Mayotte Hebdo n°1000

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Réalisation CONCEPT - Crédit photo : Getty Images

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LE MOT DE LA RÉDACTION

MILLE FOIS MAYOTTE Oui, Mayotte est la région la plus dynamique de France en termes de créations d'entreprises. Bien aidés par l'apparition sur leur territoire du statut de micro-entrepreneur en 2020, les Mahorais ont quasiment créé 1400 entreprises la même année, pourtant amputée de quelques mois à cause de la crise sanitaire liée à la Covid. La population mahoraise est donc la plus entrepreneuse du pays. Ce constat est un beau pied de nez aux esprits négatifs affirmant que les habitants de l'île au lagon sont fainéants, et une conséquence de la gestion politique locale. À Mayotte plus qu'ailleurs, en effet, le dicton "on n'est jamais mieux servi que par soi-même" est d'usage, tant les acteurs associatifs et du secteur privé sont ceux qui font bouger les choses. Lancés en 2012 à la suite des manifestations contre la vie chère, les trophées mahorais de l'entreprise, créés et organisés par la Somapresse, se déclinent cette année en une huitième édition, pour célébrer le dynamisme de ces acteurs. Cette dernière édition sera peut-être la plus belle, tant les défis ont été nombreux, ces dernières années, pour les chefs d'entreprise locaux. Quelle meilleure célébration pour le millième numéro de Mayotte Hebdo ? Le seul magazine de l'île, créé en 2000, a effectivement su persister, innover et se renouveler, pour devenir une référence de l'information mahoraise, bien secondé par le quotidien Flash Infos. Avec toujours, en toile de fond de ces 1000 unes, le même objectif : rester au service de Mayotte et des Mahorais.

Axel Nodinot

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PMU G.I.E. SIREN 775 671 258 RCS PARIS. © Scoopdyga

Bonne lecture à toutes et à tous.


TCHAKS LE CHIFFRE

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C'est le nombre de clubs de football mahorais engagés pour le 1er tour de la Coupe de France, qui se jouera ce dimanche à 14h30. Il n'opposera que les équipes de Régional 4, les divisions supérieures ne rejoignant la compétition que plus tard. Voici les affiches : Tsoundzou Sport - ASCJ Alakarabu, AS Ongojou - FC Mtsakandro, VSS Hagnoudrou - Voulvavi Sport, FC Shingabwé - AS Kahani, US Ouangani - Lance Missile, Mtsanga 2000 - FC Bouyouni, ACSJ M’liha - Ouvoimoja FC, AS Papillon d’Honneur - ASC Wahadi, Flamme Hajangoua - CJ Mronabeja, Etoile Hapandzo - Feu du Centre, Trévani SC - Arantabé FC, CS Mramadoudou - Makoulatsa FC, USC Labattoir - Mahabou SC, et ASCEE Nyambadao - Tornade Clb. Les clubs Enfants du Port et US d'Acoua sont exemptés de ce 1er tour. À noter aussi, la Supercoupe de Mayotte qui aura lieu ce samedi, ainsi que la reprise des championnats de R1 et R2, le samedi 28 mai.

LA PHRASE

L'ACTION

Maoré Jazz secoue l'île

" Charmeur d'un côté, violeur de l'autre "

Amateurs de cuivres, de piano et de blues, cette semaine est la vôtre ! Le festival Maoré Jazz se déroule toute la semaine en différents lieux. Si un apéro jazz se déroulait mardi chez Cousin, qu'un concert avait lieu mercredi sur l'esplanade de Mayotte la 1ère et que le 5/5 en accueillait un autre jeudi, les festivités ne sont pas terminées ! Ce soir, Diva Jazz concept, Cassis et Samysoa feront vibrer la Croisette, à Mamoudzou (entrée : 15€). Samedi à 19h30, l'Abou Baga Trio sera en représentation du côté de Cavani, au restaurant Le Voulé (entrée : 15€). Enfin, le festival s'achèvera en fanfare lors d'un concert de clôture gratuit et ouvert à tous, dimanche de 15h à 19h sur la place de la République. Il réunira l'Ivoirien Dobet Gnahoré, le Mahorais L-Had et le Toulousain Cassis, ainsi que l'école de musique de Mayotte.

Cette phrase de l'avocat général du tribunal de Mamoudzou, Albert Cantinol, a été prononcée dans le cadre du procès de Tyler Biasini, ancien président de l'association Gueules d'amour. Ce dernier était à nouveau à la barre cette semaine pour un viol perpétré en 2014, sur une jeune femme de 21 ans. L'homme de 38 ans, qui avait "un comportement violent" et "une frustration sexuelle" avec les femmes qu'il rencontrait, a écopé de six ans de prison ferme et de 10 000 euros d'amende, sous forme de préjudice moral à verser à la victime. "Il montrait beaucoup plus d'empathie à l'égard des chiens que des êtres humains, a ajouté l'avocat général ce mardi soir. Un violeur peut être persuadé qu'il est un séducteur. La sidération de la victime est alors de l'acquiescement".

IL FAIT L'ACTU Bihaki Daouda reprend la barre de Chirongui Après les affaires ayant frappé la municipalité de Chirongui et la destitution d'Andhounani Saïd, chantre du "futur c'était mieux avant", une nouvelle élection avait lieu cette semaine. Elle a consacré Bihaki Daouda, cadre de la CSSM de 44 ans, qui aura pour but immédiat de redorer le blason de la commune du sud, et pour objectif sur le long terme de regagner la confiance de ses administrés, mise à l'épreuve par l'ancienne équipe municipale. "Dans l’immédiat, il s’agit de faire un état des lieux, que ce soit au niveau des ressources financières que des ressources humaines, dans l’organisation des services, a-t-il déclaré à Flash Infos. Puis, tout de suite, voir les chantiers qui sont en cours puisqu’il y en a pas mal dans la commune. Il faut se mettre en action. On n’a que quatre ans devant nous."

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LU DANS LA PRESSE

Chaque semaine, découvrez le regard porté sur l’actualité locale à travers la presse nationale ou régionale

GESTION DES DÉCHETS : L'ÎLE DE MAYOTTE S'IMPRÈGNE DES TECHNIQUES AU SÉNÉGAL Le 18 mai 2022, par Cheikhou Aidara pour Seneweb. Une délégation de Mayotte était au Sénégal, du 9 mai au 13 mai selon un communiqué de l’Unité de Coordination de la Gestion des Déchets solides (Ucg).

L’objectif de cette visite, c’est de s’inspirer du modèle sénégalais de gestion des déchets. Cette mission de Benchmarking a été marquée par plusieurs visites. A Rufisque, les hôtes ont eu droit à un exposé sur le recyclage des pneus usés. Ces rejets sont valorisés afin d’éviter qu’ils soient brûlés contribuant du coup à la libération des gaz à effet de serre. « Pour éradiquer ce fléau, l’Ucg et la Sococim ont mis en place un projet de valorisation des pneus usés », informe le communiqué parvenu à la rédaction. Le même document rapporte que le président du Sidevam, Houssamoudine Abdallah a été surpris par les innovations et les avancées notées au Sénégal en matière de lutte contre l’insalubrité. La délégation composée de responsables du Syndicat intercommunal et de la valorisation des déchets de Mayotte (Sidevam) a voulu connaître les clés du succès du modèle sénégalais. C’est pour cela, qu’elle s’est intéressée aux innovations. Parmi ces innovations, on peut citer les Points de regroupements normalisés (Prn), un espace de collecte et de transit des rejets, le Centre de tri et de stockage de Tivaouane.

Auparavant les techniques de valorisation au Sénégal ont été revisitées lors de leur sortie à l’Usine de Proplast, un partenaire de l’Ucg. Une telle mission ne pouvait pas ne pas se rendre à Mbeubeuss, l’une des décharges sauvages les plus importantes en Afrique de l’Ouest. Elle couvre une superficie de 175 ha. Au marché de la Médina, les membres de la délégation ont suivi une présentation sur le fonctionnement des Points Propres (Pp), tandis qu’au marché Kermel, les Points de regroupements normalisés (Prn) ont été au centre des échanges. Au bout du compte, le coordonnateur de l’UCG, Mass THiam a salué d’une telle visite qui prouve s’il en est besoin des progrès que le Sénégal est en train d'accomplir. « L’île de Mayotte qui est un département français vient s’inspirer du système de nettoiement sénégalais. Compte non tenu de la spécificité de nos pays et sur le plan urbanistique, ils ont jugé utile de voir le modèle de gestion des déchets au Sénégal », a souligné Mass Thiam. Son souhait, c’est « d’exporter le modèle de gestion des déchets du Sénégal » vers d’autres pays.

