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Printemps/été 2007, vol. 3 no 2

ENTREVUE avec

André Perrault

Convention de la poste-publications no 41122591

l’homme derrière le futur centre d’interprétation de l’eau LEED : une reconnaissance d’excellence environnementale Précision ou exactitude ? Voilà la question ! Prélèvement massif et exportation d’eau : entre tentation et tentative d’interdiction www.maya.cc


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Printemps/été 2007, vol. 3 no 2

tête-à-tête

sommaire CHRONIQUE

L’ invité BOUCAR DIOUF Douala et le vieux génie du baobab

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En lien avec la ministre LES CYANOBACTÉRIES : AGIR EN MODE PRÉVENTIF

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« Est-ce qu’Hydro Québec pourrait fonctionner sans compteurs ? À mon avis, la réponse est la même sur le plan de l’eau. Les bénéfices ne seront peut-être pas perceptibles pour tout le monde dès le départ. Mais il s’agit d’un moyen de gestion indispensable. Je suis convaincu que leur installation permettra de changer les mentalités des citoyens et même des administrations publiques. Certaines Villes se servent encore de l’eau pour financer d’autres services. »

INFRASTRUCTURE URBAINE LA RÉGLEMENTATION ET LA PROTECTION DES COURS D’EAU

SUR LE RADAR ET LE DÉVELOPPEMENT DE RESSOURCES HYDRIQUES ALTERNATIVES ?

ASSAINISSEMENT DÉCENTRALISÉ RÉTROLAVAGES AVEC ADOUCISSEURS D’EAU ÉVACUÉS DANS LES INSTALLATIONS SEPTIQUES

LE JURIDIQUE

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LE S B O N S C O NTA CTS

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L’ E N V E R S D U D É C O R

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EAUX USÉES

SANTÉ PUBLIQUE

LEED : UNE RECONNAISSANCE D’EXCELLENCE ENVIRONNEMENTALE

EAU, TOUR DU MONDE PLUS DE QUESTIONS QUE DE RÉPONSES…

LE MUNICIPAL PROCÉDURE DE RÉCEPTION SÉCURITAIRE DES PRODUITS CHIMIQUES — 2 E PARTIE

INSTRUMENTATION PRÉCISION OU EXACTITUDE ? VOILÀ LA QUESTION !

TARIFICATION SAVOIR QUAND S’ARRÊTER OU ÉVITER LES « TANT QU’À Y ÊTRE »

Éditeur et rédacteur en chef : André Dumouchel adumouchel@maya.cc

Direction artistique : MAYA communication et marketing Designer graphique : S’AMI graphie (Syma)

Ce magazine est imprimé sur papier à contenu recyclé grâce à la participation financière de Tricentris.

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 3 NO 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2007

Chroniqueurs : François Bédard, John Cigana, France Gauvreau, François Lecomte, Hervé Pageot, François Séguin, Christian Sauvageau, Gilles Vaillancourt et Christian Vézina

Photos de la page couverture et de l’entrevue : Studio Point DeVue Révision linguistique : Annie Talbot Impression : Impart-Litho

Coordination des ventes : André Dumouchel Tél. : 450 508-1515 adumouchel@maya.cc Abonnement et administration : MAYA communication et marketing 457, montée Lesage, Rosemère (Qc) J7A 4S2 Téléphone : 450 508-1515 Télécopieur : 450 508-1514 info@maya.cc www.maya.cc

© Tous droits réservés. Droits d’auteur et droits de reproduction : toute demande de reproduction doit être acheminée à MAYA communication et marketing aux coordonnées figurant ci-dessus. Les opinions et les idées contenues dans les articles n’engagent la responsabilité que de leurs auteurs. La publication d’annonces et de publicités ne signifie pas que le magazine SOURCE recommande ces produits et services. Convention de la poste-publications no 41122591. Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada aux coordonnées figurant ci-dessus. Dépôt légal : 1e trimestre 2005. ISSN 1712-9125. Le magazine SOURCE est publié 3 fois l’an.


« Votre argent et mon temps s’écoulent par les fuites de votre réseau. C'est pourquoi il vous faut des conduites de PEHD. » TUYAUX ET RACCORDS EN POLYÉTHYLÈNE HAUTE DENSITÉ SERVICE DE FUSION AU CHANTIER LOCATION D’ÉQUIPEMENTS DE FUSION SYSTÈME DE TUYAUTERIE PRÉISOLÉE

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É D I TO R I A L

Un été chaud en perspective Les prochains jours seront chauds. Pas seulement en termes de degrés Celsius, mais également au point de vue du domaine de l’eau en général. Le problème des algues bleues ne fera qu’empirer un peu partout au Québec ; au municipal, les pénuries de main-d’œuvre en plus des périodes de pointe anormalement élevées viendront compliquer la tâche des exploitants. Non, chers amis, on n’est pas sortie de l’auberge ! Seuls un travail méthodique et beaucoup de temps permettront de corriger le tir dans chacun des cas. Il faut donc retrousser nos manches, sensibiliser et être très patients… Prenons par exemple le fléau des algues bleues. Selon un texte de notre chroniqueur François Séguin, paru dans notre numéro d’hiver 2007, environ 300 lacs et cours d’eau étaient aux prises avec cette calamité à l’été 2006. Or, si nous partons du fait qu’elles n’ont attiré véritablement l’attention que l’an dernier et qu’elles prolifèrent à une vitesse incroyable, il n’est pas déraisonnable de penser qu’elles seront encore plus présentes dans nos cours d’eau cet été puisque notre temps de réaction n’est généralement pas très rapide quand il s’agit d’environnement. Il faut ajouter que le principal facteur responsable de la prolifération des cyanobactéries est la présence de phosphore dans l’eau et que cette présence est causée par une multitude de sources provenant d’autant d’acteurs différents. On ne peut donc pas enrayer le problème simplement en légiférant ou en éduquant un groupe spécifique de la société. La sensibilisation doit se faire auprès de plusieurs pollueurs, notamment les agglomérations, les propriétaires riverains, les producteurs agricoles et les propriétaires d’embarcations nautiques. Comme vous pouvez le constater, le dragon a plusieurs têtes et ne sera par conséquent pas facile à vaincre. Du côté municipal, la période estivale entraîne une pénurie de maind’œuvre. Comme le mentionnait notre chroniqueur Christian Sauvageau dans nos pages, il y a de cela un peu plus d’un an, les vacances des employés permanents, jumelées à l’application de l’article 44 du RQEP, rendent la tâche impossible aux gestionnaires de l’eau potable. Initialement, l’article 44 avait pour objectif de s’assurer que toute personne devant opérer des installations de production d’eau potable ait terminé une formation en traitement des eaux reconnue par le gouvernement, excluant de ce fait la possibilité d’embaucher des étudiants comme c’est généralement le cas. En théorie, le principe est fort louable. Toutefois, en pratique, c’est une autre histoire ! Comme il y a pénurie de main-d’œuvre même en hiver, imaginez le manque en été…

André Dumouchel

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adumouchel@maya.cc

Il y a finalement les périodes de pointe dans les usines de production d’eau potable qui viendront complexifier le travail des gestionnaires de l’eau municipale. Ces pointes, quelquefois si élevées qu’elles occasionnent des pénuries d’eau potable, font se multiplier les avis d’ébullition même si les technologies se sont améliorées et que les capacités de production n’ont cessé d’augmenter au fil des ans.

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 3 NO 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2007

Alors que je faisais mes premiers pas dans le domaine il y a quelques années, Hubert Demard, grand boubou de l’économie d’eau au Québec, m’avait affirmé que ces pointes de consommation

durant l’été pouvaient être néfastes pour l’économie municipale. Il m’avait expliqué que les municipalités procédaient à l’agrandissement de leurs usines pour pouvoir répondre à ces périodes de surconsommation. Chiffres à l’appui, il m’a démontré que les usines ont une capacité de production d’eau potable largement suffisante tout au cours de l’année, mais se retrouvent dans une phase critique au moment même où les citoyens sortent leurs boyaux d’arrosage. Puisque je suis convaincu que l’éducation et la sensibilisation ne sont efficaces pour tout groupe que lorsqu’elles sont accompagnées d’une forme de répression, je me demande depuis ce temps pourquoi les compteurs d’eau ne sont pas implantés partout, de manière systématique. Bien qu’il y ait un prix politique à payer pour mettre sur pied une politique de l’utilisateur payeur, je demeure convaincu que la conjoncture favorise politiquement de telles mesures. D’une manière certaine, les citoyens sont beaucoup plus en faveur de ce principe qu’ils ne l’étaient dans le passé, diminuant du coup les pertes d’appuis politiques. La saine gestion a la cote. Elle pourrait même valoir de nouveaux appuis. Pourquoi ne pas en profiter ? Nous en sortirons tous gagnants. En attendant, l’été sera chaud, tellement chaud que certains seront malheureusement tentés d’arroser leurs entrées pour ne pas s’y brûler les pieds. Quand je vous dis qu’on doit retrousser nos manches, sensibiliser et être très patients… ■


En lien avec la ministre Les cyanobactéries : agir en mode préventif À titre de ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, un mandat de taille m’a été confié, celui de faire du Québec d’aujourd’hui et de demain un leader du développement durable. Dans la foulée des initiatives entreprises par notre gouvernement lors du premier mandat, je travaillerai prioritairement à ce que le Québec atteigne les objectifs du Protocole de Kyoto en matière de lutte contre les changements climatiques. J’assurerai aussi la mise en œuvre de la Loi sur le développement durable et la mise sur pied du Fonds vert et je soutiendrai le développement des technologies vertes.

Mme Line Beauchamp Ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs

Au cours de mon mandat, je veillerai également à protéger l'eau et à assurer la pérennité de cette ressource, et ce, en portant une attention particulière à tout phénomène qui menace la protection de la santé publique et des écosystèmes. D’ailleurs, depuis quelques années, la présence de fleurs d’eau de cyanobactéries, ou d’algues bleu-vert, est en croissance dans les milieux aquatiques. Ce phénomène a été constaté à plusieurs endroits dans le monde et le Québec ne fait pas exception.

Ce guide a pour but d’aider les citoyens à reconnaître les fleurs d’eau et de permettre une intervention plus rapide et plus efficace. Comme on le sait, les fleurs d’eau de cyanobactéries ont de nombreux impacts négatifs. Elles perturbent l’équilibre écologique des milieux aquatiques et détériorent leur apparence. De plus, elles présentent un risque pour la santé publique en raison de leur potentiel irritant, allergène et toxique. Il est donc important de respecter les avis de santé publique sur les usages de l’eau à éviter comme la baignade et même dans certains cas, la consommation d’eau. Le phosphore est le principal facteur qui favorise le développement et la croissance des fleurs d’eau de cyanobactéries. Pour les enrayer ou prévenir leur apparition, il faut contrôler les apports de phosphore, tant au niveau du plan d’eau que des bassins versants. Pour ce faire, il est important que les nombreux intervenants locaux, propriétaires riverains, décideurs municipaux et industriels, forestiers et pisciculteurs, agriculteurs ou simples citoyens, se regroupent et agissent en concertation pour adopter des comportements préventifs afin d’éviter ou de corriger les problèmes dans ce domaine.

