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LIVRET DE

CARÊME

2018


LIVRET DE

CARÊME

2018 Au cœur du Carême, un chemin de conversion Nous sommes invités pendant ce temps du Carême à vivre, cette année, un « chemin de conversion » en nous appuyant sur l’Évangile, cœur de tout cheminement personnel ou communautaire, et sur une œuvre d’art qui éclairera de manière particulière le texte. L’itinéraire proposé est le fruit de la collaboration de plusieurs pasteurs, prêtres ou curés, et des membres de l’École Saint-Irénée. • Un commentaire de l’Évangile pour Écouter le Christ. • Des pistes de conversion, très concrètes, pour Répondre au Christ et initier une conversion ici et maintenant. • Un extrait de la Préface du dimanche pour Suivre le Christ et s’ajuster à ce qu’il attend de nous. Pour aller plus loin, on trouvera, une catéchèse sur un mot, un geste ; une vie de saint qui témoigne de conversion ; et enfin un développement iconographique, à poursuivre sur lyon.catholique.fr On trouvera aussi en ligne un guide de lecture évangélique et un guide de lecture d’image. 2


Ce chemin de carême est présenté en sept étapes, résumées chacune par un vigoureux impératif : Va, écoute, libère, combats, imite, suis et vis ! Conversion, dans l’Évangile, c’est à la fois le premier cri et le but ultime. Il est sur les lèvres du Baptiste dans le désert : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche », et Jésus le reprend souvent. Désolé que ses villes bien-aimées soient restées hermétiques à la Parole de Dieu, il rappelle que les habitants de Ninive se sont convertis grâce au prophète Jonas. Et Tyr et Sidon […] auraient sûrement pris le sac et la cendre, s’il avait accompli chez eux le moindre miracle (Lc 10, 13). De fait, après la résurrection, l’objectif premier des Apôtres est bien la conversion. À la fin du grand discours de Pentecôte, les auditeurs « touchés au cœur » demandent : « Que devons-nous faire ? » Et Pierre répond : « Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé » (Ac 2, 37-38). Paul est obligé de prendre parfois un ton sévère contre les Corinthiens. Il aurait préféré agir avec douceur, mais il écrit aussi : « Je me réjouis maintenant, non de ce que vous avez été attristés, mais parce que cette tristesse vous a conduits à la conversion… Une tristesse vécue selon Dieu produit une conversion qui mène au salut. […] Voyez ce qu’elle a produit chez vous. Quel empressement ! Quel désir ! Quel zèle ! » (2 Co 7, 9). Pierre poursuit le même but, avec délicatesse : « Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse […] Il prend patience envers vous […] il veut que tous parviennent à la conversion » (2 P 3, 9). Il s’agit donc d’un objectif essentiel. Le mot grec meta-noia évoque notre être intérieur, notre esprit. Le préfixe indique le déplacement vers un ailleurs (comme dans métaphore) ou la montée vers un au-delà (métaphysique) : la source d’une transformation de toute notre vie. Souvent, Jésus nous appelle à des changements concrets, mais ce ne sont pas des petites recettes morales. Il vise d’abord une conversion à la fois spirituelle et intellectuelle. C’est la clef : notre être intérieur transformé par l’Évangile, enraciné dans le Christ. Alors toute notre vie sera « convertie ». Voilà le grand défi du Carême, merveilleux et exigeant ! Philippe card. Barbarin

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PREMIER DIMANCHE DE CARÊME

ÉVANGILE SELON SAINT MARC 1, 12-15 Tentation au désert, cathédrale de Troyes, vers 1170-1180 © Victor and Albert Museum

