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Photos & Textes par Patrick Interprète et Interviews

- André Jacquet par Bhakhawadee Graisriwattana


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Préface

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La CIA ? Dis-leur ...

Le commerce de l’opium devient très lucratif dans les années soixante, soixante-dix, parallèlement à l’ engagement américain au Vietnam. Le contact avec les GI ne s’est pas contenté de doper le marché asiatique, mais a ouvert des voies de commercialisation sur le marché mondial, ce qui provoqua un surcroît de production dans les régions reculées de Thaïlande, du Myanmar et du Laos. Cette zone fut surnommée le «Triangle d’or» en raison des fortunes locales amassées par les «seigneurs de La ceinture d’opium l’opium». C’ étaient, des réfugiés de l’armée nationaliste chinoise vivant L’histoire de ces migrants est intimement liée à la culture du pavot. Ils dans le nord du Myanmar et de la Thaïlande. Ainsi que des rebelles anquittaient une région pour s’installer dans une autre, au gré des guerres tigouvernementaux du Myanmar, en particulier le Parti communiste birdans le Sud-Est asiatique, en emportant dans leur ceinture toute leur man, l’Armée des États shan et l’Armée shan unie (Shan United Army richesse, des graines de pavot et de la pâte d’opium. Les miens vivaient ou SUA). La culture de l’opium devint l’activité principale de quelques sur les montagnes, au-dessus de mille mètres, là où il fait assez frais tribus du Triangle d’or, de Chiang mai et de Chiang Rai. pour cultiver cette plante si rentable. Ils en sont rapidement devenus des Air America spécialistes très recherchés. L’ethnicité en Thaïlande est constituée de beaucoup de groupes avec d’énormes différences dans les styles de vie, les structures sociales et économiques. Lu-Mien est un groupe ethnique qui, venant de Chine, s’est installé depuis environ 200 ans dans la partie Nord du pays, dans les provinces de Chiang Mai, Chiang Rai, Phayao, Nan et Lampang.

Les guerres de l’opium L’opium était utilisé en Chine comme analgésique ; son importation, qui était limitée au temps des Portugais (12 tonnes en 1729), fut suivie par celle massive des Anglais et des Américains. Produite en Birmanie, la drogue était distribuée par la Compagnie des Indes. En 1792, ce sont 240 tonnes qui furent importées, puis 360 en 1817, et 2 400 en 1837.  Le différend entre les Britanniques et l’empereur chinois, qui a interdit son usage et son importation, devait conduire à la première guerre de l’opium (1840-1842). La défaite chinoise se traduisit par l’importation de  3 000 tonnes d’opium en 1850. Une deuxième guerre de l’opium, déclenchée en 1856, eut des conséquences encore plus graves pour la Chine. Ainsi, 6 000 tonnes furent importées en 1879, plus de 10 000 en 1886. Dans le même temps, le nombre d’opiomanes chinois dépassait 120 millions, soit le cinquième de la population. Toutefois, la culture du pavot se développa parallèlement en Chine, faisant de ce pays le premier producteur mondial d’opium au début du vingtième siècle. 

La CIA se servait aussi à cette époque de ses propres moyens de transports pour financer ses opérations secrètes en Indochine. L’opération Air America de la CIA, qui mêlait des activités militaires et de renseignement à du trafic de drogue, est richement détaillée dans deux ouvrages définitifs, The Politics of Heroin: CIA Complicity in the Global Drug Trade, d’ Alfred McCoy et Drugs, Oil and War : The United States in Afghanistan, Colombia and Indochina, de Peter Dale Scott.  Air America était l’une des plus célèbres lignes aériennes possédées par la CIA et une composante-clé des opérations de trafic d’héroïne du gouvernement US dans le Triangle d’or dans les années 60 et 70. Air America a débuté en 1950 sous le nom de CAT (Civil Air Transport), et était la plus grande entreprise de la CIA en Asie. CAT elle-même avait ses origines  dans l’OSS (ancêtre de la CIA) en Chine et dans les opérations conjointes menées avec le Kuomintang durant la deuxième guerre mondiale. Selon Scott, «la CIA possédait 40 pour cent de la compagnie ; les banquiers du Kuomintang en possédaient 60 pour cent. Les avions avaient desservi les bases de production d’opium du Kuomintang sans interruption depuis 1951.» Page 3


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Une pipe d’opium ou un café ?

Grâce à qui ?

La Thaïlande a été le premier pays à mettre en place dès 1972 des programmes de culture de substitution à l’ opium, avant l’imposition de mesures répressives, en 1984. Les Lu-Miens sont devenus des producteurs d’ arabica. Ils ont créé des coopératives agricoles à partir de rien.

Grâce aux anciens des villages qui ont accepté de partager leurs connaissances, comme ils le font avec tous ceux qui le désirent, enfants ou étrangers, j’ ai pu apprendre les liens si spéciaux qui unissent les membres d’un village. Bien qu’ils ne sachent pas parler une autre langue que le Lu-Mien, leurs enfants ou d’autres membres de la famille ont traduit en thaï. Grâce également à une génération de trentenaires qui, ayant bénéficié d’un solide cursus universitaire, sont devenus des créateurs d’ entreprises, j’ ai pu rencontrer le dernier des Miens qui vit encore dans les montagnes, au milieu de ce qui fut le plus grand champ de pavot de la région. Ces jeunes ont l’âge , le courage, la force et le temps devant eux, pour conserver et transmettre leur identité et leurs traditions.

