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Numéro 010

Avril 2016


INTRODU C TIO N Il est difficile d'imaginer un francophone qui, aujourd'hui, n'aurait jamais entendu parler du personnage de Fantômas, qu'il s'agisse de celui se mouvant librement dans les romans originaux d'Allain et Souvestre, de celui de l'adaptation en films à épisodes par Louis Feuillade pour la maison «Gaumont» ou de celui, complètement dénaturé, de l'horrible trilogie hunebellienne... En revanche, qui connaît sa version mexicaine ? Pourtant, avec une publication qui s'est étalée de mille neuf cent soixante-six à nos jours (même Page suivante : une planche du numéro 99 (novembre 1972) de «Fantomas», série dite classique.


si la portion la plus intéressante se concentre durant ses vingt premières années d'existence) et dépasse le millier de fascicules originaux, il s'agit-là (et pour de nombreuses autres raisons aussi) d'un monument de la culture populaire. Modestement, ce livre (qui n'aurait évidemment jamais pu voir le jour sans le travail acharné de conservation et de diffusion effectué depuis deux mille sept par le très sympathique Luis Arellano, curateur du blog «Mundo Fantomas», et ses divers collaborateurs) vous invite à sa découverte. Excellente lecture ! Stéphane Venanzi http://mundofantomas.blogspot.com


A gauche : le numéro 5 (juillet 1956) de «Dell junior treasury». Ci-dessous : les numéros 1 (septembre 1957), 5 (janvier 1958) et 11 (juillet 1958) de «Tesoro de cuentos clásicos». Page de droite : les numéros 5 (juin 1954), 92 (mars 1961) et 135 (octobre 1962) de «Batman — El hombre murciélago»


T ESO R O D E C U E N T OS C L ÁSI C OS Lors de son lancement en mille neuf cent cinquante-sept, la revue «Tesoro de cuentos clásicos» propose exclusivement des traductions des «Dell junior treasury» dont notamment leurs adaptations du «Magicien d'Oz», de «Tom Sawyer» ou d'«Aladin et la lampe merveilleuse». Ensuite de quoi, comme cela est souvent arrivé pour d'autres publications de la «Editorial Novaro» (même paraît-t-il pour une poignée d'épisodes intercalaires de «Batman»


ou de «Superman» — mais je n'ai toutefois jamais réussi à m'en assurer personnellement et je suis même de plus en plus convaincu qu'il ne s'agit au final que d'une simple légende urbaine, propagée par la sale habitude qu'ont certains médiocres sans talent de «copier-coller», sans jamais vérifier leurs sources, les affabulations de farceurs afin d'alimenter leurs blogs inutiles), la conception des fascicules suivants fut, quelques rééditions mises à part, entièrement (a priori en tout cas) confiée à des artistes sud-américains (parmi lesquels on peut citer


A droite : le numéro 32 (avril 1960) de «Tesoro de cuentos clásicos». Sur cette double page : les numéros 22 (novembre 1957) et 56 (septembre 1960) de «Vidas ilustres», 55 (décembre 1962) et 78 (novembre 1964) de «Epopeya» et 43 (juillet 1959) et 45 (septembre 1959) de «Aventuras de la vida real».


Ramón Alonso ou Delia Larios — ceux-ci, contrairement à la majorité de leurs collègues de l'époque, signant leurs travaux). D'où, l'abandon des vieillottes couvertures US originales et une harmonisation graphique avec les autres titres «didactiques» de l'éditeur qui avaient pour nom «Aventuras de la vida real», «Epopeya» ou «Vidas illustres». Mais aussi, à la suite des «Classics illustrated» créés par Albert Kanter en mille neuf cent quarante-et-un (et plusieurs années avant l'apparition en Espagne de la belle collection «Joyas literarias juveniles» des éditions «Bruguera») par un renouvellement complet du choix des auteurs adaptés, souvent beaucoup plus contemporains et moins A gauche, en haut : les numéros 13 (octobre 1953) et 26 (octobre 1969) de «Classics illustrated». En bas : les numéros 81 (1973) et 122 (1975) de «Joyas literarias juveniles».


