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La corvée de linge, la préparation des repas, les trajets pour emmener les enfants au sport, la recherche des meilleures punitions possibles pour qu’ils arrêtent enfin de faire toujours les mêmes bêtises… Beaucoup de parents se sentent perdus. Il semble y avoir une pression constante d’être le parent parfait. Nous perdons si vite de vue notre objectif ultime en ne cherchant que des outils, des astuces ou des formules toutes faites. Dans ce livre inspirant, Paul Tripp nous aide à saisir les vrais enjeux du rôle de parent selon Dieu. Il aborde 14 principes bibliques fondamentaux pour nous montrer que nous avons besoin d’autre chose que la dernière stratégie à la mode ou une liste de techniques. En fait, nous avons besoin de la grâce de Dieu. Cette grâce qui a la capacité de modeler nos coeurs, forger notre vision et nous armer de courage. Nous serons libérés de ce « devoir » de fabriquer nous-mêmes un changement profond dans le cœur de nos enfants. Notre rôle de parents prendra alors du sens, nos objectifs seront clairs et notre joie sera encore plus grande ! *amour fou

Paul David Tripp est pasteur, conférencier et auteur d’Un appel dangereux. Avec sa femme Luella, ils ont quatre enfants.

17,90€

ISBN 978-2-36249-430-7

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PA U L DAV I D T R I P P

— Francis Chan

Auteur de Crazy Love* et Toi et moi pour toujours

PA U L DAV I D T R I P P

ÊTRE PARENTS ÊTRE PARENTS

C’est le livre le plus important que j’ai lu cette année. Il est à la fois théologique et pratique. Je suis tellement heureux de l’avoir lu, mais j’aurai aimé le lire il y a vingt ans.

P R I N C I P E S B I B L I QU E S qui transformeront votre famille


« C’est le livre le plus important que j’ai lu cette année. Il est à la fois pratique et théologique, un équilibre rare dans les livres sur l’art d’être parent. Pendant des années, les gens m’ont demandé d’écrire un livre sur ce sujet. Après avoir lu celui-ci, je suis persuadé que je ne pourrais pas faire mieux. Je suis tellement content d’avoir lu ce livre, mais j’aurais aimé pouvoir le lire il y a vingt ans. Après avoir lu Être parents j’étais déchiré. D’une part, j’avais envie de m’asseoir et de pleurer, de confesser mes nombreux échecs en tant que parent. Mais d’autre part, je voulais crier de joie pour ce formidable outil qui me permet aujourd’hui de devenir un meilleur père. »

Francis Chan

Auteur des best-sellers Crazy Love et Dieu Oublié.

« Ce livre peut bouleverser votre manière de voir votre rôle de parent – et surtout de l’accomplir ! Par défaut, tous les parents ont tendance à se percevoir (sans se l’avouer) comme les propriétaires de leurs enfants. Tripp les invite à devenir plutôt les ambassadeurs de Christ au sein du foyer familial. C’est un véritable changement de paradigme qu’il propose sur la base de l’Évangile. Il applique avec doigté la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ à la vie des parents aussi bien qu’à celle de leurs enfants. Laura et moi sommes reconnaissants pour cet auteur – l’un de nos préférés – et en particulier pour cette contribution qui nous aide à progresser en tant que parents. Les vérités que contienne ce livre sont libératrices. Une bouffée d’air frais pour tous les parents chrétiens ! »

Dominique Angers

Père de 3 enfants, professeur à la Faculté de Théologie Évangélique (Université Acadia, Montréal) et blogueur sur le site toutpoursagloire.com

« Je ne peux que vous recommander vivement ce livre. Il est tout simplement exceptionnel. C’est du grand Paul Tripp. Il nous montre une vraie vue d’ensemble de la vie en Christ et il n’hésite pas à rentrer dans les détails de ce que signifie marcher dans la foi par la grâce. Ce manifeste de Tripp va plus loin que simplement notre devoir de parents, il y parle du privilège qui est le nôtre d’être les ambassadeurs de Jésus-Christ auprès de nos enfants. Les parents de tous horizons et cultures peuvent bénéficier de l’appel de Tripp à vivre à la lumière de la grâce et de l’espérance que nous avons en Jésus. »

Gloria Furman

Blogueuse et co-auteure du Ministère féminin centré sur la Parole


« Le moment est arrivé, mes prières ont été entendues. Je suis profondément reconnaissant pour la traduction de cet ouvrage qui est déjà une référence en matière de parentalité. Être parents n’est pas un livre de plus sur ce sujet à la mode des méthodes d'éducation de nos enfants ; parce qu’il aborde le sujet par le bon bout. À sa lecture j’ai été tour à tour ému dès la première page, repentant (page 34), enthousiasmé, reconnaissant, ... Et j’ai beaucoup de joie en pensant aux familles qui vont profiter de la compréhension profonde de l'Évangile de l’auteur. Puissions-nous laisser Dieu l'Esprit renouveler notre intelligence de parents chrétiens, pour devenir justes et saints, comme la puissance de l'Évangile nous le permet. Et pour élever une génération d’adorateurs, attristés par leur péché et émerveillés par la grâce qui est en JésusChrist ; à la gloire du Père. »

Franck Godin

Disciple de Jésus, papa de 4 (5) enfants, blogueur TPSG, pasteur à l'Église Les 2 Rives à Toulouse

« Qu’est-ce que Dieu attend de moi, en tant que parent ? Est-ce uniquement d’enseigner l’obéissance à mes enfants et de leur inculquer des valeurs chrétiennes ? Paul Tripp nous donne de contempler l’extraordinaire plan de Dieu pour la famille. En abordant le quotidien du parent de manière honnête mais pleine de l’espérance de la Bonne Nouvelle, il élargit notre champ de vision et explore la grande mission que Dieu nous confie : être ses ambassadeurs auprès des petits disciples qui vivent sous notre toit. Ce livre a profondément changé la façon dont je considère mes enfants, leurs véritables besoins, et mon appel auprès d’eux. Non, je ne peux pas changer le cœur de mes enfants, mais quel privilège d’être un outil entre les mains de Celui qui le peut ! »

Loanne Procopio

Maman d'un grand Jack et d'une petite Zadie, épouse d'un pasteur-implanteur, membre du comité d'organisation de Chrétiennes Engagées

« Paul Tripp nous ramène constamment à la puissance de vie de l’Évangile et à la grâce sans faille de Dieu. Être parents est l’un des plus grands défis qui soient, et Paul nous dirige vers LA chose qui peut faire la différence : une vraie et profonde rencontre avec le Dieu vivant. »

Toby Mac

Artiste hip-hop, producteur musical et auteur-compositeur


« Ce livre arrive exactement au bon moment pour moi. Ma femme et moi nous sommes parents de quatre enfants âgés de moins de cinq ans, et nous avons besoin d’aide ! Il est facile de trouver des livres expliquant aux parents comment améliorer le comportement de leurs enfants, mais le livre de Paul Tripp va bien au-delà de cela ; il emmène le lecteur à la source du problème : notre cœur. Si nous comprenons le cœur de nos enfants et que nous avons une vraie compréhension de l’Évangile, alors nous pouvons être des parents comme Dieu l’a voulu. Paul Tripp a écrit un livre simple, mais profond. Parents, il faut que vous le lisiez dès maintenant. Vous en serez indéniablement bénis. »

Webb Simpson

Golfeur professionnel, Champion 2012 de l’US Open.

« Le propos de Paul David Tripp n’est pas de nous donner la dernière technique à la mode, ou d’utiliser les neuro-sciences pour mieux contrôler le comportement de nos enfants. Bible en main, il nous montre le plan de Dieu qui fait des nous des ambassadeurs (incompétents) pour le représenter auprès de nos titous. En chemin, l’auteur nous montre aussi comment Dieu veut utiliser les situations d’éducation de nos enfants pour nous faire grandir nous, les parents, dans notre compréhension de cette grâce qui sauve, pardonne, délivre et transforme au quotidien ! »

Mathieu Fuzier

Responsable Produit, père de 5 enfants (de 5 à 17 ans)

« Lorsque nous parlons du lieu privilégié pour former des disciples, nous pensons très rapidement à l’église locale. Lorsque nous pensons aux personnes que nous pourrions former ou accompagner dans la vie chrétienne, nous pensons naturellement à ce voisin qui vient de se convertir, ou cette jeune chrétienne qui vient d’arriver dans l’église. Est-ce mal ? bien sûr que non. Est-ce réducteur ? je crois que Dieu nous le rappelle au travers de l’écriture de Paul David Tripp. Ce livre possède à mon sens un équilibre divin dans le rappel théologique de qui nous sommes en tant que parents et dans l’encouragement pratique de ce que nous devrions être en tant que chrétien auprès de nos enfants. L’auteur ne se limite pas seulement à nous rappeler les versets « de base » de notre rôle de parent, mais prend une perspective plus large : celle qui met en lumière notre cœur faible et idolâtre d’être humain, mais surtout celle qui nous montre comment Christ peut nous transformer pour être des ambassadeurs de notre Sauveur et Seigneur. »

Samuel Laurent

Père de 3 enfants, psychologue et conseiller biblique


ÊTRE

PARENTS


PA U L DAV I D T R I P P

Ê T R E   PA R E N T S P R I N C I P E S B I B L I QU E S qui transformeront votre famille


Édition originale publiée en langue anglaise sous le titre : Parenting: The 14 Gospel Principles That Can Radically Change Your Family • Paul David Tripp © 2016 • Paul David Tripp Publié par Crossway, un ministère de Good News Publishers 1300 Crescent Street • Wheaton, IL 60187 • USA Traduit et publié avec permission. Tous droits réservés. Édition en langue française : Être parents : 14 principes bibliques qui transformeront votre famille • Paul David Tripp © 2018 • BLF Éditions • www.blfeditions.com. Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France. Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés. Traduction : Antoine Doriath Couverture : Josh Dennis Mise en page : BLF Éditions Impression n° XXXXX • IMEAF • 26160 La Bégude de Mazenc Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la Bible version Segond 21 Copyright © 2007 Société biblique de Genève. Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés. Les caractères italiques sont ajoutés par l’auteur du présent ouvrage. Les autres versions sont indiquées en abrégé de la manière suivante : La Bible du Semeur (BDS), la Colombe (COL), la Nouvelle Bible Segond (NBS), la Nouvelle Édition de Genève (NEG). Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés. ISBN 978-2-36249-430-7 ISBN 978-2-36249-431-4

broché numérique

Dépôt légal 4e trimestre 2018 Index Dewey (CDD) : 248.8 Mots-clés : 1. Parents. Famille.


Aux membres de l’équipe qui s’est associée à moi pour accomplir ce que Dieu m’a appelé à faire. Parce que vous aimez Dieu, parce que vous vous dévouez à son appel, parce que vous êtes plus intelligents que moi, je suis continuellement béni par votre travail et libéré pour accomplir le mien.


TABLE DES MATIÈRES

Introduction ............................................................................................ 13 1  UN APPEL ....................................................................................... 27

Principe : Rien n’est plus important dans votre vie que d’être un instrument de Dieu pour façonner une âme humaine. 2  LA GRÂCE ...................................................................................... 43

Principe : Dieu ne vous confie jamais une tâche sans vous équiper pour que vous puissiez l’accomplir. Il ne vous envoie jamais sans vous accompagner. 3  LA LOI .............................................................................................. 59

Principe : Vos enfants ont besoin de la loi de Dieu, mais vous ne pouvez pas demander que la loi fasse ce que seule la grâce peut accomplir. 4  NOTRE INCOMPÉTENCE ............................................................... 75

Principe : Pour bien assumer le rôle de parent, il est essentiel de discerner ce que vous n’êtes pas capable d’accomplir. 5  VOTRE IDENTITÉ ............................................................................ 91

Principe : Si en tant que parent, vous ne vous reposez pas sur votre identité en Christ, vous la rechercherez dans vos enfants. 6  UN PROCESSUS .......................................................................... 109

Principe : Vous devez cultiver une vision à long terme de votre engagement parental, car le changement n’est pas un événement, mais un processus. 7  ILS SONT PERDUS ....................................................................... 125

Principe : En tant que parent, vous ne vous intéressez pas seulement au mauvais comportement, mais à ce qui le provoque.


