

45 organismes communautaires porteur d’espoir
Des ressources qui accompagnent des personnes en misant sur leurs forces et leur pouvoir d’agir.
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8-9 La tutelle en quelques mots
« Inapte »
Une curatrice ancrée dans sa communauté
Défendre les droits des personnes représentées 13 Mon pote, sa curatelle, son choix 15 Ma belle, prisonnière...






POUR LE PLAISIR DE LIRE
19 La taverne des oubliés 20 « Hymne au printemps »
Tryptique
Sirène 23 Réfugiés du monde 24 Ombres
25 Faire face aux multiples fractures sociales
26 Budget 2023 populiste 27 Dryade

Crédit
photo : David S. Soriano sur commons.wikimedia.org
Illustration de Bherg

RÉALISER L’ESPOIR
L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné à la vente - sur la rue ! - par des personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie.
L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche d’un logement par le biais de son service Accroche-Toit.
Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.
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Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu ? Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux.
Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 1er du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique de juillet-août : Exotisme


DES SOUS EN DEVENANT CAMELOT
Les camelots font 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier.
Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31
Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.
COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE
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Illustration : Vigno
Idée originale : Cécile Bellemare
Conception graphique : Megan Martel
ÉDITEUR
Archipel d’Entraide
ÉDITEUR PARRAIN
Claude Cossette
RÉDACTRICE EN CHEF
Francine Chatigny
DIRECTRICE DE L’INFORMATION
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SECRÉTAIRE DE RÉDACTION
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CHRONIQUEUR.SE.S
Philippe Bouchard, Martine Corrivault, Claude Cossette, Collectif pour un Québec sans pauvreté et Marc Émile Vigneault
JOURNALISTES
Philippe Fortin, Nicolas Fournier-Boisvert, Marjolaine Martin, Perrine Pinel, Sarah Rodrigue et Simon Vermette
AUTEUR.E.S
Cécile Bellemare, Simon-Pierre Blais, Michel Brisson, Bertrand Cyr, Gaétan Duval, François Gagnon, Nicole Moreau, Renée Perron et Christiane Voyer
AUTEUR DU JEU
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RÉVISEUR
Benoit Arsenault
ILLUSTRATEUR.TRICE
Bherg et Benoit Gingras
INFOGRAPHISTE
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VIVRE SOUS TUTELLE
La thématique de ce numéro a été suggérée par Cécile, une des camelots de La Quête. Quand elle a proposé ce thème, on s’est étonné de ne pas l’avoir déjà abordé : tellement de personnes qui fréquentent La Quête et l’Archipel d'Entraide sont sous tutelle et vivent cette réalité, plus ou moins facilement. Moins que plus, d’ailleurs.
On ne se doutait pas qu’il s’agirait d’un dossier aussi complexe à faire. Pour avoir des entretiens avec du personnel du secteur public, il faut impérativement passer par les services de communication. Ça multiplie les démarches. Et avec le Curateur, c’est encore pire… On a un peu mieux compris les frustrations que nous expriment les personnes qui utilisent leurs services.
D’ailleurs, on a failli abandonner et ne donner la parole qu’à nos « usagers ». Mais un magazine digne de ce nom ne saurait présenter qu’une seule face de la médaille, n’estce pas !
D’entrée de jeu, on laisse la parole à Cécile, puisqu’elle a eu l’autorisation de publier du Curateur public. On est tombé des nues dans les locaux du magazine, quand on a appris qu’il était « impératif de remplir le formulaire Demande de consentement à la captation et l’utilisation de l’image ou de la voix » pour qu’elle puisse publier un témoignage qu’elle a écrit elle-même de son propre gré. Dans son texte, Cécile exprime son vécu de personne représentée. Est-ce que tout ce qui est écrit dans son texte est vrai… on n’a pas cherché à le vérifier. Pour nous, son vécu et son ressenti face à ce vécu sont tout à fait légitimes.
Perrin Pinel et Philippe Fortin nous présente, très succinctement, ce qu’est la tutelle et comment cela fonctionne. Évidemment, toutes les subtilités de ce dispositif de protection et des modulations de tutelle ne sauraient être expliquées en 800 mots. Mais, leur article nous donne un bon aperçu de ce système de protection et des 5 étapes à suivre pour ouvrir une tutelle.
« Incapable », « inapte », « simplicité d’esprit », ici comme ailleurs, les qualificatifs pour décrire « légalement » les personnes représentées par le Curateur sont connotés négativement. Dans le mémoire que le Mouvement Personne d’Abord a déposé lors de l’étude du Projet de loi n°18, le changement de ce vocabulaire porteur de préjugés faisait partie des revendications. Marjolaine Martin fait le point sur cette question avec Annick Boivin-Bouchard, travailleuse sociale du CIUSSS de Québec.
Avec toutes les récriminations qu’on attend au sujet des curateurs et curatrices délégués de la part de nos « usagers », on se disait, il doit bien y avoir une raison. Trop de personnes représentées ? Trop de paperasse à remplir ? Un peu d’indifférence ? Mais plutôt que laisser les préjugés et les rumeurs s’amplifier, Nicolas Fournier-Boisvert est allé aux sources. Et sa source nous rassure : une journée dans la vie d’une curatrice est très chargée, mais cela ne l’empêche pas de répondre aux besoins des personnes qu'elle représente. Et si ces dernières ont parfois l’impression d’être délaissées, c’est qu’elles ne réalisent pas que tout un réseau travaille pour eux. Notre sociologue en résidence, qui s’intéresse particulièrement aux émotions dans le travail a également abordé cette question avec son interlocutrice.
Sous tutelle un jour, sous tutelle toujours ? Ça aussi¸ça fait partie des questions récurrentes qu’on entend quand on travaille avec des personnes représentées. Il est possible de mettre un terme à une tutelle, mais le chemin est long et ardu. Sarah Rodrigue s’est entretenue avec Ura Greenbaum, le directeur général du seul organisme communautaire du Québec spécialisé dans la défense des droits des personnes sous tutelle.
Simon Vermette nous rapporte l’expérience de l’un de ses amis qui s’est volontairement mis sous tutelle. L’histoire se déroule en France, mais, mis à part quelques aspects légaux, tout porte à croire que des cas semblables existent ici. La tutelle, pour le pire et le meilleur, comme conclut Simon.
Bertrand Cyr, participant au projet Point de vue, a eu une blonde sous tutelle. Le sujet l’a directement interpellé. Il décrit l’histoire de son amoureuse qui a été contrainte à une tutelle privée. Malheureusement, ce n’est pas parce que les tuteurs légaux sont membres de la famille que le poids de la tutelle est plus léger… ça peut être pire !
TUTELLE TOUS AZIMUTS
La tutelle ne s’applique pas qu’aux personnes liées au Curateur public. Il y a eu des rois sous tutelle, comme nous le rapporte Philippe Bouchard. Des gouvernements sous la tutelle de la technologie comme le décrit Martine Corrivault. Et les plus perverses des tutelles, sans doute, les modes et les pressions exercées par la société, contre lesquelles nous met en garde Claude Cossette.
Bonne lecture !
Une loi fraîchement entrée en vigueur
FRANCINE CHATIGNY
La Loi visant à mieux protéger les personnes en situation de vulnérabilité est entrée en vigueur le 1er novembre 2022. Cette nouvelle loi est présentée comme offrant une meilleure protection, et garantissant un plus grand respect de l’autonomie, des droits et de la volonté et des préférences des personnes représentées. Et elle les présente comme des personnes « situation de vulnérabilité » plutôt que comme inapte. Le Curateur public s’est engagé sur la bonne voie!

