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n° 141 Une territoire en plaine résilience

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Nov-décembre 2018 Andrésy

JOURNAL INDÉPENDANT 1

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Numéro 141

Relais nautique : la municipalité a adopté et voté le projet de construction d’un relais nautique pour compléter son offre tourisPage 10 tique.

Carrières-sous-Poissy

Repair Café : le Château éphémère a accueilli la deuxième édition à Carrières. C’est une méthode rôdée qui permet Page 11 la sobriété.

Triel-sur-Seine

Un territoire en pleine résilience Fêtes de fin d’année : le temps de se reposer et se ressourcer

Pour plus de concertation : les projets immobiliers en cours posent problèmes. 230 habitants ont donné le ton le Pages 14-17 17 novembre.

Orgeval

Gens du voyage : il est temps que la question du nomadisme soit traitée à Orgeval ainsi que dans le reste du nord des YvePages 8-9 lines.

Le nord des Yvelines se métamorphose avec douceur. Il a acquis une certaine expérience dans la solidarité et la sobriété énergétique ; le 20e anniversaire de l’association Énergies solidaires en est la preuve(1). La transition vers une société post-carbone a commencé sur le terrain avec des expériences novatrices comme des Repair Cafés. Entre-temps, Noël approche(2). Cela n’interdit pas de se référer aux sources de notre patrimoine culturel(3) et à Page 3 des initiatives avant-gardistes à Andrésy, Orgeval, Verneuil et Villennes(4).

Urbanisme : Nos centres-ville meurent et nous regardons ailleurs !

Malgré une prise de conscience tardive, la déliquescence des centres-ville se poursuit dans les Pages 24-26 communes fragilisées par les centres commerciaux et la désindustrialisation.


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LE JOURNAL DES DEUX RIVES - NOV-DECEMBRE 2018

L

ÉDITORIAL

Profitez de la période réparatrice des fêtes de Noël !

e Journal des deux rives, dont les éditos sur l’actualité de notre territoire ne sont pas toujours rassurants et sont même parfois déprimants, a voulu mettre un peu de chaleur de Noël dans celui de ce dernier numéro de l’année.

En plein Black Friday, adulés par certains, rejetés par d’autres, ont eu lieu plusieurs Repair Cafés. C’était l’occasion, pour de nombreuses personnes, d’aller faire réparer gratuitement un ou plusieurs objets défectueux, en remplaçant une pièce manquante, en remédiant à un faux contact ou en cousant un ourlet ! Organisés par différentes associations, ils ont permis d’alléger nos décharges de centaines de kilos d’objets, sauvés par des bricoleurs aux doigts d’or. C’est le cas dans plusieurs villes, notamment à Carrières-sous-Poissy, à Triel-sur-Seine et à Poissy. Non seulement, ces séances conviviales de recyclage ont fait faire des économies à leurs propriétaires mais surtout elles ont préservé notre planète d’une surconsommation ! Ne pensez-vous pas que le Black Friday porte bien son nom ? C’est aussi l’heure d’acheter son sapin ! Là aussi, les avis sont partagés, mais beaucoup feront le choix de décorer leur maison ou leur jardin d’un joli sapin. Aujourd’hui, les arbres de Noël arrivent en camion mais, peut-être, en produirons-nous, un jour, dans notre plaine bien malmenée depuis quelques années ! Alors Norman, épicéa, en plastique ou en carton, petit ou grand, dans votre salon ou votre jardin, ils seront encore les stars de Noël, néanmoins après le Père Noël. Pour préparer son arrivée, avec ses cadeaux, nous avons les « marchés de Noël » ou « marchés de l’Avent » ! Depuis quelques années, ils se sont répandus dans toute la France : à partir du marché mythique de Strasbourg, en passant par Colmar, ils sont arrivés dans nos villes. Ils mettent souvent à l’honneur des artisans locaux mais ce qu’attendent, avant tout, vos petits bouts de chou c’est leur photo avec le Père Noël, qui a décidé de faire

24e édition du Marché de Noël de Triel

Andrésy : des commerçants se mettent à l’œuvre

une pause avant de leur livrer des jouets ! Le Père Noël portera peut-être, cette année, un gilet jaune, non pas pour protester contre la hausse du prix de l’essence car il utilise toujours ses rennes pour tirer son traîneau ! Non, il le portera certainement par solidarité avec toutes les personnes qui se retrouveront seules pendant ces fêtes de fin d’année. Heureusement, des centaines de personnes isolées auront la « chance » de réveillonner ensemble, grâce aux municipalités ou à des initiatives comme celle du Lions Club de Conflans Montjoie à Andrésy. Les « Lions » de notre région ont, déjà, participé activement à la banque alimentaire ; chaque année, ils sont présents dans vos grandes surfaces afin d’aider les plus précaires d’entre nous, grâce à votre générosité. N’oublions pas de vous parler de la dernière grande cause de l’année : le Téléthon a, une fois de plus, atteint ses objectifs. Vous avez participé à des opérations pour cette grande cause nationale et vous avez encore tenu vos promesses de dons. Plusieurs Repair Cafés, comme celui de Carrières-sous-Poissy, n’ont pas hésité à vendre des billets de tombola au profit du Téléthon. Ainsi, ils servent à réparer non seulement des matériels mais aussi des vies brisées. Nous souhaitons qu’un jour cet esprit de Noël se propagera dans tous les autres mois ; pourquoi pas des cafés de réparation des âmes, toute l’année ? Nous espérons que votre fin d’année ressemblera à cet édito : vous aurez gardé un objet que vous pensiez mettre à la poubelle, vos enfants auront eu la chance d’être photographiés avec le Père Noël et de déguster un bon pain d’épice réalisé par un artisan local rencontré dans un marché de Noël, vous aurez soutenu une cause comme le Téléthon et pris du temps pour donner un peu de votre chaleur humaine à ceux qui en ont besoin ! La rédaction

Le sous-préfet des Yvelines en déplacement à Triel

Exposition Louis-Philippe à Versailles

Le Premier ministre Edouard Philippe à Chanteloup

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SOMMAIRE Les 2 Rives - Nord des Yvelines Journal indépendant, fondé en 2001. Directeur-fondateur : Rodrigo ACOSTA. Commission paritaire : 0322 I 79525. ISSN : 2263-0880 Editeur : ABC éditeurs R.C.S. Versailles 535 004 063 Siret 535 004 063 00017 APE 7010Z TVA CEE : FR 52 535 004 063 RÉDACTION ET PUBLICITÉ : 50 rue des Créneaux 78510 Triel-sur-Seine Tél.-Fax : 01 3974 3563 06 7969 5150 ou courriel : trielnews@gmail.com site Internet : www.journal-deux-rives.com LE JOURNAL DES DEUX RIVES est une publication à vocation citoyenne. Son objectif est double : traiter des questions locales touchant le territoire des communes du Val de Seine au nord des Yvelines et au-delà, ouvrir le débat sur les questions nationales et internationales. Farouchement attachés à la liberté d’expression et à la participation démocratique, nous souhaitons que notre journal soit un lieu de discussions vivant, sans sectarisme, dogmatisme ni esprit de polémique stérile. Le J2R est ouvert à l’expression de toutes les opinions, dans le respect de quelques grands principes : démocratie, laïcité, égalité, nondiscrimination, absence d’atteinte à la dignité humaine. En conséquence, le journal ne soutiendra ni de près ni de loin de candidat à des élections locales sur son territoire de diffusion. La ligne éditoriale est décidée et mise en œuvre par la rédaction, en toute collégialité. RÉDACTION : Rodrigo Acosta, Pierre-Arthur Blanchet, Alban Bernard, Augustin Blin, Malick Daho, François Darcq Thierry Dornberger, Damien Delerin, Jean-François Favre-Marinet, Marie-Thérèse Etien-Lefort, Michel Kohn, Annie Laporte, Chantal Lorio, Bruno Piva, Jeanine Provost, Philippe Ragot et Hervé Roux. Ont participé à ce numéro : Claude Barouh et Mac Guffin. DROIT ET ACCÈS À L’INFORMATION PERSONNELLE N° de déclaration CNIL 712758 D’une façon générale, vous pouvez visiter ce site sans avoir à décliner votre identité et à fournir des informations personnelles vous concernant. Toutefois, à l’occasion de certains services qu’offre ce site, vous pouvez être amené à donner des informations. Ces informations ne feront l’objet d’aucun commerce et ne seront pas conservées plus que nécessaire ? Conformément à la loi Informatique et Libertés du 6 Janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, de modification et de suppression des données personnelles que vous avez communiquées. Vous pouvez exercer ce droit en me contactant par le biais du formulaire de contact. Les articles, photos, dessins et infographies publiés - dans la version papier comme sur le site Internet du journal - ne peuvent en aucun cas être reproduits sans l’autorisation expresse et écrite de la rédaction. Maquettage : ABC Ed. Avis aux associations : avec votre abonnement DUO (30 €) vous pouvez faire paraître vos infos.

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LE JOURNAL DES DEUX RIVES - NOV-DEC. 2018 ÉDITORIAL Profitez de la période réparatrice des fêtes de Noël !

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INTERCOMMUNALITÉ : transition énergétique

Energies Solidaires : 20 ans déjà !

infrastructures

Le projet de l’A104 resurgit, camouflé de manière fragmentée

gens du voyage

Il est temps que la question du nomadisme soit traitée à Orgeval

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ACTUALITÉ LOCALE Andrésy

Andrésy construira son relais nautique en 2019

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Carrières s/ Poissy

Le Château éphémère accueille la 2e édition du Repair Café

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Chanteloup

Cinq siècles de histoire de l’Église Saint-Roch

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De l’APAC au Relais, un écosystème en forme

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La bombe à retardement de l’inscription de servitudes administratives

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Triel-sur-Seine

Peut-on exempter Triel

de ses obligations résultant de la loi

SRU ?

Le projet Gallieni passe à la phase contentieux,

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Le 7e Salon de la BD de Verneuil a exposé la Grande Guerre

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Christelle Gavory en conférence

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Vernouillet

Les erreurs d’analyse concernant la déviation de la RD154 continuent

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Villennes

Brins d’entrepreneurs et artisans

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comme les autres projets page

Christian Proust exhorte le public à

franchir le pas pour devenir un acteur de son destin

Les réfugiés ont du talent !

Verneuil-sur-Seine

DÉBATS - DOSSIERS - SEINE VEXIN Les Mureaux

« E-TONOMY 2 » tourné vers les handicaps,

Meulan

La maternité Chimm a ouvert ses portes

Les Mureaux

Des lycéens à Bruxelles

Urbanisme

Nos centres-ville meurent et nous regardons ailleurs !

le vieillissement et les mobilités

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SPORTS Football

Carrières-Grésillons vainqueur contre Verneuil

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Inauguration des gradins du Complexe François-Pons

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Athlétisme

A l’Île de loisirs du Val de Seine, la marche nordique s’installe

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Boxe anglaise

Deux pépites d’or à Chanteloup

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Sous la pluie pour le sport et le chocolat

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A la rencontre de Marie-Thérèse Leroy et de son livre intitulé Brisures

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trail

& choco

CULTURE livres à lire

La mémoire de GPS&O Publicité

Le moulin de Sautour et le haras de Bècheville : une enquête inédite Stage couleurs vitrail à la Péniche de Triel

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LE JOURNAL DES DEUX RIVES - NOV-DEC. 2018

Intercommunalité

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Energies Solidaires : 20 ans déjà ! Pour ses vingt ans, l’association Énergies Solidaires a proposé le 13 octobre à l’Espace Rémi-Barrat de Triel-sur-Seine, un jeu éphémère «Escape Game», puis une conférence de Hervé Kempf, journaliste et écrivain engagé, devant un public fort nombreux. M. Kempf a abordé le thème « Penser global, agir local, est-ce toujours d’actualité ? » Un retour sur un anniversaire hors norme et réussi à plusieurs niveaux. D’abord, on s’est amusé pour commencer cet anniversaire unique. Le jeu éphèmere et familial « Escape Game » avait été spécialement conçu pour l’occasion et plusieurs participants l’ont apprécié par l’approche pédagogique et didactique. Ce jeu, très à la mode en ce moment, consiste à sortir d’une pièce en une heure, en résolvant une série d’énigmes autour de la question de la transition énergétique et, plus largement, sur l’écologie. Énergies Solidaires, qui fêtait ses 20 ans, a adapté ce concept autour de cinq espaces, représentant chacun les activités de l’association, afin de sensibiliser ainsi petits et grands sur le changement climatique. En effet, ce jeu a été victime de son succès et tout le monde n’a pas pu participer. « Face à ce succès, nous allons affiner le concept et en faire une animation à part entière. », a indiqué Alain Gaurat-Apelli, président d’Energies Solidaires. « Nous allons retravailler certains détails pour le rendre encore plus attrayant et instructif car c’est un excellent moyen de sensibiliser les familles sur ces questions environnementales. »

Urgence climatique Ensuite, c’était l’heure des prix pour les participants de la maison économe dans le cadre de l’action de conseil d’Énergies Solidaires. Le prix « Rénovation » a été attribué à Amel Meddhai et à sa famille. La maison économe en question se trouve dans la ville de Limay. C’est pourquoi, le maire de Limay, Eric Roulot, y représentait la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise. Le prix « Nouvelle construction » a até décerné à Milena Karanesheva de Marly-le-Roi. Chacun des lauréats a gagné un vélo électrique flambant neuf. Bernadette Misgrit de Triel a également remporté un vélo électrique. Vers 19 heures, la cérémonie proprement dite a commencé avec le message de bienvenue du président de l’association, Alain Gaurat Apelli : il a retracé l’histoire de l’association et son ancrage local en faisant référence à l’action des fondateurs, notamment Cyrille Laudet et Julien Roville, présents pendant la cérémonie. Le maire de Triel, Joël Mancel, a reçu un prix honorifique de l’association pour

La direction actuelle et celle des débuts se sont réunies pour fêter un anniversaire hors du commun à la salle Rémi-Barrat de Triel-sur-Seine. (© Énergies solidaires)

services rendus à l’association. Il faut savoir que la ville avait accueilli l’association dans les locaux de l’Espace Senet. Hervé Kempf, rédacteur en chef du journal Reporterre, très engagé sur les questions environnementales, est venu rappeler l’urgence climatique actuelle, en s’appuyant notamment sur le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). M. Kempf a dressé un paysage quasi-apocalyptique : l’humanité fait tout pour s’autodétruire. Depuis l’avènement de l’ère industrielle (en 1800), la température a augmenté, en moyenne, d’un degré Celsius. On produit du méthane, des produits néfastes pour tous, dans un contexte où la richesse est accaparée par une poignée de milliardaires(1). Tout s’accélère et les symptômes se multiplient : les cyclones, les périodes sèches et l’avancement du désert en Afrique... En s’adressant au public, M. Kempf s’est interrogé sur la technologie : peut-elle apporter des solutions ? « A la marge » a souligné le conférencier. Nous sommes devant notre destin et nous devons raisonner à notre échelle, le pays, la région, l’intercommunalité, la commune. Dans le cœur de son message, il est question de répartir la richesse à nouveau car elle avait été « accaparée » depuis les années Thatcher et Reagan. En s’appuyant sur les travaux de Thomas Piketty(2), il a préconisé un renversement de table qui pourrait se traduire par un changement de paradigme (ou de système de fonctionnement des voies et moyens de produire, distribuer, et de consommer). Plus de sobriété ! Oui, mais comment ? D’abord, il faut cesser de consommer les terres agri-

coles à des fins d’urbanisation ; il faut se déplacer autrement qu’en utilisant la voiture. Il faut voter aux élections locales en prenant en compte ces impératifs. D’accord, nous pouvons réduire notre consommation à notre niveau ; nous pouvons aussi réduire nos voyages en avion et, par la suite, tenter d’entrer dans un monde de décroissance, mais cela ne suffit pas. La somme des individus n’égale pas la société ! Au contraire, les phénomènes comme Alternatiba, né à Bayonne, et les Marches pour le climat(3) sont les prémices d’une prise en compte mondiale. Pour M. Kempf, la fatalité n’existe pas et il est encore temps d’agir. Les débats qui ont suivi ont été très animés ; c’est la preuve de l’intérêt croissant que portent nos concitoyens à la lutte contre le réchauffement climatique. En somme, lier la réflexion globale à l’action locale et s’engager sur la durée constituent un point de départ nouveau pour le climat et, par voie de conséquence, pour l’humanité. Sacré anniversaire et des grands défis à venir pour l’association Énergies Solidaires ! r 1. Hervé Kempf est l’auteur des deux ouvrages sur cette question : Comment les riches détruissent la Planète ? (Seuil, 2007) ; Tout est prêt pour que tout implose, ou 12 leçons pour éviter la catastrophe (Seuil, 2017) 2. Le Capital au XXIe siècle est un livre d’économie écrit par Thomas Piketty et publié, en 2013, aux éditions du Seuil. Ce livre étudie la dynamique de la répartition des revenus et patrimoines dans les pays développés depuis le XVIIIe siècle. 3. Le slogan des participants aux Marches pour le cllmat était «Change le système et non pas le climat !»

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Intercommunalité

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - NOV-DEC. 2018

Le projet de l’A104 resurgit, camouflé de manière fragmentée

INFRASTRUCTURES ROUTIÈRES À Maurecourt a eu lieu, le 23 novembre, l’assemblée générale du Collectif pour la Protection des Riverains de l’Autoroute A184 (devenue A 104), le CO.P.R.A. 184. C’était l’occasion de revoir les enjeux environnementaux et sociétaux du projet autoroutier digne des années 1960.

Dans la salle Gérard Blondeau pleine, environ cent personnes se sont réunies pour débattre des enjeux environnementaux et sociétaux de ce projet néfaste, proposé par les services de l’Etat depuis vingt-sept ans. Victor Blot, fondateur du CO.P.R.A 184, a résumé la longue bataille menée par les élus et les adhérents du collectif : « Le maire de Maurecourt Gérald Rutault et son adjoint Joël Tissier, appuyés par toute l’équipe municipale, ne se sont pas contentés de protester, ils [avaient] "mouillé la chemise" comme on dit, produisant au moment du débat public études, analyses, comparaisons, statistiques, rapports médicaux, etc. Conduisant par leur détermination à faire sauter le verrou de Maurecourt, entraînant ipso facto, l’annulation du tracé rouge sauvant, entre autres, la colline de l’Hautil à Andrésy et son panorama extraordinaire sur la vallée de la Seine ».

Officiellement,

le projet de l’A104 a été repoussé aux prochaines décennies

Nous suivons ce dossier depuis 2011 ; dans cette période, rien n’a bougé concrètement : aucune décision de la part de l’Etat depuis que le rapport Duron a repoussé le spectre de l’A104 à 2030, voire aux calendes grecques (2038). Depuis les années 1990, une poignée de visionnaires a retardé ce projet, leurs actions produisant des effets incroyables, notamment les annulations des décisions de trois Premiers ministres(1). A ce projet se sont ajoutés celui du Pont d’Achères, reliant la Boucle de Triel à Achères, ainsi que la déviation de la RD154 qui rejoindrait, à terme, la Boucle. C’est le Conseil départemental des Yvelines qui est derrière cette liaison de la RD 30 et de la RD 190 par le pont d’Achères. Un retour sur le passé s’impose. À la lumière de cette AG de novembre 2018, il est également utile d’examiner la tentative des pouvoirs locaux de réaliser le projet A104 par petites doses, c’est à dire en saucissonnant le projet initial pour le transformer en une sorte de A104 bis.

