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Printemps/été 2006, vol. 2 no 2

L’IMPACT DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES SUR LES INFRASTRUCTURES DU SECTEUR DE L’EAU : PRÉPAREZ-VOUS ! VERRONS-NOUS UN JOUR LA FIN DES FUSIONS ET ACQUISITIONS DANS L’INDUSTRIE DE L’EAU ? L’ÉCHANTILLONNAGE INDUSTRIEL ET COMMERCIAL : UNE PRIORITÉ !

Convention de la poste-publications no 41122591

ENTREVUE avec

Michèle Prévost titulaire de la chaire de l’eau potable et femme de défis

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Printemps/été 2006, vol. 2 no 2

tête-à-tête

sommaire

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La connaissance des aquifères du Québec : un enjeu important

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En lien avec le ministre

INFRASTRUCTURE URBAINE

Des investissements bien ciblés pour des interventions performantes et efficaces

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« On a dit qu’on avait les moyens, mais les sommes annoncées n’ont pas été dépensées ou du moins seulement en partie. La pression pour que les travaux soient réalisés dans les échéances a été ajustée en conséquence. Il est vrai qu’il n’y a pas d’épidémie d’origine hydrique au Québec, mais on est dans une situation à risque élevé. Nous sommes en fait dans une situation de non-conformité prolongée, ce qui n’est vraiment pas souhaitable. »

LE MUNICIPAL

L’échantillonnage industriel et commercial : une priorité !

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LE MUNICIPAL

Règlement fédéral sur les urgences environnementales (partie 1)

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CHANGEMENTS CLIMATIQUESUX USÉES

L’impact des changements climatiques sur les infrastructures du secteur de l’eau : préparez-vous !

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EAUX USÉES

Bénéficier d’une eau de qualité : une question d’argent ?

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ASSAINISSEMENT DÉCENTRALISÉ

Les technologies certifiées BNQ pour les résidences isolées

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EAU, TOUR DU MONDE

Verrons-nous un jour la fin des fusions et acquisitions dans l’industrie de l’eau ? LE JURIDIQUE

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LE S B O N S C O NTA CTS

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L’ E N V E R S D U D É C O R

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TARIFICATION

Compteurs d’eau : la nécessaire évaluation

Éditeur et rédacteur en chef : André Dumouchel adumouchel@maya.cc

Direction artistique : MAYA communication et marketing Designer graphique : S’AMI graphie

Chroniqueurs : Claude Béchard, François Bédard, Alain Bourque, François Lecomte, André Lapointe,Christian Sauvageau, François Séguin, Gilles Vaillancourt et Christian Vézina.

Ce magazine est imprimé sur papier à contenu recyclé grâce à la participation financière de Tricentris.

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 2 NO 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2006

Photos de la page couverture et de l’entrevue : Studio Point DeVue Révision linguistique : Annie Talbot Impression : TransGraphique

© Tous droits réservés. Droits d’auteur et droits de reproduction :

Coordination des ventes : André Dumouchel Tél. : 450 508-1515 adumouchel@maya.cc Abonnement et administration : MAYA communication et marketing 457, montée Lesage, Rosemère (Qc) J7A 4S2 Téléphone : 450 508-1515 Télécopieur : 450 508-1514 info@maya.cc www.maya.cc

toute demande de reproduction doit être acheminée à MAYA communication et marketing aux coordonnées figurant ci-dessus. Les opinions et les idées contenues dans les articles n’engagent la responsabilité que de leurs auteurs. La publication d’annonces et de publicités ne signifie pas que le magazine SOURCE recommande ces produits et services. Convention de la poste-publications no 41122591. Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada aux coordonnées figurant ci-dessus. Dépôt légal : 1e trimestre 2005. ISSN 1712-9125. Le magazine SOURCE est publié 3 fois l’an.


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É D I TO R I A L

Histoire d’un verre d’eau Lorsque j’étais plus jeune et que je voulais boire un verre d’eau, c’était simple : je tournais le robinet, je plaçais un verre sous la chantepleure, et le tour était joué, ne restait plus qu’à me désaltérer. Jamais n’était-il question d’aller acheter une bouteille d’eau au dépanneur. J’ai grandi sur la Rive-Nord de Montréal et j’ai la trentaine depuis quelques années. Il ne s’agit donc pas d’une enfance passée dans les années 1940, vécue dans une lointaine contrée où on devait marcher « un mille » avec une « chaulière d’eau » sur l’épaule. Je parle plutôt des années 1970 et 1980, sur une île qu’on appelait Jésus.

André Dumouchel

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adumouchel@maya.cc

Or, en 2006, ça ne semble plus aussi simple. Selon un sondage maison réalisé par le magazine Protégez-vous (juillet 2006), sur 4301 répondants, 31 % boivent de l’eau embouteillée ou distillée. Pour 45 % d’entre eux, il s’agit d’une question de goût. Je peux accepter cette raison dans une certaine mesure, même s’il existe des moyens très simples pouvant supprimer le goût du chlore. Mais, ce qui m’apparaît inacceptable pour notre industrie, c’est que 33 % le font en raison de leur manque de confiance en l’eau produite par les municipalités. Mais que s’est-il donc produit en cours de route ? Quelqu’un peut-il me dire sans sourciller que nos techniques, nos équipements et la formation de notre main-d’œuvre se sont dégradés si rapidement ? C’est drôle, j’avais pourtant l’impression du contraire…

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 2 NO 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2006

Comment un tel revirement peut-il se produire quand on pense que l’eau embouteillée coûte de 500 à 1000 fois plus cher aux consommateurs que l’eau du robinet qu’ils paient déjà par le biais de la taxe ? ! S’agit-il que d’une mode ? Permettez-moi d’en douter. Une simple mode ne durerait pas si longtemps; on parle ici de décennies. Il s’agit donc d’une tendance lourde. Dans ce cas, s’agit-il des effets des publicités faites par les embouteilleurs d’eau, vantant la pureté de leurs produits ? Peut-être. Si c’est le cas, d’une part il faut comprendre les citoyens qui se font rabattre les oreilles avec des histoires comme celle de Walkerton ou qu’on assomme avec des avis d’ébullition durant la période estivale. Ce n’est rien pour augmenter la confiance de la population ! Pas surprenant que cette dernière soit influencée par ces publicités lui assurant une eau « réellement » potable. D’autre part, il faut renverser la vapeur le plus rapidement possible en utilisant les mêmes moyens que les embouteilleurs. Il faut se servir des médias, voire acheter de la publicité. Il faudrait même que l’industrie se lance dans une campagne publicitaire majeure afin de vanter son produit et l’importance qu’il a sur la santé publique. J’en vois sourire. Certains doivent penser : « Les nerfs, Dumouchel ! » D’autres doivent se dire : « Hé, moi je vends des tuyaux, ce débat ne me concerne pas » ou « Pourquoi je m’en ferais avec cela, je ne fais qu’opérer une station d’eau potable; que les gens boivent ou non l’eau, j’ai fait mon travail. » Si vous avez eu ce genre de réaction, permettez-moi de vous dire respectueusement que vous êtes dans les patates ! À titre d’exemple, pourquoi les policiers ont-ils d’excellentes conventions collectives et un très bon salaire comparativement à un chef opérateur d’usine ? C’est simple : à un moment de l’histoire, ils ont fait réaliser à la population qu’ils effectuaient un travail indispensable; leur métier a ainsi été valorisé et ils ont pu obtenir ces conditions de travail. Vous, les gens travaillant directement avec cette ressource, avez donc tout intérêt à ce que la population comprenne que vous effectuez un boulot indispensable et que l’eau que vous produisez est suffisamment bonne pour qu’elle cesse d’acheter des bouteilles à un prix d’or. Quant aux fournisseurs de produits et services de l’in-

dustrie de l’eau, vous savez que d’énormes investissements sont nécessaires pour le maintien et l’amélioration de la qualité de l’eau. Juste au niveau du renouvellement des infrastructures, la somme d’un milliard par année sur une période de 15 ans devrait suffire à vous faire réaliser que, plus les investissements de ce type seront bien acceptés par les payeurs de taxes, plus vous en bénéficierez en termes de contrats. Vous voulez un autre exemple ? Regardez les différents sondages, qu’ils soient avant ou après les élections : ils démontrent tous que la population souhaite des investissements importants dans le secteur de la santé. Les gens de cette industrie ont le sourire aux lèvres. Que ce soit les fournisseurs ou les médecins, ils savent qu’ils ont l’appui de la population et que le gouvernement devra investir dans ce secteur, sans quoi il subira la grogne populaire. N’auriez-vous pas envie, vous aussi, que le gouvernement puisse investir massivement dans le domaine de l’eau, avec la bénédiction de la population ? C’est donc très simple. Il faut que la population comprenne le lien intrinsèque de l’eau et de la santé, et qu’elle ait confiance en celle produite par les municipalités. Il faut vendre cette idée aux payeurs d’impôt puisque ce sont eux qui élisent le gouvernement qui, de son côté, décide de la priorité des projets. Plus monsieur et madame Tout-le-monde en seront convaincus, plus l’industrie de l’eau tout entière en profitera, du vendeur de tuyaux à l’opérateur d’usine. Nous pourrons ainsi mettre de l’avant des projets dont la nécessité date probablement l’époque où, petit garçon, je mettais mon verre sous le robinet sans me poser de question. À moins que nous souhaitions que l’eau produite par les municipalités ne serve qu’à nettoyer les stationnements résidentiels, auquel cas je ne suis pas certain que le salaire du vendeur de tuyaux et de l’opérateur d’usine sera à la hausse… ■


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En lien avec le ministre La connaissance des aquifères du Québec : un enjeu important M. Claude Béchard, ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. L’eau est une richesse de la société québécoise et une partie intégrante de son patrimoine collectif. Cette reconnaissance implique la responsabilité de préserver la qualité et la quantité de l’eau, de surface et souterraine, dans l’intérêt des générations présentes et futures, dans une perspective de développement durable.

et sont associés à des paramètres dits « esthétiques », en ce sens qu’ils peuvent causer certaines nuisances de couleur ou de goût, ou encore tacher les vêtements ou les appareils sanitaires, sans pour autant être dommageables pour la santé. Malgré ces quelques problèmes, l’eau souterraine de la région est généralement de bonne qualité.

De façon générale, l’eau est disponible en quantité appréciable. Toutefois, l’augmentation constante de la demande est susceptible de générer des conflits d’usage entre les utilisateurs, là où la ressource est fortement sollicitée.

L’étude révèle que 65 % de la population du bassin versant utilise l’eau souterraine comme source d’alimentation en eau potable. À eux seuls, les réseaux d’aqueducs et les 20 000 puits répartis dans les portions rurales du bassin captent près de la moitié des 30 millions de mètres cubes d’eau souterraine prélevés annuellement. Elle révèle également que l’utilisation d’eau souterraine est d’environ 30 % plus élevée en été qu’au cours du reste de l’année, compte tenu de certaines activités strictement estivales telles l’irrigation des terres et les usages récréotouristiques. Ces activités sont surtout concentrées aux environs de Mercier, de Saint-Rémi et au pied du mont Covey Hill.

Pour faire face à la situation, un élément de solution consiste à mieux connaître, comprendre et gérer l’eau souterraine. Dans ce contexte, le gouvernement s’est engagé à entreprendre un inventaire des grands aquifères du Québec. Pour donner suite à cet engagement, il a réalisé, en collaboration avec plusieurs partenaires dont la Commission géologique du Canada (CGC) et l’Institut national de la recherche scientifique – Eau, Terre et Environnement (INRS-ETE), une première étude de caractérisation hydrogéologique, soit celle du bassin versant de la rivière Châteauguay. Cette étude servira de modèle pour les autres à venir. La recherche sur l’aquifère du bassin versant de la rivière Châteauguay a nécessité la réalisation de plus de 150 analyses d’eau, 200 jours terrain de cartographie, 200 mesures de niveau d’eau, 50 essais de pompage, 6 kilomètres de profils sismiques, 23 forages instrumentés et un inventaire des utilisateurs. Cette étude a permis d’amorcer le développement d’un réseau provincial de mesure et de surveillance de la quantité et de la qualité de l’eau souterraine du Québec, dont l’expansion progressera parallèlement à la réalisation de l’inventaire des grands aquifères.

