JanFeb 2025 french

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L’attachement au Souvenir

LES VISAGES DES ANCIENS COMBATTANTS CHANGENT, ET LA POPULATION

CANADIENNE RASSEMBLÉE À OTTAWA POUR LA CÉRÉMONIE

ANNUELLE POURSUIT

SON ENGAGEMENT

À RENDRE HOMMAGE AU SACRIFICE DES MILITAIRES

ALEX BOWERS

Voir l’article à la page 4

Un ancien combattant marque une pause pour se recueillir pendant la cérémonie nationale du jour du Souvenir.

Vol. 100, No 1 | Janvier/Février 2025 Conseil d’administration

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nos foyers et nos droits? La Qui protègera

coupe est pleine.

On se doute bien que les poils du Canadien moyen se hérissent lorsque ses voisins américains s’ingèrent dans les affaires du pays, mais nos amis ont fait mouche quand, l’année dernière, ils ont reproché au Canada ses dépenses en matière de défense.

« Nous sommes préoccupés et profondément déçus que les plus récentes projections du Canada indiquent qu’il n’atteindra pas son engagement de 2 % au cours de cette décennie », a écrit en mai 2024 un groupe bipartite de 23 sénateurs américains au premier ministre Justin Trudeau. Ils parlaient là de l’objectif de dépenses militaires dont avaient convenu les membres de l’OTAN plus tôt dans l’année.

« En 2029, cinq ans après l’échéance convenue de 2024, les dépenses en défense du Canada ne devraient atteindre que 1,7 %, et rester en dessous du niveau de référence des dépenses. »

Le problème n’est pas tant la critique ni son absolue exactitude. Le plus gros problème, c’est que le Canada a laissé son armée, autrefois respectée, voire vénérée, devenir une pâle imitation de sa splendeur d’antan. En effet, dans sa forme actuelle, elle rappelle davantage la milice ad hoc post-Confédération qu’une armée professionnelle moderne. Soyons clairs. Il ne s’agit pas là de critiquer les soldats du rang canadiens qui ont consacré leur vie à se battre pour leur pays. En effet, l’amenuisement de la force de l’armée canadienne est sans nul doute largement attribuable au fait que des gens bien sont de plus en plus exaspérés par leur employeur, soit parce qu’il semble simplement ne pas se soucier d’eux, soit parce qu’il gère si mal ses affaires que c’est l’impression qu’il leur donne. Voici quelques exemples.

Selon les plus récentes estimations publiques de Bill Blair, ministre de la Défense, il manque au moins 16 500 membres aux Forces armées canadiennes. Et il y a environ un an, le premier commandant du pays a déclaré qu’il lui fallait encore 14 500 personnes supplémentaires pour atteindre les effectifs autorisés de l’armée.

Voici un problème qui se résout facilement, n’est-ce pas? Eh bien non, malheureusement. Comme l’a écrit David J. Bercuson dans notre chronique « Eye on Defence » (coup d’œil sur la défense, NDT) dans l’article « Recruiting agency » (Agence de recrutement, NDT) du numéro de septembre/octobre 2024, le système de recrutement militaire du Canada est miné par des problèmes depuis près de 30 ans. Aujourd’hui, comme il l’a écrit, il est « cassé de multiples façons ». Alors, après trois décennies de problèmes, est-il étonnant que les effectifs ne soient pas suffisants? Comment est-ce possible qu’il n’ait pas été réparé?

Au fil des ans, M. Bercuson a également plusieurs fois écrit sur le catastrophique système d’approvisionnement du Canada pour la défense. Quel que soit l’équipement, avions ou pistolets, il faut trop longtemps pour les obtenir et ils coutent trop cher. Le processus d’achat est devenu particulièrement politisé il y a environ 15 ans, ce qui a contribué aux retards et dépassements de couts, mais il était déjà géré avec un système obsolète à l’époque. Le problème est évident. Mais il ne semble y avoir aucune volonté de le résoudre.

Cette cumulation de problèmes se voit clairement sur le terrain, notamment dans l’engagement du pays pour le maintien de la paix. Ces missions étaient autrefois considérées comme un élément de l’identité du Canada : plus de 125 000 Canadiens ont servi dans des opérations de paix depuis 1956, mais l’an dernier, ils n’étaient qu’une centaine. Et ce, malgré l’engagement du premier ministre en 2015 de fournir beaucoup plus de personnel à ces missions.

À la Revue Légion, nous sommes également préoccupés par l’état de l’armée canadienne et profondément déçus. Le pays mérite mieux, ne serait-ce que pour honorer les sacrifices de ceux qui l’ont servi. L

Cesar Vanneste avait six ans quand il a assisté à la libération de son village en Belgique. La date du 6 septembre 1944 est toujours restée gravée dans son esprit.

« Mon père m’a dit [ainsi qu’à mes trois frères] de nous tenir loin des fenêtres, raconte-t-il. Bien sûr, les garçons étant ce qu’ils sont, nous avons quand même regardé, mais nous n’avons rien vu. »

Aujourd’hui, à 80 ans bien sonnés, ce résident ontarien de Kanata se souvient du moment où il a enfin aperçu les soldats canadiens et polonais qui, au prix d’un autre bain de sang dans les rues après qu’un tireur d’élite ennemi eut ouvert le feu, ont sécurisé sa collectivité.

M. Vanneste n’a jamais pu oublier ce sacrifice. Vêtu d’un manteau noir et d’une écharpe rouge pour se protéger du vent mordant de novembre, il assiste aux commémorations du jour du Souvenir de 2024 à Ottawa. C’est la 54e fois, selon son épouse, Ellen Marie, vêtue pareillement. C’est pour lui une façon de leur rendre hommage.

Tel était le sentiment général des quelque 35 000 spectateurs, même si chacun avait ses raisons de venir au Monument commémoratif de guerre du Canada, dont certains, plusieurs heures avant l’évènement officiel.

Heather Dorward, résidente d’Ottawa, portait cette raison au cou : une photo encadrée de son défunt père.

« Il est décédé en février », dit-elle, Thomas Dorward était adjoint médical de l’OTAN, et il a été posté en Allemagne. Elle reconnait que, grâce à son rôle ultérieur de réserviste, elle

Ellen Marie et Cesar Vanneste assistent à la cérémonie nationale du jour du Souvenir (en regard). Heather Dorward, avec une photo de feu l'ancien combattant Thomas, son père, et les légionnaires

Elisabeth King et Catherine Elliot Shaw (ci-dessous)

« ne [l’a] pas trop perdu » pendant son enfance. « Mais, du temps avec leurs proches [pendant leur service] a été arraché à beaucoup de familles, et certaines ont littéralement perdu cette personne. »

Non loin de là, Elizabeth King et Catherine Elliot Shaw, de London, en Ontario, toutes deux membres de la filiale Vimy de la Légion royale canadienne, souhaitaient rendre hommage à toutes les personnes tombées au combat.