8  L'AUTORITÉ ................................................................................... 143

Principe : La question de l’autorité est un des sujets les plus importants en lien avec le cœur des enfants. L’un des fondements de l’éducation parentale consiste à enseigner et à illustrer par l’exemple la beauté protectrice de l’autorité. 9  LA FOLIE ....................................................................................... 159

Principe : La folie intérieure de l’enfant est plus dangereuse pour lui que les tentations extérieures. Seule la grâce de Dieu a le pouvoir de sauver les insensés. 10  LE CARACTÈRE ........................................................................... 177

Principe : Tout le mal que votre enfant fait n’est pas systématiquement le fruit d’une rébellion ouverte contre l’autorité ; c’est souvent le produit d’une défaillance de son caractère. 11  DE FAUX DIEUX ........................................................................... 193

Principe : Vous éduquez un adorateur ; il importe donc de vous rappeler que ce qui domine le cœur de votre enfant inspirera son comportement. 12  LE CONTRÔLE .............................................................................. 211

Principe : L’objectif de l’éducation parentale n’est pas le contrôle du comportement, mais la transformation du cœur et de la vie. 13  LE REPOS .................................................................................... 231

Principe : Seul le repos dans la présence et la grâce de Dieu fera de vous un parent joyeux et patient. 14  LA MISÉRICORDE ....................................................................... 251

Principe : Aucun parent n’accordera mieux sa miséricorde que celui qui est convaincu qu’il en a désespérément besoin lui-même. Index des références bibliques ............................................................. 271


Introduction

DES AMBASSADEURS Votre maison est toujours bruyante, et jamais aussi propre que vous le souhaiteriez ; cela fait bien longtemps que votre mari et vous n’êtes plus sortis à deux ; une fois de plus, vous avez pris du retard et le linge sale s’est entassé tout autour de la machine à laver ; vous constatez que rien n’est prêt pour le repas ; vous avez dû à nouveau intervenir pour régler une dispute entre vos enfants ; l’emploi du temps de la semaine est impossible à tenir ; les dépenses en cours semblent supérieures aux rentrées d’argent ; autour de vous, personne ne semble content ; vous vous sentez épuisée et pas du tout valorisée. Au beau milieu de toutes ces activités parentales sans fin, de nombreux parents se sentent perdus. Ils font quantité de choses, beaucoup de bonnes choses, mais ils ne savent pas pourquoi. Ils se sont laissés dévorer par le train-train quotidien de leur rôle de parents, et ils ne savent plus ce à quoi ils travaillent ni ce qu’ils sont en train de construire. Ils aiment leurs enfants mais ne comprennent pas comment ces petits peuvent ainsi provoquer en eux tant d’irritation et de frustration. Les tâches ingrates qu’ils doivent accomplir jour après jour se réduisent avec le temps à un catalogue 13


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sans fin d’obligations sans intérêt qui les empêchent d’avoir une vue d’ensemble sur le sens et la raison d’être de ce qu’ils font. Alors que je parcours le monde pour parler de parentalité, je rencontre des milliers de parents épuisés qui me demandent de leur proposer des stratégies plus efficaces dans tel ou tel domaine. Ce dont ils ont réellement besoin, c’est d’une vision globale de la parentalité qui leur permette de donner du sens à tout ce que Dieu les appelle à accomplir en tant que parents, de les guider et de les motiver durablement. Si vous ne voulez pas simplement « réussir à vous en sortir » dans votre rôle de parent, mais cultiver une vision et la poursuivre avec joie, il vous faut autre chose qu’un manuel vous indiquant comment, en sept étapes, résoudre tel ou tel problème. Vous avez besoin de prendre de la hauteur et de voir le projet auquel Dieu vous appelle. Vous avez besoin d’une vision globale de la parentalité centrée sur l’Évangile. Une telle vision ne donnera pas seulement un sens à vos tâches, mais elle changera profondément votre manière de les concevoir. Oui, vous avez bien lu. Je suis profondément convaincu que ce qui fait le plus défaut à notre parentalité chrétienne, c’est de ne pas avoir intégré les grandes perspectives et principes de l’Évangile de Jésus-Christ. Ces perspectives et principes sont fondamentaux, mais ils ne coulent pas de source. Ils ne nous sont tout simplement pas naturels, mais ils sont pourtant essentiels pour devenir ce que vous êtes censés être, et faire ce que vous êtes censé faire en tant que parent. Si vous éduquez vos enfants à partir de ce que l’Évangile dit de Dieu, de vous-même, de votre monde, de vos enfants et de la grâce divine, non seulement vous aborderez votre parentalité d’une façon radicalement nouvelle, mais vous porterez le poids de l’éducation parentale d’une manière toute différente. Mais je dois ici faire preuve d’honnêteté. J’ai déjà écrit un premier ouvrage sur l’éducation parentale (Age of opportunity), et j’avais dit et répété que je n’en écrirais pas d’autre. Or, c’est exac14


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tement ce que je suis en train de faire ! Pourquoi ? En écoutant les gens me raconter comment ils avaient utilisé mon premier ouvrage dans la vie de leurs adolescents, je me suis senti de plus en plus mal à l’aise. Je n’arrêtais pas de me dire : « Non, ce n’est pas exactement cela », « Non, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire » ou « Non, il y a quelque chose qui manque ici. » Il m’a fallu un certain temps, mais j’ai finalement compris que ce qui me troublait dans ces conversations et ce qui manquait aux parents, c’était l’Évangile qui était le fondement de tout ce que j’avais écrit. Avec les encouragements de l’éditeur, j’ai donc décidé d’écrire un livre sur l’éducation parentale, mais pas un livre comme les autres. Pas un livre qui donne des stratégies pratiques pour accompagner les enfants au cours de leurs différents étapes de développement. Pas un livre qui donne des listes d’étapes à franchir pour gérer les problèmes que rencontrent tous les parents. Je voulais que ce soit un livre de réorientation. Un livre qui vous propose une nouvelle façon de penser et de réagir à tout ce qui se présente à vous en tant que parent. Cet ouvrage est conçu pour vous donner une vision, une motivation, des forces renouvelées et le repos du cœur dont tout parent a besoin. Je l’ai écrit pour vous donner une vision globale centrée sur l’Évangile de la tâche à laquelle votre Sauveur vous appelle. PERDU AU BEAU MILIEU DE VOTRE PROPRE HISTOIRE D’ÉDUCATION PARENTALE Cette vision globale commence par une connaissance de quel parent vous êtes. Il ne s’agit pas de connaître votre nom, votre adresse et votre numéro de sécurité sociale, mais de savoir qui vous êtes par rapport à qui est Dieu, par rapport au sens de la vie et par rapport à ce que sont vos enfants. Si vous ne cultivez pas une perspective juste de « qui vous êtes », vous passerez à côté de la nature profonde de ce que Dieu vous appelle à accomplir, et vous ferez des choses qu’aucun parent ne devrait faire. 15


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Je crains que souvent la confusion et les dysfonctionnements de la parentalité soient dus au fait que les parents abordent leur rôle sous l’angle de la propriété. Ce sentiment est rarement exprimé et souvent inconscient, mais il fausse la perspective du rôle parental : « Ces enfants m’appartiennent ; je peux donc les éduquer comme bon me semble. » Certes, les parents ne l’exprimeraient pas ainsi, mais c’est pourtant la perspective que la plupart d’entre nous adoptons inconsciemment. Sous la pression de responsabilités écrasantes, d’un calendrier plus que chargé, nous perdons de vue la raison d’être de la parentalité. Nous estimons que nos enfants nous appartiennent, ce qui nous amène à nous engager dans des actions à court terme, inutiles à long terme. Actions souvent intuitives, plutôt qu’orientées vers un objectif précis, et étrangères au grand, sage et magnifique projet de Dieu. Une parentalité propriétaire n’est pas vraiment égoïste, abusive ou destructrice. Elle implique toutefois un glissement subtil de nos pensées et motivations et nous place sur une trajectoire éloignant progressivement notre parentalité du dessein divin. Ce glissement est subtil parce qu’il se produit au cours des petits moments ordinaires de la vie familiale — des moments tellement fugaces et insignifiants que les acteurs présents n’ont absolument aucune conscience du mouvement qui vient de s’opérer. Or, ces glissements sont d’autant plus significatifs qu’ils ont lieu lors de petits moments insignifiants, ces moments qui, en réalité, définissent notre parentalité. Seule une infime partie de notre éducation parentale s’exprime au cours de ces événements majeurs de nos vies qui bousculent notre existence. L’éducation parentale s’exprime à tout moment, lorsque nous ne prêtons pas une réelle attention à ce qui se passe autour de nous, et que nous sommes confrontés à des situations que nous n’imaginions pas devoir aborder ce jour-là. C’est ce cycle constant des petits moments imprévus qui constitue l’atelier dans lequel se façonne l’âme de notre parentalité. 16


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Une parentalité propriétaire est motivée et façonnée par ce que les parents veulent pour leurs enfants et par ce qu’ils attendent de leurs enfants. Elle est inspirée par la vision de ce que nous voulons que nos enfants soient et par ce que nous attendons d’eux en retour. (J’y reviendrai plus en détail ultérieurement.) Cette approche nous paraît logique, donne l’impression d’être juste, et donne quelques bons résultats ; mais, fondamentalement, elle est mal orientée et mal dirigée, et elle ne produira pas ce que Dieu attend dans la vie de ceux qu’il a confiés à nos soins. Et voilà, ça y est, je l’ai dit ! Une bonne parentalité, celle qui accomplit ce que Dieu désire qu’elle accomplisse, commence toujours par reconnaître fondamentalement et humblement qu’en réalité nos enfants ne nous appartiennent pas. Chaque enfant dans chaque foyer à travers la terre tout entière appartient à celui qui l’a créé. Les enfants sont la propriété de Dieu (voir Psaumes 127 : 3) pour l’accomplissement de son dessein. Cela signifie que le projet de Dieu pour les parents c’est qu’ils soient ses représentants dans la vie de ces êtres qu’il a formés à son image et confiés à leurs soins. Le terme que la Bible utilise pour désigner cette fonction intermédiaire est celui d’ambassadeur. C’est vraiment le mot qui convient parfaitement pour décrire ce que Dieu appelle les parents à être et à faire. L’ambassadeur qui tient à conserver son emploi ne fait qu’une seule chose : représenter fidèlement le message, les méthodes et le caractère du chef qui l’a envoyé. Il n’est pas libre de penser, de parler et d’agir de façon indépendante. Tout ce qu’il fait, toute décision qu’il prend et toute interaction dans laquelle il s’engage doivent tenir compte d’une seule question : « Quels sont la volonté et le projet de celui qui m’a envoyé ? » L’ambassadeur ne défend pas ses propres intérêts, sa vision personnelle des choses, ni son propre pouvoir. Tout ce qu’il fait, il l’accomplit en tant qu’ambassadeur, sinon, c’est qu’il a oublié qui il est, et il ne conservera pas sa position bien longtemps. 17


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L’éducation parentale est une tâche d’ambassadeur, du début à la fin. Elle ne peut pas être façonnée et orientée par un intérêt ou besoin personnel, ou par une orientation culturelle. À travers le monde entier, tout parent est appelé à reconnaître qu’il est placé sur la terre à un moment particulier et dans un endroit particulier pour accomplir une et une seule chose dans la vie de ses enfants. Et quelle est cette seule chose ? C’est la volonté de Dieu. Voici ce que cela signifie concrètement : la question au cœur de la parentalité n’est pas « Que voulons-nous pour nos enfants ? » ou « Que voulons-nous de nos enfants ? » mais bien plutôt « Qu’est-ce que Dieu, dans sa grâce, envisage de faire au travers de nous dans nos enfants ? » Perdre cet objectif de vue aboutit à développer avec nos enfants une relation qui n’est ni fondamentalement chrétienne ni une véritable parentalité, parce qu’elle s’est davantage intéressée à notre propre volonté et à notre propre façon de faire qu’à la volonté et à la manière d’agir de notre Roi sauveur souverain. Mais je dois vous avouer d’emblée que je suis loin de faire ce que j’écris ! J’aime être le commandant, j’aime être le propriétaire, et j’aime que ma volonté soit faite sur la terre comme celle de Dieu est faite au ciel ! J’ai souvent traité mes quatre enfants (qui sont adultes maintenant) comme s’ils étaient ma propriété. J’ai souvent souffert de la schizophrénie qui peut atteindre un ambassadeur, c’est-à-dire que j’ai parfois perdu la raison, j’ai repris les rênes de l’éducation parentale, et j’ai fait ce que je n’aurais pas dû faire. J’ai souvent été un piètre exemple de soumission joyeuse à la volonté de Dieu. J’ai souvent été davantage poussé par la crainte que par la foi. J’ai souvent aspiré davantage à un résultat rapide qu’à une transformation durable. J’ai parfois oublié qui j’étais, perdu la raison et fait des choses insensées ou qui, du moins, n’étaient pas très utiles. Je vais vous demander maintenant d’être honnête et d’admettre que vous êtes comme moi. Lorsque vous vous trouvez au beau milieu de tâches que vous répétez constamment dans le 18