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PORTRAIT Axel Nodinot

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IKIBAL BOINALI UN MAHORAIS À WALL STREET

Pour peu qu'ils s'envolent de l'île, les Mahoraises et Mahorais semblent n'avoir aucune limite. L'un des plus beaux exemples de cette réussite est Ikibal Boinali, auditeur senior chez KPMG, l'un des quatre grands groupes mondiaux d'audit et de conseil. Depuis quelques mois, le jeune homme fréquente même la branche new-yorkaise de la multinationale. Rencontre avec un talent de la finance qui exporte Mayotte à Manhattan.

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PORTRAIT

"On est jeunes et ambitieux, parfois vicieux", rappait le groupe 113 sur Les Princes de la ville. Point de vice néanmoins chez Ikibal Boinali, qui a choisi de conquérir rien de moins que le plus fameux quartier d'affaires du monde, Wall Street, à New York. Les pieds sur terre, le jeune homme débute le récit de sa vie, qui s'écrit pourtant bien vite hors de Mayotte. Alors qu'il n'a que trois ans, en effet, sa famille s'envole pour l'hexagone, et plus précisément pour Lyon, la ville des Canuts. Ikibal a cependant d'autres ambitions que de devenir ouvrier. Après

avoir obtenu un bac scientifique, il a "tout de suite envie de faire ses études dans le domaine de la finance", et doit donc viser une école de commerce. "J'ai toujours été fasciné par ce domaine, puisque je considère que la finance de haute voltige est un secteur clé de l'économie, continue-t-il. L'aspect gestion des chiffres m'a toujours attiré, ayant un profil scientifique. J'ai aussi une appétence pour le prévisionnel." Déterminé, Ikibal Boinali n'a justement que faire du déterminisme social, et ses parents, employé dans une entreprise de transports en commun et mère au foyer, le

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voient décrocher une bourse d'études qui lui permet d'intégrer l'IDRAC Lyon, une grande école de commerce habituellement coûteuse. "Ce ne sont pas des études accessibles à tout le monde, je peux dire que j'ai bénéficié des opportunités qu'offre l'égalité des chances", reconnaîtt-il, lucide. Sans jamais se reposer sur ses lauriers, le jeune homme obtient son master au sein du prestigieux programme grandes écoles, et se spécialise en finance et en audit. "J'ai toujours fait ma carrière en essayant de viser l'excellence, de poursuivre mes rêves et d'aller le plus loin possible", affirme Ikibal, avec, toujours en tête, l'idée de montrer aux Mahorais qu'avec la valeur travail, "il n'y a aucune auto-discrimination à subir, il ne faut pas s'imposer de barrières".

"Les Mahorais sont aussi amenés à aller à l'étranger et réussir" Cet état d'esprit l'amène à intégrer dès l'obtention de son master, en 2018, KPMG, l'un des "Big Four" de l'audit et du conseil avec Deloitte, Ernst & Young et PwC. "Cette réussite fait ma fierté personnelle mais aussi celle de ma famille, leur fait voir d'autres perspectives, déclare-t-il. Tout est possible. Les Mahorais sont aussi amenés à aller à l'étranger et réussir." Au sein d'une multinationale de la finance telle que celle-ci, les opportunités sont légion, et Ikibal Boinali s'exporte rapidement à l'étranger, chez KPMG Luxembourg. "C'est une très grande place financière européenne, qui réunit des banques et des fonds d'investissement", explique-t-il. Le jeune homme, dans le petit pays, en profite pour se spécialiser dans l'audit, le commissariat aux comptes et le conseil auprès de fonds de private equity. Encore une fois, le Luxembourg n'est qu'une étape. Il y a quelques mois, le Mahorais est envoyé de manière permanente dans la filiale new-yorkaise de son entreprise, à Wall Street. "C'était clairement l'un de mes rêves, se félicite-t-il. En tant qu'étudiant en finances, New York est la plus grande place du monde, je ne m'y imaginais pas, et Wall Street nous a tous inspirés, à travers les films que nous regardions. J'ai sauté le pas pour me lancer dans l'aventure new-yorkaise." Et cette dernière l'impressionne, entre la hauteur des nombreux gratteciels et la vie culturelle de Big Apple, "enrichissement au quotidien". Son quotidien à Manhattan ne lui laisse cependant que peu de temps pour les visites.

Mayotte – N.Y, promesse d'un aller-retour

vérifications de la conformité et de la justesse des résultats financiers des entreprises clientes du groupe. Toujours spécialisé dans les fonds d'investissement, il enchaîne les réunions avec les clients et des équipes d'une dizaine de collaborateurs. Grossièrement, "c'est énormément d'Excel". À New York, le jeune homme s'y plaît bien : "J'ai eu la chance d'être très bien intégré ici, les Américains ont une culture bien plus chaleureuse que les Français. L'intégration d'un expatrié se fait bien plus rapidement puisque les rapports hiérarchiques sont plus directs, on n'a pas cette notion de vouvoiement, et il y a une très grande proximité avec la hiérarchie la plus haute, ce qui est excellent pour travailler dans des conditions saines." Il essaie même de parler fièrement de Mayotte à ses collègues, qui ne connaissent pas le territoire. C'est un fait, l'île au lagon n'est jamais loin dans l'esprit d'Ikibal Boinali, qui pourrait pourtant viser les plus hautes places de la finance mondiale. "J'ai accompli mon rêve d'enfant, j'ai la sensation d'avoir atteint mes objectifs, explique-t-il. Dans une ville comme New York, tout va très vite. Je peux faire une carrière dans l'audit et devenir associé du cabinet, j'ai accès aux plus grandes banques mondiales telles que JP Morgan ou Goldman Sachs, ou encore aux organisations internationales telles que le FMI. Il n'y a jamais de limite." Néanmoins, "l'avenir s'inscrit définitivement à Mayotte" pour le néo-new-yorkais. Il veut en effet revenir à tout prix, même si ce ne sera pas dans le secteur de la finance. "J'aurai d'autres opportunités sur le territoire", annonce-t-il, pensant à des postes de direction, à l'entrepreneuriat… Ou à la politique. "C'est vrai qu'en tant que Mahorais, je me sens investi d'une responsabilité vis-à-vis du futur de notre île, sur tous les aspects économiques, commerciaux et politiques, déclare Ikibal. Je suis sensible à la cause politique, et conscient que mon profil peut m'amener à contribuer du mieux que je peux à l'industrie, au commerce, à l'agriculture… Je n'exclus pas de m'impliquer dans ce domaine également." L'essentiel n'est pas là, mais dans le fait que les jeunes talents mahorais reviennent développer leur territoire, qui en a bien besoin. Ce dernier, dans quelques années, pourra déjà compter sur Ikibal Boinali, prêt à quitter les plus grandes places financières du monde pour lui. "J'ai toujours eu cette idée, faire les études les plus prestigieuses possibles pour revenir développer Mayotte", conclut-il, avant de retrouver ses bureaux, perchés au milieu du ciel de Manhattan, d'où un certain lagon semble bien visible...n

Auditeur senior, Ikibal est "in charge" de mener à bien les travaux, de leur suivi et des relations clientèle. Ses tâches réunissent revues comptables, inspections, et

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DOSSIER

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Société éditrice de Mayotte Hebdo et de Flash Infos, la Somapresse organise ce samedi 25 juin 2022 la huitième édition des trophées mahorais de l'entreprise. Après deux ans d'absence pour cause de crise sanitaire, cette cérémonie est de retour, célébrant les trop souvent oubliés entrepreneurs et managers, qui sont les fers de lance de l'économie mahoraise. Ces deux ans de trouble ont ainsi permis à certaines entreprises de se révéler, se renouveler et innover dans leurs domaines. Retrouvez dès à présent les nominés dans chacune des catégories suivantes : entreprise citoyenne de l'année, entreprise innovante de l'année, bâtisseur de l'année, trophée de l'économie sociale et solidaire, jeune entreprise de l'année, entreprise dynamique de l'année, manager de l'année, organisme de formation de l'année. À vos votes !

