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Zure Euskal herriko aldizkaria Votre magazine du Pays basque

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le magazine

numéro 8 - 2015 negu / Hiver

Le diamant noir de Lokiz

Donostia

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor. Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

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Singulier Pays basque

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NUMÉRO 9 - 2015

numéro 10- 2015

numéro 11- 2016

NUMÉRO 12- 2016

UDABERRI / PRINTEMPS

uda / été

negu / hiver

UDABERRI/ PRINTEMPS

Pottok

Alarde

Mundaka

Mascarade

Baldorba

Almadia

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

Amaiur

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

San Fermin

Les trois Grandes

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

En Soule, la mascarade est bien plus qu'une simple fête, c'est à la fois la célébration de la danse et de la langue basques, et un moment fort d'union entre les générations.

Le carnaval de Mundaka ne ressemble à aucun autre, et c'est bien là ce qui fait tout son charme et son intérêt. À découvrir de toute urgence ! Elle n'est pas la plus connue des vallée navarraise. Pourtant, avec son chapelet de villages, ses trésors romans, une faune et une flore très riches, sans parler de la précieuse tuber melanospérum, la petite vallée mérite qu'on s'y arrête.

Aussi loin qu'ils se souviennent, les hommes de la vallée du Roncal ont vu les bois flottés pour rejoindre leur destination finale. Une tradition perdue, mais un savoir-faire sauvegardé, et aussi une occasion de faire la fête.

Mémoire

Fort San Cristobal

Les images de télévision, en noir et blanc, datent de 1959. Les paysages ont peu changé, la vie des bergers un peu plus. Nous sommes partis à la recherche des acteurs de l'époque.

De fort, il n'a que le nom. Prison conviendrait mieux. Perché sur les hauteurs de Pampelune, il témoigne d'une période cruelle de la Navarre.

Bozate est un quartier d'Arizkun à la bien triste mémoire.

À l'occasion de Donostia 2016, découvrez l'incroyable destin de Katalina de Erauso.

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NUMÉRO 13 – 2016

NUMÉRO 14 – 2017

NUMÉRO 15 – 2017

NUMÉRO 16 - 2017

NUMÉRO 17 - 2018

UDA/ÉTÉ

NegU/hiveR

UdabeRRi/pRiNteMps

UDA/ÉTÉ

NEGU

Lekeitio

Barcus

Tudela

Zumaia

Mauléon

Euskara

Histoire d’une des plus anciennes langues d’Europe, et peut-être des plus mystérieuses…

Sasi Ardia, Kintoa

Brebis Sasi ardi, Kintoa, les races locales font de la résistance.

Balbutiements de l’histoire

19/04/2016 19:49

Au Pays Quint, ou dans la Bidassoa, l’Histoire s’offre, ici, quelques balbutiements…

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NEGU/HIVER

Cagots

Pastorale

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HORS SÉRIE 2019

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NUMÉRO 18 – 2018 UDABERRI/PRINTEMPS

Cesta punta

C'est la discipline la plus spectaculaire de la pelote basque. Mais elle est aussi une formidable ambassadrice du Pays basque partout dans le monde.

Dolores Redondo

Auteure de la Trilogie du Baztán, énorme succès d'édition, l'écrivaine donastiarra Dolores Redondo, confie à Ibilka l'origine de ses différentes sources d'inspiration.

Le géant d'Altzo

Joaquim Eleizegi Ateaga, le Géant d'Altzo, eut le triste privilège d'être l'homme le plus grand du monde…

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Aux confins d'Euskal Herri, ce petit village de moins de 700 âmes occupe une place particulière dans l'imaginaire basque. Il est un peu le Conservatoire de l'identité souletine

L'Arboleda

Les stigmates de la nature, dans cette banlieue de Bilbo, témoignent des tortures auxquelles la terre fut soumise pendant des siècles pour l'extraction de minerai. Matéo, ancien mineur, nous raconte.

Guernika

Il y a 80 ans, le 26 avril 1936, la Légion Condor bombardait Guernika. George L. Steer, reporter de guerre anglais, arriva le premier sur les lieux.

Pont de Biscaye

Il relie Portugalete à Getxo et il fut le premier pont transbordeur construit au monde. Un endroit unique, comme d'autre au Pays basque que nous vous ferons découvrir.

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NUMÉRO 19– 2018

NUMÉRO 20-2018

UDA- ÉTÉ

NEGU/HIVER

Itsas Begia

L’Océan est au cœur de l’histoire du Pays basque. Marin, pêcheur, corsaire, aventurier des mers, le Basque fut un peu tout cela au fil des siècles. L’association Itsas Begia rend hommage à cette mémoire des mers.

L’Hôpital Saint-Blaise

Halte très courue sur le chemin du piémont, la petite église souletine reste un témoignage important des relations transpyrénéennes.

Mendizale

Mendizaletasun exprime en euskara la passion des montagnes. C’est bien d’une histoire d’amour dont il s’agit, et qui de plus pertinent qu’un mendizale revendiqué pour la conter ?

Champion du monde

Certains hommes ont des destins peu communs. Paulino Uzcudun est de ceux-là.

La ville navarraise aux trois cultures reste un modèle de civilisation que l'on découvre en s'abandonnant dans le dédale de ses petites rues parcourues en compagnie d'un journaliste du Diario de Navarra.

Bois

Au Pays basque, le bois occupe une place à part, comme une identité, de la forêt et sa mythologie, à l'espace domestique avec ses meubles, qu'ils soient traditionnels ou contemporains.

Surf

Face à la beauté et à la fureur de l'Océan on pourrait penser que le surf et le Pays basque sont intimement liés depuis la profondeur des temps. Pourtant, sur la Côte basque, il y a seulement 60 ans qu'il est apparu.

Diaspora

L'écrivain américain Craig Johnson nous parle des Basques du Wyoming.

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Pêcheurs de sable

C'était un temps où pour vivre, des hommes n'hésitaient pas à rester, de très longues heures, immergés jusqu'à la taille, pour extraire le sable des rivières.

La ceinture de fer

Soucieux de réhabiliter la mémoire historique, à travers une reconstitution fidèle, ils ne laissent rien au hasard, bouton de guêtres, uniformes, armes… Le photographe Jorge Moreno est devenu le spécialiste de ces reconstitutions et ses photos relèvent d'un hyper réalisme très troublant.

Lesaka

En Navarre, Lesaka vaut vraiment le détour pour découvrir ses canaux et les secrets qu'elle recèle. Nous l'avons fait en compagnie de Juan Carlos Pikabea Zubiri, l'artiste peintre originaire de la ville.

Tour de France

Il y a 58 ans, le 3 juillet 1959, Marcel Quéheille l'enfant de Sauguis, prend le départ de l'étape qui mène les coureurs de Bordeaux jusqu'à Bayonne, bien convaincu que ce jour-là sera son jour de gloire. Il se souvient…

Drôle d'endroit

Il n'a de château que le nom, on ne le distingue qu'au dernier moment, Latsaga reste une énigme.

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NUMÉRO 21- 2019

NUMÉRO 22- 2019

UDABERRI / PRINTEMPS

UDAZKEN/AUTOMNE

Ustaritz masquée Le carnaval d'Ustaritz ne transige pas avec la date : c'est à Mardi Gras que musiciens, danseurs, kaskarot, zirtzil, et autres acteurs incontournables se retrouvent dans les rues.

Au-delà du charmant port de pêche, c'est l'ensemble de cette partie du littoral du Gipuzkoa qui mérite l'attention. Il invite à un voyage de plus de 60 millions d'années.

Malerreka et ses sortilèges

C'est une contrée navarraise qui abrite treize villages. Voilà pour la géographie. Mais le plus intéressant est ailleurs dans l'histoire, voire la fantasmagorie. À découvrir sans hésiter…

Les moulins du Temps

On passe souvent à côté sans les voir ; c'est regrettable parce que les moulins ne font pas que brasser du vent ou de l'eau, ils racontent, à qui sait prendre le temps de les écouter une histoire de l'Humanité.

Corsaire des temps modernes Moins connu que ses illustres ancêtres de la flibuste, Lezo Urreiztieta, peut tout de même être qualifié de corsaire des temps modernes. Il incarne les rêves les plus fous d'Euskadi.

Le Monde du silence

Vous avez envie de découvrir les profondeurs du Golfe de Gascogne en compagnie des plongeurs de l'Union Sportive de Biarritz ? Alors n'hésitez pas ! Entre épaves et espèces plus étonnantes les unes que les autres, nous vous invitons à un merveilleux voyage dans le monde du silence.

Isards et cerfs

Parfois, l'automne est davantage un état d'âme qu'une saison. C'est en compagnie des gardes forestiers que nous vous convions à la rencontre de la faune sauvage de nos forêts et massifs.

L'indésirable loup

La sierra de Gibixoko était considérée comme le repère des loups. De bien cruelles pratiques s'y sont développées – dont les fosses aux loups – pour se débarrasser de l'animal.

Davantage qu'un quartier de Mauléon-Licharre, la Haute-Ville possède sa mémoire propre. Certains s'en souviennent encore et racontent.

Roncevaux

Le lieu où se déroula la célèbre bataille du 15 août 778 fait débat au sein de la communauté des historiens. Un archéologue amateur tente d'apporter ses pièces au débat.

Vues du ciel

S'imaginer, un instant, dans la peau du Gypaète et découvrir le Pays basque à travers son œil. C'est ce que nous offre Eric Soulé de Lafont, aviateur et photographe.

Pionnier

A jamais attaché au Vignemale, Henry Russel a également parcouru le Pays basque et notamment La Rhune, avant de s'éteindre à Biarritz en 1909.

Au centre de la terre

Aralar

Partagée entre la Navarre et le Gipuzkoa, la sierra d'Aralar, qui culmine à 1 431 mètres d'altitude, tient une place beaucoup plus grande dans le cœur des mendizale que cette faible altitude pourrait le laisser supposer. Elle est un peu ce que la Sainte-Victoire était pour Cézanne, une parure dans un écrin, et davantage encore…

Makila

Chacun ici connaît le makila, et beaucoup en possède un, mais savezvous que ce bâton souvent symbole d'honneur et de reconnaissance sociale était aussi une redoutable arme. Certains font aujourd'hui revivre la tradition à travers des combats extrêmement codifiés et dont la violence fait de cet escrime du pauvre une sorte d'art martial basque.

Le gouffre d’Aphanize, propose un vertigineux voyage dans les profondeurs de la terre.

Delika

La cascade est aussi belle et impressionante que le

ibilka le magazine - SINGULIER PAYS-BASQUE - NUMÉRO HORS SÉRIE - NEGU/HIVER 2019

Le petit port de Bizkaia a surtout connu ses heures de gloire à travers la pêche qui fut, jusqu'au milieu du XXe siècle, l'activité essentielle. Depuis, le tourisme a, peu à peu, pris le dessus, sans que pour autant Lekeitio n'y perde son âme.

Canal de Navarre

Une coulée verte, dans un lit de béton de près de 180 kilomètres, qui traverse la Navarre.


Ohiz kanpoko zenbakiak Hors-Séries

sommaire 04 _ Portfolio Du pottok, en passant par les pintxos, les jeux de force basque, les régates de trainières, ou encore l’etxe, la danse…, les singularités basques sont aussi nombreuses qu’étonnantes.

Zure Euskal herriko aldizkaria

14 _ Euskara

18 _ Brebis Sasi ardia

À peine 2 500 hectares pour cette extravagance de la géographie où vit encore une grosse poignée de familles partagées entre deux pays. d'une mutation urbaine réussie.

Vice-championne du monde de frontenis en 2018, Claire DutaretBordagaray, porte les valeurs de la pelote basque jusque dans les instances internationales.

h a b i t a n t s

s a

Histoire

Buenos Aires

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

Que savons-nous réellement de l'histoire douloureuse de Donostia ? 2016 et son titre de Capitale européenne de la culture sont l'occasion de la visiter.

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Traversée des Andes

MAÑUETAKO TXURRO PAREGABEAK

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Mañueta karrikan, duela 145 urte, penintsulako txurro hoberenak egiten dira. Familiako historio bat, bostgarren belaunaldikoa.

basques d'argentine

numéro 8 - 2015 negu / Hiver

les bâtisseurs d'une natiOn

Le diamant noir de Lokiz

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Buenos Aires

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

Donostia

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Mendoza

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

Cordoba

Urdiñarbe

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Traversée des Andes

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

Zure Euskal herriko aldizkaria

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82_ Fer

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Votre magazine du Pays basque

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Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

Sanfermines, six heures moins le quart du matin. Quand certains occupent déjà le vallado (barrières) de l’encierro pour ne rien manquer du spectacle, d’autres préfèrent se joindre à l’impressionnante file s’étirant devant la churrería la Mañueta, laquelle ouvrira ses portes à six heures précises. La lente procession gourmande ; noctambules et frais levés s’y croisent joyeusement ; ne cessera plus jusqu’à onze heures, heure traditionnelle de fermeture du vénérable établissement. Les Géants et Cabezudos ne s’y trompent pas lesquels, durant les fêtes, lors du défilé matinal quotidien, s’y arrêtent. Gaiteros et porteurs marquent le pas et Elias Elizalde, de la 4e génération de la Mañueta, txistulari émérite, traditionnellement, leur présente un plateau des inégalables churros avec un petit verre de patxaka (liqueur navarraise de pomme parfumée à l’anis). Un succulent accompagnement.

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SAVOIR-FAIRE ET PASSION

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spécial NUMÉRO 9 - 2015

numéro 10- 2015

UDABERRI / PRINTEMPS

uda / été

Pottok

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Histoire

San Fermin

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

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basques d'argentine

les bâtisseurs d'une natiOn

Amaiur

Buenos Aires

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

Mendoza

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

Cordoba

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

Traversée des Andes

Ortzaize

En Biscaye, la forge d’El Pobal, perpétue la mémoire des ferronniers.

la ville miroir d'euskadi

Alarde

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

DONOsTia

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

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numéro 8 - 2015

NUMÉRO 9 - 2015

negu / Hiver

UDABERRI / PRINTEMPS

Le diamant noir de Lokiz

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Donostia

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

Pottok

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

Amaiur

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

Que savons-nous réellement de l'histoire douloureuse de Donostia ? 2016 et son titre de Capitale européenne de la culture sont l'occasion de la visiter.

Les trois Grandes

Découverte

ibilka

le magazine

S'abandonner, sans but, est une belle manière de (re)découvrir Donostia.

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

numéro 10- 2015 uda / été

Alarde

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Gastronomie

San Fermin

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

L'une des villes les plus étoilées au monde se passionne aussi pour sa grande cuisine en minuscule.

Les trois Grandes

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

San Juan

La mémoire de la mer s'écrit tout près d'ici.

numéro 11- 2016

NUMÉRO 12- 2016

negu / hiver

UDABERRI/ PRINTEMPS

La Mañueta ? Une incontournable séquence familiale pamplonaise qui perdure depuis 1872. Située au 8 de l’étroite rue Mañueta, la plus célèbre churrería de la péninsule – elle n’ouvre que durant les fêtes et les dimanches d’octobre – ne brille pourtant ni par sa vitrine, il n’y a en pas, ni par un décor particulier, seule la désigne une façade intensément corail que barre un frustre vantail de bois s’ouvrant sur un comptoir fonctionnel. Le reste ? L’avenance, le sourire toujours, la passion pour un vieil office et un

Mascarade

Mundaka

En Soule, la mascarade est bien plus qu'une simple fête, c'est à la fois la célébration de la danse et de la langue basques, et un moment fort d'union entre les générations.

Le carnaval de Mundaka ne ressemble à aucun autre, et c'est bien là ce qui fait tout son charme et son intérêt. À découvrir de toute urgence !

Baldorba

Almadia

Elle n'est pas la plus connue des vallée navarraise. Pourtant, avec son chapelet de villages, ses trésors romans, une faune et une flore très riches, sans parler de la précieuse tuber melanospérum, la petite vallée mérite qu'on s'y arrête.

Aussi loin qu'ils se souviennent, les hommes de la vallée du Roncal ont vu les bois flottés pour rejoindre leur destination finale. Une tradition perdue, mais un savoir-faire sauvegardé, et aussi une occasion de faire la fête.

Mémoire

Fort San Cristobal

Les images de télévision, en noir et blanc, datent de 1959. Les paysages ont peu changé, la vie des bergers un peu plus. Nous sommes partis à la recherche des acteurs de l'époque.

De fort, il n'a que le nom. Prison conviendrait mieux. Perché sur les hauteurs de Pampelune, il témoigne d'une période cruelle de la Navarre.

Cagots

Pastorale

Bozate est un quartier d'Arizkun à la bien triste mémoire.

À l'occasion de Donostia 2016, découvrez l'incroyable destin de Katalina de Erauso.

Bami 12imp.indd 1

19/04/2016 19:49

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NUMÉRO 13 – 2016 UDA/ÉTÉ

Lekeitio

Le petit port de Bizkaia a surtout connu ses heures de gloire à travers la pêche qui fut, jusqu'au milieu du XXe siècle, l'activité essentielle. Depuis, le tourisme a, peu à peu, pris le dessus, sans que pour autant Lekeitio n'y perde son âme.

Cesta punta

C'est la discipline la plus spectaculaire de la pelote basque. Mais elle est aussi une formidable ambassadrice du Pays basque partout dans le monde.

Dolores Redondo

Auteure de la Trilogie du Baztán, énorme succès d'édition, l'écrivaine donastiarra Dolores Redondo, confie à Ibilka l'origine de ses différentes sources d'inspiration.

Le géant d'Altzo

Joaquim Eleizegi Ateaga, le Géant d'Altzo, eut le triste privilège d'être l'homme le plus grand du monde…

Le XXe siècle a vu la disparition, presque totale, du Kintoa. Une poignée d’éleveurs de la vallée des Aldudes a entrepris le sauvetage de la race. Avec succès !

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b a s q u e .

savoir-faire unique pour une pâtisserie simple mais, ici au goût incomparable. Elias, 68 ans, expert-comptable de son état, dans un français impeccable a bien SEPT ÉTAPES voulu nous confier un secret qui n’existe pas. « Une affaire de famille dont les membres pratiquent tous COUPS DE CŒUR d’autres métiers, et de passion surtout. Moi-même de la 4e génération avec mes enfants Elias, 41 ans, et Oihana, 37 ans, de la 5e génération, nous travaillons ensemble mais il y a aussi Mikel, Renata, Juan, Nicolas, Itsasoa, les neveux et les nièces. » Car enfin, le churro ce Aramaio n’est jamais que de la Dans isolement, farine, de l’eau, du sel et de son l’huile. Mais à la estd’olive un petitvierge Mañueta, la farine de blélaetvallée l’huile paradis naturel. : « nous sont rigoureusement sélectionnées ouvrons deux samedis avant les Sanfermines Vitoria-Gasteiz pour les tester », avait expliqué Elias. Quant à la a fait de la cuisson, elle est unique, La et capitale pour en saisir toute qualitédans de lales vie entrailles de ses la subtilité, il faut descendre habitants signature. brûlantes de la Mañueta, espacesa crépusculaire léché par les flammes, à mi-chemin entre fonTreviño derie et athanor d’alchimiste. La confection des La petite enclave aimerait churros relève d’un incroyable ballet, d’une gesbien devenir la huitième tuelle à la précision chirurgicale. Dans les chaudrons, les mêmes depuis cuadrilla 145 ans,d’Álava. saturés d’huile bouillante chauffée exclusivement au bois de hêtre qui leur donnera ce fumetGorbeia unique, les façonniers, Le plus vaste parc à l’aide d’une énorme seringue et par de larges naturel d’Euskadi gestes en cercles concentriques, y projettent la estse untransmue endroit magique. pâte qui, instantanément, en goûteuses roscas, ces immenses spirales d’or aussiToloño tôt récupérées à l’aide d’une longue pince. Une Barrière climatique, fois découpées, elles équivaudront exactement sierra sépare à douze churros et demi.la« petite Les churros sont prémondes. parés au fur et à mesure deux des commandes, ce qui explique les files d’attente », confiera Elias. Valdejero La famille Elizalde ne consacre que peu de temps Terre confi ns un verre aux Sanfermines. La corrida tousdeles jours, où l’Èbre annonce, que l’on s’accorde après les taureaux, guère plus. Une nouvelle mâtinée degéographiquement, labeur va vite déboula fila n d’Euskal Herri. foi ler comme se profile déjà 6e génération, d’Elias : « Mes petits enfants raffolent des churRioja alavesa ros, un signe non ? » Des bodegas, œuvres d’art, et des vins nectars. MOTS CLÉS HITZ GAKOAK

Spécial Álava

Pâte : ore Chaudron : galdara Hêtre : pago Frire : frijit

L'une des villes les plus étoilées au monde se passionne aussi pour sa grande cuisine en minuscule.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

San Juan

La mémoire de la mer s'écrit tout près d'ici.

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Votre magazine du Pays basque

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Gastronomie

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Zure Euskal herriko aldizkaria

LES INÉGALABLES CHURROS

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S'abandonner, sans but, est une belle manière de (re)découvrir Donostia.

San Fermin

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

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Depuis 145 ans, rue Mañueta, on confectionne les meilleurs churros de la Péninsule. Une histoire de famille. Aujourd'hui la 5e génération.

En Soule, le gouffre d’Aphanize est l’un des plus profonds d’Europe.

P a y s

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

DE LA MAÑUETA

74 _ Aphanize

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

Pasaia

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Votre magazine du Pays basque

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Alarde

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Les trois Grandes

Traversée des Andes

Amaiur

Découverte

numéro 10- 2015

ibilka le magazine -Donastia

ibilka le magazine - argentine

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Zure Euskal herriko aldizkaria

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

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uda / été

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Donostia

Cordoba

Argitxu Camus Etxecopar explique comment la diaspora se renouvelle, change et évolue.

l e

ibilka

Cordoba

Pottok

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

72 _ Diaspora

NUMÉRO 9 - 2015 UDABERRI / PRINTEMPS

Le diamant noir de Lokiz

Mendoza

Joseba nous entraîne dans un bien délicieux périple au-dessus de la sierra Salvada et des chutes du Nervion.

s o n

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

le magazine

numéro 8 - 2015 negu / Hiver

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

62 _ Montgolfières

i m p r è g n e n t

Buenos Aires

ibilka

le magazine

d'argentine

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

c u l t u r e ,

la ville miroir d'euskadi

basques

les bâtisseurs d'une natiOn

90_ Porc basque

52 _ Frontenis

DONOsTia

les bâtisseurs d'une natiOn

le magazine

PAMPELUNE AUX

BILBAO

DEUX VISAGES

ibilka

le magazine

numéro 8 - 2015 negu / Hiver

Le diamant noir de Lokiz

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Donostia

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

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ibilka

le magazine

NUMÉRO 9 - 2015 UDABERRI / PRINTEMPS

Pottok

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

Amaiur

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

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le magazine

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le magazine

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le magazine

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le magazine

numéro 11- 2016

NUMÉRO 12- 2016

NUMÉRO 13 – 2016

NUMÉRO 14 – 2017

negu / hiver

UDABERRI/ PRINTEMPS

UDA/ÉTÉ

NegU/hiveR

Mascarade

Mundaka

En Soule, la mascarade est bien plus qu'une simple fête, c'est à la fois la célébration de la danse et de la langue basques, et un moment fort d'union entre les générations.

Le carnaval de Mundaka ne ressemble à aucun autre, et c'est bien là ce qui fait tout son charme et son intérêt. À découvrir de toute urgence !

Baldorba

Almadia

Elle n'est pas la plus connue des vallée navarraise. Pourtant, avec son chapelet de villages, ses trésors romans, une faune et une flore très riches, sans parler de la précieuse tuber melanospérum, la petite vallée mérite qu'on s'y arrête.

Aussi loin qu'ils se souviennent, les hommes de la vallée du Roncal ont vu les bois flottés pour rejoindre leur destination finale. Une tradition perdue, mais un savoir-faire sauvegardé, et aussi une occasion de faire la fête.

Mémoire

Fort San Cristobal

Les images de télévision, en noir et blanc, datent de 1959. Les paysages ont peu changé, la vie des bergers un peu plus. Nous sommes partis à la recherche des acteurs de l'époque.

De fort, il n'a que le nom. Prison conviendrait mieux. Perché sur les hauteurs de Pampelune, il témoigne d'une période cruelle de la Navarre.

Cagots

Pastorale

Bozate est un quartier d'Arizkun à la bien triste mémoire.

À l'occasion de Donostia 2016, découvrez l'incroyable destin de Katalina de Erauso.

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le magazine

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le magazine

NUMÉRO 16 - 2017

NUMÉRO 17 - 2018 NEGU

Zumaia

Lesaka

En Navarre, Lesaka vaut vraiment le détour pour découvrir ses canaux et les secrets qu'elle recèle. Nous l'avons fait en compagnie de Juan Carlos Pikabea Zubiri, l'artiste peintre originaire de la ville.

Tour de France

Il y a 58 ans, le 3 juillet 1959, Marcel Quéheille l'enfant de Sauguis, prend le départ de l'étape qui mène les coureurs de Bordeaux jusqu'à Bayonne, bien convaincu que ce jour-là sera son jour de gloire. Il se souvient…

Drôle d'endroit

Il n'a de château que le nom, on ne le distingue qu'au dernier moment, Latsaga reste une énigme.