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cadre de votre rôle de parent auprès des enfants qui ont été confiés à vos soins, vous aussi, vous vous égarez parfois et vous oubliez qui vous êtes. Il y a des moments où vous perdez la tête. Il vous arrive parfois de dire et de faire des choses qui ne sont pas utiles, ou franchement pas en phase avec votre rôle d’ambassadeur. Après avoir, pour la énième fois aujourd’hui, tenu votre discours solennel sur l’importance d’aimer son prochain, vous vous êtes enfin installé confortablement dans votre fauteuil au salon. Vous êtes plutôt fier de la manière dont les choses se sont déroulées. Vous allumez votre iPad. Avant même d’avoir eu le temps de lancer votre application préférée, des éclats de voix vous parviennent à l’oreille. Ils semblent provenir de la chambre dont vous êtes sorti il y a à peine quelques minutes. Ce n’est pas possible ! Vous êtes fatigué et vous le prenez personnellement. Vous avez très envie de jeter votre iPad par la fenêtre, mais vous savez que si vous le faites, il y aura de la casse ! Vous aimeriez tellement que cette folie cesse immédiatement afin de pouvoir jouir d’un petit moment de tranquillité. Certes, vous ne regrettez pas d'avoir eu des enfants, mais à cet instant précis, vous souhaiteriez qu’ils ne soient pas vos enfants ! Vous êtes en colère et sur le point de perdre votre sang-froid, oubliant qui vous êtes et ce que vous êtes appelé à faire. L’émotion vous pousse à aller dans le couloir, et cette émotion, ce n’est pas l’amour. Quelque chose vous pousse à agir, et ce quelque chose, ce n’est pas la grâce. Vous vous retrouvez dans la chambre en train de hurler sans même vous rendre compte que vous avez quitté votre fauteuil au salon. Vous parlez, mais vous ne réfléchissez pas. Vous réagissez, mais ce que vous faites n’est pas de l’éducation parentale. Vous énoncez toute une série de sanctions qui vont tomber, sanctions que vous serez obligé plus tard d’appliquer. Vous menacez de conséquences encore pires si vous deviez vous déplacer une fois de plus ! Vous quittez la pièce en marmonnant que vous n’auriez jamais eu l’idée d’agir ainsi quand vous aviez leur âge. Vous vous affalez dans 19


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le fauteuil, reprenez votre iPad, vous ouvrez enfin l’application, mais votre esprit est ailleurs, car vos émotions se bousculent en vous. « Qu’est-ce que je devrais faire pour qu’ils m’écoutent et qu’ils m’obéissent une fois pour toutes ? », vous demandez-vous alors que vos émotions se calment lentement. Vous vous sentez un peu coupable, et c’est pourquoi vous essayez de vous persuader que vos enfants le méritaient. Qui de nous n’est pas passé par là ? Quel parent peut jeter un regard sur les jours, semaines, mois et même années passés avec ses enfants sans éprouver le moindre regret ? C’est très important de reconnaître humblement à quel point une parentalité d’ambassadeurs ne nous vient pas naturellement. Nous devons nous rappeler que seul Dieu, dans sa grâce merveilleuse, peut nous venir en aide. Naturellement, le péché fait de nous tous des propriétaires plus que des ambassadeurs. Le péché nous rend tous plus exigeants que patients. Le péché nous fait tous considérer plus naturellement la sanction que la grâce. Le péché nous fait tous plus facilement voir le péché, les faiblesses et les lacunes des autres, et d’en être affligés, au lieu de voir les nôtres et de nous en lamenter. À cause du péché, il nous est plus facile d’interpeller quelqu’un que de lui prêter une oreille attentive. Tout cela revient à dire ceci : ce qui fait obstacle à notre vocation de parents-ambassadeurs, c’est finalement nousmêmes ! Le confesser humblement est la première étape sur le chemin de notre fonction d’ambassadeurs. PROPRIÉTAIRE OU AMBASSADEUR ? Peut-être êtes-vous en train de penser : « Paul, je ne crois pas traiter mes enfants comme s’ils étaient ma propriété. Je pense servir Dieu dans la vie de mes enfants, mais je n’en suis pas tout à fait sûr. » Alors, je veux vous aider. Commençons par reconnaître que peu de parents se comportent uniquement en propriétaires ou uniquement en ambassadeurs. Pour la plupart d’entre nous, vivre 20


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une parentalité de propriétaire ou une parentalité d’ambassadeur exige un combat quotidien qui se joue sur le terrain de notre cœur. Nous sommes quotidiennement tiraillés entre ce que nous voulons et ce que Dieu veut. Nous sommes constamment poussés, d’un côté par ce que nous estimons être meilleur, et de l’autre par ce que Dieu déclare être meilleur. Nous sommes parfois beaucoup trop influencés par les valeurs de la culture ambiante, et parfois profondément convaincus que la pensée biblique doit façonner toute notre éducation parentale. Parfois, nous aimerions que nos enfants se comportent bien uniquement pour rendre notre vie plus agréable, et parfois nous reconnaissons que l’éducation parentale est un combat spirituel. Je vous propose de réfléchir, sur un plan pratique, à ce qui qui distingue une parentalité de propriétaire d’une parentalité d’ambassadeur. Je vais donc comparer ces deux modèles d’éducation parentale dans quatre domaines que chaque parent connaît bien : identité, travail, succès et réputation. Votre manière de concevoir ces quatre domaines et d’interagir avec eux mettra en lumière et définira quel genre de parent vous pensez être et quel rôle vous pensez devoir jouer dans l’éducation de vos enfants.

1. Identité : ce vers quoi vous vous tournez pour découvrir qui vous êtes. Propriétaire : les parents propriétaires ont tendance à tirer leur identité, leur raison d’être, leur objectif de vie et leur sensation de bien-être intérieur de leurs enfants. Leurs enfants ont tendance à se sentir accablés par le fardeau insupportable du sentiment de valeur personnelle de leurs parents. Laissez-moi vous le dire tout de suite : le rôle de parent est un piètre rôle pour y forger votre identité, pour la simple et bonne raison que tout parent accompagne des pécheurs. Les enfants viennent au monde avec des lacunes intérieures profondes qui les poussent 21


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à s’insurger contre l’autorité, la sagesse et les directives de leurs parents. Les parents qui espèrent trouver leur identité dans leurs enfants auront tendance à faire des manquements de leurs enfants une affaire personnelle, comme si les enfants leur en voulaient personnellement. Ils réagissent alors face aux manquements de leurs enfants à partir de leurs blessures personnelles et de leur colère. La réalité est que Dieu ne vous donne pas des enfants afin que vous ayez le sentiment que votre vie en vaut la peine. Ambassadeur : les parents qui abordent l’éducation parentale en tant que représentants de Dieu ont d’emblée un sentiment profond de leur identité et sont motivés par une raison d’être et un objectif. Ils n’ont pas besoin de le recevoir de leurs enfants, car ils l’ont reçu de celui qu’ils représentent : le Seigneur JésusChrist. Ils sont donc affranchis de l’idée de devoir s’approcher de leurs enfants avec l’espoir d’obtenir d’eux ce qu’aucun enfant n’est en mesure de donner. Ils n’attendent plus que la vie de famille leur procure la vie puisqu’ils ont déjà trouvé la vie et que leurs cœurs sont en paix. Ils sont donc libres de s’oublier eux-mêmes et d’éduquer avec l’altruisme et le sacrifice qu’une parentalité d’ambassadeur exige.

2. Travail : votre définition du travail auquel vous avez été appelé. Propriétaire : les parents propriétaires estiment qu’il est de leur devoir de faire quelque chose de leurs enfants. Ils ont une idée de ce qu’ils voudraient que leurs enfants deviennent, et ils estiment que leur travail de parents consiste à utiliser leur autorité, leur temps, leur argent et leur énergie pour rendre leurs enfants conformes à leur projet pour eux. Dans mon rôle de conseiller, je me suis occupé de beaucoup d’enfants qui croulaient sous le poids de la pression constante imposée par leurs parents. Ces derniers avaient une vision précise de ce que leurs enfants 22


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devaient devenir et poursuivaient cet objectif sans relâche. Les parents propriétaires ont tendance à penser qu’ils ont la capacité et les ressources nécessaires pour façonner leurs enfants et les rendre conformes à l’image qu’ils se sont forgée d’eux. Ambassadeurs : les parents qui comprennent bien qu’ils ne seront jamais autre chose que les représentants de quelqu’un qui est plus grand, plus sage, plus puissant et plus compatissant qu’eux, savent que leur tâche quotidienne ne consiste pas à transformer leurs enfants en quoi que ce soit. Ils ont compris qu’ils n’ont aucun pouvoir pour changer leurs enfants et que, sans la sagesse de Dieu, ils ne sauraient même pas ce qui est le meilleur pour eux. Ils savent qu’ils ont été appelés à être des instruments entre les mains de celui qui est glorieusement sage, celui qui est source de la grâce toute suffisante pour secourir et transformer les enfants qui ont été confiés à leurs soins. Ils ne sont pas motivés par un rêve d’avenir pour leurs enfants, mais par le potentiel que la grâce peut développer en eux.

3. Succès : votre définition de la réussite. Propriétaire : les parents propriétaires ont tendance à rechercher, dans la vie de leurs enfants, une série d’indices concrets qui confirmeraient, à leurs yeux, que leur éducation parentale est une réussite. Des études universitaires brillantes, des exploits sportifs remarquables, des dons musicaux hors pair, un comportement social apprécié : tous ces indices deviennent des repères attestant que les parents ont bien fait leur travail. Il va de soi que ces choses ne sont pas sans importance, mais elles ne peuvent en aucun cas mesurer la réussite de l’éducation parentale. De bons parents n’engendrent pas toujours de bons enfants ; d’ailleurs, les parents feraient bien de s’interroger sur l’origine des critères leur permettant d’affirmer qu’ils ont ou non de « bons » enfants. Je crains que de nombreux excellents parents vivent avec des 23


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sentiments durables d’échec parce que leurs enfants ne sont pas devenus conformes à leurs attentes. Ambassadeur : ces parents acceptent de regarder la terrible vérité en face : ils n’ont absolument aucun pouvoir pour produire quoi que ce soit dans leurs enfants. C’est pourquoi ils ne réduisent pas leur définition de la réussite à une liste de succès élogieux sur le plan horizontal. Une parentalité réussie ne se mesure pas avant tout aux résultats que vous avez obtenus, mais au travail que vous avez fourni. Disons-le autrement : une parentalité réussie n'est pas une question d'atteindre des objectifs (ce que vous êtes incapable de faire par vous-même), mais de devenir un outil malléable et fidèle dans la main de celui qui seul est capable de produire de bonnes choses en vos enfants.

