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La Machine A Démonter Le Temps Et L'Espace 003

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Numéro 003

Septembre 2015

LES ARCHIVES DE IAN BRUCE HUNTLEY


«La machine à démonter le temps et l'espace» fait peau neuve. Sa pagination triple, toujours sans aucune pub susceptible de vous souiller la vue, mais avec un fascicule populaire à détacher (?!) en cadeau. Celui-ci narre les nouvelles aventures du détective privé Bernardo Otero, déjà protagoniste du «Vol plané de la danseuses étoile», publié l'automne dernier par «Les éditions de la saucisse et du saucisson» (et toujours disponible à l'achat, si cela vous intéresse). Par la suite, les enquêtes de ce privé qui n'aime ni les flics ni les curés (et encore moins les riches) s'alterneront avec d'autres histoires, tous genres confondus, de la poésie et même du


théâtre pour enfant. Quant à la fréquence de parution de la publication, elle va se stabiliser autour des dix numéros par année. Tout ça pour vingt francs seulement (à verser sur le CCP 87-190546-6 au nom de Stéphane Venanzi). Parce que oui, ami pin-

gre de la gratuité virtuelle, j'ai le regret de vous l'annoncer, dès le prochain numéro, «La machine» ne sera plus disponible sans bourse délier sur ce blog, vous serez obligés de vous abonner si vous désirez continuer à vous régaler de nos élucubrations surexcitées (le bureau commercial


attire mon attention sur le fait qu'il aurait été assurément plus vendeur d'écrire : «si vous désirez continuer à vous régaler de nos pertinentes analyses», mais je n'ai malheureusement jamais été très doué comme camelot...). Enfin, rassurez-vous, l'avertissement en couverture de ce numéro n'est pas apparu parce qu'un quelconque groupe bien-pensant («Blogger» ?) nous aurait remonté les bretelles au sujet de la poignée de (délicieuses) nudités ou de (visqueuses) flaques de sang qui ornent nos pages mais parce que nous désirions doubler d'un coup notre nombre de lecteurs. En effet, n'affirme-t-on pas qu'un homme averti en vaut deux ? Sur ce, bonne lecture et rendez-vous le mois prochain — j'espère !


On ne peut pas tous être calés en géographie, c'est un fait. Ainsi, une demi-heure avant le concert du «Kalakuti Orchestra», dans le cadre de la trente-troisième fête de l'«AMR» aux Cropettes, le dimanche vingt-huit juin, j'ai entendu un grand con péremptoire à chapeau ridicule (c'était la mode, cette année !) affirmer à son copain (qui lui ressemblait comme un frère) qu'il n'irait pas écouter ce quintet car il en avait marre de cette musique sud-africaine (!!). Que lui répondre (à part d'envisager de se suicider pour le bien-être du reste de l'humanité) ? Déjà, si on peut peut-être effectivement noter un certain intérêt pour la musique en provenance du pays qui a vu naître Dumile Feni, dans des formations telles que «Major Taylor»


ou «Country Cooking, jazz sud-africain & plus» (cf. articles annexes), ce n'est pas non plus comme si tous les musiciens de l'«AMR» ne jouaient que ça. Loin s'en faut.

Ensuite, «Kalakuti Orchestra» est un hommage à Fela Anikulapo Kuti, inventeur de l'afrobeat (avec Tony Allen) et rebelle nigérian ! Quant à l'excellent multi-saxophoniste Aina Rakotobe, comme son nom l'indique clairement, il est d'origine malgache.


Effectivement, on ne peut pas tous être calés en géographie. A défaut, on peut toutefois éviter de dire des conneries en public et tenter d'améliorer la qualité de ses goûts musicaux. Notamment en écoutant les cinquante et quelques heures de jazz sud-africain disponibles en ligne à l'adresse suivante : http://electricjive.blogspot. ch/p/ibh-audio-archive-posts.html. Les gaillards d'«Electric Jive», l'admirable blog consacré à toutes les musiques de la pointe de l'Afrique (ils ont même offert à nos oreilles, qui n'en demandaient pas tant, un disque de «boeremusiek» — ce à quoi je répondrai, paraphrasant Peter Brötzmann : «Fuck the Boere» !) bref, les gaillards d'«Electric Jive» se sont impliqués dans un projet colossal. Mettre à la disposition de tout un chacun, même des


grands cons péremptoires à chapeau ridicule, les archives sonores et photographiques de Ian Bruce Huntley. Mais qui c'est ce mec-là, Ian Bruce Huntley ? vous demanderez-vous immédiatement, en espérant recevoir de moi une réponse simpliste qui vous permette de le ranger dans une case d'où vous pourrez facilement l'extraire, si jamais son nom refait surface un jour au cours d'une réunion mondaine... Eh bien !, disons, pour simplifier justement, que ça a été un des nombreux résistants quotidiens à l'apartheid doublé d'un passionné de jazz (ce qui en fait deux fois un brave type). Certes, il n'a pas séjourné en prison (pour autant que je sache) et il est nettement moins médiatique que les crapules (historiques ou non) de l'«ANC» (voir, au