Globalement donc, le bassin versant de la rivière Châteauguay dispose d’une ressource en eau souterraine de qualité et en quantité importante. Sa pérennité doit demeurer au centre de nos préoccupations environnementales. L’analyse des données met également en évidence quatre zones où l’aquifère est « globalement plus sensible » aux changements climatiques, aux prélèvements régionaux et à la contamination : les environs du mont Covey Hill, le secteur Le Rocher, l’esker de Mercier et la zone située au nord de Hemmingford. Cette observation est importante du point de vue de la gestion de l’aquifère et du territoire et devrait permettre aux décideurs ainsi qu’aux citoyens de mieux évaluer les projets de prélèvements d’eau importants ou les activités pouvant contaminer l’eau souterraine.

Les résultats de cette étude, publiés sous forme d’atlas, en 2006, concernent à la fois la qualité, la vulnéLa préservation de l’eau souterraine a non seulement pour rabilité, la disponibilité, l’utilisation, le renouvelavantage d’assurer la santé publique, mais également lement et la pérennité de l’eau souterraine du celle d’assurer la santé économique des municipalités. bassin versant.

Résultats des travaux Les résultats de la caractérisation, sur l’ensemble du bassin versant de la rivière Châteauguay, démontrent qu’à l’exception de la zone contaminée par les anciennes lagunes de Mercier, l’eau souterraine est, de façon générale, naturellement potable et très peu affectée par les activités agricoles. Les problèmes les plus courants de la qualité de l’eau souterraine sont d’origine naturelle 8

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 2 NO 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2006

La préservation de l’eau souterraine a non seulement pour avantage d’assurer la santé publique, mais également celle d’assurer la santé économique des municipalités. Comme la recherche en eau potable et l’installation d’une prise d’eau requièrent des sommes considérables, une municipalité a intérêt à utiliser tous les moyens en sa possession afin de conserver intacte la qualité de sa ressource hydrique. ■


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tête-à-tête

au téléphone. Lorsque j’ai parlé au patron de l’entreprise, M. Claude Vallée, ce dernier m’a simplement demandé : « Peux-tu rentré demain ? » Je lui ai alors demandé naïvement s’il pouvait m’accorder une entrevue et il m’a répété : « Peux-tu rentrer demain ? » (Rires.) Je venais d’être engagée ! C’était l’époque du programme d’assainissement des eaux; il y avait de l’effervescence dans le milieu. J’ai eu la chance de travailler avec une équipe extraordinairement dynamique, en commençant par Claude Vallée, Chantal Morasse (aujourd’hui à l’emploi de la Ville de Montréal) et Sylvie Letendre (maintenant chez SNC-Lavallin). Ce furent des années très formatrices.

Entrevue réalisée par

André Dumouchel

Michèle Prévost

FEMME DE DÉFIS, MICHÈLE PRÉVOST A UN CURRICULUM VITAE IMPRESSIONNANT. JEUNE PROFESSIONNELLE, ELLE SE VOIT CONFIER LA TÂCHE DE METTRE SUR PIED L’IMPORTANTE CHAIRE DE ‘EAU POTABLE QUÉBÉCOISE. SES CONNAISSANCES TECHNIQUES JUMELÉES À SES QUALITÉS DE MENEUSE ET DE FEMME D’ÉQUIPE ASSURENT LE SUCCÈS DES PROJETS DE LA CHAIRE, AU POINT OÙ CETTE DERNIÈRE EST RECONDUITE POUR UNE TROISIÈME PHASE. E N COURS DE ROUTE, M ME PRÉVOST A ÉTÉ SOLLICITÉE PAR LE SECTEUR PRIVÉ, MAIS ELLE EST RÉCEMMENT REVENUE À SES AMOURS À TEMPS PLEIN, POUR LE PLUS GRAND BÉNÉFICE DE L’INDUSTRIE DE L’EAU QUÉBÉCOISE. QUEL A ÉTÉ SON PARCOURS ? QUELLES SONT SES OPINIONS ? LE MAGAZINE SOURCE L’A RENCONTRÉE POUR VOUS. À quel endroit avez-vous grandi ? À Montréal, dans le quartier Côtedes-Neiges. Quelle était l’occupation de vos parents ? Mon père était chirurgien à l’hôpital Notre-Dame de Montréal et ma mère était femme au foyer. Aujourd’hui, ils habitent au deuxième étage de ma maison. Nous nous voyons tous les jours. Plus jeune, quelle était votre ambition professionnelle ? Oh mon Dieu ! J’ai tout d’abord voulu être archéologue pour voyager. Ensuite, j’ai voulu être mathématicienne pour faire comme mon frère aîné. Finalement, j’ai reçu l’appel des arts et de la musique. J’ai étudié les arts plastiques au cégep et j’ai joué longtemps du hautbois et de la flûte traversière. J’espère toujours en rejouer un jour. Peut-être lorsque j’aurai du temps libre ! 10

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Vers 17-18 ans, je me suis lancée corps et âme dans le ski. Puis, je me suis tournée à nouveau vers les sciences afin de me consacrer à l’environnement avec un grand « E ». J’ai donc suivi le programme en environnement à l’Université McGill. Pourquoi avoir choisi l’Université McGill ? Le programme était donné au campus Macdonald, en plus de l’attrait extraordinaire que représentait pour moi le programme de protection des loups et des oiseaux de proie en danger. C’était ma période environnementale très pure et dure ! Avez-vous tout de même conservé votre idéalisme ? Je suis d’avis qu’il faut garder en tête l’importance de l’environnement au sens large, mais vers l’âge de 25 ans, j’ai décidé de me consacrer à une tâche dans laquelle je pourrais avoir un

impact direct sur la vie des gens. Je suis donc entrée à la Polytechnique pour y faire une maîtrise en génie de l’environnement, consacrée à l’eau potable. Êtes-vous la nièce de Gustave Prévost ? Non (rires), je sais que c’est la croyance populaire, mais nous n’avions aucun lien de parenté. J’ai toutefois rencontré M. Prévost à quelques reprises dans certaines réunions et je peux affirmer qu’il ne passait jamais inaperçu. Il était quelqu’un d’exceptionnel, mais il avait des points de vue très tranchés. Quel a été votre premier emploi ? Mon premier emploi dans le domaine de l’eau, c’était chez Gendron Lefebvre, une entreprise de génie-conseil. Je terminais ma maîtrise sous la supervision de mon directeur de mémoire, Raymond Desjardins, et ce dernier a passé l’entrevue pour moi

Avez-vous gardé contact avec ces gens ? Bien sûr, dans le cas de Sylvie et de Chantal, on se revoit régulièrement dans le cadre du travail. Pour ce qui est de Claude, il est le parrain de mon plus jeune garçon. Comment la chaire de l’eau potable a-t-elle été créée ? Nous sentions que nous devions formaliser nos projets avec l’école Polytechnique. On travaillait déjà avec Raymond Desjardins et son groupe de travail sur des contrats à la pièce, mais très souvent les étudiants, l’argent et le temps manquaient. Nous cherchions un mode de financement. Le mode des chaires en était un parmi d’autres, mais c’est celui qui nous semblait le plus approprié. En 1990, Claude Vallée, Pierre Brisebois et moimême avons donc décidé d’approcher M. Pierre Lafrance, de la Ville de Laval, ainsi que MM. Charrette et Moreau, de la Ville de Montréal, avec notre projet. Ils étaient emballés. Raymond Desjardins l’était également. La chaire allait permettre de former un groupe en ayant accès à plus de moyens afin de former plus d’ingénieurs et de scientifiques spécialisés en traitement des eaux. Comment en êtes-vous venue à faire le saut à la chaire ? Je faisais mon doctorat à temps partiel tout en occupant mon poste chez Gendron Lefebvre. Je voyais le projet de chaire se développer et l’intérêt qu’il suscitait. J’étais à ce moment du côté de l’industrie, et la perspective de pouvoir travailler dans une zone mixte m’attirait beaucoup. J’ai donc posé ma candidature comme titulaire junior et j’ai obtenu le poste.


tête-à-tête Qui en était le titulaire sénior ? M. Bruno Langlais, un chercheur français. Certains l’appelaient Langlais le Français ! (Rires.) Avant son arrivée au Québec, M. Langlais était au service de la compagnie Générale des eaux (devenue récemment Veolia Eau). Il était un grand spécialiste de l’ozonation. Il venait d’ailleurs de terminer la rédaction d’un livre de référence sur ce sujet. Cet ouvrage est bien connu et est encore très utilisé. Malheureusement, il est tombé malade et a dû retourner en France. Je me suis donc retrouvée à la tête de la chaire moins d’un an après sa création. Il s’agissait d’une belle promotion, mais quelque peu rapide ! Quels ont été les bailleurs de fonds initiaux ? Il s’agissait tout d’abord de Gendron Lefebvre. La mise de fonds était modeste, mais elle nous permettait de pouvoir approcher les villes. Ensuite, ça a été la Ville de Laval. Il faut savoir que Gendron Lefebvre était une firme d’importance à Laval. Il a donc été aisé d’avoir une oreille attentive. A suivi la Ville de Montréal qui s’est montrée enthousiaste. Finalement, comme nous voulions créer une chaire capable de régler tous les problèmes en eau des villes, il nous fallait un partenaire industriel capable de nous fournir l’équipement. La Générale des eaux a donc accepté de participer par le biais de John Meunier. C’est Gabriel Meunier qui avait mené ce dossier. John Meunier n’était pas une aussi grande entreprise qu’elle l’est aujourd’hui, mais Gabriel Meunier croyait fermement à l’utilité d’un lien université/industrie. Il nous a donc soutenus dès le début.

Étiez-vous à l’emploi de la Générale des eaux au même moment ? Non, ce fut beaucoup plus tard. À vrai dire, je ne connaissais la Générale des eaux que pour y être allée visiter des technologies là-bas. Mon lien était davantage avec John Meunier qui détenait des licences de distribution et de technologies françaises. Ils avaient accès à cette banque de technologies extraordinaires au niveau technologique. À quel moment avez-vous travaillé pour l’entreprise ? À partir du deuxième renouvellement de la chaire, la Générale des eaux-Vivendi m’a demandé d’agir à temps partiel comme directrice du soutien technique pour l’eau potable à l’échelle mondiale. Par la suite, j’ai coordonné la recherche et le développement pour l’ensemble de l’Amérique du Nord. À ce moment, Vivendi venait de faire l’acquisition du géant US-Filter.

des mandats de cinq ans, l’échéance de ce mandat est arrivée en 2002. Du point de vue du financement, la chaire a fait une pause puisque le mandat suivant a été octroyé pour la période 2005-2010. Mais, dans les faits, les activités se sont poursuivies. En 2003, Raymond Desjardins et moi avons constaté le manque d’équipement. Il fallait faire quelque chose, puisque l’équipement était soit dépassé, soit inadéquat, soit tout simplement absent. Cela nous limitait dans nos actions pour aider les villes. C’est alors que nous nous sommes tournés vers le Fonds canadien d’innovation qui soutenait des projets d’envergure. Et comme le responsable des subventions de Burlington m’avait surnommée Million Dollars Girl lorsque j’étais chez Gendron Lefebvre, j’ai ajouté quelques zéros à notre demande de subvention !

Vous étiez toujours impliquée avec la chaire ? Oui, nous avons renforcé l’équipe à l’interne pour me remplacer, et je revenais durant une semaine, chaque mois, pour suivre les travaux de la chaire.

Combien avez-vous réussi à obtenir ? Comme le programme était limité dans le temps, nous nous sommes dit, Raymond et moi, que nous devions frapper un grand coup, pas seulement pour la chaire de l’eau potable, mais pour toute la région. Nous nous sommes donc associés à Yves Comeau, en eaux usées, à L’ETS et à l’Université McGill, et nous avons obtenu 12 millions en équipements, dont 5 pour la chaire de l’eau potable. J’avais donc un beau défi me poussant à y revenir à temps plein afin de la renouveler avec l’aide de la relève.