En ce temps-là, Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

Va ! 4


Š Sedicom La tentation du Christ, Ilya RÊpine, peintre russe,1903

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ÉCOUTER LE CHRIST

RÉPONDRE AU CHRIST

Au Jourdain, Jésus entre dans sa mission. Cela implique de se laisser conduire par l’Esprit. Cette soumission est filiale car lors du baptême la voix du Père s’est fait entendre : « tu es mon fils bien aimé ». Ainsi cette soumission à l’Esprit est réponse d’amour, gratitude, pour un amour premier donné gratuitement. Là est le cœur de l’existence de Jésus. Au désert, Jésus résiste aux séductions du démon. Il est la réponse à Adam qui avait rejeté la soumission au Père. Satan avait mis dans le cœur des premiers hommes le doute quant à la bonté et l’amour du Père. Jésus vient restaurer la véritable soumission de l’homme à l’égard de Dieu : une soumission filiale fondée sur l’amour et non sur la peur. Jésus vit parmi les bêtes sauvages sans toutefois en être une, car la bête sauvage est l’image de l’homme défiguré par le péché fruit de la tentation de Satan. Au contraire parce qu’il aime le Père, il Le sert, et ainsi résiste à la tentation. Quelle est cette bonne nouvelle qu’annonce Jésus ? Il faudrait parcourir l’évangile de Marc pour trouver une réponse, mais nous savons que « les temps sont accomplis » et que « le règne de Dieu est tout proche ». Ce règne n’est-ce pas cette autorité de Père aimant partagée à tous ?

Pistes de conversion : Tout d’abord celle de l’obéissance au Père dans l’Esprit Saint et ensuite celle du combat spirituel contre la tentation. Les deux sont liées. Cette semaine, pour vivre l’obéissance au Père, accepter l’âpreté et la répétition du quotidien en re-choisissant le matin ce que nous avons à faire et en demandant l’Esprit Saint, le matin et à midi. Pour vivre le combat spirituel, noter un lieu de combat, et à partir de celui-ci faire le soir son examen de conscience (victoires ? chutes ? rendre grâce à Dieu) et le matin demander la force et la lumière de l’Esprit pour résister.

SUIVRE LE CHRIST En jeûnant quarante jours au désert, il consacrait le temps du Carême ; lorsqu’il déjouait les pièges du Tentateur, il nous apprenait à résister au péché, pour célébrer d’un cœur pur le mystère pascal, et parvenir enfin à la Pâque éternelle. (Préface 1er dimanche de Carême)

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CATECHÈSE

Imposition des cendres L’effort de conversion demandé pendant le temps du Carême rappelle aux baptisés qu’ils ont à tendre vers le Royaume des Cieux. Cette conversion est un travail intérieur de conformation à Dieu qui est l’œuvre de l’Esprit. Par l’imposition des cendres, nous reconnaissons notre humilité et notre fragilité devant la miséricorde infinie de Dieu, et notre volonté de revenir vers Lui de tout notre cœur.

ŒUVRE D’ART

Tentation au désert (vitrail) Les espaces du Christ et du diable sont bien distincts, chacun se détache sur un fond soit bleu soit rouge. Le diable est très détaillé, sa peau verte est décorée de flammèches, ses pieds et son dos portent des ailes. Sa tête est accompagnée de deux têtes de serpent, c’est un animal hybride et étrange. Il propose au Christ du pain blanc, c’est cela que l’on remarque d’abord : l’objet de la tentation.

UN SAINT

Vénérable Marcel Van (1928-1959) Religieux rédemptoriste vietnamien. Séparé dès sa petite enfance de la famille aimante dont il est issu, il connait durant toute sa vie, mépris, injustice, violence et faim. Poussé par le désir de Dieu et la quête de la sainteté, il comprend que sa mission est de transformer toute souffrance en joie. Il meurt dans un camp de travaux forcés, consumé par l’Amour. On le surnomme l’apôtre de l’Amour. 7


DEUXIÈME DIMANCHE DE CARÊME En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».

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Transfiguration (détail) Francesco Curia. Entre 1565 et 1608 © Metropolitan Museum

ÉVANGILE SELON SAINT MARC 9, 2-10

Écoute !


