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#3 Mai 2019

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N°3

interview

Bart Prince vers une architecture organique

vie étudiante

pfe du mois : les Xemeneies par Ernest Blanch et Julien Hureau

actualité artistique exposition «rouge» au Grand Palais

culture architecturale Paris Comme Ma Poche - La Vilette

mai 2019


Si vous voyez pour la première fois l’architecture organique de Bart Prince, votre première réaction sera « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? ». Et la deuxième sera sûrement « On se croirait sur la planète Kashyyyk ! », sauf si vous n’avez pas la référence, dans ce cas ce sera plutôt « On dirait un décor de science-fiction ! » Et quand viendra le moment d’expliquer aux autres votre découverte, vous leur direz « C’est un peu une maison qui reprend les formes d’un gros insecte. » Double Hauteur, pour ce troisième numéro, décide d’aller hors des frontières. Chercher d’autres styles, d’autres architectes, d’autres façons de concevoir. Pour nous petits français avec nos styles classiques, néo-classiques et corbuséens, ce ne peut-être qu’un grand chamboulement de voir qu’il est véritablement possible de concevoir en suivant des formes provenant d’organismes vivants. Si l’on retiendra quelque chose, c’est que n’importe où sur Terre, on nous dira toujours : qu’importe le style c’est la passion qui prime !

edito

Rodrigo Roméro Sastré vice pré dir. graphique rédacteur

Zoé Habert

Maud Laurentie Antoine Mahier Pauline Galateau secrétaire dir. graphique trésorière illustrateur

Pasha Muradov Dimitar Bogd

Louise Cousy Barbereau

rédacteurs

Léa Balmy présidente rédactrice en chef

maquettiste

petit bureau

illustrateurs

Léa Balmy, rédactrice en chef

Nadja Salifou

Valora Brice

Lucia Inza

Pauline Colon Ariane Blanc

Vincent Richard Vincent Clerc

partenariat

Larry Tchognignou Jules Foubet

comm’ web

Sarah Ramzi

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Lucie Melot

Anna Catgui

Claire Boulongne

Emma Breut

édito

Melis Yaliniz

Agathe Ballèvre Léa Brunet


sommaire

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dossier

p.4 L’architecture organique (1880-2084) : quand la définition dépasse les frontières de la fiction organique p.4-5 débat : architecture organique p.6-7 interview : Bart Pince p.8-13

vie étudiante

p.16 le pfe du mois : les Xemeneies par Ernest Blanch et Julien Hureau p.14-15 bd : le rotering et la rature p.16 annonce : APO p.17

actualité artistique

p.20 « je vois rouge» - Bojina Panayotova p.18 exposition Toutankamaon p.19 à la découverte de la performance p.20 exposition «rouge» au Grand Palais p.21

culture architecturale

p.22 Paris Comme Ma Poche : La Vilette p.22-23 la ville de demain, une ville verte ? p.24 de architectura : les tours nuages Emile Aillaud p.25

Jeux

p.26 post it p.27

sommaire

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l’architecture organique 1880 – 2084 : quand la définition dépasse les frontières de la fiction organique

« l’archiborescence » d’une le banquet : une discussion notion complexe de différents architectes autour de la notion Nombres d’architectes s’en prévalent sans pour autant savoir en identifier clairement le sens exact. L’architecture organique se définit pourtant dans l’imaginaire collectif comme un style ou un mouvement de l’architecture, or c’est en vérité une philosophie, un concept. Notion polymorphe aux multiples facettes qui ne cesse de repousser les limites de son champ de définition, ne peut être rattachée qu’à un seul mouvement englobant. L’architecture organique pourrait se définir d’une part comme une imitation de la nature par sa forme, et d’autre part comme une inspiration de l’organisation et le développement des organismes vivants.

Même si la notion a déjà émergé au XIXe siècle, ce n’est qu’en 1939 que Frank Lloyd Wright définit textuellement le terme d’architecture organique lors de la publication de son livre « Une Architecture Organique ». Une pensée retranscrite quelques années plus tard par David Pearson avec “La Charte de Gaïa”, sorte de “recette magique” permettant, par l’énoncé de grands principes directeurs, de définir les grands traits de l’architecture organique. Il n’empêche qu’encore aujourd’hui nous ne faisons que constamment redéfinir ce terme. Cela rentre en dialogue ou en conflit avec plusieurs autres styles, ou conception (architecture écologique, régionalisme critique, biomimétisme…). Nous décidons de laisser la parole aux architectes eux-même sur leur vision de l’architecture organique.

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1 – Antoni Gaudi

- “Il n’y a pas de lignes droites ou des angles aigus dans la nature. Aussi, les bâtiments ne doivent donc avoir aucune lignes droites.” Figure tutélaire du mouvement Art Nouveau Catalan, Antoni Gaudi, a donné une première expression au concept d’architecture organique. S’inspirant de la Nature et de ses différentes lois biomorphiques, Gaudi a conçu une architecture où la couleur, les formes et la matière participent à l’élaboration d’un ensemble global dont la résultante finale est “l’arbre”, entité totale déclinée de celle-ci. Une « nature de la Nature » comme modèle logique de conception architecturale mais aussi comme ornementation où le mimétisme et l’observation de ses formes traduisent une admiration de l’architecte pour la création et les paysages méditerranéens. Ainsi, Gaudi théorise, avec la déclinaison de son concept “d’Arbre-Homme”, une architecture commune entre les différentes civilisations en mettant en avant un procédé universel de conception avec “des éléments de support naturel minimal”.

2 – Franck Lloyd Wright - « Je déclare que l’heure est venue pour l’architecture de reconnaître sa propre nature, de comprendre qu’elle dérive de la vie. » Franck Lloyd Wright est le premier architecte américain à théoriser à la fin du XIXème la notion d’architecture

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organique. Ayant comme maître Wight, Furness & Sullivan, FLW a lui aussi puisé dans l’architecture gothique et son « style organique ». Une pensée influencée tout aussi bien par Viollet Leduc & Owen Jones que de Ruskin & Ruprick Roberts qui ont participé à l’élaboration de sa théorie sur « la ville organique ». Une architecture prenant la forme d’un corps où la nature en serait le caractère, l’organicité l’entité et le matériau un élément-organe qui permettrait à l’ornement de « devenir l’intégral de la structure ». Cette architecture organique, qui trouve son application dans l’expérience typologique sur les habitats péri-urbains « Prairie House », se définit alors comme une composition, un procédé de conception ou « la forme et la fonction ne font qu’un ».