Courtoisie:Claude
Cossette
« J'EN VEUX FAIRE À MA TÊTE »
Quand des élus se montrent incapables de faire fonctionner normalement leur ville, le gouvernement du Québec impose une administration externe : c’est la tutelle.
Il existe également d’autres formes de tutelle qui sont plus personnelles. Au premier chef, on connaît la tutelle légale, mais, comme on le verra, il existe également une forme de tutelle sociétale qui dégénère souvent en tutelle morale.
LA BONNE CONDUITE
Comme on peut le lire sur le site du gouvernement, les tutelles légales existent dans le but d’assurer la protection des personnes qui y sont soumises et de gérer leurs biens. La tutelle permet d’assister la personne ou même d’agir à sa place.
Il existe également d’autres formes de tutelle auxquelles chacun accepte de se soumettre parce que l’on se sentirait coupable de ne pas y obéir. Elsa Godart, philosophe et psychanalyste, affirme dans En finir avec la culpabilisation sociale que « le 21e siècle est celui de la peur et de la culpabilisation ».
La peur : on connaît en effet les nombreuses pressions qui viennent de la société pour se comporter en citoyen correct, pour se mouler à son groupe social, bref, pour bien se conduire, c’est-à-dire comme la majorité. Les sondages ou les titres de sites, de journaux ou de livres proposent des modèles à admirer. Ces médias font également étalage de cas culpabilisants, parents qui élèvent mal leurs enfants, préposés qui soignent mal leurs vieux, ainsi de suite. Des histoires qui font peur !
À l’opposé, des récits proposent en exemple des femmes qui réussissent à mener de front leur rôle de mère, leur carrière et leur engagement social, ou d’homme qui excellent dans leurs rôles simultanés de sportif, de professionnel et de père. Des histoires à rendre anxieux ou envieux !
Bien sûr, chaque personne est libre de se soumettre ou de résister à ces incitations, mais le fait est que beaucoup se sentent contraints de se mouler à ces modèles, désirant se comporter correctement, « bien faire ».
LA TUTELLE MORALE
Ce « bien faire » finit par s’imposer comme une véritable tutelle morale. Se sentant ainsi constamment
observée et évaluée par les professionnels autant que par son entourage, une personne finit par douter d’elle-même, voire culpabiliser.
Elle cherche alors la confirmation de son point de vue auprès de ses amis, dans ses lectures ou sur les réseaux sociaux. Inconsciemment, elle court après un genre d’approbation de son entourage ou sous forme de like, quitte à se sentir déçue ou jugée si elle n’est pas confirmée.
Or, à l’intérieur des contraintes de la Loi, chaque personne a le droit de vivre sa vie comme elle l’entend, comme elle le peut. De regarder sa propre image avec courage, et non pas toujours à travers le miroir des autres. Cela exige de penser par soi-même, de résister aux pressions des autres. Il n’est pas sain de se mouler constamment à son entourage — même à une majorité statistique.
Le célèbre fabuliste Jean de La Fontaine raconte, dans Le meunier, son fils et l’âne, l’histoire d’un vieillard et de son jeune fils qui mènent un âne au marché pour l’y vendre. Le père décide de mettre le fils en selle et de marcher ; ils croisent des marchands qui disent au jeune que c’est à lui de marcher. Le vieux monte alors la bête et fait cheminer le jeune ; ils croisent trois filles qui reprochent alors au vieux de laisser marcher le jeune. Entendant cela, le vieux fait monter le fils à son côté et des gens braillent qu’ils vont faire crever leur bête.
Ils décident alors de laisser la bourrique trotter librement et de marcher, mais il se trouve encore des moralistes pour critiquer la décision. À la fin, le père rejette ces commentaires intempestifs se disant :
« Je suis âne, il est vrai, j’en conviens, je l’avoue Mais que dorénavant on me blâme, on me loue
Qu’on dise quelque chose ou qu’on ne dise rien
J’en veux faire à ma tête.
Il le fit et fit bien. »
conclut La Fontaine
C’est montrer que chaque adulte détient un droit de s’affranchir des tutelles.
CLAUDE COSSETTE
MA VIE ENTRE LEURS MAINS
Le droit de s’exprimer
Pour publier cet article, j’ai dû demander le consentement au Curateur public. C’est assez frustrant de ne même pas pouvoir s’exprimer librement, comme tous les citoyens.
Cécile
Bonjour !
Mon nom est Cécile Bellemare. Depuis 16 ans, je suis sous la tutelle aux biens et à la personne. En 2007, j’ai connu une personne et nous avons eu une histoire d’amour. Cette personne n’était pas très gentille. Elle profitait de mon argent. C’est à ce moment-là que j’ai demandé un régime de protection et que j’ai été mise sous tutelle.
Cette personne n’est plus dans ma vie aujourd’hui. Pour cette raison, j’aimerais débarquer de la tutelle. Je ne me sens pas écoutée quand les psychiatres et les travailleuses sociales font leur évaluation. Plusieurs personnes sous tutelle ont d’ailleurs cette impression : les personnes qui nous évaluent ne prennent pas le temps de nous écouter.
Chaque trois ans, il y a une réévaluation. Chaque trois ans, ils maintiennent le régime de protection sans prendre en considération que ma vie a changé. La personne qui abusait de moi n’est plus dans mon environnement.
C’est un sujet tabou, mais être sous tutelle, ça brise des vies. Ce n’est pas toujours évident. On n’a pas ce dont on a besoin quand on le veut. Mon argent est géré par les tuteurs, et je n’ai pas le montant que je veux pour faire l’épicerie. Depuis 2008, on m’accorde 50 $ pour acheter de la nourriture, et encore aujourd’hui même si tout a augmenté. Je ne peux pas
bien me nourrir. Quand j’ai des entrées d’argent imprévues, ils en prennent le contrôle. C’est vraiment difficile d’être sous tutelle.
Ça fait très longtemps que je cherche un avocat pour faire entendre mes droits devant le tribunal, mais ça ne fonctionne pas. Il n’y a pas d’avocats qui croient à ma cause. C’est très dur sur le moral. Ça me décourage que personne ne veuille m’aider. Les personnes changent dans la vie, donc on peut être sous tutelle pendant un temps, mais on devrait pouvoir s’en défaire après.
EMBÛCHES
À NOTRE LIBERTÉ D’ACTION
Les gens sous curatelle sont très limités dans leurs actions. Ils n’ont pas le droit de prendre des décisions, de voyager seuls, de siéger à un conseil d’administration. Même quand ils ont besoin de soin, ils doivent passer par leur curateur délégué. Ce dernier signe des papiers pour les soins médicaux sans même demander l’accord de la personne. Les personnes sous tutelle ont plus d’autonomie et peuvent gérer plus de choses. Les tuteurs ne sont
pas obligés de tout savoir. Reste qu’on est soumis à leur pouvoir. Lors des évaluations, je me sens jugée. On dit des choses fausses par rapport à mon degré d’autonomie. C’est frustrant de se faire juger par son propre psychiatre et par des travailleuses sociales que je ne connais pas… On dirait qu’ils s’obstinent à ne pas reconnaître les progrès de leur patiente. Ne pas être encouragée pour ses réussites, ça fait vraiment beaucoup de peine !
CÉCILE BELLEMARE
Camelot, rue St-Anselme

LA TUTELLE EN QUELQUES MOTS
Envisager de mettre une personne sous tutelle n’est pas une décision simple. Et elle ne doit surtout pas être prise à la légère. Il est cependant souvent nécessaire, pour le bien de cette personne, de considérer cette procédure légale afin de la protéger et de l’aider à faire valoir ses droits.
Selon les statistiques de 2022 du Curateur public du Québec, plus de 41 000 personnes, majeures ou mineures vivent sous tutelle.
Depuis le 1er novembre 2022, il n’existe plus de curatelle, et celles qui sont existantes se sont automatiquement transférées comme tutelles.
Le gouvernement du Québec définit la tutelle à une personne majeure comme « une mesure juridique destinée à assurer la protection de sa personne, la gestion de son patrimoine et, en général, l’exercice de ses droits ». Selon les besoins ou le degré d’inaptitude de la personne, deux différents types de tutelles sont possibles. D’abord, la tutelle aux biens qui consiste uniquement à gérer les biens de la personne concernée. La tutelle à la personne, elle, concerne la protection de la personne morale et l’exercice de ses droits civils. Si les deux types de tutelle sont mis en place, il est alors question d’une tutelle aux biens et à la personne.
L’ouverture de la tutelle « peut être demandée lorsqu’une inaptitude a été constatée chez une personne et qu’elle a besoin d’être représentée pour exercer ses droits ». Cette demande peut être initiée par la personne elle-même, son conjoint, un membre de la famille, un ami ou encore un proche aidant. Elle peut aussi être demandée par le Curateur public « à la suite d’un rapport du directeur général d’un établissement de santé ou de services sociaux ».
Un processus, cinq étapes
Il est fortement recommandé de consulter un juriste lors de l’ouverture d’une tutelle puisqu’il s’agit d’un processus administratif complexe composé de 5 étapes. Il est aussi à noter que les informations citées plus bas sont tirées du site du gouvernement du Québec.
1. Obtention des évaluations médicales et psychosociales
Ces évaluations sont requises lors de l’ouverture de la demande. L’évaluation médicale est faite par un médecin alors que l’évaluation psychosociale est conduite par un travailleur social ou toute autre personne autorisée par le Code professionnel.
2. Rédaction et dépôt de la demande d’ouverture de la tutelle au tribunal du district judiciaire du lieu de résidence de la personne touchée par la tutelle.
3. Interrogatoire
« La personne concernée est interrogée par le juge, le greffier spécial ou le notaire. Cette rencontre permet de constater l’inaptitude de la personne et d’avoir son avis sur l’ouverture de la tutelle, mais aussi sur la personne qui sera chargée de la représenter comme tuteur ou tutrice ». C’est à ce stade que la personne peut contester la demande d’ouverture de la tutelle, si elle croit qu’elle n’en a pas besoin. Elle peut aussi engager un avocat pour contester la décision.
4. Convocation
« L’assemblée est une rencontre des membres de la famille immédiate et des proches de la personne concernée par la demande. C’est l’occasion pour eux de s’exprimer sur l’intérêt d’ouvrir une tutelle, le choix du tuteur ainsi que les membres qui formeront le conseil de tutelle ».
5. Décision du tribunal
La procédure se termine par le jugement du tribunal. « S’il accepte la demande, le tribunal prononcera l’ouverture de la tutelle et désignera le tuteur, le tuteur remplaçant et les membres du conseil de tutelle. La personne maintenant représentée, le tuteur et le Curateur public sont maintenant au courant de la tutelle ».
PHILIPPE FORTIN ET PERRINE PINEL
Ouverture d'une tutelle

