La Sentinelle Mars-Avril 2023

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La Sentinelle

Avant-Propos

Mars - Avril 2023 - n° 02


Quand le renard prĂȘche
le syndicat militaire
PĂ©riodique bimestriel de la Centrale GĂ©nĂ©rale du Personnel Militaire. Éditeur responsable : Yves Huwart - Bureau de dĂ©pĂŽt : Bruxelles X - P109013

Quand le renard prĂȘche...

DĂ©but avril, le Premier ministre De Croo expliquait dans les mĂ©dias que ce gouvernement voulait encore ‘prendre les initiatives suivantes dans la rĂ©forme des retraites’.

Il fait rĂ©fĂ©rence, entre autres, au rĂ©gime de retraite des militaires. Il veut s'attaquer Ă  cette ‘chasse gardĂ©e’ et instaurer un ‘systĂšme Ă©quitable’. Cette dĂ©claration m'a fait penser Ă  l’adage : « Quand le renard prĂȘche, gare Ă  vos oies ».

AprĂšs tout, ce proverbe avertit de ne pas se laisser endormir par de belles paroles et que c’est Ă  ce moment-lĂ  qu’il faut rester vigilant. Pour Alexander De Croo, un ‘systĂšme Ă©quitable’ signifie avant tout une durĂ©e de carriĂšre effective d’au moins 42 Ă  43 ans, y compris pour les militaires. De plus, les dĂ©clarations ultĂ©rieures dans les mĂ©dias montrent que tous les partis gouvernementaux sont sur la mĂȘme longueur d’onde, Ă  l’exception des socialistes (francophones) qui veulent prĂ©server le systĂšme actuel de retraite des militaires.

Mais qu'entendent De Croo et ses collĂšgues rĂ©formateurs des retraites Ă  la rue de la Loi par un ‘systĂšme Ă©quitable’ pour les militaires ? Cela signifierait-il que les militaires aient Ă©galement accĂšs au deuxiĂšme pilier de la pension ? Il s’agit de la pension complĂ©mentaire, (co-) financĂ©e par l’employeur sous la forme d’un plan de pension ou d’une assurance de groupe, mais dont les militaires sont exclus. Les salariĂ©s du privĂ©, les indĂ©pendants et les fonctionnaires contractuels ont bel et bien accĂšs Ă  cette pension complĂ©mentaire.

Dans ce cas, avec un ‘systĂšme Ă©quitable’, auraient-ils Ă©galement Ă  l’esprit que le rĂ©gime fiscal favorable pour ce deuxiĂšme pilier - un taux d’imposition bien infĂ©rieur Ă  celui de la pension lĂ©gale (le premier pilier) – vaudrait aussi pour les militaires ?

Avec un ‘systĂšme Ă©quitable’, le montant de la pension serait-il dĂ©terminĂ© sur la base de tous les salaires des militaires et donc pas seulement calculĂ© sur le traitement ? L'allocation de carriĂšre ou certaines allocations de qualification – qui constituent une partie essentielle du salaire – compteraient-elles alors dans le calcul de la pension ? Ou ce ‘systĂšme Ă©quitable’ ne vise-t-il sur-

tout qu’à travailler plus longtemps pour un montant de pension infĂ©rieur ?

Ce ‘systĂšme Ă©quitable’ aurait-il aussi comme objectif que le barĂšme des contributions de retraite au cours de la carriĂšre active soit fixĂ© de maniĂšre Ă©gale pour toutes les catĂ©gories professionnelles ? Ainsi, la catĂ©gorie des contributions les plus importantes Ă  la sĂ©curitĂ© sociale, Ă  laquelle appartiennent les militaires, sera-t-elle aussi Ă©tendue de maniĂšre significative aux catĂ©gories professionnelles qui contribuent beaucoup moins aujourd’hui ? Avec un ‘systĂšme Ă©quitable’, auraient-ils l’intention de rĂ©introduire les ‘fonctions de fin de carriĂšre’ Ă  la DĂ©fense, celles qui ont Ă©tĂ© externalisĂ©es ces derniĂšres annĂ©es au secteur privĂ©, de sorte que les militaires les plus ĂągĂ©s puissent de nouveau occuper des jobs avec une charge moins Ă©levĂ©e et un meilleur Ă©quilibre entre vie professionnelle et vie privĂ©e ?

Et si une rĂ©forme â€˜Ă©quitable’ des retraites devait avoir lieu, les militaires seront-ils Ă©galement indemnisĂ©s pour chaque heure prestĂ©e comme tous les autres travailleurs de ce pays ? Ou seront-ils encore rĂ©munĂ©rĂ©s seulement pour moins de 15 heures par 24 heures lors de services intensifs ou de dĂ©ploiements opĂ©rationnels ?

Ou bien ce ‘systĂšme Ă©quitable’ dont on parle Ă  la rue de la Loi ne revient-il qu’à une Ă©rosion unilatĂ©rale et Ă  une dĂ©molition brutale du rĂ©gime de retraite des militaires avec des coupes qui ne s’opĂšrent que dans une seule direction ? Parce que, chers Premier ministre et Excellences de la rue de la Loi, ce n’est pas lĂ  un ‘systĂšme Ă©quitable’, mais du vol pur. Abaisser unilatĂ©ralement et exclusivement le barĂšme de pension sur toute la ligne pour les militaires, c’est un hold-up ! ïź

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Mars - Avril 2023 - n° 02

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Quand le renard prĂȘche


On vous l’avait bien dit !

Otan : qu’est-ce qui cloche avec notre budget de DĂ©fense ?

La guerre coûte trop cher ? Mais combien coûte la défaite ?

Cadeau empoisonné ?

Comportement sexuel inapproprié (CSI)

Facteurs environnementaux thermiques

Donner d’une main pour reprendre de l’autre ?

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European Organisation of Military Associations EUROMIL
Photo couverture : Belgian Air Force
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Photo : Gert-Jan DHaene

On vous l’avait bien dit !

On pourrait dire que nos syndicalistes sont des devins. Depuis des années, ils sortent les prévisions les plus incroyables de leur boule de cristal ! En effet, les analyses publiées dans La Sentinelle sont souvent confirmées, au grand dam des politiciens


Alors que l’ACMP-CGPM va bientĂŽt rĂ©diger son futur programme gĂ©nĂ©ral, il est intĂ©ressant de se tourner vers certains sujets traitĂ©s ces derniĂšres annĂ©es dans La Sentinelle et qui sont aujourd’hui plus que jamais d’actualitĂ©. Force est de constater que, dans bien des cas, nos publications frappaient dans le mille, pour ne pas dire qu’elles Ă©taient prĂ©monitoires


Prenons cet article de mai 2017 : « Les dĂ©fis ne manquent pas en 2017. La CorĂ©e du Nord teste ses missiles. L’Iran enrichit l’uranium. Les Russes menacent leurs voisins. Le Moyen-Orient se dĂ©chire durablement et la Chine rĂ©arme Ă  toute allure. [
] Pendant ce temps, la SuĂšde rĂ©tablit le service militaire, un signe parmi d’autres que nos dirigeants prĂ©fĂšrent ignorer ». Entre-temps, la CorĂ©e du Nord possĂšde un arsenal thermonuclĂ©aire, nos relations avec l’Iran sont au congĂ©lateur et la Russie mĂšne une guerre de conquĂȘte en Europe. Le Moyen-Orient reste un nid de terrorisme et le missile YJ-12 chinois est supĂ©rieur Ă  tout ce que l’Otan possĂšde en matiĂšre d’armes hypersoniques. MalgrĂ© cela, les effectifs de la DĂ©fense belge continuent Ă  baisser d’annĂ©e en annĂ©e et la part de notre PIB dĂ©diĂ©e Ă  la DĂ©fense diminuera en 2024. Tout va bien


Outsourcing : Ă  qui profite le crime ?

En 2023, l’outsourcing divise toujours autant qu’en aoĂ»t 2017 : « L’outsourcing des soins mĂ©dicaux que nous connaissons depuis une dizaine d'annĂ©es est dĂ©jĂ  un Ă©chec cuisant. Aujourd'hui, la DĂ©fense n'est plus en mesure d'assurer l'appui mĂ©dical avancĂ© de son personnel en cas de conflit. Sans parler du manque de mĂ©decins au quotidien, dans les unitĂ©s, Ă  la MĂ©decine du Travail, etc. »

Cinq ans plus tard, la situation de la Composante MĂ©dicale ne s’est guĂšre amĂ©liorĂ©e, malgrĂ© le passage d’une pandĂ©mie dĂ©vastatrice qui a causĂ© plus de 33.600 morts en Belgique et requis l’intervention de la DĂ©fense.

