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Photos & Textes par Patrick

- André Jacquet Graisriwattana

Interprète et Interviews par Bhakhawadee


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Préface

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La CIA ? Dis-leur ...

Le commerce de l’opium devient très lucratif dans les années soixante, soixante-dix, parallèlement à l’ engagement américain au Vietnam. Le contact avec les GI ne s’est pas contenté de doper le marché asiatique, mais a ouvert des voies de commercialisation sur le marché mondial, ce qui provoqua un surcroît de production dans les régions reculées de Thaïlande, du Myanmar et du Laos. Cette zone fut surnommée le «Triangle d’or» en raison des fortunes locales amassées par les «seigneurs de La ceinture d’opium l’opium». C’ étaient, des réfugiés de l’armée nationaliste chinoise vivant L’histoire de ces migrants est intimement liée à la culture du pavot. Ils dans le nord du Myanmar et de la Thaïlande. Ainsi que des rebelles anquittaient une région pour s’installer dans une autre, au gré des guerres tigouvernementaux du Myanmar, en particulier le Parti communiste birdans le Sud-Est asiatique, en emportant dans leur ceinture toute leur man, l’Armée des États shan et l’Armée shan unie (Shan United Army richesse, des graines de pavot et de la pâte d’opium. Les miens vivaient ou SUA). La culture de l’opium devint l’activité principale de quelques sur les montagnes, au-dessus de mille mètres, là où il fait assez frais tribus du Triangle d’or, de Chiang mai et de Chiang Rai. pour cultiver cette plante si rentable. Ils en sont rapidement devenus des Air America spécialistes très recherchés. L’ethnicité en Thaïlande est constituée de beaucoup de groupes avec d’énormes différences dans les styles de vie, les structures sociales et économiques. Lu-Mien est un groupe ethnique qui, venant de Chine, s’est installé depuis environ 200 ans dans la partie Nord du pays, dans les provinces de Chiang Mai, Chiang Rai, Phayao, Nan et Lampang.

Les guerres de l’opium L’opium était utilisé en Chine comme analgésique ; son importation, qui était limitée au temps des Portugais (12 tonnes en 1729), fut suivie par celle massive des Anglais et des Américains. Produite en Birmanie, la drogue était distribuée par la Compagnie des Indes. En 1792, ce sont 240 tonnes qui furent importées, puis 360 en 1817, et 2 400 en 1837.  Le différend entre les Britanniques et l’empereur chinois, qui a interdit son usage et son importation, devait conduire à la première guerre de l’opium (1840-1842). La défaite chinoise se traduisit par l’importation de  3 000 tonnes d’opium en 1850. Une deuxième guerre de l’opium, déclenchée en 1856, eut des conséquences encore plus graves pour la Chine. Ainsi, 6 000 tonnes furent importées en 1879, plus de 10 000 en 1886. Dans le même temps, le nombre d’opiomanes chinois dépassait 120 millions, soit le cinquième de la population. Toutefois, la culture du pavot se développa parallèlement en Chine, faisant de ce pays le premier producteur mondial d’opium au début du vingtième siècle. 

La CIA se servait aussi à cette époque de ses propres moyens de transports pour financer ses opérations secrètes en Indochine. L’opération Air America de la CIA, qui mêlait des activités militaires et de renseignement à du trafic de drogue, est richement détaillée dans deux ouvrages définitifs, The Politics of Heroin: CIA Complicity in the Global Drug Trade, d’ Alfred McCoy et Drugs, Oil and War : The United States in Afghanistan, Colombia and Indochina, de Peter Dale Scott.  Air America était l’une des plus célèbres lignes aériennes possédées par la CIA et une composante-clé des opérations de trafic d’héroïne du gouvernement US dans le Triangle d’or dans les années 60 et 70. Air America a débuté en 1950 sous le nom de CAT (Civil Air Transport), et était la plus grande entreprise de la CIA en Asie. CAT elle-même avait ses origines  dans l’OSS (ancêtre de la CIA) en Chine et dans les opérations conjointes menées avec le Kuomintang durant la deuxième guerre mondiale. Selon Scott, «la CIA possédait 40 pour cent de la compagnie ; les banquiers du Kuomintang en possédaient 60 pour cent. Les avions avaient desservi les bases de production d’opium du Kuomintang sans interruption depuis 1951.» Page 3


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Une pipe d’opium ou un café ?

Grâce à qui ?

La Thaïlande a été le premier pays à mettre en place dès 1972 des programmes de culture de substitution à l’ opium, avant l’imposition de mesures répressives, en 1984. Les Lu-Miens sont devenus des producteurs d’ arabica. Ils ont créé des coopératives agricoles à partir de rien.

Grâce aux anciens des villages qui ont accepté de partager leurs connaissances, comme ils le font avec tous ceux qui le désirent, enfants ou étrangers, j’ ai pu apprendre les liens si spéciaux qui unissent les membres d’un village. Bien qu’ils ne sachent pas parler une autre langue que le Lu-Mien, leurs enfants ou d’autres membres de la famille ont traduit en thaï. Grâce également à une génération de trentenaires qui, ayant bénéficié d’un solide cursus universitaire, sont devenus des créateurs d’ entreprises, j’ ai pu rencontrer le dernier des Miens qui vit encore dans les montagnes, au milieu de ce qui fut le plus grand champ de pavot de la région. Ces jeunes ont l’âge , le courage, la force et le temps devant eux, pour conserver et transmettre leur identité et leurs traditions.

