HISTOIRE MILITAI RE DU CANADA
JANVIER/FÉVRIER 2026
LES CHATS DU DÉSERT, ET
LE PALAIS DES PACHYDERMES
L’IRAQ
John Boileau
LE CANADA DANS LA GUERRE DU GOLFE Voir l’article à la page 4
L'artiste Ted Zuber représente deux membres de l'équipage d'un hélicoptère Sea King et le NCSM Terra Nova à la guerre du Golfe persique.
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REVUE D’HISTOIRE MILITAIRE DU CANADA
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ÉDITORIAL
L’ART DE SE RÉINVENTER
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lors, c’est comment? Les fidèles lecteurs de la revue Légion ont peutêtre déjà remarqué des changements. Le périodique fête son centenaire cette année et, avec cette grande étape, il actualise son style et son contenu. Cette page-ci, où les rédacteurs partagent habituellement leurs perspectives, change exceptionnellement de cap dans ce numéro pour évoquer l’évènement. J’aimerais donc m'y exprimer à titre personnel en tant que rédacteur de la revue. J’ai la chance incroyable de faire carrière depuis presque trente ans dans l’industrie capricieuse de la publication au Canada. J’ai travaillé pour quatre publications nationales, grandes et petites, et je suis très fier qu’elles existent toujours, surtout face aux difficultés auxquelles est confronté le journalisme ces jours-ci, et notamment les revues. J’ai également célébré des anniversaires importants à chacune d’entre elles, mais jamais un centenaire : 100 ans, voilà un jalon exceptionnel! Peu de publications canadiennes peuvent se targuer d’une telle longévité, et encore moins de se porter si bien (la diffusion de Légion ne cesse de croitre). Ce qui a commencé comme The Legionary en mai 1926 en tant qu’« Organe officiel de la Légion canadienne de la Ligue des anciens des armées du Commonwealth britannique », est devenu
la revue Légion (en 1969), dédiée à l’histoire militaire du Canada. Naturellement, bien que certaines choses aient changé, nombreux sont les éléments de base qui perdurent, dont, le plus important peutêtre, la couverture des enjeux épineux auxquels sont confrontés les anciens combattants.
« Canada and the New Cold War ») à la fin; c’est là que vous lirez toutes les rubriques, notamment « Front Lines » de l’écrivain estimé Stephen J. Thorne (absent dans le présent numéro, car en congé). La section « On This Date », l’une des préférées de nos lecteurs garde sa place vers le début, où elle est rejointe par les piliers « Heroes and Villains », « Artifact » et « Humour Hunt ». De nouveaux ajouts font leur entrée : un entretien à questions-réponses (« The Briefing ») du rédacteur attitré Alex Bowers, une section d’infographie (« The Visual »),
Même un magazine d’histoire doit savoir entretenir sa flamme. Et cela continuera, à l’image de tout le travail exceptionnel que poursuit la publication. La refonte est notre hommage à sa pérennité. Ce numéro anniversaire ne sera pas un exercice d’autocélébration. Attendezvous plutôt à un livre où seront rassemblés d’excellents articles sur la Première Guerre mondiale tirés de nos archives. L’évolution de la revue est aussi passionnante que légitime. Le dernier changement important apporté à la conception et au contenu de la Légion était en 2016. Même un magazine d’histoire doit savoir entretenir sa flamme. Ainsi, vos rubriques et sections préférées restent, mais elles font peau neuve, et certaines changent de place dans la revue. Vous trouverez toujours les messages du renommé historien J.L. Granatstein (« The Historian », anciennement
une section d’opinions d’auteur invité (« On Watch »), une section de dernière page percutante (« Exit Strategy ») et plus. Bien sûr, l’article vedette restera aussi captivant que toujours, avec un éventail d’histoires sur le Canada en conflit de la période d’avant la confédération à nos jours. J’espère également que vous, lecteur, aurez l’esprit aussi ouvert que toujours et que vous nous ferez part de votre opinion sur les changements. L’équipe de la revue Légion est ravie du travail présenté dans ces pages. Nous félicitons la graphiste principale, Sophie Jalbert, pour ses efforts inlassables de redynamisation du style visuel, sous la direction de la directrice artistique Jennifer McGill. C’est un honneur de veiller sur une marque médiatique centenaire et de continuer à la faire vibrer avec la même vitalité.
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LA GUERRE DU GOLFE
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Saddam Hussein était en mauvaise posture. Toutefois, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. La guerre de 1980-1988 dans laquelle le président iraquien s’était lancé contre l’Iran avait vidé les caisses de son pays et l’avait lourdement endetté auprès de ses voisins, notamment le Koweït. Et lorsque Saddam Hussein exigea du Koweït et des autres États de la région du golfe Persique qu’ils effacent la dette, ils refusèrent. Le Koweït avait décidé de désobéir, et cela attisa les tensions causées par un différend territorial de longue date, où le pays était accusé de voler le pétrole iraquien en forant en diagonale sous la frontière. Saddam Hussein décida donc d’envahir son petit voisin afin de mettre la main sur ses importantes réserves de pétrole. Le 2 aout 1990, vers 2 h, plus de 100 000 soldats et 700 chars iraquiens franchirent la frontière du Koweït. La guerre du Golfe avait commencé. Les 20 000 membres des forces armées koweïtiennes luttèrent vaillamment, mais ne résistèrent qu’environ 14 heures, bien que quelques soldats aient poursuivi le combat pendant les
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Les F-117 américains se préparent à se déployer en Arabie saoudite dans le cadre de la réponse américaine à l’invasion iraquienne du Koweït. Les navires de guerre canadiens Athabaskan, Protecteur et Terra Nova effectuent un réapprovisionnement dans le golfe Persique en septembre 1990. Un ravitaillement en carburant d’un CF-18 pendant le conflit, par l’artiste Ted Zuber.
Prêts à plonger dans l’action? La leçon la plus importante de la guerre du Golfe pour les Canadiens fut peut-être l’incapacité de la marine, de l’aviation, de l’armée de terre et des services médicaux du pays à participer à une guerre sans préparation préalable. Les navires de guerre et les hélicoptères maritimes du Canada eurent besoin d’importants travaux de réarmement et ses escadrons de chasse devaient être renforcés avant de pouvoir y prendre part. Les unités médicales furent dépouillées de leurs médecins pour pourvoir en personnel les hôpitaux de campagne déployés. Et le 4e Groupe-brigade mécanisé du Canada, la brigade du pays basée en Allemagne, qui était aux premières lignes de l’OTAN depuis le début des années 1950, où elle se tenait prête à atténuer une éventuelle avancée soviétique, fut estimée incapable de participer sans des mises à niveau couteuses et fastidieuses.