Cesta punta

C'est la discipline la plus spectaculaire de la pelote basque. Mais elle est aussi une formidable ambassadrice du Pays basque partout dans le monde.

Dolores Redondo

Auteure de la Trilogie du Baztán, énorme succès d'édition, l'écrivaine donastiarra Dolores Redondo, confie à Ibilka l'origine de ses différentes sources d'inspiration.

Le géant d'Altzo

Joaquim Eleizegi Ateaga, le Géant d'Altzo, eut le triste privilège d'être l'homme le plus grand du monde…

Barcus

Aux confins d'Euskal Herri, ce petit village de moins de 700 âmes occupe une place particulière dans l'imaginaire basque. Il est un peu le Conservatoire de l'identité souletine

L'Arboleda

Les stigmates de la nature, dans cette banlieue de Bilbo, témoignent des tortures auxquelles la terre fut soumise pendant des siècles pour l'extraction de minerai. Matéo, ancien mineur, nous raconte. Il y a 80 ans, le 26 avril 1936, la Légion Condor bombardait Guernika. George L. Steer, reporter de guerre anglais, arriva le premier sur les lieux.

Pont de Biscaye

Il relie Portugalete à Getxo et il fut le premier pont transbordeur construit au monde. Un endroit unique, comme d'autre au Pays basque que nous vous ferons découvrir.

Mauléon

Davantage qu'un quartier de Mauléon-Licharre, la Haute-Ville possède sa mémoire propre. Certains s'en souviennent encore et racontent.

Roncevaux

Le lieu où se déroula la célèbre bataille du 15 août 778 fait débat au sein de la communauté des historiens. Un archéologue amateur tente d'apporter ses pièces au débat.

Vues du ciel

S'imaginer, un instant, dans la peau du Gypaète et découvrir le Pays basque à travers son œil. C'est ce que nous offre Eric Soulé de Lafont, aviateur et photographe.

Pionnier

A jamais attaché au Vignemale, Henry Russel a également parcouru le Pays basque et notamment La Rhune, avant de s'éteindre à Biarritz en 1909.

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le magazine

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NUMÉRO 18 – 2018

NUMÉRO 19– 2018

UDABERRI/PRINTEMPS

UDA- ÉTÉ

Aralar

Partagée entre la Navarre et le Gipuzkoa, la sierra d'Aralar, qui culmine à 1 431 mètres d'altitude, tient une place beaucoup plus grande dans le cœur des mendizale que cette faible altitude pourrait le laisser supposer. Elle est un peu ce que la Sainte-Victoire était pour Cézanne, une parure dans un écrin, et davantage encore…

Makila

Chacun ici connaît le makila, et beaucoup en possède un, mais savezvous que ce bâton souvent symbole d'honneur et de reconnaissance sociale était aussi une redoutable arme. Certains font aujourd'hui revivre la tradition à travers des combats extrêmement codifiés et dont la violence fait de cet escrime du pauvre une sorte d'art martial basque.

Delika

La cascade est aussi belle et impressionante que le

Spécial Pampelune

Itsas Begia

L’Océan est au cœur de l’histoire du Pays basque. Marin, pêcheur, corsaire, aventurier des mers, le Basque fut un peu tout cela au fil des siècles. L’association Itsas Begia rend hommage à cette mémoire des mers.

L’Hôpital Saint-Blaise

Halte très courue sur le chemin du piémont, la petite église souletine reste un témoignage important des relations transpyrénéennes.

Mendizale

Mendizaletasun exprime en euskara la passion des montagnes. C’est bien d’une histoire d’amour dont il s’agit, et qui de plus pertinent qu’un mendizale revendiqué pour la conter ?

Champion du monde

Certains hommes ont des destins peu communs. Paulino Uzcudun est de ceux-là.

LA VILLE FUTUR

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Taxi

S’abandonner au hasard, pour plonger dans l’intimité de Pampelune et de ses habitants.

le magazine

Qui, mieux qu’un chauffeur de taxi, peut faire découvrir une ville ?

numéro 10- 2015 uda / été

Alarde

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Musées

San Fermin

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

Txantrea

Du Guggenheim et ses ailes de titane au Musée de Bellas Artes, Bilbao s’expose.

Les trois Grandes

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Ce n’est pas le plus beau quartier, ni le plus branché, mais il incarne une aventure collective unique.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

Circuits urbains

De Zaspi Kale à Zorrotzaure, en passant par la Ría, Bilbao est une ville qui se découvre en marchant.

Ville capitale

ibilka

Se plonger dans l’histoire de Pampelune, c’est parcourir celle du royaume de Navarre, de ses conquêtes et de ses pertes…

le magazine

NUMÉRO 15 – 2017 UdabeRRi/pRiNteMps

Tudela

La ville navarraise aux trois cultures reste un modèle de civilisation que l'on découvre en s'abandonnant dans le dédale de ses petites rues parcourues en compagnie d'un journaliste du Diario de Navarra.

Foot et musique

Bois

Impossible d’ignorer l’Athletic, le plus ancien club de foot de la péninsule, ni les Bilbainadas, des chansons typiquement locales.

Au Pays basque, le bois occupe une place à part, comme une identité, de la forêt et sa mythologie, à l'espace domestique avec ses meubles, qu'ils soient traditionnels ou contemporains.

Guernika

19/04/2016 19:49

UDA/ÉTÉ

Au-delà du charmant port de pêche, c'est l'ensemble de cette partie du littoral du Gipuzkoa qui mérite l'attention. Il invite à un voyage de plus de 60 millions d'années.

Lekeitio

Le petit port de Bizkaia a surtout connu ses heures de gloire à travers la pêche qui fut, jusqu'au milieu du XXe siècle, l'activité essentielle. Depuis, le tourisme a, peu à peu, pris le dessus, sans que pour autant Lekeitio n'y perde son âme.

Errance

Surf

L’envers du foulard

Face à la beauté et à la fureur de l'Océan on pourrait penser que le surf et le Pays basque sont intimement liés depuis la profondeur des temps. Pourtant, sur la Côte basque, il y a seulement 60 ans qu'il est apparu.

Diaspora

L'écrivain américain Craig Johnson nous parle des Basques du Wyoming.

Sait-on vraiment ce que les Sanfermines représentent pour les Pamploneses, comment ils les vivent ? Plongée dans l’envers du décor.

Rencontres

Des peñas aux célèbres churros, en passant par les mythiques xahako Z.Z.Z, rencontres.

Fêtes ibilka le magazine - BILBAO - NUMÉRO HORS SÉRIE - UDAZKENA / AUTOMNE 2018

42 _ Pays Quint

ibilka

le magazine

ibilka le magazine - PAMPELUNE - NUMÉRO HORS SÉRIE - UDAZKENA / AUTOMNE 2017

Coulant sur quelque 180 kilomètres, depuis le barrage d’Itoiz, le Canal de Navarre ravit autant les agriculteurs qu’il inquiète les défenseurs de l’environnement..

ibilka

Plongée dans le monde des travaux subaquatiques.

ibilka le magazine - ÁLAVA - NUMÉRO HORS SÉRIE - UDAZKENA / AUTOMNE 2016

30 _ Canal de Navarre

54 _ Ibaia

ibilka le magazine - argentine

Le plus petit condominium du monde, niché dans la Bidasoa est, peut-être, par son statut, l’ancêtre de l’Union européenne.

spécial

d'argentine

Mendoza

ibilka le magazine -Donastia

26 _ Îles des Faisans

basques

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

ibilka le magazine - argentine

Certainement l’ancêtre de la race manex, la sasi ardia entame un reconquête de son territoire sous l’impulsion d’une quinzaine d’éleveurs.

l a n g u e ,

le magazine

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La langue basque demeure, encore aujourd’hui, un mystère pour les linguistes.

S a

ibilka

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Votre magazine du Pays basque

Aste Nagusia, c’est la Grande Semaine des fêtes, neuf jours à ne manquer sous aucun prétexte.

Spécial Bilbao


Ohiz kanpoko zenbakiak Hors-Séries

sommaire 04 _ Portfolio Du pottok, en passant par les pintxos, les jeux de force basque, les régates de trainières, ou encore l’etxe, la danse…, les singularités basques sont aussi nombreuses qu’étonnantes.

Zure Euskal herriko aldizkaria

14 _ Euskara

18 _ Brebis Sasi ardia

À peine 2 500 hectares pour cette extravagance de la géographie où vit encore une grosse poignée de familles partagées entre deux pays. d'une mutation urbaine réussie.

Vice-championne du monde de frontenis en 2018, Claire DutaretBordagaray, porte les valeurs de la pelote basque jusque dans les instances internationales.

h a b i t a n t s

s a

Histoire

Buenos Aires

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

Que savons-nous réellement de l'histoire douloureuse de Donostia ? 2016 et son titre de Capitale européenne de la culture sont l'occasion de la visiter.

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Traversée des Andes

MAÑUETAKO TXURRO PAREGABEAK

le magazine

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Mañueta karrikan, duela 145 urte, penintsulako txurro hoberenak egiten dira. Familiako historio bat, bostgarren belaunaldikoa.

basques d'argentine

numéro 8 - 2015 negu / Hiver

les bâtisseurs d'une natiOn

Le diamant noir de Lokiz

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Buenos Aires

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

Donostia

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Mendoza

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

Cordoba

Urdiñarbe

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Traversée des Andes

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

Zure Euskal herriko aldizkaria

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82_ Fer

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Votre magazine du Pays basque

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Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

Sanfermines, six heures moins le quart du matin. Quand certains occupent déjà le vallado (barrières) de l’encierro pour ne rien manquer du spectacle, d’autres préfèrent se joindre à l’impressionnante file s’étirant devant la churrería la Mañueta, laquelle ouvrira ses portes à six heures précises. La lente procession gourmande ; noctambules et frais levés s’y croisent joyeusement ; ne cessera plus jusqu’à onze heures, heure traditionnelle de fermeture du vénérable établissement. Les Géants et Cabezudos ne s’y trompent pas lesquels, durant les fêtes, lors du défilé matinal quotidien, s’y arrêtent. Gaiteros et porteurs marquent le pas et Elias Elizalde, de la 4e génération de la Mañueta, txistulari émérite, traditionnellement, leur présente un plateau des inégalables churros avec un petit verre de patxaka (liqueur navarraise de pomme parfumée à l’anis). Un succulent accompagnement.

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SAVOIR-FAIRE ET PASSION

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spécial NUMÉRO 9 - 2015

numéro 10- 2015

UDABERRI / PRINTEMPS

uda / été

Pottok

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Histoire

San Fermin

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

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le magazine

ibilka

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ibilka

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basques d'argentine

les bâtisseurs d'une natiOn

Amaiur

Buenos Aires

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

Mendoza

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

Cordoba

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

Traversée des Andes

Ortzaize

En Biscaye, la forge d’El Pobal, perpétue la mémoire des ferronniers.

la ville miroir d'euskadi

Alarde

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

DONOsTia

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

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numéro 8 - 2015

NUMÉRO 9 - 2015

negu / Hiver

UDABERRI / PRINTEMPS

Le diamant noir de Lokiz

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Donostia

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

Pottok

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

Amaiur

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

Que savons-nous réellement de l'histoire douloureuse de Donostia ? 2016 et son titre de Capitale européenne de la culture sont l'occasion de la visiter.

Les trois Grandes

Découverte

ibilka

le magazine

S'abandonner, sans but, est une belle manière de (re)découvrir Donostia.

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

numéro 10- 2015 uda / été

Alarde

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Gastronomie

San Fermin

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

L'une des villes les plus étoilées au monde se passionne aussi pour sa grande cuisine en minuscule.

Les trois Grandes

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

San Juan

La mémoire de la mer s'écrit tout près d'ici.

numéro 11- 2016

NUMÉRO 12- 2016

negu / hiver

UDABERRI/ PRINTEMPS

La Mañueta ? Une incontournable séquence familiale pamplonaise qui perdure depuis 1872. Située au 8 de l’étroite rue Mañueta, la plus célèbre churrería de la péninsule – elle n’ouvre que durant les fêtes et les dimanches d’octobre – ne brille pourtant ni par sa vitrine, il n’y a en pas, ni par un décor particulier, seule la désigne une façade intensément corail que barre un frustre vantail de bois s’ouvrant sur un comptoir fonctionnel. Le reste ? L’avenance, le sourire toujours, la passion pour un vieil office et un

Mascarade

Mundaka

En Soule, la mascarade est bien plus qu'une simple fête, c'est à la fois la célébration de la danse et de la langue basques, et un moment fort d'union entre les générations.

Le carnaval de Mundaka ne ressemble à aucun autre, et c'est bien là ce qui fait tout son charme et son intérêt. À découvrir de toute urgence !

Baldorba

Almadia

Elle n'est pas la plus connue des vallée navarraise. Pourtant, avec son chapelet de villages, ses trésors romans, une faune et une flore très riches, sans parler de la précieuse tuber melanospérum, la petite vallée mérite qu'on s'y arrête.

Aussi loin qu'ils se souviennent, les hommes de la vallée du Roncal ont vu les bois flottés pour rejoindre leur destination finale. Une tradition perdue, mais un savoir-faire sauvegardé, et aussi une occasion de faire la fête.

Mémoire

Fort San Cristobal

Les images de télévision, en noir et blanc, datent de 1959. Les paysages ont peu changé, la vie des bergers un peu plus. Nous sommes partis à la recherche des acteurs de l'époque.

De fort, il n'a que le nom. Prison conviendrait mieux. Perché sur les hauteurs de Pampelune, il témoigne d'une période cruelle de la Navarre.

Cagots

Pastorale

Bozate est un quartier d'Arizkun à la bien triste mémoire.

À l'occasion de Donostia 2016, découvrez l'incroyable destin de Katalina de Erauso.

Bami 12imp.indd 1

19/04/2016 19:49

PAGE 1

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NUMÉRO 13 – 2016 UDA/ÉTÉ

Lekeitio

Le petit port de Bizkaia a surtout connu ses heures de gloire à travers la pêche qui fut, jusqu'au milieu du XXe siècle, l'activité essentielle. Depuis, le tourisme a, peu à peu, pris le dessus, sans que pour autant Lekeitio n'y perde son âme.

Cesta punta

C'est la discipline la plus spectaculaire de la pelote basque. Mais elle est aussi une formidable ambassadrice du Pays basque partout dans le monde.

Dolores Redondo

Auteure de la Trilogie du Baztán, énorme succès d'édition, l'écrivaine donastiarra Dolores Redondo, confie à Ibilka l'origine de ses différentes sources d'inspiration.

Le géant d'Altzo

Joaquim Eleizegi Ateaga, le Géant d'Altzo, eut le triste privilège d'être l'homme le plus grand du monde…

Le XXe siècle a vu la disparition, presque totale, du Kintoa. Une poignée d’éleveurs de la vallée des Aldudes a entrepris le sauvetage de la race. Avec succès !

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b a s q u e .

savoir-faire unique pour une pâtisserie simple mais, ici au goût incomparable. Elias, 68 ans, expert-comptable de son état, dans un français impeccable a bien SEPT ÉTAPES voulu nous confier un secret qui n’existe pas. « Une affaire de famille dont les membres pratiquent tous COUPS DE CŒUR d’autres métiers, et de passion surtout. Moi-même de la 4e génération avec mes enfants Elias, 41 ans, et Oihana, 37 ans, de la 5e génération, nous travaillons ensemble mais il y a aussi Mikel, Renata, Juan, Nicolas, Itsasoa, les neveux et les nièces. » Car enfin, le churro ce Aramaio n’est jamais que de la Dans isolement, farine, de l’eau, du sel et de son l’huile. Mais à la estd’olive un petitvierge Mañueta, la farine de blélaetvallée l’huile paradis naturel. : « nous sont rigoureusement sélectionnées ouvrons deux samedis avant les Sanfermines Vitoria-Gasteiz pour les tester », avait expliqué Elias. Quant à la a fait de la cuisson, elle est unique, La et capitale pour en saisir toute qualitédans de lales vie entrailles de ses la subtilité, il faut descendre habitants signature. brûlantes de la Mañueta, espacesa crépusculaire léché par les flammes, à mi-chemin entre fonTreviño derie et athanor d’alchimiste. La confection des La petite enclave aimerait churros relève d’un incroyable ballet, d’une gesbien devenir la huitième tuelle à la précision chirurgicale. Dans les chaudrons, les mêmes depuis cuadrilla 145 ans,d’Álava. saturés d’huile bouillante chauffée exclusivement au bois de hêtre qui leur donnera ce fumetGorbeia unique, les façonniers, Le plus vaste parc à l’aide d’une énorme seringue et par de larges naturel d’Euskadi gestes en cercles concentriques, y projettent la estse untransmue endroit magique. pâte qui, instantanément, en goûteuses roscas, ces immenses spirales d’or aussiToloño tôt récupérées à l’aide d’une longue pince. Une Barrière climatique, fois découpées, elles équivaudront exactement sierra sépare à douze churros et demi.la« petite Les churros sont prémondes. parés au fur et à mesure deux des commandes, ce qui explique les files d’attente », confiera Elias. Valdejero La famille Elizalde ne consacre que peu de temps Terre confi ns un verre aux Sanfermines. La corrida tousdeles jours, où l’Èbre annonce, que l’on s’accorde après les taureaux, guère plus. Une nouvelle mâtinée degéographiquement, labeur va vite déboula fila n d’Euskal Herri. foi ler comme se profile déjà 6e génération, d’Elias : « Mes petits enfants raffolent des churRioja alavesa ros, un signe non ? » Des bodegas, œuvres d’art, et des vins nectars. MOTS CLÉS HITZ GAKOAK

Spécial Álava

Pâte : ore Chaudron : galdara Hêtre : pago Frire : frijit

L'une des villes les plus étoilées au monde se passionne aussi pour sa grande cuisine en minuscule.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

San Juan

La mémoire de la mer s'écrit tout près d'ici.

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Votre magazine du Pays basque

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Gastronomie

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Zure Euskal herriko aldizkaria

LES INÉGALABLES CHURROS

ibilka

S'abandonner, sans but, est une belle manière de (re)découvrir Donostia.

San Fermin

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

page 1

Depuis 145 ans, rue Mañueta, on confectionne les meilleurs churros de la Péninsule. Une histoire de famille. Aujourd'hui la 5e génération.

En Soule, le gouffre d’Aphanize est l’un des plus profonds d’Europe.

P a y s

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

DE LA MAÑUETA

74 _ Aphanize

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

Pasaia

page 1

ibilka

Votre magazine du Pays basque

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Alarde

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Les trois Grandes

Traversée des Andes

Amaiur

Découverte

numéro 10- 2015

ibilka le magazine -Donastia

ibilka le magazine - argentine

ibilka le magazine - argentine

Zure Euskal herriko aldizkaria

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

le magazine

uda / été

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Donostia

Cordoba

Argitxu Camus Etxecopar explique comment la diaspora se renouvelle, change et évolue.

l e

ibilka

Cordoba

Pottok

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

72 _ Diaspora

NUMÉRO 9 - 2015 UDABERRI / PRINTEMPS

Le diamant noir de Lokiz

Mendoza

Joseba nous entraîne dans un bien délicieux périple au-dessus de la sierra Salvada et des chutes du Nervion.

s o n

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

le magazine

numéro 8 - 2015 negu / Hiver

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

62 _ Montgolfières

i m p r è g n e n t

Buenos Aires

ibilka

le magazine

d'argentine

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

c u l t u r e ,

la ville miroir d'euskadi

basques

les bâtisseurs d'une natiOn

90_ Porc basque

52 _ Frontenis

DONOsTia

les bâtisseurs d'une natiOn

le magazine

PAMPELUNE AUX

BILBAO

DEUX VISAGES

ibilka

le magazine

numéro 8 - 2015 negu / Hiver

Le diamant noir de Lokiz

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Donostia

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

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ibilka

le magazine

NUMÉRO 9 - 2015 UDABERRI / PRINTEMPS

Pottok

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

Amaiur

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

PAGE 1

ibilka

le magazine

ibilka

le magazine

ibilka

le magazine

ibilka

le magazine

numéro 11- 2016

NUMÉRO 12- 2016

NUMÉRO 13 – 2016

NUMÉRO 14 – 2017

negu / hiver

UDABERRI/ PRINTEMPS

UDA/ÉTÉ

NegU/hiveR

Mascarade

Mundaka

En Soule, la mascarade est bien plus qu'une simple fête, c'est à la fois la célébration de la danse et de la langue basques, et un moment fort d'union entre les générations.

Le carnaval de Mundaka ne ressemble à aucun autre, et c'est bien là ce qui fait tout son charme et son intérêt. À découvrir de toute urgence !

Baldorba

Almadia

Elle n'est pas la plus connue des vallée navarraise. Pourtant, avec son chapelet de villages, ses trésors romans, une faune et une flore très riches, sans parler de la précieuse tuber melanospérum, la petite vallée mérite qu'on s'y arrête.

Aussi loin qu'ils se souviennent, les hommes de la vallée du Roncal ont vu les bois flottés pour rejoindre leur destination finale. Une tradition perdue, mais un savoir-faire sauvegardé, et aussi une occasion de faire la fête.

Mémoire

Fort San Cristobal

Les images de télévision, en noir et blanc, datent de 1959. Les paysages ont peu changé, la vie des bergers un peu plus. Nous sommes partis à la recherche des acteurs de l'époque.

De fort, il n'a que le nom. Prison conviendrait mieux. Perché sur les hauteurs de Pampelune, il témoigne d'une période cruelle de la Navarre.

Cagots

Pastorale

Bozate est un quartier d'Arizkun à la bien triste mémoire.

À l'occasion de Donostia 2016, découvrez l'incroyable destin de Katalina de Erauso.

Bami 12imp.indd 1

ibilka

le magazine

ibilka

le magazine

NUMÉRO 16 - 2017

NUMÉRO 17 - 2018 NEGU

Zumaia

Lesaka

En Navarre, Lesaka vaut vraiment le détour pour découvrir ses canaux et les secrets qu'elle recèle. Nous l'avons fait en compagnie de Juan Carlos Pikabea Zubiri, l'artiste peintre originaire de la ville.

Tour de France

Il y a 58 ans, le 3 juillet 1959, Marcel Quéheille l'enfant de Sauguis, prend le départ de l'étape qui mène les coureurs de Bordeaux jusqu'à Bayonne, bien convaincu que ce jour-là sera son jour de gloire. Il se souvient…

Drôle d'endroit

Il n'a de château que le nom, on ne le distingue qu'au dernier moment, Latsaga reste une énigme.

Cesta punta

C'est la discipline la plus spectaculaire de la pelote basque. Mais elle est aussi une formidable ambassadrice du Pays basque partout dans le monde.

Dolores Redondo

Auteure de la Trilogie du Baztán, énorme succès d'édition, l'écrivaine donastiarra Dolores Redondo, confie à Ibilka l'origine de ses différentes sources d'inspiration.

Le géant d'Altzo

Joaquim Eleizegi Ateaga, le Géant d'Altzo, eut le triste privilège d'être l'homme le plus grand du monde…

Barcus

Aux confins d'Euskal Herri, ce petit village de moins de 700 âmes occupe une place particulière dans l'imaginaire basque. Il est un peu le Conservatoire de l'identité souletine

L'Arboleda

Les stigmates de la nature, dans cette banlieue de Bilbo, témoignent des tortures auxquelles la terre fut soumise pendant des siècles pour l'extraction de minerai. Matéo, ancien mineur, nous raconte. Il y a 80 ans, le 26 avril 1936, la Légion Condor bombardait Guernika. George L. Steer, reporter de guerre anglais, arriva le premier sur les lieux.

Pont de Biscaye

Il relie Portugalete à Getxo et il fut le premier pont transbordeur construit au monde. Un endroit unique, comme d'autre au Pays basque que nous vous ferons découvrir.

Mauléon

Davantage qu'un quartier de Mauléon-Licharre, la Haute-Ville possède sa mémoire propre. Certains s'en souviennent encore et racontent.

Roncevaux

Le lieu où se déroula la célèbre bataille du 15 août 778 fait débat au sein de la communauté des historiens. Un archéologue amateur tente d'apporter ses pièces au débat.

Vues du ciel

S'imaginer, un instant, dans la peau du Gypaète et découvrir le Pays basque à travers son œil. C'est ce que nous offre Eric Soulé de Lafont, aviateur et photographe.

Pionnier

A jamais attaché au Vignemale, Henry Russel a également parcouru le Pays basque et notamment La Rhune, avant de s'éteindre à Biarritz en 1909.

ibilka

le magazine

ibilka

le magazine

NUMÉRO 18 – 2018

NUMÉRO 19– 2018

UDABERRI/PRINTEMPS

UDA- ÉTÉ

Aralar

Partagée entre la Navarre et le Gipuzkoa, la sierra d'Aralar, qui culmine à 1 431 mètres d'altitude, tient une place beaucoup plus grande dans le cœur des mendizale que cette faible altitude pourrait le laisser supposer. Elle est un peu ce que la Sainte-Victoire était pour Cézanne, une parure dans un écrin, et davantage encore…

Makila

Chacun ici connaît le makila, et beaucoup en possède un, mais savezvous que ce bâton souvent symbole d'honneur et de reconnaissance sociale était aussi une redoutable arme. Certains font aujourd'hui revivre la tradition à travers des combats extrêmement codifiés et dont la violence fait de cet escrime du pauvre une sorte d'art martial basque.

