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20 Je ne suis pas écolo 21 Une journée... Une vie
22 Le village solaire
23 Le coeur sur la main
24 Briller pour trois soleils
25 Les brumes de l'esprit
26 Humanité aux toilettes


L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné à la vente - sur la rue ! - par des personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie.
L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche d’un logement par le biais de son service Accroche-Toit.
Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.
Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu ? Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux.
Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 1er du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique d'octobre : NOUS!!!


Les camelots font 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier.
Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31
Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.
COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE
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PAGE COUVERTURE
Oeuvre de Philippe-Arnaud Roulin
Conception graphique : Megan Martel
ÉDITEUR
Archipel d’Entraide
ÉDITEUR PARRAIN
Claude Cossette
RÉDACTRICE EN CHEF
Francine Chatigny
DIRECTRICE DE L’INFORMATION
Valérie Gaudreau
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION
Isabelle Noël
CHRONIQUEUR.SE.S
Philippe Bouchard, Martine Corrivault, Claude Cossette et Marc Émile Vigneault
JOURNALISTES
Catherine d'Amours, Josianne Gagnon, Mélodie Langevin et Sarah Rodrigue
AUTEUR.E.S
Julie Bellemare, Simon-Pierre Blais, Michel Brisson, Bertrand Cyr, Martine Lacroix, MAD ÂME M, Judy Miller, Nicole Moreau, Hélène Plamondon, Yves Potvin, Philippe-Arnaud Roulin, Bernard St-Onge et Christiane Voyer
AUTEUR DU JEU
Jacques Carl Morin
RÉVISEUR
Benoit Arsenault
PHOTOGRAPHES
Claudia Hausburg et Carole-Anne Beaulieu
INFOGRAPHISTE
Megan Martel
IMPRIMEUR
Imprimerie STAMPA inc. (418) 681-0284
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La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d’auteur Creative Commons « PaternitéPas d’Utilisation commerciale - Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n’est pas commercial, permet de l’utiliser et de le diffuser tout en protégeant l’intégralité de l’original et en mentionnant le nom des auteurs.
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La Quête est appuyée financièrement par :
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Le thème de septembre a été proposé par le camelot Philippe-Arnaud Roulin qui est, avant tout, un artiste : pour preuve l’œuvre magnifique à la une. Proche aidant lui-même, Philippe-Arnaud souhaitait faire connaître cette réalité aux lecteurs et aux
lectrices de La Quête. L’équipe bénévole a concocté une série d’articles qui présente les différents aspects de ce rôle, ô combien empreint d’amour, mais aussi lourd à porter. Comme entrée en matière, le témoignage du principal intéressé ci-dessous !
S'épanouir comme aidant naturel
Être en voyage toute sa vie. Être ensemble, comme si nous étions en train de faire le tour du monde en voyage d’amour sur un voilier. Des rendez-vous importants : au prochain port, faire le plein pour subvenir à nos besoins jusqu’à la prochaine étape. Avec toi, redécouvrir mon état d’âme et poursuivre l’itinéraire.
La discipline d’un Roger Bontemps, être actif et apprendre à aimer sa douce. Mieux prendre le temps de s’occuper de nos trois serins et de les écouter chanter, apprécier l’affection de nos deux minous, mais surtout voir mon amoureuse heureuse.
Vivre avec mes propres pathologies et avec le Parkinson de ma conjointe. Dealer avec la fatigue et réaliser des projets, entre autres, artistiques. Aller vendre la revue La Quête. Essayer de s’en sortir
en étant de plus en plus heureux et être prudent afin d’éviter une trop grande fatigue suivie d’une période plus dépressive. Se choisir en premier n’est pas chose facile quand l’on a de grandes responsabilités et beaucoup d’attention pour l’autre. Dans mon cas, facile de me laisser aller dans une forme de dépendance affective. Il est primordial, pour moi, d’établir une relation saine basée sur le respect mutuel, sinon il est dur de conserver ma sobriété et d’arrêter la cigarette. Je me suis entouré et je suis allé chercher de l’aide pour m’assister et pour ma conjointe aussi, comme entre autres, celle de l’Archipel d’Entraide et celle du CLSC. Je nous souhaite le meilleur et de passer au travers des aléas de notre vie en famille !!! ...
PHILIPPE-ARNAUD ROULIN
Camelot dans Limoilou
Que nos lecteurs écrivent ! Tel est le souhait que Claude, le camelot de la place d’Youville, a formulé lors de la rencontre pour déterminer les thèmes 2023-2024. L’édition de novembre sera LE numéro pour exaucer son souhait. Voilà une très belle occasion de nous décrire votre relation avec votre camelot « pref », de partager des anecdotes qui vous sont arrivées lors de l’achat du magazine, de nous parler de « votre rue », « votre quartier », mais aussi de tout autre sujet qui vous touche particulièrement. On a très hâte de vous lire et de partager vos témoignages, opinions, créations, poésies et autres ! Envoyez, avant le 1er octobre, votre texte signé* à laquetejournal@yahoo.ca ou déposez-le dans la boîte aux lettres de l’Archipel d’Entraide au 190, rue Saint-Joseph Est.
*Il est possible de publier un texte sous un pseudonyme ou de manière anonyme, et le cas échéant, merci de le préciser. Mais votre identification est nécessaire à la rédaction.

Cossette
Depuis toujours, les proches, la famille, les voisins ont soutenu les membres de leur communauté qui avaient besoin d’aide. Ce n’est qu’au cours du dernier siècle, alors que les Québécois s’amoncelaient dans les villes et que le chacun-pour-soi s’y répandait, que les gens se sont retrouvés de plus en plus laissés à eux-mêmes s’ils se retrouvaient dans le besoin.
Cependant, il y a encore des personnes qui fournissent une aide régulière à un proche nécessitant des soins. Au tournant des années 1980, les Québécois ont constaté leur importance et se sont mis à les appeler « aidants naturels » ou « proches aidants ». Ces aidants sont ordinairement les membres de la famille et parfois l’effet de liens d’amitié ou d’un hasard de voisinage.
La question des aidants naturels se discute sur la place publique parce que c’est un sujet qui touche beaucoup de Québécois, ceux qui ont besoin d’aide et ceux qui, par les circonstances, se trouvent contraints de fournir cette aide. Nombreuses sont les personnes qui ont besoin d’aide pour leurs soins personnels, leur sécurité ou leurs médicaments. Pensons aux personnes multihandicapées, à celles qui sont atteintes de maladies chroniques, celles qui sont frappées de troubles cognitifs telle l’Alzheimer. Et j’allais oublier ces bambins qui grandissent sous l’aile de leurs grands-parents.
À cela s’ajoutent les personnes très âgées. Selon StatCan, il y a deux fois plus de personnes de plus de 85 ans en 2021 qu’en 2001. À ces âges-là, plusieurs sont malades ou handicapées d’une façon ou de l’autre — ce qui nécessite deux fois plus d’aidants qu’il y a vingt ans.
Selon Statistique Québec, plus de 1,5 million de personnes ont déclaré avoir des limitations dues à la maladie ou à un handicap, et 375 000 ont déclaré avoir besoin d’aide pour les activités quotidiennes telles que se laver, s’habiller ou se nourrir.
L’État offre une certaine aide par ses programmes de soutien aux personnes âgées ou handicapées. Et on dit que les aidants naturels peuvent également recevoir de l’aide y compris pour du répit. Cependant, l’obtenir demande de la débrouillardise, du temps et de l’énergie. Et l’accès à de tels programmes est forcément limité par les budgets qui sont insuffisants.
Certains experts expliquent que le système de santé publique épargne beaucoup d’argent grâce au travail béné-
vole fourni par les aidants et que l’État devrait donc les soutenir plus généreusement.
D’autres estiment que cette aide informelle est inadéquate et réclament plutôt de recourir à des professionnels : travailleurs sociaux, thérapeutes, domestiques et autres.
D’autres défendent l’idée que le rôle même d’aidant met leur santé en danger, ce qui occasionne des coûts. La question demeure : est-ce une responsabilité des proches ou celle de l’État ?
J’ai moi-même le statut d’aidant naturel auprès de Guillaume, un fils multihandicapé. Mon épouse et moi en avons assuré le soin à la maison pendant 25 ans. J’ai goûté à cette tâche qui m’est apparue bien pesante. À certains moments, j’ai eu l’impression de surnager, de l’eau jusqu’aux oreilles et certains jours, de me noyer.
Or, on ne peut survivre dans les remous constants. Il est impératif d’organiser sa vie de manière à pouvoir souffler. Je me suis accroché à toutes sortes de moyens : psychothérapie, cercle de prières, groupe d’entraide, amis, travail. Mais, au quotidien, l’aidant se retrouve seul.
Pourtant, à l’époque, le néolibéralisme n’avait pas encore produit ses ravages. Il y avait un engagement social de nos gouvernements sociodémocrates et nous avons obtenu des sommes pour adapter notre domicile et notre véhicule.
Mais aujourd’hui, la tendance de nos gouvernements est plutôt de réduire l’impôt des riches et de diminuer l’engagement de l’État pour laisser la place au privé — réservant ainsi les services qu’à ceux qui ont les moyens de payer. On a vu le résultat lors de la récente pandémie : résider en RPA, c’était jouer avec la mort !
L’infirmière en psychiatrie Rosette Poletti a publié un opuscule sur la proche aidance intitulé Être proche aidant…, auquel elle a ajouté le sous-titre : c’est apprendre à danser sous la pluie plutôt que d’attendre la fin de l’orage
Un tantinet jovialiste, car une personne proche aidante est, plus souvent qu’autrement, laissée à elle-même, devant se contenter de se trémousser dans l’orage.
Qu’arrivera-t-il de nos petits-enfants devenus vieux et impotents ? C’est nous qui alignons aujourd’hui la trajectoire de l’évolution. Auront-ils l’aide de proches aidants ? De professionnels payés par l’État ? Y aura-t-il même quelqu’un pour les aider ? L’avenir le dira.
Être un proche d’une personne qui vit avec un enjeu de santé mentale ou de dépendance comporte son lot de défis. Comment aider ? C omment se protéger ? Deux organismes de Québec, La Boussole et Le Passage, discutent de ces questions avec La Quête.
« La Boussole offre des services à l’entourage d’une personne qui a une problématique de santé mentale diagnostiquée ou non diagnostiquée », explique Julie Belleau, la coordonnatrice clinique de l'organisme et responsable du Programme Enfance-Jeunesse.
Qu’il s’agisse d’un enfant, d’un parent, d’un(e) conjoint(e) ou de la famille plus élargie, l’organisme tente de soutenir l’entourage afin que celui-ci puisse être mieux outillé pour vivre et aider au quotidien la personne avec un trouble de santé mentale.
Plusieurs stratégies sont disponibles pour obtenir le support dont les aidants ont besoin : groupes de soutien, écoute téléphonique, rencontre individuelle avec un intervenant ne sont qu’un aperçu des services offerts pour des proches de tous âges. Un camp d’été est aussi proposé à la clientèle du Programme Enfance-Jeunesse.
d’éducation et d’entraide qui permettent aux gens vivant des situations similaires d’échanger sur leurs vécus tout en comprenant mieux leur situation », ajoute Mme Belleau.
Les troubles de santé mentale sont vastes et diversifiés : troubles anxieux, de l’humeur, de la personnalité, psychotique, etc. Pour l’entourage, consulter leur permet de mieux comprendre les comportements de la personne atteinte, et d’être mieux outillés pour protéger leur propre santé mentale.
CÔTOYER LA DÉPENDANCE
La clientèle de l’organisme Le Passage est l’entourage d’une personne qui vit avec une dépendance. Que ce soit à l’alcool, à la drogue, aux jeux ou encore à la sexualité, la dépendance peut entraîner des situations très difficiles à vivre pour les proches.
« Que ce soient pour leur santé mentale, physique ou financière, nous sommes là pour les recevoir et les aider. »
~ Nathalie Paquet, Le Passage
« En plus de nos groupes de soutien, nous avons aussi des groupes
Besoin d’être accompagné?
La Boussole (Santé mentale)
T. : 418 523-1502
laboussole.ca
Le Passage (Dépendance)
T. 418 527-0916
centrelepassage.org
Quelques rencontres de groupes sont également offertes pour les usagers de l’organisme. Le centre reçoit aussi quelques personnes qui ont déjà travaillé et amélioré leur situation en lien avec leur propre dépendance et qui veulent maintenant travailler sur leurs relations et leurs aptitudes relationnelles.
Les clientèles des deux organismes rencontrent plusieurs défis similaires, notamment un sentiment d’impuissance et la difficulté à mettre des limites, et à prendre soin de soi.
« On voit de l’impuissance chez les proches, parce qu’ils voudraient que ça aille mieux. »
~ Julie Belleau, La Boussole
« On reçoit les parents de jeunes ou d’adultes, les conjoints, la fratrie ou même les amis puisqu’ils peuvent vivre beaucoup de conséquences en lien avec la personne qui a une dépendance. Que ce soient pour leur santé mentale, physique ou financière, nous sommes là pour les recevoir et les aider », explique la directrice du centre Le Passage, Nathalie Paquet.
L’aide individuelle et l'aide pour les couples constituent la majorité des demandes auxquelles répond Le Passage.
« On voit de l’impuissance chez les proches, parce qu’ils voudraient que ça aille mieux. Ils voudraient que le membre de leur famille ne soit pas comme il est, mais ils n’ont pas vraiment de pouvoir là-dessus », ajoute Mme Belleau. Les deux organismes ont toutefois pour but de permettre à l’entourage d’améliorer leur confort personnel. Que ce soit en travaillant sur la mise en place de limites, à développer des stratégies qui les aident à mieux se sentir et à mieux se respecter dans leur démarche d’aide, le but est d’offrir aux aidants ce qu’ils ont besoin pour aller mieux dans leur situation.

