NovDec 2025 french

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LES INTRÉPIDES JOUEURS DE CORNEMUSE DU 16 E BATAILLON et ce légendaire instrument à

vent pendant la guerre

Voir l’article à la page 5

James Richardson, cornemuseur du 16 e Bataillon (Canadian Scottish), dans la tristement célèbre tranchée Regina pendant la Première Guerre mondiale, dépeint par l’artiste James Prinsep Beadle.

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« La Halte à la famine à Gaza

faim tenaille Gaza, et il faut le dire haut et fort », a déclaré en juillet dernier Ohad Hemo, correspondant des affaires palestiniennes pour l’émission de nouvelles la plus regardée à Israël. « Je parle à des Gazaouis tous les jours. Certains n’ont pas mangé depuis plusieurs jours, a poursuivi M. Hemo. La responsabilité incombe non seulement au Hamas, mais aussi à Israël. »

Certes, la scène internationale au MoyenOrient est depuis longtemps une poudrière. Cautionner une partie se fait à ses risques et périls, car l’autre ne manquera pas de fustiger ce soutien. Chacun s’accordera sur le fait que « c’est compliqué ».

Il était du plein droit d’Israël de répondre aux attaques terroristes meurtrières du 7 octobre 2023 menées par le Hamas, groupe nationaliste palestinien militant basé dans la bande de Gaza. Mais, en finissant par affamer en masse les civils de Gaza dans le cadre de sa réponse, Israël ne vaut pas mieux que ceux qui ont militarisé l’accès des civils à la nourriture à travers l’histoire. Et il ne s’agit pas d’une opinion antisémite ou pro-Hamas. Affamer les gens, quelle que soit leur religion, leur culture ou leur croyance, est tout simplement immoral.

Les Canadiens ne connaissent que trop bien l’hiver de la faim que les nazis ont imposé aux Pays-Bas en 1944-1945 : ce sont leurs soldats qui ont libéré le pays affamé à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En mai 1945, quelque 20 000 Néerlandais n’avaient pas survécu à la famine. Ce n’est là qu’un des nombreux exemples de l’histoire.

« La nourriture a été utilisée comme arme de guerre à travers les cultures pendant des millénaires, depuis les sièges de l’Antiquité jusqu’au blocage de l’aide humanitaire des temps modernes », a écrit Maggie Michael, journaliste de Reuters dans un article de septembre 2023 sur la famine en tant que crime de guerre rédigé pour le Global Investigative Journalism Network.

La famine a été interdite comme méthode de guerre pour la première fois en 1977. Vingt ans après, la Cour pénale internationale a adopté une loi qui en fait un crime de guerre. Le droit international humanitaire définit la famine comme des actes qui privent les civils des biens indispensables à leur survie.

L’ONU a officiellement déclaré une famine à Gaza le 22 aout 2025, estimant que plus de 500 000 personnes étaient confrontées à « des conditions de faim catastrophiques, tandis que plus d’un million d’autres se trouvaient en situation d’urgence alimentaire ». L’ONU déclare la famine dans les cas de privation alimentaire extrême, de malnutrition aigüe et de décès liés à la faim.

Dans son rapport connexe, l’ONU a indiqué que 39 % des Gazaouis passaient des jours sans manger, et que des adultes sautaient régulièrement des repas pour nourrir des enfants. La malnutrition chez les enfants s’est néanmoins accélérée : en juillet, plus de 12 000 enfants ont été identifiés comme souffrant de malnutrition aigüe, soit six fois plus qu’en janvier. Un quart d’entre eux souffraient de malnutrition aigüe grave, le type le plus mortel. L’ONU a estimé qu’environ 43 000 enfants risquaient de mourir de malnutrition d’ici juin 2026.

M. Tom Fletcher, secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d’urgence, a déclaré que la famine était une catastrophe évitable causée par l’homme. « La nourriture s’accumule aux frontières en raison de l’obstruction systématique faite par Israël, a-t-il déclaré. C’est la famine à quelques centaines de mètres de la nourriture des terres fertiles. »

Le Canada, quant à lui, a décrié la situation. « La population civile […] meurt parce qu’une aide humanitaire suffisante n’est pas autorisée à entrer à Gaza, a déclaré Randeep Sarai, secrétaire d’État. Israël […] manque aux obligations qui lui incombent en vertu du droit international humanitaire.

« Nous continuons d’appeler à un cessezle-feu immédiat et permanent, a poursuivi

M. Sarai. Le Hamas doit libérer sans délai tous les otages et déposer les armes. Cette guerre doit cesser immédiatement. »

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La

bataille de la Somme faisait rage depuis plus de trois mois en ce jour du 8 octobre 1916 où les forces alliées effectuaient leur dernière poussée contre les Allemands ; ceux-ci s'acharnaient à défendre la tranchée Regina dans les hauteurs dominant la vallée de l’Ancre.

Le 16e Bataillon (Canadian Scottish) traversa plus de 600 mètres de terrain neutre jusqu’à son objectif une heure avant l’aube, avançant en « longues lignes serpentines […] à la lumière d’explosions d’obus », comme le décrivit un officier. Mais soudain, les hommes furent brusquement arrêtés dans leur élan.

« J’ai couru devant quand j’ai discerné des barbelés, et j’ai été stupéfait de voir qu'il n'y avait pas de brèche, s’est souvenu par la suite le sergent-major Arden Mackie, qui se trouvait alors au centre des assaillants. J’ai cherché un moyen de les traverser, mais je n’ai pas trouvé.

« Quand la compagnie est arrivée, l’ennemi s’est mis à nous lancer des bombes et à faire feu de ses fusils. »

Mackie s’en alla dire au commandant de sa compagnie, le major George David Lynch de Winnipeg, de se mettre à l’abri dans un trou d’obus à proximité jusqu’à ce qu’il trouve une pince coupante. Mais, le major, qui avait déjà été blessé en mai, avait été touché à la poitrine. Il mourut avant que Mackie ne puisse lui prodiguer les premiers soins.

L’attaque était bri sée dans son élan. Les Écossais se terraient. Ils ne semblaient pas pouvoir progresser.

« Jimmy Richardson, le joueur de cornemuse, est venu m’offrir son l’aide à ce moment-là, mais je lui ai dit que le commandant de notre compagnie était déjà

mort, avoua Mackie, qui était né en Écosse. Les choses semblaient aller très mal, et c’est alors que le cornemuseur a proposé, dans un fort accent écossais, de jouer de la cornemuse.

« Je lui ai dit de jouer, et dès qu’il a commencé, j’ai rassemblé autant d’hommes que je pouvais, nous avons traversé les barbelés et nous nous sommes mis à nettoyer la tranchée. »

La cornemuse et l’armée vont de pair au combat ou ailleurs, depuis plus de 400 ans, a fait remarquer Tim Stewart, historien, dans un article de 2000 intitulé « Canadian Pipers at War, 1914-1918: An Inspired Tradition » (Les joueurs de cornemuse canadiens dans la guerre de 1914-1918 : une tradition inspirée, NDT).

Les gens qui ne sont pas écossais, a-t-il écrit, ont peut-être eu du mal à un moment donné à s’imaginer l’importance de la cornemuse à la guerre, mais « ils ont changé d’idée après avoir été témoins du pouvoir de la cornemuse pour motiver et inspirer les soldats sur le champ de bataille ».

Les Anglais tentèrent d’interdire pratiquement tous les éléments de la culture écossaise, notamment la cornemuse, après avoir vaincu l’Écossais Charles Edward Stuart (surnommé Bonnie Prince Charlie) à Culloden, en 1746.

Richardson fut décoré de la Croix de Victoria à titre posthume le 8 octobre 1916. On a cru sa cornemuse perdue pendant 86 ans, jusqu’à ce qu’elle soit retrouvée en Écosse.

RICHARDSON NE FUT PAS

LE PREMIER NI LE DERNIER DES CORNEMUSEURS DU

16 E BATAILLON À SE DÉMARQUER ET À INSPIRER LES SOLDATS

SUR LE CHAMP DE BATAILLE.

La plus ancienne photographie connue de Richardson (ci-haut ), alors cadet. Un cornemuseur du 7e bataillon, Seaforth Highlanders (en regard), mène les hommes de la 26 e brigade lors de la bataille de la Somme.

Lors de son procès pour trahison, l’un des nombreux qui eurent lieu après la bataille, l’accusé John Reid affirma qu’en tant que cornemuseur, il n’était pas combattant, et donc non coupable. Toutefois, le juge anglais statua que, comme les régiments des hautes terres ne marchaient jamais sans cornemuseur, la cornemuse était un outil militaire. Il conclut que Reid avait porté les armes contre le roi et devait être pendu.

C’est à la suite de cette bataille et de jugements si rigides que des dizaines de milliers d’Écossais déracinés s’établirent, avec leur culture, dans l’Est de ce qui allait s’appeler le Canada. En Écosse, les régiments loyaux des hauts pays réprimaient la rébellion.