Delika

La cascade est aussi belle et impressionante que le

Spécial Pampelune

Itsas Begia

L’Océan est au cœur de l’histoire du Pays basque. Marin, pêcheur, corsaire, aventurier des mers, le Basque fut un peu tout cela au fil des siècles. L’association Itsas Begia rend hommage à cette mémoire des mers.

L’Hôpital Saint-Blaise

Halte très courue sur le chemin du piémont, la petite église souletine reste un témoignage important des relations transpyrénéennes.

Mendizale

Mendizaletasun exprime en euskara la passion des montagnes. C’est bien d’une histoire d’amour dont il s’agit, et qui de plus pertinent qu’un mendizale revendiqué pour la conter ?

Champion du monde

Certains hommes ont des destins peu communs. Paulino Uzcudun est de ceux-là.

LA VILLE FUTUR

ibilka

Taxi

S’abandonner au hasard, pour plonger dans l’intimité de Pampelune et de ses habitants.

le magazine

Qui, mieux qu’un chauffeur de taxi, peut faire découvrir une ville ?

numéro 10- 2015 uda / été

Alarde

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Musées

San Fermin

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

Txantrea

Du Guggenheim et ses ailes de titane au Musée de Bellas Artes, Bilbao s’expose.

Les trois Grandes

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Ce n’est pas le plus beau quartier, ni le plus branché, mais il incarne une aventure collective unique.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

Circuits urbains

De Zaspi Kale à Zorrotzaure, en passant par la Ría, Bilbao est une ville qui se découvre en marchant.

Ville capitale

ibilka

Se plonger dans l’histoire de Pampelune, c’est parcourir celle du royaume de Navarre, de ses conquêtes et de ses pertes…

le magazine

NUMÉRO 15 – 2017 UdabeRRi/pRiNteMps

Tudela

La ville navarraise aux trois cultures reste un modèle de civilisation que l'on découvre en s'abandonnant dans le dédale de ses petites rues parcourues en compagnie d'un journaliste du Diario de Navarra.

Foot et musique

Bois

Impossible d’ignorer l’Athletic, le plus ancien club de foot de la péninsule, ni les Bilbainadas, des chansons typiquement locales.

Au Pays basque, le bois occupe une place à part, comme une identité, de la forêt et sa mythologie, à l'espace domestique avec ses meubles, qu'ils soient traditionnels ou contemporains.

Guernika

19/04/2016 19:49

UDA/ÉTÉ

Au-delà du charmant port de pêche, c'est l'ensemble de cette partie du littoral du Gipuzkoa qui mérite l'attention. Il invite à un voyage de plus de 60 millions d'années.

Lekeitio

Le petit port de Bizkaia a surtout connu ses heures de gloire à travers la pêche qui fut, jusqu'au milieu du XXe siècle, l'activité essentielle. Depuis, le tourisme a, peu à peu, pris le dessus, sans que pour autant Lekeitio n'y perde son âme.

Errance

Surf

L’envers du foulard

Face à la beauté et à la fureur de l'Océan on pourrait penser que le surf et le Pays basque sont intimement liés depuis la profondeur des temps. Pourtant, sur la Côte basque, il y a seulement 60 ans qu'il est apparu.

Diaspora

L'écrivain américain Craig Johnson nous parle des Basques du Wyoming.

Sait-on vraiment ce que les Sanfermines représentent pour les Pamploneses, comment ils les vivent ? Plongée dans l’envers du décor.

Rencontres

Des peñas aux célèbres churros, en passant par les mythiques xahako Z.Z.Z, rencontres.

Fêtes ibilka le magazine - BILBAO - NUMÉRO HORS SÉRIE - UDAZKENA / AUTOMNE 2018

42 _ Pays Quint

ibilka

le magazine

ibilka le magazine - PAMPELUNE - NUMÉRO HORS SÉRIE - UDAZKENA / AUTOMNE 2017

Coulant sur quelque 180 kilomètres, depuis le barrage d’Itoiz, le Canal de Navarre ravit autant les agriculteurs qu’il inquiète les défenseurs de l’environnement..

ibilka

Plongée dans le monde des travaux subaquatiques.

ibilka le magazine - ÁLAVA - NUMÉRO HORS SÉRIE - UDAZKENA / AUTOMNE 2016

30 _ Canal de Navarre

54 _ Ibaia

ibilka le magazine - argentine

Le plus petit condominium du monde, niché dans la Bidasoa est, peut-être, par son statut, l’ancêtre de l’Union européenne.

spécial

d'argentine

Mendoza

ibilka le magazine -Donastia

26 _ Îles des Faisans

basques

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

ibilka le magazine - argentine

Certainement l’ancêtre de la race manex, la sasi ardia entame un reconquête de son territoire sous l’impulsion d’une quinzaine d’éleveurs.

l a n g u e ,

le magazine

le magazine

La langue basque demeure, encore aujourd’hui, un mystère pour les linguistes.

S a

ibilka

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Votre magazine du Pays basque

Aste Nagusia, c’est la Grande Semaine des fêtes, neuf jours à ne manquer sous aucun prétexte.

Spécial Bilbao


ibilka

Zure Euskal herriko aldizkaria Votre magazine du Pays basque

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le magazine

numéro 8 - 2015 negu / Hiver

Le diamant noir de Lokiz

Donostia

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor. Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

le magazine

Singulier Pays basque

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ibilka

le magazine

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le magazine

ibilka

ibilka

le magazine

le magazine

NUMÉRO 9 - 2015

numéro 10- 2015

numéro 11- 2016

NUMÉRO 12- 2016

UDABERRI / PRINTEMPS

uda / été

negu / hiver

UDABERRI/ PRINTEMPS

Pottok

Alarde

Mundaka

Mascarade

Baldorba

Almadia

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

Amaiur

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

San Fermin

Les trois Grandes

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

En Soule, la mascarade est bien plus qu'une simple fête, c'est à la fois la célébration de la danse et de la langue basques, et un moment fort d'union entre les générations.

Le carnaval de Mundaka ne ressemble à aucun autre, et c'est bien là ce qui fait tout son charme et son intérêt. À découvrir de toute urgence ! Elle n'est pas la plus connue des vallée navarraise. Pourtant, avec son chapelet de villages, ses trésors romans, une faune et une flore très riches, sans parler de la précieuse tuber melanospérum, la petite vallée mérite qu'on s'y arrête.

Aussi loin qu'ils se souviennent, les hommes de la vallée du Roncal ont vu les bois flottés pour rejoindre leur destination finale. Une tradition perdue, mais un savoir-faire sauvegardé, et aussi une occasion de faire la fête.

Mémoire

Fort San Cristobal

Les images de télévision, en noir et blanc, datent de 1959. Les paysages ont peu changé, la vie des bergers un peu plus. Nous sommes partis à la recherche des acteurs de l'époque.

De fort, il n'a que le nom. Prison conviendrait mieux. Perché sur les hauteurs de Pampelune, il témoigne d'une période cruelle de la Navarre.

Bozate est un quartier d'Arizkun à la bien triste mémoire.

À l'occasion de Donostia 2016, découvrez l'incroyable destin de Katalina de Erauso.

ibilka

le magazine

ibilka

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ibilka

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NUMÉRO 13 – 2016

NUMÉRO 14 – 2017

NUMÉRO 15 – 2017

NUMÉRO 16 - 2017

NUMÉRO 17 - 2018

UDA/ÉTÉ

NegU/hiveR

UdabeRRi/pRiNteMps

UDA/ÉTÉ

NEGU

Lekeitio

Barcus

Tudela

Zumaia

Mauléon

Euskara

Histoire d’une des plus anciennes langues d’Europe, et peut-être des plus mystérieuses…

Sasi Ardia, Kintoa

Brebis Sasi ardi, Kintoa, les races locales font de la résistance.

Balbutiements de l’histoire

19/04/2016 19:49

Au Pays Quint, ou dans la Bidassoa, l’Histoire s’offre, ici, quelques balbutiements…

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le magazine

NEGU/HIVER

Cagots

Pastorale

Bami 12imp.indd 1

ibilka

HORS SÉRIE 2019

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NUMÉRO 18 – 2018 UDABERRI/PRINTEMPS

Cesta punta

C'est la discipline la plus spectaculaire de la pelote basque. Mais elle est aussi une formidable ambassadrice du Pays basque partout dans le monde.

Dolores Redondo

Auteure de la Trilogie du Baztán, énorme succès d'édition, l'écrivaine donastiarra Dolores Redondo, confie à Ibilka l'origine de ses différentes sources d'inspiration.

Le géant d'Altzo

Joaquim Eleizegi Ateaga, le Géant d'Altzo, eut le triste privilège d'être l'homme le plus grand du monde…

ibilka

le magazine

Aux confins d'Euskal Herri, ce petit village de moins de 700 âmes occupe une place particulière dans l'imaginaire basque. Il est un peu le Conservatoire de l'identité souletine

L'Arboleda

Les stigmates de la nature, dans cette banlieue de Bilbo, témoignent des tortures auxquelles la terre fut soumise pendant des siècles pour l'extraction de minerai. Matéo, ancien mineur, nous raconte.

Guernika

Il y a 80 ans, le 26 avril 1936, la Légion Condor bombardait Guernika. George L. Steer, reporter de guerre anglais, arriva le premier sur les lieux.

Pont de Biscaye

Il relie Portugalete à Getxo et il fut le premier pont transbordeur construit au monde. Un endroit unique, comme d'autre au Pays basque que nous vous ferons découvrir.

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NUMÉRO 19– 2018

NUMÉRO 20-2018

UDA- ÉTÉ

NEGU/HIVER

Itsas Begia

L’Océan est au cœur de l’histoire du Pays basque. Marin, pêcheur, corsaire, aventurier des mers, le Basque fut un peu tout cela au fil des siècles. L’association Itsas Begia rend hommage à cette mémoire des mers.

L’Hôpital Saint-Blaise

Halte très courue sur le chemin du piémont, la petite église souletine reste un témoignage important des relations transpyrénéennes.

Mendizale

Mendizaletasun exprime en euskara la passion des montagnes. C’est bien d’une histoire d’amour dont il s’agit, et qui de plus pertinent qu’un mendizale revendiqué pour la conter ?

Champion du monde

Certains hommes ont des destins peu communs. Paulino Uzcudun est de ceux-là.

La ville navarraise aux trois cultures reste un modèle de civilisation que l'on découvre en s'abandonnant dans le dédale de ses petites rues parcourues en compagnie d'un journaliste du Diario de Navarra.

Bois

Au Pays basque, le bois occupe une place à part, comme une identité, de la forêt et sa mythologie, à l'espace domestique avec ses meubles, qu'ils soient traditionnels ou contemporains.

Surf

Face à la beauté et à la fureur de l'Océan on pourrait penser que le surf et le Pays basque sont intimement liés depuis la profondeur des temps. Pourtant, sur la Côte basque, il y a seulement 60 ans qu'il est apparu.

Diaspora

L'écrivain américain Craig Johnson nous parle des Basques du Wyoming.

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Pêcheurs de sable

C'était un temps où pour vivre, des hommes n'hésitaient pas à rester, de très longues heures, immergés jusqu'à la taille, pour extraire le sable des rivières.

La ceinture de fer

Soucieux de réhabiliter la mémoire historique, à travers une reconstitution fidèle, ils ne laissent rien au hasard, bouton de guêtres, uniformes, armes… Le photographe Jorge Moreno est devenu le spécialiste de ces reconstitutions et ses photos relèvent d'un hyper réalisme très troublant.

Lesaka

En Navarre, Lesaka vaut vraiment le détour pour découvrir ses canaux et les secrets qu'elle recèle. Nous l'avons fait en compagnie de Juan Carlos Pikabea Zubiri, l'artiste peintre originaire de la ville.

Tour de France

Il y a 58 ans, le 3 juillet 1959, Marcel Quéheille l'enfant de Sauguis, prend le départ de l'étape qui mène les coureurs de Bordeaux jusqu'à Bayonne, bien convaincu que ce jour-là sera son jour de gloire. Il se souvient…

Drôle d'endroit

Il n'a de château que le nom, on ne le distingue qu'au dernier moment, Latsaga reste une énigme.

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NUMÉRO 21- 2019

NUMÉRO 22- 2019

UDABERRI / PRINTEMPS

UDAZKEN/AUTOMNE

Ustaritz masquée Le carnaval d'Ustaritz ne transige pas avec la date : c'est à Mardi Gras que musiciens, danseurs, kaskarot, zirtzil, et autres acteurs incontournables se retrouvent dans les rues.

Au-delà du charmant port de pêche, c'est l'ensemble de cette partie du littoral du Gipuzkoa qui mérite l'attention. Il invite à un voyage de plus de 60 millions d'années.

Malerreka et ses sortilèges

C'est une contrée navarraise qui abrite treize villages. Voilà pour la géographie. Mais le plus intéressant est ailleurs dans l'histoire, voire la fantasmagorie. À découvrir sans hésiter…

Les moulins du Temps

On passe souvent à côté sans les voir ; c'est regrettable parce que les moulins ne font pas que brasser du vent ou de l'eau, ils racontent, à qui sait prendre le temps de les écouter une histoire de l'Humanité.

Corsaire des temps modernes Moins connu que ses illustres ancêtres de la flibuste, Lezo Urreiztieta, peut tout de même être qualifié de corsaire des temps modernes. Il incarne les rêves les plus fous d'Euskadi.

Le Monde du silence

Vous avez envie de découvrir les profondeurs du Golfe de Gascogne en compagnie des plongeurs de l'Union Sportive de Biarritz ? Alors n'hésitez pas ! Entre épaves et espèces plus étonnantes les unes que les autres, nous vous invitons à un merveilleux voyage dans le monde du silence.

Isards et cerfs

Parfois, l'automne est davantage un état d'âme qu'une saison. C'est en compagnie des gardes forestiers que nous vous convions à la rencontre de la faune sauvage de nos forêts et massifs.

L'indésirable loup

La sierra de Gibixoko était considérée comme le repère des loups. De bien cruelles pratiques s'y sont développées – dont les fosses aux loups – pour se débarrasser de l'animal.

Davantage qu'un quartier de Mauléon-Licharre, la Haute-Ville possède sa mémoire propre. Certains s'en souviennent encore et racontent.

Roncevaux

Le lieu où se déroula la célèbre bataille du 15 août 778 fait débat au sein de la communauté des historiens. Un archéologue amateur tente d'apporter ses pièces au débat.

Vues du ciel

S'imaginer, un instant, dans la peau du Gypaète et découvrir le Pays basque à travers son œil. C'est ce que nous offre Eric Soulé de Lafont, aviateur et photographe.

Pionnier

A jamais attaché au Vignemale, Henry Russel a également parcouru le Pays basque et notamment La Rhune, avant de s'éteindre à Biarritz en 1909.

Au centre de la terre

Aralar

Partagée entre la Navarre et le Gipuzkoa, la sierra d'Aralar, qui culmine à 1 431 mètres d'altitude, tient une place beaucoup plus grande dans le cœur des mendizale que cette faible altitude pourrait le laisser supposer. Elle est un peu ce que la Sainte-Victoire était pour Cézanne, une parure dans un écrin, et davantage encore…

Makila

Chacun ici connaît le makila, et beaucoup en possède un, mais savezvous que ce bâton souvent symbole d'honneur et de reconnaissance sociale était aussi une redoutable arme. Certains font aujourd'hui revivre la tradition à travers des combats extrêmement codifiés et dont la violence fait de cet escrime du pauvre une sorte d'art martial basque.

Le gouffre d’Aphanize, propose un vertigineux voyage dans les profondeurs de la terre.

Delika

La cascade est aussi belle et impressionante que le

ibilka le magazine - SINGULIER PAYS-BASQUE - NUMÉRO HORS SÉRIE - NEGU/HIVER 2019

Le petit port de Bizkaia a surtout connu ses heures de gloire à travers la pêche qui fut, jusqu'au milieu du XXe siècle, l'activité essentielle. Depuis, le tourisme a, peu à peu, pris le dessus, sans que pour autant Lekeitio n'y perde son âme.

Canal de Navarre

Une coulée verte, dans un lit de béton de près de 180 kilomètres, qui traverse la Navarre.


Singularités

Société éditrice : BAMI Communication Rond-point de Maignon, Avenue du 8 mai 1945 BP 41 - 64183 Bayonne bami-communication@bami.fr Directeur de la publication : Jean-Paul Inchauspé Coordination : Jean-Paul Bobin bobinjeanpaul@gmail.com Rédaction : Txomin Laxalt, Santiago Yaniz Aramendia, Jean-Paul Bobin Direction artistique : Sandrine Lucas Fabrication : Patrick Delprat Iru Errege Le Forum 64100 Bayonne N° ISSN 2267-6864 Traduction : La traduction des articles de Santiago Yaniz Aramendia (pages : 30-41, 62-71 et 82-89) a été réalisée par Chelo de Bastida. Crédit photographique : DR : p.15, p.28, p.98 ; Paul de Bie  : p.66 ; P.olo Garat : p.  67-68,72-73  ; Éric Kammenthaler : p.70  ; Jérôme Tainguy  : 70  bas ; Bernard Mazière : p. 78-79. Photo  couverture : Santiago Yaniz Aramendia

e dictionnaire nous apprend que le terme singulier signifie « qui est propre à chacun, qui indique une singularité. » Et parmi les synonymes, il propose insolite, à savoir « qui provoque l'étonnement. » Tout cela nous convient parfaitement pour vous présenter ce nouveau numéro hors-série d'IBILKA que nous avons intitulé Singulier Pays basque, et à travers lequel nous avons choisi de vous proposer quelques-unes des particularités qui contribuent à l'originalité de notre Pays basque. De tous nos marqueurs identitaires, l’euskara est certainement le plus évident et le plus légitime. Longtemps, trop longtemps mise à l’écart, la langue basque est aujourd’hui bien vivante, via notamment les iskatolak et le batua, mieux, elle est devenue le viatique indispensable de Bilbao à Mauléon, de Bayonne à Vitoria-Gasteiz. Elle fait partie de notre ADN. À travers ce numéro nous avons souhaité nous arrêter sur certaines des singularités du Pays basque, qu’elles soient liées à notre identité, notre culture où aux aléas de la géographie et de l’histoire. Ainsi, au fil des pages vous découvrirez que vous êtes, peut-être, passés souvent près du plus petit condominium du monde sans le savoir, ou bien près de l'un des plus profonds gouffres d'Europe ou encore que les éleveurs basques ont sauvé des races locales, que notre identité est forgée par quelques endémismes, notamment dans le domaine sportif, qui contribuent à reconnaître un Basque partout dans le monde. Nous avons opté également pour quelques propositions plus insolites que vous découvrirez, je l'espère, avec autant de plaisir. À une époque où le monde se standardise, n'oublions jamais que notre singularité est notre force. Je vous souhaite une très bonne lecture, et vous présente tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle d'année.

Jean-Paul Inchauspé, Directeur de la publication

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textes J-P Bobin / photographies S A N T I A G O Y A N I Z A R A M E N D I A

U N PLU R I E L R É CO N FO RTANT Qu'est-ce qu'une nation ? À cette interrogation, chacun possède certainement ses propres éléments de réponse. D'aucuns avanceront son histoire, d'autres sa géographie - dont la vérité dépend, la plupart du temps, des précédents - d'autres encore valoriseront ses coutumes, sa culture, son modèle de société…, mais tous s'accorderont certainement pour mettre en avant sa langue, à l'image des peuples amérindiens, spoliés de leurs terres, baignés par une culture étrangère dominante, qui n'ont réussi à conserver leurs identités qu'à travers la sauvegarde, souvent difficile, de leurs langues. Au Pays basque, l'euskara est un bien commun, mais ce qui fait sa singularité reste le mystère qui l'entoure. Alors bien sûr, nous aurions pu multiplier les singularités du Pays basque : qu'elles relèvent de la culture, comme la danse ou le bertsularisme et la gastronomie ; du sport, telles les régates de trainières, les jeux de force basque ou l'incontournable pelote ; de la faune sauvage ou assimilée : pottok et betizu ou encore de l'histoire. Rechercher les singularités d'un pays, ce n'est pas vouloir l'opposer aux autres mais, bien au contraire c'est proposer un pluriel réconfortant, montrer comment ces éléments disparates et enchevêtrés contribuent à l'écriture d'une incomparable poésie teintée de la mémoire et du savoir-faire des hommes, c'est s'interroger sur le lien qui existe entre l'imaginaire et le réel. Souvent le premier déteint sur le second et c'est tant mieux ; on peut alors envisager le Pays basque comme une poésie écrite à plusieurs mains et se souvenir que Gabriel Celaya, le poète d'Hernani, affirmait que : « La poesía es un arma cargada de futuro » !

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LA MAISON/ETXEA « Je défendrai/La maison de mon père/Contre les loups/Contre la sécheresse/Contre les usuriers…», écrivait le poète Gabriel Aresti (Bilbao : 19331975). L'etxe fut longtemps au centre de la société basque, elle en constituait la véritable cellule sociale, elle imposait son nom. C'était avant tout une maison rurale qui se transmettait de génération en génération, en général, à l'aîné de la famille. Par son architecture, fortement identifiable, elle demeure, un marqueur fort de la singularité basque.

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POTTOK Comme la betizu, cette vache que l'on trouve à l'état sauvage, le pottok incarne une certaine conception de la liberté, au moins dans les clichés véhiculés par les cartes postales du Pays basque. Le pottok n'en reste pas moins l'un des animaux les plus typiques du bestiaire basque : un cheval rustique, à moitié sauvage et qui vit à la belle étoile toute l'année. Depuis quelques décennies, une poignée d'éleveurs ont décidé de lui redonner ses lettres de noblesse en revalorisant la race.

ET, AU FOND, LE VIEUX MUR MONUMENTAL SE DRESSE, CONTRE LEQUEL LES PELOTES VIENDRONT FRAPPER, IL Y A UN FRONTON ARRONDI QUI SEMBLE UNE SILHOUETTE DE DÔME. (((

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MAIN NUE On peut pinailler sur l'origine de la pelote, dire que le Basque ne l'a pas inventée, mais on s'accordera pour reconnaître qu'aucun autre sport ne maquille autant un territoire que celui-là. Le plus petit village, parfois même quartier, possède son fronton, témoin basque universel. Parmi les vingtdeux disciplines reconnues aujourd'hui, la main nue tient toujours une place à part, comme étant la discipline de base, celle par laquelle les gamins débutent en toute liberté, celle qui confère, encore aujourd'hui, toute sa noblesse à ce sport.

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TRAINIÈRES À l'origine, il s'agissait d'un bateau destiné à la chasse à la baleine ; le premier qui revenait au port obtenait les meilleurs prix ! Aujourd'hui, les régates de trainières - embarcations d'une douzaine de mètres de long activées par treize rameurs et un barreur - sont un sport local très prisé. En moyenne, plus de 100 000 spectateurs assistent aux courses qui se déroulent les deux premiers dimanches de septembre, à Donostia. Comme dans d'autres sports, les équipes représentent leur port d'attache.

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DANSE Les danses traditionnelles font partie intégrante des fêtes et carnavals, elles en sont l'un des éléments incontournables, et ont su rester présentes dans le quotidien basque. Indissociable de la culture, la danse réunit toutes les générations. Si chacune de sept provinces possède ses particularités chorégraphiques, la danse demeure un tronc commun de l'identité : « Il s'est développé de nombreuses variantes dans les divers groupes de danses basques, affirmant ainsi leur identité locale » explique l'anthropologue Thierry Truffaut.

LA GÉOGRAPHIE HUMAINE, CELLE COMPOSÉE DE CES PETITS RITES DU QUOTIDIEN D'UNE SOCIÉTÉ, EST LA PLUS RICHE DES GÉOGRAPHIES !

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LA PEINTURE N'EST PAS FAITE POUR DÉCORER LES APPARTEMENTS, C'EST UN INSTRUMENT DE GUERRE OFFENSIF ET DÉFENSIF CONTRE L'ENNEMI, AURAIT DIT PABLO PICASSO

GUERNICA Cette toile, actuellement visible au musée Reina Sofia de Madrid, est l'une des plus célèbres de l'histoire de la peinture, autant pour ses qualités artistiques que par son témoignage. Le lundi 26 avril 1937, les avions allemands de la Légion Condor et ceux de l'Italie fasciste, en appui au gouvernement franquiste, bombardèrent la ville basque, causant plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de morts. Il est des singularités dont on se passerait, mais à ne jamais oublier.