ÊTRE TUTEUR
Le tuteur accompagne une personne placée sous sa responsabilité. Le tuteur est désigné par un juge. Il s’agit généralement d’un membre de l’entourage de la personne qui se retrouvera sous tutelle. Néanmoins, dans certains cas, la mission de tuteur sera as-
surée par un mandataire, une personne tierce qui n’a pas de lien direct avec la personne concernée par la mise sous tutelle.
Le tuteur a pour mission de protéger les intérêts personnels et le patrimoine de la personne mise sous tutelle. Il la représente dans les actes administratifs et les actes de gestions courants tels que le paiement de son loyer, le règlement de travaux d’entretien, le paiement de petits achats. Il peut également accomplir certains actes dits « de disposition » (vente d’une maison ou d’un appartement, placements…) à la condition d’avoir obtenu au préalable l’autorisation du juge ou, le cas échéant, de l’assemblée.
L'HISTOIRE EN BREF DU CURATEUR PUBLIC
La Loi instituant une curatelle est mise en application en 1945. Dans le rapport La mission du curateur public du Québec, ses fondements, sa portée, ses conditions de réussites1, on lit que « Le régime prévu dans cette loi investit une personne, le Curateur public, “de pouvoirs quant aux biens et à la personne d’une catégorie de Québécois incapables, pour un temps ou pour toujours, d’administrer leurs biens2” ».
Au cours de son histoire, le Curateur public a été sous la responsabilité de différents ministères : procureur général jusqu’aux
années 1960 et ministère des Finances jusqu’en 1999. Depuis, le Curateur public est sous la responsabilité du ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration.
Le type de personnes représentées se transforme également au fil de ces décennies. En 1945, toutes les personnes enfermées dans les asiles publics étaient sous la tutelle de l’État. Or, en 1961, suite à la publication du livre Les fous crient au secours ! de Jean-Charles Pagé, alors interné contre son gré pour alcoolisme, la commission Bédard prend forme et entraîne
Lors de sa pratique, le tuteur doit rendre des comptes régulièrement au juge qui l’a mandaté, pour lui faire part de l’évolution de sa gestion, des mesures prises pour les personnes dont il a la charge. Dans l’ensemble, la tutelle est un sujet très vaste qui comporte une panoplie de ramifications. Le site du gouvernement du Québec est une bonne ressource pour fouiller plus en détail certaines questions qui peuvent survenir au cours du processus. Il faut aussi à rappeler que l’aide d’un avocat ou d’un notaire est souvent recommandée durant la mise en place d’une tutelle afin d’être guidé le plus adéquatement possible tout au long de la démarche administrative.
une transformation de la psychiatrie québécoise. C’est la « désinstitutionnalisation ». Ce faisant, les personnes internées, soient celles qui vivent avec un trouble de santé mentale et/ou une déficience intellectuelle, ne sont plus automatiquement représentées par le Curateur public. En 1989, d’autres changements surviennent ; la catégorie des personnes représentées s’élargit alors pour inclure les personnes vivant avec une maladie dégénérative ou un traumatisme crânien.
2
PERRINE PINEL ET PHILIPPE FORTIN
1 Deschênes, J.-C. et Me Gagnon, S. (1998). La mission du curateur public du Québec, ses fondements, sa portée, ses conditions de réussites. [Rapport remis à Monsieur Pierre Gabrièle, Curateur public du Québec].
Me Nicolle Forget, De la curatelle au Curateur public — 50 ans de protection, Presses de l’Université du Québec, 1995, 125 p.
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« INAPTE » ?
Que veut dire le mot « inapte » ?
Est-ce le bon terme pour décrire les personnes sous tutelle ? Comment une personne est-elle déclarée « inapte » ? La Loi visant à mieux protéger les personnes en situation de vulnérabilité, entrée en vigueur le 1er novembre 2022, a modifié divers dispositifs en matière de protection de ces personnes. Quelques mises à jour s’imposent.
Le mot « inapte » est défini ainsi : « Qui n'est pas apte, qui manque de qualités, de compétences, d’aptitudes à faire quelque chose. » Pour le Mouvement Personne d’Abord (MPA), le terme « inapte » et celui de « vulnérable » sont porteurs de préjugés. Ce Mouvement, constitué « d’hommes et de femmes vivant avec une déficience intellectuelle qui parlent en leur propre nom [qui] travaillent à défendre leur droit à l’autonomie, à se réapproprier le pouvoir sur leur vie et à être reconnus comme des citoyens et des citoyennes à part entière », a écrit un mémoire avant l’adoption du Projet de loi n°18, Loi modifiant le Code civil, le Code de procédure civile, la Loi sur le curateur public et diverses dispositions en matière de protection des personnes. Le mémoire demandait entre autres de changer ces deux termes offensants et de les remplacer par « personne en besoin de protection ».
mettre en place la tutelle ou homologuer le mandat de protection si la personne en avait déjà rédigé un. Le délai pour l’ouverture d’une tutelle est de six mois à un an, un peu plus si la personne conteste, précise Mme Boivin-Bouchard.
La travailleuse sociale précise que lors d’une tutelle, la personne considérée « inapte » a besoin d’être représentée dans une part de sa vie ; c’est la raison pour laquelle un notaire ou un avocat est impliqué dans le processus. Le juriste s’occupe des procédures au tribunal.
En tout temps, la personne peut contester la démarche, son inaptitude ou son besoin d’être représenté. La démarche est judiciaire et comporte donc plusieurs étapes. Le travailleur social et le médecin donnent leur évaluation. Le juriste au dossier rencontre la personne présumée « inapte » et fait des recommandations au tribunal.
« Légalement, chaque personne est présumée apte à s’occuper de soi-même. »
~ Annick Boivin-Bouchard
QUI EST « INAPTE » ?
Annick Boivin-Bouchard, travailleuse sociale et spécialiste en activités cliniques au CIUSSS, explique que pour qu’une personne soit déclarée inapte, son inaptitude doit être prouvée au tribunal. Il faut, en autres, une évaluation psychosociale réalisée par un travailleur social, et une évaluation médicale faites par un médecin. Ces évaluations permettront au tribunal de déclarer l’inaptitude et de
cin, dans le cas des inaptitudes permanentes. Des tutelles temporaires peuvent être instaurées pour un an ou deux, par exemple. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que c’est possible pour une personne de retrouver son autonomie, même dans certains cas d’inaptitudes permanentes, après des réévaluations de son cas.
SATISFAIT LE MPA ?
Quelques mois après la mise en place de la loi modifiée, le Mouvement Personne d’Abord n’avait pas encore assez d’informations sur les modifications apportées par rapport aux demandes provenant de leur mémoire de 2019.
« Maintenant, on parle de capacité. Avant, on disait que la tutelle était adaptée aux incapacités, mais là, on dit qu’elle est adaptée aux capacités. »
~ Annick Boivin-Bouchard
Les membres de l’organisation souhaitent non seulement être protégés, informés et formés, mais ils désirent aussi être soutenus et être accompagnés. Ils veulent avoir le droit à l’utilisation de leur image et de leur voix, et ainsi pouvoir enfin avoir une photo sur leur carte d’assurance-maladie.
Par la suite, une assemblée de la famille est formée, ainsi les parents, la fratrie, les enfants sont convoqués. Ils sont également signifiés, c’està-dire que certaines personnes sont convoquées obligatoirement. Ils sont informés du processus et peuvent décider s’ils s’impliquent ou non pour protéger la personne.
La tutelle peut être permanente, comme elle peut être temporaire. Certaines personnes ont besoin de plus d’aide parce qu’elles sont incapables de s’occuper de plusieurs aspects de leur vie. D’autres ont besoin d’aide que pour un acte précis. La travailleuse sociale précise que les tutelles sont toujours réévaluées, minimalement aux cinq ans par un travailleur social et par un méde-
Ils demandent le droit de connaître clairement leurs droits et que les évaluations soient revues « pour respecter l’esprit de la loi et refléter les aptitudes des personnes et leurs compétences. » Les professionnels devraient s’adresser également aux principaux intéressés et non seulement à leur tuteur. Tout le monde mérite d’être respecté.
MARJOLAINE MARTIN
UNE CURATRICE ANCRÉE DANS SA COMMUNAUTÉ
Jean est né à Québec, à l’Enfant-Jésus. Il a grandi dans le quartier Saint-Rodrigue, à Québec, dans les années 1970. À l’adolescence, comme plusieurs autres jeunes de son quartier, il fréquente la polyvalente de Charlesbourg, puis fait des études collégiales au Cégep Limoilou. À la fin des années 1990, il termine des études à l’École nationale d’administration publique. Au début des années 2000, il devient père d’un premier enfant, puis d’un second. Au fil des années, il connaît une ascension sociale. Sa famille et lui emménagent au Lac-Beauport. Jean mène une vie que l’on peut qualifier des plus habituelles. En 2020, un accident de voiture changera à jamais son récit biographique. Le diagnostic est lourd de conséquences : traumatisme crânien sévère. L’homme qui débute sa cinquante devra apprendre à vivre avec des trous de mémoire majeurs, des difficultés à s’orienter dans l’espace-temps et une difficulté à planifier des actions simples. Et c’est dans ces événements tragiques que Vicky fait son apparition dans la vie de Jean.
QUI EST VICKY ?
Vicky a complété sa technique en éducation spécialisée il y a une dizaine d’années. Elle débute sa carrière professionnelle à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec. C’est à cette période qu’elle fait la rencontre du Curateur public : plusieurs personnes qu’elle accompagne sont représentées aux biens et à la personne par un curateur ou une curatrice délégués. À la recherche de nouveaux défis, elle s’y fait embaucher.
Lors de notre entretien, Vicky se montre pétillante. Elle parlait vite, faisait des blagues et riait beaucoup. Dès le départ, elle a su travailler la rencontre pour qu’elle soit confortable de part et d’autre. Cette capacité témoigne d’un habile savoir-faire et savoir-être nécessaire à la création d’un lien de confiance.
QUI EST REPRÉSENTÉ PAR VICKY ?
Quelque 40 % des personnes représentées par Vicky vivent avec une déficience intellectuelle, 30 % vivent avec un trouble de santé mentale et 22 % ont une maladie dégénérative. Les 8 % restants ne sont pas spécifiés. Dans le cas de Vicky, elle administre les biens et la personne d’une centaine d’individus aux parcours de vie différents. Tout au long de notre discussion, elle veille à bien m’expliquer comment elle adapte sa représentation en fonction des manières d’être, des intérêts et des besoins de chacun : « même si j’en ai beaucoup, ça reste des gens. Si j’étais représentée, je n’aimerais pas ça me sentir comme un numéro ou un dossier ».
Avant notre rencontre, j’émettais l’hypothèse que les curateurs et les curatrices délégués représentaient beaucoup de personnes, mais jamais je n’aurais cru que ce nombre s’élevait à une centaine. C’est ainsi que je lui ai demandé si elle arrivait à décrocher après les heures du bureau. En riant, elle me confie regarder parfois ses courriels en dehors des heures du travail.
Son travail ne saurait être réalisé sans la collaboration de celles et ceux qui entourent les personnes représentées. Elle les décrit comme étant les yeux et les oreilles dans l’environnement naturel de la personne. Bien qu’elle visite annuellement chaque personne représentée, le réseau de soutien de la personne lui permet de connaître les besoins ponctuels de la personne et d’y répondre dans un délai de 24 à 48 heures.
UN TRAVAIL ÉMOTIONNEL
Même si le travail de Vicky est d’administrer les biens et la personne de celles et de ceux représentés, il lui arrive de se retrouver dans ses anciennes pantoufles d’intervenante. Certaines personnes représentées n’ont pas de réseau de soutien et sont marginalisées. Une forme d’engagement à leur égard se fait ressentir, notamment lorsqu’elle ne les croise pas pendant un certain moment. « Lorsque ça fait deux, trois semaines que je ne l’ai pas vue, je me demande qu’est-ce qui se passe? J’aime pas ça moi », dit-elle à propos d’une personne en situation d’itinérance qu’elle représente. « Il est peut-être à l’hôpital, quelque chose. Des fois quand il arrive je suis comme : “vous étiez où ?! J’me suis inquiétée !”. Ça fait un bon lien de confiance, parce qu’il sait que je vais toujours être là. »
Et dans ce cas-ci, toujours être là, c’est être là même lorsque la personne quitte la province ou entre en détention. Certaines personnes lui demandent si elles pourront continuer à l’appeler, et voici la réponse qu’elle leur donne : « Peut-être pas à toutes les semaines, parce qu’à un moment donné on va manquer de rebondissements dans nos vies, mais oui, appelez-moi. Donnez-moi de vos nouvelles… »