À la recherche du Dragon Chien Pour comprendre qui sont les Miens aujourd’hui, je suis allé dans les montagnes du Nord, à la frontière du Laos. J’ai cherché à voir le Passeport, un parchemin long de cinq mètres, signé de la main de l’empereur de Chine il y a 7 siècles. Ce document précieux permet aux Miens de voyager dans les provinces et de s’installer dans les hauteurs pour y vivre. Il y avait trois passeports ; l’un fut brûlé, un autre vendu aux Japonais... il en reste un, détenu par un descendant du premier des Mien, le « dragon chien » (voir chapitre un) Le défi fut de découvrir qui est ce représentant détenteur du précieux passeport, où il est, et surtout le persuader d’accepter de me le montrer pour que je le photographie... car ce passeport n’est exhibé qu’une fois par an seulement. Le reste de l’ année, il est conservé dans un lieu tenu secret. La quête du Graal Ce fut comme un parcours initiatique pour pouvoir trouver qui est le détenteur du passeport, il m’a fallu intégrer des groupes et des villages LuMiens. Au fil des semaines, les comprendre et gagner leur confiance. Assister à des cérémonies chamaniques, à des travaux quotidiens, ainsi qu’à des fêtes exceptionnelles. Comprendre de mon mieux leurs traditions, me faire expliquer leurs coutumes. Comment se déroulent une naissance, un mariage, des funérailles ? Quelles sont les règles de la vie en communauté, qui dirige ? Quels sont les liens entre époux, entre membres d’une même famille ? Photographier, enregistrer et saisir les événements de la vie quotidienne, les richesses culturelles, la foi et la religion, la morale et l’éthique, les arts, la nutrition dans les différentes communautés “Lu-Mien”. Page 4

Intégrés ou assimilés ? Les Miens sont totalement intégrés dans la Thaïlande moderne; à certains endroits, leur ancienne façon de vivre, leurs valeurs culturelles, ont été purement et simplement écartées. Ces problèmes d’identité culturelle deviennent de plus en plus sérieux à cause de l’écart qui se creuse entre les communautés rurales et urbaines. Dans les villages où l’économie est prospère, les jeunes peuvent rester pour travailler et vivre. Les traditions et les coutumes se perpétuent naturellement, comme cela a toujours été le cas. Dans les localités qui ont moins de réussite, l’exode rural des jeunes vers les villes, pour y trouver du travail, a considérablement fait évoluer les mœurs . Sans les jeunes, il est difficile pour les anciens de transmettre les traditions. L’écart est tel entre les idées, les pensées des citadins et des ruraux, qu’il affecte les mentalités et les structures sociales des communautés les plus faibles. Dans les montagnes, la vie y est bien sûr totalement différente. La communauté villageoise, est une seule et grande famille. Dans les villes thaïlandaises, la vie des habitants est la même que dans n’importe quelles autres cités du monde. Promouvoir auprès des nouvelles générations urbaines, la connaissance et la compréhension de la vie au sein de leur


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société tribale d’origine, sans pour autant les déstabiliser dans leur acclimatation à la vie urbaine, reste un énorme défi pour les anciens. Comment appliquer les règles de base communautaires que sont l’entraide, la charité, la fraternité, dans une agglomération telle que celle de Bangkok avec ses 12 millions d’habitants ? Comment faire parvenir aux deuxièmes, troisièmes générations en ville, les informations sur leurs origines , la façon de vivre, la philosophie de leurs anciens ? Les Lu-Miens qui vivent dans les villes de Thaïlande ou de Malaisie se sont totalement intégrés et beaucoup se sont fondus dans la masse. L’injuste milieu Il existe des villages si difficiles d’accès que le maintien des traditions se fait tout simplement à la faveur du manque d’ouverture sur le monde. Pour la majorité, il a fallu trouver un compromis entre les avantages de la vie moderne et ceux de la vie rurale. Des routes ont été créées, laissant le passage aux touristes et autres colporteurs. L’échange s’effectue dans les deux sens, et permet aux ruraux de vendre leur production au cœur des cités ou au bord des grands axes de communication.

intenses partagés avec ces gens. Chacun a mis sa fierté à parler de ses origines et de ses ancêtres... du long chemin qui les a menés depuis la Chine jusqu’en Thaïlande... de la difficulté de passer d’une économie axée autour de la culture du pavot à celle du café. La reconversion n’a pas été facile pour tout le monde. Ils parlent également de l’amour de la jungle, de la montagne, de la vie au grand air, de la déforestation., de l’ avenir.

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Un trésor de l’humanité Je leur suis immensément reconnaissant, moi le blanc, le «Farang», pour m’avoir raconté avec indulgence, avec beaucoup de patience et de sourires devant mon incrédulité, certains de leurs rites et secrets. Lu-Mien est une société dans laquelle chacun dépend des autres. Ce que nous avons oublié, ou bien pas encore compris. Puissent nos amis les Lu-Miens être considérés comme étant de précieux trésors dont la culture est à conserver comme un exemple vivant au sein d’une humanité qui se cherche toujours. Patrick - André Jacquet

Une harmonie vivante Je n’ai jamais eu l’impression d’être un observateur, tant les Lu-Miens m’ont immédiatement accueilli comme un ami. Ils sont fiers et heureux de partager un lever de soleil à la cime d’une montagne, au milieu de ce qui fut le plus grand champ d’opium de Thaïlande, un repas de fête, ou bien un café chaussette avec trois générations. J’aimerais montrer cette beauté, cette harmonie, encore vivante et tant qu’elle existe, comme étant mon humble apport à la conservation et la préservation des traditions de ce peuple. Le long chemin Ce livre est conçu de façon à ce qu e chaque famille, chaque personne, puisse raconter sa propre histoire. Il est le résultat de moments de vie

