La quete numero 151 fevrier 2013

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3$ No 151 Février 2013

Le magazine de rue de Québec

On s’élève à donner.

ITINÉRANTS UN

ET J USTICE:

BON PREMIER PAS

! I ERC

2 1 13

1

Concept : Publicis Montréal | Photographie : Jean Malek

M $ 3 6 2

• Système judiciaire et déficience intellectuelle • Juré 101 • Se défendre à bon marché • Le crime : objet de fascination

centraide-quebec.com

S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant une carte d’identification 3$ contribution volontaire. 2$ sur le prix de vente va directement au camelot. 09:42



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Sommaire Mot de la coordonnatrice

Éditorial

La justice dans votre cour

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Francine Chatigny

Itinérants et justice : un bon premier pas

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Populisme pénal

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Juré 101

Se défendre à bon marché

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Marie-Pier Cayer

François Pagé

Le crime : objet de fascination

François Pagé

Des causes en direct

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Raphaëlle Savard-Moisan

Chloé Patry-Robitaille

Isabelle Noël

Faire valoir ses droits autrement

Mélyssa Turgeon

Éc r ivan t s e t p o è t e s La génèse du somnambule

Le surcis meurtrier Stéphane Okemvélé-Mégnier

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Préceptes

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Bernard St-Onge

Guy-Léo Morin

C hro n iqu e s « C’est pas juste... !!! »

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Février 2013

Martine Corrivault

Justice et équité pour tous

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Robert Maltais

réalise l’espoir

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Coupons dans la facture d’épicerie !

Diane Morin

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PAGE COUVERTURE Le maire de Québec, Régis Labeaume et le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud juste avant l'annonce du projet Impac. Photo : lucantoinecouturier@gmail.com Conception graphique : Karyne Ouellet

r é a l i s e r l’ e s p o i r

Camelots recherchés

L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un mode la itinérance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort - des + # + / plus % % 35 51défavorisés, 0' 5 0 & 13$ 5 + * l’Archipel 5 0 + / 3$ 5 d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal deQuête rue est destiné à la vente - sur la rue !- par des personnes en difficulté, Vends le magazine de rue La notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs 0, 5& % , * 5 / ' de !0 réaliser + 1/ 0' * 5 qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabicapacités, Appelle-nous au leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie. lités, améliorer Hey toi!donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge ment Tu as 18 ans ou plus. société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, Tu veux te faire quelques dollars?

418 649-9145 poste 33 Ou L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également Viens nous rencontrer au des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien 1 5 , 35 1 0* 3& 5 * 15 0/ ' 5 + 0' 5 dans par le biais de son service Accroche-Toit. + ' * 5% la% /recherche * 35 + , 3* d’un + 1/ 3 logement 5

Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.

Éditeur Pierre Maltais Éditeur parrain Claude Cossette Coordonnatrice Francine Chatigny CONSEILLERS À L’ÉDITION Martine Corrivault, Jacques Dumais, Robert Maltais RÉDACTRICE EN CHEF Valérie Gaudreau RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Isabelle Noël ÉDITORIALISTE François Pagé

S u i v e z - n o u s s u r / A r c h i p e l d ’ e n t r a i d e

CHRONIQUEURS Martine Corrivault, Robert Maltais, Diane Morin

Faire des soUs en devenant camelots

Une tribUne poUr toUs Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu. Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux. Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 11 du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique de février : Accro aux pilules...

Les camelots récoltent 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31

JOURNALISTES Vanessa Breton-Beaulieu, Marie-Pier Cayer, Jonathan Lachance-Lemieux, France Lalande, Andrée-Anne Lévesque Aubé, François Pagé, Chloé Patry-Robitaille, Raphaëlle Savard-Moisan, Isabelle Noël, Gabrielle Thibault-Delorme, Mélyssa Turgeon, Camille Vincent-Bélanger ÉCRIVANTS Julie Cartier, Jasmin Darveau, Laurence Ducos, Marcel-Guy Mailloux, Guy-Léo Morin, Stéphane Okemvélé-Mégnier, Bernard St-Onge, Christiane Voyer AUTEURS DES JEUX Hélène Huot, Jacques Carl Morin RÉVISEURE Nathalie Thériault PHOTOGRAPHE Luc-Antoine Couturier ILLUSTRATEURS Stéphane Bellefeuille, Francis Desharnais, Danièle Rouleau

Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec. COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE

INFOGRAPHISTE Karyne Ouellet AGENTE DE PUBLICITÉ SOCIALE Geneviève Thompson IMPRIMEUR Imprimerie STAMPA inc. (418) 681-0284

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Abonnement régulier Abonnement de soutien Abonnement institutionnel

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La Quête est appuyée financièrement par :

Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI)

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190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7 Téléphone: 649-9145 Télécopieur: 649-7770 Courriel: laquetejournal@yahoo.ca

Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien

réalise l’espoir

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Mo t de la coordonna t rice

La justice dans votre cour !

Photo: Archives Web

is

Il y a de ces procès dont tout le monde parle : les Jacques Delisle, Guy Turcotte, Lise Thibault, Gabriel Nadeau-Dubois et compagnie ont fait la manchette à plus d'une reprise pendant la période où ils étaient poursuivis en justice. On suit ces causes vedettes grâce aux gazouillis des journalistes, ou en direct par le biais du petit écran. Mais dans la vraie vie, que fait-on quand des problèmes judiciaires tombent dans notre propre cour ? La Quête de février jette un regard sur la justice et « les gens ordinaires ». À commencer par les plus démunis de tous : les sans-abri. En janvier, la Ville de Québec lançait son projet IMPAC (Intervention multisectorielle programmes d'accompagnement à la cour municipale) qui vise à adapter le tribunal pour les itinérants et les personnes aux prises avec différentes problématiques de santé mentale ou de toxicomanie. On peut se réjouir que la Ville se préoccupe enfin d'offrir un traitement judiciaire adapté aux besoins de cette clientèle, mais il reste beaucoup de chemin à faire pour réconcilier les itinérants de la CapitaleNationale avec la justice selon les propos que rapportent François Pagé.

Adapter est également le mot clé quand on conjugue justice et déficience intellectuelle (DI). La principale difficulté pour les intervenants du système judiciaire, lit-on dans l'article d'Andrée-Anne L. Aubé, est de reconnaître comme tel, une personne atteinte de DI. Elle écrit entre autres que des formations pourraient remédier à la situation. Outre la cause à défendre, les honoraires

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professionnels sont la principale préoccupation de quiconque ayant des démêlés avec la justice : une facture salée nous attend quand on va jouer à la Cour. C'était du moins le cas jusqu'à tous récemment, mais voilà que des alternatives abordables se présentent. MariePier Cayer a recueilli des informations sur trois organisations d’aide juridique indépendantes. Dans le même ordre d'idées, Mélyssa Turgeon s'est pour sa part intéressée à la justice participative, qui permet notamment de régler les litiges hors Cour. De son côté, France Lalande a cherché à savoir pourquoi les honoraires professionnels des avocats de cabinets privés sont si élevés. Un moyen pour le moins original d'obtenir justice sans avoir à débourser un seul sou, est de présenter sa cause à l’émission l'Arbitre présentée sur Vtélé : Me Anne-France Goldwater rendra son verdict en direct ! Cette justice-spectacle est-elle crédible ? Raphaëlle Savard-Moisan a posé la question à la productrice de l'émission. Afin de permettre aux moins bien nantis de la société d'accéder à des services juridiques gratuits et de qualité, le Québec adoptait en 1972 la Loi sur l’aide juridique. Très louable à priori, il serait temps de réformer cette mesure sociale, selon l’avis des personnes interrogées par Camille Bélanger-Vincent. On peut se retrouver à la Cour non pas pour avoir à se défendre, mais pour juger : si on est sommé à agir à titre de juré, on est tenu de se présenter. Peut-être pourrons-nous nous défiler, mais rien ne le

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garantit. Dans Juré 101, Isabelle Noël livre des trucs pour bien vivre cette expérience

Le crime comme objet de fascination, offre quant à lui un voyage au tréfonds de l'inconscient. Comment expliquer que des individus soient envoûtés par des criminels notoires, au point de collectionner des objets leur ayant appartenus ou de vouloir même les marier. Chloé Robitaille-Patry a disséqué le sujet avec le Dr. Louis Bérard, médecin psychiatre et directeur des services professionnels à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal. Bonne lecture !

Francine Chatigny La semaine des camelots À l'instar de l'organisation International Network of Street Papers qui compte 123 journaux de rue dans 40 pays et plus de 14 000 camelots sur les 54 continents, La Quête décrète la semaine du 4 au 10 février 2013 comme la Semaine des camelots du magazine de rue de Québec. Pourquoi ne pas profiter de cette semaine pour faire connaître La Quête à vos amis, à vos collègues et à votre famille. Mieux encore, présentez-leur votre camelot et encouragez-les à devenir eux aussi, de fidèles supporteurs de La Quête !

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Éditorial

P op u l i s m e p é n al Plus que jamais, les chroniqueurs en manque d’audience et les politiciens en quête d’électeurs dénoncent les ratés du système judiciaire, qu’ils disent plus apte à défendre les criminels que les victimes. Qu’importe que leur discours ne passe pas le test de la réalité. Depuis 2006, les conservateurs ont multiplié les mesures « tough on crime » : durcissement des peines, sentences minimales et sévérité accrue envers les jeunes contrevenants. On peut toutefois se demander ce qui justifie de telles politiques, car le taux de criminalité est au plus bas depuis 1972 au Canada. On est loin de l’explosion de violence décrite par le gouvernement Harper.

Et cela n’inclut que les dépenses récurrentes, et donc pas le prix des prisons. Les châtiments excessifs sont également une épine au pied de la réhabilitation et de la réinsertion sociale. Il n’est pas question de faire des économies budgétaires aux dépens de la sécurité publique. Pas plus que de demander aux citoyens et aux victimes de tendre béatement l’autre joue. Le système judiciaire peut et doit continuer d’évoluer, mais cela doit se faire sur la base d’une discussion éclairée. Des tonnes d’études et de données existent déjà sur le sujet. N’en déplaise aux adeptes de procès médiatique, on ne peut réformer les institutions légales en se limitant à la lecture des faits divers. L’émotivité et le gros bon sens, cette intuition qui fait une vertu de la paresse intellectuelle, sont rarement de bon conseil en matière juridique.

Ce biais repose malheureusement sur une conception vengeresse de la justice. Or, le système pénal n’a pas pour but de codifier une forme de loi du talion censée rétribuer les victimes, pas plus que de la légitimer. Comme si, par exemple, l’exécution d’un assassin pouvait combler chez les parents l’énorme vide laissé par le meurtre d’un enfant.

Photo: Archives Web

La pertinence des mesures adoptées n’a par ailleurs jamais été prouvée. Une recherche commandée par le ministère

Malgré tout, attaquer le « laxisme » du système judiciaire rapporte des votes, d’où le déni de réalité du gouvernement. Le criminologue Julian Roberts a qualifié ce comportement de « populisme pénal ». Il explique que ce genre de discours exploite le penchant punitif des gens. Devant l’horreur d’un crime médiatisé, la population a tendance à souhaiter le châtiment le plus sévère possible pour l’agresseur.

fédéral de la Sécurité publique en 2003, concluait au contraire que les « sanctions plus rigoureuses n’ont pas d’effet dissuasif sur la récidive ». Les données les plus récentes du Ministère font par ailleurs état d’une chute constante de la criminalité depuis les vingt dernières années, soit bien avant l’élection du Parti conservateur, il y a six ans.

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Le Code criminel a deux fonctions sociales : décourager les délits et protéger les citoyens des individus dangereux en les incarcérant. Une peine dont on sait objectivement qu’elle ne sert aucune de ces fonctions est superflue, voire nuisible à cause des dépenses qu’elle entraîne, Selon Statistique Canada, chaque détenu fédéral coûtant en moyenne près de 120 000 $ par année aux contribuables.

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Afin de se prémunir contre le populisme pénal, il serait pertinent de publier le taux de criminalité et autres statistiques judiciaires plus d’une fois par année, comme on le fait par exemple avec les résultats économiques. À défaut d’être suffisante pour contrer à elle seule l’opportunisme politique, cette mesure permettrait de contextualiser le flot permanent de faits divers qui inondent les bulletins d’information et donnent une perception déformée de la réalité. D’autant plus qu’au Québec, les affaires juridiques ont un poids médiatique 1,5 fois supérieur à la moyenne mondiale.

François Pagé

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Itinéra nt s et ju s t ice :

Un bon premier pas

« Il faut bien commencer quelque part. Ça réinsuffle le dialogue à la cour municipale qui était sur le pilote automatique », a concédé Céline Bellot, du Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations. Coauteure de la recherche qui a révélé en 2011 une judiciarisation croissante des itinérants à Québec, Mme Bellot juge toutefois que l’initiative de la Ville prend le problème à rebours. « On s’attaque seulement à la conséquence. On prend les choses en mains à l’étape du tribunal. On ne règle pas la question des contraventions qui n’ont pas de sens ». Une étude publiée par la chercheuse il y a à peine plus d’un an avait dévoilé une augmentation de 300 % du nombre de constats d’infraction remis aux sans-abri de Québec au cours de la dernière décennie. La Ville de Québec annonçait en janvier la mise en place d’un tribunal adapté pour les gens ayant des troubles de santé mentale, de toxicomanie ou d’itinérance. Le projet Impac propose des services d’accompagnement juridique, de gestion de la dette et de travaux compensatoires afin d’éviter les peines d’emprisonnement pour non paiement d’amendes. La Cour veut travailler en collaboration avec les organismes communautaires afin de trouver des solutions durables aux problèmes des contrevenants, par le biais, par exemple, d’un programme de traitement de la toxicomanie. « On conserve le même cadre de droit, ce sont les mêmes règles qui continuent de s’appliquer, c’est davantage dans l’approche qu’il y a une distinction », a néanmoins prévenu Annie Gaudreault, directrice du greffe de la Cour municipale, lors du point de presse annonçant le projet. C’est justement ce que déplore la

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Photo: Luc-Antoine Couturier

Le nouveau tribunal pour itinérants de Québec est « un bon premier pas », selon une experte. Elle note cependant qu’il reste beaucoup de chemin à faire pour réconcilier les itinérants de la Capitale-Nationale avec la justice.

