2017 "On les aurait dits échappés d’une volière. Des oiseaux de paradis en robes grises, cols et manchettes déliés, fraises ou chérusques brodées or et glycine, en fils d’argent surpiqués, extravagants sous leurs bustiers ourlés, serrés au droit de leur silhouette.
Au risque de les perdre définitivement, il aurait été imprudent d’en allonger l'allure, car les corps flirtent déjà avec les limites de l’espace. Ils plissent et s’élargissent vers le ciel, sous les effets des fronces verticales et de fraises à étagères. Ils se dérobent et se dissimulent derrière des écrans lisses. Les justaucorps baleinés se déclinent sous l’inspiration de l’auteur, allongent ou réduisent les versants anguleux, mais toujours ondulants, chics et flanelle, légèrement basculés vers un point strict, inspiration en rectangles cadencés, bustier or."
177 LO G E M E N T S E T U N E C R E C H E par Francis SOLER et Rudy RICCIOTTI, architectes PARIS HABITAT / OPH
GARE D'AUTEUIL 120, BOULEVARD MONTMORENCY 93/113 BOULEVARD SUCHET PARIS 16ÈME FRANCE
Francis SOLER / janvier 2017
Janvier 2017
www.soler.fr Crédit photo Photographies Jean Pierre PORCHER
AUTEUIL 177 LOGEMENTS ET UNE CRECHE à PARIS
Des corps rehaussés jusqu’à supporter des petits plateaux fantaisistes autour de leurs hanches. Hanches exagérées sous les effets de crinoline à plat, saisies sous des corsets vertigineux, ajustés et serrés. Fusion étonnante entre une architecture, ses mouvements et l’espace qui les tient. Des silhouettes élancées, tutoyant, chacune, les bords de leurs patrons et cherchant, toutes trois, à effleurer la quatrième, à l’écoute d’une confidence.
Francis SOLER et Rudy RICCIOTTI , architectes
L'architecture d'une confidence (deuxième volet)
AUTEUIL 177 LOGEMENTS ET UNE CRECHE
UN CONFLIT D'OBJECTIFS
par Francis SOLER et Rudy RICCIOTTI, architectes PARIS HABITAT / OPH GARE D'AUTEUIL/ 120, BOULEVARD MONTMORENCY / 93/113, BOULEVARD SUCHET PARIS 16ÈME FRANCE
_Bâtiment A - Francis SOLER (PARIS HABITAT) _Bâtiment B - Anne DEMIANS (COGEDIM) _Bâtiment C - Rudy RICCIOTTI (PARIS HABITAT) _Bâtiment D - Finn GEIPEL (COGEDIM)
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AUTEUIL / 2016
La première partie de l’opération de la Porte d’AUTEUIL (Francis SOLER et Rudy RICCIOTTI, architectes, Léon GROSSE, Entreprise pour le compte de PARIS HABITAT) aura été livrée en octobre 2016. Les premiers locataires auront eu accès à leurs réservations et emménagé, aussitôt la fin des travaux déclarée.
CHAPITRE 1 UN CONFLIT D'OBJECTIFS
La deuxième partie de l’opération de la Porte d’AUTEUIL (Anne DEMIANS et Finn GEIPEL, architectes, pour le compte de COGEDIM) a démarré ses travaux de terrassements et de fondations (Entreprise Léon GROSSE) au mois de janvier 2016. Les premiers propriétaires devraient prendre possession de leurs appartements, dès le mois de juillet 2018.
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- Auteuil Jardin Louis BENECH
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DATES Octobre 2016 / LIVRAISON-INSTALLATION DES LOCATAIRES Septembre 2013 - Octobre 2016 / CHANTIER Juin 2009 / PERMIS DE CONSTRUIRE Juin 2008 - Juin 2010 / ETUDES Juin 2008 / CONCOURS LIEU GARE D'AUTEUIL/ 120, Boulevard Montmorency / 93/113, Boulevard Suchet (PARIS 16)
PROGRAMME Construction de 98 logements (bâtiment A) et 79 logements (bâtiment C) avec une crèche Un jardin et 273 places de parking CERTIFICATIONS Plan Climat de Paris / Cerqual / Certification THPE / RT 2005 -60% MAITRE D’OUVRAGE PARIS HABITAT / OPH Nombre de m2 du bâtiment A / SOLER : 7 343 m² SHON (surface hors œuvre nette) et 6 386 m² SHAB (surface habitable) Nombre d'étages : R+9, R+8 + 1 étage en attique Nombre d'occupants/locataires prévu : 98 logements (7 T1, 7 T2, 50 T3, 33 T4, 1 T5) Nombre de m2 du bâtiment C / RICCIOTTI: 7 704 m² SHON (dont 696 m² de crèche) / 5 125 m² SHAB Nombre d'étages : R+10 Nombre d'occupants/locataires prévu : 79 loge ments (23 T1, 0 T2, 19 T3, 19 T4, 18 T5) 3 niveaux de parking en sous-sol, 273 places au total 133 places pour les habitants des bâtiments A et C 140 places pour les habitants du quartier. Surface jardin : 2 500 m² jardins privés COUT TRAVAUX (y compris travaux complémentaires) Bâtiment A : 15 M€ HT Bâtiment C : 17 M€ HT (y compris crêche)
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Une méthode à contre temps, un bilan éloquent La première partie de l’opération qui regroupe deux immeubles a été réalisée dans un calendrier serré et a été livrée avec un mois d’avance sur la date de livraison prévue, sans augmentation de prix, en dehors de celle qui correspond (mais faiblement) à des prestations accessoires, demandées par le maitre d’ouvrage. Les conditions pour y arriver AUTEUIL (première et deuxième parties) fut annoncée, par ses architectes, comme une opération immobilière pouvant arriver à tenir ses promesses, mais à la condition que les masses à construire, synchroniquement et successivement, soient respectées en terme d’importance. De la même manière que devaient être scrupuleusement suivies toutes les dispositions constructives communes avancées par les architectes, les composants de façade et les équipements techniques. Tout ce qui apparaissait déjà et clairement dans le projet lauréat du concours de 2008. Une réalisation affranchie et sans effet de mode On notera au passage que l’architecture des bâtiments et la composition des façades réalisées (ou en cours) n’auront jamais été modifiées depuis l’obtention du permis de construire (2010). Cela, malgré le temps gaspillé, par la suite, par des années de procédures qui auront essayé d’empêcher l’opération d’aller au bout de son engagement urbain et social. Ce qui tend à démontrer, une fois les ouvrages faits et observés, que travailler au-delà des effets de mode est performant.
