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RAPPORT ANNUEL 2015


RAPPORT ANNUEL 2015

2 - Rapport annuel 2015


SOMMAIRE Préface La Fondation Organisation Projets de développement Activités en 2015 Finances Health is wealth Let kids be kids Atelier de formation Sensibilisation Publications Remerciements

4 8 9 10 12 14 16 34 44 45 49 50

Rapport annuel 2015 - 3


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PRÉFACE L’année 2015 a été particulière. Secouée par tous les extrêmes, théâtre de nombreux conflits, elle marquait également l’aboutissement des objectifs du millénaire pour le développement, définis et adoptés en 2000 par 193 États membres de l’ONU. 15 ans plus tard, malgré de nombreux progrès, le constat est mitigé, les défis restent grands, et l’engagement toujours plus nécessaire. Soucieuse d’inscrire son action dans un cadre global et cohérent, la Fondation Follereau Luxembourg (FFL) a tenté, au travers de ses 34 projets en Afrique de l’Ouest et à Madagascar, d’apporter sa pierre à l’édifice. De ces objectifs découlent de grands enjeux humanitaires. Parmi ces objectifs, réduire l’extrême pauvreté et la faim, notamment en fournissant un emploi décent et productif à tous, femmes et jeunes inclus, est une priorité. Cette année encore, la FFL a permis à de nombreux enfants en détresse d’être encadrés dans un de ses centres d’accueil, de recevoir des cours d’alphabétisation ou de suivre une formation professionnelle. Parce que leur avenir se construit aujourd’hui, la Fondation met un point d’honneur à leur offrir un environnement serein et propice à l’apprentissage de leur futur métier. La promotion de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes trouve également écho dans chaque projet de la FFL. Outre les centres d’accueil et formations proposées aux femmes afin de leur garantir une autonomie financière, une attention toute particulière est portée au couple mère-enfant. Dans des pays où de nombreux enfants meurent chaque jour de causes évitables, réduire la mortalité infantile et améliorer la santé maternelle sont des enjeux cruciaux. Grâce aux besoins correctement identifiés par ses partenaires sur le terrain, la Fondation place le bénéficiaire au cœur de ses activités et tente, par la construction de centres de santé ruraux notamment, de garantir l’accès à des soins de base à tous, en vue d’un changement réel et durable. 4 - Rapport annuel 2015


La lutte contre les maladies tropicales négligées, dont la lèpre, reste bien sûr présente dans les activités de la Fondation. Ces maladies qui, comme leur nom l’indique, souvent mises de côté, continuent de tuer. L’alignement des actions de la Fondation Follereau Luxembourg sur les actions menées au niveau mondial, contribuent à la mise en place d’un partenariat mondial pour le développement, ultime objectif du millénaire et condition sine qua non pour garantir un impact global et cohérant. Ensemble, continuons à relever les défis! Jean Hilger Président

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49 ANS D’INVESTISSEMENT EN FAVEUR DES PERSONNES EXCLUES! Alors que les dernières années sont marquées par de grandes crises, le travail de ceux qui s’investissent au quotidien pour améliorer les conditions de vie des populations les plus démunies continue et devient plus que jamais symbole d’espoir. La Fondation Follereau oeuvre depuis près d’un demi siècle pour le bien-être des populations les plus démunies dans ses pays d’intervention, pour ceux et celles qui sont exclus de la société. En 2015 le besoin d’orienter nos projets sur des activités relevant davantage du domaine de la santé s’est fait sentir, non seulement à échelle mondiale suite aux crises sanitaires et humanitaires, mais également au niveau de nos partenaires qui expriment de plus en plus la nécessité d’une couverture santiaire systématique pour les communautés exclues. La lutte contre les maladies tropicales négligées au centre des activités de la Fondation depuis plusieurs décennies, a cédé la priorité aux projets promouvant l’accès aux soins et le suivi médical des personnes marginalisées, surtout des femmes et des enfants. Cette diversification de projets relatifs au 6 - Rapport annuel 2015


domaine de la santé permet de mieux répondre aux besoins et aux demandes des bénéficiaires sur le terrain. En collaboration avec nos partenaires locaux, la Fondation s’engage à répondre aux besoins des populations locales. Ainsi la mise en place de centres de santé en milieu rural a été une priorité en 2015. Ces centres ont permis à des patients normalement coupés du réseau sanitaire d’une région à cause de distances trop importantes de se faire soigner en cas de besoin par du personnel de santé qualifié. Tout comme l’accès aux soins, la sensibilisation des populations rurales ainsi que la formation continue et le renforcement de capacités des acteurs locaux ont constitué des volets clefs des projets de coopération de la FFL. Enfin en 2015, nous avons aussi pu garantir la formation continue et l’insertion professionnelle de nombreux jeunes défavorisés qui ont choisi de prendre leur destin en main. Ces formations s’accordent également avec les demandes de chaque pays en matière d’emploi afin de faciliter l’intégration rapide des jeunes diplômés sur le marché du travail local et de leur permettre à leur tour de devenir des acteurs socio-économiques dans leurs pays. Ainsi le Centre de formation professionnelle à Zè au sud-est du Bénin a ouvert ses portes aux premiers élèves lors la rentrée scolaire en automne 2015. Toutes ces petites et grandes victoires ont été rendues possible grâce au soutien continu de nos donateurs et de nos bénévoles. Un grand merci à tous de nous avoir accompagnés dans ces défis !

Violaine Alves et Conny Reichling Chargées de direction FFL Rapport annuel 2015 - 7


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LA FONDATION La Fondation Follereau Luxembourg (FFL), fondée le 7 décembre 1966 à l’initiative de l’humaniste chrétien français Raoul Follereau (1903-1977), est une ONG, reconnue depuis 1984 comme « Etablissement d’Utilité Publique ». Lors de ses voyages en Afrique, Raoul Follereau a découvert les conditions de vie précaires de nombreuses personnes et, touché par la misère et l’exclusion des malades de la lèpre qu’il a rencontrés lors d’une de ses missions journalistiques dans le désert, a décidé de devenir “l’avocat des lépreux”. Sa devise altruiste « Personne n’a le droit d’être heureux tout seul » constitue encore aujourd’hui le leitmotiv des actions de la FFL et donne, depuis bientôt 50 ans, des perspectives aux bénéficiaires de ses projets. Conformément à la pensée de Raoul Follereau, la Fondation travaille dans une indépendance d’esprit absolue par rapport à toutes opinions politiques, religieuses et sociales. 8 - Rapport annuel 2015


ORGANISATION La Fondation est dûment supervisée par son Conseil d’Administration, composé de 9 personnes : M. Jean Hilger (Président), M. Jos Hilger (Président d’honneur), Mme Brigitte Bontemps, M. Georges Keipes, Mme Anne Majerus, M. Julio Nerin, M. Boubacar Niang, M. Jean-Luc Pauly, Dr. Jean Smit. Elle reçoit également les conseils avisés des membres de son Conseil étendu, MarieThérèse Ney et Monique Hermes.

