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La Machine A Démonter Le Temps Et L'Espace 006 — preview

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Numéro 006

Décembre 2015

JESS FRANCO : LUST FOR FRANKENSTEIN


Un peu par snobisme / racisme envers ces Américains coincés, plus grands producteurs mondiaux de pornographie mais effarouchés par les outrances du petit Jesus, un peu par aversion pour la censure sous toutes ses formes, je n'avais jamais pris la peine de regarder les versions US de films comme «Lust for Frankenstein» ou «Mari-Cookie and the killer tarantula». Et je m'étais donc tapé les montages

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originaux, avec scènes de cul languissantes, prise de son déficiente et dialogues incompréhensibles, ânonnés en un anglais aléatoire. Or, contrairement à ce que beaucoup veulent bien croire, les textes (voix-off et autres), aussi ténus puissent-ils de prime abord paraître, demeurent très importants dans le cinéma de Jess Franco. En concomitance avec la musique, ils exaspèrent souvent les situations les plus dramatiques comme les climats délétères (qu'on pense aux monologues d'Irina Karlstein dans «La comtesse noire»). Ou, à l'inverse, se font le véhicule 3


des blagues, souvent référentielles et railleuses, du petit Jesus. D'ailleurs, rien n'est pire que son singulier humour mal traduit dans la langue de Shakespeare. Du coup, je restais la plupart du temps frustré par ma vision des productions «One shot», ne réussissant jamais réellement à comprendre ce qui se dissimulait derrière des histoires en apparence dépouillées à l'extrême. Jusqu'à ce dimanche après-midi de fin octobre tout au moins. Car, n'ayant rien de vraiment 4


particulier à bricoler ce jour-là, je décidais, juste pour me rafraîchir la mémoire, après avoir relu les «photo comics» édités par «Draculina» et écris l'article que vous avez (peut-être) parcouru le mois passé, je décidais de jeter un nouveau coup d'oeil au premier titre du doublé. Au cas où... On ne sait jamais... Je glissais donc mon vieux DVD (celui édité par «Shock-O-Rama Cinema» en deux mille un)

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Pour des questions de place et de mise en page, un édito réduit à l'extrême. Juste pour vous signaler une chose et vous en promettre une autre. D'abord, que si la suite des aventures de Bernardo Otero n'est à nouveau pas présente dans ce numéro (remplacée par un mini-recueil de poèmes), ce n'est pas parce que ce pauvre détective privé s'en est allé rejoindre le nombre déjà conséquent de mes projets abandonnés en cours de route. Au contraire, il serait même fort probable qu'il débute l'année prochaine à la tête de sa propre publication bimestrielle. Ne reste plus qu'à trouver un brave illustrateur pour lancer le truc... Une affaire donc, comme tout feuilleton qui se respecte, à suivre ! Ensuite, promis, ce long papier de quarante pages est le dernier (pour un moment en tout cas !) consacré à Jess Franco. Dès le mois prochain, je vous parlerai d'opéra, de céramique et de que sais-je encore mais plus du petit Jesus, c'est juré ! 66


COUNTRY COOKING : CAPE JAZZ (2015) «Country cooking», la formation genevoise qui rend hommage au «Cape jazz» (voir le numéro

trois de «La machine», au cas ou vous auriez besoin de vous rafraîchir les papilles gustatives) a publié, sur sa page bandcamp, une délicieuse démo cinq titres. 67


Au menu de ce trop frugal festin (moins de vingt et une minutes — soit à peine le temps s'écoulant généralement entre l'ingurgitaion et l'inévitable régurgitation d'un infâme hamburger !), que des plats solides et onctueux. De la vraie bonne cuisine du terroir, aussi raffinée (dans son apparente simplicité) qu'épicée. Et composée à partir des meilleurs ingrédients disponibles non pas sur le marché mais au 68


«Qui se souvient encore de Capucine ?» Une question qui pourrait paraître cruelle mais qui se révèle surtout ridicule. Emblématique d'une époque où des machins anodins sont sacrés plus belles femmes du monde par des crétins ethnocentrés autant qu'amnésiques (on voit d'ail71


leurs bien qu'ils ne connaissent pas ma moitié, ces pauvres hères, sinon ils feraient une syncope !). Et puis, je n'ai jamais été très porté sur 72


l'hagiographie. Je pourrais même dire que c'est un genre qui me répugne particulièrement. Tant pis pour Blaise Hofmann et son roman !

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Par chance, demeure tout le reste : de superbes tirages d'époque de Georges Dambier, des affiches à la composition saisissante, véritables explosions de couleurs («La septième aube») ou à l'élégante recherche graphique («La rue chaude»), et du matériel publicitaire d'un temps où vendre un produit n'empêchait nullement de faire preuve d'un peu de bon goût, qualité qui semble hélas aujourd'hui complètement perdue

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CEPENDANT QUE LES AUTRES CHERCHENT À RETROUVER LE TITRE DU FILM DONT EST TIRÉE LA PHOTO CI-DESSOUS...

Vous pensez détenir la bonne réponse ? Alors envoyez la sans tarder à : vstphane@ymail.com et peut-être aurez-vous la chance de gagner un abonnement d'une année à «La machine à démonter le temps et l'espace». Bonne chance ! 79


La machine à démonter le temps et l'espace est éditée par «Les éditions de la saucisse et du saucisson» et paraît dix fois par année. Numéro 6, décembre 2015 Tous les textes sont de Stéphane Venanzi. Quant aux photos, qui demeurent la propriété exclusive de leurs ayant-droits, elles sont reproduites ici uniquement à titre d'exemple. Abonnement pour 1 année (10 numéros) : 20 francs suisses à verser sur le CCP 87-190546-6 au nom de Stéphane Venanzi.


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