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ÉCOUTER LE CHRIST

RÉPONDRE AU CHRIST

Il arrive que nous fassions sur la terre l’expérience du divin. Il y a alors comme des étincelles de vie, des éclats de sainteté, des brèches de lumière qui éclaboussent notre chemin d’humanité. Ce sont nos « buissons ardents », moments décisifs où la Promesse divine nous parle au cœur. Aucune contrainte, juste le murmure puissant d’un « Me voici » céleste qui comprend une promesse : « Si tu veux bien nous serons ami pour aimer ensemble. » La Transfiguration est l’une de ces expériences indélébiles qui va porter Jésus jusqu’au Golgotha et les apôtres jusqu’à l’offrande de leur vie dans le souffle de la Pentecôte. Des douze, ils ne sont plus que trois choisis par Jésus lui-même, sans vote ni concertation… mais le Seigneur avait ses raisons. Soudain, là-haut, une Présence de sainteté vient saturer tout l’espace et le temps. On ne sait plus très bien qui est présent. Ils sont trois fois trois ! Trois apôtres : Pierre, Jacques et Jean ; trois à s’entretenir : Moïse, Elie et Jésus ; trois de la Trinité : Père, Fils et Esprit. C’est donc l’entièreté de la Révélation et du Salut qui se révèle en ce sommet de sainteté, et qui sera transmise par les apôtres.

• Quelles sont mes expériences personnelles de « transfiguration » ? : - Les circonstances où le Seigneur m’a choisi, mis à part, pour se révéler à moi (les lieux, moments, le contenu de la promesse…) - Qu’ai-je accueilli alors du mystère de Dieu ? Comment est-ce que cela a marqué mon cœur et orienté mes choix ? - Suis-je encore « connecté » à cette rencontre intime où le Seigneur a fait alliance avec moi pour toujours ? • Jésus appelle trois de ses apôtres pour monter au sommet, tandis que neuf restent en bas : - Comment accepter de recevoir du Seigneur « ma place de chaque jour » ? - En quoi « recevoir sa place du Seigneur » est source de joie ?

SUIVRE LE CHRIST Après avoir prédit sa mort à ses disciples, il les mena sur la montagne sainte ; en présence de Moïse et d’Elie, il leur a manifesté sa splendeur : il nous révélait ainsi que sa passion le conduirait à la gloire de la résurrection. (Préface 2ème dimanche de Carême) ­­­­­­

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CATECHÈSE

Examiner sa conscience Est-ce juste lister nos bonnes actions et nos fautes ? Non, nous risquerions de forger une image idéalisée de nous-même ou de sombrer dans la culpabilité mortifère. Examiner sa conscience, c’est avoir la confiante audace de demander au Christ la grâce de sa lumière aimante. Il viendra lui-même éclairer nos péchés, tout ce qui nous éloigne de sa volonté ; il nous conseillera, nous montrera le chemin.

ŒUVRE D’ART

Transfiguration (dessin) Ce dessin en grisaille est une esquisse pour une toile plus grande. Le mouvement ici est primordial, un souffle anime les tuniques et essaye de traduire en image le message délivré aux apôtres... absents. Car les témoins de la Transfiguration, avec Elie et Moïse, c’est nous. C’est à nous que Dieu s’adresse. Le mouvement du corps du Christ est intéressant, il est triomphant, il a déjà vaincu la mort.

UN SAINT

Saint Ignace de Loyola (1491-1556) « Jusqu’à sa 26ème année, il fut un homme adonné aux vanités du monde et principalement il se délectait dans l’exercice des armes avec un grand et vain désir de gagner de l’honneur [...] Ayant acquis de ses lectures spirituelles une lumière qui était loin d’être faible, il se mit à penser plus franchement à sa vie passée et comprit en quelle nécessité il se trouvait de faire pénitence à cause d’elle ». (Récit du pèlerin)

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ÉVANGILE SELON SAINT JEAN 2, 13-25 Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme. 12

Le Christ chassant les marchands du Temple, Chapelle Scrovegni, Padoue, Giotto. Entre 1303 et 1305 © Tous droits réservés

TROISIÈME DIMANCHE DE CARÊME


Libère !

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ÉCOUTER LE CHRIST

RÉPONDRE AU CHRIST

Après le désert des tentations et la montagne de la transfiguration nous voici au Temple de la purification ! Rempli de la Loi sainte et de la Gloire divine Jésus serait-il devenu fou ? D’où vient son tourment ? Comme Josias, Il veut retrouver dans le Temple le livre de la Loi parfaite qui redonne vie ! Il vient écarter les sacrifices nauséabonds et planter le sacrifice au parfum d’amour et de miséricorde. Son tourment c’est l’amour de la maison du Père où seule l’amitié avec Dieu qui nous aime a cours ! De l’extérieur, ce geste semble scandale pour les Juifs et folie pour les païens. Mais de l’intérieur, un feu dévorant apparaît, capable de brûler sans consumer, de faire toutes choses nouvelles. « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le rebâtirai ». Son tourment est encore aujourd’hui de rétablir dans l’Eglise, et dans ma vie, la liberté des fils de Dieu, de nous restaurer dans la gratuité de son Amour livré. Il sait ce qu’il y a dans l’homme. Il sait corriger sans blesser, purifier pour sauver. Laissons-le nettoyer nos demeures intérieures et entendons-le nous inviter : « Entre dans la joie » !