conventionnels. Les lecteurs latino-américains purent ainsi se régaler de réductions soignées d'Edgar Poe, d'Emilio Salgari, de Jack London ou, entre pas mal d'autres, de Conan Doyle. Ceci jusqu'au cent troisième numéro, qui vit apparaître Fantomas en couverture. «TCC», comme est souvent acronymisée la série aujourd'hui, relatant alors durant trentequatre mois «Las «hazanas» del bandido elegante más famoso de Paris» («Les «exploits» du bandit élégant le plus fameux de Paris», pour ceux qui auraient des lacunes en espagnol), avant que celui-ci, au vu du succès remporté, n'ait droit à sa propre revue, d'abord quinzomadaire puis, à partir du numéro cent

A gauche : les numéros 55 (mars 1962), 56 (avril 1962), 59 (septembre 1962) et 72 (août 1963) de «Tesoro de cuentos clásicos».


treize, et jusqu'au sept cent vingt-sept en tout cas, hebdomadaire (les quatre ou cinq derniers fascicules connus revenant à un rythme bimensuel sans que cela n'améliore hélas ni la qualité globale du produit, en complète perte de vitesse tant au niveau du scénario que des dessins, ni ne sauve la revue d'une fin abrupte et peu glorieuse après l'invraisemblablement raté «La fortaleza negra», épisode lamentable à charge d'Arturo Salinas et du studio Martínez). Quant à «Tesoro de cuentos clásicos», une fois le cycle consacré à Fantomas conclu, la revue va d'abord reproposer nombres d'histoires déjà publiées par le passé (ne changeant généralement que l'illustration de couverture et certaiA gauche : les numéros 112 (décembre 1966), 117 (mai 1967), 119 (juillet 1967) et 120 (août 1967) de «Tesoro de cuentos clásicos».


A gauche : le numéro 8 (mars 1973) de «Sherlock Holmes» Sur cette double page : les numéros 152 (avril 1970), 156 (août 1970), 148 (décembre 1969), 86 (octobre 1964), 90 (février 1965) et 91 (mars 1965) de «Tesoro de cuentos clásicos». Les numéros 148, 152 et 156 sont respectivement les rééditions des numéros 52 (décembre 1961), 59 (septembre 1962) et 51 (novembre 1961).


nes fois même pas celle-la...). Puis, à partir du numéro cent soixante, en alternance l'un avec l'autre, elle va présenter deux «nouveaux» personnages récurrents : Arsène Lupin et Sherlock Holmes. Et, certainement dans l'espoir de renouveler le retentissant succès obtenu par la relance de l'anti-héros d'Allain et Souvestre, va adopter exactement la même politique éditoriale à leur égard. Les aventures ne sont donc plus des adaptations (comme cela avait été le cas en mille neuf cent soixante-quatre / soixantecinq pour la créature de Conan Doyle, avec la


série de réductions comprenant «El signo de los cuatro» ou «Un estudio en escarlata») mais des histoires inédites, modernisées (le plus souvent illustrées par Gonzalo Mayo, dessinateur péruvien qu'on retrouvera ensuite sur les pages de Fantomas mais dans un style beaucoup plus précieux et un peu trop référentiel à mon goût — pour le dire poliment !). Ce cycle va durer près de deux ans, jusqu'au cent huitantedeuxième fascicule de «Tesoro de cuentos clásicos». A ce moment-là, vraisemblablement convaincue de la valeur commerciale de ses


A droite : le numéro 6 (janvier 1973) d'«Arsenio Lupin». Ci-dessous : les numéros 6 (janvier 1973) de «Sherlock Holmes» ainsi que 9 (avril 1973) et 13 (août 1973) d'«Arsenio Lupin». Page de gauche : les numéros 163 (janvier 1971), 172 (octobre 1971) et 176 (février 1972) de «Tesoro de cuentos clásicos».