NICOLAS FOURNIER-BOISVERT
DÉFENDRE LES DROITS DES PERSONNES REPRÉSENTÉES
Quelque 13 000 adultes sont sous tutelle publique au Québec. L’Association pour la défense des personnes et de leurs biens sous curatelle (ADPBC) accompagne ces individus depuis 1995. La Quête s’est entretenue avec le directeur général de l’ADPBC, Ura Greenbaum. L’avocat, qui cumule 25 ans d’expérience, illustre la complexité du système de tutelle.
Au Québec, la Cour supérieure a l’autorité de placer une personne sous tutelle. « Si la personne est jugée inapte et mise sous tutelle, elle perd une grosse partie de ses droits », explique M. Greenbaum. La plupart des individus sous tutelle souffrent de problèmes de santé mentale ou encore d’Alzheimer.
L’ADPBC, située à Montréal, est le seul organisme communautaire de la province spécialisé en défense des droits des personnes sous tutelle. L’équipe est composée de cinq membres et accompagne les personnes sous tutelle et leur famille de partout au Québec. « Nous fournissons de l’information, car le système est assez spécial et mal connu, même par les avocats », souligne Ura Greenbaum. L’Association aide les familles à gérer les dynamiques entre les médecins, les travailleurs sociaux, les avocats, entre autres.
LA TUTELLE : UNE PROTECTION CONTRE LA VIOLENCE
On compte également des femmes victimes de violence conjugale parmi les personnes mises sous tutelle. Ura Greenbaum se souvient d’un cas précis : les proches d’une femme sous tutelle suspectaient qu’elle était victime de violence conjugale. Le problème, la femme niait le tout et sa santé mentale ne lui permettait pas de bien comprendre sa si-
tuation. Dans un cas contraire, si une femme sous tutelle tente de dénoncer de la violence conjugale, elle pourrait être ignorée. « Elles n’ont aucune crédibilité », se désole M. Greenbaum. Elles ne seraient pas prises au sérieux par les autorités.
Nous avons soumis à M. Greenbaum la situation d’un camelot de La Quête qui a demandé à être sous tutelle, car victime d’abus. Il confirme qu’une personne peut se placer sous tutelle pour se protéger d’une conjointe ou d’un conjoint abuseur. Dans tous les cas, il peut toutefois s’avérer complexe de demander le retrait de la tutelle une fois la relation terminée.
Un individu peut faire lever une tutelle, en prouvant ses capacités avec des rapports médicaux à l’appui. Il doit émettre une requête à la Cour supérieure avec les responsables de sa tutelle. « On peut en sortir, mais ça implique des procédures et d’aller en Cour, de trouver un avocat… », souligne M. Greenbaum. Si les démarches judiciaires ne fonctionnent pas, il y a la possibilité de porter plainte au Commissaire à la santé et au bien-être et au Protecteur du ci-
toyen. « La procédure est longue », constate le directeur général de l’ADPBC.
DES CHANGEMENTS NÉCESSAIRES
L’ADPBC sert aussi de chien de garde pour les personnes sous tutelle. « Il y a beaucoup de dérapages et de mauvaise gestion », déplore Ura Greenbaum. Le Curateur public devrait faire preuve de transparence, afin d’éviter les dérives. « Selon le Curateur public, tous les dossiers sont confidentiels, explique M. Greenbaum. Donc, si la famille qui vient en aide veut de l’information, il y a un problème de transparence ». Par exemple, si une personne perd sa carte d’assurance maladie, la famille aura besoin de documents pour en recevoir une nouvelle. Les demandes d’accès à ces documents sont souvent refusées. M. Greenbaum croit que le Curateur public devrait aussi faire l’objet d’une meilleure surveillance. « Tout organisme public doit rendre des comptes, lancet-il. Mais le vérificateur général ne regarde que les finances », déplore-t-il.

SARAH RODRIGUE
Courtoisie de Ura Greenbaum
MON POTE, SA CURATELLE, SON CHOIX
Quand mon bon ami m’a annoncé qu’il demandait sur base volontaire d’être sous curatelle, je suis resté stupéfait. Je me suis demandé pourquoi il voulait consciemment retirer son droit à l’autodétermination. Je me suis mis en mode « épouvantail » pour essayer de l’en dissuader. « Tu ne pourras plus revenir en arrière ! » « Tu vas perdre tous tes droits de regard sur la manière de dépenser ton argent. » « Ils vont contrôler ta vie ». Bref, j’ai énuméré les idées préconçues et les demi-vérités sur le sujet.
Je dois d’emblée préciser que je décris un cas français, qui diffère en tout ou en partie des cas d’ici. Les lois sont différentes même si elles peuvent se ressembler. En France, il existe trois (3) modes de gestion publique plus intensive de la personne et ils sont désignés sous le terme de « Protection juridique de la personne » : la tutelle est la mesure de protection juridique ayant le plus de conséquences sur les actes que peut réaliser seule la personne protégée. La curatelle et la sauvegarde de justice limitent plus légèrement la liberté de la personne protégée1.
J’étais loin « dans le champ gauche ». D’emblée, je confondais la tutelle et la curatelle. La tutelle [en France] limite effectivement davantage les actes que peut réaliser seul un individu. L’origine de l’incapacité déterminera d’ailleurs le type de protection privilégiée par le juge. La maladie (physique et mentale), le stade d’une maladie neurodégénérative et les divers handicaps sont autant de facteurs considérés dans l’évaluation.
Petite parenthèse, j’ai trouvé particulièrement curieux que le ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la So-
lidarité et de la Ville identifie la « simplicité d’esprit » comme critère diagnostic recevable pour déterminer si un individu doit être pris en charge ou non. Il me semble que ce ne soit plus un terme acceptable professionnellement. Personnellement, je n’apprécie pas l’expression et elle ne fait aucun sens sur le plan clinique.
UNE DÉCISION PERSONNELLE
Cela étant dit, la protection juridique consiste à désigner une tierce personne pour aider l’individu à protéger ses intérêts, à prendre des décisions, à les autoriser et éventuellement à les contrôler si nécessaire. Le plus souvent, la demande est initiée par un proche, un médecin ou tout autre intervenant du domaine de la santé ou psychosocial. La demande peut venir de la personne elle-même, mais comme le rappelle mon ami, le juge a fait toute une tête en entendant sa cause puisqu’il n’avait jamais traité une demande volontaire. Mon « pote » tient à ce que je précise que c’était une décision personnelle.
Mon ami vient d’avoir 50 ans. Il a vécu longtemps au Québec et c’est ici que je l’ai connu. Une fois de retour en France, il a obtenu un diagnostic en santé mentale dont les symptômes lui étaient fortement invalidants. Parmi les symptômes identifiés, l’impulsivité et la consommation de hachisch étaient ceux sur lesquels ils voulaient agir prioritairement. Il y a trois ans, il a commencé à jongler avec l’idée d’être suivi par la curatrice qui s’occupe d’une de ses connaissances. Il était conscient que ses dépenses en hachisch et ses achats en ligne nuisaient au respect du budget. Il a donc de-
mandé à son psychiatre d’enclencher le processus de mise sous protection juridique.
OBJECTIFS ATTEINTS
Depuis ce temps, il affirme atteindre plus efficacement ses objectifs. Comme il le souhaitait, il a réduit sa consommation de résine de cannabis sans l’abandonner. Il a appris à fixer des objectifs, à développer une stratégie budgétaire pour les atteindre et surtout à respecter cette stratégie. Il ne se sent pas contraint pour autant. Il est très rare que ses projets soient refusés. Lorsqu’ils le sont, c’est simplement parce que le budget ne le permet pas. Mon ami a soigneusement choisi sa curatrice. La relation de confiance est essentielle selon lui, et peu de gens savent qu’il est possible de choisir son curateur. Encore faut-il avoir la chance de connaître quelqu’un qui pratique ce métier.
RIEN N’EST PARFAIT…
Malgré les bienfaits d’une telle protection, j’ai été témoin, ici à Québec, au moins un cas d’abus et un exemple d’effet pervers. D’abord, une femme de 40 ans a été abusée financièrement par sa curatrice. Grâce à la vigilance d’une amie, elles ont pu démontrer la fraude. Ensuite, je pense à ce trentenaire qui s’est récemment libéré de cette protection juridique. D’une part, je demeure convaincu qu’il n’a jamais eu besoin d’une telle « protection ». D’autre part, il doit maintenant redoubler d’efforts pour apprendre à s’administrer puisqu’il n’a jamais pu accumuler d’expérience budgétaire. En résumé, il y a des pour et des contre à ce type d’approche.
SIMON VERMETTE
1 https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F10424#:~:text=La%20tutelle%20est%20la%20mesure,action%20de%20la%20personne%20prot%C3%A9g%C3%A9e.

