Jeudi 7 novembre 2024
6 'Hechvan 5785
Nº 1014 | Mensuel
SÉCURITÉ - DÉFENSE ISRAÉLIENS ET TRAÎTRES À LEUR PAYS
SOCIÉTÉ
« LA PÉPITE » : UNE COMMUNAUTÉ CRÉATIVE
SANTÉ

LES MONOPOLES

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Jeudi 7 novembre 2024
6 'Hechvan 5785
Nº 1014 | Mensuel
SÉCURITÉ - DÉFENSE ISRAÉLIENS ET TRAÎTRES À LEUR PAYS
SOCIÉTÉ
« LA PÉPITE » : UNE COMMUNAUTÉ CRÉATIVE
SANTÉ

LES MONOPOLES


Quel sens donnez-vous au slogan « Bring Them Home » ?
S’adresse-t-il au gouvernement israélien, pour lui demander d’agir efficacement afin que des citoyens innocents prisonniers de barbares rentrent enfin chez eux ? Insinue-t-il en seconde lecture que ce même gouvernement est le principal responsable du martyre enduré par les otages ? À l’étranger, « Bring Them home » a-t-il vocation à éveiller l’implication des démocraties pour la libération des otages ? Est-il destiné aux terroristes du Hamas à l’origine de ce crime contre l’humanité ?
Probablement un peu de tout cela…
À ces trois mots qui nous accompagnent depuis le 7 octobre, symbolisant notre désarroi et notre absolue tristesse, j’aimerais parfois en voir accolés quatre autres : « Let my people go ». Et ce, afin de ne jamais oublier l’origine du mal et de ne pas perdre de vue que les coupables de l’arrachement d’enfants à leurs parents, du rapt de rescapés de la Shoah, du vol, du viol et de la traite d’êtres humains exhibés à la face du monde sont, et resteront, le Hamas et ses immondes factions acolytes. Et que la principale charge de leur libération repose sur ceux qui ont commis cette faute originelle.
Les organisations internationales dites « humanitaires », intégrées depuis des décennies au cœur de Gaza, sont également coupables de n’avoir jamais réussi à secourir aucun de nos frères et sœur détenus dans l’enfer des tunnels. Il y en a au moins une qui cessera enfin de mentir, grâce au vote majoritaire par la Knesset de son bannissement : l’UNRWA. Et peu importe si une bien-pensance occidentale arrogante et donneuse de leçons déclare cette décision « barbare ». La plus grande des barbaries, à mes yeux, consiste à ne plus savoir distinguer la victime du bourreau.
Dans ce numéro, nous avons porté le projecteur sur les sanctions économiques imposées par des nations étrangères à des citoyens qui n’agissent pas selon les codes de ces nations. Nous avons notamment rencontré le porte-parole du mouvement des « Jeunes des Collines » qui suscite d'importantes controverses : accordant de très rares interviews, Shmulik Fine a accepté de partager avec AJ MAG sa perspective sur ces sanctions qu'il juge despotiques, discriminatoires et infondées. Nous esquissons aussi le portrait de ces Israéliens qui trahissent leur pays, et nous reprenons courage avec l’initiative « La Pépite », lancée par de jeunes Israéliens qui ont initié une communauté créative à Tel Aviv. « On s’accroche », me répondait une amie à qui je demandais des nouvelles. Oui, tout le peuple juif s’accroche. Nous sentons qu’il nous faut tenir bon, encore un peu, pour pouvoir enfin assister à la victoire du bien sur le mal. Et même si la notion de temps est relative, nous savons que nous avons parcouru une bonne partie du chemin. Bonne lecture.
Anne-Caroll Azoulay




5 CARTES SUR TABLE
105 %
6 INTERVIEW
Yossi Taieb : « Mon cheval de bataille, c’est l’Alya »
11 DOSSIER
DES SANCTIONS :
CONTRE QUI ET POURQUOI ?
• L’ironie d'une diplomatie internationale ambiguë
• Israël Gantz : « Les sanctions touchent la souveraineté de l'État d'Israël »
• Le point de vue du député du Likoud Dan Illouz
• Shmulik Fine : « Nos actions ont pour seul objectif de favoriser l'implantation dans le Grand Israël »




22 SOCIÉTÉ
« La Pépite » : une communauté créative
24 ÉCONOMIE
L'aide militaire américaine à Israël affiche un niveau record
26 SÉCURITÉ-DÉFENSE
Ils sont israéliens et ils ont trahi leur pays
33 SANTÉ
Docteur Ruth Feldman : « Les liens familiaux sont un bouclier émotionnel »

38 GRAND ANGLE
Nir Barkat va-t-il vraiment ouvrir les portes de la concurrence économique ?

44 LE KLING DU MOIS
Avraham et ses cinquante petites filles
AUSSI... Judaïsme (46–50), Recette (51), Jeux (50-52), Immobilier (53)…


n an après le drame, le peuple juif est retourné dans la soucca, cette maison temporaire. Pour montrer sa confiance en Dieu et en ses soldats qui, entre autres, font tout pour ramener les habitants du Nord dans leurs maisons. Le conte des « Trois petits cochons » poursuivis par le grand méchant loup nous revient à l'esprit. Nous sommes sortis de Souccot, la fête des maisons en paille, durant laquelle nous construisons des souccot, des cabanes, pour nous souvenir de la protection divine dans le désert après la sortie d'Égypte. Et nous courons aux abris, des maisons en briques, lorsque les sirènes retentissent. Quant au grand méchant loup, il nous court derrière. Mais « qui craint le grand méchant loup ? C'est pas nous ! » Nous poursuivons son éradication. Après Nasrallah, c'est maintenant Sinouar, comme l'avait été Eichmann, responsable de l'organisation de l'extermination de 6 millions de Juifs durant la shoah.
Eichmann avait été capturé par le Mossad en Argentine en 1961, lors du treizième anniversaire de l'État juif qui célébrait sa bar-mitzva, sa majorité religieuse. Aujourd'hui, de nouveau, nous assumons notre majorité en continuant à être responsables de nos actes, en prenant en main notre sécurité. Eichmann a été le seul condamné à mort par un tribunal de l'histoire d'Israël. Depuis, d'autres sont condamnés à mort par le peuple juif et sont éliminés tous les jours par l'armée des Juifs. Le corps d’Eichmann avait été brûlé et ses cendres éparpillées dans les eaux extraterritoriales de l'État, en dehors de la Terre d'Israël, cette terre qui refleurit une nouvelle fois.
Incroyable résilience. Pour le croire, il faut aller à Sdérot, cette ville de 35 000 habitants frontalière de la
bande de Gaza, attaquée le 7 octobre. 90 % ont quitté la ville lorsque la guerre a éclaté. Puis ils sont revenus, plus forts, plus nombreux. De nouveaux habitants ont décidé d'y vivre pour renforcer cette localité pendant la guerre. Y vit également une grande communauté d’olim, essentiellement d'ex-URSS, qui donne l'exemple et réalise le même travail que les pionniers qui ont bâti de leurs mains l'État d'Israël il y a 76 ans. Résultat ? 105 % de présence par rapport à l'avant-guerre – 5 % de plus !
Nous sommes en train de vivre un nouveau départ de l'histoire moderne du sionisme. Nouvelle mentalité, nouvelle conception, nouveaux pionniers, nouvelle relation avec nos frères et sœurs qui ne pensent pas comme nous. Pour un nouvel avenir. À nous d'y participer activement. En masse. n

Le député Yossi Taieb nous reçoit dans son bureau à la Knesset, quelques minutes après une réunion de la commission Éducation, Culture et Sports qu’il préside. Ses rendez-vous s’enchaînent mais il sait prendre le temps et donner à son interlocuteur le sentiment qu’il est unique. Souriant et cordial, il répond à nos questions, heureux de s’adresser à cette communauté francophone d’Israël qu’il affectionne tant.
AJ MAG : Vous étiez un enfant rêveur ou qui aimait plutôt réussir ce qu’il entreprenait ?
Yossi Taieb : Rêver ne suffit pas, il faut passer aux actes.
Racontez-nous le parcours de ce jeune garçon de Sarcelles qui préside aujourd’hui l'une des plus importantes commissions à la Knesset J’ai grandi dans une famille traditionnaliste mais très sioniste. J’ai étudié dans les écoles publiques, puis à Ozar HaTorah, et plus tard à la yechiva du Raincy. J’avais 16 ans quand en 1996 mes parents ont décidé de faire leur Alya avec cinq enfants. Mon père avait fait son service militaire en Israël et il a toujours rêvé de revenir y vivre. Nous passions toutes nos vacances en Israël.
Comment avez-vous vécu ce changement ?
Je dis toujours que les enfants d’olim sont soumis à la décision de leurs parents. À un certain âge, c’est véritablement un défi à relever. Je suis d’ailleurs reparti en France pour terminer mes études secondaires



puis un cursus auprès d’une école du rav Mordekhaï Eliyahou qui comportait une chli'hout à l’école de Toulouse dirigée par le rav Monsonégo, où je suis arrivé avec ma femme et trois enfants.
Toulouse : une étape clé dans votre attachement à cette communauté francophone… Effectivement. J’ai enseigné aux élèves de première et de terminale. Nous sommes rentrés en Israël une année avant le terrible attentat de 2012. C’est Jonathan Sandler qui m’a remplacé. Je me tenais chaque matin là où il a été assassiné. Ma fille était dans la même classe que la petite Myriam Monsonégo.
Après l’enseignement, vous passez à la philanthropie…
Au sein de la Fondation Wolfson, en effet. Cette organisation caritative s’efforce de soutenir l'excellence, notamment dans les domaines de la science et de la médecine, de la santé et de l'éducation. En partenariat avec l’association AMI, j’ai créé un mouvement de jeunesse pour les francophones : Yahdav. L’objectif était d’offrir un encadrement aux jeunes et à leurs familles confrontés aux défis de l’Alya. Cela a été une incroyable expérience. Dix ans plus tard, j’ai été approché par le mouvement Shas qui cherchait un représentant à la Municipalité de Kiryat-Yéarim. Après avoir mené une campagne, je suis devenu adjoint au maire, tout en poursuivant mes activités au sein de la Fondation Wolfson. En 2018, le Shas m’a proposé de devenir le représentant francophone de la liste francophone nationale à la vingtième place. Plusieurs élections
ont suivi et finalement les dernières m’ont permis de devenir député et président de la commission de l’Éducation.
On a l’impression que vous avez toujours été à ce poste. Comment faites-vous pour vous adapter à des fonctions aussi différentes à chaque fois ?
Le judaïsme francophone nous donne les clés pour nous adapter et vite comprendre les règles du jeu. Je suis ami, ici, avec 99 % des députés. L’éducation que nous avons reçue nous prédispose à une ouverture d’esprit, à une écoute, à un respect de l’autre qui nous permettent de franchir de nombreux obstacles. Je n’ai jamais rêvé de faire carrière en politique, mais j’ai toujours rêvé de trouver des solutions à des problèmes de société grâce aux outils qui s’offriraient à moi. C’est mon fil rouge : parvenir à mener des projets grâce à la philanthropie, à la politique actuellement, ou à travers autre chose qui se présentera peut-être à moi demain.
Justement, considérez-vous que la politique est un outil efficace ?
Le monde politique a une force phénoménale dans la société israélienne. Quand on parle d’Alya, je ne connais pas un seul député qui n’y est pas favorable. Mais la question est de savoir comment on met en place des projets, comment on apporte des budgets à ces projets, comment on règle les obstacles qui freinent l’Alya. C’est un travail de fourmi à réaliser. Ce n’est pas toujours la priorité d’un député, mais c’est la mienne. Mon cheval de bataille, c’est l’Alya. lll

lll Pourquoi ?
D’abord parce que je suis moi-même olé. Ensuite, je suis convaincu que la réussite d’Israël va dépendre de l’Alya Enfin, presque la moitié du peuple juif vit encore en Diaspora. Pour eux, Israël doit rester une sorte d’assurance et je m’efforce d’être constamment en contact avec ces communautés pour demeurer à l'écoute.
Comment votre combat est-il perçu à la Knesset ?
Il est entendu et même admiré. Chaque député a ses priorités et il y en a beaucoup en Israël ! Malheureusement, peu de députés se sont fixé comme priorité l’Alya francophone, contrairement à l’Alya russophone ou anglophone qui mobilisent davantage – en fait je suis le seul.
Quel est votre principal défi pour convaincre les ministères de soutenir vos propositions et vos projets ?
Les chiffres ! Je dois réussir à convaincre que l’Alya francophone est certes minime en termes de quantité, mais immense dans ce qu’elle peut apporter au pays. L’Alya francophone est cultivée, éduquée, sioniste et professionnalisée.
Justement, vous avez beaucoup œuvré en faveur de la reconnaissance des diplômes, ceux des podologues notamment.
Le projet de loi pour la reconnaissance des diplômes des podologues existe depuis vingt ans ! À chaque fois, la loi est travaillée et rejetée par les gouvernements qui se succèdent. Depuis mon premier jour à la Knesset, nous avons mis cette loi à l’ordre du jour. Le ministère de la Santé faisait obstacle en arguant du fait qu’aucun diplôme non académique ne pouvait être reconnu. Nous avons effectué un travail de fond, en partenariat avec Qualita et Kohelet. Tout s’est débloqué lorsque, à la tête


de la commission de la Santé, le député Shas Yoni Mashriki, sous ma forte insistance, a pris les choses en main, avec la bénédiction du ministre Shas de la Santé, Ouriel Bousso. C’est une petite victoire qui a nécessité des centaines d’heures de travail pour venir à bout des lobbyistes qui craignent la concurrence. Il faut bien comprendre que ce type de processus met en action des forces de tout genre au sein même de la société israélienne, en parallèle à la difficulté inhérente à la dynamique parlementaire et gouvernementale. Pour moi, ce n’est que le début d’un long travail.
Quels sont vos « chantiers » en cours ? Augmenter les aides consacrées à l’emploi afin d’accroître le nombre d’actifs parmi les olim . J’œuvre pour faire passer tout ce qui concerne l’emploi des olim du ministère de l’Intégration au ministère du Travail qui est dirigé par un ministre de mon parti. J’entretiens d’excellents rapports avec le ministre de l’Intégration mais je considère que lorsqu’on parle d’emploi, cela doit relever du ministère spécialisé sur ce sujet, qui est plus à même d’apporter des réponses. Autre « chantier » important à mes yeux : l’obtention de la reconnaissance des diplômes pour les psychologues, les infirmières, les kinésithérapeutes, les audioprothésistes et les électriciens. Si nous pouvions faire reconnaître ces diplômes, ce sont, j’en suis persuadé, des milliers de francophones qui pourraient enfin faire leur Alya . On ne peut malheureusement pas faire voter une loi globale qui reconnaîtrait d’une manière générale les diplômes européens, car alors que diraient les Américains, les Russes ou encore les Arabes israéliens qui vont étudier à l’étranger et reviennent en Israël avec un diplôme en poche ? Il y a toujours une vision « macro », qui ne s’accorde pas forcément avec les intérêts particuliers. Mon rôle consiste à faire se rencontrer des intérêts qui semblent inconciliables.
Comment, d’une manière générale, peut-on aider à faire avancer les choses ? En parler ! Partout sur les médias et le plus possible, pour aider à une vraie prise de conscience de l’importance de ces projets. Le sujet doit être sur la table, il doit faire partie de la dynamique politique, géopolitique et sociétale. Quand on évoque la reconnaissance des diplômes, il faut comprendre que chaque ministère est impliqué : les ministères de la Santé, du Travail, de l’Intégration, de l’Éducation, et il est donc nécessaire de mobiliser à une très large échelle.
Est-ce que la guerre a changé la façon dont le gouvernement considère les urgences ? Je pense par exemple à l’urgence de reconnaître les diplômes des infirmiers ou des psychologues français alors que nous en avons tant besoin en ce moment…

n’est pas un but mais un moyen
de résoudre des dossiers.
Malheureusement non. Le monde politique s’est replié sur les urgences nationales, en perdant de vue des sujets qui pourraient à long terme résoudre de nombreux problèmes. C’est d’ailleurs un sujet en soi : l’impossibilité pour l’échiquier politique de penser sur le long terme. Pour moi, c’est très difficile. J’essaie de naviguer avec cette vision face à une majorité qui est obsédée par les solutions à court terme même si elles sont parfois à l’origine de profonds problèmes.
Impossible de ne pas penser à cette vision qui a malheureusement montré ses limites dans le domaine sécuritaire le 7 octobre…
En effet.


