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La_Quête_numéro 234_Septembre 2021

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S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant un­e carte d’identification. 2 $ sur le prix de vente va directement au camelot.

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Le magazine de rue de Québec

Croyances

Numéro 234 septembre 2021


Centre femmes aux 3 A de Québec Pour la réorganisation sociale des femmes Accueil

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270, 5e Rue, Québec (Québec) G1L 2R6 Téléphone : 418 529-2066 Télécopieur : 418 529-1938 reception@cf3a.ca

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CROYANCES

08 Les religions du futur 11 Je doute, donc je suis 12 L’altruisme astral 16 Dans l’intimité de la foi

Crédit photo : Jakayla Toney on Unsplash

07 L’ésotérisme fait recettes

POUR LE PLAISIR DE LIRE

19 Connaissez-vous Jobarts ?

EN PLEIN M I L I E U 20 Équipe Multi

17 Choux, arbres et pardon

JEUX 22

La quête des mots

23

La langue dans sa poche

24

La pharmacienne

25

Ma spiritualité

25

Brise le cycle

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Qu’une chanson

26

Septembre

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Réfléchir

CMCQ 30 Vivre en maison de chambres

06 « Cré-moé, cré-moé pas » 10 Faire le ménage dans ses croyances

Crédit photo : Inspired Images sur Pixabay.

14 La vie comme avant ?

SEPTEMBRE 2021

15 Le choc de la modernité 18 Croyance LA QUÊTE

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PAGE COUVERTURE Photo de BarnImages Conception graphique : Josiane Vézina

RÉALISER L’ESPOIR L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné à la vente - sur la rue !- par des personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie. L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche d’un logement par le biais de son service Accroche-Toit. Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.

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UNE TRIBUNE POUR TOUS Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu ? Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux. Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 1 du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique d'octobre : Itinérance. er

FAIRE DES SOUS EN DEVENANT CAMELOT

Les camelots font 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31

ÉDITEUR Archipel d’Entraide ÉDITEUR PARRAIN Claude Cossette RÉDACTRICE EN CHEF Francine Chatigny DIRECTRICE DE L’INFORMATION Valérie Gaudreau SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Isabelle Noël CHRONIQUEUR.EUSE.S Philippe Bouchard, Martine Corrivault, Claude Cossette, Mathieu Rioux, Santiago et Marc-Émile Vigneault JOURNALISTES Sébastien Agostini-Cayer, Marie Hanquez, Océane Kouassi, Malia Kounkou et Victor Lhoest AUTEUR.E.S Marc-Antoine Cloutier, Jasmin Darveau, Cynthia Dionne, Gaétan Duval, François Gagnon, Vincent Grandbois, Armand Labbé, Jacques Pruneau, Bernard St-Onge et Christiane Voyer AUTEUR.E DES JEUX Hélène Huot et Jacques Carl Morin RÉVISEUR Benoit Arsenault INFOGRAPHISTE Josiane Vézina IMPRIMEUR Les Impressions Stampa inc. 418 681-0284 COPYLEFT La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d’auteur Creative Commons « Paternité - Pas d'Utilisation commerciale - Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n’est pas commercial, permet de l’utiliser et de le diffuser tout en protégeant l’intégralité de l’original et en mentionnant le nom des auteurs.

Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.

COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE Nom : Adresse : Ville : Code postal : Date :

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La Quête est appuyée financièrement par : Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI)

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Journal La Quête

190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7 Téléphone : 649-9145 Télécopieur : 649-7770 Courriel : laquetejournal@yahoo.ca

Financé par le gouvernement du Canada

LA QUÊTE

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Croyances L’ère Covid est propice à parler des croyances. Quand on traverse des périodes difficiles, on cherche nécessairement des bouées auxquelles s’accrocher… Plusieurs se tournent vers l’ésotérisme pour trouver du réconfort ou des solutions pendant ces moments-là. Il semblerait que les hommes sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à emprunter cette voie. C’est du moins ce qu’a confié à notre journaliste Marie Hanquez, le propriétaire de la librairie ésotérique, Éric Chancerel, qui a vu son chiffre d’affaires bondir au cours de la dernière année. L’astrologie connaît également un regain de popularité notamment sur les réseaux sociaux comme le rapporte Malia Kounkou. Son interlocutrice Laïma Gérald voit en cet art divinatoire une belle occasion de rencontre. Les églises et autres lieux de cultes ont été désertés au cours des dernières décennies. Mais cet abandon des symboles ne s’arrime pas nécessairement de l’abandon de la foi. Océane Kouassi a interviewé deux personnes qui au contraire, vivent plus intensément leur pratique religieuse sans tous les artifices dont on l’a affublée par le passé. Certains ne jurent que par le futur. Les transhumanismes sont du nombre. Pour eux, l’évolution de la science et des technologies est promesse de vie éternelle… sur terre ! Les sources de Victor Lhoest jettent un regard critique sur ces religions du futur.

En deuil C’est avec tristesse que nous avons appris qu’au cours de la période estivale, deux auteurs de La Quête sont décédés. Nous avons connu Dominique Tremblay quand, au début de sa retraite, il cherchait un revenu d’appoint. Il a été camelot sur la rue Cartier pendant quelques années. Puis, cet homme réservé nous a confié qu’il écrivait à l’occasion. Il nous a permis de publier quelques-uns de ces poèmes au cours des dernières années. Empreints d’une belle humanité et d’une grande sensibilité, ses écrits étaient à son image. Jean-Pierre Drolet avait la littérature qui coulait dans les veines. Il l’a enseignée. Il l’a lue. Il l’a profondément aimée. Et il l’a écrite. Ses thèmes de prédilection : la beauté et l’amour de la vie ! Il nous a fait cadeau de très beaux morceaux choisis qu’il signait simplement Jean Pierre. À tous leurs proches, nous offrons nos plus sincères condoléances.

Qu’elles soient religieuses ou populaires, véhiculées par des ministres du culte ou des réseaux sociaux, toute croyance gagnerait à être passée sous la loupe du doute. Si l’exercice est éclipsé, c’est sans doute (!) parce qu’il s’avère inconfortable de naviguer dans les eaux tumultueuses des questionnements. Sébastien Agostini-Cayer réfléchit à la question. DE FONDAMENTALISTE À EXTRÉMISTE

Claude Cossette nous fait une confidence : il a beaucoup aimé Jésus ! Au point de flirter avec le fondamentalisme. De cette période idéaliste, il n’a retenu que des valeurs sûres, nous dit-il. Être homosexuel, il y a une cinquantaine d’années, n’était pas une sinécure. Non seulement les gais étaient-ils rejetés par la société, ils l’étaient aussi par Dieu. Marc Émile Vigneault relate pourquoi il a dû faire le ménage dans ses croyances. Martine Corrivault poursuit ses riches conversations avec Valentine. Cette fois-ci, nos deux comparses se questionnent sur les manipulateurs d’opinion… et l’improbabilité de revenir à « comme avant ». Dans Le choc de la modernité, Mathieu Rioux insiste, entre autres, sur la pertinence de la science, mais aussi sur la foi mauvaise des djihadistes terroristes. Bonne lecture,

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FRANCINE CHATIGNY

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HRONIQUE

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« CRÉ-MOÉ, CRÉ-MOÉ PAS »

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Dans mon enfance, j’ai beaucoup aimé Jésus. J’étais un enfant pieux. À un moment, de catholique tiède, je me suis transformé en fondamentaliste : je voulais que tous les chrétiens vivent comme les premiers disciples de Jésus, qu’ils partagent tous leurs biens et qu’ils pratiquent l’amour universel. J’étais devenu croyant idéaliste !

énumérera des chiffres tirés de sources crédibles, sommités, chercheurs spécialisés, expertes reconnues. Elle étalera des conclusions extraites d’ouvrages, d’entrevues, de déclarations. La fiabilité d’un énoncé repose ici sur les preuves, les expérimentations, les statistiques, ce que les savants appellent « des données probantes ».

CROIRE

Toutefois, nous nous appuyons parfois sur un savoir présomptueux comme celui de « savoir » que, au prochain stop, l’automobiliste qui s’amène à toute vitesse sur la rue transversale va s’arrêter comme le lui impose le panneau de signalisation. C’est pourquoi il faut souvent douter, chercher de nouvelles informations qui confirmeront (ou infirmeront) ce que nous savons. « Le doute est le commencement de la sagesse », répétait le philosophe Aristote.

Je considère qu’il y a deux manières de croire : se croire soimême et croire aveuglément ce que croit son entourage. « Je pense que… » Croire son opinion, ce dont on est convaincu, c’est se croire soi-même. Or, sans connaissance démontrée des faits, une opinion n’est qu’un comportement égotiste, narcissique. C’est une croyance, c’est croire. La deuxième manière, c’est de croire son entourage : croire l’opinion publique, les chefs religieux ou politiques, les gourous. Adopter sans réflexion, sans analyse critique les idées qui flottent dans l’air, les jugements de valeur, les tendances, les mouvements de foule spontanés, qu’ils éclatent dans la rue ou dans les médias sociaux, c’est embrasser les croyances du temps. C’est encore une croyance, c’est croire. La croyance, c’est le fait de penser — sans connaissance de preuves — qu’une chose existe, qu’une affirmation est vraie. Commencer une phrase par « je crois que… » indique déjà qu’il s’agit d’une simple opinion, d’une croyance. Une personne, se sentant malade, peut affirmer : « Je crois que je vais guérir », mais, de cette affirmation, on ne peut rien présumer de l’avenir. La confiance et l’espérance sont des sentiments et des émotions qui, au contraire des savoirs scientifiques, imposent peu d’influence sur le déroulement des événements à venir. La croyance est parfois synonyme, au sens strict, de foi… religieuse, de cette conviction profonde impliquant cœur et esprit que des êtres évanescents, imaginés, existent dans un « ailleurs », sont à l’origine de notre existence ou en sont encore les maîtres : Dieu-Yahvé-Allah-Krishna-Manitou, Lucifer, anges, farfadets et autres entités magiques. Mais ça…

Chaque personne détient un petit savoir basé sur son expérience personnelle et un savoir plus grand, sur les connaissances acquises par d’autres au cours des siècles. À partir de la montagne de connaissances que ces derniers nous ont léguée, nous pouvons maintenant, de plus haut, voir mieux et plus loin. Mais nous ne pourrons jamais tout voir, tout savoir. Aussi est-il approprié de coupler d’autres valeurs à celle de savoir, celle de considérer également des vérités d’un autre ordre, des vérités tout humaines, des vérités qui ont toujours, à travers le temps, été considérées, étudiées, appréciées, des vérités comme l’humilité, la tolérance, la prudence, le courage, la justice, l’altruisme… Ces idées participent au « sens » que chaque personne échafaude pour elle-même au cours de sa vie. Ma croyance aujourd’hui. Je considère que, comme la carotte ou le chaton, je ne suis qu’un élément de la vie qui cherche continuellement à… vivre, à se reproduire, à se répandre — y compris par ses idées. Je ne crois pas qu’il y ait d’autres vies après la mort. Mais je reste convaincu que l’on est plus heureux à vivre selon le message du Maître Jésus. Bref, je suis athée, mais un athée chrétien. Comme chantait Beau Dommage : « Cré-moé, cré-moé pas », c’est comme ça.