Concrètement, les Tr è s s e n s i b l e à Pour les enrayer ou prévenir leur apparition, il faut actions à mettre en cette problématique, doivent viser à le Ministère assure, contrôler les apports de phosphore, tant au niveau du place réduire les apports depuis 2004, la resplan d’eau que des bassins versants. en phosphore qui ponsabilité du Plan proviennent des d’intervention sur la gestion des fleurs d’eau de cyanobactéries au Québec. Cette rejets d’eaux usées non traitées ou insuffisamment traitées et qui initiative s’inscrit dans les priorités du Ministère, qui se fait un sont de nature domestique, municipale, piscicole ou industrielle. Il devoir de protéger l’environnement tout en assurant le mieux-être est aussi recommandé d’adopter de meilleures pratiques agricoles de la population. Travaillant en étroite collaboration avec les direc- et forestières, de gérer plus efficacement les installations septions de santé publique, le Ministère traite tous les cas signalés tiques individuelles pour qu’elles soient conformes, de réduire ou avec diligence. À la suite de plaintes, il fait des constatations même d’enrayer l’emploi d’engrais ou de compost sur les pelouses, visuelles, confirme la présence de fleurs d’eau dans les milieux etc. Il faut également protéger, réhabiliter et revégéter les rives et aquatiques concernés, y prélève des échantillons et les fait analyser les milieux humides pour réduire au minimum le déversement des par le Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec, charges de phosphore dans les lacs et les cours d’eau. Ces gestes une agence du Ministère. Ensuite, selon les résultats d’analyse, les sont significatifs pour la protection de l’environnement et permettent directions de santé publique peuvent émettre des avis à la population de prévenir ou de réduire d’autres manifestations d’eutrophisation, dont la prolifération d’autres algues ou de plantes aquatiques. sur les risques pour la santé et sur les comportements à adopter. En 2006, une centaine de milieux aquatiques touchés par les fleurs d’eau de cyanobactéries a été répertoriée sur le territoire du Québec, comparativement à une cinquantaine en 2005. Conséquence d’une présence accrue de phosphore dans certains lacs et cours d’eau, l’augmentation du nombre de cas observés et signalés au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs reflète aussi le souci accru du public de repérer et de signaler ce phénomène. Cela démontre à quel point, afin d’éliminer ces fleurs d’eau ou de ralentir leur prolifération, il importe d’agir en mode préventif et de sensibiliser tous les acteurs qui peuvent collaborer à la préservation des lacs et des cours d’eau du Québec. Toujours dans l’objectif de protéger les usagers des milieux aquatiques, le Ministère, en plus d’assurer le Plan d’intervention, a élaboré un guide d’identification des fleurs d’eau de cyanobactéries. 8

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 3 NO. 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2007

Compte tenu de leurs impacts importants et diversifiés, les fleurs d’eau de cyanobactéries s’avèrent un phénomène qu’il faut réduire ou prévenir. Tous et chacun détenons le pouvoir de collaborer à la préservation des lacs et des cours d’eau du Québec. Pour vivre dans un Québec de qualité, aujourd’hui comme demain, nous devons faire des choix responsables qui s’inscrivent dans la voie du développement durable. Pour en savoir davantage sur les fleurs d’eau de cyanobactéries, vous pouvez consulter le site Internet du Ministère au http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/flrivlac/toxiques.htm.


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L’ invité

Boucar Diouf

hie anograp t en océ se tourne ra to c o nu un d à Rimouski, il ue, ses c voir obte Après a rsité du Québe et charismatiq Juste s le e n iv rô n io – Comment se fait-il que je ne vous nt. D audit de l’U eigneme s’inscrire aux d’humour, de s n e l’ aie jamais vus ? demanda Douala. rs e à ve g t s n n e e la in ica incit x mé – Parce que ton cœur s’est refermé élèves l’ Son s avoureu e chansons afr fléchir d . ré t re avec l'âge. Quand tu étais petit, e it ri s fa r e u f po erb iou ectacle de prov oucar D nous nous voyions souvent. Ton contes, ntanément. B ifférent. Son sp ta d père, de temps en temps, coupait s in r. in ri e v ît n u n la o p perso à déc t e e s quelques branches de ce baobab is e u la iq mag et ne pendant la saison sèche pour Cité est r e iv ’H D nourrir ses vaches. Je ne sais pas si tu te souviens, mais il déposait toujours une calebasse de lait au pied de l’arbre. Il le faisait pour nous demander pardon. Il – Parce que le baobab était là avant toi, savait qu’on adorait le lait. Lui nous a vus répondit la voix. Parce que la plupart des toute sa vie parce qu’il avait des yeux parhabitants du baobab, y compris les tout sur le cœur. Savais-tu, Douala, que si chauves-souris, étaient là avant toi. Parce on compte les insectes, il y a plus de dix que ce sont les chauves-souris qui ont mille âmes dont la vie dépend de ce baoDouala vivait avec sa femme et ses deux ramené sur cette terre la graine qui a bab ? enfants sur la terre de ses ancêtres, dans engendré ce grand baobab. Que ferais-tu – Non ! répondit Douala. le petit village de Fayako. Il vivait de l’agrisi quelqu’un décidait de brûler les cases – C’est l’équivalent du nombre de perculture et de l’élevage des vaches à de ta maison où dorment tes deux garsonnes que l’on retrouve dans toute la longues cornes que l’on retrouve un peu çons, Mati et Dodo, ainsi que ta femme région. Et je suis certain que ces gens ne partout dans la savane africaine. C’était la Bineta ? laisseraient personne mettre en danger saison sèche et l’harmattan, ce vent – Comment as-tu fait pour connaître tous la vie de leur famille et celle de leurs amis. chaud et sec qui vient du Sahara, se failes noms des membres de ma famille ? Même si tu ne les vois pas, ces habitants sait de plus en plus sentir. Il soulevait la demanda Douala. du baobab sont là et prient pour que tu poussière sur les chemins et fendillait les – Tes enfants sont nés devant moi. Toi, déposes cette hache que tu es en train murs d’argile des cases du village. Même ton père ainsi que ton grand-père êtes d’aiguiser. les lézards et autres petits reptiles venus au monde devant moi. Je suis le venaient se cacher dans les fentes des chef des Kous, les petits génies qui vivent Douala décida de ne pas couper le baomurs pour protéger leur peau écailleuse dans les baobabs. Tu te rappelles, quand bab, mais il continua de penser qu’il avait de la chaleur. tu étais petit ? Ton père te demandait tourêvé. Le soir venu, il fit part de sa décision jours de dénouer les tresses sur la crinièà ses enfants « C’est très bien, papa ! Un matin de cette saison inhospitalière, re de votre cheval blanc. répondit Dodo. Ce serait dommage, parce Douala se leva et décida de couper le – Oui, je me souviens ! que chaque soir, dans mes rêves, je changrand baobab qui était juste à côté de sa – Ce sont mes petits-enfants qui, chaque te et joue du tam-tam avec des petits maison. L’arbre était si vieux que son soir, faisaient ces tresses pour s’amuser bonshommes rigolos qui adorent le lait et tronc s’était creusé d’un énorme trou qui avec toi. Tu te rappelles également, pourqui vivent dans le baobab. Et tu sais quoi ? servait de maison à une grande colonie suivit le génie, des sons de tambours et poursuivit dodo. Ils m’ont dit que leur de chauves-souris. Douala voulait couper des chants qui te berçaient chaque soir grand-père avait huit cents ans. » l’arbre à cause des chauves-souris qui dans tes rêves ? l’avaient réveillé de leurs cris aigus une – Oui, je me souviens ! On dit que c’est depuis la rencontre de ou deux fois depuis le début de la saison – Ce sont mes petits-enfants qui jouaient Douala et du grand-père Kous qu’il est sèche. cette musique pour toi. En fait, toi, tu interdit de couper les grands et vieux trouvais cela amusant, mais eux faibaobabs dans certaines régions Ce matin-là, Douala sortit sa grande saient ce que nous avions toujours fait d’Afrique. ■ hache qu’il avait héritée de son père. Il pour ta famille : ils jouaient et chantaient s’était décidé à régler ses comptes avec toute la nuit pour éloigner les hyènes de les mammifères volants. Quand il comvos animaux, des vaches que ton père mença à aiguiser sa hache sous le baot’a laissées en héritage et qui, aujourbab, une voix parvint à son oreille. La voix d’hui nourrissent tes enfants de leur lait. était si proche que Douala se retourna pour voir si la personne qui lui parlait était 15 juin Montréal, Place des Arts. derrière lui. Il n’y avait personne. La voix 16 juin Montréal, Place des Arts. lui parla une deuxième fois. Elle disait : 28 juin Québec, Le Grand Rire, spectacle de Dieudonné – Je ne sais pas pourquoi tu prépares ta 29 juin Québec, Le Grand Rire, spectacle de hache, mais tu ne dois pas couper cet Normand Brathwaite arbre. 13 juillet St-Eustache, au Théâtre des Érables – Qui parle ? demanda Douala. 14 juillet St-Eustache, au Théâtre des Érables – Un locataire, un des multiples habitants 5 octobre Ste-Geneviève de ce grand baobab ! 6 octobre Longueuil – Et pourquoi je ne devrais pas couper 21 octobre St-Jérôme cet arbre qui abrite toutes les chauvessouris de la région qui m’empêchent de Boucar coanime l’émission Des kiwis et des hommes en compagnie de dormir avec leurs cris aigus ? Francis Reddy sur les ondes de Radio-Canada jusqu’à mi-septembre.

EN SPECTACLE

Douala et le vieux génie du baobab

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 3 NO. 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2007


SPECTACLE de l’humoriste

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tête-à-tête

Quel type de jeune garçon étiez-vous ? Mis à part le fait que j’ai sauté ma 3e année, je dirais que j’étais un enfant tout ce qu’il y a de plus normal. Je ne ressortais pas de la masse, mais j’ai été bien actif, que ce soit dans les activités ou dans les sports. J’étais un grand fan du Canadien de Montréal, plus particulièrement de Maurice Richard. Avez-vous travaillé sur la ferme ? Oui, un peu. Chaque fois que je revenais à la maison, je mettais la main à la pâte. Comme je n’aimais pas beaucoup y travailler, j’imagine que cela a contribué à me motiver à poursuivre mes études ! (Rires.) Aviez-vous choisi un champ d’études particulier ? En fait, le cours était le même pour tout le monde. Cependant, trois options s’offraient à nous lors des deux dernières années. Moi, j’ai choisi les sciences physiques qui menaient vers les facultés de génie. Où avez-vous fait vos études universitaires ? J’ai fait mon entrée à l’école Polytechnique de Montréal en 1959 à l’âge de 20 ans. J’ai pu commencer mes études dès le départ en 2e année, puisque j’avais suivi mon cours classique avec spécialisation en sciences.

ENTREVUE avec

André Perrault Entrevue réalisée par André Dumouchel

ARRIVÉ

TOUT JUSTE APRÈS LA CRÉATION DE LA

VILLE

DE

LAVAL, ANDRÉ PERRAULT

A ÉTÉ

CONFRONTÉ AUX TRÈS NOMBREUX DÉFIS EN EAU POTABLE ET USÉE DE LA VILLE NAISSANTE. SEUL INGÉNIEUR DE LA

VILLE DANS SON DÉPARTEMENT, IL DEVAIT TROUVER DES SOLUTIONS RAPIDES

ET EFFICACES AUX PROBLÈMES ENGENDRÉS PAR LA FUSION ET LA CROISSANCE FULGURANTE DE LA POPULATION. LOIN DE BAISSER LES BRAS, IL A SU RELEVER LE DÉFI AVEC BRIO .

O FFICI E LLE M E NT R ETRAITÉ DE LA V I LLE P ERRAULT S’EST ATTAQUÉ À UN MAGNIFIQUE

DE PU IS DÉCE M B R E

1999,

MONSI E U R

PROJET QUI CONTRIBUERA À ÉDUQUER ET

LE CHEMIN DE L’EAU, DE LA RIVIÈRE À BIEN LOIN DE S’ÊTRE ARRÊTÉ, CET HOMME APPORTE ENCORE DE L’EAU AU MOULIN LE MAGAZINE SOURCE L’A RENCONTRÉ POUR VOUS. À RENSEIGNER LES GÉNÉRATIONS FUTURES SUR LA RIVIÈRE.

Comment s’est passée votre enfance ? Je suis le benjamin d’une famille de huit enfants. J’ai grandi près de Granby, plus précisément à Ste-Cécile-deMilton, sur une ferme. J’y ai passé toute ma jeunesse jusqu’à l’âge de 20 ans. Toutefois, comme un grand nombre des jeunes de l’époque, à l’âge de 13 ans, je

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 3 NO. 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2007

suis devenu pensionnaire au séminaire de St-Hyacinthe (aujourd’hui le Collège Antoine-Girouard) où j’ai fait mon cours classique. On y passait 10 mois par année avec quelques rares retours à la maison, qui servaient entre autres à laver nos vêtements et à les raccommoder, car ils en avaient bien souvent grand besoin !

