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J2R 146 : L'après Covid-19 (Re)tisser les liens entre les habitants ?

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3,50€

JOURNAL INDÉPENDANT

MAI 2020

NUMÉRO 146

Yvelines

Le

grand

remplacement

idéologique

Yvelines : la droite yvelinoise n’est plus hégémonique. Ce constat sera-t-il valable en 2021 ? P. 9-10 dans le nord des

Grand Paris Seine & Oise

L’après Covid-19 La

proximité, essence de la bonne gou-

vernance

: l’avenir de notre territoire,

après les élections municipales, passe par une refonte de la gouvernance et P. 5-6 plus de concertation.

(Re)tisser les liens entre les habitants ?

Andrésy

Premier bilan positif pour le centre Covid-19 Val de Seine aux Mureaux Dans

ton confinement, dessine-moi ta

fenêtre

: La fenêtre devient un objet

d’expression artistique et permet aussi de générer du lien social grâce au parP. 11 tage sur les réseaux.

Villennes-sur-Seine

Le lundi 30 mars, le Centre Covid-19 Val de Seine a ouvert officiellement ses portes aux Mureaux, en collaboration avec les médecins généralistes et les professionnels de santé du territoire, dans les locaux de l’ancienne école Jean-Jaurès. Le centre Covid-19 Val de Seine apparaît comme un outil efficace pour les médecins, et plus globalement pour les pouvoirs publics afin de vaincre la pandémie Coronavirus. P. 18

Tipeee : Cagnotte pour relancer le Journal des Deux rives

Opération « Chardon » : pendant la

pandémie, les autorités de santé transportent des malades graves d’une région à l’autre dans des TGV médicalisées. P. 16-17

L’équipe du J2R continue à fournir de l’information indépendante à caractère local. Aidez-nous à consolider notre projet éditorial avec une chaîne Youtube : www.fr.tipeee.com/les-2-rives-yvelines DR


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LE JOURNAL DES DEUX RIVES - MAI 2020

Éditorial

Après le Covid-19, sens dessus dessous

T

out le monde s’interroge : quel sera notre quotidien après la fin de ce confinement Covid-19 ? Voici une réflexion pour nous aider à méditer sur l’après.

La crise sanitaire liée à la propagation du virus Covid-19 a bouleversé les contextes politique, économique et social. (DR)

Il n’y a plus de saison ! D’ordinaire, cette expression populaire est poussée sans trop y croire, à la cantonade, l’histoire de meubler la conversation. Aujourd’hui, peut-être hésitons-nous à l’employer légèrement tant elle nous paraît être devenue vraie. Ainsi, avons-nous vu cet hiver une seule fois la neige ? Comme si le pressentiment d’une prochaine calamité climatique ne suffisait pas, voilà que nous sommes à peu près tous confinés par la faute du virus venu de Wuhan et privés de printemps ! Reclus nous sommes et une vidéo, prise à la volée dans une rue aux heures ensoleillés où, normalement, nous déambulons, nous montre des daims s’aventurant comme des touristes dans un centre-ville déserté.

Boris Cyrulnik nous dit que « Le traumatisme de l’épidémie provoque une adaptation », que notre faculté à la « résilience » nous permettra de changer dans l’adversité et que cette situation provoque l’émergence de « nouvelles manières de penser l’existence ».

Cette crise inédite bouscule nos vies. L’enfermement provoque la mélancolie. Désœuvrés, certains sont davantage portés vers des addictions communes comme le sucre, l’alcool, le tabac, les drogues ou vers des comportements violents. Nos gouvernants, censés nous gouverner, semblent aussi perdre la boussole, annoncer des mesures, puis revenir dessus ! Pouvons-nous les blâmer d’avoir perdu la manche, de

naviguer à vue ? Ce moment n’est pas simple !

Des initiatives individuelles se font jour. S’adapter pour survivre, c’est ce que font, par exemple, des commerçants, des artisans, des agriculteurs locaux malgré l’injonction au confinement. Cette période est passionnante car elle oblige non seulement à être créatif et - quel étonnant paradoxe ! - nous invite à nous rapprocher, à être solidaires. Tandis que le commerce en ligne pourrait, à la faveur de la crise du Covid-19, gagner encore du terrain sur le commerce traditionnel, les activités et les échanges de proximité s’accélèrent. Les réseaux sociaux nous font assister en direct à la poursuite d’une mutation, d’une lame de fond : le développement des circuits courts, bientôt la renaissance des commerces et des artisans de proximité, la consommation des produits de l’agriculture locale. En somme, réinventons-nous (dans la concorde) ! r La rédaction www.journal-deux-rives.com

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Sommaire Les 2 Rives - Nord des Yvelines Journal indépendant, fondé en 2001. Directeur-fondateur : Rodrigo Acosta Rédacteur en chef : Augustin Blin Commission paritaire : 0322 I 79525. ISSN : 2263-0880 Editeur : ABC éditeurs R.C.S. Versailles 535 004 063 Siret 535 004 063 00017 APE 7010Z TVA CEE : FR 52 535 004 063 RÉDACTION ET PUBLICITÉ : 50 rue des Créneaux 78510 Triel-sur-Seine Tél.-Fax : 01 3974 3563 06 7969 5150 ou courriel : trielnews@gmail.com Site Internet : www.journal-deux-rives.com www.facebook.com/JournalDeuxRives/ LE JOURNAL DES DEUX RIVES est une publication à vocation citoyenne. Son objectif est double : traiter des questions locales touchant le territoire des communes du Val de Seine au nord des Yvelines et au-delà, ouvrir le débat sur les questions nationales et internationales. Farouchement attachés à la liberté d’expression et à la participation démocratique, nous souhaitons que notre journal soit un lieu de discussions vivant, sans sectarisme, dogmatisme ni esprit de polémique stérile. Le J2R est ouvert à l’expression de toutes les opinions, dans le respect de quelques grands principes : démocratie, laïcité, égalité, non-discrimination, absence d’atteinte à la dignité humaine. En conséquence, le journal ne soutiendra ni de près ni de loin de candidat à des élections locales sur son territoire de diffusion. La ligne éditoriale est décidée et mise en œuvre par la rédaction, en toute collégialité. RÉDACTION : Rodrigo Acosta, Augustin Blin, Enzo Defnel, Malick Daho, François Darcq Thierry Dornberger, Damien Delerin, Jean-François FavreMarinet, Marie-Thérèse Etien-Lefort, Joseph Jehl, Michel Kohn, Annie Laporte, Chantal Lorio, Bruno Piva, Jeanine Provost, Hervé Roux et Julie Sutter. Ont participé à ce numéro : Claude Barouh, Mac Guffin. DROIT ET ACCÈS À L’INFORMATION PERSONNELLE N° de déclaration CNIL 712758 D’une façon générale, vous pouvez visiter ce site sans avoir à décliner votre identité et à fournir des informations personnelles vous concernant. Toutefois, à l’occasion de certains services qu’offre ce site, vous pouvez être amené à donner des informations. Ces informations ne feront l’objet d’aucun commerce et ne seront pas conservées plus que nécessaire ? Conformément à la loi Informatique et Libertés du 6 Janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, de modification et de suppression des données personnelles que vous avez communiquées. Vous pouvez exercer ce droit en me contactant par le biais du formulaire de contact. Les articles, photos, dessins et infographies publiés - dans la version papier comme sur le site Internet du journal - ne peuvent en aucun cas être reproduits sans l’autorisation expresse et écrite de la rédaction. Maquettage : ABC Ed. Avis aux associations : avec votre abonnement DUO (30 €) vous pouvez faire paraître vos infos.

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - MAI 2020 éditorial

Après le Covid-19, sens dessus dessous

3

intercommunalité

Gouvernance

La proximité, une nécessité pour l’administration territoriale,

Interview

Entretien avec Natalia Pouzyreff, députée de la 6e circonscription des Yvelines, en télétravail

Analyse

Le grand remplacement idéologique dans le nord des Yvelines

5-6

à tous les niveaux

7-8

9-10

actualité locale

Andrésy

Dans ton confinement, dessine-moi ta fenêtre !

Carrières

Bernard Danel nous a quittés, une perte immense

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Chanteloup

Vue à la fenêtre dans le quartier de la Noë

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Triel-sur-Seine

Des Triellois se mobilisent dans le combat contre l’épidémie

14

Triel-sur-Seine

Le triangle Verneuil-Vernouillet-Triel est calme, mais la vie continue

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Vernouillet

Construire un parcours citoyen pendant la crise du Covid-19

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Villennes-sur-Seine

L’opération sanitaire « Chardon » de la SNCF, organisée et coordonnée par Pierre Matuchet depuis son domicile

débats

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16-17

- dossiers

Les Mureaux Ecquevilly

Le Centre Covid-19 Val de Seine : un outil efficace pour les médecins

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« Espoir de femmes » continue et s’adapte au confinement, en allant plus loin

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Jacques Lélut expose « Rêves d’Espace » aux Mureaux

19

Enquête - Seine & Oise UFC-que choisir

Sommes-nous en sécurité en faisant nos courses alimentaires ?

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Seine & Oise

L’ancien maire de Poissy et ancien président de la Communauté d’agglomération du Pincerais a fêté son premier disque d’or avec de nombreux amis

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culture

Mémoire

De Poissy à Médan, une enquête sur l’artiste peintre paysagiste Jules Rozier (1821-1882)

22-24

Peinture

- Véronique Dumont, de l’intuition à la réminiscence d’un moment artistique - L’académie des Peintres de la Vallée de la Seine continue son chemin

25-26

Histoire

Réflexions d’un confiné : Paul Doumer et Joseph Gallieni

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Triel a fait preuve de solidarité

Vivez le commerce de proximité

Hommage à Max Bauduin ancien gardien du Cosec de Triel

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LE JOURNAL DES DEUX RIVES - MAI 2020

GOUVERNANCE

Intercommunalité

La proximité, une nécessité pour l’administration territoriale, à tous les niveaux

Pour une meilleure gouvernance de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, nos prochains élus communautaires sauront-ils tirer parti de la loi « Engagement et proximité » qui a été promulguée le 27 décembre dernier ? Jusqu’en mai prochain, vous pouvez exprimer votre avis sur le projet de fusion entre le Département des Yvelines et celui des Hauts-de-Seine. Cette concertation citoyenne n’estelle pas organisée trop tard, alors qu’elle aurait dû avoir lieu avant les votes des deux conseils départementaux ? De manière très étonnante, les élus locaux et les candidats à leur succession n’ont pas réagi lors de la publication du rapport de l’enquête publique sur le PLUi ni après le vote du conseil communautaire qui l’a adopté.

Le bilan, très négatif mais prévisible, de notre méga-intercommunalité

La Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O) a été créée à marche forcée au début de l’année 2016 sans l’assentiment d’une grande partie des élus des 73 communes intégrées ; il est évident qu’elle n’a pas pu apporter, malgré son coût de fonctionnement élevé, les services et les économies d’échelle attendus. Alors que GPS&O ne fait pas partie de la Métropole du Grand Paris, ses fondateurs lui ont donné un nom y faisant référence. Presque aussi étendue que le département des Hauts-deSeine, notre intercommunalité couvre tout le nord des Yvelines. Ses dirigeants actuels sont très fiers qu’elle soit la plus peuplée de France (408 000 habitants) et que son étendue (superficie : 500 km2, longueur de sa traversée par la Seine : 55 km) la place au 13e rang des plus grands établissements publics de coopération intercommunale ! La planification de l’urbanisme au niveau intercommunal a pour résultat que les municipalités n’ont plus la maîtrise de leur développement, l’intercommunalité voulant imposer les mêmes règles partout, malgré la diversité et les caractéristiques topographiques des 73 communes. La centralisation des services de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O) a pour conséquence que pour

Lors de l’inauguration, le 29 septembre 209, du nouveau Hôtel de ville à Hardricourt, une «nouvelle» Marianne fut aussi intronisée. (J2R)

reboucher un trou sur une chaussée ou faire mettre en service de nouveaux feux de circulation, il faut attendre plusieurs semaines qu’un créneau soit libre dans leur planning. De très nombreux dysfonctionnements ont perturbé la vie locale. La rationalisation des réseaux de distribution d’eau, qui a permis la diminution du prix de l’eau potable par une négociation avec les sociétés exploitantes et une aide aux communes rurales, est l’une des actions positives de l’intercommunalité ; toutefois, la gestion centralisée, dépossédant les communes de leur compétence dans ce domaine, a été à l’origine de divers problèmes. Un exemple est très significatif : à l’été 2018 en pleine période de sécheresse, une purge d’un branchement au réseau de distribution d’eau, décidée à Andrésy par la communauté

urbaine et la société délégataire du service public, a fait perdre, pendant plusieurs mois, une grande quantité d’eau que la commune n’avait pas le droit d’utiliser.

Tirer parti de la loi « Engagement et proximité » La loi n°2019-1461, relative à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique(1), a été promulguée le 27 décembre 2019. Elle avait été annoncée comme faisant suite au Grand débat national et aux échanges qui ont eu lieu entre les maires et le président de la République. L’objectif du gouvernement était de « reconwww.journal-deux-rives.com

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Intercommunalité naître l’importance de l’engagement des élus et leur rôle essentiel », en redéfinissant « un équilibre dans les relations entre les communes et leurs intercommunalités afin de redonner une véritable capacité d’action et d’initiative aux élus ». Les principales nouveautés concernant, particulièrement, notre territoire sont les suivantes : Le pacte de gouvernance, facultatif, entre les communes et l’établissement public peut être décidé après les élections ou à la suite d’une fusion. Il peut prévoir, notamment, les modalités de consultation des communes et d’association des maires à la décision (conférence des maires, conférences territoriales des maires, commissions spécialisées) et un renforcement des responsabilités accordées aux communes et à leurs élus (gestion d’équipements ou de services confiée par convention, délégation de l’engagement de dépenses d’entretien courant, d’infrastructures ou de bâtiments communautaires). Le pacte peut aussi contenir les orientations en matière de mutualisation de services et les objectifs en matière d’égale représentation des femmes et des hommes au sein des organes de gouvernance. La conférence des maires, instance de coordination déjà très fréquente, devient obligatoire dans les EPCI à fiscalité propre et les établissements publics territoriaux de la métropole du Grand Paris. La conférence se réunit à l’initiative du président de l’intercommunalité ou, dans la limite de quatre réunions par an, à la demande d’un tiers des maires. La population et la société civile seront mieux associées aux travaux des intercommunalités, l’assemblée communautaire pouvant, à l’initiative de son président, débattre et délibérer sur «les conditions et modalités de consultation» du conseil de développement (si elle est dotée de cette instance) et «d’association de la population à la conception, à la mise en œuvre ou à l’évaluation des politiques de l’établissement public». Restitution de compétences Les compétences exercées par un EPCI, dont le transfert n’est pas prévu par la loi, peuvent, à tout moment, être restituées à chacune de ses communes membres». Plan local d’urbanisme intercommunal Le rôle des communes dans l’élaboration du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) est renforcé. Périmètres des EPCI - Scission de communautés Une procédure de scission d’une communauté de communes ou d’une communauté d’agglomération est introduite. Après avis de l’organe délibérant de la communauté, celleci peut être dissoute : plusieurs EPCI à fiscalité propre (deux ou plus) sont alors créés sur son territoire. Cette nouvelle possibilité est destinée aux communautés de communes ou d’agglomération ayant atteint «une taille critique rendant complexe [leur] fonctionnement ou l’exercice de certaines compétences de proximité». Les modalités de répartition du personnel, des biens, équipements et services publics sont précisées. Il est, toutefois, à noter que l’article 26 sur les scissions d’intercommunalités, limité aux communautés de communes et commuwww.journal-deux-rives.com

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - MAI 2020

nautés d’agglomération, n’est pas applicable aux communautés urbaines, contrairement à ce qui avait été prévu initialement. Il se confirme que la communauté urbaine est la forme d’EPCI la plus contraignante. La scission de GPS&O nécessiterait donc une modification du schéma départemental de coopération intercommunale, qui ne pourrait pas être décidée par la majorité actuelle du Conseil départemental des Yvelines. Etant donné qu’il semble très difficile de parvenir à bon fonctionnement de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, la meilleure solution aurait été sa partition en trois entités, correspondant, comme beaucoup le souhaitaient à l’origine, aux principaux bassins de vie (Poissy, Meulan-Les Mureaux et Mantes-la-Jolie). Qu’en pensent les nouveaux candidats à la fonction de maire des communes de notre territoire et quelles sont leurs propositions pour la mise en œuvre d’un pacte de gouvernance de l’intercommunalité et d’une conférence des maires ? Les nouveaux élus devront faire preuve de volonté et d’imagination. Pourquoi ne pas créer trois conférences territoriales des maires, chacune correspondant à l‘un des bassins de vie ? Les limites entre ceux-ci ne devront, toutefois, pas être imposées mais déterminées par les choix des maires concernés.

