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La gazette de la

lucarne

15 mars 2012 2 €

n  46 o

La Lucarne des Écrivains, 115 rue de l’Ourcq, 75019 Paris – tél. : 01 40 05 91 29 – http://lucarnedesecrivains.free.fr

Chers lecteurs, À dix ans, avant de connaître les affres de la puberté, et à des copains plus âgés qui me semblaient obsédés par l’amour, je disais, d’un ton docte qu’il me faudrait attendre bien des années avant de retrouver : « L’amour, l’amour ! Il n’y a pas que ça dans la vie quand même ! » Dans un roman de Jeanne ­Cordelier, La Passion selon Gatien le narrateur est un perroquet amoureux de sa maîtresse. Après bien des péripéties, dans les dernières lignes du livre, elle finit par lui apprendre à prononcer le mot Ah ! Mour ! Amour ! Sur ce thème, la Gazette de mars, pas garce, en puisant dans le Dictionnaire des Rimes et Assonances d’Armel Louis, vous propose quelques nouvelles, éparses. Il y a l’amour de la langue, par Patrick Le Divenah ; l’amour des mots, par Sylvie Hérout ; l’amour nocturne, par Fabienne Schmitt ; l’amour étincelles par Françoise Pons ; l’amour coquin, par Bruno C. ; l’amour de Naples, par Véronique Varallo, et l’amour de l’Afrique, par Zéglobo Z ­ éraphim. Enfin, plus fort que toutes les raisons de guerre, l’amour de la poésie qui clôt Le Rescapé et l’Exilé, le livre de Stéphane Hessel et d’Elias Sanbar. Marc Albert-Levin

Mots et amants Sylve Hérout Photo-Montage / Patrick le Divenah

Éditorial

I

ls sont tous morts mes amants. Morts de soif ou épuisés d’attendre. Si tu te penches, tu les trouveras tous alignés sous mon lit, par ordre de taille ou d’ancienneté, je ne sais plus. Peut-être au fond estce la même chose ? En tout cas, tous devenus de plus en plus petits au fil des ans. C’est à cause de l’illusion… La fonte de l’illusion, tôt ou tard, ça racornit, ça étrique les amants soupirants. Parfois, la nuit, je les entends se disputer. Ils se battent pour savoir qui a été mon meilleur amant, mon préféré, celui que j’aurais aimé comme on aime à vingt ans, la main dans la main, les yeux entrelacés. « À nous deux pour la vie. Nous, ça n’est pas pareil, puisqu’on s’aime vraiment. La preuve, on ne fait qu’un, on fusionne, on ébullitionne, on vase-communique tant et si bien

qu’on n’a plus besoin de communiquer. L’un pense, l’autre répond... » Moi, je les laisse causer, se disputer, se dualiser. Ça les occupe. Et leur blabla, leur petit orgueil de mec, j’en ai rien à cirer. Alors, pendant ce temps-là j’écris. J’écris des lignes et des pages, des carnets et des cahiers, je prends mon pied avec les mots. Surtout quand je pense au pied de nez que mes mots, mes lignes et mes pages feront à tous les « ils » de ma vie – maris, amis, amants, garçons – quand plus tard, moi envolée, ils ouvriront mes armoires, mes tiroirs, mes écritoires… J’espère que du haut du ciel j’aurai encore d’assez bons yeux et d’assez bonnes oreilles pour écouter-voir leur surprise. Pour le coup, cette fois, j’aurai sûrement droit à leurs regrets éternels.


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Comment sauver la poésie ?

collage / Marc Albert-Levin

Jules-Antoine Duclin

U

ne dame poétesse et éditeur a récemment convoqué un aréopage de ses collègues et amis (dont je suis) pour débattre avec eux d’une question qui l’angoisse : « Comment sauver la poésie dans notre société marchande ? » Incapable d’être présent parce que j’étais au même moment au chevet d’une amie peintre mourante, j’ai quand même voulu lui répondre par e-mail : - première solution : devenir marchand de poésie. - deuxième solution : puisque que l’on peut écrire des poèmes en marchant, écrire aussi des poèmes en marchand, ou sur les marchands. - troisième solution : rester poète et indifférent à la société des marchands. Ces trois possibilités m’en ont d’ailleurs très vite inspiré une quatrième : comprendre que la poésie n’est pas assignée à résidence dans les livres de poèmes, et que la qualité d’un poète est de la trouver partout, même chez les marchands d’âge 2