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ENTREPRISE CITOYENNE LOVELY MAYOTTE

Depuis le 1er décembre 2021, Lovely Mayotte propose des t-shirts qui mettent en lumière les activités, les lieux et les expressions emblématiques de l’île aux parfums. Un projet entrepreneurial à l’initiative de Ben Jung, graphiste indépendant de profession, qui s’appuie sur sa communauté d’instagrameurs pour créer et développer les modèles. Arrivé sur l’île aux parfums en mai 2018, Ben Jung lance le compte Lovely Mayotte sur Instagram redorer le blason du territoire et partager les merveilles qui le caractérisent. Face à cet engouement virtuel, le graphiste indépendant décide de mettre à profit ses compétences professionnelles pour créer le 1er décembre 2021 une marque de vêtements du même nom avec laquelle il met en valeur des activités, des lieux et des expressions emblématiques du 101ème département.

« Samedi Sakouli », « Poutou Power », « Voulé Club », « Paka Tcho » … « Tous les designs des t-shirts ont été créés en lien avec la communauté », assure le trentenaire, qui voit en cette affaire « un potentiel important ». Six mois plus tard, les résultats s’avèrent encourageants avec près de 250 ventes sur Mayotte. Les produits sont d’ailleurs accessibles également en métropole et à La Réunion à destination de Mahorais nostalgiques. Sa particularité ? L’éco-responsabilité, mais aussi la fabrication avec un coton certifié bio. « Nous prônons une expérience la plus éthique possible. Nous ne voulons pas de gros stocks en permanence. Au contraire, nous sommes davantage dans la recherche de nouvelles collections en fonction des demandes des uns et des autres. » n

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L'ADSS

L’Association de développement du sauvetage et du secourisme (ADSS) existe depuis 2006 et elle est affiliée à la Fédération Française de Sauvetage et de Secourisme. Elle dispense des formations de premiers secours aux adultes mais également aux enfants. Très prisée, depuis maintenant seize ans l’association a su faire ses preuves. Connaître les gestes de premier secours, savoir détecter une personne en danger et la sauver, des techniques enseignées lors des formations dispensées par l’ADSS. Pompiers, infirmiers, forces de l’ordre, les formateurs sont de tous bords et transmettent leur savoir-faire à des particuliers qui veulent connaitre les gestes de secourisme, mais également aux professionnels. « On propose des formations initiatrices jusqu’au massage cardiaque pour les sauveteurs isolés. On fait aussi des formations plus

avancées dédiées aux entreprises », souligne Inyadhui Ali Soilihi, le directeur de la structure. En 2021, l’ADSS a formé un peu moins de 2000 personnes. Cette année, le directeur a pour objectif de dépasser ce chiffre puisque de nouvelles formations viennent s’ajouter à la liste. « Nous proposons désormais des formations de sauvetage aquatique. Elles sont très demandées. » Et pour assurer sa mission de service publique, l’association forme des formateurs pour qu’ils puissent à leur tour transmettre les bons gestes dans les quatre coins de l’île. Si la principale cible de l’association de développement du sauvetage et du secourisme sont les adultes, les enfants ne sont pas en reste. Certaines formations permettent aux plus jeunes d’y prendre part dès l’âge de 10 ans. n

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ENTREPRISE CITOYENNE AMPIRE PRODUCTION

Derrière cette entreprise d’audiovisuelle se cache Mohamed Ahamada, un jeune de Kawéni qui a décidé de faire de sa passion son gagne-pain. Il s’est lancé dans l’entrepreneuriat en 2015 en créant Ampire Production, alors qu’il n’avait que 21 ans. Parti de rien, aujourd’hui les portes de l’audiovisuelle s’ouvrent à lui et le jeune homme a bien l’intention d’y entrer et d’aller au-delà. Passer de l’ombre à la lumière, c’est ainsi que Mohamed Ahamada définit sa carrière d’entrepreneur dans l’audiovisuel. « J’ai fait des stages dans un média à Mayotte mais ils n’arrivaient pas à me gérer alors j’ai décidé de créer mon entreprise », indique-t-il. Le jeune homme n’avait surtout pas envie de travailler pour le compte d’un autre, et voulait être libre de faire ce qu’il veut.

La stratégie fonctionne puisque Mohamed Ahamada commence par réaliser des vidéos clips et finit par s’épanouir dans le monde cinématographique. « Maintenant j’oeuvre dans tous les domaines : audiovisuel, infographie, montage », précise le chef d’entreprise. Désormais, il vise plus loin et a l’intention de transformer sa boîte en agence de communication car cela lui correspond mieux selon lui. Mohamed Ahamada estime que son entreprise est importante puisqu’« on travaille dans un domaine où il y a beaucoup de demandes et pas assez d’offres. Les autres qui font la même chose que moi ne sont mêmes pas des concurrents, je dirai que l’on se complète. » C’est la raison pour laquelle il ne s’estime pas différent d’eux, « nous sommes tous un atout pour Mayotte. » n

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GREEN FISH

Crée en 2013, Green Fish est une marque qui a pour objectif de valoriser le patrimoine commun de Mayotte et des autres pays de la région tels que Madagascar et l’Union des Comores. Son fondateur Hakime Nouridine veut propulser l’île aux parfums à l’international à travers le patrimoine culinaire qu’elle partage avec les îles voisines. Porter Mayotte dans un bassin régional métis, c’est l’objectif ultime pour Hakime Nouridine. Pour cela, il a créé son entreprise Green fish, et a breveté sa marque spécialisée dans l’agroalimentaire. Cependant, il ne se contente pas de Mayotte, le gérant veut conquérir toute la région du canal de Mozambique. Il travaille à Madagascar et aux Comores, notamment sur l’île d’Anjouan. Hakime Nouridine et son équipe plantent des épices, des herbes, créent des recettes afin de les vendre au niveau national et international. Le piment, la cannelle, le curcuma, le hanga (une herbe aromatique typique

de l’archipel des Comores), des produits indispensables dans la cuisine régionale. Parfois l’élaboration d’une recette peut s’étaler sur plusieurs années. « Le premier produit qu’on a planté est le piment. On a travaillé la recette depuis le début pour avoir un produit validé par les normes françaises, et cela ne s’est concrétisé qu’en 2020 », explique Hakime Nouridine. La crise sanitaire a ralenti le processus mais après deux ans d’attente, arrive la consécration. « 2022 est une année charnière car nous sommes en phase pour travailler avec les marchés nationaux, européens et internationaux. On va prochainement signer avec un distributeur de Rungis », annonce le fondateur de Green Fish. Après le piment, viendront les thés, les confitures et différentes épices provenant de toute la région, y compris la Tanzanie qui fait également partie de l’aventure Green Fish depuis peu. Hakime Nourdine voit les choses en grand puisqu’il a l’ambition d’inscrire toutes ces plantes, herbes et épices dans la gastronomie française. n

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ENTREPRISE CITOYENNE LE CROS

Créé en 1987, le comité régional olympique et sportif fait (presque) figure d’ancien dans le 101ème département. Depuis plusieurs années, l’instance multiplie les formations et les actions pour promouvoir le sport aux quatre coins de l’île. Formation Valeurs de la République et laïcité, certification de formation à la gestion associative, accompagnement des associations… Autant d’actions que le comité régional olympique et sportif promeut pour mettre en lumière le sport au sein du 101ème département. Actrice incontournable de l’île aux parfums depuis 1987, l’instance apparaît aujourd’hui comme indispensable, mais aussi comme une échappatoire pour une jeunesse en quête de repères.