lll Vous avez consacré beaucoup d’énergie au soutien scolaire apporté aux jeunes francophones par le projet Mehoubarim que vous avez sauvé jusqu’à nouvel ordre.
Effectivement, là encore il y avait un manque de réflexion à long terme qui a mené à la fermeture, par manque de budget, de ce projet soutenu par l’association Qualita, sans qu’on s’interroge sur la nécessité d’encadrer des milliers de jeunes francophones dans de nombreuses grandes villes du pays. Qualita m’a alerté sur l’importance de le préserver. J’ai été contraint de peser de tout mon poids pour empêcher sa fermeture et surtout qu’il soit pérennisé afin qu’il ne dépende pas de tel gouvernement ou de telle réserve budgétaire. J’espère que nous y parviendrons.
Quel impact la guerre a-t-elle eu sur votre travail ? Il faut être clair : 99 % des commissions et de notre travail tournent autour des problèmes générés par la guerre. J’essaie toujours d’intégrer les sujets touchant à l’Alya dans ces problématiques. Par exemple, l’aide psychologique que nous aurons à apporter aux jeunes sur le long terme ne pourrait-elle pas être renforcée si l’on faisait venir davantage de psychologues francophones dont on aurait reconnu les diplômes ?
Vous êtes également actif sur le plan international… Je suis en effet le président du groupe d’amitié IsraëlFrance et Israël-Suisse. Avec la guerre, nous avons dû mettre les bouchées doubles. En Suisse, nous avons réussi à faire avancer une loi qui a pour objectif de classer le Hamas comme un groupe terroriste au même titre qu’Al-Qaïda. Cela n’avait encore jamais été fait. Ces échanges parlementaires sont extrêmement importants. Nous avons réussi à faire réduire l’aide de la Suisse à l’UNRWA de 20 millions de francs suisses à 10 millions. Cela fait huit mois que nous travaillons sur ces dossiers. En France, nous entretenons d’excellentes relations avec les députés, ce qui nous permet de faire passer des messages et des suggestions.
Shas semble être particulièrement sensible aux problématiques liées à l’Alya des Juifs de France. Pourquoi ?
Arié Derhy répète souvent qu’il considère les Juifs séfarades comme les cousins symboliques de ces Juifs qui ont immigré depuis le Maghreb au moment de la création d’Israël. Et Shas estime qu’il est de son devoir de les aider à faire leur Alya mais aussi à s’intégrer. C’est une suite logique.
Avec les portefeuilles des Affaires sociales, du Travail, de l’Agriculture, des Religions, de la Santé, sans oublier une très importante présence sur le plan municipal, Shas est le parti le plus à même de faire avancer les questions de l’Alya. Le portefeuille de l’Intégration est le dernier levier qui pourrait véritablement changer la donne.
C’est votre prochain poste ?
Mon entrée en politique n’est pas un but mais un moyen de résoudre des dossiers. Alors pourquoi pas ? n
Propos recueillis par Caroll Azoulay


Alors qu’Israël lutte pour sa souveraineté, violée le 7 octobre, et pour éradiquer du monde libre le terrorisme djihadiste, plusieurs de ses alliés et des entités internationales ont choisi d’imposer des sanctions contre des résidents des implantations juives en Judée-Samarie et des organisations engagées dans la défense de la Terre d’Israël, sous prétexte d’une violence accrue à l’encontre des Palestiniens.
Le 1er février dernier, le président américain
Joe Biden a signé un décret – Executive Order n° 14115 – (voir reproduction ci-contre et la signature du président américain en médaillon) qui autorise l’imposition de sanctions contre des individus et des organisations impliqués dans des incidents violents contre des Palestiniens en Judée-Samarie. Ce décret repose officiellement sur des rapports d'organisations de défense des droits de l'homme qui révèlent une violence accrue contre les Palestiniens après le 7 octobre et la saisie de leurs biens. Cette assertion est réfutée par les autorités israéliennes et les chefs des conseils régionaux de Judée-Samarie, et contredite par les chiffres corrigés du dernier rapport du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires – l’OCHA. Des incidents violents entre Juifs et Palestiniens se produisent indéniablement en Judée-Samarie.



Manifestation de membres de l'organisation Tzav 9 au point de passage de Kerem Shalom, visant à empêcher l'entrée de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza © Flash90

Même le Premier ministre Benyamin Netanyahou les a dénoncés, les accusant de causer de grands dommages à l'État d'Israël. Cependant, il a tenu à rappeler que ces actes n’étaient le fait que d’une poignée d'extrémistes non représentatifs de la majorité des habitants de Judée-Samarie. « La quasi-totalité des 500 000 Juifs de Judée-Samarie sont des gens respectueux des lois, qui contribuent beaucoup au pays. Il est regrettable qu’une infime minorité décide de faire justice elle-même. » Israël Katz, le ministre israélien des Affaires étrangères, a quant à lui déclaré qu’il n’existait pas de preuves significatives d’une quelconque hausse de la violence de la part des habitants des implantations contre les Palestiniens, et qualifié ces accusations d’infondées. Ce décret présidentiel américain – plutôt incohérent dans ce contexte de hautes tensions et de plusieurs attentats perpétrés par des Palestiniens de JudéeSamarie contre des Israéliens –pourrait ne pas être motivé
seulement par des considérations humanitaires, mais aussi par des raisons politiques, afin de satisfaire l’importante communauté musulmane américaine qui voit d’un très mauvais œil le soutien inconditionnel de Washington à Israël, en général et surtout depuis le début de la guerre à Gaza.
Les sanctions n’émanent pas que des États-Unis. Le Royaume-Uni, le Canada, la Nouvelle-Zélande, la France et l'Union Européenne leur ont emboîté le pas, et elles visent plusieurs dizaines d’habitants des implantations et quelques entités, dont Tzav 9 – un groupe lié à des réservistes de l'armée israélienne et à des résidents israéliens de JudéeSamarie accusés de blocages des convois d'aide humanitaire en route pour Gaza et de dommages sur ces convois –, Amana – mouvement israélien dont l’objectif initial est de développer des communautés en Judée-Samarie, sur les hauteurs du Golan, en Galilée, dans le Néguev et le Gouch Katif –, « Les Jeunes des Collines » – un groupe de jeunes
Israéliens ultranationalistes qui vivent en Judée-Samarie et dont l'objectif est d'étendre la présence juive dans cette région par la construction de nouveaux avantpostes –, Lehava, « la ferme de Moché » – un avant-poste illégal connu sous le nom d'avant-poste de la vallée de Tirza, établi en janvier 2021 dans le nord de la vallée du Jourdain –, « la ferme de Tzvi » – un avant-poste illégal près de la localité de 'Halamish –, et Regavim, une ONG israélienne pro-implantations. Le directeur de Regavim, Meïr Deutsch, a qualifié ces sanctions de « nouvel antisémitisme » et accusé la communauté internationale de soutenir des politiques antiisraéliennes. D’ailleurs, Regavim et d’autres groupes de défense de la Terre d’Israël ont lancé une action en justice au Texas contre l’administration américaine par l'intermédiaire de l'avocat Mark Zell, afin de contester un décret présidentiel qui viole la Constitution états-unienne en restreignant la liberté d'expression et la souveraineté d'Israël. lll

lll Les sanctions prévoient, entre autres, le gel des avoirs, l’interdiction de transactions avec les personnes ou entités ciblées, un blocage de fonds et l’interdiction d’entrée ou de transit des individus visés sur les territoires des pays imposant les sanctions. Chaque pays ou organisation internationale a sa propre autorité pour l’imposition et l’application de ces sanctions. Le professeur Amichai Cohen, chercheur à l’Institut israélien de la démocratie et expert en droit pénal international, nous explique que « la transparence des procédures est souvent limitée et que les sanctions imposées à des citoyens étrangers reposent parfois sur des informations confidentielles auxquelles les individus concernés n’ont qu’un accès partiel ou sous forme de résumé ». D’ailleurs, le ministre Israël Katz s’était vivement indigné de cette opacité lors d'une rencontre avec des dirigeants locaux de Judée-Samarie à laquelle avaient été conviés – en vain – les ambassadeurs des États-Unis, du Japon, d'Australie et de l'Union Européenne – pays ayant imposé des sanctions –, avant de plaider pour l’annulation des sanctions « discriminatoires » – ce qui pourrait être le cas pour les sanctions américaines en cas de victoire de Donald Trump aux présidentielles.
La Knesset, devant le manque de réaction du Premier ministre Benyamin Netanyahou, qui a finalement rencontré les responsables de Judée-Samarie, a récemment proposé une législation obligeant les banques israéliennes à ignorer ces sanctions et à ne pas bloquer les comptes des individus sanctionnés. Si elle était adoptée, elle pourrait entraîner une déconnexion d'Israël du
système de paiement mondial, ce qui mettrait en péril la stabilité économique et les relations diplomatiques de l’État hébreu avec ses partenaires internationaux. En réponse aux sanctions, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, avait menacé de ne pas prolonger la dérogation permettant aux banques israéliennes de coopérer avec les banques palestiniennes en Cisjordanie en dépit des sanctions imposées à l'Autorité palestinienne à la suite de ses actions contre Israël

Ce décret présidentiel américain pourrait être motivé par des considérations politiques, afin de satisfaire l’importante communauté musulmane américaine.
punis pour des actes de violence à l’encontre de Palestiniens. Elles démontrent aussi une défiance à l’égard de son système judiciaire, comme l'illustre la décision des États-Unis d’interdire l’entrée sur son territoire à Elor Azaria ainsi qu’à sa famille, en raison de « son implication dans des violations des droits de l'homme en JudéeSamarie », et ce, bien qu'il ait été jugé et puni pour ses actes il y a huit ans.
dans les instances internationales. Après une mise à jour du ministère américain des Finances autorisant l'utilisation des comptes bancaires des résidents des implantations pour leurs besoins de base, Smotrich a finalement signé la dérogation, mais seulement pour trois mois au lieu d'un an. Cette coopération bancaire est essentielle pour l'économie palestinienne, qui repose fortement sur les transactions en shekels.
Les sanctions imposées reflètent en fait la méfiance envers la volonté et la capacité d'Israël de faire respecter la loi en Judée-Samarie, alors que par le passé, rappelons-le, des Israéliens ont été poursuivis et
Israël ne peut empêcher l’imposition de sanctions, des lois différentes selon les pays autorisent le président ou le Premier ministre à le faire à leur discrétion. Mais pour en éviter de nouvelles, potentiellement plus graves, il conviendrait, estime le professeur Amichai Cohen, de renforcer la confiance des pays occidentaux dans la capacité du gouvernement israélien à faire respecter la loi en Judée-Samarie – la Maison-Blanche, par exemple, se méfie d’Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale –, et d’imposer des sanctions internes aux habitants des implantations qui la violeraient et commettraient des agressions contre les Palestiniens, car ces incidents existent bel et bien. Indépendamment de ces considérations, les sanctions internationales sont pour le moins inappropriées, notamment venant de pays alliés, car elles remettent en question la démocratie et la souveraineté d'Israël à un moment où le pays a besoin d’un soutien accru pour tenter de ramener les otages – parmi lesquels des Français et des Américains –, vaincre le Hamas, et se défendre contre les menaces de l’Iran et de ses proxys, le Hezbollah et les Houthis – et alors que toute une nation s’accroche à la vie depuis le massacre du 7 octobre. n


Pour AJ MAG, le chef du Conseil de Yesha et du Conseil régional de Mateh Binyamin réagit aux sanctions imposées à des habitants des implantations et à des organisations dédiées à la protection des terres et des ressources nationales d'Israël.
sanctions touchent la souveraineté de l'État d'Israël
AJ MAG : Comment réagissez-vous à ces sanctions ? Israël Gantz : L'administration américaine et l'Union Européenne semblent avoir succombé à la propagande trompeuse des organisations d'extrême gauche propalestiniennes et pro-Hamas. Il n'existe pas de phénomène de violence émanant des habitants des implantations. En revanche, il y a un phénomène tragique de meurtres de Juifs perpétrés par des Arabes affiliés au Hamas et à l'Autorité Palestinienne. Ce sont nous qui sommes contraints de nous cacher derrière des clôtures et dans des véhicules blindés, et non les Palestiniens.
En imposant des sanctions contre les implantations juives, ces pays, y compris l'administration américaine, réalisent la vision des terroristes du Hamas et leur accordent une récompense pour le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah. Une telle politique ne fait qu'encourager les Palestiniens à poursuivre leurs plans pour un prochain massacre, cette fois en Judée-Samarie et dans le centre du pays. Le soutien qu'ils reçoivent aujourd'hui les conforte dans leur démarche, les aidant à promouvoir l'idée de vider le cœur d'Israël de ses habitants juifs pour y établir un État palestinien. Tel est le véritable objectif de ces sanctions : nous éloigner de ces terres pour permettre aux Palestiniens d'établir un État terroriste.


lll Quelle est votre réponse aux accusations selon lesquelles la violence contre les Palestiniens en Judée-Samarie a augmenté depuis le 7 octobre ? Ces accusations sont infondées et ne reflètent pas la réalité sur le terrain. La police israélienne a récemment présenté des données officielles devant une commission de la Knesset, indiquant une nette diminution de tels incidents. La grande majorité des hommes en JudéeSamarie ont été mobilisés pour combattre sur les fronts nord et sud. Pendant ce temps, ce sont nos concitoyens qui continuent de perdre la vie ici ; je me rends d'un enterrement à un autre – hier encore, un Juif a été tué par des terroristes, simplement parce qu'il était juif. Les incidents visés par les accusations sont de petites bagarres qui se résument généralement à des dommages matériels, telles qu’il s’en produit quotidiennement dans n'importe quelle rue moyenne de New York.
Comment les sanctions affectent-elles concrètement les habitants de Judée-Samarie ?
Tout d'abord, il est essentiel de reconnaître que ces sanctions touchent la souveraineté de l'État d'Israël en intervenant dans ses affaires intérieures, notamment dans un contexte de conflit. Imposer des sanctions sans procès ni jugement constitue une forme d'ingérence qui peut être perçue comme une atteinte aux droits civils et aux droits de l'homme. Sur le plan concret, les sanctions provoquent des difficultés significatives : des familles ont du mal à subvenir aux besoins de leurs enfants, des personnes se retrouvent en situation de détresse. Non seulement cette situation exacerbe le sentiment d'injustice au sein de la population, mais elle peut également engendrer des tensions et pousser les individus à leurs limites.