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À L'INSTAR DE LA ^PLUPART DES BASQUES, JE CROIS QUE CE QUI CARACTÉRISE LE MIEUX NOTRE COMPORTEMENT, NOTRE MANIÈRE DE VIVRE, C'EST NOTRE RAPPORT À L'EUSKARA, ÉCRIT BERNARDO ATXAGA

L'A R T D U P I NT XO Si la cuisine est une pratique universelle, au Pays basque, elle est un art. D'abord, parce que c'est une cuisine de produits, de l'Océan, de l'eau, de la terre ; ensuite, parce qu'elle est autant rustique qu'urbaine, autant familiale que publique, mais surtout parce qu'elle est toujours un moment de partage, illustré par nos sociétés gastronomiques. Dans cet univers, le pintxo tient une place à part, cette « cuisine en minuscule », célébrée par tous les guides gastronomiques, offre, de comptoirs en comptoirs, des eucharisties majuscules…

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FORCE BASQUE Tout est parti des défis que se lançaient les travailleurs dans leurs travaux quotidiens, d'un champ à l'autre, d'une ferme à l'autre. Les jeux de force basque reproduisent la culture rurale et industrielle du Pays basque : bûcheron, (aizkolariak), jeux de traction, lever de ballots de paille, de pierres, tir à la corde, course bâtée… Au-delà de l'image un tantinet folklorique qu'ils renvoient aujourd'hui, ils restent des marqueurs identitaires forts.

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EUSKARA

texte Txomin Laxalt

UNE HISTOIRE DE

L’origine des langues reste une des plus grandes énigmes de l’Humanité. Aujourd’hui celle de l’euskara divise les linguistes.

EUSKARAREN HISTORIA BAT

Hizkuntzen jatorria Gizadiaren enigma handienetako bat geratzen da. Gaur, euskararenak hizkuntzalariak zatikatzen ditu.

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EN CARTE En 1863, le linguiste Louis-Lucien Bonaparte publia cette carte de délimitation des zones où l'euskara est parlée.

S

Si l’on excepte l’insoluble énigme d’un au-delà et les présomptions d’hypothétiques arrièremondes, l’origine des langues reste sans doute le plus grand mystère de l’Humanité. L’affaire ne s’arrange pas quand il s’agit de faire la genèse de l’euskara dont on s’accorde à dire qu’elle est l’une des plus anciennes langues d’Europe. Paul Jules Antoine Meillet, le linguiste français le plus brillant du XXeᵉ siècle, avait cependant écrit : « La définition de l’identité linguistique ne peut-être que sociale : quelles que soient les différences de fait entre les sujets parlants, il y a une langue là où des individus, se comprenant entre eux, ont d’une façon consciente ou inconsciente, le sentiment et la volonté d’appartenir à une même communauté linguistique.  » (1). Une évidence qui soulève de légitimes interrogations quand la plupart des linguistes s’accordent à affirmer que la langue suppose toujours la nation. Un autre et vaste débat qu’on nous pardonnera de négliger. Nous nous contenterons d’un long mais passionnant voyage à travers l’histoire en

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déclinant les différentes hypothèses parfois génialement ou tragiquement farfelues qui ont tenté d’élucider l’origine de l’euskara dont le chanoine Lafitte, membre de l’Euskaltzaindia (Académie de la langue basque) écrivait dans sa Grammaire basque qu’il était l’aboutissement d’une histoire longue et mystérieuse. Avec un assentiment déconcertant, il fut admis un moment que l’euskara était la langue primitive, pas moins, descendant en droite ligne du Paradis terrestre ou de l’Arche de Noé à travers la branche japhétique, Japhet étant l’un des trois fils de Noé, considéré comme l’ancêtre des populations indo-européennes. Cette sulfureuse et inique exégèse biblique basée sur la malédiction de Canaan, fut développée en Europe au XVIIeᵉ siècle. Elle définissait les pères des soixante-dix nations censées composer l’humanité et surtout, permit à l’Église et aux États la déconsidération des peuples d’Afrique afin de cautionner l’esclavage. Loin du postulat précédemment cité mais s’appuyant au contraire sur l’hypothèse de l’origine


EUSKARA

Tenue Pour être la

plus ancienne langue d'Europe, l'euskara n'appartiendrait pas à la famille, dite des langues indoeuropéennes, une théorie ancienne, mais aujourd'hui contestée

africaine de l’Homme moderne, la théorie d’une langue mère – elle se serait différenciée au cours de l’évolution des groupes humains – est défendue encore par plusieurs linguistes. Nous ne résistons pas à évoquer la savoureuse hypothèse qui a fait de l’euskara la langue de l’Atlantide, ce continent englouti, cité par Platon dans ses Dialogues et dont les Basques auraient été les seuls rescapés.

L'AIDE DE LA TOPONYMIE Plus sérieusement, nous sommes tenus de nous attacher aux textes pour situer les Basques dans l’histoire. Si pour les temps les plus anciens, les témoignages linguistiques manquent pour dater l’ethnie euskarienne que définit précisément la langue qu’elle parle ainsi que l’écrit Jacques Allières (2), les auteurs grecs et romains ne manquent pas de mentionner Vascons et Aquitains. Sur le bronze d’Ascoli daté de - 90 av. J.-C, découvert en 1908 à Rome, sont gravés les noms des membres d’un escadron de cavalerie (30 Ibères et 12 Vascons) ; on y trouve un Elandus Enneges, un Agirhes Bennabels, ou encore un Arranes Arbiscar. Membre de l’Euskaltzaindia, Jean-Louis Davant écrit à propos de l’euskara : « Ce n’est pas une langue celtique comme le gaulois, le breton, le gaélique. Ce n’est pas non plus une langue romane, issue du latin, comme le sont ses voisines : français, castillan, occitan, catalan, portugais, galicien, italien, romanche, roumain… Et pas davantage une langue germanique, slave ou grecque… À noter qu’en euskara, il n’y a pas d’autre mot qu’euskalduna, c’est à dire bascophone, pour désigner la personne basque. C’est dire la centralité de la langue dans l’identité, la personnalité basque. » (3). Pour les temps les plus reculés, on trouve des traces de l’Homo sapiens (120 000 ans) en Soule et de Cro-Magnon (35 000 av. J.-C), en particulier à Altamira (Cantabria), Lascaux (Dordogne) et Oxocelhaya (BasseNavarre). Ce qui fait dire à Jean-Louis Davant qu’il faut parler « d’une civilisation franco-cantabrique s’étendant des deux côtés des Pyrénées, au sud de la calotte glaciaire qui englobait le Massif central, et au nord de la Meseta castillane. Son aire coïncide avec l’espace que l’on attribue aux proches ancêtres des Basques vers la fin de la protohistoire. » Il est certain qu’au sens linguistique du terme, l’euskara a été pollué, en particulier par le latin - il représente 25 % du dictionnaire, estimait le chanoine Lafitte – et le roman. « L’influence du latin et des langues romanes sur la langue basque est forte mais cependant elle n’a pas brisé les principales structures originales de la langue », précise Xarlex Videgain, linguiste et membre de l’Euskaltzaindia. Il est indébiable que des éléments de vocabulaire renvoient vers des temps très anciens. Ainsi les noms d’outils construits autour du mot haitz (roche) : haitzurra (la pioche), aizturrak (les ciseaux), aiztoa (le couteau)… Le mot horma qui signifie la glace mais aussi le mur, renvoie sans doute vers les temps des dernières glaciations quand l’homme vivait dans les grottes. Dans cette notion de temps, le vocabulaire, toujours en usage, fait écho au

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calendrier premier quand il s’agit des jours de la semaine : astelehen (le premier de la semaine) pour lundi, astearte (milieu de semaine) pour mardi, asteazken (dernier de la semaine) pour mercredi, vraisemblablement autant de repères lunaires. « Autre élément du calendrier premier : l’année comprend deux grandes saisons : uda (l’été) et negua (l’hiver). Cette binomie correspond à la pensée des climatologues actuels, pour lesquels les deux autres saisons seraient des inventions de poètes. Les anciens Basques en tenaient tout de même compte comme annexes de l’été : udaberria, littéralement le nouvel été ou printemps et udazkena, littéralement le dernier été ou automne. » rappelle JeanLouis Davant. La toponymie peut nous être d’une grande aide pour circonscrire l’espace géographique où était parlé l’euskara. « L’euskara n’est venu de nulle part. Il représente ici une sorte d’îlot qui est ce qui reste d’une famille qui a dû être beaucoup plus étendue, car il y a des vestiges de cette langue dans toute l’Aquitaine et à l’est, jusqu’en Catalogne. », explique le linguiste et académicien basque, Luis Michelena, cité par J.L Davant. Il est toujours admis que l’euskara, pour être la plus ancienne langue d’Europe, n’appartiendrait cependant pas à la famille dite indo-européenne laquelle, pour leurs ressemblances lexicologiques, morphologiques et syntaxiques, réunit quelque mille langues (romanes, helléniques, germaniques, celtiques, balto-slaves, indoiraniennes dont le sanscrit, et anatoliennes). Cette théorie dite de l’isolat fut bousculée en 2006 par Eñaut Etchamendy, ancien professeur, connu surtout comme écrivain, poète, chanteur-compositeur. Dans sa thèse de doctorat d’études basques, Euskara-erderak. Basque et langues indo-européennes. Essai de comparaison, l’auteur, s’est attaché à démontrer que l’euskara figure parmi les langues indo-européennes. « Je suis effectivement le seul linguiste à avancer cette thèse, et pour cause. Je suis le seul à avoir tenté véritablement une comparaison des langues basque et indo-européennes à l’aide des outils légués par les linguistes les plus éminents du XXe� siècle… Cette affaire de prétendus conquérants envahisseurs invincibles qui auraient effacé tous les idiomes antérieurs, à l’exception notamment du basque, est un conte des origines qui ne résiste pas à l’analyse moderne historico-archéologique », résume-t-il dans un article publié dans L’Express (Le basque est une langue indo-européenne, 04-05-2015). Berbère, caucasienne…, les hypothèses n’ont donc pas manqué pour signifier l’origine de l’euskara, toutes réfutées sinon rudement battues en brèche. « Finalement ce sont moins les linguistes que les archéologues et les généticiens qui ont proposé d’autres hypothèses satisfaisantes à l’esprit », estime Xarlex Videgain évoquant au passage la permanence d’un fait biologique dans la population basque : « Plus de 50 % de type O, chiffre le plus élevé en Europe et un pourcentage de rhésus négatif le plus élevé

dans le monde. » Dernier avatar de l’euskara, le batua ou basque unifié a été mis en place en 1968 (Congrès d’Arantzazu) après de longs et douloureux débats. L’un des maîtres d’œuvre fut José Luis Alvarez Enparantza Txillardegi, linguiste, écrivain et homme politique. Ce basque standard adopté dans les sept provinces est désormais reconnu dans tous les secteurs d'activités. Le batua a donné un second souffle à la vieille langue, désormais

Le batua a donné un second souffle à la vieille langue, désormais parlée par quelque 700 000 personnes

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parfaitement adaptée au XXIeᵉsiècle et parlée par quelque 700 000 personnes. Malgré conquêtes, vagues migratoires, volontés centralistes d’éradication, l’euskara est toujours présent et farouchement défendu. Hizkuntza bat ez da galtzen ez dakitenek ikasten ez dutelako, dakitenek hitz egiten ez dutelako baizik (Une langue ne se perd pas parce que ceux qui ne la savent pas ne l’apprennent pas mais parce que ceux qui la savent ne la parlent pas), écrivait le poète Joxean Artze. (1) Le problème de la parenté des langues, 1914 (2) Les Basques, PUF, 1977 (3) Histoire du peuple basque, Elkar, 2007

Sources • Histoire du peuple basque – Jean-Louis Davant, Elkar, 2007 • Historia del euskara – Jean-Louis Davant, Nabarralde, Udalbide • Mais où sont passés les Indo-Européens ? Jean-Paul Demoule, Paris, Seuil, 2014 • Les Basques – Jacques Allières, Presses Universitaires de France, 2002 • Grammaire basque – Pierre Lafitte, 1962 • Le problème de la parenté des langues, 1914 – Paul-Jules-Antoine Meillet • L’origine de la langue basque – Eñaut Etchamendy, Dominique Davant, Fina Davant, Roger Courtois, L’Harmattan, 2017

MOTS CLÉS HITZ GAKOAK Origine : jatorri Langue : hizkuntza Linguiste : hizkuntzalari Racine : erro


BREBIS

LA SASI ARDI, D’UNE TRES VIEILLE LIGNEE Peu nombreuses mais obstinées. En Iparralde, une quinzaine d’éleveurs défend la sasi ardia, sans aucun doute l’ancêtre de la race Manex. Nous avons rencontré Gabriel Durruty, son fougueux défenseur.

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texte Txomin Laxalt / photographies Cédric Pasquini

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BREBIS

Petite, campée sur des pattes fines, petites oreilles toujours dressées, elle arbore un masque triangulaire et effilé, dont le front s'abaissant en ligne droite jusqu'à la truffe noire lui confère une sorte de noblesse

BROUSSAILLES Il s'agit d'une très ancienne variété de brebis du Pays basque, qui serait à l'origine des racines ovines actuelles. Sasi ardia signifie « brebis de broussailles ».

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P

BREBIS

SASI ARDIA, OSO LEINU LUZE BATEZ Oso gutxi dira, baina tematsuak. Iparraldean, hamabost bat hazlek defenditzen dute sasi ardia, dudarik gabe Manex arrazaren aintzinekoa. Topaketa Gabriel Durrutyrekin defendatzaile sutsu bat.

« Puis ils iront dans la salle de l’auberge et boiront face à face. Ils chanteront à tue-tête de vieux airs, prolongeant à perte de voix des accords dissonants, cependant qu’à côté l’orchestre joue twists et cha-cha-chas. Et, par deux ou par trois, ils s’éloigneront lentement, à la fin de la nuit, vers leurs fermes reculées… » Qu’est ce qui lie cette phrase clôturant l’inégalée étude du sociologue Pierre Bourdieu, Célibat et condition paysanne (Études rurales, 1962) à la sasi ardia (littéralement, brebis des broussailles) qui nous intéresse ? Sans aucun doute le système traditionnel familial basque comme principe d’organisation sociale, lequel promouvant la succession unique – la maison comme personne morale détentrice d’un domaine – n’admet qu’un maître, contraignant le cadet à la condition de donado (célibataire) ou otto Karlos (oncle Karlos ) ainsi qu’on le désigne curieusement du côté d’Hasparren. Mais encore ? « Ce célibat institutionnel obligeait nos Karlosak qui ne possédaient ni terre, ni maison, ni troupeau, à laisser à l’état semi sauvage dans la montagne, le seul bétail qu’ils pouvaient posséder mais non pas vendre sur les marchés traditionnels : le betiso (vache sauvage), le pottok et… la sasi

L'animal est difficile à observer. La sasi ardi est, en effet, une fervente adepte de la circonspection et de la dérobade

ardi », nous avait expliqué Gabriel Durruty. Un personnage haut en couleurs et anti conformiste. Ce fils d’agriculteur, ancien professeur et directeur du Lycée agricole d’Hasparren, sa ville natale, mais aussi éleveur de pottok, producteur de sagardo (cidre), spécialiste incontesté des arbres fruitiers mène, entre autres combats environnementaux, une croisade pour la réhabilitation de cette non moins marginale et attachante brebis qu’est la sasi ardi.

INDÉPENDANTES On sait le lien fort qui, en Pays basque, unit le berger à son troupeau, le pastoralisme restant l’illustration la plus évidente de ce collectif de travail homme-animal, le plus ancien dans l’histoire de l’Humanité. Gabriel Durruty, quand il évoque les espèces qui font la fierté de nos bergers, têtes rousses ou noires, reste persuadé que le pays faisant la race, il ne fait aucun doute que la sasi ardi est à l’origine des races ovines Manex. Mais encore faut-il connaître la vieille histoire de l’ovin, sa longue transhumance à travers le temps et l’espace et que Gabriel sait sur le bout de la houlette : « Son ancêtre est le mouflon qui vivait au Tibet et qui s’est déplacé de l’Asie vers le Moyen-Orient. » Les migrations de l’homme, inhérentes à sa condition et à sa fabuleuse histoire, ont inéluctablement conduit notre oviné familier jusqu’aux pâturages des Alpes et des Pyrénées. « Vivre à l’extérieur en complète liberté toute l’année dans la végétation arbustive de montagne suffit à définir la sasi ardi », révèle Gabriel Durruty « et cela a des conséquences évidentes sur son comportement ». Nous sommes loin de l’instinct gré-

gaire, du déplacement mercuriel qui caractérisent le troupeau traditionnel et dont on se moque à tort. Une attitude due à un long travail de domestication qui a permis de constituer le troupeau homogène, indivisible et fusionnel, facile à localiser et à travailler dans ce milieu hostile qu’est souvent la montagne. Rien de tout cela avec les sasi ardi. Indépendantes, elles sont difficilement localisables, se déplaçant sur les pentes, par petits groupes en quête de nourriture, broussailles, glands, herbe sèche, la mère jamais éloignée de son petit. Un territoire d’abord, circonscrit entre Urrugne et Osses, englobant les incomparables landes d’Hasparren – injustement mésestimées par le randonneur – et les pentes du Baigura. Mais ne pas croire pour autant que le marcheur le plus endurant, à moins d’être guidé dans ce qui relève d’un parcours initiatique, pourra l’observer à loisir ; aussi furtive que le chevreuil, la sasi ardi est fervente adepte de la circonspection et de la dérobade. Une histoire ensuite. « C’est à la fin des années soixante que la brebis laitière traditionnelle a pris le pas sur la sasi ardi, au profit d’une autre forme d’économie, plus rentable, on s’en doute », précise Gabriel Durruty. Adepte du contre courant sans doute et farouchement attaché aux pratiques traditionnelles, « elles ont eu le temps de démontrer toute leur pertinence », il n’a eu de cesse dans les années quatre-vingt, de récupérer la souche d’une lignée qui avait scandé les riches heures d’une enfance rurale. « À force de persuasion, j’ai pu acheter à un berger de Mendionde, le dernier à en posséder, un personnage aussi ombrageux qu’un bélier, quelques reliquats de cette race en voie d’extinction. »

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EN LIBERTÉ Ces brebis sont peu grégaires et se déplacent en petits groupes isolés. L'effectif recencé est d'environ 1 600 têtes.

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BREBIS

ÉLEVAGES Une quinzaine d'élevages produisent aujourd'hui la Sasi ardi en Iparralde et quelques-uns en Hogoalde.

PIONNIER L'un des pionniers de la réhabilitation de la sasi ardi, Gabriel Durruty est membre de Sasi Artalde, association créée pour défendre la race.

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Campée sur des pattes fines, petites oreilles toujours dressées, elle arbore un masque triangulaire qui lui confère une sorte de noblesse Pour mieux appréhender la démarche d’une tribu que d’aucuns considérèrent longtemps comme un groupe de timbrés – quinze éleveurs en Iparralde pour quelque 1 500 sasi ardi – mais que guide la seule passion plutôt que la rentabilité économique, nous avions accompagné Gabriel Durruty sur la lande d’Hasparren. Ici, le piémont n’a cure de se hisser vers les premiers contreforts pyrénéens, trop occupés, sous le débonnaire Baigura, à tramer un lacis de coteaux herbeux entrecoupés de halliers et que viennent cli-

ver des combes touffues… Mais sur le plus proche horizon, ni d’amènes troupeaux, ni la moindre ligne coulissante, signalant la troupe d’ovidés. Il fallut tourner et tourner encore au hasard de routes pastorales pour que Gabriel localise enfin son groupe. À première vue, il y a bien dans l’allure générale quelque chose qui la distingue de la brebis habituelle, l’effronterie plutôt que l’appréhension, l’affût plutôt que l’alarme. La suite vint conforter la première impression alors que Gabriel est parvenu à acculer la petite troupe. Quand il se fut agi d’en saisir une, pour plus ample connaissance, l’affaire releva davantage d’un authentique rodéo en appelant à la poigne et à des jurons à faire rougir le plus madré des marro (bélier). « Tu imagines le travail que peut demander la tonte d’un troupeau sans parler d’une illusoire traite ! » commente-t-il avec malice, et de rajouter, non sans fierté : « Il faut voir le bélier aller audevant des vautours jusqu’à les faire fuir quand ils se pressent un peu trop autour du troupeau ! »

RÉSISTANTE ET RUSTIQUE À regarder de plus près, la morphologie de la sasi ardi est déroutante tant elle s’éloigne des canons auxquels nous ont habitués nos têtes rousses ou noires. Plus petite, campée sur des pattes fines, petites oreilles toujours dressées, elle arbore un masque triangulaire et effilé dont le front, en s’abaissant en droite ligne jusqu’à la truffe noire, lui confère une sorte de noblesse que souligne une dense collerette ambrée au-dessus d’une toison rêche tirant entre l’ivoire et le roux. Si parfois, des embryons de cornes percent le crâne, n’y voyons qu’un rappel ; la touchante boule de laine abrite un diable ! Il n’est que de constater les bonds et les coups de tête dont elle est capable. De l’ensemble se dégage cependant une élégance qui impacte l’allure générale du troupeau. « La tête rousse pèse 70 kg, la tête noire 60 kg, les deux donnent quelque deux litres de lait quand la sasi ardi ne pèse que 40 à 45 kilos et ne donne qu’1/2 litre de lait qu’elle réserve à l’agneau » rappelle Gabriel et de

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préciser qu’autrefois pour une si faible quantité on ne comptait pas en litres mais en txirrist (nombre de jets). « Il est aisé de comprendre que la valorisation de la sasi ardi passe par la vente des agneaux à deux mois, deux mois et demi, d’un poids de 10 à 12 kilos vifs . Surtout, sa résistance et sa rusticité en font une race idéale pour l’entretien des milieux délaissés par les autres formes de pâturage », explique-t-il abordant là l’un de ses pottok de bataille, à savoir l’entretien naturel de l’espace, une digue efficace, entre autres, contre l’inconséquence aujourd’hui des écobuages, un autre et délicat sujet… Outre un goût exceptionnel qui ravira les gourmets, sa texture tendre et fondante offre un goût délicat avec un persillé développé – ah !, un navarrin, un txilindron, voire une côtelette ! – la sasi ardi fait désormais l’objet d’une attention particulière, comme signe modeste sans doute, mais patent, d’une remise en question du mode productiviste. En 2014 naissait l’association Sasi artalde, en 2016 la race était reconnue officiellement pour, l’année suivante, remporter le premier prix de la Fondation pour l’Agro biodiversité Animale. La reconnaissance la plus évidente se déchiffre pourtant dans le regard chargé de nostalgie que porte le berger traditionnel sur la sasi ardi. N’est-elle pas l’ultime témoin d’un très vieux pacte conclu dans les Pyrénées, il y a 7 000 ans, entre l’homme et l’animal, entre l’homme et son milieu ?

MOTS CLÉS HITZ GAKOAK Zikiro : agneau châtré Marro : bélier Ardi : brebis Mouton : zikite, ahari


HISTOIRE

UN VICE-ROI SUR LA BIDASSOA

TRAITÉ DES PYRÉNÉES Le Mémorial qui commémore le Traité des Pyrénées, signé en 1659, entre l'Espagne et la France.

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texte Jean-Paul Bobin / photographies Santiago Yaniz Aramendia

Bien que le géographe l’ait généreusement qualifiée d’île, l’Île des Faisans, lovée dans la Bidassoa, est davantage un îlot de quelque 6 820 m2 que personne n’aurait remarqué, fut-ce son imposant passé historique et peut-être son statut international de condominium et, qui plus est, le plus petit au monde ! Aujourd'hui, partagée entre l'Espagne et la France, elle conserve un intérêt stratégique et possède même… son vice-roi.

L

orsqu'on regarde l'Île des Faisans, si discrète et si paisible, depuis les rives de la Bidassoa, peut-on imaginer que l'on se trouve face à l'un des hauts lieux de l'histoire de l'Europe ? C'est en effet ici, qu'en 1659, à la suite de la Guerre de Trente ans et des différents conflits qui opposèrent la France et l'Espagne au cours du XVIIe siècle que fut signée la paix. En effet, en 1658, les deux pays entament des négociations de paix qui aboutissent à la signature d'un pré-accord de paix incomplet. En août 1659, les négociations reprennent sur l'Île des Faisans. « Dans l'île neutralisée, tout se trouvera partagé par moitié : le terrain, les dépenses, la responsabilité de construction » écrit l'historien Daniel Séré. Pour sceller la paix définitive entre les deux pays, les négociations prévoient le mariage du roi Louis XIV avec Marie-Thérèse, la fille aînée de Philippe IV d'Espagne. L'objectif est aussi territorial, Mazarin, fait remarquer que « la nature avait formé la séparation de la France et de l'Espagne », la France aimerait récupérer, outre le Roussillon, le Conflent et la Cerdagne. Le Traité des Pyrénées, signé le 7 novembre 1659, met fin à la guerre franco-espagnole, conclut le mariage entre l'infante Marie-Thérèse et Louis XIV et fixe la frontière sur toute la longueur du massif pyrénéen. Depuis le Traité de Bayonne de 1856, l'île est un condominium placé sous l'autorité indivise de l'Espagne et de la France, alternant leur souveraineté tous les six mois : du 1er août au 31 janvier pour la France et du 1er février au 31  juillet pour l'Espagne. Le condominium - interdit au public  est administré par deux vice-rois. Pour la France, c'est actuellement Christophe Mérit, Directeur départemental adjoint, Délégué à la mer et au littoral et Commandant de la station navale française de la Bidassoa. Il nous précise ce statut particulier et en explique l'intérêt et les enjeux contemporains.