« Je l’ai souvent regardé à la télévision, nous dit Mme Shaw, mais c’est la première fois que j’y suis en personne. Alors c’est très spécial. C’est une journée très spéciale partout au Canada. »

C’était bel et bien le cas. De parfaits inconnus de divers horizons, se découvrant le souvenir

comme affinité, bavardaient de façon impromptue, et ce bourdonnement augmentait à mesure que la foule s’amassait. Pendant ce temps, d’autres avaient opté pour un moment de réflexion en silence, regardant les derniers préparatifs autour du monument, les yeux dans le vague, apparemment perdus dans leurs pensées. Vers 9 h 30, un changement d’humeur tangible s’est produit dans la foule venue avec son café. Les rires se sont vite estompés, remplacés par une sombre contemplation. Alors que les drapeaux flottaient au vent, les nuages ont commencé à se dissiper, et des rayons de soleil ont surgi. Parmi les personnes à l’honneur lors de l’évènement de cette année se trouvait John Preece,

Les gagnants séniors des concours littéraires et d’affiches de la jeunesse nationaux de la Légion déposent une couronne de la part des jeunes du pays. La Mère de la Croix du Souvenir (d’argent) nationale, Maureen Anderson, dépose une couronne. L’aumônier général, Guy Bélisle récite une prière dédiée à l’évènement.

La Mère de la Croix d’argent de cette année, Maureen Anderson, est arrivée peu de temps après, portant deux croix en l’honneur de ses fils, les sergents Ron et Ryan Anderson. Les frères Anderson, tous deux vétérans de la guerre d’Afghanistan, ont été victimes du trouble de stress post-traumatique par la suite, un facteur directement lié à leur décès prématuré. La veille, lors d’un diner, Mme Anderson avait peiné à évoquer ces décès tragiques. M. Lawrence l’a accueillie à la cérémonie du jour du Souvenir par une chaleureuse étreinte. Puis est arrivée la gouverneure générale, Mary Simon. En tant que commandante en chef des Forces armées canadiennes, elle était vêtue d’un uniforme de l’ARC pour marquer le centenaire de la branche, l’un des deux thèmes

principaux de l’évènement avec le 80e anniversaire du jour J. Presque toute la foule est devenue muette alors que l’horloge allait sonner onze heures, même si la plupart des gens étaient déjà silencieux avant que ne résonne le « Dernier appel ». Une interprétation entrainante de « O Canada » du Chœur d’enfants d’Ottawa a précédé les notes obsédantes du clairon, dont l’écho s’est répercuté sur les bâtiments de la rue Elgin. Ce moment de contemplation en silence a continué pendant le salut des 21 coups de canon tirés par le 30e Régiment de campagne de l’Artillerie royale du Canada, à l’exception des cris de surprise d’un enfant. Ses pleurs n’ont semblé déranger personne, car beaucoup de gens avaient euxmêmes les larmes aux yeux.

Seule « l’Élégie » jouée par un cornemuseur a pu sortir les participants de leurs réflexions, avec le vrombissement de quatre avions CF-18 Hornet qui les ont survolés. Le silence a pris fin quand le caporal Malcolm Horava a joué le « Réveil », bien que l’état d’esprit occasionné pendant les deux minutes se soit attardé, tout comme la fumée d’artillerie dérivant de la Colline du Parlement. Trois versions de l’Acte du Souvenir ont alors été récitées : la première en anglais, par M. Lawrence, la deuxième en français, par le grand président de la LRC, Larry Murray, et la troisième en Michif du nord de l’Ontario, par l’ancien combattant métis Robert Baskey. Indépendamment de la langue, le sentiment a ému les spectateurs à chaque lecture.

Ensuite est venu le temps pour l’aumônier général, Guy Bélisle, de prononcer des prières, comme le veut la longue tradition. Il a souligné que « dans un esprit de paix et de gratitude, ce moment nous incite à réfléchir aux sacrifices de nos héros et de leur famille. « Leurs actes nous rappellent l’importance de l’unité, et c’est dans cette unité que nous trouvons espoir et résilience face aux défis que le monde nous lance continuellement. » Cette unité semblait également être pleinement exposée lors du dépôt de couronnes effectué pendant que le Chœur d’enfants d’Ottawa interprétait « In Flanders Fields » (Au champ d’honneur). Mme Simon et son

mari, Whit Fraser ont amorcé l’hommage, suivis par Mme Anderson, M. Trudeau, la viceprésidente adjointe de la Chambre des communes Carol Hughes, la ministre des Anciens Combattants Ginette Petitpas Taylor, la cheffe d’état-major de la Défense, Jennie Carignan, les gagnants des concours d’affiche et littéraires séniors de la Fondation nationale Légion, et M. Lawrence de la LRC.

La pluie a attendu longtemps avant de s’abattre, mais des gouttelettes sont vite tombées sur la délégation qui comptait des membres du corps diplomatique et de divers groupes d’anciens combattants. Cela ne l’a toutefois pas découragée d’aller présenter ses hommages. Le rabbin Idan Scher, le représentant multiconfessionnel, n’a pas semblé se soucier

du temps froid et pluvieux alors qu’il se tenait sur le podium pour prononcer la bénédiction.

Le bâton à exploits des Forces canadiennes

« Dans un monde souvent divisé, a-t-il déclaré, le lien indéfectible entre nos soldats est une source de force pour nous tous. Les Forces armées canadiennes, qui reflètent la riche diversité de notre pays, nous rappellent les réalisations remarquables possibles lorsque nous nous unissons pour une cause plus grande que nous-mêmes. »

La cérémonie s’est conclue lorsque le chœur a entonné

« God Save the King ». Une grande partie du cortège vice-royal est restée pour serrer des mains avant de quitter le mémorial. Mme Simon a ensuite invité Mme Anderson à se joindre à elle sur le gradin pour passer le défilé en revue aux côtés de M. Trudeau et de M. Lawrence.

« Merci, merci, et que Dieu vous bénisse », a crié Ellen Marie Vanneste alors que les anciens combattants et les militaires en service s’en allaient. Exprimant un désir sincère de revenir exactement au même endroit à la même heure en 2025, pour une 55e année, elle et son mari ont affiché leur engagement commun de soutien aux sacrifices de l’armée canadienne. Ils n’étaient pas les seuls. L

Journée des anciens combattants autochtones

Le 8 novembre 2024, une cérémonie distincte a eu lieu au Monument aux anciens combattants autochtones d’Ottawa à l’occasion de la Journée des vétérans autochtones, en reconnaissance des sacrifices des militaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis partout au Canada. L’évènement a mis en vedette de nombreux éléments traditionnels associés au jour du Souvenir, notamment le bâton à exploits des Forces canadiennes et des chants autochtones. «  C’était très, très important pour moi d’être là  », a déclaré le colonel David Grebstad, commandant adjoint du Groupe de transition des Forces armées canadiennes et citoyen des Métis de la rivière Rouge. «  Et je pense aussi qu’il est important de se passer le mot.  »

Plus de 4  000 soldats autochtones ont servi pendant la Première Guerre mondiale, et au moins 3  000, pendant la Seconde Guerre mondiale. Un nombre écrasant a enduré, en rentrant au pays, le racisme et la discrimination qu’ils avaient laissés derrière eux.

«  Beaucoup ont essuyé des refus aux avantages accordés à leurs collègues non autochtones  », a expliqué M. Grebstad, qui fait également partie du Groupe consultatif des Autochtones de la Défense, une organisation créée pour représenter les employés autochtones de la fonction publique travaillant pour la Défense nationale et les Forces armées canadiennes.