Corrivault
HRONIQUE
TROIS SOURIRES POUR ALLER MIEUX
Un proverbe chinois prétend que sourire trois fois par jour rend tout médicament inutile. Autrement dit, pourquoi chercher midi à quatorze heures, compliquer ce qui est simple, remplacer du vieux qui fonctionne par du neuf qu’on ne connaît pas ?
Le mois de mai se prête bien au petit jeu appelé grand ménage, mais s’y adonner trop intensément empêche de voir l’éveil de la beauté, de respirer la douceur du temps, d’admirer le retour des couleurs bref, de profiter de ce que l’on reçoit. Le dilemme d’Ève au Paradis : abandonner ce qu’on connaît pour la promesse de l’inconnu. Ou vérifier que le feu brûle.
Aux gens qui cherchaient à comprendre ce qui a poussé un conducteur d’autobus à écraser son véhicule contre une garderie montréalaise ou un autre, à lancer sa camionnette contre des piétons à Amqui, un spécialiste de l’Institut Pinel ne pouvait qu’admettre que l’on manquait de gens capables de lire les signes avant-coureurs des crises. Mais que réussit à faire le système social des appels à l’aide ? Ultimement, une même explication : les ressources manquent.
Alors le contribuable curieux découvre que les responsables de la répartition des investissements gouvernementaux sont empêtrés dans un processus de transformation des moyens de gestion de l’État où ils flambent des milliards depuis avant la pandémie. La citoyenne dans la file d’attente devant les bureaux de la SAAQ, l’hiver dernier, posait bien la question : « Pourquoi veulent-ils changer ce qui marchait bien ? »
Puis les contribuables ont découvert, pendant une partie de C’est pas moi, c’est l’autre, que la partie ne faisait que commencer. Que l’État s’engageait dans une « transition numérique » qui allait « dématérialiser » les documents et améliorer l’efficacité des outils de gestion. Parce que, voyez-vous, la démographie fait qu’on manque de monde et l’électronique propose des moyens de s’organiser autrement !
Personne n’a cru utile d’expliquer « aux clients » ce que sont devenus les citoyens, quand, comment, avec quelles ressources et au prix de combien de transformations et disparitions de services, tout cela allait se faire. Ou quelqu’un a cru que ça relevait de l’électronique, oubliant que la machine a besoin d’une com-
mande humaine ! Les temps changent, mais le chien court toujours après sa queue !
En sortant de la pandémie (encore elle ?), il a fallu passer à la caisse, payer ses comptes et ceux des gouvernements. Tous les prix à la hausse, l’opération épicerie hebdomadaire s’avère un suspense, comme ce qu’il en coûte pour se loger ou essayer de retrouver sa vie d’avant. À la fête des Mères, on essayera de la faire sourire en lui disant le proverbe chinois pour qu’elle ne s’inquiète pas du prix des médicaments.
Reste qu’on se demande pourquoi il a fallu une pandémie pour réaliser que notre société manquait déjà de bras. À la fin des années 1980, on prétendait que l’informatique allait faire disparaître le papier, mais les imprimantes du système ont plutôt encouragé la multiplication des copies papier des documents tirés des réseaux. Question de confiance : on ne croyait qu’aux preuves matérielles tangibles ; pour réduire les effectifs, on multipliait les essais système. Ce que semblent avoir omis de faire les responsables des projets tant à Québec qu’à Ottawa en faisant aveuglément confiance aux commerçants de quincailleries ruineuses.
L’enfer est pavé de bonnes intentions, disait-on du temps où l’on se méfiait des apprentis sorciers qui savaient lire les signes, parler au monde, dénicher des anges gardiens, désigner des tuteurs pour protéger les faibles et empêcher les incapables de commettre des erreurs, avec mode d’emploi en appui. Aujourd’hui, les anges sont épuisés, mais les tuteurs restent en poste. Alors, face aux chambardements, faudrait-il nommer des tuteurs à la numérisation, à la dématérialisation et aux communications interministérielles pour que fonctionnent les machines du gros bateau de l’État ?
Le mot tutelle a une connotation péjorative ? L’histoire nous apprend qu’il vient du nom de la déesse romaine Tutella navis protectrice des navigateurs et de leurs bâtiments. On fixait sa représentation sculptée ou peinte à la proue des voiliers d’où elle défiait les vents déchaînés en fendant les flots des mers inconnues pour mener équipages et navires à bon port. À bord, on souriait trois fois pour éviter… le mal de mer.
MARTINE CORRIVAULT
MA BELLE, PRISONNIÈRE...
Je ne connais pas en profondeur ce sujet, mais, ayant eu une blonde qui était sous tutelle en raison d’une déficience légère, je peux partager mon expérience. Son père était avocat pour le gouvernement. J’ai vite constaté qu’elle devait toujours suivre les directives de son père, de sa mère et même de son frère et de ses sœurs. Bien sûr, il y avait du bon et du moins bon. Lorsque les parents sont devenus trop vieux, son frère et sa sœur aînés ont pris la relève.
À l’âge de 35 ans, ma belle pouvait très bien fonctionner dans son quotidien. D’ailleurs, elle avait suivi une formation de recherche d’emploi et de connaissance de soi. Après cette formation, référée à un organisme d’emplois spécialisés pour son état, elle avait pris de l’assurance. Je l’écoutais parler des choses qu’elle pouvait faire. Je lui demandais quelles étaient ses priorités de vie. On l’avait formé à penser, à agir et aussi à prendre moins de place, probablement à cause de son excès d’enthousiasme à avoir du plaisir. Le côté enfant de son état n’était pas important pour moi. Elle avait une beauté du CŒUR et du jugement que bien des membres de sa famille auraient dû avoir.
la parole autour du feu. Il dit : « Bientôt, moi et ma sœur serons les tuteurs de notre sœur ». Et il ajouta : « Pas question qu’elle sorte de l’argent ». Elle qui avait travaillé une vingtaine d’années comme gardienne d’enfants, prenant soin d’aider sa mère, faisant tout ce que son père lui demandait, même ramasser un bout de papier par terre, elle ne pourrait jamais se payer de petits plaisirs, elle devrait porter le linge des autres, manger des lunchs, etc.
« La famille et l’argent ne font pas bon ménage. »
~ Bertrand Cyr
C’est là que j’ai compris que le fils, qui était le filleul de ma blonde, aurait l’héritage de son père. Il était le préféré de sa mère, celle qui gardait les cordons de la bourse familiale. Ce fils qui faisait tout faire par sa sœur, mais qui gardait les finances sans rendre de compte à personne. Je ne pouvais accepter que lui, qui vivait probablement au-dessus de ses moyens, prive sa sœur comme son père l’avait fait avant lui. Un beau parleur.
Avec le temps, j’ai compris que malgré la richesse matérielle, sa famille était dysfonctionnelle : comme la mienne, mais avec plus de moyens. Bien sûr, je n’étais pas le bienvenu dans cette famille. Notre différence d’âge et le fait que je sois sans emploi n’aidaient pas. Mais après quelques mois, ils ont appris à me connaître et tout se passait assez bien. Sauf pour le père qui m’appelait péjorativement « GASTON » pour montrer son désaccord du fait que je fréquentais sa fille. Sa mère, voyant que j’étais un bon gars, connaissant son mari et voyant mon malaise, insistait pour qu’il m’appelle par mon vrai prénom, sans résultat.
Puis, arriva l’automne, moment où les parents décidèrent de partir en Floride pour six mois. Bien sûr, le fils et la sœur ont pris la relève. Au début, pour ma blonde c’était le paradis. Ne plus avoir à se surveiller pour faire ce dont elle avait envie, pouvoir vivre de l’intimité, pouvoir dire ce dont elle avait envie comme travail. Ne plus garder d’enfants, car elle était trop sensible chaque fois qu’elle voyait arriver la fin et d’avoir à recommencer chaque fois.
Puis, comme chaque automne, arriva la fête familiale chez une de ses sœurs. Tout allait bien, il était tard, nous étions devant le feu de camp, ses parents étaient allés dormir chez l’un de ses frères. Ma blonde qui ne veillait pas tard alla se coucher et son frère prit
Après deux ans, même si on était très bien mon Ange et moi, avec le frère qui avait pris la relève du Clan sans moi, je me suis dit : « Tutelle mon œil ! ». Avec le temps, en observant des personnes comme ma blonde qui vivent sous tutelle, j’ai compris que plusieurs personnes peuvent devenir tuteurs sans contrat et c’est légal. Ils n’ont pas de rapports à faire, pas de comptes à rendre donc, je crois que la curatelle serait une meilleure solution pour des personnes ayant une petite déficience. La famille et l’argent ne font pas bon ménage. Comme bien des choses qui ont rapport avec l’argent, la plus grande valeur sur terre pour bien vivre.
BERTRAND CYR
LOUIS XIV
UN ROI SOUS TUTELLE ?
La tutelle, c’est être sous l’emprise contraignante d’une surveillance constante sur tout ce qui concerne une personne, un groupe de personnes, une compagnie, une région et même certains pays qui ne sont pas capables de s’administrer comme il le faut. Évidemment, des ententes sont prises entre le ou les tuteurs et celui, celle ou ceux qui sont gérés. Le but honnête dans tout ça est de prendre les bonnes décisions pour redresser et diriger de façon adéquate les finances qui autrement risqueraient d’être en péril, et d’éviter une faillite.
Avoir le sens des valeurs et être foncièrement honnête sont des qualités obligatoires pour être tuteur. Sinon c’est un portefeuille qui risque de s’envoler et de créer une situation pire qu’elle était auparavant.
Il est intéressant de constater qu’au cours de l’histoire, même Louis XIV a été, un certain temps de sa vie, sous tutelle. On est loin de penser que c’est un incapable, loin de là, mais il monte sur le trône à l’âge de cinq ans, suite, à la mort de son père Louis XIII. Il est influencé par sa mère Anne d’Autriche, et de celui qui agit comme son tuteur le Cardinal Mazarin. Majeur en 1651, Louis XIV reste sous l’influence de Mazarin, ce dernier lui fera épouser Marie-Thérèse d’Autriche en 1660.
Les grandes familles habituellement ne recourent pas au service d’un curateur public. Généralement, il y a déjà dans leur environnement familial quelqu’un qui est choisi pour gérer les biens de la personne sous tutelle. À certains échelons, l’aide familiale est encore bien existante.
Curatelle est un mot féminin, et il est emprunté du latin médiéval curatela, dérivé de curator1. Le curateur s’occupe de la personne, de ses biens et de ses portefeuilles, et aussi de sa succession. Le gouvernement, qui gère l’organisme Curateur public, comme tout autre service public, comme la voirie qui entretient les routes. Et comme pour tout autre service, le premier souci du gouvernement c’est l’argent. Curatelle se définit comme « prendre soin de ». En 1287, des changements majeurs ont été apportés dans l’établissement des règles pour répondre au besoin de la population. À cette époque, de nombreuses batailles et des croisades laissaient derrière elles de nombreux orphelins. Il fallait prévoir des ajouts au système défaillant pour ne pas laisser totalement à l’abandon ces enfants sans parents.