En gardez-vous un bon souvenir ? Oui, beaucoup, après tout j’avais 20 ans ! (Rires.) Bien sûr, la charge de travail était importante, mais l’esprit de camaraderie et l’absence de lutte des classes sociales entre les étudiants étaient appréciables. Du point de vue social, j’ai bien sûr participé à plusieurs visites de brasseries, mais je n’étais pas le plus assidu. C’est peut-être ce qui fait que j’ai réussi mes études. (Rires.) Les cours étaient-ils mixtes ? Oui, mais il y avait très peu de femmes. Sur 1500 élèves, il devait n’y avoir que 5 ou 6 filles. De ce nombre, il y avait ma consœur de génie civil, Michèle Thibodeau-De Guire, aujourd’hui présidente de Centraide. Quelle a été votre première expérience de travail ? Je travaillais à l’occasion au marché général du village. Je plaçais la marchandise et livrais les commandes. Par la suite, j’ai travaillé pour Hydro Québec durant toute la durée de mes études universitaires. Je m’étais mis en tête de subvenir à mes propres besoins. J’estimais que mon père en avait fait bien assez pour moi.


tête-à-tête Pour qui avez-vous travaillé par la suite ? Je suis devenu chef de la division des eaux à la toute nouvelle Ville de Laval en octobre 1967. Quelle était la situation de l’eau à votre arrivée à la Ville ? Laval n’était constituée légalement que depuis le 6 août 1965. Donc tout était à faire. Je me suis retrouvé à 28 ans, seul ingénieur du département en charge de 6 usines de filtration, de 6 usines d’épuration des eaux et de 80 employés.

Plus jeune, quelle était votre ambition professionnelle ? Je rêvais d’être entrepreneur. Mais en même temps, je n’ai jamais eu de plan. Je me suis toujours laissé porter par la vie. J’ai tout simplement saisi les opportunités lorsqu’elles m’étaient offertes. Quel a été votre premier emploi relié à votre domaine d’études ? Comme je travaillais depuis quelques années chez Hydro Québec à titre d’étudiant, on m’a évidemment offert un emploi comme ingénieur sur le projet Manic 5. Il faut dire qu’il y avait une explosion de projets à cette époque. Mais comme j’étais jeune marié, j’ai refusé cette offre. De plus, je ne voulais pas être pris dans un cercle vicieux en prenant de l’expérience dans ce type de projet. J’aurais probablement été forcé de poursuivre par la suite au Labrador et d’autres endroits retirés, ce qui ne m’enchantait guère. Après avoir discuté avec des copains, j’ai plutôt opté pour un emploi à la toute nouvelle Régie d’épuration des eaux, ancêtre en quelque sorte du ministère de l’Environnement. Le docteur Gustave Prévost en était le directeur. Il était un véritable visionnaire. Je lui voue une grande admiration et il m’a profondément marqué. Mais comme il déplaçait beaucoup d’air, les politiciens ont tôt fait de le remplacer. Toutefois, il a eu le temps de me permettre, à moi et à deux collègues, d’aller faire une maîtrise en génie sanitaire à l’université Purdue aux États-Unis. Pourquoi avoir quitté la Régie ? À notre retour, la Régie était en pleine mutation. Elle devenait la Régie des eaux (englobant désormais l’eau potable) et les bureaux allaient être transférés à Québec. Je n’étais pas complètement fermé à l’idée d’y déménager, mais il y avait tellement d’occasions d’emploi dans la région que cela n’a pas été nécessaire.

La fusion des villes à l’origine de Laval avait causé le gel des investissements sur le plan des infrastructures. Avec l’accroissement rapide de la population, les usines de traitement d’eau se voyaient complètement surchargées, de sorte que des mois de mai à août, des gens de tous les secteurs manquaient d’eau. Lors des journées chaudes, nous devions avoir au moins deux personnes pour répondre aux appels des citoyens. J’avais un voisin qui possédait un double terrain de grande superficie et qui l’arrosait à l’aide de cinq arrosoirs. Son système marchait durant la journée entière. Un jour, en revenant à la maison et en observant ses gicleurs, j’ai décidé de calculer la quantité d’eau gaspillée. J’ai estimé la consommation d’au minimum 3 000 à 4 000 gallons d’eau par jour. Je me suis dit que c’était assez. C’est pourquoi, dès 1971, j’ai fait préparer un règlement restreignant les heures d’arrosage pour nous aider à pallier cette lacune. Je crois bien d’ailleurs que nous avons été les premiers à le faire. Je ne le lui ai jamais dit, mais mon voisin est à l’origine du premier règlement sur l’arrosage ! (Rires.) Quels ont été vos plus grands défis durant votre mandat ? Les deux plus grands défis étaient assurément de relier les différents secteurs, car tous les réseaux étaient indépendants. Il nous fallait en plus procéder à l’agrandissement des usines de traitement. Tout se faisait en même temps, la tâche était colossale. Pour ce qui est des eaux usées, l’élaboration d’un plan directeur n’a pas été une mince tâche, puisque sous l’insistance du Dr Prévost, les anciennes villes avaient bougé à cet effet chacune de leur côté. Il fallait donc maintenant unifier et avoir une vision globale de l’île plutôt qu’une approche fragmentée. Était-ce difficile de recevoir l’appui financier de l’administration pour la réalisation de ces projets ? Non, puisque c’ét ait des années

d’expansion, principalement de 1968 à 1980. J’estime même que 80 % des dépenses de la Ville avaient un lien avec le traitement de l’eau et ses réseaux. La fusion des villes à la base de la Ville de Laval était-elle une bonne chose selon vous ? Je crois que ce fut une très bonne chose, et ce, tant du point de vue des services que du budget. Je peux même affirmer qu’en 1975, nous produisions de l’eau à un coût moins élevé qu’en 1965. Quels ont été les postes que vous avez occupés à la Ville ? De 1967 à 1975, j’ai été chef de la division des eaux. Par la suite, dans la foulée des différents changements administratifs, j’ai été nommé directeur assistant du service de l’ingénierie. En 1988, la Ville a créé un service de l’environnement duquel j’ai été le directeur. Bien sûr, je gérais toujours l’eau sur le territoire, mais je m’occupais maintenant également des déchets, du recyclage et de la salubrité. C’est d’ailleurs en 1989 que nous avons installé les premiers îlots de recyclage. J’ai occupé ce poste jusqu’à ma retraite le 31 décembre 1999. Je n’ai pas résisté au bogue de l’an 2000 ! (Rires.) Durant votre carrière, avez-vous eu envie de quitter le municipal ? La Ville comblait très bien mes aspirations. J’ai bien sûr eu certaines offres de la part de gens du privé, mais je les ai toutes refusées. Il aurait fallu qu’elles me permettent de relever des défis aus s i int éres s ant s q ue c e u x qu i m’étaient présentés dans le municipal. Il faut croire que l’argent n’était pas tout ce qui importait pour moi. Vous avez également fait du bénévolat… Oh que oui ! J’ai d’ailleurs investi beaucoup de temps dans différentes organisations. Mon épouse peut sûrement en attester ! J’ai milité à la Jeune Chambre de commerce de la Ville de Montréal dont j’ai été le président de 1972 à 1973. Je me suis aussi beaucoup impliqué à l’AQTE (ancêtre de Réseau environnement) qui a mis beaucoup de pression pour que je devienne son premier directeur général. Le conseil d’administration avait même passé une résolution pour m’octroyer le poste. Mais comme j’avais beaucoup de défis à la Ville de Laval, je n’ai pas accepté l’offre. J’ai par contre participé à plusieurs comités en plus d’être trésorier, vice-président et même président en 1979-1980. Votre femme n’a-t-elle pas travaillé pour l’AQTE ? Oui, à compter de 1982. Elle s’occupait

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tête-à-tête de la vente d’espace publicitaire d’une autre revue, et comme l’AQTE avait besoin d’une personne pour faire le même type de travail et que Francine connaissait bien les gens de l’industrie pour m’avoir accompagné durant toutes ces années, elle devenait toute désignée pour remplir cette fonction. Elle y est restée plusieurs années et a adoré l’expérience. Comment s’est déroulé le passage à la retraite ? (Rires.) Encore une fois, je n’avais pas de plan. Mais je suis quelqu’un de très curieux. Je m’intéresse à plein de choses, ce qui fait que je ne peux pas concevoir m’ennuyer un jour. Toutefois, au moment de prendre ma retraite, j’ai dit à certaines personnes que j’étais disposé à faire quelques mandats dans mon champ d’expertise. J’ai donc réalisé de petits mandats à gauche et à droite, notamment pour Dessau dans le milieu de l’eau potable, pour Chamard et Associés relativement aux matières résiduelles et bien sûr pour le gouvernement du Québec sur le comité de transition de la Ville de Montréal. J’ai également aidé Claude Lefebvre à convaincre le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, à accepter la présidence du CERIU. Ce dernier m’a d’ailleurs demandé d’agir à titre de conseiller pour représenter la Ville au sein de l’organisme. Je vais continuer d’être actif en acceptant de petits mandats et en m’occupant du C.I.EAU. Je suis convaincu que l’on vieillit moins vite en agissant de la sorte, autant physiquement qu’intellectuellement. D’où vous est venue l’idée de créer le C.I.EAU ? Du manque de conscience de la part de gens en général. Je me suis dit qu’il n’y avait personne de mieux placé que quelqu’un qui

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a œuvré dans le milieu toute sa vie pour monter ce projet et partager sa passion sur la ressource. Quelle a été la réponse des gens à l’égard du projet ? Incroyable ! Que ce soit sur le plan politique ou industriel ou même des gens qui m’entourent. C’est ce qui m’a le plus réjoui, c’est la réponse des gens. Tous étaient enthousiastes et m’encourageaient à aller de l’avant. Les gens croyaient que le projet méritait d’être mis sur pied. Qui sont vos grands partenaires financiers ? Nous avons obtenu une somme importante de la Conférence régionale des élus (314 000 $), en plus des entreprises Degrémont (50 000 $), John Meunier (50 000 $ ), Gaz Métropolitain (30 000 $), Cima (25 000 $), Dessau-Soprin (25 000 $), Tecsult (25 000 $), Hyprescon (25 000 $) et ITT Flygt (10 000 $). Bien entendu, la Ville de Laval participe également en échange de services. Nous aurons également une aide provenant des gouvernements fédéral et provincial qui devrait osciller autour de 400 000 $. Il s’agit d’un programme portant sur les infrastructures, plus particulièrement sur le patrimoine. En quoi consiste le C.I.EAU ? Il s’agit d’un centre d’interprétation de l’eau dont la mission est de sensibiliser la population en général, principalement les jeunes d’âge scolaire, à l’importance de cette ressource vitale. Le centre comportera deux volets : un laboratoire et une exposition. Il est à noter que ce programme a été créé en collaboration avec la commission scolaire en fonction de la réforme scolaire. L’objectif est de faire en sorte que la visite du centre soit incluse dans le programme scolaire des jeunes de 5e ou 6e année. Il y aura une préparation en classe par le professeur, à l’aide d’un manuel qui est en cours d’élaboration. Les élèves viendront ensuite réaliser des expériences dans la section laboratoire du centre prévu à cet effet, pour ensuite faire un retour en classe sur ce qu’ils auront appris. Pour ce qui est de la partie exposition Le chemin de l’eau, de la rivière à la rivière, il comportera 10 modules où les gens pourront, de manière interactive, comprendre le chemin que parcourt l’eau, que ce soit à l’étape du traitement, de la distribution ou même des bonnes pratiques à mettre de l’avant pour éviter le gaspillage. Le tout à l’aide d’objets historiques ou récents, de cartes, d’images, de vidéos et de textes explicatifs. Cette portion du centre est créée par des experts en communication et en muséologie qui ont une vaste expérience dans ce type d’exposition. Ils m’ont d’ailleurs garanti que les résultats seront uniques et extrêmement intéressants !


tête-à-tête Existe-t-il d’autres centres de ce type au Québec ? Au Canada ? Non, pas à ma connaissance. Mis à part possiblement un site en Belgique. Il y a bien une maison de l’eau à Sherbrooke, mais il s’agit davantage d’une exposition axée sur la faune. Quelles seront les plages horaires du centre ? Nous devrions être ouverts entre cinq et six jours par semaine de la fête des Patriotes à l’Action de grâce. Pour la période d’hiver, nous devrions accueillir les groupes de jeunes ou d’adultes sur rendez-vous. Nous aimerions aussi développer des conférences thématiques pour les groupes associatifs ou professionnels. En bref, plusieurs options sont envisagées puisque les occasions sont nombreuses. Quels sont les coûts ? Les frais d’entrée devraient être assez minimes, soit de l’ordre de 3 à 5 $. Où sera situé le centre ? À l’usine de traitement des eaux de Ste-Rose à Laval, au 4, rue Hotte. La Ville doit d’ailleurs amorcer les travaux pour

aménager une entrée indépendante et séparée incessamment. Nos locaux seront complètement autonomes de l’usine. Avez-vous reçu l’appui financier nécessaire ? Il s’agit d’un projet comportant un budget d’environ un million de dollars qui, avec l’engagement des gouvernements fédéral et provincial, sera complété. Bien entendu, nous sommes choyés que la Ville nous fournisse le local, l’électricité et le chauffage gracieusement. Avez-vous encore besoin d’articles ou d’argent ? Qui n’en a pas besoin ? (Rires.) Plus sérieusement, nous aimerions refaire un cocktail dînatoire qui, nous le souhaitons, serait un événement annuel. Cela nous permettrait de rester en contact avec les gens et de s’assurer qu’ils comprennent notre mission. Quelle sera la date d’ouverture ? Les délais sont un peu plus longs que prévus, mais nous croyons être en mesure d’ouvrir nos portes vers la fin de l’année. Du moins, c’est notre souhait le plus cher. Espérons que les astres s’aligneront.