De nos jours, comme toujours, les militaires des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis contribuent de manière importante aux institutions militaires du Canada, que ce soit dans le cadre des opérations de l’OTAN en Europe, des missions de maintien de la paix des Nations Unies ou de la défense du pays lui-même.

Le lieutenant-général Michael Wright, commandant de l’Armée canadienne, était l’une des personnes invitées à prononcer une allocution lors des commémorations. Quelques jours avant, il avait publié une déclaration où il disait : «  Nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous pouvons et devons continuer à valoriser les cultures autochtones dans notre travail tous les jours de l’année.  »

D’anciens avions-écoles appartenant à la Canadian Harvard Aircraft Association de Tillsonburg, Ont., ont effectué plusieurs défilés aériens au centre Sunnybrook pour anciens combattants lors de la cérémonie du jour du Souvenir. À la tête du défilé du centre Sunnybrook se trouvaient les cornemuseurs du 400 e Escadron tactique d’hélicoptères de l’ARC. Des membres de leur famille, des amis et des membres du personnel du Sunnybrook ont longé la voie piétonne jusqu’au cénotaphe du campus, applaudissant les anciens combattants alors qu’ils se rendaient à la cérémonie réglée à l’extérieur.

Le sous-lieutenant Chris Snider, 21 ans, commandait le 8e Peloton de la compagnie « C » du 3e Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry lorsque sa patrouille de 10 hommes fut prise sous les tirs de mortiers chinois installés dans les collines d’en face.

C’était la nuit du 25 avril 1953, et Snider avait détecté des troupes ennemies s’approchant d’eux dans la zone neutre qui formait la frontière entre les Corée.

La guerre durait alors depuis près de trois ans. Snider, un volontaire de l’armée canadienne né aux États-Unis qui avait grandi à Oakville, en Ontario, s’était habitué au sifflement des balles de carabine et de mitrailleuse près de lui, ainsi qu’à la pluie aléatoire des obus.

La patrouille était accroupie entre les bermes d’une rizière. Le reste du bataillon était loin derrière. Les batteries d’artillerie encore plus.

« Avec beaucoup de sang-froid, cet officier a continué d’observer les mouvements de l’ennemi et a dirigé des tirs d’artillerie très précis sur le corps principal de vingt à trente soldats ennemis », est-il dit dans la citation de la Croix militaire que Snider a plus tard reçue.

Les Chinois continuèrent d’avancer jusqu’à ce que des obus de 25 livres de l’artillerie de la coalition, tirés à plus de deux kilomètres en arrière, tombent à moins de 22 mètres de la position de Snider. C’est là que l’ennemi rebroussa chemin.

« AVEC BEAUCOUP DE SANG-FROID, CET OFFICIER A CONTINUÉ D’OBSERVER LES MOUVEMENTS DE L’ENNEMI ET A DIRIGÉ

DES TIRS D’ARTILLERIE TRÈS PRÉCIS SUR LE CORPS PRINCIPAL DE VINGT À TRENTE SOLDATS ENNEMIS. »

« Ce n’est vraiment pas passé loin, a reconnu Snider, mais nous étions habitués. »

Pendant ce temps, le feu de mortiers chinois affluait, gagnant même en volume.

« Sans égard pour sa propre sécurité, le lieutenant Snider s’est déplacé dans toute sa zone de patrouille pour vérifier la sécurité de ses hommes et les rassurer, est-il écrit dans la citation. Lorsque le feu de mortiers s’est calmé, il a choisi un homme pour fouiller la zone à la recherche de morts ou de blessés ennemis avec lui. »

Ils n’ont trouvé que des bandages ensanglantés, nous a expliqué Snider, désormais âgé de 92 ans, après les cérémonies du jour du Souvenir au centre pour anciens combattants Sunnybrook de Toronto. Ils retournèrent à la position de leur patrouille et se replièrent.

« Grâce à l’action courageuse de cet officier, il n’y a eu aucune victime dans la patrouille en attente et l’ennemi n’a pas pu atteindre son objectif. »

Désormais depuis longtemps à la retraite, et président du conseil des anciens combattants de Sunnybrook, Snider a confié aux gens qui assistaient au service au cénotaphe et à la cérémonie

de dépôt de couronnes de l’établissement que le 11 novembre avait suscité chez lui beaucoup d’émotions et de « souvenirs d’amis perdus ».

Plus de 1 000 résidents, membres de leur famille et membres du personnel du centre Sunnybrook pour anciens combattants de Toronto se sont rendus aux cérémonies du jour du Souvenir.

et bénévoles Alexandre et Jeannine Raab) pour un défilé jusqu’au cénotaphe, où ils passent sous les applaudissements du personnel et des autres personnes qui se pressent le long de la passerelle menant au parc de l’hôpital Sunnybrook.

Au programme de la cérémonie de 2024 figurait la chanson

Selon lui, le cénotaphe de Sunnybrook nouvellement dédié sert à « nous rappeler tous ceux qui ont perdu la vie au service du Canada ».

« La responsabilité nous incombe de ne jamais oublier le service, ancien ou actuel, des soldats, marins, aviateurs et marins marchands canadiens. »

Sunnybrook a ouvert ses portes en 1946. C’était alors un hôpital pour le personnel militaire canadien revenant de la Seconde Guerre mondiale. Ce centre pour anciens combattants, qui fait partie du vaste centre des sciences de la santé du même nom de 400 hectares, accueille un peu moins de 200 résidents, dont plus de 50 anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale au moins centenaires.

Chaque jour du Souvenir, les résidents, leurs familles et le personnel assistent à une cérémonie privée à l’intérieur, puis ils se rassemblent dehors, sur le boulevard Raab (nommé en l’honneur des donateurs

« Blowin’ In The Wind » de Bob Dylan, interprétée par des élèves de la John Wanless Junior Public School, ainsi que le dépôt de couronnes par des membres du 400e Escadron tactique d’hélicoptères de l’Aviation royale canadienne et des étudiants du Upper Canada College.

Sur la péninsule coréenne, d’autres d’exploits allaient avoir lieu avant que Snider ne reçoive la Croix militaire.

Huit semaines après ses actes du mois d’avril, le 13 juin 1953, Snider prit un nouveau risque en se précipitant devant sa patrouille pour sauver à lui seul trois soldats immobilisés par une attaque aux mortiers alors qu’une patrouille chinoise s’approchait.

« Nous avions rencontré un nombre d’ennemis plus grand que prévu, se souvient Snider. Nous étions une dizaine, si je me souviens bien. Ils étaient entre 20 et 25. Ils auraient été chinois à ce stade-là,

LA RESPONSABILITÉ

NOUS INCOMBE DE NE JAMAIS

OUBLIER LE SERVICE, ANCIEN OU ACTUEL, DES SOLDATS, MARINS, AVIATEURS ET MARINS MARCHANDS CANADIENS. »

mais certains auraient pu être nord-coréens. C’est difficile à dire. » Avec des obus tombant autour d’eux et entre eux, et au risque d’être envahis par une force ennemie supérieure, « pas sans combattre », nous a-t-il assuré, il a demandé une autre frappe d’artillerie.