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La facture classique contemporaine On pourrait alors considérer que, pour produire des opérations performantes, la seule règle qui resterait utile à transmettre à nos architectes et à leurs commanditaires (publics ou privés), consisterait à fabriquer la ville avec une seule inquiétude en tête: produire des intérieurs compétitifs et des façades performantes, se dessinant à partir d’une facture contemporaine et, somme toute, assez classique. On éviterait, ainsi, les pires productions de ces entrepreneurs faits rois. Composer avec le site et son voisinage La première partie de l’opération de la Place d’AUTEUIL est, je le rappelle, issue d’une réflexion datant de 2008 sur la meilleure façon d’occuper un terrain vague, en vue, à PARIS et de composer avec les espaces publics, les voisins et les avoisinants. Finaliser l’opération sans qu’on ne puisse jamais distinguer la destination des bâtiments C’est aussi une réflexion sur la meilleure manière de faire cohabiter, sur une même parcelle, logements loués et logements achetés, sans qu’aucun signe de grand confort ou d’insuffisance d’architecture ne puisse permettre de distinguer ouvertement les deux attelages immobiliers. Les deux premières constructions, bâties pour PARIS HABITAT, montrent déjà (avec bonheur) que le budget mis à disposition n’a pas produit d’effet fatal sur leur architecture, plus communément habituée à se laisser enfermer dans une pesante fatalité.
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Compléter plus que rivaliser Il n’en reste pas moins que pour Anne DEMIANS, Finn GEIPEL et COGEDIM, le défi à relever est désormais de taille : terminer un ensemble immobilier dans la veine d’une architecture en place, exigeante et précise, comme nous l’avions envisagée, dès 2008. Puis, s’assurer que l’Entreprise mettra en œuvre les moyens indispensables pour reproduire sa performance du premier acte (PARIS HABITAT). « La pression est désormais sur nous et l’enjeu n’est pas mince » répètent-ils, à l’envi, depuis la réception des deux premiers ouvrages. Un esprit de complétude urgente plane désormais sur les terrains d’AUTEUIL, mais un esprit sain. Une répartition pensée Car, faut-il le rappeler, le concours fut gagné à quatre (Anne DEMIANS, Francis SOLER, Rudy RICCIOTTI et Finn GEIPEL). Et pendant qu’avec Rudy, nous nous chargions de réaliser les logements sociaux, Anne et Finn se chargeaient, eux, de façonner l’accession. Les premiers, au nord de la parcelle, sont aujourd’hui réalisés. Les seconds, placés juste au sud du terrain, et donnant sur la Place d’AUTEUIL, sont actuellement en chantier.
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Une addition de différences et de similitudes Nous avions proposé un plan de masse sur lequel figuraient en effet quatre bâtiments autonomes, tous réglés sur le même tempo constructif et esthétique, de façon à présenter une opération dont les éléments importants (les immeubles) « ne seraient pas tout à fait les mêmes, mais en même temps pas très différents les uns des autres » Il était juste question d’une pièce urbaine hybride qui s’appuierait sur une autonomie des œuvres et sur une cohérence plastique tirée de la ville haussmannienne : « un conflit d’objectifs », en quelque sorte.
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Un effet de masse Nous nous étions engagés, dans le même temps, à considérer l’importance des masses bâties comme un des facteurs majeurs de réussite de l’économie globale du projet et capable d’emmener un niveau de prestations égal pour les deux opérations. Aussi, et même si c’est chose faite pour la première tranche de travaux (PARIS HABITAT), il reste à démontrer que la méthode se poursuivra avec succès sur la deuxième tranche (COGEDIM)
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Une gamme restreinte de composants Le projet global n’est qu’à sa moitié de sa construction qu’on peut déjà évoquer, sur le site, ses contours définitifs, sans faire trop d’erreurs. La manière de construire le gros œuvre est la même sur les quatre bâtiments et on voit déjà, qu’en matière de matériaux mis en œuvre, les effets de glissement d’un bâtiment à un autre sont effectifs (voir bâtiments A&C)
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- Auteuil Basalte des sols
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- Auteuil RAL 9007 des menuiseries
Un gris RAL 9007 Il suffit de regarder ce qui s’est construit au cours de la première phase de l’opération (les bâtiments A&C) pour comprendre que, quand les matières choisies sont les mêmes, elles sont interprétées et assemblées de manière différente et que, quand les matières mises en œuvre sont différentes, elles présentent la même tonalité : un gris RAL 9007, obsédant et profond, qui se généralise sur toutes les faces vues des ouvrages et sur l’ensemble de leurs composants.