Courtoisie:Philippe Bouchard
1 https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9C5319
Aujourd’hui, pour assister une personne majeure « incapable », ou un enfant mineur orphelin, une personne est désignée par le juge des tutelles. Dans un cas de succession vacante, un curateur est parfois nommé pour gérer les biens, qui peuvent revenir à l’état. Après démarches, si aucun successeur n’est retrouvé, le dossier peut être transféré au curateur des successions vacantes, si encore une fois il n’y a pas de successibles, le dossier peut être remis au curateur aux ventes. Un Curateur pour les causes « Ad Hoc » peut être nommé pour une affaire en particulier. Enfin, un curateur peut avoir pour mandat de garder en archives tous les dossiers non élucidés
En tout respect pour les curateurs et curatrices, « Je me souviens »
PHILIPPE BOUCHARD HRONIQUE

L’ESPOIR AU CUBE
COULE LE TORRENT
Tutelle : Régime de protection de la personne et des biens de certains mineurs et des incapables majeurs représentés par leur tuteur dans tous les actes de la vie civile, sauf si la loi ou l’usage les autorisent à agir eux-mêmes. Petit Larousse, 2010
Je ne suis pas arrivé à me faire une tête pour écrire sur l’expérience de vivre sous tutelle ou curatelle. Ce que j’en ai entendu n’a pas été très concluant. Est-ce qu’une personne peut garder espoir d’en sortir un jour lorsqu’elle est étiquetée comme « adulte incapable » ? Est-ce que ce terme lui colle à la peau à vie ou peut-elle espérer que ce ne soit qu’une difficulté temporaire ? Peut-on passer d’un statut « d’incapable » à celui de « capable » ? J’imagine que ce numéro m’en apprendra davantage sur cette réalité. En attendant, je vous offre un peu d’espoir et de poésie.
COULE LE TORRENT
Les pensées défilent dans ma tête comme un torrent sans fin qui prend son inépuisable source dans les profondeurs de mon imaginaire. Il coule, coule sans cesse, ne me laissant aucun repos. Je suis fatigué, mais ne peux m’endormir. Je laisse couler ce flot, mais le débit est trop rapide et constant comme une chute qui bouillonne et dont le remous ne laisse échapper que quelques vapeurs avant de reprendre sa course folle vers la prochaine qui se pointe déjà à l’horizon.
J’aimerais que le calme s’installe comme un rocher robuste bien ancré au fond du torrent, un rocher qui fend la vague et la laisse couler sans se rompre. Bien à sa place au cœur du courant, le rocher, comme le calme, garde toute sa force et n’est pas déséquilibré par la ténacité du courant qui passe.
J’aimerais me retirer du torrent, m’allonger dans l’herbe fraîche qui le borde, me laisser border, relaxer, m’objectiver. Puis-je trouver ma place de l’intérieur sans être constamment bouleversé, renverser, déstabiliser par ce flot incessant de pensées qui circulent comme une veine dans mon corps, qui me perce le cœur et s’infiltre jusque dans mon âme ?
Je suis las d’épuiser mes ressources, je suis impatient d’un résultat qui tarde à se manifester. Je cherche une route intérieure qui sera sûre tout en me permettant d’y poser le pied à mon rythme de jour en jour parfois aussi rapide que le débit du courant parfois aussi lentement que l’escargot qui se hisse le long
HRONIQUE

du brin d’herbe qui le borde. Une route qui respecte la personne que je suis.
Je sais que je suis sur la bonne voie. Je me suis engagé envers moi-même. J’ai réussi à faire des alliés de l’enfant et de l’adulte qui m’habitent. Je suis à la fois enfant, père et mère pour traiter ce corps que j’habite et que j’ai encore une fois négligé pour atteindre des objectifs faussés par une vision extérieure, égocentrique et égoïste.
La vie se charge de me ramener à une juste mesure. On me nomme « incapable ». Je ne suis qu’un humain englobant toute sa splendeur et toutes ses défaillances. Je reconnais ma vulnérabilité et je m’en fais une partenaire qui servira ma vraie nature non comme une esclave, mais comme une composante dynamique de ma démarche évolutive. La vie est pavée de difficultés temporaires.
L’énergie vitale qui circule en moi se trouve temporairement coupée en son centre, mais je construis le pont qui rétablira la circulation entre la terre du haut et la terre du bas. Je travaillerai avec patience, constance et confiance. Je sais que le calme reviendra, je n’abandonnerai surtout pas. L’anxiété disparaîtra.
Coule, coule le torrent
Je retrouve mes yeux d’enfant, mais, N’oublie pas que je suis grand maintenant.
L’incapacité ne dure qu’un moment. Simplement,
MARC ÉMILE VIGNEAULT
LA QUÊTE DES MOTS
PAR JACQUES CARL MORIN
CE JEU CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES COLONNES 1 ET 20 À L’AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. CHAQUE CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUI EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE D’UN MOT ET LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT…
Verticalement :
1- Groupe de plusieurs États en un seul.
20- Ruse habile permettant à quelqu'un d'arriver à ses fins.
Horizontalement :
1- Agriculteur. Cancans, commérages. Permet de cliquer.
2- Orque. Poignard court. Petif café (METISANTE)
3- Critiques violentes (STRABIDEI). Gorilles, chimpanzés et ouistitis. Provoquer l'échec d'un projet.
4- Esquisser. Petit ruisseau. Signe typographique mis au-dessus de certaines voyelles.
5- Varlope. Baiser de Judas. Mariable. Acte législatif.
6- Dégoûts. Pour distinguer le père de son fils. Fromage frais.
7- Voyage intérieur. Chaussures d'intérieur sans talon. Livre anglais.
8- Exercer une action sur. « La ____ du plus fort est toujours la meilleure. » Besoin.
9- Elles donnent de l'huile. Désert africain. Les alentours. Partie du sang.
10- Voisin de l'Inde. Pièce de toile dans laquelle on ensevelit un mort. Action de retourner et d'ameublir la terre. Rayé d'une liste.
LA TAVERNE DES OUBLIÉS
Aujourd’hui
Une autre journée à prendre un coup.
Une autre soirée à dormir saoul.
Ici, je ne suis pas seul
Elle m’écoute, elle m’apprécie
Cents jugements, mais sans dispute
Je m’assoie, je prends ma première gorgée
Je suis chez moi, ici c’est moi qui oublie
Un jour à la fois, ô mon dieu
C’est tout ce que je demande
Pardonne-moi pour mes fautes et mes erreurs que je n’ai jamais apprises.
Mon enfance était triste et violente
Aujourd’hui ma seule qualité est la dépendance.
À travers les embûches les cris et mes pleurs
Chaque fois j’ai su m’relever
Cependant pour oublier j’ai encore besoin d’me noyer
Dans le noir sans musique
À chaque jour je bois ma vie à sens unique
Seul à ma table c’est l’histoire de ma vie
Je suis l’adulte au petit cœur d’enfant toujours brisé.
L’incompris
Une chance que toé t'es là
Tous les jours j’me rends chez toé
Tu m’écoutes en silence
Oué…
À la Taverne des oubliés