3 – Alvar Aalto - “Nous devons travailler pour des choses simples, bonnes, non décorées, mais qui sont en harmonie avec l’être humain et organiquement adaptées au petit homme de la rue.” En parallèle au mouvement Moderne, l’architecte et designer finlandais fut l’initiateur du concept de “Régionalisme Critique”. Une approche théorisée par l’américain Kenneth Frampton qui prend comme fondement les différents “traits de caractère” du lieu ainsi que l’emploi de matériaux locaux pour créer une architecture respectueuse de la culture, de l’histoire et de la “mémoire du lieu”. Un mouvement alternatif qui trouva un écho chez les rationalistes portugais membres de l’Ecole de Porto (Siza, Souto de Moura).

4 – Anti-Lovag

- “La Nature demande ça.”

Anti-Lovag est reconnu pour ses maison bulles, architecture remarquable sur la côte d’Azur dans les années 60. Appelées plus communément “les maisons des Barbapapa”, le Palais Bulles, ou encore la Maison Gaudet ont été fabriqués grâce à un voile de béton armé sans coffrage, une technique tout

à fait insolite qui donne cette forme organique de bulle. Ici l’architecture est un clin d’oeil aux constructions traditionnelles (huttes, cases, grottes) en osmose avec le paysage de la Côte d’Azur. Cette architecture inspirera par la suite la “Blob architecture”.

5 – Junya Ishigami

- “[L’architecture] doit prendre en compte son environnement proche et celui de la planète entière, ce qui doit décupler nos réponses.” Il est vrai que lorsqu’on parle d’architecture et Nature, nous en venons souvent à l’architecture nippone. C’est une vision de l’architecture traditionnelle japonaise comme un exemple parfait entre simplicité et harmonie. Junya Ishigami en fait tout son propos : l’institut de technologie de Kanagawa est une forêt dense de poteaux fins, un musée qui est creusé dans le sol, un restaurant qui a l’aspect d’une grotte, la création d’un lac artificiel qui laisse place à une promenade en son milieu. C’est une vision onirique et poétique du rapport entre architecture et nature.

6 – Schuiten

- “Enfant, je rêvais d’habiter les arbres. Aujourd’hui par la force de l’imaginaire, j’habite une cité archiborescente et je reviens de moins en moins souvent par ici. Vous pouvez me croiser dans la rue, mais ne vous y trompez pas, ce n’est qu’une apparence, Je suis ailleurs.” Luc Schuiten fait parti des architectes qui crée des utopies urbaines, et cela nous fait tous rêver. A l’origine, il est réputé et adoré par les architectes et néophytes pour ses bandes dessinées de villes futuristes. C’est à travers ses différents manifestes utopiques “Archiborescence” et “Vers une cité végétale” que nous pouvons croire à la ville de 2100 constituée uniquement d’architecture organique. Il présente différents types de villes comme la cité tressée, la cité lotus, ou encore la ville solaire. Léa Balmy, Vincent Richard

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débat qu’est-ce que l’archi tecture orga nique ?

Il existe de nombreux débats concernant l’architecture organique. Cette terminologie et manière de repenser l’espace est créée par Louis Sullivan et développée par l’architecte américain Frank Lloyd Wright au début du XXe siècle. Sa finalité est de concevoir une architecture répondant aux besoins primaires de l’Homme en exposant un esthétisme qui épouse les formes de la Nature. Au fil des années, les thèmes principaux de l’architecture organique ont été adoptés par un grand nombre d’architectes afin de réconcilier l’Homme avec la nature. L’aspect organique en architecture est un terme assez ambigu. En effet, cette conception spatiale est en réactualisation constante du fait qu’elle ne s’apparente pas à un style architectural en particulier mais plutôt à une philosophie complexe de la manière de penser «l’objet bâti ». Mais qu’est-ce que réellement l’architecture organique? Quels sont les critères qui la définissent? Nous allons dans un premier temps délimiter le sens de l’expression et partir du postulat que celle-ci est une manière d’édifier qui emprunte les formes de la nature et son milieu.

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organique ou pas organique? Afin de mieux cerner le sujet, Il est nécessaire d’établir une dichotomie entre l’architecture organique et l’architecture non-organique. De prime abord, il est commun de penser qu’une architecture organique est seulement une inspiration formelle du monde vivant, un microcosme qui semble éclore d’un macrocosme. En réalité, le panel de possibilités théoriques de cette conception spatiale est beaucoup plus large. Une architecture organique n’est pas seulement une construction aux formes naturelles ou végétales apparentes, elle n’est pas seulement question de forme, d’esthétique ou de volumétrie. L’architecture organique relève d’une réelle prise en compte de l’intégration harmonieuse à son site et à l’écosystème local sans le polluer, ainsi qu’à des critères de soutenabilité examinant les principales conditions de bien-être de l’habitant. En ce sens, si nous raisonnons par l’absurde, il reviendrait à définir ce qu’est une architecture inorganique, que l’on peut illustrer par l’exemple des volumes helléniques de l’architecture monumentale de la Rome antique, les cités idéales de la renaissance, le néo-classicisme sous tous ses angles et ses ramifications, le mouvement moderne de Le Corbusier ou encore celui du Bauhaus de Walter Gropius. Dans les années 1990, le théoricien et architecte David Pearson propose la « Charte de Gaïa » énonçant les principes que l’architecture doit respecter pour être conforme aux critères de l’architecture organique: « laissons l’architecture être inspirée par la nature et être durable, bonne pour la santé, protectrice et diverse; et satisfaire des besoins sociaux, physiques et spirituels ».

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laissons l’architecture être inspirée par la nature et être durable, bonne pour la santé, protectrice et diverse; et satisfaire des besoins sociaux, physiques et spirituels


l’architecture organique : une analogie du monde vivant

une architecture source de bien-être

L’architecture organique est une imitation du processus de la nature. En effet, dans cette sphère, l’architecture est le lien entre le monde naturel et l’Homme. Elle constitue une peau tendant à rétablir le rapport entre l’être humain et la nature, le bâtiment et le site, par un procédé de bio-mimétisme. L’architecture organique est finalement le continuum fluide du monde naturel par l’édifice. Selon Frei Otto les éléments de l’architecture organique «sont construits selon un système de montage unique et à partir d’un élément unique : un contenu fluide entouré d’une peau résistante à la traction et à la flexion ». En architecture, la conception organique consiste à ressentir de manière intégrale l’exaltation du site et y apporter dans la plus grande harmonie et interaction le déploiement d’interstices, déformations, plis et replis, verticales et horizontales, seuils et espaces. En ce sens, les mouvements et l’énergie qui en résultent sont l’essence même de l’architecture organique qui, relève d’une galvanisation des rapports terre/ciel, matière/esprit.