4. Réputation : ce qui indique aux gens qui vous êtes et ce qui vous motive. Propriétaire : sans le vouloir vraiment, les parents propriétaires considèrent leurs enfants comme des trophées. Ils aimeraient pouvoir faire défiler leurs enfants en public pour que les gens autour d’eux les applaudissent. C’est pourquoi tant de parents ont du mal à accepter chez leurs adolescents les phases marquées par leur comportement loufoque et extravagant. Ces parents se soucient peu de comprendre ce que ce comportement excentrique exprime au sujet de leur enfant. En revanche, ils s’inquiètent de l’impact de cette conduite sur eux-mêmes. Dans ces foyers, les enfants portent le fardeau de la réputation de leurs parents et le mal-être lié à leur dépit et à leur embarras. Ces parents expriment facilement leur irritation et leur déception face à leurs enfants, non parce qu’ils ont transgressé la loi de Dieu, mais parce que leurs actions et leur conduite les ont plongés dans l’embarras et la gêne. Ambassadeur : Ces parents ont compris qu’en éduquant des pécheurs ils s’exposent, d’une manière ou d’une autre, à connaître 24


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l’incompréhension et l’embarras. La tâche que Dieu leur a confiée comporte toujours une part de chaos, source d’humilité : ils le savent, ils l’acceptent. Ils comprennent que même si leurs enfants se développent en maturité et grandissent dans leur attachement à Dieu, ils ne seront jamais leurs trophées mais plutôt les trophées du Sauveur que ces parents se sont efforcés de servir. Pour eux, c’est Dieu qui travaille et c’est à Dieu que la gloire revient. Ils sont simplement satisfaits d’avoir été des outils dont Dieu s’est servi. Êtes-vous prêt à renoncer à la charge pesante qui attend le « parent propriétaire » ? Aimeriez-vous découvrir à quoi ressemble une parentalité au sein de laquelle vous savez que vous avez été appelé à représenter le message, les méthodes et le caractère du Propriétaire de vos enfants ? Êtes-vous prêt à abandonner le fardeau de vouloir opérer le changement par vous-même ? Aimeriez-vous goûter au repos d’être un outil de celui dont la grâce seule a le pouvoir de produire le changement ? Alors, ce livre est pour vous. Il est destiné à vous arracher au train-train quotidien, et à vous présenter une vision globale du projet dans lequel Dieu vous demande d’entrer, alors qu’il agit dans le cœur et la vie de vos enfants. Ce livre a pour objectif de vous aider à voir à quel point l’éducation parentale devient radicalement différente, lorsque l’on cesse de vouloir produire le changement par nous-mêmes, pour devenir un outil bien disposé de la grâce qui délivre, pardonne et transforme. Chaque chapitre présentera et expliquera un principe d’éducation parentale qui prend cette grâce au sérieux. Beaucoup d’entre vous sont exténués, découragés et frustrés. Et si vous considériez dorénavant, un autre chemin, un meilleur chemin : Le chemin de la grâce ?

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Chapitre 1

UN APPEL Principe : Rien n’est plus important dans votre vie que d’être un instrument de Dieu pour façonner une âme humaine.

Vous êtes frustré parce que, pour une raison inconnue, ce mardi soir, votre petite fille de deux ans a décidé de ne pas manger ses petits pois. Rien ne peut la faire changer d’avis, ni l’insistance, ni les menaces. Vous ne lui demandez pourtant pas d’avaler du poison ! Ce ne sont que des petits pois, de toutes petites boules vertes végétales ! Qu’est-ce qui a bien pu lui passer par la tête ? Pourquoi de si petites tâches deviennent-elles si difficiles ? Incroyable ! Encore un petit mot du professeur des écoles. C’est le cinquième en trois semaines, et l’enfant n’est qu’à la maternelle ! Il n’arrête pas de parler en classe quand il n’est pas censé parler. Il parle quand le maître parle. Il parle quand d’autres élèves essaient de parler. Il parle la bouche pleine pendant le repas. 27


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Il parle pendant l’heure de la sieste. Il parle quand vous essayez de lui parler pour lui dire qu’il parle trop ! Et vous aviez pensé qu’en le mettant à l’école, cela simplifierait votre vie ! Vous avez eu une journée difficile. Vous étiez convaincu qu’il s’agissait d’une conspiration de la fratrie tout entière contre vous. C’est comme si vos enfants s’étaient mis d’accord pour vous pourrir la journée ! Vous avez le sentiment d’être seul contre une légion de rebelles ! Vous avez perdu patience très souvent. Vous avez dit et fait des choses qu’il ne fallait pas. Vous avez élevé la voix et proféré des menaces, mais cela n’a servi à rien. Vous avez perdu le contrôle de votre propre maisonnée et, en vous sentant un peu coupable, vous regrettez le passé, quand les choses étaient plus simples. Vous venez d’avoir l’une des meilleures conversations de votre vie de parent ! Il vous est difficile d’imaginer qu’un enfant de onze ans puisse être aussi profond, si philosophe dans sa réflexion. Il vous a pris au dépourvu. Vous n’imaginiez pas qu’à ce momentlà, le temps s’arrêterait et que vous discuteriez de choses aussi importantes. Vous ne vous sentiez pas préparé ; vous butiez sur vos mots. Vous espérez en tout cas que vos paroles seront utiles, compréhensibles et sages. Vous espérez que la manière dont vous avez dit ces choses ouvrira la porte à d’autres conversations de ce genre. Vous auriez souhaité qu’un signal se déclenche pour vous dire que les choses allaient brusquement devenir très sérieuses. Elle est mal à l’aise quand vous êtes à ses côtés. Et cela vous blesse. Elle avait l’habitude de courir dans vos bras pour recevoir réconfort et amour. Elle aimait tenir votre main quand vous parcouriez les allées du centre commercial. Elle mettait vos robes et se prenait pour vous. Elle grimpait sur un tabouret dans la cuisine et vous « aidait » à préparer le souper. Elle courait vers vous avec un large sourire quand elle avait gagné une médaille à la gymnastique. Maintenant, elle vous demande de la déposer 28


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au centre commercial et de ne pas entrer avec elle. Elle ne veut plus que vous la cherchiez à l’école, et si vous le faites, elle vous demande de vous garer au bas de la rue. Elle n’invite pas beaucoup d’amies à la maison, et quand elle le fait, elles s’enferment dans sa chambre, à l’abri des regards et loin de vous. Vous aimeriez tant qu’elle coure se réfugier dans vos bras et vous dise : « Je t’aime, Maman ! », comme elle avait l’habitude de le faire, mais vous ne pensez pas qu’elle le refera un jour. Vous les avez emmenés au cinéma : tout le monde apprécie d'y aller en famille. Le film était présenté comme une comédie parfaitement adaptée à la famille ; en réalité, il était rempli du début à la fin d’allusions sexuelles. Vous n’avez même pas regardé la dernière partie du film, car vous réfléchissiez à ce que vous diriez, à ce que vous feriez, après que vos enfants aient été exposés à ce genre de contenu. Dans quelle mesure ont-ils compris ce qu’ils ont entendu ? Si vous leur en parlez, n’allez-vous pas simplement ouvrir la boîte de Pandore ? Est-ce le moment de parler franchement de sexualité ? Êtes-vous prêt ? Et eux, le sont-ils ? Comment aborder le sujet ? Quand l’aborderez-vous ? Vous aimeriez avoir un plan détaillé qu’il vous suffirait de suivre. Au moment où vous déposez ses dernières affaires dans sa chambre universitaire, vous vous dites que c’est un brave garçon, mais vous vous demandez tout de même s’il est prêt pour cette aventure. Vous le regardez et ne voyez pas en lui un étudiant de fac : vous voyez encore un gamin de six ans au nez qui coule, aux genoux éraflés, qui vous supplie de le laisser passer la nuit chez un copain. Il a bien réussi au lycée ; il n’a pas touché à la drogue ni au sexe et il a rarement eu des heures de colle. Il était décidé à poursuivre des études universitaires dans un endroit nouveau, loin de la maison. Vous êtes tout de même inquiet : sa résidence universitaire compte deux fois plus d’étudiants que son lycée. Les filles qui déambulent dans les couloirs vous mettent mal à l’aise. Vous avez envie de le saisir, de le jeter avec sa pile d’affaires dans 29


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la voiture et de quitter ces lieux le plus vite possible, avant de le perdre complètement. Il vous dit de ne pas vous inquiéter, que tout ira bien, mais cela ne sert à rien. Vous priez avec lui avant de le quitter, mais cela ne vous aide pas à vous sentir mieux. Vous lui demandez de vous téléphoner un peu plus tard, mais vous ne pensez pas qu’il le fera. Elle a terminé ses études supérieures. Elle est rentrée à la maison en attendant de trouver un emploi. Vous pensiez que les années de votre éducation parentale étaient derrière vous, mais ce n’est visiblement pas le cas. Rien qu’à voir l’état de sa chambre, les amis qu’elle a choisis et sa manière de passer le temps, vous vous demandez si elle est vraiment prête à voler de ses propres ailes. Vos sentiments sont mitigés. Vous avez apprécié l’ordre dans la maison et le fait de pouvoir disposer de votre temps. Mais en même temps, votre rôle de maman vous manquait. Maintenant, elle est de retour, et tout est différent. Vous savez qu’elle a encore besoin de vous, qu’elle a besoin de vos conseils pour faire ses débuts dans la vie d’adulte, mais vous n’êtes pas sûre qu’elle en ait conscience. Chaque soir, vous essayez de vous coucher et de dormir à votre heure habituelle, mais finalement, vous ne vous endormez pas tant que vous n’avez pas entendu la porte et que vous n’êtes pas sûre qu’elle soit bien rentrée à la maison. Vous êtes à la fois fatiguée d’être parent, et heureuse qu’elle soit de retour à la maison. Le regret vous poursuit. Vous ne voudriez pas qu’il en soit ainsi, mais c’est pourtant le cas. Oh, il ne s’agit pas de quelque chose d’important, mais de toutes ces petites négligences. Vous vous rappelez toutes ces petites promesses que vous avez faites et que vous n’avez pu tenir, à cause de vos occupations. Ces moments où vous avez hurlé alors que vous auriez dû écouter. Vous vous souvenez combien c’était difficile d’avoir des enfants et d’être équitables avec eux, et combien de fois vous ne l’avez pas été. Vous vous rappelez vous être endormi lors de récitals, et vous espérez qu’ils ne l’ont jamais su. Vous vous rappelez avoir proféré 30


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des menaces ridicules et vous espérez qu’ils ne s’en souviennent plus aussi bien que vous. Vous vous rappelez ce moment où vous avez arrêté votre véhicule, en avoir fait sortir tous les enfants et leur avoir dit que vous ne les reprendriez pas tant qu’ils ne se seraient pas décidés à vivre ensemble dans l’harmonie et la paix. Vous vous souvenez qu’il vous était plus facile de brandir la loi que de faire grâce. Vous aimeriez être délivrée de ces regrets, mais vous ne l’êtes pas. Qu’est-ce que je viens de décrire ? Quel est le dénominateur commun à tous ces scénarios ? Ils traitent tous d’une vocation, un des plus importants appels qui soit pour un être humain. Si vous vous arrêtiez pour réfléchir un instant à toutes les conséquences de cet appel, vous vous enfuiriez à toute vitesse. Dans un sens, c’est insensé de penser qu’on puisse s’acquitter d’une telle mission. Vous déliriez quand vous estimiez être prêt pour cette tâche. C’est comme se trouver devant un Airbus A 380 et se dire que l’on pourrait le soulever si l'on voulait ! En confiant aux parents l’éducation de leurs enfants, le Dieu parfait semble avoir commis sa seule erreur. Est-il bien vrai que Dieu demande aux parents d’être ses agents pour façonner une âme humaine ? Vraiment ? Considérons alors l’immensité du plan de Dieu et ce qu’il implique pour vous en tant que parent.

