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Zure Euskal herriko aldizkaria

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Votre magazine du Pays basque

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BILBAO LA VILLE FUTUR

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le magazine

numéro 8 - 2015

ibilka

le magazine

ibilka

NUMÉRO 9 - 2015

numéro 10- 2015

UDABERRI / PRINTEMPS

uda / été

Le diamant noir de Lokiz

Pottok

Alarde

Donostia

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

negu / Hiver

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor. Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

Amaiur

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

Taxi

le magazine

Qui, mieux qu’un chauffeur de taxi, peut faire découvrir une ville ?

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Musées

San Fermin

Du Guggenheim et ses ailes de titane au Musée de Bellas Artes, Bilbao s’expose.

Les trois Grandes

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

Circuits urbains PAGE 1

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numéro 11- 2016

NUMÉRO 12- 2016

NUMÉRO 13 – 2016

NUMÉRO 14 – 2017

NUMÉRO 15 – 2017

negu / hiver

UDABERRI/ PRINTEMPS

UDA/ÉTÉ

NegU/hiveR

UdabeRRi/pRiNteMps

Mundaka

Mascarade

Lekeitio

Barcus

Tudela

En Soule, la mascarade est bien plus qu'une simple fête, c'est à la fois la célébration de la danse et de la langue basques, et un moment fort d'union entre les générations.

Le carnaval de Mundaka ne ressemble à aucun autre, et c'est bien là ce qui fait tout son charme et son intérêt. À découvrir de toute urgence !

Baldorba

Almadia

Elle n'est pas la plus connue des vallée navarraise. Pourtant, avec son chapelet de villages, ses trésors romans, une faune et une flore très riches, sans parler de la précieuse tuber melanospérum, la petite vallée mérite qu'on s'y arrête.

Aussi loin qu'ils se souviennent, les hommes de la vallée du Roncal ont vu les bois flottés pour rejoindre leur destination finale. Une tradition perdue, mais un savoir-faire sauvegardé, et aussi une occasion de faire la fête.

Mémoire

Fort San Cristobal

Les images de télévision, en noir et blanc, datent de 1959. Les paysages ont peu changé, la vie des bergers un peu plus. Nous sommes partis à la recherche des acteurs de l'époque.

De fort, il n'a que le nom. Prison conviendrait mieux. Perché sur les hauteurs de Pampelune, il témoigne d'une période cruelle de la Navarre.

Cagots

Pastorale

Bozate est un quartier d'Arizkun à la bien triste mémoire.

À l'occasion de Donostia 2016, découvrez l'incroyable destin de Katalina de Erauso.

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NUMÉRO 17 - 2018

UDA/ÉTÉ

NEGU

Zumaia

Mauléon

Lesaka

En Navarre, Lesaka vaut vraiment le détour pour découvrir ses canaux et les secrets qu'elle recèle. Nous l'avons fait en compagnie de Juan Carlos Pikabea Zubiri, l'artiste peintre originaire de la ville.

Tour de France

Il y a 58 ans, le 3 juillet 1959, Marcel Quéheille l'enfant de Sauguis, prend le départ de l'étape qui mène les coureurs de Bordeaux jusqu'à Bayonne, bien convaincu que ce jour-là sera son jour de gloire. Il se souvient…

Drôle d'endroit

Il n'a de château que le nom, on ne le distingue qu'au dernier moment, Latsaga reste une énigme.

Le petit port de Bizkaia a surtout connu ses heures de gloire à travers la pêche qui fut, jusqu'au milieu du XXe siècle, l'activité essentielle. Depuis, le tourisme a, peu à peu, pris le dessus, sans que pour autant Lekeitio n'y perde son âme.

Cesta punta

C'est la discipline la plus spectaculaire de la pelote basque. Mais elle est aussi une formidable ambassadrice du Pays basque partout dans le monde.

Dolores Redondo

Auteure de la Trilogie du Baztán, énorme succès d'édition, l'écrivaine donastiarra Dolores Redondo, confie à Ibilka l'origine de ses différentes sources d'inspiration.

Le géant d'Altzo

Joaquim Eleizegi Ateaga, le Géant d'Altzo, eut le triste privilège d'être l'homme le plus grand du monde…

Aux confins d'Euskal Herri, ce petit village de moins de 700 âmes occupe une place particulière dans l'imaginaire basque. Il est un peu le Conservatoire de l'identité souletine

L'Arboleda

Les stigmates de la nature, dans cette banlieue de Bilbo, témoignent des tortures auxquelles la terre fut soumise pendant des siècles pour l'extraction de minerai. Matéo, ancien mineur, nous raconte.

Guernika

Il y a 80 ans, le 26 avril 1936, la Légion Condor bombardait Guernika. George L. Steer, reporter de guerre anglais, arriva le premier sur les lieux.

Pont de Biscaye

Il relie Portugalete à Getxo et il fut le premier pont transbordeur construit au monde. Un endroit unique, comme d'autre au Pays basque que nous vous ferons découvrir.

La ville navarraise aux trois cultures reste un modèle de civilisation que l'on découvre en s'abandonnant dans le dédale de ses petites rues parcourues en compagnie d'un journaliste du Diario de Navarra.

Foot et musique

Bois

Impossible d’ignorer l’Athletic, le plus ancien club de foot de la péninsule, ni les Bilbainadas, des chansons typiquement locales.

Au Pays basque, le bois occupe une place à part, comme une identité, de la forêt et sa mythologie, à l'espace domestique avec ses meubles, qu'ils soient traditionnels ou contemporains.

Surf

Face à la beauté et à la fureur de l'Océan on pourrait penser que le surf et le Pays basque sont intimement liés depuis la profondeur des temps. Pourtant, sur la Côte basque, il y a seulement 60 ans qu'il est apparu.

Diaspora

L'écrivain américain Craig Johnson nous parle des Basques du Wyoming.

19/04/2016 19:49

NUMÉRO 16 - 2017

Au-delà du charmant port de pêche, c'est l'ensemble de cette partie du littoral du Gipuzkoa qui mérite l'attention. Il invite à un voyage de plus de 60 millions d'années.

De Zaspi Kale à Zorrotzaure, en passant par la Ría, Bilbao est une ville qui se découvre en marchant.

Davantage qu'un quartier de Mauléon-Licharre, la Haute-Ville possède sa mémoire propre. Certains s'en souviennent encore et racontent.

Roncevaux

Le lieu où se déroula la célèbre bataille du 15 août 778 fait débat au sein de la communauté des historiens. Un archéologue amateur tente d'apporter ses pièces au débat.

Vues du ciel

S'imaginer, un instant, dans la peau du Gypaète et découvrir le Pays basque à travers son œil. C'est ce que nous offre Eric Soulé de Lafont, aviateur et photographe.

Pionnier

A jamais attaché au Vignemale, Henry Russel a également parcouru le Pays basque et notamment La Rhune, avant de s'éteindre à Biarritz en 1909.

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le magazine

NUMÉRO 18 – 2018

NUMÉRO 19– 2018 UDA- ÉTÉ

Aralar

Itsas Begia

Makila

Chacun ici connaît le makila, et beaucoup en possède un, mais savezvous que ce bâton souvent symbole d'honneur et de reconnaissance sociale était aussi une redoutable arme. Certains font aujourd'hui revivre la tradition à travers des combats extrêmement codifiés et dont la violence fait de cet escrime du pauvre une sorte d'art martial basque.

Delika

La cascade est aussi belle et impressionante que le

Aste Nagusia, c’est la Grande Semaine des fêtes, neuf jours à ne manquer sous aucun prétexte.

le magazine

UDABERRI/PRINTEMPS

Partagée entre la Navarre et le Gipuzkoa, la sierra d'Aralar, qui culmine à 1 431 mètres d'altitude, tient une place beaucoup plus grande dans le cœur des mendizale que cette faible altitude pourrait le laisser supposer. Elle est un peu ce que la Sainte-Victoire était pour Cézanne, une parure dans un écrin, et davantage encore…

Fêtes

ibilka L’Océan est au cœur de l’histoire du Pays basque. Marin, pêcheur, corsaire, aventurier des mers, le Basque fut un peu tout cela au fil des siècles. L’association Itsas Begia rend hommage à cette mémoire des mers.

L’Hôpital Saint-Blaise

Halte très courue sur le chemin du piémont, la petite église souletine reste un témoignage important des relations transpyrénéennes.

Mendizale

Mendizaletasun exprime en euskara la passion des montagnes. C’est bien d’une histoire d’amour dont il s’agit, et qui de plus pertinent qu’un mendizale revendiqué pour la conter ?

Champion du monde

Certains hommes ont des destins peu communs. Paulino Uzcudun est de ceux-là.

ibilka le magazine - BILBAO - NUMÉRO HORS SÉRIE - UDAZKENA / AUTOMNE 2018

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Spécial Bilbao


Ohiz kanpoko zenbakiak

sommaire

Hors-Séries

46 – La Ría Ibaizal et Nervión s'unissent pour former l'embouchure du fleuve qui se jette dans l'Océan. Ici, on l'appelle la Ría.

4 – Port folio Entre mémoire, modernité et scènes de vie, le photographe et journaliste, Santiago Yaniz Aramendia, Bilbotarra de toujours, nous propose une sélection de ses coups de cœur.

56 – Zazpi kaleak Le plus vieux quartier de Bilbao a conservé sa magie et ses secrets. À découvrir sans restriction.

14 – En taxi

Zure Euskal herriko aldizkaria

Juan Carlos Vesga Crespo, chauffeur de taxi depuis 25 ans à Bilbao, nous fait découvrir sa ville, entre intimité et émotion.

ibilka

Il est l'un des plus anciens et des plus beaux musées des beauxarts d'Europe. La visite s'impose.

24 – Histoire

le magazine

74 – Zorrotzaurre

À la fin du XIX siècle entre les hauts fourneaux et son port, Bilbao se développe et se transforme. e

Le présent de Zorrotzaure, c'est des projets sociaux ambitieux, portés par d'éclatantes créations architecturales.

28 – Mémoire industrielle

ibilka d'argentine

Buenos Aires

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

Traversée des Andes

Zure Euskal herriko aldizkaria

su

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MAÑUETAKO TXURRO PAREGABEAK

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Mañueta karrikan, duela 145 urte, penintsulako txurro hoberenak egiten dira. Familiako historio bat, bostgarren belaunaldikoa.

basques d'argentine

numéro 8 - 2015 negu / Hiver

les bâtisseurs d'une natiOn

Le diamant noir de Lokiz

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Buenos Aires

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

Donostia

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Mendoza

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

Cordoba

Urdiñarbe

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Traversée des Andes

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

Zure Euskal herriko aldizkaria

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Votre magazine du Pays basque

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Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

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Sanfermines, six heures moins le quart du matin. Quand certains occupent déjà le vallado (barrières) de l’encierro pour ne rien manquer du spectacle, d’autres préfèrent se joindre à l’impressionnante file s’étirant devant la churrería la Mañueta, laquelle ouvrira ses portes à six heures précises. La lente procession gourmande ; noctambules et frais levés s’y croisent joyeusement ; ne cessera plus jusqu’à onze heures, heure traditionnelle de fermeture du vénérable établissement. Les Géants et Cabezudos ne s’y trompent pas lesquels, durant les fêtes, lors du défilé matinal quotidien, s’y arrêtent. Gaiteros et porteurs marquent le pas et Elias Elizalde, de la 4e génération de la Mañueta, txistulari émérite, traditionnellement, leur présente un plateau des inégalables churros avec un petit verre de patxaka (liqueur navarraise de pomme parfumée à l’anis). Un succulent accompagnement.

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SAVOIR-FAIRE ET PASSION

le magazine

spécial NUMÉRO 9 - 2015

numéro 10- 2015

UDABERRI / PRINTEMPS

uda / été

Pottok

la ville miroir d'euskadi

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Histoire

San Fermin

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

ibilka

le magazine

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ibilka

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basques d'argentine

les bâtisseurs d'une natiOn

Amaiur

Buenos Aires

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

Mendoza

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

Cordoba

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

Traversée des Andes

Ortzaize

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

page 1

numéro 8 - 2015

NUMÉRO 9 - 2015

negu / Hiver

UDABERRI / PRINTEMPS

Le diamant noir de Lokiz

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Donostia

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

Pottok

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

Amaiur

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

Que savons-nous réellement de l'histoire douloureuse de Donostia ? 2016 et son titre de Capitale européenne de la culture sont l'occasion de la visiter.

Les trois Grandes

Découverte

ibilka

le magazine

S'abandonner, sans but, est une belle manière de (re)découvrir Donostia.

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

numéro 10- 2015 uda / été

Alarde

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Gastronomie

San Fermin

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

L'une des villes les plus étoilées au monde se passionne aussi pour sa grande cuisine en minuscule.

Les trois Grandes

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

San Juan

La mémoire de la mer s'écrit tout près d'ici.

numéro 11- 2016

NUMÉRO 12- 2016

negu / hiver

UDABERRI/ PRINTEMPS

La Mañueta ? Une incontournable séquence familiale pamplonaise qui perdure depuis 1872. Située au 8 de l’étroite rue Mañueta, la plus célèbre churrería de la péninsule – elle n’ouvre que durant les fêtes et les dimanches d’octobre – ne brille pourtant ni par sa vitrine, il n’y a en pas, ni par un décor particulier, seule la désigne une façade intensément corail que barre un frustre vantail de bois s’ouvrant sur un comptoir fonctionnel. Le reste ? L’avenance, le sourire toujours, la passion pour un vieil office et un

Mascarade

Mundaka

En Soule, la mascarade est bien plus qu'une simple fête, c'est à la fois la célébration de la danse et de la langue basques, et un moment fort d'union entre les générations.

Le carnaval de Mundaka ne ressemble à aucun autre, et c'est bien là ce qui fait tout son charme et son intérêt. À découvrir de toute urgence !

Baldorba

Almadia

Elle n'est pas la plus connue des vallée navarraise. Pourtant, avec son chapelet de villages, ses trésors romans, une faune et une flore très riches, sans parler de la précieuse tuber melanospérum, la petite vallée mérite qu'on s'y arrête.

Aussi loin qu'ils se souviennent, les hommes de la vallée du Roncal ont vu les bois flottés pour rejoindre leur destination finale. Une tradition perdue, mais un savoir-faire sauvegardé, et aussi une occasion de faire la fête.

Mémoire

Fort San Cristobal

Les images de télévision, en noir et blanc, datent de 1959. Les paysages ont peu changé, la vie des bergers un peu plus. Nous sommes partis à la recherche des acteurs de l'époque.

De fort, il n'a que le nom. Prison conviendrait mieux. Perché sur les hauteurs de Pampelune, il témoigne d'une période cruelle de la Navarre.

Cagots

Pastorale

Bozate est un quartier d'Arizkun à la bien triste mémoire.

À l'occasion de Donostia 2016, découvrez l'incroyable destin de Katalina de Erauso.

ibilka le magazine -Donastia

ibilka le magazine - argentine

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

DONOsTia

Alarde

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Bami 12imp.indd 1

19/04/2016 19:49

PAGE 1

ibilka

le magazine

NUMÉRO 13 – 2016

Lekeitio

C'est la discipline la plus spectaculaire de la pelote basque. Mais elle est aussi une formidable ambassadrice du Pays basque partout dans le monde.

Dolores Redondo

Auteure de la Trilogie du Baztán, énorme succès d'édition, l'écrivaine donastiarra Dolores Redondo, confie à Ibilka l'origine de ses différentes sources d'inspiration.

Le géant d'Altzo

Joaquim Eleizegi Ateaga, le Géant d'Altzo, eut le triste privilège d'être l'homme le plus grand du monde…

ibilka le magazine - ÁLAVA - NUMÉRO HORS SÉRIE - UDAZKENA / AUTOMNE 2016

UDA/ÉTÉ

savoir-faire unique pour une pâtisserie simple mais, ici au goût incomparable. Elias, 68 ans, expert-comptable de son état, dans un français impeccable a bien SEPT ÉTAPES voulu nous confier un secret qui n’existe pas. « Une affaire de famille dont les membres pratiquent tous COUPS DE CŒUR d’autres métiers, et de passion surtout. Moi-même de la 4e génération avec mes enfants Elias, 41 ans, et Oihana, 37 ans, de la 5e génération, nous travaillons ensemble mais il y a aussi Mikel, Renata, Juan, Nicolas, Itsasoa, les neveux et les nièces. » Car enfin, le churro ce Aramaio n’est jamais que de la Dans isolement, farine, de l’eau, du sel et de son l’huile. Mais à la estd’olive un petitvierge Mañueta, la farine de blélaetvallée l’huile paradis naturel. : « nous sont rigoureusement sélectionnées ouvrons deux samedis avant les Sanfermines Vitoria-Gasteiz pour les tester », avait expliqué Elias. Quant à la a fait de la cuisson, elle est unique, La et capitale pour en saisir toute qualitédans de lales vie entrailles de ses la subtilité, il faut descendre habitants signature. brûlantes de la Mañueta, espacesa crépusculaire léché par les flammes, à mi-chemin entre fonTreviño derie et athanor d’alchimiste. La confection des La petite enclave aimerait churros relève d’un incroyable ballet, d’une gesbien devenir la huitième tuelle à la précision chirurgicale. Dans les chaudrons, les mêmes depuis cuadrilla 145 ans,d’Álava. saturés d’huile bouillante chauffée exclusivement au bois de hêtre qui leur donnera ce fumetGorbeia unique, les façonniers, Le plus vaste parc à l’aide d’une énorme seringue et par de larges naturel d’Euskadi gestes en cercles concentriques, y projettent la estse untransmue endroit magique. pâte qui, instantanément, en goûteuses roscas, ces immenses spirales d’or aussiToloño tôt récupérées à l’aide d’une longue pince. Une Barrière climatique, fois découpées, elles équivaudront exactement sierra sépare à douze churros et demi.la« petite Les churros sont prédeux mondes. parés au fur et à mesure des commandes, ce qui explique les files d’attente », confiera Elias. Valdejero La famille Elizalde ne consacre que peu de temps Terre confi ns un verre aux Sanfermines. La corrida tousdeles jours, où l’Èbre annonce, que l’on s’accorde après les taureaux, guère plus. Une nouvelle mâtinée degéographiquement, labeur va vite déboula fila n d’Euskal Herri. foi ler comme se profile déjà 6e génération, d’Elias : « Mes petits enfants raffolent des churRioja alavesa ros, un signe non ? » Des bodegas, œuvres d’art, et des vins nectars. MOTS CLÉS HITZ GAKOAK

Spécial Álava

Pottok

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

Amaiur

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

Que savons-nous réellement de l'histoire douloureuse de Donostia ? 2016 et son titre de Capitale européenne de la culture sont l'occasion de la visiter.

ibilka

Cordoba

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

Traversée des Andes

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

le magazine

Découverte

S'abandonner, sans but, est une belle manière de (re)découvrir Donostia.

numéro 10- 2015 uda / été

Alarde

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Gastronomie

San Fermin

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

L'une des villes les plus étoilées au monde se passionne aussi pour sa grande cuisine en minuscule.

Les trois Grandes

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

San Juan

La mémoire de la mer s'écrit tout près d'ici.

Pâte : ore Chaudron : galdara Hêtre : pago Frire : frijit

PAMPELUNE AUX DEUX VISAGES

Errance

S’abandonner au hasard, pour plonger dans l’intimité de Pampelune et de ses habitants.

Txantrea

Ce n’est pas le plus beau quartier, ni le plus branché, mais il incarne une aventure collective unique.

Ville capitale

Se plonger dans l’histoire de Pampelune, c’est parcourir celle du royaume de Navarre, de ses conquêtes et de ses pertes…

L’envers du foulard

ibilka le magazine - PAMPELUNE - NUMÉRO HORS SÉRIE - UDAZKENA / AUTOMNE 2017

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réinventer.

Histoire

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se

la ville miroir d'euskadi

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LES INÉGALABLES CHURROS DE LA MAÑUETA

Toutes les musiques du monde sont celles de cet amoureux de l'accordéon diatonique.

a

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

Depuis 145 ans, rue Mañueta, on confectionne les meilleurs churros de la Péninsule. Une histoire de famille. Aujourd'hui la 5e génération.

84 – Kepa Junkera

Bilbao

Pasaia

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Votre magazine du Pays basque

Son passé imprègne toujours la Bilbao d’aujourd’hui.

DONOsTia

les bâtisseurs d'une natiOn

ibilka le magazine -Donastia

ibilka le magazine - argentine

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80 – Athletic

Cesta punta

histoire,

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

Le petit port de Bizkaia a surtout connu ses heures de gloire à travers la pêche qui fut, jusqu'au milieu du XXe siècle, l'activité essentielle. Depuis, le tourisme a, peu à peu, pris le dessus, sans que pour autant Lekeitio n'y perde son âme.

son

Donostia

Cordoba

Plus vieux club de foot d'Espagne, l'Athletic Bilbao est aussi l'un des plus originaux du monde par ses principes de fonctionnement.

NUMÉRO 9 - 2015

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

90 – Aste Nagusia

le magazine

UDABERRI / PRINTEMPS

Le diamant noir de Lokiz

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

Neuf jours d'août à ne manquer sous aucun prétexte. C'est la Grande Semaine des fêtes qui, depuis quarante ans, propose près de 500 manifestations différentes pour tous les publics et tous les âges.

ibilka

numéro 8 - 2015 negu / Hiver

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Mendoza

Des chansons typiquement locales.

de

le magazine

basques

Et les Basques découvrirent l'Amérique

A l'image

ibilka

le magazine

les bâtisseurs d'une natiOn

88 – Bilbainadas

spécial

d'argentine

Mendoza

ibilka le magazine - argentine

Il y a un peu plus de 20 ans, le Guggenheim ouvrait ses portes. Plus qu'un lieu de culture, il est le symbole d'une mutation urbaine réussie.

basques

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

34 – Capitale économique

40 – L'effet Guggenheim

le magazine

Buenos Aires

Toutes les friches industrielles ne sont pas transformées, certaines témoignent encore de la mémoire du Bilbao d’avant la crise économique.

La ville rayonne bien au-delà des frontières de la Communauté autonome et s'est imposée dans le concert des grandes villes européennes.

ibilka

Votre magazine du Pays basque

66 – Bellas Artes

Sait-on vraiment ce que les Sanfermines représentent pour les Pamploneses, comment ils les vivent ? Plongée dans l’envers du décor.

