Zut Strasbourg n°51

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buvable(s), naturellement.

Festival des vins natures, de l’Est et d’ailleurs.

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2022 Prochaines parutions zut–magazine.com

30 ans de L’Humour des Notes Hors-série by Zut Octobre

Haguenau et alentours n° 12 Décembre

Strasbourg n°52 Décembre

Hors-série Racing n°3 Mi-décembre


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Les dernières publications

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01— Panorama de la musique populaire, Vincent Vanoli | chicmedias éditions 02— ZUT Hors-série, Un seul amour et pour toujours #2 Racing : une passion sans limites 03— Novo, le magazine culturel du Grand Est #66 04— ZUT Strasbourg, magazine trimestriel lifestyle 100% local #51 05— ZAP, Zone d’Architecture Possible, magazine pour l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg #6


Retrouvez toutes nos parutions à La Vitrine

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06— ZUT Haguenau et alentours / Alsace du Nord, le journal #11 07— PDR, le journal du Port du Rhin #4 08— ZUT Hors-série #4, L’artisanat dans l’Eurométropole de Strasbourg et en Alsace 09— Programme saison 2022/2023, Manège Maubeuge, scène nationale 10— Brochure Été, Office Tourisme du Pays de Haguenau 11— Ça va mieux, Christophe Meyer | continuum & chicmedias éditions


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Zut team Directeur de la publication & de la rédaction Bruno Chibane Administration et gestion Gwenaëlle Lecointe Rédaction en chef Cahier La Culture Bruno Chibane et Emmanuel Dosda

Contributeurs Rédacteurs Cécile Becker, Myriam CommotDelon, Emmanuel Dosda, Tatiana Geiselmann, Manon Landreau, Elisa Lombe, JiBé Mathieu, Emma Schneider, Pierre Jean Singer, Aurélie Vautrin, Sonia Verguet, Fabrice Voné

Directrice artistique et rédaction en chef Cahier Le Style Myriam Commot-Delon

Styliste

Rédaction en chef Cahier La Table Cahier Les Escapades Cahier Les Métiers Bruno Chibane et Myriam Commot-Delon

Jésus s. Baptista, Christoph de Barry, brokism, Alexis Delon / Preview, Patrick Lambin, Thomas Lang, Benoît Linder, Grégory Massat, Vincent Muller, Christophe Urbain, Sandro Weltin

Directeur artistique brokism Coordination Fabrice Voné Secrétaire de rédaction Manon Landreau

Myriam Commot-Delon

Ce magazine trimestriel est édité par chicmedias 37, rue du Fossé des Treize 67000 Strasbourg +33 (0)3 67 08 20 87 www.chicmedias.com Sàrl au capital de 47 057 euros Tirage : 9000 exemplaires Dépôt légal : Octobre 2022 SIRET : 509 169 280 00047 ISSN : 1969-0789

Photographes

Relectures

Ce magazine est entièrement conçu, réalisé et imprimé en Alsace Impression Ott imprimeurs Parc d’activités « Les Pins » 67319 Wasselonne Cedex

Léonor Anstett

Diffusion Novéa et Zut Team

Stagiaire graphisme

Abonnements abonnement@chicmedias.com

Nina Chagas

Graphisme Séverine Voegeli

Retouche numérique

Assistante graphisme Aurélie Catroux

Emmanuel Van Hecke / Preview

Crédits couverture Photo | Alexis Delon / Preview Mannequin Iana / Upmodels Paris

Chargée de projets & développement Léonor Anstett

Mannequins

Paletot en lainage Alberto Biani et casquette en cuir Closed, les deux chez Marbre.

Commercialisation

Coiffure

Léonor Anstett 06 87 33 24 20 Bruno Chibane 06 08 07 99 45 Laurence Kintz 06 20 16 28 49 Elisa Lombe 06 51 12 29 55 Philippe Schweyer 06 22 44 68 67 Anne Walter 06 65 30 27 34 contact@chicmedias.com ou prenom.nom@chicmedias.com

Iana / Upmodels Paris upmodels.fr

Alexandre Lesmes / Avila @avilacoiffure Make-up Sophie Renier

Crédits ouvertures cahiers Photos | Alexis Delon / ­Preview + direction artistique Myriam ­Commot-Delon Série | Les glanées automnales

Studio Photo / Preview 28, rue du Général de Gaulle 67205 Oberhausbergen www.preview.fr


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Sommaire

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14 Strasbourg vu par — Gilles Kempf — Catherine Prompicai — Jean-Marie Messer — Gaël Sturtz — Nadia et Selena Fachinger

40 Un apéro avec... Lola Quivoron. Discussion autour d’une bière avec la réalisatrice du film Rodeo salué au dernier Festival de Cannes.

22 Carte blanche Sandro Weltin. Strasbourg, dans les archives du photographe.

42 Bande dessinée Timothée Ostermann. Dans L’Artiste à mitemps, sa dernière BD, il se découvre assistant pédagogique en lycée pro.

27 La Culture 28 Portfolio Vincent Muller. Le photographe saisit les visages des artistes invités par les Bibliothèques idéales. 36 Zut, v’là Dosda Alice Motard. Incruste chez Alice Motard, nouvelle directrice du CEAAC, pour lui tirer les vers du nez.

44 Architecture Les Journées de l’architecture. Organisées par la MEA, les JA font un focus sur les ressources en ces temps de crise énergétique. 46 Cinéma Augenblick. Focus sur le festival du cinéma germanophone en compagnie de Sadia Robein, programmatrice. 48 Musique Peter Doherty & Frédéric Lo. Le duo a écrit un bel album d’où émerge la voix d’un dandy régénéré… aux produits laitiers.

50  Rejouer Figure Imposée de Bashung. Pascal Jacquemin, guitariste et parolier de Bashung, a monté un spectacle rejouant un album clé du chanteur. 52 La culture en bref

61 Le Style 62 La mode Réviser ses classiques. 76 La mode homme Aller à l’essentiel. 78 Slow fashion Se vêtir écoresponsablement. 82 News mode Tendances et repérages. 86 News design Intérieur et lifestyle.


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Sommaire

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93 La Table

125 139 Les Escapades Les Métiers

94 La chronique Sonia Verguet. Un été indien… culinaire, par une designer de goût.

126 À Meisenthal Le CIAV. Découverte d’un site aujourd’hui totalement métamorphosé.

98 La recette Harmonie Begon. Soyons terre à terre avec les tacos de porc effiloché de la créatrice. 100 Le test Anatomie du café. 102 Quand c’est l’heure Vendredi, 19h. 104 Dossier Le vin nature. Il est devenu incontournable : dossier en plein dans le pif ! 114 Bien boire La Cave du Roi Dagobert. Au Millésime. 118 Bien manger Come a Roma. Fratelli Marmi. Le Coq en pâte.

132 À Strasbourg The People Hostel. La Manufacture des tabacs renaît de ses cendres. 134 Shopping Nos essentiels de la saison pour se faire la belle. 136 Randonnée Le circuit du Cygne. Balade en pays Rhénan commentée par un amoureux des lieux, Stéphane Brucker.

140 Reportage BFM Alsace. En direct des coulisses de la chaîne d’info en continu. 144 Entretien Kelly Cruz. Rencontre avec la jeune carreleuse. 146 Portrait Yves Willman. Il perpétue l’art de la tapisserie.


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Édito

Plus ou moins… Par Emmanuel Dosda

Décroissance, décarbonatation, privation, tempérance, déficit… Je me suis résolu à ne plus emprunter l’ascenseur pour aller au bureau du second, j’échange mes piles par des dynamos, éteins tous mes radiateurs et me chauffe uniquement en faisant cramer les déchets de la poubelle jaune dans ma cheminée. J’ai débranché la télé, acheté un col roulé chez Emmaüs, regonflé les pneus de mon vélo et revendu ma bagnole, arrêté de me goinfrer de filets de poulets gonflés aux hormones et de poissons panés congelés. Je boycotte la Coupe du monde, stoppe l’arrosage de mes plants de tomates cerises. Je décide de me laver un jour sur trois, d’éviter de tirer la chasse d’eau et de me priver de jet. Octobre 2022. Contexte de crise économique et climatique : j’assume le fait d’avoir un enfant fagoté comme en 2019 (et de lui imposer cette vision anti-fashion victim), je remplace les ampoules grillées par des bougies parfumées, je recycle l’eau de ma douche pour laver mon plancher. Tout est vrai (ou presque). C’est très bien, sauf que voilà, le vocabulaire lié à l’austérité me fait grave déprimer, préférant l’ivresse à la sobriété. Ne changeons pas de camp, mais de champ – lexical – le temps d’un édito sous forme de manifeste pour moins de moins et plus de plus. J’en exige davantage : d’ambition, d’humanisation, de passion, de pulsations. Plus de belles images, de bandes dessinées, d’illustrations, de photos et portfolios. De captivantes expos qui remuent les méninges et excitent les sens, d’élégance et de style, de ciné étranger, de concerts et spectacles enflammés in real life, d’architecture raisonnée, de jobs pas bullshit et autres nobles métiers. Je veux m’en foutre jusque-là, de culture et de vin nature, d’artisanat de nos contrées et de petits plats mijotés. Bonne lecture et zut à la frugalité !


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Ils vivent, travaillent, créent et sortent à Strasbourg. Les femmes et les hommes qui font vibrer la ville nous font découvrir leur lieu préféré.

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Propos recueillis par Élisa Lombe Photos Jésus s.Baptista et Sandro Weltin

Strasbourg vu par

Gilles Kempf 54 ans

Architecte et professeur de projet à la MJM

« Ce parking a la particularité d’avoir peu de voitures, il laisse la place ouverte à autre chose, on peut imaginer une transformation, un tierslieu par exemple. »

Actu ?

« Les 25 ans de mon agence et ma 15e année de rentrée en tant que prof à la MJM ! »

Zut à qui ou à quoi ?

« Zut à la fin/faim et à la fermeture de la piscine du Wacken pendant 2 mois. » kempf-architecte.com Pull Isabel Benenato chez Algorithme La Loggia algorithmelaloggia.com

Photo Jésus s.Baptista

Où ? Au dernier niveau du parking Rives de l’Aar


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Jean-Marie Messer 62 ans

Manager chez AG2R La Mondiale Vice-président du Maillon Plus

Photo Sandro Weltin

Où ? Le Maillon

« J’adore ce cube noir réalisé par l’architecte italien Umberto Napolitano, le Maillon est une vraie fabrique de théâtre avec ses deux grandes salles, ainsi que son espace convivial à l’entrée. »

Actu ?

« Je prépare mon 16e marathon qui aura lieu à Athènes le 13 novembre prochain. Je prends également ma retraite le 1er mai, fête du Travail, un jour symbolique. »

Zut à qui ou à quoi ?

« Zut aux personnes qui utilisent leur voiture plutôt que le réseau de transports à Strasbourg. » ag2rlamondiale.fr maillon.eu Blazer Tagliatore Chemise Eton Les deux chez Revenge Hom revenge-hom.com

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91 route des Romains, 67200 Strasbourg 03 88 30 41 81 - contact@salustra.com


Catherine Prompicai 37 ans

Directrice de développement et marketing NELSON.news

Où ? La terrasse de l’Art Café, sur le toit du Musée d’Art moderne

« J’aime beaucoup ce lieu, c’est un lieu de passage, un lieu de vie et de rencontres. Ici se mêlent les Strasbourgeois et les touristes. »

Actu ?

La mise en ligne de l’application Nelson, un facilitateur de lien entre les médias et les marques, les agences et les collectivités.

Photo Jésus s.Baptista

Zut à qui ou à quoi ?

« Zut à l’heure de notre rendez-vous et Zut à tous ceux qui lèvent les yeux lorsqu’on parle de féminisme. » nelson.news Chemisier et pantalon Paul Smith Le tout chez Marbre marbre-strasbourg.com

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Gaël Sturtz

Où ? L’hôtel Graffalgar

Gérant de Gaël Sturtz Agence Immobilière

Actu ?

39 ans

Photo Sandro Weltin

« J’ai choisi ce lieu car il réunit mes deux passions : la musique et le street art. »

« Je vais organiser un apéro, un repas, avec les commerçants de mon quartier afin de renforcer le lien social. »

Zut à qui ou à quoi ?

« Il y a un Z dans mon nom de famille et dans le mot “Zut”, alors zut à la sous-représentation de cette lettre ! »

agence-gaelsturtz.com Manteau Officine Générale /Hoodie Isabel Marant Le tout chez Ultima Homme ultimamode.com

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Nadia et Selena Fachinger 55 et 23 ans

Mère et fille, gérante et community manager de Troc Mode

Photo Sandro Weltin

Où ? Place du Marché-Gayot

Nadia : « Cette place m’est très chère émotionnellement, on venait manger ici tous les vendredis. Une place vivante, où on a vu grandir nos enfants. »

Actu ?

Selena : « Nous avons repris la boutique Troc Mode depuis quatre mois. Ma mère s’occupe des ventes et moi de la partie social media. Vous pouvez y retrouver

des articles de seconde main de luxe, des pièces rares à prix abordables. »

Zut à qui ou à quoi ? « Zut à la Fast Fashion ! » troc-mode.com @trocmode Nadia : Veste Chanel et bottes Hermès Selena : Manteau Isabel Benenato, sac Louis Vuitton Le tout chez Troc Mode

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Carte blanche

Strasbourg, au fil des saisons dans les archives du photographe Sandro Weltin

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« Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. » C’est sur cette citation d’Henri CartierBresson que je concluais mon discours, lors de l’inauguration de ma toute première exposition, Regards croisés sur l’identité, en 2005. Je ne l’avais pas prévue. Elle m’est venue à l’esprit spontanément, alors que je tremblais comme une feuille à l’idée de prononcer un discours ce jour-là. Aujourd’hui cette phrase résonne, toujours et encore en moi, dès lors que je photographie.

Sandro Weltin est photographe pour le Conseil de l’Europe. Témoin d’une Europe en mutation, il photographie pour rendre compte. sandroweltin.com @sandroweltin

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MATHIEU CHAMAGNE / MARINO VANNA /

JEAN-BAPTISTE ANDRÉ / DIMITRI JOURDE / AMBRA SENATORE / RENAUD HERBIN / SYLVAIN RIÉJOU / THOMAS LEBRUN /

SILVIA GRIBAUDI / BRUNO BELTRÃO / OUSMANE SY / AKIKO HASEGAWA / MARIE CAMBOIS / BRYANA FRITZ /

BETTY TCHOMANGA / SOA RATSIFANDRIHANA / LARA BARSACQ / NACH / LENIO KAKLEA / MAUD LE PLADEC / MEYTAL BLANARU /

MARTA IZQUIERDO MUÑOZ / VIA KATLEHONG /

AMALA DIANOR / MARCO DA SILVA FERREIRA / EZIO SCHIAVULLI / WEN HUI /

NATHALIE PERNETTE / MARCO D’AGOSTIN / SIMONE MOUSSET / SIMON FELTZ /

KIYAN KHOSHOIE / FOUAD BOUSSOUF /

SERGE AIMÉ COULIBALY & MAGIC MALIK /

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Série : Les glanées automnales, photo Alexis Delon / Studio Preview + direction artistique Myriam Commot-Delon

LA CULTURE Les yeux brillent, les corps frissonnent, les cœurs battent

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En huit éditions des Bibliothèques idéales, Vincent Muller a saisi autour de six cents visages d’artistes, écrivains pour l’immense majorité d’entre eux. Il œuvre en coulisses, met à l’aise ses sujets, les saisit puis les expose. Sélection de portraits de cette année. Par Pierre Jean Singer / Photos Vincent Muller La Culture—Portfolio

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Les collections littéraires Ce qui frappe, lorsque l’on fait défiler les portraits d’écrivains patiemment collectés par Vincent Muller, c’est d’abord que seule une petite minorité d’entre eux regarde l’objectif. La diversité des cadrages, des profils et des regards préserve la collection de la monotonie. Elle résulte d’un jeu, d’un dialogue entre les modèles et celui qui les « shoote ». Une gageure, car le photographe dispose de peu de temps. Les séances se déroulent en règle générale juste avant que les invités ne montent sur scène, face au public des Bibliothèques idéales. « Je m’installe dans les coulisses, dans un couloir. Cela a démarré à l’Aubette, où j’avais pu monter un fond [une toile de fond monochrome, NDLR] avec quelques lumières », raconte Vincent Muller. Il a ensuite suivi les migrations locales de la manifestation littéraire, vers la cité de la place Dauphine et, tout récemment, le Parlement européen. Je scanne ce qui m’entoure En fonction de la relation qu’il peut établir – ou pas – avec les artistes et écrivains invités, Vincent Muller propose un cadre autre que le fond monochrome. « Je scanne ce qui m’entoure, j’imagine, je place mon sujet, fais un test lumière… La séance dure entre dix secondes et trois ou quatre minutes. Face à moi, il y a tous les types de caractères. Certains, comme Frédéric Beigbeder, prennent des poses, proposent des attitudes, d’autres restent immobiles… 90 % des écrivains jouent le jeu. Quelquesuns énoncent des interdits : photographie que ce profil ! Ou alors : pas de contreplongée, à cause de mon double menton », poursuit Vincent Muller. En une séance, soit quelques minutes, il prend dix à quinze images. Et sait – privilège de l’expérience – si dans ce lot se trouvent une ou plusieurs photos satisfaisantes. Dans l’exercice du portrait, « si tu amènes un truc cool, un moment de détente, tu as tout gagné », avance le photographe. Le modèle se détend, s’ouvre à l’expérience proposée. Vincent Muller a assimilé l’art et la technique du portrait par l’expérience, mais aussi par l’apprentissage.

Prendre le réel Lors de ses premiers pas photographiques, il ne se souvient pas d’avoir eu la révélation, l’appel d’une vocation. À la fin de l’adolescence, le jeune Vincent Muller s’oriente vers une formation pratique en photo, parce qu’il ne se sentait « pas très scolaire ». Il va cependant acquérir des bases techniques solides en six ans d’études. Les dernières années d’apprentissage se déroulent à Toulouse. Le déclic, le goût du métier vient en chambre noire, en apprenant le développement analogique. Et lors des premières prises de vues, au contact de personnes et de lieux. « J’ai découvert de nombreux styles, en étant tout de suite attiré par le reportage, par le fait de prendre le réel », se souvient Vincent Muller. Il débute en Alsace, au sein d’une défunte agence de publicité strasbourgeoise. En tant que photographe de studio « maison », il assimile les ficelles du métier. Et très vite son aspect humain, relationnel. Il y a chez Vincent Muller une gentillesse assez naturelle, une cordialité spontanée, nécessaire et utile à son activité. Installé depuis peu dans le Jura suisse, il partage son activité entre la Suisse romande et l’Alsace, entre la photographie d’entreprise, les manifestations culturelles et une activité journalistique. Sur son site web, Vincent Muller expose des séries thématiques non publiées, ou partiellement. Une certaine élégance relie les images, avec une prédilection pour l’étrangeté, la juxtaposition de signes en décalage, voire en opposition les uns aux autres. Ainsi de la longue série Être(s), imaginée avec le plasticien et ami Hugo Mairelle, florilège de masques créés par ce dernier à partir de fragments végétaux, portés par des modèles nus comme aux premiers jours et perdus dans des paysages immenses. vincentmuller.fr


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Dim. 18 sept. — Emmanuel Carrère (V13, P.O.L.)

« Il était docile. Avec une certaine réserve. Un visage marqué. Quelqu’un que tu n’as pas envie de faire ch… » (Vincent Muller)


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Ven. 9 sept. — Lola Lafon (Quand tu écouteras cette chanson, Stock)

Sam. 3 sept. — Yannick Haenel (Le Trésorier payeur, Gallimard)

Sam. 3 sept. — Concert de Nicolas Comment revisitant sa propre discographie avec Milo, muse et bassiste, la chanteuse américaine Brisa Roché, et Olivier Legall De gauche à droite : Brisa Roché, Olivier Legall, Nicolas Comment et Milo.


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Dim. 4 sept. — Enki Bilal (Bug – tome 3, Casterman)

« C’était la seconde fois que je le prenais en photo. Il s’était rappelé du dernier shooting deux ans auparavant et avait beaucoup aimé les photos. Il s’est donc de nouveau prêté au jeu et m’a demandé s’il pouvait utiliser les nouvelles images pour sa communication personnelle. C’est toujours très gratifiant d’avoir des personnalités avec un tel talent qui considèrent votre travail et vous rappellent pour demander des photos. »


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Dim. 18 sept. — Blandine Rinkel (Vers la violence, Fayard)


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Sam. 17 sept. —Judith Henry (à gauche) et Julie Gayet (à droite) ont fait une lecture de Nous ne serions pas arrivées là si… d’Annick Cojean, Grasset / Le Monde

Dim. 4 sept. — Kaouther Adimi (Au vent mauvais, Seuil)


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Sam. 17 sept. — Sonia Deviller (Les exportés, Flammarion)

Dim. 11 sept. — Olivia Ruiz (Écoute la pluie tomber, JC Lattès)

« Je l’ai attendue pendant deux heures, elle repoussait sans cesse le moment du shooting. (Je n’ai pas la bonne robe, je fume une clope, je vais d’abord faire les dédicaces.) La séance commencée, j’appréhendais le fait qu’elle tombe de la table basse sur laquelle je voulais la prendre en photo. Finalement, elle a tenu le temps des portraits mais on n’est pas passé loin de la chute. »


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Sam. 10 sept. — Léopoldine HH (la chanteuse a rendu hommage à Charles Trenet en compagnie de Gérard Daguerre, Muriel Daguerre et Vincent Dedienne)

« J’ai l’habitude de la prendre en photo car elle vient presque chaque année aux Bibliothèques idéales. C’est le type de personne que j’adore photographier car elle propose tout de suite des poses et des attitudes décalées. Je n’ai plus qu’à choper le bon moment.»


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Toc toc toc ! « Qui est là ? » « C’est Dosda ! » Indiscret, en compagnie de mon acolyte photographe, à l’heure du café, je me suis incrusté chez Alice Motard, nouvelle directrice du Centre européen d’actions artistiques contemporaines (CEAAC), pour observer son charmant foyer et lui tirer les vers du nez. Par Emmanuel Dosda / Photos Christophe Urbain La Culture

Rencontre

Zut, v’là Dosda Catalogues, biographies et autres livres ­post-ités envahissant les étagères, œuvres de toutes dimensions couvrant des pans de murs entiers, mobilier choisi avec goût, jouets jonchant le parquet trahissant une présence enfantine en la demeure… Nous fouinons. Sur la table de chevet de celle qui est entrée en fonction il y a pile un an : Cher connard de Despentes, Au bonheur des dames de Zola et La Vie sociale des choses de ­l’anthropologue Arjun Appadurai. Trois ouvrages qu’elle lit davantage par professionnalisme que par plaisir – même si l’un n’empêche pas l’autre. Dans le quartier de la Neustadt, le lumineux appartement au charme discrètement bourgeois d’Alice Motard offre une jolie vue sur le Jardin botanique. Tout à coup, notre hôte s’excuse et se précipite vers un ensemble de cadres aux tonalités sombres, tranchant sur une surface blanche. La raison de ce moment de panique ? L’élégante directrice du centre d’art supporte moyennement quand ça penche, lorsque les choses ne sont pas

correctement alignées. « Les tableaux bougent sans cesse avec les tremblements et vibrations, mais je vous rassure, je m’attelle à me maîtriser et cesser de sortir mon niveau à bulle ! » s’amuse cette femme résolument bûcheuse, fonceuse, animée par la passion de son travail. Têtue Pour parvenir à pénétrer, en douceur, dans son univers, nous pointons du doigt une étrange estampe : il s’agit d’une page d’atlas imprimée sur un mouchoir passé par les entrailles encrées d’une photocopieuse. Cette œuvre signée Marie Cool Fabio Balducci est un cadeau fait par le duo à celle qui l’avait invité au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux en 2019, alors qu’elle y était commissaire en chef. Presque toutes les autres œuvres « exposées » ici ont un lien direct, affectif, avec celle qui travailla au Palais de Tokyo ou au Plateau à Paris, aux centres d’art Raven Row (Londres) et Spike Island (Bristol).


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chez Alice Motard


La Culture

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Rencontre Non loin du délicat mouchoir, nous remarquons un dessin dédicacé – « With best wishes » – par l’artiste japonaise nonagénaire Takako Saito à laquelle le CAPC consacra une importante monographie (en 2019). Proche du mouvement Fluxus et notamment de George Maciunas, la plasticienne multiplie les supports d’expression et « devient une véritable adolescente » durant ses performances. Lors de l’une d’elles, Takako Saito fit un « lâcher » de cubes en papier parmi un public aux anges. Deux exemplaires, de tailles différentes, sont précieusement conservés sur un meuble du salon d’Alice qui a pu mener à bien l’exposition bordelaise de cette artiste déconnectée après « une longue correspondance postale », loin des arcanes du web. « Nous avons pu monter ce projet car toutes deux sommes têtues », admet la work addict autoproclamée. Et globetrotteuse assumée : ouverte sur le monde, elle va naturellement poursuivre le développement du programme d’échanges internationaux du CEAAC qui se dotera prochainement de nouveaux ateliers pour ses résidences croisées.