Dans un autre registre, comment expliquez-vous l’augmentation de la consommation d’eau embouteillée ? Il s’agit tout simplement d’un combat inégal. Les embouteilleurs disposent de moyens financiers incroyables pour mousser leurs produits alors que les Villes pourraient difficilement le faire sans essuyer des critiques. Que pensez-vous des PPP ? Je ne suis pas contre le principe. Il s’agit toutefois de trouver le juste dosage permettant de rendre le tout efficace en évitant que les multinationales prennent le contrôle de la ressource qui doit demeurer de propriété publique. Êtes-vous en faveur de l’implantation de compteurs d’eau ? Je suis totalement en faveur. Est-ce qu’Hydro Québec pourrait fonctionner sans compteurs ? À mon avis, la réponse est la même sur le plan de l’eau. Les bénéfices ne seront peut-être pas perceptibles pour tout le monde dès le départ. Mais il s’agit d’un moyen de gestion indispensable. Je suis convaincu que leur installation permettra de changer les mentalités des citoyens et même des administrations publiques.

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tête-à-tête Certaines Villes se servent encore de l’eau pour financer d’autres services. On augmente la tarification de l’eau de 20 $, mais ces 20 $ ne servent pas toujours à améliorer la qualité de l’eau. C’est encore trop facile. En général, l’agrandissement d’une usine représente-t-il un non-sens quand on connaît le taux de fuites alarmant ? Il est évident que la recherche de fuites est primordiale. Cependant, c’est là où entrent en jeu les compteurs. Ils permettent d’établir clairement les consommations domestique et industrielle ainsi que de détecter les fuites. Sans quoi, chacun des départements se renvoie la balle. En conséquence, une telle gestion permet de pouvoir limiter les agrandissements et même d’augmenter la durée de vie des équipements. La Ville de Laval retire-t-elle de grands bénéfices à participer à la chaire industrielle en eau potable de la Polytechnique ? Je suis bien sûr de moins en moins au courant, mais elle en a très certainement bénéficié par le passé. Sa participation a

permis d’avoir accès à des solutions novatrices, ne serait-ce que sur le plan des filtres aux charbons actifs, économisant ainsi des sommes importantes. Les projets ont été très nombreux et la collaboration continue. De plus, l’une des personnes maintenant responsables de la filière eau potable à la Ville (Denis Allard) a travaillé à la chaire durant plusieurs années. Quels sont les enjeux majeurs qui guettent le milieu de l’eau ? Les changements technologiques. On n’a qu’à penser aux techniques membranaires qui pointent et qui représenteront un beau défi pour les usines. Mais outre ces changements, le simple fait de continuer à produire une eau potable de qualité représentera un défi en lui-même si les gens ne prennent pas conscience de l’importance de cette ressource. Monsieur Perrault, merci beaucoup.

On le cuisine pour vous! Qui a été votre mentor ? Gilles Jolicoeur. C’était un ingénieur doté d’un esprit d’analyse sans pareil. Avez-vous un grand regret ? Non. Comme je ne m’étais jamais fixé d’objectif, je ne peux être déçu. De plus, j’estime avoir bien rempli ma vie jusqu’à présent. Quel est votre handicap au golf ? Le golf en tant que tel ! (Rires.) Plus sérieusement, 17. Devrions-nous nous inspirer davantage de ce qui se fait en Europe ou aux États-Unis en matière de gestion de l’eau ? Des deux. Les États-Unis sont généralement plus conservateurs que les Européens, c’est pourquoi la combinaison des deux approches est intéressante. Buvez-vous l’eau du robinet ? Oh oui, c’est presque une religion. Qu’est-ce qui pourrait vous faire arrêter de consommer l’eau du robinet ? Le mauvais goût de l’eau.

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Dans quelles circonstances avezvous pleuré pour la dernière fois ? Ouf, il y a bien longtemps ! Probablement à la mort de mes parents il y a vingt ans. Depuis, je n’ai pas eu à affronter de grandes épreuves de la vie. Tout mon entourage est en pleine santé. Quelle est votre plus grande réussite sur le plan personnel ? Ma famille. Je suis fier d’avoir trois enfants qui sont parfaitement autonomes et bien positionnés dans la vie. Et sur le plan professionnel ? D’avoir contribué à la qualité et à la bonne réputation de l’eau produite à la Ville de Laval.

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Est-ce facile de travailler avec le maire Vaillancourt ? Pour moi, oui. Le maire Vaillancourt est excessivement travaillant et connaît très bien ses dossiers. De plus, je trouve que c’est un homme qui a de belles valeurs. Comment pourrions-nous contrer le gaspillage de l’eau potable ? Il est essentiel que les usagers connaissent la valeur réelle de l’eau. La tarification apparaissant sur le compte d’impôt municipal doit refléter un coût logique et non symbolique de l’eau, comme c’est souvent le cas. L’installation de compteurs d’eau est également essentielle dans la mesure où elle fera en sorte de conscientiser les utilisateurs à leur consommation. Cultivez-vous un certain intérêt pour la politique ? J’ai un très grand respect pour les politiciens. Leur travail n’est pas facile. Mais ce n’est pas pour moi. Quelle est la personne publique que vous aimeriez voir faire le saut en politique ? Aucun individu en particulier, mais je

crois que nous aurions besoin davantage de gens qui ont réussi en affaires. Des gens provenant de grandes entreprises comme Bombardier et Quebecor pourraient sûrement être un atout pour notre gouvernement. Sommes-nous à l’abri d’un Walkerton québécois ? Oui, à condition de demeurer vigilants et de bien s’occuper de nos infrastructures. Selon vous, l’économie québécoise se porte-t-elle bien en général ? Superficiellement oui, mais la mondialisation semble nous affecter. Les exemples de fermetures telles que celles d’Olymel, d’entreprises forestières ou même de l’invasion de nos marchés par des géants étrangers comme les Home Depot n’ont rien de rassurant pour le futur. Quelle serait la solution ? La solution vient du peuple luimême. Il doit se prendre en main et pratiquer une espèce de protectionnisme.


INFRASTRUCTURE URBAINE

LA RÉGLEMENTATION ET LA PROTECTION

des cours d’eau Gilles Vaillancourt maire de Ville de Laval et président du CERIU

Au moment où les besoins de réfection des infrastructures nous apparaissent de plus en plus importants et que nous commençons à nous inquiéter de la capacité des prochaines générations à soutenir l’augmentation des coûts du système, nous devons nous montrer ouverts à tous les moyens nous permettant de faire face à nos obligations. Dans les articles précédents, je vous ai parlé de l’importance de faire des diagnostics de l’état et de la performance de nos infrastructures, d’établir les priorités dans des plans d’intervention, d’assurer des sources de financement stables et récurrentes, de soutenir la recherche et l’innovation et d’assurer la formation adéquate des personnes qui opèrent ces infrastructures. Aujourd’hui, en prenant l’exemple du dossier des surverses, je souhaite vous parler de l’importance d’adopter une approche réglementaire souple et efficace afin d’optimiser les retombées des investissements publics. Il y a quelques années prenait fin la première phase du Programme d’assainissement des eaux du Québec (PAEQ). Les travaux réalisés dans le cadre de ce programme (études, plans et devis, construction de conduites d’égout, d’ouvrages de contrôle des eaux usées, de bassins de rétention et de stations d’épuration) se sont étalés sur une vingtaine d’années et ils ont coûté plusieurs milliards de dollars à la société québécoise. Selon la nature des travaux réalisés, la contribution du gouvernement du Québec variait de 50 à 90 %, la différence étant assumée par les villes. La responsabilité ainsi que les coûts d’exploitation et d’entretien des ouvrages installés ont alors également été portés à la charge des villes. L’objectif de cette première étape était de favoriser la récupération des principaux usages des cours d’eau en traitant, sur

l’ensemble du territoire du Québec, l’équivalent de toutes les eaux usées en temps sec, c’est-à-dire, en gros, le débit d’eaux usées mesuré lorsqu’il n’y a pas de pluie ou de fonte de la neige. Avec un peu de recul, on peut dire que la première phase du PAEQ a permis de se rapprocher de cet objectif dans la plupart des régions. Nous pouvons observer des signes de cette amélioration dans plusieurs cours d’eau et lacs du Québec. Au terme du PAEQ, après une période de suivi de la performance des nouveaux équipements de captage, de pompage et de traitement des eaux usées, le ministère des Affaires municipales a établi des exigences de performance pour chacun de ces ouvrages. Dans certains cas, l’exigence se

été au cours de périodes dont on ne sait pas si elles sont représentatives des conditions météorologiques moyennes. Il est donc très important de prévoir une démarche de validation statistique de ces informations avant de traiter les demandes. D’un autre coté, ces analyses portant sur des bassins très localisés, réalisées au cas par cas sans vue d’ensemble sur le cours d’eau récepteur, peuvent parfois nous empêcher d’identifier des interventions qui pourraient, à plus faible coût, engendrer des retombées beaucoup plus positives sur la qualité des cours d’eau récepteurs. Je propose donc que le MDDEP étudie la possibilité de reconnaître le principe de compensation pour les projets de prolongement des réseaux d’aqueduc et d’égout.

Je propose donc que le MDDEP étudie la possibilité de reconnaître le principe de compensation pour les projets de prolongement des réseaux d’aqueduc et d’égout. limite à capter ou à traiter les eaux en temps sec seulement. Dans d’autres cas, un nombre maximum de surverses à ne pas dépasser chaque année est fixé. Les municipalités doivent relever chaque semaine et pour chaque ouvrage le nombre de surverses sur leur territoire et elles doivent compiler ces informations dans le logiciel du MAMR appelé Suivi des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux (SOMAE). Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) analyse ces informations avant d’émettre un certificat d’autorisation pour les travaux de prolongement des réseaux d’aqueduc et d’égout (article 32 de la Loi sur la qualité de l’environnement). Si les exigences de rejet n’ont pas été respectées au cours des années précédant la demande, la ville ou l’entrepreneur doit indiquer les travaux à exécuter pour corriger la situation avant que le certificat ne soit émis.

L’application de ce principe ferait en sorte que les effets d’un développement sur l’environnement devraient être compensés, sur le même cours d’eau, par une diminution au moins équivalente de l’impact. Ainsi, pour chaque dollar investi, la retombée environnementale serait optimisée. L’application de cette réglementation sur les surverses n’est qu’un des exemples où nous pouvons améliorer l’utilisation des fonds publics tout en permettant le développement durable du territoire. En attendant que le gouvernement nous annonce le lancement de la deuxième phase du Programme d’assainissement des eaux usées, nous pouvons améliorer la situation en assouplissant les règles d’application de la réglementation existante. ■

Or, il faut rappeler que les exigences de rejet peuvent avoir été établies sur la base d’informations incomplètes au cours de la période de rodage des ouvrages et l’avoir Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 3 NO. 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2007

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SUR LE RADAR

ET LE DÉVELOPPEMENT

de ressources hydriques alternatives ? John Cigana Ing., Msc.A. vice-président, Technologie et développement des procédés Veolia Water North America John.cigana@gmail.com

Notre proximité du fleuve St-Laurent, un des 20 plus grands fleuves de la planète, fausse souvent notre perception collective quant à notre approvisionnement en eau douce. Un faux sentiment de sécurité hydrique nous habite lorsqu’on observe le débit moyen de 12 600 m3/s du fleuve St-Laurent et son système hydrographique. Nous savons tous que plus de 70 % de la superficie de la terre est couverte d’eau et que seulement 0,65 % de cette eau est de l’eau douce. Malgré l’abondance relative en ressources hydriques du Québec, ne faudrait-il pas penser à développer aussi des ressources hydriques alternatives ?