SAVOIR

CLAUDE COSSETTE

Savoir est tout autre chose que croire. Une personne qui commence sa phrase par « je sais que… » ou « j’ai appris que… » suscite davantage mon intérêt. Pour appuyer ses dires, elle décrira des expériences, rapportera des faits,

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L’ÉSOTÉRISME FAIT RECETTE EN TANT DE PANDÉMIE

Il est 15 h 30, par un chaud samedi du mois de juillet, et Le Derwydd ne désemplit pas. Éric Chancerel s’affaire à répondre aux questions des clients, tandis qu’un employé s’occupe des nombreux appels téléphoniques et des commandes en ligne. « Il faut qu’on agrandisse, on n’a pas assez de place », indique M. Chancerel d’un ton enthousiaste.

On retrouve aussi au Derwydd quantité d’ouvrages de croissance personnelle ou de mieux-être portant par exemple sur la méditation, la pleine conscience et le pouvoir du moment présent. « On ne se considère pas tant comme une librairie ésotérique, on se considère plus [comme une librairie de] développement personnel et de bien-être, comment travailler sur soi, etc. On a vraiment des choses qui correspondent à tout le monde. ». Le portrait de la clientèle de la boutique a d’ailleurs beaucoup évolué en 10 ans. S’il estime que sa clientèle était au départ à 90 % féminine, M. Chancerel note que les hommes sont de plus en plus nombreux à fréquenter la boutique. L’ENGOUEMENT POUR LES JEUX DE TAROTS ET D’ORACLES

L’ésotérisme est la catégorie de livres qui a connu la plus forte croissance Éric Chancerel a ouvert la boutique des ventes dans la dernière année Le Derwydd il y a près de 11 ans (21,7 % d’augmentation en 2020 avec sa conjointe, Pascale Landes. Le par rapport à 2019), d’après le Bilan couple était déjà propriétaire d’une Gaspard 2020 du marché du livre au librairie ésotérique Québec publié par en Nouvelle-CaLes hommes sont de plus la Société de geslédonie, d’où il est en plus nombreux à fréquenter tion de la Banque originaire. DétenLe Derwydd. de titres de langue teur d’une formafrançaise (BTLF). tion de radiesthésiste ainsi que de bioénergéticien, M. Parmi les ouvrages les plus vendus Chancerel explique qu’il est impor- en 2020 dans cette catégorie, on retant pour la clientèle d’avoir affaire à trouve 11 jeux de tarots et d’oracles, devant les horoscopes et prédictions des professionnels. astrologiques (8 titres). Les cartes ÉSOTÉRISME ET DÉVELOPPEoracles sont des jeux de carte illusMENT PERSONNEL trant certains concepts de vie, qui Sur les étagères de la librairie aux peuvent être utilisés à la fois comme murs de couleur mauve (la couleur outil de divination ou de réflexion de l’initiation en spiritualité), on personnelle. retrouve tous les thèmes traditionCette tendance a été remarquée éganellement associés à l’ésotérisme lement par M. Chancerel. « Depuis le et au mysticisme : les chakras et les COVID, les tarots et les oracles, ça a auras, le nouvel âge (anges, guides), explosé au niveau des ventes. Même la spiritualité, la magie blanche, au niveau des éditeurs, il y a des jeux etc. « Même si on a une rubrique qui sortent toutes les semaines. » « magie », on reste toujours dans des choses douces. On ne va pas dans la Et il y en a pour tous les goûts. Aux magie noire. », précise M. Chancerel. côtés des multiples éditions du tarot La boutique propose également des de Marseille ou du tarot chinois, on dizaines de sortes d’encens ainsi que peut ainsi trouver « Ygdrasil : Oracle des pierres et des cristaux. divinatoire nordique » (G. HauksdotSEPTEMBRE 2021

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Crédit photo : Marie Hanquez

L’ésotérisme se compose de différents mouvements et doctrines qui ont en commun la croyance en des forces échappant à l’explication rationnelle. Les ventes de livres ésotériques ont connu une forte hausse pendant la pandémie, et, au premier rang, figurent les ventes de cartes d’oracle et de tarot. Coup d’œil sur ces phénomènes avec M. Éric Chancerel, propriétaire de la librairie ésotérique Le Derwydd à Charlesbourg.

Éric Chancerel, propriétaire de la librairie spécialisée Le Derwydd.

tir), un jeu « créé par des descendants de Vikings » ou bien encore « Le Tarot de la sorcière moderne » (L. Sterle). Le thème de la sorcière est d’ailleurs une autre tendance lourde en matière de croyances mystiques, à la faveur des multiples influenceuses se réclamant de cette appellation sur les réseaux sociaux. Pour M. Chancerel, même si le terme a pu être dévoyé au cours de l’Histoire, les sorcières étaient simplement à l’origine des guérisseuses. « Enfin de compte, le fait d’être une sorcière, c’est simplement de faire un rituel, de faire une demande. […] Le fait d’allumer une bougie, d’allumer un encens pour demander quelque chose ou simplement pour remercier parce que vous avez passé une bonne journée, et bien c’est déjà un rituel. Il n’y a pas besoin d’incantations particulières. » MARIE HANQUEZ

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TRANSHUMANISME

LES RELIGIONS DU FUTUR C’est un enjeu qui touche au plus profond des croyances. Quand la plupart des religions traditionnelles promettent un paradis céleste, le transhumanisme prédit la vie éternelle. Plongée dans cette idéologie qui entend vaincre la mort grâce à la technologie et au progrès scientifique.

surpeuplé. Au 20e siècle, le « désenchantement » du monde, propulsé par les Lumières et rythmé par la marche optimiste du progrès scientifique ont concordé avec la naissance du transhumanisme. Selon Elaine Després, coordonnatrice du Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire de l’Université du Québec à Montréal, la période était idéale. « La post-religion était la façon parfaite pour le capitalisme de s’emparer de la volonté d’améliorer l’individu. »

Sur le site de l’Association française transhumaniste, à aucun moment l’impact écologique de l’humain amé-

La chercheuse analyse les œuvres de science-fiction pour voir comment ces auteurs imaginent le futur de l’huCrédit photo : Victor Lhoest (ZinkGlobal, the key to the future exposé à Copenhague)

Le transhumanisme rêve d’un homme sans limites. Ici, on ne parle pas des dieux au sens qu’ils pourraient faire s’abattre la foudre, mais d’entrepreneurs de la Silicon Valley, d’universitaires, et même d’associations. Nicolas Le Dévédec, auteur du livre

société qui pousse les personnes à se dépasser jusqu’au burnout. Promettre une vie éternelle est complètement déconnecté des réalités ». Le Dévédec regrette aussi que les transhumanistes ne cherchent pas à réduire l’impact écologique des humains sur terre, mais plutôt à changer leur nature. « Ce sont toujours des solutions technologiques ou scientifiques. Ils vont par exemple évoquer l’idée de modifier génétiquement les êtres humains pour qu’ils soient moins polluants ».

Elaine Després estime que si on compare la façon dont on imaginait le 21e siècle au début du 20e, à chaque fois les œuvres de fiction pointent des problèmes de cette époque-là, ça ne dit rien de la nôtre.

La perfectibilité humaine des Lumières au transhumanisme, explique que « toutes tendances confondues, l’idée du transhumanisme est d’améliorer et de maîtriser l’humain, tant son corps que ses émotions. »

lioré (et possiblement immortel  !) n’est présenté comme un problème. Le remède ? La technologie, encore et toujours. Le sociologue fait le parallèle entre ces hypothétiques solutions et une « économie de la promesse complètement spé« Promettre une vie éternelle culative » propre au est complètement déconnecté modèle capitaliste. des réalités. »

Le docteur en sociologie et sciences p o l i t i q u e s ,   p e rsuadé des limiN O U V E A U X tes de l’humain, Nicolas Le Dévédec BLASPHÈMES s’inquiète. « Il y a l’épuisement des Bien sûr, les idées transhumanistes ressources naturelles, mais aussi des sont apparues bien avant la crise cliressources humaines. On vit dans une matique ou la crainte d’un monde

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main et son évolution. Le fantasme transhumaniste ultime, explique-t-elle, est de scanner l’âme humaine pour la télécharger sur un support numérique. « C’est une idée assez ancienne dans la science-fiction. Dans la série Upload, des crises émergent dans les cercles familiaux parce que certains sont encore croyants. Si on décide de devenir immortel, on échappe à l’élévation pour rejoindre un certain paradis. » Autre blasphème souvent mis en image dans la science-fiction : le contrôle de notre libre arbitre et la prédiction SEPTEMBRE 2021


de notre avenir par les machines. sans religion représentent désormais Dans la série Devs, un ordinateur 12 % de la population québécoise, extrêmement puisune proportion qui sant montre aux a doublé entre 2001 « La post-religion était la façon humains les scèet 2011 d’après les parfaite pour le capitalisme de nes de leur futur. chiffres de Statistis’emparer de la volonté d’amé« Il y a cette idée que Canada. liorer l’individu. » que la technoloUne perte de foi gie est en train de Elaine Després dans les baptêmes devenir le dieu et les mariages qui qui fixe notre avenir en le prédisant, n’a toutefois pas affecté l’attachement à la manière des Grecs qui allaient aux cultures et aux « bonnes vieilles consulter l’oracle ». valeurs » de la religion dominante au TENDANCE NON RELIGIEUSE Québec : le catholicisme. « On pourrait parler d’un rapport amour-haine Quelques éléments laisseraient croire des Québécois à l’endroit de la relique les religions deviennent obsogion », constate Jean-François Laniel. lètes. Depuis les années 1960, les Le professeur à la Faculté de théologie pratiques religieuses sont douceet de sciences religieuses de l’Univerment abandonnées : qui fête encore sité Laval précise : « Ils sont critiques l’Halloween pour célébrer les morts des prescriptions religieuses, notamou Pâques pour la résurrection du ment en matière de mœurs, mais Christ ? De plus, ceux qui se déclarent

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favorables à la dimension plus culturelle et morale ». « Dans leur quête de réponse à la mortalité de l’Être, les idéologies transhumanistes se posent en porteà-faux avec les religions traditionnelles, tout en proposant de nouveaux grands récits qui reposent eux aussi sur de puissantes croyances et convictions, de profonds désirs et espoirs », observe Jean-François Laniel. Toutefois, si l’avenir des religions traditionnelles interroge, Laniel se pose les mêmes questions vis-à-vis du transhumanisme « les mythes anciens nous mettent en garde contre Icare qui s’est brûlé les ailes en s’approchant trop près du soleil… L’avenir nous dira quelle proposition nous semblera plus vraisemblable, plus désirable, plus croyable ». VICTOR LHOEST

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L'ESPOIR AU CUBE Vig no

HRONIQUE

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FAIRE LE MÉNAGE DANS SES CROYANCES

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Je suis né dans une famille de religion catholique. J’ai été baptisé parce qu’à mon époque c’était l’usage. Enfant, j’accompagnais mes parents à l’église le dimanche. C’était l’occasion de sortir mes beaux habits. C’était aussi de mon époque.

Que l’on ressente le besoin de nommer cette puissance supérieure Dieu, Allah, le Prophète, Bouddha ou autre importe peu, l’important c’est d’être conscient de ce à quoi nous adhérons et ce que ça implique dans notre vie au quotidien.

Lors de mon mariage, je me suis investi en fondant une famille dans une communauté qui partageait des valeurs d’accueil, d’écoute et de bienveillance qui tournaient autour de l’idée que Jésus était un guide pour devenir des personnes meilleures remplies d’amour pour notre prochain.

Pour ma part, je suis plus inspiré par la femme qui tend la main dans la rue pour survivre que par la dame au grand chapeau, sac à main et chaussures assortis qui se rend tous les dimanches à l’église, mais, qui change de trottoir lorsque l’autre femme tend la main.

