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RAPPORT D'ACTIVITÉ 2010

MPPF – le Planning 34 48 Boulevard Rabelais 34000 Montpellier Tel : 04 67 64 62 19 www.leplanning34.org

Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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SOMMAIRE

1.L'ASSOCIATION.................................................................................................3 2.LA PLANIFICATION............................................................................................7 3.ACCUEILS INDIVIDUALISES...........................................................................17 4.ANIMATIONS....................................................................................................32 5.FORMATIONS..................................................................................................43 6.VIE ASSOCIATIVE ET MILITANTE...................................................................52

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1. L'ASSOCIATION

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Notre objet social Le Planning familial est un mouvement d’éducation populaire qui œuvre pour le droit à l’information et à l’éducation permanente. Il se donne pour objectif de créer les conditions d’une sexualité vécue sans répression ni dépendance dans le respect des différences, de la responsabilité et de la liberté des personnes. Sa lutte s’inscrit dans le combat contre les inégalités sociales et les oppressions. Le Planning agit pour le changement des mentalités et des comportements en vue de développer les conditions d’une prise de conscience individuelle et collective pour que l’égalité des droits et des chances soit garantie à toutes et à tous. Enfin il défend le droit à la contraception et à l’avortement, combat contre l’oppression spécifique des femmes et contre toutes formes de discriminations et de violences, notamment sexuelles, dont elles sont l’objet et participe aux luttes qui ont pour but de favoriser l’autonomie des femmes et la promotion de leurs droits. A ce titre le Planning familial est un mouvement féministe.

Les missions que nous poursuivons ... •

Promouvoir l’accès à l’information pour tous, en situant la sexualité sous tous ses aspects culturels, sociaux, économiques, législatifs et relationnels.

Créer des lieux d’écoute et de rencontre, afin de diminuer les relations de dépendance dues au savoir, à la hiérarchie et la conformité aux modèles, en favorisant la remise en cause des images sexistes et des stéréotypes sexuels. Promouvoir l’accès aux soins en matière de contraception, de prévention et d’interruption volontaire de grossesse. Participer à la formation de toutes et tous, en particulier de celles et ceux qui sont confrontés dans leur vie professionnelle aux questions liées à la sexualité, en vue de créer des relais d’information sur ces problématiques.

• •

Ces missions se déclinent de façon transversale sur l’ensemble des activités et projets développés par le Planning 34.

Bureau et Conseil d'Administration 2010 •

Présidente Fatima Bellaredj

Directrice de développement URSCOP

Secrétaire Marion Danton

Traductrice

Secrétaire adjointe Janine Sarfati

Chargée de recherches CNRS (retraitée)

Trésorière Josette Sainte-Marie

Chargée de recherches CNRS (retraitée)

Trésorière adjointe Anne-Marie Roch

Infirmière scolaire

Autres Administratrices/Administrateurs Camille Bernard Responsable site d'hébergement touristique

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Annie Coutaud Christiane Chein Naouel Nefissi Roselyne Lesquer Marianne Loupiac Nicole Monsterlet Josiane Moualek

Responsable réseau médiathèque Professeur (retraitée) Intervenante en Education Nationale Retraitée Retraitée Retraitée fonction publique hospitalière CCF / Responsable CO (représentant des salarié-es)

Equipes et intervenant-es au 31/12/10 •

Administration Annie Esposito Françoise Imbert

Animation / Conseil Conjugal et Familial Béatrice Cascales Animatrice de prévention - CCF Latifa Drif Animatrice de prévention – CCF Giorgos Klouras Animateur de prévention

Formation Pierre Colombani Carine Favier Josiane Moualek Nicole Roussel

Planification / Accueils individualisés Françoise Amat Médecin généraliste Boris Astier Sexologue Geneviève Bourtel Médecin gynécologue Béatrice Cascales Animatrice de prévention – CCF Sally Caste Médecin généraliste Céline Claudon Médecin généraliste Latifa Drif Animatrice de prévention – CCF Annie Esposito Animatrice de prévention - CCF Carine Favier Médecin généraliste Abdelhamide Ghaleb Agent d'entretien Françoise Gil Dossa Médecin gynécologue Giorgos Klouras Animateur de prévention Frédérique Le Bourgeois Animatrice de prévention – CCF Mireille Loup Médecin généraliste Martine Martellon Animatrice de prévention Béatrice Méa Médecin généraliste Nancy Montels Animatrice de prévention Josiane Moualek Anim. de prévention – CCF (coordonne le pôle) Béatrice Panis Animatrice de prévention - CCF Sylvie Pellenc Médecin gynécologue

Secrétaire Directrice

Responsable de formation - CCF Formatrice / Responsable programme national RRS Formatrice Formatrice

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Marie-Josée Pigno-Zarella Françoise Rivals Corinne Simon Catherine Toulotte Martine Teirlink

Médecin généraliste Médecin généraliste Médecin généraliste Animatrice de prévention - CCF Médecin gynécologue

Régulation Fabienne Harlet Jean-François Bouix

Psychologue Psychologue

• Observation Plusieurs des personnes ci-dessus sont polyvalentes dans leurs missions, et de fait, apparaissent sur différents pôles. • Les bénévoles Nos activités de terrain sont renforcées par la présence de bénévoles : Annie Coutaud, Anne-Marie Roch, Camille Bernard, Christiane Chein, Dany Mas, Delphine Henrard, Dominique Sarazy, Françoise Michel, Hayette Dehimi, Janine Sarfati, Josette Sainte-Marie, Maria, Marianne Loupiac, Marie-Christine Jeanney, Marie-Christine Vion, Marion Danton, Sandrine Calvet, Sophie Girieud, Roselyne Lesquer, Thierry Ducouret…

Nos principaux partenaires Le CCAS de la ville d'Agde Le CCAS de la ville de Montpellier Le Conseil Général de l'Hérault, Le Conseil Régional Languedoc-Roussillon, Les équipes du CUCS de Agde et Montpellier La DDASS de l'Hérault puis la DDCS La DRJSCS, La DRDFE, Le Groupement Régional de Santé Publique L.R, puis l'ARS L'INPES, Les Villes de Bédarieux, Clermont l'Hérault et Montpellier Sidaction Et au-delà …. Les établissements scolaires, leur personnel éducatif et de santé, et les structures associatives qui nous permettent d'intervenir en leur sein, les membres du réseau "Jeunes filles confrontées aux violences et aux ruptures familiales" ainsi que les autres réseaux auxquels nous participons.

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2. LA PLANIFICATION

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Les Centres de Planification et de Dépistage du Sida du Planning 34 Les Centres de Planification du Planning familial de l’Hérault s’inscrivent dans une démarche globale d’accès aux soins et à l’information sur les questions de sexualité, de contraception, d’avortement, de rapport homme/femme, de dépistage et de prévention des infections sexuellement transmissibles, du SIDA, des hépatites B et C. Les différentes réalités des territoires influencent fortement les niveaux d’accessibilité aux lieux de parole, d’information et de prévention mis à la disposition des jeunes. Le Planning familial 34 intervient donc dans le cadre de dispositifs en adéquation avec les réalités locales et présentant une grande souplesse. Nous bénéficions actuellement d’une large implantation sur le département. Chaque structure est organisée (horaires d’ouverture, fréquence d’accueil, lieu….) pour tenir compte des réalités locales : densité de population, territoire vaste ou concentré, tissu social, besoins, habitudes de vie, mobilité : • •

centre de planification et d’éducation familiale de Montpellier centre de planification et d’éducation familiale des villes moyennes : Lunel et Agde

Permanences de Planification et d’éducation familiale des Hauts Cantons avec réseaux de médecins libéraux : Bédarieux - Clermont l’Hérault - Ganges - Gignac - Lodève – PézenasSaint Pons de Thomières Nos équipes d’intervenants sont formées aux questions de santé sexuelle et de prévention: • 21 Conseillères Conjugales et Familiales •

• •

13 médecins salariés des centres de planifications (Montpellier, Agde, Lunel) 1 réseau de médecins libéraux dans le cadre des permanences des Hauts Cantons

• 3 agents assurant l’accueil et l’orientation des personnes Nous proposons des consultations médicales précédées d’entretiens pour : • L’accès à la contraception • •

Le dépistage du SIDA/ Hépatite B et C Le dépistage et le traitement des IST

• •

Les tests de grossesse Les contrôles post/IVG

• Le suivi gynécologique En 2010, nous avons signé une nouvelle convention avec le Conseil Général de l’Hérault qui élargit l’Aide médicale gratuite (A.M.G) aux majeur(e)s demandant le secret. Celle-ci prévoit le financement des consultations, des frais d’analyse et de pharmacie pour les mineurs-es et les majeur(e)s qui souhaitent l’anonymat ainsi que pour toutes les personnes ne bénéficiant ni d’une couverture sociale, ni de l’Aide médicale d’Etat (A.M.E). Les consultant(e)s assurés sociaux et ne demandant pas le secret bénéficient du tiers payant. En 2010, • 5397 personnes ont été reçues en entretien sur les questions de santé sexuelle et de prévention dont 3336 ont été vues en consultation médicale soit 62 %. • 40 % de personnes reçues en consultation médicales sont mineurs-res et 60% majeurs-res. 93% sont des jeunes filles et 7% des jeunes garçons.

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Des espaces de parole pour permettre à chacune et chacun de devenir responsable et autonome par rapport à sa propre sexualité : Les espaces collectifs de parole et d’écoute permettent à chacune et à chacun d’exprimer librement ses croyances, ses valeurs et ses représentations sans jugement de valeur ni culpabilité. Au-delà de l’accès à l’information, la collectivisation des savoirs et des compétences individuelles permet de mieux comprendre ses propres pratiques et ses propres stratégies de gestion des situations à risque. Les entretiens collectifs constituent une réponse concrète aux difficultés d’accès à l’information et à l’appropriation des moyens de protection : Connaître et identifier l’ensemble des moyens de protection mis à disposition : Favoriser l’expression du choix sur la base de l’empathie et du respect en fonction de ce que la personne pense être le plus adapté à sa situation et à ses possibilités. Dans tous les cas, la décision finale lui appartient. Les entretiens individuels pré et post test de dépistage du SIDA (Counselling) permettent d’aborder, dans la confidentialité et le non jugement :  L’ensemble des informations nécessaires à la compréhension de la situation.  La perception de la personne par rapport au risque et à la prise de risque. Le premier test est en lui-même un événement, un rituel quasi initiatique chez de plus en plus de jeunes. Nous sommes convaincus que lorsque le test HIV est prescrit dans le cadre d’un entretien les personnes s’impliquent et amorcent un questionnement sur la prise de risques, la répétition des risques ou au contraire sur la question de la croyance erronée du risque. Toute démarche volontaire de dépistage, quelles qu’en soient les motivations, doit être prise en compte car elle matérialise l’autonomie par rapport à sa propre sexualité. Les entretiens pré et post tests permettent d’accompagner la personne dans une démarche de réduction des risques sexuels et d’appropriation des moyens de protection. Notre action s’inscrit dans une démarche d’autonomie de la personne. Nous accompagnons les personnes dans une démarche de choix et d’appropriation des moyens de prévention. Nous intégrons à notre pratique l’analyse des rapports sociaux de genre pour continuer à travailler l’accessibilité des moyens de protection au plus grand nombre de jeunes et plus particulièrement les jeunes en difficultés d’accès aux soins et à l’information sur les questions de sexualité Nous garantissons à toutes et à tous le non jugement et la confidentialité. En effet, les jeunes n’ont pas toujours la possibilité d’aborder dans leur environnent et dans leur entourage proche les questions de santé sexuelle et de prévention. • •

• Pour une dynamique de collaboration et de recherche de sens commun : L’accueil des personnes pour l’accès à la contraception, aux tests de grossesse, et aux dépistages IST/SIDA/Hépatites B-C implique un travail inter disciplinaire médecins/conseillères conjugales et familiales dans le cadre des objectifs du Planning familial . Aussi, afin d’harmoniser nos pratiques et d’améliorer la qualité et la cohérence de nos interventions, le Planning familial 34 a créé un temps de coordination spécifique aux centres de Planification depuis trois ans maintenant. La commission « Centres de Planification » a pour objectif de : • Mobiliser les différents intervenants des centres de planification sur les enjeux politiques liées aux questions de santé sexuelle et de prévention. • D’élaborer des orientations à partir de la réflexion collective sur les pratiques médicales •

De construire des outils visant à l’amélioration des modes d’organisation et d’accueil des personnes.

De proposer des espaces de réflexion thématiques et d’actualisation des savoirs, savoir

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faire et savoir être. Ainsi, les rencontres élargies à tous les intervenant des centres de planification (Conseillères conjugales et familiales – animateurs de prévention – médecins) organisées par la commission « centre de planification » ont permis de définir collectivement des pratiques et de les partager pour une meilleure lisibilité auprès des partenaires et du public reçu. En plus du travail de fond relatif à la nouvelle convention, nous avons organisé une journée sur le thème de la contraception d’urgence en collaboration avec le laboratoire HAR.

• Les centres de Planifications de Montpellier, Agde et Lunel En 2010, alors que le nombre total de personnes reçues en entretien augmente, nous constatons un léger recul du nombre de personnes reçues en consultation, et ce par rapport à 2009. Tandis que l’accueil des mineurs-es progresse à Agde et à Lunel par rapport à l’accueil des majeur(e)s, nous observons la tendance inverse à Montpellier. Pour l’ensemble des centres de planification les taux de personnes reçues pour la première fois en consultation sont en augmentation. Les personnes reçues : Centres de Nombres total de personnes Planification reçues en entretien mineurs/e majeurs/e Total s s Montpellier 45% 55% 3800 Agde 54% 46% 650 Lunel 45% 55% 541 Total 2010 53% 47% 4991 Total 2009 48% 52% 4626

Dont nombre total de personnes reçues en consultation médicale mineurs/e majeurs/e Total s s 28 % 72% 2417 62% 38% 403 56% 44% 310 35% 65% 3130 40% 60% 3258

La répartition par âge des personnes reçues en consultation médicale : Tranches d’âge Montpellier Montpellier Agde Agde 2009 2010 2009 2010 Moins de 16 ans 7,5% 7% 22% 18% 16 à 17 ans 25,5% 21% 37% 44% Sous total 33% 28% 59% 62% mineur(e)s 18 à 20 ans 35,5% 35% 25% 27% 21 à 22 ans 15% 15% 5% 5% 23 à 26 ans 10% 14% 5% 3% Plus de 26 ans 7% 8% 6% 3% Sous total 67% 72% 41% 38% majeur(e)s Total 100% 100% 100% 100%

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Lunel 2009 11,5% 37% 48,5%

Lunel 2010 19% 37% 56%

35,5% 6% 8% 2% 51,5%

29% 4% 6% 5% 44%

100%

100%

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• CPEF de Montpellier : 3800 personnes reçues en entretiens sur les questions de santé sexuelle et de prévention 2417 personnes reçues en consultation médicale dont 51% pour la première fois. En 2010, nous constatons une augmentation du nombre de personnes reçues en consultation médicale : 2417 en 2010 contre 2182 en 2009 En 2009, 48% des personnes étaient reçues en consultation pour la première fois, en 2010, elles représentent 51%, soit une hausse de 3 points. Comme en 2008 et 2009, le nombre de mineurs (es) est en baisse tandis que le nombre de majeur(e)s est en augmentation. Comme les années précédentes, la tranche des 18/20 ans est la plus importante. En 2010, 28 % des personnes reçues en consultation sont des mineurs (es) soit une baisse de 8 points depuis 2008 et 72 % sont des majeurs (es) soit une augmentation de 8 points depuis 2008 :  2008 : 36 % de mineur(e)s et 64 % des majeur(e)s.  2009 : 33% des mineur(e)s et 67 % des majeur(e)s. Le centre de planification de Montpellier bénéficie d’une implantation en centre ville à proximité des transports en commun. Nous accueillons en particulier une population de jeunes en situation de précarité économique et sociale : étudiants, salariés précaires, demandeurs d’emploi. Nous accueillons aussi des personnes en situation de vulnérabilité : violences, mariages forcés, personnes sans papiers, personnes sans domicile fixe, gens du voyage. Nous appuyons notre action sur le partenariat et la participation active aux réseaux de professionnels.

• CPEF de Lunel 541 personnes reçues en entretiens sur les questions de santé sexuelle et de prévention 310 personnes reçues en consultation médicale, dont 37% pour la première fois. Tandis que le taux de personnes reçues en consultation pour la première fois passe de 33% en 2009 à 37% en 2010, nous enregistrons une baisse du nombre total de personnes vues en consultation. Alors qu’en 2009, nous constations un ralentissement de l’accueil des mineurs-es dans les consultations médicales, nous observons en 2010 une reprise. En effet, les mineurs-es représentent 56% contre 48,5% en 2009 et 66% en 2008. Cette augmentation concerne en particulier les moins de 16 ans qui passe de 11,5 % en 2009 à 19% en 2010. Le taux des 16/17 est stable. Par contre, le nombre de majeur(e)s reçues en consultation est en baisse et représente en 2010 44 % contre 51,5 % en 2009 et 34% en 2008. Sur le nombre total de majeur(e)s, 65 % sont âgés de 18 à 20 ans contre 70 % en 2009. Ces jeunes majeures/majeurs sont en majorité hors circuit scolaire. Nous constatons une précarisation économique de plus en plus forte sur la zone de Lunel

• CPEF d Agde : 650 personnes reçues en entretiens sur les questions de santé sexuelle et de prévention 403 personnes reçues en consultation médicale dont 40 % la première fois. Tandis que le taux de personnes reçues en consultation pour la première fois passe de 30% en 2009 à 40% en 2010, nous enregistrons un net recul du nombre de personnes vues en consultation. Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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Cependant, le nombre de personnes mineures reçues en consultation est encore en augmentation. Elles représentent actuellement 62 % alors qu’en 2009 elles représentaient 59% et 29 % en 2008. Cette hausse concerne spécifiquement les 16/17 ans. Nous observons, depuis 2008, un ralentissement pour les moins de 16 ans. De nombreuses actions collectives ont été menées auprès des jeunes des établissements scolaires d’ Agde et des associations d’insertion, grâce à des partenariats engagés avec les réseaux de professionnels et le CCAS.

• Les permanences des Hauts Cantons (PPEF) : 406 personnes reçues en entretiens sur les questions de santé sexuelle et de prévention dont 50% en premier accueil. 59% sont des mineurs-es et 41% des majeurs es 345 bons de consultations ont été distribués et 206 personnes ont été effectivement reçues en consultation par un médecin libéral du réseau soit 60%. Comme les années précédentes, nous constatons que les permanences sont largement plébiscitées par les mineures/mineurs. La proximité d’établissements scolaires, les modes de déplacement, l’organisation des transports en commun sont des éléments particulièrement présents dans les Hauts cantons. De plus, ces territoires, à différents degrés, présentent une importante population précarisée, peu mobile, parfois isolée et repliée sur elle-même. Enfin, la promiscuité due aux faibles densités de population rend difficile les démarches anonymes. La crainte de porter préjudice à l'image sociale de la personne ou à la famille devient alors un frein. La combinaison de l’ensemble de ces éléments a donc un impact direct sur le nombre et le profil des personnes reçues. De nombreuses actions collectives ont été menées auprès des jeunes des établissements scolaires et des associations d’insertion grâce à des partenariats engagés avec les réseaux de professionnels. Ces actions ont permis aux jeunes l’accès à l’information sur les questions de santé sexuelle et de prévention. Elles ont aussi permis au Planning familial de faire connaître les permanences. Les motifs d’entretien sont par ordre décroissant : • •

La contraception : 26% L’IVG : 25 %

• •

Les IST/SIDA : 19 % Les problèmes relationnels : 9%

• •

Les violences : 9% L’accès à de la documentation : 9%

Sexualité : 3%

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Clermont l’Hérault Pézenas Gignac Lodève Saint Pons Ganges Bédarieux Totaux

Nombres total de personnes reçues en entretien mineurs/e majeurs/e Total s s 34 50 84 62 9 37 32 36 30 240

35 2 20 9 20 30 166

97 11 57 41 56 60 406

51% des personnes majeures sont âgées de 18 à 20 ans, puis viennent ensuite les plus de 25 ans avec 35% et enfin les 21/25 ans avec 13%. 66 % des personnes mineures sont âgées de 16 à 17 ans et 34% ont moins de 16 ans Nous proposons des consultations médicales via un réseau de médecins libéraux, de laboratoires et de pharmacie pour l’accès à la contraception, au dépistage du SIDA / autres IST, aux tests de grossesse et au suivi gynécologique. En 2010, • •

345 personnes ont bénéficié d’un bon de consultation, soit 16 bons de plus qu’en 2009. 60% ont effectivement été reçu en consultation médicale alors qu’en 2009, 66,5 % des personnes l’ont utilisé.

