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3$ Le magazine de rue de Québec

On s’élève à donner.

No 149 Novembre 2012

LE DÉFI DE VIEILLIR

S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant une carte d’identification 3$ contribution volontaire. 2$ sur le prix de vente va directement au camelot.

• Le bonheur est dans la course • À bas les diktats • Précipiter le passage • Regard posé d’une préposée

Envie de vous investir, de sortir de votre zone de confort, de repousser vos limites pour faire une différence dans votre communauté ?

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Concept : Publicis Montréal | Photographie : Jean Malek

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Photo: Luc-Antoine Couturier Photo: Luc-Antoine Couturier Photo: Luc-Antoine Couturier

Photo: Luc-Antoine Couturier

Avoir faim, avoir peur, errer seul toute la journée – beau temps, mauvais temps — sans avoir de place où se réfugier et ne pas savoir où dormir la nuit, tel est le quotidien des itinérants. Pour sensibiliser la population au sort réservé à une partie de ses concitoyens — pauvreté, itinérance et exclusion sociale —, Le Regroupement pour l’Aide aux Itinérants et Itinérantes de Québec (RAIIQ) a tenu le 19 octobre dernier au jardin St-Roch la 11e Nuit des sans-abri. Malgré une température on ne peut plus dissuasive, des centaines de personnes ont participé à la vigile de solidarité. Plus débordés que jamais, les organismes offrant des services aux personnes en situation d’itinérance témoignent de la croissance du phénomène, croissance qui a inspiré le thème Personne n’est à l’abri.

Photo: Luc-Antoine Couturier

Personne n’est à l’abri


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Sommaire Mot de la coordonnatrice

Éditorial

Le défi de vieillir

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Aider les aidants

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Francine Chatigny

Le bonheur est dans la course

7

Isabelle Noël

André-Anne L.-Aubé

Vieillir longtemps...

À bas les diktats

Vanessa Breton-Beaulieu

8

L’expérience au travail

10

François Pagé

9

Mélyssa Turgeon

Précipiter le passage

Vox-pop

14

Chloé Patry-Robitaille

12-13

France Lalande

Opinions Le nucléaire en question

22

Si j’étais...

24-25

Réal Malouin

Les élèves de l’école secondaire de Vanier

Écr i v a n t s e t p o è t e s Ah! les vieux...

26

Sonia Boutet

33

Anonyme

Histoire de Daphnée

Monique Dufour

34

Julie Cartier

Chroniques Trois fois vingt ans

18 Novembre 2012

Dans une salle d’attente en 2012...

38

Robert Maltais réalise l’espoir

Martine R. Corrivault 3


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PAGE COUVERTURE Photo : Luc-Antoine Couturier lucantoinecouturier@gmail.com Conception graphique : Karyne Ouellet

r é a l i s e r l’ e s p o i r

Éditeur Pierre Maltais

Camelots recherchés

L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un mo-

Hey toi!donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la ment Tu as 18 ans ou plus. société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinéTu veux te faire quelques dollars?

rance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plusà ton défavorisés, Travaille compte. Pasl’Archipel d’horaire. d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal deQuête rue est destiné à la vente - sur la rue !- par des personnes en difficulté, Vends le magazine de rue La notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs Pour plus d’informations capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabiAppelle-nous au leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie. lités, améliorer 418 649-9145 poste 33 Ou L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également Viens nous rencontrer au des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien 190, rue St-Joseph Est (coin Caron) dansl’église la recherche d’un logement par le biais de son service Accroche-Toit. Dans Jacques-Cartier

/ Archipel d’entraide

Une tribUne poUr toUs Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu. Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux. Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 11 du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique de décembre-janvier: Les livres et la lecture sous toutes ses formes.

Coordonnatrice Francine Chatigny CONSEILLERS À L’ÉDITION Martine Corrivault, Jacques Dumais, Robert Maltais RÉDACTRICE EN CHEF Valérie Gaudreau RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Isabelle Noël ÉDITORIALISTE François Pagé CHRONIQUEURS Martine Corrivault, Robert Maltais

Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.

Suivez-nous sur

Éditeur parrain Claude Cossette

JOURNALISTES Vanessa Breton-Beaulieu, France Lalande, Rachel Lapointe, Andrée-Anne Lévesque Aubé, Isabelle Noël, Chloé Patry-Robitaille, Raphaëlle Savard, Gabrielle Thibault-Delorme, Mélyssa Turgeon

Faire des soUs en devenant camelots Les camelots récoltent 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31

ÉCRIVANTS Sonia Boutet, Julie Cartier, Jean-Pierre Cyr, Jasmin Darveau, Harouna Diarrassouba, Laurence Ducos, Monique Dufour, Sarah Giroux-McCollough, Vilavouth Hongphao-Phanthavon, Joël Jouvrot-Boisvert, Didier Kénol-Tomway, Marcel-Guy Mailloux, Réal Malouin, Astrid Moreira, Koraly Muckle, Allison Patry, Allan Saint-Amant-Giasson, Benoît Turbide, Nathalie Thériault, Christiane Voyer AUTEURS DES JEUX Hélène Huot, Jacques Carl Morin RÉVISEURE Nathalie Thériault DIRECTRICE PHOTO Josée Normandeau PHOTOGRAPHES Carole-Anne Beaulieu, Maude Côté, Luc-Antoine Couturier, Gabrielle Thibeault-Delorme, Marc-André Girard, Laurence Labat, Chloé Patry-Robitaille

Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec. COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE Nom: Adresse: Travaille à ton compte. Pas d’horaire. Vends le magazine de rue La Quête Ville: Pour plus d’informations Appelle-nous au postal: 418Code 649-9145 poste 33 Ou Viens nous rencontrer au Courriel: 190, rue St-Joseph Est (coin Caron)

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IMPRIMEUR Imprimerie STAMPA inc. (418) 681-0284

Journal La Quête 190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7 Téléphone: 649-9145 Télécopieur: 649-7770 Courriel: laquetejournal@yahoo.ca

Dans l’église Jacques-Cartier

La Quête est appuyée financièrement par :

Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI)

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INFOGRAPHISTE Karyne Ouellet AGENTE DE PUBLICITÉ SOCIALE Geneviève Thompson

Camelots recherchés Hey toi! Tu as 18 ans ou plus. Tu veux te faire quelques dollars?

ILLUSTRATEURS Stéphane Bellefeuille, Francis Desharnais, Joël Jouvrot-Boisvert

Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien

réalise l’espoir

Novembre 2012


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M o t de la coordonnatrice

Le défi de vieillir... Au cours des dernières décennies, le visage de la vieillesse a beaucoup changé. D'abord, les Québécois vivent plus vieux : entre 1931 et 2011, l'espérance de vie est passée de 56,2 ans à 79,6 ans chez les hommes, et de 57,8 ans à 83,6 ans chez les femmes. Puis, ils vieillissent mieux : les conditions de vie et l’état de santé des aînés se sont tangiblement améliorés au fil du temps. Aujourd'hui, une bonne partie des « jeunes aînés » sont relativement en santé et actifs.

Digne de mention

Un triste constat

Trois fois vingt ans. C'est ainsi que Robert Maltais signe sa chronique du mois. Drôle de coïncidence, cette chronique est également la soixantième qu’il offre généreusement à La Quête ce qui mérite autant de remerciements

Au cours du mois d’octobre, deux événements de sensibilisation à la pauvreté et à l'itinérance ont eu lieu en BasseVille, soit un rassemblement populaire organisé dans le cadre de la journée internationale pour l'élimination de la pauvreté et la vigile de solidarité de La Nuit des sans-abri. Un Québécois sur dix ne couvre pas ses besoins de base - manger à sa faim, se vêtir convenablement,

Un message entendu À plusieurs reprises au cours de la dernière année, j’ai répété dans le mot de

Active, on ne pourrait en dire moins de la marathonienne Thérèse Lajoie qui avoue à notre journaliste Isabelle Noël que les jours où elle ne court pas... elle se sent moins bien. Jusqu'à quel âge peut-on courir madame Lajoie? Le corps peut accepter de suivre la cadence, mais cela n’empêche pas les marques du temps de s’y incruster. Dans une société qui en a que pour ce qui est nouveau, porter un corps usé est doublement lourd. Il pourrait en être autrement. Vanessa Breton-Beaulieu en a discuté avec la sexologue et auteure Jocelyne Robert. Que fait-on de sa vieillesse ? De tout ce temps, de plus en plus long répétons-le, qui reste après avoir quitté le marché du travail qui occupait une bonne partie du quotidien ? Mélyssa Turgeon et Andrée-Anne Lévesque Aubé se sont, chacune à leur manière, penchées sur la question. La version 2.0 de l'âge d'or apporte son lot de moments heureux, mais n'élimine pas pour autant les difficultés liées à cette période de la vie, notamment pertes qui se multiplient. Les femmes seraient davantage touchées par la perte d’autonomie nous explique Gabrielle ThibaultDelorme.

Illustration: Stéphane Bellefeuille

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la coordonnatrice que La Quête se veut une tribune pour tous et que vos écrits sont toujours les bienvenus. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai accepté la proposition de Claudia Beaulieu, une stagiaire en enseignement du français, troisième secondaire, à l'École secondaire de Vanier qui a communiqué avec moi au début de l'année scolaire. « Serait-il possible de publier des textes de mes élèves ? me demande-t-elle. Ce serait stimulant pour eux de savoir qu’ils paraîtront dans un magazine ». Quelle belle idée ! Vous pourrez apprécier leur travail au cours des prochains mois.

avoir un toit sur la tête —. Si on se fie au taux de participation à ces événements, les vrais indignés sont peu nombreux... Deux nouveaux collaborateurs se sont toutefois intéressés à la Nuit des sansabri. Luc-Antoine Couturier nous livre ses photos en couverture 3 et Francis Desharnais, nous propose, à la page 19, un reportage en croquis. Bonne lecture ! Au nom de tous les camelots, merci d'acheter La Quête.

Francine Chatigny

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Aider les aidants

Éditorial

Le nouveau gouvernement péquiste dit vouloir faire des soins à domicile l’une de ses trois priorités en santé. Une intention louable, certes, si elle ne se résume pas à se décharger d’un fardeau budgétaire sur les familles des malades. Selon une récente étude de l’Institut de la statistique du Québec, le nombre de personnes âgées de 80 ans et plus devrait avoir quadruplé en 2046. À cause des coûts considérables des soins de longue durée souvent associés à la vieillesse, cela risque d’entraîner une pression économique considérable sur un système de santé déjà surchargé. Or, traiter les gens à leur résidence offre des avantages considérables. En mai dernier, le vérificateur général évaluait que la prise en charge d’une personne dans un hôpital coûtait environ 200 000 $ par année, par rapport à 60 000 $ dans un centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et 25 000 $ à domicile. La contribution des proches aidants est estimée à 5 milliards de dollars annuellement. Le Parti québécois (PQ) espère encourager davantage de gens à se faire soigner à la maison en créant une assurance autonomie, c’est-à-dire un système centralisé de gestion des traitements administrés en dehors des hôpitaux, censé accroître l’accessibilité et l’uniformité des services offerts par les centres locaux de services communautaires (CLSC). Pour ce faire, le PQ a promis une bonification de 119 millions de dollars de l’enveloppe réservée aux soins à domicile, pour un total de 1,04 milliards. Cette somme ne représente en fait que moins de 3,5 % du budget de la Santé. C’est peu pour une orientation prioritaire supposée redéfinir les soins aux aînés. Personne ne s’opposera à une administration plus efficace, mais le système actuel 6

a besoin de plus que d’une simple réforme bureaucratique. C’est le rôle des proches aidants et l’appui qui leur est offert que l’on doit nécessairement revoir. À l’heure actuelle, ceux-ci prennent en charge de 70 à 85 % de l’aide requise par les malades traités à leur résidence. En plus du soutien psychologique et des tâches de préposé aux bénéficiaires, ils sont appelés à accomplir un travail de professionnel. Par exemple, selon Santé Canada, 62 % des aidants naturels doivent évaluer la progression de symptômes sur une base quotidienne et 46 % s’occupent de la gestion et de l’administration de la médication. Dans un article paru dans Perspective infirmière, les spécialistes en gériatrie Marie Beaulieu et Rachel Janvier Lafrenière résumaient le problème ainsi : « La prise en charge de personnes âgées en perte d’autonomie par des familles qui n’ont ni l’information, ni la formation, ni les installations sécuritaires pour le faire soulève des questions éthiques ». Ces troubles éthiques concernent non seulement la qualité des soins reçus par le bénéficiaire, mais aussi les conditions de vies rébarbatives que l’on impose aux aidants naturels. La pression psychologique et les chamboulements émotifs qu’ils subissent chaque jour sont énormes. Ce stress chronique peut entraîner la dépression, causer de graves troubles cardiovasculaires et même affecter l'efficacité du système immunitaire. Selon le Centre d'études sur le stress humain, le risque de mort est ainsi augmenté de 63 % chez les aidants qui soutiennent un proche pour plus de quatre ans. Se consacrer à un parent ou un conjoint en perte d’autonomie nécessite aussi un investissement considérable de temps. Bien que les deux tiers des aidants naturels aient entre 18 et 54 ans, ils ne sont que 60 % à avoir un travail rémunéré et 32 % à

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occuper un emploi à temps plein. Plus du quart d’entre eux ont un revenu familial inférieur à 25 000 $ et près de la moitié sont sous la barre des 35 000 $, selon Santé Canada. Le crédit d’impôt de 1075 $ offert aux proches aidants par le gouvernement provincial, ou 591 $ si le bénéficiaire est un conjoint, est d’un ridicule presqu’insultant. Même en y additionnant les 4282 $ de déductions fiscales du palier fédéral, le soutien demeure minime par rapport à l’abnégation exigée. Pour donner un peu de répit aux aidants naturels, le Québec rembourse à hauteur de 30 % l’embauche d’une infirmière à domicile, jusqu’à concurrence de 1560 $. À un taux horaire avoisinant les 50 $ l’heure, on parle d’une trentaine d’heures par année. Pas de quoi se payer de grosses vacances. Certes, les soins de longue durée à domicile ont un visage plus humain que l’hospitalisation. Ils permettent aussi de soulager un système de santé débordé et de contourner la pénurie de lits en CHSLD. Mais cela ne doit pas se faire aux dépends d’âmes charitables prêtes à se sacrifier pour un proche. Les aidants naturels ont besoin de support psychologique, professionnel et économique. Ce n’est pas les 119 millions promis qui feront la différence, et encore moins une réforme bureaucratique. Si les soins à domiciles sont réellement la solution aux conséquences budgétaires du vieillissement de la population, il est temps de s’y engager sérieusement et de s’en donner les moyens en investissant les capitaux nécessaires et cesser de n’y voir qu’une possibilité d’économies.

