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Une guerre, quoiqu’on dise

Retour sur la principale bataille canadienne de la guerre de Corée et les implications du conflit sur l’avenir, 75 ans après son début | Stephen J. Thorne

Voir l’article à la page 4

Ted Zuber, vétéran de la guerre de Corée, dépeint un vol de ravitaillement passant au-dessus de membres du 2e Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, en 1951.

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« C’ à tenir Des promesses

est plutôt encourageant que les Canadiens prêtent davantage attention aux enjeux de défense et de sécurité », a déclaré la générale Jennie Carignan, cheffe d’état-major de la défense, aux membres de la direction de la Légion royale canadienne lors d’une réunion organisée fin avril, deux jours avant les élections fédérales (cf. page 20). Sans doute en grande partie, sinon entièrement, à cause du président américain Donald Trump, qui a maintes fois fait référence au Canada en tant que « 51e état » des États-Unis, et à l’insensée politique tarifaire de son gouvernement, les Canadiens manifestent apparemment un regain d’intérêt pour la souveraineté du pays. Ainsi, la défense nationale s’est illustrée en tant que principal enjeu de campagne. Les libéraux, qui ont remporté les élections avec un gouvernement minoritaire, et les conservateurs, l’opposition qui a perdu de peu, ont fait plusieurs promesses liées à l’investissement militaire pendant les élections. Et « les analystes ne voient pas beaucoup de différence entre les plateformes des deux principaux partis sur le sujet de la défense », a écrit Chris Lambie du National Post le 26 avril. À titre de référence pratique, voici un bref résumé de ce que les libéraux du premier ministre Mark Carney ont promis :

• une augmentation de 18 milliards de dollars sur quatre ans dans les dépenses pour la défense afin d’atteindre l’objectif de l’OTAN d’y consacrer 2 % du PIB;

• la création d’une agence qui gèrerait l’approvisionnement militaire (le parti a fait la même promesse lors de la campagne de 2019);

• des hausses de salaire pour les militaires, et « augmenter rapidement la réserve de logements de grande qualité sur les bases de tout le pays, et assurer l’accès à des garderies et à des soins de santé primaires, y compris

des services de soutien en santé mentale, pour les militaires actifs et leurs familles »;

• la modernisation du processus de recrutement « notamment en simplifiant l’obtention des cotes de sécurité et en soumettant des demandes en ligne afin de former plus vite davantage de candidats »;

• l’intégration de la Garde côtière canadienne aux capacités de défense de l’OTAN afin de « dépasser notre engagement de consacrer au moins 2 % du PIB à la défense ».

« Je crois que nous devons nous attendre à être déçus de l’ampleur des changements au cours des quatre prochaines années, a déclaré David Perry, président de l’Institut canadien des affaires mondiales, au National Post. Le cycle actuel d’approvisionnement en matière de défense, par exemple, dure environ 15 ans entre le début des projets et leur achèvement. »

M. Perry a ajouté que, malgré les promesses, il ne s’attendait pas à de gros changements. Ken Hansen, analyste militaire et ancien commandant de la marine, est d’accord sur le fond. « Lorsque l’argent fait défaut en raison de choses comme la COVID ou les guerres commerciales, a-t-il dit dans l’article du Post, il faut s’attendre à ce qu’on vide certaines caisses pour mettre l’argent ailleurs. »

Les données préliminaires d’Élections Canada indiquent que le taux de participation a été de 68,66 %, soit une augmentation de six pour cent par rapport à 2021. C’est le plus haut taux de participation depuis 1993. De toute évidence, quelque chose a fait venir les Canadiens aux urnes. Et il est difficile d’imaginer que Trump n’en ait pas été en grande partie responsable.

« Il y a ce nouveau gouvernement américain qui adopte désormais une attitude complètement différente, a prévenu la générale Carignan face aux dirigeants de la Légion en avril dernier, et on doit s’adapter. »

Alors, les Canadiens qui restent consternés par Trump, passionnés par la souveraineté du pays et investis dans l’armée canadienne, voudront peut-être écouter la cheffe d’état-major et insister également pour que leurs députés nouvellement élus tiennent leurs promesses. L

Sil’on demande aux vétérans de la guerre de Corée quels sont leurs souvenirs les plus vivaces de leur présence près du 38e parallèle, ils ne vous parleront probablement pas de la topographie, ni de la chaleur étouffante ou du froid mordant.

Demandez aux 1 500 hommes du 3e Bataillon du Royal Australian Regiment (3 RAR) ou à ceux du 2e Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (2 PPCLI) ce dont ils se souviennent le plus, et ceux qui sont encore en vie évoqueront surement les sommets surplombant la pittoresque vallée de la Kapyong.

C’est là, sur la route de Séoul, que la 118e Division de l’Armée des volontaires du peuple chinois lança le principal élément de son offensive du printemps en avril 1951.

Les Canadiens et les Australiens étaient à la pointe de la lance de défense, prêts à supporter les trois jours d’assaut des soldats

chinois, qui furent jusqu’à 20 000. Aujourd’hui, la bataille est généralement considérée comme l’affrontement le plus important mené par l’une ou l’autre des armées alliées en Corée, et la bataille la plus célèbre du Canada après la Seconde Guerre mondiale.

Les pertes chinoises allaient croissant sous les implacables frappes d’artillerie ordonnées par le général américain

Matthew B. Ridgway, nouvellement nommé commandant suprême allié de la péninsule.

La dynamique de la guerre était en train de s’inverser, et Kapyong fut le moment charnière de ce retournement.

Les troupes sud-coréennes établissaient leurs positions à l’extrémité nord de la vallée de la Kapyong lorsque, le 22 avril à 17 h, les 118e et 60e divisions de l’Armée des volontaires du peuple chinois se lancèrent à l’attaque.

Vu la pression exercée sur tout le front, les Sud-Coréens

Des hommes du 2 PPCLI effectuent une patrouille le 11 mars 1951.

cédèrent rapidement le terrain. Ils s’enfuirent au sud en abandonnant leur matériel dans les montagnes.

À 23 h, le commandant sudcoréen avait perdu toute communication avec ses unités. Le lendemain, à 4 h, les troupes néozélandaises de soutien furent retirées, renvoyées ensuite au front, puis retirées à nouveau au crépuscule. Les défenses des Sud-Coréens s’étaient effondrées et, en s’en allant, ils avaient annoncé l’arrivée des Chinois aux Canadiens.

« C’est alors que, vers le milieu de l’après-midi, la rumeur de l’effondrement du front a pris un sens », écrivit le capitaine Owen R. Browne, commandant de la compagnie « A », dans le journal régimentaire du 2 PPCLI.

« Depuis mon arrivée jusqu’à ce moment-là, la vallée principale de la Kapyong et la vallée latérale qui traversait le front avaient été vides. Et soudain, en longeant la vallée latérale, vinrent des hordes d’hommes qui couraient,

La Guerre de Corée

qui marchaient, entrecoupées de véhicules militaires, le tout dans le plus grand désordre. Il s’agissait d’éléments de la 6e Division de la République de Corée, qui était censée combattre les Chinois à dix milles devant. Mais, ils ne combattaient pas les Chinois. Ils fuyaient!

« C’est une déroute que je voyais, continua Browne. La vallée était remplie d’hommes. Certains quittaient la route et s’enfuyaient par-delà les bords avancés des positions de la compagnie “A”. Certains se tuaient sur les différents pièges que nous avions posés, et cet élément des défenses qui y avait été disposé a perdu toute son utilité […].

Nous avons alors compris que nous n’étions plus à 10-12 milles derrière la ligne : nous étions en première ligne. »

Quelque 40 millions de personnes sont mortes pendant la Première Guerre mondiale; au moins 70 millions pendant la Seconde. Au moment où les forces nord-coréennes soutenues par les Soviétiques franchirent le 38e parallèle en Corée du Sud, le 25 juin 1950, les gens ne voulaient plus entendre parler de guerre.

Et donc, lorsqu’une coalition des Nations Unies dirigée par les États-Unis intervint dans la péninsule coréenne, le président Harry S. Truman et le premier ministre Louis St-Laurent qualifièrent cela d’« action policière », d’« intervention ».

Ces termes ne convenaient pas à ceux qui s’y trouvaient.

