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Bulletin Bois 98/2011 Réhabilitation Centre national du mouvement ATD Quart Monde, Treyvaux Hospice du Saint Gothard, Airolo Maison Bregger et Restaurant Salzhaus, Soleure Paroisse de St. Josef, Zurich Maison de la corporation des charpentiers, Zurich

Un vaste comble unifie désormais la chapelle et l’hospice du St Gothard, et crée ainsi un élément marquant de ce paysage alpestre mythique. Architectes: Miller & Maranta, Bâle


Le passé réinterprété Lorsqu’une communauté, un maître d’ouvrage, décide de réhabiliter un bâtiment, c’est que malgré le fait qu'il ne remplisse plus les conditions de l’utilisation à laquelle on le destine, il possède, par sa place dans la cité, par son apparence, par son aspect historique, emblématique voire émotionnel, une valeur qui justifie sa conservation. Mais cette conservation ne signifie que le bâtiment doive rester figé dans un contexte passé. Il faut alors un certain courage aux concepteurs et aux maîtres d’ouvrage pour intervenir sur l’édifice sans le dénaturer: celui de transformer radicalement le bâtiment pour affirmer sa position, celui de s’affranchir d’une structure tout en réinterprétant l’occupation précédente, celui de supprimer différentes interventions para­sites pour retrouver l’essence de la substance bâtie et lui conférer une fonctionnalité retrouvée. Un lien se crée alors qui lie les concepteurs d’aujourd’hui à leurs prédécesseurs, un dialogue entre les différents contextes, afin d’atteindre une lecture contemporaine de ces lieux, ou cependant le passé reste perceptible. Ce lien entre les générations concourre à donner à ces bâtiments, souvent lieu de rencontre et d’échange, une valeur symbolique. Le bois illustre parfaitement ce propos: il bénéficie d’une tradition séculaire dans sa mise en œuvre et pourtant sa technique ne cesse d’évoluer. Les réalisations de ce bulletin bois permettent de constater en outre que le bois fait valoir de nombreuses qualités lorsqu’il s’agit de concevoir de nouvelles répartitions spatiales. Par sa légéreté, il favorise la conservation de la substance existante et ses éléments modulaires permettent d’intervenir dans un espace restreint. Les possibilités de préfabrication réduisent le temps d’intervention sur le chantier, particulièrment lorsque celle-ci est tributaire des conditions météorologiques. Matériau au ton chaud et au touché agré­ able, la diversité des essences et des produits à base de bois permet en outre d’habiller de manière raffinée les espaces nouvellement créés. Au delà de leur aspect esthétique indéniablement marquant, les objets présentés ici illustrent donc la capacité de la société, à partir du passé, de se projeter dans le futur. Et quel matériau, plus que le bois, a-t-il la faculté d’inventer l’avenir?

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Mélanie Pittet-Baschung et Denis Pflug Communication technique Lignum


Centre national du mouvement ATD Quart Monde, Treyvaux Le mouvement ATD Quart Monde, est un mouvement de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, présent depuis 1965 en Suisse. Au cœur de la campagne fribourgeoise, son centre national a de multiples vocations et parmi elles, celle d’accueillir des enfants et des familles en situation de détresse pour leur permettre de profiter de vacances au grand air. Après de nombreuses années durant lesquelles ce lieu a pleinement rempli son rôle, la vieille ferme appelait une rénovation afin de continuer à remplir sa mission dans des conditions optimales. Lors de son acquisition dans les années 60 par l’association ATD Quart Monde, cette ferme de la campagne fribourgeoise reflétait l’âpreté des conditions de vie qui prévalaient lors de sa construction. Des lieux de vie de taille modeste, ayant subi divers transformations en fonction des aléas familiaux, des matériaux de structure dont la parcimonie traduisait mieux la valeur que la qualité. Plus tard, le changement d’affectation en centre de rencontre et d’accueil avait conduit à des modifications de l’ossature du bâtiment, sans que l’on puisse y déceler une orientation claire. Ainsi, mise à mal par ces opérations affectant une structure déjà précaire, la ferme nécessitait une intervention en profondeur afin d’assurer sa pérennité. Loin de s’enfermer dans leur tour d’ivoire respective, toutes les personnes impliquées sont alors intervenues dans un esprit de collaboration constructive. A commencer par le maître d’ouvrage qui a initié un vaste processus de consultation interne pour définir en

commun les objectifs de la rénovation; l’architecte ensuite qui a su, en partant de ce programme, élaborer un aménagement simple et rationnel aux fortes lignes directrices; les artisans enfin qui ont mis leur savoir-faire au service de cette réalisation. L’intervention a été compliquée par la mauvaise qualité de la substance existante. L’intérieur du rural a par exemple été entièrement vidé alors que la toiture restait en place sur des appuis provisoire. Le sol a pu être ainsi nivelé afin d’offrir une fondation de qualité pour la nouvelle structure en poteaux-poutres. Dans ce cas, l’opération requiert patience et imagination tant les surprises, souvent mauvaises, peuvent être nombreuses. Ainsi la façade ouest n’a pu être conservée au vu de son état de dégradation. Elle a néanmoins été reconstruite dans son aspect original en suivant une technique ancestrale. S’inspirant de la forme traditionnelle des fermes, le bâtiment se compose d’une partie logis, transformée dans le respect de la substance existante, et d’une partie grange, entièrement nouvelle, qui réinterprète pourtant de manière sensible sa fonction première. L’habitation a recouvré à l’étage sa destination par la création d’un appartement de fonction dont la cuisine profite de l’emplacement du fumoir, avec ses parois noircies par la fumée qui contrastent avec les lambris modernes aux tons clairs. Au rez-de-chaussée, les pièces de vie d’alors ont été converties en chambres d’accueil et en atelier. La grange quant à elle a retrouvé son allée d’affouragement qui, s’étendant sur deux étages, donne à cet es-