Dans d’autres domaines, l’outsourcing forcenĂ© a causĂ© des situations incompatibles avec le bon sens et les principes militaires de base. Ainsi, notre logistique a Ă©tĂ© en grande partie confiĂ©e Ă  des firmes civiles et concentrĂ©e sur un site central de Katoen Natie Ă  Beringen, au dĂ©triment des rĂšgles Ă©lĂ©mentaires de dispersion ou de sĂ©curitĂ©. L’informatique militaire est aussi passĂ©e en grande partie aux mains du privĂ©. Depuis, la DĂ©fense belge a Ă©tĂ© privĂ©e d’internet

et d’email pendant des semaines suite Ă  une cyberattaque et, pour la premiĂšre fois, la rĂ©munĂ©ration de milliers de militaires a connu des retards causĂ©s par le projet civil HRM dont notre article dĂ©nonçait les lacunes et le manque de transparence, plus de trois ans avant sa mise en service dĂ©finitive !

Ce qui ne semble pas avoir changĂ©, c’est la motivation derriĂšre l’outsourcing que nous dĂ©noncions Ă  l’époque : « Sur le plan dĂ©ontologique, l’outsourcing ne fait qu'encourager la corruption et les influences politiques, alors mĂȘme que notre dĂ©mocratie souffre d'une crise de confiance suite aux nombreux scandales au sein de la classe politique ».

Passons Ă  aoĂ»t 2018. La Sentinelle dĂ©voile les astuces de nos politiciens pour Ă©chapper Ă  nos obligations internationales. Comme vous pouvez le lire ailleurs dans le prĂ©sent numĂ©ro, rien n’a changĂ©, ils appliquent toujours les mĂȘmes recettes


« Le ministre [Vandeput] a habilement basĂ© le budget sur la croissance du PIB en 2015 (une ‘mauvaise’ annĂ©e). Or, la croissance est passĂ©e de 1,5% en 2015 Ă  1,7% en 2017 et mĂȘme 1,9% pour les derniers chiffres de la Banque

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nationale. Le PIB est plus Ă©levĂ©, mais l’effort budgĂ©taire prĂ©vu, lui, ne change pas. À ce train, les fameux « 1,3% » fondent comme neige au soleil. »

La CGPM n’exige ni 4%, ni mĂȘme 2%. Ce que nous voulions, et voulons toujours, c’est une DĂ©fense qui investit raisonnablement dans son matĂ©riel mais aussi et surtout dans son personnel. La Belgique est un des pays les plus riches d’Europe, il n’y a pas de raison qu’elle fasse moins que le MontĂ©nĂ©gro ou la Roumanie.

Encore plus de matériel mais encore moins de militaires

En dĂ©cembre 2018, La Sentinelle s’inquiĂšte du nombre de militaires : « En descendant sous la barre des 27.000 militaires actifs en juillet 2018, la DĂ©fense a dĂ©passĂ© le stade de la faillite. Comme le gros des dĂ©parts Ă  la pension doit encore venir, la tendance va s’accentuer. Il faut ajouter l’explosion des dĂ©missions Ă  l’équation, les difficultĂ©s de recrutement et l’inconnue du dĂ©part des premiĂšres promotions BDL Ă  partir de 2022. Si rien ne change trĂšs rapidement, il ne restera plus personne pour profiter du coĂ»teux matĂ©riel promis par le gouvernement. »

Presque cinq ans plus tard, nous constatons que les autoritĂ©s ont commandĂ© encore plus de matĂ©riel (artillerie, missiles, drones, hĂ©licoptĂšres,
) mais que l’armĂ©e compte encore moins de militaires. Pire encore : les militaires expĂ©rimentĂ©s qui quittent la DĂ©fense sont dĂ©sormais remplacĂ©s en grande majoritĂ© par de jeunes

temporaires dont la carriĂšre ne dĂ©passe pas quelques annĂ©es. Qui va donc mettre en Ɠuvre et entretenir tous ces systĂšmes d’armes complexes ? La question reste plus que jamais ouverte


Dans son article « ‘ABL’ devient ‘BDL’ » de dĂ©cembre 2019, La Sentinelle met en garde contre le remplacement des militaires de carriĂšre par des jeunes engagĂ©s dans un statut prĂ©caire : « Aujourd’hui, prĂšs de trois quarts des places ouvertes sont pour des BDL. - 37% des BDL quittent dans les deux premiĂšres annĂ©es. - Tous les volontaires sont recrutĂ©s dans le statut prĂ©caire BDL. »

Au cours de la pĂ©riode 20202022, la DĂ©fense a recrutĂ© un total de 7.086 militaires mais 3.116 candidats ont entre-temps quittĂ© l’armĂ©e, soit 44%. Sur le terrain, au manque de personnel s’ajoute maintenant le manque de qualifications. Pour la premiĂšre fois, un navire belge a Ă©tĂ© recalĂ© lors d’une Ă©valuation de l’Otan, une situation honteuse pour notre

Marine et toute la DĂ©fense face Ă  nos partenaires de l’Alliance. Dans les unitĂ©s, on signale que certains Ă©quipements ne peuvent plus ĂȘtre employĂ©s faute de compĂ©tences et de nombreux militaires n’ont plus manipulĂ© d’armes depuis des annĂ©es. Pendant ce temps, l’armĂ©e encourage ses pensionnĂ©s Ă  demander une ‘prestation volontaire d’encadrement’ (PVE) pour combler les trous et retarder l’inĂ©vitable naufrage.

En janvier 2019, le syndicat militaire ACMP-CGPM rĂ©examinait la question du recrutement et de la formation : « La moitiĂ© des jeunes militaires ont dĂ©jĂ  quittĂ© la DĂ©fense aprĂšs cinq ans. À qui profite cette situation ? Certainement pas Ă  l’État belge, et donc au contribuable, qui se voit contraint de payer deux fois plus pour la formation de ses militaires. En revanche, les entreprises se frottent les mains puisqu’elles mettent le grappin sur un solide flux de personnel ‘à haute valeur ajoutĂ©e’ et en bonne santĂ©, formĂ© gratuitement sur le dos de la DĂ©fense. »

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Photo : Sedeyn Ritchie

Grenades et armes de guerre

En aoĂ»t 2019, nous parlions dĂ©jĂ  de l’Ukraine, mais aussi de la Gendarmerie.

« Entre l’invasion de l’Ukraine, le terrorisme, les flux migratoires, la prolifĂ©ration nuclĂ©aire, les cybermenaces et de nombreux conflits larvĂ©s dans le monde, les spĂ©cialistes s’accordent Ă  dire que la situation globale est aujourd’hui plus tendue qu’à la fin de la Guerre froide, dans les annĂ©es 80. »

« On l’oublie trop souvent mais la Gendarmerie belge faisait aussi partie de la DĂ©fense nationale. Avec prĂšs de 20.000 hommes, des armes de guerre, des blindĂ©s, des avions et des hĂ©licoptĂšres, il s’agissait d’une force importante pour assurer la sĂ©curitĂ© du territoire national, en particulier en matiĂšre de terrorisme, de maintien de l’ordre et de grand banditisme. BientĂŽt, la DĂ©fense comptera Ă  peine plus de militaires que l’ancienne gendarmerie (dont elle assume une partie des tĂąches). »

Depuis cet article, l’attaque russe en Ukraine a hĂ©las prouvĂ© que nos inquiĂ©tudes Ă©taient fondĂ©es. Quant aux Ă©conomies qui ont menĂ© Ă  la

dissolution de la Gendarmerie, nous en payons aujourd’hui les pots cassĂ©s face Ă  des organisations criminelles qui n’hĂ©sitent plus Ă  terroriser la rĂ©gion d’Anvers Ă  coups de grenades, d’explosifs et d’armes de guerre, quand elles ne tentent pas de kidnapper nos ministres. Le comble est que les politiciens qui ont eux-mĂȘmes causĂ© cette situation viennent maintenant pleurer Ă  la porte de la DĂ©fense pour y remĂ©dier.

Pension Ă  67 ans pour les militaires ?