Deux de ces régiments, le Montgomery’s Highlanders (77e) et le Fraser’s Highlanders (78e), ainsi que le Black Watch (42e), ont servi en Amérique du Nord : le Fraser’s Highlanders exclusivement au Canada, jouant de la « great war pipe of the north » (grand tuyau militaire du nord, NDT)

lors de certaines des batailles les plus importantes de l’histoire du pays, notamment les sièges et captures de Louisbourg en 1758 et de Québec l’année suivante.

Quelques officiers des hautes terres se virent offrir des terres au Canada à la fin de la guerre de Sept Ans, en 1763. Et pendant la Révolution américaine de 1775-1783, Londres donna l’ordre de lever un régiment écossais au Canada : le Royal Highland Emigrants.

Des détachements étaient en garnison à Québec, à Saint John (Nouveau-Brunswick), à Annapolis (Nouvelle-Écosse) et à Halifax, où la bruyère écossaise poussait spontanément, car les soldats des hautes terres firent tomber des graines de leur lit-sac dans ce qui est aujourd’hui le parc Point Pleasant. Les cornemuses étaient une partie intégrante d’eux.

« C’est cette tradition séculaire inculquée aux descendants des premiers colons écossais, combinée à un sens du devoir envers la patrie, qui poussa les Canadiens écossais à répondre à l’appel aux armes au début de la Première Guerre mondiale, en 1914, a écrit M. Stewart.

Les cornemuses ont une fois de plus été appelées à leur ancien et fier poste de devoir et d’honneur sur le front des combats. »

Le moment où le soldat James (« Jimmy ») Cleland Richardson, un homme de 20 ans originaire de Bellshill, en Écosse, a commencé à jouer marqua un instant « terriblement critique », est-il dit dans l’histoire du bataillon. Le major Lynch lui avait dit de garder le silence jusqu’à nouvel ordre.

« Pas un homme du 16e n’avait franchi les barbelés, est-il dit dans le récit publié en 1932. Les deux vagues avaient alors fusionné.

« Certains des hommes bombardaient la tranchée allemande depuis l’imbroglio; d’autres essayaient de se frayer un passage en abattant les pieux en bois qui soutenaient les barbelés à coups de crosse de fusil et en piétinant le fil de fer. »

Les coups de feu de la tranchée ennemie étaient « d’une précision mortelle. On aurait dit que les soldats qui attaquaient en seraient sans exception victimes. »

C’est à ce moment-là que Richardson, âgé de 18 ans, qui avait quitté son emploi de foreur pour s’enrôler six semaines seulement après l’entrée en guerre de l’Empire britannique contre l’Allemagne, se mit à

jouer, marchant complètement à découvert et longeant les barbelés pendant 10 minutes. Il ne mesurait que cinq pieds et sept pouces et ne pesait que 137 livres, mais il avait de toute évidence de puissants poumons.

« Au début, il n’était pas affecté à l’attaque. Il a demandé à défiler devant le commandant, et là, il a imploré si sincèrement l’autorisation de passer à l’action que le colonel [Robert] Leckie a fini par exaucer son souhait. »

La Croix de Victoria sera décernée à Richardson, à titre posthume, pour ses actes de ce jour-là. Sa citation de VC, publiée deux ans plus tard dans The London Gazette, note que la compagnie était déjà démoralisée au vu des lourdes pertes.

« Comprenant la situation, le cornemuseur Richardson a fait des allées et venues derrière les barbelés en jouant de sa cornemuse avec le plus grand sang-froid, fut-il écrit. L’effet a été immédiat. Inspirée par son formidable exemple, la compagnie s’est précipitée vers les barbelés avec une telle furie et détermination que l’obstacle a été surmonté et la position, capturée. »

Par la suite, après avoir participé à des « opérations de bombardement » (attaque à la grenade) au cours desquelles Mackie et lui capturèrent deux Allemands, Richardson fut chargé d’escorter leurs prisonniers et le sergent-major blessé derrière la ligne canadienne.

« Après avoir parcouru environ 200 mètres, le cornemuseur Richardson s’est aperçu qu’il

avait oublié sa cornemuse. Bien que vivement exhorté à ne pas le faire, il a insisté pour retourner la chercher. Il a disparu à jamais. »

Ce fut l’un des deux cornemuseurs du 16e Bataillon morts ce jour-là, avec le caporal John Park. La dépouille de Richardson ne fut retrouvée qu’en 1920. Il fut enterré au cimetière militaire d’Adanac (« Canada » à l’envers) au nord-est d’Albert, en France. Sa cornemuse, abandonnée dans la boue de la Somme, resta perdue pendant 86 ans, jusqu’en 2002, lorsque le cornemuseurmajor du Canadian Scottish Regiment (Princess Mary’s) découvrit que l’école Ardvreck de Crieff, en Écosse, possédait une cornemuse à tartan Lennox distinctif, rouge, vert et or, dont on se servait pour les cornemuses du bataillon de Richardson. Un aumônier de l’Armée britannique avait trouvé la cornemuse en 1917 et l’avait rapportée à l’école où il enseignait. Pendant des décennies, cassée, tachée et couverte de boue, elle a servi de souvenir d’un cornemuseur inconnu de la Grande Guerre. Andrew Winstanley du Canadian Club et le cornemuseur-major Roger McGuire menèrent leur enquête et confirmèrent qu’il s’agissait de l’instrument de Richardson. Un donateur anonyme l’a par la suite achetée au nom des citoyens du Canada, et elle est publiquement exposée en Colombie-Britannique depuis 2006. Richardson et sa famille s’étaient établis à Chilliwack avant la guerre. David, son père, était chef de la police locale. Richardson

La reconnaissance aérienne montre des réseaux de tranchées sur le front occidental

prenait souvent part à des compétitions de cornemuse dans le circuit des jeux des hauts pays en Colombie-Britannique : il s’était produit à Vancouver, à North Vancouver et à Victoria. Lorsque son fils fut tué au combat, Richardson père avait trois des médailles d’or qu’il avait rapportées.

Richardson ne fut pas le premier ni le dernier des cornemuseurs du 16e Bataillon à se démarquer et à inspirer les soldats sur le champ de bataille.

Le passé du bataillon est riche d’histoires avec la cornemuse en toile de fond. Au cours de la deuxième bataille d’Ypres, en avril 1915, James Thomson et William McIvor, cornemuseurs du 16e bataillon, furent grièvement blessés alors qu’ils jouaient en avançant avec les soldats après l’attaque au gaz des Allemands à Saint Julien. Tous deux moururent peu après.

Moins d’un mois plus tard, lors d’un audacieux assaut en plein jour à Festubert, les cornemuseurs George Birnie et Angus Morrison jouaient au sommet des ruines d’une ferme alors que le 16e avançait sous une grêle de tirs de mitrailleuses. Ils furent atteints tous les deux.

« Le son de leurs bourdons s’est évanoui lorsqu’ils sont tombés, et les bruits des combats étaient partout une fois encore », a écrit M. Stewart.

Lors de la deuxième bataille d’Arras, en septembre 1918, James Groat, cornemuseur-major, mena les troupes hors des tranchées et à travers les barbelés sous un feu nourri de mitrailleuses et au cours de combats au corps à corps jusqu’à ce qu’il soit blessé par des éclats d’obus.

C’était la cinquième fois qu’il était à la tête du bataillon au combat, et il termina la guerre

décoré d’une Médaille de conduite distinguée (DCM) et de deux Médailles militaires (MM).

« Groat était l’âme de nos cornemuseurs, déclara son commandant, le lieutenant-colonel Cyrus Peck, plein de ferveur pour la musique; un homme maussade, au visage sombre, silencieux et avec un cœur courageux. »

Dans les chapitres du bataillon, on raconte l’histoire émouvante du caporal Alex MacGillivray qui se fraya un chemin dans la légende sur la cote 70, dans le nord de la France, le 16 aout 1917.

Alors que le 16e se préparait à sortir de ses tranchées devant les soldats allemands bien retranchés dans les hauteurs tristement célèbres au nord de Lens, l’Écossais transplanté déclara au sergent-major de sa compagnie qu’il se sentait « anxieux ».

Il lui confia que, chargé comme il l’était avec sa cornemuse et son équipement, il craignait que les hommes de la compagnie le dépassent et fassent « honte à un cornemuseur des hauts pays ».

« Eh bien, si c’est ce que vous croyez, lui répondit son sous-officier, demandez au commandant de la compagnie la permission de sortir avant nous. »

C’est ce qu’il fit et, lorsque le tir de barrage s’ouvrit, MacGillivray jouait de la cornemuse bien en avant de la vague offensive. Sa « bravoure », est-il dit dans l’histoire du bataillon, n’a pas inspiré que son propre 16e Sur ce qu’on appelait la « ligne bleue », où l’attaque de la brigade se rassemblait sous les coups de feu avant de reprendre son avance, MacGillivray continua de faire les cent pas en jouant devant les compagnies du 16e. Il se dirigea ensuite vers le 13e bataillon (Royal Highlanders of Canada) avoisinant, à qui il fit une « forte impression ».

