Juin-juillet 2018
JOURNAL INDÉPENDANT
Numéro 139
Andrésy-Maurecourt
Projet de la gare : la densité des constructions, la place des voitures et l’intégration au tissu urbain ont été au cœur de la réunion publique du 7 juin. Page 10
Carrières-sous-Poissy
Une bande cyclable : expérimentale est le maître-mot de cette installation sur le pont de Poissy. Or, c’est accidentogène Page 13 et mal ficelé.
Villennes-sur-Seine
Volley-ball : les féminines du CAJVB remportent la coupe de France
Les sportives assurent au top de l’élite : le championnat et la coupe. Nuisances : Avec Eole, la SNCF a augmenté le nombre de haut-parleurs dans la gare. Les voisins de la gare sont excédés Page 21 par le bruit.
Poissy
Santé : à l’initiative de la Clinique Saint-Louis, le sujet de l’obésité a été abordé. État des lieux et des solutions chirugicales. Page 16
La Coupe de France fédérale : la finale a opposé, le dimanche 27 mai à Conflans, l’équipe du club Conflans Andrésy Jouy le Moutier Volley-Ball à celle du Patronage Laïque Villette Paul Bert (Rhône); les joueuses, invaincues en 18 rencontres de championnat de Nationale III sont déjà assurées de monter en Nationale II. L’équipe du CAJVB s’est imposée deux sets contre 1. Ce succès a couronné une saison indubitablement historique pour les Page 27 féminines de la Confluence.
«D’une friche à une plaine-nature» à Azalys, plan com ou plan d’action?
Les 8 et 9 juin a eu lieu un colloque sur la plaine. Des experts et des élus se sont déplacés pour fermer le chapitre des échecs et ouvrir de nouvelles perspectives pour l’avenir.Pages 5-8
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LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JUIN-JUILLET 2018
ÉDITORIAL
Transition climatique ou politique ?
P
lus d’une quinzaine d’associations se sont regroupées au sein du collectif Alternatives en Vallée de Seine. Environnement, transition énergétique, développement durable, ces termes évoqués à tout propos expriment des idées qui doivent se concrétiser. L’occasion d’agir dans ce sens se présente actuellement avec l’élaboration d’un PCAET (Plan Climat-Air-Energie Territorial) que la communauté urbaine GPS&O(1) doit élaborer pour la fin 2018. Le but d’un tel plan est de construire « un projet territorial de développement durable dont la finalité est la lutte contre le changement climatique et l’adaptation du territoire. Résultat visé : un territoire résilient, robuste, adapté, au bénéfice de sa population et de ses activités ». Les domaines concernés tant environnementaux qu’économiques sont à aborder avec réalisme en insistant sur la qualité de leur adaptation face à ce changement climatique évoqué comme inéluctable. Il s’agit, entre autres, de l’aménagement du territoire, des énergies et de l’efficacité énergétique, des déchets, des mobilités, de l’agriculture et de l’alimentation, des espaces verts et boisés et de toutes sortes de pollutions (air, eau, bruit, lumière…) C’est une sorte d’écologie politique. Cependant, l’écologie politique permet facilement une instrumentalisation de ce type de démarche « citoyenne ». Certains dévoient l’écologie à des fins purement politiques. Carrières-sous-Poissy et Triel illustrent parfois cette tendance, qui s’est amplifiée par une médiatisation de l’affaire de « la mer de déchets » sur France 2. Un des protagonistes a même demandé à un fondateur du collectif « Déchargéons la plaine » d’arrêter de s’accaparer du sujet de la plaine. À Triel, un conseiller municipal d’opposition n’arrête pas de surréagir, pour des raisons obscures et parfois frôlant l’irresponsabilité, devant des questions inextricables et compliquées de la plaine et, par ailleurs, dans des projets immobiliers. Ces deux politiques cherchent visiblement
Alternatives en Vallée de Seine
Calcia : des maires dénoncent le déni démocratique
une transition politique au sens partisan du terme. Au contraire, l’élaboration du PCAET est l’occasion d’entrer dans le jeu des propositions alternatives « fortes » afin que la planification des mesures en faveur du climat montre sa pleine efficacité, comme l’affirment certains acteurs : «Concrètement, cela signifie repenser l’aménagement de nos villes et villages afin de sortir de la dépendance à la voiture et préserver nos sols, replacer les mobilités douces au cœur de nos déplacements, développer les énergies renouvelables, isoler nos logements, proposer une alimentation bio, locale et moins carnée dans nos cantines et restauration collective... ». Le collectif Alternatives en Vallée de Seine a déjà fait 87 propositions dans ce sens. Cette démarche semble sincère et apolitique. En effet, il s’agira d’argumenter et de s’engager dans un plaidoyer pour accélérer un changement d’échelle radical : d’individuelles, les mesures devront devenir territoriales. Cette transition implique la conception et la mise en œuvre de mesures réalistes en fonction des moyens financiers et de la réalité du terrain (par exemple la voiture continuera à être utilisée et ne disparaîtra pas du jour au lendemain). Afin d’atténuer les a priori négatifs qui bloquent tout échange, des propositions concrètes et des négociations constructives seront recherchées sur le long terme, car si les associations dédiées à l’environnement sont issues d’univers différents, elles se doivent d’atteindre des objectifs convergents afin de préserver la qualité de vie et la santé des habitants actuels et futurs du territoire des 73 communes concernées. Par conséquent, il y a peu de place pour une instrumentalisation de la transition énergétique car le temps presse d’ici à l’horizon 2020. r La rédaction 1. Grand Paris Seine & Oise.
Univers du bien-être et art culinaire à la Scène
Théâtre à la Péniche avec la compagnie Azart
Triathlon des Mureaux : des Andrésiens au podium !
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SOMMAIRE Les 2 Rives - Nord des Yvelines Journal indépendant, fondé en 2001. Directeur-fondateur : Rodrigo ACOSTA. Commission paritaire : 0322 I 79525. ISSN : 2263-0880 Editeur : ABC éditeurs R.C.S. Versailles 535 004 063 Siret 535 004 063 00017 APE 7010Z TVA CEE : FR 52 535 004 063 RÉDACTION ET PUBLICITÉ : 50 rue des Créneaux 78510 Triel-sur-Seine Tél.-Fax : 01 3974 3563 06 7969 5150 ou courriel : trielnews@gmail.com site Internet : www.journal-deux-rives.com LE JOURNAL DES DEUX RIVES est une publication à vocation citoyenne. Son objectif est double : traiter des questions locales touchant le territoire des communes du Val de Seine au nord des Yvelines et au-delà, ouvrir le débat sur les questions nationales et internationales. Farouchement attachés à la liberté d’expression et à la participation démocratique, nous souhaitons que notre journal soit un lieu de discussions vivant, sans sectarisme, dogmatisme ni esprit de polémique stérile. Le J2R est ouvert à l’expression de toutes les opinions, dans le respect de quelques grands principes : démocratie, laïcité, égalité, nondiscrimination, absence d’atteinte à la dignité humaine. En conséquence, le journal ne soutiendra ni de près ni de loin de candidat à des élections locales sur son territoire de diffusion. La ligne éditoriale est décidée et mise en œuvre par la rédaction, en toute collégialité. RÉDACTION : Rodrigo Acosta, Pierre-Arthur Blanchet, Alban Bernard, Augustin Blin, Malick Daho, François Darcq Thierry Dornberger, Damien Delerin, Jean-François FavreMarinet, Marie-Thérèse Etien-Lefort, Michel Kohn, Annie Laporte, Chantal Lorio, Bruno Piva, Jeanine Provost, Ph. Ragot et Hervé Roux. Ont participé à ce numéro : Claude Barouh, Mac Guffin, Jean-Paul Kervadec. DROIT ET ACCÈS À L’INFORMATION PERSONNELLE N° de déclaration CNIL 712758 D’une façon générale, vous pouvez visiter ce site sans avoir à décliner votre identité et à fournir des informations personnelles vous concernant. Toutefois, à l’occasion de certains services qu’offre ce site, vous pouvez être amené à donner des informations. Ces informations ne feront l’objet d’aucun commerce et ne seront pas conservées plus que nécessaire? Conformément à la loi Informatique et Libertés du 6 Janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, de modification et de suppression des données personnelles que vous avez communiquées. Vous pouvez exercer ce droit en me contactant par le biais du formulaire de contact. Les articles, photos, dessins et infographies publiés - dans la version papier comme sur le site Internet du journal - ne peuvent en aucun cas être reproduits sans l’autorisation expresse et écrite de la rédaction. Maquettage : ABC Ed. Avis aux associations : avec votre abonnement DUO (30 €) vous pouvez faire paraître vos infos.
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LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JUIN-JUILLET 2018 ÉDITORIAL Transition climatique ou politique ?
page
3
INTERCOMMUNALITÉ : environnement-économie
La plaine en friche :
inondations
Que d’eau, que d’eau sur GPS&O !
de la parole aux actes, mais le temps presse
ACTUALITÉ LOCALE Un nouveau quartier émergera, Andrésy fin 2019, autour de la gare Carrières s/ Poissy Chanteloup poissy
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5-8
page
9
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10
Sculptures en l’Île : de la réalité aux « illusions optiques »
page
11
De la boucle de la Seine au Mont Saint-Michel, à vélo
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12
Une bande cyclable dangereuse et accidentogène sur le pont de Poissy
page
13
Politique de la ville : chronique d’une inauguration Santé : l’obésité,
un fléau difficile à vaincre
Triel
Rue Paul-Doumer,
Triel
Roms : évacuation
sur une jambe de bois... du bidonville de la plaine
pages
14-15
page
16
page
17
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18
Triel
- ça bouge aussi à Triel ! - Dans les pas de Mirbeau et des artistes à Triel (1848-1917)
Verneuil-sur-Seine
Kung Fu : la visite de Shi De Chengl
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21
Villennes
Des voisins excédés par le bruit
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21
Villennes
Villennes a accueilli la 6e édition des rallyes pédestres des 2 Rives de Seine (& Oise)
pages
pages
19-20
22-23
DÉBATS - DOSSIERS - SEINE VEXIN Mureaux
« La mort dans la société : l’importance des rites »
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24
Santé publique
La Maison de santé Philippe Marze inaugurée officiellement
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25
agriculture bio
Ouverture d’un magasin de producteurs à la Ferme de la Haye
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26
Volley-ball
Coupe de France : les féminines du CAJVB remportent la Coupe de France fédérale
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rugby
En promotion d’honneur, défaite honorable pour les rugbymen du RCTLM
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28
Frédérique Hoy, des histoires à dire et à lire
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29
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30
SPORTS
CULTURE rencontres
Columbo, coiffeur
mais pas seulement
exposition
PUB
à
Villennes-sur-Seine,
Baudrac le magnifique fait halte à la Péniche de Triel
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31
LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JUIN-JUILLET 2018
Intercommunalité
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ENVIRONNEMENT-ÉCONOMIE La plaine en friche :
de la parole aux actes, mais le temps presse
Le lanceur d’alerte, Alban Bernard (au centre), restera une des vigies de la plaine qui a fait l’objet d’un colloque «D’une friche à une plaine-nature», les 8 et 9 juin à Azalys. Sa conclusion : on commence un nouveau chapitre ; tout est à (re)faire. (J2R)
Depuis la première conférence sur la plaine, le 26 avril, à Triel, nous sommes passés du temps de la contradiction, le 4 juin, et des débats à des échanges policés. Le colloque à Carrières-sous-Poissy, les 8 et 9 juin, a planté le décor pour avancer vers l’objectif - que nous espérons commun - de la transformation d’une friche en une plaine-nature. « Déchargeons la plaine »(1) est le leitmotiv d’un certain nombre de citoyens qui ont fait bouger le curseur de l’action publique. C’est déjà un acquis.
Une mobilisation tardive mais généralisée et médiatisée
Lors de la 1ère conférence sur la plaine, le 26 avril, des agriculteurs, des élus et des riverains ont mis à plat le dossier dans un débat public de haut vol. Cependant, les autorités en charge du dossier avaient préféré ne pas donner suite à l’invitation des organisateurs, dont le J2R. La sensibilisation s’est, toutefois, généralisée, grâce aux médias, la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise et son président ne pouvant plus ignorer ce problème.
Désormais, les élus, notamment les députés des Yvelines, Natalia Pouzyreff et Bruno Millienne, et Christophe Delrieu, maire de Carrières-sous-Poissy, ont créé le choc salutaire en relayant les cris d’alarme des citoyens qui cherchent à être écoutés sur le sujet des décharges sauvages. Certes, cela a beaucoup tardé mais il vaut mieux tard que jamais.
Le temps de l’action citoyenne Devant quelques membres d’associations(2), Natalia Pouzyreff, Bruno Millienne et Christophe Delrieu ont fait le point, le 4 juin, sur les actions menées depuis avril 2018. Sensibilisés par l’enjeu, ils ont fait remonter l’information aux autorités gouvernementales compétentes (jusqu’au sommet ?). « Le déchet appelle le déchet et il faut lutter contre ça très vite », a déclaré le député Bruno Millienne à la radio France Bleu Paris. Avec la députée Natalia Pouzyreff, Bruno Millienne a convaincu tout le monde pour la mise en place d’un groupe de travail de « lutte contre les dépôts de déchets sauvages ». C’est une avancée majeure, le député ayant pu manœuvrer grâce à la détermination sans faille du collectif «Déchargeons la plaine». Selon Mme Pouzyreff, le ministère de la Transition écologique et solidaire a en effet lancé trois chantiers : - La réalisation, sous le pilotage de l’ADEME, d’une étude pour caractériser les déchets sauvages, déterminer le profil des déposants pollueurs et évaluer les coûts suppor-
tés par les collectivités locales ; - Une police des déchets sauvages qui devra faire des propositions sur le renforcement des modalités de contrôle et de sanction ; - La prévention de l’abandon des déchets qui sera animée par l’association Gestes Propres. Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès du ministre Nicolas Hulot, est aux manettes. Il était, donc, temps de venir informer les habitants de la « bonne nouvelle ».
La pensée était-elle en friche ? Le désastre est non seulement dans la plaine mais aussi dans les raisons qui ont empêché les élus et les responsables associatifs présents de s’entendre à la réunion improvisée, le 4 juin. Sur le fond, tous les participants étaient d’accord qu’il faut agir, mais des divergences sont apparues sur la méthode et notamment sur la priorité : d’abord, faut-il nettoyer ou sécuriser les 47 hectares de déchets sauvages ? M. Delrieu a répondu qu’il souhaite que l’on procède au nettoyage, puis que l’on entreprenne la sécurisation. Jean-Claude Moulineau, membre du collectif contre les Roms à Triel, a mis l’accent sur la sécurisation car la priorité, selon lui, « c’est de fermer les accès et puis de nettoyer la plaine ». Pendant 45 minutes, des affirmations ont été balancées sans aucun argumentaire de part et d’autre ; parfois, nous avons eu l’impression que l’on refaisait les séances du conseil
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LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JUIN-JUILLET 2018
ENVIRONNEMENT ET ÉCONOMIE : LA PLAINE EN FRICHE, DE LA PAROLE AUX ACTES municipal de Carrières-sous-Poissy, où M. Anthony Effroy interpelle méthodiquement le maire Christophe Delrieu, et de celui de Triel-sur-Seine, où Philippe Paillet parle, souvent, sans écouter son adversaire ! On raisonne plus sur cette affaire de la plaine. La pensée était-elle en friche ? A un moment donné, il fallait s’arrêter et le député Bruno Millienne a tenté de concilier les deux positions : « Arrêtons de nous battre sur des mots et sur qui a fauté et à quel moment ! », at-il lancé dans son argumentaire. Sa volonté, c’est d’avancer pour résoudre ce problème de caractère national. L’ADEME a été chargée de faire un diagnostic et une estimation du montant de la facture du nettoyage. Les travaux devant commencer début septembre 2018, il est espéré qu’ils se termineront à la fin de l’année. Mme la députée Pouzyreff a incité les personnes présentes à participer au colloque « D’une friche à une plaine-nature », les 8 et 9 juin à Carrières-sous-Poissy(3) : le but était de défricher la parole entre les uns et les autres et, surtout, de mettre en place une dynamique qui permettrait de sortir de cette impasse politique de premier ordre. En somme, il reste beaucoup de travail à faire et cela démontre aussi que les deux côtés (élus et responsables associatifs) ont besoin de lieux d’intermédiation, pour apaiser le débat.
Enjeux multiformes de la plaine Selon Mme Pouzyreff, il s’agissait, en accord avec le maire de Carrières-sous-Poissy, de « coupler une réflexion sur le développement des énergies renouvelables dans les Yvelines à des échanges sur l’avenir de la plaine ». La région et le département étaient également parties prenantes de ce colloque intitulé « D’une friche à une plaine-nature, 330 hectares à imaginer ». C’est un vaste programme, comme aurait dit le Général. Au début du colloque, le 8 juin, la tonalité était studieuse pour exposer les enjeux concrets de cette manifestation intellectuelle, qui a réuni une soixantaine de personnes. Contrairement à ce qui a été dit plus tard, dans les réseaux sociaux par une élue régionale, les élus et les experts n’étaient pas là pour « se masturber intellectuellement ». Allant dans le sens de l’histoire, ces experts ont décortiqué les voies et les moyens pour défossiliser l’économie, la rendre plus sobre en termes d’utilisation d’énergie et entrer dans un cycle vertueux, en s’appuyant sur le concept de l’économie circulaire. D’emblée, Laurence Mine, cheffe de cabinet de la députée Pouzyreff, a engagé les participants à « réduire la dépendance dans les fossiles et développer des nouvelles filières » dont le solaire, la méthanisation, la biomasse et la culture hors-sol. En effet, c’est le B.A-BA de la transition énergétique car, selon la même intervenante, « les énergies renouvelables vont modifier (ou sont en train) le secteur de l’énergie, qui représenterait entre 15 % et 20 % des investissements mondiaux ». C’est, en outre, une manière d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris sur le climat(4). Certes, M. Christophe Delrieu, maire de www.journal-deux-rives.com
Joséphine Kollmannsberger, vice-présidente du Département des Yvelines, Natalia Pouzyreff, députée des Yvelines, Henri Kaltembacher, chef à la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Environnement et de l’Energie (DRIEE), Arnaud Mine, président d’Urbasolar, Alexis Lefebvre, chef de projets agri-urbains au bureau d’études de Gally ont exposé les différentes options pour la plaine. (J2R)
Carrières-sous-Poissy, a sous-estimé la tâche pour les participants : il fallait tourner la page de la plaine et commencer à emplir une nouvelle page, vierge, et retenir « quatre ou cinq thématiques », tout en lançant un appel à la concertation et aux idées de projets. Il était évident qu’une sorte d’incompréhension, voire d’incohérence allait surgir durant les exposés, par ailleurs fort intéressants, et les échanges avec le public.