Les spécificités des territoires : Lodève compte 7350 habitants : 25,3% sont des hommes entre 0 et 19 ans et 22,5% sont des femmes de 0 à 19 ans. Le lycée accueille actuellement 820 élèves, répartis entre le lycée général et le lycée professionnel. Un nombre important de jeunes fréquente la M L J (mission locale des jeunes) car ils sont déscolarisés, en recherche de formation ou d’emploi. Il est complexe de travailler sur ce territoire, d’une part, parce qu’il y a un nombre important de jeunes musulmans pour qui la sexualité ne se vit pas hors mariage, d’autre part, parce que certaines personnes ont peur d’être vues à la permanence du Planning familial. En effet, les locaux de la Mission Locale regroupent plusieurs types de public venant pour divers motifs. Clermont l’Hérault compte 7400 habitants. 22,4% de la population a entre 0 et 19 ans. Le lycée R. Gosse regroupe les élèves de Clermont et des environs. La fréquentation des permanences au nombre de 2 par semaine, est régulière et suivie. Les locaux, situés à côté de la gare routière, sont bien repérés. Gignac – Saint André de Sangonis : Les personnes sont reçues à la demande des professionnels. Il n’y a donc plus de permanences régulières dans ce secteur, en raison du peu de fréquentation qui avait été constaté. Cependant, du fait de l’ouverture d’un collège à Saint André de Sangonis, la municipalité et les responsables jeunes ont émis le souhait d’une présence du Planning : les modalités sont encore à définir. Pézenas : La fréquentation de la permanence est régulière et suivie. Le planning Familial 34 est bien repéré par les jeunes et les professionnels. Ganges : Le développement de la permanence est difficile compte tenu des possibilités d’accès à d’autres territoires et à d’autres structures. En effet, le département du Gard est frontalier.

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Le lycée du bassin est donc situé au Vigan, à proximité de Ganges. De plus, Les jeunes bénéficient dans la même ville d’un centre de planification. Ganges compte de nombreux établissements privés catholique avec lesquels il est complexe de créer des liens. Enfin, les référents des structures partenaires changent souvent et nous devons renouveler les contacts régulièrement.

• Les motifs de consultation Pour l’ensemble des sites, le premier motif de consultation est la contraception suivie du dépistage du SIDA et autres IST. Ce constat est équivalent à toutes les autres années. Les consultations post IVG sont ponctuelles car les personnes choisissent souvent de les faire à l’hôpital ou à la clinique dans lequel l’IVG a été pratiquée. De plus, ces consultations nécessitent souvent des échographies pour lesquelles nous ne sommes pas équipés. Prescription s

Contraceptio n

Montpellier Agde Lunel Hauts Cantons

50,64% 57% 63,5% 38,17%

Dépistage HIV et autres IST 41,82% 42% 45,8% 22,1%

Test de grossess e

Visite post IVG

Remise de tests HIV

33,59% 14,6% 15,5% 25,86%

0,49% 0 0 2,46%

11,2% 9,4% 14,5% 4,9%

Le nombre de tests de grossesse a augmenté à Montpellier et sur les Hauts Cantons tandis qu’ils sont en baisse à Agde et à Lunel. À l’occasion d’une première contraception, il est souvent d’usage de prescrire un test de grossesse, par mesure de précaution. Cette augmentation est donc liée à une pratique médicale plutôt qu’à une augmentation réelle de situations à risque. De la même façon, Le nombre de prescriptions de tests HIV enregistre une hausse à Montpellier et sur les Hauts Cantons tandis qu’il est en baisse à Agde et à Lunel. Sites

Montpellier Agde Lunel Hauts Cantons Totaux

Nombre de prescription de tests de grossesse 2008 2009 2010 624 694 812 99 108 59 105 74 48 53 70 105 881

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946

1826

Nombre de prescriptions de tests HIV 2008 2009 2010 404 432 439 105 132 70 154 82 65 63 78 90 726

724

664

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• Les enjeux Défendre l’accès des jeunes majeures, et en particulier des plus démunies, à la prévention et à la réduction des risques. 60 % des personnes reçues en consultation médicale sont majeures et sont principalement issues de la tranche des 18/20 ans. Ce sont en majorité des filles. Nous observons, cette année encore, les signes d‘une dégradation des conditions sociales et d’une précarisation économique, en particulier chez les jeunes sans emploi et/ou salariées précaires, mais aussi chez des étudiantes. La précarité est un facteur de vulnérabilité auquel se rajoute souvent celui de la domination. Choisir, facteur d’appropriation des pratiques de prévention Malgré un taux de couverture contraceptive qui augmente, le taux d’IVG ne décroît pas. Les études statistiques de la DRASS (février 08) montrent que le taux d’IVG a augmenté de 11% depuis 2001 en Languedoc Roussillon. Cette hausse concerne en particulier les mineures : 10% avait recours à l’IVG, en 2006, ce taux passe à 15%. Cela montre que pour être bien acceptée et bien suivie, la méthode contraceptive doit être adaptée à chaque femme et choisie avec elle, en fonction de sa réalité quotidienne. Donner l’accès à l’ensemble des outils de protection mis à disposition des femmes pour maîtriser leur fécondité est donc un enjeu majeur de la réduction des risques sexuels. Réduire les risques d’exposition à un risque de grossesse non prévue implique donc de donner l’accès à l’ensemble des moyens de protection en s’appuyant sur une démarche de conseil et d’accompagnement (Counselling) permettant l’expression et l’identification des attentes et des besoins. Donner l’accès à la contraception au plus grand nombre pour réduire les grossesses non prévues par le remboursement de l’ensemble des moyens de contraception Nous constatons que très souvent les jeunes filles, même si elles peuvent accéder librement à la contraception, sont dans l’impossibilité d’assurer financièrement l'achat du contraceptif choisi lorsque celui-ci est non remboursé par la sécurité sociale. Certaines pilules de 3e et 4e génération ne sont pas remboursées alors qu’elles pourraient présenter un réel bénéfice en terme de santé et de sécurité. Les autres moyens de contraception hormonaux tels que le patch ou l’anneau vaginal ainsi que les méthodes barrières ne sont pas non plus pris en charge même si ceux-ci représentent des alternatives possibles pour une meilleure observance, une meilleure tolérance et une meilleure efficacité pratique. La crainte de porter préjudice à l'image sociale de la personne ou à la famille, un obstacle de plus à la prévention. Les jeunes les plus exposés aux conséquences des situations à risques et en particulier aux grossesses non prévues, n’ont pas toujours la possibilité d’aborder dans leur environnent et dans leur entourage proche les questions de santé sexuelle et de prévention. L’accès à la contraception et en particulier pour les moins de 18 ans mais aussi pour les 18-20 ans pose la question de la non reconnaissance de la sexualité. Cette reconnaissance est variable selon les normes parentales, mais se conforme de façon très importante à l’expérience des pairs (« ma copine n’est pas enceinte sans contraception, je ne vois pas pourquoi ça m’arriverait »). Pour certaines, en particulier les jeunes filles issues des publics migrants, il existe un fort contrôle social de la sexualité, avec une sexualité hors mariage très mal considérée, où il y a une préférence pour utiliser une contraception d’arrêt une fois que l’on a eu ses enfants, et une domination masculine qui s’exerce dans le couple mais aussi par le biais de toute la famille. L’ambivalence par rapport au désir de grossesse, la non reconnaissance de la/des sexualité(s), l’inadéquation de la méthode utilisée aux conditions de vie réelles des personnes (vie sociale, affective, sexuelle) sont des facteurs d’exposition à des situations à risque. Dans tous les cas, la crainte que l’entourage découvre leurs démarches est plus forte que la perception du risque et/ou la prise de risques sexuels. La non prise en compte de la dimension Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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psycho- sociale de l’accès à la contraception des jeunes est un obstacle de plus à la réduction des risques sexuels et en particulier des grossesses non prévues.

• Perspectives 2011 Le sens de notre action s’inscrit autour de 3 axes principaux :  Réduire les risques d’exposition à un risque de grossesse non prévue implique de donner l’accès à l’ensemble des moyens de protection pour que les jeunes filles puissent choisir celui qui leur paraît le plus adapté à leur situation personnelle : La démarche de conseil et d’accompagnement (Counselling) permet l’expression et l’identification des attentes et des besoins. Nous abordons entre autre les propres connaissances et savoirs, les représentations, les croyances et les valeurs. Notre action s’inscrit dans une démarche d’autonomie de la personne. Nous accompagnons les personnes dans une démarche de choix et d’appropriation des moyens de prévention.  Toute démarche volontaire de dépistage, quelles qu’en soient les motivations, doit être prise en compte car elle matérialise l’autonomie par rapport à sa propre sexualité. Les entretiens pré et post tests permettent d’accompagner la personne dans une démarche de réduction des risques sexuels et d’appropriation des moyens de protection.  Les représentations de genre sont un enjeu majeur par rapport à la prévention : Les différences de genre sont marquées sur le plan du vécu de la relation mais aussi sur les attitudes et les pratiques à l’égard des risques sexuels. Les représentations du genre et de la sexualité s’organisent en système et génèrent des situations de vulnérabilité. Ces représentations sont révélatrices des inégalités sociales de sexe qui rendent difficile pour les femmes l’adoption de pratiques de prévention. Concrètement, le Planning familial 34 entend continuer à défendre l’accès des jeunes, et en particulier des plus démunis, à la prévention et à la réduction des risques. Pour cela, nous nous sommes fixés quatre axes opérationnels principaux : •

Poursuivre les partenariats déjà engagés avec les établissements scolaires et les structures associatives.

Continuer à faire connaître les centres de planification auprès des jeunes et en particulier auprès des mineur(e)s en développant des actions de proximité sous différentes formes (animations, forums…), Renforcer l’accès des jeunes à la contraception et au dépistage du Sida/autres IST

Recueillir et valoriser la parole des jeunes en interne et en externe.

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3. ACCUEILS INDIVIDUALISES

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Cette pratique existe depuis la création de l’association du Planning familial de l’Hérault et s’articule autour de : • L’accès des femmes et des hommes à l’autonomie dans le respect de leur droits, afin qu’elles/ils puissent faire leurs choix en toute liberté. • La prise de conscience des rapports sociaux de sexes et la recherche de l’égalité homme/femme • La prise en compte de la personne et de son environnement par l’écoute, par la libération de la parole dans le respect des différences et des choix de chacune et chacun. • L’expression des croyances, des valeurs et des représentations sans jugement de valeur ni culpabilité. Note démarche est fondée sur la Réduction des risques sexuels (RRS), approche globale de la santé sexuelle et de l’éducation. Celle-ci implique la prise en compte de la personne dans tous ses aspects. En effet, la capacité de la personne à adopter des comportements de prévention est directement liée à son autonomie et à l’estime de soi. Il s’agit de renforcer la compétence individuelle à prendre en charge sa propre sexualité, en permettant l’accès à l’information et à l’appropriation des différents outils de protection, et le libre choix parmi l’ensemble des moyens de prévention mis à disposition. Le Planning familial de l'Hérault propose différents espaces individuels d’écoute et d’accompagnement : •

Les entretiens de conseil conjugal et familial au centre de Montpellier depuis la création de l’association. Le public est majoritairement féminin.

Dans les permanences d’éducation et de planification familiale des Hauts Cantons, des entretiens sont conduits à partir d'une demande initiale, et ce depuis 1999.

Une permanence hebdomadaire d’écoute et d’accompagnement des femmes et des couples vivant avec le VIH au service des Maladies infectieuses et tropicales (M.I.T) de l’hôpital Guy de Chaulliac existe depuis 2006 avec le soutien de l’INPES. Dans ce même service, nous avons mis en place depuis 2005 des consultations de sexologie en direction des personnes et des couples vivant avec le VIH. D’autres consultations se déroulent à l’association ENVIE et au Planning familial de Montpellier.

Depuis avril 2008, des entretiens transidentité sont ouverts aux personnes en questionnement identitaire ou à leur famille.

Enfin, notre association départementale assure des heures d'écoute téléphonique dans le cadre du dispositif régional mis en place en 2001.

Les entretiens de conseil conjugal et familial au Centre de Montpellier : Nous bénéficions de l’agrément « Établissement d’information et de conseil conjugal ». Les activités sont assurées par des conseillères conjugales et familiales. Le centre de Montpellier propose cinq heures hebdomadaires d’entretiens de consultation sociale. Cependant, toute personne venant en dehors de ces horaires est accueillie et écoutée.

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Ces entretiens ont pour objectifs : •

D’écouter ces personnes autour des difficultés inhérentes à la prise en charge de leur sexualité

De promouvoir l’accès à l’information sur les questions de sexualité, condition indispensable de leur autonomie,

D’assurer la prévention des infections sexuellement transmissibles, et les risques de grossesse non prévue,

• De prévenir les violences, • De permettre l’accès aux droits. Les conseillères privilégient l’approche « counseling » ou « conseil centré sur la personne » (Carl Rogers). Elles sont en capacité de donner des informations appropriées, et de permettre à la personne de choisir ce qui lui correspond le mieux en encourageant ses initiatives, ce qui peut contribuer à restaurer l'estime de soi: c'est « l'empowerment ». La valorisation, chez la personne rencontrée, de ses propres compétences, favorise ainsi l’autonomie et l’appropriation des informations communiquées. En 2010, nous avons réalisé 545 heures d’entretien. Nous avons reçu 1358 personnes dont 1115 sont des femmes et 243 des hommes. Nous avons de plus reçu 940 personnes pour des orientations vers des professionnels des secteurs sociaux, éducatifs, et médicaux. Répartition par âge des personnes reçues : - de 16 ans

298

16 /17 ans

18/ 20 ans

417

300

21/ 26 ans

208

+ de 26 ans

135

Total : 1358

• Les motifs d’entretien Les demandes d’information sur l’IVG représentent 42%, dont 4% concerne des IVG en délais dépassés. La loi du 4 Juillet 2001 a supprimé l’obligation de l’entretien social bien qu’il doive être proposé. Cet entretien est toujours obligatoire pour les mineures non émancipées. Cette mesure, en supprimant un obstacle dans le parcours de l’IVG, était une des revendications du Planning familial, à condition que les lieux de paroles soient toujours ouverts et disponibles pour les femmes. Utilisant cette disponibilité, des femmes ou des couples viennent toujours au Planning familial pour réfléchir avec une conseillère à leur décision ou pour avoir des informations. Les violences représentent 20% des motifs d’entretien. De plus, nous avons en 2010 traité 64 situations de mariage forcé via le projet « Femmes de culture différente » Le problème des violences faites aux femmes est depuis toujours une des préoccupations essentielles du Planning familial, tant sur le plan confédéral que dans notre association départementale. Certes, ce problème est moins occulté et les femmes osent de plus en plus venir parler ou les dénoncer. Mais cela reste pour beaucoup difficile. Les avancées du projet « Femmes de Cultures Différentes » autour des violences intrafamiliales, ont permis depuis plusieurs années de concrétiser cette réflexion et de mieux écouter et détecter, dans les paroles des femmes, les situations de violences auxquelles elles sont soumises. A travers les problématiques d’IVG, de couple ou de contraception, les femmes peuvent parler des situations de violences si elles trouvent une écoute et un accueil qui le leur permettent. Certaines jeunes femmes abordent la question de l’obligation de la virginité. Cette obligation les Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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conduits souvent à demander où et comment « faire une réfection d’hymen ». Il s’agit là, bien qu’elles n’abordent pas directement cette question sous cet angle, d’une violence spécifique faite aux femmes. Les questions liées à la sexualité, au couple et à la maternité représentent 31 % des motifs d’entretien. A travers l’expression des peurs liées aux VIH/IST, la question des rapports non désirés et l’impossibilité d’utiliser un moyen de protection avec le partenaire : soumission au désir de l’autre, peur du jugement, peur de voir finir une relation si « elle n’en passe pas par là » Les femmes abordent aussi les questions des risques sous influence de stimulants (alcool, drogue). Celles –ci consentent à des rapports qu’elles jugent après coup à risque. En 2011, nous mettrons en place une permanence d’accueil individualisé délocalisée en collaboration avec le CCAS de la mairie de Montpellier et le réseau pailladin. Les femmes et les hommes seront reçus tous les mardis de 9h à 12h au CCAS antenne Mosson.