LES PARENTS : DES CHASSEURS DE TRÉSORS Voici ce que vous devez comprendre : tout ce que vous faites et dites au cours de votre vie, chacun de vos choix et chaque domaine dans lequel vous avez décidé de vous investir reflètent votre système de valeurs interne. Nous sommes des êtres créés à l’image de Dieu, et nous ne fonctionnons pas sur la base de nos instincts. Nous sommes des êtres humains motivés par nos valeurs. Vos paroles, le temps que vous consacrez à tel ou 31


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tel projet, votre manière de gérer vos finances, vos hauts-et-bas émotionnels, vos relations, et vos habitudes spirituelles, tout cela réuni brosse le portrait de ce qui compte vraiment pour vous. Réfléchissez un instant. Si je devais regarder avec vous la vidéo de vos deux mois écoulés, quelle conclusion tirerais-je quant à ce qui compte vraiment à vos yeux ? Ou si je devais visionner les deux ou trois derniers mois de votre éducation parentale, qu’est-ce que j’en déduirais quant au niveau d’importance que vous conférez à cette tâche fondamentale que Dieu vous a confiée ? Lorsque nous parlons de valeurs, Matthieu 6 : 19-34 est un texte fondamental. (Et pourquoi n’interrompriez-vous pas la lecture de ce livre pour lire ce texte biblique ?) Dans ce passage, Jésus utilise le mot trésor pour décrire cette réalité : nous passons notre vie à rechercher ce que nous considérons important. Nous nous ressemblons tous ; nous nous levons tous les matins et nous creusons dans le sol de notre vie à la recherche de quelque trésor. Et notre manière de parler et de nous comporter traduit notre application à puiser de notre vie et de nos relations les choses qui sont importantes à nos yeux. C’est difficile à accepter, mais je dois le dire : soit l’éducation parentale est une chose qui représente pour vous le trésor le plus précieux (et vous le démontrez quotidiennement par vos décisions, vos paroles et vos actes), soit elle ne l’est pas. C’est humiliant mais utile de reconnaître que, de ce côté-ci de notre dernière demeure, énormément de choses sont en compétition les unes contre les autres pour gagner une place dans le coffre à trésors de notre cœur. Par exemple : nous vivons dans un monde rempli d’objets physiques magnifiques, créés soit par Dieu, soit par l’homme à partir de ce que Dieu a créé. Ces objets matériels répondent au besoin de beauté que Dieu a inscrit en nous, mais ils peuvent réclamer dans nos cœurs une place que Dieu ne leur a pas assignée. Si ce plaisir de posséder ces choses matérielles devient trop fort en vous, il créera toutes sortes de dysfonctionnements dans les tâches que Dieu vous demande 32


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d’accomplir en tant que parent. Ainsi, des parents trop accaparés par le désir de posséder (maisons, voitures, terres, meubles, objets d’art, etc.), auront tendance à tellement s’affairer pour acquérir, conserver, financer et protéger leurs biens qu’il ne leur restera que peu de temps à consacrer à leurs enfants selon les instructions de Dieu. Des parents qui aiment trop leurs possessions matérielles ont tendance à être si inquiets qu’ils transforment involontairement leur intérieur en musée de mobilier ou d’œuvres d’art dans lequel leurs enfants ne se sentent pas à l’aise. Il se peut qu’une maman soit plus soucieuse des taches sur son divan que de l’âme de son fils, ou qu’un père s’intéresse davantage au polissage et à l’entretien de sa voiture qu’au cœur de sa fille. Ces parents sont réticents à accueillir des amis de leurs enfants l’espace d’un week-end parce qu’ils craignent pour leurs objets. Est-ce que des choses matérielles sont des obstacles ou des sources de tensions inutiles dans votre éducation parentale ? Et que dire du succès ? Je suis persuadé que l’envie de réussir est une autre réalité que le Créateur a inscrite au plus profond de nous. À l’image du Créateur, nous sommes faits pour créer. Nous sommes destinés à être des bâtisseurs, des managers et des fabricants. Nous sommes faits pour transformer notre environnement, pour laisser l’empreinte de notre travail lorsque nous déménageons vers d’autres horizons. Nous sommes faits pour concevoir et réaliser. Compte tenu de cette finalité, le succès nous importe. Nous voulons tous réussir. D’ailleurs, si vous n’avez aucune motivation pour réussir en quoi que ce soit, si vous n’avez pas envie de réaliser quelque chose de beau, nous nous dirions tous que quelque chose ne tourne pas rond chez vous, soit sur le plan psychique, soit sur le plan spirituel, et que vous avez besoin d’aide. Mais attention, comme pour les possessions matérielles, la poursuite du succès, créée par Dieu et bonne en soi, peut devenir un piège dans votre vie si elle devient le trésor dominant qu’elle n’est pas censée être. 33


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Des milliers et des milliers d’enfants sont confiés chaque jour à des personnes qu’ils ne connaissent pas, parce que la réussite professionnelle est devenue trop importante pour leurs parents. Puisqu’aucun des deux parents n’est prêt à abandonner son emploi à l’extérieur par crainte des conséquences à long terme sur son plan de carrière et sur ses finances, personne ne reste à la maison pour s’occuper des enfants ; c’est pourquoi, il faut trouver quelqu’un d’autre pour le faire. Je sais que ce sujet est source de controverse, et je ne me permettrais jamais de juger un couple qui met ses enfants à la crèche ou chez une nourrice pendant la journée sans connaître les motifs de sa décision. Mais ce qui me gêne surtout, c’est que l’on ne parle pas davantage de cette question. Je suis attristé par le nombre d’enfants qui ne sont pas avec leurs parents pendant la plus grande partie de la journée durant leurs années de développement. Je suis attristé par cette habitude culturelle croissante qui consiste à laisser à des jeunes enfants la clé de la maison pour qu’ils puissent, à la sortie de l’école, rentrer chez eux et se retrouver seuls à la maison. Je suis inquiet de voir tant de parents retrouver leurs enfants à la fin de la journée alors qu’ils n’ont plus la patience et la grâce nécessaires pour passer une soirée paisible avec eux ! Ce n'est pas une question d'emploi du temps surchargé, mais c'est l'emploi du temps surchargé qui est révélateur de valeurs profondes. Combien d’enfants voient rarement leur père ! Papa part au travail avant le lever des enfants, et rentre à la maison alors que les petits sont déjà au lit. À l’adolescence, ils sont habitués au fait que leur papa ne s’implique pas dans leur vie, et ils n’attentent plus de sa part ni attention ni participation. De quelle manière l’importance de votre réussite professionnelle a-t-elle influencé votre consécration à la tâche que Dieu vous a confiée en tant que parent ? Attachez vos ceintures ! Je vais aborder un sujet encore plus controversé. Je suis profondément convaincu que pour beaucoup de gens, c’est la part prise par le ministère qui les empêche 34


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de faire ce que Dieu leur demande d’accomplir en tant que parents. C’est peut-être là le trésor le plus tentant et trompeur de tous. D’innombrables pères et mères engagés dans le service du Seigneur font taire leurs consciences coupables (à cause du manque d’attention qu’ils accordent à leurs enfants, ou de leurs absences régulières du foyer) en se disant qu’ils sont engagés dans « l’œuvre du Seigneur ». Alors, ils acceptent une autre invitation de prendre la parole ici ou là, un autre voyage missionnaire à l’étranger, un autre appel à servir le Seigneur ailleurs, une autre réunion un soir de la semaine… Ils sont convaincus que leurs valeurs sont profondément bibliques, alors qu’ils négligent régulièrement une part importante de ce que Dieu les a appelés à faire. Malheureusement, leurs enfants grandissent avec l’idée que Jésus est celui qui les a constamment privés de leur père et de leur mère. C’est un sujet que les parents engagés dans un ministère devraient constamment avoir à l’esprit. Si vous écoutez les responsables qui préparent des couples pour le ministère, vous constaterez une chose intéressante : ils les avertissent toujours des tensions normales et inévitables qui existent entre les exigences du ministère et notre appel en tant que parents. Mais je veux faire ici deux remarques. D’abord, le Nouveau Testament ne mentionne jamais cette tension. Il ne vous avertit jamais que si vous avez une famille et que vous êtes appelés au ministère, vous vous trouverez de facto dans une situation inextricable et qu’il vous sera pratiquement impossible de bien gérer les deux côtés simultanément. On ne trouve pas de telles mises en garde dans la Bible. La seule chose qui s’en rapproche, c’est l’une des qualifications imposées à celui qui aspire à la charge d’ancien : il doit avoir bien dirigé sa famille. Cette tension que nous ressentons n’est sans doute pas le fait de Dieu qui aurait mal conçu quelque chose ; elle provient plutôt du fait que nous cherchons à obtenir de notre ministère des choses que nous n’étions pas censés obtenir de cette manière ; et parce 35


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que nous le faisons, nous prenons de mauvaises décisions qui nuisent à nos familles. Si votre identité, votre valeur, vos objectifs de vie, si la raison pour laquelle vous vous levez tous les matins, et si votre paix intérieure sont tous définis par votre ministère, alors c’est que votre ministère est devenu votre messie personnel. Et si vous demandez à votre ministère d’être votre messie, vous aurez beaucoup de mal à dire non, et parce qu’il vous est difficile de dire non, vous aurez tendance à négliger le temps que vous devriez consacrer aux relations avec vos enfants. Mais j’ai une deuxième remarque à faire. La Bible est claire sur ce point : Dieu n’est pas dépourvu d’amour, de sagesse, de fidélité et de bonté au point d’exiger de nous l'obéissance à un commandement au prix de la transgression d’un autre. Ses commandements ne sont pas en concurrence les uns avec les autres, car ils ne procèdent pas de systèmes de valeurs concurrentiels. Ils constituent une trame comportant plusieurs fils qui, tissés ensemble, expriment ce que signifie vivre d’une manière bonne, juste, belle et agréable à Dieu. Votre engagement d’obéissance à l’un de ses commandements ne signifie jamais que vous souffrirez ou serez châtiés parce que cela vous a obligé à désobéir à un autre. Aucun de ses commandements n’existe seul, et ils ne s’opposent jamais les uns aux autres. Si donc le zèle pour le ministère m’oblige à être infidèle à ma vocation de parent dans ma façon de gérer mon temps et mon énergie, c’est que je cherche à retirer de mon ministère quelque chose que je ne suis pas censé obtenir. Les décisions et les engagements en lien avec le ministère vous empêchent-ils d’accomplir fidèlement votre devoir de parent ? Je vous demande d’être humble, franc et honnête. Qu’est-ce qui, dans votre cœur, et donc dans vos décisions quotidiennes, est en compétition avec l’importance que devrait avoir l’éducation parentale ? Dans votre programme quotidien d’activités en tous 36


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genres, l’éducation parentale occupe-t-elle la place d’honneur et l’importance que Dieu lui accorde ? Qu’est-ce qui lui fait de l’ombre ? Quelles décisions nouvelles et meilleures, Dieu vous invite-t-il à prendre ? VOICI LA VALEUR QUE DIEU ACCORDE AUX PARENTS La valeur de l'éducation parentale est au cœur de ce que Dieu a voulu que chaque être humain sache et devienne. L’ignorer, c’est perdre une partie de votre humanité. L’éducation parentale est au cœur de tout ce qui devrait motiver chaque pensée, désir, parole, décision ou action de tout être humain. Rien, dans la vie d’un enfant, n’est plus indispensable que cela. C’est ce qui fait de l’éducation parentale une chose d’extrême importance, une chose sainte dans le vrai sens du terme. Tel devrait être l’objectif de tout ce que vous faites et de tout ce que vous souhaitez pour vos enfants. Le perdre de vue, c’est simplement passer à côté de ce que signifie être parent. Le perdre de vue, c’est enlever les rails qui donnent une direction à tout ce que vous faites avec chacun de vos enfants. C’est ce qui devrait vous procurer une profonde satisfaction les jours où tout va bien avec vos enfants, et vous maintenir motivé quand les temps sont plus difficiles. C’est vraiment la tâche essentielle qui fait de votre travail parental un trésor d’une immense valeur. Prêtez attention aux paroles suivantes : Écoute, Israël ! L’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel. Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Les commandements que je te donne aujourd’hui seront dans ton cœur. Tu les répéteras à tes enfants ; tu en parleras quand tu seras chez toi, quand tu seras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Tu les attacheras à tes mains comme un signe et ils 37


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seront comme une marque entre tes yeux. Tu les écriras sur les montants de la porte de ta maison et sur les portes de tes villes. (Deutéronome 6 : 4-9) Lorsque ton fils te demandera un jour : Que signifient les instructions, les prescriptions et les règles que l’Éternel, notre Dieu, vous a données ? tu lui diras : Nous étions esclaves du pharaon en Égypte et l’Éternel nous a fait sortir de l’Égypte par sa main puissante. L’Éternel a accompli sous nos yeux de grands miracles et prodiges, porteurs de malheur pour l’Égypte, pour le pharaon et pour toute sa maison. Il nous a fait sortir de là pour nous amener dans le pays qu’il avait juré à nos ancêtres de nous donner. (Deutéronome 6 : 20-23)

Voici la valeur que Dieu confère à l’éducation parentale, résumée en deux paragraphes succincts mais profonds. Votre tâche de parent a une valeur considérable parce que Dieu a décidé que vous seriez, entre ses mains, l’outil principal, fiable et fidèle pour générer dans vos enfants une conscience de Dieu et une soumission à son autorité. Vous ne pouvez pas créer cela par vous-même, seul Dieu le peut, mais vous avez été choisi pour être un outil unique entre ses puissantes mains. Vous voyez qu’au cœur du projet de Dieu pour les hommes coexistent deux données fondamentales : une reconnaissance de l’existence de Dieu, et une soumission à son autorité. Voilà ce qui, selon Dieu, devrait gouverner le cœur de tout être humain. Vos enfants ne seront jamais ce qu’ils sont censés être et ne feront jamais ce qu’ils devraient faire s’ils n’ont pas en eux cette conscience de la réalité de Dieu. C’est la chose essentielle qui doit être développée dans le cœur de chaque enfant, et les textes bibliques ci-dessus indiquent que cette tâche incombe aux parents. Votre Église n’a pas pour vocation de vous remplacer, mais de vous assister et de vous équiper pour cette tâche essentielle. Votre gouvernement n’a jamais été destiné à vous remplacer, mais à vous protéger dans l’accomplissement de cette mission 38


