livre des livres, et elle rĂ©pond Ă  nos questions. © DR

LPH : Raconter l'histoire de la Bible en bande dessinée : quelle idée ambitieuse !

Éliette AbĂ©cassis : C’est en effet un projet ambitieux, qui m'a pris trois ans. Il m’a semblĂ© intĂ©ressant de mettre en images cette histoire riche en personnages : de MoĂŻse Ă  nos jours, en passant par Ezra qui a Ă©tĂ© le vĂ©ritable rĂ©dacteur de la Bible, on rencontre de vrais hĂ©ros. C'est une Ă©popĂ©e que j'ai voulu raconter de façon graphique et avec de l'humour. J'y ai Ă©galement introduit une touche totalement personnelle, avec le personnage de mon pĂšre [le rav Armand AbĂ©cassis (NDLR)] et le mien. Je voulais crĂ©er une Ɠuvre de transmission universelle, qui s'adresse Ă  tous, Ă  tous les Ăąges et Ă  tous les publics, juifs comme non juifs. Cette bande dessinĂ©e peut ĂȘtre lue Ă  diffĂ©rents niveaux, pour se dĂ©tendre aussi bien que pour avoir une vision singuliĂšre de l'histoire de l'Ă©criture de la Bible.

Cette bande dessinée a-t-elle une vocation pédagogique ? L'avez-vous écrite en coopération avec une autorité rabbinique ?

L'autoritĂ© rabbinique, c'est mon pĂšre. Il ne s'agit pas d'une Ɠuvre pĂ©dagogique mais d'une vĂ©ritable BD, comme on les aime. C'est trĂšs distrayant, trĂšs drĂŽle, et en mĂȘme temps on apprend plein de choses. Les personnages sont rĂ©els mais il s'agit d'une fiction. J'ai choisi les histoires de maniĂšre trĂšs personnelle. On traverse toutes les Ă©poques, de MoĂŻse jusqu'Ă  aujourd'hui, avec des protagonistes qui essaient d'attaquer la Bible. La BD Ă©voque ainsi la tentative de vol de l'Arche par les Philistins, mais aussi la dĂ©cision par Ezra, en - 500, de compiler la Bible pour ne pas la voir disparaĂźtre, sans oublier Alexandre le Grand qui place la Bible, traduite, dans la bibliothĂšque d'Alexandrie, laquelle sera ensuite brĂ»lĂ©e par les musulmans
 lll

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À L'AFFICHE
– Photo issue de la page Facebook d'Éliette Abecassis

lll La Bible est le personnage principal de la BD. À toutes les Ă©poques, elle est attaquĂ©e, et Ă  chaque fois elle est sauvĂ©e par un personnage. Je le raconte Ă  ma maniĂšre, avec des histoires pas toujours connues, comme celle du kabbaliste Abraham Aboulafia. Au moment de l'Inquisition, voulant dĂ©fendre les Juifs, il est allĂ© rencontrer le Pape – qui l'a condamnĂ© Ă  mort. Mais trois jours plus tard, le Pape est mort et Aboulafia a Ă©tĂ© libĂ©rĂ©. Il a ensuite parcouru toute l'Europe. Je raconte aussi une histoire peu connue survenue pendant la Shoah : Rosenberg, un des hommes d'Hitler, avait dĂ©cidĂ© de crĂ©er une universitĂ© juive, et il a pillĂ© toutes les bibliothĂšques juives d'Europe pour rassembler les livres en vue de ce projet. Alors que les intellectuels juifs Ă©taient dĂ©portĂ©s, les nazis volaient tous leurs livres ! Ce sont des personnages singuliers qui m'ont intĂ©ressĂ©e, qui m'ont fait sourire et m’ont Ă©mue. C’est la folle histoire du livre le plus lu au monde. On ne se rend pas compte Ă  quel point l'histoire de la Bible est rocambolesque, parce qu’on la raconte par bribes et qu’on ne voit pas l'histoire de l'objet en lui-mĂȘme. En rĂ©alitĂ©, c’est incroyable. Lorsqu’on dĂ©roule cette histoire, on rĂ©alise qu’à toutes les Ă©poques, il y a eu des volontĂ©s et des tentatives d’éliminer ce livre ; et l’on est encore plus conscient du trĂ©sor qu’il reprĂ©sente.

De quelle maniÚre votre pÚre a-t-il participé à ce projet ?

C'est un personnage parmi d'autres. Au dĂ©but du scĂ©nario, je vais voir mon pĂšre qui est en train d'Ă©crire sur un parchemin, Ă  la maniĂšre des scribes. Je l'interroge sur la raison pour laquelle, encore aujourd'hui, Ă  l’époque du digital, on Ă©crit la Torah

sur un parchemin. Et à ce moment-là, mon pÚre commence à me raconter l'histoire de l'écriture de la Bible.

Au fil du temps, la Bible, qui a traversé toutes les époques, a-t-elle évolué ?

Elle a Ă©voluĂ© parce qu'elle a Ă©tĂ© constamment rĂ©interprĂ©tĂ©e. Comme le dit mon pĂšre, nous ne sommes pas le peuple du Livre mais le peuple de l'interprĂ©tation du Livre. Chaque semaine depuis dix ans, mes parents publient des commentaires sur la paracha pour leur communautĂ©. Je trouve que c’est extraordinaire que chaque annĂ©e ils parviennent Ă  trouver d’autres commentaires sur le mĂȘme texte ! La Bible est aussi, en soi, un texte vivant, parce qu'on le lit tous les samedis Ă  la synagogue. D'ailleurs, c'est Ezra, l'Ă©diteur et le scribe de la Bible, qui a dĂ©crĂ©tĂ© qu'elle devrait ĂȘtre lue publiquement de maniĂšre hebdomadaire. Un seul rouleau suffisait pour que tout le monde entende et connaisse le texte. ParallĂšlement, la transmission orale a Ă©galement permis au texte Ă©crit de garder sa vivacitĂ©. C'est d'ailleurs pour cette raison que dans la BD, j'ai voulu que ce soit mon pĂšre qui raconte, afin de donner Ă  voir l'importance de cette transmission dans l’histoire de l'Ă©criture de la Bible.

Le peuple juif veut toujours modifier, ajouter, contester, discuter
 Quel regard portez-vous sur l'actualitĂ© en IsraĂ«l et la division qui traverse le pays ? J'aime tous les Juifs et surtout la diversitĂ© du judaĂŻsme, le fait que chacun ait son opinion. C'est trĂšs juif d'ĂȘtre en contradiction les uns avec les autres. Je trouve cela sain de ne pas ĂȘtre d'accord. Mais cette

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À L'AFFICHE
© Harten

divergence peut devenir dangereuse quand elle se traduit par la guerre et menace l'unité d'Israël.

Pensez-vous qu'Israël devrait se doter d'une Constitution ?

Notre Constitution, ce sont peut-ĂȘtre les Dix Commandements


Venez-vous souvent en Israël ?

Aussi souvent que possible. J'adore ĂȘtre en IsraĂ«l, cela me remplit Ă  chaque fois d’une grande Ă©nergie.

Vous avez rĂ©cemment publiĂ© un texte sur la banalisation de l'antisĂ©mitisme : L’antisĂ©mitisme ? LOL. Vous y Ă©crivez notamment : « Cela ne choque plus personne, de toutes maniĂšres, depuis une dizaine d’annĂ©es, l’antisĂ©mitisme bon teint va bon train, et il se dĂ©veloppe sous forme de l’antisĂ©mitisme de socialisation, celui de tous les jours, de bon aloi, serein et patriote, taquin et polyglotte, l’antisĂ©mitisme banal, qui se dĂ©voile sur un sourire, qui se dĂ©veloppe entre deux biĂšres, qui cĂ©lĂšbre la vie et l’amitiĂ©, la tolĂ©rance, l’antiracisme et la libertĂ© de penser. » Ces propos sont-ils l’expression d’une expĂ©rience ou d'un tĂ©moignage personnels ?

Oui, c'est du vĂ©cu. L'antisĂ©mitisme s'est vraiment banalisĂ©. Dans tous les spectacles d'humoristes, il ne manque jamais une petite blague sur la Shoah ; et mes enfants me rapportent que dans les soirĂ©es, il circule Ă©galement toujours des petites blagues sur les Juifs. C'est « impensĂ© », trĂšs naturel, dĂ©tendu. L'antisĂ©mitisme s’accroĂźt, tandis que la Shoah n'est plus au programme d'histoire en terminale parce que le sujet est devenu trop polĂ©mique. Je ne pense pas que le gouvernement français en fasse suffisamment pour modifier ces mƓurs, sans parler de ce qui se passe sur Internet. C'est trĂšs inquiĂ©tant.

Dans ce contexte, est-ce que l'Alya est un sujet central pour les Juifs de France ?

Oui, mais je pense que ce sujet est dĂ©connectĂ© de l'antisĂ©mitisme, et en tout cas qu’il doit l'ĂȘtre. MalgrĂ© tout, cette montĂ©e de l'antisĂ©mitisme va certainement

pousser Ă  l'Alya. Cela fait mal de le dire, mais il est difficile de se projeter en tant que Juif dans la vie de la France. Sur les lieux de socialisation, de travail, on se sent stigmatisĂ© comme Juif, on subit des remarques. La vie ne va plus ĂȘtre vraiment possible en France.

Dans ce contexte, je trouve courageux de votre part de publier une bande dessinĂ©e qui, d’une certaine façon, met en avant le judaĂŻsme et le peuple juif ! C'est ma rĂ©ponse. J'espĂšre que cette maniĂšre dĂ©calĂ©e d’en parler aidera Ă  faire comprendre, Ă  transmettre la flamme. L'humour est un mode de transmission qui ne crispe pas et grĂące auquel on peut communiquer des messages. Le dessinateur, NĂ©jib, est tunisien, il a un regard plein d’humour et c'est un formidable artiste. Cette alliance est un symbole.

Le titre de la BD, SĂ©pher, interpelle : pourquoi un titre finalement incomprĂ©hensible pour la plupart des gens ? C'est un peu mystĂ©rieux comme titre, donc cela attire. Nous avions proposĂ© un autre titre mais finalement, c'est l'Ă©diteur, Martin Zeller, de chez Albin Michel, qui a choisi SĂ©pher, et c’est trĂšs bien.

AprĂšs un livre sur les difficultĂ©s conjugales, parallĂšlement Ă  SĂ©pher vous publiez un livre sur le couple : vous ĂȘtes-vous rĂ©conciliĂ©e avec l'idĂ©e de l'amour ?

L'intrigue porte sur un couple qui dure pendant plus de soixante ans. Je raconte leur histoire en commençant par la fin. C'est un sujet trĂšs romanesque et une certaine idĂ©e de l'amour, en effet. Dans notre sociĂ©tĂ© en proie Ă  la perte de repĂšres et de liens, l’amour est ce qui nous fait espĂ©rer. On a toujours envie de croire dans cet idĂ©al. n

Prochains cours du professeur Armand Abécassis les 1er, 15 et 29 mai 2023 ainsi que les 12 et 26 juin 2023. Retrouvez tous les cours sur la chaßne YouTube.

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À
L'AFFICHE
Cela fait mal de le dire, mais il est difficile de se projeter en tant que Juif dans la vie de la France.

IsraĂ«l, la tĂȘte dans les Ă©toiles

La conquĂȘte de l’espace bat son plein. Pas une semaine ne passe sans qu’une mission ne soit lancĂ©e ou qu’une expĂ©rience destinĂ©e Ă  explorer de nouveaux univers ne soit tentĂ©e. Et Ă  chaque fois, notre petit pays y participe d’une maniĂšre ou d’une autre par sa technologie toujours plus dĂ©veloppĂ©e. Une source de fiertĂ©, Ă  laquelle ce dossier est consacrĂ©.

RÉALISÉ
DOSSIER
PAR ESTHER AMAR

C’est en 1953, cinq ans aprĂšs la dĂ©claration d’indĂ©pendance, que Shimon Peres dĂ©cida de crĂ©er l’Israel Aerospace Industries (IAI, « Bedek », Ă  l’époque), pour dĂ©velopper l’industrie aĂ©ronautique israĂ©lienne. Avec le lancement du premier Spoutnik en 1957, David Ben Gourion redoutait le contrĂŽle du ciel par l'URSS, car l'armĂ©e de l'air Ă©gyptienne avait accĂšs aux technologies russes. DĂšs 1961, IsraĂ«l a donc lancĂ© sa propre fusĂ©e, Shavit 2, « dĂ©montrant ainsi sa rage de vivre malgrĂ© l’holocauste », selon le poĂšte Nathan Alterman. En 1981, un groupe de recherche sur l’utilisation du spatial est créé au sein du ministĂšre de la DĂ©fense. En 1983, le ministre Yuval Neeman crĂ©e l’Agence spatiale israĂ©lienne (ISA) pour

IsraĂ«l Ă  la conquĂȘte de l’espace

centraliser les programmes israĂ©liens. En 1984, le ministre MoshĂ© Arens fait de l’IAI le maĂźtre d’Ɠuvre de tous les programmes spatiaux. En 1988, IsraĂ«l entre dans la cour des grands avec le lancement vers l’Ouest (pour des raisons gĂ©ostratĂ©giques), depuis la base de Palma'him, du premier satellite d’observation Ofeq 1,

grĂące au lanceur Shavit. Dans les annĂ©es 1990, l’IAI rejoint la course mondiale de l'espace. Viendront par la suite les lancements du satellite franco-israĂ©lien VenÎŒs (2017) et de la sonde Beresheet (2019), les accords Artemis (2022) et bien d’autres coopĂ©rations qui tĂ©moignent de la volontĂ© du petit État

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DOSSIER
juif de se tailler une place aux
La conquĂȘte de l’espace par l’État hĂ©breu est jalonnĂ©e d’innovations, de rĂ©ussites spectaculaires ou d’échecs. Mais les ambitions spatiales israĂ©liennes sont plus fortes que jamais.
©
De gauche Ă  droite : le directeur gĂ©nĂ©ral du ministĂšre de la DĂ©fense, Shimon Peres, le Premier ministre David Ben Gourion et le chef d'État-major Tzvi Tsur sur le site de lancement du Shavit 2
GPO

cĂŽtĂ©s des gĂ©ants amĂ©ricain, russe et chinois. Pour le grand public, cependant, la prĂ©sence d’IsraĂ«l dans l’espace est liĂ©e Ă  un nom : Ilan Ramon. Il s’agit du premier astronaute israĂ©lien qui, le 1er fĂ©vrier 2003, Ă  bord de la navette Columbia, a fait rĂȘver tout le pays. Le rĂȘve a malheureusement tournĂ© au cauchemar : la navette a explosĂ© en phase de rentrĂ©e atmosphĂ©rique. L’astronaute et six membres de l’équipage ont perdu la vie. TrĂšs vite, Ilan Ramon est devenu un hĂ©ros et un symbole. NĂ© en 1954 Ă  Ramat Gan, ses parents Ă©taient des survivants de la Shoah. MariĂ© et pĂšre de quatre enfants, il fut pilote durant vingt ans dans l’Israel Air force et participa Ă  trois guerres. Des rues et des monuments portent le nom de ce pionnier, ainsi que des Ă©vĂ©nements pour la jeunesse destinĂ©s Ă  susciter des vocations,

comme ceux organisĂ©s en marge de la Semaine de l’espace qui rĂ©unit des scientifiques, des entrepreneurs du « New Space » et des dĂ©cideurs. Son fils Assaf Ramon, 21 ans, a connu lui aussi un destin tragique : il est mort Ă  21 ans le 13 septembre 2009, dans le crash de son F-16. Les proches d’Ilan Ramon racontent qu’il se demandait comment respecter le chabbat « lĂ -haut » et qu’un rabbin lui avait rĂ©pondu de se rĂ©fĂ©rer aux heures du lieu de dĂ©part, le cap Canaveral. La toute premiĂšre mission privĂ©e Ax-1, Ă  laquelle a participĂ© l’israĂ©lien Eytan Stibbe en 2022 Ă  bord de la Station spatiale internationale (ISS) oĂč il avait apportĂ© une coupe et du vin pour Pessa'h, poursuit l’Ɠuvre d’Ilan Ramon. « Le Seder symbolise chaque annĂ©e notre libertĂ© », avait-il dĂ©clarĂ©. Jusque dans l’espace. n

Flottille de nano-satellites Sous le pilotage de l'Université de Tel Aviv, des élÚves de sept villes de la périphérie vont construire une flottille de nano-satellites qui seront lancés dans l'espace fin 2024. Ils seront équipés d'un laboratoire de détection fourni par Soreq et serviront à la recherche en météo spatiale et rayonnement cosmique.