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Le fonctionnement de la Fondation est quant à lui assuré par 11 collaborateurs dans les domaines de la gestion de projet, la finance, la comptabilité, les relations publiques et la sensibilisation.

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PROJETS Depuis sa création, la FFL s’engage dans la lutte contre la lèpre, l’exclusion liée à cette maladie, ainsi qu’à toute autre forme d’exclusion. Elle oeuvre en faveur des populations défavorisées des pays du Sud: Ses activités s’articulent autour de deux axes d’intervention :

LA SANTÉ COMMUNAUTAIRE & L’AIDE À L’ENFANCE EN DÉTRESSE Au cours de ses 49 ans d’expérience en coopération, la Fondation est devenue l’une des ONG les plus renommées du pays. Au Luxembourg même, elle travaille en étroite collaboration avec le Ministère des Affaires Étrangères et reçoit un soutien régulier et très généreux du public luxembourgeois. 10 - Rapport annuel 2015


health is wealth + de 300 000 bénéficiaires 23 projets - 84% du budget AMÉLIORATION DE LA SANTÉ PUBLIQUE COMMUNAUTAIRE : Garantir l‘accès aux soins de base à tous, y compris les personnes les plus isolées. Ce champs d‘action s‘articule particulièrement autour de la santé maternelle et infantile, la lutte contre les maladies tropicales négligées et contre les mutilations génitales féminines.

let kids be kids + de 23 000 bénéficiaires 11 projets - 16% du budget AIDE À L‘ENFANCE EN DÉTRESSE : Offrir des perspectives d‘avenir aux jeunes défavorisés, les soustraire des circuits de trafic ou de la rue pour leur apporter un soutien psychologique, ainsi qu‘une formation professionnelle afin de leur garantir un avenir, tel est l‘objectif de ce 2ème champs d‘action de la FFL. Rapport annuel 2015 - 11


MALI Nombre de projets : 10 Budget investi: 963 301.24€ 33% du budget global

BURKINA FASO

RÉP. CENTRAFRICAINE Nombre de projets : 1 Budget investi: 114 831.72€ 4% du budget global

Nombre de projets : 7 Budget investi: 338 130.13€ 12% du budget global

GUINÉE Nombre de projets : 1 Budget investi: 70 979.80€ 2% du budget global

CÔTE D’IVOIRE Nombre de projets : 1 Budget investi: 69 931.75€ 2% du budget global

TOGO Nombre de projets : 3 Budget investi: 199 697.93€ 7% du budget global

BÉNIN Nombre de projets : 9 Budget investi: 864 304.66€ 29% du budget global

MADAGASCAR RÉP. DÉM. DU CONGO

Nombre de projets : 1 Budget investi: 178 895.62€ 6% du budget global

12 - Rapport annuel 2015

Nombre de projets : 1 Budget investi: 141 764.42€ 5% du budget global


ACTIVITÉS EN 2015 9 pays 34 projets

3 000 000 €

2 axes d’intervention

Répartition des fonds versés en 2015 PAR PAYS

En 2015, la FFL a maintenu son soutien dans les 9 pays d’intervention d’Afrique de l’Ouest et à Madagascar, dont le Mali, le Bénin et le Burkina Faso restent les bénéficiaires majeurs avec 73% du buget versé dans ces trois pays, à travers 26 projets. Même si elle affiche une volonté de concentrer son activité sur l’Afrique de l’Ouest, la FFL continue sa lutte contre la lèpre à Madagascar, projet de longue date de la Fondation, ainsi qu’en Afrique centrale, au travers de ses projets en République centrafricaine et en République Démocratique du Congo. Répartition des fonds versés en 2015 PAR AXE

Mali: 33% Bénin: 29% Burkina Faso: 11% Togo: 7% Rép. Dém. du Congo: 6%

Madagascar: 5% Rép. centrafricaine: 4% Guinée: 2% Côte d’Ivoire: 2%

Health is wealth: 2 464 969.54€ Let kids be kids: 476 864.73€ Rapport annuel 2015 - 13


FINANCES

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RECETTES

5 480 532.12 €

Dons

879 816.99 €

Cofinancements par le Ministère des Affaires Etrangères

2 881 607.93 €

Participation du Ministère des Affaires Etrangères aux frais de gestion des projets

326 147.79 €

Recettes diverses (Legs, etc.)

1 392 959.41€

DÉPENSES

4 556 013.20 €

Frais de projets de développement

3 952 962.79 €

Frais de relations publiques

233 668.93 €

Frais administratifs

369 381.48 €


Gestion financière responsable des dons Nous veillons à l’affectation responsable et transparente des fonds. Tous nos partenaires sont tenus de remettre régulièrement un rapport d’activités et financier, et les dépenses doivent être jappuyées par des pièces justificatives. Tous les projets et leurs budgets sont soumis à l’approbation et au vote du Conseil d’administration.

CHAQUE ANNÉE, LE BUDGET ANNUEL DE LA FFL EST CONTRÔLÉ PAR LA SOCIÉTÉ D’AUDIT « GRANT THORNTON LUX AUDIT S.A. ». Voici l’avis sur les comptes annuels de 2015 : « A notre avis, les comptes annuels donnent une image fidèle du patrimoine et de la situation financière de LA FONDATION LUXEMBOURGEOISE RAOUL FOLLEREAU au 31 décembre 2015, ainsi que des résultats pour l’exercice clos à cette date, conformément aux obligations légales et réglementaires relatives à l’établissement et la présentation des comptes annuels en vigueur au Luxembourg. »

Pour

100€

10€

donnés à la FFL

sont consacrés à la gestion des projets, afin de les rendre les plus efficaces possibles.

Cette somme garantit également la gestion responsable et transparente des dons.

90€

sont DIRECMENT reversés aux projets

Rapport annuel 2015 - 15 *MAE (Ministère des Affaires Étrangères)


health is wealth 23 projets 84% du budget global

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+ de 300 000 bénéficiaires

Garantir l‘accès aux soins de base à tous, y compris les personnes les plus isolées. Ce champs d‘action s‘articule particulièrement autour de la santé maternelle et infantile, la lutte contre les maladies tropicales négligées et contre les mutilations génitales féminines. 16 - Rapport annuel 2015