Un an plus tard, fin 2020, La Sentinelle tirait Ă  nouveau la sonnette d’alarme concernant les pĂ©nuries de personnel : « Ce n’est pas un cauchemar mais la triste rĂ©alitĂ©. Au 1er juillet 2020, la DĂ©fense belge comptait moins de 25.000 militaires actifs. IncompĂ©tence ou sabotage coupable ? Dix mille emplois perdus, tout un secteur d’activitĂ© sinistrĂ©, un personnel dĂ©goĂ»tĂ© par une situation qui n’en finit pas de se dĂ©grader. Non, ce n’est ni la faillite de Thomas Cook (500 postes), ni la fermeture de Ford Genk (4.300 emplois). Nous parlons bien de la DĂ©fense belge, un des plus gros employeurs du pays. »

Nous Ă©voquions aussi la vĂ©ritable motivation derriĂšre la prĂ©carisation Ă  outrance de notre mĂ©tier : « La solution ‘BDL’ permet Ă  nos dirigeants de tirer leur Ă©pingle du jeu sur le plan politique car ces jeuneslĂ  ne seront jamais pensionnĂ©s sous l’uniforme. Au fur et Ă  mesure qu’ils remplacent du personnel de carriĂšre, le dĂ©bat sur l’ñge de la pension perd son sens. »

Aujourd’hui il est clair que nous avions raison car la majoritĂ© des militaires engagĂ©s cette annĂ©e seront pensionnĂ©s Ă  67 ans, comme civils. Par ailleurs, le remplacement des coĂ»teux militaires de carriĂšre par des jeunes au salaire minimal soulage le budget du personnel au point que la rĂ©cente revalorisation salariale n’a pas requis de moyens supplĂ©mentaires. Ces augmentations ont Ă©tĂ© saluĂ©es par les militaires de carriĂšre mais ne touchent pas la majoritĂ© de nos nouveaux collĂšgues, contraints de quitter l’armĂ©e avant de pouvoir rĂ©ellement en profiter.

Des solutions

En avril 2021 notre magazine se demandait combien de militaires la Belgique devrait compter.

« Si on regarde chez nos voisins, la comparaison est particuliĂšrement douloureuse. Les Pays-Bas entretiennent en 2021 une armĂ©e de 66.054 hommes et femmes (actifs), pour une population de 17,4 millions d’habitants. RamenĂ© aux 11,5 millions de Belges, le personnel de notre armĂ©e s’élĂšverait Ă  43.656 personnes ! La comparaison avec la ‘Bundeswehr’ allemande, un partenaire pourtant considĂ©rĂ© comme trĂšs ‘rĂ©servé’ en matiĂšre militaire, donnerait Ă 

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Toujours plus de matériel : canons, hélicoptÚres, navires,
 mais toujours moins de chauffeurs, techniciens, marins,
 Photo : DGMR

notre dĂ©partement 36.000 employĂ©s. Si la Belgique s’alignait sur le Royaume-Uni, nous serions 42.000 et selon les normes françaises, la DĂ©fense belge devrait employer 46.000 personnes. Le niveau des effectifs militaires en Belgique est lamentable et indigne du rĂŽle que notre pays prĂ©tend jouer sur le plan international, en

tant que soi-disant ‘capitale’ de l’Europe et de l’Otan. La diminution des effectifs de la DĂ©fense n’est ni une surprise, ni une fatalitĂ©. De la mĂȘme façon qu’une volontĂ© politique a causĂ© la dĂ©bĂącle actuelle, une volontĂ© politique peut aussi redresser la situation. »

La Sentinelle ne fait pas que lancer

Avec prÚs de 20.000 hommes, des armes de guerre, des blindés, des avions et des hélicoptÚres, la Gendarmerie assurait la sécurité du territoire national.

l’alarme, l’ACMP-CGPM donne aussi des solutions, via son Programme gĂ©nĂ©ral et ses publications, comme nous l’avons encore fait dans notre numĂ©ro d’aoĂ»t 2022 : « Pour remĂ©dier au manque de personnel, il existe aussi des solutions, il ne faut rien inventer. Comment faisait-on pendant la Guerre froide pour motiver des dizaines de milliers de Belges Ă  s’engager et Ă  aller travailler Ă  des centaines de kilomĂštres ? Il existait des logements militaires attrayants prĂšs des villes de garnison, des bons d’essence, une prime d’éloignement, un rĂ©gime de TVA avantageux, des crĂšches, des Ă©coles, de l’Horeca et des services qui s’occupaient de tout. Si vous proposez ce genre de conditions de travail aux jeunes soldats, ainsi qu’un statut durable offrant de vraies garanties pour l’avenir, ils rechigneront moins Ă  s’engager. C’était efficace en 1980, pourquoi pas aujourd’hui ?

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En 2017, La Sentinelle mettait en garde contre les visées expansionnistes de la Russie. Photo : Wikipedia Photo : Wikipedia

Otan : qu’est-ce qui cloche avec notre budget de DĂ©fense ?

Le 10 fĂ©vrier dernier, le journal ‘De Tijd’ annonçait qu’au lieu d’augmenter comme prĂ©vu, le pourcentage du PIB belge attribuĂ© Ă  la DĂ©fense va diminuer en 2024 ! Incroyable dans le contexte actuel mais en Belgique, les politiciens connaissent tous les trucs pour Ă©chapper Ă  nos obligations, mĂȘme quand il s’agit de notre sĂ©curitĂ©.

On pourrait croire qu’avec la guerre en Ukraine, nos dirigeants donneraient une certaine prioritĂ© Ă  la sĂ©curitĂ© de leurs concitoyens. AprĂšs tout, aujourd’hui la Marine russe navigue au large de Knokke-Le Zoute et nos F-16 interceptent les bombardiers nuclĂ©aires de Poutine jusqu’en Mer du Nord. Entretemps, nos politiciens rassurent : tout va bien, la Belgique investit massivement dans son armĂ©e. Oui mais voilĂ  : selon le journal ‘De Tijd’, le pourcentage du PIB (Produit IntĂ©rieur Brut – tout ce que notre pays produit en biens et services pendant un an) que la Belgique attribue Ă  ses dĂ©penses de DĂ©fense va baisser. L’article annonce une projection de 1,28% en 2025 et 1,35% en 2026, alors que notre pays s’était engagĂ© Ă  hauteur de respectivement 1,39% et 1,47%. DĂ©lires de journalistes ? Pas du tout, le Cabinet du Premier ministre confirme et parle d’un ‘accident de parcours’, mais les faits sont lĂ  :

En 2024, l’effort de notre pays pour la DĂ©fense va dĂ©cliner de 0,02% !

Le coupable selon les autorités est la croissance économique qui pousse le PIB à la hausse, alors que les budgets ont été basés sur

un PIB plus modeste. Cette explication s’avĂšre mathĂ©matiquement correcte. Les prĂ©visions de croissance Ă©conomique de notre pays (exprimĂ©es en PIB) Ă©taient en effet estimĂ©es de maniĂšre plus sombre en raison de la crise du Covid. Cependant, malgrĂ© la guerre en Ukraine, la conjoncture s'avĂšre finalement meilleure et le PIB en 2024 sera plus Ă©levĂ© qu'initialement estimĂ©. L'effort de dĂ©fense Ă©tant exprimĂ© en pourcentage du PIB, cela signifie que de façon relative, les dĂ©penses pour la DĂ©fense seront un peu moins Ă©levĂ©es. Relativement, car en chiffres absolus (c'est-Ă -dire en euros rĂ©els), le budget de l'armĂ©e va bel et bien augmenter sensiblement cette annĂ©e et dans les annĂ©es Ă  venir : de 4,7 milliards en 2023 Ă  6,7 milliards en 2027.

Le problĂšme se situe ailleurs et est de nature beaucoup plus fondamentale. Depuis des annĂ©es, notre pays emploie tous les moyens possibles pour raboter ou retarder sa contribution Ă  l’Otan. Par exemple, le tristement cĂ©lĂšbre ‘Plan Vandeput’ reposait dĂ©jĂ  sur une base douteuse : la ‘moyenne europĂ©enne des pays non-nuclĂ©aires’. En 2017, celle-ci s’élevait Ă  1,43% du PIB mais le plan ‘oubliait’ que ce pourcentage

augmentait et serait bien plus Ă©levĂ© en 2030 (on dĂ©passe dĂ©jĂ  1,7%). Par ailleurs, il ne prĂ©voyait aucune compensation en cas d’augmentation du PIB lui-mĂȘme. Enfin, le ministre n’annonçait pas 1,43% mais 1,3% Ă  l’horizon 2030, tout en visant encore plus bas.