Tentative de passage en force de l’A104 bis Déjà, Eddie Aït, à l’époque maire de Carrières-sous-Poissy, avait prédit, en janvier 2012, une bataille à moyen et long terme. Bien que son successeur, Christophe Delrieu (DVD), soit en faveur de la construction du www.journal-deux-rives.com

Le bureau de l’association du CO.P.R.A.184 le 23 novembre 2018. (DR)

pont entre la Boucle et Achères, des opposants, notamment ceux qui habitent à proximité, ont œuvré avec une détermination sans faille pour s’opposer à ce pont, dont le projet semble mal parti. Le débat a continué dans notre territoire ; l’association « NON au Pont d’Achères » poursuit, en appel, le combat avec un dernier recours qui entrave la belle mécanique départementale. Dans un souci de solidarité, l’association ADIV-Environnement a décidé de l’aider financièrement. Pour Bernard Destombes, président de l’ADIV, l’explosion des projets de construction (merci à la Centralité et à l’Ecopôle de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise !) est à l’origine de la logique de cette autoroute bis, qui fait l’objet d’un camouflage inédit. Le Pont d’Achères est considéré comme une infrastrucure nécessaire pour désenclaver la Boucle de Carrières-sous-Poissy. L’urbanisation galopante à Carrières-sous-Poissy et à Triel-sur-Seine ainsi que la prévision du nombre d’emplois du projet Ecopôle constituaient les principaux arguments de ce prétendu besoin autoroutier. Il y avait, également, l’argument classique de la « valorisation du territoire » au détriment du cadre de vie des habitants de la zone allant de la Confluence à Triel-surSeine, forte d’un capital humain et naturel. Quant aux enjeux de société, les débats, entre 2012 et 2018, ont souligné leurs désillusions : multiplication prévisible des atteintes à l’environnement (triplement des nuisances sonores), grignotage progressif du paysage local (notamment dans l’Île de la Dérivation). Le passage en force d’une A104 bis, qui semble être aux antipodes de la valorisation tant voulue par les élus en place, est fait sans justification et sans études préalables. Certes, la Région Île-de-France a décidé de

financer (avec 6 millions d’euros) une partie de la déviation de la RD 154 qui rejoindrait, à terme, le Pont d’Achères dans le cadre d’un plan « anti-bouchons » mais la région s’est basée sur des arguments erronés(2). Selon l’ADIV, les estimations de circulation publiées dans le rapport du projet RD 154 se sont avérées «fausses» ! Ainsi, les habitants des communes impactées seraient piégés par un flot de véhicules incommensurable, sans que l’on puisse anticiper les effets induits et indésirables de ce type d’infrastructure. Même les villes de Villennes, de Triel et de Médan seraient, alors, fortement affectées par le Pont de Triel, ouvert en 2003 : c’est par lui que se fera la liaison entre la RD 154 et le Pont d’Achères.

Contester le saucissonnage Dans le cas du Pont d’Achères et de sa prolongation, les habitants seront piégés par une évaluation incorrecte de la circulation future ; ce pont sera une sorte d’aspirateur de pollution. C’est un comble pour les élus des villes concernées qui ne jurent que par le développement durable et par le souci écologique ! Ce diagnostic, partagé par tous les participants au combat contre l’autoroute urbaine, a été posé au départ par Antoine Millet, président de « NON au Pont d’Achères » : pour cette association et les habitants de l’Île de la Dérivation, le projet de pont à deux fois deux voies a été conçu pour une circulation de niveau national, voire international. L’Île de la Dérivation, dont le cadre de vie harmonieux risque d’être détruit, fait face à un défi : soit elle sera cassée par ce projet pharaonique, soit elle aura été défendue par tous car elle est un exemple à reproduire dans toutes les communes de la boucle de Carrières-sous-Poissy. De plus, l’écosystème des méandres de la Seine et ses oiseaux migratoires sont en dan../…


LE JOURNAL DES DEUX RIVES - NOV-DEC. 2018

Intercommunalité

INFRASTRUCTURES ROUTIÈRES ger par cette logique « du tout bagnole par le tout béton ». Ces propos ont été corroborés par le message du CO.P.R.A. 184, le 23 novembre 2018 : le collectif s’est opposé à toute tentative de phasage ou de saucissonnage de ce projet d’autoroute urbaine. Pour Victor Blot, les dangers sont toujours d’actualité : une coalition de Karl Olive, Arnaud Péricard et Christophe Delrieu, respectivement maires de Poissy, de Saint-Germain-en-Laye et de Carrières-sous-Poissy, pousse la ministre Elisabeth Borne à réaliser ce projet néfaste ! Le Conseil départemental des Yvelines devrait « arrêter de saucissonner les projets autoroutiers » et se mettre à l’œuvre pour développer une politique de mobilité innovatrice, en phase avec les enjeux de société. En ce qui concerne les associations qui luttent pour la défense de l’environnement, elles sont fédérées et leurs adhérents sont en ordre de marche(3) : « Ce n’est pas un bouclage, c’est un bricolage », a martelé Victor Blot. En somme, il est possible de contester la pertinence de ce projet autoroutier en quatre points. D’abord, le périmètre n’est pas adapté. Pourquoi avoir exclu de la consultation les habitants de communes telles Andrésy, Villennes et Vernouillet ? Ensuite, l’impact du trafic et des flux des voies rapides voisines étant erroné, les chiffres sont à revoir. L’hypothèse du projet de l’A104 conduit à penser que les élus ont décidé un pis-aller avec cette liaison bis (voir page 21). Enfin, la spirale infernale - plus on construit des infrastructures routières, plus on aura de bouchons - sera un piège pour tous les habitants de la Boucle de Carrières-sous-Poissy. L’association CO.P.R.A. 184 est un phare qui éclaire de nouvelles pistes d’actions. D’abord, cela implique une bonne dose de solidarité : « Cette solidarité existe pour lutter contre un projet qui n’a rien à faire chez nous », a argumenté, le 23 novembre, Victor Blot, fondateur du CO.P.R.A. 184. Il est loin le temps où les adhérents de cette association étaient considérés comme des affreux « écolos ». Ils ont servi d’exemples à d’autres associations et d’autres acteurs du territoire pour lutter pour un cadre de vie convenable et durable dans la ville de leur choix.

La bataille de la Boucle « Tous pour un et un pour tous » était la devise de l’ancienne intercommunalité CA2RS(4). De la même manière, les associations comme le CO.P.R.A. 184 ont compris la force de cette devise et l’utiliseront également parce que l’on ne doit « pas laisser le monopole de l’action locale à des élus qui ne tiennent pas compte, par la situation actuelle, des minorités agissantes et a fortiori des habitants qui ne demandent qu’un répit dans un processus d’urbanisation galopante en œuvre ici dans la Boucle ». Ainsi, le message principal des acteurs locaux commence à s’imprimer chez les élus et les technocrates : l’aberration environnementale et écono-

Discours de clôture de Laurent Lantoine, porte-parole du CO.P.R.A.184 (DR)

mique de ce projet « tout bagnole ». Il faudra rester vigilant et se préparer à des batailles prochaines dans la Boucle de Carrières-sousPoissy et au-delà(5). Les carottes ne sont pas cuites et il est temps d’entendre l’avis des

habitants. « Votre mobilisation doit rester intacte et nous comptons sur vous », a conclu, le 23 novembre 2018, Mme Christine Paravy, présidente de l’association CO.P.R.A. 184. r

G. Rutault : « engagement moral et humanitaire »

Lors de l’assemblée générale du CO.P.R.A 184, le 23 novembre, Gérald Rutault, maire de Maurecourt, a renouvellé son appui au collectif. Extraits : Tout d’abord, permettez-moi de vous remercier pour toutes ces longues années d’actions qui, en 1991, paraissaient à certains totalement à contre-courant ; voire un débat de bobos, d’arrière-garde et pourtant, on sait aujourd’hui que vous étiez visionnaires : que ce soit au niveau de la santé publique, du dérèglement climatique et de la fin annoncée du tout automobile... Mais aussi votre action, après un début difficile, a permis de nous aider à fédérer un grand nombre de maires et de créer le « comité des maires contre l’A104 », nous permettant d’être plus efficaces et plus entendus auprès des Autorités... Mais comme nous avons pu le constater tout au long de ces 27 ans, les tenants de l’autoroute restent convaincus de son utilité et, comme le dit si bien Boileau, « remettent sans cesse l’ouvrage sur le métier »... Ce qui est sûr, c’est que par la force des choses, nous devons changer de paradigme pour le bien-être, la santé de nos concitoyens et surtout pour la préservation de notre planète. Votre, notre vigilance doit rester constante, car le rapport Duron n’ayant toujours pas été validé par l’État, l’arrêt de ce projet démentiel n’est pas effectif. Vous le savez, Maurecourt a été de tous vos combats, sera toujours à vos côtés car bien que nous ne soyons plus impactés, nous n’avons jamais « prêché pour notre paroisse ». C’est un engagement moral, humanitaire, que nous devons envers toutes nos populations ! r 1. MM. Dominique Perben, Pierre Beregovoy, Lionel Jospin 2. http://journal-deux-rives.com/actu/08659-conseilregional-dile-france-decide-financer-deviation-rd154base-darguments-errones 3 ADIV-Environnement, ADRUP 154, Andrésy Qualité Pour Tous, Berges en dérive, Comité de Sauvegarde de Chanteloup-les-Vignes, Bien vivre à Vernouillet, CO.P.R.A de Carrières-sous-Poissy et d’Achères, Non au Pont d’Achères, Triel-Environnement et l’ADRESP. 4. Pierre Cardo, député-maire et créateur de la CA2RS, l’avait utilisé pendant les cérémonies de vœux et lors du lancement médiatisé de cette

intercommunalité, le 3 janvier 2012. 5. La création par Aéroport de Paris, ADP, d’un gigantesque Terminal T4 pour agrandir l’aéroport Charles-de-Gaulle- Roissy dans le Val d’Oise. (voir le Parisien du 20/10/2018, intitulé « Roissy va devenir un aéroport XXL »). Ce nouveau terminal s’étendra sur 167 ha et remplacera le T3. Il nécessitera le prolongement du métro (ligne 17 du Grand Paris Express) et le « bouclage de l’A104 » (sic). Pour ce projet, l’ADP a saisi la commission nationale du débat public (CNDP) qui mènera une concertation du 07 janvier au 07 avril 2019. Le début des travaux pourrait commencer à l’été 2020.

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Intercommunalité

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Il est temps que la question du nomadisme soit traitée à Orgeval

GENS DU VOYAGE

Une loi vient d’être promulguée par le gouvernement afin de mettre de l’ordre dans le labyrinthe législatif relatif aux gens du voyage. Elle est publiée au JO depuis le 8 novembre 2018. Depuis quatre ans, certains habitants de la ville d’Orgeval sont excédés et demandent un plan d’action pour résoudre le problème du nomadisme non seulement pour la rive gauche mais pour toute la partie nord des Yvelines. Actuellement l’ancien site de production de thé de la société Dammann fait l’objet d’une installation illicite. Un collectif a lancé une pétition, mais c’est désormais aux élus de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O) de remplir leur mission. Les riverains sont en colère et les commerçants de l’association Union d’Entrepreneurs de la RN 13 (UE13) subissent. Jusqu’à quand ? En 2017, le nomadisme faisait l’objet d’une réunion publique mouvementée à Carrièressous-Poissy où le maire, Christophe Delrieu, avait rappelé sa position : « accueillir, en sécurité, les gens du voyage, mais en empêchant les occupations sauvages ». Une année plus tard, c’est le tour de la commune d’Orgeval de s’interroger sur les actions à mettre en œuvre, à condition d’être accompagnée par la communauté www.journal-deux-rives.com

Des caravanes sur le parking du Centre commercial Art de vivre à Orgeval. (J2R)

urbaine et l’Etat. Toutefois, la tâche des élus n’est pas simple que ce soit à Triel, pendant l’été 2018, ou à Orgeval, qui fait l’objet d’une occupation incessante non seulement sur des terrains vides, mais aussi sur le parking du centre commercial Art de Vivre.

Le cas explosif d’Orgeval Selon les voisins du site Dammann interrogés par la rédaction du J2R, la situation est explosive : « Nous avons adressé de nombreux mails à des personnalités politiques de la GPSEO et n’avons même pas de retour ! Il n’y pas de respect ! Comment ignorer ces revendications des riverains et pourquoi laisser à ce point une commune entière à l’abandon. Au moins quatre sites ont été repérés avec toutes ces caravanes des gens du voyage. Comment ignorer que certaines familles qui ont investi sur cette commune se voient bloquées car leurs maisons sont invendables ! Pas de mutation possible, quant aux habitants de la résidence qui jouxte le site comment les laisser vivre dans l’angoisse permanente ? » Depuis la loi Besson du 31 mai 1990, certaines collectivités locales, en particulier la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O), ne respectent pas les obligations posées par le Schéma départemental relatif à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage (SDAGV). En Île-de-France, 3104 places restent à construire sur les 5471 planifiées. GPS&O devrait encore réaliser 33 places d’accueil ainsi qu’une aire de grand passage sur son territoire « en devenir ». En effet, elle a la compétence de l’aménagement, de l’entretien et de la gestion des aires d’accueil. Depuis 2012, dans le cadre de l’ancienne Communauté d’agglomération 2 Rives de Seine, les communes (six, puis douze, faisant désormais partie des 73 de GPS&O) accusent un retard considérable par rapport

aux objectifs du SDAGV ; celui-ci sera probablement pallié par la construction, déjà promise en 2016 par la CA2RS, d’un aire de grand passage (plus de 200 places entre Triel et Carrières-sous-Poissy) à l’horizon 2020 et de six sites d’accueil et d’habitat : Buchelay, Gargenville, Aubergenville, Limay, Les Mureaux, Conflans-Sainte-Honorine. Quant au site Dammann d’Orgeval, une occupation illégale a lieu actuellement. Après que les nomades soient partis pour une période courte d’un mois et demi, ce site a été envahi sporadiquement depuis près de 3 ans. Selon les voisins interrogés, le résultat est classique : une déchetterie à ciel ouvert, des rats grouillant partout, des excréments ! Les gens du voyage utilisent l’eau et l’électricité et les poubelles « aux frais des contribuables » et déversent aussi leurs déchets verts ou électroménagers recueillis lors de leurs chantiers en région parisienne. Les seuls moments de répît étaient lorsque les nomades se rendaient ailleurs : une fois pendant 1,5 mois et une fois trois mois l’été dernier: il s’agissait de départs volontaires des gens du voyage se rendant aux rassemblementx de leur communauté à Saintes Maries de la Mer, en Camargue ou dans l’Est de la France. La municipalité a confirmé que ce site appartient à la communauté urbaine GPS&O, qui a mis du temps a déposer une plainte. Pis, lorsque cela a été fait, les autorités préfectorales n’ont pas procédé à des expulsions. Certes, les autorités compétentes se retranchent derrière la loi et notamment la loi Besson. Cependant, les voisins s’interrogent : pourquoi, lorsqu’il s’agit d’occupations à Poissy, la ville royale, les expulsions sont réalisées ? Une Orgevalaise s’étonne : « On est en droit de se demander si la politique ../…


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Intercommunalité

GENS DU VOYAGE : LA QUESTION DU NOMADISME À ORGEVAL appliquée est égale pour toutes les communes ! ». Il est arrivé que des collectivités, comme ce fut le cas de Carrières-sous-Poissy en particulier, se soient fait condamner en appel, le juge ayant estimé qu’il n’y avait « pas de caractère d’urgence pour expulser cette population ».

Quelles lois sont applicables ? Clarifions le cadre juridique(1), tout en omettant la jurisprudence de la Cour de justice européenne et certaines décisions du Conseil d’Etat qui rappellent les droits et les devoirs des collectivités territoriales en la matière : les gens du voyage ont droit à un accueil et à un habitat dignes, ces personnes étant en très grande majorité françaises. Or, chaque commune doit obéir à la loi et ne pas laisser entendre à un public excédé que ces personnes, occupant illégalement un site, sont des citoyens de deuxième zone. Certains habitants, comme à Orgeval, ont abondé dans la stigmatisation de ces personnes, dont la présence est responsable de la pollution olfactive et sonore, de la chute des prix de l’immobilier, de l’accroissement du temps des trajets domicile-travail, du non-respect des devoirs fiscaux, surtout de l’occupation illégale récurrente de terrains publics et privés.

Site LRM à Orgeval en octobre 2018. (J2R)

Une nouvelle loi s’ajoute à l’arsenal relatif au nomadisme(2). La loi n° 2018-957 est parue au Journal officiel n° 258 du 8 novembre 2018 ; elle contient les éléments suivants : - une clarification de la répartition des compétences entre les communes et leurs groupements à fiscalité propre en matière d’accueil des gens du voyage et de lutte contre les installations illicites (article 1er) ; - une obligation d’information préalable des autorités publiques lors des grands passages et grands rassemblements de gens du voyage (article 3) ; - l’extension au maire de toute commune dotée d’une aire ou de terrains d’accueil du pouvoir d’interdire le stationnement des résidences mobiles sur le reste du territoire communal et, par conséquent, de demander au préfet de mettre en œuvre la procédure d’évacuation d’office des campements illicites, même dans le cas où l’EPCI auquel la commune appartient n’a pas rempli l’ensemble de ses obligations (article 4) ; - le doublement des peines encourues en cas d’installation en réunion et sans titre sur le terrain d’autrui et l’application à ce délit de la procédure d’amende forfaitaire délictuelle, qui en facilitera la répression (article 6). Notamment sur ce dernier point, l’amende (article 322-4-1 du code pénal est modifié) passe de 3750 euros à 7500 euros et la durée de prison peut aller à un an. Cependant, une amende forfaitaire d’un montant de 500 € peut arrêter la procédure pénale !

de mettre en place un plan d’action avec de vraies mesures pour sécuriser l’accès au site après une expulsion définitive des occupants de cette friche commerciale. Le hiatus entre les élus et les électeurs concernés se creuse car la situation devient intenable : « Malgré les efforts de sécurisation récents, les gens du voyage ont réussi à s’introduire par la résidence de logements et des maisons qui jouxtent le site un soir à 22 h en sciant un arbre et une clôture privée.» Certains habitants de la partie résidentielle d’Orgeval ont confié leur inquiétude et ont peur de sortir leurs poubelles ou « de prendre leurs voitures dans les parkings car insultes et mauvais regards deviennent leur lot quotidien ». Certains disent avoir entendu des « menaces de mort sur un chien par des gens du voyage avec de vagues excuses le lendemain ! »

zone qui périclite(3) car les lieux désertés sont ciblés par les gens du voyage. C’est un cercle vicieux qui s’installe à Orgeval !

En termes clairs, cela ne permet pas de résoudre la question car tout cet arsenal juridique repose sur l’existence d’une aire de grand passage qui avait été prévue depuis 2016. Il est urgent de passer aux actes et

2. La loi n° 2018-957 relative à l’accueil des gens du voyage et à la lutte contre les installations illicites. Elle est parue au Journal officiel n° 258 du 8 novembre 2018.

Les habitants et les commerçants ont conscience de la difficulté du dossier mais demandent au gouvernement de revoir la loi Besson et aux autorités compétentes de mettre en œuvre des mesures pour procéder à des expulsions comme les arrêtés les autorisent. Orgeval doit retrouver son image d’autrefois, la communauté urbaine GPS&O devant également œuvrer en ce sens. r

Des habitants et des commerçants d’Orgeval demandent des décisions appropriées

Les voisins ont, par ailleurs, décidé de saisir le tribunal administratif, face à la passivité des autorités compétentes et à l’immobilisme du système en général. En outre, des commerçants de la route de Quarante sous subissent la présence des gens du voyage ; leur chiffre d’affaires baisse au fur et à mesure que le nombre de caravanes augmente. En clair, l’image de leurs commerces est maintenant associée à cette

Un bâtiment de la route de 40 sous. (J2R)

1. L.90-449 du 31 mai 1990 (Besson 1), L.2000-614 du 5 juillet 2000 (Besson 2), L. 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et la citoyenneté.

3. Beaucoup de caravanes sont installées sur les parkings de « Toys’R Us » mais aussi dans l’ancien site Moulard (pour lequel il y a eu expulsion car la sécurité des gens du voyage était en danger, en raison de la démolition de l’ancien bâtiment). Il y a eu de nombreux autres camps, notamment sur l’ancien site LRM et, longtemps, l’année dernière sur le parking du bowling.

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Andrésy construira son relais nautique en 2019

ANDRÉSY

Lors de la réunion du conseil municipal d’Andrésy le 14 novembre, le maire d’Andrésy, Hugues Ribault, a fait adopter par son conseil municipal son projet de relais nautique de 25 bateaux (à court terme) pour ensuite passer à une deuxième phase de 25 bateaux supplémentaires. Les deux listes d’opposition (Andrésy Dynamique et Andrésy Energies renouvables) s’y sont opposées. Dans une discrète délibération (direction des services techniques, point 11 de l’ordre du jour), la majorité a adopté le lancement de ce relais nautique : deux entreprises ont été choisies (Vinci Construction Maritime et Fluvial et SARL En Seine) Il s’agit d’attribuer le marché public de travaux pour la construction de 25 anneaux (première phase d’un coût d’environ 350 000 €) et, peut-être, de 25 anneaux de plus pour amarrer des bateaux dans un contexte de développement du tourisme en général et des activités fluviales en particulier. Toutefois, les oppositions ont demandé des précisions techniques et des chiffres (qui n’avaient pas été donnés avant la délibération) et les études de marché qui avaient été présentées lorsque ce projet avait reçu un accord de subvention de la part du Département des Yvelines. Au total, le département subventionnera 50 % de la totalité du projet, qui est évalué à 700 000 €.