Devant l’autel, ils ont juré de s’aimer pour le meilleur et pour le pire, dans la santé comme dans la maladie. Aujourd’hui, plus de cinquante ans plus tard, ils sont toujours prêts à tenir parole. Toutefois, la maladie a transformé la personne avec qui ils partagent leur vie et leur quotidien. Malgré les obstacles à surmonter, ils les affrontent chaque journée avec compassion, empathie, patience et avec toujours autant d’amour qu’au premier jour.
premier coup d’œil. Il se rappelle encore cette jeune fille souriante qu’il a croisée dans un magasin. « Son sourire m’a complètement charmé ! » Ses yeux s’illuminent lorsqu’il repense à ce moment.
pour lui permettre de dormir sur un lit d’appoint auprès d’elle. Mais il n’arrive pas à trouver le sommeil. Il est rongé par la culpabilité et il pleure chaque fois qu’il repense aux évènements. Il l’aime plus que tout. Elle est sa vie. Il ne veut pas la relocaliser dans un CHSLD. « C’est ma femme, c’est à moi de m’occuper d’elle, et je le ferai jusqu’au bout. »
Paul* et Louis* ne se connaissent pas, mais ils traversent actuellement la même épreuve au quotidien. Ils étaient prêts à vieillir auprès de leurs conjointes. Le destin en a décidé autrement.
« C’est ma femme, c’est à moi de m’occuper d’elle, et je le ferai jusqu’au bout. »
~ Paul
Il y a quelques années, un diagnostic a bouleversé leurs vies : leur amoureuse respective est atteinte d’un trouble cognitif dégénératif et irréversible. Cette personne qui a pris soin d’eux toute leur vie perdra tranquillement des bouts de ses souvenirs, des fragments de leur histoire qui sombreront dans le néant au fil des années.
Mais ils n’ont jamais abandonné. Leur quotidien est réglé comme une horloge. La stabilité est sécurisante pour une personne qui n’est plus totalement elle-même. Naturellement, ils ont aménagé leurs maisons pour que leur conjointe soit en sécurité. Une nutritionniste a préparé un menu facile pour qu’ils puissent cuisiner des repas équilibrés sans qu’elle risque de s’étouffer. Graduellement, un nouveau mode de vie s’est installé.
Paul a rencontré sa conjointe Lyne lorsqu’il avait 19 ans, et elle 17. Il est tombé amoureux d’elle au
Chaque jour, il s’occupe d’elle du réveil jusqu’au moment où elle s’endort. Il dort très peu. Lyne se réveille souvent la nuit et essaie de sortir par elle-même du lit pour aller à la salle de bain. Mais son équilibre n’est plus ce qu’il était et elle risque de faire des chutes. Donc Paul a installé un coussin sensoriel sous le drap du lit pour qu’une alarme se déclenche si elle essaie de se lever seule. Mais il n’arrive pas à retrouver le sommeil facilement par la suite. Et cette nuit-là, épuisé par le rythme de sa vie, il a commis une erreur : il a oublié d’enclencher l’alarme. Lorsqu’il s’est réveillé, il était plus de 10 h, et Lyne n’était pas à ses côtés. Il s’est levé, en panique, à la recherche de son épouse. Elle était couchée sur le sol du salon, la tête appuyée contre un mur. Les yeux ouverts, terrorisés. Elle était tombée et n’avait pas réussi à se relever par elle-même. Elle était là depuis quelques heures. « Ses yeux. Je ne peux plus penser à rien d’autre qu’à ses yeux terrifiés. Elle ne comprenait pas ce qui se passait. Elle ne savait pas pourquoi elle était là ».
Après cet incident, Lyne est hospitalisée. Paul est à son chevet depuis deux jours. Installé dans une chambre individuelle
Au premier regard, Louis et Mariette forment un couple adorable. Les employés des commerces environnants les appellent « les inséparables », car, même après plus de 60 ans de mariage, ils sont toujours main dans la main. Il s’occupe d’elle, l’aide à couper sa nourriture, lui ouvre les portes, transporte ses sacs, toujours avec le sourire. Mais les gens ignorent que Louis tient toujours la main de Mariette parce qu’elle est atteinte d’un trouble cognitif important, et son principal symp-