Les mandats de la chaire n’ont pas cessé d’être renouvelés ? Le premier mandat a été attribué en 1992 et il a été renouvelé aussitôt en 1997. Comme ce sont

Qu’ont apporté ces équipements concrètement ? Il y a certaines choses qu’on ne pouvait pas analyser chez nous, il y a à peine cinq ans, et ce,

Deviez-vous vous expatrier ? Le travail se faisait à travers le monde; aux ÉtatsUnis, en Australie, en Europe. Pour ma part, j’étais à Montréal parce que mon mari et mes enfants y étaient. Mais je dois avouer que, pendant un an, j’ai souvent été dans mes valises !

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tête-à-tête C’est une très bonne question, et nous en avons d’ailleurs débattu longtemps avec le CRSNG et les Villes, car ces dernières sont toujours réticentes à s’associer avec un industriel. Mais la réponse est assez simple lorsqu’on décortique le programme de la chaire. Il est composé de quatre sous-programmes : la ressource, le traitement, la distribution des eaux et l’analyse de risques. Or, aucun ne comporte un développement de procédés fins. L’aspect budgétaire ne le permet pas, de toute façon, puisque le budget de la chaire est d’environ 1,2 million par année (sans les contrats externes). Ce budget est suffisant pour soutenir un grand nombre d’activités étudiantes, mais ne l’est vraiment pas pour, par exemple, soutenir une équipe de développement de membranes. Dans un cas semblable, une somme de 5 à 10 millions par année est nécessaire.

Je pense que ce que le règlement, en 2001, a fait, c’est rattraper 15 ou 20 ans de retard, particulièrement en ce qui a trait aux exigences de désinfection. même si on avait nos spécialités. Avec cet équipement, les possibilités au niveau analytique et des pilotes se sont multipliées de façon extraordinaire. Face à cet état de fait, nous avons pu introduire de nouveaux thèmes tels les polluants émergents. Nous sommes maintenant en mesure de faire la démonstration de nouvelles technologies. Ces investissements ont ouvert nos horizons face à des thèmes de recherche qu’on n’aurait jamais pu couvrir comme on le fait maintenant. La microbiologie moléculaire, la chimie analytique de pointe effectuée en collaboration avec des départements de chimie et la simulation de six filières de traitement complètement automatisées sont de bons exemples de nos nouvelles possibilités. Les objectifs de la chaire ont-ils été de ce fait modifiés ? Non, la chaire est une créature universitaire dont l’objectif premier demeure la formation. Nous sommes des professeurs-chercheurs; nous avons donc la responsabilité de former des gens aux études supérieures. Le deuxième grand objectif est de soutenir les villes dans leurs besoins pressants de traitement et de distribution. Qui, de la Polytechnique ou des bailleurs de fonds, retirent les plus grands bénéfices ? Je crois que tous les partenaires en retirent des bénéfices égaux. En fait, maintenant, la chaire n’a plus de consultants partenaires. Nous n’avons que deux municipalités et un manufacturier d’équipements. Vous avez écarté les consultants de la nouvelle version de la chaire afin d’éviter de donner un avantage à ceux-ci vis-à-vis leurs concurrents, mais qu’en est-il de votre partenaire industriel en regard de ses compétiteurs ? 12

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 2 NO 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2006

C’est pourquoi nous voulons être un soutien pour la définition des filières de traitement multi-objectifs; nous voulons désinfecter, enlever les microorganismes, les polluants émergents, les perturbateurs endocriniens, les toxines algales… Bref, nous voulons contribuer à faire diminuer les coûts, à augmenter la fiabilité et la facilité d’opération sans faire la promotion d’un procédé ou d’un autre. Nous visons davantage à être un rassembleur et un soutien à la définition des combinaisons de traitement qui peuvent répondre aux besoins des villes. Si John Meunier a un avantage, il se situe dans le fait d’être au courant du « comment c’est fait » et de savoir ce qui s’en vient. C’est tout. Quelles sont les grandes réalisations ou les avancées de la chaire ? Si nous prenons les trois tranches de vie de la chaire, je dirais que, pour la première, c’est sûrement l’introduction à la filtration biologique dans un contexte de pays nord-américain, froid, alors qu’on sait que le biologique n’aime pas l’eau froide. De plus, ce procédé était très nouveau et à peine utilisé, même en Europe. Cette période a également été celle où nous avons intensément travaillé sur le thème de la qualité dans les réseaux de distribution. Nous avons mis en évidence que la qualité de l’eau qui sort du réseau et celle du robinet est bien différente. Nous avons vraiment fait des avancées importantes sur la compréhension des principales causes de dégradation de la qualité de l’eau dans les réseaux et la manière de les contrôler. Ces avancées ont mené à des collaborations, notamment avec votre chroniqueur, M. Pierre Paiement de l’Institut Armand-Frappier, qui a effectué une étude épidémiologique marquante.

La deuxième tranche de la chaire a vu le développement d’une expertise sur la désinfection, reconnue mondialement. Nous avons mis en évidence les failles au niveau du traitement dans plusieurs de nos installations. Il est à noter que cela coïncide avec la réforme du règlement. Nous avons donc eu un impact important sur les exigences de désinfection du règlement. Je tiens à préciser que tous ces travaux ne se sont pas effectués qu’en laboratoires. Les travaux se font dans la vraie vie, en usine et dans les tranchées. C’est une expérience de terrain extraordinaire pour les étudiants. Ce n’est pas pour rien qu’ils trouvent du travail si rapidement et qu’ils sont si efficaces une fois leurs études terminées. Quels objectifs vise la nouvelle tranche ? Ses objectifs sont complètement différents. Bien sûr, nous avons encore des travaux à faire en désinfection puisque c’est un thème majeur en santé publique, mais on se lance vraiment sur le traitement des nouveaux polluants. Vous savez, le citoyen moyen, souvent sans raison dans la très grande majorité des cas, est plus inquiet de traces d’hormones ou d’acétaminophène dans son eau potable que d’être infecté par la bactérie E-coli. Sans qu’il y ait des risques majeurs pour la santé qui aient été démontrés, la compréhension des capacités de nos procédés face à ces éléments demeure importante. Les changements climatiques entraîneront de grands défis au niveau de la qualité de l’eau potable. Nous le constatons d’ailleurs déjà par les tendances depuis cinq ans. Les changements climatiques apporteront d’importantes modifications à la qualité de l’eau potable. Il est très probable que les problèmes reliés aux algues augmentent de façon notoire dans les sources d’eau du Québec et du Canada, ce qui est déjà le cas des Grands Lacs. Les villes autour des Grands Lacs ont des problèmes de traitement auxquels elles n’ont jamais eu à faire face auparavant. Parce qu’il fait un peu plus chaud, parce qu’il y a un peu moins d’eau, il y a prolifération d’algues plus grandes, plus longues, et associées à la production de toxines algales. La baie de Missisquoi fait d’ailleurs la manchette tous les étés à ce sujet. Bientôt, elle ne sera plus seule. Le Règlement sur la qualité de l’eau potable est-il adéquat ? (Rires.) C’est que je suis à l’origine de plusieurs des éléments de ce règlement, dont la clause Prévost qui oblige un renouvellement ou une réévaluation du règlement tous les cinq ans, ce qui est d’ailleurs en cours en ce moment. Je pense que ce que le règlement, en 2001, a fait, c’est rattraper 15 ou 20 ans de retard, particulièrement en ce qui a trait aux exigences de désinfection. S’il n’a fait que rattraper le retard, quels sont les changements à y apporter ? Je pense qu’il y a quelques ajustements mineurs à faire au niveau de la désinfection et des nouveaux polluants. Là où il y a vraiment


tête-à-tête un travail de fond à faire, c’est au niveau de la forme, car le règlement actuel n’est qu’une réforme de l’ancien. En ce sens, il y a un peu de tout là-dedans. Nulle part n’y trouve-t-on l’approche que tous les pays industrialisés ont retenue et qui est basée sur le risque relié à la source. Or, quand on regarde l’OMS, l’USEPA et même l’Ontario qui vient d’adopter un Source Protection Act, en plus du Drinking Water Act, la protection de la source et la prise en compte du rythme dans son ensemble représentent des éléments essentiels pour faire les bons choix. Le deuxième élément manquant au règlement actuel est un protocole sur l’échantillonnage du plomb. Bien sûr, c’est un problème assez complexe et coûteux, mais nous avons maintenant une norme qui n’est pas mesurée et qui n’est pas mise en vigueur. Les travaux sont en cours, mais ils s’éternisent, et la norme date tout de même de cinq ans, et pendant cinq ans il n’y a eu aucune application réelle de cette norme. Ce n’est pas une urgence sanitaire, mais c’est une préoccupation, car les impacts sont assez importants lorsque le plomb est en concentration élevée comme cela est possible dans plusieurs villes du Québec, qui ont beaucoup d’entrées de service en plomb. Avons-nous réglementé pour réglementer ? Non, mais il faut être raisonnable aussi, il y a des coûts énormes associés au plomb. Il y a cependant des façons d’abaisser les concentrations de plomb qui doivent être considérées pour préserver la santé publique. Comment nous positionnons-nous par rapport à ce qui se fait ailleurs ? Par rapport au reste du Canada, assez bien, mais on accuse un retard important au niveau de la complexité et de l’efficacité des usines américaines. Il y a toutefois un bémol à tout ça, car partout, même en Europe, les petites et très petites installations représentent un défi énorme, et personne ne se débrouille vraiment bien avec elles. Il s’agit d’un casse-tête à régler. Et pour ce qui est des grandes installations ? Certaines de nos villes n’ont pas de retard, mais il y en a d’autres où le traitement en place est vraiment minimal. Certaines ne répondent pas encore au règlement cinq ans après son entrée en vigueur. Il y a donc des retards importants avec la mise à niveau des usines dans plusieurs cas. Comment réagissez-vous face au non-respect des échéances de mise aux normes ? On a dit qu’on avait les moyens, mais les sommes annoncées n’ont pas été dépensées ou du moins seulement en partie. La pression pour que les travaux soient réalisés dans les échéances a été ajustée en conséquence. Il est vrai qu’il n’y a pas d’épidémie d’origine hydrique au Québec, mais on est dans une situation à risque élevé. Nous sommes en fait dans une situation de non-conformité prolongée, ce qui n’est vraiment pas souhaitable. Le deuxième facteur est le frein à l’introduction de nouvelles technologies au Québec. Il n’y a pas une usine de filtration sur membrane et il n’y a que peu d’usines d’UV au Québec, et c’est très dommage

puisque ces technologies, comme certaines autres, permettent de réduire le risque d’infection de façon vraiment notable et davantage que ce nous avons dans notre arsenal actuellement. La lenteur des autorisations et les délais d’acceptation découragent les gens.

vélo. Mais le coût au litre est complètement fou, surtout en petit format. Certaines personnes pensent que l’eau en bouteille est mieux pour la santé. Or, dans la très grande majorité des cas, il n’y a pas de différence mesurable ou significative au niveau du risque sanitaire.

Avons-nous un gros retard au niveau de la formation des opérateurs ? Tout dépend à qui on se compare. Cependant, on a gardé une porte ouverte trop longtemps à une formation accélérée grandement allégée pour toutes sortes de bonnes et de mauvaises raisons. Cette formation était justifiée uniquement lorsqu’elle pouvait nous permettre de garder en place du personnel déjà en poste, mais on ne devait pas s’en servir comme d’un raccourci à la formation. Les risques sur la santé publique sont trop grands. Par contre, la formation des opérateurs au Québec est bonne lorsqu’elle est suivie intégralement.

Croyez-vous à la structure de la gestion par bassin versant ? Oui, j’y crois, mais je vais y croire dur comme fer quand je vais le voir ! Parce qu’en ce moment, ça progresse à pas de tortue. C’est une belle idée, avec de beaux projets, mais les moyens de mettre ça en place ne sont pas au rendez-vous. Le manque de financement est épouvantable. Quand on regarde le programme de Source Protection de l’Ontario, qui est essentiel. On note que c’est le morceau qui nous manque au Québec.