Interprète et interviews :

Bhakhawadee Graisriwattana

Photos et textes :

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Histoire

Structure sociale

Cérémonies

“Lu-Mien”, “Mien”, “Yao” Migrations et installations Post Card Pourquoi bouger ? Le village

Organisation Administration Le maître de cérémonies Botanistes et herboristes Sages-femmes La famille de la doyenne La famille du doyen La famille du fils La génération des arrières petits enfants Le rôle des femmes L’autre doyenne Le nom de famille Deux syllabes

Traditions, Cultures et cérémonies Taoïsme et croyances Le Maître des cérémonies. Les textes sacrés Vêtements de cérémonie. Le retour de la morale Le mariage Du coté de l’ homme Du coté de la femme Cortège de mariage. L e s funérailles

Interviews

Mr. Verut SaeJaw Chef du Village, 2 mandats à ce jour. Baan Sanjarean, Thambol Tha Wang Pha, Pha Thong District, Nan Province. Mr. SingJiaw SaePan Producteur de café Baan SanJarean, Thambol PhaThong, Tha Wang Pha District, Nan Province Mr.Sudket Leartvarayut (SaeJaw) Administrateur, Thambol Pha Thong, Tha Wang Pha District, Nan Province.

Interviews Mr. SingJiaw SaePan Mr.FuJia SaeTen and Mrs.FeXing SaeTen

Art & Culture Musique Les chants Des habits et des hommes Des habits et des femmes Les broderies sur les habits des femmes Du père au fils - Des habits et des enfants

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Préface Economie Le temps du pavot Le revers des grands champs d’ opium La vie aujourd’hui dans le “Suan Ya Luang” Souper sur le Doi San Le café Le village du temps de l’ opium Le village du temps du café De l’opium au café Le café, en haut Les planteurs d’ arabica La bourse du travail Métiers Ancien producteur d’opium, aujourd’hui fermier De l’ artisanat à l’industrie

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Alimentation Alimentation et condition féminine Poêle et Foyer La calvitie féminine La forêt pourvoyeuse d’ eau

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Interviews Mr. Chareonsak Leartvarayut (FuYin SaeJaw) Le figuier Banian

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1 Le temps du pavot La culture de l’opium se faisait dans le “Suan Ya Luang” sur le Doi PhuSan, situé entre les provinces de Pha Yao et celle de Nan. Cette zone était la plus grande cultivée en Thaïlande tant que l’ Opium n’y était pas interdit. Celui-ci était planté dans des hauteurs variant de 800 à 1500 mètres. L’opium est une plante qui va germer lentement si les conditions de sol ne sont pas bonnes. Pour y pallier, il faut préparer le terrain, semer, recouvrir et au bout de trois semaines, les semences vont germer. Il faut ensuite désherber, puis vérifier que les plants soient espacés d’au moins trente centimètres. Le pavot n’est pas dérangé ou détruit par les insectes, sa culture n’a donc pas besoin d’insecticides ou de fertilisants. La croissance des plants dure cinq mois, leur durée de vie est de six mois. La récolte doit avoir lieu entre janvier et février, et les semences plantées en août. La culture de l’ opium ne nécessite pas d’infrastructures routières, ni de pistes, au contraire de n’importe quelle autre culture, qui aurait besoin de déplacer de grandes quantités de légumes, d’agrumes ou de céréales, deux ou trois fois par an, et de plus s’avérerait moins rentable. De toute façon, il n’y avait pas de souci de transport, puisque l’opium était la devise principale d’échanges commerciaux des jardins royaux. C’était également la médecine du peuple. L’ opium est une plante qui soulage la douleur ; les villageois la produisaient mais souffraient d’addiction. Cette image poursuit les Miens et les Hmongs, autres spécialistes de cette culture et de son commerce. Aujourd’hui, sur l’ initiative de monsieur Chareonsak Leatvarayut, le café a remplacé le pavot. Les tests ont été organisés par un petit groupe de personnes qui cherchaient une culture alternative. C’est devenu la source principale de revenus de la communauté.

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Le revers des grands champs d’ opium La communauté Lu-Miens de Ban SanChareon, Thambol Pha Tong , District de Tha Wang Pha, Province de Nan vit dans une région connue pour avoir été le jardin du “Suan Ya Luang” (les grands champs d’ Opium). Luang signifie grand ; ici il y eut plus de 20.000 acres d’opium à l’époque où la culture était encore légale. Le terrain et le climat n’étaient pas vraiment adéquats pour d’autres formes de culture, et les Lu-Miens étaient des spécialistes du pavot. Pour un peuple migrant, il était plus facile de voyager à travers les montagnes, en ayant son pécule autour de la taille sous forme de boulettes d’opium, que d’avoir des troupeaux de vaches. La culture du pavot n’ appauvrissant pas beaucoup la terre, celle-ci pouvait être quasi permanente. Dans la période où le gouvernement thaïlandais annonça la prohibition, ils durent s’adapter. Les villageois qui vivaient dans les montagnes descendirent s’installer plus bas. Certains allèrent à Baan SanCharoen et d’autres à Baan NamKi, certains passèrent de nouveau les montagnes pour s’établir dans la province de Phrayao, d’autres partirent encore plus au Nord.