Lorsque devenu adulte, j’ai commencé à me questionner sur mes croyances, j’ai réalisé que j’avais le choix. Je n’étais pas obligé d’adhérer à tout ce que la religion m’offrait. Après une psychose, un divorce et une rétrogradation professionnelle, j’ai choisi d’assumer l’homme que j’étais. J’ai clarifié mon identité sexuelle et j’ai réalisé qu’il m’était possible de m’approprier mon propre pouvoir personnel. Selon ce qu’on m’avait enseigné, Dieu punissait l’homosexualité. Jésus était mon ami, mais, qu’est-ce qu’un ami qui ne pouvait m’aimer comme je suis. L’homosexualité n’est pas un vice ou un crime punissable par la loi de Dieu. C’est un état de naissance qu’on ne choisit pas. Ce n’est pas une maladie honteuse. C’est une réalité qui fait partie de la nature humaine. Dieu n’a rien à voir là-dedans. En évaluant le pour et le contre, j’ai fait un peu de ménage dans mes croyances. Mes parents m’ont transmis des valeurs saines ; l’honnêteté, la bienveillance, l’accueil de l’autre, le respect, mais, il y a certaines autres valeurs auxquelles je n’adhère plus. Je me suis défini mon propre système de valeur à partir de mes expériences de vie.

Aujourd’hui, je crois que j’ai un cœur capable d’aimer, je crois que l’empathie, la bienveillance, la gratitude sont des valeurs humaines à conserver et j’en prends la responsabilité, mais, ne me demandez plus de tendre l’autre joue si une personne tente de m’humilier de mon état d’être. Je suis un homme fier. Lorsque je suis triste, malade ou désespéré, je prie. Ma prière ne s’adresse plus à un Dieu punisseur ou vengeur qui gère l’humanité par des guerres de pouvoir et de religions. Ma prière n’est plus la plainte d’une victime contre un Dieu qui m’a abandonné. Non, maintenant ma prière est un petit caillou lancé dans l’Univers avec l’espérance qu’il touche à la Source pour illuminer ma vie et je rends grâce lorsque ça se produit. Voilà où se trouvent mes croyances. Pour moi, le désespoir n’est qu’un préfixe à l’espoir. Simplement, MARC ÉMILE VIGNEAULT

Lorsqu’on fait une structure de bénéfice à partir d’une croyance de base, on évalue si cette croyance apporte une plus-value dans notre vie quotidienne ou si elle nuit à notre épanouissement personnel. En quoi cette croyance nous sert-elle ? Émane-t-elle de nous ? Réfléchissons. Soyons honnêtes envers nous-mêmes et octroyons-nous le pouvoir de décider ce qui est bon pour nous. Je ne dis pas ici de ne plus croire en rien, mais bien de croire en toute conscience et, surtout, de faire un choix éclairé. Je crois en mon pouvoir personnel tout en reconnaissant ma propre limite. Il y aura toujours quelque chose de plus grand, quelque chose qui nous dépasse, qu’on ne peut expliquer. Je peux m’en remettre à cette puissance supérieure lorsque je me sens complètement dépassé et c’est très rassurant de pouvoir le faire. C’est ce que je nomme avoir la Foi. Savoir qu’on n’est jamais seul face au désespoir est source de vie.

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JE DOUTE, DONC JE SUIS S’il y a une caractéristique qui unit les humains, c’est bien leur inclinaison à constamment remettre les choses en question, à douter. Bien que le doute ait une certaine connotation négative, ce dernier nous a sans équivoque aidés à survivre en tant que race humaine au fil de notre évolution : ce buisson contientil des serpents ? Suis-je capable de naviguer dans ces rapides vers mon bivouac ? Ceci étant dit, maintenant que notre survie dépend moins des aléas de la nature1, notre recherche de certitudes paralyse-t-elle la plupart du temps notre processus décisionnel ?

Crédit illustration : pxhere.com

Le doute peut être un outil redoutable dans l’algorithme complexe du cerveau humain, s’il est utilisé sciemment et adapté aux circonstances. Notre capacité à analyser et prendre des décisions basées sur les informations

qui nous sont disponibles est la pierre angulaire de l’humanité qui nous distingue des autres êtres vivants. Il est sain et raisonnable d’émettre des doutes concernant l’amour, nos finances, l’avenir et alouettes. Par contre, pour plusieurs d’entre nous, l’ambiguïté et le doute peuvent être des variables paralysantes. Les problèmes surviennent lorsqu’un individu est incapable de gérer les incertitudes et remet donc constamment tout en question. Un besoin constant d’absolu et de certitude dans un monde de surcharge informationnelle2 est simplement contre-productif, voire impossible. Plusieurs recherches ont démontré que notre besoin de certitudes augmente en corrélation avec notre niveau de stress. Stress amplifié par l’instabilité culturelle, technologique et économique chronique de notre époque. Étant donc conscients que le stress a un impact sur notre inclinaison à douter, évitons lorsque possible de prendre des décisions conséquentes dans des situations ou environnements stressants. Aussi, lorsque possible, tentons de relativiser l’importance qu’ont certaines décisions et adoptons une certaine légèreté mentale par rapport à ces dernières. Dans une société complexe et imprévisible comme la nôtre, le sésame vers une certaine quiétude intellectuelle n’est pas forcément notre quotient intellectuel, nos connaissances ou notre confiance envers nos capacités. C’est notre capacité à vivre avec le doute, l’ambiguïté et l’incertitude des innombrables variables qu’on ne comprend ni ne contrôle dans leur entièreté. Alors oui aux petits doutes anodins ou lorsqu’ils bonifient un processus décisionnel pertinent.

Finalement, c’est notre capacité à cheminer en n’ayant pas toutes les variables de l’équation de la vie humaine qui nous permettra d’utiliser notre doute à bon escient. Après tout, se tromper, apprendre et réessayer font partie du casse-tête de l’humanité et une quantité insoupçonnée de beauté se cache dans cette complexité. Réfléchir et se questionner sur le doute transcende notre génération. Voici ce que quelques grands penseurs des siècles précédents avaient à dire sur ce dernier :

« Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou » - Friedrich Nietzsche

« Le doute est un état mental désagréable, mais la certitude est ridicule » - Voltaire « L’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit » - Aristote

SÉBASTIEN AGOSTINI-CAYER

1- Que la communauté scientifique me pardonne ce raccourci intellectuel concernant les changements climatiques. 2- Infobésité

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L’ALTRUISME ASTRAL Fort souvent, l’astrologie provoque un certain degré de scepticisme dans les esprits rationnels. Fascinée par cet univers, Laïma Gerald en connaît quelque chose. Pour elle, cependant, tout l’intérêt des signes du zodiaque ne repose pas dans le fait d’y croire ou pas, mais simplement d’en discuter. Et si beaucoup pensent que l’étude des astres n’est qu’un outil pour mieux se connaître, selon Laïma, l’astrologie n’est pas une ouverture vers soi, mais vers l’autre.

je m’intéresse à tout ce qui touche aux tendances et à la société, je me suis nécessairement intéressée à ça », explique-t-elle à ce sujet. L’ASTROLOGIE : UNE CROYANCE ?

Sans atteindre nécessairement le stade de la religion, Laïma considère L’engouement général récent pour que l’astrologie a tout d’une croyance. cette pratique — et en particulier En effet, contrairement à ce que l’on sur les réseaux sociaux — l’a cepenpourrait penser, dant poussée cette pratique « Est-ce que […] que je m’empêcherais à s’y replonger basée sur l’anad’être avec quelqu’un parce que son plus profondélyse des astres signe ne correspond pas au mien ? ment. Et dans s’organise selon Je ne pense pas. » cette nouvelle des règles préimmersion, Laïma Gérald définies qui person poste de mettent ensuite chroniqueuse journaliste lui a égalede faire des parallèles interprétatifs ment été d’une grande aide. « Comme plus personnalisés. Tout comme les

Crédit photo : Inspired Images sur Pixabay.

« L’imaginaire de l’astrologie était super présent chez moi sans que ce soit trop poussé », raconte Laïma Gérald, chroniqueuse journaliste pour le média Urbania. Petite, elle entendait

souvent sa mère demander systématiquement aux gens qu’elle rencontrait leurs signes. Elle-même connaissait le sien depuis son plus jeune âge. D’aussi loin qu’elle se souvienne, l’univers astral a donc toujours été là, en arrièrefond.

« Repousser entièrement l’astrologie, c’est passer à côté de la possibilité d’avoir une bonne conversation. » — Laïma Gerald.

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croyants suivent un certain nombre de dogmes dans leur vie quotidienne, l’astrologie comporte des lignes directrices qui permettent de ne pas « tirer de conclusions de son chapeau ». Une limite à ne pas franchir demeure, cependant. Pour Laïma, l’astrologie est un passe-temps intéressant, et non une boussole de vie. Car un risque de plus en plus observé est celui de donner à cette pratique plus de pouvoir qu’elle n’en mérite. « Est-ce que je prendrais des décisions importantes basées sur un horoscope ou que je m’empêcherais d’être avec quelqu’un parce que son signe ne correspond pas au mien ? Je ne pense pas », raisonne Laïma en ce sens. DE FASCINANTES COÏNCIDENCES

De troublantes situations ont cependant contribué à alimenter son affinité pour l’astrologie. « J’ai déjà remarqué que, très naturellement, j’étais attirée par les femmes [du signe] Taureau », confesse-t-elle, un peu émerveillée. Par quatre fois, et sans rien connaître d’elles, Laïma raconte avoir été naturellement subjuguée par des personnalités qu’elle rencontrera et qui font encore à ce jour partie de son cercle proche.

port à l’astrologie. « Se positionner humainement sur le sujet », comme elle le nomme. Elle ne voit pas dans cette pratique une simple porte vers le mystique, mais aussi une parfaite grille d’analyse sociale. Ainsi, même rencontrer une personne ne croyant pas en l’astrologie, mais assez ouverte d’esprit pour en débattre pourrait se révéler enrichissant en raison des contre-arguments qu’elle emploierait et des éléments qu’elle partagerait se faisant — ses émotions, ses valeurs, son vécu. « Repousser entièrement l’astrologie, c’est passer à côté de la possibilité d’avoir une bonne conversation », en dit Laïma.

personnes totalement inconnues », en rit aujourd’hui Laïma. Le temps de quelques minutes, l’astrologie a donc été un prétexte social idéal pour que de parfaits étrangers communient autour d’un même centre d’intérêt. « Qu’on y croit, qu’on n’y croit pas, on s’en fout ! C’est juste cinq inconnus qui ont eu une belle discussion qu’on n’aurait jamais pu avoir sans l’astrologie. » Et après cela, chacun a paisiblement repris son chemin. MALIA KOUNKOU

Plusieurs fois, elle s’est retrouvée au milieu de sceptiques qui, en fin de course, ont fini par discuter de société et de libre arbitre avec elle. Et tous en sont ressortis grandis. « On peut y croire et pas y croire, mais pour moi, ce n’est pas l’idée de la croyance qui compte », affirme-t-elle. « C’est ce à quoi l’astrologie nous fait réfléchir par rapport à nous-même, au monde et aux autres. » LE POTENTIEL FÉDÉRATEUR

Un autre aspect plaisant apporté par l’astrologie est son potentiel rassemSelon elle, considérant son propre bleur. Laïma se souvient s’être rendue signe, cette attirance n’a rien d’un dans une boutique et avoir entendu la hasard. « Moi je suis Scorpion et le gérante plaider la cause des Scorpions signe opposé, c’est celui du Taureau », — « Ce sont de grands incompris », explique-t-elle, le courant passant disait-elle — auprès d’une cliente. généralement Naturellement, de manière elle s’est jointe à « On peut y croire et pas y croire, mais instantanée la conversation pour moi, ce n’est pas l’idée de la entre deux siqui a repris de croyance qui compte. » gnes différents plus belle. « J’ai mais comappris plein de Laïma Gérald plémentaires. choses sur ces Cependant, la deux femmesjournaliste accepte la possibilité d’être là, rien que par le biais de l’astrologie », contredite. « Est-ce que c’est une coïn- témoigne Laïma. cidence ou est-ce que je veux voir Le phénomène s’est même propagé cette coïncidence-là ? C’est possible lorsque deux nouveaux clients, les enaussi. » tendant discuter avec enthousiasme, LA RICHESSE DU SCEPTICISME se sont joints à la discussion, passionnés également d’astrologie. « On s’est Le plus intéressant, pour Laïma, tous mis à discuter et à partager des n’est pas de croire en l’astrologie, affaires sur nous alors qu’on était cinq mais d’avoir une réaction par rapSEPTEMBRE 2021

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HRONIQUE

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Corrivault

LA VIE COMME AVANT ?