Les trois thèmes principaux qui fondent l’architecture organique sont l’écologie, la santé et l’épanouissement. L’architecture bio-mimétique peut s’avérer source de bienêtre pour l’homme dans la mesure ou elle le réconcilie avec son milieu naturel ainsi qu’avec toutes les dimensions de son être. En ce sens, cette architecture outrepasse le simple choix de matériaux écologiques et de procédés écoresponsables dans un souci de développement durable, elle prend également en compte toute la dimension spirituelle de l’Homme visant à sa plénitude. On a pu observer au cours des derniers siècles que la question de l’intégration de la nature à l’architecture revenait d’actualité suite à une industrialisation et capitalisation considérable des villes. Face à cette distanciation entre l’Homme et la Nature, certains répondent à cette problématique par la réintégration du milieu naturel dans l’urbain par un entremêlement subtil de tradition et innovation en osmose avec l’environnement. Bref, l’architecture organique est une réelle invitation à explorer une différente manière de construire qui vaut la peine d’être découverte. Sarah Ramzi

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in ter view interview Né à Albuquerque au Nouveau Mexique, Bart Prince est l’un des architectes étatsuniens contemporains les plus importants. Connu pour son style organique très particulier, il s’intéresse à l’architecture depuis ses 7 ans et intervient principalement dans le sud des Etats-Unis. Certains de ses plans se trouvent aujourd’hui à la Bibliothèque du Congrès à Washington D.C. Prince a travaillé avec Bruce Goff de 1968 à 1982 et est l’un des porte-flambeaux de l’architecture organique prônée par Frank Lloyd Wright. Il nous reçoit en exclusivité dans sa maison et studio d’Albuquerque.

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l’atelier de l’architecture DH : Cette maison qui fait office d’atelier est un exemple parfait de votre travail. Comment l’avez-vous conçue ? B.P : Je l’ai conçu de la même manière que je conçois tout. Je commence sans préconception. Je veux connaitre tout ce que je peux du site, du climat, des choses aux alentours et je sais que j’en ai besoin pour mon programme. Au début, je commence juste à penser; pas de dessin. Si je dois avoir un studio, où doit-il être sur le site ? Je ne sais pas encore ce que la forme sera mais je sais surtout où je veux que les pièces soient. Les espaces privés comme les chambres, où est-ce que je veux les placer ? Je commence strictement à penser ces choses-là et imaginer si la structure, qui n’est pas encore définie, doit être basse ou élevée. Je commence par des choses générales, la conception peut ainsi commencer et croître de là. Je travaille de l’intérieur vers l’extérieur. Le travail démarre par les espaces individuels. J’y pense en premier lieu, un par un, et à comment ils seront reliés entre eux. A ce moment-là, je ne sais toujours pas quelle sera la forme, ni quels seront les matériaux. Sur le site, il faut pouvoir se dire qu’ici il y aura la chambre, et là-bas un autre espace. Ensuite, je commence à sculpter les espaces : de l’intérieur vers l’extérieur. L’extérieur n’est pas la préconception d’une forme. Il devient ce qu’il doit être par le résultat de ce qui se passe à l’intérieur. Les choses commencent à prendre forme. Vient la structure, qui intervient assez tôt parce que l’architecture est structure. Voilà comment la conception avance.

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D.H : Autour de nous, dans cette maison, nous voyons des matériaux locaux comme de la terre ou de la tôle galvanisée. Ces matériaux sont souvent rejetés par l’architecture moderne car considérés comme pas assez noble. En quoi ces outsiders du monde de l’architecture révèlent la matérialité de votre travail et rendent votre maison souple, voire dansante ? B.P : Je ne pense pas qu’aucun matériau ne soit inapproprié pour quelque chose. On ne sait jamais ce qu’il en sera tant qu’on n’en a pas besoin. Je ne pense pas qu’il y ait des matériaux nobles et d’autres qui ont des rendus moins intéressants ou qui soient pauvres. *rire* Les architectes doivent se rendre compte que nous avons une énorme palette de choses. Il faut savoir ce qu’on veut faire, savoir comment on veut le faire et trouver le meilleur matériau pour y répondre. Il faut y aller sans préjugés. Le matériau qui correspond à l’architecte, correspond au constructeur. Ils sont tous là. C’est ce qu’on en fait qui compte. Oui cette maison bouge, mais ça n’a pas de signification tant que vous n’avez pas pris de photos. Les espaces bougent continuellement. Quand vous prenez une photo et que vous bougez un peu afin d’en prendre une autre, les clichés sont totalement différents. Je pense que c’est ce que l’architecture doit faire ; il doit y avoir de la vie dedans. Ça ne doit pas être quelque chose de statique avec un avant et un arrière. La plupart des architectes diront le contraire. Il doit y avoir un peu plus de mystère. C’est comme la musique, une superbe symphonie

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par exemple. On peut l’écouter plusieurs fois et entendre quelque chose de neuf à chaque fois. C’est la même chose avec l’architecture. On y gagne toujours.

besoin d’avoir une catégorie. Peu importe le nom qu’ils ont envie de lui donner, l’idée de l’organique a plus à voir avec la manière dont un organisme croit et dans plusieurs cas, les gens pensent spécifiquement à Frank Lloyd Wright qui clamait ce mot. C’est un peu faux pour tout le monde mais ça a une meilleure signification avec lui. L’idée qu’un bâtiment croît, soit un organisme, qu’il soit comme une graine qui pousse. Chaque partie a une relation avec l’autre pour faire sens. L’organique, ce n’est pas un style; mais plutôt une manière de penser, une manière de travailler. D.H : Frank Lloyd Wright a pensé les Prairies House et sa manière de faire est devenue une signature en architecture. En quoi l’architecture de Bart Prince est une signature ?

vision sur l’archi

D.H : Dans la majorité des cas, la première rencontre de quelqu’un avec l’architecture se fait avec des formes géométriques très simples. C’est le cas des carrées, des rectangles ou des boîtes dans lesquelles nous vivons en ville. En quoi l’architecture organique est différente ?

B.P : La signature c’est de recommencer encore et encore. À chaque fois que je rencontre un nouveau client ou commence un nouveau projet, je veux l’approcher comme si je n’avais jamais rien fait auparavant. Littéralement, ce n’est pas possible de faire cela parce qu’on a toujours des sentiments à propos des choses. On amène toujours avec soi ce qu’on a déjà fait à chaque fois. Le travail de Wright est très reconnaissable parce qu’il y a le style Wright. Dans mon cas, les gens reconnaissent généralement mon travail quand ils disent qu’ils n’ont jamais vu cela auparavant. La plupart du temps, c’est différent et les gens voient que ça répond différemment aux problèmes. “Ça doit être Bart Prince, parce que ça ne ressemble à rien d’autre” se disent souvent les gens. Je n’essaye pas de créer un style ou de faire la même chose encore et encore. Les écrivains ou les historiens disent souvent “ il utilise ça là, et ça ici. Il y a un cercle ici…etc”. Mais on travaille tous avec la géométrie et des matériaux. L’espace qu’on conçoit, la lumière qui rentre dans le bâtiment et les mouvements changent d’un projet à l’autre.