• L’accueil individualisé dans les permanences de planification et d’éducation familiale des Hauts Cantons : 406 personnes reçues en entretien sur les questions de santé sexuelle et de prévention dont 50% en premier accueil. 59% sont des mineur(e)s et 41% des majeur(e)s. Comme les années précédentes, nous constatons que les permanences sont largement plébiscitées par les mineures/mineurs. La proximité d’établissements scolaires, les modes de déplacement, l’organisation des transports en commun sont des éléments particulièrement présents dans les Hauts cantons. De plus, ces territoires, à différents degrés, présentent une importante population précarisée, peu mobile, parfois isolée et repliée sur elle-même. Enfin, la promiscuité due aux faibles densités de population rend difficile les démarches anonymes. La crainte de porter préjudice à l'image sociale de la personne ou à la famille devient alors un frein. La combinaison de l’ensemble de ces éléments a donc un impact direct sur le nombre et le profil des personnes reçues. Les motifs d’entretien sont par ordre décroissant : • La contraception : 26% • L’IVG : 25 % • Les IST/SIDA : 19 % • Les problèmes relationnels : 9% • Les violences : 9% • L’accès à de la documentation : 9% • Sexualité : 3%

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Clermont l’Hérault Pézenas Gignac Lodève Saint Pons Ganges Bédarieux Totaux

Nombres total de personnes reçues en entretien mineurs/es majeurs/es Total 34 50 84 62 35 97 9 2 11 37 20 57 32 9 41 36 20 56 30 30 60 240 166 406

51% des personnes majeures sont âgées de 18 à 20 ans, puis viennent ensuite les plus de 25 ans avec 35% et enfin les 21/25 ans avec 13%. 66 % des personnes mineures sont âgées de 16 à 17 ans et 34% ont moins de 16 ans

A l'écoute des femmes et des couples concernés par le VIH ... La lutte contre le Sida constitue une des priorités du Planning familial. Dés le congrès national de 1993, nous nous sommes engagés à mener une action spécifique en direction des femmes vivant avec le VIH. Le Planning de l'Hérault intègre désormais à sa pratique quotidienne, l’écoute, le conseil et l’orientation des femmes et des couples vivant avec le VIH, avec le soutien de l’INPES. Afin de lutter contre la stigmatisation, l’isolement et l’invisibilité de la contamination des femmes, nous proposons un espace de paroles, non stigmatisant et repéré par celles-ci comme prenant en compte les particularités féminines du vécu de la séropositivité VIH. Le Planning familial de l’Hérault a mis en place depuis 2006 une permanence d’accueil et d’écoute au service des Maladies infectieuses (M.I.T) de l’hôpital Gui de Chaulliac à Montpellier tous les mercredis de 9h30 à 12h30. C’est un espace qui permet aux personnes d’exprimer, dans un cadre confidentiel, les questions du vécu de la sexualité et du corps, les questions de l’accès à la prévention et aux moyens de protection. En 2010, nous avons assuré 141 heures d’accueil individualisé et reçu 87 personnes alors qu’en 2009, nous en avions accueilli 52. Nombre total de personnes reçues pour la Nombre total de personnes déjà 1erfois reçues 39 personnes soit 45 % 48 personnes soit 55% Total : 87 personnes Nombre de femmes reçues seules en entretien Nombre d’hommes reçus seuls en entretien Nombre de couples reçus en entretien

56

Soit 64%

21 5

Soit 24% Soit 12%

Lors de ces entretiens nous avons constaté, chez la majorité des femmes, un fort sentiment d’isolement personnel et social ainsi qu’une difficulté à évoquer leur séropositivité auprès des Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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enfants, de la famille et des amis. Celles-ci vivent plus ou moins bien le traitement en fonction de l’impact des effets secondaires sur la vie quotidienne et sur leur corps (lipodystrophie). Elles évoquent une image du corps négative et dégradée. La sexualité est en général inexistante, sauf quand le conjoint accepte la séropositivité. Dans la plupart des cas, il y a un fort sentiment de culpabilité lié à la peur de contaminer l’autre. Il est souvent difficile pour elles d’imposer le préservatif. Le préservatif féminin est peu connu. Nous avons constaté que lorsque la séropositivité est mal vécue, les femmes ont tendance à s’isoler et à se replier sur elles-mêmes, voire à se marginaliser. Celles qui vivent le mieux leur séropositivité sont issues des classes moyennes ainsi que toutes celles qui sont impliquées dans des actions de terrain auprès de diverses associations. Les femmes ont en effet exprimé le besoin de rencontrer d’autres femmes séropositives en dehors des associations ciblées SIDA, de retrouver confiance en elle en travaillant sur l’estime de soi, de trouver leur place en tant que femme et non femme séropositive. Afin de prendre en compte les besoins exprimés par les femmes vivant avec le VIH lors de ces permanences, en particulier la question de l’isolement, de l’accès à d’autres lieux de rencontres et d’échanges, du vécu de la sexualité et du corps, nous avons mis en place un espace collectif d’écoute et de partage « hors hôpital » tous les jeudis après-midi de 14h à 17h au Planning familial de Montpellier. En 2010, nous y avons rencontré 10 femmes vivant avec le VIH

Consultations de sexologie en direction des personnes vivant avec le VIH • Justification et développement du projet La mise en place de cette consultation répond à des difficultés identifiées de façon récurrente par l’équipe médicale du service de Maladies Infectieuses et Tropicales. Ces difficultés ont été particulièrement évoquées lors des journées de réflexion organisées par le réseau ville-hôpital VIH. A la demande de J. Reynes, qui souhaitait instaurer ce type de consultation, le Planning 34 a développé le projet d’une consultation de sexologie avec le soutien financier de la DDASS de l’Hérault. Cette action reçoit depuis 2008 le soutien de Sidaction. Des délais de mise en place ont abouti à l’ouverture de la consultation début octobre 2005. Une concertation, avec les différents acteurs de la prise en charge, a permis à la consultation de s’inscrire rapidement dans la vie du service. Au plan national, ce type d’expérience tend à se développer avec succès tant par l’intérêt des patients et des soignants que par la qualité des résultats obtenus. Cette consultation de sexologie à l’attention des personnes atteintes reste cependant un projet innovant. Une consultation de sexologie extra-hospitalière a également été mise en place depuis septembre 2008. Elle se déroule en alternance dans les locaux du Planning 34 et ceux de l’association ENVIE (association de lutte contre le SIDA). Notre présence dans le tissu associatif, permet aux personnes concernées de consulter en dehors des réseaux de soins médicaux et de permettre une synergie entre les différents services proposés aux personnes atteintes, dans l’objectif d’une prise en charge globale de la personne.

• Approche quantitative Consultations janvier 2010 à fin décembre 2010 • Nombre de rendez-vous pris : 61 (568 cumulés depuis octobre 2005) • Nombre de consultations : 129 (484 cumulés) depuis octobre 2005 Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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• Nombre de couples en suivi : 6 • Nombre de patients dans le cadre d’un suivi : 17 Dont association ENVIE • Nombre de rendez-vous pris : 38 • Nombre de consultations : 35 • Nombre de couples en suivi : 1 • Nombre de patients dans le cadre d’un suivi : 4 Dont Planning familial 34 • • • •

Nombre de rendez-vous pris : 23 Nombre de consultations : 20 Nombre de couples en suivi : 2 Nombre de patients dans le cadre d’un suivi : 5

• Approche qualitative •

Les motifs de consultations

Comment en parler à son ou sa ou ses partenaires ? Quels impacts des traitements sur ma vie intime ? Est-ce normal d’avoir des troubles du désir, de l’excitation… ? Est-ce normal de se désintéresser de la sexualité, d’en voir peur… peur de transmettre ? Se questionner sur ses sexualités, sa sexualité. Qu’est-ce qu'être un homme, une femme? Se questionner sur son identité de genre, sur son orientation sexuelle… Faire le point sur la réduction de risque, sa difficulté à se protéger, l’impact des traitements sur la transmission… Mieux comprendre son fonctionnement érotique… La consultation est avant tout un lieu de parole autour de la vie affective et sexuelle. Parler de ses difficultés sexuelles n’est pas une chose simple. La vie sexuelle est souvent complexe car s’imbriquant dans tous les domaines de l’existence. Le retentissement du VIH dans la vie sexuelle et affective est souvent fort, et en parler autour de soi peut être difficile. L’espace de parole proposé permet de faire le point dans un cadre de confidentialité et de non jugement. Quand la sexualité est en « souffrance », ce sont tous les domaines de notre la vie qui peuvent en être affectés : • •

Perte de motivation, lassitude face aux traitements et aux suivis médicaux Difficultés professionnelles et/ou sociales.

• Perte de lien, isolement. Parler de sa sexualité, c’est aussi évoquer ces aspects.

VIH et sexualité

Avec la chronicisation du VIH, l’urgence a disparu pour laisser place à une gestion à plus long terme des problèmes de santé. Pour les consultants ayant plus de 50 ans (ce qui représente un tiers des personnes prises en charges), les questions, les peurs face au vieillissement sont nombreuses. Comme on le sait, les pathologies liées à l’âge peuvent êtres plus précoces chez les personnes porteuses du VIH : ostéoporose, arthrite, troubles cardiovasculaires, diabètes, AVC, cancers… sont souvent évoqués Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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comme difficulté venant s’ajouter au VIH. C’est également après 50 ans, que les troubles sexuels et en particulier, les troubles de l’érection, commencent à survenir plus fréquemment. Homme 62 ans : « Il y a deux ans, j’ai eu une radiothérapie suite à un cancer de l’anus et depuis plus d'érection… Le pire, c’est que ma libido fonctionne bien. Depuis je m’isole, moi qui suis plutôt sociable, j’ai moins goût à la vie. Avant j’avais peur de transmettre ce virus au moins, maintenant, je suis tranquille de ce côté-là. » Homme, 57 ans, séropositif depuis 20 ans : « J’ai été greffé du foie, il y a 4 ans, à cause du VHB. J’ai eu beaucoup de mal à m’en remettre. Depuis, je me sens vieux et avoir des problèmes d’érection me confirme que c’est le début de la vieillesse. C’est dur d’accepter ça. » Les questions relatives aux effets secondaires des traitements et à leurs retentissements dans la vie intime font l’objet de beaucoup d’inquiétude. Homme, 48 ans : « J’ai changé de traitement depuis quelques mois. J’ai depuis des problèmes d'érection. Ça me stresse de plus en plus. Avec ma compagne du coup, on se prend la tête… Si ça continue, je vais arrêter le traitement. » Femme, 40 ans : « J’ai un gros ventre à cause des traitements. Déjà avec le VIH, ce n’est pas facile. J’arrive même pas à me regarder dans la glace, alors de là à me laisser toucher ! »

Les co-infections au VHC :

Les traitements VHC sont longs et souvent difficiles. Les effets psycho actifs de l’interféron peuvent impacter le vécu de la sexualité. Deux couples ont été accompagnés dans la consultation à différentes étapes du traitement. Femme, 32 ans : « je me reconnais plus. Je m’énerve pour un rien. Il ne comprend pas pourquoi. On n’arrive pas à être bien ensemble. Il a plus envie. Je me culpabilise de ne pas pouvoir me contrôler » Homme, 38 ans : « j’ai plus envie de rien…Je crois qu’il va partir. Ce n’est pas normal, avant j’avais tout le temps envie de lui. »

Le dire, pas le dire ?

Révéler ou pas sa séropositivité est un questionnement extrêmement fréquent. Cent pour cent des femmes reçues en consultation ont abordé ce sujet (10 femmes). Pour les hommes, la question est présente mais dans le cadre d’un suivi quand les questions des dysfonctions sexuelles ont été abordées. Savoir dire sa séropositivité semble être un enjeu majeur dans l’équilibre de son vécu sexuel et affectif. La peur qui entoure cette question peut conduire à une mise à l’écart de sa sexualité, tant la difficulté peut être vécue comme insurmontable. Femme, 45 ans : « Ça fait 5 ans que je n’ai pas de rapports. J’ai été contaminée dans le cadre d’une relation durable. Ça m’a mise par terre. Personne ne le sait à part deux amie qui étaient là quand je l’ai appris. Je n’arrive pas à apprivoiser ce virus. J’ai l’impression d’être un poison. D’être sale. Mon désir, j’ai appris à le taire. Pour moi le dire, c’est être rejetée obligatoirement et je le comprends !!! » Femme 50 ans « Je suis séropositive depuis 10 ans. J’ai été démolie. Je me suis reconstruite petit à petit. Je n’ai pas eu de rapport depuis 10 ans. J’ai rencontré un homme depuis 6 mois. On a juste flirté. Je sais que je vais devoir lui dire. Je ne sais pas comment. Vous savez comment ils font les gens dans mon cas ? » Femme, 32 ans dans le contexte d’une nouvelle rencontre : « J’ai beaucoup de sentiment pour lui. Il a insisté pour ne pas mettre de préservatif. D’habitude je suis ferme là-dessus. Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai craqué. Maintenant je n’ose plus le voir. C’est trop tard pour lui dire. Si je lui dis, il va mal réagir. Il va me demander pourquoi je ne lui ai pas dit, pourquoi je lui ai fait prendre un risque. J’en dors plus. Ça me torture. » Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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Il est exprimé un fort clivage entre le « donné à voir » social et la représentation intériorisée des archétypes du VIH (contagions, salissure, mort…). Cet écart entre comment je me représente (« je me sens comme un monstre ») et comment me perçoivent les autres (« au travail, c’est moi qui remonte le moral à tout le monde, je me sens normal, on m’aime bien. Jamais ils pourraient imaginer que j’ai le sida »),entraîne un secret souvent lourd à vivre dans la durée. La relation intime, dans ce contexte, ouvre un entre deux où se dire devient extrêmement anxiogène. Certain(e)s finissent par abandonner leur sexualité afin de taire cette angoisse.

La prévention

L’expérience de la consultation a permis de mettre en évidence qu’une information sur le risque de transmission était souvent nécessaire. Avec le temps, la connaissance est jugée acquise et pas remise à jour. Il est fréquent de constater que des informations considérées comme justes sont de fausses croyances validées par la personne, avec le temps et l’expérience. « Si je n’éjacule pas, il y a pas de risques. Je n’ai jamais contaminé personne en faisant comme ça… »

Charge virale indétectable et risques de transmissions :

Les recommandations suisses du CFS, titrées: « Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle », ont suscité de nombreuses interrogations sur l’utilisation de la protection aux seins des couples. « Peut-on abandonner le préservatif ? » Au-delà des questions autour de la réduction des risques, il est important de noter que cette annonce a sans doute permis d’aborder la question de la non protection dans le couple de façon plus décomplexée sinon avec moins de tabou, mettant en lumière que la non protection au sein des couples n'est sans doute pas rare. La consultation semble un lieu propice pour aborder ces questions qui sont souvent centrales au sein de couples sérodifférents. C’est l’occasion de refaire le point sur les risques, les représentions, les croyances … De se requestionner sur ses pratiques et ses stratégies de prévention. Savoir qu’il est possible de ne pas transmettre le virus (information à relayer avec prudence en l’état actuel des connaissances) a permis à certains consultants d’exprimer leurs ressentis : « J’ai l’impression d’être moins un danger pour l’autre. Même si je me protège, j’arrive à ne plus penser aux risques tout le temps, comme si j’étais normal. » Femme, 47 ans. Cet aspect rassurant peut paradoxalement mettre la personne en difficulté quand il s’agit d’évoquer la question avec un ou une partenaire. Certain(e)s consultant(e)s disent se retrouver devant des partenaires souvent mal ou peu informés par rapport aux risques de transmission du VIH. Quatre personnes sont venues à la consultation avec leur partenaire, récemment rencontré, afin de l'informer des risques liés aux pratiques sexuelles.

L’approche multidisciplinaire dans le cadre de l’association ENVIE

L’approche pluridisciplinaire de l’association permet d’inscrire la personne dans un parcours de soins adapté à ses besoins. Les approches corporelles et psycho-corporelles - comme les massages, la sophrologie, l’ostéopathie, la musicothérapie - peuvent être des outils indispensables au mieux être en termes de santé sexuelle. Reprendre contact avec son corps « plaisir », en opposition au corps « médicalisé ». Dénouer des blocages, réinvestir ses sens par le toucher, l’ouïe, la respiration. Apprendre à se relâcher, se détendre.

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Les entretiens psychologiques peuvent permettre d’approfondir des questions ou des difficultés abordées pendant la consultation de sexologie. La consultation est un lieu de parole spécifique s’inscrivant dans une prise en charge globale de la personne.

Conclusion

L’espace de parole proposé dans la consultation de sexologie permet de poser clairement ces difficultés. Il semble indispensable, pour permettre aux personnes séropositives d’adhérer à une prévention efficiente, de les accompagner dans leurs difficultés sexuelles. Un vécu douloureux de la sexualité peut avoir des répercussions considérables dans la vie psychique, comme le repli sur soi, la dépression. Ces difficultés peuvent conduire à un relâchement important en termes de prévention et d’adhésion aux traitements.

A l'écoute de la Transidentité ... • La transidentité en quelques mots... On peut naître garçon et se sentir fille ou l'inverse. Ce n'est pas une orientation sexuelle au même titre que l'homosexualité, ni un choix, ni une maladie. Ce questionnement sur sa propre identité s'exprime le plus souvent dans l’enfance ou à l'adolescence, parfois à l’âge adulte. La personne ressent, entre autres, le besoin irrépressible d’adopter les comportements, les vêtements, les codes sociaux traditionnellement attribués à "l'autre sexe", auquel elle s'identifie. Elle se sent différente, le plus souvent extrêmement coupable, mal dans sa peau. Elle redoute le regard des autres, en arrive parfois à haïr son corps. Cette situation peut s'exprimer très diversement, du transvestisme au transsexualisme, et conduire à un grand isolement affectif et social, du fait de la totale incompréhension qu'elle suscite habituellement.

• Contexte Il s'agit de la troisième année d'entretiens au sein du Planning familial, pour des personnes ne souhaitant pas se confronter au groupe de parole de l'Amicale du Nid.

• Les entretiens de 2010 Ils ont concerné, comme les années précédentes, peu de personnes, chiffre toutefois en légère augmentation (sept personnes au total), mais se sont avérés utiles et ont reflété un élargissement de la demande :  vers du soutien dans les rapports aux administrations : une jeune MtF de 27 ans qui s'était vu refuser 3 fois la prise en charge médicale au titre d'une ALD a vu sa situation se débloquer soudainement suite à un courrier à la CPAM signé par la directrice du Planning familial  vers un accompagnement auprès de proches : dans deux cas, ce sont les compagnes de personnes en situation de transvestisme qui sont venues exprimer leurs craintes et leur difficulté. Cette 3e année de fonctionnement renforce le bilan des deux premières : même si peu de personnes sont concernées, les problématiques sont parfois très lourdes. Le désarroi des proches permet de mesurer l'étendue du chantier de déconstruction des rôles stéréotypés de genre dans Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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lesquels nous sommes enfermés...

La ligne régionale d'écoute Depuis 2001, le Planning gère un dispositif téléphonique régional d'écoute et d'orientation, qui vise à informer et orienter les appelants sur les questions de contraception et d'IVG. Il est porté depuis deux ans par la fédération régionale MFPF LR et Aveyron, mais l'association départementale de l'Hérault assure dix heures hebdomadaires sur les 28 totales. Ces permanences d'écoute et d'orientation sont tenues les : •

Lundi de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h

• •

Mardi de 9 h à 16 h Mercredi de 9 h à 12 h et de 18 h à 21 H

• •

Jeudi de 9 h à 12 h Vendredi de 10 h à 13 h

Samedi de 9 h à 12 h

• Bilan quantitatif En 2010, 932 personnes ont sollicité ce numéro, dont 842 femmes et 90 hommes. Nous notons cette année une augmentation de 22,63% du nombre d’appels au regard de l’année 2009. De même qu’en 2009, l’Aveyron a assuré une permanence téléphonique comme les autres associations du M.F.P.F de la région Languedoc Roussillon. Le planning familial de l’Aude, qui assure une permanence par semaine et la totalité des permanences du mois d’août, répond à 38% de l’ensemble des appels. Le planning de l’Hérault, qui assure un plus grand nombre de permanence par semaine, répond à 30% de l’ensemble des appels; celui de la Lozère à 11%, celui des Pyrénées Orientales à 10%. Le planning du Gard répond à 8% et celui de l’Aveyron à 3%. Ces pourcentages démontrent la nécessité de notre permanence téléphonique, y compris pendant les vacances scolaires, surtout celles de l’été, où les structures d’accueil pour les Interruptions Volontaires de Grossesse (I.V.G), pour l’obtention d’une contraception ou la prescription d’un test de grossesse sont parfois fermées ou fonctionnent avec un minimum de personnel. Le pourcentage de réception des appels par le M.F.P.F de l’Aude pendant l’été vient étayer la remarque ci-dessus.  Motifs des appels Thématiques Interruption Volontaire de Grossesse (I.V.G.) I.V.G. en délais dépassés Contraception Infections sexuellement transmissibles (I.S.T.) SIDA Tests de Grossesse Contraception d’urgence Violence Sexualité Autres

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Nombre d’appels 486 29 156 51 45 15 12 20 124

Pourcentage 52% 3% 17% 5% 5% 2% 1% 2% 13,00%

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L’interruption Volontaire de Grossesse est le principal motif des appels. Elle représente 52% des appels, et 3% pour l’I.V.G en délais dépassés. La contraception et la contraception d’urgence représentent le deuxième motif des appels, soit 19%.  Orientation des appelants : STRUCTURES Centres publics et privés pour une Interruption Volontaire de Grossesse Centre de dépistage Anonyme et gratuit I.S.T/Sida Médecins en libéral Associations du M.F.P.F. Centre de planification Réponse immédiate Autres (pharmacies, C.I.D.F., associations d’aide..)