Les critiques ont été balayées par le maire

Il faut se souvenir que la ville d’Andrésy avait retardé, en 2017, la construction de ce relais nautique en raison des retards dans le projet contesté Trek’île. Selon nos archives, M. Ribault avait expliqué que les deux projets

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En septembre 2017, Andrésy a inauguré Trek’île. M. Ribault veut achever son mandat en fanfare. (Archives du J2R) ne pouvaient pas être menés en même temps. Suite à la présentation de M. Alain Mazagol, adjoint aux travaux, les adversaires ont attaqué ce projet. « C’est un projet pour une ville riche ; or, vous M. Denis Faist [adjoint aux finances et futur candidat aux municipales de 2020] dites que la ville d’Andrésy est une ville pauvre en finances ! » Pour corroborer les critiques de la liste AER, Mme Virgine Muneret a martelé le fait que « c’est du gaspillage de l’argent public... Cette somme [de 700 000 €] est l’équivalent de la réfection complète de trois rues d’Andrésy, qui en ont bien besoin. Tout cela pour des retombées économiques plus qu’incertaines. On pense forcément à Trek’île, autre projet coûteux qui devait lui aussi être bénéfique au tourisme et au commerce local. Mais on attend toujours les re-

tours sur investissement. » Inutile de dire que les deux oppositions ont voté contre. Le maire a balayé d’un revers de main ces critiques, en soulignant que ce sont des budgets différents et que la ville a reçu des subventions qui méritent d’être dépensées pour la ville. Quant à l’information du public, il a été question de procéder, le 3 décembre, à une double séance d’information pour les commerçants d’abord, puis pour les habitants. Sourd aux critiques et aux mises en garde, le maire reste persuadé que le tourisme fluvial se développera et pourrait être un atout pour l’événement culturel annuel Sculptures en l’île. r


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CARRIÈRES/POISSY Le Château éphémère

accueille la 2e édition du Repair Café L’association Votre vie à Carrières(1) et les Gens du Partage ont organisé, au Château Éphémère, le deuxième Repair Café dans la commune de Carrières-sous-Poissy. Le 24 novembre, c’était l’occasion de donner une deuxième vie à vos objets. Le Château éphémère a accueilli la deuxième édition du Repair Café, un événement nouveau pour réhabiliter vos objets anciens. La nouveauté de cette deuxième édition était la discosoupe ! L’un des objectifs de cette journée est de confectionner, avec les habitants, des soupes et des smoothies à partir de fruits et de légumes mis au rebut, le tout en musique ! Pourquoi gâcher ? C’était l’occasion de rendre des services bénévolement mais aussi d’inciter les Carriérois à prolonger la durée de vie de leurs objets, de limiter leurs déchets et donc de préserver notre planète. Au Repair Café de Carrières-sous-Poissy, les réparateurs étaient là à titre bénévole ! Cela leur a permis de faire connaître leurs activités, surtout leurs compétences peut-être inconnues des Carriérois. Les objets non réparés ont été collectés dans des bacs de récupération.

Pourquoi participer aux Repair Cafés ? La rédaction a décidé d’interroger une jeune maman, présente et active dans le réseau local qui cherche à promouvoir les Repair Cafés au nord des Yvelines. Voici quelques réactions à nos questions : sur la raison de sa participation au Repair Café, elle a répondu d’une manière succinte : « Mes enfants avaient un parcours de dominos qu’ils adoraient mais auquel ils ne jouaient plus car le mini-bus à piles qui distribuait les dominos ne marchait plus. Nous sommes allés tous ensemble au

La deuxième édition du Repair Café de Carrières-sous-Poissy a démontré son utilité et son ancrage local. (DR)

Repair Café de Triel pour le faire réparer. » Ensuite on a posé la question de savoir quelles sont les caractéristiques du Repair Café ? Pour cette participante la réponse était claire : « J’ai été frappée par l’accueil très chaleureux des bénévoles, mais aussi par l’organisation très fluide : d’abord un point d’accueil où on remplit une fiche de réparation mentionnant le poids de l’objet (pour comptabiliser les déchets évités à la fin de la journée !), puis on attend devant le stand correspondant au type d’objet, jusqu’à ce que le réparateur soit disponible. J’ai attendu environ 20 minutes, pendant lesquelles mes enfants faisaient de la peinture au stand pour les enfants géré par des bénévoles, et moi-même j’ai discuté à la buvette avec un bon café. Une expérience très agréable ! » Á la question de savoir si cette personne avait été satisfaite de sa visite au Repair Café, elle a répondu : « Le sourire de mes enfants, puisque le réparateur a réussi à réparer le mini-bus ! J’ai aussi appris comment entretenir un objet à piles (ne pas laisser les piles pendant une durée prolongée, comment nettoyer en cas d’oxydation) car les réparateurs

prennent le temps de partager leur savoir-faire ! » Des bricoleurs experts ont réparé gratuitement des objets, sans rendez-vous, par les participants : vêtements, meubles, appareils électriques, vélos, vaisselle, objets utiles, jouets et autres. Un stand enfants a permis aux enfants de jouer et passer un moment agréable avec des jeux de société. En outre, les visiteurs ont eu la possibilité de profiter du point de vente de gâteaux et de boissons. Satisfaits, certains ont même propagé la philosophie du Repair Café en donnant un don pour l’organisation future de ce type d’événement écologique. De plus, ces dons vont permettre de rembourser les frais engagés et de mieux préparer les prochains Repair Cafés. r 1. Association de soutien des activités économiques, des artisans, des associations et de qualité de vie à Carrières-sous-Poissy.

À quoi sert un Repair Café ? Lutter pour le zéro déchet et contre l’obsolescence programmée et réparer ensemble, c’est la vocation du Repair Café, dont l’entrée est ouverte à tous. Outils et matériel sont disponibles pour faire toutes les réparations possibles et imaginables soi-même, ou avec des experts bénévoles, qui ont une connaissance et une compétence de la réparation dans toutes sortes de domaines. On apporte au Repair Café des objets en mauvais état qu’on a chez soi et on se met à l’ouvrage avec les bénévoles. Il y a toujours quelque chose à apprendre au Repair Café ! Ceux qui n’ont rien à réparer prennent un café ou un thé, ou aident à réparer un objet appartenant à un autre. On peut aussi toujours y trouver des idées à la table de lecture qui propose des ouvrages sur la réparation et le bricolage. Créé il y a six ans à Amsterdam en Hollande, le Repair Café a depuis essaimé dans le monde entier... jusqu’à Carrières-sous-Poissy ! r Source : site Internet de Triel Environnement

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Cinq siècles de histoire de l’Église Saint-Roch

CHANTELOUP

Des visites ont été organisées par Maurice Bruyat (3e à partir de la gauche) qui a expliqué l’histoire de l’Église Saint-Roch. (J2R)

Le mois d’octobre a été très spécial pour les paroissiens de l’Eglise SaintRoch de Chanteloup-les-Vignes car ils ont fêté les 500 ans de son existence. Selon Philippe Potier, le curé, « Ce n’était que du bonheur ! » La paroisse Saint-Roch de Chanteloup-lesVignes a fêté en grandes pompes, durant le mois d’octobre, les 500 ans de l’Eglise SaintRoch. A cette occasion un programme riche a été concocté par le Comité d’organisation, en lien avec la mairie de Chanteloup-les-Vignes(1).

500 ans d’histoire Avant de relater l’événement d’octobre, un peu d’histoire s’impose : la construction de l’Eglise Saint-Roch eut lieu, pour l’essentiel, en quatre années : de mars 1514 à octobre 1518, avec une extension entre 1550 et 1555 (chœur et chapelles latérales). Selon les historiens locaux, l’église de Triel-sur-Seine était le point d’ancrage de la foi catholique à l’époque. Avec l’extension démographique et ses particularités, les Chantelouvais ont demandé et obtenu le droit de bâtir leur église. Cette construction s’inscrivait dans un contexte récurrent d’épidémies de peste et marquait le souhait des populations locales de se mettre sous la protection de saint Roch, « prowww.journal-deux-rives.com

tecteur des malades des animaux et des maladies contagieuses ». C’est ainsi que de nombreux pèlerinages s’organisèrent ensuite dans la région au nord de la Seine, en aval de Paris.

Lieu de prière et de mémoire L’édifice fut érigé selon une organisation traditionnelle et harmonieuse avec un chœur orienté à l’est, une nef d’est en ouest et deux chapelles latérales, l’une au sud et l’autre au nord, le tout réalisant une croix latine. A cela s’est ajouté un majestueux clocher porche quadrangulaire de 32 mètres de hauteur, répertorié au patrimoine du Vexin français. S’agissant des aménagements intérieurs, soulignons la présence d’un beau retable édifié en fond de chœur avec un ouvrage sculpté où Dieu le Père trône dans sa partie haute, deux niches, l’une avec la statue de saint Roch, l’autre la statue de saint Sébastien et, en son centre, un tableau représentant l’Assomption de la Vierge. Enfin, plusieurs vitraux entourent le retable dont les plus proches représentent, dans leurs médaillons, des scènes de la vie de saint Roch. Au fil du temps, l’Église Saint-Roch a évolué au rythme des restaurations, des dégradations et d’autres transformations. Elle présente ainsi, en ce début de XXIe siècle une image modifiée par rapport à celle qu’elle a montrée au fil des cinq siècles passés, tout en conservant son identité première. Comme l’a souligné Maurice Bruyat, un bénévole de l’église, pendant la visite effec-

tuée le 17 octobre, cet édifice est simple (avec ses vitraux) mais il symbolise l’ancrage de la foi dans le territoire du nord des Yvelines. Après la garnde tempête de 1999, le syndicat agricole de Chanteloup-les-Vignes, issu de l’association des cultivateurs vignerons, créé en 1887, a décidé de participer financièrement à la restauration de l’église. C’est une preuve que cet édifice compte dans la mémoire des Chantelouvais.

Un anniversaire émouvant Pour Philippe Potier, un des prêtres de l’église, c’était un anniversaire réussi car tout s’est déroulé comme prévu, notamment trois événements phares : les visites de l’église entre les 14 et 19 octobre, le spectacle son et lumière, le 20 octobre, et la messe solennelle, le 21 octobre, présidée par Monseigneur Eric Aumonier. Environ 300 personnes se sont déplacées pour le spectacle son et lumière et l’église était pleine pour la messe du 21 octobre avec tous les représentants de la vie locale (notamment Mme la députée Michèle de Vaucouleurs, Mme la maire et conseillère départementale Catherine Arenou). C’était émouvant, selon M. Potier et cela dénote un vrai attachement à ce lieu de prière et de rassemblement culturel. r 1. Voir le vidéo-reportage avec la visite de l’Église Saint-Roch avec Maurice Bruyat : https://youtu.be/ GlFHqwSeblM.


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CHANTELOUP ET VERNEUIL De l’APAC au Relais,

un écosystème en forme

Le 13 octobre ont eu lieu la braderie du Relais à Chanteloup-les-Vignes(1) et la bourse d’hiver de vêtements de l’APAC à Verneuil-sur-Seine. Ce sont des moments intenses pour un public fort intéréssé par les prix modiques d’articles en bon état. Des livres, des vêtements quasiment neufs, des objets inédits, voilà ce que l’on trouve dans les deux ventes d’occasion du Val de Seine : une petite à Verneuil-sur-Seine et l’autre, la grande, à Chanteloup-les-Vignes. Un tour de ces deux événements s’est imposé au J2R. D’abord, à Verneuil-sur-Seine, l’association des Parents et Amis du Centre de loisirs du CER SNCF ou APAC organise deux fois par an une brocante afin de faire circuler des objets peu utilisés, en permettant de faire des affaires à des prix abordables pour se préparer au prochain hiver. Cet événement, existant depuis vingt ans, est organisé par les bénévoles de l’APAC. Les vendeurs déposent les objets la veille de la vente puis des bénévoles affichent les prix et organisent la vente pour le lendemain. La vente a eu lieu le samedi 13 octobre. Ouverte à tous, elle était l’occasion de faire circuler des objets et des produits d’occasion pour une deuxième vie, en recyclant les produits dans un monde capitaliste qui incite à la surconsommation ; cette vente solidaire a également permis de faire des affaires. Mme Françoise Ducros, présidente de l’APAC, a souligné dans un entretien vidéo(2) que l’importance est de faire rencontrer deux parties du public, ceux qui ont les moyens et qui veulent se débarrasser de leurs objets et les personnes à faibles ressources, afin de faire vivre un écosystème local. De plus, cela réduit l’empreinte carbone ! Plus connue dans la région, la grande braderie du Relais à Chanteloup-les-Vignes existe aussi depuis vingt ans. Elle permet de faire des achats à des prix modiques et de se réunir pour échanger dans la convivialité. Livres, BD, habits de saison y sont tous disponibles en grande quantité, mais à faible prix. Le Relais, référence de l’économie sociale et solidaire, est spécialisé dans la collecte, le traitement et la diffusion des vêtements et des chaussures. Jean-François Luthun, directeur du Relais, a fait un premier bilan de la braderie du Relais à Chanteloup-les-Vignes (voir la Webtélé 2R) : c’était une édition ensoleillée et le monde a afflué pour dénicher un livre ou un vêtement pour passer un hiver paisible.r 1. Vidéo-reportage de la Braderie le Relais du 13 octobre : https://youtu.be/ii1ryUVuhJg 2. Vidéo de l’APAC : https://www.facebook.com/JournalDeuxRives/videos/698543623835839/

Tous les ans, des bénévoles font partie du décor de ces deux moments-clés de l’économie circulaire. (J2R)

L’apac fait aussi la vente solidaire

Le 13 octobre a eu lieu la bourse de vêtements de l’hiver. Proposée par l’Association des Parents et Amis du centre de loisirs du CER SNCF à Verneuil-sur-Seine, cette vente solidaire est l’occasion de faire des affaires et sutout de recycler les produits dans un monde capitaliste qui incite à la surconsommation. Mme Françoise Ducros, présidente de l’APAC, a exposé les activités de l’APAC, notamment la bourse de vêtements. r

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La bombe à retardement de l’inscription de servitudes administratives TRIEL-SUR-SEINE

Dans le cadre du Plan local d’urbanisme (PLU), l’obligation de respect d’une servitude administrative oubliée pourrait impacter de nombreux projets de construction à Triel. C’est une mauvaise nouvelle pour les promoteurs qui investissent à Triel-sur-Seine : une servitude administrative d’utilité publique a été « oubliée », depuis longtemps, par les élus et les services en charge de l’urbanisme de Triel. Cette situation constitue un dysfonctionnement grave du contrôle de légalité dans l’instruction des demandes de permis de construire. La prise en compte de cette servitude, dans plusieurs zones, pourrait avoir d’importantes conséquences financières et humaines. Les opérations immobilières en cours et de plus anciennes pourraient connaître une période d’insécurité juridique. Depuis l’été dernier, très nombreux sont ceux qui contestent les projets d’urbanisme à Triel-sur-Seine. Le 17 novembre 2018, une manifestation a réuni une foule d’habitants en face de l’hôtel de ville dans le cadre d’une marche citoyenne. Les manifestants réclament plus de concertation et de modération dans le processus de constructions nouvelles ; environ 800 logements sont prévus d’ici à 2023 ! Tout repose sur la disponibilité de terrains accessibles et équipés.

Exemple d’un tracé de servitudes administratives publiques actives qui n’a pas été référencé au PLU de Triel-sur-Seine. (J2R)

Une servitude concernant

que lorsque les causes et les conséquences des différents « effondrements » constatés en divers lieux seront évaluées par les assureurs ! Précisons la localisation de trois grands écoulements, dont les tracés sont mentionnés dans des documents administratifs. Ces canalisations ont été construites dans les années 1970, à onze mètres de profondeur, pour éviter les risques d’inondations lors des fortes intempéries, notamment celles résultant du ruissellement du massif de l’Hautil vers la Seine. Le premier commence au chemin de Picardes dans le haut de Triel et, continuant vers l’avenue de la Forêt, se prolonge vers la rue du Moulin (au-dessus des Châtelaines). Ensuite, la zone de cette servitude chemine dans la rue de Noyer Godard avant de prendre la rue de Chanteloup jusqu’à la rue Saint-Martin (précisément, jusqu’à l’emplacement de l’ancien Tri-Halles). Le deuxième écoulement, objet d’une servitude, commence avenue de Fontenelles, prend la rue du Bois pour tourner vers la Place des Marroniers débouchant sur la rue de l’Hautil. Ensuite, il rejoint la rue Galande par la rue Corrouge et termine sa course dans la Seine après être passé à côté de l’Eglise Saint-Martin. Le trajet du troisième écoulement, plus éloigné, est d’une moindre importance car il va vers la plaine.

Cet oubli pourrait entraîner une véritable catastrophe sur les plans humain et financier. Nous pourrions émettre l’hypothèse que c’est à cause de cet « oubli » que des fondations de constructions récentes sont en train de fragiliser les sous-sols et que des cavités se forment dans des zones de ces servitudes. Les pertes financières ne pourront être estimées

Multiples répercussions La servitude imposée par ces canalisations limite le poids des bâtiments qui peuvent être construits sur leur trajet. Il se peut que son non-respect ait endommagé l’un de ces écoulements ; la fuite des eaux de ruissellement collectées serait la cause des fissures, constatées par de nombreux habitants. Les occu-

Un héritage bien ennuyeux Comme dans d’autres communes, une servitude administrative d’utilité publique, s’appliquant à Triel dans trois zones, n’a pas été indiquée dans les divers plans d’urbanisme. C’est le résultat malheureux de leur méconnaissance par les services d’urbanisme de la commune et de l’intercommunalité, supervisés par les élus, ainsi que de l’insuffisance du contrôle par les services de l’Etat. Dans le cadre de la procédure de révision ou d’une modification d’un document d’urbanisme, les services de l’Etat, les services instructeurs de l’ancienne Communauté d’agglomération 2 Rives de Seine (CA2RS) et de l’actuelle communauté urbaine GPS&O ont failli à leur tâche. Selon nos sources, confirmées par les services compétents de l’Etat, l’oubli est très ancien. Tout le monde se réveille après qu’un « lanceur d’alerte » ait révélé cette absence dans le PLU de Triel. trois canalisations

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pants des bâtiments affectés par des fissures se sentent démunis, sans aucune possibilité de recours. On pourrait même émettre l’hypothèse que c’est l’origine de l’affaissement de la maison du 177 rue Paul-Doumer (en face de l’église), menacée d’effondrement. Une promenade urbaine a montré, le 27 juin 2018, qu’une corrélation pourrait exister entre la probable fissure du bâti et la présence de la canalisation, objet de la servitude en question. On constate non seulement la fragilité des sols mais aussi une fragilité juridique quant aux projets de constructions qui se dessinent. Dans toute nouvelle construction, il convient de prendre des précautions non seulement techniques mais aussi juridiques. C’est pour cela que des documents d’urbanisme sont opposables aux tiers, dans le but d’informer le public sur ce qu’il est possible ou non de faire. Sinon, le risque est grand de voir se multiplier des « niches à contentieux », notamment à Triel après les nouvelles constructions programmées. Par exemple, est-on sûr de la sécurité juridique du bâtiment Efidis construit sur l’ancien terrain de Tri-Halles ? Un contentieux long et coûteux pourrait-il surgir entre la ville, les constructeurs, les promoteurs et des locataires ? Pour éviter ce type de problème, toutes les servitudes, quelle que soit leur nature, doivent être inscrites dans le PLU intercommunal. La communauté urbaine devrait adopter ce PLUi le 11 décembre 2018. Avant qu’il soit exécutoire, début 2020, il faudrait que les examens des demandes de permis de construire les prennent sérieusement en compte. Dans l’immédiat, évitons les amalgames et surtout ne laissons pas des populistes exploiter ce sujet à des fins purement électoralistes ! r


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Peut-on exempter Triel de ses obligations résultant de la loi SRU ?

