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Bulletin bois 95/2010 Sur le rivage Nouveaux vestiaires des bains de Schwäbis, Thoune Base de plongée, Sutz-Lattrigen Locaux du club d’aviron, Thalwil Base nautique du sauvetage, Uster Maison individuelle, Lachen Maison de vacances dans le ‹Seerücken›, Thurgovie Résidences secondaires, rives du lac de Bienne

Au bord du Greifensee, le lambris rouge grenat souligne l’identité de la nouvelle base du sauvetage. Architectes: moos giuliani herrmann architekten ag, Uster


Le bois flirt avec l’eau En Europe, près de la moitié de la population vit à moins de 50 kilomètres des côtes. Si cette constatation n’est pas valable directement pour la Suisse, la pression est également élevée sur les berges de nos lacs. Elle met en évidence la fascination qu’exerce la proximité de l’eau sur les individus. Peut-être doit-on y voir une volonté de se ressourcer, de se purifier, ou simplement par l’activité physique ou le grand air, oublier pour un instant les préoccupations quotidiennes. Cette attraction ne date pas d’hier puisque les sites lacustres de l’espace alpin, candidats sous l’égide de la Suisse au patrimoine mondial de l’Unesco, permettent d’entrevoir la vie de nos lointains ancêtres qui, il y a plus de 7000 ans pour certains, s’établissaient déjà sur ces rivages. Les rives d’eau courante ou dormante sont donc le terrain d’enjeux importants: urbanisation, loisirs nautiques, lieu de délassement, pour n’en citer que quelques uns. On voit alors apparaître en ces lieux convoités des habitats individuels, des maisons de vacances, des résidences d’été, mais également des infrastructures, bases nautiques ou de sauvetage. Ces constructions s’affirment ou, au contraire, cherchent à se fondre dans leur espace naturel. Or, pour les maîtres d’ouvrage qu’ils soient publics ou privés, il s’agit le plus souvent de situations difficiles: géologie délicate, écosystèmes fragiles, accessibilité limitée. Dans ces conditions le bois a maints atouts à faire valoir: à commencer par son poids propre réduit, qui permet de limiter les travaux de fondation invasifs et ne nécessite pas de moyens de manutention importants; les possibilités de préfabrication ensuite, qui permettent de limiter les travaux in situ; la multitude de formes du bois et de ses matériaux dérivés enfin, qui offre à toute situation la solution adaptée. Et profitant de quelques instants de plénitude aux soirs d’été, lorsque que la nuit tombe sur les flots sereins, l’utilisateur réalise alors que le bois, plus que tout autre matériau, permet finalement de réduire au minimum l’impact de ces constructions sur l’environnement.

1962

Roland Brunner Communication technique Lignum


Nouveaux vestiaires des bains de Schwäbis, Thoune Schwäbis est le nom d’une zone idyllique des bords de l’Aar, où confluent ses cours supérieur et inférieur. A cet endroit la rivière est le plus souvent particulièrement calme, et le temps semble ainsi vouloir s’arrêter pour prolonger d’autant le bonheur des baigneurs. Les bains de Schwäbis ont été érigés en 1869 par l’architecte Friedrich Hopf dans le style typique des constructions en bois de son époque. Ils sont inscrits à l’inventaire des monuments de la ville de Thoune, et figurent parmi les exemples les plus significatifs de l’architecture touristique d’alors. Après de longues années de service, les bains nécessitaient un assainissement complet en raison de défauts apparus à la structure et à la sécurité des installations. La construction a été libérée de différents appendices, qui au cours du temps étaient venus la compléter, et étendue au nord-est par une nouvelle rangée de vestiaires. L’étroit bâtiment, long de presque 30 m, se dresse tel un meuble dans le parc entouré d’arbres centenaires. Il s’ouvre largement vers la prairie et l’Aar et, avec son socle en béton et son large avant-toit, invite le visiteur à profiter de quelques instants de loisir.

