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Daniel Borner: «Nous projetons une perte de 10% de nos membres en conséquence des mesures de lutte contre la pandémie.»

J’ai été très surpris par ces annonces. Nous nous sommes toujours appuyés sur l’évaluation de la situation épidémiologique du Conseil fédéral et ne cherchons pas à jouer les experts. Mais le Conseil fédéral se doit d’être crédible et fiable. La crise ne doit pas se jouer sur le dos de notre branche. Pour moi, c’est aussi une question de communication. Quelle est l’intention du CF? Il veut limiter les contacts. Lorsque tout est fermé, la population reste automatiquement à la maison. Le CF devrait dire les choses clairement et indemniser les secteurs en conséquence, comme cela se fait dans les pays voisins. Personne ne peut prédire ce qui nous attend les prochains mois. Quelle évolution espérez-vous cette année?

Nous vivons des mois d’hiver particulièrement difficiles. Il faut espérer que l’hiver ne sera pas trop rigoureux et que le printemps arrivera rapidement pour que les clients puissent à nouveau s’asseoir dehors. Avec l’augmentation des températures, le virus devrait également moins se propager. Mais même avec l’arrivée des vaccins, il faudra probablement attendre l’automne avant que les choses s’améliorent sensiblement pour notre branche et qu’une certaine normalité s’installe. Comment les membres de GastroSuisse peuvent-ils faire face aux mesures en constante évolution?

Il est important de continuer à gérer rigoureusement les coûts, d’accorder des vacances aux employés, de demander les RHT et d’étudier toutes les pistes afin d’être prêt au moment de la réouverture. On peut supposer que les restaurants ne seront pas autorisés à fonctionner de suite à plein régime. Toutefois, nous nous opposerons à des restrictions telles que l’heure de fermeture à 19 h. Nous constatons d’ailleurs que les établissements ne sont pas les seuls à souffrir de ces mesures. La façon dont les politiques et la task force communiquent est source d’incertitude pour la population. De nombreux clients ne réservent donc qu’à court terme. Les entreprises doivent également s’adapter à cette situation.

GastroJournal No  1/2/3 | 14 janvier 2021

Il y a un mois, GastroSuisse a envoyé la facture de la cotisation à ses membres, exception faite à ceux qui se trouvaient dans un canton où un lockdown était en cours. Quelle est la première tendance?

Malheureusement, nous sommes confrontés à une diminution du nombre de membres. Notre sondage auprès de nos membres montre que près de la moitié des entreprises cesseront leurs activités d’ici la fin mars 2021 si elles ne reçoivent pas une aide financière immédiate. Je ne veux pas jouer les fossoyeurs, mais la situation est dramatique. Le nombre de courriers de la part de nos membres annonçant la fermeture de leur établissement a augmenté ces dernières semaines. La faute aux mesures de lutte contre la pandémie?

Oui, hélas. Nous avons donc compté avec une baisse de 10% de nos membres dans notre budget annuel. N’est-ce pas trop optimiste?

Compte tenu de l’évolution constante des mesures, il est vraiment difficile de l’estimer. Nous nous attendons à ce que la baisse de cotisations liées aux salaires soit encore plus importante, c’est-à-dire une baisse de 15%. Nous étions contraints de faire ces estimations à la mi-octobre. Et depuis lors, la situation s’est fortement détériorée. Quel déficit prévoyez-vous pour GastroSuisse?

Environ 600 000 francs. Grâce à la saine capitalisation de l’association, le déficit peut être absorbé pendant un an. Si nous devions réduire nos effectifs, nous devrions également réduire la palette de nos services, car nous manquons déjà de personnel à tous les postes de GastroSuisse. Nous voulons éviter d’en arriver là et espérons que la reprise aura lieu le plus vite possible. Si les mesures sont assouplies au printemps et que la confiance des consommateurs se renforce rapidement, nous misons sur une baisse de chiffre d’affaires ne dépassant pas 10%.

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GastroJournal 1/2/3 2021  

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