MALI Promotion de la santé maternelle et infantile dans le cercle de Kati Au Mali, la population habite majoritairement en zone rurale (73%) et est très inégalement répartie sur le territoire national. Elle est aussi caractérisée par sa population jeune de moins de 15 ans (48,2%). La situation au Mali est toujours problématique aussi bien sur le plan socio-sanitaire, que par le faible taux d’alphabétisation et la pauvreté énorme en zone rurale. Les bénéficiaires principaux du projet sont les femmes et les enfants dans 16 communautés villageoises du cercle de Kati, à Bamako. Le projet de promotion de santé maternelle et infantile soutenu par la FFL et géré au Mali par l’association partenaire COFESFA, a pour objectif de remédier à ces problèmes à travers la sensibilisation de la société lors de causeries sur divers sujets, notamment les infections sexuellement transmissibles, l’hygiène et le suivi médical des femmes enceintes, ainsi que l’alimentation des enfants pour prévenir la malnutrition. En 2015, 404 séances de sensibilisation ont pu être réalisées, ainsi que 90 séances de projection vidéo. 38 254 personnes y ont assisté. Plus de 100 personnes (agents de sensibilisation, groupements de femmes) ont suivi des formations continues, des cours d’alphabétisation, ou encore de gestion. Afin de garantir le bon accompagnement des femmes enceintes et de minimiser les risques lors de l’accouchement pour la femme et le bébé, une nouvelle maternité a été inaugurée dans le village de Baniakoro et dotée d’un tricycle ambulance et d’un forage pour un accès direct à l’eau potable. BUDGET INVESTI : 230 145,20 € Rapport annuel 2015 - 17


Promotion de la santé féminine Malgré la place centrale accordée à la maternité dans la société malienne, la santé de la jeune fille et de la femme en tant que telle a tendance à être délaissée. Dans ce contexte, la FFL, en partenariat avec l’ONG locale COFESFA, a mis en place en 2014 un centre d’écoute, ayant pour vocation d’informer les jeunes filles et femmes maliennes, sur cette problématique, ainsi que sur les risques encourus par des grossesses précoces, trop rapprochées ou trop fréquentes. La programmation 2015 s’est concentrée principalement sur les 10 quartiers de la capitale qui n’avaient pas été suffisamment couverts en 2014. Sur la totalité du projet, l’ensemble de la zone a ainsi pu être couvert. Les agents ont bénéficié d’un renforcement de capacités en animation à la santé au cours de l’année 2015. La fréquentation du centre a également connu une augmentation significative entre 2014 et 2015. 245 séances de causeries éducatives au profit de 10 536 personnes ont eu lieu. L’accroissement de la fréquentation du centre reste un objectif prioritaire pour l’avenir, afin de rentabiliser l’infrastructure et d’augmenter, davantage encore, l’impact du projet sur la population. BUDGET INVESTI : 28 556,29 €

Création d’un support e-learning Au Mali, 55% des femmes accouchent sans personnel soignant qualifié à leurs côtés. Dans le cadre d’un partenariat innovant, la FFL, son partenaire malien COFESFA et la Clinique Bohler au Luxembourg ont mis en place ce projet qui vise à remédier à cette situation, en informant les femmes maliennes sur l’importance des consultations pré-natales, ainsi qu’en les incitant à venir dans les centres de santé. Sur base de la plateforme d’e-learning déjà disponible à la Clinique Bohler, des supports d’information relatifs à la santé reproductive, à la grossesse, et à la période néo-natale ont été créés et adaptés pour le personnel de santé et les femmes maliennes. La quasi-totalité des femmes enceintes et jeunes mères de la zone-cible ont été informées sur base des supports créés. 50 agents de santé ont été formés à l’utilisation du livret et ont pu recycler leurs connaissances en 2014 et 2015. En 2015, un nouveau carnet a également été produit à 52 exemplaires. Il aborde les thématiques liées à la période post-natale. BUDGET INVESTI : 45 444,40 € 18 - Rapport annuel 2015


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Rapport annuel 2015 - 19


Programme de promotion durable de la santé familiale et communautaire Ce programme, décliné au travers de trois projets, s’inscrit dans une approche globale des différentes problématiques qui peuvent contribuer à rendre plus accessibles les soins de santé aux populations d’une région et rendre viable, performant et durable le processus de développement communautaire. Les postes de santé suivis dans le cadre de ce programme assuré avec l’association locale AP-FFL, permettent de garantir des soins médicaux de base, ainsi que les consultations pré-natales et post-natales des femmes enceintes et des jeunes mamans. Les 4 structures planifiées pour 2015 ont été construites, équipées et dotées en médicaments, ainsi qu’en énergie solaire. Le personnel requis a également été recruté et les organes de gestion mis en place. Le taux de consultation pré et post natales s’élevait à 49 % en 2015, contre 38,40% en 2014.

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BUDGET INVESTI : 544 060,19 €

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120 millions de femmes et filles sont victimes de mutilations génitales féminines dans le monde. 3 millions de fillettes sont menacées de subir cette pratique chaque année.

Depuis 2011, la FFL travaille en collaboration avec l’ONG locale COFESFA sur un projet d’information et de sensibilisation sur les conséquences des mutilations génitales féminines. Etant donné le caractère tabou de la pratique de l’excision, et considérant par ailleurs son ancrage ancestral dans les sociétés qui la pratiquent, le changement de mentalités, puis de comportement ne peut s’opérer que sur du moyen à long terme. Le projet s’appuie sur un large programme de communication, tout en mettant l’accent sur l’incitation à l’adhésion collective à l’abandon de la pratique. Depuis sa création, le projet a incité 5 villages sur 25 à abandonner la pratique de l’excision. En 2015, 350 personnes relais ont participé aux sessions de formation organisées dans le cadre du projet. 22 écoles partenaires du projet ont également bénéficié d’un appui pédagogique sur les conséquences de l’excision. 7 exciseuses ont abandonné la pratique au profit d’une nouvelle activité génératrice de revenus au cours de l’année. Au total, plus de 600 séances d’informations, projections et causeries ont eu lieu en 2015. Chaque pas en faveur de l’abandon de cette tradition compte. L’absence de loi punissant la pratique des MGF au Mali fait défaut et entrave le processus d’abandon de la pratique. Les premiers résultats observés sont très encourageants.

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Mutilations génitales féminines (MGF)

BUDGET INVESTI : 61 220,10 €

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Ce sont les gestes individuels, des millions de fois répétés, qui mettront enfin l’humanité en marche. Raoul Follereau

BURKINA FASO Mutilations génitales féminines Au Burkina Faso, comme dans la plupart des pays qui la pratiquent, l’excision fonctionne comme une norme sociale intériorisée dans les sociétés où elle existe. Malgré la promulgation d’une loi interdisant les MGF en 1996, la pratique touche encore 76% des femmes de 15 à 49 ans. Ce nouveau programme soutenu par la FFL a débuté en mars 2015 et se concentre sur 35 villages parmi les 140 que compte la province de Sissili. L’objectif premier est de sensibiliser les parties prenantes, afin qu’elles mesurent les dégâts causés par la pratique et modifient leur comportement à son égard. Outre le fait que cela constitue une atteinte à leurs droits, cette pratique engendre des conséquences graves pour l’intégrité physique et la santé des femmes et filles qui en sont victimes. Il est question par ailleurs d’édifier les discours tenus à l’égard de la pratique par une approche curative (tant physique que psychologique), en appuyant les victimes des séquelles liées à cette pratique. Il est encore tôt pour évaluer ce nouveau projet, mais les premiers retours sont positifs : 100% des villages ciblés ont fait une déclaration publique d’abandon de la pratique de l’excision, soit un total de 42 villages. 514 leaders d’opinion religieux, coutumiers, femmes et exciseuses ont été sensibilisés au cours de l’année 2015, et 30 femmes souffrant de séquelles d’excision ont été référées, dont 25 femmes ont pu être réparées (en collaboration avec la Fondation Rama et l’AAB-FFL). BUDGET INVESTI : 47 000,14 €