et quoique les marchands disent. J’ai un autre ami, nous l’appellerons Pierre-Paul, qui est sans doute un vantard, mais qui prétend que rien de ce qui touche à la poésie n’a de secret pour lui. J’ai donc voulu lui demander son avis. Il m’a d’abord ricané au nez en me disant : « La poésie ne mérite que ce qu’elle a, c’est une coquette, dépensière et insolvable. Elle se plaint tout le temps de ne pas avoir un clou pour se gratter le cul ! (Pardonnez-moi, mais c’est mot pour mot ce que Pierre-Paul m’a dit) « Et pourtant, a-t-il poursuivi, les hommes qui l’aiment lui donnent leur chemise, et les femmes, car elle aime aussi les femmes, préfèrent flirter avec elle que s’occuper de leurs gosses et de leur mari ! » Je ne l’aurais jamais cru si vieux jeu ! Mais PierrePaul, une fois lancé, est du genre impossible à arrêter :


no 46 « C’est ta question qui est tout simplement idiote, mon vieux ! Tu ne sais pas qu’à notre époque, c’est le net, enfin, le web, la toile, qui sont appelés à régner ? Rimbaud, Lautréamont, Jarry, tu crois qu’une telle question les a préoccupés ? Arthur Rimbaud a fini par comprendre que sa mère avait raison : un bon job en Afrique lui permettrait d’arrêter de perdre son temps. Et il a gagné… de l’or, des lingots d’or qu’il a mis dans sa ceinture ! Gagner sa vie c’est aussi parfois la perdre et il est mort trop jeune pour pouvoir profiter de l’or qu’il avait amassé. Mais ses poèmes eux, sont restés. C’est l’or du temps, qui demeure, hors du temps. Jarry, lui, a mis quelques mondaines de son côté. On ne manque de rien quand une ou deux femmes riches vous aiment. Tout farfelu qu’il était, Alfred, à faire de la bicyclette en maillot de corps, il plaisait quand même aux dames du Mercure de France. Quant à Lautréamont, ou plutôt de son vrai nom Isidore Ducasse, il est mort inconnu dans un hôtel de la rue Montmartre… Il avait fait imprimer à ses frais quelques exemplaires des Chants de Maldoror. Par chance, il en restait un à la Bibliothèque nationale. André Breton lui-même l’y a lu et l’a recopié de sa propre main. Je te le dis, Jules-Antoine, Lautréamont savait bien qu’il serait le plus grand écrivain de demain ! » Je ne suis pas loin de partager l’avis de Pierre-Paul, lui-même auteur, soit dit en passant, de plusieurs chefs-d’œuvre inconnus.

Quand un poète se sauve à la vue d’un marchand, la poésie est-elle sauvée pour autant ? Non, évidemment. La moutarde me monte au nez quand des esprits chagrins lacèrent ou enlaidissent les images de pub, qui, dans le métro, sont les seules fenêtres ouvertes sur l’imagination. Sans elles, un trajet souterrain serait un cauchemar de claustrophobie. J’aime aussi, à l’air libre, qu’une paire de jeans et des polos Calvin Klein habillent trois étages d’un immeuble parisien. Ou que la bâche peinte recouvrant la Madeleine soit plus belle, à une certaine distance, que la véritable colonnade dont elle sert à dissimuler la réfection. Par la moutarde de Dijon, il n’y a que Maille qui m’aille. Déjà, quand j’étais marmot, j’écrasais mon nez contre la vitre du métro en apprenant à lire ces poèmes badigeonnés dans les tunnels : DUBO, DUBON, DUBONNET. En janvier 2012, à la station Guy Moquet, il y avait une grande affiche où l’on pouvait lire, sous un charmant visage féminin : « J’ai découvert mon voisin grâce à Celib.com ». Un passant (une passante ?) a rageusement biffé « grâce à celib.com » et graffité dessous « en frappant à sa porte ». Avec ce commentaire : « La pub rend con ». Eh bien non ! Je suis content que « Treets » ait fondu « dans ma bouche et pas dans sa main ». Et plus d’une fois, à l’entracte, Coca-Cola a contribué à ma fraîcheur de vivre. Tenez, il y a même parfois des livres, grandeur d’affiche, dans le métro ! Comment sauver la poésie ? Je serais tenté de dire : en écrivant des poèmes, tout simplement.

15 mars 2012

SOMMAIRE page 1

Édito, M. Albert-Levin. et Mots et amants, S. Hérout. page 2-3

Comment sauver la poésie ? J.-A. Duclin. page 4

La passion des transports en commun, Z. Zéraphim. page 5

Une vie, J.-M. Renaud. et Nocturne, F. Schmitt. ●

page 6

page 7

Poèmes, F. Pons. Les soirées de La Lucarne. page 8

L'indignation contre l'injustice et l'amour de la poésie, M. Albert-Levin. page 9

Faire-part, P. Le Divenah ●

Alors, Austerlitz ?