• « Enlevez cela d’ici ! » Qu’est-ce qui m’empêche d’entendre la Parole de Dieu ? de la mettre en pratique ? Quel « ménage » l’Esprit Saint veut-il faire en moi ? Vais-je y résister ? Pourrais-je au contraire implorer le Seigneur pour cette purification ? • « Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce » : Quelles sont mes relations avec le Père ? Suis-je avec lui dans la confiance, la certitude qu’il veut mon bien ? Pourrais-je prendre davantage de temps de prière avec ce Père qui m’aime ? • « L’amour de ta maison fera mon tourment » : Est-ce que j’aime l’Église ? Pourrais-je rendre grâce au Seigneur pour tout ce que j’ai reçu de Lui, par elle ?

SUIVRE LE CHRIST Tu offres à tes enfants ce temps de grâce, pour qu’ils retrouvent la pureté du cœur ; tu veux qu’ils se libèrent de leur égoïsme, afin qu’en travaillant à ce monde qui passe, ils s’attachent surtout aux choses qui ne passent pas. (Préface de Carême, n.2)

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CATECHÈSE

Prière, Temple intérieur « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » 1 Co 3,16 La prière n’est pas d’abord attitude extérieure mais intérieure : il s’agit d’entrer dans sa chambre la plus retirée, dans ce temple intérieur où habite l’Esprit de Dieu depuis le jour de notre baptême, et de nous adresser au Père qui est là dans le secret et d’oser dire « Abba », Père.

ŒUVRE D’ART

Marchands du Temple (fresque) Le décor de la chapelle des Scrovegni retrace l’ensemble de la vie du Christ. Ici, devant la façade du Temple, le Christ fouette les vendeurs d’animaux, dans sa fureur il renverse une table et permet aux animaux et aux oiseaux de s’enfuir. Les apôtres sont surpris par l’attitude de Jésus, l’un d’eux se voile même le visage. Au premier plan un enfant se réfugie dans le giron de l’apôtre Jean.

UN SAINT

Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906) « Je vais vous donner mon ‘secret’ : pensez à ce Dieu qui habite en vous, dont vous êtes le temple. Petit à petit l’âme s’habitue à vivre en sa douce compagnie, elle comprend qu’elle porte en elle un petit Ciel où le Dieu d’amour a fixé son séjour […] Ne vous dites pas que cela n’est pas pour vous, que vous êtes trop misérable, car c’est au contraire une raison de plus pour aller à Celui qui sauve. » (Lettre 249) 15


ÉVANGILE SELON SAINT JEAN 3, 14-21 En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

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Moïse et le serpent d’airain (détail) des Heures de Spinola. Maître de Jacques IV d’Ecosse, (1510-1520) ©J. Paul Getty Museum

QUATRIÈME DIMANCHE DE CARÊME


Combats !

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ÉCOUTER LE CHRIST

RÉPONDRE AU CHRIST

Dans sa grande miséricorde, Dieu notre Père désire nous donner sa vie, éternelle. Il nous l’a dit par la première Alliance et les prophètes ; il nous a appelés à choisir la vie en devenant son peuple, à le recevoir comme notre Seigneur et notre Dieu. Il désire que nous soyons sauvés, libérés du péché qui enferme notre amour, entrave notre croissance, nous empêche d’être heureux… Il le désire tant, qu’il a envoyé son Fils. Par lui il a accompli son projet, ouvert les portes de la vie éternelle. Le salut est donné, Dieu a fait sa part. Avons-nous fait la nôtre ? Avons-nous accueilli Jésus comme Fils de Dieu et notre Sauveur ? Avons-nous reçu le salut offert par Dieu en Jésus-Christ ? Croyons-nous vraiment que Dieu le Père nous aime et veut nous sauver du péché par son Fils Jésus qui donne sa vie pour nous sur la croix ? Notre part dans ce projet de salut, c’est notre foi en Jésus mort et ressuscité. Une foi vivante et active, qui fait ce qu’elle croit. Tout le combat du Carême est là : la lumière de la foi en Jésus contre les ténèbres du péché. Mais réjouissons-nous, le combat est déjà gagné !