22 - Rapport annuel 2015


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Programme de promotion durable de la santé familiale communautaire Ce programme, composé de trois projets, est le fruit d’une réflexion et d’une prise de conscience des populations de l’importance de garantir l’accès aux soins de santé à tous. Conformément au plan national de développement sanitaire 2011-2020 du Ministère de la Santé burkinabé, il affiche une volonté de répondre efficacement aux problèmes de santé publique qui entravent le développement du pays, notamment en tentant de réduire la distance séparant les populations les plus vulnérables du système de santé. A cette fin, la FFL, accompagnée par son partenaire local AAB-FFL, a programmé la construction et l’équipement de trois centres de santé sur 2 ans (2014 2015). Les trois centres prévus ont été construits, dont deux étaient fonctionnels au 31 décembre 2015. Les trois centres sont approvisionnés en eau potable et en électricité. Au vu de l’importance de la demande de services de soins dans plusieurs zones enclavées du Burkina Faso, une nouvelle phase du programme sera mise en place dès 2016 en zone rurale. Quatre nouveaux centres de santé seront réalisés dans le CentreOuest et le Centre-Sud du pays. Ces nouvelles activités viseront à élargir et optimiser l’ampleur du projet tout en assurant le suivi des activités, la durabilité ainsi que la pérennité des centres existants. BUDGET INVESTI : 201 910,02 € Rapport annuel 2015 - 23


BÉNIN Programme d’appui à la promotion de la santé maternelle et infantile dans la zone sanitaire Allada-Zè-Toffo Nombreuses sont les interventions de la FFL, en partenariat avec l’association R-FFL au Bénin, dans cette zone sanitaire en matière de santé, dans laquelle environ 20% de la population vit à plus de 5 km d’un centre de santé. Un des volets consiste à réduire la mortalité maternelle et infantile à travers la prévention et le traitement, la sensibilisation des parents, les campagnes de vaccination et les soins médicaux en matière de sexualité et de procréation. L’accès difficile aux soins sanitaires a pour conséquence un taux extrêmement élevé de mortalité infantile dans cette région : 7 enfants sur 100 meurent avant leur premier anniversaire, alors que 11 enfants sur 100 ne verront pas leurs 5 ans. Dans ce contexte, la maternité rurale d’Ahozonnoudé, construite en 2014, contribue à réduire la mortalité maternelle et infantile dans cette région. En 2015 la maternité a enregistré 236 consultations prénatales, 275 consultations médicales et 75 accouchements. 1158 enfants ont été vaccinés. De plus, l’infrastructure de télémédecine prévue dans le cadre du projet SATMED a été installée et est fonctionnelle. BUDGET INVESTI : 193 459,63€

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Le centre nutritionnel à Toffo Au Bénin 30% de la mortalité des enfants de moins de 5 ans est largement due à la malnutrition chronique. Les enfants qui survivent présentent de sérieuses séquelles physiques et cognitives dues à une croissance ralentie. Une des causes de malnutrition infantile est l’incapacité financière des mamans à subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leurs enfants. En 2015 les activités du centre se sont diversifiées. La lutte contre la malnutrition des enfants grâce à des prestations alimentaires et sanitaires, ainsi que des examens médicaux systématiques sont restés prioritaires. Les mères de famille, ainsi que des villageois de la région ont été informés sur les causes de la malnutrition chez l’enfant. Au cours de l’année 2015, 784 enfants souffrant de malnutrition sévère (313 des enfants) ou modérée ont été pris en charge pour 4 à 6 semaines au centre avant de retourner dans leurs familles, tout en restant suivis. La prise en charge englobe les examens médicaux, les médicaments, et la nutrition elle-même. Au total 784 femmes ont suivi 17 formations en 2015 sur les sujets de l’alimentation, de la croissance de l’enfant, de l’hygiène corporelle, du paludisme ainsi que des droits de la femme. 26 enfants, abandonnés par leurs parents ou orphelins, ont été intégrés dans des familles d’accueil. Le centre a également accueilli 10 stagiaires, étudiants en nutrition ou agronomie cette année. BUDGET INVESTI : 67 379,43 €

L’important, ce n’est pas ce qu’on est, mais ce qu’on offre. Le bonheur qu’on a, c’est le bien qu’on fait.

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Raoul Follereau

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Prise en charge nutritionnelle du couple mère-enfant vivant avec le VIH dans la zone sanitaire Allada-Zè-Toffo L’infection au VIH entraîne une déficience immunitaire et une baisse générale de l’absorption de nutriments par le biais de l’alimentation, ce qui constitue un terrain favorable à la malnutrition surtout chez les femmes enceintes dont le système immunitaire est déjà fragilisé par la grossesse. De plus, le diagnostic VIH/sida est également synonyme d’exclusion dans beaucoup de sociétés, notamment dans la société béninoise. Les femmes atteintes du VIH sont pour la plupart abandonnées par leur famille ou veuves et ne subviennent que difficilement à leurs besoins. Pour cela, la prise en charge nutritionnelle des personnes atteintes de VIH dans les locaux du Centre Communal de Santé à Allada s’adresse en première ligne aux mères et à leurs enfants. Hormis l’aide alimentaire, le projet comprend également un volet de dépistage et de sensibilisation sur les modes de transmission et de protection contre cette infection. En 2015, 115 personnes, 18 mères et 97 enfants, mais aussi 18 orphelins victimes du VIH ont reçu un appui nutritionnel et psychosocial. 1903 personnes ont été dépistées, dont 17 cas étaient positifs. BUDGET INVESTI : 25 624,65 € 26 - Rapport annuel 2015


Centre de traitement de l’ulcère de Buruli (CDTUB) Les activités prévues par le CDTUB (Centre de Traitement et de Dépistage de l’ulcère de Buruli) d’Allada pour l’année 2015 s’inscrivent dans le cadre de la poursuite de l’exécution du plan stratégique national 2011-2015, élaboré par le Ministère de la Santé béninois.

Les soins les plus courants dans le traitement de l’ulcère de Buruli concernent le nettoyage et les pansements des plaies infectées. Ainsi en 2015, 9 383 pansements ont été réalisés.

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En 2015, le CDTUB, installé dans le sud du Bénin, a compté plus de 607 admissions en consultation, ainsi que les soins de 641 patients. Au total, 349 interventions chirurgicales ont été réalisées.