ERREGE ORDAIN BAT BIDASOA GAINEAN Nahiz eta geografoak uharte kalifikatu, Faisaien uhartea, Bidasoan kokatua, gehiago irlatxo bat da, 6820 metro karratukoa. Inork sumatuko ez zukeena, iragan historiko bat izan arren eta beharbada bere kondominioaren nazioarteko estatusarengatik, gainera, mundurik ttipiena. Gaur egun, Espaniaren eta Frantziaren artean banatua, interes estrategiko bat dauka, eta bere Errege ordaina ere bai.

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HISTOIRE

EN QUOI

CONFÉRENCE Plan des bâtiments prévus par le chevalier de Beaulieu pour l'entrevue des rois de France et d'Espagne.

CONSISTE LA GOUVERNANCE A LT E R N É E ?

CE STATUT EST PRÉCURSEUR DE CELUI DE L'UNION EUROPÉENNE, MAIS CELA S'EST PASSÉ AU XVIIE SIÈCLE !

Christophe Mérit : La gouvernance alternée de l'Île des Faisans n'est que la partie saillante d'un dispositif plus étendu qui couvre la Baie du Figuier et la Bidassoa jusqu'à 12 km en amont. Le principe de cette gouvernance est d'assurer les mêmes droits d'usage des sites pour les habitants des deux côtés de la frontière. Les conflits d'usages ont en effet provoqué tueries et vandettas jusqu'au milieu du XIXe siècle, et imposé la présence de forces militaires garantissant l'ordre public, ce qui explique pourquoi, encore aujourd'hui, mon homologue espagnol et moi-même sommes officiers de la marine de guerre de nos pays respectifs. Concrètement, le dispositif réglementaire moderne est axé sur les droits de pêche : c'est la convention franco-espagnole de 1959, dont de nombreuses ordonnances conjointes ont été dérivées par entente entre les deux commandants, qui disposent du pouvoir réglementaire pour toute la zone de gouvernance. Pourquoi ce statut particulier pour l'ïle-des-Faisans ? C.M. : Parce que ce n'est pas une étendue d'eau, mais une terre ferme qui aurait pu faire l'objet de disputes, non pas internationales, mais locales. C'est la raison principale de sa fermeture au public, une sanctuarisation par défaut mais qui porte aujourd'hui une forte charge symbolique : on y retrouve de temps en temps des banderoles revendicatives, de la demande de mariage un peu romantique à l'affirmation des libertés LGBT. C'est anecdotique par rapport aux massacres historiques, je le concède volontiers. Et puis ce statut démontre aussi la capacité des peuples à s'entendre, à co-construire, sur la base de règles partagées. Le dispositif est précurseur de celui de l'Union européenne, mais cela s'est passé au XVIIe siècle, à la fin de la Guerre de Trente Ans, qui

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correspond à l'apogée de la puissance française en Europe. Lorsque le programme d'activité des services le permet, nous organisons des passations de gouvernance sur l'île même, mais c'est assez contraignant en termes logistiques. L'usage veut que la passation se fasse par écrit officiel et par ailleurs, nous nous voyons régulièrement avec nos camarades espagnols pour tisser des liens de travail plus humains et plus efficaces. L'apex de ces relations, c'est la réunion annuelle de la Commission technique mixte de la Bidassoa, qui est une revue des dossiers en cours, et en présence de délégations qui intègrent les pouvoirs publics locaux. Elle se tient alternativement soit en Espagne (Donostia) soit en France (Hendaye, Bayonne). Il peut également y avoir des commémorations… Quels sont, aujourd'hui, vos principaux sujets d'échanges : C.M. : Aujourd'hui la co-gestion des droits de pêche n'est plus le sujet stratégique. Nous discutons davantage de l'aménagement du territoire et de la préservation du milieu, et y associons pleinement les acteurs majeurs que sont les communes riveraines. Par exemple, le projet de draguage des accès portuaires de Hendaye entre dans sa phase finale, et il faut le coordonner avec Irun et Fontarrabie pour bien en appréhender les impacts. De même, j'ai relancé le processus de gestion de deux sites Natura 2000, à l'arrêt depuis 2006, car définis par erreur cartographique, à cheval sur la frontière. Là, c'est chacun de son côté, mais je n'exclus pas d'associer les autorités espagnoles. Encore faut-il identifier le bon interlocuteur, car le découpage administratif n'est pas le même que chez nous. Le pilotage et l'animation de ces sites signifient qu'à l'avenir, des programmes d'étude et de mesures concrètes sur le terrain

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CONTRASTE Cette vue aérienne permet de se rendre compte de la taille de l'île, mais ne peut pas témoigner de son importance historique !

permettront de promouvoir de bonnes pratiques environnementales sans mettre sous cloche ni les activités ni les aménagements. L'Union européenne dispose de fonds pour cela, et les retombées sur le territoire ne sont pas négligeables. Au quotidien, les services français régulent les activités nautiques, et notamment le mouillage en baie de Chingoudy. Ce n'est pas un travail à plein temps, puisque depuis la fermeture de la base navale d'Anglet, c'est la délégation de la mer et du littoral au sein de la DDTM qui est la seule ressource disponible pour administrer la zone sous gouvernance internationale. Et le titre de vice-roi ? C.M. : L'appellation de vice-roi est l'héritage d'un passé qui imposait l'affirmation d'une autorité investie de compétences de coercition immédiate et sans appel… Elle provoque beaucoup de fantasmes, mais la réalité est une compétence certes spécifique, mais qui ne correspond à aucun des fantasmes que le public peut y associer. Toutefois, le titre oblige à se replonger dans l'histoire, à ne pas oublier notre passé et les vicissitudes qui ont conduit à la situation actuelle. C'est de ce point de vue une machine à remonter le temps à vertu hautement pédagogique. Au surplus, le statut de l'officier apporte une certaine envergure à la fonction. Les résidents attendent à la fois de la fermeté et en même temps beaucoup d'écoute, et qu'on les défende face aux intérêts non-maîtrisés qui pourraient déborder sur les berges du côté français. C'est donc un rôle de sentinelle, et qui n'est pas dénué d'une certaine noblesse... nonhéréditaire ! Entre diplomatie et technicité, le poste de monarque intermittent est très gratifiant, mais il n'est pas celui d'un autocrate, (…) un titre ne confère pas l'omniscience, et ce n'est pas rien de le dire par les temps qui courent.

MOTS CLÉS HITZ GAKOAK Condominium : kondominio Droits de pêche : arrantza eskubideak Sanctuarisation : sagaratze Commission technique mixte de la Bidasoa : Bidasoako bitariko batzorde


CANAL DE NAVARRE

CANAL

UN LONG RUBAN Le canal de Navarre s'écoule sur près de 177 kilomètres depuis le barrage d'Itoiz construit sur le fleuve Irati.

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texte et photographies Santiago Yaniz Aramendia

DE NAVARRA LE CANAL DE LA DISCORDE

Au fil du temps, l’eau dessine les paysages. Mais en Navarre, depuis quelques décennies, c’est l’homme qui trace la route des nouvelles voies d’eau, telles le Canal de Navarre, non sans soulever des questions, voire des contestations.

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CANAL DE NAVARRE

DESADOSTASUNAREN URBIDEA Denbora joatearekin, urak paisaiak marrazten ditu. Baina Nafarroan, duela hamarkada batzuk, gizakiak urbide berriak irekitzen ditu, hala Nafarroako urbidea, ez galdekatzerik sortu gabe, zer esanik ez, ihardokitzerik.

urant des milliers d’années l’eau a dessiné les paysages navarrais, mais depuis à peine une dizaine d’années, elle est en train de les réduire à une géométrie rectiligne.En cause, une sorte de bandeau en béton armé qui traverse le territoire du Nord a Sud : le Canal de Navarre. L’eau a changé les microclimats locaux, modifié les couleurs autrefois jaunâtres des moissons remplacées par les verts des végétaux, elle a transformé l'économie locale. « Avec l’eau, nous avons le ciel », Ignacio Aguirre Rodriguez est tranchant, il est éleveur mais aussi irrigant de Caparroso, une ville vétuste située au bord du fleuve Aragón, dans la moyenne Navarre. « C’est important, je me souviens, il y a déjà plusieurs années, quand avec mon père nous sommes allés en bus pour défendre la mise en route de la construction du barrage d’Itoitz, l’opposition au barrage était alors énorme. » Il évoque son installation à Caparroso, au pied des hangars qui abritent presque trois mille brebis : « Le fait que l’eau d’Itoiz arrive jusqu’à ici, a apporté la prospérité à beaucoup de gens, mais également aux industries agroalimentaires de la Ribera. Grâce à l’eau, en gérant bien les cultures, nous pouvons obtenir plusieurs récoltes dans l’année, deux en rotation, par exemple, maïs et petit-pois, et trois, en alternance avec les céréales, le maïs et les légumes potagères. » Accompagné de son frère Eduardo et de son père Santiago, Ignacio sépare les brebis de son immense troupeau. Deux employés travaillent avec eux dans la ferme familiale qui a grandi considérablement et ce, grâce à l’eau du fleuve Iraty. À côté, des hangars, où

POUR SES PARTISANS, LE CANAL EST BEAUCOUP PLUS PROFITABLE AUX HABITANTS QUE LA LIGNE TGV QUI N'APPORTERAIT QUE PEU DE SERVICES !

ils élèvent des brebis qu’ils vendent surtout sur le marché castillan, (Burgos, Soria, Palencia, León…), poussent d’énormes plantations de tomates et de piments, arrosées avec la même eau du canal que boivent les brebis. « L’eau n’est pas chère. Pour nous elle est très rentable, bien que le liquide coûte moins que ce que nous payons pour les services ajoutés : la maintenance des infrastructures, la surveillance, l’administration, etc. » explique-t-il. Malgré ce plaidoyer en faveur de l’eau, Eduardo reconnaît que le canal a ajouté beaucoup de béton au paysage, « mais au moins, il est productif et rend service aux gens, bien plus que la ligne du TGV, qui est ici-même et qui coupe en deux la géographie, en réalité, pour peu de services », souligne-t-il. Légèrement plus au nord, sur les collines perceptibles depuis le château de la ville médiévale d’Olite, les eaux du canal permettent d’arroser des cultures traditionnelles telle la vigne, les arbres fruitiers, beaucoup de maïs, les céréales, et le fourrage, mais également d’autres cultures beaucoup plus singulières, comme la lavande, le houblon ou les éponges végétales. Pedro et Juan Rodeles ont compris que maintenant qu’ils ne sont plus contraints d’attendre l’eau du ciel, ils peuvent obtenir de la terre des produits jusqu’à présent rares en Navarre. L’eau du canal sert à arroser, mais elle est aussi indispensable pour alimenter la

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MERS INTÉRIEURES Le barrage d'Itoiz, d'une capacité de 418 hm3, aura nécessité 1 337 460 m3 de béton pour sa construction.

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IRRIGATION Destinées avant tout à l'irrigation de quelque 59 000 hectares de terres agricoles, les eaux du barrage sont censées approvisionner également en eau potable, une partie de la population navarraise.

PLAZA SANTIAGO Elle doit son nom à la cathédrale éponyme, elle-même dédiée à Saint-Jacques parce qu'elle est est située sur le chemin du Nord du pèlerinage. Saint-Jacques est d'ailleurs le patron officiel de la ville depuis 1643. PAGE 34


LE CANAL EN CHIFFRES La première pierre du canal a été posée le 15 octobre 2001. Le 22 mars 2011, dix ans plus tard la construction est achevée. Entre Itoiz et Pitillas, l’extrême sud du tracé, le canal coule sur 101 kilomètres à ciel ouvert. 76  kilomètres supplémentaires pour la deuxième phase sont prévus. Pour ces travauwx, 819 kilomètres de chemins ont été tracés et l’on a creusé 254 kilomètres de tranchées d’écoulement. Pour la distribution de l’eau depuis le canal 890 kilomètres de tuyauteries ont été utilisés et 15 kilomètres de réseaux électriques ont été installés. 2,5 millions de mètres cubes de terre ont été déplacés, la moitié de roches compactées ont été soumises à des explosions ; on a levé 3,6  millions de mètres cubes de remblai et on a construit 3  600 mètres de siphons avec tuyauterie double. Les eaux d’Itoiz arrosent environ

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59 000 hectares agricoles et sont destinées à la consommation d’eau potable de la population, ce qui représente 36 hectomètres cubes annuels, (39 billions de litres) et pour l’industrie 37 hectomètres cubes, (37 billions de litres). Les terrains cultivés grâce à la première phase du canal et qui jadis étaient des terrains de culture sèche sont distribués entre une vingtaine de localités et appartiennent à plus de 3 000 agriculteurs irrigants qui produisent plus de 42 produits différents. Le développement de la ramification du fleuve Ega alimente en eau 15 275 hectares de 15 localités pour plus de 6 000 irrigants. L’investissement de l’ensemble du projet barrage+canal est supérieur à 1 200 millions d’euros, somme déjà revue à la hausse au moins de 50 % !


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chaudière à vapeur, juste en bas de leur propriété, dans laquelle ils distillent la lavande pour obtenir l’hydrolat et l’huile essentielle de lavande, qu’ils vendent à Olite, dans une très curieuse boutique, mais aussi par le biais d’Internet. « Cette huile représente un revenu,et c’est grâce à l’eau », constate Juan en glissant ses doigts mouillés sur le bord d’un verre où flotte l’essence cristalline.

LA NAVARRE SÉPARÉE PAR UN CANAL Les premières eaux du fleuve Iraty coulent entre les chênes de Baxenafarroa, sur les flancs du pic Eskaleak, là où un timide ruisseau reçoit le nom d’Urbeltza. En entrant dans la Navarre du Sud, l’Urtxuria vient le rejoindre, et ensemble, ils donnent naissance au fleuve Iraty, très vite capté par le bassin d’Irabia et par le gigantesque et polémique barrage d’Itoiz. Durant la première décennie de l’an 2000, la présentation du projet conjoint du barrage et du canal de Navarre, a entraîné une très forte opposition, accompagnée de sabotages et de luttes sociales, voire même un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg. Aux flagrantes corruptions des initiateurs du projet, se sont ajoutées de récurrentes alertes scientifiques de risques de sismicité. Mais rien n’a empêché qu’un bon nombre de villages disparaissent de la carte et qu’un écosystème protégé, d’une grande valeur, soit inondé quand, en mars 2008, le barrage d’Itoiz a atteint sa hauteur de remplissage. La construction du Canal de Navarre était considérablement avancée, elle avait débuté en 2001, traçant un gigantesque trait sur le paysage de la Navarre, et coupant en deux la géographie visuelle de ce territoire. Après la capture d’Itoiz, l’eau du fleuve Iraty ne jouit plus de beaucoup de liberté. C’est seulement un petit ruisseau qui file sur sa voie naturelle ; le reste, pas moins de 45 000 litres par seconde, coule rapidement par un ravin artificiel de béton pour se soumettre immédiatement au bassin de Villaveta. Dorénavant, cette eau bleu turquoise ne pourra couler que canalisée entre ces murs en béton. Mais pas vraiment couler, car le canal cherche paisiblement le niveau de descente vers la Ribera navarraise en franchisant certaines côtes, submergé dans de longs siphons. Vers le sud d’Itoiz, après un parcours zigzagant au milieu de champs de céréales, le circuit dessiné par le canal esquive Pampelune

VIGNOBLES, CULTURES POTAGÈRES : OIGNONS, TOMATES, COURGETTES, AUBERGINES…TRÈS SOUVENT SURVEILLÉES PAR DES FEMMES MAROCAINES

en passant par le flanc oriental de la Higa de Monreal ; il se lance alors à la recherche des terres de la Moyenne Navarre. Là, il irrigue, à foison, des terres que, jadis étaient dédiées à la culture sèche, mais où maintenant pousse le maïs. Il y a quelques vignobles, des arbres fruitiers et d’énormes quantités de légumes potagères : oignons, carottes, endives, courgettes, aubergines, choux, ou tomates…, très souvent surveillés par des femmes marocaines en burkas et couvertes des chapeaux colorés. Aux portes de Pitillas, le canal, après un voyage de 101 kilomètres, abouti à son point final. Une fin provisoire pendant que l’on attend le développement d’une deuxième phase qui conduirait les eaux jusqu’à la Ribera et la ville d’Ablitas ; mais les responsables politiques sont toujours en train de s’interroger pour savoir si la phase en question est nécessaire et rentable, et si oui, quel sera le tracé, qui paiera, combien d’hectares pourrait-il arroser ? Tout autour de cet itinéraire le paysage a reverdi. Soudain, on croirait qu’un tapis vert a poussé, mais la cause est que les irrigants navarrais ont déversé sur cette terre assoiffée presque 80 millions de mètres cubes, (quatrevingt mille millions de litres) d’eaux de pluie tombées sur les Pyrénées. De cette artère principale, appelée « Première phase » partent les agrandissements où les ramifications réalisés au moyen d’une énorme conduite souterrainne à travers laquelle l’eau de l’Iraty descend vers le bassin de la rivière Ega en traversant les terres d’Estella (Lizarraondoa). Les détracteurs contestent ces modifications du paysage, voire de tout l’écosystème. « Ils veulent nous imposer le canal de Navarre, on nous apporte l’eau depuis Itoiz, à plus de 100 km de distance. Ceci suppose un coût par Navarrais de 1 400 euros, et un coût par hectare de 5 500 euros à payer par l’agriculteur avec un coût annuel pour l’eau, et pour les droits d’arrosage, quatre fois supérieur à l’actuel, sans compter les réparations du système. Et pendant ce temps, nous cessons de profiter des eaux du fleuve qui coule à côté de nos propriétés », se plaignait ainsi un agriculteur de Miranda de Arga sur le blog du réseau social Urbizi qui défend les fleuves et l'écosystème naturel.

LA SOCIÉTÉ PUBLIQUE CANASA (Canal de Navarra S.A.) composée par le Gouvernement d’Espagne (60 %), et par le Gouvernement de Navarre (40 %) s’est chargée de l’implémentation du projet, et c’est la société publique Riegos del Canal de Navarra S.A., qui gère et exploite. Les irrigants payent annuellement pour l’eau 300 € environ l’hectare, ce qui correspond à la redevance de régulation d’Itoiz ; à la CHE (Confédération Hydrographique de l’Èbre), une cotisation fixe à Canasa pour le transport de l’eau par le canal depuis Itoiz, une cotisation variable annuelle de 25 € et 40 € par hectare payée aux sociétés qui gèrent le dernier tronçon, Aguacanal et Aguas de Navarra, et finalement une cotisation annuelle de 10 € environ pour la gestion des communautés d’irrigants départementaux et locaux.

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RENOUVEAU AGRICOLE L'agriculture connaît un véritable essor grâce à l'irrigation et les sociétés agroalimentaires se frottent les mains. Le canal est devenu une manne économique.

« Le modèle de privatisation du Canal est un modèle pervers dont les conséquences font que les produits agricoles deviennent plus chers et que des secteurs étrangers à l’agriculture s’enrichissent avec une initiative publique payée par la société. L’administration de la Navarre nous a trompés quand elle défendait le projet avec, comme argument, la nécessité d’eau potable pour Pampelune. Elle n’est pas consommée, car sa qualité est pire que celle des autres sources », (Arteta et barrage d’Eugi), proteste et nuance le professeur de l’Université de Saragosse, expert en économie de l’eau et créateur du mouvement social Fundación Nueva Cultura del Agua. Les irrigants du canal de Navarre sont contents, les gérants des industries agroalimentaires, qui ne cessent de croître, se frottent les mains, parce qu’ils ont le produit au pied de leurs fabriques. Pendant ce temps, le paysage souffre d’une gigantesque blessure qui le défigure pour toujours de Nord au Sud.

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MOTS CLÉS HITZ GAKOAK Barrage : urtegi Irrigation : ureztatze Écosystème : ekosistema Risque sismique : arrisku sismiko


Les premiers

Européens

C'est un petit pays de quelque 2 500 hectares où vivent à peine une quinzaine de personnes partagées entre deux états, l'Espagne et la France. Des Européens avant l'heure.

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texte Jean-Paul Bobin / photographies Emmanuel Grimault

Q U I N T PAGE 43

LIMITES Cette carte, tracée sur un coin de table par Michel Ernaga maire d'Urepel, rappelle les limites du Pays Quint.

C'est un petit pays de quelque 2 500 hectares où vivent à peine une quinzaine de personnes partagées entre deux états, l'Espagne et la France. Des Européens avant l'heure.


PAYS QUINT

Avant 1980, le Pays Quint était un territoire oublié, voire isolé, personne, ni en France, ni en Espagne, ne se souciait de ses habitants. Les choses ont un peu changé depuis

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PÂTURAGES Il n'est pas rare de croiser des animaux en liberté, brebis, vaches, chevaux ; le Pays Quint est une terre de pâturages et se plaît à le rappeler.

NATURE Antonio Marittorena, garde forestier navarrais, en charge de tout ce qui concerne l'environnement, une responsabilité de la Communauté autonome de Navarre.

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ÉLECTRICITÉ L'électricité n'est arrivée qu'en 1980, grâce notamment à l'action de Marie-Antoinette Etchebarren, alors maire d'Urepel.

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PAYS QUINT

LEHEN EUROPARRAK

phie, mais, comme le souligne, À la sortie d'Esnazu, une fois non sans ironie, Idoia Iribarren, laissées derrière nous la place 2500 hektaroko herritxo bat propriétaire de la venta Baztán, du fronton et la petite chada, non doi-doia hamabost construite par son père en 1971, pelle de l'Assomption, la route bat pertsona bizi baitira, bi « les gens du coin, ils s’en foutent « internationale » serpente lenestaturen artean banatuak, pas mal de l’histoire ! ». tement à travers une palette Espania eta Frantzia. Europarrak Pourtant, c’est l’une des premières de verts telle un monochrome ordua baino lehen. choses que l’on vous raconte, géant de la nature. Prairies chacun y allant de son anecdote. fauchées, sous-bois et forêts Non pas l’histoire consignée dans moutonnent à perte de vue et les livres, mais celle plus personle regard se noie à la recherche nelle, qui laisse sa griffe dans la de quelque amer susceptible mémoire de chacun. Idoia, elle-même, se souvient de cet de dévoiler Kintoa. La brume matutinale écume les somhiver, lorsque les carabiniers gardaient encore la fronmets, plongeant le visiteur dans un monde onirique tière, et lui interdirent l'accès jusqu'à sa venta. « J'avais habité par la ronde des vautours fauves, discrètes sentibeau leur dire qu'ils me connaissaient, que j'étais la fille nelles de la montagne. Le silence semble hanté par les de Panxo, rien à faire, ils n'ont pas voulu me laisser pasvers de Xabier Lete : Nun hago, zer larretan/Urepeleko ser. Ça marque ! » Cette nuit là, Idoia dut rebrousser cheartzaina,/Mendi hegaletan gora/Oroitzapen den gerora/ min jusqu'à son village natal, Dantxaria. Ihesetan joan hintzana. (1) Cette ode au plus célèbre des bergers d'Urepel, Fernando Aire Etxart, plus connu comme poète et bertsolari sous LE LIEU DE RENCONTRES le nom de Xalbador, nous rappelle l'histoire de ces territoires voués naturellement au pastoralisme. Le tintinnabulement des sonnailles nous ramène à la réaSi aujourd'hui, l'immense caserne située un peu plus haut lité. Régulièrement, la route est embouteillée de brebis, n’inspire plus la crainte, avec ses portes et fenêtres murées, chèvres et autres chevaux, squatters de bon droit, souelle intrigue néanmoins. En effet, depuis quelques mois lignant eux aussi la destination de ces terres. Quelques des mouvements de voitures de luxe et des travaux au rares bordes pointillent le paysage, puis de part et d'autre compte goutte laissent libre cours à toutes les interprétade la chaussée, deux supports rouillés, dérisoires et fantions sur son avenir. Cauteleuse, la personne rencontrée tomatiques témoins d’une frontière de funèbre souvenir, sur les lieux ne fut pas très prolixe se contentant d'une attestent de notre arrivée au Pays Quint, Kintoa en eusréponse laconique : « Elle appartient à notre famille. » kara. Ici, la terre appartient à l’Espagne mais les résidents Antonio Marittorena, garde forestier navarrais croit, lui, dépendent de la France (lire encadré) et plus particulièsavoir que « ce sont des Espagnols, loin dans l'Espagne, rement de la commune d'Urepel, forte de 292 habitants. qui l'on rachetée…» Une situation qui fut, par le passé, souvent difficile, voire En cette matinée d'automne aux allures estivales, à ubuesque, pour les autochtones. Les errances de l’Hispeine ouverte, la venta Baztán accueille déjà ses pretoire entraînent parfois les balbutiements de la géogramiers clients. Épicerie, bazar, bar, restaurant, magasin

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Comme le souligne Idoia Irribarren, patronne de la venta Baztan, « les gens du coin, ils s'en foutent pas mal de l'histoire ! »

FAMILLE Idoia Irribarren a repris la venta construite par son père en 1971. Née à Dantxaria, elle avoue « avoir toujours vécu sur une frontère. »

CONVIVIALITÉ Jean-Pierre, dit Pampi, Daniel et Raimundo sont des habitués de la venta, autant des clients que des amis qui profitent de ce moment de convivialité.