Depuis des dĂ©cennies, nos dirigeants maintiennent la contribution belge sous le minimum de 2% requis par l’Alliance. Ils sapent notre sĂ©curitĂ© en connaissance de cause, pour des raisons Ă©lectorales ou mercantiles. AuprĂšs de l’Otan, l’excuse est toujours la mĂȘme : « Il n’y a pas que les budgets, la Belgique compense en participant aux forces de rĂ©action rapide et aux opĂ©rations ». Sauf que ces moyens sont depuis longtemps un trompe-l’Ɠil. Au dĂ©but des annĂ©es 90 dĂ©jĂ , lors des Ă©valuations de l’Otan, il Ă©tait courant de renforcer l’unitĂ© contrĂŽlĂ©e par des moyens prĂ©levĂ©s ailleurs. Aujourd’hui, les bataillons sont l’ombre de ce qu’ils devraient ĂȘtre sur papier. Et quand notre DĂ©fense dĂ©ploie des troupes Ă  l’Est de l’Europe, il s’agit au mieux de deux ou trois cents militaires. En Afrique, on parle maintenant en dizaines. Une misĂšre qui ne trompe ni l’Otan, ni la Russie.

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Le nƓud du problùme

En fin de compte, le nƓud du problĂšme est le suivant : malgrĂ© l'engagement formel pris par le gouvernement Di Rupo en 2014 de consacrer effectivement 2% de notre PIB Ă  la DĂ©fense d'ici 2024, cet garantie Ă©crite ne s'est jamais traduite en actes. Au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, notre pays a continuĂ© Ă  ‘bĂ©nĂ©ficier’ des efforts de ses partenaires, principalement les États-Unis, pour assurer sa sĂ©curitĂ©. MalgrĂ© un climat sĂ©curitaire qui se dĂ©gradait de plus en plus, tant aux frontiĂšres de l'Europe (Mali, Syrie) que sur notre propre territoire (terrorisme).

Ce mercantilisme a conduit à une armée complÚtement vidée de sa substance, à peine capable de remplir ne serait-ce qu'une fraction de ses obligations envers l'Otan. Mais qui n'est plus non plus en mesure d'apporter une aide substantielle à l'intérieur du pays en cas de crise ou de catastrophe majeure, comme les inondations de l'été 2021.

Il n'est donc pas surprenant que, quand une véritable guerre éclate

Ă  la frontiĂšre orientale de l'Europe, la DĂ©fense s’avĂšre incapable de fournir quoi que ce soit de sĂ©rieux Ă  l'Ukraine depuis son propre inventaire d'armes ou de matĂ©riel. En dĂ©pit de l'urgence politique qui aurait dĂ» croĂźtre en raison de la guerre en Ukraine, notre pays restera de loin le plus mauvais Ă©lĂšve de l’Otan en termes d'efforts de dĂ©fense. Nous restons loin de la norme de 2% ; notre pays vise Ă  peine 1,54% en 2030, soit 2,4 milliards de moins que ce que l'Otan exige. C'est-Ă -dire : 2,4 milliards par an. Notre profitariat va donc perdurer.

C’est vrai, le Premier ministre Alexander De Croo a rĂ©cemment dĂ©clarĂ© que notre pays ambitionne d’atteindre le seuil de 2% en 2035. En visant au-delĂ  de l’horizon politique, nos dirigeants annoncent clairement la couleur : « ce n’est pas notre problĂšme ! ». Or, les troupes russes sont maintenant aux portes de l’Europe. Nous avons besoin d’une armĂ©e forte aujourd’hui, pas en 2035 !

En rĂ©alitĂ©, le retard belge va probablement encore empirer. Car dĂ©jĂ  des voix s’élĂšvent au sein de l'Otan

pour relever l'objectif de 2 % Ă ..... 2,5% du PIB ! Ce qui signifierait donc que nous ne serions plus Ă  l'arriĂšre du peloton de l'OTAN, mais que nous finirions dans la voiture-balai de l'Alliance.

Agenda politique

L’imposture belge ne consiste pas seulement Ă  jouer sur les montants. Les milliards qui sont finalement consentis servent d’abord un agenda politique et Ă©conomique au lieu de redresser la DĂ©fense. En examinant les statistiques de l’Otan, on s’aperçoit que les investissements de notre pays en matĂ©riel militaire explosent, alors que les dĂ©penses de personnel stagnent. Une grande majoritĂ© de l’argent public injectĂ© – Ă  contrecƓur – dans la DĂ©fense arrive tout droit dans les poches des industriels. Canons, navires, avions, hĂ©licoptĂšres, blindĂ©s, logiciels, 
 Pourtant nos dirigeants savent pertinemment que notre armĂ©e sera incapable de les utiliser faute de personnel qualifiĂ© ! Les politiciens ne comptent pas faire de la DĂ©fense un outil rĂ©ellement utilisable. La pĂ©nurie de munitions et le manque de personnel rĂ©vĂšlent

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Photo : NATO

que les investissements n’ont pas pour but de crĂ©er une DĂ©fense efficace mais surtout d’arroser copieusement l’économie. Pas toujours la nĂŽtre d’ailleurs. Un jour on achĂšte en AmĂ©rique, le lendemain en France ou aux Pays-Bas, au grĂ© des affinitĂ©s politiques des majoritĂ©s. Rien n’a changĂ© depuis la fin de la Guerre froide, malgrĂ© les promesses politiques successives d’acheter ‘europĂ©en’ et de rendre l’Europe stratĂ©giquement autonome.

Chair Ă  canons

Les (autres) partenaires sociaux ne s’inquiĂštent pas trop du manque de militaires. En effet, pour un syndicat ‘coloré’, il est politiquement plus rentable de soutenir les soins de santĂ©, l’enseignement ou les PME que la DĂ©fense. L’ACMP-CGPM est donc bien seul pour exiger une augmentation des effectifs mais aussi une vĂ©ritable amĂ©lioration des statuts, qui tienne compte de la raison d’ĂȘtre

de notre organisation. Car demain, non seulement l’armĂ©e comptera trop peu de militaires mais le personnel prĂ©sent sera inexpĂ©rimentĂ©. Les rĂ©cents combats ont montrĂ© que face aux Ukrainiens aguerris, les recrues russes sans expĂ©rience servent de chair Ă  canon, avec un taux de pertes effroyable. Est-ce ce que nous voulons pour nos soldats ? La gĂ©nĂ©ralisation effrĂ©nĂ©e du statut BDL (Beperkte Duur –DurĂ©e LimitĂ©e) fait qu’aujourd’hui, 80% des nouvelles recrues s’engagent dans un emploi prĂ©caire. La moitiĂ© d’entre eux quitte endĂ©ans les deux ans. Ce qui signifie trois choses : l’expĂ©rience moyenne des militaires belges s’effondre, le coĂ»t des salaires diminue et la grande majoritĂ© de ceux qui entrent Ă  l’armĂ©e seront pensionnĂ©s Ă  67 ans
 comme civil, ayant Ă©tĂ© obligĂ©s de quitter les forces armĂ©es en tant que BDL. En langage politique on Ă©vite soigneusement le premier point et pour les deux autres on parle de ‘win-win’


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Les investissements de notre pays en matĂ©riel militaire explosent, alors que les dĂ©penses de personnel stagnent. Une partie du nouveau matĂ©riel ne pourra pas ĂȘtre employĂ©, faute de personnel qualifiĂ©. Photo : NATO Photo : Damen

La guerre coûte trop cher ? Mais combien coûte la défaite ?