Témporalité(s) d’un projet global La question du facteur temps n’a été, véritablement, abordée par aucun des intervenants. Quelle serait la durée des projets pour la plaine, quinze, vingt ans ou plus ? Pour ne pas commettre des erreurs comme dans le cas du projet Cœur vert, version CA2RS(5), le résultat dépend du temps et de la synchronisation des actions de tous les acteurs. Nous avions émis, en 2012, des doutes(6) sur la viabilité de ce projet, en raison des impondérables dont le facteur temps ; les faits nous ont, malheureusement, donné raison : c’était un échec malgré les explications sémantiques du maire de Carrières-sous-Poissy. Quelques jours avant le colloque, celui-ci avait soutenu, à la rédaction du J2R, que ce projet avait servi à la recherche interdisciplinaire fondamentale car l’INRA et d’autres think tanks auraient bénéficié des retombées de ce projet. Lesquelles ? Plus prosaïquement, on est loin des résultats attendus en 2011 ; ensuite, entre 2014 et 2018, le temps politique a été consacré à construire une intercommunalité géante, qui a fait abandonner presque tout suivi sérieux des projets relatifs à la plaine. L’hypothétique partenariat, signé début juin entre PSA et GPS&O, ne change
rien au passé. Il est urgent de procéder à une évaluation de cette politique publique locale. Sans celle-ci, les budgets, les moyens humains, les études s’accumuleront sans une aucune efficacité des actions publiques dans une temporalité longue... Évitons la gabégie, signe d’une inefficacité de l’action publique ! En outre, le social est intervenu pour modifier la temporalité de ce projet pendant dix ans : le bidonville, composé des trois campements de Roms entre Carrières-sousPoissy et Chanteloup, a pris essor à côté du Cœur vert. Ensuite, la mer de déchets sur 40 hectares a, également, été la preuve flagrante de l’échec de ce projet. Pour en finir, le cycle économique 2008-2016 n’était, peutêtre, pas propice à l’essor de ce projet et à sa consolidation ultérieure. Le myscanthus devait, d’abord, dépolluer le sol et, ensuite, produire une matière première dans le cadre d’un pôle d’éco-construction de référence en France. Or, la Fabrique 21, située à Carrières-sous-Poissy, n’est que l’un des centres de formation de la région Île-de-France. Ce constat n’est pas une injure aux employés de ce site, mais exprime la triste réalité de l’écoconstruction dans l’ouest francilien. Sur le plan historique, la pollution de la plaine s’est inscrite dans une durée assez longue (un siècle). Combien de temps faudra-t-il pour revenir à la situation du début du XXe siècle, alors que le principe de pollueur-payeur ne peut pas s’appliquer dans ce contexte, car les activités et les actions du Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP) sont exonérées par la loi. Ainsi, nous sommes confrontés à un coût que les autorités publiques ne sont pas prêtes ../…
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ENVIRONNEMENT ET ÉCONOMIE : LA PLAINE EN FRICHE, DE LA PAROLE AUX ACTES
Le projet proposé par les établissements Gally s’inscrit dans des circuits courts de consommation locale et sera la vitrine d’une agriculture raisonnée cherchant à renforcer l’autonomie alimentaire du pays. (J2R)
à porter, quelle que soit l’échelle. Les décideurs politiques passent, mais la pollution, hélas, reste intacte. En somme, la durée du processus de dépollution, qui s’impose à tous, n’est pas compatible avec le temps politique, à court terme. Trouver des solutions par essais successifs est la devise de la nouvelle action publique. « Nous sommes en phase de tâtonnement », a concédé M. Delrieu, dans un contexte de recherche de solutions pérennes dans la plaine. Il faut comparer la ligne budgétaire et les coûts des nettoyages actuel et futur, qui vont peser sur les comptes publics. L’expérimentation est le maître-mot pour procéder pas à pas à ce projet Cœur vert II, où il est question de couvrir 265 hectares. La finalité est de mettre en œuvre des projets divers, correspondant aux quatre ou cinq thématiques évoquées à l’ouverture du colloque.
Changement d’orientation Nous avons constaté un changement de cap : dans une recherche de synergie entre
l’immobilier, l’industrie automobile, notamment PSA, et le pôle déchets, la plaine pourrait être le lieu de l’innovation pour défossiliser l’économie. « Passons de la nature-en-ville à la ville-nature », a lancé M. Delrieu, par la suite, demandant à « refléchir et élaborer les moteurs du XXIe siècle ». Ces messages publics et politiques ont fait prendre des distances avec le projet historique de la CA2RS, qui consistait à créer une nouvelle filière pour remplacer l’industrie automobile(7). Alors que le père fondateur de la CA2RS avait pronostiqué « la fin de l’automobile », la bête n’est pas encore morte. La nouveau dogme fixe l’horizon à atteindre : la voiture non polluante, propre, qui permettra la transition écologique et énergétique dans la vallée de la Seine, en particulier dans la plaine de la Boucle de la Seine. On a fait l’éloge d’une joint-venture : une société paritaire entre PSA et Nidec, qui représenterait une investissement de 220 millions d’euros. En outre, il fallait souligner la disponibilité foncière, même si elle est, actuellement, polluée. Celle-ci permet aussi d’envisager
Estimation du budget pour l’avenir de la plaine M. Christophe Delrieu, maire de Carrières-sous-Poissy, a annoncé des chiffres impressionnants lors du colloque d’Azalys le samedi 9 juin : - nettoyage de la plaine : coût estimé à 4 M€ ; - sécurisation des lieux : 1 M€ ; - acquisition foncière de 200 ha : des estimations varient entre 8 et 30 M€ ; - financement des projets (selon le nombre) : 10 M€ à 50 M€. En somme, la plaine pourrait « coûter » entre 80 M€ et 100 M€. Qui va payer ?
des projets photovoltaïques (Urbasolar) et des fermes hors-sol (fermes de Gally dans les Yvelines). Arnaud Mine, président d’Urbasolar, société spécialisée dans des projets de centrale photovoltaïque, a exposé sa méthode de travail et ses accomplissements(8), notamment à Toulouse (sur l’ancien site d’AZF) : sur 19,2 ha, la centrale de production d’énergie photovoltaïque s’insère dans le tissu urbain ; elle a, surtout, permis une reconversion d’une ancienne friche industrielle, qui avait tous les inconvénients car elle était classée PPRI, PPRT, zonage Nature 2000 et zone urbaine classée Monuments historiques. Avec un budget de 13 M€, le financement croisé entre différents acteurs publics et privés a même conduit à une implication citoyenne dans le capital de la société qui gère la centrale. La société Urbasolar a parié sur le solaire depuis une décennie : « le photovoltaïque est la ou une des sources d’énergie pour demain ; nous vivons une révolution énergétique.» Convaincant et convaincu, M. Mine a exhorté, le 9 juin, les acteurs et le public présent à ne pas tomber dans le pessimisme de la plaine : « le site [la plaine] est peutêtre un problème pour vous, mais pour Urbasolar c’est un gisement géant d’énergie.» Avec le même optimisme, Alexis Lefebvre, chef de projets agri-urbains aux établissements Gally dans les Yvelines, a dressé les contours de ce que pourrait être la ferme hors-sol à côté de l’usine Azalys (cf. plan masse ci-dessus). Celle-ci produit une chaleur fatale, c’est-à-dire une énergie qui n’est pas exploitée, mais envoyée dans l’air. En prenant l’exemple d’un site de 8 ha, à l’est des Yvelines, friche en 1995, ce projet agricole a été le résultat d’une démarche empirique : modestement, ../… www.journal-deux-rives.com
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LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JUIN-JUILLET 2018
ENVIRONNEMENT ET ÉCONOMIE : LA PLAINE EN FRICHE, DE LA PAROLE AUX ACTES il s’est construit en marchant, avec l’idée de s’inscrire dans le mouvement de retour à la consommation locale et à une alimentation saine. M. Lefebvre s’est montré satisfait des résultats de ce projet agricole. Pour réussir, il a fallu remembrer le foncier afin de faciliter la production de fraises sur 5 000 mètres carrés. Le futur projet dans la plaine pourrait produire des tomates en valorisant la chaleur fatale (60 °C) des usines Azalys et SIAAP. Atteindre l’autonomie alimentaire et sortir de la fossilisation est le double pari de ces deux exemples de projets (Urbasolar et Gally) examinés et présentés au colloque. Dans le cas de la plaine, des jardins familiaux, des ressourceries, des sites pédagogiques peuvent et doivent s’intégrer au projet global même si l’on pourrait tomber dans l’excès de lancer des projets-gadgets.
Triptyque de la réussite Pour lancer une dynamique de projets faisables et rentables à long terme, le jeu des acteurs doit être un préalable pour réussir l’entrée dans une phase agro-industrielle et post-carbone. D’abord, il faut définir le chef d’orchestre, la mairie ou la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, dans le cadre de la compétence développement économique. L’appui de l’Etat, de la région, de l’ADEME est inévitable. La logique du guichet unique a ses avantages, mais pose, parfois, de véritables problèmes d’amateurisme ! Question subsidaire : sous quel régime juridique ces différents projets devront-ils être portés ? M. Delrieu a annoncé la possibilité de créer un groupement d’intérêt public (GIP) afin de collecter un financement ; son but : lancer des études poussées et réunir des partenaires probables et surs. En deuxième lieu, le propriétaire foncier est un acteur fondamental qui devrait être impliqué à moyen et à long termes. JeanClaude Huet, représentant des propriétaires fonciers, explicitait cette nécessité par un rappel du passé : « Nous avons été abandonnés par le politique et cela va coûter très cher ! ». S’agitil de l’ombre d’une menace ? Espérons que les uns et les autres sauront travailler pour la plaine, notre bien commun. Il faut inventer des projets exemplaires et concrets car la plaine est le révélateur d’une crise locale de gouvernance et de mode de vie, qui pourrait, aussi, être la source de potentialités. Pourquoi ne pas associer les propriétaires fonciers à la phase de « retour sur investissement » ; les impliquer dans la redistribution des plus-values pourrait éviter d’éventuels blocages lorsqu’on négocierait le prix d’acquistion ou de cession du foncier. Lorsqu’on touche au sol, des conflits d’usage entre les différents acteurs-partenaires des projets futurs peuvent émerger. Les tribunaux sont déjà engorgés par des contentieux, petits ou grands. Il est impératif de se pencher sur des modalités de médiation de différends. Ce troisième levier de la réussite est indispensable pour éviter des conflits inutiles. Cette intermédiation doit faire partie intégrante de la phase d’appel à projets ou lors du lancewww.journal-deux-rives.com
Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, a encouragé l’émergence de projets s’incrivant dans les actions régionales. Des financements sont prévus. (J2R)
ment des projets dans la plaine. Un exemple est, tout de suite, ressorti lors des débats du colloque : le projet photovoltaïque et la ferme hors-sol ont des logiques différentes ; cellesci devraient être harmonisées pour que l’on arrive à un modus vivendi entre usagers futurs de la plaine. En conclusion, le colloque d’Azalys sur l’avenir de la plaine est la continuité de ce qu’on avait pressenti depuis avril 2018 dans la cadre de la première conférence sur la plaine(9). Après la phase d’indignation, de sensibilisation, les politiques sont, enfin, entrés dans le jeu. Mme Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, présente au colloque, a lancé un appel à des projets car le fi-
nancement sera, partiellement, assuré grâce à ses différentes actions. En outre, M. Philippe Tautou, président de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, a également encouragé les bonnes volontés. Nous sommes passés de l’époque des invectives à celle d’un dialogue policé entre les élus et une partie des habitants. Après la réflexion, l’action politique s’impose. Cependant, le temps presse et c’est aux décideurs et aux élus de s’assurer que la plaine redevienne le carrefour, à la fois économique et naturel, pour la préservation de la biodiversité, tout en réussissant la transition énergétique. Sortons du pessimisme ambiant et entrons dans une phase d’inspiration pour réussir là où les autres ont échoué ! r
1. Dechargeonslaplaine.fr est le site Internet du collectif (Déchargeons la plaine) créé, sous l’impulsion d’Alban Bernard, par des citoyens de Carrières-sous-Poissy et Triel-sur-Seine. 2. Bruno Priva et Alban Bernard, fondateurs du collectif Déchargeons la plaine, Anthony Effroy, président de Rives de Seine Nature Environnement (RSNE) et conseiller municipal de Carrières-sous-Poissy, Philippe Paillet, président de l’association Les Amis de Triel et conseiller municipal de Triel-sur-Seine, Jean-Claude Moulineaux, membre du collectif contre les Roms de Triel, Aline Bukal et Vira Gloanec, membres de RSNE et Alain Lafon, habitant de Verneuil-sur-Seine. 3. À Azalys, ce colloque a été co-organisé par Mme Natalia Pouzyreff et M. Christophe Delrieu dans le cadre de la semaine européenne du développement durable. 4. Ces objectifs ont été élaborés et adoptés à Paris en 2016. 5. Lancé en 2011 et inauguré en 2014, le projet Cœur vert a permis de définir trois filières : la thermie, les agromatériaux de construction et les bioplastiques pour l’automobile. Il s’agissait donc d’identifier les entreprises potentiellement intéressées. L’ancienne CA2RS en avait retenu trois : Ekomatières, Ciments Calcia et PSA. Coût du projet : 4,67 M€ dont 1,2 M€ en acquisitions foncières et une subvention de la région et de l’Europe pour un montant de 390 000 €. Voir aussi : Le cœur (vert) de la plaine bat-il encore ?, J2R, n 134, sept-oct. 2017, pages 8-9 6. « Le projet Cœur vert est-il viable ? », J2R, n° 104, avril-mai 2012, page 25. Consulter, également, gpseo.fr/ et https://construireensemble.gpseo.fr/sites/default/files/documentation/PL... 7. CA2RS, Rapport d’activité 2011, « Le Cœur vert : né de la volonté de favoriser la reconquête d’espaces délaissés et pollués, le projet Cœur vert s’étend sur 300 hectares au cœur de la boucle de la Seine. Il vise à la mise en place d’une filière économique d’avenir : les biomatériaux.» p. 24 8. Des projets à Toulouse, Istres, Badaroux et Achères, où Urbasolar a, par exemple, équipé le toit de la gare de panneaux solaires. 9. « 1ère Conférence sur la décharge de la plaine : une réussite inattendue ! », J2R, n° 138, avril-mai 2018, page 5
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INONDATIONS
Que d’eau, que d’eau sur GPS&O !
Toute la nuit du 11 juin et une bonne partie de la matinée suivante, la pluie n’a cessé de tomber sur GPS&O et la vallée la de Seine, provoquant des inondations un peu partout et obligeant la fermeture de l’A13 entre Mantes et Poissy, tout en noyant des quartiers aux Mureaux et en encerclant le Lycée François-Villon. Le matin du 12 juin 2018, ce n’est pas le nouvel opus de la grève à la SNCF qui a provoqué des bouchons et des retards pour les habitants de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, mais la pluie. Le 11 juin, il est tombé l’équivalent de deux mois de pluie en deux heures quasiment selon Météo France. Sur l’ensemble de l’Île-de-France, il y a eu 507 kilomètres de bouchons. Suite à la pluie, la ville des Mureaux était l’épicentre de ces convulsions dues aux caprices de la nature.
Fermetures de l’A 13 et
Intercommunalité
du lycée
Villon
De nombreux incidents ont été signalés et l’Autoroute A13 n’a pas été épargnée. La pluie a ralenti la circulation entre Mantes et Poissy dans les deux sens. La circulation de l’A13 a été réduite à une voie puis fermée. À midi, les difficultés de circulation étaient toujours présentes dans les deux sens mais seulement entre Mantes et Les Mureaux. Météo France a souligné le fait que, depuis le début de juin, plus d’un mètre trente d’eau est tombé, ce qui est un record. Les inondations se sont multipliées un peu partout dans GPS&O comme aux Mureaux,
Des inondations se multiplient dans la vallée de la Seine. Quel est le plan d’action des autorités compétentes ? Un bilan des inondations de 2016 reste à faire. (DR)
où les quartiers sud de la commune comme celui des Musiciens et de Comtesse se sont retrouvés sous l’eau. Un parking situé juste à côté du plan d’eau artificiel dans le Parc de Sautour et du Ru d’Orgeval a été inondé ainsi que les voitures qui s’y trouvaient. Tout le quartier, en commençant par l’Allée Chopin jusqu’à l’Avenue de l’Europe, s’est retrouvé dans l’eau voire sous l’eau. Certains habitants ont alors appelé le quartier « Mureaux plage » ! La commune de Chapet, qui est encore plus en contre bas, le fut également inondée. Les pompiers ont fait entendre leurs sirènes toute la matinée et les facteurs n’ont pas pu distribuer le courrier. Étrangement, l’eau a réussi à monter jusqu’au pied du quartier de Grand-Ouest, où le sol des caves du Parc Hispano-Suiza se couvrait de flaques. Situé à côté du Parc de Sautour, le Lycée François-Villon a dû être évacué en barque. L’eau, venant de l’A13 et du Ru, a entouré les bâtiments du lycée en montant. Les lycéens ont été évacués dans la journée. En milieu de matinée, la mairie des Mureaux a émis un communiqué d’alerte relatif aux intempéries et aux inondations, confirmant que les conditions météorologiques, ont causé des inondations importantes dans de nombreuses communes du territoire du nord des Yvelines. L’évacuation des eaux de l’autoroute A13, à travers les champs, a causé des inondations au sud de la ville et dans les quartiers précédemment cités. François Garay a alors mis en place un lieu d’accueil en réquisitionnant le Gymnase Colette-Besson situé au 63, rue Paul-Éluard, afin d’accueillir les habitants concernés. Un numéro d’urgence a été mis en place pour aider les
personnes ayant été affectées par les inondations.