François Pagé

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Le bonheur est dans la course Thérèse Lajoie n’est pas du genre à regarder le temps passer : elle préfère le compter. Deux heures quarante-trois minutes, c’est le temps qu’il lui a fallu pour courir les 42 kilomètres du marathon des Deux-Rives cet été. Un temps qui lui a valu la deuxième place dans sa catégorie d’âge. La catégorie d’âge en question ? Soixante-dix ans et plus.

pendant 45 minutes trois fois par semaine suffirait à garder son corps en santé et sa matière grise intacte.

En effet, Thérèse Lajoie a soufflé 73 chandelles cette année et compte huit marathons à son actif, dont celui de Paris. Pourtant, avant l’âge de 45 ans, elle fumait et n’avait jamais couru. Après avoir tenté d’écraser plusieurs fois sans succès, la dame a reçu un conseil qui a fait son chemin. « Ma sœur m’a dit de prendre mes espadrilles et sortir courir si l’envie de fumer me prenait », se rappelle-t-elle.

Thérèse Lajoie incarne un bon exemple pour appuyer les résultats obtenus par le Dr Bherer. « Le sport, dans la vie de quelqu’un, ça aide à vivre bien des affaires », confie-t-elle. « La course m’a apporté du caractère et j’ai appris à me débrouiller, à foncer ». Elle a aussi appris à ne pas écouter ceux qui lui disaient que son passe-temps préféré n’est plus de son âge. Pour ne pas perdre de vue ses objectifs, elle a collé dans sa garde-robe des photos des coureurs qu’elle admire. « C’est moi qui décide quand je vais m’arrêter ! » s’exclame-t-elle avec force.

Et ça rapporte ! À 73 ans, Thérèse Lajoie ne prend aucune médication, et n’est pas malade. Et il est évident qu’elle a de l’énergie à revendre. « Je cours une à deux heures par jour en plus de promener mes chiens. Si je manque un entraînement, je ne me sens pas bien ». Quand on lui demande son secret pour endurer la course pendant deux heures, elle rigole un peu. « C’est difficile à expliquer. Je pense que je fais de la méditation. Quand j’ai des problèmes à la maison ou dans ma famille, ceux-ci s’arrangent en courant ». Dans les faits, le sport apporte son lot de bienfaits, même après 60 ans. C’est du moins ce que les recherches du Dr Louis Bherer, auteur principal d’une étude sur l’exercice physique chez les aînés de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, ont démontré. « Une personne âgée, sédentaire et fragile, peut bénéficier d'améliorations importantes de ses fonctions cérébrales, de sa mémoire et de

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Courtoisie : Thérèse Lajoie

Pour la marathonienne, l’âge n’est pas un obstacle. « On peut courir à n’importe quel âge. Avec l’accord du médecin, en respectant ses limites… tout est possible ». Bien sûr, les débuts ne sont pas sans effort, mais selon elle, il ne faut pas se laisser décourager. « Ça m’a pris un gros mois avant d’être capable de courir ». Son conseil ? Alterner la course et la marche deux minutes à la fois, puis de semaine en semaine, diminuer les temps de marche.

Thérèse Lajoie a bien hâte qu’on lui enlève son plâtre pour retourner courir autant qu’elle le souhaite!

ses fonctions physiques, mais aussi de sa qualité de vie », explique-t-il.

Au risque de tomber dans les clichés, Thérèse Lajoie incarne pourtant bel et bien le proverbe latin « un esprit sain dans un corps sain ». Elle affirme aussi avec conviction que peu importe l’âge, chacun est responsable de prendre son bonheur en main, lequel peut passer par un geste aussi simple que de lacer ses souliers de course. En terminant la conversation, Mme Lajoie n’avait d’ailleurs qu’une simple chose à rappeler aux lecteurs de La Quête: « La vie est belle ! ».

Isabelle Noël

Pour parvenir à ces conclusions, son équipe se base sur les résultats d'une étude réalisée sur 43 personnes âgées de 61 à 89 ans, divisées en deux groupes, dont un ayant suivi un entraînement trois fois par semaine, et ce, durant 12 semaines. Ceux qui ont fait l’entraînement ont montré une amélioration significative de leurs capacités physiques, de leurs performances mentales (dont la mémoire) et de leur qualité de vie globale (activités de loisirs, relations sociales et familiales et santé physique). Et pas besoin de courir le marathon pour y arriver. Selon le Dr Bherer, la marche rapide

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V i e i l l i r selon Jocelyne Rober t

À bas les diktats Vieillir est un concept que Jocelyne Robert n’avait pas envisagé négativement. En fait, elle voyait son entourage s’inquiéter de vieillir et ne comprenait pas ce qui les dérangeait. Elle décrit avec humour que c’est à 60 ans que tout a changé. « C’est comme si j’associais le chiffre 60 à la vieillesse. J’ai un conjoint, un mari, un amoureux, c’est la même personne, je n’en ai pas trois. Avant d’arriver à 60 ans, je m’en fichais qu’il ait douze ans de moins que moi. Cependant, en approchant la soixantaine je me disais que, lorsque j’aurais 60 ans, il serait encore dans la quarantaine ». Photo : Laurence Labat

C’est ainsi qu’elle a trouvé un bon moyen de se faire du bien et d’aider les gens qui ont de la difficulté à vieillir, soit d’écrire le livre Les femmes vintage, une réflexion sur la société consumériste et le refus de vieillir. L’auteure explique son raisonnement en disant qu’elle n’est pas une superwoman. « J’étais aussi prise avec les démons de la société, qui nous donne des modèles de femmes, d’hommes et de couple auxquels on doit correspondre », reconnaît Madame Robert. La société, mentionne-t-elle, est un système de double standard. « On demande aux femmes d’avoir l’air de bimbos à 50 ans. Par exemple, un présentateur à la télévision avec les tempes grisonnantes sera décrit comme beau et séduisant. Pour la femme, c’est différent. Dès qu’elle est un peu ridée, on dit mon Dieu, elle a vieilli ! Si elle a eu une chirurgie, on va dire mon Dieu, qu’est-ce qu’elle a eu au visage ! », déplore-t-elle.

Jocelyne Robert, sexologue et auteure

Depuis 1999, la sexologue et auteure Jocelyne Robert a publié différents ouvrages contemporains sur le couple et la sexualité des enfants, tout comme celle des adolescents. Plus récemment, elle publie un livre sur la difficulté de vieillir, Les femmes vintage. Le magazine La Quête l’a interviewée afin d’obtenir son point de vue sur ce phénomène qui touche les femmes de la société nord-américaine.

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Plusieurs théories peuvent expliquer ce refus de vieillir, selon l’auteure. D’un point de vue sociologique, la société nord-américaine est axée sur la consommation et veut constamment avoir du neuf. Ce fait ne s’applique pas uniquement aux objets, mais aussi aux humains. Sous un angle biologique, les femmes et les hommes vivent plus longtemps qu’il

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y a 50 ans. « C’est comme si le contexte culturel n’avait pas suivi l’évolution biologique de l’humain ». De plus, les entreprises cosmétiques laissent croire qu’il est possible de rester belle et jeune éternellement, en mettant sur le marché divers produits anti-âge. En somme, les chirurgies esthétiques paraissent aussi banales que d’aller chez le coiffeur. Ces « alternatives » au vieillissement semblent être des « solutions miracles » au refus de vieillir des femmes et hommes. « Quand je vois une femme toute refaite, je me demande : Est-ce quelle serait moins belle si elle n’avait rien eu ? » Mme Robert n’est pas contre la chirurgie esthétique en soi. Cependant, elle s’oppose à l’oppression sociale ambiante, omniprésente autour de ces pratiques. « On doit ouvrir les têtes avant d’ouvrir les corps ». Selon l’auteure, la chirurgie esthétique est présentée comme garantissant le bonheur suprême, y avoir recours serait une façon pour un couple de rester heureux, une manière pour la femme de garder son homme et de continuer de s’aimer. Ce sont ces critères et ces stéréotypes culturels de beauté qui doivent être remis en question. « La beauté et la jeunesse ne garantissent pas le bonheur, c’est l’estime de soi qui y contribue le mieux. Les diktats socioculturels, c’est ça qui nous rend le vieillissement plus difficile ». Si la société présente la chirurgie comme une solution favorable pour ralentir les effets du temps, tout le monde n’est pas du même avis. « Plusieurs hommes qui m’écrivent me disent qu’une femme avec des seins comme des obus et un visage immobile, ça les désérotise. Si les femmes ne reçoivent pas ce message-là dans leurs vies, ce n’est pas facile d’être plus forte que le courant ».

Vanessa Breton-Beaulieu

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Les personnes âgées pourraient représenter plus d’un cinquième de la population dès 2026 et même surpasser le quart de la population d’ici 2056, selon Statistique Canada. Alors que notre population se fait de plus en plus vieillissante, il importe de réfléchir dès aujourd’hui sur la place accordée aux personnes âgées de 65 ans et plus. La participation sociale des aînés devient un concept intéressant, dans la mesure où on les considère comme des acteurs à part entière de la société, et ce, même après la retraite. On doit cependant leur donner les moyens de pouvoir exercer ce rôle social, ce qui implique de réviser plusieurs idées et préjugés entourant la vieillesse. « La notion de participation sociale des aînés est relativement récente. Elle existe depuis une dizaine d’années seulement et ne fait d’ailleurs pas encore consensus chez les experts en ce qui touche les éléments qui la composent », explique Andrée Sévigny, directrice adjointe de l’Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés de l’Université Laval (IVPSA) et chercheuse au Centre d’excellence sur le vieillissement de Québec. Toutefois, la définition de la participation sociale sur laquelle la professeure, l’équipe de l’IVPSA et les organisations de la région intéressés à la question se fondent comprend essentiellement quatre dimensions : le fonctionnement dans la vie quotidienne, les interactions sociales, le réseau social et une vie associative organisée. « Dans cette perspective, faire des courses ou avoir un réseau d’amis s’imbrique dans cette définition, au même titre que de militer activement pour un parti politique ou une cause », souligne la

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Photo : Marc-André Girard

Vieillir longtemps…

chercheuse. Voyons donc cette participation sociale des aînés comme une participation active, autonome et volontaire à la vie sociale, dans laquelle ils ne soient pas contraints de s’engager, non plus. « Les organisations, gens ou approches la voient comme la possibilité ou la capacité pour les aînés de continuer à jouer leur rôle social », résume-t-elle. Bien qu’on ne retrace pas encore d’association claire entre la santé des personnes âgées et leur participation sociale, tout porte à croire que leur implication favoriserait leur santé. Signalons que cette participation reste également influencée par certains facteurs, notamment personnels, socioéconomiques et environnementaux.

Redéfinir la retraite et vaincre l’âgisme « Pour encourager cette participation des aînés, on doit mettre en place des politiques publiques favorisant leur collaboration à la vie collective », soutient Andrée Sévigny. Plus encore, une révision du statut de retraité s’impose, selon la chercheuse. « Quand on prend sa retraite, est-ce parce qu’on se retire de la société ou parce qu’on devrait se retirer de la société ? », questionne-t-elle. D’autant que la tendance, c’est de percevoir les personnes âgées comme des personnes malades et invalides. Bon nombre de préjugés entretiennent une vision pessimiste de la vieillesse et alimentent l’âgisme envers eux. « Il y a en ce moment une sorte de discrimination intergénérationnelle », déplore-t-elle.

réalise l’espoir

Au lieu d’exclure les personnes âgées de la collectivité, la chercheuse invite plutôt à élaborer des initiatives telles que l’université du 3e âge, le mentorat ou les maisons intergénérationnelles qui favoriseraient la transmission des connaissances et des richesses et qui lutteraient contre les préjugés. « Comment peut-on exclure 20 %, bientôt 30 % de notre population, car on pense que socialement elle n’apporte plus rien ? », ajoute-t-elle.

« Ça me dégourdit la mémoire » Lucie, 71 ans, est bénévole pour le Centre d’aide et d’action bénévole de Charlesbourg (CAABC) depuis sa retraite en 2007. Secrétaire de métier, elle met à profit ses compétences de révision et de rédaction pour les publications du CAABC. Celle-ci a décidé de s’adonner à de l’action bénévole afin de meubler un peu son temps libre. En plus de se sentir utile et d’avoir l’impression de rendre service, ses responsabilités lui permettent d’être active et d’apprendre continuellement en côtoyant de nouvelles personnes. « Ça me dégourdit la mémoire », déclare-t-elle. Elle apprécie aussi l’aspect de camaraderie et d’échanges que lui apportent ses activités de bénévolat. Lucie indique être même devenue amie avec certains autres bénévoles. « On fait des sorties ensemble ! », s’exclame-t-elle.