« Il s’est exposé à plusieurs reprises pour tenter d’attirer les tirs d’armes légères de l’ennemi et a personnellement fouillé la zone présumée de l’ennemi, est-il écrit dans sa citation qui couvrait les deux actions. L’ennemi a été

observé en train de regagner ses propres lignes, et il a dirigé des tirs d’artillerie et de mortier sur eux. »

Des élèves de l’Upper Canada College ont déposé des couronnes à la cérémonie réglée au cénotaphe du Sunnybrook Health Sciences Centre de Toronto (ci-dessus). Ed Marshall, membre du 1er bataillon canadien de parachutistes lors de la Seconde Guerre mondiale, a recueilli 105 000 $ pour le Toronto Sick Kids Hospital, en sautant d’un avion à l’âge de 100 ans, le 12 juillet 2024. Il est accompagné à l’occasion du jour du Souvenir au centre Sunnybrook pour anciens combattants par sa ludothérapeute, Jacqueline Chelsky (en regard à gauche). La résidente du Sunnybrook Valentina Belianskaia, âgée de 102 ans, a servi dans les forces soviétiques pendant la Deuxième Guerre mondiale. Elle a rendu l’âme le 15 novembre (en regard à droite).

« La maitrise rapide, efficace et offensive de toutes les situations par cet officier a mené à l’absence de victimes et à la perpétuation de la domination de la zone neutre. Le lieutenant Snider a agi en tout temps selon les normes les plus élevées de l’infanterie et a été source d’inspiration pour ses hommes. »

Après la Corée, Snider passa en revue les options qui s’offraient à lui. Il pouvait reprendre son

travail de préposé dans une station-service Shell au Canada ou continuer de gravir les échelons d’officier dans l’armée canadienne. Le choix fut facile.

Membre du Patricia jusqu’au bout, il servit à Chypre, en Allemagne de l’Ouest, en Angleterre et au Pakistan, et il fut le dernier attaché militaire de l’ambassadeur du Canada en Afghanistan avant l’invasion des Soviétiques de 1979.

Il a servi pendant 36 ans et a pris sa retraite, en 1987, avec le grade de brigadier-général. L

Serge Durflinger

Le Le massacre de

Un artiste représente l’attaque à Schenectady, New York (ci-dessus), tandis qu’un autre montre les vêtements militaires d’hiver du milicien canadienfrançais de l’époque (en regard, en haut). Ces citoyens fuient les envahisseurs (en regard, en bas).

Schenectady

EN 1690, DES CANADIENS DE LA NOUVELLE-FRANCE RASÈRENT

UN VILLAGE DE LA COLONIE ANGLAISE DE NEW YORK

8 février 1690, une force composée de miliciens canadiens et leurs alliés autochtones incendia Schenectady et massacra les habitants de ce village new-yorkais. Cet incident fut d’une violence peut-être inédite pendant la guerre transfrontalière entre la Nouvelle-France et les colonies anglaises des Amériques. La guerre entre l’Angleterre et la France avait éclaté en 1689. L’attaque menée par les Canadiens à Schenectady était en partie des

représailles à la suite du massacre brutal de colons français par les Iroquois à Lachine cette même année. Le gouverneur combattif de la Nouvelle-France, Louis de Buade de Frontenac, avait décidé d’élargir la guerre aux colonies anglaises isolées les plus proches. Il lança donc une série d’expéditions punitives, dont une de Montréal qui ciblait la capitale de la colonie anglaise de New York, Albany, située à environ 300 kilomètres au sud.

La force, commandée par Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène, Nicolas d’Ailleboust de Manthet et le célèbre officier de marine Pierre Le Moyne d’Iberville, se composait de 114 miliciens canadiens, de 96 Saults et Algonquins et de quelques guerriers mohawks chrétiens. Les troupes étaient expertes dans la guerre en forêt, et elles avaient fait leurs preuves dans les campagnes hivernales. Chaussées de raquettes à cause d’une épaisse couche de neige, elles cheminèrent vers le sud dans les sentiers boisés vallonnés et le froid mordant de janvier, le long de la rivière Richelieu et des lacs Champlain et George, traînant leurs provisions sur des toboggans. Ce fut un voyage ardu et une épreuve d’endurance.

En cours de route, il fut déterminé qu’Albany, sur les rives de la rivière Hudson, était trop bien défendue. Sur les conseils des guerriers autochtones, les Canadiens décidèrent de lancer un raid contre l’avant-poste de Schenectady, plus petit, à environ 30 kilomètres à l’ouest d’Albany. Ils y arrivèrent au bout de 22 jours exténuants.

Schenectady était une petite colonie protégée par une palissade en bois, un poste de garde et une garnison de 24 soldats du Connecticut. Malgré les rapports d’Albany qui faisaient état d’une force ennemie à proximité, l’un des portails de la palissade avait été laissé ouvert, en partie coincé dans le gros manteau de neige. Il n’y avait aucune sentinelle.

La force canadienne entra dans le village à 23 heures, sans avoir été détectée. Plusieurs hommes prirent position à l’extérieur de chaque logement pendant que les habitants dormaient. Un cri de guerre terrifiant brisa soudainement le silence : c’était le signal pour que les assaillants défoncent simultanément les portes et brisent les fenêtres, tuent les résidents et mettent le feu aux bâtiments

LE MASSACRE

FUT TERRIBLE : DEUX HEURES

DE TUERIE ET DE DESTRUCTION.

dont beaucoup étaient encore occupés par des villageois. Une brèche fut également ouverte dans le poste de garde, et les soldats qui s’y trouvaient furent massacrés. D’autres défenseurs s’enfuirent dans les bois. Le massacre fut terrible : deux heures de tuerie et de destruction. Soixante colons, 38 hommes, 10 femmes et 12 enfants, furent tués, pour la plupart sans arme. Parmi les morts se trouvaient 11 esclaves

noirs. Environ 60 résidents, principalement des personnes âgées, des femmes et des enfants, furent épargnés tandis que d’autres s’échappèrent dans leurs vêtements de nuit et se dirigèrent à moitié gelés vers les fermes voisines ou vers Albany, certains succombant au froid en cours de route. Vingtsept hommes et garçons furent capturés et, avec 50 chevaux chargés de butin, escortés jusqu’à Montréal. Un Canadien et un soldat autochtone avaient été tués.

Schenectady était une ruine fumante. Pratiquement aucun bâtiment ne tenait plus debout.

Une force de 50 miliciens d’Albany et 140 de leurs alliés mohawks poursuivirent les pillards et rattrapèrent quelques trainards non loin de Montréal, tuant six d’entre eux et en capturant 13 autres. Ces derniers furent ensuite tués par les Mohawks en représailles.