Le pavillon entièrement réalisé en chêne naturel, se développe à partir de la construction historique. Le nouvel édifice expose sa surface sobre en bois noble qui semble vibrer aux reflets du soleil, et répond ainsi à la riche ornementation du pavillon historique. Le bâtiment du vestiaire a la faculté de changer de physionomie: lorsqu’il est clos, il fonctionne comme

une frontière discrète de l’espace des bains, mais dès que s’ouvrent les portes sur la totali­ té de sa hauteur, il apparaît comme une malle dont va sortir quelque trésor. Le chêne non traité, attirant, irradie le calme et la chaleur, et la perception du jeu entre ombre et lumière est soulignée par la légère courbe du bâtiment.

Situation

1963


Lieu Grabenstrasse 40A, 3600 Thoune Maître d’ouvrage Einwohnergemeinde Thun, Amt für Stadtliegenschaften Architecte Johannes Saurer Architekt BSA, Thoune Ingénieur bois Indermühle Bauingenieure, Gümligen Entreprise bois Gfeller Holzbau GmbH, Worb Bois mis en œuvre Bois massif chêne 500 m, planche de chêne 27 mm pour éléments de façade 200 m2, bois panneauté chêne 40 mm pour toiture 150 m2 Coûts CFC 1–9 CHF 631 000.– dont CFC 214 CHF 90 000.– Surface de terrain SIA 416 2200 m2 Surface de plancher SIA 416 98 m2 (nouvelle construction) Volume SIA 416 234 m3 (nouvelle construction) Durée de construction Octobre 2006 – avril 2007 (durée totale), janvier–mars 2007 (construction en bois) Photographe Christine Blaser, Bern

10 m

Plan

Coupe

1964

Coupe longitudinale


Composition toiture: Lé d’étanchéité posé en ardoise, bi couche Lé d’étanchéité monocouche Couche de séparation Bois panneauté chêne 40 mm Solive chêne 120 mm Composition paroi extérieure: Poteaux chêne 80 x 80 mm Lambris chêne 27 mm, rainé crêté, sur cadre intérieur 27 x 100 mm Cadre chêne 45 x 70 mm

Détail façade

Composition sol: Couche supérieur béton 30–60 mm, imprégnée, avec pente env. 2 % Radier béton 250 mm

1965


Base de plongée, Sutz-Lattrigen Les sites lacustres préhistoriques comptent parmi les biens culturels archéologiques majeurs en Europe. A ce titre, sous l’égide de la Suisse, ils sont candidats au patrimoine mondial de l’UNESCO. Dans ce contexte, l’emplacement de Sutz-Lattrigen présente un intérêt certain. Afin d’en reconnaître les particularités, une base de plongée doit permettre de mener à bien les recherches subaquatiques. Parfaitement protégés par l’eau, les vestiges de nos lointains ancêtres, en particulier les matières organiques comme le bois, les textiles ou les restes de plantes, nous sont parvenus dans un état de conservation exceptionnel, et donnent ainsi une image étonnament vivante de leur quotidien. Cette richesse mérite d’être étudiée, et il est souhaitable d’en faire profiter le public. Sise au bord du lac, la fondation RütteGut à vocation culturelle, a offert un emplacement pour une durée de 10 ans, afin de mener à bien cette double mission. La base de plongée se situe dans une crique face au bâtiment de la fondation. Depuis le parc, celle-ci est pratiquement invisible grâce aux arbres faisant écran, et apparaît uniquement lorsque l’on se rend au bord de l’eau. En plus d’offrir les infrastructures nécessaires aux fouilles sous lacustre, elle permet de sensibiliser le public et d’accueillir de petits groupes ou des classes d’écoliers. Fruit d’un concours ingénieurs–architectes sur invitation, la base se concrétise par une con­ struction qui remplit ce vaste programme de manière économique. Loin d’imposer sa présence, elle s’inspire d’une cabane de pêcheur simple et fonctionnelle. Les utilisateurs parviennent à la plateforme depuis la rive par une pas-