Notre pays soutient l’Ukraine par des initiatives comme l’accueil de rĂ©fugiĂ©s et l’envoi de matĂ©riel militaire. L’appui de la DĂ©fense reste timide car notre armĂ©e manque elle-mĂȘme de tout. FinanciĂšrement, notre contribution est aussi mesurĂ©e. Pourtant, une victoire russe serait encore bien plus coĂ»teuse


Au sein de l’Otan, la Belgique possĂšde une rĂ©putation peu enviable. À force d’économies budgĂ©taires et suite au sabotage de son propre appareil militaire, notre DĂ©fense fait dĂ©sormais figure de parent pauvre, largement derriĂšre des alliĂ©s comme la Roumanie ou le Portugal. ‘Pauvre’, mais seulement sur le plan militaire puisque notre pays reste un des plus prospĂšres au monde. En termes de Produit IntĂ©rieur Brut par habitant, nous dĂ©passons le Canada ou le Japon par exemple. Il n’est donc pas Ă©tonnant que l’Institut Kiel pour l’Economie Mondiale place notre effort en faveur de l’Ukraine en queue de peloton des pays europĂ©ens. Si la Belgique renĂącle Ă  dĂ©lier les cordons de la bourse, c’est par manque de gĂ©nĂ©rositĂ© mais aussi en partie par peur d’une extension du conflit et surtout des consĂ©quences financiĂšres si la Russie fermait totalement les vannes de gaz et de pĂ©trole. AprĂšs tout, notre infrastructure Ă©nergĂ©tique fait Ă  peine mieux que notre armĂ©e car nous avons rechignĂ© Ă  investir dans les Ă©nergies durables, dans une diversification des approvisionnements et dans le renouvellement de nos centrales Ă©lectriques. Le raisonnement de nos dirigeants peut donc Ă  premiĂšre vue sembler prudent. La guerre coĂ»te cher et une nouvelle hausse des carburants et des matiĂšres primaires, tels que les mĂ©taux et les produits agricoles, plongerait notre pays dans une rĂ©cession. Nous ne sommes pas les seuls dans le cas ; de nombreuses voix dans le monde prĂŽnent l’attentisme et se satisferaient bien d’un status-quo, voire d’une victoire russe en Ukraine. Mais quel en serait le prix ?

Selon Anne Applebaum, journaliste au New York Times et laurĂ©ate du prix Pulitzer, une victoire russe en Ukraine serait un drame politique et financier sans prĂ©cĂ©dent pour l’Occident :

« Imaginons la guerre en Ukraine sans le soutien militaire et financier des démocraties du monde entier.

RĂ©gion par rĂ©gion, l'armĂ©e russe aurait finalement conquis le pays tout entier. Les Russes camperaient aux frontiĂšres de la Pologne et l'Otan serait dans le chaos. L'Alliance serait obligĂ©e de dĂ©penser des centaines de milliards pour prĂ©parer l'inĂ©vitable invasion de Varsovie, Vilnius ou Berlin. Des dizaines de millions de rĂ©fugiĂ©s ukrainiens supplĂ©mentaires vivraient au crochet de l’Europe. L'argent serait Ă©puisĂ©, le retour de bĂąton en cours. Ce dĂ©sastre ne serait pas limitĂ© Ă  l'Europe. Les plans chinois d'invasion de TaĂŻwan seraient en bonne voie car PĂ©kin supposerait qu'un Occident enlisĂ© dans sa confrontation contre la Russie aprĂšs avoir abandonnĂ© son partenaire ukrainien, ne ferait jamais d'efforts pour aider une Ăźle du Pacifique. Les mollahs iraniens auraient l’arme atomique et du Venezuela au Zimbabwe en passant par le Myanmar, les dictatures du monde entier durciraient leur rĂ©gime. »

Finalement, il est clair que soutenir l’Ukraine ne coĂ»te qu’une fraction du prix d’une dĂ©faite.

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Info
Photo : NATO

Cadeau empoisonné ?

Savez-vous que la DĂ©fense peut vous fournir un appui juridique en cas de problĂšme pendant et par le fait du service ? En tant que militaire vous pouvez par exemple bĂ©nĂ©ficier gratuitement d’un avocat pour vous dĂ©fendre suite Ă  un accident de roulage. Cependant, obtenir l’aide de l’armĂ©e peut avoir des consĂ©quences imprĂ©vues


Les membres du personnel de la DĂ©fense peuvent contacter DG Jur pour obtenir une aide juridique s’ils sont personnellement impliquĂ©s dans un incident ou accident qui dĂ©coule directement de leurs tĂąches au sein de la DĂ©fense. En effet, les militaires peuvent parfois ĂȘtre nommĂ©s dans une affaire relevant du droit civil ou pĂ©nal dans l’exercice de leurs fonctions. Ils peuvent par exemple ĂȘtre entendus en tant que tĂ©moins ou suspects dans le cadre d’une enquĂȘte pĂ©nale ou mis en cause si une victime intente contre eux une action en dommages et intĂ©rĂȘts. Pour le militaire concernĂ© et sa hiĂ©rarchie, il n’est pas toujours Ă©vident de savoir sur quel appui juridique il peut compter. DG Jur a donc publiĂ© une note expliquant les mesures de protection prĂ©vues par la loi ainsi que l’appui gĂ©nĂ©ral offert par ses services.

Faute grave ou délibérée

En principe, tout militaire a le droit d’ĂȘtre assistĂ© par un avocat aux frais de la DĂ©fense s’il est citĂ© devant un tribunal civil pour des faits commis dans l’exercice de ses fonctions, lorsqu’une procĂ©dure pĂ©nale est engagĂ©e contre lui ou s’il est interrogĂ© comme suspect. Il y a cependant des exceptions Ă 

cette rĂšgle, par exemple en cas de faute grave ou dĂ©libĂ©rĂ©e. TrĂšs logiquement, il n’y a pas non plus d’intervention possible si le collĂšgue attaque l’armĂ©e en justice ou vice-versa. La dĂ©cision finale revient Ă  DG Jur - Div LITIG. En cas d’accord, les frais de l’avocat sont payĂ©s directement par la DĂ©fense. Si l’intĂ©ressĂ© n’a pas d’avocat, il peut en demander un Ă  DG Jur. L’armĂ©e rembourse aussi les frais de justice des militaires condamnĂ©s pour des faits commis pendant et pour le service, selon une procĂ©dure similaire. Ainsi, un collĂšgue qui a commis un fait punissable ‘malgrĂ© lui’, sans avoir commis de faute intentionnelle grave, aura droit Ă  un avocat gratuit et au remboursement des amendes et autres frais en cas de condamnation.

‘24/7’

En tant qu’employeur, l’État est lui-mĂȘme civilement responsable des dommages causĂ©s par les membres de son personnel dans l’exercice de ses fonctions. Le tiers qui a subi un dommage, peut donc toujours attaquer l’armĂ©e. Mais dans certains cas, la victime peut dĂ©cider de s’adresser directement au militaire pour obtenir rĂ©paration. Dans ce cas, la DĂ©fense peut

intervenir pour ‘prendre la place’ de son employĂ© et assumer sa responsabilitĂ© d’employeur. L’armĂ©e joue alors un rĂŽle de « tampon juridique » entre les personnes ayant subi un dommage et le personnel accusĂ© de l’avoir causĂ©.

Enfin, DG Jur peut aussi fournir un avis juridique, des conseils pour se préparer à une audition, des éclaircissements ou un renvoi vers des services compétents.

Pour assurer l’appui aux militaires, DG Jur dispose d’une permanence ‘24/7’ au 0478/28 21 51 ou par email : dgjur-perm@mil.be

Conflit d’intĂ©rĂȘts

Dans tous les cas, il ne faut pas qu’il y ait de conflit d’intĂ©rĂȘts entre l’intĂ©ressĂ© et l’armĂ©e. Mais c’est bien lĂ  que le bĂąt blesse, car les intĂ©rĂȘts de la DĂ©fense et de l’intĂ©ressĂ© peuvent parfois diverger, sans qu’il y ait Ă  premiĂšre vue de conflit Ă©vident. À ce moment, l’aide de l’armĂ©e peut se transformer en ‘cadeau empoisonné’ car si elle est gratuite, elle n’est est pas pour autant dĂ©sintĂ©ressĂ©e, comme nous allons le voir


L’exemple qui suit est basĂ© sur des faits rĂ©els mais les dĂ©tails ont Ă©tĂ©

12 La Sentinelle Statut
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modifiĂ©s pour prĂ©server l’identitĂ© et l’intĂ©gritĂ© des parties concernĂ©es.