La mégalomanie interdépartementale Même ceux qui ne partageaient pas les idées de Patrick Devedjian ont appris, avec tristesse, le décès du président du Conseil départemental des Hauts-de-Seine, le 29 mars 2020, après qu’il ait été atteint par le Covid-19. Pierre Bédier, son homologue des Yvelines, poursuivra-t-il avec son successeur leur projet de fusion des deux départements ? Alors que beaucoup le considèrent comme inutile et potentiellement néfaste, les deux amis avaient affirmé leur volonté, depuis l’année dernière, par des cérémonies de vœux commune ; ils ont voulu rendre ce projet irréversible par la fusion, déjà effective, de plusieurs services départementaux et la création d’un établissement public interdépartemental. Les arguments des deux présidents sont-ils justifiés ? Pour celui des Hauts-de-Seine, son département a besoin de place pour se développer et son horizon s’étend naturellement sur la vallée de la Seine, en direction de Rouen et du Havre, qui lui ouvrent le monde des échanges internationaux. Pour celui des Yvelines, dont le développement économique est la ligne de conduite politique, l’intérêt serait, principalement, d’arrimer son département au « cœur battant économique de la région » qu’est le quartier d’affaires de la Défense. Une vidéo de l’assemblée nationale(2) restitue l’audition des deux présidents par sa délégation aux collectivités territoriales, le 5 novembre 2019 ; ils ont été interrogés par sept députés, notamment par Natalia Pouzyreff, dont la circonscription comprend quatre communes de GPS&O, assez critique. Les habitants des deux départements ne

sont, nullement, pris en compte dans ce regroupement. De février à mai 2020, ils sont, néanmoins, invités à donner leur avis par les deux départements qui ont engagé une concertation citoyenne(3). Notons le choix, excellent mais discutable, de son slogan : « Construisons ensemble un département à dimension humaine » ! L’opinion d’Yves Vandewalle, conseiller départemental d’opposition, semble très sensée et représentaive : «Les Assemblées Les Yvelines et Hauts-de-Seine ont voté la fusion... et maintenant on demande l’avis des citoyens... sans leur donner les moyens de juger de la pertinence du projet ! Les dés sont pipés ! Les jeux sont faits ! ». Il est étonnant que les candidats à la fonction de maire de leur commune ne se soient pas exprimés, sur ce sujet. Ceux qui ont élus dès le premier tour des élections ou le seront après le deuxième agiront-ils, ensemble et avec les élus départementaux qui peuvent refuser ce projet de fusion, pour le faire, définitivement, abandonner ? C’est l’occasion de se poser la question, alors que les dotations de l’Etat limitent les capacités budgétaires des départements pour les services à leurs habitants, si c’est le rôle du département des Yvelines de fournir des aides hors de son territoire : - Participation aux investissements de départements voisins par l’intermédiaire d’un « fonds interdépartemental d’investissement »(4) : en 2020, près de 32 M€ dont seuls 2 M€ pourront revenir au département ; - Financement d’une coopération décentralisée et d’aide au développement en Afrique (le coût des actions des Yvelines dans ce domaine a été pointé, en octobre 2018, par la chambre régionale des comptes(5)). Les élus municipaux actuels et futurs ne peuvent qu’être d’accord sur la nécessité d’une administration territoriale de proximité. Ayant besoin de subventions départementales pour mener à bien leurs projets, les maires ne peuvent, toutefois, pas afficher leur éventuelle opposition au président de leur département. La question de l’alignement, ou non, sur les positions du constructeur de la méga-intercommunalité, promoteur du super-département francilien, pourrait-elle révéler des nuances entre des candidats à la fonction de maire encore en compétition, dont les programmes semblaient assez proches ? r M.K.

1. La loi sur le site Internet de Legifrance : https:// www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JOR FTEXT000039681877 2. La vidéo de l’audition de Pierre Bédier et de Patrick Devedjian par des députés, sur le site Internet de l’Assemblée Nationale : http://videos.assemblee-nationale.fr/video.8368391_5dc1a1574ba73 3. La concertation citoyenne sur le site Internet du Conseil départemental des Yvelines : https://www.yvelines-infos.fr/78-92-exprimez-vous-sur-la-plateformede-participation-citoyenne/ 4. Article d’Yvelines-info.fr de mars 2019 : https://www. yvelines-infos.fr/les-departements-franciliens-investissent-dans-un-fonds-de-solidarite/ 5. Article du quotidien Le Figaro de novembre 2018 : www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/11/30/2000220181130ARTFIG00222-les-folles-depenses-dudepartement-des-yvelines-en-afrique-et-en-orient.php


LE JOURNAL DES DEUX RIVES - MAI 2020

Intercommunalité

INTERVIEW

Entretien avec Natalia Pouzyreff, e députée de la 6 circonscription des Yvelines, en télétravail

Nous remercions Natalia Pouzyreff d’avoir accepté de répondre à nos questions sur la manière dont elle poursuit ses missions, tout en étant confinée. Le fait qu’elle ne doive plus se déplacer lui laisse, toutefois, un peu plus de temps. Rappelons que sa circonscription comprend quatre communes de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise : Achères, Carrièressous-Poissy, Médan et Villennes. Comme tous les Français, Natalia Pouzyreff reste à son domicile depuis le début du confinement. Elle maintient, néanmoins, ses contacts avec le « terrain » de sa circonscription, avec ses collègues de l’Assemblée nationale et avec les ministères. Ses trois assistants parlementaires sont également confinés ; celui qui habite à Paris suit l’activité législative et juridique, les sujets relatifs à la défense et à l’Europe et analyse tous les décrets qui sortent. Une collaboratrice continue à gérer tous les courriers et les courriels reçus et à y répondre. L’autre collaborateur s’occupe de la communication. Chacun est, entièrement, occupé. L’un des avantages du confinement est qu’il n’y a plus de temps perdu dans les déplacements !

Comment les députés de la majorité communiquent-ils entre eux et avec les autorités de l’Etat ? Natalia Pouzyreff communique, à distance, avec ses collaborateurs par téléphone et au moyen de la messagerie sécurisée utilisée, chaque jour, avec ses autres correspondants. Les outils qui avaient été mis en place, bien avant la crise sanitaire, se sont révélés particulièrement efficaces dans les conditions actuelles. Le télétravail des députés du groupe « La République en marche » est organisé via des « boucles de communication », au moyen de l’application Telegram, une solution qui permet de tenir, très réactivement, des conversations à distance ; cellesci sont partagées par toutes les personnes du « groupe » intéressées par les sujets traités. Actuellement, la plupart concernent la santé et l’économie. Il y a également une « boucle » d’expression libre. La communication des députés,

Natalia Pouzyreff, en communication avec ses collègues députés et avec les ministères depuis son domicile.

en interaction permanente, se fait de manière organisée avec les cabinets ministériels : leurs remontées du terrain, leurs remarques sur ce qui ne fonctionne pas, leurs propositions d’amélioration de certains dispositifs, par exemple l’aide aux petites entreprises, aux artisans et aux commerçants, sont centralisées par un coordinateur qui transmet les requêtes aux cabinets des ministres. Des visioconférences sont utilisées, au moins une fois par jour, pour les réunions de groupe qui impliquent plusieurs députés, un ministre ou des membres de son cabinet ; le jeudi 16 avril, c’était avec Bruno Lemaire pour parler du plan de sauvetage de l’économie. Parfois, les réunions de groupe hebdomadaires comprennent presque tous les députés de la majorité ; leur nombre, proche de 300, nécessite une discipline, des règles strictes pour la gestion de la parole.

Comment les députés interviennent-ils dans la gestion de la crise ? L’une des remontées récentes du « terrain » de sa circonscription par Natalia Pouzyreff est un bon exemple : elle concernait une interpellation par les horticulteurs et les pépiniéristes qui, habituellement, font plus de 70 % de leur chiffre d’affaires au printemps. Le message a été porté à plusieurs ministères dont celui de l’Agriculture afin que soit donnée l’autorisation de vendre des plants fruitiers et des plans de légumes, qui permettront de futures récoltes et l’indépendance alimentaire. Restait un blocage pour les fleurs, qui ne sont pas considérées comme ayant la même nécessité. L’effort des députés continue pour que les pépiniéristeshorticulteurs puissent, aussi, vendre directement leurs productions. Sur les questions essentielles de l’urgence sanitaire, les députés sont peu intervenus, ayant observé qu’elles étaient prises en compte, de la meilleure façon possible, par www.journal-deux-rives.com

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Intercommunalité le ministère des Solidarités et de la Santé et par les Agences régionales de santé (ARS). Ils ont, néanmoins, apporté leur soutien aux professionnels de santé. Etant en contact avec la direction du Centre Hospitalier de Poissy-Saint-Germain (CHIPS), Natalia Pouzyreff a pu vérifier qu’il avait bien anticipé le pic de la pandémie, en fonction de l’expérience des hôpitaux du Grand Est. Dans le domaine de l’économie, la députée travaillait, lors de notre entretien, sur les conditions de réouverture des commerces, notamment sur les protocoles sanitaires spécifiques à chaque métier. Dans le champ social, les parlementaires ont fait remonter des informations sur le cas de certaines familles n’ayant pas les moyens de bien nourrir leurs enfants, qui ne peuvent plus déjeuner à la cantine ; il en a résulté une décision d’apporter une aide financière aux familles les plus précaires. Des témoignages ont été remontés du terrain sur les personnes handicapées et sur la solitude des résidents des EHPAD. En ce qui concerne l’Aide sociale à l’enfance (ASE), des questions ont été posées pour vérifier que les foyers étaient correctement équipés en matériels informatiques nécessaires pour l’enseignement à distance et que les travailleurs sociaux étaient en nombre suffisant. Depuis quelques semaines, des différends, au sein de familles, exacerbés par le confinement, entraînent des actes de violence. La recrudescence des appels à la police et à la gendarmerie à propos de tels cas a fait l’objet de remontées d’informations vers le secrétariat d’Etat pour la Protection de l’Enfance et le ministère de l’Intérieur. Le résultat a été une sensibilisation des forces de l’ordre et la rediffusion des numéros de téléphone à appeler lorsque des femmes et des enfants se sentent menacés ; le gouvernement a diffusé des messages pour appeler les citoyens à la vigilance et a décidé que le signalement des violences pourra se faire dans les pharmacies. Natalia Pouzyreff a mentionné une de ses actions, avec son équipe, sur le terrain, dans le domaine de l’éducation. Elle avait constaté, grâce aux instituteurs d’Achères avec lesquels elle était en lien bien avant la crise, que certaines familles ne disposaient pas d’un ordinateur, indispensable pour que leurs enfants puissent suivre les cours à la maison ; elle a pu lancer une chaîne de solidarité avec des entreprises qui ont donné des matériels dont elles n’avaient plus besoin. Les instituteurs les ont apportés aux familles concernées, après les avoir configurés ; ils les récupèreront pour leurs classes, lorsque les élèves pourront retourner à l’école. Outre les personnels de l’éducation, la députée reste en relation avec les préfets, suit les diverses initiatives de solidarité et « prend des nouvelles des uns et des autres afin de savoir comment les personnes traversent cette crise et de les accompagner ».

Pouvez-vous, Mme Pouzyreff,

poursuivre vos tâches de fond

?

Les dossiers sur lesquels la députée travaillait sont passés au deuxième plan. Néanwww.journal-deux-rives.com

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - MAI 2020

moins, membre de la Commission de la défense, elle devait participer, le lendemain de notre entretien, à une réunion avec la ministre des Armées, au cours de laquelle la crise sanitaire devait être évoquée : à propos de l’intervention de l’armée en support aux autorités et aux établissements de santé, dans le cadre du programme Résilience. Les questions budgétaires étaient, également, à l’ordre du jour. « Pouvons-nous aller vers une gestion de crise au niveau européen ? » C’est une question à laquelle répond un document rédigé par Natalia Pouzyreff. Elle continue de travailler sur ce sujet, très motivée depuis le début de son mandat pour améliorer la coordination au sein de l’Union européenne.

Quelles sont vos actions actuelles pour les quatre villes de GPS&O faisant partie de votre circonscription ? Un exemple de chaîne de solidarité lancée à Achères a, déjà, été décrit. Qu’en est-il des trois autres communes, voisines, d’un côté de la Seine et de l’autre ? La Lettre d’information Covid-19 #2 de la députée mentionne plusieurs actions de solidarité dans la circonscription, avec des appels aux soutiens à ceux qui les ont initiées : - Soutien à nos soignants : « Des masques de protection réutilisables ou des masques avec visières ont été fabriqués à Villennes-sur-Seine. ». 250 couturières bénévoles du Collectif en Seine ont confectionné des surblouses pour le Centre hospitalier de Poissy-Saint-Germain. - Distribution alimentaire : A Carrièressous-Poissy, 160 familles ont pu bénéficier dune collecte alimentaire, mise en place par la Croix-Rouge dans les deux centres E. Leclerc. - Des ordinateurs pour l’école à domicile : En mars, 22 ordinateurs ont été répartis dans trois écoles d’Achères. Des ordinateurs récupérés dans une entreprise de Carrièressous-Poissy ont, également, été prêtés à des familles de la ville. - Hébergement d’urgence pour les sansabri : Remerciements aux associations de soutien aux réfugiés et sans-abri pour leur action vigilante, qui a conduit la Préfecture des Yvelines à la mise à l’abri des demandeurs d’asile tibétains installés près d’Achères. Mme Pouzyreff, sollicité par un Médanais, a transmis au service de biologie virologique de l’hôpital une demande d’avis sur l’utilisation d’un matériel de test biologique dont sa société dispose.