Rencontres

Des peñas aux célèbres churros, en passant par les mythiques xahako Z.Z.Z, rencontres.

Spécial Pampelune


Au fil du temps Société éditrice : BAMI Communication Rond-point de Maignon, Avenue du 8 mai 1945 BP 41 - 64183 Bayonne bami-communication@bami.fr Directeur de la publication : Jean-Paul Inchauspé Coordination : Jean-Paul Bobin bobinjeanpaul@gmail.com Rédaction : Txomin Laxalt, Santiago Yaniz Aramendia, Jean-Paul Bobin Direction artistique : Sandrine Lucas Fabrication : Patrick Delprat Iru Errege Le Forum 64100 Bayonne N° ISSN 2267-6864 Traduction : La traduction des articles de Santiago Yaniz Aramendia (pages 46-56) a été réalisée par Chelo de Bastida. Crédit photos : P.70 : Musée de Bellas Artes Photo  couverture :SantiagoYaniz Aramendia

es villes changent ! S’il n’y avait qu’une leçon à retenir de Bilbao (Bilbo en euskara), ce serait cellelà. La ville grise, industrielle, voire industrieuse du XXe siècle, que beaucoup condamnaient au déclin - à l’image de celles des bassins miniers français -, cette ville-là a su évoluer, se transformer au point de devenir l’une des plus attractives d’Europe, régulièrement citée et récompensée… Nous sommes partis à la rencontre de cette Babel à l’histoire si riche et au destin si peu commun et à celle de ses habitants avec, il est vrai, une question en tête : la nouvelle Bilbao a-t-elle fait disparaître l’âme de l’ancienne ? Sa transformation urbaine, sa boulimie architecturale, qui a su attirer sur les rives du Nervión les plus grands noms de la discipline, ont-elles sculpté de nouveaux paysages plus sages, plastiquement assez éloignés de ceux de la ville dantesque du XXe siècle dominée par les hauts fourneaux, les terrils, la ferraille et l’odeur de soufre ? Le postmodernisme a-t-il tout balayé du tableau expressionniste ? Si l’esprit d’une ville se sculpte à l’aune de ses paysages, allions-nous retrouver, la poésie furtive de la Babylone portuaire, dans cette extraordinaire modernité qui attire plus d’un million de visiteurs par an ? Des nouveaux quartiers aux plus traditionnels, du Musée de Bellas Artes au Guggenheim, la capitale économique du Pays basque se découvre, se révèle à nous. Pour autant aura-t-elle répondu à nos interrogations ? Un peu à la manière de cet homme penché au balustre du pont, représenté dans le célèbre tableau d’Arteta, nous avons regardé le temps s’écouler et constaté, comme Baudelaire que « La forme d’une ville change plus vite, hélas, que le cœur d’un mortel. » Mais qu’avons-nous appris ? C’est ce que je vous invite à découvrir en souhaitant, une fois de plus, que ce numéro hors-série de votre magazine IBILKA vous plaise et vous informe. Bonne lecture.

Jean-Paul Inchauspé, Directeur de la publication

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FOLIO

santiago yaniz aramendia

mémoire, modernité et quotidien photographe et journaliste professionnel depuis 1980, santiago Yaniz aramendia (bilbao, 1957) se partage entre ces deux activités – on peut dire passions - toujours en freelance. ses photos ont été publiées dans plus d'une cinquantaine de titres de presse ou de livres et exposées au pays basque, en France (Grenoble, antibes, toulouse) et même aux états-unis, à boise. montagnard passionné, il a été amené à réaliser des documentaires pour « la mirada mágica », le programme d'euskal telebista. pilote de drone, il a ajouté cette corde à son arc, tant pour la télévision que pour la photographie aérienne. Devenu éditeur depuis quelques années, il met lui-même ses livres en forme, convaincu que « l'édition est un moyen de continuer le métier de reporter », ce qui lui permet de donner naissance à des projets personnels, tant au niveau de l'écrit que de l'audiovisuel. sa dernière exposition Dronegrafías a pu être vue dans de nombreux endroits de biscaye, notamment au musée de la photo de zarautz. c'est dans les voyages, dans les rencontres au quotidien, qu'il puise sa passion de la photo et qu'il nourrit son travail de tous les jours. collaborateur de la première heure d'ibilka, fils de bilbao, il était logique que nous lui demandions ses coups de cœur sur sa ville. bilbotarra et photographe, il nous les propose à travers un double regard, celui de la mémoire et de la modernité, et comme santiago est un photographe avant tout passionné par l'Humain, il ne pouvait pas ignorer son quotidien et les scènes de vie de sa ville. merci à lui de nous offrir, de cette bien belle manière, une si affable introduction.

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zubizuri Zubizuri, le pont blanc en euskara, passerelle suspendue au-dessus du Nervion Ă quelques encablures du Guggenheim, est l'Ĺ“uvre de l'architecte Santiago Calatrava.

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Capitale de la Biscaye, Bilbao est une ville qui a su établir un dialogue entre passé et présent, entre océan et montagne, entre tradition et modernité

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mémoire du port Les silhouettes des grues portuaires, à Saint-Pétersbourg, Marseille ou ici, racontent la même violence, la même densité des paysages.

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vivre ensemble Aux côtés de l'architecture éclatante du nouveau Bilbao, des quartiers populaires ont conservé quelques stigmates de la ville et la vie d'avant la crise économique.


Nouvelle cathédrale Depuis longtemps, le foot a remplacé la religion et le doyen des clubs espagnols, l'Athletic, s'est offert une nouvelle cathédrale, un San Mamés encore plus grand !

En verre Pour imaginer ses stations de métro inauguré en 1995 - la ville fit appel à l'architecte britannique Norman Foster qui dessina ces structures en verre uniques.

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l'histoire de BilBao est marquée par sa CapaCité à s'adapter et à répondre aux nouvelles néCessités auxquelles elle est Confrontée

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la ville océanique a réussi sa métamorphose sans pour autant gommer sa dimmension humaine et reste une cité où il fait bon vivre

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ÉlÉgance Le grand poète local, Gabriel Aresti, disait volontiers du Bilbotar qu'il est fanfaron, fier de sa ville, il peut aussi, et très souvent, faire preuve d'une élégance retenue.

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La grande semaine Aste Nagusia, la Grande Semaine, est Le rendez-vous festif de Bilbao. Neuf jours d'août, durant lesquels le seul mot d'ordre est de profiter au maximum du moment.


-

Si les villes sont des hauts lieux de la résistance au politique, cela tient peut-être à ce qu'elles sont constituées d'une pluralité de niches, écrit Julien Gracq

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UNESCO L'Unesco classe les bâtiments au Patrimoine mondial, tel le pont transbordeur, et les femmes et les hommes des villes privilégient, eux, les moments de bonheur.

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Le théâtre de l a ville Quel spectacle joue la ville depuis plus de 20 ans ? Le vieux théâtre Arriaga en a vu bien d'autres. Après tout, lui-même n'estil pas inspiré de l'Opéras de Paris ?


DĂŠambulation

Juan carlos, taxi GiDaria bilbon

manera on bat, batez ere kazetari batentzat, hiri bat deskubritzeko, dudarik gabe taxi baten hartzea da. baldintza batekin hala ere, taxi gidariaren kidetasuna premiazkoa da.

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texte Txomin Laxalt / photographies Santiago Yaniz Aramendia

ta xi driver Juan Carlos Vesga Crespo, chauffeur de taxi depuis 25 ans à Bilbao (ci-dessous), a accepté de nous faire découvrir sa ville, dans le flux de la circulation (ci-contre un automobiliste bloqué). Embarquement immédiat.

taxi

juan carlos

à bilbao

La meilleure façon de découvrir une grande ville, c'est encore d'emprunter un taxi. La complicité s'impose cependant avec le chauffeur.

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DĂŠambulation

Bilbao est une ville en perpĂŠtuel chantier qui n'en a pas encore fini avec sa restructuration

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d

ans une capitale le taxi, surtout pour un journaliste, c’est affaire de chance. Un échange subtil, un jaugeage mutuel et impromptu d’où les deux peuvent sortir gagnants et qui peut se clore sur un accord tacite valant contrat alors qu’on se donne rendez-vous pour le café du matin. Si le courant passe, le taxi sera un relais des plus précieux pour la réalisation du reportage. Comme il prendra à cœur votre mission informative, il mettra un point d’honneur à apposer les touches inopinées – une rencontre, un endroit inédit – qui rajouteront piment et couleurs à votre travail, lequel sera quelque part aussi le sien. Juan Carlos Vesga Crespo (Bilbao, 1963) a tout décodé dès la poignée de main. Regard amusé mais attentif quand nous lui avons soumis notre souhait d’une errance à sa convenance hors des artères battues. Taxi à Bilbao depuis 25 ans, ce botxero – il est né dans le quartier historique – évolue dans le maelström urbain bilbotar comme angula dans la ría. Le véhicule ? Un Hyundai, licence n° 513 des Radio-taxis de la ville, une association qui fait du conducteur, propriétaire de son véhicule, le seul maître après la Amatxu de Begoña si tant est qu’il y crût. Si le tac de Juan Carlos ressemble aux 774 autres de Bilbao, ce n’est que par la carrosserie – blanc avec logo rouge sur la portière arrière, bilingue comme il se doit – le véhicule étant l’un des huit taxis électriques de la ville. Nous démarrons donc pour une première reconnaissance qui nous conduit naturellement au long de la veine nourricière, la ría. « C’est vrai que 1983 a été une année clé, je m’en souviens encore, c’était pendant les fêtes ; la violente crue du 23 août a surpris tout le monde et Bilbao, surtout le vieux quartier, s’est transformé, les vieilles boutiques par force ont disparu », rappelle-t-il, évoquant les 39 victimes de la province. Ce petit tsunami – on l’appelle ici aguadutxu – qui draina avec lui tout ce qui transite par un port de cette importance, dissolut dans des torrents de boue, de produits toxiques et de troncs démantelés, une grande partie de ce qui faisait le sel des Zazpi kale. « Au quartier populaire de La Peña, la boue était montée jusqu’au niveau des premiers étages. » On a du mal à imaginer le désastre en doublant le distingué Campo Volantín et ses petits palais, « d’ici, à mon sens, la plus belle vue sur le Guggenheim avec des couleurs changeantes le soir, un vrai caméléon », tempère Juan Carlos poète à ses heures et

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mélomane alors que nous croisons le théâtre Arriaga, un panthéon musical européen : « Je ne suis pas riche mais quand je peux, je me paye un billet au centre, file 5, il faut ça pour bien profiter du son d’un Stradivarius ! » confie-t-il comme il rappelle de la même manière qu’il est socio de l’Athletic depuis 1976 et son père avant lui ! L’aisance avec laquelle Juan Carlos se meut dans le tourbillon urbain, se joue de ses embûches inopinées, témoigne de la connaissance de sa ville : « Tu pars en vacances et à ton retour, tel quartier s’est modifié ! » révèlet-il, hilare. Car c’est ça Bilbao, une ville en perpétuel chantier qui n’en a pas fini avec sa restructuration. Un passage au quartier San Ignacio de Deusto nous fait comprendre qu’il n’a aucune affinité avec l’ancien régime. Un alignement d’immeubles de briques d’une géométrie accablante, « construits dans les années quarante, pour les familles de phalangistes, on vient d’en enlever enfin les symboles, jougs et flèches de triste mémoire. » Aujourd’hui, entre deux quadrilatères s’y trouve la Maison de l’euskara, une juste revanche. À deux pas, un modeste appentis ne laisse pas supposer qu’il donne accès aux catacombes de Bilbao, avec les anciennes mines du quartier Miribilla, une des réalités souterraines du tout début du XXe�siècle, saisissante régie des eaux à ses balbutiements.

bilbao cÔté norVÈGe ! Une brève incursion du côté des premières friches industrielles nous permet d’apprécier sur l’autre berge les dernières bribes de quartiers qui se reflètent à peine dans les eaux ternes du Nervión. Ainsi Oleabeaga, joliment coloré : « On l’appelle la Norvège, parce qu’il ne voit jamais le soleil ! » glisse Juan Carlos. Passés rive gauche, au cœur de l’ensanche (première expansion urbaine), urbanistiquement inspiré par celui de Barcelone, nous descendons la Gran Via, artère palpitante de la cité, un déambulatoire pérenne, 1 600 m de longueur, étincelant corridor de la consommation. Le triomphe pompeux du capitalisme industriel échevelé du XIXe siècle finissant, se traduit sur les façades des immeubles des banques, des grandes compagnies, des hôtels particuliers de style anglais ou… sans style mais toujours rivalisant d’audace ; ainsi l’invraisemblable palais Chavarri : « Observe bien, toutes les fenêtres sont différentes ! » Nous vaguons, Herri Irratia (Radio populaire) en fond sonore, elle accompagne le quotidien de Juan Carlos comme celui des 50 000 auditeurs recensés dans la capitale biscayenne ; « c’est la rumeur de la ville » apprécie-t-il, l’occasion aussi de nous évoquer sa frustration de ne pas savoir l’euskara. Nous abordons la rue San Francisco, saignée de mauvaise réputation dans un quartier autrefois, alors que le port confinait à la ville, plus connu sous le nom de Palanca (le levier) – du nom évocateur du plus célèbre des bars – boxons. Si, jusque dans les années 1980, marins en bordée et

scènes de vie Bilbao est une capitale, même si elle n'en a pas officiellement le titre, si ce n'est celui de capitale biscayenne. Une ville-monde qui se nourrit aussi de moments de poésie urbaine, captés par l'objectif fureteur.


Le triomphe pompeux du capitalisme industriel se traduit sur les faรงades

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ta xi et métro Sur la ligne 3 du métro, la station souterraine de Zurbaranbarri, dans le quartier éponyme, a été construite par Norman Foster.

xi ta page 19


bi

un balcon sur la ville Lorsque le brouhaha de la ville n'est plus qu'une rumeur diffuse, la magnifique perspective s'impose alors, celle d'une cité encerclée par les montagnes, comme embrassée ! Fluctuations de l'histoire l'immeuble de la BBVA a cédé le titre de plus haut édifice à la tour Iberdrola, une flèche de 165 m pour 41 étages.

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lbao BilBao n'est plus une ville ouvriÈre mais elle en a gardé toute la mémoire !

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DĂŠambulation


une pente de 20 %

Iturrigorri-Peñascal est un quartier tout en hauteur, presque perché, que Juan Carlos tient pour le plus humble de sa ville. Dans le passé, on le comparait aux favelas de Rio de Janeiro.

bonne société bilbotarra vinrent volontiers s’y encanailler, aujourd’hui il marque surtout la lisière entre le Bilbao pimpant et le Bilbao populaire qui porte haut sa mémoire ouvrière. La cité doit composer avec un patchwork multiculturel pas toujours évident à vivre mais qui fait rappeler avec lucidité à Juan Carlos que sa famille était bien venue de Burgos pour une seconde vie. Nous ouvrons au passage le chapitre de la sécurité du métier au sein d’une aire métropolitaine d’un million d’habitants : « Je n’ai jamais été agressé, escroqué deux, trois fois peut-être et, désignant l’arrière du véhicule, d’ailleurs je n’ai pas voulu de vitre de séparation pourtant subventionnée par la mairie. Après Oviedo, Bilbao est la ville la plus sûre de la péninsule », affirme-t-il.

la reVancHe Du prolo Finis les larges avenues ombragées, les immeubles tarabiscotés, les monuments aux grands hommes, les bulbes des grandes verrières, le fredon distingué des imposants jets d’eau aux intersections, les ors des grands cafés armoriés et la baguenaude des touristes en armes numériques. Place désormais au bistre éruptif de la brique, à la souveraineté rouille des portes de dépôts pareils à des ponts-levis, à l’emprise du béton et du bitume. Le ciel se resserre et, au mitan des carrefours, viennent se planter les guibolles colossales des bretelles d’autoroute survolant les rues en rasemottes. Comme nous franchissons le quartier Rekalde, Juan Carlos désigne un de ces viaducs bombardiers : « Il y a peu, un camion a paumé une roue qui, tel un missile, est passée à travers une fenêtre, un miracle ! Un autre a basculé par-dessus la rambarde est a fracassé une famille de gitans qui bivouaquait dessous. » Vers le mont Caramelo, la pente se redresse, le Botxo – on pourrait traduire ce mot qui, familièrement, désigne le Bilbao des origines, par fond de vallée – a définitivement laissé place à la ville haute ou plutôt aux villes hautes, chaotiques, ainsi se plaît à les définir notre guide. Autant de quartiers montagneux aux charmes désenchantés, à l’architecture anarchique, un urbanisme scélérat dont l’absence de style en a conféré un, irrésistible, parce qu’il se conjugue avec la mémoire et explique l’histoire de Bilbao. Ici le prolo prend quelque part sa revanche car la vue sur la ville est exceptionnelle, digne de celle que permet, sur les flancs de l’autre rive, le résidentiel quartier Artxanda. La montée vers le quartier Peñascal-Iturrigorri – Juan Carlos le tient pour le plus humble – titre une pente de près de 20% ! Nous nous y engageons, peine perdue, le tac ahane et finit par caler au désarroi de Juan Carlos qui avoue y venir pour la première fois ! Bien sûr aujourd’hui nous sommes loin du roman de Martín Vigil (1919-2011) Una chabola en Bilbao (Une cabane à Bilbao), lequel évoque une véritable ceinture de la misère ou quand, dans les années 1960, depuis les

faubourgs d’Uretamendi, les flancs escarpés de Bilbao s’apparentaient aux favelas de Rio de Janeiro. Aujourd’hui tout est en dur, mais les véhicules n’ont pas accès aux ruelles et traboules les plus abruptes. Un complexe labyrinthe d’escaliers et de rampes en permet seul l’entrée. Si, sur les deux rives, un judicieux système d’ascenseurs autorise l’approche à mipente, les personnes les plus âgées ont bien du mérite. Une confusion de toits asymétriques, des séquences de maisons de mineurs, du linge séchant à fleur de trottoir, troquets à trois tables mais à irremplaçables tranches de vies, immeubles agriffés à la montagne, placettes faites pour la palabre, attestent d’un fort sentiment communautaire. Et partout, flottent l’ikurriña, le drapeau républicain ou fédérateur, celui de l’Athletic. De là-haut, le brouhaha de la ville parvient à peine mais une magnifique perspective rapporte la grande chronique de la cité. Fluctuations de l’histoire, l’immeuble de la BBVA, a cédé son titre de plus haut édifice à la tour Iberdrola, une flèche de 165 m pour 41 étages. Le Guggenheim n’est plus réduit qu’à une modeste fleur de titane quand, tel un cyclopéen vaisseau spatial vert chartreuse, seigneurial, le stade San Mamés donjonne la ville. Le Pagassari (673 m) et le Ganekogorta (998 m) – avec la ría, la Vierge de Begoña et San Mamés, signes patents de l’identité du Bilbotar – ne sont plus qu’à deux heures de marche de Rekalde ou de l’emblématique et très champêtre Bar Athletic, « le rendez-vous incontournable du marcheur », rappelle Juan Carlos, mendizale hors jours ouvrables. Tous les jours les Bilbotarrak, en une déconcertante noria, ne manquent pas d’y monter. Vaches et brebis, fermes et granges, voire quelques vignes, coudoient enfin exsangues, les dernières banquises de béton de la ville. D’ici, longtemps les taureaux, les veilles de corridas, ont dévalé en un encierro sans coureurs, vers les arènes de la ville. Nous repassons enfin rive droite dans le tumulte de la Babel. Le quartier Santutxu s’imposait, Juan Carlos y habite. Comment imaginer qu’il y a peu, ce faubourg habillé aux habits neufs de la reconversion ne retentissait que du carillon languide des chapelles et des couvents dressés sur des déferlements de verdure, terrains de jeux de son enfance. Le périple touchait à sa fin ; il fallut bien descendre encore la Zabalbide, depuis le XVIe� elle demeure la plus longue rue de Bilbao, sinuant sur 4 km du haut de Santo Domingo jusqu’à San Anton, aux portes des Zazpi kale. Un verre dans un bar voisin de l’Amatxu de Begoña ; Juan Carlos soucieux de son rôle, insiste encore : « Bilbao, n’est plus une ville ouvrière mais elle en a gardé toute la mémoire, aujourd’hui elle est plus belle et plus propre. » Une accolade, le taxi n° 513 s’est englouti dans le grand flux. Nous reviennent les mots d’Abdo, taxi au Caire : « Tu veux savoir mon meilleur souvenir ? Si j’ai pu échanger avec elle, la dernière personne qui est montée dans mon taxi. »

MOTS CLÉS HITZ GaKOaK Véhicule électrique : ibilgailu elektrikoa rive : urertz Façade : etxaurre Brique : adreilu


Histoire

texte Jean-Claude Larronde / photographies Santiago Yaniz Aramendia

le to u r nant du siÈCle

Au tournant du XIXe et du XXe siècles, Bilbao et la Biscaye offrent un intérêt particulier par les bouleversements qui s'y produisent affectant le territoire sur le plan économique, social et politique.


menDearen biHurGunea

xix. mendearen bukaeran eta xx.aren hasieran, nahasmendu itzelak agitzen dira, zeinek lurraldearen itxura tradizionala hunkituko baitute maila ekonomiko, soziala eta politikoetan

u tournant du siècle, les années de la régence de la reine Marie-Christine (1885-1901) sont des plus prospères. La croissance démographique est considérable ; Bilbao ne comptait que 10 000 habitants en 1800 et 33 000 en 1877 ; elle en compte 90 000 en 1910. Elle a annexé les villages de Begoña et d’Abando, l’annexion de ce dernier village permettant son développement sur la rive gauche du Nervión. La hausse de la population dans la zone industrielle et minière, le long de la ría (Baracaldo, Erandio, Santurce, Sestao), entraîne l’accroissement de la population de Biscaye qui passe de 190 000 habitants en 1877 à 350 000 en 1910. Le développement de l’industrie est dû à la production du minerai de fer (80% de toute l’Espagne) ; près de 5 millions de tonnes sont extraites chaque année dont les 9/10e sont exportées vers la GrandeBretagne ; c’est là le point de départ de l’accumulation de capital en Biscaye. La métallurgie lourde s’y installe définitivement car les Anglais offrent leur houille en échange du minerai de fer. En 1902, les trois principales sociétés sidérurgiques fusionnent pour créer la Sociedad Altos Hornos de Vizcaya (Société des Hauts-Fourneaux de Biscaye). C’est le premier grand trust basque. On peut dire que la Biscaye vit « l’âge de l’acier » ; sa production sidérurgique représente plus de 60% de celle de toute l’Espagne. Dans plusieurs autres secteurs, la Biscaye prend la tête du développement économique. Ainsi, dans le domaine bancaire avec le groupe Banco de Bilbao (1857) et le groupe Banco de Vizcaya (1901) ; dans l’industrie navale avec le port de Bilbao qui assure, en 1900, 40% du trafic maritime espagnol ou encore dans l’énergie électrique et les communications ferroviaires. Quant au contexte culturel, il n’est guère favorable à la langue basque ; on assiste en effet à une accélération de l’abandon de l’euskara, processus provoqué par l’industrialisation et sa conséquence, l’immigration en provenance des provinces espagnoles.

la remise en cause Du « caciquisme » Dans le dernier quart du XIXe siècle, c’est le libéralisme qui domine la vie politique de l’Espagne mais cette vie politique est minée par l’immobilisme et la corruption. Le parti libéral et le parti conservateur alternent au pouvoir selon un pacte conclu entre eux. Cette parodie politique repose sur des « caciques » locaux, en général des propriétaires terriens aisés qui font la pluie et le beau temps sur leur territoire. En Biscaye, le cacique traditionnel cède sa place au riche industriel : une poignée de grandes familles de Bilbao et de la Biscaye contrôle ainsi toute la vie politique. À cette époque, la Biscaye est aussi une des places fortes du socialisme et du mouvement ouvrier. On compte, en 1904, 70 sociétés, filiales du PSOE

four Place Saralegi, dans le quartier de Miribilla, ce four rénové de calcination de minerai de fer, appartenait à la mine San Luis, abandonnée en 1960.