tôme, c’est l’errance : s’il la perd de vue un instant, elle disparaît.
Alors il lui tient la main, car quoi qu’il arrive, il ne veut surtout pas la perdre.
Louis s’occupe de tout à la maison.
En plus de voir aux besoins de Mariette, il fait le ménage, prépare les repas, et paie les factures. Une aide à domicile fournie par un organisme passe une à deux fois par semaine pour donner un bain à sa conjointe. Les autres jours, il lui procure les soins d’hygiène de base. Jusque-là,
« Elle se lève toutes les 20 minutes. Je ne peux pas laisser le coussin d’alarme. Nous habitons dans un appartement, et les voisins se plaignent du bruit. »
~ Louis
tout va bien. La nuit cependant est problématique.
« Elle se lève toutes les 20 minutes. Je ne peux pas laisser le coussin d’alarme. Nous habitons dans un appartement, et les voisins se plaignent du bruit. Alors je l’enferme dans notre chambre. Elle dort dans notre lit, et j’ai installé des verrous sur notre porte. Je dors dans un fauteuil dans le corridor au cas où il y aurait un problème. Mais j’arrive à peine à fermer l’œil. »
Louis a décidé de consulter un médecin. Pas pour Mariette, mais pour lui. Il a demandé à la secrétaire de la clinique de surveiller sa femme pour qu’elle ne parte pas sans lui et pour pouvoir rencontrer le médecin seul à seul. Il a besoin de se confier, de trouver des solutions. Il s’est présenté pour obtenir des médicaments pour dormir… ou des antidépresseurs. Il éclate en sanglots dans le bureau du médecin, désemparé. Le spécialiste lui parle de CHSLD, mais il refuse d’en entendre parler. Il ne veut pas se débarrasser d’elle, il veut simplement dormir pour mieux traverser ses journées. Il ferait tout pour elle.
Paul a reçu l’aide du programme d’adaptation de domicile (PAD) de la Société d’habitation du Québec afin d’aménager un petit logement sécuritaire dans le sous-sol de la maison de sa fille où il a pu déménager avec Lyne. Sa fille l'aide à traverser son quotidien et lui permet de faire des siestes l’après-midi. Le soutien de sa fille et de sa famille a amélioré sa vie. Il est heureux de partager de beaux moments avec Lyne, de profiter de chaque journée en sa compagnie.
Louis a trouvé une place dans une résidence privée avec un département spécialisé en trouble cognitif. Il a sa chambre individuelle, et passe ses après-midi dans le salon des visiteurs aménagé dans le département où loge Mariette. Des préposés s’occupent de la surveillance de nuit, ce qui permet à Louis de prendre soin de sa santé et de remonter la pente.
Les aidants naturels sont des héros qui luttent tous les jours pour protéger une personne qui leur est chère. Mais il ne faut pas oublier que c’est une charge très lourde à porter seuls. De nombreux organismes (procheaidance.quebec/ par région) et spécialistes de la santé essaient de les soutenir pour qu’ils ne soient pas laissés à euxmêmes dans cette situation. Dans l’obscurité, il faut garder en tête qu’il y a toujours une lumière au bout du tunnel.
JOSIANNE GOSSELIN
* Nom fictif
Julie prend soin de sa voisine. Elle fait son épicerie, la conduit chez le médecin, l’aide à entretenir sa maison… Elle doit parfois rater des réunions au bureau et des activités familiales. Julie est une proche aidante. Elle occupe le même rôle que 30 % de la population canadienne. Être proche aidant comporte son lot de défis, incluant diverses formes de maltraitance. Marika Tessier, chargée de projet de la bientraitance des personnes aidantes à l’emploi de Proche aidance Québec, un regroupement national d’organismes de proche aidance qui soutient la recherche dans le milieu et défend, depuis 20 ans, les droits des personnes proches aidantes, aborde le sujet avec La Quête. La maltraitance prend plusieurs formes. Mme Tessier donne l’exemple d’une personne en perte de capacité cognitive qui frappe son aidant ou qui crie des injures. Lorsque le proche aidant nomme cette agressivité, il peut recevoir des jugements de la part de l’entourage. « On peut normaliser la violence que la personne vit », explique Marika Tessier, mais la maltraitance n’est pas normale.
L’appauvrissement des proches aidants est une autre forme de maltraitance. « Des gens vont devoir s’absenter de leurs études, de leur travail. Elles vont vivre des pertes financières majeures. Elles vont refuser des opportunités », déplore Mme Tessier.
Selon une étude menée par Fraser en 2015, 20 % des proches aidants vivent de l’insécurité financière.
Les institutions peuvent aussi commettre de la négligence en ignorant les besoins des proches aidants. « Les personnes proches aidantes vont souvent attendre d’être au bout du rouleau avant d’aller chercher de l’aide, note Marika Tessier. C’est difficile d’aller chercher de l’aide et de naviguer dans notre système de santé qui est basé sur la personne aidée ». Les ressources sont encore méconnues et les services varient d’une région à une autre.
La liste continue. « Je peux te faire une conférence d’une heure et demie là-dessus », lance la chargée de projet. Depuis 2021, Proche aidance Québec offre une boîte à outils aux personnes proches aidantes. Elle est le fruit de deux ans de recherche faite par la Chaire de recherche en maltraitance des personnes aînées et le milieu communautaire. La boîte contient des affiches, des vidéos, des dépliants… Le tout est disponible sur leur site Web.
« Il y a encore un manque de reconnaissance. Les personnes proches aidantes elles-mêmes ne vont pas se reconnaître comme telles, explique Marika Tessier. Elles ne se sentiront pas interpellées par les services ». Elle mentionne aussi que l’entourage et les institutions ne voient pas toujours qu’une personne est un aidant.

doivent se faire connaître et développer leurs services. « On milite pour que les organismes communautaires aient les fonds suffisants pour pouvoir offrir des services comme des groupes d’entraide, des cafés-rencontres… ».
Des contextes de proche aidance moins connus font également l’objet de recherche. Par exemple, il existe des enfants proches aidants. « C’est un sujet dont on va entendre de plus en plus parler dans les prochaines années, croit Marika Tessier. Il y a déjà des outils et des recherches en cours ». Elle donne l’exemple d’une famille multigénérationnelle. Un enfant pourrait s’occuper de sa grandmère en l’absence des parents. Aider à mettre les chaussures, à manger… « Cet enfant va rater certaines occasions de s’épanouir comme les autres enfants de son âge », déplore Mme Tessier. Il devra rester à la maison avec sa grand-maman plutôt que d’aller jouer avec ses amis.
La proche aidance dans les communautés autochtones doit aussi être mieux comprise. « Il y a déjà la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL) qui a une coordonnatrice en proche aidance, explique la chargée de projet. De ce qu’on m’a nommé, tout le monde est proche aidant. On aimerait offrir plus d’outils. On y va au rythme de chacune des communautés », constate Mme Tessier.
SARAH RODRIGUE
Il doit avoir plus de formation, selon Mme Tessier. « Il faut aussi créer un meilleur arrimage entre les CISSS, les CIUSSS et les organismes ». Proche aidance Québec travaille sur une nouvelle formation pour le personnel infirmier.
Les différents organismes pour les proches aidants
Aider un proche dans le besoin est un réflexe naturel, ici comme ailleurs. Toutefois, la culture d’un pays se reflète dans l’accompagnement offert. J’ai la chance de connaître une grandmère extraordinaire du nom de Francesca résidant au Mexique, soutenue par sa fille Rita. Ces deux femmes ont accepté avec plaisir de parler de leur rôle respectif d’aidée et d’aidante.
Au Mexique, le concept de proche aidant n’existe pas réellement. Dans la culture mexicaine, il est considéré comme tout à fait naturel d’aider un proche aîné en difficulté. En dehors des prestations de retraite standard obtenues à l’âge de 65 ans et des rentes perçues par un(e) conjoint(e) décédé(e) lorsqu’on était marié, toute autre forme d’aide est payante et provient soit de services médicaux privés, soit de l’assistance chaleureuse des membres de la famille.
Francesca a travaillé sans relâche de l’âge de 7 à 77 ans, cumulant divers emplois tels que la garde d’enfants, l’entretien ménager, le service dans des taquerias ou le ménage. Il lui a été difficile de
quitter le marché du travail, mais l’âge l’y a contrainte. Pendant un certain temps, elle a vécu seule chez elle jusqu’à ce qu’elle tombe et se blesse après une opération. Sa fille Rita l’a immédiatement invitée à venir vivre chez elle avec sa famille et lui a offert de prendre soin d’elle. Bien que Rita soit la principale proche aidante, toute la famille, y compris le conjoint de Rita et leurs deux enfants qui travaillent, apporte également leur aide.
On ne s’en rend peut-être pas compte, mais demander et accepter de l’aide peut être difficile. Après avoir travaillé dur toute sa vie, il est exigeant pour Francesca de solliciter une assistance. « Je m’efforce de ne pas être dépendante de mes aidants et de ne compter sur eux que pour les choses que je ne peux plus faire moi-même, comme prendre mon bain ou me coiffer », confie-t-elle. Rita remarque cette hésitation de sa mère à demander de l’aide. « Elle pense qu’elle nous prend du temps lorsque l'on s'occupe d’elle (…) elle pense qu’à cause d’elle, nous ne pouvons pas sortir. » Pourtant, ce n’est pas le cas — la famille prend plaisir à apporter son aide, mais Francesca ne peut s’empêcher de se sentir gênée de demander de l’assistance.
me permet de me sentir utile à la maison. » L’aide apportée englobe évidemment les tâches quotidiennes, l’organisation des soins médicaux et les activités nécessitant un effort physique, mais il ne faut pas négliger les aspects sociaux et psychologiques, tels que prendre le temps de discuter ou de jouer à des jeux de société avec la personne aidée. La famille joue souvent à des jeux tels que les dominos ou le Uno, qui sont les divertissements préférés de Francesca.
Francesca se réjouit de la présence de sa fille en tant que principale proche aidante, car cela leur permet de passer du temps ensemble et de renforcer leur relation. « J’ai remarqué que nous sommes devenues plus proches depuis qu’elle a commencé à m’aider. »
Elle conseille aux proches aidants d’être patients, dévoués et de croire en leur capacité à répondre aux besoins de leurs proches.
En tant que proche aidante, Rita exprime sa grande satisfaction d’accomplir son devoir envers sa famille et de pouvoir partager des moments précieux avec sa mère.