36 heures suivantes. Le bilan? La mort de quelque 4 200 Koweïtiens. Le palais de Dasman, résidence de l’émir Jabir al-Ahmad al-Jabir alSabah, tomba au bout de plusieurs heures de combat musclé au corps à corps. Le souverain du Koweït, son cabinet et les principaux membres de sa famille s’enfuirent en Arabie saoudite où ils établirent un gouvernement en exil. Environ 350 000 réfugiés les y rejoignirent. Heureusement, le ministre koweïtien des Finances réussit à prendre le contrôle de quelque 100 milliards de $ étasuniens d’actifs à l’étranger, sur lesquels Saddam Hussein ne put faire main basse. La condamnation internationale ne se fit pas attendre, y compris de la part d’autres États à prédominance arabe. Avec cette attaque de Saddam Hussein, c’était la première fois dans l’histoire moderne qu’une nation arabe en envahissait une autre. Le 2 aout, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopta à l’unanimité une résolution dénonçant l’invasion par l’Iraq et exigeant son retrait du pays. Quatre jours plus tard, l’ONU interdit tout commerce avec l’Iraq. Malgré les sanctions, on craignait que l’Iraq n’envahisse également l’A rabie saoudite, ce qui aurait
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donné à Saddam Hussein le contrôle de plus de 65 % des réserves de pétrole avérées du monde. Le roi Fahd d’Arabie saoudite demanda donc aux ÉtatsUnis d’envoyer des soldats dans son pays. Le 7 aout, le président américain George H.W. Bush lança l’opération Desert Shield pour décourager toute nouvelle agression iraquienne. Pendant ce temps, Saddam Hussein avait porté sa force d’occupation au Koweït à quelque 300 000 soldats. Le regroupement des forces d’une coalition sous les Américains commença le 7 aout. À l’époque, le Canada occupait un siège très prisé au Conseil de sécurité des Nations Unies et on prévoyait que le pays endosserait un rôle de maintien de la paix une fois les hostilités terminées. À la même époque, le président Bush invita le premier ministre Brian Mulroney à la Maison-Blanche pour lui montrer les données brutes de la CIA sur le Koweït. Ce qu’il vit l’inquiéta. M. Mulroney dit à M. Bush que les États-Unis devaient d’abord obtenir du Conseil de sécurité de l’ONU qu’il autorise le recours à la force pour s’assurer que d’autres pays soutiendraient cette initiative. Chose faite, une coalition militaire de 35 pays fut créée, dont plusieurs pays arabes. C’était la plus grande alliance de ce type depuis la Seconde Guerre mondiale. Ses membres ne fournirent pas tous des ressources militaires; certains imposèrent des sanctions
économiques ou mirent un terme à l’aide qu’ils apportaient à l’Iraq. Le 12 aout, les navires de la coalition lancèrent un blocus naval de l’Iraq. M. Mulroney annonça que les Forces canadiennes soutiendraient l’alliance. Le Canada prendrait part au blocus avec les contretorpilleurs Terra Nova et Athabaskan et le ravitailleur Protecteur. Une intense activité s’ensuivit à Halifax pour préparer les navires à l’opération. Les dirigeants de la Marine savaient que le rôle traditionnel de la Marine — soit la lutte anti-sous-marine en haute mer dans l’Atlantique Nord — serait complètement bouleversé dans le golfe Persique. Là-bas, la Marine devrait se préparer à mener des opérations de combat antisurface et anti-aérien dans des eaux tropicales restreintes. Cela voulait dire que les navires avaient besoin de nouveau matériel pour contrer toute menace. Heureusement, une grande partie de cet équipement était déjà stocké pour les frégates de la classe Halifax qui étaient en construction et pour le programme de modernisation et de mise à jour des destroyers de la classe Tribal. L’armement anti-sous-marin fit place au nouvel équipement. Des systèmes d’armes de combat rapproché Phalanx,
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des distributeurs de paillettes de brouillage et des suites électroniques furent installés. Ces dernières étaient peut-être celles qui avaient le plus d’importance, car le système BRAHMS britannique sécurisait la communication avec les marines britannique, australienne et néerlandaise, tandis qu’un autre système, précédemment installé, communiquait avec la marine américaine. Aucune autre marine ne possédait cette capacité. En plus de la nouvelle technologie, chaque navire transportait un détachement de la 119e batterie de défense aérienne de l’armée, équipée de missiles antiaériens basse altitude Javelin acquis récemment. Un ancien système d’armes fut également installé : des canons antiaériens à commande manuelle Bofors de 40 mm qui dataient de la Seconde Guerre mondiale et prenaient la poussière dans les stocks depuis les années 1980. Cinq hélicoptères CH-124 Sea King du 423e Escadron d’hélicoptères anti-sous-marins étaient également à bord de la flottille. Onze installations ou mises à niveau de systèmes les avaient préparés au golfe, notamment des infrarouges tournés vers l’avant, des systèmes de géolocalisation et des dispositifs de détection de la menace.
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« C’était bel et bien une guerre », malgré le refus du gouvernement canadien de la classer comme telle. Un rééquipement qui aurait pris 18 mois en temps de paix avait été achevé en quelques jours seulement. Sous les ordres du commodore Ken Summers, la force opérationnelle quitta Halifax en direction du golfe le 24 aout. Les navires se livrèrent à plusieurs exercices de formation en chemin. Ils arrivèrent à Bahreïn le 27 septembre. Le commodore Summers avait décidé que le meilleur endroit d’où ses navires pourraient mener à bien leur mission était au centre du golfe Persique, au nord-est de Bahreïn, lieu de la zone arrière la plus sure de la mer d’Arabie. Quatre jours plus tard, le 1er octobre, le Terra Nova et l’Athabaskan entamèrent les opérations d’interception et d’inspection. Ils en menèrent plus de 100 au cours de la première semaine. Le 14 septembre, alors que les navires étaient en route vers le golfe, M. Mulroney annonça une contribution supplémentaire à la coalition. Le Canada enverrait un escadron d’avions de chasse CF-18 Hornet qui servirait de couverture aérienne pour les bâtiments
de guerre canadiens et pourrait intercepter ceux de l’armée de l’air iraquienne hors de l’espace aérien de l’Iraq. Avec cela, le commodore Summers reçut l’ordre de débarquer à Manamah, au Bahreïn, pour commander le tout premier quartier général interarmées déployé par le Canada. Le capitaine Duncan Miller prit alors le commandement de la force opérationnelle navale. Au cours des deux mois qui suivirent, les trois navires canadiens effectuèrent plus du quart des inspections de cargaisons et de navires soupçonnés de tenter de forcer le blocus de la coalition, bien qu'ils n'aient représenté que 10 % des forces navales qui y étaient assignées. Dans les airs, les Hornet provenaient du 409e Escadron d’appui tactique de la base canadienne de Baden-Soellingen, en Allemagne. Pour fournir un escdron de 16 CF-18 fonctionnels, les Hornet supplémentaires et le personnel attaché au 409e Escadron venaient des 421e e et 439 escadrons de chasse tactique, également basés à Baden-Soellingen.
Joyeux Halloween! Lorsque le cultivateur Howard Dill de Windsor, en NouvelleÉcosse, offrit à la marine une citrouille de 350 livres pour les marins du golfe Persique, il fut rapidement pris au mot. Les cuistots du NCSM Protecteur la
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sculptèrent joliment, puis elle fut chargée dans un Sea King et illuminée par chimioluminescence. Elle fut ensuite transportée lors d’un « vol d’entrainement » autour des navires de la coalition dans le golfe central pour
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le plus grand plaisir de leurs équipages. Le capitaine canadien Duncan Miller qui supervisait la force opérationnelle navale reçut plusieurs messages disant peu ou prou « Vous êtes fous, les Canadiens! »
Un escadron des Forces canadiennes comprenant les 416e et 439e escadrons, collectivement appelés Desert Cats en raison des félins sur leurs insignes respectifs, fut déployé dans le golfe Persique à la fin de 1990. Ted Zuber, artiste, dépeint la base aérienne canadienne de Doha, au Qatar.
Les forces aériennes comptaient quelques Hercules du 436e Escadron de transport et un Boeing CC-137 du 437e Escadron de transport pour transporter les fournitures que le Canada envoya en Allemagne entre le 20 et le 24 septembre. Le déploiement de l’armée de l’air au Moyen-Orient commença le 4 octobre, et le dernier des Hornet arriva le 12 octobre. Ils lancèrent leurs patrouilles aériennes de combat deux jours après. Les Hornet utilisaient des aérodromes à Doha, au Qatar, surnommés Canada Dry 1 et Canada Dry 2. Ils furent rejoints par un Boeing 707 de ravitaillement aérien, tandis que le soutien sur le théâtre des opérations était fourni par le 1er Escadron de maintenance (Air) de Baden-Soellingen. Les avions de combat surveillaient les lignes de la coalition pour intercepter les avions iraquiens qui s’en approchaient trop et fournissaient parfois une couverture aérienne aux navires de la coalition. La sécurité à Doha était initialement assurée par 118 soldats de la compagnie « M » du 3e bataillon du Royal Canadian Regiment de Baden-Soellingen. La compagnie construisit des positions de défense et des postes d’observation et érigea
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des clôtures. Le Canada expédia des véhicules de transport de troupes blindés Grizzly pour faciliter les patrouilles et les contrôles de sécurité de nuit. En novembre, l’ONU donna à l’Iraq jusqu’au 15 janvier 1991 pour retirer ses troupes et autorisa tous les moyens nécessaires pour faire respecter ledit retrait. Le mois suivant, des soldats de la compagnie « C » du 1er bataillon du Royal 22e régiment basé à Lahr, en Allemagne, remplacèrent le Royal Canadian à Doha. (Après le début de la bataille terrestre, ils gardèrent également des prisonniers de guerre iraquiens.) Le 409e Escadron fut remplacé plus tard cette année-là par un nouvel escadron composé d’escadrons d’appui tactique du 416e et du 439e de Cold Lake, en Alberta, et de Baden-Soellingen. Les 24 Hornet de l’unité combinée furent vite surnommés « Desert Cats » d’après les félins sur leurs insignes d’escadron respectifs.