Histoire l' o r r o u g e Ci-dessous, au début du XXe siècle, des travailleurs des mines de fer extraient « L'or rouge de Biscaye ».

barakaldo Barakaldo et ses hautsfourneaux ont attiré, au XIXe s., les travailleurs venus de toute l'Espagne.

150 ans Un siècle et demi d'industrie a disparu avec la fermeture de l'usine Echevarría-Profusa.

déclin Les gestes ont peu évolué, c'est davantage l'importance économique de la sidérugie qui a changé.

d'une petite ville aux activités traditionnelles, on est passé, en peu d'années, À une grande ville industrielle

(Partido Socialista Obrero Español - Parti Socialiste Ouvrier Espagnol). La lutte pour améliorer les déplorables conditions de vie et de travail des ouvriers se manifeste surtout par les grandes grèves de 1890 et de 1903, cadres d’affrontements sanglants entre l’armée et les ouvriers. Les socialistes publient à Bilbao, un hebdomadaire « La lucha de clases » (La lutte des classes). Ils s’opposent violemment au nationalisme basque en déclarant que le lien avec l’Espagne doit être renforcé. Pour eux, le nationalisme basque s’oppose à l’universalisme socialiste ; il nie les différences de classes et la solidarité ouvrière ; c’est un phénomène bourgeois et clérical. Presque tous les membres du PSOE en Biscaye sont étrangers à la province ; ils condamnent toutes les revendications concernant la langue et la culture basques.

un maire nationaliste basque Deux périodes très différentes méritent d’être dissociées : avant 1898, le nationalisme basque est une réaction contre l’industrialisation et contre une de ses conséquences, à savoir l’importante immigration espagnole. Le Bilbotar Sabino Arana (1865-1903) développe à partir de 1893, une active propagande nationaliste basque, aidé par un groupe de fidèles quasi-clandestin. Certes, il n’est pas le premier à parler de « nation basque » ; d’autres l’ont fait avant lui, à commencer par le souletin Augustin Chaho (1811-1858), mais lui va se donner les moyens de sa politique. Ayant hérité de son père

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(armateur naval carliste) une fortune qui, quoique déclinante, lui permet de vivre sans travailler, il crée à Bilbao plusieurs journaux nationalistes, une société récréative nationaliste (Euskeldun Batzokija - Centre Basque, 1894) et l’organisation clandestine biscayenne du Parti Nationaliste Basque (1895). La violence verbale de ses écrits dans ces premières années ainsi que des excès de langage condamnables ne le servent pas et lui attirent une dure répression madrilène qui fait fermer ses journaux et sa société, et lui font connaître la prison. Mais tout change à partir de 1898, année où l’Espagne, après une guerre stupide contre les ÉtatsUnis, perd ses dernières colonies de Cuba et des Philippines, et se retrouve en proie à une grave crise politique, intellectuelle et morale. Le nationalisme basque incontestablement, en profite. Il s’assouplit et se modère, fait dorénavant preuve d’un grand pragmatisme, si bien qu’il est rejoint par d’importants secteurs libéraux de Bilbao. Sabino Arana est élu à la Diputación (Conseil Départemental) de Biscaye en septembre 1898 et les nationalistes forment bientôt une minorité importante à la mairie de Bilbao (un tiers des conseillers), si bien qu’après la mort prématurée de Sabino Arana (à 38 ans, en 1903), le Roi d’Espagne Alphonse XIII nomme dès 1907, un maire nationaliste basque, à Bilbao. D’une petite ville aux activités traditionnelles, centrée sur le vieux quartier des Siete Calles (Les sept rues, sur la rive droite du Nervión), on est passé à une grande ville industrielle. Que de changements en un si court laps de temps !

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MOTS CLÉS HITZ GaKOaK Bouleversement : nahasmendu Essor : garapen affrontement : gatazka armateur : ontzijabe


remembrance

Une mĂŠmoire industrielle

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texte Txomin Laxalt / photographies Santiago Yaniz Aramendia

Quand on la sait passagère, une friche industrielle peut être une chance pour le citadin d'observer la renaissance de sa ville tout en récupérant sa mémoire.

Oroitzapen industrial bat

Jakiten delarik iragankor dela, industria gune abandonatua abantaila bat daiteke. Herritarentzat xantza bat da begiratzeko hiria bereraikitzen eta aldi berean memoria berreskuratzeko.

Entre-deux Les vieux entrepôts de la compagnie Cadagua réinventés par quelques artistes de rue (à gauche), ci-dessus, Zorrotza.

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remembrance

Scories Des carcasses et des ombres, des bâtiments éventrés qui dégueulent leurs dernières entrailles et une mémoire de la ville en noir et blanc.

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Tr ansitoires, les friches sont un lent e n t r e - d e u x d a n s l' e s p a c e t e m p o r e l


remembrance

le cœ u r s e s e rre face aux r a il s désafectés, aux mornes entrepôts vides


vestige À Sestao, à Barakaldo, l'incessant ballet des trains et leurs cortèges de containers bruissait de ce gémissement métallique que seule la nostalgie est apte à transformer aujourd'hui en souvenir poétique.

Paradoxalement, il pullulait à l’heure corrosive du coke, des manutentions polluantes, des scories carnassières et des fumées asphyxiantes. À l’appeau, à la glue, au flingue, on le chassait à l’année longue. Il faisait le régal des tablées familiales, des sociétés gastronomiques de Bilbao et figurait au quotidien des auberges. Le Txinbo ou Chimbo, avec prudence nous dirons la Fauvette ou pour rester vague un piaf de la famille des Sylviidae ou mieux des… petits oiseaux, personne n’étant parvenu à nous renseigner, est un identifiant de Bilbao. Il tient tellement de la cité, qu’à l’image d’un groupe fameux de chanteurs de bilbainadas qui en avait adopté le nom, les Bilbotarrak se désignent comme Txinberos. Étrangement, cet oiseau familier des villes s’est raréfié comme Bilbao amorçait sa restructuration et que Jabones Chimbo, la plus célèbre savonnerie (1863) de la péninsule – le paquet s’orne toujours d’une pétillante fauvette (?) qui zinzinule – abandonnait les bords de la ría où nul accostage n’est plus à espérer où l’horizon, absent de mâts et de grues ptérodactyles, est désormais marginalisé. Quand on les sait transitoires, les friches industrielles sont les lieux de tous les possibles ; ainsi l’exemple de Zorrotzaurre en est une belle illustration aussi vrai que l’art s’exprime souvent à l’endroit où on l’attend le moins. Plutôt que des plaies ouvertes dans le paysage, elles sont un lent entre-deux dans l’espace temporel et accordent l’occasion inespérée d’assister en temps réel à la transmutation de la ville. Si l’apothéose du Guggenheim et la nouvelle physionomie de Bilbao ont homologué l’aurore d’un cycle, la capitale de la Biscaye est loin d’en avoir fini avec son spectaculaire réaménagement entrepris en 1992 grâce au projet du nouveau siècle : Bilbao Ría 2000. Il faudra bien une génération pour en finir, une aubaine !

la maGie opÈre Les friches industrielles de Bilbao, dans tous les sens du terme, s’apparentent, si on excepte la présence de quelques pêcheurs opiniâtres, à un no man’s land. Le fer, le ciment et le béton dans leur expression brute quand ils se conjuguent à de soudains vides étourdissants et à d’enivrantes perspectives y dessinent une fabuleuse géométrie. Fatalement ils en appellent à la mémoire et aux sens. Dans une passionnante étude Le Patrimoine industriel (L’Harmattan, 2014), Nathalie Simonnot et Daniel Siret, s’appuyant sur l’exemple du port de Nantes (Naoned), nous invitent à lire ce genre d’espaces vacants : « En utilisant le pouvoir affectif des sensations, elles construisent ainsi des marqueurs d’une identité locale qui facilite les processus de reconnaissance et d’attachement patrimonial. » Les friches industrielles de Bilbao ne font pas officiellement partie du circuit touristique, pourtant la magie opère pour peu qu’on s’y abandonne. Ce qui à première vue paraît banal et laid va se transmuter ; mutilés, ces frustres outils du quotidien vont devenir, au même titre que la vieille pierre, des éléments patrimoniaux. Entre Zorrotza et Barakaldo, rive gauche, sous Monte Banderas (Montagne des drapeaux, 223 m) rive droite – de là-haut

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on maniait des fanions pour la manœuvre des trois-mâts – la baguenaude s’apparente à une remontée dans le temps. Les rails désaffectés, les wagons immobilisés au milieu de plantes invasives, les mornes entrepôts vastes comme des cathédrales, se reflétant dans des pièces d’eaux mortes et le cœur se serre. De rigoureux amoncellements de poutres métalliques qui ne transiteront plus, des pontons chancelants autant que moussus, des bribes d’usines d’une roseur épuisée et aux mille carreaux comme des yeux crevés, des cheminées atones comme derniers mâts terrestres et un vieux monde se réveille. La Biscaye ne s’est pas trompée qui n’a pas souhaité faire table rase, de priver le vieux Bilbotar de sa mémoire et le plus jeune de son histoire. Si le prestigieux chantier naval Euskalduna fondé en 1900 par Eduardo Aznar, Marqués de Bérriz et Ramón de la Sota – situé pratiquement au centre de la cité, il occupait 90 000 m², jusqu’en 1984 employa 3 000 ouvriers et enfanta des léviathans – est devenu le superbe Palais des Congrès éponyme, il en a été autrement pour des organes symboles. Ainsi la grue Carola (1957), la plus puissante de la péninsule, capable de lever 30 tonnes, baptisée du prénom d’une jolie Bilbainaise qui, croisant quotidiennement la ría faisait chavirer le cœur des ouvriers du port. « Carola ? Elle lève tout, » affirmaient-ils un brin grivois. Intimement liée au chantier naval Euskalduna, la grue Carola reste définitivement campée sur le quai et demeure du haut de ses 67 m, un totem cher au Bilbotar. Et que dire du haut-fourneau n° 1 de Sestao, ultime témoin de la geste métallurgique qui employa jusqu’à 245 000 personnes, AHV (Altos Hornos de Vizcaya) 14 300 ? Entre Sestao et Barakaldo, aux aubes de grandes coulées, Bilbao l’enfumée se magnifiait de phosphorescences orangées comme aurores sidérurgiques. Volcan à jamais éteint, le complexe combinat domine la darse de ses 80 m dans un entrelacement de bouches à feu, de vertigineuses passerelles. La muséification n’efface en rien les stigmates d’une aventure achevée sur une déconvenue. « À quoi en effet accrocher la fierté du métier et des luttes passées sans parler des gestes du travail et de la peine et des hommes quand les bâtiments ont été détruits et les machines vendues aux enchères ? » rappelaient les auteurs de l’étude sur le patrimoine industriel. Entre le Guggenheim et les poumons asséchés des silos géants des Molinos Vascos de Zorrotza rôdent les ombres des perceurs, poinçonneurs, marteleurs, chauffeurs, fraiseurs, machinistes, rectifieurs, riveteurs, soudeurs, lamineurs, opérateurs fusion, tuyauteurs, mouleurs ajusteurs, caristes, manutentionnaires, ingénieurs et techniciens de maintenance. Comme ils ont coulé l’acier et construit des navires, les Bilbotarrak refondent leur ville encore plus fermement sur les scories de l’ancienne.

MOTS CLÉS HITZ GaKOaK Friche industrielle : industria gune alfer utzi Transitoire : iragankor Grue : garabi Haut fourneau : labe garai


capitale économique

DU B E A U DU B E A U DU BILBAO Les services, le port et la culture sont les trois piliers de l’économie bilbayenne. Le changement d’image aura, incontestablement, été le moteur du renouveau actuel.

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texte Antoine David / photographies Santiago Yaniz Aramendia

électricité Surface : 50 000 m2, hauteur : 165 m, 41 étages, un héliport sur le toit… la tour Iberdrola est le plus grand gratte-ciel de bureaux d'Espagne.

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capitale économique

bilbo ze' eDerra

zerbitzuak, portua eta kultura, bilboko ekonomiaren hiru zutabeak dira. irudiaren aldaketa, duda izpirik gabe, gaurko berritzearen motorra izan da.

l y a quelques semaines, début octobre, Bilbao accueillait le GSEF (Global Social Economy Forum), le quatrième forum mondial de l’économie sociale autour du thème « Économie sociale et villes : valeurs et compétitivité pour un développement local inclusif et durable ». Il rassemblait plus de 1 700 participants venus de 84 pays. C'était la première fois que ce forum se déroulait en Europe. La capitale biscayenne rejoint ainsi le réseau mondial des villes engagées dans l'économie sociale, véritable reconnaissance de l’engagement de la municipalité à promouvoir les politiques liées aux modèles d’entreprises prenant en considération les nécessités sociales. Quelques mois plus tôt, début juin, Bilbao fut au cœur des discussions européennes sur l’égalité, la diversité et l’inclusion. Elle a récemment lancé le projet Bilbao Balioen Hiria qui consiste à repenser la ville autour de paramètres d’excellence en termes de considérations éthiques. Par ailleurs, la ville s’attend à recevoir la certification de Ville adaptée à la jeunesse, délivrée par l’Unicef. Une certification qui récompense les municipalités pour

En matière immobilière, Bilbao est la 4e ville la plus chère d'Espagne, ce qui entraîne un exode de sa population vers la périphérie

leurs travaux menés en coordination avec les citoyens pour le soutien des droits de l’enfance et de la jeunesse. Point d’orgue, en juin, le maire de Bilbao, Juan Mari Aburto, s’était rendu à Londres pour recevoir le Prix de Meilleure Ville d’Europe, décerné par l’Academy of Urbanism aux villes les plus innovantes en matière de développement urbain. Incontestablement, la capitale biscayenne est devenue une ville avec laquelle il faut compter au niveau européen, voire mondial. Le directeur de Bilbao Turismo, Zigor Bereziartua, déclarait dans la presse locale que la ville « avait su se réinventer ». Un constat indéniable.

imaGe et notoriété Avec quelque 342 397 habitants (source : Euskal Estatistika Erakundea), et plus de 960 000 pour l’aggolomération, la 10e ville d’Espagne a connu une baisse notable de sa population depuis le début du XXIe siècle, baisse essentiellement liée à l’exode de ses habitants vers les villes de l’agglomération à la suite de la flambée des prix de l’immobilier : Bilbao est, en effet, la quatrième ville où le prix du m2, 2912 euros� (selon le dernier indice Idealista) est le plus élevé, après Barcelone, Donostia et Madrid ! Malgré une légère baisse de 0,6 % au cours des derniers mois, il est toujours difficile pour les locaux d’acheter un bien à Bilbao. C’est le tribut du renouveau urbain qui a fait suite à la très grave crise économique (lire p.24-27) de la fin du XXe siècle. Depuis 1992, à travers le projet Bilbao Ria 2000 (Société pour la régénération urbaine de Bilbao et de son entourage) - dans lequel 735 mil-

lions d’euros ont été investis - qui visait à récupérer les zones industrielles en déshérence, à initier un meilleur maillage des transports publics, et à mettre en place un urbanisme connecté (lire p. 48 et 74), Bilbao fait figure de ville référence en matière de mutation économique. Sa nouvelle image est désormais celle d’une ville moderne, liée bien sûr à la construction du Guggenheim (lire pages suivantes), mais aussi à celle du métro, inauguré en 1995, et à un maillage efficace des transports en commun qui a concouru à donner une réalité au Grand Bilbao. Mieux encore, elle a su s’offrir une image d’ultra modernisme à travers l’accueil des plus grands noms de l’architecture contemporaine : Franck Gehry bien sûr et son Guggenheim, Santiago Calatrava (Pont Zubizuri et l’aéroport), Arata Isozaki (commplexe Isozaki Atea où se dressent les deux tours jumelles), Álvaro Siza (Grand amphitéâtre de l’Université du Pays basque), Zaha Hadid (Zorrotzaurre), Norman Foster (métro et notamment les entrées tellement symboliques que les Bilbotarrak les appellent « fosteritos »), Ricardo Legorreta (Hôtel Meliá), César Pelli, (Tour Iberdrola)… voire de designers, tel Philippe Starck (rénovation de Azkuna zentroa, les majestueux entrepôts de vin Alhóndiga de Ricardo de Batista. 15 000 m2 consacrés au loisir, au sens large…) Bilbao est ainsi, en quelques années, devenue un modèle de reconversion et de développement urbain pour de nombreux pays. Véritable poumon économique de la Communauté autonome, la ville fait aussi parti du club des villes les plus dynamiques de la péninsule. Ici, le PIB par habitant - indicateur qui permet de mesurer la production économique intérieure - est

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export Le port, notamment pour son trafic vers la Grande-Bretagne et l'Amérique du Nord, reste un élément essentiel de l'économie locale.

dialogue Comme en témoigne le nom de cette place dédiée au grand artiste basque, Bilbao sait faire dialoguer les cultures.

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capitale économique

transports Le métro, inauguré en 1995, le tramway et un excellent maillage des transports en commun, ont contribué à donner une réalité au Grand Bilbao.

architecture Les plus grands architectes ont signé, ici, des réalisations qui en font l'une des villes les plus remarquables en terme d'audace architecturale.

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Bilbao s'affirme comme une place-forte de l'énergie éolienne et compte bien devenir incontournable en Europe, à travers l'offshore de 30 889,5, contre 24 000 � pour le reste de l’Espagne. Forte de son million d’habitants, la région métropolitaine du Grand Bilbao abrite près de la moitié de la population et la moitié de l’activité économique de la Communauté autonome d’Euskadi ! La capitale industrielle a su se transformer et pas seulement en terme d’image. Aujourd’hui, Bilbao est une ville de services, où la culture joue comme un stimulateur de l’innovation sociable et durable. Pour autant, la capitale biscayenne n’a pas entièrement renié son passé.

De l’eau et Du Vent Le Port, même s’il a perdu de son importance, n’en reste pas moins le quatrième d’Espagne. Il a clôturé l’année 2017 avec une croissance du trafic de 7%, soit une augmentation de 2,2 millions de tonnes par rapport à 2016. Il s’agit de la plus forte augmentation annuelle de tonnage enregistrée depuis 2006. Le trafic s’élève à 34,2 millions de tonnes. Les traversiers et les croisiéristes ont déplacé 186 546 personnes (-2%). Il y a eu 123 escales de ferry et 61 croisières. Un nouveau terminal de croisière, ultra moderne à été installé à Getxo en 2016. L’Atlantique européen reste la principale zone de chalandise avec une part de marché de 41 %. Viennent ensuite l’Atlantique nord-américain et l’Atlantique africain. Par pays, le Royaume-Uni se démarque toujours avec une croissance de 16%, consolidant ainsi Bilbao comme premier port d’Espagne pour les échanges commerciaux avec la Grande-Bretagne. Le Mexique et les États-Unis sont

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les deuxième et troisième marchés. Le chiffre d’affaires a atteint 68,8 millions d’euros (84,88 millions de dollars), en hausse de 5,47% par rapport aux 65,2 millions d’euros (80,44 millions de dollars) en 2017, tandis que les fonds générés ont atteint 37 millions d’euros. Bilbao s'est aussi affirmée comme la ville basque préférée des investisseurs nationaux et internationaux, en matière de logistique. Toujours en liaison avec son fort potentiel maritime, Bilbao devient la place-forte de l’éolien en Espagne et un atout considérable pour préserver la compétitivité de l’éolien espagnol face à la Chine et l’Europe du nord. Les sièges d’Iberdrola et Gamesa fusionnée depuis 2017 avec l’allemand Siemens -, sont deux poids lourds du secteur éolien. L’association espagnole des professionnels du secteur (AEE) tablent sur cinq milliards d’euros investis dans l’éolien en Espagne, d’ici à 2020. Bilbao espère bien en profiter. « Bilbao est attractive pour notre industrie », assurait Markus Tacke, PDG de Siemens-Gamesa, qui se félicitait de la « très bonne combinaison de dynamisme industriel (...) et soutien du gouvernement basque. » L’entreprise Haizea, prévoit de fabriquer des éoliennes de 160 mètres de haut, dans une usine flambant neuve du port de Bilbao, elle compte bien, également, percer dans l’éolien offshore. Quant à l’aéroport qui accueille près de 4 millions de voyageurs par an et propose chaque année davantage de destinations, il n’est que le 14e d’Espagne et très loin dans le classement des principaux aéroports européens.

ville, outre ses musées unanimement reconnus, dispose d’un maillage d’établissements qui s’adressent à tous, animés par des associations culturelles locales, et beaucoup d’activités sont proposées gratuitement aux habitants. La culture jouant ainsi un rôle d’inclusion sociale. Des espaces publics, d’anciens entrepôts ont ainsi été investis, non seulement en centreville, mais aussi dans les quartiers et villes du Grand Bilbao. Un des meilleurs exemples est fourni par Azkuna Zentroa, dans l’un des bâtiments les plus emblématiques de la ville, devenu un espace culturel et de loisir innovant, avec une offre variée pour tous types de publics. 43 000 m2 à l’intérieur d’un vieil entrepôt vinicole de la ville, repensé par Philippe Starck, qui accueille des concerts, des ateliers pour enfants, des conférences, des expos, des cafés, des restaurants, des boutiques, et une terrasse de 2 000 m2 largement plébiscitée par les Bilbotarrak. Autre exemple parmi beaucoup, la FuNdicIOn, une salle underground, au pied d’une tour d’habitation qui propose une programmation très éloignée de l’image folklorisante. L’objectif principal de la politique culturelle locale est de s’imposer comme moteur de l’activité économique et de la transformation sociale de manière planifiée, pour faire de Bilbao une ville « attractive et compétitive à l’échelle mondiale » Ce qu’un responsable économique local résumait ainsi : « Nous avons surmonté la crise en nous transformant en ville de services mais en conservant à l'esprit l'importance de l'industrie. La phase de l’après Guggenheim aura été celle de l’intelligence. »

culture et tourisme À travers sa renaissance du début des années 1990, le pari réussi de Bilbao aura été de considérer la dimension économique de la culture comme facteur de création de richesse par le biais d’un changement d’image de la ville. Annuellement, plus de 10% du budget municipal auront été consacrés aux investissements dans le domaine culturel au sens large. Aujourd’hui, la

MOTS CLÉS HITZ GaKOaK Produit intérieur brut : barne produktu gordin Chiffre d'affaires : negozio zenbateko Exportations: esportazioak Industrie : industria


Guggenheim

La marque de Bilbao Il y a juste un an, Bilbao et le Musée Guggenheim célébraient ensemble le vingtième anniversaire de l’ouverture du musée. Une implantation à l’origine d’une des plus spectaculaires transformations urbaines.