Cela aurait pu être pire Ainsi, dix familles ont du être évacuées au cours de la journée. Plusieurs écoles du sud de la ville ont également été fermées, le mardi matin, et plusieurs habitants ont été privés d’eau chaude. En outre, un poste électrique a également été inondé dans le quartier de Grand-Ouest, posant des problèmes d’alimentation électrique. Ce dernier point explique pourquoi il y a eu une coupure de courant dans ce quartier entre 4 h 50 et 5 h 15. Heureusement, tout cela n’a pas fait de victimes. Le pire a été évité. Selon Michel Carrière, adjoint au maire, chargé du développement durable, on a aménagé différemment le quartier de l’ANRU depuis quatre ans. Le sol « a tout infiltré car on a mis du végétal partout. » Face aux polémiques soulevées déjà par les habitants des quartiers inondés, M. Carrière a affûté ses arguments : « les événements naturels ne sont pas maîtrisables; nous ne les comprenons pas. Au contraire, on invente des avatars (par exemple, les nicotoïdes) qui vont nous faire crever. Finalement, ce serait peutêtre bien ainsi : derrières nous, qui vivra ? » Et de lister la durée de vie probable de certains « animaux » : les dinosaures avaient vécu 150 millions d’années ; l’abeille dépassera-t-elle les 100 millions d’années ? En revanche, l’homme, l’être le plus évolué, pourrait-il détruire toute la planète ? Par conséquent, il faut laisser le végétal et la biodiversité en ville ; c’est la conclusion de l’adjoint à l’environnement Michel Carrière. r www.journal-deux-rives.com
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Un nouveau quartier émergera, fin 2019, autour de la gare
ANDRÉSY
Depuis juin 2017, le projet de la gare, porté par Citallios, a fait l’objet d’un débat dans le microcosme andrésien. Construire 290 logements en quatre ans dans un tissu urbain complexe n’est pas aisé. Malgré quelques critiques mineures, lors de la réunion publique du 7 juin, Hugues Ribault, maire de la commune, reste confiant
Ce projet d’urbanisation concerne toute la zone en friche autour des voies SNCF au niveau de la gare d’Andrésy. Le cœur du projet se situe du côté du quai vers Paris, longeant la rue Jean-Philippe Rameau. Il est complété par l’urbanisation du pâté de maisons situé entre la gare, l’avenue Maurice Berteaux et la rue des Valences. Avec une assise foncière d’environ 2 hectares, le projet prévoit environ 290 logements, dont 35 % de logements sociaux. Selon ses concepteurs, ce projet devrait répondre aux besoins intrinsèques de la Région Île-de-France (70 000 logements par an et 2 600 unités/an pour la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise) ; de plus, il s’inscrit dans une démarche environnementale. En somme, le futur acquéreur sera dans un cadre agréable, près des services (commerces, équipements publics...), et vivra dans une zone à vitesse réduite (zone 30). Bien que dense, l’architecture des nouveaux logements tente de les insérer dans le cadre de vie paisible des voisins. Le permis de construire sera déposé en 2019. La réunion du 7 juin a permis de répondre à des interrogations sur l’insuffisance de places de parking et sur des détails d’aménagement devant la gare et près du commerce existant, une boulangerie. Deux écueils, la circulation et le stationnement, sont à réexaminer. En outre, Hugues Ribault continue à fustiger la loi pour l’Accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR), qui est selon lui « une loi scélérate », réduisant les exigences pour le nombre de places de parking par rapport au nombre de logements construits à proximité d’une gare. Effectivement, dans des projets de construction de logements locatifs sociaux, les PLU ne peuvent plus exiger la construction de plus d’une place de stationnement par logement. De plus, lorsque les projets sont situés à moins de 500 mètres d’une gare ou d’une station de transport public, il ne peut être demandé de construire plus de 0,5 aire de stationnement par logement. La loi ALUR restreint en effet, aux abords des gares, le nombre de parkings par logement, afin d’encourager, surtout en Île-de-France, les mobilités douces et les transports en commun. La ville et ses habitants sont confrontés à des mutations urbaines. Contrairement à ce que souhaite le maire (2 voitures individuelles par foyer), la sobriété en termes de consomwww.journal-deux-rives.com
L’architecte Maire-Odile Foucras a répondu aux interrogations du public. (J2R)
mation de terres et l’économie effectuée par SNCF. Le pont n’est pas agrandi pour les voitures : une plus grande densité conduiraient à mettre un encorbellement pour les piétons est prévu, mais là la ville plus en phase avec la transition éner- encore, il faut l’accord de la SNCF ». Avec plus gétique. Certes, trop de constructions pour- d’immeubles et la rénovation des alentours de raient donner une impression d’étouffement. la gare, enrichis de commerces et de services Le maire semble avoir compris qu’il faut sa- (probablement avec le déménagement de la voir doser : il a promis que la hauteur des police municipale et de la Poste), est-on en bâtiments ne dépassera pas 9 mètres. Toute- train d’aménager un nouveau centre de vie fois, l’aménageur Citallios a évoqué des loge- d’Andrésy ? Se dessinerait progressivement ments collectifs intermédaires et pour l’acces- une ville polycentrique, avec deux cœurs ursion, ayant des caractéristiques différentes bains, l’un à la gare, l’autre à Fin d’Oise. Avec (RC +1+comble avec 9 m et RC+2 +comble ce projet de la gare, le centre-ville ancien deavec 12 m). Qui a dit vrai dans ce dossier viendrait un lieu culturel et de promenade, complexe d’un point de vue urbain ? avec tous les risques de périclitation du comSelon Citallios, une place sera créée au ni- merce local dans ce centre historique ! r veau de la gare, du côté de la rue de Triel : « une place à vivre avec des commerces et des services ». Il ne devrait y avoir pourtant que 1000 m² de commerces sur les 2000 pourtant exigés par le cahier des charges de la mairie. Sur ce point, M. Guérin, le boulanger de la gare, a demandé qu’il n’y ait pas « de concurrence stérile » sur la nouvelle place, de l’autre côté des voies ferrées. Par ailleurs, l’installation d’une crèche privée est prévue. Le maire espère aussi la création d’un pôle médical, qui serait porté par un laboratoire, mais il est à craindre qu’il concurrence le laboratoire déjà présent en centre-ville. L’opposition Andrésy Energies Renouvelées (AER) avait déjà critiqué le parti architectural de ce projet : « On pourra s’interroger sur l’esthétique des grandes fenêtres verticales des bâtiments donnant sur la place... La passerelle créée est totalement Hugues Ribault : « la ville doit évoluer » avec ce hypothétique : il faudrait l’accord de la projet de gare qui est structurant par définition.
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Sculptures en l’Île : de la réalité aux « illusions optiques »
ANDRÉSY
La 21e édition de Sculptures en l’Île à Andrésy a une résonance nationale et internationale. Cette édition fait une triple innovation, en mettant en valeur trois artistes : Nathalie Camoin-Chanet, Zsuzsa Farkas et Anne Procureur. Le genre est à la mode et Andrésy le montre aussi.
Même Le Canard Enchaîné en a parlé : le festival d’art contemporain Sculptures en l’Île de la bonne ville d’Andrésy est devenu le must, non seulement pour la ministre Muriel Pénicaud mais aussi pour des artistes, qui veulent se montrer, tout en démontrant une dynamique axée sur la nature et l’art. Le 17 mai, Hugues Ribault, maire d’Andrésy, était ravi de voir tout ce beau monde : artistes internationaux, élus régionaux, locaux et notables de la chose artistique dans la Confluence et encore plus loin car la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise a, enfin, envoyé une représentante ! Les premiers magistrats de Conflans-SainteHonorine (Laurent Brosse), de Médan (Karine Kauffmann), de Triel-sur-Seine (Joël Mancel) et de Villennes-sur-Seine (Michel Pons) étaient présents. Pour le maire d’Andrésy, il s’agit d’une priorité tout au long de son mandat : « la valorisation du patrimoine naturel », en l’alliant avec le patrimoine mondial qui est incarné par ces actes artistiques venant de loin : Hongrie, Colombie, Japon... L’exposition présente 38 artistes et 28 collectifs d’artistes, dont les œuvres sont disséminées dans l’Île Nancy. Tout était au point : les discours des élus, le buffet, les bateaux qui nous ont transportés dans l’ïle et le décor incroyablement « revalorisé » par cette touche artistique venant d’ailleurs. D’autre part, M. Ribault a souligné l’importance du mécénat public et privé qui permet de continuer à faire émerger des talents artistiques. Ainsi, ce
(De g. à dr.) Hugues Ribault, maire d’Andrésy, Zsuzsa Farkas, artiste hongroise, et Angélique Montéro-Mendez, adjointe déléguée à la vie culturelle. (J2R)
vernissage radieux a permis une rencontre unique entre l’art et la nature en présence d’un soleil transalpin avec les œuvres remarquées et remarquables d’environ 40 artistes venus d’horizons différents. La renommée internationale de ce festival s’impose depuis quelques années. Le jury méthodique, composé de l’adjointe à la vie culturelle et de connaisseurs de l’art contemporain, a choisi un trio d’artistes pour les mettre en avant : Nathalie Camoin-Chanet expose « Carmen » à la gare Saint-Lazare avec une scultpure rouge à la fois fine et puissante tout en révélant une subtile maîtrise des lignes ondulatoires ; Zsuzsa Farkas a décoré la Maison du Moussel avec son Monde à l’envers qui tente de véhiculer un message philosophique dans ce monde hyperconnecté qui passe d’un sujet à l’autre... Les 3000 CD gravés et recyclés à cette
occasion donnent un effet d’optique ; « C’est une illusion optique », disait l’artiste hongroise Farkas. Or, il est urgent de s’arrêter et de prendre son temps pour mieux comprendre notre monde inextricablement complexe. La troisième artiste, Anne Procureur, de la Région Champagne-Ardennes, veut transformer les drames de la modernité en leviers de renaissance par l’utilisation des matériaux classiques tels le béton armé et la céramique. En outre, Christelle Chanabaud, avec son œuvre SpiderMom, tente de nous matérialiser le vivant et la couleur dans un symbolisme étonnant. Tout en notant la qualité intrinsèque des œuvres d’art et la dynamique des artistes, cette 21e édition de Sculptures en l’Île, tout en se renouvelant, a pu attirer des nouveaux mécènes qui vont faire vivre la culture dans la nature. r
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CARRIÈRES/POISSY De la boucle de la Seine
au Mont Saint-Michel, à vélo
Ce sont les adhérents (en haut à dr.) du Foyer de loisirs et d’enseignement permanent (FLEP) qui ont fait le voyage à vélo. (DR)
470 km au compteur, à vélo, 31 heures sur la selle, c’est le résultat d’une jolie balade jusqu’au Mont Saint-Michel, entre amis associatifs de Carrières-sous-Poissy. Tout s’est terminé en apothéose en arrivant à un des sites les plus visités de France. Cette randonnée cycliste a été organisée par deux associations carriéroises, le Foyer de loisirs et d’enseignement permanent (FLEP) en partenariat avec les donneurs de sang de Carrières-sous-Poissy, avec le participation des présidents de deux autres associations l’UNC et l’ASAEECC(1) « Votre vie à Carrières ». Relier la boucle de la Seine dans les Yveliens au Mont Saint-Michel à vélo, quelle belle idée avant les vacances 2018 ! Avec l’itinéraire vélo du site La Véloscénie, on peut le faire tout en découvrant l’histoire de France, illustrée par ses plus beaux monuments. Entre pistes aménagées, voies vertes, petites routes balisées et chemins forestiers, ce parcours vélo vous emmène au cœur de la vallée de Chevreuse, du Perche et du bocage Normand. Il ne faut pas manquer pas les châteaux de Versailles et de Maintenon, la cathédrale de Chartres, les thermes de Bagnoles de l’Orne, la dentelle d’Alençon. Cinq sites sont inswww.journal-deux-rives.com
crits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour réaliser cette performance, les amis asociatifs de Carrières-sous-Poissy se sont entrainés régulièrement pendant deux mois sur des distances entre 30 et 65 kilomètres. Résultat : tout le monde est arrivé au Mont-Saint-Michel sans bobo ; seules trois chambres à air n’ont pas résisté au périple… Thierry a raconté cet exploit sportif : « Nous sommes partis le samedi 16 juin de la salle Robert, à onze cyclistes (VTT) et une intendance indispensable (2 personnes) en véhicule, avec une remorque. [Ce voyage] a impliqué sept étapes dont six nuits sous tente, souvent dans des campings municipaux. Entre 55 et 74 kilomètres par jour, avec une moyenne de 15km/h, c’était une belle performance, car même si le plus jeune avait 45 ans, la moyenne d’âge frôlait la soixantaine. » Et de poursuivre : « Nous avons eu la chance de découvrir les merveilleux paysages de Normandie, églises, cathédrales et châteaux qui ont régalé les yeux de tous. La voie verte majoritairement empruntée, était jadis une voie ferrée, où on peut encore découvrir ses anciennes gares transformées en gites ou en musée. » Cette équipe de cyclotouristes a terminé son périple dans un gite à quelques encablures du Mont Saint-Michel, afin de profiter du site, une récompense bien méritée ! r 1. Union nationale de combattants (UNC) et Association de soutien des activités économiques, des artisans, des associations et de la qualité de vie à Carrières-sous-Poissy.
la véloscénie, un projet commun La Véloscénie est un projet qui couvre 450 km, divisé en tronçons. Pour relier Paris au Mont Saint-Michel à vélo, l’itinéraire traverse 4 régions (l’Île-de-France, le Centre, le Val-deLoire et la Normandie), 8 départements (Paris, les Hauts-de-Seine, l’Essonne, les Yvelines, l’Eure-et-Loir, l’Orne, la Mayenne et la Manche) et 3 parcs naturels régionaux (Haute Vallée de Chevreuse, Perche et Normandie-Maine). De quoi vous faire voir un paysage diversifié. Actuellement, l’itinéraire, long de 450 km, est présenté en 8 grands tronçons, avec des niveaux de difficultés différents. Pour votre confort, le parcours est bien entendu complété progressivement avec de nouveaux tronçons aménagés en voies vertes. L’itinéraire évoluera pour qu’il vous soit le plus agréable possible. Pour plus d’informations : www.veloscenie.com r
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Une bande cyclable dangereuse et accidentogène sur le pont de Poissy
CARRIÈRES/POISSY
7 00 000 euros, la piste de moins d’environ 700 mètres ! « Cela fait un peu cher le mètre ! », a-t-on commencé à lire sur les réseaux sociaux. Grâce à un internaute connu et reconnu à Carrières-sous-Poissy, on connaît le véritable chiffre ; encore plus intéressant : nous avons testé la piste mais notre avis n’est pas du tout positif. Depuis 2012, le dossier avance doucement, mais pas vraiment sur le terrain ! « Bilan déplorable, réseau inexistant », ce sont les termes pour résumer l’article écrit en 2012 sur le sujet des pistes cyclables dans les villes du nord des Yvelines, à l’exception de Saint-Germain-en-Laye. Depuis, on a fait dans le cosmétique ici et là, mais surtout l’agenda politique du département des Yvelines n’a pas été respecté. Entre 2012 et 2014, on devait nous «livrer» un schéma et une passerelle réservée aux vélos entre Carrières-sous-Poissy et Poissy. Du côté de la région Île-de-France, on a rendu public un livre blanc des mobilités durables et intelligentes à l’horizon 2030(1). Cependant, il faut encourager les efforts qui sont faits par les autorités compétentes, notamment dans le cas de cette piste cyclable sur la chaussée du pont de Poissy. Néanmoins, une double question se pose : A quel prix et pourquoi faire ? Une troisième point : cette piste expérimentale n’est-elle pas une diversion afin de faire croire au public que la « passerelle vélo » entre Carrières et Poissy n’est plus utile ?
