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Le ventre de Quimper Recueil de nouvelles ĂŠcrites par la classe de 209 de Mme Thomin Janvier 2018


SOMMAIRE Ma sœur mon ange………………………………….….p. 1 Rue Royale……………………………………………....p. 6 Les opposés s’attirent…………………...……………..p. 11 L’ivre de Bretagne………………………………..…….p. 18 Coup de foudre aux halles……………………………..p. 23 L’enfant de la fromagère……………..……….………..p. 28 Une visite inattendue…………………………..………p. 34 Madeleine Kouarc’h……………………………...…….p. 40 La jalousie empoisonnée…………………………..….p. 44 Amour et trahison………………………………….…..p. 50 Les péripéties de Jakez……………………………….p. 54 L’imprudence…………………………………………...p. 61 Les crêpes de Kemper………………………………...p. 66 La nouvelle boutique de Toul-al-Laër………………..p. 74


Ma soeur, mon ange Ghaïs et Léna


Ma soeur, mon ange Anna Gouaden, de son nom de jeune fille Bodeveur, était une jeune fille de 22 ans, l'aînée d'une grande famille de 6 filles. Elle était née à Penhars, petite commune de Quimper, un matin de Juillet. Elle avait des traits doux et fins, qu'elle garda en grandissant. Ses yeux étaient bleus gris, comme la mer bretonne un jour de tempête. Anna avait de longs cheveux bruns, avec quelques reflets auburn à la lumière du soleil. Sa bouche était pulpeuse et charnue, d'un rose pâle très naturel, et à chaque extrémité de ses lèvres, se dessinaient deux petites fossettes lorsqu'elle souriait. Elle avait également des pommettes saillantes ainsi qu'un nez court et délicat. Elle était grande, contrairement à sa mère et avait des formes généreuses mais élégantes. Anna avait un physique avantageux et elle n'osait se l'avouer, pourtant c'était la plus belles des soeurs Bodeveur.

Son caractère se mariait bien avec son physique, elle était gracieuse mais facilement irritable. Elle aimait beaucoup les animaux et petite, elle rêvait d'avoir un cheval rien qu'à elle. Elle s'imaginait déjà galoper, les cheveux au vent, dans les forêts qui ornaient l'entourage de sa maison. Son père, Louis, en possédait un, qu'elle n'avait le droit de monter seulement en sa présence. Il était cordonnier et se rendait deux fois par semaine au marché, dans le centre-ville de Kemper Le reste de la semaine, il restait chez lui et fabriquait des souliers neufs avec l'aide de ses deux ainées. Sa mère était morte quelques mois après la naissance de sa dernière fille. Anna âgée de 13 ans à l'époque dut donc remplacer sa mère avec l'aide de Jeanne, la deuxième des soeurs qui n'avait qu'un an d'écart avec Anna. Elles durent donc s'occuper de leurs petites soeurs. Elles n'eurent pas la tâche facile : leur père se réfugia dans l'alcool sans pour autant en être dépendant et leurs soeurs étaient très tristes, c'est ainsi que la famille sombra dans une dépression, qui s'estompa quelques années après pour tous les membres de la famille, sauf pour Jeanne qui fut très proche de sa mère.

Anna habitait une grande maison Rue saint Mathieu. Elle était mariée à un jeune bourgeois. Le jour de son mariage, il lui avait offert un costume traditionnel de la région de Penhars, le plus beau qu'elle n'avait jamais vu : il était rouge garance et l'absence de jiletenn laissait voir la chemise blanche, brodée au niveau du col. Elle avait également sur la tête, un ruban de mariage, avait accroché autour de son cou une parure qui portait un petit coeur ainsi qu'une croix en or. Sous sa collerette reposait un scapulaire, deux plaques, symbole de la protection divine, qui étaient liées entre elles par un ruban. Et enfin


elle avait attaché autour de la taille une ceinture qui laissait pendre plusieurs pans dans son dos. Son mari était attentionné et Anna et lui s'aimaient plus que tout malgré qu'au début, tout cela n'était qu'un mariage arrangé au fur et à mesure du temps, ils se sont découverts des sentiments réciproques. Ils sortaient régulièrement : à des bals ou au théâtre par exemple.

Un matin, elle décida d'aller travailler avec son père au marché de Kemper. En allant retrouver Louis, elle passa par la place terre au duc et fît un détour par les Halles. Ce jour-là il faisait très chaud bien qu'il fût tôt, ce qui donnait une sensation de lourdeur. Les fruits et les légumes disposés sur les étals apportaient de la couleur, l'odeur du poisson mélangé à celle de la viande fraîche diffusait une odeur capiteuse, et le brouhaha des commerçants échangeant avec leurs clients donnait mal à la tête. Elle se rendit par la suite Rue Kéréon et aida son père à Installer sa marchandise. C'est alors qu'une de ses soeurs, Jeanne, sortant de la foule, s'avança vers elle. Anna était surprise car elle ne l'avait pas revu depuis une grande dispute : Jeanne ne supportait pas l'idée qu'elle puisse continuer à vivre "normalement" après la mort de leur mère. -Degermat, lui dit-elle froidement -Demat, pour qu'elle raison me faites-vous honneur de votre présence ? -Je voulais vous parler, je suis profondément désolé de m'être emporté à ce point la dernière fois, même si j'ai toujours du mal de me faire à l'idée que vous ne soyez pas si tourmenter pour la mort de notre chère... Anna, énervée la coupa et lui dit -Jeanne si vous voulez bien me laisser, j'ai mieux à faire que de me chamailler avec vous, j'ai beaucoup de travail, et en plus je pense que nous en avons déjà parlé ! -Très bien, répondit Jeanne contrariée et vexée. Elle s'en alla sans protester. Anna repensa plus tard dans la journée à la visite de sa soeur; c'était louche qu'elle vienne s'excuser, mais elle préféra oublier cet incident.

Le mercredi du mois suivant, Anna apprit l'assassinat de son père en lisant un télégramme qu'on lui avait apporté. Elle fût tout d'abord étonnée et cru que c'était une erreur en le lisant. Puis elle succomba peu à peu à l'émotion et des larmes roulèrent sur ses joues. Elle sortit pour se changer les idées et décida de se rendre à une foire qui avait lieu place de la Tourbie. Elle monta la rue des boucheries, puis celle du Sallé pour atteindre la Rue Royale et arriver à la foire. Anna se promenait dans les allées sans savoir réellement ce qu'elle cherchait, elle avait juste besoin de se libérer l'esprit. Soudain, elle


tomba nez à nez avec Jeanne qui venait acheter un poulet et une bouteille de cidre. Elle fixa sa soeur avec un regard haineux. Puis Jeanne, en relevant la tête, hurla : - C'est vous ! La première fois, son ton était hésitant et elle recommença plus sure d'elle : - Je sais que c'est vous ! - Je vous demande pardon ? répondit Anna, bouleversée par le ton accusateur de sa soeur. - Vous avez tué votre père, mon père et celui de nos soeurs! Puis elle reprit plus fort en s'adressant à la foule, - Cette femme, a commis un assassinat, c'est elle qui a tué Louis ! Anna se défendit autant qu'elle le pu mais la foule était trop agité par cette nouvelle pour l'écouter.

Huit mois plus tard, personne n'avait pu prouver la culpabilité d'Anna dans le meurtre de son père. Le fait de ne pas savoir qui était le véritable auteur du crime la rendait malade et l'empêchait de faire son deuil. Anna entama une légère dépression mais elle pouvait toujours compter sur le soutien de son mari. Une fin de journée de septembre, alors qu'Anna rentrait chez elle, elle trouva sa soeur, Jeanne, assise sur le perron de sa maison, en pleur. Elle était sale, sentait mauvais, ses cheveux étaient en pagaille et elle avait les yeux rouges et gonflés. Anna ne l'avait jamais vu comme ça : elle qui prenait toujours soins d'elle, malgré toutes les tensions, Anna était triste pour elle. - Que faites-vous ici ? demanda Anna - J'ai à vous parler, c'est au sujet de père … lui répondit sa soeur, d'une voix rauque, cela devait faire plusieurs heures qu'elle pleurait. Anna s'assit à côté de Jeanne et écouta ce qu'elle avait à lui dire. - Vous avez une vie tellement merveilleuse, la mienne est tellement monotone et sans intérêts. Et puis depuis que vous êtes partie de la maison, je me sens tellement seule - Je ne comprends pas. Murmura Anna - J'étais tout simplement remplie de jalousie... - Mais…. Pourquoi ?! - Vous êtes si belle, votre demeure est superbe et votre mari est tellement élégant, un soir, après avoir trop bu, je me suis rendue chez Papa et puis j'ai pris le fusille qu'il prenait pour la chasse. Et j'ai tiré, deux fois. J'ai tué papa Anna, c'est moi qui l'ai tué. Je voulais détruire votre vie si parfaite et je vous ai accusé par simple jalousie, j'avais tellement de rancoeur et je ne contrôlais plus rien. Je sais que cela est irréparable et que vous m'en voudrez


surement toute votre vie, mais ne vous inquiétez pas, je vais me dénoncer, je vais tout dire et je resterais enfermée en prison pendant longtemps. - Je ne sais pas quoi vous dire, vous auriez dû me parler de cela avant, je suis désolé de ne pas avoir remarquer que vous n'alliez pas bien. Il vaut mieux que vous rentriez chez vous, j'ai besoin de rester seule.

Après s'être dénoncée, Jeanne échappa de peu à la peine de mort mais on l'envoya au Bagne de Brest pendant 15 ans. Quand elle fut libérée, on lui versa les 2500 francs qu'elle avait économisés en travaillant au bagne. A son retour, l'administration l'envoya dans une petite commune de Loire-Atlantique, loin de celle où elle habitait auparavant. Elle fut condamnée aux travaux forcés à perpétuité et à la flétrissure. Après cette histoire tragique, les deux soeurs ne se revirent jamais. Jeanne travaillait en tant que simple servante dans une noble famille qui lui donnait à peine de quoi vivre et se nourrir. Elle succomba à la mort à l'âge de 37 ans, prise de fatigue. Jeanne, quant à elle vécu jusqu'à ses 54. Elle eût 5 enfants : 4 garçons et une fille. Une fois ses enfants assez mures et en âge de comprendre, elle leur raconta tout, du début jusqu'à la fin, dans le but qu'ils ne soient jamais jaloux. Anna était une femme forte et pleine de bonté, tout le monde connaissait son histoire et tous l'appréciait à Kemper et même dans les communes aux alentours.

Ghaïs et Léna


Rue Royale


Rue Royale atell Le Goff n’était qu’une enfant, elle avait neuf ans mais en paraissait sept ou huit

K

tout au plus. Fille d’un producteur de cidre et d’une marchande de fleurs, elle avait été élevée au milieu des pommiers, dans une petite longère à Bénodet. Cependant, c’était sous les Halles Saint François qu’elle avait véritablement grandi. Chaque matin, elle s’y rendait avec ses parents qui y vendaient leur boisson. Depuis toujours, elle jouait sous les arcades du marché quimpérois, s’amusait à côté des femmes venues des quatre coins de la Cornouaille pour vendre leurs pommes de terre, leurs fleurs et leur beurre sur le carreau, courrait entre les étalages de

poissons et de viandes, se nourrissait des poires juteuses que lui offraient les marchandes des quatre saisons. Elle aimait les arcades du bâtiment, le son du pavé de la cour Saint François quand ses sabots le foulaient et les cris des marchands de volaille, de poisson et de viandes, qui hurlaient pour vanter leurs produits et attirer les clients sous les Halles. Elle connaissait chaque recoin du marché, chaque cachette et chaque « passage secret » qu’il recelait, pour l’avoir longuement exploré avec ses cousins, Loïc et Ewen. Pourtant, ce matin, elle ne voulait pas se rendre à Quimper. Son père était venu la réveiller et l’habiller de ses habits de marché, si ce n’est qu’il ne lui avait pas mis son tablier. Ainsi, elle était toute de noir-vêtue : robe noire, bonnet de laine noire, bas et sabots noirs. Il l’avait assise à côté de lui sur la charrette qui servait habituellement à transporter les tonneaux de cidre vers la ville. Pendant toute la durée du trajet, il n’avait pas dit un mot. Katell l’avait observé : lui aussi était tout en noir. Il semblait différent : plus pâle, plus fragile, plus seul aussi. Il avait cependant conservé cette dignité paysanne, sans panache ni médaille. Quand ils étaient arrivés sur les quais du Steïr, ils avaient laissé l’attelage. Puis ils s’étaient rendus aux Halles, pour acheter des fleurs. Ils se tenaient tous les deux sur la cour Saint François, au milieu de la foule venue vendre et acheter farine de blé noir, œufs, lait, lard et andouilles.... Il y avait bien sur les vendeuses de pommes de terre, avec leurs coiffes blanches et leurs grands paniers d’osier pleins à rebords, qu’elles posaient sur le carreau, à l’extérieur des Halles. Quand elles n’étaient pas en train de discuter les prix avec un client, on les voyait souvent assises sur le pavé, couteau à la main, épluchant leurs patatez et commérant avec leurs voisines. Et puis, il y avait quelques marchands d’étoffes qui s’étaient éloignés de la place Saint Corentin et qui suspendaient leurs tissus sur des tringles, si bien que tartans et couleurs vives volaient au souffle de la brise sur la place Saint François.


La foule était partout autour de Katell et de son père : elle sortait du Tabac et du Grand Bazar, achétait du beurre, des fleurs et du cidre sur la place, rentrait dans les Halles avant d’en sortir à nouveau. Elle piaillait, se mouvait autour d’eux, comme un tout dont ils étaient exclus. La jeune enfant, qui n’aimait pas cette sensation de solitude étrange, se tourna vers son père. Il semblait lui aussi perdu, et fixait les petites marchandes de fleurs qui allaient et venaient parmi cet immense cohorte pour proposer aux passants leurs bouquets d’œillets, de narcisses et de jonquilles. Katell savait qu’il pensait à sa mère. Elle aussi, dans le temps, vendait tulipes et marguerites autour des arcades aux cotés de sa mère. Elle étirait la kaerenn des Halles. Un jour où le jeune fils Le Goff apportait au marché son cidre, leurs regards s’étaient croisés.

-

Donnez-moi deux sous pour acheter des fleurs, dit Katell, le tirant de ses tristes pensées.

Il la dévisagea un instant, comme s’il n’avait pas compris ce qu’elle avait dit. IL ne semblait plus se rappeler ni qui elle était, ni qui il était lui-même, et ne paraissait même plus reconnaître les Halles. Il mit quelques secondes à sortir de cet état.

-

Prend des œillets, balbutia-t-il en lui donnant l’argent, je me souviens qu’elle adorait ceux de Chine. Tu sais, les blancs avec l’intérieur rouge ?

La mère de Katell avait voulu être enterrée à côté de sa mère, au cimetière Saint Marc de Quimper. Elle était seule, en face de la tombe béante, du curé et des deux fossoyeurs. Son père serrait fort sa main et pleurait à côté d’elle. Il avait beau observer la fosse et essayer de la faire correspondre à sa femme, il n’y parvenait pas. Katell, elle, avait accepté qu’elle ne reviendrait plus, mais elle ne comprenait : pas pourquoi la femme qui l’avait élevée, nourrie et aimée de tout son cœur n’avait-elle pas droit à une grande procession, à une cérémonie splendide dans la cathédrale, sous ces voutes qui semblaient s’élever jusqu’au ciel ? Pourquoi devait-elle se contenter d’un cercueil aux planches grossièrement clouées et d’une simple croix en bois quand les « grands hommes » se faisaient enterrer sous de majestueux mausolées ? Quand le prêtre eu fini son éloge, qui avait semblé durer une éternité à Katell, celle-ci s’avança au bord de l’abîme et y jeta le bouquet qu’elle avait acheté aux Halles. Elle contempla les fleurs blanches et leurs cœurs qui, comme le sien, semblaient saigner quand elles s’écrasèrent sur le cercueil. Elle resta à les fixer quelques instants, hébétée. Puis, son père fit un signe de tête aux fossoyeurs, qui empoignèrent à nouveau leur pèles, et il quitta le cimetière avec Katell.