À la recherche du Dragon Chien Pour comprendre qui sont les Miens aujourd’hui, je suis allé dans les montagnes du Nord, à la frontière du Laos. J’ai cherché à voir le Passeport, un parchemin long de cinq mètres, signé de la main de l’empereur de Chine il y a 7 siècles. Ce document précieux permet aux Miens de voyager dans les provinces et de s’installer dans les hauteurs pour y vivre. Il y avait trois passeports ; l’un fut brûlé, un autre vendu aux Japonais... il en reste un, détenu par un descendant du premier des Mien, le « dragon chien » (voir chapitre un) Le défi fut de découvrir qui est ce représentant détenteur du précieux passeport, où il est, et surtout le persuader d’accepter de me le montrer pour que je le photographie... car ce passeport n’est exhibé qu’une fois par an seulement. Le reste de l’ année, il est conservé dans un lieu tenu secret. La quête du Graal Ce fut comme un parcours initiatique pour pouvoir trouver qui est le détenteur du passeport, il m’a fallu intégrer des groupes et des villages LuMiens. Au fil des semaines, les comprendre et gagner leur confiance. Assister à des cérémonies chamaniques, à des travaux quotidiens, ainsi qu’à des fêtes exceptionnelles. Comprendre de mon mieux leurs traditions, me faire expliquer leurs coutumes. Comment se déroulent une naissance, un mariage, des funérailles ? Quelles sont les règles de la vie en communauté, qui dirige ? Quels sont les liens entre époux, entre membres d’une même famille ? Photographier, enregistrer et saisir les événements de la vie quotidienne, les richesses culturelles, la foi et la religion, la morale et l’éthique, les arts, la nutrition dans les différentes communautés “Lu-Mien”. Page 4

Intégrés ou assimilés ? Les Miens sont totalement intégrés dans la Thaïlande moderne; à certains endroits, leur ancienne façon de vivre, leurs valeurs culturelles, ont été purement et simplement écartées. Ces problèmes d’identité culturelle deviennent de plus en plus sérieux à cause de l’écart qui se creuse entre les communautés rurales et urbaines. Dans les villages où l’économie est prospère, les jeunes peuvent rester pour travailler et vivre. Les traditions et les coutumes se perpétuent naturellement, comme cela a toujours été le cas. Dans les localités qui ont moins de réussite, l’exode rural des jeunes vers les villes, pour y trouver du travail, a considérablement fait évoluer les mœurs . Sans les jeunes, il est difficile pour les anciens de transmettre les traditions. L’écart est tel entre les idées, les pensées des citadins et des ruraux, qu’il affecte les mentalités et les structures sociales des communautés les plus faibles. Dans les montagnes, la vie y est bien sûr totalement différente. La communauté villageoise, est une seule et grande famille. Dans les villes thaïlandaises, la vie des habitants est la même que dans n’importe quelles autres cités du monde. Promouvoir auprès des nouvelles générations urbaines, la connaissance et la compréhension de la vie au sein de leur


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société tribale d’origine, sans pour autant les déstabiliser dans leur acclimatation à la vie urbaine, reste un énorme défi pour les anciens. Comment appliquer les règles de base communautaires que sont l’entraide, la charité, la fraternité, dans une agglomération telle que celle de Bangkok avec ses 12 millions d’habitants ? Comment faire parvenir aux deuxièmes, troisièmes générations en ville, les informations sur leurs origines , la façon de vivre, la philosophie de leurs anciens ? Les Lu-Miens qui vivent dans les villes de Thaïlande ou de Malaisie se sont totalement intégrés et beaucoup se sont fondus dans la masse. L’injuste milieu Il existe des villages si difficiles d’accès que le maintien des traditions se fait tout simplement à la faveur du manque d’ouverture sur le monde. Pour la majorité, il a fallu trouver un compromis entre les avantages de la vie moderne et ceux de la vie rurale. Des routes ont été créées, laissant le passage aux touristes et autres colporteurs. L’échange s’effectue dans les deux sens, et permet aux ruraux de vendre leur production au cœur des cités ou au bord des grands axes de communication.

intenses partagés avec ces gens. Chacun a mis sa fierté à parler de ses origines et de ses ancêtres... du long chemin qui les a menés depuis la Chine jusqu’en Thaïlande... de la difficulté de passer d’une économie axée autour de la culture du pavot à celle du café. La reconversion n’a pas été facile pour tout le monde. Ils parlent également de l’amour de la jungle, de la montagne, de la vie au grand air, de la déforestation., de l’ avenir.

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Un trésor de l’humanité Je leur suis immensément reconnaissant, moi le blanc, le «Farang», pour m’avoir raconté avec indulgence, avec beaucoup de patience et de sourires devant mon incrédulité, certains de leurs rites et secrets. Lu-Mien est une société dans laquelle chacun dépend des autres. Ce que nous avons oublié, ou bien pas encore compris. Puissent nos amis les Lu-Miens être considérés comme étant de précieux trésors dont la culture est à conserver comme un exemple vivant au sein d’une humanité qui se cherche toujours. Patrick - André Jacquet

Une harmonie vivante Je n’ai jamais eu l’impression d’être un observateur, tant les Lu-Miens m’ont immédiatement accueilli comme un ami. Ils sont fiers et heureux de partager un lever de soleil à la cime d’une montagne, au milieu de ce qui fut le plus grand champ d’opium de Thaïlande, un repas de fête, ou bien un café chaussette avec trois générations. J’aimerais montrer cette beauté, cette harmonie, encore vivante et tant qu’elle existe, comme étant mon humble apport à la conservation et la préservation des traditions de ce peuple. Le long chemin Ce livre est conçu de façon à ce qu e chaque famille, chaque personne, puisse raconter sa propre histoire. Il est le résultat de moments de vie

Interprète et interviews :

Bhakhawadee Graisriwattana

Photos et textes :

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Photographer par : Patrick-Andre‘

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Photographer par : Patrick-Andre‘

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Histoire

Economie

Cérémonies

“Lu-Mien”, “Mien”, “Yao” Migrations et installations Post Card Pourquoi bouger ? Le village

Les revers des grands champs d’ opium. La vie aujourd’hui dans le “Suan Ya Luang” Le temps du pavot Souper sur le Doi San Le café Les “Lu-Mien” dans le village de SanChareon Le village du temps de l’ opium Le café , en haut La piste du café Depuis les champs d’opium Les planteurs d’ arabica De l’ artisanat à l’industrie

Traditions, Cultures et cérémonies Taoïsme et croyances Le Maître des cérémonies. Les textes sacrés Vêtements de cérémonie. Le retour de la morale Le mariage Du coté de l’ homme Du coté de la femme Cortège de mariage. L e s funérailles

Interviews

Mr. Verut SaeJaw Chef du Village, 2 mandats à ce jour. Baan Sanjarean, Thambol Tha Wang Pha, Pha Thong District, Nan Province. Mr. SingJiaw SaePan Producteur de café Baan SanJarean, Thambol PhaThong, Tha Wang Pha District, Nan Province Mr.Sudket Leartvarayut (SaeJaw) Administrateur, Thambol Pha Thong, Tha Wang Pha District, Nan Province.