« Cinq-cent-seize militaires [canadiens] sont morts là-bas, nous rappelle George Guertin, à l’époque opérateur radio à bord du NCSM Huron

Je n’appelle pas cela une “action policière”. Juste une vilaine petite guerre. »

En fait, il n’y eut jamais de déclaration de guerre, et pendant une quarantaine d’années, les

événements dans la péninsule coréenne furent officiellement appelés le « conflit coréen ». Il y avait certes la guerre froide, mais que Dieu nous préserve, pas de guerre ouverte.

Pour la plupart des gens, sauf ceux qui y ont combattu, la guerre de Corée était « la guerre oubliée ».

Au Canada, les combattants ne furent officiellement reconnus comme anciens combattants qu’à la fin des années 1980, lorsqu’Ottawa décida que la guerre avait en fait été une guerre. Et ce n’est qu’en 1991 que d’anciens combattants reçurent des médailles de service de la guerre de Corée.

Sept ans plus tard, aux ÉtatsUnis, pays qui avait fourni la majeure partie des ressources à l’effort de guerre, le président Bill Clinton signa la loi publique 105261, dont la section 1 067 déclarait que le « conflit coréen » s’appellerait désormais la « guerre de Corée ».

De la simple sémantique? Non. Le changement eut une incidence dans tous les pays de la coalition qui constituaient la force de l’ONU en Corée. Des répercussions se firent sentir sur des choses telles que les pensions et l’indemnisation des anciens combattants, dont celles des 26 791 Canadiens qui y servirent.

Des groupes, tels que l’Association canadienne des anciens combattants de la guerre de Corée, qui ne fut formée que dans les années 1980, redoublèrent d’efforts pour leur obtenir le soutien dont ils avaient besoin, et qu’ils méritaient. Son nombre diminuant, le groupe s’est dissout en 2021 et a été remplacé par la Korean War Veterans Association of Canada (Association des vétérans de la guerre de Corée du Canada, NDT), plus centralisée et plus descriptive.

La reconnaissance a profondément affecté beaucoup de ceux qui avaient longtemps estimé que leur service avait été pris pour acquis, même si il avait

été reconnu. Si les vétérans de la guerre du Vietnam allaient recevoir un accueil hostile dans l’Amérique antiguerre des années 1960 et du début des années 1970, pratiquement personne n’avait accueilli les vétérans de la guerre de Corée dans les années 1950. Les vétérans de la Corée endurèrent une hostilité latente : les organisations d’anciens combatants refusaient de reconnaitre leur service, résistaient à l’ajout de la guerre de Corée sur les cénotaphes, et minimisaient généralement leurs contributions, tout en négligeant le fait qu’environ 16 % de ceux qui avaient servi en Corée avaient également servi lors de la Seconde Guerre mondiale. Ils savaient ce que c’était que la guerre, et ce qui s’était passé à la péninsule coréenne entre le 25 juin 1950 et le 27 juillet 1953 constituait, selon tous les récits faits à la première personne, une guerre.

Et les membres du Patricia étaient décidément en plein dedans.

Devant la perspective déconcertante qu’une force supérieure se rapprochait d’eux rapidement et avec des soldats sud-coréens qui continuaient à affluer en passant près d’eux, les Canadiens se mirent à creuser des tranchées et à prendre position sur la côte 677 et le long de la crête de 1,5 kilomètre qui y est reliée. Ils étaient du côté ouest de la rivière Kapyong. Les Australiens se trouvaient en haut de la côte 504, de l’autre côté de la 677, où ils étaient retranchés et prêts à se battre. Le 16e Régiment d’artillerie de campagne de la NouvelleZélande servait d’appui, avec des fantassins du 1er Bataillon du Middlesex Regiment britannique, situés aux arrières avec trois pelotons du 72e Bataillon de chars lourds des États-Unis (15 chars) le long de la route principale qui coupait la vallée.

« Pas de retraite, pas de reddition », dit à ses hommes le colonel James Riley Stone, d’origine britannique, qui commandait le Patricia.

Les Chinois frappèrent la 504 d’abord, engageant le combat contre les Australiens du 3 RAR, infiltrant la position de la brigade, puis tombant sur le front canadien.

« Ils sont silencieux comme des souris grâce à leurs chaussures en caoutchouc, et puis il y a un coup de sifflet, déclara le sergent Roy Ulmer de Castor, en Alberta. Ils se lèvent en criant à environ 10 pieds de nos positions et se ruent vers nous. »

Des vagues de soldats chinois multiplièrent les attaques pendant toute la nuit du 23 au 24 avril. La 118e Division chinoise au complet affrontait les Australiens et les Canadiens. La bataille incessante dura toute la journée du 24 avril.

« Les Chinois ont utilisé toutes leurs procédures de combat familières dans l’attaque – sifflets, clairons, cris de “banzaï”; une action concertée sur les ordres de leurs commandants et des assauts massifs se sont succédé rapidement, a rapporté Bill Boss de La Presse Canadienne. On ne le savait que grâce à la description des soldats des Nations Unies qui, jusqu’alors, avaient mené principalement une guerre de mouvement contre une résistance symbolique.

« Là, c’était la triste réalité. »

Sur les deux fronts, le combat tourna à la mêlée au corps à corps avec des charges à la baïonnette.

« La première vague lance ses grenades, tire des coups de feu et se jette par terre, nous expliqua Ulmer qui avait été sergent-major de compagnie dans le Loyal Edmonton Regiment pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Elle est suivie d’une deuxième qui fait la même chose, et puis une troisième surgit. Où ils disparaissent, je ne sais pas. Mais, ils continuent d’affluer. »

Les Australiens, risquant de se faire encercler, reçurent l’ordre

de se replier, en bon ordre, vers de nouvelles positions sur la fin du 24.

Les hommes du Patricia étaient encerclés eux aussi. « Mais, ils ont tenu », écrivit Boss.

Le capitaine John Graham Wallace (surnommé Wally) Mills de Hartley, au Manitoba, vétéran de la Seconde Guerre mondiale qui prenait part à son premier combat en tant que commandant de la compagnie « D », ordonna à ses hommes de descendre dans les tranchées de tir. L’unité dirigea des tirs d’artillerie et de mortier sur sa propre position à plusieurs reprises, au petit matin du 25 avril, pour éviter d’être envahie.

« Des canons et des mortiers ont lancé un feu d’enfer sur cette côte entre 2 h et 6 h », écrivit Boss. Il manque dans son texte de la journée des détails, tels que le bataillon et la compagnie, car il fut caviardé.

« Des torrents de fragments de métal chaud ont décimé les rangs chinois », est-il dit dans un texte du Loyal Edmonton Regiment Military Museum.

Les Chinois pilonnèrent la position d’Ulmer jusqu’à 4 h. À ce moment-là, le peloton de devant avait presque épuisé ses munitions.

« Le sergent a lancé son fusil à baïonnette comme une lance sur son ennemi, rapporta Boss. Alors que deux artilleurs se levaient, les armes à la hanche, pour fournir un feu de couverture, le reste se repliait, mais à 50 mètres seulement. Là, la compagnie poursuivit le combat, se partageant les munitions qu’il leur restait et tenant bon jusqu’à ce que la pression de l’ennemi se relâche.

« J’ai compté 17 morts chinois à quelques pouces et pieds de ces soldats aujourd’hui, et environ 50 tombes d’ennemis enterrés pendant la bataille. Il y a eu un nombre incalculable de morts ennemis où une attaque prévue à l’arrière et au flanc a été contrecarrée.

« Une autre compagnie s’est battue au corps à corps contre des vagues de soldats chinois. Cette compagnie a tiré sur l’ennemi et

lui a lancé des grenades jusqu’à épuisement des munitions. »

Au lever du soleil, le 2 PPCLI, coupé du reste des forces de l’ONU, tenait toujours la côte 677. Les Chinois s’étaient retirés. Dix soldats canadiens avaient été tués et 23, blessés. Les Australiens déploraient 32 morts, 59 blessés et trois prisonniers. Pour la Nouvelle-Zélande, on comptait deux morts et cinq blessés. Les pertes des Chinois furent évaluées entre 1 000 et 5 000 morts, et beaucoup plus de blessés.

Ce matin-là, des avions de transport américains larguèrent de la nourriture, de l’eau et des munitions aux membres épuisés du Patricia.