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Une centrale d’achat La gamme des éléments assemblables avait été choisie par les quatre architectes afin de réduire les différences entre des architectures qui auraient été spontanément tentées par un jeu plus individuel. Elle constitua une centrale d’achat dans laquelle chacun se servit pour bâtir. La gamme des produits lancée, nous n’avions plus qu’à nous organiser pour qu’ils se percutent, qu’ils se distancient ou se complètent, pour qu’ils s’additionnent, s’exposent ou se dérobent.
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Vêtures, vérandas, volets et garde-corps C’est ainsi qu’on peut observer la même composition de volets, sur le bâtiment A ou sur le bâtiment C. Les premiers coulissent devant les fenêtres du A. Les seconds pivotent devant les baies du C. C’est ainsi, qu’après avoir apprécié la vêture (dorée et granuleuse) des vérandas du bâtiment A, on peut, imaginer immédiatement derrière, ce que sera la façade extérieure du bâtiment B. Et imaginer, de la même manière, ce que seront les enfilades ondoyantes des garde-corps du bâtiment D, rien qu’en observant la nature de celles qui sont actuellement posées sur les façades du bâtiment C, côté boulevard Suchet.
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Les immeubles proprement dits de la première partie (PARIS HABITAT) Les deux immeubles de l’opération sociale locative sont construits de la même manière avec seulement une différence subtile et perceptible entre leurs façades. Ils sont disposés en vis-à-vis sur les grands côtés d’un triangle qui s’appuie, d’un coté, sur le boulevard de MONTMORENCY et, de l’autre, sur le boulevard SUCHET.
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- Auteuil Batiment A Boulevard de Montmorency
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La constitution des immeubles de logements Les planchers des étages en superstructure, au nombre de 9 pour le bâtiment A (Francis SOLER, architecte) et de 10 pour le bâtiment C (Rudy RICCIOTTI, architecte) sont de même dimension pour les deux ouvrages. Ce qui nous a amené à dessiner des plans d’appartements identiques (le client étant le même) , dimensionnés sur un 3P répétitif traversant de 63 m² et d’un 4P répétitif de 74 m², à double orientation, en abouts de bâtiments. Le bâtiment A comptabilise 98 logements pour une surface plancher de 7008 m², pendant que parallèlement le bâtiment C propose 79 appartements, pour une surface plancher de 7704 m² et une crèche de 696 m², en Rez-de-jardin.
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Les raisons d'une fragmentation de l'îlot
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Le boulevard Suchet est tout en alignement, depuis la Porte de Passy jusqu'à la Porte d'Auteuil. C'est par là, sur la pointe de la Place d'Auteuil, qu'il commence à égrener ses bâtiments. Les blocs construits entre l'avenue du Maréchal Lyautey et le boulevard Suchet signent un séquençage qui n'est pas surprenant car l'espace, là, s'ancre sur des espaces ouverts de grande dimension et les interstices urbains constatés sont alors d'une grande efficacité pour comprendre l'enchainement des espaces. C'était là une des raisons majeures pour laquelle nous avions décidé de fragmenter l'alignement qu'on nous recommandait de respecter le long du boulevard Suchet. Et c'est ainsi qu'allant encore plus loin dans notre reflexion, nous décidions de provoquer, par le recul du bâtiment B (central), une respiration urbaine, prenant la forme traditionnelle d'un parvis domestique. Ce décalage plaçait, par ailleurs, la façade sud du bâtiment B, en plein écran, au centre du dispositif global composé par les ouvrages A, B, C et D et s'acquittait ainsi de la necessité de donner, à la résidence, une façade "piéton" qui l'identifierait. Les bâtiments D et A perçus, plutôt de coté, sur leur long pan, cadrant l'effet signal et frontal du bâtiment B.
- Auteuil Plan masse
Ce que l'on perçoit mal encore, c'est cet effet de soulèvement du bloc central pour que le regard circule, à la hauteur d'un individu debout, du sud vers le nord, ou inversement.
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Ces connections qui traversent l'espace extérieur, à travers des échelles variables, sont indispensables aux liens qu'entretiennent les deux propriétés (PARIS HABITAT et COGEDIM ) ensemble.
- Auteuil Maquette
La Gare d'Auteuil marque le point d'entrée sud de l'opération mais n'insiste pas vraiment sur son identité. Car ce sont le jardin, avec ses espaces extérieurs domestiques (ou libres) et la façade sud du bâtiment A, avec ses grands cadres percés, qui exercent sur l'espace urbain une véritable attractivité. La fragmentation de l'opération l'aére et la pose dans le site. Les perspectives s'enchainent et s'approfondissent. Rien n'était vraiment attendu ainsi. Les deux premieres réalisations tendent à laisser penser que le pari ainsi lancé pourrait être gagné.