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Oui, il suffit de de le vouloir et de le demander ! diraient certains. Le sous-sol de Triel-sur-Seine est fragile, très fragile du fait de ses anciennes carrières, des veines et de sources d’eau... Mais, la loi est appliquée partout et pour tous de la même manière. De plus, les élus de Triel ont tergiversé et ont réagi trop tardivement ! Que peut-on faire face à l’inquiétude généralisée du fait de l’inertie de nos élus ? Que va proposer l’Etat suite aux nombreuses interrogations des habitants ? Pour mémoire, la loi Solidarité Renouvellement Urbain (SRU) oblige les communes à atteindre un quota (25 %) de logements aidés. Des communes comme Triel ont longtemps négligé cette loi. Fin 2018, alors que le nombre de logements en cours d’instruction explose, les élus continuent à vouloir construire coûte que coûte (pour le parc social et le privé) sans voir la fin de cette spirale. La commune est dans une impasse et certains futurs candidats profitent de l’inquiétude pour installer la peur sans mesurer les conséquences, à moyen et à long termes, de leurs propos. Depuis 2017, l’instruction du gouvernement du 9 mai 2017 relative à la mise en œuvre de la procédure d’exemption des communes du dispositif SRU en application de l’article L. 302-5 du code de la construction et de l’habitation permet une exemption à conditions de remplir un de ces trois critères : a) Quelle que soit leur localisation, avoir plus de la moitié de leur territoire urbanisé soumis à une inconstructibilité résultant de l’application des dispositions du deuxième alinéa du III de l’article L. 302-5 du CCH2 ; b) Etre situées dans une agglomération de plus de 30 000 habitants dont le taux de tension sur la demande de logement social (ratio entre le nombre de demandeurs et le nombre d’attributions annuelles hors mutations), figurant en annexe III du décret n° 2017-840, est inférieur à 2 ; c) Etre situées hors d’une agglomération de plus de 30 000 habitants, et être insuffisamment reliées aux bassins d’activités et d’emplois par les services de transports en commun. La DHUP a diffusé la liste des communes situées au 1er janvier 2017 en territoires SRU et susceptibles de répondre à ces différents critères. De plus, il faut noter l’inconstructibilité résultant d’une zone A, B ou C d’un plan d’exposition au bruit approuvé en application de l’article L. 112-6 du code de l’urbanisme ou d’une servitude de protection instituée en application des articles L. 515-88 à

L’entrée principale du nouveau ensemble de logements rue Paul-Doumer à Triel. (J2R)

L. 515-11 du code de l’environnement, ou inconstructibilité de bâtiment à usage d’habitation résultant de l’application d’un plan de prévention des risques technologiques ou d’un plan de prévention des risques naturels définis, respectivement, aux articles L. 515-15 et L. 562-1 du code de l’environnement, ou d’un plan de prévention des risques miniers défini à l’article L. 174-5 du code minier. En somme, Triel avait des arguements à faire valoir (voir page suivante).

Tergiversations trielloises A notre connaissance, la commune de Triel-sur-Seine a tardé à demander de bénéficier de cette exonération, tandis que d’autres communes l’ont demandé aux instances concernées durant l’année 2017. Les élus en charge du dossier n’ont pas mesuré la portée nationale et la marge de manœuvre de cette instruction. Trop tardivement, la députée, Michèle de Vaucouleurs, a été saisie par le groupe « Mieux Vivre à Triel » qui relaie une information anxiogène. Cette démarche pourrait-elle aboutir suite à cette saisine et à la réaction, certes tardive, du maire adjoint à l’urbanisme (M. Poirot aurait écrit en juillet 2018 !) ? De toute façon, la fournée 2017 a été instruite et la liste a été publiée par une commission ad-hoc fin 2017 (1). Triel est encore en retard ! Ces premières exemptions « nouveau modèle » ont couvert la période 2018-2019, avant de revenir ensuite au rythme triennal caractéristique de la loi SRU. Les carottes sont cuites, n’est-ce pas ? Pas tout à fait, car la pression populaire fait émerger une colère sans précédent dans les annales de l’histoire trielloise. Il faudrait que cela continue, mais plus on met la pression, plus on « dénigre la ville » (des propos d’un directeur d’agence immobilière). Le marché immobilier à Triel risque de s’effon-

drer comme « tous les fontis » selon les dires des détracteurs de la mairie. Devant telle situation, la seule issue est d’interpeller la nouvelle ministre de la Cohésion des Territoires, Mme Jacqueline Gourault. Lors d’une émission à France Inter, le 17 octobre, Mme Gourault a été interpellée sur un cas similaire à Triel dans une ville ayant l’obligation de la loi SRU. Elle a répondu que la situation est partout la même car la loi est applicable et appliquée de la même manière. Toutefois, le Sénat envisage de modifier la Constitution afin permettre des exemptions à la règle d’une manière mesurée selon la particularité géographique de la commune. C’est le principe de la « différenciation territoriale ». Ainsi, nous assistons à une incompréhension car certains ont semé la peur qui conduit à un contexte d’incertitude et fragilise davantage l’image de la ville. Par ailleurs, il est urgent de clarifier la situation et la solidité des cavités à Triel-sur-Seine. Selon Pierre Cardo, ancien député-maire, le problème est connu par tous et cela est plus aigüe à la lisière de la forêt de l’Hautil entre Chanteloup et Triel. Semer la peur n’amène pas de réponses adéquates à la situation actuelle. En conclusion, le risque est de voir osciller la ville entre inquiétude et spéculations non fondées sur son avenir. Pire que l’immobilisme actuel. r 1. Selon le site Internet Localtis : « Les préfets de région ont [eu] jusqu’au 30 septembre [2017] pour remettre à la commission nationale SRU la liste des communes proposées par les EPCI, assortie de leur avis. La commission [a dû] analyser ces propositions et les transmettre, avec son avis, au ministre avant le 31 octobre [2017]. La liste définitive des communes exemptées a été communiquée aux comités régionaux de l’hébergement et de l’habitat, qui se sont tenus à l’automne 2017.» En outre, deux Triellois, MM. Aoun et Montassier ont rencontré, le 15 octobre, la ministre Mme Jacqueline Gourault dans le cadre d’un colloque au Sénat sur la revitalisation de l’échelon communal.

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La carte du PPRn

Ce plan de prévention des risques naturels définit les zones « rouges sombres et rouges claires » comme étant à aléa très fort, et aléa fort. Par ailleurs, le centre-ville présente des zones fragiles en raison des anciennes carrières abandonnées (jaune clair). www.journal-deux-rives.com


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Le projet Gallieni passe à la phase contentieux, comme les autres projets

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Multiplication des projets immobiliers à Triel-sur-Seine : les voisins du programme Gallieni s’organisent à leur tour ! Un recours a été déposé, le 20 octobre, auprès du Tribunal administratif de Versailles. Tout se mélange à Triel : souci d’accélérer la mise en conformité de la ville avec les lois, notamment la loi Solidarité Renouvellement Urbain (SRU), pour les élus de la majorité municipale, faiblesse ou complaisance avérée de ceux-ci devant l’appétit des promoteurs pour les habitants et les associations qui contestent cette « boulimie ».

Un nombre croissant de litiges Face à la multiplication des projets qui alimentent les débats, les rumeurs et les contestations, plus de dix posant problème, le collectif ad hoc a organisé une manifestation festive le 17 novembre. C’est au tour des riverains de la rue Gallieni et des rues adjacentes de s’organiser pour obtenir l’annulation du permis de construire d’immeubles prévus en bordure de la ligne SNCF de Paris à Mantes. En réalité, deux litiges s’emboîtent dans le cadre du projet Gallieni(1). Ce projet avait été présenté dans ses grandes lignes en juillet 2017 à l’Espace Rémi-Barrat. La municipalité a cru que cela aurait suffi pour apaiser les contestations. Elle s’est trompée. Détermination et arguments Plusieurs riverains, déterminés, ont déposé un recours gracieux deux mois après la publication du permis de construire. M. le maire, Joël Mancel, a rejeté ce recours gracieux. Depuis la rentrée, tout a été refait et les riverains se sont organisés au sein d’une association baptisée « Collectif du Quartier Gallieni » pour mandater un avocat afin d’introduire une requête en annulation du permis de construire par la voie contentieuse ; cette démarche a été aussi encouragée et soutenue par l’association Bien vivre à Triel qui s’active aussi pour contester les modifications récentes du Plan local d’urbanisme. Les arguments de ce collectif Gallieni restent constants depuis 2007 quand l’ancien maire, Jean-Pierre Houllemare, avait ouvert des pistes des réflexions sur ce projet. Nuisances sonores, risques d’atteinte à la santé par les ondes électromagnétiques de la ligne électrifiée, entraves à la vue pour les demeures en « meulière » qui font le charme de cette rue, imprécisions sur le projet collectif afférent au projet coquille vide, incertitudes sur les conséquences du chantier concernant la stabilité du terrain… les motivations des opposants ne manquent pas ! Pour ces riverains, le principe de précaution devrait l’emporter sur toute considération actuelle. Il s’agit de se soucier de la santé

De par la multiplicité des projets immobiliers à Triel et par la «surdensification», le ras-le-bal est généralisé. En juillet 2017, Michel Peyruchou a expliqué les méfaits de la loi SRU. (J2R)

publique des habitants présents et futurs de la ville. Toutefois, pour éviter toute forme de récupération ou d’instrumentalisation politique à l’avant-veille des échéances électorales municipales, le collectif s’est éloigné des figures de proue de la contestation municipale.

Arrêter des projets ni faits ni à faire Selon les riverains, il faut stopper ce projet avant que sa réalisation n’entraîne des conséquences préjudiciables et irréversibles aux riverains de la rue et aux occupants des logements projetés. L’un de ceux-ci ne cachait pas sa déception de n’avoir jamais été invité à un échange alors qu’il ne contestait pas le projet a priori mais s’inquiétait du dépassement des hauteurs envisagées : celles découvertes dans le permis de construire lui-même et vérifiées sur place sont supérieures à celles présentées au public, il y a quelques mois ! « J’avais reçu par écrit un engagement de l’adjoint à l’urbanisme [NDLR Michel Poirot] que le projet n’entraverait pas la vue et j’ai découvert abasourdi que je devrais monter sur une échelle pour continuer de profiter de la vallée de la Seine ! », nous a-t-il confié, interprétant le silence qui a suivi sa démarche comme une forme de mépris ! D’autres insistent sur la vacuité du projet concernant la santé de la population invitée à s’installer à proximité de la ligne électrifiée : exposition aux ondes électromagnétiques reconnues comme « potentiellement cancérogènes pour l’homme » par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) depuis juin 2001, nuisances sonores ; vibrations… « Faut-il rappeler que l’amiante, le glyphosate…étaient considérés comme utiles et inoffensifs avant que l’on découvre leur nocivité pour la santé ? », nous confiait un riverain, insistant

sur son espoir de voir des élus se réveiller. En attendant, la lecture du projet de requête en annulation et la réponse éventuelle des élus concernés, la contestation du Collectif Gallieni semblent être « étayées et nourries d’arguments qu’il serait inconséquent de négliger ! », sauf à prendre le risque de devoir assumer plus tard une lourde responsabilité en regard des règles de l’urbanisme et de la protection de la santé. Ces riverains forment le vœu que ces élus interpréteront leur souci d’éviter toute instrumentalisation pré-électorale de leur action comme une chance à saisir pour remettre en débat le projet. « Une rencontre en mairie serait-elle à ce point si difficile à envisager ? », s’interrogeait un des membres du collectif Gallieni, arrivé il y a quelques années d’une commune proche où l’ouverture du maire au dialogue est unanimement reconnue. r 1. L’action la plus emblématique concerne l’appel porté par l’association Bien vivre à Triel auprès de la Cour d’appel de Versailles pour obtenir l’annulation du PLU, après les modifications récentes de 2017. Cet appel fait suite au jugement du Tribunal administratif de Versailles du 27 juin 2018 qui avait rejeté une première contestation de ce PLU. Sur la base d’éléments nouveaux, principalement autour des principes de précaution en matière de santé et respect de l’environnement, les détracteurs de ce PLU, modifié hâtivement afin de fluidifier ou encourager les projets immobiliers, espèrent être entendus. De plus, les déboires, rencontrés par les élus municipaux contraints d’annuler le permis de construire du Parc municipal à la suite du dépassement du devis présenté par le promoteur devant les risques d’effondrement, indiquent que le risque en question incite à renforcer les études d’impact avant de trancher ! Triel présente en effet la caractéristique de cumuler les risques d’inondation en basse ville et d’effondrement de carrières au-dessus. Il y a quelques mois, un immeuble de la rue PaulDoumer s’est lézardé et a contraint les automobilistes qui transitent par cette voie à subir pour longtemps une circulation alternée.

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TRIEL-SUR-SEINE Christian Proust exhorte le public à

franchir le pas pour devenir un acteur de son destin

Le 6 octobre, Christian Proust a présenté son livre Oser s’impliquer dans la vie politique locale. Cette conférence a été organisée par l’association Triel Environnement, devenue un acteur incontournable du débat (politique) local à Triel-sur-Seine. « La politique, ce n’est pas pour moi, c’est trop compliqué, et ça ne sert à rien ! » Combien de fois avonsnous entendu cette phrase ? De plus en plus rétifs aux appareils politiques, trop sclérosés et conformistes, les Français n’en demeurent pas moins passionnés par la chose publique et restent très attachés à des idées comme la transparence, la démocratie participative et le non-cumul. Mais trop souvent, leur manquent les clés pour s’engager en politique. L’auteur Christian Proust a démystifié toutes ces idées par l’intermédiaire d’un plan d’action didactique, dans un livre de réflexions sur la campagne municipale qui pourrait se jouer en 2020. « Voici le guide pratique pour oser s’impliquer dans la vie politique locale. La démocratie vous appartient ! », nous a expliqué Christian Proust, en soulignant qu’il ne faut pas nécessairement avoir fait l’Ecole Nationale de l’Administration (ENA) pour faire de la politique, en mettant en œuvre des actions publiques au niveau local.

Clefs pour la démocratie locale Pendant une heure, le conférencier a décortiqué, réhabilité, réinvité les codes de l’art de faire de la politique à l’échelle locale. Grâce à son expérience dans un exécutif local et ayant mené campagne dans une ville de province, Christian Proust a donné les clefs de lecture du fait politique. Comment fonctionne le monde politique ? Pourquoi existe-t-il un hiatus entre les élus et les citoyens ? Comment s’investir dans la scène politique locale ? Voilà trois questions qui méritaient un détour par la Péniche de Triel, le 6 octobre. En effet, parmi un public fort nombreux (40 personnes), presque toutes les futures têtes de listes de la prochaine élection municipale de Triel étaient présentes pour mieux préparer leurs arguments de terrain. Riche d’études de cas et d’anecdotes, l’exposé de M. Proust a démontré qu’une liste municipale est possible ici et n’importe où en France. « Ce ne sont pas des utopies... » car il en a fait l’expérience (amère ?). Quels sont les arguments qui pourraient porter sur le terrain ? Pour les déterminer, il a organisé un petit jeu entre les participants : le résultat a été une liste de propositions, parfois fantaisistes, pour consolider la démocratie participative. Voilà l’un des concepts qui ont servi de fil conducteur à l’œuvre de Christian Proust. Chacun de nous peut et doit participer à l’amélioration du cadre de vie et la réhabilitation de la démocratie locale. A un moment, l’auteur a donné aussi les clefs pour repérer les escrocs et les démawww.journal-deux-rives.com

Christian Proust devant un public fort intéressé par le sujet présenté. (J2R) gogues de tout poil de la vie future campagne municipale. Quant aux finances nécessaires, il a utilement signalé les difficultés de monter une vraie liste et surtout de se faire rembourser. Pour l’auteur, trois étapes sont à cerner pour l’échéance de 2020 : - L’étape 1 consiste à écouter les besoins (et les colères) ; - La deuxième étape devrait recenser des propositions concrètes pour se faire élire ; - La troisième, la plus difficile, devrait associer la population à l’élaboration et à la mise en œuvre d’un arsenal de politiques publiques. C’est ainsi que l’on fera la politique autrement !

Engagement pour le bien public Certes, sur le papier, M. Proust a raison mais en fonction de l’expérience des campagnes politiques, même à l’échelle locale, la naïveté et parfois un excès de confiance sont apparus dans cette présentation utopique de la chose publique. Comment faire avec des habitants qui se comportent en clients ? Un vrai citoyen ne peut pas être citoyen tout le temps, contrairement à ce qu’avance M. Proust. La confiance, le respect et la volonté ne sont pas - hélas - des valeurs de la plupart de nos compatriotes. Sinon, on ne serait pas dans cette impasse démocratique comme ce sera le cas en 2019. M. Proust n’a pas vraiment défini l’intérêt général, clef de voûte de toute politique publique, quelle que soit l’échelle. D’ailleurs, il a admis ce défaut dans une interview à la Webtélé 2R. Cependant, il ne faut pas abandonner la démocratie à ceux et à celles qui prônent l’exclusivité du fait démocratique. Les travaux et le discours de M. Proust vont dans le sens de redonner confiance aux militants de la démocratie locale. C’est cette capacité innée de nous extirper de la bêtise et de la léthargie qui nous

fera avancer. « Mon engagement est dédié aux gens, car le temps presse et la situation est devenue grave », a conclu Christian Proust. Qui pourrait dire mieux ? r

Citoyens de toutes les communes de France, engagez-vous ! Ce guide pratique relève un défi : lutter contre la lassitude des citoyens et leur donner envie de se présenter à des élections locales pour passer à l’action. Il aide à décrypter, par des explications simples et concrètes, le jargon d’un conseil municipal et de l’administration, à décoder le fonctionnement de la vie politique locale et le « qui fait quoi » ainsi qu’à connaître les démarches nécessaires (et les obstacles). Dans la deuxième partie, l’auteur met en lumière cinq initiatives communales innovantes et efficaces qui redonnent une crédibilité à l’action politique locale. Cependant, l’auteur met en garde sur certains aspects de la vie d’un élu local. En tout cas, ce guide montre la voie et démontre que l’on peut porter des combats démocratiques, en étant des vecteurs d’une démocratie vivante et joyeuse pour les années à venir. Rendez-vous en 2019 et en 2020 ! r


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Les réfugiés ont du talent !

TRIEL-SUR-SEINE Pendant trois jours, les demandeurs d’asile de Triel ont pu exposer leurs œuvres réalisées durant l’année grâce au musée MauriceDenis de Saint-Germain-en-Laye qui leur avait proposé des ateliers animés par Laïla Bourebrab, plasticienne et membre de l’équipe de médiation du musée. « L’art pour comprendre le monde » tel était le nom de cette exposition qui s’est déroulée du vendredi 19 au dimanche 21 octobre à la salle Grelbin à Triel-sur-Seine. Cette exposition présentait les œuvres réalisées par des réfugiés de Triel résidant dans le Centre d’hébergement d’urgence de cette ville (l’ancienne maison de retraite Les Tilleuls). Peintures, sculptures, peintures sur toile, modelages ont été réalisés par ces jeunes réfugiés qui ont tout quitté, leur pays, leur famille afin de trouver refuge en France.

Le Comité des Tilleuls et le musée Maurice Denis à l’origine de ce projet L’initiative de cette exposition revient au Comité des Tilleuls(1), qui s’occupe de ces personnes, les aide dans leurs démarches administratives et organise de nombreuses activités, sorties ainsi que des cours de français en partenariat avec le Secours catholique, afin qu’ils puissent au mieux s’intégrer. Le Comité des Tilleuls, créé pour établir des passerellles entre les Triellois et les réfugés, a eu envie de proposer à ces jeunes hommes des ateliers d’art pour qu’ils puissent laisser leur imagination et leurs talents s’exprimer ; ils ont travaillé en lien avec Laïla, plasticienne et membre de l’équipe de médiation du musée Maurice-Denis, qui a été une des initiatrices de ce projet. « Quand j’ai su que des réfugiés s’étaient installés dans ma ville, je me suis dit que je devais faire quelque chose. C’est pour ça que j’ai proposé au comité qui s’occupait d’eux, de leur faire découvrir ma passion », nous a expliqué Laïla. A partir de ce moment-là, les demandeurs d’asile ont suivi des ateliers leur apprenant le dessin, la peinture et la sculpture,

Les réfugiés, accompagnés de Laïla Bourebrab (au centre), devant une de leurs œuvres. (DR) deux fois par mois en alternant les ateliers au musée à Saint-Germain et à Triel, dans leur centre d’accueil. Laïla précise que ces ateliers continueront cette année au grand bonheur des participants ! Toutefois, elle prévient que les ateliers auront lieu seulement à Triel, en raison de la fermeture, pendant un an, du musée Maurice Denis pour travaux.

Des ateliers permettant aux réfugiés d’exprimer leur créativité C’est, notamment, le cas de Daoud (26 ans) et d’Adam (42 ans), venant du Soudan, qui ont réalisé des peintures et des dessins en lien avec l’Afrique. Le premier a déclaré : « J’ai beaucoup aimé ces ateliers qui ont permis d’exprimer mes sentiments, de montrer ce que j’aime ou pas. Ces ateliers m’ont aussi permis de faire des rencontres. Pour moi, ces ateliers ont été très positifs ». Le vernissage a eu lieu le samedi à 17 heures en présence de Stéphane Grauvogel, sous-préfet des Yvelines, de M. Joël Mancel, maire de Triel, ainsi que la députée Michèle de Vaucouleurs.