La signature c’est de recommencer encore et encore.

B.P : Bien ! Le mot organique est appliqué à certaines personnes par les autres, parce que les écrivains ou les historiens ont besoin de catégoriser les choses. Donc ils ont

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l’étudiant choisi

D.H : Qu’avez-vous ressenti quand un client vous a confié un vrai projet la première fois ? Quelle est la sensation quand on construit pour la première fois ?

D.H : Eugène Delacroix, le peintre français dit dans l’un de ses essais, “Jeune artiste, tu attends un sujet ? [...] le sujet c’est toi-même”. Comment avez-vous trouvé votre chemin en vous inspirant du Nouveau Mexique et d’Albuquerque? B.P : Je suis né et j’ai grandi ici et j’admire beaucoup les amérindiens de cette région : les indiens Taos et les indiens Pueblos. Ils vivaient avec la région et ils interagissaient avec. Mais les anglo-saxons qui sont venus il y a longtemps n’ont pas compris et ont essayé de copier les indiens *rire*. J’apprécie la démarche des anglo-saxons, mais je n’aime pas l’idée de copier, du pastiche. Je ne veux pas faire ce que les amérindiens ont fait, mais le comprendre afin de répondre à mon époque de la même manière. Cela prend du temps lorsque l’on débute. J’ai commencé en faisant des maquettes et des conceptions autour de mes 7 ans. Mes parents étaient vraiment inquiets parce qu’ils voulaient que je sois docteur. Je ne sais pas pourquoi mais l’architecture est quelque chose qui était en moi. Cela est important pour vous, étudiants. Si vous le faites pour l’argent, ou parce que vos parents vous y forcent, ce sont de mauvaises raisons. Il faut aimer ce que l’on fait pour produire mieux. Un ami architecte me disait à chaque fois que je le voyais, “c’est un petit projet que j’ai fait, ce n’est pas une grande affaire” une autre fois, il se plaignait “ c’est juste des bureaux cette fois…”. Il ne réalisait pas que chacun de ces projets étaient une opportunité pour lui. Les clients ne me laissent pas faire ce que je veux. Je leur présente les projets comme la solution à leurs problèmes et ils sont enthousiastes de l’idée que je propose. Je pense que les étudiants doivent comprendre cela et apprendre à être sûr de leurs idées puis savoir que leurs idées comptent. Il y a des professeurs qui disent aux étudiants que tout a déjà été fait, et qu’il n’y a rien de nouveau dans le monde, et qu’on ne peut rien faire de neuf. C’est faux.

Il y a des professeurs qui disent aux étudiants que tout a déjà été fait, et qu’il n’y a rien de nouveau dans le monde, et qu’on ne peut rien faire de neuf.

B.P : J’ai construit pour la première fois au lycée. Je ne montre ces bâtiments à personne mais ils sont ici à Albuquerque. Je pense qu’ils étaient superbes pour l’époque. J’avais 16 ans. Dans ce cas, il y avait un client qui voulait une maison. J’étais très enthousiaste à l’idée de la faire. Je n’étais pas trop inquiet. Je me suis dit “je vais concevoir une maison”. Je voulais déjà que ce soit différent de tout autre chose. Vous savez, certains architectes pensent que le client est leur ennemi et qu’on les empêche de faire les choses. Les clients viennent à moi pour des raisons ; pas parce qu’ils ont envie de me donner du travail, mais parce qu’ils ont un problème qui doit être résolu.

C’est faux.

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Je ne parle jamais de formes avec les clients, ou d’espaces ou d’interprétations d’espaces, ou du futur de l’architecture ou des choses dans le genre *rire*. On parle de ce qu’ils veulent faire. Et le fait qu’ils viennent à moi signifie déjà qu’ils cherchent quelque chose. Tout ce qu’ils disent est important. J’entends souvent des architectes dire qu’ils ont ignoré ceci ou cela. Je me rappelle d’un client qui était inquiet pour son chat. “Où est-ce que mon chat dormira ?”. Beaucoup d’architectes diront juste “ne me parle pas de ça”. La première chose que j’ai montré à ce client pendant notre rencontre était où son chat resterait. Il était très content de cela. Ça a l’air de quelque chose d’insignifiant mais il faut découvrir ce qui est important pour les gens et aller au-delà de cela. D.H : L’une des plus importantes rencontres de votre vie est celle avec Bruce Goff en 1968. Il est venu vous rencontrer dans votre chambre après sa conférence à l’Arizona State University parce qu’une de vos maquettes l’avait impressionné lors de sa visite des travaux d’étudiants. Quelle a été l’impact de ce grand architecte qui est devenu votre mentor et ensuite collègue de travail dans votre vie d’étudiant ? B.P : J’étais étudiant à Arizona State University. J’étais intéressé par les travaux de Frank Lloyd Wright quand j’étais vraiment jeune. Un jour, Bruce Goff m’a dit qu’autour de ses 12 ans, il avait découvert le travail de Frank Lloyd Wright et qu’à cette découverte, il était exalté et déprimé à la fois. Exalté, parce que c’était la plus belle des choses qu’il

ait vu. Déprimé parce qu’il sentait que tout ce qu’il aimait avait déjà été fait et qu’il n’y avait plus rien pour lui. C’était la même chose que j’ai ressenti quand j’ai vu le travail de Goff. J’ai très vite réalisé que le travail de Goff était puissant mais le danger était de le copier. J’ai réalisé qu’il fallait que j’apprenne de lui mais aussi trouver mon propre chemin. Quand j’ai rencontré Bruce Goff, j’ai appris qu’il était un bon ami de Frank Lloyd Wright. Mais le travail de Goff, n’était pas une imitation de Wright, c’est ça la grande leçon que j’ai retenu avec lui. J’étais aussi sur mon chemin. C’est ainsi qu’il a découvert mes maquettes et s’est rendu compte qu’il y avait quelqu’un qui cherchait à faire son propre travail, quelqu’un capable d’être influencé par Wright tout en faisant son propre travail. C’est l’une des choses les plus compliquées à faire mais c’est vraiment important pour les étudiants. Il faut tout regarder et tout prendre. Musique, sculpture, danse, poésie...etc. puis les digérer pour qu’ils deviennent une part de soi. Chaque chose que l’on fait s’inspire de tout cela sans en être une copie. Ça devient une partie de toi et tout ce que tu crées devient complètement unique. Voilà ce qui est important.