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- Auteuil Structure préservant l'avenir (pas de mur transversal)
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L’agencement des infrastructures et du jardin L’opération est accompagnée de 273 places de parkings au total, dont 133 places qui sont réservées pour les locataires des immeubles A et C et 140 places qui ont été construites pour les habitants du quartier. L’infrastructure de l’opération qui regroupe la totalité des parkings compte 3 sous-sols sur la géométrie complète du triangle sur lequel sont posés les deux immeubles de logements. Un jardin de 2960 m², dessiné par le paysagiste Louis BENECH, complète, sur l’extérieur, le dispositif urbain. Les caractéristiques énergétiques de l’opération L’opération d’AUTEUIL s’inscrit dans le Plan CLIMAT de la ville de PARIS (50 KW/H/m²/an) / CERQUAL / Certification THPE (consommation inferieure de 20% / norme) RT 2005, performances améliorées de 60%. Les caractéristiques principales du développement durable de l’opération 1/ Utilisation d’une double paroi de verre en façade, dans chaque bâtiment 2/ Utilisation de panneaux photovoltaïques sur la toiture de chaque bâtiment 3/ Ventilation simple flux hygro B (bouches réglables en fonction du taux d’humidité) 4/ Utilisation du Branché de la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain (Un réseau urbain de chaleur contribue au développement durable. Il réduit les émissions de polluants atmosphériques et améliore la qualité de l’air tout en supprimant les nuisances corollaires. Le réseau de chaleur CPCU remplace 6000 chaufferies d’immeubles et annihile les rejets qu’elles engagent dans l’atmosphère 5/ Cuves de récupération des eaux de pluie 6/ Orientation des bâtiments pour éviter que l’ombre ne se porte de bâtiment à bâtiment 7/ Valorisation des appartements à double orientation.
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- Auteuil Coupe transversale en regardant vers le sud (Bâtiments A et C)
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Une analyse rapide des performances Car, ce qui permet de tels résultats, c’est d’abord le positionnement des ouvrages dans le site, leur bonne orientation et leur masse inerte qui est due à leur épaisseur conséquente, mais parfaitement logeable. Ensuite, au confort apporté par les façades en double vitrage, protégées elles-mêmes par des parois vitrées avancées qui créent des tampons thermiques appréciables (voir les vérandas périphériques du A et les balcons protégés du C, sur le bouvard SUCHET) et augmentent, de facto, la surface habitable de chaque appartement, sans la moindre exception. Des façades écrites avec une vraie complicité En effet, les façades des deux immeubles, si elles se déclinent pareillement à partir de menuiseriesaccordéon en aluminium laqué, de garde-corps en acier inox ou en acier laqué, de volets coulissants ou rabattables en aluminium extrudé laqué, elles n’en restent pas moins compétitives du point de vue des performances énergétiques et du rapport de confidentialité et de co-visibilité qu’elles échangent entre elles. Des façades avec des caractéristiques d’ouverture particulières Les petites, les grandes, voire les très grandes baies, sont, toutes, équipées de châssis à frappe, dessinés, pour l’occasion, repliables sur eux-mêmes. On peut ainsi ouvrir 100% de la largeur de sa baie et avoir ainsi accès à sa véranda, à son balcon ou à sa terrasse, une fois la façade vitrée entièrement escamotée. Le système dit « en accordéon » est inspiré des vérandas qui étendent, vers les trottoirs et les places, les cafés parisiens, en été. Elles s’ouvrent par repli de leurs baies sur elles-mêmes.
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- Auteuil Plan des rez-de-chaussée (Bâtiments A et C)
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La seule façon d’augmenter la surface nominale donnée Chaque élément contribuant au châssis est dimensionné à partir d’une fenêtre de 0,75m de large, qui ouvre sur toute sa hauteur et qui se replie sur sa voisine pour l’emmener avec elle et ainsi de suite, jusqu’à l’ouverture complète de l’embrasure. Les châssis sont composés de 2, 3, 4, 5 ou 6 fenêtres, portant la plus grande ouverture possible à 4,50m. C’est un dispositif qui agrandit la perception de l’espace disponible pour habiter et qui agrandit la surface de base de l’appartement, calculée sur la surface minimale proposée en matière de loyers modérés (de l'ordre de 5 à 6 m²) . Les assemblages contraints dans les étages courants Les appartements s’enquillent les uns dans les autres, tête-bêche, autour d’une circulation verticale (escalier et ascenseur). Les salles de séjour regardent, tantôt du coté est, tantôt du côté ouest et les chambres, à l’inverse. On ne trouve que deux appartements au palier et c’est comme ça sur toute la hauteur des deux immeubles. Seul le dernier étage de chaque bâtiment, en attique, est différent des autres. Il est contraint par la règle des prospects, mais dégage, du coup, de grandes terrasses avec des vues sur PARIS, la tour EIFFEL, la Place et l’Hippodrome d’AUTEUIL ou La DEFENSE.
- Auteuil Arrivée de la première locataire
Les halls des immeubles et l’Equipement pour les petits Les halls des deux immeubles sont tournés vers l’espace extérieur triangulaire, situé sur l’intérieur de la parcelle. Les sols en basalte des espaces extérieurs se prolongent jusque dans les halls sur toute
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- Auteuil Plans des étages courants (Bâtiments A et C)
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leur profondeur. Les parois verticales sont alors recouvertes, soit par des tôles en acier galvanisé imprimées (immeuble A) soit par des pierres variant du noir au gris (immeuble C). Le Rez- de-jardin du bâtiment C accueille, pour partie (ouverte sur son côté est), une crèche construite sur deux étages, l’étage supérieur restant, toutefois, calé sur l’altimétrie du trottoir du Boulevard SUCHET et proposant, de facto, un accès principal sur rue, à l’Equipement. Les immeubles et leur jardin intérieur On notera que les deux ouvrages actuellement construits sont deux pièces d’un plan d’ensemble qui en compte quatre et dont les deux dernières sont en cours de construction. On notera également qu’ils ont la même structure et un aspect général comparable, une tonalité à peine différente et des mécanismes de façades très proches. Qu’ils forment un espace privatif extérieur protégé. En premier lieu, par les bâtiments, eux-mêmes, ensuite par le pignon sud de l’immeuble de briques et de pierres qui jouxte l’opération au nord du terrain. Enfin, par l’immeuble actuellement en construction de la partie accession de l’opération (bâtiment B/Anne DEMIANS/ COGEDIM). Des immeubles en apparence coûteux On remarquera, à priori, en se promenant sur le site, que rien ne laisse penser que ces deux réalisations s’inscrivent dans le registre habituel et plutôt banal d’un projet social. Que la qualité et le soin apportés aux ouvrages réalisés poussent très loin le niveau de prestations accordées habituellement aux opérations locatives à loyers modérés.