Que pensez-vous de la privatisation de l’eau ? Tout d’abord, je trouve que le mot « privatisation » est trop fort lorsqu’on regarde le modèle dominant. Il s’agit davantage de délégation de service. Cela dit, je crois que deux critères doivent être analysés : y a-t-il des économies réelles à faire ? Et le risque sur la santé publique est-il diminué ? Pour le premier élément, je ne suis pas qualifiée pour y répondre. Par contre, il en va autrement pour le deuxième. Lorsque je siégeais à la commission Walkerton, nous avons fait financer une étude exhaustive pour répondre à cette question. La conclusion de cette étude de l’Université de Toronto, voire celle de plusieurs autres subséquentes, ne démontre pas d’avantages pour l’un ou l’autre des modèles de gestion. En fait, il y a de bonnes usines au privé et de bonnes usines au public. La compétence et la formation des employés sont davantage déterminantes.

Y a-t-il de nouvelles technologies prometteuses qui se pointent à l’horizon ? Je pense que les contaminants émergents vont forcer le retour des technologies d’absorption. De plus, l’incorporation éventuelle des membranes dans les filières est absolument inévitable. Les combinaisons absorption/membrane représentent la solution de l’avenir. Il ne reste plus qu’à voir comment on peut les introduire dans les filières existantes. Quels sont les enjeux majeurs qui guettent le milieu de l’eau ? Sans aucun doute les changements climatiques. Nous nous retrouvons actuellement dans une situation où ces changements pourraient survenir plus rapidement et être plus prononcés qu’on ne le pensait. Si tel est vraiment le cas, ces changements seront importants et représenteront notre plus grand défi. Mme Prévost, merci !

De plus en plus de gens boivent de l’eau embouteillée. Comment l’interprétez-vous ? Pour moi, c’est une mode. C’est aussi une question de commodité, par exemple quand on se balade en Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 2 NO 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2006

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tête-à-tête

On la cuisine pour vous! Surtout pas des États-Unis en raison de leur système légaliste très lourd. Pas plus que de l’Europe, car le principe de précaution a mené à des excès épouvantables. Il faut donc inventer un bon modèle réaliste qui nous convienne.

Pourriez-vous seulement enseigner ? Non. J’aime beaucoup enseigner, mais j’ai besoin de nouveaux défis. La recherche m’en offre beaucoup.

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Vous considérez-vous conséquente avec vos idéaux environnementaux dans vos actions de tous les jours ? Ah oui ! C’est sûr ! Je marche pour me rendre au travail. (Rires.) Buvez-vous l’eau du robinet à la maison ? Oui.

Préférez-vous travailler en milieu privé ou public ? Je préfère avoir un pied dans chacun, comme c’est le cas maintenant.

Et au travail ? Oui, mais je la fais couler plus longtemps avant.

En général, devrions-nous nous inspirer davantage de ce qui se fait en Europe ou aux États-Unis ?

Êtes-vous en faveur des compteurs d’eau au niveau résidentiel ? C’est un débat économique et philo-

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sophique sur lequel je n’ai pas d’avis précis. J’ai lu des études contradictoires sur le sujet. Certaines démontrent leur grande utilité et d’autres, totalement l’inverse. Et au niveau des I.C.I. ? Absolument, c’est non seulement indispensable, c’est inévitable. Si vous faisiez de la politique, ce serait à quel niveau ? Je n’en ferai jamais, c’est un métier trop ingrat. C’est pourquoi j’admire les politiciens qui ont le courage d’y œuvrer. Pour ma part, je préfère le côté technique à la gestion d’idées. Aimez-vous vous faire appeler « docteure » ? Non, je n’aime pas ça. Mon père était un vrai docteur et, chaque fois qu’on m’appelle « Doctor », je pense toujours qu’il y a erreur sur la personne. D’ailleurs, ce titre est beaucoup plus utilisé dans les milieux anglophones.

Qui a été votre mentor ? On a des mentors pour différentes sphères de notre vie. Mais, sur le plan technique, Pierre Brisebois et Claude Vallée ont été mes deux mentors. Avez-vous un grand regret au niveau personnel ? Non, je suis mariée depuis 29 ans et j’ai 3 enfants, je n’ai donc pas de grands regrets. Si ce n’est l’équilibre du temps investi entre la vie familiale et la vie professionnelle. Et au niveau professionnel ? J’ai toujours fait ce que j’aimais et je pense que j’ai été assez efficace dans les projets que j’ai entrepris. De plus, j’ai eu l’énorme chance de toujours avoir des emplois intéressants, en changeant environ tous les six ans. J’ai été vraiment chanceuse, je n’ai donc aucun regret sur ce plan.


tête-à-tête Quelle est votre plus grande réussite sur le plan personnel ? Ma famille. Et au niveau professionnel ? La relève formée à la chaire. Quand on voit évoluer nos anciens étudiants et leur cheminement professionnel, c’est très gratifiant. Les larmes me montent aux yeux ! Si vous pouviez recommencer votre carrière, qu’aimeriez-vous faire ? J’ai vraiment beaucoup aimé mon parcours, vous savez, je ne pense pas que je changerais quoi que ce soit. Êtes-vous féministe ? Je suis de la génération arrivée après celle qui a vraiment ouvert les portes pour nous et, malgré que je travaille dans un milieu éminemment masculin, j’ai l’impression que tout est possible et que l’on peut avoir ce que l’on veut si on travaille fort. Il s’agit de prendre sa place.

Cependant, je suis consciente qu’il y a des femmes qui n’ont pas un caractère aussi fort que le mien, des femmes pour qui c’est plus difficile. Lorsqu’on est à la tête d’une chaire, peut-on rester neutre et objectif face à nos bailleurs de fonds ? Ce n’est pas possible dans un format de chaire où l’industrie finance tout, car l’industrie paie alors pour un secret. Par contre, dans le cas d’une chaire industrielle mixte comme la nôtre, c’est tout à fait possible. Mais il est essentiel que, dès le départ, les modalités de propriété intellectuelle et de diffusion des résultats soient précisées. Quelle partie est plus à risque ? Est-ce au niveau de la distribution, de la formation, du traitement ? Les plus grands risques, en ce moment, sont l’absence de protection de la source, l’insuffisance, dans certains cas, du traitement, et certainement la quantité phénoménale de travaux à venir sur le réseau.

Quelle note accorderiez-vous à l’eau produite par la Ville de Montréal ? (Rires.) Je ne peux pas répondre à ça, c’est tout ce qui va ressortir de l’entrevue ! (Rires.) Je peux toutefois vous dire que Montréal possède une belle source, un traitement simple, mais qui a besoin d’être augmenté, ce qui est en cours, et une distribution qui est dans un état convenable. Disons que je lui donnerais un CENSURÉ . Et pour la Ville de Laval ? Laval offre une combinaison complètement différente; des sources beaucoup plus difficiles, beaucoup plus contaminées de par leur nature, des usines de traitement beaucoup plus sophistiquées en raison du défi, ainsi qu’un réseau plus récent, diminuant le défi de distribution. Je lui donnerais un CENSURÉ . Quelle ville québécoise produit la meilleure eau potable ? Je ne peux en nommer une, mais une

ville détenant une eau souterraine complètement protégée serait certainement dans les cinq meilleures au Québec. Mais une telle source ne pourrait pas approvisionner les trois millions d’habitants de la région de Montréal. Comment pourrions-nous contrer le gaspillage de l’eau potable ? En réduisant les pertes et les usages non autorisés dans les réseaux et en comptabilisant et en tarifant l’utilisation industrielle de l’eau. Sommes-nous à l’abri d’un Walkerton québécois ? De plus en plus, mais pas complètement, en raison de la multitude de petits systèmes dans lesquels les risques de contamination sont plus élevés. Agir sur les 4000 petits systèmes du Québec de façon efficace est un véritable cassetête. Et, malheureusement, notre situation n’est pas unique.

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INFRASTRUCTURE URBAINE

DES INVESTISSEMENTS BIEN CIBLÉS POUR

des interventions performantes et efficaces Gilles Vaillancourt maire de Ville de Laval et président du CERIU

Au cours des quatre dernières années, j’ai présidé le conseil d’administration du Centre d’expertise et de recherche en infrastructures urbaines. Le CERIU a été mis sur pied par des gestionnaires qui, convaincus de la pertinence d’un organisme voué à la problématique des infrastructures urbaines, ont mobilisé les forces du marché pour faire avancer la gestion et les technologies. Dès ses premiers jours, le CERIU a rassemblé un réseau de collaborateurs experts et s’est lié avec de nombreux partenaires nationaux et internationaux : il s’est fait connaître et, surtout, il s’est forgé une crédibilité édifiante. Ayant aussi l’honneur de présider la Coalition pour le renouvellement des infrastructures, j’ai depuis longtemps réalisé que les deux organismes – le CERIU et la Coalition – ont des champs d’action plus que complémentaires. Bien sûr, le financement adéquat des programmes d’infrastructures, cheval de bataille de la Coalition, demeure un enjeu de taille et mérite une attention soutenue malgré les importantes victoires que sont les programmes du Fonds sur l’infrastructure municipale rurale et le transfert d’une partie de la taxe fédérale d’accise sur l’essence pour les infrastructures municipales. Or, le meilleur programme de financement peut s’avérer rapidement un échec retentissant si l’argent n’est pas bien dépensé. Il faut faire des investissements bien ciblés pour assurer des interventions performantes et efficaces et garantir le développement durable de nos infrastructures urbaines. Les administrateurs municipaux sont conscients qu’il faut maintenant planifier, intégrer et prioriser toutes les interventions pour maximiser les fonds disponibles dans la réhabilitation des infrastructures. À partir de maintenant, il faut donc préparer des plans d’intervention. Pour ce faire, des changements de mentalités et des changements d’habi-

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tudes sont nécessaires, autant du côté des gouvernements et des municipalités que chez les entreprises, les experts et les gestionnaires. Depuis sa création, le CERIU s’est affairé à initier ces changements. La diversité d’expertises et d’expériences que l’on retrouve au Québec a été canalisée dans son membership. C’est ainsi que le CERIU s’impose maintenant comme le forum québécois des infrastructures durables. Cette mission s’accomplit dans des conseils permanents où se forment, se documentent et s’expriment les experts du milieu. Les nombreux colloques, comités techniques, semaines des infrastructures – et j’en passe – témoignent de la nécessité de l’action et également de la vitalité du milieu des infrastructures urbaines. Qu’il suffise de rappeler que les ressources (humaines et financières) sont si restreintes qu’il faut partager les expertises et les expériences pour optimiser les programmes d’investissement qui s’amorcent. Cette mise en commun, credo premier du CERIU, doit rejoindre les intervenants de tous les domaines et de tous les secteurs en intégrant les disciplines et les compétences dans la recherche des solutions. De plus, cette fusion des champs d’expertise, en permettant une meilleure compréhension des enjeux, aide les décideurs à considérer de nouveaux facteurs et, par conséquent, à prendre des décisions plus éclairées. Ainsi, l’ingénieur est en

structures d’eau ou d’égouts dépasse la vie utile de ces structures si nécessaires à la santé publique. Les Québécois devront donc consentir des investissements considérables pour maintenir leur qualité de vie à ce chapitre. C’est pourquoi le CERIU s’est engagé résolument à collaborer avec le ministère des Affaires municipales et des Régions pour renseigner les gestionnaires municipaux sur la nécessité de préparer un plan d’invention pour le renouvellement des conduites d’eau potable et d’égout. Un plan d’intervention est aujourd’hui un outil indispensable pour toute municipalité. C’est une démarche minimale qui permet de prioriser et de motiver des choix d’interventions et d’investissements; le plan permet d’intervenir aux endroits où c’est nécessaire tout en optimisant les investissements. Le ministère voudra exiger un plan d’intervention comme condition préalable à la présentation de toute demande d’aide financière dans le cadre du Fonds sur l’infrastructure municipale rurale et du transfert de la taxe fédérale sur l’essence. En tant que président du conseil d’administration du CERIU et maire d’une grande ville, je reconnais la nécessité pour les administrations municipales – grandes et petites – de produire un plan d’intervention. C’est un outil de gestion indispensable; sa préparation bien structurée engendrera des retom-