pace une atmosphère particulière. Une passerelle en bois rappelle par ailleurs le plateau mobile qui servait à la répartition du foin. Au rez une cuisine et un réfectoire ont été créés, tandis que l’étage accueille des dortoirs, des sanitaires et une salle de réunion. La cage d’escalier en briques rouges brutes dessert ces espaces et permet l’accès aux combles qui abritent une vaste pièce polyvalente sur l’ensemble de la surface de la ferme. Afin de dégager le volume, les poteaux centraux de la charpente ont été supprimés et remplacés par une structure métallique filigrane. Point de luxe ostentatoire dans cette réalisation, mais le choix de matériaux simples en provenance de la région qui, par leur combinaison judicieuse et leur mise en œuvre soignée, offrent à l’association un bâtiment fonctionnel, lumineux et accueillant.

Situation

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Rez-de-chaussée

1er étage

2e étage

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Coupe longitudinale

Coupe transversale

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Lieu La Crausaz 3, 1733 Treyvaux Maître d’ouvrage Mouvement ATD Quart Monde, Treyvaux Architecte Atelier d’architecture espaces&environnement sàrl, Jean Luc Rime Pascal Perroulaz, Fribourg Ingénieurs civils Géniplan, Hervé Bonvin EUR Ing, Marsens Entreprise bois Kolly André Sàrl, La Roche Bois mis en oeuvre structure: bois massif 14 m3, BLC 21 m3; Isolation en fibre de bois 105 m3; Revêtement intérieur et extérieur 9 m3 Coût total bâtiment CHF 2 millions Surface brute de plancher 830 m2 Volume SIA 416 2570 m3 Durée de construction Septembre 2006–avril 2008 Photographe Frédéric Marro, Fribourg

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Composition paroi extérieure: Panneau de particules liées au ciment 14 mm Lattage 24 mm Frein vapeur Montant d’ossature 120 mm/Isolation fibres de chanvre Lattage 60 mm/Isolation fibres de chanvre Pare-vent fibres de bois 16 mm Contre-lattage 40 mm Lattage 40 mm Lambris à couvre-joint 23 mm Composition paroi extérieure: Briques 120 mm Frein vapeur Lattage 60 mm/Isolation fibres de chanvre Contre lattage 60 mm/Isolation fibres de chanvre Pare-vent fibres de bois 16 mm Contre-lattage 40 mm Lattage 40 mm Lambris à couvre-joint 23 mm Composition plancher: Revêtement de sol Plaques de plâtre fibrées 2 x 12.5 mm Isolation au bruit d’impact 22 mm Granulés d’égalisation dans structure en nid d’abeille 30 mm Couche de séparation Plancher bois 100 mm

Coupes

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Hospice du Saint Gothard, Airolo Le Gothard est à n’en pas douter un des cols alpins emblématiques de la Suisse. La réhabilitation de l’ancien hospice, inaugurée le 1er août 2010 par la Présidente de la Confédération Doris Leuthard, a permis de convertir ce lieu de refuge en hôtel trois étoiles de 14 chambres. Le bâtiment trans­ figuré avec son toit expressif reflète par­ faitement la force du lieu, et constitue désormais un élément marquant de ce paysage alpin mythique. Depuis des siècles, le Gothard est le passage principal entre le nord et le sud des Alpes, et constitue ainsi un maillon important du réseau des échanges européens. Le génie développé pour franchir les obstacles naturels qui se dressent sur ce passage, témoigne de la significa­ tion de cette voie d’un point de vue culturel et stratégique. La route du Gothard a été sou­ mise à des modifications continuelles, reflétant ainsi l’évolution de la technique et des besoins des voyageurs. La variété des chemins et des routes qui y transitent attestent également cette importance, tout comme les différentes strates historiques de l’ensemble bâti situé au niveau du col. Depuis le nord, l’accès au col est marqué par l’ancienne souste, aujourd’hui transformée en musée, et par l’Hôtel du St-Gothard. L’ancien hospice semble légèrement en retrait derrière ces bâtiments. Il acquiert en revanche pour le voyageur venant du sud un aspect de phare avec sa façade pignon en maçonnerie. Construit à l’origine comme maison du prieur attenante à la chapelle du 13e siècle qu’il englobe aujourd’hui, l’édifice rudimentaire de