Quelle est votre opinion pour l’organisation du second tour des élections municipales ? « Seules 5000 communes sur 30 000 n’ont pas élu leur nouveau conseil municipal lors du premier tour », a rappelé la députée. Ce n’est qu’après le second tour et l’élection de tous les maires, avant la fin de l’année, que les intercommunalités, notamment GPS&O, pourront mettre

en place leur nouveau conseil communautaire. Un avis devrait être rendu le 23 mai sur la date du second tour. Natalia Pouzyreff ne partage pas l’avis de certains qui proposent de le faire, l’année prochaine, en même temps que les élections départementales et régionales : « Ce serait compliqué pour la population de s’y retrouver », a-t-elle précisé. De plus, dans de nombreuses communes, les nouveaux conseils municipaux élus pourront être installés dès la levée du confinement. « Il ne faudrait pas que les 5000 communes où les élections doivent être finalisées soient trop en décalage par rapport à la première vague. »

Comment avez-vous interprété la conclusion de l’allocution du président de la République, le 13 avril « Réinventons-nous dans la concorde ! » ? « C’est un appel à l’union nationale. La priorité absolue est la sécurité et la bonne santé de tous les habitants. Lorsque nous serons sortis de l’urgence sanitaire, la crise aura des répercussions économiques ; nous mettrons, certainement, deux à trois ans pour relever l’ensemble de nos pays. En 20212022, au moins pendant la fin du quinquennat, il faudrait envisager un autre mode de fonctionnement du monde politique. Ne plus faire de la politique comme avant ! » A la question sur la transposition de cet objectif de « réinvention » au plan local, en particulier dans le fonctionnement des communes et des intercommunalités, Natalia Pouzyreff a répondu en se référant à une loi en préparation : la loi 3D, basée sur la différenciation, la décentralisation et la déconcentration. Ce dernier point concerne les services de l’Etat. La différenciation apportera plus d’autonomie aux collectivités territoriales, en fonction de leurs compétences, pour prendre les décisions qu’elles jugent bonnes pour les habitants. La crise qui n’a, malheureusement, pas permis de présenter ce projet de loi a, toutefois, montré que c’est au niveau local que les initiatives de solidarité se développent le mieux. « Le gouvernement émet des incitations et les accompagne mais reste sur des politiques d’aide ciblées et nationales ». C’est un exemple de l’autonomie qui doit être instillée au niveau des départements et des intercommunalités. Les communes, qui resteront les « premiers interlocuteurs » de la population, ne devraient pas être concernées par les changements ; il faudrait, toutefois, qu’elles soient associées d’une manière différente aux décisions prises aux niveaux supérieurs, avec un droit de regard accru des maires. « L’agenda parlementaire, en fonction du temps qui restera et d’autres priorités comme un projet de loi sur le grand âge et la dépendance, ne permettra, peut-être, pas de voter cette loi territoriale. Je suis d’accord sur le fait qu’il faut se poser les questions de la gouvernance dans ces ensembles immenses que sont certaines intercommunalités ; c’est un sujet dont nous serons appelés à débattre quoi qu’il arrive. » r

M.K.


LE JOURNAL DES DEUX RIVES - MAI 2020

ANALYSE

Intercommunalité

Le grand remplacement* idéologique dans le nord des Yvelines

Désormais, c’est clair : la droite yvelinoise, incarnée par le parti Les Républicains, n’est plus hégémonique. Ce constat pourrait s’étendre au-delà des communes du nord des Yvelines. Assistons-nous à un grand remplacement idéologique ? Le Journal des deux rives avait annoncé, bien avant le scrutin de mars 2020, qu’il provoquerait une grande lessive dans les communes qu’il couvre(1). Les résultats dans quatre communes(2) faisant partie de notre champ d’observation, au sein de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, laissent augurer un grand bouleversement du paysage politique local. L’examen des résultats du premier tour de ces élections municipales, dans plusieurs communes autour de la Boucle de Chanteloup-les-Vignes, donne quelques enseignements préliminaires : la droite a perdu la main ; les nouvelles forces structurelles en jeu sont propulsées par deux phénomènes concomitants : le vote « Gilets jaunes » et la volonté d’un renouvellement démocratique.

La grande lessive,

autour de quatre thèmes

Dans une lecture conjoncturelle, le scrutin de mars 2020 pourrait faire penser que les élus de droite ou assimilés (DVD) restent prédominants au nord des Yvelines, notamment à Chapet, à Chanteloup-les-Vignes, à Orgeval, à Médan, à Morainvilliers, à Verneuil-sur-Seine, à Vernouillet et à Villennessur-Seine. En effet, aucun candidat se reven-

Gérard Larcher, président du Sénat et Pierre Bédier, président du Conseil départemental des Yvelines sontils au crépuscule de leur carrière politique ? ( Archives J2R)

diquant de la gauche ou de La République en Marche ! (LaREM) n’est sorti vainqueur de ce premier tour des élections. De plus, la faible participation, en raison de la peur du virus Covid-19, a semé la confusion dans l’interprétation des résultats. Cependant, il est à noter que l’hégémonie de la droite est finie : il n’y aura plus de grand chelem comme pour les municipales de 2014 et les départementales de 2015. Pour autant, cela ne signifie pas une renaissance de la gauche ; le cas de Conflans-Sainte-Honorine révèle que la gauche reste absente, dans sa configuration actuelle. Le parti LaREM était considéré comme l’Arche de Noé. La formation politique Les Républicains a pris la forme d’une superno-

va. Les orphelins de la droite yvelinoise sont désormais attirés par de nouvelles forces gravitationnelles. Quel est l’avenir des jeunes loups, des vieux briscards et des opportunistes qui suivent le sens du vent ? Une certitude s’impose, progressivement, avant le deuxième tour des élections : l’absence d’étiquette ou la multiplicité des étiquettes était le sésame pour les Macron-compatibles et pour ceux ou celles qui croyaient au retour du vieux clivage gauche-droite. Les logos ne suffisaient pas pour être en tête après le tour des élections ; il fallait également être en phase avec les attentes, certaines nouvelles, de la population. Le J2R a observé que quatre thèmes ont dominé le débat dans chaque commune(3) : l’urbanisation galo-

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Intercommunalité pante, la sécurité des biens et de personnes, le développement durable et la proximité. En somme, les électeurs se sont interrogés sur les enjeux des politiques publiques ayant trait à l’aménagement du territoire, à l’urbanisme et à la fourniture des services publics. En raison de la multiplicité des institutions territoriales, le levier d’action des maires s’est réduit ou a disparu dans ces quatre principaux domaines. Le programme de chaque liste donnait l’illusion de « pouvoir tout régler », en raison de son savoir-faire et de ses « amitiés politiques » ! Par conséquent, ces enjeux, tout particulièrement celui de l’environnement, ont permis l’émergence de nouvelles têtes de liste à Andrésy, à Triel-sur-Seine, à Verneuil-surSeine et à Villennes-sur-Seine ; ces candidats affirmaient pouvoir accéder à la mairie, pour faire de la politique autrement. Cette volonté de diverses listes de gérer «autrement» leur commune était lisible dans tous leurs tracts et leurs programmes. N’étaient-ce que des astuces pour accéder au pouvoir ? Ces déclarations frôlaient parfois la démagogie, « mais le jeu vaut la chandelle », pourrions-nous dire. Les cas d’Andrésy, de Verneuil-sur-Seine et de Villennes-sur-Seine illustrent ce phénomène : presque toutes les listes se voulaient écolo-compatibles et visaient à gouverner la commune différemment. La liste «Andrésy énergies renouvelées» de Lionel Wastl a gagné à la fois par son travail de terrain et par l’éclatement de la majorité de droite(4). De même, à Villennes-sur-Seine, aucune liste n’a jugé bon de se revendiquer de la droite pure et dure ; le moment était à la bienveillance malgré des coups tordus par derrière. A Verneuil-sur-Seine, cinq sur six prétendants se sont interrogés sur la pertinence de deux projets d’aménagement du territoire qui ont suscité de fortes oppositions depuis plusieurs années : le projet de déviation de la RD 154 et celui de la Pointe de Verneuil. Un discours rafraîchissant a remplacé les certitudes de la vieille garde de la droite yvelinoise. La déviation de RD 154 sera-t-elle remise en cause ? Certains sont prêts à le faire afin de se faire élire.

Le renouvellement démocratique coïncide avec une offre nouvelle

Á Triel-sur-Seine, l’attente d’un renouvellement démocratique s’est doublée d’une offre nouvelle de prétendants : six listes(5) ayant, toutes, une forte légitimité pour remplacer des élus, défaillants depuis une décennie. Les étiquettes n’étaient pas la priorité puisque seules deux listes en avaient placé sur les documents de campagne : «Triel a du talent» et «Triel à Venir». Cinq listes sur six affichaient une hostilité à la politique d’urbanisme menée par les pouvoirs en place (intercommunalité, région, Etat). En outre, la tentative classique de se faire adouber par des «notables» a été contre-productive pour le jeune loup de la Macronie, Jonas Maury (17 % des voix exprimées). En somme, une large majorité de l’électorat a voulu tourner la page des années d’immobilisme, marquées par une complète absence de réflexions sur l’urbanisme, dans un monde complexe où www.journal-deux-rives.com

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En 2011, lors de la cérémonie de vœux à Verneuil-sur-Seine, avant les débâcles des élections présidentielles de 2012 et de 2017. (J2R)

l’on doit se projeter et penser à long terme. En parallèle, des forces structurelles ont pris le contrôle de la campagne, surtout en janvier et février 2020. La peur, l’angoisse et l’incertitude ont marqué la fin des débats, rappelant deux phénomènes de l’histoire bouleversante de la démocratie française : la lutte de classes et le mouvement des Gilets jaunes. Dans le nord des Yvelines qui a vécu une désindustrialisation depuis l’essor de la mondialisation, notamment à Triel, les habitants sont pas mieux lotis que les futurs « déclassés » des zones rurales de la France profonde.

Remplacement idéologique à venir Après avoir suivi la campagne de près, en extrapolant le cas de Triel-sur-Seine, nous pouvons noter certains faits et avancer quelques hypothèses. Des électeurs ont revendiqué et continuent de revendiquer un habitat, un travail et un cadre de vie dans le contexte de la compétition entre les Etats et de la concurrence entre les salariés. Or, le double défi de la pollution et du changement climatique, ainsi que les enjeux qui en découlent ont provoqué, depuis l’émergence des Gilets jaunes, un sursaut démocratique, qui commence à se concrétiser à Triel-sur-Seine. Les deux listes en tête («Triel c’est vous !» avec 32 % et «Triel Autrement» avec 25 %) composent une «fausse majorité idéale», en rupture avec la droite yvelinoise traditionnelle. Une évidence s’impose : Triel n’est plus de droite. Certes, ces deux listes

vont se disputer la victoire au 2e tour mais la messe a été dite pour les années à venir. D’une manière emblématique, la liste « Triel c’est vous ! » de M. Éric Aoun a su fédérer des pans entiers de la population oubliés par les politiques publiques depuis des années. En outre, ce sont des «petites gens» qui ont un faible salaire et ont perdu la confiance dans les partis et les institutions. En gros, c’est le «prolétariat» des temps modernes, comme l’explique Emmanuel Todd dans son dernier ouvrage Les Luttes de classes en France au XXIe siècle(6). Cette analyse va de pair avec la mort de la gauche en général et du Parti socialiste en particulier. Ce sursaut a rendu une fierté aux citoyens(7), à Triel comme ailleurs ; il permettra peut-être, dans le nord des Yvelines, un prochain virage idéologique à moyen et long termes, en commençant par les électeurs. Ceci se traduirait, plus tard, par un remplacement idéologique au sein des édiles des communes de ce territoire. Des changements des discours de Pierre Bédier en sont les prémices : il veut désormais une politique plus écologique dans la Seine Aval. Est-ce un effet de mode ou un remplacement idéologique à long terme ? Suite à la crise sanitaire sans précédent à l’échelle mondiale, cette évolution pourrait devenir une réalité car le défi mondial se gagnera par des politiques locales tenant compte des défis mondiaux ; nos communes pourraient être exemplaires dans cette transition écologique. r R. Acosta.

* Cette notion n’a rien à voir avec la théorie complotiste d’extrême droite, raciste et xénophobe. 1. http://www.journal-deux-rives.com/actu/08972-debuts-campagne-grande-lessive-sannonce 2. Andrésy, Triel-sur-Seine, Verneuil-sur-Seine et Villennes. Nous excluons de notre analyse les villes de Poissy, Conflans-Sainte-Honorine et Les Mureaux car elles obéissent à d’autres logiques telles que le charisme à Poissy, la longévité aux Mureaux et le renouvellement politique à Conflans-Sainte-Honorine. En outre, le poids démographique de ces villes peut biaiser l’analyse ci-dessus. 3. http://www.journal-deux-rives.com/actu/09190-municipales-quelles-sont-grands-themes-abordeescandidats 4. «Osons Andrésy» qui se revendique de la tendance bédieriste, «Andrésy Dynamique» qui se veut plus proche de Valérie Pécresse, «100 % Andrésy» de M. Ferretti et «Mon parti Andrésy» de Denis Faist. 5. «Réagir pour Triel» (LDIV), «Triel a du talent» (LaREM), «Triel à Venir» (LECO), «Triel c’est Vous !» (LDIV), «Triel Renouveau» (LDVD) et «Triel Autrement» (LDIV) 6. Les Luttes de classes en France au XXIe siècle, Emmanuel Todd, Paris, Seuil, 2020 7. Certains ont qualifié « populistes » les votes pour la liste «Triel c’est vous !». Etre populiste serait-il non conciliable avec la démocratie locale ? Comme chacune des autres listes, celle de M. Aoun comprend des personnes qui ne veulent pas de constructions nouvelles mais demandent plus de services en fonction des impôts payés. Pour plus de détails, voir la Revue Esprit d’avril 2020 « Populisme en débat » bit.ly/2R9ApGc


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ANDRÉSY

En période de confinement, dessiner ou peindre sa fenêtre est un premier pas vers la liberté. La fenêtre devient un objet d’expression artistique et permet aussi de générer du lien social grâce au partage sur les réseaux. Ces galeries sont ouvertes à tous, artistes ou simples dessinateurs, rêveurs, enfants et adultes de tous âges. L’initiative française #dessinetafenetre a été lancée dès le début du confinement en mars 2020. Elle a été une des toutes premières à « penser » la fenêtre comme espace de témoignage et de création par le dessin et la peinture en période de confinement. Les galeries sont ouvertes à tous, artistes ou simples dessinateurs, rêveurs, enfants et adultes de tous âges. #dessinetafenetre permet déjà de voyager dans de nombreuses villes et campagnes en France, mais aussi en Russie, à Prague, Édimbourg, Barcelone, Chine, Inde, États Unis, Brésil, etc. L’initiative est soutenue par des musées et des fondations ; des dizaines de dessins et de peintures ont déjà été postées de France et de l’étranger. En période de confinement, « la fenêtre est un lieu d’expression : nous y chantons, applaudissons les exploits, nous communiquons, nous partageons des moments musicaux et artistiques, nous célébrons la vie. Cette fenêtre ouverte sur le monde extérieur devient aujourd’hui très précieuse. Nous la regardons différemment quel que soit le pays où nous habitons, » a souligné Gabrielle Thierry (1), artiste peintre installée à Andrésy. Elle a lancé un site Internet dédié(2) à cette expérience innovante qui risque de marquer les esprits dans la recherche d’une méditation pour un monde après le Covid-19. L’initiative française, dès le début du confinement, a donc été l’une des toutes premières à « penser » la fenêtre comme espace de témoignage et de création par le dessin et la peinture. Venue d’Andrésy et ouverte sur le monde, certains y voient une proposition de voyage, tandis que pour d’autres, tous ces dessins nous ressemblent et nous rassemblent. Chacun peut dessiner sa fenêtre et la