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DOSSIER
© GPO
Ilan Ramon (troisiÚme à partir de la droite) et les six autres membres de l'équipage de la navette Columbia à Cap Canaveral en novembre 2002

Ces remarquables innovations des acteurs israéliens du New Space

Mini-labos pharmaceutiques, extraction d’oxygĂšne, simulation de la vie sur Mars
 Les innovations israĂ©liennes visent Ă  rĂ©pondre aux nouvelles problĂ©matiques posĂ©es par les voyages dans l’espace, mais aussi Ă  relever des dĂ©fis sur Terre : dĂ©veloppement plus rapide de mĂ©dicaments ou cultures en milieu urbain.

ExpĂ©riences mĂ©dicales dans l’espace

La société helvético-israélienne SpacePharma est spécialisée dans la réalisation d'expériences de biotechnologies dans l'espace à destination des chercheurs et des industriels. Présente dans quatre pays, elle est basée en France à Sophia Antipolis et à

Strasbourg, et elle ambitionne de se dĂ©velopper en Europe. Son objectif est d’installer des usines dans des laboratoires miniaturisĂ©s placĂ©s en orbite. Paul Kamoun, directeur commercial de SpacePharma, est Ă©galement directeur du laboratoire de technologie spatiale et de tĂ©lĂ©dĂ©tection au Jerusalem College of Technology.

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© Flash 90
Simulation de la vie sur Mars : une mission israélienne a mis en place un projet visant à déterminer les conditions d'adaptation de l'homme sur la planÚte Mars... dans le sud d'Israël, à Mitzpe Ramon.

Extraire de l’oxygùne sur la Lune

Les technologies de la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne Helios permettent d’extraire et d’exploiter des mĂ©taux et de l'oxygĂšne des sols martien et lunaire, pour produire du carburant et des matĂ©riaux de construction, dans le but d’implanter les futures bases lunaires et martiennes. Pour crĂ©er un modĂšle Ă©conomique viable des missions lunaires, Helios veut parvenir Ă  Ă©viter d’avoir Ă  transporter le carburant et les ressources nĂ©cessaires Ă  la vie depuis la Terre. Ainsi, en rĂ©duisant les charges utiles (partie d'un engin spatial destinĂ©e Ă  remplir les objectifs de la mission), Helios pourra rĂ©duire les coĂ»ts des missions spatiales. Helios a conclu un partenariat avec la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine Eta Space pour accĂ©lĂ©rer le dĂ©veloppement de ses technologies.

Combinaisons antiradiations cosmiques

Les combinaisons de protection contre les radiations de la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne StemRad sont destinĂ©es aux astronautes, aux secouristes, aux militaires, aux employĂ©s de l’industrie nuclĂ©aire et aux soignants. StemRad a testĂ© les fonctions protectrices de son gilet AstroRad sur un mannequin Ă  bord du vaisseau spatial Orion lancĂ© en novembre dernier par la NASA et placĂ© sur une orbite lunaire par la fusĂ©e gĂ©ante amĂ©ricaine Space Launch System (SLS). StemRad a fait une dĂ©monstration remarquĂ©e de sa technologie dans le cadre de la mission Artemis I. Lors de cette premiĂšre mission non habitĂ©e, l’un des mannequins humanoĂŻdes portait la combinaison AstroRad, Ă©quipĂ©e de capteurs mesurant les vibrations Ă  bord de la fusĂ©e, l’impact de l’accĂ©lĂ©ration et le niveau de rayonnement cosmique.

Dans le Néguev comme sur Mars

En 2021, durant un mois, six astronautes « analogues » originaires des Pays-Bas, d’IsraĂ«l, d'Autriche, du Portugal, d'Espagne et d'Allemagne ont simulĂ© les conditions de vie d’une station martienne dans le dĂ©sert du NĂ©guev. Ils ne pouvaient sortir de la base qu’en combinaison. L’IsraĂ©lien Alon Tenzer raconte qu’enfiler un scaphandre prenait deux Ă  trois heures. Les astronautes ont testĂ© un projet de drone sans GPS, et des vĂ©hicules autonomes alimentĂ©s Ă  l'Ă©nergie solaire et Ă©olienne, pour Ă©tablir une cartographie. Le but Ă©tait aussi d’évaluer les

risques de contamination microbienne (introduction sur Mars de bactĂ©ries terrestres) pouvant Ă©liminer toute forme de vie. Cette mission « spatiale » sur Terre a Ă©galement permis d’éprouver la capacitĂ© des astronautes Ă  vivre en bonne intelligence sur Mars dans le cadre d’une longue mission.

Culture de végétaux sur Mars

GrĂące Ă  la culture hydroponique, la start-up israĂ©lienne AgwaFarm fait pousser verticalement des lĂ©gumes Ă  feuilles (salades, herbes aromatiques, radis, pousses de soja
) dans une armoire vitrĂ©e, en maintenant un niveau d’humiditĂ©, de lumiĂšre et de tempĂ©rature adaptĂ©. Un programme d’intelligence artificielle contrĂŽle les apports d’élĂ©ments nutritifs aux plantes. Cette armoire connectĂ©e peut s’installer aussi bien dans une cuisine en milieu urbain que dans un vaisseau spatial. AgwaFarm veut permettre aux astronautes de manger des lĂ©gumes frais qu’ils cultiveront eux-mĂȘmes. La culture hydroponique existe depuis longtemps en IsraĂ«l car elle Ă©vite le recours aux pesticides et la prĂ©sence de parasites qui rendent les produits non cacher. AgwaFarm Ă©tait prĂ©sent Ă  la Semaine israĂ©lienne de l’espace Ă  Tel Aviv. n

Plans de laitue en culture hydroponique. les racines sont plongées dans l'eau.

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© IStock –David Wees

Les pieds en Israël,

Le prĂ©sident Shimon Peres avait dĂ©clarĂ© un jour : « L’espace est un pont entre les nations. » C’est dans cette logique que l’Agence spatiale israĂ©lienne (ISA) conduit des coopĂ©rations fructueuses avec de nombreuses agences Ă  travers le monde : la NASA (USA), la Jaxa (Japon), le CNES (France), l’ESA (Europe), l’ASI (Italie), le CSA (Canada), l’AEM (Mexique), l’ISRO (Inde)
 Uri Oron, directeur de l’ISA, se fĂ©licite de « ces coopĂ©rations avec des agences Ă©trangĂšres, qui prĂ©sentent de nombreux avantages pour un petit pays comme IsraĂ«l : les relations entre les industries spatiales locales et internationales, le partage des coĂ»ts de dĂ©veloppement, l’accĂšs Ă  des systĂšmes de pointe et des normes de R&D les plus avancĂ©es
 » Il ajoute : « La coopĂ©ration dans le domaine de la miniaturisation des satellites et des sondes est cruciale car cela ouvre la voie Ă  une multitude d’applications commerciales. »

IsraĂ«l a signĂ© en janvier 2022 les accords Artemis. DirigĂ©s par les États-Unis, ces accords consistent en une liste de principes et de rĂšgles pour l'exploration et l'utilisation civiles, Ă  des fins pacifiques, de la Lune, de Mars, des comĂštes et des astĂ©roĂŻdes, sur et sous leur surface. Les États partenaires d’Artemis acceptent que leurs

activitĂ©s civiles d'exploration spatiale soient encadrĂ©es. C’est une premiĂšre : l'UniversitĂ© de Tel Aviv a lancĂ© un nanosatellite grĂące au lanceur Falcon 9 de SpaceX, depuis le cap Canaveral, ouvrant la voie Ă  la construction d’un rĂ©seau de communication optique et quantique depuis l'espace.

Recherche fondamentale

Mike Kaplan a Ă©tĂ© l'un des initiateurs et des planificateurs du projet du tĂ©lescope James Webb Ă  la NASA. Il a travaillĂ© en Ă©troite collaboration avec SpaceIL, l’ISA et l'industrie aĂ©rospatiale israĂ©lienne. Citoyen israĂ©lien durant sa mission, Mike Kaplan est ensuite retournĂ© aux États-Unis en 2015, oĂč il travaille sur de nouvelles missions spatiales et des systĂšmes de satellites mĂ©tĂ©orologiques dans des entreprises comme Raytheon.

En 2026, la NASA lancera la premiĂšre mission du tĂ©lescope spatial d’IsraĂ«l ULTRASAT (ULtraviolet Transient Astronomy SATellite – « satellite pour l’astronomie des phĂ©nomĂšnes transitoires dans l’ultraviolet »). Ce petit satellite Ă  but astronomique offrira un champ d’observation exceptionnel pour

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la tĂȘte dans les Ă©toiles
L’excellence des experts et des chercheurs israĂ©liens dans le domaine spatial est reconnue au niveau international.
En tĂ©moignent, tant en recherche fondamentale qu’en recherche appliquĂ©e, la coopĂ©ration de l’ISA avec plusieurs agences spatiales et les programmes mondiaux de recherche sur les origines de l’univers auxquels participent les scientifiques israĂ©liens.

Ă©tudier des Ă©vĂ©nements dans l’univers, tels que les rĂ©sidus d’explosion de supernovae qui portent les Ă©lĂ©ments essentiels Ă  la vie, ou les fusions d’étoiles Ă  neutrons (astres composĂ©s de neutrons maintenus ensemble par la gravitation).

Lors de la Semaine de l’espace, le prĂ©sident Yitzhak Herzog a cependant rappelĂ© qu’« il ne s’agit pas seulement d’atteindre de nouvelles planĂštes, mais aussi de sauver et de protĂ©ger notre foyer, la Terre, face au plus grand dĂ©fi qu’elle ait jamais connu : le rĂ©chauffement climatique ». n

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Jim Bridenstine (Ă  gauche), administrateur de la NASA, signe les accords de coopĂ©ration dans le domaine spatial avec son homologue israĂ©lien pour l'ISA, Avi Blasberger, le 12 juillet 2018 Ă  l'hĂŽtel King David de JĂ©rusalem. © Yonatan Sindel –Flash90
GPO
Les tenues des astronautes américains présentées aux députés israliens à la Knesset pendant la Semaine de l'espace.
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Professeur Noah

Dana-Picard :

Observer l’espace

nous rapproche du Créateur.

Le professeur Noah Dana-Picard, Juif orthodoxe, prĂ©sident de la chaire Roland et Astrid Dana-Picard pour « l’éducation, les mathĂ©matiques et le judaĂŻsme » au Jerusalem College of Technology (JCT) dont il a Ă©tĂ© prĂ©sident, est une sommitĂ© mondiale. Membre de la FĂ©dĂ©ration internationale d'astronautique (IAF), il forme des Ă©tudiants en maĂźtrise aux technologies spatiales et participe Ă  des projets de recherche sur l'observation de la Terre et les origines de l’univers. Il a fait son Alya en 1990 avec son Ă©pouse « pour retourner sur la Terre que HaChem nous a donnĂ©e ». Pour Noah Dana-Picard, qui organise plusieurs fois par an des confĂ©rences « Torah et science », l’étude des lois qui rĂ©gissent le cosmos nous rapproche du CrĂ©ateur.

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Deux facettes d'un mĂȘme homme : Ă©rudit en Torah et sommitĂ© mondiale dans le domaine de l'aĂ©ronautique et de l'espace

LPH : Vous dites que contempler les phénomÚnes naturels lointains est une mitzva. Pourquoi ?

Professeur Noah Dana-Picard : L’observation des astĂ©roĂŻdes, des Ă©toiles filantes ou des Ă©clipses nous enseigne l’amour de la CrĂ©ation. Le cosmos est le laboratoire que Dieu a mis Ă  notre disposition. Nous devrions tous ĂȘtre en Ă©tat de curiositĂ© intense par rapport aux CrĂ©ations divines, mĂȘme si certains secrets resteront insondables. MaĂŻmonide (TraitĂ© des Huit chapitres) Ă©crit : « Observe, Ă©tudie, approfondis ta comprĂ©hension de Son Ɠuvre. À travers Sa CrĂ©ation, tu peux t’approcher de ton CrĂ©ateur. » Les sages disent : « Quiconque a la capacitĂ© d’étudier les mathĂ©matiques et l’astronomie doit le faire. » (TraitĂ© Chabbat, 75b). En mars 2022, en Californie, des astronomes ont identifiĂ© la comĂšte C/2022 E3 (ZTF), dont la derniĂšre visite remonte Ă  50 000 ans. L'Ă©tude des comĂštes a apportĂ© beaucoup d'informations sur le systĂšme solaire, sur l'eau qui a rendu possible la vie sur Terre. Le deuxiĂšme matin de Roch HaChana, les SĂ©faradim rĂ©citent le poĂšme de Rabbi Yehouda Halevi sur les constellations et la puissance divine.

Il se termine par l’injonction « Ś•Ś™ŚœŚąŚ€ ŚšŚ•Ś§Ś— », « Étudie les Ɠuvres de Dieu », car Dieu est Roi de la Terre, du cosmos et des mondes spirituels. La science se trouve dans la Torah elle-mĂȘme, et elle aide Ă  Ă©tudier la CrĂ©ation. Il n’y a pas de contradiction entre l’ñge de l’univers, le Big Bang, la science et la tradition juive. Les dĂ©couvertes du tĂ©lescope spatial Ă  infrarouge James Webb nous rapprochent de Dieu.

La sonde lunaire Beresheet a-t-elle ouvert un nouveau champ d’étude de la Torah ? Absolument. Comment Ă©tablir le respect de la Halakha dans l’espace ? Le contrĂŽle en temps rĂ©el de l’orientation de Beresheet, projet civil et privĂ©, durant le chabbat, a conduit Ariel Gomez, ingĂ©nieur systĂšmes diplĂŽmĂ© du Jerusalem College of Technology et membre de l’équipe de SpaceIL, qui a participĂ© Ă  l’élaboration du projet et Ă  la supervision de la trajectoire, Ă  interroger le rav Shraga Dahan, ancien Ă©lĂšve du JCT, qui s’est lui-mĂȘme tournĂ© vers le rav Yitzhak Yosef. Voici leurs rĂ©ponses, rapportĂ©es par SpaceIL Ă  la NASA et Ă  SpaceX, la firme d’Elon Musk qui fournissait le lanceur : « Le dĂ©collage et l’arrivĂ©e sur la Lune ne devraient pas avoir lieu moins de deux jours avant chabbat et aucune manƓuvre ne peut ĂȘtre menĂ©e durant le chabbat. » Il a fallu calculer une nouvelle trajectoire et organiser une permanence en salle de contrĂŽle. Un clavier composĂ© de relais optiques et conçu sur le principe halakhique du « grama » (travail indirect) a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© par un chercheur du JCT, le docteur Shimon Mizrahi. Le 11 juin 2019, Ariel Gomez et le rav Dahan ont expliquĂ© aux Ă©tudiants du JCT comment envoyer et gĂ©rer un vaisseau dans l’espace, ainsi que la dimension juive de la mission. À bord de Beresheet, il y avait un Tanakh et des Tehilim

Comment votre théorie des contraires se manifestet-elle dans la Torah ?

Dans l’espace, il n’y a ni haut ni bas. Deux caractĂ©ristiques opposĂ©es peuvent coexister. Prenons un exemple : en octobre 2018, le vaisseau BepiColombo a Ă©tĂ© lancĂ© en direction de la planĂšte Mercure, la plus proche du Soleil. Le voyage va durer sept ans, deux sondes se placeront sur deux orbites autour de Mercure. En route, le vaisseau passera plusieurs fois prĂšs de VĂ©nus et de Mercure. Leurs champs de gravitation seront utilisĂ©s, non pour accĂ©lĂ©rer la sonde, mais pour orienter ou freiner et placer le vaisseau en orbite autour de Mercure.

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© Photos Y. KoletkerJCT

lll Le mĂȘme phĂ©nomĂšne peut provoquer deux effets contraires. LĂ bas, Ă  58 millions de kilomĂštres du Soleil, l’attraction est gigantesque. BepiColombo pourrait ĂȘtre avalĂ© par le Soleil. Dans la deuxiĂšme bĂ©nĂ©diction de la Amida, on dit « MĂ©lekh mĂ©mite ouMe'hayĂ© » en un seul souffle. Dieu n’est pas « MĂ©lekh mĂ©mite », un Dieu qui fait mourir, ni « MĂ©lekh me'hayĂ© », un Dieu qui fait vivre, Il est les deux Ă  la fois, « MĂ©lekh mĂ©mite ouMe'hayĂ© » (Paracha Haazinou, DeutĂ©ronome 32, 37). Dans l’espace, c’est pareil.