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1623 a été reconstruit comme un véritable ho­ spice au 18e siècle après qu’il fut détruit par l’avalanche du Monte Prosa. L’ouvrage fut ensuite progressivement agrandi et adapté jusqu’au violent incendie qui le détruisit en 1905. Après cet épisode, la structure inté­rieure fut entièrement remodelée, et la chapelle surmontée par une extension de plusieurs étages. Au fil des ans il ne fut plus utilisé que de manière secondaire, pour accueillir notamment le personnel de l’hôtel voisin. Face à ce constat, le maître d’ouvrage, la Fondation Pro San Gottardo, a initié un concours d’archi­ tecture afin de lui restituer une présence qui traduise sa valeur historique. Le bâtiment rénové est marqué par son implantation dans le rude climat montagnard. Cet aspect se reflète dans son apparence massive depuis le nord et par sa haute façade verticale animée par des ouvertures trapues qui regardent au sud. Ces éléments marquent le voyageur en lui faisant percevoir la dimen­ sion symbolique du lieu. L’intervention cherche à répondre à ce carac­ tère marquant en ajoutant une page con­ temporaine à l’édifice, avec des moyens appropriés, dans le respect de l’importance historique de l’ensemble. Ces mesures constructives comprennent d’une part la sup­ pression de parties parasites et d’autre part un renforcement ciblé des caractères architec­ toniques et d’implantation. La surélévation de la chapelle datant du début du 20 siècle a été réduite, afin de rendre une position centrale à la construction sacrée. C’est la seule opération qui concerne cette partie du bâtiment, si l’on excepte des interventions

mineures sur l’aménagement intérieur, destinées, par dépouillement, à souligner sa force expressive. Les partie chapelle et hospice, qui étaient jusqu’ici séparées en deux volumes distincts, ont été réunies sous un même toit imposant, revêtu de plaques de plomb et percé de lucarnes qui reflètent la nouvelle fonction hôtelière de ce vaste comble. Sur la façade principale orientée au sud, maintenant surélevée d’un niveau, les différentes strates temporelles sont reconnaissables par les divers types de fenêtres auxquels sont venus s’ajouter les éléments modernes. L’insertion d’une fonction hôtelière contemporaine dans la structure construite au début du 20e siècle, qui ne présentait par ailleurs pas un intérêt marqué, aurait conduit à des modi­ fications d’une telle ampleur, que sa conser­ vation ne se justifiait pas. Le bâtiment a donc été évidé jusqu’au niveau du 1er étage en conservant les murs extérieurs. Les deux premiers niveaux sont en construction massive puis, à partir de cet étage, une construction en bois de type poteaux-poutres s’élève dans l’écrin des façades. Entre les éléments verticaux, les remplissages sont en planches disposées horizontalement, une technique employée dans le canton d’Uri depuis le 15e siècle. Ces cloisons en bois doublent également les façades en maçonnerie qui, isolées ainsi de manière optimale, permettent de chauffer dorénavant le bâtiment grâce à la géothermie. Les planchers sont également en construction bois, et les poteaux soutiennent en outre la structure de la nouvelle toiture. Seuls les corridors et la cage d’escalier, utilisés comme voie d’évacuation, sont en béton pour des raisons de protec-


tion incendie. L’usage intensif du bois a permis la préfabrication des éléments dans la vallée et leur montage dans la courte période estivale, en absence de neige. Le pignon au sud, en maçonnerie de moellons, est surélevé d’un niveau. Un chaînage en béton forme le couronnement de la maçonnerie tout autour du bâtiment, assurant sa stabilité et reprenant les efforts de cisaillement de la nouvelle toiture. Les parties nouvelles sont crépies avec un enduit brut qui par sa structure se fond avec l’existant. Le visiteur pénètre dans l’édifice par la vieille porte en bois et gagne les étages par l’escalier historique. Il y trouve les espaces communs: une salle à manger éclairée par les anciennes fenêtres remises en fonction et deux salles latérales de plus faible taille accueillant un salon de thé et une salle de lecture. Des lieux de rencontres et d’échanges sont ainsi créés, à l’abri du climat plutôt hostile du col même en été. Aux étages supérieurs, les chambres se répartissent de part et d’autre du corridor qui s’étend sur la longueur du bâtiment. Grâce à la présence du bois massif, les pièces acquiè­rent un caractère intime, souligné par la lumière pénétrant à travers une fenêtre de faible taille. La simplicité de l’aménagement renvoie au caractère d’origine de l’hôtel. Le mobilier est ainsi fonctionnel et comprend un fauteuil et une commode, tandis que le lit est disposé dans une alcôve, prolongée par la cellule humide. Cette réinterprétation sensible a permis à l’édi­ fice d’être le troisième ouvrage suisse inscrit au patrimoine européen (après la cathédrale de Genève et le château de la Sarraz), soulignant ainsi la qualité de l’intervention.