Jamais autant de gens n’auront partagé la croyance de pouvoir bientôt retrouver « la vie comme avant ». Avant la pandémie. Tout le monde a le droit de rêver d’une existence « plus normale », reste à voir quelle normalité on retrouvera.

me était de porter un nom « étranger ». Des milliers de familles de descendants d’immigrants, surtout italiens et japonais, se sont alors retrouvés dans des camps pires que ceux des prisonniers de guerre. Des années plus tard, le Canada s’est excusé !

Quand on a grandi en se faisant répéter : « Si tu y crois assez fort, ça va arriver, » la pensée magique nourrit l’espoir. Les croyances filtrent la réalité en fonction des perspectives, des circonstances et des intérêts en jeu. Elles deviennent des règles de vie qui font le bonheur ou le malheur des gens, ou restent des amusements ou des superstitions. Chaque culture porte les siennes, héritées et transmises aux populations.

Valentine observe : « Ils sont bons pour ça, à Ottawa ; mais les excuses n’effacent pas les injustices ! C’est pareil avec les anciens pensionnats et les cimetières d’enfants autochtones. Pour moi, ça vient de la vieille croyance de la supériorité de nos cultures judéo-chrétiennes sur les autres. On voit ce que ça donne depuis des siècles ! »

Sérieusement ou juste pour rire, on interroge l’horoscope, cherche son avenir dans les feuilles de thé, consulte les cartes du tarot, on évite les chats noirs, contourne l’échelle appuyée contre un mur, observe les phases de la lune avant de se décider… à chacun ses croyances si elles rendent heureux ou permettent d’en rire. Mais personne n’a plus envie de rire quand la haine et la malveillance s’en mêlent. Au fil de l’histoire, la politique et la religion ont su cultiver les croyances pour arriver à leurs fins. Les risques de dérives restent réels : l’attaque contre le Capitole américain par une horde de fanatiques l’illustrait bien. Les excès des manifestants contre les mesures de sécurité sanitaire en représentent un autre aspect. Quand Valentine croit que sa grand-mère décédée vient la visiter : ça ne perturbe qu’elle. Et ne l’empêche pas de dénoncer « l’ignorance, la paresse intellectuelle et la crédulité des gens prêts à suivre les grandes-gueules qui mobilisent les foules avec des objectifs pas toujours nets. L’enfer est pavé de bonnes intentions, mais il faudrait réfléchir et s’informer avant d’avaler toutes les couleuvres qui se tortillent sur les réseaux sociaux ! » La manipulation des croyances appartient à l’histoire du monde. Elle joue sur de multiples tableaux, avec les outils de chaque époque. La série documentaire d’Alexandre Normandin 39-45 en sol canadien (diffusée par Télé-5 l’été dernier) raconte que pendant la dernière guerre, les services de la propagande gouvernementale, appuyés par la GRC et utilisant des dénonciations anonymes, montaient la population contre un « ennemi intérieur » dont le cri-

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Oups ! Croyances culturelles et manipulateurs d’opinion : ça nous éloigne des manifestants contre les mesures sanitaires et des réseaux sociaux. « Au contraire, conteste Valentine. Ceux-là invoquent la liberté individuelle et dénoncent une dictature du vaccin. Abus de langage ! Ils oublient la réalité des millions de malades et de morts pas vaccinés ! Ta liberté finit où commence la mienne : tu veux pas de vaccin ? C’est ton problème, mais laisse vivre les autres ! Autrefois, pour entrer à l’école, on exigeait la preuve que les enfants avaient reçu le vaccin contre la variole. Et aujourd’hui, la maladie a disparu, comme la tuberculose et la polio, parce qu’on a fait ce qu’il fallait. En plus, chez nous, la santé c’est presque gratuit. » Les gens détestent qu’on leur impose de changer leurs habitudes ; la pandémie a vraiment chamboulé la routine de tout le monde. Vivre, c’est apprendre à s’adapter aux changements. Dans la vie d’avant, il y a eu des épidémies de maladies mortelles et des guerres. Tout ça a généré de nouvelles connaissances et des technologies qui ont chambardé ce qui était « avant », mais dont nous profitons maintenant. Désormais, il faudra compter avec les changements climatiques et les catastrophes naturelles qui les accompagnent. Et il faudra encore s’adapter aux nouvelles conditions pour survivre. Mais surtout, apprendre à résister aux pandémies de croyances délirantes que les machines à rumeurs ne cesseront pas de propager. L’ignorance n’excuse plus le refus d’agir solidairement.

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MARTINE CORRIVAULT

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LE CHOC DE LA MODERNITÉ

Combien de fois au cours de récentes discussions ai-je réalisé que mon interlocuteur considérait les vérités de la science comme de simples croyances parmi d’autres ? D’aucuns semblent penser que Newton et Darwin ont échafaudé leurs théories comme on balance des opinions sur Twitter… Cette attitude relativiste sert souvent à justifier une paresse intellectuelle : « J’va pas m’faire chier à étudier les énoncés scientifiques, sont pas plus vrais qu’ceux des autres discours ». Faut-il vraiment expliquer ici en quoi la science se distingue de l’astrologie, de la mythologie, et même de la religion ? La connaissance scientifique occidentale s’est imposée comme patrimoine com-

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Elle prend de l’assurance ces derniers temps, la bêtise humaine ; l’inculture chez certains est carrément une revendication. Et plus qui sont cons, plus qui sont sûrs d’eux. Un minimum de compétence est nécessaire pour évaluer sa propre incompétence. La connaissance rend humble. En creusant une question, j’approfondis le gouffre de mon ignorance. Plus j’en sais, plus je réalise la vastitude du territoire inconnu. Le moteur de la science moderne, c’est l’ignorance : nous ne savons pas tout, ce que nous savons peut se révéler faux en présence de nouvelles connaissances, tout peut être remis en question. Ce qui ne signifie pas que tout se vaut et qu’on peut croire n’importe quoi… Les théoriciens ont prédit l’existence du Boson de Higgs, 48 ans avant sa détection en 2012. Ses propriétés correspondent au poil de cul près à leurs calculs. La physique quantique permet de concevoir des lasers, des GPS et les portables sur lesquels les sceptiques contestent les vérités scientifiques. Les élucubrations des complotistes, elles, n’ont jamais permis de détecter le moindre « boson reptilien1 », ni de produire quelques instruments fonctionnels. Elles n’apportent que confusion et conduisent in fine à la désagrégation du monde commun. Chacun se fie à son intuition personnelle pour assener un avis péremptoire sur n’importe quel sujet : « J’ai froid, donc il n’y a pas de réchauffement climatique ». Mais la science se contrefout de nos intuitions ! La gravité fait chuter un piano à la même vitesse qu’une plume (dans le vide absolu évidemment, pas celui en dessous de votre fenêtre). J’ai même appris récemment qu’un gamin de 13 ans avait découvert en faisant des popsicles que — dans certaines conditions — l’eau chaude gèle plus vite que l’eau froide2 ! Eh oui, la science défie carrément le bon sens, c’est une machine à démolition des préjugés. « Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé », disait malicieusement Einstein.

MATHIEU RIOUX

1- Allusion à cette théorie du complot selon laquelle les « reptiliens », sorte de lignée hybride humains-reptiles, gouverneraient notre monde de manière occulte. Obama, les Rothschild, Marc Zuckerberg, Élizabeth II, et même Justin Bieber (!), seraient des reptiliens. 2- L’effet Mpemba a été découvert en 1963 par le Tanzanien Erasto Mpemba lors d’un cours de cuisine au secondaire.

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Albert Einstein

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L ITÉ D mun de l’humanité, mode dominant U BO d’interprétation du réel, et cadre intellectuel de tous les peuples. Comme l’athée, le croyant est entouré par la rationalité scientifique et se sert chaque jour des objets qui en proviennent : allumer la lumière c’est confirmer la physique des êt particules, prendre un antidéed e se presseur, c’est constater l’effectivité ns de la neurochimie, se faire vacciner, c’est ratifier la biologie, etc. Chacun de ces domaines est une région constitutive du régime de vérité scientifique. Et quelle autre région ce régime inclut-il en son sein ? L’évolutionnisme, qui réfute à lui seul les pages de la Genèse. Ce qu’ont très bien compris les créationnistes qui tentent désespérément d’apporter une caution scientifique à leurs croyances, quand ils ne se réfugient pas simplement dans le déni. Plus frontaux, les djihadistes appellent littéralement à « combattre et tuer » les « corrupteurs » enseignant « la théorie darwinienne de l’évolution ». Affirmer avec le cheikh Saadat que le Coran est un livre saint renfermant « toutes les connaissances » relève de la mauvaise foi. Les djihadistes qui usent allègrement des réseaux sociaux pour diffuser leur propagande ont-ils déduit la logique symbolique nécessaire à la conception d’Internet dans leur Coran ? Hummm… j’penserais pas. Par ailleurs, on ne peut pas faire comme si l’interprétation historique des textes sacrés n’était pas passée par là : le Coran n’a pas été dicté par Dieu, mais écrit par une bonne cinquantaine d’auteurs sur une période de deux siècles ! Mohamet n’a jamais dit qu’il était un prophète, on l’a dit à sa place une soixantaine d’années après sa mort, etc. Quant aux terroristes, ils ont la foi mauvaise. Depuis qu’ils ont goûté au Pepsi, aux Nike et à la pornographie, le doute s’est instillé. Ils ne se font pas sauter parce qu’ils ont trouvé, mais parce qu’ils ont perdu la foi. Au désespoir de ne jamais la retrouver, ils sont prêts à tout pour sauver le Livre, quitte à emporter le monde et les mécréants qu’il abrite dans leur chute.

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Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue.

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DANS L’INTIMITÉ DE LA FOI Grandir dans un environnement chrétien implique la transmission d’un bon nombre de règles et de préceptes. Mais qu’en est-il de la foi ? Un concept qui peut laisser perplexe et dont les mystères appartiennent à ceux qui l’expérimentent. Gloria et Steven se sont émancipés de leurs traditions religieuses afin de vivre pleinement leur foi. Nés au sein de familles catholiques, c’est une quête personnelle qui a pris place pendant leur vie de jeunes adultes, cette période où ils ont décidé d’aller plus loin et de vivre les Écritures.

et l’amour que portent les autres à leurs pratiques. « Que tu sois musulman, bouddhiste ou chrétien, ce qui m’intéressait c’était la piété d’une personne », confie-t-elle.