Guggenheim, Bilboko seinalea

Orain dela urtebete bat, Bilbo eta Guggenheim Museoak, erakustokiaren estrenaldiaren 20.urtebetetzea elkarrekin ospatzen zuten. Hastapenean, hiri bilakaera ikusgarrienetako bat izan zen ezartze bat.

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texte Jean-Paul Bobin / photographies Santiago Yaniz Aramendia

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Artistes basques Eduardo Chillida, comme Jorge Oteiza font partie des artistes basques présents au Guggenheim. Inspiration À côté des expositions temporaires, la collection permanente a souvent été, pour les artistes, source d'inspiration.

L'attractivité du musée ne se tarit pas. Il attire, chaque année, plus d'un million de visiteurs, dont 22 % de Français page 42


Un bâtiment audacieux Avec ses 24 000 m2 de superficie, dont 11 000 destinés aux expositions, l'édifice de Frank Gerhy est en soi, une œuvre d'art qui se visite. L a Matière du Temps Cette œuvre monumentale de Richard Serra invite les visiteurs à une réflexion sur le temps et l'espace.

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GuGGenHeim

muse Femme aux cheveux jaunes, de Pablo Piccaso, (1931), un hommage à MarieThérèse Walter, sa muse d'alors. © Solomon R. Guggenheim Foundation, New York (SRGF)

est une immense œuvre d’art, signée Richard Serra, installée de manière permanente dans une salle du musée. Le visiteur déambule à travers des ellipses qui forment une spirale. On éprouve une drôle de sensation au milieu de ces parois d’acier rouillé, celle du temps qui s’écoule, une illusion à la fois vertigineuse et poétique, oppressante même, comme peut l’être la technologie, mais, dans le même temps, une magnifique interrogation sur nous-mêmes : « D’où venonsnous ? Sommes-nous en capacité de sculpter le temps ? » Quelle plus belle allégorie pour aborder la place prise par le Musée Guggenheim dans la capitale biscayenne ? L'écrivain et journaliste Iñaki Esteban, dans son livre El efecto Guggenheim (Ed. Anagrama) constatait (regrettait ?) le détournement de la fonction d’un musée, construit aujourd’hui davantage pour « régénérer l’espace urbain », promouvoir le tourisme et l’image des villes – c’est la cas, par exemple du Louvre-Lens –, que réellement pour se consacrer à l’art. Et il ajoutait que c’est « ce qui s’est passé avec le Guggenheim à Bilbao… Le musée a lavé le visage d’une ville autrefois farouche et a transformé le bruissement des anciens entrepôts portuaires en reflets brillants de métal poli. » Qu'on le déplore ou non, la culture aura bel et bien été le moteur de la régénération économique, voire sociologique de la ville et le Guggenheim, en partie grâce à synecdoque particulièrement inspirée de Franck Gehry, aura contribué à la palingénésie de Bilbao. Juan Ignacio Vidarte, directeur du Musée, déclarait dans la presse, au moment du vingtième anniversaire que « l’impact du musée sur l’activité du Pays basque – selon une enquête réalisée par le cabinet d’audit B+ i Strategy – était estimé à 485 millions d’euros en 2016. »

Bien sûr, c’est l’industrie touristique dans son ensemble : commerce, restauration, hôtellerie, transports qui bénéficie en premier lieu de ces retombées. Les voyageurs restent en moyenne entre deux et trois nuits à Bilbao. « Le musée a permis le maintien de 9 000 emplois indirects. À quoi s’ajoutent près de 66 millions de recettes fiscales », ajoutait-il ; précisant : « Cette somme correspond à sept fois les subsides accordés chaque année par les pouvoirs publics au musée. » On estime à près de 430 millions la contribution du musée au PIB. Le budget annuel du Guggenheim, de l’ordre de 28 millions d’euros�est autofinancé à hauteur de 70%, grâce à ses propres recettes et à un groupe d’entreprises mécènes. Le reste est assuré par des fonds publics. Et l'attractivité du musée ne se tarit pas, cet été encore, entre juin et août, ce sont quelque 445 000 visiteurs qui ont fait le déplacement – un gain de 17 000 par rapport à l'an dernier – soit le meilleur été depuis 20 ans ! Au total, le musée attire environ 1 million de personnes annuellement, deux tiers d'étrangers, dont 22% de Français. Mama, l'araignée géante de Louise Bourgeois et le Puppy de Jeff Koons, peuvent être fiers, ils ont bien fait le boulot.

MOTS CLÉS HITZ GaKOaK retombées économiques : ondorio ekonomikoak Exposition : erakusketa Espace urbain : hirigunea Emplois indirects : zeharkako enpleguak

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MamÁ Cette araignée de Louise Bourgeois, de 10 mètres de haut, hommage à sa mère, veille sur le Guggenheim depuis 1999.

Provence Montagnes à Saint-Rémy-de-Provence, Van Gogh (1889). © Solomon R. Guggenheim Foundation, New York (SRGF)

De Van Gogh à Picasso En 20 ans le Guggenheim aura organisé un peu plus de 160 expositions. L’une de celles en cours, jusqu’au milieu de l’année prochaine : De Van Gogh à Picasso, est issue de la Collection Thannhauser de la Solomon R. Guggenheim Foundation. Le legs Thannhauser présente près de cinquante œuvres de grandes figures de l’impressionnisme et du postimpressionnisme, ainsi que des premiers maîtres modernes, comme Paul Cézanne, Edgar Degas, Édouard Manet, Pablo Picasso et Vincent van Gogh. Pour la première fois depuis son entrée au Guggenheim en 1965, il y a plus de 50 ans, une sélection importante de la célèbre Collection Thannhauser est présentée en dehors de New York. De Van Gogh à Picasso. Le Leg Thannhauser, jusqu’au 24 mars 2019.

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La mémoire de la mer

La ría Une vieille route vers le monde En espagnol le terme ría fait référence à la partie du lit fluvial soumise aux influences des marées. page 46


texte et photographies / Santiago Yaniz Aramendia

Autre temps, autre symbole. Bien avant le Guggenheim, le Pont de Biscaye construit à la fin du XIXe siècle était la référence métonymique de Bilbao. Il fut le premier pont transbordeur du monde. Il relie Portugalete et Getxo. Haut de 45 m, sa portée principale est de 160 m. Bien avant le titane, c'était le fer qui incarnait la ville

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La mĂŠmoire de la mer

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L'Ibaizabal, avec l'Océan comme ultime périple ; des quartiers résidentiels qui voisinent, dans les lointains, avec les conteneurs et grues de chargement des infrastructures portuaires. Un melting-pot comme un abrégé de l'histoire de Bilbao. Ici, on fabriquait de grands bateaux, et on continue à humer l e s e mbr u ns

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la mémoire De la mer

au cœur de l’ancien Bilbao, on observe toujours comment montent et descendent les eaux, sous l’influence de la lune

L e s deux rives du fleuve communiquent en permanence, Bilbao est une ville de passerelles et de ponts, en haut, celui qui mène à l'université catholique de Deusto dans le quartier éponyme, en bas, celui de la mairie, un pont-levis construit dans les années 1920 et à droite le Bilbao de la mer aux cargos fantomatiques

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la mémoire De la mer

ria, munDurantz ibilbiDe zaHar bat

A Artère vitale de Bilbao et ses environs, la Rivière Ibaizabal est aussi devenue le cœur battant et le symbole de la capitale économique d’Hegoalde. Naviguer jusqu’à son embouchure c’est découvrir les racines et la mémoire de Bilbao. En amont, à un demi-kilomètre à peine du Vieux quartier, cœur de l’ancien Bilbao et port originel, le quartier d’Abusu observe toujours comment montent et descendent les eaux sous l’influence de la lune. Non, Bilbao n’est pas une cité, Bilbao est une Ville. C’est avec fierté qu’elle revendique ce titre depuis sa fondation en 1300, par le Seigneur de Biscaye, Diego López V de Haro, surnommé « L’Intrus ». Il l’édifia là où la rivière se transforme en fleuve, à l’endroit où, un siècle auparavant, s’amarraient les navires du premier Port de Bilbao. Là se situe l’incontestable origine de Bilbao, la raison de son importance : c’était un port et la rivière fut son artère vitale, le moteur de son économie.

laquelle Des Deux est l'aFFluent De l'autre ? Mais, est-ce la rivière Nervion ou Ibaizabal ? La question a fait couler beaucoup d’encre sans que l’on ne parvienne jamais à clore le débat. La littérature actuelle entretient la controverse, certains considérant que le Nervión est un affluent de l’Ibaizabal, d’autres prétendant l’inverse, sans oublier celui qui parle du Nervión-Ibaizabal ou du Ibaizabal-Nervión. Les opinions des premiers historiens étaient déjà confuses : Wilhelm Von Humboldt, (Don Guillermo), écrit en 1801 dans son livre Viaje al país de los Vascos : « Dès Bilbao, le voyageur verra les charmantes rives de l’Ibaizabal », et au pied de la page il note, « il porte ce nom depuis son union avec le Nervión ». En 1864 Juan Eustaquio Delmas (Guide Descriptif du Seigneurie de Biscaye), écrivait que parmi les six fleuves les plus importants du territoire, « le

Gaztelaniaz, ría hitzak adierazten du mareen eraginpean jarria den ibairen zatia. bilbon, betidanik ría bizitzeko arteria izan zen.

premier est l’Ibaizabal ou Nervión qui naît aux sources de Délica, à la Peña d’Orduña… » Si nous souhaitons régler la question en utilisant la référence la plus usitée dans les temps modernes, c’est-à-dire la distance que doit parcourir une goutte d’eau dès sa naissance – en l’occurrence au pied du mont Anboto – jusqu’à la mer, c’est l’Ibaizabal qui l’emporterait de 10 kilomètres. Cette observation est bien suffisante pour que la Rivière Ibaizabal – nous l’appellerons « Ría de Bilbao » – soit la vraie protagoniste de notre voyage. Le vieux port, berceau de Bilbao, s’est établi à la limite des eaux salées mais avec le temps, il s’est progressivement déplacé vers la mer, abandonnant des eaux assez propres, qui se prêtent désormais aux loisirs des amateurs de canoë et des plaisanciers. À moins de nous y hasarder en pirogue, il nous reste cependant l’opportunité de devenir des navigateurs d’un jour en embarquant à bord de l’un des bateaux touristiques qui voyagent en aval et en amont, le meilleur moyen de déceler certains secrets dissimulés sur les deux rives. C’est sans aucun doute le meilleur moyen de se pencher sur un territoire gorgé d’histoire et de mémoire, même si beaucoup d’empreintes de son important passé industriel, ont été à jamais effacées.

remarquable arcHitecture portuaire L’embarcadère bouge légèrement en face du bel édifice de la mairie, conçu en 1892 par l'architecte espagnol Joaquín Rucoba. Là, où aujourd’hui existe une promenade piétonne, jadis les quais frémissaient d’une intense activité portuaire de chargement et déchargement. Il n’y avait pas un seul édifice qui n’abritait une compagnie de navigation, un entrepôt, ou un atelier, tous en relation avec l'océan. En amont, nous laissons aux portes de Zazpi Kale la promenade de l’Arenal, qui conserve encore les vieilles bittes d’amarrage au bord des quais et les escaliers où les pêcheurs de pibales s’installent en hiver. Ponctuel, le bateau arrive à son quai. Aujourd’hui nous voyagerons sur l’Euskal Herria, accompagnés d’un guide peu conventionnel : Iñaki Uriarte, fervent défenseur du patrimoine industriel et l’une des voix les plus critiques quant au développement de Bilbao sur les deux rives de la rivière. Il commence par nous alerter en voyant la promenade boisée du Campo Volantín : « Soyez attentifs à ce que l’on peut voir sous les quais, les escaliers, les murs… À ces endroits, se cache une extraordinaire mémoire submergée. » L’ancre levée, l’Euskal Herria prend l’axe de la rivière pour naviguer entre la façade du vieux Dépôt franc, un entrepôt des douanes portuaires dont il ne reste que la façade en grès et qui, selon Uriarte, fut « l’une des plus belles architectures portuaires d’Europe ». Aujourd’hui c’est le seul témoin d’un port plein d’énergie ; en une année il y eut un trafic de plus de six millions de tonnes de marchandises dont les tarifs portuaires étaient payés en livres, un symbole de

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la richesse écoulée par la ría. C’est grâce au port que quelque cinquante-deux sociétés de commerce furent créées et du reste la Ría révèle rive droite, plusieurs édifices d’une remarquable beauté, la mémoire de la splendeur d’antan. Nous effectuons une première révérence sous le pont blanc de Calatrava, répondant aux saluts des passants qui l'empruntent. En connexion avec lui, depuis le pied de la saisissante « Izozaki atea » (2008, Porte Izozaki – Arata Izozaki & Iñaki Aurrekoetxea), deux tours jumelles vitrées de vingt-deux étages qui culminenet à 83 m dans le ciel de la ville. Les défis de la reconversion urbaine initiée suite à l’importante crise industrielle des années 1980, s’affichent comme l'affirmation de l'un des plus grands enjeux d’une ville autrefois vouée à la seule activité industrielle. Il y a quelques décennies la rive gauche de la Ría, le quai d’Abandoibarra, n’était qu’une ligne de digues d’amarrage et d’entrepôts ; aujourd’hui, elle a complètement changé de destination sans même conserver les souvenirs de ce qu’elle fut. Le musée Guggenheim, (1997), l’indiscutable emblème mondial de Bilbao, édifia ses 24 000 mètres carrés sans même réserver une seule plaque commémorative à la mémoire de la Compañía de Maderas et son bel entrepôt d’origine avec sa cheminée en brique, disparue au profit du puissant vaisseau de titane. En apercevant le Guggenheim, le bateau fait sa deuxième révérence sous le pont géant de La Salve (1972, Juan Batanero), incontestablement associé à la façade du musée et à sa rive laquelle, fait partie de l’un des espaces les plus plaisants de Bilbao : de vastes zones verdoyantes et un lieu d’un charme incontestable sur le plus beau méandre fluvial qui, en contournant le prestigieux musée, semble se plier à la dynamique de son architecture. Un troisième pont au-dessus nos têtes : la passerelle piétonne Pedro Arrupe (2004, José Antonio Fernández Ordóñez), tout de métal étincelant et de bois qui, avec son modernisme défie la façade classique de l’Université de Deusto, autre monument historique lequel, par-dessus la singulière passerelle, dialogue avec le verre des façades de la bibliothèque et de l’édifice de l’Université Publique Basque. Autre défi remporté, celui de la tour Iberdrola, qui se reflète dans les eaux de la ría, juste avant le quatrième pont qui jouxte le Palacio Euskalduna qui couronne le plan fluvial. Euskalduna, l’ancien chantier naval, fit vivre des milliers de familles. Ici on construisait des bateaux qui sillonnaient les mers, mais aussi des camions et des locomotives. La modernité a également balayé leurs mémoires pour nous laisser comme seul témoin Carola, la grue rouge, et les digues sèches de construction. Ici, les eaux longtemps furent troubles, jusqu’à ce que soient retirés les 360 000 mètres cubes de terre et de boue afin que Zorrotzaurre devienne une île. Nous doublons Olabeaga à bâbord et Zorrotzaurre à tribord ; notre guide manque de temps pour nous raconter tout ce que

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Le pont géant de La Salve associé à la façade du musée est un des spectacles les plus plaisants de Bilbao

Lors du concours international de plongeon qui s'est déroulé à Bilbao en septembre 2014, 14 des meilleurs plongeurs mondiaux se sont élancés depuis une plateforme de 27 mètres de haut sur le pont de La Salve. Une vision panoramique fabuleuse sur la ría et le musée Guggenheim et certainement des sensations inoubliables


l'essence De la Fête

Ici, presque à chaque coin de rue, le modernisme défie le classicisme et les architectures se mêlent en une harmonieuse symbiose

La rivière dépolluée a été rendue aux citoyens pour des jeux nautiques et des promenades bucoliques. On pourrait presque parler d'hygiénisme tant la ville a fait d'efforts pour gommer son image industrieuse. La zone d'Abandoibarra (ci-dessus), sur la ría, dans le quartier d'Abando, est le principal témoin de cette évolution

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la mémoire De la mer

la Ría exprime : « Observez les bords pleins de micro-architectures comme les escaliers et les stations en béton armé qui servirent d’embarcadère pour les barques de traversée entre les deux rives, les auvents de leurs plateformes d’embarquement et les treillis de béton armé des vieux quais, les soubassements qui ont canalisé la Ría, la rambarde caractéristique, les réverbères en fonte, les balises lumineuses en rouge et vert sur les deux rives qui accompagnent le parcours de la Ría, les bornes d’amarrage et leurs anneaux. » Durant ces dernières décennies, le Port de Bilbao a confié à la mairie de la ville la gestion des rives de la Ría, ce qui a permis de procéder à leur totale réfection ainsi qu’à un nettoyage complet depuis la sortie de Bilbao jusqu’à la mer. Ce qui était un cloaque sale et puant coulant aux pieds de la ville est devenu, grâce à un long et coûteux programme d’assainissement des eaux résiduelles, une étendue d’eau qui permet même des compétitions sportives de renommée mondiale comme celle des plongeurs du Red Bull Cliff Diving. On peut y voir aussi des pêcheurs qui attendent patiemment la remontée des bars. Aujourd’hui, nous naviguons à marée basse. Au-delà de Zorrotzaurre, qui est encore une péninsule, se déploie tout un éventail d’une esthétique post-industrielle exceptionnelle : des quais vides, de monumentales pelles mécaniques qui, il y a un siècle, déversaient des tonnes de fer dans les bateaux britanniques. Un peu plus bas, commencent à surgir les grues et les bateaux : un horizon spectaculaire évoquant la mémoire des chantiers navals et d’un véritable port. Le paysage fluvial ne laisse pas de répit ; nous passons sous un énorme viaduc : le pont aérien de Rontegi facilite chaque jour à presque 150 000 véhicules la traversée entre les deux rives. Uriarte explique : « Sa construction, au milieu des années quatre-vingt, a induit toute une série d’importants changements sociologiques, permettant à des milliers de personnes d’aller vivre sur la rive droite, engendrant une croissance spectaculaire. » À bâbord la plateforme de Altos Hornos de Vizcaya se trouve actuellement à peine occupée par une mini aciérie compacte de haute technologie, à tribord, un replat : le marais de Lamiako. Iñaki raconte que « juste là se trouvait le premier terrain de football de Biscaye ; le club Athleta de los Astilleros del Nervión ». En 1892, on demanda le terrain pour le premier match et c’est là que l’hymne de l’Athletic de Bilbao s’est forgé : Alirón ! (all iron – tout fer) avaient écrit sur une pancarte les supporters, pour encourager leur équipe. Depuis la rive de los Altos Hornos, face à la ville de Las Arenas, on distingue la ville de Portugalete. Les deux rives sont unies par un arc de triomphe de fer : le Puente Colgante, patrimoine mondial de l’Humanité et monument indiscutable de la période industrielle. En passant sous sa structure et dès la surface de l’eau, il apparaît plus colossal encore. Une magnifique œuvre, qui démontre comment Bilbao a réussi le défi de permettre la navigation des bateaux tout au long de la ría. El Abra s’ouvre devant nos yeux, il s’agit du port extérieur ;

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autant de terrains conquis à la baie. C’est en 1991 que l’activité portuaire s’est établie ici, laissant les quais de la ría libres pour d'autres destinées. L’horizon déploie un front de bateaux et de grues vers lesquels se tourne la Vierge del Carmen qui préside l’entrée du port de Santurce. Autrefois, une flotille multicolore de bateaux de pêche en bois y était amarrée. Aujourd’hui il n’en reste que trois dans un port reconverti et rempli de voiliers modernes. De l’autre côté de la baie, la ville de Getxo, avec son vieux port et ses villas luxueuses. Au plus loin de la Ría, tourné vers l'Océan, le port actuel de Bilbao, l’âme d’Euskal Herria quant au commerce et l’industrie mais également pour l’aube d’un tourisme nouveau : les croisières internationales ne manquent pas d’y faire escale. Vers le nord, seulement la mer, qui tout au long de l’histoire, a été le meilleur chemin pour relier Bilbao au monde.

une Histoire D’eau et De Fer La ville de Bilbao fut fondée en 1300 par le Seigneur de Biscaye Diego López V. de Haro. En 1310, sa nièce lui octroie la nouvelle charte qui vient renforcer ses privilèges commerciaux ; la ville étant devenu le passage obligé des marchandises entre la Castille et la mer. Cette situation est renforcée en 1372 avec des privilèges élargis qui maintiennent comme zones franches les débouchés vers la mer, mais également parce que le port de Bilbao concentre tout le trafic du fer et des lainages castillans. C’est sur cette base portuaire liée au commerce par les ports stratégiques de Flandres et de la Grande Bretagne mais aussi reliée avec ceux du Portugal et de l’Italie, que le premier Bilbao commercial a grandi. C’est en 1511, que la reine Juana de Castilla a accordé l’établissement du « Consulat, la Maison des Contrats, le Tribunal des affaires de la mer et de la terre et l’Université de Bilbao ». Pour Bilbao, ce fut une mutation définitive qui la désigna comme l’une des capitales mondiales du commerce. L’exploitation des mines de Biscaye et le transport de leurs richesses à travers les ports établis sur les rives de la Ría positionnèrent Bilbao, depuis la première révolution industrielle jusqu’au début du XXe� siècle, à l’avant-garde de l’économie européenne.