Heureusement, grâce au soutien de sa fille et de sa famille qui lui inspire confiance et fait preuve de patience, Francesca accomplit toutes les tâches qu’elle peut réaliser par elle-même. « Je me sens encouragée à le faire et cela
Cette histoire met en lumière l’importance des liens familiaux et de la solidarité dans la proche aidance au Mexique. Bien que le pays ne dispose pas d’un système formel de soutien aux proches aidants, les familles mexicaines font preuve d’une formidable capacité à s’entraider et à prendre soin de leurs aînés.
MÉLODIE LANGEVIN

Corrivault
En apparence, avouer que regarder de vieux épisodes de la télésérie Le temps d’une paix en 2023, ça relève d’un bizarre plaisir caché. Mais aborder comme un défi le thème « s’épanouir comme aidant naturel », ça me paraît tout aussi étrange, mais je passe aux aveux.
Vous vous souvenez peut-être que la télésérie racontait l’histoire de Rosanna, une veuve illettrée qui, du fond de sa campagne de Charlevoix, traverse avec les siens, les chambardements sociaux de la période de l’entre-deux-guerres. Cette époque parfois désignée comme « le temps d’une paix » c’est un peu celle de la jeunesse de mes parents. Et aussi, celle de vos grands-parents, avec des variantes. Une époque transitoire importante dans l’histoire québécoise qui débouche un siècle plus tard, à la civilisation d’aujourd’hui.
Plusieurs des comédiens de la télésérie ont disparu, mais leurs personnages avaient réussi, au début de la décennie 1980, à conquérir le cœur des Québécois qui se cherchaient encore une identité. L’auteur Pierre Gauvreau racontait magistralement l’évolution du langage et des idées parfois archaïques des années 1920-1930 au contact des nouvelles réalités de notre histoire, la grande comme la petite. Comme il le fera pour la période suivante avec Cormoran dont la trame révélait une image moins romantique du Québec de l’avant-guerre.
Ici, j’avoue que des relents des mentalités qui ont traversé la guerre et les années 1950-1960 et l’expression « s’épanouir comme aidant naturel » m’ont ramenée au temps où les religieuses n’en finissaient plus de conjuguer le verbe « s’épanouir » sur le fil des bonnes intentions à cultiver pour éclairer notre avenir. Aidante naturelle pendant un certain temps, je n’ai jamais pensé remplir ce rôle pour… m’épanouir.
Pour la plupart des gens que je connais, il s’agit simplement de faire ce qui doit être fait au meilleur de ses connaissances. De poser des gestes, donner un coup de main, essayer de comprendre l’autre pour mieux traverser les moments difficiles qui durent parfois longtemps. Et cela, malgré l’absence d’une formation. Dans mon esprit, on devrait proscrire les mots « pitié » et « épanouissement » des relations humaines et les remplacer par tendresse et amour.
Nos ancêtres ont pu être parfois contraints d’aider ou de supporter des parents ou des amis qui devaient traverser des périodes difficiles, mais ce n’était jamais pour « s’épanouir ». Ça faisait partie de leur culture naturelle même si parfois, comme l’illustre bien la relation de Memère Bouchard avec certains membres de son entourage, dans la télésérie de Gauvreau, certains cherchaient à en tirer un certain intérêt. Mais Rosanna, qui avait pris Ticoune « en élève » comme on disait alors, a fini par aimer l’enfant qu’on lui avait confié « moyennant compensation financière », pour lui éviter l’institutionnalisation.
Un aidant naturel est avant tout quelqu’un qui connaît le vrai sens du mot aimer et n’hésite pas à choisir ce qui peut aider ou faire plaisir à la personne qu’il aide. Malgré tout ce que ces choix peuvent représenter de contraintes, de problèmes et de difficultés !
Je vois tous les jours une femme active, maman d’un enfant trisomique, Charles, qui vient de franchir le cap de la vingtaine. Il sait qu’il est différent des autres, mais il a grandi et vécu entouré d’amour et de respect. Sécurité qui l’accompagne dans ses relations avec les autres. Ses parents et sa sœur l’ont reçu tel qu’il était ; ils ont fait ce qu’il fallait pour assurer une existence à peu près normale à cet être né « accident de la nature ». À l’époque, l’expression « aidant naturel » n’existait même pas.
Désormais, on pense à s’épanouir en étant un aidant naturel. Ça relève de la même culture qui stationne quelque part ceux qui ne peuvent pas suivre le troupeau de la société. Et ça me rappelle la réflexion d’un ancien ministre québécois qui exprimait son malaise devant l’idée de créer des « parkings dans des mouroirs » pour ceux qui ont bâti notre société. Comme les animaux en cage dans les zoos.
Bien sûr qu’on peut « s’épanouir » en aidant les autres : on peut même, ce faisant, gagner sa vie. Et haïr ce qu’on fait parce qu’on se l’impose plutôt que choisir d’aimer. Il faudra peut-être retrouver le sens du mot « aimer » avec tout ce qu’il comporte d’ouverture aux autres. Et l’apprendre aux enfants qui grandissent et sur lesquels les adultes d’aujourd’hui devront compter pour les aider, demain.
MARTINE CORRIVAULT
Développer une maladie grave comme un cancer amène, dans la plupart des cas, une perte d’autonomie. Une des caractéristiques des personnes atteintes de cancer, c’est la fatigue, voire la grande fatigue. Cette fatigue change la vie des personnes et les activités qu’il était possible de faire avant la maladie — dans mon cas, j’étais une grande marcheuse et je pouvais parcourir la ville pendant des heures. Maintenant, mes trajets se limitent de plus en plus.
Quand on est aux prises avec le cancer, pour la plupart des gens, un traitement de chimiothérapie est proposé. Dans mon cas, il est résulté de la chimiothérapie, des séquelles permanentes : je fais de la neuropathie en dessous des pieds, ce qui a un impact sur mon sens de l’équilibre. Des physiothérapeutes consultées m’ont fait comprendre que le sens de l’équilibre, c’est la coordination des trois systèmes, les yeux, les oreilles et les pieds. Elles ont précisé que mes pieds ne sont plus fonctionnels à cet égard.
Tout ça change profondément une vie. Je suis en train de passer d’une vie où j’étais autonome à tous égards, jusqu’à l’arrivée de la maladie, à une vie où j’ai de plus en plus besoin d’aide.
Généralement, quand il est question, dans les médias, de la perte
d’autonomie, les seuls impacts physiques sont traités. Les impacts psychologiques ne me paraissent pas évoqués. Quand on ne peut plus vivre comme avant la maladie, quand la maladie nous restreint dans nos activités, quand la maladie risque d’éloigner certaines personnes qui peuvent avoir peur du cancer, même si ce n’est pas une maladie contagieuse — on est tous touchés par la peur de la mort et, malgré les améliorations dans le traitement du cancer, beaucoup semblent éprouver des difficultés à faire face à des personnes atteintes du cancer. C’est très souffrant quand des proches semblent nous écarter de leur vie.

Tout ça génère un sentiment de grande solitude que bien des personnes atteintes du cancer ne comprennent pas.
À l’occasion, certains peuvent dire : mais tu n’as vraiment pas l’air malade. Ne pas avoir l’air malade, ce n’est pas ne pas être malade.
En bref, à un moment où l’on aurait besoin de soutien, celui-ci peut très bien manquer cruellement. Ça rend le processus de perte d’autonomie encore plus pénible.

Le mot « s’épanouir » est un qualificatif qu’on réserve le plus souvent aux fleurs, à leur développement vital. C’est l’atteinte de leur plénitude de vie végétative, tant au niveau du coloris qu’elles arborent fièrement, de la forme petite ou grandiose par lesquelles elles se distinguent, et enfin du parfum si minime soit-il qu’elles diffusent. Tout est là lorsqu’on parle de l’épanouissement d’une fleur.
Mais qu’en est-il lorsqu’on parle d’un être humain, surtout s’il veut s’épanouir comme aidant naturel ? Certes, l’être humain a des qualités et des défauts, mais il doit harmoniser son comportement aux personnes qu’il veut aider. Son état d’esprit doit être compatible avec ceux à qui il veut apporter de l’aide, sinon l’ajustement sera difficile. En un mot, il doit y avoir une certaine compatibilité, des caractères qui peuvent facilement comprendre les situations que chacun peut traverser, parler sans gêne de ses déboires, de ses difficultés, de ses succès, ne pas exprimer de la déprime, en un mot voir le bon côté de la vie, peu importe les évènements qui se produisent.
Demander à l’être humain une qualité habituellement attribuée au monde végétal est lui demander beaucoup, mais l’esprit humain est là pour surmonter toutes les situations, avec tous les moyens possibles. Cependant, certaines personnes ont parfois des difficultés à surmonter ces situations : ces êtres sans paroles offrent souvent des fleurs.
SOUVENIR D’ADOLESCENCE
Je considère que le mot s’épanouir est plutôt adapté aux fleurs envers lesquelles j’ai un grand respect : elles m’ont beaucoup appris et j’aimerais ici leur rendre un vibrant hommage.
Je m’attarderai principalement sur une fleur dont le nom, si ma mémoire est bonne, est « Ming Night Glory » traduit par « La Gloire de Minuit ». La chance qui m’a été donné de connaître cette plante est due à la deuxième épouse de mon parrain qui avait dans ses connaissances un ami qui possédait un véritable jardin botanique.
Ce dernier lui avait fait cadeau d’une plante verte, qui à maturité devait atteindre la hauteur de près de 6 pieds de hauteur. Ce spécimen botanique a été installé dans le salon chez mon parrain. La plante devait fournir une fleur au bout de sept ans accomplis, soit l’âge de sa maturité. Et c’est ce qui arriva vers la fin des années 1950 un soir du mois d’août. Vers 18 h 30, les membres de ma famille ont été avisés qu’un bourgeon était apparu sur la feuille de la plante en question, et qu’il fallait s’attendre à ce que la plante fournisse sa première fleur en soirée.
Une fois le souper terminé, nous nous sommes rendus chez mon parrain. Arrivé vers 19 h qu’elle ne fût pas notre surprise de constater que le bourgeon avait déjà éclaté et que de petites feuilles commençaient déjà à couronner le bourgeon. Suite à cette phase, de petits pétales firent leur apparition, contour blanc et centre rosé, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il ne fallait pas quitter la plante du regard trop longtemps, car nous pouvions manquer des changements importants au niveau de sa transformation.