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Alimentation Nutrition et alimentation Poêle et foyer Chacun de son coté La forêt pourvoyeuse d’ eau Le figuier Banian


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Préface Structure sociale Organisation 18 Administration 19 Le maître de cérémonies 22 Botanistes et herboristes 23 Sages-femmes 24 La famille de la doyenne 32 La famille du doyen 34 La famille du fils 35 La génération des arrières petits enfants 36 Le rôle des femmes 37 L’autre doyenne 38 Le nom de famille 40 Deux syllabes 41

Interviews Mr. SingJiaw SaePan Mr.FuJia SaeTen and Mrs.FeXing SaeTen

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Art & Culture Musique 48 Les chants 49 Des habits et des hommes 50 Des habits et des femmes 51 Les broderies sur les habits des femmes 52 Du père au fils - Des habits et des enfants 57

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Structure sociale Arts & Culture

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Organisation La société des Lu-Mien devait être auto-suffisante dans tous ses aspects, à la fois en terme de vie quotidienne et de gestion de la communauté. Celle-ci, à cause de l’environnement montagneux, des difficultés de transports, était réellement du monde extérieur. Il leur fallait nommer des responsables pour chaque fonction importante, ce qui formait une équipe qui devait travailler ensemble pour déterminer la meilleure répartition des rôles au sein de la communauté, et ainsi vivre en paix. Page 18


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Administration Dans le passé, l’administration ou commandement du village pouvait être rémunéré par le gouvernement. A cette époque, le régime n’était pas divisé en provinces. Le plus souvent les administrateurs provenaient des plus grandes familles. Aujourd’hui, les administrateurs sont élus à la majorité par la communauté. Leur principale fonction est de s’occuper du bienêtre de chacun au sein de la collectivité. Ils sont médiateurs pour trouver les erreurs et apporter les solutions au sein de leur communauté. Il est également important qu’il y ait un responsable désigné comme interlocuteur des autres communautés. Le chef du village va nommer une équipe pour siéger comme gouvernement ; c’est lui le responsable de l’administratif du village, il va donc organiser les fonctions essentielles. Page 19


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Les conseil des sages Ils ont une fonction très importante ; ils s’occupent de l’ administration et des contacts avec les autres villages. S’il y a un problème, c’est d’ abord au plus âgé qu’il sera exposé, en raison du respect dû aux anciens. Les compétences des anciens sont connues, reconnues et respectées. Ils recevront des honneurs au titre de leurs compétences aussi bien que parce qu’ ils sont tout simplement des hommes bons. Les jeunes disent que pour avoir autant de clairvoyance qu’un groupe d’anciens, il faudrait un groupe de trois fois plus de jeunes gens. Page 20


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Forgerons et orfèvres Les forgerons sont des personnages importants pour la société. Le métier se transmet dans la famille. En tant que groupement agraire des montagnes, nos équipements et nos outils ont des axes différents de ceux utilisés en terrain plat. Nous achetons le fer en ville et nous le fournissons aux forgerons du village. L’argent est un bien très précieux pour les échanges commerciaux. Ils l’utilisent pour fabriquer des bijoux que portent les hommes et les femmes. En particulier les bijoux féminins, les bagues, les bracelets, les boucles d’oreilles, les colliers, sont fabriqués dans le village. Les modèles sont sophistiqués, car l’orfèvrerie est considérée comme un art majeur, qui malheureusement, transmis à des personnes étrangères, est devenu pour certains un revenu facile et lucratif. Certains villages sont réputés pour leur orfèvres comme celui de Pua, Tha Li, province de Nan. Les robes couvertes d’argent sont magnifiques et sont sorties pour les cérémonies telles que le nouvel-an, les mariages, ou les ordinations ; elles reflètent le statut social de celles qui les portent.

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Maîtres de cérémonies Un des personnages clé dans la communauté est le maître des cérémonies. Il peut y en avoir plusieurs dans le groupe Mien. Les actes d’adoration ont différents niveaux. Il y a des rituels pour ce monde et d’ autres pour le monde extérieur. Il faut que le maître des cérémonies soit aussi compétent que les rituels qu’il engage, et du niveau des mondes auxquels s’ adressent ces rituels. Par exemple, une cérémonie funéraire ou une cérémonie d’ordination ne s’adresse pas aux mêmes mondes. Un professeur du culte pourra exercer ses talents dans des cérémonies consacrées aux exorcismes ou bien à d’ autres pour faire revenir un être cher. Il doit tout d’ abord apprendre la calligraphie chinoise. Il y a de nombreux livres de prières écrits en chinois et en Mien ; il doit donc savoir lire et écrire les deux langues. Il doit aussi avoir suivi des cours spéciaux car il sera en contact avec de bonnes âmes, qui aideront pour protéger le groupe contre les démons. Les gens ont foi en ce monde, qui est à la fois naturel et qui va au-delà de la nature. Le conseil des cérémonies est très important pour eux par respect aux ancêtres LuMiens. Les liens entre la population et le chaman sont inévitables, à cause de croyances telles que l’explication des signes, la divination, la superstition et la prédiction. Des signes tels qu’un serpent dans la maison, des aboiements dans le village, des écureuils qui sautent de travers, des chutes d’ arbres, des oiseaux qui défèquent, sont des signes de mauvais augure, qui peuvent provenir d’esprits malins. Lorsqu’arrive un de ces signes, vous avez vraiment besoin de l’ aide d’un guide spirituel pour vous aider à prévoir l’imprévisible. Si vous avez besoin d’ un exorcisme, pour quelque chose qui a mal tourné, il peut y avoir un mauvais karma de prévu pendant trois jours ou plus . En regardant dans les os de poulet, le maître vérifie , en ce cas la cérémonie n’ aura pas lieu avant plusieurs jours. Si le chaman est ausi important au sein de la communauté, c’est parce que toutes les activités importantes sont liées aux esprits et aux augures. Il y a des jours bons et mauvais pour chaque chose. Ainsi, certains jours, il ne faudra pas aller travailler aux champs, car cela pourrait avoir de funestes conséquences pour les récoltes futures.