Situation


Lieu Col du St-Gothard, 6780 Airolo MaÎtre d’ouvrage Fondazione Pro San Gottardo, Airolo ReprÊsentant du maÎtre d’ouvrage/coordination de projet Architecte Franco Poretti, Lugano Architecte Miller & Maranta, dipl. Architekten ETH BSA SIA, Bâle; collaborateurs: Quintus Miller, Paola Maranta, Jean-Luc von Aarburg Direction de projet CAS Architekten, Altdorf IngÊnieurs civils Conzett Bronzini Gartmann AG, Coire Physique du bâtiment BWS Bauphysik AG, Winterthour IngÊnieur CVS Visani Rusconi Talleri SA, Lugano IngÊnieurs bois Conzett Bronzini Gartmann AG, Coire Construction en bois ARGE URI: Gebr. Bissig Holzbau, Altdorf, Herger & Co. GmbH, Spiringen, et Paul Stadler Zimmerei, Flßelen Bois mis en oeuvre Structure: montants d’ossature 30 m3, BLC et lames de planchers 90 m3; plateaux 40 mm 35 m3, planches 30 mm 25 m3; OSB 15 mm 600 m2 CoÝt CFC 1–9 CHF 5,4 millions CoÝt CFC 2 CHF 4,2 millions dont CFC 214 CHF 600 000.– TTC Surface de plancher brute 1020 m2 Volume bâti SIA 416 3285 m3 Prix/m3 SIA 416 (CFC 2) CHF 1278.– DurÊe de construction 1ère Êtape: mai–octobre 2008; 2e Êtape: mai–octobre 2009; 3e Êtape: mai–juin 2010; achèvement: 1er juillet 2010; inauguration: 1er aoÝt 2010 Photographe Ruedi Walti, Bâle

Rez-de-chaussĂŠe

1er ĂŠtage





































































2e ĂŠtage

3e ĂŠtage

4e ĂŠtage

5e ĂŠtage

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Composition toiture: Couverture en feuilles de plomb 2–2,5 mm Couche de séparation Voligeage 30 mm Ventilation 40 mm Etanchéité bitumineuse en ardoise Lambris 30 mm Chevrons 260–320 mm/Isolation Feuille d’étanchéité Vide d’installation 40 mm Planche 30 mm Composition façade: Plateaux 40 mm Lattage 80 mm/Isolation OSB 15 mm Vide 220 mm Isolation 160 mm Mur béton 300 mm Crépi 20 mm Composition plancher: Lames de plancher en bois massif 25 mm Isolation en fibre de bois 60 mm Dalle de jardin 50 mm Lé de fibres de coco 5 mm Madrier de dalle 100 mm Composition plancher: Lames de mélèze 20 mm Chape 60 mm Dalle béton 160 mm Composition plancher: Lames de plancher en bois massif 25 mm Isolation en fibre de bois 60 mm Dalle béton 280 mm

Coupe

10 m


Maison Bregger et restaurant Salzhaus, Soleure Avec la transformation de la maison Bregger, qui se situe au cœur de la vieille ville de Soleure, un lieu resté en friche pendant de nombreuses années a trouvé une nouvelle vie. D’un bâtiment servant de dépôt est né un immeuble résidentiel urbain abritant un restaurant. A l’extérieur, les tables disposées sur le quai de l’Aar créent un nouvel espace convivial qui anime cette partie de la vielle ville. L’ensemble comprenait autrefois une grange avec écurie orientée vers la rue et un espace de stockage s’ouvrant vers la rivière. Le bâtiment original comportait deux étages avec un portail arqué flanqué de fenêtres à meneaux (env. 1500). A une époque indéterminée, il a été surélevé d’une hauteur de 2 m. De 1826 à 1864, alors propriété de la ville de Soleure, l’immeuble fut utilisé comme dépôt de sel. Lors de la transformation suivante, le bâtiment fut une nouvelle fois rehaussé. En 1896 enfin, une modification réuni les bâtiments situés sur les deux rues parallèles sous un même toit, à la faveur d’une nouvelle extension en hauteur. Le bâtiment, dont la taille lui permettait d’être maintenant un des plus grands de la ville, fut ainsi utilisé pendant plus de 100 ans comme bâtiment de stockage d’une entreprise de la place. Depuis quelques temps, la maison ne remplissait cette fonction que de manière intermittente et très extensive; juste avant la transformation, elle fut même utilisée comme nightclub. Afin d’offrir à cet ouvrage une nouvelle affectation, la communauté de co-propriétaires lança un concours d’architecture sur invitation en s’adressant avant tout aux jeunes bureaux. Après un premier tour qui permit de

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retenir huit candidats, le projet ayant obtenu le 1er prix put être recommandé pour l’exécution. Au cours de ses nombreuses transformations, le bâtiment a acquis une présence marquée parmi les maisons mitoyennes plus basses de la vieille ville. En raison de cette image forte, les interventions se sont avant tout concentrées sur l’intérieur du bâtiment, alors que les façades étaient traitées selon les recommandations des monuments historiques. La nouvelle structure ne transparaît donc qu’à travers les larges baies ouvertes dans la façade ouest, et dans la forme de la toiture, subtilement remodelée. La nouvelle affectation a nécessité des interventions par contre nettement plus importantes à l’intérieur du bâtiment. En dépit du fait que pour des raisons statiques le bâtiment ait été complètement vidé, le concept spatial développé reprend les particularités des immeubles de dépôts en les réinterprétant de manière contemporaine. En référence aux structures historiques en bois, la nouvelle composition des étages reprend la trame de l’ancien et permet ainsi de con­server l’atmosphère et le dégagement des entrepôts d’alors: des séries de poteaux en bois lamellé collé de chêne, dont la forme englobe les cales de support, soutiennent les sommiers transversaux qui à leur tour reprennent les planchers en structure mixte bois-béton. L’ampleur élégante des appartements a été rendue possible par le regroupement des services dans un noyau de distribution en béton armé. La caractéristique principale de cette nouvelle colonne vertébrale intégrant un escalier gironné, est de gérer de manière simple les relations complexes entre les logements et le restaurant.