« Les guerriers montagnards des Nations Unies ont gagné leurs épaulettes aujourd’hui, tenant leur front et refusant de bouger même s’ils étaient débordés et encerclés, écrivit Bill Boss au début du compte-rendu de service du 25 avril sur la bataille, dans le secteur centre-ouest de la Corée. C’était une bataille acharnée où des vagues après vagues de communistes chinois ont tout fait pour les chasser de leurs positions, mais en vain. »

Cinq soldats du Patricia reçurent des médailles de bravoure, et 11 furent cités à l’ordre du jour pour leurs actes à Kapyong. Le capitaine Mills, le commandant de l’unité qui avait demandé un feu d’artillerie sur sa propre position, se verrait décerner la Croix militaire pour ses actes.

C’était bien la guerre.

Malgré le changement tardif au pays quarante ans plus tard, la reconnaissance que les Canadiens accordent aux vétérans de la guerre de Corée n’est qu’une pâle comparaison de la gratitude que le peuple et le gouvernement de la Corée du Sud ont manifestée et des gestes qu’ils ont faits à leur intention. Les Coréens leur ont décerné des médailles, fait bon accueil lors de leurs pèlerinages et organisé des fêtes annuelles en leur honneur.

Les représentants sud-coréens ne manquent pas de déposer des couronnes au Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa pour marquer le jour du Souvenir et les anniversaires associés à la guerre et à l’armistice. Les présidents sudcoréens en visite prennent le temps de présenter leurs hommages en déposant des couronnes, quelle que soit la saison. Le président Yoon Suk Yeol l’a fait en septembre 2022.

Quelque 2,5 millions de Coréens trouvèrent la mort, furent blessés ou disparurent pendant la guerre de trois ans, et 10 millions de familles, soit un tiers de la population, furent séparées. Les industries et les infrastructures furent détruites des deux côtés. Quand la guerre prit fin, Séoul avait changé de main quatre fois. Il ne restait que des ruines de la ville tentaculaire.

La Corée du Sud avait perdu 17 000 entreprises et usines, 4 000 écoles et 600 000 foyers. Le produit national brut avait diminué de 14 %, et les dommages matériels étaient estimés à 2 milliards de dollars américains.

Avec son armée de l’air pratiquement anéantie, la Corée du Nord avait subi le plus gros des com bats après septembre 1950. L’US Air Force avait largué plus de 350 000 tonnes de bombes conventionnelles et près de 30 000 tonnes de napalm sur les villes nord-coréennes, et elle avait tiré 313 600 roquettes et 167 millions de balles de mitrailleuse. Le dirigeant nord-coréen, Kim Il Sung, déclara que l’économie du pays avait été détruite. Il avait perdu 8 700 usines, 367 000 hectares de terres agricoles, 600 000 maisons, 5 000 écoles, 1 000 hôpitaux et 260 théâtres.

« Les guerriers montagnards des nations Unies ont gagné leurs épaulettes aujourd’hui, tenant leur front et refusant de bouger même s’ils étaient débordés et encerclés. »

Vernon Burke du 2 PPCLI vérifie des tranchées chinoises (ci-dessus). Le colonel James Riley Stone, commandant du 2 PPCLI, mange des haricots froids tout en dirigeant l’action depuis son poste de commandement tactique (encart ).

« Un nombre immense d’hommes valides avaient été tués ou avaient fui vers le Sud, écrivit Hoare. Ainsi, à part la fin des combats, les deux parties n’avaient rien à marquer ni à célébrer en été 1953. »

Quel « conflit ».

Selon l’historien James Hoare, le revenu national du Nord en 1953 n’était que de 69,4 % de celui de 1950; la production d’électricité avait été réduite à 17,2 % de celle de 1949, tandis que celle du charbon avait baissé à 17,7 %.

Pourtant, pour la Corée du Sud au moins, la fin de la guerre marqua le début progressif d’une nouvelle ère. Le pays allait se reconstruire et dépasser de loin tout ce qu’il avait connu ou aurait pu espérer auparavant en matière de développement et de prospérité. C’est maintenant un phénomène culturel et un géant de la technologie, et Séoul est un joyau de l’Asie du Sud-Est.

« Le pays est passé d’une nation déchirée et appauvrie par la guerre à une puissance industrielle mondiale en seulement deux générations », a écrit Chung Min Lee en novembre 2022 dans un essai pour la Carnegie Endowment for International Peace.

« Avant cette tournure des événements, personne n’aurait pu s’imaginer que des acteurs sud-coréens gagneraient un Oscar et un Emmy ou que la K-pop atteindrait un public mondial.

« Un pays qui comptait sur l’aide américaine jusqu’aux années 1960 investit maintenant des dizaines de milliards de dollars aux États-Unis pour

« Le pays est passé d’une nation déchirée et appauvrie par la guerre à une puissance industrielle mondiale en seulement deux générations. »

la construction de véhicules électriques, d’accumulateurs de nouvelle génération et de semiconducteurs. »

Bien que la Corée du Sud soit aussi confrontée à des problèmes, c’est de ses triomphes que les anciens combattants de la guerre de Corée sont fiers. Il n’y avait peut-être pas de Corée unie quand ils sont partis, mais leur guerre avait préservé la liberté du Sud et, en fin de compte, ses moyens de prospérer.

Dans un télégramme qu’il adressa au Département d’État américain le 1er décembre 1953, Arthur H. Dean, envoyé spécial des ÉtatsUnis à la conférence politique de l’après-armistice, blâma le président sud-coréen de l’époque, Syngman Rhee, pour l’échec imminent de la paix. Il voulait continuer à se battre et avait refusé de signer l’armistice durement gagné.

« Rhee est actuellement très querelleur, écrivait M. Dean. Il estime qu’on l’a forcé à conclure un armistice. Maintenant, il pense que le pacte de défense et le programme économique sont des pots-de-vin déshonorables pour ne pas unifier la Corée par la force.

« Il voit son rêve d’une Corée unifiée s’effacer rapidement. »

M. Dean dit qu’« il avait le sentiment perceptible que M. Rhee [pensait alors] que le monde libre ne [méritait] pas de Corée combattive, que le reste d’entre nous [avions] perdu le courage nécessaire pour lutter contre le communisme et qu’il serait heureux de nous voir partir.

« Il [citait] par le détail chaque concession que nous [avions] faite pour obtenir un armistice et pour créer une zone démilitarisée, et il [était] convaincu que, si nous ne nous [battions] pas, [une conférence de paix aboutirait] simplement à faire une concession après l’autre de

notre côté pour aboutir à la reddition finale de toute la Corée. Toute suggestion constructive de notre part [était], bien sûr, une concession pure et simple aux communistes du point de vue [sud-coréen]. »

Et aujourd’hui encore, le Nord de Kim Jong Un est un voisin hostile : un accumulateur compulsif d’armes nucléaires, une source d’instabilité régionale et une menace continue pour la paix mondiale. Il a effectué plusieurs tests de missile et annoncé au moins six fois qu’il ne respecterait plus l’armistice. Il en a violé les conditions des dizaines de fois, notamment dans le cadre d’attaques militaires. Les deux parties mènent des exercices militaires provocateurs.

En décembre 2022, cinq véhicules sans pilote nord-coréens entrèrent en Corée du Sud après avoir traversé la zone démilitarisée. La Corée du Sud dépêcha des hélicoptères

et des chasseurs pour les intercepter. Un hélicoptère sud-coréen tira sur l’un de ces véhicules, mais que l’on sache, aucun ne fut abattu. Selon une enquête de l’ONU, les deux parties avaient violé l’armistice.

Certains affirment qu’un armistice serait le moyen le plus efficace de mettre fin aux combats actuels en Ukraine. Mais, dans un traité de décembre 2022, le site d’analyse américain NK News basé à Séoul a déclaré que l’exemple donné par l’armistice coréen n’était pas de bon augure pour le succès en Europe de l’Est.

« L’armistice en Corée n’était pas censé durer éternellement, mais une déclaration de fin de guerre, sans parler de l’unification, semble de moins en moins probable au fil des années », a écrit l’analyste James Fretwell.