• Je prends le temps de méditer sur le salut que Dieu m’offre. Je contemple sa miséricorde pour moi, son amour inconditionnel dans les événements de cette semaine. Je redis ma foi en Jésus-Christ, mon Sauveur. Devant la croix, je l’adore en le nommant : mon Seigneur et mon Dieu. • Je regarde ma vie, mes relations, mon comportement. Je fais la lumière sur mes œuvres et dans mon cœur. Je discerne les zones sombres de ma vie qui sont à convertir. • Je décide d’un effort concret, qui touche mon alimentation ou mes habitudes courantes, pour signifier le mouvement intérieur de mon âme, et mon désir de conversion. Je choisis de vivre cet effort dans la joie.

SUIVRE LE CHRIST Tu veux par notre jeûne et nos privations, réprimer nos penchants mauvais, élever nos esprits, nous donner la force et enfin la récompense, par le Christ, notre Seigneur. (Préface de Carême, n.4) ­­­­­­

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CATECHÈSE

Le jeûne Le jeûne a pour but de donner soif et faim de Dieu et de sa parole. Il n’est pas seulement un geste de pénitence, mais aussi un geste de partage et d’aumône. C’est une privation volontaire et substantielle de ce qui nous rassasie : nourriture, mais aussi tabac, alcool, ordinateur...plus largement de tout ce qui met notre vie sous la tyrannie de l’habitude et du besoin. (cf. eglise.catholique.fr).

ŒUVRE D’ART

Serpent d’airain (enluminure) Voici le serpent d’airain auquel l’Évangile fait allusion. Dans le livre des Nombres on apprend que Moïse, pour sauver le peuple de la morsure des serpents brulants, fit un serpent de bronze qu’il brandit en haut d’un mat. Un simple regard sur cette image assurait la vie sauve malgré la morsure. Sur cette enluminure on voit bien que ce serpent est une annonce de la croix du Christ qui nous sauve.

UN SAINT

Saint Jean de la Croix (1542-1591) « Là où il n’y a pas d’amour mettez l’Amour et vous recueillerez de l’amour. » Jean de la Croix, carme, docteur de l’Église, chercheur d’absolu, ancre sa vie et son œuvre sur la Personne du Christ. À sa suite, nous sommes invités à faire de notre quête de Dieu un chemin de conversion, de dépouillement. Il nous appelle à mieux nous connaître, à vivre dans l’authenticité. 19


Imite !

CINQUIÈME DIMANCHE DE CARÊME En ce temps-là, il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque. Ils abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. » Philippe va le dire à André, et tous deux vont le dire à Jésus. Alors Jésus leur déclare : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? ‘Père, sauve-moi de cette heure’ ? Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé. » Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par-là de quel genre de mort il allait mourir. 20

Champs de blé avec cyprès (détail), Vincent van Gogh, 1889, Saint-Rémi de Provence © Metropolitan Museum

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN 12, 20-33


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ÉCOUTER LE CHRIST

RÉPONDRE AU CHRIST

Ces grecs sont venus à Jérusalem pour la fête de la Pâque, ils sont venus pour adorer Dieu. C’est le moment idéal pour demander à voir Jésus. Et quoi de mieux pour adorer Dieu, que de rencontrer enfin Jésus ? Alors ils cherchent et ils trouvent Philippe : « Nous voudrions voir Jésus ». Philippe va demander conseil à André, car André c’est un chercheur de Dieu. Nous nous souvenons de sa demande au début de l’Évangile : « Maître où demeures-tu ? ». Et finalement c’est en Église que la demande va être faite à Jésus : « Ils veulent te voir ». Ces grecs ne se sont pas trompés, c’est le moment où Dieu va se révéler à l’humanité à travers son Fils. Jésus sait que pour lui c’est le moment d’engager sa vie. De l’engager librement. De l’engager non pas pour lui, mais pour montrer au monde la Toute-Puissance de l’amour de Dieu pour les hommes. Elle est là sa Gloire. Ils ont demandé à voir Jésus et ils vont entendre la voix de Dieu. Ils sont venus adorer Dieu, ils ont rencontré Jésus. Comme saint Irénée le dit : « la Gloire de Dieu c’est l’homme vivant ; la vie de l’Homme c’est la vision de Dieu. »