Des études récentes ont mis en lumière que l’âge moyen des infrastructures d’eau ou d’égouts dépasse la vie utile de ces structures si nécessaires à la santé publique. mesure d’intégrer au processus décisionnel des facteurs socio-politico-économiques, tout comme le professionnel des sciences sociales peut incorporer à son analyse des données plus techniques. On constate aujourd’hui que les infrastructures urbaines constituent un patrimoine d’une grande valeur qu’on prend malheureusement trop souvent pour acquis. Les administrations municipales sont confrontées à l’implacable réalité : les infrastructures vieillissantes ne répondent plus aux exigences contemporaines. Des études récentes ont mis en lumière que l’âge moyen des infra-

bées positives pour la municipalité. Le CERIU veut inciter le milieu à une implication soutenue vers l’excellence dans la réhabilitation des infrastructures. À cette fin, vous me permettrez d’inviter tous les intervenants du milieu à participer activement au CERIU et d’une façon particulière à la 12e édition de la Semaine des infrastructures urbaines sous le thème « Le Québec en chantier : optimiser les interventions », qui se tiendra à Québec du 20 au 22 novembre 2006. ■


LE MUNICIPAL

L’ÉCHANTILLONNAGE INDUSTRIEL ET COMMERCIAL,

une priorité ! André Lapointe directeur, Service du génie Ville de Boisbriand; coordonnateur comité technique AGIR MRC Thérèse-de-Blainville alapointe@ville.boisbriand.qc.ca

Beaucoup de chemin a été parcouru depuis l’implantation du programme d’assainissement des eaux usées au Québec dans les années 1980. Reste néanmoins une problématique majeure pour tous les gestionnaires municipaux : la variation des charges des eaux usées que les usines d’épuration doivent traiter. Pensez seulement à la multitude de concentrations qu’une usine municipale peut recevoir – des chlorines, des hydrocarbures, des surfactants – en plus de devoir jongler avec les variations de pH... Imaginez en outre la situation d’une usine municipale dotée d’un traitement biologique… Il devient alors impossible de traiter des charges dont les concentrations

nocives varient continuellement. Aussi le traitement est-il affecté lorsque les normes de rejet ne sont pas respectées. C’est alors que commence le débat. Le type de traitement en place est-il adéquat ? Devons-nous modifier la filière de traitement ? Or, avant même de parler de modifier nos types de traitement, il convient d’investiguer à la source du problème, d’où un programme d’échantillonnage industriel et commercial. Voici comment pourrait se déployer un tel programme : ■ identification des problématiques de réseau selon les secteurs résidentiel, industriel et commercial – il est fort probable qu’aucun problème ne sera relevé pour le secteur résidentiel;

■ identification des entreprises détenant un certificat d’autorisation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP); ■ délivrance d’une attestation de conformité émise par la municipalité en fonction du certificat d’autorisation du MDDEP; ■ application d’une taxe spéciale sur les charges traitées à l’usine d’épuration pour chaque client visé et identification de la charge minimale sujette à cette taxe. Comment peut-on exposer la demande d’implantation d’un programme d’échantillonnage aux élus ? Il faut d’abord démontrer les problèmes de gestion et de traitement en leur faisant visiter les installations municipales d’eaux usées en semaine ou lorsqu’on retrouve de fortes concentrations et

Or, avant même de parler de modifier nos types de traitement, il convient d’investiguer à la source du problème, d’où un programme d’échantillonnage industriel et commercial.

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L’ É C H A N T I L L O N N A G E I N D U S T R I E L E T C O M M E R C I A L , U N E P R I O R I T É !

charges en amont de l’usine. À l’issue de cette visite, il convient de faire valoir l’utilité d’un programme de caractérisation fréquemment mis à jour et d’une réglementation conséquente pour le suivi et la gestion dudit programme. En pratique, l’objectif est de recueillir des données sur les concentrations et charges des rejets de toutes les usines et de tous les commerces grâce à une visite périodique pouvant s’étaler sur une semaine entière. Ou encore de modifier la réglementation de façon à ce que tout nouveau propriétaire industriel ou commercial se retrouve dans l’obligation d’implanter un dispositif d’échantillonnage permanent à l’extérieur de ses installations. Pour ce faire, chaque usine et commerce doit avoir accès à l’entrée de service de l’égout sanitaire, et ce, depuis la propriété. On procède ensuite à l’installation d’un échantillonneur avec débitmètre amovible dans le but de recueillir un échantillon qui sera envoyé à un laboratoire accrédité pour caractérisation des rejets du lieu visé. L’installation permanente d’un échantillonneur avec débitmètre peut être prévue comme suit :

1. Point d’échantillonnage Un point d’échantillonnage doit être déterminé pour fins de contrôle des eaux usées déversées dans le réseau municipal. Ce point doit être dégagé et accessible en tout temps. L’emplacement et les caractéristiques du point ainsi que les appareils d’échantillonnage doivent être approuvés par la Ville. 2. Canal trapézoïdal Il en existe trois types : petit, moyen, large. Le canal trapézoïdal est fabriqué en fibre de verre et en polyester. L’intérieur est recouvert d’une couche de résine anticorrosion avec un fini lisse. L’inclinaison des cloisons est de 60o, permettant une lecture précise à faible capacité comme à plein régime. 3. Débitmètre Le débitmètre est installé dans un cabinet prévu à cet effet. Il doit être de type « avec sonde ultrasonique » ou « bulle à bulle ». 4. Échantillonneur L’échantillonneur est installé dans un cabinet prévu à cet effet. Le choix du modèle doit être défini par l’ingénieur selon les rejets de l’usine ou du commerce. Les échantillonneurs réfrigérés et non réfrigérés sont autorisés.

5. Cabinet Le cabinet peut être intégré au bâtiment ou indépendant de ce dernier. Les analyses effectuées sont la DBO 5, la DCO et les MES. Avec les données recueillies, nous pouvons passer à l’étape d’interprétation des volumes mesurés à l’entrée de l’usine d’épuration. Les résultats seront remis au MDDEP pour ses propres fins d’interprétation en relation avec le certificat d’autorisation qu’il a déjà émis à un usager donné. L’échantillonnage permet par ailleurs de sensibiliser ces usagers sur les méfaits d’un traitement inadéquat des charges rejetées dans un réseau sanitaire. Il est important de prendre note que, dans cette démarche, l’échantillonnage permet des économies annuelles en exploitation et à long terme en immobilisations, économies qui pourront éventuellement servir à la réfection des ouvrages ou à l’augmentation des capacités de l’usine d’épuration des eaux usées de la municipalité. ■

Nous connaissons les eaux du Québec Depuis plus de 30 ans, Parkson fournie aux municipalités québécoises des technologies supérieures et économiques pour le traitement des eaux potables et des eaux usées.

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LE MUNICIPAL

RÈGLEMENT FÉDÉRAL SUR LES URGENCES

environnementales Christian Sauvageau directeur, Service de l’hygiène du milieu Ville de L’Assomption u s i n e f i l t ra t i o n @ v i l l e . lassomption.qc.ca

En vertu de la loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE), le gouvernement du Canada publiait, en septembre 2003, un règlement sur les urgences environnementales. Ce règlement se résume ainsi : […] toute personne qui entrepose ou utilise une substance répertoriée en quantités supérieures aux seuils spécifiés ou qui a un récipient dont la capacité de contenance est supérieure à celle spécifiée devra indiquer à Environnement Canada le lieu de l’entreposage de la substance, la quantité maximale prévue ainsi que la capacité du plus gros récipient pour la substance. Lorsque les deux critères sont dépassés, la personne doit préparer et exécuter un plan d’urgence environnementale et aviser Environnement Canada […]

Quelles sont les principales exigences du règlement sur les urgences environnementales ? ■ Présenter un avis contenant les renseignements touchant les substances et les lieux où elles se trouvent dans un délai de 90 jours suivant la parution officielle de la Gazette du Canada, soit 90 jours après septembre 2003. (Obligatoire.) ■ Préparer un plan d’urgence environnementale et présenter un avis d’élaboration dans un délai maximal d’un an. (Si le seuil de contenance est dépassé.) ■ Exécuter et mettre à l’essai le plan et présenter un avis d’exécution dans un délai maximal d’un an. (Si le seuil de contenance est dépassé.) ■ Conserver une copie du plan à l’endroit pour lequel il a été préparé. (Si le seuil de contenance est dépassé.)

■ Mettre le plan à l’essai annuellement et conserver les dossiers pendant cinq ans. (Si le seuil de contenance est dépassé.) ■ Signaler et fournir un rapport écrit concernant les urgences environnementales impliquant des substances réglementées. (Obligatoire.)

Pourquoi les villes doivent-elles se préoccuper de ce règlement ? Parce que, pour les municipalités dotées d’une station de purification d’eau potable, le principal agent désinfectant utilisé est le chlore gazeux. Et ce produit fait partie d’une liste de 174 substances réglementées. De plus, comme mentionné

(Partie 1)

mique, et l’APSAM font aussi partie du groupe de travail en raison du risque et des inconvénients reliés à la manipulation du chlore gazeux pour les travailleurs. Finalement, M. Jean-Guy Lacoursière, consultant, est aussi partenaire du groupe de travail pour son expertise en matière de mesures d’urgence. Entre-temps, en 2005, un atelier d’une journée sur le chlore s’est tenu afin de clarifier et d’expliquer le contenu du mandat du groupe de travail. Ce dernier devrait déposer son dossier en 2007. Nous verrons lors d’une prochaine p a r u t i o n c o m m e n t l a Vi l l e d e L’Assomption a su faire face à cette réglementation.

Le seuil de contenance pour le chlore gazeux dans la réglementation est de 1,13 tonne, soit légèrement supérieur au poids d’un cylindre de chlore de 907 kg, utilisé par de nombreuses stations de traitement d’eau. plus haut, si la quantité maximale et le seuil de contenance sont dépassés, un plan de mesures d’urgence doit être préparé et exécuté afin de gérer correctement le danger en cas de fuite. Le seuil de contenance pour le chlore gazeux dans la réglementation est de 1,13 tonne, soit légèrement supérieur au poids d’un cylindre de chlore de 907 kg, utilisé par de nombreuses stations de traitement d’eau. L’inquiétude des gens du milieu est que, dans un proche avenir, ce seuil soit révisé à la baisse, obligeant ainsi les municipalités à respecter en totalité cette réglementation puisque les deux conditions seront alors dépassées.

Pour plus d’information sur la réglementation, les autres substances réglementées ou pour les villes qui n’auraient pas encore transmis leur quantité maximale de chlore gazeux, vous pouvez le faire en ligne sur le site Web d’Environnement Canada à l’adresse www.cepae2.ec.gc.ca. ■

De façon volontaire et proactive, un groupe de travail a été créé, il y a deux ans, pour rédiger une démarche sécuritaire complète dans le but de faire face à cette possible diminution du seuil de contenance. Les différents partenaires s o n t l e s Vi l l e s d e L’A s s o m p t i o n , Repentigny, Sainte-Thérèse, Montréal et la Régie d’aqueduc intermunicipale des Moulins, conjointement avec Environnement Canada, les ministères du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, de la Sécurité publique et de la Santé et des Services sociaux. L’entreprise Brenntag, principal fournisseur de ce produit chiLe magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 2 NO 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2006

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C H A N G E M E NTS C LI M ATI Q U E S

L’IMPACT DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES SUR LES INFRASTRUCTURES DU SETEUR DE L’EAU :

Préparez-vous ! Alain Bourque directeur, Impacts et Adaptation Consortium sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques, Ouranos b o u rq u e . a l a i n @ o u ra n o s . c a

Les effets des changements climatiques, reflétés par les statistiques climatologiques, se font sentir dans plusieurs régions du monde. Le Québec n’y échappe pas. Les connaissances actuelles sur les conséquences possibles au niveau local soulignent la vulnérabilité des infrastructures, et ce, malgré les incertitudes subsistantes sur l’ampleur et la nature exactes des impacts appréhendés. Dans de telles circonstances, l’eau, ressource stratégique de premier ordre, devient naturellement un des secteurs prioritaires à surveiller. Bien que la réduction des émissions de gaz à effet de serre doive demeurer au centre de nos préoccupations afin de réduire la problématique à sa source, la mise en place de stratégies s’avère nécessaire, et ce, pour tous les intervenants du secteur de l’eau. L’augmentation de la température moyenne annuelle au Québec se confirme