sujet de la crapulerie de ces «intouchables», le documentaire «Behind the rainbow — Le pouvoir détruit-il le rêve ?» de Jihan El Tahri) mais il a collaboré de nombreuses manières, pendant près d'une décennie, à rendre vivant le jazz à Cape Town. Et, avec son appareil photo Leica de seconde main et son enregistreur Tandberg Series 6X, il en a conservé diverses traces. Preuves magnifiques nous réaffirmant aujourd'hui qu'il est toujours possible, contrairement à ce qu'essaye de nous inculquer la lâcheté et la résignation néolibérales, qu'il est toujours possible (en plus d'être éthiquement souhaitable) de résister à l'horreur, qu'importe le masque derrière lequel elle cache son hideux visage. Stéphane Venanzi


Tous, lorsqu'il s'agira de vous vendre leur soupe, invoqueront la passion et l'amour qu'ils ont mis dans la réalisation de leur projet. Tant pis si après vous vous retrouvez avec un pavé qui ne reproduit PAS les éditions originales de San-Antonio (les premiers volumes de la collection paraissant chez «Bouquins», dirigée par François Rivière) ou avec des films au format fantaisiste (le surréaliste coffret Allan Dwan de


«Carlotta»). L'important : c'est la passion et l'amour (et un peu aussi que vous ayez craché au bassinet). Le reste, on s'en fout ! C'est du ronchonnement de «puriste» (comprenez par là, les récriminations futiles d'un vieux con aigri jamais satisfait de rien).

A «Electric Jive», les mecs parlent aussi (un peu) du geste d'amour que constitue la sauvegarde et la mise à disposition publique des archives de Ian Bruce Huntley. Mais eux ne se contentent pas de parler. Ils agissent !


Ainsi, le livre (a priori beau — je n'ai pas encore assez d'abonnés pour pouvoir me permettre de le commander pour vérifier) qu'ils ont publié, «Keeping Time 1964 — 1974, The photographs and Cape Town jazz recordings of Ian Bruce Huntley», le livre, disais-je, outre d'être proposé en version papier à prix coûtant (ce qui est déjà sympa) est aussi téléchargeable gratuitement sur le site : http://electricjive.


blogspot.ch/p/ibh-audio-archive-posts.html Imaginez un peu : cent vingt photos restaurées et annotées, une introduction, une notice biographique, un essai et, last but not least, un listing complet répertoriant le contenu des cinquante-six heures de musique enregistrées par Ian Bruce Huntley. N'est-ce pas là une preuve irréfragable que la vie vaut la peine d'être vécue (au moins pendant cinquante-six heures) ? Bon, je vous le concède, si vous venez de lâcher cet article pour vous empresser de downloader l'objet et qu'une légère déception vous assaille, la définition de cette version pdf est regrettablement un peu faible. Mais que diable ! Ce sont les mecs d'«Electric Jive» qui vous l'offrent. Vous comprenez ce que ça signifie ? Ce ne sont pas des petits malins qui ont


illégalement scanné le bouquin pour le mettre en ligne (et refiler en sous-main, plus ou moins consciemment, de l'argent à la mafia russe). Ce sont les mecs qui ont bossé des mois sur ce projet, sans espérer gagner un centime, juste

pour le plaisir lié à l'appréciation d'un pan entier d'une sublime musique autrement irrémédiablement vouée à l'oubli et l'idée qu'une société meilleure, sans ségrégation d'aucune sorte, puisse exister, qui vous en font cadeau. Alors, essuyez-vous la bouche et dites merci !


Dumile Feni (qui a signé, au charbon de bois sur du papier journal, la saisissante fresque de près de trois mètres carrés «African Guernica»

en référence à Pablo Picasso, pompant assez ouvertement, trente ans après, un ogre ayant lui-même déjà tout pompé, trente ans auparavant, chez les «nègres», comme on les appe-


lait à l'époque — ça devient compliqué !) a aussi réalisé plusieurs pochettes de disques. Notamment celle du «Home is where the music is» d'Hugh Masekela (l'originale — depuis, elle a été changée au profit (?!) d'une banale photo en pied de Masekela rappelant furieusement la couverture de son très funky «Give it up / District six» de mille neuf cent huitante et un). Celle du «Gideon plays» de Gideon Nxumalo (un pianiste dont le blog «Electric jive» propose, à défaut dudit «Gideon plays», les excellents «Jazz fantasya» et «Early-mart» et auquel Sam Nhlengethwa a rendu un joli hommage avec son «Ode to Gideon Nxumalo and Chris McGregor», peinture / collage visible, en même temps que près d'une centaine d'autres pièces du même artiste, ici : www.rosekorberart.com/


artists/nhlengethwa.htm. A noter que dans cette sélection on trouve aussi une belle lithographie intitulée «Tribute to Dumile Feni»...). Et enfin, celle de l'album éponyme de «Jabula» et celle du «Wind of change» (featuring Chico Freeman) de Julian Bahula (voir le site : www.jabulamusic.com)... Autant de titres qu'évidemment, si vous êtes un


amateur de jazz (mais pas que... comme dirait Frédéric Goaty) éclairé (ou que vous espérez le devenir un jour...), je ne peux que vous encourager à ajouter à votre collection.