L’opération Broadsword était un plan de contingence de l’armée canadienne visant à envoyer un groupe-brigade indépendant rejoindre les forces terrestres de la coalition, au cas où il aurait été nécessaire de libérer le Koweït. Il était principalement constitué du 4e Groupe-brigade mécanisé du Canada (4 GBMC) provenant d’Allemagne, avec des renforts substantiels du pays. Un troisième bataillon d’infanterie mécanisée et un quatrième escadron de chars devaient être en renfort. Un examen de la faisabilité de ce déploiement fut achevé le 13 novembre. Il mettait en évidence plusieurs problèmes qui minaient l’armée depuis les années 1970, notamment des enjeux liés à la logistique et au soutien médical, ainsi que des difficultés à soutenir la mission jusqu’à sa bonne fin. Ces dernières portaient sur l’emploi de réservistes de l’armée. Si la brigade était maintenue sur le théâtre des opérations pendant plus de six mois, il faudrait faire appel à des miliciens. Toutefois, sans législation sur la protection de l’emploi qui garantirait leur emploi dans le civil
après la guerre, les réservistes ne s’engageraient pas dans l’opération. Bien qu’il semble que les États-Unis aient par la suite demandé à l’armée canadienne de participer à la libération du Koweït, l’examen des capacités pour ce faire indiqua qu’il faudrait augmenter l’équipement et les capacités. L’opération Broadsword sembla rester en suspens jusqu’à la mijanvier 1991, lorsque le ministre de la Défense, Bill McKnight, informa les médias que le Canada n’avait pas l’intention d’envoyer une brigade au golfe. Or, il était alors trop tard, car la phase suivante de la guerre du Golfe était sur le point de commencer. L’Iraq fit fi de la date butoir imposée par l’ONU pour le retrait de ses forces du Koweït. La coalition lança donc une vaste campagne aérienne le 16 janvier dans le cadre de l’opération Tempête du désert. Au début, les Desert Cats du Canada effectuaient des patrouilles de combat, surtout au-dessus du golfe pour protéger les navires de la coalition contre les avions et les vedettes rapides de l’Iraq. (Cf. « Heroes and Villains », page 22.) La zone de leurs patrouilles se trouvait
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Un avion de transport CC-137 à la tête de quelques CF-18 au-dessus d’Ottawa à leur retour de la guerre du Golfe, en février 1991 (ci-dessus).
Tableau d’honneur La guerre du Golfe donna lieu au premier honneur de bataille du Canada depuis la guerre de Corée, et à son premier honneur bilingue. Gulf and Koweït/Golfe et Koweït fut décerné aux NCSM Terra Nova, Athabaskan et Protecteur, ainsi qu’au 439e escadron d’appui tactique et au 423e escadron d’hélicoptères anti-sous-marins. Pour le rôle qu’il joua en tant que renfort substantiel du 439e Escadron grâce à ses avions et à ses pilotes, le 416e Escadron obtint la reconnaissance en tant que distinction honorifique, tout comme le 437e Escadron de transport. Le Canada décerna la Médaille du Golfe et du Koweït à ceux qui avaient été déployés au golfe ou qui y avaient soutenu les opérations pour récompenser les militaires individuellement. La médaille fut décernée aux employés pendant la phase de montée en puissance, tandis qu’une barre fut ajoutée pour ceux qui avaient été déployés pendant la guerre elle-même. À la fin décembre 2024, 4 459 médailles et 3 207 barres avaient été décernées. Le Koweït et l’Arabie saoudite décernèrent également des médailles pour la libération du Koweït. Bien que les soldats canadiens puissent accepter ces médailles, ils ne sont pas autorisés à les porter sur l’uniforme, car seule la médaille canadienne l’est.
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à environ 500 kilomètres des bases aériennes de Doha. Les Canadiens commencèrent à effectuer des missions d’escorte aérienne une semaine après le début de la guerre. Il s’agissait de mener de gros groupes de chasseurs-bombardiers vers leurs cibles en Iraq et de repousser tout avion iraquien qui les attaquerait. Par ailleurs, au début de la Tempête du désert, le Canada annonça qu’il fournirait un hôpital de campagne de la base des Forces canadiennes Petawawa, au lieu de quatre GBMC. L’hôpital devait accueillir le grand nombre prévu de victimes de la phase d’assaut terrestre. Selon un rapport du ministère de la Défense et des Forces canadiennes intitulé « The Total Force Experiment » (L’expérience force totale, NDT), l’état du système médical des Forces canadiennes faisait en sorte qu’on ne comptait que neuf chirurgiens et neuf anesthésistes dans l’ensemble des FC. Les ambulances de campagne de la milice demandèrent des volontaires, mais en vain, principalement en raison du manque de législation sur la protection de l’emploi à l’époque. Le rapport poursuit en expliquant que l’ensemble des FC avait été dépouillé de tous ses médecins pendant la durée du conflit afin que l’hôpital de campagne puisse être opérationnel. Dans le cadre de l’opération Scalpel, 530 membres du personnel établirent l’hôpital près de la frontière koweïtienne, au nord-est de l’Arabie saoudite. Il devint pleinement opérationnel le 25 février et fut attaché à l’armée britannique derrière la première
division blindée du Royaume-Uni. Au final, les pertes anticipées ne se sont jamais concrétisées, mais l’hôpital traita à la fois des blessés de la coalition et des blessés iraquiens. Il fut fermé le 4 mars, peu de temps après la fin des combats. Le rôle des navires canadiens changea au début de la Tempête du désert. Le capitaine Miller reçut le contrôle tactique du service logistique de la coalition (SLC), le seul officier de marine non américain à qui fut attribuée une responsabilité de commandant de guerre. Les quelque 60 navires multinationaux du SLC, qui opéraient dans une zone surnommée le Palais des pachydermes, coordonnaient le réapprovisionnement des navires de combat de première ligne en carburant, munitions et pièces de rechange. Les navires canadiens effectuaient plusieurs tâches. Par exemple, lorsque le cuirassé USS Princeton heurta deux mines au large du Koweït, l’Athabaskan, équipé d’un sonar d’évitement de mines, l’escorta jusqu’à un lieu de refuge. Le Protecteur, qui fut l’un des navires de soutien opérationnel les plus occupés, effectua le réapprovisionnement de 70 navires de 10 pays. Quant au Terra Nova, il accomplit plus de missions d’escorte que tout autre navire militaire de la coalition dans le détroit d’Ormuz. Le capitaine Miller écrivit The Persian Excursion : The Canadian Navy in the Gulf War (L’excursion perse : La Marine canadienne à la guerre du Golfe) après la guerre, en collaboration avec Sharon Hobson, correspondante militaire. Vice-amiral alors à la retraite, il estimait que la guerre avait ouvert la voie à de nombreuses méthodes que la marine utilise
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de nos jours. « Et, dit-il, c’était bel et bien une guerre », malgré le refus du gouvernement canadien de la classer comme telle. Revenons à la fin février. Alors que la coalition se préparait à l’offensive terrestre, les Desert Cats endossèrent un nouveau rôle : le bombardement de l’armée iraquienne. Pour cette mission, il fallait retirer deux réservoirs de carburant de l’avion et réduire le nombre de missiles à bord afin de pouvoir transporter des bombes de 8 500 livres. Les Hornet canadiens en larguèrent pour plus de 100 tonnes au cours de l’offensive terrestre qui dura du 24 au 28 février 1991. C’était la première fois depuis la guerre de Corée que des pilotes canadiens participaient à des attaques air-sol. L’offensive terrestre de la coalition fut rapide. Elle s’acheva par un cessez-le-feu dont l’Iraq accepta les termes le 3 mars. Il convient de noter qu’en plus des unités aériennes, navales et médicales canadiennes concernées, environ 40 membres des Forces armées canadiennes avaient servi dans le cadre de missions d’échange avec des unités britanniques, américaines et françaises participant au conflit. Des civils canadiens jouèrent également un rôle important au Koweït après la guerre. Plusieurs prirent part à l’extinction d’incendies de pétrole déclenchés par les forces iraquiennes pendant leur retrait. Plus de 600 puits de pétrole avaient été incendiés dans le but de ralentir l’avancée des Alliés et de détruire l’infrastructure pétrolière du Koweït. La société Safety Boss de Calgary colmata un grand nombre de puits de pétrole et éteignit le dernier incendie en novembre 1991. Les FAC continuèrent également de fournir des troupes dans la région pendant encore 10 ans dans le cadre de la Mission d’observation des Nations Unies pour l’Iraq et le Koweït. Son objectif était de surveiller la zone frontalière démilitarisée, de dissuader les violations frontalières et de signaler les actions hostiles.