Le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud et le maire de Québec, Régis Labeaume lors de l'annonce de la mise en place du projet Impac.

chercheuse Céline Bellot. « On demeure dans le même système et on continue de judiciariser l’itinérance. Par exemple, pourquoi ne pas utiliser le levier thérapeutique en amont plutôt qu’attendre après la Cour ? » En se basant sur l’expérience de Montréal où des mesures similaires sont déjà implantées, Mme Bellot croit qu’on verra le nombre de constats d’infraction diminué dans environ cinq ans. « À force d’annuler des contraventions, on va se demander pourquoi on les donne au départ ». La professeure de l’Université de Montréal croit cependant que le maire Régis Labeaume se met le doigt dans l’œil en espérant une diminution des récidives des contrevenants, grâce au projet Impac. « On utilise le vocabulaire de la délinquance quand on parle de récidive. Mais l’itinérance n’est pas un choix ! », s’est-elle indignée. Selon elle, il doit y avoir de la conciliation entre les citoyens, les marchands et les sans-abri. Une initiative de ce type existe à Montréal depuis bientôt trois ans. Il y aurait environ huit fois moins de plaintes depuis la mise en place de stratégies de médiation. « Il faut comprendre que la justice et la répression ne sont pas des solutions », a martelé la chercheuse. Cette dernière position est partagée par le Barreau du Québec. L’organisation demande qu’on cesse de donner des contraventions aux itinérants et que celles impayées soient suspendues.

ment de la démocratie et de la règle de droit », a soutenu Claude Provencher, directeur général du Barreau, dans une entrevue accordée à La Quête. Il souligne que les itinérants ont à traiter avec la justice pour des comportements tolérés chez la plupart des citoyens. « Je ne crois pas qu’on va venir me voir si je m’étends sur un banc en complet ». M. Provencher est d’avis que la judiciarisation des sans-abri engorge inutilement les tribunaux et est dispendieuse pour les contribuables. Selon une étude de l’Université Laval datant de 2006, un itinérant coûterait en moyenne près de 10 000 $ à l’État québécois en services juridiques. « Nous avons besoin d’une politique globale sur le dossier de l’itinérance. Il faut travailler en prévention. Mais en attendant, c’est sûr qu’on encourage toutes les mesures qui peuvent aider les plus démunis », a statué le directeur du Barreau. Présent à l’inauguration du projet Impac, le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud a dit travailler au développement d’initiatives similaires à Trois-Rivières et Gatineau. « C’est plus compliqué dans d’autres régions parce qu’il n’y a pas nécessairement le support de la communauté en termes d’organismes », a-t-il toutefois nuancé.

François Pagé

« Le profilage social contribue à l’effrite-

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Se défendre à bon marché

Depuis une dizaine d’années, plusieurs organisations indépendantes se forment dans la communauté juridique afin d’offrir un service juridique de qualité à ceux qui en ont besoin. Trois organisations d’aide juridique indépendantes au Québec se sont démarquées par l’élaboration de projets concrets pour la population du Québec.

Pro Bono Québec, « pour le bien public » La culture Pro Bono est déjà bien implantée aux États-Unis depuis 1983. Sa pratique y est d’ailleurs obligatoire dans 7 états, dont ceux de la Floride, d’Hawaii, de l’Illinois, du Maryland, du Mississippi, du Nevada et du NouveauMexique. Ici, le Barreau du Québec encourage les avocats à faire un minimum de 50 heures de bénévolat pour venir en aide aux plus démunis, et permettre ainsi une meilleure accessibilité à la justice. Pour atteindre cet objectif, l’organisme Pro Bono Québec « initie, coordonne et fait la promotion de services juridiques professionnels gratuits, ou à faibles coûts, au bénéfice de la population démunie du Québec ». L’organisme sélectionne aussi les causes qui seront défendues selon une liste de critères, dont la portée sociale du dossier. Me Michèle Moreau, directrice générale de Pro Bono Québec, gère en moyenne 25 000 heures de services juridiques chaque année. « Ce sont les avocats et les bureaux d’avocats qui s’engagent à offrir un certain nombre d’heures par année », explique Mme Moreau. L’organisme

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distribue ensuite les causes jugées admissibles aux avocats. En ce moment, 50 dossiers sont actifs à Pro Bono Québec. Mme Moreau et les autres membres de l’équipe sont motivés par la différence qu’ils peuvent faire dans la société. « Les avocats ont le monopole de la représentation juridique au Québec, nous devons donc faire en sorte que toute la population puisse avoir accès à la justice », ajoute-t-elle.

tous ces gens ne seront peut-être pas aidés », affirme Marc-Antoine Cloutier, directeur général de Juripop et étudiant en droit à l’Université du Québec à Montréal. « C’est pour eux que notre organisme existe et c’est pour eux que nous voulons le faire grandir », ajoute-t-il. Juripop n’est actuellement pas encore installé à Québec, mais « il le sera en septembre prochain », assure M. Cloutier.

Le Palier Juridique, une initiative privée Mis sur pied en juillet 2010 à Montréal et en juillet 2012 à Québec, ce bureau d’avocats privé offre des services juridiques tarifés selon le revenu annuel du client. Ce concept de tarif personnalisé « répond bien à la réalité de plusieurs ménages qui ne peuvent se permettre des frais d’avocats de 250 $ de l’heure » explique Me Frederic Lacoste, avocat associé au Palier Juridique. Le cabinet d’avocats est spécialisé en droit familial, en droit civil et en dossiers qui touchent la Régie du logement. Le seul critère pour que le dossier soit accepté est la compétence du cabinet en la matière : « Tous les dossiers sont généralement admis, puisque l’on touche à plusieurs facettes du droit », ajoute Me Lacoste. « Si le lien de confiance est là, on prend le mandat ». Le Palier Juridique voit loin. Malgré ses deux ans d’existence, à peine, Me Lacoste se félicite d’être déjà implanté dans les deux plus grandes villes du Québec : « Dans les prochains mois, nous aurons la chance de recruter de nouveaux avocats qui nous permettront de continuer à répondre à la clientèle, et ce n’est qu’une question de temps avant d’élargir notre territoire ».

Juripop, une organisation appelée à grandir Juripop est un organisme communautaire qui propose des services juridiques gratuits ou à faibles coûts, à ceux qui sont refusés à l’aide juridique gouvernementale et incapables financièrement de s’offrir les services d’un avocat. « Chaque année, l’organisme reçoit 10 000 demandes, nous n’en acceptons que 500. C’est incroyable de voir que

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Photo : Archives Web

L’année dernière, 40 000 demandes à l’aide juridique gouvernementale ont été refusées dans les différents bureaux d’aide juridique, à la grandeur du Québec. Ces demandes sont généralement refusées parce que les demandeurs sont jugés « trop riches » pour la recevoir. Ces personnes ont pourtant un besoin d’aide financière réelle pour représenter leurs droits.

Bien que le projet ne soit qu’à ces premiers balbutiements, le directeur général est confiant : « Le modèle de Juripop s’adapte aux régions où l’on s’implante. À Québec, on a évalué qu’un projet de la sorte aurait un impact très positif, alors nous allons continuer dans cette voie », conclut-il. Selon les dirigeants de ces trois organismes, la nouvelle génération d’hommes et de femmes de droit est beaucoup plus sensibilisée aux enjeux d’accessibilité juridique. À Juripop, on refuse même la participation de quelques étudiants en droit, faute de personnes ressources pour les superviser. Me Moreau, de Pro Bono Québec fait le même constat : « Je crois beaucoup en la nouvelle génération. Les étudiants et les jeunes professionnels du droit sont au courant, c’est la grande différence ». L’existence de ces organismes s’inscrit dans un mouvement collectif de la communauté juridique. « Le chemin parcouru est énorme », selon Me Moreau de Pro Bono Québec, mais il en reste à faire.

Marie-Pier Cayer

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Juré 101 cette obligation n’est pas aussi aisé que l’on pourrait le croire. Selon Me Cormier, tous les membres du système judiciaire, soit les avocats, les juges et les policiers – ainsi que les conjoints de ceux-ci – ne peuvent être sélectionnés. Les travailleurs autonomes et le personnel médical sont aussi susceptibles d’être exemptés, en remplissant le formulaire à cet effet, joint à la Sommation. « Si vous jugez que vous êtes inapte à agir comme juré, vous devrez appuyer vos motifs par une déclaration sous serment », prévient cependant Me Cormier. Ne s’en soustrait pas qui veut, donc !

Photo : Archives Web

Si vous êtes inscrit sur la liste électorale, et donc majeur et citoyen canadien, vous courez la chance (certains diront le risque) d’être appelé pour agir à titre de juré dans un procès criminel. Pour vous y préparer, La Quête vous a concocté le Petit manuel du juré 101.

Selon la Constitution canadienne, un procès devant jury est garanti, pour quiconque risque une peine d’emprisonnement de cinq ans ou plus. Un jury consiste en un nombre de douze personnes chargées de délibérer sur les informations factuelles, fournies par le juge et les avocats, et liées à une accusation.

Pourquoi moi ? Le fait que les membres d’un jury soient des citoyens « ordinaires » n’est pas un simple hasard. « Le principe d’un jury est qu’on veut que la décision vienne de monsieur et madame Tout-le-monde, qui représentent l’ensemble de la société » explique Dominic Cormier, avocat. Selon lui, leur rôle n’est pas à prendre à la légère car il s’agit bel et bien d’un devoir de citoyen. D’ailleurs, quiconque ignore la Sommation au juré est passible d’une poursuite pénale. Surveillez votre boîte postale ! Il faut savoir que les membres d’un jury sont sélectionnés parmi plusieurs candidats, en moyenne 150, selon Justice Québec. Pour être choisi, il ne faut non pas ignorer l’affaire pour laquelle on a été appelé, mais bien être objectif envers la situation. Mais se faire exempter de

Néanmoins, ce devoir de citoyen soulève tout de même certaines interrogations. Puis-je m’absenter du travail ? Que dira mon employeur ? Aurai-je droit à une compensation financière ?

D’abord, la loi protège automatiquement les personnes appelées à agir comme juré. « Un employeur ne peut ni congédier, ni suspendre, ni déplacer un employé qui a été convoqué comme candidat juré ou qui a agi comme juré », peut-on lire sur le site de Justice Québec. De plus, si vous êtes appelé à agir comme juré, vous devrez obligatoirement y mettre le temps nécessaire. Une session dure habituellement de deux à trois mois, durant laquelle plusieurs causes peuvent être entendues. Pour plus d’informations concernant la compensation financière d’un juré, voir l’encadré « Et l’argent ? » ci-contre. Durant toute la durée du procès, les jurés doivent être présents au tribunal de 9 h 00 à 16 h 30, du lundi au vendredi. « C’est un processus très lent. On entend la cause, les faits objectifs, puis on se retire pour laisser les avocats discuter des points de droit. La plupart du temps, on attend dans une salle réservée pour nous [les jurés] », se souvient Michelle Savard*, ex membre d’un jury. Deux constables surveillent les membres du jury en tout temps. « C’est difficile de toujours être surveillé et confiné dans une salle avec des étrangers ». Même les repas ne sont pris qu’avec nos onze « collègues ». Par ailleurs, les discussions sur la cause entendue sont strictement interdites avant les délibéra-

tions. Le rôle d’un juré pendant le procès est donc d’écouter les faits et de prendre des notes. Puis, viennent les délibérations où le jury doit s’entendre sur un verdict. Durant cette période, les jurés sont logés à l’hôtel. « La télévision et le téléphone sont coupés dans nos chambres. C’est spécial d’être isolé du monde ! » Le but : que les douze personnes puissent être aussi objectives que possible. Les délibérations durent tant et aussi longtemps que le jury n’en soit pas venu à un verdict unanime, ce qui est parfois très long. « Chaque avis compte, et parfois c’est très tendu car il y a des désaccords importants sur les preuves », explique Mme Savard. Au final, une personne est chargée de prononcer le verdict, verdict qui aura un poids significatif dans la vie de la personne assise au box de l’accusé. Un moment qui a d’ailleurs touché Mme Savard. « On a vraiment l’impression de participer à la Justice, pour le bien de la société. Mon cynisme envers le système avait disparu ».

Isabelle Noël Et l’argent ? Au Québec, les jurés reçoivent les indemnités suivantes : • 103 $ par journée ou partie de journée passée au tribunal; • Au 57e jour du procès, l’indemnisation augmente à 160 $; • S’il y a audition ou délibération le soir, 52 $ sont attribués; • Certaines allocations peuvent être alloués pour une personne ayant une personne ou des enfants à charge, sur ordonnance du juge; • Le coût du transport est remboursé à raison de 0,43 $ par kilomètre, plus le stationnement; • 10,40 $ sont alloués pour le déjeuner, 14,30 $ pour le dîner et 21,55 $ pour le souper ; • Pendant les délibérations, 85 $ à 138 $ sont alloués pour le coucher, selon le cas. • Les indemnités touchées sont imposables. *Le nom a été changé.

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En tr e v u e av e c le m éd ecin ps y chia t re L ou is Béra rd

L e cr im e, obj e t de fasc i natio n Guy Turcotte, celui-là même qui a tué ses deux enfants, reçoit des lettres d'admiratrices alors qu'il est encore derrière les barreaux. À l'annonce des horreurs perpétrées par le « démembreur » Luka Rocco Magnotta, un fan-club s'est créé spontanément sur Facebook. Comment peut-on être autant fasciné par des meurtriers ? Tour de la question avec Louis Bérard, médecin psychiatre et directeur des services professionnels à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal.