À la place d’un schéma global, une expérimentation
D’abord, écartons ce dernier point car les autorités compétentes se sont réellement engagées pour la passerelle entre Carrièressous-Poissy et Poissy. Par rapport à la première question de fond, les confrères du Parisien ont sorti le chiffre faramineux de 700 000 euros pour le prix de cette expérimentation. D’une manière précipitée, parfois cela arrive, le journaliste qui a avancé ces chiffres s’est véritablement trompé. Grâce à la détermination d’un citoyen-internaute, Grégory Deleau, on connait la structure du prix de cette expérimentation : selon le responsable de la voirie au sein du Conseil départemental des Yvelines, «NON les aménagements effectués sur le Pont de Poissy ne sont pas de 700 000 euros comme évoqués dans l’article du Parisien. Le journaliste a tanné le CD78 pour avoir un chiffre qu’il ne voulait pas donner... OUI le coût de 700 000 euros mentionné existe et comprend le test de la piste cyclable. Il correspond à l’ensemble des travaux prévus par le CD78 sur le Pont de Poissy cet été : reprise des joints du pont, reprise intégrale de la chaussée, aménagements divers.» Ensuite,
Cette bande cycliste sur le pont entre Carrières-sous-Poissy et Poissy souffre de lacunes qui conduiraient, si elle est laissée dans son état, à un accident.(J2R) M. Deleau a apporté une précision intéressante : «[l’expérimentation] de la bande cyclable, si elle est jugée concluante, se verrait reproduite définitivement après la réfection de la chaussée cet été.» Le chargé du dossier au département des Yvelines a aussi évoqué la matérialisation, dans le sens Poissy-Carrières-sous-Poissy, d’une bande cyclable sur le trottoir [en face de l’actuelle piste cyclable], celui-ci étant globalement beaucoup moins fréquenté. Quid de la cohérence ? Si l’on veut inciter les gens à prendre le vélo, aller-retour, il faudra prévoir une bande cyclable de retour. Sinon, cette expérimentation risque de devenir la risée de ceux qui aiment la petite reine. Enfin dernier point essentiel, l’interlocuteur du Département des Yvelines n’avait pas d’information au sujet d’un franchissement de la RD190 à l’entrée de Carrières-sous-Poissy. Autrement dit, il n’y a pas de schéma global de circulation douce dans cette expérimentation.
Une impasse ? Justement, c’est le nœud du problème. Depuis Triel-sur-Seine, on a une piste qui se termine dans une sorte de zone floue et dangereuse pour les cyclistes qui veulent se déplacer autrement. Entre l’entrée du Mc Donald’s et le pont, il faut aller sur le trottoir, reprendre un morceau de piste cyclable devant les immeubles neufs de la Centralité, et puis devant deux feux rouges... l’inconnu. Que faire ? Soit, on monte le pont en zigzaguant entre les piétons, qui ont, autant que les cyclistes, le droit
de se déplacer ; soit, on prend la nouvelle bande cyclable et là on tente le diable avec la ferme conviction que personne ne va vous toucher ou vous blesser : les voitures individuelles et les poids lourds vont trop vite ayant une fâcheuse tendance à vous intimider. Pire, à la descente du pont, on est confronté à un choix, suivre le tracé ou son instinct de survie. Cet endroit est une niche d’accidents et pourrait être, selon certains experts consultés, accidentogène. Mais, « j’ai survécu ! », a crié la plume du J2R en arrivant à la gare RER de Poissy. En conclusion, il faudra réduire la vitesse des voitures à 30 km à l’heure et surtout bien identifier la manière de sortir du pont en toute sécurité. En outre, le conflit pour l’usage de la chaussée entre les conducteurs, les cyclistes et les motards s’amplifie ; cela pourrait conduire à une situation d’impasse, voire d’échec pour une mobilité durable et intelligente à l’horizon 2030. r 1. « Le livre blanc des mobilités à l’horizon 2030 - Vers des mobilités durables, intelligentes et optimisées à l’horizon 2030 en Île-de-France» voir www.apur.org Voir aussi un article précédent sur la question : https:// www.journal-deux-rives.com/actu/02419-voie-circulation-pas-tout-douce Pour en savoir plus : Pour ceux qu’il veulent évaluer cet équipement de manière constructive l’association MDB propose un sondage et ce chargera d’en adresser les résultats au département : http://mdbseineaval.org/2018/05/22/amenagement-du-pont-de-poissy-ca-bouge/
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Politique de la ville : chronique d’une inauguration CHANTELOUP
Le 8 juin, à Chanteloup-les-Vignes, a eu lieu l’inauguration de l’Arche, un centre des arts de la scène et du cirque, dans le quartier de La Noé. L’Arche de La Noé : le jeu de mots sonne bizarrement quand on connaît la fin de l’histoire. C’était l’occasion pour les élus présents, Catherine Arenou (DVD, maire de Chanteloup), Philippe Tautou (président de GPS&O) et Pierre Bédier (président du conseil départemental), de se livrer à un exercice d’autosatisfaction à propos de leur politique de la ville. Ce dernier n’a pas manqué d’ironiser sur le récent discours d’Emmanuel Macron comme pour en rajouter à l’interview donné un peu avant par la maire à la matinale de France Inter. S’il est vrai que cette commune, pour l’observateur sur le long terme, a réellement changé de visage avec beaucoup de rénovations, de nouveaux équipements et bâtiments grâce à l’argent public de la politique de la ville, s’agit-il d’une réelle transformation ou d’un simple trompe-l’œil ? Un nouvel équipement culturel Voici donc un nouvel équipement, sans conteste, beau et fonctionnel, annoncé comme un centre des arts scéniques et circassiens. Chanteloup-les-Vignes lui assigne des objectifs très ambitieux sur son site Internet : « Redynamiser la cohésion sociale et urbaine par la culture ; développer les arts de la scène à l’échelle du grand territoire (GPS&O - Communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise et Département des Yvelines). » Plutôt que l’emploi de grandes phrases www.journal-deux-rives.com
L’inauguration du nouveau centre des arts scéniques et circassiens pose la question de la pertinence et de l’efficacité de la politique de la ville. (J2R)
dont les communicants ont le secret, son discours gagnerait à plus de modestie, de réalisme en cessant de se payer de mots. La Compagnie des Contraires va certes au delà du travail social, c’est à dire, passez-nous l’expression, occuper les gamins par l’animation pour qu’ils ne fassent pas de conneries. Son activité reste cependant à la lisière de l’enseignement comme de la pratique des arts circassiens. Les spectacles présentés sont sympathiques mais tiennent davantage du patronage ou des arts de la rue, quand ils ne font pas appel au secours d’artistes accomplis. L’apprentissage de ces disciplines n’a d’ailleurs pas particulièrement besoin d’un bâtiment en forme de chapiteau de cirque. Pas très loin, à Andrésy, commune qui a une politique culturelle forte, existe un enseignement des aériens de haut niveau dispensé par Florence Delahaye et Gabriel Dehu, des professionnels qui enseignent dans une simple salle de sport. Enfin, la vue depuis la voie ferrée de ce bâtiment dédié à l’épanouissement par la culture fait curieusement le pendant à la mosquée, seul bâtiment que l’on apercevait jusqu’ici depuis le train. L’image de la ville s’en trouve au moins améliorée. Maintenant que l’enveloppe et l’affiche sont belles, faisons crédit à l’équipe d’animation pour y ajouter un contenu qu’il restera à construire chaque jour, au service culturel de la mairie pour une programmation originale et solide ! On en vient à la critique d’Emmanuel Macron et de son récent discours intitulé
« Construire une action collective pour les habitants des quartiers » au contenu plutôt minimaliste.
La montagne macronienne a accouché d’un souris ! Le président de la République a, en effet, annoncé des mesures nouvelles en mode mineur et, par là, il laisse clairement, en creux en quelque sorte, transparaître son scepticisme sur, notamment, le dernier plan Borloo qu’il avait pourtant sollicité et la contribution de 200 élus en novembre. La nouvelle doctrine (ou son absence) a donc provoqué le courroux d’élus attachés à la politique de la ville old school. Madame Arenou, déjà remontée à l’occasion d’une subvention que sa commune doit rembourser à l’Etat, a fait savoir sur France Inter, devant des journalistes, ravis dès qu’il s’agit de débiner le nouveau prince, toute la déception qu’elle ressent. En somme, la montagne macronienne a accouché d’une souris. Cependant, à aucun moment dans cette interview, l’élue de Chanteloup ne s’est interrogée sur les résultats des actions mises en œuvre depuis des années dans sa commune. L’évaluation n’est toujours pas à l’ordre du jour. Dans la foulée, Pierre Bédier a donc profité de cette inauguration pour abonder dans le sens de la maire : « S’entendre dire qu’on est des buses et qu’on va faire appel à la parole présidentielle pour nous expliquer comment faire dans des quartiers comme Chanteloup (...) Nous faisons la démonstration quotidiennement de ce qui marche et de ce qui ne marche pas, un peu d’expérience depuis …/…
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CHANTELOUP
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POLITIQUE DE LA VILLE : CHRONIQUE À PROPOS D’UNE INAUGURATION
30 ans, beaucoup de sueur, ça s’écoute ! Parce que la politique de la ville, ça marche ! Nous sommes la compagnie des contrariés [sic] ! Il y en a marre que lorsque quelque chose marche on s’efforce d’inventer autre chose, cette prétention française à vouloir réinventer le fil à couper le beurre c’est insupportable ! La culture en est un des axes majeurs et je suis fasciné par le travail effectué par la Compagnie des Contraires de Neusa Thomasi » et, pour finir, de citer le Japonais Okakura Kakuzo : « Le premier homme de la préhistoire qui composa un bouquet de fleurs fut le premier à quitter l’état animal ; il comprit l’utilité de l’inutile.»
Pierre Bédier : « Nous sommes la Compagnie des contraires » Philippe Tautou, plus sur la réserve, fit un lapsus révélateur qui provoqua une hilarité nerveuse dans l’assistance en concluant par l’emploi de l’expression « en marche ». L’irruption de La REM aux dernières élections législatives puis le dégagisme qui s’en est suivi, n’ont clairement pas été digérés par ces élus en place depuis si longtemps ! Ses deux représentants, la députée Michèle de Vaucouleurs et son suppléant Jonas Maury, ont fait acte de présence mais semblent encore difficilement se faire accepter. Ils sont comme de nouveaux venus pas vraiment désirés. Par contre, l’assistance fit bon accueil à l’invité Arnaud Richard, ancien poulain de Pierre Cardo devenu l’ex-député (UDI) de la circonscripion, sorti par ladite députée La REM. Le manque d’efficacité de la politique de la ville n’est pourtant pas une question nouvelle ; pour ne pas remonter trop loin, citons le rapport 2012 publié par la Cour des comptes qui constatait entre autres « Alors que les objectifs fixés par le législateur sont loin d’être atteints et que la situation des finances publiques impose la recherche d’économies, la possibilité d’un financement complet du PNRU (Programme National de Rénovation Urbaine) reste très incertain » car « [une] géographie prioritaire trop complexe et,
M. Bédier, président du Conseil départemental des Yvelines, et Neusa Thomasi. (J2R)
surtout, la dilution des interventions sur un nombre trop important de zones, ont dès le départ pénalisé l’ensemble du dispositif ». Alors si le président de la République ne va pas réinventer le fil à couper le beurre, la politique de la ville n’est pas une vache sacrée. Déclarer : « On met un pognon de dingue et les gens restent pauvres » ne résout rien et, en même temps, conduit à une remise en cause des méthodes de travail sur la banlieue.
La
politique de la ville, serait-elle un sparadrap pour ne rien changer ?
Bien sûr, il y a des entreprises qui méritent d’être soutenues. Ainsi l’action de la Compagnie des Contraires est fortement bénie par nos élus locaux dont le président du conseil départemental Pierre Bédier, qui a déjà prouvé par le passé son grand souci pour l’usage
de l’argent public. Ce dernier sait gratifier ceux qui lui sont dévoués, lesquels ne s’en cachent pas. Alors on soigne bien le malade à coup de nouveaux bâtiments, de centres sportifs rénovés et de célébrations de sportifs, grands ou plus modestes. Toutefois, les problèmes du chômage élevé, de la délinquance et de l’absence de perspectives perdurent ; les habitants de La Noé qui s’en sortent ne restent pas à Chanteloup-lesVignes sauf quelques obligés. Le quartier de La Noé reste une cité de transit dont on cherche à partir pour aller vivre (un peu mieux ?) ailleurs. L’ancienne politique des grands ensembles, associée à la concentration de populations immigrées, spécificité française décidée en période d’expansion et de reconstruction, s’avère un poison qui agit longtemps. r
Tony Yoka, champion du monde de boxe, avait été fêté par les Chantelouvais de La Noé. (J2R) www.journal-deux-rives.com
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Santé : l’obésité, un fléau difficile à vaincre POISSY
Dans le cadre agréable du Château de Villiers à Poissy, environ 80 personnes se sont déplacées, le 17 mai, pour une conférence portant sur l’obésité. C’était l’occasion de faire un état des lieux de ce fléau mondial et de se renseigner sur des solutions chirurgicales proposées par des professeurs et des experts en la matière. La conférence était dense pour des profanes. Avec la participation exceptionnelle du professeur Elie Chouillard(1), du docteur Andrew Gumbs (des Etats-unis), du docteur Mohamed Taleb et d’autres spécialistes de l’obésité, le public est venu écouter la bonne parole, s’informer sur les techniques et les meilleurs traitements pour lutter contre l’obésité(2). D’abord, il faut savoir que l’obésité touche 11 % de la population mondiale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne sa dangerosité chaque année ; elle met en avant les raisons de ce fléau, notamment dans les pays développés : ce problème s’est accentué depuis que la sédentarité et les mauvaises habitudes alimentaires se sont installées au sein de la société européenne. Ce fléau est prédominant dans les couches populaires et chez les personnes moins éduquées. Le professeur Chouillard affirme, sur son site Internet, que « l’obsésité est responsable, au sein d’une même tranche d’âge, d’une augmentaiton de la mortalité et d’une augmentation des affections médicales très importantes, au point que le facteur multiplicateur peut être de dix (c’est-à-dire jusqu’à dix fois plus de risque d’avoir une maladie associée par rapport à une personnes non obèse) ». Et le professeur Chouillard de poursuivre : « L’obésité est responsable de handicaps multiples qui se traduisent par des difficultés dans la vie quotidienne : rejet de la part des autres et sentiments de solitude, problèmes relationnels et à l’embauche, baisse de la qualité de vie, des aptitudes physiques et sportives, etc. » La
Environ 80 personnes sont venues écouter des experts. (DR)
société américaine, où presque un tiers de la population en souffre, a une certaine « expérience dans la matière ». En France, même si l’ampleur n’est pas la même, un adulte sur huit a des problèmes d’obésité et c’est pire chez les enfants : un enfant sur cinq serait obèse.
Constat alarmant Ainsi, le constat est alarmant car cette obésité provoque un mal-être chez les patients atteints par cette maladie. De nombreux malades souffrent de comportements déviants ou de troubles comportementaux alimentaires (TCA). Des boulimies en cascade, des échecs dans les régimes et aussi des échecs dans la chirurgie classique remettent en question, à chaque moment, les initiatives des personnes souffrant de l’obésité. Face à ces problèmes, les autorités gouvernementales ont la nécessité de mettre en place des solutions ; celles-ci devraient renverser cette situation, critique non seulement pour
les malades mais aussi pour les finances publiques qui seraient de plus en plus amputées par des besoins criants d’ici à l’horizon 2050. Comment faire ? Faut-il anticiper ou payer des interventions cliniques plus sophistiquées du style bypass gastrique (mise en place d’un anneau gastrique) ou la solution qui consiste à mettre un ballon gastrique ? Celle-ci semble bénéficier du consensus de la communauté scientifique parmi les trois solutions évoquées pendant la conférence. De plus, la plupart des intervenants ont évoqué des solutions cliniques avec une approche globale qui consiste à prendre en charge le patient six mois avant et le suivre six mois après avec des conseils cosmétiques, psychologiques et physiques. Toutefois, certaines interventions coûtent cher et ne sont pas prises en charge par la sécurité sociale. Cela pose des questions d’égalité de traitement pour des malades ayant des difficultés à financer des interventions de haut de gamme. En attendant un prochain colloque pour aborder cette dernière problématique(3), qui dominera la question de l’obésité dans les années à venir, cette conférence, organisée à l’initiative de la Clinique Saint-Louis, a permis aux participants de témoigner aussi sur ce qu’ils ont vécu et fait pour vaincre ce fléau du XXIe siècle. r
1. www.eliechouillard.com 2. Centre spécialisé de l’obésité : www.obesite.idf.emonsite.com Elsan Clinique Saint-Louis : 1 rue Basset - 78300 Poissy www.cliniquesaintlouis-poissy.fr
Après la conférence, les échanges ont continué entre le public et les intervenants. (J2R) www.journal-deux-rives.com
3. Des politiques de prévention de l’obésité sont à privilégier dans les années à venir. Elles sont moins coûteuses et plus efficaces.
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Rue Paul-Doumer, sur une jambe de bois...
TRIEL-SUR-SEINE
A la réunion du conseil municipal de Triel-sur-Seine, le 24 mai, diverses nouvelles que nous qualifierons de mauvaises ont été partagées. La bonne ville de Triel traverse-t-elle une mauvaise passe ? Est-elle maudite ?