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Botanistes et herboristes Ils utilisent des herbes médicinales pour soigner les patients ; ce sont des spécialistes des herbes, hommes et femmes, mais ils ne traitent que certains problèmes spécifiques uniquement. Il peut y avoir beaucoup de guérisseurs dans la communauté. Certains apprennent l’art ancien de guérir avec un docteur, mais la majorité par héritage culturel familial, de mère en fille, ou de père en fils. Une diffusion de la connaissance sans cérémonies. Ils apprennent à récolter les herbes durant la période consacrée et autorisée et à en faire des traitements créés et mis au point de la main même de leur mentor. Les étudiants préparent les ingrédients nécessaires pour les rituels : le poulet, le papiermonnaie pour les esprits, le Kgetek, dont le montant varie suivant les officiants. Ils apprennent en assistant leur professeur à conserver les dates de cérémonies, par respect pour leur enseignant, pour rester un peuple béni. Les médecins locaux, les guérisseurs, utilisent les massages et la maîtrise de la respiration. Ils peuvent faire appel à d’autres chamans, qui maîtrisent les sortilèges majeurs, ou bien qui, de par leur grande expérience, peuvent établir des diagnostics précis. Page 23


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Sages-femmes Elles sont responsables de la délivrance. La communauté Lu-Mien se concentre sur le bien-être de la mère et de l’ enfant. Comme les Chamans, elles sont suffisamment versées dans la connaissance des plantes pour pouvoir les utiliser en toute sécurité. Quand le moment d’accoucher arrive, la future maman s’agrippe à une ceinture en coton attachée sous le toit, et se tient droit debout. Les femmes pensent en effet que l’enfant ne pourra pas naître si elles sont assises ou couchées. Il y a quelqu’un pour les aider, généralement des personnes de sexe féminin, plus âgées et de leur famille. Si le bébé naît dans une maison, il y a une courtepointe pour le recueillir ; dans les champs, c’est un paquet de riz sec. Lors de la naissance, la sage-femme mesure depuis la base du cordon ombilical jusqu’aux genoux du bébé, et coupe celui-ci avec un coquillage, ou des bambous. Si le bébé ne pleure pas de suite, la sage-femme presse le cordon ombilical dans son extrémité et remonte vers le nombril du bébé pour réinjecter en quelque sorte les fluides dans le corps du nouveau-né. Puis le bébé est douché et lavé à l’eau chaude.

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Juste après la naissance, la cérémonie commence. La maman mange des œufs bouillis puis poivrés ; ensuite elle mange du poulet, ainsi que le maître de cérémonie. Les poulets ne peuvent pas être tués avec un couteau, ils sont étouffés ou strangulés. On ne peut ni nettoyer la bouche des poulets, ni la manger, car en ce cas cela ferait vomir le nouveau-né. Pour préparer le poulet, il faut le faire mijoter avec des herbes médicinales. Le cou, la tête, les ailes sont pour le cuisinier, les autres parties pour la mère. Le maître de cérémonies doit célébrer quelques rituels avant que la nourriture ne soit consommée. Il doit prévenir les esprits des ancêtres de la jeune mère qu’il y a dorénavant un nouvel élément dans la famille, afin qu’ils le protègent. En cas de jumeaux, garçon et fille, les Miens pensent que ce sont des âmes sœurs. Les enfants sont séparés. La fille va dans une autre famille, et plus tard, lorsqu’ils seront en âge, ils seront mariés ensemble. Sinon, comme ce sont des ��mes sœurs, ils seront tous les deux malheureux. Page 29


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Dans le village de Klanpattana, district de Muang, province de Nan, être grand-mère à 39 ans n ‘est pas rare, se marier à 17 ans est normal. Parfois les jeunes filles sont mariées et mères à 14 ans. Page 30


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Les femmes Lu-Miens portent le bébé dans leur dos. Spécialement conçu par les femmes de la famille, un harnais leur permet de continuer à travailler dans les champs, voire de courir avec. Il est dessiné, fabriqué, tissé et brodé spécialement pour le nouveau-né, pour. Leur somme de travail est énorme entre le travail aux champs, dont elles sont responsables, et le travail à la maison, le nettoyage, la cuisine. Leur devoir en tant que mère est de veiller au bien-être et au confort de chacun au sein de leur famille.

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La famille de la doyenne La très respectée grand-mère de 87 ans continue inlassablement ses allées et venues entre les maisons de ses enfants, qui sont toutes situées à proximité les unes des autres.Elle se sert d’un simple morceau de bambou comme canne. Elle est nommée « Ieatwd »  depuis la mort de son mari il y a trois ans, ce qui signifie le bon génie de la famille “Leartvarayut, SeaJaw” qui compte actuellement quatre générations. Les mères avec de très jeunes enfants veillent sur leur Ieatwd. Ce qui fait que très souvent, les grands-parents élèvent leurs petits-enfants, lorsque les parents sont aux champs. Le premier jour de notre visite, soit le 5 mars, c’était le jour du Karma des oiseaux ; le lendemain, celui du rat. Des jours où il est interdit d’aller dans les champs, afin de laisser les oiseaux ou les rats manger tout leur saoul. Si cette règle n’est pas respectée, ces petits prédateurs dévasteront les cultures toute l’ année. Durant ces jours, tous les membres de la

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famille restent ensemble à la maison, et ensuite vont s’ occuper des plantations de café. Les “Lu-Mien” sont très passionnés par la culture du café. C’est Monsieur Chareonsak, 58 ans, qui le premier en a eu l’ idée. Il fut le pionnier de cette culture, une variété d’ Arabica, en remplacement de celle de l’opium (Suan Ya Laung). Il est de surcroît passionné par l’ histoire de son ethnie. Il vit dans les montagnes, à deux heures en 4 x4 de son entreprise. Il a 10 enfants, dont 9 sont mariés, et 14 petitsenfants. Comme les femmes Mien se marient très jeunes (13-14 ans), les hommes sont un peu plus âgés. Les villages et les maisons sont remplis d’enfants qui jouent et se chamaillent. La vie n’a pas changé beaucoup depuis deux siècles, si ce n’est la culture du café qui est venue remplacer celle de l’opium. Ceci est dû au fait que les enfants restent, car le niveau de vie du groupe est élevé comparé à d’autres, et les villes sont difficiles d’accès. Les traditions sont ainsi perpétuées et transmises oralement de génération en génération.