Nombre d’orientation 424

Pourcentage

45 52 329 89 88 49

4% 5% 31% 8% 8% 5%

39%

Nous notons que l’orientation vers un centre I.V.G public ou privé (39%), ainsi que vers les associations M.F.P.F et centre de planification (39%) représentent 90 % des orientations. Ce pourcentage correspond bien aux objectifs fixés par le dispositif régional d’écoute.  Connaissance du numéro par les appelants : Les personnes déclarent avoir eu connaissance de la ligne régionale téléphonique par : Education Nationale 4% Association M.F.P.F. 15% Les relations amicales 4% Annuaire Internet 61% Affiches/Plaquettes 13% Autres (P.M.I, Espaces jeunes..) 3% Nous notons que le pourcentage le plus important de recherche de ce numéro est celui d’internet, qui correspond bien à l’appropriation par les personnes de ce nouvel outil de communication, qui offre une réponse rapide et anonyme. En effet, lorsque la personne se trouve confrontée à un problème lié à la grossesse et à la contraception, elle préfère obtenir les premiers renseignements sans avoir à questionner son entourage.

• Bilan qualitatif : les thématiques  L’Interruption Volontaire de Grossesse : L’I.V.G est la demande la plus importante sur cette ligne. Les ¾ des personnes qui appellent veulent connaître les démarches à suivre pour recourir à l’avortement et obtenir les coordonnées des structures qui peuvent accéder à leur demande dans leur département. La ligne téléphonique permet également de vérifier les termes de la loi de juillet 2001, comme par exemple : • la possibilité pour les mineures d’accéder à l’IVG avec un adulte accompagnant. • •

Pas d’obligation pour une femme d’avoir l’autorisation du mari. Que les parents du garçon ne peuvent pas obliger la copine de ce dernier à faire une I.V.G.

• •

Le remboursement des I.V.G pour les mineures avec adulte accompagnant. Pas d’obligation pour une femme majeure de l’attestation d’entretien social.

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 Les délais légaux d’accès à l’I.V.G. médicamenteuse et par aspiration. La plupart des femmes qui appellent ont souvent eu accès à des informations sur internet. Cette ligne téléphonique leur permet de faire le tri des informations qu’elles possèdent et d’avoir une réponse exacte à leurs questionnements tout en gardant l’anonymat. Les personnes qui appellent ont majoritairement pris leur décision en faveur de l’I.V.G. Cet appel marque le début des démarches et être bénéficiaire d’une écoute à ce moment, conforte les femmes dans leur choix. Cela leur permet de parler de leurs craintes et de leurs peurs par rapport à leur choix (par exemple : la stérilité après une I.V.G). Il faut toutefois noter que les jeunes majeures se laissent plus facilement déstabiliser lorsque le personnel médical, lors de l’échographie de datation de la grossesse commente l’image et invite la patiente à la visualiser. Les coordonnées téléphoniques des associations de planning familial sont données aux femmes pour leur permettre d’avoir un entretien individuel si elles le désirent. La question sur l’anonymat pour les mineures et les jeunes majeures qui vivent chez leurs parents est toujours très présente dans l’entretien téléphonique. Elles redoutent souvent le regard des professionnels de santé. L’I.V.G. demeure toujours une question taboue et frappée de moralité dans notre société. Les personnes sont souvent étonnées de la longueur des démarches à accomplir et ont peur de ne pas pouvoir accéder à l’I.V.G dans les délais légaux prévus par la loi.  Contraception et de la contraception d’urgence : Ces deux thèmes représentent le deuxième motif des appels et concernent 19% des appels. La moitié des femmes qui appellent veulent avoir connaissance des structures qui consultent pour obtenir une contraception. Il faut noter que ces personnes disent soit, avoir des problèmes financiers pour consulter en cabinet libéral, soit ne pas pouvoir attendre les rendez-vous qui sont parfois donnés dans les trois, voire six, mois. Les coordonnées de structures comme les centres de planification, les maisons sociales de proximité leur sont fournies systématiquement. Le deuxième motif de l’appel concernant ce thème est l’oubli de pilule. L’entretien téléphonique permet de rediscuter du fonctionnement des organes génitaux et de l’efficacité de ce moyen de contraception. Plusieurs demandes concernent la possibilité pour les femmes de choisir un diaphragme comme moyen de contraception. Ce moyen est très rarement proposé aux femmes et reste encore très compliqué à se procurer. Certains appels concernent la contraception prescrite à des femmes qui allaitent. Elles téléphonent pour exprimer leur angoisse liée à l’absence de règle et à la peur de se retrouver à nouveau enceinte. Le fait de ne pas s’adresser à un médecin mais à une personne inconnue permet aux femmes de poser toutes les questions qui les inquiètent. Elles ne désirent pas poser ces questions à leur médecin, de peur de passer pour des ignares, car d’après elles, le médecin leur a déjà donné ces explications. Les appels sur la contraception d’urgence permettent aux femmes de vérifier l’efficacité ou non de ce moyen. L’entretien téléphonique permet de désangoisser les femmes en les valorisant par rapport à leur démarche de prévention. La prise est souvent due à une rupture du préservatif ou à un oubli de pilule. Il faut souligner que les pharmaciens qui ont un premier contact avec les femmes par rapport à cette demande, fournissent très souvent l’adresse d’un centre de planification ou le numéro de la ligne régionale téléphonique dans certains départements.  I.S.T./Sida : Les appels sont le plus souvent pour exprimer un risque pris lors d’un rapport sexuel et pour vérifier que les informations qu’ils détiennent sont justes. Les coordonnées des Centres de dépistages et de la ligne gratuite de Sida info service sont données aux personnes. Certains parents ont besoin également d’une écoute car il est compliqué pour eux de faire part à leurs adolescents de leurs inquiétudes vis-à-vis de leur sexualité et souhaitent avoir des « recettes » pour aborder la prévention avec eux. Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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 Sexualité : Cette thématique est abordée très souvent dans les entretiens téléphoniques concernant tous les thèmes cités ci-dessus. La pratique sexuelle la plus abordée est celle de la sodomie, en terme de plaisir et de risque IST/SIDA. Une jeune majeure était déçue que cette pratique ne procure pas le plaisir qu’elle avait pu percevoir lors du visionnage d’un film pornographique avec son partenaire. Elle voulait savoir comment faire pour refuser cette pratique sans vexer son partenaire. D’autres thèmes sont également abordés comme : les douleurs pendant les rapports sexuels, la virginité, la réfection d’hymen…  Autres thèmes : Les demandes sont très diverses, à savoir : • Recherche de documentations en matière de contraception, I.S.T./SIDA

Demande de numéro de téléphone du M.F.P.F. Demande de stage, formulé par des étudiantes, dans une structure qui travaille sur les questions de sexualité Demande de professionnels du secteur médico-social ou de l’Éducation Nationale pour obtenir des numéros de structures qui sont en capacité d’accueillir leurs usagers. Demande de structures médicales qui acceptent de réaliser la ligature des trompes ou la vasectomie. Démarches à entreprendre suite à un mariage forcé.

Les droits du père.

• • • •

 Synthèse des remarques faites par les personnes écoutées. Les personnes qui appellent sont majoritairement satisfaites de l’écoute et des informations fournies lors de l’entretien téléphonique. Lorsque la question est posée sur l’indice de satisfaction les réponses sont: « Heureusement que vous êtes là » ; « c’est la première fois que j’ose en parler, ça me libère, je suis un peu perdue mais cela va beaucoup mieux… ». Elles déclarent déplorer : •

• • • • •

• • •

Un manque d’information de la part des médecins lors de la délivrance d’une contraception par exemple, ne pas avoir été informées de l’inefficacité de la pilule lors d’un épisode de gastroentérite ou de la prise d’un traitement contre l’épilepsie. Un manque d’information sur la liste des médecins qui pratiquent les I.V.G. à domicile dans l’Hérault. La peur de la rupture du secret médical que ce soit pour une demande d’I.V.G ou une demande de contraception. Les dépassements d’honoraire de certains médecins dans les cliniques pour les consultations pré I.V.G. Une angoisse à accomplir seule les démarches pour accéder à l’I.V.G. La perte de temps à faire des démarches inutiles par exemple, un généraliste qui assure à une femme majeure qu’elle ne peut pas prendre rendez-vous tant qu’elle n’a pas eu un entretien social et qu’il lui fournira les adresses des centres I.V.G. après cet entretien. Le jugement moral du personnel médical lors d’une deuxième I.V.G. dans la même année, avec l’impossibilité d’aller dans un centre privé pour des raisons financières. Avoir peu d’information sur l’existence des centres de planification. Les délais d’attente pour une consultation pré I.V.G, surtout lors des vacances scolaires.

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 Synthèse du point de vue de l’écoutant Les démarches à accomplir pour accéder à une I.V.G. dans la région Languedoc Roussillon sont ressenties par les femmes comme compliquées. Les problèmes financiers qu’elles rencontrent, ajoutent une difficulté supplémentaire et de la culpabilité. Les femmes craignent de formuler une demande d’aide financière, pour ne pas avoir à se justifier. Les entretiens d’écoute téléphonique permettent de constater que peu de centres publics et privés orientent les mineures et jeunes majeures vers les centres de planification du Conseil général ou du Mouvement Français pour le Planning familial. Un état des lieux des centres I.V.G de la région réalisé par la Fédération du Mouvement français pour le planning familial en juin 2006 l’a confirmé. En effet, 9 centres I.V.G. publics et privés sur 18 déclarent orienter les mineures et jeunes majeures vers un centre de planification pour un suivi gynécologique ou le suivi de la contraception prescrite le jour de l’I.V.G. L’écoute lors de ces entretiens téléphoniques met en évidence les difficultés relationnelles avec le médecin. Les femmes ont parfois l’impression que ce dernier n’est pas en capacité de comprendre leur angoisse et de ce fait ne s’autorisent pas à poser toutes les questions qui pourraient les aider. Par exemple, la peur de la rupture du secret médical, n’est jamais posée clairement au médecin, mais souvent exprimée aux écoutantes de la ligne régionale d’écoute téléphonique. Le regard ou les réflexions des professionnels dans les centres qui réalisent les I.V.G. sont parfois vécus par les personnes comme jugeant et ne favorisent pas une réflexion sur les moyens de prévention à mettre en place après l’I.V.G. L’existence de la ligne régionale téléphonique permet également d’informer les personnes ainsi que les professionnels de santé lors des vacances d’été. Durant le mois d’août, il faut noter un nombre plus important d’appels pour une orientation vers les centres I.V.G par des professionnels de santé comme, les pharmaciens, les infirmières, les médecins généralistes, les biologistes. Il faut noter pendant cette période que certaines femmes sont obligées d’aller dans un autre département pour réaliser une I.V.G., ce qui rend encore plus difficile toutes leurs démarches. Certains centres n’acceptent pas les demandes de personnes qui ne sont pas domiciliées dans leur département.

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4. ANIMATIONS

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Les animations conduites au Planning de l'Hérault se déclinent selon plusieurs modalités d'intervention (actions ponctuelles ou inscrites dans le temps), et auprès de divers publics (jeunes scolarisés, mineurs incarcérés, jeunes en insertion, adultes, jeunes ou adultes en situation de handicap, personnes migrantes ou issues de l'immigration ….). Conduites sur l'ensemble du département de l'Hérault, elles s'articulent dans le cadre de deux principaux projets : • Projet Jeunes, • Projet Femmes Santé Citoyenneté Sur l'ensemble, pour 2010, ce sont 6884 jeunes de moins de 25 ans et 1219 adultes que nous avons pu rencontrer à travers elles. Elles représentent en 2010 545 interventions soit 1001 heures de face à face pédagogique. Au-delà des publics directement ciblés, nos actions touchent aussi le personnel « encadrant » (animateur/trice-s, éducateur/trice-s, enseignant(e)s), soit 390 personnes en 2010. De l'observation passive, pour certains, à un réel investissement dans la préparation, la conduite ou le bilan de l'action, pour d'autres, les professionnels rencontrés via ces animations sont des personnes ressources, et le temps, en amont ou en aval de l'action passé auprès d'eux, prend sens puisqu'il s'inscrit dans le cadre de notre politique relais.

Le projet « Jeunes » Notre démarche éducative s'inscrit dans le courant de l'éducation populaire : notre approche se veut donc interactive, participative, et non directive. En effet, nous comptons beaucoup sur les connaissances des jeunes que nous rencontrons, sur leur expression et sur leurs compétences. Ils et elles les jeunes peuvent être des « relais » importants auprès de leurs pairs, donc nous avançons, réfléchissons et agissons avec eux et elles. En outre, notre approche de la prévention s'inscrit dans le concept de Réduction des Risques Sexuels ; ainsi tout en reconnaissant l'importance de l'information en matière de prévention des risques sexuels nous savons que que cette information ne suffit pas. De fait, nous laissons une large place aux vécus des personnes, nous favorisons l'expression des représentations personnelles et/ou celles du groupe, nous privilégions la réflexion collective quant à la sexualité, la relation affective, les modèles de l'homme et de la femme dans la société actuelle. Dans ce contexte, lors de nos rencontres avec les jeunes, nos objectifs sont les suivants : • permettre l’expression des questions et des préoccupations liées à l’émergence de la génitalité à l’adolescence. • favoriser une réflexion sur la vie affective, relationnelle et sexuelle. faciliter l'appropriation des savoirs et savoir-faire concernant les risques liés à la sexualité et les outils de prévention, et permettre de repérer personnes relais au sein de leur établissement, ainsi que les réseaux d'écoute et de prise en charge, à l'extérieur. Depuis la circulaire de 2003 (concernant l'éducation à la sexualité dans les écoles, les collèges et les lycées) l'éducation à la sexualité est « ...constitutive d'une politique nationale de prévention et de réduction des risques...». Selon Nicole Athéa1 : « nous ne pouvons pas penser une éducation à la sexualité, et envisager la prévention des risques liés sans considérer la transgression des interdits et les sentiments de culpabilité que les jeunes peuvent vivre ». Dans ce sens, les interdits peuvent se résumer à des normes, à des règles claires et établies ou à des injonctions implicites et moins facilement repérables. En ce qui concerne les rapports sociaux de sexe cela se traduit par des pressions sociales qui visent à donner aux filles et aux garçons des rôles déjà déterminés afin de perpétuer le fonctionnement d'un système sans le menacer dans sa globalité. Notre objectif en tant que professionnel(le)s mais aussi en tant que militant(e)s, n'est pas de créer •

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« Parler de sexualité aux ados : une éducation à la vie affective et sexuelle » Chez Organisation Editions

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des nouvelles normes mais plutôt de rentrer dans une démarche de questionnement de soi, et de questionnement collectif donc social, afin de pouvoir modifier les rapports inégalitaires entre les hommes et les femmes. L'objectif très concret de réduction des risques sexuels, rejoint ici nos idées, notre militantisme quant à la lutte contre les inégalités sociales dont les femmes sont les premières victimes. Par ailleurs, depuis sa création, le Planning n'a cessé d'adapter ses approches pour mieux répondre aux besoins des publics rencontrés, prenant en compte les diverses mutations sociales, économiques, culturelles... Les jeunes sont très certainement l'avenir et dans ce sens, prendre en compte leurs interrogations nous semble primordial pour comprendre les enjeux actuels de la société quant à son évolution, mais aussi pour notre propre démarche : comprendre les jeunes pour être et faire avec eux. Ainsi, il nous paraît intéressant de nous pencher sur trois éléments observés chez les jeunes concernant la relation affective et/ou sexuelle et qui nous semblent relativement nouveaux. Ceux-ci sont notamment apparus lors d'animations conduites à partir d'un outil pédagogique destiné aux élèves de quatrième, intitulé « la première fois ». Une fois installé-e-s dans la classe, nous répartissons les participant-e-s par sous-groupe non mixte et distribuons aux filles le scénario suivant : Chloé discute avec sa meilleure amie Elodie: « Avec Kévin on sort ensemble depuis 6 mois et on s'aime vraiment. L'autre jour, il m'a demandé si je voulais le faire avec lui. Ce serait sa 1ère fois à lui aussi... J'ai pas su quoi lui répondre, alors je lui ai dit qu'il fallait que je réfléchisse. En fait, j'arrive pas à savoir si je veux le faire ou pas... », Les garçons reçoivent eux aussi un scénario : Kévin discute avec son meilleur ami Medhi: « Tu sais que je sors avec Chloé depuis 6 mois, et ça se passe super bien entre nous. Comme j'ai très envie de le faire avec elle, l'autre jour je lui ai demandé. Elle a eu l'air un peu gênée et elle m'a dit qu'elle pouvait pas me répondre comme ça, qu'elle avait besoin de réfléchir... J'aimerais vraiment qu'elle accepte mais je me demande comment ça va se passer... ». Ensuite, chaque groupe lit le scénario, puis répond aux deux questions suivantes : •

A votre avis, pourquoi Chloé a-t-elle des difficultés à répondre à la question de Kévin? (à répondre « oui » ou à répondre « non »)

Pensez-vous que Kévin a des inquiétudes au sujet de son premier rapport sexuel? Si oui, lesquelles? Le premier élément est relatif au personnage de Chloé qui, selon un certain nombre de participantes se préoccupe du rôle qu'elle doit jouer pour le bon déroulement de sa première expérience sexuelle. Ainsi, Chloé s'inquiète car « elle ne sait pas comment s'y prendre », « elle veut bien le faire », « elle doit gérer », « elle veut donner du plaisir à Kévin ». Jusqu'à présent, dans nos animations, nous observions que la volonté de donner du plaisir à l'autre n'était exprimée que par les garçons. Cette inquiétude rejoignait bien la norme genrée de l'homme dominateur, protecteur, celui qui est responsable non seulement de sa propre jouissance mais aussi de celle de l'autre. Depuis quelques temps, nous observons que de plus en plus des filles expriment les mêmes questionnements que les garçons quant à la jouissance de l'autre; l'image est par conséquent renversée. Ainsi, se préoccuper de son rôle dans la relation, de sa « performance », concerne également Chloé. Cela montre-t-il une avancée au niveau de l'émancipation féminine ? Car une fille qui se questionne sur son corps et s'intéresse aux « techniques » sexuelles afin de donner du plaisir à son partenaire révèle un aspect « actif » de la sexualité féminine. Par ailleurs, se soucier du plaisir de l'autre est assez valorisant, bienveillant et témoin d'un sentiment d'humanité. Mais on pourrait objecter que donner du plaisir ne signifie pas forcément connaître son propre corps, et n'amène pas automatiquement à sa propre jouissance. On peut aussi relier cette image à un modèle de « la femme moderne » qui est bien décrit par V. Despentes dans son livre « King Kong Théorie » : « ...parce que l'idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir pour ne pas écraser son homme,... celle à laquelle on devrait faire l'effort de ressembler... de toute façon je •