1966

serelle. Les visiteurs profitent alors d’une vue originale sur la propriété, et peuvent s’informer sur les travaux en cours grâce a une vitrine d’exposition disposée en pignon ou, le cas échéant, assister à l’activité des plongeurs. La station est conçue comme une suite compacte de locaux. A l’avant un local de stockage non chauffé intègre en façade les éléments destinés au public. Apres un couloir de séparation traversant se trouvent les locaux d’ex­ ploitation proprement dits avec un atelier, un vestiaire, un séchoir et un bureau/salle de réunion. Protégées des intempéries par les larges avant-toits, la distribution est reportée à l’extérieur, au nord-est, ce qui permet ainsi de réduire au minimum le volume chauffé. Au sud-ouest, en correspondance, une rampe conduit au ponton flottant d’accès au lac, abrité par un pare-vague indépendant. La con­ struction repose sur une plateforme métallique, soudée sur le chantier à des pieux battus. Les planchers sont composés d’éléments en caisson, alors que les parois et la toiture sont en ossature préfabriquée. Le parc ne devant pas être affecté par la construction, le montage a eu lieu depuis le lac, les différents composants étant livrés sur la barge puis mis en place à la grue. Seuls des éléments secondaires de faible taille, ont été apportés par la passerelle. Conformément à l’esprit de simplicité et d’économie qui a caractérisé sa conception, la base est entièrement revêtue de tôles en aluminium profilées, qui la protègent de manière optimale contre les agressions climatiques et les embruns. La construction sera démontée à la fin de la période d’exploitation, tout comme la plateforme métallique et toutes deux pourront être revalorisées pour d’autres interventions archéo-

logiques du même type. Seule restera la portion des pieux métalliques fichée dans le fond du lac, comme un rappel de leurs lointains prédécesseurs.

552 817

Situation


Lieu Fondation von Rütte Gut, 2572 Sutz-Lattrigen Maître d’ouvrage Office des immeubles et des constructions du canton de Berne Architecte architekturStettler, Berne Ingénieurs civils et bois Tschopp Ingenieure GmbH, Berne Entreprises bois Hector Egger Holzbau AG, Langenthal Bois mis en oeuvre Bois massif 19 m3, douglas 4 m3, BLC 2 m3, douglas 12 m3; Panneaux: OSB 485 m2, panneaux de fibres isolants 160 m2 Coût CFC 1–9 CHF 930 000.– Surface bâtie SIA 416 105 m2 y c. plateforme extérieure 165 m2 Durée de construction Janvier 2010–avril 2010 Photographe Alexander Gempeler, Berne

1967


Composition toiture: Couverture tôle d’aluminium éloxé Lattage Lé de sous-couverture Panneau de fibres isolant 22 mm Chevrons 220 mm/Isolation OSB 15 mm Composition parois extérieures: OSB 15 mm Montants 200 mm/Isolation Panneau de fibres isolant 22 mm Papier coupe-vent Lattage 40 mm Tôle d’aluminium éloxé Composition plancher Sol en caoutchouc profilé Eléments en caisson OSB 22 mm nervures 220 mm/isolation OSB 22 mm Couche de protection contre les rejaillissements

Coupe

1968


427.00

427.00

Coupe longitudinale

Plan

10 m

1969


Locaux du club d’aviron, Thalwil La maison du club d’aviron de Thalwil, érigée en 1955 et rénovée en 1982, se trouve dans une situation privilégiée, non loin de la gare. Ne répondant plus aux attentes elle a été remplacée, et en 2008, une construction entièrement nouvelle a pu être mise en service. Le bâtiment existant nécessitait des réparations; la place manquait pour le stockage des bateaux, et une salle d’exercice, notamment pour l’entraînement de l’aviron, faisait défaut. Ces raisons ont conduit le club d’aviron de Thalwil à se lancer dans l’aventure d’une nouvelle réalisation, financée dans une large mesure par des dons (64 %). L’aspect de la nouvelle construction et la disposition des pièces reflètent la fonction du bâtiment. L’espace disponible a été utilisé de manière optimale, ce qui se traduit dans la répartition des locaux, simple et efficace. L’ouvrage est ainsi non isolé au niveau du rezde-chaussée en maçonnerie, qui offre cependant la possibilité de stocker des bateaux, onéreux pour certains, et de les entretenir, grâce à un petit atelier. A l’étage supérieur, en ossature bois isolée, se situent les lieux d’entraînement complétés par des vestiaires–douches et un bureau. Un peu plus loin, la salle pour le club, située de manière idéale, offre un vaste espace à la convivialité. Une coursive vers le lac, qui relie l’ensemble des locaux, invite aux rencontres et permet, grâce à un escalier extérieur, d’accéder à la large terrasse en toiture.