« Et c’est peut-être la principale leçon à tirer du précédent qu’est la guerre de Corée : Bien qu’ayant mis fin aux hostilités actives, l’armistice n’a pas tracé de voie précise officielle ni pour la paix ni pour l’unification. Le résultat en est une division sans fin, qu’on le veuille ou pas. » L

Les porteurs de rations coréens s’arrêtent près d’une batterie active de l’artillerie royale néo-zélandaise en route vers 2 positions du PPCLI.

Seconde Guerre

mondiale

J.L. Granatstein

Les

péripéties de la Force d’occupation de l’Armée canadienne en Allemagne

en 1945-1946

Soldats de la Force d’occupation de l’Armée canadienne à Aurich, en Allemagne, fin aout 1945 [en regard]. Un panneau d’avertissement à Wyler, en Allemagne ( à droite).

Àl’orée de la fin de la guerre en Europe, le gouvernement libéral dut se prononcer sur d’importantes questions militaires. Quel rôle le Canada jouerait-il dans la guerre contre le Japon après la défaite de l’Allemagne? Comment les soldats seraient-ils rapatriés, et dans quel ordre? Quel rôle, le cas échéant, le Canada aurait-il en Allemagne occupée?

Une réponse fut donnée à cette dernière question en décembre 1944. Le Canada affecterait une division de fantassins et 13 escadrilles de l’Aviation royale canadienne à l’occupation du Reich vaincu. Tout comme la division de fantassins qui serait formée pour aller combattre au Pacifique, la Force d’occupation de l’Armée canadienne (FOAC) devait se composer de volontaires désirant faire carrière dans l’armée. Si, comme on s’y attendait, les volontaires manquaient, le personnel clé et les soldats qui avaient gagné le moins de points d’appréciation pour le rapatriement seraient affectés à la division.

En fin de compte, il y eut 6 160 volontaires, dont 565 officiers. Les rangs de la future 3e Division (FOAC) furent donc gonflés par 631 officiers et 13 280 soldats du rang qui étaient en bas de l’échelle de priorité pour le rapatriement.

Ottawa avait convenu que les conscrits expédiés en Europe au cours des cinq derniers mois de la guerre seraient également inclus dans la FOAC. La 3e ressemblait à une division du temps de la guerre : trois brigades de trois bataillons d’infanterie, des régiments d’artillerie et la gamme complète d’armes et de services composée de 20 071 hommes de tous les grades. Si besoin était, elle pouvait se battre, car nul ne savait comment réagiraient les Allemands.

Des soldats de la Force d’occupation de l’Armée canadienne vérifient les pièces d’identité à Aurich, en Allemagne, en aout 1945 (ci-contre).

Le Brigadier Robert Moncel et le majorgénéral Christopher Vokes [en haut ].

Les Canadiens avaient combattu au Nord-Ouest de l’Europe dans le 21e groupe d’armées sous les ordres du maréchal Bernard Montgomery, et il fut convenu dès le départ que la FOAC ferait partie du XXXe Corps britannique dans la région d’Emden-Wilhelmshaven, dans le Nord-Ouest de l’Allemagne. Aucun calendrier n’avait été déterminé, mais le gouvernement savait que Londres, en difficulté financière, allait vouloir que le Canada reste le plus longtemps possible. Néanmoins, bon nombre des soldats au plus bas de la liste de rapatriement souhaitaient rentrer chez eux. Plus d’autres hommes de la Première Armée canadienne quittaient l’Europe aussi rapidement que possible, plus il allait être compliqué de soutenir une force relativement petite loin du Canada. Enfin, les Britanniques, les Américains, les Soviétiques et les Français supervisaient les mesures prises pour l’ennemi vaincu dans leurs zones, mais le Canada, nonobstant sa contribution à la victoire, ne serait pas consulté par les grandes puissances sur le sort des Allemands.

C’était le major-général Christopher Vokes qui commandait la FOAC. Major à son arrivée en Europe, il avait dirigé une brigade lors de l’invasion de la Sicile et avait commandé la 1re Division canadienne en Italie à la fin de l’automne 1943. Après décembre 1944, il dirigeait la 4e Division blindée canadienne au nord-ouest de l’Europe.

Le 13 juillet, dans le théâtre de la garnison à Aurich, en Allemagne, le général Vokes expliqua à ses officiers et à ses hommes ce qu’il attendait de la FOAC : « Tous les Canadiens [seraient] jugés sur le comportement des hommes de tous les grades. Pour inspirer le respect à tous les Allemands ainsi qu’aux autres forces d’occupation, il [fallait] une supervision constante et une discipline irréprochable. La 3e Division d’infanterie du Canada, dit-il [devait] être la “vitrine” de l’Armée canadienne. »

En pratique, selon le brigadier Robert Moncel, Vokes dirigeait sa force d’occupation comme un seigneur de la guerre. Il organisait des fêtes turbulentes, ajouta-t-il.

Les tâches assignées à la FOAC étaient vastes, allant du désarmement de la Wehrmacht à la prise en charge de personnes déplacées, en passant par l’élimination du parti nazi et l’évacuation des prisonniers de guerre alliés. À plus long terme, les occupants furent également chargés de rééduquer la jeunesse allemande et de compromettre la capacité des Allemands à relancer une guerre.

La force d’occupation travaillait avec les officiers du gouvernement militaire qui avait été établi le jour de 1945 où les Alliés entrèrent en Allemagne, ainsi qu’avec ses équipes des affaires civiles. Le plus important était de contrôler les soldats allemands qui s’étaient rendus et de les renvoyer chez eux.

Le processus mis en place, 3 000 membres de la Wehrmacht étaient traités et relâchés tous les deux jours. Toutefois, de nombreux soldats allemands avaient échappé à la garde à vue ou évité d’être faits prisonniers. Il fallait les trouver et les contrôler pour déterminer s’ils avaient été dans la SS ou avaient commis des crimes de guerre. Pour capturer ces hommes, la FOAC organisa des descentes, des opérations coordonnées menées de nuit et sans avertissement. On encerclait les lieux et un contrôle rigoureux de tous les habitants était effectué aux premières lueurs. Toute personne sans certificat de libération ou sur qui pesaient des soupçons devait être remise au personnel du gouvernement militaire ou détenue en tant que prisonnier de guerre. La tâche suivante, encore plus ardue, consistait à aider les dizaines de milliers de personnes déplacées et de réfugiés dans la zone de la FOAC. Le régime nazi avait établi des camps de concentration sur tout son territoire. Les installations d’extermination se trouvaient dans l’Est, mais les camps, tels que celui de Bergen-Belsen, près de la région contrôlée par les Canadiens, avaient choqué les gens qui avaient vu les morts empilés et l’effroyable état des survivants. Ces personnes devaient désormais être soignées et renvoyées chez elles ou, si ce n’était pas possible, logées jusqu’à ce que leur destination ait été déterminée.

Il y avait aussi des ouvriers importés par le Reich pour travailler dans les usines ou les exploitations agricoles, certains venus volontairement, mais beaucoup plus amenés comme des esclaves. Ceux d’Europe de l’Ouest étaient généralement renvoyés facilement chez eux. Toutefois, les choses étaient plus compliquées pour ceux d’Europe de l’Est : nombreux étaient ceux qui, traités brutalement par les Allemands, voulaient se venger avant de rentrer chez eux. Les Polonais, en particulier, cherchaient à se venger des civils, et il y eut des cas de pillage, de vols violents, d’agressions sexuelles et de meurtres. La FOAC faisait son possible pour rétablir l’ordre. Elle finit par devoir établir un camp d’isolement sur l'ile de Borkum pour de tels criminels. Ensuite, il y avait environ 2 000 prisonniers de guerre soviétiques qui avaient été affamés et brutalisés dans des camps de prisonniers. Désormais, beaucoup circulaient librement. Les ententes entre les Alliés

stipulaient que ces soldats devaient être rapatriés en URSS, et le gouvernement militaire avait « les services pour les renvoyer en Russie, est-il écrit dans le journal de guerre de la FOAC. Mais, soit par ignorance, soit par désir de rester en Allemagne, ils n’en avaient pas profité ». La FOAC avait donc « reçu l’ordre de prendre part à ce rapatriement ».