Mélyssa Turgeon

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L’expérience au travail Elle est bien révolue l'époque de la Liberté 55, promesse d'une retraite douce et paisible à la mi-cinquantaine. C’est ce qu’a pu constater La Quête à la lumière du premier Salon FADOQ 50+ entièrement dédié au troisième âge qui se tenait en septembre au centre de Foire de Québec. Plus de 12 000 personnes sont ainsi allées à la rencontre d'exposants du milieu de la santé, de l'alimentation, des loisirs, mais aussi… de l'emploi!

travail, souvent à mi-temps. Enfin, certaines personnes âgées reprennent le travail tout simplement par passion, pour rester actives ou socialiser. Dans ce dernier cas, nombreuses sont celles qui préfèrent toutefois faire du bénévolat.

Les rides et les cheveux gris : sources d'appréhension À l'expression travailleur âgé, Danis Prud'homme préfère " travailleur d'expérience ". À son avis, les employeurs sousestiment trop souvent les qualités des travailleurs d'âge avancé. On croit à tort que les quinquagénaires sont moins productifs, moins au fait des dernières technologies et plus portés à s'absenter pour des causes médicales. Les préjugés entourant l'âgisme constituent d'ailleurs le principal obstacle à l'embauche des travailleurs âgés et, depuis quelques

Emploi Québec explique cette tendance par différents phénomènes. L’accroissement rapide du nombre de travailleurs âgés serait d’abord attribuable au vieillissement des baby-boomers, dont la première cohorte a fêté son 55e anniversaire en 2001. D’autre part, l’économie basée sur les services éreinterait moins les travailleurs, alors que l'allongement de l'espérance de vie en bonne santé leur permettrait de rester plus longtemps au boulot. Enfin, l'augmentation du taux de scolarisation favoriserait quant à elle l'attachement au travail. Mais concrètement, qui sont ces travailleurs âgés ? Danis Prud'homme, directeur général du Réseau FADOQ, distingue trois profils. La majorité d'entre eux serait des travailleurs qui n'ont tous simplement pas les moyens de se retirer. Voyant leur fond de retraite frappé par les contrecoups de la crise financière, 28 % des baby-boomers songeraient d'ailleurs à repousser leur départ d'un à cinq ans. Viennent ensuite les retraités qui, contraints par les soubresauts de l'économie ou parce qu'ils souhaitent avoir les moyens de s'offrir quelques gâteries, décident de réintégrer le marché du

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Pour toutes ces raisons, la FADOQ a mis en place le Défi travail 50 + dont l’objectif est de sensibiliser les employeurs aux bienfaits d’engager des travailleurs expérimentés. « Ils sont organisés parce qu'ils ont de l'expérience sur le marché du travail, ils ont l'habitude du service à la clientèle et possèdent une méthode de travail », explique-t-il. Aux compétences techniques acquises par des années de pratique, se conjugue un savoir-être social et corporatif. Avec la pénurie de maind'œuvre annoncée, « si les employeurs ne s’adaptent pas à avoir des employés plus âgés et qu’ils n’adaptent pas leurs conditions de travail, ils vont se retrouver en problématique sérieuse de manque de travailleurs », insiste M. Prud’homme. Ce n’est en effet pas fortuit si, au cours des dernières années les gouvernements, tant fédéral que provincial, aient multiplié les mesures favorisant la prolongation de la vie active des travailleurs âgés. Photo : Archives Web

En 2011, 662 000 travailleurs québécois étaient âgés de 55 ans et plus. 54 200 autres étaient quant à eux à la recherche d’un emploi. Représentant 16,7 % de la population active du Québec, les 55 ans et plus sont donc plus actifs que les 15 à 24 ans.

« Lorsqu'on se situe entre 45 et 50 ans, les employeurs commencent à trouver qu'on coûte cher. D'abord, com-me on a beaucoup d'années d'expérience notre salaire a augmenté au fil des ans. Puis, il y a les stéréotypes véhiculés par l’âgisme ». Selon une étude commandée par RBC en 2011, 41 % des retraités affirmaient avoir été contraints de se retirer. De ceuxci, 18 % ont pris leur décision suite à des pressions de leur employeur.

années, le motif d'un nombre croissant de plaintes adressées à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Ainsi, les travailleurs de 55 ans et plus sont davantage touchés par le chômage et y demeurent en outre plus longtemps que ceux représentant les 25 à 54 ans. M. Prud'homme regrette également que les aînés qui retournent au travail, lorsqu’ils changent de secteur, se retrouvent souvent avec des emplois à bas salaire. « Souvent, les employeurs vont dire " oui, j'ai des travailleurs âgés dans mon entreprise ", mais lorsqu'on vérifie où ils travaillent, on réalise qu'ils sont dans les emplois les moins bien rémunérés ».

Aménagement des conditions de travail, préretraite, horaires modifiés et mentorat, voilà quelques-unes des incitatives proposées par la FADOQ afin de permettre à tous de relever le défi.

Andrée-Anne Lévesque Aubé

Le directeur général de la FADOQ relève de plus la difficulté pour les personnes plus âgées à conserver leur emploi.

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La per te d’autonomie ; un problème féminin? Avec une proportion d’aînés de plus en plus importante, la problématique de la perte d’autonomie devient alarmante. Seulement sur l’île de Montréal, 41 % des personnes âgées vivent une incapacité, selon le rapport annuel 2011-2012 de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal. La perte d’autonomie, ou l’incapacité d’assumer seul les tâches quotidiennes est favorisée par certains facteurs, dont l’âge avancé. Le sexe d’une personne peut également influencer la manière dont celle-ci avance en âge.

Photo : Archives Web

blématique. Le guide forme les propriétaires, ces derniers étant parfois l’un des rares contacts humains d’une personne isolée, à reconnaître les symptômes d’une perte d’autonomie (négligence vestimentaire, perte de poids, odeur d’urine ou présence d’ecchymoses).

Dans le document, Pour que la perte d’autonomie ne devienne pas une dépossession de soi-même, la Fédération des femmes du Québec écrit : « La majorité des personnes aînées sont des femmes. En effet, au fur et à mesure que la population vieillit, elle se féminise. Les femmes ont aussi plus de maladies chroniques, menant à des incapacités fonctionnelles, que les hommes ». L’espérance de vie plus longue de ces dernières est la première explication de ce déséquilibre par rapport à la perte d’autonomie. Mais le revenu et la solitude expliquent également cette situation. En effet, qui dit espérance de vie plus longue, dit également une plus grande possibilité de se retrouver veuve après le décès du conjoint. Cette situation peut provoquer une détresse psychologique ainsi qu’un plus grand isolement. Cependant, il est bon de préciser que les hommes âgés vivent le veuvage plus difficilement que les femmes. Psychologiquement, ils seraient plus affectés par la perte du conjoint et par le sentiment de solitude, car leurs réseaux sociaux sont généralement moins développés que ceux des femmes. Les hommes âgés seraient également plus nombreux à se suicider.

Outre l’isolement, la sédentarité est également un facteur de la perte d’autonomie. Selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de Statistique Canada en 2007-2008, les personnes âgées de 65 ans et plus seraient les plus sédentaires et les femmes le seraient dans une proportion plus grande. Tous ces facteurs peuvent expliquer le déséquilibre entre les hommes et les femmes, pour ce qui est de la perte d’autonomie. Mais le déséquilibre existe également pour les personnes aidantes. Selon l’Avis sur l’état de situation des proches aidants 2008 produit par le Conseil des aînés du Québec, « de 80 à 90 % des soins fournis par l’entourage aux personnes âgées sont donnés par des femmes ». C’est également le cas dans les milieux hospitaliers, où les femmes sont surreprésentées dans les milieux d’aide à domicile ou dans les résidences pour personnes âgées. Bien que le sexe ne soit pas un facteur en soi, il influence considérablement la perte d’autonomie, qui se conjugue, la plupart du temps, au féminin.

Gabrielle Thibault-Delorme

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Photo : Gabrielle Thibault-Delorme

Le veuvage, en plus d’affecter les femmes psychologiquement, les affecte également économiquement, selon une étude de Statistique Canada réalisée de 1993 à 2006. En effet, 5 ans après le décès du conjoint, les revenus médians diminueraient d’environ 15 %. La baisse de revenu est un facteur important d’isolement, ce dernier étant un des facteurs de la perte d’autonomie. Dernièrement, un guide du Gouvernement du Québec dédié aux propriétaires de logement s’attaquerait à cette pro-

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Comment imaginez-vous aille obit y-R

« Mon principal but à 80 ans est d’avoir encore ma famille et mes amis près de moi. J’espère que la personne que j’aime voudra encore partager sa vie avec moi, malgré la vieillesse. La pire chose serait d’être laissé à moi-même. J’aimerais avoir conservé mon ouverture d’esprit, ne pas me fermer au monde et continuer à m’intéresser à tout plein de choses. Je voudrais faire la liste de tout ce que je voulais faire dans ma vie et pouvoir cocher tous les items de cette liste. J’aimerais aussi avoir l’énergie et la motivation d’y ajouter encore des éléments ».

« Je me sens comme quelqu’un qui va être entouré de beaucoup de monde parce que j’adore le monde. Je vais avoir beaucoup d’enfants et ceux-ci vont sûrement avoir des enfants quand je vais être rendue à 80 ans. Je vais être quelqu’un qui bouge beaucoup, pas sédentaire, très en forme et qui voyage. Je me vois encore partir avec mon pack sac, tant que ça va être possible, je vais le faire. Je me vois faire du patin jusqu'à tant que je sois plus capable de me tenir debout sur mes deux pieds. Je me vois en bonne santé, entourée de mes amis, de mon mari et de ma famille ».

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Voici la question que La Quête a posée à des personnes d’origine, d’âge et de sexe différents provenant de la région de Québec. Somme toute, malgré cette diversité, la plupart des gens aiment se voir entourés de leur famille dans un endroit tranquille. Pour d’autres, il était difficile de s’imaginer encore vivant à cet âge…

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- Pascale Racine, 19 ans

« Surtout une vie relax. Je suis un gars qui cherche le calme alors j’aimerais passer une petite vie tranquille. J’aimerais faire de la marche en forêt. Je viens d’une famille nombreuse donc j’aimerais aussi être entouré de celleci. Mais tout ça, c’est si je me rends là parce que je ne me vois pas à 80 ans. Il y a beaucoup de monde qui sont décédés jeunes dans ma famille ».

- Philippe Chouinard, 21 ans

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- Antoine Alain, 50 ans

« Je me vois vieille et ridée, entourée de mes enfants et petits-enfants. J’espère être assez en forme pour rester chez nous et les recevoir. J’aimerais faire du bénévolat, jouer à la pétanque, faire des biscuits sablés et des recettes de grand-mère. Je veux être une grand-mère active et voyager. Je me vois heureuse et épanouie. J’espère que les soins de santé se seront améliorés. Je ne me vois pas dans un centre de personnes âgées, car j’aimerais vraiment être dans ma maison le plus longtemps possible. En espérant que ma famille soit proche de moi et qu’elle m’aide à conserver notre maison familiale, ça serait ça l’idéal ».

- Émilie Robitaille, 30 ans aill obit Photo: Chloé Patr y-R

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votre vie à 80 ans ? « Je me projette peut-être un peu malade puisque je fais de l’hypertension. Je vais quand même essayer de me tenir en forme en faisant de l’activité physique. Je m’imagine très beau et encore capable de séduire ma femme. Je nous vois entourés d’une grosse famille avec une bonne vingtaine de petits-enfants. Ils vont tous venir à Noël dans notre grosse maison en région pour avoir la paix. Peut-être avec une petite ferme et un jardin. J’aimerais aussi être entouré de mes amis ».

- Julien Le Belere, 28 ans

« Je ne me vois pas très différente d’aujourd’hui dans le sens que moi j’aime lire, réfléchir et faire toutes sortes de choses. Puis, il n’y a rien qui m’empêchera à 80 ans de continuer de le faire, sauf si, évidemment, je suis malade. Mais je me vois en bonne santé, avec ma tête, passer mes journées à lire, à écrire, peut-être même des livres. Je me vois au Québec et aussi passer du temps au bord de la Méditerranée. Je vais sûrement être grand-mère de plusieurs petits-enfants et il y a bien un de mes enfants qui va être proche de moi. Mais je me vois quand même indépendante. J’espère être encore avec mon mari et qu’on se baladera un peu. Au fond, je me vois faire ce que je fais pendant mes vacances habituellement ».

- Florence Piron, 46 ans

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« Je ne m’imagine pas vivre à 80 ans, je crois que je vais être déjà mort. Mais si j’ai à vivre jusque-là, je m’imagine à la retraite sur une plage tranquille quelque part. Je pense être avec ma famille et qu’elle va s’occuper de moi. Je vais raconter des histoires à mes petits-enfants ».

- Alami Tawfik, 23 ans t Cô

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« C’est assez difficile à dire comment je vais être à 80 ans. J’aimerais avoir une résidence paisible au bord de la mer et être tranquille avec le moins de préoccupations possible parce qu’à un moment donné, on aime ça avoir plus la paix. Faire de la lecture, naviguer sur Internet et peut-être avoir 2 chats. J’aimerais être entouré de mes amis ». ôt

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- Yves Massé, 58 ans

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Vox-pop de Chloé Patry-Robitaille réalise l’espoir

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Précipiter le passage Au Québec, beaucoup de publicités sont présentées pour la prévention du suicide, surtout chez les adolescents, particulièrement à risque. Pourtant, « il y a 5 à 7 % de décès par suicide chez les adolescents et 10 à 15 % chez les personnes âgées », précise Audrey Simard, coordonnatrice des services de formation au Centre de prévention du suicide de Québec.