Q. Que savons-nous de la fascination que portent plusieurs personnes envers des meurtriers ? R. Depuis l’aube des temps, bien des gens sont fascinés par les personnes qui font le mal. C’est ce qui explique qu'une grande partie de l’industrie cinématographique et des romans policiers se vend comme des petits pains chauds et que des personnages sont de véritables images d’Épinal comme Dracula, les loups-garous, Jack l’Éventreur et compagnie. Je pense que tout le monde sait qu’il existe une fascination pour les personnes qui vont commettre des délits d’une grande violence. Ça nourrit l’imaginaire. Mais au-delà de ça, c’est très spéculatif. Je ne crois pas qu’il y ait d'études ayant été publiées, pour décrire le psychisme des gens qui ont une telle fascination [...]. Ce n’est pas une petite minorité de gens qui vont sur Internet pour s’informer sur ce sujet ou qui achètent des best-sellers qui traitent de ces gens-là. Donc je ne sais pas trop si on peut dire qu’il y a un problème particulier, avec le fait d’être intéressé par ce phénomène-là.

Q. Pour quelles raisons croyez-vous que des personnes soient fascinées, au point de vouloir se marier avec des meurtriers ou de collectionner des objets leur ayant appartenu ? R. De façon très, très, très hypothétique, ce que mon expérience m’amène à proposer, c’est sujet à débat, je n’ai jamais rien lu de scientifique sur le sujet, c’est que très tôt dans notre vie, nous avons dû apprendre à dominer nos colères, notre sadisme, notre désir de faire du mal à autrui, de se venger. Il reste toujours un petit quelque chose dans notre cœur, dans notre esprit, puis, quand on est contrarié et qu’on subit des frustrations, des échecs, on doit tous faire un effort pour ne pas laisser libre cour à notre colère et au désir de vengeance ou de faire du mal à autrui. Mais c’est là, dieu merci, pour la civilisation. On est tous en mesure, pas tous, mais disons à peu près tout le monde de contrôler ça. Maintenant, quand on voit des gens qui semblent avoir renoncé à contrôler cette colère, ce sadisme, ces penchants mauvais, si je peux dire, il y a une sorte de fascination, peut-être d’envie pour des personnes qui sont allées au bout de leur méchanceté ou de leur violence. Ça nous interpelle un peu, parce que nous-mêmes c’est des choses qu’on peut avoir en nous.

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Q. Vous voulez dire que tout le monde aurait cet esprit de vengeance au fond de soi ? R. Même au niveau de la conscience, beaucoup de gens parfaitement sains d’esprit peuvent avoir, à un moment donné, une idée de faire du mal à autrui pour se venger ou pour assouvir sa colère, et qui ont néanmoins résisté parce que ça ne se fait pas. La vie en société ne serait pas possible si on décidait de se soulager de nos colères au détriment d’autrui, mais il y a une petite minorité de gens qui, manifestement, le font et je pense que ça peut fasciner beaucoup de gens. Il s’agirait de la partie sombre que nous portons en nous. Moi je pense qu’il y a un peu de ça, mais c’est une hypothèse.

Q. Vous croyez donc que cette fascination se trouve dans chacun de nous ? R. Ce n’est pas tout le monde. Je crois qu’il serait plus intéressant de se demander qu’est-ce qui fait qu’il y a quand même beaucoup de gens qui n’ont aucun intérêt ou qui sont tout simplement choqués par ces délits-là, qui les déplorent et qui n’ont pas d’intérêt pour les histoires de meurtriers en série, les films de violence gothique et, plus encore, les souvenirs ou les objets leur ayant appartenu. Il y a des gens qui ont simplement un sentiment de révolte et qui déplorent la violence. Qu’est-ce que ces citoyens ont en eux, dans leur tête, dans leur cœur qui leur permet de ne pas céder à cette fascination morbide ? Ces personnes ont l’esprit clair, si on peut dire, et s’intéressent à des choses plus relevées, moins violentes. On devrait se demander non seulement ce qui fait que les gens étranges soient étranges, mais également qu’est-ce qui fait que les gens sains et équilibrés soient sains et équilibrés ? Ça, ce serait une question intéressante à se poser.

Q. Donc vous semblez croire qu’il y a moins de personnes qui n’ont aucun intérêt, que de personnes qui s’intéressent aux criminels ? R. Je ne sais pas, car je n’ai pas d’étude de population, mais je sais qu’il y a beaucoup de gens qui sont fascinés par les histoires de meurtriers en série et par les émissions de télévision portant sur le sujet. Il n’y aurait pas tant d’émissions comme CSI et compagnie portant sur ces sujets-là, sinon. Mais en même temps, il y en a beaucoup aussi qui n’ont pas d’intérêt

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Courtoisie: Service de police de la Ville de Montréal (SPVM)

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Luka Rocco Magnotta lors de son arrivée à Montréal

pour ça en réalité. Alors, qu’est-ce qui fait que ces personneslà ne cèdent pas à cette fascination morbide et s’intéressent à d’autres choses moins violentes ? Je n’ai pas de réponse à vous donner, mais je crois qu’il y a des esprits qui sont plus stables, plus sophistiqués, plus capables de s’intéresser à des choses plus relevées. Est-ce que ça vient de leur éducation ? Est-ce que c’est dans leur tempérament ? Est-ce que c’est une influence du milieu dans lequel ils évoluent? Je ne pourrais pas vous dire à brûle-pourpoint.

Q. Certaines personnes croient que cette fascination est due au fait que les gens se questionnent sur les raisons qui ont poussé des criminels à poser leurs gestes. Pour eux, il s’agirait d'incompréhension et du désir de connaître la véritable raison. Qu’en pensez-vous ? R. Pas pour la plupart, je vous dirais. C’est certain qu’on se pose la question « pour quelle raison un être humain pourrait agir de la sorte », mais c’est bien davantage le voyeurisme morbide de vouloir savoir combien de coups de couteau ont été donnés ou quelles souffrances ont été infligées, comment le tueur a fait pour enlever sa victime ou comment il l’a choisie. Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui sont bien plus dans le descriptif que dans la compréhension de ce qui a pu se passer dans la vie ou dans la tête du meurtrier. Donc la curiosité que j’appellerais « scientifique ou humaine », je ne suis pas sûre que ce soit la majorité des gens qui ont cette curiosité-là. C’est plus le voyeurisme qui les motive.

les journalistes écriraient sur d’autres sujets. Ce que les journalistes veulent avant tout, c’est être lu. Ils parlent de ce qui intéresse le public. C’est certain qu’ils ont une certaine responsabilité sociale d’éduquer la population, de parler des problèmes importants. Je pense que le travail du journaliste c’est aussi de fouiller le thème et d’aller au-delà des aspects les plus spectaculaires et sordides qui intéressent la population.

Q. Quels peuvent être les impacts sur les personnes qui sont fascinées, au point de visionner des vidéos comme celui de Magnotta ? R. C’est de s’exposer à un risque. On peut tomber malade d’avoir vu des horreurs, ça arrive parfois. Le syndrome post-traumatique, ce n’est pas nécessairement d’avoir soi-même subi ou été exposé à des choses épouvantables, c’est d’avoir été témoin de celles-ci. Je suis certain qu’il y a des gens qui sont allés voir ces horreurs, aussi affreuses que ce que l’on décrit, qui vont avoir des problèmes de sommeil et des réminiscences intrusives. Donc, c’est de s’exposer inutilement, car il n’y a pas beaucoup de choses à en retirer.

Chloé Patry-Robitaille

Q. Croyez-vous que la médiatisation des crimes pourrait avoir un rôle dans cette fascination ? R. Je crois que la médiatisation est davantage une conséquence de cette fascination. S’il n’y avait pas tant de gens intéressés,

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Justice et déficience intellectuelle « À ce moment, vous diriez que l'accusé se tenait approximativement à quelle distance de vous ? » La question paraît banale. Pourtant, elle implique de bien saisir la signification du mot "approximativement", de choisir une unité de mesure, de se souvenir de la scène et d'estimer la distance. Or, cet exercice peut représenter un défi de taille pour une personne atteinte de déficience intellectuelle (DI). Ainsi, parce qu'elles ont généralement de la difficulté à comprendre les abstractions, parfois même à s'exprimer, qu'elles ont souvent une mauvaise notion du temps, un caractère influençable et une propension à s'approprier le blâme, les personnes aux prises avec ce trouble peinent à défendre leurs droits. « Lorsqu'on parle de DI, on ne peut pas dire qu'on est tous égaux devant la justice », déplore la directrice générale de l'Association du Québec pour l'intégration sociale (AQIS), Diane Milliard. « Dans bien des cas, le système de justice n'est pas adapté aux caractéristiques des personnes qui ont une DI ». Si quelques dispositions du Code criminel visent spécifiquement la personne de type DI, celle-ci est généralement incluse dans la famille des maladies mentales. Les troubles de santé mentale et ceux de DI sont pourtant des problématiques différentes qui exigeraient des solutions propres à leurs caractéristiques. « Est-ce qu'on appelle cela de la discrimination ? Je ne le sais pas, mais c'est certainement un traitement qui ne les favorise pas », estime Me Claude Provencher, directeur général du Barreau du Québec. « Souvent, on dit que pour être juste il faut traiter tout le monde égal. Moi j'ai toujours eu de la misère avec ça », renchérit l'avocat. « Pour être juste, il faut traiter les gens en fonction de leurs besoins et ceux-ci ne sont pas égaux pour tout le monde ». Les obstacles sont nombreux : problème de représentation, de communication et de traitement. Un policier demandant à un déficient intellectuel qu'il venait d'appréhender s'il désirait l'assistance d'un avocat s'est vu répondre par ce dernier qu'il préfèrerait avoir un sac de chips ! « On peut faire dire quasiment n'importe quoi à une personne atteinte de DI. On peut donc facilement aller chercher son consentement sans qu'elle ait eu connaissance de tous les tenants et aboutissants qui permettent de faire un choix éclairé », explique M. Michel Mercier du Centre de Réadaptation en Déficience Intellectuelle. Par conséquent, on sousestime leur capacité à comprendre les enjeux et, à ce titre, leurs témoignages

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sont souvent jugés non crédibles. Pour l'AQIS, la solution repose avant tout sur la sensibilisation et la formation des différents intervenants judiciaires. La dernière décennie fut l'occasion pour le ministère de la Justice d'instaurer des dispositions facilitant le traitement judiciaire des personnes vulnérables, dont les personnes DI. En effet, quelques années après la deuxième phase de désinstitutionnalisation, grâce à laquelle les personnes atteintes de DI jusque-là internées ont été réintégrées à la société, force a été de constater qu'elles étaient fortement discriminées par le système de justice. Des outils ont donc été mis en place, mais pour en profiter, il faut d'abord qu'une personne atteinte de DI ait été identifiée comme telle. Lieutenant aux crimes graves au Service de police de la Ville de Québec, M. Mario Vézina considère que l'identification de la DI est l’un des principaux défis en matière d'intervention policière. « Ce n'est pas écrit dans le visage des gens. On apprend avec l'expérience. Il faut être éveillé aux différents signaux », expliquet-il. Pour la suite, des formations sont offertes aux policiers afin qu'ils adaptent leurs stratégies de communication et le Guide des pratiques policières a été modifié afin d'inclure les personnes DI à la liste des personnes vulnérables. Il y est conseillé de procéder à un enregistrement audio-visuel de leurs témoignages et de les autoriser à être accompagnées d'une personne de confiance. « Au niveau de l'enquête, c'est sûr que c'est plus difficile pour nous d'être affirmatif, tout est au cas par cas. Dans le travail de policier, c'est toutefois quelque chose de fréquent, tout n'est pas noir ou blanc », note le lieutenant. « À la Cour, l'idée c'est de les préparer le mieux possible et de s'assurer des

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mesures prévues dans la loi pour rendre le témoignage plus convivial », explique Me Jean-Pierre Ménard. Parmi celles-ci, notons le droit d'être accompagné, de témoigner à huis clos ou à l'extérieur de la salle d'audience et l'interdiction d'être contre interrogé par l'accusé. Certains modes de communication alternatifs, par exemple les pictogrammes, peuvent aussi être autorisés. « Il faut favoriser le témoignage parce qu'en contre-interrogatoire, c'est facile de mêler une personne avec une DI », précise Me Ménard, qui voit là un bon exemple de l'inadaptation du système judiciaire. « Les règles du contre-interrogatoire, que vous ayez une déficience ou pas, sont les mêmes et sont difficiles à pallier ». La décision finale revenant au juge, il est primordial que celui-ci soit informé des caractéristiques de la DI. Malgré ces lacunes et reconnaissant qu'il reste beaucoup de travail à faire, Mme Milliard se réjouit des avancées en la matière. L'AQIS s'oppose toutefois à la création de tribunaux spécialisés. « Pour nous, c'est ouvrir un autre ghetto aux personnes qui viennent de sortir des institutions. Ouvrir un tribunal spécialisé ce n'est pas ce qu'on appelle une approche inclusive, soutient-elle. Ce qu'on souhaite, quand on parle d'adapter le système judiciaire, c'est de faire en sorte que les policiers, les avocats et les juges soient capables de traiter avec ces personnes-là, mais avec une adaptation de leurs pratiques ». Dans cette perspective, l'AQIS offre diverses formations aux différents acteurs du système judiciaire ainsi qu'aux parents et intervenants impliqués.