La belle-fille de la famille Leartvarayut. Elle a épousé le petit-fils de la Ieatwd. Il a ouvert un commerce de café en ville, où il vend la production du village, sous le nom du « café des grands champs d’ opium »  (Suan Ya Laung). Ils ont ouvert également une boutique de souvenirs, sur la route nationale de Nan à Thawantpha, bien servie par la beauté et le sourire de cette jeune femme. Un endroit où il faut prendre le temps de s’arrêter.

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1 La famille du doyen Âgé de 87 ans, il ne parle que le Lu-Mien. Il a besoin d’un stick de bambou pour marcher. Souvent il s’assied et pleure. Il porte des pantalons noirs chinois, avec un cordon rouge en soie sur le côté, habit traditionnel que chacun revêt dans les grandes occasions. Les familles des enfants scolarisés sont toutes d’accord sur l’ importance de l’ enseignement de leur culturel. Ainsi, tous ont des vêtements traditionnels Lu-Miens qu’ils portent le vendredi pour aller à l’école ; le reste de la semaine, ils ont l’ uniforme habituel des écoliers thaïlandais. Son fils, Monsieur SinghJeaw SaePan, qui a plus de 60 ans, possède une ferme où il cultive le café, le blé et le riz. Tous les revenus de la famille proviennent de cette activité. Il a eu 10 filles qui sont toutes mariées. Le mari est censé acheter son épouse, qui devient ainsi un membre de sa belle-famille.

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La famille du fils De génération en génération, les Lu-Mien enregistrent dans leurs archives uniquement les informations concernant les enfants de sexe masculin : leur nom, prénom, lieu de naissance et de décès. Ainsi les enfants d’aujourd’hui peuvent voir dans ces livres qui étaient leurs ancêtres, qui détient le pouvoir de décision, sachant que celui-ci dépend du rang de filiation. Le pouvoir allant decrescendo depuis l’aîné jusqu’au dernier-né. Néanmoins, avant de prendre une décision, il y a toujours concertation avec les autres membres de la famille.

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La génération des arrières petits enfants Comme les maisons des enfants, des petits-enfants et des arrières-petits-enfants sont construites le plus près possible les unes des autres, selon la coutume LuMien, les arrières-petites-filles vivent souvent près de leurs arrières-grand-mères. Il peut y avoir des douzaines de membres au sein de la même famille, dans le même village. Les femmes ne sont pas comprises dans le compte, mais bien sûr les aînées sont très respectées, bien que ce soit les hommes qui conservent l’autorité. Ce sont eux qui vont décider comment faire rentrer de l’ argent. Par exemple, que cultiver, que vendre ou bien qu’échanger contre des outils. Le ménage est sous la responsabilité des femmes ; préparer les repas, cuisiner, nettoyer, habiller tout le monde... même si ce sont les hommes qui décident combien elles peuvent dépenser pour cela. Elles s’occupent également de l’ éducation des enfants, ainsi que des soins à apporter aux blessés ou aux malades. Page 36


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Le rôle des femmes La fonction et le rôle des femmes Lu-Mien évoluent et s’améliorent lentement. On peut les voir dans les écoles et universités, alors que par le passé seuls les garçons étaient éduqués. Dans quelques communautés, le changement prend place tout en conservant la beauté des traditions. Il est basé sur la sagesse locale. Cependant les enfants vont aller étudier à la ville et ne pourront pas se réhabituer à la vie dans la communauté rurale. De même qu’un enfant élevé de façon traditionnelle aura du mal à se faire à la vie citadine s’il doit aller y chercher du travail, loin de son ethnie et de ses racines. Beaucoup de villages sont confrontés à ce problème et cherchent des solutions pour y remédier. Si les conditions culturelles et économiques sont bonnes, le jeune pourra étudier localement, apprendre ainsi les traditions, puis aller progressivement à l’école en ville. Jeunes adultes diplômés, ils reviennent souvent dans leur foyer et participent au développement de leur communauté. Page 37


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L’autre doyenne La grand-mère, Madame ConFuai SaeTen, habite dans une maison au 2 Moo 8, Baan Phai, Tambol Na Rai Luang, Songkeaw district, Nan province. Bien qu’elle n’ait pas autant de pouvoir qu’un homme, en tant que doyenne, c’est elle qui dirige les femmes. C’est une lourde responsabilité, car rappelons-le, les femmes sont responsables des cultures, du fermage, de l’alimentation , de l’habillement, plus globalement du bien-être de tous les membres de la famille. Elle est secondée par ses belles-filles et s’occupe seule de ses arrières-petits-enfants lorsque tous les membres de la communauté sont partis travailler. Page 38


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À cause des conditions climatiques rigoureuses dans les montagnes tout au long de l’année, le costume traditionnel Lu-Mien est ample et chaud, idéal pour le travail quotidien. Les femmes s’habillent traditionnellement tous les jours de pied en cap, même si ce n’est que pour faire un peu de travail chez elles ou bien faire la causette avec leurs voisines. La seule pièce qui manque à l’ habit quotidien est une pièce d’argent ciselée d’une manière extrêmement délicate, qui n’est sortie que pour les grandes occasions. Dans une communauté riche de ses traditions, comme celle-ci, les femmes ont beaucoup de robes. Une de leurs premières parures sera leur robe de mariée, qui aura les plus belles et les plus élaborées des broderies de leur invention ; ce sera leur fierté de la porter pour honorer leur fiancé. Les robes sont rarement lavées, car cela nécessiterait un long travail de reprise des broderies, et cela réduirait la fraîcheur et la beauté des couleurs. Page 39


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Le nom de famille La structure d’un nom est unique. Le nom d’un individu peut vous dire s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, quel est son rang de filiation, de qui il est le fils, et quelques autres détails sur leurs ascendants. Les hommes ont trois noms : le nom, le prénom, et le nom utilisé lors des rituels. Les femmes ont deux noms : un usuel de référence lors des cérémonies, et l’ autre en référence à celui qui leur a été donné à la naissance.