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 2 NO 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2006

depuis 50 ans, Bien que la tendance reste dans la gamme de la variabilité naturelle, il se dessine une évolution cohérente vers des précipitations croissantes et un cycle hydrologique plus actif. Règle générale, les conditions climatiques ont des impacts directs et indirects sur l’environnement naturel ou bâti. Une virulence accrue (intensité, fréquence, durée) de ces impacts est attendue, notamment lors d’épisodes climatiques extrêmes. De plus, tout événement climatique dont les impacts dépassent les seuils spécifiques prévus pour une infrastructure hydraulique donnée est susceptible de causer sa destruction, sa perte d’efficacité ou d’engendrer des risques pour la population. Les structures hydrauliques d’importance comme les barrages, canaux, ports ou autres ouvrages sont autant de points névralgiques. Ainsi, une modification du cycle de l’eau toucherait une grande variété d’usagers, notamment des producteurs

hydroélectriques et des fournisseurs d’eau potable. Les bassins versants fortement peuplés et interconnectés sont également visés, de même que les systèmes de gestion municipale (distribution d’eau, traitement et gestion des pluies intenses). Associés à une rapide urbanisation, à un vieillissement des infrastructures, à une croissance de la population et à une interdépendance accrue entre différentes infrastructures, les changements climatiques représenteront à coup sûr des défis importants relativement aux coûts, particulièrement si aucune adaptation n’est faite. Les exemples de la défaillance du réseau de distribution d’eau à Montréal suite au verglas de l’hiver 1998 et à l’effondrement des infrastructures de distribution d’énergie, ainsi que la mise à mal de l’alimentation en eau potable dans la région de Québec ou de la rivière des Mille-Îles consécutive à de forts étiages estivaux, sont plus que révélateurs. Les dommages provoqués tant par des inondations en saison

Gardons à l’esprit que la plupart des infrastructures ont été construite avec la prémisse que les conditions climatiques passées étaient représentatives des conditions climatiques futures, tant pour assurer la sécurité que l’efficacité.


L’ I M P A C T D E S C H A N G E M E N T S C L I M AT I Q U E S S U R L E S I N F R A S T R U C T U R E S D U S E C T E U R D E L’ E A U : P R É P A R E Z - V O U S !

chaude qu’en saison froide illustrent aussi ces vulnérabilités. Face à ces risques, les stratégies d’adaptation visant à rendre le secteur de l’eau moins vulnérable sont d’importance. En premier lieu, gardons à l’esprit que la plupart des infrastructures ont été construites avec la prémisse que les conditions climatiques passées étaient représentatives des conditions climatiques futures, tant pour assurer la sécurité que l’efficacité. Ce postulat maintenant mis en doute, il convient de sensibiliser systématiquement les ingénieurs et gestionnaires, garants de bonnes pratiques de conception, aux changements climatiques. Les politiques, les normes ainsi qu’une planification adéquate et adaptée aux changements deviendront autant de clés permettant de réduire les impacts futurs des changements climatiques sur l’environnement bâti tout en assurant la sécurité des usagers.

des mesures de sécurité renforcées, géré sur une base horaire par des employés prêts à installer des pompes d’urgence, sera moins touché par les impacts et générera moins d’impacts pour autrui. Le rôle de l’adaptation est ici clairement illustré, tout comme le rôle de l’événement climatique déclencheur et des autres facteurs non climatiques.

La vitalité socioéconomique et la sécurité des populations du Québec sont souvent liées aux infrastructures du secteur de l’eau. La réponse des décideurs locaux, des concepteurs, des gestionnaires d’infrastructures ainsi que de l’ensemble des usagers déterminera essentiellement l’ampleur des coûts humains et financiers engendrés par les changements climatiques. ■

Voici quelques éléments pouvant être considérés. ■ Les options d’adaptation peuvent être mises en œuvre à différentes phases du cycle de vie des infrastructures (décision, planification, conception, construction, maintenance et réhabilitation). Elles sont variées et peuvent être liées à un meilleur aménagement du territoire (cartographie des risques climatiques), à des politiques et régulations mieux appropriées (règles de gestion des ressources hydriques fiables même lors d’événements climatiques inhabituels), à des normes, critères de conception et standards mieux adaptés (surdimensionnement du pont de la Confédération face à la hausse du niveau de la mer), à des outils et technologies plus performants (matériaux), à une bonne communication (simulations d’événements climatiques), ainsi qu’à un meilleur suivi, identification des problèmes et développement d’expertise. ■ Si l’adaptation sous un climat stationnaire est bien connue et performante, l’adaptation sous un climat nouveau, hautement variable et incertain est un nouveau champ d’expertise dont les succès sont peu documentés. De plus, certaines adaptations (réservoirs de retenue de surplus hydrique) peuvent entraîner des problématiques majeures pour d’autres secteurs affectés par les changements climatiques (propagation du virus du Nil). ■ La vulnérabilité des infrastructures est essentiellement fonction de l’exposition aux changements climatiques et de l’habileté à faire face aux événements. Bien qu’autant exposé aux changements climatiques qu’un système adjacent, un système de drainage urbain sans trop d’usagers, ayant une meilleure capacité hydraulique, comportant Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 2 NO 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2006

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AT TE NTI O N AUX PRÉC U R S E U R S...

EAUX USÉES

de corrosion François Séguin ing., M. Ing. vice-président, Mabarex fseguin@mabarex.com

Il y a quelques années, lors d’une visite inscrite au programme d’un congrès sur l’avancement de la recherche et des nouvelles technologies liées aux divers traitements des eaux usées par cultures fixées, j’ai eu l’occasion de visiter une station d’épuration complètement enfouie dans le roc des rives françaises de la Méditerranée. De fait, le souci de la préservation du panorama, ajouté au manque d’espace libre pour la construction, a forcé les concepteurs à dissimuler de nombreuses stations d’épuration tout au long du magnifique rivage de la Côte d’Azur. Bien que cette visite ait été très intéressante au niveau de la technologie de traitement présentée, laquelle offre une très grande compacité, mon attention a été attirée par le très haut niveau de corrosion à l’intérieur de cette nouvelle usine : tuyauterie et vannes attaquées, périphériques corrodés et même les portes adjacentes à la salle de traitement déjà rongées. J’y suis retourné à quelques reprises afin de présenter la technologie utilisée à des concepteurs d’ici travaillant à insérer ladite technologie à des filières de traitement au Québec. Toujours le même constat. Ah ! ce qu’ils sont forts ces Français pour camoufler les incertitudes liées à l’innovation et ainsi donner une apparence de maturité à la technologie. Ils réussissent à faire des ruines avec du neuf !

Pourquoi cette corrosion excessive ? La ventilation semblait adéquate et le nombre de renouvellements du volume d’air ambiant était supérieur à dix par heure. L’opérateur en chef m’a expliqué que l’usine traite les eaux usées de deux municipalités côtières et que la plus éloignée est reliée à la station d’épuration par une conduite de plus de trois kilomètres traversant la baie méditerranéenne peu profonde qui les séparent. La conduite n’étant pas enfouie mais simplement déposée sur le fond marin, elle se trouve alors exposée aux moindres variations de températures des eaux de la baie. L’été, ces eaux peuvent devenir très chaudes, atteignant plus de 30 degrés Celsius. 22

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 2 NO 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2006

Ce réchauffement des eaux usées dans la conduite en absence d’oxygène accélère l’activité des bactéries sulfatoréductrices (BSR), résultant en une production accrue d’hydrogène sulfureux (H2S). Sous les effets de la pression de pompage et de la chaleur, la concentration d’hydrogène sulfureux peut excéder de beaucoup son niveau de saturation dans l’eau. La détente des eaux sursaturées en hydrogène sulfureux à l’arrivée de la station d’épuration, conjuguée au contact de l’oxygène à l’air ambiant, favorise la formation d’acide sulfurique (H2SO4). Ce dernier possède une très faible pression vapeur, ce qui entraîne une condensation rapide sur toutes les surfaces disponibles. L’acide sulfurique ainsi formé réagit très agressivement avec le béton et l’acier, d’où la corrosion.

Toutes ces méthodes sont coûteuses et nécessitent un contrôle rigoureux.

L’aération forcée Une méthode toute simple consiste à introduire de l’air ou de l’oxygène pur dans un saturateur eau-gaz pour ainsi saturer l’eau en oxygène en forçant l’injection du mélange dans la conduite. Les BSR, étant anaérobies, ne pourront se développer en milieu aérobie, et éventuellement mourront si les conditions aérobies perdurent. Le changement d’environnement change la biologie, qui changera les résultats. La quantité d’oxygène à introduire est fonction du débit, de la température, du diamètre et de la longueur de la conduite. Les excès d’oxygène ne sont nullement critiques au traitement en aval, ils sont bien au contraire bénéfiques.

Une méthode toute simple consiste à introduire de l’air ou de l’oxygène pur dans un saturateur eaugaz pour ainsi saturer l’eau en oxygène en forçant l’injection du mélange dans la conduite Les différentes solutions Plusieurs méthodes peuvent être employées afin de réduire l’activité des BSR. ■ Injection d’oxydants puissants tels le peroxyde, le permanganate de potassium, l’hypochlorite de sodium ou le chlore gazeux dans le puits de pompage. Ce moyen est très efficace pour ralentir la production d’hydrogène sulfureux. Par contre, il y a danger de doser en excès, ce qui peut s’avérer catastrophique pour le traitement biologique en aval. ■ Injection de sources alimentaires alternatives, tels certains nitrates en concentration suffisante, qui auront pour effet de changer le métabolisme des BSR. Elles utiliseront de façon préférentielle le nouveau nutriment plutôt que les sulfates. Cette façon de réduire la production d’hydrogène sulfureux peut nécessiter un traitement supplémentaire pour l’élimination de l’azote à la station de traitement. ■ Injection de sels métalliques comme le chlorure ferrique afin de produire un précipité à partir des sulfates.

Cette méthode est peu dispendieuse, facile à mettre en œuvre et ne nécessite que très peu d’espace.

Conclusion Trop souvent, l’évaluation d’un traitement des eaux de conduites se limite au nombre de plaintes reçues pour mauvaises odeurs. Beaucoup plus graves sont les effets de la corrosion générée par l’acide sulfurique, produite par l’hydrogène sulfureux au contact de l’air, qui détruit les ouvrages d’épuration de façon accélérée. Plusieurs dispositifs d’atténuation de l’activité des BSR existent pour contrer la formation d’hydrogène sulfureux. Chacun offre ses forces et ses limites. Le principe d’aération forcée est très intéressant par sa simplicité. Le marché des technologies d’atténuation des odeurs et de la corrosion est en pleine expansion. Et il y a sûrement un grand intérêt à préserver les ouvrages de traitement si chèrement acquis. ■


Certaines choses travaillent mieux

sous pression. C’est certainement vrai pour les systèmes membranaires. En effet, les systèmes membranaires Pall ARIA™ peuvent opérer à des pressions jusqu'à trois fois supérieures à celles des systèmes de filtration sous vacuum de nos compétiteurs. Fini la vulnérabilité face aux épisodes de haute turbidité ou de réduction de flux due à l’eau froide. Les systèmes sous pression protègent la pureté de l’eau grâce à des tests d’intégrité à des pressions plus élevées, augmentant la sensibilité et la rapidité de la détection des fuites dans les membranes. De plus, la conception fermée du système Pall ARIA™ assure une réparation rapide et facile, en plus d’une perte ou dilution minimale des produits de nettoyage.

GRATUIT Guide d’application

La clé de l’opération sous pression est la robustesse des membranes. Celles utilisées par Pall ont démontré leur résistance dans toutes les gammes d’application : petits systèmes ruraux, grandes municipalités ou traitement d’eaux usées industrielles. Avec une tolérance au chlore à des concentrations de 5000 ppm et des taux de rupture sous les 0.00005%*, il n’est pas surprenant que Pall offre la meilleure garantie de l'industrie! La technologie étant maintenant approuvée par le comité sur les nouvelles technologies de traitement en eau potable, le monde du traitement des eaux municipales au Québec s’apprête à prendre un grand virage. Pour le traitement de l’eau potable ou des eaux usées, un nom s’impose : Pall!