« Juste à ce moment-là, est-il écrit, alors que les rangs ressentaient la pression de l’inactivité sous un feu exaspérant, et que le nombre des pertes s’élevait à plus de cent, on a entendu le son de la cornemuse et, le long du front du 13e est venu un cornemuseur du 16e Canadian Scottish.

« Cet individu inspiré, aux yeux brillant d’enthousiasme et en kilt, marchait fièrement en maintenant la cadence, longeant la ligne et jouant comme seul un vrai Highlander peut le faire lorsque des hommes meurent tout autour de lui.

« La pluie d’obus semblait redoubler au fur et à mesure que le joueur de cornemuse

progressait et, plus d’une fois, il semblait qu’il était à terre, mais le dieu des hommes courageux était avec lui à cette heure-là, et il disparut, indemne, sur le flanc d’où il avait surgi. »

MacGillivray est l’un des hommes qui finirent par dépasser l’objectif. Bien en avance sur les autres, il fut attaqué par un soldat allemand. Il laissa tomber sa cornemuse et envoya son assaillant ad patres. Par la suite, il ne put retrouver l’instrument convoité que le juge du tribunal du 18e siècle mentionné plus haut avait déclaré être un outil militaire.

Il éprouvait de la réticence à retourner au quartier général du bataillon comme on le lui avait ordonné avant que son sergent-major ne lui promette d’aller chercher lui-même l’instrument aux bourdons en bois noir et à accessoires en ivoire, et de bien s’en occuper.

« Le sergent-major trouva la cornemuse le lendemain matin à quarante ou cinquante mètres devant l’objectif final, est-il dit dans l’histoire du bataillon. Il la rapporta, mais Alec McGillivray n’était pas là pour réclamer son instrument bienaimé.

« [On] l’a vu partir du front lors de son trajet de retour, avant de disparaitre complètement, probablement victime d’un obus. »

MacGillivray reçut la Médaille militaire à titre posthume pour « actes de bravoure et dévouement au devoir sous les coups de feu ». Sa citation dit qu’il jouait devant sa compagnie jusqu’à l’objectif final, « en respectant les plus belles traditions de courage des Highlanders ».

« Son mépris absolu du danger fut sans aucun doute la plus grande source d’inspiration pour ses camarades. »

La dépouille de MacGillivray ne fut jamais identifiée. Son nom figure sur le Mémorial national du Canada à Vimy, aux côtés de ceux de 11 284 autres soldats canadiens tués en France à la Première Guerre mondiale, et dont le lieu de l’ultime repos est inconnu.

Les cornemuseurs du 16e totalisèrent une DCM, neuf MM et une VC pour avoir joué de leur instrument au combat pendant la Grande Guerre.

Selon M. Stewart, plus de 50 autres bataillons canadiens de toutes les provinces, sauf l’Ile-du-Prince-Édouard, ont compté des cornemuseurs et des tambours, et ils n’étaient pas tous Highlanders.

C’ÉTAIT

COMPLÈTEMENT STUPIDE

[…]. DES HOMMES TOMBAIENT TOUT AUTOUR DE MOI, TOMBAIENT MORTS […] C’ÉTAIT VRAIMENT HORRIBLE , [MAIS] ENTENDRE LES CORNEMUSES

ENCOURAGEAIT LES TROUPES.

Il y avait des cornemuseurs dans des unités autres que celles de Highlanders telles que le 107e Bataillon (Canadian Pioneer), les 1er et 4e bataillons canadiens de fusiliers à cheval, le 224e Bataillon (Corps forestier canadien), les 3e, 5e et 6e (Canadian Railway Troops), le 208e Bataillon (Canadian Irish) de Toronto, et le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry qui s’avança avec neuf cornemuseurs à la crête de Vimy.

Deux cornemuseurs du 25e Bataillon (Nova Scotia Rifles), William Brand et Walter Telfer, obtinrent des médailles militaires pour avoir pris la tête de leurs compagnies à la bataille de Vimy. Telfer perdit une jambe lors des combats d’avril 1917.

En effet, pratiquement tous les bataillons où il y avait des cornemuses subirent des pertes de cornemuseurs.

Le dossier de service du joueur de cornemuse Richardson relate sa disparition et la remise subséquente de la Croix de Victoria.

« On avait peur, mais il fallait le faire, les autres dépendaient de nous », a déclaré Harry Lunan du Gordon Highlanders, considéré comme étant le dernier cornemuseur de la Première Guerre mondiale encore en vie en 1993, au journal britannique Sunday Express. « Lors du premier assaut [à High Wood], j’ai joué la musique de Cock o’ the North. J’ai joué pour faire sortir ma compagnie hors des tranchées, jusqu’à celles des maudits Allemands.

« C’était complètement stupide […]. Des hommes tombaient tout autour de moi, tombaient morts […] c’était vraiment horrible, [mais] entendre les cornemuses encourageait les troupes. »

La cornemuse qui accompagnait les hommes au combat est devenue moins répandue avec l’augmentation des victimes de la Première Guerre mondiale (sur quelque 2 500 cornemuseurs en temps de guerre dans l’Empire britannique, plus de 500 furent tués et 600 autres blessés; il n’existe pas de chiffre précis pour les Canadiens).

L’une des dernières grandes batailles de toutes les guerres où les cornemuses ont joué un rôle important eut lieu lors de l’assaut d’ouverture de la 51e Highland Division britannique, à la deuxième bataille d’El Alamein, en Afrique du Nord, le 23 octobre 1942.

Un cornemuseur était en tête de chaque compagnie attaquante, jouant un morceau qui permettait aux autres unités de savoir à quel régiment de Highlanders il appartenait. L’attaque fut fructueuse, mais les pertes humaines chez les cornemuseurs élevées. Cela pourrait être la dernière fois qu’il y en eut dans une unité britannique de Highlanders pendant la Seconde Guerre mondiale. William Millin (« Piper Bill »), Canadien de naissance, était le cornemuseur personnel de Simon Fraser, 15e lord Lovat. Il était présent lors du débarquement de la 1re brigade de services spéciaux britannique à la plage Sword, en Normandie. À la demande de Lovat, il arpenta la plage en jouant, sous les coups de feu. L’armée britannique restreignait les cornemuseurs aux zones arrière pendant

la Seconde Guerre mondiale. Lovat ne tint cependant pas compte de cet ordre, et ordonna à Millin, âgé de 21 ans, de jouer. Lorsque son soldat lui opposa un refus, citant le règlement, lord Lovat lui dit : « Ah, mais il s’agit du ministère de la guerre anglais. Toi et moi, nous sommes écossais, alors il ne s’applique pas à nous. »

Millin joua Highland Laddie, The Road to the Isles et All the Blue Bonnets Are Over the Border alors que ses camarades tombaient autour de lui sur la plage. Millin raconta par la suite qu’il avait parlé à des tireurs d’élite allemands capturés, qui clamèrent ne pas lui avoir tiré dessus, car ils croyaient le jeune homme fou.

Les cornemuseurs de compagnie du Calgary Highlanders ont également joué lors de la première bataille de l’unité en Normandie, en juillet 1944, la dernière fois qu’ils ont participé à un assaut pendant la Seconde Guerre mondiale.

La dernière fois que des cornemuseurs ont été à la tête d’une unité au combat aurait été lors de la situation d’urgence d’Aden, au Yémen, en 1967, quand le 1er bataillon, le Argyll and Sutherland Highlanders est allé dans le district de Crater occupé par les rebelles, et que le cornemuseur-major a joué des marches régimentaires.

Plus récemment, l’Américain Lyle Walker, vétéran de la 43rd Army Band de la Nebraska National Guard, nous a raconté l’histoire de la demande de la mère d’un soldat en Arabie saoudite. C’était quelques mois avant l’opération Tempête du désert, en 1991.

« Son fils, commandant de char, voulait que de la musique de cornemuse soit diffusée sur les hautparleurs du véhicule », a raconté Walker sur un site de clavardage sur les cornemuses.

Le groupe, basé à Omaha, a enregistré une cassette et la lui a envoyée.