Comme ces Grecs nous avançons vers les fêtes de Pâques. Ayons ce désir profond de rencontrer Jésus. De le voir. Et à travers lui, adorer celui qui nous Aime d’un Amour Tout puissant. Pendant cette semaine prenons le temps de faire cet exercice intellectuel difficile : mettre de côté nos a priori, nos représentations habituelles du Christ, pour nous laisser déplacer par ce qu’il est réellement, celui qui s’est offert sans réserve pour nous. Laissons-nous surprendre par la Gloire de l’amour qui va jusqu’au don de la Vie. Osons poser un pardon difficile, bénir une personne qui nous contrarie, remercier pour la merveille que nous sommes.

SUIVRE LE CHRIST Oui, l’univers entier, sauvé par la passion de ton Fils, peut désormais confesser ta gloire : par la puissance de la croix apparait en pleine lumière le jugement du monde, la victoire du crucifié. (Préface de la Passion, n.1) ­­­­­­

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CATECHÈSE

Offertoire « De tout cœur je t’offrirai le sacrifice, je rendrai grâce à ton nom car il est bon » Ps 53, 8 L’offertoire n’est pas juste des pièces jaunes à offrir ! Chacun est invité à déposer sa vie entre les mains du Père, à participer humblement à l’offrande du Christ, invité à présenter, avec les offrandes, ses richesses et ses pauvretés, ses difficultés et ses joies afin qu’elles soient elles aussi transformées.

ŒUVRE D’ART

Champ de blé (huile sur toile) Ce tableau de Vincent Van Gogh n’est pas directement une illustration de l’Évangile du jour. Néanmoins le champ de blé doré qui se meut sous le vent est une invitation à suivre le Christ et surtout à ne pas rester seul. Ce champ forme un bloc mais chaque brin de blé a sa nuance, sa particularité ; à nous de la cultiver. Ce tableau oppose le champ de blé à l’infini du ciel et à l’aspect sombre du cyprès.

UN SAINT

Saint François d’Assise (1182-1226) Fils d’un riche commerçant, François, saisi par le Christ en croix, rompt avec sa famille. Il mène d’abord une vie d’ermite puis prêche à partir de 1208. Il s’agit pour lui de s’unir au Christ, de vivre de sa paix, de le regarder dans sa pauvreté et son humilité, de l’imiter jusqu’à lui être configuré et recevoir les stigmates. Uni à son Créateur, il a vécu en harmonie avec la création.

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ÉVANGILE SELON SAINT MARC 11, 1-10 Lorsqu’ils approchent de Jérusalem, vers Bethphagé et Béthanie, près du mont des Oliviers, Jésus envoie deux de ses disciples et leur dit : « Allez au village qui est en face de vous. Dès que vous y entrerez, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous dit : ‘Que faites-vous là ?’, répondez : ‘Le Seigneur en a besoin, mais il vous le renverra aussitôt.’ » Ils partirent, trouvèrent un petit âne attaché près d’une porte, dehors, dans la rue, et ils le détachèrent. Des gens qui se trouvaient là leur demandaient : « Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit, et on les laissa faire. Ils amenèrent le petit âne à Jésus, le couvrirent de leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Alors, beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin, d’autres, des feuillages coupés dans les champs. Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! »

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L’entrée à Jérusalem des Heures de Marguerite d’Orléans (détail) 1426-1438. Maître de Marguerite d’Orléans © Bnf / Gallica

DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION


Suis ! 25


ÉCOUTER LE CHRIST

L’Esprit de Dieu incarné en Jésus nous mène à la résurrection. Ce temps de Carême nous offre le temps de relire et de discerner notre vie et nos choix fondamentaux ainsi que notre vie quotidienne. Chemin de César ou chemin de Jésus… à nous de choisir.