Coups et blessures involontaires

Lors d’une mission en milieu civil, le caporal AndrĂ© reçoit l’ordre de conduire immĂ©diatement son camion vers le camp militaire. AndrĂ© prend cette mission Ă  la lettre et quand il trouve la route bloquĂ©e par plusieurs vĂ©hicules militaires Ă  l’arrĂȘt, il les double pour s’engager dans un chemin sur la gauche, un peu plus loin. Malheureusement, pendant le virage il heurte un petit vĂ©hicule circulant dans l’autre sens. L’accident est majeur, les secours arrivĂ©s sur les lieux ne peuvent que constater le dĂ©cĂšs du conducteur civil. En fin de compte, AndrĂ© finit par ĂȘtre poursuivi pour coups et blessures involontaires ayant entraĂźnĂ© la mort sans intention de la donner. Comme il est membre du syndicat militaire, AndrĂ© fait appel Ă  notre permanence et reçoit immĂ©diatement l’aide juridique de notre avocat. Sur les conseils de l’ACMP-CGPM, AndrĂ©

interpelle l’autoritĂ© militaire. TrĂšs vite, DG Jur accepte de traiter le dossier et dĂ©cide que l’armĂ©e assumera intĂ©gralement les frais dans ce dossier. En effet, l’accident s’est produit pendant et par le fait du service et il n’y a pas eu de faute grave ou dĂ©libĂ©rĂ©e. Dans cette affaire, mĂȘme s’il ne l’a pas fait exprĂšs, AndrĂ© sera probablement condamnĂ©. Selon l’avocat, les circonstances de l’accident font qu’une peine d’emprisonnement de six mois est possible et mĂȘme probable, en plus d’une lourde compensation financiĂšre pour la famille de la victime. AprĂšs une longue procĂ©dure, l’affaire passe au tribunal. Le juge dĂ©clare AndrĂ© coupable et prononce une courte peine de prison, mais avec sursis.

Désintéressé

Pour AndrĂ©, c’est le soulagement car il avait trĂšs peur de se retrouver rĂ©ellement derriĂšre les barreaux. Puisqu’il est condamnĂ© au pĂ©nal, le tribunal civil va certainement octroyer des dommages importants

aux ayants-droits de la victime mais cette somme sera Ă  charge de l’armĂ©e. Pour notre avocat, AndrĂ© s’en sort bien et il ne faut surtout pas aller en appel car le tribunal pourrait alourdir la peine. DG Jur ne l’entend cependant pas de cette oreille. En effet, la DĂ©fense ne voit que le coĂ»teux dĂ©dommagement de la famille. Pour l’armĂ©e, il est plus avantageux de risquer le tout pour le tout en appel, pour tenter d’obtenir un hypothĂ©tique acquittement
 Et tant pis si le militaire impliquĂ© risque une sanction plus sĂ©vĂšre !

Heureusement, nos avocats sont spĂ©cialisĂ©s dans les matiĂšres militaires et extrĂȘmement performants. En outre, l’ACMP-CGPM ne laisse jamais tomber ses membres, quoi qu’il en coĂ»te. Finalement, tout s’est bien terminĂ© pour AndrĂ© mais cet exemple montre bien que l’aide de l’armĂ©e n’est pas si dĂ©sintĂ©ressĂ©e que ça et que l’appui du syndicat militaire reste la meilleure garantie d’une dĂ©fense juridique indĂ©pendante et de qualitĂ©. ïź

13 La Sentinelle
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Photo : Pixabay

Comportement sexuel inapproprié (CSI)

Évitez

les comportements sexuels qui dépassent les limites d'une autre personne.

Si vous n'ĂȘtes pas sĂ»r, faites le test. Tant envers vous-mĂȘme qu'envers l'autre personne. Un comportement sexuel transgressif peut avoir des consĂ©quences nĂ©gatives sur la santĂ© physique et mentale. La motivation des employĂ©s diminue, l'absentĂ©isme augmente et l’attrition du personnel s'accroĂźt. Toutes les parties ont donc intĂ©rĂȘt Ă  bien prĂ©venir et combattre les comportements indĂ©sirables sur le lieu travail.

Au sein de la DĂ©fense aussi, le sujet est d'actualitĂ© : Ă©rotisme, flirt, relations au travail
 sont plus frĂ©quents qu'on ne le pense, tout comme le sexe proprement dit. Mais si les relations commencent, elles peuvent aussi se terminer, et que se passe-t-il alors ? L'un des deux doit-il alors chercher un autre emploi ? Et qui des deux ? Car dans certains cas, il est impossible d’encore travailler ensemble. Et que se passe-t-il si le flirt ou l'Ă©rotisme au sein de l'unitĂ© se termine par une plainte pour harcĂšlement sexuel ? En tant qu'association professionnelle, nous sommes rĂ©guliĂšrement consultĂ©s pour ces questions.

Qu’est-ce que le CSI?

« Toute forme de comportement verbal, non verbal ou physique non dĂ©sirĂ© Ă  connotation sexuelle qui a pour objet ou pour effet de porter atteinte Ă  la dignitĂ© d'une personne ou lorsqu'un environnement menaçant, hostile, insultant, humiliant ou offensant est créé » (article 32ter, 3° de la loi sur le bien-ĂȘtre).

Quelques exemples :

- DĂ©clarations d'amour non dĂ©sirĂ©es, clins d’oeil, etc.

- Messages Whatsapp ou courriels à caractÚre érotique/pornographique.

- Commentaires ambigus, propositions compromettantes, questions intimes, ...

- attouchements, agressions sexuelles, viols, ...

Risques

La spĂ©cificitĂ© du travail au sein de la DĂ©fense rend nĂ©cessaire le travail en Ă©quipe. Si l'on ajoute Ă  cela les heures supplĂ©mentaires, les cours, les exercices, les dĂ©ploiements Ă  l'Ă©tranger, on peut imaginer que de nombreuses histoires d'amour peuvent naĂźtre parmi les militaires. Il est difficile d'interdire, et encore plus de prĂ©venir, le fait de tomber amoureux d'un ou d'une collĂšgue. La mĂȘme spĂ©cificitĂ© crĂ©e des facteurs de risque supplĂ©mentaires, qui augmentent la probabilitĂ© de harcĂšlement, de violence et de comportement sexuel non dĂ©sirĂ© au travail.

Souvent, la différence entre une intimité souhaitée et une intimité non souhaitée est trÚs mince.

Quelques exemples fictifs à méditer :

Margaux travaille comme civile pour la DĂ©fense, elle aime les dĂ©colletĂ©s profonds et les jupes courtes. Lors d'une rĂ©union, son supĂ©rieur est assis en face d'elle. Il ne sait pas trop oĂč regarder. Il lui dit laconiquement : « Aujourd'hui, c’est la fĂȘte. Tu as battu le record de profondeur. Je peux mĂȘme voir le bas de ton soutien-gorge maintenant ! ». Y a-t-il un comportement transgressif de la part de Margaux ? Et de son chef ?

Tim en pince pour Margaux. Il lui a dĂ©jĂ  montrĂ© qu'il aimerait plus, mais elle veut que leur relation reste purement professionnelle. Tim dit qu'il respecte cette volontĂ©. Pour lui faire savoir qu'elle a toujours une place spĂ©ciale dans son cƓur, il termine chaque e-mail par un :-x (Ă©moticĂŽne de bisou)

14 La Sentinelle Bien-ĂȘtre
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Tout le monde n'a pas la mĂȘme conception des comportements transgressifs. Ce qui est acceptable pour une personne ne l'est parfois pas pour une autre. En d'autres termes, il existe une sorte de zone grise en matiĂšre de limites quand il s’agit de sexe. Faites donc attention, car avant que vous ne vous en rendiez compte, une procĂ©dure disciplinaire sera engagĂ©e.

Faites le test !

Posez-vous les questions suivantes :

Est-ce que je reçois des signaux indiquant que l'autre personne consent à l'interaction ? Lorsque vous faites un compliment à quelqu'un, cette personne y répond-elle positivement, par des mots ou par son langage corporel ?

L'autre personne prend-elle également l'initiative ? Si vous envoyez des messages de drague, en recevez-vous en retour ?

De mon point de vue, ce que je fais est-il correct ? En tant que manager, vous devez ĂȘtre conscient de

la position de pouvoir dans laquelle vous vous trouvez et rĂ©flĂ©chir soigneusement avant d’aller plus loin. L'autre personne peut-elle indiquer si elle n'aime pas vos avances ? La personne qui doit indiquer sa limite est-elle seule ou en compagnie ?

N'y a-t-il pas de contrainte ?

Si vous essayez d'embrasser quelqu'un, s'agit-il de l'aboutissement d'une soirĂ©e romantique ou d’un flirt, ou l'autre personne se sent-elle obligĂ©e ?