« Le massacre de Schenectady constitue l’un des plus odieux chapitres du début de l’histoire américaine, a écrit Nelson Greene, historien américain. Non seulement cette atrocité a causé des souffrances et des chagrins indicibles, mais […] il a fallu dix ans pour que [Schenectady] retrouve la position qu’elle occupait avant cette nuit tragique de sang et de feu. » L

Une

unique,

vétéran canadien de la guerre des Boers ARTÉFACTS Alex Bowers

carte de remerciement

souvenir d’un

«Le Cartefrontpostale

Cap se joint à l’Empire avec de sincères remerciements pour les services de transmission que les citoyens soldats de Sa Majesté ont rendu en soutenant l’autorité impériale en Afrique du Sud », lit-on sur la carte postale offerte au sergent Frederick Bettle du Canadian Mounted Rifles (bataillon canadien de fusiliers à cheval [devenu ensuite le Royal Canadian Dragoons]).

contre la République du Transvaal et l’État libre d’Orange.

La guerre des Boers, conflit colonial dont Sa Majesté la reine Victoria n’a jamais vu l’épilogue et qui s’est conclu lors du règne de son fils, le roi Édouard VII, n’avait alors pas encore pris fin. Néanmoins, les batailles qui ornent le souvenir de Bettle laissent à penser que « l’autorité impériale » était effectivement maintenue

« La guerre d’Afrique du Sud a eu en gros deux phases : tout ce qui a eu lieu avant la bataille de Paardeberg et tout ce qui a eu lieu après Paardeberg, explique David Hughes, capitaine à la retraite et directeur administratif du Musée d’histoire militaire du Nouveau-Brunswick. Cette victoire est devenue un tournant

décisif attribué en grande partie aux efforts de Canadiens. »

Bettle n’y avait toutefois pas pris part, même si, de manière générale, ses efforts pour amener les Boers de langue afrikaans, descendants des colons hollandais, à joindre l’Empire britannique justifiaient évidemment la gratitude des citoyens du Cap.

« Le Cap se trouvait au cap de Bonne Espérance, autre colonie britannique à la pointe sud de l’Afrique, note M. Hughes. Contrairement à ceux des républiques des Boers, les habitants du Cap, patriotes, étaient en grande partie ralliés à la cause de la Grande-Bretagne. C’étaient de vrais fidèles. »

C’est cette même loyauté qui animait Bettle, venu de Saint John,

au Nouveau-Brunswick, et qu’on retrouvait chez de nombreux NéoBrunswickois. Les volontaires de la province s’étaient enrôlés en masse après l’éclatement de la guerre le 11 octobre 1899, remplissant régulièrement les quotas et complétant d’autres contingents confrontés à une pénurie de recrues.

Le conflit était en train de changer de nature quand Bettle arriva avec le deuxième contingent du Canada. Les leçons apprises à Paardeberg avaient amené les Boers à éviter les batailles rangées pour privilégier une guérilla qui pourrait contrecarrer les incursions britanniques. Et pour contrer cette stratégie, il n’y avait rien de mieux que des soldats à cheval, comme Bettle.

Le rôle précis de Bettle reste un mystère dans la guerre d’Afrique du Sud et ses aspects les plus controversés, de la tactique de la terre brulée des Britanniques à l’emprisonnement

de la population locale. Il se battait probablement pour les mêmes idéaux d’impérialisme qui prévalaient dans une grande partie de la sphère anglophone, ici illustrés sur la carte de remerciement le félicitant pour un service rendu à la « mère patrie » qui avait contribué à la « consolidation de l’Empire ».

Signé par le maire du Cap, Thomas O’Reilly, ce souvenir de 11,6 cm x 17 cm suinte l’idéalisme. La représentation artistique de la baie de la Table en Afrique du Sud dépeint un combat perçu comme juste sur des rivages lointains, avec une typographie et un bandeau richement décorés, en décalage complet avec la mort et la maladie qui pesaient sur le veldt.

C’est pourtant, reconnait M. Hughes, un article de son époque, et c’est peut-être sous cet angle qu’on peut mieux appréhender l’artéfact de Bettle, ainsi que la guerre des Boers dans sa totalité.

« Les cartes postales patriotiques étaient alors monnaie courante.

Le sergent Frederick Bettle a gardé cette carte postale du maire du Cap en souvenir de son service pendant la guerre des Boers. Des prisonniers de guerre boers (en regard, en bas) après la victoire impériale décisive lors de la bataille de Paardeberg, dans laquelle les troupes canadiennes jouèrent un rôle crucial.

LES CHIFFRES

7 380

Soldats canadiens et infirmières qui ont servi pendant la guerre des Boers

Plus de 560 Néo-Brunswickois au combat en Afrique du Sud

270

Nombre approximatif de Canadiens tués ou morts d’autres causes pendant le conflit

70

Pourcentage de volontaires canadiens de la guerre des Boers nés dans le dominion

750

Soldats à cheval dans le deuxième contingent de 1 289 hommes

Évidemment, les temps changent, et nous voyons l’impérialisme différemment aujourd’hui, mais j’estime toujours qu’il est important de contextualiser l’histoire. »

La relique présente donc une dualité complexe : elle capture le rôle du Canada au début d’un conflit colonial génocidaire, mais elle offre également l’occasion de réfléchir à l’évolution morale qui a pris place au cours du siècle suivant. L

Des anciens combattants à Chypre pour entretenir le souvenir des Casques bleus canadiens

ous sommes un groupe d’anciens combattants qui souhaitent honorer le service et les sacrifices de nos compagnons d’armes et léguer aux Canadiens et Canadiennes l’héritage de la plus longue mission de maintien de la paix des Nations Unies pour le Canada et d’une guerre oubliée qui remonte à 1974 », ont écrit le colonel à la retraite James Holsworth et le majorgénéral à la retraite Walter Holmes dans leur déclaration de novembre 2024, au début d’un voyage commémoratif parrainé par le gouvernement et organisé en l’honneur du 60e anniversaire de la Force de maintien de la paix à Chypre. La mission, opération Snowgoose, fut lancée en 1964. En juillet 1974, les Casques bleus

Par le personnel de la revue Légion

se retrouvèrent en pleine zone de guerre entre les Chypriotes turcs et grecs. La force de l’ONU, en infériorité numérique et attaquée des deux côtés, tint des positions clés et défendit l’aéroport jusqu’à la négociation d’un cessez-le-feu. Le Canada fournit un contingent de soldats de la paix jusqu’en 1993. Environ 28 000 Canadiens servirent pendant cette période, et 28 périrent. C’est l’un des engagements militaires du pays à l’étranger les plus longs et les plus connus. Pour marquer cet anniversaire important, un groupe de vétérans canadiens de la mission – la plupart sexagénaires, septuagénaires ou octogénaires – et leurs proches sont retournés sur l’ile du 4 au 12 novembre pour y recevoir des hommages. La délégation comptait

des représentants du gouvernement fédéral et d’autres d’organisations d’autochtones ou d’anciens combattants. Ils ont visité d’importants sites liés à la mission, et le voyage s’est conclu par une cérémonie du jour du Souvenir au Mémorial canadien des Casques bleus des Nations Unies à Wolseley Barracks, au siège du secteur 2 de l’ONU. George Slade, 91 ans, était l’ancien combattant le plus âgé. En 1966, à Chypre, il faisait partie du Corps royal canadien des transmissions. « En faisant le salut, je pensais à mon père et à tous les gens qui ont servi dans l’armée, a déclaré M. Slade à Eric Reguly du Globe and Mail. Je pensais à toutes leurs vies et à tous ceux qui sont morts pour que notre pays soit une démocratie solide. » L