La guerre du Golfe a marqué la première participation de femmes au combat dans les Forces canadiennes.
de la fatigue, des douleurs musculaires, des problèmes cognitifs et des problèmes gastro-intestinaux. La cause exacte demeure inconnue et ne peut être expliquée par les diagnostics médicaux et psychiatriques standard. Selon des études effectuées dans nombre de pays, elle pourrait se cacher derrière l’exposition à divers éléments, tels que des agents de
Environ 4 500 membres des FAC servirent lors de la guerre du Golfe; aucun ne fut tué au combat. La plus grande contribution canadienne après la guerre vint des sapeurs de combat. Ils se virent confier plusieurs tâches entre avril 1991 et mars 1993, mais leur travail principal était le déminage et l’élimination des munitions non explosées. Le Canada fournit également cinq observateurs à la mission des Nations Unies et sa marine fournit un navire de guerre de manière irrégulière pour servir au maintien de l’embargo des Nations Unies contre l’Iraq. La mission de l’ONU prit fin en mars 2003, lorsque l’organisation ordonna aux observateurs de quitter le pays en raison de risques pour la sécurité. La guerre d’Iraq commença après. Environ 4 500 membres des FAC servirent lors de la guerre du Golfe; aucun ne fut tué au combat. C’était aussi la première fois que des Canadiennes avaient des rôles actifs au combat. Peu après la fin de la guerre, plusieurs vétérans du conflit, du Canada ou d’ailleurs, se plaignirent d’une maladie chronique à laquelle les médias donnèrent le nom de « syndrome de la guerre du Golfe ». Elle se caractérisait par un large éventail de symptômes inexpliqués, comme
guerre chimique, des pesticides et autres facteurs environnementaux. Bien que la recherche sur les causes se poursuive, la plupart des travaux se concentrent maintenant sur le soutien général à la santé des vétérans du conflit. Le Canada n’a pas officiellement déclaré la guerre à l’Iraq pendant les combats. Il a toutefois approuvé la création d’un honneur de bataille pour elle, et les sites Web du gouvernement, tels que ceux du ministère de la Défense et d’A nciens Combattants Canada, font référence à la « guerre du Golfe ». Pourtant, d’anciens combattants ont fait pression sur les gouvernements successifs afin qu’ils reclassent l’opération contre l’Iraq comme étant entre une « zone de service spécial » et un « service en temps de guerre ». Un tel changement aurait de grandes conséquences symboliques et pratiques pour la reconnaissance des anciens combattants et leurs prestations. Il convient de noter qu’il a fallu attendre la fin des années 1980 pour que le gouvernement reclasse le conflit coréen de 1950-53, longtemps connu sous le nom de guerre oubliée, en guerre de Corée. Que le Canada n’oublie pas ses guerriers du golfe Persique.
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Le commandant canadien LE RÔLE DÉTERMINANT DE THOMAS-LOUIS TREMBLAY POUR PROUVER L’ENGAGEMENT DES CANADIENS FRANÇAIS LORS DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE
Le
brigadier-général Thomas-Louis Tremblay fut l’un des militaires québécois les plus célèbres de la Première Guerre mondiale. Commandant coriace, il prit la tête du 22e Bataillon (canadien-français) et devint l’officier francophone le plus haut gradé du Corps expéditionnaire canadien à la fin de la guerre. Tremblay avait vu le jour à Chicoutimi, au Québec, en 1886. Il s’enrôla dans une unité de milice, le 6e Régiment de Québec et Lévis de l’Artillerie canadienne, à l’âge de 15 ans. C’est en 1904 qu’il s’inscrivit au Collège militaire royal du Canada à Kingston, en Ontario; ce qui était alors extraordinaire pour un Canadien français, car seul l’anglais y était utilisé. Avec une formation d’officier, Tremblay obtint un diplôme d’ingénieur en génie civile en 1907. Il travailla ensuite pour le Chemin de fer National Transcontinental,
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puis en tant qu’arpenteur pour la province de Québec. Il poursuivit parallèlement une carrière militaire au sein du 18e Régiment (Franc-Tireurs du Saguenay), une unité d’infanterie de Serge Durflinger milice. En 1913, le major Tremblay commanda la 1re Batterie de campagne, unité d’artillerie de milice basée à Québec. Au début de la Première Guerre mondiale, Tremblay fut muté à la 1re Colonne divisionnaire canadienne de munitions en tant qu’adjudant et, en septembre 1914, il servit comme officier d’état-major à Valcartier, au Québec, où se rassemblait le Corps expéditionnaire canadien. Le major Tremblay devint commandant en second du 22e Bataillon, la seule unité combattante francophone du Corps expéditionnaire canadien (CEC), le 11 mars 1915. Le 22e arriva en GrandeBretagne en mai, et il fut envoyé combattre en France en septembre. Promu lieutenant-colonel, Tremblay assuma le commandement du bataillon en février 1916, poste qu’il occupa jusqu’en aout 1918. Le 15 septembre 1916, le 22e livra son engagement le plus célèbre de la guerre, à Courcelette, dans le cadre de la bataille de la Somme. Tremblay était bien conscient que le 22e représentait le Canada français au front et que l’issue de la bataille indiquerait la mesure de son engagement à l’effort de guerre, que critiquaient les Canadiens anglais.
Alfred Theodore Joseph Bastien/MCG/19710261-0056; MDN/BAC/PA-002666; MDN/BAC/PA-00262
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Tremblay coucha ces mots avant la bataille : « Nous comprenons très bien que nous allons à la boucherie […]. Cependant, le moral est extraordinaire, et nous sommes déterminés de prouver que les “Canayens” ne sont pas des “slackers” [fainéants]. « C’est notre première grande attaque, il faut qu’elle soit un succès pour l’honneur de tous les Canadiens Français que nous représentons en France », poursuivit-il. Il s’inquiétait pour rien. Le succès du bataillon à Courcelette établit sa réputation. Dix jours après, Tremblay fut évacué en Angleterre afin de subir une ablation des hémorroïdes, cédant temporairement le commandement au major Arthur-Édouard Dubuc. La présence de Tremblay avait été source d’inspiration, et un grand nombre d’hommes qui servaient sous ses ordres se sentirent déboussolés quand il partit. Selon le sergent Claudius Corneloup, une « peur monta, et la confiance disparut […] le colonel intrépide électrisait ses hommes ». Le bataillon était en piètre état lorsque Tremblay en reprit le commandement, en février 1917. La discipline dans le 22e s’était relâchée, le moral avait failli et le commandement montrait des signes d’inefficacité. Les importantes pertes à la bataille de la Somme dans les effectifs de long service et leur remplacement par des centaines de soldats qui ne possédaient pas l’esprit de corps durement acquis par l’unité avaient affecté le caractère du bataillon. Cela se traduisit par un taux de désertion et d’absences injustifiées beaucoup plus élevé que la normale.