« Quelques années plus tard, lors des derniers préparatifs d’un défilé, un jeune homme s’est manifesté et nous a confié qu’il était le commandant du char à qui nous avions envoyé l’enregistrement. Il nous a dit que son équipage avait voté pour jouer la cassette du groupe d’Omaha, et que quand les combats avaient commencé, il avait passé notre cassette à plein volume. Il nous a raconté pas mal d’histoires concernant cette cassette autour de quelques verres après le défilé. »

Walker a ajouté : « Je n’ai jamais mené qui que soit au combat, mais ma musique, si. » L

La famille de Richardson devant sa tombe au cimetière militaire d’Adanac, en France.

plus gros de Le Hugh Halliday tous

Alors que la guerre de 1812 touchait à sa fin, la Grande-Bretagne mit à l’eau le HMS St. Lawrence, un cuirassé plus gros que tous ceux qui avaient sillonné les Grands Lacs

Le HMS St. Lawrence avec d’autres navires de guerre britanniques sur le lac Ontario pendant la guerre de 1812, illustrés par l’artiste Peter Rindlisbacher.

Peter Rindlisbacher

En mai 1813, le commodore

James Yeo (en regard, en pied) endossa le commandement général de la Marine royale sur les Grands Lacs. Son homologue américain sur les lacs Érié et Ontario était Isaac Chauncey (en regard, portrait ). Le chantier naval de Kingston en 1815 (ci-dessous) tel qu’il aurait été pendant la guerre, selon l’artiste Robert Irvine.

contrôle naval du lac Ontario était crucial pendant la guerre de 1812. En effet, une victoire américaine sur le lac Érié, en septembre 1813, avait rendu intenables les positions britanniques autour de Sandwich (aujourd’hui Windsor, Ontario). Une défaite semblable sur le lac Ontario aurait donc compromis l’emprise des Britanniques sur la péninsule du Niagara et menacé les bases du côté nord du lac.

Le commodore Isaac Chauncey dirigea l’effort naval américain sur les lacs Érié et Ontario de septembre 1812 jusqu’à la fin de la guerre, en 1814. Son quartier général se trouvait à Sackets Harbor, New York. Les défenses navales du Haut-Canada, quant à elles, se composaient initialement de la marine provinciale, une extension du service du Quartier-maitre général, qui réunissait les fonctions de transport et de combat. Toutefois, en mai 1813, la Marine royale se vit investie de la responsabilité de la guerre britannique sur les lacs, avec le commodore James Yeo qui exerça le commandement général sur les Grands Lacs et le commandement direct sur le lac Ontario. Le quartier général de Yeo était à Kingston, depuis longtemps la principale base navale du Haut-Canada.

En fin de compte, le lac Ontario fut le théâtre de relativement peu d’engagements navals pendant la guerre. L’importance stratégique du plan d’eau était si grande qu’aucun des deux commandants n’était prêt à risquer une bataille totale qui pourrait lui couter sa flotte. Les missions navales se limitèrent à la saisie de goélettes ou d’autres bateaux appartenant à l’adversaire, et à d’occasionnels échanges de coups de canon entre navires de guerre qui évitaient soigneusement de trop s’approcher à portée l’un de l’autre. Yeo et Chauncey tentèrent toutefois tous deux de gagner la guerre dans les chantiers navals en construisant des navires de plus en plus gros pour intimider l’ennemi, même

si leurs canons n’étaient jamais utilisés. En 1813, le navire amiral de Chauncey était l’USS General Pike, armé de 26 canons de 24 livres. Au printemps 1814, Yeo répliqua par le HMS Prince Regent et le HMS Princess Charlotte, armés en tout de 54 canons de 24 livres, 36 canons de 32 livres et huit caronades de 68 livres. Au milieu de l’été, cependant, Chauncey avait repris le dessus grâce à l’USS Superior, muni d’environ 58 canons, et à l’USS Mohawk, qui en comptait 42.

À l’hiver 1813-1814, Yeo décida de devancer les Américains d’un coup de maitre avec le HMS St. Lawrence, un navire de ligne

conventionnel, qu’on appellerait de nos jours un cuirassé. C’était le plus gros navire de guerre lancé sur les lacs pendant la guerre, plus gros même que le HMS Victory, le navire amiral de l’amiral Horatio Nelson lors de la bataille de Trafalgar, en 1805. Yeo n’avait pas été autorisé à construire un navire aussi gros. Mais, il était commandant d’une station d’outre-mer très éloignée de Londres, où se trouvaient ses supérieurs, ce qui lui laissait une grande latitude. Aucun commentaire défavorable ne lui fut jamais adressé à ce sujet.

En janvier 1814, des annonces commencèrent à paraitre dans les journaux du Haut-Canada : on recherchait des quantités sans précédent de bois, à livrer au chantier naval de Kingston. Début février, des annonces ciblèrent cette fois les « artisans à la recherche d’un emploi ». Le 2 juin, la Kingston Gazette relaya une autre requête du gouvernement, qui cherchait 50 ouvriers et autant de charpentiers que possible. Ce même mois-là, un appel fut lancé aux « charpentiers de navires et [aux] scieurs », promettant un mois de salaire d’avance.

Ils

tentèrent toutefois tous deux de gagner la guerre dans les chantiers navals en construisant des navires de plus en plus gros pour intimider l’ennemi, même si leurs canons n’étaient jamais utilisés.

Le monstre qui prenait forme sur les accores était un navire à trois ponts qui déplacerait 2 305 tonnes. Sa quille mesurait 52 mètres de longueur, les ponts des canons jusqu’à 59 mètres, et le barrot faisait 16 mètres. Initialement prévu pour 102 canons, l’armement fut renforcé pendant la construction et l’installation, et le navire finit par en être muni de 112 : 27 canons de 32 livres, 41 canons de 24 livres, trois caronades de 68 livres et 41 caronades très courtes de 32 livres. Le navire avait besoin d’un équipage d’au moins 640 personnes. La Marine royale manquait perpétuellement d’hommes : la station nord-américaine aurait pu facilement absorber 3 000 marins supplémentaires. Les bâtiments de transport de la marine militaire arrivant à Québec furent donc écrémés pour le St. Lawrence, et on alimenta peu les unités navales sur les Grands Lacs supérieurs.

La mobilisation des effectifs augmenta au fil des progrès de la construction. Le 8 septembre 1814, la Montreal Gazette rapporta que 355 marins étaient récemment arrivés, voués à Kingston.

Le navire fut mis à l’eau le 10 septembre, accompagné d’une salve tirée par les batteries locales. L’évènement eut lieu à un moment opportun, car la nouvelle d’une défaite navale britannique sur le lac Champlain, près de Plattsburgh, dans l’État de New York, se répandait.

À terre, les armes britanniques subissaient aussi des revers à Fort Erie. Et une victoire britannique à Lundy’s Lane (près de l’actuelle Niagara Falls, en Ontario) avait été si couteuse qu’on pouvait à peine la nommer ainsi.

La seule nouvelle de guerre complètement satisfaisante venait de la côte atlantique, où une expédition britannique avait mis le feu à Washington à la fin du mois d’aout.

La mise à l’eau du St. Lawrence suscita donc de la joie chez la population des Canadas.

Le bâtiment, cependant, était loin d’être prêt à combattre; il lui fallait encore être équipé de mâts, de voiles, de canons et des centaines de petits articles nécessaires pour en compléter l’intérieur et l’accastillage. Ce fut terminé au début du mois d’octobre, et l’on entreprit de le charger du matériel destiné à la péninsule du Niagara.

Il apparut cependant vite évident que le St. Lawrence était trop gros pour réaliser son plein potentiel. Le 11 octobre, le général George Prevost (commandant en chef des forces britanniques en Amérique du Nord)

Le chantier naval de Kingston à la veille du Noël 1814 (ci-dessus) selon l’artiste Peter Rindlisbacher. Au centre, le St. Lawrence, préparé pour l’hiver.

écrivit que le navire avait un tirant d’eau de 6,4 mètres avec un chargement partiel; il était encore possible de le charger un peu plus sans qu’il soit en difficulté à l’entrée ou à la sortie des ports du lac. Prevost était déçu que la construction du St. Lawrence se soit achevée si tardivement, ne lui laissant guère l’occasion de tirer profit de la nouvelle supériorité de la Marine royale. Yeo restait pourtant convaincu qu’il pourrait battre n’importe quel navire de guerre américain. Le 16 octobre, il vogua sur le St. Lawrence en convoi avec quatre autres navires. Comme Yeo était à bord en tant que commandant maritime, c’est le capitaine Frederick Hickey qui avait la responsabilité du St. Lawrence. Il avait pour tâche de transporter des troupes et des fournitures à la péninsule du Niagara, un front d’où les forces américaines se retiraient. Le St. Lawrence arriva à Niagara le 20. Le seul incident majeur s’était produit la veille, lorsque la foudre avait brisé le mât de perroquet. Le navire fut de retour à Kingston dans les cinq jours. Un autre voyage eut lieu pour livrer à nouveau des provisions à Niagara et à York, avant que le navire ne soit apprêté pour l’hiver.