ÂŤZwelidumileÂť, le documentaire de Suleman Ramadan sur l'artiste sud-africain Dumile Feni se rapproche d'avantage, et ce n'est pas le moin-


dre de ses attraits, du «Dossier secret» d'Orson Welles que des biographies de stars produites pour la télévision. Les diverses interventions de gens l'ayant connu ne se recoupent pas forcément, de même que les dates ou les lieux évoqués, ajoutant encore au mystère de cette personnalité complexe au destin hélas tragique. Un destin, comme on peut s'en douter, indubitablement lié à / conditionné par la situation politique atroce de l'Afrique du Sud au temps de l'Apartheid (quoique l'on puisse se demander si ladite situation s'est véritablement amé-


liorée depuis — à part peut-être pour une infime minorité...), qui fait que le film de Suleman Ramadan n'est pas seulement la mise en lumière de l'oeuvre d'un artiste incroyablement méconnu et sous-estimé (il a le plus souvent vécu dans des conditions très précaires, «logeant» notamment pendant près d'une année dans le métro new-yorkais, en proie aux vexations des flics, et nombre de ses oeuvres ont


semble-t-il été perdues ou détruites au fil du temps, personne ne se souciant de les préserver) mais aussi une réflexion poignante sur l'exil et sur ce que cela signifie concrètement pour celles et ceux qui y sont vraiment contraints.

Le DVD du film est commandable en ligne : http://www.boutique.laterit.fr/fr/dvd/219-dvdzwelidumile-ramadan-suleman.html


Ci-dessus, une photo de «Major Taylor» saisi en plein effort (sous la pluie), lors de sa prestation aux Cropettes, en deux mille quatorze. Ce quartet (composé de Brooks «Coppi» Giger à la contrebasse, Jean-Jacques «Anquetil» Pedretti au trombone, Nelson «Bartalli» Schaer à la batterie et Martin «Koblet» Wisard au saxoSuite en page 53...


SSttéépph haan nee V Veen naan nzzii

FROUSSE

DANS LA BROUSSE

LES ÉDITIONS DE LA SAUCISSE ET DU SAUCISSON


CHAPITRE UN

Une pluie fine cinglait les façades blafardes des bâtiments. Sur les trottoirs, les rares passants se hâtaient de circuler, déjà trempés. Sans réfléchir, ils s'engouffraient dans le premier café venu ou dévalaient les escaliers de la bouche de métro toute proche. Partout, l'activité humaine se raréfiait à vue d'œil jusqu'à sembler vouloir définitivement disparaître. Bientôt, la rue fût effectivement complètement déserte, glissant


doucement dans une torpeur froide et humide. C'est alors que retentit avec fracas une effrayante alarme, un son d'une stridence à vous écorcher les tympans. Dans le même temps, plusieurs rafales de mitraillettes et des cris de terreur vinrent se mêler au vacarme ambiant, accentuant encore la confusion. Puis, on vit trois malfrats grotesquement masqués, chargés de sacs en tissu emplis de billets, quitter précipitamment la succursale régionale d'une grande banque et se diriger en courant vers un véhicule stationné à quelques mètres de là. Déjà, d'autres sirènes se rapprochaient en hurlant et les lumières des gyrophares trouaient la grisaille de cette fin d'après-midi pluvieuse. Vite, les portières claquèrent, le moteur rugit et la voiture des voleurs s'élança en bondissant,


presque immédiatement prise en chasse par les patrouilles de police dépêchées sur les lieux. Mais le chauffeur, d'un calme inébranlable et d'une maîtrise exceptionnelle, n'en avait cure. Il zigzaguait dans la ville comme s'il en connaissait chaque dédale, accélérant sans cesse, changeant à tout moment d'itinéraire. Petit à petit, les policiers, nettement moins experts, commencèrent à perdre sensiblement du terrain. Pour ne rien arranger, l'énervement les gagnait. A chaque tournant, sur l'asphalte mouillée, les pneus de leurs véhicules couinaient comme une demi-douzaine de porcs menés à l'abattoir et ils sentaient que les voleurs allaient bientôt réussir à quitter la ville et à leur échapper. En voulant tenter le tout pour le tout, l'effroyable drame survint. Un passant distrait


qui désirait traverser précipitamment pour échapper à la pluie battante fut évité de justesse par les quatre malfrats mais, alors qu'il invectivait ces infâmes chauffards, percuté de plein fouet par la voiture de flics qui arrivait immédiatement à la suite. Le pare-brise vola en éclat, le conducteur perdit la maîtrise de son véhicule et alla se fracasser contre un arbre qui bordait l'avenue perpendiculaire. Incapables de freiner à temps, deux autres voitures de patrouille vinrent s'encastrer dans le véhicule accidenté. Cependant, les voleurs n'étaient pas encore tirés d'affaire. Plusieurs poursuivants s'entêtaient, convaincus du bien-fondé de leur action. Tous à présent roulaient sur la large avenue et tous accélérèrent davantage. A l'horizon, les