MOTS CLÉS HITZ GaKOaK artère : arteria affluent : ibaiadar Emblème : ikur Pont : zubi


Vieux quartier

ZaZpi KaleaK au CŒur

de BilBao texte et photographies /Santiago Yaniz Aramendia

zazpi kaleak bilboko biHotzean

bilboko arima, zazpi kaleak, alde zaharraren izena, hiriaren leku ezinbesteko bat da. kale estuetan zehar merezi du galtzeak, ostatuak eta denda zaharrak bezain bitxiak deskubritzeko.

L'âme de Bilbao, Zazpi kaleak, le nom du vieux quartier, est un lieu incontournable de la ville. Il faut se perdre au long des rues étroites pour découvrir des tavernes et de bien curieuses échoppes. page 56


comme des casernes Seules les montagnes qui dessinent l'horizon semblent apporter une touche de poĂŠsie Ă ce quartier monotone.


Vieux quartier

12 Vendredi, 26 août 1983. Nous sommes en pleine Aste nagusia, les fêtes de Bilbao. Toute la semaine et, depuis très tôt ce matin, la pluie tombe intensément. Mes pas me conduisent vers le Vieux quartier, pour écouter une rencontre de bertsolaris à la Plaza Nueva. Face au kiosque de l’Arenal, le sculpteur José Borlaf y a réalisé un monument dédié à Balendin Enbeita, célèbre bertsolari. En traversant le pont de l’Arenal, j’observe que le débit de la Ría est ahurissant et que son niveau arrive à hauteur des rives. Les txosnak autour du Théâtre Arriaga sont vides cernées de flaques d’eau. L’averse est persistante, les bertsolaris ne se produiront pas, les fêtes sont suspendues. Le bassin du Nervión-Ibaizabal qui débouche par la Ría de Bilbao, a enregistré des précipitations de 600 litres par mètre carré en une seule journée. Vers 18 heures la Ría, en dévalant à tout entraîné sur son passage, déborde déjà sur bon nombre d’endroits et ne cesse de gonfler. Des arbres déracinés, des bidons, des frigos, des armoires… tout ce qui peut flotter navigue au milieu d’un fracas assourdissant devant les regards ébahis et impuissants des Bilbotarrak privés des fêtes. Avec le crépuscule qui coïncide avec la pleine mer, l’eau inonde les parties basses de Bilbao. Les commerces du Vieux quartier sont évacués, beaucoup de voisins restent enfermés sans pouvoir sortir de leurs appartements. L’eau arrive jusqu’aux premiers étages du quartier, en inondant et en détruisant absolument tout.

plaza nueva Inaugurée en 1851, cette place à l'architecture néoclassique est un vrai lieu de la vie urbaine. Ses arcades abritent des restaurants très prisés et le dimanche elle est le rendezvous des chalands et des collectionneurs à travers ses marchés.

heures

le 26 aoÛt 1983 est une date CharniÈre dans l'histoire de ZaZpi KaleaK, Ce fut le Jour où, par néCessité, le vieux quartier a CommenCé à renaÎtre

Depuis 1504, Bilbao a subi 39 inondations. Tout au long de son histoire les célèbres « aguadutxus » de la Ría se sont constamment répétés, les plus exceptionnels demeurant ceux de 1593 et 1879, mais aucun ne fut aussi catastrophique que celui de 1983. À Zazpi kaleak, l’eau atteint presque trois mètres de hauteur, la plupart des commerces sont détruits, les caves sont devenues un enfer de détritus et de boue, mais ces terribles événements ont ouvert la voie à une solidarité sans précédent. Pendant les jours qui ont suivi, plus de 5 000 personnes, sans même avoir été sollicitées, se sont rendues sur place pour aider. Ce 26 août symbolise un avant et un après, ce fut la date où le Vieux quartier, par nécessité, a commencé à renaître. Une véritable sélection naturelle a permis de réinventer les activités du Vieux quartier, la rénovation des infrastructures, des espaces publics et privés mais également la revitalisation d’un lieu fier d’être « le plus grand centre commercial urbain, ouvert et piéton de Euskal Herria et de toute la Corniche Cantabrique ». Ne soyons pas surpris du fait que ce cœur battant de Bilbao conserve toujours la vocation de ses origines. À cet endroit, le pont qui dessine avec l’église de San Antón les armoiries de la ville, continue de voir passer chaque jour et par milliers, des gens et des véhicules. Ici, il y avait un pont en bois, mais les pierres qui l’ornent actuellement ne sont pas si anciennes par suite des destructions successives provo-

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plaza de unamuno On aperçoit le Musée Basque et le Musée archéologique, mais la place qui consacre le grand poète et écrivain, enfant de la ville, est plus connue pour ses célèbres bars a pintxos, notamment le Bar Plaza Unamuno. L'une des places les plus fréquentées de Bilbo Zaharra (la vieille ville). On peut aussi s'y adonner au shopping… qui offre parfois un voyage dans le temps !


Vieux quartier

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Plaza santiago Elle doit son nom à la cathédrale éponyme, elle-même dédiée à Saint-Jacques parce qu'elle est est située sur le chemin du Nord du pèlerinage. Saint-Jacques est d'ailleurs le patron officiel de la ville depuis 1643. page 61


Vieux quartier foi et foie Entre la rue Jardines et la rue Artekale, dans ce vieux quartier on trouve de tout, de la foi et du foie, et surtout la maison Gorostiaga qui, depuis 1854, et plusieurs générations, confectionne chapeaux et bérets surmesure. Vous pouvez même y faire reproduire la coiffe de votre choix !

quées par les guerres comme par les travaux d’agrandissement. Les derniers datent de 1877 (Pablo de Alzola y Minondo et Ernesto Hoffmeyer). Au pied de l’église et du pont se trouvait le premier marché de Bilbao. Aujourd’hui l’extraordinaire marché de la Ribera rénové a maintenu toute sa vitalité et affiche avec fierté le très bilbotar titre, attesté par le Livre Guinnes des records, de « marché couvert le plus grand d’Europe ». La croissance urbaine du premier Bilbao s’est d’abord limitée à l’espace qui se trouve juste en face du marché, soit les trois premières rues : Somera, Artekale et Tendería. Par la suite, elle se déploiera vers la cathédrale, avec les rues Correo et Bidebarrieta. C'est ici que bat le cœur de Bilbao, parce qu’il répond à tous les désirs : il y a des gens qui y vivent heureux, des commerces historiques et centenaires, des magasins de mode modernes, des restaurants très tendances à côté de vieilles épiceries de produits d’outre-mer, des salons de coiffure d’avantgarde, des rues qui sont un marché et des rues qui sont un espace social, des temples pour le plaisir et des temples pour prier.

autour D’une catHéDrale Ce n’est pas le fruit du hasard si la cathédrale de Bilbao est dédiée à l’Apôtre Saint-Jacques (Santiago) patron officiel de la ville depuis

C'est iCi, entre Ces sept rues, que Bat le CŒur de BilBao. les gens y vivent heureux au milieu de CommerCes historiques et trÈs modernes

1643. Elle est intimement liée au « Chemin du Nord ». À la fin du XVe, le temple gothique s’élève au cœur du Vieux quartier, mais au XIXe� elle subit une profonde recstauration. Son éclat intérieur surprend tout autant que le recueillement qu’offre le cloître au sein de cette ville trépidante. Un secret : en regardant vers l’autel, dans un coin de la voûte, se trouve caché l’écusson de l’Athletic que personne n’a osé recouvrir lors des derniers travaux de peinture réalisés dans le temple. On peut choisir le portique gothique comme point de départ idéal pour une flânerie dans le Vieux quartier. Centre d’un petit monde, Zazpi kaleak est une ville dans la ville, où la cathédrale étend les branches d’une étoile pleine d’histoires et de mémoire. Au nord, les rues commerçantes dédiées à la mode, au sud, les plus populaires à l’ambiance inégalée, des magasins de toujours et des tavernes. Les rues transversales comptent les restaurants les plus renommés, des comptoirs débordant de délicieux pintxos. Au nord, la Plaza Nueva et ses arceaux en sont le centre vital, quelles que soient les heures, les jours ouvrables comme les dimanches, jours fériés et jours de foire. Ici, c'est un peu la caverne d'Ali Baba, vous trouvez absolument tout, de la culotte taille 60, à Artekale aux meilleures moules du monde à María Muñoz en passant par des plants de tomates et de piments pour votre potager à Ronda ou encore la meilleure morue à la biscayenne au restaurant Rotterdam, rue Perro.

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Et que dire de Ultramarinos finos y Coloniales, de Gregorio Martín, maison fondée en 1931. À l’intérieur exhalent des senteurs de sel et de légumes. Luis Arbiol est l’actuel gérant de cette authentique épicerie : « Notre travail est de trouver des produits de qualité. Nous avons déjà des clients qui sont de la troisième voire de la quatrième génération. Tous les jours, notre plus grande satisfaction est de voir que les gens nous sont fidèles, nous les connaissons si bien que, quand ils arrivent, nous savons déjà ce qu’ils vont nous demander ; certains viennent acheter toujours les mêmes choses, le jour où ils ne viennent pas… c’est qu’il leur est arrivé quelque chose. » Si au milieu des rues du Vieux quartier, vous voyez un homme vêtu d’une blouse blanche poussant une brouette, c’est probablement Floren qui livre une commande à l’un des bars ou à un particulier qu’il approvisionne. « Dans ce négoce, le tout n’est pas de servir des produits, mais d’entretenir des conversations avec les gens ; derrière le comptoir, nous serions presque des psychologues », nous confie l’employé de Ultramarinos Cerro. Il peut arriver, rue Somera, que quelqu’un trébuche revêtu d’une armure moyenâgeuse croisée d’un authentique katana, juste devant la porte de La Tijera. Ici, il y a presque un siècle, on affûtait couteaux et canifs grâce à un mécanisme qui fonctionnait à l’aide d’un chien SaintBernard courant à l’intérieur d’une barrique. On y trouve toujours des canifs, des sabres, des

le vieux quartier, véritaBle Caverne d'ali BaBa, propose un peu de tout, de la Culotte taille 60 à la meilleure morue salée que l'on puisse déguster

ciseaux, des épées et toutes sortes d’objets coupants et pointus mais aussi des parapluies. Si, rue Victor vous apercevez au travers de la vitrine, une jeune fille derrière un rideau de chapeaux, vous êtes devant un lieu chargé de plus de 150 ans d’histoire. On y confectionne les seuls chapeaux du nord, en concurrence directe avec ceux de Madrid et de Cordoue. On y trouve aussi le célèbre béret Elosegi, parmi des moules à chapeaux et tout un bricà-brac : épingles, patrons, ciseaux, un capharnaüm plein de charme. Emilio Pirla, chapelier majeur de Gorostiaga, est le représentant de la septième génération ; la personne aperçue derrière la vitrine est sa fille. Si entre deux flâneries vous tombez nez à nez avec une vierge derrière une vitrine, vous vous trouvez devant le palais Yohn, connu on ne sait pourquoi, sous le nom de La Bourse de Bilbao , derrière ses murs se cachent les vestiges de la première muraille de la ville. Peut-être n’est-ce qu’une légende, mais il existerait un passage secret qui conduirait vers la Ría ? La Vierge est la Amatxo de Begoña, la patronne des txikiteros. On dit qu’elle se trouve ici parce que depuis cet angle de rue, on pouvait autrefois apercevoir la basilique de Begoña. Partons pour une mémorable tournée des pintxos au cœur du Vieux quartier à travers quelques incontournables sanctuaires : le classique Basaras, le fondamental Bacaicoa, le doyen Baste, Fermín, Motrikés, Irrintzi, Berton, Charly, Txiriboga, Zezengorri, Café Bilbao,

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Victor Montes… Que souhaiter de mieux ? Le musée d’Archéologie et l’Euskal Museoa racontent l’un la préhistoire, le second l’histoire, la culture de la Biscaye et du Pays basque. Ils se situent au carrefour que préside la statue de Miguel de Unamuno, sur la place qui porte son nom. Homme de lettres et philosophe bilbotar (1834-1936), il faut impérativement le lire pour connaître la ville qu’il a tant aimée et qu’il a racontée avec nostalgie dans ses premières œuvres. Il n’y a que deux voies pour échapper à ce charmant labyrinthe : la Ría, vers laquelle finissent en éventail toutes ses rues ou les rues en pente, toutes verrouillées par des escaliers qui, à l’Ouest, enserrent le vieux Bilbao. Quoi qu’il en soit, il est bon d’attendre le crépuscule quand commence la vraie vie : une authentique perception de la ville.

marcHé De la ribera un naVire sur la rÍa On goûterait à tout ! Aux poissons les plus frais, aux cèpes les plus délicieux, aux légumes du potager voisin et à tous les fruits de la terre. Les viandes y sont succulentes, les fromages déclinés à l’infini, de quoi satisfaire les palais les plus exigeants. Le marché de La Ribera stimule autant les sens gustatifs que les émotions visuelles. Avec sa clientèle habituelle, des liens

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solides se sont tissés entre vendeurs et acheteurs, la halle de Bilbao est un lieu incontournable de la cité. Depuis le pont de La Merced, il fait songer à un bateau échoué au vieux port, ou tout simplement il semble avoir jeté son ancre à côté du Vieux quartier. Il a été construit sur la Plaza Vieja où jadis s’établissaient les étals de fruits et légumes, viandes et poissons qui approvisionnaient la ville. Jusqu’au XIXe siècle ce n’était qu’une sorte de terre-plein où s’installaient des dizaines de stands. En 1882, afin de protéger et abriter le marché des pluies habituelles, on érigea un large abri puis diverses halles qui, en proie aux intempéries se dégradèrent assez rapidement, obligeantt la municipalité à une totale réfection qui commença en 1930 avec le projet de l'architecte Pedro Ispizua Susunaga (1895-1976). Pour Bilbao, un édifice de plain-pied n’étant pas suffisant, il fallut envisager trois étages. Après les inondations de 1983, l’édifice a bien failli définitivement succomber, mais grâce à la pression populaire et à la cohérence administrative, cette référence architecturale a pu être sauvée. Un corps central plus élevé encadré par deux ailes symétriques autant d’éléments qui confèrent à l’ensemble un caractère monumental. Le grand escalier donnant accès à l’entrée principale est couronné par une remarquable et lumineuse tour octogonale pareille à la coupole d’une cathédrale.

art de(bien)vivre Bilbo Zaharra est le symbole de l'art de vivre de la ville. Des bars à pintxos aux salles de spectacles branchées, du soutien affiché aux prisonniers basques, en passant par des scènes de vie, copies réalistes de tableaux de Brueghel, ici, la ville est un spectacle.

MOTS CLÉS HITZ GaKOaK Grande semaine : aste nagusia Vieux quartier de Bilbao : Zazpi kaleak Cathédrale : katedrala Marché : merkatu


Bellas Artes texte Jean-Paul Bobin / photographies Santiago Yaniz Aramendia

Abécédaire ABC, l'alphabet du musée de Bilbao, une exposition organisée par l'écrivain Kirmen Uribe. Ci-dessus, Bertsolaris de Valentin de Zubiaurre

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Entre modernité

Après 110 ans d’existence, le musée de Bellas Artes continue à rayonner bien au-delà du Pays basque. Il est aussi un magnifique ambassadeur de l’art basque dans le monde.

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et classicisme


Bellas Artes

Modernitatearen eta klasizismoaren artean 110 existentzia urteren ondoren, Arte Ederren Museoak segitzen du disdiratzen Euskal herritik haratago. Munduan zehar, Euskal artearen izigarrizko embaxadore bat da.

’est sur une petite place nichée dans le parc Casilda Iturrizar, véritable réservoir vert de la ville, que se love le musée des Beaux Arts. Le bâtiment de pierre et de brique rouge aurait un petit côté néo classique presque suranné, sans sa galerie de verre et la rénovation des années 90 conduite par l’architecte Luis Maria Uriarte. Le musée est né au début du XXe siècle, en 1908, de la volonté de la bourgeoisie locale de capitaliser dans le domaine culturel les juteux bénéfices des industries sidérurgique et navale d’alors. Ils rencontrèrent un écho favorable auprès des institutions locales et le musée ouvrit ses portes en 1914. Entre-temps, en 1911, l’association des artistes basques voyait le jour. Jusqu’en 1937, elle joua un véritable rôle de conseiller culturel pour le musée et, dès 1918, elle invita Robert et Sonia Delaunay, alors au sommet de leur notoriété. L’année suivante, la première exposition internationale de peinture et de sculpture constitue le véritable tournant dans la vie artistique de Bilbao. Picasso, Gauguin, Van Gogh, Cézanne, Mary Cassatt… et d’autres étaient exposés ici pour la première fois. Cet événement participa à l’éclosion de jeunes artistes et le Conseil de la province de Biscaye fit l’acquisition d’œuvres à l’origine, en 1924 du musée d’Art Moderne. Comme beaucoup d’institutions culturelles, les

deux musées virent leurs activités freinées par la Guerre civile, déclarée en 1936 en Espagne, et beaucoup d’œuvres du Musée d’art moderne furent expatriées en France par la mer pour les sauvegarder. À l’étroit dans ses murs, un nouveau musée fut bâti, à la fin des années 30, dans l’Ensanche, le quartier moderne de la ville et en 1945, le nouveau Musée des Beaux Art fût inauguré. Au fil des ans, entre acquisitions et dotations, la collection du musée s’est enrichie et c’est un nouveau musée, plus moderne, héritier de plus de quatre-vingts ans d’histoire, qui fut inauguré le 10 novembre 2001. Depuis, le Musée des Beaux Arts, a conforté la place qu’il occupe dans le domaine de l’art, parmi les grands musées européens. Musée des Beaux-Arts de Bilbao Plaza del Museo, 2 48011 BILBAO Tél : (+34) 94 439 60 60 Horaires Ouvert du mercredi au lundi de 10 h 00 à 20 h 00. Fermé le mardi.

L'Association des artistes basques joua un véritable rôle de conseiller culturel pour le jeune musée en invitant des artistes reconnus

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oas i s cu ltu re lle Dans un havre de verdure, si près et si loin des bruits de la cité, le musée répond à ce que l'on attend de lui, un moment d'émotion partagée.

À l'a b r i d u te m p s Visiter le musée de Bellas Artes est réellement un moment magique, une parenthèse du temps, à la découverte de si riches collections

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Bellas Artes

mélange Chillida, Alrededor del vacío (1964). Dessous, Paul Gauguin, Laveuses à Arles (1888).

Variété Txomin Badiola, Double trouble (1990) et Ignacio Zuloaga, Retrato de la condesa Mathieu de Noailles, (1913)

voyage artistique Ces œuvres font partie de l'exposition ABC. El alfabeto del Museo de Bilbao, visible jusqu'au 2 juin 2019.

Collection L'exposition réunit des œuvres de la collection du musée, pour certaines, présentées habituellement dans d'autres salles, et pour d'autres, conservées dans les réserves.


hommage « Que la beauté l'emporte sur la mort » écrivait Uribe à propos du musée Bellas Artes dans son roman Bilbao-New York-Bilbao.

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Bellas Artes

Entretien

Miguel Zugaza directeur du Musée des Beaux Arts

Miguel Zugaza Né en 1964 à Durango, Miguel Zugaza est un historien de l’art. Il a dirigé le musée Reina Sofia (1994-1996) et le musée du Prado, à Madrid, de 2002 à 2017. Son arrivée au Musée des Beaux Arts est une sorte de retour aux sources, puisqu’il l’avait dirigé de 1996 à 2002.