Le chef de file en filtration par membrane. Pour obtenir de plus amples renseignements à propos de Pall, composez le numéro sans frais suivant (800) 435-6268 et visitez-nous à www.pall.com/water. ChemAction est le représentant municipal au Québec pour Pall. Contactez ChemAction au (514) 593-1515. *Basé sur 2 ans d’opération à l’usine de CalWater Bakersfield (20 MGD).


ASSAINISSEMENT DÉCENTRALISÉ

LE S TE C H N O LO G I E S C E RTI F IÉE S B N Q

pour les résidences isolées Christian Vézina ingénieur Bioprocess bioprocess@sympatico.ca

Rappelons que, depuis le 1er janvier 2006, conformément à la réglementation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) en matière de traitement autonome des eaux usées, toutes les entreprises offrant une nouvelle technologie d’épuration par rapport au traitement conventionnel (fosse septique avec champ d’épuration) doivent obtenir une certification du Bureau de normalisation du Québec (BNQ).

BIONEST TECHNOLOGIES Le réacteur biologique Bionest est divisé en deux compartiments, dont chacun est garni d’un support bactérien synthétique complètement submergé sur lequel se fixe la flore microbienne épuratoire. Ce média, ressemblant à un ruban magnétique de cassette audio, offre une très grande surface de colonisation pour les bactéries, ce qui en fait un système très compact. Une aération mécanique permet de maintenir les conditions aérobies dans le premier compartiment du bioréacteur. L’injection d’air se fait par une rampe de diffuseurs déposés au fond du bioréacteur, dont l’alimentation est tributaire d’une pompe à air installée dans la résidence. Une mini-pompe est fixée dans le deuxième compartiment du bioréacteur, permettant la recirculation d’une partie des eaux traitées en tête de traitement.

La certification comprend la réalisation d’essais de performance des technologies d’épuration des eaux usées sur un banc d’essais conçu spécifiquement à cet effet. La certification comprend la réalisation d’essais de performance des technologies d’épuration des eaux usées sur un banc d’essais conçu spécifiquement à cet effet. Le protocole d’essai consiste en une évaluation extrêmement rigoureuse des technologies pendant une période de 52 semaines consécutives. Il a été mis au point pour évaluer la performance des nouvelles technologies de traitement autonome des eaux usées, conformément aux normes établies par le MDDEP. À l’heure actuelle, quatre entreprises québécoises ont obtenu leur certification auprès du BNQ, soit : 1. Bionest technologies; 2. Premier Tech Environnement; 3. Le Roseau épurateur; 4. Systèmes Ecobox. Pour chacune de ces technologies certifiées, la chaîne de traitement se composait d’une fosse septique résidentielle NQ3680-905 comme traitement primaire, équipée d’un préfiltre à sa sortie pour retenir les particules fines, suivi d’un traitement biologique dont la spécificité de chacun d’eux est décrite ci-dessous.

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 2 NO 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2006

BIOFILTRE ECOFLO L’Ecoflo est un système de biofiltration bicouche, qui utilise des substrats organiques comme média filtrant. Ce média est disposé à l’intérieur d’un caisson de fibre de verre ou de béton. Les eaux clarifiées de la fosse septique se déversent à l’entrée du biofiltre dans un auget basculant alterné, qui les distribue uniformément sur toute la surface du lit filtrant par le biais d’un ensemble de plaques distributrices perforées. D’une épaisseur de 80 centimètres, le média filtrant est composé de 2 matériaux organiques très poreux qui filtrent physiquement et absorbent la pollution particulaire et soluble qui y percole. Ceci favorise la biodégradation au contact des microorganismes oxygénés passivement par des ouvertures pratiquées dans le caisson. En général, le biofiltre Ecoflo ne nécessite aucune composante mécanique pour son exploitation, ce qui en fait un système entièrement passif.

ROSEAU ÉPURATEUR Le Roseau épurateur est un système de marais artificiel à écoulement horizontal sous la surface (HSS). Système naturel passif, il est constitué d’un bassin rendu

étanche par une membrane élastomère dans lequel prend place un milieu filtrant (substrat organique) permettant la plantation des roseaux communs (phragmites communis ou australis). Le réseau de racines (appelé rhizosphère ) qui se développe dans le bassin facilite l’écoulement hydraulique et contribue à l’aération naturelle par les tiges creuses des plantes qui alimentent la flore bactérienne fixée sur les racines. L’opération du système nécessite notamment une alimentation mécanique d’air continue (pompe à air installée dans la résidence) et le dosage d’un produit basique deux fois l’an. Reproduisant de façon optimale les marais naturels présents dans notre environnement, cette technologie est à l’image de la robustesse de notre écosystème.

ECOBOX L’Ecobox est un lit bactérien à ruissellement dont l’alimentation est tamponnée par un bassin de régularisation, muni d’une pompe et situé en amont du traitement. La section lit bactérien de l’Ecobox est garni d’un support bactérien synthétique fait de plaquettes de plastique recyclé. La dispersion des eaux se fait par un ensemble d’hydrocyclones mus par une pompe. Une zone de décantation, munie aussi d’un hydrocyclone et d’une pompe, permet la séparation et l’entreposage des boues biologiques générées dans le système. Les eaux traitées par chacune de ces technologies doivent préférablement être disposées par infiltration dans le sol par l’intermédiaire d’un champ de polissage lorsque les conditions de sol le permettent. Sinon, un traitement tertiaire de désinfection est requis pour le rejet de surface. Pour atteindre ce niveau de traitement, les technologies Bionest et Ecoflo font appel à la désinfection par rayonnement UV alors que Le Roseau épurateur le fait par voie passive à l’aide d’un banc de sable. Rappelons que deux autres technologies, qui ont été largement commercialisées au Québec avant janvier 2006 à titre de technologie « standard » résidentielle, n’ont toujours pas obtenu leur certification BNQ. Cependant, l’une d’entre elles, Enviro-Septic, devrait obtenir sa certification sous peu selon les propos recueillis auprès du personnel technique. ■


EAU, TOUR DU MONDE

V E R R O N S-N O U S U N J O U R L A F I N D E S F U S I O N S E T A C Q U I S ITI O N S

dans l’industrie de l’eau ? François Bédard ing., M.B.A. président, Fontaine International francois.bedard@ hfont aine.com

Au cours des années de mon implication dans l’industrie de l’eau, j’ai pu remarquer quelques grandes étapes dans le domaine des fusions et acquisitions d’entreprises.

La bousculade américaine du début des années 1990 Si l’avancement des technologies a radicalement changé la face de l’industrie du traitement de l’eau au cours des dernières années, les fusions et acquisitions ont sans contredit eu un effet tout aussi important. Cette tendance a, au cours des dernières années, affecté plusieurs membres de la sélecte confrérie québécoise des travailleurs du secteur de l’eau. Les effets des fusions et acquisitions n’ont pas été positifs pour tous. Plusieurs ont vu leurs tâches modifiées, sinon éliminées, leur ligne de produits changée ou, pour les utilisateurs, leur marque de produit favori discontinuée. En y posant un regard plus attentif, on peut même observer certaines tendances.

La croissance boursière des années 1990 a permis aux compagnies publiques américaines de bousculer l’industrie avec une série d’acquisitions. Les compagnies-phares de cette ère ont été US Filter, Tyco, Azurix, Ionics et Culligan. Ces sociétés ont acquis un grand nombre de manufacturiers d’équipements de traitement de l’eau. La déréglementation, voire la privatisation de l’eau aux États-Unis ne s’est pas matérialisée, et les investissements de ces sociétés n’ont pu générer les revenus escomptés. De plus, la défection de la Bourse pour ce genre d’exercices de haute voltige a provoqué les changements subséquents dans l’industrie.

L’invasion européenne de la fin des années 1990 Les trois grands de l’eau, RWE d’Allemagne ainsi que Suez et Vivendi de France, ont investi ensemble plus de 25 milliards de dollars en quelques années pour acquérir les joueurs majeurs américains, soit US Filter et American Water, ainsi que la Thames Water britannique. Des dettes incroyables combinées à des prévisions trop optimistes de déréglementation de l’industrie de l’eau américaine ont entraîné la vente de ces sociétés quelque trois à cinq ans plus tard. Actuellement, RWE cherche à se départir de Thames Water, le plus grand distributeur d’eau en Angleterre.

La création de grands conglomérats au cours des années 2000 Aujourd’hui, des compagnies comme GE (Zenon Environmental), Siemens (US Filter), ITT (Flygt, les pompes Goulds, Allis-Chalmers, Sanitaire et plus récem-

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V E R R O N S - N O U S U N J O U R L A F I N D E S F U S I O N S E T A C Q U I S I T I O N S D A N S L’ I N D U S T R I E D E L’ E A U ?

ment Wedeco, un des leaders mondiaux de la désinfection UV), Flowserve (Limitorque, Ingersoll-Dresser Pumps), Danaher (Trojan) et, au Québec, G L&V (Dorr Oliver-Eimco, Brackett-Green), ayant cumulativement des revenus dans les dizaines de milliards de dollars, se sont lancées littéralement à l’eau et ont acquis quelques-unes des meilleures marques de l’industrie (indiquées entre parenthèses ci-dessus).

Avec le nombre important de transactions observées dans l’industrie depuis quelques années, on peut vraiment décrire l’industrie comme étant en eaux tumultueuses. On peut se demander qui sera le leader de l’industrie dans les prochaines décennies. Les Siemens, ITT et GE n’en sont probablement qu’à leurs premiers pas en ce qui concerne leurs acquisitions. Qui sait ? De plus, qu’en est-il pour l’industrie du génie conseil ? Ces grands bouleversements

Les Siemens, ITT et GE n’en sont probablement qu’à leurs tout premiers pas en ce qui concerne leurs acquisitions. Notre industrie est donc en constante mutation et subit présentement un réaménagement en profondeur de sa propriété corporative. Nous avons, au cours des 10 dernières années, pu remarquer une tendance à sa consolidation. Plusieurs multinationales, et même des entreprises de plus petites tailles ayant pignon sur rue chez nous au Québec, tentent de se positionner favorablement pour exploiter un marché de l’eau en évolution.

affectent bien plus que les conseils d’administration et les actionnaires. Les employés, agents manufacturiers et bien entendu les clients sont directement affectés par ces réorganisations. Sachant que, dans plusieurs cas de fusions et d’acquisitions, l’élément déclencheur est la capacité de la société à réaliser des économies d’échelle, peuton supposer que ce genre d’économies

se retrouvera également chez les producteurs d’eau, qu’ils soient publics ou privés ? L’idée de partenariats des secteurs public et privé proposée par notre gouvernement n’en serait-elle qu’un signe précurseur ? Les prises de position récentes de nos gouvernements concernant la conservation de la propriété publique ne nous permettent certainement pas de conclure qu’ils ont tout à fait abandonné l’idée d’une privatisation totale ou partielle. De plus, on peut se demander quelles seront les pressions exercées par une industrie de plus en plus consolidée et influente. En Europe, la privatisation est déjà réelle et présente. Aux États-Unis, elle ne fait que débuter. Qu’en sera-t-il à long terme au Québec ? Certains peuvent penser que les opportunités qu’offre le secteur de l’eau n’ont pas vraiment changé au cours des dernières années. Cependant, des investisseurs comme Siemens, ITT, GE et Danaher ont probablement évalué qu’ils trouveront leur compte dans notre industrie de l’eau. Sinon, comme dans le cas de Veolia cédant US Filter à Siemens, le secret résidera dans la vente des actifs et l’expérience se répétera encore et, encore… ■

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Propos recueillis par André Dumouchel, article rédigé par Annie Talbot.