malfrats virent enfin se profiler leur destination : le petit aérodrome local. Dans un hurlement de pneus surchauffés, leur voiture fit une embardée et se rangea sur le bas côté, le long du grillage qui entourait le terrain. A nouveau, les portières claquèrent et les quatre hommes, chargés des sacs de billets volés, sautèrent la clôture et s'élancèrent sur l'aire de trafic. En quelques foulées, ils la traversèrent et grimpèrent dans un vieux piper PA-34 Seneca qui les attendait, prêt à décoller. A partir de là, tout alla très vite. Les hélices se mirent à tourner, l'appareil prit position sur la piste mouillée et commença à rouler, de plus en plus rapidement, jusqu'à s'élever dans les airs. Les policiers, arrivés sur les lieux, ne purent strictement rien faire pour empêcher le fulgurant dé-


collage. En désespoir de cause, ils réquisitionnèrent l'hélicoptère d'un particulier et reprirent leur chasse. Dans l'avion, qui bifurquait en direction de la jungle avoisinante, les malfrats, convaincus d'avoir semé leurs poursuivants, jubilaient, se jetaient des paquets de billets au visage en exultant. Quelle ne fut leur stupéfaction en entendant les premières rafales de mitraillette venir se loger dans la carlingue de l'appareil... Les flics, qui les avaient rejoints, canardaient sec, désireux d'en finir. Furieux, les voleurs ripostèrent sur le même ton. Brefs mais fréquents échanges de coups de feu. Le crépitement des armes automatiques, incessant, devenait obsédant. Soudain, l'hélice gauche du bimoteur ralentit et stoppa, bientôt imitée par sa


collègue de droite. Le réservoir, crevé par une rafale, s'était complètement vidé. L'avion commença à piquer du nez. De plus en plus vite. Tous les efforts du pilote pour le redresser d'abord puis pour tenter un atterrissage de fortune dans la luxuriante végétation environnante furent vains. Le piper, avec fracas, entra en contact avec la frondaison des arbres, sembla glisser quelques instants sur cette immense étendue d'un vert opalescent avant de s'y engloutir entièrement et de disparaître à la vue des policiers qui, non équipés en conséquence pour partir à sa recherche, rebroussèrent chemin jusqu'à l'aérodrome, déçus de n'avoir pu récupérer l'argent mais néanmoins satisfaits du devoir accompli. Quelques heures plus tard, deux formes in-


distinctes et chancelantes s'extrayaient des restes de la carlingue. C'étaient les seuls survivants de l'accident. Le pilote avait péri, transpercé par une branche d'arbre, épinglé sur son siège comme un papillon dans sa vitrine et son co-équipier, ejecté au moment de l'impact, pendait un peu plus loin, tête en bas, bras ballants, les pieds emberlificotés dans quelque liane, tel un pantin désarticulé. Sans s'attarder sur ce spectacle peu ragoûtant, le duo encore vivant rassembla l'argent et se mit en chemin. Mais leur marche se révéla bien vite nettement plus difficile qu'ils ne se l'était imaginée. La végétation, extrêmement touffue dans cette partie de la jungle, entravait continuellement leur progression, leur griffant le visage, s'accrochant à leurs habits qu'elle déchirait. Et, malgré


la pénombre qui régnait alentour, le soleil étant caché par l'inquiétante densité du feuillage audessus de leur tête, ils étaient accablés par la chaleur oppressante, suffocante de l'endroit. De la sueur ruisselait tout le long de leurs corps meurtris. Leurs vêtements leur poissaient à la peau. A bout de force, ils décidèrent de s'arrêter quelques instants. Alors qu'ils reprenaient leur souffle tant bien que mal, l'un d'eux s'adossa à un arbre et se laissa glisser, épuisé. Mais à peine avait-il touché le sol qu'il poussa un horrible cri. Un serpent, dérangé dans son sommeil, venait de le mordre. Avec une rapidité phénoménale, l'autre malfrat dégaina son pistolet et tira, faisant éclater la tête du reptile. Malheureusement, il était déjà trop tard. Son collègue, livide, suait à grosses gouttes et le


fixait avec un regard halluciné, implorant son aide. Tout ce qu'il reçut fut une balle entre les deux yeux. Au moins n'avait-il pas souffert les affres d'une trop longue agonie... Son arme rangée, le tueur se pencha pour ramasser les sacs éparpillés autour du cadavre et se remit en route, s'enfonçant toujours davantage dans la jungle. Il marcha ainsi pendant plusieurs heures, abruti par la chaleur. Tout-à-coup, une légère brise se leva, caressante. Il ferma les yeux pour mieux la savourer et sentit le sol se dérober sous ses pieds. Il venait de commettre l'irréparable. En quelques secondes, les sables mouvants dans lesquels il s'était stupidement enfoncé l'avaient déjà happé jusqu'aux genoux. Inquiet, il regarda autour de lui. Rien. Absolument rien à quoi se raccrocher.