deux séries, la maison d'édition va offrir un titre mensuel à chacune. Malheureusement, pour je ne sais quelle raison (faibles ventes ? crise économique ? coûts devenus trop élevés, avec la promotion «Fiesta de colores» qui voulut remplacer le grossier papier traditionnellement utilisé par du papier couché de bien meilleure qualité ?), tant l'une que l'autre publication se révélera très éphémère, dépassant difficilement la vingtaine de pièces connues et se concluant au début du deuxième trimestre mille neuf cent septante-quatre. Etonnament, ce même mois d'avril mille neuf cent septante-quatre (si je ne me suis pas complètement fourvoyé dans mes calculs), la

A droite : les numéros 186 (novembre 1972), 191 (avril 1973), 192 (mai 1973) et 211 (avril 1974) de «Tesoro de cuentos clásicos».


revue «Tesoro de cuentos clásicos» (qui, sur la fin, était devenue quinzomadaire), suite à un cycle consacré aux mystères de l'Orient et un autre notamment à des récits d'horreur, avec semble-t-il une prédilection pour le thème du vampirisme, stoppera elle aussi sa publication. Le dernier numéro recensé étant le deux cent onze, intitulé : «La condesa que viajaba en una carroza funebre» («La comtesse qui circulait en corbillard»). Petits détails amusants : le numéro 59 de «Tesoro de cuentos clásicos» est daté à l'intérieur de septembre 1959 tandis que le numéro 60, qui, selon toute logique, devrait être paru après, est daté d'août 1959. Quant au numéro 120, qui suit le numéro 119 de juillet 1967 et précède le numéro 121 de septembre 1967, il est daté août 1968. Allez y comprendre quelque chose...

Pages suivantes : diverses publicités pour annoncer les nouvelles publications «Novaro» à paraître prochainement...


L E M YST È R E D ES O R I G I N ES

Un halo de mystère entoure la (re)naissance1 du Fantomas (sans accent) mexicain au milieu des années soixante. Car sa première aventure, éditée dans la revue «Tesoro de cuentos clásicos», paraît le premier mars mille neuf cent soixantesix, soit dix-neuf mois après le lancement de la traduction de «Diabolik» par la «Editormex»2 et


Page précédente : réélaboration d'une case du numéro 103 (mars 1966) de «Tesoro de cuentos clásicos». Ci-dessus : dos et couverture du numéro 5 (mai 1963) de «Diabolik». A gauche : le numéro 104 (avril 1966) de «Tesoro de cuentos clásicos». Page de droite : affiche de «Fantômas : le mort qui tue», film de Louis Feuillade, 1913


seize après la première en France du film réalisé par André Hunebelle. On pourrait donc légitimement imaginer que celle-ci doive, d'une manière ou d'une autre, quelque chose à ces deux prédécesseurs... Or, si l'on excepte de très rares emprunts directs, lors de leurs premiers mois d'existence respectifs, aux romans d'origine d'Allain et Souvestre (telle la paire de gants en peau humaine du «Mort qui tue» qu'on


retrouve aussi bien dans «Il genio del delitto», «Diabolik» cinq, que dans «La venganza de Fantomas», «Tesoro de cuentos clásicos» cent quatre) et le fait qu'à l'instar de son collègue italien, Fantomas conduit (pour un temps) une Jaguar Type E3, quasiment rien ne semble rapprocher les deux anti-héros de bande dessinée (par exemple : l'un voue une passion exclusive à sa compagne Eva Kant, tandis que l'autre vit entouré d'un harem d'assistantes toutes plus sexy les unes que les autres et ne dédaigne pas


Pages précédentes : une image du «Fantomas» d'André Hunebelle (1964) et réélaboration d'une case du numéro 109 (septembre 1966) de «Tesoro de cuentos clásicos».