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ne l'ai jamais croisée, nulle part. Je crois bien qu'elle n'existe pas. » Le deuxième élément concerne une préoccupation exprimée par les garçons à travers le personnage de Kévin qui a peur d'être accusé de viol après avoir eu un rapport sexuel avec Chloé. Ainsi, il se peut que Kévin se dise amoureux de Chloé « juste pour le faire avec elle », mais il ne pourrait jamais lui en parler honnêtement car « elle l'accusera de l'avoir violée ». Nous pouvons penser qu'à travers cette peur, certains garçons ont intériorisé une représentation selon laquelle les « femelles » sont victimes de la sexualité des « mâles » qui sont des agresseurs potentiels. Ensuite, nous pourrions en déduire un manque de confiance en soi, ainsi qu'un déficit de communication entre des partenaires potentiel-le-s, témoignant que l'échange sur ces questions ne se ferait pas facilement. Enfin, nous voyons à nouveau un cliché usé d'un côté, mais bien actuel de l'autre, qui associe des comportements sexuels violents et illégaux aux destins d'une sexualité masculine « naturellement » portée à l'intrusion et à la prédation. Cette idée se retrouve d'ailleurs chez Freud pour qui « ... l'acte sexuel, c'est une agression visant à accomplir l'union la plus intime ». Ainsi, à travers le « primat du phallus », la logique de la prédation constituerait le masculin. La sexualité masculine serait donc naturellement, organiquement, et activement prédatrice. L'analyse de genre, nous permet d'éviter ce point de vue naturaliste, de mieux comprendre et enfin de déconstruire l'inquiétude du « violeur » potentiel. Elle nous amène à dire que l'identité sexuelle relève d'une construction sociale qui se fixe très précocement chez l'enfant, assigné à cette identité de genre avant de l'élaborer psychiquement et de l'assumer. Pour finir, le troisième élément, relatif au personnage de Chloé, concerne son consentement : « elle ne sait pas si elle est prête », « elle ne sait pas si elle trop jeune pour le faire », « elle ne sait pas si elle en a envie ». Selon les participant-e-s à ces animations, plusieurs facteurs peuvent influencer la réponse de Chloé : son âge, son entourage, l'intensité de son amour envers Kévin, la peur d'une grossesse non désirée ou d'une IST. C'est à cause de tout cela qu'elle ne peut savoir si elle est consentante ou pas. Nous trouvons une explication chez les groupes de filles lorsqu'elles nous parlent des conséquences du choix que pourrait faire Chloé. Répondre « oui » signifierait que Chloé en a envie et bien que Kévin en ait envie aussi, la réponse de son amoureuse pourrait lui paraître bizarre, car aux yeux des garçons elle ne serait pas légitime au sens où elle pourrait être considérée comme une fille « facile ». De même, dire « non » pourrait aussi avoir des conséquences fâcheuses car elle pourrait passer pour une fille « coincée » ou rigide ou, pire encore, elle montrerait qu'elle n'a pas vraiment de sentiments pour Kévin. « Oui » ou « non », comment faire face à ce dilemme ? Comment savoir si on est « prête » quand les enjeux sont si importants ? Est-ce que le consentement se résume à un « oui » ou un « non » ? Qu'est-ce qui peut amener Chloé à dire « oui » ou « non » alors qu'elle n'en a pas envie ? Le consentement est à la fois adhésion à une proposition extérieure et accord de soi à soi. Geneviève Fraisse distingue le consentement libre ou « éclairé » et « vicié ». Un exemple du consentement libre est de savoir si ce rapport de soi à soi est opaque ou transparent. Le consentement « vicié » est, quant à lui, double : obtenu par la contrainte et fruit d’un rapport de force explicite ou implicite. Le consentement est ainsi à la fois individuel et collectif, « l’expression d’un dilemme, l’issue d’une délibération ». La tension entre liberté et contrainte du consentement est présente : Comment consentir si l’on est dominé et dans quelle mesure consent-on à une domination ? Les modalités de l’acceptation sont en outre largement déterminées par l’état des relations sociales et le statut plus ou moins dominé et hétérogène des personnes, (Chloé dans notre exemple). N.C. Mathieu explique que parler de « consentement à la domination » de la part des dominées déculpabilise les dominants et rejette, de fait, la culpabilité sur les dominées... Notre volonté à travers cette analyse est aussi de déconstruire le triptyque désir - volonté - besoin. Dans nos rencontres avec les élèves notre ligne de conduite est de permettre l'analyse des rapports sociaux de sexe. Nous visons l'autonomie individuelle et collective, l'estime de soi, la découverte de soi et de l'autre, pour se connaître suffisamment afin de mieux définir ce qui est agréable ou pas et vivre la sexualité dans le plaisir. Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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Femmes Santé Citoyenneté L'action Femmes Santé Citoyenneté s'est concrétisée en 2010 par des interventions qui ont ciblé majoritairement les mêmes partenaires. Il s'agit de structures implantées dans les quartiers relevant de la politique de la ville à Montpellier, mais nous intervenons aussi à Lunel, Sète, Béziers et Frontignan. L' objectif de notre action est de susciter une parole autour de la sexualité et des thèmes afférents. Elle permet de lever les représentations qui sont véhiculées par les hommes et les femmes sur cette question fortement liée à l'intime et au tabou. Donner la parole reste fondamental pour apporter l'information et corriger les représentations en confrontant les points de vue. Les informations sont bien souvent incomplètes et quelquefois erronées. La rencontre favorise le partage dans un espace de liberté, qui met les personnes au centre et leur donne le pouvoir de s'exprimer. Aussi, les interventions, ponctuelles ou suivies sur plusieurs séances, permettent d'aborder les thèmes divers en lien avec la sexualité, la famille, la grossesse, la loi, le droit, le mariage le PACS, la contraception, la santé en général. Ces rencontres sont aussi l'occasion de parler de l'actualité du moment ou d'une situation vécue par une ou plusieurs personnes du groupe. Le renforcement du partenariat et la concertation régulière avec les intervenant-es a impulsé l'intégration de nos thématiques dans les programmes. En effet, nos interventions sont préparées pour organiser les séances et choisir les thématiques fortes ayant suscité de l'intérêt, des questionnements ou une quelconque difficulté. Elles sont, par exemple, articulées avec l'apprentissage du français et l'acquisition de nouveau vocabulaire. A titre d'exemple, Tin Hinan a souhaité un atelier sur le corps pour tous les groupes en alphabétisation. L'objet est de continuer la réflexion sur l'IVG, la contraception et la loi. Quant à Avec, implantée dans le quartier des Cévennes, le choix s'est porté sur ''se marier, avoir des enfants et après? ». Des questions qui, selon nos partenaires, reviennent régulièrement dans les groupes. Pour d'autres, la piqûre de rappel est nécessaire et le thème, quand bien même déjà traité, mérite d'y revenir pour aborder les question en suspens et les préoccupations des personnes. Pour beaucoup de nos partenaires, il y a nécessité d'intégrer nos thématiques liées aux droits et à la santé sexuelle car ces questions sont abordées ou suggérées pendants les temps collectifs ou dans le cadre de suivis individuels. D'une manière générale, parler de sexualité et des thèmes afférents dans une approche d'éducation populaire interroge individuellement et collectivement sur ''Pourquoi on en parle pas'' ou ''on n'a pas le droit d'en parler'' ''Chez nous , c'est comme ça'', une clef d'entrée pour aborder tous les thèmes. Nous proposons de souligner quelques observations et réflexions qui se dégagent des interventions et concernent les thématiques du Planning familial. En ce qui concerne l'avortement et l'IVG ( Interruption volontaire de grossesse), les positions sont tranchées et généralement contre l'avortement pour des raisons personnelles et/ou religieuses. Le droit à l'IVG interroge toujours et suscite le débat ; l'IVG devrait être réservée à des femmes victimes de viol, ou à des grossesses hors mariage. Pour les participant-es, ces situations d'exception méritent une attention particulière même si les femmes concernées ''sont fautives car elles se sont laissées faire''. Pour celles dont les convictions religieuses sont prégnantes, l'interdit de la sexualité hors mariage est central, la grossesse non désirée a une autre place, semble t-il, moins importante voire tout à fait secondaire. Ce discours sur l'avortement ne diffère pas de celui véhiculé par la société, qui reste culpabilisant et stigmatise les femmes qui y ont recours. Les participantes ayant eu recours à une IVG l'expriment quelques fois dans le groupe mais dans bien des cas, elles nous le confient en aparté, à la fin de la séance. Le VIH/SIDA est une question qui, de prime abord fait peur, elle est méconnue et se limite à des Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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informations partielles et des représentations très fortes. La maladie ne toucherait que les autres et en particulier les prostituées, des femmes qui ont des relations sexuelles hors mariage, moyennant ou non finance. Les hommes qui ont des relations extra conjugales avec ces prostituées ramènent le Vih/Sida à la maison. Les femmes enceintes ou ayant accouché depuis peu, ont connaissance du test de dépistage car il est systématiquement proposé. La connaissance de la problématique et les modes de transmissions ne sont pas pour autant connues. Une occasion pour les préciser et aborder les questions liées à la relation, et la place des femmes et des hommes dans la sexualité. Aborder la question de la relation, du couple, du mariage et de la famille amène dans tous les cas le thème des violences faites aux femmes. Les témoignages sont nombreux et concernent principalement des proches. Dans certains groupes, des femmes se sont exposées pour parler de leur vécu avec un conjoint violent. Nous avons ainsi recueilli 39 témoignages qui concernent des violences conjugales, interdiction de travailler, salaire confisqué pour celles qui ont un emploi, contrôle des sorties, surveillance des fréquentations et des visites à la famille, les coups, insultes etc... Est aussi citée la domination de la belle famille, une forme de violences qui concerne, entre autres, les femmes nouvellement arrivées en France. Le thème des violences suscite depuis peu, des réactions surprenantes. En effet, de plus en plus de personnes, professionnel-les ou non, nous reprochent de ne parler que des violences faites aux femmes et occulter volontairement celles subies par les hommes. La médiatisation du phénomène est probablement à l'origine de ces réactions : le public rencontré a en effet connaissance de la problématique par son entourage mais aussi par la télévision. Si la majorité des femmes rencontrées reconnaissent la gravité du phénomène certaines citent toujours des cas connus, par le bouche à oreille, d'hommes battus par leur compagne. Une information basée sur la rumeur et qui colle une image de la femme désobéissante. Les résultats des enquêtes selon lesquelles, les filles sont de plus en plus violentes et commettent des actes délictueux, contribuent à la confusion. La notion de respect émerge systématiquement, l'homme doit respecter la femme et vice versa. En revanche,cette valeur ne prend pas la même signification quand il s'agit d'un homme ou d'une femme. La femme doit respecter son compagnon et ne jamais prendre de décision toute seule ou le contrarier, l'homme quant à lui ne doit pas frapper sa femme. Quant à la question des droits des femmes et de l'égalité, elle donne lieu parfois au ''mythe de l'égalité déjà là''. Les femmes ont des droits, ils sont acquis et notre intervention est quelque peu mal venue. Concernant la sexualité des jeunes, il n'est pas nécessaire d'en parler ou de leur en parler (« ils savent tout on leur apprend tout à l'école' »). En parallèle est exprimée une crainte de comportements à risque pour les garçons en particulier. Enfin, les séances font aussi l'objet de thèmes liés à la préoccupation du moment, la fête du quartier qui a dégénéré, l'hospitalisation d'un enfant, la délinquance des jeunes, le chômage etc...

Les partenaires • Liste de nos partenaires en 2010 : ADH Cité Mion

La boutique RDR

APS34

La gaminerie

ARDI

Leo Lagrange

Asso citoyenne Béziers

Lycée Béziers

AVEC

Lycée Clémenceau

Avitarelle

Lycée Charles de Gaulle Sète

Cemea Béziers

MLI

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Centre Gitan

MPT Malherbe

CLAF

Nouas formation

Com Santé

Objectifs et Animation

E2C

Passerelles

FLR Sète

PJJ

Foyer Murviel

Service jeunesse Frontignan

Holisme

Sodoto

Interlude

SOL Dom TOM

IPS Formation

Tin Hinan

Les interventions auprès des étudiants La présence du Planning sur les campus figure parmi nos priorités. Ainsi, en 2010, nous avons participé à des manifestations organisées par les mutuelles étudiantes MEP et LMDE. Ces deux mutuelles disposent d’un service prévention qui développe des actions en direction des étudiants. Au total, nous étions présents sur 5 temps d'information / prévention Sida ou prévention des violences. Nous avons ainsi pu prendre contact avec 174 jeunes étudiant-es.

• Partenariat avec la LMDE : La LMDE mène chaque année une action de prévention Sida en partenariat avec le CROUS dans les cafétérias et les restaurants universitaires Le Planning 34 a participé à : •

la sensibilisation des étudiants organisateurs d’action sur les sites étudiants à Montpellier et Perpignan. Ce temps de formation est avant tout une sensibilisation aux questions de prévention des risques sexuels et de repérage de personnes et structures ressources qui entrent dans le cadre de notre politique relais

la tenue de stands à l’IUFM, l’université Paul Valéry, le resto U Boutonnet et Triolet. Malgré quelques difficultés d’organisation, nous percevons d’une manière positive ces temps de rencontre qui contribuent à la visibilité du Planning dans la lutte contre le Sida auprès des étudiants mais aussi des services de santé scolaire. Nous faisons aussi le relais sur notre centre de planification et de dépistage du Sida. Nous sommes prêts à renouveler ce partenariat à d’autres occasions et en d’autres lieux, dont l’université de Nîmes en soutien à l’association départementale du Planning du Gard. •

• Partenariat avec la MEP de Montpellier Nous avons été sollicités par la MEP pour participer à la semaine du bien-être étudiant, organisée au mois de novembre. Bien que prévenus tardivement, nous avons saisi cette opportunité pour être présents sur la questions des violences puisque les dates correspondaient à la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes. Faute de bénévoles disponibles, nous n’avons participé qu’à l’action à la faculté d’odontologie. Différents stands étaient tenus par la MEP, le Planning, la médecine préventive. Des étudiants Staps proposaient des activités sportives. Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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Notre présence en ce lieu un peu excentré dans la ville a été bien perçue et nous a permis de communiquer sur les actions du Planning autres que contraception/IVG. Notre travail d’écoute des violences et sur la question des mariages forcés n’était pas vraiment connu alors que des besoins ont été évoqués par le personnel médical de la fac. Nos entretiens sur place nous ont permis de constater les difficultés de ces personnels face à la question des violences. Des perspectives de collaboration s’ouvrent à nous pour la prochaine action prévue à l’occasion de la ST Valentin. Nous envisageons de développer notre partenariat avec le service universitaire de santé scolaire et de promotion de la santé.

• Conclusions La relance du partenariat avec les mutuelles étudiantes, nous permet de communiquer sur nos activités et de développer notre politique relais pour renforcer et soutenir ces jeunes acteurs de prévention auprès de leurs pairs, permettant un impact sur les jeunes étudiants. Ces actions relancent également notre partenariat avec les services de santé scolaire que nous avions délaissés et dont les nouveaux personnels ne connaissent pas tous nos champs d’intervention. Nous pourrions, comme par le passé, renouveler des formations relais. Ces actions menées sur les facs pourraient aussi concerner l’enseignement privé supérieur, dépourvu de service de santé.

Le programme « Je et les Autres » • Promotion des compétences personnelles et relationnelles. Le programme « Je et les Autres » Promotion des compétences personnelles et relationnelles, largement inspiré du Programme de Développement Affectif et Social (Prodas) et de sa suite Transformation2 vise à favoriser l’écoute et la communication à l’école, entre les enfants et avec les adultes (enseignants, personnels de l’établissement). Initialement conçu au cours des années 80 - pour le Prodas - et 2000 - pour Trans-formation - par des enseignants et des chercheurs en psychopédagogie, psychologie clinique et psychologie sociale (notamment chercheurs à l’Institut Québécois du Développement Humain) 3, ce programme a été expérimenté et évalué à grande échelle. « Je et les Autres » vise à améliorer l’estime de soi et la confiance en soi des enfants ainsi que leurs compétences relationnelles… et pour les enseignants ou les adultes, il participe à une meilleure compréhension et une connaissance plus fine des élèves. Il contribue également à apaiser les relations et les conflits4, favorisant ainsi une bonne relation pédagogique. Considéré comme un programme de prévention précoce de la souffrance psychique – ou plutôt de prévenance (aide au développement) - en mettant l’accent sur le développement affectif et social, 2

Ainsi que d’autres programmes tels que « Contes sur moi », « Mon corps, c’est mon corps », « Viraj », etc. Certains auteurs nous ont également permis d’enrichir le programme d’outils différents et pertinents : Edith Tartar Goddet Savoir gérer les violences du quotidien, Retz, 2001 ; Prévenir et gérer la violence en milieu scolaire, Retz, 2006 ; Construire des ateliers de parole avec des adolescents, Retz, 2007 ; David Meram, Geniviève Eyraud, Agnès Oelsner, Denis Fontaine : Favoriser l’estime de soi à l’école, Enjeux, démarches, outils, Chronique sociale, 2006.

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Il est né d’un travail commun entre plusieurs laboratoires de recherches cliniques et expérimentales comme l'ARIP (Association pour la recherche et l'intervention psychosociologique), et s’appuie notamment sur les travaux de Thomas Gordon, John Holt et Carl Rogers. 4

Voir Synthèse de l’évaluation du programme mis en place à Marseille

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le Prodas (et son adaptation locale : « Je et les Autres ») est avant tout un programme à visée pédagogique. Pour le Planning familial, il s’agit de mettre en œuvre un travail de fond avec les enfants les plus jeunes, afin de participer à la réflexion sur les mécanismes de socialisation qui favorisent les inégalités et les exclusions. Par ailleurs, ce programme participe – selon les données des enquêtes nationales sur les violences de couple – de la prévention des violences en ce qu’il favorise l’expression des émotions : expression qui constitue une véritable lacune chez les auteurs de violences Concrètement, le programme est organisé sous forme de modules traitant de thèmes variés qui intéressent les enfants – et toujours en relation avec des facteurs du développement humain : la conscience de soi, la réalisation de soi et les interactions sociales. A travers différentes activités fondées sur la parole, l’expression de soi et de ses ressentis, il s’agit non seulement d’apprendre à mieux communiquer et à gérer ses conflits sans violence systématique, mais également à s’enrichir des réflexions et expériences des autres, apprendre à s’affirmer, à argumenter, à s’exprimer en groupe etc. Le travail de fond que constitue ce programme permet d‘obtenir – selon les différentes évaluations menées au Canada, et en France5 - des résultats très positifs : les problèmes de discipline peuvent diminuer, les enfants s’impliquent plus personnellement et s’expriment avec plus de facilité, leur motivation et leur confiance en soi augmentent, leur comportement est beaucoup plus constructif en classe et dans la cour de récréation. En précisant que si programme est a destination des enfants, les enseignants/et ou personnels administratifs de l’établissement en tirent un immense profit à tous les niveaux : avec la classe bénéficiaire du programme, mais aussi avec les autres enfants, puisqu’ils ont alors l’occasion – à travers une formation initiale mais aussi grâce à l’accompagnement par un-e animateur-trice – de découvrir de nombreux outils pédagogiques et de travailler à leurs propres attitudes d’écoute et d’acceptation. Le personnel non enseignant de l’établissement peut également profiter de la mise en œuvre de ce programme pour se former à l’écoute active, et découvrir des outils – tels que les jeux de coopération issus de l’approche non violente et qui peuvent être mis en place dans la cour de récréation par exemple – leur permettant de participer au développement des enfants. Mais il s’agit avant tout de proposer un espace de parole, réglementé et protégé, permettant l'expression de soi, à travers des sujets qui concernent directement les enfants dans leur vécu personnel. L’école devient ainsi un lieu de socialisation qui tient compte du vécu personnel des enfants, en partant de leurs expériences pour les amener à échanger et réfléchir dans une perspective d’apprentissage et de lutte contre le mal-être. De ce point de vue, le programme est orienté sur l’acquisition des compétences psychosociales. En conclusion, le programme proposé est constitué d’un ensemble d’activités et d’outils destiné à travailler autour des différents facteurs de développement humain avec les enfants. Les enseignants et acteurs de l’établissement qui souhaitent le mettre en œuvre sont invités euxmêmes à co-construire le programme pour leur classe, à se former durant cinq journées, et à participer au bilan et à l’évaluation du programme. Le succès du programme dépend donc de l’implication des équipes éducatives, puisqu’il nécessite un travail de longue durée avec les enfants (même si la forme que peut prendre l'action est adaptable en fonction du contexte de l'établissement).