Pas de liane pendant à sa portée, pas de branche d'arbre, même à moitié pourrie, qu'il aurait pu essayer de saisir pour se hisser hors de ce piège à rats. Un long frisson le glaça. Il se sentit incommensurablement las... Terminée, la vie facile que lui promettait le magot dérobé. Dans peu de temps, il allait crever, seul comme un chien, perdu au milieu de cette foutue jungle. Le front emperlé de sueur, il se força à se calmer et à réfléchir. Il devait bien exister un moyen de s'en sortir. Après tout ce qu'il avait enduré, ça ne pouvait pas s'achever d'une manière aussi lamentable. C'était vraiment trop bête... «Bon, surtout, ne pas s'agiter», pensa-t-il. «Limiter mes mouvements au maximum afin


de ne pas accélérer mon engloutissement. Et d'abord, me débarasser de tout poids inutile.» Pour ce faire, il chercha à jeter chaque sac empli de billets un peu plus loin, sur la terre ferme. Mais dans sa précipitation, il ajusta mal son tir et le premier s'écrasa mollement à quelques mètres de lui seulement, disparaîssant dans un écoeurant bruit de succion. Quant au second, il éclata en touchant le sol et son contenu se répandit au vent. Certes, il eut plus de chance avec les suivants mais toutes ces gesticulations l'avaient placé dans une situation critique. A présent, il était prisonnier de l'infâme boue argileuse jusqu'au plexus solaire... Non loin de là, un indien qui venait d'interrompre sa chasse pour assouvir un besoin aussi pressant que naturel cherchait vainement quel-


ques feuilles à la fois moelleuses et absorbantes pour s'essuyer le derrière lorsqu'il reçut, amenées par la brise, diverses coupures de cent dollars en pleine figure. Ne connaissant évidemment ni la valeur ni le mode d'utilisation communément admis de ces étranges morceaux de papier, il jugea judicieux de s'en servir pour se torcher et, pleinement satisfait, repartit le coeur léger. Au même moment, dans un cri étranglé, le dernier malfrat disparut complètement, happé par les sables mouvants et Otero se réveilla de sa sieste, maugréant. Il avait très faim et c'est sans attendre qu'il quitta son appartement pour aller manger quelque chose en ville, laissant derrière lui, bien en vue sur son bureau, un quotidien dont la une annonçait sensation-


nellement : «Banque dévalisée : les voleurs s'enfuient en avion !».


CHAPITRE DEUX

Assis seul à une petite table, un peu à l'écart, Otero sirotait son habituel jus d'orange en attendant qu'on lui serve le plat de saucisses qu'il avait commandé. D'humeur morose, il se sentait tourmenté par d'insolubles questionnements existenciels. Du genre de : pourquoi l'argent se dépense-t-il toujours plus rapidement qu'il ne se gagne ? Comment vais-je pouvoir payer mon prochain mois de loyer ? La


jolie serveuse qui vient de tacher mon habit en me balançant négligemment mon assiette sous le nez accepterait-elle un rendez-vous après son service ? La seule réponse qu'il ait pu obtenir étant un «non» aussi définitif que sarcastique à sa troisième interrogation, il préféra tout oublier l'espace d'un instant et s'abîmer dans la mastication. Activité qui, comme vous le savez et en atteste à coup sur l'air béat perpétuellement affiché par les bovidés de toutes les contrées, ne manqua pas de le soulager momentanément de ses peines... Mais évidemment cela ne dura qu'un temps. Alors, son repas terminé, n'ayant plus rien à faire en ces lieux qui lui devenaient hostiles, le détective régla l'addition, s'abstint de laisser un pourboire, et


sortit. D'un pas d'abord pressé, il se mit en chemin, baissant la tête pour ne pas devoir subir la vision désagréable de tous ces couples au bonheur aussi mensonger qu'arrogant que leur soirée avait faussement égaillés, bifurqua presque immédiatement à sa gauche, pour s'éloigner le plus vite possible du centre, beaucoup trop animé à son goût et se dirigea vers la vieille ville. Là, dans la pénombre crépusculaire et le calme retrouvé, il adopta une démarche plus indolente. Flânant même avec ravissement devant les vitrines faiblement éclairées des bouquinistes et des librairies spécialisées. L'atmosphère ouatée du quartier aidant, il se sentait déjà mieux, ne doutait plus qu'une nouvelle affaire allait bientôt lui être


confiée, le tirant encore une fois d'embarras, lorsqu'une silhouette tout de noir drapée le heurta violemment. Courroucé, le détective voulut cracher une grossièreté à l'encontre du sinistre individu qui venait ainsi de le bousculer, pour bien lui faire comprendre ce qu'il pensait de sa façon de se conduire, mais ne put finalement émettre le moindre son, si ce n'est un ridicule gargouillis qui mourut presque aussitôt au fond de sa gorge devenue subitement sèche, tant il se sentit comme foudroyé par le regard incandescent que l'inconnu, qui venait de se retourner, darda sur lui, le fixant avec une insistance malsaine, telle une bête fauve prête à bondir sur sa proie pour la lacérer de ses griffes, la déchiqueter de ses crocs...