Pour la premiĂšre fois, la Semaine de l’espace, Ă  TelAviv, a consacrĂ© des confĂ©rences aux trous noirs. Que dit la Torah Ă  leur sujet ?

Ces astres hyperdenses ont une masse de plusieurs tonnes qui tiendrait dans une boĂźte d’allumettes. On ignore ce qui se passe Ă  l’intĂ©rieur. Ils avalent tous les objets – comĂštes, Ă©toiles, astĂ©roĂŻdes
 – qui passent Ă  leur portĂ©e. Mais rien n’y tombe en ligne droite.

Les corps tournent en spirale autour du trou noir, en se rapprochant de la surface. En fin de processus, ils tombent violemment, ce qui provoque l’éjection trĂšs rapide de matiĂšres perpendiculairement au disque. C’est ainsi qu’on les a identifiĂ©s. David Elbaz, du Commissariat Ă  l’énergie atomique (CEA, France), a montrĂ© que les trous noirs ont créé les galaxies. C’est la thĂ©orie des contraires : ils engloutissent tout mais donnent naissance aux galaxies. Pourquoi sont-ils lĂ  ? Quelle est leur mission ? Qu’y a-t-il au-delĂ  d’un trou noir ? Pour les rabbins, aucun doute : la prĂ©sence divine dans l’univers se cache derriĂšre l’obscuritĂ© (le trou noir ?). Dieu a fait connaĂźtre « un aspect de Sa sagesse », mais dĂ©couvrir le reste exige des efforts et de la Ă©mouna. Dieu peut une chose et son contraire. Comme le dit le Maharal de Prague (Netsa'h IsraĂ«l) : « Il est Un, pas 1 d’un dĂ©compte qui s’arrĂȘterait lĂ , mais Il est Un. Tout le reste est multiple. » n

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© Flash90
La salle des opérations au moment du lancement de la sonde Beresheet
La science se trouve dans la Torah elle-mĂȘme, et elle aide Ă  Ă©tudier la CrĂ©ation.

Lancement réussi d'Ofek 13

Le ministĂšre de la DĂ©fense et l’Administration de l’espace et des satellites ont annoncĂ© le lancement rĂ©ussi du satellite Ofek 13 le 29 mars dernier. Un dĂ©fi qui rapproche un peu plus IsraĂ«l de l’espace.

La mise sur orbite a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e depuis le centre du pays, grĂące Ă  une rampe de lancement de type Shavit. Le satellite Ofek 13 est un satellite d’observation aux capacitĂ©s avancĂ©es.

Une fois mis en orbite, il subira une série de tests pour vérifier son niveau de performance.

Le processus de dĂ©veloppement de ce satellite made in IsraĂ«l a Ă©galement impliquĂ© l’unitĂ© de renseignement 9900 de Tsahal et l’armĂ©e de l’air israĂ©lienne. La division Minhelet Ha'Halal de l’industrie

aĂ©ronautique est le maĂźtre d’Ɠuvre du programme aux cĂŽtĂ©s d’ELTA, une filiale de l’industrie aĂ©ronautique, et d’autres divisions. Les moteurs de lancement ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s par Rafael Advanced Defense Systems et Tomer, une entreprise publique.

Une fois que le satellite sera jugĂ© pleinement opĂ©rationnel, le ministĂšre de la DĂ©fense le livrera Ă  l’unitĂ© de renseignement 9900 de Tsahal pour une utilisation opĂ©rationnelle. Le ministre de la DĂ©fense Yoav Galant, qui Ă©tait prĂ©sent lors

BON À SAVOIR

IsraĂ«l prĂ©voit de dĂ©penser 600 millions de shekels au cours des cinq prochaines annĂ©es pour soutenir l’industrie spatiale civile, ainsi que les nouvelles entreprises qui dĂ©veloppent des technologies avancĂ©es pour le secteur spatial, selon un programme dĂ©taillĂ© de l’Agence spatiale israĂ©lienne, sous l’égide du ministĂšre de l’Innovation, des Sciences et de la Technologie.

du lancement, a dĂ©clarĂ© : « Le lancement rĂ©ussi du satellite est un autre exemple important de l’innovation rĂ©volutionnaire de la dĂ©fense israĂ©lienne. IsraĂ«l a dĂ©jĂ  prouvĂ© ses diverses capacitĂ©s spatiales Ă  de nombreuses reprises et c’est l’un des trĂšs rares pays Ă  possĂ©der de telles capacitĂ©s – des capacitĂ©s que nous continuons Ă  dĂ©velopper et Ă  renforcer. Aujourd’hui, face Ă  cette rĂ©alisation, nous sommes fiers de la crĂ©ativitĂ©, du talent et de la constance de nos ingĂ©nieurs, mais aussi du travail acharnĂ© de professionnels hors pair qui ont participĂ© Ă  cette opĂ©ration. Nous continuerons Ă  renforcer nos capacitĂ©s dans tous les domaines face aux nombreux dĂ©fis qui se posent. » –

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Une approche originale

Des films de hard science, de science-fiction ou fantastiques, mettant en scĂšne des stars mondiales du cinĂ©ma et faisant appel Ă  des scientifiques de haut niveau, vĂ©hiculent des messages en forme d’avertissements.

Ces films fascinent les jeunes générations et sont plébiscités par le grand public. Nous en avons retenu quatre, devenus des films culte :

* Interstellar est considĂ©rĂ© comme le meilleur film de science-fiction de tous les temps. La Terre Ă©tant confrontĂ©e Ă  l’épuisement des ressources terrestres et Ă  des tempĂȘtes de poussiĂšre toxique, une Ă©quipe d’astronautes part Ă  la recherche d’une planĂšte habitable, en effectuant un voyage dans l’espace et le temps. La solution se trouve dans la chambre remplie de livres d’une jeune fille surdouĂ©e. Ce chef-d’Ɠuvre est une ode aux mathĂ©matiques et Ă  la science. Film de Christopher Nolan, avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway et Jessica Chastain.

* Ad Astra montre le risque de reproduire dans le cosmos les mĂȘmes modĂšles Ă©conomiques que sur Terre : conflits sur la Lune pour les matiĂšres premiĂšres, expĂ©riences mĂ©dicales sur des animaux dans l’espace
 Tous les mauvais cĂŽtĂ©s de notre civilisation Ă  Ă©viter lors de la conquĂȘte spatiale. L’odyssĂ©e du fils Ă  la recherche du pĂšre Ă  l’autre bout de la galaxie symbolise l’espoir d’un enfant que la Terre ait encore un avenir. Film de James Gray, avec Brad Pitt et Tommy Lee Jones.

* PrĂ©dictions montre l’avenir de la Terre Ă  travers des yeux d’enfants, une gĂ©nĂ©ration sacrifiĂ©e qui n’a d’autre recours que de suivre des extraterrestres sur une autre Ă©toile pour Ă©chapper Ă  une planĂšte

embrasĂ©e. Les prophĂ©ties des deux enfants (des animaux fuyant des forĂȘts incendiĂ©es) sont spectaculaires. Film d’Alex Proyas, avec Nicolas Cage et Rose Byrne.

* Don't Look Up : dĂ©ni cosmique se prĂ©sente comme un film catastrophe sur une comĂšte qui va percuter la Terre et dĂ©truire toute forme de vie. Mais il s’agit en fait d’une allĂ©gorie apocalyptique du rĂ©chauffement climatique, une satire des GAFAM, des mĂ©dias et des politiques incapables de prendre au sĂ©rieux le rĂ©chauffement climatique, le plus grand dĂ©fi qu’ait connu l’humanitĂ©. Ce film dĂ©nonce Ă  sa maniĂšre l’influence des climato-sceptiques. Film d’Adam McKay, avec Leonardo DiCaprio, Jennifer Lawrence, TimothĂ©e Chalamet, Meryl Streep, Cate Blanchett
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Qui est Eytan Stibbe ?

Stibbe a Ă©tĂ© pilote de la Force aĂ©rienne israĂ©lienne pendant trente-trois ans. Il a pilotĂ© des avions de combat F-16 Fighting Falcon, et s’est notamment distinguĂ© lors de l'intervention militaire israĂ©lienne au Liban de 1982 en abattant quatre appareils ennemis pendant une sortie de combat. Devenu homme d’affaires, il est l’un des membres fondateurs et le dirigeant de Vital Capital Fund. En 2020, dix-huit ans aprĂšs la disparition d’Ilan Ramon, IsraĂ«l a annoncĂ© qu’Eytan Stibbe serait le second IsraĂ©lien Ă  s’envoler dans l’espace. Le lancement a eu lieu le 8 avril 2022 du centre spatial Kennedy. Depuis la Station spatiale internationale (SSI), Eytan Stibbe s’est entretenu par vidĂ©oconfĂ©rence avec le prĂ©sident Herzog : « Pour la premiĂšre fois, un drapeau israĂ©lien flotte Ă  bord de la SSI. C’est trĂšs Ă©mouvant », a-t-il dĂ©clarĂ© au prĂ©sident qui, avant son dĂ©part, lui avait remis un cube en verre

portant la priĂšre pour l’État d’IsraĂ«l Ă©crite de la main de son auteur, le grand-pĂšre du prĂ©sident, Yitzhak Halevi Herzog, premier grand-rabbin d’IsraĂ«l. n

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Quelle est la fiscalité appliquée en cas de divorce ?

Lorsque le transfert de droits de propriĂ©tĂ© au Cadastreest effectuĂ© entre les conjoints et dans le cadre d’une procĂ©dure de divorce, les parties sont dispensĂ©es du paiement de la taxe d’acquisition et de la taxe sur la plusvalue. De ce fait, certains montages permettent une optimisation fiscale qui sera parfois convenue Ă  l’amiable, en dĂ©pit des Ă©ventuels dĂ©saccords sur d’autres aspects de la procĂ©dure de divorce.

ConformĂ©ment Ă  l’amendement numĂ©ro 19, l’article 4A de la loi israĂ©lienne relative Ă  la fiscalitĂ© des transactions immobiliĂšres considĂšre que le transfert des droits de propriĂ©tĂ© dans le cadre d’une procĂ©dure de divorce n’est pas une transaction immobiliĂšre. De ce fait, les parties ne seront pas assujetties au paiement de la taxe d’acquisition ni de la taxe relative Ă  la plus-value.

La dispense du paiement des taxes d’acquisition et de plus-value sera appliquĂ©e lors d’un divorce (pour un couple mariĂ©), d’une sĂ©paration (pour une relation de concubinat), de l’annulation d’un mariage civil conclu en dehors du territoire israĂ©lien ainsi que de l’application d’un contrat de sĂ©paration de biens. NĂ©anmoins, il conviendra que le transfert des droits de propriĂ©tĂ© soit effectuĂ© entre les ex-conjoints ou en faveur de leurs enfants.

De plus, conformĂ©ment Ă  l’amendement numĂ©ro 55, il ne sera pas nĂ©cessaire que la procĂ©dure de

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Lors d’une procĂ©dure de divorce, les Ă©poux ayant un bien immobilier en commun devront dĂ©terminer son sort et choisir diffĂ©rentes options : attribuer le bien immobilier Ă  l’un d’eux, transfĂ©rer les droits Ă  leurs enfants ou le vendre Ă  un tiers et partager les gains.

divorce soit dĂ©finitivement terminĂ©e pour faire valoir le transfert des droits de propriĂ©tĂ©. De ce fait, la transcription au Cadastre pourra ĂȘtre effectuĂ©e mĂȘme si certains points n’ont pas Ă©tĂ© rĂ©solus, tels que la garde des enfants ou le montant des pensions alimentaires. Pareillement, l’obtention de l’acte de divorce religieux (guet) ne sera pas requise le cas Ă©chĂ©ant.

Reporter la date de paiement de la taxe sur la plus-value

Concernant la taxe sur la plus-value, la transmission de droits de propriĂ©tĂ© dans le cadre du divorce n’équivaut pas Ă  une exonĂ©ration ( https://credit-immobilier-en-israel.com/2021/08/ quels-sont-les-criteres-dexoneration-totale-de-lataxe-sur-la-plus-value /) mais constitue plutĂŽt un report de l’échĂ©ance de paiement. Lors de la vente

du bien immobilier, le calcul de la plus-value se fera à compter de la date d’acquisition du bien par le couple et non de celle du transfert des droits lors du divorce.

Cas d’un couple possĂ©dant plusieurs appartements

D’un point de vue juridique, le divorce a pour consĂ©quence de diviser le foyer fiscal commun en deux foyers distincts l’un de l’autre. À titre d’exemple, lorsque le couple possĂšde deux appartements et souhaite vendre l’un d’entre eux afin de partager ensuite les bĂ©nĂ©fices, si la vente intervient prĂ©alablement au divorce, c’est le couple qui sera considĂ©rĂ© en tant que partie venderesse. Il conviendra donc de procĂ©der au rĂšglement de la taxe sur la plus-value selon le barĂšme classique, Ă  savoir : 25 % de la diffĂ©rence entre le prix d’achat et le prix de vente, aprĂšs amortissement des frais.

NĂ©anmoins, une optimisation fiscale est envisageable dans ce cas : au lieu de vendre le bien immobilier prĂ©alablement au divorce, le couple aura la possibilitĂ©, dans le cadre de la procĂ©dure de divorce, de partager son patrimoine immobilier de telle sorte que chacun des conjoints soit propriĂ©taire d’un appartement tout en Ă©tant dispensĂ© du paiement de taxes. Dans un second temps, ultĂ©rieurement au divorce, l’un des ex-conjoints procĂšdera Ă  la vente de son unique appartement et profitera de l’exonĂ©ration de taxe sur la plus-value prĂ©vue par la loi. Il pourra ensuite partager les bĂ©nĂ©fices avec son ex-conjoint.

Lorsque le couple possĂšde plus de deux appartements, il sera recommandĂ© d’envisager de transfĂ©rer les droits de certains d’entre eux aux enfants majeurs dans le cadre du divorce, afin de leur permettre par la suite de les revendre en bĂ©nĂ©ficiant de l’exonĂ©ration de taxe sur la plus-value lors de la vente d'un appartement unique. n

PrĂ©cision : les informations contenues dans cet article n’engagent que le rĂ©dacteur et ne sauraient se substituer Ă  un conseil juridique spĂ©cifique. Elles ne sont valables qu’à la date de leur rĂ©daction.

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un don de ses impĂŽts ?

En IsraĂ«l, les particuliers et les entreprises peuvent dĂ©duire de leurs revenus imposables les dons qu'ils font Ă  des organisations Ă  but non lucratif reconnues par l'État et dĂ©tenant le sĂ©'if 46 (alinĂ©a 46 du code fiscal, Ă©quivalent du CERFA français). Pour ce faire, il faut remplir une dĂ©claration fiscale annuelle auprĂšs de l'administration fiscale israĂ©lienne, le Mass Hakhnassa.

Pour les particuliers, le remboursement d’impĂŽt correspond Ă  35 % du revenu imposable sur prĂ©sentation du sĂ©'if 46 au Mass Hakhnassa.

Les dons déductibles comprennent les dons en espÚces, les dons en nature, les dons de biens, les

dons de titres, les dons d'actions et les dons de créances.

Pour les entreprises, le remboursement d’impît est de 25 % du revenu imposable.

Il est Ă  noter que le statut des entreprises en IsraĂ«l n’est pas en tout point similaire au modĂšle français, comme l’explique le cabinet d’expertise comptable Natco Consulting. Le statut que vous choisissez a des consĂ©quences fiscales dĂ©terminantes ; et si le statut choisi ne correspond pas au modĂšle financier et fiscal de vos activitĂ©s, vous encourez des risques. Il est donc trĂšs important de bien Ă©tudier la situation en amont, en vous faisant conseiller par des experts en fiscalitĂ© des entreprises.

Conditions d’obtention du remboursement :

l Pour percevoir un remboursement, il faut avoir de l’impît à payer.

l Le don doit ĂȘtre Ă©gal ou supĂ©rieur Ă  200 shekels.

l La structure qui va percevoir le don doit fournir un reçu officiel au donateur et, bien sĂ»r, ĂȘtre reconnu officiellement. La piĂšce Ă  fournir pour cela est le sĂ©'if 46 et ce document est Ă  conserver en cas de vĂ©rification fiscale.

l Dans le cas oĂč aucun remboursement n’a Ă©tĂ© demandĂ© sur le moment, il est possible de solliciter le Mass Hakhnassa pendant six ans et d’obtenir rĂ©trospectivement le remboursement. n

26 LPH N° 997 BON À SAVOIR Natco Consulting – Cabinet Expert-comptable IsraĂ«l 31 boulevard Rothschild, Tel Aviv TĂ©l. : 03-9446635 Email : contact@natcoconsulting.com
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27 LPH N° 997 BON À SAVOIR

Un défi : révéler l'identité fromagÚre israélienne

NoĂ©mie Richard est une jeune femme qui vit d’une passion tout Ă  fait originale : l’art et la maniĂšre de fabriquer le fromage. Elle s’est donnĂ© pour mission de dĂ©voiler au monde ses secrets de fabrication.