L’élégante directrice du centre d’art supporte moyennement quand ça penche, lorsque les choses ne sont pas correctement alignées.

Enfant d’Erasmus Le logement d’Alice Motard, comme tous les lieux où officia cette « enfant d’Erasmus », est chargé d’histoire, à quelques pas de l’Observatoire ou du Musée zoologique. « J’ai cependant vécu dans une tour, à Londres », objecte-t-elle. « Il s’agissait d’une version naine du célèbre gratte-ciel de Canary Wharf, qui lui avait valu son affectueux surnom de Canary Dwarf [naine en anglais, NDLR]. » Et de poursuivre : « Raven Row opérait depuis deux boutiques ouvertes par des marchands de soie huguenots dans le quartier de Spitalfields au xviiie siècle tandis qu’on empaquetait du thé Brooke Bond à Spike Island. Ça n’est pas un hasard, car je tiens particulièrement compte des lieux avant même de songer aux objets à y exposer, jamais hors-sol. Me pencher sur l’histoire ne signifie pas tourner le dos aux préoccupations actuelles. Bien au contraire. » Son projet artistique pour le centre d’art strasbourgeois est traversé par les problématiques – écologiques, économiques… – de notre époque. Logique quand on sait que sa directrice, fidèle auditrice de la série de podcasts La Poudre de Lauren Bastide, fut « biberonnée » aux questions féministes ou de genre depuis bien longtemps. Plaçant le recyclage, l’« optimisation des ressources », sur un piédestal, l’exposition collective du moment, Au Bonheur, est largement irriguée par ces sujets, mais aussi la mémoire, le vernaculaire, le savoir-faire, l’art populaire.


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Le goût des formes pleines « J’ai un attachement profond à la forme. Certaines sont vides, mais d’autres sont pleines de sens. Selon moi, une bonne expo doit pouvoir se passer de longs discours. » Avec Au Bonheur, Alice Motard et Joël Riff, co-commissaire (membre de l’équipe du Moly-Sabata, résidence d’artistes de Sablons), nous replongent dans le récit du CEAAC, installé en ces murs depuis 1995. Style Art nouveau, fines boiseries, décors végétaux, escaliers en fer forgé et plafond peint aux motifs floraux, l’institution fut un magasin d’objets en verre, en porcelaine ou en faïence créé par Eugène Neunreiter en 1899 à la Krutenau. On y trouvait également des luminaires et autres articles utilitaires auxquels les œuvres de la vingtaine d’artistes conviés font respectueusement écho. L’entrée franchie, il faut parcourir le Moly shop, boutique éphémère qui propose à la vente une gamme d’objets en céramique fabriqués dans la région. Du circuit court au court-circuit, il n’y a que quelques pas à faire. Ainsi, le plasticien Nicholas Vargelis, collectionneur d’ampoules à incandescence à ses heures, a « hacké le système d’éclairage » afin que le public puisse choisir l’ambiance lumineuse. Tandis que Marianne Marić présente ses lumineuses jupes abat-jour, des Lamp-girls résolument électriques, Julie Béna expose des lustres à la semblance organique…

Un débordement de ravissement Frise architecturale d’Estelle Deschamp, sculptures aux allures antiques et numériques du duo de designers La double clique, vaisselle en faïence émaillée de l’atelier Palais du Corbeau, poteries en porcelaine blanche de Camille Schpilberg… Au Bonheur « convoque l’esprit des lieux ». D’ailleurs, Alice confie : « Sans verser dans l’occultisme, je ne serais pas à l’aise si je devais travailler dans un ancien abattoir ! » L’exposition évoquant « le passé commercial » du bâtiment du CEAAC rend hommage à William Morris, chef de file du mouvement Art and Crafts qui prôna, au xixe siècle, « la révolution par l’épanouissement dans sa vie et sa profession, en s’opposant notamment à la division du travail », explique la directrice qui s’estime « très heureuse ! » Grâce à son « métier passion » bien sûr… Elle cède, pudiquement : « Je devrais évoquer l’amour que j’ai pour mes proches, mais là, nous entrons dans le domaine du privé ! » Ne forçons pas trop la porte de l’intime…

Au Bonheur Jusqu’au 08.01.23 CEAAC ceaac.org


Réalisatrice du film Rodeo salué au dernier Festival de Cannes, pourfendeuse des étiquettes et amatrice… de l’au-delà du réel. Par Cécile Becker / Photo Christophe Urbain La Culture

Cinéma

Un apéro avec Lola Quivoron

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Pourquoi tu fais des films ? Pour créer du lien avec l’autre, pour construire et greffer des choses sur le réel, pour être dans une forme de réciprocité. À l’heure où la société divise, où la pensée devient de plus en plus binaire et se construit dans la fracture, le cinéma, à travers l’émotion qui est universelle, réussit à produire des familles. Le film est une expérience collective. As-tu la sensation de créer des familles quand tu fais des films ? Je dirais même plus, tu crées des micro-sociétés. Quand tu es réalisatrice, tu as la chance de pouvoir inventer des dispositifs et c’est important de créer un dispositif qui soit à l’image de tes opinions et de ton inscription dans la société. Je n’aime pas parler de direction d’acteur, c’est problématique : tu diriges une banque ou une boutique mais ce n’est pas un terme artistique. C’est un terme de dominant, de prédation et qui renvoie au capitalisme. Je veille à ce que l’esprit du collectif soit présent et à ce que l’énergie circule. Je suis très mal à l’aise quand le pouvoir est trop concentré. Elle a bu : une Meteor Pils La journaliste a bu : un Picon « sans » Qui a réglé la note : les cinémas Star Propos recueillis à La Chope le 24 août, dans le cadre de l’avant-première de Rodeo aux cinémas Star.

Qu’est-ce que tu regardes le plus chez les gens ? Je crois que c’est les yeux. Parce que dans les yeux tu vois beaucoup de choses. L’instinct premier de la rencontre c’est ça : la vérité, l’âme ; c’est hyper important. Et souvent, ça me met sur la piste du gros plan, mon langage et ce qui m’intéresse le plus. Le gros plan, c’est le regard emphatique. Le naturalisme ne m’intéresse pas, mais le cinéma est là pour amplifier, pour créer des épiphanies, de l’intensité, de l’épique, de la mythologie. Il y a un regard amoureux sur le garage dans ton film… J’adore les garages. Pourquoi ? J’aime bien les voitures accidentées. La première histoire que j’ai entendue en boucle, c’est celle de l’accident de ma grandmère, opérée plus de sept fois. Elle me racontait l’accident sous toutes ses coutures, à travers ses cicatrices qui avaient chacune un nom. J’adorais quand elle me racontait ça. Elle a un corps rafistolé, cabossé que j’ai toujours trouvé super beau, que je prenais en photo. Tu aurais fait quoi si tu n’avais pas été ­réalisatrice ? J’ai honte de le dire mais j’aurais été bouchère – en plus, je suis en train de devenir végétarienne. C’est l’idée de découper de la viande, ça a un rapport avec le montage, j’aime bien la technicité du geste, j’aime bien comprendre. J’adore découper des filets, du poulet, tout ça… C’est un peu bizarre. [Rires]

Tu parles de domination, comment tu t’es déconstruite ? J’ai commencé à écrire Rodeo en 2016 à la sortie de la Fémis. Plus je construisais le film et plus je me déconstruisais. C’est un truc d’expérience sociale le fait d’être une femme, réalisatrice, gouine, d’être tout le temps confrontée au regard masculin... Ce qui m’a déconstruite, ce sont les lectures. Paul B. Preciado m’a fait le plus de bien au moment où j’ai commencé à écrire le personnage de Julia. Ça vient certainement aussi du fait que je suis non-binaire : je suis entre les normes du masculin et du féminin, j’oscille, ce que je donne à voir n’est pas vraiment moi. Au début ça me faisait beaucoup souffrir… et puis ce personnage que je n’arrivais pas à caractériser : un garçon ? Une fille ? Ce qui m’a débloquée c’est Un appartement sur Uranus [de Paul B. Preciado, donc, NDLR], Elsa Dorlin et pas mal de podcasts, notamment Les Couilles sur la table avec Virginie Despentes qui parle de violence féminine. Et puis des lectures décoloniales, un livre génial que j’ai découvert cet été, Rester barbare de Louisa Yousfi… Et tu retrouves ça côté films ? Les films de Samuel Fuller que je trouve vraiment complexes sur les personnages. Le film de Ridley Scott, Thelma et Louise, un vrai film sur le regard. Tu te considères comme affranchie ? Le problème c’est qu’on est tellement dans des rapports de domination que le seul moyen que tu peux trouver pour résister, c’est de faire un pas vers la violence. La violence est coûteuse, elle est aliénante mais elle peut être ludique, par exemple… comme les pirates. Le problème c’est qu’on vit en communauté… Mon rêve, c’est un peu de m’abstraire du monde. La société est violente et la violence est un outil de travail. Tu arrives à être violente ? Seulement si je me défends. Et j’ai beaucoup appris pour ne pas prendre ce chemin-là. Quand je dis que c’est coûteux, par exemple, tu subis une agression, tu te défends et après tu es hantée par ta propre violence : pourquoi je ne suis pas allée plus loin ? Pourquoi j’ai pas fait ça ? Comme un fantôme. Aujourd’hui, je ne m’allume plus au simple regard de travers dans le métro, j’aborde le truc avec le rire, mais c’est dur… franchement. Faut être intelligent, mais c’est dur d’être intelligent dans une société bête, même si c’est binaire de dire ça. C’est dur de s’élever dans une ­société qui nous rapetisse sans cesse. On nous fait croire qu’on peut s’élever individuellement mais c’est collectivement qu’il faut s’élever…


Timothée Ostermann a fait sa rentrée des classes. Dans L’Artiste à mi-temps, sa dernière bande dessinée parue fin août, l’auteur-dessinateur originaire de Saverne se découvre assistant pédagogique dans un lycée professionnel, entouré d’ados ingérables et confronté aux galères du monde du travail. Par Manon Landreau/ Photo Patrick Lambin La Culture

Bande dessinée

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Tranche de vie(s) Timothée Ostermann À 30 ans, Timothée Ostermann semble avoir déjà vécu plusieurs vies. Tour à tour employé de supermarché, en immersion dans un salon de tatouage ou encore footballeur amateur, ce dessinateur de BD a fait de son quotidien la toile de fond de ses albums. Ses récits s’inspirent d’expériences vécues un peu malgré lui et, chaque fois qu’il se retrouve « catapulté » dans un nouvel univers, il en profite pour en croquer les coulisses et les acteurs. Dans L’Artiste à mi-temps, son quatrième album, paru aux éditions Sarbacane, il est assistant pédagogique dans un lycée professionnel. « Pour moi, c’était un endroit très exotique, explique-t-il. J’ai grandi à la campagne et étudié dans un lycée bourgeois qui n’a rien à voir avec celui où j’ai travaillé. Le public n’est pas du tout le même en lycée professionnel. C’est cette espèce de grand écart entre moi et les élèves que je trouvais

intéressant ». Pendant une année scolaire, son quotidien est rythmé par les allées et venues des élèves au CDI et les rencontres parfois lunaires qui en découlent. Se moquant tout autant de l’hostilité des jeunes entre eux que de son propre manque d’initiative et d’autorité, il raconte aussi ses difficultés à s’adapter à cet emploi aux antipodes de ses aspirations d’artiste. Une situation dans laquelle se reconnaîtront beaucoup de jeunes diplômés. « En sortant d’une école d’art, quasiment 80 % des gens ont un emploi alimentaire, souligne Timothée Ostermann. De mon côté, ça va parce que je fais de l’illustration et j’ai des moyens assez concrets de gagner de l’argent mais si tu fais de l’art contemporain, tu te retrouves vite serveur, pion ou employé dans un supermarché. Je pense qu’il y a beaucoup de gens dans ce milieu qui ont été artistes à mi-temps, et je parle par expérience. »


De l’autofiction à une collection d’écharpes pour le Racing Déjà dans sa première bande dessinée, Voyage en tête de gondole (2016, Fluide Glacial), un job d’été au sein d’un hypermarché lui donnait l’occasion de raconter l’envers et les travers de la grande distribution, tout en décrivant ses rencontres les plus improbables. Mais le dessinateur nuance : « Je ne fais pas de documentaire, je fais de l’autofiction. C’est-à-dire que je me mets en scène et je mets en scène les autres. Il y a toujours des personnages qui existent plus ou moins et d’autres qui sont inventés. » Même démarche avec Football District (2018, Fluide Glacial), alors qu’il plonge ses lecteurs au cœur du club de football de Marmoutier, créé par son grand-père et par lequel sont passés tous ses frères avant lui. Ici, pas de match épique à commenter, c’est du côté des vestiaires, des pauses clopes en guise d’échauffement et des soirées de consolation au club-house qu’il tire ses anecdotes et exacerbe les clichés. Toujours avec humour, il met en scène ses coéquipiers et rend hommage à ceux qui font vivre le football associatif. Car pour Timothée Ostermann, le foot, c’est l’histoire d’une vie. Abonné au Racing Club de Strasbourg « en tribune populaire » et illustrateur régulier du magazine So Foot, il a signé en 2020 l’une des onze couvertures de notre hors-série Un seul amour et pour toujours dédié au RCS. Après avoir créé des écharpes à l’effigie du FC Marmoutier, où il vient de raccrocher les crampons, il récidive cette année en signant trois nouvelles écharpes pour le Racing. « J’ai assez raconté ma vie » Avec quatre albums de BD à son actif, le dessinateur a affiné son trait, fait évoluer son style et glissé vers une narration de plus en plus personnelle. À l’image de Carpe Diem, sa dernière parution chez Fluide Glacial en 2019, où une immersion dans un salon de tatouage devient une véritable quête initiatique, sur fond de rupture douloureuse et questionnements existentiels. « Dans mes premiers albums, je me plaçais en observateur mais, petit à petit, je révèle plus d’éléments de ma vie. C’est moins neutre qu’avant », confirme-t-il. Avec L’Artiste à mi-temps, il poursuit sur cette lancée et offre un récit qui navigue sans relâche entre dérision et intro­ spection. Pourtant, il déclare vouloir se détourner de l’autofiction et présente cette nouvelle bande dessinée comme la fin d’un cycle : « Je perçois de plus en plus les limites de cette mise en scène, révèlet-il. Je l’ai fait une dernière fois pour cet album parce que ce genre d’expériences de travail me donne énormément de matière, de choses à raconter, mais je ne pense pas le refaire. J’ai assez raconté ma vie et j’ai arrêté de travailler. En ce moment, c’est la fiction pure qui m’attire. » Ça tombe bien, il est désormais artiste à plein temps. Timothée Ostermann, L’Artiste à mi-temps, Éditions Sarbacane, 2022

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La sélection de la librairie Le Tigre La HEAR à l’honneur Par Louise Lemée et Nicolas Deprez / Photo Sandro Weltin

Violette contre Diablot1 Émilie Clarke, Biscoto

C’est la rentrée en sixième pour Violette et ses amis. Et ça fait pas mal de changements, surtout que Violette devient la star du collège grâce à ses lunettes magiques. Mais ça va partir en cacahuètes quand l’anonyme Diablot1 lui envoie un message... Violette, aidée de ses amis, va devoir enquêter sur ce mystérieux personnage. C’est drôle, ça décomplexe et ça donne qu’une envie : devenir potes avec Violette et sa bande !

J’ai vu des vêtements sauvages Inès Rousset et Simon Burger, Le Monte-en-l’air

Une épopée googlesque vécue par Simon qui n’est jamais allé au Japon et Inès qui y est en stage. Simon visite par procuration les îles japonaises sur Google Maps et découvre les avis traduits du japonais au français. Illustrées par Inès, ces phrases énigmatiques qui oscillent entre la poésie et le loufoque nous font voyager dans ces paysages mystérieux...

→E n dédicace à la librairie Le Tigre le 12 novembre de 15 h à 19 h


Organisées par la Maison européenne de l’architecture - Rhin 44 supérieur (MEA), Les Journées de l’architecture (JA) font un focus sur les ressources en ces temps de nécessaire serrage de ceinture quant à la consommation énergétique. Par Emmanuel Dosda La Culture

Architecture

Less is more Austérité ? Sobriété ! Le festival transfrontalier qui démocratise les enjeux du bâti et du bâtir depuis 22 ans s’arrête sur un thème résonnant particulièrement dans le contexte de crise climatique que nous traversons : Architecture & ressources. « La MEA s’est fixé pour objectif de dépasser l’entre-soi et de s’adresser au grand public, de le sensibiliser à notre métier qui consiste à la réalisation de programmes qui doivent résister au moins un demi-siècle. » Claude Denu, président, admet volontiers qu’environ 50 % du public des JA est issu du milieu, mais que tous se mobilisent « en tant que confrères, pas concurrents ». « Chaque expérience de construction doit se faire collectivement », aime à rappeler l’équipe organisatrice d’un festival fédérateur (environ 50 000 visiteurs par an) dont le sujet s’impose comme une évidence à l’heure du

Kiln Tower for The Brickworks Museum de Roger Boltshauser, ©Kuster & Frey

réchauffement de la planète où la « ­ frugalité heureuse » deviendra inévitablement une norme. Suzanne Brolly, adjointe à la maire de Strasbourg, en charge de la ville résiliente, félicite les JA pour le choix d’une thématique plus que jamais d’actualité : la « réutilisation du patrimoine bâti, l’optimisation des logements vacants par leur réaménagement et leur isolation à l’aide de matériaux biosourcés » est absolument nécessaire. Julie Wilhelm-Muller, vice-présidente de la MEA, évoque plus de 160 rendez-vous, partout dans le Rhin supérieur, convaincue qu’« un autre monde est possible, que l’architecture peut et doit nous aider à sortir des crises que nous vivons et qui nous attendent. » Les perspectives envisagées ? Elles seront exposées tout au long de la manifestation et notamment lors des temps forts avec conférences et rencontres.

Jusqu’au 31 octobre Dans 26 villes du Rhin supérieur (en Alsace, dans le Bade-Wurtemberg et deux cantons de Bâle en Suisse) m-ea.eu/ja22

Maison Rauch de Martin Rauch, © Beat Bühler


Décarbonisons ! Le monde change, tout comme les modes de construction, de consommation (énergétique) et la façon d’envisager l’architecture, résolument en transition, nécessitant l’innovation. Le Pôle Fibres-Energivie – du LIVING Lab. – Tiers-Lieu des Matériaux et Bâtiments durables – propose une journée de réflexions où l’humain est placé au centre. Le thème ? « Ressources… humaines ». Quelles compétences acquérir face à la décarbonation indispensable des bâtiments ? Quels métiers développer pour faciliter la rénovation, le recyclage ? Comment faire baisser la pénibilité sur les chantiers ? Pourquoi l’apprentissage est autant dévalorisé en France et quels sont les moyens de faire changer les mentalités, bouger les lignes et perspectives ? Quelles professions imaginer pour édifier le monde de demain ? Identifier la demande, saisir les besoins, créer des croisements, donner du sens aux métiers du bâtiment… Durant le colloque, le Pôle (situé à Illkirch-Graffenstaden) fera intervenir des spécialistes et organisera des rencontres, notamment lors d’un speed-dating entre professionnels et nouvelle génération. Colloque, mardi 25 octobre (11h-19h) aux salons de la SIM de Mulhouse fibres-energivie.eu

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Visitons ! Dans le cadre des JA, la Ville met en valeur un certain nombre de constructions répondant aux enjeux relevés par la thématique du festival. Ainsi, Strasbourg met en lumière la reconfiguration du Stade de la Meinau dont la capacité passera de 26 000 places à 32 000 après des travaux permettant l’installation de panneaux photovoltaïques ou encore le captage de la pluie, notamment pour l’arrosage de la pelouse. Notons la visite du Centre socioculturel de l’Elsau (le 22 octobre de 10 h 30 à 12 h) mis aux normes actuelles et rééquipé, ou le restaurant scolaire Erckmann Chatrian à la Montagne verte (le 29 octobre de 10 h 30 à 12 h) redimensionné. Une exposition de l’ensemble des projets emblématiques de la cité a lieu au Barrage Vauban durant les JA. strasbourg.eu/-/architecture

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L’invité d’honneur de la 18e édition d’Augenblick ? Le grand maître Volker Schlöndorff. Focus sur le festival du cinéma germanophone en compagnie de Sadia Robein, programmatrice, fan de Wenders comme de… Tatort. Par Emmanuel Dosda / Portrait Benoît Linder La Culture

Cinéma

Cours,

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Sadia, cours

Je me souviens avoir découvert Le Tambour (1979) de Schlöndorff très jeune et du choc provoqué par l’histoire de ce gamin qui refuse de grandir. Quel film germanophone vous a particulièrement marqué ? D’origine polonaise, j’ai grandi à Varsovie. Adolescente, j’ai vu Les Ailes du désir de Wim Wenders qui passait sur une chaîne culturelle. Nous n’avions pas de VHS et j’attendais que le film soit rediffusé pour le revoir, en boucle, au moins une trentaine de fois ! Je me rappelle de la voix de Bruno Ganz, de l’importance des mots, omniprésents, qui m’a donné envie d’apprendre

l’allemand. Pour cette raison, je suis allée à Dresde où j’ai travaillé au sein d’une association pour la promotion de l’agriculture biologique en Europe centrale et de l’Est. Déjà un programme interculturel ! Autre œuvre cinématographique importante pour moi : Woyzeck de Werner H ­ erzog avec Klaus Kinski. J’aime les personnages ­d ’Herzog : ils sortent du cadre, dérapent… Et Le Tambour, programmé cette année ? Je l’ai découvert à la même époque. D’ailleurs, il se déroule à Dantzig, dans le nord de la Pologne, germanophone. Nous lisions G ­ ünter


Grass – dont le livre éponyme a été adapté par Schlöndorff – à l’école : il fait partie de notre culture. Je garde en mémoire la scène où l’enfant qui prend la décision d’arrêter de grandir sous le régime nazi perturbe une cérémonie en frappant sur son tambour tandis que l’orchestre joue. Schlöndorff raconte volontiers l’admiration qu’il avait pour le petit garçon interprétant Oskar. Il en parlera sans doute à l’occasion de sa venue en Alsace. Notre invité d’honneur présentera aussi Der Waldmacher, son récent documentaire militant qui suit un agronome faisant pousser de la végétation dans un milieu désertique au Niger. À 83 ans, le cinéaste reste très actif. Lors du festival, il s’exprimera dans notre langue : il a vécu en France pour fuir la génération qui le précédait et son comportement durant la guerre. Cours, Lola, cours (1998), présenté sous forme de cinéconcert* à l’occasion du festival, ou des films plus récents comme Toni Erdmann (2016) ont-ils créé un appel d’air ? Le cinéma germanophone est extrêmement créatif, vous ­allez le découvrir grâce aux films en compétition, Drii Winter de ­Michael Koch par exemple. C’est sans aucun doute lié à la proximité avec la frontière, mais l’engouement est fort en Alsace avec 6 000 entrées et 1 200 séances l’an passé. Il y a beaucoup de choses à inventer pour le futur : j’aimerais notamment aborder des thématiques comme la musique, très importante chez Fassbinder ou Herzog. Cette année, un des documentaires sélectionnés, Liebe, D-Mark und Tod de Cem Kaya, montre l’influence de la musique turque et des mélanges qui s’opèrent pour mener les mélodies folkloriques des mariages traditionnels vers d’autres territoires comme l’electro. Culture et politique sont liés dans ce film évoquant également la solidarité entre ouvriers d’origines turques et allemandes qui ont des intérêts communs à défendre. Parmi les avant-premières, il y a Corsage de Marie Kreutzer qui revisite Sissi, mais traversant la crise de la quarantaine… Ici, l’impératrice d’Autriche, interprétée par Vicky Krieps, ­refuse de se soumettre et d’être corsetée, un peu comme la Marie-­ Antoinette de Sofia Coppola ou Lady Diana. Durant le film, la princesse fait de l’escrime avec son mari et mène le jeu. Il est perturbé car il sait qu’il n’y a pas d’égalité si ceux qui ont le pouvoir ne le lâchent pas ! Hasard ou non, beaucoup de courts de notre sélection sont l’œuvre de réalisatrices, pour la plupart avec des préoccupations féministes. Savez-vous que notre photographe, Benoît, documente régulièrement les tournages de Tatort ? Cette série policière a bien évolué depuis les années soixantedix où Nastassja Kinski a fait des apparitions ! Lorsque je vivais en Allemagne, son visionnage, dans des bars, devenait un événement collectif et festif. Comme lors de la diffusion de matchs de foot ou des soirées nanars entre copains, nous buvions des bières en regardant Tatort où parfois même Polizeiruf 110, son concurrent de l’Est ! Augenblick, festival du cinéma germanophone en Alsace 8 → 25 novembre dans les cinémas indépendants d’Alsace festival-augenblick.fr * Avec Jean-Marc Foltz (clarinette) et Eliot Foltz (batterie)


Aux côtés de Frédéric Lo, Peter Doherty s’est assagi et arrondi dans tous les sens du terme. Sa rédemption l’amènera à Strasbourg début décembre. Par Fabrice Voné / Photo DR La Culture

Musique

Time for heroes Peter Doherty & Frédéric Lo + guest 5 décembre La Laiterie.