A droite : le numéro 103 (mars 1966) de «Tesoro de cuentos clásicos». Ci-dessous : les numéros 111 (novembre 1966) de «Tesoro de cuentos clásicos» ainsi que 26 (janvier 1970) et 201 (février 1975) de «Fantomas» série dite classique. Page de gauche : Fantomas et ses assistantes en plein travail, dans le numéro 98 (novembre 1972) de «Fantomas» série dite classique.


les aventures éphémères avec les stars du septième art4 ; l'un vole pour le sport — ou par revanche contre cette société dont il abhorre l'hypocrisie — et il est rare qu'on le surprenne à lire autre chose qu'un quotidien susceptible de lui fournir l'idée d'un nouveau coup, tandis que l'autre est féru de peinture, visiteur assidu de musées et galeries5, et bibliophile6, de plus, il n'est pas inhabituel qu'il fasse montre d'un cer-


tain patriotisme, comme la fois où il a «enlevé» le château de Versailles pour le restaurer7 ou lorsqu'il a accepté la légion d'honneur8 ; enfin, peut-être encore plus notable, malgré ses gadgets, l'un ne tend qu'au réalisme, à la vraisemblabilité, tandis que l'autre aborde tous les aspects de la science-fiction ou du fantastique, du voyage dans le temps9 aux zombies10 en passant par l'uchronie — l'excellente saga qui Page de gauche : case extraite du numéro 2-526 (août 1981) de «Fantomas», série «Aguila». Ci-dessus, case extraite du numéro 2-365 (juillet 1978) de «Fantomas», série «Aguila».


l'a vu s'opposer au fils d'Hitler11 — ou les robots vampires12). Quant aux rapports entre le contenu du cent troisième «Tesoro de cuentos clásicos» et le long métrage mettant en vedette Jean Marais et Louis de Funès, l'affaire se révèle encore plus troublante, car s'il est indéniable que cette première histoire de la «menace élégante» est indubitablement calquée sur l'adaptation sixties du personnage d'Allain et Souvestre, celle-ci d'adaptation ne serait, si l'on en croit «Imdb», sortie au Mexique que le vingt-huit décembre mille neuf cent soixante-sept (donc dix-neuf mois après la publication dudit cent troisième «TCC»). D'ailleurs, nombre de petites difféPage de gauche : les numéros 2-541 (novembre 1981), 2-542, 2-543 et 2-544 (décembre 1981) de «Fantomas», série «Aguila». Quatre chapitres de la saga opposant la «menace élégante» au diabolique Papá Loi.


A gauche : le numéro 14 (juillet 1969) de «Fantomas», série dite classique. Ci-dessous : les numéros 155, 156 et 157 (février 1974) de «Fantomas», série dite classique. Page de droite : les numéros 2-416, 2417, 2-418 et 2419 (juillet 1979) de «Fantomas», série «Aguila». Quatre chapitres de la saga opposant la «menace élégante» au fils d'Hitler.


rences laissent à penser que tant le scénariste Guillermo Mendizábal que le dessinateur Rubén Lara y Romero n'avaient pas réellement vu le film avant de réaliser leur version. Peut-être, Lara, grand amateur de cinéma, selon les dires de sa veuve (il s'est notamment inspiré du faciès de Yul Brynner pour modeler le masque de son Fantomas et, après quelques tâtonnements, du précité Jean Marais pour camper le


journaliste Fandor13) donc, grand amateur de cinéma au train de vie relativement aisé, peutêtre Lara avait-il eu accès d'une manière ou d'une autre (connaissances dans le milieu du

Page de gauche : Yul Brynner et un Fantomas extrait du numéro 109 (septembre 1966) de «Tesoro de cuentos clásicos». Ci-dessus : Fandor dans une case du numéro 23 (décembre 1969) de «Fantomas», série dite classique et Jean Marais photographié par Hubert Grooteclaes.