Cerise sur le gâteau avec l’installation de la toute première conférence régionale du sport en Outre-mer le 10 mars dernier, dont le président n’est autre que Madi Vita, déjà la tête du CROS. Dans la même lignée, l’instance milite pour l’organisation des Jeux des Îles de l’océan Indien en 2027, ce qui permettrait de donner un coup de projecteur non négligeable sur Mayotte. En attendant, elle s’époumone à élever les différents comités et les ligues pour que la pratique sportive devienne monnaie courante. Ambitieux, le comité compte bien mettre les petits plats dans les grands et ainsi faire en sorte que le sport soit le reflet d’un territoire en plein développement. n

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ENTREPRISE INNOVANTE ETIC SERVICES

Spécialisée dans le développement et la promotion d'usages responsables des nouvelles technologies, ETIC Services est un acteur essentiel de l'IT à Mayotte. Lors de ces derniers mois, la société a su s'adapter aux différentes difficultés rencontrées, avec en point d'orgue la construction rapide de l'ITH Datacenter, le premier de l'île, qui sera achevé dans les tous prochains mois. Si la crise sanitaire a mis à mal toutes les entreprises mahoraises, certaines d'entre elles ont montré leur force de caractère durant cette période compliquée. C'est le cas d'ETIC Services, qui, dès les prémices de la Covid, a mis en place le télétravail généralisé pour ses employés et accompagné ses clients à distance. Professionnels de l'informatique, les salariés de l'entreprise accompagnent de nombreux clients et entreprises de l'île au lagon dans le traitement et la sécurisation de leurs données. "Nous en avons profité pour mettre en place de nouvelles

méthodes, de nouveaux outils de travail, en prévision de la sortie de crise", se félicite Feyçoil Mouhoussoune, directeur d'ETIC. Ces mesures se sont déclinées en développement d'applications supplémentaires, ou en automatisation des process, ce qui a immédiatement rendu la société plus compétitive. Le grand chantier de ces derniers mois demeure la construction du Datacenter, sur les hauteurs de Mamoudzou. "Très technique" de l'avis de M. Mouhoussoune, ce dernier a su être bouclé en un temps record, malgré les aléas logistiques tels que la saison des pluies, les embouteillages du centre, l'acheminement de matériaux, et les restrictions sanitaires. "On est très satisfaits du rythme, continue le directeur d'ETIC. En un an et demi, on a construit le bâtiment, récupéré tout le matériel, et on devrait ouvrir cet été." Cerise sur le gâteau, l'ouverture du Datacenter conduira également la société à accroître considérablement son nombre d'employés. Comptant actuellement 15 salariés, ETIC recrutera 7 autres personnes très prochainement. n

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ENTREPRISE INNOVANTE LE BANGA AU CHOCOLAT

Promouvoir du chocolat et du café made in Mayotte, telle est la mission du Banga au chocolat, créé en 2019. La petite société s'appuie sur l'association "Café, Cacao Maoré" et son réseau de producteurs locaux pour proposer des produits bien de chez eux aux Mahorais . Vanille, ylang-ylang, bananes, manioc… L'agriculture mahoraise ne manque pas de produits sur son territoire. Pourtant, deux d'entre eux manquaient cruellement, cantonnés à quelques rares apparitions sur les marchés de l'île : le cacao et le café. Depuis 2019, une entreprise s'échine donc à augmenter leur production, la coordonner et en tirer des produits transformés de qualité pour enfin les commercialiser. Cette entreprise, c'est le Banga au chocolat, qui a bénéficié de fonds européens substantiels pour accroître son activité.

Concrètement, la société s'appuie sur un réseau de producteurs locaux, lui permettant de travailler des fèves de cacao et de café 100% mahoraises. Ces derniers sont regroupés dans une association nommée "Café, Cacao Maoré" et ont déjà récolté plusieurs tonnes de fèves. Suite au processus de fabrication des tablettes ou pots de chocolat à tartiner, cette masse redescend à quelques dizaines de kilos. Mais là n'est pas l'essentiel : permettant à des producteurs mahorais de vivre d'un marché longtemps tombé en désuétude, les produits finis du banga au chocolat sont commercialisés dans plusieurs points de vente sur le territoire de la bien nommée île aux parfums. De quoi proposer également aux consommateurs de Mayotte des saveurs locales tout autant savoureuses que les produits importés de métropole ou de l'étranger. n

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FBI MAYOTTE

Après plus d’un an de travail, ce mercredi 11 mai, le public a pu découvrir la bande annonce de la première saison de FBI Mayotte. Un moment de divertissement qui devrait ravir les fans, impatients de retrouver les personnages mahorais en action. Avec plus de 20 000 vues en 24h sur Instagram, 30 000 vues sur Facebook et pas moins de 7000 vues en cumulé sur LinkedIn et YouTube, la saison 1 de FBI Mayotte promet un départ sur les chapeaux de roues. Après l’écriture, la scénarisation, les castings et les tournages, les cinq premiers épisodes de la série sont fin prêts. Mais alors sur quel canal le public va-t-il pouvoir retrouver ses personnages préférés ? Désireux d’offrir à cette première saison un lancement digne de ce nom, Naftal Dylan producteur et réalisateur de la série, affirme vouloir présenter son travail en avant-première d’ici peu.

“Nous n’avons pas encore de date exacte pour la diffusion des épisodes, mais une chose est sûre, ils seront disponibles au mois de juin sur YouTube.” La compagnie aérienne Ewa, le CHM, la préfecture de Mayotte, l’office du tourisme de Petite-Terre, Gary Location et le groupe 3M mais aussi de nombreuses entreprises ont contribué à la réussite de ce projet local. “Nous avons tourné dans des lieux où je n’aurais jamais pensé pouvoir tourner un jour”, s’extasie le mahorais. Parfois freinée par des questions de budget, l’équipe de FBI Mayotte espère que les acteurs institutionnels apporteront également leur aide pour poursuivre cette aventure. “Nous avons décidé de tourner la saison 1 en deux parties de cinq épisodes chacun. Nous espérons que le Conseil départemental pourra nous soutenir pour la seconde partie de ce projet qui met en avant la culture et le territoire mahorais.” n

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ENTREPRISE INNOVANTE MAYBIOTECH

La startup mahoraise de biotechnologie MayBiotech a fait parler d’elle au mois d'avril 2022 grâce à un projet de valorisation économique des espèces végétales envahissantes de Mayotte. Une innovation qui pourrait bien révolutionner le rapport à ces plantes indésirables reléguées au rang de déchet. Forêts, rivières, mangroves… Les espèces exotiques envahissantes se multiplient sur les terres mahoraises. Une menace qui pèse sur l’écosystème exceptionnel de l’île. Lauréate de l’appel à projet Innovation Mayotte, la société MayBiotech répond à des enjeux d’actualité et “se positionne au cœur de l’agriculture et de l’alimentation durables”. “La valorisation de ces plantes envahissantes pourrait permettre d’allier préservation de la biodiversité, production d’une alimentation saine, réduction des intrants chimiques dans les exploitations agricoles et de structurer une filière économique

créatrice d’emplois”, détaille le docteur Mohamed Issouf, créateur de la start-up. En partenariat avec l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), le Parc naturel marin de Mayotte et SantéSocioVéto, le projet a pour mission d’étudier le potentiel antiparasitaire des plantes envahissantes. Le but ? Développer des nouveaux aliments pour animaux à destination des élevages locaux. En février 2022, l’entreprise a signé un contrat de prestation et de partenariat avec l’Inrae qui permettra de réaliser au cours de l’année, les premières étapes du volet de recherche. Par ailleurs, MayBiotech travaille sur les propriétés des plantes envahissantes, mais aussi des espèces médicinales. “Notre but est de créer notre laboratoire. Nous achetons actuellement du matériel pour pouvoir mener des expérimentations”, confie le spécialiste en maladies infectieuses. n