« Difficile de déceler un profil commun aux personnes suicidaires », explique Audrey Simard. Un enchevêtrement de facteurs varie d’une personne à l’autre. Chez les personnes âgées, indique Mme Éthier, les raisons de se suicider sont les pertes, telles que celle du conjoint, suivies de l’inadaptation du veuvage et la perte sociale qui englobe le revenu, l’emploi, le divorce et l’éloignement géographique de la famille. À cela s'ajoutent la perte d’autonomie physique ou le fait de devoir vivre avec une maladie chronique. Sophie Éthier souligne que la principale cause est la maladie mentale, notamment la dépression : en effet, de 50 % à 80 % des suicidés en souffriraient. Être entouré ou non n’est par ailleurs pas un facteur déterminant du suicide. « Souvent, il y a le mythe de l’abandon chez les personnes âgées, ce qui est faux, car elles ne sont pas plus seules que les autres », précise Sophie Éthier. Mme Éthier évoque « que contrairement à certains de leurs cadets, les aînés, usés et fatigués, se suicident sans faire d'éclat : ça demande de l'énergie et de la préparation, un suicide. Ils vont plutôt arrêter leur médication ou en augmenter le dosage ou succomber au syndrome du glissement : la personne se laisse mourir en arrêtant de se nourrir, de se laver ou d’avoir des activités. Tout cela consiste à une sorte d’appel à l’aide », précise Sophie Éthier.

Photo: Archives Web

Chez les personnes âgées les décès par suicide ne sont pas tous enregistrés comme tel : accident et mauvaise prise de médicaments passent pour des morts naturelles. Quand une personne âgée décède, on fait rarement une autopsie ou une enquête. On considère le décès comme normal, puisque la personne était très âgée et on présume qu’elle est morte de vieillesse. Mais ce n’est pas nécessairement le cas. « Si une enquête était faite à chaque fois, on pourrait sûrement constater plus de décès par suicide », précise Sophie Éthier, Directrice du Certificat en gérontologie à l’Université Laval.

existe des sentinelles, soit des personnes formées par les centres de prévention du suicide « pour détecter les personnes suicidaires », précise Mme Simard. Est-ce qu'on peut faire mieux en termes de services offerts ou dans la façon de détecter les personnes âgées atteintes de dépression ? Selon Mme Éthier, « il devrait y avoir des publicités pour sensibiliser les familles et les gens en général au suicide chez les personnes âgées. De plus, les médecins et les pharmaciens pourraient être questionnés un peu plus ou suggérer aux personnes âgées de rencontrer un travailleur social quand ils prescrivent ou voient des prescriptions d’antidépresseurs à leur dossier ».

France Lalande

Une étude de l'Université de Sherbrooke, rapporte Mme Éthier, révèle que 75 % des personnes âgées qui ont volontairement mis fin à leurs jours, avaient exprimé des idées de mort ou montré un comportement suicidaire au cours des six mois ayant précédé le geste fatidique. Même quand les aînés en parlent ouvertement, leur propos peuvent être bana-lisés parce qu’on attribue leur état dépressif à leur âge et à leur inactivité. Pour les aider, les services à leur disposition sont les mêmes que pour toutes les catégories d’âges : médecin, psychologue, travailleur social, centre de prévention du suicide, etc. Souvent elles ont déjà un médecin qui les suit, alors elles peuvent demander de l’aide à leur médecin ou à leur pharmacien, lesquels peuvent les référer à des spécialistes. Également, il 14

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Photo : Archives Web

Regard posé d’une préposée

Il y a environ un an, Nathalie (nom fictif), étudiante en psychoéducation à l’Université Laval, se cherchait un emploi à temps partiel touchant à son domaine d’étude. Après avoir travaillé longtemps dans la restauration rapide, elle a opté pour un emploi dans le secteur des centres pour personnes âgées. L’envie de prodiguer des soins aux gens, de travailler avec des individus en perte d’autonomie et les témoignages de quelques amies qui ont déjà été préposés dans de tels centres l’ont convaincue que ce type d’emploi lui convenait. Un an plus tard, sa conception du travail de préposée a évolué. D’abord, elle ne conçoit plus son travail comme un simple emploi à temps partiel, mais davantage comme un investissement personnel et social. Contrairement à ses emplois antérieurs, elle s’investit émotivement et s’assure de ne pas arriver épuisée au travail, puisque ce sont les soins prodigués à ses résidents qui sont en jeu. Le centre où elle travaille, près du centre-ville, est un établissement privé et le ratio employé/préposé y est plus élevé que dans le secteur public. Il y a en effet environ une vingtaine de résidents et lorsqu’elle travaille le soir, l’équipe est constituée d’une infirmière, d’un chef d’équipe et de deux préposés aux soins. Selon elle, la différence majeure entre les centres privés et les centres publics réside dans le niveau d’attention portée à chaque résident. À cet égard, elle considère important que le travail auprès des personnes âgées soit personnalisé selon leurs besoins spécifiques. Selon Nathalie, les cas de malveillance et de maltraitance envers les personnes âgées surviennent le plus souvent dans un contexte marqué par le manque de personnel. Les mauvais soins envers les personnes âgées dans des centres d’accueil la touchent d’ailleurs personnellement. Ayant elle-même des membres de sa famille en centre d’accueil et travaillant auprès d’une clientèle en perte d’autonomie, elle dit être choquée par certaines histoires rapportées par les médias. Elle avoue cependant n’avoir jamais été témoin de tels actes. Nathalie confie à La Quête trouver regrettable qu’aucune formation ne soit donnée aux préposés concernant l’aspect psychologique de leur travail; dont « comment gérer quelqu’un en crise » mentionne-t-elle, à titre d’exemple. Elle est convaincue que si

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de telles formations étaient données, il y aurait moins de cas de malveillance ou de négligence, car c’est en réaction à des crises que ces actes peuvent se produire. Depuis ses débuts en tant que préposée, c’est l’aspect physique du travail qui a le plus surpris Nathalie. Transférer des gens de chambre ou encore lever des individus est demandant physiquement, et ce n’est pas rare qu’elle termine son quart de travail avec les muscles endoloris. Par contre, elle n’a pas été surprise de voir à quel point c’était un travail exigeant sur le plan psychologique. Certains résidents de son centre d’accueil ont de graves problèmes psychologiques, comme la démence, et il n’est pas rare qu’elle se fasse insulter par quelques patients. Mais elle est catégorique, ce qui l’a le plus étonné dans son travail est la solitude de certains résidents : « c’est difficile de voir à quel point certaines personnes sont abandonnées et seules, malgré leur manque d’autonomie… », mentionne-t-elle à La Quête. Elle a également dû apprendre à composer avec le décès de ses résidents, surtout lorsque celle-ci était imprévue. Nathalie précise également que dans un contexte où la personne est très malade et mal en point, il est plus acceptable pour elle de la laisser partir. En somme, Nathalie apprécie et aime son travail, tout en s’investissant entièrement dans celui-ci. Mais qu’en est-il d’une carrière à long terme dans les centres pour personnes âgées ? En ce qui la concerne, elle ne se dit pas prête à arrêter son choix de carrière sur ces centres, même si elle garde plusieurs portes ouvertes.

Raphaëlle Savard réalise l’espoir

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H a ndicap et vieillisseme n t Les progrès en matière de services médicaux ont engendré l’augmentation de l’espérance de vie. Selon le Conseil consultatif national sur le troisième âge (CCNTA), les progrès des soins de santé et de la médecine ont également permis d’augmenter l’espérance de vie des personnes ayant un handicap mental au-delà d’une quarantaine d’années. Plus que jamais considérés comme des citoyens à part entière, ces derniers peuvent s’intégrer et avoir une place en société plus facilement. M. René Delorme est père de trois enfants. Deux d'entre eux ont des troubles envahissants du comportement (TED). Mathieu, 28 ans, l'aîné de la famille, reçoit un diagnostic du syndrome d’Asperger à l’âge de douze ans. Il réussit à fréquenter l’école jusqu'à son diagnostic. À 16 ans, à la suite d’une phase plus violente que les précédentes, il est placé en résidence. Il demeure très proche de sa famille et leur rend visite toutes les fins de semaine. Jeune homme expressif, Mathieu communique facilement et travaille trois jours par semaines. Son frère cadet julien a 22 ans. Il a pour sa part, reçu un diagnostic d’autisme en bas âge. Il vit toujours chez ses parents. Julien a toujours été de nature calme, à l’écoute et serviable et il occupe un emploi environ trois jours par semaine, comme son frère aîné. M. Delorme fait

le plus d’activités possible avec ses enfants : « Ils aiment, voire adorent les arts, les concerts et la musique classique. Je suis fier que mes enfants aient réussi à acquérir certaines connaissances de culture générale en comparaison à d’autres enfants ayant le même trouble à leurs âges. » En contact au fil du temps et par la force des choses avec le système de soins et de santé, M. Delorme s'en dit satisfait. Il a vu son fils Mathieu, placé depuis plus de dix ans maintenant, évoluer et s'épanouir en résidence. Et, lorsqu'il pense au futur, il entrevoit l’avenir de ses enfants positivement et croyant qu'ils pourront franchir certaines étapes naturelles. Julien sera prêt à déménager en résidence d’ici quelques années. « Julien vieillit et nous sommes à même de réaliser qu'éventuellement, dans son propre intérêt, il devra déménager en résidence. » Comme Julien est de nature plus réservée, il est plus difficile de savoir exactement ce qu'il en pense. Toutefois, son père comprend que ce qu’il souhaite est de vivre sa vie le plus paisiblement possible. Pour sa part Mathieu, lorsqu'il envisage l’avenir, espère que sa situation continue de s'améliorer. Il est en mesure et fier de remarquer ses propres progrès, d'année en année, si minimes soient-ils. Afin de vivre le plus aisément possible cette situation familiale, M. Delorme croit qu'il faut d'abord compléter un processus d’acceptation. « Je suis une bien meilleure personne à cause de mes enfants. Ce n’est plus une peine pour moi, l’acceptation a été faite. Même si le processus a été long, puisque ça nous a pris presque vingt ans pour accepter la maladie de nos enfants complètement », admet-il. Mais la situation est, dit-il, plus facile à vivre de l'intérieur que de la voir de l’extérieur. « L’exposition des gens

ainsi que le misérabilisme par rapport à cette maladie ne sont pas nécessaires, les gens qui s’exposent trop ne peuvent pas accepter la maladie. » Selon un rapport du Ministère de la Santé et des services sociaux de 2007-2008, pour prolonger le plus longtemps possible le vieillissement des personnes ayant un handicap mental, il y a certains besoins primaires qui doivent être respectés. Par exemple, un milieu de vie accueillant et stimulant, adapté à leurs capacités. Un réseau social suffisamment présent, la reconnaissance de leurs capacités, des responsabilités et des rôles actifs et valorisants au sein de la société. Il faut également une aide plus intensive au moment de franchir certaines étapes de la vie ainsi qu’un soutien pour s’intégrer à la société et développer leur réseau social. Bien que les nombreuses avancées médicales ont permis de faire évoluer considérablement l’espérance de vie des personnes ayant un handicap mental, l'une des problématiques majeures demeure le jugement de ceux qui manifestement ne sont pas suffisamment renseignés à leur sujet. L'implication sociale est alors plus difficile lorsqu'elle se heurte à la perception erronée de la réalité de leurs « différences ». L’augmentation du nombre d’aînés ayant une déficience intellectuelle, pouvant mener à une meilleure connaissance sociale, peut être en soi un espoir de réussite à cet égard. Devoir envisager l’avenir de ses enfants avec leur handicap n’est certes pas une chose facile. Le message de M. Delorme est toutefois très positif et encourageant, tout est une question d’acceptation, dit-il : « être heureux est possible, je le suis ».

Rachel Lapointe

   

LA QUÊTE EST DIFFUSÉE PAR TÉLÉPHONE VIA

 



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Vieillir : une grande et belle aventure... pour les plus chanceux!

Triste constat, me direz-vous. Triste réalité, je vous répondrai. Selon le Dr. Ray Baker, médecin en pratique privée depuis 25 ans et ayant représenté le Canada au sein du conseil d’administration de la American Society of Addiction Medicine, il existe certains facteurs pouvant faciliter le « passage » vers la vieillesse, dont l’exercice physique, l’alimentation et un poids santé, la prière et la méditation, l’absence de stress... et les relations sociales. Concernant ce dernier aspect, celui-ci mentionne dans l’une de ses chroniques « que la personne âgée doit s’efforcer de développer et de maintenir au moins une relation intime sur le plan émotif ». Il ajoute par ailleurs « d’établir une relation avec un mentor, quelqu’un que vous admirez et à qui vous faites assez confiance pour lui partager vos projets et vos inquiétudes ». Soit. Et tant mieux pour ceux et celles pouvant mettre en pratique certaines de ses suggestions, voire la totalité. Mais qu’en est-il lorsque cette personne n’a plus aucun contact. Lorsque cette personne vit seule dans son 3 ½ et n’a comme seule visite que le propriétaire venant chercher son chèque de loyer 1 fois par mois... Loin de moi l’idée de noircir les suggestions du Dr. Baker car celles-ci ne suggèrent que ce qui, idéalement, devrait ou pourrait être fait... ce qui en soi est plutôt positif. En contrepartie, j’ai comme l’impression que les dites suggestions ne s’adressent qu’aux plus

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chanceux. Qu’à ceux qui ont encore le bonheur de profiter d’une famille, d’amis, de ressources pouvant les aider dans leur quotidien. Selon une étude réalisée par Statistique Canada en 2006 et intitulée Un portrait des aînés au Canada, l’on peut y lire que « même si la résilience et l’expérience de vie peuvent favoriser la baisse du niveau de stress psychologique à mesure qu’une personne vieillit, les problèmes de santé physique et le risque plus élevé d’isolement social peuvent expliquer pourquoi les personnes qui ont plus de 75 ans ont dit éprouver une détresse plus grande ».

mandent que si peu. Un peu d’amour. Un peu d’attention. Un peu de temps. Trois petits gestes, mais qui pourtant peuvent faire toute la différence dans la vie d’une personne âgée. Une différence qui pourrait bien l’amener à rayer définitivement de son vocabulaire le mot détresse, pour le remplacer par merci.

Nathalie Thériault

Détresse. Dans un monde idéal, ce mot ne devrait pas exister, pas plus qu’être associé à la vieillesse. Et pourtant, bon nombre de personnes âgées en connaissent trop bien la signification.