La Politique nationale de l’eau La Politique nationale de l’eau nous alerte pourtant sur les limites de nos ressources hydriques. En effet, l’engagement numéro 49 explique en toutes lettres l’importance des économies d’eau et suggère l’élaboration d’une stratégie de conservation de l’eau. Le recyclage fait partie des moyens qui peuvent être mis en œuvre pour réduire la consommation d’eau.

La situation nord-américaine Nos voisins américains sont aux prises avec des pénuries d’eau récurrentes. L’urbanisation rapide ainsi que l’industrialisation de régions telles que la Californie, le Texas, le Nouveau-Mexique, etc. avec de faibles ressources hydriques exercent une pression supplémentaire sur les demandes en eau potable. Le défi consiste donc à assurer une alimentation adéquate en eau potable à une population toujours grandissante et à une industrie en forte croissance.

La Politique nationale de l’eau nous alerte pourtant sur les limites de nos ressources hydriques. En effet, l’engagement numéro 49 explique en toutes lettres l’importance des économies d’eau… Que sont les ressources hydriques alternatives ? Le concept de la gestion intégrée des ressources hydriques et le développement des ressources alternatives datent du début des années 2000 lorsque le Global Water Partnership (GWP) commence à en faire la promotion. Formé en 1996, le GWP favorise une vision globale du cycle de l’eau et un décloisonnement entre « eaux usées » et « eau potable ». Le développement des ressources hydriques alternatives découle de cette vision globale du cycle de l’eau. Certaines des techniques pouvant être mises en œuvre pour réduire la pression sur les eaux douces sont, notamment, la réutilisation des eaux pluviales, la recharge des nappes phréatiques, le dessalement des eaux saumâtres ou de l’eau de mer, la réutilisation des eaux usées et le recyclage en boucle interne des eaux industrielles. De façon plus large, les ressources hydriques alternatives sont l’ensemble des stratégies et des techniques qui permettent de réduire la demande nette en eau douce sur un territoire donné. 18

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 3 NO. 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2007

La preuve de l’importance des ressources alternatives dans ces régions est démontrée par l’essor de WateReuse, (www.watereuse.org). Fondée en 1990 e n t a n t q u ’ a s s o c i a tion régionale (Californie), WateReuse devient une association nationale en 2000 et regroupe maintenant plus de 300 organisations et 150 agences de gestion de l’eau. WateReuse est un organisme à but non lucratif ayant comme objectif de promouvoir les ressources alternatives et de financer des projets de recherche et de développement touchant tous les aspects de la réutilisation des eaux, du dessalement d’eaux saumâtres à la recharge de nappes phréatiques. Les projets de recherche de WateReuse couvrent l’ensemble des technologies de réutilisation des eaux, des plus rustiques aux plus complexes.

Avantages des ressources alternatives Différents groupes de recherche et organismes internationaux ont étudié les bénéfices de développer les ressources alternatives. Il est important de noter qu’à

l’échelle internationale, on dénombre plus de 3300 projets de ressources alternatives, totalisant plus de 19 millions de mètres cubes d’eau recyclée et réutilisée.

Dans la brochure Water Recycling and Reuse: Environmental Benefits (1998), l’US EPA attribue les avantages suivants aux ressources alternatives :

1) libération des volumes d’eau pour d’autres utilisations (irrigation, plaisance, etc.); 2) réduction de la charge polluante déversée dans des milieux récepteurs sensibles; 3) prévention et réduction de la pollution.

Finalement, les ressources alternatives sont normalement indépendantes de la variabilité des précipitations, donc à l’abri des changements climatiques. C’est un avantage majeur reconnu par tous les chercheurs, ce qui pourrait représenter un élément important dans les années à venir si les scénarios de changements climatiques se concrétisent.

Nouveaux défis Devrait-on vraiment se soucier de développer ces ressources hydriques alternatives ? Après tout, nous sommes riches en eau au Québec et au Canada, n’est-ce pas ? C’est vrai. Pourtant, plusieurs secteurs industriels font, tant au Québec qu’ailleurs, des efforts pour réduire leur consommation nette d’eau douce. Et des campagnes de sensibilisation au gaspillage de l’eau sont régulièrement lancées. Mais nous sommes riches en eau. C’est vrai. C’est peut-être ce que disait, aussi, le pêcheur sur le lac Tchad il y a 40 ans. Aujourd’hui, plus de 90 % de la surface du lac Tchad a disparu. Scénario catastrophe ou mise en garde pour l’avenir ? Difficile à dire, mais il n’en demeure pas moins que le développement de ressources hydriques alternatives est une excellente façon de préserver la ressource « eau » et de s’adapter aux changements climatiques. ■


ASSAINISSEMENT DÉCENTRALISÉ

RÉTROLAVAGES AVEC ADOUCISSEURS D’EAU ÉVACUÉS

dans les installations septiques Christian Vézina ingénieur Roy Vézina associés christian.vezina@roy vezina.com

En milieu rural où les installations septiques sont utilisées pour l’assainissement des eaux usées, l’alimentation en eau potable provient typiquement des eaux souterraines. Lorsque cette source d’eau contient une forte teneur en calcium et en magnésium, celle-ci est classifiée comme une « eau dure ». Il est reconnu qu’une eau dure engendre des inconvénients pour les accessoires de plomberie de la maison, dont les dépôts de calcaire réduisent l’écoulement. De plus, une eau dure diminue l’efficacité des savons et détergents en réagissant chimiquement avec ces derniers pour former une sorte d’écume affectant l’éclat des vêtements.

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 3 NO. 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2007

Pour résoudre ces problèmes causés par l’eau dure, les adoucisseurs d’eau sont souvent utilisés. Par un procédé d’échange d’ions, les ions calcium et magnésium contenus dans l’eau dure sont remplacés par du sodium. Du chlorure de sodium, ou sel de table, est ajouté au procédé pour fournir la source d’ions sodium. Cependant, l’usage d’un adoucisseur augmente la concentration en chlorure de sodium dans l’eau adoucie et génère des volumes d’eau saline lors du processus de régénération (rétrolavage). L’eau du rétrolavage contient également une forte teneur en calcium et magnésium. Alors, que faire avec ces eaux de rétrolavage ? Peut-on les diriger vers l’installation septique ? Quels impacts ces rejets auront-ils sur la performance du dispositif d’épuration et ses composantes ? Aucune étude scientifique n’a été réalisée sur une période de temps suffisamment longue et avec un nombre de témoins représentatif permettant de bien identifier les effets des rétrolavages d’adoucisseur d’eau sur les installations septiques. Quelques études ont été réalisées à la fin

d e s a n n é e s 1 970 ( U n i v e r s i t é d u Wisconsin et la National Sanitation Foundation); ces dernières avaient été commandées par l’industrie des adoucisseurs. Les conclusions de ces études indiquaient qu’il n’y avait pas d’effets négatifs sur les installations septiques suivies. Cependant, les témoignages de différents intervenants de l’industrie de l’assainissement autonome ainsi que les résultats d’études plus récentes révèlent le contraire. Voici sommairement les problématiques soulevées par l’industrie de l’assainissement et les observations/faits notés sur le terrain : 1. Surcharge hydraulique au niveau de la fosse septique Les craintes soulevées étaient à l’effet que les volumes d’eau générés par les rétrolavages répétitifs d’un adoucisseur d’eau pouvaient perturber l’hydraulique dans la fosse septique en réduisant le temps de rétention hydraulique (TRH). De plus, le fort débit instantané du rétrolavage pouvait occasionner la remise en suspension des boues et le transport de matières solides vers le champ d’épuration.


RÉTROLAVAGES AVEC ADOUCISSEURS D’EAU ÉVACUÉS DANS LES INSTALLATIONS SEPTIQUES En fait, le volume moyen d’un rétrolavage est d’environ 200 litres et la fréquence est de 1-2 fois/semaine. Ce volume d’eau correspond à peine à une brassée de lavage. De plus, cette opération s’effectue habituellement de nuit lorsque le volume d’eaux usées générées par les usagers est à son minimum. Donc, l’impact est minime sur ce point. 2. Ralentissement de l’activité bactérienne Les sels contenus dans l’effluent du rétrolavage pourraient-ils être toxiques pour les bactéries présentes dans la fosse septique au point d’en affecter la performance épuratoire ?

dernier, particulièrement en condition de sols argileux.

Comment minimiser l’impact des rétrolavages sur votre installation septique ?

5. Dégradation de la fosse septique La crainte soulevée portait sur la dégradation prématurée du béton de la fosse septique par l’action des sels.

• En réduisant la fréquence des rétrolavages; • en ne traitant pas l’eau servant pour les applications extérieures; • en modulant le rétrolavage basé sur le volume d’eau traité et non sur une base de temps; • en augmentant le volume de la fosse septique. ■

Selon la Concrete Precasters Association of Ontario, aucune étude ne démontre une telle affirmation. Même sans sels, une fosse septique est un milieu corrosif pour le béton. La dégradation du béton serait principalement due aux sulfures contenus dans les eaux usées.

Selon la NSF, une augmentation de la concentration en sels diminue le potentiel osmotique du milieu et augmente légèrement l’activité bactérienne. Cependant, ces études réalisées par NSF s’appliquent à un traitement aérobie plutôt qu’à un traitement anaérobie tel que rencontré dans une fosse septique. Aucune étude n’est disponible pour des conditions anaérobies. En contrepartie, des chercheurs ont remarqué que peu d’écume est formée dans la fosse septique recevant des eaux de rétrolavage après une période de quatre ans. De plus, une quantité plus importante de particules solides (MES et H&G) sont transportées vers le dispositif d’évacuation. Finalement, la « zone claire » dans la fosse septique se distingue beaucoup moins bien : plus de solides difficiles à décanter demeurent en suspension. 3. Stratification des eaux dans la fosse septique Le fait d’acheminer des eaux salines du rétrolavage vers la fosse septique peut engendrer un mélange hétérogène dans celle-ci (eaux salées au fond et eaux usées domestiques en surface). Cette stratification engendre une diminution du TRH des eaux sanitaires dans la fosse septique. Ces deux hypothèses ont été validées sur le terrain. 4. Diminution de la perméabilité du sol La conductivité hydraulique des sols estelle vraiment réduite par l’accumulation de sels en provenance des rétrolavages ? En fait, les ions sodium (NA+) ont réellement la capacité de diminuer la porosité des sols argileux (effet de gonflement). Ils défont la structure du sol par un processus d’osmose en brisant les agrégats d’argile. En contrepartie, l’eau des rétrolavages contient également des ions Ca+ et Mg+ qui sont reconnus pour leurs effets structurants sur les particules d’argile. Il serait donc préférable d’acheminer les rétrolavages vers l’élément épurateur (contenant des Ca+ et Mg+), car il serait problématique d’envoyer uniquement une eau douce (forte en Na+) vers ce Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 3 NO. 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2007

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LEED : UNE RECONNAISSANCE D’EXCELLENCE ENVIRONNEMENTALE

EAUX USÉES

François Séguin ing., M. Ing. vice-président, Mabarex fseguin@mabarex.com

Bien plus performants que les normes gouvernementales, les standards environnementaux que fixeront eux-mêmes les industriels écologiques guideront le réel développement durable.