NoĂ©mie, qui a fait son Alya depuis un an et demi, nous a fait partager son expĂ©rience lors d’une confĂ©rence Ă  l’Institut Français de HaĂŻfa. Nous avons rencontrĂ© cette sympathique et brillante entrepreneuse.

LPH : NoĂ©mie Richard, comment ĂȘtes-vous entrĂ©e dans le monde des fromages ?

NoĂ©mie Richard : Je suis française et toute ma famille paternelle est originaire des Alpes. Cela m’a permis d’ĂȘtre rĂ©guliĂšrement au contact de la nature. Dans le cadre de mes Ă©tudes en agroalimentaire, j’ai eu l’occasion de participer Ă  divers stages. GrĂące Ă  une expĂ©rience au Canada, en particulier, j’ai pu entrer dans le domaine de la fabrication de produits laitiers. FraĂźchement diplĂŽmĂ©e, j’ai obtenu un poste en AmĂ©rique du Sud, oĂč je me suis trouvĂ©e en contact avec des fromagers.

Qu’avez-vous fait en AmĂ©rique du Sud ?

J’ai créé au Chili l’École du fromage, puis mon activitĂ© s’est dĂ©ployĂ©e en Argentine, en Colombie et au PĂ©rou. Dans ces pays, les fromages ne sont pas de la qualitĂ© de ceux que l’on trouve en Europe. Mais c’est justement cela qui est intĂ©ressant, car aprĂšs avoir Ă©tĂ© dans la production pure, aprĂšs avoir appris toute la technique de transformation du lait et pris connaissance des nombreux dĂ©rivĂ©s que l'on peut obtenir Ă  partir d’un mĂȘme lait, cette expĂ©rience et la possibilitĂ© qui m’a Ă©tĂ© offerte de crĂ©er une École du fromage m’ont conduite Ă  dĂ©couvrir d’autres aspects lll

28 LPH N° 997
INTERVIEW

lll du monde du fromage, et notamment comment le « mettre en scĂšne » et quelles sont les meilleures façons de le dĂ©guster. J’ai Ă©galement dĂ» dĂ©velopper l’analyse sensorielle, et en premier lieu le goĂ»t. Il s’agit en fait de se mettre dans la peau des chefs, des sommeliers et des acheteurs.

Voir arriver une jeune spĂ©cialiste du fromage les a mis d’emblĂ©e en confiance ?

Mon origine française Ă©tait un bon point de rĂ©fĂ©rence, mais j’ai tout de mĂȘme dĂ» faire mes preuves. À travers mon Ă©cole, je reprĂ©sentais la sociĂ©tĂ© Savencia, anciennement Bongrain (Ă  l’origine du cĂ©lĂšbre « Caprice des dieux »). Cette entreprise, qui fournit une grande variĂ©tĂ© de fromages de France, mais aussi d'Espagne, d’Italie ou de Suisse, a eu l'intelligence de miser sur une stratĂ©gie Ă©ducative. Il est important, dans le contexte d’une Ă©cole

fromagĂšre, d’avoir une sensibilitĂ© et une ouverture Ă  la production locale et Ă  des habitudes de consommation spĂ©cifiques. Faire dĂ©couvrir Ă  certains pays les spĂ©cialitĂ©s fromagĂšres d’autres pays les pousse Ă  s’en inspirer et Ă  ĂȘtre plus performants.

C’est ainsi qu’en IsraĂ«l, en GalilĂ©e prĂ©cisĂ©ment, une dizaine de fromagers s’inspirent vraiment des fromages français, au point que la ressemblance avec certains de nos fleurons est parfois troublante, mĂȘme pour ceux dont les papilles sont trĂšs aiguisĂ©es. Quelquefois, les fromagers israĂ©liens font Ă©voluer certaines recettes et proposent des fromages frottĂ©s Ă  l’huile d’olive, par exemple. Selon le lieu d’origine du lait, le fromage s’exprimera d’une façon diffĂ©rente.

Mais la technicité fromagÚre reste une science trÚs pointue en France, et les fromagers israéliens passent forcément par une étape française dans leur apprentissage.

29 LPH N° 997 INTERVIEW
La technicité fromagÚre reste une science trÚs pointue en France, et les fromagers israéliens passent forcément par une étape française dans leur apprentissage.

La qualité des fromages passe-t-elle impérativement par la performance technologique ?

La machine aide à la régularité, à la consistance, et à faciliter des processus. Mais sans machine, on peut réussir de trÚs bons produits artisanaux.

En ce qui concerne la reconstitution d’un Brie, d’un Camembert ou d’un Roquefort, il est vrai que le goĂ»t ne peut que s’approcher d’un fromage de fabrication française, ne serait-ce que du fait de l’origine du lait produit par des vaches qui pĂąturent les trois quarts de l’annĂ©e, ce qui influe sur la consistance et la composition en matiĂšre grasse du lait propre Ă  ces rĂ©gions.

Qu’est-ce que les IsraĂ©liens attendent de vous : que vous les aidiez Ă  dĂ©velopper leurs propres fromages ou que vous leurs appreniez Ă  reproduire les fromages français ?

Le vrai dĂ©fi, c’est d’arriver Ă  trouver l’identitĂ© fromagĂšre israĂ©lienne, plutĂŽt que de copier des fromages Ă©trangers, mĂȘme si cela reste intĂ©ressant. La dĂ©marche consiste Ă  dĂ©voiler le terroir Ă  travers les fromages. C’est comme pour le vin. Certains cĂ©pages français ne marchent pas en IsraĂ«l. Les Français ont su produire leurs vins Ă  partir de leurs critĂšres climatiques et environnementaux. Par exemple, le pinot noir peut difficilement ĂȘtre reproduit en IsraĂ«l. Les cĂ©pages sont trop fins et dĂ©licats pour les climats israĂ©liens. L’inspiration française doit guider la technicitĂ©, mais parvenir Ă  une imitation ne doit pas ĂȘtre l’objectif final.

Est-ce que les impératifs de cacherout peuvent nuire à la qualité des fromages ? Et la cacherout estelle un critÚre généralisé en Israël ?

Pour produire un fromage cacher, il faut des ingrĂ©dients cacher. Le lait est gĂ©nĂ©ralement surveillĂ©, et il faut trois ingrĂ©dients principaux pour fabriquer la majoritĂ© des fromages : le sel, la prĂ©sure et les ferments. Il y a deux types de prĂ©sures : la prĂ©sure animale, qui provient de l’estomac des ruminants, et la prĂ©sure microbienne, qui est trĂšs facilement contrĂŽlable et cachĂ©risable parce qu’elle est fabriquĂ©e en laboratoire. En IsraĂ«l, la prĂ©sure animale est surveillĂ©e par les institutions de cacherout, et elle est permise si elle provient d’un estomac de bovin. Selon la Halakha, on autorise la coagulation du lait par une prĂ©sure animale, celle-ci ne faisant pas partie de l’estomac du bovin. Mais ce processus est beaucoup plus cher et plus restreint. Et de toute façon, la prĂ©sure animale ou vĂ©gĂ©tale n’a pas d’influence sur le goĂ»t du fromage ; sa fonction est seulement une fonction de texture : elle fait coaguler le lait. On peut faire de trĂšs bons fromages cacher, aussi bons que les non cacher.

Vous avez fait votre Alya il y a un an et demi. Qu’estce qui vous a conduite en IsraĂ«l ? Auparavant, j’étais assez Ă©loignĂ©e de mes racines juives – je suis juive par ma mĂšre. J’ai vĂ©cu sept ans en AmĂ©rique du Sud, puis en Angleterre, et c’est Ă  Londres que s’est rĂ©veillĂ©e ma spiritualitĂ© enfouie. J’y ai dĂ©couvert les valeurs du judaĂŻsme. À partir de lĂ , pour moi, vivre en IsraĂ«l est devenu une Ă©vidence. J’ai donc dĂ©cidĂ© de faire l’Alya. Je n'Ă©tais pas sans savoir qu'IsraĂ«l est un pays Ă©mergent en termes de de qualitĂ© de production du fromage. Il y a une demande d’amĂ©lioration de la part des producteurs et un intĂ©rĂȘt croissant des consommateurs.

Comment se passe votre intĂ©gration ? L’hĂ©breu est-il au rendez-vous ?

Il avance plus lentement que l’espagnol ou l’anglais, car je poursuis mes activitĂ©s avec l’Europe, mais je compte bien m’y atteler. En attendant, mon compagnon, qui est israĂ©lien (tochav 'hozer), m’aide pour mes diffĂ©rents projets, notamment celui de « Gvinag » (fusion de « gvina » et de « fromage »), une structure israĂ©lienne que nous avons créée ensemble pour accompagner les fromagers. Nous faisons rĂ©guliĂšrement des interventions dans le domaine de l’éducation et de l’information. Nous organisons des master classes sur les fromages israĂ©liens, des Ă©vĂ©nements privĂ©s, des ateliers, des tiyoulim, pour le grand public et les professionnels. n

Pour plus d’informations : www.gvinage.fr

Propos recueillis par Béatrice Nakache

30 LPH N° 997 INTERVIEW
Conférence sur la fabrication du fromage animée par Noémie Richard

Au cƓur de la pierre

Massages aux pierres chaudes ou lithothérapie

LPH : Sandrine Krespi, comment avezvous découvert le bienfait des pierres ?

Sandrine Krespi : Il est de ces rencontres qui bouleversent vos croyances et votre vie. Psychologue de formation, praticienne en biorgonomie * et thĂ©rapeute en sujok (acupuncture corĂ©enne), j’étais dĂ©jĂ  depuis bien longtemps dans le domaine du soin, et plus prĂ©cisĂ©ment du soin Ă©nergĂ©tique. J’aimais bien les pierres, sans trop savoir pourquoi
 Gila Gavrielov, docteure en gemmologie et en sciences du comportement, titulaire d’un postdoctorat sur l’utilisation des pierres en psychiatrie, est apparue sur mon chemin de vie. GĂ©nĂ©reusement, avec son sourire chaleureux et pudique, elle m'a transmis chaque fois un peu plus de son immense savoir. Aujourd’hui, les pierres sont devenues un outil thĂ©rapeutique Ă  part entiĂšre dans mes consultations.

En quoi peuvent-elles nous aider ?

Les pierres sont porteuses d'énergies issues des mondes supérieurs auxquels elles sont connectées. Pas de contre-indications. Pas d'effets secondaires. Pas de surdosage. Pas de date de péremption. Elles étaient là avant nous et le seront sûrement bien aprÚs
 Les pierres ne remplacent jamais une visite chez le médecin mais elles recÚlent mille solutions pour nous rendre la vie plus belle, quel que soit notre ùge.

Il existe plus de 850 pierres. Il suffit d'une centaine d’entre elles pour faire face aux problùmes du quotidien. On peut les associer. Souvent, une ou deux

peuvent gĂ©nĂ©rer un vĂ©ritable changement. Tout de suite ou plus lentement, mais ça marche ! On peut les porter sur soi, les poser Ă  cĂŽtĂ©, les regarder, les toucher, en boire l'Ă©lixir, mais tout est dĂ©jĂ  prĂ©vu depuis des milliers d’annĂ©es : douleurs, insomnies, anxiĂ©tĂ©, rĂšgles difficiles, accouchement, allaitement, fertilitĂ©, appĂ©tit, digestion, Ă©nurĂ©sie, Ă©pilepsie, bĂ©gaiement, affections ORL, ƓdĂšme, migraines, concentration, peurs, estime de soi, confiance en soi
 Les pierres sont des cadeaux du CrĂ©ateur. lll

31 LPH N° 997 SANTÉ – BIEN-ÊTRE
(thĂ©rapie par les pierres), le rĂšgne minĂ©ral n’a pas fini de nous Ă©tonner et de nous faire du bien !

lll Les pierres sont en effet souvent citées dans notre tradition


La Torah mentionne douze familles principales de pierres. Douze comme les douze tribus, les douze mois de l'annĂ©e, les douze signes astrologiques, les douze pierres sous la tĂȘte de Jacob le soir oĂč il a rĂȘvĂ© de l'Ă©chelle, les douze pierres issues du lit du Jourdain et qui tĂ©moignent de la traversĂ©e du peuple en arrivant en IsraĂ«l, les douze pierres du pectoral du grand-prĂȘtre
 Les pierres Ă©taient nĂ©cessaires au service des prĂȘtres dans le Temple de JĂ©rusalem, de nombreuses sources en parlent : la Bible, d’abord (Nombres 28, 15-21), ÉzĂ©chiel, le Talmud, le Midrach Rabba , Saadia Gaon


Pouvez-vous nous dire plus précisément en quoi consiste la lithothérapie et quel est le rÎle du thérapeute ?

La lithothĂ©rapie consiste Ă  utiliser le pouvoir soignant des pierres. C’est une technique de soin trĂšs ancienne. Les pierres sont constituĂ©es de minĂ©raux trĂšs purs et trĂšs concentrĂ©s, les mĂȘmes que ceux qui circulent dĂ©jĂ  en nous. Le corps sait les reconnaĂźtre et les utiliser ; il sait identifier un besoin, et le cerveau traduit ce manque par une attirance spontanĂ©e vers les pierres de la couleur adaptĂ©e. C’est trĂšs prĂ©cis, et mĂȘme tellement fiable qu’il n’est pas nĂ©cessaire de recourir Ă  un thĂ©rapeute pour savoir si la pierre convient Ă  la personne ! Par contre, le thĂ©rapeute intervient sur deux plans : d’une part, il Ă©claire le patient sur ce qu’une pierre rĂ©vĂšle de ses besoins, d’autre part, il donne des conseils sur les moyens d’utiliser la pierre en question et oriente vers d’autres produits Ă  base de pierre.

On peut Ă©tablir un bilan-diagnostic Ă  partir des pierres que quelqu’un choisit. Pour cela, reportez-vous au questionnaire sur ce lien : http://bit.ly/3MzLQVk

L'analyse, qui prend du temps, aboutit Ă  un compterendu dĂ©taillĂ©. L’entretien qui suit permet d’élaborer une stratĂ©gie thĂ©rapeutique selon laquelle les pierres vont accompagner la personne en tenant compte de son mode de vie, de ses contraintes, etc. Il suffit souvent d’une consultation par mois, voire de contacter le thĂ©rapeute lorsqu’on en Ă©prouve le besoin, pour changer de pierres parce que la situation a Ă©volué  ProblĂšmes chroniques ou ponctuels, existentiels ou professionnels, difficultĂ©s en tout genre ou simple dĂ©sir de dĂ©veloppement personnel, les

pierres peuvent ĂȘtre d’un grand secours dans maintes situations, et le thĂ©rapeute doit faire preuve de finesse et de crĂ©ativitĂ© pour faciliter l'accĂšs Ă  cet incroyable outil.

La spĂ©cificitĂ© du thĂ©rapeute formĂ© selon la Torah tient justement au fait qu’il prendra toujours les mesures nĂ©cessaires pour Ă©viter l’écueil commun Ă  toutes les thĂ©rapies Ă©nergĂ©tiques : le risque d’utiliser des Ă©nergies issues de pratiques Ă©loignĂ©es de la saintetĂ©. Parce qu’en terme d’énergies et de spiritualitĂ©, il y a la lumiĂšre ou l’obscurité 

PassionnĂ©e par cet outil, j’utilise les pierres au quotidien et je les recommande. Au-delĂ  du soin, les pierres ont permis de mettre un place un vĂ©ritable rĂ©seau d'entraide et de coopĂ©ration : nous avons créé un groupe WhatsApp d'Ă©changes, d’informations, de conseils et d'achats groupĂ©s. Un groupe de formation francophone s'est Ă©galement mis en place. n

Pour toute information : 054-2508920

edeyliott@gmail.com

*La biorgonomie est une technique de soin Ă©nergĂ©tique visant Ă  rĂ©tablir l’équilibre Ă©nergĂ©tique de la personne. Créée par Wilhelm Reich, elle a Ă©tĂ© enrichie et dĂ©veloppĂ©e en IsraĂ«l par Rafi Rozen puis Noga Gazit.

32 LPH N° 997 SANTÉ – BIEN-ÊTRE
Les pierres ne remplacent jamais une visite chez le médecin mais elles recÚlent mille solutions pour nous rendre la vie plus belle, quel que soit notre ùge.