Andrée-Anne L. Aubé *Extrait de AQIS; « Pour une approche inclusive de la justice: Mesures d’accueil et de traitement des personnes présentant une déficience intellectuelle au sein du système judiciaire », 2009, p.57

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L’influence des ÉtatsUnis sur le Québec touche divers médias, dont la télévision, qui voit apparaître de plus en plus d’adaptation de concepts américains d’émissions sur ses ondes. C’est le cas de l’émission l’Arbitre, un genre télévisuel déjà bien implanté chez nos voisins du sud qui veut qu’un procès se déroule devant public et soit diffusé dans le but de divertir les téléspectateurs. Malgré le fait que ces émissions soient parfois critiquées, elles jouissent généralement de grandes cotes d’écoute. Ce succès entraînera par ailleurs une adaptation au Canada-Anglais de la populaire émission l’Arbitre, diffusée à V télé et animée par Maître Anne-France Goldwater. Selon Sophie Cousineau, directrice de production de l’émission, l’Arbitre a reçu certaines critiques quant à la crédibilité des causes présentées dans l’émission depuis sa mise en ondes, à l’automne 2011, ajoutant « qu’il n’y a cependant pas de doute quant à la véracité des cas ». Elle mentionne cependant qu’il soit arrivé que l’équipe de production ait découvert qu’un cas soit inventé de toutes pièces par le défendeur ou le défendant par le passé. Dans de telles situations, Mme Cousineau précise : « il s’est imposé, pour l’équipe de production, de complètement abandonner la cause avant sa diffusion ». Mme Cousineau mentionne également que Me. Anne-France Goldwater, détenant un cabinet d’avocats et jouissant d’une réputation enviable partout au pays, ne peut se permettre de fausser les jugements ou de prendre les causes à la légère, dans le but de faire un spectacle télévisuel intéressant. Cette dernière prend donc son rôle très au sérieux, tout comme l’équipe de production, affirme

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Courtoisie: DATSIT studios UN inc.

Des causes en direct

Me Anne-France Goldwater à la barre de l'émission l'Arbitre diffusée sur V Télé.

Sophie Cousineau à La Quête. Cette dernière précise également que l’importance accordée au respect des lois, fait en sorte que l’émission ne représente pas un simple divertissement, mais bien une adaptation télévisuelle de cas juridiques qui se seraient rendus en cour éventuellement. Les motivations des participants peuvent parfois sembler nébuleuses aux yeux des téléspectateurs. À prime abord, il n’est pas évident de se présenter devant un public et d’être filmé, tout en réglant un problème juridique avec son voisin ou un membre de sa famille, par exemple. Mais selon Mme. Cousineau, le fait que le temps d’attente soit de près de deux ans de moins qu’aux petites créances et que les gens peuvent ne pas avoir suffisamment de fonds pour rembourser leurs dettes, peuvent incessamment les conduire sur le plateau de l’Arbitre. Même si les motivations des participants sont généralement différentes d’une cause à l’autre, selon la directrice de production, il est évident que participer à l’émission leur donne plusieurs avantages, comparativement aux petites créances. Selon cette dernière, même si le fait de se faire reconnaître dans la rue suite à l’émission n’enchante pas tou-

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jours les participants, leur empressement à régler leur litige judiciaire les conduit souvent à vouloir y participer. En ce qui concerne la sélection des causes juridiques présentées, Mme Cousineau précise que : « dans l’optique d’une émission de télévision qui tente de divertir les gens, la variété des cas est importante ». Même si la production retient souvent les plus originaux, elle mentionne devoir parfois refuser les cas de divorce ou de dette, trop fréquents et redondants pour les téléspectateurs. Comme une heure de tournage est consacrée à chaque cas, les plus complexes sont remis entre les mains de divers autres tribunaux. La directrice de production précise en outre qu’à leur sortie des studios de V télé, les participants ont leur chèque en main, une autre différence majeure selon elle, avec les petites créances. Il est par ailleurs important de noter que ce n’est pas le défendeur qui paiera pour les dommages mais bien la production de l’émission.

Raphaëlle Savard-Moisan

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Dans le monde judiciaire, on tente désormais de faire la justice autrement, c’est-à-dire offrir une justice plus accessible aux citoyens en tenant compte d’un mode de règlement correspondant à leur situation. Me Miville Tremblay, président du Comité sur la justice participative du Barreau du Québec, explique qu’il s’agit dorénavant « d’humaniser la justice ».

Le fait de mettre de l’avant une nouvelle approche, en l’occurrence celle de la justice participative, permet de remettre les pendules à l’heure et, conséquemment, redonner la confiance aux citoyens. « Beaucoup de citoyens ne savent pas que les avocats règlent plus de 90 % des dossiers sans même aller en procès », fait-il valoir. « Sans oublier que la justice participative cherche avant tout à régler une situation de façon la plus rapide et la moins coûteuse », insiste l’avocat.

Prévenir avant de guérir… La justice participative privilégie, entre autres choses, la prévention, la négociation, la médiation, le droit collaboratif, l’arbitrage et la conférence de règlement à l’amiable avant d’envisager en dernier recours le procès. « C’est une approche faite sur mesure pour le citoyen. Il n’y a pas deux cas pareil », déclare Me Tremblay. À noter que dans la justice participative, tous les modes de prévention ou de règlement sont mis sur le même pied d’égalité, y compris le procès. Le concerné fait donc son choix, avec l’assistance de son avocat. Dans le même ordre d’idées, il existe une nécessité de moderniser le discours entourant le domaine judiciaire, selon le président du comité. Me Tremblay estime que le système judiciaire souffre de la désinformation circulant à son sujet, dont celle concernant les délais d’attente, l’accessibilité et les coûts. « La pire chose pouvant arriver, c’est qu’un citoyen renonce à ses droits parce qu’il reçoit une mauvaise information », d’ajouter l’avocat.

Pour se retrouver dans une démarche de justice participative, le citoyen doit entamer lui-même la réflexion sur les différentes alternatives qui s’offrent à lui pour la résolution de son conflit. D’où l’importance, selon l’avocat, de ne pas hésiter à chercher l’information sur les conséquences juridiques de nos choix auprès des professionnels compétents. « La prévention permet d’éviter les problèmes pouvant devenir coûteux et menant les partis à devoir considérer les tribunaux », indique-t-il. Par exemple, l’avocat avance l’idée de la médiation, notamment en milieu familial ou lors d’un conflit avec son voisin. Avoir recours à un médiateur peut s’avérer moins coûteux et long, d’autant qu’il ouvre la voie à un dialogue constructif pour que chacun y trouve son compte. « La médiation donnera beaucoup d’informations aux partis, mais aussi les aidera à prendre des décisions juridiquement valables sans devoir nécessairement passer par la cour, en plus de sauvegarder la relation des partis », développe Me Tremblay.

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Faire valoir ses droits autrement

Une bonne collaboration Mais faire de la justice autrement, c’est une collaboration, avance le président du Comité. « C’est à la fois au professionnel d’informer le citoyen, mais aussi à celuici d’être curieux et de poser des questions en ce sens, en plus de manifester une ouverture d’esprit pour entendre les différentes options et surpasser l’émotion du moment, pouvant être la colère ou encore la vengeance », avertit-il. « En outre, cette nouvelle vision de la justice au Québec prend tranquillement de l’essor », estime l’avocat. D’ailleurs, le Barreau du Québec travaille de pair avec l’organisme diffusant de l’information juridique Éducaloi, afin que l’approche de justice participative soit plus intégrée dans le site internet de l’organisme. « Le défi est de la faire connaître, de l’intégrer, de faire en sorte qu’elle soit appliquée le plus possible pour tous », juge Me Tremblay.

Mélyssa Turgeon

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La rémunération des avocats démystifiée Est-ce que la rémunération des avocats, que l’on sait très élevée, est justifiée ? Tour d'horizon des portefeuilles sous la toge.

« Comme dans les autres professions, le salaire des avocats augmente en fonction de l'expérience », explique d'entrée de jeu Rémi Côté-Nolette, avocat au Gouvernement du Québec. Ce qui justifie le salaire d’un avocat est sa scolarité. « Pour être avocat, il faut faire un baccalauréat en droit de 99 crédits, d’une durée générale de trois ans. Ensuite, faire le barreau d’une durée de six mois à un an, et un stage obligatoire de six mois. Après ce cheminement, la personne sera assermentée pour pratiquer sa profession et avoir le titre d’avocat », indique Rémi Côté-Nolette. Selon le code déontologique, rapporte ce dernier, « il n’y a pas de minimum et de maximum à respecter, mais les honoraires doivent être justes et équitables ». « Tous les avocats ne sont pas riches », spécifie Pierre Noreau, professeur titulaire au Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal. Un avocat possédant un cabinet privé doit également payer son bureau, ses fournitures, son personnel. Ce qui peut justifier parfois un salaire si élevé, c’est la rareté de compétences précises qu’ont acquises certains avocats, telles qu’une spécialisation en vol d’œuvre d’art. Les avocats peuvent par ailleurs utiliser trois types de facturation: forfaitaire, au pourcentage et au taux horaire. Le forfait consiste à établir un prix à l’avance. « Cette méthode est utilisée pour des contrats simples qui ne vont pas engendrer plus de travail que prévu », précise M. Noreau. Pour celle étant liée au pourcentage, l’avocat prélèvera un pourcentage sur le montant que recevra le client. L’avocat prend toute la responsabilité sur lui. S’il ne gagne pas la cause de son client, il sait qu’il ne sera pas rémunéré. Quant au taux horaire, c’est la pratique la plus utilisée aujourd’hui. Ce type de facturation s’est notamment

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Photo: Archives Web

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répandu parce que le Droit des affaires a pris plus de place avec les années, amenant les autres avocats à adopter la même méthode de facturation. De plus, un cas peut être plus compliqué et plus long que prévu. À ce titre, il est souvent impossible de déterminer à l’avance combien d’heures un avocat devra mettre pour régler un contrat. « En vue de se faire payer à la juste valeur du cas, la plupart des avocats opte donc pour le taux horaire », explique M. Noreau. Pierre Noreau mentionne également que « la facturation peut aller de 135 $ à 500 $/heure. En somme, ça dépend si c’est pour un particulier ou pour une compagnie. L’avocat va aller en fonction de ce que la compagnie est en mesure de payer ». De plus, « le salaire est déterminé en regard des milieux et des types de droit », précise Rémi Côté-Nolette.

Est-ce que les services des avocats sont vraiment accessibles ? « Selon les statistiques, rapporte Pierre Noreau, 82 % de la population considère qu’elle n’aurait pas les moyens de se payer un avocat. Pour cette même raison, beaucoup de gens se représentent seuls et n’ont seulement que les frais de cours à payer », indique-t-il. « Mais pour les personnes qui gagnent moins de 12 000 $ par année, celles-ci peuvent avoir recours à l’aide juridique, laquelle va payer les services d’avocats et les frais de cours pour eux », explique M. Noreau.

France Lalande

Il peut entre autres y avoir des coûts d’expertise qui peuvent s’ajouter à la facture, lorsque l’avocat nécessite les services d’un expert pour monter son dossier. « Il y a aussi les frais de justice, tels que les honoraires de cour, les photocopies, etc. », souligne M. Noreau. « Dans le système actuel, il existe plusieurs types d’avocats, dont ceux dits « salariés », travaillant pour des ministères ou des entreprises. Leur salaire est alors déterminé non pas par eux, mais bien par leur employeur. Le salaire à la fonction publique du Québec peut ainsi varier de 50 000 $ à 120 000 $ environ », mentionne M. Côté-Nolette.

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L ’ aide ju ridiqu e a u Qu éb ec

Un e m esu re à ré fo rme r ? À l’époque de son adoption en 1972, la Loi sur l’aide juridique se voulait une mesure sociale dont l’objectif était d’offrir des services juridiques gratuits et de qualité aux individus moins fortunés au Québec. Quelques 40 ans après l’instauration de ce programme, qu’en est-il? Cette loi a-t-elle eu un impact réel sur l’accès aux ressources juridiques? le volet contributif. Cet ajout permet, encore aujourd’hui, aux personnes à revenus modiques, mais supérieurs au seuil d’admissibilité à l’aide gratuite d’obtenir une assistance, moyennant des frais qui varient de 100 à 800 $. Pour Me Richard La Charité du Service des communications de la Commission des services juridiques, « le Ce graphique permet de comparer le *salaire minimum au seuil d’admisvolet contributif est une sibilité à l’aide juridique gratuite, en fonction des années. solution intéressante ». La principale critique formulée à l’en- En plus de permettre à un plus grand droit de la Commission des services nombre de personnes de recevoir une juridiques, organisme gouvernemental assistance, le gouvernement accepte chargé de la mise en application de la l’étalement des paiements sur une Loi, concerne les critères d’admissibilité, période de six mois. jugés sévères et déraisonnables par plusieurs. Pour avoir droit à l’aide Réponse du gouvernement : juridique, le revenu annuel, qui est l’un insuffisante selon plusieurs des critères évalués, doit se situer sous un Le ministère de la Justice du Québec certain seuil. En date du 1er janvier 2013, annonçait le 1er juin 2012 une hausse proune personne seule doit avoir un revenu gressive sur trois ans des seuils annuel brut inférieur à 13 910 $ pour être d’admissibilité à l’aide juridique, devant admissible à l’aide juridique gratuite, permettre à quelque 800 000 Québécois alors que le revenu annuel d’un travail- de plus de recevoir une assistance, si le leur à temps plein au salaire minimum besoin se présente frôle les 20 000 $. Malgré cette hausse, une personne qui Un gel lourd de conséquences travaille à temps plein au salaire Durant les années 1970, le seuil d’ad- minimum n’est toujours pas admissible à missibilité suivait la tangente à la hausse l’aide juridique gratuite. Il y a donc fort du salaire minimum. Entre 1986 et 2006, à parier que les nouvelles mesures le gouvernement québécois n’a toutefois adoptées par le gouvernement seront permis aucune augmentation appréciable jugées insuffisantes par plusieurs orgade ce seuil. Depuis 1986, seuls les gens nismes juridiques québécois, dont le touchant un revenu nettement inférieur Barreau du Québec et la Confédération au salaire minimum peuvent avoir droit à des associations d’étudiants en droit civil l’aide juridique gratuite. On constate du Canada (CADED), qui regroupent les donc une chute drastique du nombre de facultés de droit de plusieurs universités canadiennes. Ces organismes exigent en citoyens pouvant en profiter. effet depuis plusieurs années que le Afin de remédier à la situation, la Com- gouvernement ajuste le seuil d’admissimission des services juridiques a mis en bilité à l’aide juridique gratuite au niveau place en 1996 un deuxième palier d’aide : du revenu annuel d’une personne travail-

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lant à temps plein au salaire minimum.