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1 La vie aujourd’hui dans le “Suan Ya Luang” Monsieur Chareonsak Leatvarayut, 58 ans, est le dernier des Miens à vivre encore dans les montagnes à une altitude de 1400 mètres. Aussi bien les grands que les petits viennent lui rendre visite. L’accès en est aisé, si l’on s’en tient aux critères Lu-Miens, c’est-à-dire à deux heures de 4x 4 depuis le village, si les pluies laissent la piste praticable. Il a construit de ses mains une maison d’habitation de deux chambres, avec un séjour, un hangar où séjournent les invités ; la cuisine est dans une autre petite construction en bois, plus bas. Cuisiner au feu de bois dans une cabane dont le toit est en bois est déjà un problème en soi, aussi bien à cause des risques d’incendie qu’à cause de la fumée ; de sorte que les murs sont en bambou, avec de larges espaces entre chaque tige, pour permettre à l’ air de circuler. Cela fournit une protection contre les tempêtes et les animaux nuisibles, bien que Monsieur Chareonsak Leatvarayut dise qu’il n’y a plus beaucoup d’animaux dangereux dans le coin. C’est l’endroit idéal pour comprendre le passé des Lu-Miens. Il a réalisé depuis longtemps la puissance des traditions et tient à les faire connaître. Il les a enseignées à ses enfants. Il semble que personne n’en ait une meilleure connaissance que lui. Aujourd’hui, s’il reste sur la montagne (Doi Phusan), c’est surtout pour garder un œil sur les dégâts des feux de forêt, et par crainte que d’autres personnes ne viennent pour une déforestation sauvage. En effet, malgré toute la vigilance du gouvernement, il se pourrait que des individus essaient d’exploiter en cachette quelques petits champs d’opium, sans souci de massacrer des essences d’arbres rarissimes. Il a fait de cette protection un devoir, son devoir. Il y consacre une petite partie de sa journée. Il explique en souriant qu’il comprend pourquoi personne n’est venu l’aider dans sa quête. Les jeunes consacrent leur temps à la culture de remplacement, le café, et les vieux, et les vieux restent au village, là-bas, en bas. Il aimerait pouvoir montrer la vue magnifique qui s’offre, mais pour les touristes, les conditions sont rudes. Sans confort et sans électricité, on doit utiliser des chandelles et des lampes frontales. L’ eau provient de sources, collectées par un ensemble de tuyaux raccordés, suivant la coutume qui veut que les maisons soient installées en-dessous de l’ eau, pour ne pas la polluer. Le sommet de la montagne, froid et venteux, culmine à 1600 mètres et il faut encore faire deux kilomètres pour l’ atteindre, ce qui le situe à 9 kilomètres du village.

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Souper sur le Doi San Comparée au temps des ancêtres, la situation n’a pas beaucoup changé. Bien sûr il n’ y a plus de champs d’opium, mais la vie est restée très simple. Les légumes proviennent d’un petit jardin à côté de la plantation de café, ou bien directement de la montagne. Dans la cuisine en bambous, à l’écart de la maison, il y a un simple feu de bois pour cuisiner et se chauffer. Le repas servi ce jour-là fut aussi délicieux qu’ inattendu, tant cette cuisine traditionnelle avait un goût authentique. Page 24


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Le café On sert encore le café «chaussette» dans des récipients antiques. C’està-dire avec un grand filtre en tissu dont la forme rappelle celle d’une chaussette. Le café fraîchement torréfié a un goût particulier et bien meilleur que celui que l’on a déjà conservé et moulu. La façon de le brasser dépend de chacun. Bien que nous soyons presque au début du mois de mars, il fait froids au petit matin, comme d’ailleurs toute l’année à cette altitude. Son parfum, mêlé à celui du feu de bois, est délicat. Relever son col, déguster son café en discutant autour du feu de bois, dans le vent et la fumée du petit matin, est un plaisir rare.

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Le village du temps de l’ opium Du temps des grands champs de pavot (Suan Ya Luang), les maisons traditionnelles étaient très simples ; ils habitaient proches les uns des autres, comme une grande famille. Il existe des livres sur la façon de choisir l’emplacement du village, qui doit être orienté d’une façon bien précise. Ils (qui?) pensent que chacun est né sous le signe d’un élément. Aussi, pour sélectionner l’emplacement d’une maison, ils ont deux méthodes ; l’une requiert un sac de semence de riz, l’autre des pièces de monnaie. Ces dernières doivent avoir un trou au centre, sinon la semence est plus efficace. Il y a des livres de prédiction en chinois, qui disent où l’argent apparaîtra, si la maison est construite à la bonne place, le nombre d’enfants à venir, la richesse, les problèmes et les solutions pour y pallier. Page 30


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Le village du temps du café La route principale à travers les montagnes qui relient Nan à Chiang Rai est à dix-huit kilomètres. Il y a là une attraction pour les touristes, avec des « trous d’eau » ; en fait, il s’agit d’un bassin naturel arrosé par une cascade, mais peu viennent jusqu’ici. L’ ancien village était situé à 7 kilomètres dans la montagne, du temps des cultures maintenant interdites. La plupart des villageois ont leur propre exploitation de café. Leur taille dépend de la surface des terres reçues en héritage par leurs ancêtres pionniers. Les maisons sont spacieuses et la vie plus facile que dans bien d’autres communautés tribales, car le commerce du café leur apporte une forme de prospérité. Comparées aux anciennes habitations, avec leurs toits en chaume ou en bambou, voire en tôle ondulée, les nouvelles maisons ont un toit en zinc, des murs en matière solide comme de la brique ou du ciment, et sont recouverts d’un enduit. Rares sont les personnes qui ne veulent pas communiquer, exceptés les anciens qui ne parlent pas le thaïlandais, mais tous arborent un large sourire. Parfois, les anciens font venir un gamin, pour qu’il traduise leurs paroles. Tous sont fiers de leur origine et soucieux de la raconter en détails.