D’abord, l’affaire de l’affaissement de l’immeuble du 177 rue Paul-Doumer (en face de la rue Galande) semble être un dossier inextricable. Un expert a été mandaté par le tribunal d’instance de Versailles. Selon nos informations, il est passé le 25 mai. Affaire mal barrée pour les usagers de la Poste et de la RD 190 : on est passé à une circulation alternée tout en interdisant les poids lourds. Jusqu’à quand ? Ensuite, des affaissements de la chaussée ont eu lieu rue Lechenet et la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise va s’en occuper... Cependant, cela n’est pas fini car certaines maisons près de l’église commencent à montrer des signes inquiétants de fissures. Quelle est la source de ce phénomène ? Pour le moment, on ne sait rien officiellement ! En troisième lieu, les remblais de la plaine reviennent sur la place publique. La société EMTA demande une prolongation de la concession (à 2021 au lieu de 2019) et une augmentation du volume à verser sur la plaine. De toute manière, cette affaire est traitée entre la Préfecture des Yvelines et GPS&O. Le maire a été convoqué pour une réunion d’information, le 29 mai ; en attendant, le
Dans une sorte de prémonition de l’affaire du 177 rue Paul-Doumer, une grosse fuite d’eau avait au lieu le 21 février 2018. (Photo prise à 18 heures 10) (J2R)
conseil municipal a adopté un vœu pour exiger le respect de la charte initiale dont la fin de cette concession en 2019. Enfin, Joël Mancel, maire de Triel-surSeine, a annoncé la fermeture probable du centre des recettes de Triel (un des rares services publics qui fonctionne correctement à Triel). Tous les usagers seront affectés au
centre d’impôts de Poissy à partir de janvier 2019. Pour pallier ce manque, des permanences pour la déclaration des revenus auraient lieu deux fois par semaine et vraisemblablement en mairie. Le maire, désabusé, a conclu que sa réputation dans l’histoire locale sera « celui qui a fermé tous les services publics à Triel », malgré lui ! r
Le feu de la Saint-Jean à l’Hautil n’a pas eu lieu en juin 2018 Depuis plus de 20 ans, là-haut sur l’Hautil, il y en avait un. Connu aux alentours comme un moment de détente festive pendant lequel chacun retrouvait des amis, découvrait les joies d’une fête champêtre, se réjouissait à l’idée de danser sous un ciel étoilé dans un Parc aux étoiles si bien nommé. Il était attendu à tel point que, rentré dans les habitudes pour ne pas dire les traditions des populations locales, il attirait grands et petits que les flammes finissaient par fasciner ou inquiéter selon leur intensité. Mais, Triel a la poisse en 2018. C’est donc avec beaucoup de regrets que Bien Vivre à l’Hautil a annoncé qu’elle ne pouvait pas organiser le feu de la Saint-Jean en 2018. C’est triste pour tous, pour les Hautillois, les Triellois et pour toutes les familles qui appréciaient cette belle fête populaire. Toutefois, ne soyons pas pessimistes. Soyons plutôt philosophes : nous ne sommes ni des dieux ni des machines, ni des anges ni des héros, ni des elfes ni des lutins ; cette décision (imputable à qui ?) nous révèle nos impuissances latentes ou révélées. Elle s’impose à nous et nous enseigne l’humilité devant la lourde et coûteuse machine administrative qui n’arrivera pas à nous broyer. La vie continue, mais moins bien ! r
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TRIEL-SUR-SEINE Roms : évacuation
du bidonville de la plaine
Le 14 juin vers 6 heures, l’évacuation du bidonville de Triel a commencé. A 8 h 15, c’était la fin d’un cycle qui risque de recommencer ailleurs. Un triste constat. Au moins la météo était, elle, clémente, ce matin de juin 2018. Il faisait beau et le soleil était brillant et parfois pénétrant dans les caravanes abandonnées par les 150 Roms qui habitaient là depuis deux ans.
Chemin de croix D’abord, le clan Pavel avait pris soin de s’installer sur ce terrain d’environ cinq mille mètres carrés appartenant au conseil départemental. Ensuite en 2017, un contingent d’environ 70 personnes s’est ajouté à cette première population. Du bruit, la promiscuité, la saleté et des rixes ont provoqué la réaction des riverains, qui sont devenus excédés, par ce qui est devenu le bidonville de Triel. Le site a été évacué ; la majorité des personnes ont été envoyées à Louveciennes. Depuis l’engagement pris par le sous-préfet Stéphane Grauvogel, lors de la réunion publique à Triel, au mois de mars 2018, tout a été préparé pour que l’évacuation se passe convenablement. Pour le maire, Joël Mancel, tout s’est passé « mieux que l’on aurait pu imaginer. » Quant au bilan, « c’est un trise constat, ajoutait-il, que le problème se déplace au fur et à mesure des expulsions... » C’est une sorte de « chemin de croix ». Pour lui, « c’est dramatique puisqu’on est humain avant tout. La décence mériterait une certaine condition de vie. Je pense que les riverains du collectif contre le bidonville devraient être contents. Et j’espère que l’on ne trouvera pas ces Roms dans les communes voisines. » Un gâchis total Pour Mme Anne Laforge, présidente de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), la vigilance s’impose car « les familles vont être hébergées pour une semaine. Cette garantie devrait être renouvelée et la LDH insister sur ce point ! » Il ne faut pas que les familles se trouvent dans la rue. Toutefois, cela dépend du financement des
Tout a été minutieusement préparé par les services de la préfecture des Yvelines. (J2R) autorités compétentes. Après deux semaines de tractations, la sous-préfecture n’a pas donné un accord formalisé sur la pérennité de cet hébergement. Mme Laforge ajoute : « C’est une conclusion malheureuse car ce terrain aurait pu servir comme un lieu d’insertion ; mais il n’y avait pas un pilotage unique en raison de la multitude d’intervenants de la part des autorités publiques... et puis la population cible n’est pas exempte d’erreurs » Résultat : un gâchis total. De son côté, Jean-Claude Moulineaux, chef de file des riverains excédés à Triel, n’a pas été tendre avec les Roms du bidonville : « Nous n’avons rien contre les Roms, bien au contraire, nous ne sommes ni racistes ni xénophobes comme certains ont pu l’écrire. Les Triellois et habitants voisins ont fait preuve de beaucoup de patience et de tolérance pendant plus de 10 mois. Ces populations ont des droits mais aussi des devoirs
et à propos des devoirs : hygiène, propreté, politesse, respect, civisme, bien vivre et savoir vivre ensemble, le compte n’y est pas…chacun d’entre nous a pu le constater quotidiennement. » Pour lui, Triel va retrouver sa tranquillité, sa sérénité, voire sa sécurité. Cependant, le problème n’est pas réglé ; plutôt, il se déplace vers d’autres territoires yvelinois. M. Moulineaux a alerté mais il ne pourra pas se substituer aux pouvoirs publics ayant des compétences car c’est un sujet qui concerne directement l’État et à l’Europe. D’ailleurs, il a fait appel à la population trielloise pour nettoyer le site. Cet appel sera-t-il suivi d’effet ? Après l’évacuation, le site retrouvera, peutêtre, son état de friche sécurisée. Le département va le nettoyer, puis le sécuriser. Tout sera déblayé suite à la destruction, sur place, de toutes les caravanes. r
Nous sommes tous responsables, même les roms Il n’est pas question de tout assumer, diraient certains habitants qui ont provoqué le fait de l’expulsion des Roms. Pour eux, les Roms de Triel n’ont pas conscience des droits et des devoirs qu’implique de faire partie de la communauté nationale. En quelque sorte, ils ne sont pas à la hauteur pour la ville de Triel-sur-Seine. En réalité, le responsable désigné de cette triste situation c’est nous tous ; si coupable il y a, c’est notre mode de vie. Les sédentaires sont chez eux, les nomades sont nulle part et ces derniers sont habitués à bouger, victimes de la différence, incapables ou empêchés de s’adapter à un mode de vie (le nôtre) qui leur est étranger. Car pauvres ils sont nés, pauvres ils resteront et à force d’attendre après les autres ils sont devenus vulnérables. Notre société ne fait pas de cadeaux. Les Roms n’ont pas de point de chute officiel, ils sont un jour ici, un jour là et souvent à la rue, mais le bidonville de Triel a été évacué, les voisins sont rassurés et ceux qui ont péché par orgueil iront se confesser. Tout est rentré dans l’ordre pour les sédentaires, quant aux nomades il continueront à errer. r
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Ça bouge aussi à Triel !
TRIEL-SUR-SEINE « Construisons ensemble à Triel, mais pas n’importe comment ! » Voilà le nom d’un collectif d’associations qui lance un appel plein de bon sens à la population et à ses élus. Affaire à suivre. Triel-sur-Seine figure parmi les villes encore agréables à vivre et doit le rester. A condition de réfléchir tous ensemble à son avenir.
Pour
que ça bouge mais en mieux à Triel
encore
plus
Pour en finir avec ce qui s’apparente à des diktats urbanistiques qui vont plomber l’aspect de la ville et la vie de ses habitants actuels et futurs, un collectif propose d’informer les Triellois lors d’un rendez-vous citoyen. Un café urbanisme a eu lieu le 26 mai à la Péniche, Arche-Espérance. Se voulant un relais indispensable voire incontournable entre les « décideurs » et les habitants, il était une initiative d’associations trielloises. Le J2R se devait de transmettre à ses lecteurs l’essentiel de leurs intentions.
Des propositions constructives Le collectif « Construisons ensemble à Triel, mais pas n’importe comment ! » donne rendezvous au public triellois pour faire le point sur les très nombreux projets d’urbanisme prévus dans leur ville, faire état des réflexions, montrer les propositions du collectif qui ont été présentées à la mairie et recueillir les questions et les avis des personnes présentes. De fait, la municipalité doit faire face à une injonction de l’Etat dans le cadre de la loi ALUR de construire, selon elle, 707 logements sociaux avant 2025. Si la question de l’urbanisme paraît complexe, par ses aspects juridiques et réglementaires, elle est incontournable quand elle concerne notre quotidien. Ses impacts sont multiples sur le long terme : cadre de vie, logement, déplacements, stationnement, convivialité, accès aux commerces et aux services, biodiversité, consommation de matériaux et d’énergie. Par exemple le collège actuel ne pourra pas recevoir les futurs enfants triellois ! Le volume de constructions prévues à Triel (environ 1900 nouveaux logements) ferait passer Triel de 12 000 habitants à 16 000, voire plus d’ici 2025. Les habitants et les riverains des projets veulent s’impliquer, mais aussi comprendre et
L’urbanisme a été et sera le maillon faible de Triel-sur-Seine. (J2R) se faire entendre. Initiateurs de dynamisation économique et sociale, enthousiastes, sans démarche conservatrice, capables d’identifier certains dangers des programmes immobiliers, ils constituent une réelle force de proposition citoyenne. Ils constituent la vraie vie de la ville.
Constat et perspectives Un constat alarmant : d’ici 2025, dans le cadre de loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU), un objectif d’autorisation de 547 logements locatifs sociaux (LLS) est fixé pour la durée du Plan Local d’Habitation Intercommunal (PLHi) qui doit être adopté prochainement. D’ici 2020, nos élus ont programmé la construction de 720 nouveaux logements dont 362 LLS alors que le préfet en demande 233 d’ici 2019 et 314 de 2019 à 2023. Notre commune deviendra un chantier permanent sans aucune unité architecturale. Ces interrogations méritent de vraies et honnêtes réponses. Pourquoi des études de réhabilitation et de rénovation n’ont-elles pas été menées pour le bâti existant alors qu’il y a 5,7 % de logements vacants ? Pourquoi de tels programmes de constructions de logements dans une ville qui a une seule artère principale (rue Paul-Doumer), déjà asphyxiée par la circulation des camions et des bus ? Pourquoi autant de constructions dans une ville soumise à d’importantes servitudes de protection (inondations, carrières) ? Triel-surSeine est une commune souvent sinistrée et
régulièrement déclarée en état de catastrophe naturelle du fait des inondations. Pourquoi n’avons-nous pas obtenu des aménagements, des exemptions concernant les quotas pour la période triennale ? La population de Triel a augmenté de 193 personnes entre 2007 (11 957) et 2015 (12150) soit 1,61 %. Dans l’attente des résultats du recensement 2018, un Francilien sur 2 souhaite quitter l’Île-deFrance : trop de stress, le coût de l’immobilier, la pollution, la mauvaise qualité de vie, la densité et la surpopulation, le trafic automobile. Quel avenir souhaitons-nous pour notre cadre de vie ? Suite à la demande d’octobre dernier du collectif, il y a eu trois réunions d’échanges avec la mairie ; ceux-ci se poursuivent. Comme nous l’a précisé le responsable des projets fonciers de l’Etablissement Public Foncier d’Île-de-France (EPFIF), c’est bien le maire qui signe les permis de construire. Par ailleurs, le collectif a rencontré la vice-présidente déléguée à l’urbanisme à la communauté urbaine (GPS&O). Les habitants et les riverains des projets veulent s’impliquer, mais aussi se faire entendre. Initiateurs de dynamisation économique et sociale, enthousiastes, sans démarche conservatrice, capables d’identifier certains dangers liés aux projets, ils constituent une réelle force de proposition citoyenne. C’est une véritable concertation avec les habitants et leurs associations qui doit s’engager avec les élus pour un aménagement harmonieux et partagé de Triel. Notre ville est encore agréable à vivre mais pour combien de temps ? r
Et, maintenant, que fait-on ? Environ 40 personnes se sont réunies le 26 mai. Des tours de table, des débats sur la méthode et la tactique à mener vis-àvis de la mairie ont été exposés. On consate un bouillonement d’idées, des envies..., mais la question se pose : « comment procéder maintenant ? » Certains ont parlé de banderoles, de pétitions, de présence au conseil municipal et davantage de visibilité auprès d’un public triellois élargi. Cependant, on mesure la limite des objectifs du collectif qui n’a pas envisagé une démarche conflictuelle avec la mairie. En parallèle, le temps politique arrive à toute vitesse et les écuries municipales se mettent en état de marche. Certes, il est trop tôt pour le voir, mais de ce collectif émergeront les prochains responsables de l’urbanisme à l’horizon 2025. Sauront-ils faire mieux que ceux et celles qui sont au pouvoir ? r
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Dans les pas de Mirbeau et des artistes à Triel (1848-1917)
TRIEL-SUR-SEINE
Jean-Paul Kervadec, membre de la société Octave Mirbeau, a pris sa plume pour raconter le lien entre la ville de Triel et des artistes depuis le XIXe siècle. L’assemblée générale 2018 de la Société Octave Mirbeau s’est tenue le 5 mai à Triel, dans la salle des mariages de la Maison Senet, propriété communale. Elégant édifice construit à la fin du XIXe siècle par le parfumeur Eugène Senet, maire de la ville de 1900 à 1906. La cinquantaine de participants, certains venus d’Allemagne et de Belgique, ont trouvé à leur goût la villa et son parc attenant, propices à leurs travaux et agapes vespérales. Sous la férule de Claude Barouh et de l’association Triel, Mémoire & Histoire, les mirbeauphiles et mirbeaulogues ont pu visiter Triel en marchant dans les pas des artistes qui y ont vécu. Et ils sont nombreux ! Au début du parcours, passage évidemment obligé devant le Théâtre Octave-Mirbeau, où le soir était donnée une représentation des Farces et Moralités de notre auteur par l’excellente troupe trielloise Les Comédiens de la Tour. Par l’ancien chemin de halage, le long de la rive droite de la Seine, sous un magnifique soleil déclinant, le groupe s’est arrêté devant la villa [Stieldorf], que Guy de Maupassant (1850-1893) a louée pour y écrire au calme, juste devant le fleuve. C’est une des rares personnes que Mirbeau ait jamais tutoyée. A Paris ils fréquentaient la même bohème littéraire, mais Mirbeau finit par se lasser de son ancien
complice. Il ne supportait plus son « snobisme » et son « réclamisme », comme l’écrit le mirbeaulogue - ô combien - Pierre Michel. A une encablure, nous nous sommes transportés, toujours pedibus cum jambis devant la résidence Beaurivage, construite en 1965 à l’emplacement de la propriété de la Belle Otero (1868-1965), que la célèbre cantatrice et courtisane habita pendant cinq ans. Elle fut une bienfaitrice de la commune et de la paroisse, mais elle termina sa vie à Nice, ruinée par sa passion du jeu. Nous sommes remontés devant la villa Les Figuiers avec une guide de choix, Elena Fornero-Sandrone, qui n’est autre que la propriétaire de la demeure, actuellement louée, venue spécialement d’Allemagne pour la Société Octave-Mirbeau. La maison avait été [louée] en 1914 par un jeune écrivain francophone, d’origine égyptienne, Albert Adès (18931921). Sur la façade, une plaque émouvante : «Ici vécut le romancier Albert Adès 1893-1921. Triel changea le cours de son trop bref destin. L’amitié de Mirbeau éclaira son chemin. Sa fille 1971» Visite prolongée, sous la conduite d’une guide particulièrement experte, de l’église Saint-Martin, XIIIe, XIVe, XVe, XVIe siècles se raccordant avec des adjonctions hardies. La rue Galande passe sous le chœur par une fameuse voûte, si typique et rare. Les vitraux du XVIe siècle ont été commentés par notre guide inspirée. Puis, apothéose de notre montée au Golgotha, la maison qu’Octave Mirbeau, notre grand écrivain polémiste, membre de l’Académie Goncourt dès sa création, s’était fait construire en 1908 sur les hauteurs de Cheverchemont (rue Général Leclerc, à l’angle
de la rue qui porte son nom aujourd’hui), au milieu d’un parc plein de roses et de peupliers. « Regardez comme c’est beau », disait Mirbeau, désignant la vallée et les îles de la Seine, Triel et son église. Grand collectionneur d’art, il avait garni sa maison de chefs-d’œuvre, des Cézanne, des Monet, des Van Gogh, des Pissarro, des Renoir, des Rodin, des Maillol... Il les avaient acquis à une époque où ils étaient ignorés du public et méprisés de l’élite. Quand on voit l’état de délabrement actuel de la maison et du parc, on ne peut que souhaiter leur réhabilitation par des moyens financiers publics ou privés. Vite, il est grand temps ! D’autre artistes ont vécu à Triel, notamment Zola (1840-1902), les poètes Paul Alexis (18471901), que Mirbeau fréquentait, et Paul Fort (1872-1960). Une mention spéciale pour la truculente actrice Denise Grey (1896-1996) qui vécut une dizaine d’années à Triel sur les hauteurs de l’Hautil, où elle se livra même à l’élevage industriel de poulets. « J’y ai laissé des plumes », racontait-elle avec malice. Nous avons eu le privilège de la rencontrer en Bretagne. Elle avait une propriété au bord du Golfe du Morbihan, dans la commune d’Arradon, où elle est inhumée. Celle-ci est proche de lieux fréquentés par Mirbeau : Penboc’h et Kérisper près de Vannes. Triel, vraiment une commune aimée des artistes et des mirbeauphiles ! r J-P. Kervadec 1. Triel-sur-Seine, son histoire, ses légendes, Georges Beaujard et Daniel Biget, Editions du Valhermeil, 2011.