le mot de la fin

D.H : En un mot, à quoi vous renvoi le terme de “Double Hauteur” ? B.P : Espace ! Espace ! Quand on parle de double hauteur, c’est le mot qui me vient en premier. Espace. Bruce Goff a vécu dans la Price Tower de Frank Lloyd Wright dans l’Oklahoma. Il était l’un des tout premier à déménager dans ces appartements. Les espaces étaient très confinés et minuscules parce que Wright voulait rendre la tour longue donc il a fait des espaces très petits en plan. Goff vivait dans l’une de ces unités autour de 1966. Un jour un étudiant est venu à l’intérieur et il a jeté ses mains vers le haut en criant “Espace ! Magnifique espace !” et Goff a dit “où ?” *rire*. C’est ce qui me vient quand je pense au mot double hauteur. Espace ! photographies, interview assurée, propos receuillis et traduits par LarryTchogninou

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blablablablabla

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le pfe du mois

off/on, nouvelles énergies à l’horizon les Xemeneies symbole du passé industriel et énergétique barcelonais par Ernest Blanch et Julien Hureau

Ce mois-ci, nous avons décidé de nous intéresser à un Projet de Fin d’Étude portant sur la question du territoire et de l’énergie. En effet, réalisé en binôme, Ernest Blanch et Julien Hureau se sont interrogés sur la centrale thermique des Tres Xemeneies laissée à l’abandon depuis 2011. Nous pouvons alors retrouver un certain nombre de caractéristiques initiales : - un édifice classé, composé de trois chaudières de 200 mètres chacune et d’une halle aux turbines appartenant au BCIL (Bien Commun d’Intérêt Local) de la commune de Sant Adrià. - un savoir faire, c’est le premier à avoir été construit selon la technique du coffrage glissant en Espagne - une bande littorale d’environ 50Ha dévouée à la production d’énergie depuis plus d’un siècle - une proximité avec la mer - un campus récent, l’université Polytechnique Barcelona Nord dans le quartier du Forum - un taux de chômage parmi les plus élevés de la métropole - une zone industrielle

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le savais-tu ?

un projet

Les Tres Xemeneies est un projet réalisé dans le cadre du DE5 Territoires, encadré par Philippe Roussel et Rémy Lacau Comment transformer ou fonder des organisations urbaines, des espaces publics et des architectures reliés à un territoire, à son histoire, à son climat, à sa lumière ? C’est la grande ligne directrice de ce Domaine d’Étude. Il consiste à « dépasser l’approche topologique » afin d’en extraire des rapports, des relations entre projet architectural et spécificité des lieux. Il développe alors des questionnement autour de la forme des villes, des espaces publics pour habiter des lieux. Mais aussi de l’écologie, de l’articulation des ressources du passé et des expériences du présent pour installer les nouveaux usages contemporains de la ville et des édifices.

« Notre intervention sur Les Tres Xemeneies consiste à greffer à ce squelette de béton de nouveaux organes programmatiques (espaces de recherches, salles d’expositions, laboratoires) » au niveau des anciens organes producteurs d’énergie comme les chaudières, turbines, ou encore les transformateurs. Ernest et Julien conservent et utilisent cette centrale, tant au niveau structurel que thermique, en réutilisant les cheminées pour la ventilation naturelle du bâtiment, accentuée par un système d’échange de chaleur par thalassothermie. Ce projet à donc pour vocation de revitaliser la zone industrielle: mais aussi de s’orienter vers une autosuffisance énergétique à l’horizon 2050 au travers de technologies développées sur place : l’hydrolien, les micro-algues, l’osmose inverse, le photovoltaïque et la thalassothermie.

Lucie Melot

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le rotering et la rature

scénario Jules Foubet, illustration Lucia Inza, Zoé Habert

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annonce

Un pont passerelle au Togo, un centre pour les femmes au Sénégal ou encore une école primaire en Inde… Et si tous ces projets à construire avaient la chance d’être encadrés par l’école ? Figure-toi que la toute nouvelle association APO permet de mettre ton Rotring à profit ! A Pied d’Oeuvre, c’est un réseau international étudiants - professeurs - laboratoires - architectes. S’adressant principalement aux étudiants de Master, l’organisation

peut accompagner un projet de quelque nature que ce soit (année de césure, mémoire, PFE…) et peu importe le lieu. En effet, de l’Argentine au Japon en passant par la France, le choix du territoire d’action pour le projet est libre ! Il reste néanmoins indéniable que ce projet aura pour vocation de donner une réponse pertinente, ancrée à un territoire et à ses problématiques. À l’écoute, ton rôle sera donc de proposer des solutions sociales et architecturales à mettre en oeuvre pour le développement durable d’une communauté in situ. Par ailleurs, que tu aies ou non ton propre réseau d’intervention, l’association peut te proposer des partenariats avec des porteurs de projet en attente comme toi. Seulement intéressé(e) par la réalisation des projets en cours? Le réseau de l’association a également la possibilité de te mettre à disposition leurs ressources. Envie de participer à ta manière au développement de l’association dans sa première année d’existence ? Nous sommes également friands de ta présence. En somme, tu l’auras compris, ces opportunités de projet sont de véritables tremplins entre la théorie et la pratique, entre l’école et l’agence. Alors, qu’attends-tu pour franchir le pas ? Pour plus d’informations, n’hésite pas à nous contacter par mail dans un premier temps à : apo@paris-valdeseine.archi.fr

vie étudiante

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« je vois rouge » - Bojina Panayotova « Ordures rouges ! » Bojina Panayotova a du mal à poser sa voix sur les slogans des manifestants anticommunisme de Sofia, capitale de la Bulgarie, pays communiste de 1954 à 1990. Pourtant elle n’est pas au parti communiste. Ses parents et ses grands-parents y ont adhéré jadis, comme la plupart des familles Bulgare de l’époque. Rien de très particuliers ici. Mais de cette histoire singulière et en même temps si commune à ce pays, elle va réaliser un documentaire « Je vois rouge ». Elle y aborde le sujet délicat des secrets de famille et du devoir de mémoire sur cette période sombre de la Bulgarie. Ayant quitté son pays pour la France à l’âge de huit ans et ayant étudié à la Fémis, elle va filmer, pendant six mois, ses grands-parents et ses parents, au moment où le pays autorise la réouverture des dossiers de la police secrète. Sa famille a-t-elle tenu un rôle dans les renseignements ? Ses parents et ses grands-parents ayant eu des métiers

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en lien avec l’étranger dans un pays à l’époque très fermé sur l’extérieur. Elle va les pousser à demander l’ouverture de leur dossier. Filmant toutes les étapes de son enquête avec son téléphone, elle nous emmène dans sa ville natale, auprès de ses proches en filmant toutes leurs conversations. Qu’elle soit en voiture, par skype, dans un café. Elle nous plonge au sein de son monde en nous faisant part de ses doutes, de ses peurs face à cette enquête qui risque de créer des tensions dans sa famille. Parfois filmant des scènes dignes de fiction, elle nous partage son histoire personnelle avec courage et subtilité. A voir.