Otero n'avait jamais vu regard pareillement halluciné. Seul un fou furieux pouvait exhiber un tel masque, aux traits si grossièrement déformés par la haine et les tourments intérieurs ! L'espace d'un instant, le détective craignit même pour sa vie mais l'autre, étreignant un peu plus fort le paquet qu'il tenait contre lui et que les plis de sa cape noire dissimulaient en partie aux regards, tourna sur ses talons et se précipita vers le fond d'une ruelle adjacente, en direction d'une porte étroite qu'on devinait, plus qu'on ne la voyait vraiment, derrière un empilement de caisses éventrées et de sacs poubelles. Il tambourina à plusieurs reprises, fébrile, contre le panneau de bois et quelqu'un, une frêle silhouette indistincte, lui ouvrit. D'un bond, il se faufila à l'intérieur et le battant


claqua dans la nuit. Otero, encore sous le choc, mit quelques secondes à se ressaisir puis fila à toute vitesse en direction de chez lui, bien décidé à se glisser au lit et à n'en plus bouger jusqu'au lendemain. (à suivre...)


STÉPHANE VENANZI

FROUSSE DANS LA BROUSSE UNE ROCAMBOLESQUE RÊVERIE DE BERNARDO OTERO

Une pluie fine cinglait les façades blafardes des bâtiments. Sur les trottoirs, les rares passants se hâtaient de circuler, déjà trempés. Sans réfléchir, ils s'engouffraient dans le premier café venu ou dévalaient les escaliers de la bouche de métro toute proche. Partout, l'activité humaine se raréfiait à vue d'œil jusqu'à sembler vouloir définitivement disparaître. Bientôt, la rue fût effectivement complètement déserte, glissant doucement dans une torpeur froide et humide. C'est alors que retentit avec fracas une effrayante alarme, un son d'une stridence à vous écorcher les tympans...

LES ÉDITIONS DE LA SAUCISSE ET DU SAUCISSON


Suite de la page 28...

phone alto), nommé en hommage à Marshall Walter Taylor, cycliste afro-américain de renommée internationale, reviendra, après sa performance de l'année dernière, pour quatre nouveaux tours de piste, mais à la Cave de l'«AMR» (donc à l'abri du crachin) cette fois. Plus précisément, du trente novembre au trois


décembre. Notez-le déjà dans votre agenda. Vous ne risquez pas d'être déçus !

Quant à «Country Cooking, jazz sud-africain & plus», formation relativement récente (son premier concert s'est tenu le samedi vingt-quatre mai deux mille quatorze lors des «Jours de fêtes aux Grottes»), elle est composée de Ian Gordon-Lennox au tuba et aux arrangements, Béatrice Graf à la batterie et aux compositions,


Ludovic Lagana à la trompette, Yves Massy au trombone et aux compositions et enfin Aina Rakotobe au saxophone alto et aux arrangements (quant à l'intrus sur la photo, c'est, si je ne m'abuse, le tromboniste Christophe Legrand). Quoi qu'il en soit, et comme vous pouvez le constater par vous-même, pour peu que vous traîniez un peu au Sud des Alpes : que du beau monde ! Ce qui est déjà plutôt réjouissant. Et l'autre bonne nouvelle, c'est que vous n'aurez pas à attendre jusqu'à la fin de l'année pour les écouter, eux. «Country Cooking» se produira le dix-huit septembre déjà à l'«AMR».


Qu'y a-t-il de plus con qu'un mauvais film hollywoodien ? Deux mauvais films hollywoodiens, me rĂŠpondrez-vous peut-ĂŞtre, non sans malice... Pourtant, il existe encore bien


pire que ça ! Pire même que la sale manie typiquement US des sequels, des prequels et des trilogies. Vous ne devinez toujours pas ? Eh bien ! je vais vous le dire : un mauvais film hollywoodien tourné par des thaïlandais !! Parce que ça existe ? me demanderez-vous assurément, pour le moins incrédules. Hélas ! Et afin de vous en convaincre, il vous suffira de jeter un oeil à «Sema the warrior», de Tanit Jitenkul — ah non ! je l'ai mal orthographié,