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- Auteuil Plans des derniers étages (Bâtiments A et C)
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granuleuse) des vérandas du bâtiment A, on peut, imaginer immédiatement derrière, ce que sera la façade extérieure du bâtiment B. Et imaginer, de la même manière, ce que seront les enfilades ondoyantes des garde-corps du bâtiment D, rien qu’en observant la nature de celles qui sont actuellement posées sur les façades du bâtiment C, côté boulevard Suchet. Les immeubles proprement dits de la première partie (Paris-HABITAT) Les deux immeubles de l’opération sociale locative sont construits de la même manière avec seulement une différence subtile et perceptible entre leurs façades. Ils sont disposés en vis-à-vis sur les grands côtés d’un triangle qui s’appuie, d’un coté, sur le boulevard MONTMORENCY et, de l’autre, sur le boulevard SUCHET. La constitution des immeubles de logements Les planchers des étages en superstructure, au nombre de 9 pour le bâtiment A (Francis SOLER, architecte) et de 10 pour le bâtiment C (Rudy RICCIOTTI, architecte) sont de même dimension pour les deux ouvrages. Ce qui nous a amené (le client étant le même) à dessiner des plans d’appartements identiques, dimensionnés sur
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- Auteuil Détail de la façade du bâtiment A
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Pas de situation ambigüe On apprendra, par ailleurs, que le niveau d’exigence constaté sur place ne ressort en aucun cas d’une situation ambigüe qui laisserait penser que l’arrondissement de PARIS, dans lequel le projet s’inscrit, serait un facteur de financements complémentaires. Origine du niveau d’exigence constaté Car, il s’agit de considérer que ce niveau de prestations n’aura pu être atteint que grâce à l’entêtement et à la persévérance des architectes qui se sont positionnés, très vite et clairement, sur les effets économiques de masse, sur le déplacement des coûts particuliers à l’intérieur du coût global (moins de coût de structure, plus de coût réservé à la technicité des façades) et pour convenir avec l’Entreprise du profil réel des stratégies à développer, des économies de moyens à faire et des matières à préférer. Constat de confiance Et de constater enfin qu’un Maitre d’ouvrage qui laisse libres ses architectes et l’Entreprise d’exercer pleinement leur métier, en les épaulant dans le strict exercice de ses responsabilités, a toutes les chances de rassembler toutes les dimensions d’une opération de cette nature et de cette taille, sans délai complémentaire, ni budget supplémentaire.
Francis SOLER/ décembre 2016
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- Auteuil Toutes façades du bâtiment A
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- Auteuil Façades est du bâtiment C
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- Auteuil Façade ouest du bâtiment C
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Une question de priorité « On inversera la prépondérance de la ville sur les logements dans une histoire où les priorités du logement précéderont celles de la ville ». Une nouvelle manière de rendre active et constatable la construction synthétique d’une ville que nous construirons en changeant simplement l’ordre des priorités. Premièrement, en prenant, dans le logement, ses assemblages, ses empilages et ses orientations comme des valeurs prioritaires pour produire une certaine dose de bon sens urbain (version écologique de la ville). Deuxièmement, en sortant le logement des objets urbains qui résultent directement d’un ordre urbain préalablement instruit et discrétionnaire pour le considérer davantage comme la matière première d’une ligne urbaine plus responsable, mais avantageusement plus incertaine. Forme de sa mise en œuvre Cette étude montre qu’à partir de raisonnements simples qui aboutissent à des immeubles linéaires (barres) ou ponctuels (tours) d’épaisseurs différentes et d’orientations bien choisies, on peut s’aventurer sur de nouvelles formes de densité et d’assemblages. Les bâtiments ne se placent plus forcément à l’alignement ou à partir de mitoyens, mais ils introduisent, dans leurs compositions, des vides et des blocs qui créent des espaces autrement. Respirations, densités, parallèles, dilatations, rétrécissements, sont au programme. CHAPITRE 2 DECLARATION D'INTENTION par Francis SOLER
Le résultat attendu est incertain. Il part de l’hypothèse suivante : si on réfléchit la ville à partir de masses disposées d’abord en fonction de leur pertinence passive et foncière, on peut, juste « en regardant » ce qui se passe, se retrouver face à un plan de masse qu’aucun d’entre nous n’aurait osé dessiner. Bien sûr, les cas particuliers de restaurations urbaines ou d’immersions physiques dans des tissus denses et historiques, s’affranchissent de cette recherche qui reste têtue quant à ses résultats. mai 2009
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DECLINAISON d’HABITATIONS
14 16 18 20 16 14 18 20
par Francis SOLER
Juillet 2015
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Trois paramètres de recherche : 1/ Le premier qui interroge le placement et le positionnement urbains des immeubles et qui s’interroge sur le développement durable, avec une priorité donnée à leurs dispositifs passifs. 2/ Le deuxième qui interroge différentes épaisseurs d’immeubles (14, 16, 18, 20m) avec, comme principales préoccupations, l’inertie thermique optimale obtenue par la masse du bâtiment (diminution des gaspillages d’énergie) avec, comme corollaire, l’économie de la construction. 3/ Le troisième qui interroge le système qui fait varier sa géométrie avec, comme ancrage, « l’invariable 3P de référence », une cible de 63 m² utiles (61<63>65) équivalente à un logement de trois pièces qu’on s’oblige à rendre « traversant » avec, principalement, deux orientations opposées. 71