Dans ton confinement, dessine-moi ta fenêtre ! poster sur les réseaux sociaux entre autres. La fenêtre devient un objet d’expression artistique et permet aussi de générer du lien social grâce au partage sur les réseaux. Les galeries #dessinetafenetre sont ouvertes à tous, artistes ou simples dessinateurs, rêveurs, enfants et adultes de tous âges. On voit aujourd’hui les initiatives se multiplier dans plusieurs pays. Elles permettent de croiser les regards de nombreux artistes, professionnels et amateurs, sur la vie pendant le confinement. Aux Etats-Unis, le New-York Times du 30 mars rapporte l’initiative « The Quarantine Diaries » qui souligne la place du dessin avec l’écriture de carnets personnels. Le Seattle Times présente le projet « Sketching What I See from my Window ». Au Mexique, El Universal explique dans son article du 3 avril, « Urban Sketchers dibujan la pandemia » comment la communauté des #urbansketchers, qui ne pouvaient plus se retrouver à l’extérieur, s’est recentrée sur le dessin des vues des fenêtres et de l’intérieur des habitations. En Espagne, La Tribuna de Ciudad Real présente un projet intitulé « El munid desde mi ventana ». En Italie, le défi Sketchmob « Designare l’orrizzonte dalla finestre » a été lancé par des architectes. « A nos fenêtres » est une invitation de l’artiste Gabrielle Thierry afin de vivre mieux ce moment difficile qui a été chamboulé. Pour Gabrielle il s’agit d’être optimiste malgré tout car cette vision, par la fenêtre, est une perception où l’intime joue avec l’universel pour mieux combattre nos peurs et se préparer à un monde l’après Covid-19 : « nous rêvons à nos libertés retrouvées. Cette fenêtre ouverte sur le monde extérieur devient aujourd’hui très précieuse. Nous la regardons différemment. Nous y projetons nos attentes, nos espoirs.

Fenêtre sur Paris

Fenêtre sur New York

Fenêtre sur Moscou

Elle devient un lieu d’expression : nous y chantons, applaudissons les exploits de ceux qui sont au front, nous communiquons, nous partageons des moments musicaux et artistiques, nous célébrons la vie. » r C.B.

1. Gabrielle Thierry est une artiste peintre qui a ses ateliers à Andrésy. Elle a inventé le concept de «peindre la Musique ». Elle a également été invitée aux Etats-Unis, pour exposer « La Musicalité des Nymphéas » d’après Claude Monet. Par ailleurs, elle a fondé l’association Renefer, qui promeut l’œuvre du peintre graveur Renefer (1879-1957). 2. www.dessinetafenetre.org

Fenêtre sur Marseille

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CARRIÈRES-S-POISSY Bernard Danel nous a quittés,

une perte immense

Bernard Danel est décédé, suite à la pandémie du Covid-19. Carriérois de toujours, il a arpenté la ville et agi dans divers domaines : social, sportif et politique(1). Voici un hommage à plusieurs voix.

Un homme engagé et exigeant Notre amitié avec Nanar c’était tout ça : franche et pleine de simplicité. Des amis de toujours. À l’écoute des autres, travailleur, sans relâche et sans repos jusqu’à l’oubli de lui et de sa santé. Bernard, nous avons essayé de t’accompagner au mieux jusqu’au bout mais le Covid et la maladie ne nous www.journal-deux-rives.com

ont pas permis de te dire au revoir. Fiers de toi et bienveillant avec qui j’ai partagé tant d’engagements. de ton amitié, une étoile de plus brille dans le ciel. » Son exigence de chaque instant, son enthousiasme comSur le champ politique, Bernard a mouillé municatif, sa loyauté indéfectible, son charisme affecsa chemise pour faire avancer ses idées et tueux nous manqueront terriblement. À sa fille, Laudéfendre ses convictions. Eddie Aït, ancien rence, ses petits-enfants et à toute sa famille, j’adresse maire de Carrières-sous-Poissy et conseiller mes condoléances les plus chaleureuses et attristées.» régional, a également rendu hommage à l’un de ses piliers : « C’est avec une profonde tristesse Le Journal des deux Rives s’associe à cet que j’ai appris le décès de Bernard Danel, survenu hommage et sera présent pour participer à le vendredi 23 avril 2020. Il se sera battu jusqu’au l’hommage qui lui sera rendu après la crise bout contre la maladie, avec une dignité et un courage sanitaire. r R. Acosta. qui faisaient notre admiration. Pendant près de cinquante ans, Bernard Danel aura été un responsable associatif et un élu emblématique de notre ville. Mé- 1. Selon la page officielle de la ville de Carrières-sousil a été président du COCG, trésorier adjoint daillé de la Jeunesse, des Sports et de l’Engagement Poissy, de l’APEA, président d’honneur de l’ASCG, président Associatif, président d’honneur de l’ASCG Football du Comité Départemental Sports pour Tous des YveCLUB, trésorier adjoint de l’APEA, président du lines, ancien élu municipal. Club Omnisports Carrières Grésillons et du Comité départemental des LAL Yvelines de la Fédération Française NARNA UR JOJOURN JOU esL rivrives ux dedeux s des de des deu x rives Sports pour Tous, Bernard était un bénévole comme on en voit si peu. Le sens de sa vie, c’était rendre service aux autres. Le sport, c’était sa passion. Elu au conseil municipal de la Ville de Carrières-sous-Poissy en 1983, Bernard Danel aura arpenté (15 numéros) chaque rue de Carrières-sous-Poissy, ne reculant devant aucune difficulté, OUI, je m’abonne au JOURNAL DES DEUX RIVES exigeant des solutions et encourageant les projets les plus ambitieux. Les habitants méritaient, pour lui, le meilleur de l’action municipale. Le

Bernard était aussi un ami fidèle. Deux compagnons de route, Jean-Claude Huet et Denis Le Maître, pleurent particulièrement leur ami Bernard, avec lequel ils avaient l’habitude fraternelle de se retrouver le dimanche matin pour partager un café, au croisement de la Grande Rue et de la rue Carnot à Carrières-sous-Poissy. « Notre ami Bernard Danel vient de nous quitter. Vous transmettre par écrit toute l’amitié qui a jalonné notre trio inséparable, en quelques mots, n’est pas aisé. Bernard représente tout ce que le lien social et sportif peut contenir d’humain : proche de tout le monde, accessible et toujours avec le sourire. S’il n’était pas d’accord, il ponctuait toujours sa phrase avec ‘Je m’excuse’. Il a toujours déployé son énergie aux sports et aux associations dans la ville de Carrièressous-Poissy et s’est hissé il n’y a pas si longtemps au niveau du département. Nous n’allons plus pouvoir prendre notre café du matin à Carrières pour refaire la ville ensemble, nous engueuler amicalement sur certains sujets de désaccord. Oui, cela va nous manquer terriblement !

Bernard Danel a marqué sa ville et sa personnalité a rayonné depuis cinquante ans. (DR)

Le

Bernard Danel a été toujours affable, mais déterminé pour agir pour le bien commun. D’abord, en tant que bénévole, il a été dans tous les champs d’action. Voici la présentation officielle de la ville de Carrières-sousPoissy : « C’est avec émotion que nous rendons hommage à cet homme, passionné de sports, qui laissera sa marque dans deux grandes associations sportives : - le Club Omnisports Carrières Grésillons (COCG) qu’il a créé en 1977, et dont il était Président ; - l’Association Sportive Carrières Grésillons Football Club (ASCG), dont il était Président d’honneur ; Fort de son expérience, il présidait également le Comité Départemental Sports pour Tous des Yvelines. Bernard Danel était aussi trésorier adjoint de l’Association des Propriétaires fonciers et Exploitants Agricoles (APEA), fidèle à l’histoire très locale de sa famille.»

Le

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Décembre 2015 2015 2015 DécembreDécembre

Numéro 124 Numéro 124

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CHANTELOUP-LES-VIGNES

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Vue à la fenêtre dans le quartier de la Noë

La Compagnie des Contraires a toujours été fidèle aux habitants de la ville de Chanteloup-les-Vignes. En cette période de confinement, c’est donc un grand plaisir pour son équipe de se déplacer sous les fenêtres des habitants pour leur souhaiter une belle journée avec de l’art circassien. Une nouvelle complicité s’est mise en place. Cet amour sans limites que la Compagnie des Contraires a toujours manifesté aux enfants chantelouvais est présent, comme les fleurs du printemps revenues pour nous dire combien la nature nous aime. Comme le temps n’existe plus et nous ne sommes plus obligés de courir derrière ou de voir le temps courir derrière nous, les gens peuvent enfin se pencher aux fenêtres pour admirer inlassablement les jeux des artistes La Compagnie des Contraires a été vue depuis presque toutes les fenêtres du quartier de la Noë à Chanteheureux d’observer les enfants qui les re- loup-les-Vignes pendant le confinement. (DR) gardent. Cette action Par la fenêtre fait redécouvrir Dans des périodes de crise comme celle Parfois, il y a des familles entières : ils sont trois, quatre enfants, le père, la mère, Chanteloup-les-Vignes. Le renouvellement que nous vivons, un artiste engagé doit vraila grand-mère, tous avec le visage collé à la urbain pendant le printemps a deux particu- ment porter un souffle d’invention. Il doit fenêtre ou écrasé contre les grandes baies vi- larités, le silence et les places vides de monde. sans cesse se demander comment inventer la trées comme s’ils étaient dans des aquariums. C’est une toute autre ville. Les pâquerettes nouveauté, comment inventer le lendemain, Quand la compagnie arrive, c’est vraiment envahissent les pelouses, elles sont heu- un futur qui n’existait pas hier. Il doit trouver un moment important pour eux et pour elle : reuses cette année, car l’espace vert n’est pas la faille dans l’impossible, il doit être prêt à un bol d’art créatif qui change la routine venu leur grignoter les pétales. Les oiseaux agir et à aller de l’avant. Il serait vraiment dommage qu’après cette de la journée. L’action Par la fenêtre nour- chantent partout, les arbres sont en fleurs, rit l’imaginaire des habitants et favorise un la ville est verte. Un vrai plaisir. À vrai dire, crise, la société et les politiques aient envie de reconduire le monde tel qu’il était auparavant, nouveau dialogue avec les familles confinées Chanteloup-les-Vignes est une belle ville ! Le lancement de l’action Par la fenêtre cor- ce qui semble impossible à cette heure. Les pour apporter autre chose que les émissions de TV. C’est une parenthèse dans le confi- respond à la Journée de la Rue Confinement. artistes engagés doivent essayer de trouver nement, comme si une mémoire commune Sa directrice artistique, Neusa Thomasi, a une nouvelle façon de penser ; c’est avec leur mis en place à distance une série de numéros force que nous pourrons inventer un nouveau venait s’installer au sein de la famille. Ces habitants qui crient, tapent des mains, de cirque joués par des artistes renommés monde. Ce sera possible si les politiques et le chantent, appellent les artistes, applau- qui seront présentés en bas de l’immeubles gouvernement acceptent de comprendre la dissent, montrent que le lien est là ; le lien de la ville de Chanteloup-les-Vignes. pensée des artistes. r Enzo FINEL social c’est cela, aller vers les autres, avant tout être sur le terrain, conquérir le territoire La petite troupe d’artistes est composée avec eux et apporter ces petits bouts de bon- de deux à trois artistes souvent confinés heur, ces gouttes d’eau qui feront germer de ensemble ou des couples d’artistes. Ils apbelles plantes. portent au quotidien aux enfants et aux haLa maison mère de la Compagnie des bitants de la Cité de la Noé un moment maContraires a toujours été la rue. C’est aussi gique afin de conserver le lien de confiance la passion de sa fondatrice et directrice ar- et développer la culture pour tous pendant la tistique, Neusa Thomasi, brésilienne, qui a période de confinement. commencé son travail dans les zones périÀ ces fins, la directrice artistique a pris phériques de son pays à l’âge de 18 ans. Sa toutes les mesures nécessaires pour le confipassion ne l’a jamais quittée : ce qu’elle aime nement. c’est le brassage, l’humanité, les gens tout Le circuit des présentations de l’action court. Peu importe leur couleur, leur natio- Par la fenêtre sera affiché, quotidiennement, nalité, leur croyance, leur poids ; avant tout, sur la page Facebook et le site Internet de la elle aime être là, au moment présent face à Compagnie des Contraires. quelqu’un, discuter, regarder, sourire, et apLa compagnie compte toucher l’ensemble porter ses gestes pleins d’amour et de bien- de la population de la Cité de la Noé avant veillance qui l’habitent depuis toujours. le 11 mai. La Cie des Contraires est un foyer de la culture. (DR)

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TRIEL-SUR-SEINE Des Triellois se mobilisent dans

le combat contre l’épidémie

C’est le principe du récit d’aventure : Sir Alfred employait le terme de MacGuffin pour désigner le leurre, le moteur de l’intrigue (motor of plot). Richard Hannay dans Les Trente-neuf Marches, Roger Thornhill ou George Kaplan dans La mort aux trousses : le héros de ces fictions doit courir après pour rester en vie ! La politique c’est un peu comme ce cinéma : si elles veulent survivre, les listes qualifiées ont l’impérieuse nécessité d’avancer, d’agir et de proposer, sans quoi elles seront mortes. En effet, depuis que le Covid-19 s’est invité dans la campagne, un long suspens, comme si le temps se dilatait, s’est ouvert et bien au-delà d’une semaine d’entre deux tours. A mesure que le temps s’écoule, le risque est que l’avantage électoral acquis se dissolve ...