À cet effet, l’industrie de la construction nord-américaine peut maintenant compter sur une reconnaissance des efforts écologiques pour ses bâtiments. Cette reconnaissance appose une cote de prestige aux développements immobiliers et génère un effet d’entraînement afin de promouvoir l’excellence environnementale. Elle s’appelle LEED. LEED est l’acronyme de Leadership in Energy & Environmental Design. C’est un système d’évaluation des bâtiments écologiques pour les nouvelles constructions et les rénovations majeures. Ce système développé aux États-Unis en 1998 par l’U.S. Green Building Council (USGBC) est appliqué au Canada par le Conseil du bâtiment durable du Canada (CBDCa) et possède sa propre identité, soit LEED Canada-NC. C’est aujourd’hui le système d’évaluation environnementale des bâtiments le plus utilisé du monde. Les ouvrages reçoivent une certification en fonction du nombre de points cumulés. La note finale correspond à un des niveaux suivants, le maximum étant de 70 points : • • • •

Certifié Argent Or Platine

26 à 32 33 à 38 39 à 51 52 à 70

points points points points

Les critères d’évaluation et les points admissibles par secteurs sont : • • • • • •

Aménagement écologique des sites Gestion efficace de l’eau Énergie et atmosphère Matériaux et ressources Qualité des environnements intérieurs Innovation et processus de design

14 5 17 14 15 5

points possibles points possibles points possibles points possibles points possibles points possibles

Un développement économique sain passe par des critères environnementaux rigoureux La conscientisation et l’urgence d’agir de façon responsable face à l’environnement guideront les futures décisions économiques. L’engouement pour l’étiquette verte appliquée aux divers développements est déjà amorcé. Le Canada compte à ce jour 60 projets certifiés LEED. La province championne est la Colombie-Britannique avec 26, suivie de l’Ontario avec 14 et de l’Alberta avec 13. Le nombre de projets peut servir d’indice à la santé économique d’une province. Le Québec distinct n’en compte que deux ! Les deux projets québécois ayant la reconnaissance LEED sont :

Cinq points sont prévus à la section Gestion efficace de l’eau. • Aménagement paysager économe en eau : réduction de 50 %

1 point

L’objectif vise à réduire ou éliminer l’utilisation d’eau potable pour l’irrigation des terrains. • Aménagement paysager économe en eau : réduction de 100 %

1 point de plus

L’objectif est d’éliminer l’utilisation d’eau potable pour l’irrigation des terrains. • Technologies innovatrices de traitement des eaux usées

1 point

Il s’agit ici de réduire le rejet d’eaux usées et la demande en eau potable, tout en augmentant la réalimentation de la nappe aquifère locale. • Réduction de la consommation d’eau : réduction de 20 %

1 point

L’objectif est de maximiser les économies d’eau dans les bâtiments afin de réduire la sollicitation des systèmes municipaux de distribution d’eau et de traitement des eaux usées. • Réduction de la consommation d’eau : réduction de 30 %

1 point de plus

Même objectif que précédemment pour 30 % de réduction.

Valorisation des eaux usées La certification LEED permet la réutilisation des eaux usées traitées par des systèmes performants dans un même bâtiment pour : • les toilettes; • les tours de refroidissement; • l’irrigation des terrains et des toitures vertes.

Il existe plus de 200 bâtiments LEED réutilisant les eaux usées traitées dans le monde. Parmi les technologies de traitement reconnues, celle des bioréacteurs à membranes est largement utilisée pour la reconnaissance de crédits LEED. C’est d’ailleurs la technologie retenue pour la certification des centres de congrès de Vancouver et de Pittsburgh. Au-delà de la reconnaissance LEED, la Californie s’est dotée d’une des réglementations les plus sévères du monde en matière de réutilisation des eaux usées traitées, soit le règlement 22 (Title 22) du Department of Health Services. En Californie, beaucoup d’effluents municipaux servent à l’irrigation des cultures. Ceux des bioréacteurs à membranes de Redlands sont utilisés pour la production de vapeur d’une centrale électrique voisine.

Des engagements différents

• le pavillon Lassonde de l’École Polytechnique de Montréal; • La Tohu, Cité des arts du cirque, Montréal.

Une gestion performante des eaux permet d’accumuler jusqu’à sept points selon les standards LEED.

La mise en valeur des efforts de préservation et de valorisation de la ressource eau n’est malheureusement pas appliquée uniformément à travers l’Amérique du Nord. Il est déplorable que les actions menant à la protection de cette ressource si précieuse soient principalement dictées par des interdictions d’utilisation, des approvisionnements déficients ou des catastrophes.

Deux points sont prévus à la section Aménagement écologique des sites.

En matière de leadership environnemental, le Québec est loin derrière ses voisins immédiats. Qu’en est-il des rejets azotés ?

Tous les deux ont la cote Or.

La reconnaissance d’une gestion des eaux efficace

• Gestion des eaux pluviales : débit et quantité

1 point

L’objectif est de limiter la perturbation et la pollution de l’écoulement naturel des eaux en gérant le ruissellement des eaux pluviales. • Gestion des eaux pluviales : traitement

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L’objectif est de limiter la perturbation de l’écoulement naturel des eaux en minimisant le ruissellement des eaux pluviales, en augmentant l’infiltration d’eau sur le site et en réduisant les contaminants.

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 3 NO. 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2007

1 point

Non, le territoire québécois ne sera pas désertique de sitôt et nous pourrons toujours nous enorgueillir de nos réserves hydriques. Toutefois, la dégradation de la qualité des cours d’eau s’accentue. Combien de lacs seront-ils touchés par les algues bleues cet été ? Le réel leadership environnemental prendra racine lorsqu’il fera partie intégrante du développement économique. ■


EAU, TOUR DU MONDE

PLUS DE QUESTIONS

que de réponses… plin pour une action concertée afin de sinon gérer, du moins retourner favorablement le cours des choses.

François Bédard ing., M.B.A. président, Fontaine International francois.bedard@ hfont aine.com

Le bien-fondé de ce genre d’action concertée dans le secteur des changements climatiques devrait être reproduit

Nous avons tous été, récemment, interpellés par le rassemblement de scientifiques internationaux lors des audiences de l’Intergovernmental Panel on Climate Change qui confirmaient la relation directe entre les activités humaines et les changements climatiques. Le regroupement de ces scientifiques de divers pays consolide la perspective d’une planète pour tous ayant globalement les mêmes contraintes à surpasser. L’objectif premier de ce genre de rencontre consiste à sensibiliser la population du monde et leurs gouvernements que ces phénomènes atmosphériques sont critiques pour le bien-être des générations futures. De plus, il se veut un trem-

été témoin au Moyen-Orient où l’irrigation goutte à goutte permet aux orangers et autres arbres fruitiers de fournir une récolte abondante. Alors que d’un côté nous investissons des sommes colossales pour fournir de l’eau à certains, de l’autre nous continuons de polluer et de gaspiller cette

La raison principale de notre nonchalance est que l’eau demeure trop bon marché par rapport à sa valeur réelle. dans le cas des problématiques chroniques associées à l’eau. Il n’y a aucune substance sur terre plus critique que l’eau. Nous ne pouvons espérer vivre sans elle plus que quelques jours. Les procédés de traitement de l’eau (filtration, osmose inverse, traitement membranaire, désinfection, etc.) permettent l’avancement de l’industrie ainsi que l’accroissement du niveau de vie pour l’humanité. Les techniques modernes d’irrigation ont permis de nourrir un plus grand nombre d’individus et de convertir certains déserts en oasis des plus productives. J’en ai personnellement

dernière dans des proportions toujours aussi alarmantes. Les besoins à l’échelle planétaire se font de plus en plus criants avec l’accroissement de la population mondiale. Chez nous, nos infrastructures de traitement et de distribution de l’eau se retrouvent dans un état lamentable. Le double défi – avoir une eau de qualité dans des quantités suffisantes – demeure entier et on ne peut guère espérer que cette problématique ira s’amenuisant au cours des prochaines décennies. Cet état de fait ne bénéficie

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P LUS DE QU ESTIONS QU E DE RÉP ONSES…

cependant pas de la même couverture médiatique que les changements climatiques bien qu’il nécessite tout autant notre prise en charge concertée. La grande majorité de la population croit encore que l’eau est essentiellement gratuite, oubliant du coup que sa production et sa distribution coûtent cher, même très cher. Nos usines de traitement d’eau ainsi que nos réseaux de distribution ont été érigés il y a plus de cinquante ans et les coûts associés à leur entretien ne font

que croître. Des taux de fuite de l’ordre de 40 %, pour les réseaux plus âgés, sont fréquemment décriés lors des conférences spécialisées et sont utilisés pour appuyer les demandes d’accroissement des investissements publics. Les maires et décideurs sont trop souvent reconnus pour conserver un niveau de dépenses publiques très bas, les investissements reliés à l’eau n’étant pas des plus lucratifs politiquement.

La raison principale de notre nonchalance est que l’eau demeure trop bon marché par rapport à sa valeur réelle. La plupart des Québécois ne payent pas une redevance proportionnelle à leur consommation réelle. Il n’existe sur le marché aucun autre produit de consommation courante de la sorte, dont le prix n’a aucun lien direct avec le coût de production. Tôt ou tard, nous aurons tous à payer pour les problèmes de pollution que nous avons créés et pour la remise à niveau des infrastructures urbaines que nous avons permis de se dégrader. Nous ferons face à de nombreux problèmes d’eau dans le futur, et ce, tant du point de vue local et national qu’international. Nous devons dès maintenant prendre des mesures draconiennes pour freiner cette tendance. Chaque année, nous pouvons constater que de plus en plus d’organismes, d’institutions, de chercheurs et d’individus commencent à réaliser l’urgence de la situation. Toutefois, leurs interventions apportent, dans bien des cas, davantage de questions que de réponses. Les problèmes sont possiblement mieux analysés et compris, mais les solutions ne deviennent que plus complexes et coûteuses à mettre en place. Nous ne faisons que trop peu pour nous attaquer réellement à la source des problèmes. De plus, nous réalisons que les phénomènes associés aux changements climatiques sont réels et qu’ils influenceront la disponibilité de la ressource associée aux pluies ou aux absences de pluies. Nous ne maîtrisons pas encore correctement ces phénomènes qui exacerberont davantage les problématiques de l’eau. Et comme ces problématiques se multiplient dans une même proportion, les opportunités commerciales qui y sont associées se comptent en grand nombre. Les changements récents de réglementation dans plusieurs pays – dont le nôtre –, les pressions plus marquées de la population, la création d’une classe moyenne dans certains pays, les investissements en infrastructures par les pays riches en pétrodollars et l’accroissement de la population mondiale laissent entrevoir d’intéressantes perspectives d’affaires. De telles occasions, les fournisseurs d’équipements de traitement et de distribution de l’eau les conçoivent très favorables. Les acquisitions d’entreprises réalisées par de grandes sociétés internationales et canadiennes à des prix très élevés prouvent l’intérêt des investisseurs pour le secteur. Bien que les coûts de production et de distribution de l’eau ne fassent que croître, nous devrons sans aucun doute, dans un avenir relativement rapproché, trouver de nouvelles façons de gérer la ressource « eau » tout en la rendant accessible à tous. Un défi énorme en perspective…■

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 3 NO. 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2007


LE MUNICIPAL

PROCÉDURE DE RÉCEPTION SÉCURITAIRE

des produits chimiques 2 partie e

Christian Sauvageau directeur, Service de l’hygiène du milieu Ville de L’Assomption u s i n e f i l t ra t i o n @ v i l l e . lassomption.qc.ca

Tel que mentionné lors de la précédente édition du magazine SOURCE, la deuxième partie de l’article concernant la procédure de réception sécuritaire des produits chimiques traitera des prescriptions générales devant servir à l’élaboration d’une procédure de réception. Maintenant que les rôles de l’expéditeur, du transporteur et du destinataire ont été bien définis, il est essentiel que toutes les parties concernées collaborent afin de développer une approche sécuritaire commune. Pour élaborer et implanter une procédure de réception, vous pouvez vous référer aux différentes étapes suivantes : 1. Désigner et former les personnes responsables de ce projet et de son implantation. 2. Faire l’inventaire des produits chimiques. 3. Relever les tâches pouvant être effectuées et identifier les personnes responsables de ces opérations. 4. Élaborer la procédure. 5. Acquérir le matériel de sécurité requis (vêtements, panneaux, cadenas, douche d’urgence, etc.). 6. Former et informer les personnes concernées (travailleurs, expéditeurs, transporteurs, pompiers, etc.). 7. Assurer le suivi et la mise à jour de la procédure. IMPORTANT. – Il est essentiel d’inclure la procédure de réception sécuritaire au cahier de charges ou dans un devis pour soumission afin que l’expéditeur et le transporteur soient liés légalement à la démarche. Les éléments-clés de la procédure sont les suivants : 1. Accès au lieu de livraison • Le transporteur demande l’autorisation au destinataire AVANT d’accéder au périmètre de déchargement. 2. Contrôle des bordereaux de livraison • Obligation du transporteur à présenter tous les documents d’expédition. • Le destinataire s’assure du volume disponible dans le réservoir ou de l’espace d’entreposage. • SEUL le destinataire autorise le début du déchargement. 3. Accès au site de déchargement • Le destinataire indique au transporteur l’endroit pour accéder au périmètre de déchargement. 4. Stationnement du véhicule sur le site de déchargement • Le destinataire s’assure de libérer les lieux d’accès et de déchargement AVANT l’arrivée du transporteur (autres véhicules, équipements, etc.). 5. Préparatifs de déchargement • Vérification du code UN du produit livré sur le camion, du branchement et des bordereaux de livraison. 6. Port des équipements de protection individuelle • Port des équipements de protection individuelle pour l’expéditeur, le transporteur et le destinataire.