Free Pete. Début 2000, le slogan s’affichait sur un t-shirt sombre où l’on pouvait percevoir la bouille de l’enfant terrible des Libertines malgré des yeux barrés d’un ruban noir. Époque survoltée où le jeune homme défraye la chronique en alimentant les tabloïds sur fond de toxicomanie, du cambriolage de l’appart de Carl Barât, son acolyte aux sein des Libertines, et de sa relation tumultueuse avec Kate Moss. « What a waster, what a fucking waster ! («Quel bon à rien, quel putain de bon à rien !») », tournait à la manière d’un gyrophare dans les rades de Londres. À Shepherd’s Bush, on avait poussé jusqu’à Loftus Road, l’antre des Queens Park Rangers, pour déceler un semblant d’innocence renvoyant à son adolescence lorsqu’il réalisait des fanzines sur son club de cœur. En pure perte. L’aimable type préposé à la boutique déserte des Hoops nous ayant clairement indiqué la porte de sortie à l’évocation de Pete Doherty. Forcément, celui qui s’illustra ensuite avec Babyshambles eut du mal à s’affranchir de sa propre caricature. Jusqu’à Grace/Wastelands, escapade en solo avec l’aide de Graham Coxon, comme un début de reconnexion vers la décence. Un duo de ballerines s’invite sur scène pour des concerts acoustiques parfois bluffants de luminosité.

Progressivement, Pete redevient Peter (son prénom) et s’enracine de ce côté-ci de la Manche. On le croise dans les rues t­ ortueuses du centre historique de Perpignan, du côté de Barcelone avant de le localiser à Melun. Un Brexit plus tard, il trouve son havre de paix au bord des falaises d’Étretat et au bras de Katia de Vidas, fille du producteur exécutif de Claude L ­ elouch. Un homme et une femme donc, auxquels se joint Frédéric Lo pour accélérer la rédemption artistique du personnage. Par le passé, l’auteur-compositeur avait déjà remis Daniel Darc en selle avec Crèvecœur (2004). C’est justement dans le cadre d’un album-­ hommage à l’ancien chanteur de Taxi Girl, décédé en 2013, que Lo contacte Doherty. Ce dernier découvre et reprend « Inutile et hors d’usage ». Comme une évidence et un préalable à une collaboration plus intense qui se matérialise avec le très classieux The Fantasy Life of Poetry and Crime, sorti au printemps. Un immense album pop d’où émerge la voix apaisée d’un dandy r­ égénéré au brie et au camembert, ses deux nouvelles obsessions lactées. « Je le bois par pinte », affirme-t-il dans un entretien à The Guardian, à l’occasion de la sortie de son autobiographie A Likely Lad. La pasteurisation est prévue le 5 décembre à La Laiterie.

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Les spectacles Iphigénie

Tiago Rodrigues | Anne Théron * 13 | 22 oct

Berlin mon garçon

Hélène Alexandridis et Claude Duparfait, acteur associé, Berlin mon garçon © Jean-Louis Fernandez

Marie NDiaye * | Stanislas Nordey 9 | 19 nov

La Septième

D’après 7 de Tristan Garcia | Marie-Christine Soma 15 | 23 nov

Bachelard Quartet

Jeanne Bleuse, Marguerite Bordat, Noémi Boutin, Pierre Meunier 26 nov | 2 déc

L’autre saison La Taïga court SPECTACLES GRATUITS DE L’ÉCOLE DU TNS 1 TEXTE, 4 MISES EN SCÈNE

Sonia Chiambretto | Antoine Hespel, Timothée Israël (Groupe 46), Ivan Màrquez, Mathilde Waeber (Groupe 47) 4 | 9 nov * Artistes associées au TNS

TNS Théâtre National de Strasbourg 03 88 24 88 24 | tns.fr | #tns2223


Pascal Jacquemin, guitariste et parolier de Bashung, a monté un spectacle musical rejouant Figure imposée, album clé mais négligé du chanteur immortel. Par Emmanuel Dosda La Culture

Musique

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Vestiges de l’amour Pascal Jacquemin vit aujourd’hui dans les Vosges alsaciennes, parmi cerfs et sangliers, à 800 mètres d’altitude. Il sort du bois avec ce projet frisant la fantaisie (militaire) : reprendre sur scène l’album Figure imposée pour fêter les quatre décennies d’un disque dont il est le parolier. Le musicien se souvient de la première fois où il entendit Bashung lorsque, jeunot, il se faisait un peu d’argent en servant du gasoil aux automobilistes à sec. Un petit boulot « plutôt rémunérateur », se rappelle-t-il, « surtout avec les pourboires, quand je passais un coup de chiffon sur les pare-brises. » Un jour, les avant-bras pleins d’essence, couleur bleu pétrole, la radio crache ces paroles : « J’ai plaqué mon job à la station-service […] Aujourd’hui, j’ai plus les mains sales. » Les mots (de Boris Bergman) résonnent encore en celui qui monta un groupe nommé Fusion, au collège, avec un certain Rodolphe Burger. Une poignée d’années plus tard, le pompiste-guitariste accompagne Bashung sur scène, lors de

sa tournée de 1981, puis écrit les textes de ­Figure imposée (1983). Trois ans après « Gaby » et « Vertige de l’amour », l’artiste a besoin de « sang neuf », de mettre de l’huile dans son moteur et échapper à son statut de tubeur en série pour revêtir sa blouse de « chercheur »… quitte à perdre quelques auditeurs en route. Dans un total respect pour « Boris », Pascal Jacquemin écrit la quasi-totalité (Bergman est l’auteur d’« Imbécile ») du disque. Dans un style propre à l’univers de Bashung, privilégiant « l’analogie, l’évocation », il écrit « Horoscope », « Lou ravi » (« un dialogue, peut-être intérieur, avec, ou d’un idiot du village », indique Pascal), « Poisson d’avril » (chanson… en anglais, comme son nom l’indique) ou encore « Nuits Halloween », remplacée par « Spiele mich an die Wand » (de Bergman), sur la réédition de 1993, que Pascal espère faire chanter à Burger lors du concert hommage Rejouer Figure Imposée à L’ED&N. À l’occasion de cette réinterprétation, il y aura bien des complices

de Bashung : la muse Chloé Mons, le batteur Arnaud Dieterlen, le guitariste Yan Péchin, le bassiste Bobby Jocky, le fiston Basile Jacquemin (synthé…) ou encore Fred Poulet (chant, vidéo…). Pascal rembobine : « Souvent, Alain », cut-upiste invétéré, « prenait la phrase d’un morceau pour la replacer dans un autre », obligeant l’auteur « à reconstruire le texte », le reboucher en creusant pour « chercher du gravier ». La hantise des figures imposées selon Bashung. Rejouer Figure Imposée 1er décembre L’ED&N de Sausheim eden-sausheim.com



La culture, en bref. La Culture

Actus

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Textes Aurélie Vautrin Entretiens Emmanuel Dosda

Exposition Tomi au Palais 17 sept. → 5 jan. 2023 Musée des Arts décoratifs musees.strasbourg.eu Sur le parquet massif du salon des évêques, des rails de chemin de fer slaloment entre le mobilier cossu et les statues de marbre. Dans le cabinet d’aisance, on croise le chancelier Bismarck. Sur les murs, des dessins originaux, au pied d’un fauteuil, une voiturette à pédales… Le temps d’une exposition étonnante programmée jusque début 2023, le Musée des Arts décoratifs de Strasbourg se met aux couleurs de l’inégalable Tomi Ungerer ! Artiste protéiforme incontestablement engagé, affichiste, illustrateur, inventeur d’objets, collectionneur, dessinateur, Ungerer est sûrement l’un des plus importants auteurs de littérature jeunesse depuis plus d’un demi-siècle : l’inviter au Musée des Arts décoratifs, c’est proposer une (re)lecture surprenante des grands appartements et des communs du Palais Rohan… C’est ajouter une bonne dose d’humour, de tendresse et d’éclectisme à un lieu chargé d’histoire et de symboles. Dessins, affiches, sculptures, bijoux, jouets… Ces objets, prêtés par le Musée Tomi Ungerer, ont tous été crées, imaginés ou collectionnés par l’artiste tout au long de sa vie. Une exposition surprenante où se côtoient deux univers diamétralement opposés, mais où chacun nourrit l’autre pour aller jusqu’à le réinventer.

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Danse In C de Sasha Waltz & Guests Terry Riley 19 → 21 oct. Le Maillon / maillon.eu

Exposition Galerie EAST 08 oct. → 26 nov. Galerie EAST / galerieeast.com Faire la part belle à l’art contemporain comme aux arts décoratifs, c’est la ligne directrice de la galerie EAST depuis son ouverture rue du Faubourg-de-Pierre au début de l’année. Pas de cloisonnement, pas de cases pré-définies, ici l’on prône un « Art Total » ! Si bien que l’on pourra y voir se côtoyer deux univers très différents du 8 octobre au 26 novembre prochain : celui de ­Sophie Ko, une jeune artiste géorgienne, et celui de Nicolas Schneider, un artiste protéiforme installé à Strasbourg. Chez Sophie Ko, l’art se confronte au temps et à la matière, via l’utilisation de pigments compressés formant des strates mouvantes en perpétuelle mutation dans leurs cadres. Des Géographies temporelles qui se transforment ainsi indéfiniment, emplies de poésie, de douceur et de mystères ; à noter qu’il s’agira de la première exposition personnelle en France de l’artiste. En parallèle, la galerie EAST accueillera une œuvre spécialement conçue pour l’occasion par Nicolas Schneider : un Surtout monumental composé d’une quinzaine de pièces en bronze dans la tradition de l’art de la table des xviie et xviiie siècles, en lien avec ses recherches sur le paysage et ses variations.

En 1964, Terry Riley composait une œuvre qui allait marquer à tout jamais l’histoire de la musique. Qui, un demi-siècle plus tard, continuerait à influencer les créateurs de tous bords, rock, pop, electro et consorts… Et tout cela sur une simple feuille A4. Car In C est composé de (seulement) 53 brefs motifs musicaux répétés à l’envi par l’orchestre, parfois pour quelques ­minutes, parfois pour plusieurs heures ou inversement. Un morceau considéré depuis comme la première œuvre du courant de la musique minimaliste… Deux ans après avoir présen­ té Allee der Kosmonauten au Maillon, c’est la compagnie Sasha Waltz & Guests qui s’empare aujourd’hui du titre de Terry Riley, en le transformant en une œuvre fluide et colorée en perpétuel changement au fil du temps. À partir des 53 riffs de Riley, la chorégraphe a en effet imaginé 53 enchaînements de mouvements, modulables, mouvants, vivants, que les danseuses et les danseurs font et défont dans une composition variable et envoutante. Un processus expérimental, imaginé en pleine pandémie, qui interroge une nouvelle fois le dialogue entre la danse, la musique et l’espace, comme souvent chez Sasha Waltz… Une ode pop à la liberté de l’être au sein d’un tout, magnifiée par les tenues colorées des ­danseurs et les lumières flashy, jouant ainsi de et avec la spontanéité de la troupe. Étonnant.


Bouger les lignes

18 → 21 oct. Par les bords

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Par les bords, Renaud Herbin explore la notion d’exil en jouant à saute-frontière avec un spectacle musical et chorégraphique. Questions au directeur du TJP qui quitte ses fonctions fin décembre.

TJP Grande Scène (spectacle présenté avec Pole-Sud) pole-sud.fr

Par Emmanuel Dosda

Avez-vous l’impression de franchir une étape avec Par les bords, qui part d’un poème que vous avez écrit et où la manipulation est absente ? J’ai en effet ressenti une n ­ écessité de mettre des mots sur le sensible, mais déjà avec Wax (2016), je me servais de mes propres textes comme d’une matière à mouvoir, à théâtraliser. Quant à la manipulation, elle est bien présente selon moi : le corps du danseur est tenu par des fils invisibles. Je ne m’éloigne pas de ma pratique de marionnettiste car Côme Fradet est « dansé » par son environnement, musical, textuel ou lumineux, par la force du plateau !

Photo Benoit Schupp

Le point de départ est une expérience personnelle, liée à l’arrivée des talibans au pouvoir… J’en parle avec pudeur, de manière abstraite avec ce spectacle où la musique est jouée live par le oudiste Grégory Dargent et la chanteuse Sir Alice. Je travaillais sur l’idée de lois de gravité à défier lorsque je me suis retrouvé happé par cet épisode d’artistes afghans cher-

chant à fuir un pays devenu hostile. J’ai modestement participé à la venue d’une dizaine de jeunes plasticiens ou performeurs à Strasbourg*, tout en ressentant fortement leur état émotionnel et en étant animé par le désir d’explorer la question de l’exil, du refuge, du lieu à habiter lorsque le sol se dérobe sous nos pieds et de l’équilibre à retrouver. Durant les onze ans à la tête du TJP, vous avez cherché à abolir les frontières entre les genres, comme vous le faites avec ce spectacle… Bien sûr, c’est ma philosophie et elle transpire autant dans la direction du CDN que dans mon travail d’artiste. Je suis heureux de passer la main : c’est joyeux de laisser la place à une autre personne. L’histoire continue… Un des artistes afghans se produira lors du focus Espaces d’exil au Maillon (24 janvier → 4 février, programmation en cours – maillon.eu) *


La Culture

Actus

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Opéra Le Chercheur de trésors de Franz Schreker 28 oct. → 29 nov. Opéra national du Rhin operanationaldurhin.eu Pour sa nouvelle production en partenariat avec le Deutsche Oper Berlin, l’Opéra national du Rhin met en lumière Le Chercheur de trésors, une œuvre oubliée du compositeur autrichien Franz Schreker,… Un récit de quête, de désirs et de luth magique écrit pendant les affres de la Première Guerre mondiale, et qui fut considéré par la suite comme l’un des plus grands succès lyriques de la République de Weimar. Il faut Photo : Minika Rittershaus

dire qu’à l’époque, Schreker était aussi célèbre que son illustre contemporain Richard Strauss – mais les méandres de l’Histoire n’eurent pas les mêmes conséquences sur l’un et l’autre : Schreker, de religion juive, vit ses compositions interdites par le Troisième Reich et son œuvre entière tomber dans l’oubli. Ainsi, c’est aujourd’hui la première fois que Le Chercheur de trésors est présenté en France ! On y suit Elis, un ménestrel chargé de récupérer le magnifique bijou qui assurait beauté et fertilité à la reine, désormais perdu. Pour ce faire, il peut compter sur un luth enchanté capable de trouver les trésors cachés – mais le jeune Elis découvre très vite que le monde est empli de tentations et de cupidité… Une œuvre aux contours postromantiques, ici mise en scène par Christof Loy sous la direction de Marko Letonja, qui mérite amplement d’être redécouverte.


Actus

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influences et refuse les étiquettes. De même pour Polonez (samedi 12 novembre), projet de Lumpeks, avec la chanteuse/percussionniste polonaise Olga Kozieł. Comme Bartók au début du xxe siècle, le groupe, émanation du collectif Umlaut, est allé puiser dans un répertoire folklorique pour l’actualiser. Sa musique se nourrit de sons venant d’ailleurs qu’il recycle.

Photo : Teona Goreci

La Culture

Underground La nouvelle saison de Jazzdor est voulue comme une invitation au voyage par Philippe Ochem, directeur, et son équipe. Entretien free. Par Emmanuel Dosda Vous citez Peter Brook qui conseille de ne jamais s’arrêter. Avez-vous parfois envie de baisser les bras ? Ça peut arriver, mais ça ne dure jamais car la musique est plus forte ! C’est un peu définitif comme réponse, mais c’est la vérité. [Rires] Le désir de sortir des chemins balisés reste un moteur pour Jazzdor ? Oui, notre programmation essaye de mener à des sentiers qui ne sont pas encore battus, d’accompagner le public vers d’autres histoires, sortant de l’ordinaire. C’est au cœur de notre philosophie : nous tissons des liens, parfois souterrains, entre des familles de musiciens à travers le monde. Le quartet multiculturel KUU!, avec la chanteuse Jelena Kuljić, (dimanche 6 novembre) mêle les

Le projet Black Lives: From Generation to Generation se frotte à l’actualité… Cet ensemble affirme la dimension politique de ses compositions qui puisent dans un large registre de styles : musique africaine ou rythmes des Caraïbes (vendredi 18 novembre). On peut raconter l’état du monde en jazz, comme le fait le duo Maniucha Bikont & Ksawery Wójciński que j’ai découvert lors d’un concert au fin fond de la Pologne, avant la guerre en Ukraine. Tandis que Maniucha s’empare de chansons folkloriques de Polésie, région du Nord ukrainien, le contrebassiste lui répond en improvisant. Il ne l’accompagne pas, il tourne autour de son chant et sa voix extraordinaire !

Nouvelle saison de Jazzdor avec trois temps forts : → 37e édition Festival Jazzdor à Strasbourg

04 nov. → 18 nov. (Fossé des Treize, Espace Apollonia, Le Point d’Eau à Ostwald, Maison des Arts de Lingolsheim, La Briqueterie à Schiltigheim…)

→ 1re édition Festival Jazzdor Strasbourg/Budapest 22 → 25.03.23 → 15e édition Festival Jazzdor Strasbourg/Berlin/Dresden 06 → 09.06.23 jazzdor.com


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Photo : Jean-Louis Fernandez

Théâtre Berlin mon garçon de Marie NDiaye 09 → 19 nov. Théâtre national de Strasbourg tns.fr Si le grand public la connaît surtout en tant que romancière, notamment grâce à Trois femmes puissantes (Gallimard, prix Goncourt 2009), Marie NDiaye écrit également du théâtre depuis plus de vingt ans – elle fut d’ailleurs lauréate du Prix du Théâtre de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre il y a tout juste dix ans. Et c’est à la demande de Stanislas Nordey, emblématique directeur du TNS, que l’autrice a imaginé l’histoire de Marina, mère de famille partie seule à Berlin à la recherche de son fils, disparu sans laisser de traces dans la capitale allemande. Le mari, lui, est resté se morfondre dans sa librairie de Chinon, comme le symbole d’une petite bourgeoisie provinciale sous le joug d’une mère manipulatrice. Se met alors en place un va-et-vient continu entre deux pays, deux pensées, deux âmes perdues, et l’enquête, protéiforme, n’a pas fini de bousculer son monde.

Car Berlin mon garçon cache son jeu comme la ville ses secrets. Peu à peu, l’intrigue prend des allures de conte de frayeurs à la frères Grimm, et l’aventure romanesque se change en portrait inquiétant d’un monde en crise généralisée… Le tout souligné par une mise en scène ultra stylisée et des décors soigneusement minimalistes. Une histoire de filiation, d’amour, de haine, portée par une écriture ciselée au scalpel, et où les tabous se brisent comme autant de miroirs sans tain.


La Culture

Actus

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Théâtre Ce samedi il pleuvait d’Annick Lefebvre 29 nov. → 2 déc.

Théâtre Actuel et Public de Strasbourg taps.strasbourg.eu Chers amis de la bien-pensance, passez votre chemin ! Le TAPS accueille fin novembre la nouvelle pièce d’Annick Lefebvre, autrice ­montréalaise bien connue pour ne garder ni sa langue ni ses poings dans sa poche. Et Ce samedi il pleuvait ne fait pas exception : ici les mots cognent comme des uppercuts en pleine bouche – et les chicots grincent comme chez un dentiste sous ecstasy. Vous avez dit aussi drôle qu’engagé ? On y suit en effet une jumelle et son jumeau en pleine crise de rébellion post-pubère, et tout y passe, la malbouffe, la corruption en politique, la Manif pour tous, la société de surconsommation capitaliste, l’idéalisme perverti de leurs parents et la fameuse pseudo conscience écolo-humanitaire… Autant dire tous les travers de la société néolibérale qui

Photo : Dominique Déhan

les a vus naître. À la fois terriblement sarcastique et parfaitement jubilatoire, agrémenté de truculentes expressions québécoises, Ce samedi il pleuvait porte haut les couleurs de la pensée libre et de la libre pensée. Avec en prime une musique créée par le psychédélique Kalevi Uibo et le duo strasbourgeois Encore, jouée en live par les musiciens et en harmonie parfaite avec le jeu des comédiens. Un pamphlet brûlant comme de la lave en fusion qui a tout pour nous faire passer par toutes les couleurs du rire.


Un dialogue singulier avec la Collection Würth

Marie Bouttier, Sans titre, vers 1899, 32 x 25 cm, mine de plomb, collection privée, courtoisie galerie J.-P. Ritsch-Fisch / Design graphique : www.orikami.fr

9 octobre 2022 21 mai 2023


Photo Studio

28, rue du Général de Gaulle 67205 Oberhausbergen 03 90 20 59 59 www.preview.fr

Tirages Art print en série limitée disponibles ici �


Série : Les glanées automnales, photo Alexis Delon / Studio Preview + direction artistique Myriam Commot-Delon

LE STYLE Un peu de tenue(s), et de design, s’il vous plait

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Veste kimono matelassée en soie à dessin patchwork Pierre-Louis Mascia chez Marbre.


Photos Alexis Delon Studio Preview Réalisation Myriam Commot-Delon

Mannequin Iana / Upmodels Paris upmodels.fr Make-up artist Sophie Renier sophierenier.com Coiffure Alexandre Lesmes / Avila 69, rue des Grandes-Arcades 03 88 23 05 43 @avilacoiffure Post-prod Emmanuel Van Hecke Studio Preview preview.fr Les photos des sculptures (et détails) proviennent de l’allée des Sculptures à l’Esplanade, entre les stations de tram Observatoire et Esplanade. Photos Alexis Delon

Le temps est revenu de réviser nos classiques : manteaux un brin oversize, pantalons sans fin et mailles moelleuses sculptent une palette hivernale piquetée de motifs graphiques.

Variations

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Top à manches courtes et pantalon Liviana Conti chez Revenge Hom. Booties Saint Laurent chez Ultima.

Veste en pure laine vierge à imprimé animalier doublée soie Tagliatore, pochette en cuir matelassé, les deux chez Revenge Hom. Béret Laulhère à la chapellerie Clerff-Fraikin. Bague Croisée en brillants et or blanc Eric Humbert.


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Manteau en laine chinée, pull et pantalon, Ipsae. Sac en cuir de veau doublé de feutre de laine Pecten maximus Iner (iner.fr) chez Ipsae. Escarpins Saint Laurent chez Ultima.

Émile Gilioli, L’ange (1947), bronze patiné, dépôt du Fonds National d’Art Contemporain.


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Chemiser en soie rayée oversize et sur l’épaule, pull sans manche en maille torsadée, les deux Ipsae. Jean 501 Levi’s. Rivière de saphirs multicolores et d’or blanc, bague Croisée en brillants et or blanc Eric Humbert.


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Pull baja en laine blanc cassé, bottines en toile et sac porté épaule en cuir de veau satiné ice blue à boucle Triomphe ton sur ton Celine, jean Balenciaga, le tout chez Ultima.


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Lucien Wercollier, Vide étreint (1961), bronze, dépôt du Musée National d’Art Moderne.


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Long pull fendu côté (porté ici en robe) Isabel Benenato chez Algorithme La Loggia. Booties Saint Laurent chez Ultima.


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Manteau croisé en laine et cachemire ivoire Paul Smith collection Mainline homme, dessous, mini robe bustier et, à la main, escarpins Elisabetta Franchi, le tout chez Algorithme La Loggia.


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Blazer, pantalon et chemisier en soie rayée Saint Laurent chez Ultima. À droite : béret Laulhère à la chapellerie Clerff-Fraikin.


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Manteau en laine et cachemire Paul Smith collection Mainline homme chez Algorithme La Loggia. Bracelets Angela Caputi chez Revenge Hom. Bague Croisée en brillants et or blanc Eric Humbert.


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Émile Gilioli, L’ange (1947), bronze patiné, dépôt du Fonds National d’Art Contemporain.

Pendentif en ébène sculpté main à lien de cuir (différents modèles disponibles) Marc Huffschmitt chez Ipsae.