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1/ POSITIONNEMENT DES IMMEUBLES DANS UN SITE. En fait, il s’agit de considérer, in abstracto, un bâtiment linéaire et d’en faire une base de travail pour construire un plan de masse qui devrait, à terme, constituer, à lui seul, ou associé à d’autres projets urbains, un fragment de ville. Nous exclurons d’emblée toute opération trop particulière, dont les limites seraient tellement spécifiques qu’elles fabriqueraient des cas particuliers, non reproductibles. Et donc non EXEMPLAIRES. La meilleure orientation pour un bâtiment de logements linéaire est celle qui place son axe longitudinal dans une direction nord/sud (ou mieux, nord-nord-est/sudsud-ouest). Les logements, s’ils disposent d’un espace traversant (voir point 3) bénéficient tous, de deux expositions avantageuses, tant du point de vue de la lumière que des vues. Dans le cas où les contraintes urbaines devraient imposer des alignements obligatoires, mettant les immeubles dans l’obligation de présenter une de leurs deux plus grandes façades au nord, on reconsidèrerait le plan type pour tourner les plans vers le sud, tout en desservant les appartements, non plus par un palier central, mais par une rue d’étage, longeant la façade nord, à chaque étage. Dans le cas de logements traversants, les chambres seraient placées préférentiellement, au nord, et les espaces de jour, au sud. Mais, pour autant que ce soit possible, il s’agira de convaincre les aménageurs que les orientations est/ ouest sont à privilégier (dispositifs passifs prioritaires) par rapport aux orientations nord/sud.
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2/ DIFFERENTES EPAISSEURS AU SERVICE D’UNE ECONOMIE DE LA CONSTRUCTION, DE PLUS EN PLUS CONTRAIGNANTE
La masse est donnée par l’épaisseur de l’immeuble qui doit toutefois présenter des surfaces parfaitement logeables, même si elles restent étrangement et toujours limitées aux capacités financières calculées, au m², sur les plafonds de ressources des familles (voir point 3)
63,32 m
La recherche fondamentale et ses développements s’appuient sur les expériences des Logements de la Rue Emile DURKHEIM (Paris/1994/1997) et de ceux de la Place d’Auteuil (Paris/2008/2017). La méthode était simple, déjà, à l’époque : moins de matière dispersée, moins de gros œuvre, plus de prestations palpables et plus d’équipements favorisant le confort énergétique et thermique, mais toujours à budget comparable et circonscrit.
Les coefficients de rendement (rapport entre la surface de plancher et la surface utile des logements) sont nécessairement mis sur une ligne de recherche d’une performance toujours plus grande. Ceci, pour augmenter l’efficacité de l’immeuble et faire ainsi basculer les économies réalisées sur la qualité des lots techniques, les prestations intérieures et la technicité des façades. On passera, ainsi, d’une épaisseur référence de 14m (c’est la dimension du clos couvert par référence à la rue Durkheim et à la Porte d’Auteuil) à une épaisseur de 16m, puis de 18m, pour finir l’exercice sur l’épaisseur de 20m, épaisseur au-delà de laquelle l’élasticité d’un logement traditionnel (ou assimilable) n’est plus possible. Les épaisseurs changent sans que les noyaux de circulations verticales et les gaines principales soient changés, de quelque façon que ce soit (partie constante d’un système évoluant sur ses limites)
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3/ L’INVARIABLE 3 Pièces de 63 m² Toute recherche a besoin d’un paramètre constant autour duquel tourner pour être correctement instruite et comprise. Ici, c’est le 3 Pièces de 63 m² qui dirige et oriente la recherche, parce qu’il constitue, à lui seul, et principalement, la référence moyenne et complète du logement, tant du point de vue de la demande que de sa surface ou de son nombre de pièces habitables. C’est donc ce logement-type qui, à surface constante, fera varier sa géométrie, suivant la profondeur qu’on lui assignera (14, 16, 18 ou 20m) et qui organisera le plan d’assemblage d’un étage courant d’un immeuble à 14, 16, 18 ou 20m. Des astuces d’aménagement seront nécessaires pour faire apparaitre des habitabilités parfaites suivant les épaisseurs. Les logements-jauges de 3 Pièces de 63m² sont tous différents, mais ils s’inscrivent dans une même famille d’occupation de l’espace domestique. Les épaisseurs variant en augmentant (14, 16, 18, 20m), ce sont les largeurs des appartements qui automatiquement et mathématiquement se réduisent, de quelques centimètres, à chaque fois (14, 16,18, 20m), pour garantir la surface-cible.
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Surface de plancher 153
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Surface habitable / utile 128.2
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T3 Surface habitable 64,1m²
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L’addition obligée de quatre architectes L’addition obligée de quatre architectes par équipe pour ce dangereux programme d’Auteuil est une procédure assez rare et pertinente pour que l’on s’attarde un instant à l’analyser. Rare pour la tradition des concours d’architecture et pertinente comme moteur de complexité. Cette addition des maîtres d’œuvre interroge la procédure et les résultats attendus. S’agit-il de garantir des différences architecturales ou s’agit-il d’additionner des expériences différentes ? Le savant pas à pas de l’urbanisme parisien du 19ème siècle montre combien avec des typologies urbaines constantes, des technologies réduites, Paris a su après les brutaux bouleversements haussmanniens trouver l’écriture et les croyances urbaines nécessaires à une capitale. On peut débattre de cette période de l’histoire mais la réduction de la conséquence de la signature sur le panorama architectural de Paris a permis la construction d’une ville, où les rues sont belles car bordées avec sagesse de façades, où ce qui les réunit est plus important que ce qui les différencie (d’ailleurs l’architecte ne dessinait que les façades, laissant au maçon l’exercice de la raison. Paris célébrée dans le monde entier serait donc l’éloge de l’architecte soumis au plaisir de la rétention, de l’écriture).