Vous trouverez ci-joint un exemple d’une procédure de réception de produit chimique en vrac liquide, utilisée au Centre de traitement d’eau de la ville de l’Assomption. ■ REGROUPEMENT D’ACHATS DES PRODUITS CHIMIQUES DE LA RIVE-NORD VILLE DE L’ASSOMPTION – CENTRE DE TRAITEMENT D’EAU JEAN-PERREAULT FORMULAIRE DE RÉCEPTION D’ALUN LIQUIDE COMMANDE DU PRODUIT CHIMIQUE ET CONFIRMATION DE SA LIVRAISON Fournisseur : Produit commandé : Alun liquide Adresse de livraison : 450 Ange-Gardien, L’Assomption UN (NIP) du produit : 1760 Commande reçue par : Téléphone : 1 800 465-6171 Quantité commandée : 30 000 kg Date de la commande : 8 mai 2007 Date de livraison : 11 mai 2007 AM  PM  Numéro de commande : OUI  NON  Date de livraison reportée : AM  PM  Confirmation reçue : Motif du report de livraison : Téléphone d’urgence : 1 613 996-6666 Remarque : S.V.P. prendre note si température du produit OK Signature du destinataire : VÉRIFICATIONS DE LA LIVRAISON ET DES CONDITIONS PROPICES AU DÉCHARGEMENT OUI NON OUI NON   Livraison arrivée au moment planifié : Quantité du produit chimique livré : kg Date et heure de livraison : Volume du produit chimique livré : litres   Volume contenu dans le réservoir : litres Adresse de livraison conforme :   Volume disponible dans le réservoir : litres Présentation de la carte d’identité TMD :   Nom du livreur : Périmètre de déchargement libre d’obstacle :   Vérification du bordereau de livraison : Point de déchargement correctement identifié :       Vérification de la fiche signalétique reçue : UN (NIP) placardé sur la citerne conforme :   Vérification du certificat d’analyses si reçu :   Température du produit entre 20°C et 40°C : Vérification du certificat de pesée reçu : Numéro du scellé enlevé par le technicien : Numéro d’immatriculation de la remorque : Initiales du technicien : Initiales du livreur : Remarque : VÉRIFICATION DES MESURES DE PROTECTION INDIVIDUELLE OUI NON TECHNICIEN LIVREUR   Vêtements portés par le technicien et le livreur :   Bottes avec embout protecteur :     Accès à l’intérieur de la station assuré : Vêtement imperméable :     Disponibilité d’un boyau d’arrosage : Lunettes de sécurité :     Fonctionnement des douches d’urgence : Casque muni d’une visière :    Raccords de déchargement propres : Gants protecteurs imperméables :    Boyaux et raccords en bonne condition :   Lien de communication d’urgence fourni :   Ouverture de la vanne d’isolement intérieure :   Point de déchargement décadenassé : Initiales du technicien : Initiales du livreur : Remarque : OPÉRATION ET INTERRUPTION DU DÉCHARGEMENT DU PRODUIT CHIMIQUE Se référer aux étapes d) à r) annexées du point 14.1 de la procédure de réception sécuritaire des produits chimiques Cause de l’interruption du déchargement : Mesures palliatives entreprises : ÉCHANTILLONNAGE ET VÉRIFICATION DE L’ÉCHANTILLON Prélèvement sécuritaire de l’échantillon après 5 minutes :  Température du produit chimique : °C  Concentration normale du produit chimique :  La réception se déroule normalement :  Apparence normale du produit chimique :  Le technicien quitte les lieux de déchargement : Remarque : FINALISATION DE LA RÉCEPTION DU PRODUIT CHIMIQUE  Les bordereaux de livraison sont signés :  Le livreur a laissé les lieux propres et en bon état :  Volume effectif de la livraison effectuée : Le bouchon est cadenassé au point de livraison : litres  Lien de communication d’urgence repris :  Remarque : Fermeture de la vanne d’isolement intérieure : La réception a été effectuée et le formulaire témoigne des dérogations à la procédure : Signature du livreur :

Signature du technicien :

Remerciements • Antoine Laporte, Ville de Repentigny, pour son leadership dans l’élaboration de cette procédure. • Le comité paritaire du RACPRN. • Les villes et régies membres du Regroupement d’achats de produits chimiques de la Rive–Nord (RAPCRN), soit L’Assomption, Joliette, Repentigny, Ste-Thérèse, St-Eustache, St-Jérôme, Rosemère, Deux-Montagnes, ainsi que les Régies d’aqueduc intermunicipales des Moulins et de Varennes–Ste-Julie–St-Amable. • Mme Lysane Picard, APSAM. • Les entreprises Kemira et Brenntag Canada pour leurs commentaires sur la pertinence de rendre commune cette procédure.

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I N STR U M E NTATI O N

PRÉCISION OU EXACTITUDE ?

Voilà la question ! France Gauvreau B.Sc., directrice nationale Ventes et marketing Hanna Instruments Canada inc. franceg@hannacan.com

En 18 ans et quelques poussières de carrière dans le domaine de la vente d’instrumentation, on m’a, à maintes reprises, demandé de fournir des instruments « précis »... En posant la question sur ce que cette caractéristique représentait aux yeux de l’utilisateur éventuel, j’ai dû me rendre à l’évidence que le mot « précis », en apparence tout simple, n’avait pas une signification très « précise » pour tous les utilisateurs. J’ai donc décidé, par le biais de cet article, de tenter de redonner sa précision au mot.

d’évaluation de la performance d’un instrument et sont essentiels dans toute procédure d’assurance-qualité, leurs significations diffèrent considérablement. De façon sommaire, lorsqu’on fait référence à une mesure analytique, la précision peut se définir comme la différence numérique entre des valeurs successives (notion de reproductibilité) et leur dispersion autour de la moyenne. La précision fait ainsi également référence à la déviation standard, concept particulièrement utilisé en statistiques. L’exactitude, dans ce même contexte de mesure analytique, peut se définir pour sa part comme la proximité de la mesure obtenue ou de la moyenne des mesures obtenues à la valeur vraie de référence. Afin de bien illustrer cette distinction, l’image de la cible est communément utilisée.

Il y a une quarantaine d’années, la précision en instrumentation faisait tout simplement référence à la fiabilité d’un instrument alors que, aujourd’hui, elle a évolué pour donner naissance aux notions connexes d’exactitude et de reproductibilité, devenues tout aussi utilisées.

Comment s’y retrouver ? Afin de démystifier adéquatement la terminologie française, il s’avère opportun d’effleurer la terminologie anglaise. En tentant de chercher des définitions ou traductions des mots « précision », « exactitude » ou « accuracy » dans certains dictionnaires (techniques ou non), on se rend vite compte que, selon le champ d’activité dans lequel on désire employer ce concept, la définition et/ou traduction peut varier de façon subtile, mais scientifiquement intrigante. Ainsi, on note que le mot « accuracy » se traduit globalement et généralement par « exactitude » ou « précision », et que le mot « précision » se traduit également par « precision ». Une question s’impose donc :

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Y a-t-il une différence entre « précision » et « exactitude » et, si oui, quelle est-elle ? La réponse à cette question est simple quoiqu’elle semble défier notre logique étant donné que les deux mots représentent, pour le commun des mortels, des synonymes. Il existe bel et bien une différence entre « précision » (precision en anglais) et « exactitude » (accuracy en anglais). Bien que ces deux termes permettent de fournir des éléments

Il est bien certain que la précision et l’exactitude s’avèrent toutes deux essentielles en instrumentation. Cependant, selon l’utilisation que l’on compte faire de l’instrument de mesure, une plus grande importance peut être accordée à l’une ou à l’autre. Dans des domaines tels que la météorologie, la comptabilité ou la médecine, la recherche de l’exactitude est

SOURCE VOL. 3 NO. 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2007

Outre les définitions ci-haut, j’ai jugé bon vous fournir certaines informations afin de faciliter votre interprétation de données techniques retrouvées dans les tableaux de spécifications de tout type d’instrument. Ceux d’entre vous ayant déjà procédé à l’évaluation d’un modèle d’instrument connaissent l’importance d’analyser attentivement le tableau de spécifications accompagnant l’instrument. Pour les néophytes, il s’agit d’un tableau répertoriant les spécifications techniques telles que les paramètres analysés, les gammes de mesures, la résolution de mesures, les méthodes utilisées, les dimensions, le poids et bien sûr la précision. En fait, les tableaux de spécifications en anglais présentent habituellement une valeur accuracy alors que ceux en français indiquent une valeur de précision. Cette valeur représente en fait l’exactitude de l’instrument et non sa précision. Celle-ci, appelée en réalité « erreur d’exactitude », peut être exprimée en valeur absolue ou en pourcentage et peut se définir comme la différence (delta) entre la valeur de référence et la valeur moyenne des valeurs mesurées. Prenons par exemple un instrument de mesure de pH dont la gamme de mesures serait de 0,0 à 14,0. L’erreur d’exactitude indiquée (probablement inscrite sous l’appellation « précision ») pourrait être de ±0,2 pH, ce qui signifie que si une

Bien que ces deux termes permettent de fournir des éléments d’évaluation de la performance d’un instrument et sont essentiels dans toute procédure d’assurance-qualité, leurs significations diffèrent considérablement. Dans les exemples de cibles fournis, il est possible de constater que même si une bonne précision présuppose souvent une bonne exactitude, des résultats précis peuvent toutefois être inexacts !

Le magazine de l’eau au Québec

incontestable alors que dans certains autres domaines, la précision peut fournir un facteur de fiabilité non négligeable et plus spécialement lorsque la valeur dite vraie est difficile à déterminer.

mesure de pH de 2,0 est obtenue, celleci pourrait dans les faits se situer entre 1,8 et 2,2 pH (coefficient de variation). L’interprétation de cette donnée s’avère primordiale pour bien qualifier la performance de l’instrument. Il importe donc de bien identifier le contexte d’utilisation d’un instrument avant de pouvoir en valider la sélection et de comprendre « précisément » ses spécifications. ■


TA R I F I CATI O N

SAVOIR QUAND S’ARRÊTER OU ÉVITER LES

« tant qu’à y être » François Lecomte président de l’entreprise Les compteurs Lecomte flecomte@lecomte.ca

représente une avancée importante dans notre milieu. Quel gestionnaire de ville ne rêve pas de pouvoir mesurer en tout temps la consommation des usagers, secteur par secteur, et ce, dans le confort de son bureau ? La technologie au bout des doigts !

Propos recueillis par André Dumouchel, article rédigé par Annie Talbot.

Bien sûr, il s’agit d’outils performants et pratiques. Mais la question se pose : en avez-vous vraiment besoin ? Et, surtout, avez-vous la latitude budgétaire pour vous permettre une telle technologie ? Vos réponses sont peut-être affirmatives dans votre cas précis. Mais il serait très surprenant que toutes les villes québécoises puissent répondre « oui » à ces deux questions.