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De l’opium au café Les champs de pavot sont devenus des jardins où l’on cultive le café. Un caféier peut produire pendant plus de vingt ans ; il ne lui faut que trois ans pour commencer à être récolté, à la différence des autres arbres de verger. Il y a beaucoup de similitudes avec la culture du pavot, qui pouvait durer également plus de vingt ans au même endroit. De plus, il y a peu de compétition actuellement grâce à une forte demande. Ainsi la culture du café demande un effort initial, mais l’investissement est rentabilisé sur le long terme. C’est la culture la plus rentable. Bien sûr il faut pour cela posséder les terrains avec l’ensoleillement et l’ altitude adéquats, mais cette culture, comme celle de l’opium, n’a pas besoin de pesticides ou d’engrais. Le marketing focalise sur le marché intérieur thaïlandais, cependant les produits commencent à être assez appréciés pour être exportés. Page 32


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Le café, en haut Mis à part le café, tous cultivent un peu de riz ou de maïs pour leur consommation à une altitude inférieure à huit cent mètres. Au-dessus, c’est la zone réservée pour la culture du café. Au mois de mars, les caféiers sont en fleurs, dégageant un parfum annonciateur de la récolte à venir. Les villageois disent que les revenus du café sont supérieurs à ceux de l’ opium dans le temps, car ils l’utilisaient comme monnaie d’échange contre de la nourriture ou des outils. Les seuls qui s’ enrichissaient étaient les marchands d’ opium. Ceux-ci venaient à cheval de Chine, du Laos ou du Myanmar. Maintenant, le bénéfice du café est réparti équitablement. Les gens de la communauté sont tous des fermiers et leur économie est florissante. La route, ou plutôt la piste, nécessite d’utiliser un 4x4. Pendant la saison des pluies, elle est très dangereuse et difficile à emprunter. La plupart des cultivateurs continuent à s’ occuper de leurs caféiers, mais utilisent de préférence leur scooter, ce qui est moins onéreux et moins risqué que le pick-up ou le 4x4, surtout lorsque la piste a disparu sous les glissements de terrain. Il est également impossible de se croiser en voiture ; aussi, le problème est contourné en définissant un laps de temps pour la montée et un autre pour la descente. Ce qui est toutefois préférable à l’ époque où il n’ y avait pas de route du tout, et où il fallait utiliser des chevaux, ou bien aller à pied pour cultiver ses champs. Page 33


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1 Les planteurs d’ arabica Il y a deux variétés d’arabica cultivées localement : le Car Timor et le Car Tui. On peut constater les différences de couleur des feuilles et la forme des grains, qui sont d’un vert brillant. Les plantations s’échelonnent de huit cents à mille quatre cents mètres d’altitude. Les cultures les plus élevées sont les plus productives, à cause du temps frais tout au long de l’ année, ainsi que grâce à leur emplacement qui fait face au soleil le matin et échappe aux brûlures de celui-ci l’après-midi. Sur tous les arbres, il y a des bouquets de fleurs blanches, aux douces fragrances. Originellement, les fermiers du village vendaient leur production sous la forme de grains frais. Maintenant, le processus de commercialisation a été amélioré ; ils sélectionnent les meilleurs plants, les trient et les font griller, en accord avec les procédures standards. Conserver une qualité, tenant compte du goût, de la caféine et du parfum requiert à la fois patience et savoir-faire à tous les stades de la production. C’est essentiel pour le futur de la vie du village.

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La bourse du travail

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L’ occupation majeure des Miens est l’agriculture. Ils cultivent le maïs et le riz. La culture du riz demande de changer de champ au bout de quelques années. Il faut trouver les zones rizicoles et les préparer. Le champ ne doit pas être trop pentu. Il faut désherber complètement et planter immédiatement. Les gens se prêtent main forte pour un échange de main-d’œuvre, ce qu’ils nomment le “Long Khaeg”. Le propriétaire va déterminer combien de travailleurs il lui faut. Pour planter le riz, hommes et femmes font équipe. Lui fait un trou dans le sol, tandis qu’elle vient planter le semis. Ils peuvent aussi planter des cultures secondaires supplémentaires, telles que la courge, la citrouille, des haricots, des melons, du taro, du gingembre et du chou.

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Métiers Les anciens du village de Klang Pattana : Ban KlangPattana, Moo 13, Thambol SaNian, district de Muang, province de Nan, Chaman, homme médecine ou simple fermier, les anciens sont toujours très respectés dans la société Mien. Page 36


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Fabrication du papier-monnaie pour les esprits Baan KlangPattana, Moo 13, Thambol SaNian, district de Muang, province de Nan : lors des cérémonies, ils brûlent du papier-monnaie pour les esprits des ancêtres.

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Ancien producteur d’opium, aujourd’hui fermier Village de Baan SanCharoen, Thambol Pha Thong, district de Tha Wang Pha, province de Nan. Une carrière dans l’ arabica, une expertise dans l’ art de la confection de paniers en bambous pour transporter les grains du caféier et parfois pour les vendre.