Ces activités de transport furent les seules actions de guerre du gros navire. Le St. Lawrence était destiné à ne jamais utiliser ses canons au combat, car sa taille même suffisait à envoyer les navires de Chauncey se réfugier dans leur port. « Nous croyons bien que notre supériorité sur le lac Ontario n’est plus contestée par le commodore américain », se vanta la Kingston Gazette le 12 novembre.

Bien que le St. Lawrence n’ait pas rencontré de navire américain au combat, l’ennemi aurait envisagé de détruire le navire à Kingston alors qu’il n’était pas encore complètement armé. Selon certains rapports, un aspirant américain nommé McGowan, accompagné du draveur William Johnson (le héros du Saint-Laurent ou le pirate du Saint-Laurent, selon le côté qui le décrivait) aurait tenté de s’introduire dans la baie Navy de Kingston à bord d’un petit bateau, dans le but de fixer une mine (alors appelée torpille) au St. Lawrence. Le plan aurait échoué parce que le navire était parti de Kingston un jour avant l’attaque proposée.

Le St. Lawrence illustra le point culminant de ce que l’historien Thomas Raddall a décrit comme « une guerre des charpentiers et des gabiers sans fin, et globalement sans effusion de sang, des deux côtés du lac Ontario ». L’écrivain étasunien John K. Mahon a qualifié la course à la construction navale de « grotesque ». De tels jugements sont peut-être indument cinglants. Yeo et Chauncey n’avaient pas simplement supervisé la construction d’énormes navires, ils avaient créé de grands chantiers navals au bord d’une frontière boisée, avec toutes les installations nécessaires pour le gréement et l’approvisionnement

Il apparut cependant vite évident que le St. Lawrence était trop gros pour réaliser son plein potentiel.
Yeo restait pourtant convaincu qu’il pourrait battre n’importe quel navire de guerre américain.

de leurs navires. De petites armées de charpentiers qualifiés avaient été recrutées, rassemblées et nourries. De prodigieux efforts avaient été accomplis. En effet, il ne s’écoula que cinq mois entre la pose de la quille et la mise à l’eau du St. Lawrence

Pendant la course à la construction, les commandants avaient parié que le bois de pin vert des forêts primaires donnerait des navires de guerre durables. La durabilité ultérieure des coques prouva qu’ils avaient raison.

Quoi qu’il en soit, les Américains étaient déterminés à ne pas abandonner la supériorité navale à Yeo. Ils ébauchèrent deux super navires à Sackets Harbor : le Chippewa (62 m de longueur, classé officiellement comme étant de 74 m, mais armé de presque 130 canons) et le New Orleans (65 m de longueur, de 120 à 130 canons). Les Britanniques, à leur tour, planifièrent deux autres gros navires, le Wolfe et le Canada, qu’ils prévoyaient armer de 104 et de 112 canons respectivement.

Cependant, aucun de ces navires ne fut jamais mis à l’eau. Le traité de Gand qui mit bel et bien fin à la guerre, signé le 24 décembre 1814, les rendit superflus. Le Chippewa fut démantelé vers 1833 et le New Orleans pourrit sur les accores, bien qu’il soit resté sur le registre des navires de guerre américains jusqu’en 1883, date à laquelle il fut vendu au prix de la ferraille.

Le HMS St. Lawrence, cependant, était déjà à flot. Il se retrouva dans la baie Navy de Kingston à mouiller avec des navires de guerre de moindre envergure. Le navire fut initialement un centre social pour la base. Un bal élégant eut lieu à bord le 4 mars 1815, et le 11 avril, les officiers reçurent leur vieil adversaire, Chauncey, qu’ils accueillirent d’une salve d’honneur de 13 coups de canon. Ne sachant que faire du St. Lawrence, les autorités en démontèrent les mâts et

Le St. Lawrence, sous le commandement du capitaine

Frederick Hickey (en regard, à gauche), sur le lac Ontario entouré d’autres navires de guerre britanniques (en regard, en bas), selon Peter Rindlisbacher.

le condamnèrent. Un entrepôt fut construit en 1819 pour en abriter le gréement; le bâtiment existe encore aujourd’hui au Collège militaire royal du Canada, que les cadets appellent la Frégate de pierre.

Après la guerre, l’Accord Rush-Bagot de 1817 démilitarisa pratiquement les Grands Lacs. Les divers navires de guerre construits à Kingston à grands frais (le St. Lawrence à lui seul aurait couté quelque 500 000 livres) se mirent à pourrir lentement, devenant des squelettes fantomatiques que les voyageurs passant par la ville mentionnaient souvent.

La vente des navires fut enfin décidée. Les journaux annoncèrent qu’une vente aux enchères aurait lieu le 18 janvier 1832 pour disposer du St. Lawrence, du Kingston, du Burlington (anciennement le Princess Charlotte) et du Montreal, ainsi que des charpentes du Wolfe et du Canada, et de tout le gréement des navires achevés. Cependant, seul le St. Lawrence trouva acheteur : Robert Drummond, armateur, entrepreneur et brasseur de Kingston, paya 25 livres pour le monstre. On considérait que les voiles et le gréement, vendus séparément, étaient beaucoup plus précieux, et ils représentèrent la plus grande partie des 1 400 livres que reçut la Couronne.

Le HMS Canada finit par être démantelé sur les accores. Le 24 juillet 1832, un violent orage réduisit le Wolfe à un tas de petit bois.

La plupart des navires de guerre restants furent sabordés dans la baie Navy ou dans les baies Hamilton et Deadman avoisinantes.

Aucun récit contemporain ne relate le remorquage du HMS St. Lawrence jusqu’à l’arsenal de la Marine royale de Kingston. Mais, son destin ultérieur a été décrit de plusieurs manières différentes. Selon l’une des histoires, une tempête l’aurait fait s’échouer à environ cinq kilomètres à l’ouest de la baie Navy. Un autre récit parle du sabordage du navire au même endroit, pour servir de quai à une distillerie.

Quoi qu’il en soit, il est clair que le puissant navire de guerre a connu une fin ignominieuse. L

BOMBES

IL Y A 75 ANS, L’US AIR FORCE LARGUAIT UNE BOMBE NUCLÉAIRE

LARGUEZ LES EN

En 1950, plusieurs bombardiers B-50 des É.-U. (ci-dessus) transportant 11 bombes nucléaires, dont la Mark IV (en regard, en haut) furent envoyés au Canada. Le 10 novembre, un de ces bombardiers largua une Mark IV au Québec, dans la région du  Bas-Saint-Laurent, ce qui fit les manchettes des journaux (ci-contre).

novembre 1950, l’United States Air Force (USAF) largua une bombe nucléaire au Canada. Ce fut tout sauf un accident.

Cette année-là, la guerre froide avec l’Union soviétique et la Chine s’était soudainement durcie. La Corée du Nord avait envahi la Corée du Sud en juin, et les forces de l’ONU, dirigées par les ÉtatsUnis, s’étaient mêlées à la bataille pendant l’été. La Chine, elle, était entrée dans le conflit en octobre.

L’OTAN avait été formée l’année précédente, mais le réarmement était lent en Europe. L’Occident

craignait que la guerre en Corée ne soit une distraction pour attirer les forces occidentales en Asie, tandis que les Soviétiques se préparaient à envahir l’Europe occidentale. Moscou avait développé sa propre bombe atomique en 1949, et la crainte de guerre nucléaire se répandait. De leur côté, les États-Unis avaient préparé leur arsenal nucléaire en déployant des bombes atomiques à l’étranger en certains endroits. À l’été 1950, les Américains demandèrent de toute urgence à Louis St-Laurent, premier

« PUIS, CE FUT L’EXPLOSION, UN VÉRITABLE GRONDEMENT DE TONNERRE QUI SE RÉPERCUTA DANS L’ÉCHO DES MONTAGNES. »

ministre, de les laisser expédier des armes nucléaires au Canada dans le plus grand secret et la sécu rité la plus stricte. M. St-Laurent acquiesça rapidement, mais n’avisa pas tout son cabinet de cette décision capitale. Un précédent était créé : des armes nucléaires américaines allaient par la suite être basées au Canada jusque dans les années 1980.

Les Américains ne tardèrent pas à envoyer 43 bombardiers, 11 bombes nucléaires et des centaines de militaires à la base de l’Aviation royale du Canada de Goose Bay, au Labrador. Ils allaient y rester trois mois. Pendant ce temps, des bombardiers B-50 Superfortress de l’USAF transportaient fréquemment des armes atomiques et leurs composants entre la base aérienne de DavisMonthan, située près de Tucson, en Arizona, et celle de Goose Bay.

Le 10 novembre, deux des quatre moteurs d’un B-50 transportant une bombe atomique Mark IV de 4 500 kilogrammes, soit une puissance explosive de 31 kilotonnes, tombèrent en panne au-dessus de la région québécoise du Saguenay. L’avion perdit rapidement de l’altitude et le pilote le dérouta avec succès vers la base aérienne de Loring, dans le Maine.