Quelles mesures avez-vous l'intention de prendre ou avez-vous déjà prises ?
Je coordonne le travail des chefs des autorités de JudéeSamarie sur ce sujet, et nous n'avons pas l'intention de faire des concessions au gouvernement ni au Premier ministre. Malgré la situation de guerre dans laquelle se trouve Israël, nous exigeons des mesures claires et des solutions concrètes. Récemment, lors de mon voyage aux États-Unis, j'ai rencontré des membres du Congrès et du Sénat pour leur faire savoir que l'Histoire jugera ceux qui, confortablement installés dans des bureaux climatisés, acceptent sans réserve la propagande palestinienne et s'en prennent à l'État d'Israël alors qu'il lutte pour sa survie.
Quelle réponse attendez-vous du gouvernement israélien face aux sanctions internationales ?
En tant que chef du Conseil régional de Binyamin et président du Conseil de Yesha, j’ai récemment rencontré Benyamin Netanyahou pour lui demander de prendre des mesures contre ces injustices. Le Premier ministre a souligné que ce problème ne concerne pas uniquement les habitants des implantations ou de la Judée-Samarie, mais l’ensemble de l'État d'Israël, et il a exprimé une grande gravité face à ces sanctions. J’ai demandé l’adoption d’une série de mesures, dont certaines nécessitent une législation, d'autres des décisions gouvernementales, et d’autres encore des actions administratives pour contrer cette vague malveillante. Il est crucial que les pays et les entités qui s’attaquent ainsi à la souveraineté de l'État d'Israël paient un prix lourd.
Certains affirment que l'extension des implantations ou la décision de construire de nouvelles unités de logement pendant la guerre à Gaza ont exacerbé les tensions. Quelle est votre position sur la poursuite de l'extension des implantations dans la situation actuelle ?
La seule solution pour l'État d'Israël afin de prévenir sa destruction et d'éviter un prochain massacre est de renforcer les implantations en Judée-Samarie. J’appelle les pays qui nous ont poussés à quitter le Gouch Katif – ce qui a conduit à un massacre sans précédent – à réfléchir à leur erreur, avant de demander à répéter cette même erreur, cette fois à un mètre de Tel Aviv et de Jérusalem. Il est important de comprendre où se situe le problème.
Ceux qui veulent voir l'axe du mal se développer chez eux, à Londres, Paris ou New York, peuvent continuer à soutenir et renforcer cette menace. Les Américains n'auraient jamais accepté de discuter
de la souveraineté d'Al-Qaïda à Central Park. Alors pourquoi donc cela leur semble-t-il acceptable ici ? En Israël, cette situation représente une menace existentielle pour l'État.
Comment pensez-vous que les sanctions actuelles et les réponses israéliennes affecteront à long terme les relations diplomatiques entre Israël et ses alliés traditionnels comme les États-Unis, le Canada et les pays européens ? Israël doit établir une ligne rouge très claire. Les alliés qui veulent véritablement lutter contre l'axe du mal ne devraient pas agir ainsi. L'État d'Israël est en première ligne dans la lutte contre le terrorisme islamique radical. Lorsqu'un pays choisit d'imposer des sanctions contre Israël, il se range du côté de l'axe du mal mondial, contre la seule démocratie au Moyen-Orient, une démocratie qui repose sur la résilience des habitants de Judée-Samarie dont la présence au cœur d'Israël est aujourd'hui reconnue comme essentielle pour empêcher l'État d'Israël d'être anéanti par ses ennemis. n


Les sanctions imposées aux résidents des communautés juives en Judée-Samarie sont non seulement scandaleuses, mais relèvent également d’une hypocrisie flagrante et d’une faiblesse face à la barbarie du Hamas. Ces mesures tentent de créer une équivalence morale absurde entre, d’une part, des terroristes du Hamas, soutenus par la quasi-totalité de la population palestinienne, qui se livrent à des actes inhumains tels que des meurtres et des viols, et d’autre part, des citoyens israéliens qui, même lorsqu’ils dépassent les limites, sont systématiquement poursuivis par les autorités israéliennes.
Il est moralement répugnant de comparer ces deux réalités. Israël est une démocratie où la loi est appliquée avec rigueur, et nous n’avons besoin d’aucune leçon ni de sanctions grotesques de la part de nations qui osent mettre sur un pied d’égalité nos citoyens avec des criminels de guerre. Au lieu de chercher à établir une fausse parité morale,

la communauté internationale devrait condamner sans réserve le Hamas pour ses crimes abjects et soutenir Israël jusqu’à la victoire totale contre ce fléau terroriste. Toute tentative de pression contre Israël ne fera qu’attiser notre détermination à défendre notre terre et notre peuple avec une force redoublée.

En outre, nous rejetons fermement toute tentative de délégitimer les résidents des communautés juives en Judée-Samarie. Ces citoyens vivent sur des terres qui font partie intégrante du patrimoine historique et spirituel du peuple juif, des terres auxquelles nous avons un droit inaliénable. Les communautés en JudéeSamarie sont légitimes, et nous continuerons à les soutenir et à les développer, malgré les pressions internationales. Toute tentative de nous arracher ces terres échouera, car elles sont et resteront à jamais une partie inséparable de l’État d’Israël.

« Les Jeunes des Collines » font face à des sanctions imposées par divers gouvernements, notamment ceux du Royaume-Uni, des États-Unis et de la France. Le porte-parole de ce mouvement qui suscite d'importantes controverses partage sa perspective sur la manière dont ces sanctions les affectent et sa réponse face à cette pression qu'il juge despotique, discriminatoire et infondée.
AJ MAG : Pouvez-vous nous en dire plus sur le mouvement des « Jeunes des Collines » ?
Shmulik Fine : « Les Jeunes des Collines » est un mouvement idéologique qui existe depuis presque vingt ans. Il a commencé à vraiment prendre forme après le retrait du Gouch Katif en 2005. Ce n’est pas une organisation formelle avec un leader ou une structure. C’est plutôt un mouvement d’idées autour de la question des implantations à travers tout le pays.
Comment avez-vous été avertis des sanctions imposées au mouvement ?
En fait, nous n'avons reçu aucune notification officielle – aucune lettre, aucun contact direct. C'est surtout par des informations dans les médias que nous avons appris ces sanctions. Je n'ai jamais été approché officiellement par les autorités, que ce soit en Israël ou à l'étranger.
Ces sanctions sont justifiées par des actes de violence contre les Palestiniens : que répondez-vous à cette accusation ?
Nos actions ont pour seul objectif de favoriser l'implantation dans
© Photos avec l'aimable autorisation de Shmulik Fine

Cette accusation ne repose sur aucun fondement. Nos actions ont pour objectif de favoriser le développement et l'implantation juive dans le territoire du Grand Israël. Bien qu'il y ait eu quelques incidents violents isolés, ils ne se reproduiront pas.


lll Avez-vous pu vous opposer à cette décision et vous défendre ?
Ils ne nous ont pas donné la possibilité de nous défendre ni de nous préparer juridiquement avant que ces sanctions soient mises en place. Les sanctions sont tombées sans préavis et ne prévoient aucun recours. Cependant, nous savons que le gouvernement israélien, notamment Bezalel Smotrich, le dirigeant du Madfal, le parti du sionisme religieux, s’efforce d’aider ceux qui sont touchés par ces mesures – mais pour l’heure, encore rien de concret. Il y a eu des tentatives pour permettre à certaines personnes de retirer de l’argent de leurs comptes gelés, mais les options demeurent limitées. Pour l’instant, il reste très difficile de contourner ces sanctions.
Le premier pays à avoir sanctionné « Les Jeunes des Collines » est la Grande-Bretagne : quelle a été votre réaction ?
Nous tenons à rappeler aux Britanniques que nous ne sommes plus en 1940 et que le pays n'est plus dirigé par Harold Alfred MacMichael, haut-commissaire de
la Palestine mandataire. S'ils pensent encore que la politique du Livre Blanc est toujours d'actualité dans notre pays, ils se trompent, car nous sommes revenus sur la terre de nos ancêtres et sommes déterminés à y rester.
En quoi ces décisions ont-elles impacté le mouvement des « Jeunes des Collines » ?
Ces sanctions sont absurdes. « Les Jeunes des Collines » ne constituent pas une organisation officielle, ce qui signifie qu'il n'y a ni compte bancaire ni structure formelle susceptibles d'être affectés par des sanctions financières. Cependant, des particuliers et des entrepreneurs visés personnellement par ces sanctions en subissent les conséquences. Ils se retrouvent avec des comptes bancaires bloqués, ce qui les empêche de retirer de l'argent et impacte directement leur vie quotidienne. De plus, certains d'entre eux se voient interdire l'entrée sur le territoire de certains pays, comme la France qui a imposé des sanctions à vingt personnes en leur interdisant d'y accéder.


Comment réagissez-vous aux accusations d’implantations illégitimes en Judée-Samarie ?
Nous n'avons pris aucune terre étrangère et nous n'avons dominé aucun peuple étranger. Nous sommes revenus sur la terre de nos ancêtres qui, à une certaine époque, a été injustement conquise par nos ennemis. Lorsque nous en avons eu l'opportunité, nous avons récupéré la terre de nos ancêtres.
Quel est le message que vous souhaitez délivrer à ceux qui vous ont sanctionnés ?
Nous avons commencé à revenir sur notre terre bienaimée il y a plus de deux cents ans, avec, au début du XIXe siècle, la montée des disciples du Baal Shem Tov et du Gaon de Vilna, puis, en 1881-1882, celle des Juifs du Yémen, connue sous le nom de « Aaleh beTamar », suivies de la première, la deuxième, la troisième, la quatrième et la cinquième vagues d’Alya, les immigrants clandestins et tout le processus du retour à Sion dont l'objectif était la formation d'un foyer national juif et l'autodétermination du peuple juif sur la Terre d'Israël. Comme les pionniers, nous ne reculerons pas, nous n'aurons pas peur et nous ne courberons pas l'échine devant les despotes britanniques, américains ou français, ni devant quiconque pense avoir le contrôle sur notre pays. n
Entretien exclusif pour AJ MAG



Ils sont trois amis. Ils ont environ 35 ans et habitent Tel Aviv. Comme tous les Israéliens, ils sont tout sauf insouciants.
Le 7 octobre vient d’avoir lieu et ils ont perdu des amis et des proches, au festival Nova et à la guerre à Gaza. L’état de choc. Ils n’avaient pas le choix : c’était soit sombrer, soit se lancer dans un projet qui leur permettrait de semer des étincelles de vie autour d’eux, des pépites de vie. Ils ont alors rassemblé leurs amis et les amis de leurs amis : la communauté « La Pépite » venait de naître.

Nous sommes au mois de novembre 2023. Les rues sont vides, les gens se barricadent chez eux, les missiles de Gaza et du Liban tombent régulièrement sur tout le pays. Ils trouvent un hangar fermé, abandonné, dans le quartier branché de Florentine. Adeptes de l’upcycling, du recyclage et de la consommation minimale, ils décident de se lancer dans la vente de vêtements vintage. Jérémy, Eli et Ilan ont trouvé l’idée : racheter des lots de vêtements en Europe, surtout des lots de marque en seconde main, et les vendre à des prix très abordables. Manteaux, blousons, jeans, tee-shirts, chemises, vêtements de sport et même des cirés pour la pluie. L’originalité du lieu et l’atmosphère conviviale attirent les gens du quartier qui passent et se posent sur l’un des canapés pour boire un café et discuter. Beaucoup sont des survivants du




du Liban, ou des artistes qui veulent se sentir un peu moins seuls et parler de leur travail. Certains stylistes ont proposé de customiser les vêtements : en apportant leur touche personnelle, ils redonnent une nouvelle vie aux jeans, aux blousons – c’est aujourd’hui devenu un phénomène de mode. Les fondateurs de « La Pépite » ont installé un atelier de couture et invité ces jeunes créateurs à fabriquer leurs modèles sur place, où ils sont ensuite vendus. Les influenceuses de Tel Aviv y ont trouvé des « pépites » : des robes de soirée, des vestes de marque, de vrais jeans Levis… Bouillonnants d’idées, Jérémy, Eli et Ilan ne se sont pas arrêtés là ; ils invitent des musiciens qui se retrouvent un soir par semaine dans le hangar, devant un « open mic », un micro ouvert, pour chanter, mixer ou faire du stand-up. Toujours dans cet esprit communautaire, on pousse alors les stoyaks de vêtements, et l’on installe les instruments et la sono pour donner naissance à des concerts intimistes et faire connaître les musiciens du quartier. Difficile de ne pas s’attacher à cette jeunesse qui passe des heures sur place à discuter, partager, arrivant parfois à mettre
entre parenthèses ce qu’ils ont vécu ces derniers mois. Ilan, Eli et Jérémy se battent chaque jour pour maintenir le cap de leur entreprise, car en pleine guerre, sans touristes, les rues sont souvent désertées dans Tel Aviv. Ils sont si dynamiques qu’on vient souvent leurs proposer des idées, des collaborations. Un menuisier du quartier leur a présenté un fournisseur de plantes. Il leur a proposé de créer un nouvel espace avec des meubles trouvés dans les puces de Yaffo et de belles plantes d’appartement. C’est ainsi que « La Machtela », la pépinière de « La Pépite », a ouvert ses portes à la fin de l’été. Un créateur de jardins et terrasses s’est ajouté à l’équipe et propose ses services à des prix défiant toute concurrence. Tel Aviv est la ville des chiens, ils ne seront pas oubliés : sur un coin du parking, trois baignoires et douches pour chiens ont été installées. C’est tellement plus sympathique de venir y laver son toutou que de le faire chez soi ! Et c’est bien sûr l’occasion de boire un café et de rencontrer les gens du quartier, car depuis un an on réapprend à vivre, on résiste, on bosse, on achète, on rit, on aime, parce que la vie est plus forte que tout, parce qu’on n’a pas le choix. « La Pépite » est devenue bien plus qu’un commerce de quartier, c’est un QG d’artistes et de créateurs, un lieu de partage et de rencontres, un lieu de résilience. Pour nos trois compères, c’est aussi le moyen de concilier leur mode de vie avec une activité entrepreneuriale, ce qui, en temps de guerre, constitue une véritable gageure. Mais pour les Israéliens, on le sait, rien n’est impossible… Alors, un beau jean Levis 501, ça vous tente ? n
Shy Nathanelle
La Pépite
22, rue Abarbanel – Florentine – Tel Aviv Site de vente en ligne : lapepite.co.il