Appels à textes ●

page 10

Pour le numéro d'avril : vous êtes Président(e) ou le conseiller du Président, quels seraient alors votre première action, votre premier discours, votre premier délire ? Envoyez votre texte à : lalucarnedesecrivains@gmail.com Armel louis Le numéro de mai, coordonné par Paul Desalmand, sera centré sur la question : Peut-on parler d’une “écriture féminine” ? Essayer de ne pas se cantonner au théorique. Envoi des textes à pablodesal@orange.fr.  Paul Desalmand

B. C. ●

page 10

Le petit fleuriste de Rabat, A. Féline. ●

page 12

Tout est possible à Naples..., V. Varallo.

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La passion des transports en commun Zéglobo Zéraphim que vous ser vez cet enfant grosse tête » ? L’épithète ne désignait pas mon intelligence, mais ma chevelure, alors, très abondante. J’ai entamé une conversation avec ce garçon plus jeune que moi. Il s’appelait Sékou. J’avais un logement de fonction, au rezde-chaussée d’un immeuble « syrien » dont les murs de béton s’ouvraient sur l’extérieur par des claustras. On m’avait assigné un boy qui fournissait les détails de ma vie intime à deux collègues françaises, respectivement logées au premier et au deuxième étage du même bâtiment. J’ai licencié le boy et adopté Sékou. Il croyait tout ce que lui disait le marabout. Avec le rationalisme naïf d’un nouvel arrivé de France, je lui ai dit : « Mais ton marabout ne peut rien ! Il m’a répondu : — Le marabout peut tout ! – Est-ce qu’il peut me rendre Noir ? — Oui. — Comment ça ? — Coupe tes ongles et je les lui porterai. » Sitôt dit, sitôt fait. Le soir, à son retour, j’ai ­demandé à Sékou : « Alors, je suis Noir, maintenant ? » Impossible d’oublier le sérieux avec lequel il m’a répondu « Oui ! ». Il m’a fallu devenir bouddhiste, quinze ans plus tard, pour me souvenir que l’Orient et l’Asie existaient aussi. J’ai enfin compris que peau noire ou peau blanche, peau rouge ou visage pâle, n’avaient pas tellement d’importance. Que l’urgence était d’apprendre à devenir « humain » ! Sunset Parkerpix / creative commons

A

yant vécu l’essentiel de ma vie dans des grandes villes (Paris, New York, et accessoirement Port-au-Prince et Jérusalem), je n’aime de la nature que ce qu’en écrivent les poètes. Et j’ai une passion pour les transports en commun. À seize ans, j’ai voulu aider une inconnue à sortir du métro parisien en retenant la portière pour elle. Elle ne m’a pas dit merci, mais, avec une grimace « Y en a qui s’raient mieux dans leur île ! ». Je me suis mis à la recherche de l’île dont elle me croyait originaire et dont je ne savais rien. En 1960, je venais d’être recalé à la deuxième partie du baccalauréat. Dans l’autobus, j’ai entendu dire que la première partie suffisait pour être instituteur en Afrique. C’était l’année des indépendances et je voulais la mienne. Seule la Guinée avait dit non à De Gaulle. Mais la Guinée n’a pas voulu de moi. Alors ma mère m’a fait rencontrer un attaché d’ambassade de Côte d’Ivoire qui m’a obtenu un contrat de professeur de cours complémentaires. J’étais installé depuis peu à Agboville. Un soir, à Dioulakro, au sortir d’un film indien projeté en plein air sous les cris des spectateurs hurlant pour prévenir le héros des embuches, j’ai voulu prendre une bière. Dans une case, sous une lampe à pétrole, coincée dans une bassine entre des pains de glace, elle était fraîche et tentante. Mais la même bouteille venait d’être refusée à un gamin qui protesta : « Pourquoi pas à moi, alors

P RI X Paule Lunven, avec Cache-cache et mat, chronique d’un atelier d’écriture, Arcadia, 2011, a obtenu le Prix du Lion’s Club Paris Île de-France. Le livre est en compétition avec les livres primés dans d’autres régions pour le Prix France. 4


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Une vie

Nocturne

Jean-Marie Renaud

Fabienne Schmitt

Un fourreau noir Au bout du bar Les yeux figés L’espoir cassé La peau si blanche Courbe des hanches Cernes bleutés Parfums tournés Vendre son corps Pour vivre encore Mais pour le cœur C’est jamais l’heure La coupe est pleine De ta déveine Le saxo crie Dernier sursis

L

a bedaine ceinte du tablier blanc, un port quelque peu altier et le verbe haut lui donnaient un petit air impérial. Boucher dans un gros bourg, on disait de lui : « Il a de la bonne viande et il sait couper ! » Il était fier de cette réputation. En servant les clientes, il lançait de sa voix puissante d’inusables plaisanteries lubriques : « J’ai un bon morceau dans la culotte, profitez-en, mesdames ! » ou «  Voyez ma saucisse, tâtez comme elle est ferme ! » Pour lui faire plaisir, elles affectaient d’être scandalisées et gloussaient des « Ah, Ben dîtes donc ! Oh, Ben quand même ! » Et elles lui restaient fidèles.