Les Soviétiques essayaient d’échapper aux autorités pour pouvoir se venger des Allemands. La FOAC envoya des patrouilles pour prévenir les crimes : elle cerna une fois 30 Soviétiques qui pillaient des exploitations

Les Canadiens étaient chargés de secourir les survivants des camps de concentration, comme ces femmes qui avaient été détenues à celui de Bergen-Belsen.

agricoles, violaient femmes et filles, et assassinaient des civils. Parfois, les Canadiens montraient peu de compassion pour les civils, et certains applaudissaient même les anciens prisonniers qui « rendaient un peu la pareille aux Boches ». Comme le dit prosaïquement un soldat : « les Russes bottaient le cul des civils allemands. »

Les nazis avaient plongé le monde dans une longue guerre cruelle, et seuls les crimes les plus graves faisaient l’objet de poursuites. La plupart des déplacés et des prisonniers de guerre évadés ne furent pas souvent punis, et les Soviétiques finirent par être renvoyés chez eux.

Des soldats soviétiques harcèlent une Allemande (ci-contre). Le soldat canadien Murray Dorey donne du chocolat à des enfants de la région d’Aurich, en Allemagne, en aout 1945 (en bas).

Parfois, les Canadiens montraient peu de compassion pour les civils, et certains applaudissaient même les anciens prisonniers qui « rendaient un peu la pareille aux Boches ».

Malgré les représailles, les Allemands dans la zone d’occupation canadienne affichaient généralement une attitude acceptable. La plupart des personnes âgées étaient résignées à leur sort. La guerre avait été perdue, mais ce n’était pas de leur faute, prétendaient-elles; c’était seulement à cause de l’erreur qu’avait faite Hitler d’attaquer l’Union soviétique avant d’achever la Grande-Bretagne. Mais, selon les responsables canadiens, certains des hommes de moins de 30 ans à qui l’idéologie nazie avait été inculquée pendant 12 ans vouaient une haine implacable aux vainqueurs. Et les Allemands évitaient généralement de coopérer avec ces derniers.

Les ordres de non-fraternisation du maréchal Montgomery n’aidaient pas : aucune relation informelle avec la population, pas de liaisons avec les femmes, pas de bonbons pour les enfants. Enfreindre ces ordres pouvait entrainer une punition pour les soldats, ce qui était incontestablement préjudiciable au moral.

Les soldats voyaient bien que les enfants (et leurs parents) avaient faim, et ils voulaient les aider pendant les mois qui suivirent la reddition, lorsque la nourriture se faisait rare et qu’ils n’avaient qu’à peine plus de 1 500 calories par jour et par personne. Mais, comme le major Elmer Bell l’écrivit dans une lettre envoyée chez lui depuis l’Allemagne, donner du chocolat aux enfants « serait un petit début de fraternisation et le gaspillage de tout le produit de nos pertes et de nos sacrifices ».

Les difficultés des civils allemands pouvaient être exploitées, et elles le furent. Il était difficile de trouver des cigarettes, et les soldats canadiens troquaient celles qu’ils obtenaient gratuitement contre des appareils photo, de l’alcool, des bijoux, des œuvres d’art, des jumelles, des montres. On pouvait mettre la main sur n’importe quoi, semblait-il, en échange de 100 à 1 500 cigarettes. C’était de la petite bière, cependant, par rapport au matériel, aux vêtements et aux denrées alimentaires volés à l’armée et refourgués au marché noir. Ce n’est qu’au printemps 1946 que ce fut contrôlé (« car d’autres responsabilités étaient d’une plus grande priorité », est-il noté dans le journal de guerre de la FOAC).

Les Canadiens, eux aussi, voulaient rencontrer du monde. Stanley Winfield, de l’ARC, écrivit que, même si la consigne de non-fraternisation était en vigueur,

« les Fridolines ont tiré un avantage certain de cet ordre et n’y ont vu qu’une merveilleuse occasion de prendre leur revanche. Elles allaient se promener là où elles savaient que se trouveraient des soldats alliés […] et se montraient aussi enjouées et désirables que possible. »

Il était difficile de résister à la tentation. Et vu l’approvisionnement abondant en cigarettes qui pouvaient leur servir de monnaie d’échange, de nombreux soldats obtenaient ce qu’ils voulaient. Pourtant, peu d’entre eux furent punis. Néanmoins, les soldats de la FOAC allaient fréquemment en permission non loin, aux Pays-Bas ou au Danemark, où les gens étaient amicaux, où les femmes s’intéressaient à eux et où les cigarettes leur ouvraient encore des portes. Les hommes pouvaient se payer une fin de semaine à Amsterdam ou à Copenhague pour 2 000 cigarettes seulement, avec nourriture, boissons, hébergement et compagnie d’une dame tout compris.

On finit par s’habituer à la nouvelle réalité et, à la mi-juillet 1945, la consigne de non-fraternisation fut assouplie avant d’être éliminée. Le décret du XXXe Corps britannique disait, avec un humour vraisemblablement fortuit, qu’ils « pouvaient

LE BATAILLON CANADIEN DE BERLIN

maintenant parler à tous les Allemands dans les lieux publics et dans les rues, parce que, grâce aux rapports entre les deux peuples, on espère conduire les Allemands à un mode de vie démocratique […] n’entrez pas chez eux ni ne les recevez chez vous ».

Il fut rapporté que les Allemandes étaient menacées par leurs compatriotes si elles fréquentaient des Canadiens. Mais, les cigarettes étaient une récompense efficace pour les risques pris, et de nombreux soldats eurent vite des liaisons. En février 1946, il était noté dans le journal de guerre de la FOAC : « La fraternisation s’accroit, et même les officiers parlent à voix basse de telle “ belle blonde ” remarquée au centre-ville ». Plusieurs hommes, est-il dans le texte, ont exprimé leur désir d’épouser des Allemandes.

Ils avaient vraisemblablement réussi à « entrer chez elles ».

Malgré les demandes faites aux Canadiens à plusieurs reprises par les Britanniques pour qu’ils restent en Allemagne, Ottawa décida que l’engagement prendrait fin au début de 1946. Les premiers soldats partirent pour l’Angleterre le 23 mars; les derniers s’en allèrent le 8 juin. La FOAC avait fait son devoir, et les Canadiens étaient tous de retour chez eux peu après. La guerre était enfin terminée. L

Le « bataillon canadien de Berlin » défile dans la ville le 20 juillet 1945.

Bien qu’elles ne fassent pas officiellement partie de la Force d’occupation de l’Armée canadienne, les troupes canadiennes ont également servi en Allemagne d’après-guerre dans ce qu’on a appelé le « bataillon de Berlin ». Tirés d’unités aux Pays-Bas qui attendaient d’être rapatriées, des hommes du Argyll and Sutherland Highlanders, du Fusiliers Mont-Royal et du Loyal Edmonton Regiment furent déployés pour représenter le Canada au défilé britannique de la victoire dans la capitale allemande le 21 juillet 1945.

Les soldats, installés dans une maison de retraite de la ville, avaient peu de tâches officielles autres que la pratique de leurs exercices et l’entretien de leur équipement. Ils étaient par ailleurs libres d’aller voir les lieux en ruine. Le sergent Kurt Loeb écrivit qu’il avait trouvé des souvenirs à la Chancellerie du Reich, y compris des dossiers de correspondance personnelle du ministre allemand de l’Intérieur du début de la guerre. Et chaque soldat, semblait-il, avait une collection de médailles allemandes.

Serge Durflinger

LES MEILLEURS

MEMBRES D’ÉQUIPAGE DE

CHAR D’ASSAUT

LE THREE RIVERS REGIMENT PENDANT

LA SECONDE GUERRE MONDIALE

une des unités de blindés du Canada qui connut le plus de succès lors de la Seconde Guerre mondiale avait ses modestes origines dans la petite ville industrielle québécoise de Trois-Rivières. Établi en tant qu’unité de réserve d’infanterie francophone en 1871, le Three Rivers Regiment (TRR) avait été converti en unité blindée en 1936, bien qu’il eût fallu attendre 1940 pour qu’il ait des chars. En 1943, il fut désigné 12e Régiment blindé canadien (The Three Rivers Regiment).

Le TRR fut mis en service actif le 1er septembre 1939. Le recrutement traina, en partie à cause

du besoin de mécaniciens et d’opérateurs radio à une époque où ni les manuels de formation ni ceux d’entretien n’existaient en français. En octobre, 250 hommes de Trois-Rivières s’étaient enrôlés (dont beaucoup étaient anglophones), et 167 hommes du Victoria Rifle de Montréal, ainsi que certains officiers anglophones d’autres unités, furent mutés au régiment pour renforcer les rangs.