excusez-moi : Tanit Jitnukul. Donc, Smegma (ce n'est pas une coquille cette fois, mais une blague foireuse !) est forgeron malgré lui, pour aider son pauvre papa malade à rembourser ses dettes, alors qu'il rêve au fond de son coeur fougueux comme une mer déchaînée un jour de tsunami de devenir soldat (quand je pense qu'en Suisse, il y a près de trente ans, on avait déposé une initiative pour supprimer l'armée, le monde est quand même mal fait, vous ne trouvez pas ?). D'ailleurs, Joseph Staline en personne (cameo financé par le «CPT») veut le recruter mais le sens du devoir (sans Michelle Yeoh) est le plus fort et Smegma (oui, ça m'amuse follement, que voulez-vous ? Je ne suis qu'un pauvre critique frustré qui rêve de devenir metteur en scène


afin de pouvoir se taper plein d'aspirantes actrices au quotient intellectuel avoisinant le zéro absolu et peut-être même, un jour, barboter dans une flaque de ciment pour atteindre à l'immoralité... pardon, l'immortalité !) bref, Smegma décline l'offre. Surgit alors un crétin armé d'un marteau en balsa et un ancien camarade à la coiffure improbable de footballeur professionnel qui s'allient à notre zéro pour


reformer les trois Stooges, l'humour et le talent en moins. Bon, j'abrège un peu parce qu'on s'emmerde ! Un jour, au marché, Smegma fait la connaissance de la princesse Reraï (dont le blaze, prononcé à la nippone, devient Lélaï — mais que fait Luke Skywalker ?! N'importe quoi, ndlr). Donc, les deux se croisent et, comme l'histoire


est puissamment originale, le petit forgeron malgré lui tombe éperdument amoureux de la noble mais pas snob pour un baht damoiselle (et évidemment, le coup de foudre est réciproque, sinon le film s'arrêterait là ou faudrait inventer quelque chose d'intelligent pour continuer !). Comme c'est tellement beau qu'on en pleurerait presque ! Malheureusement pour les deux tournedos (tourtereaux, ndlr), «ce mariage ne doit point se faire, ni demain ni jamais», comme dirait un personnage alessandro-manzonien que j'ai bien connu autrefois, car ils ne sont pas du même monde, faudrait voir à ne point l'oublier, et voilà que s'interpose tout aussitôt (pour nous le rappeler justement !) le perfide Moon Khan, prétendant officiel de la nénette.


Horreur et consternation ! J'en suis complètement boulversifié tant c'est terrorifiant ! Heureusement pour les deux fricandeaux (idem que ci-dessus, ndlr) et soupir de soulagement devant les télévisions, plutôt que de se lancer sur un terrain glissant qui pourrait même nous amener (le cas échéant) à remettre en question


les castes ou les privilèges des puissants, voilà que la fée Hollywood (qui ne vaut pas la fée Dulogis et encore moins la fée Lation !) s'empresse de passer par là répandre sa poudre aux yeux. Ainsi Smegma, devenu entretemps guerrier rebelle (?), grâce à sa bravoure au combat, est prestement anobli pour affronter le chef des armées ennemies et, l'ayant vaincu après avoir passé une raclée au fourbe Moon Khan, devient une légende nationale. Il peut donc enfin espérer tremper son biscuit là où il l'entend sans


qu'on vienne lui marcher sur les pieds ou lui briser autre chose. Eh oui !, tout ça pour ça. On est peu de chose quand même ! Quant au reste de l'histoire, étant à l'avenant, je vous en fais grâce. Pas besoin de me remercier, ça commençait aussi à me fatiguer, ces conneries. Pour conclure en vitesse, c'est tellement pourri ce machin qu'on ne peut même plus parler de cinéma à propos de pareille mélasse. Entre les erreurs de continuité et les béances scénaristiques, on croirait regarder la compila-


tion pour «grand écran» d'une télénovelas locale. Un remontage hâtif, en un peu moins de cent vingt minutes, des initiales dix heures d'épisodes. Et pourtant, malgré le rendu proprement hideux (ça semble tourné au camescope — et sans trépied, qui plus est !), les acteurs lamentables et les effets spéciaux conçus avec un Amiga 500 (le serpent dans la jungle !!), il s'agit bien d'un long métrage. Pour dire à quel point le septième art, à l'instar du monde globalisé, est foutrement malade.


A l'heure de la non-communication instantanée (où vos interlocuteurs se sentent sociétalement tellement obligés de vous répondre dans les plus brefs délais que, s'ils sont pris par autre chose, ils y renoncent purement et simplement, vous laissant seul comme un crétin face à votre requête), l'ironie de vous parler d'un numéro de «Jazz Magazine Jazzman» que j'ai reçu ce matin même par courrier mais qui ne sera déjà plus en kiosque lorsque vous téléchargerez cette troisième «Machine à démonter le temps et l'espace» n'est pas pour me déplaire. Mais ceci mis à part, pourquoi parler justement de ce numéro six cent septante-cinq, d'août deux mille quinze ? Parce que, outre les habi-


tuelles rubriques et interviews, toujours aussi intéressantes, on y trouve un dossier intitulé «Jazz, soul & cinéma» dont les deux principales qualités sont (non pas l'iconographie chatoyante, il y manque une photo de Pam Greer topless pour ça — tiens, du coup, ça me donne envie de vous l'offrir... Non, ne me remerciez pas, ça me fait plaisir aussi !) dont les deux principales qualités sont, disais-je, la concision et l'approche «technique» des interventions. On


