94
France La croissance économique devrait s’établir à 1.3 % en 2019-20. La situation économique mondiale pèsera sur les exportations, mais les baisses d’impôts et les effets des mesures d’urgence économiques et sociales soutiendront le revenu disponible et la consommation. L’existence de conditions financières favorables et l’augmentation des marges bénéficiaires des entreprises freineront la décélération de l’investissement. Les réformes du marché du travail en cours faciliteront aussi la création d’emplois et favoriseront l’inclusivité. Le taux de chômage diminuera pour s’établir à 8.5 % à la fin de 2020, tandis que l’inflation sous-jacente ne s’affermira que modérément. Le déficit budgétaire reculera progressivement, malgré un creusement temporaire dû à une réforme des crédits d’impôt en 2019. Même dans ces conditions, les efforts d’assainissement des finances publiques restent limités, et une nouvelle diminution des dépenses non prioritaires s’impose pour réduire significativement le ratio dette publique/PIB et les impôts. En outre, la poursuite des efforts en faveur de l’éducation dès le plus jeune âge et des programmes de renforcement des compétences, tout en diminuant le recours excessif aux contrats courts, générerait une croissance plus inclusive. Enfin, ouvrir encore davantage les professions réglementées favoriserait aussi le dynamisme économique et l’emploi. France 1 La situation du marché du travail devrait s'améliorer progressivement % de la population active 12
Les mesures budgétaires devraient stimuler la consommation temporairement
Glissement annuel en % 5
Consommation privée réelle
← Taux de chômage
Glissement annuel en % 4
Revenu disponible brut réel des ménages¹
Salaires nominaux →
11
4
10
3
9
2
3 2
0
1 0
8
7
1
2007
2009
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0
-1
2007
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2015
2017
2019
-2
1. Moyenne mobile sur quatre trimestres. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 105. StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888933934356
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France : Demande, production et prix 2015
2016
Prix courants milliards de EUR
France PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1 Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1
2017
2018
2019
2020
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2014)
2 198.3 1 188.5 523.4 472.6 2 184.5 26.4 2 210.9 672.2 684.8 - 12.6
1.1 1.9 1.4 2.7 2.0 -0.4 1.6 1.5 3.1 -0.5
2.3 1.1 1.4 4.7 2.0 0.2 2.2 4.7 4.1 0.1
1.6 0.9 1.0 2.9 1.4 -0.4 0.9 3.3 1.2 0.6
1.3 1.4 0.8 2.0 1.4 0.0 1.3 2.7 2.7 0.0
1.3 1.5 0.4 1.8 1.3 0.0 1.3 2.7 2.7 0.0
_ _
0.2 0.3
0.7 1.2
0.9 2.1
1.2 1.1
1.2 1.3
_ _
0.6 10.1
0.5 9.4
0.9 9.1
0.7 8.7
1.1 8.5
Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent2 Taux de chômage3 (% de la population active) Taux d'épargne brute des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
_ _ _ _ _
13.7 13.8 14.0 14.7 14.4 -3.6 -2.8 -2.5 -3.2 -2.3 124.5 123.3 122.7 124.1 124.5 98.3
98.5
98.5
-0.8
-0.6
-0.3
99.8 100.3 0.0
0.1
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. 3. Y compris les départements d'outre-mer. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 105.
StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888933935363
France 2 Les prix du pétrole constituent un déterminant essentiel de l'inflation
Le niveau de la dette publique devrait demeurer élevé
Indices harmonisés
Au sens de Maastricht
Glissement annuel en % 4
Inflation globale
France
Inflation sous-jacente¹
Zone euro
% du PIB 110
3
100
2
90 0
0
1
80
0
70
-1
2007
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2013
2015
2017
2019
2007
2009
2011
2013
2015
2017
2019
60
1. Indice des prix à la consommation, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 105. StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888933934375
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L’activité économique résiste La demande intérieure soutient la croissance. Le pouvoir d’achat des ménages a fortement progressé. Les gains d’emploi sont restés solides tandis que les mesures d’allégement de la taxe d’habitation, d’augmentation de la prime d’activité et de baisse de certaines cotisations sociales sont entrées en vigueur. L’inflation mesurée par les prix à la consommation a ralenti sous l’effet de la baisse des cours du pétrole fin 2018. Le taux de chômage a reculé et la dépendance à l’égard des emplois aidés et des contrats à court terme a diminué. La croissance des salaires s’est accélérée et les pénuries de main-d’œuvre pour les emplois très qualifiés s’aggravent. Après une fin d’année 2018 en berne, la consommation de biens durables reprend des couleurs et la confiance des ménages se rétablit, mais le taux d’épargne des ménages reste élevé. La consommation des administrations publiques a continué de progresser à une allure modérée et l’investissement des collectivités locales a rebondi. Les mises en chantier de logements ont poursuivi leur repli et les ventes de logements se sont stabilisées, quoiqu’à un niveau élevé. L’investissement des entreprises, notamment dans des actifs incorporels, a été solide, le climat des affaires et les conditions financières restant favorables. Les exportations ont été stimulées par d’importantes livraisons dans la construction navale et l’aéronautique, malgré un fléchissement général de la demande extérieure.