A droite : le numéro 23 (décembre 1969) de «Fantomas», série dite classique. Ci-dessous : les numéros 108 (août 1966), 109 (septembre 1966) et 132 (août 1968) de «Tesoro de cuentos clásicos». Page de gauche : les numéros 122 (octobre 1967), 130 (juin 1968), 126 (février 1968) et 135 (novembre 1968) de «Tesoro de cuentos clásicos».


septième art, voyage à l'étranger) à un reportage illustré ou à un dossier de presse avant la première mexicaine. Ce qui pourrait ainsi autant indiquer d'où lui est venue l'idée de proposer à la «Editorial Novaro», en couple avec Guillermo Mendizábal, une tentative de relance du personnage, qu'expliquer tous les


détails non concordants existants entre le long métrage français et le premier épisode de la BD... Comme, par exemple, pour quelle raison le «F», signature de Fantomas qui, dans le

sous-James Bond hunebellien, apparaît sur la poitrine de Fandor est tracé, dans la bande dessinée, dans la paume du journaliste (quoique ce changement particulier puisse tout aussi bien


être uniquement dû à la censure locale, aussi stupide, irrationnelle et pudibonde que toutes les censures du monde, qui aurait pu trouver inconvenant dans une publication destinée à la jeunesse d'exhiber le torse dénudé d'un personnage masculin...), ou pourquoi, lors de la poursuite sur le toit, après le vol des bijoux, Gerard


n'est plus seul face à son ennemi mais entouré de policiers armés qui tirent dans tous les sens (quoique là aussi, il puisse exister une toute autre explication, à savoir que les deux auteurs, contraints par le nombre restreint de pages à leur disposition d'élaguer certaines péripéties de l'intrigue originale, de la même manière qu'ils ont combiné le premier enlèvement de Fandor avec le modus operandi de celui d'Hélène Gurn pour dynamiser leur récit, après avoir purement et simplement supprimé le passage davantage amusant que rocambolesque de la grue de chantier, ont voulu, par le recours à une Pages précédentes : le réveil de Fandor tel qu'il est montré dans le film d'André Hunebelle et son équivalent dans la bande dessinée mexicaine. L'affiche américaine du premier «Fantomas» d'André Hunebelle. Enfin, trois pages du numéro 103 (mars 1966) de «Tesoro de cuentos clásicos», qui témoignent des évidentes libertés prises par l'équipe mexicaine vis-à-vis du modèle français pour raconter la fuite de la «menace élégante».


escouade de flics excités de la gâchette, rendre la fuite de la «menace élégante» plus spectaculaire quelle n'aurait été autrement si l'inspecteur seul s'était retrouvé à ses trousses...). Hélas,

certainement ne le saurons nous jamais car, «Fantomas» n'étant qu'une bande dessinée populaire, rien de bien sérieux n'a jamais été entrepris à l'époque pour en connaître la genèse ou les secrets de fabrication. Et aujourd'hui,


même si certains, tels le mexicain Luis Arellano, in arte Luis Van, curateur du blog «Mundo Fantomas», ne ménagent pas leurs efforts pour remettre en lumière (et si possible replacer dans leur contexte) les exploits du personnage, la plupart des artisans ayant oeuvré Page de gauche : couverture d'un des livres d'Alfredo Cardona Peña. Ci-dessus : le très prolifique Sotero García Reyes au travail. Page suivante : réélaboration d'une case du numéro 133 (septembre 1968) de «Tesoro de cuentos clásicos».


sur la série à ses débuts, tels Rubén Lara y Romero (créateur graphique) et Guillermo Mendizábal (scénariste), ou Alfredo Cardona Peña (directeur de la publication) et Manuel Moro Cid (directeur artistique), sont à présent décédés et ne pourront donc plus rien nous révéler.


Ci-dessus : publicité pour annoncer le lancement de la revue «Fantomas». Page suivante : couverture du livre d'Alfredo Castelli : «Fantômas : un secolo di terrore» (2011).