Le Style

Mode homme

Aller à l’essentiel Mais que fait l’homme moderne cet automne pour échapper aux fracas du monde ?

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Il cultive les contrastes Manteau en drap de laine d’esprit militaire, hoodie en coton blanc et pantalon à pattes de resserrage (pour pédaler chic), le tout Tagliatore OÙ ? Revenge Hom 4, rue du Fossédes-Tailleurs revenge-hom.com

Photo : Alexis Delon / Preview

Par Myriam Commot-Delon

Il aime l’obscurité New / La Haine Inside Us est un vestiaire radical né à Bologne en 2017. Une fusion entre streetwear et avant-garde, uniquement composée de nuances de noirs. Photo : doudoune sans manches à sac à dos intégré. OÙ ? Algorithme La Loggia | 6, rue Gutenberg algorithmelaloggia.com

Il arbore un lien brutaliste Alliances en or blanc Eric Humbert. OÙ ? Eric Humbert | 46, rue des Hallebardes eric-humbert.com


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Il se pare d’ombres solaires —— Chemise à manches courtes en viscose bio imprimée écologiquement et boutons en plastique recyclé. New / Blue Sky Inn est un label fondé en 2021 par un collectif de professionnels de la mode respectueux de la planète et membre du label : « 1 % for the Planet ». OÙ ? Ultima Homme 16 rue de la Mésange + e-shop ultimamode.com

Il fait une pause postmoderniste —— Fauteuil DS-707 en cuir fait main (existe également en version canapé et en cuir naturel), design Philippe Malouin pour de DeSede OÙ ? decoburo | 4, le Schlossberg à Zellenberg decoburo-store.com

Il se parfume lettré

Il préfère la ouate

Il se chausse 80s

—— Splash Cologne Kakuzô de Jardins d’Écrivains OÙ ? Le 7. Parfumerie d’Auteurs 7, rue du Sanglier @le7parfumeriedauteurs

—— Parka MacMillan Black Label Heritage Canada Goose OÙ ? Dôme | 24, rue du VieuxMarché-aux-Grains + e-shop boutique-dome.fr

—— Sneakers Medalist en cuir blanc Autry OÙ ? Curieux / Curieuse | 16 A, quai Kellermann / 4, quai des Bateliers curieux-store.com


Et si porter un pull raccommodé était le nouvel acte militant éco-responsable ? Une évidence, à l’heure où le port d’un col roulé est préconisé par le service de communication du gouvernement pour inciter les Français à plus de sobriété énergétique. Par Myriam Commot-Delon / Photos Alexis Delon / Studio Preview Le Style

Slow fashion

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Maille à durée indéterminée De fil en aiguille, réparer les vêtements de qualité qu’on souhaite garder longtemps reprend enfin tout son sens. Le visible mending (ou VM), autrement dit la « réparation visible », qui magnifie les effets du temps sur les tissus en les brodant d’une multitude de petits points, ou à l’aide de patchs, est l’un des mouvements de la révolution Slow Fashion, une lame de fond qui émerge de milieux sociaux très différents. Pour la clientèle aisée qui achète désormais moins – et uniquement du « bien fait » – et la nouvelle génération qui prône le vintage, la seconde main et l’upcycling (le recyclage « par le haut »), l’engagement passe par une consommation plus intelligente et l’allongement de la durée de vie des vêtements. Le hashtag #visiblemending fait aujourd’hui florès sur les réseaux sociaux, tout comme les tutos pour s’initier au raccommodage, au rapiéçage, au remaillage ou à l’art du reprisage. Œillets et points de feston n’ont désormais plus de secrets pour les Z, même les garçons tricotent et brodent sans se cacher. Pour cette génération d’ouverture, montrer ce qui est abimé – l’imperfection – n’est plus honteux, tout comme afficher sa part de féminité ou même son manque de dextérité, qu’importe, du moment que c’est créatif. Un embellissement décomplexé également orienté vers un but écologique, car prendre soin de ses vêtements, et les faire durer, c’est aussi prendre soin des autres et de notre planète. Une manière de retrouver tout ce que l’on avait perdu avec la déferlante Fast Fashion des vingt dernières années et la fièvre consumériste qui allait avec.


Pour Maison Claude, boutique strasbourgeoise de seconde main qui revendique les vêtements traversant les époques, le ravaudage est une flagrance, du chandail bourgeois orné de coudières, au bleu de travail de l’ouvrier patiemment rafistolé. Les deux propriétaires, Inès et Cyril, tricotent ou brodent régulièrement certaines pièces chinées méritant une seconde vie. Dernièrement, ils ont fait appel à Sophie Roy, rencontrée sur un marché aux puces par l’intermédiaire d’un pull joliment raccommodé par ses soins et porté par son compagnon. Sophie, qui est climatologue, ne pense pas la broderie en tant que hobby, mais comme un manifeste allant de pair avec ses convictions écologiques. « Quand on a un beau pull, ça a du sens de le réparer, on peut vraiment prolonger la vie d’un vêtement avec la technique du visible mending. C’est ma grand-mère qui m’a appris à broder, mais l’inspiration vers plus de fantaisie est venue en suivant le compte instagram @visiblemend. On n’est pas obligé de savoir bien broder pour se lancer, une reprise à l’arrache, ça peut avoir du chien ! Il y a quelque chose de très joyeux dans cette démarche et un attachement sentimental qui se crée avec le pull ou le jean qu’on commence à broder. Quant on investit autant de temps, on se pique à continuer, la démarche s’autoalimente, on devient vite accro. » Sophie a par la suite brodé quelques pièces pour leur boutique, dont ces deux pulls aux raccommodages dictés par ses trouvailles mercières : d’une rare petite bobine de fil dégradé, pile suffisante pour réparer l’avant effiloché de ce pull militaire kaki, à l’enchevêtrement délicat de fils multicolores DMC patiemment chinés dans des brocantes, utilisés pour camoufler l’outrage des mites sur un indémodable pull marin. La main a ensuite œuvré, se laissant guider par l’inspiration et le plaisir d’offrir une vie nouvelle à ces mailles délaissées. Maison Claude 9, rue des Veaux @maisonclaude.shop

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À lire, pour s’initier

Des hashtags

—— R apiécer, raccommoder par Kerstin Neumüller, éditions La Plage, 19,95 € —— Le raccommodage par Hikaru Noguchi, éditions De Saxe, 19,90 €

#visiblemending #mendingmatters #mondaymending

Deux comptes à suivre —— @ tomofholland À Brighton, celui de l’artiste Tom van ­Deijnen/ Tom of Holland —— @ visiblemend À Londres, l’historienne Kate Sekules (autrice du livre MEND!: A Refashioning Manual and Manifesto)


Le Style

Slow fashion

Un livre culte à chiner —— C hic et pas cher de Caterine Milinaire et Carol Troy aux éditions Albin Michel (1977, pour la version française), dont l’idée de base est de se façonner un style personnel avec un minimum de vêtements dans lesquels on se sent bien, plutôt que posséder une armoire remplie d’affaires disparates.

Pour aller plus loin Deux techniques ancestrales de broderies japonaises qui magnifient l’imperfection. · Le sashiko, une technique de broderie historiquement utilisée à partir de l’ère Edo pour consolider les vêtements de travail des pêcheurs et des agriculteurs. Elle consiste en une répétition de petits points avant de fil blanc, appliqués sur des toiles indigo, grises ou noires. Du patchwork upcyclé d’une infinie beauté, transmis de génération en génération, qu’on pratiquait principalement en hiver dans les milieux ruraux et dont découle le boro, un art japonais très prisé qui exalte la notion du hasard. · Le kintsugi (ou kintsukuroi), une autre technique ancestrale, datant du xve siècle, appliquée cette fois-ci, non pas à du textile, mais à des poteries cassées, qui sont ensuite « raccommodées » à l’or pour magnifier leurs failles. Une philosophie de l’acceptation et de l’imperfection mais aussi une pratique longue et minutieuse, où l’objet réparé devient plus solide qu’avant. À lire pour devenir imbattable sur le sujet — Wabi-sabi à l’usage des artistes designers, poètes et philosophes par Leonard Koren, collection Le Prunier aux Éditions Sully, 16,50 € — Kintsugi : L’art de la résilience par Céline Santini, Pocket, 7,70 €

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Berthel La nouvelle boutique upcyclée associative où dénicher des créateurs locaux. Ouverte à l’initiative de Laura Miniou, la créatrice de la marque textile Seconde Poche, c’est la boutique à rajouter illico à son carnet d’adresses locales et responsables. Derrière la belle devanture d’époque s’y débusquent les pièces à porter issues de son propre label (voir photo), chinées et upgradées d’anciens canevas, et les collections d’objets d’une vingtaine d’autres résidents. Pour n’en citer que

quelques uns ? La vaisselle chinée de Nancy Seyer @brocandgreen, les articles de puériculture de Petit Martin @petitmartin.contact (trop chou et pratique, les gants de toilette adaptés aux mains des petits minois), Les Kollants, de drôles de petits robots aimantés par Objets Déroutés @objetsderoutes, ou les broderies de Lulushka @lulushkabroderies, délicatement encadrées dans des cadres anciens. 36, rue des Juifs berthel-upcycling.fr @berthel_upcycling


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Le Style

News

Tout nouveau

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Par Myriam Commot-Delon

Mode

À la ligne L’arrivée cette saison de Liviana Conti dans le dessing féminin de Revenge Hom, dynamite son impeccable vestiaire sartorial avec sa maille architecturée, ses volumes exacerbés et ses ensembles en maille all over. La fixette saisonnière ? Les pulls sans manches, à porter sur de la popeline craquante. De quoi glisser une dégaine dans l’air du temps, sous les divins manteaux androgyne de Tagliatore, le label phare de la maison, et la colonne vertébrale de son dressing masculin.

Accessoires

Cou(p) double Marbre 14, quai des Bateliers marbre-strasbourg.com

Micheline Christophe a décidément l’art de dénicher des labels luxueusement confidentiels. Cet automne, ce sont les exquises écharpes en cachemire artisanal népalais de Mirror in the Sky. Pour tous·tes ? Les modèles courts ou les étoles avec leurs ganses feutrées semblent aussi faits pour se glisser sans effort dans l’encolure des garçons. Donc, oui !

Revenge Hom 4, rue du Fossédes-Tailleurs revenge-hom.com


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Photos : Sabine Bauer par Anne Lienhart pour Media Blick

Anniversaire

Et toque !

La chapellerie Clerff-Fraikin fait partie de ces institutions qui font la ville et nous chapeautent avec panache depuis 1872. L’enseigne, réinventée (sans nostalgie) par Sabine Bauer, l’actuelle propriétaire, fête cet automne les 150 ans de la maison en lançant sa boutique en ligne. Un seul clic sera désormais nécessaire pour se faire livrer les nombreux modèles de leurs fournisseurs historiques, mais également pour y glaner des conseils, des accessoires et de la maroquinerie. Un savoir-faire qui se perpétue ? Une modiste officie à nouveau dans l’atelier d’origine, pour y réparer ou changer les garnitures fatiguées de vos chapeaux fétiches, mais également pour créer des pièces uniques, à main levée ou par moulage. Quelques repérages ?

­ ’authentique et traditionnel parapluie L de Berger en bois de châtaignier et baleines de jonc, fabriqué par Piganiol depuis cinq générations, ou des bretelles vendues dans un emballage maison, réalisé à partir de toile de bâche upcyclée, ainsi qu’un pléthorique service ceinturier sur mesure. En tête de nos envies automnales ? Un béret ! La pièce maitresse du style à la française, adopté dernièrement par Lily Collins dans la série Emily in Paris. Ceux de chez Laulhère – un statement mode qui perdure depuis 1840 – font partie des classiques de C ­ lerff-Fraikin. Impossible donc d’en choisir un autre, ou un seul, au vu de l’éventail des couleurs. Clerff-Fraikin 40, Grand’Rue clerff-fraikin-strasbourg.com


Le Style

News

Coiffure

Écrin green Tout, ici, fait envie. Après 19 ans de loyaux services, ce salon pionnier en protocoles naturels, piloté par Julie Tomasina, a fait peau neuve cet été (seule la devanture est encore en attente de son lifting couleur). S’y dévoile un nouveau décor feutré scindé en deux univers : sur rue, place à une ambiance lumineuse, idéale pour accueillir les postes de coiffure et l’élégant packaging de leurs produits de soin bio et rechargeables. Quant à l’arrière, son atmosphère, elle, se rapproche plus d’une officine d’apothicaire contemporaine, enveloppée d’un noir profond, de touches végétales et de bocaux d’onguents, où la nature est l’unique alchimie. Argiles, pigments organiques, acides de fruits, protéines de soie étant les seuls « bodyguards » capillaires de la maison. L’autre nouveauté ? La cabine de massage crânien et d’aromathérapie, dédiée aux soins : une bulle olfactive et sensorielle dotée d’un lit chauffant et massant pour prendre soin de sa tête et de son esprit. Un protocole de rentrée à s’offrir ? Le Detox, un soin mixte idéal à chaque changement de saison : la naturalité s’adressant bien évidemment aux deux sexes. Natural Concept 8, rue de la Fonderie 03 88 32 90 36 naturalconceptcoiffure.fr

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Photo Alexis Delon / Preview pour Clément Lunettier

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Mode

Avant-garde Depuis ses débuts en 2007, Claire Campbell, la fondatrice de la marque High, a fait sienne la conviction moderniste selon laquelle design et technologie peuvent améliorer la vie. Son label, composé de lignes distinctes, explore saison après saison les axes du vestiaire contemporain : High Blue est dédié aux tissus naturels et au denim dans tous les tons de bleu, High Knit se concentre à produire du tricot mixant fils naturels et matières synthétiques avancées, High Use s’inspire des vêtements de travail et A•Gender aiguille une mode conçue de façon consciente et dépourvue de genre. Quant à la ligne High Tech (photo), elle arbore des étoffes stretch et respirantes ne nécessitant qu’un faible entretien, développées en laboratoire en incorporant le ­ gaufrage à chaud de la découpe laser et la couture ultrasonique. Une actu ? Parce que la portabilité, la durabilité et le confort sont essentiels, mais l’instant présent aussi, cet automne/hiver, on ne manquera pas de suivre le compte Instagram de la boutique High Strasbourg. S’y dévoileront, au fil des semaines, les humeurs vestimentaires de la conseillère en image et modèle Sophie Dorn (@mademoisellesoph), sous l’œil avisé de ­Michèle Moubarak, la propriétaire des lieux. High 22, rue de la Mésange high-everydaycouture.com @high_strasbourg

Lunettes

Irrévocablement

Se faire remarquer, mais pas trop… on devrait y arriver avec ces deux montures.

VUE Du champagne ou rien

SOLAIRES Du châtaigne ou rien

Pour faire durer l’été, cette monture cristalline de la nouvelle collection Lucide de chez Clément Lunetier. Modèle EvaLu en bio-acétate champagne et branches noires mat en acier inoxydable. PS : Tous les modèles sont entièrement personnalisables.

Pour se promener à l’Orangerie, ce modèle mixte Malta à verres polarisés Charly Therapy, 89 €. New : Nouvelle saison, nouvelle déco ! Romain Corato a lifté sa boutique du Faubourg de Pierre : un atelier/comptoir à la façade grillagée et au mur follement moutardé, on valide !

Boutique Clément Lunetier 50, rue de Zurich clementlunetier.com

La Lunetterie du Coin 24, rue du Faubourg-dePierre et 50, rue du bassin d’Austerlitz lalunetterieducoin.fr


Le Style

News design

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Blanc, feu, bois, le mantra réconfortant à égrener tout au long de la saison.

Au croisement Par Myriam Commot-Delon

Archi classique Pour de belles tablées hibernales, l’iconique table à manger Il Colonnato, dessinée en 1977 par Mario Bellini, se rhabille cette saison de teck et de ciment. Le + ? Les deux nouveaux matériaux introduits par l’éditeur Kettal, qui apportent une nouvelle contemporanéité à sa structure architecturale élémentaire. Le nombre de pieds/­ colonnes dépend de la surface du plateau, qu’on peut choisir en plusieurs dimensions, de forme ronde, carrée ou rectangulaire. Home Contemporain 13, rue du 22 novembre homecontemporainstrasbourg.fr


Je(u) te veux 1

Ramassez-moi 3

Le plus fluffy des canapés modulaires, c’est lui. Réédité en 2020, le Camaleonda de Mario Bellini, avec son rembourrage piqueté de mousquetons, a été entièrement revu par B&B Italia pour encore plus de confort. Le regard du maître ? « Parmi tous les objets que j’ai conçus, c’est sans doute Camaleonda qui représente le mieux le concept de liberté. Les configurations que l’on peut obtenir sont infinies. » Où ? Dans le showroom Pyramide, où il trône, face à l’Ill, tout de blanc vêtu.

Chez la céramiste strasbourgeoise Martha S ­ tahlkopf, dont le travail oscille entre sculptures et objets du quotidien, l’envie automnale s’est posée sur ces feuillages graphiques encrés dans la porcelaine blanche.

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marthastahlkopf.com @martha.stahlkopf

Pyramide 32, quai des Bateliers pyramide-design.com

L’exquise esquisse 2 Représentant la rigueur du geste traçant une ligne, la collection Lederam de Catellani&Smith, semble encore plus délicate et poétique dans cette version immaculée. Fabriqué à la main par des artisans, le modèle Lederam Manta CWS1 s’utilisera aussi bien en applique qu’en plafonnier. Où ? Dans le nouveau showroom LCM. Une actu ? Leur chic site internet, tout auréolé de kaki, pour découvrir leurs créations et leurs agencements intérieurs. LCM 42, rue du Faubourg-de-Pierre lcm.design

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Le Style

News design

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Nid plus ni moins Avec son langage formel inspiré de la hutte – un abri primitif avec du feu en son centre – la collection de luminaires d’extérieur La Hutte, développée par Matali Crasset pour l’entreprise du patrimoine vivant Roger Pradier, insufflera un surcroît de rêverie à votre terrasse ou votre jardin. Les déclinaisons ? Une lampe de table, une suspension et un luminaire de sol fourni avec un câble de 5 mètres pour mieux scénariser votre abri lumineux. Le tout disponible en 6 couleurs. Salustra 91, route des Romains salustra.fr

Fire ! L’automne est là, les braseros sont de retour. ­Celui de chez Raumgestalt est composé d’un banc et d’un foyer en acier brut minimaliste, à utiliser aussi avec l’assiette ­Teppanyaki (vendue séparément) pour une cuisson à la flamme. Où ? Dans l’e-shop des Woodcutters, sourceurs strasbourgeois de labels à la démarche écologique, comme cette entreprise allemande, installée près de notre frontière, en Forêt-Noire. les-woodcutters.fr


Une nouvelle histoire…

Herno Aspesi Alberto Biani Closed Vince Gran Sasso Paul Smith Pierre Louis Mascia Vanessa Bruno

Alberto Biani

14, quai des Bateliers Strasbourg 03 88 35 28 85


Le Style

News design

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On a dit ludique ? C’est la rentrée, bureaux et tapis sortent du rang.

Et Pam ! Née à Strasbourg, designée à Milan et produite au Népal, la marque cc-tapis créée par Nelcya Chamszadeh et Fabrizio Cantoni n’en finit plus de nous bluffer avec ses collaborations. Après Patricia Urquiola, Faye Toogood, India Mahdavi ou Muller Van Severen, c’est au tour du label de streetwear australien P.A.M. (Perks and Mini) de réinterpréter en tapis quatre de leurs pièces iconiques. La bonne nouvelle ? Culotte, soutien-­ gorge, sweat-shirt et jean peuvent désormais trainer négligemment par terre. — cc-tapis x P.A.M., P.A.M. Logo Tee, collection Floordrobe, laine tuftée main, 210 x 200 cm. shop.cc-tapis.com perksandmini.com

Polymorphe Pixel est plus qu’un simple cube en contreplaqué de pin brut, c’est un module flexible destiné à définir des fonctions dans l’espace. Le concept Bene, designé par Didi Lenz, offre cette entière liberté d’usage, que vous ayez besoin d’un siège, d’une table, d’un rangement ou d’installer un tableau blanc. Où ? Chez decoburo, spécialiste du bureau sous toutes ses formes, des plus traditionnelles au plus anti-conformistes. Une entreprise est en continuelle mouvance, pourquoi son mobilier ne le serait-il pas ? decoburo 4, le Schlossberg à Zellenberg decoburo-store.com



TAGLIATORE ETON

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JEFFERY WEST THE L AST CONSPIRACY LIVIANA CONTI…

4, rue du Fossé des Tailleurs 67000 Strasbourg 06 65 46 37 55 03 90 22 37 69

www.revenge-hom.com


Série : Les glanées automnales, photo Alexis Delon / Studio Preview + direction artistique Myriam Commot-Delon

LA TABLE

On va tous y passer, autant s’en mettre plein le gosier

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L’été indien peut arriver entre octobre et mi-novembre. On t’attend… Viens ! Si vous aussi vous êtes encore bloqués en août, que le tup’ longuement préparé pour aller au travail se fait moins joyeux que le pique-nique de la plage fait à la va-vite, petites astuces pour remettre du summer dans l’assiette Photos + texte Sonia Verguet La Table—La chronique

Oui à la désinvolture culinaire !

Sonia Verguet, designer culinaire et autrice du livre Coolglof*, investit les pages de Zut pour repenser le bien manger et réveiller nos estomacs. soniaverguet.com rhenanie.com

L’automne est arrivé à grands pas, les tomates-­ mozza quotidiennes de l’été semblent déjà bien loin. Le joyeux mode aléatoire de l’heure du déjeuner des vacances a vite été remplacé par une certaine organisation et, on peut le dire, une routine moins excitante en termes de plaisir à se mettre à table. À quoi cela tient-il ? À chaque saison son lot pourtant équitable de saveurs et de textures exquises, les unes remplaçant agréablement les autres : les fraises ont laissé la place aux non moins savoureux champignons, le juteux du melon au coulant du fromage et le frais du pastis à la chaleur des grands cafés. L’allégresse des repas estivaux n’est donc pas qu’une affaire de goûts. Analysons alors de plus près ce plaisir particulier à manger en été, qui tend à se dissoudre quelques mois plus tard. ­Relève-t-il des flegmatiques dîners à rallonge, du cadre différent dans lequel nous nous trouvons, de l’humeur rêveuse des congés qui rendrait chaque figue meilleure ? Choisissons cette année, au bureau, à la cantine ou même avec sa lunch-box de pâtes au pesto, de garder un peu de l’insouciance du « zéro programme », de la joie de déjeuner hors de chez soi, de l’émotion à se laisser surprendre, pour que le plan-plan des repas à venir ne s’installe pas. Petites astuces pour créer un été indien… dans l’assiette !

L’insouciance Savez-vous que le contenu de votre petit déjeuner recèle les clés pour la créer ? Jouons avec la puissance des aliments ingurgités ! Eh oui, derrière chaque biscotte, confiture, café et autres plaisirs matinaux se cache la recette pour susciter plus d’une surprise dans votre quotidien. Des études scientifiques ont prouvé l’impact de notre alimentation sur nos réactions. Ainsi, dans un documentaire diffusé sur ARTE, Comment notre alimentation influence notre santé mentale, on apprend que plus le petit déjeuner sera riche en protéines, plus nos réactions seront tempérées. À l’inverse, plus il sera riche en glucides, plus nous serons prompt à réagir au quart de tour ou, comme le dit le documentaire, « plus intransigeant devant les offres injustes ». La voilà donc la clé du détachement de l’été, à reproduire désormais ! Et vous qui pensiez que votre énervement contre Jean-Mi de la compta était dû à sa bêtise. Que nenni, la troisième biscotte y est pour beaucoup – la sottise accentue juste les choses. Partir (ou pas) en live face à son nouveau collègue insupportable résulte donc non pas de notre caractère propre (et du sien), mais bien du choix ou non d’un yaourt avalé à 7 h 30. Envie de cultiver une humeur pleine de surprises au bureau ? Optez pour des petits déjeuners chaque jour variés. Et voilà votre frivolité retrouvée. Dire non à la routine émotionnelle est un choix culinaire ! Qui l’aurait cru.

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La Table—La chronique

La joie Celle des repas en vacances, oui, même celle du – mauvais – sandwich triangle de l’autoroute, est un sentiment à cultiver toute l’année. Tout est question ici, non plus de liste de courses mais d’état d’esprit et de lieu. Eh non, le goût n’influe pas – beaucoup – sur le bonheur. Preuve en est, l’en-cas de station-service était vraiment mauvais, et pourtant vous étiez vraiment heureux. Dans Pourquoi mange-t-on ce que l’on mange ? (ARTE), des scientifiques ont listé plus de 14 raisons qui nous font manger pour tout autre chose que par faim : nous nous nourrissons pour nous réconforter, par convention sociale, parce qu’on est en bonne compagnie… Piochez ce qui produit chez vous de l’exaltation, comme votre meilleure bande-son ou votre plus chouette spot pour manger seul. Plus le cadre (physique, mental ou sonore) de votre repas sera plaisant, plus le bonheur vous envahira, malgré le manque de saveur de ce risotto industriel.