Un puits de lumière en position centrale, intégré dans la nouvelle structure, permet aux appartements du bâtiment profond de presque 30 mètres de disposer d’une lumière naturelle suffisante. Communiquant avec celui-ci, des loggias ouvertes sur la façade ouest avec leur vaste baie offrent une vue imprenable sur l’Aar et la vieille ville. Les espaces de jours peuvent être divisés par des portes coulissantes munies de verre dépoli, accordant de cette manière au logement différentes formes actuelles d’habiter et de travailler. L’aménagement intérieur se caractérise par la matérialisation noble des surfaces qui reflète et soutient les caractéristiques de chaque zone. Ainsi l’aspect massif du noyau de liaison est souligné par les surfaces de béton lisses des parois de la cage d’escalier et par le revêtement polyuréthane bi-couches des zones sanitaires. Les espaces de logement s’habillent quant à eux de lames massives en chêne comme revêtement de sol. Au rez-de-chaussée, un restaurant a pris place dans le socle en construction massive: la vaste salle vers les quais de l’Aar sert de base à un jeu subtil entre nouveau et ancien. Le point de départ est l’accord harmonique entre quelques matériaux sélectionnés qui forment un ensemble en symbiose avec l’existant. Comme pour les appartements, les matériaux mis en oeuvre possèdent les attributs suivants: sensualité, stabilité et pérennité. Il se crée ainsi les conditions d’un aménagement durable, qui s’éloigne volontairement d’un langage architectural ‹tendance›. Ainsi, une certaine intemporalité est atteinte afin de perdurer dans le monde de la gastronomie et de l’aménagement intérieur où les modes se suivent à un rythme effréné. Le mobilier et les luminai-


res sont parties inté­grantes du concept architectural et génèrent une qualité spatiale imprégnée par le confort et l’élégance. Grâce à ces valeurs, l’espace n’est pas affecté à une catégorie particulière de public. On accède au restaurant par la porte monumentale à deux battants. Dans la zone d’entrée, le comptoir du bar en chêne huilé agrémenté de motifs en laiton bruni retroéclairés accueille le visiteur. Derrière le dressoir, où miroitent les différentes couleurs des alcools précieux, s’ouvre la salle du restaurant baignée d’une lumière chaude et douce; on prend alors pleinement conscience de l’ampleur de cet espace. Des pilastres massifs reprennent les sommiers en béton qui constituent les éléments marquants du plafond. Des tentures entre ces porteurs et dans la partie supérieure des parois jouent avec la lumière vaporeuse des trois lustres circulaires monumentaux, suspendus au centre de chaque champ. Des appliques disposées contre les parois procurent un complément de lumière et forment un ensemble cohérent avec les tables en chêne foncé, les sièges à l’assise soulignée de velours et le parquet en bâtons rompus aux tons clairs. La structure des murs en moellons laissée brute rappelle la destination première des locaux et son âpreté contraste avec les tentures en partie supérieure. L’accès à la deuxième salle par la petite ouverture au cadre en pierre, semble vouloir guider le visiteur dans quelque tombeau mystérieux. On découvre au contraire une cave voûtée intimiste qui, par son éclairage continu le long des parois se réfléchissant dans le plafond arqué de couleur clair et par le choix des matériaux d’aménagement, tels que le carre-

lage vitrifié ou le lambris des parois, se différencie nettement de l’ancien dépôt. Il en résulte une salle à l’atmosphère particulière qui peut être réservée pour des banquets.

Situation

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Lieu Löwengasse 8, 4500 Soleure Maître d’ouvrage Miteigentümergesellschaft Geschwister Bregger, Soleure Restaurant Genossenschaft Baseltor, Soleure Architecte Edelmann Krell Architekten GmbH, dipl. Architekten ETH SIA, Zurich Direction de chantier Anderegg Partner, Bellach Ingénieur civil H. Katzenstein AG, Soleure Physique du bâtiment MBJ Bauphysik + Akustik AG, Kirchberg Technique Enerconom AG, Soleure Ingénieur bois Makiol + Wiederkehr, Beinwil am See Entreprise bois Späti Holzbau AG, Bellach Bois mis en oeuvre Srtucture: BLC épicéa 50 m3 et chêne 5,5 m3, éléments en planches juxtaposées 62 m3 Coûts CFC 2 CHF 4,491 millions dont CFC 214 CHF 610 000.– Surface de plancher SIA 416 1456 m2 Volume bâti SIA 416 4700 m3 Prix/m3 SIA 416 (CFC 2) CHF 955.– Durée de construction Mai 2008–octobre 2009 Photographe Roger Frei, Zurich (intérieur), et Edelmann Krell, Zurich (extérieur)