L’état de délabrement actuel de la maison et du parc, auparavant propriétés de Mirbeau, est désolant. (M. Kervadec) www.journal-deux-rives.com
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VERNEUIL
Actualité locale
Kung Fu : la visite de Shi De Cheng
Ou quand la mondialisation prend tout son sens. L’école La Source a été le théâtre d’un événement mémorable : la visite d’un moine de Shaolin. Le 25 mai a été un vendredi festif et mémorable pour tous les élèves de l’école La Source de Verneuil-sur-Seine. Depuis des semaines, les enfants piaffaient d’impatience à l’idée d’accueillir au sein même de leur établissement, non seulement un véritable moine de Shaolin, mais de surcroit, le plus emblématique de tous, celui qui enflamma, des années durant, le Palais omnisport de Paris Bercy. Cet invité hors du commun est arrivé comme un chef d’état, accueilli par un corps professoral au complet venu pour le saluer, comme il se doit, puis les enfants entonnèrent en chœur une chanson bien française, mais en chinois ! Le croirez-vous ? Vint ensuite la visite des classes, afin que Shi De Cheng puisse découvrir ce qu’aucun touriste ne pourrait. Nouvelle surprise pour les élèves lorsque notre moine a pris la craie et commencé une petite leçon d’arithmétique. Tous se réunirent, enfin, dans le gymnase pour assister à des exposés, à des projections et même à des démonstrations de Kung Fu. Un petit film montrait une jeune Chinoise faisant visiter son école, ce qui n’a pas manqué d’interpeler tant les grands que les petits sur la maturité
VILLENNES
Shi De Cheng est un maître connu et reconnu. (Crédit photo Thierry Tassin)
de cette jeune élève. Madame Legrand, professeur des écoles, à l’origine de cette rencontre, a surpris le moine Shaolin avec une démonstration de tous les CE2, à couper le souffle. Près de 60 jeunes talents, tous vêtus « à la chinoise » ont pu montrer leur savoir acquis tout au long de l’année. Il est utile de préciser que La Source de Verneuil est la seule école de France où le Kung Fu est enseigné dès le plus jeune âge.
La journée s’est terminée avec une démonstration des célèbres Dragons Bleus de Verneuil, multi-champions de France cette année encore, et la remise à Maître Shi De Cheng d’un trophée aux couleurs de la France, représentatif de l’école élémentaire. A quand la visite d’une délégation française dans une école de Shaolin ? r
Des voisins excédés par le bruit
« Communication stérile » et nonécoute par la SNCF sont les principaux aspects de la manifestation de Villennois à la gare, le 16 juin 2018. Dans une ambiance conviviale, les manifestants se sont montrés décidés à continuer à faire du bruit pour être écoutés par la SNCF. « Pour tous ceux qui habitent près de la gare, le bruit des haut-parleurs est insupportable », a expliqué Olivier, un des 30 voisins de la gare de Villennes présents à la manifestation du samedi 16 juin. Depuis quatre ans, en préparation de l’arrivée d’Eole, 48 nouveaux haut-parleurs, très bruyants, émettent des « communications stériles » dans une gare, le plus souvent vide. Ce bruit est entendu dans tout le centre-ville. Organisée par un poignée d’habitants excédés, la manifestation a tenté de démontrer la gêne : « Nous sommes dérangés, harcelés dès six heures du matin, la journée, en soirée, en semaine, le week-end. Nous avons parfois l’impressions de vivre dans le hall de la gare Saint-Lazare ! »
Avec l’arrivée d’Eole, la SNCF a vu grand pour la petite gare de cette banlieue chic des Yvelines : les annonces se succèdent et se ressemblent avec des infos sur des travaux, sur la sécurité des biens et des personnes, sur l’état du réseau et sur les grèves à venir. Ce sont des informations sans Une trentaine de personnes, dont des élus, ont manifesté à la intérêt comme « le gare de Villennes-sur-Seine, le 16 juin. (J2R) renouvellement du pass Navigo » . M. Michel Pons et son adjoint à la ont accompagné les manifestants afin de sécurité ont souligné que la municipalité ne montrer leur solidarité. « La moitié des membres cesse pas d’écrire à la SNCF à ce sujet, sans du conseil municipal étaient présents, alors que l’on réussir à obtenir une réponse satisfaisante. n’est pas [encore] en période électorale. » Espérons Les usagers et la mairie demandent la réduc- que la communication entre la SNCF et ses tion du nombre et de l’intensité des annonces clients se fasse, également, dans l’autre sens, passées par les 48 haut-parleurs. afin qu’elle entende les griefs des Villennois La dimension politique de cette manifesta- et y donne une suite favorable. r tion locale est à noter : des élus de tous bords www.journal-deux-rives.com
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Actualité locale
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Villennes a accueilli la 6e édition des rallyes pédestres des 2 Rives de Seine (& Oise)
VILLENNES
Après Triel-sur-Seine, Andrésy, Verneuil-sur-Seine, Orgeval et Conflans-Sainte-Honorine, c’était le tour de Villennes-sur-Seine d’accueillir le rallye pédestre intercommunal, organisé dans le cadre de GPS&O, avec le soutien de la communauté urbaine. Comme d’habitude, des propriétés privées étaient ouvertes aux participants. Encore mieux, avec un grand intérêt et plaisir, après avoir traversé la Seine, ils ont découvert l’ancienne cité naturiste de Physiopolis ! Cinq balades-surprise organisées par l’association ACV, la mémoire de Villennes, dans son village, l’ont conduite à proposer, chaque année depuis 2013, à une autre association d’histoire locale de notre intercommunalité une coopération pour faire connaître, sous une forme ludique, le patrimoine de sa ville.
Déjà six éditions
de cette animation intercommunale
Dès la deuxième année, à Andrésy après Triel, la Communauté d’agglomération 2 Rives de Seine (CA2RS) a apporté son partenariat, grâce à M. Philippe Tautou, son président et maire de Verneuil-sur-Seine, où a eu lieu la troisième édition. Malheureusement la forte participation des élus (maire et conseillers municipaux, député et conseiller départemental), cette année-là, ne s’est pas renouvelée ensuite : le rallye pédestre avait eu lieu la veille du premier tour des élections départementales ! L’année suivante, l’instauration de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O), qui a poursuivi le soutien de la CA2RS, a élargi le territoire couvert à sa partie orientale ; la justification
Plus de 110 personnes ont traversé la Seine, le samedi 26 mai 2018, pour visiter Physiopolis. (DR)
du complément de la dénomination du rallye pédestre avec la mention de l’Oise a été apportée, en 2017, à Conflans-Sainte-Honorine. Les contributions municipales ont pris d’autres formes : prêt d’une salle pour la réunion des équipes après le rallye pédestre, participation aux récompenses des meilleures équipes, fourniture du « pot » de clôture de l’évènement. L’importante contribution d’un adjoint au maire d‘Orgeval pour l’élaboration et l’organisation de l’édition 2016 est à remarquer. Après ses collaborations avec Triel, Mémoire & Histoire, le Club Historique d’Andrésy, l’association Passé-Présent de Verneuil-sur-Seine, Histoire d’Orgeval et Conflans à travers les âges, l’association ACV, la mémoire de Villennes devait compter sur ses propres ressources pour organiser, avec
l’aide la municipalité, la balade-surprise dans sa ville. C’était donc le sixième rallye pédestre villennois et le sixième intercommunal !
Un itinéraire inédit avec une belle surprise Pour cette nouvelle visite de Villennes, il aurait été possible de reprendre certaines étapes des rallyes organisés de 2007 à 2012 ou, comme il avait été envisagé, de faire découvrir un lieu historique remarquable, le château d’Acqueville, de l’époque de la Renaissance avec une partie médiévale, le seul sauvegardé parmi les trois que Villennes possédait. Malheureusement, son parc est toujours à l’abandon, le projet d’un nouvel hôtel de luxe ayant pris beaucoup de retard. C’est un autre lieu, dont l’histoire est plus récente et relativement courte, que les participants du rallye pédestre ont pu découvrir :
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VILLENNES le Domaine de Physiopolis, dans l’Île du Platais, intercommunale (Villennes, Médan et Triel). Les 25 équipes ont pu traverser un bras de la Seine pour y passer une heure. L’ACV est reconnaissante envers les membres du comité de gestion de Physiopolis de l’avoir permis, remerciant tout particulièrement sa présidente et David Lorenté, qui poursuit des recherches, complétant celles de l’association, sur l’histoire de l’ancienne cité naturiste(1). Du débarcadère au grand stade, en passant par la guinguette, la piscine emplie uniquement lors des crues de la Seine et l’ancienne ferme, les participants ont pu découvrir de nombreuses « tentes fixes » en fibrociment qui subsistent et divers bungalows plus récents et plus spacieux. Ils étaient guidés par Albert Marquet, qui a réalisé plusieurs peintures dans l’île du Platais, avant la création de Physiopolis. Deux autres artistes peintres ont fait découvrir l’itinéraire des autres étapes. Pour la première, intitulée Saint Nicolas et le bord de l’eau, c’était Maurice Utrillo qui, dans deux tableaux, a représenté l’église ainsi que sa place, où se trouvait le restaurant Au Berceau. Les anciennes guinguettes et la viticulture ont constitué d’autres fils conducteurs. La troisième étape, Les vignes et les sources, a conduit les participants jusqu’à la magnifique grotte, qui est l’un des vestiges du parc du château. La rivière anglaise, qui en est issue, a été suivie sur plusieurs parties de son parcours, en particulier dans le parc de la villa Castel Villennes, où la première championne française de tennis, Suzanne Lenglen, s’était entraînée ; les participants ont pu le découvrir grâce à une raquette qu’elle y avait laissée et aux explications d’un autre peintre : Robert Lotiron avait été le plus villennois des trois guides du jour car sa famille et lui-même avaient possédé une grande villa et d’autres propriétés, dans le village qu’il a représenté dans de nombreux tableaux. Cette balade-surprise a, ainsi, été la suite de la causerie sur les peintres qui ont installé leur atelier ou leur chevalet à Villennes ; elle a été le prélude de l’évènement municipal « La Seine en fête » et de son exposition « Îles de la Seine ». Les vainqueurs, villennois et médanais, de plusieurs rallyes pédestres précédents, dont celui de l’année dernière, n’ont pris que la deuxième place. L’équipe gagnante participait pour la première fois ; elle comprenait, toutefois, des personnes habitant depuis longtemps à Villennes, Françoise Barbier, présidente du Conseil des Sages, et son époux, accompagnés d’amis de Conflans-Sainte-Honorine. L’équipe classée troisième était composée de fidèles du rallye pédestre, habitant à Poissy et à Marly-le-Roi. Comme d’habitude, les habitants de la ville d’accueil ont été les plus nombreux, mais de nombreuses villes de notre territoire étaient représentées et certains participants étaient venus d’assez loin. Tous ont fait connaître leur plaisir apporté
Actualité locale
6E ÉDITION DES RALLYES PÉDESTRES DES 2 RIVES DE SEINE (& OISE)
Les participants au rallye de Villennes sont prêts pour la 7e édition, qui aura lieu aux Mureaux. (DR)
Michel Pons, maire de Villennes, a remis le prix offert par la ville à l’équipe gagnante. (DR)
par cette balade-surprise qui leur a permis de découvrir, en s’amusant, une partie importante du patrimoine villennois. Une vidéo(2) permet d’en conserver un souvenir.
L’édition 2019 devrait avoir lieu aux Mureaux Les participants du rallye pédestre ont déjà noté la date du samedi 25 mai 2019, qui devrait être celle du prochain rallye pédestre intercommunal. Il sera organisé en collaboration avec le service de la Ville des Mureaux chargé de l’animation culturelle et du patrimoine. A côté de ses grands ensembles de logements sociaux et de son industrie spa-
tiale, cette ville possède un patrimoine intéressant qui mérite d’être mieux connu. Très différente de Villennes, cette commune possède aussi un château et un centre ancien préservés tandis que la Seine y a joué, également, un rôle important. r
1. Pour en savoir plus sur Physiopolis : www.histoire.villennes.free.fr/ChargeRubrique. php?R=Extension26 www.facebook.com/LedomainedePhysiopolis/ 2. Vidéo du rallye pédestre : https://www.facebook. com/385729654921745/videos/933790706782301/
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« La mort dans la société : l’importance des rites »
MUREAUX
Le 24 mai 2018 à la salle de spectacles du site de Bécheville du Centre hospitalier intercommunal Meulan-Les Mureaux (CHIMM), a eu lieu un débat portant sur la fin de vie et la nécessité des rites. Le docteur Gilles Branche de l’équipe Mobile Multidisciplinaire d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (EMMA) du CHIMM et l’Association LIEN avaient préparé et organisé cette journée d’une richesse et d’un niveau indiscutable.
Dans un contexte multiculturel et quasiconflictuel, notamment à propos de la laïcité (fermée ou ouverte), la fin de vie ou le passage dans l’au-delà pose de véritables enjeux de société tant pour les patients que pour le corps médical. Diverses questions se posent à la société : Comment assurer la neutralité au moment fatidique de la mort quand le patient a besoin d’être rassuré pour un «voyage tranquille» vers l’inconnu ? Comment faire pour l’individu mourant, quelle que soit sa croyance, pour lui montrer sa singularité ?
Moment fatidique de vérité L’hôpital devient ainsi un lieu à plusieurs dimensions : il est un lieu de soin, de vie et, a fortiori, de sens. Toutefois, le niveau de normes, lié à la modernité, voire à la technicité, de l’acte médical rend quasiment impossible pour l’hôpital d’assurer ces trois rôles types. Dans les deux premiers rôles, des soins et des traitements accompagnent la guérison mais, lorsque la phase terminale a été entéri-
Claire Oppert, violoncelliste et art-thérapeute, a terminé la conférence avec un concert. (J2R) www.journal-deux-rives.com
(De g. à dr.) Marie-Frédérique Bacqué, psychiatre, et Tanguy Chatel, sociologue, ont exposé des points de vue inédits sur la matière étudiée. (J2R)
née, il est indispensable qu’elle ait du sens. Or, un lieu aseptisé, voire « déshumanisé », n’est plus capable d’assurer, selon le sociologue Tanguy Chatel, « une fin de vie humanisée et ayant du sens ». C’est le besoin criant des rites pour la fin de vie. En somme, la course à la technicité et à la sécurité médicale du malade va à l’encontre de la recherche d’un moment paisible pour la fin de vie. C’est un paradoxe, soulevé à la fois par les deux experts, Marie-Frédérique Bacqué, psychiatre, et Tanguy Chatel, sociologue.
Rendre vivable la mort Le point crucial discuté lors des échanges avec le public est relatif à la gestion comptable du secteur de la santé en France. Tout geste est compté, comptabilisé et cette politique continue à faire des ravages pour les patients, qui font des séjours à moyen et à long termes, avant de mourir. Qui doit s’adapter pour trouver un modus vivendi, l’hôpital ou le patient ? Les soins palliatifs liés à la modernité (chose formidable) ne doivent pas être le nec plus ultra de la vie à l’hôpital. Même si la laïcité ne le permet pas, on s’autorise des rites, des moments de transgression (visites d’animaux...) afin de « laisser la place à la mort ». Depuis des temps immémoriaux, dans la tradition occidentale, cet instant fatidique est un moment de recueil et d’introspection(1). D’une manière implicite, les experts cités ont expliqué que « le déterminisme scientifique et les injonctions administratives ne doivent pas escamoter » la recherche d’un moment paisible avant de mourir. Au contraire, à l’instar d’une auberge espagnole, l’hôpital devrait devenir le « lieu de traitement de sens avec une dimension culturelle et cultuelle ». Les chagrins et des moments de tristesse ne devraient plus être assimilés à des dépressions pour les patients en phase terminale. Parfois, au prétexte de la laïcité, on risque d’appauvrir le lieu de vie et de sens. Comment fera-t-on pour aboutir à un rééquilibrage dans un contexte complexe de société ? La réponse sera collective entre les acteurs du corps médical et les patients,
nécessitant une formation (dans la psychologie, la culture et le cultuel), des échanges et une confiance mutuelle. La méfiance n’a pas lieu d’être dans ce moment de recherche de sens. Il faudrait déplacer le curseur afin de trouver un point de rencontre entre les dimensions culturelle, psychologique et médicale. Pour les intervenants, ce brassage apportera des richesses et non pas des handicaps et redonnera un sens étymologique à la culture de l’hôpital : un lieu d’hospitalité. Tout est à refaire pour sacraliser la mort à nouveau. Il faut inverser ce processus de désacralisation, qui a opéré tout au long du XXe siècle, afin de sociabiliser l’individu avec les autres pendant cette recherche de sens. Ces rites de transition (vers la mort) sont indispensables pour apaiser cette probable perte d’un être, auprès des proches, et pour apprivoiser ce passage à l’inconnu, pour le malade en phase terminale. La perte symbolique équivaut à une gain symbolique dans la durée : le temps de partage entre les gens qui ont connu le patient décédé cimente les liens et apaise la douleur tout en soulageant la tristesse et le chagrin inhérents à la mort. Ces rites rassurent et permettent l’expression d’émotions collectives pour rendre vivable, ensuite, l’absence d’un proche. En conclusion, tout en soulignant les travaux thérapeutiques de Claire Oppert(2), il est ressorti qu’il faudrait parler de plus en plus de la mort ; cela permettrait d’introduire la vie dans la mort et surtour de retoucher la spiritualité de chacun de nous. En clair, communiquer avec celui ou celle qui va mourir avant le moment fatidique toucherait son corps et son cœur.
r 1. Pendant la guerre de Troie, Hector tomba et mourut. Toutes les parties en conflit firent une pause pour permettre à Hector son passage dans l’au-delà, la mort. Ce rite était présent partout, à tous les niveaux de la société gréco-romaine. 2. Claire Oppert a expliqué comment elle concilie la musique et la thérapie pour les malades en phase terminale
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Dossiers
La Maison de santé Philippe Marze inaugurée officiellement
SANTÉ PUBLIQUE
Le lundi 14 mai 2018, la Maison de santé Philippe-Marze, située aux Mureaux, a été officiellement inaugurée en présence des nombreux partenaires qui ont permis sa réalisation.