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L’émotion À nouveau ici, la joie n’est pas affaire d’aliment à proprement parler. Elle ne sera pas plus grande entre un goûter sain (la pomme) et un goûter moins diététique (la barre – diabolique – chocolatée de la machine). Afin de la cultiver, il faut cette fois-ci se reconnecter à l’humain et à l’environnement. Ce qui fera naître de l’émoi en vous est un produit dont vous connaissez la provenance. Le savoir contribuant pour beaucoup à la séduction, une pomme n’en sera que meilleure si vous en visualisez les contours du verger, et le Twix que plus savoureux s’il provient d’humains palpables comme ceux du Café Bretelles ! *100 Coolglofs. Cuisiner le kouglof autrement, Kéribus éditions, 2021


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Playlist nutritive Transformation instantanée de tout repas moyen en un souvenir plaisant Dj La Pompe Moderne Laisse-moi kiffer la vibe Effacement immédiat du sentiment de solitude ​​ Phoenix, Trying to Be Cool Sable entre les pieds, illico Brigitte Bardot, La Madrague Routine oubliée Katerine, La Banane Pour zéro coup de soleil et beaucoup de rondeurs Tout du groupe Cream Soignons le froid par le froid Vanilla Ice, Ice Ice Baby


La Table—La recette

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Plein pot Harmonie Begon, l’illustratrice et designer qui a signé Piaf, la boule de Noël de l’édition 2021 de Meisenthal (et qui était l’invitée de notre vitrine Chicmédias en décembre dernier), continue sa célébration des savoir-faire et de la transmission avec son livre Cuisiner autour du pot aux Éditions Ulmer (spécialisés en beaux livres pratiques et ouvrages de référence accompagnant les évolutions de notre époque et nous reliant à la nature). Préfacé par l’anthropologue et historien Thierry Bonnot, l’autrice y a mijoté et photographié une soixante de recettes : des « vrais » tacos appris durant une expérience au Mexique à la terrine de son grand-père, on y redécouvre la joie de cuisiner dans ces plats en terre artisanaux, transmis, chinés ou issus de quatre poteries disséminées aux quatre coins du terroir français. En exclusivité, et avant sa sortie en librairie le 3 novembre, elle nous livre sa recette de tacos au porc confit dans la bière (un petit « plus » emprunté à un ami), cuit dans une poterie de chez Wehrling père et fille. Un vrai « pot à partager », mariage d’amour entre le terroir alsacien et mexicain.

Actus — Haguenau | 19 nov. Rencontre et dédicaces, à la Librairie La Marge – la-marge.fr — Strasbourg | 26 nov. Après midi de dédicaces à la librairie Quai des Brumes, de 15 h à 17 h – quaidesbrumes.com harmoniebegon.com | @harmonie.begon

Par Myriam Commot-Delon

TACOS DE PORC EFFILOCHÉ Pour 4 personnes Viande · 1,5 kg d’échine de porc · Huile de tournesol ·  75 cl de bière (ou jus de pomme, jus d’orange) ·  5 c. à s. de miel · Paprika · Piment en poudre · 1 c. à c. de harissa · 15 cl de sauce soja Tortillas ·  250 g de masa (ou 125 g de farine de maïs et 125 g de farine de blé) ·  15 cl d’eau tiède ·  Sel

---> La viande

Livre Cuisiner autour du pot par Harmonie Begon, 256 pages, Éditions Ulmer. editions-ulmer.fr

Soyons terre à terre : c’est bien dans les vieux pots qu’on fait les meilleures popotes.

Préchauffer le four à 140 °C en chaleur tournante. Saler la viande et la saisir dans une grande sauteuse, avec un peu d’huile de tournesol. Quand la viande a pris une belle coloration, la retirer de la sauteuse pour la placer dans la cocotte. Déglacer le fond de la sauteuse en versant la bière (ou le jus de fruits). Ajouter le miel et continuer de chauffer pour bien le mélanger à la bière. Ajouter ensuite les épices. Verser ce mélange sur la viande, placer sur la viande 3 feuilles de laurier. Fermer le couvercle et enfourner 2 h, en retournant toutes les heures. Ajouter alors la harissa et la sauce soja dans le plat. Poursuivre la cuisson encore 2 h minimum, en retournant et en arrosant la viande régulièrement. À la fin de la cuisson, à l’aide d’une fourchette, effilocher le porc dans la cocotte.

Pot digoin

RECETTE PICKLES ·  3 gros oignons rouges (ou 10 petits) · 8 citrons verts ·  3 c. à s. de vinaigre de cidre ·  Piment ·  Origan ·  Sel Couper finement à l’aide d’une mandoline les oignons rouges (ou une dizaine de petits), et les placer dans le pot. Verser dessus le jus des citrons verts et le vinaigre de cidre. Le mélange doit couvrir les oignons, rajouter du vinaigre si besoin. Assaisonner avec le sel, le piment et l’origan. Laisser mariner au moins une nuit. Déguster dans la semaine.


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---> Les tortillas

Mettre la farine dans un saladier, ajouter une pincée ou deux de sel fin, et peu à peu, verser de l’eau tiède. Il en faudra environ 15 cl. Verser petit à petit en mélangeant à la main et arrêter de verser lorsque la pâte est lisse, homogène, ne colle pas et ne s’effrite pas. Laisser reposer un peu la pâte, une vingtaine de minutes, couverte d’un torchon. Former des petites boules de pâte bien lisse, en les roulant entre vos mains. Elles doivent faire environ la taille d’une noix. Conseil : Si vous ne possédez pas de presse à tortilla, pas de problème ! Voici ma technique : après avoir fariné le plan de travail, je place une petite boule de pâte et je l’écrase d’un coup avec le dessous d’une assiette. Ensuite, j’affine la tortilla en l’étalant au rouleau. Elle doit faire moins d’1 mm d’épaisseur. Si je veux qu’elles soient bien rondes, je place un bol retourné sur la pâte étalée et j’en découpe proprement les contours. Je farine toujours les tortillas légèrement à la fin pour éviter qu’elles collent au plan de travail. —— La cuisson Faire chauffer une poêle, placer la tortilla dans la poêle bien chaude, 1 min de chaque côté, elle ne doit pas être croustillante, mais rester bien souple. Placer les tortillas directement dans un torchon propre, en les superposant. Quand tout est cuit, replier le torchon pour garder les tortillas au chaud. La chaleur les conservera souples le temps de servir, c’est pourquoi, en général, on ne mange jamais la tortilla du dessus, elle reste là pour conserver correctement les autres. Pour garder les tortillas jusqu’au lendemain, emballez ce torchon dans un sac plastique et fermez-le. Pour les conserver plus longtemps, le mieux est de les congeler. —— Pour déguster Placer une tortilla dans votre assiette et déposer la viande au centre en longueur. Ajouter ensuite des pickles d’oignons et de la coriandre fraîche (vous pouvez également ajouter ce que vous voulez, des légumes râpés marinés, du fromage, du guacamole...). Bien remplir votre tortilla car Taco que cierra no es taco (proverbe disant qu’un taco qui se ferme n’en est pas un). Enfin, presser du bout des doigts le jus d’un quart de citron vert, plier votre taco en deux et savourez le goût de Mexico.

Poterie G. Wehrling & fille


Carburant basique pour les un·es ou simple plaisir pour les autres, le café s’est, au fil des années et à force d’une exigence toujours accrue des palais, fait une place de choix sur les tables gastronomiques. À Strasbourg, les maisons de torréfaction se sont multipliées. Tour d’horizon des cafés torréfiés ici, tous achetés en grains, fraîchement moulus et testés à la cafetière à piston… Par Cécile Becker / Photos brokism La Table—Le test

Anatomie du café

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01 — Omnino

Adhafera (Kenya) Lorsqu’on a versé l’eau chaude sur le café juste moulu, de très jolies bulles sont apparues : amples, colorées et bourrées d’arômes. Casser la croûte du marc remonté à la surface a révélé des saveurs marquées, douces et légèrement boisées. À la dégustation, on a aimé son côté léger et un tantinet crémeux. Un café sans acidité, parfait pour le matin. + d’infos Omnino a été créé en 2017 à Strasbourg avec un rêve croisant la passion de l’équipe pour les anciens véhicules : réhabiliter un Citroën HY pour aller faire découvrir le café de spécialité aux Alsacien·nes. Aujourd’hui, Omnino est installé de manière permanente rue des Drapiers, au Kiosque (notre préféré) place Saint-Pierre-le-Vieux et rue du RenardPrêchant avec deux adresses supplémentaires à Mulhouse. → 10,90 € / 250 g omnino.fr

02 — Cafés Sati bio

Moka Sidamo (Éthiopie) Une odeur assez douce à l’ouverture du paquet et plutôt « verte » à la mouture des grains. À la tasse, une légère acidité, une petite amertume et des saveurs relativement courtes en bouche. Un café qui fait ce qu’on lui demande, grand public et efficace. + d’infos L’entreprise emblématique du Port du Rhin, presque centenaire, emploie 47 personnes à Strasbourg et s’est engagée sur la piste des cafés bio il y a 20 ans (on le sait moins). Ce qui est intéressant, c’est ce fonctionnement presque familial (hérité de l’ADN de la marque) et des engagements vertueux avec les Jardins de la Montagne Verte et l’association Libre Objet par exemple. → 8,59 € / 500 g cafesati.com

03 — Cafés Henri

bio blend (mélange) À l’ouverture du paquet, nous avons été saisis par l’odeur, bien plus « serrée » que celle offerte par les paquets des petites torréfactions du coin. Les grains, comme le café, sont aussi plus noirs : la torréfaction a donc et en toute logique, duré plus longtemps.

+ d’infos En 1949, la torréfaction se faisait « à l’ombre de la cathédrale », rue des Hallebardes, depuis transférée à Oberhausbergen où l’on torréfie 750 kg de café par heure. La marque dispose de magasins d’usine (et donc d’usines) à Oberhausbergen, Hoerdt et Neuves Maisons. Le plus ? Des capsules compatibles Nespresso. → 5,95 € / 250 g cafeshenri.fr

04— Mokxa

São Silvestre (Brésil) Une fermentation longue (84 heures) et un séchage de 30 jours avant de partir pour la torréfaction à Strasbourg. Au contact de l’eau chaude, le café moulu apparaît plus compact que son prédécesseur, toujours cette très belle odeur du café de spécialité bien torréfié qui se dégage lors de la préparation. À la dégustation, c’est complexe avec un léger goût liquoreux et tirant vers l’amertume, sans pour autant être inaccessible. On en boirait des litres ! + d’infos Tout commence avec l’ouverture du Café Bretelles à la Krutenau (puis à la Petite France) qui se fournit en cafés Mokxa, alors basé à Lyon. Début 2017, les Bretelles s’associent avec Mokxa et ouvrent leur première torré à Strasbourg. Si la torré a depuis déménagé à la Meinau, le principe reste le même avec une grande attention portée à la culture du café et à son acheminement. → 10 € / 250 g cafemokxa.com

05 — Cafés Reck

Mélange d’automne (Salvador, Colombie, Éthiopie) Un emballage qui a du chien, franchement, au nez, un peu d’amertume, en bouche, c’est plus rugueux. Le café typique de fin de repas. + d’infos C’est la plus ancienne maison du cru puisque c’est Emma Reck (oh, une femme !) qui rachète l’entreprise en 1884 et l’installe au Port du Rhin. Aujourd’hui, l’équipe Reck jouit d’une belle réputation et a intégré la torréfactrice Daniela Capuano dans ses équipes, Meilleure Ouvrière de France (oh, une autre femme et pour le coup, la première à avoir été saluée par le titre MOF dans cette catégorie…) → 6,75 € / 250 g reck.fr

06 Balzac Café

Mélange de Belloy (Guatemala, Honduras, Mexique)

Un café tout simple, assez rond, avec un côté un tout petit peu sucré qu’on avait décelé au nez, des saveurs discrètes mais le goût y est. C’est d’ailleurs le café que l’on boit au quotidien chez Zut et pour varier les plaisirs, l’équipe commande des cafés de diverses origines. + d’infos Le plus discret des torréfacteurs du coin qui a débuté en 2017 et s’est structuré en famille. Le café est torréfié au Neuhof, testé, retesté et livré à Strasbourg, c’est-àdire qu’on peut acheter ce café chez Naturalia rue d’Austerlitz ou au Coffee s’cool rue des Pontonniers, sinon, il faut appeler pour se faire livrer par la sémillante Daniele. → 8,50 € / 250 g balzac-cafe.com

Conclusion

Les cafés de spécialité torréfiés artisanalement et avec attention se taillent clairement la part du lion, en tout cas du côté des papilles averties… et des porte – monnaies bien fournis – tout le monde ne peut pas se le permettre. On réalise à la dégustation qu’il est difficile de comparer des cafés dont les procédés de fabrication divergent autant et on reste très attachés à l’accessibilité des Reck / Henri / Sati.

Du bon usage d’une cafetière à piston (ou French press)

Percolateur, cafetière à filtre, moka (cafetière italienne), aeropress, V60, Chemex… les techniques et outils ne manquent pas pour se préparer un bon café. La différence ? C’est une affaire de goût, mais il faut toujours préciser l’outil que vous utilisez lors de l’achat de votre café, car il aura une incidence sur la mouture du café et donc sur le goût – les fifous et fifolles disposent souvent d’un moulin à domicile, à régler donc en fonction de l’outil choisi. La mouture va permettre à l’eau de s’écouler plus ou moins rapidement. La French press a de nombreux avantages : elle est simple d’utilisation, se nettoie facilement, est rapide et se dépatouille plutôt pas mal sur les aromatiques. Le cœur de l’autrice bat pour la French press… On mout le café, on verse de l’eau à 95 °C, on attend une minute (pour libérer les gaz – les « pros » versent l’eau en deux fois) puis on casse la croûte. Casser la croûte c’est briser l’épaisseur. Ensuite, on laisse infuser quelques minutes – cela dépend de vos goûts, encore une fois.


La Table

Quand c’est l’heure

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Par Myriam Commot-Delon

Vendredi → 19h

30 € l’apéro Un peu d’hellénités, pour éterniser l’été. Épicerie Poupadou

Tartinade de feta aux olives vertes 180 g — 4,90 €

Bière artisanale Kirki Pale Ale 330 ml — 4,30 €

Gressins artisanaux crétois aux céréales 250 g — 6,40 €

Art de la table

Un drink ? Shot, cocktail, vin, champagne, décanteur, seau à glace… Il convient de choisir avec soin les verres et les accessoires adéquats à chaque breuvage. Qu’ils soient en plus résistants aux chocs, soufflés bouche en Europe et d’un gris légèrement fumé – comme ceux de la collection Puck de Tom Dixon conçue en collaboration avec l’équipe de son restaurant londonien Coal Office – ne pourra que bonifier l’expérience de la dégustation. Home Contemporain / 13, rue du 22 Novembre homecontemporainstrasbourg.fr

Pistaches de l’Île d’Égine 200 g — 5,90 €

30, rue Geiler e.shop : poupadou.com


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QG Pause cocktail dans un lieu chargé d’histoire 01 The Drunky Stork Social Club 24, rue du Vieux-Marché-aux-Vins thedrunkystorksocialclub.com @thedrunkystorksocialclub

02 Le Léonor 11, rue de la Nuée-Bleue leonor-hotel.com @leonorhotel

Le pitch ? L’incarnation du pub contemporain, avec DJ le week-end et espaces privatisables, dans l’immeuble le plus hallucinant de la ville, abritant jadis la Strassburger Bank. On y reste ? Jusqu’à 1 h, tous les jours. Côté tchin-tchin ? Une carte de cocktails bien troussée dont l’Extra Pimm’s (en happy hours de 17 h à 19 h), mais aussi un coquet choix de mocktails pour les abstèmes : le Cherry Bomb à base

de purée de griotte, gingembre, citron vert et blanc d’œuf est parfait pour faire bombance sans finir pompette. Et pour le miam ? Des plats éclectiques, à partager… ou pas ! Petite pensée égoïste pour leur hot-dog de confit d’agneau.

Le pitch ? Un hôtel particulier du xixe siècle devenu Hôtel de Police, avant une seconde résurrection en hôtel quatre étoiles signé par l’architecte designer star Jean-Philippe Nuel. On s’y rend ? Le vendredi et le samedi entre 17 h et minuit, pour se jucher le long de leur spectaculaire comptoir brutaliste ou se lover dans des fauteuils cosy en dégustant quelques liquidités signature valorisant les produits locaux, parmi lesquelles : La Joie imprévue, à base de l’amer bière alsacien Instant Velours

et de crémant d’Alsace, et Ange Pur, une mixion de gin strasbourgeois Rosa, de chartreuse, d’eau de concombre et de fruits rouges. Et côté lèche-doigts ? Dans leur carte Anytime (disponible à partir de midi), du crac qui claque avec les crevettes crispy sauce gribiche et les petits radis alsaciens à caresser de beurre de livèche.


De confidentiel il y a un peu plus d’une dizaine d’années, le vin nature est devenu un incontournable de la table. Côté vignes, la nouvelle génération s’inspire des pionniers et perpétue un mode de production inscrit dans la lenteur et le respect de la biodiversité, dans une constante remise en question des pratiques. Plébiscité par les cavistes, leur jus au naturel est maintenant mis à l’honneur dans des salons dédiés, pour permettre à chacun de tester et accéder à une qualité qui fait toute la différence. Par Cécile Becker et Tatiana Geiselmann / Photos Christophe Urbain La Table—Dossier

En plein dans le pif

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Patrick Meyer Chef de file Par Tatiana Geiselmann

À la genèse du vin nature en Alsace, il y a Patrick Meyer. Dès les années 1980, le vigneron a fait le pari d’une production sans additifs puis s’est rangé du côté de la biodynamie, une folie pour certains. 40 ans plus tard, ses vinifications au naturel incarnent un modèle à suivre. Lui même se présente comme un « paysan-­ vigneron », ses confrères le considèrent surtout comme un « pionnier ». Installé autour du village de Nothalten, au nord de Sélestat, Patrick Meyer vient de fêter ses 40 années à la tête du domaine Julien Meyer. Un domaine familial qu’il reprend en 1982, à seulement 19 ans. « Mon père est décédé lorsque j’en avais 5, donc contrairement à la plupart des vignerons, qui doivent vivre une vingtaine d’années de cohabitation difficile avec leurs parents, moi, quand j’ai repris l’exploitation, il n’y avait aucun frein à ce que je conduise les vignes autrement. » Ce sera donc en bio, dès le tournant des années 80 à 90, sans produits de synthèse, en ayant de moins en moins recours au soufre, puis finalement en biodynamie dès 1998. « Au début, on nous traitait de fous », se souvient le vigneron, désormais âgé de 60 ans. Une quête de saveurs authentiques Ignorant les critiques, Patrick Meyer continue d’avancer à sa façon, sans concession : il supprime totalement les sulfites, bannit les levures indigènes, ne filtre que très légèrement ses vins, élève ses blancs en cuve, ses rouges en barrique, bref, produit des vins naturels. « Aujourd’hui, on est habitué à des vins qui “pètent” en bouche, qui sont gras, qui correspondent à une image idéale », déplore le viticulteur, « et pour atteindre cela, on utilise des tonnes de produits vraiment mauvais pour la santé. Dans le vin naturel, c’est tout l’inverse : on ne traite rien, on cherche des saveurs authentiques. » Des saveurs proches du terroir et donc très minérales, en ce qui concerne ses propres cuvées, à l’image du sol de gneiss, d’argile, de schiste et de sable sur lequel poussent ses raisins, plantés à 250 mètres d’altitude.

À chaque parcelle son caractère Le jusqu’au-boutiste va d’ailleurs jusqu’à vinifier séparément chacune de ses parcelles. « Les vins nature n’ont plus la caractéristique de leur cépage, mais celle de leur lieu de naissance », justifie le vigneron. Sur les étiquettes de ses bouteilles, les appellations type « Riesling » ou « Sylvaner » sont donc toujours complétées d’un repère géographique, « Zellberg », « Muenchberg ». « Quand on a dix pinots noirs, on a dix mondes différents », estime le sexagénaire, qui cultive sur son domaine les sept cépages alsaciens. « Notre objectif, c’est d’atteindre une fl ­ uidité qui s’approche de l’eau. » Pour cela, il conseille de laisser vieillir ses vins, qui perdront, au fil des années, le caractère oxydatif de leur jeunesse. « Ils ont besoin de plusieurs années pour atteindre leur pureté. » Une pureté, que l’on retrouve cependant déjà dans chacune de ses cuvées, grâce aux 40 ans d’expérience du viticulteur. Domaine Julien Meyer 14, route du Vin à Nothalten 03 88 92 60 15


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Jeanne Gaston-Breton Jusqu’au-boutiste Par Cécile Becker

On a traversé le vignoble de Reichsfeld, pris un chemin puis un autre, sans rien comprendre à la géographie du lieu. Et puis, au détour d’un sentier, encore un, on a aperçu une tiny house plantée au milieu d’un terrain paradisiaque à flanc de coteau. Bienvenue au domaine de Jeanne ­Gaston-Breton. Ton parcours ? J’ai fait des études en infographie, j’ai mis longtemps à me rendre compte que l’extérieur me manquait. Mes parents avaient leur domaine, en négoce, mais ont mis du temps à accepter que je le reprenne. En 2010, j’ai intégré le BPREA, puis j’ai fait mes propres expériences jusqu’en 2016. Ça a été déterminant car le formateur, Jean Schaetzel, était à l’époque très impliqué dans la bio. Il a créé l’association Vignes Vivantes avec André Ostertag en 1997, pionnière sur la question de la transition douce des vignes vers la bio. Il a vraiment tiré l’Alsace et ses vins vers le haut. Ça a été très très enrichissant mais à la fois difficile de convaincre mes parents de l’intérêt de passer en

bio, alors que ma mère a des connaissances dingues en matière de plantes. Depuis, elle a fait une formation en biodynamie, et aujourd’hui on fait des tisanes, des décoctions ou du purin à base de plantes : achillée, pissenlit, prêle, saule, orties et reine des prés. On voit vraiment la différence : les vignes se portent mieux. En 2016, on a commencé par appliquer les traitements bio et le passage s’est fait en trois ans. Ma première cuvée officielle est sortie en 2020, 1 500 bouteilles vinifiées dans la cave de mes parents à quelques mètres d’ici. Nous sommes en train de construire une grange qui accueillera la cave. Ton domaine ? Il s’étend sur 8 hectares et on fait presque tout manuellement. Comme mes parents, je fais du négoce en revendant à des copains dont la philosophie correspond à la mienne, qui valorisent bien le raisin et le terroir : Yannick Meckert, Soil Therapy ou encore Moritz Prado. Je vinifie 50 ares, je vais passer à 1 hectare cette année et j’augmenterai au fur et à mesure lorsque j’aurai ma cave. Ta philosophie ? Je m’inscris dans une vision globale de l’agriculture. Mon idéal, ce serait de faire du vin, de la bière, du fromage, du pain et de vendre nos


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produits dans les villages alentours. Ici, on a l’espace pour. J’ai décidé d’aller au bout des choses en m’installant directement sur le terrain avec mon compagnon, dans une tiny house qu’on a trouvée en 2019. Le fait de vivre dans 20 m 2 nous a forcé à drastiquement revoir notre manière de consommer : quand ce que tu consommes est rejeté dans la nature, tu fais forcément autrement et ça implique de vivre avec la nature. Tu t’adaptes et tu réalises que le confort est ailleurs. Et puis, rentrer chez soi le soir en étant heureuse de la manière dont je travaille et vis, ça me comble. La Ferme des 9 chemins Lieu-dit Taubental à Reichsfeld fermedes9chemins.fr

Anaïs Fanti La timide Par Cécile Becker

On arrive comme des fleurs à Ammer­schwihr, et c’est Mamie Fine (la fameuse !) qui nous accueille, la tête à la fenêtre : « Sonnez-donc ! » On sourit. Anaïs Fanti vient nous ouvrir et plante d’emblée le décor : ici, nous sommes chez sa

grand-mère où son grand-père avait à l’époque aménagé la cave qu’Anaïs a entièrement retapée avec son père, son « bras droit ». C’est petit, sans chichi et ça lui permet d’y aller tout doux, d’expérimenter sans se perdre. L’histoire, en revanche, est délicate : dans les années 1980, son grandpère stoppe son activité et décide de laisser ses 3 hectares dans la famille. La mère d’Anaïs Fanti se montre intéressée pour reprendre une part : « Il a refusé parce que c’était une femme. » L’oncle hérite de tout, mais épuisé, finit par laisser sa part à la mère d’Anaïs, louant le reste « à des gars du village ». La mère agrandit sa parcelle et la fait passer à 1,6 hectare, qu’Anaïs Fanti a repris en 2020, passant d’infirmière à vigneronne. L’envie de faire du vin, elle la fomentait depuis presque dix ans, ses voyages « à droite à gauche » l’y ont aidée. Alors que sa mère s’approche de la retraite en 2018, Anaïs Fanti suit un an de BPREA (où elle croisera d’ailleurs Lambert Spielmann) et part un an plus tard en Géorgie pour découvrir une autre manière de faire, notamment un joli travail autour des macérations. Cette technique sera la base de ses deux premières cuvées en 2020 : deux macérations de gewurztraminer, l’une de deux semaines, l’autre de huit mois. Elle voulait travailler ses vignes en bio et en biodynamie mais un passage par le domaine La Grange de l’Oncle Charles la convaincra de pousser « le vice » jusqu’à la vinification et donc de s’attaquer aux vins natures. Elle fonctionne à l’instinct : « Le côté création se fait vraiment à la cave, mais c’est une fois dans l’année, alors faut pas que tu te loupes. Sauf qu’au moment de la vinification tu as plein de choix qui s’offrent à toi : grappes entières ou dégrappées ? Tu tries ou tries pas les raisins ? Presse longue ou presse courte ? Soutirer ou pas ? Je me tourne vers mes collègues mais je me rends compte que tu peux potentiellement te perdre dans les conseils. Il faut donc se faire confiance, ce qui n’est pas simple. » Elle tâtonne, essaye, doute beaucoup (trop ?) mais reste sûre d’elle sur les angles qui fondent sa pensée et sur cette philosophie qu’elle partage avec ses amis : « Favoriser la biodiversité dans les vignes, on le fait tous un peu. Et puis on n’a pas cette folie des grandeurs. Je crois qu’il faut en laisser un peu aux autres, il y a pleins de jeunes qui veulent s’installer ! » Anaïs Fanti 7, rue des Trois-Épis à Ammerschwihr @vinsafanti


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Ça roule pour Brut(es)

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Direction Mulhouse, samedi 5 et dimanche 6 novembre, pour partir à la découverte de Brut(es), le salon du vin nature. Plus de 75 vignerons et vigneronnes issus de toute la France (avec un ancrage particulier à l’Est) mais aussi d’Allemagne, de Suisse ou de Hongrie proposent à la dégustation et à la vente leurs toutes dernières cuvées nature. Rencontre avec Jean-François Hurth, un des co-fondateurs du salon. Par Tatiana Geiselmann

D’où vous est venue l’idée de créer Brut(es) ? Brut(es), à la base, c’est une bande de copains, une « bande de brutes », Eric, Bruno et moimême, qui avons décidé de créer un salon dédié au vin nature, parce qu’on s’est rendu compte que ça n’existait pas à Mulhouse. On a ensuite trouvé un lieu en phase avec les vins qu’on voulait proposer, Motoco, et désormais on en est à notre quatrième édition.