L’exercice, l’IA et le bienêtre des femmes à l’honneur au dernier forum sur la santé des militaires et des anciens combattants

ommes-nous en train de fortifier nos soldats ou de les casser? », a demandé Éric Robitaille, l’un des premiers orateurs de la conférence de 2024 de l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des anciens combattants (ICRSMV) à Winnipeg. La question du physiothérapeute au ministère de la Défense et professeur adjoint à l’Université de Toronto était évidemment rhétorique. Mais, au fil des données sur les blessures musculo-squelettiques (BMS) du

personnel militaire, des dommages aux os, aux articulations et aux muscles causés par un stress soudain ou répétitif, il est rapidement apparu que ses mots étaient un appel à agir. « Les soldats sont essentiellement entrainés pour continuer, même lorsque leur corps leur dit d’arrêter », a poursuivi M. Robitaille, rejoint sur scène par son collègue chercheur Hans Christian Tingelstad, à l’occasion du 14e évènement annuel du CIMVHR qui a eu lieu du 20 au 23 octobre 2024.

Ensemble, ils ont donné des preuves stupéfiantes qui indiquent que les BMS représentent 45 % des rendez-vous médicaux d’urgence pour le personnel en garnison et jusqu’à 43 % pour les militaires en mission. Ils ont également signalé que les BMS étaient la principale cause des libérations pour raisons médicales, avec environ 53 % des cas. Les physiothérapeutes ont donc créé un programme d’exercices modifié pour tenir compte des effets de la formation sur de tels incidents,

IN THE NEWS

en plus de facteurs tels que la capacité physique globale et l’historique de santé. Le programme « génération de la résilience aux blessures par la formation » (GRBF) pourrait faire une nette différence. Parmi les recommandations, a expliqué M. Robitaille, figurent « des séances d’entrainement musculaire individuelles avec des charges externes, de la course sur une distance limitée et une diminution du nombre de marches avec une charge de plus en plus lourde ou une distance de plus en plus grande ». De même, le duo a plaidé en faveur de groupes de compétences permettant au personnel de progresser dans certains aspects de la formation de manière individualisée tout en limitant les risques de telles blessures.

Le résultat? Au bout d’une période de quatre ans (2019-2023), les participants ont signalé que l’utilisation du programme GRBF au lieu de la routine militaire, généralement non normalisée, avait permis « une diminution des BMS de 65 %, 611 jours de service restreint en moins et 22 attritions en moins ».

« Les stratégies intégrées de prévention des BMS ont non seulement minimisé les risques de BMS et leurs fardeaux, a conclu M. Robitaille, elles ont contribué de manière holistique à la santé de chaque soldat en leur offrant une voie claire pour remplir leur mandat. »

L’exploration des mérites de la GRBF n’était que le début d’un grand échange d’idées au Centre des congrès RBC, situé à quelques pas du boulevard Memorial où se trouve le cénotaphe de Winnipeg, près de l’édifice de l’Assemblée législative du Manitoba. Dans une ville regorgeant d’un riche patrimoine militaire, scientifiques, chercheurs universitaires, entrepreneurs, anciens militaires ou personnel en service et autres personnes ont compris que leur présence même, sans parler de leurs efforts de réseautage et de leurs présentations, pourrait mener à l’amélioration de la santé et du bienêtre des anciens combattants.

Plus de 500 délégués du monde entier étaient présents. Les conférenciers et invités des pays de partage du renseignement, ceux du Groupe des cinq (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et États-Unis), étaient particulièrement bien représentés, car bon nombre offrait des informations pouvant se transmettre à l’échelle internationale.

Le discours liminaire du deuxième jour n’en était qu’un exemple. Jaques Reifman, chercheur principal du ministère de la Défense des États-Unis, a présenté son étude des applications de l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer la préparation médicale militaire.

« Évidemment, si nous pouvons faire des prévisions, nous pouvons peut-être prévenir des blessures et des maladies », a déclaré M. Reifman. En expliquant le fonctionnement du logiciel basé sur l’IA de son équipe – seul programme autorisé par la U.S. Food and Drug Administration (secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques, NDT) pour le triage des victimes de traumatismes à risque d’hémorragie –, il a fait remarquer que cet objectif était désormais réalisable.

« Environ 90 % de nos militaires qui meurent au champ de bataille meurent de saignement incontrôlé », a déclaré M. Reifman. L’outil d’analyse de l’IA peut évaluer les signes vitaux pour prédire la probabilité d’hémorragie, offrant aux infirmiers militaires la possibilité d’« optimiser les soins » et ainsi « sauver des vies ».

Quant à la troisième et dernière plénière, celle du 23 octobre, elle semble avoir conclu l’évènement de manière appropriée.

« Invisibles, a souligné la Dre Cyd Courchesne, médecin-chef d’Anciens Combattants Canada. C’est le mot qui revient le plus souvent dans la bouche des anciennes combattantes depuis l’organisation du premier forum des anciennes combattantes d’ACC en 2019. »

BOURSES D’ÉTUDES EN SANTÉ DES ANCIENS COMBATTANTS DE LA LRC

La conférence de l’ICRSMV de cette année a marqué l’attribution inaugurale de la bourse de doctorat en recherche sur la santé des militaires et des anciens combattants octroyée par la Légion royale canadienne. Lors de la deuxième journée du forum, le président national, Berkley Lawrence, a remis une bourse de 50 000 $ à Raphaëlle Merlo de l’Université Laval du Québec, dont le projet de recherche de doctorat évalue notamment des effets de l’autotraitement sur les symptômes du TSPT. Mme Merlo nous a déclaré qu’elle était très heureuse de recevoir les fonds, en ajoutant que cela l’encourageait «  que d’autres personnes s’intéressent à ce qui [l’]intéresse  ». Parallèlement, cette année, la bourse de maitrise de 30 000 $ pour les recherches sur la santé des anciens combattants, établie par la LRC et désormais administrée par la Fondation nationale Légion (FNL), a été remise le troisième jour de la conférence à SueEllen MacGowan, capitaine à la retraite.

«  Ses recherches pourraient renforcer notre compréhension des régions du cerveau impliquées dans le trouble de stress posttraumatique, surtout pour déterminer l’efficacité de la formation et du traitement par rétroaction neurologique, en particulier pour les personnes souffrant de TSPT qui résistent aux traitements pharmaceutiques et autres traitements des traumatismes  », a déclaré Larry Murray, grand président de la LRC et membre du conseil d’administration de la FNL.

En présentant le conférencier principal de la troisième journée, la Dre Courchesne est allée jusqu’à reconnaitre qu’il existe une pénurie fondamentale de recherche en santé axée sur le personnel militaire féminin, notamment au Canada. « Malgré certains progrès récents, a-t-elle poursuivi, ces anciennes combattantes ont majoritairement le sentiment que les programmes d’ACC n’ont pas suffisamment tenu compte de leurs besoins et préoccupations propres. »

Cela n’a pas échappé à Dawne Vogt, la présentatrice du National Center for PTSD (centre national pour le TSPT, NDT) des ÉtatsUnis. Elle a mené des recherches approfondies sur les besoins et les préoccupations des femmes

À VOTRE SERVICE

en matière de santé et a mis en évidence les difficultés auxquelles les ancien-nes combattantes en particulier sont confrontées, l’importance de contextualiser les problèmes et les manières de veiller à ce qu’un soutien adéquat leur soit apporté.