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centrale. L’école près de chez vous ne vous remplacera jamais ; au mieux, elle vous soutiendra dans l’œuvre que vous êtes seul en mesure d’accomplir. Vous pouvez affirmer haut et fort que la raison principale pour laquelle Dieu met des parents dans la vie des enfants, c’est pour que ceux-ci apprennent à le connaître. La chose la plus importante qu’un enfant puisse apprendre, c’est l’existence, la nature et le projet de Dieu. Si vous savez cela, cette vérité modifiera votre façon de comprendre et d’interpréter tous les autres faits de votre vie. Dieu, dans sa grâce, vous a placés, vous et vos enfants, dans un monde physique qui pointe constamment dans sa direction. Toutefois, vos enfants viennent au monde avec un terrible handicap : ils ont une capacité perverse de regarder le monde autour d’eux sans y discerner Dieu, et ceci façonne leur vie. Ils aperçoivent constamment les signes (le monde créé), mais sont incapables de percevoir ce vers quoi les signes dirigent les regards (l’existence et la gloire de Dieu). Et si vous ne reconnaissez pas Dieu, vous êtes non seulement un être humain profondément désavantagé, mais de plus, très rapidement vous vous glisserez au centre de votre univers et vous commencerez à croire que tout tourne autour de vous. Les enfants qui ne reconnaissent pas Dieu comme Dieu agiront comme s’ils étaient eux-mêmes Dieu, et résisteront à l’aide et au secours que Dieu a prévus pour eux, par le biais de leurs parents. Mais il y a plus. Après un certain temps passé à vos côtés, vos enfants commenceront à se demander pourquoi ils ont des règles à observer, pourquoi il leur a été dit de croire certaines choses, et qui vous a établi chefs sur eux. Malheureusement, de nombreux parents n’ont alors pas d’autres réponses que : « Fais-le parce que je te dis de le faire » ou : « Fais-le, sinon tu seras puni. » Vos enfants se contenteront de ces explications aussi longtemps qu’ils vous craindront, mais viendra un temps où ils ne vous craindront plus. Si tout ce que vous avez légué à vos enfants c’est la crainte 39


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des parents, alors quand ils quitteront le nid familial, ils n’auront plus rien qui les motive à faire ce qui est bien. Dans le deuxième paragraphe de Deutéronome 6, l’auteur nous dit d’enraciner les règles et les croyances que nous apprenons aux enfants non seulement dans l’existence de Dieu, mais aussi dans les choses que, dans sa grâce, il a accomplies pour nous. On pourrait dire qu’il s’agit de rattacher tout ce que vous exigez de vos enfants en matière de comportement et de croyances à l’histoire de la rédemption. Lorsque votre enfant conteste les règles, ne vous contentez pas de bomber le torse en lui disant qu’il a intérêt à obéir sinon… Parlez-lui plutôt d’un Sauveur plein d’amour qui ne l’a pas seulement créé, mais qui a versé son sang pour lui afin qu’il puisse connaître ce qui est juste et bien, et qu’il puisse l’accomplir. Lorsque votre enfant se pose des questions au sujet de ce qui est bien et ce qui est mal, ne le menacez pas de la loi de Dieu ; attirez-le plutôt par la douce musique de la grâce de Dieu. S’il lutte pour savoir si ce que Dieu dit est juste, ne lui présentez pas Dieu uniquement comme un juge, mais comme une aide et un ami qui vient à la rencontre de notre faiblesse avec son pardon, sa sagesse et sa force. Surprenez votre enfant en décrivant la grande patience de Dieu, sa bonté, son amour. Dites-lui sans cesse que Dieu utilise sa force pour nous venir en aide, nous faire du bien et nous secourir. Plutôt que d’insister uniquement sur votre autorité, insistez sur celle de Dieu, et allez au-delà de son autorité pour parler à vos enfants de sa grâce. Dieu n’a pas commis d’erreur en vous chargeant d’être son instrument pour façonner les âmes de vos enfants. Il a ouvert les yeux de votre cœur pour que vous reconnaissiez son existence, sa présence et son autorité, et que vous serviez d’instrument pour que vos enfants vivent la même chose. Il s’est révélé à vous non pas pour votre seul intérêt mais aussi pour celui de vos enfants. Et il a fait encore autre chose. Il vous a accordé sa grâce qui pardonne, sauve, transforme et affranchit, afin de faire de vous 40


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son instrument dans la vie de chacun de vos enfants. Son cadeau de la grâce ne vise pas seulement à faire de vous un bénéficiaire de cette grâce, mais aussi l’instrument quotidien de cette même grâce dans la vie de ceux qu’il a confiés à vos soins. Et c’est dans sa grâce que vous trouverez tout ce dont vous avez besoin pour devenir tout ce que Dieu veut que vous soyez dans la vie de vos enfants, et pour faire ce qu’il vous a appelé à faire avec eux. Voici donc l’essentiel : Dieu vous a rencontré pour que vous soyez prêt à faire connaître sa gloire et sa grâce à vos enfants. Chaque journée est remplie de multiples occasions d’orienter leurs regards vers Dieu : l’eau qui bout, les feuilles qui changent de couleur, le lever du soleil, la puissance d’un orage, le goût d’un steak, la beauté d’un coucher de soleil, le miel d’une abeille ; toutes ces choses existent et subsistent parce que Dieu les a créées et qu’il contrôle le monde matériel. Dieu a ouvert vos yeux à sa présence et à sa gloire, pour vous aider à ouvrir ceux de vos enfants. Saisissez donc toutes les occasions qui se présentent à vous pour orienter leurs regards vers lui. Ne passez une seule journée sans le faire. Ne trouvez pas cela bizarre de constamment parler de Dieu. Il est si présent dans toute sa création, que ce serait au contraire bizarre de ne pas penser constamment à lui et de ne pas parler de lui. Rappelez-vous que l’adolescent en a autant besoin que le tout-petit. Il n’y a rien de plus important dans la vie. Et c’est cela qui confère une telle valeur aux parents. Autre chose encore ; ce sera d’ailleurs un thème récurrent dans ce livre. Personne ne peut mieux communiquer la grâce qu’un parent qui reconnaît humblement en avoir lui-même désespérement besoin. Et si vous deveniez aujourd’hui, avec vos enfants, ce genre de parent ?

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Chapitre 2

LA GRÂCE Principe : Dieu ne vous confie jamais une tâche sans vous équiper pour que vous puissiez l’accomplir. Il ne vous envoie jamais sans vous accompagner.

De très nombreux pères et mères introduisent une difficulté particulière dans leur éducation parentale, et ils n’en sont même pas conscients. Cette difficulté influence leur manière de concevoir la tâche qui leur a été confiée. Elle influence leur manière de voir leurs enfants. Elle façonne leurs réactions dans tous les moments difficiles que des parents rencontrent. Elle détermine ce qu’ils vont se dire au commencement de leur journée ou quand ils s’écrouleront dans leurs lits, exténués, comme chaque soir. À cause de cette difficulté, beaucoup de parents ne se sentent pas à la hauteur, ou incapables et découragés. Elle pousse beaucoup de parents à vouloir tout laisser tomber, tout en sachant que c’est 43


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impossible. Elle encourage les gens à regarder dans le pré du voisin pour voir si l’herbe n’y est pas plus verte, et à souhaiter ce que d’autres parents semblent avoir et qu’eux n’ont pas. Elle pousse les parents à céder à la tentation de dire et faire des choses alors qu’au fond d’eux-mêmes, ils savent très bien qu’ils ne devraient pas les dire ni les faire. Quelle est cette difficulté silencieuse mais des plus sérieuses qui afflige tant de parents ? Chez beaucoup de parents chrétiens, il y a une énorme faille dans leur compréhension de ce qu’est la grâce, dans leur célébration de la grâce, et dans leur confiance en la grâce de Dieu. Je me permets de le dire maintenant car ce sera un thème récurrent dans chaque chapitre de ce livre. Pour une éducation parentale cohérente, fidèle, patiente, aimante et efficace, il n’y a rien de plus important que de bien saisir ce que Dieu vous a donné dans la grâce de son Fils, le Seigneur JésusChrist. Je vous imagine déjà en train de me rétorquer : « Paul, je n’ai pas besoin de plus de théologie ; il me faut de l’aide concrète. Je crois tout ce que la Bible dit, mais cela ne semble pas m’avoir beaucoup aidé au niveau de ma parentalité ! » Je vous demande d’ouvrir votre cœur et de faire preuve de patience pendant que je vous l’explique, car pour vous ce chapitre sera peut-être le plus important du livre. Comprendre la grâce de Dieu vous transformera, elle transformera également votre façon d’aborder vos enfants et de les éduquer. Quelle tristesse de constater que tant de parents s’acquittent de leur tâche avec une aussi grande incompréhension de la grâce de Dieu ! C’est une source constante de lassitude et de découragement. La plupart des parents chrétiens saisissent assez bien la notion de grâce passée, le pardon qu’ils ont reçu au travers de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus. Ils ont également une assez bonne compréhension de la grâce future, un lieu qui leur est réservé et qui leur est garanti pour toute l’éternité parce qu’ils sont enfants de Dieu. Le souci, c’est que nous avons une piètre 44


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idée de ce qu’est la grâce présente, ces nombreux bienfaits qui découlent de l’œuvre de Christ et qui appartiennent, aujourd'hui et maintenant, à nous qui vivons entre le « déjà » (grâce passée) et le « pas encore » (grâce future). De très nombreux parents pensent que l’expression « l’Évangile de la grâce de Dieu » n’a aucun lien avec l’épuisement dont ils ne semblent pas pouvoir se défaire, ni avec la colère qu’ils ne réussissent pas à maîtriser, ni avec la sagesse dont ils savent avoir tant besoin, ni avec le repos qu’ils recherchent en vain. Ils chantent des cantiques qui parlent de la grâce de Dieu, ils écoutent des sermons sur le thème de la grâce de Dieu, mais rien ne paraît impacter leurs combats de parents. Il semble que ce qu’ils en retirent est tout sauf de la grâce. Il faut donc dire et expliquer que l’enfant de Dieu que vous êtes n’a pas seulement reçu la grâce glorieuse passée et future, mais également la merveilleuse grâce pour le présent. Cette grâce vous atteint partout où Dieu vous a placé. Cette grâce vous atteint dans vos moments d’éducation parentale les plus sombres. Elle répond à votre sentiment d’inaptitude. Elle vous entoure quand vous vous sentez à cours de sagesse. Vous pouvez la saisir lorsque vous traversez le couloir en sachant que vous venez d'échouer lamentablement. Elle vous enveloppe lorsque l’enfant semble rebelle et têtu et que vous ne savez plus que faire. Elle vous touche dans vos moments de profonds regrets de parent. Elle vous donne une raison de vous lever le matin et de bien dormir la nuit, qu’importe ce à quoi vous devez faire face dans la journée. Si vous me demandez quelle est la chose la plus importante que Dieu vous a donnée en tant que parent, je ne dirai pas : « Les principes de sagesse contenus dans sa Parole ! ». Non, je dirai : « Sa grâce ! ». Laissez-moi vous expliquer pourquoi. Comme tout ce à quoi Dieu appelle les gens, il ne les appelle jamais à être parents parce qu’ils en sont capables. Si vous lisez votre Bible attentivement, vous remarquerez que Dieu n’appelle pas des gens compétents pour accomplir des choses importantes. 45


