Numéro 004
Octobre 2015
PAULIN SOUMANOU VIEYRA
Je n'ai jamais très bien compris cet éperdu besoin de reconnaissance dont souffrent la plupart des gens (ni, à l'opposé, le désir impérieux de l'autre majorité de bipèdes polluant cette terre de se fondre dans une masse indistincte). Par exemple, j'apprécie grandement les comé-
6
dies salaces avec Lino Banfi ou Alvaro Vitali, j'en regarde volontiers, j'en possède des dizaines en DVD et je peux aisément vous dire ce que j'y trouve de plaisant (outre la plastique souvent parfaite des interprètes féminines). Pour autant, si vous ne partagez pas mon avis, peu m'en chaut. Je ne vais clamer nulle part qu'il s'agit là du meilleur filon de la cinémato7
graphie internationale et encore moins consacrer une publication entière à ce genre dénigré pour essayer, numéro après numéro, d'imposer mes enthousiasmes au reste du monde (comme les connards de «Mad Movies» ou d'«HK» l'ont fait ou continuent de le faire depuis des années pour leur genre de prédilection). De même, je n'ai jamais été très convaincu par les subites réécritures de l'histoire de l'art, qu'il s'agisse de celle du cinéma ou de n'importe 8
Ce qu'il y a de génial au «MUDAC», comme il n'y a strictement rien à y voir (et encore moins à y ressentir — à part peut-être si vous êtes collectionneur de vieilles horloges ringardes), c'est que les peigne-zizis branchés qui le fréquentent squattent le milieu des salles (qui sont vastes) pour y raconter leurs vacances passées ou leur prochain week-end. Ça change de ces musées austères où les vieux cons aigris (dans mon genre) espèrent un minimum de silence pour s'imprégner de la beauté (ou non) des objets exposés. Sinon, la raison de ma visite en cet antre du bluff «comptant pour rien» était motivée, non par une volonté de trouver une excuse pour regretter là où s'engloutit une partie de mes 27
impôts (je n'en paie de toute façon pas) ni par ce trend très «feminesque» du «j'ai testé pour vous», mais parce que les navrants de l'institution, à l'instar de beaucoup d'autres navrants du même genre, inconsciemment conscients de la médiocrité de ce qu'ils proposent habituellement, cherchent à récupérer la culture popu-
28
Répondez juste à la question ci-dessous et gagnez, si vous êtes tiré au sort, l'un des deux coffrets DVD «Guy Milliard, L'intime et le monde» (édité par «Earthling Productions») : A quel vidéaste new yorkais, Guy Milliard rendait-il hommage en réalisant son court métrage «Une vidéo-correspondance (lettre quatre)» ? Envoyez votre (si possible bonne) réponse à vstphane@ymail. com, d'ici au premier novembre et espérez ! Les gagnants seront avisés personnellement. Aucun droit de recours possible.
Ça partait plutôt mal à la base : un Fulci en bout de course, miné par divers graves problèmes de santé, que la non-reconnaissance de son travail autant que l'idolâtrie aveugle vouée à sa (brève) période gore aigrissait, une industrie italienne toujours aussi crapuleuse mais de moins en moins compétitive, préférant jouer la carte de la facilité et du recyclage, des tournages éclairs non plus en trente-cinq mais en seize millimètres (que le tirage souvent aléatoire des copies d'exploitation faisait apparaître encore plus misérables à l'écran) et, globalement, une société en pleine déliquescence, à la violence, à l'égoïsme et à la laideur insupportable (voir par exemple le bouquin de Manuela 57
Fugenzi, dans la collection «Storia fotografica della società italiana» : «Il mito del benessere», chez «Editori riuniti»). Pourtant, ce bon Lucio, loin de louper son coup comme cela a pu lui arriver précédemment (là, je laisse un blanc pour que chacun puisse y glisser les titres des films qui lui déplaisent le plus dans la carrière du «maestro» — comme écrivent les critiques franchouillards qui croient parler couramment latin ! — 58
Allez-y,
LA FAMILLE TAPEDUR, par Janet et Allan Ahlberg En voilà un petit livre singulier ! Une histoire dont on peut aussi bien apprécier le caractère
loufoque (la famille au complet qui porte des gants de boxe, même pour jouer du piano ou aux dames, le boxeur paresseux qui préfère lire le journal, boire de la bière et manger des gâteaux à la crème) que regretter peut-être la 75
Les faux amateurs de jazz sont de vrais connards, j'en ai encore eu la preuve l'autre soir à l'«AMR», lors du concert d'Enrico Pieranunzi, où la moitié de la salle transpirait dans une somnolence extatique assez insupportable. Par chance, avec les deux lascars qui vont se produire à la «Cave 12» le trente septembre, le
78
légendaire Peter Brötzmann et le non moins passionnant Steve Noble, impossible de s'assoupir. Une écoute, même distraite (si tant est que cela soit possible), de leur remarquable CD «I am here where are you» (paru chez «Trost», en deux mille treize et disponible sur la page «Bandcamp» du label) devrait vous en convaincre facilement. https://trostrecords.bandcamp.com/album/i-am-here-where-are-you http://www.cave12.org/PETER-BROTZMANN-STEVE-NOBLEDUO
79
La machine à démonter le temps et l'espace est éditée par «Les éditions de la saucisse et du saucisson» et paraît dix fois par année. Numéro 4, octobre 2015 Tous les textes sont de Stéphane Venanzi. Quant aux photos, qui demeurent la propriété exclusive de leurs ayant-droits, elles sont reproduites ici uniquement à titre d'exemple. Abonnement pour 1 année (10 numéros) : 20 francs suisses à verser sur le CCP 87-190546-6 au nom de Stéphane Venanzi.