1970

Le nouveau volume, sensiblement plus massif, a nécessité de renforcer les fondations par des pieux forés. Avec le radier en béton, et le montage des parois en briques scillicocalcaires du rez-de-chaussée, cette phase de construction a duré trois mois. Après seulement trois jours supplémentaires, le gros œuvre était achevé: les portiques métalliques ont été montés au rez, les caissons de plancher posés, les ossatures du premier niveau mises en place avec leurs lambris extérieurs prégrisaillés, tout comme les portiques métalliques situés du

Situation

côté du lac et dans la zone centrale, et le tout finalement clos par les caissons de toiture. La structure simple et le design sobre cachent une qualité constructive, qui est due à une conception soignée et sûre de la partie en construction bois: ainsi le toit plat est conçu comme une structure ventilée, et les ouvertures d’aération ont été surdimensionnées et contrôlées lors de l’exécution; de même le revêtement extérieur de l’étage s’harmonise avec le socle, et ne nécessite qu’un entretien limité.


Lieu Seestrasse 178, 8800 Thalwil Maître d’ouvrage Ruderclub Thalwil Architectes Heiko Bachmann Architekten, Thalwil, et Horst Klingler, dipl. Arch. ETH SIA, Zurich (projet), ainsi que Thomas Schoch Architekt, Thalwil (étude et exécution) Ingénieur civil Federer & Partner Bauingenieure AG, Zurich Ingénieur bois Hanspeter Fäh, Ingenieur- und Beratungsbüro für Holzbau, Thalwil Entreprise bois W. Rüegg AG, Kaltbrunn Bois mis en oeuvre Structure: carrelets d’ossature 30 m3, BLC 90 m3; Panneaux: trois plis 27 mm 750 m2, 45 mm 1200 m2 et 80 mm 25 m2, lamibois 490 m2, OSB 550 m2, plaques de plâtre fibrées 980 m2, panneaux de fibres isolants 190 m2; Revêtement de façade: lambris rhombe, continu, 20 x 135 mm 315 m2; Structure métallique: 20 tonnes Coûts CFC 2 CHF 1,898 Mio. dont CFC 214 CHF 602 300.– Surface de terrain SIA 416 889 m2 Volume SIA 116 4215 m3 Prix/m3 SIA 116 (CFC 2) CHF 450.– Durée de construction Janvier–juillet 2008 Photographe Hans Loepfe, Rüschlikon

1971


Coupe

Rez-de-chaussée

Niveau supérieur 10 m

1972


Composition toiture: Substrat 80 mm Etanchéité Eléments en caisson: panneau trois plis 45 mm nervures 360 mm/Isolation 200 mm panneau trois plis 45 mm Composition paroi extérieure: OSB 15 mm Montants 180 mm/Isolation Panneau de fibres isolant 19 mm Pare-vent Lattage 30 mm Lambris de façade 20 mm Composition plancher: Parquet/revêtement synthétique Chape ciment 80 mm Couche de séparation Eléments en caisson: lamibois 39 mm nervures 360 mm panneau trois plis 45 mm Composition paroi extérieure: OSB 15 mm Montant 200 mm Plaque sandwich en fibres de verre liées au ciment 15 mm