KITSCH Une décoration kitsch assumée qui fait se côtoyer des paniers en osier suspendus en vitrine avec une vue d'artiste du lieu, des bois de rennes et une multitude d'improbables souvenirs…

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PAYS QUINT

Les Kintoars commencent à être lassés de la curiosité suscitée par leur petit bout de terre, notamment auprès des médias nationaux et particulièrement des chaînes de télévision de souvenirs, station service, elle est l'unique commerce de Kintoa, mais bien plus que cela, le lieu de rencontre de ce petit pays de 2 500 hectares et même d'au-delà ; on y vient aussi d'Urepel, des Aldudes et de toute la vallée. « Avant, on venait très tôt le matin pour le Ricard » confie Idoia en un sourire complice. Un endroit où le temps paraît suspendu. Ici, tout le monde se connaît, on se salue, en basque, en français ou en espagnol, les trois langues que chacun pratique indifféremment. « Les clients, on les connaît tous depuis le temps » précise la patronne.

MARRE DES JOURNALISTES

EN FAMILLE Michel Gascue reçoit, ce jour-là, la visite de sa fille Nadia, vétérinaire à Garazi, accompagnée de Jade, sa petite-fille qui adore câliner Neige, la chienne de la famille.

Adèle est installée aujourd'hui à Esnazu, mais elle est née et a grandi à Kintoa où vivent toujours ses parents. Idoia est une amie d'enfance : « La venta a toujours été le point de rencontres. » Elle aussi a la tête emplie de souvenirs : « Dans les années 40, ma grand-mère a connu jusqu'à deux mois consécutifs de neige. » Ici, on ne questionne pas le réchauffement climatique, on le constate et depuis quelques années, il est très rare d'enregistrer plus de deux jours enneigés, « et encore », précisent les agents du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques : « C'est notre boulot de déneiger la route départementale » expliquent-ils. Aujourd'hui, c'est pour une simple pause café qu'ils ont fait une halte diplomatique à la venta : « Comme dit notre chef, là, on entretient les relations transfrontalières…» Ce jour-là, Pampi, Daniel et Raimundo, des habitués, refont le monde au comptoir. Comme eux, beaucoup des visiteurs, venus pour le pain, s'autorisent quelques minutes de convivialité devant un café ou la fameuse sangria maison d'Idoia. « Nous allons chercher les produits frais à Pampelune, à 45 kilomètres, on travaille surtout avec les Français » explique-t-elle. Il y a bien quelques cyclistes, quelques motards ou à la saison quelques cueilleurs de champignons qui s'arrêtent mais Idoia constate : « Aujourd'hui, il y a moins de touristes qu'avant. » Ce qui ne déplaît pas obligatoirement aux autochtones lassés de la curiosité suscitée par leur petit bout de terre si singulier, notamment auprès des médias. « On a déjà donné » nous rabroue l'une des habitantes ajoutant « en avoir marre des journalistes. » On nous expliquera, plus tard, que certains reportages accentuent le côté « pays perdu et bêtes de foire ». Surtout à la télévision. Ouf ! D'autres sont plus accueillants, tel Michel Gascue, dont la ferme se trouve sur un chemin communal en contre-

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UREPEL La mairie du petit village d'Urepel, tapie contre l'église est, notamment, responsable de la petite route communale qui serpente vers le Pays Quint.

DÉPANNAGE On se croirait presque dans le Montana face à cette station service aux lumières opalescentes, nichée dans ce décors de montagnes. Elle dépanne, de jour comme de nuit, les Kintoars et les habitants de la vallée.

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UNE HISTOIRE CENTENAIRE Très souvent, dans les Pyrénées, lorsqu'il s'agit des questions liées à la frontière, on évoque le traité des Pyrénées de 1659. S'agissant du Pays Quint, Kintoa en euskara, il faut ajouter celui d'Elizondo, en 1785, qui trace « la ligne d'Ornano » fixant définitivement la frontière entre haute et basse Navarre et délimitant ainsi les zones de pâturage de manière si arbitraire – ne tenant compte, ni des coutumes, ni de la ligne de partage des eaux – qu'elle ne fut jamais respectée et donna lieu à de nombreux incidents entre Navarrais du Nord et du Sud. Rappelons que ce territoire s'étendait sur plus de 20 000 hectares de Baigorri jusqu'à Erro, les eaux communes appartenant, jusqu'au XVIe siècle à la Navarre. Il fallut attendre 1856 et le Traité de Bayonne pour qu'officiellement le Kintoa devienne une enclave qui appartient à l'Espagne, mais dont la gestion est assurée par la commune d'Urepel, en Basse-Navarre. Son nom aurait pour origine le tribu versé par les éléveurs du Nord : un porc sur cinq ! Les familles qui y vivent paient les impôts locaux et sur le revenu en France, mais la taxe foncière à la Communauté autonome de Navarre. C'est la Commission syndicale de la vallée de Baigorry, qui regroupe sept communes, qui s'occupe de tout ce qui relève de l'agriculture, l'élevage et l'ensemble des problèmes pastoraux. Ses interlocutrices sont les vallées navarraises du Baztan et de Erro. Le 24 mai, les bêtes sont marquées à Urepel d'un VE (vallée d'Erro) garantissant le bon fonctionnement de l'accord. Chaque année et à perpétuité, la France verse une redevance à l'Espagne pour autoriser ces droits de pâturage.

LIGNE « P » Vestiges de la paranoia d'un dictateur, les restes de ces bunkers - jamais utilisés témoignent de la ligne « P » (pour Pyrénées), sorte de ligne Maginot de l'Espagne franquiste.

JAMAIS LOIN Adèle Etcheverry est native du Pays Quint où vivent toujours ses parents. Amie d'enfance d'Idoia, elle aussi se souvient de l'époque où vivre au Kintoa était parfois difficile.

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La borne frontière 137, ultime témoin d'une frontière désormais révolue, gît ensevelie sous les ronces et les mûriers en contrebas de la venta bas de la venta. Ce jour-là, sa fille Nadia, vétérinaire à Saint-Jean-Pied-de-Port (Garazi) est venue lui rendre visite avec sa petite fille Jade. Tandis que la fillette entame une série de câlins avec Neige, la chienne de la maison, Michel raconte qu'enfant, il mettait une heure pour se rendre à pied à l'école à Urepel et autant pour aller à la messe. Et l'hiver davantage lorsque le chemin communal était enneigé ! Il faut rappeler que jusqu'au début des années 1980 « c'était un territoire oublié », précise MarieAntoinette Etchebarren, maire d'Urepel entre 1977 et 2008. « Il n'y avait ni électricité, ni desserte du courrier » explique celle qui se battit pour faire arriver l'électricité au Pays Quint, en 1980 ! C'est elle aussi qui mit en place le ramassage scolaire dont bénéficia plus tard Xabi, le fils de la famille Gascue : « On était les derniers à quitter l'école, on fermait les volets et la porte du préau, on passait le balai. Plus tard au collège, je me souviens des réflexions narquoises de Madame Duzan, les hivers enneigés, lorsque j'arrivais en retard ou au lendemain d'une absence : “Alors Xabi, la neige elle a fondu ? ” Les Quintoars étaient tout de même toujours un peu à part ! ».

L'ESPAGNE NE FAIT RIEN Tout au long de ses mandats, Marie-Antoinette Etchabarren s'est battue pour le Pays Quint et ce ne fut pas toujours facile : « Les citoyens d'Urepel trouvaient qu'on en faisait un peu trop pour les Kintoars ! » Aujourd'hui, Xabi sourit, se remémorant cette époque, les jeux avec les filles de la venta, Béatrice et Laetitia, et puis surtout le bonheur du travail aux champs avec son père et son amour des animaux. Leur petite exploitation possède 150 brebis, 15 vaches et des juments « pour le plaisir » ajoute-t-il. Quarante ans plus tard, la famille Gascue ne dispose toujours pas de téléphone filaire. La Direction générale des Télécommunications qui deviendra France Télécom plus tard, – pourtant entreprise de service public – refusera l'installation d'une ligne. Et aujourd'hui, c'est uniquement grâce au satellite que Xabi, peut surfer sur Internet, avec les aléas que l'on imagine. Il en sourit. À 27 ans, il a eu le temps de s'habituer à sa condition particulière de Kintoar. Michel Ernaga, l'actuel maire d'Urepel rappelle que « la

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zone habitée est petite » et la compétence de la commune concernant la route communale, celle qui part face à l'église et s'enfonce dans la montagne. Le maire nous confie qu'il reste environ, aujourd'hui, une quinzaine de personnes vivant au Pays Quint, réparties en huit foyers. Et encore, certains travaillent sur la côte et n'ouvrent leur maison que le week end. Le facteur nous confie que sa tournée journalière dure entre 3/4 d'heure et 1 heure, compte tenu de l'isolement des habitations. À l'inverse, « la factrice espagnole, qui ne passe que deux fois par semaine, laisse le courrier à la venta, où chacun vient le chercher. » Idoia confirme que « les Espagnols ne font rien pour nous…» Antonio Marittorena, garde forestier navarrais, sourit en guise de réponse ; il explique que « tout ce qui concerne l'environnement, eau, pêche… dépend de la Navarre » et ajoute-t-il, prenant à témoin les quelques clients convaincus : « L'automne est en retard et l'été n'aura pas été bénéfique aux cueilleurs de champignons, ni à l'arrivée des palombes…». Il nous entraîne en contrebas de la venta pour débusquer, ensevelie sous les mûriers, la borne frontière 137 ultime témoin d'une époque révolue. On se souvient des propos d'Adèle : « En 1965 quand ma mère est arrivée de Navarre, elle ne parlait que l'espagnol. Franco avait interdit l'usage du basque, elle l'a appris ici. Elle arrivait d'un village où il y avait l'électricité, çà lui a fait un choc ! On était les premiers Européens ! » En reprenant la petite route communale qui serpente jusqu'à Urepel, on ne peut s'empêcher de songer aux vers d'Edith Södergran, la grande poétesse finlandaise : « Mais il est une chose que j’ai découverte,/une chose que j’ai vraiment conquise/ le chemin du pays qui n’est pas. » (1) Où es-tu, dans quels pâturages,/berger d'Urepel ?/ toi qui as fui/vers les flancs de la montagne,/vers les lendemains qui demeurent dans le souvenir.

MOTS CLÉS HITZ GAKOAK

Enclave : enklabe Pastoralisme : artzaingo Frontière : muga Borne : zedarri


FRONTENIS

C L A I R E D U TA R E T- B O R D A G A R AY U N E C O M B AT TA N T E La vice-championne du monde de frontenis de Barcelone, Claire Dutaret-Bordagaray, semble posséder le don d'ubiquité, tant sa passion et son sens de l'engagement la conduisent à mener plusieurs combats simultanément. Une force puisée dans un esprit de compétition hors norme.

C

e que l'on remarque en premier, c'est le sourire qui éclaire un visage au regard lumineux et pétillant. On ne sait pas trop si c'est le plaisir de nous rencontrer ou la vue du petit trinquet Artetxea de Bidarray qui en sont la cause ? Parions sur les deux. Lorsqu'elle sort de sa voiture, Claire est déjà en tenue pour se colleter à la cancha. Ce matin-là, alors que l'été fait de la résistance et que les crêtes d'Iparla nous lancent une ultime invitation, elle a rendez-vous avec ses collègues de l'hôpital de Bayonne pour une partie amicale à l'occasion du départ de Mailen, l'une d'entre elles. On a beau être vice-championne du monde de frontenis à Barcelone en 2018 - lors de ces championnat la France a d'ailleurs récupéré la place de leader mondial en nombre de médailles -, on n'en prend pas moins ces parties amicales avec sérieux ; l'une des premières règles de la pelote étant la courtoisie qui consiste à respecter les adversaires. En entrant dans le trinquet, Claire arbore, chaussures roses et lunettes de protection. La championne commence à taper quelques balles avec ses amis, mais très vite, les rires et les plaisanteries, « ce n'est pas l'Aviron ici ! », l'emportent sur le résultat. « Les parties de pelote sont des moments de convivialité et de partage. Ici, au Pays basque, tout le monde y a joué dans son enfance. » L'échange reprend et la championne n'est pas avare de quelques conseils amicaux et parfois… railleurs. Comment qualifier Claire Bordagaray, tant ses activités sont multiples ? Mère de deux enfants, infirmière de nuit en réanimation au Centre hospitalier de Bayonne, élue locale dans sa mairie de Uhart-Cize, élue régionale où elle siège au sein de la Commission culture, sport, jeunesse et solidarité, Vice-présidente de la Fédération internationale de pelote basque (FIPV), Présidente de Pelote Génération Frontenis, et bien sûr sportive de haut niveau, championne de pelote multi médaillée et sans doute en oublions-nous ! C'est peut-être Jean-Michel Anchordoquy, maire de Bidarray et ancien collègue de Claire qui la résume le mieux : « C'est une battante ! » Claire a débuté par le tennis et la natation, et un peu de pelote au collège Jean de Mayorga de Garazi. « À l'époque, deux jeunes filles s'y entraînaient pour les J.O. »

BORROKALARIA

Bartzelonan, frontenis munduko txapeldun ordaina, Claire DutaretBordagarayek, iduri du ubikuitate dohaina izaten, hainbeste bere pasioak eta bere engaiamenduaren zentzuak, aldi berean hainbat borroka kudeatzera eramaten dute. Bere lehiaketa izpiritutik hartzen duen indar bat.

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texte Jean-Paul Bobin / photographies Emmanuel Grimault

À quatorze ans, elle intègre la section sport-études pelote du lycée René Cassin de Bayonne, spécialité frontenis et pelota gomme creuse. À 19 ans, elle prend la gérance du trinquet de Baigorri, histoire de s'immerger un peu plus dans la pelote. C'est d'ailleurs là qu'elle recontrera son mari, lui aussi pelotari. Depuis, la petite gomme rythme sa vie et la passion ne l'a plus quittée. En 1999, elle entame sa carrière internationale aux championnats du monde espoirs moins de 22 ans, en Argentine, puis ce sera Pampelune, Cuba, le Mexique, et elle se prépare actuellement pour ceux de 2020 qui devraient se dérouler à Valence ou au Mexique. « J'ai l'impression encore de progresser, cela me donne envie de m'entraîner davantage. La pelote, c'est ma soupape, tant que je suis dans cette dynamique, je n'ai pas envie de m'arrêter. » Pour la sophrologue Virginie Tessari qui l'assiste dans sa préparation mentale pour les compétitions depuis trois ans, « Claire fait preuve d'une grande intelligence de l'esprit et du cœur. Depuis trois ans, sa progression est incroyable. » Ce que confirme sa collègue Mailen : « Elle est déterminée et exceptionnelle au boulot. Elle a des qualités humaines que d'autres n'ont pas. »

DISPONIBILITÉ ET ALTÉRITÉ

MOTS CLÉS HITZ GAKOAK Combat : borroka Partage : partekatze Reconnaissance : ezagutza Altérité : desberdintasun

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Et la vice-championne du monde de Barcelone entend bien défendre ses chances en 2020 : « Je vais repartir sur une grosse préparation physique et mentale. Cette préparation mentale me sert aussi dans ma vie professionnelle. J'ai envie de continuer à prendre du plaisir et à transmettre aux jeunes générations. » En attendant, Claire milite, au sein des instances internationales pour le développement de la pelote. Elle faisait partie de la délégation de la Fédération internationale reçue par le Comité International Olympique pour présenter le projet d'intégration de la pelote comme sport additionnel. Et si elle préside Pelote Génération Frontenis « c'est pour mieux faire connaître le frontenis », précise Virginie Tessari. Cette reconnaissance est importante pour Claire Bordagaray : « Au Mexique, le frontenis est le deuxième sport après le football. Là-bas, comme en Espagne, les joueuses sont, au minimum, semiprofessionnelles, ici, nous sommes toutes amateurs. Il y a un problème de reconnaissance pour cette discipline et, pour les sportives en général, les joueuses de main nue et de cesta punta ont une meilleure notoriété et c'est comme dans tous les sports, les footballeurs sont p!us connus que les footballeuses ! » Et, comme le précise Virginie Tessari : « Claire exècre l'injustice ! » Et, comme si tout cela ne lui suffisait pas, comme si elle rêvait d'étirer les journées, Claire parcourt les collèges pour informer les jeunes sur les enjeux du sport et de la diététique santé. Celle qui sait « qu'il n'y pas de partie facile », n'hésite pourtant pas à en livrer plusieurs à la fois, pour la sauvegarde de l'hôpital public, pour faire reconnaître le frontenis à sa juste place, pour valoriser la place de la femme dans la pelote et… dans la société. Autant qu'une battante, Claire est une combattante qui avoue : « Ce qui m'aide, c'est la faculté à rêver. »


GRAND BLEU

Chez nous, ils sont peu nombreux. Il y a douze ans, David Ducourneau a créé l’entreprise Ibaia. Rencontre avec un scaphandrier du Pays basque.

Un tra va il d e passionnés qui exige une très grande rigueur, tant dans la préparation qu'au moment de la plongée qui, souvent, s'effectue dans des conditions extrêmes dans lesquelles ils effectuent toutes les tâches des professionnels du BTP. Un travail d'équipe où chacun veille sur la sécurité des deux autres.

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Ibaia texte Txomin Laxalt / photographies Ibaia

travailleurs en eaux troubles

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GRAND BLEU

IBAIA, LANGILEAK UR NAHASITAN

Gurean, oso guti dira. Duela hamabi urte, David Ducourneau-k Ibaia enpresa sortu du. Topaketa Euskal herriko eskafalandriekin.

C

Contrairement aux eaux dans lesquelles ils évoluent, que les choses soient claires ! Sans déconsidération aucune, les scaphandriers seraient aux plongeurs, ce que les guides de haute montagne sont aux excursionnistes, les commandants de bord d’un vol long courrier aux pilotes d’aéro-clubs. Les scaphandriers - telle est la terminologie officielle retenue par le ministère du Travail et la Fédération Nationale des Travaux Publics dont ils dépendent - sont avant tout des professionnels de travaux subaquatiques, souvent délicats, réalisés dans un milieu hyperbare où la pression est supérieure à la pression atmosphérique - plus un bar (1 000 hectopascals) tous les 10 m. On s’en doute, une affaire de passion et de savoir-faire. Créée en 2007, basée à Briscous, la société Ibaia, répond aux critères classiques du BTP lesquels, en se doublant de ceux, vétilleux, du travail en immersion, en font une entreprise improbable, voire insolite sous nos cieux. Sans doute le fait de travailler dans l’incognito d’eaux glauques dans des tenues aussi imposantes que déroutantes, soumis à un matériel complexe, situe le métier de scaphandrier davantage dans la catégorie d’une énigmatique confrérie d’aventuriers. La rencontre avec David Ducourneau, directeur d’Ibaia et une visite de chantier, en levant le voile sur la profession - et sans infirmer ce sentiment pour autant - nous a surtout révélé une communauté de techniciens au casque bien vissé sur les endosses.

HÉRITIERS DES LAISSÉS POUR COMPTE Le bureau, peut-être pour rappeler que les chantiers sont itinérants, est un grand algeco qui n’exclut pas la part de rêve inhérente à cette profession. Bien sûr, la reproduction du sous-marin du professeur Tournesol figure en bonne place sur une étagère. Dans un coin, une bouteille de plongée autour de laquelle, tel un caducée, se love un détendeur, quelques posters évocateurs, une bibliothèque spécialisée et, comme il se doit, des dossiers. Pour synthétiser l’ensemble, un pied-lourd (nom donné au scaphandrier traditionnel). De prime abord, le mannequin fait songer au Tintin

du Trésor de Rackham le Rouge. David Ducourneau, personnage truculent tout de passion certes, mais aussi pétri de rigueur, en désignant le bonnet rouge qui coiffe le scaphandrier sous son casque boulonné, remet vite le manomètre à la bonne pression. Jusqu’au début du XXeᵉsiècle la profession, pour les accidents mortels de décompression qu’elle générait, était réservée aux bagnards qui portaient le bonnet rouge. « Voilà pourquoi, Cousteau l’a choisi comme symbole. Quelque part nous sommes les héritiers de ces laissés pour compte. » Trêve de dramatisation et de mythe. David Ducourneau a réalisé d’abord un rêve de gosse : être scaphandrier. « Une vocation due en partie au documentaire de Cousteau consacré aux pêcheurs d’éponges de l’île grecque de Kalymnos, des lectures aussi dont le livre, aujourd’hui oublié, de Claude Rabault, L’Or et la griffe », confie-t-il. Un apprentissage de 18 mois à la rude école normande de scaphandrier, sous la houlette d’un authentique Maître scaphandrier, précède une fructueuse expérience professionnelle de cinq ans en Afrique. Cependant, l’attachement profond au Pays basque le conduit à revenir pour créer sa propre entreprise - où, faut-il le préciser, le bilinguisme est présent - une gageure.

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Dans un coin, une bouteille de plongée, quelques posters évocateurs, une bibliothèque et, pour synthétiser l'ensemble, un piedlourd (nom donné au scaphandrier) qui, de prime abord, fait songer au Tintin du Trésor de Rackhlam le Rouge, un décor d'aventuriers des hauts-fonds, qui plonge le visiteur dans l'ambiance.

Briscous L'attachement profond au Pays basque a conduit David Ducourneau à revenir y créer sa propre entreprise

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GRAND BLEU

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Ce sont avant tout des professionnels des travaux subaquatiques souvent délicats à réaliser dans un milieu hyperbare. Une affaire autant de passion que de savoir-faire. Créée en 2007 à Br iscous, la société Ibaia répond aux critères classiques du BTP, et du travail en immersion, une entreprise improbable !

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boue

Des grands chantiers qui les amènent souvent au pied des barrages ou dans d'inquiétantes aquosités de stations d'épuration


b

GRAND BLEU

Le rite de l'habillement est avant tout une procédure de sécurité. C'est le collègue qui ajuste le casque de celui qui va descendre et s'assure que tout fonctionne. Grâce au narguilé, seul lien avec la surface on ne perd jamais le contact avec le plongeur et, quoi qu'il arrive, il ne manquera jamais d'air. Sécurité !

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bulles Le moindre changement de rythme dans la respiration du plongeur peut signifier un problème…

Aujourd’hui, ils sont trois à œuvrer au sein d’Ibaia mais constituent en pratique une forme de Trinité subaquatique ou si l’on préfère, trois en un, tant leur travail demande une forme d’osmose. Nicolas, 25 ans de bulles sous les barges africaines aux côtés de David, dans la pure tradition d’un film de Robert Enrico, lâchera tout pour l’accompagner dans l’aventure Ibaia. Le benjamin de l’équipe, Camille, neuf ans de grand bleu apporte en plus sa formation de soudeur. Bétonnage, pose de coffrages, renflouage, bathymétie mais aussi inspection d’ouvrages d’art, grappinage et curage de barrages, travaux portuaires et visites sur tous types de navires tel est le quotidien d’Ibaia. L’Adour, quand il se prépare à affronter le grand océan, participe de la vie du port de Bayonne et ses eaux turbulentes y abritent, sous sa face immergée, cette double canalisation permettant d’assurer l’alimentation en eau douce de la rive droite en cas de nuisances. Ce jour-là, le bateau d’Ibaia avait mouillé l’ancre pratiquement au mitan du fleuve, à quelques encablures en aval du pont Saint-Esprit, entre les quais Saint-Bernard et les Allées Marines. Un vrai temps de mois d’août, pas de vent mais un méchant courant. Un simple travail de prélèvements, d’inspection et de mesure de la tuyauterie - immergée à 13,50 m, garrotée de concrétions, elle subit d’importantes contraintes - loin des grands chantiers qui les amènent souvent à travers l’Hexagone au pied de barrages ou dans les inquiétantes aquosités de quelque station d’épuration. Un chantier imposant cependant un même et rigoureux protocole.