« C’est notre première grande attaque, il faut qu’elle soit un succès pour l’honneur de tous les Canadiens Français que nous représentons en France. » Devant préparer ses hommes à l’assaut imminent de la crête de Vimy qui devait avoir lieu en avril, Tremblay dut recourir à des mesures sévères. Les soldats furent punis, traduits en cour martiale ou même exécutés pour désertion. La stricte discipline sembla porter ses fruits au fil des autres grandes batailles de la guerre où l’on fit appel au CEC. Tremblay reçut le commandement de la 5e Brigade d’infanterie canadienne en aout 1918, poste qu’il occupa jusqu’en mai 1919. Il fut nommé Compagnon de l’Ordre du bain et Compagnon de l’Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges. Il avait aussi été décoré de l’Ordre du Service distingué et, par la France, de la Légion d’Honneur – Croix d’Officier, et cité à l’ordre du jour à quatre reprises. Il fut nommé colonel honoraire du Royal 22e Régiment en 1931. Tremblay rendit l’âme le 28 mars 1951, à l’âge de 64 ans.
Des hommes du 22e Bataillon (CanadienFrançais) dans les tranchées en juillet 1916 (ci-dessous) et représentés au combat en aout 1918 (en regard, en haut). Thomas-Louis Tremblay commandait le bataillon en ce temps-là (en regard, en bas).
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LE JOUR DU SOUVENIR 2025
Où le Canada
se souvient Le Monument commémoratif de guerre du Canada accueille sa 85e cérémonie annuelle en hommage au sacrifice de militaires Aaron Kylie
Un hélicoptère Black Hawk de la GRC effectue un survol lors de la cérémonie nationale du Jour du Souvenir de 2025.
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En
dehors de la colline du Parlement, le Monument commémoratif national de guerre est peut-être le lieu le plus symbolique des rassemblements de Canadiens. Depuis 1940, des milliers de personnes affluent chaque année au cénotaphe du pays, appelé « La Réponse », pour rendre hommage aux personnes qui ont porté ou qui portent l’uniforme au service du Canada. Incidemment, il y a 100 ans, en février 1925, on sollicitait pour la première fois des propositions de conception pour le monument, avec un budget de 100 000 $. L’hommage devait évoquer « l’image de l’héroïsme, de l’abnégation, de toute la noblesse et la grandeur d’âme manifestées par ceux qui sont morts durant la Grande Guerre, et enfin des services rendus par ces hommes et ces femmes qui étaient allés outre-mer ». Le mémorial fut inauguré de nouveau en 1982, à la demande de la Légion royale canadienne, pour reconnaitre officiellement les personnes qui avaient combattu lors de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre
de Corée. Et il y a un quart de siècle, le Tombeau du Soldat inconnu fut ajouté au monument, également à la suite de démarches de la LRC. Très pertinemment, l’organisation nationale des anciens combattants gère désormais le service du jour du Souvenir à Ottawa. Et, une fois encore, des milliers de personnes se sont rassemblées pour l’évènement de 2025 autour du Monument commémoratif de guerre du Canada – cette fois-ci, saupoudré de neige, sous un ciel couvert et par des températures juste audessous de zéro –, comme c’est le cas depuis 85 ans, le onzième jour du onzième mois, à l’approche de la onzième heure.
de l’Aviation royale du Canada, de l’adjudant Jason James du Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada, du sergent-chef de la GRC Roch Lizotte et du capitaine Mariel Justice du 1er Hôpital de campagne du Canada. Ils ont été rejoints par Lindy Georgekish, caporal-chef des Rangers canadiens, qui a pris place près du Tombeau du Soldat inconnu en tenant le bâton à exploits des Forces armées canadiennes. Quelques instants plus tard, des anciens combattants et des membres des Forces armées canadiennes et de la GRC ont défilé jusqu’au lieu.
La cérémonie a commencé peu après 10 h, lorsque six sentinelles ont pris position autour du monument. Il s’agissait du sergent Kevin Deng du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, du matelot de première classe Christian Campbell de la Marine royale canadienne, du caporal-chef Benton Wong Des anciens combattants et des jeunes se sont rassemblés par milliers en un jour frais d'Ottawa, au Monument national de guerre.
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Le directeur général de la Direction nationale de la Légion royale canadienne, Randy Hayley escorté de la mère de la croix d'argent du souvenir, Nancy Payne (ci-contre et en regard, en haut). Elle faisait partie des personnes de marque (en bas). Le grand président de la LRC, Larry Murray récite l'Acte du Souvenir en Français (ci-dessous, à droite).
Les invités spéciaux sont arrivés vers 10 h 30, dont le premier ministre, Mark Carney; Raymonde Gagné, présidente du Sénat; Jill McKnight, ministre des Anciens Combattants; la générale Jennie Carignan, cheffe de la défense, et quatre adolescents lauréats des concours littéraires et d’affiches de la Fondation nationale Légion qui représentaient les jeunes du pays. M. Richard Wagner, juge en chef du Canada et adjoint de la gouverneure générale, était sur place pour représenter cette dernière. Mme Mary Simon, malade, était absente. Tous ont été accueillis par Berkley Lawrence, président national de la LRC, et Randy Hayley, directeur général de l’organisation. Mme Nancy Payne de Lansdowne, en Ontario, Mère de la Croix d’argent nationale
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2025, est également arrivée avec les sommités. Le fils de Mme Payne, le caporal Randy Joseph Payne, a servi dans la 1re Compagnie de police militaire de garnison de l’Armée canadienne basée à Wainwright, en Alberta. Il a été tué en Afghanistan le 22 avril 2006, lorsque son véhicule militaire a été touché par une bombe sur le bord de la route alors qu’il faisait partie d’une équipe de protection rapprochée. Cette année, la cérémonie célébrait le 80e anniversaire de la libération des Pays-Bas et de la fin de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que le 25e anniversaire du Tombeau du Soldat inconnu. Le Chœur d’enfants d’Ottawa, accompagné de membres de la Musique centrale des Forces armées
canadiennes, a entonné Ô Canada, donnant le coup d’envoi de la cérémonie, puis a suivi Dernier appel, au clairon du sergent Christoper Gerdei. Les deux minutes de silence qui ont été observées ensuite ont été brisées par la première salve de 21 coups de canon, tirée par le 30e Régiment de campagne de l’Artillerie royale du Canada, avant que le caporal Nathan Plante ne joue l’Élégie. Le sergent Gerdei a joué le Réveil avant la récitation des trois versions de l’Acte du Souvenir : la première en anglais par M. Lawrence, la deuxième en français par Larry Murray, grand président de la RCL, et la troisième en inuktitut par Titus Allooloo, sergent des Rangers. L’aumônière générale des Forces canadiennes, la colonelle Lisa Pacarynuk, a prononcé des prières. « Aujourd’hui nous rappelle que la vie et la paix sont fragiles, a-t-elle prêché. Tout en nous rappelant notre passé, sachons apprécier les progrès et le potentiel que ces sacrifices historiques nous ont apportés. Et portons nos regards sur l’avenir avec l’espoir d’une société plus juste. « En ce 25e anniversaire du Tombeau du Soldat inconnu, nous méditons ici sur le mystère de la vie et de la mort, et nous nous arrêtons pour remercier les personnes qui ne sont jamais revenues chez elles. »
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Le président de la LRC, Berkley Lawrence salut après avoir déposé une couronne (ci-dessus). Le sergeant des rangers Titus Allooloo récite l'Acte du Souvenir en Inuktitut (en haut à gauche). La colonelle Lisa Pacarynuk, aumônière générale des Forces canadiennes et le rabin Idan Scher prononcent des discours (à gauche). Le Chœur d'enfants d'Ottawa (en regard à droite).