Les États-Unis ont accordé à l’État Juif une aide directe de 17 milliards de dollars depuis le 7 octobre 2023. Un soutien qui fait aussi progresser la sécurité américaine et dope son industrie de défense.
L’élection du républicain Donald Trump ou de la démocrate Kamala Harris le 5 novembre aux États-Unis ne devrait pas modifier drastiquement la politique américaine au MoyenOrient. Elle n’aura en tout cas aucune répercussion sur le soutien militaire indéfectible accordé par Washington à Israël. Cet engagement historique, qui a résisté à toutes les crises et tiraillements entre les dirigeants des deux pays, a atteint des sommets depuis les attaques du 7 octobre 2023. Selon un rapport du projet « Costs of War » de l'Université Brown, publié à l'occasion de la date anniversaire du conflit, les États-Unis ont en effet consenti une aide militaire directe record à Israël, d’un montant de 17,9 milliards de dollars depuis le début de la guerre avec le Hamas. Par comparaison, l'aide militaire annuelle des États-Unis s’élève d’ordinaire à 3,8 milliards de dollars, qui servent à financer des achats de matériel militaire américain. Au printemps, le Congrès a en outre accordé une rallonge exceptionnelle de plus de 14 milliards de dollars, étalée sur plusieurs années.
À cette facture, s’ajoutent quelques 4,9 milliards de dollars de dépenses liées à l'envoi de renforts par les États-Unis, sous forme de porte-avions, d'escadrilles et de systèmes de défense aérienne en Méditerranée, en mer Rouge et dans le Golfe. Les États-Unis ont par ailleurs livré, pour un coût
de 4,4 milliards de dollars, des batteries de missiles antimissiles du type Dôme de Fer (voir photo ci-dessous) et Fronde de David, utilisés massivement par l'armée israélienne pour intercepter des projectiles tirés par le Hamas, le Hezbollah, les Houthis et les Iraniens.



Reste que cette aide généreuse ne constitue pas seulement un investissement dans la sécurité d’Israël. Comme le souligne une récente note de l’American Jewish Committee (AJC), elle sert également à faire avancer les intérêts des États-Unis au Moyen-Orient. Israël, tout comme l’Égypte, la Jordanie et les États du Golfe, est un allié militaire des États-Unis face aux attaques des groupes terroristes et des « proxys » soutenus par l’Iran. En outre, l’État hébreu et les ÉtatsUnis coopèrent depuis longtemps en matière de renseignement et de développement technologique. Près des trois quarts de l’aide consentie à Israël est fournie sous forme d’armes de pointe et d’autres équipements défensifs fabriqués aux États-Unis. Une
grande partie de la technologie est développée en Israël. Par exemple, le système antimissile Dôme de Fer, inventé par Israël mais fabriqué aux États-Unis avec un financement majoritairement américain, fait aussi partie du système de défense de l’Oncle Sam. Autrement dit : le soutien financier et la technologie de défense des États-Unis, combinés au savoir-faire et à l’ingéniosité israélienne, font progresser la sécurité américaine. Sur le plan financier, cette aide s’apparente à un investissement en Amérique. Selon l’AJC, elle soutient directement plus de 20 000 emplois aux États-Unis et indirectement des milliers d’autres. Plus de 1000 entreprises américaines ont signé des contrats d’une valeur de plusieurs milliards de dollars dans
le cadre de l’engagement des ÉtatsUnis à aider Israël à se défendre contre des menaces croissantes. Last but not least, « équiper les Israéliens avec des armes américaines pour combattre le terrorisme permet d’épargner aux militaires américains la tâche de le faire », pointe encore l’AJC. L’observation faite il y a trente-cinq ans par l’ancien secrétaire d’État et général de l’armée américaine Alexander Haig résonne encore aujourd’hui : « Israël est le plus grand porte-avions américain au monde. Il ne peut pas être coulé. Il ne transporte pas un seul soldat américain et il est situé dans une région critique pour la sécurité nationale américaine. » n
Nathalie Hamou

L’agence de sécurité intérieure israélienne, le Shin Bet, découvre chaque semaine de nouvelles tentatives mises en œuvre par des agents iraniens pour recruter des Israéliens sur les réseaux sociaux afin de leur faire effectuer des missions d’espionnage contre leur propre pays. Mais qui sont ces hommes et ces femmes prêts à trahir le pays au profit de son plus grand ennemi ?
Ils agissent sur diverses plateformes, notamment X, Telegram, WhatsApp, Facebook et Instagram, en utilisant différents moyens d'approche. Recourant à une variété de prétextes, ils se font passer pour des courtiers en immobilier, des marchands de drones, des photographes ou même des détectives privés. En 2021, des agents iraniens avaient tenté de soudoyer des universitaires, des hommes d’affaires et d’anciens responsables de la défense à l’étranger. Leurs méthodes sont bien rodées et, depuis le début de la guerre en octobre 2023, leurs initiatives de recrutement se sont intensifiées. Des pages et des pages d’agents iraniens infiltrés sous de faux profils ont été relevées sur les réseaux ; ils ont essayé par tous les moyens de s’introduire dans différents mouvements israéliens comme celui des familles des otages, mais aussi auprès de citoyens et citoyennes lambda. Comment les ont-ils attirés ? Essentiellement par de l’argent.
Nahum Mabar : le premier espion israélien à avoir collaboré avec l’Iran
Remontons un peu dans le temps : le premier espion israélien à avoir collaboré avec l’Iran fut Nahum Manbar, né en 1946, fils d’Aaron et de Hannah, élevé au kibboutz Guivat Haïm, très bon joueur de basket pour l’Hapoel dont il deviendra plus tard l’un des sponsors. Après un parcours pourtant classique, parachutiste à l’armée, commandant d’unité, Nahum Manbar est devenu un homme d’affaires louches plusieurs fois poursuivi en justice par ses créanciers, et en 1985 il a quitté Israël pour y échapper. À l’étranger, il a commencé à s’introduire dans le milieu des marchands d’armes. Il a acheté des armes conventionnelles excédentaires à l’armée israélienne et les a vendues à des pays du tiersmonde. Plus tard, il a étendu ses activités et acquis des armes en Pologne, pays alors sous l’influence de l’Union soviétique. Dans le cadre des relations commerciales

entre Israël et l’Iran entre 1989 et 1993, Manbar a vendu des armes conventionnelles à l’Iran, mais aussi 150 tonnes de chlorure de thionyle, un produit inflammable et explosif. En 1993, deux agents du Mossad ont été tués dans un accident de voiture à Vienne alors que, pour obtenir des renseignements sur Ron Arad, ils surveillaient le docteur Majid Abbaspour, vice-ministre de la Défense iranien, qui venait de rencontrer Nahum Manbar. Pendant son séjour en France,


Manbar a épousé une française, Francine Pantillo, veuve de Herman Schmidt, un homme d’affaires allemand qui avait vendu des missiles sol-sol à l’Égypte et à l’Irak dans le cadre du projet Condor, et il a convaincu sa femme de lui remettre les documents laissés par son ex-mari. En 1992, le Mossad a commencé à enquêter sur les activités de Manbar. L’ancien chef du Mossad, Shabtaï Shavit, l’a fait arrêter en mars 1997 alors qu’il descendait d’un avion à son arrivée en Israël. Le 16 juillet 1998, Manbar a été reconnu coupable d’avoir aidé l’ennemi dans sa guerre contre Israël et d’avoir fourni des informations à l’ennemi dans l’intention de
nuire à la sécurité de l’État. Il a été condamné par le tribunal à seize ans d’emprisonnement. Le 31 octobre 2011, la commission des libérations conditionnelles a décidé de le libérer un an et demi avant la fin de sa sentence, avec des restrictions, dont l’interdiction de sortie de territoire. Shabtaï Shavit a affirmé que Manbar était « le plus grand traître qui ait jamais agi en Israël ».
L’affaire Gonen Segev
Gonen Segev est né le 6 janvier 1956 à Kiryat Motzkin. Après son service militaire au grade de capitaine, il a fait des études de médecine et obtenu en 1984 son doctorat en médecine
de l’Université Ben-Gourion. Au début des années 1990, il est devenu militant au sein du parti Tzomet, créé par Rafael Eitan (Raful). Aux élections pour la treizième Knesset, Segev est arrivé deuxième sur la liste et a été élu député. Au début de son mandat, son parti est resté dans l’opposition sous le gouvernement de Yitzhak Rabin. En 1994, après des désaccords avec Rafael Eitan, Segev s’est séparé de ses amis. En 1995, il a voté en faveur des accords d'Oslo, permettant au Premier ministre de l'époque, Yitzhak Rabin, de faire passer au Parlement la seconde phase de cet accord qui était censé mener à la création d'un État palestinien.

lll Après l’assassinat de Rabin le 4 novembre 1995, Segev a rejoint le gouvernement de Shimon Peres en tant que ministre de l’Énergie et des Infrastructures, et membre du cabinet de sécurité. En 2003, il a été reconnu coupable de délits surprenants pour un homme politique : falsification d’un passeport et fraude sur une carte de crédit. En 2004, il a été accusé d’avoir tenté de faire passer de la drogue (ecstasy), condamné à cinq ans de prison, puis libéré en 2007. Ses crimes sont alors devenus plus graves. Il s’est rapproché d’un habitant de Taybeh qui l'a engagé au service du Hezbollah pendant plusieurs années. Interdit d’exercer la médecine en Israël, il s'est exilé au Nigeria où il a pu exercer librement. En 2012, il a été contacté par les services de renseignement iraniens et commencé à servir d’agent, fournissant, contre des sommes d’argent, des informations sur l’économie énergétique et les organismes de sécurité d’Israël. Il a également présenté des citoyens israéliens à des responsables du renseignement iranien qu’il a prétendu être des hommes d’affaires. Les services de sécurité ont commencé à le soupçonner et à surveiller ses activités. En 2016, Segev a demandé au ministre de la Santé de lui renouveler son permis de travail, exprimant le désir de revenir exercer comme médecin en Israël. Sa demande a été rejetée. En mai 2018, accusé d’espionnage pour l’ennemi, il a été arrêté à son entrée en Guinée équatoriale et extradé vers Israël. Le 9 janvier 2019, après avoir avoué ses crimes, il a été condamné à onze ans de prison et à une peine de probation. Comment ce haut responsable politique a-t-il pu en arriver à trahir son peuple, sa famille, avec son pire ennemi, mettant peut-être
ainsi son pays en danger ? Il semble que cela n’a pas été par idéologie politique, mais uniquement poussé par l'appât du gain : gagner beaucoup d’argent, et très vite. Le trafic de drogue lui avait déjà fait gagner énormément d’argent, sans commune mesure avec son salaire de politicien ; il en voulait encore plus et se croyait devenu intouchable.
En 2011, un résident de Jérusalem de 46 ans, ultraorthodoxe proche de la secte des Netourei Karta, a délibérément décidé de contacter des représentants du gouvernement iranien et de leur offrir ses services. Il a été accusé d’avoir pris contact avec un agent étranger, d’avoir montré son intention de trahir et de tenter d’aider l’ennemi dans sa guerre contre Israël. Lors de son interrogatoire au Service général de la sécurité, il a déclaré que les motifs de ses actions étaient la haine d’Israël et le désir de recevoir une compensation financière. Plusieurs dizaines de personnes ont été interrogées, dont certaines issues de sa communauté. Selon l’acte d’accusation, l’homme, qui s’était de lui-même rendu en Allemagne pour rencontrer des représentants iraniens à leur ambassade où il a été en contact avec trois personnes dont l’identité est inconnue, s’est présenté comme un Israélien appartenant à la communauté des Netourei Karta et leur a exposé les principes de sa communauté, qui nie l’existence de l’État d’Israël. Il a également dit qu’il était prêt à tuer un sioniste. Les Iraniens ne l’ont pas pris au sérieux ; malgré ses tentatives, ils n’ont pas donné suite à sa demande et ne l’ont jamais recontacté.
Moti Maman, 73 ans, lors d'une audience au tribunal de Beer-Sheva, le 19 septembre 2024 © Flash90



Et depuis le 7 octobre…
Cette année, trois citoyens israéliens ont été arrêtés par le Shin Bet, soupçonnés d’avoir mené, sous les ordres d’agents de renseignement iraniens, des actions visant la sécurité nationale d’Israël. L’un des suspects, Elimelech Stern, un habitant de Beit Shemesh âgé de 21 ans, était en contact via l’application Telegram avec une personne se faisant appeler Anna Elena. Celleci a demandé à Stern d’effectuer diverses tâches, notamment d’accrocher des panneaux à Tel Aviv, de cacher de l’argent dans divers endroits de Jérusalem et de Tel Aviv, de livrer au domicile de civils israéliens des colis contenant une tête d’animal coupée ou une poupée munie d’un couteau et d’un message de menace, d’incendier une forêt. Il était payé en cryptomonnaie. Selon les enquêteurs, Stern aurait accepté ces missions, à l’exception des assassinats et des incendies de forêt, et il avait recruté deux autres personnes pour l’aider.
Ils jouent aussi avec le cœur des femmes…
En janvier 2022, le Shin Bet a annoncé l’arrestation de cinq Israéliens juifs accusés d’avoir aidé l’agent iranien Rambod Namdar, qui se faisait passer pour Juif. Les cinq suspects, quatre femmes – deux d’entre elles ont été lavées des accusations portées contre elles – et un homme, étaient tous des immigrants juifs venus d’Iran. Leur origine a certainement rendu l’approche beaucoup plus facile. Namdar s’était présenté comme un riche entrepreneur célibataire iranien. lll



lll Il se serait joué des attentes romantiques des femmes suspectées, cette relation pouvant les aider financièrement alors qu’elles se trouvaient dans une situation difficile. L’une des accusées a dit à Rambod qu’elle travaillait pour une Municipalité israélienne et il lui a demandé des photos des bâtiments de la mairie. Il a également essayé de la convaincre de persuader son fils de rejoindre la marine, l’armée de l’air ou les unités de renseignement de l’armée. Lors d’un voyage à Istanbul, elle lui a apporté des livres en hébreu contre la somme de 3000 dollars. Un autre accusé avait été chargé de photographier des isoloirs lors des élections de 2020 et 2021. Rambod lui avait aussi demandé de photographier divers sites de Tel Aviv, tels que la gare routière centrale, des parcs et des postes de police. Selon le Shin Bet, les suspects auraient photographié d’importants sites stratégiques du pays, notamment le consulat américain de Tel Aviv – tout cela en contrepartie de milliers de dollars. Namdar aurait été en contact avec une vingtaine d’Israéliens, pour la plupart des femmes.
Moti Maman, 73 ans, originaire de la ville d’Ashkelon, a été recruté par la République islamique d’Iran afin de préparer des assassinats de personnalités israéliennes, parmi lesquelles le Premier ministre Benyamin Netanyahou. Il a été arrêté à temps. Il était passé clandestinement en Iran à deux reprises et a été payé pour effectuer ses missions, ont indiqué la police et le Shin Bet. lll