actualité artistique

Pauline Colon


une rencontre avec Toutankhamon Ce mois-ci, l’équipe de DH a décidé de vous emmener sur les traces du plus célèbre pharaon de l’Egypte ancienne. Cinquantedeux ans après la première exposition sur Toutânkhamon qui avait réuni plus d’un million de visiteurs, la grande Halle de la Villette à Paris nous offre la possibilité de venir s’immerger dans ce monde mystérieux du 23 mars au 15 septembre 2019. L’exposition, qui s’effectue en petit groupe, commence à l’intérieur d’une salle sombre où nous est contée l’histoire de Toutânkhamon et d’Howard Carter dont les destins sont étroitement liés. En effet, Toutânkhamon est né vers 1345 av J-C, fils d’Akhénaton, il arrive au pouvoir alors qu’il n’est âgé que de 9 ans et décède subitement à 19 ans. Tous ses successeurs se mettent en quête d’effacer sa trace et sa

tombe reste introuvable jusqu’en 1922. Année durant laquelle Howard Carter découvre son tombeau dans la Vallée des Rois et permet de faire connaître son nom dans le monde entier. A la fin du récit, ce sont de lourdes portes qui s’ouvrent et nous permettent d’admirer une centaine d’œuvres réparties en cinq salles que nous franchissons pour découvrir le périple du pharaon. A la mort de Toutânkhamon, les prêtres emplissent son tombeau de tous types d’objets qui pourraient lui servir dans le monde de l’au-delà. Ce sont donc de grandes malles de bois, d’or et d’ivoire que nous pouvons observer, de somptueux vases en calcite, des bijoux ornés de pierres précieuses. Des miniatures de bateaux que le Pharaon utilisait pour voguer sur le Nil sont mis à notre disposition. On remarque également que de nombreux garde-nourriture de toutes formes sont présents dans le tombeau. Cependant, pour accéder au nouveau monde, Toutânkhamon doit avant tout passer les portes du monde des morts, 12 portes pour les 12 heures de la nuit, chacune est pourvue d’un garde qui prend une forme effroyable de serpent, de crocodile. Il nous est alors possible de naviguer entre de magnifiques arcs composites, des boucliers et quelques armes qui devaient uniquement servir pour les cérémonies. De nombreuses statuettes, notamment celle à tête de chacal sont exposées, ainsi que l’une des plus célèbres : l’une des deux statues à taille humaine qui gardait le tombeau, visible pour la première fois dans son entièreté et hors du grand musée d’Egypte. De même, nous trouvons de part et d’autre de nombreux objets de grandes valeurs. L’exposition, qui se munie de nombreuses créations uniques, nous mène dans l’Egypte antique et dans le monde de ce roi qui nous transporte, pour quelques instants, hors du temps.

Agathe Ballèvre

actualité artistique

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à la découverte de la performance « Art indéfinissable », « origines floues » comment décrire cet art traversant des multitudes de disciplines artistiques ( danse, théâtre, arts visuels, plastiques…) sans jamais pouvoir se catégoriser dans un genre, un registre en particulier. L’origine même de la performance est imprécise. Il serait possible qu’elle trouve sa source dans la pratique de rituels ancestraux. Cependant la performance artistique tel que connu aujourd’hui apparaît à la fin des années 50, et découle des mouvements avant gardiste du début du XXème siècle ( futurisme, dadaïsme…). La performance est une pratique, un acte réalisé dans un cadre spatio-temporel précis défini par un ou des artistes utilisant des moyens d’expression, des supports, des techniques diverses et variées. Quelques exemples permettront de mieux entrevoir l’univers de la performance. Esther Ferrer en est l’une des pionnières. Dans Le chemin se fait en marchant, elle trace avec du scotch un chemin à travers la ville. Cette action établit un rapport permanent entre le corps, l’espace et la pensée. Dans Rite, pièce conçue par Florence Paeke, trois danseuses réinterprètent le Sacre du printemps de Stravinsky. Elles plongent leurs corps nus dans un sol rempli d’argile humide et s’y débattent jusqu’à devenir objet. La relation entre le mouvement et la matière tient une place importante dans cette performance.

conscient, au Centre National de la Danse à Pantin. Guidés par la danseuse-chorégraphe Céline Dauvergne, nous avons redécouvert le mouvement, la matière et l’espace sous un angle plus sensible. Tout au long du semestre, chaque groupe a construit une performance à partir d’un endroit du CND. Deux des groupes ont travaillé le passage d’une dimension à l’autre : l’un a matérialisé ce passage par des bandes de scotch traversant plusieurs cadres d’un espace; l’autre a utilisé le corps, les reliefs des murs et les graphismes du sol comme transition entre les dimensions. Un troisième groupe a souligné le caractère oppressant du foyer des danseurs en frappant les murs de béton avec des chiffons mouillés et en créant un rythme sonore faisant écho à la répétition des piliers. Cette expérience a été très enrichissante. A travers la performance, nous avons pu mieux comprendre la relation entre les notions de corps, espaces, et temps : notions que l’on retrouve aussi en architecture.

notre expérience au CND

Durant le troisième semestre, nous avons participé au cours d’art plastique proposé par Réjane Lhote autour de la thématique du mouvement et de la trace laissée par un geste

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actualité artistique

Lucia Inza


rouge art et utopie au pays des Soviets Grand Palais, Galeries nationales 20 mars 2019 - 1 juillet 2019 la foule attirée vers le «rouge» au Grand Palais Depuis le 20 mars, c’est la révolution au Grand Palais avec son exposition: “Rouge: Art et utopie au pays des Soviets”. Comme dans toute épopée révolutionnaire, des obstacles vous feront face, comprenez-ici que cette exposition attire les foules, il vaudra mieux donc s’armer de patience ou réserver en ligne. Mais accrochez-vous, camarades ! Cette expo en vaut la chandelle. Articulée par une trame à la fois chronologique et thématique, l’exposition débute sur l’étendue des conséquences de la révolution d’octobre de 1917 sur l’art. De la littérature, jusqu’au théâtre en passant par les objets du quotidien, à partir de 1917, c’est toute une société, ses codes et l’existence des personnes qui se retrouvent bouleversés. En terme d’art et d’architecture, on en aura pour son argent: Esquisses de scénographies théâtrales, de projets architecturaux, sans compter les nombreuses affiches de propagandes d’abord au pochage puis par photomontages (pas à l’ordi, hein, à la main) et enfin les peintures qui illustrent les différents virages que prennent les mouvances artistiques. On y retrouve des artistes comme Rodtchenko, Malevitch, Klutsis etc. Plusieurs parties de l’expo sont dédiées à l’architecture Étant considéré comme l’art qui touche au plus près les moeurs, chacun essayera de faire passer son idée (le Corbusier lui même). Notamment auprès des maisons communautaires, l’ancêtre du logement social, qui promeut l’entraide communautaire et doit accueillir plusieurs centaines de personnes. Dans ces organismes, la restauration, par exemple, se fait en communauté, chacun apporte son aide pour faire vivre le gigantesque foyer. La représentation de l’architecture en URSS est le miroir de la politique qui s’y déroule pendant les différentes phases du parti.