Distiller les alcools est un métier fort sérieux. Certains villages l’utilisent lors de rituels et apprécient de produire leurs propres breuvages. Plusieurs villages se sont même groupés pour créer une distillerie, gérée par un groupe de femmes. Le travail est réparti selon les compétences de chacune dans le domaine. La plupart du temps, le travail est accompli après celui de la ferme. Page 38


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De l’ artisanat à l’industrie Les Miens ont pour principe que le travail et le zèle sont des valeurs plus bénéfiques que l’argent. Celui-ci s’évanouit rapidement et facilement, alors que les fruits du travail restent pour toujours. Un travail énorme est réalisé par les femmes de tous les âges, entre celui des champs et celui des maisons. Leur peu de temps libre est consacré à leurs ouvrages de broderie. Elles enseignent aux enfants la valeur patrimoniale du goût du travail comme étant une de leurs valeurs culturelles.

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Le soin apporté aux animaux de la ferme, par exemple les porcs, fait partie également du travail des femmes. Il est facile de nourrir ces animaux avec les restes des repas ou bien avec une certaine variété de légumes frais ou de la nourriture que l’on trouve aux alentours de la ferme. En prendre soin et les nourrir est leur devoir. Bien que les hommes aient un pouvoir absolu de décision, ils doivent s’en remettre au travail de toute la famille, hommes et femmes. Le niveau de vie de chaque famille est important pour toutes les autres ; il n’y a pas de compétition à ce niveau. Comme ils sont tous descendants plus ou moins éloignés des mêmes ancêtres, ils forment une société très solidaire, conviviale et familiale.


Alimentation et condition féminine

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La production locale de base se compose de riz, de maïs, de tournesol, de sésame, de sésame noir, de poivre blanc, d’aubergine, de tomate, de courge, de citronnelle, d’ haricot vert, de différents types de laitue, d’aïl, de patate douce, d’oignon, de gingembre, de galanga. Les Miens se nourrissent également de la cueillette de fruits, de plantes et d’herbes endémiques, que l’on trouve tout au long de l’année dans les forêts. La nourriture varie suivant les saisons et l’environnement : par exemple, des champignons des bois et des pousses de bambou, du rotin et des bananiers, différents types de légumes sauvages comme les épinards et la pakwan. Pour les protéines, ils chassent les oiseaux, les sangliers, les porcs-épics, les cerfs aboyeurs, les écureuils, etc.

Poêle et Foyer Les Miens pensent qu’il y a des esprits dans le poêle et dans le feu ; aussi est-il interdit de l’éteindre avec de l’eau, au risque de fâcher ceux-ci. S’asseoir autour du feu et lui tendre ses pieds est aussi impoli que s’il s’agissait d’une personne vivante ; c’est une offense qui a pour conséquence la vengeance de l’esprit du poêle, qui envoie aux habitants de la maison des blessures et des ulcères, des souffrances qui brûlent. De même, les femmes enceintes ne doivent pas marcher à proximité du poêle ouvert. La vérité est dans le feu. Les Miens aiment à s’asseoir autour du foyer, pour parler tout en partageant quelques pipes à eau, et fumer avec de longs et gros fume-cigarettes en bambou. Le feu ne s’éteind jamais, il y a toujours quelqu’un pour l’ entretenir. Lorsqu’il y a un malade dans la maison, on y ajoute quelques herbes médicinales, pour des sortes de fumigations dont tout le monde profite à titre curatif ou préventif. Page 41


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1 La calvitie féminine Je n’ ai pas obtenu d’ explication sur la calvitie des femmes. Elles se cirent les cheveux pour les faire rentrer dans le foulard rouge qu’ elles portent sous leur chapeau . Ce qui semblerait logique c’est qu’ à force d’ être ciré, le cheveu soit fragilisé et disparaisse. Il y a plus de jeunes chauves dans les pays froids que dans les pays chauds, à cause du frottement du chapeau, en est ‘il de même ici ?

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Dans tous les foyers, il y a un mortier pour piler le riz ; le but est de détacher l’écorce du riz blanc, tout en le faisant suffisamment doucement pour que les grains ne soient pas écrasés et que les éléments nutritifs de l’écorce soient transmis au grain. Le premier bruit qu’entend l’enfant dans l’utérus de sa mère est celui du mortier ; c’est un bruit qui le rassurera par la suite. Le matin, après avoir réactivé le feu et s’être occupées du service aux autres membres de la famille, les femmes s’activent autour du pilon et du mortier à riz. Elles ne se contentent pas de préparer juste une livre, mais de quoi confectionner plusieurs repas. C’est un bruit doux que l’on entend dans tout le village, un bruit qui aide les enfants et les hommes à se lever. Le riz pilé à la main est très populaire, à cause de sa haute teneur en vitamines A.

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Une belle histoire, ou une légende à ce sujet est toujours racontée aux enfants Lu-Miens. Il y avait une grande sécheresse ; les hommes mouraient en cinq jours et les femmes en sept jours. Elles étaient plus résistantes, car comme elles pilaient le riz au mortier, elles absorbaient par leur peau la poussière de poudre d’écorce, qui contient cette fameuse vitamine A. Page 47


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La forêt pourvoyeuse d’ eau De temps en temps, les champs sont nettoyés en y mettant le feu ; c’est l’ écobuage. La forêt doit se situer à une distance minimale de deux ou trois kilomètres des feux ainsi allumés en pleine nature. La forêt est pourvoyeuse d’ eau. La tradition des Lu-Miens est stricte sur la conservation de l’écosystème environnant. La position du village et des maisons par rapport à celle-ci est déterminée avec précision, plus que la position des cultures. Chaque village Mien est proche d’une forêt, fournisseuse naturelle d’eau pour la consommation et les industries agro-alimentaires. Ainsi les Lu-Miens ne transportent pas l’eau, puisqu’ils sont situés en aval ; elle vient naturellement vers eux. La forêt est indispensable puisqu’elle fournira de l’ eau tout au long de l’année. S’il ne pleut pas, on fait des cérémonies pour qu’elle vienne. De même que pour le jour de l’an, on sort les clarinettes, gongs, tambours et cymbales, pour aller en procession dans le bassin qui recueille les eaux de pluie. Elle nourrit les animaux domestiques qui ne sont pas enfermés dans des enclos. Mais , la forêt disparaît si vite .