Le père et la fille descendaient la rue Royale, toujours main dans la main. A mesure qu’ils marchaient et qu’ils s’éloignaient de la tombe, le poids que le deuil faisait peser sur leurs cœurs semblait s’alourdir encore, si bien que Katell se demandait s’il n’allait pas finir par les écraser tous les deux. Il était temps qu’elle rentre chez elle, qu’elle retrouve la quiétude de la petite longère au milieu des pommiers, elle savait que c’était le seul endroit où elle pourrait aller mieux. Elle savait que temps qu’elle resterait à Quimper, elle croiserait des connaissances de sa mère, qui la regarderait avec pitié, lui présentant leurs condoléances. Elle voulait rentrer chez elle et ne plus jamais en ressortir. La rue Royale descendait du cimetière vers la cathédrale et conduisait du marché aux bovins jusqu’à celui des dentelles. Tous les passants semblaient monter vers la place de la Tour Bihan : une femme poussait une brouette pleine de paille sur la pente raide du pavé, d’autres, un peu plus bas, discutaient. L’une d’elles semblait habiter là et avoir ouvert sa porte pour converser avec ses amies sur le seuil. On pouvait apprendre beaucoup de choses sur une personne dans la rue, pensa Katell, qui essayait de se détourner de ses sombres pensées. En regardant les tenues, on devinait les classes sociales, les communes d’origine, le port et la façon de marcher renseignaient sur les métiers… L’enfant observa la vieille dame qui montait le foin vers le marché au bétail. Elle était voutée, courbée : une femme usée par un travail physique et éprouvant. On devinait que cette brouette de fourrage qu’elle poussait n’était ni la première ni la dernière de la journée, que cette ascension de la rue Royale avait eu lieu des dizaines, des centaines de fois auparavant et que c’était là une tâche quotidienne, effectuée depuis des années. La tante de Katell, la sœur de son père, vivait un peu plus bas dans cette rue. Elle y avait emménagé dix ans plus tôt, à son mariage avec Hervé Plantec, le charcutier des Halles. C’était chez elle qu’ils se rendaient, car le père de Katell avait à lui parler. Mais Gwen Plantec était aussi la mère de Loïc et d’Ewen, les bons amis de Katell. Aussi, dès que le père et la fille s’approchèrent de la maison, ceux-ci coururent vers la jeune enfant. Loïc était de deux ans l’ainé d’Ewen, qui avait le même âge, à quelques mois près, que Katell. Ils étaient tous les deux blonds comme leur père, leurs joues étaient pleines et piquetées de taches de rousseurs à force de passer leurs journées dehors, à explorer la ville. Ewen portait des vêtements ayant appartenus à son frère, et tous deux avaient pour habitude d’arborer bérets et sourires mutins. Le père de Katell lui fit signe qu’il allait parler à la charcutière. Une fois qu’il fut parti, les trois enfants se retrouvèrent seuls sur le seuil de la maison. Ils ne savaient que faire, que dire, et regardaient leurs sabots en se tordant les mains. C’était


une chose rare, que ces trois-là se taisent. Habituellement, ils avaient toujours maintes choses à se dire, et les rires fusaient toujours aussitôt qu’ils étaient réunis. Ce fut Loïc qui brisa le silence.

-

Ça va ? demanda-t-il prudemment, face aux yeux encore rouges de Katell. Est-ce que tu veux faire quelque-chose ?

Comme elle ne répondait pas, ce fut Ewen qui enchaîna. :

-

On est désolés pour ta mère. On veut bien essayer de te remonter le moral.

Elle n’en avait aucune envie.

-

Si tu veux, reprit-il, on a acheté des pralines… Et puis, on a eu une idée tous les deux : cet été, on pourrait aller faire de la barque sur l’Odet ! Père en possède une, mais nous ne l’utilisons jamais : tu pourrais tenir la godille, qu’en dis-tu ? Quelle formidable aventure ça serait !

Katell ne savait que répondre. Habituellement, elle aurait été aussi impatiente qu’Ewen de partir explorer le fleuve, mais elle voulait rentrer chez elle, et cette discussion lui semblait être l’ultime obstacle qui la séparait de sa maison. Alors elle se tut encore, préférant garder le silence. Ce fut à ce moment-là que son père sortit de chez les Plantec, ce qui fit déguerpir Loïc et Ewen. Il y eut un autre silence. Katell ne sachant pas ce dont il avait discuté avec sa tante et lui n’ayant aucune idée de la façon dont il pouvait le lui annoncer. Ils restèrent muets pendant un temps, puis Monsieur Le Goff se décida à parler. - Tu sais, Katell, dit-il, je pense que tu vas venir habiter Rue Royale pour quelques mois… ? Le temps que… Qu’on s’en remette tous. D’accord ?


Les opposÊs s’attirent Jeanne et Suzanne


Les opposés s'attirent Ses cheveux noir ébène, ondulés mettaient en valeur son visage rond et lumineux. Son front lisse, ses sourcils arqués, ses yeux sombres et son regard innocent ; son nez retroussé, ses joues pleines et rosées, son menton presque inexistant lui donnait un charme singulier. Et puis, son sourire faisait ravage auprès des jeunes hommes ce qui causait de nombreuses jalousies. Cependant, elle n'avait jamais connu la tendresse d'une aventure amoureuse. Assurément, elle possédait un défaut qui la bridait beaucoup : la timidité. En effet, à l'âge de dix-huit ans, Marie Kornic était une jeune femme honnête et de bonne éducation. Sa mère était connue dans toute la région pour ses délicieuses crêpes au blé noir. Marie vivait depuis sa tendre enfance avec ses parents et sa petite soeur Hélène dans une charmante maison non loin de Plogonnec. Elle se rendait au moins une fois par semaine à Quimper pour vendre les crêpes de sa mère. Puis, quand le soleil se couchait, elle déambulait jusqu'au "fest noz" pour danser jusqu'à l'aube. En effet, en plus de ses nombreuses vertus, Marie avait le don d'être une excellente danseuse. Quand elle dansait, elle perdait toute timidité, c'était pour elle un moyen de s'exprimer et d'atteindre les siens. C'est lors d'un samedi, à une de ses euphories du soir, que Marie rencontra un homme. Il se prénommait Emile Lefebvre et vendait du vin de qualité tous les matins place St Corentin. A l'âge de trente-cinq ans, il était fluet et sa mine semblait morose. Ce marchand de vin était peu apprécié dans la région. Pour la plupart des gens, il n'était qu'un ivrogne détestable qui finirait seul. D'ailleurs, Katell Kornic ; la mère de Marie l'avait guetté de nombreuses fois et avait approuvé l'avis de la société quimpéroise. Elle l'avait surpris absolument ivre dans les rues voisines de la place St Corentin. Pourtant, il y eut une époque où il fur élégant et chéri par tous les quimpérois et quimpéroises. Mais très vite il changea, devint agressif car, l'alcool l'avait effleuré, puis enlacé et fini par le heurter. A partir de ce moment, les habitants de Quimper se méfièrent de lui ; certains le regardaient avec insistance et d'autres avec indifférence. Marie, malgré toutes les rumeurs qui couraient dans Quimper, ne connaissaient pas cet homme et son attachement à l'alcool. Etonnement, lorsqu'elle le vit pour la


première fois à ce divertissement du samedi soir, elle le trouva attirant et même beau. Néanmoins, elle n'osa guère se permettre de l'examiner. Tout de même, la jeune danseuse ne pouvait s'empêcher de lorgner sur cet étrange inconnu. Marie, après avoir jeté un coup d'oeil, puis un second et encore un bon nombre, se rendit compte que, lui aussi la contemplait. En effet, depuis le début de la soirée, Emile n'avait aucune gêne à la dévorer des yeux. Il avait profité de cette festivité pour s'arranger avec les quimpérois et c'était, également pour lui, une aubaine de marchander son vin. Ce fut comme une apparition. Lorsqu'elle dansait, son accoutument de dentelle tournoyait et éclatait d'un blanc vif. Elle paraissait baigner dans un océan de lumière qui inondait la place. A ses yeux, Marie était pareil à un ange tombé du ciel. A travers cette cohue et ce vacarme, il ne voyait qu'elle. Soudain, lorsqu’elle dût s'assoir au comptoir pour se désaltérer, Emile eut le désir de lui parler. -"Nozvezh vat ! Vous étiez superbe sur la piste tout à l'heure. -Trugarez ! A qui ai-je l'honneur ? - Je suis Emile Lefebvre, mais tu peux m'appeler Emile." Ils s’entendirent très vite, au bout d’une demie heure, ils riaient à gorge déployée et échangeaient déjà des regards si complices qu’on aurait juré qu’ils se connaissaient depuis leur enfance. Ce fut un véritable coup de foudre. Ils parlèrent ainsi de tout et de rien jusque tard dans la nuit en sirotant à petite gorgées leur verres de vin. Marie ne se reconnaissait plus, curieusement, elle, d'ordinaire si timide, ne ressentait aucune gêne en face de cet homme qui buvait ses paroles. Elle avait l'impression que quoi qu'elle dise il trouverait toujours cela intéressant. C'était la première fois qu'elle se sentait aussi importante, que quelqu'un s’intéressait autant à elle. Enfin la musique cessa. On entendit plus que le murmure du vent et la voix des gens qui se quittaient dans un dernier adieu. Alors, Marie, fatiguée d’avoir tant rit et tant dansé déclara à Émile qu’elle devait y aller. Celui-ci lui offrit de payer la note mais elle refusa. Après avoir réglé, quand elle revint du comptoir pour dire au revoir à Émile, elle ne le trouva pas. Elle fut triste et assez troublée par ce départ précipité, mais ne lui en voulu pas car elle pensa qu’il devait être fatigué. Au moment de repartir, un petit bout de papier posé sur la table attira son attention. Curieuse, elle s’en empara. De grosses lettres maladroites étaient tracées sur ce bout de papier qui n’était autre qu’un vulgaire


morceau de papier journal. Malgré la pénombre dans laquelle la place était maintenant plongée, Marie réussit à lire ces quelques mots, "Chère Marie le peu de temps passé en votre compagnie ce soir m'a suffi pour m’apercevoir que vous êtes une charmante personne. Je sais que vous êtes jeune et que ma fréquentation nuirait certainement à votre réputation, mais je n'ai jamais autant ri depuis des années et votre présence ce soir m'a été tellement agréable que je brûle d'envie de vous rencontrer à nouveau. Vous n'avez probablement aucun interêt pour moi, ce que je comprends tout à fait, mais j'aimerai tellement vous revoir même si ce doit être la dernière fois. Je ne vous y oblige en rien, mais si vous vouliez daigner me rejoindre lundi matin de bonne heure place St Corentin, où je vends mon vin à coté de la cathédrale je vous en serai sincèrement reconnaissant. Je ne serai absolument pas surpris si vous ne venez pas car vous devez certainement me prendre pour un énergumène mais si ce n'est pas le cas alors, sachez que je serai là. J'attendrai toute la journée s'il le faut mais j'attendrai. Bien à vous, Émile." Abasourdie Marie faillit perdre l'équilibre. Certes elle avait passé une excellente soirée, mais elle ne s'attendait pas à cette véritable déclaration d'amour de cet homme qu'elle connaissait à peine. Ne sachant que faire, elle se décida à rentrer chez elle le plus vite possible car à cette heure, les rues n'étaient plus sûres. Alors, elle bondit dans la première diligence qui passa. Le trajet lui sembla interminable son esprit était encombré par le visage souriant d'Emile et de son mot écrit sur le papier journal qu'elle serrait nerveusement dans ses mains. Une fois chez elle, elle se glissa doucement dans son lit pour ne pas réveiller sa famille et essaya de dormir malgré la torture de toutes ces questions qui troublaient son esprit. Le lendemain quand elle vit son reflet dans le miroir en faisant sa toilette, elle se désola en constatant les larges cernes violettes qui barraient sont doux visage. Quand elle passa la porte de la cuisine, elle sentit tout de suite le regard inquiet de sa mère se poser sur elle. Elle fit mine de ne pas s'en rendre compte et s'installa à la grande table en bois massif en baissant la tête pour empêcher sa mère de voir son visage. Au bout d'un long moment qui lui sembla une éternité, sa mère brisa le silence en lui demandant comment s'étaient passé les festivités de la veille. Bien entendu, Marie lui décrivit les divertissements sans lui parler d'Emile, l'atmosphère se détendit alors peu à peu. Les deux femmes parlèrent ainsi pendant au moins une heure. Puis, Marie pris congé et monta dans sa chambre. En passant le seuil de la porte de sa chambre elle vit le papier d'Emile sur le sol. Son coeur bondit dans sa poitrine. Elle avait presque oublié ce mot de la part d'Emile. Elle


s'assis sur son lit un instant pour reprendre ses esprits puis lu et relu au moins trois fois chaque mot tracé par lui. Puis, sans réfléchir elle se leva, descendit l'escalier et sorti à l'extérieur de la maison. Elle marcha sans se retourner puis accéléra le pas, elle courut presque. Au fur et à mesure qu'elle s'éloignait, elle reprenait de l'assurance. Elle se sentait mieux maintenant, elle pouvait enfin respirer à pleins poumons. L'air frais lui chatouillait agréablement le visage.

Jeanne et Suzanne


L’ivre de Bretagne Astrée et Daphné


L’ivre de Bretagne


Cela faisait déjà plusieurs minutes que Job attendait son train. Il était six heures passées, on apercevait à peine le soleil et le froid commençait à lui ronger la peau. Il y avait peu de monde en ce dimanche matin dans la gare de Saint-Malo, seulement quelques hommes, quelques femmes, ainsi qu'un couple qui se regardait amoureusement. Tout cet amour faisait remonter en lui des souvenirs en compagnie de Maryse, son ancienne compagne. Elle avait laissé tomber Job pour un autre homme, Léon, bel homme, bien bâti et d'un charme incomparable. Maryse l'a quitté aussi car il buvait beaucoup, il disait que l'alcool le rendait plus sociable. Un soir de printemps, Job les avaient surpris enlacés entre deux bottes de foin à la ferme où il était engagé en tant que garçon de ferme. Quelques semaines plus tard, un drame se produisit, un tonneau s'enflamma et la ferme brûla. Les propriétaires, monsieur et madame Le Jeune, se virent obligés de renvoyer Job par manque de moyen pour rénover la ferme. Job se senti abandonné, il n'avait plus d'argent, plus de foyer, plus de compagne. Jusqu'au début de l'hiver, il trouva refuge chez un ami, Jean, il couchait dans une minuscule et inconfortable pièce sous l'escalier, ne pouvant plus supporter cela, il remercia son ami et décida donc de rentrer dans sa commune de naissance, Bannalec. Job écrivit plusieurs missives à ses parents pour leur expliquer sa situation, ce sont des gens très bon et généreux, ils envoyèrent à Job les francs dont il avait besoin pour payer le train. Il se disait qu’en allant à Bannalec il pourrait y trouver du réconfort auprès de sa famille, du travail et peut être y rencontrer sa future épouse.

Les cloches de l'église Notre Dame de Grève sonnèrent la septième heure de la journée. Job fut soulagé lorsque son train entra en gare quelques minutes plus tard. Le vert émeraude du train rajoutait de la couleur dans ce tableau sombre et fade qu'est la ville de Saint Malo en ce mois de janvier. Quelques heures plus tard, il s'était endormi sur son siège en velours rouge, accablé par la fatigue et la bouteille d’alcool qu'il avait bu. Aux alentours de midi, il arriva à la gare de Quimper, et avec les quelques francs qu'il lui restait, il paya une diligence en direction de la maison de ses parents à Bannalec. Sur le chemin, il reconnut chaque endroit parfaitement, il les connaissait bien, il passait par là tous les jours il y a déjà plusieurs années ; la maison de Mr Kerig,


l’hôtel de la gare, le chemin boueux qui mène aux écuries des Postic, et une multitude d’autres lieux typiquement breton. Il était huit heures tapantes lorsque Job arriva enfin à la chaleureuse maison de ses parents, rien n’avait changé, on entrait toujours par un portillon en métal noir rouillé dans le jardin, ensuite on marchait sur un chemin pavé, puis on entrait dans la maison par une grande porte en bois et fer forgé. La maison était toujours aussi dotée d'une lumière flamboyante, Job s’y sentait très bien, très à l’aise, il sentit l’odeur de Kig ha farz s’échapper de la cuisine ainsi que l’odeur sucrée du kouign amann que préparait sa mère pour le repas du dimanche. Il vit ses parents affairés dans la petite cuisine bleu lavande, un peu délavée par le temps, il s'approcha, sa mère le vit et le prit chaleureusement dans ses bras doux et dodus. Quant à son père il lui fit une tape affectueuse dans le dos. Tous deux étaient très émus de retrouver leur fils chéri en ce beau jour d'hiver. Ils s'installèrent à table pour déguster le festin qu'avait préparé la mère de Job. Durant le repas, ses parents l'informèrent d'un nouveau travail qui s'offrait à lui, monsieur et madame Le Gall, les propriétaires de la boucherie "Au bon Porc" cherchaient à embaucher quelqu'un pour les aider.