Enfin, dans le cadre de la sensibilisation contre l’ulcère de Buruli, les agents de santé et les animateurs ont parcouru les différents villages afin de rencontrer les populations locales. En 2015, ils ont pu sensibiliser, alerter et informer 1135 personnes. Cette sensibilisation favorise le dépistage dans les communautés, permettant de détecter la maladie rapidement, et ainsi assurer une meilleure guérison. En effet, lors de la prise en charge de la maladie à un stade précoce, 80 % des malades peuvent être guéris. BUDGET INVESTI : 314 000 €

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RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Appui à la mise en place d’une polyclinique à Mbuji-Mayi La polyclinique a été construite en réponse au contexte sanitaire dramatique que connaît la région de Mbuji-Mayi en République Démocratique du Congo. En 2015, la FFL a soutenu le fonctionnement de la polyclinique gérée par l’ONG SUMEDCO, et la préparation pour l’agrandissement de l’établissement. Ce projet a comme objectif principal d’apporter des soins de santé de qualité, abordables et accessibles au grand nombre dans cette région. 71% de la population congolaise vit toujours avec moins d’1 $ par jour. La polyclinique est équipée de matériel performant, ce qui garantit des soins d’excellente qualité pour les patients. En 2015, il y a eu 6676 consultations, ainsi que 780 hospitalisations en moyenne par mois. Le taux d’occupation d’un lit est de 185% par jour. Ce constat a amené les responsables du projet à planifier la construction d’un deuxième bâtiment pour pouvoir encadrer et soigner correctement les patients. BUDGET INVESTI : 178 895,62€ 28 - Rapport annuel 2015


RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE Appui au projet de promotion de la santé de la population de Lobaye En concertation avec la population locale, la Fondation FAIRMED a lancé un projet, soutenu financièrement par la FFL, dans la région de Lobaye au SudOuest de la République centrafricaine (RCA), en vue d’améliorer l’accès aux soins des populations les plus démunies, en particulier du peuple Aka. Le projet de santé primaire a pour but l’amélioration des conditions socio-sanitaires des populations (68 960 habitants, dont 9 520 Aka) du district de santé de M’baïki, avec leur pleine participation. Le projet consiste à renforcer les capacités et les compétences des communautés, à faciliter l’accès aux soins de qualité et la vaccination systématique des enfants et des femmes enceintes Aka. Un volet consiste notamment à prendre en charge des femmes Aka enceintes, par le ticket de santé. Le projet vise aussi le dépistage de maladies tropicales négligées, en particulier la lèpre, l’ulcère de Buruli et le pian. En 2015, plus de 8500 personnes ont assisté aux séances de sensibilisation sur l’accès aux soins, près de 3500 femmes enceintes et enfants Aka ont été vaccinés et 747 tickets de santé ont été distribués AIDE HUMANITAIRE D’URGENCE aux femmes Aka enceintes, dont 617 ont accouché dans un centre de santé. Lors En 2015, la FFL a également apporté un d’une vaste campagne de dépistage 91 soutien financier supplémentaire à FAIRMED, cas de lèpre, 25 cas d’ulcère de Buruli et dans le cadre d’un projet d’urgence, à hau388 cas de pian ont été identifiés et ont pu teur de 100 000€, afin d’offrir une assistance être traités. sur le plan sanitaire aux populations victimes de la situation socio-politique instable du BUDGET INVESTI : 114 831,72 € pays.

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MADAGASCAR

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Programme d’amélioration durable de la situation socio-sanitaire des personnes atteintes de maladies chroniques et invalidantes à Amorony’ Mania Malgré les progrès considérables réalisés dans la lutte contre la lèpre et le recul de la maladie à l’échelle mondiale, elle sévit toujours sur l’île de Madagascar, qui reste la région la plus touchée par la lèpre en Afrique. Ce projet d’aide aux personnes atteintes de la lèpre, soutenu par la FFL et son partenaire local, l’ONG Akanin’ny Marary, comporte 3 volets d’action : la sensibilisation des communautés et le renforcement des structures communautaires, le dépistage et les soins des malades et handicapés de la lèpre, ainsi que le suivi et la forma-tion professionnelle avec pour objectif la réinsertion socio-économique des patients. En 2015, 2610 personnes ont été dépistées et redirigées en fonction de leurs pathologies (tuberculose, ulcère de Buruli, etc). Aussi, 4901 séances de sensibilisation ont permis aux populations de mieux appréhender ces maladies tropicales négligées, leur permettant d’éviter leur contraction, ou encore de détecter la maladie à un stade précoce. BUDGET INVESTI : 141 764,42 € 30 - Rapport annuel 2015


GUINÉE Rénovation et prise en charge des activités du CDTUB de N’Zérékoré Depuis 2007, la FFL lutte en Guinée Conakry contre l’expansion de l’ulcère de Buruli, grâce à la construction et l’appui au CDTUB (Centre de Traitement et de Dépistage de l’ulcère de Buruli) situé à N’Zérékoré. En effet, la FFL finance l’équipement et le fonctionnement du centre afin d’assurer l’accès aux soins pour les plus démunis, avec l’aide de son partenaire local, l’association guinéenne APROSCO (Association pour la promotion de la santé communautaire). La contraction de l’ulcère de Buruli peut être minimisée par une bonne hygiène et par une connaissance des symptômes, afin de diriger les personnes potentiellement touchées au CDTUB. Grâce à une prise en charge rapide, l’ulcère de Buruli peut être guéri dans 80% des cas, évitant ainsi de lourdes invalidités ou même, la mort. En 2015, 1224 consultations ont été réalisées. Aussi, 86 opérations chirurgicales ont permis de venir en aide aux malades, en soignant notamment des plaies septiques ou des appendicites.

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BUDGET INVESTI : 70 979,80 €

Rapport annuel 2015 - 31


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TOGO Projet de renforcement des capacités de lutte contre la lèpre et l’UB Bien que le Togo s’efforce de mettre en place des réformes structurelles, 58% de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté. Le manque d’équipement sanitaire et le manque d’hygiène sont la cause de nombreuses maladies infectieuses et parasitaires. La FFL intervient, en partenariat avec la DAHW, dans la lutte contre les maladies tropicales négligées et est présente au Togo depuis plusieurs décennies, notamment dans le cadre de la lutte contre l’ulcère de Buruli. Alors qu’une intervention chirurgicale était souvent nécessaire auparavant, il existe aujourd’hui des médicaments efficaces pour guérir la maladie, lorsqu’elle est dépistée rapidement. Forte de son expérience, la FFL a permis le traitement à 100% de tous les malades dépistés au cours de l’année 2015. Au total, 177 nouveaux malades ont été dépistés et pris en charge, et plus de 600 personnes ont quant à elles profité d’un appui au niveau social et médical. BUDGET INVESTI : 132 566,54 € 32 - Rapport annuel 2015