LES YEUX DU BUREAU D'ÉTUDES C’est Camille qui s’y colle aujourd’hui. Comme un chevalier s’abandonnant au rite de l’habillement, après avoir revêtu sa combinaison semi-étanche, il laisse Nicolas ajuster son casque qui le fera ressembler bientôt à quelque fabuleux animal marin relié à de sibyllins embouts dont on devine qu’ils se révèlent vitaux. Serpent à trois tuyaux tressés, multicolore et soigneusement lové, le précieux narguilé repose encore à la proue de l’embarcation. Depuis les bouteilles d’air comprimé assujetties sur le pont du bateau, il sera le seul lien avec la surface, à la vie. Nicolas, tout à son travail d’apprêt, prend le temps de commenter : « Le bleu pour l’air, le jaune pour la profondeur et le rouge pour la radio, deux arrivées d’air sur le même flexible, plus le biberon de secours » et David, occupé aux appareils de mesure, de compléter : « Depuis 2011, le narguilé est une obligation dans la réglementation des travaux hyperbares. On ne perd jamais le plongeur et quoi qu’il arrive, il n’est jamais en manque d’air. »

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D’ailleurs, comme s’ils faisaient partie intégrante de la personne, c’est le mot organe qui est utilisé pour désigner les éléments de cet appareillage sophistiqué. 15h 49, Camille a basculé sous la surface, quelques longueurs du narguilé serpentent au fil du courant. Comme un poignant murmure de fond, la respiration régulière de Camille parvient par la radio. « Une indication précieuse, le moindre changement de rythme peut signifier un stress, un problème ». Régulièrement, la communication s’établit et, avec un œil toujours sur les écrans de contrôle, la progression du travail est soigneusement notée. « Nous sommes les yeux du bureau d’études qui fera appel à nous, depuis des expertises jusqu’aux travaux proprement dits, aujourd’hui en l’occurrence, spécialisé dans la mécanique des vases et conduites sous-marines. » Appelés souvent pour des remplacements de pièces ou des soudures sur des installations immergées à des profondeurs allant jusqu’à 50 m, la turbidité des eaux leur impose d’évoluer et d’œuvrer le plus souvent en aveugle. Par un long travail introspectif, le scaphandrier devra, en amont et sur la terre ferme, s’imprégner du plan, souvent complexe, de l’installation, pour à tâtons, démonter et remplacer la pièce défectueuse. Une stupéfiante aptitude que seule la formation, la pratique et surtout une maîtrise de soi et du milieu permettent d’acquérir. Quand on connaît le coût d’une intervention, le temps perdu n’est pas de mise. David Ducourneau s’abandonne volontiers aux souvenirs. Le meilleur ? « Un chantier imposant un bivouac dans la Maurienne près du Mont Cenis. Il fallait vider la bonde du fond d’un barrage, à 2 600 m d’altitude par -25°, un extraordinaire travail d’équipe entre tous les corps de métier, dans une ambiance inoubliable. » Cet office rare - il soumet le scaphandrier à une visite médicale annuelle analogue à celle des pilotes de chasse - les autorise à « travailler dans cette quatrième dimension où l’on ne sait plus si l’on monte ou l’on descend, celle où l’on perd les deuxième et troisième dimensions de notre quotidien et leurs repères habituels. Peut-être est-ce là que réside cette part de satisfaction et de jouissance. » Camille en avait fini avec ses paliers de décompression après plus de deux heures passées au fond. Le soleil amorçait sa bascule vers le pignada. Aussi vrai qu’on ne peut demander la lune à un scaphandrier, ces trois là arboraient le sourire de ceux qui, après un travail rondement mené, accrochent à leurs rêves une nouvelle étoile… de mer.

MOTS CLÉS HITZ GAKOAK Scaphandrier : eskafalandria Respirer : arnasa hartu Sous-marin : itsaspeko Environnement : ingurumen


GORAAAA GOAZ !

Ez, istorio hau ez da “bost aste globoan” nobelarena, zeinetan Samuel Fergusson doktoreak belarra erre behar baitu gaizkilengandik libratzeko eta bere globoa senegal ibaiaren beste hegira eramatera. idurikatzen da paregabeko  abentura bat, baizik ez da esperientza lilugarri bat airean ibiliz, zeruko burbuila bezalakoa.

ARRIBAAAAAAA !!!

DÉCOUVERTE

VAMOS

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texte etphotographies Santiago Yaniz Aramendia

Non, ce récit n’est pas comme celui de Cinq semaines en ballon, dans lequel le docteur Samuel Fergusson doit brûler de l’herbe pour échapper aux malfaiteurs et guider son aérostat vers l’autre rive du fleuve Sénégal. On l’imagine comme une aventure unique, ce n’est qu’une merveilleuse expérience, flottant dans l’air telle une bulle de ciel.

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DÉCOUVERTE

AU BALCON Le départ se fait toujours après l’aube, c’est le meilleur moment, car les vents ne sont pas forts. Baignés par cette quiétude, les voyageurs profitent à fond du paysage, certains s'abandonnent même à la méditation, tandis que d'autres sacrifient aux inévitables souvenirs photographiques.

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LE BALLON A U N E C A PA C I T É D'ASCENSION SUPÉRIEURE À CELLE DES HÉLICOPTÈRES

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SANS SOLEIL


DÉCOUVERTE

S’offrir un voyage en ballon est le meilleur moyen de s’envoler vers ce but, d’après ce que l’on dit, qu'il faut réaliser au moins une fois dans sa vie : écrire un livre, planter un arbre, avoir un enfant, et fréquemment on y ajoute, voler en ballon. En Euskal Herria ceci n’est pas du tout difficile, il suffit de monter dans la nacelle en osier de l’un des aérostats colorés pilotés par Joseba García, un passionné par l’air chaud depuis son adolescence. Vrooom…, retentit le moteur à essence qui fait tourbillonner un ventilateur géant sous les reliefs de la Sierra Sálvada. Ce n’est alors qu’une gigantesque ligne de nylon rouge qui commence à se transformer en une sphère bercée et ondulée par une légère brise. L'action se déroule sur une prairie de la bourgade de Tertanga, transformée en piste de décollage pour les ballons aérostatiques de Globoestratos. Le pic du Fraile veille sur cette scène digne d’une aquarelle sur laquelle glissent les dernières brumes de l’aube tout en cachant les vignobles de Delika et la ville médiévale d’Orduña. La première tâche à faire a été d’armer le ballon en attachant, avec des mousquetons, les câbles de la gigantesque bulle en nylon à la nacelle. Cette nacelle suspendue est toujours fabriquée en osier et en cuir, des matériaux qui ont prouvé leur efficacité et leur souplesse dans les conditions les plus extrêmes en atterrissant ou en se trainant sur des centaines de mètres sur terre. Indispensable dans les opérations de déploiement et de ramassage, mais surtout, dans la poursuite du vol sur terre, pour aller recueillir les passagers et le ballon. Pendant que le ballon gonfle, la transparence de la toile dessine à contre-jour des silhouettes et de capricieuses figures, créant des fantaisies d’ombres et de couleurs. Une pure beauté. Joseba essaye de parler à ses voyageurs, qui imperturbables, tentent de tout photographier comme si l’instant allait leur échapper. « Regardez : avec le ventilateur, nous gonflons

SENS DES VENTS Pour voler vers la source du fleuve Nervión et survoler la Sierra Sálvada il est nécessaire que les vents du nord soient prédominants. Quand ces conditions ne sont pas réunies, les vols sont réalisés sur les terres voisines de la vallée de Mena vers Burgos.

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LE BALLON S'ÉLÈVE D O U C E M E N T, SANS SACCADES, DÉFIANT L'AIR COMME DANS UN RÊVE

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le ballon, mais il n’a pas encore la capacité de voler car l’air a la même température que sur terre ; maintenant nous allons le réchauffer. » Il ouvre aussitôt la vanne d’un brûleur et avec l’étincelle d’un capteur piézoélectrique, le gaz est allumé. Tout de suite après, le deuxième brûleur s’allume. Dès qu’il ouvre le gaz, une puissante et bruyante flambée, qui rappelle les dragons des contes, rugit en lançant le feu au ballon. Comme s’il s’agissait d’un tour de magie, la sphère rouge couchée sur l’herbe, commence à se hisser plaçant la nacelle de l’aérostat sur pied, elle est encore attachée avec une grosse corde au 4x4. Il reste peu de rêves à réaliser pour Joseba. Mais celui de voler en ballon est solidement enraciné dans sa mémoire depuis plus de trente ans. Il a commencé comme le font presque tous les amateurs : « La passion de voler, de voir le monde à partir d’une autre approche, mais, sans oublier son esprit avéré d’aventure, esprit commun à toute personne qui monte dans un ballon. » Dès qu’il a mis en pratique cette passion il a eu l’opportunité de voler presque partout au-dessus de la moitié du monde, en plaçant sur ses étagères toute une collection de trophées, tout ça est bien utile pour arriver à partager l’expérience accompagnant les voyageurs lors d’un baptême de l’air au-dessus de la Sierra de Sálvada. Voler avec lui est une garantie de tranquillité. « Maintenant nous allons apprendre quelques règles sur la sécurité », dit-il à haute voix quand tout le monde est déjà embarqué et les passagers bien disposés, comme des sardines, dans la nacelle : « Personne ne doit toucher mes appareils, et quand je vous le dirai, toutes les mains doivent rester à l’intérieur de la nacelle, surtout lors de l’atterrissage, si à ce moment-là, il y avait du vent, tout le monde doit s’accroupir, il faut que rien ne dépasse du bord de la nacelle. Compris ? Avez-vous une question ? » Ils approuvent, pendant que le pilote envoie le gaz aux brûleurs. Nous sentons la chaleur du propane qui brûle au-dessus de nos têtes et d’une manière presque imperceptible, nous sommes en train de nous élever, doucement, sans saccades, sans brusqueries. Peu de temps après, la bourgade de Tertanga se trouve sous nos pieds, le profil de la Sierra avance vers nous. En réalité c’est nous qui nous rapprochons mais la sensation est d’immobilité car tous nos points de repère sont éloignés. « Maintenant nous allons à 45 kilomètres à l’heure et sommes à 1 150 mètres d’altitude », souligne Joseba, nous sommes tous émus, et survolons le profil de la muraille calcaire du Tologorri. De l’autre côté, l’immensité des terres de Castille s’allonge dans la vallée de Losa dans la province de Burgos.

« Un ballon a une plus forte capacité d’ascension que les hélicoptères ou les avions de tourisme, il pourrait monter, sans difficulté à sept ou huit mille mètres », explique Joseba. Et voici, le moment du baptême de l’air est arrivé, très délicatement, Joseba sort des verres en cristal, il les distribue aux voyageurs. Plop ! sonne l’ouverture de la bouteille de cava. « Tchin tchin, c’est votre baptême de l’air », conclut-il en proposant de porter un toast. L’air nous emporte dans un mouvement hiératique ; c’est seulement l’habilité du pilote montant et descendant à la recherche des courants favorables qui permet le déplacement vers la destination souhaitée. Nous volons, curieux et ébahis, au-dessus des champs de pommes de terre et de céréales de la vallée de Losa. Soudain, quelque chose court à travers un champ de blé : « Regarde, regarde, qu’est-ce que c’est ça ! » crie l’une des passagères. Quand l’animal freine sa course et scrute le ciel, nous découvrons un chevreuil aussi surpris que nous. Que d’émotions ! Notre parcours se poursuit au-dessus de plusieurs bourgades, et un peu plus loin, Joseba cherche un endroit dégagé pour atterrir, là où le 4x4 de récupération pourra arriver sans difficulté. Lentement, le globe se pose sur des chaumes, dès que Joseba tire la corde qui ouvre la soupape de l’enveloppe de nylon, elle commence à se dégonfler. Fin du trajet sur les terres de Burgos. Il nous reste à ramasser l’enveloppe, action collective et ordonnée de tous les passagers, guidée par le pilote et Valentin. Pour couronner la journée et le vol mémorable, nous allons entamer une amicale conversation autour de l’un des meilleurs pintxos de tortilla de la terre avec la remise de certificats de vol. Bon vol à tous !

MOTS CLÉS HITZ GAKOAK Aerostat : aerostato Nacelle : aerostato saski Gaz : gas Baptême de l’air : aireko bataio


DÉCOUVERTE

ON A L'IMPRESSION QUE C'EST LA SIERRA QUI S ' AVA N C E V E R S LE BALLON ET NON L'INVERSE !

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ÉMOTION L'émotion est tout le temps présente, du décollage au vol lui-même, ici au-dessus de la sierra Salvada et sans parler de… l'atterrissage, heureusement Joseba Garcia est toujours là pour rassurer les voyageurs. Pour en savoir plus : info@globosestratos.com http://www.globosestratos.com/

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DÉCOUVERTE

E N 1 7 8 3 , P I L ÂT R E D E R O Z I E R ET LAURENT D'ARLANDES FURENT LES DEUX PREMIERS AÉRONAUTES DEL'HISTOIRE

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LES DISCIPLES D'ICARE Il y a plusieurs siècles, ceux qui révèrent de voler, mirent en pratique nombre d’inventions de toutes sortes pour imiter les oiseaux. Ce fut un curé, Bartolomeu Lourenço de Gusmão (1685-1724) qui, en voyant une bulle de savon monter au ciel en passant sur la chaleur dégagée par une bougie, décida de demander au roi du Portugal de lui accorder le brevet du premier aérostat, lequel un lointain 8 août 1709, avec la chaleur d’une sorte de bougie d’air chaud, s’éleva à 4 mètres de hauteur avant de s’incendier. Fruit du châtiment de l’Inquisition, l’engin en question, une Passarola, n’a jamais prospéré, mais très probablement, ce fut la base de l’idée développée, soixante-dix ans plus tard par les frères Montgolfier : Joseph-Michel et Jacques-Etienne, alors qu’ils jouaient et observaient des poches en papier inversées qui s’élevaient vers le ciel. Les Montgolfier fabriquèrent avec de la soie une grande enveloppe de dix-huit mètres cubes, ils réussirent à l’élever à 250 mètres. En 1783, peu de temps après, ils lancent leur premier vol avec équipage. Les protagonistes, un canard, une brebis et un poulet. La même année, à Versailles, ils organisent un vol, mais cette fois-ci avec le premier équipage humain : Jean-François Pilâtre de Rozier et le marquis d’Arlandes. Les deux pilotes volent en moins d’une heure, en montant jusqu’à 900 mètres d’altitude. En 1784, Joseph Montgolfier avec Pilâtre de Rozier et quatre autres voyageurs entreprennent un court vol avec un globe de 13  000 m3, mais très rapidement ils se lancent dans un autre voyage, cette fois-ci de 45 minutes, au-dessus des nuages et à 3 000 mètres d’altitude et ils parcourent 52 kilomètres.


DIASPORA

UNE DIASPOR A PLURIELLE UNE IMAGE POSITIVE Réparties dans une vingtaine de pays différents, les communautés basques, d'hier et plus récentes, font vivre une diaspora plurielle et offrent autant d'ambassades informelles du Pays basque.

DIASPORA PLURAL BAT

Hogei bat herritan banatuak, atzoko eta garaikideko Euskal komunitateek, diaspora plural bat biziarazten dute eta hainbeste Euskal herriko embaxada formala eskaintzen dute.

Qu'est-ce que la diaspora aujourd'hui, comment la définir, et en quoi est-elle différente de celle que l'on pourrait qualifier d'historique ? Argitxu Camus Etchecopar : Elle est composée des différentes communautés basques qui se sont créées historiquement dans plusieurs parties du globe, ce qui signifie que cette diaspora est plurielle. On est sur une vingtaine de pays différents ! Surtout l'Amérique. Sans parler trop de l'aspect historique, il faut rappeler que la majeure partie de la vague migratoire était allée vers l'Amérique, du Nord comme du Sud. Encore aujourd'hui, les deux plus grandes communautés de la dispora se trouvent en Argentine et aux États-Unis. Pourquoi plurielle ? Parce qu'elle parle plusieurs langues, possède différentes nationalités, mais aussi parce qu'elle est issue de plusieurs vagues au cours de l'histoire. On peut, en effet, distinguer la diaspora historique, c'est-à-dire les personnes issues de cette vague migratoire massive, en gros entre la seconde moitié de XIXe siècle jusqu'à la moitié du XXe. Mais il y a la nouvelle diaspora, et même si ce n'est pas dans les mêmes proportions, les Basques continuent à émigrer et constituent de nouvelles communautés dans des endroits où, historiquement, il n'y avait pas de communautés organisées. C'est le cas par exemple à Berlin, Londres, Shanghai. Qui sont-ils ces nouveaux migrants basques ? A.C.E. : Ce sont, la plupart du temps, de jeunes professionnels et étudiants qui, la plupart du temps, restent quelques années après leurs études pour travailler à l'endroit où ils ont étudié.

Pour les premiers migrants, la migration était ressentie comme un exil, est-ce toujours le cas ? A.C.E. : Non, avec les moyens de communication, téléphone, WahtsApp, etc. Ce n'est pas du tout vécu de la même manière. La diaspora renvoie souvent une image « folklorisante » de la culture basque. Cela a-t-il tendance à changer ? A.C.E. : Il est vraie que les communautés issues de la vague historique continuent à perpétuer une image traditionnelle du Pays basque, parce qu'elles sont restées avec cette image du Pays basque, donc les activités qu'elles mettent en place sont des groupes de danse, des tournois de mus… Mais il y a un changement ces dernières années, les nouvelles générations sont demandeuses, de cours, de conférences sur la situation actuelle du Pays basque. Ils font venir des groupes de musique plus modernes. On peut faire une réelle différence entre les associations nées au cours des dix dernières années et composées de jeunes nés au Pays basque, et qui connaissent sa réalité et les plus anciennes composées de Basques de 4e ou 5e génération. Mais enfin, il faut admettre que la grande majorité des deux cents associations qui constituent la diaspora continue à développer des activités traditionnelles, mais les jeunes générations sont demandeuses d'autres choses. À Berlin, par exemple, ils ont organisé des événements autour de la nouvelle cuisine basque et invité des groupes musicaux plus modernes.

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Propos recueillis par Jean-Paul Bobin / photographie Cédric Pasquini

Argitxu Camus Etchecopar

Docteur en Histoire, Argitxu Camus Etchecopar, a terminé ses études aux États-Unis où elle a travaillé au sein du Centre d'Études basques de Reno (Nevada). Elle a enseigné la langue, la culture et l'histoire basque à l'Université Paris 3 entre 2011-213. Depuis, elle est chargée de mission en politiques linguistiques à l'Office publique de la langue basque à Bayonne.

Quelle image renvoient les Basques de la diaspora dans les différents pays dans lesquels ils sont installés ? A.C.E. : En Argentine, par exemple, l'image du Basque est très positive. Et depuis le début ! Dès qu'ils arrivaient les employeurs les recherchaient, d'ailleurs il y a cette fameuse expression qui existe encore aujourd'hui, « palabra de Vasco » qui signifie que la parole donnée d'un Basque est importante. Dans beaucoup d'associations, ils ont réussi à perpétuer ce sentiment d'appartenance à une communauté et de le tourner en quelque chose de positif. C'est le travail que fait la NABO (North American Basque Organizations) aux États-Unis, qui depuis les années 70 a mis en place des colonies qui accueillent les jeunes issus des familles de différentes communautés basques – il y en a une quarantaine – pour les sensibiliser à la langue et à la culture basque et cela contribue et renforce le sentiment d'une communauté basque. Quelles actions mène aujourd'hui le Centre d'études basques de Reno, au sein duquel vous avez travaillé ? A.C.E. : C'est un centre de recherches au sein duquel il y a un historien, un anthropologue, un spécialiste de littérature, etc., qui publient, en anglais, leurs recherches sur la culture basque. Par exemple, il y en a un qui travaille sur l'exil, une autre sur la résistance au Pays basque ou sur l'Athletic de Bilbao… Ils ont des partenariats avec l'université du Pays basque, avec le Gouvernement basque qui finance une partie des publications. Ils ont une maison d'édition dans laquelle ils éditent, en anglais, des œuvres publiées ensuite en espagnol ou en français et

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c'est très important pour toucher le monde universitaire anglo-saxon. Le Centre propose aussi un programme de thèses et également, au sein de l'Université de Reno des cours sur le fait basque : langue, culture, histoire… À Boise (Idaho) et à Bakersfield (Californie), il y a aussi des centres d'études basques qui proposent des cours sur le fait basque. Le Gouvernement basque a créé, il y a quelques années, l'Institut Exepare dont la mission est de promouvoir la culture basque à l'extérieur du Pays basque et, dans ce cadre, ont été créés, en partenariat avec une trentaine d'universités, des lectorats basques, au sein desquels il y a des jeunes gens qui proposent des cours de langues et de culture basque. Qui sont les étudiants qui s'inscrivent à ces cours ? A.C.E. : Il y a bien sûr des jeunes issus de la communauté basque, mais la plupart des étudiants n'ont rien à voir avec les communautés basques. Vous dites aussi que les femmes sont les oubliées de la diaspora… A.C.E. : Tout à fait. En général, quand on imagine un immigré, on imagine un homme. C'est vrai qu'une majorité d'hommes est partie, mais il y avait des femmes aussi, environ 35% selon les recherches. On a fait du berger, la figure, le stéréotype de l'immigré basque, mais on a oublié la femme du berger. Si on gratte un peu, on se rend compte que le rôle de la femme dans la continuité de la Communauté basque est très important, c'est un pilier au sein du foyer. Mais il y avait aussi des femmes qui travaillaient à l'extérieur, nombreuses tenaient les hôtels basques et c'est très important dans les communautés basques en Amérique du Nord comme en Amérique du Sud. Qu'apporte aujourd'hui la diaspora au Pays basque ? A.C.E. : C'est une sorte d'ambassade informelle. Ces différentes associations sont autant de petites vitrines qui contribuent à donner une image positive des Basques et de leur culture à travers le monde. Le Gouvernement autonome essaye d'institutionnaliser, de plus en plus, les liens entre la diaspora et le Pays basque.

MOTS CLÉS HITZ GAKOAK

Communauté : komunitate Recherche : bilaketa Oubliées : ahantziak Immigré : etorkin


SPÉLÉOLOGIE

texte Txomin Laxalt

UN MONDE

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Peu connue, peu pratiquée en Euskal herri, la spéléologie, entre La Pierre-Saint-Martin et la montagne des Aldudes, profite d'un exceptionnel domaine propice à l'exploration.

SANS SOLEIL RECORD Le gouffre d'Aphanizé, page de gauche, à la limite de la commune de Mendive, avec son Puits des Pirates à 328 mètres de profondeur, est l'un des puits naturels les plus profonds d'Europe.

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ENTRAÎNEMENT Les spéléologues ne se contentent pas d'explorer les cavités, ils s'adonnent aussi, parfois, à des exercices collectifs d'entraînement, pour être fin prêts en cas de nécessité.

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EKIRIK GABEKO MUNDU BAT

Ez biziki ezaguna, ez biziki praktikaturik Euskal herrian, speleologiak hala ere, San Martingo Harriaren eta Aldudeko mendi lerroaren artean, bere esku du miaketa eremu ezin hobea.

D

e sa surface tout a été dit ou presque. Désormais on sait l’histoire du Pays basque, seules les interprétations divergent mais n’adjoignentelles pas le piment nécessaire à la quête de tout chercheur ? Sa langue reste sans doute l’une des énigmes linguistiques mais il faut bien donner du grain à moudre aux philologues. Sa faune et sa flore n’ont presque plus de secrets pour les éthologues et les botanistes. Si, oubliant Ptolémée, Cassini ou Google Earth et, écartant toute lecture sentimentale ou politique, l’on s’en tient aux seules mesures administratives nationales, on en connaît ses mensurations officielles. Mais qu’en est-il de son giron ? De son intimité ? De ses entrailles d’où sourdent ses sources, rivières, rus et ruisseaux ? Rien ou presque rien. Une face cachée et vacante qui échappe à toute convoitise  ; à moins que l’on n’y subodore quelque veine aurifère, gazifère ou pétrolifère. Bref, vierge de routes, de réseau téléphonique, de tracks GPS, un espace où ne s’engagent que ceux qui ont décidé de consacrer une bonne part d’eux-mêmes à la dernière aventure terrestre, intra-muros, oserions nous affirmer, la spéléologie. Né en 1986, à l’initiative de quelques pompiers bénévoles de Baigorri, le club spéléo Leize Mendi dont le siège se situe à Garazi, ne revendique ni gouffres records qui vous précipiteraient presque au centre de la terre voire au-delà. Ses membres, une trentaine, dont deux guides professionnels, une famille en fait, se contentent de « prospecter sur le massif des Arbailles et sur le massif d’Urkulu, dans le Pays basque essentiellement » ainsi que le précisera Serge Planes, un historique.