Qualité de service équivalente ? Les avocats de l’aide juridique sont aussi compétents que les autres, selon MarcPhilippe Gagnon, avocat-stagiaire chez FMC avocats à Montréal. « Faire appel à un avocat de l’aide juridique, en termes de qualité de service, revient au même que payer un avocat en pratique privée », dit-il. D’ailleurs, plusieurs employés de bureaux privés acceptent de travailler sur des dossiers provenant de l’aide juridique. Bien que la qualité de service offert aux personnes admissibles semble irréprochable, plusieurs se plaignent du manque de soutien à ceux qui ne peuvent bénéficier du système gouvernemental d’assistance. C’est le cas de Caroline Rainville, étudiante de 24 ans qui a fait une demande d’aide à la Commission des services juridiques en 2010. « La réponse a été : “ Non, mais bonne chance ”. Ça m’a vraiment insultée ! », affirme-t-elle. Après plus de 40 courriels et téléphones sans réponses, Caroline s’est résignée à faire appel à un avocat de pratique privée, qui lui aura coûté plus de 10 000 $. « Présentement, mes problèmes financiers sont dus à ça », constate-t-elle.

Réformes à venir ? Eliot Girard-Tremblay, jeune avocat du bureau privé Cauchon et associés, travaille depuis bientôt un an au sein du milieu juridique. Ses observations le mènent à une réflexion sur le programme d’aide québécois. « Peut-on vraiment affirmer que cette mesure est équitable et avantageuse pour les citoyens, alors que de nombreux avocats de bureaux privés refusent les dossiers provenant de l’aide juridique en raison du peu de profits amassés ? », se demande-t-il. Poser la question, c’est y répondre.

Camille B. Vincent

*Salaire minimum : revenu annuel d’un travailleur à temps plein au salaire minimum

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« C’est pas juste… !!! » Martine R. Corrivault Tout commence avec le « C’est pas juste... !!! » d’un gamin, à qui sa mère tente d’expliquer que sa grande sœur a droit à des choses, qui lui restent inaccessibles à lui. Et voilà maman Claire secouée dans sa conviction de n’avoir rien à se reprocher en matière d’équité auprès de ses enfants. Le Valentin n’y peut rien : l’amour impose parfois que l’on résiste aux caprices, aux désirs, aux envies de la personne chérie. Et les mamans savent qu’il faut apprendre cette règle très tôt dans la vie. Mais Claire se demande si elle n’accorde pas à son aînée des privilèges qui paraissent intolérables à son cadet, encore un peu jeune pour qu’on lui explique la « loi des différences ». Il y a de ces jours, comme ça, où la moindre niaiserie vous prend par surprise. « C’est pas juste !!! » Cette petite exclamation dérangeante, tous les parents y ont déjà eu droit, et la terre tourne encore. Claire se souvient même que sa « grande » la lui a servie un soir, en rentrant de jouer chez une petite voisine à qui ses parents venaient d’offrir un chien. Claire avait dû préciser que chez elle, il n’était pas question d’avoir un animal, « pour cause d’allergies ». Avec le temps, la petite a fini par admettre que sa réalité familiale était autre que celle de sa voisine. Aujourd’hui, Claire se demande d’où vient le trouble qu’elle éprouve devant la protestation de son fils. Comme si ce dernier lui signifiait ainsi entrer dans une nouvelle étape de son existence : le « petit »

va cesser d’être le « bébé » pour devenir une personne : demain, un adolescent en révolte et, l’an prochain, un mystérieux jeune homme dont elle restera éperdument amoureuse sa vie durant… Claire repousse ce petit vertige maternel et souligne au contestataire que lui, ce matin, peut accompagner sa mère à l’épicerie alors que sa sœur, prise avec l’autorisation qui le choque, ne sera pas là. Il va sortir tout seul avec maman, comme un grand. Comme papa des fois. Elle énumère à son fils toutes ces petites choses dont il profite et qui demeurent toujours inconnues de ses amis. À commencer par cette expédition en autobus jusqu’au centre commercial pour acheter une paire de bottes, suivie d’un arrêt-collation au resto. « Tu as maman à toi tout seul aujourd’hui ». « Et grand-mère va nous rejoindre pour nous ramener à la maison dans son auto neuve… Te rends-tu compte de la chance que tu as d’avoir une maison pour toi, avec ta sœur, ton papa et ta maman. Et une chambre à toi tout seul avec des jouets. Et une cuisine avec un frigo tout plein, des voisins de ton âge, des amis, un papa qui joue avec toi. Et une grande sœur à faire fâcher… De plus, toute la famille est en forme ici. Ton cousin Charles qui est malade ne peut pas aller au magasin avec sa mère, lui. Au fond, c’est lui qui pourrait dire : « C’est pas juste... !!! »

pour elle-même, en terminant machinalement sa routine matinale. « Ça m’arrive aussi de penser : « C’est pas juste... !!! ». Et pourtant, bon nombre de gens sont plus mal pris que moi. Quand on est frustré, on voit ainsi plus facilement ce qui nous manque, que l’on n’apprécie ce qu’on a… Regarder les bulletins de nouvelles permet de mesurer sa chance… et tous ces petits bonheurs qu’on ne reconnaît jamais ». Après son congé de maternité, Claire se souvient avoir ressenti comme une injustice, la décision de son employeur de lui refuser les conditions de travail qu’elle avait avant son départ. Aujourd’hui, elle se trouve chanceuse d’avoir profité de cette période pour changer d’orientation et terminer ses études. « Pouvoir faire, tout est là. Pouvoir aimer, donner, recevoir, partager, découvrir, goûter, apprendre. Pouvoir vivre. Chercher l’harmonie, trouver l’équilibre, la paix. Se respecter et tout ce qui nous entoure... Dire merci à la vie… comme la chanson de Violetta Parra; Gracias a la vida : pour la vie qui bat, pour le cœur qui aime, pour les yeux et la beauté, les oreilles et la musique, pour les nuages, l’eau et le vent, pour ceux que j’aime et qui m’aiment ». Claire regarde alors son fils : « Merci pour toi, petit bonhomme, qui me fait réaliser toute l’étendue de ma richesse, juste en disant : « C’est pas juste… !!! » Bonne Saint-Valentin !

Intriguée par sa propre gravité, Claire continue silencieusement son inventaire

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À qui est cet enfant ?

Si l’on fait un léger survol historique, la garde des enfants était à l’origine toujours accordée aux pères, et ce, jusque dans les années 70, où avec les revendications féministes, le droit du père a laissé sa place au droit des parents. À la suite du jugement King c. Low rendu en 1985 et ayant déterminé la garde d’un enfant entre les parents adoptifs et la mère biologique, l’enfant fut placé au centre des préoccupations lors des cas de garde de mineurs : « Lorsque la Cour est appelée à trancher des différends entre des parties réclamant la garde d’un enfant, elle doit avoir comme objectif de choisir la solution qui sera la plus à même d’assurer à l’enfant une croissance, une éducation et un développement sains qui l’armeront pour faire face aux problèmes de la vie quand il sera adulte. » — Juge Dickson, Cour suprême du Canada, 1985. En plaçant l’enfant au cœur des jugements de divorce, les juges examineront certains critères afin de déterminer le ou les gardiens, tels que : les besoins de l’enfant, la capacité parentale de répondre aux besoins de l’enfant, y compris celui d’avoir une relation avec ses deux parents, la stabilité de l’enfant, l’environnement psychosocial, etc. Selon les documents émis par le Ministère de la Justice du Canada, environ 90 % des cas de divorce sont réglés à l’amiable, même si c’est parfois à la suite de nombreuses discussions brûlantes. Dans les cas où la garde partagée est demandée, elle est presque toujours accordée. L’évolution du droit de garde est très significative, surtout la place plus importante accordée à la garde partagée. Dans le tableau ci-dessous, l’on constate clairement l’évolution des règlements de droit de garde, de 1990 à 2003. Père

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Les coups d’éclat de groupements divers, tels que Fathers 4 Justice, ont mis la lumière sur les droits de garde des enfants. Les revendications du mouvement touchaient à deux réalités : la garde de l’enfant et le montant de la pension alimentaire. Mais qu’en est-il vraiment du droit de garde au Québec ? La garde de l’enfant est-elle remise à la mère au détriment du père ?

Dans un cas comme dans l’autre, on peut remarquer une forte baisse de la garde exclusive en faveur de la garde partagée. Celle-ci varie toutefois avec le temps et, bien que la garde d’un enfant très jeune soit souvent majoritairement accordée à la mère, il en est autrement pour les enfants plus âgés. En outre, plus les parents sont séparés depuis longtemps, et plus la garde partagée se transforme en garde exclusive, tant pour l’un que pour l’autre. Avec l’octroi de la garde partagée, le versement d’une pension alimentaire n’a pas cours. Celle-ci est calculée selon le pourcentage de temps passé avec l’enfant et selon le revenu du parent qui effectue les versements. Lors des gardes dites « exclusives » (d’un côté ou de l’autre), les droits de visite ont quand même cours. Dans le cas de droit de visite prolongée, le parent non gardien peut tout de même voir son enfant presque 40 % du temps. Bien que la garde exclusive du père soit encore le « parent pauvre » des règlements de divorce, il serait faux d’affirmer que l’enfant va systématiquement à la mère dans les cas de divorces. Si la majorité des divorces se règlent à l’amiable et que la majorité des demandes de garde partagée sont acceptées, il n’en demeure pas moins qu’une minorité de cas de divorce finisse par se solder par un droit de garde exclusif injustifié.

Gabrielle Thibault-Delorme

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Traitement de faveur pour les hockeyeurs ?

En guise d’exemple, on n’a qu’à penser à l’affaire McSorley survenue en 2000, lorsque ce dernier avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour agression armée- l'arme étant le bâton de hockey- sur l’attaquant Donald Brashear. En 2004, Todd Bertuzzi, donne un coup à la tête de Steve Moore au cours d’une altercation. Moore s'écroule alors sur la glace, aux prises avec une commotion cérébrale, deux vertèbres fracturées et plusieurs lacérations faciales. On avait ainsi accusé Bertuzzi d’assaut ayant causé des lésions corporelles, mais celuici a néanmoins pu éviter les procédures judiciaires, puisqu’il avait conclu un plaidoyer de marchandage1. Steve Moore n'a jamais rejoué dans la Ligue nationale de hockey (LNH) par la suite… Plus près de nous, Jonathan Roy, fils du célèbre gardien de but Patrick Roy, a attaqué le gardien Bobby Nadeau des Saguenéens de Chicoutimi en 2008, sans que celui-ci soit consentant à la bagarre. À cette époque, l’ex-gardien avait été accusé de voies de fait, pour faire suite à ce geste de violence. Aujourd’hui, on peut maintenant affirmer que ces athlètes fautifs ont été pardonnés, dans un certain sens, pour leurs gestes de violence démesurés. En effet, Jonathan Roy travaille maintenant dans le monde de la musique et peut jouir actuellement d’un important fan-club, comptant plus de 5 000 admirateurs sur sa page Facebook. Quant à Todd Bertuzzi, il joue actuellement pour les Red Wings de Détroit de la LNH et n’a eu aucun problème à se trouver une nouvelle équipe, suite au geste de violence extrême qu’il avait commis à l’endroit de Steve Moore. Enfin, Marty McSorley a été l'entraîneur en chef des Falcons de Springfield dans la Ligue américaine de 20

Photo : Archives Web

Dans le monde du sport, il arrive parfois que dans le feu de l'action, des athlètes commettent certains gestes répréhensibles aux yeux de la justice. On peut le voir surtout dans les sports de contact, mais tout particulièrement au hockey.

hockey, avant de devenir l'entraîneur du Genève-Servette qui évolue dans la première ligue Suisse. La question à se poser aujourd’hui est donc la suivante : pourquoi ces athlètes peuvent-ils commettre un grave délit et se retrouver du travail aussi facilemen t? En fait, il n’est pas rare de voir que des athlètes signent un contrat pour une nouvelle équipe, et ce, après avoir purgé leur peine ou terminé leur période de suspension. Une fois retraités de leur sport respectif, on peut aussi les voir devenir entraîneurs ou même apparaître dans les médias comme « joueurnalistes ». « On est une société qui se pardonne facilement », avance Samuel Lajoie, avocat expert en droit des sports chez Heenan Blaikie. « À un certain moment, les gens oublient et donnent une seconde chance », ajoute-t-il. On peut même régulièrement voir un athlète de la LNH commettre un grave délit, en subir les conséquences, notamment par le biais d’une période de suspension, et ensuite revenir sur la patinoire. Ce faisant, la LNH prend ainsi le risque de le voir récidiver, ce qui s’est d’ailleurs produit à plusieurs reprises au cours des dernières années. On n’a qu’à penser à un joueur réalise l’espoir

controversé comme Chris Simon, lequel a été suspendu pour 25 matchs en 2007 pour coup de bâton à la tête, et pour 30 matchs par la suite pour avoir marché avec son patin sur le pied d’un adversaire, lors de la saison 2007-2008… Pardonner, oui, mais à quel prix? Jusqu’où peut-on faire confiance à un joueur à problèmes ? Il importe toutefois de faire attention aux cas isolés et de prendre un peu de recul, estime Me Lajoie. « La deuxième chance est bénéfique pour certains et c’est la bonne chose à faire, selon moi, de leur laisser cette chance ». Un athlète peut avoir un comportement complètement différent dans le métier qu’il exercera après sa carrière sportive, juge Me Lajoie. En bout de piste, est-ce une mauvaise chose que notre société ait le « pardon » si facile envers ces icônes du sport ?

Jonathan Lachance-Lemieux 1

Processus servant à réduire la peine demandée par le procureur. En contrepartie, l’accusé doit s’avouer coupable.