Agir J’ai eu le bonheur de voir vieillir ma grand-mère maternelle comme étant une femme heureuse, souriante (même si parfois elle pouvait disons « piquer une p’tite colère » lorsqu’elle perdait aux cartes) et entourée des siens. Durant toutes les années où elle a résidé dans un centre de personnes âgées autonomes et semi-autonomes à Montréal, je crois savoir qu’elle ne s’est jamais retrouvée toute seule. Pas une seule journée. La plupart de ses enfants habitaient heureusement à proximité, quoique certains avaient plus ou moins une heure de trajet à faire pour venir la voir, et tout un chacun en a pris soin à sa façon. Que ce soit à raison d’une fois par jour, d’une fois par semaine ou d’une fois par mois, tous ont contribué à son mieux-être, à ce qu’elle soit bien entourée et reçoive les meilleurs soins possibles, etc. Ma grandmère n’a donc pas connu la solitude, ni la signification du mot détresse. Grâce à la présence de mes oncles et de mes tantes, elle aura vécu sa vieillesse de façon harmonieuse. Comme on le dit si bien : elle a pu vieillir en beauté.

Photo : Archives Web

Ce n’est pas tout le monde qui a la chance d’avoir une famille tout près, d’avoir des amis qui se préoccupent d’eux ou de profiter d’un bon réseau de contacts. Parlez-en aux personnes âgées, dont plusieurs n’ont pour écho que le récit de leurs souvenirs...

Mais à nouveau; tous n’ont pas cette chance. En pourtant, nos aînés ne de-

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Trois fois vingt ans Robert Maltais

« Hier encore, j’avais vingt ans. Je gaspillais le temps en croyant l’arrêter », chante avec nostalgie Charles Aznavour sur sa jeunesse disparue. Aujourd’hui, ce cher monsieur Aznavour a quatre fois vingt ans. Le temps ne file pas au ralenti, il donne au contraire l’impression de fuir à toute vitesse. Le croiriez-vous, avant-hier j’avais 20 ans. Hier encore, je n’avais que 40. Oui, oui, à peine 40 ans hier. Du jour au lendemain, pour ainsi dire, voilà que j’ai maintenant atteint la soixantaine, sans avoir vu le temps passer. Comme la vie semble étonnement brève ! Que viennent faire ces cheveux gris, quand encore il en reste, dont on se passerait bien ! Et que dire de tous ces muscles qui perdent de leur élasticité au fil des ans et de ces courbatures qui ne disparaissent qu’après la douche du matin. Ou encore de l’éclosion progressive de petits et de gros bobos. Misère ! Cette rapidité, cette fugacité du temps qui passe fait presque peur. Hier encore, tout jeune. Demain, qui sait, peut-être grabataire avec comme cadeau canne, mar-

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chette, déambulateur et autres plaisirs du vieil âge. Et après-demain, ne voilà-t-il pas qu’on est convié à son propre enterrement. Mieux vaut en rire. Le vieil âge se situe, faut-il le souligner, au-delà de 80 ans bien sonné. Il y a donc encore de l’espoir. Curieusement, c’est l’œuvre du temps qui assure la plus grande forme de justice sociale entre tous les êtres humains. Que l’on soit riche ou pauvre, instruit ou illettré, et quelle que soit notre origine ethnique, notre langue et la couleur de nos yeux ou de notre peau, nous sommes tous confrontés au vieillissement et à la mort. Si vous êtes riche comme Crésus et possédez des châteaux, des terres, des entreprises et une abondance de biens, non seulement vous n’en sortirez pas vivant, pour autant quand sonnera votre heure, mais vous partirez vers l’au-delà aussi nu qu’à votre naissance. À quoi ça sert d’amasser autant de richesses si c’est pour effectuer le dernier voyage en totale nudité ? Dire que la soif inextinguible d’argent finit dans le plus total dénuement. Comme quoi tout pouvoir et toute possession terrestres restent bien éphémères. Par contre, si vous êtes pauvre et ne possédez que des dettes en lieu et place de véritables biens, vous pourrez toujours vous réjouir d’obtenir la quittance totale de vos cartes de crédit au terme de votre dernier tour de piste sur terre.

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Le refus de vieillir Cette peur de vieillir qui nous tenaille en vieillissant est pathétique, autant qu’inévitable. Car dans nos sociétés dorées, il n’y a de place que pour l’éternelle jeunesse. Le culte de la jeunesse est cultivé de façon mercantile par l’industrie des produits de beauté, des vêtements branchés et d’une masse de produits de consommation fabriqués exclusivement pour une jeunesse que l’on voudrait éternelle, voire immortelle. Mais immortels, nous ne le sommes pas. La nature, la vie et notre cher Créateur en ont décidé autrement. À partir de notre naissance, nous marchons vers notre inéluctable destin. La vie est un long processus de maturation à travers des stades de vieillissement qui devraient tous nous mener, en principe, à l’atteinte de la sagesse éternelle. Ce qui n’est pas tout à fait évident quand on voit la marche souvent pénible de notre humanité. Trois pas de danse en avant, au moins deux en arrière. Les plus pessimistes d’entre nous perçoivent la vieillesse comme une abomination, une dégénérescence indigne de l’être humain, sous le signe de la souffrance. Faisons à l’opposé un effort de positivisme en nous rappelant par exemple, comme le disent nos savants philosophes, que la jeunesse est un défaut qui se corrige avec le temps. En vieillissant, ce que l’être humain perdra en jeunesse et en beauté extérieure, il lui arrivera parfois de combler cette perte par un gain intérieur plus fondamental, celui de l’âme.

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Illustration : Francis Desharnais

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pLE JEU DE LA QUÊTE

­L E­J E U ­ D E ­ L A ­ Q U Ê T E p a r J a c q ue s Ca rl Mo rin

Ce je u c o n s is t e à re m p lir le s ra n g é e s h o riz o n t a le s a in s i q u e le s paridJacques c o lo n n e s 1 e t 2 0 à l’a e d e s Carl d é Morin f in it io n s , in d ic e s o u le t t re s m é la n g é e s o u d é jà in s c rit e s . Ch a q u e c a s e g ris é e re p ré s e n t e u n e Ce jeu consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que les colonnes 1 et 20 à l’aide des le t t re q u i e s t à la f o is la d e rn iè re le t t re d ’u n m o t e t la p re m iè re définitions, mélangées ou déjà inscrites. Chaque case grisée représente le t t re dindices u s u ivou a n tlettres .

une lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant.

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Ve rt ic a le m e n t : Verticalement :

1 - Asà sl’Halloween. o c ié e à l’Ha llo we e n. 1- Associée 20- Répare des chaussures.

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Ré p a re d e s c ha us s ure s .

Horizontalement : 1- Imprévu (STREMONTECP). Morceau joué par un seul arriz o n tdestinée a le m eauntransport t : tiste. Ho Canalisation du pétrole.

6- Relatif aux raisins (LAUV). Établir des lois. Petit somme. 7- Langue scandinave (SAILISDAN). Signal de détresse. Elle s’ouvre au décès d’une personne. 8- Morceau d’étoffe déchirée. État d’Europe de l’Est. Drogue censée posséder des vertus magiques. Souverain. 9- Territoire retiré de celui du Québec et concédé à TerreNeuve. Partie du lapin qui s’étend du bas des côtes à la queue. Fil de caoutchouc.

2- Cul-de-sac. Instrument formé de deux pièces ajustées à 10- Surcharge de graisse. « Tataouiner » (VIRGRESTERE). - Im p rétrès vucorsé. ( STREMONTECP) . Mo rc e a u jo ué p a r un s e ul a rt is t e . Ca na lis a t io n angle 1 droit. Café

d e s t iné e a u t ra ns p o rt d u p é t ro le .

3- L’un des réseaux sociaux. Consultation populaire. Grade militaire.

2 - Cul-d -s a cchoix . Ins t rumà efaire nt (CHANTREDI). fo rm é d e d e ux 4- Ricochet. Se dite d’un difficile t rè s support c o rs é .utilisé pour stabiliser l’appareil. En photographie, 5- Relatif au nombril. Corde utilisée par les cowboys. Drame lyrique 3 (TOORORIA). - L’un d e s ré s e a ux s o c ia ux. Co ns ult a t io n

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p iè c e s a jus t é e s à a ng le d ro it . Ca fé p o p ula ire . Gra d e m ilit a ire .

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a ­laang nguue­ e­ ­LLa­l dans n s­­ ­ po da ­­­­sa sa­p occh h ee

par­Hélène H u o t

ÊTRE LE MENTOR DE QUELQU’UN Un mentor est un guide, un conseiller avisé et expérimenté, une personne qui accompagne et inspire une autre personne. Entre ces deux personnes, il existe une relation de grande confiance; toutes deux sont convaincues que le fait de profiter de l’expérience des autres est un signe de sagesse et permet de progresser dans une direction déterminée. On parle de mentor dans divers domaines (la politique, le développement personnel, la gestion des entreprises) ; le mot « mentor » est alors officiellement recommandé pour remplacer le mot anglais « coach ». Il faut remonter à la Grèce antique pour trouver l’origine de ce mot. Mentor est en effet le nom d’un personnage de L’Odyssée, ami d’Ulysse et précepteur de Télémaque. (L’Odyssée est une épopée écrite par Homère vers la fin du 8e siècle avant J.-C.; elle raconte le retour chez lui du héros Ulysse qui, une fois la guerre de Troie terminée, met

dix ans à rentrer dans son île d’Ithaque où il retrouve sa femme Pénélope et son fils Télémaque.)

Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté

Le personnage de Mentor sera popularisé quelques siècles plus tard par Confucius Fénelon (1651-1715), théologien et écrivain français, précepteur du duc de Bourgogne (petit-fils de Louis XIV). À l’intention de son élève royal, Fénelon publie un roman historico-éducatif, Les aventures de Télémaque, fils d’Ulysse, qui raconte les aventures de Télémaque dans divers États de l’Antiquité, en compagnie de Mentor. L’auteur se sert de ce dernier pour exprimer ses propres idées. Ce livre marque l’entrée du mot mentor dans la liste des noms communs.

Le français au jour le jour 1. Un échéphile est un amateur du jeu d’échecs, un haltérophile un athlète qui pratique le sport des poids et haltères. Qu’est-ce qu’un aquariophile ? 2. Un nez camus est fin et recourbé en bec d’aigle. Vrai ou faux? 3. Chaque pays possède sa monnaie officielle; on trouve par exemple le yuan en Chine, l’euro en Espagne et la gourde en Haïti. Quelle est l’unité monétaire du Guatemala ? 4. « Le ramdam a alerté les gardes du corps de Pauline Marois », lit-on dans le journal Le Devoir du 6 septembre 2012. Le mot ramdam, qui signifie tapage, vient de : a. dam; b. ramadan; c. rampe. 5. La grue est un grand oiseau échassier, son petit s’appelle le gruau. Vrai ou faux ? 6. Le gruyère est un fromage d’origine suisse; la ricotta et la mozzarella viennent d’Italie; d’où vient le cheddar ? 7. Selon les experts, la légionelle est une bactérie ubiquitaire. Que signifie le terme ubiquitaire ? 8. Le bobo est un citadin aisé et cultivé, qui se veut anticonformiste. L’émission Les bobos (Télé-Québec) présente un portrait risible d’un couple bobo qui habite le Plateau Mont-Royal. Quelle est l’origine du mot « bobo » ? 9. Épithète, obélisque et pore sont tous du genre masculin. Vrai ou faux ? 10. Un pamphlet est : a. un document publicitaire; b. un écrit satirique; c. une pétition. 11. Certaines personnes croient que l’amiante est un produit dangereux. Amiante est un nom masculin ou féminin ? J’attends de vos nouvelles… Vous aimez les mots. Vous avez des commentaires à formuler ou des suggestions à faire concernant cette chronique La langue dans sa poche. Rien de plus simple. Écrivez-moi à hu-go@sympatico.ca. Cela nous permettra d’échanger sur des questions qui vous intéressent et d’enrichir par le fait même les futures chroniques. Merci à vous! Les réponses page 37.