Le protocole de l’USAF précisait que, dans de telles situations, il fallait larguer les armes nucléaires dès que possible, surtout si l’on craignait un accident. La bombe à bord ne contenait pas de noyau de plutonium pour éviter toute réaction nucléaire en chaine. Mais, l’avion transportait toujours de l’uranium et une charge explosive conventionnelle. Et donc, vers 16 h, à une altitude de 3 200 mètres, le pilote largua sa bombe Mark IV au-dessus du fleuve Saint-Laurent, considéré comme l’endroit le plus sûr pour l’opération. Cette arme était une version améliorée du type de celle qui avait été larguée cinq ans plus tôt sur Nagasaki, au Japon. Elle explosa à une altitude d’environ 760 mètres. Quarantecinq kilogrammes d’uranium radioactif se dispersèrent dans la rivière près du petit village

de Saint-André-de-Kamouraska, à environ 150 kilomètres au nordest de la ville de Québec. Le pilote n’ignorait pas le risque de contamination radioactive mineure, mais il se pliait aux consignes.

L’explosion s’entendit dans un rayon de 40 kilomètres et causa un grand émoi chez les résidents des deux côtés de la rivière. J-A. Caron, prêtre d’une paroisse voisine, raconta : « J’ai entendu un bruit sourd. Je suis sorti et ma ménagère m’a dit qu’elle avait vu un nuage de fumée jaune pâle qui s’élevait du fleuve. Puis, ce fut l’explosion, un véritable grondement de tonnerre répété par l’écho des montagnes. Les habitants sont aussi sortis de de leurs résidences, inquiétés par le bruit, mais l’explosion n’a causé aucun dommage. » Il y eut d’intenses spéculations, dans la presse locale et dans celle de Québec, sur ce qu’il s’était passé. La Patrie de Montréal rapporta que l’explosion avait été « accompagnée d’une lueur fulgurante et d’épais nuages de fumée noire et blanche » (sic). Cela semblait être le consensus parmi les témoins oculaires. Quoi qu’il en soit, l’affaire fut étouffée. L’USAF affirma qu’en raison de problèmes mécaniques, l’avion avait largué trois bombes conventionnelles par précaution, mais qu’elles n’avaient pas causé de dommages. Le gouvernement canadien n’avoua ce qu’il s’était passé qu’en 2000. L

IMPERTURBABLE

Texte et

photographie de Stephen J.

Thorne

Nommé pour la première fois en 2019, le maréchal lord Richards de Herstmonceux restera le grand président de l’organisation.

La

Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth (LRACC) aide les anciens combattants des Antilles, de l’Afrique, de l’Australasie et du sous-continent indien depuis 1921. Les guerres, et un engagement envers les anciens combattants mal desservis dans l’Empire ou le Commonwealth, la perpétuent. La LRACC apporte ainsi son soutien à des centaines de milliers d’anciens militaires et à leurs conjoints sous forme de subventions d’assistance sociale équivalant à deux repas par jour. Elle les conseille également sur leur retraite, fournit une assistance pour déménager dans d’autres pays, retrouve les parents qu’ils ont perdus de vue et leur vient en aide pour les transferts de fonds et les demandes de prestations d’invalidité.

Plus de trois-millions de citoyens de l’Empire se sont battus pour roi et patrie entre 1914 et 1918; 440 000 en ont été victimes. Quatre-millions et demi de personnes du sous-continent indien, d’Afrique ou des Antilles se sont jointes aux combats entre 1939 et 1945; 360 000 y furent tuées, blessées ou capturées.

Leurs gouvernements n’ont pas toujours récompensé leurs sacrifices et reconnu leurs difficultés. Une telle organisation était requise dans les confins de l’Empire, alors la LRACC est intervenue. Or, les guerres sont heureusement devenues de moins en moins nombreuses, et l’évolution des liens avec la Grande-Bretagne, son empire relégué à l’histoire, a érodé la clientèle de la Ligue au fil du temps. En effet, ses jours semblaient comptés la dernière fois que les 52 organisations membres de la LRACC, appartenant à 48 pays, se sont réunies à Londres, en Angleterre, en 2022.

À ce moment-là, elle venait en aide à quelque 4 580 anciens combattants et veuves d’avant l’indépendance, la majeure partie d’entre eux au Pakistan, en Ouganda et au Zimbabwe. On estimait alors que quelque 3 600 bénéficiaires auraient besoin de son soutien pendant cinq ans tout au plus, après quoi il était prévu que la LRACC organise sa dernière conférence et tire sa révérence.

Elle a obtenu une prolongation de financement de trois ans du Foreign,

La Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth (ci-dessous) s’est réunie à Ottawa à l’occasion de sa 35 e conférence. Des délégués de plusieurs de ses pays membres ont assisté à deux services commémoratifs au Monument commémoratif de guerre du Canada.

Commonwealth & Development Office britannique, c’est-à-dire six-millions de livres britanniques (environ onze-millions de $ CA), pour son programme destiné à aider les anciens combattants et leurs veuves. L’argent devrait durer jusqu’en mars 2027.

Sa 35e et peut-être dernière conférence a eu lieu à Ottawa en juin-juillet 2025. Cependant, selon des personnes présentes, de nouveaux faits ont incité les dirigeants de la LRACC à en remettre en cause la dissolution.

Au bout de 104 ans, la nouvelle s’est, semble-t-il, répandue, et de nouveaux clients ont fait surface. Les clients existants vivent plus longtemps que prévu. Plus de la moitié de sa clientèle est constituée de veuves. Soudain, la demande ne chute plus; elle croit.

À tel point qu’une LRACC épurée prévoit maintenant demander au Bureau de développement un financement de 10 ans pour faire durer ses programmes jusqu’en 2037. Elle organisera probablement au moins une conférence de plus, sans doute à Londres, disent les responsables.

Berkley Lawrence, hôte de la conférence d’Ottawa, président de la Légion royale

Les délégués participant aux sessions au Château Laurier d’Ottawa (ci-dessous) ont décidé de poursuivre le travail de la LRACC jusqu’à une décennie au-delà de son mandat actuel.

canadienne et vétéran avec 33 ans de service au Corps royal canadien des transmissions, a déclaré au groupe réuni au majestueux hôtel Château Laurier que la nouvelle ligne de conduite, vu l’incertitude du financement, rendait la planification difficile, et l’avenir, obscur.

Selon M. Lawrence, « continuer le financement est une obligation morale ».

« Qu’adviendrait-il de la réputation de la LRACC et du gouvernement britannique si nous cessions de soutenir nos anciens combattants? » a-t-il demandé.

Le grand président de la LRACC, le maréchal lord Richards de Herstmonceux, a assuré aux délégués que les dirigeants étaient convaincus que le gouvernement travailliste britannique n’irait pas à l’encontre de ses principes fondamentaux et ne refuserait pas la demande de financement de l’organisation.

« Juste pour vous rassurer, a déclaré lord Richards, nous sommes prêts à préserver cette voix », ajoutant qu’il avait « bon espoir » que tout se passerait comme prévu. Il a exhorté M. Lawrence à « exercer une influence similaire » là où il le pouvait.

La famille royale est une fervente partisane de la ligue. Le roi Charles III y a succédé à sa mère, la défunte reine Elizabeth II, en tant que président d’honneur. Le père de Sa Majesté le roi Charles, le prince Philip, en a été le grand président pendant plus de 40 ans, et pas seulement sur papier; c’était un habitué des réunions de travail.

En 1982, l’organisation a lancé le Prince Philip Appeal for Commonwealth Veterans (appel du prince Philip pour les anciens combattants du Commonwealth, NDT).

La Légion royale canadienne coordonne les organisations membres dans les Antilles et les aide grâce au fonds d’aide sociale de la LRACC depuis 1966. Elle accorde également une subvention annuelle au Curphey Home, un établissement pour anciens combattants jamaïcains, et fournit chaque année à neuf

pays des Antilles du matériel commémoratif, comme les coquelicots à revers.

Les légionnaires de tous les coins du Canada connaissent probablement mieux la LRACC pour les collectes faites en son nom lors des congrès biennaux des directions divisionnaires. Le président et le directeur général de la Légion effectuent le suivi du bienêtre résultant des activités de la LRACC dans les Antilles et y font des visites d’évaluation tous les deux ans. L

Berkley Lawrence, hôte de la conférence et président de la Légion royale canadienne, présente un rapport sur son travail dans les Antilles (ci-dessus). Les partenaires de la Légion dans la prise en charge d’anciens combattants antillais et de leurs conjoints se rassemblent au cénotaphe (ci-dessous).

Les nationaux de la Légion donnent lieu à des performances record

Texte et photographie de Stephen J. Thorne

Lily Stroda, de la ColombieBritannique–Yukon, a défendu son titre national à l’heptathlon des moins de 18 ans en dominant les épreuves, battant un record national vieux de 10 ans établi par sa compatriote colombo-britannique Niki Oudenaarden avec ses 5 573 points.