IBILKA : Votre musée est très riche avec près de 14 000 œuvres, comment se répartissent-elles et comment se sont constituées ces collections ? Quels en sont les points forts ? Miguel Zugaza : Nous fêtons les 110 ans d’existence du Musée. C'est en 1908, qu’un petit groupe de collectionneurs et d’amateurs d’art locaux ont donné ou légué des œuvres d’art qui ont constitué l’embryon à l’origine du musée. Rapidement, se sont joints les institutions – la municipalité de Bilbao et la Députation de Biscaye – ainsi qu’un groupe d’artistes locaux qui, dans ces années représentaient l’un des plus importants et des plus actifs noyau de l’art espagnol en relation avec les avant-gardes européennes. Aujourd’hui, la collection réunit quelque 14 000 œuvres. Plus de 2 250 peintures, plus de 500 sculptures et près de 10 500 œuvres sur papier ; et enfin près de 1  200 pièces d’art appliqué. L’en-

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semble couvre une période s’étendant du XIIIe au XXe siècle. On y trouve des artistes reconnus de l’art occidental comme, entre autres, Lucas Cranach el Viejo, Martin de Vos, El Greco, José de Ribera, Francisco de Zurbarán, Bartolomé Esteban Murillo, Orazio Gentileschi, Francisco de Goya, Joaquín Sorolla, Mary Cassatt, Paul Gauguin, Ignacio Zuloaga, Francis Bacon, Eduardo Chillida, Antoni Tàpies ou encore Miquel Barceló. En outre, nous possédons la plus grande collection d’artistes basques. Quelle place occupe le Musée de Bilbao parmi les grands musées des Beaux Arts ? M.Z. : Le Musée des Beaux Arts de Bilbao occupe une place remarquable et, je crois pouvoir le dire, exemplaire dans le paysage muséographique espagnol. Depuis plus d’un siècle, le Musée fait preuve d’une incroyable vitalité qui s’explique, d’une part par la qualité de sa collection qui n’a cessé de s’enrichir au fil des ans et, d’autre part, par le soutien institutionnel, à l’origine de sa création, et qui ne s’est jamais démenti depuis, considérant le Musée comme une institution autonome et utile. Enfin, une programmation qui, des expositions aux conférences, en passant par des cycles cinématographiques et toutes sortes d’offres pédagogiques, suscite l’intérêt de publics variés. Tout cela nous permet d’être présents au niveau international en ayant des relations avec diverses institutions culturelles européennes avec lesquelles nous partageons des projets scientifiques ou d’expositions. Les musées comme le nôtre constituent un substrat culturel européen et sont une partie essentielle de l’identité culturelle des communautés dans lesquelles ils sont basés. Le Musée des Beaux Arts et le Guggenheim sont les deux références des arts plastiques à Bilbao. Comment s’articule la relation entre les deux institutions ? M.Z. : L’existence d’un musée ancien, comme le nôtre aux côtés d’un modèle innovant tel que le Guggenheim fait de Bilbao un laboratoire muséographique, voire poétique, et comme le dit l’écrivain Bernardo Atxaga, un espace comme celui de la Renaissance italienne où

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cohabitent le baptistère et le Dome, les deux étant nécessaires et complémentaires. Le rôle de notre musée, dans cet espace, c’est précisément l’initiation, le premier contact avec l’art à travers une collection à vocation encyclopédique qui traverse plusieurs époques et de nombreux maîtres de l’histoire de l’art. Quelle place est réservée aux artistes basques ? M.Z. : Comme je l’ai déjà dit, le rôle des artistes basques dans la création et le développement du musée fut primordial et bien sûr nous possédons aujourd’hui la collection la plus complète et la plus représentative de l’art basque avec plus de 4 000 œuvres : Adolfo Guiard, Darío de Regoyos, Francisco Iturrino, Aurelio Arteta, Jorge Oteiza, Zuloaga et Chillida, pour n’en mentionner que quelques-uns.

avons entamé une réflexion sur notre muséographie afin de la rendre plus en phase avec les attentes du public. Nous nous employons également à améliorer les conditions d’accueil et à relever les défis qu’offre le numérique. Sur le plan scientifique, nous souhaitons que le musée soit un centre de formation et de débats en instaurant des liens de plus en plus étroits avec le monde artistique. Enfin, nous travaillons à étendre l’influence du musée à travers la participation à des projets internationaux tout en resserrant nos liens avec d’autres institutions de la ville ou de la Communauté. Tout cela est le fruit d’une profonde réflexion sur le rôle que les musées tels que le nôtre doit jouer dans ce monde globalisé, tout en conservant une dimension humaine et sans renoncer à l’expérience sublime du regard sur l’art.

Quelles seront les expositions à venir en 2019 ? M.Z. : Cette année, nous avons organisé deux expositions dont le succès fut tel, que nous les prolongeons jusqu’à la fin du premier semestre 2019. Il s’agit de ABC. El alfabeto del Museo de Bilbao et Depuis 68 Art et pratiques artistiques au Pays basque 1968-2008. La première est une proposition originale du conservateur, l’écrivain Kirmen Uribe, qui a proposé un voyage dans la collection à travers un alphabet, avec des mots en basque, en espagnol, en anglais et en français. La seconde propose une revue d’effectif plus qu’exhaustive de cinq décennies d’art basque reprenant la vocation du musée dont j’ai déjà parlée qui est de montrer le travail des artistes locaux.

nous possédons la collection la plus complète et la plus représentative de l'art basque avec plus de 4 000 œuvres !

À côté des expositions, quels sont les projets du musée ? M.Z. : En premier lieu, nous devons nous interroger sur le rôle de notre musée au XXIe siècle avec tous les défis et les toutes les opportunités qu’offre notre époque. Jamais le public n’a autant fréquenté les musées et de ce fait nous devons réfléchir en profondeur au rôle que nous pouvons jouer dans la société. Pour notre part, nous

MOTS CLÉS HITZ GaKOaK art : arte ambassadeur : embaxadore Collection : bilduma Œuvre : obra


texte Txomin Laxalt / photographie Jorge Moreno

z o r r o t z a u r r e , l’ Î l e c r é at i v e

La presqu'île de Zorrotzaurre est en passe de devenir une île. Durant cette longue parenthèse de chantier, un projet alternatif, lié à la culture, est entrain de voir le jour. page 74


zorrotzaurre

zorrotzaure, sortze uHartea zorrotzaurreko erdiuhartea, sarri uharte bat bilakatuko da. obreen parentesi luze horretan, proiektu alternatibo bat kulturari lotua bururatu da.

texte Txomin Laxalt / photographies Santiago Yaniz Aramendia

Parmi les 60 variétés produites, sablés, gaufrettes, craquelins, fourrés ou vanillés… la Galleta María fut la plus fameuse. Enfant ou adulte durant un siècle, nul ne put y échapper. Au petit déj’ ou au goûter, aux anniversaires, aux mariages et aux enterrements, aux desserts des jours de fête comme aux jours ouvrables, sur la nappe de lin ou sur le formica, le biscuit María – lait, beurre, sucre, farine de fleur – de Donostia à Melilla, de Barcelone à Madrid, fut sur toutes les tables et guéridons. Née en 1907 dans un entrepôt de la rue García Salazar de Bibao, la biscuiterie Duquesa María de Artiach déménagea à Zorrotzaurre, Ribera de Deusto, en 1926. Colossal, le bâtiment, dessiné spécialement pour abriter la chaîne de fabrication gourmande, accueillait dans les années 1970 jusqu’à 800 tra-

vailleurs, essentiellement des femmes. Après la crue de 1983 qui ravagea le centre de Bilbao, l’usine s’installa à Orozko (Biscaye).

traVaux pHaraoniques Mais Zorrotzaurre c’était aussi l’usine Vicinay spécialisée dans la fabrication de chaînes aux maillons aussi grands qu’une voiture et dont l’édifice fut dessiné par l’architecte bilbotar Ricardo Bastida (1878-1953), celui-là même qui imagina en 1905 l’invraisemblable Alhondiga (Halle au vin), devenu aujourd’hui le non moins extraordinaire Azkuna Zentroa. Il y avait aussi, pareil à un chalet, la Maison du garde de Cromoduro (1900) et, superbe, le bâtiment de La Coromina industrial

(1923), conçu par Manuel María de Smith Ybarra (Bilbao, 1879-1956) dont la façade suggère davantage un théâtre qu’une usine de traitement d’anhydrides sulfureux. Et combien d’autres. Zorrotzaurre – littéralement face à Zorrotza, référence au quartier de la rive gauche qu’il jouxte – est un curieux appendice qui, depuis Deusto, sur près de trois kilomètres de long pour 200 m de large, s’immisce dans la ría et, pointant vers l’embouchure la sépare en deux chenaux. L’un, celui de Deusto, finit d’être excavé en 1968. Une insolite presqu’île – du moins à l’heure où nous écrivons ces lignes – amenée à devenir île de par les travaux pharaoniques de percement en cours, financés par la municipalité de Bilbao à hauteur de 12 millions d'euros. Au-delà du projet, les études

madeleine À chacun sa madeleine ! L'ancienne biscuiterie Artiach (ci-contre) a retrouvé place dans le cœur des Bilbotarrak.

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Tout en s'attachant à sa mémoire industrielle, Zorrotzaurre accueille des projets ancrés dans l'histoire du XXIe siècle page 76


zorrotzaurre

street-art Les vieux bâtiments de Piugaz sont devenus l'antre des passionnés d'escalade. Ailleurs, c'est le street art qui maquille les murs, comme une louable tentative poétique de panser les plaies…

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fab lab La vieille biscuiterie à l'abandon (ci-dessus), a retrouvé une seconde jeunesse à travers l'Espacio Open, qui sur 2 000 m2 accueille des porteurs de projets à « impact social positif ». L'un des endroits les plus courus du nouveau Bilbao.

hydrauliques auraient démontré qu’une telle réalisation limiterait les risques d’inondations. Zorrotzaurre que l’on appelle aussi Erribera, est un lieu intéressant à plus d’un titre parce que tout en s’attachant à sa mémoire industrielle, il accueille deux projets différents, deux conceptions sociétales on ne peut plus ancrées dans le XXIe�siècle. 400 habitants – 2 000 au temps de la splendeur industrielle – vivent aujourd’hui à Zorrotzaurre entre des chicots de maisons, le dernier barrestaurant ouvrier – on y déguste un succulent mérou – entrepôts abandonnés, usines emblématiques désaffectées, gravats et, depuis peu, petits immeubles flambant neufs greffés à d’anciens restaurés. Car cet espace vacant ou presque, plutôt qu’à une friche, s’apparenterait à une jachère pour être promise à une nouvelle vie. En effet Zorrotzaurre aux berges cariées, aux tags déferlants – les plus éloquents se déploient rue… Zuloaga – est en passe de se muer en un petit Manhattan qui hébergera 15 000 habitants.

Zorrotzaurre aux berges carriées, aux tags déferlants est en passe de se muer en un petit Manhattan

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Du projet ambitieux confié en 2004 à l’architecte anglo-irakienne Zaha Hadid, décédée en 2016, il ne demeure plus, après polémiques, que son désir d’une île : une île pour vivre, travailler et profiter selon la formule retenue. Quatre ponts sont prévus qui la relieront aux deux rives. Des usines fleurons, seules 19 seront conservées pour leur valeur architecturale mais recyclées en bureaux et services. L’usine Termo electricidad Consonni (1957) est déjà reconvertie en Centre patrimonial de la culture du travail industriel.

un mur D'escalaDe unique En attendant, Zorrotzaurre vit les riches heures d’une revitalisation sociale, économique et culturelle grâce à ZAWP (Zorrotzaurre Art Work in Progress) et ses ZAWPers, une émanation de l’association culturelle Hacería. Une initiative née en 2008 : « qui permettra, durant cette longue parenthèse de travaux, de revitaliser la zone à travers la culture et diverses démarches alternatives. Depuis 2012, nous faisons partie du réseau européen Trans Europe Halles à l’avant-garde depuis 1983 dans la réutilisation des édifices industriels pour les arts et la culture. », nous avait confié Tania Diez Maria, chargée des relations publiques de ce surprenant espace collaboratif. Cette sphère culturelle et artistique utilise génialement, avec la caution et l’aide financière du Gouvernement basque et de la municipalité, les bâtiments industriels inoccupés.

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Ainsi, le projet Pavillon n° 6 mérite une visite qui conjugue mémoire industrielle et culture : « 13 professionnels des arts scéniques et du cirque y travaillent avec l’ambition de créer une synergie et mènent depuis six ans, une expérience d’autogestion. » La biscuiterie Artiach abrite depuis 2009, un immense marché créatif tous les premiers et derniers dimanches du mois et le reste du temps, une trentaine d’entreprises et d’associations d’industrie traditionnelle, créative, ateliers de recyclage, de fabrication digitale ou de culture urbaine s’y partagent ce fabuleux domaine richement enluminé par leurs soins. Un ancien entrepôt abrite Piugaz, le plus grand rocodrome de la péninsule. « De Zorrotzaurre, les Bilbotarrak, ne connaissaient que la fourrière des voitures et évitaient cet endroit. Désormais, une ligne de bus existe, les fins de semaine, les gens se pressent aux spectacles et aux marchés mensuels. » Les chiffres sont éloquents : 110 000 visiteurs en 2016. À chacun sa madeleine, sur la ría on lui préfère la Galleta María.

MOTS CLÉS HITZ GaKOaK Biscuit : bixkotx Usine : lantegi Île : uharte alternatif : alternatibo


football

Athleeeeeeee 1898az geroztik Bilboko Atlhetic futbol munduan nagusitzen da. Bere historia, herriko ekonomiarenari lotua da. San MamĂŠs estadioa bere katedrala da.

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eetic ! … Eup ! texte Txomin Laxalt / photographies Santiago Yaniz Aramendia

Du bleu au rouge À sa création, le club évoluait avec un maillot bleu et blanc avant d'opter, en 1911, pour un maillot rayé rouge et blanc, couleurs du club anglais de Southampton, d'où étaient originaires les ouvriers anglais de l'industrie navale, fondateurs de l'Athletic. page 81


Football

Athleeeeeeeetic ! … Eup ! Depuis 1898, l'Athletic de Bilbao fait partie des grands dans le monde du football. Son histoire est étroitement liée à celle de l'économie de la ville. Le stade San Mamés en est sa cathédrale.

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e basque d'abord Avec huit titres nationaux, l'Athletic, qui ne recrute que des joueurs nés ou formés en Eukal herria, est le 4e club le plus titré d'Espagne, mais son dernier titre remonte à 1984 !

MOTS CLÉS HITZ GaKOaK Terrain de sport : kirol zelaia Victoire : garaipen Défaite : porrot Joueur : jokalari

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n fait, Mamés était destiné à l’arène. Ce saint de Cappadoce fut affreusement martyrisé à l’âge de 16 ans. Le lion ne voulant pas de lui, Mamés fut achevé au trident. Aujourd’hui le stade de l’Athletic Bilbao, la plus ancienne équipe de foot d’Euskal herri, porte son nom et les adversaires qui viennent fouler la pelouse n’en mènent pas plus large que les premiers chrétiens à l’heure décisive. Quant aux 30 000 socios, entendez abonnés, outre l’amour exclusif qu’ils portent à leur club – ce qui leur fait dire qu’ils pissent rouge et blanc – ils représentent sa véritable conscience et participent à l’élection de son président. Leurs décisions sont sans appel et leurs coups de gueule aussi redoutés qu’un péno à la dernière minute. Devenir socio de l’Athletic ne relève pas d’une simple formalité accomplie au siège d’Ibaigane, le Saint des Saints. L’enquête menée après parrainage obligera à patienter sur une longue liste d’attente ; on est souvent socio de père en fils. Cet attachement à un club qui, décision régulièrement soumise au vote des socios, n’engage que des joueurs nés, formés et ayant fait carrière en Pays basque (Ipar et Hegoalde)*, s’explique par ce lien avec l’histoire économique de la ville. Ce jeu de balle codifié dans la Free Massons tavern de Londres, se fixa officiellement à Bilbao le 4 mai 1894 lors d’un match opposant marins anglais et Bilbotarrak. Ils s’affrontèrent au lieu-dit Lamiaco, où se situera d’ailleurs le premier stade. La défaite fut cuisante pour les Bilbotarrak qui encaissèrent six buts. La chronique du club rappelle que « commença alors à germer l’idée d’une véritable équipe pour un sport qu’avaient offert les Robinson aux enthousiastes Bilbotarrak. » L’Athletic naît en 1898. Il est vrai que Bilbao s’anglicise – d’où la désignation anglaise du club – les maîtres des mines de

fer sur les hauteurs de la capitale biscayenne viennent de la City mais parlent d’égal à égal avec les représentants des grandes familles basques. Les après-midi dominicales se dérouleront désormais au pied des grandes grues. Avec le stade San Mamés première mouture (1913), c’est un temple qui se dresse au cœur de la ville et naissent les légendes et les idoles, dont Rafael Moreno Aranzadi dit Pichichi mais aussi Alfonso Gonzalez dit Apon, Luis Solaun, Germán Echeverria, Cecilio Ibarreche, Rafael Iriondo, Miguel Gainza et jusqu’à il y a peu, Julen Guerrero. Depuis 2013, le nouveau stade (San Mamés berria) que l’on doit à l’architecte César Azkarate peut accueillir 53 289 spectateurs pour une superficie au sol de 29 634 m². Vu depuis les hauteurs, ce sanctuaire urbain illuminé la nuit, en impose davantage que le prestigieux Guggenheim voire la tour d’Iberdrola ! La pérennité du club est assurée grâce au centre de formation – centre d’entraînement également – de Lezama, à une dizaine de kilomètres de Bilbao. À ce titre, Bilbao fut pionnier en la matière. Si San Mamés est la cathédrale, Lezama est le séminaire. Les enfants pressentis y sont accueillis dès l’âge de dix ans. Venus plein d’illusions des quatre coins d‘Euskal herri, ils bénéficient d’une formation sportive et scolaire de premier choix. Peu d’élus à l’arrivée, aussi tout est fait pour que ce ne soit pas une expérience traumatisante s’ils ne parviennent pas à la réalisation du rêve, jouer en première ou simplement devenir professionnels. * Le texte est précis qui précise : L’Athletic est enraciné à Bilbao, province de Biscaye ( Pays basque). Notre philosophie se définit par ce principe qui détermine qui peut jouer dans ses rangs : les joueurs ayant construit leur carrière et formés en Euskal herria englobant les territoires suivants : Bizkaia, Gipuzkoa, Araba, Nafarroa, Lapurdi, Zuberoa et Nafarroa beherea (Basse-Navarre).


K e p a

Musiques du monde

Fils de Bilbao, Kepa Junkera est conscient de vivre un rĂŞve. Sa force il la puise de la tradition mais aussi de la crĂŠation, pour lui deux piliers essentiels.

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texte Txomin Laxalt / photographies Santiago Yanis Aramendia

la clé des songes Kepa Junkera, amets gakoa Bilboko semea, Kepa Junkera jakitun da amets bat bizitzea. Bere indarra tradiziotik baitan ere sorkuntzatik ateratzen du, harentzat bi zutoin premiatsu.

Errekalde Kepa Junkera a grandi à Errekalde, un quartier pas tout à fait comme les autres. C'est là qu'il a forgé cet imaginaire poétique qui transparaît dans sa musique aujourd'hui.

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Dans les divisions administratives de Bilbao, Errekalde correspond au district numéro 7. Construit à l’aube des années soixante, rive gauche du Nerbioi, Errekalde (47 000 habitants) – dans un jeu de mots révélateur, on l’appela longtemps Barroerrekalde (barro : boue, barrio : quartier) – n’est pas un quartier comme les autres. Bâti à l’encontre des normes urbanistiques, il contraignit ses habitants, venus pour partie du reste de la péninsule, à s’unir pour une vie digne, contre l’ennemi commun : l’état et la municipalité, et tira sa force d’exceptionnels mouvements associatifs. Kepa Junkera Urraza (Bilbo, 1965) y a grandi et ne l’a pas oublié ; un apprentissage éminemment urbain qui pourrait définir ce musicien créateur génial ancré pourtant dans la tradition. Un paradoxe mettant en lumière cette particularité de Bilbao : une cité multiculturelle mais empreinte d’un sentiment d’appartenance. « Le mélange naturel d’ici ; pour comprendre Bilbao, il faut s’imprégner de sa périphérie », avait-il résumé, alors que nous terminions le premier café de la matinée. La brique et le béton les jours ouvrables certes, « j’ai grandi, j’ai été élevé, j’ai rêvé, je me suis construit à Errekalde. Mais j’ai le souvenir à jamais gravé des dimanches à la montagne, au Pagasarri et des retours d’erromeriak (fêtes champêtres) au son du triki (accordéon diatonique), c’est là que j’ai senti l’appel. » Quels souvenirs ! L’aitite (grandpère), ouvrier au chantier naval Euskalduna – il y perdra

un doigt – le dimanche joueur de pandero (tambourin) et ama (maman) dansant sur les airs d’un des plus grands albokari, Silvestre Elezkano Txilibrin (1912-2003). Kepa Junkera tient à se qualifier d’autodidacte, ses classes musicales – il n’en aura suivi guère d’autres – il les fait à l’écoute des autres. Au sein de l’emblématique groupe de musique et danse traditionnelle Beti jai alai, où il pratique le txistu, il apprend seul le triki (accordéon diatonique) cet instrument introduit en Hegoalde par les immigrés italiens, jusqu’à se faire surprendre par Natxo de Felipe (groupe Oskorri) musicien déjà confirmé lequel, après lui avoir confié son propre accordéon, découvre les dispositions du jeune homme. Faux candide et pétri d’inquiétude ce qui le rend particulièrement attachant, Kepa Junkera n’a de cesse, comme on feuillette un précieux album photos que l’on aurait toujours sous la main, de se rassurer en vous montrant inopinément depuis son téléphone, les photos jaunies d’aitite au pandero, d’ama en costume traditionnel, d’aita, ouvrier du bâtiment et, couleurs kitsch, les images des premiers spectacles, des premiers compagnons de scène. Sans doute le génie de Kepa réside-t-il dans sa conception de la création : « Toujours inventer, mettre son empreinte mais en utilisant le matériel immémorial », en l’occurrence au moyen du triki, la force de la tradition. Nous avions alors emprunté le bien commode tram bus pour une flânerie à travers son Bilbao, scandée par trois


musiques du monde

Complices Kepa partage sa passion avec des complices du monde entier, de Cuba à la Bulgarie, du Portugal au Québec, de l'Argentine à la Galice, rien ne le satisfait plus que la confrontation des cultures.