Ouverte depuis le 11 décembre 2017, la Maison de santé Philippe Marze est le fruit de plusieurs années de travail ; son inauguration ne pouvait se faire qu’en présence des nombreuses petites mains ayant participé à son élaboration. Le docteur Pascal Clerc, médecin généraliste, dont le cabinet est dans la maison, et président de l’association « Pour un projet de santé aux Mureaux », a présidé cette inauguration en compagnie de François Garay, maire des Mureaux, Noura Kihal-Flégeau, secrétaire générale adjointe de la préfecture des Yvelines, sous-préfète en charge de la politique de la ville, et du docteur Nathalie Rabier-Thoreau, spécialiste qualifiée en médecine générale à l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Île-deFrance. Yann Scotte, conseiller départemental des Yvelines et maire d’Hardricourt, et Frédéric Mazurier, directeur du Centre Hospitalier Intercommunal de Meulan-Les Mureaux (CHIMM) ont également assisté à cette inauguration.
Le choix du nom du docteur Philippe-Marze Avant de présenter la Maison de santé des Mureaux, dont les objectifs sont de faciliter l’accès aux soins et de permettre un meilleur suivi des patients sur le territoire, il faut revenir sur le choix du nom. Le docteur Philippe Marze, décédé le 27 juin 2010, était médecin généraliste à Oinville-sur-Montcient ; il a fait beaucoup pour une approche globale et interdisciplinaire dans la santé en créant, en 2001, l’Association des Médecins Libéraux, en fon-
(De g. à dr.) Le docteur Pascal Clerc, la sous préfète Noura Kihal-Flégeau, le maire des Mureaux François Garay, le conseiller départemental des Yvelines Yann Scotte et le docteur Nathalie Rabier-Thoreau inaugurent la maison de santé des Mureaux.
dant le réseau EMILE en 2003 et en participant à la construction du réseau ODYSSEE dans le Mantois en 2006. Il est présenté comme étant « professionnel et chaleureux, il a donné une impulsion décisive dans laquelle s’insère le Pôle de santé des Mureaux et la Maison de Santé Pluriprofessionnelle. » Après que le maire des Mureaux, François Garay, a coupé le cordon d’inauguration, le docteur Clerc, l’un des initiateurs du projet avec le docteur Marie-Hélène Certain, a fait visiter les deux étages de la maison de santé aux nombreuses personnes présentes.
Une équipe pluriprofessionnelle
Cette maison de santé possède une équipe de professionnels « rajeunie et féminisée », qui compte neuf médecins généralistes, aidés par deux remplaçants et des internes de l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, cinq infirmières, un pédicure-podologue, trois psychomotriciennes, deux psychologues et une conseillère-thérapeute conjugale et familiale. Cette équipe est épaulée par trois secrétaires et une coordinatrice d’équipe ; « il ne faut pas les oublier », précisa le docteur Clerc dans son discours. Le projet a été soutenu par un engagement important institutionnel et financier des collectivités territoriales : la mairie des Mureaux, le Conseil régional d’Îlede-France, l’État via l’ARS et la politique de la ville. Un investissement privé, qu’il ne faut Frédéric Mazurier, directeur du Centre pas oublier, a permis la construction d’un Hospitalier Intercommunal de Meulan-Les bâtiment moderne accessible à toutes et tous, tout particulièrement aux personnes à mobiMureaux (CHIMM). (J2R)
lité réduite. Cette maison n’est pas très loin du centre-ville et bénéficie également de la présence du centre de radiologie dont elle est la voisine. La société ESPAGE assure la gestion du lieu et assure son bon fonctionnement.
Une dimension supplémentaire de santé publique
La maison de santé répond à la désertification médicale, en accord avec la politique de santé de l’État, qui veut le doublement du nombre des maisons de santé en France, mais elle a d’autres objectifs comme l’ont expliqué les différents discours prononcés en cette inauguration (voir la vidéo(1) sur la Webtélé 2R) . La maison de santé assure les soins habituels et la continuité de ces derniers ; de plus, elle veut apporter également « une dimension supplémentaire de santé publique » dans le territoire. Pour les initiateurs du projet, cette dimension se construit en permanence avec les acteurs de la santé déjà présents comme le CHIMM, les réseaux de santé professionnels du social et du médico-social, les ateliers santé de la ville ainsi que son Centre Communal d’Action Sociale (CCAS). La maison de santé des Mureaux sera aussi un lieu de formation et de transmission(2). r 1. https://youtu.be/_9YV7Za6OAw 2. Maison de santé Philippe-Marze : 44 rue Aristide Briand 78130 Les Mureaux - Ouverture du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 h et le samedi de 8 h 30 à 13 h.
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Ouverture d’un magasin de producteurs à la Ferme de la Haye AGRICULTURE BIO
Les exploitants de la Ferme de la Haye innovent avec l’ouverture d’un magasin de producteurs sur le site même. C’est un nouveau circuit court qui est proposé aux habitants puisque la production bio vendue est celle des exploitants. Depuis le samedi 16 juin, à la Ferme de la Haye, un nouveau service local est offert aux habitants des Mureaux et à ceux des communes voisines, avec l’inauguration d’un magasin de producteurs. Fabien et Aurélie Frémin, exploitants de cette ferme, ont ouvert sur le site même un point de vente, donnant accès à la population locale à leurs productions maraichères et biologiques. La production de M. et Mme Frémin alimente déjà des coopératives bio, des restaurations collectives, des cantines scolaires ainsi que des magasins Biocoop. Désormais, les habitants vont pouvoir venir acheter la production directement.
Découvrir l’exploitation et le secteur bio Dans ce magasin de producteurs, est également vendue la production d’Antoine Frémin, frère de Fabien, exploitant en arboriculture à Feucherolles, ainsi que d’autres produits locaux, notamment des bières. Durant l’inauguration, le matin, les visiteurs ont pu découvrir l’exploitation. Fabien Frémin a fait visiter son exploitation par petits groupes, expliquant quels types de plantes il fait pousser, comment sa ferme fonctionne et comment il traite de façon « biologique » ses cultures. Par exemple, pour les pommes de terre, Fabien a expliqué qu’il utilise un traitement naturel, spécifique pour lutter contre les larves de doryphore. Il utilise la bactérie Bacillus thuringiensis qui produit des toxines létales pour les larves. C’est en 2008 que sa ferme d’agriculture
Tél. : 01 39 65 48 47 01 39 71 04 73
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Le magasin de producteurs locaux de la Ferme de la Haye aux Mureaux est l’œuvre d’une nouvelle génération d’agriculteurs. (DD) biologique (AB) s’est installée ici sur le site min en parlant des résultats de cette année. de la Haye, qui est pour lui un site particu- L’agriculture bio est une culture plus techlier par la présence de la nappe phréatique en nique et plus valorisante pour Fabien Frémin. sous-sol, approvisionnant en eau potable des Dans les champs, il y a peu de cultures mais millions de Franciliens. Il est donc important elles sont riches et variées, a-t-il expliqué. « Si de faire attention et de ne produire qu’en bio vous connaissez un agriculteur qui a toujours le souici. C’est pour lui « une évidence ! » C’est donc rire, qu’il me donne son secret », a-t-il dit aux visila récolte obtenue sur 10 ha de maraîchage et teurs qui l’ont accompagné dans ses champs. 10 ha de vergers qui est proposée en circuit Il a souligné la difficulté de son travail, dont court dans ce nouveau point de vente. les résultats ne sont pas toujours ceux attendus. « Faut savoir anticiper et ne pas avoir peur de se «Cela fait chaud au cœur tromper pour être maraîcher », a-t-il conclu.
!» Malgré les cinq premiers mois de l’année qui ont ralenti le travail dans les champs, au point que les sols ne furent accessibles qu’en avril, la récolte fut bonne. « Cela fait chaud au cœur que la travail paye ! », a déclaré Antoine Fréque le travail paye
Cécile Zammit Popescu, maire de Meulanen-Yvelines et conseillère départementale des Yvelines, et François Garay, maire des Mureaux, sont venus assister à l’ouverture et ils ont également visité les champs. r
Sport
LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JUIN-JUILLET 2018
Coupe de France : les féminines du CAJVB remportent la Coupe de France fédérale VOLLEY-BALL
Après la finale, que du bonheur : les 26 et 27 mai à Andrésy et à Conflans a eu lieu la compétition phare des volleyeuses françaises. Suite à un parcours exemplaire, après avoir évité quelques écueils, l’équipe du CAJVB s’est imposée contre celle du Patronage Laïque Villette PaulBert (Rhône) : deux sets contre 1. L’apothéose fut la finale pour les féminines de la CAJVB et leur entraîneur, Mohamed Saiaq. Comment expliquer qu’avec un début de tournoi difficile, nos féminines remportent cette Coupe de France après cinq matchs de haut niveau ? Nous y voyons quelques explications : un gros mental et de l’expédience sur le terrain, un travail physique imposé par l’entraîneur qui a payé en finale et, peut-être aussi, le fait d’être encouragé par tout un groupe de bénévoles, par des partenaires et un public qui a soutenu son équipe tout au long de la compétition. Plus de trois cents personnes se sont donné rendez-vous au Gymnase PierreBeregovoy à Conflans-Sainte-Honorine pour applaudir, encourager et faire vivre ce sport gracieux à voir et à jouer. Voici un rapide tour d’horizon du parcours de nos championnes. Dans la première rencontre face à Meyzieu, le CAJVB est passé près de la correctionnelle ne s’imposant que 2 sets à 1 : 18/25, 25/19, 17/15.
La furia du Patronage Laïque a fait des dégâts au premier set de la finale. (J2R)
Dans le deuxième match, nos féminines sont passées totalement à côté de leur sujet face à des joueuses de Valenciennes survoltées, défaite 2 sets à 0 : 15/25, 21/25. Il fallait absolument s’imposer dans la troisième rencontre face aux banlieusardes de Lyon, le Patronage Laïque Villette Paul-Bert, pour se qualifier pour les demi-finales, alors que cette équipe venait de remporter ses deux premiers matchs face à Meyzieu, 2 sets à 1, et Valenciennes, 2 sets à 0. Est-ce le fait d’être au bord du précipice mais nos joueuses se sont imposées, au prix d’un gros match 2 sets à 0 : 26/24, 25/20.
Une réussite incontestable, selon les organisateurs Avec un groupe d’une trentaine de bénévoles totalement investis et le soutien de nos partenaires, nous sommes parvenus à organiser sur Andrésy et Conflans une très belle finale de la Coupe de France 2018. Les huit délégations ont salué la qualité des prestations et de l’organisation, ce qui constitue, pour les bénévoles du CAJVB, un premier succès ! Et la victoire de nos féminines au terme d’une finale de haut niveau, malgré les 5 matchs disputés en deux jours, est venue apporter le plaisir et l’émotion supplémentaires ! Quelques chiffres qui témoignent du travail engagé pour faire de cette compétition un formidable évènement pour l’image de notre club et de ses partenaires : plus de 130 repas livrés par un partenaire, le Centre Leclerc de Conflans, les midis et une centaine le soir, 44 chambres louées au Campanile de Conflans pour 2 jours, 155 packs d’eau, 18 rencontres de bon niveau, des centaines de photos des matchs et des équipes sur la page Facebook du club, la finale retransmise en direct sur celle de la ville, vue par 1400 personnes. Merci à tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à la réussite sportive et logistique de cette compétition qui apporte un titre en catégorie senior féminine historique pour le club ! La présence des maires de nos trois communes et de leurs adjoints aux sports, les équipes des services des sports, et les témoignages ou la présence de nos sponsors principaux durant l’évènement ont été des moteurs pour nos joueuses et les membres de l’organisation et nous les en remercions vivement. r
Leur équipe a terminé seconde de la poule et a joué le dimanche matin en demi-finale face à Tremblay qui a terminé premier de sa poule grâce à deux victoires sur l’Union volley et Lattes-Montpellier et un court revers, 2 sets à 1, face à Saint–Nazaire.
Une finale disputée La demi–finale, toujours à Andrésy a été très disputée, en particulier le second set, le CAJVB ne parvenant pas complètement à prendre l’ascendant sur le secteur service-réception et s’imposant sur le fil 25/20, 25/23. Dans l’autre demi-finale, Villette Paul-Bert a dominé assez facilement Saint-Nazaire sur le score de 2 sets à 0 : 25/16, 25/16. La finale a opposé donc le dimanche à Conflans, le CAJVB à Villette Paul–Bert, deux équipes invaincues en 18 rencontres de championnat de Nationale III et qui sont déjà assurées de monter en Nationale II, 54 sets marqués pour les deux équipes, 7 encaissés par le CAJVB et 9 pour son adversaire ! Le gymnase Bérégovoy étant bien empli, la finale a tenu toute ses promesses en qualité de jeu, en intensité et en suspense. Dans la première manche, les visiteuses ont asphyxié le CAJVB qui s’est incliné 25/20 ; nous misions peu sur un retour de nos joueuses tant la présence physique au bloc et la défenses étaient fortes en face. C’était sans compter sur la volonté de nos locales qui ont renversé totalement le sens de la rencontre et dominé le second set, 25/18. La finale s’est donc jouée sur un tie-break de 15 points et le CAJVB, au bout du suspense, a remporté la victoire 16 /15 dans un gymnase surchauffé au sens propre comme au figuré par un public tout acquis à sa cause. r
Le classement final :
1er : Conflans-Andrésy-Jouy, 2ème : Villette Paul-Bert, 3ème : Tremblay, 4ème : Saint-Nazaire, 5ème : l’Union, 6ème : Meyzieu, 7ème : Lattes-Montpellier, 8ème : Valenciennes
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Sport
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En promotion d’honneur, défaite honorable pour les rugbymen du RCTLM
RUGBY
Le dimanche 10 juin, le RCTLM (Triel-Les Mureaux) s’est incliné face à une équipe de Vincennes en demi-finale dans un match où il devait avoir un vainqueur et un vaincu. Le RCTLM a subi une défaite honorable car, après un magnifique parcours, il a trébuché en faisant deux erreurs qui lui ont coûté une place en finale. Score final : 26 - 22 pour Vincennes. Devant quatre cent fans au Stade RobertBarra de Houilles (78), le Rugby Club TrielLes Mureaux (RCTLM) et le Rubgy Club de Vincennes (RCV) se sont affrontés pour obtenir un sésame à la finale du championnat de France Promotion honneur (réserve). Cette année, les équipes franciliennes ont démontré leur capacité à monter de rang car beaucoup de clubs de la Région Île-de-France étaient parmi l’élite de ce championnat. A Houilles, justement, les deux demi-finalistes, les clubs RCTLM et RCV, ont commencé leur match à un rythme effréné. Des escarmouches à gauche et à droite du terrain et le RCTLM a pris l’ascendant en marquant un essai à 3 mn 30. C’était Bayarri (n° 7) qui avait poussé la balle à l’enbut de Vincennes. Malheureusement, Jacob, chef d’orchestre du RCTLM, n’a pas réussi la transformation. Score 5 - 0 en faveur du RCTLM. Le RCTLM était bien entré dans le match ! Les coéquipiers de Gégé Celhay Zilberg, le redoutable numéro 10 de Vincennes, sont revenus au jeu et ont poussé les joueurs du RCTLM à la faute. Le numéro 10, Gégé Celhay, a réussi la pénalité due à la faute du RCTLM et a marqué ses premiers trois points sur neuf de la journée. Score : 5-3 en faveur du RCTLM. Cependant, les joueurs de l’entraîneur Lionel Fernandes étaient bien dans leur jeu et le match s’est déroulé comme il fallait même si le RCTLM a commis des fautes ici et là. A dix minutes du match, deux cartons ont été donnés respectivement à deux joueurs du RCTLM et du RCV. A un quart d’heure du match, Loïc Pothin « sans peur », a réussi à pénétrer la défense adverse et marquer pour le deuxième essai du RCTLM. Encore un ratage de notre buteur et le score est devenu 10 - 3 pour le RCTLM. Le jeu s’est accéléré et les joueurs de Lionel Fernandes continuaient à attaquer à dix mètres de la ligne d’enbut adverse. L’attaquant du RCTLM a voulu jouer solo et a perdu la balle. Dommage car l’équipe de Vincennes a récupéré, a vite marqué son premier essai et réussi sa transformation. C’était un des deux cadeaux du RCTLM à l’équipe adverse pour la journée. Egalité parfaite 10 - 10. C’était le point de retournement du match : cette erreur fatale du RCTLM a perwww.journal-deux-rives.com
Après 80 minutes du jeu, il y avait des regrets mais c’est la loi du sport ! (J2R)
mis au RCV de revenir au score et surtout de se mettre en marche tout en bénéficiant d’un retour de la confiance. Encore, à la 23e minute, un contre du RCV, suite à une erreur fatale, a permis une belle remontée à droite de la part du RCV et le score est devenu favorable pour la première fois aux joueurs du RCV : 10 - 15. Tout de suite, Loïc Pothin (n° 4) et ses coéquipiers sont revenus à l’attaque et, avec une cocotte, ils ont marqué un bel essai (+ 5 points). Toutefois, un ratage du côté du buteur du RCTLM et le score est resté égalisé : 15 - 15. Les esprits se sont échauffés ; un carton jaune a été distribué à un joueur du RCTLM. Vincennes s’est illustré en attaquant à gauche et à droite par des coups de pieds millimétrés. Gégé de Vincennes (n° 10) était un magicien et avait la chance avec lui. Vincennes a marqué par la droite en figeant la défense du RCTLM. Score 15 - 20 pour le RCV. La transformation n’a pas été réussie mais, après une faute inutile du RCTLM, cette pénalité a permis à Gégé de Vincennes d’augmenter son score individuel et collectif (+ 3 points pour Vincennes). A lui tout seul, il a marqué neuf points. Avant la fin de la mi-temps, le score est resté favorable pour Vincennes 15 - 23. Les joueurs de Fernandes ont couru après
un retard de huit points qui se sont avérés inatteignables. A 9 minutes 30 de la deuxième période, le RCTLM a, enfin, marqué après quelques tergiversations à droite et à gauche. Après l’unique transformation réussie du RCTLM, le score était de 22 - 23 en faveur du RCV. Pendant vingt minutes, les deux équipes sont devenues fébriles : on lâchait des ballons, on faisait des fautes inutiles de part et d’autre. A un moment donné, suite à une pénalité due à une faute du RCTLM, Gégé le magicien (n° 10) de Vincennes a enfoncé les Yvelinois avec trois points de plus. Score : 22 - 26 ! A dix minutes de la fin du match, les Yvelinois ont poussé et poussé pour une victoire hypothétique mais, rien n’était possible contre le jeu aérien et intelligent de l’équipe adverse à ce stade de la compétition. Le RCV a gagné le match par quatre points 22 - 26. En conclusion, le RCTLM a joué convenablement mais il a encore fait deux erreurs fatales en donnant des points faciles à l’équipe adverse. La nervosité et la fatigue, suite à un parcours exceptionnel, ont conduit l’équipe de Fernandes à une défaite honorable, qui laisse, cependant, envisager de belles perspectives dans les années à venir pour le rugby dans la partie est de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise. r
Chavidal : « Un grand merci pour le parcours » Sur son compte Facebook, Marc Chavidal, président du RCTLM, a tenu à exprimer sa gratitude envers les joueurs de l’équipe : « Un grand merci à notre équipe de joueurs, d’entraineurs et de dirigeants de nous avoir emmenés jusqu’en demi-finale du Championnat de France. L’ensemble que vous avez constitué tous le long de la saison aurait mérité de faire encore un tour. L’histoire s’est écrite autrement. Le club est fier de vous et vous l’a montré en étant nombreux autour de vous dimanche. On va s’appuyer là dessus pour la saison prochaine. » Quant à Lionel Fernandes, entraîneur du club, il a tiré un bilan avec philosophie. Interrogé par le J2R, Lionel Fernandes a analysé le résultat : « On était en phase finale et deux erreurs ont été commises. Cela dit, on est bien rentré dans le match, et au fur et à mesure de la rencontre, on leur a fait deux cadeaux qui nous ont couté en pénalités et deux essais respectivement. Ces deux erreurs ont été payées en cash par notre équipe. C’est la loi du sport ! » r
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Frédérique Hoy, des histoires à dire et à lire
Culture
RENCONTRES
« Écrire est un métier passionnant mais qui demeure, par certains côtés, assez narcissique, alors s’il peut servir à aider de vies, c’est parfait… » L’écrivaine andrésienne Frédérique Hoy est consciente de l’apparent paradoxe de son art. En réalité, écrire pour se faire entendre et faire passer un message sont à la base de ce métier exigeant et excitant. Un véritable moment de joie, c’était la rencontre avec Frédérique Hoy qui a déjà des histoires à raconter non seulement dans ses romans noirs(1), mais aussi de son quotidien. Elle nous a évoqué son dentiste (une figure récurrente dans un de ses romans) et je me suis dit : « Cela commence mal pour une histoire de roman noir », mais finalement elle sait tracer sa route d’écrivain.