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Deux syllabes

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Le nom des garçons leur est donné suivant la séquence suivante : Kao, Lho, Shan, Shu, Ou, Lu, Chi, Pha. La séquence pour les filles est Mei, Nai, Fam, Fey, Mon, Leiw, Chaid, Ped, Jaw, Jeab. En utilisant le nom du père : FuJoy, le nom du premier fils sera KaoJoy, la première fille MeiJoy. Parfois, si les parents ne sont pas mariés, le nom du premier enfant sera KaoMei, et MeiMei si la mère se nomme XiaMei. C’est parfois surprenant de trouver un nom qui correspond aux circonstances de la naissance, selon les croyances ou superstitions des uns. S’il y a un visiteur à la maison lors de l’accouchement, le nom sera “Kae”. Ce sera “Cheng” si l’enfant a eu le cordon ombilical enroulé autour de lui. “Leaw”, s’il est né dans un hangar. “Koy” s’ils veulent que le bébé suivant soit un garçon ; si cela ne suffit pas, le nom des filles suivantes sera “Yian”, “Thon”, “Lai”. S’ils ne veulent plus avoir d’enfants, le dernier se nommera “Lie”.“Ung Paw” est le nom que l’on donne aux nouveaux-nés qui sont en mauvaise santé. Le second nom est le nom du modèle familial ou hiérarchique. Le troisième est le nom propre. Par exemple si le premier nom de famille est “Sae”, et le troisième “Yang”, cela donnera “Sae....Yang”. Dans une séquence de cinq générations, (Yun, Tong, Chan, Vean et Jeam) le nom en entier sera “Sae Yun Yang” pour les premiers, et “Sae Tong Yang” pour la deuxième génération. Chacun ayant ainsi son rang pour cinq générations. Ce qui permet également de savoir si votre interlocuteur fait partie ou non de votre famille. Les miens ne se souviennent que de quatre ou cinq générations au maximum.

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1 Ils ont donné des terres cultivables à leurs enfants, afin qu’ils construisent leurs maisons avec leurs femmes, dans le même endroit que les parents. Le nom de leur belle-fille est Jutamas SaeTen, de son nom Lu-Mien. “Mei Ta”, âgée de 25 ans, s’est mariée à 17 ans ; elle a deux enfants. Elle vient d’une zone où quatre villages sont établis par terrasse, deux villages Hmongs et deux villages Lu-Miens. La belle-mère de Mei Ta revêt son costume traditionnel en notre honneur.

Mr. SingJiaw SaePan, 60 ans producteur de café Baan SanJarean, Thambol PhaThong, Tha Wang Pha District, Nan Province Il vivait dans le “Suan Ya Luang”, les grands champs d’opium, avec sa femme, Madame NaiKang SaePan ; ils sont descendus s’établir dans le village SanJarean. En tant que producteurs de café, ils ont de solides revenus ; ils cultivent également du riz et du maïs pour leurs propres besoins. Ils ont deux filles, qui selon la coutume se sont installées dans leurs nouvelles familles.

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Mr.FuJia SaeTen and Mrs.FeXing SaeTen producteurs de café, cultivateur de blé, de riz et tisserand de bambous Baan Sanjarean, Thambol Tha Wang Pha, Pha Thong District, Nan Province. 3 enfants, 3 neveux. Ses revenus supplémentaires proviennent de la fabrication de paniers en bambous. Dès qu’il a du temps libre, il s’y attèle. Ces paniers servent à transporter les céréales. Il a construit sa maison il y a plus de vingt ans, après être venu depuis le “Saun Ya Laung”. Son jardin est rempli de caféiers,. Il dit que les revenus du ménage étaient meilleurs dans le passé. Ses parents cultivaient l’opium. Il a reçu beaucoup de dettes en héritage, et la culture de l’opium appartient au passé. Il ne parle pas thaï couramment, mais cela ne le gêne pas, car son envie et son besoin de communiquer suppléent à cette lacune. De plus, les anciens de la communauté parlent tous le Lu-Mien, pas le thaïlandais.

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1 Art & Culture : Musique

Les instruments et la musique sont simples, pas de formes compliquées. Les occasions de faire de la musique sont rares ; elle accompagne uniquement les cérémonies. Les textes rituels précisent quel type de musique doit être utilisé pour tel type de cérémonie. Par exemple, lors de funérailles, la musique sera différente de celle d’un mariage ; elle dépend également de la prospérité des personnes. Le premier des instruments est la clarinette, composée de 4 pièces de laiton ou de cuivre ; elle mesure environ 50 centimètres. Personne ne doit entendre la musique des clarinettes en dehors des cérémonies ; aussi, pour s’entraîner, les joueurs de clarinette soufflent dans un baquet rempli d’ eau. De même, les débutants soufflent dans des roseaux percés de trous, ce qui leur permet de consolider leur trachée, leur souffle, tout en évitant de faire trop d’ondulations dans l’ eau. Dans leur dernière année d’apprentissage, toujours dans un baquet d’eau, ils soufflent et bougent les doigts en rythme, apprenant ainsi des mélopées dont ils ne connaissent pas encore le son. La clarinette n’est pas utilisée dans les rites funéraires, mais dans les cérémonies d’ordination, de mariage, le jour de l’an et d’autres encore. La période pour jouer sans qu’il n’y ait de cérémonies débute le neuvième jour du neuvième mois, depuis quatre, cinq heures du matin. Les gens pensent que si l’on joue de la clarinette en dehors des périodes autorisées, cela fera fuir les bons esprits qui veillent sur la récolte de riz ; alors les mauvais esprits accourront au son de la musique, et les récoltes seront gâchées. Il n’y a pas de notes inscrites dans la musique Lu-Mien ; les seules indications sont celles du tempo, qui peut être lent ou rapide... mais contrairement à ce que nous pourrions penser, le tempo de l’ inhumation est rapide. Il y a trois autres types d’instruments de musique; le tambour, composé de pièces de cuir de vache, le gong fait de métal, et des cymbales. Ces quatre instruments ne sont utilisés que lors de cérémonies, surtout pas pour s’amuser! Page 48