Jusqu’au jour où elles partirent acheter de la bavette en barquette à la grande surface qui était parvenue à s’implanter à l’orée du bourg. Il lui fallut fermer boutique et cesser toute activité. La tension et le mauvais cholestérol s’installèrent sournoisement. Fini, le Ricard. Il absorbait à chaque repas un nombre croissant de pilules. Assis toute la journée devant la télé, il écoutait son corps, inquiet de tout élancement, palpitation, crampe, annonciateurs possibles de la dernière ligne droite comme un condamné en fin de sursis qui, de sa cellule, épie les bruits de pas dans le couloir. 5

Un fourreau noir Au bout du bar Tu en frémis De cette envie Encore une heure La nuit te meurt Lui diras-tu Tu t’es perdu Elle te connait Elle te guettait Va la chercher Fais la danser Elle se dénude Ta solitude Serre la fort Voilà l’aurore...

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Poèmes de Françoise Pons

La peau du lait d

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Étincelles

d

t

L’amour, étincelles, mots qui se mêlent aux corps fluides, éblouis, flottants, légères particules, aimants de ces comètes inuscules, ces corps aimants. Dansent la danse du feu des yeux, dansent le feu loi, à moi ! Dansent la danse des émois, à toi ! Danse des pas de roi, en moi Dansent dans la vague et se noient, en toi Danse ta vie en moi. Viens- là, danse-moi, danses la vie en moi, viens en dansant. Elle l’a vue la vie sans lui, vite elle l’a vue sa vie sans lui, sans lui dans sa vie, Sans ta vie près de moi, ma vie sans toi, Ne pars pas, ivresse, il reste là, il y verse, il y verse la vie, la vie y va, là. Il l’a vue, là. Vite, il a eu le feu, il l’a vue là dans la ville. En feu, il fut, et … le feu l’a prise elle aussi, et la lave… la lave, la vie, il l’a vit, la vie, il l’a vit dans la ville, l’a vite vue, l’a vue dans la rue, la vie, l’a vue et l’aveu et l’amour et… Danse le feu, danse la vie en moi et viens-là, danse moi… danse la vie en moi 6

La peau du lait La peau c’est pas la crème, La peau flotte sur le dessus du bol, c’est exécrable, tapissant la glotte d’ écailles qui s’y collent … dégouttante, dure à déglutir… la peau est indigérable. Mais… La crème c’est pas la peau La crème bien lisse, à portée de bouche, délice malicieux, glissant sur la langue comme soie sur la peau, s’enfouissant sous la peau, provoque probablement quelques plis… Mais… La crème pour la peau, c’est pas la crème à plis, s’étalant sur les bras, le cou, les jambes, les joues … la crème pour la peau possède des possibles que la crème pas pour la peau n’a pas… mettant du gras sur la peau… elle la lisse. Avec un peu de bol, vous prendrez bien un peu de crème pas pour la peau tout en caressant votre corps avec de la crème pour la peau, ça vous fera des plis lisses. Le pot au lait Toute jeune fille à l’ancienne, porte son pot de lait sur la tête, son potentiel probable, si elle ne tombe pas dans la fange. Aucune jeune fille façon moderne, n’oublie son pot de crème pour la peau qui a remplacé le pot au lait, c’est écrit partout, elles le valent bien,

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Soirées de la Lucarne 

Jeudi 15 mars à partir de 18 h 00

Vernissage exposition de peintures de Meyer Sarfati Exposition du lundi 12 mars au samedi 31 mars. À 20 h : Lectures poétiques de Brigitte Gyr. 

Vendredi 16 mars à 19 h 30

Pourriez-vous être ministre ? Rencontre-débat autour du livre Altergouvernement, Avec Aline Pailler, alterministre de l’Information ; Marc Dufumier, alterministre de l’Agriculture ; Philippe Leymarie, alterministre de la Défense. 

Samedi 17 mars à 19 h 30

La mémoire et l’oubli Avec Marie Sizun pour son roman Un léger déplacement, Maurice Cury pour son roman Ruines et David Meulemans pour le livre collectif La mémoire, outil et objet de connaissance. 

Mercredi 21 mars à 19 h 30

Lectures théâtrales

De Fernando Pessoa Le Gardeur de troupeaux, avec les interprètes Daniel Dubois et Jacques-Marie Legendre. Accompagnement à la flûte : Françoise Ducos, sur des thèmes musicaux de Georges Brassens. 