Axonométrie

Coupe façade

1973


Base nautique du sauvetage, Uster Le nouveau bâtiment du service de sauvetage, abritant les vedettes rapides, marque de son empreinte les rives du Greifensee à l’embouchure de l’Ustermer, et signale ainsi la limite de la zone de baignade. Par son revêtement brut de sciage rouge grenat, il contraste avec la végétation naturelle environnante. Le bâtiment du service de sauvetage, utilisé depuis des années, nécessitait d’être agrandi suite à l’augmentation du nombre de secouristes. Le projet comprenait de nouveaux vestiaires et un lieu de séjour susceptible de fonctionner comme salle de commandement. L’ancien bâtiment possédait une superstructure en ossature, prenant appui sur un socle en béton armé fondé sur pieux en bois. Les mesures envisagées pour l’extension nécessitaient d’un point de vue légal un assainissement énergétique de l’enveloppe. De plus, la situation géologique de l’emplacement est délicate, car le fond du lac, peu épais, est étanche à l’eau de la nappe. Si cette couche venait à être perforée lors des travaux de fondation, une des trois sources d’eau potable alimentant la région devrait être fermée. Le projet développé par les architectes prévoyait donc l’intégration du socle en béton existant, complété par une nouvelle superstructure en ossature bois, substituant les locaux devenus exigus. La nouvelle construction en éléments bois préfabriqués et isolés présente un porte à faux de 3,5 m par rapport au

1974

socle en béton et semble ainsi presque en apesanteur au dessus de l’eau. Les calculs statiques ont montré que les charges supplémentaires pouvaient être reprises par la fondation sur pieux existante, sans renforcement. La situation du vestiaire à l’entrée est choisie de manière à ce que le chemin le plus court en cas d’engagement soit assuré, entre l’arrivée, le changement de tenue, et l’accès aux embarcations. La disposition des éléments du vestiaire et une cloison qui peut être déplacée, assure une séparation flexible entre les espaces homme et femme. La pièce de commandement séparée en deux parties comprend une zone de séjour et de réunion avec vue sur le lac et sur le hangar à bateaux, ainsi qu’une zone d’observation possédant une vue dégagée vers le lac et un accès direct, à travers une porte coulissante, à la terrasse servant de poste de guet. L’extension du plan n’a pu être atteinte que grâce au porte-à-faux qui donne son aspect aérien au bâtiment. Trois axes porteurs disposés en correspondance des parois, reprennent la toiture. Les membrures inférieure est supérieur sont en lamellé collé, selon la situation jusqu’à de 800 mm de hauteur. Dans le but de soulager ces porteurs, le plancher est formé d’éléments en caisson, également en porte-àfaux, qui conduisent les charges directement dans le socle en béton armé. Afin d’éviter le soulèvement de leur appui arrière, la paroi médiane transversale repose directement sur ceux-ci. Certaines parois et des zones du plan-

cher de courte portée sont de plus suspendues à la toiture. La construction a été compliquée par la pelouse de la zone de baignade qui, digne d’un green, ne supportait aucune incursion et par l’interdiction d’intervenir sur le fond du lac. L’échafaudage en console à donc été fixé au niveau inférieur en béton, et pour le montage, la solution de faire appel à une des plus grosses grues sur pneus de Suisse s’est révélée la solution la plus économique. Il a été ainsi possible de mettre en place les éléments pesant jusqu’à 1,5 t depuis la route carrossable la plus proche, située à près de 90 m de là. Outre l’aspect de durabilité et des coûts, d’au­ tres critères ont plaidé pour le choix du bois. A commencer par le temps de montage réduit, afin de pouvoir effectuer les travaux pendant l’entre saison pour que la station de sauvetage soit pleinement opérationnelle lors de l’ouverture de la plage. Dans ce cas la préfabrication des éléments en ossature apporte un avantage décisif. Le bois permettait en plus, grâce à son poids réduit, de conserver le socle en béton existant et de limiter au minimum la pollution des eaux du lac, autant pendant le chantier que lors de l’exploitation du bâtiment.