Avoir un coup d’avance, occuper le terrain et montrer que l’on s’occupe du bien commun

À ce petit jeu, force est de constater que la liste de Cédric Aoun a toujours une bonne longueur d’avance. Les autres ou presque toutes sont aux abonnés absents. Le groupe

TRIEL

« Triel solidarité » propose, organise et occupe le terrain. Il vient de lancer une initiative en installant des référents de quartier, chargés de prêter attention à leur voisinage tout en agissant de concert avec le CCAS. Maintenant qu’il n’est plus du tout sûr que le deuxième tour ait lieu, une course de fond est engagée. Démobilisation des équipes ? La solution est à l’action pour faire vivre, resserrer le groupe. Les listes en tête qui pressentent le danger Le collectif Triel Solidarité n’a pas tergiversé pour aider le personnel hospitade l’usure vont probable- lier qui était en première ligne dans le combat contre le Covid-19. (DR) ment temporiser avec les selle. Dans ce cas, faisons l’hypothèse d’une alliances qui se profilaient et, au contraire, coalition du refus, une sorte de tous contre privilégier l’unité et l’harmonie du groupe, l’impératif étant d’entretenir la flamme. La un ; Jonas Maury, s’exprimant le soir du prepériode promettant d’être un peu longue, mier tour a prédit une «ville en crise !» en nous sommes curieux de connaître quelle sera cas de victoire de « Triel c’est vous » et mis en garde : « Ne donnons pas les clefs de la Ville la prochaine initiative ? à n’importe qui ! » Serait-il pour autant le plus qualifié ? Toutefois, même en cas de divine Le temps joue-t-il contre surprise (on refait les élections), cette coaliles gagnants ? tion n’existera pas tant que la liste Kérignard, Passé le knock-out, certains perdants sûre de son potentiel, semblera préférer les peuvent se ressaisir et mettre à profit ce délai soutiens aux accords de liste. Wait and see. inespéré pour mettre en œuvre une stratéQuels seront les survivants à l’issue de gie. S’il n’y a pas de second tour en juin, ils seront, par la grâce du Covid-19, remis en cette funeste période ? r Mac Guffin

Le triangle Verneuil-Vernouillet-Triel est calme, mais la vie continue

Le 8 avril , à Verneuil, à Vernouillet et à Triel, nous constations que le monde est au ralenti dans tous les domaines ; c’était le résultat du confinement. Depuis trois semaines, tout était bouleversé par le virus Covid-19 qui avait déjà fait plus de dix-mille morts, au 8 avril, en France. Les commerces, sauf ceux considérés comme essentiels, dans les trois villes de notre triangle des 2 Rives ont été contraints de fermer. Une chaîne de solidarité (facebook.com/TrielSolidarite) a émergé depuis pour garder les liens sociaux et pour aider les professionnels de la santé à Poissy. La crise sanitaire a mis en pause (longue ?) le processus démocratique de mars. Avril était déjà là avec un soleil radieux qui laisse penser que tout est normal mais rien n’est normal : nous sommes confrontés à un www.journal-deux-rives.com

monde qui ralentit, qui prend son temps. Combien de fois pouvons-nous nous interroger sur le sens de sa vie ? Désormais nous avons le temps pour réfléchir ; pour quoi faire ? Il pourrait même être absurde de se poser la question, mais la réalité de ce virus est bien là. Dans ces trois villes, les pharmacies, les boucheries et les boulangeries sont ouvertes. Par Facebook, les habitants des trois villes disposent de réseaux d’information formelle ou informelle. Il est intéressant de noter la présence des points À C.C. Val de Seine, le 8 avril, des habitants sortent de leur de vie qui permettent de faire les courses confinement pour faire leurs achats. (J2R) et, même, de continuer la vie malgré le Covid-19. Le Petit Casino du Clos des gérants doivent réapprovisionner leurs rayons Vignes(facebook.com/lepetitcasinoducloset, surtout, expliquer aux clients que tout est desvignes) à Vernouillet, en face de la Poste et plus compliqué à commander, à acheminer et à côté de la pharmacie principale, reste un lieu à commercialiser. Soyons bienveillants ! r magique où l’on entretient l’esprit du village dans ces temps difficiles. Tout est ralenti ; les Rodrigo Acosta


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VERNOUILLET

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Construire un parcours citoyen pendant la crise du Covid-19

Pendant le confinement, plusieurs actions citoyennes démontrent que le monde change et que les jeunes sont au premier plan. Pendant cette période de crise du Coronavirus, certains habitants sont confinés et donc confrontés à la « triste réalité » de leur quartier. Fin mars, à Vernouillet, une voisine dit à une autre : « Nous étions en train de refaire le monde à plus d’un mètre de distance, de parler de la crasse de l’immeuble, des gens qui ne respectent rien... Du ménage qui n’est jamais fait. De ce sentiment d’abandon qui, au fil du temps, s’est installé dans nos quartiers. » Au moment précis où la conversation aboutit à l’observation lapidaire « Où va ce monde, que faire, comment faire, par où commencer ? », une dizaine de jeunes armés de pistolets à eau connectés à des bonbonnes qui se mettent à arroser partout pour un nettoyage solidaire ! Spontanément ces jeunes ont décidé de désinfecter les immeubles du Parc : ils ont aseptisé leur quartier pour combattre le virus Covid-19, tout en faisant émerger un élan d’affection et d’espoir. La planète à besoin d’attention et cette action gratuite et altruiste a suscité admiration, respect et réconfort en ces temps troublés. Les jeunes ont senti le besoin de se rendre utiles et, par ce biais, de démêler des actes des idées reçues, amplifiées par les réseaux sociaux. Laurence, la voisine, a posté une publication sur cet acte citoyen des jeunes du quartier du Parc. Certes, elle a été impressionnée par un tel engagement de cette jeunesse, qui a fait exploser le compteur de la page FB de Laurence (13 000 vues dont 7000 partages à travers la France et le monde). En réaction à ces commentaires positifs et affectueux, le porte-parole des jeunes, Nahouval, a minimisé l’affaire : ce sont les actes positifs qui rendent utiles les jeunes. « Tout a commencé par une envie de se rendre utile à la société. Par le bouche-à-oreille nous avons entendu des camps

Depuis fin mars, les jeunes du quartier du Parc à Vernouillet se sont impliqués dans le nettoyage du quartier. (DR)

de migrants sur Paris où des besoins se sont fait ressentir... Nous avons donc monté une équipe pour effectuer des maraudes et subvenir à leurs besoins.» La technologie actuelle (via Snapchat) a permis à ces jeunes du Parc de faire des « recoltemauraude » : en amont, il fallait prévenir les intéressés pour participer aux maraudes, puis récupérer des vêtements ici et là. Et de poursuivre : « Nous avons entendu que dans une ville voisine, Sartrouville, des jeunes ont relevé un défi de nettoyage des immeubles connus, comme Clean Ton Hall. » Par la suite les jeunes Vernolitains ont décidé de relever le défi dans leurs immeubles. Ainsi, ils ont publié une annonce Snapchat pour l’effectuer le samedi 28 mars. La logistique a suivi avec des achats des matériaux nécessaires pour une équipe d’environ trente individus. Ils sont rentrés après cet acte conscients que l’on vit une époque extraordinaire d’épidémie meurtrière non seulement en France, mais dans le monde entier. En parallèle, ils ont décidé de créer une association « citoyenne »(1) qui tâchera de se rendre utile dans les domaines sociaux, culturels et sportifs. Surtout, il faudra travailler avec une dimension intergénérationnelle pour améliorer le quotidien de tous dans le quartier du Parc mais aussi dans les communes voisines. Des défis sont là devant eux ! Ces jeunes ont l’énergie pour démonter des clichés et déconstruire des préjugés d’un monde de plus en plus complexe et compliqué. A l’heure où tout le monde se prépare pour le monde d’après le Covid-19, ce sont ces jeunes qui peuvent et doivent se prendre en main tout en donnant des perspectives à une société déboussolée par un mode de vie marqué par la surconsommation et l’individualisme concurrentiel. Ce mode de vie est le miroir d’un monde finissant dans un contexte de changement climatique.

Cette prise de conscience de jeunes démontre, au contraire, un refus d’abandonner, un moment de révolte contre la tendance de l’histoire. En somme, une belle manière de résister afin d’amorcer la transition nécessaire vers un monde pour vivre autrement ensemble. Laurence, la voisine, a conclu par un grand « merci ». r R. Acosta 1. Contact : recoltemaraude@hotmail.com

C’est une prise de conscience collective. (J2R)

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VILLENNES L’opération sanitaire « Chardon » de la

SNCF, organisée et coordonnée par Pierre Matuchet depuis son domicile

Depuis le 25 mars, presque quotidiennement au début du mois d’avril, les autorités de santé transportent des malades, en soins très intensifs, des régions Grand Est et Île-de-France vers l’ouest et le sudouest de la France dans des TGV médicalisés. Nous avons pu nous entretenir, par téléphone, avec Pierre Matuchet, directeur des opérations TGV, qui est au centre de cette opération.

Pierre Matuchet peut assurer l’organisation et la coordination de l’opération Chardon en télétravail depuis son domicile villennois : il est en contact permanent avec le personnel SNCF qui doit rester sur le terrain et avec les partenaires, tout particulièrement le ministère des Solidarités et de la Santé qui a pris cette initiative innovante. Toutefois, cette opération avait été préparée, avec le SAMU, par un test qui l’avait préfigurée. Néanmoins, des améliorations ont dû être apportées, progressivement, en fonction de l’expérience acquise qui a été mise à profit dans un pays voisin.

Les opérations TGV au quotidien Le travail de Pierre Matuchet, toute l’année, est de s’assurer que les TGV partent à l’heure, roulent correctement et arrivent à l’heure. Il doit veiller à ce que les trains soient en bon état et propres ; il doit prendre des décisions pour agir en cas de difficultés : pannes matérielles, mauvaises conditions météo et climatiques. L’état du réseau est une préoccupation permanente, Pierre Matuchet précisant « Un TGV, à la différence d’un avion ou d’une voiture, doit s’arrêter en cas d’accident devant lui ; il n’a pas de voie de contournement. C’est un transport à une dimension, non pas à une ou deux dimensions ». Le réseau français des TGV comprend 380 rames, cinq gros ateliers de maintenance, chacun avec 500 personnes, dans lesquels les TGV passent tous les 2 à 3 jours. Parmi le personnel se trouvent, également, des conducteurs, des contrôleurs, des agents de guichet. Début avril, seuls 7 % des TGV circulent, soit 40 trajets par jour au lieu de 700 à 800 d’habitude ; il n’y avait plus qu’un seul voyage aller-retour par jour entre Paris et Strasbourg. Toutefois, la complexité technique www.journal-deux-rives.com

Une coopération exemplaire du ministère des Solidarités et de la Santé et de la SNCF pour sauver des vies. (DR)

de leurs parcours à 320 km/h persiste. Les personnels qui travaillent dans les gares, sauf les vendeurs des boutiques, sont en service, avec des mesures de précaution sanitaire.

Les missions Chardon Le ministère des Solidarités et de la Santé a contacté la SNCF afin d’étudier comment pourraient être transportés des malades atteints gravement par le Covid-19. Ils étaient des patients soignés dans des services de réanimation de l’est de la France qui pouvaient être pris en charge dans des hôpitaux de l’ouest et du sud-ouest, moins surchargés. Plusieurs autres possiblités que les TGV s’offraient : - Les anciens trains Intercités ou Corail qui avaient été utilisés pour acheminer des pèlerins ; - Les trains-couchettes. Les TGV ont été préférés suite au test qui avait été réalisé en 2019 avec le SAMU de Paris, en prévision d’un éventuel attentat biologique. Leur capacité, 28 personnes par TGV, peut paraître faible mais elle équivaut au nombre de malades d’un centre de réanimation d’une ville ayant 200 000 habitants. Il était nécessaire de libérer des places dans les centres de réanimation, où les malades du Covid-19 restent très longtemps, environ trois semaines, alors que la durée habituelle est de 10 jours. Dans ce but, le 24 avril, dix TGV médicalisés avaient, déjà, « exfiltré » 202 malades de la Région Grand-Est et de l’Île-de-France(1). Chaque mission a mobilisé 200 cheminots et a nécessité l’installation de

200 bouteilles d’oxygène dans chaque rame. La SNCF a mis en place des équipes qui planifient et organisent chacune des missions, auxquelles a été donné le nom du symbole de la Lorraine : le chardon(2). Un dispositif technique spécifique a été conçu afin qu’aucun incident ne puisse arrêter, même brièvement, les moyens d’oxygénation et de surveillance des malades. Des équipements ont été installés dans les TGV de l’opération afin d’empêcher les coupures d’alimentation électrique et les sauts de tension. Un TGV pouvant passer, en quelques minutes, de 0 à 320 km/h, tout particulièrement sur la ligne TGV Est, les phases d’accélération et de décélération ont été aménagées afin qu’il n’y ait pas d’agravement de l’état des malades. Pour les premières missions, les brancards étaient placés au-dessus des sièges des wagons. Ensuite, les fauteuils ont été démontés. Ce sont des voitures duplex, à deux étages qui sont utilisées afin de séparer les malades, dont quatre sont installés dans le bas, et le personnel soignant qui les surveille et s’en occupe, en “salle haute”. La voiture-bar, au milieu de la rame, est transformée en poste de commandement pour le SAMU. Chaque TGV médicalisé est suivi par une autre rame, ne transportant que le personnel SNCF chargé de la mission, afin qu’il ne soit pas contaminé. En cas de problème de traction du TGV médicalisé, la deuxième rame peut prendre le relais en le propulsant. Ainsi une sécurisation complète est assurée, aussi bien pour la mécanique que pour l’alimentation électrique. Jean-Pierre Farandou, le président de la SNCF, a pu dire que ces missions sont


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plus proches de celles de la NASA que du fonctionnement habituel des TGV. Après leur retour, les TGV médicalisés passent 48 h dans un centre de maintenance afin d’être révisés et désinfectés.

L’aide de la SNCF

à la compagnie ferroviaire espagnole

Il avait fallu cinq jour pour concevoir et organiser l’opération Chardon. Alors que la lutte contre la pandémie était de plus en plus urgente, afin de faire gagner du temps à nos voisins espagnols, la SNCF a transféré son savoir-faire à ses collègues. Cela a été possible car le système de trains à grande vitesse de l’Espagne est peu différent du nôtre. Toutefois, ce ne pourrait pas être fait dans d’autres pays d’Europe, les réseaux de ceux qui ont choisi ces moyens de transport à grande vitesse, notamment l’Italie, étant moins développés. Le seul autre pays bien desservi par des TGV est l’Allemagne, où l’ampleur de la crise sanitaire a été mieux maîtrisée. Toutefois, la SNCF a l’habitude de travailler avec la Deutsche Bahn comme avec la Renfe en Espagne.

Une opération exemplaire La SNCF a fait les preuves des avantages du TGV dans cette situation d’urgence alors que dans un avion, ne pouvant transporter que 2 à 4 malades, ceux-ci sont soumis à de fortes secousses. Les trajets ont été sur de grandes distances : Paris-Quimper, ParisMorlaix, la plus longue étant StrasbourgBordeaux. La SNCF est restée, jusqu’au 24 avril, au service du ministère de la Santé qui, avec un préavis de 48 h, déterminait, en fonction des priorités et des urgences, les trajets et les horaires des transports sanitaires. L’entreprise a lancé d’autres actions de solidarité : notamment, elle a donné au SAMU social des plateaux-repas qui étaient stockés, en prévision d’éventuels blo-

Face à la rapide propagation du virus, des malades ont pu être transportés à grande vitesse à travers toute la France. (DR)

cages de TGV en cours de voyage, et 3500 couettes de trains-couchette. Pierre Matuchet a conclu ainsi notre entretien : « C’est là que l’on trouve tout l’ADN du service public de la SNCF. C’est une entreprise où l’on peut être fier de bosser. Au-delà du SNCF bashing que l’on a tous les jours, on voit ce que peuvent faire les cheminots. [...] Des choses qui n’avaient jamais été faites : ces transports sanitaires à 320 km/h resteront dans l’histoire ! ». r Michel Kohn 1. Les médias ont montré la joie des premiers patients sortant guéris d’un hôpital de l’ouest de la France et du personnel soignant, avant leur retour en Lorraine ou en Alsace. 2. La SNCF propose une vidéo de 23 mn présentant cette opération et un résumé de 3 mn : https://www. sncf.com/fr/nos-engagements/covid-19-dans-les-coulisses-des-tgv-medicalises.