Au milieu des cérémonies et des belles façades religieuses, des questions s’imposent peu à LA RENCONTRE peu. Alors qu’ils « Que tu sois musulman, sont immergés bouddhiste ou chrétien, « Arrive toujours un depuis l’enfance ce qui m’intéressait c’était moment dans ta vie dans un monde la piété d’une personne. » où tu fais une renet une culture à contre », déclare la Gloria la fois familière et conseillère en marlointaine, c’est un keting. Elle se souvient encore de sa voyage rempli de questionnements conversation avec une inconnue dans et de révélations qui débute avant le métro parisien qui lui adressait ces d’entamer une relation personnelle mots ; « Qui est Dieu ? Il ne faut pas avec Dieu. trop tarder à le trouver ». Des paroles LA RECHERCHE qui ont marqué une nouvelle ère dans sa vie et façonné un nouveau mode Ce parcours spirituel débute outrede penser. « J’ai commencé à faire mer pour Gloria. Fille de diplomates, ma propre enquête, mes propres lecelle est amenée à voyager aux quatre tures. Je me suis rendu compte que coins du monde où se mélangent tout ce qui avait été fait durant ma cultures et religions. C’est à l’occajeunesse, c’était bien mignon, mais sion de ces nombreux déplacements ce n’était pas ce qui était demandé », qu’elle se retrouve confrontée à ses témoigne-t-elle. convictions. « Dieu était assez important sans que ça soit très clair », À ce moment-là, il ne s’agit plus de assure-t-elle. Par ses interactions, elle vivre sa croyance en surface, enchaîprend conscience du contraste exis- ner à répétition des prières apprises tant entre son train de vie religieux par cœur et des signes de croix sans

Crédit photo : barnimages

Née d’un métissage religieux, Gloria ne fait pas de différence entre son héritage catholique et protestant. En grandissant, son cœur est attaché à un schéma familial chrétien typique qui inclue un rendez-vous périodique à l’église chaque dimanche. « Je me suis mariée dans une église catho parce que je trouvais ça beau. J’aimais bien l’idée d’avoir des petits pages, l’habillage d’un prêtre. Une fois le mariage fini, on passe à autre chose », s’exprime la mère de famille. Il en est de même pour Steven dont la vie

chrétienne se limitait exclusivement aux mariages et aux décès.

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faire bonne figure, il fallait avoir une bonne réputation, il fallait qu’on te voie, alors que là c’est vraiment entre toi et Dieu », ajoute-t-elle.

en comprendre la signification. À la place, débutent de profondes conversations avec un être qu’elle décrit comme omniscient et omniprésent. « La différence avec la relation avec Dieu c’est que tu cherches, tu ouvres une Bible, t’apprends à le connaître, tu ressens des choses, tu obéis, ce qui n’était pas du tout le cas avant », poursuit la mère de famille. L’obéissance selon elle se caractérise par la compréhension du message de Jésus et de son application dans la vie personnelle. Comme Platon et Xénophon ont suivi les pas de Socrate, c’est ainsi que Gloria se définit comme disciple de Jésus. « Avant il fallait vraiment

Steven a également eu sa rencontre, il y a quelques années. À l’époque où il est chauffeur de bus, il fait la connaissance de son premier amour, une jeune fille de confession chrétienne. Passionné de films, il découvre des longs métrages retraçant la vie de Jésus et nourrit sa foi grâce aux témoignages personnels de sa belle-famille. Découvrir ces choses qu’il n’avait jamais expérimentées auparavant stimule sa curiosité et le pousse à s’impliquer davantage dans ses recherches. AMOUR ET SALUT CHRÉTIEN

C’est une toute nouvelle perspective qu’il découvre. Au contraire de la croyance populaire, il explique que l’accès au paradis ne dépend pas des bonnes actions qui donnent bonne conscience. Des comportements qu’il qualifie de « religieux » et non motivés par la sincérité du cœur.

« La religiosité nous amène à croire que parce qu’on fait toutes ces choses, on mérite plus l’approbation, le pardon de Dieu ou sa bénédiction », affirme Steven. Une situation qui selon lui est difficile à accepter dans une société qui vante constamment le mérite. « Ce que Jésus nous demande c’est d’avoir de la compassion et de l’amour pour notre prochain, alors que la religiosité nous amène plus à cette fierté personnelle de ce qu’on peut faire ou pas », explique l’ancien étudiant en théologie. Son parcours avec Dieu, le jeune père de famille le décrit comme progressif. Comme Gloria, il considère que le temps passé dans la prière et la compréhension des textes de la Bible font la différence. « La relation avec Dieu, c’est un cœur à cœur avec lui, comme un père avec son enfant », soutient-il. Dans cette marche, il défend ne pas se soumettre à une notion de perfection et de bienséance, mais considère plutôt être dans un cheminement rythmé de hauts de bas, où il se rapproche de jour en jour de Dieu et sa parole. OCÉANE KOUASSI

Photo : BarnImages

Choux, arbres et pardon Si les bébés naissaient dans les choux, Si l’argent, le sexe et l’amour poussaient dans les arbres, Si tout le monde avait foi en un Dieu sain saint d’esprit, Et menait une vie saine…

Pour que tous se réveillent, Afin d’éviter que tous dorment éveillés. Pour éviter la fin de la vie sur Terre, Par des comètes, la 3e Guerre mondiale ou une pandémie.

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L’écoute active est une très grande qualité. Dieu et la vie nous parlent constamment. Le cadran sonne, l’entendez-vous ? Ou vous dormez au gaz asphyxiant ?

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de guerres, d’armées et d’armes, de peurs et de souffrances, de malheurs.

serait heureux, aurait nourriture, toit et vêtements, aurait amis, âme-sœur et un avenir. doit parler de ce poème…

Dieu notre Père qui est aux cieux, Pardonne-nous nos offenses, Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Ne nous soumets pas à la tentation, Mais délivre-nous du mal.

VINCENT GRANDBOIS

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CROYANCE

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Les choses et les évènements répétitifs et observables sont plus facilement « croyables » vraisemblables et certains, que ceux qui sont simplement auditifs. Dans ce dernier cas, la croyance peut être possible, si nous avons confiance vu ce qu’il convient d’appeler la foi. « Puis-je à de tels discours donner quelques croyances » (Corneille). Ici, l’auteur se pose la question pour avoir comme choix

Pour croire en Dieu, c’est très simple : il faut avoir la foi. Albert Camus substitue la morale à la foi et propose « La croyance dans l’absurdité de l’existence doit donc commander sa conduite. » La majorité des croyances sont religieuses, ie certaines peuvent être supersti-  : Ph ilipp e Bouchard tieuses, et ce n’est pas une obligation d’y croire, mais ce serait élégant de les respecter. Selon Fustel de Coulanges : « Une croyance est l’œuvre de notre esprit (…) Elle est humaine, et nous la croyons dieu. » is rt o

L’homme et la femme ont un petit quelque chose dans leur cerveau qui les porte à avoir des croyances de toutes sortes. Même aujourd’hui, les quelques groupes très rares sur la planète qui vivent encore à l’état naturel et primitif, même n’ayant eu aucun contact encore avec les diverses civilisations, ont certaines croyances. Ces dernières sont basées sur des faits naturels qui sont dans leur environnement. On raconte que pour les premiers êtres humains apparus sur la planète Terre, le coucher du soleil était une véritable catastrophe, car ils ne savaient pas quand le soleil allait revenir. En son absence, ils criaient et dansaient, pour son retour. C’est pourquoi certaines civilisations le considéraient comme un Dieu, notamment les Incas de l’Amérique du Sud.

simplement la parole.

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Ce nom féminin apparaît dans la langue française au 11e siècle, et signifie alors « action de croire une chose vraie, vraisemblable ou possible1 ». Mais l’habitude de la croyance remonte à la nuit des temps, car la croyance a été une des premières expériences qui a perdu l’humanité. En exemple, le charmant couple qu’on appelle nos premiers parents est tombé bien bas en croyant un serpent. Ils se sont fait illusionner pour croquer une simple pomme. Personnellement, je n’en reviens pas, s’amuser à croire un serpent.

Les grands philosophes et les chercheurs peuvent avoir des méditations, chercher des preuves ou une certaine logique dans tout ça. C’est très bon, cela fait travailler le cerveau. Car ce dernier a un besoin de se nourrir en surmontant et en éliminant ses doutes, en s’imposant des défis, en rêvant à des choses incroyables : apporter aux civilisations ce qu’ils ignorent, et confondre les sceptiques. La croyance se rattache sur l’espoir. C’est un peu comme ouvrir une huître et y découvrir une perle. Bonne chance ! Avec tout le respect que je dois à mes lecteurs. PHILIPPE BOUCHARD

1- https://www.cnrtl.fr/definition/croyance

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CONNAISSEZ-VOUS JOBARTS ?

« Je suis artiste depuis la naissance. J’ai fait toutes sortes d’affaires, les beauxarts, plusieurs jobs, la rue du Trésor, antiquaire, etc. Je n’ai pas de démarche artistique, mais je suis un artiste professionnel qui gagne sa vie comme ça et pas autrement. J’ai fait carrière sous un autre nom et j’ai réussi. Jobarts c’est autre chose. J’ai pris mes distances avec certaines considérations matérielles que j’ai troquées pour des raisons spirituelles. J’en suis venu à changer ma pratique. À cette époque, j’avais une fascination pour l’art de rue, la grande liberté des tagueurs m’interpellait, mais ce n’était pas pour moi. Comme, je souhaitais en finir avec les normes établies par le commerce de l’art et me libérer de ce carcan, j’ai décidé de désobéir. J’ai dit à ma blonde : " C…, m’a les donner ". C’est de même que ça a commencé. Derrières les premiers Jobarts, j’écrivais Désobéir. Pis, on a décidé de les laisser en Basse-Ville, parce que c’est notre quartier, c’est notre vie. On connaît le monde du quartier, on les aime. Pour moi, la vie c’est sur Saint-Joseph que ça se passe. Ça fait 6 ou 7 ans qu’on existe, et on en a donné quelques 7000 jusqu’à présent. Cette année, c’est une grosse année pour nous. J’ai 72 ans, ma blonde en a 74. Même si on souhaite rester longtemps, on est plus très jeunes. Donc, on a décidé d’augmenter la production. Jobarts c’est deux personnes ; les dans Jobarts, c’est ma blonde. Nous ne sommes pas intéressé.e s par les mondanités, mais nous apprécions être reconnu.e.s sur la rue, ça nous fait le plus grand bien. Il n’y a pas une piastre qui peut concurrencer ça. Il n’y a rien de mieux que ça.