Lors de ce vernissage, M. Mancel a souligné le « beau message d’intégration » de cette exposition. De plus, il a félicité les responsables de cet évènement pour cette initiative ayant permis la découverte des talents de ces réfugiés. Laïla a également pris la parole pour présenter devant les visiteurs le but de ce projet et s’est émerveillée que l’art fasse autant réunir les gens. La célèbre citation du peintre Marcel Duchamp « Je crois que l’art est la seule forme d’activité par laquelle l’homme en tant que tel se manifeste comme véritable individu » prend alors tout son sens, ici à Triel-sur-Seine, lui faisant découvrir certaines de ces qualités intellectuelles. C’est le cas pour ces réfugiés qui, grâce à l’art ont pu apprivoiser certaines de leurs qualités, qui étaient peut-être pour certains encore inconnues. r 1. Le Comité des Tilleuls, membre du Réseau AMY (http://reseau-amy.org), regroupe riverains, particuliers, associations telles que Secours Catholique, Ligue des Droits de l’Homme section de Poissy et environs, Ligue des Droits de l’Homme section de Verneuil sur Seine et environs, ATTAC.

Quelques œuvres réalisées par les réfugiés

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Le 7e Salon de la BD de Verneuil a exposé la Grande Guerre

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Les 17 et 18 novembre 2018 s’est tenue la 7e édition du Salon de la BD de Verneuil-sur-Seine proposé par la commune et l’association La Neuvième BD, avec pour thème, en lien avec le centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, « des guerres et des conflits » et pour parrain Jovan Ukropina.

Cette 7e édition du Salon de la BD de Verneuil a eu lieu au complexe sportif François Pons, comme chaque année, et a attiré beaucoup de visiteurs, qu’ils soient des amateurs de BD ou des néophytes curieux de tous les âges. Le but de cette manifestation est de développer la pratique artistique et culturelle par la BD selon Patrice Jegovic, maire-adjoint à la Culture de cette commune. L’association La Neuvième BD, qui est active dans les communes de Verneuil-sur-Seine et de Vernouillet va dans le même sens.

Le grande guerre au cœur de cette édition Cette édition s’est placée sous le thème « des guerres et des conflits », qui s’est déroulée de 1914 à 1918, comme le précisa Jacques Durand, secrétaire de l’association Le Neuvième BD. Le vainqueur du Concours Jeunes Talents BD -12 est un jeune garçon nommé Gaspard Leduc de Garches, qui a réalisé une planche sur Charles Péguy (écrivain, poète, essayiste et officier de réserve français, mort le 5 septembre 1914),

VERNEUIL

Un parrain européen

Le parrain européen de l’édition de cette année était Jovan Ukropina. C’est un auteur de bandes dessinées, né le 28 septembre 1980 à Belgrade en Serbie; il est diplômé du College of Fine and Ambiance le dimanche matin du Salon de la BD de Verneuil. Commercial Arts (DD) de Belgrade. Depuis 1992 ; il est membre de l’école et de l’atelier qui voyagent dans le temps, a participé à un de BD Djordje Lobacev. Il a travaillé avec travail en amont du salon avec 8 classes des l’écrivain Jean-Pierre Pécau sur la série BD écoles de Verneuil-sur-Seine, le jeudi 15 et le Là où vivent les mort et 1940 : Et si la France vendredi 16 novembre. Les enfants ont telavait continué la guerre ainsi qu’avec le scéna- lement bien travaillé qu’il a apporté, sur son riste Richard D. Nolane sur Wunderwaffen. stand, des planches qu’ils ont réalisées. Son œuvre colle totalement avec le thème choisi et il a été très apprécié des visiteurs, Cette année encore, le Salon de la BD a comme l’a montré la file d’attente devant attiré beaucoup de monde et le choix, évison stand. demment, du thème de la Première Guerre Parmi les artistes présents, Bastien Qui- mondiale a inspiré énormément les artistes gnon, illustrateur de la BD Sacha &Tomcrouz, présents ainsi que les visiteurs.r l’histoire d’un jeune garçon et de son chien

Christelle Gavory en conférence

Le 4 octobre 2018, à l’Espace Maurice-Béjart, Christelle Gavory a abordé les neurosciences en tant que facteur déterminant pour les ados et les plus petits. Qu’est-ce « être intelligent » ?

Voilà une question pour Mme Gavory, qui a cherché à lier l’émotion et la cognition au cœur de sa démarche scientifique et pédagogique. Mme Gavory, psychologue spécialisée en neuropsychologie a exercé durant treize ans en milieu hospitalier auprès d’adultes cérébro-lésés. Elle anime le cabinet Synapse afin de mettre son expérience au profit de la prise en charge des enfants (bilan intellectuel, attentionnel, dyscalculie, dyslexie, etc.). La finalité de cette conférence était d’élargir son public et faire profiter de son savoir-faire dans les neurosciences. Lier l’émotion et la cognition est le préambule de la démonstration de Mme Gavory. L’émotion la plus problématique est celle de la colère. Pour Christelle Gavory, c’est un www.journal-deux-rives.com

suite à un travail effectué dans son école sur les auteurs et les artistes morts durant la Première Guerre mondiale.

couple indissociable car le cerveau possède trois étages : la partie transcérébrale, le système limbique et le néo-cortex. L’ensemble fait une sorte de « plasticité cérébrale » qui nous permet d’apprendre tout au long de la vie. Même avec l’âge, on peut continuer à apprendre des langues et d’autres choses, tout en prenant plus de temps. Durant l’adolescence, le degré d’apprentissage varie selon le cadre de vie (particulièrement, l’environnement familial). Parfois, la confusion règne pour les parents, qui font Christelle Gavory a vulgarisé un sujet difficilement face au dilemme entre lais- hypercomplexe, la neuroscience. (J2R) ser-faire et contrainte, lorsque les ados demandent à s’exprimer sur tout et rien. L’enjeu en soi : « Il y a une dimension affective de l’apprende savoir dire « non » est colossal car ceci tissage », a souligné Mme Gavory. Le passage permet de « réguler l’émotion » chez les ados. entre «Je sais que je ne sais pas» à « Je sais que En somme, savoir gérer la frustration est un je sais» est essentiel pour la nature humaine. élément-clé de la vie. On peut dire « non », Certes, parfois on peut s’égarer : «L’erreur est sans pour autant humilier ou dénigrer les une information dans le processus d’apprentissage», a personnes concernées. Ainsi, on peut déve- conclu la conférencière. C’est la morale de la lopper une juste relation aux émotions afin soirée car l’on a posé la question de fond : d’apprendre à vivre, de prévenir la dépression, «Qu’est l’intelligence ?» Pour cela, il faut arriver l’anxiété et les addictions. à se tromper maintes fois pour le savoir. r Plus important, cette liaison rend confiance


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Actualité locale

Les erreurs d’analyse concernant la déviation de la RD154 continuent

VERNOUILLET

Le Conseil régional d’Île-deFrance a décidé de financer la déviation de la RD154 sur la base d’arguments erronés.

La présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse, avait lancé en 2017 un plan de relance de la construction d’infrastructures dans le cadre du plan dit « anti-bouchons ». Lors d’une récente délibération du conseil régional, une subvention de six millions d’euros a été attribuée à ce projet. La Région Île-de-France a promis 250 M€ aux projets qui suppriment des bouchons. Pour les Yvelines, parmi les six projets qui ont été sélectionnés, on trouve le projet de déviation de la RD154. Ainsi Verneuil et Vernouillet se trouvent dans le Top 6 des zones les plus embouteillées du département (sic). Il faudrait installer des panneaux tels que « Verneuil Ville embouteillée des Yvelines» à l’entrée de la ville comme on trouve dans nos campagnes des panneaux « Villages fleuris » pour prévenir les automobilistes ! Le département a bien manœuvré pour faire passer l’encombrement routier qui se produit le matin de 8 h à 8 h 15 pour un des plus gros embouteillages du département. Mais venonsen à cette session de la commission permanente régionale du 19 septembre 2018, au cours de laquelle a été débattu un amendement proposé par le groupe Alternative Écologiste et Sociale. Cet amendement contre la subvention a été attaqué par les défenseurs du projet avec des arguments erronés.

VILLENNES

En premier lieu, il a été dit que le département avait la maîtrise foncière de l’ensemble des terrains, ce qui est inexact car pour avoir la maîtrise foncière, il faut encore procéder aux expropriations des propriétaires qui refusent de signer, ce qui n’a pas été commencé. Il faut aussi trouver une solution pour reloger les deux familles des gens du voyage sédentarisés, Malgré la forte opposition de la population : ici la manifestation ce qui est loin d’être d’octobre 2017. (Archives J2R) acquis par le département, suite à l’échec de la solution envisagée connait bien le projet de déviation, a fait un rel’année dernière. cours contre cette délibération de la commission Mais le plus gros reste à venir : le défenseur permanente. du projet annonce froidement : « L’accidentologie Pour les promoteurs de la déviation de la de cette route est extrêmement forte en zone urbaine avec RD154, il s’agit de faire passer ce projet coûte pas moins de 60 accidents sur les cinq dernières années, que coûte avant les prochaines échéances élecdont 4 mortels ». Nul doute que s’il y avait autant torales en faisant croire qu’il est fait pour le bien de victimes de la route sur la RD154, il serait des habitants ; ce projet est en fait un projet temps que le conseil départemental améliore la structurant au niveau des Yvelines, donc un fusécurité de cette voie dont il a la responsabilité. tur grand axe de circulation, prévu pour faire le En fait, selon les informations transmises par la lien entre le futur Pont d’Achères et l’A13 (voir Direction des Territoires (DDT), il y a bien eu pages 6-7) ; sur cette déviation, le département malheureusement 4 victimes de la route dans les compte faire passer beaucoup plus de véhicules communes de Verneuil et Vernouillet en cinq que les seuls véhicules déviés du centre-ville. ans mais aucune sur la RD154. Ghislaine Senée, Sinon pourquoi ce financement de la région ? r conseillère régionale, maire d’Evecquemont, qui

Brins d’entrepreneurs et artisans

Le 17 novembre a eu lieu le Salon des entrepreneurs et des artisans de Villennes-sur-Seine. C’était un moment pour bâtir ses contacts et fidéliser une clientèle locale.

Des artisans, des artistes et des fournisseurs de bons produits locaux étaient mis en avant à la salle des Arts de Villennes-sur-Seine. La maison d’édition Brins d’histoire était présente ; sa dirigeante, Mme Gwen Guidoupropose de s’occuper d’A au Z du processus de conception, d’édition, d’impression des histoires de famille ou des personnes singulières. Quant aux entrepreneurs et artisans classiques, Isabelle Herbreteau (L’Atelier des Styles) et Cyrille Caron (les ravalements Le laidier) et Jean-François Cogan (dépannage serrurerie) ont su donner des explications aux visiteurs, qui chercheraient à consommer local afin de réduire l’empreinte écologique et de consolider l’économie locale. Il y avait aussi des kinésiologues qui tentent de vous donner « un coup de pouce pour avancer positivement dans la vie. » C’était également l’occasion de rencontrer des concepteurs de savons et des créateurs de

produits de luxe comme Olfacto. Celui-ci présente ses « ses créations éclectiques et délicieusement intrigantes », dans l’univers merveilleux de la parfumerie artistique en partant d’une feuille blanche et immaculée. Pour Isabelle Manuella Djadji, il s’agit de « respecter la matière, la sublimer, en puisant avec appétit dans un immense patrimoine aux contours encore insuffisamment explorés. » Clairement, on constate dans ses produits innovants une « véritable ode aux racines africaines, comme pour introniser des Gwen Guidou était ravie de présenter sa maison d’édieffluves imaginées pour gouverner des tion Brins d’Histoires. (J2R) émotions les plus intimes. » Enfin, on a rencontré le réseau de Femme- la French Touch comme diraient certains. preneurs France. Alexandra Franqueville, préDans son ensemble, c’était une réelle apsidente du réseau, a expliqué les raisons qui proche artisanale, empreinte de curiosité et poussent les femmes à entrer dans l’entrepre- d’audace, en vue de constituer un salon plein neuriat : découvrir, mettre en réseau et appuyer d’énergie et de savoir-faire dans un territoire qui les différentes démarches pour des femmes qui se cherche une image de territoire durable. r ont un savoir-faire et une méthode inégalables dans un monde de concurrence effrénée. C’est www.journal-deux-rives.com

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Seine Vexin

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LES MUREAUX « E-TONOMY 2 » tourné vers les

handicaps, le vieillissement et les mobilités

Le jeudi 11 octobre, s’est ouverte la seconde édition du salon E-TONOMY au Campus des Mureaux en présence de François Garay, maire des Mureaux, de Philippe Tautou, président de GPS&O, et du parrain de cette manifestation, Michaël Jérémiasz, quadruple champion de tennis paralympique et co-fondateur de l’association « Comme Les Autres ». La seconde édition d’E-TONOMY a eu lieu du 11 au 14 octobre, en comptant le Hackathon. C’est le premier salon du genre en France, dédié à l’autonomie des personnes âgées et des personnes en situation de handicap physique ou mental.

E-TONOMY rassemble ! Ouvert par François Garay, président de l’association organisatrice, maire des Mureaux et vice-président de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O), par Philippe Tautou, président de GPS&O, et par Michaël Jérémiasz, parrain du salon, E-TONOMY rassemblait des institutionnels, des entreprises, des start-up (26 présentes), des associations (8 présentes), des chercheurs, des étudiants et des porteurs de projets sur le Campus des Mureaux, accueillant des visiteurs professionnels du secteur et le grand public. La première édition en 2017 avait rassemblé plus de 1500 acteurs et visiteurs autour du thème de l’innovation technologique et sociale. Cette seconde édition s’est posée sur les 20 000 m2 du Campus ; attendant plus 2000 visiteurs, elle comprenait 15 experts dans son équipe et six pays étaient représentés. Le public a pu découvrir des ateliers (huit démonstrations), des innovations en robotique, cobotique, domotique, intelligence arti-

Des professionnels de cette nouvelle filière se sont employés à échanger sur des concepts, des outils et le modèle économique, qui a essaimé dans la vallée de la Seine. (J2R)

ficielle ou encore télémédecine, ainsi que dans l’aide aux aidants avec le Teanch Wear-Wearable Robotics en démonstration. Les visiteurs pouvaient s’initier à des handisports (boxe, tir à l’arc en condition d’handicap), s’informer sur des écoles (15 dont Epitech) ou encore participer à un simulateur de vieillesse et comprendre les difficultés rencontrées, jour après jour, par de nombreuses personnes en France comme dans le reste du monde. Ce sont plus de 80 exposants qui ont reçu les visiteurs durant ce weekend d’octobre.

Un salon créé en 2017 par INVIE Durant la première journée, une conférence animée par Alexandre Boyon (journaliste sportif à France TV) s’est tenue sur le thème Sport, handicap / technologie, en présence du parrain du salon et, notamment,

d’Yvan Wouandji, joueur de CéciFoot en équipe de France. L’événement a été créé en 2017 par l’association organisatrice, INVIE. Elle est une plateforme d’échanges autour des pratiques professionnelles et de partage des connaissances des acteurs du secteur d’aide et des services à la personne (SAP) afin de développer, de structurer et de moderniser la filière. E-TONOMY repose sur quatre axes stratégiques : E-tonomy Events (le Salon et le Hackathon), E-Tonomy Lab (accélérateur de projets), E-tonomy R&D (comité scientifique) et E-tonomy Academy (pôle d’orientation et de formation). Trois prix ont été décernés : le Trophée « SAP/SAAD », le Trophée « Innovation » et le Trophée « Coup de cœur du jury ». r

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MEULAN

Seine Vexin

La maternité Chimm a ouvert ses portes

Pour rassurer les futurs parents, la maternité du CHIMM a ouvert ses portes le 17 novembre sur son site Henri IV à Meulan-en-Yvelines. De 14 h à 18 h, la maternité du Centre Hospitalier Intercommunal de Meulan-Les Mureaux (CHIMM) a accueilli le public, tout particulièrement les futurs parents. Plusieurs personnalités étaient présentes : Frédéric Mazurier, directeur du CHIMM, François Garay, maire de la ville des Mureaux, vice-président de GPS&O et président du Conseil de surveillance du CHIMM, le docteur Jean-Frédéric Coblance, président de la Commission médicale d’établissement, le docteur Hichem Zerguini, chef de pôle, le docteur Sylvie Voyeme Sossouhounto, responsable de l’Unité de gynécologie obstétrique et Djéila Bourouma, directrice des Soins et coordinatrice générale des activités de soins. Évidemment, toute l’équipe de la maternité était présente et disponible sauf en cas d’accouchement car le service a continué de fonctionner.

permis au public et surtout aux futurs parents de découvrir la structure et ses équipements. Cet après-midi Portes ouvertes est organisé tous les deux ans, précisa-t-elle(1). Le credo de la maternité du CHIMM est : « Accouchement physiologique et naturel ! »

Un équipement rénové

Rassurer les futurs parents

La maternité du CHIMM dispose d’une équipe présente pour accompagner les futures mamans lors de leur grossesse et de leur séjour, ainsi que d’équipements entièrement rénovés, comme le rappela Anne Georg, cadre sage-femme. Des visites ont

C’est, en effet, le but de l’opération. La maternité compte trois salles d’accouchement qui peuvent monter à quatre en transformant la chambre d’accueil. Elle a aussi une baignoire de dilatation, qui ne sert pas à faire des accouchements dans l’eau mais,

LES MUREAUX

Des lycéens à Bruxelles

Cette opération Portes ouvertes a pour finalité de rassurer les futurs parents. (DD)

équipée de tout le matériel nécessaire, elle permet de suivre la mère et l’enfant à naître. Il y a également une salle de réanimation pour les bébés et un bloc chirurgical réservé 24 h/24 à la maternité pour les césariennes. L’équipe compte cinq médecins, dix-sept sages-femmes, trois pédiatres et trente aidessoignantes. La visite du service a permis au public de découvrir tous les équipements et de se rendre compte de l’efficacité de la maternité du CHIMM. r 1. Webtélé 2R https://youtu.be/i1JW-Oc7w5A

Des lycéens muriautins étaient le 2. Les insectes comme nourriture : com16 octobre au Séminaire européen ment changer notre alimentation en alternatives plus durables ? de la jeunesse à Bruxelles. 3. Les vêtements compostables : proposer Le mardi 16 octobre 2018, des lycéens des Mureaux ont rejoint d’autres venant d’Estonie et du Danemark pour prendre part au Séminaire européen de la jeunesse au Parlement à Bruxelles ; ensemble, ils ont participé à un événement intitulé « Défis environnementaux au XXIe siècle ».

Mbarek Akafou, président de l’association « Initiatives aux Mureaux », a accompagné quarante-quatre élèves du Lycée François Villon des Mureaux. Ces jeunes Muriautins ont réfléchi, avec de jeunes Estoniens et Danois, pour proposer des solutions à plusieurs problèmes de notre environnement actuel.

Défis environnementaux Tous ces lycéens ont travaillé durant toute la journée du 16 octobre en fonction de trois thèmes : 1. Les coups de soleil en hiver : comment réduire notre empreinte carbone ?

un projet pour des vêtements qui respectent l’idée de l’économie circulaire. A la suite de leur travail en commun, les lycéens ont présenté leurs questions et ont exposé leurs idées sur ces sujets devant des membres du Parlement européen.

Bonne expérience Ce séminaire européen a été très enrichissant pour ces jeunes Muriautins, comme l’explique Nesrine, élève au Lycée François Villon : « Cette journée fut réellement extraordinaire ! Non seulement j’ai eu la chance de voir le Parlement européen de Bruxelles mais j’ai aussi pu échanger avec des personnes tant respectueuses qu’attentives. C’est une journée qui a sincèrement enrichi ma culture, mon optimisme mais aussi mon ouverture d’esprit. Nous avons été fiers de représenter Les Mureaux telle une ville talentueuse, qui a du potentiel. Nous avons pu montrer notre créativité et notre concordance à un député européen. En conclusion, cette journée sera inoubliable pour moi et pour beau-

Les 44 étudiants du Lycée François-Villon au Parlement de Bruxelles. (DR)

coup de personnes. Par ailleurs, on remercie tout particulièrement l’association Initiatives aux Mureaux, nos professeurs et toutes les personnes ayant participé à l’organisation et à la réalisation de ce beau projet. » Pour le président de l’association « Initiatives aux Mureaux », Mbarek Akafou, cette visite au Parlement européen est la concrétisation d’une action citoyenne : « L’occasion nous a été donnée de concrétiser une action à dimension citoyenne autour de la thématique du développement durable. Ce projet nous a permis de sensibiliser nos jeunes lycéens des Mureaux sur les défis environnementaux du XXIe siècle....» r www.journal-deux-rives.com

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URBANISME

Nos centres-ville meurent et nous regardons ailleurs !