Est-il clair que vous accepterez un refus ? Et qu'il n'y aura pas de conséquences non plus ?

Dans la zone grise, les choses ne sont pas toujours claires. Il n'est pas facile de savoir si une personne a agi volontairement.

Qui contacter ?

La Défense dispose de 12 conseillers en prévention-psychosociaux au travail (APAT), de 8 personnes de confiance à temps plein (PC) et de 96 autres en cumul. Outre les personnes de confiance, une victime peut également s'adresser à

sa ligne hiérarchique. En cas d'agression sexuelle ou de viol, il faut porter plainte auprÚs de la police. Il est important de se rendre à la police le plus tÎt possible aprÚs les faits. Vous pouvez également contacter le service des urgences de l'hÎpital ou votre médecin de famille. Ils peuvent appeler la police pour vous, si vous le souhaitez.

Le syndicat militaire ACMP-CGPM tient également à souligner que vous pouvez toujours vous adresser à nous pour ce genre de questions via : srt@acmp-cgpm.be

Nous traitons tous les dossiers avec la discrétion requise et fournissons à la fois des conseils corrects, le suivi nécessaire et une assistance concrÚte. Il peut s'écouler beaucoup de temps entre le signalement des faits et, par exemple, une décision de justice. Les périodes de plusieurs années ne font pas exception. Nous garantissons un suivi et un soutien adéquats.

15 La Sentinelle
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Photo : Pixabay

Facteurs environnementaux thermiques

La perception de la ‘tempĂ©rature ambiante’ est trĂšs personnelle : ce qui est trop chaud pour une personne est trop froid pour une autre. Mais que dit la loi ? Comment la mesurer et que pouvons-nous y faire?

Au sein de la DĂ©fense, il existe une grande variĂ©tĂ© de fonctions. Les techniciens travaillent dans leurs ateliers, les fantassins s'entraĂźnent sur les champs de tir, d'autres suivent des cours dans une salle de classe ou sont peut-ĂȘtre employĂ©s dans un entrepĂŽt. Toutes ces personnes sont exposĂ©es Ă  l'environnement thermique d'une maniĂšre ou d'une autre. Pendant les froids mois d'hiver, les travailleurs sur Ă©cran d’ordinateur sont confortablement installĂ©s au chaud dans leur bureau (lorsque le chauffage fonctionne), mais pendant les chaleurs de l'Ă©tĂ©, ils cuisent et aspirent Ă  se rafraĂźchir.

Plusieurs études ont été réalisées sur la température optimale dans un environnement de bureau. Une étude de l'université de technologie d'Helsinki (réalisée en 2006) indique que la productivité la plus élevée au travail est atteinte à une température d'environ 22 degrés. Selon cette étude, la productivité montre une tendance à la hausse à partir de températures basses jusqu'à 22 degrés et, au contraire, diminue à des températures supérieures à 23-24 degrés. Lorsque la température atteint 30 degrés, la productivité diminue de prÚs de 10 % !

Genre

Toutefois, des incertitudes subsistent quant Ă  l'influence exacte de la tempĂ©rature sur les travailleurs. Par exemple, la recherche suggĂšre que la relation entre la tempĂ©rature et la productivitĂ© dĂ©pend aussi fortement du type de travail. En 2019, une Ă©tude intitulĂ©e "Battle for the thermostat" a Ă©tĂ© publiĂ©e. Elle montre qu'il semble y avoir une diffĂ©rence entre la façon dont la tempĂ©rature affecte les performances des hommes et des femmes. Les chercheurs ont manipulĂ© la tempĂ©rature des piĂšces oĂč les sujets Ă©taient assis. Les thermostats variaient de 16 Ă  33 degrĂ©s. La conclusion est que lorsque le radiateur est largement ouvert, les femmes obtiennent de meilleurs rĂ©sultats en mathĂ©matiques ou en raisonnement verbal que lorsqu'elles travaillent dans un environnement plus froid. En revanche, l'effet inverse a Ă©tĂ© observĂ© chez les hommes : ils ont obtenu de meilleurs rĂ©sultats Ă  des tempĂ©ratures plus froides.

ÉtĂ© et hiver

Les saisons semblent également jouer un rÎle. En été, il est plus difficile de maintenir un climat intérieur

agrĂ©able qu'en hiver. Par exemple, en raison de grandes fenĂȘtres sans ombrage appropriĂ© et de l'utilisation croissante d'appareils Ă©lectriques. En hiver, en revanche, les plaintes peuvent provenir de changements de tempĂ©rature locaux, par exemple en raison de courants d'air, du rayonnement froid des fenĂȘtres ou d'un mauvais fonctionnement du chauffage. Les chercheurs font la distinction entre une tempĂ©rature idĂ©ale en hiver et en Ă©tĂ©. Selon eux, la tempĂ©rature idĂ©ale d'un bureau se situe entre 23 et 26 degrĂ©s en Ă©tĂ© et entre 20 et 24 degrĂ©s en hiver.

WBGT

Pour les facteurs d'environnement thermique de nature climatique ou technologique présents sur le lieu de travail, l'employeur doit procéder à une analyse des risques.

Pour effectuer cette analyse, plusieurs facteurs doivent ĂȘtre pris en compte : la tempĂ©rature de l'air, l'humiditĂ© relative, le dĂ©bit d'air, le rayonnement thermique, la charge physique de travail, les mĂ©thodes et Ă©quipements de travail utilisĂ©s, les vĂȘtements de travail et les Ă©quipements de protection individuelle. La combinaison de tous 

16 La Sentinelle Bien-ĂȘtre

ces facteurs ainsi que leur Ă©volution au cours des heures de travail doivent Ă©galement ĂȘtre prises en compte.

Pour mesurer les tempĂ©ratures froides, un thermomĂštre ordinaire suffit. Pour les tempĂ©ratures chaudes, ce n'est pas suffisant. Une certaine tempĂ©rature chaude peut ĂȘtre insupportable par temps trĂšs humide, alors qu'elle ne pose aucun problĂšme par temps sec. Il faut donc tenir compte de l'humiditĂ©, mais aussi, dans certains cas, de la vitesse du vent et du rayonnement direct du soleil ou d'une machine sur les travailleurs.

Ces donnĂ©es ne sont pas mesurĂ©es Ă  l'aide d'un thermomĂštre ordinaire, mais Ă  l'aide d'un ‘thermomĂštre-globe mouillé’. Cette mĂ©thode de mesure porte un nom savant : WBGT (wet bulb globe

temperature).

Mesures de prévention

En fonction des résultats obtenus lors de l'analyse des risques, l'employeur doit déterminer les mesures de prévention appropriées qui tiennent compte des facteurs analysés et de leur combinaison. Ces mesures doivent également tenir compte des valeurs d'exposition déclenchant l'action ainsi que des réglementations et pratiques en vigueur en matiÚre de confort sur le lieu de travail. L'employeur doit établir le programme de mesures techniques et organisationnelles visant à prévenir ou à minimiser l'exposition au froid ou à la chaleur, selon le cas, et les risques qui en résultent.

Les mesures techniques et organisationnelles comprennent :

- les mesures techniques pour modifier la température de l'air ambiant, l'humidité, le rayonnement thermique ou le débit d'air ;

- la réduction de la charge de travail physique ;

- des méthodes de travail alternatives ;

- la limitation de la durée et de l'intensité de l'exposition ;

- l'adaptation des horaires ou de l'organisation du travail (horaires alternés, périodes de repos) ;

- la fourniture de vĂȘtements de protection ;

- la mise à disposition de boissons appropriées.

Les articles V.1-5 Ă  V.1-13 du codex sur le bien-ĂȘtre au travail et la directive militaire DGHWB-SPSWRKPR-004 contiennent plusieurs mesures Ă  prendre dans des cas spĂ©cifiques de froid ou de chaleur excessifs d'origine climatique ou technologique.

Le syndicat militaire ACMP-CGPM tient Ă  souligner que le plan de mesures techniques et organisationnelles doit ĂȘtre prĂȘt avant que les valeurs limites ne soient dĂ©passĂ©es. Afin de protĂ©ger les travailleurs appartenant Ă  des groupes Ă  risques particuliĂšrement sensibles (grossesse) des risques qui leur sont propres, l'employeur, aprĂšs avoir consultĂ© le conseiller en prĂ©vention-mĂ©decin du travail, adapte les mesures. Le chauffage est Ă  nouveau en panne et il ne fait que 15° au bureau ?