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Abraham n’était pas compétent. Moïse n’était pas compétent. Gédéon n’était pas compétent. David n’était pas compétent. Les disciples n’étaient pas compétents. Et nous pourrions prolonger cette liste. Tout simplement parce que les gens compétents, ça n’existe pas. Et surtout pas dans la catégorie « parents ». Dieu n’a pas créé des êtres humains pour qu’ils soient indépendamment compétents. Il nous a créés pour être dépendants. Ce n’est pas un signe de faiblesse personnelle ou de défaut de caractère que de se sentir parent incompétent. Si vous avez ce sentiment, c’est tout simplement parce que c’est vrai ! Aucun d’entre nous ne possède une réserve naturelle suffisante de sagesse, de force, de patience, de compassion et de persévérance, nécessaire à chaque parent pour bien s’acquitter de sa tâche. Tout comme la justice indépendante, la compétence indépendante est une illusion. Cessez donc de vous flageller parce que vous vous sentez incompétent. Vous vous sentez ainsi parce que c’est vrai ! Mais pourquoi alors un Dieu qui possède une sagesse parfaite confierait-il à des gens incompétents la réalisation d’une tâche aussi importante ? Il est essentiel de bien comprendre la logique. Dieu appelle des êtres incompétents à réaliser des choses importantes parce qu’en fin de compte, ce qu’il vise, ce n’est pas votre succès immédiat, mais que vous appreniez à le connaître, lui, à l’aimer, à vous reposer dans sa grâce et à vivre pour sa gloire. Disons les choses autrement. Dieu appelle des personnes incompétentes à réaliser de grandes choses pour qu’il soit glorifié, lui, et non pas elles. Il ne travaille pas dans le but de rendre votre vie de parent facile, prévisible et sans combat. Il vous appelle à réaliser l’impossible de sorte que, lorsque vous chercherez son secours, vous trouverez plus que son secours. Vous le trouverez lui. L’incompétence ne signifie pas que Dieu a commis une erreur monumentale en vous confiant des enfants, qu’il se serait trompé de destinataire et que vos enfants seraient mieux ailleurs. Loin de contrecarrer ses plans, votre incompétence fait partie de 46


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son projet. Il sait que les parents qui admettent ne pas être à la hauteur et qui cherchent refuge en lui deviennent les meilleurs parents. Dieu ne vous demande pas d’être compétent ; il vous demande seulement d’être bien disposé. Si vous êtes bien disposé, il s’approchera de vous dans votre faiblesse et vous transformera. Et alors qu’il vous transforme, il réalisera aussi de belles choses dans le cœur et la vie de vos enfants à travers vous. J’aimerais toutefois ajouter une chose. Aucun enfant ne souhaite être éduqué par des parents qui se pensent compétents. Les parents « compétents » ont tendance à être fiers et sûrs d’euxmêmes. Trop confiants dans leurs aptitudes, ils sont enclins à agir avec précipitation et trop d’assurance ; ainsi, ils manquent de patience et de compréhension. Des parents « compétents » pensent que leurs enfants aussi doivent être « compétents » ; ils font preuve de moins de tendresse lorsque leurs enfants dévoilent leurs faiblesses. Des parents « compétents » qui se vantent d’observer la loi mettent généralement plus l’accent sur la loi que sur la grâce avec leurs enfants, et ils sont plus rapides à juger qu’à comprendre. Les parents « compétents » font facilement de leurs enfants leurs trophées, la démonstration publique de leurs aptitudes. Il est difficile de vivre avec des gens qui dénient la faiblesse, parce qu’ils ont tendance à manquer de patience, d’amour et de compréhension à l’égard de ceux qui sont faibles. Votre incompétence ne signifie pas la fin de votre parentalité, car Dieu vient à la rencontre de ceux qui admettent humblement leurs faiblesses et cherchent son secours. C’est peut-être votre trop haute opinion de vos aptitudes parentales qui vous place en porte-à-faux avec des enfants qui semblent ne jamais répondre à vos attentes. Des parents « compétents » sont souvent irrités alors que, visiblement, leurs enfants ont encore et toujours besoin d’être éduqués ! Si vous traversez le couloir en furie parce que vos enfants méritent encore une correction, vous êtes furieux parce qu'à ce moment précis, ils ont besoin de ce dont tout être humain 47


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a constamment besoin : les soins d'un parent. En revanche, si vous traversez ce couloir en confessant votre propre besoin d'être aux bons soins du Père, il est plus vraisemblable que vous saisissiez mieux également le besoin de cette même attention chez vos enfants, et vous serez plus tendre en la leur accordant. Dieu ne nous appelle jamais à accomplir une tâche sans nous donner ce qu’il nous faut pour nous en acquitter. Dieu ne vous envoie jamais sans vous accompagner. Il ne vous demande jamais de faire quelque chose sans vous donner ce qu’il vous faut pour l’accomplir. C’est la grande histoire de toute la Bible. C’est pour cela que Dieu a envoyé son Fils sur la terre. Il n’y a qu’un seul héros dans la Bible ; tous les autres personnages manifestent des défauts dans un domaine ou dans un autre. Dieu est le héros de chaque histoire de la Bible. En fait, la Bible n’est pas un recueil d’histoires mais une grande histoire avec de très nombreux chapitres. Cette histoire raconte comment Dieu va à la rencontre de créatures humaines faibles et faillibles et leur accorde sa grâce toute puissante. En quoi cela concerne-t-il l’éducation parentale ? En tout ! Si vous êtes un enfant de Dieu, il est impossible que vous soyez abandonné à vos seules ressources limitées. Il est impossible que vous soyez limité à votre seule énergie et sagesse, quel que soit son niveau. Voici ce dont vous devrez journellement vous rappeler : le plus grand et le plus merveilleux cadeau que Dieu vous donne en tant que parent, c’est lui-même ! Il sait à quel point la tâche est rude. Il sait qu’elle vous amène à la limite de votre patience et de votre sagesse. Il sait que parfois vous avez le sentiment que vous ne savez absolument pas ce que vous faites. Il sait que vous souhaiteriez parfois tout laisser tomber et vous enfuir. Il sait que la colère monte parfois en vous. Il sait que vos enfants peuvent vous irriter. Il connaissait d’avance toutes vos luttes en tant que parent ; c’est pourquoi il savait que la seule chose qui vous aiderait vraiment, ce serait lui-même. Lisez ces paroles attentivement : « À celui qui 48


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peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, pour toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! » (Éphésiens 3 : 20-21). Voici la simple réalité rédemptrice qui seule rend l’éducation parentale possible : Dieu en vous ! Oui, vous avez bien lu. L’apôtre Paul déclare que vous ne comprenez pas vraiment qui vous êtes ni ce qui vous est confié, jusqu’au moment où vous saisissez cette vérité fantastique : Dieu savait que notre vocation serait si noble et notre faiblesse si profonde que la seule personne qui pourrait nous aider serait lui-même. Voilà pourquoi, dans un geste de grâce extraordinaire, il s’est glissé en nous. Réfléchissez à ce que cela signifie pour un parent. Ce Dieu qui a la capacité d’accomplir des choses que nous ne pouvons même pas concevoir, ce Dieu qui a une sagesse parfaite et un pouvoir illimité, vit maintenant en vous. Autrement dit, Dieu est avec vous le matin, quand vous avez peur de vous lever et d’affronter une nouvelle journée d’éducation parentale éprouvante. Il est avec vous lorsque vous devez mettre fin à la dix-septième dispute de la matinée. Il est avec vous quand se présente une occasion de discussion importante. Il est avec vous quand vos enfants vous provoquent et vous manquent de respect. Il est avec vous quand vous vous écroulez sur votre lit, avec un sentiment d'épuisement mêlé de regret. Il vous offre sa présence. Il vit vraiment en vous. Vous n’êtes vraiment pas livré à vous-même. Et il ne vous tournera pas le dos aussi longtemps que l’œuvre qu’il vous a donnée à faire en tant que parent ne sera pas achevée. Que possédez-vous en tant que parent chrétien ? Vous possédez la meilleure chose qui soit, et l’espoir en plus. Vous avez Dieu à chaque instant de chaque jour. Allez-vous vous en souvenir ? La grâce de Dieu agit en vous pour vous ouvrir les yeux et vous permettre de vous voir clairement tel que vous êtes en tant que parent. Je dois confesser que j’ai commencé ma vie de parent 49


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en parent sûr de lui et satisfait de lui-même. Je m’imaginais plus mûr que je ne l’étais en réalité. Je me considérais comme un observateur de la loi et non comme un transgresseur. À mes débuts, j’ignorais l’impact négatif que mon autosatisfaction avait sur mes relations avec mes enfants, ainsi que sur ma manière de gérer leurs faiblesses et leurs défauts. Si vous commencez à croire que vous observez parfaitement la loi de Dieu (bien que peu de gens le pensent consciemment), vous vous attendez à ce que les gens autour de vous fassent de même. Ceux qui se confient dans leur propre justice jugent et condamnent facilement ceux qui n’arrivent pas au niveau qu’ils estiment avoir eux-mêmes atteints. Voilà alors ce que Dieu fait dans chacune de nos vies. Il se sert de nos mariages et de notre parentalité pour nous révéler notre propre cœur. Il met ainsi en lumière dans mon cœur des pensées, des attitudes et des désirs dont je niais l’existence. Dieu s’est servi de mon combat contre l’irritation, l’impatience, la colère, le manque de bonté et de joie en tant que père, pour me montrer combien j’étais en dessous de ses normes et combien j’avais besoin de sa grâce qui pardonne et transforme. Et voici l’humble conclusion à laquelle Dieu dans sa grâce m’a conduit : Je ressemble plus à mes enfants que je ne suis différent d’eux — et c’est vrai pour vous aussi. En réalité, il y a, dans la vie de mes enfants, peu de luttes qui ne soient pas aussi mes luttes (matérialisme, relations, faire ce que je veux, attrait du monde, idolâtries sournoises, etc.). Ce constat a transformé ma parentalité. Au lieu d’aborder mes enfants de haut, avec mon propre sens de la justice, je me suis approché d’eux comme un pécheur en quête de grâce pour affronter un pécheur en quête de grâce. Le plan de Dieu consiste à rendre visible aux enfants sa grâce invisible en envoyant des parents de grâce offrir la grâce à des enfants en grand besoin de grâce. Et des parents conscients de leur besoin de grâce sont plus à même d’offrir la grâce à des enfants qui leur ressemblent. 50


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La grâce de Dieu vous libère du besoin de nier vos faiblesses. Combien j’apprécie le fait que la foi biblique ne m’impose jamais de nier la réalité ! Si vous vous sentez obligé de nier la réalité pour vous sentir bien dans la vie, vous pourrez goûter une paix éphémère, mais vous ne cultivez pas la foi biblique. La Bible est un livre terriblement honnête qui nous montre le sang, la crasse et les odeurs inhérents à la vie dans un monde déchu. Mais elle est aussi le livre le plus rempli d’espérance qui soit, grâce à la puissance transformatrice de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus. Voici ce que cela signifie pour le parent que vous êtes : Dieu ne vous demande jamais, au sein de votre parentalité, de prétendre être quelqu’un que vous n’êtes pas. En réalité, il fait tout le contraire. Il vous invite à vous regarder intérieurement dans le miroir de sa Parole qui expose le cœur et la vie, pour vous découvrir tel que vous êtes et accepter de confesser vos fautes à ceux qui vous entourent. Et voilà pourquoi vous pouvez avoir le courage de vivre ainsi : en tant que parent, vous n’avez jamais besoin d’avoir peur de vous connaître vous-même, ni peur d’être connu par ceux qui vous côtoient, pas peur non plus que l’on sache que vous êtes imparfait car il n’y a rien qui puisse être connu ou découvert à votre sujet en tant que parent, qui n’ait pas déjà été couvert par le sang de Jésus. Il n’est jamais bon, en tant que père ou mère, d’agir comme si vous étiez plus juste que vous ne l’êtes réellement. Car sachez-le, vos enfants sauront qui vous êtes vraiment. Ils découvriront les faiblesses de votre caractère et vos manquements spirituels ; si vous les niez, vous ne ferez qu’aigrir vos enfants. En revanche, si vous êtes un parent qui confesse promptement ses torts à ses enfants, vous gagnerez leur estime et ils vous reconnaîtront comme quelqu’un vers qui aller lorsqu’eux-mêmes auront chuté. Des parents humbles qui confessent leurs fautes encouragent leurs enfants à l’humilité et à la confession ; il en résulte de nombreuses occasions de parler de l’amour de Jésus qui vient à notre secours. 51