Dans le précédent numéro, M. Gilles Vaillancourt, maire de Laval, affirmait qu’il était en faveur des compteurs d’eau et que, en ce sens, toutes les résidences lavalloises construites après 1993 étaient dotées d’un compteur d’eau. Or, équiper les résidences plus âgées d’un tel dispositif coûterait 25 M $, un investissement difficilement justifiable auprès des contribuables, estimait le maire. Pourtant, la plupart des municipalités ne savent pas comment évaluer si la pose de compteurs d’eau dans le secteur résidentiel en vaut vraiment le coup. Il convient d’abord d’évaluer la rentabilité à court, moyen et long termes de l’installation de compteurs d’eau. Dans le cas de Laval, la Ville a probablement estimé que les investissements récents dans de nouvelles infrastructures (égouts, aqueducs, etc.) allaient permettre de produire une quantité d’eau potable suffisante pour répondre à la demande des citoyens.

teurs ICI, au gaspillage (provenance et quantité) et aux fuites. Sans ces données, comment faire une évaluation juste ? Il existe une façon simple de répondre à la question de la pertinence de l’installation de compteurs d’eau dans le secteur résidentiel pour une municipalité donnée, donc de savoir si le gaspillage en milieu résidentiel est tel qu’il nécessite une mesure incitative à l’économie. Si la consommation totale ainsi que les fuites du réseau sont connues, nous obtenons alors la consommation totale per capita. En obligeant les secteurs ICI à se doter de compteurs d’eau, comme l’avait proposé l’ancien ministre de l’Environnement Thomas J. Mulcair, il sera alors possible de connaître la consommation résidentielle par déduction. Il importe de distinguer la consommation per capita et la consommation résidentielle par personne par jour. Il y a une quinzaine d’années, la municipalité de Rougemont constatait que la consommation était de 150 gal. imp. per capita, ce qui est énorme. La Ville a alors décidé d’imposer des compteurs d’eau aux secteurs ICI et s’est aperçue que ceux-ci, et plus particulièrement l’usine de jus Lassonde, consommaient pratiquement 60 % de la production totale d’eau potable. La consommation per capita était certes de 150 gal. imp., mais la consommation résidentielle ne dépassait pas les 70 gal. imp. par personne par jour.

Que représentent 25 M $ par rapport au coût de construction ou d’agrandissement d’une usine ? Cependant, si de nouveaux investissements s’avèrent nécessaires dans 10 ou 15 ans pour répondre à la demande croissante, il y a lieu de se demander si l’économie d’eau que l’on pourrait réaliser avec l’installation de compteurs permettrait d’éviter la construction d’une nouvelle usine de filtration. En effet, que représentent 25 M $ par rapport au coût de construction ou d’agrandissement d’une usine ? Bien sûr, c’est là une vision à long terme. Malheureusement, les politiciens ne sont élus que pour des mandats à court terme… Certes, toutes les municipalités n’ont pas besoin de compteurs d’eau, mais elles devraient toutes se prêter au jeu de l’évaluation. Beaucoup de municipalités refusent d’acheter des compteurs sans même savoir pourquoi. Car la plupart des municipalités ne connaissent pas les données relatives à la consommation résidentielle, à la consommation des sec-

Bref, une fois la consommation du secteur résidentiel connue et sachant que les résidences dotées de compteurs d’eau n’utilisent qu’entre 30 et 50 gal. imp./pers./j., il devient alors beaucoup plus facile de prendre une décision à savoir si l’installation de compteurs est pertinente pour éviter le gaspillage. Par ailleurs, les compteurs permettent de sensibiliser le citoyen, lequel croit que l’eau du robinet est gratuite, à son coût réel. L’eau à une valeur, d’où l’importance de tarifer le coût réel de l’eau pour la production, le traitement et la distribution. L’eau potable est un dossier d’actualité non seulement au Québec, mais partout dans le monde. Les gestionnaires et décideurs le clament mais n’agissent pas conséquemment dans le véritable esprit du développement durable… ■

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LE JURIDIQUE

PÉR I L E N L A D E M E U R E travaux de déboisement réalisés sans certificat d’autorisation dans des milieux humides Me Hélène Lauzon avocate en droit de l'environnement Lavery, de Billy hlauzon@lavery.qc.ca

Vous n’êtes peut-être pas sans savoir que le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs se prévalait, l’été dernier, de son pouvoir d’ordonnance conféré par l’article 114 de la Loi sur la qualité de l’environnement 1 afin de contraindre les propriétaires de certains lots situés à Laval à annuler tous les travaux exécutés dans les milieux humides sans certificat d’autorisation et à remettre les lieux dans l’état où ils se trouvaient avant que ne commencent les travaux. Deux ordonnances ont été émises par le ministre dans ce dossier : une ordonnance visait le promoteur d’un projet domiciliaire nommé Domaine Islemère à Laval et une autre ordonnance visait la Ville de Laval. Les ordonnances ont été émises parce que des travaux de déboisement avaient été réalisés en milieu humide sans que les propriétaires n’aient obtenu préalablement un certificat d’autorisation. Ainsi, la remise en état des milieux humides a été ordonnée en raison de la valeur écologique exceptionnelle de ces milieux perturbés, des impacts importants sur la diversité biologique et de l’hydrologie du secteur découlant de la destruction du couvert végétal. C’est le second paragraphe de l’article 22 de la Loi sur la qualité de l’environnement qui édicte cette obligation d’obtenir préalablement un certificat d’autorisation avant l’exécution de tels travaux. Ce paragraphe se lit ainsi : […] quiconque érige ou modifie une construction, exécute des travaux ou des ouvrages, entreprend l’exploitation d’une industrie quelconque, l’exercice d’une activité ou l’utilisation d’un procédé industriel ou augmente la production d’un bien ou d’un service dans un cours d’eau à débit régulier ou intermittent, dans un lac, un étang, un marais, un marécage ou une tourbière doit préalablement obtenir du ministre un certificat d’autorisation. 28

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Il existe donc de nombreuses circonstances qui pourront nécessiter l’obtention d’un certificat d’autorisation en vertu du second paragraphe de l’article 22, soit tous les travaux exécutés dans un cours d’eau municipal, un cours d’eau navigable et flottable, les travaux dans des marais, marécages et tourbières. À titre d’exemple, les travaux d’entretien d’un cours d’eau, les travaux de remblai d’un marais, d’un étang, d’un marécage ou d’une tourbière afin de combattre la présence d’insectes ou de vermine ou dans le but d’aménager un parc ou de procéder à un développement domiciliaire ou encore de réaliser des travaux d’aménagement d’une prise d’eau dans la bande riveraine d’un cours d’eau ou d’un lac requièrent un certificat d’autorisation.

par l’article 22. Sinon, il est obligatoire d’obtenir un certificat d’autorisation préalablement à l’exécution de ces travaux. Lorsque de tels travaux sont exécutés sans certificat d’autorisation, non seulement le contrevenant est passible d’une amende minimale de 600 $ et maximale de 20 000 $ s’il s’agit d’un individu, ou d’une amende minimale de 4 000 $ et maximale de 40 000 $ s’il s’agit d’une entreprise, mais il est également susceptible de faire l’objet d’une ordonnance de remise en état en vertu de l’article 114 à l’instar du promoteur et de la Ville de Laval.

toutes les fois que vous envisagez de réaliser des travaux dans un cours d’eau, marais, marécage, lac, étang, tourbière, il importe d’abord de vérifier si ces travaux sont exclus de l’obligation d’obtenir un certificat d’autorisation prévu par l’article 22. Par contre, le gouvernement a adopté un Règlement visant à encadrer les modalités d’application de l’article 22 de la Loi. Il s’agit du Règlement relatif à l’application de la Loi. Ce Règlement vient préciser les exceptions au principe voulant que tous les travaux ou ouvrages exécutés dans un cours d’eau soient assujettis à l’obligation d’obtenir un certificat d’autorisation. C’est ainsi que les activités sportives ou récréatives se voient exclues de l’application de l’article 22, tandis que les travaux afférents à ces activités continuent à être assujettis à l’obligation d’obtenir un certificat d’autorisation. Les activités d’aménagement forestier réalisées dans une tourbière ainsi que les travaux de forage pour rechercher des substances minérales réalisés dans une tourbière, un étang, un marais ou un marécage sont aussi exclus de l’article 222. Il en est de même pour les travaux de construction, de reconstruction, d’entretien, de réfection ou de réparation de ponceaux. Par conséquent, toutes les fois que vous envisagez de réaliser des travaux dans un cours d’eau, marais, marécage, lac, étang, tourbière, il importe d’abord de vérifier si ces travaux sont exclus de l’obligation d’obtenir un certificat d’autorisation, prévue

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L.R.Q., c. Q-2. À l’exception de ceux destinés à la recherche du pétrole, du gaz ou de la saumure.


LE S B O N S C O NTA CTS

Spé cialiste du traitement des eaux municipales et industrielles Services offerts : gestion, exploitation et optimisation. Distributeur des compteurs d'eau Neptune. 20 275, Clark Graham, bureau 200 Baie d'Urfé, Québec, H9X 3T5 Télé. : 514-457-9991 • Téléc. : 514-457-9922 • Courriel : info@tekno.ca

VOX P0P Exceptionnellement, la chronique Vox Pop fait relâche. Pour participer à la prochaine question Vox Pop, visitez notre site Internet au www.maya.cc

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L’ E N V E R S D U D É C O R

elles, v u o n ez desou des sujets v a s u Vo dotes faire part ? c e n a s de nous à t out à ê t r é e t l n i r d’ parveni y a . c c s e t i a F ma info@

Sources : L’équipe du magazine SOURCE.

Du 28 novembre au 1er décembre prochain se tiendra le Salon Pollutec à Lyon en France. On y attend plus de 65 000 visiteurs provenant d’une trentaine de pays. Vous pensez pouvoir faire le tour de tous les exposants ? Prévoyez des chaussures confortables puisque le salon compte 2 400 exposants. Pour plus d’information : canada.montreal@promosalons.com ou 1 800 387-2566.

Les Dalton étaient là Le vendredi 9 juin dernier avait lieu à Roxton Pond la 4e édition de l’omnium Sani Eco, dont les profits ont été remis à La Ressource le Tandem. Cet organisme communautaire vient en aide aux adolescents de la région de Granby. Le tournoi a permis d’amasser une somme de plus de 13 000 $. Toutes nos félicitations à Sylvain Gagné de Sani Eco et à toute son équipe. Sur la photo, on peut voir que les invités ont bien apprécié la journée ! Dans l’ordre, Daniel Nepveu de Nexsolution, Hector Chamberland, directeur du développement des affaires chez BFI, André Dumouchel, éditeur du magazine SOURCE, et Normand Rochon, des restaurants Tutti Frutti déjeuners.

Un salon

couronné de succès

Appelez-moi ! 514 808-2368

Les 1, 2, 3 et 4 juin derniers se tenait le premier Salon national de l’environnement dans le VieuxPort de Montréal. Les organisateurs de l’événement se disent particulièrement fiers de l’achalandage de plus de 16 000 personnes et de la participation des entreprises à l’événement. Selon un sondage réalisé par la firme Crop, plus de 90 % des participants se sont estimés très satisfaits de leur visite. L’intérêt du public étant au rendezvous, nous ne pouvons que saluer cette belle initiative annuelle. Toutes nos félicitations à cette belle équipe !

Du nouveau pour bientôt !

On perd un joueur ! Le 30 juin prochain marquera le départ à la retraite de monsieur Gérard Chiasson d’Industrie Canada. Véritable gentleman, monsieur Chiasson manquera certainement aux nombreuses entreprises qu’il a aidées au fil des ans. Parions qu’il se fera offrir quelques petits contrats ! Bonne retraite, Gérard, et bon golf !

Gérard Chiasson, Mario Quintin, Carita Fortier et André Dumouchel

Sous la présidence d’André Perrault, une équipe s’affaire à mettre sur pied un Centre d’interprétation de l’eau interactif. Le centre aura pour thème « Le chemin de l’eau, de la rivière à la rivière ». L’exposition permanente comportera dix modules, un laboratoire et une salle multimédia. Le C.I.EAU verra le jour l’an prochain à Laval et compte déjà sur l’appui de différents partenaires corporatifs, municipaux et gouvernementaux. Le dévoilement officiel du projet et de ses partenaires aura lieu le 18 octobre prochain dans les locaux du C.I.EAU, à l’occasion d’un cocktail dînatoire. Luc Benoit, président de Tecsult, et Gilles Vaillancourt, maire de Laval, assureront la présidence d’honneur en compagnie de leur invité spécial, le chanteur Boom Desjardins. Pour assister à cet événement ou participer au projet à titre de partenaire, contactez un membre de l’équipe au 450 963-6463 ou par courriel à cieau@bellnet.ca.

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