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Le nucléaire en question

Malgré ces dangers, une gigantesque industrie nucléaire s’est développée dans le monde depuis les années 50. Plusieurs accidents ont eu lieu dans différents pays, dont les États-Unis et le Canada. Pourtant, il existe aujourd’hui plus de 450 réacteurs nucléaires dans le monde, dont 23 au Canada, plus de 100 aux ÉtatsUnis et 55 au Japon. En 1986, une grande catastrophe a eu lieu en Ukraine au cœur de l’Europe. Ce fut l’explosion d’un réacteur de Tchernobyl. Des milliers de personnes ont dû être évacuées de toute urgence de leurs villes ou villages et près d’un million d’autres ont travaillé au péril de leurs vies directement à la centrale nucléaire pour limiter les dégâts, dans la mesure du possible. Un gigantesque sarcophage est en construction aujourd’hui même pour recouvrir le réacteur qui a fusionné. Mais les coûts de

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construction de ce bouclier protecteur sont énormes et, à ce titre, l’Ukraine doit faire appel à la communauté internationale pour tenter d’obtenir des fonds. Puis, ce fut la catastrophe de Fukushima le 11 mars 2011, où trois réacteurs ont fusionné… Saviez-vous que même en cas de bon fonctionnement, une centrale nucléaire demeure source de nombreux maux ? Par exemple, les gigantesques tours de refroidissement d’une centrale rejettent quotidiennement dans l’atmosphère des

tritium s’est accumulé au fil du temps et il faudra bien des années avant la disparition de cet élément artificiel et dangereux de nos territoires. Le problème le plus frappant découlant de l’exploitation d’une centrale nucléaire est probablement celui des déchets radioactifs (cœurs de réacteurs désuets et tout ce qui a été en contact avec lui). Jusqu’à aujourd’hui, aucune solution définitive n’a encore été trouvée pour se débarrasser des déchets de façon sécuritaire. Imaginez, jusqu’en 1993 on se

Photo : http://www.sxc.hu/

Une centrale nucléaire est un endroit où sont utilisés un ou plusieurs réacteurs nucléaires pour produire de l’électricité. La première centrale a ouvert ses portes en Idaho aux États-Unis en 1951. L’idée d’obtenir une énergie quasi inépuisable par la fission de l’atome a séduit les grands pays du monde. À tort, on a vanté aux populations les qualités d’une énergie soi-disant propre, économique, écologique et fiable, en passant sous silence les risques et périls de l’utilisation de l’atome comme source d’énergie. En cas d’accident dans une centrale nucléaire, des éléments radioactifs en tous genres peuvent être répandus sur de très grandes distances. Disséminés dans l’eau, la terre et l’atmosphère, ces éléments causent des dommages à la nature. Certains d’entre eux peuvent prendre des milliers d’années avant de disparaître. La radioactivité s’attaque directement aux gènes humains et peut être la cause de différents cancers et de malformations chez ceux qui sont irradiés et leurs descendants. La flore et la faune peuvent être touchées, au point de rendre de grandes régions inhabitables pour des décennies, sinon des siècles.

quantités non négligeables d’éléments radioactifs. Ces éléments se déposent à des kilomètres à la ronde au gré des vents. Citons le tritium parmi d’autres. Le tritium a une demi-vie de 12,32 ans, ce qui veut dire que pour une quantité donnée libérée dans la nature, il en restera la moitié 12 ans plus tard et le quart 12 autres années plus tard, etc. Cette faiblesse semble être l’un des défauts des centrales de type CANDU, comme celle que possède le Québec près de Trois-Rivières; Gentilly-2 qui, heureusement pour notre population, est en voie de fermeture définitive. Comme cette centrale a fonctionné pendant 29 ans, le taux de contamination par le

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contentait de rejeter à la mer de pleins barils de matière radioactive! En moins de 50 ans, les pays nucléarisés ont immergé plus de 100,000 tonnes de déchets radioactifs dans les différents océans. C’est grâce à Greenpeace et ses dénonciations qu’en 1993, un traité des Nations unies interdit l’immersion de tout déchet nucléaire à partir de bateaux. En attendant une solution miracle, ces déchets hautement radioactifs doivent rester sous haute surveillance dans des piscines ou dans des containers extrêmement étanches pour des siècles et des siècles. Amen.

Réal Malouin Philosophe et troubadour r.malouin@hotmail.com Novembre 2012


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www.epicerie-europeenne.com

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À l’école secondaire Vanier, la rentrée scolaire a eu lieu en pleine période électorale ! Qu'est-ce que des jeunes de 3e secondaire peuvent bien penser de la politique, du pouvoir ? Que feraient-ils s'ils devenaient du jour au lendemain président ou présidente de leur école, maire ou mairesse de Québec, ou... premier ministre du Québec ?

Madame Patry, la première ministre du Québec ! Mon rêve s'est enfin réalisé, je suis enfin élue première ministre du Québec ! J'ai toujours voulu changer le monde, alors je vais commencer à changer quelques affaires en commençant par cette magnifique ville. Premièrement, je vais rajouter une loi contre la pollution. On aura à payer 20 dollars d'amende chaque fois que la police verra un individu jeter des déchets. Ma deuxième loi sera d'interdire de manger des animaux et que tout le monde soit végétarien. En tant que première ministre, j'aimerais ouvrir un gros parc d'attractions et que les magasins soient toujours ouverts.

Allison Patry, 15 ans Enfin élu ! Je suis mairesse Hier soir à 23 h 30, mon rêve s'est enfin réalisé. Je suis mairesse de Québec. Maintenant que je le suis, je vais pouvoir réaliser mes idées. La première serait de faire plus de festivals durant l'été, que ce soit de musique ou de cultures étrangères pour attirer plus de touristes et faire monter l'économie. Deuxièmement, je ferais revenir les Nordiques avec le nouveau Colisée, car les Québécois aiment bien le hockey. Et troisièmement, je ferais réparer les nids-de-poule, car les gens aiment bien rouler sur de belles rues. Voilà, pour commencer, ce sont mes trois priorités pour le moment.

Sarah Giroux-McCollough, 14 ans

Bonjour, mes très chers amis, je suis enfin élu en tant que maire de la ville. Je suis très fier que vous m'ayez choisi. J'en suis très honoré. Alors, j'ai pensé à un investissement que je vais vous offrir, chers citoyens et citoyennes. Je voudrais amener un nouveau sport dans notre fabuleuse ville de Québec. Ce sport est le football de la NFL. Nous, les Québécois, aurions la première équipe de football au Canada. Ce projet prendra énormément de temps à réaliser et cela me fera un autre défi à relever, mais la construction de l'amphithéâtre est la priorité.

Allan Saint-Amant-Giasson, 15 ans Aujourd'hui, c'est un jour important, ma vie a changé J'ai été élue première ministre du Québec. Étant première ministre, j'ai des pouvoirs, un immense bureau qui ne me sert à rien, une limousine confortable, un chauffeur personnel, puis des conseillers qui me suivent partout. J'ai décidé de changer certaines choses. Dans ma tête, tout était déjà très clair, mais espérons que les autres acceptent. Ma première idée est de transformer mon immense bureau en un refuge pour femmes enceintes qui n'ont pas d’endroit où dormir. J'installerais des lits, de la nourriture pour la mère et l'enfant. Tout pour être comme chez soi.

Astrid Moreira, 15 ans

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Illustration : Joël Jouvrot-Boisvert

Un rêve accompli

Chère population du Québec Je suis ici pour vous dire que moi, Joël Jouvrot, maintenant premier ministre du Québec, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous donner un Québec meilleur. Je sais que nous sommes dans une période de crise économique, mais moi et mon parti, Québec Fédéral, nous sortirons de cette crise, qui fait rage ici même au Québec. Avec moi comme président, nous aurons de meilleurs hôpitaux, de meilleures écoles et, avec moi, fini les taxes et les impôts. Merci, chers Québécois, de m'avoir élu en tant que premier ministre et je vous promets que vous ne regretterez pas votre choix.

Joël Jouvrot-Boisvert, 16 ans Mon rêve enfin réalisé Depuis le temps que je rêve d'être présidente de mon école, eh bien ! Ce jour est enfin arrivé ! Pour commencer, je vais éliminer le port de l'uniforme scolaire, et, si la direction en décide autrement, je proposerai certains ajustements en commençant par la couleur. J'organiserai certains voyages culturels, tels qu'aller au Mexique, au Pérou et en Afrique. Ainsi, nous pourrions apprendre une nouvelle culture, une nouvelle langue, visiter des sites historiques et pouvoir aider les habitants de certains villages. Je préparerais des activités telles qu'aller à la Ronde et dans des galeries d'art. Je changerais les cours d'éducation physique pour des cours de natation, de secourisme.

Koraly Muckle, 14 ans

C'est aujourd'hui le plus beau jour de ma vie. Je m'appelle Didier Kénol et je suis le nouveau maire de la ville de Québec. Durant ces dernières élections, j'ai battu à plates coutures mes opposants en promettant une ville de Québec plus verte, ce qui consiste à avoir plus d'espaces protégés. De plus, lorsque j'ai été élu maire de la ville, un de mes buts premiers était de construire un nouvel amphithéâtre multifonctionnel pour pouvoir plus tard accueillir une équipe de la Ligue nationale de hockey à Québec. Je ferai aussi construire des maisons pour venir en aide aux plus démunis. Cellesci offriraient à manger aux pauvres. C'est ainsi que je souhaite améliorer notre Québec.

Didier Kénol-Tomway, 14 ans Une journée bien émouvante Je suis ému en ce moment. C'est enfin le jour que j'attendais, d'être le premier ministre du Québec. Premièrement, je veux vraiment parler de la cause qui me tient à cœur et c'est l’hôpital. Les heures d'attente à l’hôpital sont trop nombreuses. C'est certain que je ne pourrai pas les faire disparaître complètement, par contre, je vais quand même essayer de les diminuer. J'aimerais aussi que les vieilles personnes aient un médecin de famille, parce que beaucoup de personnes âgées aimeraient rester chez elles au lieu de vivre dans des centres. Je vais tout faire pour essayer de remplir mes devoirs. Merci tout le monde et à bientôt.

Harouna Diarrassouba, 15 ans

Ma démission Mesdames et Messieurs, Moi, Vilavouth Hongphao-Phanthavong, chef du Parti Libéral du Québec et député de la région de Trois-Rivières, j'annonce ma démission en tant que premier ministre du Québec. Pourquoi ? Parce que, durant les premières années de mon mandat, je me suis rendu compte que, moi et mon personnel, nous n'étions pas capables de tenir nos promesses, puis nos accords envers la province de Québec. Alors, je vous annonce ainsi qu'il y aura de nouvelles élections provinciales entre le Parti Québécois, la Coalition Avenir Québec, Québec solidaire et Option nationale à compter du mois d'octobre pour la campagne, ensuite le 4 novembre pour les votes. Merci,

Vilavouth Hongphao-Phanthavong, 14 ans

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Photo : Archives Web

Ah les vieux… Si seulement on les écoutait !

Quand on est adolescent, les personnes âgées n’occupent pas une place très importante dans nos vies. On aime bien nos grands-parents, mais passer une journée avec eux devient long et ennuyeux. Pourtant… La première fois que je suis allée à L'Isleaux-Coudres, j’avais environ 12 ans. Ma mère avait un nouveau conjoint dont la

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famille habitait là-bas. « Tu parles d’un coin perdu », avais-je pensé à l’époque. Lorsque j’ai rencontré M. Tremblay, mon grand-père adoptif, je trouvais qu’il parlait trop; il parlait tout le temps!

M. Tremblay était un fabuleux conteur et son accent donnait à ses paroles une note de poésie. Il est décédé en 1997. J’avais 24 ans. J’ai beaucoup pleuré ce grand homme.

Il racontait sa jeunesse, ses aventures de pêche, ses constructions de bateaux, ses anecdotes lorsqu’il est arrivé sur l’île. Si vous saviez le nombre de fois que j’ai levé les yeux au ciel, en espérant qu’il arrête un peu!

Heureusement pour lui, un cinéaste en a fait une légende, mais pour la majorité des gens âgés, leur histoire disparaîtra en même temps qu’eux.

Plus tard, vers 19 ans, j’ai visionné les films dont il avait si souvent parlé, parce qu’il était l’un des protagonistes. Une trilogie1 fort intéressante qui m’a vraiment bouleversée ! J’ai réalisé à quel point j’étais chanceuse d’avoir dans mon entourage, un homme « si riche ». Cet homme, qui racontait des histoires que je trouvais tellement banales, est tout d'un coup devenu mon idole. Par la suite, j’attendais avec impatience nos visites à l’île.

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Je n’ai pas de leçon à donner, mais plutôt un bon conseil : soyez à l’écoute des aînés. Ils ont une histoire, une sagesse, une compréhension de la vie qui ne peut que vous faire grandir. C’est un grand plaisir pour eux d’avoir un public qui écoute leurs souvenirs. Prenez du temps pour eux, ils en ont tellement donné !

Sonia Boutet 1

La trilogie de l’Île-aux-Coudres de Pierre Perrault

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Photo : Archives Web

Les larmes du Saint-Laurent

- Chers Messieurs, l’enquêteur que je vous avais annoncé pour aujourd’hui est là. Il s’agit de Monsieur R…, professeur d’ethnologie de l’Université Laval, déclara le Commissaire, Monsieur Jean Gagné. Les visages des policiers de la ville de Québec exprimaient la méfiance, en attendant de voir ce que ce professeur d’ethnologie allait leur dire. Voici le discours que ce dernier leur offrit. - Comme vous le comprenez, je ne suis pas là pour vous chanter « Au clair de la lune ». J’ai beaucoup voyagé dans ma jeunesse, notamment lors de stages d’études et de cours d’archéologie, et j’ai vu une foule de choses. Je suis très attaché aux travaux de Castaneda, cet anthropologue américain. Quand Jean m’a parlé de ces étranges disparitions, cela m’a rappelé quelque chose… Toujours des jeunes hommes que l’on retrouvait près du Saint-Laurent, et dont l’autopsie révélait qu’ils avaient été vidés de leur sang… L’enquête a montré que tous ces jeunes hommes avaient rencontré, à la nuit tombée, une créature attirante, dirons-nous, aux abords du Château de Frontenac. Dans tous les cas, la jeune femme est vêtue comme au XVII siècle. Elle déclare courir un grand danger. Bien sûr, les jeunes gens ne la croient pas, et pensent à une farce. Puis aussi, qu’il s’agit d’une mythomane, ou d’une déséquilibrée. Quoi qu’il en soit, elle parvient à ensorceler son interlocuteur  : l’aventure avec la créature commençait et durait grosso modo un mois, jusqu’à la fin… Sa dernière victime, un certain Justin A…, écrit dans son journal intime qu’il l’avait rencontrée alors qu’il revenait de son cours de violoncelle au Conservatoire. Il crut tout d’abord qu’elle était une jeune artiste qui cherchait à « happer de nouvelles sensations artistiques ». La créature l’invita à aller chez elle. Il se retrouva dans un magnifique palais. Selon la créature, ils se trouvaient dans les souterrains du château de Frontenac : « elle était prisonnière de cet espace-temps, mais pourrait s’en échapper, s’il acceptait de l’épouser ». Les dernières notes de Justin montrent qu’il se

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posait des questions à ce sujet. Il pensait à une fantaisie de sa part, et ce mariage lui faisait un peu peur, bien qu’il lui soit très attaché. Le lendemain de la dernière datation de son journal, on retrouvait le corps de Justin sans vie, à l’endroit habituel, près du Saint-Laurent. Recouvert d’eau. Hier soir, je suis allé me promener près du château de Frontenac, aux alentours de minuit, maquillé de manière à passer pour un jeune homme. Elle est soudain apparue devant moi, tel un rêve. J’ai alors prononcé « la formule magique », et je l’ai mise en cage. Le Saint-Laurent ne pleurera plus. - Le criminologue qui voulait l’interviewer, pourra-t-il se rendre en prison ? Le professeur éclata de rire. - Il devra aller au zoo !!! - Au zoo ? Vraiment ? - C’est une chauve-souris de la sous-famille Desmodontinae, qu’on appelle communément « vampire !!! »

Laurence Ducos D’après Le Vampire au fond des eaux de Lafcadio Hearn, extrait du recueil Fantômes du Japon.