Noirceurs de l’âme humaine Même si elle a toujours écrit (des poèmes, des correspondances aux amis et aux parents), Frédérique Hoy a su suivre son instinct de résilience, après un obstacle de vie, pour publier son premier roman à vingt trois ans. Les romans d’Hoy « assouvissent son besoin convulsif de réinventer la vie » et par la suite de se faire lire. Elle veut « transfigurer la vie réelle » d’une manière inventive. Son écriture est fluide et soignée pour se faire transporter comme dans un toboggan chez Euro Disneyland. Toutefois, elle n’écrit pas sur un monde merveilleux. Dans son roman Et un jour, disparaître (Ed. Amazon, 2017, 236 pp.), Frédérique Hoy met en scène un viol avec la noirceur de l’âme humaine d’un des personnages : « Il viola sa nièce. Le calvaire entre les murs glacés dura plus de trois heures. Entre chaque assaut il lui parlait de l’accident qu’il avait provoqué. C’est ainsi qu’après avoir éjaculé sur ses cuisses, il lui annonça la mort probable de ses amis. Puis, il se perdit dans un monologue insensé, assis nu sur un tabouret en bois, comme s’il était en présence de son frère Carl, qu’il invectivait plus ou moins violemment. » (p.139) Mme Hoy, par ces lignes, projette des idées noires et des angoisses archaïques de l’humanité ; ces sentiments sont peut-être bien ancrés en elle mais on ne le saura jamais. Partager sa passion et des histoires En effet, il y a un hiatus entre la personnalité de Frédérique Hoy et l’écrivaine qui s’inspire des noirceurs des autres. L’écrivaine Hoy ressent ce besoin impérieux de « transmettre une expérience, et notamment celle de l’autre. » Frédérique Hoy est, ainsi, capable, dans un échange fortuit, de vous dévorer et consommer avec ses yeux pétillants : sortant votre âme afin de s’imprégner de votre histoire, elle la taille ensuite, comme un orfèvre avec un morceau de granite.
Frédérique Hoy lors de la rencontre avec le J2R. (J2R)
Pourquoi faire cela, pourquoi écrire ? Pour se faire lire pourrait être sa réponse d’un ton narcissique mais elle a besoin de la formuler autrement : partager la lecture, cette passion de transmettre des histoires à lire comme dans le temps ancien autour d’un feu. Promouvoir la lecture dans des endroits inédits ou en marge est sa finalité en tant qu’écrivaine engagée dans le social. Ainsi, avec le réseau Bibliothèque sans frontières, elle a participé à des œuvres collectives et solidaires. Par exemple, elle a écrit une nouvelle dans le recueil pour la petite Boilt (une enfant thaïlandaise, victime d’un incendie, qui a perdu une main et la moitié de son cuir chevelu). Ce recueil a été élaboré pour lui permettre de bénéficier d’interventions chirurgicales en France. Dans son troisième livre, Devine qui est mort ? (mai 2018), Hoy utilise, comme toile de fond, le scandale social de l’accouchement sous X en Belgique de jeunes filles qui étaient tombées enceintes. Quel message souhait-elle véhiculer ? Elle n’a pas vraiment un but précis, mais c’est aux lecteurs d’interpréter les œuvres en fonction de ce qu’ils ont envie de voir ou de sentir. « Chaque individualité va percevoir ses propres sentiments et angoisses... », a conclu Frédérique Hoy. En terminant de rencontrer l’écrivaine, nous sommes surpris d’apprendre ses intérêts pour la mythologie grecque et celle du sortilège d’Echo, qui était condamné à répéter jusqu’à
mourir d’amour pour Narcisse. Frédérique Hoy est-elle condamnée à écrire pour toujours ? r
1. Le premier, Lune ou l’autre, est paru aux éditions YakaBooks, une petite maison d’édition qui s’est engagée à promouvoir la lecture, en partenariat avec Bibliothèque sans frontières. Les livres, imprimés à assez grande échelle (15 000 exemplaires - pour réduire le coût d’impression), sont vendus 2 euros. Voir : https://www.yakabooks.com/produit/lune-ou-lautre/ Le second, Et un jour, disparaître, est un thriller psychologique qui connaît un petit succès sur Amazon. Voir : https://www.amazon.fr/un-jour-dispara%C3%AEtreFr%C3%A9d%C3%A9rique-HOY-ebook/dp/B071ZN1WWQ/ ref=tmm_kin_swatch_0?_encoding=UTF8&qid=1509553559& sr=8-1 Mme Hoy est en train d’écrire la suite : ce petit dernier, Devine qui est mort ?, a été publié en mai 2018. Ce roman est un drame familial, partiellement inspiré d’un fait divers, réel. Il est moins dur que le précédent, même s’il aborde des thèmes chers à l’écrivaine. Voici le résumé : La flûtiste renommée Albane de Morange a tout pour être heureuse : un homme qui l’aime et qui partage sa passion, un appartement chic à Paris, une vie réglée comme du papier à musique. Si elle n’a pas d’enfant, c’est pour une raison bien précise : cette raison même qui fait qu’elle a rompu avec la famille de Morange il y a plusieurs années. Le jour où, en plein concert, la musicienne frôle la mort, son monde intérieur est bouleversé. Albane éprouve le besoin de renouer les liens, et surtout de régler ses comptes avec les acteurs de ce passé douloureux qu’elle n’a jamais eu le courage d’affronter. Elle a aussi participé à un ouvrage collectif : https://www.amazon.fr/Tous-pour-Boilt-auteursmotiv%C3%A9s-ebook/dp/B077TXVYTM/ref=sr_1_1?s=digitaltext&ie=UTF8&qid=1520947765&sr=1-1&keywords=boilt
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Culture
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Columbo, coiffeur à Villennes-sur-Seine, mais pas seulement
RENCONTRES
Nous nous croisons tous les jours et pourtant nous ne nous regardons pas. Cet état de fait peut durer une vie entière. Et pourtant rien n’est plus ordinaire que de ne pas se voir. Il est temps de s’arrêter et d’échanger. C’est un coiffeur simple que nous avons rencontré. Aujourd’hui, une façade, devant laquelle certains de nous passent régulièrement, attire mon attention « Coiffeur - Messieurs » : nous sommes au 336 avenue Georges Clemenceau à Villennessur-Seine. Cette façade fait partie du décor depuis si longtemps que nous ne la voyons presque plus. Pourtant, elle recèle beaucoup de richesses et est personnifiée par Columbo. La porte est entrouverte comme une invitation. L’invitation m’avait, déjà, été faite par le rédacteur en chef du J2R, qui a l’habitude de se faire coiffer en cet endroit. Daniel Mégret, que les Villennois et ses autres clients nomment Columbo, habite à Orgeval où il est né, il y a de nombreuses années. De petite taille, il occupe, toutefois, de l’espace par sa personnalité authentique et sa bonne humeur. Coiffeur de profession, lorsqu’il est à l’ouvrage, il met de discrètes lunettes dorées. Il porte un joli costume : une chemise, une veste et une cravate, avec un beau jean et de belles chaussures de ville. Coiffé correctement mais pas rasé de façon classique, Columbo a une belle présentation physique. Claudiquant d’une jambe, il laisse planer le mystère sur la raison de son boîtement. Cela n’altère en rien sa façon de coiffer ses clients. Il est attentif aux personnes qu’il accueille : il écoute avec réflexion et, même lorsqu’il n’est pas d’accord sur certains sujets, il reste conciliant. Il a, toutefois, du caractère : de façon naturellement authentique et calme, l’injustice sociale peut le révolter. Personnalité locale respectée, Columbo a ouvert son salon de coiffure vers 1973 : c’est l’un des plus anciens commerçants de l’avenue Georges-Clemenceau à Villennes-sur-Seine. Il reste relativement évasif car il souhaite laisser planer un doute sur la date d’ouverture, de même que sur son âge ; « On ne demande pas l’âge », dit-il sur le ton de l’humour. Ce métier est une vocation pour lui. Le simple fait de pousser la porte de son salon de coiffure permet de s’apercevoir que cette passion ne date pas d’hier. Son lieu de travail demeure hors du temps : ce ne sont pas que les cheveux qui volent mais également les minutes. Le temps passe sur la montre mais il s’arrête ici et, ainsi, nous pouvons enfin le prendre au lieu de le subir. Sur une étagère, des miniatures de Peugeot 403 trônent : la fameuse voiture de l’inspecteur Columbo, interprété par Peter Falk. Lorsqu’une sonnerie retentit, c’est le combiné d’un téléphone à cadran orange que notre coiffeur décroche. De nombreux journaux, récents ou www.journal-deux-rives.com
En 45 ans, de milliers de personnes sont passées chez Columbo. (J2R)
anciens, sont disponibles pour les clients qui attendent leur tour. Véritable mémoire du village et des environs, Columbo peut raconter beaucoup d’anecdotes sur la vallée de la Seine. Se faire coiffer par lui pourrait presque n’être qu’un prétexte pour découvrir ce qu’il a à transmettre. Par exemple, il connaît bien l’histoire de Meulan. Il raconte, ainsi, que Brigitte Gros, maire de cette ville dans le passé, avait fondé un journal La liberté de la vallée de la Seine, dont les bureaux étaient à Poissy, et que son frère n’était autre que Jean-Jacques Servran-Schreiber, fondateur du journal L’Express. Columbo aime aussi l’immobilier. Il explique qu’actuellement les choses changent. Moins de discussions sont possibles et, selon lui, les personnes se méfient davantage les unes des autres, surtout dans les grandes villes. Les prix des bâtiments augmentent aussi vite, les rendant alors rapidement inabordables. Parfois, certains profitent de l’immobilier de façon immorale pour s’enrichir. Cela le révolte et son discours s’enflamme alors. Durant l’entretien, nous abordons quelques autres sujets de façon brève comme la vie sentimentale : Columbo partage sa vie avec une femme depuis plusieurs années. Nous évoquons aussi les prochaines élections municipales et faisons quelques pronostics. De nombreuses personnes sont passées et passent encore chez Columbo : d’autres mémoires locales, des personnalités telles que Michel Delpech et Anelka, à une époque, ainsi que quelques hommes politiques et des médecins. Une coupe de cheveux chez Columbo coûte toujours environ 10 euros. « Une toute petite dernière question » comme dirait Peter Falk : « Pourquoi Columbo ? ». Il a ce surnom depuis des années,
tout le monde le connaissant par ce sobriquet. A un moment, deux hommes de la communauté des Gens du voyage d’une autre ville sont venus le saluer en l’appelant Columbo ; ils ont expliqué qu’il les coiffait lorsqu’ils étaient enfants. Toutefois, notre coiffeur ne donne pas de raison à ce surnom. Faisons donc une hypothèse : à chaque fois qu’une question lui était posée, ce n’est pas toujours une réponse que nous obtenions, mais d’autres questions ! Plus nous croyons le connaître, plus nous percevons le joyeux mystère qui l’entoure. Parfois nous en arrivons même à nous interroger sur nous-même quand il se met à nous interroger. Transporté dans une autre dimension du temps durant cet entretien, j’ai oublié de poser certaines questions comme celle sur la devanture de son salon « Coiffeur - Messieurs ». Ne s’occupet-il donc que des hommes ? Je le lui demanderai, en premier lieu, la prochaine fois que nous nous croiserons, avant de me faire emporter avec plaisir hors du quotidien, qui annihile parfois toute possibilité de nouvelles découvertes. Regardons ces façades des bâtiments autour de nous et entrons, parfois, par ces portes entrouvertes ; en les ouvrant, nous découvrons de véritables pans d’histoire et d’authentiques expériences enrichissantes. Ce sont des éléments à apprendre pour ne pas oublier des savoirs de nos contemporains, tout particulièrement des seniors. Nous ne devons pas oublier cette histoire qui est la nôtre ; derrière la modernité, se cachent parfois les germes des erreurs passées dont la connaissance nous permettra de ne pas les répéter. N’oublions pas de laisser notre porte entrouverte, également ! r
Culture
LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JUIN-JUILLET 2018
EXPOSITION Baudrac le magnifique fait halte
à la Péniche de Triel Gérard Baudry, connu par les amateurs d’art comme Baudrac le magnifique, est un peintre et sculpteur sur bois. Pour la première fois, il expose ses œuvres à la Péniche de Triel-sur-Seine, les 7 et 8 juillet.
Baudrac adore le soleil et cela tombe bien car, le jour de notre rencontre, il faisait beau et le soleil rayonnait avec une chaleur matinale de la fin du printemps. Il est notoire que Baudrac, Gégé pour les intimes, aime aborder la philosophie et l’art de la vie. « La vie est un bien perdu pour celui qui n’a l’a pas vécue comme il aurait voulu » : en citant Mihai Eminescu, Baudrac nous invite à nous questionner sur notre monde et notre environnement proche. Il évolue dans son atelier-nature : sa maison est au milieu d’un bois de l’Hautil et ce lieu est sa source de réflexion et d’imagination. Tableaux, sculptures en bois et d’autres créations insolites illustrent l’acte d’imagination inépuisable de cet artiste de Chanteloup-les-Vignes. Il esquive les questions classiques sur son style de peinture et
Baudrac de son vrai nom Gérard Baudry à son atelier-nature. (J2R)
ses peintres favoris, en expliquant qu’il a appris en faisant, autrement dit c’est un empirique. En revanche, il tient à souligner son non-conformisme car « tout le monde a copié les autres depuis l’antiquité. » Il tente de ressortir de l’ordinaire dans ses œuvres ; la série Rouges de la vie en est un exemple. Sa démarche artistique, comme son quotidien, met en avant la gaieté, la joie de vivre et le bien-être. PRODUCTEUR
Comme son art, Baudrac transmet sa bonhomie et son savoir-vivre à la française qui conforte et laisse le temps pour imaginer un autre univers, plus « fun » comme diraient les Milléniums. Baudrac exposera environ trente de ses toiles et de ses sculptures inédites pour un public fort intéressé par la démarche de l’artiste chantelouvais. r RECOLTANT
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