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SIREL976

Acteur numérique du territoire mahorais depuis son lancement officiel en 2017, Sirel976 s’est fait connaître en lançant une plateforme de covoiturage 100% locale, Garico’Mayotte. L’association basée à Tsoundzou compte deux pôles, la création de multimédia (vidéos, clips, court-métrage) et l’innovation technologique comme des sites web ou des applications mobiles. Cette année, elle a d’ailleurs sorti de ses cartons un projet d’agenda en ligne destiné à tous les événements, Eh’Co ! Une initiative que la préfecture de Mayotte a soutenu et lancé en grande pompe au mois de février. Les visiteurs peuvent y dénicher une activité par mot-clé ou par le nom d’une association. D’autres filtres prennent en compte la localité ou le thème également. Sur ce dernier point, le site, ainsi

que l’application, compte dix-sept domaines, comme la culture, l’environnement, le sport, le lien social, le médico-social ou la santé par exemple. Le président et fondateur de Sirel976, El-Farouq Adinani, défend aussi l’interactivité du site dont le financement est assuré par le fonds de développement social. En effet, n’importe quelle association peut s’y inscrire rapidement et publier un événement. Et dans le cas où ce dernier serait reporté ou annulé, pas de problème : “Les utilisateurs peuvent modifier la publication. Un email est envoyé aux participants s’ils utilisent le site Internet ou ils reçoivent une notification sur leur smartphone grâce à l’application”, détaille-t-il à propos de ce projet, qui rejoint la dizaine d’autres déjà portée par l’association Sirel976. n

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BÂTISSEUR DE L'ANNÉE L'ABATTOIR DE VOLAILLES DE MAYOTTE

En juillet 2021, la SAS AVM inaugurait en grande pompe son nouvel abattoir de volailles à Kahani, dans la commune de Ouangani. L'objectif ? Proposer aux Mahoraises et aux Mahorais un produit local, mais aussi une commercialisation immédiate sur site. Écologiquement et économiquement, la souveraineté alimentaire de Mayotte est un enjeu majeur de ces prochaines années. Ceci, AVM l'a bien compris. L'été dernier, en effet, la SAS Abattoir de volailles de Mayotte fait sortir de terre son nouveau bâtiment à Kahani. On compte actuellement un abattage de plusieurs milliers de volailles par jour pour cette unité de production, qui comporte également une unité de conditionnement et un magasin, offrant la possibilité de commercialiser

immédiatement les volailles. En plus de proposer aux consommateurs mahorais une volaille locale, abattue et conditionnée sur place, AVM a permis à de nombreux éleveurs de l'île de poulet d'intégrer la boucle, signifiant des revenus plus stables pour eux, mais aussi de recruter du personnel pour le bon fonctionnement de l'abattoir. Le Conseil départemental a soutenu le projet dans le cadre du FEADER – Fonds européen agricole pour le développement rural – à hauteur de presque 5 millions d'euros, pour un coût total de 8 millions d'euros. L'agriculture et l'élevage sont, à n'en pas douter, un atout que les collectivités et entreprises locales se doivent de développer à Mayotte, pour le plus grand plaisir des habitants de l'île. n

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CHM SITE MARTIAL HENRY

Ouvert fin février 2021, l'antenne du Centre hospitalier de Mayotte en Petite Terre a permis aux habitants de Petite Terre de bénéficier d'une offre de soins plus proche d'eux, et de soulager le CHM de Mamoudzou. Etrenné lors de la crise sanitaire, ce nouveau site a immédiatement prouvé son utilité. C'est un fait connu de toutes et tous, le 101ème département français est l'un des déserts médicaux les plus arides du pays. Si la construction d'un second hôpital à Combani devrait intervenir en 2025 pour décentraliser l'offre de santé à Mayotte, le Centre hospitalier de Mayotte n'a pas attendu pour enclencher cette dynamique. En 2021, l'antenne du CHM de Mamoudzou sort ainsi de terre à Pamandzi, permettant

aux Petits Terriens de compter sur autre chose qu'un centre de consultation, auparavant nommé dispensaire. Dès son ouverture, ce nouveau CHM proposait en effet un accueil 24 heures sur 24, un service d'accouchement, ou encore quelques lits pour le service de médecine. Le nouveau bâtiment a notamment effectué son galop d'essai en pleine crise du Covid-19, soulageant l'ancien hôpital de Dzaoudzi, devenu trop vétuste. À l'époque, Dominique Voynet, alors directrice de l'Agence régionale de santé de Mayotte, se félicitait de ce bâtiment, à l'instar des élus départementaux. Cerise sur le gâteau, le centre a été nommé d'après le premier docteur de l'île au lagon, illustre figure mahoraise et ancien dirigeant du CHM, Martial Henry. n

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BÂTISSEUR DE L'ANNÉE ITH DATACENTER

Voulu et porté de longue date par Feyçoil Mouhoussoune, directeur d'ETIC Services, le projet d'un datacenter 100% local s'est finalement concrétisé fin 2020, sur les hauteurs de Mamoudzou. De quoi faire entrer Mayotte de plain-pied dans l'ère du digital, et de la si précieuse gestion des données. Si le débit internet à Mayotte est la cible de nombreuses critiques, la latence ne doit pas en être oubliée pour autant. Cette dernière est provoquée par l'alimentation de l'île aux parfums par trois gigantesques câbles sousmarins, malheureusement soumis aux imprévus et pouvant occasionner des coupures ou des ralentissements sur le réseau. C'est dans ce contexte que la sortie de terre du premier datacenter 100% mahorais est une avancée considérable du 101ème département français sur le

front du numérique. Pour les entreprises, qui doivent gérer et conserver une masse considérable de données, le stockage de ces dernières au niveau local est une véritable bénédiction, tant les coupures de courant sont fréquentes et irrégulières sur le territoire. La data security est l'autre domaine sur lequel l'établissement joue, octroyant une plus grande souveraineté numérique aux firmes mahoraises, mais aussi aux institutions que sont par exemple le CHM, l'ARS, EDM, ou les collectivités locales. Une innovation numérique développée par un Mahorais qui profite donc à toutes et à tous, ainsi qu'à l'environnement puisque vectrice d'efficacité énergétique, et qui trône fièrement en haut de la côte Sogea de Mamoudzou. n

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HÔTEL HAMAHA

Entamé en 2000, l'hôtel Hamaha a connu moultes difficultés à s'établir sur le front de mer kawénien. Cependant, la pugnacité de Tedd Le Bihan, actuel gérant de l'établissement, a permis à ce dernier de rouvrir ses portes en septembre dernier. Une volonté entrepreneuriale à toute épreuve qui permet au secteur touristique mahorais de s'étoffer encore un peu plus. C'est une belle leçon de résilience que nous a offert l'année dernière Tedd Le Bihan. À grands coups d'investissements et de détermination, le jeune homme a réhabilité l'hôtel Hamaha, situé sur la plage du même nom, à Kawéni. Séparé du bouillant village industriel par la mangrove qu'il lui reste, l'établissement fait face aux îlots Mtsanga – Monyé amiri, Kakakzou et Vatou – et à Petite Terre, offrant à ses résidents une vue imprenable sur le lagon

mahorais. Ainsi qu'un confort exceptionnel, allié à une offre de restauration impeccable. Pourtant, rien de tout cela ne semblait possible il n'y a que quelques années. Alors que l'établissement hôtelier est en décrépitude de 2008 à 2017, devenant notamment la cible de nombreux squatteurs. Et, alors que son père décède, Tedd Le Bihan prend la décision de "reprendre le flambeau", comme il le déclarait dans nos pages en octobre dernier. Rouvert en septembre 2021, l'hôtel Hamaha compte actuellement 18 chambres et un cadre idyllique, une vraie bouffée d'air frais à proximité de Mamoudzou, mais aussi une véritable aubaine pour le secteur touristique à Mayotte, qui doit encore se développer pour attirer des voyageurs. n

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BÂTISSEUR DE L'ANNÉE MAYOTTE LA 1ÈRE

Voilà bientôt trois ans que la filiale mahoraise de France Télévisions a quitté Petite Terre pour la ZAC du Soleil Levant, à Hauts-Vallons. Titulaires d'un nouveau siège resplendissant et répondant aux demandes des médias modernes, les journalistes de la chaîne de télévision et de la station de radio peuvent désormais exercer leur profession au mieux, tout en bénéficiant d'une position avantageuse pour se rendre sur le terrain. Média public de référence, Mayotte la 1ère a pu bénéficier en 2019 d'un bâtiment grandiose situé sur les hauteurs de Majicavo, à l'entrée de Hauts-Vallons. Ayant vu sa construction assurée par Vinci et Embase, ce nouveau siège permet aux journalistes et au personnel de la chaîne de profiter d'équipements dernier cri et d'un cadre professionnel plus qu'agréable. S'étalant sur quelque