« Une partie de notre objectif à ce sujet était de fournir un vrai cadre qui nous aiderait à comprendre les facteurs les plus pertinents pour les populations minoritaires, et en particulier les anciennes combattantes », a déclaré Mme Vogt en expliquant ses conclusions « généralisables » aux États-Unis.

Cependant, ses recherches ont été plus loin : elle s’est aussi penchée sur le harcèlement de nature non sexuelle « visant [les femmes

militaires] en raison de leur identité de femme ». Le stress familial pendant les missions et la santé mentale après le retour au civil figurent parmi les autres gros problèmes qui ont une incidence disproportionnée sur les anciennes combattantes, a déclaré Mme Vogt qui, en recommandant des solutions individualisées, a déclaré que le soutien par les pairs « était très prometteur ». Et, de manière générale, le forum aussi. De discours concernant les groupes méritant l’équité aux propositions visant à permettre aux anciens combattants de vieillir chez eux, la conférence était un engagement qui se résumait le mieux par sa propre devise : « Servir ceux qui nous servent ». L

À VOTRE SERVICE est une notice rédigée par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez le 1-877-534-4666 ou consultez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour accéder à des années d’archives.

Les anciens combattants peuvent aider les recherches sur les lésions cérébrales

Les lésions cérébrales traumatiques (LCT) causées par des engins explosifs improvisés ou tout autre incident lié à l’armée sont un grave problème pour le personnel militaire actif et les anciens combattants. Ces blessures peuvent entrainer une encéphalopathie traumatique chronique (ETC), une maladie dégénérative du cerveau causée par la répétition des traumatismes crâniens. L’ETC est souvent associée à des sports de contact tels que le football et le hockey, mais elle affecte également le personnel militaire exposé aux explosions. Elle provoque des problèmes cognitifs, émotionnels et comportementaux tels que des pertes de mémoire, une dépression, des sautes d’humeur et, dans les cas graves, une démence précoce.

Malheureusement, certaines personnes atteintes d’ETC abrègent leur vie face à ces répercussions émotionnelles et psychologiques. C’est pour cela qu’existe la Fondation Héritage pour les commotions cérébrales (www. concussionfoundation.ca). Ses missions? Faire avancer les études scientifiques sur l’ETC, sensibiliser et encourager des changements politiques afin de protéger les personnes à risque. Toutefois, bien du travail reste à faire. L’une de ses principales initiatives est le projet Enlist, qui vise à faire avancer les recherches sur les anciens combattants atteints de LCT, d’ETC ou de trouble de stress posttraumatique. Ces problèmes ne sont pas encore très bien compris, donc le programme encourage les personnes à faire don de leur

cerveau pour la recherche, car l’ETC ne peut être diagnostiquée qu’à titre posthume. Ce choix peut contribuer à des études vitales qui serviront à améliorer le diagnostic et les traitements d’anciens combattants. Pour en savoir plus ou faire un don, consultez www.projectenlist.ca. Les militaires avec un diagnostic de lésions cérébrales méritent d’être soutenus pour les sacrifices qu’ils ont faits pour le Canada. La Légion royale canadienne exhorte les militaires en service et les anciens combattants à communiquer avec un agent des services de la Légion. Ils pourront ainsi obtenir de l’aide pour toute demande d’invalidité adressée à Anciens Combattants Canada en raison de telles blessures. Composez le 1-866-534-4666 ou envoyez-nous un courriel à veteransservices@legion.ca. L

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Le directeur exécutif national de la Légion prend sa retraite

Steven Clark, directeur exécutif national de la Légion royale canadienne, prend sa retraite après cinq ans aux commandes.

« Ma femme et moi avons décidé que le moment était venu de prendre le temps de voyager, a avoué M. Clark. Je crois qu’il est important que du sang neuf irrigue une organisation. Après cinq ans, il est bon qu’un nouveau regard prenne le relais. »

M. Clark est revenu sur plusieurs succès de son mandat : la mise à profit de technologie, la lutte avec la pandémie et, surtout, la hausse du nombre d’adhérents chacune des trois dernières années.

Après avoir pris les rênes en 2019, M. Clark s’est rapidement trouvé plongé dans la pandémie de la COVID-19.

« Il était évident que cela allait créer une pression énorme tant sur les filiales que sur la Légion en général, note-t-il. Le Conseil exécutif national a été très généreux en débloquant trois millions de dollars pour aider les filiales, mais cela n’allait pas suffire. »

M. Clark s’est dit particulièrement fier du travail qu’il a réalisé avec Anciens Combattants Canada, d’autres organismes gouvernementaux et des organisations d’anciens combattants pour établir le Fonds d’urgence à l’appui des organismes de vétérans. Dans le cadre de cette initiative, le gouvernement fédéral a mis 20 millions de dollars à la disposition d’organismes de bienfaisance à but non lucratif et enregistrés qui soutiennent les anciens combattants et leurs proches. Le Réseau de Transition des Vétérans, Quilts for

Valour, l’Association canadienne des vétérans des missions de paix des Nations Unies, des filiales de la Royal Canadian Air Force Association, des clubs d’anciens combattants de la Marine et l’Association des combattants polonais ont notamment reçu des fonds. Les filiales de la LRC ont reçu 14 millions de dollars de soutien pendant la pandémie, lorsque leurs revenus étaient bas, mais que les couts d’entretien devaient quand même être réglés.

La pandémie a également présenté des défis à l’administration de la Direction nationale de la Légion. Le personnel a été contraint de travailler à domicile, car les pouvoirs publics avaient imposé la fermeture des restaurants, magasins et bureaux.

« Nous avons méticuleusement suivi les directives des autorités sanitaires », a souligné M. Clark. Parallèlement, les fermetures ont obligé un recours accru à la technologie. « Nous nous sommes mis à utiliser Zoom pour nos réunions en ligne. »

Une fois les restrictions levées, le personnel de la Légion est retourné au bureau. « Je suis encore convaincu que la productivité est plus grande et le moral meilleur lorsque tout le monde travaille là où on peut se voir et interagir », a expliqué M. Clark.

La nécessité de mieux adopter la technologie était évidente pour M. Clark, qui a fait de l’innovation et de l’adoption de nouveaux outils et gadgets une priorité pour la Légion.

« Nous continuons de nous réunir sur Zoom, ce qui nous permet de faire des économies, car nous n’avons pas besoin de nous rendre à Ottawa pour assister aux réunions. Nous

produisions également des documents en ligne, ce qui a permis des économies sur les couts d’impression. Par exemple, lors du dernier congrès national à Saint John, au NouveauBrunswick, les documents étaient tous en ligne, ce qui nous a évité d’imprimer le livret du congrès. »

La campagne du coquelicot s’est également modernisée. Avant la pandémie, la Légion avait créé des troncs du coquelicot électroniques afin que les gens puissent utiliser leurs cartes de crédit ou bancaires pour faire des dons, au lieu de compter sur de l’argent liquide qui circule de moins en moins.