© DR
L'avis du psy : quelle personnalité abrite le
Michel Gad Wolkowicz, psychanalyste, professeur de psychopathologie fondamentale et clinique (Universités de Paris Sud, Tel Aviv, Glasgow) et président de l'association internationale Schibboleth, nous explique quelle personnalité psychique se cache sous la figure du traître.
« Les traîtres sont souvent considérés comme des doubles personnalités qui agissent de manière complémentaire, les deux personnalités cherchant à former une unité toute-puissante. C’est symptomatique de tous ces cas de traîtrise. L’argent n’est certainement pas la seule motivation de ce genre de comportement. La traîtrise, un peu comme le mensonge, recouvre une importante problématique narcissique de réparation identitaire, de préjudice inconscient. Prenons le cas de Segev : c’est un escroc notoire, il est dans la jouissance de la transgression de la loi, c’est une attitude psychopathique et perverse. Il se sent au-dessus de la loi et de tous ceux qui peuvent la représenter. Cette toute-puissance narcissique va au-delà du gain financier. La motivation du pouvoir est beaucoup plus forte que les bénéfices matériels qui ne font que conforter le sentiment de toute-puissance et d’omnipotence. On peut retrouver ce mécanisme à l’œuvre dans tous les autres cas de traîtrise, aussi pitoyables soient-ils. Pour une personne anonyme, la traîtrise peut donner un sentiment d’exister qui lui confère une mainmise sur son destin. Les traîtres prennent l’avoir pour de l’être mais cela ne viendra pas combler leur manque. Ils imaginent qu’ils ont été choisis, élus pour une mission. Cela leur donne le sentiment d’exister face à quelqu’un et prend le pas sur leurs valeurs. Il y a également la peur d’être arrêté qui doit être défiée et se transforme en jouissance. Il faudrait les interroger pour savoir s’ils éprouvent un sentiment de culpabilité. La loi, dans le judaïsme, est représentée par l’image du père symbolique. Il y a donc un défi au père. Israël, qui représente une très forte part symbolique dans nos inconscients, serait plutôt la terre-mère. Le mécanisme est psychotique et dissociatif. Quand en plus la traîtrise est mêlée au gain et aux histoires de cœur, les limites sont complètement perdues. On peut se poser la question de savoir comment ces hommes et ces femmes qui trahissent le pays ont été traités par leur père et leur mère, en tout cas dans leurs fantasmes. Ces personnes peuvent aimer le pays mais éprouver de la colère, de la rancune, voire de la haine, et du coup elles se racontent des histoires et sont dans la confusion. Pour le cas de monsieur Maman, il trahit son pays d’accueil pour son pays natal ; il peut y avoir ici confusion sur le lien d’attachement. Il y a beaucoup d’ambivalence chez ceux qui sont déçus par Israël, il en ressort une rancune ; ils en veulent à Israël de ne pas avoir été à la hauteur de leur idéalisation. Cela a atteint leur propre Moi idéal. » n

lll Moti Maman aurait vécu pendant une longue période en Turquie, où il entretenait des relations commerciales et sociales avec des ressortissants turcs et iraniens. Cette année, Maman, grâce à la médiation de deux Turcs, a accepté de rencontrer un riche homme d’affaires, nommé Eddy, vivant en Iran pour discuter d’activités commerciales, a déclaré l’agence de sécurité. Maman s’est rendu dans la ville turque de Samandağ, proche de la Syrie, où il a rencontré deux représentants envoyés par l’homme d’affaires iranien, puis il est entré clandestinement en Iran. Arrivé sur place, il a rencontré Eddy et un membre des forces de sécurité iraniennes, qui lui ont demandé de « préparer des attentats » contre Benyamin Netanyahou, le ministre de la Défense Yoav Gallant et le chef du Shin Bet, Ronen Bar. L’Iranien a également demandé à Maman de transférer de l’argent et une arme, et de photographier divers endroits fréquentés par des civils. Moti Maman, pourtant plus tout jeune, est retourné une seconde fois en Iran clandestinement depuis la Turquie, caché à l’intérieur d’un camion. Maman aurait exigé un million de dollars d’avance avant d’exécuter les tâches. Il n’a reçu en échange de son implication que 5000 euros. À son retour en Israël en août dernier, il a été arrêté par les autorités israéliennes. Il s’est alors dit soulagé d’avoir été arrêté dans une spirale qui pouvait l'entraîner très loin. Pour sa défense, il a déclaré avoir commis « une erreur de jugement ».
Cette liste semble ne pas vouloir se terminer car à l’heure où nous écrivons les dernières lignes de cet article, la presse vient de révéler
Dans les cas de traîtrise, l’argent n’est certainement pas la seule motivation. La traîtrise, un peu comme le mensonge, recouvre une importante problématique narcissique de réparation identitaire, de préjudice inconscient.
qu’un vaste réseau d’espionnage au profit de l’Iran a été démantelé en Israël. Sept citoyens israéliens résidents de Haïfa ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir espionné pendant deux ans pour l’Iran en effectuant des centaines de tâches à la demande de la République islamique. Les suspects, immigrés d’Azerbaïdjan, comprennent un soldat qui a déserté l’armée, ainsi que deux mineurs âgés de 16 et 17 ans. Selon les autorités, contactés par un intermédiaire turc, ils ont effectué pendant deux ans quelque 600 missions relatives à des transferts d’informations sur des bases de Tsahal et son quartier général de la Kirya à Tel Aviv – certaines de ces bases ont été la cible des terroristes du Hamas. Les attentats du 7 octobre et l’attaque iranienne du mois d’avril dernier sur Israël ne les ont pas empêchés de continuer sans scrupules à fournir des informations aux Iraniens, permettant l’impact de missiles sur plusieurs villes d’Israël. Grâce à un équipement de pointe, ils ont pu fournir d’importantes informations susceptibles d'aider l’ennemi à ajuster ses futures frappes. En échange de ces informations essentielles, les suspects auraient reçu des
centaines de milliers de dollars, une partie en cryptomonnaie et une autre en espèces livrées par des touristes russes. Ils risquent la prison à perpétuité.
Comment, par cupidité, stupidité, solitude, dépression, ou parfois par pure idéologie, voire sous l’effet de pressions extérieures, des hommes et des femmes israéliens de tous milieux, de toutes catégories sociales et de tous âges décident un jour de trahir leur pays au profit de son ennemi le plus dangereux ? Il est difficile de comprendre une telle position, d’autant plus aujourd’hui où Israël, qui se bat depuis un an pour son existence, est à l’aube d’une confrontation avec l’Iran. Nous ne parlons pas ici de criminologie au sens classique, mais d’espionnage et de traîtrise. La question de la peine qui doit être infligée pour punir ces trahisons reste ouverte, car même si certains réclament la peine de mort, qui n’est jamais appliquée en Israël, il est pratiquement certain que ces traîtres purgeront une peine qui sera limitée dans le temps. n
Emmanuelle Adda

Comment développe-t-on la résilience ? Où trouve-t-on la force de continuer à aller de l’avant et de garder espoir alors que l’on vit constamment sous tension ?
Ruth Feldman, professeure mondialement reconnue en neurosciences, explore ces questions depuis plus de vingt ans, et en temps de guerre son travail prend une nouvelle résonance, encore plus profonde. Retour sur ses recherches.



Tout a vraiment commencé il y a vingt ans à Sdérot. Dans cette ville du Sud tristement célèbre aujourd'hui, les enfants ont dû apprendre à vivre « au rythme » des alertes à la roquette : une enfance bien particulière, marquée par le traumatisme. Comment conserver son innocence quand, à quelques kilomètres à peine, des personnes veulent votre mort et que vous n'avez que trente secondes pour y échapper ? Ruth Feldman s’est alors donné pour mission de faire en sorte que ces enfants ne soient pas marqués à vie par cette réalité traumatisante. Pour ce faire, elle s’est penchée sur les mécanismes qui permettent de vaincre le traumatisme. « Son travail consiste à approfondir notre connaissance des mécanismes biologiques et neurologiques de synchronisation entre êtres humains, particulièrement entre membres d’une même famille », explique sa collègue et collaboratrice Alison Marciano, psychologue clinicienne pour adultes et enfants.


Sdérot au quotidien : des enfants jouent dans une aire de jeux où trois abris ont été intégrés pour protéger les enfants des tirs de roquettes quotidiens. © FLASH 90

lll Ruth Feldman soutient que l’attachement est la clé pour surmonter le trauma et que les familles peuvent trouver au sein de leurs propres foyers les ressources nécessaires pour en venir à bout. Elle développe : « Dans une société constamment sous tension, où la menace est une réalité quotidienne, les liens familiaux sont un bouclier émotionnel [...]. Ces relations permettent aux enfants de surmonter les épreuves avec une force intérieure qu'ils n’auraient peut-être pas autrement. »
Ses recherches se sont alors concentrées sur l’importance des liens affectifs, qu’elle décrit comme essentiels à l’apprentissage, au développement, à la survie et surtout à la résilience.
« Cet attachement, indispensable à la survie humaine, est un réflexe instinctif et primaire que l'on peut observer entre un nourrisson et sa mère », poursuit Alison Marciano.
La professeure Ruth Feldman mène ses recherches principalement à l'Université Reichman de Herzliya, tout en collaborant avec des centres internationaux. Elle s’appuie sur des technologies de pointe en neurologie ; son laboratoire recueille divers échantillons biologiques (comme la salive ou la transpiration), et utilise les EEG et les IRM. Elle a également développé un système de codification comportementale : le Coding Interactive Behavior (CIB), qui permet d’analyser les interactions au sein des familles, des groupes d'amis et même entre nourrissons et parents. Ce système est d’ailleurs utilisé à l’échelle internationale, dans des pays comme les États-Unis, la France et l’Australie.
Toutes ces méthodes lui ont permis d’explorer l'impact de l'attachement familial à travers diverses populations et situations. Ses études récentes portent, entres autres, sur le rôle du père dans la dynamique familiale, sur les effets de thérapies sur les enfants anxieux, ainsi que sur l'influence de la synchronisation au sein du couple et de la famille. Elle s’est aussi penchée sur des sujets comme la dépression post-partum, la prématurité et, dernièrement, donc, la résilience renforcée par les liens familiaux à travers l’attachement.
Comment cet attachement se développe-t-il ? Pour Ruth Feldman, la recette miracle, ou plutôt l’hormone miracle, c’est l'ocytocine, communément appelée « l’hormone de l’amour ». En somme, l’amour est plus fort que tout. « L'ocytocine est d'autant plus crucial qu'il permet la régulation des émotions, notamment chez l'enfant, assure son bon développement cérébral, renforce son système immunitaire, son système digestif… », précise Alison Marciano. La question de l'attachement devient d’autant plus ardue en temps de guerre, surtout lorsque de nombreuses familles ont été brisées par le départ d’un proche ou bien doivent composer avec l’absence prolongée du père. C’est pourquoi, depuis le 7 octobre, le laboratoire de la professeure Feldman, en partenariat avec de grandes associations, a mis en place des ateliers de résilience destinés aux parents d'enfants en bas âge (3-7 ans) ayant un conjoint réserviste ou/et ayant vécu un traumatisme lié aux événements du 7 octobre. « Le but de ces ateliers est de pouvoir constituer un groupe de parole et de présenter le modèle de résilience que la professeure Ruth Feldman a développé après des années de recherche avec les enfants issus de Sdérot et des villes de la bordure de la bande de Gaza, souvent confrontés à des situations traumatisantes », ajoute Alison Marciano. Ces ateliers s’adressent également au public francophone. Grâce à une collaboration avec le ministère de l'Intégration, il existe en effet des groupes en français. Ces ateliers, dirigés par une psychologue clinicienne francophone, se déroulent en ligne via Zoom et sont gratuits. Ils se composent de trois sessions (une par semaine) dans lesquelles les participants (ateliers séparés pour les mères et les pères) échangent autour de leurs expériences, et reçoivent des outils spécifiques destinés à renforcer leur sentiment de résilience et celui de leurs enfants.
Pour plus d’informations sur ces ateliers destinés aux francophones : 058-4244488
Sarah Allouche

La réforme de Nir Barkat, ministre de l’Économie, « Ce qui est bon pour l'Europe est bon pour Israël », vient d’être définitivement adoptée en Israël dans le cadre d'un plan visant à réduire le coût de la vie, en particulier pour les produits cosmétiques, électroniques et électroménagers. Elle devrait faciliter l’importation de dizaines de produits de consommation courante, tels que les couches, la lessive, le liquide vaisselle, les ordinateurs…


Israël et l’Union Européenne sont déjà des partenaires commerciaux, et cette coopération dans les domaines comme la technologie, l'innovation et la sécurité est forte. Adopter une réforme qui s'inspire de ce qui fonctionne en Europe serait donc une continuation naturelle de cette relation.
Lutter contre une forme de monopoles institutionnalisés
L'Europe est souvent considérée comme un modèle en matière de politiques sociales, économiques et environnementales. Le gouvernement israélien, et plus particulièrement l’ancien maire de Jérusalem devenu ministre de l’Économie, Nir Barkat, a souhaité faire intégrer les standards européens dans la réglementation locale de secteurs spécifiques afin de contrer les normes israéliennes particulièrement restrictives bloquant depuis des dizaines d’années l’entrée sur le territoire d’une grande gamme de produits. C’est ainsi que les grands groupes de production israéliens, avec l’aide de différents acteurs économiques et politiques, ont la mainmise sur les prix des produits commercialisés. Malheureusement, au fil du temps, les Israéliens se sont habitués à payer plus cher le même produit trouvé en Europe ; et il n’est pas rare aujourd’hui de voir des voyageurs qui reviennent de France ou du Portugal les valises remplies de produits identiques achetés làbas trois voire quatre fois moins cher qu’en Israël.
Quels changements cette réforme propose-t-elle ?
Cette loi repose sur l'idée que les bonnes pratiques et les réglementations qui fonctionnent bien en Europe pourraient également bénéficier à Israël. Proposée en 2023 en collaboration avec plusieurs ministères et entérinée seulement en juillet 2024, elle permettra l'importation directe de produits conformes aux normes européennes sans exiger en Israël
Les standards israéliens sont très élevés et pointilleux, et les normes européennes sont vues d’un mauvais œil.
de certifications supplémentaires qui jusqu’à présent ralentissaient les importations mais aussi décourageaient toute nouvelle initiative commerciale. L’objectif principal est de faciliter l'importation de ces biens, de permettre la concurrence et de diminuer les prix pour les consommateurs israéliens. Un
challenge de taille car lutter contre le coût de la vie implique de s’attaquer irrémédiablement aux puissants monopoles – un combat politique que trop peu osent mener. Alors, cette réforme permettrat-elle de lutter contre certaines grandes sociétés qui monopolisent le marché de la consommation ?
Va-t-elle vraiment être appliquée ?
Va-t-elle faire baisser les prix pour les consommateurs qui croulent sous le poids des augmentations régulières ? A priori, non, car le secteur de l’agroalimentaire n’est pas concerné ; il appartient à des monopoles qui ne le lâcheront pas facilement. C’est pourtant le coût du panier alimentaire moyen qui compte d’abord pour une famille, avant celui des dentifrices ou des appareils électroménagers… Restons positifs et disons que c’est déjà un bon début.
Qui bloque l’application de cette loi ?
« Nir Barkat ne s’est pas fait des amis, loin de là », déclare Tamar Abessira, conseillère auprès du ministre depuis plusieurs années. « C’est un visionnaire », ajoute-telle, « il a le soutien de Benyamin Netanyahou pour cette réforme mais les industriels israéliens veulent lui barrer la route, sans oublier les fonctionnaires qui, dans les bureaux des ministères, ont toujours une bonne raison de refuser d’appliquer la loi. Le système est rigide, lent et bureaucratique » – des défauts qui nuisent à une économie dynamique.
De leur côté, les industriels, et notamment les fabricants d'électronique et d'électroménager, craignent que l'importation facilitée de produits européens ne crée une