CHAPITRE 3 UNE PENSEE TRANSVERSALE par Rudy RICCIOTTI
À la lumière de cet exemple insensé, les architectes ont considéré que l’aventure devait conserver, par instinct antique de survie, la conscience du commun. Pas au sens du banal et de l’ordinaire mais au sens de communauté d’intérêt pour un morceau de quartier qui devra dépasser le caractère sportif d’une compétition architecturale. Ce sujet ne sera pas une mêlée de rugby, ni l’olympiade des gesticulations, ni l’empire des sens. Il sera l’addition de sensibilités modestes certes, mais attentives à la culture d’un succès opérationnel car, après le projet, notre métier fait obligation de passer à l’acte. 79
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C’est donc bien l’intérêt commun que l’addition de compétences défend et non l’intérêt individuel de signatures architecturales qui, à courir l’exception comme le pensait Montesquieu, court le risque du ridicule. Les architectes, hors la vue de la satisfaction symbolique de l’ego, ont choisi donc la voie difficile, ingrate, voire injuste, de mettre en commun les expertises individuelles comme l’on mettrait dans le même cochon de porcelaine nos pièces de cinq sous. Cette procédure loin d’être facile est donc celle d’une Economie globale au sens politique du terme comme l’est aujourd’hui toute initiative industrieuse qui, si elle veut aboutir, doit pouvoir assembler des savoirs faire portés par des entrepreneurs différents. Cette vanité insensée étant exprimée, examinonsla au fond : en premier lieu cette Economie globale parle d’économie de l’acte de bâtir. L’explosion des coûts de construction met en péril la chaîne nationale de production de logements. On constate aujourd’hui, le faible taux de réalisation annuel du quota de logements sociaux qui n’atteint pas 30% des objectifs prévisionnels et la demande augmente. Tous les appels d’offres de logements sociaux ou privés, ou presque, sont en difficulté. À l’issue, l'architecture des programmes est toujours lourdement affectée, quelle que soit la qualité des concepteurs qui défendent ces programmes. La culture par ailleurs des programmes expérimentaux a disparu, comme s’est réduite l’offre matériologique de qualité compatible aux budgets disponibles pour construire. Ainsi c’est bien un acte commun de rationalisation des moyens utilisés qui fut arrêté afin de garantir une performance économique de l’appel d’offres ; tel un projet fou et romantique. Un système de structure porteuse en béton à plateau libre, dalle pleine sans
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retombée de poutres, apportant la preuve de sa justesse économique et de sa flexibilité, a été validé par l’ensemble de l’équipe de conception. Cette décision n'eut aucune incidence sur l’écriture des projets que l’enveloppe finale soit opaque ou transparente. Du point de vue morphologique l’épaisseur constante des immeubles fût arrêtée à partir d’autres expériences sur un ratio équilibré entre surface d’apport de lumière et surfaces de façades exposées. On sait qu’à quelques mètres près en trop ou en moins, les objectifs thermiques ou fonctionnels sont mis en crise, cette expérience individuelle devient aussi un acquis du groupe de conception. Cette attitude de mutualisation des expériences procède donc d’une économie par recyclage d’acquis sûrs. Il s’agit là aussi d’une écologie du travail en considérant la transformation du réel comme seule perspective esthétique crédible. L’équipe de conception poursuit sa réflexion à la lumière de l’expérience du Bauhaus. Les architectes cherchaient alors par le biais d’une économie de moyens et de savoir-faire à démontrer qu’un sens commun n’interdit pas la diversité. Ainsi, cette diversité n’est pas le moteur du processus de conception rationalisé mais la conséquence. De la même manière, fût mis au point un processus d’identification technologique de façades où la rationalisation des composants, accessible à la concurrence des entreprises et des industriels qui les fournissent, permet de développer des compositions et des écritures différenciées. Il en sera de même pour tous les composants. Ce dernier aspect augmentera le principe de rationalisation des choix dans le développement technique des plans ultérieurs. Un autre lieu de convergence entre les architectes
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fût de réduire volontairement la narration immature d’une fausse diversité qui ne serait que l’expression du consumérisme technologique. Le refuser n’est pas la tyrannie tout de même et construire pauvre n’est pas construire pauvrement. Rejoignons Alphonse Allais qui pensait qu’il vaut mieux une mauvaise idée que pas d’idée du tout et qu’à défaut de capacité à prouver ses désirs, l’architecture s’en tiendra au marivaudage. Les matériaux choisis l'ont été à partir de la valeur travail qu’ils développent et non à partir du pouvoir qu’ils évoquent. La noblesse de ce principe nous intéresse. L’éloge du banal nous est étranger. Le détail comme ambition , voilà un projet pour sortir le détail de son destin vain et considérer la valeur du travail de la matière comme une valeur architecturale directe est un point de doctrine de ce projet. La façade vitrée générique est monoculturelle parce que fabriquée avec deux composants (aluminium et verre), rationalisée parce qu’adossée à une réalité dimensionnelle normée et répétée. Mais en réalité, les assemblages sont multiples et différenciés et appellent pour être mis en œuvre à un travail engagé des équipes de montage. Ce n’est donc pas un processus de création affichant sa propre mythologie qui fût affirmé, mais plutôt un processus additionnant les apports individuels en industrie.