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Personne ne cultive la forêt, ni ne la gère, car cela causerait des problèmes de voisinage entre les propriétaires des animaux domestiques lâchés dans celle-ci, et qui peuvent ainsi manger tout légume, fruit ou produit végétal, sans aller endommager les cultures. La communauté peut aussi se fournir en perches de bambous ; huit espèces sont utilisées, de la plus grande, de la plus lourde, à la plus douce, dont les pousses sont mangées. Les Miens vont en forêt pour y récolter des asperges, des herbes médicinales, des fruits, etc. Avec les bambous, ils fabriquent les planchers et de petites maisons pour les volailles. Mais il y a quelque chose qu’ils n’obtiennent pas de la forêt, car c’est interdit par leur préceptes ; il s’agit du bois de construction des murs de leur maison. Il peut être utilisé pour le toit et le plancher. Ils ne coupent pas non plus les arbres fruitiers, ni certaines autres espèces, car elles servent de refuge aux esprits “Mean”. C’est d’ailleurs la raison donnée pour expliquer une intoxication alimentaire. Ces zones servent également de réserve à la vie animalière sauvage. Les chasseurs en effet se rendent loin du village et de ses bruits pour pratiquer la cynégétique. Cela empêche également les incidents de voisinage avec les autres villages, tant les forêts sont proches et liées à chaque communauté. Le bois de chauffage est coupé dans la partie la plus lointaine de la forêt. Les essences de la famille des arbres figuiers banians « Ta », TaJung, TaNom, TaWoh, fournissent le bois des cercueils. Ces arbres doivent être très grands, car la bière est taillée d’un bloc. Il faut faire attention en le coupant, car la chute de ce grand arbre peut en entraîner d’autres, causant ainsi des dommages irréparables à la canopée, voire entraîner la mort d’autres arbres. Ce géant est découpé pour servir à plusieurs sarcophages. Tout le bois sera utilisé lors de la crémation. L’arbre lui-même donne ou non son accord pour être coupé. Page 49


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Mr. Chareonsak Leartvarayut (FuYin SaeJaw), 58 ans Chef historique du village de Baan SanChareon Thambol Pha Thong, district de Tha Wang Pha, province de Nan.

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Chef historique du village,il est le pionnier du village dans la culture du café. Il est l’actuel président de la société des producteurs et éleveurs de café. C’est maintenant un senior, et il partage avec amour ses connaissances. Il a étudié l’histoire de sa tribu et évoque pour nous les temps anciens où les Miens qui venaient de Mongolie ont migré à travers la Chine pendant les guerres. Il nous rappelle que les Lu-Miens respectent la vie et n’apprécient pas les bains de sang. Sa famille s’est éloignée des combats jusqu’au Laos, puis en Thaïlande, vers Chiang Mai, dans la montagne PhuWae, district de Rae (aujourd’hui district de ThungChang). Les Miens avaient la réputation peu flatteuse de pouvoir se faufiler entre les problèmes ; il leur fut demandé de payer un tribut en ivoire noir * pour pouvoir s’installer. Comme il n’y avait pas de chef chez les Lu-Miens, il en fut nommé un par le gouverneur de Nan, un ancien de la tribu, monsieur KhaoWah SaeTen be PhaYa IntraKiri Srisombat, qui réussit à faire descendre petit à petit le prix du droit de passage. Il obtint finalement le droit de s’installer. Il écrivit à ceux de sa famille qui étaient restés au Laos, de venir en Thaïlande. Comme il y avait également une guerre entre la Chine et le Vietnam, tous ceux qui se reconnaissaient dans le nom de Mien essayèrent de venir. D’autres vinrent beaucoup plus tard, sous la tyrannie de la quatrième guerre contre le communisme au Laos dans les environs de l’année 2510 (1967). Il y eut des ordres officiels d’évacuer les montagnes, car le Laos n’est pas loin, et les combats contre le communisme se perpétuèrent également dans cette région de la Thaïlande. Les Miens quittèrent le “Suan Ya Luang” et s’éparpillèrent dans de nombreux endroits, vers Chiang Rai, Kamphaeng Ph et, Lampang, Sukhothai, Phetchabun, Tak et Kanchanaburi. Chef et pionnier du café, il est également celui qui a intégré tout le processus de fabrication, depuis la plantation jusqu’à la dégustation. * (L’ivoire noir ou noir d’os est généralement connu comme étant un pigment naturel utilisé pour peindre ou pour écrire, mais il existerait également une ou des cornes d’ éléphant qui seraient noires, mais si rares que c’en est presque une légende)


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le café chaussette, frais torréfié du matin La petite maison dans la prairie des grands champs d’opium

Les femmes de la famille de Leartvarayut grand-mère, belle fille,toute la famille participe à la réussite.