Jeudi 22 mars à 19 h 30

Lectures théâtrales Le Livre de l’Intranquillité, adaptation et interprétation de Daniel Dubois. 

Vendredi 23 mars à 19 h 30

Soirée Algérie

Avec Habib Tengour pour Dans le soulèvement, Algérie et retours, qui réunit une trentaine d’essais écrits entre 1980 et 2008. Textes d’occasion, sur le vif parfois, trahissant le choc qui les a engendrés.

Samedi 24 mars à 19 h 30

Au clair de la Résistance Rencontres autour des Silences de la Guerre de Claire Fourier, lectures par Nicolas Morer. À rebours du célèbre livre de Jean Vercors, Le Silence de la mer (1942), le livre de Claire Fourier met la parole au centre de toute résistance : résister, n’est pas se taire, mais faire taire, faire taire la guerre. 

Mercredi 28 mars 19 h 30

Spectacle : La demande en mariage Le Théâtre d’Or présente La Demande en mariage de Tchekhov, avec Marie Lopès et Can Özden. C’est drôle, ça danse, ça bondit, ça grince, ça raille, ça grouille, ça rit… 

Vendredi 30 mars 19 h 30

Parce qu’on est là

Textes de Betty Berlier, Renée Defaÿ, Marcel Duga, Robert Giry, Axelle Péchaire. Accompagnement Martine Bonnefoux, responsable de l’Espace rencontre et Yvette Dubreuil. Projet coordonné par Bruno Boussagol, metteur en scène de la compagnie « Brut de béton », production et administration Nathalie Robin. 

Samedi 31 mars à 19 h 30

D’une langue à l’autre Rendre compte de l’expérience du passage au français comme langue d’écriture, à partir d’une langue maternelle autre, révéler ce qu’un tel passage peut embarquer comme ruptures, exil, découvertes, dévoiler quelques recoins de son écriture comme en palimpseste… Rencontre entre des poètes francophones de différentes origines, avec Dana Shishmanian, Abder Zegout, Louisa Nadour, Kamal Zerdoumi, Marie-Louise DioufSall, Mattia Scarpulla, Sebastian Reichmann, Patricia Laranco.

Mercredi 4 avril à 18 h 00

Vernissage de l’exposition Palimpseste Œuvres sur papier d’Alain Delpech. Exposition : du lundi 2 avril au samedi 14 avril. 

Jeudi 5 avril à 19 h 30

Art et Archéologie du Champa Présentation d'Art et Archéologie du Champa d’Emmanuel Guillon. Le livre constitue l’achèvement des derniers travaux d’Emmanuel Guillon, docteur d’État (études orientales), spécialiste reconnu de deux civilisations anciennes de l’Asie du Sud-Est. 

Vendredi 6 avril à 19 h 30

Rencontre littéraire

Avec Jean Le Boël et les éditions Henry. Présentation de L’étrangère française de Nora Chaouche et de Cabinet de société de Gérard Cartier. 

Vendredi 13 avril à 19 h 30

Soirée littéraire Parents-enfants : une histoire de point de vue Avec Isabelle Mercat-Maheu pour Son père, Françoise Sounet pour Agathe, Philippe Abraham pour Un jour, j’aurai 18 ans. Présentation de trois livres parus aux éditions Kirographaires, accompagnée d’un débat. 

Samedi 14 avril à 19 h 30

Cabaret poétique

Avec David Rougerie qui interpretera des texte de son livre de beauté volontaire, jaillissons étoilés !... ». Volontiers exaltées, ces pages se révèlent une promenade de santé permanente. Quand la lassitude physique ou morale se fait sentir, la volonté se dresse alors et l’appétit de l’existence exige ses droits... L’instinct est notre vérité. Il est le miroir de notre vie, de notre humanité.

Plus de détails sur : http://lucarnedesecrivains.free.fr La Lucarne des Écrivains, 115 rue de l’Ourcq, 75019 Paris - Tél. : 01 40 05 91 51. 7


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Marc Albert-Levin

Bienchido / creative commons

L’indignation contre l’injustice et l’amour de la poésie

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S

Le Rescapé et l’Exilé, Stéphane Hessel, Elias Sanbar, Farouk Mardam Bey, Don Quichotte, 2012.