Notes : 1) En effet, comme le signale Alfredo Castelli (créateur de «Martin Mystere», «Zona X» ou encore «Storie da Altrove» pour Sergio Bonelli mais aussi des «Aristocrates / Gentlemen», qui avaient été publiés un temps dans «Pif Gadget» avant d'être repris en album, notamment par «Novedi») donc, comme le signale Alfredo Castelli dans son ouvrage «Fantômas : un secolo di terrore» («Coniglio editore»), il existait au Mexique, dès mille neuf cent trente-sept, de «faux» Fantomas, semble-t-il passablement populaires — et déjà sans accent circonflexe ! 2) Selon «Diabolik in the world — Guida alle edizioni estere di Diabolik» de Marco Sanna (janvier deux mille un), l'édition mexicaine, débutée en août mille neuf cent soixante-quatre, est


la première tentative d'exportation du personnage créé par les soeurs Giussani et l'unique à respecter l'ordre de parution italien. Elle ne durera toutefois pas plus de quatre ou cinq numéros. 3) Première apparition certaine dans «Tesoro de cuentos clásicos» cent neuf, page vingt-trois («Fantomas y la baronesa»). Je me permets de préciser «certaine» car Ruben Lara, malgré tout son talent, n'a jamais été semble-t-il très fort pour dessiner les voitures en mouvement, cf. la différence entre la magnifique Jaguar Type E de ladite page vingt-trois et l'espèce de Citroën de la page suivante qui devrait toutefois être le même véhicule... 4) Le plus souvent anonymes aux débuts de la série (ou alors, s'il s'agit de célébrités, unique-


Page précédente : une planche du numéro 171 (juillet 1974) de «Fantomas», série dite classique. Ci-dessus : Raquel Welch portraiturée avec style par Victor Cruz dans le numéro 198 (janvier 1975) de «Fantomas», série dite classique.


ment citées en cours de dialogue, comme Sophia Loren dans le final de «Fantomas», série dite classique, dix-sept, «La boda de Fantomas»), les beautés entourant la «menace élégante» vont rapidement devenir, sous la double influence du scénariste Gonzalo Martré et du dessinateur Victor Cruz, de plus en plus régulièrement des actrices ou des personnages célèbres. On peut ainsi citer Monica Vitti («Fantomas», série dite classique, cent septante et un, «La Corona de Carlomagno»), Maria Schneider («Fantomas», série «Aguila», deux cent quarante-huit, «El Auto Invencible»), Ira von Furstenberg ou même Susan Sontag (les deux dernières dans «Fantomas», série dite classique, deux cent un : «La inteligencia en llamas»). Quant à Raquel Welch, seulement


annoncée au terme de «Fantomas» (série dite classique) quatorze («El día que desapareció Versalles»), elle sera en revanche promue au rang de coprotagoniste à part entière dans le «Fantomas» (série dite classique) cent nonantehuit («La copa»). 5) Voir, par exemple, dans «Tesoro de cuentos clásicos» cent trente- six («Fantomas, Semo, el psicoanálisis y el robot C-19»), le programme initialement préparé par la «menace élégante» pour distraire le Professeur, lorsque celui-ci décide de venir passer quelques jours de repos en sa compagnie : «Ce matin, nous irons visiter le Salon Carré, au Musée du Louvres, ensuite nous mangerons à l'Hôtel de Crillon. Dans l'après-midi, nous irons à une exposition du sculpteur Calder...» Mais ce n'est là qu'un


exemple. D'innombrables autres séquences (quand ce n'est pas carrément l'histoire entière — comme dans la «fausse» trilogie, publiée dans «Fantomas», série dite classique, numéros cent cinquante-cinq à cent cinquante-sept, «La venus del lago» / «Un pedacito de antigüedad en cada bolsillo» / «Una Venus para la tumba de Fantomas») témoignent de l'intérêt marqué de Fantomas pour la peinture ou la sculpture. 6) Voir, notamment, «Fantomas» (série dite classique) cent vingt-huit («Los libros más caros del planeta») et deux cent un («La inteligencia en llamas»). 7) Voir «Fantomas» (série dite classique) quatorze («El día que desapareció Versalles»).

Pages précédentes : une planche du numéro 136 (décembre 1968) de «Tesoro de cuentos clásicos» et une du numéro 128 (août 1973) de «Fantomas», série dite classique.