Illustration Anne-Sophie Tschiegg

Pourquoi se centrer sur le vin nature ? Parce que c’est bon pour la santé ! C’est la même démarche que de manger des légumes bio. Pour produire du vin nature, à la base, il faut du raisin bio ou en biodynamie. Ensuite, il n’y a pas de bricolage en cave, pas d’ajout de levures, pas d’ajout de sulfites (ou très peu). Avant que les vignerons ne viennent au salon, on leur demande d’ailleurs de remplir une charte, pour qu’ils

soient transparents sur leurs pratiques. Après, comme pour les aliments bios, les vins natures coûtent parfois plus chers que les produits plus industrialisés, donc on leur demande aussi de présenter au moins une cuvée à 13 euros. Même si cela représente déjà une certaine somme, ça permet de rendre le vin nature un peu plus accessible.


Jean-François Hurth, Eric Bazard et Bruno Schaller

Justement, quels types de vins et de ­vignerons seront présents au salon ? La première chose à savoir c’est qu’on accueille uniquement des vignerons qui sont engagés à 100 % dans leur démarche, pas des vignerons qui ne font qu’une ou deux cuvées en vin nature. Ensuite, un des marqueurs de notre identité, c’est notre ancrage à l’Est. Un tiers de nos vignerons viennent de l’Est, donc évidemment ­d ’Alsace, où la scène vin nature grandit de manière exponentielle, mais aussi du Jura, de Lorraine, de Savoie, ou encore d’Allemagne ou d’Autriche, où beaucoup de jeunes vignerons se lancent dans le vin nature. C’est d’ailleurs une autre spécificité de Brut(es), on donne leur chance à des jeunes qui n’ont parfois qu’une à deux années d’expérience et qui vont pouvoir exposer aux côtés de certains pionniers. On rencontre aussi des vignerons différents sur chaque édition, il y a par exemple 25 nouveaux cette année. Et puis on essaye d’avoir un spectre assez large, qui couvre toute la France, avec des choses assez barrées, comme il peut y en avoir dans le vin nature, mais aussi des choses plus ancrées dans la tradition du terroir, pour que chacun y trouve son compte. Le seul critère, c’est que les vignerons aient des bouteilles à vendre et ne fassent pas juste de la dégustation. Le but c’est que les gens goûtent, aiment, emportent. À part du vin, qu’est-ce-qu’on va pouvoir emporter d’autre en repartant de Brut(es) ? De la bonne humeur ! On a de la musique, une petite librairie avec des dédicaces, des stands où se restaurer jusqu’à 21 h. On a aussi sept à huit exposants qui ne font pas de vin, mais d’autres boissons fermentées, comme du saké nature, du cidre, des bières assez étonnantes, avec des assemblages raisin-houblon ou pomme-houblon, du vieillissement en fût, du kéfir, du kombucha, du pétillant naturel de fruit, etc. En fait, ce qu’on cherche, c’est créer une communion entre le lieu, ce qu’on y vend et les gens qui sont là, et ça fonctionne super bien. Brut(es), salon de vins nature d’Est et d’ailleurs 5 + 6.11 à Motoco à Mulhouse salonbrutes.com

Le Tigre, c’est une librairie indépendante, underground et libertaire spécialisée en BD, en roman graphique, en micro édition où tu trouveras des dédicaces, des expos, des showcases et bien plus encore ! Du mardi au samedi de 10h à 19h 36, quai des Bateliers | Strasbourg

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Démystifier le vin nature Considéré comme la lubie de quelques hérétiques à ses débuts, le vin nature se fraye progressivement une place respectée dans le monde viticole. Une place qui dérive cependant vers un certain élitisme selon Jean Walch, le patron de l’incontournable cave Au fil du vin libre, quai des Bateliers à Strasbourg. Par Tatiana Geiselmann Photo Christophe Urbain

« Les cuvées deviennent de plus en plus pointues, plus chères aussi, et on est en train de rentrer dans une sorte d’entonnoir, avec un public qui se limite à des bobos fortunés », déplore Jean Walch. Une tendance qui s’explique aussi par les prix du marché, car c’est vrai, les vins naturels coûtent souvent plus chers que leurs cousins conventionnels, ils sont très dépendants des aléas climatiques, nécessitent un travail manuel, s’étendent sur des surfaces agricoles moins importantes, bref sont moins rentables à la production et donc plus coûteux. Sauf que pour le caviste, « le vin nature, c’est comme le bon pain, ça devrait être accessible à tous ». Bien vivre et bien manger Pour repopulariser ces vins produits sans intrants, quasi sans sulfites et sans levures indigènes, le passionné a donc décidé de monter, en collaboration avec Marcus et Phare Citadelle, un n ­ ouveau salon du vin nature du 17 au 19 novembre, le « Phare ô vins ». Un événement pensé avant tout comme une célébration du bien vivre et du bien manger, « pour ne pas rester coincer dans un côté un peu monolithique autour du vin ». En plus de la trentaine de vignerons présents sur trois jours pour faire déguster leurs dernières cuvées, des animations gastronomiques seront donc

proposées : ateliers cuisine, dégustation d'huitres fraiches, restauration, etc. Des animations seront organisées pour les enfants, des conférences pour les adultes, des soirées DJ-set pour les fêtards. « L'idée, c'est que ce soit un événement populaire, où on vient goûter du vin, mais aussi se détendre, manger, faire la fête. » Les premières cuvées de l’année La date n’a d’ailleurs pas été choisie au hasard : le troisième jeudi du mois de novembre, jour des primeurs, les toutes premières bouteilles du vin de l’année, rendu célèbre par les festivités autour du Beaujolais nouveau. « Ce sera le thème du jeudi », précise Jean Walch, « avec des primeurs de Touraine, d’Alsace, de la vallée du Rhône. » Les jours suivants, vignerons chevronnés et nouveaux arrivés s'alterneront, pour proposer un vaste panel de vins nature, de la bouteille à 10 euros à celle atteignant les 50. « L’offre sera ­différente tous les jours, c’est un petit peu à la carte. » Un salon sans chichi et sans prétention, pour s'initier au vin nature en toute décontraction.

Au fil du vin libre 26, quai des Bateliers aufilduvinlibre-strasbourg.com

Phare ô vins Festival, vins nature, DJ sets 17 → 19 nov. Phare Citadelle / 13, rue de Nantes


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NHFLOW AVEC KAY THE PRODIGY ET ALLOCROCO CONCERT À LA BONNE HEURE AVEC L’OPS TU MUES, TU MEURS TOURNÉE DES RÉCRÉS AVEC BAKA TRIO RAIDS URBAINS ÉCOUTE DE PROG APARTÉ CINÉDJANGO…

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Lewis Carroll et les surréalistes au MAMCS

Illustr’Alice 2 expositions Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture / Direction régionale des affaires culturelles du Grand Est. Elle bénéficie à ce titre d’un soutien financier exceptionnel de l’État

au Musée Tomi Ungerer

#surrealice

Illustration : Icinori. Graphisme : Rebeka Aginako

19 novembre 2022 — 26 février 2023


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Le vin, c’est d’abord une émotion ! L’étiquette Contre-pied, c’est d’abord un nom qui dénote une envie de s’affranchir des cadres, à commencer par ceux de la profession : « Beaucoup de gens, surtout des femmes, hésitent à pousser la porte des cavistes », se chagrine Thomas. « L’atmosphère est souvent roots ou alors intimidante… » Dans sa boutique de la rue de la NuéeBleue, le néo-­caviste propose donc un espace lumineux et épuré, presque minimaliste, avec une offre de vins « pas trop envahissante », rangés par moments de dégustation plutôt que par

Contre-pied. Un nom à sens multiple que Thomas Lhuillier, jeune caviste de 40 ans nous décortique « sans se prendre la tête », mais en ­sachant où il va. Par JiBé Mathieu / Photos Alexis Delon — Preview

appellations : à l’apéro ; on passe à table ; bulles festives ; idée cadeau… À l’entrée de la boutique, une banquette et quelques livres pour occuper les enfants, afin que l’expérience soit agréable, de l’achat de la bouteille au moment où on l’ouvre… « Peu importe les mots utilisés, le vin, c’est d’abord une émotion. Je voulais proposer des vins abordables dans tous les sens du terme. » La bouteille Contre-pied fait aussi référence aux vignerons avec lesquels Thomas s’acoquine. Des travailleurs de la terre qui œuvrent en bio, en biodynamie ou proposent des vins nature, car le caviste en est convaincu, l’impact du vin doit prendre sa part dans le monde de demain. « J’essaye de constituer quelque chose de cohérent, de logique… et d’accessible. » En termes de prix comme de plaisir. Et si le fond de la boutique accueille bulles, bières issues de micro-brasseries et spiritueux, un petit rayon d’épicerie fine vient compléter l’offre : la conserverie Clac d’Auvergne qui travaille avec des partenaires locaux, que ce soit pour les légumes, les herbes ou le fromage, et propose des tartinades pour l’apéro qui s’accordent à merveille avec les vins. Idem pour les bocaux de Jean de Luz, pêcherie artisanale près de Bayonne ou les biscuits salés anti-gaspi d’In Extremis réalisés à partir d’invendus de pain et de son de blé… Le goût « Le contact avec le client c’est d’abord du plaisir. Parler de vin, de ce qu’ils vont manger le week-end… Cela me va ! Depuis l’ouverture, en juin, je vois beaucoup de femmes qui me complimentent sur la boutique. Avec Contre-pied, j’ai dédramatisé l’approche. Les hommes ont souvent tendance à faire les spécialistes, alors que les femmes sont beaucoup plus décomplexées, elles n’hésitent pas à demander conseil. Et à faire confiance. »

Contre-pied, caviste engagé 22, rue de la Nuée-Bleue contre-pied-caviste.com


Franz Schreker

Le Chercheur de trésors

Les choix de Thomas T’as poussé le bouchon trop loin Lori Haon ---> 10 €

Aligo Rythm 2020, Julien Guillot ---> 30 €

Cuvée Renaissance 2017, Philippe Viret ---> 16 €

« Côtes-du-rhône nature réalisé par un jeune vigneron passionné et passionnant installé sur un joli terroir. » Un vin d’apéritif léger et fruité d’une belle richesse.

« L’aligoté c’est comme le sylvaner, un cépage dénigré un temps qui produit pourtant des choses intéressantes. Julien a basculé le domaine qui n’a jamais connu la chimie en biodynamie. » Fruit, fraîcheur et profondeur au rendez-vous.

Direction musicale Marko Letonja Mise en scène Christof Loy Chœur de l’Opéra national du Rhin Orchestre philharmonique de Strasbourg Strasbourg (Opéra) 28 oct.-8 nov. 2022 Mulhouse (La Filature) 27&29 nov. 2022

Vin rouge de la Drôme provençale par un chantre de la cosmoculture. « Un vin d’une belle énergie et d’une super complexité qui me fait penser à un morceau des Pink Floyd. » À boire avec une poêlée de champignons. Conception graphique Twice studio Illustration Laura Junger


La Cave du Roi Dagobert, coopérative installée entre Traenheim et Scharrachbergheim, a fêté cet été son 70e anniversaire. Son directeur, Christophe Botté, évoque le passé et les perspectives d’une solide entreprise, produisant sept millions de bouteilles par an et forte de deux cent trente membres. La Table

Bien boire

Par Pierre Jean Singer / Photos Pascal Bastien

Aux racines d’une coopérative

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Au moment où se déroule cet entretien, les dernières remorques chargées de raisin sont réceptionnées. Comment se présente la récolte 2022 ? Nous avons récolté 65 000 hectolitres d’une très belle qualité. Nous sommes sur des terroirs riches, qui souffrent peu de la sécheresse. Et entre mai et septembre, nous avons eu la sécheresse, mais avec des pluies au bon moment. Résultat : une bonne qualité et de bons volumes. La cave vient de célébrer son soixantedixième anniversaire. Elle a été fondée en mai 1951 par deux cents viticulteurs, sous le nom de « Cave coopérative vinicole de la région de Molsheim ». Les surfaces dédiées représentaient alors soixante-dix hectares (alors qu’aujourd’hui, les coopérateurs de la Cave du Roi Dagobert détiennent mille hectares de vigne). Revenons aux origines… Il faut se transporter dans l’après-guerre. Après le deuxième conflit mondial, le monde agricole doit se restructurer. Dans la vallée de la Mossig [cours d’eau qui passe tout près du siège de la cave, NDLR] et dans le Kochersberg, la place de la vigne est réduite. Une partie du vignoble a été endommagée, les locaux de production sont parfois détruits, il n’y a plus de débouchés. La profession se réorganise, les viticulteurs du secteur mettent leurs récoltes en commun, achètent un pressoir, vont faire évoluer la viticulture. La mise en commun des ressources, c’est l’origine de notre coopérative et d’autres structures similaires… Il reste aujourd’hui dix entreprises viticoles coopératives en Alsace. Quelles valeurs porte votre coopérative ? Des valeurs égalitaires et de proximité : la coopérative compte deux cent trente membres, dont deux cents pluriactifs et trente professionnels. Mais chacun dispose d’une voix, au moment d’élire les dix-huit conseillers qui forment le conseil d’administration. C’est quelque chose de fort, au niveau de la gouvernance. Ensuite, la coopérative restitue à 100 % les bénéfices aux viticulteurs, en fonction de leurs apports. La valeur ajoutée de la production reste ici. Cela irrigue le territoire, car les viticulteurs sont répartis sur une dizaine de communes du secteur.

Un livre* retraçant l’histoire de l’entreprise relève que c’est en 2007 que se met en place la filière de production de vins biologiques de la Cave du Roi Dagobert. Comment ces vins ont-ils trouvé leur place dans votre gamme ? Nous disposons aujourd’hui de cent trente hectares certifiés bio [sur mille hectares au total, NDLR]. La démarche vers la production de vins biologiques avait en fait débuté dans les années 1990, avec une analyse de l’empreinte environnementale de notre production. En 2010, la cave a lancé sa première gamme bio. Aujourd’hui, cela représente 200 000 bouteilles en bio, sur un total de sept millions de bouteilles par an en moyenne. Cela évolue peu ; la consommation de vins bio est freinée par leur coût. Pour autant, vins bio et naturels sont intégrés à notre ­s­tratégie d’entreprise. La production bio est regroupée sous l’appellation Jardin de Trebogad [nom formé à partir de la lecture en sens inverse de Dagobert, NDLR] et Trebogad seul pour les vins naturels. Produits de récoltes à la main, sans intrants et sans levures, les vins nature forment une microniche, soit 10 000 bouteilles par an. Nous allons leur ajouter un pétillant naturel – Pet’nat – de muscat, début 2023. Quelles perspectives vous fixez-vous à court terme ? Élever la qualité de nos pinots noirs, continuer d’installer les marques Dagobert et Trebogad, les faire mieux connaître encore de la clientèle locale… * Guy Trendel, Cave du Roi Dagobert : chronique d’une aventure collective, I.D. l’Édition, 2012.


Des amateurs de grands crus aux palais les plus aventureux, la cave ­indépendante Au Millésime met tout le monde d’accord. En misant sur la variété de l’offre sans lésiner sur l’expertise du conseil, elle n’a eu de cesse d’élargir son cercle d’habitués, jusqu’à afficher une longévité record à Strasbourg. Par JiBé Mathieu / Photos Jésus s. Baptista La Table—Bien boire

Maison de confiance Née avenue de la Marseillaise, la cave Au Millésime cultive le goût du vin depuis… 1975 ! Ce qui en fait le plus vieux caviste indépendant encore en activité à Strasbourg. « En ce tempslà, nous étions deux », rappelle non sans malice Emmanuel Maire, directeur de l’enseigne. « Aujourd’hui, nous sommes une soixantaine ! » Voyage au verre C’est en 1996 que la cave du Millésime est rachetée par Michel Falck. Issu d’une grande famille de commerçants strasbourgeois, l’homme se

12e Salon du vin 5 novembre / 10 h à 20 h L’équipe du Millésime organise son 12e salon du vin au Bistrot du Maillon (BIM). → 1, bd de Dresde / Strasbourg → Entrée : 10 €

Une trentaine de vignerons seront invités. Rencontres, dégustations et tarif préférentiel sur place.

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choix ! Du bon ! Des conseils ! goût ! On veut : du local ! Du ! Du choix ! Du bon ! Des con ! Du goût ! On veut : du loca Du bio ! Du choix ! Du bon ! conseils ! Du goût ! On veut : local ! Du bio ! Du choix ! Du ! Des conseils ! Du goût ! On v : du local ! Du bio ! Du choix Du bon ! Des conseils ! Du goû On veut : du local ! Du bio ! D choix ! Du bon ! Des conseils ! goût ! On veut : du local ! Du ! Du choix ! Du bon ! Des con ! Du goût ! On veut : du loca Du bio ! Du choix ! Du bon ! conseils ! Du goût !

lance dans le vin par passion après des études à l’école hôtelière de Strasbourg-Illkirch et plusieurs séjours à l’étranger. En 1998, la boutique transhume vers son adresse actuelle rue du TempleNeuf, au cœur du Carré d’Or strasbourgeois. La clientèle de la première heure est alors composée d’amateurs aux connaissances affirmées. En ce temps-là, Monsieur, il convenait de sonner avant de pénétrer dans le saint des saints ! Autre temps, autres mœurs : au fil des décennies, le goût du vin se démocratisant, le caviste suit le mouvement, laisse sa porte grande ouverte pour accueillir une clientèle plus large, avide de goûts nouveaux dont le palais s’affine avec le temps. « Nous avons l’habitude de dire que nous sommes un caviste généraliste. » Le Millésime propose ainsi tous types de vins. À tous les prix. Mais aussi des whiskies de tous âges et de toutes provenances, pour ne citer qu’eux, puisque les spiritueux représentent un tiers du chiffre d’affaires de la vénérable maison. Seuls les vins du Nouveau Monde sont absents des rayons depuis 20 ans. « Pour des raisons écologiques, d’abord. Pourquoi faire venir des vins d’Amérique latine alors que nous en avons si près de chez nous ? » Et puis, à l’autre bout du monde, le lien avec le vigneron est impossible à cultiver. Or, la force du Millésime repose précisément dans ces échanges que les professionnels de la cave entretiennent avec ceux qui élaborent le vin. Une proximité qui participe à leur image de « maison de confiance », tant auprès des producteurs que de la clientèle. Marchands de saveurs En 2008, le caviste strasbourgeois ouvre en parallèle le Comptoir du Millésime, dans la zone commerciale nord de Vendenheim. Une extension avant tout dictée par un besoin d’espace. « Nous avons six caves voûtées sous le magasin strasbourgeois, mais d’un point de vue logistique, cela devenait compliqué. » Car l’autre atout du Millésime, c’est bien sûr son stock. « Afin d’être en mesure de vous servir soixante bouteilles de champagne pour le soir même ! » Pas donné à tout le monde. Si la clientèle diffère d’une adresse à l’autre, l’offre de jus est sensiblement la même. « Une fois la gamme en place, nous la faisons progresser par petites touches… » Au gré des rencontres et des affinités. « Plus de 50 % de nos vins sont désormais en bio ou en biodynamie. Et nous faisons régulièrement entrer de nouvelles choses. » Ainsi des bières issues de micro-brasseries ou, à Strasbourg, un rayon d’épicerie fine. « Nous sommes sans doute l’un des plus gros vendeurs de caviar Petrossian de la place ! » Nombre d’acheteurs en quête d’accords mets et vins viennent avec le libellé du menu pour se faire conseiller. Ils sont assurés de trouver à qui parler. La cave du Millésime dispose en effet d’une équipe composée exclusivement de sommeliers. « À part un, mais il a une mémoire telle qu’il est en mesure de se souvenir du vin qu’il a gouté un dimanche, au déjeuner, il y a 20 ans », assure le directeur, ajoutant : « Nous avons su instaurer un climat de confiance avec nos clients. L’équipe entretient une relation qui va au-delà du simple service. » Et qui passe avant tout par le plaisir du travail bien fait. Au Millésime 7, rue du Temple-Neuf aumillesime.com

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Come a Roma, cela signifie « Comme à Rome ». Appliqué à l’alimentation italienne, sur le pouce et hors de la casa, cela peut vouloir dire manger de la pizza a taglio, autrement dit, à la part. Et pas n’importe lesquelles. Le chef Federico Bartoloni, alias Kiko, a en la matière des exigences de qualité. La Table—Bien manger

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Par Pierre Jean Singer / Photos Alexis Delon — Preview

Fais comme les Romains Come a Roma 1, rue Stimmer comearoma.com

Avant Come a Roma II, il y eut Come a Roma I. Un établissement qui marqua les papilles d’une clientèle diverse et fidèle, entre 2006 et 2018. Un peu plus petit, un peu plus rustique, le premier Come a Roma se nichait dans l’ellipse insulaire de Strasbourg. La seconde version du restaurant s’en est éloignée, migrant au 1, rue Stimmer, près du boulevard de la Marne. Le patron a jeté son dévolu sur un lieu spacieux, aux grandes baies vitrées, qui permet de dresser une quarantaine de couverts à l’intérieur et autant en terrasse. « Je voulais enrichir le quartier où j’habite, ouvrir un bar-brasserie (à l’italienne), dans un coin où il


est facile de se garer », explique Federico. Il y attire une clientèle de proximité, qui peut y déguster des pizzas à la coupe et bientôt d’autres plats italiens, sept jours sur sept. « À Rome, la pizza a taglio se mange toute la journée, du petit déjeuner à la soirée », raconte Federico. Petit-déjeuner à l’italienne À Strasbourg, les clients matinaux de Come a Roma peuvent même siroter un espresso corsé accompagné d’un cornetto ou, pourquoi pas, une excellente part de tarte-­pizza à la prune et à la pistache. En fin de matinée, la vitrine devant laquelle les clients choisissent leurs parts se garnit d’une dizaine de sortes de pizzas. Toutes les pâtes sont à base de farine bio complète et quand elles sont « rouges », la pulpe de tomates utilisée est aussi bio. Généreusement garnies, carnées ou végétariennes, les parts de pizzas sont belles à voir et colorées. La « Margherita gialla », ornée de tomates cerise jaunes et de basilic, vous fait de l’œil ; la crème de potiron/­gorgonzola resplendit. « La pizza, c’est comme une toile de peintre », confie Kiko. De l’harmonie des ingrédients naît l’harmonie des couleurs. Déjà dégustée au temps du premier Come a Roma, la ­pizza chocolatée reste fidèle au poste, dans une version plus ­digeste. En dehors de la pizza a taglio, le chef Kiko propose une salade à l’espadon fumé. Il confectionne ­aussi dans la cuisine ouverte des arancini à la romaine [des boules de riz frit fourrées au fromage, à la viande ou au poisson, NDLR]. Dans les prochains mois, le patron envisage d’introduire des plats de pâtes, un par jour de la semaine. Pavés, pochoirs et Vespa Plus vaste et plus cosy, la nouvelle version de Come a Roma reprend quelques-uns des traits de la déco de son ancienne version. Rue Stimmer, on trouve des pavés au sol et, sur les murs, une teinte terre de Sienne et des dessins au pochoir. Un décor italien, sans chichi et sans clichés. Au fond du restaurant, une authentique Vespa Lambretta, posée sur sa béquille, attend un hypothétique voyage. On sent la patte et le regard du patron, passé dans les années quatre-vingt-dix par les Arts Décoratifs de Strasbourg, la future HEAR, en option communication visuelle. Le parcours de Federico, alias Kiko, mérite largement d’être raconté. Franco-italien, bilingue, il a grandi à Rome, débarquant en France en 1992, passant par Paris, puis Strasbourg, avant de repartir à Rome en 1996, nostalgique de la pizza a taglio. Il passe de l’autre côté du comptoir en apprenant là-bas l’art de confectionner de belles et bonnes pizzas. Cela commence par la pâte : « Au début des années quatre-vingt-dix, de nouvelles techniques de fabrication sont apparues, destinées à rendre la pâte à pizza plus digeste. Le monde de la pizza a commencé à changer ». Après une formation de quatre mois, il travaille pour plusieurs pizzerias italiennes avant de revenir en Alsace et d’ouvrir une agence de c­ ommunication, puis Come a Roma I. Entre 2018, année de la fermeture et 2022, année de la résurrection, passe la période Covid, peu propice au commerce de bouche. Mais adaptée, en revanche, aux travaux d’aménagement et de décoration, tels que ceux qui ont précédé l’avènement, rue Stimmer, du nouveau Come a Roma.