SIMON-PIERRE BLAIS
Crédit photo : David S. Soriano sur commons.wikimedia.org
« Hymne au printemps »
Le mois de mai est mon mois préféré. Félix Leclerc a écrit une belle chanson que j’aime beaucoup chanter. C’est l’Hymne au printemps. Le deuxième couplet est si inspirant et touchant !
« Quand mon amie viendra par la rivière
Au mois de mai, après le dur hiver
Je sortirai, bras nus, dans la lumière
Et lui dirai le salut de la terre…
Vois, les fleurs ont recommencé
Dans l’étable crient les nouveau-nés,
Viens voir la vieille barrière rouillée
Endimanchée de toiles d’araignée.
Les bourgeons sortent de la mort
Les papillons ont des manteaux d’or,
Près du ruisseau sont alignées les fées
Et les crapauds chantent la liberté. »
Quelle magnifique poésie, tout en rimes, en allégories, j’adore ! Félix Leclerc avait ce talent fabuleux que j’ai toujours admiré. Dans ses diverses créations, il s’inspire de la Nature, du rythme des saisons et des anecdotes de la vie quotidienne.
Le printemps est toujours associé à ce merveilleux Réveil de la Nature et à son influence sur
notre être profond et total. Quel bien cela fait d’entendre les chants des oiseaux ! Et que dire des vols des oies blanches et des bernaches (outardes) en formation V et qui vont se nourrir au Cap Tourmente et autres endroits naturels. Il fait bon d’admirer et de sentir les premiers lilas, les muguets, les tulipes et les odeurs du dégel de la terre. Et il est tellement agréable de marcher en souliers sur les trottoirs sans avoir peur de glisser sur des flaques de glace, et aussi de mettre nos habits d’hiver dans nos placards et de sortir les vêtements plus légers.
Oui, le printemps symbolise la Renaissance. Il a toujours inspiré nos écrivains, nos chanteurs, nos peintres, nos musiciens et chacun et chacune de nous. Chaque année, il se fait patiemment attendre et nous réjouit quand arrivent ses journées plus longues, les rayons du soleil plus chauds. Il multiplie les sourires sur les visages des gens et anime les conversations sur les bancs publics et dans nos parcs après de bonnes marches santé. Je vous souhaite un agréable printemps 2023 à vous tous, toutes.




CHRISTIANE VOYER
Crédit
photo : Wikicommns
Triptyque
VIE DE QUARTIER
Je regarde ce petit carré de ciel
Au-dessus de la ville
Et je me demande
S’il y a des gens
Qui habite ce quartier interstellaire
DISTANCE
Je contemple
En silence
La distance qui va
Du point A au point B
L’infini
FRONTIÈRE
Je ne crois pas que notre cerveau
Soit capable
De saisir l’étendue de l’univers
Trop grand
Ou
trop petit
Les différences entre les deux
Sont bien réelles

FRANÇOIS GAGNON
SIRÈNE
Une heure d’attente, Il me faut de la détente, Tu dois bientôt arriver, J’ai hâte de mes bras t’enlacer.
L’ancien hippie s’est vraiment assagi, Il sait que dans le monde réel, Ça prend, pour vivre décemment
Plus que du matériel.
Tu reviens du Danemark, Tu es allée voir la petite sirène
Du légendaire Andersen
Tu lui ressembles un peu,
Ma petite « dieu »
Tu en as les marques.
Annick qui revient dans 15 minutes dans un « avion-renne »
Sans peine
Et enfin te voilà chérie,
Tu sais que je me suis ennuyé
Mais enfin, jamais je n’offenserai ta liberté
De ma vie, Ma tendre amie.



Illustration de Bherg
GAÉTAN DUVAL
Réfugiés du monde

J’ai harnaché désespérément ma route
Parcourant les trois Amériques
Pieds nus même, parfois
Usant cette voie remplie de promesses
Défrichant quasiment ces sols ancestraux
Flot quotidien de vie dans le sentier (Roxham)
Demandeurs d’asile, ces réfugiés du monde
J’ai hersé cette frontière illégalement
La traversant, j’y gagne une liberté ?
Terre d’accueil, ruisselant de lait et de miel ?
Par ailleurs en d’autres contrées
Vagues de réfugiés, en mer, démunis
Frappant aux portes de la côte Italienne
Premier rempart d’une Europe accueillante ?
Marée humaine, armée déferlante
Cherche à se libérer de la tourmente
Ils s’embarquent à grands frais, confiant leur destin
Au batelier de fortune, cupide et perfide
Au milieu d’une nuit sombre, sans lune
Embarquement discret tel des prisonniers en fuites
L’ancre est levée sur une mer d’abord rassurante
Flots meurtriers, finalement, les inondent
MICHEL BRISSON
Crédit photo: Shutterstock
Ombres
Mes ombres
Se sont dissipées
De clarté j’ai osé
M’envelopper
Que les doux embruns
S’évanouissent
sur vent plus vent sur soleil plus soleil jusqu’à l’air d’un temps d’un printemps vert
Que de doux virages
Sur le visage de mon cœur !
RENÉE PERRON



Crédit
photo:
Victoria Watercolor de Pixabay
FAIRE FACE AUX MULTIPLES FRACTURES SOCIALES
Nous vivons dans une société de plus en plus fragmentée, dans une société dont les groupes constitutifs sont porteurs de valeurs qui peuvent être très différentes les unes des autres.
Certains estiment que cela peut mener à des exclusions, des groupes, ou des individus provenant de groupes différents peuvent éprouver de grandes difficultés à se parler, voire même à s’entendre. C’est là qu’on peut parler d’exclusion. Il y a non seulement des valeurs différentes, mais également des intérêts différents.
À titre d’exemple, dans une société vieillissante, certains sont amenés à vivre de l’âgisme, dans une société plus métissée qu’auparavant, plusieurs sont confrontés au racisme, ou encore, dans une société où le partage de la richesse est de plus en plus inégalement réparti, soit les riches sont de plus en plus riches et de moins en moins nombreux à l’être et où il y a de plus en plus de pauvres qui éprouvent de sérieuses difficultés à « joindre les deux bouts », ces derniers pouvant être heurtés par des préjugés de classe par les plus riches.
Toutes ces différences entre les membres de la société sont susceptibles d’exacerber de la colère qui, si elle ne trouve pas d’exutoire positif, peut générer des incidents violents.
Les gouvernants vivent un nouveau défi par rapport aux décennies passées, pendant lesquelles ils faisaient des choix pour une population homogène, doivent maintenant orienter le devenir d’une collectivité hétérogène, voire polymorphe.
Il s’agit là d’un changement majeur vers lequel toutes les sociétés occidentales s’orientent. Toutefois, comment le faire d’une façon que l’on qualifierait d’apaisée, le choc de valeurs et d’intérêts divergents n’est
pas chose facile à gérer, chacun a pu le constater dans sa vie, que ce soit au sein de sa famille biologique, de son quartier, sa ville, son pays.
Si nous souhaitons sans doute pour la plupart d’entre nous, continuer à bénéficier de ce qu’il est convenu d’appeler nos droits fondamentaux, si nous espérons que les changements se concrétisent dans la paix — personne n’a envie de voir son milieu marqué par des incidents violents qui se multiplient — plusieurs choses devront se faire et tous devront être en mesure de participer activement (jeunes, aînés, communautés de toutes sortes, villes, régions, entreprises, etc.).
Une opération comme celle-là ne pourra se réaliser qu’à certaines conditions fondées sur des valeurs telles que le respect de l’autre, la capacité à négocier pour trouver un terrain d’entente.
Les élites au pouvoir auront une lourde responsabilité, soit mettre en place ce qui sera nécessaire pour arriver à cet objectif, identifier les médiateurs nécessaires pour favoriser un dialogue sain entre des groupes différents. Cela suppose que comme société nous aurons besoin de leaders visionnaires. Personnellement, je ne les vois pas. Mais ce n’est, à mes yeux, que de cette façon, nous ferons société et que les exclusions vécues maintenant seront moindres.
Cela signifie également que la mise en œuvre de tels changements devrait être fondée sur une éthique rigoureuse, de même qu’une grande transparence.
Sommes-nous prêts à nous engager sur ce chemin ?
Y a-t-il une alternative ? Je ne le crois pas. Ce que je vois dans notre société, c’est la montée de l’anxiété et de l’agressivité entre les personnes et les groupes.
NICOLE MOREAU

BUDGET 2023 POPULISTE
Les journalistes très chevronnés qui gagnent de gros salaires, de l’émission Le Bilan et de La Joute sont diffusés à l’antenne de TVA ou LCN.
Ces fins communicateurs ne semblent pas comprendre les miséreux, les pauvres et les moins bien nantis de notre société canadienne.
234 $ pour faire l’épicerie, ils prétendent que ce sont des bonbons à la Duplessis ou à la Legault pour gagner des élections. Ce n’est pas vraiment ça.
Les soins dentaires pour tous les Canadiens d’ici 2025 payés par le Fédéral, c’est une mesure de justice sociale qui est nécessaire. Le dentiste coûte tellement cher aujourd’hui.
Certes, l’armée canadienne ne reçoit rien ou presque rien. Mais, la ministre des Finances à la Chambre des Communes a dit qu’Ottawa achèterait des F-35.
Tweet à songer
La ministre des Finances a annoncé aussi de l’aide financière pour les Ukrainiens souffrants, mais fiers et légitimes comme peuple.
Nous avons un notable déficit budgétaire au Canada, mais dans le futur, nous connaîtrons de meilleures années financières. Peut-être réussirons-nous à vendre notre pétrole en terres étrangères. Ainsi, nous pourrions baisser notre déficit à Ottawa, n’estce pas ? Machiavel écrit : « Entre deux maux, on choisit le moindre ». Et qui sait ? Si le gouvernement libéral de centre droit continue cette tendance financière, Justin Trudeau et son équipe gagneront-ils les prochaines élections fédérales ?
C’est de la prospective, mais pourquoi pas ?
GAÉTAN DUVAL
Je suis guéri...
C'était juste un grand malentendu...
J'étais simplement « fou d'amour » ...