Des réformes supplémentaires favoriseraient une croissance plus inclusive Le déficit budgétaire se creusera du fait d’un allègement ponctuel d’ampleur de la fiscalité des entreprises en 2019, mais il devrait ensuite refluer à 2.3 % du PIB en 2020. Les mesures destinées à alléger la charge fiscale des ménages et des entreprises et la hausse des prestations liées à l’emploi s'équilibreront globalement avec la réduction des dépenses publiques courantes, et avec le relèvement des taxes sur le tabac. Ces mesures vont également renforcer les incitations à l'emploi et stimuler l’activité économique. La dette publique va toutefois demeurer à un niveau historiquement élevé. Des efforts supplémentaires de réduction des dépenses inefficientes et non prioritaires seront nécessaires pour permettre les baisses d'impôts en cours, reconstituer des marges de manœuvre budgétaires et diminuer durablement la dette publique. En particulier, les autorités devront avoir effectivement recours à des examens ciblés des dépenses publiques pour réduire les chevauchements de compétences entre les collectivités territoriales et identifier les domaines dans lesquels il est possible de rationnaliser la fonction publique. Une révision systématique des dépenses fiscales et des impôts générant peu de recettes fiscales, tout en tenant compte de leurs avantages pour les ménages modestes, favoriserait aussi l’activité économique et une meilleure redistribution via la structure fiscale. Le récent programme de réformes contribuera à améliorer l’inclusivité, les compétences et la qualité de l’emploi. La mise en œuvre des réformes du travail de 2017 permettra d'assurer une meilleure concordance entre l’évolution de la productivité et celle des salaires au niveau des entreprises, et de favoriser les embauches en contrat à durée indéterminée (CDI). Les financements supplémentaires affectés à la formation des travailleurs peu qualifiés et des chômeurs, la refonte du système de formation professionnelle et l'accent mis sur l'apprentissage, contribueront également à améliorer les compétences et à assurer une meilleure adéquation entre l’offre et la demande d’emplois. La loi PACTE en faveur des entreprises facilitera aussi l’entrée des entreprises sur le marché et leur développement. De même, la mise en œuvre rapide des réformes de la santé et des retraites pourrait renforcer l’inclusivité et la croissance à long terme. Toutefois, la mobilité sociale reste faible et les taux d’emploi sont bas pour de nombreux groupes défavorisés. De nouvelles mesures devraient être prises pour faciliter l’insertion des jeunes peu qualifiés sur le marché du travail, réduire le recours excessif aux contrats à court terme et améliorer l’accès à un système d’éducation préscolaire de qualité ainsi que la mobilité sociale, tout en assurant une meilleure formation et des carrières plus longues pour les travailleurs plus âgés. Enfin, la poursuite des efforts d’intensification de la concurrence dans certains secteurs de services renforcerait également la croissance de l’emploi et de la productivité.
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La demande intérieure tirera la croissance La croissance économique devrait se maintenir à 1.3 % en 2019-20. L’allègement de la fiscalité des ménages, les effets des mesures d’urgence sur les bas salaires et les retraités, le maintien de conditions financières favorables et le repli des prix du pétrole sont autant de facteurs qui entraîneront une augmentation du pouvoir d’achat des ménages et de la consommation privée. Une lente reprise de l’investissement résidentiel devrait s’en trouver facilitée. Le marché du travail pour les travailleurs qualifiés restera tendu, face à des gains d’emploi qui diminuent. Néanmoins, l’essoufflement de la dynamique commerciale internationale pèsera sur les exportations et sur l'investissement des entreprises. Les réformes budgétaires et du marché du travail en cours soutiendront les exportations et l’investissement des entreprises. La croissance de la consommation pourrait se révéler plus forte, ou plus faible, qu'anticipé tant il est difficile de prévoir les effets qu'auront les modifications en cours de la fiscalité sur le comportement des consommateurs en matière d'épargne. Les répercussions des baisses d’impôts et de charges sociales payés par les entreprises, ainsi que de l'amélioration temporaire de leur situation financière en 2019, pourraient entraîner une hausse de l'investissement plus marquée que prévu qui dynamiserait l’activité économique. Cela étant, les entreprises pourraient décider de privilégier plutôt la réduction de leur endettement, ce qui affaiblirait l'expansion économique. Une résurgence des turbulences sur les marchés de capitaux, des incertitudes relatives aux échanges et un Brexit désordonné pourraient aussi tirer vers le bas les exportations et l'investissement tandis que le niveau historiquement élevé de la dette privée comprime les marges d’ajustement des ménages et des entreprises.
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