Les dignitaires, la juge en chef, Mme Wagner, et la Mère de la Croix du Souvenir (d’argent), Mme Payne à leur tête, ont ensuite déposé des couronnes pendant que le chœur d’enfants interprétait In Flanders Fields (Au champ d’honneur), la version musicale du célèbre poème de John McCrae. L’interprétation formait une combinaison saisissante de voix juvéniles et de mots puissants, surtout accompagnée de la retentissante salve de coups de canon. Des membres du corps diplomatique et de groupes d’anciens combattants ont ensuite déposé des couronnes tout autour du monument. Le rabbin Idan Scher a prononcé la bénédiction. « Aujourd’hui, nous nous réunissons sur ce lieu sacré afin d’honorer ceux qui ont servi et ceux qui ne sont jamais rentrés chez eux, a-t-il commencé.
« Comme l’a dit un jour le premier ministre John Diefenbaker : “Je suis canadien. Libre de parler sans crainte, libre d’adorer Dieu à ma manière, libre de défendre ce qui d’après moi est juste. La liberté : le droit d’être soimême.” C’est une idée simple, a poursuivi M. Scher, mais c’est ce que nos soldats ont sacrifié pour défendre. Ils se sont battus pour que nous puissions vivre en liberté. C’est là l’héritage des Forces armées canadiennes. « La paix a besoin de protecteurs, a conclu M. Scher. Et il en va de même pour la liberté et la dignité humaine. Nos soldats ont toujours été les gardiens de cette protection. Ils ont toujours su que la liberté ne se conquiert pas uniquement pendant le combat, mais qu’elle se manifeste aussi au quotidien, dans nos relations et dans le respect que nous portons à ceux qui ont servi. Aujourd’hui, comme chaque jour, nous rendons hommage à l’héritage de nos soldats, pas seulement avec une immense gratitude, mais en devenant nous-mêmes des protecteurs, en protégeant la liberté, la dignité et l’appartenance qui sont les droits de chaque Canadien. »
Le Chœur d’enfants d’Ottawa a interprété God save the King alors qu’un hélicoptère Black Hawk de la GRC décollait au nord dans le cadre d’un défilé aérien à la fin de l’évènement officiel. De nombreux participants se sont lentement approchés du Tombeau du Soldat inconnu après la cérémonie et y ont déposé leurs coquelicots lors d’un des moments les plus forts de l’évènement annuel. Au bout du compte, le sarcophage couvert de coquelicots rouges s’est fait le reflet du sentiment exprimé dans le cahier des charges du Monument national de guerre d'il y a un siècle : « Bien que l’esprit de victoire soit essentiel, il devrait être exprimé de manière non pas à immortaliser les défenseurs du Canada, mais plutôt à transmettre un sentiment de gratitude, car de ce grand conflit a émergé un nouvel espoir de prospérité future dans des conditions de paix. »
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AUX NOUVELLES
Les dernières sur les anciens combattants et le souvenir
87e Congrès du Nouveau-Brunswick
TRAVAILLER POUR LES ANCIENS COMBATTANTS ET MAINTENIR LE DYNAMISME DES COMMUNAUTÉS Michela Rosano
«N
ous sommes tous là pour la même raison. Nous sommes là pour les anciens combattants », a rappelé Harold Defazio, premier viceprésident sortant de la division du Nouveau-Brunswick de la Légion royale canadienne, à l’orée du 87e congrès du groupe, par une matinée d’automne ensoleillée et fraîche à Rothesay, au N.-B. Ces paroles ont été le fil conducteur des deux jours de l’évènement, organisé les 20 et 21 septembre à la filiale Kennebecasis, tandis que les légionnaires discutaient entre autres de l’amélioration de l’accès aux services des anciens combattants, de la prochaine campagne du coquelicot. Avec à peine plus de 838 000 habitants, le Nouveau-Brunswick ne compte que 68 filiales de la Légion dans ses huit districts. Le nombre de membres de la Légion dans cette petite province au caractère bien trempé est toutefois resté relativement stable : ils sont environ 7 400, grâce en grande partie à la ténacité des personnes qui œuvrent pour la survie des filiales dans leurs communautés. Le rapport au congrès de Tony Chevalier, le président sortant, a souligné ce courage et le rôle fondamental de la Légion dans les collectivités du NouveauBrunswick. Ainsi, la filiale Salisbury était sur le point de fermer ses portes l’été dernier face à la baisse du nombre d’adhérents. « J’ai contacté le maire pour l’informer
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Lors de la cérémonie du cénotaphe (en haut et en regard), Louise Imbeault, lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick (au centre) et Tony Chevalier, président sortant (à gauche), parmi d’autres, observent un moment de silence.
de la situation dans son village, a écrit M. Chevalier dans son rapport. Il m’a rappelé par la suite [pour me dire] qu’il y avait été accepté comme membre. À la miaout, je me suis rendu à Salisbury pour voir si cela tentait quelqu’un [d’autre]. Plus de 40 membres se sont présentés à cette réunion. La filiale a désormais tous ses cadres. » Lors du discours qu’il a prononcé devant une centaine de personnes, notamment des invités des directions de la NouvelleÉcosse, du Nunavut et de l’Iledu-Prince-Édouard, M. Chevalier, ancien sapeur de combat, s’est exprimé avec humilité. « Je vais écouter mon cœur, a-t-il dit pour commencer, renonçant à
reprendre les mots de son rapport. Les deux dernières années m’ont ouvert les yeux. Quand j’ai été élu pour la première fois, en 2023, j’ai réalisé que je n’avais pas toutes les connaissances nécessaires, alors je me suis mis à lire [les statuts], et puis à les relire. » M. Chevalier a déclaré qu’il s’était fait un devoir de rendre visite à autant de filiales de la province que possible pendant son mandat. Il en a mentionné en difficulté qui ont été placées sous tutelle et qui vont désormais mieux. Il a également exprimé sa tristesse à la suite du décès récent de M. Earle Eastman, deuxième vice-président de la Division du Nouveau-Brunswick. Il avait 67 ans.
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Peu après, Jack MacIsaac, viceprésident national, a pris la parole au nom de la Légion au niveau national. « L’avenir s’annonce très prometteur pour la Légion royale canadienne. Le nombre de membres augmente d’une année à l’autre, a-t-il souligné. Les choses vont remarquablement bien partout au pays. » Il a ensuite évoqué le centenaire à venir de la Légion : « Le 100e anniversaire de notre grande organisation aura lieu en juillet 2026. C’est une belle occasion de célébrer et d’éduquer. C’est une année où nous devrons tous briller à tous les niveaux. » M. MacIsaac a également profité du moment pour vanter l’importance des services de la Légion pour les anciens combattants de tout le pays. « Les officiers d’entraide de nos directions sont occupés, a-t-il expliqué. Je me plais à dire qu’ils sont le visage de la Légion. Ce sont eux qui aident nos anciens combattants. » M. Defazio a brièvement fait le point en sa qualité de président du coquelicot, rappelant aux délégués leurs responsabilités pour la campagne. « Tout le monde prête serment […] de participer activement à la campagne du coquelicot. Cela veut donc dire que chacun d’entre nous fait quelque chose, un petit geste ou un grand », a-t-il dit avant d’aborder la question de trouver suffisamment de membres et de bénévoles pour prêter main-forte à son district cette année. C’est un défi que nombre de gens se trouvant dans la salle doivent aussi relever. Avant d’accepter son rapport, les délégués ont suggéré de modifier les limites des districts de la division pour s’assurer que les zones et les entreprises mal desservies ont accès aux coquelicots, ainsi que d’examiner la meilleure façon d’administrer le Fonds du coquelicot pour s’assurer que l’argent profite aux anciens combattants. M. Defazio a répondu qu’il enquêterait sur les problèmes, tandis que le président, M. Chevalier a assuré à l’auditoire que les limites étaient en cours de révision.