Axonométrie de la structure en bois

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Rez-de-chaussée

1er étage

2e étage

3e étage

4e étage

5e étage

Coupe longitudinale

Coupe transversale

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Paroisse de St. Josef, Zurich L’ensemble, érigé au début du 20e siècle, est situé dans un quartier industriel de Zurich. Il se compose de la cure, d’une salle voisine et de l’imposante église Saint Joseph. Au cours des décennies, la cure a subi de multiples transformations, particulièrement dans les zones publiques du rez-de-chaussée. Le point central du nouvel aménagement est constitué par le nouveau foyer aux formes contemporaines. La paroisse a saisi l’occasion de l’urgent besoin d’assainissement des appartements des étages supérieurs pour analyser attentivement la situation de l’ensemble du bâtiment. Le service des bâtiments de la ville de Zurich a ainsi été mandaté pour mettre sur pied une procédure sélective d’architectes. Le mandat portait non seulement sur le réaménagement des trois étages supérieurs, mais également sur la manière d’amener de la lumière du jour dans le foyer d’entrée. Après une procédure en deux tours, le choix s’est porté sur la proposition radicale des architectes Frei + Saarinen. Leur projet optait pour l’implantation d’un foyer ‹étranger› à la construction existante du bâtiment centenaire. En effet, suite aux multiples transformations, plus aucune substance historique ne pouvait être remise à jour ou reconstruite. La cure est un exemple classique de bâtiment en construction mixte. Il comporte trois étages de briques apparentes en façades surmontant un socle en appareillage de pierres. Les cloisons intérieures sont en maçon­­nerie, alors que les planchers sont composés de dalles à hourdis ou de solivages traditionnels en bois. Comme particularité, l’aménagement proposé par les architectes consistait en un système de reprise des charges provenant des étages et du plancher supérieurs par

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des éléments métalliques au rez-de-chaussée. Ils avaient en effet gagné le concours, parce que leur conception de la structure d’étayage, dissimulée par l’aménagement ultérieur du foyer, était apparue comme plausible. La forme en z du plan s’appuie donc sur ce choix d’une descente des charges ponctuelle. Il n’y a que cette forme qui laissait l’espace se développer dans trois directions sans mettre en danger la structure existante. Le nouveau foyer est le point clé du projet. Il est désormais beaucoup plus accueillant, lumineux et spacieux. Un coup d’œil au plan du rez-de-chaussée original permet de per­ cevoir que opération n’était pas que du lifting, mais qu’il s’agissait bien d’une intervention massive, où par exemple une nouvelle ventilation a été mise en place. Afin de pouvoir habiller et meubler le nouvel espace avec des matériaux combustibles, un nouveau concept de chemin de fuite a été mis sur pied, qui implique la mise à disposition de nouvelles voies d’évacuation afin de libérer le foyer de cette fonction. Le bâtiment a été équipé en outre d’une rampe à l’entrée et d’un ascenseur pour permettre l’accès aux chaises roulantes. Le langage architectural contemporain est relativisé par une matérialisation qui ne cherche pas à être en vogue, mais par son abstraction, souhaite atteindre la solennité nécessaire à ce lieu d’accueil. Le nouveau puits de lumière apporte à l’espace non seulement de la luminosité, mais lui procure également un centre de gravité. Toute symbolique ostentatoire a été évitée, et c’est la forme du puits de lumière, de la niche cléricale et de la poignée de la porte qui fait référence à la notion de la trinité, du triangle, de l’œil de la Providence. Aux premier et deuxième étages, les intervenions se sont limitées à la pose de cuisines

et d’installations sanitaires. Les portes d’entrées vitrées ont été remplacées par des répliques conformes aux exigences de protection incendie. Sur la terrasse sise au dessus du foyer, désormais accessible, la vitre du puits de lumière a été affleurée avec le revêtement praticable. Les combles accueillent le nouveau logement du curé qui empiète maintenant sur une partie de la terrasse d’origine. Quelques parois intérieures intègrent des éléments biais de l’ancienne toiture, conférant ainsi une atmosphère particulière à l’appartement. La nouvelle toiture est une charpente traditionnelle isolée avec de la fibre de cellulose. Afin de limiter les pertes thermiques du bâtiment, certaines parties existantes ont également reçu une isolation complémentaire. Le sous-sol, accessible par un nouvel escalier, a été valorisé et intègre les sanitaires pour les visiteurs et une sortie de secours supplémentaire. D’un point de vue constructif, divers détails conceptuels sont à signaler: la vaste lucarne en chien-assis dissimule par exemple, derrière un volet invisible car parfaitement intégré à la surface vitrés, une marquise mobile. De la même manière, la face du foyer est con­ stituée d’un vitrage unique dont la dimension constitue une première à Zurich. Cette pièce sur mesure de 1,5 tonne, a été dimensionnée spécialement. Les tolérances usuelles du bâtiment ont du être par ailleurs fortement réduites dans le foyer afin d’atteindre la précision nécessaire au parfait ajustage des différents éléments de revêtement, biais dans plusieurs directions. Le bâtiment est protégé car, malgré les transformations intérieures, il est bien conservé et représentatif de son époque. Ce sont par­ ticulièrement les façades, partiellement ornées


de pierres de tailles en tuf, qui indiquent l’importance du bâtiment et qui ont justifié son classement. L’ensemble du projet a donc été attentivement suivi par le service des biens culturels, qui l’a non seulement accepté, mais soutenu tout au long du processus.