main-mise totale de Staline sur tous les arts, quels qu’ils soient. L’aspect pratique des constructions jusqu’alors envisagées est effacé par le désir d’impérialisme et d’étalage de la grandeur supposée de l’URSS. Moscou est représentée en ville monumentale, tout doit être plus grand, plus fort. Les nouveaux projets sont d’ordre colossal, ils fusent pour moderniser la ville au plus vite. L’électricité, le métro, le grand canal, tout est bon pour montrer la nouvelle force du pays quoique celui ci ne soit un tantinet trop ambitieux. La peinture quand à elle s’astreint à la mystification des hommes et surtout des dirigeants marquant alors la perte de toutes les initiatives et innovations artistiques entamées dans les années 20.

L’exposition se termine sur une touche âpre, celle de la

actualité artistique

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Pour ce deuxième PCMP nous visiterons le 19ème arrondissement parisien, du côté du quartier de la Villette. Ancienne municipalité indépendante annexée en 1860, la Villette se construit et s’affirme comme un pôle industriel au cours du 18ème siècle. C’est en son sein que se trouvent les grands abattoirs de Paris et le marché central du bétail. Ces derniers connaissent leur âge d’or pendant l’entredeux-guerres et restent actifs jusqu’en 1974. D’importantes mutations s’opèrent dès lors dans le quartier. Le déclin des fonctions traditionnelles et l’extension désordonnée des logements donnent à voir un paysage urbain disparate. Une action publique est menée pour restructurer le quartier. Elle porte notamment à la valorisation des loisirs et de la culture avec la création du Parc de la Villette. Ces volontés ont grandement fait évoluer la dynamique du quartier, changements toujours d’actualité, avec l’arrivée du tramway et du RER.

Paris comme ma poche La Vilette

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Vincent Clerc,Valora Brice, Maud Laurentie

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culture architecturale


#3

Dimitar Bogd

LES ORGUES DE FLANDRE

67-107 avenue de Flandre

#1

#2

195 avenue Jean Jaurès

32 quai de la Marne

IMMEUBLE DE LOGEMENT

Voici la seule réalisation parisienne de l’architecte italien Aldo Rossi. Associé à Claude Zuber, il livre en 1991 un bâtiment post-moderne composé de plusieurs parties reprenant et ré-interprétant des éléments forts de l’architecture parisienne. Une manière de faire si bonne chère à Aldo Rossi.

#5

CANAL SQUARE

Les logements “OurcqJaurès” livrés en 2015 par TVK architectes remplacent, dans cet îlot, l’ancienne usine de chauffage urbain. Le rez-de-chaussée lie trois bâtiments entretenant une relation d’interdépendance, via des jardins et des cours. Le plan « en manivelle », particularité du projet, permet d’ouvrir l’ensemble sur les multiples vues du canal et de la Petite Ceinture. Un deuxième atout réside dans la variété des typologies de logements et des rapports à l’extérieur. Enfin, la brique donne de la présence à la façade, et entre en résonance avec l’histoire du site.

Conçu par l’architecte Martin van Treec et construit entre 1970 et 1980, ce monumental ensemble de logements reprend étonnamment l’aspect, mais aussi l’organisation d’un orgue. Il se compose des tours « Cantate », « Sonate », « Fugue » et, pour la plus grande, « Prélude », qui s’élancent, tel l’orgue vers la voûte de sa cathédrale, droites vers le ciel gris de la capitale. L’architecte devient musicien et nous devenons spectateurs de ce concert de béton.

#4

L’ESPACE PONT DE FLANDRE 11 rue de Cambrai, (à voir depuis le quai de la gironde)

Cet espace, regroupant d’anciens entrepôts de farine, de sucre et d’alcool, autrefois directement reliés à l’ancienne darse, a été réhabilité en 2001 pour en faire des immeubles de bureaux. On peut également y trouver deux immeubles neufs des architectes Chaix et Morel. Ces bâtiments, tout de verre, de métal et de terre cuite, apportent une réponse contemporaine à la brique et la pierre des entrepôts préexistants tout en faisant écho aux immeubles voisins, et achèvent ainsi de rendre ce site harmonieux.

ENTREPÔT MACDONALD

Boulevard Macdonald

Cet ancien entrepôt construit en 1970 par l’architecte Marcel Forest est, avec ses 617m, le plus long bâtiment de Paris intra-muros. Pour la reconversion du quartier, sa structure est ré-utilisée pour réaliser un ensemble mixte comprenant logements, bureaux, équipements publics et commerces. Conçu par l’agence OMA et livré entre 2014 et 2016, c’est une dizaine d’architectes qui interviennent dans la réalisation de différentes sections du bâtiment. Parmi eux, Christian de Portzamparc, Marc Mimram ou encore Kengo Kuma. L’ensemble donne un aspect très hétéroclite pour rompre avec l’effet barre dû à sa longueur. culture architecturale

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la ville de demain,

ZOOM sur le concept « Treehouse »

une ville verte ? 1. les immeubles Alguésens

En 2021, nous n’aurons plus vue sur l’ESS’pace ! Un appel à projets urbains dans le cadre de « Réinventer Paris », remporté par BPD Marignan, va donner naissance à trois immeubles d’habitation entre la rue Jean Antoine de Baïf et l’allée Paris, Ivry dans la ZAC Paris Rive Gauche du 13ème arrondissement. Chaque immeuble développe un concept innovant : TREEHOUSE, PLANTHOUSE (potagers et petite agriculture) et ALGOHOUSE (culture de microalgues). Ces tours promettent une nouvelle façon d’habiter plus en symbiose avec la nature et privilégiant le bien-être de l’habitant.

Cette future tour verte intrigue par la forme atypique des terrasses : les dalles épaisses au contact de la tour s’amincissent plus elles s’en éloignent. Pourquoi ne pas avoir fait de simples dalles horizontales? Parce que les arbres et végétaux sont plantés directement dans celles-ci. Comment tout cela fonctionne ? Les terrasses ont été pensées en multicouches: une étanchéité et un géotextile pour l’enveloppe et à l’intérieur des billes d’argile, de la terre végétale allégée, un système d’arrosage goutte à goutte et enfin le paillage. Ces mini-jardins en hauteur doivent participer à la dépollution de l’air, à une échelle qu’on imagine assez restreinte. Une fois qu’on a décidé de greffer la nature à l’immeuble, la difficulté réside dans le choix des végétaux et essences. Les critères de sélection sont la résistance, la couleur, l’absorption du CO2. Les végétaux n’ont pas tous le même besoin d’ensoleillement, ils doivent être disposés judicieusement en fonction de l’orientation des terrasses. Pour préserver l’intimité des habitants, la végétation ne suffisait pas, c’est la disposition et la taille des espaces extérieurs qui a joué. Pour que la tour soit bien perçue comme verte, un toit terrasse végétalisé et un petit jardin plein pied sont aussi prévus.