Le lendemain matin, aux alentours de huit heures, Job se rendit aux halles de Quimper pour acheter le fromage favori de ses parents en guise de remerciement pour leur bonté et leur accueil chaleureux. Les rues étaient pleines, tous se dirigeaient vers l'entrée des Halles pour faire leurs achats du matin. Les halles n'avaient pas changé non plus. Une bouffée d'odeurs différentes firent surface dès son arrivée aux Halles. Sans s'en rendre compte l’odeur des légumes, des fruits, des poissons ainsi que pleins d'autres produits différents lui arrivèrent aux narines. Le brouhaha des Halles lui fit repenser à ces bons moments, où, enfant il s'amusait dans un coin avec ses camarades de classe. Au loin on pouvait apercevoir les fleurs aux émanations enivrantes et agressives de Marig son amie d'enfance qui lui sourit.

Au milieu des Halles se trouvaient de longs étals remplis de fruits et légumes divers et variés. Vers la seconde entrée se trouvaient les échoppes où l'on vendait du fromage


et de la viande. Une fois entré, il vit les vendeurs et les marchands le dévisager lorsqu'il passait d'étal à étal, tous se demandaient qui était cet étranger aux cheveux d'or qui errait au milieu du cœur de Quimper. Il sentait fort le cidre, chaque matin il buvait une bouteille entière. Sur la gauche, un nouveau marchand s’était installé, un maraîcher prénommé Jacques, il paraissait avoir des fruits succulents. Job fit le tour des Halles puis s’arrêta devant les viandes de monsieur Renont, on le remarquait de loin avec tout cet amas de rouge, cela piquait presque les yeux. Devant la fromagerie de monsieur Leost, il se fit bousculer par une sublime jeune femme aux cheveux de jai, et aux formes généreuses, il fut bouleversé devant une telle beauté de la nature. Elle avait un petit visage rond et deux jolies fossettes au coin de ses joues rosées. Elle avait de sublimes lèvres gourmandes parées de quelques touches de rouge intense, sa peau lisse lui donnait un air d'enfant innocent, ses oreilles étaient d'une finesse incomparable et sa peau d'un blanc porcelaine délicat. Ce qui le troubla le plus fut ses yeux vairons en amandes, qui le regardaient profondément et avec insistance. Job tomba fou amoureux de cette magnifique jeune femme, mais quelques secondes plus tard elle était déjà à l'autre bout des halles, il se dit qu'il ne la reverrait plus jamais, cela le rendit profondément triste et déprimé. Il paya le fromage pour ses parents et se dirigea vers la rue des boucheries où se trouvait le commerce de monsieur et madame Le Gall. Il se fit embaucher à la boucherie et resta travailler durant le reste de la journée. Le soir même il acheta un petit appartement dans la venelle de Kergresk.

Job resta troublé par la beauté de la femme des halles pendant plusieurs jours, il rêvait de la revoir. Il se disait qu’un jour peut-être il la retrouverait et que ce jourlà il lui avouerait ses sentiments. Il décida donc de questionner les personnes qu’il connaissait dans Quimper au sujet de cette mystérieuse inconnue. La découverte qu’il fit auprès de son ancienne nourrice Gertrude Le Quéau le perturba, celle-ci lui dit que la femme des halles était une fille aux mœurs légères prénommée Martine qui dansait au cabaret du Petit Paris. Cela ne découragea pas Job, il pensa que ce n’était qu’une simple rumeur qu’il trouvait forte insultante pour Martine. Quelques semaines plus tard, au soir du huitième jour de janvier, désespéré de ne pas trouver Martine, il décida d'aller au cabaret pour se saouler et être heureux. Il poussa la porte d’entrée et vit une dizaine d’hommes regardant de charmantes


jeunes femmes danser au milieu de la pièce. Le nom de ce cabaret lui disait quelque chose.

Soudain il se souvint que c’était Gertrude qu’il lui avait parlé de ce lieu, il ne l’avait pas écouté car elle inventait toujours des milliers de ragots pour que l’on s’intéresse à elle. Il réfléchit puis se dit qu’avec de la chance elle ne lui avait pas menti et qu’il trouverait la femme qu’il désirait tant. Il s’assit, commanda un tonneau de cidre et commença à boire, et observa chaque danseuse afin de trouver Martine. Hélas il ne la voyait point. Il prit la décision de quitter le cabaret, il paya sa boisson et se dirigea vers la sortie en titubant lorsque soudain une déesse aux yeux vairons se présenta devant lui, il la reconnut directement, c’était Martine, il l’avait retrouvée ! Elle prit la main de Job, l’entraîna à travers un loin couloir paré d’une tapisserie rouge et bleue, le plaqua contre le mur et l’embrassa fougueusement sur les lèvres. Job était rempli d’une joie incomparable, son vœu se réalisait enfin. Ils continuèrent de s’embrasser durant de longues minutes, on pouvait sentir l’amour se dégager d’eux, leurs corps étaient en parfaite harmonie. Elle s’éloigna de Job, lui reprit la main, et d’une marche enjouée sortirent du Petit Paris main dans la main et allèrent vers l’appartement de Job. Ils arrivèrent dans une ruelle très charmante, entrèrent par la porte du N°13 de la venelle de Kergresk, montèrent de longs escaliers en colimaçon noir et se trouvèrent enfin devant la porte du nid douillet de Job. Une fois la porte ouverte, Martine découvrit un lieu d’une immense douceur. Chaque objet semblait avoir été recouvert d’un léger voile de coton, tout était blanc, doux et propre. Elle trouvait cet endroit un peu froid et peu accueillant, selon elle cela manquait de couleurs mais elle n’y prêta guère attention. Job l’emmena dans sa chambre et Martine le pria de s’allonger sur son lit. Elle défit sa coiffure, laissa tomber ses longs cheveux noirs sur ses épaules, délaça délicatement son corset ce qui laissa paraître sa poitrine généreuse, enleva ses jupons un à un puis incita Job à faire de même. Il retira ses habits peu nombreux, s’approcha de Martine et l’embrassa langoureusement, il fut très heureux de gouter au sucre de ses lèvres rouge rubis. Ils passèrent l’une des nuits les plus merveilleuses de leur vie.


À l’aube du neuf janvier, Job se réveilla aux côtés d'une femme qu'il ne connaissait pas, l'alcool avait supprimé les souvenirs de la nuit passée. Il se hâta de s’habiller, et quitta sa chambre pour se diriger vers la boucherie des Le Gall. Lorsqu’il arriva à la boucherie, une odeur prenante de boudin lui emplit les narines, il détestait cet aliment, le fait de savoir que ce n’est qu’un amas de sang séché le répugnait au plus haut point. Il passa une longue et ennuyeuse journée durant laquelle les heures lui parurent interminables. Aux alentours de sept heures, il se dirigea hâtivement vers sa demeure, sur le chemin il paya une bouteille de cidre et la vue pendant le trajet. Lorsqu’il entra chez lui, Martine était là et l’attendait depuis déjà un long moment. Il lui demanda qui elle était, Martine lui expliqua tout. Ils discutèrent pendant de longues heures durant la soirée et ils s’endormirent une seconde fois enlacés. Plusieurs mois durant, Job retrouva Martine chez lui tous les soirs. Cependant, cela ne pouvant plus durer, Ils achetèrent un petit appartement dans une petite rue parallèle à celle des boucheries. Job n'avait pas arrêté de boire, il disait que cela le rendait plus courageux et meilleur dans tous les domaines. En Novembre de l’année suivante, Job pris son courage à deux mains et alla demander la main de Martine. Il l'amena dans les Halles, le lieu préféré de Martine où le soleil brillait en ce beau jour d'automne. Mais ce jourlà, il était extrêmement ivre, à force de boire il ne se rendait pas compte qu'il s'éloignait peu à peu de Martine. Malheureusement, elle n'accepta point car elle ne souhaitait une relation longue avec un homme, et le fait que Job soit régulièrement saoul l’attristait et l’énervait au plus haut point, elle ne voulait pas d'un homme ayant de mauvais rapports avec l'alcool. Ce que Job ne savait pas c'est que plusieurs fois Martine avait partagé son lit avec d'autres hommes que lui, elle se sentait délaissée par Job et aIlait trouver du réconfort auprès d'autres personnes. Ils se séparèrent et Job sombra de nouveau dans la dépression et se réfugia dans l'alcool.

Daphnée et Astrée


Coup de foudre aux Halles Niels et Alexandre


Coup de foudre aux Halles 8h05, Charles attendait son train en gare d’Elliant. Dix minutes s'étaient déjà écoulées depuis son arrivée. Charles commençait à s’inquiéter. Son train était censé passer à 8h. Voyant un contrôleur, il s'adressa à lui : -Le train de Quimper est-il déjà passé ? -Veuillez nous excuser cher Monsieur, le train est en retard. Il arrive dans quelques minutes. -Merci bien mon cher Le train arriva en gare et Charles s'y engouffra. Il s'y installa et repensa à sa vie antérieure. Charles, qui était né dans la ferme du Stang sur la petite commune d’Elliant, d’un père boucher et d’une mère au foyer. C’était l’ainé de sa famille. Son père possédait une grosse boucherie dans le quartier de la rue de la Halle et avait pris son fils, Charles, en tant qu’apprenti. Charles était âgé de

dix-huit

ans

et

c’était

sa

première

expérience

professionnelle.

Enfin arrivé à Quimper, il descendit du train, et se dirigea vers la boucherie ou son père l’attendait déjà. Charles commençait ses journées à 9 heures et les finissaient à 17h30. Ce jour-là il terminait sa journée plus tôt car il était invité à un mariage le mardi. Aujourd’hui, son père lui avait appris à couper de la viande de porc, viande très convoitée par les habitants de Quimper. Après sa dure journée, Charles décida de monter dans son appartement, qui était au-dessus de la boucherie. Il se prépara pour sa fabuleuse journée du Mardi : il opta pour un chapeau haut de forme, une chemise blanche, par-dessus laquelle il mit une petite veste marron. Il prit ensuite un pantalon blanc, avec une magnifique canne traditionnelle.


Après une bonne nuit de sommeil, il se lava dans une bassine, et alla chercher son petit-déjeuner à l’aide d’un panier en osier dans les rues de Quimper. Il avait le choix entre plusieurs commerçants vendant du pain en quantité. Il en profita pour prendre différentes variétés de légumes pour son père. Après avoir mangé, il s’habilla et s’en alla pour le mariage à bord de sa magnifique voiture. Il fut accueilli dans un château décorés avec de magnifiques fleurs qui éclairaient les allés du château. Des musiciens jouaient un air du pays cornouaillais qui faisait danser les nombreux invités. Charles cherchait des yeux les mariés, pour féliciter leurs unions. Ses yeux se stoppèrent net sur une jeune demoiselle. Elle portait une sublime robe blanche incrustées de diamant qui reflétait la lumière extérieure. La mariée, vint voir Charles et lui présenta la jolie demoiselle qu’il avait vue auparavant Charles tomba immédiatement sous son charme. Elle s’appelait Juliette. Elle travaillait à la place du vieux beurre, elle y vendait du beurre et du lait. Ses parents, eux, possédait la plus grande ferme de Bretagne. Ils approvisionnaient tous les évêchés du Finistère en lait. La cérémonie religieuse et civile venait de se terminer, et le marié vint pour annoncer le début du repas. Le repas, était composé de viande de porc venant directement de la boucherie de son père, et de légumes qui donnaient une touche de gaieté au plat. Le dessert, provenait des halles de Quimper, et était composé de fruits de saison qui donnaient une touche exotique au repas. Ils buvaient du vin provenant des vignes de Vannes, les seules en Bretagne. Charles savoura son repas, et les nombreuses saveurs des aliments se perdaient dans sa bouche. Il dégusta avec amour la viande de porc, qui, avec son piment oriental, envoyait des arômes gustatifs absolument divins. Les légumes, quant à eux, s’étalaient dans la bouche et donnaient à Charles ce fameux sentiment d’évasion dans un autre monde. Le dessert était absolument exquis, preuve que les Halles renfermait des arômes et des saveurs indénombrables. Une fois le repas terminé, les invités participèrent aux festivités, et regagnèrent leurs voitures pour se diriger à leur domicile. Charles essaya de retrouver la jeune demoiselle qu'il avait vu, mais en vain : elle était déjà partie.


Charles rentra donc chez lui, déçu, mais avec l'image de la jeune femme en tête. Le lendemain, Charles alla travailler à la boucherie de son père, et ce jourlà, les deux hommes attendaient une importante livraison de viande. Une fois arrivée, Charles fut stupéfait par cette incroyable montagne de viande en tout genre. Charles ayant effectué du bon travail le mercredi, son père décida de lui offrir une place pour le théâtre qui avait lieu le jeudi. Le jeudi, Charles s'habilla avec chic, et partit au théâtre. Une fois installé, Charles traversa la foule des yeux, et il fut très étonné de voir Juliette, la jeune demoiselle qu'il avait vue au Mariage. Il fut hypnotisé par sa beauté et en oublia la pièce de théâtre. La pièce terminée, Charles alla lui parler : -" Oh quelle surprise de vous voir ici. -Je suis également surprise de vous voir. Comment vous portez-vous ? -A merveille. Le commerce de mon père se porte également à merveille. Et vous ? -Tout va pour le mieux. " Juliette regarda l'heure et dis : - " Je suis désolée, mais il est tard et je commence ma journée relativement tôt demain. Ce fut un plaisir de vous revoir." Juliette s'en alla, laissant Charles, seul, retourné chez lui. Le lendemain était la journée du vendredi, la seule journée de la semaine où les habitants ne consommaient pas de viande, mais seulement du poisson. Le père de Charles, voulant tester une recette, demanda à son fils, d'aller chercher du lait en ville. Charles prit donc son panier en osier et se dirigea vers la place du vieux beurre là où se trouvaient d'énormes quantités de lait et de beurre. Charles se dirigea vers une commerçante. Malheureusement elle n'avait plus de lait, elle conseilla Charles d'aller voir en face, et il prit quelques barils


de lait. Charles ayant ce dont il avait besoin, il décida de rentrer. Mais il fut interpellé par la fameuse Juliette qui lui apprit qu’elle vendait aussi du lait. Charles, prenant son courage à deux mains, dit : -" Depuis que je vous ai vu au mariage, je ne peux m'empêcher de penser à vous. Je pense être amoureux de vous. " Charles approcha sa tête de celle de Juliette, la regarda dans les yeux, et l'embrassa. Un an plus tard, Juliette et Charles habitaient un petit appartement avec leur fils qui venait de naître, il s'appelait Yann.

Niels et Alexandre


L’enfant de la fromagère Céline et Charline


L'enfant de la fromagère Ce matin de 13 août 1887, Fañch un jeune aubergiste de la rue Kéreon, se promène dans les rues de Kemper.Les allées étaient bondées d'odeurs de fruits et légumes exquises. Les marchands de toutes sortes de produits s'afféraient autour de leurs petits commerces comme des abeilles bourdonnants autour de leur ruche. Il monta vers la place au beurre où les fromagères affluaient tapant vivement dans leurs barrâtes. Une odeur forte de lait fermenté se mélangeait avec la chaleur de l'été.

Au milieu de toutes ses femmes fortes et vieillies par leur travail se trouvait Rozenn Le Menn, toute fraiche, toute menue, toute fragile entre les grandes ombres de ses ainées. Fanch la trouva fort à son goût avec ses belles courbes fines et pures de jeune femme. Elle avait le front lisse, le nez court les joues pleines et le visage rond au teint frais et clair. Ses yeux étaient pareils à des perles de la rosée du matin d'un bleu pure et à l'iris presque translucide. Quant à ses pommettes tout justes roses de sa jeunesse joyeuse et ses lèvres fines et délicates elles se rassemblaient telle une harmonie parfaite étant ce visage. Ses cheveux longs, blonds, lisse rattachés en un petit chignon lui donnait un air de plus en plus juvénile. Elle semblait élégante et à la fois craintive dans ce milieu de femme durcie par leur labeur.