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La grâce de Dieu vous sauve de vous-même. Lorsque vous êtes un parent frustré, furieux, découragé, méchant, violent, amer, triste, vengeur ou irrité, ce n’est pas tellement de vos enfants que vous avez besoin d’être délivré, c’est de vous-même. Supposons que je tienne un verre d’eau dans la main, que je le secoue fortement et que de l’eau gicle. Si je vous demande pourquoi l’eau a giclé, vous me répondrez que c’est parce que j’ai secoué le verre. C’est logique, n’est-ce pas ? Mais la réponse n’est que partiellement juste. Pourquoi l’eau a-t-elle giclé ? Parce qu’il y avait de l’eau dans le verre. Si le verre est rempli de lait, vous pouvez le secouer pendant une éternité, de l’eau n’en sortira jamais. De même, il est important que les parents comprennent et admettent humblement que lorsque nous sommes secoués par le péché, la faiblesse, la révolte, la stupidité ou l’échec de nos enfants, ce qui sort de nous (paroles, actions, attitudes) se trouvait déjà en nous. Il s’ensuit que le sérieux problème qui me poursuit constamment en tant que père, ce n’est pas mes enfants, c’est moi. Mes enfants ne me font pas dire et faire ce que je dis et fais. La cause de mes actions réside dans mon propre cœur. Mes enfants ne sont que l’occasion qui révèle mon cœur par ses paroles et ses actions. Il me faut donc autre chose que d’être secouru et soulagé de mes enfants ; je dois être secouru de moi-même. C’est pourquoi Jésus est venu pour nous apporter le secours dont nous avons tous besoin, mais dont nous ne pouvons pas nous pourvoir nous-mêmes. Si vous blâmez vos enfants pour vos mauvaises attitudes, actions et paroles, non seulement vous les irritez, mais de plus, en les blâmant, vous ne recherchez pas à obtenir l’aide qui est à votre disposition dans la grâce de Jésus qui sauve, pardonne et transforme. Et parce que vous faites retomber la faute sur autrui, vous ne développerez pas votre parentalité et vous répéterez sans 52


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cesse les mêmes comportements. Dès lors que vous êtes prêt à reconnaître que vous représentez le plus gros obstacle dans votre éducation parentale, vous êtes en route vers de très belles choses en vous et dans votre travail avec vos enfants. La grâce de Dieu vous fait croître et vous transforme en tant que parent. J’ai mentionné cela plus haut, mais j’aimerais aller un peu plus loin. Puisque vous et moi exerçons notre parentalité quelque part entre le « déjà » de notre conversion et le « pas encore » de notre destination finale, nous éduquons toujours en plein milieu de notre sanctification. Rappelez-vous l’Évangile : bien que la tyrannie du péché ait été brisée grâce aux merveilleuses compassions de Jésus-Christ qui nous justifient, le péché reste bien présent en nous. Dieu s’affaire actuellement à nous délivrer efficacement du reste d’emprise que le péché exerce encore sur nous. Pour cela, il se sert du stress, des circonstances, des tracas, des fardeaux, des peines, des tentations et des joies pour nous faire grandir et nous transformer. Songez à la beauté de cette œuvre divine. Chaque fois que vous êtes en train d’éduquer vos enfants, le Père céleste vous éduque. Alors que vous interpellez vos enfants, avec amour, dans l’espoir qu’ils confesseront leur besoin et s’engageront à changer, le Père céleste est lui aussi en train de vous interpeller. Alors que vous encouragez vos enfants à rechercher ce qui est bon et juste, votre Père dans les cieux développe en vous le désir de ce qui est bon et juste. Durant ces moments, quand vous intervenez pour protéger vos enfants de leurs décisions insensées, le Père dans les cieux vous protège de vous-même. Voici ce que vous et moi ne devrions jamais oublier. Tandis que nous nous efforçons d’éduquer nos enfants, le Père céleste s’occupe de l’éducation de chacun d’entre nous ! Comme nos enfants, nous avons, nous aussi, besoin de croître et de mûrir. Comme nos enfants, nous ne nous sommes pas encore développés au point de 53


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pouvoir nous passer des soins d’un Père. Comme nos enfants, nous avons besoin d’un parent qui ne se détourne pas de nous, même lorsque nous trébuchons, tombons, et tombons encore. Dieu ne vous a pas simplement envoyé accomplir son œuvre dans la vie de vos enfants ; il veut se servir de la vie de vos enfants pour développer son œuvre en vous. Et si nous devenions des parents qui admettent leur besoin d’être éduqués eux-mêmes ? Soyons reconnaissants car Dieu nous promet : « Comme un père a compassion de ses enfants, l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent » (Psaumes 103 : 13). La grâce de Dieu agit pour attendrir votre cœur. Est-ce d’un cœur tendre que vous pensez à vos enfants, que vous leur parlez et que vous agissez ? Si vos enfants pouvaient vous décrire avec exactitude, le mot tendresse ferait-il partie du vocabulaire qu’ils utiliseraient ? Votre parentalité a-t-elle développé en vous la bonté patiente ou la dureté impatiente ? Rappelez-vous que vos paroles et vos actes sont toujours le reflet exact de votre cœur. Ce que vous faites et dites vous en dit plus long sur vous-même que celui à qui vous parlez ou répondez. Je suis convaincu que de nombreux parents au cœur endurci ne se rendent absolument pas compte qu’ils éduquent avec un cœur dur. Pensez à ce que recouvre l’image d’un cœur dur. Si je tiens une pierre dans les mains et que je la comprime de toutes mes forces, que se passerait-il ? Rien. Ma pierre est dure et donc réfractaire au changement. Elle n’est pas malléable ; vous avez beau la presser sans cesse, elle ne changera pas. Les parents au cœur dur pensent qu’ils ont raison, et ne voient donc pas la nécessité de changer et d’évoluer. Ils sont enclins à répéter sans cesse les mêmes mauvaises habitudes et cela crée des tensions inutiles avec leurs enfants. En effet, alors qu’ils exigent des changements de la part de leurs enfants, ils ne se soumettent pas à cette règle et ils ne changent pas eux-mêmes. Ils hurlent pour que leurs 54


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enfants cessent de hurler, mais négligent de confesser qu’ils ont hurlé alors qu’ils n’auraient pas dû. Ils demandent à leurs enfants de cesser de se disputer, mais eux-mêmes se disputent avec leurs enfants à propos de choses sans importance. Ils exigent que leurs enfants soient aimables, mais ils se permettent de leur parler et d’agir envers eux sans l’être. Les enfants commencent à perdre le respect envers un parent qui se conduit avec eux selon le principe « Fais ce que je te dis, mais pas ce que je fais ». Dieu va se servir du marteau de sa grâce pour nous attendrir et faire de nous des collaborateurs de son œuvre en nos enfants, et non des opposants. Les difficultés que vous rencontrez comme parent ne prouvent nullement que Dieu vous a oublié ; elles sont les coups redoublés des compassions attendrissantes d’un Père aimant et fidèle. Il veut rendre votre cœur plus tendre, pour en faire un outil destiné à changer le cœur de ceux qu’il a confiés à vos tendres soins. La grâce de Dieu vous libère de la prison du regret. Un des effets les plus remarquables de la grâce de Dieu est qu’elle vous invite constamment à de nouveaux départs et à de nouveaux commencements. Beaucoup trop de parents sont paralysés par un épais catalogue de « et si » ou de « si seulement ». Bien évidemment, vous commettrez des erreurs. Bien sûr, vous apprendrez et progresserez en tant que parent. Bien sûr, vous serez meilleur parent avec votre dernier enfant qu’avec le premier. Bien sûr, en regardant en arrière, vous serez gêné par des propos que vous avez tenus et des actions accomplies. Bien sûr, vous ferez certaines choses comme vos parents le faisaient alors que vous aviez juré de ne jamais faire comme eux. Bien sûr, en grandissant, vos enfants vous rappelleront certaines des choses pénibles que vous leur avez infligées au début de votre éducation parentale. Bien sûr, vous souhaiteriez avoir été mieux informé plus tôt. Si vous avez l’humilité d’un parent, vous regarderez en arrière avec une pointe de regret. 55


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C’est vrai que le regret témoigne d’un cœur humble, mais il est dangereux et invalidant de vivre dans le regret. La vie dans un regret constant sape la confiance, rend timide, prive de courage ; elle affaiblit ou tue l’espérance, fait revenir le passé dans le présent, et même dans l’avenir. Et malgré tous les souvenirs dont le regret se nourrit, il est tragiquement oublieux. Qu’est-ce que le regret tend à oublier ? Principalement la croix du Seigneur JésusChrist. Sur la croix, Jésus a porté tout le fardeau de notre culpabilité et de notre honte. Par son sang répandu à la croix, Jésus a acquis notre plein pardon passé, présent et futur. Cela signifie que nous pouvons nous approcher de lui en toute confiance avec nos manquements et nos échecs, obtenir son pardon, déposer nos regrets à ses pieds, aller de l’avant et adopter de nouvelles et meilleures façons d’accomplir les œuvres qu’il nous confie en tant que parents. La question n’est pas de savoir si vous vous souvenez ou pas des erreurs passées dans votre éducation parentale. La question est de savoir si le regret du passé tend à vous paralyser et à vous empêcher de faire ce à quoi Dieu vous appelle dans le présent. La grâce de Dieu vous encourage à tirer les leçons du passé, à confesser vos fautes, à recevoir le pardon, à déposer votre fardeau de culpabilité et de honte, et rempli d’un espoir et d’un courage renouvelés, vous atteler avec joie à la tâche que Dieu vous confie comme parent, ici et maintenant. Dieu vous a appelé à être parent. Comment vous accorde-t-il ce dont vous avez besoin pour répondre à cet appel ? Il vous accorde tout ce dont vous avez besoin en se donnant lui-même à vous. Et en se donnant à vous, il répand sur vous sa grâce merveilleuse qui pardonne, délivre, transforme, fortifie et assagit. Alors que vous êtes aux côtés de vos enfants aujourd’hui, souvenez-vous que vous n’êtes pas seul avec eux dans la maison. Quelqu’un d’autre parcourt les couloirs et s’installe au salon avec vous. Quelqu'un a pris place à vos côtés dans la voiture et vous accompagne pour 56


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cette expédition à haut risque avec vos enfants au centre commercial. Quelqu’un entre avec vous dans la chambre de votre adolescent pour une explication à propos d’une faute commise. Quelqu’un est avec vous lorsque vous repassez le film des événements de la journée avant de vous endormir, et il vous prépare à affronter une nouvelle journée. Quelqu’un est avec vous lorsque vous vous levez, déjà fatigué comme d’habitude, avant même le lever du soleil. Celui qui vous appelle à cette tâche essentielle est avec vous, et puisqu’il est à vos côtés, il y a de l’espoir. C’est sûr, à certains moments, vous vous sentirez au bout du rouleau, mais combattez la peur et le découragement dans l’attente de ce qu’il fera ; les ressources du Seigneur sont illimitées, et il ne vous laissera jamais seul !

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La corvée de linge, la préparation des repas, les trajets pour emmener les enfants au sport, la recherche des meilleures punitions possibles pour qu’ils arrêtent enfin de faire toujours les mêmes bêtises… Beaucoup de parents se sentent perdus. Il semble y avoir une pression constante d’être le parent parfait. Nous perdons si vite de vue notre objectif ultime en ne cherchant que des outils, des astuces ou des formules toutes faites. Dans ce livre inspirant, Paul Tripp nous aide à saisir les vrais enjeux du rôle de parent selon Dieu. Il aborde 14 principes bibliques fondamentaux pour nous montrer que nous avons besoin d’autre chose que la dernière stratégie à la mode ou une liste de techniques. En fait, nous avons besoin de la grâce de Dieu. Cette grâce qui a la capacité de modeler nos coeurs, forger notre vision et nous armer de courage. Nous serons libérés de ce « devoir » de fabriquer nous-mêmes un changement profond dans le cœur de nos enfants. Notre rôle de parents prendra alors du sens, nos objectifs seront clairs et notre joie sera encore plus grande ! *amour fou

Paul David Tripp est pasteur, conférencier et auteur d’Un appel dangereux. Avec sa femme Luella, ils ont quatre enfants.

17,90€

ISBN 978-2-36249-430-7

9

782362

494307

PA U L DAV I D T R I P P

— Francis Chan

Auteur de Crazy Love* et Toi et moi pour toujours

PA U L DAV I D T R I P P

ÊTRE PARENTS ÊTRE PARENTS

C’est le livre le plus important que j’ai lu cette année. Il est à la fois théologique et pratique. Je suis tellement heureux de l’avoir lu, mais j’aurai aimé le lire il y a vingt ans.

P R I N C I P E S B I B L I QU E S qui transformeront votre famille

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Être parents • Paul David Tripp  

Extrait

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