Notre France, Farouk MardamBey, Edwy Plenel, Elias Sanbar, Actes Sud, 2011.

ous le titre Le rescapé et l’exilé vient de ­paraître, aux éditions Don Quichotte, un dialogue entre Stéphane Hessel et Elias Sanbar. Leurs échanges sont présentés par Farouk Mardam-Bey déjà coauteur avec Edwy Plenel et Elias Sanbar d’un livre intitulé Notre France, publié dans la collection Sindbad dirigée par Farouk Mardam-Bey, chez Actes Sud. Il rappelle que, « bien que centenaire, le conflit i­sraélo-arabe reste d’une brûlante actualité ». Stéphane Hessel ancien résistant, déporté à Buchenwald, puis diplomate en poste à l’Onu depuis sa création, est l’ancêtre admiré du droit à l’indignation. C’est un sentiment nécessaire, mais non suffisant s’il n’est pas prolongé, comme il l’a prouvé sa vie durant, par l’action politique. Elias Sanbar, pour sa part, n’avait qu’un an lorsque ses parents ont dû quitter leur ville de Haïfa pour se réfugier au Liban. Il est ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco où la Palestine vient d’être admise comme un pays, alors même que la qualité d’État membre des Nations unies est encore refusée à ce pays dont on veut nier la réalité historique pour n’y voir que des terri-

toires ­occupés. L’établissement d’un état palestinien, même s’il était déjà recommandé par une ­résolution des Nations unies en 1947, n’a toujours pas eu lieu. Stéphane Hessel souligne que quarante-quatre ans après la guerre de juin 1967, les gouvernements israéliens refusent toujours d’appliquer le principe de restitution des terres conquises par la guerre de 67 en échange d’une reconnaissance par les Arabes au droit pour Israël de vivre en paix. Elias Sanbar rappelle que Yitzhak Rabin est « le seul Premier ministre israélien qui ait voulu prendre les choses à la lettre et aller vers la réalisation de la formule des deux États, ce qui lui coûta la vie à l’automne 1995 ». Le pur et simple bon sens résonne dans ces mots de Farouk Mardam-Bey : si Israéliens et Palestiniens « posent leur problème dans le langage de la politique profane, dans le champ d’application des principes communs du droit international, ils parviendront rapidement, non seulement à signer un traité de paix, mais aussi, ce qui est bien plus important encore, à se réconcilier.  » C’est également l’avis de Stéphane Hessel et d’Elias Sanbar et c’est l’espoir 8

de tous ceux qui voudraient voir cet interminable conflit sortir de l’irrationnel et trouver une solution juste pour tous. Ce livre, qui, par bien des aspects, bouscule beaucoup ­ d’idées ­reçues, offre à son lecteur attentif une vraie récompense  : un dernier chapitre intitulé « Du politique au poétique ». C’est Elias Sanbar qui en a pris l’initiative, connaissant l’amour de Stéphane Hessel pour la poésie. Hessel est l’auteur de Ô ma mémoire, la poésie, ma nécessité, une anthologie trilingue de ses poèmes préférés. Elias Sanbar, pour sa part, est l’auteur de nombreux ouvrages ainsi que le traducteur en français du grand poète palestinien Mahmoud Darwich. Il écrit  : « À mes yeux, la poésie est une forme supérieure du politique. » Et il ajoute : « Les poètes ont sur les politiciens cet immense avantage qu’ils n’ont pas besoin d’imaginer l’avenir, il est déjà là. » Sur ce point comme sur les autres, Stéphane Hessel lui fait écho : « Une politique n’est admirable que si elle est visionnaire, et elle n’est visionnaire que si elle est nourrie de ­poésie.  »­


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Faire-part

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ai la tristesse de vous faire part du décès ­récent, mais définitif, après une lente agonie, de la première personne du futur. « Cher futur, je t’inhumeraiS demain à 15 heures. » Il ne peut s’agir de coquille, car cette adjonction du S, alors que la tendance générale est à la réduction – crise oblige – se révèle systématique et de toutes provenances, qu’il s’agisse de courriels ou de lettres manuscrites. Pas de distraction, pas d’accident fortuit, la première personne du futur est bel et bien défunte. Je me suis procuré le rapport du médecin légiste, de l’école freudienne : « Le futur, exprimant une certitude, témoigne d’un engagement dont nos contemporains sont devenus incapables. Du jour au lendemain, voire du jour au jour même, ce qui avait été engagé est désengagé, les promesses sont remises en question, les contrats rompus. Pas le moindre rendez-vous qui ne nécessite une confirmation, voire une confirmation de confirmation à la toute dernière minute. Iphone, Ipad, Smartphone... obligent. Impossible dans ces conditions d’écrire encore au futur puisque tout devient conditionnel et qu’en lisant “Cher futur, je t’inhumeraiS demain à 15 heures”, je dois interpréter que ­l’inhumation est hypothétique, qu’elle n’aura lieu que si, d’ici là, le correspondant n’a pas changé d’avis et que, sous-entendu, il ne faudrait pas que le futur s’en vexe pour autant. » Il est donc grand temps de s’indigner et de manifester au futur notre soutien inconditionnel en témoignant de notre fidélité à l’engagement. Sauvons l’engagement, engageons-nous, rengageons-nous, à la ­mémoire du futur !