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Combien de temps Il est un temps très ardu Notre vie frôle l’éphémère Dressons nos voies à la lumière Et ressaisissons-nous, ne soyons pas perdus Combien de bonté et d’éloges me donne mon créateur Il est là, en tout temps pour me ceindre à son plan Il veut acquérir l’expérience par la lumière de la foi Dominant l’instant présent Ton troupeau veut savoir Comment tu agis et promets Entourons-nous de son amour Il n’y a pas plus grand que donner

Photo : Carole-Anne Beaulieu

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Courtoisie : Jean-Pierre Cyr

Photo : Carole-Anne Beaulieu

Larguer les amarres…

L’automne, sans doute la plus belle saison. Le plein épanouissement de la vie, le grain termine sa croissance, la terre a besoin de repos, elle sera bientôt libérée de sa fastidieuse tâche.

Tous les amis sont passés me voir Et me souhaiter chaleureusement et sincèrement une bonne traversée. J’apprécie beaucoup ces moments où deux âmes humaines Se rapprochent pour se faire un clin d’œil.

Sitôt son mûrissement terminé, le grain sera enfermé dans le ventre d’un de ces minotiers pour entreprendre son voyage vers quelque destination qui m’est inconnue.

Même si l’escale fut fort agréable, on sait à l’arrivée, qu’à peine les amarres bien attachées sitôt la cargaison bien arrimée, il faudra repartir.

Je dois moi aussi partir. Le capitaine a déjà donné le signal du départ Il ne reste que le troisième coup de sifflet à venir.

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Que Dieu vous bénisse, vous protège et vous accueille dans son immense miséricorde. Merci à tous pour votre soutien, votre compassion et votre amour.

Jean-Pierre Cyr Dernier texte de Jean-Pierre Cyr, décédé le 23 septembre 2012 entouré de l’amour des siens et des bons soins du personnel de la Maison de soins palliatifs du Littoral

La fébrilité du départ embrase le cœur et l’esprit. Un autre port quelque part dans l’univers nous attend. Allons retrouver ceux qui sont partis avant nous à la découverte de merveilleux mondes.

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Photo : http://www.sxc.hu/

Le s mandalas

Depuis quelques mois, je profite de mes temps libres pour créer et colorier des mandalas. J'ai découvert ce moyen d'expression en voyant de beaux mandalas d'autres personnes et en lisant Suzanne Trudel qui écrit ceci : « Le mandala est un reflet de l'Univers qui nous entoure. Il est un vaisseau porteur d'énergie ralliant ce qui se voit et ne se voit pas. Créer et colorier des mandalas favorise la détente et la concentration en harmonisant le corps et l'esprit. C'est un outil passionnant pour travailler sur soi-même, sur notre entourage ou tout simplement pour répandre une énergie positive autour de soi. Le mandala apporte réconfort, sérénité, paix et joie à notre âme ». Ce que je trouve passionnant c'est que le célèbre psychanalyste Carl Gustav Jung, qui a vécu de 1875 à 1961, s'en servait comme outil de travail. Il découvrit que le mandala est une antique manifestation archétypale que l'on retrouve dans les religions, la mythologie et les rites de

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l'Orient, comme de l'Occident, et il est un puissant support de croissance et de transformation, un symbole de la Totalité. Jung considérait les mandalas créés spontanément en rêve ou en état de veille comme des tentatives inconscientes de guérir son être intérieur, de mettre de l'ordre dans sa psyché. Il peignit son premier mandala en 1916 et, par la suite, en créa un chaque matin. Il dit plus tard : « Grâce à ces dessins, je pouvais observer ma transformation psychique jour après jour. Ce n'est que progressivement que j'ai pu découvrir ce qu'était réellement le mandala : formation, transformation, éternelle recréation de l'Esprit éternel. Et cela c'est le Soi, la totalité de la personnalité qui, si tout va bien est harmonieuse mais ne tolère aucune autoillusion ».

servait pour explorer son propre psychisme et finalement dit : « Il devint de plus en plus évident pour moi que le Mandala est le Centre. C'est le modèle de toutes les voies comme le processus de synthèse du contenu de l'Inconscient qui mène à la Conscience du Soi ».

Jung continua d'étudier le mandala dans toutes les cultures et arriva à la conclusion qu'il s'agissait effectivement d'une forme archétypale universelle. Il s'en

Christiane Voyer

réalise l’espoir

Jung m’a toujours fasciné. Je ne me lasse pas de lire ses ouvrages. Il a été beaucoup plus loin que Freud dans l’exploration de l’âme humaine. Il est passionné et passionnant. Mon admiration pour lui a commencé par mon intérêt pour l’interprétation des rêves et ses symboles et aussi envers le phénomène de la synchronicité. Ces temps-ci, ce sont les mandalas qui me permettent d’aller de découverte en découverte !

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Je raconte.... Photo : Archives Web

Pour toi aimer est trop tard Tu dis t`as trop souffert de vie Non! Je ne me fous de tes avis De la vie tant bavardage Pour moi en faire un blizzard De semblant blanc d`mémoire dit De folâtreries jeune âge Ma raison en est la maladie Pour toi aimer est trop tard Tu dis que chercher tendre nuit Que futile pensée à ton égard D`un âge où la beauté te fuit ? Pour toi aimer est trop tard Le bleu ciel l`oiseau en perdrix Aimer ce que tu fais d`ton midi Qu'`une soupe sandwich sans gueulard Au coup de peigne en souris Qu'un ami ait vers toi cet égard Aimer il n`est jamais trop tard Pour gain d`estime vers ses pores Sachant que vers toi y a regard

De la quête l`inconnu te dit Profite de moment d`acquis Avant de friper vieil âge De ton jour entier, en relui

Tes jours semblables aux nuits Morne ne te décourage Un passant te fera message De salut comme je le fais ami

Qui n`a jamais d`étourderie Se sent trop de gens à page De ceux qui veillent au pays Qui manipulent sauveurs d`image

Marcel Guy Mailloux

Tu ne fais que balcon sous pluie De solitude use dérage Au loin s`il y a ombrage Bientôt quittera la pluie

Photo : http://www.sxc.hu/

Le suicide

Il fau t en parler, c 'es t le s eu l m oyen de s 'en s o rt ir

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réalise l’espoir

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JournÊe internationale des personnes handicapÊes – 3 dÊcembre 2012

AU SERVICE DES PERSONNES HANDICAPÉES L’Office offre son aide aux personnes handicapÊes, à leur famille et à leurs proches. L’Office ... tÀDPVUFFUWPVTBJEF¸QSÀDJTFS  WPTCFTPJOT tJOGPSNFTVSMFTSFTTPVSDFT   QSPHSBNNFTFUTFSWJDFTFYJTUBOUT

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rÊalise l’espoir

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Photo: http://www.scx.hu/

Histoire de Daphnée

Je suis bien la seule personne ordinaire en ville à avoir utilisé la limousine du premier ministre. C‘est arrivé l’année de mes 82 ans. J’étais très fatiguée d’être allée plus loin que d’habitude pour acheter mon fromage au cumin. J’arrivais près de la colline parlementaire et là, je vois le chauffeur debout à côté de la portière ouverte de sa limousine. Je lui dis en riant : « Vous pourriez pas me reconduire chez moi ? Vous faites rien d’abord... » Il accepte ! J’étais pas mal fière de poser mes fesses là ou le Primier avait posé les siennes ! Une semaine plus tard, le chauffeur arrive chez moi tout énervé. Il veut m’emprunter mon logement pour quelques heures avec sa nouvelle conquête qui attend dans le corridor. « Donnant donnant ! » qu’il me dit. J’ai dit non, c’est non! Il est reparti tout piteux avec l’amour de sa vie de la journée. Pas longtemps après, des pompiers frappent à ma porte. Inspection de routine. Après, ils déclarent que je suis dangereuse pour le feu. C’est là que mes problèmes ont commencé. Les travailleurs sociaux me rendaient visite. Une fois, elles sont arrivées à trois. Qu’est-ce qu’on peut faire quand on est une femme affaiblie contre trois jeunes en santé ? Personne ne veut comprendre mon organisation. J’ai beau essayer de leur expliquer pourquoi ci, pourquoi ça, rien à faire. Leur idée est toute faite. J’étais à bout de force de me défendre. Et elles, elles voulaient m’organiser à leur façon. On jette ceci, on déplace ça là… Mes souvenirs, mes vêtements, elles fouil-

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laient à pleines mains dedans ! Du monde que je connaissais même pas !… Ça me mettait tout à l’envers. J’avais tout le temps les larmes aux yeux. Un docteur est venu chez moi pour me dire qu’on s’occuperait de ma jambe et de mon dos. J’étais contente, on ferait tous les examens que je veux faire faire depuis longtemps. Pour ça, il fallait que j’accepte d’être hospitalisée pendant une semaine. Enfin, quelqu’un m’écoutait ! La femme docteure m’inspirait confiance. Elle me parlait doucement. À l’hôpital, c’est ma tête qu’on examine. Mon dos et ma jambe intéressent personne. J’ai appris que j’avais un petit bout séché dans le cerveau. Y paraît que tout le monde en a, en vieillissant. On me dit que je suis capable d’être autonome dans un appartement avec de l’aide pour l’épicerie. Ça, je le savais, je leur ai dit ! On me dit que j’étais dans la pensée magique. Beaucoup de monde sont là, y paraît, rien de grave… Pendant ce tempslà, j’avais perdu mon loyer. Alors on me fait visiter une résidence que j’ai pas du tout aimée. Je suis inquiète pour mes affaires entreposées quelque part je ne sais pas où. Après, j’arrive dans une maison de transition pour personnes sans logement. J’étais découragée. Je pleurais souvent. Je riais aussi à cause du cuisinier qui se prenait pour un grand chef ! Il était fin celui-là ! Il me laissait me faire une omelette à mon goût. Là, j’ai rencontré un gars dans la quarantaine. Il était poli avec moi. Il dit qu’on pourrait partager un logement ensemble. J’étais sauvée, mais c’était quand même risqué…

réalise l’espoir

Après deux mois, il ne payait pas sa part. Il m’empruntait tout le temps de l’argent. Il m’accusait de ci et de ça, même si j’avais rien fait de mal. Il criait après moi. J’avais peur de lui. Après ces complications, j’ai 83 ans et je suis toujours découragée. J’ai répondu à une annonce dans le journal. Un studio à 800 $ par mois, tout compris. Quand j’ai signé le bail, j’étais malade. Proche de sans connaissance. J’ai lu : 1200 $ au lieu de 800 $. Trop tard pour reculer. Je suis ici depuis deux ans. Je continue de me défendre. Y’a ceux qui rentrent dans ma chambre sans frapper, même quand je suis pas habillée. Pour mon bien, qu’ils disent. Y’a ceux qui me crient dix fois après parce qu’ils pensent que je suis sourde. « J’suis pas sourde ! » Ils ont pas de mémoire. Ils me prennent tout le temps pour quelqu’un d’autre. J’suis juste fatiguée. J’suis comme un otage pris dans un autre pays comme on en voit à la télévision. Des fois, on me sourit accidentellement. Je le sais parce que la personne ne me reconnaît même pas, cinq minutes plus tard. C’est un sourire qui vaut pas grand-chose. Pour me distraire, je regarde le monde qui attend à l’abribus. Je regarde la ville au loin ou j’avais mes p’tits bonheurs. C’est fini ce temps-là.

Monique Dufour Ce texte est une pure fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait fortuite et indépendante de la volonté de l'auteure.

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Anonyme

Évidemment que mon ex-femme et mes enfants sauront où elle est, mais les inconnus n’auront pas le plaisir de délibérer sur mon compte. Ils ne se promèneront pas pour refaire ma généalogie, ils ne se rappelleront pas qui j’étais et comment je suis mort. Les enfants de mes enfants auront moins de chance de connaître l’emplacement de ma tombe et ne viendront pas « espionner » ou chercher leur identité. Je ne me considère plus de la famille.

jours est le fusil. Se pendre fait romantique, mais est incertain. Les pilules et les sauts ne mènent souvent qu’à l’hôpital. Alors, j’ai acheté un revolver. L’inconvénient : le sang qui éclabousse. Les policiers et ambulanciers en ont vu d’autres, mais c’est aux personnes qui nettoient et qui devront revendre cet appartement à qui je pense. Alors, j’ai recouvert de sacs de plastique tous les murs de ma chambre vidée. Cela a bien dû me prendre trois heures, mais que sont-elles à cette étape ? J’ai même pilé sur mon orgueil et appelé un vieil ami. Je lui ai fixé un rendez-vous à mon adresse, le matin de ma mort, à 10 h. Ainsi, je trouvais mon identificateur. Il me le pardonnera un bon jour.

Je les ai abandonnés, je le regrette, mais c’est ainsi et je crois avoir fait ce qu’il faut pour qu’ils m’oublient. J’ai pensé être incinéré, mais je me suis dit que c’était plus reposant de m’imaginer couché sous le sol, les mains croisées, l’âme prête à partir. Il n’y aura pas d’exposition ni de service, uniquement une petite messe autour de mon tombeau. C’est le matin du 8 septembre que j’ai décidé d’en finir.