« Je vous suis reconnaissante, à vous les membres de la Légion royale canadienne, pour votre soutien permanent aux communautés du Nouveau-Brunswick. »
M. Harold Defazio (ci-contre, au centre), nouvellement élu président de la direction du Nouveau-Brunswick, avec Jack MacIsaac, vice-président national (à droite) et Ed McMahon, premier vice-président de la filiale Kennebecasis (à gauche).
En tant que président du comité de la constitution et des lois, Steve Gourdeau, de la filiale Peninsula de Clifton Royal, a pris le micro pour résumer son mandat, rappelant aux délégués le processus de modification des règlements et suggérant qu’une liste de contrôle de la soumission des plaintes et des appels soit créée pour les filiales. M. Gourdeau a proposé plusieurs résolutions, qui ont été approuvées, notamment une pour établir un comité chargé d’étudier la redéfinition du district et une autre pour reconnaitre les anciens combattants de la guerre du Golfe et ceux de la guerre en Afghanistan en tant que « vétérans de guerre ». « Un ancien combattant, c’est un ancien combattant », a noté M. MacIsaac à propos de cette
dernière résolution. Il a ajouté que la direction nationale était du même avis. Il a rappelé aux délégués que l’enjeu de la reconnaissance se nichait dans la législation fédérale et que le siège social national « faisait pression tous les jours ». Il a encouragé les membres à l’aider en mobilisant des décisionnaires politiques locaux. Toujours à propos des anciens combattants, Mme Michelle Paquette a été présentée comme nouvelle officière d’entraide divisionnaire. Elle a pris le temps de saluer les participants et de faire l’éloge des réalisations de la Légion. « Il y avait très peu de gens aux cénotaphes quand j’ai commencé en tant que cadette à jouer le Dernier appel. Le public n’était pas très impliqué dans les cérémonies du jour du Souvenir dans les années 1980. C’est vraiment grâce à la Légion que nous avons fait des progrès, et il y a maintenant
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un renouveau. C’est grâce à tout le monde d’ici. » Mme Louise Imbeault, lieutenante-gouverneure du N.-B., a prononcé quelques mots lourds de sens avant de se joindre à la procession de cornemuses bien suivie jusqu’au cénotaphe commun de Rothesay. « Nous vivons dans un Canada pour lequel il vaut la peine de lutter. Vous le savez bien, en tant qu’anciens combattants, a-t-elle commencé. Je vous suis reconnaissante, à vous les membres de la Légion royale canadienne, pour votre soutien permanent aux communautés du Nouveau-Brunswick. Les filiales sont des lieux de rencontre et de bénévolat pendant d’innombrables heures, recueillent des fonds pour des projets communautaires et, bien sûr, offrent un large éventail de services aux anciens combattants, aux membres en service actif et à leurs familles. » Les élections ont eu lieu le second jour. M. Defazio a été acclamé président après que M. Chevalier avait refusé sa candidature. M. Ron Bourque, de la filiale Durham de Belledune, et Mme Géraldine Lefebvre, de la filiale Oromocto, ont été nommés candidats au poste de premier vice-président; M. Bourque a été élu. Mme Lefebvre s’est ensuite portée candidate à celui de deuxième vice-président avec Jean Stevens, de la filiale Lancaster de Saint John. C’est Mme Lefebvre qui l’a emporté. Mme Thea McEvoy, de la filiale Miramichi, a été élue à un autre mandat de trésorière par acclamation. MM. Gourdeau et Clayton Saunders, de la filiale Petitcodiac, et Daryl Alward, de la filiale Marysville de Fredericton, ont été candidats au poste de président; M. Gourdeau a été élu. « Je vous remercie tous de me faire confiance pour faire aller cette division de l’avant, a conclu M. Defazio après avoir été élu. Beaucoup de questions ont été posées par l’assistance, auxquelles je vais essayer d’obtenir des réponses. Il y aura de la transparence ici. Et c’est avec plaisir que je vais me mettre à votre service à tous. »
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AUX NOUVELLES
Les dernières sur les anciens combattants et le souvenir
NOTICE NÉCROLOGIQUE 1971-2025
TIM COOK
Le
village de pêche traditionnel de Mevagissey, en Cornouailles, situé sur la côte ouest de l’Angleterre, semblait être un aussi bon endroit qu’un autre pour découvrir les œuvres de Tim Cook, l’« incomparable historien militaire du Canada ». C’était une journée plutôt agréable, juste après la Noël, alors que dehors, des nuages qui se dissipaient et une brise marine douce offraient des conditions parfaites pour explorer : flâner dans les rues pavées, fréquenter les vieux pubs, peut-être même marcher à travers les collines en direction de la toute-proche Pentewan. L’envie, toutefois, n’y était pas. Les balades sur les quais et les pintes à savourer pouvaient attendre. Le livre de Tim Cook que je venais de déballer, The Necessary War, Volume 1 : Canadians Fighting The Second World War : 1939-1943 (La guerre nécessaire, 1er volume : les Canadiens se battant à la Seconde Guerre mondiale, NDT), cadeau de mon beau-père qui se demandait bien pourquoi un Britannique voudrait se plonger dans une lecture apparemment aussi pointue, était bien plus alléchant. L’idée que j’aurais pu faire d’une pierre deux coups en passant au Fountain Inn pour à la fois une bière et un moment de lecture ne m’a tout simplement pas traversé l’esprit. Le plaisir anticipé de découvrir un récit peu connu, tout en laissant libre cours à mes penchants canadophiles et à ma passion pour l’histoire militaire, était devenu impossible à ignorer. La lecture de Necessary War m’était devenue nécessaire. Je l’ai dévoré. Cela ne serait que le premier des titres dans l’œuvre illustre de Cook,
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l’éveil d’une passion évidemment trop longtemps en sommeil. Avec chaque nouveau livre ajouté à mes étagères qui ployaient déjà, At the Sharp End, Shock Troops, Vimy, Fight to the Finish, je me suis vite rendu compte que je voulais suivre son exemple. Je me suis vite aperçu que Tim Cook était bien plus qu’un nom sur une jaquette. C’était difficile à croire – du moins à mes yeux – que l’historien en chef et directeur de la recherche de l’inestimable Musée canadien de la guerre ait accepté de s’entretenir du raid de Dieppe avec moi, petit écrivain indépendant d’une petite ville britannique, pour une revue d’histoire britannique. Cela faisait naturellement partie de son rôle d’accorder des entrevues à des journalistes et à d’autres auteurs, afin de mettre en valeur l’histoire du Canada durant la guerre — ce qu’il faisait avec une éloquence constante dans chacun de ses ouvrages.