Situation

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Rez-de-chaussée

Rez-de-chaussée avant travaux

1er étage

2ème étage

Comble

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10 m


Lieu Röntgenstrasse 80, 8005 Zurich Maître d‘ouvrage Paroisse romaine catholique St. Josef, Zurich Architecte Frei + Saarinen Architekten, Zurich; équipe: Barbara Frei, Martin Saarinen et Nicolaj Bechtel, avec Stefan Wülser, Corina Trunz, David Winzeler, Bastien Turpin Direction des travaux Jaeger Baumanagement GmbH, Zurich Ingénieur civil WGG Schnetzer Puskas Ingenieure AG SIA/USIC, Zurich Physique du bâtiment Raumanzug, Zurich Ingénieur CVS Consultair AG, Zurich Entreprises bois Baur Holzbau AG, Wettswil (agrandissement des combles, revêtements de parois et de plafonds), Spiller AG, Oberhasli (parquet), Schindlersalmerón, Zurich (mobilier foyer), Lehmann Arnegg AG, Arnegg (fenêtres bois), Aepli Metallbau AG, Gossau (façade entrée) Bois mis en oeuvre Bois de construction 7 m3 et renforcements statiques 3 m3; Panneaux: plaques plâtre fibrées 15 mm 1000 m2, MDF 15 mm, comme imitation de lambris, avec des joints fraisés pour faces d’armoires et éléments démontables 30 m2, MDF 19 mm pour armoires 80 m2; Lames en MDF 15 mm, avec rainure et crête, différentes largeurs (70 mm, 100 mm, 130 mm) 340 m2 Coût CFC 1–9 CHF 4,3 millions Coût CFC 2 CHF 3,9 millions Surface d’étage 1500 m2 Surface utile 1200 m2 Volume SIA 116 6570 m3 Durée Septembre 2009–juillet 2010 Photographes Hannes Henz, Zurich, ainsi que Nicolaj Bechtel et Stefan Wülser, Zurich

Coupe transversale

Coupe longitudinale

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Maison de la corporation des charpentiers, Zurich La maison ‹zum Roten Adler› sur la rive droite de la Limmat a derrière elle une histoire de 850 ans. Depuis 550, elle appartient à la corporation qui regroupe les charpentiers, les maçons, les tonneliers et les vignerons zurichois. Avec sa façade en grès délicate et la somptueuse salle de la corporation datant de 1708, elle est un des monuments historiques les plus importants de la ville de Zurich. Détruite par un incendie en novembre 2007, la maison a été complètement reconstruite et brille d’un nouvel éclat depuis octobre 2010. Après le sinistre de 2007, la confrérie fut mise face à la question de l’avenir de l’édifice: au sein de la corporation, différentes positions se faisaient jour. Celle-ci décida donc de mandater une étude détaillée, afin de permettre une prise de décision basée sur une large consul­ tation. Deux variantes de reconstruction furent par exemple étudiées, et c’est finalement la solution d’une reconstruction dans le respect de l’esprit historique de l’édifice qui a été retenue. La corporation a également décidé de conserver le restaurant gastronomique dans son cadre original. Les modifications d’affectation dans le bâtiment sont donc l’exception et les expériences acquises lors de la transformation effectuée quelques années plus tôt se révélèrent d’un précieux secours. Dans le con­ cept d’utilisation, quatre espaces importants ont été définis: la partie visiteur, avec les espaces de valeur historique comprenant les aménagements intérieurs artisanaux raffinés,

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pour lesquelles une restauration de la substance originale et une reconstruction des parties manquantes à l’identique étaient souhaitées; la zone d’exploitation avec des locaux de production, de stockage et de service pour lesquelles un aménagement moderne conforme aux souhaits des entreprises était nécessaire; la zone technique dont l’augmentation de l’emprise par rapport à la construction d’origine était rendue indispensable par les obligations légales et l’augmentation des con­ traintes de confort, particulièrement pour les entreprises, puis finalement la zone admini­ strative de la corporation dans le reste des surfaces disponibles. Afin de satisfaire à la demande d’espace supplémentaire, les combles et le sous-sol ont été exploités. Par rapport à la situation avant incendie, les surfaces et les volumes suivants ont été valorisés: au sous-sol, de nouveaux locaux ont été créés pour la centrale sprinkler, pour celle de la technique du bâtiment (fosse et local des machines de l’ascenseur, répartition des fluides sanitaires) et pour les sanitaires du café et leur escalier d’accès. Une salle de stockage pour les denrées alimentaires a en outre été créée, combinée à une prolongation du monte-charge qui accède dorénavant au sous-sol. La construction de l’ascenseur a permis de rendre accessible le bâtiment aux personnes à mobilité réduite et des WC supplémentaires ont été disposés aux différents étages. Au troisième niveau, la nouvelle organisation spatiale comprend des vestiaires pour le personnel du restaurant ainsi qu’une

chambre froide et un espace de stockage. La légère surélévation du bâtiment a permis de disposer les installations de ventilation et l’accès au monte-charge. La maison de la corporation était bien, voire très bien documentée. Les plans disponibles aux archives de la ville permettaient de reconstruire son histoire pratiquement sans interruption. En 1976, les monuments historiques ont effectué un relevé détaillé de l’édifice. Il s’agissait à l’époque d’un des rares édifices profanes à être classifié au plus haut degré de protection. Avant de procéder aux transformations en 2000/2001, un relevé photogramétrique des façades avait été effectué tout comme celui des murs à l’intérieur vers la Römergasse et les quais de la Limmat. Depuis la trans­ formation, il existait donc des plans fiables et d’autres documents qui, en plus des parties qui avaient résisté à l’incendie, permettaient d’établir rapidement des plans de travail. Ces plans provisoires ont pu servir de base aux divers spécialistes de la technique du bâtiment. Cependant tout ne fut pas simple, si l’on songe que les parois sont rarement d’équerres, les planchers à différents niveaux et qu’ils s’appuient sur des parois biaises qui ne sont qu’imparfaitement superposées. Heureusement certaines parties avaient échappé à l’incendie, notamment une grande part des fenêtres en façade et constituaient ainsi des points de référence. Il fallait aussi compter avec les solivages et les escaliers encore existants ainsi que les piliers dans les sal-