Et voilà que Madame Anaig Pensec, une très chère amie de Rozenn, considéré comme sa confidente et possédant un étal de volailles aux marchés aux bestiaux se trouvant au champ de foire, se trouvant passait par là. Elle vit tout de suite que monsieur Fanch n'était pas insensible au charme de son amie. Alors elle décida de les faire se rencontrer. C'est ainsi qu'un mois plus tard Rozenn devint Mme Fanch. C'est alors que trois mois passèrent où ils vécurent paisiblement dans la petite auberge de Fanch rue Kéréon une vie simple et tranquille. Puis le 19 Novembre, un jour comme les autres, Fanch eu pour hôte Paul Faine. Il fut d'ailleurs surpris car à peine le jour se levait le lendemain de son arrivée il fut déjà envolé tel une ombre qui ne fait que passer. C'est alors qu'il apprit par ses parents, habitants de la petite commune d'Ergué-Armel, qu'un crime fut commis par son hôte d'un soir au moulin de Len-du. Une jeune fille avait été trouvée pendue par l'assassin. Il apprendra par la suite que Paul fut en fait arrêté en portes de son auberge. Pendant des semaines Rozenn n'allait pas bien. Elle ne parlait même pas. Elle avait le teint livide et creusé comme si elle eut été extrêmement fatiguée. Au bout de 4 mois croyant que sa femme était malade, Fanch découvrit que le ventre de sa femme avait étrangement grossit. Il comprit sur le champ que sa compagne était enceinte. Mais ce qu'il ne savait pas c'est que de par son ennuie à l'auberge Rozenn avait commis un adultère avec le prisonnier défunt. Rozenn n'avait qu'une peur, depuis qu'elle savait que le père de son enfant était un meurtrier elle songeait au fait que sa progéniture soit tout aussi dangereuse. Elle comptait bien évidemment cacher sa liaison, fruit d'une dangereuse naissance.

Après un accouchement douloureux et agité, naquit le petit Jean. Fañch fut tout heureux de voir "son enfant" sans se douter de la tromperie de sa femme. Toute les Halles était au courant du nouveau-né et se réjouissait. En ce beau mois d'août et durant sa petite enfance le petit et son père eurent une relation douce et complice.


C'est alors que lorsqu’il atteint l'âge de cinq ans, il se fit une réputation d'enfant perturbé et difficile à vivre, cette réputation prit tout son sens au cœur des Halles, là où toutes les rumeurs et bruits se répandaient tels des épidémies qui rongent une société. Les Halles provoquaient chez Rozenn une frayeur sans pareil car elles étaient synonymes de la possible révélation de son secret. Ces grandes dames de bois et de fer étaient maîtresses de son destin dans la société quimpéroise. Jean, avait grandi et la belle époque où il s'entendait à merveille avec son père était passée, désormais il laissait paraître son impolitesse et ses allures de jeune délinquant. Au plus profond de lui sommeillait en fait un enfant apeuré par son manque de perfection face à celle de ses parents. Depuis bien longtemps il avait remarqué la façon dont tous ces marchands et commerçants les lui et ses parents regardaient

avec

un

grand

sourire

mêlant

compassion et bienveillance comme s’ils cachaient quelque chose. Jean alla donc questionner Mme Pensec, la confidente de sa mère. Rozenn avait bien évidemment tout raconté à son amie. Par pitié, la vendeuse de volaille lui raconta toute l'histoire de son père. Curieusement il la regarda peu surpris comme si c'était presque une évidence pour lui.

Après un certain temps le secret fut inévitablement dévoilé et tout le monde su pour l'horrible histoire et la honte des aubergistes. Fañch de son côté ne réalisé pas à quel point on avait pu le trahir. Il considéra qu'il ne pouvait rester auprès de cet enfant qu'il lui était illégitime. Il alla donc finir sa vie seul dans l'ancienne maison de ses parents maintenant défunts laissant derrière lui sa femme moquée et déshonorée de tous ainsi qu'un fils qui n'était pas le sien prédestiné au destin de son véritable père.

Céline et Charline


Une visite inattendue Juliette et ThĂŠo


Une visite inattendue Sur un sentier piétiné depuis des décennies, un homme marche, seul, dans le silence. Il s'appelle Youn, il est vêtu d'une redingote d'un noir opaque et d'un pantalon de velours droit. Ses souliers en cuir lui font mal aux pieds et son grand manteau ample recouvre son corps jusqu'à ses mollets. Youn est un homme bon et simple, son corps était robuste mais il n'était pas très grand, son visage était carré, le teint lumineux et frais. Il avait les yeux bleu clairs, ses sourcils étaient foncés et denses ce qui rendait son regard perçant. Il avait les cheveux bruns comme le pelage d'un ours et légèrement bouclés. Youn connait bien ce sentier, il l'empreinte souvent pour aller à Pont-L'Abbé, il a grandi là-bas. Mais la seule raison pour laquelle il y retourne, c'est pour rendre visite à sa mère à l'hôtel Dieu, elle souffre d'une maladie inconnue et les médecins comme lui espèrent qu'elle se rétablisse au plus vite. Il marche d'un pas élancé, le sentier surplombe l'Odet et à l'horizon on commence à apercevoir la ville de Quimper.

A la nuit tombée, il arrive dans la ville, passe la rue Saint- François, longe les Halles à cette heure-ci éteintes, rejoint la rue Kéréon pour arriver à la Cathédrale SaintCorentin. L'obscurité de la nuit plonge la ville dans un lourd sommeil. Youn tient une auberge rue du Frout, c'est à ce moment que celle-ci prend vie. Sa voisine est mercière, il a toujours été très proche d'elle. Elle se prénomme Bleuzen. Youn entre dans sa boutique, les murs sont ornés de broderies bretonnes qui longent leurs bordures, le sol est recouvert d'une moquette blanc crème, les rayons du Soleil, de jour, se fraient un chemin à travers la vitrine gigantesque, bien décorée. Bleuzen est derrière son comptoir, elle range et nettoie sa boutique avant la fermeture, dans son dos, d'énormes étagères sont remplies de bobines de fil avec toutes les couleurs imaginables. Des rouleaux de tissus sont alignés dans le fond du magasin, plusieurs mannequins en bois ont disposés au centre de la pièce et sont habillés avec des tenues traditionnelles de Quimper que les habitants ressortent pour les grandes occasions. Sa boutique est magnifique. Youn apprend en discutant avec Bleuzen que le président du conseil des ministres, Jules Dufaure viendrait à Quimper pour rendre visite à son ami Joseph Astor, maire actuel de la ville. Celui-ci a prévu de faire visiter le centre historique de la ville dont le tout récent musée des Beaux-Arts, mais aussi


quelques autres boutiques connues et bien-sûr les halles. Youn sort de la boutique, se dirige vers la boulangerie de l'autre côté de la rue. Il entre, il aperçoit Marie derrière le comptoir, elle est assez âgée, elle tient cette boutique depuis une vingtaine d'année. -"Bonsoir Marie !" -"Bonsoir Youn, qu'est ce qui t'amène ?", dit Marie d'un ton jovial. -"Je voudrais un pain viennois s'il te plaît" -"Oui, toute suite ! Sinon ta mère se porte-t-elle bien ?" -"Rien de nouveau, tu sais, j'en viens.", d'une voix désespérée. -"Courage, ça s'améliorera. » s’exclame-t-elle. Youn sort de la boutique son pain à la main puis il rentre dans son auberge, elle est remplie de ces plus fidèles clients et clientes. Il salut ses subalternes et se dirige vers la porte au fond à droite, il monte les escaliers ce qui l'amène à son appartement. Youn vit au-dessus de son auberge depuis qu'il a quitté Pont-l'Abbé et la maison familiale, son père est mort quand il avait 11ans. Le lendemain il se réveille tardivement après une nuit mouvementée, il ouvre les rideaux de sa chambre et a vu sur une cours, elle est toujours bien décorée. Mme Leroy s'en occupe très souvent, c'est une dame âgée qui ne travaille plus, elle est très aimable et souriante en toutes circonstances. De l’autre côté de son appartement il ouvre aussi les rideaux, ceux-ci sont rouges. Depuis là où il est, dans sa salle à manger Youn peut admirer en hauteur sur sa droite, les pointes de la cathédrale SaintCorentin, surplombant toute la ville et guettant l'arrivée de visiteurs. Il s'habille, mange un peu puis se lave. Il descend dans son auberge, il doit bien être 10h, il aperçoit Thérèse et Yann ses partenaires. Thérèse est là depuis le début de l'auberge il y a de cela quelques années, elle l'a toujours aidée et soutenue dans son projet professionnel. C'est une dame d'une quarantaine d'années, elle est coiffée d'un carrée blond châtain sans aucuns cheveux à dépasser, elle est de taille moyenne et plutôt mince. Ses joues creuses lui donnent son charme, elle a des tâches de rousseurs assez peu visible, les yeux marrons noisette et pétillants, ses mains sont petites et abîmées par le métier. Elle est mariée à Frédéric, c'est un charmant personnage, ils ont deux enfants qui passent de temps à autre lui rendre visite quand il n'y a pas beaucoup de clients. André est le plus grand des deux, il a douze ans et sa petite sœur Lucie de neuf ans. Yann est un jeune homme de vingt-six ans grand et robuste, les


cheveux cendré et courts, le visage plein et lumineux. Il avait une barbe bien rasée et drue, les yeux verts étincelants, une voix grave et douce à la fois, le nez long et fin comme un bec de rapace mais surtout un regard attendrissant qui ferait craquer n'importe qui. Yann vit seul et ça lui convient très bien, il est au service de Youn seulement depuis quatre mois car la clientèle de l'auberge a commencé à être plus importante. -"Bonjour tous les deux !!" s'exclama Youn. -"Bonjour Youn !" dit Thérèse, gaiement. -"Bonjour chef !" répliqua Yann. -"Je vais acheter quelques provisions, est ce que l'un d'entre vous a besoin de quelque chose en particulier ?" -"Oui, j'ai besoin de poires et de pommes de terre pour ce midi, je crains qu'il n'y en a pas assez." dit Thérèse. -"Mais avec plaisir !!" rétorqua-t-il. Youn sort de l'auberge, il regarde le ciel, la pluie commence à tomber sur son visage, ce n'est pas commun pour un mois de juin. Mr Astor un peu plus tôt ce trouve sur le quai de la gare de Quimper. À sa gauche, à sa droite, des journalistes attendent impatiemment comme lui l'arrivée de Mr Dufaure. Certains des plus importants conseillers municipaux l'accompagnent, son chapeau haut de forme a du mal à tenir en place à cause du vent qui balayé le quai et fait s'envoler les feuilles mortes de l'an passé et les déchets. Soudain, un sifflet de train retentit au loin, une petite dizaine de wagons arrivent, une traînée de fumée s'échappe de la cheminée. Il fait sombre sur le quai, les passagers descendent après l'arrêt en gare et Mr Astor accueil le premier ministre, ils se saluent sous les coups répétitifs des flashs d'appareils photos, les deux hommes ne veulent aucunes questions, sachant qu'ils ne parleront pas les journalistes décident de les laisser mais ils ont déjà de quoi faire un article. Le train repart dans l'autre sens en accélérant en faisant un bruit insupportable. Youn marche d'un pas rapide, le vent souffle dans les arbres et les branches fouettent de plus en plus, il longe le côté nord de la cathédrale. Le sol de la place est trempé, lui commence à l'être tout autant, il arrive à la rue Kéréon, les gens s'agitent


et la pluie s'intensifie, tout le monde se réfugie dans les boutiques pour se mettre à l'abri. Il tourne à gauche dans la rue Saint François et rentre dans les halles. Devant lui une foule, le fracas des µ contre le sol bourdonne dans ses oreilles, les gens discutent, les marchands clament à haute voix pour essayer de vendre leurs produits. Youn se dirige vers les poissonniers, il se heurte aux passants en essayant de se frayer un chemin, l'odeur agressive du poisson l'écœure. Devant l'étalage, quelques personnes tout comme lui, les thons, les maquereaux, les sardines, les langoustes et les homards. Son choix se tourne plutôt vers les soles. Après ça, il se faufile jusqu'à arriver vers Denise, sa marchande de légumes favorites. -"Bien le bonjour Denise !" -" Bonjour, quel bon vent vous amène ? " Son étalage est rempli de tous les fruits et légumes imaginables, des pommes de toute sorte, des fruits de saison, des melons bien mûrs, des fraises, rouge écarlate, des framboises, des cerises, toutes les couleurs sont rassemblées. Les légumes eux aussi participent à ce magnifique tableau, les courgettes, les choux, les carottes accrochées en bottes pendent juste devant lui, les aubergines d'un violet profond mais aussi les radis et les épinards. -"Je voudrai des poires et des pommes de terre s'il vous plaît ?" -"Oui tout de suite, il me reste un sac de 5kg. " Youn repart avec ses poires et son sac en toile de jute, son poisson déjà rangé dans son manteau. À quelques mètres de cela, le fromager est débordé, il va vers son échoppe pour acheter du lait. Il se retourne, derrière lui Mr Astor et Mr Dufaure se balade dans les Halles, ils serrent les mains des marchands, discutent un peu et continuent leur périple. Youn les regarde, s'avance vers eux, le maire le voit. -"Bonjour Mr Lemoine !" s'exclama Mr Astor. -"Bonjour Mr le maire !" Youn regarde les deux hommes, il ne voit pas le pied de table devant lui et trébuche, le lait se renverse sur eux. " Je suis vraiment désolé, je ne sais pas comment m'excuser." -" Ce n'est rien, ça arrive à tout le monde." dit Mr Dufaure.


Il s'en alla très embarrassé, et retourna dans son auberge. Le maire expliqua à son ami que c'était un homme qui tenait une très bonne auberge non loin de la cathédrale. Le soir même les deux hommes retournèrent à la gare, la pluie battante et la tempête faisaient vibrer les vitres, la nuit commençait à tomber mais il faisait déjà sombre. Au loin un train arrive, ses feux éblouissent, les deux hommes se saluent, le train arrive en gare mais ne ralentie pas, il n'y a pas de chauffeur, on ne voit rien le train n'est qu'à quelques mètres du quai, il déraille et rentre dans la gare, au passage il arrache la moitié quai.

Juliette et Théo


Madeleine Kouarc’h Lily et Coline


Madeleine Kouarc’h Madeleine Kouarc’h avait vécu une enfance heureuse avec ces parents à Briec. Depuis sa naissance elle et ces parents poissonniers faisaient le trajet QuimperBriec en charrette tirée par leurs chevaux Margueritte et Napoléon. Ils partaient à 4 heures du matin pour ne rentrer qu'à 18 heures. Enfin, elle et sa mère entamaient toutes les tâches ménagères de la maison. Jusqu'à ses 12 ans, Madeleine trouvait encore du plaisir à venir au Halles de Quimper mais passé cet âge elle n'en pouvait plus de cette vie cadrée, elle aurait voulu tout changer et s'échapper de cette vie qui ne lui plaisait pas. Un jour, lorsque Madeleine avait 16 ans, un homme arriva à Quimper. Il s'installa dans la Rue des Gentilshommes, cette rue ou elle passait tous les jours pour aller voir son amie Marie-Catherine. Personne n'appréciait cet artiste car il était étranger, il venait de Lyon. Cependant, la jeune Madeleine lui trouvait un certain charme. Ce jeune homme était décrit comme " peu recommandable ", mais Madeleine ne faisait pas attention à ces commentaires. Elle décida de s'inscrire à un cours de dessin que proposait ce peintre Un matin d'hiver, elle s'échappa des Halles en prétendant aller voir MarieCatherine. Elle hésita encore une fois avant de franchir cette porte en bois marron foncé avec une charnière rouillée, elle regarda à travers la vitre cassée, elle vit l'homme au fond de la pièce assit sur un tabouret en plein travail. Finalement elle entra. La pièce exposée au nord était plongée dans une semi-obscurité mais un filet de soleil miroitait sur la table. Une fine couche de poussière apparaissait sur les meubles. Malgré une médiocre luminosité, un fort parfum de peinture fraîche émanait du fond de la pièce. Madeleine trouvait ce parfum agréable et délicat. Elle s'avança, elle posa son regard sur le peintre qui ne l'avait pas encore remarquée. Il avait des cheveux bruns ondulés et broussailleux, son visage était fin et allongé avec une mâchoire imposante. Ensuite Madeleine s'attarda sur ses yeux, des yeux bleus délavés soutenus d'un vert profond et étincelant. Il avait des lèvres boudeuses qui lui plaisait. Son nez était long et bosselé. Le peintre était mince et grand avec une certaine élégance. Sa tenue, principalement noire tachetée de couleurs de peinture était en piteux état. Elle s'avança un peu plus pour mieux l'observer et leurs regards se croisèrent.