En mars 2017, Olivier Razemon avait mis en garde sur la mort probable des centres-ville(1). Depuis, une prise de conscience a dominé le débat public, ayant conduit, par la suite, à un effort cosmétique dans 222 centres-ville de l’hexagone, dont les trois villes phares de la Vallée de la Seine (Poissy, Mantes et Les Mureaux). Cependant, cela ne suffit pas car des petites communes et des bourgs dans des zones périphériques de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise sont en train d’être achevées par l’inaction publique. Le diagnostic est partagé sur la déliquescence des centres-ville : les villes ont été affectées entre les années 1960 et 1990 par des mutations, qui ont conduit à une crise sévère de leur centre, voire leur mort. www.journal-deux-rives.com

Le J2R avait déjà titré sa une du numéro 131, mars-avril 2017 «La mort des centresville est-elle inéluctable ?» (Archives J2R)

Un concept «béton» qui tue des villes, en commençant par leur centre Depuis l’importation du concept de centre commercial en France dans les années 1960, les périphéries des villes ont vu croître le nombre de concepts (terme fourre-tout pour désigner un emplacement de distribution et de consommation à la mode) et d’autres noms à consonance américaine ; le département des Yvelines a été la cible d’une promotion et d’un marketing pour ce type de concept qui s’est appuyé sur l’usage fréquent de la voiture individuelle ; cela a engendré la nécessité de créer d’énormes espaces de parking pour accueillir les clients, certains s’étant déplacés pendant une vingtaine de minutes. De Parly II (Le Chesnay), à Nation One (Plaisir, Clayes-sous-Bois) en passant par Les vergers de la Plaine (Chambourcy), des sociétés telles que Rodamco et

Alterea ont bétonné tout ce qui était possible et imaginable, avec l’assentiment des élus locaux. Des exemples récents sont connus à Aubergenville, à Flins et à Buchelay. Des élus ont été complices du bétonnage généralisé et de l’abandon des centres-ville. Partout où naissait un projet de création de centre commercial, les promoteurs argumentaient que ce projet allait « révolutionner » le marché et créer des « emplois et de la richesse ». Sauf exception, le constat est le même partout en France : « La France a tué ses villes » est la conclusion d’Olivier Razemon dans son dernier livre(2). Les taux de vacance des locaux et des logements en centre-ville se situent dans une fourchette de 10 % à 15 %, la moyenne nationale étant à 5 %. D’une manière méthodique, M. Razemon a parcouru la France des centres-ville ; partout, la même déliquescence est visible dans un contexte d’abandon des pouvoirs publics : ../…


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Dossiers

URBANISME : NOS CENTRES-VILLE MEURENT ET NOUS REGARDONS AILLEURS à Albi, Béziers, Cahors, Colmar, Perpignan, Vitry et même dans la banlieue ouest de l’Île-de-France comme à Aubergenville, Chanteloup, Mantes-la-Jolie, Triel-sur-Seine et Vernouillet. Paradoxalement, dans un contexte de pénurie de logements, les villes, notamment celles du nord des Yvelines, sont confrontées au défi des centres-ville. Dans un deuxième temps, Olivier Razemon a souligné les méfaits de ces mutations silencieuses. La richesse a été produite et, ensuite, « accaparée » par des concepteurs et des gestionnaires des centres commerciaux. Cependant, le bilan en matière de création d’emplois est presque nul. Autrement dit, les commerces du centre-ville disparaissaient avec, comme corollaire, une diminution des emplois de proximité. En parallèle, les emplois précaires et mal payés se sont multipliés pour arriver à une situation intenable d’un point de vue urbain. Résultat : des centresville ont fait l’objet d’une évasion commerciale, d’une paupérisation car les habitants perdaient du pouvoir d’achat, voire d’un délabrement généralisé lorsque les deux phénomènes se sont conjugués dans des petites communes rurales. S’ajoute à ce triste constat un désinvestissement financier de la part des acteurs économiques. Cette situation calamiteuse provient, en partie, de l’explosion de l’offre des plateformes commerciales et d’autres avatars de la grande distribution.

Etouffement des territoires Pour prolonger cette analyse sévère, Franck Gintrand, délégué de l’Institut des Territoires, vient de publier son ouvrage Le jour où les zones commerciales auront dévoré nos villes (Ed. Thierry Souccar). Ce livre décrit pour la première fois les dessous de la guerre impitoyable que se livrent les acteurs de la grande distribution, secteur le plus puissant de l’économie française, et les sociétés foncières, plus discrètes, mais tout aussi puissantes. Au nom du pouvoir d’achat et de la concurrence effrénée, la France a choisi d’anéantir des pans entiers de son tissu économique. Cette politique, a souligné l’auteur, a échoué car elle n’est pas parvenue à « tenir sa promesse [d’un monde meilleur sur le plan économique et d’aménagement du territoire] même si l’on étouffe les producteurs, on vide les centres-ville de leur substance commerciale, tout en abîmant les paysages ». La France est malade de ses zones commerciales(3). Dans la foulée de l’élection présidentielle, des espoirs ont été permis pour renverser cette lente agonie, voire cette morte inéluctable. Patrick Vignal, député LREM de l’Hérault(4), avait voulu, en septembre 2017, forcer la main du gouvernement et du président Macron pour que la cause des centres-ville devienne une «cause nationale». Pour lui, le concept de centre commercial était «dépassé» par celui de « smart city », où l’on répare la ville des erreurs du passé. Parmi les revendications des élus de province, on notait ls suivantes :

- une fiscalité incitative pour réhabiliter les centres-ville ; - des allègements des contraintes liées aux avis des ABF (architectes des bâtiments de France) ; - une mise en place d’un guichet unique pour les commerces et les artisans des centres-ville ; - une mobilisation complète et transversale des acteurs économiques, politiques et financiers pour inverser la tendance actuelle. En outre, le député Vignal avait demandé «l’arrêt de ce massacre des centresville» car le ratio création/ emplois est désormais favo- Vernouillet a vu trois commerces fermés depuis 2017. (J2R) rable aux centres-ville (CV) par rapport aux centres commerciaux (CC) : 2 pour les CC, 3 pour reaux : Action Cœur de Ville » entre dans le les CV. D’une manière succincte, un mora- fourre-tout Eole, supposé faire tout et son toire avait été demandé en même temps contraire en termes d’aménagement du terque l’ouverture d’une agence interministé- ritoire. Certes, c’est un enjeu considérable rielle, avec l’appui de la Caisse des dépôts (si l’on suit la réflexion de M. Philippe Tauet consignations (CDC), pour s’occuper de tou) mais on ne peut guère attendre que la cette problématique essentielle pour l’ave- mise en route d’Eole résolve les problèmes nir des territoires oubliés de la République. structurels des centres-ville de la Vallée de la Seine. Le réseau Eole va transporter des Au cœur de l’action publique, habitants de leur domicile à leur travail (traun fourre-tout jets pendulaires), n’affectant leurs modes de consommation qu’à la marge. François GaL’ancien ministre de la Cohésion des ter- ray a commenté la signature de la convenritoires et des Relations avec les collectivités tion Cœur de ville, qui concerne trois villes territoriales, Jacques Mezard, a amorcé une de Grand Paris Seine & Oise qui totalisent action publique qui a produit un programme 212 000 habitants, soit la moitié de la popunational ayant pour finalité la redynami- lation de la communauté urbaine GPS&O : sation des centres-ville « Action Cœur de Mantes-la-Jolie, Poissy et Les Mureaux. Il Ville ». En 2018, relancer la vie économique appelle à la vigilance lors de la mise en place et artisanale des ces lieux en déliquescence de cette politique à l’initiative de l’État, desemble être une priorité. « Action Cœur de mandant un vrai suivi, avec un comité de Ville » est, certes, un programme de redy- pilotage. Il a mis en garde contre la bureaunamisation des centres des villes moyennes, cratie et l’immobilisme : « Je n’hésiterai pas à pour lequel 222 collectivités en France ont être un lanceur d’alerte ou le Don Quichotte » de la été retenues. Magalie Carré, membre élue Vallée de la Seine. Dans un geste de fraternide la chambre consulaire CCI Paris Île- té politique, Philippe Tautou a mis en garde de-France, a fait, durant la présentation l’État, durant cette présentation, sur la contide la convention, un état des lieux rapide nuité des politiques publiques, notamment des centres-ville en France qui rejoint les à propos du financement des projets puconclusions accablantes de MM. Razemon blics dans la communauté urbaine GPS&O. et Gintrand. Elle a ajouté le manque d’invesGérard Derouin, sous-préfet des Yvelines, tissement structurel dans les centres-ville. a souligné un des objectifs de cette convention « Action Cœur de Ville », liant une diDes actions pour les cœurs de ville zaine de partenaires et trois villes principales de GPS&O : il s’agit de redynamiser le terDans le cas de la ville des Mureaux, une ritoire dans un rôle de moteur dans chaque convention a été signée par le maire François bassin économique. Soit, mais cela laisse de Garay, l’Etat, les représentants consulaires et côté les centres-ville des petites villes telles une panoplie d’acteurs économiques et poli- Aubergenville, Epône, Gargenville, Hardritiques dont la Communauté urbaine Grand court, Meulan-en-Yvelines, Triel, VernouilParis Seine & Oise(5). Comme dans les cas de let, Chanteloup, Andrésy, Villennes et CarPoissy et de Mantes-la-Jolie/Limay, environ rières-sous-Poissy. Ces centres-ville, certains dix institutions se sont associées pour enga- en décrépitude comme c’est le cas de Triel, ger une revitalisation du centre-ville, dans la de Vernouillet et de Chanteloup, ne peuvent perspective de l’arrivée d’Eole. Le 8 octobre, pas bénéficier des aides de la politique pucette convention du programme « Les Mu- blique «Action Cœur de ville». Il faut cher../… www.journal-deux-rives.com

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URBANISME : NOS CENTRES-VILLE MEURENT ET NOUS REGARDONS AILLEURS

Comment intégrer les prochaines friches commerciales dans le projet du territoire qui inclut la création de nouvelles centralités ? (J2R)

cher dans les arcanes habituelles des administrations qui ont prouvé leur inaction ou leur inefficacité. Comment réorganiser les commerçants et les artisans lorsque le centre de décision politique n’est plus la mairie. Par exemple, pour un problème de parking à Triel (fermeture d’un espace de 72 places sans concertation avec les commerçants), il faut se référer à la communauté urbaine qui tarde à agir ! Les animateurs de ville, quel que soit le vocable utilisé, sont inefficaces lorsque la construction rampante de la ville s’est décidée sans aucune amélioration des infrastructures, en particulier des parkings. Internet a affecté les modes de consommation et des commerçants, qui peinent à trouver un modus operandi leur permettant de poursuivre leurs activités, sauf ceux de la restauration.

Déni sidéral Interrogé, le 8 octobre, sur le paradoxe, voire la contradiction de laisser un autre centre commercial (Open Sky de 28 000 m2) sortir de terre à Buchelay(6) à l’horizon 2020, le souspréfet Derouin a été évasif : « Le centre commercial récent de Buchelay est une addition de commerces, une sorte de cœur de bourg en périphérie » (sic). Pour lui, ce n’est pas de la concurrence, c’est de la « complémentarité » entre les petits « commerçants » et les grands pôles de distribution. « Il ne faut pas opposer les uns contre les autres », a-t-il conclu. Il est navrant de constater que, à quelques exceptions près, les acteurs politiques et les décideurs économiques s’obstinent à relativiser la gravité de la situation. A la lumière des manifestations des Gilets jaunes, le coût des déplacements va continuer à augmenter www.journal-deux-rives.com

si l’on continue à créer des plateformes de commerce physiques. Le pouvoir d’achat, le coût du foncier et du logement, le financement d’équipements publics vont devenir problématiques pour les décideurs de la communauté urbaine et les maires. Tout cela intervient dans un contexte de méfiance et de recentralisation du pouvoir jacobin, et une certaine devitalisation communale. En revanche, la grande distribution se veut rassurante, soutenant, comme le sous-préfet Duroin, qu’il n’existe aucun lien entre la crise des centres-ville et le développement du commerce de périphérie. Quand aurons-nous un schéma de régulation évitant la multiplication de ces projets inadaptés aux défis non seule-

ment des centres-ville, mais de toute la Vallée de la Seine ? Comment intégrer les friches commerciales, telles que le Centre commercial Art de Vivre d’Orgeval, dans un projet de revitalisation des centres-ville comme ceux de Poissy, d’Orgeval et de Villennes-sur-Seine ? Si l’on ne fait rien, les géants du commerce vont continuer à tuer le commerce de proximité. Leur guerre de conquête fera rage ; le rythme des projets va, certes, ralentir mais leur taille va s’accroître. Selon Franck Gintrand, « les grandes surfaces vont fusionner avec les centres commerciaux » pour atteindre une « hypothétique masse critique » tandis que les centres-ville et les bourgs de la Vallée de la Seine meurent dans un silence sidéral. r

1. Interview d’Olivier Razemon le 10 janvier 2017 : Olivier Razemon a présenté son livre Comment la France a tué ses villes lors d’une conférence AJIBAT à Paris. Voici l’interview de l’auteur d’un livre choc par la Webtélé 2R : https://dai.ly/x588b9h. 2. Comment la France a tué ses villes, Ed. Rue de l’échiquier, Paris, septembre 2016, 188 pages. 3. En 2018, la France possède 2000 hypermarchés et 10 000 supermarchés, soit 500 hypermarchés et 5000 supermarchés de plus qu’en 2008, auxquels il faut ajouter plus de 800 centres commerciaux, représentant 16 millions de mètres carrés et hébergeant 30 000 magasins, toutes ces surfaces étant majoritairement situés en périphérie des villes. 4. Patrick Vignal est député (LREM, ancien du PS) à Montpellier, qui a subi le massacre de son centre-ville en raison de l’arrivée en masse des centres commerciaux. 5. Cette signature s’est faite en présence de Philippe Tautou, président de GPS&O, de Gérard Derouin, sous-préfet de Mantes-la-Jolie, et de Yann Scotte, conseiller départemental des Yvelines et maire d’Hardricourt. 6. https://actu.fr/ile-de-france/buchelay_78118/un-centre-commercial-geant-ouvriraen-2020_12693927.html


Sports

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - NOV-DEC. 2018

FOOTBALL Carrières-Grésillons vainqueur

contre Verneuil-sur-Seine

Pour l’AS Carrières-Grésillons, l’aventure de la Coupe de France de football s’est arrêtée le 18 novembre par sa défaite contre l’US Chartoise (N3). Cependant, revenons sur la victoire méritée dans le derby Carrières-Grésillons contre Verneuil le 28 octobre au stade Léo-Lagrange de Poissy. Cette victoire a permis aux Carriérois de faire trembler l’élite du football français. Dans les arrêts de jeu, le but de la délivrance est arrivé par l’intermédiaire de l’attaquant Brahim Mounir (dossard numéro 9). Verneuil a livré une belle bataille et s’est incliné avec les honneurs. Score : 1 - 0 pour l’AS Carrières-Grésillons qui a fait rêver pendant quinze jours dans son parcours de la Coupe de France, édition 2018-2019. L’entraîneur de l’Entente de Après le match, les joueurs de Carrières-sous-Poissy ont communié avec leur public venu en Verneuil, Manuel Alves Pereira, nombre. (J2R) n’a pa eu de chance car, dans les dernières minutes du match, le score a été techniques, comme l’a relevé l’entraîneur le score deux fois, à la 77e minute et à la ouvert par le numéro 9 de Carrières-Grésil- Reddouane Nadir à la fin du match.(1). 83e minute. Dans les deux cas, c’était par la lons, Brahim Mounir, après un tir centré du Verneuil a joué en contre et surtout avait gauche que le centre a eu lieu et personne de flanc gauche. Juste après le tir sur la petite une belle défense impeccable. Toutes les l’équipe de Verneuil n’a su concrétiser. Louis lucarne, le but et, par conséquent, la vic- attaques de l’ASCG, notamment celles me- de Almeida, numéro 10 de Verneuil et Yann toire ! M. Mounir a été satisfait : « On l’a fait nées par le numéro 11, Fathi Limane, ont Legall (dossard 12) ont coordonné quelques aujourd’hui après un match difficile ; dans ce type de été repoussées par les verts. Verneuil s’est attaques efficaces qui ont failli ébranler le jeu match, il a suffi d’un seul tir et le match bascule ». offert le luxe d’attaquer : trois tirs (14’, des Carriérois. Notons le ratage incroyable 27’, 42’), qui auraient pu faire des dégâts à en face du gardien de l’ASCG, suite à un jeu Retour sur un match très disputé l’ASCG. L’entraîneur Nadir a senti le dan- fourni tant en matière technique que phyger : « C’était un match équilibré, même si l’on sique. C’était le moment où le match aurait Dans le 6e tour de la Coupe de France, maîtrisait le jeu notamment au milieu du ter- pu être gagné par la rive gauche ! Alors, les l’Association sportive Carrières-Grésillons rain. » Certes, la défense de Verneuil devait spectateurs se sont interrogés : « Les verts de (maillot rouge) a rencontré l’Entente Ver- s’appuyer sur quelques milieux de terrain Verneuil ont-ils la capacité de prendre le contrôle neuil-sur-Seine (maillot vert). L’enjeu était comme le numéro 8, Koly Doucoure, qui a du match, notamment en cas de prolongations ? ». de taille pour savoir quelle équipe allait œuvré d’une manière remarquable et remarcontinuer dans le chemin vers la Coupe de quée afin de gêner les joueurs adverses. Son Avant de pouvoir répondre à cette quesFrance et avoir l’honneur de représenter le jeune équipier Xavier Decroix a été aussi tion, les sociétaires de l’ASCG ont pris un nord des Yvelines. L’Entente Verneuil (D2 impérial pendant toute la durée du match. dernier joker et après un centre du flanc dans les Yvelines) a surpris tout le monde, gauche, le renard de la zone du 18 mètres, sauf ses fans jusqu’à ce dimanche 28 oc- L’ASCG a fait appel à son joker Brahim Mounir (dossard 9), a conclu avec tobre. L’Association sportive Carrières-GréAprès la mi-temps, les joueurs ont reçu un tir vers la lucarne du gardien qui avait sillons (D1) s’est retrouvée dans un derby la consigne d’amender leur jeu et, surtout, été gêné par un de ses défenseurs. In extresans précédent. La rive droite contre la rive de mettre en œuvre la stratégie gagnante. mis, les Carriérois ont vaincu Verneuil-surgauche de la Seine dans un stade mythique Vers la 50e minute, les rouges de l’ASCG Seine par un but à zéro (0 à 0 à la mi-temps). pour les amateurs de ballon rond, le stade ont failli trouver la faille de Verneuil mais Ainsi, ces jeunes joueurs sont devenus les Léo Lagrange de Poissy. Pendant une grande la défense centrale était impériale en re- Petits Poucets de la Coupe de France ; c’est partie de la première période, l’ASCG avait poussant encore et encore des attaques un véritable exploit dans ce chemin vers les le potentiel d’éliminer rapidement le petit (3 au total avant la fin du match) quel que sommets de l’élite du football français. r poucet, Verneuil. En fait, la réalité a été dif- soit le côté de l’attaque. Certes, Verneuil a férente. Avec le vent défavorable, les Carrié- commencé à se fatiguer ; heureusement les rois avaient du mal à faire des passes milli- Carriérois ont fait des erreurs techniques. 1. Webtélé 2R : https://www.facebook.com/Journalmétrées. Il y avait beaucoup de « déchets » Verneuil a contre-attaqué et a failli ouvrir DeuxRives/videos/962835993903251/ www.journal-deux-rives.com

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Sports

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Inauguration des gradins du Complexe François-Pons à Verneuil