BARNY PARTY
Crédit photo: Barnimages
Dryade
Je me souviens encore
Lorsque je t’ai rencontrée
Je croyais, alors
Dans un rêve, m’être égaré
C’était dans une clairière
Aux arbres parsemés
Il n’y avait, pour lumière
Qu’étoiles reflétées
Dans les lacs, alentour
Et sur les feuilles, aussi
Qui cristallisaient, aux contours
En cet automne de magie
C’était, mon amour
Dans cette forêt magique
Qu’à la tombée du jour
Coulait ton chant ludique
Qui se déversa en moi
Je crus mourir et renaître à la fois
La nature entière t’écoutait
Et sur cette symphonie, dansait
Marchant le long d’un ruisseau
Scintillant au son de ta voix
Ta présence surpassait les mots
Tendresse des plus pures qui soient
Ta douceur me berça
Lentement, le temps s’arrêta
Comme la rosée du matin
Tu me frôlas de ta main
Puis mon être j’ai oublié
Et à la forêt, je me suis lié
Aujourd’hui, je ne fais plus qu’un
À ta beauté, et ton parfum…
JASMIN DARVEAU

Crédit : Image par Jim Cooper de Pixabay
Références communautaires
Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches
Tél. : 2-1-1
Aide sociale ADDS
Association pour la défense des droits sociaux
301, rue Carillon, Québec
Tél. : 418 525-4983
Aide aux femmes
Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler ! 418 648-2190 ou le 1 888-881-7192
Centre femmes aux trois A Pour la réorganisation sociale 270, 5e Rue, Québec
Tél. : 418 529-2066 www.cf3a.ca
Centre femmes d’aujourd’hui
Améliorer les conditions de vie des femmes
1008, rue Mainguy, Québec
Tél. : 418 651-4280 c. f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org
Rose du Nord
Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org
Support familial Flocons d’espoir Écoute et aide pour les femmes enceintes 340, rue de Montmartre, sous-sol, porte 4 Tél. : 418 683-8799 ou 418 558-2939 flocons.espoir@videotron.ca
Alphabétisation
Alphabeille Vanier
235, rue Beaucage, Québec
Tél. : 418 527-8267 info@alphabeille.com www.alphabeille.com
Atout-lire
266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca
Le Cœur à lire
177, 71e Rue Est, Québec
Tél. : 418 841-1042 info@lecoeuralire.com www.lecoeuralire.com
Lis-moi tout Limoilou 3005, 4e Avenue, Québec
Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com
La Marée des mots 3365, chemin Royal, 3e étage, Québec
Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca membre.oricom.ca/lamareedesmots
Centre de jour
Relais d’Espérance
Aider toute personne isolée et en mal de vivre 1001, 4e Avenue, Québec
Tél. : 418 522-3301
Rendez-vous Centre-ville Centre de jour
525, rue Saint-François Est, Québec
Tél. : 418 529-2222
Détresse psychologique
Centre de crise de Québec
Tél. : 418 688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com
Centre de prévention du suicide 1310,1 re Avenue, Québec
Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca
Tel-Aide Québec
Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca
Tel-Jeunes
Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com
Hébergement
Maison de Lauberivière
Pour hommes et femmes démunis ou itinérants 485, rue du Pont, Québec
Tél : 418 694-9316 accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org
Maison Revivre
Hébergement pour hommes 261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 523-4343 maison.revivre@gmail.com maisonrevivre.weebly.com
SQUAT Basse-Ville
Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com
Gîte Jeunesse
Hébergement temporaire garçons 12 à 17 ans
Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec Tél. : 418 666-3225
Résidence de Sainte-Foy 3364, rue Rochambau, Québec Tél. : 418 652-9990
YWCA
Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca
Réinsertion sociale
Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org
Fraternité de l’Épi
Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec Tél. : 418 523-1731
Maison Dauphine
Pour les jeunes de 12 à 24 ans 31, rue D’Auteuil, Québec Tél. : 418 694-9616
courrier@maisondauphine.org www.maisondauphine.org
Insertion professionnelle
À l’aube de l’emploi (Lauberivière) Formation en entretien ménager commercial/buanderie 485, rue du Pont, Québec 418 694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org
Recyclage Vanier
Emploi et formation (manutentionnaire, aidecamionneur, préposé à l’entretien) 1095, rue Vincent-Massey, Québec tél.. : 418 527-8050 poste 234 www.recyclagevanier.com
Prostitution
La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com
P.I.P.Q.
Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168 pipq@qc.aira.com www.pipq.org
Soupe populaire
Café rencontre Centre-Ville 796, rue Saint-Joseph Est, Québec (Déjeuner et dîner)
Tél. : 418 640-0915
Maison de Lauberivière (Souper) 485, rue du Pont, Québec Tél. : 418 694-9316
Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 945, rue des Sœurs-de-la-Charité
Tél. : 418 692-1762
Santé mentale
Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677 centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org
La Boussole
Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca
Centre Communautaire l’Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com
Centre d’Entraide Émotions
3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org
La Maison l’Éclaircie
Troubles alimentaires
2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca
Le Pavois
2380, avenue du Mont-Thabor, Québec
Tél. : 418 627-9779
Téléc. : 418 627-2157
Le Verger 943, av. Chanoine-Scott, Québec Tél. : 418-657-2227 www.leverger.ca
Ocean
Intervention en milieu
Tél. : 418 522-3352
Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283
Parents-Espoir
363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167
Service d’Entraide l’Espoir 125, rue Racine, Québec Tél. : 418 842-9344 seei@videotron.ca www.service-dentraide-espoir.org
Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org
Toxicomanie
Al-Anon et Alateen
Alcoolisme Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca
Amicale Alfa de Québec 75, rue des Épinettes, Québec Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca
Point de Repères 225, rue Dorchester, Québec Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com
VIH-Sida
MIELS-Québec
Information et entraide dans la lutte contre le VIH-sida
625, avenue Chouinard, Québec
Tél. : 418 649-1720
Ligne Sida aide : 418 649-0788 miels@miels.org www.miels.org
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POUR UN QUÉBEC SANS PAUVRETÉ ET RICHE DE TOUT SON MONDE
Le gouvernement du Québec vient de lancer une consultation publique en vue du quatrième plan d’action gouvernemental de lutte contre la pauvreté qui doit être dévoilé en 2024. Si le passé est garant de l’avenir, le risque est grand que cette consultation ne serve strictement à rien et que le prochain plan de lutte contre la pauvreté ne soit qu’une nouvelle coquille vide. D’où l’importance de se mobiliser pour exiger un sérieux changement de cap.
LA PIÈCE MANQUANTE DU BUDGET
Dans les dernières années, le gouvernement du Québec a démontré à plusieurs occasions son indifférence à l’égard des personnes en situation de pauvreté. Le dépôt du budget le 21 mars est la dernière en lice : aucune mesure de lutte à la pauvreté n’y figurait. Cette fois-ci, il a poussé le bouchon un peu plus en accordant une baisse d’impôt qui profite principalement aux plus riches. Rappelons que le tiers des Québécoises et des Québécois ont des revenus trop peu élevés pour payer de l’impôt et ne profiteront donc nullement de cette mesure.
Au contraire, toutes ces personnes — les plus pauvres ! — sont doublement perdantes vu que ces milliards auraient justement pu servir à leur donner un coup de pouce financier, ne serait-ce que pour arriver à manger à leur faim. Cet argent aurait aussi pu servir à freiner la détérioration de nos services publics, qui sont censés constituer un rempart contre la pauvreté, mais dont la qualité et l’accessibilité sont plus menacées que jamais.
UN CHANGEMENT DE CAP NÉCESSAIRE ET URGENT
Un changement de cap est nécessaire. Il serait indécent que le gouvernement continue ainsi de favori-
ser l’accroissement des inégalités entre les riches et les pauvres ou de tout simplement ignorer les personnes en situation de pauvreté. Et ce changement de cap est urgent, car c’est maintenant que le gouvernement travaille à l’élaboration d’un nouveau plan d’action en matière de lutte contre la pauvreté. Normalement, en vertu de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, il devrait proposer des mesures permettant de « tendre vers un Québec sans pauvreté ». Les trois premiers plans d’action gouvernementaux n’ont pratiquement rien donné à cet égard et l’attitude du gouvernement actuel laisse craindre le pire pour le prochain.
UNE MOBILISATION PRINTANIÈRE
Pour pousser le gouvernement à opérer ce changement de cap, le Collectif pour un Québec sans pauvreté a lancé un appel à la mobilisation dès le lendemain du dépôt du budget. L’objectif est d’interpeller les membres du gouvernement et de revendiquer un 4e plan de lutte contre la pauvreté ambitieux qui ne vise rien de moins que l’élimination de la pauvreté au Québec.
Différentes actions ont déjà eu lieu, et toute la population est invitée à exprimer son désaccord avec les orientations du gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté en participant à la consultation gouvernementale et à une grande manifestation qui s’organise à Québec le 23 mai.
COLLECTIF POUR UN QUÉBEC SANS
PAUVRETÉ
Pour plus d’information sur la campagne du Collectif, sur la manifestation du 23 mai et sur les façons de participer à la consultation du gouvernement : https://www.pauvrete.qc.ca/campagne-pag-2023/



Hébergement
Choisir une cause, c’est en laisser tellement d’autres derrière.
Du fond du cœur, et au nom de tous les organismes soutenus par Centraide, merci pour votre grande générosité exprimée lors de la dernière campagne annuelle. Grâce à vous, c’est tout un réseau communautaire qui est présent pour tendre la main à ceux et celles dans le besoin.
Centraide. Aide. 225 organismes.