Il l'observa, Madeleine était un peu gênée de ce regard que portait sur elle ce peintre. Personne encore ne l'avais observée avec autant de sincérité. Pour les gens des Halles et de Briec, Madeleine était encore une enfant malgré qu'elle soit dans l'année de ses 17 ans. Soudain, il engagea la conversation : - " Bonjour mademoiselle que puis-je faire pour vous ? " Madeleine fut surprise car elle était encore dans ces pensées. Elle bredouilla : - " Bonjour, je suis venue pour que vous puissiez m'enseigner l'art... Je m'appelle Madeleine." Le peintre entama sa première leçon de peinture. Madeleine revint plusieurs fois par semaines car elle ne pouvait se détacher de Louis. Il avait des idées qui faisaient rêver Madeleine et de le voir la rassurait de tout. Un jour, lorsque Madeleine apprenait à peindre de la faillance, Louis lui demanda s’il pouvait la peindre sur un vase car il la trouvait belle. Madeleine accepta. A partir de ce jour, Madeleine et Louis entamèrent une relation secrète. Tous les jours et même plusieurs fois dans la même journée Madeleine se déplaçait jusqu'à son atelier de la Rue des Gentilhommes car c'était le lieu le plus discret qu'ils avaient trouvé et MarieCatherine la grande amie de Madeleine qui habitait à deux maisons pouvait surveiller la présence d'autrui. Malgré cette surveillance un jour, Mlle Léonie une des commères de Quimper les vu rentrer tous les deux mains dans la main dans l'appartement sans que Marie-Catherine ne s'en aperçoive. Lors d'un de leurs nombreux trajets entre Quimper et Briec, le père de Madeleine lui demanda de bien vouloir l'écouter. Il lui dit qu'elle allait devoir se marier. Sur le moment, Madeleine eut un choc. Elle ne voulait pas se marier maintenant. Elle qui venait de rencontrer ce peintre prénommé Louis qui lui parlait sans cesse de ses rêves de voyage et de liberté. Elle l'aimait. Son père continua : " - Ma fille, nous avons décidé avec le gros boucher que tu te marierais avec son fils Tudig qui est toujours sans femme." Tous les rêves de Madeleine s'échappèrent après cette phrase qui ne la quitta plus. Tudig était laid, il avait 5 ans de plus qu'elle et elle ne l'aimait pas il avait toujours été affable avec tout le monde. Lorsque Tudig était au comptoir, la boucherie des Boucanier ne faisait pas grande affaire. Avoir un mari comme Tudig ne la réjouissait pas du tout. Au contraire, la dévastait.


Malgré cette nouvelle Madeleine et Louis continuèrent de se voir en cachette ils continuèrent de construire des rêves de voyage et d'émancipation. Ils voulaient s'enfuir tous les deux pour se recréer une nouvelle vie, partir pour tout recommencer à zéro. Madeleine qui se débrouillait bien maintenant en peinture pourrait accompagner Louis par-delà le pays pour vendre leurs œuvres. Cependant, ils n'avaient pas d'argent Louis était ruiné et Madeleine ne gagnait rien pour le moment, les services qu'elle offrait à ses parents en les accompagnant aux Halles chaque jour ne lui offrait rien à elle. Elle eut donc l'idée que Louis vendrait ses œuvres aux Halles non pas un jour par semaine mais cinq jours par semaine pour pouvoir gagner plus rapidement de l'argent et donc partir plus rapidement. Il avait été également convenu que Madeleine apportera du poisson de ses parents et de la nourriture qu'elle prenait chez elle en cachette à Louis pour qu'il n'ait pas de dépenses sur la nourriture. Au bout de quelques mois, ils avaient réussi à économiser environ 100 francs et s’ils continuaient dans cette lignée ils pourraient s'enfuir rapidement. Cependant il, y avait Tudig. Forcé par son père, Tudig venait régulièrement offrir des présents à Madeleine ce qui réjouissait son père. Sa mère, elle, était un peu plus triste pour sa fille mais trouvait cette décision normale et ce mariage la rassurait aussi financièrement pour sa fille. Les Boucanier étaient assez aisés et sa fille ne manquerait pas. Néanmoins, la mère, Katell était inquiète. Elle avait entendu à travers des rumeurs que sa fille fréquentait un certain Louis qui faisait partie de ces " pauvres gens ". Elle ne voulait pas croire cette rumeur et ne voyait pas comment sa fille Madeleine si juste et si jeune pouvait avoir une relation amoureuse en étant aussi naïve. Une nouvelle fois, Tudig arriva à l'emplacement de la poissonnerie des Kouarc'h. L'emplacement se trouvait dans le fond des halles dans la partie de la marine. On y vendait divers poissons relativement frais, des bars, des cabillauds, des barbues, des merlus, des colins, des lieus jaunes, des truites de mer, des morues... L'odeur était infâme et agressive. Un brouhaha dominait les halles et Tudig se demandait comment des gens pouvait travailler toute la journée dans ce vacarme et dans cette odeur écœurante. Tudig s'approcha de Léon et lui demanda où se trouvait Madeleine. Elle n'était pas là. Alors, Léon regarda Katell avec attention. Tudig sortit de sa poche une belle boîte en bois sculpté et le donna à Léon. Celui-ci ouvrit la boîte et y trouva une magnifique cuillère de mariage ce qui représentait son amour et son engagement envers Madeleine. Léon remercia milles fois Tudig et lui dit qu'il fallait organiser le plus rapidement les fiançailles


Devant l'absence de Madeleine, Katell mena son enquête suite aux doutes qu'elle avait eu par rapport à Madeleine et le peintre mystérieux. L’absence régulière de sa fille la frappa alors. Après le témoignage de Mlle Léonie, elle alla espionner le peintre à la sortie des halles. Elle vit des peintures principalement de femmes au loin, elle se rapprocha du jeune homme et lui demanda : «-

Êtes-vous Louis ? Non je suis son assistant Louis est occupé. Mais est ce que je peux vous aider en

quelque chose ? -

Oui j’aimerais bien savoir d’où vient son inspiration pour peindre ?

-

De sa muse il me semble comme on peut le voir sur ces faillances. »

Katell regarda encore de plus près et elle s’effondra en reconnaissant sa fille. Les commères de Quimper avaient bel et bien raison à propos de Madeleine. Katell acheta le vase sur lequel elle avait reconnu sa fille et dès qu’il fut l’heure, ils rentrèrent à Briec comme si de rien n’était. Une fois arrivés, ils firent les tâches ménagères et Katell alla voir Madeleine dans sa chambre. Elle prit le vase et la belle cuillère de mariage que lui avait offert Tudig l’après-midi même. Elle commença par montrer le vase à Madeleine fière et à la fois déçue de cette trouvaille. Sa mère la força à se fiancer et se marier avec Tudig sous peine de se faire battre par son père. Si elle oubliait Louis et si elle acceptait le mariage elle ne parlerait pas de Louis à son père. Madeleine était dévastée et pour la première fois de sa vie insulta sa mère. Une dispute éclata. Elle entendit son père monter dans les escaliers, Il ouvrit la porte et demanda : « - Katell que ce passe-t-il ? -

Madeleine a eu un amant secret, un peintre, ce fameux Louis, pauvre et laid.

-

Il a beaucoup de talent et je l’aime.

-

Peu m’importe que tu l’aime tu étais promise en mariage ! » Dis le père. « - De toute manière votre avis ne changera pas mes sentiments envers Louis et je n’aime pas et n’aimerais jamais votre Tudig qui vous plaît tant mais qui n’est rien pour moi, il est laid et désagréable. » Après ces paroles, Léon fut tellement choqué de sa fille qu’il la battu.


Katell et Léon firent tout leur possible pour que Madeleine ne revoit plus Louis. Celui-ci, en l’absence de nouvelles s’intéressa à une autre femme. Madeleine fut encore plus dévastée lorsqu’elle aperçut au coin d’une rue son Louis embrasser MarieCatherine sa meilleure amie et confidente Madeleine fut prise d’une rage et d’une tristesse incontrôlable. Une semaine après, elle était mariée à Tudig mais elle se rendit compte qu’elle attendait un enfant et ce n’était pas celui de Tudig. Elle en était certaine. Elle garda ce secret et elle fit passer l’enfant pour celui de Tudig, ses parents étaient enchantés. Après la naissance, Madeleine ne supportait pas de voir l’enfant de celui qui l’avait trahi, elle était toujours dévastée par la tristesse. Un jour orageux, elle se rendit dans sa maison dans sa maison d’enfance à Briec. Encore toute tremblante, elle noua la corde qui serrait son cou.

Lily et Coline


La Jalousie empoisonnée Lisa et Léna


La Jalousie empoisonnée Léonie était une jeune femme d'une vingtaine d'années née en Avril 1835, dans les bras de sa chère mère quelle admire beaucoup, dans une petite ferme. La ferme de ses parents qui se situait à Fouesnant. Léonie est de taille plutôt grande elle est mince, elle a le teint frais. Elle avait toujours un air sympathique, chaleureux, accueillant. Sa bouche était expressive, son nez mince et allongé, ses cheveux eux étaient épais et châtain clair. Son enfance fut très chaleureuse et pleine d'amour. Elle avait été élevée parmi plein d'animaux, qu'elle adorait toujours. Elle passait beaucoup de temps à s'occuper d'eux avec plaisir. Pour sortir dehors elle était vêtue d'un bonnet dit " calipette", blanc. D'une chemise de toile à manche, d'un corselet, la fameuse longue jupe de toile ou d'épais tissus selon la saison, un mouchoir de cou, tablier de toile, des bas de laine et de jolis sabots de bois confectionnés par son grand-père. Elle possédait un léger accent Breton et faisait partie du cercle de danse celtique de son village, elle y dansait tous les dimanches après-midi, se donnait en spectacle avec ses camarades de danse qui étaient dorénavant ses amis. Son village d'origine qu'elle aimait particulièrement est Fouesnant, une petite bourgade avec de jolies chaumières. Léonie et ses parents habitaient dans une petite ferme située à 15km de quimper, au lieu-dit Bellevue. La ferme était plutôt petite il y' avait une cinquantaine de vaches, quelques poulets qu'ils élevaient pour les manger ensuite, ainsi que 4 chevaux qui leur permettait de faire de la calèche pour se déplacer et surtout un joli chien qui se nommait Gwenou, il accompagnait Léonie dans tous ses déplacements même jusqu’à Quimper. La famille se nommait les LE BERRE, ils étaient aimés de tous dans le canton. La ferme des Le Berre était connu pour le très bon lait qu'il allait vendre aux halles tous les jours. Les parents de Léonie était trop vieux et ça les épuisaient beaucoup de se déplacer jusqu’à Quimper tous les jours. Léonie se chargeait donc du transport en calèche jusqu’à quimper, une fois les deux chevaux attachés à la calèche, le lait chargé par son père, elle était enfin prête a partir


pour un long périple jusqu’à Quimper le chemin était long car il fallait passer par beaucoup de petite bourgade entre Fouesnant et Quimper et aussi que les chevaux se reposent un petit peu. La calèche démarrait et il commençait le chemin jusqu'au petit village d'à côté, le village de Pleuven, elle passait par Kerneven ou elle saluait les amis de ses parents eux aussi fermiers. Ensuite elle continuait sa route jusqu’au Moulin du pont. Enfin elle arrivait dans son petit appartement a Quimper pour aller vendre le lait aux Halles d'es le lever du jour.

Léonie après une dure journée de labeur rentra chez elle. De son appartement situé quai du port au vin, elle pouvait voir les bateaux déposer des cargaisons de vin ou d'autres marchandises disposées surtout aux halles. Cette nuit était pluvieuse, elle pouvait entendre les sabots des chevaux taper sur les pavés ruisselants. La pluie s'abattait de plus en plus fort sur les maisons à colombages. La nuit passée Léonie se réveilla et se prépara, elle mit d'abord son tablier long et à bavette avec sa jupe unie elle termina en mettant son corselet et aussi sa légère coiffe blanche brodée par sa mère. Puis elle se diriga vers la cage d'escalier et les descendus d'un pas assuré. Elle arriva devant une grande porte en chêne quelle ouvrit de toutes ses forces puis elle alluma une vielle lanterne accrochée au mur sombre de la cave elle récupera les seaux remplis de lait qu'elle avait était chercher hier dans la campagne de Fouesnant, donc elle disposa ses seaux refermés par un capuchon en liège sur la charrette qui se trouvait sur le côté de la porte puis elle y rajoutait comme habituellement sa balance qui lui servait à peser son lait chaque jour. Après avoir terminé ces moeur elle demanda à son fidèle amie Jacques de l'aider à transporter sa charrette jusqu'a son magasin, ce qui c'était rapidement fait. Arrivée dans les halles Léonie comme à son habitude elle dit bonjour à tous les marchands et marchandes qu'elle avait croisé sur son chemin. Après avoir dit à Jacques qu'il pouvait y-aller elle rentrait 1 par 1 ses seaux de lait pour les descendre dans la cave de son magasin qui permettait de conserver celui-ci, elle commençait à descendre le premier seau tout en faisant attention à la marche défectueuse de l'escalier en bois, arrivée en bas, elle ouvrait le rideau jaunâtre de la petite meurtrière situées aux cotés gauches du mur qui permettait de laisser un filet de lumière de l'aube du matin qui se réveillai passer, en se retournant , elle ce figea, elle resta comme ça une bonne dizaine de minutes pâle tremblante et ne savant quoi faire puis un cri aigue et brute sortit de sa bouche, en face d'elle se trouvait un


corp inerte, une jeune femme la vingtaine, blonde, la peau blanche, au premier regard Léonie n'avait pas reconnu son visage, ce visage pourtant si familier, c'était son amie Gwenola , une gentille et agréable vendeuse de fleurs qui se situait juste à droite du magasin de Léonie. Après que le cri de Léonie ait retenti dans tous les halles, deux gardes alertés par ce cri stridant arrivèrent devant le stand de Léonie qui, si choquée c'était évanouie. Une demi-heure après Léonie se réveilla abasourdie par ce qui venait de ce passer, en moins de une demi-heure toute les halles de Quimper était au courant. Même de la place à la viande salée jusqu'à la place aux champs de foire tout le monde en parlait, mais de nombreux ragots se transformait de personne en personne. D'autres racontaient que c'était la faute de la marchande de lait, Léonie, car ces deux-ci c'étaient disputées récemment et encore pleins d'autres rumeurs plus incensées les unes que les autres. Mais soit-disant, cela fut vrai que Léonie et Gwenola c'était disputées la vielle pour une histoire de Lait soit-disant invarié, celle-ci se disputait régulièrement mais elles étaient aussi de très bonne amie car Gwenola l'aidait souvent pour la préparation du lait ou des nouvelles recettes, les deux filles se complétaient une était rigoureuse, l'autre créative. Une heure passait et les interrogations des gardes commençait dans les halles et les ruelles alentours. Tout le monde pensait que c'était de la faute de Léonie car c'était elle qui l'avait retrouvé dans sa cave et que c'elle ci étais en querelle la veille, Léonie débousselée par ce qui venait de lui arriver ne savez que dire, ces images d'horreur revenez sans cesse dans sa tête. Les gardes commençaient par interroger la famille de Gwenola dévastée par ce qui venait d'arriver puis l'autopsy fut arriver aucune blessure fut remarquée mais en faisant une prise de sang le médecin de Quimper remarqua que celle-ci fut empoisonnée. Tout le monde cru en premier, que c'était le lait de Léonie et de la famille Le Berre qui l'avait fait périr. Alors un inspecteur venu au magasin de Léonie pour procéder à une analyse du lait celle-ci pris environ 4 jours, alors Léonie ne sachant que faire d'ici là et qui commençait à en avoir marre qu'ont l'accuse à tord repartie chez ses parents à Fouesnant qui eux étaient au courant de tous ce qui venait de se passer. Les jours passaient et Léonie n'oubliait pas, les feuilles orange et jaunâtre commençaient à tomber une à une et le ciel de toute ses nuances d'oranges faisaient son apparition, l'hiver arrivait à grand pas. Les 4 jours étaient passés. Léonie le coeur lourd récuperait ces seaux et montait dans la calèche pour se diriger vers ces halles meurtries par cette événement