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Zoom sur les crimes haineux New York, 26 décembre 2012. Une jeune femme marche sur le quai du métro de New York en se parlant à voix haute. Le train arrive. La femme bondit et pousse un immigrant indien de 46 ans sur les rails. Selon le procureur Richard A. Brown, l’accusée a affirmé avoir « poussé un musulman sur les rails parce qu’elle déteste les hindous et les musulmans depuis 2001, quand ils ont fait s’effondrer les tours jumelles ». Aucune spécification n’a été faite à savoir si l’homme était musulman ou hindou. Quelques jours plus tard, Erika Menendez est accusée d’avoir commis un crime haineux. Selon le Service de police de la Ville de Montréal, un crime de haine est tout d’abord une infraction criminelle. « Un crime est considéré haineux, lorsqu’il est motivé par des préjugés ou de la haine fondés sur des facteurs tels que la race, l’origine nationale ou ethnique, la langue, la couleur, la religion, le sexe, l’âge, la déficience mentale ou physique ou l’orientation sexuelle de la victime ». La personne qui commet l’infraction aura choisi sa cible en fonction d’une caractéristique d’appartenance plutôt que personnelle. Cette caractéristique amène l’idée que n’importe quel membre d’un groupe puisse être victime d’un crime haineux, puisque le mobile du crime est un critère d’appartenance. En bref, toute caractéristique qui s’avère impropre à un individu, mais qui le rattache à un groupe précis tout en représentant le mobile d’un crime, aura pour nom crime haineux. Il existe également l’incident haineux, décrit comme un comportement déplacé et motivé par des préjugés ou de la haine, lequel n’est pas considéré comme une infraction au sens du Code criminel.

Les crimes de haine : différents des autres ? Au Canada, le système de justice pénale distingue ce crime des autres infractions, puisque les crimes haineux ont un impact non seulement sur la victime, mais aussi sur le reste de la communauté à laquelle celle-ci appartient. Bien que le crime touche une personne précise, il vise en fait tout son groupe d’appartenance. Le Code criminel distingue plus précisément quatre infractions étant considérées comme des crimes de haine : l’incitation publique à la haine, susciter volontairement la haine, les méfaits envers les biens religieux et finalement l’encouragement au génocide. Ces dernières s’ajoutent aux autres types d’infractions dont le mobile est la haine. Selon Statistique Canada, le crime haineux est généralement plus violent, implique plusieurs

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contrevenants et va créer un traumatisme plus important et plus durable chez les victimes. Pour ces raisons, les peines en lien avec ces crimes se voient généralement augmentées.

La situation au Québec Plusieurs changements démographiques sont survenus depuis les années 1980. L’augmentation de l’immigration, la modification des pratiques religieuses et le changement des mœurs quant à l’homosexualité, l’hétérosexualité et la bisexualité en sont clairement des exemples. À la suite de ces modifications, certaines recherches ont été effectuées, qui amènent à croire que la proportion de crime de haine pourrait augmenter. Effectivement, 214 crimes à caractères haineux ont en 2010 été déclarés à la police au Québec, selon les récentes données de Statistique Canada. Il s’agit d’une légère augmentation, comparativement aux 198 crimes recensés en 2009.

Vanessa Breton-Beaulieu Des exemples de crimes de haine - 13 septembre 2001. Michael Cunningham s’est rendu à une mosquée à Seattle et a tenté d’incendier deux véhicules devant l’établissement. Il a été surpris par des fidèles et tenté de tirer sur eux sans arriver à les atteindre. Cette attaque était en réponse aux attentats du 11 septembre.

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- 15 mars 2004, Royaume-Uni. Un homme d’origine indo-pakistanaise; Imran Shadid, a été attaqué par un groupe de jeunes blancs. Le lendemain, il revient avec des amis dans le quartier où il a été attaqué et prend un garçon blanc au hasard, Kriss Donald. Ils le font monter en voiture pour le poignarder, le brûler vif et le laisser mourir. Après le procès, les individus ont finalement été condamnés pour des infractions à caractère raciste, d’enlèvement et de meurtre.

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Justice et équité pour tous Robert Maltais

La vie est-elle juste ?

La notion de justice a le dos large. Que de choses n’entendonsnous pas sur son compte : la justice a le bras long; il y a une justice pour les riches et une autre pour les pauvres; y a pas de justice dans le monde. Le cinéma nous propose aussi sa vision de la justice avec ses héros et personnages mythiques, comme celui de Zorro.

Les plus pessimistes d’entre nous doutent fort de l’existence d’une véritable justice humaine sur la planète. Une question fondamentale demeure : la génétique ne créeraitelle pas, dès la naissance, une forme d’injustice entre les humains. L’hérédité des uns les favorisera tout au long de leur vie, tandis que celle des autres les handicapera, parce que porteurs de tares ou de maladies héréditaires. Puis, le tissu social dans lequel grandiront les enfants, selon leur croissance dans un milieu favorable ou défavorable, élargira les failles de l’inégalité. Les chances de succès ne peuvent alors être égales pour tous.

Ces expressions et ces films témoignent de tout le bien et de tout le mal que l’on pense et que l’on dit sur le dos de la justice. Ce qui ajoute à la complexité de la chose, c’est que les religions et les différents peuples de la terre n’adhèrent pas nécessairement à la même définition de la justice. Il n’en reste pas moins que tous les êtres humains aspirent à une société juste.

C’est à se demander pourquoi Dieu a-t-il réparti de façon inéquitable l’intelligence et le potentiel entre sa nombreuse descendance ? Peut-être devrions-nous aussi parler de JUSTICE DIVINE, après tout !

Mais sommes-nous réellement tous égaux devant la JUSTICE ? La réponse à cette question oscille entre le oui et le non, car elle n’est ni simple, ni limpide. Tout dépend du sens que nous donnons à sa notion.

D’autres ingrédients n’entrent-ils pas dans la recette de l’égalité et de la justice humaines, comme le talent, la détermination, la persévérance, l’effort et la philosophie de la vie ?

Si je vous disais par exemple que la justice a le bras long, vous feriez aussitôt référence aux policiers, aux juges, aux tribunaux, au système judiciaire qui constitue l’un des piliers de la société de droits dans laquelle nous évoluons au Québec. C’est généralement le sens premier que nous imputons au mot JUSTICE, qui correspond ici à la reconnaissance et au respect du droit d’autrui.

En terminant, laissez-moi vous parler d’un mythe d’origine religieuse concernant la présence sur terre de 36 hommes justes par génération. L’histoire prétend que le jour où l’humanité compterait moins de 36 hommes ou femmes justes dans une génération, alors Dieu anéantirait l’espèce humaine d’un seul souffle.

La croyance populaire qui veut qu’il y ait une justice pour les riches et une autre pour les pauvres a la vie dure. La notion de justice prend alors une coloration économique et fait appel au principe d’équité sociale. Comment une société qui adhère aux sacro-saints principes de justice peut-elle cautionner un partage inéquitable des ressources et de la richesse sur la planète ? La justesse du mot est profondément mise en doute, peut-on conclure.

J’ai des petites nouvelles pour notre Créateur à ce sujet, s’il me le permet. Juste au Québec, je suis sûr qu’on peut aisément répertorier plus de 36 personnes qui font œuvre humanitaire auprès de leurs semblables, que ce soit auprès des personnes démunies, des malades, des enfants et des personnes âgées. J’en fais le pari. Quant aux autres citoyens du Québec dont je suis, sans doute nous reste-t-il un peu de travail à faire sur nous-mêmes avant d’accéder au rang vénérable des Justes.

L’inégalité de richesse entre les citoyens ne risque-t-elle pas de pervertir le sens même du mot JUSTICE ? Les règles du jeu sont-elles parfaitement égalitaires devant le système judiciaire entre un citoyen disposant de ressources financières et un citoyen sans le sou ?

Robert Maltais

LA QUÊTE EST DIFFUSÉE PAR TÉLÉPHONE VIA

AUDIOTHÈQUE POUR PERSONNES HANDICAPÉES DE L’IMPRIMÉ DU QUÉBEC INC Québec 418 627-8882 • Montréal 514 627-8882 • Ailleurs au Québec 1-877 393-0103

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Erratum Suite à la parution de l'article L'univers démystifié des mangas, certains rectificatifs s'imposent quant à l'activité présentée à la Bibliothèque Gabrielle-Roy. Tout d'abord, il s'agit non pas des « ateliers de la BD », mais des « Rendez-vous de la BD ». Les trois rencontres que nous avons tenues sur la BD japonaise ne portaient pas toutes sur l'influence des mangas sur la BD occidentale, comme le laisse entendre l'article, mais seulement la dernière. Qu'une autre de ces trois rencontres ait été animée par une conférencière qui s'y connaissait davantage que moi ne signifie pas que je déprécie la bande dessinée nippone ! J'ai par ailleurs soulevé que, généralement, les amateurs de mangas s'intéressent peu à la BD européenne, américaine ou québécoise, mais je n'ai pas parlé de leur désintérêt pour les romans ; d'autant que je suis au fait d'études statistiques sur les habitudes de lecture, menées depuis les années 1980, qui démontrent que les préjugés envers les amateurs de BD sont non fondés : ce ne sont pas des sous-lecteurs, mais au contraire des lecteurs de tous types de livres. Il n'a jamais été question non plus de juger de la « valeur littéraire » des mangas.

nuancée de « casseur de mangas » que projette cet article. S'il y a quelque chose que je déplore, ce sont les cloisonnements, notamment celui qui tend à distinguer — voire opposer - BD occidentale et orientale. Voilà pourquoi j'ai dit que : - je trouvais dommage que des lecteurs se limitent à un type de BD; - je considérais que BD franco-belge,comics américains ou mangas, tout ça constituait de la bande dessinée. Ironiquement, l'article se conclut sur l'annonce d'un événement manga. Pourquoi donc dénigrerais-je un style que mettra justement à l'honneur l'institution qui m'emploie ? Je vous remercie de permettre cette mise au point et du même élan vous félicite pour votre publication et votre engagement.

Michel Giguère Les Rendez-vous de la BD Bibliothèque Gabrielle-Roy

Je combats depuis trop longtemps les idées reçues à l'endroit de ce médium que j'aime pour ne pas être dérangé par l'image peu

Vous avez dit JUSTICE ! Hélas ! Tous les juges n’ont pas la sagesse de Salomon. Mais il serait bon de considérer cette phrase de Jean de la Fontaine, (extraite du texte « Les animaux malades de la peste. ») : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Personnellement je me permettrai d’ajouter : « Et parfois gris pour la classe moyenne, ni puissant, ni misérable. »

Illustration: Stephane Bellefeuille

Philippe Bouchard

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­L E ­J E LE U ­JEU D E­ L AQUÊTE ­ Q U ÊT E DE LA par Carl Morin et Ginette Pépin parJacques Jacques Carl Morin et Ginette Pépin

Ce jeu consiste à remplir les rangé es horizontales ainsi que les colonnes 1 et 20 à l’aide des Ce jeu consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que les colonnes 1 et 20 à l’aide des définitions, indices ou lettres mélangées ou déjà inscrites. Chaque case grisée représente définitions, indices ou lettres mélangées ou déjà inscrites. Chaque case grisée représente une lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant. une lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant.

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5- Petit du caribou. Mettre de la crème ou de la sauce sur un mets. Comptoirs d’un magasin affectés à un même genre de marchandises. État d’un être vivant qui dort.

20- Décision prise, notamment au début de la nouvelle année, 6- État américain. Dieu romain de la mer. Allié au cuivre, il Décision prise, notamment au début donne de lalenouvelle année, la certains volonté de avec la 20volonté de s’y tenir. bronze. Partie dure auavec centre de fruits.

s’y tenir.

Horizontalement :

7- Sobriquet attribué notamment aux fonctionnaires. Cri du lion.

1- Os de l’avant-bras. Ville la plus populeuse de la Côte nord. Feindre.Horizontalement :

8- Malicieux et moqueur. L’une des épreuves en ski alpin (LMOLAS). Jour de la semaine.

2- Non-voyant. Lieu destiné à loger les chevaux. L’une des 9- Possède trois paires de pattes à l’état adulte. Blanc sépatrois vertus 1- théologales. Os de l’avant-bras. Ville la plus populeuse la Côte Feindre. rant deuxde mots. Grande nord. capitale asiatique. 3- Réussit la première liaison aérienne de l’Atlantique d’ouest 10- Rendre moins tranchant (OSESEURM). Relations entre des en est. 2Lit berçant. Plat nord-africain. Non-voyant. Lieu destiné à loger personnes les chevaux. L’une des trois vertus ou des groupes (PROPRAST). Tranchée ouverte dans la terre par la charrue. 4- Peuple amérindien le plus souvent en lutte contre la France. théologales. Pièce de la maison destinée à recevoir les visiteurs. Substantif. Titre donné à un musicien de grand talent (EMOTRAS).

3- Réussit la première liaison aérienne de l’Atlantique d’ouest en est. berçant. Plat nord-africain.

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LE SEPTIÈME ART

La classification qui fait consensus aujourd’hui comprend au total neuf arts, les six distingués par Hegel et trois nouveaux :

À la une du journal Le Devoir du 8 janvier 2013, on peut lire un article sur le cinéma français, intitulé « Le septième art de l’Hexagone en crise existentielle ». Le fait d’appeler le cinéma « septième art » renvoie à une classification des arts : quels sont donc les six premiers ? Y a-t-il des arts après le septième ?

La pire des prisons : ne pas pouvoir s’exprimer. S’expliquer.

1. l’architecture ; 2. la sculpture ; 3. la peinture, le dessin (regroupés en « arts visuels »); 4. la musique ; Claude 5. la littérature, incluant la poésie ; 6. le théâtre, la danse, le mime et le cirque (regroupés en « arts de la scène ») ; 7. le cinéma ; 8. la radiodiffusion, la télévision et la photographie (regroupées en « arts médiatiques ») ; 9. la bande dessinée.

La classification des arts est une affaire à la fois ancienne et complexe. Elle a évolué depuis les Grecs anciens, qui ne parlaient pas d’arts mais d’activités parrainées par les Muses (ces dernières étaient au nombre de neuf, chacune ayant sa spécialité, par exemple Clio muse de l’Histoire, Thalie muse de la comédie, Terpsichore muse de la danse, etc.). Plusieurs modifications – des ajouts, des retraits – ont été apportées au fil des ans. Le classement établi par le philosophe allemand Hegel (1770-1831) marque une étape significative, en distinguant les six arts suivants : l’architecture, la sculpture, la peinture, la musique, la danse et la poésie.