8) Voir «Tesoro de cuentos clásicos» cent trente-trois («El día en que Gerard condecoró a Fantomas»). 9) Voir, notamment, «Tesoro de cuentos clásicos» cent onze («Fantomas y la máquina del tiempo») de même que «Fantomas» (série dite classique) vingt-six («El día que Fantomas cenó con Da Vinci») et quarante-six («Encuentro en el pasado»). 10) Voir notamment la saga «El diabólico Papá Loi», publiée dans «Fantomas» (série «Aguila») numéros cinq cent trente-sept à cinq cent quarante-cinq. 11) Voir la saga «El hijo de Hitler», publiée dans «Fantomas» (série «Aguila») numéros quatre cent onze à quatre cent vingt-sept. 12) Voir «Fantomas» (série dite classique)


vingt-huit («El robot Vampiro»). 13) Comme c'est particulièrement notable dans la première case de la dix-septième page de «Fantomas» (série dite classique) vingt-trois («Los funerales de Fantomas»). A noter toutefois qu'il existe un précédent assez singulier : la dernière case de la dix-neuvième page de «Tesoro de cuentos clásicos» cent cinq («Fantomas espía»). Singulier car, si on peut tout aussi clairement remarquer que le dessinateur de l'épisode s'est inspiré d'un portrait de Jean Marais pour camper Fandor en revanche, rien ne permet d'affirmer que l'auteur desdites planches soit réellement Rubén Lara y Romero, Pages précédentes : une publicité parue dans le numéro 2-535 (septembre 1981) de «Fantomas», série «Aguila», pour annoncer le début, deux semaines plus tard, de la saga «El diabólico Papá Loi» et la première planche du numéro 2-426 (septembre 1979) de «Fantomas», série «Aguila».


du moment où son nom n'apparaît nulle part et le style graphique se révèle, dans l'ensemble, bien plus raide qu'à l'accoutumée. De plus, les deux autres histoires non signées par Lara à la même époque («Tesoro de cuentos clásicos» cent sept, «Fantomas se escapa», et cent huit, «Fantomas y el robot») n'étaient effectivement pas de sa main mais, selon le blog «Mundo Fantomas», de celle de son ancien assistant Victor Cruz (qui, avec son propre studio, signera ensuite plus de six cents fascicules de la «menace élégante»). Une double question demeure donc : qui est le dessinateur de «Fantomas espía» et pour quelle raison a-t-il fallu attendre trois ans et demi avant que Fandor ne retrouve vraiment, sous le crayon de Rubén Lara y Romero, les traits de Jean Marais ?


CEPENDANT QUE LES AUTRES CHERCHENT À RETROUVER LE TITRE DU FILM DONT EST TIRÉE LA PHOTO CI-DESSOUS...

Vous pensez détenir la bonne réponse ? Alors envoyez-la sans tarder à : vstphane@ymail.com et peut-être aurez-vous la chance de gagner un abonnement d'une année à «La machine à démonter le temps et l'espace». Bonne chance !


U N E E X C L USI V I T É D E «L A M A C H I N E À D É M O N T E R L E T E M PS E T L ' ESP A C E » Ci-après, vous allez pouvoir lire une brève histoire de Fantomas, initialement parue dans le numéro 190 (décembre 1974) de la série dite classique. C'est, vraisemblablement, la toute première publication en français d'une aventure de la «menace élégante», alors profitez-en bien...


La machine à démonter le temps et l'espace est éditée par «Les éditions de la saucisse et du saucisson» et paraît dix fois par année. Numéro 10, avril 2016 Tous les textes sont de Stéphane Venanzi. Quant aux photos, qui demeurent la propriété exclusive de leurs ayant-droits, elles sont reproduites ici uniquement à titre d'exemple. Abonnement pour 1 année (10 numéros) : 20 francs suisses à verser sur le CCP 87-190546-6 au nom de Stéphane Venanzi.

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