SANTÉ – BIEN-ÊTRE

Le massage aux pierres chaudes est une technique thĂ©rapeutique qui utilise des pierres de basalte chauffĂ©es pour apporter un soulagement musculaire et une dĂ©tente profonde. Cette pratique ancienne est de plus en plus populaire dans les spas et les centres de bien-ĂȘtre Ă  travers le monde, et il existe de nombreux avantages associĂ©s Ă  cette technique de massage. Le principal bienfait est le soulagement de la douleur. En effet, les pierres chaudes aident Ă  dĂ©tendre les muscles et Ă  amĂ©liorer la circulation sanguine, ce qui peut rĂ©duire les douleurs musculaires et articulaires. Le massage aux pierres chaudes contribue Ă©galement Ă  dĂ©tendre le corps et l'esprit. La chaleur apaisante des pierres libĂšre des endorphines, des substances naturelles qui rĂ©duisent le stress et la douleur, et favorisent le bien-ĂȘtre.

En plus de ces avantages, les massages aux pierres chaudes peuvent aussi stimuler le systÚme lymphatique, réduire les gonflements et renforcer le systÚme immunitaire. Enfin, en réduisant le stress et l'anxiété, ils contribuent également à améliorer la qualité du sommeil.

HaĂŻm Berrebi : 058-6272520

33 LPH N° 997

PremiĂšre mondiale : les plantes

émettent des sons

La professeure Lilach Hadany, de l'École des sciences vĂ©gĂ©tales de l’UniversitĂ© de Tel Aviv, en collaboration avec le professeur Yossi Yovel, directeur de l'École des neurosciences, et membre de l’École de zoologie et du MusĂ©e Steinhardt d’histoire naturelle de l’UniversitĂ© de Tel Aviv, ont rĂ©ussi pour la premiĂšre fois Ă  enregistrer clairement des sons Ă©mis par des plants de tomate et de tabac, ainsi que par du blĂ©, du maĂŻs, de la vigne, des cactus et des lamiers.

Selon eux, les plantes, particuliĂšrement lorsqu’elles sont en dĂ©tresse, Ă©mettent des sons Ă  une frĂ©quence inaudible pour l’oreille humaine mais qui peuvent ĂȘtre captĂ©s par diffĂ©rents animaux, comme les chauves-souris, les souris et les insectes. L’étude pourrait dans l’avenir ĂȘtre utilisĂ©e, par exemple dans l’agriculture, pour dĂ©tecter les signaux de dĂ©tresse des vĂ©gĂ©taux.

L’étude, menĂ©e avec l’aide des doctorants Yitzhak Khait et Ohad Lewin Epstein, ainsi que des chercheurs de l'École des sciences mathĂ©matiques, de l'Institut de recherche sur les cĂ©rĂ©ales et de l'École des neurosciences de l'UniversitĂ© de Tel Aviv, a Ă©tĂ© publiĂ©e dans la prestigieuse revue Cell .

Les cris des plantes en détresse

« Nous avons constatĂ© que les plantes, principalement lorsqu'elles sont en dĂ©tresse, Ă©mettent des sons Ă  des frĂ©quences Ă©levĂ©es que l'oreille humaine est incapable de percevoir », explique la professeure Hadany. « À chaque catĂ©gorie de plante et Ă  chaque type de dĂ©tresse correspond un son caractĂ©ristique qui peut ĂȘtre identifiĂ©. Les sons Ă©mis par les plantes ressemblent Ă  des dĂ©clics se rapprochant du bruit de l’éclatement du pop-corn, Ă  un volume similaire Ă  celui de la parole humaine mais Ă  des frĂ©quences ultrasoniques inaudibles pour l’homme, percevables cependant pour diverses crĂ©atures dans la nature, comme les chauves-souris, les souris et les insectes. »

34 LPH N° 997
DÉVELOPPEMENT DURABLE
La professeure Lilach Hadany et le professeur Yossi Yovel © DR

« D'aprĂšs des Ă©tudes antĂ©rieures, poursuit Lilach Hadany, nous savions qu’on pouvait enregistrer les vibrations d’une plante en lui attachant un vibromĂštre, mais jusqu'Ă  prĂ©sent nous ne savions pas clairement si ces vibrations se transformaient en ondes sonores se propageant dans l'air, c'est-Ă dire en sons pouvant ĂȘtre perçus Ă  distance. Dans la prĂ©sente Ă©tude, nous avons cherchĂ© Ă  rĂ©pondre Ă  cette question, qui prĂ©occupe les chercheurs depuis de nombreuses annĂ©es. »

Dans un premier temps, les chercheurs ont mis les plantes dans une boĂźte d’isolation acoustique dans un sous-sol isolĂ© sans bruits de fond, et ils ont placĂ© Ă  cĂŽtĂ© d'elles, Ă  une distance d'environ dix centimĂštres, des microphones Ă  ultrasons qui captent les sons Ă  des frĂ©quences comprises entre 40 et 80 kHz (l'oreille d'un adulte capte jusqu'Ă  environ 16 kHz).

Les enregistrements ont été effectués principalement sur des plants de tomate et de tabac, mais aussi sur du blé, du maïs, de la vigne, des cactus et des lamiers.

Une controverse qui dure depuis de nombreuses années

« Avant d’enfermer les plantes dans la boĂźte d’isolation acoustique, nous avons effectuĂ© diverses opĂ©rations sur elles », explique la professeure Hadany. « Certaines n'ont pas Ă©tĂ© arrosĂ©es pendant cinq jours, d’autres ont eu des tiges coupĂ©es, tandis d’autres encore n’ont pas Ă©tĂ© touchĂ©es. Nous avons voulu vĂ©rifier dans quelles situations, le cas Ă©chĂ©ant, les plantes Ă©mettaient des sons. Les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© fascinants : les plantes en situation normale ont Ă©mis environ un son par heure, tandis que celles qui ont Ă©tĂ© assoiffĂ©es ou coupĂ©es Ă©mettaient des dizaines de sons par heure. »

Les enregistrements ainsi collectĂ©s ont Ă©tĂ© analysĂ©s par ordinateur Ă  l'aide d'algorithmes spĂ©cifiques dĂ©veloppĂ©s spĂ©cialement Ă  cet effet selon des technologies d’apprentissage automatique (intelligence

artificielle). Les algorithmes ont appris Ă  distinguer les diffĂ©rents types de sons et Ă  identifier pour chaque enregistrement la catĂ©gorie de plante dont il s’agissait, ainsi que le type et le degrĂ© de dĂ©tresse dans lesquels elle se trouvait. Mieux encore : les algorithmes se sont avĂ©rĂ©s efficaces pour identifier et analyser les sons des plantes mĂȘme lorsque l'expĂ©rience a Ă©tĂ© menĂ©e en serre non isolĂ©e entourĂ©e de nombreux bruits extĂ©rieurs. Ceci a permis de suivre le processus de dĂ©shydratation au fil du temps, et de constater que le nombre de sons Ă©mis par les plantes augmentait en mĂȘme temps que la dĂ©shydratation jusqu'Ă  atteindre un pic, puis diminuait. « Nous avons prouvĂ© que les plantes Ă©mettent des sons, mettant ainsi fin Ă  une controverse scientifique qui dure depuis de nombreuses annĂ©es », conclut Lilach Hadany. « Les rĂ©sultats montrent que le monde regorge de sons vĂ©gĂ©taux et que ces sons contiennent des informations, indiquant par exemple un manque d'eau ou un dommage quelconque fait Ă  la plante. Nous pensons que les sons des plantes sont captĂ©s dans la nature par diverses crĂ©atures qui se trouvent dans l’environnement de la plante, comme les chauvessouris, les rongeurs, divers insectes et Ă©ventuellement d'autres plantes, qui sont capables de capter ces ultrasons et d’en tirer des informations pertinentes pour elles. Il est possible que dans l'avenir, les humains soient Ă©galement en mesure d'utiliser ces informations, par exemple via un capteur qui signalera au producteur si la plante se dessĂšche et a besoin ĂȘtre arrosĂ©e. Il s'avĂšre que les champs sont probablement des lieux bruyants, mais dont nous ne percevons pas les sons ! »

Par la suite, les chercheurs souhaitent examiner d’autres questions fascinantes : par quel mĂ©canisme les plantes Ă©mettent-elle des sons ? Comment les papillons de nuit perçoivent-ils les sons Ă©mis par les plantes et comment y rĂ©agissent-ils ? Et les autres plantes entendent-elles ces « voix » ? n

35 LPH N° 997
Cet article est tiré du site de l'Association française de l'Université de Tel Aviv.
DÉVELOPPEMENT DURABLE

La cinquiĂšme habitudes des gens qui rĂ©ussissent tout ce qu’ils entreprennent :

Pensez Ă  une situation oĂč, ayant quelque chose d’important Ă  raconter, vous avez Ă©tĂ© accueilli et vous avez senti que vous aviez Ă©tĂ© compris : qu’aviez-vous Ă©prouvĂ© ?

Et maintenant, pensez Ă  une situation inverse : vous avez envie de partager votre petit paquet d’émotions mais votre interlocuteur se comporte et vous rĂ©pond de telle sorte que vous vous dites qu’il n’a rien compris ! Quels sentiments Ă©prouvezvous ?

Nous consacrons la majoritĂ© de nos heures d’éveil Ă  communiquer : parler, lire, Ă©crire
 Avez-vous remarquĂ© que l’écoute ne figure pas dans cette liste ? En effet, nous avons passĂ© des annĂ©es Ă  apprendre Ă  lire et Ă  Ă©crire, Ă  parler une ou plusieurs langues – mais qu’en est-il de l’écoute ? TrĂšs peu

de personnes ont appris à vraiment écouter leur prochain dans le but de le comprendre.

Stephen Covey attire l’attention sur notre tendance Ă  nous prĂ©cipiter sur les problĂšmes des autres pour

36 LPH N° 997 CONSCIENCE
« Cherchez Ă  comprendre, puis Ă  ĂȘtre compris. »
PAR HAGIT BIALISTOKY

essayer de les solutionner en leur donnant des conseils, souvent en ne prenant pas le temps de bien comprendre et diagnostiquer lesdits problĂšmes.

La plupart du temps, nous Ă©coutons dans le but de rĂ©pondre, nous filtrons les messages reçus et les interprĂ©tons selon notre vision du monde, qui est toujours diffĂ©rente de celle de l’autre : « Je sais exactement ce que tu ressens ! », « J’ai vĂ©cu la mĂȘme expĂ©rience »  C’est surtout le cas des parents, qui sont sĂ»rs et certains de savoir ce qu’il se passe dans la tĂȘte de leurs enfants ou de leurs adolescents, mais qui, en fait, n’essaient mĂȘme pas de pĂ©nĂ©trer dans leur univers.

Lorsque quelqu’un parle, nous l’entendons habituellement Ă  l’un des quatre niveaux suivants : l Nous l’ignorons : nous ne l’écoutons pas du tout. l Nous faisons semblant : « Hum, oui, absolument
 »

l L’écoute sĂ©lective : nous n’entendons que certaines parties de ce qui est dit.

l L’écoute attentive : nous accordons notre attention et nous concentrons notre Ă©nergie sur les mots qui sont dits.

l L’écoute « active » : technique qui vise Ă  rĂ©pĂ©ter et Ă  reformuler les paroles de l’autre.

À la diffĂ©rence de toutes les techniques de communication qui visent Ă  contrĂŽler la conversation, le niveau le plus Ă©levĂ© est l’écoute empathique dont l’objectif est la comprĂ©hension des paradigmes de notre interlocuteur, de ses sentiments et de ses rĂ©flexions. (Cela ne signifie pas que nous devons ĂȘtre toujours d’accord avec lui !)

Les spĂ©cialistes de la communication nous apprennent que seulement 10 % de nos Ă©changes se font par l’intermĂ©diaire des mots, 30 % par diffĂ©rents sons que nous Ă©mettons et 60 % grĂące au langage corporel. C’est la raison pour laquelle il ne suffit pas d’écouter avec les oreilles mais qu’il faut Ă©galement se servir de nos yeux et de notre cƓur !

L’écoute empathique est un prĂ©cieux cadeau, un immense investissement sur le compte Ă©motionnel (voir article prĂ©cĂ©dent – LPH 996), car elle satisfait pleinement notre besoin psychologique fondamental d’ĂȘtre compris et reconnu, ce qui nous est aussi indispensable que l’air.

Pour pouvoir ĂȘtre empathique avec les autres, il faut ĂȘtre disponible, ce qui implique d’avoir satisfait son propre besoin d’écoute empathique. Demandez Ă  votre conjoint, Ă  un/e ami/e ou Ă  un membre de votre famille de vous Ă©couter pendant trois minutes sans vous donner de conseil ni chercher Ă  prendre en charge vos problĂšmes, puis de reformuler ce qu’il a compris de ce que vous vivez. Ensuite, inversez les rĂŽles.

L’écoute empathique se dĂ©veloppe comme un muscle et devient de plus en plus prĂ©cise avec la pratique. Être Ă  l’écoute de l’autre permet de contribuer Ă  des relations pacifiques. DĂ©velopper l’écoute empathique, c’est donc aussi instaurer des relations de confiance, dĂ©samorcer les conflits du quotidien et favoriser la communication bienveillante.

Consacrez donc du temps Ă  vos enfants en tĂȘte-Ă -tĂȘte, sortez rĂ©guliĂšrement avec votre partenaire et soyez Ă  l’écoute pure : c’est la cinquiĂšme habitude de Stephen Covey, qui vous permettra de crĂ©er des relations affectives de qualitĂ©. n

Je vous invite Ă  me faire partager par mail vos rĂ©ussites (ou vos Ă©checs) d’écoute empathique – promis : je serai Ă  votre Ă©coute !

Hagit Bialistoky – Coach de vie et thĂ©rapie Ă©motionnelle

Contactez-moi pour intégrer mon groupe WhatsApp « Restez motivée »

Tél. : 050-7524670

Hagit.bialistoky@gmail.com

37 LPH N° 997
CONSCIENCE

Quand le Mossad recrute des olim 'hadachim Ă  Tel Aviv

Une femme en manteau blanc, capuche relevée, et un homme en costume prennent place. Pour protéger le secret de leur identité, les deux témoins garderont des lunettes de soleil toute la soirée.

« Nous sommes Sarah et Harry, ce sont des noms d’emprunt, et nous sommes ici pour vous parler de notre mĂ©tier au sein de ce qu’on appelle “l’agence”. Les questions sont les bienvenues, mais comme vous vous en doutez, nous ne rĂ©pondrons qu’à une minoritĂ© d’entre elles », annonce d’emblĂ©e Sarah.

« Bonsoir, j'espĂšre que vous me comprendrez
 Mon anglais n’est pas aussi bon que celui de ma collĂšgue. Je suis davantage Ă  l'aise en hĂ©breu et en arabe », poursuit le second agent.

19h

, Ă  l'extĂ©rieur d’un bar-restaurant du bord de mer de Tel Aviv, des dizaines de personnes patientent, certaines depuis prĂšs d’une heure. « Ils ont envoyĂ© un mail ce matin pour dire que tout le monde ne pourra pas rentrer, la salle n’est pas assez grande », commente une Franco-IsraĂ©lienne. Pour y assister, deux conditions : avoir entre 20 et 30 ans, et ĂȘtre israĂ©lien. À l'entrĂ©e, la sĂ©curitĂ© a Ă©tĂ© renforcĂ©e : vĂ©rification des billets et des cartes d’identitĂ©, une femme est mĂȘme chargĂ©e de recouvrir les objectifs des tĂ©lĂ©phones d’autocollants – « Interdiction de prendre des photos », rappellet-elle Ă  chacun. À l’intĂ©rieur, les curieux s’entassent. Ce n’est qu’aprĂšs une heure de retard et une quinzaine de déçus priĂ©s de faire demi-tour que la confĂ©rence peut enfin dĂ©buter.

La description de l'Ă©vĂ©nement annonçait que deux espions rĂ©pondraient aux questions des participants concernant leur mĂ©tier et ses risques. Une confĂ©rence allĂ©chante, donc, d’autant que la majoritĂ© du public a rĂ©cemment immigrĂ© en IsraĂ«l et n’en sait que trĂšs peu sur les services secrets israĂ©liens, une configuration bien connue des deux orateurs du soir.