Situation

Lieu Seeweg, 8610 Uster Maître d’ouvrage Ville d’Uster, Division sécurité, avec l’ensemble des communes riveraines (Egg, Fällanden, Greifensee, Maur, Mönchaltdorf, Schwerzenbach) Architecte moos giuliani herrmann architekten ag, Uster; Direction de projet: Roger Moos et Christoph Schneider Ingénieur civil ibeg, bauengineering GmbH, Uster Ingénieur bois Ivo Diethelm GmbH, Gommiswald Entreprise bois Jakob Moser Holzbau AG, Gossau (construction), et Holzbasis GmbH, Ottikon (projet) Bois mis en oeuvre Structure: bois massif sapin/épicéa 5,3 m3, mélèze 6,5 m3, BLC sapin/épicéa 17,5 m3, chêne 0,3 m3; Panneaux OSB 960 m2; Revêtement: lambris de toiture 230 m2, lambris de façade en sapin à clin, brut de sciage, peint 215 m2; Sous face du porte-à-faux en mélèze 60 m2 Coûts CFC 2 CHF 400 700.– dont CFC 214 CHF 184 000.– Surface de plancher SIA 416 197 m2 Volume bâti SIA 416 715 m3 Prix/m3 SIA 416 (CFC 2) CHF 675.– Durée de construction Septembre 2006 –mars 2007 Photographe Beat Bühler, Zürich

1975


Coupe

Plan 10 m

1976


Plan de montage des ĂŠlĂŠments de paroi et de plancher

1977


Composition toiture: Tôle cuivre Couche de séparation Lambris 27 mm Lattage 60 mm Lé de sous-couverture Elément en caisson: lambris 27 mm nervures 240 mm/Isolation frein vapeur OSB 25 mm Composition façade: OSB 25 mm Frein vapeur Montants 160 mm/isolation OSB 25 mm Lattage 50 mm Lambris à clin Composition plancher: Caoutchouc 5 mm OSB 25 mm Frein vapeur Poutre mélèze 240 mm/isolation résistante à l’humidité 160 mm, sur cornières aluminium Sous face en mélèze dans la zone du porte-à-faux 20 mm

Coupe façade

1978


1979


Maison individuelle, Lachen Jouxtant la parcelle, une petite crique a été aménagée il y a quarante ans afin de pouvoir accueillir des embarcations. Toute une série de maisons de week-end, en construction légère de l’époque, sont alors apparues, profitant de cette situation idéale. Si d’un point de vue urbanistique, il s’agissait d’un processus ne manquant pas d’intérêt, la concréti­ sation architectonique n’a manifestement pas permis de dégager de lignes directrices fortes. A cet endroit remarquable, un plan directeur fixant des critères de qualité tant formels qu’éco­nomiques eut été une bénédiction. Pourtant lorsque les architectes sont amenés à intervenir, cet environnement ne leur livre aucune réponse quant à un point de repère ou une échelle, et n’exige dans le même temps aucun respect particulier si ce n’est envers la situation elle-même, la nature, les occupants et les voisins qui seront confrontés à la nouvelle construction. Les architectes souhaitent donc poser un jalon qui, à l’avenir, pourrait indiquer un jour ou l’autre, par la reprise de l’approche choisie, le chemin d’une harmonisation de la qualité de la nature et de l’architecture. La réalisation issue de ces réflexions est en con­trepoint des constructions environnantes. La maison destinée à une jeune famille est adaptée comme résidence secondaire, mais

1980

remplit également toutes les exigences fonctionnelles d’une occupation permanente. L’expression dynamique du bâtiment met en scène, par des baies s’ouvrant sur la hauteur de l’étage, sa relation au lac, et respecte dans le même temps l’intimité des habitants. Le plan est déformé en perspective. Les parois extérieures latérales suivent les limites de la parcelle, ce qui leur permet de focaliser la vue sur le lac, comme à travers des jumelles. La discrétion souhaitée est assurée par la mise en retrait des fenêtres. Ainsi l’intérieur échappe au regard du voisinage, et cette disposition permet en outre de protéger les baies du rayon­nement solaire direct à la saison chaude. Les exigences légales, en ce qui concerne la hauteur du bâtiment ainsi que la différence de niveau entre le chemin d’accès et la pelouse vers le lac, sont prises en compte par le décalage d’un demi étage en élévation, ce qui permet d’intégrer une partie de l’édifice dans le terrain. Le bâtiment a été érigé en bois comme réponse adéquate aux exigences de la physique du bâtiment. La disposition de l’isolation dans le plan porteur permet d’atteindre les exigences les plus élevées, et la masse réduite du bâtiment procure rapidement une ambiance agréable même en cas de séjour réduit au week-end. Le même aspect est également va­lable en été pour amener un peu de fraîcheur à l’intérieur, grâce à une pompe à

chaleur air-eau qui assure la régulation thermique. Les façades en panneaux d’aluminium, avec leurs fixations rivetées visibles, renvoient à la construction navale. Grâce à leur surface polie dans la direction du plus grand côté, les éléments de façade se parent de reflets changeants au gré de la météo et du chatoiement de la lumière sur le lac. L’usage de l’aluminium brut et les mesures constructives de mise en retrait assurent la durabilité de l’enveloppe, qui ne nécessite qu’un faible entretien.