• Poursuite de la mise en oeuvre à Montpellier Pour rappel, en 2009, nous avons mis en oeuvre la formation des enseignants et du personnel (13 personnes) des écoles Delteil et Rabelais, et avons en outre lancé la mise en œuvre auprès des enfants. En 2010, nous avons la phase expérimentale de 2 années scolaires : les séances auprès des 5

Expérience pilote à Marseille menée par le Mouvement Français pour le Planning familial des Bouches-du-Rhône

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enfants se sont tenues selon un rythme hebdomadaire, dans chacune des écoles. En outre, sept séances d'analyse de la pratique ont été organisées en 2010. Y participent les enseignants qui mettent en œuvre le programme (expérience pilote et classes hors expérience pilote) ainsi que les enseignants ou personnels formés et intéressés pour suivre l’évolution du programme. Sont aussi présents les animateurs/trices du Planning qui interviennent auprès des enfants. Au total, entre 20 et 30 personnes participent à chacune de ces séances. Celles-ci sont enregistrées et transmises à l’Observatoire Régional de la Santé (ORS) pour l’évaluation. Les temps de travail sont organisés de la manière suivante : • Point information (sur les financements, sur l’évolution du projet) • •

Point sur le déroulement matériel du programme (organisation/problèmes de salles etc.) Tour de table point déroulement de l’action

Choix d’un ou deux thèmes à travailler et travail en groupe. Pour exemple, au cours des séances nous avons travaillé : la notion d’autorité, le rapport aux règles, la pédagogie participative, les sanctions, l’écoute des familles… En 2010, nous avons été contactés par le collège Las Cazes pour la mise en place d'une formation au Prodas pour ses enseignants, et l'accompagnement sur une dizaine de séances. La formation a démarré fin novembre 2010, et se terminera en janvier 2011. Cette action a reçu le soutien de la Fondation de France. Nous avons en outre présenté le programme lors d'une table ronde organisée le 11 décembre par la Fédération Régionale des Céméa, dans le cadre de son festival du court métrage. •

• Evaluation de la mise en œuvre du programme La mise en œuvre du programme est évaluée par l'ORS à travers des outils spécifiques pour chacun des aspects de l’action : • évaluation de la formation : inscription, nombre de personnes, poste occupé, degré de participation et de satisfaction, évaluation du degré de pertinence, etc.) • évaluation du travail de partenariat : partenaires, nombre de réunions et synthèse des rencontres. • évaluation du travail de mise en œuvre avec l’établissement : régularité des séances, réunion parents, lien avec l’équipe pédagogique, mise en œuvre des séances intermédiaires avec le personnel de l’établissement… évaluation de l’action auprès des enfants : une fiche d’évaluation est remplie à l’issue de chaque séance, conjointement par les deux animateurs-trices du programme. Cette fiche reprend différents critères et indicateurs : participation, pertinence de l’outil et du thème, aspects travaillés avec les enfants et résultats… Une réunion de bilan avec les parents d’élèves permettra de recueillir leur ressenti sur l’évolution du comportement de leurs enfants. Depuis octobre 2009, une dizaine d’enseignant-e-s co-animent le programme dans leur classe. Deux classes pilotes bénéficient d’une évaluation spécifique par l'ORS, mais l’implication de toutes les autres classes où se déroule le programme témoigne bien de : • l’intérêt que les enseignants et les établissements portent à la mise en œuvre d’un programme pédagogique inédit et original qui permet de travailler certains aspects occultés par la formation initiale des enseignants (l’écoute, l’estime de soi, la construction psychoaffective de l’enfant, les outils pédagogiques ludiques et efficaces, la communication non violente etc.) •

l’implication importante du Planning familial : deux salarié-e-s et plus de 5 bénévoles sont engagés sur de longues périodes d’intervention dans des établissements scolaires, et il est important de pointer l'investissement du Planning familial dans la mise en œuvre et le

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développement de cette action. L'ORS remettra son rapport d'évaluation au mois de septembre 2011.

• Perspectives L’expérience pilote prendra fin en juin 2011, à la fin de la deuxième année du programme dans les écoles. Cependant, vu le nombre de demandes d’enseignants, personnels éducatifs, mais aussi associations qui ont entendu parler de ces méthodes, nous souhaitons mettre en place en 2011 une formation autofinancée permettant à d’autres professionnels de découvrir le programme. A la demande des deux écoles participant à l'expérience pilote, et sous réserve d'un soutien du CUCS de Montpellier, nous relancerons une formation pour les enseignants non encore formés. Cette formation sera ouverte aux enseignants de l'école Baudelaire. Enfin, nous amorcerons en 2011 des démarches auprès de l'inspection académique, afin que la formation au Prodas soit inscrite au Plan académique de formation.

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5. FORMATIONS

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Notre démarche pédagogique se situe dans le courant humaniste qui envisage la formation comme un moyen de développer l’autonomie des participants et de lutter contre les mécanismes de domination : nos outils favorisent donc l’implication personnelle et l’échange des savoirs et des pratiques, à travers ce que le Planning familial appelle la « coformation », entendue comme : « (…) chacun a quelque chose à apprendre de l’autre et à lui apprendre. La coformation permet de lutter contre la relation de dépendance au savoir, de créer des relations égalitaires et se révèle indispensable pour lutter contre les situations de pouvoir (…). L’échange et le partage, en revalorisant la parole de tous, permet à chacun d’analyser ses attitudes vis-à-vis du savoir et du pouvoir et de prendre confiance en soi, tout en acceptant ses limites et celles des autres »(6).

Introduction Au Planning familial de l’Hérault, la formation est pilotée et mise en œuvre à travers un « pôle » formation constitué par différentes instances et espaces de travail : La commission formation qui réunit bénévoles et salarié-e-s et qui est destinée à encadrer essentiellement les aspects politiques : les orientations, les priorités et les choix des modules de formation. • L’équipe de formateur-trice-s : également composée de salarié-e-s (un responsable de formation et une formatrice) et bénévoles, elle met en œuvre les formations et travaille conjointement aux contenus et programmes de formation. Les travaux de la commission et de l’équipe de formateur-trice-s sont naturellement en lien avec le pôle national de formation et les autres pôles d’activité du Planning (Animation, Consultations médicales etc.) qui participent aux choix des priorités, enrichissent et nourrissent les contenus des formations. Le travail du pôle formation est guidé par une triple exigence :  Outiller les acteurs (ou futurs acteurs) de l’action sociale et médico-sociale relativement aux questions de genre et sexualité, accompagnement à la vie sexuelle et affective, conduites sexuelles à risques, développement social, écoute et animation etc. Nous contribuons ainsi au développement des compétences professionnelles ( 7) sur des thématiques participant d’une approche globale de la personne, et pour lesquels de nombreux professionnels ne se sentent pas légitimes ou suffisamment formés. Les formations type « Adultes relais » /« Réduction des risques sexuels » / « Féminin, Masculin, sexualité » / « Contraception, sexualité, vulnérabilités » rencontrent toujours du succès… En effet, notre action depuis plus de 50 ans auprès des publics les plus « vulnérables » nous a permis peu à peu de faire émerger et reconnaître des besoins spécifiques, notamment concernant les questions de sexualités, les inégalités sociales dans leur ensemble et dans les rapports entre les sexes. Il s’agit dès lors de transmettre ce savoir issu de l’écoute et de l’analyse de nos pratiques, en dénonçant les inégalités et en construisant des alternatives et des recommandations destinées à améliorer l’autonomie et la responsabilité des personnes.  Transmettre une conscience politique : en travaillant sur la posture professionnelle ( 8) et les idéologies sous-jacentes aux différents dispositifs d’aide et de prise en charge des personnes, il s’agit de permettre aux participants de questionner leurs valeurs, celles de l’institution ou de leur structure et de formuler un véritable positionnement face aux personnes ou aux publics reçus. Cette approche est généralement transversale à toutes nos formations.  Diffuser des approches et concepts qui vont dans le sens de la promotion de l’égalité et de la lutte contre les discriminations (Exemple : « Transidentité : accueillir et accompagner des jeunes en questionnement identitaire », ou « Pour une approche intégrée du genre » …). Concrètement, ce type de formation nécessite à la fois un travail de sensibilisation •

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Séminaire « Pratique et politique » - Octobre 1977. D’une révolte à une lutte, 25 ans d’histoire du Planning, MFPF, Edition Tierce, 1982.

Entendues comme : savoirs, savoir faire, savoir être… A travers « l’Analyse de la pratique », par exemple

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des institutions, afin de leur montrer l’intérêt collectif de ces approches, mais aussi auprès des « publics ciblés », afin de leur donner une motivation à se former sur ces domaines. Un des éléments à retenir en 2010 est le fait que nous avons eu du mal à « remplir » certaines formations… Ce qui nous contraint à réfléchir à nos processus de communication mais également, en terme de priorité : doit-on répondre uniquement aux besoins exprimés par les professionnels par exemple, ou plutôt devancer ces besoins et tâcher de proposer des thèmes considérés comme « originaux » ou encore peu reconnus? Ainsi, nos formations comportent systématiquement un volet pédagogique et un volet « politique », destiné à travailler le sens des démarches professionnelles. Par ailleurs, toutes les formations sont mises en œuvre en intégrant systématiquement les différentes approches et concepts qui nous animent : l’approche « Réduction des risques », l’analyse de genre, la lutte contre les discriminations et la promotion de l’égalité… En 2010, nous avons cherché à développer les formations « autofinancées » : ceci afin de nous libérer de certaines contraintes institutionnelles (répondre aux appels à projets, défendre les financements etc.), et de «tester » de nouveaux modules de formation : sur les domaines tels que « handicap, vie affective et sexuelle », par exemple. Par ailleurs, 2010 a été également marquée par une « refonte » relative de la qualification au Conseil Conjugal et Familial : un travail au niveau national a été mené conjointement avec le ministère de l’emploi et les structures qui proposent la formation « Education à la Vie » et « Conseil Conjugal et Familial », en vue d’une professionnalisation et d’une meilleure reconnaissance de ce métier.

Les formations organisées en 2010 Trois grandes catégories de formation ont été mises en œuvre en 2010 au sein du Planning de l’Hérault : Des formations inscrites dans le cadre de projets déposés auprès des institutions et des collectivités territoriales (Formation « Adultes relais », Formation « Transidentité : écoute et accompagnement », Formation «Genre et différenceS», « Pour une approche intégrée du genre »…) qui s’adressent à un public ciblé en fonction de nos priorités et de celles des institutions. Des formations « autofinancées » : nous avons tenté de développer ce type de formation ce qui nous libère de certaines contraintes, mais qui nécessite un travail sur le long terme afin de se mettre en place plus systématiquement en vue d’une meilleure reconnaissance : plusieurs formations ont en effet dû être annulées faute de participants… Des formations spécifiquement organisées et mises en oeuvre par nous, destinées aux militants/bénévoles/sympathisants (« Féminin, Masculin, sexualité », « Contraception, sexualité, vulnérabilités », « Réduction des risques sexuels »), et/ou ouvertes à toute personne, ainsi que la formation au « Conseil Conjugal et Familial » qui représente une grande part de notre activité.

• Formations inscrites et financées dans le cadre des projets auprès des Collectivités territoriales En concertation avec les collectivités territoriales, nous proposons divers projets qui comportent un volet formation. L’intérêt de cette démarche - outre qu’elle est financée par les institutions-, est bien de travailler auprès de publics qui sont ciblés comme ayant des besoins spécifiques (travailleurs sociaux, centres d’insertion…) et reconnus par les collectivités locales comme étant de la compétence du Planning familial.

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Par ailleurs, cette démarche permet aux institutions – par le biais de l’évaluation – de repérer les difficultés et besoins de ces publics. Enfin, la démarche projet s’inscrit sur du long terme et ne se contente pas de proposer une seule action. Par exemple, la formation « Adultes Relais » nous a permis depuis de nombreuses années de sensibiliser les professionnels à la démarche de réduction des risques sexuels, avec succès. Aujourd’hui, de nombreuses structures et personnes ressources défendent cette approche et participent à un travail de réseau fondamental dans nos domaines. Concernant la formation « Transidentité : accueillir et accompagner un jeune en questionnement», il s’agit d’une reconduction de l’action conduite en 2008 et 2009, avec une journée de formation supplémentaire suite à l’évaluation positive de la formation 2008. Cela montre effectivement une réelle prise de conscience concernant la question des discriminations à l’encontre des personnes longtemps marginalisées et exclues et pour nous la confirmation d’un partenariat actif et productif avec le GEST (Groupe d’Etude sur la Transidentité). Formations réalisées dans le cadre de projets auprès des institutions Titre Financement Nombre de jours Dates Genre et différences ACSE 3 jours Montpellier 4/11/18 mars Adultes Relais Conseil Régional 6 jours Montpellier 20/21/27/28 octobre 4/5 novembre Intégrer le genre en Conseil Régional 4 jours prévention Formation Reportée Nîmes en 2011 Transidentité Conseil Régional 3 jours Montpellier Formation Reportée en 2011

stagiaires 11 16

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Deux formations ont été reportées faute de participants… nous avons tenté d’analyser nos difficultés à intéresser les professionnels ciblés par ces formations, plusieurs point ont été soulevés : La nécessité de mieux « communiquer » sur ces formations : par exemple, les intitulés comportant les expressions telles que « approche intégrées du genre »… ne parlent pas forcément aux professionnels qui nous renvoient le sentiment qu’il s’agit de formations trop « abstraites», non orientées sur la pratique : nous devons dès lors proposer des intitulés et des descriptions plus concrètes et qui mettent en avant la « plus value » du point de vue des pratiques professionnelles. Le fait que les cibles que nous visons (les « porteurs de projet » pour la formation « genre… », les Missions Locales d’Insertion ou l’Education Nationale pour la formation « transidentité… ») sont bien trop restreintes par rapport au territoire que nous couvrons, et ne sont pas organisées en tenant compte des impératifs de ce type de professionnels : pas de possibilité de s’absenter pendant quatre jours d’affilée pour les membres de l’Education Nationale, par exemple… Ce qui nous oblige à repenser également l’organisation matérielle et pratique des formations… Plus généralement, il nous a paru fondamental d’intégrer les différents réseaux existants dans le département (réseaux santé, réseaux « auteurs de violences » etc.) pour mieux nous faire connaître et également de faire connaître nos formations à des groupes de professionnels qui réfléchissent à l’amélioration de leurs pratiques en matière d’accueil et d’accompagnement… Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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• Formations sur des thématiques spécifiques commandées et financées par des structures pour leur équipe de professionnels ou d’étudiants. Des journées de sensibilisation proposées aux Instituts de formation au travail social (IRTS par exemple) nous permettent de sensibiliser de futurs professionnels à des phénomènes tels que les « Mariages forcés », ainsi qu’aux questions de sexualités et conduites à risques. Nous avons pu mettre également en œuvre dans le cadre du projet « PRODAS», une formation auprès d’un groupe d’enseignants en collège... Cela nous permet aujourd’hui de travailler en lien étroit avec l’Education Nationale et d’apporter des outils et techniques pédagogiques qui vont dans le sens de nos missions, et facilitent – d’après les évaluations – le travail des enseignants. Cependant, ce type de formation n’est pas assez développé au Planning familial de l’Hérault Là encore, nous devons développer nos partenariats et élaborer des formations répondant aux besoins des équipes et des structures intervenant sur les champs similaires aux nôtres… Formation financée par les structures intéressées Sensibilisation aux IRTS 1 journée questions de 3 novembre contraception et d’avortement Mariages Forcés : IRTS ½ journée réseaux 19 janvier d’accompagnement et de prise en charge Animateur-trice Prodas Collège Las Cazès 5 jours 29/30 novembre 4/5/6 janvier 2011

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Par ailleurs, des demandes nous sont faites concernant la question de l’accompagnement et la prise en charge des violences. L’enjeu est important pour le Planning familial qui souhaite développer la prise en charge « sociale » des violences : à la fois dans une démarche de prévention (éducation à l’égalité et lutte contre les discriminations dans les écoles/collèges/lycées etc.), mais aussi de prise en charge éducative des auteurs de violences. Prise en charge qui constitue une alternative aux approches psychologiques et individuelles. La violence de genre est en effet un phénomène social fondé sur des représentations inégalitaires et de pouvoir entre les sexes, mais peu de structures sont sensibilisées à cette approche qui permet une compréhension plus globale du phénomène. Il semble donc que nous pourrions développer beaucoup plus les formations « sur mesure » pour des groupes de professionnels…

• Formations « Internes autofinancées » au Planning Le Planning de l’Hérault a proposé en 2010 de développer les formations autofinancées. En ce sens, la formation « conseiller(ère) conjugal(e) et familial(e) » est régulièrement mise en œuvre, mais nous avons également mené une formation « éducation à la vie », permettant ainsi de proposer à des personnes de se former à l’animation concernant les questions de sexualités/conduites à risques etc. Par ailleurs, nous avons proposé à deux reprises des formations autour du handicap qui ont été reportées, puis finalement annulées, faute d’un nombre suffisant de participants. Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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Remarque : L’année 2010 a été marquée par un travail de fond quant à la reconnaissance du métier de conseiller(ère) conjugal(e) et familial(e). En effet, le groupe de travail national formation s’est essentiellement attaché en 2010 au travail autour de la revalorisation du métier de « conseiller(ère) conjugal(e) et familial(e) » en vue de la rédaction du nouveau décret, ainsi qu’à avancer et finaliser un texte qui réactualise notre projet pédagogique. En pratique, Un nouvel arrêté a été publié le 3 décembre 2010, relatif à la formation des personnels intervenant dans les centres de planification et les planning familiaux. L’arrêté précédent du 23 mars 1993, relatif à ces mêmes questions, a été abrogé. Le Planning familial s’est donc engagé à élaborer conjointement avec les autres réseaux nationaux qui proposent la formation « conseiller(ère) conjugal(e) et familial(e) », un dossier qui sera déposé prochainement auprès de la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) dans l’objectif de transformer la qualification en « certificat » ce qui en ferait un métier à part entière… En pratique, La grande nouveauté de cet arrêté est la publication en annexe d’un référentiel professionnel de conseil conjugal et familial. Ce texte comble un vide qui existe depuis 37 ans et offre pour la première fois une description de cette fonction par un texte public. Ce référentiel professionnel est constitué de quatre documents, qui figurent en annexe du nouvel arrêté (un contexte d’intervention des conseiller(ère)s conjugal(e)s et familial(e)s, un référentiel d’activités, un référentiel de compétences, un référentiel de formation). Dorénavant, si les modalités et les conditions d’accès à la formation n’ont pas été modifiées, la validation de la formation sera réalisée à travers différentes exigences. Mais la grande nouveauté est la constitution d’un jury composé de professionnels extérieurs au Planning, pour la soutenance du mémoire des conseiller(ère)s conjugal(e)s et familial(e)s. Ces nouvelles modalités devront être mises en œuvre pour la formation qui a débuté en 2010.