FOOTBALL

Le 6 octobre, dans un cadre festif et sous un soleil radiant, les gradins et le clubhouse de l’Entente de football de Verneuil ont été inaugurés par des élus vernoliens dont le premier magistrat, Philippe Tautou. Julien Frajabue, adjoint aux sports, a présenté et commenté cette inauguration (voir la Webtélé 2R(1)). Environ 80 personnes se sont réunies au Complexe FrançoisPons dans les hauts de Verneuilsur-Seine pour inaugurer les gradins et le club-house. Réalisée avec les normes de haut niveau en termes d’écoconstruction, l’architecture de ce complexe est d’une simplicité redoutable. Les couleurs sont vives et chaleureuses. Ces deux éléments constituent un équipement public de qua- Les deux présidents du club sportif Verneuil Entente (en chemise blanche) étaient à côtés des lité qui répond à un besoin qui élus. (J2R) avait été exprimé il y a quinze ans. Ainsi, ce complexe, quasiment terminé, sage très consensuel : « Certes, on avait cette Afin que l’esprit vernolien se répande, cet est un modèle pour les villes aux alentours. promesse dans mon programme électoral de 2001 équipement public est une réponse qui favo« Verneuil est un partenaire des clubs sportifs », mais beaucoup de projets ont été réalisés et je n’ai rise la magie du football. Pour les élus présents, a commenté Philippe Tautou, le premier pas eu la capacité financière » pour avancer à un il était normal que les collectivités locales saédile de la ville, lors de l’inauguration. Louis rythme plus rapide. En somme, cette inau- tisfassent les attentes des sportifs (600 adhéDafonseca, coprésident du club, a acquiescé guration est la preuve que la philosophie de rents). Les derniers exploits sportifs (6e phase mais il a également souligné l’attente longue M. Tautou reste un objectif louable : « Etre de la coupe de France) font que l’image de la pour ces gradins : « C’était une promesse faite élu signifie tenir la parole et ici à Verneuil-sur- ville grandit. Verneuil-sur-Seine est devenue il y a quinze ans. » Toutefois, en bon joueur, Seine, modestement j’ai fait ce que j’avais promis. » une ville agréable où l’on a envie de vivre ou M. Dafonseca, a remercié les élus « du fond de prendre un coup de pied au football ! r du cœur ! ». Didier Pelletier, l’autre copréPour les amateurs de chiffres, cet équisident, a ajouté que la convergence est to- pement, dont le coût est de 1,2 million tale entre tous les joueurs et les élus de la d’euros, a été financé avec des contriville de Verneuil-sur-Seine. Il restait donc à butions du Département des Yvelines 1. https://www.facebook.com/JournalDeuPhilippe Tautou de conclure avec un mes- et de la Ville de Verneuil-sur-Seine. xRives/videos/2167807400145263/

Les deux moments marquants de l’inauguration : à gauche, le couper du ruban et, à droite, le test de l’équipement par des personnalités. (J2R) www.journal-deux-rives.com


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Sports

A l’Île de loisirs du Val de Seine, la marche nordique s’installe ATHLÉTISME

Le 6 octobre, à l’Île de loisirs du Val de Seine, a eu lieu l’inauguration de quatre parcours de marche nordique. Pascal Collado, maire de Vernouillet et président du syndicat mixte d’étude, d’aménagement et de gestion (SMEAG), a expliqué le sens de cette inauguration d’une activité supplémentaire dans cette base de loisirs, bien connue par les habitants des villes environnantes. Le samedi 6 octobre, l’Île de loisirs du Val de Seine a participé à la Journée nationale de la marche nordique, événement à l’initiative de la Fédération Française d’Athlétisme (FFA). A cette occasion, André Giraud, président de la FFA, a été présent pour inaugurer, en compagnie de Pascal Collado, président du syndicat mixte qui gère l’Île de loisirs, les quatre premiers parcours (distances : 2090, 4180, 5300 et 11520 mètres) réalisés et labellisés par la Ligue Île-de-France d’Athlétisme. Tout au long de la journée, le public a pu découvrir, gratuitement, cette discipline en plein essor. Ce public a pu chercher et trouver des conseils pour pratiquer ce sport nouveau qui connaît un essor sur les plans régional et national. En partenariat avec Les Mureaux Val de Seine et le Verneuil Athlétique Club, la journée nationale de la marche nordique a permis à

Le lancement de la marche nordique avait commencé en 2016, et deux ans plus tard c’est la consécration. (J2R)

chacun de découvrir cette discipline. Pendant toute la journée, des initiations, des échauffements et étirements collectifs ont eu lieu. En outre, des virées de 3 à 6 km, des activités techniques mais aussi ludiques pour un large public ont largement contribué au succès de la journée nationale de la marche nordique. Ces quatre parcours, de difficulté croissante, ont été mis à l’honneur à l’occasion de cette journée. Cette journée de promotion de la marche

nordique a commencé sous un soleil généreux le matin. L’accès était gratuit et tout était prévu pour passer une très belle journée ! En conclusion, l’Île de loisirs est devenue un lieu incontournable pour la marche nordique, quels que que soient le niveau et l’ambition des sportifs. Il nous reste à découvrir ces nouveaux parcours ! r

BOXE ANGLAISE Deux pépites d’or à Chanteloup Deux boxeurs du Ring de Chanteloup, Mpi-Anauel Ngamissengue (76 kg) et Teddy Parisy (64 kg), sont prêts pour des défis sportifs à Saint-Nazaire et en Pologne.

Le 5 décembre, le club de boxe Ring de Chantelolup a présenté à la presse locale les deux boxeurs Mpi-Anauel Ngamissengue (76 kg) et Teddy Parisy (64 kg). Le premier vient d’emporter une belle victoire le 1er décembre aux Mureaux (gala organisé par BAM Héritage) et Teddy Parisy va représenter la région Île-de-France au tournoi international en Pologne.

Deux boxeurs avec des atouts Chanteloup est une mine de sportifs depuis des lustres grâce au travail acharné de l’entraîneur mythique Vendelin Weiss (BéBé) : Tony Yoka, Gaëlle Amand... Et maintenant, BéBé a misé toute son énergie sur Mpi-Anauel Ngamissengue et Teddy Parisy. Ce dernier a été déjà quart-de-finaliste au championnat d’Îlede-France la saison dernière ; cette-fois ci, Teddy s’est préparé pour la compétition inter-

nationale, en Pologne, qui a lieu du 13 au 16 décembre. Teddy a des atouts : rapidité, technicité, volonté d’acier pour atteindre ses objectifs sportifs. Selon BéBé, Teddy est « explosif et il attaque toujours car il n’a peur de (De g. à dr.) BéBé Vendelin, entraîneur, Teddy Parisy, Mpi-Anauel personne... » Quant à Mpi- Ngamissengue et Jimmy Guenneson, adjoint-entraîneur. (J2R) Anauel, c’est un boxeur solide, qui vient d’emEn ce qui concerne le club Ring de Chanteporter, à la surprise générale, une belle victoire loup, il est notable de voir que la petite école de aux Mureaux. En tant que visiteur chez les amis boxe continue à produire des boxeurs de haut du club BAM Héritage, le 1er décembre, il s’est niveau dans un contexte de convivialité. Chez arraché pour faire démentir tous les pronostics. les boxeurs, on sent une vraie connivence avec C’était pour lui un déclic dans sa jeune carrière l’entraîneur BéBé et un sens de famille qui perprometteuse. dure malgré les aléas du temps et l’insuffisance Avec des entraînements journaliers, les deux d’appui de la part du ministère des Sports. Touboxeurs, Teddy et Mpi-Anauel, sont prêts et tefois, la municipalité est toujours attentive au déterminés pour vaincre dans le domaine de moindre besoin et répond présent pour que le ce noble art. Ring continue à produire des pépites d’or. r www.journal-deux-rives.com

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Sports

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Sous la pluie pour le sport et le chocolat TRAIL ET CHOCOLAT

Le 9 décembre 2018 s’est tenue le Choco Trail 2018 d’Hardricourt. Cette 5e édition est toujours chapeautée par le club de triathlon des Mureaux : le Trinosaure. Trois courses de trail ont eut lieu : une de 24 km, une de 13 km et une de 8 km. Le Choco Trail d’Hardricourt, second trail d’Île-de-France après l’Éco-trail de Paris, a accueilli 3 205 participants pour sa 5e édition ; il attire de plus en plus l’élite du trail français. Tous les participants aux trois courses principales sont partis des bords de Seine, au niveau de la Promenade du Bac d’Hardricourt. C’est à 9 heures 30 que le départ de la première course fut donné par Karl Olive, maire de Poissy et vice-président du Conseil départemental des Yvelines, en compagnie du maire d’Hardricourt, également conseiller départemental, Yann Scotte, avant que ce dernier ne se prépare. Effectivement, le maire d’Hardricourt était au départ de la seconde course de 13 km.

Les dunes de l’Espoir et Clowns Z’hôpitaux Karl Olive et François Garay, maire des Mureaux et vice-président de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O) n’ont pas, cette année, pris part à la course alors qu’ils y avaient participé en 2017. Le départ de cette seconde course fut donné par la nouvelle présidente du Trinosaure, le club de Triathlon des Mureaux, Nassera Moumene. Le départ du dernier trail fut donné par Michèle de Vaucouleurs, députée de la 7e circonscription des Yvelines. Deux autres trails se sont déroulés également pendant le Choco Trail, ceux des enfants (un de 3 et un de 1,5 km), mais les départs furent donnés au

Tél. : 01 39 65 48 47 01 39 71 04 73

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stade d’Hardricourt, chemin des Gloriettes, lieu d’arrivée des autres courses de l’événement. Entre le départ du 24 et du 13 km, un départ spécial a été donné ; celui du trail réservé à l’association « Dunes de l’Espoir », qui permet, par l’entremise de traineaux, à des personnes handicapées de participer à une course. Une autre association était présente ; celle des « Clowns Z’hôpitaux », qui visitent les enfants et jeunes adultes malades, personnes âgées ou porteuses de handicap dans les établissements hospitaliers dans l’ensemble du territoire français. Ils ont participé au Choco Trail avec un stand, mais aussi avec des clowns présents aux différents points de départ et durant les courses.

Du chocolat pour

tous les coureurs

Départ et arrivée du trail de 24 km lors du Choco Trail édition 2018 d’Hardricourt. (DD)

A la fin, tout le monde a gagné sa médaille en chocolat offerte par Barry Callebaut, l’un des partenaires de l’événement. C’est ainsi que les coureurs, après avoir affronté le vent violent et la pluie, qui s’est invitée à partir de 10 heures 40, ont reçu dès leur arrivée une médaille en chocolat après, nouveauté de cette année, s’être fait retirer leurs puces de course. C’est un moyen de suivre les coureurs et d’obtenir un classement plus rapidement, étant donné que les arrivées sont groupées. Un tel système est un plus pour les coureurs. La remise des prix a été organisée avec

d’autres médailles après l’arrivée de tous les coureurs. Parmi les vainqueurs, Alicia Caboche a remporté le trail de 24 km dans la catégorie femmes ; côté hommes, Bertrand Gance est arrivé premier (voir le classement complet du Choco Trail(l)). Malgré les conditions climatiques et grâce à la volonté des coureurs mais aussi de l’armée de bénévoles encadrant le Choco Trail, cette 5e édition fut un succès. r 1.breizhchrono.com/detail-de-la-course/crs_id/12089/


Culture

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A la rencontre de Marie-Thérèse Leroy et de son livre intitulé Brisures LIVRES À LIRE

Marie-Thérèse Leroy, écrivaine de 72 ans, à la retraite depuis plus de 12 ans nous a fait part de son livre Brisures, publié en septembre 2018 aux éditons L’Harmattan. Cette Jambvilloise, après avoir réalisé toute sa carrière auprès d’enfants en difficulté, prend désormais le temps d’écrire, de nous livrer ses sentiments, ses témoignages vécus, ressentis durant toute sa carrière, libérée de toutes contraintes professionnelles.

Ce livre évoque le quotidien de jeunes enfants en souffrance, d’éducateurs spécialisés, de stagiaires ou encore d’assistantes sociales en charge d’enfants en difficulté sociale, familiale, qui cherchent à donner une seconde vie à ces jeunes délaissés, oubliés. Bienvenue dans l’abécédaire au pays de l’enfance en danger.

Un livre sous forme d’abécédaire Ce livre d’une bonne centaine de pages se compose de 26 portraits, un portrait pour chaque lettre de l’alphabet : 26 portraits de jeunes allant de jeunes délinquants à de jeunes filles tout juste maman et n’ayant même pas 18 ans, d’éducateurs et d’éducatrices au service de ces jeunes afin de les aider à retrouver le goût de la vie, mais aussi de magistrats chargés de traiter les affaires de ces jeunes en justice. Cet abécédaire nous livre un panorama riche et varié des différentes histoires et aventures tirées de faits réels auxquels Marie-Thérèse a été confrontée dans son métier d’éducatrice spécialisée auprès des jeunes enfants en souffrance. La première de couverture de son livre est très révélatrice : on peut y voir un jeune garçon assis au bord d’une faille en train

L’auteure a rendu visite au journal. (J2R)

de pleurer et attendant de l’aide, un soutien. A côté de lui, une fissure, une brisure présente sur cette faille comme le signe d’une fracture au sein de la vie de ce jeune enfant qui semble désemparé et ne sachant plus quoi faire. Qui viendra l’aider ? Arrivera-t-il à s’en sortir ?

Un sujet atypique Pourquoi écrire sur ce sujet ? La réponse de Marie-Thérèse semble claire : « Mon but était, en écrivant ce livre, de susciter un autre regard sur ce secteur souvent oublié, ignoré, décrédibilisé par la plupart des gens qui ignorent le fait que certains jeunes sont en souffrance et ont besoin d’une véritable aide, d’un véritable soutien pour s’en sortir ». À l’intérieur de son abécédaire, cette septuagénaire nous présente les différents types d’enfants pris en charge par les associations qui leur viennent en aide : « Nous avons affaire à différentes histoires, toutes différentes. Dalila, c’est une jeune fille de 13 ans enceinte de 6 mois. Elle vit seule, sans parents.

Bruno PHILIPPE

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Son père est parti au Canada en ne lui ayant laissé que des sacs de riz comme nourriture. Elle doit se débrouiller seule. Elle ne va même plus au collège. Fouzi, est un jeune délinquant de 14 ans dont la mère ne sait plus quoi faire pour lui, elle est à bout et cherche des gens pouvant le remettre dans le droit chemin ». Marie-Thérèse nous a fait, également, part de son ancien quotidien, celui d’éducatrice spécialisée pour ce type d’enfants. Ses missions étaient d’aider les jeunes à se réinsérer dans une vie active et/ou professionnelle, d’aider les mères de ces enfants à établir un budget mensuel leur permettant de vivre décemment et de pouvoir faire vivre leurs enfants correctement, mais aussi d’arriver à gérer les différents litiges entre parents et enfants, ce qui est sûrement la plus difficile de leurs tâches. « J’ai moi-même rencontré certains de ces jeunes, et il me paraissait évident qu’un jour ou l’autre j’écrive à leurs propos. Il me fallait sensibiliser l’opinion publique à ce sujet, leur montrer le quotidien de ces jeunes pour faire prendre conscience de l’importance de ce problème qu’est l’enfance en souffrance ».. Et elle a ajouté : « Il ne faut pas négliger ces enfants. Il faut agir, ne pas les laisser seuls et abandonnés à leur détresse, il faut au contraire les aider à se relever ! ». Quand nous avons demandé à Madame Leroy à qui était destiné ce livre, sa réponse fut limpide : « Ce livre est fait pour tout public ! Je cherche à faire éveiller les consciences de l’ensemble de la population, pas seulement des spécialistes de ce domaine, qui connaissent déjà assez bien ce sujet. »

Un pari réussi Le rêve de voir son livre édité est devenu réalité depuis août dernier, lorsque l’éditeur L’Harmattan a accepté de publier son livre. Brisures est désormais disponible chez cet éditeur, dans toutes les librairies mais aussi sur des sites tels que la FNAC, et Amazon, au prix de 14,50 euros. « Déjà plus de 267 exemplaires ont été tirés ! », se réjouit MarieThérèse. C’est un livre, à la fois dur et touchant, à se procurer de toute urgence ! r

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Culture

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Le moulin de Sautour et le haras de Bècheville : une enquête inédite

LA MÉMOIRE DE GPS&O Où, aux Mureaux, pouvait se trouver un élevage de chevaux de course, dont certains se sont illustrés sur divers hippodromes ? Un article d’une revue de 1895 nous a conduits, au-delà de la connaissance d’un aspect de l’histoire locale, à rechercher l’emplacement du haras qui portait le même nom que le château de Bècheville. Notre enquête, qui a concerné également les moulins du ru d’Orgeval, commencée aux Mureaux, s’est conclue dans une zone limitrophe, à Chapet. De manière inhabituelle, l’auteur de cet article l’a rédigé à la première personne, car l’histoire relatée contient des faits personnels. Elle commence, à l’été 2017, dans le cadre de ses recherches estivales dans la presse des siècles derniers. S’intéressant au patrimoine des Mureaux, peu connu à l’extérieur de la commune, où sera organisé le 25 mai 2019 le septième rallye pédestre des 2 Rives de Seine (& Oise), il a cherché à mieux connaître plusieurs de ses éléments.

Le domaine de Bècheville Aujourd’hui, ce nom qui est également celui d’un bois, d’un complexe sportif, d’un théâtre et d’un marché, est le plus souvent employé pour désigner l’un des sites du Centre Hospitalier Intercommunal de Meulan-Les Mureaux. Lorsqu’on se rend au Conservatoire Gabriel-Fauré pour la première fois, on découvre qu’il est situé dans le château de Bècheville, alors qu’aucun panneau ne l’indique et que son entrée n’est pas facile à trouver dans un quartier de grands immeubles d’habitation construits dans une partie de son parc. Les élèves de ce conservatoire de musique et les musiciens qui utilisent ses studios de répétitions et d’enregistrement connaissent-ils la riche histoire de ce lieu ? Je ne décrirai pas ici la bâtisse qui appartenait aux seigneurs des Mureaux et de Bècheville, avant son acquisition, en 1811, par le comte Pierre Daru, ministre et secrétaire d’État de Napoléon Ier, ni la grande demeure de style Louis XIII, résultant de sa transformation, pendant dix ans à partir de 1855, sous la supervision de l’architecte Henri Parent. Elle a été réalisée par le fils du précédent propriétaire : prénommé Napoléon, filleul de Napoléon Ier et de Joséphine, il était alors député avant de devenir ministre des Affaires étrangères. Le haras de Bècheville, décrit dans l’édition du 1er octobre 1895 de la revue Le Sport universel illustré, se trouvait-il dans ce domaine ? Des vestiges existent-ils encore ? Ce sont des www.journal-deux-rives.com

questions qui ont surgi lorsque j’ai découvert cet article. Avant de relater mon enquête, je résumerai l’histoire de cet élevage de chevaux, à partir de ce document et de quelques précisions trouvées dans d’autres publications de cette époque, grâce à la bibliothèque numérique Gallica de la Bibliothèque nationale de France.