Les industriels, et notamment les fabricants d'électronique et d'électroménager, craignent que l'importation facilitée de produits européens ne crée une concurrence déloyale. © IStock
concurrence déloyale. lll
lll Avec l’aide de leurs lobbys, ils ont fait traîner la mise en place de cette loi, notamment en multipliant le nombre de mises aux normes exigées pour pouvoir faire entrer les produits européens sur le marché israélien. Selon eux, ces importations pourraient réduire la demande pour les produits fabriqués localement, affectant ainsi les bénéfices, l’emploi et la viabilité de certaines entreprises israéliennes.
Des membres de la Knesset issus des partis ultraorthodoxes estiment pour leur part que cette réforme pourrait faire dépendre davantage Israël des importations européennes, compromettant ainsi une certaine indépendance économique.
Le syndicat des travailleurs, la Histadrout, redoute quant à lui que cette réforme entraîne des pertes d'emplois dans certains secteurs, notamment ceux où la production locale ne peut pas rivaliser avec les produits importés, souvent moins chers grâce à une production de masse plus efficace en Europe.
Le Lobby 99, qui défend les intérêts des consommateurs à la Knesset,
dénonce un problème d’application. Selon une interview de la spécialiste de l’économie Yaelle Ifrah donnée à la radio publique israélienne KAN, les différents ministères concernés émettent des réserves sur les nouvelles normes proposées. Les standards israéliens sont très élevés et pointilleux, et les normes européennes sont vues d’un mauvais œil. Ces blocages se sont révélés efficaces puisque seulement 300 nouvelles normes ont été validées sur plus de 800 proposées dans la réforme. Selon Yaelle Ifrah, « au bout du compte, très peu d’importations de produits seront concernées par cette baisse des prix ».
Va-t-on enfin voir les prix baisser ?
Certains, oui, mais pas dans tous les domaines. Israël, qui fait partie de l’OCDE, affiche d’importantes différences de prix par rapport aux autres pays, lesquelles peuvent conduire une famille israélienne moyenne à payer jusqu’à 10 000 shekels de plus chaque année pour les mêmes produits concernés par la réforme. Les partisans de
la mondialisation, qui prônent une économie ouverte et intégrée au niveau mondial, estiment que de telles mesures renforceront l'intégration d'Israël dans l'économie mondiale et européenne, et qu’un alignement sur des standards internationaux favorisera la modernisation économique. Ces mesures permettraient en effet d'augmenter la concurrence sur le marché israélien, ce qui attirerait les importateurs européens.
Observe-t-on déjà des résultats ?
Il a fallu attendre le mois de janvier 2024 pour que la réforme voit enfin le jour, en collaboration avec différents ministères – un vrai parcours du combattant. Et ce n’est qu’en juillet 2024 qu’elle a été approuvée à l’unanimité à la Knesset. Les premiers résultats montrent déjà une petite baisse progressive des prix de l’électroménager et de l’électronique. Cependant, cette réforme est encore en phase d'implémentation, avec des ajustements attendus pour novembre 2024, qui permettront une entrée encore plus libre de ces produits sur le marché israélien.

L'impact à long terme dépendra de la capacité du marché local à absorber ces changements sans nuire aux producteurs israéliens. « Cela va prendre du temps », explique Yitzhak Adda, économiste franco-israélien.
« Cela va insuffler de la concurrence, c’est sûr, mais n’oublions pas que la hausse de l’inflation n’est pas liée à cela. L’inflation est un problème macroéconomique qui n’est pas impacté par ce type de mesures. Cette réforme peut débloquer certains secteurs sensibles à la concurrence et dont la rigidité des normes d’importation peut bloquer la baisse des prix. Disons que c’est un bon début. » n
Varda Zambriss
Les exportations israéliennes restent principalement dirigées vers l’Union Européenne (24 % des exportations – +1,3 point par rapport à 2021), vers les ÉtatsUnis (25,5 % des exportations) et vers l’Asie (23,4 % des exportations). La Chine absorbe 6,2 % de ces exportations et l’Inde 5,2 %, ce qui en fait respectivement les deuxième et troisième clients d’Israël. La France (2,5 %) est au neuvième rang. L’Union Européenne est toujours le principal fournisseur d’Israël (31 % des importations), l’Asie (28 % des importations) voit sa part augmenter de deux points. La Chine (12,2 %) est le premier pays fournisseur d’Israël, suivie des ÉtatsUnis (9 %), de l’Allemagne (6,6 %) et de la Suisse (5,6 %). La France, huitième, avec 3,5 Mds USD (3,3 % et +33 %), progresse de trois places (voir annexe). La Russie et l’Ukraine représentent respectivement 0,3 % et 0,1 % des importations de biens en Israël ; en 2021, ces pays représentaient respectivement 2,5 % et 0,8 %. V. Z.


Depuis le 7 octobre, Bernard-Henri
Lévy est monté au créneau pour défendre Israël, ce qu’il fait en général brillamment : plusieurs voyages en Israël, des conférences en France et en Israël, des mobilisations et des rassemblements contre l’antisémitisme en Europe, d’innombrables interventions médiatiques, ainsi qu’un livre, Solitude d’Israël (Grasset). Nous ne pouvons qu’être admiratifs et reconnaissants de cette mobilisation. Face à des médias et des journalistes parfois hostiles, non seulement il tient un discours amoureux d’Israël, admirateur de l’épopée sioniste, mais, faisant preuve d’un courage indéniable, il apporte aussi son soutien indéfectible à la guerre que mène Israël depuis le pogrom. Dans les deux premières parties de son livre, BHL tâche d’abord de décrire l’horreur, celle qu’il a vue de ses yeux, lui qui a pris l’avion pour Lod le 8 octobre et qui s’est rendu dans les kibboutzim dévastés par les assassins du Hamas. Le 7 octobre, dit-il, est un Événement – avec un E majuscule – dont l’avant et l’après ne seront plus jamais semblables. Ensuite, BHL dénonce ce qu’il nomme le « négationnisme en temps réel », dont l’Occident a fait preuve face aux horreurs perpétrées par le Hamas en Israël. Il dénonce aussi les trois modalités à l’œuvre
pour incriminer Israël ou relativiser l’horreur : le « oui mais », consistant à noyer le pogrom dans un contexte d’« occupation » ; l’appel au cessez-le-feu, sans se soucier du sort des otages ou de l’éradication indispensable du Hamas ; et le souci du fameux « jour d’après ». Enfin, il dénonce bien sûr l’explosion de l’antisémitisme, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis. Mais c’est la lecture de la troisième partie du livre qui m’a, à plusieurs reprises, mis mal à l’aise. Dans son premier chapitre, intitulé « Pourquoi Israël ? », BHL livre une vision assez étroite de la raison d’être de l’État d’Israël. Pour lui, le pourquoi d’Israël réside dans « la haine. La vieille haine. La plus vieille de toutes les haines ». Autrement dit : l’antisémitisme.
Ensuite, après avoir apporté trois réponses aux accusations visant Israël comme « fait colonial », BHL traite de ce qu’il nomme le « fascislamisme ». Dans le chapitre qui porte ce nom et qui est à mon sens le plus choquant, Bernard-Henri Lévy donne une réponse pour le moins étonnante à l’argument de certains opposants d’Israël, formulé ainsi par l’auteur : « Admettons que cette indépendance d'Israël ait été obtenue de vive force, et contre les empires. Reste que, si elle fut bénie par le reste des nations, c'est parce qu'elles voyaient là une façon de réparer le crime de la Shoah. Et la question, dans ce cas, devient : “Pourquoi ici ? Pourquoi cette terre ? Ce crime commis par
l'Allemagne, pourquoi l'avoir fait payer à la nation arabe ? Pourquoi ne pas avoir créé Israël, par exemple, en Bavière ?” »
La réponse de BHL à cet argument consiste à dire que, chez certains, dans le monde arabe et chez les pères du nationalisme palestinien, il y eut une admiration du nazisme, qui alla parfois jusqu’à la collaboration, comme dans le cas du funestement célèbre mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini. Suivant ces deux arguments, qui sont au fond de même nature, ce qui fait de l’existence d’Israël une chose juste tient dans la haine dont a été victime le peuple juif, en Europe d’abord, puis dans le monde arabe. Autrement dit : si ce n’était cette haine, sans l’antisémitisme et le nazisme, Israël n’aurait peut-être pas lieu d’être. Je ne prête pas cette pensée à BHL, qui sait bien évidemment que le sionisme est né avant le nazisme et qu’il n’avait pas pour seul horizon d’apporter une solution au problème de l’antisémitisme. Je ne rappellerai pas non plus la brillante intervention de Georges Bensoussan au mois de mai dernier au Centre Begin, dans laquelle il a démontré que la culpabilité de la Shoah n’existait pas en Occident en 1948 (intervention disponible sur la chaine YouTube « Begin Center »). Mais il semble malgré tout qu’il est nécessaire de rappeler quelques fondements élémentaires. Pour cela, je rapporterai uniquement quelques

mots d’un discours prononcé en 1975 à la tribune de la Knesset par Menahem Begin, alors chef de l’opposition, peu de temps après le célèbre vote de l’ONU qualifiant le sionisme de racisme et qui provoqua le courroux de notre ambassadeur Haïm Herzog, déchirant cette résolution sur la tribune même de l’Assemblée générale.
« […] Monsieur le Président, les ignares peuvent ignorer et les racistes peuvent refuser d’apprendre. Mais nous, nous leur dirons ce qu’est le sionisme. D’un point de vue historique, le sionisme est le retour à Sion. C’est un phénomène considérable qui n’a probablement pas de semblable dans l’histoire de l’humanité. Ce peuple revient à la Terre d’Israël, que cela soit après 70 ans, 400 ans ou 1800 ans. Mais il y revient toujours. Il revient toujours de là où il vient. Pendant de nombreuses générations, il était d’usage de dire que notre peuple était dépourvu de patrie. C’est infondé. Notre peuple a toujours eu une patrie, et il l’aimait plus que n’importe quel autre peuple n’aime sa patrie. Et il en a donné la preuve dans ses souffrances, dans ses sacrifices, proches ou lointains. Dans les errances et par son sang versé, par les bûchers et les égorgements. De tout temps, à toute période et dans tous les pays, il l’a languie, il a prié pour elle et a cru en son retour vers elle. Le désastre du peuple juif fut que durant toutes ces générations, sa patrie n’était pas son pays. C’est à cause de cela que pendant toutes ces générations il fut pourchassé et que de notre temps il fut exterminé en masse. Il a donc appris qu’en dehors d’Eretz Israël, il ne peut exister. C’est la raison pour laquelle, durant cette période de résurrection, il y est revenu pour y créer son État, afin de posséder tous les moyens de sa défense nationale, afin de préserver sa dignité humaine et afin de ressusciter son passé.
« La Terre d'Israël appartient de droit au peuple juif. […] avec cette foi, nous irons vers les nations et nous brandirons
fièrement le drapeau du sionisme comme mouvement de libération nationale. »

D’un point de vue moral, qu’estce que le sionisme ? C’est la réparation d’une injustice qui n’a pas eu d’équivalent dans l’histoire humaine. Les ignares et les racistes peuvent ne pas vouloir savoir, mais nous nous souvenons du prix que nous avons payé après avoir été déracinés de notre patrie et avoir perdu notre État. Dans notre esprit, nous voyons les générations passées qui ont traversé les sept cercles de l’enfer, et nous avons vu notre peuple poussé à la mort. Aucun autre peuple n’a payé un prix tel que celui qu’a payé le peuple juif pour la perte de sa liberté nationale. Le sionisme, donc, le retour à Sion, la restauration de l’indépendance hébraïque, tout cela n’a qu’un sens : la réparation d’une injustice historique qui n’a pas de semblable. Réparer une injustice, Monsieur le Président, revient à instaurer la justice dans toute sa simplicité. Ceux qui ont pris cette décision avant-hier aspirent à renouveler l’injustice. Par leur décision, ils voudraient effacer l’État des Juifs de la carte, l’effacer de sous les cieux de Dieu. Ils voudraient réinstaurer l’injustice. Réinstaurer une injustice et le summum du mal. […].
Pour maintenir son cap, sa fierté et ses convictions, c’est à ses arguments
que doit se tenir Israël. Si le sionisme est aussi, évidemment, une réponse à l’antisémitisme, ce n’est pas de ce dernier qu’il tire sa substance. Ce lien n’est que circonstanciel, et non essentiel. Dans son essence, dans son origine, le sionisme et l’État d’Israël viennent rétablir et restaurer le lien de vie, réel, physique, entre un peuple, le peuple juif, et sa terre, la Terre d’Israël, de laquelle il a été chassé par la force et la violence par l’impérialisme romain. Il faut donc restaurer notre foi dans le sionisme et notre fierté de lui et de ses fondements : la Terre d'Israël appartient de droit au peuple juif. Ce droit est éternel et ne peut être contesté. […] avec cette foi, nous irons vers les nations et nous brandirons fièrement le drapeau du sionisme comme mouvement de libération nationale, merveilleux, protecteur, libérateur, ainsi que sa grandeur morale et sa justice historique. Car c'est ce que nous a enseigné le prophète : “Il lèvera l'étendard vers les nations pour recueillir les Exilés d'Israël et rassembler les débris épars de Juda des quatre coins de la terre.” Voilà ce qu'est le sionisme. » n
Yoël Haddad est chercheur au Centre Begin yoelh@begincenter.org.il