Les 47es championnats nationaux d’athlétisme pour jeunes de la Légion se sont avérés mémorables, donnant lieu à deux records nationaux grâce à Lily Stroda, heptathlète de la ColombieBritannique-Yukon, et à Dennis Iriowen, sprinteur de l’Ontario.

Bien que confrontée à un éventail de conditions météorologiques à Calgary, du froid humide à la chaleur sèche, Lily Stroda a dominé les sept épreuves de l’heptathlon par ses performances. Elle s’est imposée

dans les quatre épreuves du premier des cinq jours de la compétition, et a défendu son titre de 2024, finissant même par battre le record établi il y a 10 ans par Niki Oudenaarden, sa compatriote colombo-britannique. À 5 573 points, elle en avait presque 1 000 d’avance sur son adversaire la plus proche. Grâce aux gros efforts qu’elle a déployés, Hannah Gates de la Saskatchewan a reçu le prix Leroy Washburn en tant que première athlète de la Légion des championnats.

Dennis Iriowen a établi un record national aux 200 m chez les garçons de moins de 18 ans en 20,84 s, et a remporté le sprint emblématique, les 100 m, en 10,35 s. Il a obtenu le prix Jack Stenhouse en tant que meilleur athlète masculin de la Légion des championnats. Les athlètes, au nombre record de 1 001, dont 331 commandités par la Légion, ont participé aux championnats nationaux de 2025 au Foothills Athletic Park, à côté

L’Ontarien Dennis Iriowen célèbre la médaille d’or obtenue aux 100 m chez les moins de 18 ans en 10,35 s avec T.J. Boussombo, de l’Alberta–T. N.-O.

du stade McMahon, domicile des Stampeders de Calgary de la LCF. Trente-six entraineurs de la Légion et 119 d’ailleurs ont guidé leurs athlètes lors des 88 épreuves à médailles. Des dizaines de bénévoles et d’administrateurs ont assuré le déroulement efficace de l’évènement, malgré une première journée de compétition pluvieuse et froide (il faisait 11 °C au début).

Au fil des années, les championnats nationaux sont devenus un incubateur d’athlètes des Jeux olympiques, comme à ceux de Paris, où 28 anciens de l’évènement portaient le rouge et le blanc du Canada, notamment Alysha Newman, perchiste médaillée de bronze de London, en Ontario, ainsi qu’Ethan Katzberg et Camryn Rogers, lanceurs du marteau médaillés d’or, tous deux originaires de la Colombie-Britannique.

Pour les athlètes de la Légion, un autre moment vient renforcer l’aventure. Une période de l’histoire militaire est associée

à chaque évènement : c’était le 80e anniversaire de la libération des Pays-Bas cette année, célébré par des activités en plein air. Et puis il y a eu Mike Trauner, qui a perdu les jambes à cause d’un engin explosif improvisé en Afghanistan. Remplissant la fonction d’ambassadeur spécial des

championnats pour la troisième année, il a raconté son histoire inspirante à un public enthousiaste tandis que sa femme Leah, une vraie lionne qui n’a pas pu y aller cette année, a décrit dans une lettre aux athlètes de la Légion la vie d’une conjointe de militaire.

« Avant de partir, il vous dit ce qu’il faut faire, avec qui communiquer s’il ne revient pas, a-t-elle écrit. Il vous manque lors d’évènements, vous vous languissez du son de sa voix et du toucher de ses mains. Vous priez, jour et nuit, chaque seconde de chaque minute, pour qu’il rentre à la maison.

« Quand il rentre enfin, vous acceptez les cauchemars, les colères. Vous acceptez qu’il ne soit peut-être plus jamais exactement comme avant. Vous acceptez d’être le ciment qui lui permet de ne pas s’effondrer […]. » L

Aux 800 m chez les filles de moins de 18 ans (ci-contre), Mary MacLean du club d’athlétisme québécois de Leduc (2 min 7,47 s) a remporté l’or, l’Ontarienne Maya Markowska (2 min 7,48 s) a remporté l’argent, et Hannah Gates d’Excel Athletika TFC de Regina (2 min 7,86 s) a remporté le bronze. Elizabeth Tannis (au centre) a remporté l’or en 11,62 s aux 100 m chez les filles de moins de 18 ans, gagnant de 5/100 s seulement.

L’Ontarienne Olivia Downey (c-dessus) du Durham Dragons Athletics d’Oshawa a remporté le steeple-chase de 2 000 m chez les filles de moins de 18 ans grâce à un chrono de 7 min 11,77 s. Ciara Faith McKenzie de la Colombie-Britannique–Yukon a obtenu une médaille d’or chez les filles de moins de 18 ans en lançant un disque à 44,11 m (à gauche).

Robin Allard d’Athlétisme Québec (ci-contre) a gagné aux 800 m chez les garçons de moins de 16 ans en 1 min 57,14 s. C’était sa troisième médaille d’or des championnats, ayant obtenu celles des 1 200 m et des 2 000 m. Au saut à la perche, chez les garçons de moins de 18 ans, l’Ontario a été 1er et 2e lorsque Christian Futo a inscrit 4,80 m et son coéquipier Ben Leveck, 4,60 m (en bas à gauche). Donovan Pringle du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario a remporté l’argent au saut en longueur chez les garçons de moins de 18 ans en inscrivant 6,43 m (en bas à droite).

C’était serré, mais l’Ontarien Aiden Clodd a gagné au steeple-chase 2 000 m chez les garçons de moins de 18 ans en 6 min 01,63 s, devançant de 8 s son rival le plus proche, Samuel Skilnick, de l’Alberta-T.-N. -O.

Abigail Kinch, du Newmarket Huskies Track Club de l’Ontario, a maintenu sa place au dernier tour du steeple-chase de 2 000 m chez les filles de moins de 18 ans durant les 150 derniers mètres, remportant ainsi la médaille de bronze.

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ONTARIO CONVENTION 68e Congrès de Terre-Neuve-et-Labrador

Le congrès de Terre-Neuveet-Labrador a lieu à Happy Valley-Goose Bay

Terre-Neuve, n’importe quel type de politique peut susciter des débats aussi houleux que passionnés, et les participants, descendants de souche irlandaise, écossaise ou anglaise, intensément retranchés dans leurs diverses positions, créent un imbroglio d’errances oratoires d’une ampleur inégalée, le tout pouvant donner lieu à une passionnante étude en évolution de la linguistique.

Que l’on soit président parlementaire ou président d’assemblée, maintenir de l’ordre dans un tel fatras de jargons et d’opinions est, au mieux, difficile, au pire, inconcevable.

C’est dans cette ambiance habituelle que Gerald Budden, président sortant de la division de Terre-Neuve-et-Labrador de la Légion royale canadienne, a déclaré à 60 délégués votants qui participaient fin aout au 68e congrès biennal dans la bien nommée Happy ValleyGoose Bay que s’entendre était essentiel pour, comme le disent les Terre-Neuviens, « faire avancer les choses ».

« Nous pouvons tant accomplir pour notre organisation et notre cause si nous nous comportons comme des amis et camarades », a-t-il noté au début de la réunion de trois jours.

Il n’avait pas besoin de s’inquiéter. La conférence s’est déroulée sans accroc dans un climat de convivialité, de coopération et d’humour omniprésent. Trois résolutions clés ont été adoptées sans pratiquement aucune résistance, des problèmes persistants ont été efficacement abordés sans détour, et une nouvelle direction a été installée en douceur avec brio, dont la moitié par acclamation.

Parmi les personnes acclamées figurait Janis Boone, de la filiale Botwood, à la bien nommée baie des Exploits. Elle succède à M. Budden à la présidence provinciale, et sa priorité reste l’objectif principal de la Légion : s’occuper des anciens combattants, et ici, précisément des anciens combattants sans abri.

« Pas seulement ceux dans la rue, mais aussi les anciens combattants qui errent d’un sofa à l’autre, séjournant chez des amis ou chez des proches, a-t-elle déclaré. Nous devons trouver des logements à ces gens.