Sarah, la trentaine passĂ©e, est nĂ©e Ă  Paris, et ce n’est qu'aprĂšs des Ă©tudes aux États-Unis et Ă  l'Ăąge de 26 ans qu’elle est arrivĂ©e en IsraĂ«l. « J’ai compris que je devais m’installer ici, que j’y aurais plus d’impact, que j’appartenais Ă  ce pays. AprĂšs mon Alya, j’ai repris des Ă©tudes, mais je sentais que mon intĂ©gration Ă©tait incomplĂšte, je voulais moi aussi me battre pour ce pays », explique-t-elle. C’est sans crier gare, dit-elle, que « l’agence » est venue Ă  elle. « Je ne pensais pas convenir, mais finalement, l’agence m’a permis de rĂ©aliser mon rĂȘve : j’ai pu avoir un impact sur le monde et ma vie a pris du sens », raconte-t-elle.

38 LPH N° 997 REPORTAGE
Vous ĂȘtes-vous dĂ©jĂ  demandĂ© comment les services secrets recrutent leurs agents ? Si les films et l'imaginaire collectif avancent des scĂ©narios rocambolesques, dans la vraie vie, le processus peut ĂȘtre bien moins impressionnant. Reportage.
L’agence m’a permis de rĂ©aliser mon rĂȘve : j’ai pu avoir un impact sur le monde et ma vie a pris du sens.

Face Ă  l’oratrice, dans la salle, les visages s’illuminent et l’intĂ©rĂȘt croĂźt. L’espionne franco-israĂ©lienne dĂ©crit son mĂ©tier comme une chance de faire la diffĂ©rence, d’éviter la monotonie et de vivre une vie palpitante, mĂȘme si, prĂ©cise-t-elle, « on ne fait pas ce mĂ©tier pour l’argent ». Une prĂ©cision qui fait sourire, Ă  commencer par son collĂšgue qui, discret jusque-lĂ , tempĂšre : « Mais nous avons tout un tas de choses qui nous sont offertes : des vols en business class, des vĂȘtements chics, des trajets en taxi, voire en limousine
 »

NĂ© Ă  Santiago, Harry, lui, a Ă©migrĂ© trĂšs jeune en IsraĂ«l. AprĂšs cinq ans d’armĂ©e, il s'est orientĂ© vers la psychologie et la criminologie, avant de faire un grave accident de la route. « Cet Ă©pisode m’a contraint Ă  me remettre en question. J’ai fait une pause dans mes Ă©tudes et je me suis penchĂ© sur ce que je souhaitais vraiment faire. » Son recrutement, l’homme n’en parlera pas, mais il Ă©voquera quelques dĂ©tails de ses entraĂźnements, deux annĂ©es intensives pendant lesquelles son mental et son physique ont Ă©tĂ© mis Ă  rude Ă©preuve, et qui lui ont notamment permis d’apprendre l’arabe littĂ©raire. « Ces vingt derniĂšres annĂ©es Ă  l’agence ont Ă©tĂ© les plus passionnantes de ma vie », affirme-t-il.

Sarah et Harry ont des missions similaires : récolter des informations nécessaires pour « sauvegarder » la sécurité du pays. « Comment ? », questionne une jeune femme dans le public. « Nous ne pouvons pas vous donner de détails, répond Sarah, mais nos missions se résument à nous rapprocher de personnes qui peuvent nous fournir ce que nous voulons. »

Pendant prĂšs d’une heure, les agents exposent quelques anecdotes et Ă©voquent les qualitĂ©s primaires requises pour faire un bon agent. Et quand vient le moment des questions-rĂ©ponses, deux clans se forment : si certains ont Ă©tĂ© totalement charmĂ©s et s’imaginent dĂ©jĂ  sur le terrain, d’autres Ă©mettent des rĂ©serves. « Ce mĂ©tier n'impacte-t-il pas votre vie privĂ©e ? », demande une AmĂ©ricaine employĂ©e dans une entreprise de high-tech Ă  Tel Aviv. « Il a un impact, surtout psychologique, mais nous essayons de faire la part des choses. Il y a un prix Ă  payer pour faire ce mĂ©tier, mais cela n’empĂȘche pas d’avoir une famille et des amis. D’ailleurs, je me suis mariĂ©e et j’ai eu des enfants alors que je travaillais dĂ©jĂ  pour le Mossad », rĂ©pond Sarah qui vient pour la premiĂšre fois de la soirĂ©e de nommer le cĂ©lĂšbre service de renseignement. « L’agence nous encourage Ă  vivre une vie normale et Ă  nous Ă©panouir dans notre

vie privĂ©e. D’ailleurs, nous manquons de femmes, alors si certaines veulent nous rejoindre, nous les y incitons vivement », conclut-elle. Le but de cette rencontre se clarifie
 « À la fin de la confĂ©rence, nous vous donnerons un mail auquel vous pourrez adresser votre CV », lance Harry. De quoi Ă©veiller l’enthousiasme, mais aussi la perplexitĂ© de l’audience. « Et concernant le salaire ? », questionne un jeune Ă©tudiant d’AmĂ©rique du Sud. « On ne fait pas ce mĂ©tier pour l’argent. Le salaire n’est pas bon », rĂ©pond Sarah sur le ton de l’humour. Cet argument ne rebute nĂ©anmoins pas l’assistance. Une dizaine de personnes se succĂ©deront Ă  la fin de la sĂ©ance pour poser des questions en tĂȘteĂ -tĂȘte aux deux intervenants et donner leurs coordonnĂ©es.

L’audience n’a pas Ă©tĂ© choisie au hasard : des jeunes, pour la majoritĂ© bilingues, voire trilingues, et Ă  la double nationalitĂ©. « Vous ĂȘtes les profils dont nous avons besoin », a plusieurs fois rĂ©pĂ©tĂ© Sarah.

Au sortir de l’évĂ©nement, aucun secret n’aura Ă©tĂ© dĂ©voilĂ©. Hormis des conseils logiques, les agents n’auront Ă©voquĂ© ni le processus de recrutement qu’ils ont suivi ni les formations dispensĂ©es. Ils n’auront pas non plus rĂ©vĂ©lĂ© leur vĂ©ritable identitĂ©.

Voilà comment, un soir de février, le Mossad a organisé une soirée de recrutement dans un bar branché en face de la promenade du bord de mer de Tel Aviv
 n

39 LPH N° 997 REPORTAGE

L'Altalena, soixante-quinze ans aprĂšs...

Tout dĂ©bute aux États-Unis, lorsque des partisans de l'Irgoun achĂštent un bateau Ă  l'armĂ©e amĂ©ricaine. Une fois en France, il est chargĂ© d'armes destinĂ©es aux combattants en Eretz IsraĂ«l. Mais l'arrivĂ©e du bateau en Eretz IsraĂ«l en juin 1948 suscite une vive tension entre le gouvernement israĂ©lien et l'Irgoun, Ben Gourion soupçonnant l'Irgoun de fomenter une rĂ©bellion contre le gouvernement du jeune État. Les tentatives de pourparlers Ă©chouent et finalement, le 22 juin 1948, le bateau est bombardĂ© depuis la plage de Tel Aviv.

Parmi les victimes se trouvent :

u Michel Victor Hai Assuied

Né à Paris, de mÚre chrétienne, il a grandi loin du judaïsme de son pÚre. Il perd sa mÚre à l'adolescence et s'installe avec son pÚre en Tunisie. Lors de l'invasion de la Tunisie par les Allemands, il s'engage dans la Résistance et participe entre autres à la bataille de Monte Cassino. Il est décoré de la Croix de guerre. La rencontre avec des rescapés de la Shoah le bouleverse. Il décide de s'engager dans les rangs de l'Irgoun, pour la liberté d'Israël : le 5 juin 1948, il monte à bord de l'Altalena pour

rejoindre la Palestine. Il écrit à son pÚre qu'il rentre à la maison. Il sera tué à bord du bateau.

u Victor Aryé Pakula, devenu Ben-Moché

NĂ© en 1927 en Pologne, il est enfant lorsque sa famille s'installe Ă  Paris oĂč, pendant la guerre, elle se dĂ©place en zone libre. Il veut rejoindre la RĂ©sistance et aller combattre en Allemagne. Il se rend en Suisse mais, Ă  cause de son jeune Ăąge, il n'est pas engagĂ©. Il est hĂ©bergĂ© par un prĂȘtre protestant. À la fin de la guerre, il retrouve

sa sƓur, seule survivante de sa famille. La catastrophe le pousse Ă  Ă©pouser la cause sioniste ; il apprend la Bible et l'histoire du sionisme. AprĂšs le vote des Nations Unies du 29 novembre 1947 qui dĂ©clenche la guerre d'indĂ©pendance, il dĂ©cide de rejoindre les combats sans plus attendre. Il s'achĂšte une arme personnelle et monte Ă  bord d'un bateau Ă  Marseille. En Eretz IsraĂ«l, il rejoint rapidement des entraĂźnements de l'Irgoun. Lors de l'arrivĂ©e de l'Altalena Ă  Tel Aviv, il fait partie des combattants de

40 LPH N° 997 HISTOIRE
Juin 1948-juin 2023 : soixante-quinze ans se sont Ă©coulĂ©s depuis la tragique affaire de l'Altalena. L’occasion de revenir sur quelques-unes des victimes de ce drame qui a marquĂ© l'histoire d'IsraĂ«l.
L'Altalena en feu, suite au bombardement par un détachement du Palmah © GPO

l'Irgoun qui se trouvent sur la plage pour apporter leur aide au déchargement de la cargaison. Ce sera sa derniÚre mission.

u Avraham Cohen

L'histoire d'Avraham Cohen le lie Ă  la mer depuis son plus jeune Ăąge. NĂ© dans une famille prĂ©caire, il travaille pour sa subsistance depuis l'enfance, mais il profite de chaque instant de libertĂ© pour se rendre sur la plage, observer la mer, nager et faire de la barque ; il rĂȘve de devenir marin et de parcourir le monde. Il rejoint l'Irgoun et fait preuve d'un hĂ©roĂŻsme particulier lorsque, au cours d'un entraĂźnement, sa barque se retourne et un fusil tombe au fond du fleuve : les armes Ă©tant une denrĂ©e rare, il n'hĂ©site pas Ă  plonger pour rattraper le fusil. Il participe Ă  la conquĂȘte de Jaffa et du village de Yahoudiya, lors de laquelle il stoppe seul un tank ennemi jusqu’à l'arrivĂ©e de renforts.

Tsahal fondée, il prévoit de s'engager dans la marine. Lors de l'arrivée de l'Altalena, il tente de nager jusqu'au bateau pour apporter de l'aide à ses camarades. Mais touché par des débris de missile, il meurt en mer.

Le parcours le plus marquant reste celui d'Avraham Stavsky. Né en 1906 en Pologne, il reçoit une éducation sioniste et

traditionaliste. En 1923, il essaie de monter illĂ©galement en Eretz IsraĂ«l mais il est arrĂȘtĂ© par les autoritĂ©s roumaines qui le remettent aux mains des autoritĂ©s polonaises. Il s'engage dans

l'armĂ©e polonaise et y devient officier. AprĂšs son service, il s'engage au sein du Betar. En 1933, il rĂ©ussit enfin, en montant sur un bateau Ă  Marseille, Ă  entrer Eretz IsraĂ«l oĂč il rejoint les cercles du Betar. En juin de la mĂȘme annĂ©e, il est accusĂ© Ă  tort par les autoritĂ©s britanniques et sionistes d'avoir pris part Ă  l'assassinat de HaĂŻm Arlozorov. Il est condamnĂ© Ă  mort, mais une protestation s’élĂšve au Yichouv contre cette injustice. Avraham Stavsky est finalement acquittĂ© par manque de preuves. AprĂšs cette dure Ă©preuve, Ă  la demande de Zeev Jabotinsky, il rejoint sa Pologne natale pour Ɠuvrer Ă  la diffusion de la presse sioniste rĂ©visionniste puis Ă  illĂ©gale. Lorsque la Seconde Guerre mondiale Ă©clate, il tente de regagner Eretz , mais il est arrĂȘtĂ© sur ses plages par les Britanniques qui le refoulent. Il se rend aux États-Unis oĂč il Ɠuvre pour l'Irgoun. AprĂšs la guerre, il retourne en Europe et y agit de nouveau en faveur de l'immigration illĂ©gale des rescapĂ©s de la Eretz IsraĂ«l. Il joue un rĂŽle important dans l'organisation de l'Altalena, sur lequel il embarque, pour la troisiĂšme fois de sa vie, vers Eretz IsraĂ«l. Mais il trouvera lui aussi la mort sur le pont du bateau, dans les bras de son ami d'enfance, Menahem Begin. n

41 LPH N° 997
HISTOIRE
Yoël Haddad est chercheur au Centre Begin. Le monument honorant les victimes de l'Altalena à Nahalat Yitzhak [NDLR : les noms des victimes cités dans l'article ont été soulignés en rouge.]

Parcours d'une (com)battante

PAR VALÉRIE KARSENTI

SalomĂ© est une jeune fille qui gagne Ă  ĂȘtre connue et c’est pourquoi j’ai dĂ©cidĂ© de vous parler d’elle.

Tout d’abord parce que SalomĂ© a fait son cherout leoumi au CNEF et qu’elle y a travaillĂ© en tant que conseillĂšre acadĂ©mique. Ensuite, parce qu’elle a fait son Alya, et des Ă©tudes en IsraĂ«l. Enfin, parce qu’elle s’occupe de groupes de lycĂ©ens français et qu’à ce titre Ă©galement, son regard et son expĂ©rience sont prĂ©cieux.

SalomĂ©, qui a effectuĂ© sa scolaritĂ© en France, avait « depuis toujours » dans l’idĂ©e de faire son Alya. Alors que les jeunes de sa classe qui Ă©taient venus en IsraĂ«l Ă  l’occasion du bac Bleu Blanc hĂ©sitaient Ă  franchir le pas, elle avait dĂ©jĂ  donnĂ© (avec ses parents) un chĂšque au rav Elie Kling pour rĂ©server sa place dans le programme Hemdat Hadarom, sur les conseils du rav Mamou.

Lorsque je lui ai demandĂ© si elle avait des regrets, elle m’a rĂ©pondu que non seulement elle n’en n’avait

42 LPH N° 997 FORCES VIVES
© DR
Les jeunes participants au bac Blanc Bleu, venus de France, lors de la réception d'ouverture au Palais des CongrÚs de Jérusalem

aucun, mais que de plus elle aurait préféré suivre le programme de Hemdat Hadarom sans connaßtre aucune des participantes au préalable.

Oui, SalomĂ© est forte et dĂ©terminĂ©e. Et elle a de la maturitĂ© Ă  revendre. Elle m’a d’ailleurs fait part du sentiment de dĂ©calage qu’elle a trĂšs tĂŽt ressenti par rapport Ă  ses amis restĂ©s Ă  Paris. Une petite anecdote l’illustre bien : durant sa premiĂšre annĂ©e en IsraĂ«l, le passeport de SalomĂ© allant expirer, elle a « tout naturellement » entrepris les dĂ©marches nĂ©cessaires pour le renouveler. Sauf qu’en parlant avec une amie de lycĂ©e restĂ©e Ă  Paris, elle s’est rendu compte que ce n’était pas du tout si naturel que cela, l’amie en question lui ayant fait remarquer qu’en France, c’étaient les parents qui s’occupaient de ce genre de dĂ©marches et qu’elle enviait l’autonomie que SalomĂ© avait acquise en si peu de temps. Ce dĂ©calage existe aussi par rapport aux jeunes que SalomĂ© accompagne lors de leurs sĂ©jours en Pologne ou en IsraĂ«l ; mais elle parvient Ă  voir au-delĂ  de l’indiffĂ©rence affichĂ©e et du cynisme blasĂ© que ces jeunes manifestent lorsqu’il est question d’IsraĂ«l et de l’Alya. SalomĂ© sait mieux que personne, puisqu’elle a suivi le mĂȘme parcours, combien ces jeunes sont en demande et combien ils attendent qu’on leur parle sans langue de bois de l’Alya. SalomĂ© m’a Ă©galement fait part d’une rĂ©flexion particuliĂšrement intĂ©ressante sur la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne, qu’elle voit comme une sociĂ©tĂ© qui aime les jeunes, les responsabilise et leur fait confiance en leur donnant un vrai rĂŽle Ă  jouer. Pensez par exemple Ă  ces jeunes 'hayalim et 'hayalot, qui sont nos yeux et nos oreilles, et qui dĂ©fendent notre pays sans hĂ©sitation. Pensez aux jeunes qui montent des start-ups, aux jeunes mĂ©decins, avocats, spĂ©cialistes de la finance, mais aussi Ă  tous les autres, les invisibles qui travaillent, paient leurs Ă©tudes et fondent un foyer avec ou le plus souvent sans l’aide de leurs parents. Ce sont de vrais hĂ©ros et la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne, qui les perçoit comme tels, leur donne de facto une place qui compte en son sein.