Programme de santé de base dans le village de Doglobo Sensible aux nombreux besoins constatés dans le secteur de la santé au cours de ces années d’expérience au Togo, la FFL a décidé d’accroître ses activités dans le pays aux côtés d’un nouveau partenaire : l’Association des amis togolais de la FFL (AAT-FFL). Le contexte sanitaire au Togo est caractérisé par de fortes disparités d’accès aux soins entre les différentes régions du pays. La vision de la Politique Nationale de Santé ambitionne quant à elle d’assurer à toute la population le niveau de santé le plus élevé possible en mettant tout en œuvre pour développer un système de santé performant. Dans ce contexte, la FFL et son partenaire ont mis en place la construction d’un centre de santé ainsi qu’un forage dans le village rural isolé de Doglobo. La population a en effet affirmé que les problèmes de base des habitants découlent des difficultés sanitaires existantes. Il n’existe aucune institution de santé ou de premiers soins dans ce village où la population est exposée à une large palette de maladies et infections. En 2015, un forage a été réalisé, permettant un accès direct à l’eau potable. Le centre de santé a également été construit (au terme du dernier trimestre, la construction était terminée à 90%), et sera équipé afin d’être fonctionnel dès 2016. Cette phase pilote permet également de lancer en 2016 un véritable programme d’amélioration de la santé dans les régions cibles, qui se concentrera sur le renforcement du système de santé et la promotion de la santé familiale et communautaire, incluant la santé materno-infantile et la lutte contre les maladies infectieuses. BUDGET INVESTI : 67 131,39 € © FFL / T. Winn Rapport annuel 2015 - 33


let kids be kids 11 projets 16% du budget global

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+ de 23 000 bénéficiaires

Offrir des perspectives d‘avenir aux jeunes défavorisés, les soustraire des circuits de trafic ou de la rue pour leur apporter un soutien psychologique, ainsi qu‘une formation professionnelle afin de leur garantir un avenir, tel est l‘objectif de ce 2ème champ d‘action de la FFL. 34 - Rapport annuel 2015


CÔTE D’IVOIRE Dans la société ivoirienne, la pauvreté est accentuée par le conflit: des enfants se retrouvent dans la rue et la criminalité augmente. La FFL, en partenariat avec les Religieux de Saint Vincent de Paul (RSVP), soutient La Maison de l’Enfance à Bouaké (MEB), qui contribue à la lutte contre la pauvreté et la criminalité juvénile en accueillant les enfants des rues ou défavorisés. Souvent les filles adolescentes qui se retrouvent dans la rue, se trouvent dans des situations d’extrême pauvreté. Parfois victimes de viol et souvent devenues mères trop jeunes, elles sont accueillies dans le Centre de Formation pour Jeunes Filles (CFJF), afin de retrouver une vie digne et bénéficier d’un encadrement adapté. Les filles et garçons bénéficient d’une prise en charge scolaire, alimentaire, vestimentaire et sanitaire dès leur arrivée au centre. En dehors des heures de cours, les enfants ont la possibilité de suivre des activités sportives, des activités de sensibilisation (sur les droits de l’Enfant, la marginalisation ou le système législatif), ainsi que des activités de loisir. Les enfants apprennent à retrouver leur position dans la société. Le personnel de la MEB et du CFJF essaie de réunifier les enfants avec leurs familles dans la mesure du possible. En 2015, 8 enfants de la rue ont retrouvé leur famille. Au total, 66 prospections dans les rues ont été réalisées pour identifier les enfants marginalisés. BUDGET INVESTI : 69 931,75 €

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La Maison de l’Enfance à Bouaké

Rapport annuel 2015 - 35


BURKINA FASO Jeunes Jardiniers de Dédougou Le centre d’accueil « Jeunes Jardiniers de Dédougou » (JJD) vient en aide à des jeunes entre 13 et 17 ans sans diplôme de fin d’études, en leur offrant des cours d’alphabétisation et des formations. Les jeunes ont ici la possibilité d’apprendre à lire et à écrire, ainsi que de suivre une formation professionnelle de maraîchage, de jardinage et de métiers manuels, tels que la mécanique ou la menuiserie. Les apprentissages d’une durée de 3 ans sont dispensés par un personnel qualifié. Une fois diplômé, chaque jeune reçoit un kit de démarrage d’une valeur de 50.000 FCFA (soit 76 EUR) pour son installation. En 2015, 7 nouveaux élèves ont entamé une formation au centre. Au total, 22 jeunes sont suivis. Au cours de l’année scolaire 2014-2015, 6 jeunes ont terminé leur formation avec succès. Des séances socio-éducatives ont également été organisées par les moniteurs du centre sur différents sujets, tels que l’estime de soi, la communication interpersonnelle ou encore la préparation psychologique des jeunes aux examens de fin d’études. Un nouvel agent social a été recruté en octobre 2015 pour renforcer le suivi pédagogique des enfants. Grâce à un nouveau système d’irrigation qui a été installé pendant le dernier trimestre 2014, les jeunes jardiniers ont pu faire les premières récoltes en 2015. La plupart des récoltes sont consommées au centre directement, mais une autre petite partie est commercialisée sur le marché local. BUDGET INVESTI : 61 779,17 € 36 - Rapport annuel 2015


Centre d’accueil et de formation professionnelle de Tougouri La région de Tougouri est tristement connue pour ses mines d’or. Malheureusement, une grande partie des travailleurs sont des enfants, et de nombreuses mines sont artisanales et clandestines. Victimes de trafics illégaux ou sacrifiés pour subvenir aux besoins de leur famille, ces enfants sont retirés du système scolaire et risquent leur vie au quotidien. La FFL et son partenaire local l’AAB-FFL, se sont engagés dans la lutte contre le travail des mineurs. En les soustrayant des mines, ils tentent de leur assurer un avenir, grâce à un cadre éducationnel, des repas quotidiens ainsi qu’un suivi médical. En 2015, le centre d’accueil et d’hébergement a accueilli 61 enfants (38 garçons et 23 filles). Grâce à ce projet, réalisé avec le soutien de la Fondation Linckels-Voss, abritée sous l’égide de la Fondation de Luxembourg, les jeunes ont également la possibilité de réintégrer l’école et de suivre une formation professionnelle. Le centre propose des cours d’alphabétisation, ainsi que des formations professionnelles dans le domaine de la menuiserie, de la mécanique, de la soudure, de la teinture de tissus, ou encore de la couture. Le centre dispose du matériel ainsi que du personnel nécessaire pour garantir un enseignement de qualité pour ces jeunes défavorisés.

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BUDGET INVESTI : 27 440,80 €

Rapport annuel 2015 - 37


Le bonheur est la seule chose qu’on soit certain d’avoir lorsqu’on l’a donné.

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Raoul Follereau

38 - Rapport annuel 2015


MALI Centre d’écoute et de formation professionnelle de Ségou

En 2015, 342 jeunes âgés de 13 à 25 ans ont pu poursuivre leur formation, principalement en agriculture (217 apprentis). Au cours de cette année, la filière de l’hôtellerie a également été complétée par un module de boulangerie - 20 apprentis suivent cette formation. Ce module connait un taux d’insertion professionnelle très élevé. Concernant les filières de tapisserie, menuiserie bois et menuiserie métallique, les premiers apprentis termineront leur formation en 2016.