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S’il y a quelque chose à rester de Jobarts, ça restera. Peu importe, l’histoire retient bien ce qu’elle veut retenir. L’histoire a tendance à s’adresser à l’élite. Mais il y a une autre histoire. Peut-être que je resterai dans la mémoire du peuple ? Dans l’immédiat, je retire une grande satisfaction. Je ne sais pas où Jobarts ira. Je ne souhaite pas pousser Jobarts, pis retomber dans le même panneau qu’auparavant. La planète, sur le chemin qu’elle est engagée avec ses gouvernements, l’élite pis l’ast… de bacon je doute que personne ne laisse quelque chose à retenir. On m’a déjà demandé pourquoi mes personnages crient tout le temps et qu’ils ont des faces comme ça. J’ai répondu si vous souhaitez avoir un jardin de tournesol, il y a plein de monde qui fait ça, mais pas moi. Ils crient parce que la situation est criante. Je suis en colère constamment, mais qu’avec l’âge je suis également devenu lucide. Les adeptes du consumérisme à outrance veulent nous faire croire qu’on est déconnecté de pas embarquer dans leur vision, moi je pense que c’est eux qui sont déconnectés. » Propos recueillis par

STÉPHANE BAUDELOT

Merci, Jobarts, ç’a été un plaisir de faire votre connaissance. Je vous souhaite, à tous les deux, de nombreuses années de désobéissance; vous le faites avec tellement d’élégance. Sans prétendre parler au nom de qui que ce soit, je suis certain que vous aurez une place privilégiée dans la mémoire de bien des gens en Basse-Ville de Québec. Crédit photo : La Quête

J’ai toujours été curieux de connaître qui se « cachait » derrière Jobarts. Cet artiste parsème ses œuvres dans le quartier Saint-Roch et plusieurs, comme moi, ont le bonheur de les trouver. Je lui ai demandé une rencontre et il a accepté. Voici un résumé de ce qu’il m’a raconté.

Œuvre de Jobarts

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Équipe Multi du Service de police de la Ville de Québec PILE OU FACE ! Il y a deux types de gens qui réagissent différemment avec les forces de l’ordre d’une municipalité. Il a ceux qui pilent sur la police et n’accordent aucun respect aux agents et ceux qui sont du côté face qui peuvent discuter avec les agents et croient aux bienfaits de leur présence. Depuis que je suis jeune, je me situe du côté face ; je crois à la nécessité de la présence policière et respecte ce métier des plus stressant. Par contre, mon frère qui était du côté pile affublait les policiers de tous les noms possibles et peu aimables. Chacun son choix ou karma, dit-on.

leur point de vue. Saviez-vous que ce sont des êtres humains ? Ben oui, r’garde donc ça toé ! Excusez mon écart.

Il y a longtemps que j’avais envie d’échanger avec les services de police et offrir un topo ouvert sur leur réalité,

Maudit qu’on a une belle ville, c’est un vrai bijou, Québec. J’aime mon métier, j’adore sortir de mon auto-patrouille et

M. José Côté, sergent de l’équipe Multi m’a offert une entrevue des plus nourrissante et instructive. M. Côté, un policier de plus de 27 ans d’expérience, est passionné par l’aspect humain du métier et des relations avec les citoyens de la ville de Québec.

Crédit photo : Santiago

27 ANS D’EXPÉRIENCE M. CÔTÉ, VOUS AVEZ DÛ EN VOIR DE TOUTES LES COULEURS ?

Les agentes Josée Laliberté et Sylvie Lévesque de l'équipe Multi

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être en contact avec les citoyens, que ce soit les commerçants, les organismes communautaires, les citoyens et aussi les gens en problématiques sociales et mentales. Le tissu social, ce sont toutes les couches qui gravitent dans les quartiers.

une augmentation d’interventions des plus variées. Rappelez-vous l’épisode de l’individu avec un sabre dans le Vieux-Québec, quelle tristesse !

M. Santiago quand j’ai commencé dans le métier, on nous préparait au fait que des fois des gens peuvent être impolis avec les policiers et c’est vrai. Mais force est de constater à quel point, en 2021, la situation dégénère de plus en plus, c’est incroyable. Vous savez les temps changent et évolue, regardez comment les communications ont changés depuis 25 ans, avec Internet et les téléphones cellulaires. Alors dans ce monde où les communications sont instantanées, il y a un écart qui se creuse profondément entre le public et les patrouilleurs des services de police. Afin d’humaniser le service et réduire cet écart, pour nous rapprocher du public nous sortons de nos voitures pour patrouiller en vélo et à pied pour offrir un rapport direct avec les gens. Cela aide à développer des relations et rétablir la confiance entre policiers et les citoyens. Nous avons formé une équipe de 30 policiers et policières d’expérience (entre 20 et 25 ans). Cette équipe s’appelle Équipe Multi, ils sont affichés sur leur uniforme. Ce sont des policiers volontaires et passionnés qui aiment les gens et qui veulent être impliqués dans cet effort de se rapprocher des gens et des communautés.

La réponse est très bonne, notre façon d’agir comme si chaque citoyen est un client aide grandement l’interaction avec ceux-ci. La population et les commerçants des secteurs visés retrouvent des bénéfices et améliorations. La paix, la tranquillité, la confiance et la mixité vont de pair. Cette expérience devrait grossir et s’étendre.

Donc, on est là pour faire attention aux gens, on prend notre temps. On doit à tout prix éviter la violence et collaborer avec le milieu. D’ailleurs, de plus en plus d’organismes et travailleurs de rue collaborent avec nous. Ce qui permet une meilleure vision sur les mécanismes de l’itinérance et améliore nos actions et interactions. La COVID a changé la donne dernièrement avec l’isolement, les coupures de liberté et les problèmes de drogues et surtout l’ajout de fentanyl dans celles-ci. Beaucoup de fébrilité a été constatée et il y a eu des débordements, et nous avons subi SEPTEMBRE 2021

COMMENT SE PORTE LA RÉPONSE DU PUBLIC EN RAPPORT AVEC L’ÉQUIPE MULTI ?

mage ou aux prises avec des réactions négatives de tous bords et côtés. Même si une grande partie des interventions relèvent de cas sociaux ou de maladies mentales, nous sommes là pour tous les citoyens. J’aime mon équipe et le travail qu’elle fait. Je crois vraiment aux bienfaits du rapprochement des services de police et du public. Les communautés ne peuvent que s’enrichir de cette expérience et les services d’une ville aussi.

Je vous présente deux piliers de l’équipe Multi, mesdames Sylvie Lévesque et Josée Laliberté, toutes deux passionnées de développer et approfondir l’approche sociale et humaine de notre service avec les gens du secteur. BONJOUR MESDAMES, PARLEZMOI DE CE QUI VOUS STIMULE LE PLUS AU SEIN DE L’ÉQUIPE MULTI ?

Vous savez, nous avons un boulot à faire et nous avons l’occasion de nous rapprocher des gens et d’établir des contacts des plus humains. Nous ne sommes pas ici pour faire du profilage ou mener la vie dure à des groupes visés. Au contraire, nous sommes ici pour nous assurer que ces espaces publics soient partagés en paix entre commerçants, gens d’affaires, promeneurs et gens en difficulté aussi. Nous constatons que de plus en plus de personnes s’approchent et établissent des liens de confiances qui aident à maintenir l’équilibre dans un endroit comme Le Parvis de Saint-Roch. Les itinérants, les commerçants, tous nous parlent et on peut dire que la confiance monte entre nous. Nous devons intervenir des fois et c’est normal, mais le respect et notre approche font une grande différence dans ce boulot. UN MOT DE LA FIN M. CÔTÉ ?

Il n’y a rien de facile à être policier, une erreur et tu te retrouves au chôLA QUÊTE

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LA QUÊTE DES MOTS PAR JACQUES CARL MORIN

CE JEU CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES COLONNES 1 ET 20 À L’AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. CHAQUE CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUI EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE D’UN MOT ET LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT..

Verticalement :

5- Démonstratif, coloré. Demain. Partie de moulin. Gros bâton (EEIUP).

1- Bande de terre, cultivée dans un jardin.

6- Jouet formé d’une quille et d’une boule. Mettre fin à quelque chose. Elle se marie bien avec les fraises (sans les voyelles).

20- Écervelé, extravagant. Horizontalement : 1- Art graphique associé à Niépce et Daguerre. Point cardinal. Arbre tropical. Débâcle boursière. 2- Sensuel. Pirate (BEFLUSITRI). Plie, mais ne casse pas. 3- Grande lavande. Agir de façon désordonnée et inefficace (ACEFILLORU). Seriner. 4- Montant du prix. Tourner les pages (ETREFLILUE). Ouvrage où sont réunis des écrits.

7- Diminution (MAMINUNESETE). Instrument à vent de la famille des cuivres. 8- Catastrophe maritime. Rejetons, gamins. Éliminer les mauvaises herbes dans un jardin. 9- Laisser tremper les légumes dans du sel pour qu’ils rendent leur eau (DGGRREEO). Inventa de nouveau. Dans le calendrier. 10- Miasmes (AAEMINNOT). Graminée tropicale (OORSGH). Volatile.

Réponses au jeu p.29

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la langue dans sa poche PAR HÉLÈNE HUOT «Lorsqu’une question soulève des opinions violemment contradictoires, on peut assurer qu’elle appartient au domaine de la croyance et non à celui de la connaissance. » Voltaire, philosophe et écrivain français (1694-1718)

SUR LE BOUT DE LA LANGUE 1. Un « gogo » est une personne naïve, prête à croire n’importe quoi. La locution adverbiale « à gogo », elle, signifie : a. en abondance, à volonté b. peut-être, vraisemblablement c. spontanément, sans réfléchir

6. « Ce que je crois » est le titre a. provisoire donné au départ au magazine Prions en Église b. d’une collection de livres éditée par Grasset c. d’un discours historique prononcé par Martin Luther King 7. L’adjectif « recru, recrue » fait partie de la famille étymologique de « croire ». Un personnage recru est

2. Cet homme ne croit pas facilement, il ne se laisse pas facilement convaincre ; on dit alors qu’il est

a. épuisé, fourbu b. rétabli, guéri c. débutant, inexpérimenté

a. rationnel b. méfiant c. sceptique

8. « Avoir la foi du charbonnier », c’est

3. C e qui fait qu’une personne mérite d’être crue s’appelle :

a. être pieux b. croire avec une conviction inébranlable c. être convaincu que chacun est maître chez soi

a. la crédibilité b. la sincérité c. la renommée 4. « Credo » est un mot latin qui signifie « je crois ». En français, ce mot désigne les principes sur lesquels on fonde son opinion ou sa conduite ; il s’écrit : a. un credo, des credo b. un crédo, des crédo c. un crédo, des crédos. 5. « Faire accroire », c’est laisser croire une chose qu’on sait ne pas être vraie, abuser de la crédulité de quelqu’un. Cette locution québécoise

9. Mon voisin ne croit pas en Dieu ; il est : a. mécréant b. hérétique c. athée 10. L’expression « Être comme saint Thomas » signifie : Ne croire que ce que l’on voit. À quel saint Thomas cette expression fait-elle allusion ?

a. n’est employée que dans la langue parlée et familière b. fait partie des mots nouveaux qui apparaissent dans le Larousse 2022 c. figure depuis longtemps dans Le Robert et le Petit Larousse

a. Thomas d’Aquin, célèbre pour son œuvre théologique (1226-1274) b. Thomas More, réputé théologien anglais (1478-1535) c. Thomas, un des douze apôtres de Jésus (1er siècle)

DU NOUVEAU SOUS LE SOLEIL

Parmi les 170 nouveaux mots qui apparaissent dans le Larousse 2022, nous retenons le nom « ÉCHOUERIE », qui signifie : rivage propice au rassemblement de colonies de mammifères marins (les phoques, par exemple). Une nouveauté dans le dictionnaire certes, mais pas dans le vocabulaire des Îles-de-la-Madeleine ! Là, à Old Harry (sur l’île de la Grande Entrée), se trouve la magnifique plage de la GRANDE ÉCHOUERIE, longue de plus de huit kilomètres de sable blanc, accessible à longueur d’année, où l’on peut marcher et, avec un peu de chance, apercevoir des phoques qui jouent dans l’eau.