Le TRR conserva en partie son caractère bilingue, mais la principale langue du régiment était l’anglais. À la fin de la guerre, 83 % de ses membres qui avaient servi outre-mer étaient

Des membres du Three Rivers Regiment posent devant un char allemand qu'ils ont détruit à Termoli en Italie, le 9 octobre 1943.

anglophones, et 14 % seulement venaient de Trois-Rivières.

Le TRR arriva en GrandeBretagne le 30 juin 1941, et il fut envoyé à Salisbury Plain pour une formation poussée. Il faisait partie de la 1re Brigade de chars de l’Armée canadienne (appelée Brigade blindée par la suite), et servait aux côtés des régiments de Calgary et de l’Ontario. L’effectif de l’unité s’élevait à 614 hommes, dont 41 officiers. Après avoir été équipé successivement de chars Matilda II, Churchill, Ram et, enfin, Sherman, le régiment était prêt à combattre.

Le 10 juillet 1943, le TRR, sous le commandement du

Le soldat J.W. McConnell du Three Rivers Regiment examine un char allemand près d'Ortona, en Italie, le 20 décembre 1943 (ci-contre). Le major Charles Comfort illustre les combats à Ortona (ci-dessous).

lieutenant-colonel Eric Leslie Booth et composé de 54 chars d’assaut, débarqua en Sicile dans le cadre de l’opération Husky. Cinq jours après, à Grammichele, il fut la première formation de chars canadienne à détruire des chars allemands.

L’un des grands faits d’armes du régiment prit place les 5 et 6 octobre 1943, après l’invasion Alliée de l’Italie continentale. Deux jours avant, les Britanniques avaient audacieusement débarqué à Termoli, sur la côte de l’Adriatique. Or, l’opération risquait de tourner au désastre, car ils étaient attaqués par la 16e Panzerdivision allemande. Les Sherman du TRR roulèrent pendant 16 heures pour se porter au secours des Britanniques et, en détruisant une dizaine de chars et de nombreux autres véhicules, ils obligèrent les Allemands à battre en retraite. Le prix payé? Neuf hommes tués ou blessés, et la perte de cinq chars. « Les cavaliers ont bien raison d’être fiers du travail de

la journée

Jean-Yves Gravel, l’historien du régiment.

LES CAVALIERS ONT BIEN RAISON D’ÊTRE FIERS DU TRAVAIL DE JOURNÉE. »

Deux mois plus tard, le TRR était pleinement engagé dans la capture d’Ortona, port de l’Adriatique. Ce fut l’une des batailles les plus ardues de la guerre pour l’armée canadienne.

Les Sherman fournirent un soutien rapproché à l’infanterie dans la ville, détruisant les bâtiments où s’abritaient des mitrailleuses, des soldats, des tireurs d’élite et des armes antichars de l’ennemi. Le lieutenant John Wallace du TRR s’est souvenu par la suite que les Allemands dissimulaient leurs mines et leurs armes antichars de « manières diaboliques et étonnantes ».

Entre le 15 et le 29 décembre, le TRR déplora 33 morts et blessés, perdit cinq chars, et en vit 12 autres endommagés.

Le terrain en Italie n’était pas des meilleurs pour les chars et, en 1944, le régiment se battait dans des collines et des vallées, le long de routes boueuses et contre un ennemi bien fortifié et acharné. En mai, il traversa avec difficulté les puissantes lignes Gustav et Hitler au sud de Rome, combattant à Monte Cassino en cours de chemin. Fin juin eurent lieu les pires pertes de la guerre que subit le régiment, dans la ligne Trasimene, au nord de Rome : 64 morts et blessés et 22 chars détruits. Néanmoins, Gerald W.L. Nicholson, historien officiel de l’Armée canadienne, qualifia les actions du TRR de « brillantes ».

Pendant les 20 mois qu’il passa en Italie, le TRR dénombra 114 morts et 331 blessés, et cinq de ses hommes furent faits prisonniers. Il avait passé plus de temps au front que toute autre unité de l’Armée canadienne et avait reçu plus d’honneurs de guerre que tout autre régiment blindé canadien. Le régiment fut démobilisé à Trois-Rivières le 30 novembre 1945, et il est aujourd’hui perpétué par le 12e Régiment blindé du Canada. L

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De Les impacts de l’ordre mondial de Trump au cœur des conversations du CEN

la souveraineté canadienne à l’émergence de nouvelles sphères d’influence sur la scène internationale, en passant par les guerres commerciales dans le monde, un thème commun s’est dégagé des rapports et présentations qui ont rythmé la réunion du Conseil exécutif national (CEN) de la Légion royale canadienne en avril dernier : gérer les répercussions des mesures du président américain, Donald Trump.

Larry Murray, grand président, a cependant commencé son discours d’ouverture en rendant hommage aux contributions de Garry Pond, l’ancien premier vice-président national qui a démissionné en raison de problèmes de santé. « Il m’a impressionné dès le début par son solide leadeurship fondé sur les valeurs, la façon dont il plaçait le service avant ses propres intérêts, et ses conseils toujours sages et réfléchis, a loué M. Murray. Merci beaucoup, Garry, pour ton service exceptionnel au Canada, dans les Forces armées canadiennes et à la Légion royale canadienne. »

M. Murray a ensuite installé Sharon McKeown, membre à vie de la filiale Pte. Joe Waters de Milton (Ontario) au poste de première viceprésidente, et Jack MacIsaac, de la filiale Charlottetown, au poste de vice-président, à la place de M. Pond.

Le grand président a mentionné que ses observations finales sortiraient un peu de l’ordinaire. « Je ne crois pas que nous vivons une période normale, a-t-il avoué. Je pense que le Canada pourrait profiter un peu plus de la présence rassurante de la Légion en ces temps difficiles, alors que nous sommes confrontés à des attaques non provoquées de l’administration américaine

actuelle contre notre souveraineté et notre bienêtre économique. Je pense que nous pouvons peut-être faire plus pendant cette crise. »

Dans son discours de bienvenue, Berkley Lawrence, président national, a également fait part de ses préoccupations concernant l’évolution des relations du pays avec son voisin du Sud. Dans son allocution, M. Lawrence a notamment mentionné son entretien officieux de mars dernier avec la ministre des Anciens Combattants, Élisabeth Brière, qui lui a semblé « très honnêtement vouloir collaborer avec la Légion ».

Tout de suite après les remarques liminaires, le CEN a accueilli la générale Jennie Carignan, cheffe d’état-major de la défense et conférencière invitée. Elle a accepté le poste de vice-présidente nationale honoraire de la Légion avant de prendre la parole. Elle a prononcé un petit discours avant de répondre à des questions pendant 40 minutes. « Je prends [ce poste honorifique] avec une immense fierté, a déclaré la générale. Votre soutien et celui des Canadiens sont très importants en ce moment. C’est plutôt encourageant que les Canadiens prêtent davantage attention aux enjeux de défense et de sécurité. »

Selon elle, les Forces armées canadiennes sont dans une phase de transformation et de mobilisation.

« On se rend compte que le monde a changé en regardant le contexte international, a déclaré la générale. On voit désormais des États en envahir délibérément d’autres avec des intentions malveillantes. Et enfin, il y a ce nouveau gouvernement américain qui adopte désormais une

attitude complètement différente, et on doit s’y adapter. »

Les FAC réagissent en changeant leur mode de fonctionnement. Alors que les opérations de stabilité, de combat et de contrinsurrection étaient la norme au cours des 30 dernières années, a noté la générale, « ce n’est plus notre réalité. Nous nous rengageons dans un conflit à grande échelle pour lequel des capacités différentes sont fondamentalement nécessaires. »

La cheffe d’état-major a également abordé les difficultés de longue date de recrutement aux FAC. Elle a fait remarquer qu’en 2024, le recrutement a dépassé de 2 000 personnes le taux de déperdition. Elle s’attend à ce que les forces régulières atteignent leur plein effectif de 71 500 d’ici 2028-2029.