Les pétales qui grandissaient de quart d’heure en quart d’heure laissaient place à un séduisant parfum qui embaumait une grande partie de la maison. Cet évènement rarissime ne manquait pas de charmer tous les voisins qui étaient invités à cet évènement botanique très particulier. Les minutes et les heures passaient, la « Gloire de Minuit » s’agrandissaient à l’étonnement de tous, nous livrant sa noblesse, son charme, son parfum qui embaumait l’air ambiant de la maison étonnait positivement tous les invités qui assistaient à ce miracle de la nature.
Vers minuit, à mon souvenir, la beauté florale atteignait environ huit à neuf pouces de diamètre. Cette magnificence venait d’atteindre le climax du charme et de son développement. Dans les heures qui suivirent, nous avons assisté à la décrépitude de la fleur et à l’effritement du charme que nous venions de vivre, impuissant devant le spectacle de la mort botanique de celle qu’on appelait « La Gloire de Minuit ». Me revient à l’esprit cette phrase de Ronsard qui résume dans son Ode à Cassandre la présente situation ; « Ô vrayment marastre nature puis qu’une telle fleur ne dure que du matin jusques au soir ! »
L’épanouissement est une situation merveilleuse qui peut être courte ou longue, mais cette situation comprend trois temps qui peuvent être variables comme toute chose, il y a l’avant, le pendant et l’après. Il ne tient qu’à la personne qui vit une telle situation d’orchestrer le tout.
Avec tout mon respect pour l’épanouissement, Respectueusement.
PHILIPPE BOUCHARD
« Accompagner l’autre, c’est parfois écouter et entendre autre chose que la parole dite. »
Je ne suis pas un aidant naturel, mais il m’arrive d’être un accompagnateur. En effet, à l’occasion, je prends la relève d’un aidant naturel pour une journée. Ça lui permet de faire des activités professionnelles ou personnelles pendant que j’accompagne sa conjointe qui vit une perte de capacités physiques. Entendons-nous bien, je n’ai pas la prétention d’affirmer être celui qui prends soin de… Non, je suis simplement celui qui permet qu’une personne qui a besoin d’accompagnement ne reste pas seule pendant que son aidant naturel doit répondre à d’autres engagements.
Est-ce que je trouve cette situation épanouissante ? Certainement ! Je suis vraiment heureux de passer la journée avec cette personne. Une fois ses besoins répondus, nous avons des discussions tellement intéressantes et enrichissantes en partageant un petit thé au goût unique. Ma présence est utile et sécurisante pour elle, mais aussi très valorisante pour moi.
Je suis toujours enthousiaste lorsque je sais que j’irai passer du temps avec elle. En plus de me retrouver dans un décor enchanteur, je profite de sa compagnie toujours agréable. En fait, je considère cette rencontre plutôt comme un privilège et non comme un travail.
Avant la pandémie, je faisais de petits travaux de jardinage et d’entretien de plates-bandes florales chez des personnes aînées vivant seules qui souhaitaient demeurer dans leur maison, mais pour qui les travaux extérieurs devenaient plus difficiles. Ensemble, à un rythme qui convenait aux deux, nous profitions du bon air et nous pouvions voir toutes les couleurs de l’été se suivre les unes après les autres dans leurs petites cours, en taillant les fleurs, en éliminant les mauvaises herbes, en plantant de nouveaux arbustes et en discutant du plaisir de vivre. Malheureusement, ma santé physique s’est détériorée et je ne suis plus apte à faire ce genre de travaux.
Maintenant que la pandémie nous accorde un répit, j’ai eu de nouveau envie de m’impliquer à la mesure de mes capacités et justement, cette personne qui fait appel occasionnellement à mes services a bien compris ma limite. Même si je ne peux plus faire de travaux lourds, je peux encore me rendre utile.

Corine Madelain
Chaque journée que j’ai l’occasion d’accompagner cette dame j’en ressors reconnaissant et je rends grâce à la vie, car mon état de détérioration physique et mes douleurs chroniques sont bien peu de chose en comparaison de ce qu’elle doit affronter jour après jour. Jamais elle ne se plaint. En ma présence, elle est toujours d’humeur agréable et sa philosophie de vie m’impressionne. Chaque rencontre est une leçon de vie pour moi. Son attitude positive face à la vie me permet de relativiser mes propres douleurs et surtout nourrit mon espoir pour les temps à venir.
Si je ne peux choisir ce qui se passe avec mon grand corps malade, je peux décider de l’attitude que veux adopter pour continuer d’avancer dans ma vie avec mes fragilités et mes vulnérabilités.
Je suis à l’étape où je dois commencer à envisager de recevoir moi-même de l’aide pour accomplir certaines tâches dans ma maison. Je vous avoue que ce n’est pas facile d’accepter d’avoir besoin des autres après avoir été soi-même un homme de service, mais j’essaie d’envisager cette situation d’un œil positif. J’ai la chance de savoir ce que c’est que de se mettre au service des autres. Je suis donc en bonne position pour comprendre et apprécier l’offre de service qu’une autre personne peut me faire.
Donc, si je ne peux répondre à la question : est-ce qu’on peut s’épanouir en tant qu’aidant naturel ? Je peux certainement affirmer que c’est possible en tant qu’accompagnateur occasionnel. Ce que je vis présentement me prépare aussi à accepter avec humilité qu’un jour ce sera à mon tour d’avoir besoin d’aide dans mon quotidien. C’est dur pour l’ego d’imaginer que je me dirige vers cela, mais je garde espoir que ce ne sera pas pour demain. Après tout, c’est un privilège de vieillir et chaque jour porte une nouvelle découverte.
Simplement,
MARC ÉMILE VIGNEAULT
PAR JACQUES CARL MORIN CE JEU CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES COLONNES 1 ET 20 À L’AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. CHAQUE CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUI EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE D’UN MOT ET LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT…
Verticalement :
1- Saint patron des automobilistes.
20- Chacune des deux cavités supérieures du coeur.
Horizontalement :
1- Blattes. Signal de détresse. Tremblement de terre. Le « moi ».
2- Os du bras. Réprimande (COMESEN). Laisser tomber.
3- Entêtés, désobéissants. Doctrine qui permet d'entrer en contact avec les esprits des défunts.
4- Très haut degré de force (TIENNESIT). « À bon ______, salut ! » Enchanté.
5- Répandre. Retour de la mort à la vie. Relatif au pif.
6- Fabricant de barriques de vin (TERNIELON). Défaite, échec. Astral (LDRIASE).
7- Le levant. Frauder, resquiller. Part de bénéfices qu'une coopérative verse à ses membres.
8- Hésitant (EEEXRPPL). Maladie chronique de la peau. Grade militaire (TAUNJDDA).
9- Wendats. Sous-tasse. Endormant, assommant.
10- Grande épée. Au Québec, le grillon est plus souvent appelé ainsi. Transpercés par le froid. Abri pour des truies.
Réponses au jeu p.28
Je me souviens d’avoir lu et entendu le témoignage de Chloé Sainte-Marie qui a été aidante naturelle auprès de son amoureux, le cinéaste Gilles Carle. Elle racontait combien c’est un rôle exigeant et épuisant, mais aussi gratifiant. Elle disait aussi qu’il est essentiel que les personnes aidantes se donnent du temps pour se reposer pour éviter de se rendre plus malade que la personne aidée. Elle a d’ailleurs ouvert une Maison de Répit pour toutes les personnes qui remplissent ce rôle. Nous pourrions même ajouter que c’est une vocation, c’est-à-dire aimer, soigner des gens vulnérables. J’admire et respecte beaucoup ces personnes et il est tellement important de les valoriser, de leur être reconnaissantes et de leur offrir un meilleur salaire.
Mon amie Carole est une de ces personnes. Elle a été élevée dans une famille nombreuse puisque sa mère avait des enfants tous les 15 mois. À 12 ans, Carole a été retirée de l’école pour seconder ses parents et aider à toutes les tâches à la maison parce que ses parents n’avaient pas les moyens financiers pour engager une aide domestique. Elle était triste de voir ses amis(es) partir pour l’école.

Elle prenait la relève de sa sœur aînée, Jacqueline qui avait 18 ans, pour aller suivre un cours d’infirmière auxiliaire. C’était une lourde tâche sur les petites épaules de Carole, mais c’était l’époque des familles nombreuses et beaucoup de parents agissaient de cette façon. Donc, elle aidait, le mieux qu’elle pouvait, sa mère qui était fragile avec tant de grossesses. Petit à petit, elle a appris à faire les tâches ménagères, à préparer les repas et à épauler sa mère qui lui était reconnaissante.
Au fil des années, malgré les difficultés, son expérience familiale lui a été profitable, car dans les différents métiers qu’elle a eus, elle développait son sens de la débrouillardise, d’autonomie, de la compréhension, d’empathie, et la bonne communication avec les autres. Carole savait aussi discerner les abus, soit dire non quand les situations dépassaient ses limites et s’affirmer avec diplomatie. Aujourd’hui, elle est retraitée et reste fidèle à ellemême. Elle aime s’impliquer comme bénévole dans quelques associations.
CHRISTIANE VOYER