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Les chants Si la musique est très impliquée dans le style de vie traditionnel des Lu-Miens, elle est pourtant très simple, voire basique ; le chanteur est toujours un soliste. Il ne joue pas de musique du tout. Beaucoup de chansons parlent d’amour et de bien des difficultés dues à l’adversité. Il y a aussi des chants pour ceux qui sont partis au loin. Certains sont tristes, d’autres gais... des chants pour les jeunes, les fiancés, des contes musicaux... Le chant est en relation directe avec la culture et les traditions Lu-Mien. Si l’utilisation d’un instrument de musique est rare, le chant fait partie du quotidien des Lu-Miens. Aussi bien les hommes que les femmes chantent pendant le travail, ou bien autour d’un feu de bois à la nuit tombée. Ils peuvent alors chanter chacun leur tour, voire se défier les uns les autres, en répondant à un chant par un autre ; si le challenger ne chante pas, il démontre son manque de perspicacité... mais s’il a le courage de se lancer, il peut forcer celui qui l’ a défié à se rendre. Il existe de nombreux genres de chants ; certains proviennent des anciens, d’autres sont inventés de la veille.

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Des habits et des hommes Les hommes portent un pantalon chinois “Kakhay”, une blouse, un chapeau. Les tissus sont teints à la main, en noir ou en bleu indigo. Il n’y a pas ou peu de broderies devant et derrière, à la différence des habits féminins qui en comportent de très belles et très délicates. Les pantalons sont simples, avec juste un galon de soie rouge. De nos jours, il y a une grande variété de tissus et de matériaux. Le tee-shirt long et ample peut remplacer la veste qui reste croisée et fermée par des boutons au col et sur la hanche. La veste a des poches, elle a un revers, ainsi qu’une petite mais jolie broderie confectionnée au point de croix par un membre de la famille, qui ne se dévoilera que lorsque la blouse sera retournée. Les hommes doivent porter un chapeau noir orné de points de croix de la même matière que la blouse. Confectionner cet ensemble est le travail des femmes. Elles coupent généralement les trois pièces dans le même tissu noir ou bleu. Elles choisissent la couleur et le dessin qui sera utilisé en fonction de la broderie choisie. Le motif est choisi en fonction de la taille totale des galons, de manière à ce qu’un dessin ne soit pas coupé par un revers.Elles peuvent utiliser d’autres ornements tels que des bijoux ou des pièces en argent. Dans certains villages, les hommes et les femmes s’habillent comme des Thaïs pour aller travailler dans les champs. Leurs vêtements traditionnels sont ici moins pratiques, car ils sont chauds et lourds. Dans ce village, seuls les plus âgés, qui ne vont plus travailler, s’habillent à l’ ancienne. Ils se sont toujours vêtus ainsi et ne songent pas à modifier leurs habitudes pour être à la mode. Pour les jeunes qui souhaitent conserver quand même les traditions, il y a toujours des opportunités de mettre les habits traditionnels, tels que les jours de cérémonies. Le costume traditionnel doit être porté dans les réunions formelles. Un homme qui est Maître de cérémonies doit porter les habits adéquats, différents de ceux de son ordination, différents également de ceux du maître des ordinations.

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Des habits et des femmes

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Les femmes sont vêtues de pantalons, du style pantalon de pêcheur (Ka Khuy)  qui sont teintés en bleu indigo ou en noir avec de jolis motifs de broderies. Les couleurs les plus utilisées sont le rouge, le vert et le blanc. Elles peuvent bien sûr en ajouter d’autres, mais cela prend un temps considérable et nécessite une grande dextérité. Les motifs sont travaillés sur chaque côté de la veste et du pantalon ; certains plus sophistiqués demanderont des mois de travail pour pouvoir se présenter dignement dans les festivals. Les vêtements ainsi travaillés peuvent durer des années, tant la qualité du travail est grande. La chemise est portée avec une demie-robe noire en forme de queue qui descend jusqu’aux pieds. Elles portent toutes une écharpe en fils de laine rouge ainsi qu’une ceinture de la même matière, mais avec des fils plus longs en forme de grand pompon. Les boutons et autres bijoux sont en argent.

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Les broderies sur les habits des femmes Elles s’emprisonnent les cheveux dans un tissu rouge, puis installent le turban sur leur tête, qui est un réel signe d’élégance et peut mesurer jusqu’à trois mètres de long. Elles se font aider dans la mise en place du turban, car celui-ci doit se terminer de façon parfaite avec les motifs brodés qui redescendent vers l’arrière. Lors de fiançailles, le futur époux fournit à sa fiancée tous les matériaux nécessaires pour qu’elle puisse fabriquer sa robe de mariée. Pour indiquer qu’elle est désormais une femme mariée, elle doit ajouter deux pièces de tissu : une écharpe blanche avec des broderies généralement rouges, et une autre écharpe rouge avec des motifs de différentes couleurs. Chaque motif est beau, précieux, unique et distinct des autres. Les motifs utilisés dans les dessins traditionnels étaient encore plus difficiles et complexes que ceux cousus aujourd’hui. Actuellement, il n’ y a que peu de personnes qui fabriquent de telles merveilles ; seuls les vieux perpétuent cette tradition. Il faut avoir du temps et de la patience pour ces subtils dessins de broderie. Sinon le groupe des jeunes femmes qui travaillent aux champs ne serait pas assez nombreux, car seuls ceux qui ne travaillent plus peuvent le faire. Quelques pièces comme les devants de pantalons peuvent prendre des mois à être confectionnées. Un pantalon complet demande une ou plusieurs années, selon le degré de difficulté et de complexité. Cet héritage est transmis des grand-mères aux mères, et ainsi de suite depuis toujours. Il leur faut de trois à cinq ans pour apprendre et comprendre que la broderie est un style de vie propre aux Lu-Miens.