Coupe

Rez-de-chaussée

les et des lambris démontés qui devaient retrouver leur place. Des conduites de chauffage et les installations sprinkler devaient être par ailleurs disposées dans les planchers. Cette situation a requis de la part des responsables de la technique du bâtiment et de la direction de chantier une certaine faculté d’adaptation. Les travaux sur le toit et la façade ont pu débuter grâce à une autorisation anticipée. Une intervention rapide afin d’ériger une nouvelle toiture était également rendue possible par le fait que les façades avaient été épargnées dans une large mesure par l’incendie. Le toit a donc été monté après la mise en oeuvre des chaînages en tête de mur et des étais à l’intérieur du bâtiment. Le plafond surmontant la grande salle de corporation est repris par des fermes conçues selon la technique traditionnelle du charpentier qui ont été montées de manière conventionnelle tout comme le solivage de la grande salle de la corporation. Le levage et le transport des pièces nécessaires ont eu lieu à une cadence de 6 minutes, afin de ne pas perturber la ligne de tram à proximité. La tour et les lucarnes ont été livrées complètes sur le chantier. La partie arrière du bâtiment est constituée par une structure en ossature de deux niveaux, tout comme la toiture la surmontant. Ainsi, après trois ans de chantier, la réouverture de la maison de la corporation des charpentiers a pu être fêtée le premier week-end d’octobre 2010.

1er étage

2e étage

3e étage

10 m

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Panneaux de la grande salle de la corporation au 2e étage

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Panneaux de la petite salle de la corporation au 2e étage

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Lieu Limmatquai 40, 8001 Zurich Maître d’ouvrage Zunft zur Zimmerleuten, Zurich Direction générale Rüegg Architekten, Zurich Direction des travaux Dallco GmbH, Zurich Protection des monuments historiques Kantonale Denkmalpflege, Dübendorf Ingénieurs civils Suter + Walser AG, Zurich Physique du bâtiment BWS Bauphysik AG, Winterthour Ingénieur CVS Ernst Basler + Partner AG, Zurich Ingénieur agréé de protection incendie Makiol + Wiederkehr, Beinwil am See Ingénieur bois Paul Grunder AG, Teufen Construction bois et aménagement intérieur Moser + Oberholzer ARGE, Gossau (construction en bois), Peter Epting AG, Zurich, Pendt Innenausbau AG, Gossau, et Ernst Wieland AG, Zurich (menuiserie), Xaver Fuchs, Uerzlikon, et Treppenbau AG, Bazenheid (escalier), Jos. Berchtold AG, Zurich (Portes coupe-feu), R. Brunner AG, Zurich (menuiserie porte), Müller Parkett GmbH, Kägiswil (parquet), Hans Rentsch, Zurich (reconstruction du plafond baroque) ainsi que Jörg Magener, Zurich (restauration du bois) Bois mis en œuvre Structure: bois massif 43 m3, BLC 47 m3; Panneaux: lamibois 33 mm 324 m2, OSB 18 mm 204 m2, trois plis 27 mm 729 m2; Lambris de toiture 21 mm 318 m2 Coûts CHF 17,5 millions Durée de construction Octobre 2008–septembre 2010 Photographe nave fotografie, Nadja Athanasiou et Peter Lüem, Zurich

Isométrie charpente

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Lignum Holzwirtschaft Schweiz Economie suisse du bois Economia svizzera del legno

Rédaction Roland Brunner, Lignum, Mélanie Pittet-Baschung et Denis Pflug, Lignum-Cedotec

Falkenstrasse 26 CH-8008 Zurich

En Budron H6, CP 113 CH-1052 Le Montsur-Lausanne

Conception graphique BN Graphics, Zurich

Tél. 044 267 47 77 Fax 044 267 47 87 info@lignum.ch www.lignum.ch

Tél. 021 652 62 22 Fax 021 652 93 41 info@cedotec.ch www.cedotec.ch

Impression Kalt-Zehnder-Druck AG, Zoug

Bulletin bois, mars 2011 Editeur Lignum, Economie suisse du bois, Zurich Christoph Starck, directeur

Administration, abonnements, expédition Andreas Hartmann, Lignum

ISSN 1420-0252

Le Bulletin bois paraît quatre fois par ­année, en allemand et en français. Abonnement annuel CHF 48.– Publications isolées CHF 20.– Classeur (10 numéros) CHF 100.– Classeur vide CHF 10.– Prix sous réserve de modifications. Les membres de Lignum reçoivent le Bulletin bois et le Lignatec gratuitement. Les droits pour la publication des diffé­rents objets présentés restent réservés aux architectes respectifs. Les informations publiées ont été recueillies auprès des concepteurs.

Bulletin bois 98/2011  

Réhabilitation