Patrick Le Divenah

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Alors, Austerlitz ?

15 mars 2012

Bruno C.

Il y a dans la nature et il subsiste dans l’homme un mouvement qui toujours excède les limites. George Bataille « L’amour est un acte sans importance, puisqu’on peut le faire indéfiniment. » Tous tournèrent les yeux vers celui qui venait d’émettre une telle absurdité. Le Surmâle Alfred Jarry

U

n matin, Nina lui dit : — Au début, tu étais nul au lit ! Encore une nuit comme ça et je te mettais à la porte ! Sans doute considérait-elle les faits comme prescrits, pour s’autoriser cet aveu matinal prononcé sur le ton du badinage… Il sourit. — Vraiment ? Tu le penses vraiment ? Tu m’aurais jeté ? — Oui, je te l’assure, je commençais à me poser des questions... vraiment ! Elle lui faisait face, à la table du petit déjeuner, vêtue d’une chemise trop large dont l’échancrure laissait apparaître un demi sein ou un sein entier suivant l’inclinaison de son buste, presque les deux seins lorsqu’elle se penchait en avant pour atteindre le beurrier du bout de son couteau. Il ne l’avait pas vue enfiler de culotte ce matin-là. L’envie le prit de passer derrière elle et de fourrer sa main dans l’échancrure jusqu’à son pubis pour vérifier, mais il préféra continuer. — Chérie, dit-il en soupirant, je n’oserais pas imaginer chez toi un quelconque manque d’expé-

rience, mais parfois on dirait que tu n’y entends vraiment rien… Elle l’interrompit. — … Aux hommes ? — Non, aux femmes ! Elle fronça les sourcils et il ­reprit d’un ton docte : — Aux femmes ! Le corps d’une femme, tu vois, c’est comme une pâte. Il faut du temps pour en connaître le grain, la texture, la souplesse, les méandres, les pleins et les déliés. Et il en faut encore – « en corps », si je peux me permettre cette lacanerie – pour le modeler, l’animer, le surprendre… Partir du corps, des parties les moins érotisées du corps, c’est un préalable – mais ça prend tu temps. Si tu ignores cette étape, c’est fichu, je te l’assure !... Et si tu laisses la femme prendre les devants, alors là, n’en parlons pas, à terme, c’est la bérézina assurée… Fred se commettait parfois à émettre des théories très personnelles qui paraissaient toujours à Nina plus fumeuses les unes que les autres et avaient parfois tendance à l’agacer. Mais, vu sa prestation de la nuit précédente, elle opta pour le 10

repli stratégique : — C’est un peu Napoléon qui rencontre le Golem, ton histoire, non ? De toute façon, fumeuses ou pas, Nina avait peu de goût pour les théories. Elle se leva, marcha jusqu’à lui, et après avoir repoussé la table et écarté les pans de son peignoir, prit de la main possession de ses génitoires avec un succès immédiat. — Chéri, commença-t-elle avec une nuance de reproche, tu sais que quand je ne mets pas de culotte le matin ça veut dire que j’ai envie que tu me baises encore, et toi, tu restes là à discuter… Tu es distrait ou quoi ? Elle l’enjamba, lui colla ses seins sous le nez et s’employa par un savant va et vient vertical à tamponner son gland de ses lèvres déjà toutes lubrifiées en ponctuant son exercice de petites inspirations rythmées, avant de finir par s’empaler langoureusement au plus profond de ce qu’autorisait leur position. Puis, se penchant vers son oreille elle murmura : « Alors, Austerlitz ? ».


no 46

15 mars 2012

Le petit fleuriste de Rabat

L

a semaine dernière je me suis arrêtée chez un petit fleuriste dans la rue, non loin de chez moi, à Rabat, devant lequel je passe tous les jours en voiture. Invitée le soir chez des amis, j’ai voulu lui acheter des fleurs. J’étais déjà venue une fois et il m’a reconnue. Il m’a conseillé des fleurs blanches et odorantes. Il m’a dit : « Il faut choisir celles-là, car leur saison est courte, il faut en profiter. Tout passe, même le temps des fleurs. Et il a ajouté : « Il faut suivre le cycle de la nature. Si l’on choisit des roses en plein mois de janvier, elles n’ont aucun de parfum, elles n’ont pas ­d’intérêt.  » On aurait dit que ces fleurs blanches avaient été cueillies dans un jardin de campagne... Parce qu’il est à demi paralysé, le petit fleuriste a mis du temps à les envelopper dans un papier transparent et à les ficeler. J’ai fini par l’aider. Je lui ai demandé combien je lui devais. Et là, le bouquet tout prêt, en dirigeant un regard perçant vers moi, il m’a répondu d’une voix hachée : « Ce que… ce que vous voulez ! » Il a vu que j’étais étonnée, décontenancée même. Surtout que, la première fois, nous avions joué le