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Les

Lu-Miens

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Du père au fils De génération en génération, il devient de plus en plus difficile de préserver la sagesse des anciens pour les enfants de demain. Cela nécessite la coopération de tous, mais les Lu-Miens sont tellement conscients de ce besoin que rien ne semble pouvoir les arrêter pour établir une bonne compréhension des traditions. Il est important que chacun, et non simplement les membres de leur famille, sache d’où il provient et qui étaient ses ancêtres. Il faut que tous les villages soient impliqués dans ce processus de conservation.

Des habits et des enfants Les costumes des enfants, au sein du village ne sont pas aussi réglementés que ceux de leurs parents. Néanmoins si les parents sont influents, ils ont à cœur que l’enfant ait le costume traditionnel complet : chapeau, veste et pantalon décoré de broderies et d’un liseré de soie rouge. Pour ceux qui ont moins de ressources, on coud un pantalon coupé dans celui d’un ancien, sans broderies, ainsi qu’un chapeau avec des pompons rouges. Tout comme chez les adultes le statut social est également démontré par la taille et la quantité des bijoux en argent qui y sont accrochés.

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1 Sans ces vêtements, ces broderies, les cérémonies et donc la culture perdraient de leur attrait. Les femmes Lu-Miens se reconnaissent entre elles grâce à leurs habits. C’est un signe distinctif de leur propre créativité et de leur savoir-faire, qu’elles arborent avec fierté, au même titre que les jeunes des villes portent leur marques internationales préférées. Elles fabriquent les vêtements de toute la famille, de leurs maris, leurs enfants et petits-enfants. Ceux-ci ont des habits moins sophistiqués, car ils n’y prennent souvent pas garde, et ignorent la somme du travail effectué. De plus, ils grandissent vite, il faudra donc de nombreux vêtements pour suivre leur croissance. Tant qu’ils n’ont pas atteint leur taille adulte, certains enfants n’ont que le chapeau ; leur premier costume entier symbolisera la fin de leur enfance. La robe décrite dans le passeport éternel pour passer les montagnes (Gia Zen Pong) n’ a pas changé et continue à être fabriquée aujourd’hui. Lorsque mourut “Pan Hu”, celui qui donna naissance aux Lu-Miens, on couvrit son corps de chemises de cinq couleurs, d’un foulard sur le front, et d’une ceinture. Ce mythe est à l’ origine de la croyance que les Miens utilisent des vêtements comme turban. Les pantalons sont toujours brodés avec cinq couleurs ; le commerce, les voyages dans les montagnes, les migrations n’ont pas empêché la broderie colorée de perdurer avec du rouge, du jaune, du bleu, du vert et du blanc. Les tissus destinés à la broderie, sont fabriqués à la manière Lu-Miens pour leur propre usage. Mais quand les émigrants arrivèrent dans le pays, les Tai Lus du Myanmar et de Thaïlande fournirent à leur tour des tissus teints et brodés à la main, qui sont devenus populaires au sein de certaines communautés. Il y a quatre styles principaux traditionnels : Les motifs de broderie sont : Alignés (Kiew Kiew), Opposés (Chong Kiam), En croix (Chong Tiew), En forme de croix chrétienne (Chong Chop Dap). Les motifs peuvent être juxtaposés, mêlés, donc de plus en plus complexes à étudier et à réaliser. Si en Europe des programmes d’intelligence artificielle sont utilisés pour créer de nouvelles formes, les Lu-Miens utilisent encore leur propre intelligence pour créer les motifs qui représentent la nature ou les animaux... tigre, serpent, chat, arbre, etc.

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Remerciements Messieurs et mesdames. KaeVen SriSombat (SaeTen), Mr.Chareonsak Leartvarayut (FuYin SaeJaw), Mr.BoonYong ChotchaiPhibul (ChengJeaw SaePan), Mr.Panu SangTienyod (ChanTing SaeTen), Mr.Virut SaeJaw, Mr.Sutket Leartvarayut (SaeJaw), Mr.Taun ChotchaiPhibul (SaePan), Mr.Thawatchai JaruPrapatsorn (SaeTen), Mrs. Fam CherdChaiPibul (Pan), Mrs.Nai SaeTen, Mr.Wichan KiratiPanichkul (SaeTen) and Mrs.Meing KiratiPanichkul, Mr.SingJiaw SaePan, Mrs.NaiKaung SaePan, Mr. FuJia SaeTen, Mrs.FeSing SaeTen, Mrs.ConFuai SaeTen, Mrs.YaoFour SaeTen, Mr.Cheng SaeLi, Mr.Sorapong Pattianan, Mr.FuJeam SaeJaw, Mrs Nathalie Rey-Magnin.

Les populations des villages de: Baan SanCharoen, Thambol PhaThang, Tha Wang Pha District, Nan province. Baan Namki, Thambol PhaThang, Tha Wang Pha district, Nan province. Baan NamPang, Thambol PhaThang, Tha Wang Pha district, Nan province. Baan WangPhai, Thambol Na Rai Luang, SongKaew district, Nan province. Baan Nam Mong, Thambol Na Rai Luang, SongKaew district, Nan province. Baan NamKho, Thambol Yod, SongKaew district, Nan province. Baan Klang Pattana, Thambol Sanien, Maung district, Nan province. Baan NamKong, Thambol Sanien, Maung district, Nan province. Baan PangKa, Thambol Pha Chang Noi, Pong district, Phayao province. Baan PangPik, Thambol Pha Chang Noi, Pong district, Phayao province. Baan HuaySanao, Thambol Pka Klang, Pong district, Phayao province.

Bibliographie

Inter Mountain People’s Education and Culture in Thailand Association (IMPECT) Content knowledge, local knowledge, Iu Mien (Yao) Content knowledge of local tribes, Iu Mien The textbook ceremonies protocol “Sayang Ja Phin Sow” Philosophy of the book “Chen Khang Sow” Philosophy of the book “Pho Lee Sow” Philosophy of the book “Su Kai Sow” Mr.KaeVen SriSombat, The historical documents of Phaya Intra Khiri SriSombat,Page 59



Les Lu Miens Livre 2