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Le centre d’écoute, soutenu par la FFL et son partenaire local AP-FFL, permet la prise en charge psychologique et la réintégration sociale des enfants des rues dans la ville de Ségou, au Mali. Les enfants des rues sont souvent contraints de mendier pour assurer leur survie au quotidien. Le centre de Ségou vise à remédier à cette situation en offrant un environnement structuré, une alimentation quotidienne et une formation, grâce notamment au centre de formation professionnelle qui en fait partie. Ces centres ont pour but de relancer et de renforcer l’économie dans la région en donnant la possibilité aux jeunes de suivre une formation professionnelle et de les encourager à terminer l’école afin de pouvoir subvenir aux besoins de leur famille.

BUDGET INVESTI : 53 875,06 € Rapport annuel 2015 - 39


BÉNIN

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Mind the Gap – Réduire la fracture numérique La FFL tente, au travers de ses deux projets « Mind the Gap », de réduire l’écart numérique qui oppose, aujourd’hui encore, les populations du Nord et du Sud. Ce fossé numérique prive toute une partie de la population de la possibilité de contribuer à l’information, à la connaissance et aux réseaux, ainsi que de bénéficier des capacités majeures de développement offertes par les techniques de l’information et de la communication. Or les enjeux ne sont pas négligeables : L’accès à l’information permet une ouverture sur le monde. En dépendent le développement et le renforcement même du modèle démocratique du pays. Être privé d’accès à Internet, c’est être exclu d’un système à long terme, c’est manquer le départ dans un monde en évolution permanente. Dans le cadre de sa lutte contre toutes les formes d’exclusion, la FFL s’engage à fournir des ordinateurs récoltés auprès de sociétés luxembourgeoises. En 2015, 155 ordinateurs, 134 écrans, 131 souris, 156 claviers et 38 laptops ont été récoltés auprès de 6 sociétés donatrices. Le 31 juillet 2015, un nouveau container est arrivé au Bénin. La distribution des ordinateurs a permis à 2300 bénéficiaires directs d’avoir accès à l’informatique et à Internet. Au total, 384 ordinateurs ont été mis en place dans différents établissements au Mali et au Bénin.

40 - Rapport annuel 2015

BUDGET INVESTI : 11 738,57 €


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1 200 000

enfants sont victimes de la traite dans le monde

Lutte contre la traite des enfants au Nord du Bénin La FFL soutient depuis 2006 le projet de lutte contre la traite des enfants au Nord du Bénin, géré par la Représentation formelle de la FFL au Bénin, l’association R-FFL, et les ONG locales PIED et APEM. Les activités de 2015 consistaient au renforcement des Comités de Lutte contre la Traite des Enfants (CLTE), ainsi que des actions de sensibilisation, de suivi et d’encadrement des enfants victimes de la traite. La sensibilisation se fait par le biais de patrouilles de surveillance et de séances de sensibilisation publiques pour les villageois. En 2015, 62 séances de sensibilisation et d’information grand public ont été organisées. 140 enfants, considérés comme “à risque”, ont profité d’un appui psycho-social et ont reçu un kit scolaire afin de garantir leur scolarisation. 132 enfants victimes de traite ont été réintégrés en famille. Les CLTE mis en place ont permis d’accentuer la dénonciation des cas de déscolarisation, de mariage forcé et d’autres violences que les enfants au Nord du Bénin peuvent subir. Au total, 22 CLTE ont été accompagnés par la FFL. Ce système de surveillance réduit considérablement le nombre d’enfants victimes de traite dans cette région qui partage une frontière avec le Nigeria et le Togo, facilitant ainsi les trafics. Le renforcement du sens de responsabilité de la communauté villageoise contribue également à cette amélioration. BUDGET INVESTI : 72 500,42 € Rapport annuel 2015 - 41


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Centre de formation pour jeunes à Zè Depuis 2009, la FFL soutient les 100 000 habitants de la commune de Zè. Le Centre de formation professionnelle, dont la construction et l’équipement ont été entamés en 2013, a officiellement ouvert ses portes en octobre 2015. L’éducation des jeunes est considérée comme priorité nationale en vue du développement économique du Bénin et de la réduction de la pauvreté. 40 apprentis, 19 filles et 21 garçons, entre 14 et 21 ans, bénéficient actuellement d’une formation professionnelle. Les jeunes ont la possibilité de se former dans deux filières, celle de la couture et de la maçonnerie. L’ouverture d’une troisième filière, celle de la menuiserie, est prévue pour l’année 2016. BUDGET INVESTI : 94 490,10 €

Tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. Proverbe africain 42 - Rapport annuel 2015


Prise en charge des enfants de l’espace socio-éducatif du CIPSA-EH à Allada Le Centre Intégré de Promotion Sociale et d’Accueil pour Enfants Handicapés (CIPSA-EH) est soutenu par la FFL depuis 2012. Le centre a été conçu pour venir en aide aux enfants souffrant de handicap physique ou mental, mais accueille de manière plus générale les enfants victimes de la violation de leurs droits, ainsi que les enfants malades de l’ulcère de Buruli. En 2015, 35 enfants ont pu bénéficier de soins, d’un soutien psychologique et de la mise à disposition de matériel médical, notamment de fauteuils roulants. Le CIPSA permet aux parents les plus pauvres d’offrir la possibilité à leurs enfants de bénéficier d’au moins un repas complet par jour, pour lutter contre la malnutrition infantile. Enfin, dans une volonté de venir également en aide aux personnes à mobilité réduite, 77 enfants ont reçu des séances de rééducation fonctionnelle à domicile.

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BUDGET INVESTI : 85 111,86 €

Rapport annuel 2015 - 43


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ATELIER DE FORMATION Novembre 2015 - Atelier de formation à Lomé au Togo Cet atelier a été organisé afin de faciliter les échanges entre la FFL et ses partenaires, ainsi que pour encourager les synergies entre les associations locales. De plus, il s’agissait de renforcer les capacités des partenaires de la FFL en gestion de projet, ainsi qu’en termes de mise en œuvre de stratégie de communication. Les échanges autour du recueil de procédures ont permis de consolider les acquis des dernières années de collaboration. Au niveau communicationnel, l’atelier de formation a permis à chaque partenaire de se doter de nouveaux outils de communication externe et de fundraising. Une réflexion plus globale a également permis de faire comprendre l’importance de la communication pour la durabilité des projets et l’autonomisation des partenaires. Au niveau technique, cette formation a eu lieu dans un contexte de professionnalisation croissante du secteur de la coopération au développement. Les jeunes associations qui ont rejoint le réseau ces dernières années ont pu se mettre à niveau à travers les échanges autour des difficultés rencontrées et des solutions fructueuses qui ont été préconisées. Plus largement, ces échanges ont permis d’apporter des éléments de renforcement de certaines actions pour une meilleure représentation des activités de la FFL au niveau local, national et même régional. Atelier financé par le Ministère des Affaires Étrangères, dans le cadre d’un projet de renforcement des capacités. 44 - Rapport annuel 2015


SENSIBILISATION La FFL accorde une attention particulière à l’éducation au développement. Au travers du programme « AGAINST EXCLUSION », elle sensibilise sans relâche les jeunes et moins jeunes, dans les écoles directement, mais aussi grâce à des événements mêlants l’art, la culture ou encore la gastronomie. Cette lutte contre toutes les formes d’exclusion guide l‘ensemble des événements de sensibilisation réalisés tout au long de l’année.