Pierre Matuchet un directeur de la SNCF. (DR)

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LES MUREAUX

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Le Centre Covid-19 Val de Seine : un outil efficace pour les médecins

Le lundi 30 mars, le Centre Covid-19 Val de Seine a ouvert officiellement ses portes aux Mureaux, en collaboration avec les médecins généralistes et les professionnels de santé du territoire, dans les locaux de l’ancienne école Jean-Jaurès. Avec ce centre, la ville des Mureaux met à disposition des médecins généralistes et des professionnels de santé du territoire un site adapté à l’accueil des patients atteints par le Covid-19. L’objectif est : « offrir aux patients le meilleur accès aux soins en proximité, permettre aux professionnels de santé de travailler dans de bonnes conditions et, ainsi, soulager les hôpitaux et les services d’urgence ». Après quelques semaines de fonctionnement, le centre a démontré son utilité aux yeux de nombreux médecins, et de la population.

Qu’est le centre Covid-19 Val de Seine ? Afin de contribuer à la résolution de la crise sanitaire du Coronavirus, qui touche le pays entier, la ville des Mureaux a mis à disposition des professionnels de santé du territoire des moyens dans un lieu dédié que l’on a nommé le Centre Covid-19 Val de Seine. Sis dans les locaux d’une ancienne école, le centre se trouve au 6 rue Maryse-Bastié aux Mureaux. Désinfecté deux fois par jour, le Centre Covid-19 Val de Seine est uniquement réservé aux patients présentant des symptômes (fièvre, toux, courbatures…) et sur rendezvous. Le Centre Covid-19 Val de Seine accompagne également des patients après un passage aux urgences ou une hospitalisation. Ce centre fait partie du dispositif médical concocté par les pouvoirs publics avec l’aide des élus locaux et des acteurs du monde médical. « Il est déterminant de mettre en place une solution pour que chaque habitant puisse bénéficier de soins et d’un accompagnement de santé en proximité », a expliqué François Garay, maire des Mureaux dans un communiqué de la mairie. Il a également insisté pour remercier tous les acteurs de ce dispositif : « Je tiens à remercier les professionnels de santé qui s’engagent dans cette démarche ainsi que l’investissement des services municipaux qui ont rendu cette ouverture possible. Nous ne vaincrons cette épidémie que par la solidarité en soutenant en particulier les plus vulnérables ».

Un dispositif loué

par des professionnels

Soutenu par la ville, le projet est porté par la Communauté professionnelle Territoriale de Santé (CPTS) Val de Seine, qui regroupe www.journal-deux-rives.com

Une salle du Centre Covid-19 Val de Seine aux Mureaux. (DR)

les professionnels de santé (médecin, infirmiers, pharmaciens, biologistes, professionnels paramédicaux…) de la vallée de la Seine. « Notre collectif de professionnels de santé a souhaité proposer une solution pour mieux informer, orienter et accompagner les patients et ainsi répondre aux demandes de soins et soulager les services des

urgences et les hôpitaux », a aussi observé le Docteur Marie-Hélène Certain, médecin généraliste. Pour elle, « la ville des Mureaux a immédiatement soutenu la démarche en nous mettant à disposition ce lieu parfaitement adapté ainsi qu’avec un important soutien en termes de réseaux informatiques, gardiennage, signalétique… ».

Réactivité du corps médical Comment obtenir un rendez-vous au Centre Covid-19 Val de Seine ? Afin que le centre joue son rôle de façon efficace, les consultations s’effectuent uniquement sur rendez-vous : • Si vous avez un médecin traitant : vous devez le joindre et il pourra vous permettre de prendre un rendez-vous (si votre état de santé le nécessite). • Si vous n’avez pas de médecin traitant : vous devez joindre l’Assurance maladie au 3646 qui pourra vous permettre de prendre un rendezvous (si votre état de santé le nécessite).

Cet accompagnement de première ligne a pour objectif d’informer et d’orienter les patients, pour répondre aux demandes de soins et pour soulager les services des urgences et des hôpitaux. « Ce centre nous permet désormais d’accueillir les patients du territoire dans les meilleures conditions possibles », a enfin précisé le Docteur Jean-Marie Conesa, médecin généraliste à Meulan-en-Yvelines et président de l’association des médecins du canton des Mureaux. « Il nous permet également de conserver nos cabinets pour toutes les consultations médicales qui ne sont pas liées à l’épidémie, notamment pour les personnes les plus fragiles. Sur la première journée, nous avons pu accueillir plus de 50 patients. C’est bien plus que nous n’aurions pu le faire dans nos propres locaux ». r Damien Delerin


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« Espoir de femmes » continue et s’adapte au confinement, en allant plus loin

ECQUEVILLY

L’association muriautine « Espoir de femmes », connue également sous le nom « Camion d’aide aux femmes », continue son action auprès des habitants de la commune des Mureaux durant le confinement et se mobilise pour les soignants, les pompiers et pour beaucoup d’autres. Pendant la crise sanitaire, l’association muriautine « Espoir de femmes », créée en 2015, continue à venir en aide aux femmes en leur apportant une aide alimentaire à prix solidaire. Sa présidente, Leila Amrouche, et l’une de ses bénévoles parcourent la ville des Mureaux en camion frigorifique afin d’effectuer les distributions. Elles touchent environ cent cinquant familles dans la ville.

S’adapter à la crise Coronavirus Avec le confinement, l’association a décidé de faire des livraisons à domicile. Ses membres maintiennent l’association ouverte pour ne pas pénaliser les personnes bénéficiaires de leur aide et les soutenir dans cette pandémie. Un chauffeur organise le chargement du camion du lundi au vendredi ; ensuite, une bénévole et la

présidente effectuent les livraisons. Les femmes trouvent, dans leurs sacs de courses, des produits frais, de la viande, du poisson, des produits secs, des produits d’hygiène et d’entretien. Les membres de l’association sont équipés de masques et de visières généreusement offerts par la société DLG de M. Detrain, un habitant de Villennes-sur-Seine.

Dons aux soignants, aux pompiers… Pour soutenir le per- Les pompiers étaient aussi présents dans le parcours de l’association «Essonnel soignant dans cette poir de femmes». (DR) situation de crise, l’association a livré des fruits et le dispositif « Muriautins Solidaires ». des légumes au Centre Hospitalier Intercom« Nous souhaitons un regain de solidarité de munal de Meulan-Les Mureaux (CHIMM) civisme et d’humanité de la part de tous dans cette ainsi qu’aux pompiers des Mureaux. Pensant période cruciale que subit la société française », a à nos amis les animaux, elle a, également, déclaré Leila Amrouche, présidente de l’asdéposé des paniers et des sacs de croquettes sociation. r au refuge de Buchelay. Toutes les semaines, les bénévoles effecDamien Delerin tuent des dons de yaourts, de fromages, de pâtes, de fruits et même de livres pour les enfants « car la culture est très importante » pour

Jacques Lélut expose « Rêves d’Espace » aux Mureaux

Du lundi 2 au dimanche 8 mars, le plasticien et scénographe Jacques Lélut a réalisé une exposition intitulée « Rêves d’Espace » à l’Espace des Habitants des Mureaux, dans le cadre du Festival Ciel en Seine.

baptisée « l’Astroport » ; elle abrite l’association « Les Passagers de l’Astroport ». Jacques Lélut réalise ses œuvres à partir de détournements, rejets, jouets cassés et déchets plastiques. L’Astroport est également un lieu d’échanges, de découvertes, de formation et une exposition permanente.

Aux Mureaux s’est tenu la quatrième édition de Festival Ciel en Seine, qui a accueilli Jacques Lélut, artiste plasticien et scénographe, et son exposition « Rêves d’Espace ».

Un escape dans l’Espace

L’imaginaire de Jacques Lélut Jacques Lélut est, depuis plus de 40 ans, un artiste qui fait vivre son imaginaire, inspiré d’univers stellaires et de science-fiction à travers ses œuvres. Installé dans une ancienne manufacture de Bonnières-sur-Seine, qu’il a

Son exposition « Rêves d’Espace », qui s’est tenue à l’Espace des Habitants, a embarqué le visiteur dans un voyage onirique dans un L’espace comme source d’inspiration. (DR) monde futuriste à travers ses réalisations et leurs significations. Cette visite est visuelle mars, de décors à un Escape Game géant autour mais aussi auditive, car les bandes originales du Château de Bécheville. des plus grands films de science-fiction acLes participants ont ainsi pu visiter compagnent les visiteurs. Cette exposition l’exposition en nocturne. Cette animaest aussi une réflexion sur la conquête de tion a connu un gros succès tout comme l’Espace et la sauvegarde de la Terre. l’exposition de Jacques Lélut. r L’exposition a également servi, le samedi 7 Damien Delerin www.journal-deux-rives.com

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ENQUÊTE UFC-QUE CHOISIR Sommes-nous en sécurité

en faisant nos courses alimentaires ?

Alertée par le témoignage d’une personne très inquiète, en ces temps de confinement, par la promiscuité et, selon elle, par l’absence de mesures de protection sanitaire régnant dans un hypermarché, l’association UFC-Que choisir Val-deSeine a voulu vérifier : elle a fait un premier relevé des moyens mis en place par les magasins pour accueillir et accompagner les consommateurs-clients en toute sécurité lors de leurs achats. Nous reproduisons le texte de UFC-Que choisir sur les résultats de son étude. Cette enquête express a, délibérément, été limitée aux grandes enseignes, faciles à inventorier dans notre secteur. Nous aurions aimé la prolonger aux magasins de proximité ainsi qu’aux circuits courts mais, ils sont nombreux et leur sélection dans un délai restreint n’était pas possible. Par ailleurs, les résultats reçus sur quelques drives ne sont pas exploitables, notre questionnaire étant inadapté.

Notre enquête Pour rendre cette enquête aussi rigoureuse et objective que possible, une liste de 15 critères pour lesquels il suffisait de répondre par oui ou par non a été établie. Ils concernent : - L’accueil à l’entrée du magasin : 6 critères sur le contrôle à l’entrée, le marquage au sol, la mise à dis position de masques et gants, le nettoyage des caddies. - La circulation à l’intérieur du magasin et le matériel de protection du personnel : 3 critères sur la protection, masques et gants du personnel et un sens de circulation. - Le passage en caisse : 4 critères sur la protection masques, gants, vitrage, marquage au sol. - La sortie/l’entrée séparées ou non. Le questionnaire a été adressé à nos adhérents pour qu’ils relèvent en magasin, entre le 10 et le 25 avril, la présence ou l’absence des critères. Dans chaque rubrique une question ouverte interroge sur les améliorations susceptibles d’être apportées. Vingt-cinq magasins ont été visités dans notre secteur. Il s’agit de 7 hypermarchés, 13 supermarchés, 4 magasins spécialisés en produits frais ou surgelés et une jardinerie.

Les résultats Les réponses (oui, non) ont été transformées en points permettant un classement des enseignes, en matière de sécurité sanitaire. Il est considéré, qu’en-dessous de 7 critères pris en compte, le résultat est très www.journal-deux-rives.com

Grâce au travail des bénévoles, comme ici dans le cadre d’un stand au C.C. Val de Seine, l’action de l’UFCQue choisir reste d’une rédoutable efficacité. (Archives J2R)

seniors, au personnel médical et « personnes à risques », d’autres souhaitent davantage de sens de circulation indiqués, surtout quand le passage est étroit, et davantage d’annonces incitant les clients à respecter les gestes-barrières. Il est vrai que ceux-ci – par négligence ou affolement ? - n’ont pas toujours un comportement raisonnable ! Trop de gens continuent à s’agglutiner devant l’entrée ou aux caisses. Une évidence, ce drame du Coronavirus entraîne un changement de mode d’approvisionnement, avec : - L’utilisation des drives (bien que l’organisation en soit encore imparfaite). - Des livraisons à domicile. - Le report non négligeable de certains achats vers les magasins de ville, voire les circuits courts lorsqu’ils ont pu être maintenus, ceci notamment pour limiter les déplacements. Quels enseignements en tirer ? Nous aurons l’occasion d’enquêter sur cette D’une manière générale, la bonne volonté évolution sans doute incontournable. r D.-D existe : les magasins semblent disLes notes des magasins visités poser des outils élémentaires pour ( hypermarchés surlignés en jaune) assurer la sécurité tant du consommateur que de leur personnel. Aucun ne distribue de masques, peu du gel. Presque tous protègent leur personnel, surtout en caisse. Les différences se jouent sur les critères de limitation à l’entrée et les entrées et sorties différentes, ceux qui permettent de limiter la promiscuité. Il manque pourtant du personnel dans les rayons pour réguler le comportement des acheteurs. Les caisses automatiques où le scan est appliqué sont à suspendre ou à organiser différemment, à cloisonner (trop de promiscuité, pas assez de personnel de régulation). Les adhérents concernés ont apprécié les créneaux horaires dédiés aux insuffisant ; entre 7 et 9, c’est un résultat moyen, surtout pour les hypermarchés qui drainent un grand nombre de clients ; audessus de 10, il est clair que les responsables de ces établissements ont fait de louables efforts pour aider le consommateur à faire ses courses sans courir trop de risques pour sa santé (même s’il y a toujours moyen de mieux faire !). Certains résultats peuvent être partiellement sujets à pondération quand la visite n’a pas été faite aux heures d’affluence. Il a en effet été constaté un certain relâchement lors des creux de fréquentation : absence de contrôle à l’entrée, de gel hydro alcoolique, de nettoyage des barres de caddie (d’où certaines notes traduites en 0,5 au lieu de 1).


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L’ancien maire de Poissy et ancien président de la Communauté d’agglomération du Pincerais a fêté son premier disque d’or avec de nombreux amis Avertissement aux lecteurs : cet article a été publié le 1er avril 2020, illustré par le logo du Journal du Pincerais, comprenant le blason de la ville de Poissy : un poisson (de couleur rouge), entouré de deux et demie fleurs de lys. Nous nous sommes procuré un article qui sera publié le 1eravril 2033 dans Le Journal du Pincerais ; celui-ci aura pris la suite du Journal des Deux rives et sera devenu le plus important organe de presse de notre territoire : la Communauté d’agglomération du Pincerais, créée ainsi que celle du Mantois, lors de la scission de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise au début de l’année 2021.

deaux, Nantes, Marseille, Nancy, Lille, Montpellier et de terminer, bien sûr, après le Zénith de Paris au Théâtre de Poissy. Certains concerts sont d’ores et déjà complets, après l’annonce qu’un disque d’or lui avait été attribué, suite au formidable succès de son album. Celui-ci porte le titre de son livre Rendre possible l’impossible, publié en 2018. Il comprend des reprises de belles chansons du XXe siècle ainsi que ses propres compositions sur des thèmes qu’il connait bien : les médias, les sports, notamment le football, et la politique. Le restaurant du Centre d’entraînement du Paris-Saint-Germain n’était pas disponible pour une fête. Ne pouvant pas attendre le mois de juillet pour convier 200 amis, dans la ville de son ami Arnaud Péricard, à la brasserie Millot de la Fête des Loges où ils avaient fondé le Club des Loges en 2012, Karl Olive a fêté son succès au restaurant Cazaudehore, voisin. Le maire de Saint-Germain-en-Laye, qui espère atteindre la longévité de son père, était présent.