Autre point abordĂ© par SalomĂ© : la politique. AprĂšs m’avoir confiĂ© que ses parents (son pĂšre, en particulier) Ă©taient « accros » aux news, elle ajoute dans le mĂȘme souffle qu’il est de toute façon trĂšs

difficile, voire impossible, de ne pas se sentir concerné par la politique en Israël. Toutes les décisions ont un impact réel et concret sur les citoyens israéliens ; et en Israël, chacun a voix au chapitre.

À travers ses propos, SalomĂ© nous communique cette sensation de vie si intense que l’on Ă©prouve en IsraĂ«l – une telle intensitĂ© que lorsqu’on se rend en France ou ailleurs, on a l’impression que rien n’a bougĂ©. Nombreux sont ceux qui partagent ce sentiment.

SalomĂ© a donc trouvĂ© sa place, et c’est tant mieux. Maintenant il lui reste, avec l’aide de Dieu, Ă  trouver le fiancé  Mais c’est une autre histoire ! n

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FORCES VIVES
Valérie Karsenti est directrice académique CNEF.
Lorsqu’il est question d’IsraĂ«l et de l’Alya, les jeunes attendent qu’on leur parle sans langue de bois.

Tamar Mika Bahat : Je commence ma journée avec le sourire

Titulaire d’un diplĂŽme de deuxiĂšme cycle en philosophie, Tamar Mika Bahat vit avec passion son mĂ©tier d’institutrice depuis plus de vingt ans et elle vient de publier un livre pour enfants qui traite de la sĂ©paration vĂ©cue par le petit enfant lors de sa scolarisation.

« L’idĂ©e m’est venue aprĂšs avoir aidĂ© de nombreux enfants Ă  surmonter leurs difficultĂ©s d’acclimatation dans un nouvel environnement prĂ©scolaire ou scolaire. L’enjeu Ă©tait de les aider Ă  faire face au stress liĂ© Ă  la sĂ©paration tant Ă©motionnelle que physique imposĂ©e par la nouveautĂ©. La sĂ©paration est une expĂ©rience que nous vivons plus d’une fois dans l’enfance ! », explique l’autrice. Le titre du livre, Je commence ma journĂ©e avec le sourire, est en luimĂȘme une invitation Ă  ouvrir son cƓur pour parvenir Ă  surmonter la colĂšre, la tristesse ou l’inquiĂ©tude Ă©prouvĂ©es lors de l’adaptation Ă  un nouvel environnement. L’acquisition de cette maturitĂ© Ă©motionnelle peut ĂȘtre mise Ă  l’épreuve Ă  tout stade de l’enfance, et parfois mĂȘme Ă  l’ñge adulte !

Le rĂ©cit est portĂ© par Tom, un attendrissant hĂ©ros. Envahi par toutes les Ă©motions nĂ©gatives du dĂ©marrage, il cesse cependant de se replier sur lui-mĂȘme pour s’ouvrir aux autres. À travers cette expĂ©rience de sĂ©paration, Tamar Mika Bahat met en relief

l’importance de l’écoute attentive et de l’accompagnement rĂ©flĂ©chi de l’adulte prĂ©sent auprĂšs de l’enfant pendant cette pĂ©riode critique : paroles douces, encouragements, caresses, empathie, identification, tout cela est dĂ©crit trĂšs finement dans le livre, Ă  travers un dialogue expressif et chaleureux qui permet Ă  l’enfant d’accepter petit Ă  petit ses Ă©motions nĂ©gatives. L’autrice prĂ©cise : « À travers cette histoire vĂ©cue par un autre enfant, le petit lecteur peut percevoir avec un certain recul le reflet de sa propre expĂ©rience. » Il peut ainsi dĂ©placer positivement son point de vue et faire face Ă  la difficultĂ© rencontrĂ©e. Le but du livre est donc d’aider Ă 

la rĂ©gulation Ă©motionnelle de l’enfant grĂące Ă  un regard positif portĂ© sur une situation donnĂ©e.

Le rĂ©cit, illustrĂ© page aprĂšs page, est accompagnĂ© d’un livret de coloriages qui invite l’enfant Ă  revenir, avec ses propres couleurs, sur chaque situation du livre, afin d’intĂ©grer Ă  sa maniĂšre l’évolution des conditions de la sĂ©paration. Ces coloriages lui permettront de rĂ©crĂ©er et de traiter diffĂ©rentes situations Ă  son rythme, dans un environnement calme et dĂ©tendu. D'ailleurs, symboliquement, le nom de l’enfant sera inscrit sur la couverture, ce qui lui permettra d’ĂȘtre le personnage principal, le crĂ©ateur et l'acteur de cette dĂ©marche positive.

Selon Tamar, « un tel livre devrait ĂȘtre lu aux enfants avant leur entrĂ©e en maternelle et en primaire, afin de les prĂ©parer Ă  ces nouvelles situations. » De façon gĂ©nĂ©rale, ce livre nous incite tous Ă  ĂȘtre plus attentifs aux non-dits et aux sentiments de l’autre. Il nous invite Ă  ĂȘtre plus Ă  l’écoute de l’ñme de l’enfant. C’est une pausecadeau dans le temps et dans l’esprit.

À proposer à tous les niveaux, à lire et à relire, à tout ñge ! n

Le livre est disponible sur commande dans toutes les librairies, aussi bien en France qu’en IsraĂ«l. Vous pouvez Ă©galement le commander sur le site internet : https://www.jetsdencre.fr/je-commence-majournee-avec-le-sourire-_r_68_i_1589.htm

44 LPH N° 997 LIVRES ET VOUS

Et si on visitait Israël à vélo ?!

Avec l'arrivée des beaux jours, pourquoi ne pas découvrir un nouveau concept de balades ? Que diriez-vous d'une découverte du pays à vélo ? C'est ce que propose Bike Jerusalem, avec différentes formules pour faire plaisir à tout le monde. Il n'y a plus qu'à louer le vélo et choisir ce qui vous convient. En selle !

En IsraĂ«l, difficile de trouver des endroits plats. C'est peut-ĂȘtre pour cette raison que le cyclisme n’a commencĂ© qu’assez tardivement Ă  susciter l'intĂ©rĂȘt des habitants : c'est seulement au milieu des annĂ©es 1990 qu'il est devenu un sport populaire. Depuis, de nombreuses pistes cyclables ont Ă©tĂ© construites, on voit de plus en plus de groupes de cyclistes sur les chemins de randonnĂ©e et le pays a mĂȘme accueilli les trois premiĂšres Ă©tapes du Giro d'Italie en 2018. Le concept de dĂ©couverte du pays Ă  vĂ©lo s'est peu Ă  peu installĂ©. Bike Jerusalem propose diffĂ©rentes formules, adaptĂ©es Ă  tous les publics et Ă  toutes les envies. Le climat est agrĂ©able, alors pourquoi ne pas dĂ©couvrir la capitale Ă  travers ses pistes cyclables, qui y sont plus nombreuses qu’on ne l’imagine ? Ainsi, il est possible de parcourir les lieux les plus touristiques de JĂ©rusalem, et de dĂ©couvrir son histoire et ses secrets architecturaux en Ă©vitant la circulation toujours intense : de la rue Jaffa Ă  la Knesset en passant par la Cour suprĂȘme, la rĂ©sidence du PrĂ©sident et celle du Premier ministre, mais aussi la Mochava Guermanit, la Mamilla et bien sĂ»r la Vieille Ville, JĂ©rusalem s'admire aussi Ă  vĂ©lo. Bike Jerusalem

propose Ă©galement un circuit nocturne, et un autre pour assister au lever du jour sur la ville et s'Ă©merveiller en portant un autre regard sur la capitale. Des visites du mĂȘme genre sont organisĂ©es Ă  Tel Aviv : le boulevard Rothschild, Neve Tzedek, le port

de Jaffa, le parc HaYarkon, le port de Tel Aviv, la promenade du bord de mer, tous les lieux Ă  ne pas manquer sont sur la carte de ce circuit d'un nouveau genre. Pour ceux qui prĂ©fĂšrent s’échapper de l'agitation urbaine, il est Ă©galement possible de rĂ©server un tour dans la nature, dans des lieux exceptionnels comme les monts de JudĂ©e ou le NĂ©guev.

Tous ces parcours sont adaptables Ă  la taille du groupe et aux familles, en fonction de l'Ăąge des enfants.

Pour les plus aventureux, il existe des circuits étalés sur plusieurs jours. Dans ce cas, l'organisation comprend les balades à vélo mais

aussi toute la logistique des repas et des hĂŽtels. Un circuit de huit jours passe par Tel Aviv, le Carmel, CĂ©sarĂ©e, Safed, le Golan, le lac de TibĂ©riade, JĂ©rusalem et les monts de JudĂ©e. Un autre circuit encore plus long, dix-huit jours Ă  vĂ©lo, dĂ©borde sur la Jordanie – au programme : JĂ©rusalem, la mer Morte, Yerouham, Mitzpe Ramon, Akaba, PĂ©tra et le mont Nebo. D'autres formules relient JĂ©rusalem Ă  Eilat, ou encore traversent la GalilĂ©e. Les casse-cous ne seront pas en reste : Bike Jerusalem offre des circuits tout-terrain dans les merveilleux paysages israĂ©liens, en GalilĂ©e, dans les monts de JudĂ©e, dans le NĂ©guev, Ă  Eilat
 Les destinations ne manquent pas. Et si vous ĂȘtes plutĂŽt du genre Ă  prĂ©fĂ©rer votre autonomie, Bike Jerusalem vous donnera tous les conseils et les renseignements indispensables pour organiser votre propre tour d'IsraĂ«l Ă  vĂ©lo. IsraĂ«l offre une grande variĂ©tĂ© de paysages. En commençant par les montagnes du nord d'IsraĂ«l, en passant par la plaine cĂŽtiĂšre, les zones urbaines de la rĂ©gion de Dan, Tel Aviv, JĂ©rusalem, le dĂ©sert du NĂ©guev et enfin Eilat, tout peut se faire Ă  vĂ©lo, un moyen de parcourir autrement notre beau pays. n

Pour plus de renseignements : www.bikejerusalem.com

45 LPH N° 997
DÉCOUVERTE D'ISRAËL

BĂ©'houkotaĂŻ

Vos pluies en leur temps

Si selon Mes statuts (Be'houkotaĂŻ) vous allez et Mes mitzvot vous gardez, vous les faites, Je donnerai vos pluies en leur temps » On pourrait entendre qu’il existe un contrat simple entre le CrĂ©ateur et Ses crĂ©atures : comportezvous correctement selon Mes prĂ©ceptes et en retour vous serez rĂ©compensĂ©s. Mais voilĂ  ce que dit l’exĂ©gĂšse : si la mitzva donne accĂšs au Monde futur, elle ne garantit pas de rĂ©compense ici-bas. Elle est sa propre rĂ©compense, ce qui est bien difficile Ă  comprendre. Il faut d’abord savoir que la bĂ©nĂ©diction est « activĂ©e » si la mitzva n’est pas empreinte du souci de pratiquer Torah et mitzvot
 tout en ayant confiance que Dieu pourvoira Ă  nos besoins. Il s’agit d’ĂȘtre observant sans espĂ©rer de rĂ©compense ni Ă©prouver d’obligation : les mitzvot sont pour notre bien car constitutives de notre identitĂ© !

Pour Rachi, ces deux propositions ne sont pas conditionnelles l’une par rapport Ă  l’autre (si
 alors
). Il ne faudrait pas entendre : « Si vous respectez ce que J’attends de vous, alors, en guise de rĂ©compense, Moi Je dispenserai vos pluies en leur temps. » Il s’agirait plutĂŽt de supplications de Dieu : « Je vous en prie, observez Mes lois ! Pour le reste, ne vous en souciez pas, Je pourvoirai Ă  vos besoins. »

Autrement dit, Ă  chacun ses obligations : HaChem dispense

PardĂšs – le Verger –, ce sont les quatre niveaux d’étude de la Torah. Ariela Chetboun met par Ă©crit l’enseignement oral reçu de ses maĂźtres en Kabbala et 'Hassidout. Que cet Ă©clairage vienne Ś“Ś™Ś™ŚĄŚ‘ complĂ©ter ce que nous savions jusqu'ici.

de quoi vivre – les pluies, les bienfaits, de quoi ĂȘtre bĂ©nis – et nous, nous faisons ce que nous devons faire, notamment Torah et mitzvot

C’est une idĂ©e neuve, aux antipodes de la pensĂ©e chrĂ©tienne qui rĂ©munĂšre les « bonnes actions ». Comprendre Be'houkotaĂŻ selon la grille de lecture juive, c’est Ă©chapper Ă  la plainte, Ă  la critique des voies de Dieu, Ă  la colĂšre contre notre « destinĂ©e ». C’est voir dans l’adversitĂ© accablante ce qui peut en ressortir de positif. « Vos pluies » signifie les bienfaits dont nous sommes abreuvĂ©s – de quoi vivre, mais pas seulement. Pour la 'Hassidout, ces pluies reprĂ©sentent tout ce que HaChem nous envoie : le tov que nous n’espĂ©rions pas, mais aussi nos Ă©preuves pour progresser. Son dĂ©sir est de nous donner tout ce dont nous avons besoin, comme un pĂšre le dĂ©sire pour ses enfants, et de nous voir bien grandir.

Regardons les choses autrement. Nous sommes responsables de notre perception des choses passĂ©es, de la qualitĂ© du prĂ©sent et de notre engagement pour l’avenir. Dieu donnera nos pluies en leur temps : une rosĂ©e de bĂ©nĂ©dictions adressĂ©es personnellement Ă  chacun au moment propice.

La maturitĂ© spirituelle, c’est de comprendre qu’il faut travailler pour obtenir les choses et que Dieu nous appuie dans notre effort. Chacun avance Ă  son

rythme. L’homme est fait de tohou (passion, vitalitĂ©, dĂ©sir, expression) et de tikoun (prise de conscience, travail sur les relations, amĂ©lioration de comportements). Il brise puis rĂ©pare les dĂ©gĂąts qu’il a commis. Ainsi, notre survie n’est conditionnĂ©e ni par nos bonnes actions ni par le regard que Dieu pose sur nous. Son regard est indĂ©fectiblement bienveillant. Il pourvoira, de toutes façons. Nous, nous devons travailler et grandir. n

Une annĂ©e avec la Cabale. Secrets de l'Âme et du Temps

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46 LPH N° 997
UNE ANNÉE AVEC LA CABALE «

Rabbi Shimon bar Yo'haĂŻ, le visionnaire pragmatique

La mĂ©moire populaire de l'illustre Rabbi Shimon bar Yo'haĂŻ, dont on cĂ©lĂšbre la Hiloula le jour de Lag ba-Omer – le trente-troisiĂšme jour du Omer, qui cette annĂ©e tombera le 9 mai –, tient dans le fameux rĂ©cit de son sĂ©jour dans la grotte miraculeuse. Cette grotte lui servit d'abri et de refuge face Ă  la menace du dĂ©cret de mort Ă©ditĂ© par l'occupant romain duquel il Ă©tait un farouche opposant. Quelques lignes de la trente-troisiĂšme page du TraitĂ© Chabbat nous dĂ©voilent certains traits de son extraordinaire personnalitĂ©. C’est en effet dans ce passage talmudique qu’est relatĂ© l’épisode oĂč Rabbi Shimon bar Yo'haĂŻ et son fils Rabbi Élazar furent amenĂ©s Ă  se rĂ©fugier dans une grotte pendant de longues annĂ©es : « Rabbi YĂ©houda, Rabbi Yossi et Rabbi Shimon [bar Yo'haĂŻ] Ă©taient assis ensemble, et YĂ©houda ben guĂ©rim [fils de convertis] Ă©tait assis auprĂšs d’eux. Rabbi YĂ©houda entama le propos en disant : “Qu’elles sont belles, les actions de cette nation [les Romains] : ils ont amĂ©nagĂ© des marchĂ©s, Ă©difiĂ© des ponts et construit des bains publics !” Rabbi Yossi se tut, mais Rabbi Shimon bar Yo'haĂŻ rĂ©pondit : “Tout ce qu’ils ont rĂ©alisĂ©, ils ne l’ont fait que pour leurs propres besoins : ils n’ont amĂ©nagĂ© des marchĂ©s que pour y poster des courtisanes, ils n’ont construit des bains publics que pour s’y prĂ©lasser, et ils n’ont Ă©difiĂ© des ponts que pour y prĂ©lever des taxes.” YĂ©houda ben guĂ©rim alla rapporter cette discussion [Ă  ses proches], et elle arriva finalement jusqu’aux oreilles du gouvernement. Celui-ci dĂ©clara alors : “YĂ©houda, qui nous a glorifiĂ©s, sera Ă©levĂ© ; Yossi, qui s’est tu, sera exilĂ© Ă  Tzipori ; et Shimon, qui a diffamĂ© contre nous, sera mis Ă  mort.” Rabbi Shimon partit alors se rĂ©fugier avec son fils dans la maison d’étude. Sa femme leur y apportait du pain, une cruche d’eau, et ils mangeaient. Lorsque le dĂ©cret prononcĂ© Ă  leur

encontre devint encore plus sĂ©vĂšre, Rabbi Shimon dit Ă  son fils : “Les femmes ont un tempĂ©rament faible, et s’ils venaient Ă  la torturer, elle pourrait nous dĂ©noncer !” Ils partirent donc se cacher dans une grotte, oĂč poussa par miracle un caroubier et oĂč jaillit une source d’eau. »

bar Yo'haĂŻ est

Le dĂ©bat fondamental sur la question de savoir quelle attitude adopter face Ă  l'occupation romaine Ă©tait particuliĂšrement pertinent pour ces trois Ă©lĂšves de Rabbi Akiva. Lui-mĂȘme, leur maĂźtre, avait courageusement fait son choix auparavant en identifiant Bar Kokhba, le dirigeant de la rĂ©volte militaire anti-romaine, comme le sauveur d'IsraĂ«l. On pourrait Ă©ventuellement considĂ©rer la condamnation catĂ©gorique des actions romaines exprimĂ©e par Rabbi Shimon bar Yo'haĂŻ comme une position radicalisĂ©e. Et mĂȘme adopter l'humanisme et le pluralisme de Rabbi YĂ©houda qui, malgrĂ© toutes les cruautĂ©s commises par Rome et dont il n'ignore rien, choisit dĂ©libĂ©rĂ©ment de ne pas renoncer Ă  voir le progrĂšs bĂ©nĂ©fique instituĂ© par l'occupant dans les domaines de l'Ă©conomie, de la santĂ© publique et des infrastructures.