Les deux premiers millénaires de l'humanité n'intéressent pas vraiment la Torah. Leur histoire est expédiée en onze chapitres et deux parachiot : « Berechit » et « Noa'h ». D'un point de vue biblique, il s'agit donc d'une forme d'introduction, d'une sorte de préhistoire. La véritable histoire biblique débute avec Avraham : tout le reste du livre est en effet consacré au patriarche et à sa descendance, soit trente-huit chapitres et dix parachiot ! Car la révolution monothéiste d'Avraham et l'élection d'Israël qui en découle vont changer la face du monde. Après les deux premiers millénaires, que nos sages appellent « les deux mille ans de chaos », l'humanité hérite enfin d'une direction et d'un sens. Avraham, après avoir (re)découvert Dieu, comprend que le monde a besoin de lui. « הכרב היהו » – « veHéyé brakha » (Berechit 12, 2), lui dit Dieu dès le premier message : tu dois être une brakha, une bénédiction pour le monde. Comme presque toujours dans la langue hébraïque, la racine du mot « brakha » est composée de trois lettres – ici : le beth, qui a pour valeur numérique 2, le rech qui vaut 200 et le kaf qui vaut 20. En utilisant la seconde lettre des unités, des centaines et des dizaines, l'hébreu suggère que « bénédiction » signifie en fait progression, progrès. En effet, si le chiffre 1 représente le point de départ, le 2, lui, symbolise l'avancée. D'ailleurs la même racine, beth-rech-kaf, donnera aussi le mot « bérekh », qui signifie « genou » – l'articulation qui précisément nous permet d'avancer !
Mais dans ce même premier message, Dieu précise à Avraham que ce progrès ne sera possible qu'en quittant son pays natal et en s'installant « dans le pays que Je t'indiquerai », entre la mer et le Jourdain. Il existe donc un endroit propice pour la brakha. Celle-ci ne peut
Le rav Elie Kling (à droite) en excursion dans le nord d'Israël avec des jeunes filles de la mékhina toranite pour jeunes filles francophones

rayonner qu'à l'intérieur de frontières géographiques précises. Comme dit Rachi : « Si tu restes ici, tu ne pourras pas avoir d'enfants » – entendez : tu ne pourras pas avoir d'avenir. Donc « va-t'en, quitte ton pays, ta patrie », et de là-bas nous pourrons, toi et Moi, apporter la brakha à l'humanité.
À peine arrivé dans ce qui va bientôt devenir Eretz Israël, Avraham a sa première révélation prophétique : « Et Avraham atteignit le pays […] et Dieu lui apparut et lui dit : c'est à ta descendance que Je donnerai ce pays. » (Berechit 12, 6-7) Car au début de la paracha, lorqu'Avraham est encore à Haran, Dieu ne lui apparaît pas. Il lui parle, Avraham entend l'appel à l’Alya lorsqu'il est en dehors d'Israël, mais il ne peut voir la présence divine. Il ne peut avoir de véritable révélation prophétique qu'en Eretz Israël !
Cette année, nous ouvrons avec beaucoup d'émotion la trentième promotion de Hemdat Hadarom. Je pensais que les effectifs seraient inférieurs à la moyenne – le pays est en guerre depuis un an, de quoi en décourager plus d'une. Pourtant, à ma grande surprise, nous n'avons jamais été aussi nombreux : ce sont en effet pas moins de cinquante jeunes filles qui viennent d'atterrir à l'aéroport Ben Gourion pour passer une année


de découverte de la Torah et d'Eretz Israël avec nous – un record ! Elles ont décidé de ne plus se contenter d'entendre de loin la parole divine mais de venir voir sur place comment celle-ci se manifeste. Comme leur ancêtre Avraham il y a si longtemps, elles ont compris que la Chekhina ne peut réellement se ressentir qu'en Eretz Israël.
Leur souhaiter la bienvenue se dit en hébreu : « Que celles qui viennent reçoivent la brakha ! » Je leur souhaite donc, ainsi qu'à vous tous, amis lecteurs, une année pleine de brakhot, de progrès et d'avancées dans tous les domaines. Kol haKavod pour votre courage et bienvenue à : Elya A, Laura A, Shyrel B, Lielle B, Déborah B, Sarah B, Keren B, Jessica B, Ilana B, Savannah B, Lisa B, Yaelle B, Elinor B, Laura B, Elsa C, Rebecca C, Avigail D, Elsa D, Shely E, Efrath E, Elsa F, Kelly G, Justine G, Léa G, Emma G, Evelyne G, Deborah H, Ethel I, Mati J, Shani J, Emma J, Talia K, Shira K, Noémie L, Shirel L, Liora L, Lior M, Sarah M, Chani M, Elya N, Liora N, Anaelle O, Emouna P, Liad P, Mikaella S, Sarah S, Jenna S, Lisa S, Axel T et Emma T. Arrêtez-moi si je dis des bêtises… n
klingelie@gmail.com
CHABBAT LEKH LEKHA
8 NOVEMBRE 2024-7 'HECHVAN 5785
Jérusalem 16h03 17h22
Tel Aviv 16h23 17h23
Netanya 16h22 17h22
CHABBAT VAYÉRA
15 NOVEMBRE 2024-14 'HECHVAN 5785
Jérusalem 15h59 17h18
Tel Aviv 16h18 17h19
Netanya 16h18 17h19
CHABBAT 'HAYEI SARAH
22 NOVEMBRE 2024-21 'HECHVAN 5785
Jérusalem 15h56 17h16
Tel Aviv 16h15 17h17
Netanya 16h14 17h16
CHABBAT TOLEDOT
29 NOVEMBRE 2024-28 'HECHVAN 5785
Jérusalem 15h55 17h15
Tel Aviv 16h14 17h16
Netanya 16h13 17h15
ROCH 'HODECH KISLEV
2 DÉCEMBRE 2024-1ER KISLEV 5785
CHABBAT VAYÉTSÉ
6 DÉCEMBRE 2024-5 KISLEV 5785
Jérusalem 15h55 17h15
Tel Aviv 16h14 17h16
Netanya 16h13 17h16
Chaque parcelle de lumière spirituelle qui entre dans ce monde est accompagnée d'une obscurité correspondante. La tâche de l'homme est de libérer la lumière des ténèbres et de lui permettre de se révéler. Sfat Émeth

La période des Fêtes… Lorsqu’on rencontre un ami dans la rue, on ne sait plus quoi lui souhaiter ; on se demande quel jour on est et il nous faut quelques secondes avant de nous y retrouver. Nous enchaînons encore et encore les fêtes et les chabbatot, avec seulement quelques jours « normaux » dans les intervalles. Des tâches supplémentaires s’imposent à nous, s’ajoutant à notre vie quotidienne habituelle déjà chargée et stressante : se préparer à trois jours de fêtes, le repas d’avant Kippour, la construction de la soucca, l’achat des « quatre espèces »… Le mois de Tichri est un mois rempli de fêtes, chacune possédant sa particularité. D’un côté, ce sont de nombreux jours en famille, des jours de mitzvot et de repos. D’un autre côté, il nous semble parfois que c’est un peu trop, que l’on aimerait juste revenir à notre routine et à notre travail. Nous voudrions terminer une tâche mais une fois de plus il n'y a qu'une demisemaine de travail et de nouveau nous sommes en fête. On peut très vite se sentir débordé…
Toute cette période m'a fait un peu réfléchir à la question. Souvent, au jour le jour, nous voulons juste nous reposer, faire une pause ; mais lorsque tout à coup une opportunité se présente – et la période des Fêtes de Tichri, qui marque également le début d’une nouvelle année, offre de nombreuses nouvelles opportunités –,

Dès la sortie du jeûne de Yom Kippour, les Juifs enchaînent avec une autre mitzva : la construction de la soucca © Flash90
nous la manquons car il nous est difficile de changer, nous sommes trop accrochés à nos habitudes… Un changement, bon ou mauvais, nous déséquilibre, nous plonge dans la confusion, et nous cherchons aussitôt à retrouver la stabilité de notre routine.
Les changements, dans notre vie, surviennent en général par le biais de moments qui sortent de l’ordinaire et provoquent un déséquilibre. Par exemple, certains élèves me disent : « Après le décès de mon grand-père, j’ai pris sur moi de commencer à garder chabbat » ; « depuis le 7 octobre, je fais attention à être plus tzniyout » ; « depuis la fin de la mekhina, je mets les tefillins chaque jour » ; « depuis que j’ai un enfant, je fais davantage attention aux mots qui sortent de ma bouche et à ma façon de parler »… La plupart du temps, un changement résulte d’un événement inhabituel – positif ou douloureux – qui a brisé notre routine. Il nous secoue et nous fait décider qu'à partir de maintenant ce sera différent, je changerai et j’améliorerai tel ou tel point.
Le livre Learim eth haChamayim décrit très bien cette situation et explique que lorsque nous apprenons quelque chose de nouveau, nous devons mettre de côté certaines de nos connaissances antérieures sur ce sujet afin de pouvoir assimiler la nouvelle information. Si nous nous accrochons trop à nos idées préconçues,


nous ne pourrons jamais rien apprendre et nous ne pourrons donc pas progresser.
Dans tout processus de transition d’un état à un autre, il existe un moment indéfini de vide apparent, dans lequel s’incarne un potentiel illimité. Un tel moment est une période à haut risque, car durant ce temps tout peut arriver ; et plus on hésite, plus cela va durer et devenir de plus en plus menaçant. Ainsi, par exemple, dans l’apprentissage de la natation et le passage de la marche à la nage : il y a un moment d’entre-deux, ni ici ni là, où l’on n'est plus debout sur une base stable, mais où l’on ne nage pas encore non plus.
Si nous nous accrochons trop à ce dont nous avons l’habitude, nous ne pourrons jamais évoluer. Changer suppose et requiert un moment de rupture avec la routine : sortir de la maison pour aller dans la soucca, de ma maison habituelle vers une maison temporaire, un endroit où je ne serai peut-être pas tout à fait en sécurité, qui m’inquiète et me fait un peu peur. La période des Fêtes, avec toutes les particularités de chacune d’entre elles et les mitzvot qu’elles incluent – avec, au centre, Yom Kippour, cette puissante journée où nous devons nous détacher de tout ce qui fait notre quotidien pour nous plonger dans la prière et nous concentrer sur l’essentiel –, nous procure exactement cette stabilité dont nous avons besoin pour avancer et commencer une nouvelle année de façon équilibrée.
Plutôt que de fuir et nous réfugier dans notre zone de confort, nous devons laisser place à une nouvelle situation pour qu’elle puisse faire partie de nous. Nous entrons maintenant dans la période de « l'aprèsFêtes », une expression courante en hébreu moderne pour désigner la période qui suit les Fêtes et les vacances de Tichri, lorsque la routine et le travail reviennent à l'ordre du jour. « Après les Fêtes » : au fil des ans, ces termes sont devenus tout autant une manière de repousser les échéances que l’expression d’un renouveau. Alors, comment vivons-nous notre après-Fêtes ? Un retour à la normale, enfin ?! Un retour aux tâches que nous avions reportées dans le passé ? Je souhaite qu’« après les Fêtes » soit pour nous tous synonyme de croissance et de renouveau. n
Yehouda Salama
Directeur du programme Gour Arié de préparation à l’armée israélienne pour les jeunes Juifs français Yehuda@betar.org.il


Régentes ou épouses de rois, certaines femmes ont régné sur Jérusalem et, depuis les temps les plus reculés, ont laissé leur marque sur l’histoire
trimillénaire de la capitale d’Israël. Voici leur histoire et les lieux où vous pourrez évoquer leur grandeur ou leur déchéance passées.
La Bible dit que Dieu a formé la femme à partir d’un membre de l’homme en déclarant qu’elle serait « une aide face à lui », « Ézer keNegdo » – expression qui a intrigué bien des commentateurs, dont certains comprennent « une aide contre lui ». Rachi reprend le Midrach qui explique : s’il en est digne, elle sera une compagne ; s’il n’en est pas digne, elle sera contre lui. Cette ambiguïté n’a pas trouvé meilleur écho que dans la vie des épouses de rois. En voici deux exemples. Si l’on parle des reines de Jérusalem, il faut commencer par la première d’entre elles : Michal, la benjamine du roi Saül. La Bible nous la présente avec affection en disant qu’elle était « la petite », « haKetana », au lieu de dire « la plus jeune » comme on le traduit de façon erronée. Pour avoir tué Goliath, David mérita d’épouser l’aînée des deux filles du roi Saül, Meirav. Mais la popularité du nouvel héros fit ombrage au roi et celui-ci la maria à quelqu’un d’autre. Heureusement, car Michal était en fait tombée amoureuse de David. C’est un cas unique dans la Bible – qui offre un narratif plutôt
pudique – où il est fait mention des sentiments amoureux d’une femme envers un homme. Selon le Talmud, Michal était très belle. Le roi Saül s’empressa de l’offrir en mariage à David, en pensant qu’elle serait un piège pour le héros encombrant qu’il était devenu, car il est dit que

dans un mariage, c’est l’homme qui abandonne ses parents pour s’unir à son épouse, et non le contraire. Saül pensait donc que sa fille lui resterait attachée et qu’il pourrait faire de David ce que bon lui semblerait. Mais les choses ne se passèrent pas comme il le souhaitait, car une fois mariée, Michal se rangea aux côtés de David plutôt que contre lui. Shakespeare n’a rien inventé sur les amours
impossibles en narrant la rencontre nocturne de Roméo au balcon de Juliette : Michal a sauvé l’homme qu’elle aimait, David, en le faisant descendre de son balcon avec une corde. Puis la Bible continue à nous raconter comment Michal se joua de son père pour protéger David, au point que la Bible ne l’appelle plus la fille de Saül mais l’épouse de David. « La petite » devint ainsi l’héroïne de l’histoire. Voyant la situation, Saül finit par expulser Michal de son palais et la mit sous surveillance. Deux ans plus tard, après la mort de Saül, le royaume se scinda de nouveau et une guerre civile s’ensuivit. David devint roi de sa seule tribu de Juda pendant sept ans, au bout desquels il fut enfin choisi pour être roi de tout Israël. C’est seulement alors qu’il rappela Michal auprès de lui. Mais après neuf ans de séparation, David avait entretemps eu d’autres épouses et des enfants. Aussi Michal était-elle devenue amère.
Lorsque David fit la conquête de la ville des Jébuséens pour en faire Jérusalem, la capitale du royaume unifié, il souhaita y installer l’Arche d’Alliance, et même lui construire un temple. Lorsque l’Arche fit son