Jasmin

C’est Ricciotto Canudo (1879-1823), un écrivain français d’origine italienne, qui le premier a eu l’idée d’appeler le cinéma « septième art ». Et, bien qu’il n’y ait pas encore consensus à ce propos, le dixième art qui s’annonce est l’art numérique, l’art des nouvelles technologies.

Le français au jour le jour 1. « Sonner l’hallali de quelqu'un » signifie : a. faire son éloge; b. lui faire la leçon; c. annoncer sa fin. 2. Le francophone parle le français, l’hispanophone parle l’espagnol. Comment s’appelle celui qui parle le portugais ? 3. Arsène Lupin est un célèbre personnage créé par l’écrivain français Maurice Leblanc (1864-1941). Mais qu’est-ce qu’un lupin ? a. une plante herbacée ; b. un poisson rouge ; c. un virus infectieux. 4. Quelle expression signifie : « s’exposer imprudemment à un danger » ? 5. Une plante rupestre vit : a. sur une paroi rocheuse ; b. dans une terre marécageuse ; c. uniquement en serre. 6. Le borgne ne voit que d’un œil. Quel est le verbe qui va avec « borgne » ? 7. Combien de côtés a un dodécagone ? 8. Comment appelle-t-on les habitants de Saint-Félicien ? 9. Quelle pièce faut-il associer à une vis pour former un boulon ? 10. Quel nom d’oiseau est utilisé pour désigner un auteur de lettres anonymes ?

J’attends de vos nouvelles… Vous aimez les mots. Vous avez des commentaires à formuler ou des suggestions à faire concernant cette chronique La langue dans sa poche. Rien de plus simple. Écrivez-moi à hu-go@sympatico.ca. Cela nous permettra d’échanger sur des questions qui vous intéressent et d’enrichir par le fait même les futures chroniques. Merci à vous! Les réponses page 37.

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Illustration: Francis Desharnais

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Le sursis meurtrier Une ou deux fois, la rue nous tient compagnie La rue, on n'y vit pas de chaudes nuits

Illustration: Danièle Rouleau

La rue, on la fuit Trop la fréquenter peut être source d'ennuis La rue est une jolie femme mais elle a tant de soucis. La rue est un requin pour le sans-abri La rue, c'est aussi la poésie, la philosophie, le théâtre qu'inspire la vie La rue peut être une porte de sortie La rue tue encore des humains aujourd'hui La rue est un sursis...

Stéphane Okemvélé-Mégnier

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La genèse du somnambule Ça faisait 3 sessions qu’il s’échinait comme un beau diable dans l’eau bénite pour réussir ses cours. il faut dire que tout au long de son secondaire et de son cégep, il y était parvenu sans trop forcer.

Pendant une période où l’alignement des planètes était particulièrement désastreux dans sa carte du ciel, le somnambule péta alors sa coche et tomba en psychose à la suite d’une série d’épreuves rapprochées : perte de son emploi, rupture d’avec sa blonde et évincement de son logis l’obligeant à retourner vivre chez ses parents, dont le père cité plus haut est au chômage pour la première fois de sa vie.

L’on doit toutefois tenir compte que ladite institution avait une politique pour le moins mercantile. Celle-ci acceptait en effet tous les postulants ayant un diplôme de sciences du cégep, et ce, peu importe leur cote Z. À cet égard, ces dernières recevaient beaucoup d'argent du gouvernement. En fait, l’institution n’effectuait pas de contingentement à l’entrée comme en médecine, par exemple, où l’on exigeait une cote Z très élevée. En contrepartie, on était par la suite passablement dur avec la nouvelle cohorte d’élèves, celle-ci étant alors victime d’écrémage. Après une session, la moitié des nouveaux arrivés abandonnaient. Et ainsi de suite tout le temps du tronc commun, lequel consistait en un ensemble de cours de concentration obligatoires pour tous, durant les 3 premières sessions.

Illustration: Archives Web

Tout ça pour dire que le somnambule n’avait pas tué son père, pour la simple et bonne raison que son père était déjà lourdement hypothéqué, ayant survécu de justesse à un infarctus du myocarde en 1974, et survivant par la suite grâce à sa petite pilule de nitro quotidienne.

Hé non, ce n’est pas facile la vie. Enfin, des fois ça va bien et des fois ça va moins bien. Ça dépend. « J’avais des hauts, j’avais des bas, je n’avais pas tué mon père », chantait Stephan Eicher. Ces paroles sont de Philippe Djian (auteur du roman 37 ° 2 le matin, dont un film pour le moins percutant a été tiré), parolier occasionnel d'Eicher. Tuer son père ça peut paraître lugubre ou scandaleux, à moins qu’on ait lu la pièce de théâtre grec « Œdipe roi », qui je crois date de l’antiquité (AVJC). Et puis, les hauts et les bas, tout le monde connaît ça au moins un peu, mais en particulier les bipolaires. Bipolaire, c’est le terme moderne qu’on emploie depuis vingt ans pour qualifier un diagnostic de santé mentale qu’on appelait autrefois maniaco-dépressif. Mais maniaco, ça fait peur aux gens, et dépressif, ça fait paresseux (selon certains préjugés qui ont encore cours). C’est un peu comme les sourds d’autrefois, que l’on appelle aujourd’hui des malentendants; les schizophrènes, des entendeurs de voix; ou les malades, des patients, des clients, des bénéficiaires ou des usagers, et plus récemment,des personnes utilisatrices de service !

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Âgé de 21 ans, le somnambule était fragile émotionnellement, ainsi que génétiquement disposé à ne pas traverser de telles épreuves sereinement. En fait, il avait répondu aux attentes de sa famille et de la société jusqu’à l’âge de 20 ans. Et puis, un matin de novembre où il s’apprêtait à sortir du lit pour aller se battre avec 3 examens de science de niveau universitaire, il fut surpris par une lumière crue, éclatante. En deux bonds il s’approche de la fenêtre et, devant le 15 centimètres de première neige tombée, étincelante, il exulte et il souffre. « Qu’est-ce que le cosmos peut bien vouloir me dire ? Serai-je même en mesure de me rendre en classe ? » La veille, il s’était d’ailleurs dit : « 3 examens, ça passe ou ça casse ».

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Mais là, à l’Adversité comme disait sa cousine plus âgée (la même qui avait fait sa carte du ciel), il avait beau étudier en fournissant de réels efforts, il parvenait tout juste à réussir, et ce, de peine et de misère.

Toujours est-il qu’il avait réussi les 2 premiers examens sans trop de mal. Néanmoins, le troisième fut une véritable catastrophe. Il écrivit ainsi son nom et son numéro de matricule sur sa copie, pour ensuite se lever et la déposer devant le surveillant, seulement 3 minutes et quart après le début de la dernière épreuve…

Bernard St-Onge

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Préceptes De petits bouts de phrase à caractère moral, plein de gros bon sens et qui sont faciles à retenir, lorsqu’on arrive dans ces groupes d'entraide* pour la première fois...

Vivre et laisser vivre. Faire des choix pour soi-même et laisser les autres faire les leurs, leurs choix; plusieurs d'entre nous ont payé le prix pour apprendre que nous ne pouvions pas, ne devions pas faire des choix pour les autres; nous avons payé le prix pour apprendre à nous mêler de nos affaires. Enfin, nous avons lâché prise; nous avons renoncé, abandonné, capitulé, démissionné, lancé la serviette, advienne que pourra. Et nous nous sommes mis à écouter pour apprendre, car les témoignages des uns éclairent la souffrance des autres. Ensemble nous allons vers quelque chose. Il importe peu de savoir vers quoi. D'avoir seulement ce sentiment à la fois tendre et profond d'aller vers quelque chose avec d'autres pèlerines et pèlerins qui font la même démarche, voilà ce qui a donné — et donne aujourd'hui encore — un sens à ma vie. C'est vous qui avez donné et qui contribuez aujourd'hui encore à donner un sens à ma vie. Les années ont passé et l'eau qui coule dans les rivières ne remonte pas. Tout passe et nous passerons, autant en

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Illustration: Archives Web

Un jour à la fois, aujourd'hui seulement. Une chose à la fois, l'important d'abord. Un temps pour chaque chose, chaque chose en son temps, et le Temps arrange bien les choses ; le Temps apaise les passions et cicatrise les blessures ; le Temps est une Puissance supérieure à moi-même, telle que je peux La concevoir aujourd'hui.

emporte le vent. J'ai dû renoncer à beaucoup de projets dans ma vie pour une raison de santé : schizophrénie résiduelle depuis l'âge de 25 ans sans aucune médication neuroleptique, et content malgré tout. Vous m'avez appris en toute simplicité à avoir l'esprit ouvert, à voir le bon côté des choses, nous ne sommes plus seuls désormais. Voilà donc de petits bouts de phrase pleins de gros bon sens et qui alimentent ma spiritualité aujourd'hui encore.

Tout passe est l'un de ces préceptes que j'affectionne particulièrement. Histoire de dédramatiser les situations pénibles ou cocasses, j'ai tendance à l'étoffer, je dis : « Tout passe et nous passerons, autant en emporte le vent ». Mais là, je me suis fait dire de me mêler de mes affaires. Il semble qu'on n'ait pas le droit d'étoffer ces préceptes-slogans, de les changer, de

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les modifier, d'en enlever, d'en ajouter, de les mettre dans l'ordre qu'on veut, etc. J'ai eu des problèmes avec les GèreMènes dans l'arrière-décor des GFA, j'ai dû lâcher prise là-dessus aussi. Finalement, j'ai dit : « Bof, cela aussi passera, autant en emporte le vent ! » Merci à vous, vous êtes des pèlerines et des pèlerins tout à fait adorables. Bonne route...

Guy-Léo Morin *Les groupes auxquels fait référence l'auteur sont les fraternités inspirées des AA (Alcooliques anonymes) comme les GFA, groupes familiaux Al-Anon pour les proches de personnes affligées d'alcoolisme, les ÉA pour émotifs anonymes (dépression, difficulté à gérer ses émotions) y compris les. Ils nomment ceux qui fréquentent ces groupes des PA, des pèlerins et pèlerines anonymes.

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Illustration: Danièle Rouleau

Notre Histoire

Le rideau se lève. C’est le soir de la première et nous avons le trac. Là, un peu plus que tous les autres soirs. La pièce représente un nouveau genre théâtral. Avec Archi, mon mari, nous entrons sur scène. Et là… Nous nous regardons, étonnés. Effrayés, même… Le public est derrière un rideau. Nous découvrons le décor qui n’est pas celui qui était prévu. Il y a un chalet et une maison de pêcheurs qui se font face ; le chalet à notre gauche et la maison à notre droite. Les deux maisons sont en l’air. Elles me font penser aux monastères grecs qui se trouvent au sommet de rochers. Sauf que là, il n’y a pas de rochers. Les maisons sont au-dessus de nous, dans le vide. En vérité, des câbles invisibles les tiennent. Très vite, intérieurement, je me dis que c’est Boris, notre metteur en scène, qui a voulu nous jouer un tour. La veille, nous nous étions disputés et il a décidé de nous clouer le bec devant le public ! Pour le moment, nous évoluons tous deux sur scène, dans une pantomime presque macabre. Aucun mot ne sort de nos lèvres. Je sais qu’il attend quelque chose de moi. Alors, je lui fais signe. Notre signe… Et je sais que nous pensons à notre cygne, oui. Nous avions toujours rêvé de jouer une pièce, dans laquelle un homme et une femme s’aiment, bien que la femme vive et que l’homme soit mort. Je regarde langoureusement Archi. - Mais où sommes-nous tombés ?... Regardez, tout est à l’envers.

le coup de foudre. Tout, autour de nous, est dévasté, c’est la fin du monde, l’Apocalypse. Je vous aime. Archi s’approche de moi. Il sort de son chapeau une magnifique rose rouge. Il l’agrafe sur ma robe. - Elle sera toujours épanouie et sera le signe de mon amour pour vous. - Mon cher Perceval, je suis très heureuse que vous soyez à mes côtés. Toutefois, je suis vivante et vous êtes mort. Vous avez vécu au XIIe siècle, et moi je vis au XXIe siècle. Nos maisons sont inaccessibles : cela signifie que nous ne pouvons pas vivre ensemble. Perceval pâlit. - Vous ne m’aimez pas pour me dire cela, Éliane. Quand on aime, l’amour est plus fort que la mort. Nous nous rencontrons dans nos rêves et nos rêves deviendront éternité, vous verrez. La pièce connut un immense succès. Vingt ans après, nous avons voulu la reprendre, retourner sur scène.

Sur la SAINE, où nous nous purifions. Nous sommes allés chercher les décors que nous avions archivés dans l’entrepôt théâtral. Tout s’y trouvait… Ma robe, les deux maisons en carton… En soulevant le chapeau de Perceval, j’ai retrouvé la rose rouge. Elle était belle. Elle sentait bon. Comme le jour de notre coup de foudre.

Par Laurence Ducos

- Je le vois comme vous, Éliane. C’est le signe que nous vivons

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Comme le Temps…

Au-delà des nuages Et des terres enneigées On y trouve des rivages Un univers rêvé Comme une toile d’antan Aux contours irréels Un songe d’enfant Une clarté nouvelle

Illustration: Danièle Rouleau

Les rires y sont purs Il n’y a point de mur Des ruisseaux étincelants Un arc-en-ciel, enfin Nous baigne l’âme, au sein D’un mont grand comme le Temps Les rires y sont purs Il n’y a point de mur Un arc-en-ciel, enfin Nous baigne l’âme, au sein Photo: Josée Normandeau

D’un ruisseau étincelant D’un grand rêve d’enfant !