Le haras de Bècheville

Le haras de Bècheville en 1895. (DR)

Cet établissement d’élevage avait été éta- appris, ensuite, que le nom Comtesse avait bli en 1890 ou l’année suivante. L’article été donné au quartier sud des Mureaux, en décrit ainsi sa situation et son environne- hommage à Agnès de Montfort, comtesse ment : « Protégé contre les vents du nord et de de Meulan qui, au XIIe siècle, avait fondé l’est par une ceinture de collines boisées, il occupe une maladrerie ; destinée à isoler et soigner une large vallée arrosée dans tous les sens par une les lépreux, elle avait été placée bien à l’écart série de ruisseaux qu’alimente le ru d’Orgeval, de sa ville, sur le chemin de Fresnes (devequi descend des hauteurs de Chapet ; ce ru ne ta- nu Ecquevilly). J’étais prêt à commencer rit jamais, même par les plus grandes sécheresses. l’enquête sur la localisation du haras et sur Il alimentait jadis le moulin de Sautour, autour les personnes qui l’avaient fondé et dirigé. duquel ont été construits les bâtiments du haras. On en a très ingénieusement capté une partie Où se trouvait l’ancien haras ? pour la faire passer à travers un massif de sable et filtrer l’eau qui est donnée aux chevaux. Cette En l’absence d’une association d’histoire eau filtrée est montée dans un réservoir par une locale, j’interroge, d’abord, Damien Delerin, pompe élévatoire adaptée à la roue de l’ancien mou- rédacteur du J2R qui, résidant aux Mureaux, lin ; elle alimente ainsi avec une pression suffisante en est le correspondant dans cette ville qu’il les cinq robinets répartis dans la cour du haras. connaît très bien. Il n’a jamais entendu parLes quatre-vingts hectares de prairies, dont se ler du haras et ne reconnaît pas les bâticompose le haras, s’étendent sur un terrain argi- ments représentés sur les photos de l’article. lo-calcaire, un peu sablonneux sur certaines parUne recherche rapide sur Internet m’apties, fort peu étendues d’ailleurs. L’herbe est prend qu’un ancien moulin du XVIIe siècle courte, mais fine, très dure et très tonique. » et du XIXe est devenu le presbytère de la paLes travaux d’aménagement avaient roisse Notre-Dame-des-Neiges. Le cadastre consisté en l’agrandissement des bâtiments napoléonien de 1821 m’apprit, plus tard, de l’ancien moulin, où trente-six boxes, spa- qu’alimenté par le ru d’Orgeval, il était nomcieux et bien aérés, avaient été installés. L’homme d’écurie chargé de la direction du haras (stud-groom) était installé au milieu de la cour, d’où il pouvait surveiller à peu près tous les boxes. La ferme de Comtesse, située à l’entrée du haras, sur la route des Mureaux à Chapet, avait reçu douze boxes ainsi que l’infirmerie. Le chemin privé qui conduisait au haras avait été empierré et transformé en une route carrossable. J’ai Vue intérieure du haras en 1895. (DR)


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LA MÉMOIRE DE GPS&O : LE MOULIN DE SAUTOUR ET LE HARAS DE BÈCHEVILLE mé « moulin de Bercheville » (orthographe de Bècheville à l’époque). Ces bâtiments se situent, toutefois, assez loin du parc de Sautour, dont le nom est celui du moulin recherché. Je vais, donc, me balader dans ce parc et dans ses alentours : je vois, à l’une de ses extrémités, près de l’avenue de l’Europe, un colombier qui pourrait ressembler à un moulin mais à vent. En fait, il s’agit du seul vestige de la maladrerie de la comtesse, qui comprenait un hôpital, des prés, des vignes ainsi qu’un moulin. Ces derniers bâtiments, en très mauvais état, ont été rasés en 1982. Aucun bâtiment n’est visible autour de la partie du ru d’Orgeval qui longe le parc, à l’est, à proximité de l’étang ; le parc ayant été créé en 1985, les vestiges du moulin auraient-ils disparu lors de l’aménagement de cette pièce d’eau ou lorsqu’a été construite la butte qui la domine depuis 1988 ? Ou bien était-il à l’emplacement du Lycée François Villon voisin ? La ferme de Comtesse était, également, le nom d’une ferme du Jardin zoologique d’acclimatation du Bois de Boulogne, où des volailles étaient élevées. Où se trouvait celle, à proximité de laquelle l’article de référence situait le haras ? En septembre 2017, je profite des Journées du Patrimoine pour visiter le château de Bècheville. Un article du J2R a relaté l’intéressante présentation par Patricia Kabuya, chargée de patrimoine et développement des publics au Service d’action culturelle de la Ville des Mureaux(1). L’un des autres participants, dont le T-shirt était orné du logo d’un club de horse-ball, attire mon attention ; nous engageons la conversation qui, rapidement, conduit à mon interrogation sur le haras. Le hasard m’avait fait rencontrer l’homme de la situation : Benoît Beaunez est le fondateur et dirigeant d’un centre équestre de Chapet, spécialisé dans le horse-ball(2). Il connaît bien les chevaux ainsi que l’ancien haras, qui se trouvait à proximité de son village : il avait le projet d’y installer un poney-club. Toutefois, le bail précaire qu’il a obtenu de l’organisme propriétaire ne lui a permis que de nettoyer l’emplacement de l’ancien haras détruit mais pas d’effectuer d’importants travaux d’aménagement. En effet, ce terrain fait partie de ceux acquis, au début des années 2000 par l’Etablissement public foncier des Yvelines (EPFY), qui a été intégré en 2016 dans l’Etablissement public foncier Île-deFrance (EPFIF), pour lequel le devenir de cette zone reste flou. La situation évoluerat-elle à l’occasion de l’élaboration du Plan local d’urbanisme intercommunal, en cours ? Benoît Beaunez me précise l’emplacement de l’ancien haras, qui se trouve bien face de l’étang du Parc de Sautour. Toutefois, aucun des bâtiments n’a subsisté : fortement délabrés, ils ont été rasés par l’EPFY en 2009-2010. Heureusement Benoit Beaunez, que je remercie pour sa précieuse contribution, les avait photographiés avant leur disparition. Il y avait encore le moulin, une trentaine de boxes, une grange et un puits, mais les charpentes

Le site dans le temps : (de g. à dr. et d’en haut vers le bas) : extrait du cadastre napoléonien, vue aérienne récente, bâtiments en ruines avant démolition. (DR)

s’étaient effondrées, suite à plusieurs incendies dus à des squatteurs. Une famille d’agriculteurs avait installé sa ferme dans ce lieu avant de le délaisser, en raison de dégradations et de problèmes d’insécurité. Différentes cartes que l’on peut consulter, notamment sur le site Geoportail(3) de l’Institut géographique national (IGN), me confirment l’emplacement des divers bâtiments mais certaines, actuelles, sont trompeuses car ils y figurent toujours : en effet, celles-ci et le plan cadastral dont elles sont partiellement issues, n’ont pas été mis à jour. Il est intéressant de superposer la vue aérienne récente, qui ne montre, semble-t-il, qu’un hangar, et la carte du cadastre, faisant apparaître la position des anciens bâtiments et des chemins disparus. J’aurais dû compléter ma recherche initiale sur la vue par satellite de Google Maps par la consultation d’autres cartes : - Une carte d’Etat-Major, antérieure à 1866, mentionne un moulin et le lieu-dit Comtesse, de part et d’autre du ru d’Orgeval ; - Une carte des années 1950 est plus précise, indiquant « Fme et Haras de Bescheville »,

avec une orthographe ancienne, montrant la route qui reliait ce lieu à la ferme de Comtesse ; - une carte actuelle de l’IGN, contrairement à la carte topographique de cet institut, porte la mention « le Haras de Bécheville » avec un rectangle pouvant représenter un bâtiment, à côté du « Parc du moulin de Sautour », premier nom du Parc de Sautour. Alors que tous les ouvrages et les articles de journaux consultés localisaient le haras de Bècheville aux Mureaux, cette carte montre qu’il était situé à la limite de cette commune mais sur le territoire de Chapet ! Rappelons-nous, toutefois, que les terres de Chapet et de Bècheville ont eu les mêmes propriétaires : Pierre Louis Randon de Lucenay, seigneur de Bècheville, les a possédées de 1770 à 1795, puis leur acquéreur lors de leur vente comme biens nationaux. Il me restait à vérifier la présence du moulin sur le plan du cadastre napoléonien de Chapet, établi en 1821 : effectivement, y figurent deux bâtiments, dont l’un à cheval sur le ru d’Orgeval à un endroit où il formait deux petites îles, des canaux de dérivawww.journal-deux-rives.com

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LA MÉMOIRE DE GPS&O : LE MOULIN DE SAUTOUR ET LE HARAS DE BÈCHEVILLE tion ayant vraisemblablement été creusés ; en effet, le débit du ru peut être important comme l’a montré l’inondation du Lycée François-Villon et des alentours lors de l’épisode orageux de juin 2018. Le lieu était nommé le « Petit Moulin », tandis que le « Grand Moulin » désignait un ensemble de parcelles agricoles situées un peu plus au sud. A la limite d’Ecquevilly est représenté un bâtiment perpendiculaire au ru ; celui-ci existe toujours à proximité du pont sur l’autoroute A13, à l’entrée de Chapet : le Grand Moulin ou moulin de Maunny avait été le moulin banal de la seigneurie d’Ecquevilly.

Les propriétaires du domaine de Bècheville, lors de l’existence du haras Le haras, créé selon l’article de référence en 1890 ou 1891, aurait donc été installé après le décès de Napoléon Daru. Le nom du nouveau propriétaire du château, qui l’a acquis en 1891, varie selon les sources : prénommé Félix, il serait soit Hubin soit Dehaynin. En fait, le deuxième était le gendre du premier ; Félix Hubin était, vraisemblablement un industriel normand, dont les usines métallurgiques, fonderies et laminoirs, se trouvaient dans sa ville de Gournay près de Harfleur, à Rouelles et au Havre ; celles-ci produisaient des tubes de laiton et de cuivre, des barreaux et des barrettes en cuivre et des tuyaux de plomb. Félix Dehaynin (1822-1895) était conseiller municipal de Paris et trésorier de la chambre de commerce. Sur sa tombe au cimetière du Père-Lachaise, une inscription précise qu’il était officier de la Légion d’honneur et qu’il est décédé en son château aux Mureaux. Le nom du château y est illisible mais il est bien précisé dans les annonces du décès, parues dans la presse. Le dossier de Félix Dehaynin dans la base de données Leonore des Archives nationales sur les membres de la Légion d’honneur m’apprend qu’il était, à Paris, fabricant de produits chimiques en 1874, puis négociant en charbons en 1891. Son décès a entraîné une nouvelle vente du domaine de Bècheville, dont l’annonce a été publiée, en juin 1896, dans plusieurs journaux, dont Le Temps ; celle-ci ne mentionnait pas le haras mais décrivait ainsi la propriété : « 600 hect. environ, château, communs, parc, eaux vives, fermes et moulins de Bécheville et de Sautour, fermes des Rouloirs et de Chapet. Grand et Petit moulins de Chapet, bois, terres, prés, chasses […] ». Le moulin de Sautour en faisait, donc, encore partie.

Le fondateur du haras Si le terrain du haras appartenait à Félix Dehaynin en 1891, ce n’est pas lui qui l’avait créé, comme l’indique la même revue Le Sport universel illustré, dans son édition du 1er juillet 1899 ; un article sur le marquis Maison, qui venait de disparaître, nous le présente ainsi que son successeur : « Depuis de longues années il s’occupait du modeste élevage qu’il avait fondé à Bécheville, puis transporté sur le plateau voisin lorsqu’il cédait son haras à M. Th. Dousdebès. […] Très aimable et excellent homme, il avait un caractère www.journal-deux-rives.com

(De g. à dr. et d’en haut vers le bas) Le haras présenté par une carte d’État-Major, carte routière en 1950, carte IGN contemporaine, et puis le cadastre initial. (J2R)

d’une égalité que rien ne pouvait troubler ; jamais on ne l’a entendu se plaindre ni récriminer ; il laissera à tous ceux qui l’ont connu un sympathique souvenir. » Ce marquis Maison était-il un descendant de celui qui était général de division en 1813 ? Une recherche sur Geneanet donne à ce Maréchal de France le prénom Nicolas-Joseph, qui me conduit à sa fiche biographique de l’ouvrage Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume, publié en 1826. Né en 1871, créé baron de l’Empire après la Retraite de Russie, il fut créé comte après ses victoires sur les Prussiens en 1813. Il fut, ensuite, ambassadeur et ministre de Louis-Philippe. Le titre de marquis a été attaché héréditairement à sa pairie par une ordonnance royale de 1817. Plusieurs descendants actuels donnent des précisions dans leur généalogie : décédé en 1840, il avait trois fils, respectivement marquis, comte et vicomte, décédés entre 1869 et 1885. Aucun de leurs fils ne semble avoir porté le titre de marquis. En effet, le Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables

à la fin du XIXe siècle précise que l’ainé des fils n’avait pas de postérité. Toutefois, il contient une information essentielle : après son décès, Jean Joseph Robert Calmon, fils de sa sœur, ayant obtenu en 1886 l’autorisation d’adjoindre le nom Maison au sien, s’est fait connaître sous le titre Marquis Maison. Une de ses cousines, Isabelle Maison, baronne de Vatimesnil, petite-fille du pair, Maréchal de France, a péri dans l’incendie du Bazar de la Charité, en mai 1897. Lors de l’exposition universelle de 1867, un marquis Maison a été vice-président d’un jury des beaux-arts comprenant Ernest Meissonnier ainsi que d’autres peintres célèbres (Gerome, Théodore Rousseau…). Il n’était pas connu comme artiste-peintre mais en tant que collectionneur de tableaux. Dans son ouvrage Les petits mystères de l’Hôtel des ventes, Henri Rochefort a écrit en 1862 : « Une croûte, dans les mains d’un amateur connu, attrape facilement un renom de chef-d’œuvre. Mieux vaut, au point de vue de la spéculation, posséder un Galimard, qui viendrait du marquis Maison ou du docteur Lacaze, qu’un Van Dyck, qui sortirait d’une boutique de la rue Jacob. » L’acqui-


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LA MÉMOIRE DE GPS&O : LE MOULIN DE SAUTOUR ET LE HARAS DE BÈCHEVILLE sition de la collection du marquis Maison, en 1868, par le duc d’Aumale et la vente d’autres œuvres d’art, en 1869, après son décès confirment qu’il s’agissait de l’oncle. Le marquis Maison était un expert financier : en 1890, il a été nommé commissaire « à l’effet d’apprécier la valeur exacte de l’ensemble de l’actif de la Banque parisienne ». Un fac-similé d’une aquarelle, daté de 1885, mis en vente en 2015, fait apparaître quatre chevaux derrière un personnage dénommé « Mr. le Marquis Maison », mais le contexte semble plutôt circassien. Le journal Le Figaro du 12/5/1883 contient une information sur un marquis Maison, alors propriétaire de chevaux : l’un d’eux avait gagné le Prix Vertugadin à Saint Louis de Poissy, c’est-à-dire à Carrières-sous-Poissy sur l’hippodrome que venait de construire un vigneron, M. Lemercier, à côté de son haras. Ceux-ci seront acquis en 1906 par William Kassam Vanderbilt qui bâtira son château à proximité. D’autres journaux mentionnent des succès hippiques du marquis jusqu’en 1896. Dans Le Livre d’or du sportsman, publié en 1899 par le comte de Mirabal, se trouve cette information : « Jusqu’à ce jour, le marquis Maison s’était occupé uniquement d’élevage ; mais, pour utiliser les produits de son haras, il s’est mis à faire courir et, en 1896, l’écurie a gagné six courses s’élevant à 22230 francs. En 1897, ses couleurs, casaque bleue, toque rouge, n’ont pas paru sur le turf. » Il précise qu’il s’occupait alors, donc après avoir quitté le haras de Bècheville, de celui d’Aubergenville. Je n’ai pas encore trouvé de trace de cet autre élevage de chevaux.

L’aménageur et développeur du haras Th. Dousdebès avait un fils prénommé Paul, également propriétaire de chevaux, qui est devenu, en 1903, handicapeur de la Société d’Encouragement. Le livre d’or du sportsman, déjà cité, évoque le haras de Bècheville et les activités de ses deux dirigeants : « […] MM. Dousdebès père et fils s’occupent beaucoup de leurs chevaux à l’entraînement, qu’ils ont confiés à R. Denman et qui sont au nombre de vingt-cinq, dont seize pour le plat et neuf pour l’obstacle. […] Le haras de Bécheville est un très bel établissement d’élevage ; il se compose de trois étalons : Trajan, Mignon, Accapareur et de dix-sept poulinières, dont l’une appartient à M. Paul Dousdebès. […] Comme on le voit, M. Dousdebès ne néglige rien pour obtenir les bons résultats qui ne peuvent manquer de venir récompenser ses efforts. Ses couleurs sont : casaque blanche, manches et toque vertes. » Divers documents consultés donnent moins d’informations sur Th. Dousdebès que sur les chevaux de son haras, notamment les poulains qui y sont nés et y ont été élevés, ainsi que sur leurs résultats dans les courses. C’est un article du journal Le Figaro d’octobre 1891 qui fait connaître sa vie antérieure : « Type de notaire breton, breton d’origine. Il a de grandes propriétés dans le Morbihan et à Lorient, sur le square Brizeux, un musée plein de tableaux d’écoles italienne et flamande. Chef d’exploitation de la Compagnie générale

des eaux, officier d’académie, philanthrope, fondateur d’une Société de secours mutuels des employés de la Compagnie. Il est devenu sportsman, depuis deux ans on le sent lâcher les eaux pour les chevaux. Les lauriers du turf excitent ses ambitions. » Le journaliste précisait que son fils, l’un de ses confrères, l’avait poussé dans cette voie. Ce journal mentionne, encore, le haras de Bècheville en 1899 à l’occasion de la vente de ses yearlings et de ceux du haras de Jardy. La publication Les Sports hippiques, annuaire général de l’hippisme, recensant, dans son édition de 1932, le haras de Bècheville (par Les Mureaux), appartenant à M. Dousdebès, il est vraisemblable que Paul Dousdebès avait succédé à son père. Ce dernier n’aimait-il pas son prénom, Théodore ou bien Théophile, Théophraste, Théodule ? En effet, il était toujours indiqué par ses deux premières lettres, même dans la plupart des annonces de son décès intervenu en 1910. Un faire-part, trouvé sur le site Geneanet, confirme que notre première hypothèse était correcte : à la fin de sa vie, Théodore Dousdebès était, effectivement, chef d’exploitation honoraire de la Compagnie générale des eaux et président de la « Neptune », société de secours mutuels des employés de cette compagnie. Ses anciennes activités hippiques n’étaient pas indiquées.

Les meuniers et les employés du haras Heureusement, les archives de la commune de Chapet ont été versées aux Archives départementales des Yvelines, qui permettent leur consultation en ligne. Le dernier recensement de la population disponible est celui de 1911. La plupart des Chapetois habitaient dans le centre du village. Un moulin était vraisemblablement, encore, en activité dans l’écart (groupe de maisons isolé) nommé Grand Moulin, un meunier y étant recensé avec sa famille. Une dizaine de personnes, dont un garde et un ouvrier agricole, résidaient dans l’écart nommé Petit Moulin. Toutefois, c’est dans le lieu-dit Sautours que l’on trouve sept habitants dont quatre étaient des employés de M. Dousdebès : un régisseur, un charretier, un garçon d’écurie et un palefrenier. Dans les quinze années précédentes, il y avait déjà un régisseur ou un éleveur et deux palefreniers. Auparavant, la ferme de Sautours était occupée par des cultivateurs. Revenons à l’époque de l’établissement du haras : en 1861, trois personnes habitaient dans le moulin (Petit moulin) : le meunier, sa femme et un domestique-meunier ; quatre, dont le fermier et un domestique-meunier, étaient domiciliées dans la ferme de Sautour. Le recensement suivant, cinq ans plus tard, a été le dernier faisant apparaître que le moulin était toujours exploité par un meunier et son épouse. Comme dans toutes les communes françaises, l’instituteur de Chapet a rédigé une monographie en 1899, comme il leur avait été demandé dans le cadre de l’Exposition universelle de l’année suivante. Ce document contient des informations intéressantes : sur

le dessin du plan de la commune, le Grand moulin était devenu le Petit Moulin (nom d’un chemin qui subsiste), tandis que le Petit moulin était nommé Moulin de Sautour. Le ru d’Orgeval y est nommé bizarrement « rû de Gonsaint » ; ce nom était celui d’une fontaine de Morainvilliers, commune qu’il traverse. Quant aux propriétaires de Chapet et de Bècheville, l’instituteur a ajouté un nom, par rapport à d’autres sources, entre le dernier seigneur de Bècheville et M. Bidermann qui les vendit au comte Daru : Jacques Roman, jusqu’en 1908. Il confirmait que le propriétaire était M. Dehaynin lorsqu’il a écrit à propos de la ferme de Sautour : « Cette ferme avait un moulin actionné par le ru d’Orgeval. Depuis une dizaine d’années, elle a été transformée en haras, qui compte une centaine de chevaux ». Il a décrit, également, le Petit moulin (précédemment Grand Moulin) : « Il a été possédé par les mêmes propriétaires que Sautour. Autrefois moulin actionné par le ru d’Orgeval, a été transformé, il y a une trentaine d’années d’abord en chamoiserie puis en mégisserie. Aujourd’hui l’ancienne roue hydraulique n’actionne plus qu’une machine à battre où la plupart des cultivateurs de Chapet vont battre leurs grains. » Notons une mention de la monographie communale écrite par Paul Aubert vers 1936 : « Près de Bescheville est le haras de Sautour créé par M. Dousdebès. » Ces monographies apportant des informations intéressantes, j’ai « feuilleté » également celles des Mureaux. L’instituteur mentionne le moulin de Bècheville : « Comme industrie, deux moulins, celui de Bècheville et cellui des Mureaux, en plein village, auxquels le Rû d’Orgeval fournit la force motrice. » Paul Aubert a précisé l’emplacement de ce deuxième moulin : à l’angle de la rue du Moulin et de la rue Paul-Doumer. A propos de Bècheville, il nous donne une confirmation à propos de l’élevage de chevaux qu’il a nommé, par ailleurs, « haras de Sautour » : « Le haras de Bècheville, qui appartient à M. Dousdebès, est situé sur la commune de Chapet. » Cet article a mis en évidence la proximité, géographique et historique, entre une partie importante de la commune des Mureaux et celle de Chapet ; rappelons un lien ancien entre Chapetois et Villennois : au milieu du XVIe siècle, ils ont eu le même seigneur, Jacques Ier Bourdin, conseiller notaire et secrétaire du roi François Ier. r Michel Kohn - ACV, la mémoire de Villennes 1. http://www.journal-deux-rives.com/actu/07284-journees-patrimoine-nouveau-deux-jours-dinteressantesvisites-notre-territoire 2. L’association d’équitation et de horse-ball M.A.S.H. (Maisons-Laffitte Association Sportive Horse-ball) a fêté en juin 2018 son 20ème anniversaire. Son centre équestre est situé à Chapet (http://mash-horseball. wixsite.com) . 3. https://www.geoportail.gouv.fr/carte Si vous souhaitez localiser le haras sur une carte ou aller retrouver son emplacement, ses coordonnées GPS sont : 48,974548, 1,924083.

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