Centre femmes aux 3 A de Québec
Pour la réorganisation sociale des femmes
Téléphone
Mardi 25 avril 2023. Après 24 h à l’urgence psychiatrique de l’hôpital Enfant-Jésus de Québec, dont une nuit saucissonné dans deux jaquettes juché sur une civière pas large à me réveiller toutes les 50 minutes, parce que surstimulé par une surcharge d’adrénaline due à ma nuit d’insomnie totale de la veille, à entendre par moment une patiente complètement désorganisée hurler ou frapper dans la porte de sa chambre d’isolement, une psychiatre que j’ai déjà rencontrée lors de récidive précédente vient me voir en plein déjeuner. Les intervenants viennent souvent nous voir lorsqu’on est attablé. Elle me propose un autre ajustement de médication à la hausse - ils sont très forts à l’hôpital pour augmenter les doses. Souvent, ils ne prennent pas le temps de traiter avec une thérapie. Ils te stabilisent un peu zombie en augmentant les doses avant de te renvoyer dans la société. J’accepte la moitié de ses augmentations. Il faut toujours négocier et se renseigner sur les médicaments qu’on veut nous donner. Puis, une infirmière et une travailleuse sociale sont venues me cueillir à l’urgence drette à ma civière numéro 6 pour me reconduire et m’accompagner chez moi mardi matin. C’est du service ça monsieur ! J’avais conclu une entente la veille avec le psychiatre de l’urgence : « On vous garde en observation pour la nuit avec un ajustement de médication et si ça va bien, on vous retourne chez vous avec un traitement intensif bref à domicile ».(TIBD : https://www.ciussscapitalenationale.gouv. qc.ca/services/sante-mentale/TIBD).
Le TIBD, qui existe depuis 2009 et qui n’est pas offert à tous les patients, se veut un suivi par une équipe multidisciplinaire qui consiste au début à recevoir la visite de deux intervenants matin et soir, et une rencontre avec une nouvelle (pour moi) psychiatre une fois semaine. C’est toujours comme ça quand on est hospitalisé en psychiatrie. On ne rencontre pas notre psychiatre qu’on voit en externe toute l’année durant, on rencontre le psychiatre qu’on veut bien nous donner, qui travaille à l’interne de l’hôpital sur le département où on a atterri. Souvent, il s’avère pertinent d’avoir l’avis d’un autre spécialiste de la santé.
C’est sûr qu’il faut recommencer son histoire à chaque fois, presque des interrogatoires ! À chaque intervenant (secrétaire à l’admission, infirmière au triage, urgentologue, médecin résident, psychiatre de garde) qu’on rencontre dans le processus pour tenter d’avoir des soins, on doit répondre à la question qui tue : qu’est-ce qui vous amène à l’urgence ? Et chaque fois, on essaie de répondre du mieux qu’on peut même si souvent notre version change avec le temps et selon les interlocuteurs !
Grâce au TIBD, cette fois, j’ai évité l’hospitalisation. Dans le fond, c’est juste ma rechute annuelle du printemps. Une dépression saisonnière comme ça arrive à beaucoup de gens. D’habitude, je passais trois ou quatre semaines à l’IUSMQC (Institut universitaire en santé mentale de Québec anciennement nommé CHRG pour Centre hospitalier Robert-Giffard et précédemment Saint-Michel Archange à Beauport Limoilou Québec) au printemps. Pour m’aider à supporter mon destin, je me disais que les riches allaient

dans le sud au printemps et que moi j’allais dans le grand château aux 1000 fenêtres.
Le jeudi 27, je rencontre la psychiatre du TIBD. Pendant plus d’une heure, elle va me poser une tonne de questions pour tenter de comprendre ma psyché, se faire une idée de ma personnalité, de mon histoire de vie et de comprendre mon trouble actuel afin de poser son diagnostic et ultimement, en fin de rencontre, me proposer un autre ajustement de médication et me prodiguer quelques conseils sur mon hygiène de vie. (à suivre ?)

Odeur désagréable
Je n’ai pas de quoi être fier
Visage maussade
Encore aujourd’hui, j’ai besoin de ma bière.
J’ai une allure de baril, Costaud, gras, mais je ne me lèche jamais les doigts.
Moi, je l’ouvre toujours un peu avant midi.
Quand je suis réchauffé, je pense à mon premier amour, La seule et unique que j’ai vraiment aimée, que j’aimerai toujours.
J’oublie quand je suis concentré
Les machines sont pour les fous
Je ne gagne jamais, je suis un perdant
Dépendant, donne-moi du Jack Daniel’s que je devienne saoul.
Fond d’tonne, je suis peut-être bon à rien à tes yeux
Je suis un soldat dans les parcs l’hiver
Je marche dans la neige pour dormir dans le froid
Je suis celui qui marche toujours en pensant à hier.
Une autre journée commence
Je vais vendre mes biens pour boire ma bière
Demain matin, je boirai à genoux pour la finir une fois pour toutes.
Protégé par tous les saints de la terre
Ma mission est de tenir bon
Peu importe la saison, si je n’ai pas d’place où dormir…
Je dors dans ma tête avec le sourire.
Je dors avec ma bière, le cœur chaud, la tête remplie de souvenirs.
Fond d’tonne
Malgré la désastreuse chaleur de l’été 2023 en Europe, j’ai l’impression que quand la fraîcheur sera revenue, on va passer à d’autres priorités. On se mobilise devant un danger immédiat, mais notre psychologie fait en sorte qu’on aime bien obtenir un délai. C’est d’autant plus vrai que les écologistes se mettent plusieurs personnes à dos avec leurs actions d’éclat. Personnellement, je voyage en autobus, je n’achète pas beaucoup et je vis dans un petit trois et demi. Je ne suis pourtant pas écolo et je ne supporte plus le discours environnemental. Je crois que tous les appels aux petits gestes sont devenus une nuisance puisqu’ils détournent les gens de l’essentiel. Faire sa part, ce n’est pas recycler des bouts de papier ou composter des restes de table. Faire sa part, c’est renoncer à la voiture solo, aux voyages en avion et à la surconsommation. En l’absence de grands gestes, les petits gestes ne donneront rien.
On me dira que l’un n’empêche pas l’autre et qu’il faut faire tous les efforts, petits et grands. Vraiment ?
Regardez autour de vous, voyez tous ces VUS en occupation solo, voyez toutes ces annonces à la télé ou sur Internet vantant les mérites de la voiture. Ces annonces fonctionnent puisque les gens achètent tout en sachant qu’en occupation solo, la grosse voiture qu’ils se meurent d’envie d’obtenir peut émettre quatre tonnes de CO2 par an. Mais ils achètent en s’imaginant stupidement (le croient-ils vraiment ?) qu’en recyclant des restes de tables ou en favorisant le compostage ils font partie de la solution.
Quant aux experts, spécialistes ou autres environnementalistes de haute volée qui viennent aux conférences internationales en jet privé, je suis choqué de leur incohérence. Pensez-vous sérieusement que tous ces « Faites ce que je dis, pas ce que je fais » vont se priver ? Ils veulent que VOUS vous priviez, que VOUS preniez l’autobus et que VOUS bouffiez des insectes. Pas eux. L’écolo à la grosse voiture, à
la grosse maison et au gros salaire qui au volant de son VUS en occupation solo se met à beugler : « On ne peut plus continuer comme ça, on fonce vers un mur » me fait penser à un redoutable fornicateur qui viendrait me parler de chasteté et de fidélité conjugale.
Soyons sérieux, on prône les petits gestes parce qu’on ne fera pas les grands gestes. Pour trop d’adeptes de l’effort individuel, il est hors de question de renoncer aux avantages du gros salaire, de la grosse maison, du VUS. On veut continuer la surconsommation tout en demandant moins d’emballage. Et on ne veut surtout pas de guerre à l’auto même si c’est la chose à faire. Quand on nous répète que nous serons tous gagnants si chacun fait son petit (bien petit) effort, je réponds que si le riche garde sa richesse et le pauvre sa pauvreté, nous n’avons pas la même notion de ce que signifie tous gagnants.
Malheureusement, les écolos ont réussi à persuader le public que l’environnement c’est une question de petits trucs, ce qui explique en partie l’absence de solutions radicales. Mais ils ont fait mieux, à force de tirer sur la sonnette d’alarme, ils ont réussi à me persuader qu’il est déjà trop tard. Alors, perdu pour perdu, autant profiter des années qu’il reste avant la catastrophe.
De toute façon, je me dis que si d’ici l’an 2100 l’humanité n’est pas capable de développer une technologie permettant de refroidir l’atmosphère, c’est peut-être parce qu’elle ne mérite pas de survivre. Vous pensez que j’exagère ? À la COP 27 de 2022, le patron des Nations Unies, Antonio Guterres, affirmait que le monde était au bord du suicide climatique. Sans surprise, la COP n’a pas donné grand-chose. La conférence n’était même pas finie qu’il n’y en avait plus que pour le soccer. Avec ce genre de priorités, c’est foutu. Ici même à Québec, alors qu’on devrait faire la guerre à l’auto et favoriser le transport en commun, le tribunal a jugé que le service d’autobus n’était pas essentiel. Dans ces conditions, permettez-moi de refuser le sac mauve et de conserver assez de jugement pour faire la différence entre les niaiseries et l’essentiel.

Enfin, convenons-en, il est tout de même étrange que moi qui ne suis pas écolo et qui ne fais aucun effort laisse malgré tout une empreinte plus faible que les donneurs de leçon criant à l’Apocalypse pour bientôt, très bientôt.
YVES POTVIN
Au réveil, un jeune homme se présente devant moi
Il me salue candidement
Est-ce mon fils ? Ou le nouveau préposé ?
Je ne dis mot… et le regarde fixement
Son visage s’assombrit soudainement
Il s’assoit près de moi, l’air débité, triste, songeur…
Je me sens prisonnier
Reclus au fond, dans un coin de ma cellule
Une lueur au loin, me rassure
Elle éclaire, un peu, mes ténèbres
Qui suis-je ? Que fais-je ici ?
Engourdi dans ce corps qui ne répond pas
Qui ne sait même plus comment faire
Ma langue se tortille, au-dedans de ma bouche
D’où ne sortent que quelques ¨ bredouillages¨ incompréhen-
sibles
Quel cauchemar ! J’espère me réveiller.
Que se passe-t-il ?
Mon cœur s’emballe ! je panique !
Le ventre me tiraille
Une chaleur humide, dans mon froc, je ressens
Je cherche quelqu’un ! Je suis seul !
Je crie, je crie
Je demande de l’aide
Mes appels demeurent stériles
Je suis seul !
Encore plus seul !
J’attends, j’attends encore
Enfin ! Quelqu’un se présente
Indigné, une larme, sur ma joue, s’exprime !
Quelqu’un s’approche de moi, m’offre sa main
Elle m’entraîne en guidant mes pas hésitants
On se dirige vers la cuisinette
D’autres personnes sont là ! Déjà !
Ils sont en attente
Un silence inquiétant résonne à mon oreille
Je tarde à m’asseoir
Pourquoi m’apporte-t-on ici ?
Que va -t-on faire ?
Me réduire au silence ? Moi aussi !
Comme l’agneau à l’abattoir
Je suis inquiet
Elle m’invite à m’asseoir
Mon cerveau ne coordonne plus mes mouvements
Une grande serviette s’installe rapidement autour de mon cou
Je ressens mon cou qui se resserre
Oui c’est bien cela ! On veut m’éliminer !
Je réagis quelque peu, mais par la suite
Lentement on tend vers ma bouche cet aliment
Le potage dégouline sur mon menton et…
Parfois sur cette grande bavette, heureusement
J’ouvre la bouche machinalement
Ai-je si faim que ça ?
Qui est cette gentille dame attentionnée ?
Qui me couvre de baisers dès
son arrivée ?
Son sourire communicateur
Ce parfum enjôleur
Me fait penser à ma femme
Vague souvenir, en ma tête, me chavire
Son cœur chantonne
Une parole en moi résonne
Que pourrais-je