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Il espère pouvoir continuer à vivre dans sa maison, en haut sur la montagne, à côté des plantations, là où le climat est venteux et froid, mais bon pour le café. Il y a 200 acres de plantations aujourd’hui autour de la piste du “Suan Ya Luang”. Il dit que certains ont essayé de planter en dessous de la limite des huit cents mètres d’altitude, mais après deux ou trois maigres récoltes, les arbres sont tous morts. Il traite la forêt avec le même respect que ses plantations de café. Il a montré une essence d’arbre très rare dont il garde jalousement le secret, car seul un parc gouvernemental dit en posséder deux ou trois spécimens. C’est le dernier gardien du jardin des anciens grands champs de pavot. Il n’a pas beaucoup de temps à lui, car vivant dans la montagne, il doit tout faire lui-même. Tous les dix jours, il descend au village pour finir ses travaux ou enseigner aux gens comment vivre au sein de la communauté, aussi bien qu’aux agences gouvernementales et aux rares touristes. Il parle doucement et en souriant toujours ; chacun l’écoute avec respect. Le café se vend bien, la production locale est très prometteuse, mais il reste tant à faire. Il y a encore des solutions à trouver dans le processus de torréfaction et de mouture, des outils doivent être développés pour maintenir la qualité de café dans ses standards. Le café a une forte demande à cause de son élevage, de ses parfums, de sa teneur en caféine et de son goût. Cultiver du café n’est pas difficile en soi, mais chaque étape dans sa production doit être du meilleur niveau. Il est par exemple important de conserver les mêmes formes et tailles de cerises de café, de ne pas les mélanger. Pour être sûr que la qualité est constante, la forme, la couleur, donc le goût des cerises de café doivent être similaires. Les variétés de café arabica qui poussent ici sont les “Catuai”, qui sont jaunes et les “CatiMor” qui sont rouges sous forme de fèves. Sa région du “Suan Ya Luang” est idéale pour les industries pharmaceutiques, pour un tourisme vert, ou agrotourisme, ceci tout au long de l’année. Il y a du potentiel pour de futurs développements.

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1 Le figuier Banian Les miens pensent que les arbres banians ont un esprit, le “Yian Few Mean”, ainsi que la forêt a le sien, celui de “Tey Pung Mean” qui y vit. Il faut être très précautionneux avec ces géants, sinon l’esprit “Mean” vous punira lors de votre prochaine visite en forêt. Dans celle-ci, il ne faut pas mentionner le nom de “Mean” ou de tigre, et ne pas chanter de chansons. Les esprits, les dieux sont aux alentours et surveillent tout , ils peuvent vous causer de tels dommages que votre vie sera intenable, vous aurez le travail sans la richesse et la maladie jusqu’à la mort.

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Lu-Miens

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Remerciements Messieurs et mesdames. KaeVen SriSombat (SaeTen), Mr.Chareonsak Leartvarayut (FuYin SaeJaw), Mr.BoonYong ChotchaiPhibul (ChengJeaw SaePan), Mr.Panu SangTienyod (ChanTing SaeTen), Mr.Virut SaeJaw, Mr.Sutket Leartvarayut (SaeJaw), Mr.Taun ChotchaiPhibul (SaePan), Mr.Thawatchai JaruPrapatsorn (SaeTen), Mrs. Fam CherdChaiPibul (Pan), Mrs.Nai SaeTen, Mr.Wichan KiratiPanichkul (SaeTen) and Mrs.Meing KiratiPanichkul, Mr.SingJiaw SaePan, Mrs.NaiKaung SaePan, Mr. FuJia SaeTen, Mrs.FeSing SaeTen, Mrs.ConFuai SaeTen, Mrs.YaoFour SaeTen, Mr.Cheng SaeLi, Mr.Sorapong Pattianan, Mr.FuJeam SaeJaw, Mrs Nathalie Rey-Magnin.

Les populations des villages de: Baan SanCharoen, Thambol PhaThang, Tha Wang Pha District, Nan province. Baan Namki, Thambol PhaThang, Tha Wang Pha district, Nan province. Baan NamPang, Thambol PhaThang, Tha Wang Pha district, Nan province. Baan WangPhai, Thambol Na Rai Luang, SongKaew district, Nan province. Baan Nam Mong, Thambol Na Rai Luang, SongKaew district, Nan province. Baan NamKho, Thambol Yod, SongKaew district, Nan province. Baan Klang Pattana, Thambol Sanien, Maung district, Nan province. Baan NamKong, Thambol Sanien, Maung district, Nan province. Baan PangKa, Thambol Pha Chang Noi, Pong district, Phayao province. Baan PangPik, Thambol Pha Chang Noi, Pong district, Phayao province. Baan HuaySanao, Thambol Pka Klang, Pong district, Phayao province.

Bibliographie

Inter Mountain People’s Education and Culture in Thailand Association (IMPECT) Content knowledge, local knowledge, Iu Mien (Yao) Content knowledge of local tribes, Iu Mien The textbook ceremonies protocol “Sayang Ja Phin Sow” Philosophy of the book “Chen Khang Sow” Philosophy of the book “Pho Lee Sow” Philosophy of the book “Su Kai Sow” Mr.KaeVen SriSombat, The historical documents of Phaya Intra Khiri SriSombat,Page 59


Les Lu Miens Livre 3  

Depuis le permier Lu-Mien, le dragon chien, ils sont venus de Chine il y a 7 siècles. Voici l' histoire de ce peuple raconté par leur passep...

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