2648 mètres carrés, le nouveau bâtiment de la filiale mahoraise de France Télévisions a permis à cette dernière de quitter Petite Terre. Le problème de réactivité face à l'information souffrait en effet des trajets obligatoires en barge entre les deux îles de Mayotte. Après 18 mois de travaux, débutés en mai 2017 et ayant nécessité un peu moins de 10 millions d'euros, 9,6 millions très exactement, le siège de la chaîne de télévision et chaîne de radio publique accueille trois étages, ainsi que les nombreuses équipes administratives et éditoriales. Ces dernières bénéficient à présent d'une position idéale sur l'île, leur permettant de demeurer au plus près de l'information et d'accéder bien plus vite qu'auparavant aux événements se déroulant sur le terrain. n

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ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE JUA SCHOOL

Tout a débuté avec un professeur de mathématiques qui a créé une chaine Youtube pour aider ses élèves à comprendre sa matière. Rapidement, Hachim Abdallah est contacté par de nombreux parents qui sollicitent des cours particuliers pour leurs progénitures. La demande grandit de plus en plus et l’enseignant décide de créer Jua School en 2020. Hachim Abdallah a débuté seul, aujourd’hui Jua School compte près d’une cinquantaine d’enseignants qui dispensent des cours particuliers à domicile ou à distance, à Mayotte mais également en métropole. « La demande a grandi, je ne pouvais plus y répondre seul. Aujourd’hui Jua School dispose de professeurs dans toutes les matières et on cherche encore du monde ! », lance le fondateur. La société compte une trentaine de foyers

inscrits, chacun pouvant compter plusieurs enfants. Les élèves sont de tous niveaux, de la maternelle jusqu’aux études supérieures. Faire du soutien scolaire est une chose, mais Hachim Abdallah voit grand et veut développer davantage son entreprise. « Mon objectif dans l’avenir est d’avoir un établissement d’élite à Mayotte. Une école préparatoire aux grandes universités et aux grandes écoles », indique-t-il. L’éducation est un enjeu majeur à Mayotte et Hachim Abdallah a bien l’intention d’apporter sa pierre à l’édifice. « Notre positionnement est de viser l’excellence et on espère que notre entreprise va atteindre son objectif qui est de former les leaders de demain. » n

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ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE KAJA KAONA

Située à Tsoundzou 1, l’association Kaja Kaona existe depuis octobre 2017. Sa particularité ? Elle a été créée en grande majorité par les jeunes de Tsoundzou pour lutter contre l’inactivité et l’exclusion sociale de ceux qui sont sans emploi ni formation. Une initiative cruciale et utile dans une île où le taux de chômage chez les jeunes atteint des sommets. Comment éviter l’exclusion sociale ? Continuer à vivre comme tous les jeunes alors que l’on n’est pas inséré professionnellement ? L’association Kaja Kaona essaye de répondre à ces questions à travers différentes actions depuis plus de quatre ans. « On propose des ateliers mobilisateurs qui visent à valoriser les ressources locales : artisanat, maraichage pépinière, construction de mobilier à partir de ressource recyclé et locale », explique Aurore Neel, la représentante administrative et membre fondatrice de Kaja Kaona.

La population cible est âgée de 15 à 30 ans, et elle est sans activité. Les membres de l’association accompagnent les jeunes dans leur quête d’insertion professionnelle. En 2021, 230 ont été suivis par Kaja Kaona. Autrefois nomade, au fil des années l’association s’est agrandit et depuis décembre 2019 elle a trouvé un local situé à Tsoundzou 1. Une étape importante car elle permet aux jeunes de se rendre plus facilement vers les encadrants. « Nous sommes utiles parce qu’on est un point de repère pour les jeunes démotivés, on les aide à lever leurs freins de manière individuelle », souligne Aurore Neel. Après avoir trouvé une formation, les jeunes partent mais parfois certains reviennent ne serait-ce que pour avoir un soutien psychologique. Signe que l’association Kaja Kaona est une nécessité pour beaucoup. n

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OUDJÉRÉBOU

Oudjérébou, couveuse d’entreprises de Mayotte, accompagne de jeunes entreprises ou porteuses de projet à se développer. Ce réseau favorise l’égalité des chances grâce à un accompagnement personnalisé. Les jeunes chefs d'entreprises et porteurs de projet sont orientés par des personnes expérimentées, dans le but d’accroître leur ascension. Oudjérébou, la couveuse d'entreprise est une association qui accompagne de jeunes chefs d'entreprises de tout Mayotte. L'accompagnement dure douze mois et peut s'arrêter à tout moment. Le but de l'association est d'aider, d'orienter et de conseiller les jeunes porteurs de projet et les jeunes créateurs d'entreprises à pérenniser leur activité et à gérer les obstacles qui peuvent surgir dans le monde de l'entreprenariat. Les chefs d'entreprises ont la possibilité de tester leurs activités sans s'immatriculer. Oudjérébou met également

à leur disposition toutes les ressources nécessaires pour développer les compétences qui feront la réussite de leurs entreprises. Formations, méthodologie… Par ailleurs, avant l'intégration à la couveuse, le porteur de projet ou le chef d'entreprise a le statut de stagiaire de la formation professionnelle. Il pourra donc bénéficier des allocations chômage ou d'une indemnité du Conseil Départemental. En effet, tout un processus est mis en place avant l'intégration. Le porteur de projet ou chef d'entreprise dépose un dossier de candidature. Une fois validé, Il passe un oral devant le comité d'intégration afin de présenter son projet ainsi que ses objectifs. Et enfin, il signe la convention d'intégration pour intégrer officiellement la couveuse. n

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ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE JARDIN M'TSANGAMOUJI

L’association Jardin M’tsangamouji oeuvre dans le nord de l’île depuis 2015 afin d’améliorer les conditions de vie sur le territoire. Pour le fondateur de l’association, cela passe en premier lieu par la préservation du patrimoine naturel de Mayotte. Moussa Nassim et ses collaborateurs veulent être les garants de l’environnement du territoire et pour cela ils multiplient les actions. L’association Jardin M’tsangamouji se bat pour mettre en valeur l’ensemble du patrimoine naturel et culturel de Mayotte et notamment celui de la commune du même nom. La richesse environnementale du département est encore méconnue, pire, elle est en danger. Les membres du Jardin Mtsangamouji s’évertuent donc à sensibiliser la population. « Dans le domaine de l’environnement nous faisons office de gestionnaire de la lagune d’Ambato, une zone humide située à M’tsangamouji », indique Moussa Nassim, le fondateur de l’association.

En décembre 2021, les six salariés et les dizaines de bénévoles ont planté 2180 arbres aux bords des rivières du nord. « Il s’agit d’une expérimentation, et on s’est donné comme objectif, à partir de cette année, de planter 10 000 arbres sur les sources de la rivière de M’tsangamouji sur trois ans », annonce Moussa Nassim. Les actions de l’association vont désormais au-delà de la commune de M’tsangamouji puisqu’elle est chargée de sensibiliser les jeunes sur l’utilisation de l’énergie. « C’est une action qui se fait dans tous les départements français et à Mayotte nous avons été choisis pour mener cette action dans les écoles. Nous sensibilisons les enfants pour qu’ils connaissent les différents types d’énergies, fossiles et renouvelables, et qu’ils développent les éco-gestes », précise Moussa Nassim. Sans doute le début de longues années de travail en faveur de l’environnement à Mayotte. n