« Nous devons presser le pas, a-t-elle avoué, car nous n’avons pas suivi le rythme de nos adversaires. »

Après le discours de la générale, le conseil est passé aux affaires de la Légion. Jill Carleton, trésorière nationale, a signalé que la Direction nationale avait des revenus nets totaux de 897 242 $ et un gain de 1,7 million de dollars sur les investissements non réalisés à la fin de 2024. Les dividendes et les intérêts gagnés avaient augmenté de 30 %.

Le service de l’approvisionnement avait réalisé des ventes d’un montant de 4 007 152 $ au cours de l’année, quatre pour cent de moins que ce qui était prévu au budget. La grève de Postes Canada à la fin de 2024 a entravé les ventes pendant la saison cruciale des fêtes, bien qu’elles aient augmenté de 42 % début 2025 : le personnel du siège social attribue cette tendance à une récente résurgence de la fierté nationale.

IN THE NEWS

Parallèlement, le nombre de membres de la Légion est toujours en hausse. Les revenus des adhésions ont augmenté pour la troisième année consécutive, atteignant 6 212 649 $. Au total, 256 046 adhésions ont été traitées pour l’année civile 2024, une hausse de cinq pour cent par rapport à l’année précédente. Selon les données préliminaires de 2025, la tendance se poursuivra.

Dans la lignée du développement de la Légion, Sam Biasucci, président du SalDan Construction Group, a parlé au CEN du rôle clé de son entreprise dans la récente réinvention de la filiale ontarienne Sault Ste. Marie, qui a couté 32 millions de dollars.

Le nouveau complexe de neuf étages, doté d’installations de la Légion au rez-de-chaussée ainsi que d’une tour de 108 appartements locatifs, a ouvert ses portes en automne 2024. La filiale, toujours propriétaire du terrain, s’est associée au promoteur et au gouvernement fédéral pour réaliser le projet. Le loyer des locataires servira non seulement au maintien de la filiale, mais au soutien d’anciens combattants.

La filiale comptait 530 membres, ils sont désormais près de 900.

« Je précise que nous nous faisons payer, a déclaré M. Biasucci au CEN. Quant au maintien de l’intégrité, c’est une autre histoire. Cela peut se faire sans parasiter le système. [Les filiales de la Légion] peuvent réellement avoir du succès en faisant comme ça. »

M. Lawrence, président du Comité des anciens combattants, des services et des ainés, a fait le point sur le travail du groupe. Parmi ses activités, il a continué à défendre l’élimination de la législation archaïque connue sous le nom de clause des « mariages après 60 ans » ou des « mariages intéressés », qui oblige les anciens combattants qui se marient après 60 ans à renoncer jusqu’à la moitié de leur pension s’ils veulent le maintien des versements à leur conjoint après leur décès. Le comité

a également continué de plaider en faveur d’un système de prestations et de programmes rationalisé afin de dissiper la confusion causée par de multiples initiatives, notamment la Loi sur les pensions, la Nouvelle Charte des anciens combattants et la Loi sur le bienêtre. Le CEN a également approuvé le financement de divers projets de soutien aux anciens combattants. Le programme A.T.H.E.N.A., une initiative de conditionnement physique en ligne pour les anciennes combattantes, a reçu 26 300 $. La Société pour les troubles de l’humeur du Canada a reçu 93 056 $ pour ses ateliers de soutien par les pairs et ses webinaires sur la santé mentale destinés aux anciens combattants. Hero Lodge, une escapade de chasse et pêche dans les Territoires du NordOuest a reçu 5 000 $ pour couvrir les frais d’épicerie des anciens combattants qui font les cinq jours d’excursion. Enfin, Ways to Wellbeing a obtenu 12 000 $ pour son programme de partenariat de soutien aux anciens combattants.

Dans son rapport, la fondation caritative Fondation nationale Légion a également annoncé le financement de diverses initiatives, notamment : 200 000 $ à la Maison du vétéran Canada pour construire et meubler un nouvel édifice à Edmonton et aider les anciens combattants sans abri, 25 000 $ à l’Association Centre Juno Beach, et 17 000 $ au King’s University College.

Deux autres rapports de comité se sont démarqués.

Le Comité du coquelicot et du souvenir a souligné ses dernières initiatives, en particulier le nouvel outil en ligne de la Légion « Planifier une cérémonie du jour du Souvenir » pour les écoles, la refonte et l’expansion de son programme de boites d’hommages numériques, une tentative en 2025 de boites de don du coquelicot en carton et le renouvèlement du partenariat de la Légion avec Amazon pour le reste de l’année (certains articles

de la boutique du coquelicot sont offerts sur le marché numérique). Par ailleurs, le Comité des rituels, des récompenses et du protocole a recommandé de modifier l’uniforme de la Légion. Le port de l’épinglette à drapeau du Canada du service de l’approvisionnement de la Légion – à l’extérieur et au niveau de l’épinglette Appuyons nos troupes – pendant une période initiale de deux ans (limitée par les statuts existants) a été approuvé. En outre, le président du Comité des sports, Trevor Jenvenne, a signalé que les épreuves nationales de cribbage avaient eu lieu du 25 au 27 avril à la filiale ontarienne Whitby, que la filiale Last Post de Port Stanley, en Ontario, accueillerait les nationaux des fléchettes du 2 au 4 mai (cf. page 23), et que les championnats nationaux du jeu de la huit organisés par la filiale Fredericton auraient lieu du 23 au 25 mai. Et comme en 2024, la ville de Calgary accueillera les Championnats nationaux d’athlétisme pour jeunes de la Légion de 2025, prévus du 6 au 12 aout. Regina organisera les compétitions en 2026 et en 2027. Quant au Congrès national du centenaire, il se tiendra à Winnipeg du 22 au 26 aout 2026. Et la Légion s’apprête à accueillir le congrès triennal de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth à Ottawa du 28 juin au 3 juillet. La ligue compte 52 organisations d’anciens combattants de 46 pays qui appartiennent ou qui ont appartenu au Commonwealth, et qui soutiennent le bienêtre des anciens combattants et des personnes à leur charge.

Les rapports des présidents de direction divisionnaire, quant à eux, ont révélé plusieurs thèmes communs, notamment sur les partenariats, la recherche, le sans-abrisme chez les anciens combattants, les lits de soins de longue durée pour les anciens combattants et les vols de vaillance.

« Notre direction continue de soutenir le programme HiMARC (Heroes in Mind, Advocacy and Research Consortium) de l’Université de l’Alberta », a rapporté Rosalind LaRose, présidente de la direction Alb.–T. N.-O. Puis, elle a ajouté que sa direction s’était également associée à celle de la C.-B.–Yn pour élaborer un programme de chiens d’assistance.

Carol Pedersen, présidente de la Saskatchewan, a souligné le programme de 1,5 million de dollars de sa province qui sert à financer les rénovations et les mises à jour de bâtiments des clubs de services pour anciens combattants, ainsi que le travail de sa direction pour lutter contre l’itinérance chez les anciens combattants, avec notamment l’intervention d’un spécialiste

À VOTRE SERVICE

des traumatismes. « Nous voyons des résultats incroyables, a déclaré madame Pedersen dans son rapport. Les anciens vétérans et leurs conjoints n’ont que des commentaires positifs. La plupart, sinon tous, disent qu’ils peuvent réellement envisager l’avenir. »

Thomas Irvine, président du Québec, a parlé avec verve de l’importance d’identifier et de traiter les cas de vol de vaillance dans l’organisation. Il a rapidement créé un comité divisionnaire pour s’attaquer au problème dès 2022, quand il a pris ses fonctions actuelles.

« Le comité a traité près d’une douzaine de cas concernant des violations présumées de la politique sur le vol de vaillance de la LRC, note M. Irvine dans

son rapport. Ces résultats soulignent le besoin crucial d’une vigilance continue pour préserver l’intégrité de notre organisation et la confiance de nos membres. »

Et M. Irvine sait de quoi il parle. Le président, M. Lawrence lui a décerné une présentation spéciale en l’honneur de ses deux décennies au CEN.

« Je peux dire avec fierté que lorsque j’étais président [de la direction nationale] pendant les années de la COVID, aucune filiale n’a fermé à cause de la pandémie pendant mon mandat, a déclaré M. Irvine. Notre équipe de direction a distribué 3 millions de dollars puisés dans nos réserves, somme qui a été intégralement remboursée. Je crois que c’est notre plus grande réalisation. » L

À VOTRE SERVICE est une notice rédigée par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez le 1-877-534-4666 ou consultez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour accéder à des années d’archives.