04.02.2015 - Expression against Excision - aux Carré Rotondes/Exit07. Objectif: Interpeller sur la problématique des mutilations génitales féminines en musique et en peinture. Au programme: Concerts et expositions. Bafing Kul, Sister Fa et Eleonora Pasti ont ainsi sensibilsé le public luxembourgeois, venu en nombre, lors d’une soirée haute en couleurs et en décibels.

15.05.2015 - Concert de sensibilisation Rock against Exclusion - à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette. Pour cette 3ème édition, la Fondation s’est entourée d’Isaac Roosevelt et des Fréro Delavega pour défendre le respect des droits de l’Enfant, au travers du programme “Let kids be kids”. La FFL souhaite, à travers la musique, être l’écho de ce déséquilibre Nord-Sud et faire résonner les voix des enfants touchés par l’injustice. Plus de 400 personnes se sont joints aux artistes dans ce combat. Rapport annuel 2015 - 45


Art against Exclusion 17.07.2015 - Quand la gastronomie rencontre l’art pour sensibiliser sur les problèmes liés à la santé maternelle en Afrique de l’Ouest: l’artiste Eleonora Pasti a proposé une sérigraphie sur le thème, lors de ce dîner de bienfaisance dans le cadre exceptionnel du restaurant A Guddesch. Le dîner était suivi d’une projection du film “ÉphéMère - Naître femme, devenir mère au Mali”, afin de rendre compte de la réalité et du combat que doivent mener de nombreuses jeunes mamans en Afrique.

25.01.2015 - Journée Mondiale des Lépreux A l’occasion de la Journée Mondiale des Lépreux qui a lieu chaque année le dernier dimanche de janvier, la FFL a lancé son habituel appel aux dons au travers d’une large campagne de sensibilisation sur le destin des personnes atteintes de la lèpre en Afrique de l’Ouest et à Madagascar. Grâce à la contribution généreuse des donateurs et aux quêtes, la collecte a permis, cette année encore, de soutenir les actions de la Fondation au profit des personnes atteintes de la lèpre.

46 - Rapport annuel 2015


08.10.2015 - Discover the Undiscovered Femmes pygmées Aka: Comment concilier tradition et évolution? A l’occasion de la Journée Mondiale des Peuples Indigènes, qui a lieu chaque année le 9 août, la Fondation Follereau Luxembourg a organisé une conférence afin de sensibiliser sur la situation socio-politique des pygmées Aka en République Centrafricaine. De nombreuses personnes ont répondu présentes à l’appel de la découverte d’un monde fascinant, bien que menacé. Avec la participation de: Jean-Pierre Nguede Ngono, doctorant en anthropologie/ethnologie d‘origine camerounaise. Dieter Imhof, chargé de programme de l’ONG FAIRMED, soutenue par la FFL pour ses actions en République Centrafricaine.

La FFL a profité de la visite au Luxembourg de son partenaire togolais, Franz Wiedemann de la DAHW, pour informer sur les projets de la FFL liés à l’ulcère de Buruli, ainsi que pour résumer la conférence de l’OMS à ce sujet. Ce rendez-vous n’a pas manqué d’attirer l’attention de personnes avisées.

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03.04.2015 - Conférence - à la Bouneweger Stuff.

Rapport annuel 2015 - 47


Repas Insolent

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En 2015, la FFL a organisé trois repas insolents dans le Lycée Technique des Professions de Santé (LTPS). Au travers d’une animation interactive, 58 élèves ont découvert la répartition des ressources et des richesses dans le monde et ont appréhendé les relations internationales.

« Waasser sicht säin Wee » : sous ce slogan, la FFL et les élèves de l’UELL ont participé au projet d’établissement scolaire, par le biais d’une exposition de sensibilisation sur l’eau.

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Exposition H2O dans le Uelzeschlycée (UELL)

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Semaine Follereau dans l’École Privée Fieldgen (EPF) Les 22 et 23 janvier 2015, les élèves de l’EPF ont participé aux conférences d’information organisées dans le cadre de la journée mondiale des Lépreux. L’anthropologue médicale suisse, Susanna Hausmann, a tenu quatre conférences témoignant de la vie, ainsi que de la situation politique et sociale difficile des Akas Pygmées en République Centrafricaine.

Worshop de sensiblisation En plus de ces différents événements, en 2015, la FFL a réalisé 39 workshops sur les sujets « Let kids be kids », « femmes d’ici, femmes d’ailleurs », « im Teufelskreis der Armutskrankheiten » et « Discover the Undiscovered » dans les écoles, lycées et maisons relais luxembourgeoises. 48 - Rapport annuel 2015


PUBLICATIONS 6 MassMailings 3 Bulletins

En 2015, la FFL était également présente sur ces événements: Journée de la Femme – Abbaye de Neumünster - 7 mars 2015 Multiculti - Centre Atert à Bertrange - 10 juin 2015 Mandela Day - Esch-sur-Alzette - 18 juillet 2015 Marché de Noël - Esch-sur-Alzette - Du 1er au 7 décembre 2015 MERCI aux organisateurs! Rapport annuel 2015 - 49


MERCI! © FFL

Un grand MERCI aux ACFL pour leur action de solidarité en faveur de la FFL, qui a permis de récolter 54 271€ pour la construction d’une maternité au Mali!

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Merci aux AMIS DES LÉPREUX de Rodange pour leur chèque de 5000€ en soutien aux projets de lutte contre la lèpre. Merci pour leur générosité et leur fidélité.

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Le 10 juin 2015, LA COMMUNE DE BERTRANGE a invité la FFL a être présente lors de son événement «Multiculti». Elle a ensuite remis un chèque d’une valeur de 2 500€ à la Fondation pour soutenir la lutte contre l’excision. Un grand merci!

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Merci à la société BLAKE & PARTNERS qui, par sa participation à l’ING Marathon de Luxembourg, a réuni 360€ au profit de la Fondation.

50 - Rapport annuel 2015


REMERCIEMENTS

Un grand merci aux FRAEN A MAMMEN HAMM pour leur généreux don de 9000€ en faveur des enfants des rues de Ségou, au Mali.

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La Fondation Follereau Luxembourg tient à remercier chaleureusement ses généreux donateurs.

MERCI aux FRAEN A MAMMEN SCHOUWEILER-SPRÉNKENG pour leur généreux chèque de 1 000€!

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ACFL HEIDERSCHEID La section de Heischent des ACFL a fait un don de 4000€ à la Fondation, récoltés lors de leur Bazar. MERCI!

La société ITRUST CONSULTING a remis un chèque d’une valeur de 2000€ pour soutenir le projet de télémédecine SATMED, ainsi qu’une maternité au Bénin. Un grand merci! Rapport annuel 2015 - 51


Personne n’a le droit d’être heureux tout seul Raoul Follereau

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