La foule est la même ! Que ce soit pour César qui triomphe sur un char tiré par de magnifiques destriers ou Jésus qui entre à Jérusalem modestement assis sur un ânon. Les destriers symbolisant la guerre et l’ânon la paix ! La gloire humaine d’un côté, l’humilité divine de l’autre ! Un empereur imbu de son pouvoir personnel. Un Dieu partageant sa volonté d’amour universel. La foule acclame un jour, elle condamne un autre. Le politique et le religieux sont alliés pour défendre leur pouvoir. Dieu propose une Alliance de Salut pour toute l’humanité. Il appelle à la confiance, à la foi, pour suivre son Fils bien-aimé. Suivre l’un ou l’autre n’a pas les mêmes conséquences dans notre vie. Suivre notre orgueil nous conduit à une impasse. Suivre notre foi en l’Autre, Christ, nous conduit à la Vie. L’assassinat est présent pour les deux mais l’Espérance en Dieu vaincra. Le triomphe de César n’a pas duré, par contre nous sommes rassemblés au nom du crucifié ! L’esprit du monde incarné par César nous mène à la mort,

RÉPONDRE AU CHRIST Comment suis-je de cette foule versatile ? Comment suis-je des Douze qui suivent le Christ même si, comme eux, il y a des moments de doutes, de peurs, de fuites ? Quels sentiments apparaissent à ces manières d’être avec le Christ ? Que puis-je faire pour être en harmonie avec l’Esprit de Dieu ? La foule bienveillante offre à Jésus ses manteaux, qu’est-ce que je peux offrir au Christ et donc au monde de moimême ?

SUIVRE LE CHRIST Alors qu’il était innocent il a voulu souffrir pour les coupables, et sans avoir commis le mal il s’est laissé juger comme un criminel ; en mourant il a détruit notre péché ; en ressuscitant il nous fait vivre et nous sanctifie. (Préface des Rameaux) ­­­­­­

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CATECHÈSE

Les Rameaux « Ils prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre » Jn 12,13 Nous célébrons l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Avec la foule nous l’acclamons comme roi doux et humble de cœur. Là se dit en germe ce que la Semaine Sainte va développer : la passion, la mort, la résurrection du Christ ! En suivant le Messie dans son abaissement nous affirmons déjà notre foi en sa résurrection !

ŒUVRE D’ART

Entrée à Jérusalem (enluminure) L’enluminure de l’entrée à Jérusalem contraste avec celle qui la surplombe, le Christ portant sa croix et montant au Golgotha. Là, l’heure est à la joie. Plusieurs petits personnages montent dans des palmiers pour voir le passage de Jésus, un autre étale devant l’ânesse et son ânon une belle tunique dorée. Le Christ les bénit. Seul un des apôtres, à l’air renfrogné, pressent ce qui va advenir.

UN SAINT

Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916) Orphelin à 5 ans, Charles vécut une jeunesse orageuse. A 28 ans, pourtant, lorsque l’abbé Huvelin lui demande de se confesser et de communier, il vit un profond retournement et passe de l’expérience d’abandon à l’abandon à Dieu. Il écrira : « Aussitôt je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui. » Telle sera sa vie à partir de cet instant.

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ÉVANGILE SELON SAINT MARC 16, 1-7 Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au tombeau dès le lever du soleil. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? » Levant les yeux, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.” »

L’enfant et la vie (détail) Malel, Centre Madeleine Daniélou, Rueil Malmaison © Malel

VIGILE PASCALE

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ÉCOUTER LE CHRIST

RÉPONDRE AU CHRIST

Que de peine dans le cœur de ces deux femmes ! De grand matin, à l’aube d’un jour abominable, les voici sur un chemin de désespoir. Elles marchent dans les ténèbres pour témoigner à celui que leur cœur aime le plus grand des respects, elles veulent prendre soin de son corps meurtri par la passion et la croix. Elles sont conscientes de leur impuissance mais elles comptent sur la providence : on ouvrira pour elles le tombeau. La surprise est de taille : le tombeau est ouvert et elles sont attendues. Un jeune homme est là assis. Le mort n’est pas là et elles sont interpellées : « Vous cherchez Jésus de Nazareth ? Il n’est pas ici ! Il vous précède ». Les voici déboussolées et leurs certitudes envolées. Elles venaient visiter un mort et un vivant les accueille. Elles voulaient s’arrêter, prendre soin de Jésus et pleurer sur leur peine, les voici envoyées sur un chemin nouveau. Elles peuvent à présent relever la tête et fixer leur regard sur le soleil levant, la nuit n’est plus, la résurrection est manifestée, la vie est là, la mort est vaincue. Leur cœur le leur dit : leur amour est vivant.

« Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité » Cette proclamation a bouleversé les femmes au matin de Pâques, mais qu’en est-il pour moi ? Mes sentiments rejoignent-ils ceux des femmes au tombeau ? Est-ce que je cherche Jésus car il est celui que mon cœur aime ? Son amour transforme-t-il ma vie ? La résurrection éclaire le monde d’une manière nouvelle. La mort est vaincue et la vie triomphe. Avec le Christ, je décide d’abandonner mes chemins de mort et mes enfermements. Avec lui je décide de manifester par ma vie et par mes choix cette bonne nouvelle. La résurrection devient mon identité ; elle doit aussi pouvoir se lire sur mon visage.

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SUIVRE LE CHRIST Il est l’Agneau véritable qui a enlevé le péché du monde : en mourant, il a détruit notre mort ; en ressuscitant il nous a rendu la vie. (Préface de Pâques, n.1)


CATECHÈSE

Le cierge pascal « Joyeuse lumière, splendeur éternelle du Père, Saint et bienheureux, Jésus Christ » Au début de la Vigile pascale, un grand cierge, symbole du Christ Ressuscité, est allumé au feu nouveau qui a été bénit. Les fidèles entrent alors dans l’église en suivant le cierge pascal qui brille, peuple de Dieu sauvé en passant de la nuit à la lumière. Le cierge continuera de brûler pendant tout le temps pascal.

ŒUVRE D’ART

L’enfant et la vie

(huile sur toile)

L’artiste nous explique lui-même son tableau : la discrète silhouette, sur le côté, dit celui qui a conduit l’enfant sur son chemin et l’a laissé découvrir sa vocation, son potentiel d’amour. Au bout du chemin Dieu révèle lui-même à l’enfant sa puissance d’amour, dans cette lumière qu’il reçoit et qui le transfigure. Les couleurs évoquent la Joie qui transparaît de la lumière reçue du Sauveur.

UN SAINT

Sainte Marie-Madeleine (1er siècle) La figure de Marie-Madeleine est complexe : pécheresse pardonnée, priante imperturbable, disciple à l’onction parfumée, témoin de la Passion, apôtre du matin de Pâques, pénitente au cœur généreux... Elle évoque pourtant le cheminement de celui qui, touché par la miséricorde divine, se fait, au creuset des années et des rencontres, disciple du Christ et messager de sa Résurrection.

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• Conférences de Carême À l’occasion du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, les conférences de Carême auront pour thème : « Heureux les artisans de paix ! » (Mt 5,9) Elles seront assurées par : Monsieur Jean-Noël Dumont, Monsieur le Général Pierre de Villiers, Madame Françoise Keller, Monsieur Jean-Dominique Durand, Sa Béatitude Louis Raphaël Sako et le père Bruno-Marie Duffé Chaque dimanche de Carême à 15h30 à la Basilique de Fourvière

• « 24h pour le Seigneur » Vendredi 9 et samedi 10 mars 2018 : temps de réconciliation en paroisse ou en doyenné. • Retraite diocésaine Samedi 17 et dimanche 18 mars à Fourvière sur le thème « Je vous laisse la paix... » • Rendez-vous réguliers sur le site du diocèse lyon.catholique.fr Remerciements :

Cardinal Philippe Barbarin, P. Charles-Henri Bodin, P. Xavier Grillon, P. Florent Guyot, P. Etienne Guibert, P. Hughes Jeanson, P. Jorge Jimenez, P. Patrice Roumieu, pour leur contribution à ce livret. Livret réalisé par l’École Saint-Irénée et le Sedicom (diocèse de Lyon). Contact : ecolesaintirenee@lyon.catholique.fr

Conversion de saint Augustin - Fra Angelico, peinture sur bois, vers 1430 © Musée Thomas-Henry, Cherbourg,

Quelques propositions diocésaines durant le Carême

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