dire en écho qui trop ne détonne
Pour répondre, sans gêne, à cette douce flamme
Qu’à sa vue mon cœur, en mon poitrail, se déchire
Moment unique, en moi, que nul ne soupçonne !
Tôt en début de soirée
On m’a déjà donné quelques médicaments
Un goût sucré pour m’apprivoiser
Pour adoucir la chose
Mes paupières s’alourdissent
On me déshabille, j’ai froid
Un frisson défile sur mon corps dénudé
Une jaquette de nuit s’installe
On me dépose directement au lit
Que se passe-t-il ?
Pendant un instant, une fraction de seconde
Mon esprit se questionne
Qu’ai-je fait aujourd’hui ?
Sûrement, on a pris soin de moi
On m’a nourri
On m’a fait marcher
On m’a parlé et même peut-être fait chanter ou danser
Quelqu’un est-il venu me voir ?
Personne jamais ne vient me voir !
Pourquoi mes proches me laissent-ils ici avec tous ces inconnus ?
Au réveil, un jeune homme se présente devant moi
Il me salue candidement
Est-ce mon fils ? Ou le nouveau préposé ?
Je ne dis mot… et le regarde fixement
Son visage s’assombrit soudainement
Il s’assoit près de moi, l’air débité, triste, songeur…
MICHEL BRISSON
Le squelette des lampadaires grelottait
La peur de l’obscurité totale et la faim
Deux lueurs bleue et blanche ont froid au cœur
Un gant percé crie la solitude déserte
D’une rue sans ciel
Même si tout est à la portée de la main
Un instrument saigne sous des pas étouffés
Par les tempes d’un battement
Crispé et affolé à l’intérieur du tunnel
De l’écho nordique
Le train avance ce qu’il peut
Propulsé vers l’engourdissement
Quelque part une voix lointaine
Sent la chaleur d’une peau de fourrure
Du pain frais
Le claquement de dents mâche
L’air cruel de la colère
La pacifique résignation est mastiquée et avalée
Le désastre arrive au sommet de la douleur
En s’effondrant dans la dérive
D’un oublié et ignoré
Le scandale reste muet
Sous la roche d’une épée fermée
Le roi Arthur a perdu la bataille
En sortant du théâtre tragique
D’un maigre hiver
D’hallucinants échecs de l’espoir
À la veille de la révolution des abandonnés
La parade est passée
Retournée au présent
Et se tourne vers le futur
Le jour vif s’élève
En prononçant des mots chuchotés
Dans le zénith loin et loin
De la rage de vivre

J’ai toujours été une personne aidante. Dès l’âge de 10 ans, j’aidais mon père avec les petits travaux. À 12 ans, j’avais déjà quelques clients pour qui, l’été, je tondais le gazon, et l’hiver, je pelletais la neige. J’aidais aussi ma mère à faire le grand ménage de la maison qu’elle faisait à chaque changement de saison. Quand j’ai eu 14 ans, on a déménagé à Neufchâtel sur une fermette. Il y avait beaucoup de choses à faire : réparations sur la maison, peinture et autres. J’ai alors arrêté mes petits boulots lucratifs pour faire du « bénévolat » à la maison. Les animaux avaient besoin de quelqu’un pour prendre soin d’eux et comme mes deux frères et ma sœur aînés avaient déjà quitté la maison, il ne restait que le bébé de la famille et moi pour faire les tâches. Et à 16 ans, même si j’avais un emploi de cuisinier auquel je consacrais six jours par semaine, tous mes temps libres passaient à aider soit mon père, soit ma mère. Au début de ma vie adulte, j’ai été embauché par la fonction publique fédérale.
J’y ai travaillé pendant 8 ans, tout en continuant d’aider mes parents. Puis, à cause de la maladie, j’ai dû quitter cet emploi : je me suis retrouvé sans revenu. Mais comme j’habitais encore avec mes parents, où je payais une pension, je continuais à faire plein de petits travaux tant sur la fermette que dans l’érablière.
À un moment donné, j’en ai eu assez et j’ai décidé de quitter le nid familial. J’ai vécu chez un ami, puis chez ma sœur. Mais là aussi, j’ai vite senti que je n’étais considéré que comme une paire de bras destinés à les servir. Inversement, quand je vivais des difficultés, comme quand j’ai eu ce grave accident qui m’a plongé dans le coma et dans lequel mon frère est décédé, je me suis débrouillé tout seul.
Beaucoup plus tard, mon père a décidé de vendre la fermette, mais comme il était très malade et qu’il allait souvent à l’hôpital, j’ai décidé de retourner vivre avec ma mère qui était très inquiète quand elle se retrouvait seule. C’est encore moi qui ai pris soin d’elle quand mon père est décédé.
À cette époque, j’avais une amie de cœur depuis dix ans. Notre relation demandait beaucoup d’énergie et nous avions déjà rompu à quelques reprises. Et même si elle avait répondu par la négative à ma demande de validation de notre relation, je reste convaincue que mon rôle auprès de ma mère et le sien auprès de sa fille ont eu raison de notre relation.
J’ai ensuite vécu seul pendant cinq ans. Je prenais soin de ma mère tout en faisant du bénévolat dans

des conseils d’administration d’organismes et coop. Quand elle a été admise dans un centre d’hébergement de soins de longue durée, j’allais passer de 6 à 8 h par jour avec elle, et ce, de 5 à 7 jours par semaine. J’ai fait ça pendant 14 ans. Je faisais tout en mon possible pour lui rendre la vie belle.
Mais la maladie la ravageait et elle décida de demander l’aide à mourir. Je lui dis que je respectais sa décision, car je l’aimais ! En disant cela, je pensais que c’était la plus belle réussite de ma vie d’avoir pris soin d’elle, comme elle l’a fait pour les autres malgré tout ce qu’elle a vécu. Je l’ai vu recevoir tant de gens avec sourire et amour alors, ce que j’ai fait pour elle était tout simplement lui rendre l’amour que j’ai reçu. Merci maman xxx. Je t’aime et je pense bien souvent à toi… tu n’es pas facile à oublier.
J’y ai laissé des plumes, presque ma peau
Malgré ton penchant taciturne
Ça ne t’empêchait pas d’être beau
J’ai fait des pieds et des mains
J’ai fait de toi ma mission de vie
Je t’ai donné la main pour traverser ton quotidien
À grands coups de couleurs sur du blanc
Tu peignais comme tu respirais, ça te défoulait
Je voyais en toi la gamme du potentiel, le talent
Ce n’est pas parce qu’un homme est vulnérable
Qu’il ne mérite pas le bonheur, j’ai tout fait
Rompre l’isolement, répondre aux conditions déplorables
Pour te prouver que tu étais bien entouré
J’ai brillé pour trois soleils
J’ai rassemblé tes amis pour te le démontrer
À ton arrivée, je me jetais dans tes bras
Te chuchotant à l’oreille
Bienvenue chez toi
Je gagnais des sous au noir
Faisant le ménage, ramenant du pain sur la table
Pour ne pas broyer du noir
Je t’aimais, ça me suffisait
Mon nom, oublié
Mes besoins, dans le placard à balais

Quel bienfait être au service de l’autre
Oublier mes problèmes
Ça éloignait mes pensées moroses
Le don de soi n’est pas futile
Ça répond au besoin d’accomplissement
Ça confère le sentiment d’être utile
J’étais l’astre qui tournait autour de toi
Ne tournant plus autour de mon nombril
J’ai pris des vacances de moi
Je t’ai montré toutes les facettes
À l’amour je t’ai fait goûter
Je t’ai fait visiter les joies terrestres
Je voulais que tu comprennes
À quel point tu étais important
Tu ne brillais pas tant, mais c’était toi mon soleil
Quand il s’est éteint
J’ai dû accepter son choix
J’ai dû admettre que c’était la fin
Tu as fait table rase
Les huit années que je t’ai données
Me redonnant toute ma place
Tu t’es éclipsé si vite de ma vie
Comme un trou noir dans la poitrine
J’ai déchiré la nuit de mon cri
Enfin heureux dans les bras de l’éternel
Maintenant délivré de la maladie
Là où tu es, puisses-tu briller pour trois soleils
JUDY MILLER
Dans les méandres démesurés
Je m’étais encore écartée
Sans pouvoir atteindre le moindre exutoire.
En dépit de la tournure malsaine
Je continuais malgré tout
De nager à contre-courant
Dans cette osmose
Fuyant la dissolution.
Pour la contrer
Je me débattais avec combativité
Étant assurément désemparée
Saisie, indisposée et lésée.
Il n’était pas question d’abandonner !
MAD ÂME M ♥