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C’est vrai, quand sous nos cieux on pense spéléologie, aussitôt la Verna (Santa Grazi, Soule) et son époustouflante salle où l’on pourrait loger l’équivalent de sept Notre-Dame-de-Paris, vient à l’esprit. « Sait-on pourtant qu’entre le chaînon des Aldudes et la PierreSaint-Martin comprise, ce sont quelque 1 000 cavités qui sont connues, répertoriées et explorées ? Rien que sur la Pierre-Saint-Martin, on compte 461 km de réseau. », explique Serge. Il s’agit tout d’abord d’évacuer les idées reçues avançant que la spéléo est une activité qui ne sert à rien ou qui coûte cher au contribuable parce que les médias ne s’en font l’écho que lors d’accidents toujours spectaculaires, mobilisateurs et permettant d’entretenir un suspense de plusieurs jours. En réalité, les accidents sont rares et les spéléos, gens de sacs et de cordes – en spéléo ces dernières sont utilisées pour la progression quand l’escalade en use pour la sécurité – sont rompus aux techniques de cheminement souterrain. La spéléologie moderne – son inventeur, Édouard-Alfred Martel (18591938), fut le premier explorateur des canyons de Soule dont Kakueta (1906) – outre l’établissement d’un code d’éthique, a prouvé qu’elle est une authentique discipline scientifique couvrant de nombreux champs de recherche. « Depuis une activité purement sportive, jusqu’aux techniques de secours en passant par la topographie, l’exploration, l’hydrologie-géologie, la faune, l’archéologie ou encore, la plongée, la désobstruction ou tout simplement… la beauté, chacun y trouvera son Graal. » À propos de Graal(s) – il peut y en avoir plusieurs – il en est un que les membres de Leize Mendi privilégient, tapi quelque part entre Urkulu l’énigmatique et les sources de la Nive au pied de l’Errozate, l’emblématique. Point de coupe d’or incrustée de diamants mais un collecteur naturel qui entretient,


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328 MÈTRES DE VERTICALITÉ P O U R U N E P R O F O N D E U R T O TA L E DE 504 MÈTRES !

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APHANIZE, LE PUITS DE S PI RATE S

TROIS PIRATES En, 1972, le puits, dit des Pirates par la suite, fut vaincu en 13 heures par trois jeunes gens : Jean-Pierre Combredet, Paul Courbon et Ruben Gomez.

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Quel randonneur ne connaît pas Aphanize (Mendive/Mendibe), sur le haut du massif des Arbailles, juste au pied de l’emblématique Behorlegi ? Qui devinerait, depuis la surface, que ce modeste affaissement, sur le bord de la route d’Ahüzki, blotti au fond d’une humble doline que ceint à peine une rangée de barbelés, abrite l’un des puits les plus profonds d’Europe, 328  m de verticalité absolue, une largeur maxi de 15 m et une profondeur totale de - 504 m ? C’est une méchante pluie hivernale qui, en 1971, dégagea l’entrée du gouffre éveillant la curiosité des spéléologues locaux, le massif des Arbailles étant tombé dans l’oubli spéléologiquement parlant, après les fructueuses explorations de E-A Martel, de 1901 à 1905. Les spéléos de Pau « bloquèrent » à – 261 m mais un lâcher de pierres, à partir de la profondeur atteinte laissa présager quelque 350  m supplémentaires. Le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne d’Oloron-Sainte-Marie aurait bien voulu s’offrir la première du gouffre selon la méthode, traditionnelle alors, des échelles, du treuil et du cable. Une méthode fastidieuse, longue et compliquée à mettre en place. C’était sans compter sur un jeune trio de francs-tireurs, convaincu par les techniques modernes. Ruben Gomez – depuis 2002 maire de la commune souletine de Laguinge-Restoue (LiginagaAstüe) figure reconnue de l’engagement, au noble sens du terme et spécialiste du secours spéléo - Paul Courbon et Jean Pierre Combredet, en toute discrétion, brûlèrent la politesse à la maréchaussée. Le Miroir de la Soule parlera même de Guerre des gouffres. La jeune équipe préféra utiliser la corde (Éverest 9 mm) et du matériel nouveau, en particulier le Jümar, une poignée autobloquante révolutionnaire. Le puits – dit désormais des Pirates - fut vaincu en 13 h entre le 16 (18h) et le 17 septembre (7h) 1972. Pour signer cet exploit il leur aura fallu trois cordes (110m, 190m, 100m), trois Jümars, deux descendeurs.


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RUBEN GOMEZ Ci-contre, Ruben Gomez, l'un des trois jeunes qui, en 1972, vainquirent le fameux puits. Il est reconnu également comme spécialiste du secours en spéléologie.

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L A SPÉLÉO EST UN JEU RUDE, SANS CHALEUR, SANS SOLEIL , O Ù L E C O R P S D E V I E N T TA U P E

outre leur quête, une mystérieuse rivière souterraine et dont ils supputent, pour les différences de débit enregistrées dans l’intimité du réseau, qu’elle court sous le karst. Au hasard de leurs explorations ils espèrent l’atteindre, et la fluorescéine rendra son verdict. Ils vous parlent d’Oyhanbeltz, de Minassaro ou, sur les confuses Arbailles, de Karhalzeta, Bexanka ou Pikostaria comme autant de portes ouvertes non point sur d’affreux et insondables gouffres mais un monde féerique fait d’écoulements, de bruits lacustres, de draperies pétrées, de concrétions, de stalactites, de géométriques gours (cuvettes géologiques d’eau souvent en terrasses), vasques, biefs aux eaux cristallines. Curieusement, Leize Mendi, association connue et reconnue – les bergers font parfois appel à eux pour récupérer une brebis ayant chuté – ne fait pas des émules localement. S’ils habitent la zone de Baigorri-Garazi, la plupart des membres sont de nouveaux arrivants ; il n’est jusqu’à Youssra, tunisienne d’origine, qui a même suivi pour le meilleur et pour le pire, Gilen, son souletin d’initiateur !

OURS PRÉHISTORIQUES « Au-delà de la seule démarche sportive, d’une action de valorisation du milieu, il y a l’aspect émotionnel : ces surprises qu’on espère toujours, la découverte d’une immense salle au bout du halo de sa frontale, une prolongation de réseau, la fascination renouvelée pour ces rivières souterraines, les déclinaisons de couleurs. Ce n’est pas qu’un décor, il y a ces volumes, ces espaces vertigineux, l’alternance du plein et du vide. Un milieu hostile mais qui nous unit dans la difficulté », précise Virginie Couanon, la présidente de l’association. La poignante dimension métaphysique

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ne leur échappe pas qui n’est peut-être pas étrangère à la fascination-rejet éprouvée par le non initié pour ce milieu a priori angoissant. « À l’incertitude qui préside à toute exploration vient s’ajouter une fascinante confrontation au temps géologique. Sous terre, tout se compte en millénaires, en époques glaciaires. C’est toujours émouvant de se dire que cette faille large à peine de 10 cm que nous enjambons sera, dans 10 000 ans, une entrée de gouffre qui laissera passer un spéléologue. » Et, stalactite sur le gâteau, conjoncture intemporelle que seules les Arbailles (Arbailak) peuvent offrir, croiser un cimetière d’ours préhistoriques (Ursus spelaeus) ou, plus émouvant encore, une grotte peinte. « C’est un rude jeu d’hommes que la spéléologie. Un jeu sans soleil, sans chaleur, où le corps devient taupe. Mais qui porte en soi les joies les plus limpides qui soient pour un cœur d’homme, l’aventure de la fatigue, le danger de la découverte », écrivait le truculent René Fallet dans un chaleureux roman consacré à cette activité (Une Poignée de mains, 1959). Qu’on nous permette d’ajouter, une merveilleuse façon d’appréhender la Genèse du monde.

MOTS CLÉS HITZ GAKOAK Fouille : miaketa Corde : soka Gouffre : amildegi Souterrain : lurpeko


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texte Txomin Laxalt / photographies Santiago Yaniz Aramendia texte et photographies Santiago Yaniz Aramendia

Uneau fermémoire rouge Vulcain se trouve-t-il à El Pobal. Oui, il y est, c’est certain ! Et avec lui, le vrai feu, celui qui déploie toutes les couleurs de la chaleur, le feu qui transforme tout, et qui en projetant des étincelles au ciel, fabrique des outils et des émotions.

VISITE Les outils trahissent l'histoire de la forge d'El Pobal de Muskiz. La visite dure environ une heure.

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TRADITION

BURDIN GORRIZKO OROIMENA El Pobalen ote da Vulcain ? Bai, hor da, segur ! Eta horrekin, benetako sua, berotasunaren kolore guziak hedatu dituenak, dena aldatzen duen suak, zeruraino txinpartak aurtikiz, tresnak eta emozioak sortzen dituenak.

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Une visite indispensable pour comprendre le mode de vie des anciens habitants et comment ils travaillaient le minerai de fer

MINERAI L'usine hydraulique transformait le minerai de fer en mĂŠtal pour la fabrication de toutes sortes d'outils, pour le travail ou la vie domestique.

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TRADITION

L 'ensemble se situe au bord de la rivière Barbadun qui fournissait l'énergie motrice au moulin nécessaire au fonctionnement de la forge. C'est le modèle de fonctionnement du type de la forge à la catalane.

GÉANTS Géants, grosses têtes, musiciens, enfants libres de leurs mouvements qui profitent de la ville et de la fête. C'est la fête et ça dure neuf jours…

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TRADITION

Luisma Turuelo connaît presque tout du feu.

Il fabrique du charbon de bois avec des chênes-verts centenaires – c’est le meilleur charbon pour chauffer et mettre au rouge vif les lingots de fer – ensuite il l’allume, l’attise avec un soufflet géant, et il attend. Il possède la patience de celui qui sait voir avec le cœur, il attend. C’est à l’œil qu’il sait que la pièce est à bonne température, alors il la retire puis la dépose entre les braises et il attend, encore. Lorsqu’il fit ces gestes pour la première fois, Luisma resta fasciné par la magie du feu, par le mystère du fer au rouge, par la douce malléabilité de la pièce qui est presque sur le point de fondre, par la musique du marteau qui frappe en créant des rythmes uniques, par la vapeur de cette eau qui condense force et pouvoir avant de partir vers la mer. Qui sait ? Peut-être parce que là se trouve Vulcain. Maintenant oui : le fer a cette couleur cerise, celle des 1 200 degrés de température, l’idéale pour la forge. « De son gris naturel ; le fer traverse dans le feu une séquence magique de couleurs : noir, brunâtre, rouge, rouge foncé, rouge cerise, rouge clair, orangé, et finalement, blanc ; si nous continuons à chauffer le fer, il brûle et se décompose », explique Luisma aux visiteurs de El Pobal en soulevant à l’air. Air, fer, feu et eau sont les ingrédients du ferronnier, l’enclume, le marteau et sa force, les outils fondamentaux pour transformer la matière. Maintenant Luisma empoigne fortement avec ses tenailles la pièce de fer pour la sortir des braises, il demande à son assistant de mettre en route le marteau, soudain, sous les coups fracassants du maillet géant, le sol de El Pobal commence à trembler. Le martinet s’élève poussé par une roue que la rivière Barbadun fait tourner, et tombe violemment sur l’enclume attrapant au passage la pièce de fer qui

s’écrase projetant des étincelles à l’air. Pam ! pam ! pam !… Des dizaines de coups consécutifs transforment la pièce en lance : 120 coups de maillet à la minute. À la forge, c’est la même chose. Là, la lance devient épée, et le fer prend vie pour devenir un outil. Ce n’est pas de la magie, c’est le travail du ferronnier. C’est ainsi que, durant 500 ans, depuis le XVIe siècle jusqu’à 1965, la forge à la catalane de El Pobal a fabriqué et forgé le fer.

AU CŒUR DU BASSIN MINIER « Elle n’est pas la plus ancienne, mais, la plus vieille de celles qui ont fonctionné en Biscaye, elle a travaillé cent ans de plus que prévu. Au XIXe siècle, à l’occasion de l’arrivée des hauts fourneaux d’Angleterre, les forges hydrauliques comme celle-ci, cessent de fonction-

ner. Mais El Pobal a survécu plus longtemps car elle était au cœur du bassin minier de Biscaye, et parce que tout près, se trouvait l’un des gisements de fer le plus riche d’Europe », explique Marta Zabala, directrice de la ForgeMusée, historienne et passionnée du patrimoine industriel. Au XIX e siècle, en pleine exploitation des filons de fer, les compagnies minières nécessitaient des outils : seaux en fer, fougasses, pics et pelles, car la sidérurgie ne pouvait pas encore les fournir. El Pobal pouvait répondre à ces besoins, grâce à la volonté d’une famille, les Pérez-Ibarrondo, la dernière qui avait loué la forge à la catalane, ils l’avaient achetée dans les années quarante, aux anciens propriétaires, les marquis de Villarías. C’est pour cela que El Pobal a été la dernière en activité et qu’elle a conservé toutes ses machines jusqu’à nos jours. « Les premières forges hydrauliques

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RÉDUCTION La forge à la catalane permettait d'obtenir du fer par réduction directe du minerai, sans passer par la fonte, comme dans les hauts fourneaux.

datent du XIIIe siècle, nous ignorons leur nombre jusqu’à la fin du XIXe siècle, mais nous pourrions nous hasarder et dire qu’au XVIe siècle, lors de la période dorée de cette préindustrie de Biscaye, il y en avait plus de deux cents et que probablement à un certain moment, plus de trois cents fonctionnaient simultanément, elles étaient réparties sur tout le territoire, à côté de chaque petit cours d’eau », souligne Marta Zabala. Aujourd’hui, il est difficile d’imaginer cette Biscaye là, parsemée sur toutes ses vallées d’ateliers et de forges, où il y avait avait réellement une activité fébrile, on transportait des charrettes de minerai, on brûlait d’énormes quantités de charbon de bois, fruit des arbres abatttus dans toutes les forêts des alentours. La rivière Barbadun qui caresse la forêt de El Pobal et se jette, majestueuse, sur son barrage, apporte ses premières eaux depuis la montagne de Kolitza, rejoignant la mer seulement quinze kilomètres plus loin. Mais durant sa courte vie, elle a fait travailler quatre moulins et sept forges, ils montrent encore une partie de leurs ruines au milieu de l’exubérante végétation de l’un des plus surprenants paysages fluviaux de Biscaye. Sauvage et bien conservé, depuis 2015, ce paysage est un bien culturel protégé comme Ensemble Monumental. El Pobal est seulement l’étoile de ce paysage industriel qui nous rappelle une Biscaye où, autour d’une rivière ou d’une forêt se faufilait toujours une colonne de fumée émergeant d’une forge à la catalane, où des mains en sueur travaillaient sans repos pour fabriquer le fer. Sur le lit du Barbadun les ruines d’autres fabriques monumentales sont toujours debout : La Olla, Olabarrieta, Bilotxi, Valdibian. L’âme de la fleurissante industrie biscayenne du XIXe siècle et début du XXe, se trouve dans cette rivière. Après trois décennies de ruines, et de

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plusieurs années de lente, mais progressive restauration, le 15 juin dernier, El Pobal a fêté les 15 ans de sa renaissance comme un musée vivant. La forge entamait alors une nouvelle histoire à raconter aux étudiants et aux voyageurs, pour montrer comment elle fonctionnait bien des années auparavant. Durant tout ce temps, des milliers de regards ont découvert la force du feu, la capacité de l’eau et le génie humain pour transformer les matières premières arrachées à la nature ; plus particulièrement, chaque samedi le grand coup de marteau est réactivé, comme jadis, jour après jour, en martelant la coulée de fer pour dégager la scorie et travailler une pièce qui, par la suite était transformée en outil dans l’atelier de forge contiguë. Aujourd’hui même, il suffit de franchir l’arc en plein cintre qui donne accès à l’atelier, pour découvrir, comme avant, les charbonnières, la forge, comment bougeaient les soufflets et le marteau, voir les vieux outils utilisés par les forgerons et apercevoir au pied des murs, quelques morceaux de fer provenant de vrais coups de marteau de El Pobal, mais également quelques-uns des outils sortis de sa forge. Une pure mémoire du fer.

Aujourd'hui, il est difficile d'imaginer cette Biscaye parsemée d'ateliers et de forges où se consumaient d'énormes quantité de charbon de bois, fruit des arbres abattus dans les forêts alentpurs…

MOTS CLÉS HITZ GAKOAK

Forge : burdinola Fer : burdina Charbon : ikatza Soufflet : auspoa


RENAISSANCE

texte Jean-Paul Bobin / photographies Emmanuel Grimault

Quasiment disparu au début des années 80, le porc basque, ou kintoa, est parti à la reconquête de son territoire depuis une vingtaine d'années et… même du monde. Pour le plus grand bonheur des éleveurs locaux et des gastronomes.

LE PORC ARRIVE

À BON PORT EUSKAL ZERRIA ITZULI ZAIGU

80ko hamarkadaren hasieran kasik desagertua, Euskal zerria edo Kintoa izenekoa, duela hogei bat urte, bere lurraldearen eta munduaren ere bai, berkonkistatzera joan da, lekuko hazleen eta gastronomoen zoriona eginez.

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IMPÔT NAVARRAIS Ci-dessus, Pierre Oteiza en compagnie de ses porcs. Au XIIe siècle, le roi de Navarre crée l'impôt Quintoa, - un animal sur cinq est prélevé sur les porcs qui viennent transhumer. D'où le nom : kintoa.

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J

RENAISSANCE

AIRE DE PRODUCTION

L'aire géographique du Kintoa s'étend sur 231 communes : 157 au Pays basque, 69 en Béarn et 5 dans les Landes.

Jules Supervielle est né à Montevideo en 1884, d'une mère basque originaire de Garazi et d'un père béarnais. Il les perdra tous les deux à l'âge de huit mois. En 1926, il entame un voyage à SaintJean-Pied-de-Port à la recherche de ses racines. Il s'étonne alors de « cette poule juchée sur le dos de ce porc à plaques noires. » (1) Le poète ne pouvait se douter que l'animal qu'il observait faisait partie des plus anciennes races d'Europe avec plus de 800 ans d'histoire et que, surtout, elle allait presque s'éteindre au cours du siècle, passant de 158 000 individus en 1929 à 30 en 1981 ! Plusieurs raisons expliquent cette extinction, du déboisement du territoire jusqu'aux nouvelles pratiques d'élevage avec notamment l'introduction de races plus productives qui, peu à peu, entraînèrent la disparition du porc basque. Pierre Oteiza, enfant de la vallée des Aldudes, se souvient : « J'ai découvert le porc basque en 1989, au Salon de l'Agriculture à Paris, il ne restait que 25 truies et deux verrats, mais il n'y en avait plus au Pays basque ! » Avec quelques voisins, ils créent une association qui entreprend le sauvetage du pie noir du Pays basque et la reconstitution du cheptel. En 2019, la filière compte 74 éleveurs – dont 30 fermiers – cinq transformateurs artisanaux, un abattoir à Garazi, un séchoir collectif aux Aldudes, plus un séchoir fermier. Elle est à l'origine de 205 emplois directs. « Avant les bêtes partaient vivantes d'ici, notre objectif est de conserver la valeur ajoutée sur la vallée. »

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EN 1981, IL NE RESTAIT QUE

30 PORCS BASQUES

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RENAISSANCE

VALORISATION Xole Aire, élève des porcs, mais aussi des brebis et des vaches, sur sa ferme, Xalbadorrenea, à Urepel. Elle transforme elle-même ses produits au sein de la coopérative Belaun, créée par un collectif d'éleveurs. Une démarche qui participe au développement économique et social de la vallée.

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D E L' E X T I N C T I O N À L' A O P 1921

Premier standard de la race inscrit au Livre Généalogique par des éleveurs et agronomes de SaintPalais. Cette année-là, on recense 158 000 porcs basques.

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1981

Le Porc basque est déclaré en « voie de disparition » par le ministère de l'Agriculture. Il ne reste que 25 truies et cinq verrats.

1997

La race Porc Basque obtient son livre Généalogique, et devient la première race locale reconnue par le ministère de l'Agriculture.

2016

Reconnaissance des AOC kintoa et Jambon du kintoa par l'INAO.

2017

Reconnaissance de l'AOP kintoa par la Commission Européenne.


RENAISSANCE

ADAPTÉ À SON TERRITOIRE Plutôt petit, 0,75 cm au garrot, pour une longueur de 1,40 m, le kintoa est un animal à la croissance lente. À quinze mois, il fait le poids d'un cochon traditionnel de 6 mois  ! Chaque truie ne donne naissance qu'à dix porcelets par an. Ci-dessous, Beñat Laxague est ses kintoas, au-dessus du quartier d'Esnazu, aux Aldudes.

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ÉLEVÉS TOUTE LEUR VIE

EN PLEIN AIR

BI

Ce matin-là, on se presse chez Pierre Oteiza à l'entrée du village des Aldudes. Le doux soleil d'automne et le maître des lieux, béret sur la tête, accueillent les visiteurs. Entre 300 et 500 par jour ! Il est vrai que, comme le confie l'une des permanentes de l'Association Filière porc basque, « Pierre Oteiza est un peu l'ambassadeur du porc basque. » Un groupe de Canadiens chaleureux et enjoués, vient d'arriver. « Un Canadien était venu faire un stage, il y a 28 ans, maintenant, il s'occupe de la production à Montréal ! ». Depuis, un touropérateur québécois organise régulièrement des visites dans la vallée ! Information, dégustation, vente, rien ne manque dans cette sorte de « Kintoa Land ». De grands panneaux rappellent, dates et chiffres à l'appui, l'histoire et le sauvetage du kintoa. Dans les enclos réservés, des porcelets folâtrent, leurs grandes oreilles noires battant l'air au gré de leurs fouissements. Après avoir bu un café et goûté à l'indispensable patxaran, les visiteurs se voient proposer un circuit de découverte à la rencontre des porcs basques, un peu plus haut dans la montagne. Armé d'un bâton, Pierre bât les fougères pour attirer l'attention de ses bêtes que ne tardent pas à rappliquer. L'éleveur explique : « C'est une ancienne carrière, nous avons planté les arbres, il y a dix-sept ans, pour que les cochons se retrouvent dans leur élément naturel. Un terrain accidenté ne les gêne pas du tout, ils sont ici chez eux. » Les questions fusent, surtout sur l'alimentation : « En cette saison, ils se régalent de glands et de châtaignes, et nous apportons un complément alimentaire, maïs, orge, son, blé… Chaque animal ingurgite environ six kilos de nourriture quotidiennement ! » Le circuit se termine par la visite du séchoir collectif, ultramoderne, installé au cœur du village des Aldudes, une coopérative créée, en 2000, par cinq associés : Pierre Accoceberry, Didier Arrieta, José Arruabarrena, Michel Curutchet et Pierre Oteiza, pour assurer le séchage des jambons dans les meilleures conditions. Sur 3 000m2, le séchoir peur recevoir 45 000 jambons !

DU PRODUCTEUR AU CONSOMMATEUR Ambiance un peu plus feutrée, à quelques kilomètres de là, au-dessus d'Urepel. Xole Aire appelle doucement, en basque, ses porcs muchés sous les fougères et les ronces. Ils sont quatorze dans cette forêt de trois hectares. « Toujours en plein air, mais pas en liberté, il y a une clôture » précise-t-elle. En ce début

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d'automne, les animaux se régalent de châtaignes et de glands qu'ils glanent sur place. Les premiers répondent à l'appel de l'éleveuse qui, une fois par jour, leur apporte un complément alimentaire. Dans sa ferme de Xalbadorrena, de l'autre côté du village, Xole Aire, élève aussi des vaches, des brebis et un autre cheptel de Kintoa. « Le porc basque est très adapté à notre territoire, nous avons tous des terrains en pente, boisés, et il s'y adapte très bien. Ici, c'était une forêt prise par les ronces, et ils ont tout défriché. On ne les traite pas, on ne leur donne pas d'antibiotique, parce qu'ils ont de l'espace dans un milieu sain et tout le temps en plein air. » Xole Aire est membre de la coopérative Belaun, créée en 2010 dans la vallée des Aldudes. Au service d'un collectif d'éleveurs, cet outil propose une salle de découpe et de transformation, un séchoir et une cuisine semi-industrielle ainsi qu'une boutique de vente en direct des produits locaux. « C'est le plaisir d'aller au bout d'une démarche, chacun s'en sort mieux grâce à cette valeur ajoutée », explique Xole. Membre, lui aussi de Belaun, Beñat Laxague est éleveur, engraisseur et transformateur de kintoas depuis 2003. Il possède « deux bandes de quarante individus », nichés dans un bois au-dessus du quartier d'Esnazu. Ils arrivent au premier coup de klaxon ! « Ici, ils ont huit hectares alors que l'AOP nous oblige à un hectare ! Ils mangent tout, herbe, pommes sauvages…» Beñat vend une partie de sa production en direct via Belaun mais, dit-il, c'est dans les cuisines de la ferme auberge Menta, tenue par sa femme un peu en contre-bas, sur la route qui monte au Pays Quint, qu'il fait apprécier la viande persillée de ses cochons : « Quand on n'en a plus, on ne donne pas à manger », affirme-t-il en souriant. Heureusement, cette époque est désormais révolue ! (1) Les Pyrénées/Saint-Jean-Pied-de-Port, Jules Supervielle, Le Festin 2007.

MOTS CLÉS HITZ GAKOAK Extinction : iraungitze Porc pie noir : euskal zerri Éleveur : hazle Appellation d'Origine Protégée : Jatorri Deitura Gerizatu


Pour vous y retrouver Biscaye, Navarre, Soule, Basse-Navarre, Labourd, nos singularités sont réparties presque sur l’ensemble du Pays basque. Cette carte devrait vous permettre de mieux les localiser et vous inciter à les découvrir par vous-mêmes.

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Brebis Sasi ardi (zone d’Hasparren) Île-des-Faisans Canal de Navarra Pays Quint Ibaia Export (Briscous) Montgolfière au-dessus des sources du Nervion Grottes Forge El Pobal Kintoa, porc basque (Vallée des Aldudes)

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Ibilka hs7  

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