Au Fil de l’Eau l’Esprit du Vin libre et joyeux 26, quai des Bateliers I Strasbourg 03 88 35 12 09 www.aufilduvinlibre-strasbourg.com

LE GAVEUR DU KOCHERSBERG F E R M E NON N EN M AC H E R Produits du Terroir & Foie Gras d’Alsace

Producteur de foie gras de canard, éleveur passionné Vente à la ferme Du lundi au samedi de 8h30 à 12h et de 13h à 19h sauf lundi 18h30 et samedi 17h

Les 3 dimanches avant Noël 10h à 12h et 14h à 18h

14 route de Hochfelden | 67370 Woellenheim +33 (0)3 88 69 90 77 | gaveur-kochersberg.fr


L’épicerie fine et traiteur Fratelli Marmi, la réjouissante enclave italienne neudorfoise, ouvre cet automne son Marmi Atelier, un nouveau lieu dédié à des évènements liés à la gastronomie et l’œnologie transalpine. On préfère vous prévenir, ça va débotter. Par Myriam Commot-Delon/ Photos Alexis Delon — Preview La Table—Bien manger

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Le sens des italianités À celles et ceux qui râleraient, à leur première venue, qu’ils sont installés trop loin du centre-ville, Maurizio et son ami Massimiliano rétorquent : « Pour vivre heureux, vivons Marmi ! » Puis à la seconde visite, ça parle produits, passion, terroir et ça se termine en rendez-vous quotidien au Neudorf. Le Marmi Atelier n’y déroge pas. Niché dans un grand appartement non loin de l’épicerie, Maurizio explique avec son franc-parler qu’il l’a voulu volontairement caché, tout en confidentialité : « On n’est pas un magasin de tourisme, il faut donner du sens à ce qu’on mange. Je veux faire de Marmi une référence nationale et promouvoir ma région, la Basilicate. Chez nous, 80 % des produits sont sans intermédiaires, sauf le vin. » Souvent d’ailleurs, les clients ont des idées préconçues sur le vin italien, ce qu’il trouve limite insultant : « L’Italie est tout de même la patrie de la Slow Food ! Et certaines de mes bouteilles, comme le Bolgheri Sassicaia, sont des vins exceptionnels qui vont jusqu’à 500 €. C’est un budget conséquent, mais cela fait partie de l’éducation que je cherche à prodiguer, en proposant des cépages autochtones de différents terroirs. Pour l’épicerie, c’est pareil. Ici, pas de sauce tomate industrielle mais des produits façonnés dans les règles de l’art, avec des ingrédients bruts : « Ce litre de passata a nécéssité trois kilos de tomates et ce jambon cuit, sans conservateurs, requiert quatre ans d’élevage et cinq ans de maturation. Alors, oui, parfois il y a de l’attente, mais je l’assume ». Promouvoir son terroir L’authentique made in Italy, les petits producteurs, c’est la mission de Maurizio, parce que la gastronomie permet de faire passer beaucoup


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de messages. Comme le fait la très médiatique ­A lessandra Pierini, qui promeut la culture food italienne et l’a reperé. « Avec le Marmi Atelier nous voulons optimiser tout ce travail de recherche réalisé avec l’épicerie en présentant des artisans ­reconnus sur la scène gastronomique italienne. Les ateliers débuteront en octobre, il y aura des cours de cuisine, des masterclass et des conférences avec des producteurs – des thématiques sur la cucina povera, par exemple – des clubs d’œnologie sur les vins, des accords vin/fromages ou vin/charcuterie, des diners privés… » L’ambition est là, le temps passé à tout organiser est certainement chronophage, mais quand on est habité par une passion… Alors quand Maurizio glisse, mine de rien, qu’il a géré en 2019 sa crise de la trentaine en créant avec un ami le Plato Comedy Club, une scène de stand-up strasbourgeoise, vous comprenez illico qu’on ne s’arrête jamais chez les Fratelli et que l’humour fait aussi partie de l’ADN Marmi. Fratelli Marmi 29, rue Saint-Aloise 03 88 55 03 72 @fratellimarmi

Deux collabs ? ---> Une bière | Bendorf x Bibine

& Pinard x Fratelli Marmi Née pendant le confinement, pour se rappeler cette période difficile pour leurs entreprises respectives, leur Keller Bier est disponible en édition limitée et uniquement au Neudorf chez les trois compères ! brasserie-bendorf.fr bibineetpinard.com

---> Une huile d’olive | Antico

Frantoio Di Perna x Fratelli Marmi Estampillées Marmi (la fierté), ces huiles de montagne joliment enflaconnées en Basilicata sont uniquement vendues en France, chez eux et… à la Grande Épicerie de Paris. frantoiodiperna.it

Quelques suggestions Pour un cadeau full produtti ? Leurs paniers (très bien) garnis d’une sélection de provisions aux petits oignons, suivant les désidératas et le budget de victimes consentantes. Leur laisser la main, c’est bien aussi : faire découvrir, c’est leur grande passion !

Pour l’aperitivo ? L’incontournable plateau de fromages et de charcuterie, uniquement sur mesure et sur commande. Parce que trancher sans fin, ce n’est pas le but de leur vie, ils préfèrent promouvoir leurs produits bien castés et échanger avec leur clientèle plutôt que de faire des plateaux minute à la chaine. À escorter d’une focaccia de compète et d’une quille d’Italie sans chimie. Pour taquiner des pâtes ? Si vous goutez à leurs pâtes Miskiglio, c’est la pasta addiction assurée. Avec ? Juste un filet d’huile d’olive, du parmesan, et basta ! Pour une estocade finale ? Leurs plats traiteur, cuisinés sur place à partir de produits frais et bruts. Arancini, cannelloni, lasagnes… se dévoilent chaque semaine via leurs réseaux sociaux, et sont garantis 100 % capitulation. L’autre passion de Maurizio ? Le PCC, le Plato Comedy Club, sa scène de stand-up créée avec son ami Zohar, qui accueille une fois par mois de jeunes humoristes, avec en prime, un guest de notoriété pour clôturer la soirée. Leur programmation c’est ici : leplatocomedyclub.com et ça se passe au Fat Bar, 3, rue Klein à la Krutenau.


C’est tout chaud, ça vient d’ouvrir à Haguenau. Le Coq en pâte est sorti du four ! Tel un retour aux sources pour le chef Jaimes Madeira qui a commencé, dès ses dix-huit ans, par mettre le feu derrière la sono d’une boite de nuit réputée. Beaucoup de chemin parcouru avant de passer en coulisses, derrière les pianos. Par JiBé Mathieu / Photo Sandro Weltin La Table—Actu aux alentours

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Le Coq en pâte

Le Coq en pâte 29, place du Marchéaux-Bestiaux à Haguenau 09 51 21 99 89 restaurant-le-coqen-pate.com

C’est un remplacement de cuisinier au pied levé lors d’un mariage où il était venu pour assurer l’ambiance qui lui ouvre les portes… des cuisines. Celles du Conseil de l’Europe d’abord, dans lesquelles il passe sept ans à se former et à servir de la cuisine gastronomico-­diplomatique avant d’enchainer sur sept autres années au service qualité du groupe Accor. « Le week-end, je continuais à faire de l’événementiel avec les copains, puis du traiteur », raconte Jaimes Madeira. Une affaire qu’il développe ensuite en créant Dujardin Traiteur, comme une évidence. « Lorsque j’étais invité, les autres ramenaient des fleurs, moi c’était des légumes ! » Par ce biais, ce chef dans l’âme a servi de nombreux grands de ce monde, de Jacques Chirac à la reine ­d ’Angleterre en passant par le pape orthodoxe, avant que ne lui vienne l’envie d’ouvrir son premier restaurant. Ce sera Le 15, à Ostwald. Nouvelle poêle à sa rutilante batterie, le tout jeune Coq en pâte, à Haguenau, a pour ambition d’incarner dans l’assiette toute la philosophie du chef, disciple d’Auguste Escoffier et désormais membre de la prestigieuse Académie culinaire de France. Nectar au verre À l’extérieur, la maison est authentiquement alsacienne. En dedans, le cadre est contemporain et intimiste. Trente-huit couverts pour mettre en valeur les compétences d’une équipe resserrée. Car fidèle aux principes de transmission d’Auguste Escoffier, Jaimes Madeira a à cœur de toujours former ses équipes, de l’apprenti au plus capé, pour en faire de véritables professionnels, de la cuisine jusqu’au service en passant par la sommellerie. Non content de proposer de très belles bouteilles à la carte de son restaurant, Jaimes Madeira se fait aussi fort de servir au verre ses sauternes, monbazillac, chablis, viognier, pouilly, sancerre, saint-Joseph, pomerol ou chassagne-montrachet. « À l’intérieur de chaque appellation, il faut trouver les bons ! », prévient cet amateur de jus qui sait compter sur l’amitié de sommeliers de renom pour lui ouvrir quelques portes. En plus, « Le Coq en pâte possède une très belle cave voutée. » À bon entendeur…

Plats à partager La carte déploie quant à elle une cuisine bistronomique décomplexée à base de produits frais. Jaimes Madeira ne fait « ni pizza, ni choucroute, ni hamburger… À chacun son rayon ! » Ses recettes, le chef les décline en quatre volets avec une formule du midi configurable sur mesure et une carte composée de cinq entrées, plats et desserts. On y trouve par exemple un foie gras cuit au torchon, fait maison à l’ancienne, une volaille fondante et juteuse inspirée d’une recette de Paul Bocuse, un demi-magret de canard rosé, une pièce de bœuf en cuisson douce, mais aussi du poisson (dos de cabillaud ou saumon) et même un plat végétarien (pastillas de légumes) accompagnés, selon les jours, d’un écrasé de pomme de terre à la truffe ou d’un wok de légumes parfumés. Bref, de quoi saliver à satiété. La surprise du chef réside dans ses « plats à partager » qui résument si bien la philosophie épicurienne et généreuse de la maison : côte de bœuf d’un kilo minimum pour deux, ribs de cochons à la texane ou ribs de bœuf toujours accompagnés de salade à volonté et de frites à la belges. « Les gens qui viennent chez moi viennent pour se faire plaisir, affirme-t-il. Ils viennent pour passer un bon moment, pas juste pour manger. » Qu’on se le dise, en plus de la cuisine servie du mardi au samedi, midi et soir, Le Coq en pâte propose également ses services traiteurs. De quoi prolonger le plaisir de la table sans même quitter la maison.


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Le Parc

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Série : Les glanées automnales, photo Alexis Delon / Studio Preview + direction artistique Myriam Commot-Delon

LES ESCAPADES Raccourcis ou chemins de traverse, l’art de la fugue

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Meisenthal

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NOUVELLE VAGUE Par Emmanuel Dosda Photos Christoph de Barry

→ 1h en voiture depuis Strasbourg

Photo : @ CloudyProd

Les escapades


Nous pourrions parler de second nouveau souffle : le site de l’ancienne Verrerie de Meisenthal (1704-1969), réactivée en 1992 par le Centre International d’Art Verrier (CIAV), est aujourd’hui métamorphosé. Visite guidée d’un bijou patrimonial du Bitcherland qui sait valoriser son passé tout en fixant l’horizon et imaginant les possibles offerts par les créateurs contemporains.

Découvrir la nouvelle configuration du Site Verrier de Meisenthal, situé au plus profond du Parc naturel régional des Vosges du Nord, débute par la vision d’une sinueuse vague vraiment béton qui marque le lien entre l’histoire ouvrière du territoire et l’inventivité d’aujourd’hui. La gracieuse enveloppe créée l’union, la fusion du récent espace boutique-accueil-billetterie, du Musée du Verre revisité, du CIAV augmenté et de la Halle verrière rééquipée. Un nouvel envol, après un chantier de quatre ans, qui n’aurait pas été possible sans l’investissement et l’engagement de la Communauté de Communes du Pays de Bitche et de la créativité dont fait preuve le CIAV. Yann Grienenberger, son directeur, insiste sur l’étendue des types de réalisations, qui ne laisse pas de place au ronronnement dans les ateliers de Meisenthal où les souffleurs sont amenés quotidiennement à changer de mode de travail, à se réinventer et réaliser les projets les plus fous. « Comme des musiciens, ils doivent bien connaître leurs instruments et les gammes avant d’improviser, expérimenter, changer de partition », par exemple lorsqu’ils accompagnent des artistes pour la création des inventives et attendues boules de Noël aux formes les plus insensées. La tour de Pise Au centre du site, dans la cour intérieure, nous sommes amusés par la « tour de Pise locale » – une cheminée penchée, mais renforcée, n’ayant visiblement pas apprécié tout le remueménage de ces dernières années –, puis séduits par le Jardin pour la Liberté faisant des clins d’œil végétaux à Émile Gallé et Antoine Maas, visionnaire ayant racheté la verrerie en 1936. Valérie Wagner, médiatrice, guide notre regard vers les « faux jumeaux », deux bâtisses récentes reprenant l’aspect de l’ancien portique dans le plus grand respect pour le bâti d’avant. Un des édifices siamois abrite la cantine et des bureaux administratifs tandis que l’autre est une extension de l’atelier des verriers. Passage obligé sous la vague, par « le poste d’aiguillage », comme l’appelle Anne Marchand, directrice de la billetterie du site faisant également office de boutique bien plus vaste que celle d’avant travaux.

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Souffler le chaud et le froid Caroline Duchamp, récente directrice du Musée du Verre, est heureuse du rapprochement entre la structure dont elle se charge et le CIAV, sachant que depuis 2019, la collection constituée par l’association de passionnés qui la gérait a été transférée à la collectivité. Au troisième niveau du musée est reconstitué un atelier avec ses outils « identiques à ceux utilisés aujourd’hui ». Nous découvrons le travail à chaud – soufflage, façonnage… – et à froid – taille, gravure à la roue, satinage, argenture, émaillage… – avant de poursuivre la visite de cette structure totalement rénovée. Durant le parcours, Caroline Duchamp explique : « Le verre est une matière fascinante, voire magique, nécessitant une maîtrise technique exigeante, et pourtant malléable. » Nous voici au second niveau, consacré aux ustensiles de production industrielle (bouteilles, coquetiers…) ou pièces précieuses issues des nombreuses verreries régionales : Lemberg, Saint-Louis, Lalique (qui a récemment fêté ses 100 ans), Baccarat… La dernière salle expose des merveilles fabriquées à Meisenthal et conçues par des artistes d’hier et d’aujourd’hui : du mouvement Studio Glass des nineties à l’alphabet miniature en langage des signes de Michel Paysant (Handsigns). Après l’observation d’un bol « bullé » de Daum de 1925, nous contemplons un des joyaux historiques de la collection : le Vase à la carpe d’Émile Gallé qui œuvra ici de 1867 à 1894. La directrice du Musée décrit cette œuvre exceptionnelle de 1878, du maître de l’Art nouveau, où le « mouvement de l’eau est donné par la technique des côtes vénitiennes qui consiste à lacérer les bords de l’objet avant soufflage. Il s’agit d’un beau témoignage de la phase “recherche et expérimentation” de Gallé, avant ses envies de grande production et l’École de Nancy. » Un cordon ombilical Il faut traverser 20 mètres sur une gracieuse passerelle, que Yann considère comme « un cordon ombilical », pour passer du Musée au CIAV. Au niveau de l’ancienne boutique (aujourd’hui située au creux de la vague), une salle d’ex­ position permanente dévoile tout ce qu’il est


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Meisenthal

La nouvelle spacieuse boutique du CIAV

possible de réaliser, grâce à de multiples variations techniques, avec un seul moule. La Moulothèque (fermée au public) en conserve environ 2 000, en bois ou en métal ! Les artistes hôtes du CIAV sont régulièrement conviés à y puiser leur inspiration. Suite du parcours dans la Galerie qui présente Sillages (jusqu’au 23 octobre), ensemble de créations récentes de Nicolas Verschaeve à partir d’un moule qu’il a créé en compagnie des artisans verriers. Le clou du spectacle ? Rassurez-vous, il demeure identique depuis 1997. La chaleur monte, les fours tournent à plein régime et la matière entre en fusion : nous voici sur la mezzanine de démonstration. Il suffit de baisser les yeux pour observer les verriers souffler et façonner des objets en commentant avec plaisir leurs faits et gestes précis. Curieux, nous osons nous aventurer en bas, là où ça chauffe ! ­Nathalie Nierengarten, directrice artistique du CIAV depuis 2020, nous présente les élèves de l’université HBKsaar de Sarrebruck, présents le jour de notre visite. Ils vivent une immersion au CIAV et s’apprêtent à présenter le fruit de leurs questionnements sur le thème Sweet Dreams : une ingénieuse coupe de glace ou un sextoy à la semblance d’une chenille. Nathalie pousse les

jeunes créateurs dans leurs retranchements, leur implorant d’« essayer d’aller au-delà des limites. » Une cathédrale industrielle Après avoir traversé les « faux jumeaux », la visite se termine dans l’immense Halle verrière. Cette usine de 1813 à la charpente métallique, véritable « cathédrale industrielle », comme on la nomme avec révérence, accueille expositions (des œuvres monumentales des stars de l’art contemporain, Georges Rousse, Daniel Buren, Jan Fabre ou Stephan Balkenhol qui a son atelier à Meisenthal), événements circassiens, festivals ou concerts ayant lieu dans la Boîte noire (et son gradin rétractable) récemment installée ou dans la Halle elle-même pour des shows de plus grande envergure, grâce à sa capacité de 3 000 personnes. L’équipe du Cadhame qui gère le lieu de 2 400 m 2 se réjouit bien sûr elle aussi de la vaste opération architecturale sur le site, aventure humaine hors du commun : « Nous avançons tous dans le même sens ! »

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Ouverture du Site Verrier 1er mai → 23 oct. (mardi au dimanche 13 h 30 à 18 h) Réouverture pour la saison hivernale 17 nov. → 30 déc. puis à partir du 1er avril 2023 site-verrier-meisenthal.fr

Les ateliers du CIAV : attention, ça chauffe → La Halle verrière : expos et concerts ↓


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En + à Meisenthal

Meisenthal

Rêver Il y a plus d’une vingtaine d’années, une troupe théâtrale a créé un espace utopique où des artistes pratiquent de nombreuses disciplines – arts plastiques ou vivants – dans une friche réhabilitée, l’ancienne orfèvrerie Manulor, rachetée par le célèbre sculpteur Stephan Balkenhol. ARToPie est un centre de création artistique qui propose spectacles et concerts dans la « salle multifonctionnelle », ateliers de théâtre, stages de clown, expositions collectives, résidences d’artistes ou salons, comme Bazartopie, défendant l’économie créative et solidaire de créateurs indépendants. Bazartopie, marché de Noël artistique et alternatif, 3 → 18 décembre artopie-meisenthal.org

S’émerveiller Comme un aimant, Meisenthal attire bien des artistes : Balkenhol, bien sûr, mais aussi Damien Deroubaix qui s’y était installé durant quelques années (après une résidence au CIAV) et de nombreux autres plasticiens fourmillant dans leurs ateliers. Un petit air berlinois plane sur Meisenthal… Depuis peu, une joyeuse bande de créatrices et créateurs a pris ses quartiers en « son petit coin de paradis », le Chalet de Saupferch retapé par les membres du collectif Bitchissime : jardin en permaculture et terrasse avec vue sur la vallée, pièces à vivre, ateliers partagés… Des portes ouvertes et événements culturels sont organisés dans cette charmante habitation éco-citoyenne et solidaire, permettant de découvrir les peintures et dessins de Thomas Rebischung, les céramiques de Mélodie Meslet-Tourneux, les photos de Manya ou l’incroyable travail verrier de Simon Perot… « À ma sortie du Bastion, impossible de trouver un atelier à Strasbourg ! Nous avons eu l’opportunité de monter ce projet, dans un cadre naturel où il y a une belle dynamique », témoigne Mélodie Meslet, les mains dans la terre. Cerise sur le gâteau vosgien, les habitants semblent ravis de la présence du collectif dans le village : « Beaucoup nous témoignent leur sympathie en disant “Nous sommes venus nous rencontrer en voisins et repartons en amis.” » 24, rue de Bitche à Meisenthal

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Se loger / se sustenter Séjourner à Meisenthal ? L’Auberge des Mésanges est le lieu idéal pour poser ses valises et se délasser dans la quiétude de la nuit mosellane après avoir dégusté une tarte flambée ou des légumes de saison « façon baeckeoffe » en son restaurant. Pour une ambiance plus royale, rendez-vous au Château Hochberg, merveilleuse maison de maître décorée de manière cristalline par Lalique Interior Design Studio, faisant face au Musée de Wingen-surModer. À quelques pas seulement du Site Verrier, pour un plat du jour entre collègues ou un dîner entre amis, une assiette de grumberknepfles aux lardons ou une blanquette de veau à l’ancienne, Le Meisenthal est le resto qu’il vous faut. Climat sympathique et cuisine authentique, une bonne adresse testée et approuvée par notre équipe. aubergedesmesanges.fr chateauhochberg.com Le Meisenthal (03 72 29 06 98)

Visiter, sabots aux pieds Le cadre idyllique du Parc naturel régional des Vosges du Nord est une invitation à la balade et de nombreux sentiers forestiers permettent d’aller randonner sur les pas des verriers et des sabotiers. Une visite du Musée du Sabotier à Soucht permet de se familiariser avec l’artisanat local de la fabrication de souliers de bois. Cet art d’antan se découvre grâce à un espace ludique avec la reconstitution d’un atelier manuel, un équipement mécanique et une collection de modèles venant du monde entier. museedusabotier.fr

Aller verre la voie lactée Les Étoiles terrestres ? Une invitation à cheminer au cœur du Parc naturel régional des Vosges du Nord. Un riche parcours à la découverte de l’épopée verrière de la région, l’incroyable patrimoine industriel et artistique propre à cette réserve mondiale de la biosphère, classée par l’Unesco. Les Étoiles terrestres, c’est une constellation de trois sites dédiés aux métiers du verre et du cristal : le Site Verrier de Meisenthal, le Musée Lalique de Wingen-sur-Moder (plus de 650 œuvres retraçant la carrière de René Lalique et ses successeurs) et le Musée du Cristal de SaintLouis (2 000 pièces anciennes !). Un bond de cinq siècles dans le temps et deux actualités : Petites Histoires des Vosges du Nord (série de rencontres avec sept conteurs et conteuses, en différents lieux, jusqu’au 23 octobre) et l’exposition 100 ans de Lalique en Alsace au Musée Lalique jusqu’au 6 novembre. etoiles-terrestres.fr


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Maison européenne de l’architecture – Rhin supérieur Europäisches Architekturhaus – Oberrhein


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Strasbourg

POWER TO THE PEOPLE Par Pierre Jean Singer / Photos DR

→ 15 min à pied depuis la gare de Strasbourg

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Usine de production de tabac puis de cigares aux xixe et xxe siècles, la Manufacture renaît de ses cendres. Avec majesté. Premier lieu à forte circulation ouvert sur ce site, The People Hostel propose 264 lits, un restaurant, un bar et des animations régulières sur une surface totale de 2 900 m2.