À chacun de mes séjours à Québec, elles m’intriguent ces latrines chaperonnées par un être de chair et de sang. Récemment, j’ai discuté avec des personnes qui surveillent ces lieux d’aisance sis sur la rue Saint-Joseph Est. Ce boulot n’est-il point ingrat ? Après tout, il faut s’habituer à entendre le bruit des jets d’urine et des flatulences, en plus de subir les odeurs pestilentielles ! En avril dernier, sourire Colgate aux lèvres, un agent de sécurité m’a répondu que « tout cela était naturel ». C’est vrai qu’il nous faut bien évacuer à un moment donné…
Puis la conversation a débouché sur la raison de leur présence. Comme vous l’avez sans doute deviné, l’endroit sert principalement à accommoder les gens en situation précaire qui évoluent dans le quartier Saint-Roch. L’agent aime faire preuve d’humanité : s’il ne peut permettre les roupillons à l’intérieur de l’humble bâtisse beige, il accepte que les personnes vulnérables puissent s’y reposer un moment, question de reprendre leur souffle en se calant dans l’une des deux chaises. Quant à tenter de s’y injecter une substance supposément magique dans les veines afin de fuir ses misères, la présence de la sentinelle s’avère plutôt dissuasive.
NEPTUNE : COMPAGNIE DÉLINQUANTE

Travailler et ne pas recevoir sa paie, cela ne constituet-il point un bon exemple de misère humaine ? Le 30 mai dernier, j’ai échangé à nouveau avec l’un des gardiens en fonction lors de ma visite au petit coin… Après avoir œuvré au sein de l’entreprise Neptune qui a fermé brutalement ses portes voilà quelques semaines, il bosse dorénavant pour l’entreprise S3K9 qui a pris la relève. Quelle somme d’argent lui doit la défunte agence Neptune en salaires impayés ?
Environ 6000 $ ! Arc-en-ciel après l’orage, il pourrait bientôt recevoir sa rémunération en totalité, ou en partie, grâce à certains programmes conçus pour aider les gens floués par leur employeur.
Allez ! On fredonne comme Lisa Leblanc : « P’t-être que demain, ça ira mieux, mais aujourd’hui, ma vie, c’est de la marde… »
Références communautaires
Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches
Tél. : 2-1-1
Aide sociale ADDS
Association pour la défense des droits sociaux
301, rue Carillon, Québec
Tél. : 418 525-4983
Aide aux femmes
Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler ! 418 648-2190 ou le 1 888-881-7192
Centre femmes aux trois A Pour la réorganisation sociale 270, 5e Rue, Québec
Tél. : 418 529-2066 www.cf3a.ca
Centre femmes d’aujourd’hui
Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec
Tél. : 418 651-4280 c.f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org
Rose du Nord
Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org
Support familial Flocons d’espoir Écoute et aide pour les femmes enceintes 340, rue de Montmartre, sous-sol, porte 4
Tél. : 418 683-8799 ou 418 558-2939 flocons.espoir@videotron.ca
Alphabétisation
Alphabeille Vanier 235, rue Beaucage, Québec Tél. : 418 527-8267 info@alphabeille.com www.alphabeille.com
Atout-lire
266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec
Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca
Le Cœur à lire
177, 71e Rue Est, Québec
Tél. : 418 841-1042 info@lecoeuralire.com www.lecoeuralire.com
Lis-moi tout Limoilou 3005, 4e Avenue, Québec
Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com
La Marée des mots
3365, chemin Royal, 3e étage, Québec
Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca membre.oricom.ca/lamareedesmots
Centre de jour
Relais d’Espérance
Aider toute personne isolée et en mal de vivre
1001, 4e Avenue, Québec
Tél. : 418 522-3301
Rendez-vous Centre-ville Centre de jour
525, rue Saint-François Est, Québec
Tél. : 418 529-2222
Détresse psychologique
Centre de crise de Québec
Tél. : 418 688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com
Centre de prévention du suicide 1310,1 re Avenue, Québec
Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca
Tel-Aide Québec
Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca
Tel-Jeunes
Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com
Hébergement
Maison de Lauberivière
Pour hommes et femmes démunis ou itinérants
485, rue du Pont, Québec
Tél. : 418 694-9316
accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org
Maison Revivre
Hébergement pour hommes 261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec
Tél. : 418 523-4343 maison.revivre@gmail.com maisonrevivre.weebly.com
SQUAT Basse-Ville
Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com
Gîte Jeunesse
Hébergement temporaire garçons 12 à 17 ans
Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec
Tél. : 418 666-3225
Résidence de Sainte-Foy 3364, rue Rochambau, Québec
Tél. : 418 652-9990
YWCA
Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca
Réinsertion sociale
Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec
Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org
Fraternité de l’Épi
Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec
Tél. : 418 523-1731
La Dauphine
Pour les jeunes de 12 à 35 ans 31, rue D’Auteuil, Québec
Tél. : 418 694-9616
courrier@ladauphine.org www.ladauphine.org
Insertion professionnelle
À l’aube de l’emploi (Lauberivière)
Formation en entretien ménager commercial/buanderie 485, rue du Pont, Québec 418 694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org
Recyclage Vanier
Emploi et formation (manutentionnaire, aidecamionneur, préposé à l’entretien) 1095, rue Vincent-Massey, Québec tél.. : 418 527-8050 poste 234 www.recyclagevanier.com
Prostitution
La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com
P.I.P.Q.
Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168
pipq@qc.aira.com www.pipq.org
Soupe populaire
Café rencontre Centre-Ville 796, rue Saint-Joseph Est, Québec (Déjeuner et dîner)
Tél. : 418 640-0915
Maison de Lauberivière (Souper) 485, rue du Pont, Québec
Tél. : 418 694-9316
Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 945, rue des Sœurs-de-la-Charité
Tél. : 418 692-1762
Santé mentale
Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677
centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org
La Boussole
Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502
laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca
Centre Communautaire l’Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719
info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com
Centre d’Entraide Émotions
3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org
La Maison l’Éclaircie
Troubles alimentaires
2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca
Le Pavois
2380, avenue du Mont-Thabor, Québec
Tél. : 418 627-9779
Téléc. : 418 627-2157
Le Verger 943, av. Chanoine-Scott, Québec
Tél. : 418-657-2227 www.leverger.ca
Ocean
Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352
Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283
Parents-Espoir
363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167
Service d’Entraide l’Espoir 125, rue Racine, Québec Tél. : 418 842-9344 seei@videotron.ca www.service-dentraide-espoir.org
Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org
Toxicomanie
Al-Anon et Alateen
Alcoolisme
Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca
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Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca
Point de Repères 225, rue Dorchester, Québec
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VIH-Sida
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Elle était écolo.
Elle n’achèterait pas de paquebot
Qui, trop de la mer, polluerait les flots ;
Qui barbouillerait
De chimiques déchets
Le ciel beau
Et tuerait trop de poissons dans l’eau
Et affecterait la santé des oiseaux.
Elle glisserait sur la musicale rivière
Avec sa chaloupe, coûte que coûte
Oubliant les nuageux hier,
Une fois pour toutes.
Intuitivement, elle découvrirait au cours de son aventureux voyage,
Un château qui semblait venir du fond des âges.
Dans cette féérique demeure de belles fleurs décorées, elle allait rencontrer
Un noble et beau chevalier.
Il allait devenir son cher cavalier.
Un bel amour les unirait jour après jour.

Lettre ouverte publiée dans les médias écrits communautaires

Les journaux communautaires ne sont-ils utiles qu’en temps de crise ?
Monsieur Mathieu Lacombe Ministre de la Culture et des Communications
Monsieur le
Ministre,
La publicité émise par le Gouvernement du Québec dans les médias écrits communautaires est quasi inexistante, et cela met en péril la survie de plusieurs d’entre eux. Pourtant, lors de la pandémie, il était crucial pour le Gouvernement, notamment pour le ministère de la Santé et des Services sociaux, de faire publier ses messages dans les journaux communautaires afin d’informer le plus de gens possible. Or, depuis janvier 2022, presque plus rien. Nous sommes revenus au même stade qu’avant la pandémie; les médias écrits communautaires ne reçoivent que des miettes en matière de publicité gouvernementale.
Nous avons peine à penser, Monsieur le Ministre, que les journaux communautaires ne sont utiles qu’en temps de crise. Mais où est donc diffusée la publicité gouvernementale ? Est-ce que tout passe par les réseaux sociaux, ces méga-entreprises américaines ? Un sondage mené en 2018 par la firme Advanis Jolicoeur démontre que le taux d’appréciation de la presse écrite communautaire est de 94 %. La fonction principale d’un média écrit communautaire est de transmettre de l’information locale ou régionale sur un territoire délimité géographiquement. Il reflète l’actualité de toute une communauté.
Le ministère de la Culture et des Communications reconnaît le rôle essentiel des médias écrits communautaires depuis fort longtemps en leur accordant une aide financière primordiale. Ce que nous souhaitons maintenant, Monsieur le Ministre, c’est que les différents ministères et sociétés d’État en conviennent également. À cet effet, nous vous demandons de bien vouloir nous appuyer en incitant vos collègues à donner les directives nécessaires afin que le placement de publicités gouvernementales reprenne dans les médias écrits communautaires. Nous aimerions aussi que ce même message soit transmis à la firme Cossette, l’agence officielle du Gouvernement du Québec en cette matière.
Les lecteurs de la presse écrite communautaire du Québec sont en droit d’être informés de toute annonce faite par leur gouvernement.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, mes cordiales salutations.
Le président de l’Association des médias écrits communautaires du Québec,

Joël Deschênes




Ce programme est une formation en entretien ménager des édifices publics. La formation est d’une durée de 8 mois incluant un stage de 375 heures en entreprise. Les opportunités d’emploi et le taux de placement sont élevés pour nos finissants.
Il s’adresse à une clientèle éloignée du marché du travail et désireuse de le réintégrer par le soutien d’une formation reconnue par le Ministère de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche.
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Formation rémunérée par Services Québec
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Stage en entreprise de 375 heures
Salaire intéressant en emploi grâce au comité paritaire
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Pour de plus amples informations ou pour vous inscrire, communiquez avec Mme Marianne Lachance, responsable du programme : 418 694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org
PARTENAIRES DU PROGRAMME