peut ainsi lire, entre diverses choses passionnantes, un papier sur la conception et la commercialisation de la BO du «Sweet sweetback's baadasssss song» de Melvin van Peebles et un autre, sur l'astucieuse utilisation (à mettre semble-t-il au crédit du réalisateur Larry Cohen) de la musique composée par James Brown (et Fred Wesley) pour (pas vraiment, en fait) illustrer le génialissime «Black Caesar». A noter, que cet usage «diégétique» (c'est le nom savant !) de la musique était déjà de mise, quatre ans plus tôt, dans le «More» de Barbet Schroeder mais s'avérait franchement plus frustrant, tant les compositions de «Pink Floyd» constituent le seul attrait de cette fable qui se veut morale. Là, en revanche, on ne s'ennuie pas une minute durant l'ascension âpre et


violente de ce «Parrain de Harlem» (le titre français) et encore moins lors de sa fin minable dans un terrain vague. Une séquence d'une ampleur opératique, un temps scandaleusement écourtée par le distributeur (ou le producteur ?) pour permettre, vu le succès fulgurant du titre, la réalisation instantanée d'une suite, le complètement raté «Hell up in Harlem». Pour en revenir au dossier, et malgré tout le


bien que j'en pense, je trouve cependant regrettable l'absence (quoique paradoxalement, il soit peut-être le musicien le plus cité) d'un article sur Curtis Mayfield, de même que les trop nombreux renvois (burp !) à Quentin Tarantino, poseur agaçant dont la notoriété semble être davantage due au bla-bla pseudo-polémique qu'il suscite, qu'à la qualité (toute relative) de son cinéma.


UNE AVENTURE DE SKIPPY : LA MALÉDICTION DE LA POUPÉE,

par François Dimberton

Cet album, actuellement indisponible (et de toute façon très cher, comme toutes les publi-

cations de cet éditeur), a toutefois le mérite de réparer (en partie du moins) l'une des grandes injustices de l'histoire de la BD franco-belge : le non-succès (et par conséquent, la non-reprise en album) des mirifiques histoires créées durant les années huitante par François Dimberton.


Ainsi, il propose (outre deux brefs essais de six et huit pages) l'époustouflante aventure du so british Skippy et de son majordome, le facétieux babouin Master Jeeves (accompagnés de Sally Pudding, la reine des collectionneuses),


qui donne son titre au recueil (et qui avait été initialement publiée dans les numéros neuf cent septante-six à neuf cent septante-huit de «Pif Gadget»). Une enquête pleine de rebondissements, feuilletonesque en diable, qui n'est pas sans rappeler celles menées par Harry Dickson sous la plume échevelée de Jean Ray, tant par les ambiances savamment fantastiques qui y sont distillées, que par son goût pour les décors insolites ou son intrigue exquisément tarabiscotée.


LA MÉCANIQUE DES LETTRES, par Un homme de lettres anonyme Quelque part entre «Le postier» de Bukowski et «Jour de fête» de Tati, un témoignage (doublé d'une réflexion) intéressant sur le métier de facteur, son rôle social mais aussi l'automatisation des tâches, la dévalorisation des compétences humaines, etc. De quoi se poser quelques questions pertinentes à l'ombre du bananier, tout en sirotant une bonne tasse de thé... Brochure (à l'instar de beaucoup d'autres) téléchargeable gratuitement sur le site www.infokiosk.net (pour faciliter votre recherche, elle est répertoriée sous la rubrique «Critiques du travail»).


A partir du deux septembre (et jusqu'au dixhuit octobre), la «Fondation Baur», musée des arts d'Extrême-Orient, propose de découvrir une série de pièces créées par Jean Girel, sous l'intitulé : «Retour aux sources, la céramique Song». Parallèlement, et pour la quatorzième fois de-


puis sa création en mille neuf cent huitanteneuf, Carouge organise, du dix-neuf au vingtsept septembre, son «Parcours céramique». Vaste panorama de la production contemporaine (vingt-cinq lieux d’exposition, quarante-cinq artistes provenant de douze pays différents), que complètent démonstrations, conférences et même projections de courts métrages.

Pour le programme détaillé : www.parcoursceramiquecarougeois.ch


La machine à démonter le temps et l'espace est éditée par «Les éditions de la saucisse et du saucisson» et paraît dix fois par année. Numéro 3, septembre 2015 Tous les textes sont de Stéphane Venanzi. Quant aux photos, qui demeurent la propriété exclusive de leurs ayant-droits, elles sont reproduites ici uniquement à titre d'exemple. Abonnement pour 1 année (10 numéros) : 20 francs suisses à verser sur le CCP 87-190546-6 au nom de Stéphane Venanzi.


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La Machine A Démonter Le Temps Et L'Espace 003 by steph - Issuu