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HIP HOP ÉVOLUTION

On ne la présente plus. La troupe Hip Hop Evolution fait partie du paysage culturel mahorais depuis maintenant dix-sept ans. Crée en 2005 par deux étudiants originaires de Mayotte qui habitaient en Bretagne, le groupe avait pour but d’occuper les jeunes à travers la danse. Aujourd’hui, l’objectif reste le même, mais les activités de Hip Hop Evolution ont dépassé l’art de la danse. Abdallah Haribou, le co-fondateur de Hip Hop Evolution parle encore de son association avec passion et émotion. Lorsqu’il l’a créée, il était loin d’imaginer qu’elle prendrait autant d’ampleur. À la fin de ses études, lorsqu’il décide de rentrer à Mayotte il rapatrie la structure sur l’île et s’y consacre pleinement. « On a fait la Battle of the year, les deux premières saisons à la Réunion, en 2009 et 2010. Le premier évènement sur l’île c’était en 2011 et il a rencontré un succès fou », se souvient Abdallah Haribou. À partir de cette période, il se dédie également à l’éducation et la réussite

scolaire de ses danseurs. « Je ne pouvais pas juste partager la danse avec ces jeunes sans leur apporter des valeurs. » Aujourd’hui l’association a élargi son champ de compétences. Depuis trois ans elle a un local à Iloni qui permet aux jeunes de se retrouver, se poser et créer. Hip Hop Evolution avoisine les 1000 danseurs sur le territoire. « Il y a la troupe mais on va aussi dans les villages, on crée des évènements afin que les jeunes puissent montrer leur talent et les meilleurs peuvent participer à la Battle of the year », explique le fondateur. Ce dernier veut poursuivre sa quête aux talents afin de produire le maximum de jeunes artistes mahorais. Et il a un objectif bien précis pour les jeux olympiques de 2024. « On veut que des mahorais puissent intégrer le groupe de danseurs français qui fera partie de la compétition. » En effet, le breakdance fait partie des disciplines olympiques qui seront représentées à Paris lors des JO et si un mahorais arrive à se hisser jusque-là, Abdallah Haribou aura accompli l’une de ses missions. n

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Alexis Duclos

À MOINS D’UN MOIS, LES CANDIDATS SORTENT DU BOIS La campagne des élections législatives s’intensifie dans les deux circonscriptions mahoraises et les tracts commencent à circuler. Entre les cérémonies d’investitures et les déclarations publiques, de nombreux candidats* ont déjà fait part de leurs intentions de figurer dans les bureaux de vote, les 12 et 19 juin. Ce vendredi, les prétendants aux fonctions législatives n’auront plus que quelques heures pour déposer leurs noms et ceux de leurs suppléants à la préfecture de Mayotte. Une obligation à remplir s’ils veulent que leurs bulletins soient placés dans l’urne le 12 juin prochain, jour du premier tour. Au nord, la bataille s’annonce disputée dans la première circonscription. La députée sortante Ramlati Ali (La République en marche) a de nombreux concurrents et pas forcément issus du sérail politique. Estelle Youssouffa, à la tête du collectif des citoyens de Mayotte, fait partie de ces figures. L’ancienne journaliste d’Al Jazeera, qui se revendique sans étiquette politique, s’appuie sur un discours virulent contre l’immigration. Autre

M’tsahara Mtsamboro

M’tsangamboi

Bandraboua

Acoua Koungou

M’tsangamouji

Mamoudzou M’tsapéré

Tsingoni

Passamainty

Chiconi Dembeni Sada

Bandrele

Mtsamudu Kani-kéli

Dzaoudzi

forte personnalité, le patron d’IBS, Théophane “Guito” Narayanin, se présente lui aussi dans cette circonscription. Lassé de soutenir des candidats “qui le déçoivent”, le Réunionnais a préféré cette fois y aller en l’annonçant d’abord à ses salariés. S’il a un discours plus mesuré contre l’immigration et une rhétorique libérale, il a déjà rallié Cris Kordjee en tant que suppléante. Une double-étiquette MDM/Nupes pour Yasmina Aouny Battus de peu au second tour des élections législatives de 2017, Les Républicains ont décidé de miser sur un grand connaisseur de la politique mahoraise en la personne d’Issihaka Abdillah. Côté majorité, le M’Tsapérois Mohamed Moindjé (Territoire de progrès) a, un temps, brigué l’investiture. Mais faute de l’avoir obtenue, il s’est lancé en cavalier seul. Une option non retenue par Aminat Hariti. Celle-ci s’est rangée derrière l’avis du parti et s’investit pleinement dans la campagne de Ramlati Ali, selon son camp. Enfin, le MDM (Mouvement pour le développement de Mayotte) espère revenir un peu sur le devant de la scène avec la candidature de Yasmina Aouny. La jeune femme de M’Tsamboro porte une double-étiquette incorportant la Nupes (Nouvelle union populaire, écologique et sociale), l’entitée qui rassemble toute la gauche, dont la France insoumise. Cette investiture sera d’ailleurs un test pour le parti de Jean-Luc Mélenchon qui est arrivé deuxième au premier tour de la présidentielle (24%). A contrario, malgré des scores importants de Marine Le Pen à la présidentielle en avril, aucun candidat du Rassemblement national n’est sorti du lot au nord. Le Pamandzien Daniel Zaïdani, soutien de Marine Le Pen pendant la campagne présidentielle, avait prévenu qu’il ne se voyait pas se présenter lui-même.

M’Bouini

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L’investiture de la majorité arrivée tardivement dans le sud D a n s l e s u d , M a n s o u r K a m a rd i n e ( L e s Républicains) bénéficie toujours d’une forte assise locale. Avant d’essayer de le battre, ses challengers ont donc comme principal objectif d’arriver déjà au second tour. Selon un candidat de la même circonscription, la stratégie du parti d’Emmanuel Macron à Mayotte était de voir deux femmes dans les première et deuxième circonscriptions. En effet, faute de candidates suffisantes en métropole, il a été demandé aux soutiens mahorais d’en trouver deux pour ramener l’équilibre sur le plan national. Si cela ne posait aucune difficulté au nord avec la députée sortante Ramlati Ali, le sud était davantage embêté. Daniel Martial Henry, président du Modem 976 et membre du comité de soutien d’Emmanuel Macron, était ainsi en concurrence avec Boinamani Madi Mari, directeur général des services de Chiconi. Ce dernier, représentant d’Agir, un parti issu de la droite mais s’inscrivant dans la majorité, vient d’obtenir l’investiture de la majorité, ce mercredi. Daniel Martial Henry devra donc faire sans, nous a-t-il confirmé. Toujours concernant les partis présents, Issa Issa Abdou, figure du MDM, a été investi par sa formation depuis un mois maintenant. Il trouvera face à lui un candidat Nupes avec Ali Djaroudi. Le Bouénien, président de l’Autam, a obtenu l’investiture il y a une dizaine de jours maintenant. Trois autres candidats sans étiquette se sont fait connaître dans le sud. Tombou “Mandela” Maurice, souvent présent lors des échéances électorales, en fait partie. Derrière le slogan “Wakati Upara!” (“L’heure est arrivée”), Anli Madi Ngazi espère créer la surprise. Tout comme l’infirmier et président de l’association des familles du sud, Mouhamed Abdou, un autre de ces candidats dépourvus d'étiquette. Seul candidat RN investi, Saïdali Boina Hamissi est le porte-parole du parti sur l’île. Il se présente dans une circonscription normalement plus favorable avec des scores très élevés au cours de l’élection présidentielle. Toutefois, à Mayotte, il est rare que les législatives en soient un copié-collé.

*Tous les candidats présentés ici se sont fait connaître publiquement par voie de presse ou sur les réseaux sociaux.

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L.G

LA VANILLE, UNE PASSION QUI SE TRANSMET En plein cœur de la communauté de communes du CentreOuest, l’association Saveurs et Senteurs de Mayotte a emmené vendredi 13 mai 2022 les curieux à la découverte de la vanille. De la terre à l’assiette, les visiteurs sont repartis la tête pleine de connaissance et le nez empli du doux parfum de la plus célèbre des orchidées. 10h30. Après avoir découvert le processus de transformation de la vanille au sein du pôle d’excellence rural de Coconi, les visiteurs du jour partent pour la vanilleraie de Foundi Madi. Au beau milieu de la campagne de Tsingoni sur plus de deux hectares s’étendent les terres de l’agriculteur mahorais. Vanille, bananes, agrumes… Le jardin en question réserve bien des surprises aux néophytes. “Ici, on peut voir les lianes de vanille. Celles-ci grimpent sur tout type de plantes qui leur servent de tuteur”, commente Ediamine, guide touristique pour la journée. Émerveillé, le petit groupe suit pas à pas le jeune technicien agricole. “On entre dans la saison de récolte. Regardez, cette gousse

est prête à être ramassée”, assure-t-il en se saisissant d’un spécimen arborant une belle couleur jaune. Récoltée une fois par an, la vanille donne bien du travail aux agriculteurs. Fécondée à la main lors de la floraison entre septembre et octobre, il faudra plus d’un an et demi pour que la simple fleur devienne le produit d’un noir luisant dont tout le monde connaît l’odeur si particulière.