Formations autofinancées Objectifs et Motivation

Education à la vie

Conseil Conjugal et Familial Soutenances Mémoires Conseil Conjugal et Familial

« Handicap, vie affective et sexuelle »

Autofinancée

Autofinancée

Autofinancée Autofinancée

Autofinancée

1 journée 4 janvier 24 jours entre janvier et Juin 1 journée 13 mars 16 jours Entre septembre et décembre Reportée à deux reprises puis annulée

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• Formations nationales et vers l'international La Confédération nationale du planning familial porte des projets nationaux, développés dans les associations départementales et régionales. Notre AD participe à la mise en œuvre du programme de réductions des risques sexuels (RRS), en groupe mixte ou non mixte. Ce programme comporte un volet de formation d'animateurs-trices, ainsi qu'un volet de formation de formateurs-trices dans les DOM et à l'étranger. Par ailleurs, le Planning familial continue à mettre en œuvre régulièrement des formations Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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type : « Contraception, Vulnérabilités, Sexualités » et « Féminin, Masculin, Sexualités » qui sont destinées à sensibiliser les participants à des thématiques très spécifiques (la construction de la sexualité au masculin et féminin etc.). Formations Internes dans le cadre des projets nationaux Réduction des risques DGS 3 jours sexuels en groupes mixtes 8/11/12 janvier Guadeloupe Sensibilisation à la réduction DGS 5 jours des risques sexuels 15 au 19 février Montpellier Valoriser la dimension Confédération 2 jours internationale dans le nationale 26, 27 novembre mouvement Paris Réduction des risques DGS 5 jours sexuels en groupes mixtes 4 au 8 octobre Paris « Féminin Masculin Ministère du 4 jours Sexualités » travail et de 14/15/18/19 l’emploi Béziers octobre Sensibilisation à la réduction DGS 5 jours des risques sexuels Formation Montpellier reportée en 2011 Contraception, Sexualité, 2 jours Vulnérabilités (CSV) 10 et 11 Montpellier décembre CSV 2 jours Montpellier 10 et 11 janvier 2011

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Analyse et bilan Les évaluations des participants et des formateur-trice-s font apparaître différents constats : La nécessité de développer le travail autour de l’approche de « genre » : suite aux directives européennes et à la prise de conscience accrue des inégalités entre hommes et femmes, il apparaît aujourd’hui de plus en plus pertinent – pour les institutions notamment d’intégrer systématiquement une analyse de genre dans tous les dispositifs et les projets. Or, cette approche semble relativement floue, trop abstraite ou conceptuelle pour les acteurs de terrain et responsables de projets. D’ailleurs il existe peu d’outils pour favoriser la prise en compte du facteur « genre », puisqu’il s’agit essentiellement d’une remise en question des représentations « naturalisantes » des personnes et des publics, et suppose donc une prise de conscience de ses propres attitudes et représentations. Par ailleurs, l’un des écueils des formations « genre » est d’occulter sa dimension politique (refuser les inégalités et participer à leur dénonciation), pour ne proposer qu’une approche « sexospécifique » (projet « femmes »).

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Nous nous heurtons également à ce que Christine Delphy (9) appelle « le paradigme de l’égalité-déjà-là » : c'est-à-dire le sentiment général que les inégalités entre hommes et femmes ne sont plus réellement présentes en France mais existent surtout dans les pays du sud… Enfin, l’approche de genre s’est largement enrichie ces dernières années grâce aux travaux de recherche et aux analyses de nombreux chercheurs et auteurs (notamment anglosaxons), qui intègrent nécessairement une réflexion sur les intersections entre « genre », « race »(10) et « classe » comme critères pertinents pour expliquer les vulnérabilités sociales et les processus d’exclusion. C’est un constat récurrent, la transmission des connaissances/données et enjeux qui entourent les thématiques : contraception/avortement/IST reste une des clés de l’intérêt que suscitent les formations du Planning familial. Les professionnels se trouvent en effet peu ou mal formés sur ces questions, et ils ne se sentent généralement pas les compétences pour informer – même succinctement – le public qu’ils/elles reçoivent. Au-delà des connaissances de base sur ces domaines, qui permettent également de mieux orienter une personne, il s’agit de les sensibiliser aux enjeux sociaux concernant la prise en charge et l’accompagnement des personnes en matière de sexualité/conduites à risques : réduction des risques, droit à disposer de son corps etc. Enfin, l’une des dimensions les plus appréciées dans les formations mise en œuvre par le Planning, et qui est largement exprimée dans toutes les évaluations, est la mise en place d’une pédagogie active interactive et humaniste : à travers les outils « échange et analyse de la pratique » mais également les mises en situation directes, le choix porté à la transmission d’une pratique plutôt qu’à la seule théorie, ainsi que notre exigence de pluridisciplinarité, qui constitue une réelle ressource en terme d’échange et de construction d’une dynamique de réseau, représentent un véritable atout pédagogique et politique, qui nous permet d’échapper « à un mouvement d’ensemble, dans les sociétés occidentales développées, qui met en avant la rentabilité à tout prix. (…) la formation a pris de plus en plus pour objet, si ce n’est pour objectif, l’efficacité. De proche en proche, sous la pression du temps, elle s’est instrumentalisée, au point d’être réduite parfois à un processus d’assimilation rapide d’outils »11…

Perspectives 2011 Améliorer nos outils et nos démarches de communication quant à la formation : cela passe par un travail de réseau pour mieux nous faire connaître et diffuser nos formations, mais également par un travail plus précis concernant les « présentations » des formations : plaquettes, mailings etc. afin de les rendre plus accessible et plus attrayants pour le public. Organiser la mise en œuvre de nouvelles formations « éducation à la vie » et « conseil conjugal et familial » en intégrant les nouvelles modalités d’évaluation et de validation des participants. Élaborer et mettre en place des formations de bénévoles : de nombreuses personnes que nous rencontrons, dans les différentes actions du Planning, ainsi que dans les formations souhaitent nous soutenir dans nos activités. Cependant, la complexification croissante des dispositifs de prise en charge, la multiplication des outils et méthodes destinées à faciliter la vie génésique des personnes, la question des violences de couple ou des violences sexuelles, les difficultés de plus en plus nombreuses rencontrées auprès des groupes de jeunes en animation etc. nécessitent un minimum de formation technique et politique. Nous souhaitons donc initier un module de formation court (pour commencer) afin de permettre aux futurs bénévoles de démarrer au Planning avec les connaissances de base concernant : l’histoire du Planning familial et des combats pour la liberté et l’égalité entre les sexes, les informations de base en matière de 9 10

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Directrice de recherche au CNRS en sociologie politique. Auteure de « L’ennemi Principal ». Il est bien entendu que la « race » n’existe pas en tant que telle mais en revanche elle existe comme catégorie de pensée qui produit racisme, stigmatisations, exclusions et discriminations Repenser la formation, Arlette Mucchielli-Bourcier, collection permanente, séminaires Mucchielli, ESF, 1999.

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contraception/avortement, ainsi qu’une sensibilisation à l’analyse de genre… Enfin, il nous paraît important de continuer à proposer nos propres modules de formation, sans dépendre des financements des collectivités et des organismes financeurs, afin de répondre aux besoins que nous identifions auprès des professionnels. Nous prévoyons de proposer à nouveau des « handicap, vie affective et sexuelle », ainsi qu’une nouvelle formation « animer un programme de développement affectif et social » avant l’échéance de l’expérience pilote dans l’Hérault.

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6. VIE ASSOCIATIVE ET MILITANTE

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Réseau national, le Planning familial couvre 70 départements sur les 95 métropolitains, et 3 DOM. Il est structuré en une vingtaine de fédérations régionales, elles mêmes regroupant plusieurs associations départementales. De fait, la vie associative se décline en plusieurs axes, internes au réseau Planning mais aussi à travers de multiples partenariats entretenus et développés depuis des années. Le Planning s'implique concrètement dans la défense des droits des femmes: • mise en place dans certaines associations départementales d'un accueil pour l'IVG médicamenteuse • mobilisation pour la conservation de services d'IVG efficaces, sécurisés, accessibles à toutes, à l'hôpital • lobbying sur la contraception notamment pour favoriser l'accès des mineures à une contraception économique : de nouvelles pilules (3e génération) sont dorénavant remboursées. Le Planning de l'Hérault essaie en outre d'assurer une présence et une dynamique de prévention en milieu rural, dans les Hauts Cantons: animations en milieu scolaire, ateliers auprès de groupes, participation aux projets locaux, aux réseaux de professionnels : • participation aux projets de santé jeunes et PLAJH: Ganges, Clermont l'Hérault, Lodève •

• participation aux programmes de lutte contre les violences conjugales: réseau coeur d'Hérault, réseau agence départementale du Pic St Loup, réseau sur le Lunelois.

Les commissions départementales Les Commissions sont des espaces de réflexion, d'élaboration et d'analyse de la pratique qui rassemblent l'ensemble des intervenant(e)s autour d'un même pôle d'activité. Les quatre commissions existantes ont poursuivi leur action en 2010 : •

commission Formation, dont les objectifs et le fonctionnement sont abordés dans le chapitre précédent

• •

la commission CO, autour de l'organisation de l'activité de planification commission Puce, qui produit, trimestriellement, un journal diffusé à 1000 exemplaires

la commission Communication

• La commission communication Créée fin 2008, et composée de 5 membres fin 2010, dont 4 sont bénévoles, son objectif est de travailler les différents aspects de la communication interne et externe. En 2010, la commission a ouvert une page Facebook, actualisé chaque semaine, et qui compte plus de 100 « ami-es » au 31 décembre 2010. Elle a en outre conçu des cartes de communication en direction des publics jeunes, et construit une affiche reprenant les principales thématiques du Planning. Ces outils sont diffusés lors de nos interventions, mais ont aussi été diffusés via l'ordre des médecins et des pharmaciens de l'Hérault. Elle poursuivra ses travaux en 2011, notamment par l'organisation d'une exposition itinérante, en partenariat avec le Zinc.

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Le réseau « jeunes filles confrontées aux violences et aux ruptures familiales » Le réseau a poursuivi le travail de réflexion et de prise en charge des personnes concernées par des violences intra familiales, et notamment les mariages forcés. Outre les situations rencontrées, deux événements ont marqué cette année 2010. Le 1er concerne l'affiche qui promeut le site internet avec le slogan « dire non c'est ton droit » et le second le colloque européen sur les mariages forcés. Le planning familial confédéral, avec le soutien du Fonds européen pour l'intégration (FEI) et de la délégation aux Droits des femmes et à l'égalité, développe un programme sur la question des mariages forcés. Des actions de prévention sont prévues dans 8 régions engagées dans ce programme. Il s'agit de sensibiliser les publics, former les professionnel-les et impulser ou renforcer la mise en réseau pour une bonne prise en charge des victimes. Le projet s'appuie sur notre démarche de travail en réseau et de co-construction qui semble répondre en partie à un besoin identifié. Cette initiative dans le département 34 est citée comme modèle à développer et adapter en fonction des territoires. Une démarche qui prend en compte la complexité de la problématique nécessite en effet une intervention pluridisciplinaire. Un volet communication et information est prévu via des affiches et plaquettes d'informations. La reconnaissance de nos outils, et en particulier notre site internet, www.mariageforce.fr, a conforté le planning confédéral pour solliciter le réseau héraultais en vue d'une diffusion nationale. En effet, il a semblé pertinent et constructif de promouvoir des outils déjà existants et reconnus. Si le réseau a donné l'autorisation pour cette action, la demande du planning confédéral n'a pas fait l'unanimité. Certains membres ont en effet exprimé leur crainte que ces outils n'échappent au réseau, en étant diffusés nationalement par le Planning Confédéral. Après 10 ans d'existence et plusieurs séminaires destinés à sensibiliser les travailleurs sociaux, le réseau a souhaité connaître les outils et les pratiques en Europe où certains pays travaillent sur la question depuis au moins deux décennies Ainsi, le réseau a organisé un colloque international en octobre 2010. L'objectif était de connaître et partager des expériences reconnues dans d'autres pays. Le colloque a été un temps fort pour rendre compte de la mesure du phénomène et de la réalité sociale en France et dans plusieurs pays européens. Les expert-es ont rappelé les difficultés liées à la détresse des jeunes et au conflit de loyauté, des éléments importants pour comprendre les mécanismes et accompagner les victimes. L'inscription de la problématique dans le champ des violences a été rappelée pour souligner la place de la famille, auteure de violence, une dimension importante pour mettre en place des actions de prévention.

• Les mineur-es La question des mineur(e)s ré-interroge le groupe qui a recueilli sept cas de jeunes filles en 2010. Cette question avait été abordée lors du projet de loi en 2006 qui a relevé l'âge nubile du mariage à 18 ans, une loi qui a levé une discrimination et met à égalité les filles et les garçons. En effet, le statut de mineure confrontée à un mariage forcé appelle le signalement auprès des institutions compétentes. Dans ce cas, la confrontation avec la famille est obligatoire, ce qui n'est sûrement pas sans difficulté pour la victime. Les parents vont -ils reconnaître le projet de mariage face au juge des enfants? La loi et le droit sont importants mais ne suffisent pas pour autant à enrayer une pratique prégnante. Le consentement est extorqué dans toutes les situations, que la victime soit mineure ou majeure les conséquences restent identiques : peur de la rupture, culpabilité, quitter le domicile familial, sont autant d'éléments qui rendent complexe l'accompagnement. Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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A cela s'ajoutent le chantage, les pressions qui mettent les jeunes dans une situation de conflit de loyauté. Les familles font perdurer leurs lois et les mineures restent encore particulièrement victimes de la pratique. Ceci nous conforte dans l'idée qu' « une loi ne suffit pas » : le mariage forcé est bien lié à un contexte où la famille impose sa loi et nie le droit de choisir sa vie, son partenaire. Notre pratique de terrain montre bien que les victimes parlent peu et se rétractent très vite face aux chantages affectifs et aux parents inflexibles que rien ne fait abandonner le projet. Les jeunes souhaitent échapper au mariage contraint en protégeant leur famille, ce qui n'est pas le cas après un signalement. La confrontation avec les parents est délicate et met en difficulté la personne concernée. Renforcer le pouvoir de décision des jeunes en rappelant la loi nécessite un accompagnement en terme d'écoute et de soutien. Les capacités des personnes renforcées prédisposent à lever les craintes et la culpabilité pour affronter la famille. Un tel travail peut se faire en dehors des situations d'urgence, il nécessite des temps de rencontre pour gérer la situation et permettre à la victime mineure ou majeure d'exprimer son opposition. Le travail en amont et la prévention sont nécessaires pour faire connaître la problématique et encourager les victimes à sortir du silence. L'information sur la question est sûrement à l'origine de toutes les sollicitations et des cas recueillis en 2010 (62). Le réseau a lancé une réflexion autour du DFA, un outil du réseau opérationnel depuis 2004. Il se donne pour perspective de le rendre visible en soulignant la pertinence et son adéquation avec le public concerné.

• Perspectives 2011 Le Planning est engagé dans le projet européen, Daphné III, sur la prévention des violences de genre liées à l'honneur. Ce projet est porté par Papatya association partenaire Berlinoise. Il intègre plusieurs pays, la Grande Bretagne, l'Autriche, la Turquie et la Bulgarie.

Le Planning 34 et la lutte contre les violences Né de la conquête du droit à la contraception et à l'avortement , le Planning familial a été très vite confronté à la questions des violences. Les femmes qui venaient pour la contraception qui concernait à cette époque la diffusion du diaphragme, abordaient non seulement le plaisir, le désir et le non désir mais aussi les violences et les agressions sexuelles. Le planning a donc inscrit dans l'article 2 de ses statuts qu'il « lutte contre toutes les formes de violences et notamment sexuelles dont elles font l'objet. » Le Planning s'est donné pour mission la prévention des violences. Cependant le Planning continue de recevoir dans ses accueils nombre de femmes victimes de violences. La pratique de terrain confronte notre association à des situations qui montrent différentes formes de violences et concernent des femmes de tous horizons. Les violences n'ont pas de limite d’âge, de différence de classe, ni de culture. La connaissance de la problématique, l'enquête Enveff en particulier mais aussi les études faites dans de nombreux pays, prouvent que les violences faites aux femmes ne connaissent pas de frontières géographiques. Le Planning familial brasse des publics de tous âges, les situations de violences sont recueillies au centre d'information et de planification où une demande peut souvent en cacher une autre. La pratique du counselling et la porte d'entrée sexualité permettent d'identifier régulièrement des Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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situations de violences autour d'une demande d'IVG, de contraception ou de certificat de virginité. Les situations de violences sont également recueillies lors de nos interventions à l'extérieur. Ces séances d’éducation à la sexualité offrent aux jeunes et adultes un temps pour travailler leurs représentations, mais permettent aussi d'interroger les assignations de genre, de promouvoir des qualités ou compétences hors de ces assignations, et d'entreprendre un dialogue et des relations égalitaires entre filles et garçons. Le Planning familial est témoin au quotidien de ces représentations fortement imprégnées chez les filles et les garçons, les hommes et les femmes. Il s'agit d'une parole qui illustre les rapports de domination où les hommes développent des stratégies pour contrôler les femmes, leur corps et en particulier leur sexualité. Autrement dit, ces espaces de rencontre sont le reflet de ces assignations et du phénomène social. Toutes les formes sont abordées, des relations inégalitaires entre les filles et les garçons à la relation amoureuse, de la contraception à l'avortement , de la première relation sexuelle à la virginité, de la contrainte à l'hétérosexualité et au contrôle social. La porte d'entrée sexualité génère toujours une parole sur la relation à l'autre et la place des hommes et des femmes dans la société. Les violences faites aux femmes se réfèrent à un système de valeurs patriarcales qui légitiment, voire banalisent la violence envers les femmes et les filles. Le Planning inscrit sa mission de prévention dans une approche éducative et citoyenne fondée sur l'écoute et la déconstruction des représentations dans le domaine de la sexualité en général. La prévention des comportements sexistes ou violents en direction des jeunes est indispensable à la réflexion sur la place des femmes et des hommes dans la société. Les ministères concernés défendent une prévention qui intègre ces questions dès le plus jeune âge : on peut citer la circulaire 2003 qui préconise trois séances d'éducation à la sexualité par an dans tous les établissements scolaires et dans toutes les classes. L'application de ce texte est loin de se concrétiser et les interventions sont disparates et bien souvent à l'initiative de professionnel-les convaincu-es (infirmier(ère)s scolaires, travailleur social etc...) Après le Planning familial des Bouches du Rhône, celui de l'Hérault a lancé un programme dans les écoles primaires (voir Prodas dans le chapitre Animations) qui vise à développer l'estime de soi et à favoriser des relations égalitaires. Aussi, la prévention et l’élimination de la violence masculine envers les femmes repose sur la lutte contre les inégalités faites aux femmes et le patriarcat. Les inégalités vécues par les femmes sont à la fois la cause et la conséquence des violences qu’elles subissent. De plus, les violences ont un impact certain sur la santé des femmes, l'accès inégal à l'emploi, aux crèches, à l'éducation, aux droits sexuels; à la participation à la vie publique et politique. . La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) précise que « la violence fondée sur le sexe à l’égard des femmes est une violence exercée contre une femme parce qu’elle est une femme ou qui touche spécialement la femme. Elle englobe les actes qui infligent des tourments ou des souffrances d’ordre physique, mental ou sexuel, la menace de tels actes, la contrainte ou autres privations de liberté. » Elle a été ratifiée par quelques pays dont la France dès 1979 , autour de l'engagement de prendre les mesures nécessaires pour lutter contre ces inégalités et violences. L'année 2010 a été déclarée grande cause consacrée à la lutte contre les violences faites aux femmes, un véritable outil pour rendre visible une cause et porter sur la place publique un phénomène de société. Les structures impliquées sont majoritairement des associations qui manquent cruellement de moyens pour prendre en charge et prévenir. Une avancée intéressante a vu le jour par la promulgation de la loi de juillet 2010 qui prévoit la protection des victimes mais aussi une politique de prévention. Mais l'année 2010 a vu aussi l'accès aux soins et la santé en général compromis, des centres IVG fermés ou en voie de ré-organisation. Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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Une violence institutionnelle qui frappe de plein fouet les femmes et leur nie le droit de disposer de leur corps... Le groupe de parole pour des femmes victimes de violences sexuelles a repris son cours depuis septembre 2010. Les personnes qui y participent ont subi des violences, particulièrement des viols par inceste, au sein de la famille dans la petite enfance. En 2010, nous avons accompagné : • 36 femmes confrontées à des violences conjugales, • •

7 femmes pour viol et agressions sexuelles, dont 3 mineures 2 femmes pour harcèlement sexuel au travail

2 femmes rapatriées de force dans leur pays d'origine victimes de violences conjugales , l'une au Maroc l'autre en Algérie (confiscation de papiers)

3 femmes, nouvellement arrivées en France, victimes de violences perpétrées par la belle famille,

• •

2 jeunes femmes contraintes de faire un certificat de virginité 1 jeune femme séquestrée pendant 6 mois en Algérie

• •

1 jeune fille (19 ans) contrainte à une réfection d'hymen 2 jeunes femmes contraintes à l'IVG

5 femmes sans papiers, confrontées à des situations de violences conjugales, harcèlement sexuel, chantages et menaces de dénonciations.