« J’ai été particulièrement satisfait des Histoires du coquelicot que nous avons créées cette année », a déclaré M. Clark. À l’aide d’un téléphone intelligent, les gens peuvent balayer un coquelicot et être connectés au récit en ligne de l’expérience militaire d’un ancien combattant.

Cependant, M. Clark aurait souhaité qu’ACC élabore davantage les lignes directrices concernant les chiens d’assistance.

Pourtant, c’est la satisfaction de laisser comme legs la hausse du nombre de membres, une tâche difficile, et une organisation en meilleure posture qui permet à M. Clark de prendre congé de son poste avec fierté.

« Une grande partie de ce travail s’est appuyé sur des efforts déjà lancés, mais permettre le renouvellement des adhésions en ligne était un grand pas en avant, a-t-il conclu, tout comme le simple fait de pouvoir s’inscrire en ligne. » L

Le nouveau directeur exécutif de la Légion royale canadienne se réjouit du centenaire de l’organisation

l’approche du centenaire de la Légion royale canadienne qui aura lieu en 2026, le nouveau directeur général, Randy Hayley, espère que davantage de Canadiens se renseigneront sur l’organisation et apprendront à mieux la connaitre.

M. Hayley, qui est entré en fonction en novembre 2024, est originaire d’Ottawa et diplômé de l’Université Carleton de la ville. Son épouse Heidi et lui ont élevé deux filles, désormais adultes. Avant de rejoindre le quartier général en 2015, M. Hayley a travaillé pendant 25 ans avec des médias nationaux, principalement des journaux, où il s’est spécialisé en diffusion.

« J’ai participé à de nombreuses entreprises en démarrage, dont un centre d’appels, explique-t-il. Je me considère comme un intermédiaire entre les entreprises et les consommateurs. »

Son expérience principale a été en administration, en particulier le service à la clientèle.

Après 10 ans à l’administration de la Direction nationale, où il a commencé en tant que directeur de l’adhésion, M. Hayley a été témoin de changements tangibles au sein de l’organisation, et il en a facilité d’autres.

« C’était une période de transition, où nous utilisions de plus en plus de technologies pour simplifier l’adhésion à la Légion », souligne-t-il.

Il a notamment contribué à la mise en œuvre de ces deux changements : permettre aux membres de renouveler leur adhésion en ligne et lancer des cartes de membre

numériques pour remplacer les cartes papier, qui doivent être imprimées chaque année. Il a ainsi été heureux de voir le nombre de membres, qui diminuait depuis des dizaines d’années, se mettre à augmenter. Il est passé au poste de directeur des services généraux et de la planification stratégique en février 2023, où il a supervisé l’élaboration de programmes, ainsi que la gestion et l’administration du personnel et du bâtiment lui-même.

En tant que directeur général, M. Hayley a de multiples ambitions, notamment la modernisation continue du service de l’adhésion.

« J’ai trois objectifs. Le premier est de poursuivre l’excellent travail que fait la Légion en vue de soutenir nos anciens combattants. »

Ensuite, « je vois le centenaire comme une merveilleuse [occasion] de dire aux Canadiens ce qu’est la Légion. Beaucoup de gens ignorent que nous sommes une organisation bénévole à 99 % », a confié M. Hayley, notant que cet objectif comprend le soutien de l’équipe actuelle de l’adhésion, la recherche de nouvelles façons d’aider le travail des bénévoles et d’anciens combattants de la Légion et le renforcement de la communication sur le type de travail que la LRC accomplit pour les collectivités.

Le troisième objectif de M. Hayley est de continuer d’améliorer les services que l’organisation met à la disposition des anciens combattants.

« Les données démographiques changent. Nos membres sont plus jeunes et ont des besoins qui leur

sont propres », dit-il, et il souligne que l’un des défis est que ces membres plus jeunes n’ont souvent pas le temps de faire du bénévolat.

« Nous devons en être conscients. »

Ce rôle de directeur général n’a rien de nouveau pour M. Hayley. À son poste précédent, il était également directeur général de la Fondation nationale Légion. Cette dernière soutient les initiatives en faveur du bienêtre et de la qualité de vie des anciens combattants et de leurs proches au Canada. Dans ses programmes se trouvent notamment les concours littéraires et d’affiches du Souvenir nationaux de la Légion, les championnats nationaux d’athlétisme pour jeunes et le pèlerinage commémoratif biennal en Europe.

« Un centenaire est une occasion très spéciale dans toute organisation, conclut-il. Ce sera une période enthousiasmante pour nous. » L

Stephen J. Thorne

La filiale Cowansville de la Légion royale canadienne a fait un don à l’hôpital local BMP pour un appareil de chirurgie arthroscopique. Sur la photo se trouvent (de gauche à droite) André Noiseux, directeur, Dawn Poll, présidente du coquelicot, François Laramée, directeur général de la Fondation de l’hôpital BMP, Robert Bouthot, président de la filiale et Daniel Rodrigue, directeur des services aux anciens combattants. DAWN POLL

Le 20 octobre 2024, le Fonds du coquelicot de la filiale Richelieu de Saint-Jean-sur-Richelieu a fait un don de 1 000 $ au corps de Cadets de la Marine royale canadienne Richelieu de Saint-Jean-sur-Richelieu. Sur la photo se trouvent (de gauche à droite) Michel Viens, 2e vice-président, Alice Robert, l’enseigne de vaisseau de 1re classe Patrick Savoie, la commandante adjointe, Karine Béliveau, présidente du Comité répondant, et Jennifer Melnitzky, membre du Comité répondant.

P. GARNEAU

Le président de la filiale de la Légion royale canadienne Lt. Col. J. Charles Forbes de Québec, Harnold Savard (au centre) pose avec deux vétérans de la Guerre de Corée : Jos Daigle, (à gauche) et Jean-René Décary (à droite).

ALCIDE MAILLET

La filiale Drummondville a fait un don de 1 000 $ aux cadets de l’Escadron 607. Sur la photo se trouvent (de gauche à droite) Guy Dionne, l’adjudant de première classe Parker Corbeil, madame Édith Charest, présidente du comité de soutien et Gaston Rocheleau.

Le 17 octobre 2024, le Fonds du coquelicot de la filiale Richelieu de Saint-Jean-sur-Richelieu a fait un don de 3 000 $ au Fonds des aumôniers de la garnison Saint-Jean. Sur la photo se trouvent (de gauche à droite) l’aumônier Michel Lafleur, Christian Coulombe, coordonnateur des services administratifs de l’aumônerie, la majore Maria-Christina Codina, aumônière principale de la garnison Saint-Jean, Yves Lavoie, président de la filiale Richelieu et Christian Munger, président du Fonds du coquelicot de la filiale Richelieu. P. GARNEAU

Le président actuel et plusieurs des présidents qui l’ont précédé au cours des 30 dernières années étaient réunis autour du traditionnel gâteau d’anniversaire pour réaliser cette photo-souvenir des membres de la filiale Lt. Col. J. Charles Forbes de la Légion royale canadienne de Québec. ALCIDE MAILLET

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