Les possibilités de circuler sont encore très limitées au sein de la Manufacture des tabacs, entre les différentes parties d’un futur ensemble de plus de 20 000 m 2. Les chantiers des futurs pôles dédiés à l’enseignement supérieur redoublent d’activité : d’un côté, une extension de la HEAR, de l’autre, le regroupement de deux écoles d’ingénieurs. Théoriquement, les premiers à intégrer les lieux seront les élèves ingénieurs, en mars prochain. Une future clientèle de choix pour The People Hostel, veilleur et sentinelle de la nouvelle Manufacture des tabacs. Un lieu extrêmement bien placé, qui ne désemplit pas depuis l’été dernier. Un établissement dont l’opérateur privé s’appelle Grape Hospitality, qui détient des « people hostels » dans une demi-douzaine d’autres villes françaises. Point de chute pour les étudiants Une petite partie des étudiants strasbourgeois en recherche d’hébergement a trouvé en septembre un point de chute temporaire dans les dortoirs ou les grandes chambres de The People. En cette après-midi de fin septembre, certains étudient aux tables du bar-restaurant. « Durant le reste de l’année, la clientèle étudiante est présente en nombre au bar et pour nos événements, puisque nous sommes situés à proximité des universités. Mais dans la structure de notre clientèle hôtelière,


il y a aussi des groupes en voyages touristiques, en voyages scolaires, des backpackers (voyageurs à sacs à dos) ou des familles », détaille Jennifer Bonfadini, la « general manager » du lieu. On accède pour l’instant à l’hôtel par la rue de la Krutenau, en passant par la cour de la Manufacture sans aller plus loin que la terrasse de l’établissement. Des panneaux rappelant l’histoire du lieu délimitent le territoire des clients. Au-delà des barrières se poursuivent les multiples chantiers de transformation du site.

Un bâtiment historique réinvesti Depuis la terrasse, on entre dans un vaste bar doublé d’un restaurant comptant cent cinquante places assises. L’ensemble se situe sous un plafond très haut, étayé de colonnes repeintes en bleu et orange. Les murs de ce secteur de l’établissement s’ornent de fresques néo-constructivistes bleues, orange et noires. À la carte, on trouve des snacks, des plats du jour faits maison ainsi que des ardoises de charcuteries et de fromages locaux. Des plats à arroser de huit bières pression, de brasseurs régionaux surtout. Une grande salle privatisable attenante au bar-restaurant sert de cadre à des fêtes et des événements divers, sans compter les ateliers de yoga, de pratique artistique, les concerts et DJ sets que l’établissement accueille régulièrement. La Manufacture des tabacs est classée depuis 2016 à l’inventaire des monuments historiques. L’aménagement de The People a donc respecté certaines règles, dont le fait de préserver et de souligner certains éléments architecturaux intérieurs de l’ancienne friche, des colonnes aux fenêtres. Le résultat ? Un design industriel et coloré qui se réapproprie le bâtiment d’origine, pour une ambiance moderne et cosmopolite.

The People Hostel 7, rue de la Krutenau Facebook : The People Hostel Strasbourg

du

24 au 29 octobre

pour les

2-12 ans Place du Château Place Gutenberg Place Saint-Thomas

parcours aventure mur d'escalade tyroliennes


Les escapades

Shopping

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BALUCHON

Nos essentiels de la saison pour se faire la belle.

Par Myriam Commot-Delon

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Vous connaissez la communauté des Blunnies ?

Pour en faire partie, il faut chausser ces bottines unisexes et tout terrain de la marque australienne Blundstone. Essayez, vous comprendrez. Modèle 562, 185 € Au Vieux Campeur. auvieuxcampeur.fr

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On y va ?

Livre Guebwiller, une histoire, photos de Dorian Rollin, préfacé par l’historien alsacien Georges Bischoff, Médiapop Éditions, 25 €. mediapop-editions.fr

Pour bivouaquer design

L’iconique fauteuil Penta des designers Jean-Paul Barray et Kim Moltzer, enfin réédité. Le brief initial ? Faire rentrer dans le coffre d’une 2 CV quatre fauteuils et une table (fabriqués à l’origine par l’entreprise Caddie). Penta 1970, 630 €. Galerie Fou du Roi, 4, rue du Faisan. fouduroi.eu - penta1970.fr

Aussi à l’aise en ville que sur les chemins de traverse pour s’échapper un peu du centre-ville, la version revisitée du Lundi 27, le tout premier vélo électrique dessiné par Moustache, nous donne des ailes avec ses couleurs pimpantes : bleu céladon, jaune qui claque ou ce rouille qui va si bien avec la saison. Ses atouts ? Un cadre ouvert pour l’enjamber facilement, des pneus anti-crevaison et assez larges pour ne pas se coincer dans les rails du tram, une autonomie jusqu’à 114 km, un guidon haut pour bien voir le paysage, des fixations pratiques pour y adjoindre une sacoche, un panier, un porte-bébé et un antivol intégré pour les stops emplettes. À partir de 2999 € / moustachebikes.com Revendeurs à Strasbourg : strasbourg-etoile.cyclable.com espritcycles.com cityzen-bike.com

BISOU LA PLUIE

Quitter la ville pour la campagne et réussir sa « countryfication » ?

Pour comprendre ce phénomène et sauter le pas, on s’inspire de l’ouvrage collectif Campagne. Pour un nouvel art de vivre, par Estelle Marandon, Charlotte Huguet et Gesa Hansen aux Éditions Flammarion, 24,90 €. Librairie Kleber, 1, rue des Francs-Bourgeois. librairie-kleber.com

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Idéale pour les liquides en tout genre

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Dans vos oreilles

Gourde de voyage isotherme Bioloco Loop, Chic.Mic, différents modèles à partir de 29,50 €. Le Bazar de Suzanne et Émile, 115, route du Polygone. @le_bazar_de_suzanne_et_emile - @chic.mic

Nouveau, l’album de Nicolas Comment & Eric Elvis Simonet en hommage au poète Germain Nouveau – précurseur du surréalisme – qui « prit la route avant l’heure, en quête de la fameuse “liberté libre” chère à son ami Arthur Rimbaud avec lequel il rédigea en 1874 les mythiques Illuminations ». Coffret composé d’un vinyle, d’une carte de téléchargement et d’un livret de photographies de Nicolas Comment accompagnées d’un texte de Yannick Haenel. Médiapop Records, 37 €. mediapop-records.fr

Avec leurs motifs réjouissants et leur fabrication responsable en PET (du polyester 100 % recyclé), les ponchos de pluie Rainkiss se plient en quatre pour nous emballer avec panache les jours mouillés. Leurs supers pouvoirs ? Une taille unique, des modèles unisexes et des imprimés qui dépotent. 79 € / rainkiss.com Chez Curieuse / 4, quai des Bateliers @curieux_store


Les escapades

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Randonnée

Pour nous initier à la beauté très nature du Pays Rhénan, nous sommes partis en balade à Drusenheim avec Stéphane Brucker, passionné de randonnées. Ce circuit du Cygne, commenté par un amoureux des lieux, passe des bords du Rhin à la forêt rhénane et invite aux rencontres avec les « habitants » du coin. Par Corinne Maix

LA JUNGLE RHÉNANE Le point de départ du sentier, à deux pas du bac de Drusenheim, donnerait presque envie d’une mini-croisière pour gagner l’autre rive du Rhin… mais le sentier nous mène sur la digue pour observer les péniches lourdement chargées, qui naviguent vers Bâle ou la Hollande. Après quelques minutes, le long du fleuve, à la borne kilométrique 317, le regard est attiré à droite par une vaste étendue d’eau, le Rossmoerder (le tueur de chevaux). Ce biotope ­protégé abrite une foule d’oiseaux aquatiques : cygnes, aigrettes blanches, hérons, cormorans, que l’on observe sans les déranger. Mais l’appel de la forêt se fait pressant, le chemin descend pour traverser le contre canal et s’enfoncer dans la végétation luxuriante de la forêt alluviale. Lianes, saules têtards, peupliers noirs et arbrisseaux emmêlés rapprochent la ­forêt d’Offendorf d’une sorte de jungle. Classée réserve naturelle intégrale, celle-ci ne tolère

→ 1 h30 à vélo depuis Strasbourg

aucun visiteur, pour laisser en paix les animaux qui la peuplent et dont les traces se perdent entre jungle et roselières. Un petit pont de bois traverse cette mer de verdure, à la moiteur tropicale, toujours plus dense et plus profonde. Prenons garde à ne pas effrayer ce chevreuil surpris par notre passage. Encore quelques méandres et l’eau prend une couleur cristalline, qui mérite une pause photo et permet l’observation de colonies de moules d’eau douce et de poissons. Le point bleu électrique d’un martin pêcheur nous confirme que les fonds sont poissonneux ! Amarrées dans le dernier bras du Rossmoerder, quelques barques à fond plat achèvent de dessiner cette aquarelle de carte postale. Il est temps de remonter sur la digue Tulla, qui protégeait les villages des grandes crues du Rhin, avant la rectification du cours du fleuve. Les deux heures de balade s’achèvent entre paysages agricoles, blockhaus et petit étang, que l’on contourne sur la gauche pour r­ evenir à notre point de départ, totalement ressourcés et émerveillés.

Circuit du Cygne Distance

7,1 km

Durée

2h

Dénivelé ↗

+ 46 m

Dénivelé ↘

- 46 m

Départ

Parking le long du Rhin, près du bac.

Retrouvez la trace GPS de l’itinéraire du circuit du Cygne sur : visitpaysrhenan.alsace

Carte du Pays Rhénan Sentier des Potiers, circuit de la Pomme, découverte du Ried… pour partir à la découverte des paysages, des villages et du patrimoine du Pays Rhénan, son office de tourisme a réuni sur une carte 20 itinéraires balisés pour s’adonner à la randonnée en famille ou de façon plus sportive. Un côté carte pour visualiser les circuits (essentiellement des boucles avec retour au point de départ), et au verso, une description détaillée de chaque parcours avec sa durée, son dénivelé (toujours raisonnable), ses points d’intérêt. Disponible dans les bureaux d’infos touristiques de : Soufflenheim, Gambsheim et Roppenheim Ou en commande gratuite sur le site visitpaysrhenan.alsace


UN SEUL AMOUR ET POUR TOUJOURS DEUX MAGAZINES GRAND FORMAT Une collection de hors-séries sur le Racing UN SEUL AMOUR ET POUR TOUJOURS

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Série : Les glanées automnales, photo Alexis Delon / Studio Preview + direction artistique Myriam Commot-Delon

LES MÉTIERS Avec ceux qui font, entreprennent et transmettent

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La chaîne d’info en continu a commencé à émettre sur le canal 30 de la TNT depuis le 28 juin et les anciens locaux d’Alsace 20. Le 25 octobre, BFM Alsace basculera dans sa configuration définitive en réalisant cinq heures de direct chaque jour. Les métiers

Reportage

Par Fabrice Voné / Photos Grégory Massat

Dans les coulisses de BFM Alsace

Information, service et proximité. Depuis le 28 juin, BFM Alsace occupe le canal 30 de la TNT en lieu et place d’Alsace 20, rachetée en début d’année par le groupe Altice. Le propriétaire de la célèbre chaîne d’info en continu ainsi que de RMC en a fait sa neuvième station locale avant le lancement de BFM Normandie en septembre. « Il y a eu des opportunités couplées à l’envie du groupe d’accélérer notre développement », indique Philippe Antoine, directeur des rédactions de BFM Régions. À Strasbourg, la nouvelle entité a pu s’appuyer sur l’existant en investissant notamment les locaux d’Alsace 20, situés avenue de Colmar. « Il y avait déjà des fondations, ce terreau et ce goût pour l’actualité. On partait de quelque chose, ce qui n’est pas le cas de toutes les chaînes qu’on a rachetées », se félicite Philippe Antoine. Une majeure partie de l’équipe a été conservée dont Anna Britz, cheffe de bureau de BFM Alsace après avoir été en poste à Alsace 20 durant une dizaine d’années (lire aussi p.143). Épaulée par Emmanuel Daeschler, chef info, elle se retrouve à la tête d’une équipe de 18 journalistes dont la plupart sont alsaciens. « On a recruté des éléments

qui ont du potentiel et du talent mais aussi un certain état d’esprit face à l’info. Le troisième critère, important à mes yeux, c’est l’attachement au territoire et sa connaissance. Souvent quand on arrive dans une région, on a une image qui est parisienne, ce qui n’est pas le cas puisqu’on a ici des journalistes qui savent de quoi ils parlent », souligne le directeur des rédactions de BFM Régions. Passée par France Info, Olivia Chandioux en a ainsi ­profité pour revenir aux sources et présenter Bonsoir l’Alsace en fin de journée avant de récupérer la matinale à la fin du mois. En dehors de la météo, du site internet de la chaîne et de l’administration, tout est réalisé sur place. Les journalistes filment léger et en solo avec des iPhone. « Cela nous permet d’être mobiles et rapides », assure Coralie, une pigiste. Racing, environnement, emploi et transfrontalier Toujours en phase de rodage après quelques travaux dans ses locaux, BFM Alsace va basculer dans sa configuration définitive le 25 octobre avec cinq heures de direct assurées depuis ses studios, dont une grande place accordée à l’info-service

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comme la qualité de l’air, le trafic en temps réel, l’état des transports en commun… La semaine est également découpée selon différentes thématiques, comme l’environnement le lundi avec Planète locale, et Kop Racing qui débriefe les performances des coéquipiers de Dimitri Liénard. L’économie, l’emploi en partenariat avec Top Music qui intervient également sur la régie pub, l’Europe et les questions transfrontalières, la politique et l’agenda culturel, en collaboration avec Coze, figurent en bonne place sur la grille de la chaîne locale qui se consacre au tourisme et la gastronomie chaque week-end avec Routes d’Alsace. À terme, Anna Britz aimerait « développer des émissions spéciales » et « délocaliser l’antenne afin de ne pas tout faire en plateau ». Côté chiffres, BFM Alsace ambitionne « a minima de tripler, voire de quadrupler » son audience. « C’est ce qu’on a réalisé avec nos chaînes du sud de la France », révèle Philippe Antoine, ce qui signifierait toucher 100 000 téléspectateurs au

quotidien pour un chiffre d’affaires annuel de deux millions d’euros. « En Alsace, on voit dans nos différents contacts qu’il y avait une envie de donner plus de visibilité à une région, des villes, des entreprises, des institutions et des personnalités qui en avaient peut-être besoin. Quand on a cette demande qui correspond à la nôtre, cela donne une résonance supplémentaire », poursuit-il. Cette quête d’audience et de visibilité passe, selon lui, par des opportunités « de travailler main dans la main avec des acteurs locaux pour être vraiment ancrés dans le territoire ». Des discussions ont été nouées avec les Dernières Nouvelles d’Alsace mais sans résultat tangible pour l’heure. « Je pense qu’on pourra aboutir un jour. On ne considère pas les autres médias comme concurrents. C’est une approche assez rare car ce n’est pas forcément le cas d’autres télévisions. » bfmtv.com/alsace


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« On est des gens d’ici »

Cheffe du bureau de BFM Alsace, Anna Britz faisait partie d’Alsace 20 depuis une dizaine d’années. Elle raconte la mutation de la chaîne dont les moyens humains ont été multipliés par trois au sein de la rédaction.

Comment se porte BFM Alsace depuis son lancement le 28 juin ?

Bien. À mon niveau, je suis assez surprise et étonné du nombre de retours qu’on a et qui sont assez positifs. Il y a beaucoup de ­téléspectateurs qui nous appellent, pour nous donner leur avis et on est pas mal sollicités pour des interviews ou des reportages. On est encore en période de rodage. Le rachat de la chaîne a été effectif début janvier. On est passés de cinq journalistes à 18 aujourd’hui en vue de la formule définitive le 25 octobre. Quelles sont les différences entre Alsace 20 et BFM Alsace ?

L’ambition dans le sens où l’on sait qu’on a une image de marque. Et l’exigence car on se doit d’avoir des informations qui sont vérifiées, importantes ou intéressantes pour le public. Il y

a une volonté de franchir une marche supplémentaire en faisant de l’info en continu alors ­qu’Alsace 20 était davantage sur du magazine que de l’actualité chaude. Là, c’est du direct avec la possibilité de pouvoir casser la grille. On aimerait que les Alsaciens prennent le réflexe de regarder la chaîne dès lors qu’il se passe quelque chose en Alsace. La différence aussi, c’est forcément les moyens. Ne seraient-ce que les moyens humains puisque la rédaction a plus que triplé. En tout, il y a une trentaine de salariés. On a pu assister en France à l’hostilité de certains mouvements comme les gilets jaunes et les anti-pass à l’égard des médias, comment êtes-vous perçus sur le terrain ?

Pour l’instant, on n’a pas été confrontés à ce genre de problèmes. Avant le lancement, cela revenait sur les réseaux sociaux ­d’Alsace 20. Un de nos reporters a eu droit à une réflexion, mais on essaye d’expliquer qu’on est une chaine régionale et qu’on est des gens d’ici. Comme tout le monde, on sait qu’on a de la pédagogie à faire et l’on essaye d’être le plus proche possible des gens.

→ Anna Britz, cheffe de bureau, Emmanuel Daeschler, chef info, et Olivia Chandioux, ­présentatrice de BFM Alsace, feront le point sur les nouveautés de la chaîne le mardi 18 octobre de 12 h 30 à 13 h 45 au Club de la presse Strasbourg Europe.


La jeune carreleuse Kelly Cruz, native de Strasbourg, cartonne sur les réseaux sociaux. À travers des vidéos la montrant dans son environnement de travail, elle s’engage à combattre les clichés qui ont la vie dure. Les métiers

Entretien

Par Lucie Chevron / Photo Christophe Urbain

Run the World (Girls) Comment est née ton envie de travailler dans le bâtiment ? J’ai toujours aimer bricoler, je n’étais pas du genre à jouer avec des barbies, mais plutôt à construire des cabanes. Je me suis d’abord orientée en coiffure car j’aimais l’aspect concours, le fait de pouvoir être créative, mais je m’ennuyais beaucoup dans le quotidien des salons. Mon frère, comme mon père, était carreleur et me parlait sans ­arrêt de son métier. Mais après un accident, il a dû arrêter, alors je me suis lancée pour reprendre l’entreprise familiale montée par mon père. Ton premier souvenir sur un chantier ? C’était pendant mon premier jour de stage. Mon père ne voulait pas que je sois carreleuse et fasse partie de ce milieu. En espérant me dégoûter, il m’a fait décharger une palette de colle. Je me rappellerai toute ma vie de ce jour, et du lendemain matin, où chaque partie de mon corps me faisait mal. Mais je ne me suis pas plainte, et j’ai ­continué à me lever chaque matin pour aller travailler. Ta plus grande fierté ? Mon oncle, qui travaille aussi dans l’entreprise, a vraiment pris le temps de m’apprendre le métier, sans jamais me rabaisser. Un jour, alors que nous étions sur un chantier, il m’a regardée fièrement et m’a dit : « Kelly, je vais faire de toi une grande carreleuse. » Quand je vois où j’en suis arrivée, ça me fait sourire de repenser à cette phrase. Il avait raison, il a fait ce qu’il fallait pour, et je l’en remercie.

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Ton outil favori ? La disqueuse, sans elle, on ne fait rien. 224k sur Instagram, 1.5M sur TikTok ! Quels avantages tires-tu des réseaux sociaux ? Au-delà de la publicité, j’ai réussi à créer grâce aux réseaux une petite communauté de femmes qui travaillent dans ce milieu. Elles me donnent beaucoup de force, et je leur rends. Ça nous fait du bien à toutes d’échanger. Bien sûr, j’ai la tête sur les épaules et je sais que cette popularité peut être éphémère. Donc tant que ça fonctionne, j’en profite. Comment, en tant que femme, faire sa place dans ce milieu ? Contrairement aux hommes, on doit toutes constamment prouver qu’on a aussi notre place dans le monde du bâtiment. Il m’est quelques fois arrivé que des clients soient sceptiques en me voyant. Mais je suis d’autant plus fière lorsqu’à la fin du chantier, ils réalisent qu’ils ont eu tort de penser ainsi. Par contre, lorsque je suis face à des clientes femmes, je sais qu’elles apprécient toujours. On partage le souci du détail. Des désillusions ? Le premier jour de mon BP Carreleuse, en cours, le professeur m’a regardé et m’a dit qu’une fille n’avait rien à faire dans sa classe. C’était la première fois que je me confrontais directement à ce type de réaction, mais ce n’était pas la dernière. Heureusement pour moi, j’ai un tempérament à ne pas me laisser marcher sur les pieds. Ce genre de commentaire m’encourage à me battre encore plus. Une dernière anecdote ? Il y a peu de temps, j’ai contacté le CFA dans lequel j’ai réalisé mon CAP. Ils m’ont félicitée car grâce à mes vidéos, de plus en plus de femmes s’inscrivent dans leur section. Ce travail que je fais sur les réseaux permet aux femmes qui ont peur de se lancer, de foncer. Il permet aussi à certains hommes d’entendre que nous avons aussi notre place ici. Avoir un effet sur les mentalités, c’est quelque chose qui me rend très fière. Carrelage Cruz 14, rue Principale à Wingersheim-les-Quatre-Bans carrelage-cruz.fr

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Huile de coude et talent Les métiers

Portrait

Depuis 1998, Yves Willmann perpétue dans sa boutique-atelier Maison Palissandre l’art millénaire de la tapisserie. Fervent adepte des méthodes traditionnelles et formé aux côtés des plus grands, il restaure et crée à la demande garnitures de fauteuils, rideaux et tentures murales. Par Emma Schneider / Photos Thomas Lang

À l’image des voltaires, crapauds, bergères et autres commodités de la ­conversation qu’il restaure, Yves Willmann recèle d’histoires à raconter. À quatorze ans, inspiré par son oncle tapissier-décorateur et soucieux de gagner son pain, il arrête ses études afin de débuter un apprentissage auprès de Rémy Schneider, maître tapissier Meilleur ouvrier de France installé rue des Frères. « J’ai été à une école très dure et rigoureuse, mais c’était un bon maître. Il ne sortait que des bons éléments. » À une époque où le métier a le vent en poupe, Yves sort premier de sa promo et se voit embaucher par la maison Blanchard, tapissier par excellence rue des Juifs. À 19 ans, il se lance à son compte, achète une camionnette à trois francs six sous – « il pleuvait à l’intérieur » – et fait le

tour des antiquaires qui lui fournissent du travail. « Adolescent, j’ai eu une machine à coudre avant d’avoir une mobylette. Mais grâce à cette machine j’ai pu m’offrir beaucoup plus », confie-t-il. Au fil du temps, Yves roule sa bosse, les sillons sur ses paumes en témoignent, il a travaillé dur pour en arriver là. Depuis 1998, sa boutique-­atelier Palissandre apparaît comme le fruit d’un parcours où huile de coude, débrouillardise et talent n’ont jamais cessé d’être. Dans un vaste espace lumineux, Hélène, responsable et décoratrice offre un conseil personnalisé, dévoilant une sélection de lins, mailles, filets, satins et velours unis ou à motifs, des gammes londonienne Designers Guild et allemande JAB. Au fond du magasin, Yves s’affaire dans son

atelier, confectionnant des rideaux sur mesure ou redonnant vie à des héritages du passé. Attaché à l’art et aux techniques traditionnelles de garnitures, il manie avec dextérité carcasses, crin de cheval, sangles et ressorts. Un savoir-faire qui lui a valu de travailler pour le musée Grévin et le Palais Rohan. « C’est un métier magnifique lié à l’histoire de France, une vie entière à apprendre, à se remettre en question. » Fort d’une expérience de 45 ans, Yves transmet à son tour le métier à de jeunes apprenti(e)s, avec l’espoir de pérenniser un art ancestral qui a illustré toute sa vie. Maison Palissandre 26, rue des Bouchers @palissandrestrasbourg


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