La direction nationale souligne les priorités du récent rapport sur la santé des anciens combattants

Ladirection nationale de la Légion royale canadienne continue de suivre les conclusions de la dernière Évaluation des besoins en santé communautaire d’Anciens Combattants Canada. Le but de ce rapport était d’établir une vision inclusive et holistique de la santé et du bienêtre des anciens combattants canadiens afin de leur fournir, ainsi qu’aux chercheurs en santé, aux décisionnaires et aux partenaires de services, des données complètes et accessibles sur le bienêtre de la communauté. Diverses sources ont participé à la collecte et à l’analyse des informations. Les conclusions serviront à orienter les politiques, les recherches et l’allocation de ressources, tout en réduisant les obstacles et en accroissant l’équité en matière de santé.

La collaboration avec la communauté des anciens combattants et au sein de celle-ci est essentielle pour établir la confiance et des partenariats solides entre les anciens combattants, les groupes de défense des droits et tous les paliers de gouvernement. Le rapport a constaté que les anciens combattants pouvaient tirer parti de leurs qualités distinctes et leurs expériences militaires (résilience, discipline, débrouillardise, etc.) pour leur bienêtre.

Bien que 23 priorités aient été identifiées, la direction nationale considère que les quatre éléments suivants sont les clés d’un vrai changement :

• réduire la dépendance à l’égard des fournisseurs de soins primaires pour les processus de demande d’ACC et l’accès aux soins de santé;

• rationaliser la bureaucratie d’ACC afin de renforcer la confiance, la responsabilisation et la coordination entre les systèmes de soins de santé;

• améliorer l’accès aux prestataires de soins de santé ayant une compétence culturelle militaire et une approche des soins tenant compte des traumatismes;

• accroitre le soutien financier aux anciens combattants, à leur famille et à leur dispensateur de soins.

Pour obtenir de l’aide sur l’accès aux prestations d’ACC, communiquez avec les services aux anciens combattants de la LRC en écrivant à veteransservice@legion.ca ou en appelant sans frais le 1-877-534-4666. L

Balayage aux fléchettes nationales pour l’équipe Nouvelle-Écosse–Nunavut

Stephen

L’

équipe Nouvelle-Écosse–Nunavut a connu un triomphe sans précédent la première fin de semaine de mai. Elle a balayé la série de 27 matchs, gagnant ainsi le titre par équipe aux championnats nationaux 2025 de fléchettes de la Légion royale canadienne, à Port Stanley, Ontario.

Coady Burke, Jason Smith, William (« Willie ») MacIsaac et Sheldon Fudge ont réussi cet exploit lors de la dernière journée de compétition, organisée par la filiale Last Post dans le pittoresque village des rives du lac Érié, au cœur de l’industrie du bois et de la pêche, à 220 kilomètres au sud-ouest de Toronto. Des équipes des 10 divisions de la Légion y ont participé.

MM. Burke et Smith de la filiale Lakeside, près d’Halifax, avaient remporté le championnat des doubles 2024 à Laval, Québec, mais ils ont tous deux convenu que le titre par équipe était plus satisfaisant, et pas seulement à cause du balayage.

« C’est un jeu tellement plus difficile quand on joue à quatre, explique M. Smith. Ce n’est pas aussi fluide, et on doit attendre Dieu sait combien de temps avant de [lancer]. Alors, gagner sans perdre une seule manche? C’est fou. »

Martin Tremblay, de la filiale québécoise Dorval, a remporté le titre en simple grâce à 21 victoires, dont des balayages de trois parties contre chacun de ses cinq derniers adversaires, tandis que Dalton Desmarais et Bryce Book, de l’équipe ColombieBritannique/Yukon, ont remporté celui des doubles. Ce duo de Kamloops, C.-B., faisait partie de l’équipe C.-B./Yn qui a remporté le titre par équipe en 2024.

Dylan Jenkins de l’I.-P.-É. (en haut) pointe sa fléchette. Le président de la Division de l’Ontario, Derek Moore et le président de la filiale ontarienne Port Stanley, Rich McClenaghan, avec l’équipe championne de N.-É.–Nt : Coady Burke, Jason Smith, William (« Willie ») MacIsaac et Sheldon Fudge de la filiale MacDonald Memorial de Lakeside.

Les champions en double et en équipe ont déclaré que la complicité avait joué un rôle fondamental dans leurs succès respectifs.

« Je considère toujours ces épreuves en équipe et en double comme des compétitions de complicité, a déclaré M. Book, qui a remporté le titre en double en 2019, en Nouvelle-Écosse, avec son frère Connor. Sans complicité entre les partenaires, impossible de bien s’en sortir.

« Et avec tous les mauvais coups qu’on a eus aujourd’hui – et on en a eu beaucoup –, on ne se renvoie pas le blâme, on se débrouille pour trouver la bonne façon de gagner. »

Le duo a surclassé cinq adversaires tout en accumulant 20 victoires, trois de plus que la deuxième place obtenue par l’équipe Terre-Neuve-et-Labrador. L’équipe Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario s’est classée deu-xième en simple avec 18 victoires. Le Québec est

La commandante du district A de l’Ontario, Caroline Mayo, se joint aux champions par double Dalton Desmarais (plaque dans les mains) et Bryce Book de la C.-B.–Yn. Le champion des simples, Martin Tremblay (plaque dans les mains), est accompagné par ses coéquipiers du Québec : Daniel Auger, Dencio Damplilag et Sylvain Bourdeau.

arrivé deuxième dans la compétition par équipe grâce à 21 victoires.

M. Desmarais a qualifié sa collaboration en double avec M. Book de meilleure collaboration en 10 ans de jeu de fléchettes. « Une grande complicité qui, comme il dit, est très, très importante. »

M. Burke, de Nouvelle-Écosse, a déclaré que son équipe de quatre hommes ressentait la pression « à 100 % » quand la perspective d’un parfait balayage tournait à l’évidence.

« C’est aux deux derniers tours que ça a vraiment commencé, dit-il. Et à chaque manche, il n’y a pas à en douter […] tout le monde la ressentait, la pression, parce que c’est devenu tout à coup quelque chose de tout à fait différent. Non seulement on savait qu’on avait gagné […], mais on voulait finir invaincus. »

M. Smith estime que la compétition par équipe est généralement la plus difficile en termes de complicité, mais pas pour ces gars-là. « Cela devrait être plus difficile, mais ce sont tous des gars d’ici, nous les connaissons depuis toujours, alors ce sont nos meilleurs amis, explique-t-il. C’est pour ça qu’on a gagné. »

La filiale de Port Stanley compte plus de 500 membres. Elle est en plein essor dans une ville de seulement 3 000 habitants. Chaque dimanche d’été, entre 13 h et 17 h, elle organise une réception en plein air sur le terrain communal en face

du bâtiment, avec musiciens, tentes, tables et barbecue. Grâce à l’aide de 16 bénévoles, elle attire des centaines de participants chaque semaine ensoleillée. La filiale ouvre ses portes lorsqu’il pleut. Rich McClenaghan, 79 ans, président de la succursale et ancien ouvrier de l’automobile à la retraite, a rejoint la Légion à la demande de son père, ancien combattant, avant de déménager de St. Thomas en 1991. Il s’est occupé du bar, a géré les dons et a fait la cuisine. Janice, son épouse, est l’agente des relations publiques de la filiale.

M. McClenaghan a déclaré que les bénévoles s’étaient mobilisés pour les deux jours des championnats de fléchettes, et qu’ils avaient largement contribué à leur succès. Les horaires étaient bien organisés et les évènements se sont déroulés comme sur des roulettes, se terminant à l’heure et sans accroc. Derek Moore, président de la division de l’Ontario, a joué le rôle de marqueur tout au long des compétitions.

« Remercions Dieu pour les bénévoles, a conclu le président. Ils sont tout simplement incroyables. » L

Les équipiers de N.-É.–Nt réagissent lorsque William (« Willie ») MacIsaac complète un balayage de 27 parties, de l’inédit, en terminant une partie par un double aux fléchettes par équipe.

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