« Parfois, ces anciens combattants sont trop fiers pour venir nous demander de l’aide. Nous devons trouver un moyen de les contacter et de les faire venir nous solliciter, car des aides existent pour eux. »

Elle appuie fermement l’éducation des jeunes et le pèlerinage annuel de sa division au cours duquel 100 jeunes de la province

visitent des sites liés à la guerre en Europe, notamment le Mémorial terre-neuvien à Beaumont-Hamel, en France, où le Newfoundland Regiment a été pratiquement anéanti le premier jour de la bataille de la Somme, en 1916. Le pèlerinage des jeunes le long de ce que l’on appelle le sentier du Caribou (le caribou est l’emblème du Royal Newfoundland Regiment), qui a plus que décuplé depuis ses débuts dans les années 1970, a reçu un énorme coup de pouce grâce au financement du gouvernement provincial. Signe encourageant, plus d’un tiers des participants au congrès – au moins 22 sur 65 – étaient d’anciens combattants, principalement des Casques bleus et des vétérans d’Afghanistan. Morgan Simmons, vétéran d’Afghanistan, de la filiale Pasadena, a été élu premier viceprésident. William Morrison, de la filiale Pleasantville de St. John’s, a obtenu le poste de deuxième viceprésident grâce à une présentation vidéo tournée lorsqu’il était en mission de maintien de la paix dans le Sinaï. Law Power, vétéran de la GRC de la filiale Botwood, a été élu président des débats de la province. Shirley Hodder, de la filiale Burin, a obtenu le mandat de trésorière pour la quatrième fois.

Des représentants de seules 20 légions des 42 de la province ont assisté au congrès, dépassant à peine le minimum de 40 % nécessaire pour atteindre le quorum. Cela révèle plus un problème de capacités financières que d’apathie. Avec son 1,4 résident au kilomètre carré, Terre-Neuve-et-Labrador est la province la moins peuplée du Canada et l’une des plus isolées sur ses 405 720 kilomètres carrés.

Deux de ses six districts seulement ont obtenu des quorums pour pouvoir élire de nouveaux chefs, choisissant Petrina Smith, de la filiale Happy Valley dans le district 6, et le vétéran John Braye, de la filiale Springdale, dans le district 4. Les autres ont été invités à élire leurs nouveaux chefs le plus vite possible.

Les délégués ont adopté une résolution leur permettant de représenter des filiales autres que la leur pourvu qu’elles

HONNEUR

soient du même district, mais sans se prévaloir d’un vote par procuration. Une autre a abaissé le pourcentage de filiales requises pour atteindre un quorum au congrès de 40 à 30.

Bien que le nombre de membres dans la province soit généralement encourageant (la filiale St. Anthony, par exemple, est passée de 18 à 50 membres en 2024, soit une augmentation de 277,8 %), il y avait des sujets de préoccupation.

Le district 3, qui englobe les péninsules de Bonavista et de Burin, a perdu ou risquait de perdre trois de ses huit filiales, notamment Catalina, qui n’a que trois membres actifs, et Bonavista South de Lethbridge, où l’âge moyen de ses 13 membres est de 97 ans, où le trésorier a 94 ans et où le membre le plus jeune a 74 ans.

« Certaines de nos filiales sont en difficulté, a reconnu

Mme Boone. Mais, ainsi vont les choses de nos jours, me semblet-il. C’est difficile d’attirer des volontaires. Beaucoup de nos membres sont âgés, et les plus jeunes sont très occupés.

« En matière de finances, beaucoup de bâtiments sont plutôt vieux, il faudrait les réparer, et ainsi de suite. »

Dans son rapport financier de 2024, Mme Hodder, trésorière, a indiqué que les dépenses avaient monté à 392 466 $ par rapport à des revenus de 360 013 $ seulement, ce qui donne une perte nette de 32 453 $.

« On ne peut pas continuer ainsi, » dit-elle.

Et ce ne sera pas le cas, a déclaré Berkley Lawrence, président national, qui a fait deux jours de voyage en voiture et en traversier jusqu’à Goose Bay pour représenter sa filiale de Carbonear aux côtés de son épouse Sarah.

Sur mon honneur, Nous nous tiendrons à l’endroit où vous reposez Et nous nous souviendrons de vous.

Sur mon honneur, Nous reprendrons le flambeau de la liberté et Le porterons pour vous.

Sur mon honneur, Vous ne serez pas un souvenir silencieux; nous parlerons souvent de vous afin que le monde sache Ce que vous avez accompli.

Sur mon honneur, Lorsque vous atteindrez les portes du paradis, vous entendrez les voix d’une nation reconnaissante s’élever Et nous t’honorerons.

Aujourd’hui, nous rendons hommage à la mémoire de tous ceux qui ont donné leur vie au service du Canada.

Nous nous souvenons des plus de 118 000 Canadiens courageux qui ne sont pas rentrés chez eux, ainsi que des innombrables autres que nous avons perdus à cause de blessures liées au service.

Nous sommes éternellement reconnaissants pour les sacrifices consentis afin de protéger nos valeurs, nos libertés et notre paix. Nous nous souviendrons d’eux. atlasveterans.ca/fr

Poème de Kathleen Mills, membre d’une famille de vétérans

« Il y a des choses ici qui ne vont pas continuer, a-t-il expliqué. Le rapatriement de notre mémorial militaire [Soldat inconnu] a couté 7 484 $, et nous n’aurons plus jamais cette dépense. Donc, il faut l’enlever de notre perte de 32 000 $. » Il a énuméré d’autres dépenses qui pourraient être réduites ou éliminées, notamment les couteuses visites spéciales des filiales par le personnel de la direction divisionnaire et l’envoi de cadres pour résoudre des problèmes qui, selon lui, pourraient et devraient être réglés par les filiales ou les districts eux-mêmes.

À VOTRE SERVICE

« Il y a des choses ici que nous pourrions éliminer en changeant un peu d’attitude », a-t-il conclu. Malgré ces soucis, les délégués ont fait preuve d’une générosité incroyable, donnant 14 100 $ à la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth pour le soutien des anciens combattants et de leurs conjoints dans l’ancien Empire et le Commonwealth, 5 600 $ à un fonds pour les jeunes athlètes, et 21 000 $ à Heroes Mending on the Fly N.L., un programme de pêche à la mouche pour anciens combattants.

M. Budden a bouclé un mandat de président épique, lui qui a

guidé la division pendant la pandémie de la COVID-19 tout en négociant et en supervisant l’installation d’un sixième monument commémoratif sur le sentier du Caribou, ce dernier à Gallipoli, en Turquie, où le Newfoundland Regiment a mené ses premières batailles lors de la Première Guerre mondiale. Il a également présidé à la restauration du Monument commémoratif national de guerre de TerreNeuve à St. John’s, ainsi qu’aux transfert et inhumation sur le site, en 2024, du soldat inconnu de l’ancien dominion. L

À VOTRE SERVICE est une notice rédigée par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez le 1-877-534-4666 ou consultez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour accéder à des années d’archives.

Faire une demande d’indemnisation fructueuse

Formés et munis d’une habilitation de sécurité, les agents des services aux anciens combattants de la Légion royale canadienne répondent aux questions sur les demandes de prestation d’invalidité, les décisions d’Anciens Combattants Canada et les divers avantages et programmes d’ACC. Ils représentent également les vétérans devant le Tribunal des anciens combattants (révision et appel).

Les anciens combattants et membres de leur famille posent souvent la même question : que faire pour qu’ACC réponde favorablement à une demande liée à une invalidité? Nombre de fausses idées circulent, par exemple sur une formule secrète pour déposer une demande ou des mots-clés spéciaux à utiliser. Or, rien de tout cela n’existe. Pour qu’une suite favorable soit donnée aux demandes liées à une invalidité et aux appels, certains facteurs fondamentaux

doivent démontrer la mesure pour laquelle un problème médical peut être lié au service.

Les agents des services aux anciens combattants aident les clients à inclure ces renseignements clés lorsqu’ils déposent une demande ou font appel d’un refus. Il faut notamment fournir :

• une preuve de service dans les Forces armées canadiennes (régulières ou de réserve) ou dans la GRC;

• un diagnostic médical actuel d’une invalidité permanente ou chronique (six mois ou plus), établi par un professionnel de la santé qualifié et étayé par des preuves telles que des dossiers médicaux, des rapports de spécialistes ou des résultats de tests;

• une preuve que le diagnostic a un lien avec les fonctions ou l’entrainement physique du requérant pendant son service, que l’affection a été aggravée par le service ou qu’elle est consécutive à une autre affection admissible.

Par exemple, un ancien combattant peut avoir mal au dos pendant deux semaines après avoir déplacé des meubles chez lui. S’il dépose une demande afférente à ACC, elle sera probablement refusée : un mal de dos est un symptôme et non pas un diagnostic; il n’est ni chronique ni permanent, puisqu’il a duré deux semaines; et déplacer des meubles n’est pas considéré comme une activité de service ni de remise en forme. Ainsi, il faudrait que tout ancien combattant qui dépose une demande à ACC ou fait appel sache que des officiers d’entraide professionnels, bien formés et expérimentés au siège national de la Légion à Ottawa ou dans une direction divisionnaire du pays, peuvent l’aider à renforcer ses chances de succès. Si vous souhaitez obtenir l’aide d’un expert pour suivre le processus, ou si un ancien combattant de vos connaissances ou un membre de votre famille est dans ce cas, il suffit d’écrire à veteransservices@legion.ca ou de composer sans frais le 1-877-534-4666. L

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