Contactez : srt@acmp-cgpm.be car avec nous, vous ne restez pas dans le froid. ïź

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Photo : AZ-instruments

Donner d’une main pour reprendre de l’autre ?

AmĂ©lioration du salaire, chĂšques-repas... On pourrait croire que le personnel est effectivement devenu une prioritĂ© de nos dirigeants. HĂ©las, pas toujours ! L’augmentation du prix des repas au 1er avril (!) dĂ©montre que c’est encore souvent la logique des dĂ©cennies passĂ©es qui prĂ©vaut


Depuis quelque temps, la rumeur annonçait une augmentation importante des prix de l’Horeca Ă  la DĂ©fense. La note est parue au mois de mars ; le Service de Restauration et d’HĂŽtellerie de la DĂ©fense (SRHD) adapte son tarif minimal Ă  partir du 1er avril 2023. Le repas de midi passera ainsi de 4,50 € Ă  5,50 €, ce qui correspond Ă  une hausse de 22% ! Il ne s’agit encore que du tarif minimal. Les gestionnaires locaux peuvent dĂ©cider de montants plus Ă©levĂ©s afin de maintenir leur budget en Ă©quilibre.

À titre d’exemple, voici les nouveaux tarifs pratiquĂ©s Ă  Peutie par la firme Umami :

Petit-dĂ©jeuner 3,50 €

DĂ©jeuner 6,00 €

Souper 3,50 €

DĂšs la fin 2022, le syndicat militaire ACMP-CGPM a interpellĂ© les autoritĂ©s pour savoir ce qui justifiait cette mesure. En effet, augmenter les prix juste aprĂšs avoir octroyĂ© des chĂšques-repas (dont la valeur, elle, reste bien entendu fixe), ressemble beaucoup Ă  un marchĂ© de dupes. Nous attentions un long discours sur le Covid, l’Ukraine et une indexation inĂ©vitable mais en rĂ©alitĂ© c’est une autre motivation qui est Ă  l’origine des augmentations


En effet, les rĂ©ponses obtenues se contredisaient dans plusieurs domaines mais de ces explications confuses il apparaĂźt que le SRHD compte gĂ©nĂ©rer 200.000 euros supplĂ©mentaires chaque annĂ©e. Or, cet organisme (qui est un Service Administratif avec une ComptabilitĂ© Autonome) créé au sein de la DĂ©fense rembourse toujours Ă  l’armĂ©e le coĂ»t salarial de cinq â€˜Ă©quivalents temps plein’ qui Ă©taient auparavant employĂ©s dans l’Horeca du Club Prince Albert (CPA). Vous l’aurez devinĂ© : cette charge salariale correspond ‘comme par hasard’ aux recettes supplĂ©mentaires que le SRHD veut obtenir...

C’est cependant un tout autre son de cloche qui prĂ©vaut dans la note du SRHD : « Les comptes annuels du SRHD [
] ont montrĂ© un rĂ©sultat nĂ©gatif, principalement en raison de la crise corona, mais l'annĂ©e derniĂšre Ă©galement Ă  cause de la hausse des prix alimentaires ». En rĂ©alitĂ©, mĂȘme avec l'augmentation du prix des aliments (que nous ne contestons pas) : SANS ces frais de personnel, le SRHD serait Ă  l'Ă©quilibre et n’aurait pas besoin d’augmenter les prix !

Quand nous avons demandé pourquoi (pour le temps que ce personnel Horeca reste encore en service)

il n'y a pas d’intervention de la DĂ©fense, nos interlocuteurs ont vite ‘sorti le parapluie’ et rĂ©pondu qu’il revient au ministĂšre de la DĂ©fense d’accorder ou pas un subside au SRHD. En d'autres termes, en refusant d’assumer elle-mĂȘme ces frais de personnel, la DĂ©fense transfĂšre simplement la facture vers les militaires ?

VoilĂ  qui correspond littĂ©ralement Ă  l’expression : ‘Donner d’une main pour reprendre de l’autre’

Pour l’ACMP-CGPM c’est trĂšs simple : nous pourrions encore comprendre une augmentation inĂ©vitable Ă  cause de l’inflation. Mais si la vraie raison se trouve dans les frais de personnel du SRHD, alors la DĂ©fense doit assumer ses responsabilitĂ©s, au lieu de puiser la diffĂ©rence dans la poche de tous les militaires.

18 La Sentinelle Info
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Photo : Edenred

DANTE – 12/12/2022

Dans la famille de Boy OKKES (Hasselt)

ELENA – 14/12/2022

Dans la famille de Niels DONNÉ (Heusden-Zolder)

LOU – 22/12/2022

Dans la famille de Tom VAN GOOL (Turnhout)

ALICE – 08/01/2023

Dans la famille de LoĂŻc GUALDI (Libramont-Chevigny)

MAXIME – 09/01/2023

Dans la famille de Xavier DEDECKERE (Anvers)

ANOUK – 12/01/2023

Dans la famille de Charles BLERET (Ottignies-Louvain-La-Neuve)

LÉANDRE – 26/01/2023

Dans la famille de Romain TRIBUZIO (La LouviĂšre)

BASILE – 02/02/2023

Dans la famille de Simon GHEUX (Ixelles)

NORA – 14/03/2023

Dans la famille de Elke MARNEF (Leuven)

05/08/2019

STAS Fabian et DAXHLET Isabelle (Amay) (Par cohabitation légale)

04/12/2020

DE CLERCQ Stephanie et VAN CAEKENBERGH Tim (Assenede)

27/06/2022

SOLOT Anne-Sophie et BRASSEUR Julien (Namur)

15/07/2022

VLERICK Ken et DE PAEPE Marijke (Gent)

25/02/2023

TUTINO Anthony et LOCHT Julie (GrĂące-Hollogne)

03/03/2023

PITON Olivia et MATERNE Andréa (Hannut)

18/03/2023

DRASUTIS Jonathan et SOIRON Adrianne (Visé)

NECROLOGIE

ROSSEELS FRANCIS

1938 - … 27/07/2022

(Lesterny)

TIMMERMANS MICHEL

1935 - … 15/02/2023

(Aartselaar)

TIELEMANS LIBERT

1942 - … 31/03/2023 (Cologne – Allemagne)

Indice des prix Ă  la consommation

- Janvier : 127,84 points

- Février : 126,95 points

- Mars : 127,67 points

Indice santé

- Janvier : 128,00 points

- Février : 126,86 points

- Mars : 127,80 points

L’indice santĂ© lissĂ© s'Ă©tablit Ă  125,08 points en mars, encore sous l’indice pivot pour la fonction publique et les allocations sociales (fixĂ© Ă  125,60 points).

Suivez-nous !

Les allocations sociales et les pensions ainsi que les salaires du secteur public seront donc probablement indexĂ©s de 2% en septembre de cette annĂ©e. Le prochain indice-pivot aprĂšs ce dĂ©passement s’élĂšvera Ă  128,11 points.

19 La Sentinelle
NAISSANCES MARIAGES
Source : Statbel

PRIME SYNDICALE POUR L’ANNEE DE REFERENCE 2022

Pour tous les (ex-)militaires qui étaient en service actif en 2022 !

La Défense envoie en ce moment les formulaires de prime syndicale. Si ce n'est déjà fait, vous devriez recevoir le vÎtre trÚs prochainement.

Le formulaire original (donc pas de fax ni d’email avec le formulaire scannĂ©) doit ĂȘtre complĂ©tĂ© et envoyĂ© par la poste avant le 1er juillet 2023 Ă  : ACMP-CGPM, Romboutsstraat 1 – Bus 021, 1932 ZAVENTEM

Vous pouvez aussi remettre le formulaire original complĂ©tĂ© et signĂ© Ă  un dĂ©lĂ©guĂ© CGPM qui nous le fera parvenir. Mais ceci n’est nullement une obligation.

Ne tardez pas Ă  envoyer votre formulaire !

Dans les trois mois qui suivront la date de rĂ©ception du formulaire de demande au SecrĂ©tariat permanent de l’ACMP-CGPM, nous ferons le nĂ©cessaire pour exĂ©cuter le paiement de la prime.

Pour plus d'infos ou si vous n’avez pas reçu le formulaire à la mi-mai, consultez cette page: https://www.acmp-cgpm.be/avantages/prime-syndicale-annee-de-reference-2022

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