Tous les jours, nous sommes sollicités de toutes parts pour acheter des produits plus performants ainsi que des gadgets pour ces mêmes produits destinés à nous rendre leur utilisation plus simple ou plus agréable. Qui d’entre nous ne s’est jamais dit, pendant le processus d’achat d’un bien ou d’un service : « Tant qu’à y être, je vais prendre celui-ci. » Le réflexe n’est pas toujours mauvais, surtout lorsqu’il s’agit de la qualité. Or, quelquefois, la situation mérite une réflexion pausée. Vaut-il vraiment le coup (et le coût !) de payer beaucoup plus cher pour quelque chose qui, somme toute, ne nous sera pas vraiment utile ? Nous ne vivons plus dans une société de consommation, mais bien de surconsommation. Personne ne contestera cet état de fait, bien qu’une tendance à l’économie des ressources semble se dessiner. Les acteurs du monde municipal, qu’ils soient maires, employés de la ville, d’un cabinet de génieconseil ou autre, sont d’abord et avant tout des êtres humains vivant dans la même société que nous et subissant les mêmes influences. Ils peuvent donc avoir la même propension à la consommation, quelquefois déraisonnable. Mais à l’heure où les deniers publics se font de plus en plus rares mais que les besoins se font de plus en plus criants en matière d’investissement, il devient d’autant plus important de faire des choix judicieux. Le monde des compteurs d’eau n’échappe malheureusement pas à cette problématique. Différentes technologies extrêmement efficaces et utiles ont vu le jour au cours des dernières années. Les systèmes de lecture à distance en temps réel sont très prisés et

Jusqu’à présent, certaines villes sont demeurées réfractaires à l’implantation de compteurs d’eau sur leur territoire. Dans quelques cas, il s’agissait de craintes quant à la réaction de l’électorat. Mais dans la plupart des cas, il s’agissait davantage du coût relié à leur mise en place par rapport au bénéfice qu’ils rapportent. Or, comme le coût réel de la production d’eau potable commence à être connu, les décideurs municipaux prêtent maintenant une oreille attentive aux solutions proposées. Cependant, la tendance à se payer toutes les options vient encore faire surface. Et c’est là que le bât blesse. Certaines villes, maintenant convaincues de la nécessité des compteurs, ne bougent pas, car elles ne peuvent se payer toutes les trouvailles technologiques. Comprenez-moi bien, je ne critique aucunement les possibilités qu’offrent ces nouveaux systèmes, mais il est selon moi très dommage de se priver de l’essentiel sous prétexte que l’on ne peut se payer l’extra. Après tout, un simple compteur permet d’atteindre les mêmes objectifs : il permet une gestion efficace de la ressource en plus de contribuer à la diminution du gaspillage. Rappelons-nous que, dans la plupart des cas, les gadgets peuvent toujours être ajoutés au produit de base lorsque les fonds le permettront… ■

Illustration : oncle ’‘J’‘

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 3 NO. 2 PRINTEMPS/ÉTÉ 2007

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LE JURIDIQUE

PRÉLÈVEMENT MASSIF ET EXPORTATION D’EAU :

entre tentation et tentative d’interdiction Me Hervé Pageot Avocat en droit de l’environnement Daigneault, Cabinet d’avocats herve.pageot@rdaigneault.com

La question du prélèvement massif et de l’exportation d’eau à partir du Canada a récemment refait surface avec la tenue, les 26 et 27 avril derniers à Calgary, de rencontres à huis clos entre le Centre for Strategic and International Studies (CS I S) des États-Unis, le Conference Board du Canada et le Centro de Investigación y Docencia Económicas (CIDE) du Mexique, trois groupes de réflexion en matière de politique publique. Selon les médias, ces réunions auxquelles participaient des « praticiens » des gouvernements et des chefs d’entreprises des trois pays s’inscriraient dans le cadre d’un projet intitulé North American Future 2025 Project, qui aurait pour objectif d’aider les politiciens à poursuivre l’intégration nord-américaine. Seraient inscrits à l’ordre du jour de ces réunions des sujets tels que l’instauration d’un périmètre conjoint de sécurité, un pacte continental des ressources et l’exportation de l’eau en vrac. Si cette annonce a suscité l’inquiétude de la population, elle ne constitue pourtant pas une première en matière de prélèvement massif et d’exportation d’eau. En effet, plusieurs projets de cette nature avaient fait les manchettes au cours des années 1990. Parmi ceux-ci, citons celui de l’alliance Sun Belt Water inc./Snowcap Water ltée, qui consistait à acheminer l’eau de ColombieBritannique à l’aide de supertankers vers des États de la côte ouest américaine, celui de Nova Group ltée. visant à prélever l’eau des Grands Lacs pour l’exporter vers l’Asie également par tankers, ou encore celui du Canada Wet inc. à Terre-Neuve qui prévoyait le remorquage d’eau potable à l’aide d’immenses membranes à destination de l’Asie. Sous la pression populaire, aucun de ces trois projets n’avait cependant vu le jour. Les tentations de prélèvement massif et d’exportation d’eau potable renvoient aux enjeux entourant le statut juridique international de l’eau potable. Depuis quelques années, l’eau apparaît progressivement dans le droit commercial international. L’application du GATT ou de l’ALÉNA ont révélé des risques de 28

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« marchandisation » de l’eau, qui ont suscité de nouvelles préoccupations. Bien que la Commission mixte internationale, établie par le Traité sur les eaux limitrophes, soit d’avis qu’il est peu probable que l’eau à l’état naturel, c'est-à-dire dans un lac, une rivière ou un aquifère, soit visée par les accords commerciaux comme le GATT ou l’ALÉNA, certaines dispositions de ces deux accords demeurent néanmoins critiques. L’eau ne peut être un bien marchand que si elle est susceptible d’appropriation. Ainsi, si l’eau à l’état naturel n’est pas un produit, tel ne serait pas forcément le cas de l’eau embouteillée, dans un tanker ou dans un pipeline. Dans ce contexte, d’aucuns avancent que des dispositions comme l’article XI du GATT ou l’article 309 de l’ALÉNA portant prohibition d’imposer des restrictions quantitatives pourraient éventuellement viser cette eau « marchandisable ». Par ailleurs, les dispositions du chapitre 11 de l’ALÉNA s’appliqueraient aux ressources en eau, ce qui inclurait le droit d’accès à l’eau à l’état naturel : ainsi, dans l’hypothèse où un gouvernement autoriserait ses citoyens à prélever de l’eau, les investisseurs d’une autre partie de l’ALÉNA pourraient se prévaloir des mêmes droits.

À ce titre, l’annonce de rencontres à huis clos dans le cadre du North American Future 2025 Project survient alors que le Conseil régional des ressources en eau des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent, créé par l’Entente de 2005, a lancé officiellement le 15 mars dernier des consultations publiques visant à déterminer des objectifs régionaux de conservation et d’utilisation efficace de l’eau à l’échelle du bassin des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent. Il faut souligner qu’en vertu de l’article 200 de l’Entente de 2005, les parties se sont engagées à adopter et à mettre en œuvre des mesures pour interdire les nouvelles dérivations d’eau ou l’augmentation des dérivations existantes, sauf exceptions particulières prévues à l’article 201 visant les territoires près du bassin. Selon l’article 304, le Conseil régional doit adopter au plus tard le 13 décembre 2007 des objectifs généraux de conservation et d’utilisation efficace de l’eau. Le Conseil régional a ainsi soumis à la consultation un document provisoire présentant ces objectifs afin de s’assurer qu’ils représentent bien les intérêts des parties et répondent aux attentes des populations concernées. Ces objectifs préliminaires, au nombre de cinq, consistent à :

Bien que, selon la Commission mixte internationale, les dispositions de ces deux accords n’empêcheraient pas les États de prendre des mesures pour protéger leurs ressources en eau s’il n’y a pas de discrimination à l’égard d’individus de l’autre pays, les tentatives de mise en place de projets d’envergure de prélèvement massif et d’exportation d’eau durant les années 1990 ont provoqué un mouvement de repli des deux côtés de la frontière. Le 9 février 1999, le Parlement du Canada adoptait ainsi une résolution visant notamment à modifier la Loi sur le traité des eaux limitrophes internationales afin de prévenir le prélèvement à grande échelle. Du côté américain, une m o d i fi c a t i o n e n 2 0 0 0 d u Wa t e r Resources Development Act de 1986 permettait aux huit États américains riverains des Grands Lacs de convenir avec l’Ontario et le Québec d’une norme décisionnelle relativement à l’extraction et à l’utilisation des eaux du bassin des Grands Lacs. Le 13 décembre 2005, les premiers ministres de l’Ontario et du Québec ainsi que les gouverneurs de ces huit États américains signaient à cette fin l’Entente sur les ressources en eaux durables du bassin des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent.

• orienter les programmes vers l’utilisation durable à long terme des eaux; • adopter et mettre en œuvre une gestion de l’offre et de la demande qui favorise la conservation et l’utilisation efficace des ressources en eau; • améliorer le suivi des programmes de conservation et d’utilisation efficace de l’eau et uniformiser les rapports présentés par les États et les provinces; • encourager la science, la technologie et la recherche; • développer des programmes éducatifs et améliorer la diffusion de l’information pour tous les utilisateurs de l’eau. Une fois adoptés, ces objectifs serviront à l’élaboration des programmes respectifs de conservation et d’utilisation efficace de l’eau de chacune des parties. ■

Ces deux articles n’entreront cependant en vigueur que 60 jours après que la dernière des parties ait notifié aux autres parties qu’elle a complété les mesures nécessaires à leur mise en œuvre.


LE S B O N S C O NTA CTS

Spé cialiste du traitement des eaux municipales et industrielles Services offerts : gestion, exploitation et optimisation. Distributeur des compteurs d'eau Neptune. 20 275, Clark Graham, bureau 200 Baie d'Urfé, Québec, H9X 3T5 Télé. : 514-457-9991 • Téléc. : 514-457-9922 • Courriel : info@tekno.ca

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L’ E N V E R S D U D É C O R

Sources : L’équipe du magazine Source.

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Le fléau des algues bleues Depuis quelques années, les cyanobactéries prolifèrent dans nos cours d’eau au point de devenir un véritable problème pour la santé publique. Le l i v r e d e R o b e r t Lapalme, Protéger et restaurer les lacs, publié aux éditions Bertrand Dumont, détermine la nature du problème en plus de proposer des solutions visant à nous débarrasser de cet irritant qui affecte une nombre grandissant de lacs québécois. Pour vous procurer le livre, visitez le www.jardinplaisir.com. Une belle lecture estivale, les pieds dans l’eau…

ET LE GAGNANT EST… À l’occasion de la soirée Reconnaissance des étudiants de l’École Paul-Gérin-Lajoie, monsieur Dominic Rancourt s’est vu octroyer une bourse d’excellence offerte par Hanna Instruments Canada, remise à l’étudiant finissant ayant excellé dans le programme de traitement d’eau. Il est à noter qu’il a également mérité la bourse d’excellence (tous programmes confondus) pour avoir obtenu les meilleurs résultats scolaires durant sa formation. Cette bourse était offerte en collaboration avec John Meunier. Voilà un excellent candidat !

Pollutec Horizons Tout comme le marché de l’environnement, le salon Pollutec connaît de profondes mutations et devient Pollutec Horizons. L’objectif de la nouvelle édition du salon, qui se tiendra du 27 au 30 novembre 2007 à Paris, est d’élargir les thèmes autour de nouveaux enjeux liés à l’optimisation des ressources, aux énergies et changements climatiques et à l’impact sanitaire des pollutions. L’évènement attend plus de 40 000 visiteurs et quelque 1 500 exposants. Évènement à ne pas manquer s’il en est un, vous pouvez toujours participer à la délégation québécoise en y réservant votre espace d’exposition. Pour ce faire, contactez Sylvain St-Cyr d’Export environnement au 450 552-3222 ou à sylvain.stcyr@export-environnement.com. Profitez de l’occasion pour démontrer au monde entier votre savoir-faire.

Spectacle de Guy Nantel MAYA communication et marketing et le magazine SOURCE sont fiers de vous annoncer la présence de l’humoriste Guy Nantel à l’occasion de leur tournoi de golf annuel le jeudi 6 septembre prochain. Il s’agira encore une fois d’un véritable happening pour l’industrie de l’environnement. Avez-vous réservé votre départ ? Plus que quelques places disponibles. Formulaire au www.maya.cc.

Un peu d’humour… – Bonjour, j’aimerais avoir une crème glacée dure s.v.p. – Désolé, monsieur, nous n’avons plus que de la molle…

SOURCE contre John Meunier :

une lutte à finir Le jeudi 24 mai dernier, l’entreprise John Meunier invitait le magazine SOURCE à disputer un match amical à l’aréna Ronald-Caron du cégep de St-Laurent. La partie a été âprement disputée et s’est soldée par une victoire très serrée de 2 à 1 de l’entreprise sur le magazine. Toutefois, lors de la compétition de tirs de barrage, le magazine a vaincu à son tour l’entreprise au compte de 2 à 1. Les participants ont eu tellement de plaisir qu’une prochaine partie est prévue à l’automne. Qui sera le gagnant ? Surveillez notre compte rendu. À noter : la performance de deux buts d’Alain Godin, acheteur chez John Meunier, de Raynald « Wayne » Roy d’Ipex en tirs de barrage.

Daniel Rodrigue, acheteur, Marc Larivière, représentant chez John Meunier.

Geste de solidarité Le jeudi 14 juin dernier, la fondation Garnierkids.com tenait la troisième édition de sa soirée bénéfice. Sous le thème On écoute avec son cœur – rythme et passion, la soirée a permis d’amasser l’importante somme de 585 000 $. Par le passé, la fondation a appuyé financièrement plusieurs organismes pour des projets spécifiques, notamment ceux de l’hôpital de Montréal pour enfants, de l’école Orale de Montréal pour les sourds ainsi que ceux de l’hôpital Sainte-Justine. Félicitations à toute l’équipe pour cette belle réussite !

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Source juin 2007