Rabbi Shimon bar Yo'haĂŻ est Ă  l'origine du dĂ©voilement de la partie cachĂ©e de la Torah ; c’est le fondateur incontournable de la Mystique juive. Paradoxalement, le Talmud semble le prĂ©senter comme un analyste gĂ©opolitique ultra-pragmatique. En rĂ©alitĂ©, pieds sur terre et visionnaire, il est le vĂ©ritable symbole de la spĂ©cificitĂ© du projet de la nation juive : relier le Ciel et la Terre. Puisse le mĂ©rite du Tzadik ĂȘtre un bouclier pour son peuple ! n

Rabbin de communauté à Ashdod - Fondateur de Chadarim Directeur du Desk France du Mizra'hi mondial Pour contacter le rav Dray : avdery7@gmail.com

47 LPH N° 997
AU NOM DE LA LOI
Pieds sur terre et visionnaire, Shimon
le véritable symbole de la spécificité du projet de la nation juive : relier le Ciel et la Terre.

Iyar et le Taureau

Dans le calendrier hĂ©braĂŻque, le signe du Taureau, « Shor », en hĂ©breu, est liĂ© au mois d’Iyar. Ce mois est caractĂ©risĂ© par la « Guevoura », que l’on traduit souvent par « puissance » et « rigueur », mais qui reprĂ©sente principalement la mesure qui vient limiter la bontĂ© infinie ('Hessed) avec laquelle Dieu a créé le monde. En commençant le compte par le mois de Nissan, considĂ©rĂ© comme le premier mois du calendrier juif, Iyar est donc le second mois de l’annĂ©e. Son appellation « Ziv » (« Ă©clat », « Ă©panouissement ») lui octroie sa luminositĂ© rĂ©paratrice, guĂ©rissante et libĂ©ratrice. La preuve Ă©vidente en est la crĂ©ation de l'État d'IsraĂ«l au mois d’Iyar 5708.

D'aprĂšs nos sage, le mois d'Iyar est propice Ă  la remise en Ă©quilibre de l’ñme et du corps, ainsi que nous le voyons dĂšs la sortie d'Égypte. Les lettres du mois d’Iyar correspondent aux initiales de la phrase « Ani HaChem rofĂ©kha » – ŚšŚŚ€Ś•Śš ŚŚ©Ś” ڙڠڐ – : « Je suis HaChem ton guĂ©risseur », qui induit une force de guĂ©rison. À noter que d’ailleurs, c’est Ă©galement durant ce mois que le puits de Myriam, qui avait le pouvoir de guĂ©rir, fut accordĂ© Ă  IsraĂ«l.

Iyar est donc la suite de la libĂ©ration de Nissan. C'est un mois d’espoir qui contient en lui la libĂ©ration future du peuple. C’est pendant le mois d’Iyar que l’on cĂ©lĂšbre « Pessa'h chĂ©ni », sorte de « rattrapage » pour ceux qui n'auraient pas marquĂ© le premier Pessa'h parce qu’ils Ă©taient impurs Ă  ce moment-lĂ  et ne pouvaient donc offrir le sacrifice pascal (korban Pessa'h). C'est un dĂ©sir qui fut exprimĂ© par ceux qui n’avaient pas encore pu ĂȘtre marquĂ©s par l'aspect « national » d'IsraĂ«l et auxquels l'Éternel accorda cette « nouvelle » fĂȘte.

Les secrets de la Torah sont liĂ©s au mois d'Iyar car c'est grĂące Ă  eux que le peuple pourra soigner ses plaies liĂ©es Ă  l'exil. Ainsi, le Zohar de Rabbi Shimon bar Yo'haĂŻ fut dĂ©voilĂ© au monde durant ce mois. Le Taureau, caractĂ©risĂ© par sa corpulente robustesse et sa puissance, reprĂ©sente le mois d’Iyar. ConsidĂ©rĂ© comme le roi des bovins, il est liĂ© Ă  Joseph – Yossef haTzadik –, symbolisĂ© par le taureau, « shor », et reprĂ©sentant la puissance nationale d'IsraĂ«l, et donc Machia'h ben Yossef. Ainsi le sionisme d'IsraĂ«l est-il mis en valeur durant le mois d'Iyar.

L’élĂ©ment correspondant au Taureau est la terre et, Ă  l’instar du taureau qui la prĂ©pare pour la

rĂ©colte, le sionisme de Joseph reprĂ©sente toutes les infrastructures nĂ©cessaires au dĂ©voilement du Machia'h ben David. De plus, la valeur numĂ©rique du nom « Yossef » est Ă©gale Ă  celle du mot « Tzion ». La puissance rapide et foudroyante de Joseph est un vĂ©ritable « satan » pour EsaĂŒ qui, tout au long de l'histoire, refusera de reconnaĂźtre la place d'IsraĂ«l sur sa terre et au sein des nations du monde. L’aspect « national » du mois d'Iyar est liĂ© Ă  tout ce dont un État a besoin pour rĂ©tablir le royaume de l'Éternel sur terre. Une Ă©conomie saine, une armĂ©e puissante et un tissu social uni sur Sa terre sont la base requise pour que le roi Machia'h s’y pose. n

PLANÈTE : Vénus

PIERRE PRÉCIEUSE : Topaze (« PitĂ©da », en hĂ©breu)

ÉLÉMENT FONDAMENTAL : la terre

ATTRIBUT : Malkhout, la Royauté

Rav Yoel Benharrouche, artiste peintre, enseignant www.orotvekelim.com

Horaires de Chabbat

Chabbat Emor

5 mai 2023-14 Iyar 5783

Jérusalem 18h41 20h02

Tel Aviv 19h01 20h04

Netanya 19h02 20h05

Chabbat BeHar-Be'houkotaĂŻ

12 mai 2023-21 Iyar 5783

Jérusalem 18h46 20h08

Tel Aviv 19h06 20h10

Netanya 19h07 20h10

Chabbat BaMidbar

19 mai 2023-28 Iyar 5783

Jérusalem 18h51 20h13

Tel Aviv 19h11 20h16

Netanya 19h11 20h16

Roch 'hodech Sivan

21 mai 2023

Chavouot

EntrĂ©e de la fĂȘte le jeudi 25

mai 2023-5 Sivan 5783

Jérusalem 18h55

Tel Aviv 19h15

Netanya 19h15

Nous ne communiquons pas les horaires de la fin de la fĂȘte puisque nous entrons directement dans le chabbat (horaires ci-aprĂšs).

Chabbat Nasso

26 mai 2023-6 Sivan 5783

Jérusalem 18h55 20h18

Tel Aviv 19h15 20h21

Netanya 19h16 20h21

48 LPH N° 997
MAZAL TOV

Rachi, Rachbam et la famille Dee

Le moment tant attendu est enfin arrivé. Cela fait des mois que le peuple s'est attelé à la tùche de construire en plein désert ce tabernacle portatif et démontable qui l'accompagnera durant les quarante années de ses pérégrinations. Aharon est officiellement intronisé Cohen Gadol, et il dirige avec une émotion bien compréhensible et une joie intense, partagée par tout le peuple, la cérémonie d'inauguration !

Et soudain, c'est le drame : Nadav et Avihou, deux des quatre fils d'Aharon, meurent pour avoir osé apporter un « feu étranger » dans le Sanctuaire, un feu qui ne leur avait pas été ordonné.

Sans entrer ici dans la question de fond que posent les commentateurs, Ă  savoir, quelle a Ă©tĂ© prĂ©cisĂ©ment la faute des deux frĂšres, attardons-nous plutĂŽt sur la rĂ©action de leur pĂšre et de leur oncle MochĂ©. En voici le rĂ©cit dans la paracha Chemini : « Et MochĂ© dit Ă  Aharon : “C'est bien ce que Dieu avait dit : ‘C'est par Mes proches que Je serai sanctifiĂ© et honorĂ© devant tout le peuple !’” Aharon se tut. »

(VaYikra 10, 3)

Rachi, fidĂšle Ă  l'enseignement du Talmud ( Zeva'him 115b), comprend que les proches dont parle MochĂ© sont Nadav et Avihou : « MochĂ© dit Ă  Aharon : “Aharon, mon frĂšre, je savais que l'endroit serait sanctifiĂ© par ceux qui sont proches de Dieu. Je pensais que ce serait par toi ou par moi. Je constate Ă  prĂ©sent qu'ils sont plus importants que toi et moi.” » Un peu comme lorsque nos sages affirment que Dieu est particuliĂšrement exigeant envers ceux qui lui sont proches. Mais Rachbam, le petit-fils de Rachi, s'Ă©tonne de l'explication de son grand-pĂšre : « Cette interprĂ©tation s'Ă©carte du sens littĂ©ral. Est-il raisonnable de croire que Dieu aurait annoncĂ© Ă  MochĂ© : “Faites-moi un sanctuaire et, le jour de son inauguration, les plus grands parmi vous mourront” ?! » C'est pourquoi Rachbam propose une autre lecture du verset : les « proches » dont parle MochĂ©, ce ne sont pas ceux qui sont morts mais ceux qui sont encore en vie : « Lorsqu'Aharon apprit la terrible nouvelle, il voulut tout arrĂȘter pour porter comme il se doit le deuil de ses enfants. Alors MochĂ© lui dit : “Ne pleure pas, ne porte pas le deuil et n'interromps pas la cĂ©rĂ©monie ! C'est par Ses proches, par toi et tes deux fils restants, que Dieu veut ĂȘtre sanctifiĂ© [
] Tu es Cohen Gadol , n’abandonne pas l'inauguration, ne quitte pas le Michkane , et ainsi tu contribueras Ă  la sanctification de Dieu.” »

Du coup, le fameux silence d'Aharon qui rĂ©pond aux paroles de MochĂ© n'a plus la signification qu'on lui prĂȘte habituellement. Selon le commentaire de Rachi (et du Talmud), Aharon se recueille en silence sur la tragĂ©die qui vient de le frapper – un peu comme la minute de silence que nous respectons en souvenir des victimes de la Shoah et des soldats tombĂ©s pour la renaissance d'IsraĂ«l durant le Yom HaShoah et le Yom HaZikarone . Mais pour Rachbam, le « vaYidom Aharon » signifie au contraire qu’Aharon se retient : « Il se retient de tout signe de deuil, il ne pleure pas, comme ÉzĂ©chiel qui voit sa femme mourir et auquel il est explicitement demandĂ© de ne pas porter le deuil : “Soupire en silence, ne porte pas le deuil des morts.” (ÉzĂ©chiel 24,17) » Rachbam fait remarquer que cette retenue, chez ÉzĂ©chiel, est Ă©galement nommĂ©e « dom », comme pour Aharon.

L'interprétation de Rachbam est certes plus proche du texte mais est-il humainement concevable qu'un pÚre puisse ainsi maßtriser son chagrin?

La rĂ©ponse m'est parvenue en lisant le tĂ©moignage de Motti, rĂ©sident d'Efrat, qui, le dernier jour de Pessa'h, Ă©tait assis au beit haKnesset Ă  cĂŽtĂ© de Leo Dee, lequel, la veille, venait d'enterrer sa femme Lucie et, deux jours avant, ses filles Maya et Rina. Motti raconte qu’un embarras palpable planait sur l'assemblĂ©e : d'un cĂŽtĂ©, personne n'avait le cƓur Ă  chanter les priĂšres de la fĂȘte dans la joie et l'allĂ©gresse, mais de l'autre, n'Ă©tait-ce pas le dernier jour de Yom tov ? L'officiant, gĂȘnĂ©, expĂ©dia rapidement la priĂšre, Ă©vitant soigneusement les chants habituels. Puis vint le Hallel. Le premier paragraphe fut rĂ©citĂ© sans aucune mĂ©lodie, le deuxiĂšme Ă©galement. C'est alors que Leo Dee se leva et vint chuchoter Ă  son oreille : « Je t'en prie, fais-le avec beaucoup de joie ! Aujourd'hui, c'est Pessa'h ! » Le 'hazan entraĂźna alors toute l'assemblĂ©e vers les chants joyeux de la fĂȘte, avec une Ă©motion toute particuliĂšre dans laquelle on pouvait sentir une immense joie teintĂ©e d'un trĂšs grand chagrin qui, paradoxalement, la rendait plus grande encore. C'est alors que j’ai compris que dans certaines circonstances dramatiques et grĂące Ă  des personnalitĂ©s d'exception, l'explication de Rachbam pouvait aussi ĂȘtre conforme Ă  la rĂ©alitĂ©. Nous avons l'immense privilĂšge de vivre dans une gĂ©nĂ©ration oĂč l’on peut rencontrer des gens de la stature d’Aharon HaCohen et du rav Leo Dee. ArrĂȘtez-moi si je dis des bĂȘtises
 n

49 LPH N° 997 LE KLING DU MOIS
klingelie@gmail.com

GĂąteau au fromage basque

PRÉPARATION

l Battre les Ɠufs et le sucre avec un fouet.

l Ajouter le fromage et mĂ©langer jusqu'Ă  l’obtention d’une texture crĂ©meuse.

l Incorporer le jus de citron et la crĂšme liquide.

l Verser le mélange dans un moule rectangulaire recouvert de papier cuisson.

l Faire cuire environ 25 minutes dans un four à chaleur tournante préchauffé à 210 degrés.

l Mettre le gùteau au réfrigérateur pendant au moins six heures ou toute la nuit.

Régalez-vous !

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INGRÉDIENTS

Préparation : 10 minutes

Cuisson : 25 minutes

‱ 3 Ɠufs

‱ 2 jaunes d'Ɠufs

‱ 100 g de sucre

‱ 450 g de fromage à la crùme (de type

Philadelphia)

‱ 10 g de jus de citron

‱ 200 g de crùme liquide

50 LPH N° 997 RECETTE
illustrative –non contracuelle © DR
Photo

Détendez-vous !

Solutions des jeux page 54

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Solutions des mots fléchés de la page 52

Deux Juif se rencontrent :

– Vous avez dĂ©jeunĂ© ?

– Oui, à l’instant !

– Dommage, sinon je vous aurais offert l’apĂ©ritif !

– Et vous, avez-vous dĂ©jeunĂ© ?

– Non, pas encore !

– Dommage, sinon je vous aurais offert un digestif !

Roch HaChana. Deux amis informaticiens discutent Ă  la synagogue :

– Dis-moi, tu as pris quoi comme rĂ©solutions pour cette annĂ©e ?

– 1024 x 768. Et toi ?

Trois mĂšres juives discutent de leurs fils respectifs. La premiĂšre :

– Moi, mon fils il est tellement riche qu'il pourrait acheter Paris !

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Alors la troisiĂšme termine :

– Et qu'est-ce qui vous fait croire que mon fils a envie de vendre ?

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