Je n’aurais tout simplement jamais imaginé être l’un d’eux. Tim Cook parlait comme il écrivait. Il ne s’agissait pas de miniatures qu’on plaçait et qu’on déplaçait sur une carte dans les cellules de crise de Churchill; c’étaient des hommes. Des Québécois et des Saskatchewanais abattus sur les galets ensanglantés de Dieppe, et 916 d’entre eux qui ne rentrèrent jamais chez eux. La bataille était racontée par le menu, car c’était indéniablement indispensable, et dans le récit de M. Cook sur le cout humain de l’opération Jubilee, l’histoire prenait vie. Comme The Necessary War était le premier de ses nombreux titres que j’ai lus, mon reportage sur le raid de Dieppe était la première des nombreuses occasions que j’ai eues de discuter avec ce chercheur de renom, titulaire d’un doctorat en histoire. Qu’on lui demande une citation de 50 mots pour un article indépendant ou une entrevue complète pour la revue Légion, M. Cook accordait du temps à son interlocuteur, alliant professionnalisme, compassion et intérêt sincère pour son parcours et son bienêtre général. Ainsi, j’avais l’impression d’être Walter Cronkite. Si seulement je le lui avais dit. Tim Cook savait peut-être, du moins peut-on l’espérer, l’influence énorme qu’il a eue sur le monde de l’histoire militaire canadienne, et donc sur les gens qui partageaient sa passion débordante, avant son décès, le 25 octobre 2025, à de 54 ans. « Il a joué un rôle déterminant dans le façonnement du Musée canadien de la guerre », a salué Caroline Dromaguet, présidente et directrice générale du Musée, dans un communiqué annonçant
Marie Louise Deruaz
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La bataille était racontée par le menu, car c’était indéniablement indispensable, et dans le récit de M. Cook sur le cout humain de l’opération Jubilee, l’histoire prenait vie. son décès. Elle y notait qu’il avait été un « ambassadeur passionné » pour l’institut et pour ses plus ardents admirateurs. Quant à ces derniers, il en avait indéniablement une foule. « J’ai rencontré Tim Cook pour la première fois en 2006, a écrit Alex Souchen, professeur agrégé en histoire de l’Université de Guelph et ancien bénévole du Musée canadien de la guerre. J’étais un étudiant de premier cycle ébahi qui voulait être historien militaire “tout comme lui”. « Je me souviens qu’il a souri du compliment, a ajouté M. Souchen en évoquant sa première conversation avec le chercheur, mais il prenait toujours le temps de me parler de perspectives de carrière. » Il apparait que la personnalité de M. Cook touchait aussi les autres chercheurs. « Il était l’un des meilleurs historiens du pays, a observé Mike Bechthold, son collègue spécialiste de l’aviation, et en tant que personne, encore meilleur ».
À VOTRE SERVICE
Alex Fitzgerald-Black, directeur général du Centre Juno Beach, s’est fait l’écho de ce sentiment en affirmant qu’« il laisse derrière lui un héritage de travail dont les anciens combattants sont en droit d’être fiers. « Son décès est une énorme perte pour le Canada. » Historien en chef du Musée canadien de la guerre, il a poursuivi une carrière remarquable au sein de l’institution pendant environ 23 ans; a écrit des centaines d’articles dans une myriade de publications, dont la présente revue; a multiplié les présentations, les discours publics et, bien sûr, les entrevues; a remporté de nombreuses distinctions, notamment le Prix du livre d’Ottawa pour la non-fiction littéraire et le Prix du livre J.W. Dafoe; a reçu la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II; et a été nommé membre de l’Ordre du Canada pour
À VOTRE SERVICE est une notice rédigée par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez le 1-877-534-4666 ou consultez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour accéder à des années d’archives.
AU SOUTIEN DE LA SANTÉ ET DU BIENÊTRE DES ANCIENS COMBATTANTS
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ses services à l’historiographie militaire canadienne, à la fois en tant qu’érudit et en tant qu’auteur à succès de 19 livres. Pourtant, c’est au-delà de ses accomplissements concrets que j’ai le plus admiré Tim Cook. Il était toujours gentil et patient, même avec un écrivain britannique émerveillé et sans voix. Il fournissait des idées inspirantes de manière inattendue, souvent en tissant fluidement une grande image avec des petites. Et il a gagné le respect de ses pairs dans tout ce qu’il faisait. Toutefois, je ne peux pas prétendre avoir vraiment connu M. Cook. Un tel droit est réservé à d’autres gens, à son affectueuse famille, dont son épouse et leurs trois filles, et à une multitude d’amis et de collègues. Mais, il n’était pas non plus un simple écrivain célèbre de plus sur mes étagères. Tim Cook a eu une grande influence sur ma propre vie. Et je suis convaincu que cette influence s’étend à de nombreux admirateurs, à la fois ceux qui sont venus avant et, notez-le bien, ceux qui viendront longtemps après. La prochaine fois que j’irai à Mevagissey, je lèverai une pinte cornouaillaise à la vie de Tim Cook.
es agents des services de la Légion royale canadienne soutiennent les personnes qui ont servi dans les forces armées ou dans la GRC, ainsi que leur famille. L’un de leurs principaux moyens d’action consiste à accompagner ces gens
pour gérer la paperasse complexe requise pour l’indemnisation des invalidités auprès d’Anciens Combattants Canada. Ils les aident également à interjeter appel devant le Tribunal des anciens combattants (révision et appel). En coulisses, la Légion s’efforce également sans relâche de participer au façonnement des politiques gouvernementales qui répondent aux défis particuliers auxquels les vétérans font face à chaque étape de leur vie. Des représentants de l’administration centrale siègent aux groupes consultatifs
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AUX NOUVELLES
Les dernières sur les anciens combattants et le souvenir
ministériels d’ACC, se réunissent régulièrement avec le personnel d’ACC et assurent la liaison avec les centres de transition des Forces armées canadiennes partout au pays. Le siège social de la Légion collabore aussi avec d’autres organisations nationales semblables sur divers sujets importants pour la santé et le bienêtre des anciens combattants, notamment le vieillissement, la santé mentale et physique, le sans-abrisme chez les anciens combattants, les enjeux propres aux anciennes combattantes, et plus encore. Le 18 octobre 2025, la direction nationale a accueilli des organisations d’anciens combattants partageant les mêmes idées pour discuter de préoccupations communes et d’importants enjeux de défense des droits. Puis, des représentants de la Légion ont assisté au Forum de l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans à Ottawa (voir aussi « Hed TK », page 68). La Légion royale canadienne encourage également la recherche et les pratiques fondées sur des données probantes qui éclairent les décisions en matière de soins de santé, de réadaptation et de soutien social pour les anciens combattants
en accordant une subvention à un candidat au doctorat menant des recherches dans l’un de ces domaines cruciaux. Par leur travail de défense des droits et de collaboration, et grâce à leur soutien concret, la Légion et le personnel des services aux anciens combattants travaillent sans relâche pour améliorer la qualité de vie des vétérans et de leur famille. Si vous, un ancien combattant de votre connaissance ou un membre de votre famille, souhaitez obtenir l’aide d’un expert pour vous guider dans le processus, écrivez à veteransservices@legion.ca ou composez sans frais le 1-877-534-4666.
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INSTANTANÉS
Bénévolat dans la communauté
Jean Boivin, Réal Mignault et Albert Thivierge de la filiale Richelieu de Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec, remettent un chèque de 3 000 $ à la Société de Saint-Vincent de Paul, représentée par son directeur général, Ian Labelle.
Jean Boivin, Réal Toutant, Norman Gervais et Albert Thivierge de la filiale Richelieu de Saint-Jean-surRichelieu, au Québec, remettent un chèque de 5 000 $ à la Fondation Santé Haut-Richelieu-Rouville, représentée par Isabelle Croteau.
Jocelyne Desève, Francine Cahour, la présidente Josée Robichaud et Luc Greffe de la filiale Pierre Boucher de Boucherville au Québec, remettent 2 000 $ à la Mission Old Brewery, représentée par la conseillère supérieure Antonietta Nicolo et Maxime, résident de la Mission.
Adeline Savoie, Alcide Maillet et l'invité de marque, le colonnel (retraité) François Prémont de la filiale Lcol Charles Forbes de Québec assistent au repas annuel de financement de la légion. Publicité
NOUVELLES
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QUÉBEC
Des membres de la filiale Richelieu de Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec, ont remis 3 000 $ au fonds de bienfaisance USS St-Jean/ Montréal représenté par l'aumônier Hervé Akueson, Éric Généreux et Maria-Christina Codina. Des membres de la filiale Richelieu de Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec, ont remis 3 000 $ à Equi-Sens, représentée par les directeurs Richard McNicholl et Marie-Ève Desjardins.
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