Jasmin Darveau

Promenade Le vent est doux, Ma balade d’hiver me réjouit Je goûte la neige avec ma peau La solitude me fait du bien J’ai les idées sereines Le sol crépite sous mes pas Les animaux sauvages s’affolent La forêt m’apporte la liberté Ce monde blanc m’enivre Je marche droit devant J’arrête un peu, je bois de l’eau fraîche Le brouhaha n’existe pas ici.

Illustration: Danièle Rouleau

Ce soir, je retournerai en ville Ma promenade ne sera plus qu’un souvenir, Jusqu’à la prochaine.

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Julie Cartier

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Éternels Feux Pour une simple caresse, ou peut-être Un regard doré, flamme éternelle Je te donnerais mon âme, mon être Mes espoirs pour une lumière nouvelle Je plongerais, sans hésiter un instant Dans un gouffre noir et sans fond Mon cœur brûle pour toi tel un volcan N’égal de mes supplices, nul son Ces lignes ne sont que vides, après tout Que saurait-il donc être de plus fou Qu’une étincelle dans le fond de tes yeux?

Photo: Archives Web

Je sais mes rêves n’être que prélude d’enfer Après tout, à cela seulement l’amour sert Et je me noie en toi, Éternels Feux…

Jasmin Darveau

Participer activement au développement de notre milieu.

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LA BOÎTE À PAIN

CAFÉ NAPOLI

289 Saint-Joseph Est, Québec (St-Roch) Lundi au samedi 6 h 30 à 20 h Dimanche 6 h 30 à 17 h 30 Tél. : 418 647-3666

396, 3e Avenue, Québec (Limoilou) Lundi au mercredi 6 h 30 à 18 h 30 Jeudi et vendredi 6 h 30 à 19 h Samedi et dimanche 7 h à 18 h 30 Tél. : 418 977-7571

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EXCLUSION

préjugés et de l'exclusion. Elle incite à cacher les personnes ayant toute forme de handicaps dans des institutions lugubres et isolées de tout. C'est la peur qui nous empêche de changer, de grandir, de découvrir autre chose, de nous ouvrir aux autres et donc de devenir plus humains. La peur cherche toujours un coupable, elle enferme, maintient le statu quo et provoque la haine qui est source de conflits... Mon expérience de l'exclusion concerne surtout celle des personnes ayant un handicap mental. Elles sont les plus opprimées, rejetées de notre société. Non seulement les sociétés les dédaignent, mais leurs propres familles éprouvent de la honte face à eux (elles) ». Photo: Archives Web

Photo: Archives Web

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La pire des injustices, selon moi, est d'étiqueter une personne! Assise dans l'autobus l’autre jour, je lève les yeux et vois sur une affiche publicitaire cette phrase qui a capté mon attention : Les étiquettes vont sur les pots et non sur les personnes. Je me suis mise à réfléchir au fait que chacun de nous souhaitons être accepté avec nos différences, nos limites, nos handicaps.

(trisomie). Avec douceur et patience, l'animal et l'enfant s'apprivoisent. Dans ces gestes, la chienne est presque humaine, même mieux que certains humains qui malheureusement sont brusques, ou pire violents. Personnellement, je pense souvent que nos animaux domestiques sont de vrais maîtres dans l'amour inconditionnel et beaucoup de personnes sont d'accord avec moi !

Sur l’Internet, il y a une vidéo qui circule intitulée Sweet mama dog. On y voit une femelle labrador blonde qui interagit avec un enfant atteint du syndrome de Down

Récemment, je relisais Accueillir notre humanité, le très intéressant livre de Jean Vanier, fondateur de l'Arche. Il y écrit entre autres : « La Peur est à la base des

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Je vous suggère de lire ce livre lumineux. Il y relate des anecdotes, des témoignages touchants au sujet des personnes qu'il côtoie chaque jour. C'est un de ces livres qui nous interpelle et nous transforme intérieurement.

Christiane Voyer

Notre esprit est plus important que notre plaisir ou nos désirs. Ce que nous considérons comme respectueux n'est pas la même chose pour tous.

Rachel Élie

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Attendre des années pour voir derrière les barreaux Celui qui a renversé un enfant.

Injustice

Les patrons abusent des honnêtes travailleurs.

Injustice

Injustice

Les petites Chinoises n'ont pas de place chez elles. L'auteur talentueux n'est pas publié. On n'écoute pas les aînés. Les parents s'épuisent. L'injustice règne. Les drogués dans la rue. On refuse des bénévoles. Ne pas avoir d'autre choix que de voir les intérêts monter en flèche. Les hôpitaux surchargés enrichissent les cliniques privées. Des immigrants barouettés puis expulsés. Des policiers violentés deviennent paranoïaques. Souffrir de faire partie des couples infertiles.

Photo: Archives Web

Les personnes aux prises avec une dépression Se trouvent esseulées. L'injustice règne partout.

Julie Cartier

Le suicide

Il fau t en parler, c 'es t le s eu l m oyen de s 'en s o rt ir

24h s u r 24, 7 jo u rs s u r 7, w w w.s o s -s u ic ide.qc .c a

1-800-595-5580

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Fée perles de lune

Lui toucher un membre C`est qu`rêvant l`ensemble De matin départ en brume Vers autre astre elle court Neptune pluton dansante Vers mars sur une jambe La voir du haut des dunes Elle fait, long de son parcours Cette fée de tant d`brillance Au temps des neiges blanches On l`imagine à sa plume Écrire (Nouvel an, amour

À ta fenêtre apprendre Que la fée au pas de danse En calmé plus d`une En pleure d`avant le jour

De constellations tente À vos verres après danse Délaissez toute rancune Malade suis mon parcours)

Lui toucher une jambe C`est savoir de la blanche Robe en perles de lune On se l`imagine toujours.

Lui toucher une jambe C`est savoir de l`ensemble En rêve de la pleine lune À son quartier accourt

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Illustration: Danièle Rouleau

Lui toucher une jambe C`est savoir de l`ensemble Les nuits de la pleine lune On voit ses pas de danse autour

Marcel Guy Mailloux

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Partenaires Or

CSQ Danièle Rouleau Épicerie Européenne Érico Choco-Musée La Feuille Enchantée Maison J.-A. Moisan Point de repères Morin, Desrochers, BeaulieuQuincaillerie St-Jean-BaptisteServices 211 SOS Suicide

Centraide Desjardins Caisse populaire du Québec Partenaires Argent La Boîte à pain Chambre des notaires du Québec CKRL FM 89,1 Les impressions Stampa

Archives Internet

Merci à tous nos précieux partenaires ! Partenaires Ad Vitam Aeternam Claude Gallichan, chiropraticien Yves Boissinot et Andrée Thiffault, pharmaciens

Partenaires Inconditionnels (depuis plus de 5 ans!) Partenaires Bronze 4-

Le Bal du Lézard Audiothèque de Québec L’Inter-Marché Saint-Jean Peuple amérindien le plus souvent en lutte contre la France. Pièce de la Barreau de Québec Maison maison destinée à recevoir les visiteurs. Substantif. TitreRevivre donné à un musicien de grand talent (EMOTRAS). Centre Ozanam Michel Yacoub

5- Petit du caribou. Mettre de la crème ou de la sauce sur un mets. Comptoirs d’un magasin affectés à un même genre de marchandises. État d’un être vivant qui dort. 6- État américain. Dieu romain de la mer. Allié au cuivre, il donne le bronze.

LA LANGUE DANS SA POCHE Partie dure au centre de certains fruits.

1. C. L’hallali est un cri de chasse; le mot signifie par extension le 6. Bornoyer, qui signifie : regarder d’un œil en fermant l’autre pour 7- Sobriquet attribué notamment aux du lion. dernier temps de la chasse, où la bête estfonctionnaires. mise à mort. AuCri sens figvérifier un alignement; ou encore placer des jalons pour construire une uré, hallali signifie : défaite, ruine. ligne droite. et moqueur. L’unedésigne des épreuves alpin (LMOLAS). Jour de la 2.8-LeMalicieux lusophone. La lusophonie les lieuxenoùski l’on parle le 7. Le dodécagone a douze côtés. semaine. portugais (Angola, Brésil, Cap-Vert, Mozambique, Portugal et 8. Des Félicinois. « Une firme félicinoise vend ses logiciels dans 45 autres). pays », lit-on dans le Journal de Québec du 30 décembre 2012. pairesdede pattes l’état adulte. séparant9.deux mots. est un ensemble formé d’une vis et d’un écrou de même 3.9-A.Possède Certainestrois espèces lupin sont àcultivées comme Blanc fourrage, Le boulon engrais ou plantes ornementales. Grande capitale asiatique. filetage. 4. Se jeter dans la gueule du loup. 10. Le corbeau. Cette appellation vient du film Le Corbeau, réalisé en 5.10A.Rendre Sur unemoins paroi tranchant rocheuse. (OSESEURM). Relations entre des personnes ou des 1943 par Henri-Georges Clouzot. groupes (PROPRAST). Tranchée ouverte dans la terre par la charrue. SOLUTION

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Coupons dans la facture d’épicerie ! Diane Morin

Parmi les stratégies pour économiser, je me suis récemment intéressée au phénomène du couponnage qui connaît actuellement un certain engouement. Le couponnage nécessite bien sûr de ramasser des coupons, mais aussi de se tenir au courant des ventes et de bien connaître les politiques des magasins. Pour bénéficier au maximum des économies potentielles, il faut acheter au bon moment et faire des réserves suffisantes afin d’attendre les prochaines ventes. Plusieurs sites Web facilitent entre autres la vie des adeptes en rendant accessibles les informations. Le meilleur site québécois est sans conteste www.onmagasine.ca, initié au début de 2011 par Liette Marchand, « une maman soucieuse d’en avoir plus pour son argent ». Malgré la vague de popularité dont il est l’objet, le couponnage suscite tout de même des réserves.

L’image Il y a d’abord les préjugés liés à l’image. Qui a envie d’avoir l’air d’une « matante » comme dans Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay, du personnage de Serge (le vers de terre) dans Cruising Bar ou encore d’une extravagante acheteuse américaine qui passe à la caisse avec quatorze chariots, comme dans l’émission Accro aux coupons-rabais ? Les gens fiers et soucieux de leur image ne voudront probablement pas s’abaisser à présenter des coupons à la caisse, et risquer en plus de se les voir refuser.

Le temps Je conviens que cela prend du temps. Chaque geste est réfléchi et planifié pour justement s’éviter d’éventuels refus à la caisse. Et on est très loin de la satisfaction instantanée des désirs, car il faut souvent attendre que les articles soient en vente.

La modification des habitudes Notre yogourt n’est pas en vente cette semaine. On a le choix de s’en passer, de prendre celui en vente ou de payer plein

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prix. Inévitablement, nous sommes amenés à réévaluer nos choix.

Le stockage Il est vrai qu’on ne peut stocker une quantité importante de yogourt, mais il en va autrement du dentifrice, surtout s’il ne vous coûte rien, comme cela m’est arrivé dernièrement. Les étagères, les bacs de rangements et le congélateur sont définitivement les amis des couponneux et couponneuses.

Le consumérisme Au premier abord, le couponnage entretient trop de liens avec un certain consumérisme outrancier pour offrir une alternative à la société de consommation. Le couponnage n’est évidemment pas une solution durable, comme l’est le jardinage urbain par exemple. Mais nous sommes présentement dans une période de transition, avant qu’une nouvelle société émerge vraiment. Et pour que celle-ci voie enfin le jour, il faudra poser des gestes conscientisés individuels et collectifs en ce sens. Cultiver ses légumes implique du temps, des efforts et de la planification. Faire des conserves nécessite de l’espace consacré à l’entreposage. Manger local limite les choix et implique d’attendre la saison des récoltes. Mais il existe aussi des adaptations intéressantes à faire en couponnant, qui vont dans le sens de solutions durables. Au chapitre des points positifs, il y a les économies bien concrètes Les économies sont de deux ordres : d’une part la valeur des coupons, et d’autre part la différence entre le prix régulier et celui en spécial. Les deux économies additionnées ensemble peuvent littéralement réduire votre facture du tiers, de la moitié ou même plus. Pour vous donner une idée, 335 participantses du forum onmagasine.ca ont déclaré leurs économies réalisées avec les coupons uniquement au cours de l’année 2012. Le montant pour le groupe s’élève à 162,423 $, et ce, avec une moyenne de

réalise l’espoir

484.84 $ par participante. J’ai moi-même économisé 565 $ en trois mois. Plusieurs se sont par ailleurs fixé un objectif pour 2013, lequel se situe autour de 1200 $ en moyenne. La chasse aux meilleures aubaines permet de réaliser encore plus d’économies, bien que cela soit plus difficile à comptabiliser. Certains magasins facilitent néanmoins ces pratiques. Par exemple, Maxi a un programme intitulé « Imbattable. Point Final ! » Ce programme « permet l'accès aux meilleurs prix du marché/… /sur simple présentation d'une preuve de plus bas prix offert par un grand supermarché concurrent. Grâce à ce programme, il n'est aujourd'hui plus nécessaire de visiter plusieurs magasins /…/ Maxi et Maxi & Cie permettent aux consommateurs de combiner les avantages du programme “ Imbattable. Point Final ! ” aux couponsrabais des manufacturiers ».

La motivation D’après ce que j’ai pu lire, les personnes qui pratiquent le couponnage sont en majorité des femmes, mais il y a également des hommes ainsi que des étudiantes, et la plupart sont issues de la classe moyenne étouffée par les responsabilités financières ou défavorisées. Ces personnes sont de tous les âges, mais il y a une bonne représentation de jeunes familles avec des enfants. Lorsqu’elles échangent sur les forums, il est question de budgets serrés, de cartes de crédit à rembourser, de fin de mois difficile, de petites gâteries ou de vacances qu’elles ne pourraient pas s’offrir autrement. Enfin, elles indiquent qu’invariablement, elles ne pourraient plus se passer des coupons ainsi que du groupe duquel elles font partie.

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3$ No 151 Février 2013

Le magazine de rue de Québec

On s’élève à donner.

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