• 62 jeunes confronté-es à des situations de mariages forcés, dont 2 garçons Au-delà, 39 autres situations de violences conjugales, coups, insultes, confiscation de salaires ou encore viol qui nous ont été rapportées lors de nos interventions auprès de structures partenaires. Le groupe fonctionne par le partage : difficultés à surmonter le traumatisme, relations avec la famille, relations amoureuses. Ce partage aide beaucoup les personnes à avancer dans leur parcours personnel, mais aussi vers une confrontation avec leurs proches ou même vers un dépôt de plainte.

Le Planning 34 et la lutte contre le sida Lutter contre la féminisation de l’épidémie et faire avancer la question des femmes et du VIH, un enjeu majeur pour le Planning familial : La lutte contre le Sida constitue une des priorités du Planning familial. Dès le début de l'épidémie, nous avons inscrit le Sida dans une approche globale de santé sexuelle et nous nous sommes rapidement mobilisés dans le champ de la prévention. Dés le congrès national de 1993, le Planning s’est engagé à mener une action spécifique en direction des femmes vivant avec le VIH. Aujourd’hui, les préoccupations qui s’imposent aux femmes ne se réduisent pas à la maternité mais concernent leur travail, leur vie sociale, affective et sexuelle. Les femmes sont de plus en plus touchées par le VIH. 99% des contaminations se font dans le cadre de relations hétérosexuelles. Celles-ci sont plus exposées aux risques de contamination que les hommes pour des raisons biologiques, sociales et économiques. Les facteurs de genre aggravent leur exposition aux risques : Nous sommes convaincus de l’impact des représentations du masculin en tant que facteur d’exposition aux risques. Nous menons actuellement une réflexion pour nommer et identifier les caractéristiques et les effets du modèle dominant de la masculinité sur la prise de risque et leur rôle dans la contamination des femmes. Le Planning familial de l’Hérault s’est engagé pour diminuer l’exposition aux risques des femmes en intervenant concrètement sur l’accès à l’information, sur la lutte contre les violences, Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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l’accessibilité des hommes et des femmes aux moyens de protection. Le dépistage du VIH en population générale dans nos centres de planification : Depuis 1993, nous bénéficions de l'agrément pour le dépistage confidentiel et gratuit du Sida. En 2010, nous avons effectué 664 entretiens pré test de dépistage et 374 entretiens post test de dépistage. Nous abordons, dans la confidentialité et le non jugement l’ensemble des informations nécessaires à la compréhension de la situation ainsi que la perception de la personne par rapport au risque et à la prise de risque. Nous travaillons surtout en population générale, et en particulier auprès des jeunes. Le dépistage du Sida et autres IST est le second motif de consultation après la contraception. Au Planning, le test HIV peut être proposé à l’occasion d’un test de grossesse, d’une pilule du lendemain, d’une contraception, d’un suivi gynécologique. L’approche globale est donc un élément facilitant l’accès au dépistage et à la prévention. Certaines personnes ne se sentent pas forcément concernées parce qu’elles pensent ne pas faire partie des « catégories à risques ». Proposer le dépistage devient alors un outil de prévention car il permet d’aborder avec la personne les perceptions et les représentations de la séropositivité. L’expression des représentations sociales du Sida est un moyen réduire les discriminations.

Montpellier Agde Lunel Hauts Cantons Totaux

Prescriptions 439 70 65 90 664

Remise des résultats 271 38 45 20 374

Le taux de remise de résultat sur place est de 56%. Ce taux concerne surtout des mineurs-es. 34%, en particulier des majeur(e)s, les récupèrent directement auprès des médecins des laboratoires avec lesquels nous avons passé une convention. 10% ne viennent pas chercher leur résultat. En 2010, tous les tests ont été négatifs. La prescription du test VIH est souvent l’occasion pour les jeunes de faire le point sur les hépatites B et C ainsi que sur les autres IST, et en particulier les chlamydiae et les condylomes. Le premier test est en lui-même un événement, un rituel quasi initiatique chez de plus en plus de jeunes. Les entretiens permettent d’amorcer des questionnements sur la prise de risques, la répétition des risques ou, au contraire, sur la question de la croyance erronée du risque. Toute démarche volontaire de dépistage, quelles qu’en soient les motivations, est prise en compte car elle matérialise l’autonomie par rapport à sa propre sexualité. Par ailleurs nous nous appuyons sur la dynamique de groupe pour développer des espaces de parole, d’écoute et d’échange qui s’articulent dans des cadres différents : • Prévention en population générale par la mise en place d’ateliers et d’animations dans les établissements scolaires, les institutions, et les structures associatives. • Prévention en direction des hommes, des femmes et des couples concernés par le VIH par la mise en place de consultation de sexologie • Prévention en direction des femmes et des couples concernés par le VIH par la mise en place de permanences d’accueil et d’écoute en milieu hospitalier (projet INPES)

• L’écoute et l’accompagnement des personnes et des couples concernés par le VIH : Notre objectif est de mobiliser les femmes et les hommes séropositifs pour faire avancer les questions du vécu de la sexualité et du corps, les questions de l’accès à la prévention et aux moyens de protection. Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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 Les permanences d’écoute et d’accompagnement des femmes et des couples concernés par le VIH à l’hôpital Guy de Chaulliac : Afin de lutter contre la stigmatisation, l’isolement et l’invisibilité de la contamination des femmes, nous proposons un espace de paroles, non stigmatisant et repéré par celles-ci comme prenant en compte les particularités féminines du vécu de la séropositivité VIH. Le Planning familial de l’Hérault a mis en place depuis 2006 une permanence d’accueil et d’écoute au service des maladies infectieuses (MIT) de l’Hôpital Gui de Chaulliac à Montpellier. C’est un espace qui permet aux personnes d’exprimer, dans un cadre confidentiel, les questions du vécu de la sexualité et du corps, les questions de l’accès à la prévention et aux moyens de protection. Tous les mercredis de 9 h 30 à 12 h 30, soit 141 heures d’accueil individualisé. En 2010, nous avons accueilli 87 personnes alors qu’en 2009, nous en avions accueilli 52. Nombre total de personnes reçues pour la 1erfois 39 personnes soit 45 % Total : 87 personnes

Nombre total de personnes déjà reçues 48 personnes soit 55%

Nombre de femmes reçues seules en entretien Nombre d’hommes reçus seuls en entretien Nombre de couples reçues en entretien

56

Soit 64%

21 5

Soit 24% Soit 12%

Les profils des personnes accueillies sont identiques à 2009 : • La majorité est domiciliée à Montpellier. •

Beaucoup n’ont pas d’activité professionnelle. Nous constatons que celles et ceux qui travaillent vivent mieux leur séropositivité VIH car ils continuent à tisser du lien social.

Les personnes reçues sont des adultes de plus de 30 ans. A l’issue des entretiens, la plupart des personnes donnent leurs coordonnées téléphoniques. Nous les contactons régulièrement pour maintenir le lien et proposer d’autres espaces. Nous avons renforcé le partenariat avec les professionnels de santé du MIT pour faire connaître notre action auprès des femmes et des couples concernés par le VIH : • Rencontres régulières avec les différents intervenants du service : médecins - psychologue - assistante sociale – diététicienne. • Participation active à la vie du service La majorité des femmes exprime un fort sentiment d’isolement personnel et social ainsi qu’une difficulté à évoquer sa séropositivité auprès des enfants, de la famille et des amis. Celles – ci vivent plus ou moins bien le traitement en fonction de l’impact des effets secondaires sur la vie quotidienne et sur leur corps (lipodystrophie). Elles évoquent une image du corps négative et dégradée. Nous avons constaté que lorsque la séropositivité est mal vécue, les femmes ont tendance à s’isoler et à se replier sur elles-mêmes, voire à se marginaliser. Celles qui vivent le mieux leur séropositivité sont celles qui sont impliquées dans des actions de terrain auprès de diverses associations ou dans des réseaux. • •

 Un espace d’écoute et de partage « hors hôpital », ouvert à toutes et à tous Tous les jeudis après-midi de 14 h à 17 h au Planning familial de Montpellier. C’est un espace collectif pour s’exprimer, pour échanger autour du vécu de la sexualité dans un lieu non identifié VIH et reconnu comme un lieu spécifique « femmes ». Celui-ci est accessible Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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facilement car il est situé au centre ville et à proximité des transports en commun. Nous y avons rencontré 30 personnes au total et en particulier des étudiants ainsi que des lycéens et des collégiens (20 personnes). Nous avons aussi proposé cet espace aux personnes reçues en entretiens individuels à la permanence du MIT, soit 10 personnes. Les femmes ont en effet exprimé le besoin de rencontrer d’autres femmes séropositives en dehors des associations ciblées SIDA, de retrouver confiance en elle en travaillant sur l’estime de soi, de trouver leur place en tant que femme et non femme séropositive.  Les consultations de sexologie : voir chapitre « Accueils individualisés » L’espace de parole proposé dans la consultation permet de poser clairement ces difficultés. Il semble indispensable pour permettre aux personnes séropositives d’adhérer à une prévention efficiente, de les accompagner dans leurs difficultés sexuelles. Un vécu douloureux de la sexualité peut avoir des répercutions considérables dans la vie psychique, comme le repli sur soi, la dépression. Ces difficultés peuvent conduire à un relâchement important en terme de prévention et d’adhésion aux traitements. Oser évoquer ses difficultés, comprendre ses mécanismes, reprendre confiance en soi sont autant d'opportunités de pouvoir réinvestir sa sexualité de manière différente et d’adapter sa prévention de manière satisfaisante.  Tous les mardis après-midi au service des maladies infectieuses (MIT) de l’hôpital Guy de Chaulliac à Montpellier.  Un vendredi après-midi sur deux à l’association ENVIE et un lundi matin sur deux au Planning familial de Montpellier

• Les actions de visibilité : Nous avons renforcé la lisibilité et l’accessibilité de nos projets par des actions spécifiques : •

Rencontre avec le service d’hépatologie du CHU de Montpellier sur la question des co/infections VIH/VHC.

Intervention à la réunion d’information sur « troubles du métabolisme et VIH » à la Maison de la prévention à Montpellier

Mise en place d’animations autour de « sexualité, femmes et VIH » dans des établissements scolaires, des Maison pour tous, des associations.

• •

Participation à la soirée sur la lipodystrophie à la Maison de la prévention à Montpellier Interview réalisée par France Inter pour la permanence d’écoute et d’accompagnement des femmes et des couples concernés par le VIH

• Participation au réseau et partenariat : Nous participons au travail de réflexion du Collectif SIDA, lieu de rencontre de toutes les associations locales de lutte contre le SIDA et du COREVIH Languedoc Roussillon, instance régionale de coordination, en tant qu’association d’usagers. Le Collectif SIDA réunit l’ensemble des acteurs départementaux de la lutte contre le SIDA. Ce réseau se réunit 3 fois par an. Il est coordonné par le réseau VIH ville hôpital. C’est un lieu d’information, d’échange et de réflexion sur des questions spécifiques. C’est aussi un lieu de mise place d’actions collectives locales auxquelles le Planning familial de l’Hérault a participé : • Groupe de réflexion « information en population générale » • Journée mondiale de lutte contre Le SIDA/ Sidaction En 2010, nous avons participé à l’organisation d’une rencontre « aborder la question du Sida dans les interventions sur la vie affective et sexuelle des jeunes » à la Maison de la Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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prévention à Montpellier. Cette journée a réunit 40 professionnels issus d’associations de prévention et de lutte contre le Sida, des CDAG et des agences départementales du Conseil général de l’Hérault. Nous avons abordé la question du risque et de la prise de risque avec le soutien de Thémis APOSTOLIDIS, maître de Conférence en psychologie sociale à l’Université de Provence. Nous avons également réfléchi à la question de « l’harmonisation des pratiques pour aller vers des bases communes » lors des ateliers sur les méthodes et les outils. L’ensemble des constats et éléments d’analyse recueillis ont été présenté par le Planning familial de Montpellier et le Réseau Ville Hôpital lors de la 6e journée médico-sociale « Adolescence, hépatites et VIH, quelles spécificités ? », organisée par le « réseau hépatites Languedoc Roussillon » à Béziers. Membre du COREVIH Languedoc Roussillon (Collège 3 : représentants des malades et usagers au système de santé) le Planning familial de l’Hérault participe à la réflexion de la commission prévention – dépistage et de la commission femmes et VIH. Ces groupes, riches d’expertises et de métiers variés, ont pour objectif, à partir de la réflexion collective ainsi que de l’évaluation quantitative et qualitative des acteurs et des actions, d’élaborer et de proposer, des orientations et des recommandations pour les politiques de prévention et de dépistage en Languedoc Roussillon.  En 2010, nous avons travaillé sur : La sensibilisation des médecins généralistes à l’élargissement de la proposition de dépistage à la population générale (recommandations de la Haute Autorité de Santé). En effet, si l’activité de dépistage du VIH est globalement élevée en France, elle ne permet pas dans sa forme actuelle de diagnostiquer suffisamment tôt l’ensemble des personnes contaminées. Bien que la prévalence soit faible en population générale, c’est parmi les personnes ne présentant pas de risques identifiés que le retard au dépistage est le plus important. Le dépistage précoce est un enjeu majeur à titre individuel pour améliorer la qualité et l’espérance de vie des personnes porteuses du virus et, sur le plan collectif, renforcer la prévention en réduisant les risques de contamination. La difficulté d’accès au suivi gynécologique recommandé pour les femmes vivant avec le VIH. La commission a réfléchi à l’élaboration de questionnaires en direction des services hospitaliers chargés de la prise en charge médicale et en direction des femmes elles-mêmes. Ce travail en réseau favorise les rapprochements entre structures. Nous pouvons partager nos analyses des évolutions des questions du SIDA, nos projets et nos difficultés, nos critères et nos valeurs. Ces enrichissements nous permettent d’affiner nos positionnements et de réfléchir à une meilleure cohérence pour une plus grande efficacité de nos actions.

• En 2011, nous poursuivrons notre action autour de 3 axes principaux : Favoriser la construction de stratégies de prévention individuelle en donnant la possibilité de choisir entre plusieurs outils de protection, même si ceux-ci ne sont pas parfaits. Notre expérience nous a permis de constater que les femmes n’ont pas toujours la possibilité d’utiliser le préservatif. La meilleure protection n’est pas seulement celle qui a la meilleure efficacité théorique, mais plutôt celle qui est réellement utilisée dans la pratique. Une approche sexuée de la prévention VIH consiste donc dans la mise à disposition de moyens de protection dont les femmes aient la maîtrise : •

• •

Promotion et accessibilité des méthodes barrières comme outil de réduction des risques (diaphragme et cape cervicale). En effet 80% des contaminations se font par le col de l’utérus. Promotion et accessibilité du préservatif féminin Proposition de dépistage à l’occasion des demandes liées à la contraception, à l’IVG, à la pilule du lendemain.

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Cet objectif se concrétise à travers la pratique des entretiens collectifs et individuels précédant les consultations médicales dans les centres de planification, ainsi que dans les ateliers et les animations proposés dans les établissements scolaires, les institutions, et les structures associatives. Mobiliser les femmes et les hommes séropositifs pour faire avancer les questions du vécu de la sexualité et du corps, les questions de l’accès à la prévention et aux moyens de protection. Nous constatons que la sexualité des personnes séropositives n’est pas reconnue. Nous devons leur donner les moyens de la vivre de façon la plus épanouie possible et prendre en compte sans jugement, les difficultés d’accès et d’utilisation des moyens de protection. Notre volonté se concrétise dans des actions d’accompagnement des personnes séropositives qui s’inscrivent dans la durée et privilégient une approche globale : • Consultations de sexologie et permanences d’accueil des femmes et couples concernés par le VIH en milieu hospitalier • Espace collectif d’écoute et de partage au Planning familial de Montpellier pour les personnes concernées par le VIH. Rendre les femmes et les hommes acteurs de leur prévention et leur donner la capacité de devenir des relais auprès d’autres femmes : Cet objectif se concrétise à travers des espaces de parole, d’écoute et d’échange, des espaces de formation qui s’articulent dans les programmes de Réduction des Risques Sexuels. Pour cela, nous poursuivrons le développement des actions existantes et en particulier : • Le dépistage précoce pour toutes et tous en population générale •

L’accueil « sexualité, femmes et VIH » à travers les permanences du MIT et l’espace de rencontre « hors hôpital » du Planning familial de Montpellier.

Les consultations de sexologie en direction des personnes vivant avec le VIH à l’hôpital Guy de Chaulliac (MIT) et hors hôpital, à l’association ENVIE et au Planning familial de Montpellier. Les rencontres en partenariat institutionnel et associatif autour du vécu des femmes séropositives.

Le programme Réduction des Risques Sexuels : Une activité internationale du Planning de l'Hérault Le Planning familial est membre de l’IPPF (International planned parenthood federation) dont la charte reprend les grands chapitres de la Convention universelle des droits humains et des traités internationaux ratifiés par de nombreux pays, dont la France. L'objectif principal est la prise en compte de la sexualité comme droit fondamental de la personne humaine. Il s'agit de promouvoir la santé sexuelle et reproductive et d'appliquer tous les droits dans ce domaine. Le Planning 34 entretient des relations avec des associations de femmes dans de nombreux pays et mène des actions de solidarité et de coopération internationale. Depuis 1998, en partenariat avec le ministère de la santé, le Planning 34 développe un programme de Réduction des Risques Sexuels (RRS) en direction des femmes en France (J.Mossuz-Lavau, DGS, CEVIPOF, 2000) et dans les DOM. L’évolution de l’épidémie du VIH en Afrique, notamment l’augmentation de la prévalence de l’infection parmi les jeunes filles et les femmes, ont renforcé notre conviction que des programmes de prévention spécifiques « femmes » étaient prioritaires et urgents. Le Planning 34 a proposé de partager son expérience dans le domaine de la prévention et de la santé sexuelle et de développer un programme en partenariat avec des associations des pays du sud. Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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Le mouvement inscrit cette action dans une démarche d’échanges de pratiques et de partages de compétences. En 2003, le MFPF confédéral a reçu le soutien financier de la World Aids Foundation pour développer le programme RRS dans 3 pays: le Cameroun, le Burkina Faso et Madagascar. Le Ministère des Affaires Etrangères et la Fondation de France en assurent le financement depuis 2005. Le Planning de l'Hérault est impliquée dans les missions menées au Burkina Faso et à Madagascar. La coordination du projet est assurée par Carine Favier, médecin au Planning 34, et devenue en 2009 présidente nationale du Mouvement.

Le Planning 34 – Rapport d'activité 2010

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Rapport d'activité 2010  

Rappport d'activité 2010

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