Réponses au jeu p.29 Pour des suggestions, des questions ou des commentaires concernant le français et La langue dans sa poche : hhgodbout@gmail.com

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Séducteur deux La pharmacienne Je m’en vais me faire bronzer au soleil du sourire de ma pharmacienne préférée. Comprenons-nous bien, j’aime les techniciens en pharmacie, le pharmacien propriétaire et les autres pharmaciennes aussi. Mais elle, ce n’est pas pareil. Elle prend toujours de mes nouvelles avec attention, elle semble bienveillante, semble souhaiter ma santé, mon bonheur… Quand je me vois dans le reflet de sa pupille, la beauté est plus que jamais dans l’œil de celle qui me regarde… et la vie est belle soudain et pour toujours que j’ai envie de jurer. Mais non. Je ne jurerai pas devant elle. Oh que non ! Plutôt oui, je vais m’organiser pour venir chercher mes médicaments aux heures où c’est elle qui est en poste. Ainsi, chaque fois que je me dirigerai vers la pharmacie, je saurai qu’au bout du compte, j’aurai des chances de prendre un peu de soleil, beaucoup de lumière dans ce regard, et un peu de joie pour mon espiègle esprit. Comme je disais de ma Sophie, il y a vingt-cinq ans : « Le Bon Dieu m’a donné une maladie, mais il m’a aussi donné Sophie ». Quand j’avais dit ça, ça d’l’air que Sophie avait les deux yeux dans la graisse de bines tellement elle était touchée par mon hommage, par mon constat, par ma confession toute naturelle. Entékâ, c’est ce que m’avait rapporté Guylaine la Ridaine quelque temps après, elle témointe de mon témoignage. Bien longtemps après, lorsque ma Sophie n’était plus mienne depuis bien longtemps, Guylaine me téléphona pour me mettre au courant de son décès. Ça m’a fait de quoi. Ça m’a rentré dans le buffet, solide. Elle avait bien failli être la mère de mes enfants. Nous parlâmes de tout et de rien moi et la Ridaine. À un moment donné elle me révéla une confidence que lui avait faite Sophie. « Tu sais, parfois Bernard me traite en princesse, mais parfois aussi, il agit avec moi comme s’il s’essuyait sur un tapis » Ouch ! Ça fait mal. Et je ne veux pas de l’excuse de ma condition de tripolaire. Il n’y a pas d’excuse qui tienne. On doit toujours respecter sa blonde. Malgré qu’après en avoir discuté avec ma chère cousine T., pour qui je n’ai pas grand secrets et qui me lit comme un livre ouvert, il semble que ce n’est pas moi qui ai inventé le concept de la princesse et du tapis. Que celui qui ne s’est jamais prosterné ou essuyé me lance la première pierre.

Crédit photo : Caroline Dion

MAIS JE M’ÉCARTE DE MA PHARMACIENNE.

C’est comme ça parfois l’écriture : on n’est pas maître de son propos. Les mots expriment des idées qui nous entraînent ailleurs, vers d’autres lieux que l’on ne soupçonnait pas, qui se tenaient à l’affût dans notre for intérieur, prêts à se révéler sur la page blanche à tout moment, à notre plus grande surprise. Devant la page blanche, le doute m’envahit, mais le plaisir d’écrire commande, et j’obéis, dixit Roger Lemelin auteur du roman Les Plouffe, entre autres. Donc pour revenir à ma pharmacienne et expliquer pourquoi j’ai introduit le souvenir de ma Sophie plus haut : le Bon Dieu m’a donné des maladies, ou des handicaps, mais il m’a aussi permis de rencontrer une pharmacienne hors norme. » Non, elle n’est pas hors norme pour le commun de mortels. C’est notre relation à elle et moi, à moi et elle, qui se propulse hors de l’ordinaire. C’est comme ça des fois, des rencontres. Donc, le Bon Dieu m’a donné des maladies, mais il m’a aussi permis de rencontrer une pharmacienne. Elle connaît une partie de ma vie, parce que si avant on pouvait avoir d’un coup quatre semaines de piluliers, le gouvernement a changé sa politique depuis peu, et maintenant on ne peut obtenir qu’un pilulier à la fois. Donc, plusss de visites chez ma pharmacienne… et comme je suis parfois hypocondriaque, j’ai souvent de petits bobos pour lesquels je demande conseil… et chaque fois, je prends un peu de soleil à son sourire. BERNARD ST-ONGE, enjoliveur du quotidien à votre service.

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Ma spiritualité ceux et celles qui avaient un bon cœur, une belle intelligence et une sagesse, quelle que soit leur religion. Il y a un passage dans l’Évangile qui me touche et me rejoint beaucoup. C’est quand Jésus rencontre la Samaritaine, une femme qui avait soif et faim d’amour. Ce beau passage (Saint Jean, 4:1-42) est vraiment à lire et à méditer. Je ne peux pas le transcrire parce que cela prendrait trop d’espace, mais je vous invite à aller le lire en toute liberté. Pendant ces temps difficiles de pandémie, je découvre que beaucoup de personnes, comme moi, vivent de grandes prises de conscience et une profonde vie intérieure comme un refuge au fond de notre âme, notre cœur, où notre Dieu personnel est présent, vivant, réconfortant, protecteur, guérisseur. Il nous invite à nous aider et à nous aimer les un(e)s, les autres.

J’ai envie de te donner des cours Sur l’amour De t’apprendre à chanter Et danser Dans la pluie De tes soucis

CHRISTIANE VOYER

Change ton mode de pensée Arrête de chialer Retrousse tes manches et Va travailler Brise le cycle Arrête de sniffer Va respirer La réalité Pure et dure Brise le cycle

Égrène tes soucis Injecte-toi des rêves Bois tes paroles Brise le cycle Cynthia Dionne

!   e l c y c e l e Bris

Crédit photo : Aaron Ledesma on Unsplash

T’es tombé tellement de fois Moi je crois En toi Brise le cycle Relève-toi

Crédit photo : Jakayla Toney on Unsplash

Au fil de mes expériences de vie, de mes lectures, de l’écoute de témoignages de gens et de voyages, je prends conscience que toutes les religions du monde enseignent les bienfaits de la méditation, de la prière personnelle et communautaire. Au niveau personnel, je les pratique tous les jours et cela me fait un grand bien tant pour ma santé que tout mon être global. Le sens de la foi et des croyances est tellement intime, sacré pour chaque personne et demande du respect, de la tolérance pour mieux vivre ensemble. Mais malheureusement ce n’est pas toujours les cas. Quand cela est imposé ou forcé, les conflits surviennent, les dialogues deviennent des monologues d’égos pour savoir qui a la meilleure religion. Mon défunt père centenaire disait souvent : Aime Dieu et ton prochain et va ton chemin ! Bien sûr, il avait grandi dans la religion catholique, mais il savait respecter et dialoguer avec des gens de tous les milieux de vie et de philosophies. Il voyait

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QU’UNE CHANSON…

Photo : Marco Cecchini from FreeImages

Elle est contestataire Et révolutionnaire Et n’a pas l’heur de plaire Aux gras commanditaires Ni aux brasseurs d’affaires Qui aimeraient la taire Ce n’est qu’une chanson De radio sans nom Au micro anonyme Sans concours et sans prime

Ce n’est qu’une chanson Qui fait des mots, des mains Pour écrire un refrain Qu’on chante à l’unisson Les chefs du statu quo Et de l’immobilisme Les pions du roi Bolo Et du conservatisme Y trouveront leur compte Commençons le décompte

Crédit photo : Bev Lloyd-Roberts from FreeImages

Septembre

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Elle affiche et dénonce Et prévoit et annonce Un grand cri qui viendra Elle est là, aux aguets Des abuseurs, des rats Des complices et valets

Qui défendent et soutiennent Les gras durs du système

Pour écrire un refrain Qui trouvera ses rimes Aux fleurs d’un champ de mines Ce n’est qu’une chanson Qui connaît sa raison Ce n’est qu’une chanson Qui se cherche un prénom Qui se fera un nom Avec pour droit d’auteur Un instant de bonheur Et elle a pour mérite D’avoir été écrite Par quelqu’un, un quidam Qui ne vend pas son âme…

ARMAND LABBÉ

Mais sans plus de façon Oublions l’unisson Attendons à demain

Déjà septembre, Pour certains cœurs tendres C’est une saison à pleurer Car c’est la fin de l’été Pourtant, c’est la période où l’on cueille les fruits exquis Avec lesquels on confectionnera confiture et délicieuses pâtisseries. C’est la période où l’on récoltera légumes comme pommes de terre qu’on emmagasinera avec précaution pour l’hiver. Ce sera chasse au chevreuil, à l’orignal qui fera le bonheur D’une multitude de chasseurs. Ce sera rayons de soleil moins chauds Mais ce sera aussi lune d’automne et son ciel beau. Puis, après quelques mois, ce sera l’hiver. On saura courageusement passer à travers. Ce sera neige d’une blancheur immaculée, Ce sera flocon, ce sera cristaux de pureté.

GAÉTAN DUVAL

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RÉFLÉCHIR Réfléchir est une action au même titre que courir ou marcher Kant marchait tous les jours et que dire de Rousseau avec Les Rêveries du promeneur solitaire marcher permet d’herboriser, de nommer les fleurs d’identifier ce qui t’entoure, mais aussi les émotions qui t’habitent qu’est-ce que je ressens ? voilà le genre de question qu’on peut se poser en marchant

au moment où je m’apprête à réfléchir le voisin passe avec son Dodge Ram mes pensées se mettent à rouler pas le temps de les observer elles circulent trop rapidement comme ce foutu camion 7 h 51, je contemple ma pelouse et je me demande s’ il existe différente variété d’herbe si mon gazon est naturel ou s’il contient des herbes transgéniques ce qui serait fou quand même réfléchir à sa pelouse est la condition pour habiter en banlieue

Collection : Tim Mossholder on Unsplash

ça ne me gêne pas de le dire moi je me sens caustique comme de l’herbe à puce

il est maintenant 7 h 37, j’arrête d’écrire sur les petites fleurs de mes platebandes et je réfléchis

Critique de Thomas Lalumière adressée au magazine La Quête Madame Chatigny, je veux réagir au poème de Monsieur François Gagnon qui traite du verbe « réfléchir ». Voilà : je trouve dommage que son poème soit si simpliste. Les références à Kant et à Rousseau ne rendent pas justice aux théories de ces deux philosophes. Nietzsche a dit : « Deviens ce que tu es ». Ce vers quoi aspire Monsieur Gagnon est un peu trop ambitieux selon moi. Mais vous savez quoi ? Il aurait tout intérêt à écrire des livres jeunesse dans lesquels sa naïveté serait un atout. Soyons un peu plus musicien, sa poésie a du rythme et ses répétitions ne sont pas sans rappeler le refrain d’une chanson. C’est quand même étrange qu’un poète comme Monsieur Gagnon s’intéresse à la philosophie et à la poético-pathologie. Où est le mal, après tout ? Les gens vivent très bien malgré leur carence en vitamine et en potion magique. Ce que le critique ne comprend pas, c’est la magie. Le poète est un truqueur. Il sort toujours un lapin de son chapeau même si ce n’est plus à la mode. Et vous avez quoi. Ça fonctionne. Si on l’interroge, il reste vague et confus. Il fera référence aux fleurs, aux petites fleurs bleues d’Hölderlin. FRANÇOIS GAGNON