cohérence comme la politesse des imbéciles). Entre un prêtre mathématicien et un marquis esthète, il est difficile pour l’architecte d’y voir clair. Seul son ventre, celui de l’architecte, est encore pathos méritant. Cet attelage aura eu l’avantage de poser l’exhibitionnisme comme principe intellectuel... ma foi pourquoi pas ? puisqu’il est décrété la société du spectacle. Hier l’exotisme, aujourd’hui l’exhibitionnisme, tout cela est déjà mieux que le végétarisme. Notre équipage refusa le choix des corps exhibés en ligne, additionnés dans la brillance et prétendant ne plus vieillir. L’addition des compétences tourna en furieux corps à corps de sorte que l’on ne s’y retrouva plus. On avait inventé malgré nous, malgré notre pudeur, malgré notre culpabilité, malgré notre manque d’identité copulatoire. Nous avions inventé l’échangisme dans sa forme déculpabilisée. En fait, un héritage marxien voire libertaire de l’expérience de Jean Valjean avec le pied sur la pièce de cinq sous. Un glorieux plaisir à se situer hors la vue d’une histoire sans histoire. Rudy RICCIOTTI
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En effet, est-ce le témoignage des diversités qui était attendu ? Au risque d’apporter la preuve par l’absurde que le contexte n’est plus une croyance. Ainsi, se confirme l’idée que le territoire devient otage d’un désir de diversité, voire moteur de différences comme finalité, quand on espérait seulement la réponse suffisante ou efficace (soudainement Pascal apparaît en fond de scène dans sa quête de la grâce efficace ou suffisante). La véritable horreur de ce scénario compétitif serait l’affirmation d'une absolue cohérence comme désir total (soudainement apparaît en scène alors Sade qui considérait à juste raison la
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CHAPITRE 3 AUTEUIL/ UNE OPERATION QUI SE COMPLETE Plus au sud sur la parcelle, ce seront deux autres bâtiments qui seront érigés. Produits par COGEDIM, dessinés par Anne DEMIANS et Finn GEIPEL et construits par Léon GROSSE, ils occuperont le triangle qui tutoie la Place d’AUTEUIL. Aujourd’hui, décembre 2016, les fondations des deux ouvrages sont achevées et le gros-œuvre des sous-sols est presque terminé.
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A terme, le bâtiment B se placera au droit de l’ouverture qu’on peut apercevoir, aujourd’hui, entre les pignons sud des bâtiments A et C. Le bâtiment D se calera, lui, plus au sud, le long du boulevard SUCHET et finira le dispositif urbain mis au point, dès 2008, par le quatuor d’architectes gagnant. C’est cette continuité urbaine, que nous poursuivons depuis le début, que les deux ouvrages signeront, reprenant les tonalités grises et or maté des deux premières réalisations. Les gabarits sont proches les uns des autres, les ouvertures sont de la même famille technique et mécanique. Les masses bâties en béton vont remplir les grandes cavités qu’on peut voir actuellement sur le site, là où s’activent des grandes pelleteuses, des silos à béton, une grue à tour et de nombreuses équipes de ferrailleurs et de coffreurs.
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Les architectes et les ingénieurs sont à l’ouvrage, pendant que les équipes sur place (et hors site) sont aux études d’exécution et à la fabrication des pièces qui vont constituer les œuvres. Car, si certains ouvrages sont fabriqués et coulés sur place, d’autres, procédant d’un processus plus industriel (comme celui des façades, par exemple) sont réalisés hors site, et par éléments, sur des chaines de fabrication malheureusement trop peu utilisés encore par les architectes. Cet opuscule montre en priorité les deux opérations du site d’AUTEUIL, déjà réalisées et dont la plupart des appartements sont aujourd’hui occupés. Mais il ne peut se dispenser de préciser que l’opération ne sera à apprécier et à comprendre qu’une fois les quatre œuvres définitivement terminées et leur jardin aussi. Aussi, montrons-nous d’ores et déjà le site dans sa totalité et à travers le projet général qu’il propose. 84
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- Auteuil Terrain sud COGEDIM
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ENTREPRISE : LEON GROSSE avec - GIULIANI (Façades) - AMRA (Verandas et serrureries)
Photographies : Jean-Pierre PORCHER
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177 LOGEMENTS ET UNE CRECHE PARIS HABITAT / OPH GARE D'AUTEUIL / 120, Boulevard Montmorency / 93, Boulevard Suchet PARIS 16ème FRANCE par
Francis SOLER architecte (bâtiment A et coordination OPH) et
Rudy RICCIOTTI architecte (bâtiment C) avec (architectes) Sylvia BOURGOIN, Vanesa COCA (études) Sebastien VAN CAPPEL, Gérard LE GOFF (travaux) avec (paysagiste) Louis BENECH avec Louis LEVACHER avec (ingénieurs) -VP&GREEN ENGINEERING (Structures/Façades) -ALTO INGENIERIE (Fluides) -LAMOUREUX (Acoustique) -URBATEC (VRD) -CASSO (Securité) -PARICA (Economie)
A SUIVRE LOGEMENTS ET RESIDENCE SERVICES COGEDIM par
Anne DEMIANS architecte mandataire (bâtiment B) Finn GEIPEL (bâtiment D)
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