2. les utopies végétales

Vivre en harmonie avec la nature, voilà une idée qui semble très attrayante. L’architecte belge Luc Schuiten, connu pour ses illustrations au caractère utopique, pousse le concept jusqu’à imaginer des “cités végétales”. Il couple ce qu’il définit comme «l’archiborescence » avec le biomimétisme. Ses villes imaginaires sont construites seulement avec des matériaux vivants: dans la cité des « habitarbres », il s’inspire des ailes de libellules pour repenser les façades transparentes. Vivre dans un arbre sculpté, aussi poétique que ça en ait l’air, est cependant irréaliste sur bien des aspects, notamment sur le plan technique. Après tout, l’homme peut-il avoir constamment mainmise sur la Nature? En réalité à quoi vont ressembler les édifices dit “verts” une fois achevés ? Rappelez-vous, la tour que Le Parisien annonçait comme “la plus verte de Paris”, dont la conception a permis le dépôt de douze brevets scientifiques pour la végétation. Il s’agit en fait de la tour verte d’Édouard François à l’angle de l’avenue de France (M6B2). Il mettait alors en avant: “un énorme travail de recherche que n’ont pas les simples immeubles dits végétaux, où rien ne peut en réalité pousser, et qui ne sont que des façades commerciales ». Heureusement que le revêtement en titane est vert car aujourd’hui rien n’a encore poussé! Ces projets font peut être rêver, mais ils relèvent souvent de l’utopie ou de la communication immobilière... Ariane

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culture architecturale


de architectura les Tours Nuages : Emile Aillaud

illu Pasha Muradov

« L’Utopie Sociale des Tours Nuages : Emile Aillaud et la Poétique de l’Angle-Courbe » Discrète par leurs finesses, remarquables par leurs hauteurs, elles ont suivi de leurs « yeux de verre » l’impressionnante métamorphose du quartier d’affaire de La Défense. Les gratte-ciel de la Cité Pablo Picasso, plus communément appelés Tours Nuages, sont le chef d’œuvre poétique tardif de l’architecte français Emile Aillaud (19021988). Située sur une parcelle irrégulière à la topographie escarpée du sud de la commune de Nanterre (Haut de Seine), les Tours Nuages regroupent un ensemble de 1606 logements collectifs réunis en 18 tours au volume elliptique de hauteur variée allant du R+8 au R+19. Déjà tributaire de nombre d’Habitats Collectifs labellisés « Patrimoine du XXème » comme l’« Abreuvoir » à Bobigny (19561960), « Les Courtillières » à Pantin (1958) ou encore « La Grande Borne » à Grigny (1967-1972), les « Tours Aillaud », construites entre 1974 et 1981, captivent par leurs formes effilées et organiques le regard du passant contemplatif. Une œuvre architecturale empreinte de Post-Modernisme qui s’est hissée à contre-courant de la Charte d’Athènes et de son « rival » chef de file Le Corbusier en réinterprétant le concept de tour d’habitation pour donner vie à une composition où les voiles béton des façades agrémentées d’une parure polychromique en mosaïque de l’artiste Fabio Rieti entrent en dialogue intime avec le ciel. De son plan prenant la forme de nuages aux ouvertures rétrofuturistes variées rappelant les feuilles du parc André Malraux qui les jouxtent, les Tours Nuages sont aussi le fruit d’une réflexion sur l’espace urbain et les Grands Ensembles. Une volonté, d’une part, d’augmenter ostensiblement l’espace extérieur paysager par la densification verticale et d’autre part, d’intégrer un parcours ou le cheminement urbain serpentozoïde, ponctué d’œuvres sculpturales conçues par Laurence Aillaud, qui permet la création de véritables « espaces évènements ». Animé par l’inébranlable idéal humaniste de donner confort et

échelle domestique au logement social de masse tout en œuvrant à « conjuguer l’intérieur et l’extérieur », l’architecte Emile Aillaud a, contre les dogmes établis de l’époque, tenté de s’émanciper de l’orthogonalité, et de la monotonie de la période en prônant « l’art de la courbe » comme dispositif clé de la réalisation de son utopie. Une utopie protégée qui risque pourtant d’être considérablement défigurée dans les règles de l’art par le projet de réhabilitation porté par Cogedim et l’agence lauréate RVA. Si « le vent se lève » parmi habitants et architectes pour tenter de stopper avec véhémence le massacre, les « Yeux des Tours », impassibles et majestueux, garderont, eux, silencieusement, dans le reflet de leur future prosaïque prison d’Inox, la mémoire et la mélancolie d’un passé coloré et radieux.

culture architecturale

Vincent Richard du Perron

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qui est ce ? Né le 12 août 1945 à Fumel, c’est un architecte français contemporain de renommée internationale. Travaillant à son propre compte depuis 1974, il fait ses premières oeuvres dans le Périgord, réalisant une école maternelle à Trélissac et une villa à Champcevinel. En 1987, il achève la construction de l’Institut du monde arabe à Paris, un véritable tour de force architectural qui lui vaudra de nombreux prix. Il est ainsi le porte étendard français aux Emirates Arabes Unis en exportant le nom du Louvre. Jean Nouvel

Dominique Perrault

coloriage

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Né le 27 avril 1939 à Paris et mort le 24 décembre 2010, c’est un architecte et urbaniste français. Diplômé en urbanisme à l'université de Paris en 1966, puis en architecture en 1969 de l'École Nationale Supérieure des BeauxArts, il enseigne l'architecture au Cambodge. Il devient citoyen chinois en 1984, et fonde son agence d’architecture en 1969 . Il est le cerveau derrière l’Opéra de Shanghai et la tour Oxygène de Lyon. Jean-Marie Charpentier

Né le 9 avril 1953 à Clermont-Ferrand, c’est un architecte et urbaniste français. Professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, conférencier en France et à l’étranger, il est membre du Conseil scientifique de l’Atelier International du Grand Paris. On le connaît pour le Vélodrome et la piscine du Complexe Olympique de Berlin, l’Université féminine Ewha à Séoul et la tour Fukoku à Osaka. Il remporte le concours de la Bibliothèque Nationale de France en 1989.


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#3 Mai 2019 by Double Hauteur - Issuu