étapes : le Bilborock Kafe, le théâtre Arriaga et le palais Euskalduna, sur les scènes desquels, Kepa s’est produit. « Trois époques pour trois perceptions de l’art. Arriaga et le classicisme pour une nouvelle classe sociale qui s’impose avec la révolution industrielle. Le Bilbo Rock Kafe ou, à l’heure de la restructuration de la ville, comment la nouvelle génération se rapproprie les lieux, en l’occurrence l’ancien couvent de la Merced mais on aurait pu ajouter le Kafe Antzokia ; enfin le Palais Euskalduna ou l’ère de la globalisation, un monde dont je me tiens loin. » Nous posant la main sur l’épaule, il en appelle à son album photo tactile pour, hilare, nous montrer l’avis de recalage en 1981, à l’examen du Conservatoire de musique de Biscaye. « Non mais tu te rends compte ? En fait, il ne faut pas se laisser enfermer dans des cases mais aller au-delà des critiques pour mieux s’imposer. » Se rassurer encore. Appréciations parfois sévères mais il est ainsi Kepa, finalement à l’image de sa musique, souvent percutant. Son regard faussement limpide, accroche des façades, s’arrête à des vitrines, des enseignes de bars, inventorie la foule pour analyser des démarches, anatomiser des attitudes, considérer des modes avant admission dans son monde… ou non. Pour être socio de l’Athletic depuis toujours, nous aurions pu faire le détour par le temple San Mames, « ne cherche pas,

K e p a

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J U N ici c’est génétique ! » assène-t-il, éludant ainsi toute question superflue. Soudain, grave, il confie que Kerman, son fils a été admis à l’école de Lezama, le séminaire de l’Athletic, « une opportunité inouïe, il va peut-être vivre son rêve comme son père vit aujourd’hui le sien » et, pas peu fier, de faire glisser ses doigts sur l’album photos…

K

la musique me porte

e R MOTS CLÉS HITZ GaKOaK

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accordéon : eskusoinu Improvisation : inprobisazio Songe : amets Force : indar

Mais on en revient toujours à la musique, omniprésente, en témoigne cet impressionnant cal, comme anatife à son rocher, coquillant son avant-bras gauche, là même où le corps embrasse l’instrument : « Ce n’est pas un travail, il y a quelque chose de spirituel dans la démarche, la musique me porte ; quand je joue, j’ai à mes côtés, León Bilbao et Maurizia, Laja eta Landakanda, Txilibrin (trikitilariak et albokariak historiques. Ndlr) mais aussi les autres. » Les autres ? Ce sont Ibon Koteron, Natxo De Felipe, Tapia et Leturia, les complices mais aussi Sorginak, le groupe féminin biscayen (chant, pandero et bodhrán), Carlos Nuñez, le grand sonneur galicien et encore le Portugais Julio Pereira, l’Argentin León Gieco, les Voix bulgares, le pianiste cubain Rolando Luna (Buena Vista Social Club), le groupe québecquois La Bottine souriante et tant d’autres. À l’affût des musiques du monde, il va au contact de leurs représentants les plus significatifs pour partager avec eux. Rien ne le satisfait plus que la confrontation des cultures. Le solo ne l’intéresse pas, il affectionne le concert rencontre, le récital croisement. Son dernier disque Fok (foc, feu en catalan), le 23e ! se veut un hommage à la Catalogne où son accordéon, ses rythmes (txalaparta, percussions), ses célèbres et soudaines impros, ses improbables variations, ses riffs jazzy, viennent en un décoiffant soutien aux 200 musiciens et raboteuses voix évoquant un peuple, son travail et ses luttes. Que de chemin depuis Huriondo (1987), un fandango devenu universel, finalement à son image et à celle de sa ville, Bilbao, qui s’affirme cité où les songes deviennent réalité. Et si Kepa répondait au pertinent postulat du pétulant Joseph Delteil estimant que le rôle de l’artiste n’est pas de vivre avec son temps mais à printemps et à contretemps ?


traDition

bilbainadak troubaDours De bilbao

Inséparables de l'histoire de Bilbao, les Bilbainadak sont un style de chant typique. Interprétées en espagnol, elles célèbrent les quartiers de la ville, ses anciens petits métiers, bref, le quotidien des Bilbotarrak

l

isbonne a son nostalgique fado, Le Pirée le séditieux rébétiko, Oran le subversif raï, La Havane la rumba déhanchée, Trinidad et Tobago le calypso langoureux, New York le rap du ghetto, Boa Vista sa langoureuse morna et Bilbo ses bilbainadas. Autant de styles de chants qui ont en commun d’être éminemment populaires pour ne pas dire prolétaires, de s’inscrire dans une ambiance portuaire, d’exprimer une sociologie et une histoire dans l’ébullition des tavernes, escales incontournables de la circumnavigation musicale. Si la plupart de ces formes esthétiques sont nées dans les quartiers les plus modestes au tournant du XXe�siècle, à l’époque des grandes migrations, et jusque dans les années cinquante, elles furent vecteur d’assimilation d’abord et expression d’un sentiment d’appartenance ensuite. La bilbainada répond parfaitement à cette approche. Cette ode au Botxo (nom affectueux donné par le Bilbotar à sa ville) est chantée essentiellement en castillan – au même titre que la jota navarraise, la bilbainada fait cependant partie de la tradition chantée du Pays basque – accompagnée par la guitare, l’accordéon classique et non pas diatonique et le pandero (tambourin). La raison en est qu’elle fut créée par la deuxième et troisième génération d’immigrants arrivés de la péninsule lors de la Révolution industrielle de la moitié du XIXe�siècle. Il ne faut pas négliger non plus l’interdiction de l’euskara après la victoire franquiste. Le sentiment d’appartenance s’exprime dans les rythmes typiquement basques adoptés par les bilbainadas : zortziko, fandango, arin arin, kalejira et l’admirable et syncopée habanera, cette dernière, paradoxalement, d’origine basque et que, pour l’avoir découverte, popularisera Bizet dans la célèbre Habanera de l’opéra Carmen. « Vers la bilbainada, confluent le vivre ensemble, l’observation curieuse des coutumes, la nostalgie et l’ironie avec une désignation propre et tout cela dans un rythme de célébration de l’instant présent auquel il est difficile de résister. Si le groupe est important dans l’origine de la bilbainada, il n’en est pas moins dans son interprétation. Il est difficile d’imaginer une bilbainada chantée par une seule voix », explique Carlos Ibañez dans son

MOTS CLÉS HITZ GaKOaK

répertoire : errepertorio Groupe : talde Génération : belaunaldi assimilation : beretze

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texte Txomin Laxalt / photographie Santiago Yaniz Aramendia

ouvrage (Historia de las bilbainadas – Asociación cultural Manantay). Nous ne nous sommes pas trompés en Iparralde – les plus que cinquantenaires du moins – qui l’avons depuis longtemps adoptée dans notre répertoire festif. iI manquera cependant le contexte particulier de la bilbainada : Zazpi kaleak et la liturgie du txikiteo, soit le vieux quartier de Bilbao et la sacro-sainte et biquotidienne tournée apéritive que le plus opiniâtre des txirimiris (bruine tenace et froide, typique de Biscaye) ne saurait contrarier. Le meilleur moment pour profiter des bilbainadas est sans conteste le 11 octobre ou Txikitero eguna (jour du txikitero) qui réunit, tout en célébrant Begoñako Amatxu (La Vierge de Begoña), la fine fleur de ce rituel hédoniste célébré au (x) comptoir(s), verre de vin à la main. Un Inglés vinó a Bilbao, De colores, En el Monte Gorbea, Bilbao y sus pueblos, Desde Santurce a Bilbao, Viva el vino del Riscal, pour les plus célèbres mais aussi Zapateros ambulantes, Beber, beber, Cogiditos de la mano, Anguleros, Ené que risas hicimos ou Vizcaya es un bello jardín, Salió de Jamaica, Joshe Miguel…, à Bilbo on les sait depuis qu’on est en âge de chanter. Elles sont chères au cœur du Bilbotarra comme à celui des autres, ceux du Gipuzkoa, de Navarre, d’Àlava, d’Iparralde ou de plus loin même. Elles chantent l’amour, le labeur quotidien au chantier naval, les copains et la cuite de fin de semaine, évoquent les vieux métiers, célèbrent des quartiers, leurs figures et le bacalao al pil pil, encensent l’Athletic et raillent gentiment le bourgeois. On doit au groupe mythique Los Bocheros d’avoir, à la fin des années quarante, fait découvrir les bilbainadas à travers le monde. Il fut l’invité personnel de Perón en Argentine mais aussi du torero Manolete et de Dalí. Ils mirent fin à leur carrière en 1963 après une dernière tournée triomphale aux USA. Aujourd’hui nous conservons précieusement leur 33 tours : Desde Begoña a Santurce (1967), une irremplaçable anthologie des bilbainadas – ah, le popurri débridé courant sur une moitié de disque ! – avec les 45 tours de Los Chimberos, un autre groupe mythique des années soixante et, celui, unique et irremplaçable, de Los Xey lesquels, bien que Gipuzkoans, exportèrent de géniale façon dans les mêmes années, le répertoire bilbotar et quelques mélodies en euskara. L’après franquisme eut un moment raison des bilbainadas que la nouvelle génération, dans un mauvais procès mais dans un légitime combat de réappropriation de l’euskara, mésestima pour faire la part trop belle au castillan ou à l’euskañol (euskara + espagnol), un sabir jugé préjudiciable. Il n’empêche, l’euskara littéral est désormais entré dans le répertoire et l’on chante toujours les bilbainadas à Zazpi kale, pas seulement durant l’Aste nagusia du mois d’août mais n’importe quel samedi soir, voire un jour ouvrable inspiré. Bien trop sage qui saurait résister alors que s’élève au débotté : Eche usted, eche usted, eche usted, avellanas a mi delantaaaal ! ou que retentit : Aúpa el Erandio que es de Erandio, aúpa el Kaiku, que es de Sestao, los hornos de Barakaldo que alumbran todo Bilbao. La soirée sera belle.

bilbainaDak, DesDe santurce a bilbao bilboko historiaren bereizezinak, bilbainadak kantu tipikoak dira da. Gaztelaniaz kantaturik, ospatzen dituzte hiriko auzoak, garaiko ofizioak, ontzioletan lana, hots, bilbotarrak egunerotasuna.

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La Grande semaine de Bilbao

Marijaia ! La Grande semaine de Bilbao, sans aucun doute, est la plus jeune célébration festive d'Euskal herria. Cette année, elle célèbre son quarantième anniversaire. Voici l'histoire d'une réappropriation populaire.

neuf jours Marijaia, personnage emblématique des fêtes de Bilbao, est chargée d'inaugurer les neufs jours de liesse à suivre. Chaque année elle change quelque peu de forme, mais la fête reste fidèle à elle-même, débridée et magnifique.


texte Txomin Laxalt / photographies Santiago Yaniz Aramendia


Fêtes

Bilboko Aste nagusia, gora Marijaia ! Bilboko Aste nagusia, dudarik gabe, Euskal herriko bestarik gazteena da. Aurten, besteek urte ospatu dituzte. Hona hemen jabetze herrikoi baten kontakizuna.

v

Édile au pas Juan Maria Aburto, maire de Bilbao, (ci-contre à droite), sacrifie, avec plus ou moins de grâce, au traditionnel pas de danse d'ouverture de la Grande Semaine.

du bleu Pas de tenue imposée, juste un foulard bleu. Pour le reste, chacun vit les fêtes comme il l'entend, sportif, danseur, amoureux ou autres.

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Les activités festives se déroulent dans toute la ville, mais le Cœur se situe dans le vieux quartier et sur la ría

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Géants Géants, grosses têtes, musiciens, enfants libres de leurs mouvements qui profitent de la ville et de la fête. C'est la fête et ça dure neuf jours…


Fêtes

e Elles détonent, littéralement et traditionnellement, le samedi suivant le 15 août depuis le balcon du très néobaroque théâtre Arriaga, l’un des fleurons de Bilbao. Hanches larges et bien torsée, ce qu’il faut de rose aux joues pour évoquer une propension aux réjouissances et, dans une gestuelle toute gaullienne, les deux bras dressés –non point comme invite à une narcissique ovation mais comme incitation à la suivre – Marijaia ouvre l’Aste nagusia, la Grande semaine ou, si l’on préfère les fêtes de la capitale biscayenne. Marijaia, c’est bien plus qu’un mannequin de paille, une fruste poupée de chiffon – 4 m de haut pour 20 kg – qui présidera aux neuf jours de festivités avant d’être brûlée sur la ría. Dessinée en 1978, par Mari Puri Herrera (Bilbao, 1942), une artiste reconnue de l’art figuratif, exposée aux Bellas Artes, Marijaia, que l’on pourrait abruptement traduire, qu’elle nous pardonne, par Marie-La fête, est l’allégorie d’une surprenante et inattendue appropriation populaire. Une authentique conquête sociale qui, à l’heure du houleux processus démocratique, en parallèle aux grandes luttes ouvrières que connut la ville, se posa alors comme une victoire du quartier sur l’hôtel particulier, du bleu de travail sur le costard cravate. Contrairement à celles de Donostia voire d’Iruña ou de Gasteiz, les fêtes de Bilbao sont jeunes. Cette année, elles ont célébré leurs quarante ans, cet âge d’or où biharamunak (les gueules de bois) sont encore aussi excusables que physiquement tolérables. Jusqu’en cette année 1977, le mois d’août à Bilbao est végétatif. Peu de touristes dans une ville passée au noir industriel, les magasins et même les bistros baissent leurs rideaux. Il existe bien des fêtes mais à l’image des cartels (affiches) : chagrines et élitistes. La bonne société bilbotarra et d’ailleurs, s’adonne aux seuls opéras, pièces de

théâtre et concerts qui se succèdent à bon rythme pour, en fin d’après-midi, se presser à Vista alegre, les arènes de la ville, pour la corrida quotidienne. Zorion Egileor, alors animateur à Herri irratia (Radio populaire) – il deviendra plus tard acteur – ne supportant plus ce coma estival quand, partout ailleurs dans la péninsule, on aspire à vivre après quatre décades de dictature – appelle sur les ondes à un grand kalejira (défilé) en exhortant à l’imagination. Cet appel sera entendu et de quelle façon ! 5 000 personnes vont débouler à l’heure dite de tous les quartiers pour se rassembler devant Begoña ; un défilé bigarré de cinq heures avec txistus, ikurriñak, attisé par un appétit de vie et de changement. Jusque dans les années quatre-vingt-dix, Jaitsiera ou la Bajada, (la Descente), rassemblera jusqu’à 8 000 participants. Aste nagusia naîtra officiellement l’année

1978 sans subvention municipale – la mairie franquiste ne se voyant pas encourager une initiative aux accents identitaires et contestataires. Pas d’instruments de musique ? Qu’importe. On en fabrique avec du carton et du plastique et on souffle dedans façon kazoo. Du reste, on ressort les txistus, les grosses caisses et les trikis de Kepa Junkera et consorts vont devant.

la Fête Du peuple Ce n’est pas un hasard si, quarante ans après, Zorion Egileor est le pregoilari – personnage incontournable qui, bicorne emplumé et strict spencer jaune, ouvrira les fêtes au côté de la Txupinera ou lanceuse du txupinazo (fusée inaugurale) de rouge vêtue. Dans la traditionnelle et émouvante allocution, depuis le balcon d’Arriaga, Zorion Egileor rappellera comment le peuple

txikiteo et txikiteroak

pour faire un bon txikitero, il importe de faire partie d’une koadrila (groupe d’amis) dont les membres ont eu le privilège de grandir et de vieillir ensemble. tout au long de l'année, on se retrouve généralement à la méridienne et le soir pour la tournée apéritive. À une époque où la taverne et le vin avaient un sens social, le midi était traditionnellement réservé au blanc, txakoli ou godello et le soir au rouge, rioja ou navarre. on ne boit jamais deux verres dans le même bar donc, il y aura autant de comptoirs que de membres dans la koadrila, les grandes soirées pouvant réunir la quinzaine de potes. une règle cependant, chacun paie sa tournée et pour éviter ceux qui, pour quelque prétexte fallacieux, s’éclipsent pour échapper à leur obligation, un usage aussi égalitaire que démocratique a été instauré : la kutxa ou le pot commun. alignés, 12 verres, identiques dans tous les bars, formaient précisément un mètre, ce qui permettait au préposé à la kutxa d’utiliser le système métrique pour passer commande. la koadrila ne sort guère du périmètre de son quartier mais la conjuration de bistros autorise des cabotages permettant de ne jamais revenir dans le même. les bilbainadas célèbrent du reste les bars emblématiques qui firent et, pour certains, qui font toujours à bilbo les grands moments du txikiteo. cette mâle habitude a évolué et aujourd’hui les femmes participent à cette communion. les séquences ont sérieusement diminué, une féroce guerre médiatique ayant été menée contre cette célébration que d’aucuns, moralistes et abstèmes, considèrent comme antichambre de la dipsomanie.

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40 ans Cette année, Aste nagusia célébrait son 40e anniversaire. Quelque 500 événements : concerts, jeux, chants, sports divers et festifs, ripailles, feux d'artifice quotidiens… étaient au programme.

de Bilbao dans son désir de secouer les oripeaux du franquisme, « amènera à la ville ce qui existait déjà dans les villages pour impulser une nouvelle façon de vivre les fêtes dans les couleurs de la liberté et de la solidarité. » Il y aura aussi Aste nagusia 1979 et, à cette époque, l’impensable et sulfureuse chanson Libérate (Libère-toi), interprétée sur l’Arenal, devant une foule acquise, par José Antonio Nielfa La Otxoa – travesti et pionnier du mouvement gay à Bilbao, figure estimée des nuits de la cité depuis son célèbre bar – et qui fera le tour de la péninsule. Qu’on imagine : « Libérate, ser mariquita no es un delito, dale gusto a tu cuerpo » (Libèretoi, être homosexuel n’est pas un délit, donne du plaisir à ton corps). Pour participer à l’Aste nagusia, point n’est besoin d’un costume particulier, il suffit de nouer le foulard bleu. Mais pas n’importe quel bleu, le bleu Bilbao, le bleu du ciel du Botxo après la pluie, celui de La dame en bleu (1900) de Raimundo de Madrazo, exposé au Bellas Artes, le bleu du prestigieux Bar Bilbao, Plaza nueva ou, pour les puristes, le bleu Pantone 286. Mais que serait l’Aste nagusia sans les konpartsak, 28 cette année, l’équivalent des peñak d’Iruña, et leurs txosnak (stands) hétéroclites et colorés s’alignant depuis le pont de la Mairie jusqu’au théâtre Arriaga ? Autant d’associations, autant de dialectiques ; elles sont politisées certes, mais responsables pour être l’âme des fêtes tant dans leur organisation qu’elles assument que pour l’esprit qu’elles entendent maintenir. Cette année, Marijaia était vêtue de mauve, depuis le XIXe la couleur du mouvement féministe, et leloa (slogan) retenu pour le cru 2018 fut : nik gozatu, zuk errespetatu, hura zaindu (moi, profiter, toi respecter, lui veiller). Les konpartsak sont moteur et inspiratrices incontournables ; Aixe berri, Altxaporrue, Hau Pittu Hau ! Kaixo mais aussi les emblé-

matiques et pionnières Moskotarrak, Txomin Barullo, et encore Satorrak et autres Mekauen… elles offrent toutes à boire – en 1978, pas moins de 40 000 litres de vin et 10 000 de rafraîchissement divers furent servis – et à manger quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit et sont aptes à offrir toutes les musiques du monde. Aste nagusia ce sont quelque 500 événements sur la neuvaine et les rendezvous incontournables : les Bilbainadas de la méridienne au vieux quartier, le défilé des géants du matin, bertsoak (improvisations), albokariak et gaiteroak, les impressionnantes courses de goitibeherak (caisses à savon), héritage des enfants de mineurs des hauts de la ville, les gargantuesques concours gastronomiques, les multiples concerts et bals, le coin des enfants et celui des beaucoup moins jeunes et enfin les somptueux feux d’artifice quotidiens de 22 h 30 – les plus grandes dynasties d’artificiers de la planète se disputent l’honneur d’y participer–illuminant la ría plus que ne l’auraient fait jadis tous les hauts fourneaux de la ville. Marijaia partage la destinée des figures antiques ; pareille au Phœnix, symbole de résurrection et de noblesse, elle renaîtra de ses cendres. Une douloureuse fin comme garantie de pérennité.

aste naGusia ne Peut exister sans Les KonPartsaK, ces associations, Âmes de La fÊte, qu'eLLes orGanisent

MOTS CLÉS HITZ GaKOaK

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Crieur public : pregoilari Mannequin : Maniki Participants actifs : konpartsak Bleu : urdin


repères

San Ignacio

Barakaldo

Artxanda

Deusto

Euskalduna

Zorrotzaurre

Ría

Olabeaga

Caramelo

Ría

Guggenheim

Campo volantin

Parc Doña Bellas Casilda Artes

San Mamés

Ría

Ensanche

Terminus

Azkuna Zentroa

Hôtel de ville

Bégoña

Gare Abando Zazpi kale

Bilbao la Vieja Arangoiti Iralabarri

Miribilia

Rékalde

Iturrigorri La Peña Peñascal

Zurbaranbarri

Santutxu


Ohiz kanpoko zenbakiak

sommaire

Hors-Séries

46 – La Ría Ibaizal et Nervión s'unissent pour former l'embouchure du fleuve qui se jette dans l'Océan. Ici, on l'appelle la Ría.

4 – Port folio Entre mémoire, modernité et scènes de vie, le photographe et journaliste, Santiago Yaniz Aramendia, Bilbotarra de toujours, nous propose une sélection de ses coups de cœur.

56 – Zazpi kaleak Le plus vieux quartier de Bilbao a conservé sa magie et ses secrets. À découvrir sans restriction.

14 – En taxi

Zure Euskal herriko aldizkaria

Juan Carlos Vesga Crespo, chauffeur de taxi depuis 25 ans à Bilbao, nous fait découvrir sa ville, entre intimité et émotion.

ibilka

Il est l'un des plus anciens et des plus beaux musées des beauxarts d'Europe. La visite s'impose.

24 – Histoire

le magazine

74 – Zorrotzaurre

À la fin du XIX siècle entre les hauts fourneaux et son port, Bilbao se développe et se transforme. e

Le présent de Zorrotzaure, c'est des projets sociaux ambitieux, portés par d'éclatantes créations architecturales.