inhabituelle. Léonie posait son pied sur ces pavets de couleur pâle et un homme vient-à elle au début elle ne le reconnu pas ce fut l'inspecteur de l'autre jour qui venait lui remettre les analyses du lait. Le coeur battant à un rythme irrégulier Léonie attendait le verdict, alors l'inspecteur lui donna l'analyse et lui dit que son lait n'était point périmé et qu'elle pouvait continuer à le vendre dans les halles. Léonie soulagée repartit d'un pas élancé vers les halles mais se sentait toujours mal de ne pas savoir qui était ce tueur anonyme et en marchant dans les allées des halles observez par tous les marchands, espérait que cela ne se reproduise pas. Arriver en face de son magasin la boule au ventre elle ouvrit sa porte et se posa sur une chaise qui se trouvait à côté, elle commençait à s'endormir jusqu'au moment où elle entendit la porte lourde grincée, elle sursauta et alla regarder de plus près, elle reconnut la mère de Gwenola qui voulut parler avec Léonie. Elle se posèrent et commença à discuter de cette tragédie, Léonie retenus surtout l'histoire du frère de Gwendola qui se nommait Malo celui-ci la trentaine n'étais pas apprécié par la famille, car il était en froid avec l'autorité de ses parents mais aussi de l'éducation et quitta le domicile rapidement vers l'âge de 15 ans, celui-ci c'était débrouillé seul mais étais jaloux de sa soeur Gwenola qui avait hérité de tous, du Magasin, du logis mais surtout de parents. Mme Morvan la mère de Gwenola, elle avait revu son fils la veille, qui soit disant voulez redevenir un fils modèle et récupéré le magasin pour pouvoir aider ses parents. Cela avait étonnée Léonie qui connaissant bien Gwenola qui lui avait racontée toutes les histoires de familles, mais surtout de la confrontation de sa famille avec son frère qui revenait seulement pour l'argent. Mais Mme Morvan semblait convaincu que son fils avait réellement envie de changer. Après le départ de Mme Morvan, Léonie commença à enquêter sur le frère de Gwenola, elle apprit que celui-ci avait perdu son ancien travail de maraîcher et était revenu à quimper , cela avait était confirmé par le poissonnier qui l'avait vu se disputer avec sa soeur. Léonie était maintenant presque certaine que ce soit le propre frère qui est tué sa soeur. Pour confirmer son hypothèse Léonie se rendit à l'appartement de Malo, situé rue de la viande salée, arrivée dans l'appartement de celui-ci Léonie commença à chercher des indices de sa culpabilité, elle chercha dans les placards dans les tiroirs mais ne trouva rien, elle revenait sur ces pas et remarqua une étrange petite boite qui contenait une étrange plante dont elle ne connaissait pas l'existence. Elle l'emmenait avec elle, et alla parler au garde de son hypothèse et montra cette plante à ceci. Les heures passaient et Léonie avait peur. La nuit passa et Léonie n'eu


pas dormi de la nuit. Ce ne fut pas le bruit de Quimper qui la réveilla mais le bruit de quelq'un qui tapait sur cette porte en chêne. Elle alla ouvrir, il était à peine 4 heure du matin. Elle ouvrit et se retrouva tête à tête avec un garde, celui-ci lui expliqua alors la découverte qui venait de faire. Le garde lui dit que Malo avait été arrêté cette nuit pour la mort de Gwenola Morvan, la fleur que Léonie avait retrouvée était une sorte de poison, et que ce poison avait était retrouver dans le système sanguin de Gwenola. Et ce fut que deux semaines après que Malo reconnut le meurtre de Gwenola et avoua qu'il avait mis du poison dans le cidre de sa soeur pour pouvoir récupérer le magasin et l'héritage. Léonie après cet événement marquant décidait de rentrer 2 mois chez ces parents et de travailler à la ferme dans le calme de la campagne fouesnantaise.

Lisa et Léna


Amour et Trahison Manon et Meyliana


Amour et Trahison Jeanne et son mari Paul vivaient depuis maintenant 12 années dans une belle maison en colombage dans la rue du chapeau rouge. La jeune Jeanne, originaire de Pleuven une commune non loin de Quimper, travaillait à la boutique Daniélou-Guédès réputée pour ses tailleurs les plus prestigieux de la région. Et à son plus grand bonheur, son lieu de travail se situait à deux pas de chez elle. Un jour, lorsque Jeanne rentra de son travail, Paul l'interpella. Il voulut lui parler. Jeanne ne l'avait rarement vu aussi triste, ses boucles brunes tombaient sur son visage et son regard bleu azur, semblaient ternit par sa tristesse. Du haut de ses 1m85, il observa Jeanne avant de lui annoncer la nouvelle. Jeanne tomba des nues, elle savait que cela était obligatoire mais ça ne lui avait jamais traversé l'esprit que Paul y serait appelé. Il partait dans moins d'une semaine pour effectuer son service militaire de un an sans retour entre temps. Cela faisait maintenant trois semaines que Paul était parti, et Jeanne était toujours remplie de tristesse. Un dimanche d'hiver, alors que Jeanne revenait de son marcher aux Halles, un facteur l'interpella et lui tendit une lettre. La jolie blonde heureuse de penser que son mari lui avait écrit, s'empressa de rentrer chez-elle et de lire cette lettre. Pour la rendre encore plus réelle, elle décida de la lire à haute voix mais plus elle avançait dans sa lecture, plus elle comprit que cette nouvelle n'était pas de Paul. " Ma chère, cela fait maintenant plus d'une semaine que je vous ai remarqué, vous et votre regard assombri. Cela me brise le cœur de voir une aussi belle demoiselle sans sourire sur son visage. Eclairez-moi, je voudrais apercevoir au moins une fois votre beau sourire s'accordant parfaitement avec vos yeux verts brillants et votre nez retroussé entouré de vos boucles d'or. S'il vous plait, rejoignez-moi ce soir au coucher de soleil sur la place Saint Corentin, là où nous pourrons le contempler et discuter.

A vous, votre admirateur secret."

A la fin de cette lecture pleine de rebondissements, Jeanne s'écroula sur son canapé en velours, elle n'en revenait pas, tellement de questions sans réponses traversaient son esprit. "Qui était-ce ?", "Comment l'avait-il connu ?", "Le connaissaitelle ?", et finalement "Devait-elle y aller oui ou non ?".


Jeanne se questionna toute la journée à propos de ce fameux admirateur secret et lorsque le coucher de soleil approcha, ne pouvant pas résister à la tentation de découvrir qui se cachait derrière cette lettre elle s'y rendit. Une fois sur place, elle balaya du regard toute la place ainsi que ses alentours. Les quelques derniers rayons de soleil qui passaient à travers les branches d'arbres nus la fascina pendant quelques secondes, avant qu'une voix derrière son épaule la sortie de cette fascination. Elle se retourna nerveuse de voir son interlocuteur, et se retrouva nez-à-nez avec un jeune homme charismatique brun aux yeux verts. Sa carrure imposante la fit sentir sereine. Elle observa chaque détail de son visage et reconnu cet homme qu'elle avait plusieurs fois aperçut rentrant dans sa boutique, elle le pensait intéressé par les chaussures et n'aurais jamais pensé qu'il était en réalité intéressé par elle. Un mois passa, cela faisait maintenant longtemps que Jeanne et Jacques se voyaient régulièrement aux Halles puisque l'amant de Jeanne y vendait toutes sortes de tripes. Le temps passa et les 26 ans de Jeanne approchaient, elle vivait sa relation avec Jacques sans se soucier de son mari qui ne lui donnait aucunes nouvelles. Seulement elle ne se doutait pas qu'il avait réussi à obtenir une semaine de congé dans le but de lui faire une surprise pour son anniversaire. Le lundi suivant, le jour des 26 ans de Jeanne, Paul se rendit aux Halles afin d'acheter des tripes qui été le repas préféré de sa femme pour lui faire plaisir au moment où il la surprendrait. Et de plus, un tablier de soie en guise de cadeau d’anniversaire. Sachant que Jacques était le seul vendeur de tripes ouvert aux Halles ce jour-là, Paul s'y rendis sans songer une seule seconde de ce qui pouvait se passer. -Bonjour, s'exclama Paul de bonne humeur. -Bon matin, répondit Jacques, que puis-je pour vous ? -Il me faudrait deux tripes de moutons, s'il vous plaît, aujourd'hui est un grand jour. C'est l'anniversaire de mon épouse. -Oh, quelle coïncidence, c'est celui de mon amante également ! Elle ne devrait pas tarder d'ailleurs. Jacques tendit la commande au client et à ce moment-là Jeanne arriva sans reconnaître la silhouette de Paul qui se tenait de dos. Elle embrassa Jacques qui lui souhaita un bon anniversaire. Paul se retourna ébahit lorsqu'il reconnut la voix de sa


femme et d'avantage quand il l'aperçu dans les bras d'un autre homme. Sans réfléchir il balança sa commande de tripes aux visages des deux amants et tourna les talons, fou de rage. Deux ans étaient passés. Jeanne n'avait eu aucunes nouvelles de Jacques ni de Paul qui lui avaient tous deux fait comprendre qu'ils ne la pardonneraient jamais. Alors Jeanne se rendant compte de sa terrible erreur de trahison, ouvrit sa fenêtre donnant sur les Halles, et cria sa douleur avant de se jeter dans le vide en gardant en tête les deux amours de sa vie. Marion et Meyliana


Les péripéties de Jakez Axelle et Anaëlle


Les péripéties de Jakez Seul sur ma chaise je regardais mon cousin se faire baptiser. Du haut de mes quinze ans, je venais de devenir le parrain de Jean. C'était bientôt à mon tour d'aller faire mon discours devant toute la ville pour son baptême. L'ambiance était à son comble. Avec le soleil traversant les vitraux et les nombreuses bougies disposées devant le curé, la cathédrale de Quimper était resplendissante. Toute la ville était présente, il ne manquait plus que ma tante Albertine pour que tout soit parfait, mais ayant donné naissance à Jean la veille, il lui fallait du repos. Le baptême prit fin vers treize heures trente. Tout le monde se dirigea au café de l'Epée, qui se trouvait à la Rue du Parc, pour continuer les festivités. J'étais avec mes cousines, je m'amusais, je rigolais, nous étions heureux. Nous étions en pleins mois de décembre et une fine couche de neige recouvrait la ville. Nous glissions sur les trottoirs et les adultes nous réprimandaient de ne pas abîmer nos beaux vêtements. En cette période de l'année, Quimper était décoré et des sapins y était vendu un peu partout. Cela donnait un petit côté chaleureux à notre ville. Vers vingt heures, nous allions nous installer à table pour dîner. Pendant le repas, l'odeur du poisson me vint au nez. C'était une odeur écœurante et âcre. Je décidai donc de sortir prendre l'air, mais en passant devant une porte une divine odeur de pâtisserie me fit changer de direction. La pièce était sombre, je fus donc obligée d'allumer une bougie pour m'éclairer. C'était une très jolie pièce, toute de bois et de dorure. C'était étrange, il n'y avait aucun meuble, seul un tableau trônait au milieu du mur du fond. Je m'approchai et reconnut tout de suite l'endroit représenter sur la toile, le bourg de Gouesnac'h. Un souvenir surgit dans mon esprit. Je n'avais pas plus de six ans et je suis en compagnie de ma mère et de ma sœur. Mon père est derrière son étal de fruits et légumes. Il m'appelle et m'offre une fraise, mon fruit préféré, je le remercie et retourne avec ma mère et ma sœur. C'était le dernier jour que nous passions ensemble. Le lendemain, nous sommes partis pour une partie de pêche, comme tous les dimanches, mais le bateau coula et seul le fiancé de ma sœur, ma tante et moi sommes revenus sur la berge. Alban, le fiancé de ma sœur, m'éleva pendant cinq ans, puis je fus confié à ma tante après la mort de celui-ci, lors d'une bagarre de nuit avec des jeunes du villages. Ma tante et mon oncle, étaient des personnes fortunées, je pouvais donc aller au lycée de Quimper, le Likès. C'était un


lycée agricole très réputé. J'étais heureux malgré que ma famille me manquait. Je ne savais pas combien de temps j'étais rester à rêvasser devant le tableau, mais une de mes cousines vint me chercher pour me dire d'aller manger le dessert. Le cafetier nous servit un magnifique gâteau. Une fois, le gâteau terminé, les musiciens commencèrent à jouer de la musique et les hommes allèrent chercher leurs cavalières. J'avais vu que la fille du poissonnier était présente au diner mais je n'osai point aller la voir, alors c'est elle qui vint et nous commençâmes à danser, doucement puis plus rapidement, jusqu'à ne plus avoir de souffle. Ce fut une très belle danse et une très belle fin de soirée. Nous rentrâmes chez nous vers vingt-trois heures. Je dis bonne nuit à mes cousines, à Jean ainsi qu'à mon oncle et passa dans la chambre de ma tante pour voit si elle dormait et finit par regagner ma chambre. Nous vivions dans un grand appartement de la Rue du Parc, c'était une luxueuse demeure avec de grandes fenêtres, un étage, plusieurs chambres et une grande salle d'eau. Je me couchai et finit par m'endormir avec des bribes de souvenirs de mon ancienne vie à Gouesnach et de ma danse avec la fille du poissonnier en tête. Le lendemain matin, Jakez, pleins de souvenirs en tête, se leva et alla voir si sa tante n'avait besoin de rien avant qu'il parte pour le lycée. Elle lui demanda d'aller acheter du poisson car elle était incapable de se lever. Jakez partit aux Halles, en centre-ville. Arriver là-bas, il se dirigea vers le poissonnier. Un large choix de poisson était disposé devant lui, la pêche avait été bonne ce matin-là. Il y avait du lieu, du bar, du congre, de la lotte et tout un tas d'autres poissons. Il finit par choisir une belle lotte, c'était le poisson préféré de sa mère. Il paya le poissonnier, discuta un petit peu de la vie en ville et s'en alla. En partant, il passa devant les étales de fruits et de légumes, devant le marchand de beurre, et alors qu'il regardait la vitrine d'un cordonnier, il vit Victorine la fille du poissonnier. Son regard se croisa avec celui de la jeune demoiselle. Victorine lui adressa son sourire le plus sincère que Jakez, plus timide, lui rendit. Son regard était le même que la veille, pendant la danse, elle c'était rendu au baptême avec ses parents. Ma tante était une grande amie de Mme. Le Goff, la femme du poissonnier et la fille du forgeron le plus réputé de la ville. Jakez se souvint qu'il avait oublié d'informer Mme. Le Goff que sa tante ne sera point là pour le thé hebdomadaire car elle était encore très fatiguée. Il rebroussa chemin et retourna chez le poissonnier. Par chance, Mme. Le Goff était toujours là mais Jakez n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que le maraicher qui se trouvait en face, hurla de toute ses forces : "Le voleur, Jakez vole du poisson !"