Un succès mérité Fort de l’engouement du public pour ses chansons, Karl Olive se lancera prochainement dans une tournée à travers toute la France. Le coup d’envoi sera donné le 1er mai prochain à Dijon, avant de passer par Bor-

Un scoop : des projets en préparation

Karl Olive nous a dévoilé deux projets avec d’anciens élus des environs de Poissy, qui ne sont plus très jeunes mais ont encore la forme. Bien qu’il n’ait pas toujours été d’accord avec les prises de position de Daniel Level, il a accepté la proposition de l’ancien maire de Fourqueux et ancien président du Syndicat Mixte d’aménagement, de gestion et d’entretien des berges de la Seine et de l’Oise, de former un duo avec un répertoire autour de la Seine. Un autre projet est plus avancé : pour son prochain album, Karl Olive sera accompagné, à l’harmonica, par Pierre Cardo, ancien Une reconversion exemplaire maire de Chanteloup-les-Vignes et premier président de l’ancienne Communauté d’aggloD’autres amis, toujours actifs en politique, mération 2 Rives de Seine. Ne doutons pas étaient présents à la remise du disque d’or : que ce nouvel album leur apportera le succès ! - Le maire de Villennes qui a commencé, il y Pourquoi pas un disque de platine ? r a quelques mois, son troisième mandat ; M.K. - Le président du Conseil départemental des 1. Le Pincerais était une ancienne région, dont la capiHauts-de-Seine, Pierre Bédier, venu de Neuilly tale était Poissy, s’étendant jusqu’à Bonnières au delà où il s’est installé après les dernières élections de Mantes. Pour connaître son histoire voir : http://www.journal-deux-rives.com/actu/04339-pincedépartementales. rais-notre-ancienne-region-poissy-saint-germain-laye-

L’auteur de cette chronique, qui aura résisté à la pandémie du Covid-29, y sera toujours très actif, deux mois avant son quatre-vingt-neuvième anniversaire. Il continuera à partager la devise de l’ancien maire de Poissy, président de cette intercommunalité : « Être sérieux sans se Rappelons qu’après la scission de la Comprendre au sérieux ». munauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, 50 000 exemplaires vendus de son premier album, celà valait bien une fête ! Rappelons que, dans les années 2000, l’effondrement des ventes de CD avait provoqué une très forte diminution du nombre des certifications attribuées, passées de 644 en 2001 à seulement 73 en 2006. Une réaction avait été nécessaire. Le seuil pour un disque d’or n’ayant pas été modifié depuis 1973 (100 000 ventes), il avait donc été baissé en 2006 (à 75 000) puis 2009 (à 50 000). Depuis 2016, en France, les certifications du Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) sont attribuées, pour les albums, en additionnant aux ventes physiques les écoutes sur les plates-formes d’audio en ligne.

précédent, quelques semaines après que le deuxième tour des élections municipales et communautaires ait pu avoir lieu, lorsque la crise du Coronavirus n’était plus qu’un très mauvais souvenir. C’était dans cette période de confinement que Karl Olive avait révélé ses talents de chanteur, déjà connus des aînés pisciacais(2).

bonnieres 2. Pendant le confinement, KO a publié, chaque jour, une vidéo de son interprétation d’une belle chanson (plus de quarante au total), sur sa page Facebook : https://www.facebook.com/karl.olive.

le président des Yvelines a réussi son projet de fusion de son département avec celui des Hauts-de-Seine, reprenant le nom de la Seine & Oise pour ce nouveau département dont il était devenu président. Toutefois, après qu’il ait perdu la confiance d’un grand nombre d’élus de l’ouest du département, l’histoire s’est répétée : la nouvelle Seine & Oise a été découpée pour reformer les deux départements d’origine. Jusqu’à sa retraite politique, l’année dernière, après trois mandats de maire de Poissy, Karl Olive était le président de la Communauté d’agglomération du Pincerais(1). Celle-ci avait été formée ainsi que celle du Mantois, au début de l’année 2021, lorsque les élus de la communauté urbaine GPS&O avait décidé de la scinder en deux. Karl Olive la présidait depuis le mois d’octobre Karl Olive est une personnalité publique qui perdure !

(Archives J2R)

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Culture

MÉMOIRE

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - MAI 2020

De Poissy à Médan, une enquête sur l’artiste peintre paysagiste Jules Rozier (1821-1882)

Le Dr Vincent Richard-Bloch, adjoint au maire de Poissy délégué à la culture, a annoncé, lors du «vernissage» de l’exposition « Le Paysage français 1850-1914 », qu’elle était la dernière de toutes celles qu’il a organisées au cours de sa longue participation à la vie de la commune. Il s’est montré, particulièrement, intéressé par les résultats de notre enquête historique, déclenchée par l’un des tableaux exposés. Un tableau intitulé Mon jardin à Médan, découvert dans l’exposition « Le Paysage français 1850-1914 », qui s’est tenue en octobre et novembre 2019, nous a conduits à nous intéresser à l’auteur de cette eau forte réalisée en 1869. Quelles ont été son existence et son œuvre ? Où se trouvait sa résidence médanaise ?

Le point de départ : une très belle exposition de peintures à Poissy Cette exposition avait été organisée par la Ville de Poissy, en partenariat avec l’Académie des Peintres de l’Abbaye, le Musée d’art et d’histoire de Meudon et le Musée d’art et d’histoire de Poissy ; parmi les 84 peintures et gravures présentées, issues de fonds publics et privés, nombreuses étaient celles représentant des vues de notre territoire, en particulier des bords de la Seine.

Jules Charles Rozier : Paysage au bord de la Seine. (DR)

interrogation fondatrice de l’art du paysage. Le jardinier comme le graveur sillonne et imprime la surface, le jardin comme l’atelier, l’atelier comme le jardin, sont les aires nécessaires à leur cheminement. » Sept autres œuvres de ce peintre étaient également exposées. Les commentaires précis nous ont permis de mieux comprendre le style et les techniques de cet artiste peintre. Toutefois, pour trouver des informations sur l’existence de cet ancien habitant de Médan, des recherches se sont avérées nécessaires.

L’enquête sur la vie et l’œuvre de Jules Rozier Une recherche sur Internet nous a montré l’étendue de sa production : les divers

Deux professeurs de l’Académie des Peintres de l’Abbaye, Jean-Marc Denis, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, et son frère Fabrice Denis, docteur en histoire de l’art, ont élaboré l’exposition et rédigé les textes de présentation ainsi que le catalogue ; le premier, également directeur artistique de l’académie, y présente ainsi l’eau forte de Jules Rozier, représentant le jardin de la maison qu’il habitait à Médan : « Un premier plan obscur permet à la lumière du second cet effet théâtral et rembranesque. La diagonale établie par les deux valeurs de ce jardin, ombre et lumière, et un enchevêtrement de lignes sans fin, traduisent la prolifération végétale. Animée et sensible, cette gravure pose cette éternelle question de la place de l’homme dans la nature, Mon jardin à Médan, eau forte de Jules Rozier. (DR) www.journal-deux-rives.com

sites de ventes aux enchères d’œuvres d’art recensent plus d’une centaine de tableaux. Toutefois, très peu d’informations biographiques sont disponibles. La neige à Médan Une notice bibliographique du catalogue de la Bibliothèque nationale de France nous a confirmé la présence de Jules Rozier à Médan vers 1877, l’année où il a exposé au Salon une eau forte, simplement intitulée Médan. La consultation du périodique L’Artiste, journal de la littérature et des beaux-arts, dans la bibliothèque numérique Gallica, nous a permis de trouver un commentaire dans son second volume de l’année 1877, sous le titre Paysage d’hiver : « On a beaucoup remarqué ce paysage d’impressionniste au dernier Salon. M. Jules Rozier a l’accent des mélancolies de la nature. On a froid dans ses hivers, mais on respire la nature dans ses printemps. » Il nous fallait retrouver cette eau forte. Devions-nous aller sur le site Richelieu de la BnF pour voir l’estampe ou en acheter une reproduction via Internet ? La notice nous a précisé qu’elle représente un pay-


LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JANVIER 2020 sage sous la neige. Les gravures n’étant pas des œuvres uniques, nous pouvons en acquérir un exemplaire dans des galeries, même sur leur site Internet. Ainsi avons-nous trouvé une photo de la gravure de 1877, intitulée Paysage d’hiver - Médan, où le château est bien reconnaissable, dans le fond à gauche (ci-contre). Le tableau Le village de Médan sous la neige qui a, vraisemblablement, été à l’origine de la gravure (ou l’inverse) a été vendu, ces dernières années, à Drouot ; cette huile sur toile est datée «1er Xbre 1875» (1/12/1875). ll nous fallait continuer les recherches dans la bibliothèque numérique Gallica, afin de trouver des témoignages de contemporains de l’artiste. Un catalogue posthume Après le décès de Jules Rozier, son épouse a vendu, aux enchères à l’Hôtel Drouot, en mai 1883, les peintures et les dessins qu’elle Deux expressions de l’artiste pour dépeindre Le village de Médan sous la neige. (DR)

donc, été rédigée par le fils de Jules Rozier.

possédait, dont ceux qu’il avait réalisés. Avant la description des œuvres en vente, un texte présente l’artiste disparu. L’auteur, Ph. Burty, critique d’art, y racontait qu’au retour d’une longue visite du Salon il reçut d’un jeune homme une lettre de Nadar. « Il me présentait, dans son billet ému et bref, le fils de Jules Rozier, son vieil ami, me signalait la vente prochaine de ce qu’a laissé en mourant, infirme, découragé et pauvre, le brillant et fin paysagiste, et me demandait de rédiger la notice en tête du catalogue. [...] J’ai lu ce papier. Il n’y a rien à y changer. Je l’envoie tel quel à l’imprimerie. Il résume avec tact, avec mesure et avec une sensibilité communicative, tout ce qu’il importe de savoir sur le maître et sur l’homme. » La notice biographique du catalogue a,

En voici quelques extraits : « [...] Il nous semble que la peinture de cet artiste, si naïvement cherchée, si simple dans ses moyens, est de celles qui se comprennent aisément. [...] Il entra tout jeune dans l’atelier de Bertin, qu’il ne quitta qu’au bout d’un certain temps, pour prendre les conseils de Paul Delaroche. [...] Vers 1845 un revirement complet se produisit en lui. Cessant d’envoyer aux Expositions, il consacra tous ses efforts à étendre le cercle de ses connaissances, et se mit avec ardeur à étudier les sciences dans les divers rapports qu’elles peuvent avoir avec l’Art. Sans faiblesse, sans découragement, plein de foi dans l’avenir, pendant une période de dix années il ne cessa de poursuivre solitairement son œuvre, persuadé que la vie d’un artiste n’est qu’une laborieuse incubation de choses qui doivent éclore à de certains moments d’élection. Ces heureux moments vinrent pour lui ; et, depuis le Salon de 1859 jusqu’à sa mort, on peut dire qu’ils ne le quittèrent plus. [...] Plus tard encore, du cœur de cette vallée de la Seine, objet de la constante prédilection de l’artiste, un autre ordre d’études et de recherches est appelé à sortir. Du village de Médan, lieu habituel de sa retraite et centre de ses rayonnements, surgissent d’autres notes délicates : le Verger en fleurs, l’Arbre mort, les Champs en mai, petits poèmes pleins de rêveries, parfumés de senteurs printanières, derniers échos de la jeunesse. [...] Nous retrouvons toujours, sous des ciels limpides, transparents et profonds, le même aspect de vérité, la même finesse de ton, le même sentiment poétique de la nature. Mais déjà pointent à l’horizon le cortège des amertumes de la dernière heure. Ce fut en 1877 que le pauvre artiste ressentit pour la première fois les atteintes du mal

Culture terrible qui devait l’emporter six ans après. [...] En 1878, il passe trois mois à Granville et sur les côtes normandes dans une étroite intimité avec le ciel et la mer. [...] Ce furent les derniers moments heureux de son existence. La paralysie devait bientôt venir le frapper. [...] Paralysé du côté droit, succombant sous le poids de la douleur, condamné fatalement à l’inaction, Jules Rozier se met résolument à peindre de la main gauche, montrant par cet effort ce que peuvent le courage et la volonté dans une âme bien trempée. [...] Venu à la suite du mouvement romantique de 1830, Jules Rozier appartenait par son âge et par la nature de son talent à cette pléiade de paysagistes français qui restera toujours l’honneur et la gloire de notre école moderne. [...] Tempérament de rêveur et de poète, il ne fut jamais qu’un contemplatif, et si la nature avait été prodigue envers lui de tous les dons qui concourent à former un artiste, elle lui avait refusé ceux qui font aimer la bataille et rechercher les luttes ardentes de la vie. Peut-être souffrit-il à de certaines heures, car l’injustice afflige toujours les âmes délicates ; mais il est certain que, plutôt que d’aller mendier les suffrages, il préféra se retirer loin du monde, au milieu du calme des champs. [...] » Dans ce texte et dans le catalogue de la vente, sont mentionnés d’autres peintures et dessins réalisés à Médan, à Triel, à Vaux, à Vernouillet et à Villennes. Des recherches dans la presse de l’époque de Jules Rozier nous ont apporté des compléments intéressants, publiés lors de son décès puis à l’occasion de la vente de ses œuvres. Cette exposition avait été annoncée ainsi par le quotidien Le Gaulois : « Dans le siècle où nous vivons, nous disait il y a peu de jours un homme qui connaît la société, les timides ont tort. Combien cette appréciation serait juste si nous avions à chercher le motif de l’infortune de feu Jules Rozier [...] Le seul défaut du sympathique artiste était d’être trop timide pour se faufiler dans aucune coterie et trop fier pour solliciter, non seulement un appui, une protection, mais même un de ces honneurs qui ne s’accordent, hélas que sur la demande de celui qui veut l’obtenir. [...] Ses paysages, qui témoignent tous d’une étude consciencieuse et qui sont bien empreints de poésie, ont pris place dans des centaines de collections. Ses toiles, relativement à celles de ses contemporains les plus estimés, ont une bien plus grande valeur que celle que nous leur avons attribuée jusqu’à présent. Nous sommes convaincus qu’avant peu il se produira une véritable hausse sur le nom de Jules Rozier. » Le quotidien L’Intransigeant a publié ce commentaire dans sa nécrologie : « Peintre des vergers en fleurs et des bords de rivières, c’est aux rives de la Seine et à celles de l’Oise qu’il empruntait ses plus douces impressions d’artiste et le thème de ses plus jolies compositions. Les amateurs délicats se souviendront longtemps des pages charmantes et www.journal-deux-rives.com

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Culture

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JANVIER 2020 représentant des lieux de Médan, dont le jardin de sa maison.

L’adresse de Jules Charles Rozier et de sa famille

Extrait de la carte d’état-major 1818-1824. (DR)

pleines de vérité sorties de son pinceau, où s’allient à la fois le charme de la couleur, la finesse du ton, et le sentiment poétique de la nature, qualités qui forment pour ainsi dire la caractéristique de son talent. » Nous avions ainsi appris, que Jules Rozier, malgré sa timidité, était très apprécié par ses contemporains qui le considéraient comme un brillant et fin paysagiste mais qu’il était décédé dans le dénuement après qu’il ait été atteint, six ans plus tôt, par une maladie qui l’avait, à moitié, paralysé. La vallée de la Seine était pour lui un « objet de la constante prédilection ».