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Références communautaires Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches Tél. : 2-1-1 Aide sociale ADDS Association pour la défense des droits sociaux 301, rue Carillon, Québec Tél. : 418 525-4983 Aide aux femmes Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler ! 418 648-2190 ou le 1 888-881-7192 Centre femmes aux trois A Pour la réorganisation sociale 270, 5e Rue, Québec Tél. : 418 529-2066 www.cf3a.ca Centre femmes d’aujourd’hui Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec Tél. : 418 651-4280 c. f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org Rose du Nord Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org Support familial Flocons d’espoir Écoute et aide pour les femmes enceintes 340, rue de Montmartre, sous-sol, porte 4 Tél. : 418 683-8799 ou 418 558-2939 flocons.espoir@videotron.ca Alphabétisation Alphabeille Vanier 235, rue Beaucage, Québec Tél. : 418 527-8267 info@alphabeille.com www.alphabeille.com Atout-lire 266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca Le Cœur à lire 177, 71e Rue Est, Québec Tél. : 418 841-1042 info@lecoeuralire.com www.lecoeuralire.com Lis-moi tout Limoilou 3005, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com La Marée des mots 3365, chemin Royal, 3e étage, Québec Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca membre.oricom.ca/lamareedesmots Centre de jour Relais d’Espérance Aider toute personne isolée et en mal de vivre 1001, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 522-3301 Rendez-vous Centre-ville Centre de jour 525, rue Saint-François Est, Québec Tél. : 418 529-2222 Détresse psychologique Centre de crise de Québec Tél. : 418 688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com Centre de prévention du suicide 1310,1 re Avenue, Québec Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca Tel-Aide Québec Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca Tel-Jeunes Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com

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Hébergement Maison de Lauberivière Pour hommes et femmes démunis ou itinérants 485, rue du Pont, Québec Tél. : 418 694-9316 accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org Maison Revivre Hébergement pour hommes 261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 523-4343 maison.revivre@gmail.com maisonrevivre.weebly.com SQUAT Basse-Ville Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com Gîte Jeunesse Hébergement temporaire garçons 12 à 17 ans Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec Tél. : 418 666-3225 Résidence de Sainte-Foy 3364, rue Rochambau, Québec Tél. : 418 652-9990 YWCA Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca Réinsertion sociale Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org Fraternité de l’Épi Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec Tél. : 418 523-1731 Maison Dauphine Pour les jeunes de 12 à 24 ans 31, rue D’Auteuil, Québec Tél. : 418 694-9616 courrier@maisondauphine.org www.maisondauphine.org Insertion professionnelle À l’aube de l’emploi (Lauberivière) Formation en entretien ménager commercial/buanderie 485, rue du Pont, Québec 418 694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org Recyclage Vanier Emploi et formation (manutentionnaire, aidecamionneur, préposé à l’entretien) 1095, rue Vincent-Massey, Québec tél.. : 418 527-8050 poste 234 www.recyclagevanier.com Prostitution La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com P.I.P.Q. Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168 pipq@qc.aira.com www.pipq.org Soupe populaire Café rencontre Centre-Ville 796, rue Saint-Joseph Est, Québec (Déjeuner et dîner) Tél. : 418 640-0915 Maison de Lauberivière (Souper) 485, rue du Pont, Québec Tél. : 418 694-9316

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Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 945, rue des Sœurs-de-la-Charité Tél. : 418 692-1762 Santé mentale Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677 centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org La Boussole Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca Centre Communautaire l’Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com Centre d’Entraide Émotions 3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org La Maison l’Éclaircie Troubles alimentaires 2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca Le Pavois 2380, avenue du Mont-Thabor, Québec Tél. : 418 627-9779 Téléc. : 418 627-2157 Le Verger 943, av. Chanoine-Scott, Québec Tél. : 418-657-2227 www.leverger.ca Ocean Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352 Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283 Parents-Espoir 363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167 Service d’Entraide l’Espoir 125, rue Racine, Québec Tél. : 418 842-9344 seei@videotron.ca www.service-dentraide-espoir.org Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org Toxicomanie Al-Anon et Alateen Alcoolisme Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca Amicale Alfa de Québec 75, rue des Épinettes, Québec Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca Point de Repères 225, rue Dorchester, Québec Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com VIH-Sida MIELS-Québec Information et entraide dans la lutte contre le VIH-sida 625, avenue Chouinard, Québec Tél. : 418 649-1720 Ligne Sida aide : 418 649-0788 miels@miels.org www.miels.org

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expériences et enjeux publiée en 2015. Les chambreurs sondés dénonçaient presque unanimement « l’insalubrité et l’état lamentable de plusieurs maisons de chambres ». Plusieurs éléments peuvent influencer le sentiment de sécurité. Par exemple, il n’est pas rare de voir des portes d’entrée et même des portes de chambres sans verrou, ou encore des sorties de secours inaccessibles. Cependant, le sentiment d’insécurité ne concerne pas uniquement l’état du bâtiment. Habiter avec des personnes qu’on ne connaît pas, pas plus que leurs comportements et leurs conduites, peut aussi apporter son lot d’inquiétudes. Les maisons de chambres ont de nombreux avantages, cependant certains peuvent parfois y vivre de l'insécurité.

Vivre en maison de chambres Bien que certaines situations soient complexes et qu’on ne puisse pas tout contrôler, il existe des services que les pendant la pandémie chambreurs et chambreuses peuvent utiliser pour faire valoir leurs droits en matière de sécurité et salubrité. Rencontre avec un expert de vécu

La fiche du mois : Problème de salubrité et de sécurité Comme il le fait à l’occasion, un chambreur s’impliquant au Comité Maison de

Chambres de Québec nous est arrivé avec un texte qu’il avait écrit, expliquant Problème de salubrité : présence de moisissures, de champicomment il a vécu le confinement en maison de chambres. gnons ou de vermine (rats, souris, coquerelles, punaises de lit, etc.) « J’ai passé toute cette année en promiscuité, avec quatre autres chambreurs dans

le même environnement (une seule salle de bain). Ce fût instable, par moment stressant, Problème de sécurité : rampe d’escalier balcon en peur d’ a ttraper la COVID, d’ ê tre contaminé ou de contaminer les autres. Sans parmauvais état, détecteur de fumée non fonctionnel, chambre sans ler des visiteurs (parents et amis) qui arrivent sans permission ; ce qui est interdit. fenêtre, etc. Ce fut une année très difficile à vivre pour moi. Espérons la prochaine meilleure. Bernardde B., salubrité chambreur ou de 2017 à 2020 Étapes à suivre si tu as un problème de sécurité P.S. : Je ne fus pas contaminé par la COVID malgré ma peur. Chance ? »

1.

Parle à ton propriétaire. Tu dois d’abord l’aviser.

Nous l’avons donc invité à en discuter devant un café. Il nous a raconté son expérience en détail et nous lui sommes reconnaissants de sa générosité ! Cette 2. Accumule les preuves. Par exemple : prends des photos du expérience nous démontre que, bien qu’il soit important de préserver ce type problème etlesdeconditions son évolution. Conserve messages textes, les de logement, de vie y sont toujours les à améliorer ! Voici donc un courriels ou autres preuves des conversations avec le propriétaire ou petit récit fait par Nadège, notre nouvelle agente de mobilisation et d’accompalegnement gestionnaire. qui résume notre discussion. En mars 2020, la pandémie COVID-19 a frappé de plein fouet le Canada, y

3. Dépose une mise en demeure. Si le problème ne se règle compris la grande région du Québec. Le gouvernement a pris des mesures sans pas, tu peux une mise enontdemeure (voir la fiche Mise et en précédent pourenvoyer la juguler. Certaines été plus restrictives que «d’autres demeure »). sur Il faut conserver une preuve d’envoi. leurs impacts les personnes sont différents en fonction de leur réalité socio-

Le Comité Maison de chambres de Québec (CMCQ) est une table de concertation intersectorielle qui œuvre à l’amélioration des conditions de vie pour les personnes vivant en maison de chambres. Il est riche de la présence et de l’expertise de l’ensemble des partenaires avec qui il collabore, dont des chambreurs et anciens chambreurs, qui sont au cœur des prises de décisions et orientations du CMCQ depuis ses débuts.

économique. Une personne qui vit en appartement n’aura pas vécu la pandémie

de la Demande même façon qu’une autre en maison de chambres. 4. les services d’un inspecteur. Tu peux demander qu’un inspeci teur en sécurité et salubrité de la Ville de Québec vienne la situation . Il pourra C’est le cas de Bernard Bélanger qui a vécu dans des maisons de constater chambres pendant 3 ans en et 4téléphonant mois. C’est làau que311 la pandémie l’a ensuite contacter ton propriétaire afinpendant que celui-ci corrigen’éla rattrapé. L’ambiance qui y régnait la pandémie taitsituation. pas trop différente de celle d’avant. Nous la raconter fait rejaillir à la surface des cicatrices douloureuses qu’il s’efforce d’oublier au plus profond de lui. Les répercussions des violences psychologiques et

verbales sontappel perceptibles ton de sa voix et à l’expression defais son visage. 5. Fais à laauRégie du logement. Si tu une plainte à la Régie du logement, assure-toi d’avoir avec toi la mise en demeure envoyée au propriétaire, le rapport d’inspection et les preuves accumulées depuis le début du Selon cet amoureux du livre, chaque jour, un événement différent se passe dans les deux maisons de chambres qu’il a fréquentées. problème. Des bruits à longueur de journée, des personnes qui crient la nuit. Des gens qui fumaient beaucoup et partout. Quand ce n’est pas i

l’ambulance qui arrive sur les lieux, ce sont des policiers. En fait, ces derniers y sont toujours présents, a-t-il affirmé.

Le service 311 de la Ville de Québec permet de déposer une plainte concernant des situations menaçant la sécurité ou la santé des occupants. Vivre en maison de constater chambreslac’esituation, st stressant, la émettre pandémie apporter stress supplémentaire, ajoute Bernard. Un inspecteur viendra puis mais pourra desvient avis pour que leunpropriétaire règle la situation. C’est gratuit!D’une part,

les chambreurs avec qui il habitait font fi des mesures sanitaires. Ils y reçoivent leur famille et leurs amis. Ils font souvent la fête. D’autre part, des choses simples qu’on fait quotidiennement, comme se raser et se doucher, sont devenues compliquées pour ce monsieur qui se dit très conciliant. Avec une seule salle de bain pour cinq personnes, la file d’attente pourrait être longue, le risque de contamination très élevé. 190, rue St-Joseph Est, Québec, QC G1K 3A7 • Tél. : 418 522-4040 Dans ce marasme, l’expert de vécu du Comité de maison de chambres dit avoir développé une stratégie de profil bas. Terrifié par l’idée d’être contaminé, il passait le plus clair de son temps à l’extérieur de sa maison de chambres. Faire des tours en bus et une longue escale dans les stations de bus étaient devenus son plus grand rempart. Mais jamais sans ses livres ! Il en traînait toujours un paquet avec lui pour tuer le temps. Personne ne devrait se sentir obligé de subir des violences et de la peur dans sa propre demeure. Bernard a quitté sa chambre en octobre 2020 pour un HLM (un studio/loft). Ce n’est pas un grand logement, mais « pour un célibataire comme moi, dit-il, ça va ». Il se croise seulement les doigts pour que ses meubles tiennent, car ils ont eux aussi du vécu. Nadège Meyer Joassaint Agente de mobilisation Comité Maison de Chambres de Québec

190, rue Saint-Joseph Est, Québec (Québec) G1K 3A7 • 418 522-4040

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