entrée dans la capitale, Michal, « fille de Saül », depuis son balcon, vit son époux danser et gesticuler ; elle en conçut du dédain et lui en fit remontrance. L’histoire biblique de Michal s’arrête sur ce verdict lapidaire : « Elle n’eut pas d’enfant jusqu’au jour de sa mort. » Malgré sa faute, on ne peut s’empêcher de ressentir de la compassion pour Michal qui a aimé David comme jamais la Bible ne l’a conté ailleurs. Mais la vie ne lui a pas été favorable. David avait-il changé ? Ou n’avait-il pas aimé Michal autant qu’elle l’avait aimé ? Pour évoquer Michal, rendez-vous à la Cité de David, au sud des murs actuels de Jérusalem. Là, vous trouverez les fondations du palais jébuséen qui servit de palais au roi David et à son épouse deux fois royale, Michal.
Voyons à présent le cas d’une autre reine, à l’époque de la coexistence pacifique des deux royaumes de Judée et d’Israël, lorsque leurs rois respectifs avaient cherché la conciliation. Notre histoire est contée dans le deuxième livre des Rois, aux chapitres VIII à XI. Achab, roi d’Israël, marié à Jézabel (prénom qui a donné Isabelle en français), princesse païenne de Tyr, eut un fils qu’il nomma Yoram. De son côté, Josaphat, roi de Judée, eut un fils qu’il nomma lui aussi Yoram. Il ne doit pas être confondu avec son proche parent Yoram, roi d’Israël, les deux ayant régné en même temps. Ce dernier fut ensuite marié à une fille d’Achab. L’alliance avait ainsi été formée mais les choix cultuels étaient déséquilibrés : en Israël, Jézabel avait imposé le culte de Baal, et l’osmose aidant, le royaume de Judée, sous l’influence de l’épouse et de la belle-mère, toutes deux païennes, se laissa aussi aller au culte de Baal. Pour le royaume de Judée,

c’était annonciateur de catastrophes, car pour la première fois « Édom secoua la domination de Juda jusqu’à ce jour ». Ainsi, tous les malheurs qu’Édom imposera aux Juifs dans les siècles ultérieurs viennent de cette paganisation du royaume de Judée à l’époque de Yehoram – également nommé Yoram dans la Bible. Nous sommes dans le règne de la confusion. De plus, l’épouse de Yehoram était Athalia, qui est mentionnée dans la Bible deux fois comme fille d’Achab et deux fois comme fille d’Omri, père d’Achab, ceci laissant donc supposer qu’il y eut des relations illicites au sein de cette famille impie.
Lorsque Yehoram mourut, son fils Achazia lui succéda. Il avait à peine 22 ans et était sous l’influence de la maison d’Achab, par sa mère Athalia, par son oncle Yoram, roi d’Israël, et par sa grand-mère Jézabel, tous encore en vie. Mais le malheur arriva : Achazia mourut après un an de règne, alors qu’il se trouvait auprès de Yoram, car Dieu avait levé Jéhu contre la maison d’Achab en lui ordonnant : « Toute la dynastie d’Achab doit périr. » Jéhu tua les deux rois, Yoram et Achazia, puis marcha sur la cité de Jezréel et fit jeter Jézabel
du haut d’un balcon. Une prophétie du prophète Élie se réalisa alors : les chiens dévorèrent son corps et elle n’eut pas de sépulture. Après la mort d’Achazia, sa mère, Athalia, devint régente. De peur de perdre le pouvoir aux mains de la dynastie de Judée, elle fit exterminer toute la famille royale. Un seul y échappa : le dernier héritier royal, Yoach, âgé d’un an, qui fut caché pendant six ans dans le Temple de Jérusalem. La septième année, le grand-prêtre le fit proclamer roi de Judée. Entendant les acclamations des prêtres et des gardes, Athalia quitta le palais royal (qui se trouvait sur le flanc sud du mont du Temple) pour se rendre au Temple. Elle fut stupéfaite de constater qu’elle avait été trahie par l’existence de ce survivant de la famille royale (Yoach était aussi son petit-fils). En retournant au palais royal, elle fut mise à mort sur les marches de l’entrée par les gardes du Temple. Ainsi périt cette reine mauvaise, digne de sa mère Jézabel qui causa tant de tort à la Judée. Heureusement que Yoach, élevé auprès du grand-prêtre, marcha dans les voies de Dieu et bénéficia d’un long règne de quarante ans.
Pour évoquer Athalia, il faut se rendre aux marches des portes de Huldah (accès par le centre Davidson), qui peuvent figurer les marches du palais sur lesquelles Athalia fut assassinée. n
Cet article est tiré du site Yedia, média dédié au judaïsme, à sa culture, son patrimoine, et à son identité, témoin de sa richesse et de sa diversité.



Tu as vu passer au-dessus de ta tête des dizaines de missiles d’Iran, du Liban ou de Gaza. Il n’y avait pas d’abri autour de toi. Tu t’es alors allongé au sol selon les consignes de sécurité. Tu as certainement prié. Après cet épisode traumatisant, tu aurais pu tout quitter et retourner en France où tu as sûrement de la famille et où tu aurais pu louer un appartement jusqu’à ce que la guerre se termine, mais tu ne l’as pas fait. Tu restes, plein d’emouna, sur la terre de tes ancêtres et tu te réveilles comme un lion après un sommeil prolongé, rempli de forces. C’est le signe que tu es Tzadik, explique le rav Abraham Azoulay dans son livre 'Hessed léAvraham, écrit à Gaza au XVIIe siècle. Le coût de la vie augmente et ton salaire n’augmente pas toujours en conséquence. Tu pourrais partir vivre à l’étranger et gagner quatre ou cinq fois plus. Pourtant, tu ne quittes pas Israël, attaché à Dieu, à ton peuple, à ta terre. C’est encore un signe que tu es Tzadik ! Sache que si tu n’étais pas Tzadik, la terre t’aurait vomi (« Le pays a vomi ses habitants », Lévitique 18, 25).
Le rav Kook racontait cette histoire :
Dans un lointain village se trouvait une très belle jeune fille en âge de se marier. Ses parents étaient très soucieux car ils n’avaient pas d’argent pour la marier, pas même pour lui confectionner une robe. Quand un jour, dans la rue, le regard d’un bel homme riche passant par là à cheval est attiré par cette jeune demoiselle à la démarche d’une grande noblesse, il s’empresse de fixer un rendez-vous avec les parents. Très étonnés qu’un bon parti s’intéresse à leur fille, ils ne savent pas comment réagir. Ils se tournent alors vers elle, la questionnent, mais sa réponse est sans équivoque : elle ne le connaît pas et ne veut pas le rencontrer. Persuadés qu’elle ne devrait pas refuser, les parents tentent de revenir à l’assaut, jour après jour. Au bout d’un certain temps, par respect pour ses parents, la jeune fille accepte. Le jour J, une belle table est dressée et le jeune homme arrive. On lui sert du thé et des gâteaux en attendant que la jeune fille finisse de se préparer. Un quart d’heure, une demi-heure, trois quarts d’heure s’écoulent… Elle ne descend toujours pas. Le gentilhomme commence à devenir nerveux, alors sa mère monte la chercher. Soudain, la demoiselle fait son apparition. Mais là, c’est le grand choc : elle est vêtue d’une robe en lambeaux et ses cheveux décoiffés lui couvrent la moitié du visage. Le
jeune homme, effrayé, invente une excuse pour s’esquiver. Étourdi, il se rend chez un ami et lui dit :
– Ce n’est pas possible, ce n’est pas elle !
Son ami lui demande :
– Comment as-tu fait pour te dérober ?
Il répond :
– J’ai prétendu que j’avais un rendez-vous pour m’éclipser.
L’ami lui rétorque :
– C’est elle qui t’a bien eu ! Elle a accepté de te rencontrer pour faire plaisir à son père. Mais en fait, elle s’est débrouillée pour que tu t’en ailles de toi-même.
Cette histoire de chidoukh, c’est l’histoire de la rencontre entre le Juif et sa terre. La terre, c’est la fiancée. Elle peut se faire belle pour accueillir le Juif. Mais elle peut aussi s’enlaidir pour faire fuir ceux qu’elle ne désire pas.
L’appellation « Tzadik », qui veut dire « Juste », est rarement utilisée, même dans la période biblique. Joseph, le fils de Jacob, a reçu ce surnom après avoir résisté à la tentation face à la fille de Putiphar. On l’appellera désormais Joseph le Juste, Yossef haTzadik. Malgré cela, il sera jeté dans un sombre cachot. Mais Joseph ne perd pas la face. Il se prépare à devenir roi. En effet, il va être rappelé pour révéler la signification des songes du plus puissant dirigeant de l’époque, auquel il va expliquer comment gérer les années de fertilité et de famine pour survivre. C’est lui qui donne les clés au monde.
Il n’est pas facile d’être un Juste à l’échelle individuelle. Or, lorsqu’un Juif fait son Alya, il reçoit dès sa première nuit une nouvelle néchama, une nouvelle âme, explique le rav Abraham Azoulay. L’âme collective, qui s’appelle la Chekhina ou Knesset Israël, rayonne en lui avec toute sa vigueur. Il profite pleinement de la collectivité d’Israël qui est un peuple « juste », comme en témoigne le prophète Isaïe : « Pit'hou chéarim véYavo goy tzadik » – « Ouvrez les portes, pour que puisse entrer un peuple juste. » Après avoir été durement éprouvé, le peuple, empli de courage, se bat. Un an plus tôt, il avait la tête baissée. Maintenant il se tient droit et c’est ce qui lui donne la réussite. Il explique au monde ce qu’est le mal et comment le combattre. Il commence à jouer son rôle à la tête du monde. n
Docteur
Daniel Rausky
Président
de la communauté Emouna Chéléma à Jérusalem


l Placer la grille au centre du four. Préchauffer le four à 180 °C (350 °F).
l Verser la farine dans une assiette creuse. Enrober les tranches de veau de farine.
l Dans une grande casserole à feu moyen-fort, faire dorer la viande des deux côtés dans l'huile. Saler et poivrer. Réserver sur une assiette.
l Dans la même casserole, attendrir les oignons. Si besoin, ajouter de l’huile.
l Déglacer avec le vin.
l Remettre la viande et ajouter le reste des ingrédients. Saler légèrement et poivrer.
l Porter à ébullition. Couvrir et cuire au four 45 minutes.
l Réduire la température du four à 165 °C (325 °F). Poursuivre la cuisson une heure. Rectifier l'assaisonnement.
l Entre-temps, dans un bol, mélanger les ingrédients de la gremolata.
l Répartir la viande dans les assiettes et parsemer de gremolata.
Ce plat peut être accompagné de « langues d’oiseau » et de rubans de courgettes.
Bon appétit !
Pour 4 personnes
• 50 g (1/3 tasse) de farine
• 4 tranches de jarret de veau d'environ 5 cm d'épaisseur
• 30 ml (2 c. à soupe) d'huile d'olive
• 2 oignons hachés
• 375 ml (1½ tasse) de vin blanc sec
• 1 boîte de 540 ml de tomates en dés
• 2 branches de céleri hachées
• 2 carottes hachées
• 4 gousses d'ail hachées
• 250 ml (1 tasse) de bouillon de bœuf
• 30 ml (2 c. à soupe) de pâte de tomate
• 5 ml (1 c. à café) de thym séché
• 1 feuille de laurier
Gremolata*
• 2 zestes de citron
• 1 gousse d'ail hachée
• 10 g (1/4 tasse) de persil ciselé
* La gremolata est une persillade italienne traditionnellement utilisée pour assaisonner l'osso buco ainsi que d'autres viandes blanches. Elle est composée d'un hachis de persil et d'ail, d'huile d'olive et de zestes de citron ou d'orange.





Mots casés
Solutions des jeux page 54

Trouve les 10 différences




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Solutions des mots casés de la page 52

Un jour, Maria, la bonne, confie à sa patronne :
– Madame, il faut que je vous annonce une nouvelle.
– Je t'écoute, Maria.
– Je suis enceinte.
– Ah bon ?! Et qui est le père ?
– C'est le rabbi !
– Le rabbi ? Voyons Maria, le rabbi est un homme vénérable et respecté par tous… Es-tu vraiment sûre de ce que tu avances ? Tu parles bien d'un vieil homme avec une longue barbe blanche ?
– Oui Madame, c'est bien lui ! C'est le rabbi ! Comme de bien entendu, la patronne de Maria en parle à sa voisine, qui fait de même avec son entourage ; et en moins de quarante-huit heures tout le shtetl est au courant. Le rabbi, fou furieux, convoque Maria :
– Maria, comment oses-tu colporter de tels mensonges ?! Je ne t'ai jamais vue de ma vie avant aujourd'hui !
– Peut-être, mais c'est quand même vous.
– Comment ça, c'est moi ?
– Ben, je vais vous expliquer. Ma patronne est stérile et elle est venue vous voir pour une bénédiction. Vous lui avez donné une bouteille en lui disant de boire son contenu afin qu’elle tombe rapidement enceinte.
– Et alors ?
– Alors, par erreur, c'est moi qui ai bu de la bouteille, et maintenant je suis enceinte !
– D’accord, Maria, tu as bu de ma bouteille, je veux
Solutions du jeu « Trouve les 10 différences » de la page 52

– Si, Si ! Bien sûr que tu viens à la synagogue ! Mais tu vas t'arranger pour faire un petit péché et tu t’en repentiras. Comme ça, tu pourras te frapper la poitrine et tout le reste.
– D'accord, mais quel genre de péché puis-je commettre ?
– Ben, un petit, creuse-toi la cervelle !
– Ah, j'ai une idée. J'ai un voisin que je n'aime pas, je vais m'arranger.
Éliézer frappe à la porte de son voisin. Dès que ce dernier ouvre la porte, Éliézer lui donne une bonne paire de gifles, en lui disant :
– Tiens, voilà pour toi !
La femme du voisin s'en mêle :
bien, mais cela ne suffit pas pour tomber enceinte et avoir un enfant. Il faut aussi un homme !
– Ah ben ça, Rabbi, les hommes, c'est pas ce qui manque !
Éliézer va voir son rabbin la veille de Kippour. Il lui dit :
– Je suis très ennuyé…
– Raconte-moi…
– À Yom Kippour, on récite une liste de péchés, on se confesse, on fait un examen de conscience – et moi je n'ai fait aucun péché cette année. Je ne peux quand même pas mentir à Dieu. Alors qu'est-ce que je dois faire ? Peut-être vaut-il mieux que je ne vienne pas à la synagogue ?
– Ah ben celle-là, il l'aura pas volée ! Vous ne savez pas quelle bonne action vous venez de faire !
Dans un club de milliardaires, deux amis de fraîche date bavardent, un cigare à la bouche :
– Dites-moi, vous êtes extrêmement riche, n'est-ce pas ? Quel est le secret de votre réussite ?
– Oh, c'est simple. Je me suis spécialisé dans le commerce des pigeons voyageurs. Et ça marche du feu de Dieu !
– Ah oui, et combien en avez-vous vendu ?
– Un seul, mais il est toujours revenu !
Les blagues sont issues du livre de Josy Eisenberg, Ma plus belle histoire d'humour. Avec l'aimable autorisation de la famille.

ל''כנמ
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