28 – Mémoire industrielle

ibilka d'argentine

Buenos Aires

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

Traversée des Andes

Zure Euskal herriko aldizkaria

su

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MAÑUETAKO TXURRO PAREGABEAK

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le magazine

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Mañueta karrikan, duela 145 urte, penintsulako txurro hoberenak egiten dira. Familiako historio bat, bostgarren belaunaldikoa.

basques d'argentine

numéro 8 - 2015 negu / Hiver

les bâtisseurs d'une natiOn

Le diamant noir de Lokiz

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Buenos Aires

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

Donostia

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Mendoza

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

Cordoba

Urdiñarbe

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Traversée des Andes

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

Zure Euskal herriko aldizkaria

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Votre magazine du Pays basque

le magazine

Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

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Sanfermines, six heures moins le quart du matin. Quand certains occupent déjà le vallado (barrières) de l’encierro pour ne rien manquer du spectacle, d’autres préfèrent se joindre à l’impressionnante file s’étirant devant la churrería la Mañueta, laquelle ouvrira ses portes à six heures précises. La lente procession gourmande ; noctambules et frais levés s’y croisent joyeusement ; ne cessera plus jusqu’à onze heures, heure traditionnelle de fermeture du vénérable établissement. Les Géants et Cabezudos ne s’y trompent pas lesquels, durant les fêtes, lors du défilé matinal quotidien, s’y arrêtent. Gaiteros et porteurs marquent le pas et Elias Elizalde, de la 4e génération de la Mañueta, txistulari émérite, traditionnellement, leur présente un plateau des inégalables churros avec un petit verre de patxaka (liqueur navarraise de pomme parfumée à l’anis). Un succulent accompagnement.

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SAVOIR-FAIRE ET PASSION

le magazine

spécial NUMÉRO 9 - 2015

numéro 10- 2015

UDABERRI / PRINTEMPS

uda / été

Pottok

la ville miroir d'euskadi

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Histoire

San Fermin

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

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le magazine

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basques d'argentine

les bâtisseurs d'une natiOn

Amaiur

Buenos Aires

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

Mendoza

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

Cordoba

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

Traversée des Andes

Ortzaize

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

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numéro 8 - 2015

NUMÉRO 9 - 2015

negu / Hiver

UDABERRI / PRINTEMPS

Le diamant noir de Lokiz

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Donostia

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

Pottok

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

Amaiur

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

Que savons-nous réellement de l'histoire douloureuse de Donostia ? 2016 et son titre de Capitale européenne de la culture sont l'occasion de la visiter.

Les trois Grandes

Découverte

ibilka

le magazine

S'abandonner, sans but, est une belle manière de (re)découvrir Donostia.

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

numéro 10- 2015 uda / été

Alarde

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Gastronomie

San Fermin

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

L'une des villes les plus étoilées au monde se passionne aussi pour sa grande cuisine en minuscule.

Les trois Grandes

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

San Juan

La mémoire de la mer s'écrit tout près d'ici.

numéro 11- 2016

NUMÉRO 12- 2016

negu / hiver

UDABERRI/ PRINTEMPS

La Mañueta ? Une incontournable séquence familiale pamplonaise qui perdure depuis 1872. Située au 8 de l’étroite rue Mañueta, la plus célèbre churrería de la péninsule – elle n’ouvre que durant les fêtes et les dimanches d’octobre – ne brille pourtant ni par sa vitrine, il n’y a en pas, ni par un décor particulier, seule la désigne une façade intensément corail que barre un frustre vantail de bois s’ouvrant sur un comptoir fonctionnel. Le reste ? L’avenance, le sourire toujours, la passion pour un vieil office et un

Mascarade

Mundaka

En Soule, la mascarade est bien plus qu'une simple fête, c'est à la fois la célébration de la danse et de la langue basques, et un moment fort d'union entre les générations.

Le carnaval de Mundaka ne ressemble à aucun autre, et c'est bien là ce qui fait tout son charme et son intérêt. À découvrir de toute urgence !

Baldorba

Almadia

Elle n'est pas la plus connue des vallée navarraise. Pourtant, avec son chapelet de villages, ses trésors romans, une faune et une flore très riches, sans parler de la précieuse tuber melanospérum, la petite vallée mérite qu'on s'y arrête.

Aussi loin qu'ils se souviennent, les hommes de la vallée du Roncal ont vu les bois flottés pour rejoindre leur destination finale. Une tradition perdue, mais un savoir-faire sauvegardé, et aussi une occasion de faire la fête.

Mémoire

Fort San Cristobal

Les images de télévision, en noir et blanc, datent de 1959. Les paysages ont peu changé, la vie des bergers un peu plus. Nous sommes partis à la recherche des acteurs de l'époque.

De fort, il n'a que le nom. Prison conviendrait mieux. Perché sur les hauteurs de Pampelune, il témoigne d'une période cruelle de la Navarre.

Cagots

Pastorale

Bozate est un quartier d'Arizkun à la bien triste mémoire.

À l'occasion de Donostia 2016, découvrez l'incroyable destin de Katalina de Erauso.

ibilka le magazine -Donastia

ibilka le magazine - argentine

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

DONOsTia

Alarde

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

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le magazine

NUMÉRO 13 – 2016

Lekeitio

C'est la discipline la plus spectaculaire de la pelote basque. Mais elle est aussi une formidable ambassadrice du Pays basque partout dans le monde.

Dolores Redondo

Auteure de la Trilogie du Baztán, énorme succès d'édition, l'écrivaine donastiarra Dolores Redondo, confie à Ibilka l'origine de ses différentes sources d'inspiration.

Le géant d'Altzo

Joaquim Eleizegi Ateaga, le Géant d'Altzo, eut le triste privilège d'être l'homme le plus grand du monde…

ibilka le magazine - ÁLAVA - NUMÉRO HORS SÉRIE - UDAZKENA / AUTOMNE 2016

UDA/ÉTÉ

savoir-faire unique pour une pâtisserie simple mais, ici au goût incomparable. Elias, 68 ans, expert-comptable de son état, dans un français impeccable a bien SEPT ÉTAPES voulu nous confier un secret qui n’existe pas. « Une affaire de famille dont les membres pratiquent tous COUPS DE CŒUR d’autres métiers, et de passion surtout. Moi-même de la 4e génération avec mes enfants Elias, 41 ans, et Oihana, 37 ans, de la 5e génération, nous travaillons ensemble mais il y a aussi Mikel, Renata, Juan, Nicolas, Itsasoa, les neveux et les nièces. » Car enfin, le churro ce Aramaio n’est jamais que de la Dans isolement, farine, de l’eau, du sel et de son l’huile. Mais à la estd’olive un petitvierge Mañueta, la farine de blélaetvallée l’huile paradis naturel. : « nous sont rigoureusement sélectionnées ouvrons deux samedis avant les Sanfermines Vitoria-Gasteiz pour les tester », avait expliqué Elias. Quant à la a fait de la cuisson, elle est unique, La et capitale pour en saisir toute qualitédans de lales vie entrailles de ses la subtilité, il faut descendre habitants signature. brûlantes de la Mañueta, espacesa crépusculaire léché par les flammes, à mi-chemin entre fonTreviño derie et athanor d’alchimiste. La confection des La petite enclave aimerait churros relève d’un incroyable ballet, d’une gesbien devenir la huitième tuelle à la précision chirurgicale. Dans les chaudrons, les mêmes depuis cuadrilla 145 ans,d’Álava. saturés d’huile bouillante chauffée exclusivement au bois de hêtre qui leur donnera ce fumetGorbeia unique, les façonniers, Le plus vaste parc à l’aide d’une énorme seringue et par de larges naturel d’Euskadi gestes en cercles concentriques, y projettent la estse untransmue endroit magique. pâte qui, instantanément, en goûteuses roscas, ces immenses spirales d’or aussiToloño tôt récupérées à l’aide d’une longue pince. Une Barrière climatique, fois découpées, elles équivaudront exactement sierra sépare à douze churros et demi.la« petite Les churros sont prédeux mondes. parés au fur et à mesure des commandes, ce qui explique les files d’attente », confiera Elias. Valdejero La famille Elizalde ne consacre que peu de temps Terre confi ns un verre aux Sanfermines. La corrida tousdeles jours, où l’Èbre annonce, que l’on s’accorde après les taureaux, guère plus. Une nouvelle mâtinée degéographiquement, labeur va vite déboula fila n d’Euskal Herri. foi ler comme se profile déjà 6e génération, d’Elias : « Mes petits enfants raffolent des churRioja alavesa ros, un signe non ? » Des bodegas, œuvres d’art, et des vins nectars. MOTS CLÉS HITZ GAKOAK

Spécial Álava

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Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

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Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

Que savons-nous réellement de l'histoire douloureuse de Donostia ? 2016 et son titre de Capitale européenne de la culture sont l'occasion de la visiter.

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Traversée des Andes

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

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S'abandonner, sans but, est une belle manière de (re)découvrir Donostia.

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Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Gastronomie

San Fermin

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

L'une des villes les plus étoilées au monde se passionne aussi pour sa grande cuisine en minuscule.

Les trois Grandes

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

San Juan

La mémoire de la mer s'écrit tout près d'ici.

Pâte : ore Chaudron : galdara Hêtre : pago Frire : frijit

PAMPELUNE AUX DEUX VISAGES

Errance

S’abandonner au hasard, pour plonger dans l’intimité de Pampelune et de ses habitants.

Txantrea

Ce n’est pas le plus beau quartier, ni le plus branché, mais il incarne une aventure collective unique.

Ville capitale

Se plonger dans l’histoire de Pampelune, c’est parcourir celle du royaume de Navarre, de ses conquêtes et de ses pertes…

L’envers du foulard

ibilka le magazine - PAMPELUNE - NUMÉRO HORS SÉRIE - UDAZKENA / AUTOMNE 2017

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réinventer.

Histoire

le magazine

le magazine

se

la ville miroir d'euskadi

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LES INÉGALABLES CHURROS DE LA MAÑUETA

Toutes les musiques du monde sont celles de cet amoureux de l'accordéon diatonique.

a

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

Depuis 145 ans, rue Mañueta, on confectionne les meilleurs churros de la Péninsule. Une histoire de famille. Aujourd'hui la 5e génération.

84 – Kepa Junkera

Bilbao

Pasaia

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Votre magazine du Pays basque

Son passé imprègne toujours la Bilbao d’aujourd’hui.

DONOsTia

les bâtisseurs d'une natiOn

ibilka le magazine -Donastia

ibilka le magazine - argentine

ibilka le magazine - argentine

80 – Athletic

Cesta punta

histoire,

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Depuis 1951, Vicente Lecea et ses Transportes Los Vascos ont franchi des centaines de fois la cordillère des andes.

Le petit port de Bizkaia a surtout connu ses heures de gloire à travers la pêche qui fut, jusqu'au milieu du XXe siècle, l'activité essentielle. Depuis, le tourisme a, peu à peu, pris le dessus, sans que pour autant Lekeitio n'y perde son âme.

son

Donostia

Cordoba

Plus vieux club de foot d'Espagne, l'Athletic Bilbao est aussi l'un des plus originaux du monde par ses principes de fonctionnement.

NUMÉRO 9 - 2015

Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Le groupe de musique Baietz revisite notre tradition au sein de l’association gerora.

90 – Aste Nagusia

le magazine

UDABERRI / PRINTEMPS

Le diamant noir de Lokiz

Chaque vendredi soir, l'euskal etxe est le rendez-vous incontournable de la communauté basque.

Neuf jours d'août à ne manquer sous aucun prétexte. C'est la Grande Semaine des fêtes qui, depuis quarante ans, propose près de 500 manifestations différentes pour tous les publics et tous les âges.

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numéro 8 - 2015 negu / Hiver

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor.

Mendoza

Des chansons typiquement locales.

de

le magazine

basques

Et les Basques découvrirent l'Amérique

A l'image

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les bâtisseurs d'une natiOn

88 – Bilbainadas

spécial

d'argentine

Mendoza

ibilka le magazine - argentine

Il y a un peu plus de 20 ans, le Guggenheim ouvrait ses portes. Plus qu'un lieu de culture, il est le symbole d'une mutation urbaine réussie.

basques

La diaspora basque a imprégné la capitale argentine.

34 – Capitale économique

40 – L'effet Guggenheim

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Buenos Aires

Toutes les friches industrielles ne sont pas transformées, certaines témoignent encore de la mémoire du Bilbao d’avant la crise économique.

La ville rayonne bien au-delà des frontières de la Communauté autonome et s'est imposée dans le concert des grandes villes européennes.

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Votre magazine du Pays basque

66 – Bellas Artes

Sait-on vraiment ce que les Sanfermines représentent pour les Pamploneses, comment ils les vivent ? Plongée dans l’envers du décor.

Rencontres

Des peñas aux célèbres churros, en passant par les mythiques xahako Z.Z.Z, rencontres.

Spécial Pampelune


Zure Euskal herriko aldizkaria

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BILBAO LA VILLE FUTUR

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numéro 8 - 2015

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NUMÉRO 9 - 2015

numéro 10- 2015

UDABERRI / PRINTEMPS

uda / été

Le diamant noir de Lokiz

Pottok

Alarde

Donostia

Et les Basques découvrirent l'Amérique

Au fil des siècles, la date de fêtes a changé, leur durée aussi, mais elles restent, depuis 1324, le rendez-vous initiatique immanquable pour les Basques.

negu / Hiver

Quand la Navarre prend des allures d'Alba ou de Périgord, c'est vers la sierra de Lokiz qu'il faut se rendre, pour découvrir des paysages uniques et un autre trésor. Chaque année, depuis 1884, le premier samedi de février, la capitale du Gipuzkoa, rend un hommage vibrant et coloré à une partie de sa population…

Urdiñarbe

Ordiarp (Urdiñarbe) pourrait apparaître comme une photographie sépia à jamais figée par le temps. Mais, à y regarder de plus près, on y verra vibrer l'âme de la Soule.

Pasaia

Une belle et terrible histoire d'hommes et d'Océan.

Après des décennies de déclin, d'oubli et de mauvais marketing, le pottok renaît sous l'impulsion d'éleveurs qui espèrent bien lui redonner toute sa place dans la galaxie équestre.

Bien avant Colomb, des hommes venus du sud-ouest européen découvrirent l'Amérique sans aucune volonté de colonisation. C'est peut-être pour cela qu'on les a oubliés.

Amaiur

Une histoire navarraise de trahison et d'héroïsme.

Ortzaize

Sous la tutelle rassurante de l'Haltzamendi et du Baigura, Ossès égrène ses maisons, comme son histoire, au fil du temps.

Taxi

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Qui, mieux qu’un chauffeur de taxi, peut faire découvrir une ville ?

Depuis 377 ans, chaque année, Hondarribia s'enflamme le 8 septembre pour une commémoration mémorielle unique, mais pas toujours unanime.

Musées

San Fermin

Du Guggenheim et ses ailes de titane au Musée de Bellas Artes, Bilbao s’expose.

Les trois Grandes

Aizkorri, Anboto, Gorbeia, forment la colonne vertébrale montagneuse d'Hegoalde. Des montagnes chargées d'histoire. Laissez-vous embarquer pour une randonnée inoubliable.

Bastida

Ville nouvelle, en son temps, Labastide Clairence reste un petit joyau d'urbanisme et d'architecture.

Circuits urbains PAGE 1

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numéro 11- 2016

NUMÉRO 12- 2016

NUMÉRO 13 – 2016

NUMÉRO 14 – 2017

NUMÉRO 15 – 2017

negu / hiver

UDABERRI/ PRINTEMPS

UDA/ÉTÉ

NegU/hiveR

UdabeRRi/pRiNteMps

Mundaka

Mascarade

Lekeitio

Barcus

Tudela

En Soule, la mascarade est bien plus qu'une simple fête, c'est à la fois la célébration de la danse et de la langue basques, et un moment fort d'union entre les générations.

Le carnaval de Mundaka ne ressemble à aucun autre, et c'est bien là ce qui fait tout son charme et son intérêt. À découvrir de toute urgence !

Baldorba

Almadia

Elle n'est pas la plus connue des vallée navarraise. Pourtant, avec son chapelet de villages, ses trésors romans, une faune et une flore très riches, sans parler de la précieuse tuber melanospérum, la petite vallée mérite qu'on s'y arrête.

Aussi loin qu'ils se souviennent, les hommes de la vallée du Roncal ont vu les bois flottés pour rejoindre leur destination finale. Une tradition perdue, mais un savoir-faire sauvegardé, et aussi une occasion de faire la fête.

Mémoire

Fort San Cristobal

Les images de télévision, en noir et blanc, datent de 1959. Les paysages ont peu changé, la vie des bergers un peu plus. Nous sommes partis à la recherche des acteurs de l'époque.

De fort, il n'a que le nom. Prison conviendrait mieux. Perché sur les hauteurs de Pampelune, il témoigne d'une période cruelle de la Navarre.

Cagots

Pastorale

Bozate est un quartier d'Arizkun à la bien triste mémoire.

À l'occasion de Donostia 2016, découvrez l'incroyable destin de Katalina de Erauso.

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le magazine

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NUMÉRO 17 - 2018

UDA/ÉTÉ

NEGU

Zumaia

Mauléon

Lesaka

En Navarre, Lesaka vaut vraiment le détour pour découvrir ses canaux et les secrets qu'elle recèle. Nous l'avons fait en compagnie de Juan Carlos Pikabea Zubiri, l'artiste peintre originaire de la ville.

Tour de France

Il y a 58 ans, le 3 juillet 1959, Marcel Quéheille l'enfant de Sauguis, prend le départ de l'étape qui mène les coureurs de Bordeaux jusqu'à Bayonne, bien convaincu que ce jour-là sera son jour de gloire. Il se souvient…

Drôle d'endroit

Il n'a de château que le nom, on ne le distingue qu'au dernier moment, Latsaga reste une énigme.

Le petit port de Bizkaia a surtout connu ses heures de gloire à travers la pêche qui fut, jusqu'au milieu du XXe siècle, l'activité essentielle. Depuis, le tourisme a, peu à peu, pris le dessus, sans que pour autant Lekeitio n'y perde son âme.

Cesta punta

C'est la discipline la plus spectaculaire de la pelote basque. Mais elle est aussi une formidable ambassadrice du Pays basque partout dans le monde.

Dolores Redondo

Auteure de la Trilogie du Baztán, énorme succès d'édition, l'écrivaine donastiarra Dolores Redondo, confie à Ibilka l'origine de ses différentes sources d'inspiration.

Le géant d'Altzo

Joaquim Eleizegi Ateaga, le Géant d'Altzo, eut le triste privilège d'être l'homme le plus grand du monde…

Aux confins d'Euskal Herri, ce petit village de moins de 700 âmes occupe une place particulière dans l'imaginaire basque. Il est un peu le Conservatoire de l'identité souletine

L'Arboleda

Les stigmates de la nature, dans cette banlieue de Bilbo, témoignent des tortures auxquelles la terre fut soumise pendant des siècles pour l'extraction de minerai. Matéo, ancien mineur, nous raconte.

Guernika

Il y a 80 ans, le 26 avril 1936, la Légion Condor bombardait Guernika. George L. Steer, reporter de guerre anglais, arriva le premier sur les lieux.

Pont de Biscaye

Il relie Portugalete à Getxo et il fut le premier pont transbordeur construit au monde. Un endroit unique, comme d'autre au Pays basque que nous vous ferons découvrir.

La ville navarraise aux trois cultures reste un modèle de civilisation que l'on découvre en s'abandonnant dans le dédale de ses petites rues parcourues en compagnie d'un journaliste du Diario de Navarra.

Foot et musique

Bois

Impossible d’ignorer l’Athletic, le plus ancien club de foot de la péninsule, ni les Bilbainadas, des chansons typiquement locales.

Au Pays basque, le bois occupe une place à part, comme une identité, de la forêt et sa mythologie, à l'espace domestique avec ses meubles, qu'ils soient traditionnels ou contemporains.

Surf

Face à la beauté et à la fureur de l'Océan on pourrait penser que le surf et le Pays basque sont intimement liés depuis la profondeur des temps. Pourtant, sur la Côte basque, il y a seulement 60 ans qu'il est apparu.

Diaspora

L'écrivain américain Craig Johnson nous parle des Basques du Wyoming.

19/04/2016 19:49

NUMÉRO 16 - 2017

Au-delà du charmant port de pêche, c'est l'ensemble de cette partie du littoral du Gipuzkoa qui mérite l'attention. Il invite à un voyage de plus de 60 millions d'années.

De Zaspi Kale à Zorrotzaure, en passant par la Ría, Bilbao est une ville qui se découvre en marchant.

Davantage qu'un quartier de Mauléon-Licharre, la Haute-Ville possède sa mémoire propre. Certains s'en souviennent encore et racontent.

Roncevaux

Le lieu où se déroula la célèbre bataille du 15 août 778 fait débat au sein de la communauté des historiens. Un archéologue amateur tente d'apporter ses pièces au débat.

Vues du ciel

S'imaginer, un instant, dans la peau du Gypaète et découvrir le Pays basque à travers son œil. C'est ce que nous offre Eric Soulé de Lafont, aviateur et photographe.

Pionnier

A jamais attaché au Vignemale, Henry Russel a également parcouru le Pays basque et notamment La Rhune, avant de s'éteindre à Biarritz en 1909.

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NUMÉRO 18 – 2018

NUMÉRO 19– 2018 UDA- ÉTÉ

Aralar

Itsas Begia

Makila

Chacun ici connaît le makila, et beaucoup en possède un, mais savezvous que ce bâton souvent symbole d'honneur et de reconnaissance sociale était aussi une redoutable arme. Certains font aujourd'hui revivre la tradition à travers des combats extrêmement codifiés et dont la violence fait de cet escrime du pauvre une sorte d'art martial basque.

Delika

La cascade est aussi belle et impressionante que le

Aste Nagusia, c’est la Grande Semaine des fêtes, neuf jours à ne manquer sous aucun prétexte.

le magazine

UDABERRI/PRINTEMPS

Partagée entre la Navarre et le Gipuzkoa, la sierra d'Aralar, qui culmine à 1 431 mètres d'altitude, tient une place beaucoup plus grande dans le cœur des mendizale que cette faible altitude pourrait le laisser supposer. Elle est un peu ce que la Sainte-Victoire était pour Cézanne, une parure dans un écrin, et davantage encore…

Fêtes

ibilka L’Océan est au cœur de l’histoire du Pays basque. Marin, pêcheur, corsaire, aventurier des mers, le Basque fut un peu tout cela au fil des siècles. L’association Itsas Begia rend hommage à cette mémoire des mers.

L’Hôpital Saint-Blaise

Halte très courue sur le chemin du piémont, la petite église souletine reste un témoignage important des relations transpyrénéennes.

Mendizale

Mendizaletasun exprime en euskara la passion des montagnes. C’est bien d’une histoire d’amour dont il s’agit, et qui de plus pertinent qu’un mendizale revendiqué pour la conter ?

Champion du monde

Certains hommes ont des destins peu communs. Paulino Uzcudun est de ceux-là.

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