Jakez se retourna surpris puisqu'il n'avait absolument rien volé. Le marchand s'approcha, et continua de l'accuser. Jakez ne savais pas quoi dire car tous les regards étaient tournés vers lui mais il vit surtout celui de Mme. Le Goff qui le fusillait du regard pour avoir voler son très cher mari. Victorine le regardait avec un air surpris, ne croyait pas un mot de ce que disais le maraicher. Jakez voulu prouver son innocence, alors il montra ses mains et ses poches, elles étaient vides. Le vendeur de légumes voulait à tout prix accuser Jakez, alors il attrapa un poisson derrière lui sans que personne ne sans rende compte et le mit dans le panier du garçon. La jeune demoiselle voulant prouver l'innocence de son cavalier de la veille dit haut et fort : "J'ai vu Jakez, acheter une lotte à mon père ce matin, -C'est vrai ! Il me l'a payé ! la coupa le poissonnier Victorine reprit : -S'il a bien acheter la lotte de mon père ce matin, il ne devrait y avoir qu'un seul poisson dans son panier ! Pas vrai Jakez ? Dit-elle en se tournant vers ce dernier, Tu n'as rien acheté d'autre ? Tu n'y vois donc pas d'inconvénients à ce que je jette un coup d'œil dans ton panier ? Jakez sûr de n'avoir rien volé, répondit le plus calmement qu'il soit : -Je n'ai acheté qu'une lotte à ton père tu peux donc regarder dans mon panier. Victorine lui sourit et souleva le couvercle du panier, elle poussa un cri et des larmes se mirent à couler sur ses joues. Elle regarda Jakez droit dans les yeux et s'écria : "Comment oses-tu me mentir et voler mon père ! Il y a deux poissons dans ce panier ! Va-t'en je ne veux plus te voir ici !" La satisfaction du vendeur de légumes se laissa voir sur son visage. Jakez était anéantis, il se demandais vraiment comment le poisson était arrivé dans son panier. Il se doutait que c'était le maraicher, il s'excusa rendit le poisson et rentra chez lui sans aller au lycée. Une fois chez lui, il alla voir sa tante qui dormait encore et alla s'allonger sur son lit. Il rêva encore de son ancienne vie que lui avait rappeler le tableau de la veille et du


visage de Victorine remplit de colère et de larmes. Il se sentit nostalgique, ses parents lui manquaient. Il vint à réfléchir à l'accusation qu'on avait porté sur lui à la poissonnerie dans la matinée. Il savait que c'était le maraicher qui lui avait mis le poisson dans son panier. La jeune fille ne voudrait plus lui adresser la parole car elle le croyait coupable d'avoir volé la marchandise de son père. Jakez était sûr de n'avoir rien volé mais personne ne le croyait, même le poissonnier avec qui il était ami le croyait coupable. Jakez pensait que cette histoire sera oubliée le lendemain. Le lendemain, après une nuit agitée par de nombreux souvenirs et cauchemars, Jakez sortit de chez lui. Il passa la porte et tout le monde s'arrêta pour le regarder et se murmurer des choses. Jakez sut immédiatement que l'histoire de la veille n'avait pas été oublier. Le jeune garçon ne sachant pas quoi faire décida donc de faire comme si de rien était. En rentrant du lycée, il en parla à sa tante, elle alla voir le vendeur de légumes et lui expliqua que son neveu n'y était pour rien et qu'il n'aurait jamais fait une chose pareil. Le vendeur n'écouta pas la tante de Jakez, alors elle menaça le vendeur de légumes de révéler son grand secret puisque le jour de la mort de sa nièce et des parents de Jakez, elle était sur le bateau et avait vu le maraicher faire des trous dans la coque du bateau. Le maraicher dû aller avouer au poissonnier et à toute la ville que c'était lui qui avait mis le poisson dans le panier de Jakez. Le lendemain, le vendeur avait disparu. Jakez était soulager et en sortant du lycée il voulait aller s'excuser pour toute cette histoire auprès de Victorine. Quand il descendit la rue du Likès avec ses amis, le stress l'envahit et il ne sut plus quoi dire à Victorine. Finalement c'est elle qui vint s'excuser auprès de Jakez, car elle ne se sentait pas bien de l'avoir accusé. Il était heureux puisqu'il croyait ne jamais pouvoir lui reparler ainsi il lui proposa d'aller passer la journée du lendemain avec lui. Quelques mois plus tard, Jakez sortit du lycée, Victorine à son bras. Elle était vêtue d'une magnifique robe blanche, digne de celle d'une jeune mariée. Elle avait laissé ses longs cheveux châtains retomber dans son dos et les cliquetis de ses talons sur les pavés rythmaient leur marche. Quant à lui, Jakez, était vêtu d'un nouveau costume que sa tante lui avait offert la veille. Il avait dû quitter son cours plus tôt pour pouvoir aller se vêtir de son costume. Ils décidèrent d'aller se promener en ville avant de rejoindre leurs familles respectives au café. Pendant plusieurs heures, ils marchèrent tous les deux mains dans la main. L'hiver avait laissé place au printemps, les arbres avait retrouver leurs feuilles et leurs bourgeons, le ciel était bleu et le soleil amenait de la chaleur et de la lumière en ville. Jakez et Victorine était fiancé depuis


peu, le dîner avec leurs familles pour leurs demander leurs accords pour le mariage était ce soir. Ils passèrent place au beurre, puis ils descendirent rue Kéréon et s'arrêtèrent pour admirer les vitrines toujours aussi bien décorer. Ils saluèrent Mr. Quéré, le cordonnier et discutèrent quelques minutes avec lui, sans jamais se lâcher la main. Ils arrivèrent sur la Rue du Parc, ils avaient rendez-vous au café de l'Epée, l'endroit même où Victorine et Jakez avait danser ensemble pour la première fois. C'étaient leur moment à eux, leur souvenir, ils ne le partageaient avec personnes d'autre. Ils marchaient en direction du café, quand Victorine se pencha pour ramasser un exemplaire du "courrier du Finistère", le journal local. Quelqu'un avait dû le faire tomber dans la journée et les feuilles étaient sales et chiffonner, mais cela n'avait pas empêcher la jeune fille de voir ce qu'il y avait écrit sur la première page. Elle tendit le journal à Jakez qui le lu à haute voix avec stupéfaction : "Un tragique accident survint à Bénodet dimanche après-midi. Une famille et leurs amis embarquèrent sur leur bateau de plaisance pour leur partie de pêche hebdomadaire. Vers dix-sept heures, alors que la nuit commençait à tomber, un jeune homme de seize ans, revint avec sa petite sœur de huit ans sur son dos. Il chercha de l'aide et expliqua que qu'on bateau avait couler dans l'après-midi et que tout le monde s'était noyer hormis sa petite sœur, prénommée Augustine, et lui-même. Il dit aussi, qu'il y avait un homme avec eux et qu'il n'était pas mort. Cet homme n'est autre que Mr. Louarn, le maraicher, installé récemment en ville. D'après le jeune homme et sa petite sœur, rescapés de l'accident, ils auraient vu le maraicher faire des trous dans la coque du bateau et sauter à l'eau. Ils ne l'ont pas revu depuis. Mr. Louarn est activement recherché par la police. Aidez-nous a le retrouver. " Jakez lacha le journal et s'assit par terre. Il avait vécu la même histoire. Victorine s'assit à côté de lui et lui caressa la joue. Jakez et Victorine pensèrent alors à la même chose, Jakez commença : "L'histoire de Bénodet est la même que celle que j'ai vécu étant petit ! Tu penses que l'homme que j'ai vu percer la coque de notre bateau est le maraicher et qu'il a recommencer avec cette famille ? - Je ne peux point en être sûr, mais en tout cas c'est cohérent avec ton histoire c'est quasiment la même !"


Les jeunes fiancés décidèrent d'aller avertir leurs familles et de rendre visite aux naufragés de l'accident de Bénodet. Le maraicher fut recherché pendant des semaines, une récompense avait été placée pour celui qui l'attrapait, mais malheureusement personne ne le revit, jamais.

Axelle et Anaëlle

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L’imprudence Louan et Tanguy


L’imprudence Louan et Tanguy Il s'appelle Yann, Yann BAUDIN, il a 30 ans. Il se sentait supérieur aux femmes mais cela l’amusait. Née dans un milieu loin de la bourgeoisie, il survit comme il peut, son métier de volailler guère Passionnant, lui prend la plus grande partie de son temps. Ses amis sortent, il dit que lui aussi mais au fond de lui il sait que c'est faux il ne bouge pas de sa rue Astor, il rêve d'un monde plus simple ou bonheur ne rimera plus avec richesse. Comme tous les matins il ramasse le journal rentre chez lui puis le lit mais cette fois il sera intrigué par une page : " l'ouverture d'un nouveau cabaret mais ce n'est pas tout le décès de Jacq-pierre ". Jacq-Pierre n'est ni plus ni moins que son meilleur ami, alors ce fut difficile à digérer mais il fut forcé de l'accepté alors il partit boire pour l'oublier c'était l'occasion pour lui, il décide de sortir de s'échapper c'est vrai il se sentait comme prisonnier retenu par des chaînes il avait l'impression que jamais il ne finirait par purger sa peine.

Alors une fois arrivé, il regarde la rue elle est si sombre mais le cabaret comme une lumière Au milieu d'une ombre que vient embellir le paysage, sa lumière vient réfléchir sur son visage, cela l'attire il veut sortir, il va y aller alors il rentre il lance deux trois regard dans un sens puis deux trois milles dans l'autre car il y a cette fille qui le regarde elle est si belle et lui s'est fait beau, il sait y faire avec les filles, il peut les faire rire mais aussi les faire souffrir cette fille qui le regarde sait qu'il pense à elle mais n'en a que faire du moins pour le moment. Elle s'appelle Marine elle à 28 ans, elle est une femme libérée peut être un peu trop, du moins d'après certaines Personnes, car une femme féministe même non extrémiste, oui c'est triste à dire mais pour cette société c'est un délit quand elle s'exprime on lui dit qu'elle délire, pourtant


elle n'a rien fait elle voulait juste venger sa mère qui a fini au cimetière par les poings de son père.

Depuis elle sort avec certaines amies elle cherche des gens pour l'aider à se faire entendre, bien veillant, ses amies lui répètent : "tu sais Marine si tu continues tout ça va gâcher ta vie". Mais elle n'en prête guerre attention elle pourrait déclencher une guerre pour qu'on entende son intention. Ce soir elle ne le sait pas encore mais sa vie va basculer, elle entre dans un nouveau cabaret. Il est joli et coloré les murs sont anciens, sur le côté on peut y apercevoir tout un tas de choses. Les gens y sont festifs Certains s'enivrent d'autres s’amusent. Alors elle s'assoie sur une chaise puis elle attend elle regarde tout autour d'elle, c'est là qu'elle l'aperçoit il la regarde d'un air barbare, mais elle ce force de s'empêcher de le trouver très attirant, pas difficile pour elle depuis le temps elle sait y faire pour pas tomber dans ce piège qu'est l'amour. Alors elle détourne son regard vers l'autre coin du bar, mais lui il la vue et comme un prédateur il se lève il s'approche doucement l'air intriguant mais intrigué par sa beauté, dans ses yeux mille étoiles qui brillent, dans son sourire mille je t’aime qu'elle n'a pas dit mais lui ce n'est pas ça qu'il recherche vraiment.

Notre Marine un peu timide d'être abordée ne pense plus qu'à une chose, s'en aller. Mais elle ne peut pas, elle veut avoir pourquoi il vient la voir, il discute elle est gentille et lui très peu gentilhomme puis d'un élan il s'avance pour l'embrasser elle ne veut pas il commence à la forcer mais elle riposte en lui criant :"je ne suis pas un objet". Elle le claque prend ses affaires et s'enfuie, alors il tenta de l'appeler en hurlant " Eh, revient !!!". Alors vint le moment où il rentre chez lui il regrette ce qu'il a fait il ferait tout pour changer, il aime cette fille et déteste le risque mais si cette fille est un danger pour lui alors il aimera l'amour du risque. Mais c'est déjà trop tard elle est partie il se sent comme horrible, "comme ai-je fait cela" se dit-il. Il rentre chez lui Comme tous les soirs dans la pénombre et l'ennuie il prépare ses affaires et reprend le cours de sa vie… Le soleil se lève et lui avec, il s'habille prend son costume et son chapeau, descend de sa ferme et quittes ses attelages, il part de Pluguffan, direction les halles de quimper, son lieu de travail qui pour lui c'est une prison, il


s'ennuie et attend de quoi pouvoir se nourrir, il est vendeur. Les pains, les poissons, les vins tous ces produits mis en évidence pour attirer la clientèle, resplendissant dans les couloirs remplis d'acheteurs et lui il revend ses volailles au passant qui marche et qui passe devant lui alors comme à chaque fois il rêve de crier : " aidez-moi s'il vous plait ! ". Mais cette fois il voit cette fille c'est celle d'hier soir, elle la vue et lui voit qu'elle tente de l'éviter du regard il s'en veut, mais ne veux pas la rater une seconde fois alors il laisse non pas tomber cette fille mais ses affaires il s'approche d'elle et s'excuse puis lui crie "revient " c'était la première fois de sa vie qu'il s'excusait au près d'une fille peut-être avait-il changer ou alors essayait-il. Mais notre marine n'en veut pas, elle l'ignore et s'en va. Arrivée devant chez elle, elle aperçoit deux hommes qui l'attendent l'air agressif et énervé le premier s'approche d'elle pour la frapper ils ne veulent plus qu'elle revendique toutes ses folies, ils veulent la faire taire pour de bon, enterrer cette jeune fille. Mais Yann la suivit et elle est vulnérable alors ce fut rapide il décide de mettre pour de bon de côté sa fierté il s'approche des deux hommes, il poussa le premier puis cria à marine de le suivre elle accepte et s'enfuie. Une fois ramené chez lui elle n'a pas d'autre choix et le remercie, lui c'est forcé à changer alors elle se dit pourquoi pas essayer. Cette fois elle voit qu'il est gentil avec lui elle se sent bien il la fait rire alors elle commence à se lancer elle s'approche de lui commence à l'embrasser, il aime ça, elle se recule quelques minutes pour faire durer la mise en bouche puis elle revient avec ardeur pour asséner le coup de grâce, il commence à s'enlacer puis peu de temps après viendra le moment de passer dans une pièce bien plus comblé en terme d'intimité. Il la regarde puis lui retire son chemisier il posera non délicat ses mains pas au-dessus de ses fesses mais dessus sans peur d'être trop directe il aurait pu les mettre sur le bas du dos pour faire plus romantique mais sûrement préférait-il passer directement au moment érotique. Puis il retire tous deux leurs habilles, éteignent la lumière et malgré cette pièce noir atténué par le fait que l'amour rendent aveugle. Ils eurent quand même ouvert grands leurs yeux jusqu'au lever du jour. Alors le temps passe, un homme pauvre et une femme sans parents certes mais un grand amour et ça c'est certain. La vie nous réserve toujours de nombreuses surprises, des changement inattendus des amours et des gens perdus qui se retrouvent c'est comme ça que leurs couples aussi différents


l'un que l'autre puisse s'aimer sans tabous et aussi sans regrets. Mais malgré cette belle histoire les choses ne se passes que rarement aussi bien et toutes bonnes choses ont une fin Yann toujours dans sa ferme ouvre la porte comme tous les matins il ramasse le journal rentre chez lui puis le lit mais cette fois il sera stupéfait de ressentir comme un vide immense en lui c'est la dernière fois qu'il le lit … une femme retrouvé frappé à mort devant chez elle son nom Marine, Marine BAUDIN.

Louan et Tanguy


Les crĂŞpes de Kemper Eglantine et Anthoyne


Les crêpes de Kemper Le lever de soleil est magnifique le matin dans les environs de Kerfeunten. Therezien Ker, maraîcher travaillant aux Halles de Quimper, charge sa charrette de légumes de différentes couleurs, telles un arc-en-ciel, dans l'azur du mois d'avril. Loïc Ker, son fils, avait 22 ans et habitait toujours chez son père. Il l'aidait souvent à la maison mais n'allait jamais avec lui aux Halles. Cela faisait déjà 4 ans que sa mère est morte, décédée dans un accident sur le chemin de son travail vers l'usine Gantier. Loïc était souvent seul chez lui, mais son père commençait à fatiguer de plus en plus. Il savait qu'il serait temps de commencer le travail. Quelques jours après, son père décéda de vieillesse, Loïc fut désespéré, il resta une semaine, barricadé chez lui à ne rien faire. Mais il était temps, pour lui de vivre seul et de se débrouiller. Avant cela, il vendit sa maison de naissance pour s'acheter un petit meublé dans le centre de Quimper, à la Venelle du Poivre. Un matin, il prit donc toutes ses affaires pour s’y installer. Il prit l'ancienne charrette de son père avec des restes de légumes à l'intérieur et quitta la demeure chargée des souvenirs de son enfance. Il pensait se diriger vers la conserverie Gantier, où avait travaillé sa mère auparavant. Malgré les quelques petits kilomètres le séparant de ce grand bourg, Loïc crut voir passer les minutes les plus longues de sa vie. Le lever de soleil était le même que celui qu'il voyait quand son père partait pour les Halles, du rouge au jaune, des couleurs chaudes aux couleurs froides, un dégradé si magnifique qu'il pouvait rester des heures à le regarder. Il pénétra dans les alentours de la ville de Quimper. Il y avait quelques maisons tout autour de lui, une centaine d'habitants devait y vivre, certaines étant allumées, d'autre éteintes. On entendait un bébé pleurer sur la gauche et un couple se disputer sur la droite. Il passa près des remparts, un magnifique mur de pierre d'environ cinq mètres de haut, avec quelques bretèches ici et là. Quand il arriva devant le bâtiment à colombages, et qu’il entra dans sa chambre, il eut une pointe de tristesse en repensant à sa vie à Kerfeunten. Mais il était temps de s'occuper de soi. Il partit alors vers l'usine Gantier. Il passa près du pont Médard, magnifique pont par lequel il était passé en arrivant de Kerfeunten. Des laitières qui vendaient leurs


produits très tôt le matin se tenaient derrière leurs petits stands de bois. Il longea le Steir, une rivière passant par Quimper. Arrivant à l'usine Gantier, le patron le reconnut tout de suite et lui donna ses condoléances pour la mort de son père. Il se demanda alors comment pouvait-on être aussi triste et est-ce qu'il retrouverait le bonheur un jour ? II Katell charge sur la brouette son matériel et ses crêpes faites la veille. Elle prend soin de ne pas oublier sa nouvelle découverte qui plait tant aux jeunes étudiants quimpérois. Une simple crêpe trop longtemps restée sur la bilig. Son goût sucré et son craquant plait tant, que, dès les paquets disposés sur son carrée des Halles, tout part comme des petits pains. Cette découverte par erreur lui permit d'investir dans de nouveaux ustensiles, ce nouvel équipement lui prend donc plus de temps à charger et lui font courber le dos lors de la cargaison dans la brouette. Elle s’engouffre une dernière fois dans sa petite maison aux volets bleus pour prendre son tablier et correctement placer sa petite coiffe bien quimpéroise. Katell aimait les Halles. Ce lieu où elle avait grandi et vécu nombreuses péripéties. Sa mère pourtant aigrie lui menait la vie dure. La " mère Cornic " connue dans toute les Halles avait la réputation d'être une marâtre pour sa fille. Sous les regards impuissants des commerçants, la jeune Katell se voyait affublé de toutes les corvées, préparer la pâte, laver le parterre, charger et décharger les marchandises, et enfin faire les crêpes qui était l'activité préférée de celle-ci. Aucun moment de repos ne lui était accordé mais devoir étaler la pâte délicatement sur la bilig tel un peintre à l'œuvre, l'observer frémir et doré au fil des minutes puis d'un geste vif et habile la retourner pour voir apparaitre des tâches dorées par le beurre, lui permettait de s'échapper et de retourner

en

enfance.