jeu du pays, marchandé le prix du bouquet ! Mais cette fois, plus de discussions, plus de jeux de rôle méditerranéens pour faire baisser le prix des fleurs. « Ce que vous voulez… » De l’index, il a fait un cercle autour de son visage et il a dit : « Ce n’est pas une question de prix, je reconnais votre visage ». Il a ensuite pointé son doigt vers le ciel et a dit très fort, presque trop fort dans cette nuit humide, imprégnée de l’odeur des fleurs blanches : « Nous avons le même Dieu. La mosquée, l’église, pas de différence, c’est le même Dieu !… Ce que vous voulez… » Je lui ai tendu un billet. Nous nous sommes serrés la main, puis je suis vite partie, soudain, au bord des larmes. Mais voilà, quand j’y pense, j’aurais dû lui donner beaucoup plus… Je me suis promis de retourner le voir bientôt. Je lui tendrai un billet, et cette fois-ci, c’est moi qui lui dirai : « Donnez-moi ce que vous voulez ! »

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ISSN 2101-5201 La Gazette de La Lucarne mensuel de La Lucarne des Écrivains Rédaction et administration : 115 rue de L’Ourcq, 75019 Paris lalucarnedesecrivains@gmail.com Directeur de la publication : Armel Louis. Coordination du numéro : Marc Albert-Levin. Maquettiste : Emmanuelle Sellal.

Virginie Moerenhout / creative commons

Agnès Féline


no 46

Tout est possible à Naples, ville magique et envoûtante

Véronique Varallo

Véronique Varallo

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ette photo de Naples, au crépuscule, suscite en moi un sentiment de fascination mêlé à un certain effroi. Cette ville est placée sous le regard permanent du Vésuve et sous la bienveillante protection de San Gennaro (saint Janvier) vénéré par tous les Napolitains. Lorsque se produisit le tremblement de terre qui ensevelit Pompei, en l’an 79, des milliers de corps se sont figés à l’aube. Est-ce par crainte d’un nouveau désastre ? Dans toutes les églises, des vieilles femmes prient toute la journée. Et il n’est pas rare non plus de voir une jeune fille se signer lorsqu’elle passe devant une église. À Naples, comme le dit si bien Tahar Ben Jelloun, on ne dort jamais vraiment. Est-ce dû à la chaleur parfois étouffante ? À la menace permanente du Vésuve ? À la terre qui tremble sous les pieds, ou à la couleur des pierres, qui, le soir luisent d’un mystérieux reflet d’argent ? Tant de merveilles à découvrir ! Pompéi, Capri, Herculanum, Ischia, le Pausilippe (dont le nom, tiré du grec signifie « le lieu où finit la tristesse »)… Au Museo di Capodimonte se trouvent les œuvres merveilleuses du Caravage (Caravaggio), dont la peinture est à l’image de Naples : généreuse, violente, puissante, vibrante, et même sanguinaire parfois. Il fait chaud, c’est la veille du 15 août, les rues sont pleines de monde. J’ai envie d’aller à Villa

Communale et marche jusqu’à Mergellina. À la tombée de la nuit, je me régale d’une bonne glace italienne, quand, tout à coup, je me souviens : il y a un concert au nouveau musée d’Art contemporain. Quand j’y arrive, la foule piétine aux portes du Museo Madre. Devant moi, un groupe d’amis, déçus, eux aussi, de ne pas pouvoir entrer. Ce sont des Italiens dont immédiatement l’accent chantant me séduit. Une jeune femme, Lucia, me propose d’aller boire un café avec eux. À Naples, on boit du café à toute heure de la journée. À travers un dédale de ruelles du quartier historique, ils me conduisent sur une jolie placette où les Napolitains se réunissent jusqu’au bout de la nuit. Je passe avec eux un moment délicieux, à boire, à rire, à m’imprégner doucement de la nuit napolitaine. De rencontres en discussions, sur une terrasse avec vue panoramique sur Naples, je me retrouve, à minuit, à trinquer avec des journalistes, écrivains et artistes que j’ai l’impression de connaître depuis toujours. À l’aube, je vois la ville se réveiller doucement, en dégustant des croissants, sfogliatelle, dont le seul nom me met l’eau à la bouche. Ce fut pour moi un moment inoubliable. C’est comme si, en cette nuit du 15 août, j’avais trouvé une ­seconde famille. Je suis tombée à jamais amoureuse de cette ville.

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15 mars 2012

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La Gazette de la Lucarne n° 46 - 15 mars 2012  

La gazette de la librairie La Lucarne des Écrivains, 115 rue de l'Ourcq, 75019 Paris. http://lalucarnedesecrivains.wordpress.com

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