Donc, en ce 8 septembre, je me réveille à 6 h et pense à mon affaire deux heures durant. Je suis dans la cuisine puisque ma chambre est prête pour le crime. Je téléphone à ma voisine d’en dessous. Elle ne répond pas, elle est sûrement partie travailler. Je retéléphonerai à 9 h 30, pour m’assurer de son absence. Sinon, elle entendrait le coup de feu, appellerait la police et après ma femme. Je dois être mort à 9 h 45, au cas où mon ami serait en avance. Je crois avoir pensé à tout, NON ! Ma porte d’appartement est verrouillée. Je vais vite remédier à cela et je serai prêt. Je place le pistolet sur ma tête et je tire.

Je n’avais presque rien, pas de maison, pas de biens, donc pas trop de complications. Tout ce qu'il me fallait était ma tombe et ma pierre tombale, toutes les deux commandées. J’avais écrit, déjà, une lettre pour prouver ma responsabilité dans cet acte, pour ne pas faire soupçonner un innocent. Quoi que l’on dise, le meilleur moyen pour mettre fin à ses

C’est à partir de là que toutes les personnes qui apprennent ma mort se demandent : pourquoi ? Je n’en sais rien moi-même ! Je crois que deux raisons m’ont poussé à le faire. D’abord, je ne voulais plus souffrir, j’étais épuisé, je ne voulais plus vivre dans ces conditions. Ensuite, je voulais me punir. Me punir d’avoir mal vécu. Me punir de ne pas

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réalise l’espoir

Photo: Carole-Anne Beaulieu

Cela faisait bien deux mois que je me préparais à mourir. J’ai pris des arrangements pour ne pas encombrer quiconque après ma mort. J’ai dépensé la moitié de l’argent que je possédais en cette matière et j’ai donné le reste aux bonnes causes. Ma pierre tombale n’est pas très originale; grise et blanche. Elle est haute, tout comme une tour, et contient peu de mots. Elle est anonyme en ce sens qu’elle ne dévoile pas mon nom.

avoir trouvé le bonheur. Me punir pour toutes les erreurs que j’ai commises. Je dirais même que je suis mort pour me faire pardonner d’avoir vécu. J’avais de l’argent, une femme, des enfants, des amis et j’ai tout perdu. Qu’est-ce qui m’aura tué réellement ? Mon amour fatal du jeu et du pari ou mon incapacité à être heureux. J’ai posé plein de questions à l’homme du salon funéraire, mais j’en ai oublié une. Combien de temps restons-nous au cimetière ? Pas que je ne l’aime pas, mais c’est un peu ennuyant. Tous les emplacements se ressemblent. Il n’y a que de malheureux petits arbres. Il y a un arrêt d’autobus à deux pas. Je vois d’ici une affiche publicitaire pour un voyage à Cuba. Presque insultant! J’ai du temps pour réfléchir ici. Mais, je me demande quand même quand quelqu’un ou quelque chose viendra chercher mon âme. Peut-être est-ce au moment où la dernière motte de terre sera jetée sur ma tombe. Je le saurai bientôt, car ils arrivent : ma magnifique et bien-aimée femme, mes adorables enfants et quelques vieux amis.

Julie Cartier

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Au travail C’est vrai, après tout On se dit heureux Et on se démène comme des fous Alors que tous souhaiteraient beaucoup mieux

Le plus sage des sages dirait : « Vivez chaque jour comme le dernier de votre vie » On acquiesce et ce que l’on fait ? On va au boulot et en paie le prix !

Photo: Carole-Anne Beaulieu

Ce matin je me suis levé Lorsqu’un doute m’assaillit À quoi bon aller travailler Si c’est pour perdre notre vie ?

Ce matin, je me suis levé Puis je me suis recouché Et j’ai rêvé Que j’allais travailler !

Jasmin Darveau

La femme santé !

Photo: Archives Web

Photo: Carole-Anne Beaulieu

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À force de beurrées de cretons Bourrée de sandwichs tomate De liqueurs douces non, houblon Ne faisant plus de ti-gâteaux

Elle abandonna ses cretons Mit en conserves ses tomates Au lait écrémé pour de bon Liqueur remplacée par de l`eau

Au bœuf d`Québec, bouvillon! Avec fèves coupées jaunasses Ajout de betteraves au bouillon Se sent sans gras pour de bon

Elle en vient à perdre la façon De cuire au poêle ses tartes Son four toujours fermé d`pont Pont qui ouvre devant fourneau

Lui acheté du frais poisson Mieux que du steak à battre Pour de bon sortit son poêlon Tomba en amour d`elle sitôt.

À sa porte en cogne, signalons L`arrivée d`un naturopathe Vu sa diététique, pardon! Il y mangea sans faire du bedon

Elle en vint à faire du bedon Ce petit qui courbe hautes pattes Lui dépassait ses lourds petons Son look lui restait de regard beau

Détestant le navet à cordon Tomates de jardin à place De conserves signées d`nom Elle fit cuire son bouilli chaud

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réalise l’espoir

Marcel Guy Mailloux

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4 - Ric o c he t . Se d it d ’un c ho ix d iffic ile à fa ire ( CHANTREDI) . En p ho t o g ra p hie , s up p o rt ut ilis é p o ur s t a b ilis e r l’ap p a re il. 5 - Re la t if a u no m b ril. ( TOORORIA) .

Co rd e ut ilis é e p ar le s c o wb o ys .

Dram e lyriq ue

6 - Re la t if a ux ra is ins ( LAUV) . Ét a b lir d e s lo is . Pe t it s o m m e .

LA LANGUE DANS SA POCHE

7 - La ng ue s c and ina ve ( SAILISDAN) . Sig na l de d é t re s s e . Elle s ’o uvre a u d é c è s

1. L’aquariophile pratique l’élevage en aquarium de poissons 7. Ubiquitaire signifie : qui se trouve ou semble se trouver partout à la d ’une p e rs o nne . d’ornement. fois; l’ubiquité (du latin *ubique*, partout) est la possibilité d’être présent dans plusieurs lieux à la fois. 2. Faux. Le nez camus est court et plat; c’est le nez aquilin qui est 8 -finMo rc e a u d ’é t o ffe d é c hiré e . Ét a t d ’Euro p e d e l’Es t . Dro g ue c e ns é e p o smot s é d «bobo» er et recourbé en bec d’aigle. 8. Le vient de l’anglais américain; il est l’abréviation de d e s ve rt us m a g iq ue s . So uve ra in. «bourgeois bohemian», bourgeois bohème. 3. L’unité monétaire du Guatemala est le quetzal (des quetzals). 9. Faux. Une épithète, un obélisque et un pore. 4. Le mot ramdam est une altération du mot ramadan (mois du 9 -jeûne Te rrit o ire re t iré Pendant d e c e luiled uramadan, Qué b e c àe la t ctombée o nc é d éde à la Tenuit, rre -Ne uve .10.Pa rt ie du musulman). Un pamphlet est un écrit satirique, généralement court et violent. la p in ui du s ’é jeûne t e nd det u le b adébut s d e s cd’une ô t e s vie à lanocturne q ue ue . Fil d e c a o ut c ho uc . c’est la qfin bruyante. Ce mot est souvent utilisé, à tort, pour désigner une brochure ou un dépliant d’information. 5. Vrai. Ce petit s’appelle gruau ou gruon. 1 0Le - Surc ha rg e est d e originaire g rais s e . «du Tat a o uineanglais r » ( VIRGRESTERE) 11. Amiante est un nom masculin. 6. cheddar village de Cheddar,. situé dans le Somerset (sud-ouest de l’Angleterre). S OLUTION

LE JEU DE LA QUÊTE 1

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Dans une salle d’attente en 2012… Martine R. Corrivault Salle d’attente d’un centre de prélèvements. Le chiffre 07 colle à l’écran indiquant quel patient est appelé : depuis 45 minutes, rien ne bouge. Tous les sièges sont occupés, des gens attendent debout, appuyés au mur. L’impatience finit par briser le silence; des inconnus échangent commentaires et explications devant les retards du service des « prises de sang ». Tous savent que l’impatience n’y changera rien. « Ils ne sont que deux pour tout faire… J’ai entendu qu’il y en avait une qui n’était pas au travail…Y vont tenter d’en appeler une autre après 8 heures… Ça manque de personnel dans les hôpitaux, c’est bien vrai… » Les réflexions deviennent quasi des conversations interrompues, quand quelqu’un est appelé par le micro. « C’est vrai qu’il y a toutes sortes de cas spéciaux qui passent avant les autres… Les outils informatiques coûtent cher mais ne remplacent pas la fille qui se déclare malade ». Et les échanges divaguent entre les patients qui attendent. Une jeune maman se débat avec un énorme chariot, du modèle qui reçoit le siège d’auto de bébé; deux autres enfants l’accompagnent : « Elle n’a pas de grandmère dans les parages pour garder », observe une tête grise sans pour autant se lever pour aider la jeune femme. « Pas de mari chômeur non plus », commente son voisin de la chaise gauche. « Vive le modernisme », ajoute celui de droite.

Finalement, c’est la petite vieille dame bénévole de l’accueil qui va dépanner la maman, en lui indiquant le local fermé où elle pourra changer bébé tout en ayant ses deux autres explorateurs à vue. Rien de luxueux - ce n’est pas le bureau du directeur médical - mais plus sécuritaire que la salle d’attente où bactéries et microbes s’amusent allègrement. On entend l’inévitable, quand une autre tête grise observe : « Avant, on traînait pas les enfants à l’hôpital... Le médecin ou la garde passait à la maison… » « Avant le Déluge », blague un monsieur à la main tremblante, appuyé sur sa canne. À côté, un jeune tatoué s’acharne sur un « texto » en disant : « Si c’était si bien, pourquoi avoir tout changé.. ? » Avant que quiconque ne lui réponde, le 07 du cadran passe au 08, salué par un murmure de satisfaction. « Enfin, ça bouge ! » Chacun retourne à sa solitude en guettant discrètement changements de chiffres et circulation de patients. Et je repense à deux documents reçus d’amis amateurs du Net. D’abord un vidéo concocté sur la vie heureuse des années 1935-65, sur l’île bretonne de Bréhan. Un assemblage de vieilles photos avec commentaires nostalgiques du genre : « Nous avons survécu et bien grandi, même si nos mères buvaient un petit verre de vin pendant la grossesse, prenaient de l’Aspirine et mangeaient gras et desserts sans être testées pour le diabète ou le cholestérol ; elles vivent encore bien à 85 ans… On dormait n’im-

porte où, sur le dos, sur le ventre, dans des chambres peintes au plomb… On mangeait pas les éclats de peinture des murs ! » Évitant toute observation négative, l’auteur évoque les belles heures passées à se construire des jouets et à régler ses imprévus sans X-Box, Nintendo, Ipod ou Play-Station, ordis portables ou dépannages Internet… « On jouait dehors, avec des amis réels, on se bagarrait et jouait à la guerre avec des armes imaginaires, sans laser ni kalachnikov… Ça a donné des adultes preneurs de risques, inventeurs, entrepreneurs, autodidactes et surtout épris de liberté… » L’autre texte, dans le même esprit, s’en prend aux apôtres du mouvement vert en rappelant que recyclage et économie d’énergie existaient bien avant qu’on en fasse des catéchismes politiques. « On lavait les couches de bébé, on se passait les vêtements d’un enfant à l’autre, on n’avait qu’une télé par maison, on montait les escaliers et marchait pour aller à l’épicerie du coin, on utilisait du « jus de bras » pour tondre le gazon : on travaillait fort, alors on n’avait pas besoin d’un gymnase pour courir sur des tapis roulants électriques… On respectait l’environnement ». Enfin, c’est mon tour ! Je me demande si, dépassés par nos dépendances actuelles, nous n’idéalisons pas la vie d’un temps passé dont seuls les bons souvenirs des survivants nous sont parvenus.

Tu utilises des drogues par injection et tu a besoin d’aide pour te procurer du materiel de prévention (seringues et condoms) ? Appelle nous !

Telephone (418) 648 8042

Repères Point de Courriel : m.gagnon@pointdereperes.com 225 rue dorchester, ville de Québec, G1K 5Z4 dorchester, ville de Québec, G1K 5Z4 225 rue

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Courriel : m.gagnon@pointdereperes.com

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Tu utilises des drogues par injection et tu a besoin daide pour te procurer du materiel de prévention

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Photo: Luc-Antoine Couturier Photo: Luc-Antoine Couturier Photo: Luc-Antoine Couturier

Photo: Luc-Antoine Couturier

Avoir faim, avoir peur, errer seul toute la journée – beau temps, mauvais temps — sans avoir de place où se réfugier et ne pas savoir où dormir la nuit, tel est le quotidien des itinérants. Pour sensibiliser la population au sort réservé à une partie de ses concitoyens — pauvreté, itinérance et exclusion sociale —, Le Regroupement pour l’Aide aux Itinérants et Itinérantes de Québec (RAIIQ) a tenu le 19 octobre dernier au jardin St-Roch la 11e Nuit des sans-abri. Malgré une température on ne peut plus dissuasive, des centaines de personnes ont participé à la vigile de solidarité. Plus débordés que jamais, les organismes offrant des services aux personnes en situation d’itinérance témoignent de la croissance du phénomène, croissance qui a inspiré le thème Personne n’est à l’abri.

Photo: Luc-Antoine Couturier

Personne n’est à l’abri


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3$ Le magazine de rue de Québec

On s’élève à donner.

No 149 Novembre 2012

LE DÉFI DE VIEILLIR

S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant une carte d’identification 3$ contribution volontaire. 2$ sur le prix de vente va directement au camelot.

• Le bonheur est dans la course • À bas les diktats • Précipiter le passage • Regard posé d’une préposée

Envie de vous investir, de sortir de votre zone de confort, de repousser vos limites pour faire une différence dans votre communauté ?

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La quete numero 149 novembre 2012  
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