Elle se revoyait dans la vieille longère de sa grand-mère, où une odeur nauséabonde régnait à cause des cochons suspendus au crochet du plafond en pierres. Elle, assise sagement regardait sa « mamm-gozh » s’affairer avec des coups vifs sur la bête déjà morte. Le sang dégoulinait dans un seau au sol, mais cela Katell y était habitué. Son moment préféré venait à la fin de la journée lorsqu'elle suivait sa grand-mère jusque dans la maison, pour la voir s'affairer à préparer un bon bouillon et de délicieuses crêpes. Toutes ces odeurs elle les retrouvait aux Halles, les bons légumes du stand


de Mr Biliai ou encore les charcuteries d'en face de la jeune Gaudin. Chaque odeur lui remémorait sa jeunesse et c'est pourquoi elle se plaisait tant aux Halles. Ses journées se passaient généralement très vite. Après avoir chargé la charrette, elle descendit la rue des gentilshommes. Puis, traversant la place Terre-auDuc, elle se frayait un chemin parmi l'effervescence du matin. Les laitières qui descendait de la rue de Penn Ar Steir s'arrêtaient pour prendre une seconde de repos sur la place Médard et en faisaient râler plus d'un. Elle arrivait au Halles très rapidement et commençait à décharger sa charrette sous le regard avisée de la « mère Cornic ». Après avoir terminé Katell se rendit directement au stand de son amie la fromagère madame Juhel. La journée commence. III La musique commença, emplissant la pièce, entraînant chaque âme de la salle dans une danse enflammée. Chacun emporté par la main de l'autre, esquissant quelques pas et tentant d'être en rythme. Les visages passent et repassent se croisant et défilant à toute allure. La pièce à peine éclairée voyait se mouvoir cette foule suante et collante entre ses quatre murs. La tapisserie rouge transpirait et les quelques fenêtres de la devanture ne suffisaient pas pour changer l’air. Le bar, tenu par Mr Talec, respirait l’eau de vie. Celle-ci passait de main en main dans les bouteilles de verre poussiéreuses, à peine débouchées. Se penchant vers Loïc, Mr Talec s’exclama de sa voix rauque : « Alors mon gars, ça se passe bien la vie ? Ma doué ! Tu m’as l’air tout triste. » Loïc brusquement sortit de sa rêverie, fut assourdi par le vacarme ambiant. Pour rester courtois il répondit poliment et redemanda un verre. Katell, quant à elle, assise tranquillement sur une banquette fut entraînée par cette vague de monde. Sa robe lourde se balança et son tablier vola dans le même temps. Elle n’apercevait que les rubans des coiffes bretonnes qui volent dans tout les sens malgré leur rigidité ordinaire. Après avoir fini sa danse Katell se fraya un chemin parmi la foule pour pouvoir aller respirer dehors. Loïc qui en avait assez des discussions peu convenables de Mr Talec se dirigea lui aussi vers l'extérieur.


Alors leur rencontre inévitable se produisit. Katell regardait l'air rougeaud de Loïc pendant que celui-ci lui racontait déjà sa vie. L'alcool avait ses effets. Découvrant que celui-ci était un peu nouveau à Quimper, elle lui proposa de se retrouver le lendemain pour continuer cette conversation et lui faire découvrir les secrets que Quimper. Le lendemain Loïc qui avait sa journée se vêtu de son Bragou-Braz et se dirigea en traversant le Steir vers les Halles. Il y retrouva Katell affairée à régler une commande d'un client. Puis laissant son stand à sa mère malgré ses contestations, elle rejoignit Loïc. Ils déambulèrent dans Quimper, observant sans échanger un mot ce qui les entouraient. Une femme qui portait une borledenn à galons métalliques se distinguait parmi la foule, elle discutait avec un homme qui portait également un Bragou-Braz mais aussi un chupenn qui terminait son habillement, tous deux paraissaient de la bourgeoisie Quimpéroise. Les devantures faisaient étalage de leurs marchandises ; pour la rue des Boucheries, une ribambelle de viandes était exposée entre les grilles des vitrines. Ils allèrent jusqu'à l'Odet où ils purent observer les matelots qui s'activaient à décharger et recharger les poissons. Des Vives, des Rougeauds, des Vivarais ou encore quelques rares Anguilles se succédaient dans les caisses humides. Le sol jonché d'amats de queues ou encore de tête fraîchement hachée sentaient le pescet et plus d'un manquait de glisser sur le sol mouillé. Les filets de pêche vidés s'entassaient sur des palettes près à être réutilisés. L'air sentait le poisson frais à des kilomètres. Au loin on pouvait apercevoir le moulin du Duc et ses grandes ailes qui tournaient comme une horloge bien remontée. Leur tour se termina vers le mont Frugi ou Katell avait l'habitude de se rendre pour observer le clocher de l'église ainsi que la ville toute entière comme si elle dominait ce petit bout de monde qu’était Quimper. IV L'usine Gantier était bruyante, le bruit des machines d'un côté les discussions des ouvriers de l'autre, un chahut permanent. Un mal de tête incessant qui prend l'esprit et gâche une journée, un mal de tête que Loïc avait sans cesse. Un jour, un ouvrier laissa ébruiter une discussion du patron de l'usine, qu'il avait surprise laissant dire que la rouille commençait à ronger les machines, et qui dit rouille, dit tétanos, une maladie mortelle si on ne s'en rend pas compte. Les jours passèrent vite, la nouvelle


passa de bouche à oreille jusqu'à celle du patron. Il fit réunir tout le monde et parla à ses employés : « Mesdames, Messieurs ! On dit beaucoup de choses à propos de cette usine, mais sont-elles vraies nous ne pouvons pas le certifier. C'est donc pour cela que nous allons faire venir un professionnel qui pourra nous dire si oui ou non il sera possible de vous garder, mais sachez que si l'on trouve de la rouille sur nos outils, vous risquerez de vous faire renvoyer pour cause d’insécurité. Il arrivera demain à l'aube, l'usine sera donc fermée jusqu'à l'heure du midi où je veux tous vous voir sans exception, pour vous dire ce qu'il en est. » La nuit fut très longue pour Loïc, il en parla à Katell, qui essayait tant bien que mal de le rassurer. Même s’il n'était pas renvoyé, d'autres le seront à sa place or il n’aimait pas cette idée. Il décida alors de démissionner. Il en parla à Katell : « Je vais démissionner. - Comment ça démissionner ? Je croyais qu'ils voulaient vous renvoyer. Tu ne m’as jamais dit que tu voulais démissionner ! - Je sais mais j'ai pris cette décision et tu ne me feras en rien changer d'avis. - Et que crois-tu faire après cela ? Rester à la maison à ne rien faire ? Crois pas que je vais te laisser faire cabane su' l'chien toute la journée ! - Mais non justement ! Je pensais récupérer le vieux bâtiment à Locmaria pour y aménager une usine pour continuer la création des crêpes dentelles. Tu y travaillerais avec d'autres employés et moi je vous aiderais. - C'est une bien bonne idée mais combien de temps penses-tu que cela va prendre ? - Je ne sais pas, six mois peut-être, un an je n'en ai aucune idée » Katell passa alors sa journée à réfléchir à la proposition de Loïc. Serait-ce une bonne idée ? Surement mais alors il faudrait garder le stand des Halles pour satisfaire les clients et en plus de l’usine n'est-ce pas un peu trop ? Elle fut troublée mais décida de suivre Loïc. C'était une idée folle mais réalisable. « C'est d'accord. Je vais utiliser l'argent que j'ai de côté et tu devrais utiliser, si cela ne te dérange pas, l'héritage de tes parents


Loïc hésita et répondit, - C'est d'accord. On commence la création demain. J'en ai parlé à l'avance à quelqu'un, car j'étais sûr que tu serais d'accord avec moi. » C'est alors que Loïc alla se renseigner pour commencer le chantier. Un lundi matin, des dizaines d'ouvriers arrivèrent dans l'usine abandonnée de Locmaria près de la Faïencerie. Il y eut quelques problèmes avec certains concurrents, des vols, des destructions voire même un incendie peu important, mais qui ralentissait tout de même l'aménagement de l'usine. Katell, fatiguée de toute cette agitation alla en parler avec le maire de Locmaria, Jacques Lars, qui fit venir cinq volontaires pour surveiller tant bien que mal la construction. L'usine qui n'était qu'alors qu’un tas de pierres entreposées les unes sur les autres, commença à ressembler à la manufacture tant imaginée par les Ker. Loïc reçus quelques lettres de son ancien employeur qui le suppliait de revenir, car pour lui, Loïc était une perle, mais il ne fit pas attention à cellesci. V L'usine n'était toujours pas terminée et les Ker travaillaient ensemble d'arrachepied pour allier le marché des Halles et la logistique de leur nouvelle entreprise. Katell et Loïc vivaient dans une routine, leur balade, leurs travaux ensemble, les commérages des Halles, où ils passaient le plus clair de leur temps, leur passaient dessus comme de l’eau. L'usine avançait lentement mais sûrement et Katell essayait d'économiser pour finir de rembourser les travaux. Un matin, celle-ci fut incapable de se lever, Loïc descendit chercher le docteur Lucien près de chez lui dans la Venelle du Poivre. « Katell va mal docteur, elle me dit qu’elle souffre et elle incapable de se lever » Le docteur était dans la chambre avec Katell et Loïc restait dans l’entrée à désespérer à l’idée de reperdre encore une fois une personne proche de lui. Les minutes étaient longues, comme celles ressenties après la mort de son père ou celles qui l’avait gardé éveillés lors de la nuit avant sa démission. Le docteur revint la mine grise : « C’est la rage »


Ce simple mot le hanta pendant des jours jusqu’à l’enterrement. Katell partit n’ayant pas terminé le projet de toute une vie, Loïc inaugura le cœur lourd l’usine et les affaires furent florissantes. Il passa ses derniers jours dans l’ancienne maison de Katell vivant de son affaire et des Halles. « La maison des Délicieuses » était dirigée par Mme Tanguy. Celle-ci avait repris le savoir-faire de Katell et le perpétuait tandis que Loïc s’éteignait.

Eglantine et Anthoyne


La nouvelle boutique de Toul-al-laer Constance et Jude


La nouvelle boutique de Toul-al-laer Aujourd'hui la place Toul-al-laer était bruyante, tout le monde était attiré par les travaux d'une future boutique. "Que se passe-t-il ? Pourquoi y a-t-il autant de monde ?" dit Joseph, un passant habitant la rue d'à côté. "Une femme vient d'emménager au quartier et va ouvrir sa boutique" répondit une autre passante. La foule se dissipait peu a peu mais Joseph resta pour en savoir plus. Joseph Cuven était un jeune homme âgé de 26 ans, il tenait la charcuterie familiale du coin avec Eugénie, sa sœur et Lucien, son frère. Depuis son enfance il vivait à Quimper, il était né en juin 1872.Il était plutôt grand et charpenté, ses épaules étaient carrées, ce qui lui donnait un air plutôt robuste. Ses cheveux étaient noirs comme le charbon des mines, ses yeux pers étaient magnifiques a la lumière et sa bouche était fine et rose pâle par le froid. Son nez était allongé et il partait un peu en trompette. Ce qui le caractérisait le plus c'était sa voix, elle était à la fois douce, ferme et puissante. Il était très sympathique, accueillant et souriant. Ce jour-là, il portait un manteau long gris, une chemise blanche, il tenait son tablier blanc recouvert de taches de sang sous son coude gauche. Il arborait un sourire chatoyant et portait des chaussures de travails salis par les poussières de la ville. Au bout d'un certain temps une femme sortie de la boutique, Joseph l'interpella et il lui demanda : "Bonjour, êtes-vous la propriétaire de cette future boutique ?" Elle lui répondit aussitôt : "Oui, la boutique ouvrira dans quinze jours." "Quels produits y vendrez-vous ?" "J'y vendrai divers objets, destinés à décorer les intérieurs de ma clientèle." Il acquiesça et lui dit qu'il devait aller s'occuper de sa boutique. En rentrant dans sa petite charcuterie Joseph parla directement de la nouvelle à son frère et sa sœur. Il décrivit cette jolie jeune femme au regard bleu persan, à la bouche pulpeuse rouge vive, au nez fin et discret, aux cheveux d'or coiffés en chignon, au teint


lumineux, au visage souriant, à la robe bleu pastel ample à manches longues, à la coiffe haute et blanche. Deux semaines plus tard, la nouvelle boutique ouvra et Joseph retourna voir la propriétaire. La commerçante le reconnu et le fit entrer, elle lui montra ses décorations et tout d'un coup il vit une plaque en métal, ou il était inscrit "CHARCUTERIE MAISON". Joseph voulu immédiatement l'acheter. La vendeuse intriguée le questionna, il lui expliqua alors qu'il tenait une charcuterie avec son frère et sa sœur. "J'allais oublier, je ne vous ai pas demandé comment vous prénommer vous ?" "Je m'appelle Léonie Le Bon et vous ?" "Joseph Cuven, combien vous dois-je ?" "La plaque coute 100 francs mais comme je vous trouve très sympathique la vend pour 60 francs" Après avoir payé, il retourna l'accrocher sur la devanture de sa boutique. En croisant sa sœur, celle-ci lui proposa d'aller au marché avec elle. Joseph accepta car il espérait croiser la belle Léonie. Sur la route Joseph s'inquiétait : qu'allai t'il lui dire s’il la croisait ? Au même moment son regard croisa celui du père de Léonie : un regard noir et froid. Il l'avait croisé deux heures plus tôt dans la boutique, il avait tout de suite compris que cet homme n'était pas de bon augure. Joseph attrapa la main de sa sœur et partit en direction des Halles. Les Halles était aux yeux de Joseph un océan se divisant en plusieurs fleuves remplient de nourriture : de légumes, de fruits, de poissons, de viande, et d'autres produits frais. Les Halles étaient un endroit propice aux rencontres et à la vente, toute le monde aimait aller aux Halles. Elles étaient immenses, faite de verre et de bois. A l’intérieur, le bruit résonnait comme dans une cathédrale. On entendait crier : « Venez acheter mon beau poisson ! » Les Cuven aimaient beaucoup cet endroit. Eugénie lui montra ce dont elle avait besoin, elle partit acheter les œufs, le sel et le poisson. Lui, alla chercher les légumes et les fruits. En continuant sa traversée il vit celle qui espérait croiser, Léonie. Il se faufilât rapidement vers elle quittant sa sœur, pour lui proposer de continuer leur marche ensemble. Elle vit soudain un vêtement qu'elle convoitait depuis longtemps : un magnifique châle noir resplendissant dans les ombres des halles. Joseph comprit


aussitôt ce qu'elle voulait. Il vit alors dans cette achat une occasion de plaire à sa convoitée. Après cet achat onéreux, les deux jeunes gens rentrèrent, Léonie les joues rouges et Joseph le visage épanoui. Six mois plus tard, la boutique de Léonie était appréciée par tous les habitants du quartier mais la charcuterie n'avait pas cette popularité et Joseph envisageait même de la fermer. Ils avaient emménagé ensemble et leur vie était tout sauf ennuyante. Leur petite vie commune commençait tout juste et n’était pas prête de s’arrêter.

Constance et Jude


FIN

Ebook 209  

Recueil de nouvelles sur les Halles de Quimper au XIXe siècle

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