L’enquête sur la localisation de la résidence médanaise de l’artiste peintre

Les archives disponibles

Les principaux documents anciens, disponibles dans les archives, communales et départementales, sont les suivants : - les recensements de la population : au XIXe siècle, ils étaient réalisés tous les 6 ans ; y ont été enregistrés les habitants de chaque maison par rues ou lieux-dits, avec diverses informations. Dans les villes comme les nôtres, où les villas et les maisons étaient des résidences secondaires, leurs propriétaires étaient recensés dans le lieu de leur résidence principale, le plus souvent à Paris. - le cadastre napoléonien : bien que l’empereur n’était plus au pouvoir en 1821, l’année de son décès, il a laissé son nom pour désigner les documents qui ont été établis, en cette année, pour la perception des impôts fonciers. Le plan cadastral contient, pour chaque parcelle, un numéro qui l’identifie dans les cases des matrices cadastrales, les registres où étaient inscrits les mutations de propriétés et les modifications des bâtiments, notamment les constructions nouvelles et les démolitions, ainsi que le nombre d’ouvertures (portes et fenêtres), donnant une idée de la dimension des bâtiments. Pour notre enquête, nous disposions, en complément, de deux œuvres de l’artiste, www.journal-deux-rives.com

Heureusement, Jules Rozier se faisait recenser dans ce village. Dès la première page de l’état nominatif des habitants de la commune de Médan en 1876, nous avons trouvé Jules Rozier, toutefois avec son deuxième prénom Charles. La profession indiquée est bien «artiste peintre» et son âge 55 ans (1876-1821=55). Il habitait au 9 rue Basse, avec son épouse, Clémentine Piaud-Rémond, même âge, née à Lyon, et leur fils Alexandre, 32 ans, né à Paris. Quelle a été la durée de leur présence à Médan ? Le recensement de 1866 ne montre aucun habitant à cette adresse. En 1872, la maison était habitée par un cultivateur, son fils et deux domestiques. En 1881, l’année du décès de Jules Rozier, un autre cultivateur et son épouse avaient succédé, avec leurs trois employés, à la famille de l’artiste peintre. Le quartier de la rue Basse à Médan Un autre document intéressant est la matrice des propriétés foncières, dans laquelle ont été enregistrées, de 1824 à 1914, les mutations des propriétés, bâties ou non. Il est donc plus volumineux que celui relatif aux propriétés bâties car toutes les parcelles de terrains, en particulier les champs agricoles et les vignes, y figurent. Une recherche, dans les 517 pages emplies en 90 ans pour cette petite commune, a permis d’y trouver Emile Zola mais pas Jules Rozier. Nous pouvons supposer que l’artiste peintre n’était pas propriétaire de la maison mais locataire. Il semble logique que la rue Basse de Médan était la plus proche de la Seine : elle est devenue la rue Pasteur. Sur l’extrait de la carte d’état-major de 1818-1824, où était encore représenté le parc du château, c’est celle, à droite, qui le contournait vers l’église, en haut au centre (voir ci-dessus à gauche). Pour localiser la maison, nous avons fait deux hypothèses : - La première est que le paysage d’hiver, représenté dans une « eau forte » et une peinture à l’huile sur toile de Jules Rozier, a été dessiné à proximité de sa maison ; le champ couvert de neige se trouvait à l’une des extrémités de l’ancien parc du château. - La deuxième est que la maison existait en 1821, lors de l’établissement du plan du cadastre napoléonien, dans la partie alors urbanisée du village. La gravure de Jules Rozier Mon jardin à Médan montre deux bâtiments, une mai-

Plan cadastral napoléonien : centre du village et un zoom du cadastre. (J2R)

son d’habitation (à droite) et, semble-t-il un hangar (à l’arrière), proches l’un de l’autre. Cette information picturale et la perspective du paysage de neige, notamment l’axe vers l’entrée du château peuvent nous faire penser à l’une des maisons du groupe noté 3 sur l’extrait, ci-dessus, du plan cadastral. Toutefois, aucun lien ne peut être trouvé dans la matrice cadastrale entre leurs propriétaires et les habitants de la maison de Jules Rozier après son décès. Après l’étude des autres maisons de cette rue, une balade a Médan nous a donné une information nous orientant vers ce groupe de maisons. Aujourd’hui, l’entrée du 9 rue Pasteur, donne sur une cour qui correspond à celle de ces maisons en 1821. Il est vraisemblable que le numéro soit resté identique lorsque le nom de la rue a été modifié. Certaines de ces maisons existent encore de nos jours. D’autres ont été démolies, notamment lorsque le chemin qui longeait l’ancien parc du château a été élargi pour former la rue Ronsard. De nouvelles villas ont, alors, été bâties dans ce quartier qui a fortement évolué depuis les années 1880. r Michel Kohn

L’entrée du 9 rue Pasteur à Médan. (DR)


Culture

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - MAI 2020

PEINTURE

Véronique Dumont, de l’intuition à la réminiscence d’un moment artistique

Selon Sophie Cloart, experte de l’histoire de l’art, «Véronique Dumont surprend en effet par la maturité de son travail... sans autre ambition que de transmettre une émotion, le souvenir parfois d’un être, la réminiscence d’un moment.» Dans son atelier vernolitain, l’artiste nous reçoit avec humilité, presque en s’excusant de ne pas avoir des mots sophistiqués pour parler de sa démarche artistique. Pas besoin car l’on entre dans un univers où l’artiste « s’exprime peu, mais bien avec ses mains ». Une expertise est nécessaire : « Nés de gestes appliqués et répétés, les portraits prennent vie entre les mains de l’artiste, investis par une douce humanité qu’elle parvient à leur donner avec l’efficacité de ceux qui savent s’effacer derrière la matière pour la laisser s’animer. »(1) L’artiste s’inscrit dans une démarche d’autodidacte qui a commencé en 2017 : «Un jour, j’ai eu une révélation, une sorte de coup de foudre où j’ai commencé à faire de la sculpture... sans m’arrêter ! ». Parfois, elle s’interroge sur le sens de son art sans avoir une définition précise, mais elle continue à avoir « envie de partager ses émotions » en utilisant la terre. Pour l’artiste, ce matériau reste « sensuel » car « l’on peut faire ce que l’on veut... faire, défaire. » Avec la terre, le bronze, on donne naissance à des formes imaginées par l’esprit de l’artiste. Un succès déjà effectif pour cette « jeune sculpteuse » qui s’en étonne presque avec l’humilité et la retenue qui la caractérisent. Elle a emporté le 1er prix, catégorie Bronze, à Chapet en 2017. Elle enchaîne des projets dont une commande publique pour la commune d’Hardricourt. Justement, sa Marianne a emporté des réactions favorables de tout le

L’artiste Véronique Dumont dans son atelier à Vernouillet. (J2R)

public présent à l’inauguration du nouveau hôtel de ville d’Hardricourt. Le visage de cette Marianne se caractérise par une détermination d’être à la fois féminine et féministe(2). Depuis, Véronique Dumont est sereine en raison de son «

accomplie qui transmet des émotions et sa sensibilité unique. C’est sa manière, peutêtre, de poser les jalons de sa démarche artistique, allant de l’intuition à la réminiscence d’un moment artistique ! r R.-A.

» Nous quittons l’atelier de cette artiste avec l’idée qu’elle brille par sa modestie et sa détermination de continuer à être une artiste

1. https://veronique-dumont.com/bio-expo/ 2. Selon Larousse : Mouvement militant pour l’amélioration et l’extension du rôle et des droits des femmes dans la société.

L’artiste Véronique Dumont avec un échantillon de son œuvre. (J2R)

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Culture

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JANVIER 2020

ARTS PLASTIQUES

L’Académie des Peintres de la Vallée de la Seine continue son chemin

L’association Académie des Peintres de la Vallée de la Seine (APVS) perpétue une longue tradition culturelle avec des expositions dans trois villes du nord des Yvelines, Triel-sur-Seine, Verneuil-surSeine et Vernouillet. Voici la présentation d’une exposition APVS qui a eu lieu à Vernouillet. Une exposition de l’Académie des Peintres de la Vallée de la Seine (APVS) a été présentée à la Maison des associations Les Buissons de Vernouillet du 21 au 28 novembre. Le thème abordé par les 60 peintres de l’APVS était « Les Nouveaux mondes ». Un vrai régal ! Une soixantaine d’œuvres, dans toutes les disciplines, ont fait le bonheur de nombreux visiteurs. Seize d’entre elles avaient été réalisées, dans différents thèmes, par un pastelliste de talent, Philippe Lecornu.

L’invité d’honneur Celui-ci était l’invité d’honneur ; Vauxois depuis 1990, il a travaillé durant plusieurs années dans un cabinet d’architecte. Depuis l’enfance, il dessine et peint dans sa tête. Amoureux de la nature, il laisse vagabonder son imagination, au gré de ses promenades et ses courses d’endurance car c’est un sportif. C’est ce qui lui a donné le goût de l’effort et la motivation nécessaire à la réalisation de ses œuvres. Peintre figuratif, Philippe Lecornu aborde en atelier des sujets divers, avec une petite préférence pour la nature, et toujours avec une grande émotion. Se définissant comme peintre autodidacte, il prend, depuis deux ans, des cours avec son professeur Mme Françoise David Leroy, dont le travail a été couronné par de nombreux prix et une médaille d’or au Salon des Artistes Français, au Grand Palais à Paris. La découverte du pastel a été pour Philippe Lecornu, une véritable révélation, de même que pour ceux qui ont eu le privilège de découvrir ses tableaux. Retraité, il peut désormais donner libre cours à sa passion. Un artiste de talent à suivre.

Chaque exposition de l’APVS est un moment de convivialité pour les artistes. (DR)

blic : Antony Coupat ; Prix huile/acrylique : Marie Noelle Rivier ; Prix du thème : Joëlle Fougat ; Prix du public thème : Monique Maggio.

L’académie L’APVS a pour vocation de donner des cours d’arts plastiques (BD, aquarelle, huile) pour les enfants, les ados et les adultes, à

Triel, à Carrières-sous-Poissy et à Vernouillet, sous la houlette de quatre professeurs reconnus. L’association a organisé des stages en atelier de trois demi-journées et une journée entière, qui auront lieu en septembre 2020, à Triel et à Carrières-sous-Poissy. L’académie vous donne rendez-vous pour les prochaines expositions, dont les dates restent à définir. r Julie Sutter

Les artistes récompensés Durant cette exposition plusieurs prix ont été attribués : Prix aquarelle : Monique Lemaître ; Prix du dessin (stylo bille) et prix du puwww.journal-deux-rives.com

La retransmission culturelle s’opère à chaque instant d’une exposition de l’APVS. (DR)


LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JANVIER 2020

HISTOIRE

Culture

Réflexions d’un confiné : Paul Doumer et Joseph Gallieni

L’odonymie est l’étude des noms propres associés aux voies de communication. Une curiosité à Triel-sur-Seine : dans son centre-ville, deux rues portent le nom de personnalités que les édiles de Triel voulurent célèbrer, probablement, dans l’entre-deuxguerres. Une étude des archives municipales permettrait de dater ces attributions. Arrêtons-nous d’abord sur la rue principale de Triel-sur-Seine, singulièrement la plus longue de la ville, la Rue Paul Doumer. Ce n’est pas faire injure à nos contemporains de dire qu’à peu près tous ignorent qui fut précisément Paul Doumer. Cet article se bornera à rappeler quelques points saillants de son parcours politique majeur au long de la Troisième République qui s’acheva tragiquement par son assassinat, il y a exactement 88 ans, le 6 mai 1932. Trois aspects de sa vie politique peuvent être retenus.

Un symbole du mérite républicain Paul Doumer (1857-1932) est, en premier lieu, un exemple quasiment parfait de mérite républicain. Issu d’un milieu modeste, il travaille dès l’âge de douze ans, comme coursier puis ouvrier graveur. En parallèle de ces emplois, il obtient une licence en mathématiques, puis devient enseignant. Il entre en politique grâce au journalisme qu’il exerce dans l’Aisne et devient député de Laon, une ville promontoire qui offre un point de vue remarquable sur le Chemin des Dames.

« La civilisation suit la locomotive » La République comme le Second Empire qui avait d’abord, selon le même principe, colonisé son propre territoire en développant le chemin de fer, fit exactement de même dans ses projections coloniales. Les chantiers ferroviaires engagés en Afrique, en Guinée Conakry par exemple, comme en Indochine consommèrent beaucoup de vies humaines dont on faisait alors peu de cas, encore moins que dans les bagnes industriels européens. La première mission d’importance de Paul Doumer est le gouvernorat d’Indochine. A partir de 1897, il profite de ce poste pour démontrer toutes ses capacités d’organisateur rigoureux et d’entrepreneur. Durant ce mandat, son action est durablement marquée par le développement économique de cette colonie, qui en porte encore

Ainsi pour beaucoup de Français, les Triellois des années trente furent marqués par l’assassinat de leur président. (DR)

aujourd’hui les traces. Le gouvernorat général est une fonction qui offre de larges pouvoirs, ce qui lui permet d’équilibrer le budget de la colonie en s’assurant le monopole de la transformation, du commerce et des taxes sur l’opium en vente libre à l’époque, tout comme la cocaïne et l’héroïne, prisées pour leur vertu stimulante ou antalgique. Cette rigueur budgétaire, qui fera sa réputation pour la suite de sa carrière politique (trois fois ministre des finances et promoteur de l’impôt sur le revenu), lui permet de lancer la construction du Transindochinois, une ligne de chemin de fer de 1700 kilomètres du sud au nord du Vietnam, dont la construction s’achèvera en 1936. Justement, en surplomb de la voie ferrée et de la gare de Triel-sur-Seine, se trouve la Rue du Général Gallieni ; ce militaire français a été, également, impliqué dans l’entreprise coloniale, particulièrement brutale ; il est présent en Indochine juste avant Paul Doumer, mais aussi essentiellement en Afrique noire, au Soudan et à Madagascar.

meurt en 1916. Quant à Paul Doumer, sénateur, il continue à être très actif durant tout le conflit, mais jamais aux côtés de Clémenceau qui ne l’aimait pas mais le respectait. A la sortie de la guerre, quatre de ses huit enfants sont morts au champ d’honneur ; sa vie politique est désormais marquée par un constant soutien aux anciens combattants qui représentent alors un Français sur deux. Devenu Président de la République depuis un an, il est assassiné à Paris par un russe blanc, dérangé de l’avis unanime, alors qu’il inaugure le Salon du livre des écrivains combattants. Pour terminer cet éclairage, mentionnons une troisième voie à proximité de la gare SNCF : l’Avenue des Combattants, comme un trait d’union entre un militaire devenu maréchal et un civil devenu Président de la République, deux figures marquantes de la troisième de nos républiques. r Mac Guffin

La guerre de 14-18 En 1914, Joseph Gallieni (1849-1916), alors gouverneur de Paris, est avec Paul Doumer, l’artisan de la réquisition des taxis parisiens lors de l’opération des taxis de la Marne qui sauve l’armée française de la déroute et permet de stabiliser le front. Joseph Gallieni www.journal-deux-rives.com

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RETRAIT PANIER FRUITS ET LÉGUMES

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