Une filière tournée vers l’avenir En contrat d’alternance entre le CFPPA (centre de formation professionnelle et de promotion agricole) de Coconi et l’association Saveurs et Senteurs

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de Mayotte, Ediamine transmet avec beaucoup de passion son savoir. “Avant de débuter ma formation, je n’avais jamais vu de plants de vanille. Aujourd’hui, je suis fier de participer à la sauvegarde de ce patrimoine et d’accompagner les producteurs de l’île”, explique-t-il. Écouter les agriculteurs, leurs besoins, amener des solutions et développer la filière, tel est le travail réalisé par le jeune homme. Pour Ediamine, la vanille n’est pas seulement une épice, mais bien un trésor. “C'est de l'or, c'est précieux. J’ai de la chance de faire ce métier”, s’extasie-t-il entre les lianes d’un vert très tendre. Un beau message plein d’amour et d’espoir pour la préservation du patrimoine mahorais. n

Ediamine est actuellement en contrat d’alternance entre le centre de formation professionnelle et de promotion agricole de Coconi et l’association Saveurs et Senteurs.

Il faut compter plus d’un an et demi pour que la fleur devienne le produit d’un noir luisant.

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LITTÉRATURE

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DE L'IMPORTANCE DES DJINNS

Abdou Salam Baco, Contes inédits de Mayotte, Archives départementales de Mayotte, 2010. Abdou Salam Baco est né à Mzouazia. Après des études secondaires à Maoré et à la Réunion, il débarque à Saint-Etienne en 1983 pour poursuivre ses études supérieures. Titulaire d’un DEUG d’AES (Administration économique et sociale), il s’oriente vers les sciences économiques. Après avoir préparé un diplôme supérieur de conseil en développement, il entreprend des études doctorales sur l’histoire de Mayotte, qu’il clôt par la soutenance de sa thèse en avril 1993. C’est donc en Docteur ès Histoire Économique qu’il débarque à Mayotte en mai 1993 avec femme et enfant. Abdou S. Baco est l’auteur de trois romans – Brûlante est ma terre, Dans un cri silencieux et Coupeurs de tête – et de deux recueils de nouvelles : La Belle du jour et Cinq femmes. Il est également musicien, fondateur du groupe Mobissa à Mayotte. Il travaille dans le milieu culturel dans son pays.

AGRÉGÉ DE LETTRES MODERNES ET DOCTEUR EN LITTÉRATURES FRANCOPHONES, CHRISTOPHE COSKER EST L’AUTEUR DE NOMBREUX OUVRAGES DE RÉFÉRENCE SUR LA LITTÉRATURE DE L’ÎLE AUX PARFUMS, NOTAMMENT UNE PETITE HISTOIRE DES LETTRES FRANCOPHONES À MAYOTTE (2015) DONT IL REPREND, APPROFONDIT ET ACTUALISE, DANS CETTE CHRONIQUE LITTÉRAIRE, LA MATIÈRE. Il fallait bien au moins deux volumes pour le thème suivant des Contes inédits de Mayotte (2010), à savoir les djinns, ces êtres surnaturels au cœur des croyances à Mayotte. Le thème du monstre est d’abord décliné dans les neuf premiers contes du troisième volume : « Ah ! que le monde est cruel ! », « Komba », « Maboira », « M’kouratibou, « Chaharizad », « Djinarou », « La colère des djinns », « Trandrayma » et « Nouhou, mangeur de requins ». Le conte intitulé « Komba » se présente comme la variante masculine du canevas de la fille qui refuse tous les prétendants. En effet, il s’agit ici d’un jeune homme qui refuse de se marier avec une femme de son village et part à la recherche de l’épouse idéale. Il tombe bientôt sur un être qui le subjugue : « Mais le garçon n’écouta pas sa mère. Et un bon matin, il prit son baluchon et partit pour la brousse à la recherche de l’épouse parfaite. Il marcha pendant des heures au milieu des arbres sans croiser personne. Puis, alors que le soleil s’apprêtait à se laisser engloutir par l’océan, il aperçut une très belle femme haut perchée sur un arbre ; elle était très claire de peau, et se cheveux, noirs et lisses comme la barbe du maïs, lui arrivaient jusqu’au chevilles. Une vraie fée… » (p. 16) Mais la jeune femme doit obéir à un interdit, celui de poser un pied au sol. Le jeune

homme charmé la prend donc sur son dos, puis n’arrive plus à s’en défaire. Il comprend alors que sa nouvelle compagne est un djinn lémurien qui ne se détachera de son dos qu’à sa mort, qui se produit bientôt. Conformément au titre komba, la femme redevient alors un maki et regagne la forêt. L’une des surprises que l’on peut éprouver à la lecture de ce conte est la façon dont il rejoint très précisément le thème de la « collante moitié », appelée telle par Claude Lévi-Strauss dans le troisième volume des Mythologiques (1968), intitulé « L’Origine des manières de la table ». Il existe donc, dans les mythes américains, un canevas mettant en scène une femme crampon qui vit sur le dos de son époux, canevas qui se retrouve dans les contes de l’océan Indien, à Mayotte. Un autre détail a peut-être retenu l’attention du lecteur, à savoir les deux critères de beauté de la femme : peau claire et cheveu lisse. Ce qui frappe alors, c’est l’écart avec l’apparence courante de la femme mahoraise. Un tel écart s’explique sans doute par la prédilection pour le type araboshirazien, dont l’un des prolongements peut être la femme européenne, mzunguette comme il est parfois dit. Dans « Trandrayma », on croise un coq qui n’en finit pas de grandir et devient cannibale. Le quatrième volume de Contes inédits de Mayotte propose une nouvelle galerie de monstres en huit textes : « La

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belle fille nue du lac », « Le Serpent en or », « La rivière interdite », « Zaza Viranou », « Le petit garçon et le monstre », « L’homme-diable » et « L’enfant Midjouza ».

corps en vue de se fabriquer un tam-tam, tout cela en l’espace de cinq minutes ; après quoi, il rejoignit tranquillement sa femme, avec la peau du garçon cachée dans sa poche. » (p. 57).

Approfondissons d’abord le mythe de la sirène à Mayotte tel qu’il est développé dans le conte intitulé « Zaza Viranou » dont Yoanne Tillier a proposé une décapante réécriture théâtrale. Dans la version du conte qui nous intéresse ici, un homme rencontre une sirène dont il sait qu’elle est un djinn qui lui procure richesse et enfant à condition qu’il ne révèle son nom à personne, ce qu’il fera malheureusement à cause d’un piège du roi. Il perd alors tout. Enfin, dans « L’homme-diable », on trouve un djinn qui transforme le frère de sa femme en instrument de musique, après l’avoir écorché vif : « L’homme conduisit le garçon derrière un buisson, à une centaine de mètres environ ; là, il l’étouffa et lui écorcha le

Mais plutôt que de terminer cruellement la chronique par une grimace, nous proposons au lecteur de sourire en découvrant, par une didascalie, la sirène qui monte à bord du bateau du pêcheur dans Zazavirano, la sirène de Mayotte (2009) par Yoanne Tillier : « Le pêcheur se trouve à un bout de la pirogue ; dans son dos, à l’autre bout, apparaît Zazavavirano qu’il ne voit pas d’abord. Elle portera un masque, un tuba, des palmes, une caméra sous-marine. Bien sûr, pas de queue de poisson. » (p. 36-37).

Christophe Cosker

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