Situation


Lieu 8853 Lachen Architecte wild bär heule architekten ag, Zurich Ingénieur bois Josef Kolb AG, Uttwil Entreprise bois M. Keller Holzbau AG, Altendorf Bois mis en oeuvre Structure: carrelets d’ossature 21 m3, BLC 6 m3; Panneaux: lamibois 30 m3, OSB 294 m2, plaques de plâtre fibrées 287 m2, plaques de plâtre cartonné 195 m2, panneaux de fibres isolants 260 m2 Coûts CFC 2 CHF 1,8 million dont CFC 214 CHF 235 000.– Surface de terrain SIA 416 719 m2 Surface de plancher SIA 416 197 m2 Volume SIA 116 1483 m3 Prix/m3 SIA 116 (CFC 2) CHF 1213.– Durée de construction Juillet 2006–mai 2007 Photographe Roger Frei, Zurich

1981


Composition toiture: Couche de gravier Lé de protection Couche d’étanchéité Eléments en caisson: lamibois 33 mm nervures 190–220 mm/Isolation lamibois 33 mm Barrière vapeur Lattage 40 mm Plaque de plâtre fibrée 15 mm Composition paroi extérieure: Plaque de plâtre fibrée 15 mm Lattage 40 mm OSB 18 mm Montants 220 mm/Isolation Panneau de fibres isolant 52 mm Profil en Z 45 mm Aluminium, éloxé nature, poli Composition plancher: Parquet 15 mm Chape ciment, chauffage au sol 85 mm Couche de séparation Isolation au bruit d’impact 20 mm Eléments en caisson: lamibois 65 mm nervures 180 mm/Isolation Barrière vapeur lamibois 33 mm Lattage 30 mm Plaque de plâtre fibrée 15 mm Panneau isolant support de crépi 40 mm

Détail coupe

1982


Coupe

Rez-de-chaussée

Etage

10 m

1983


Maison de vacances dans le ‹Seerücken›, Thurgovie La nouvelle construction est située au bord d’un étang artificiel, autrefois utilisé pour la production de glace. La parcelle supporte une forêt clairsemée naturelle, qui lui donne un aspect de parc paysagé pittoresque. Outre l’étang, d’autres éléments comme des haies de hauts peupliers, des rosiers imposants, de grands arbres morts donnent aux alentours une quiétude intemporelle. La nouvelle construction, implantée au bord de la parcelle, s’ouvre également vers l’arrière, où elle profite d’un dégagement important. Le rez-de-chaussée accueille une entrée de taille modeste, divers locaux annexes, et une généreuse cuisine qui s’oriente de plein pied vers la nature environnante. Au-dessus se situent le séjour, la chambre à coucher et la chambre d’amis, ceinturés par une loggia, qui donne à l’étage un aspect de cabane dans les arbres. Des pièces, de nombreuses perspectives s’ouvrent sur les alentours, et malgré l’identité marquée de la demeure, les frontières entre habitat et nature semblent vouloir se dissoudre, grâce à l’interprétation fluide et à la disposition spatiale qui génèrent de nombreuses interactions. Le choix du bois ne fut pas seulement logique pour entrer en résonance avec l’atmosphère du lieu: en raison de la faible portance du sol, la maison précédente s’était enfoncée dans le terrain marécageux. Une construction de type léger était donc souhaitée et celle-ci se

1984

fonde sur des pieux prenant appui sur la couche de grès. Le poids réduit de l’édifice permet ainsi de réduire notablement le nombre de pieux nécessaires. Huit poteaux en mélèze massif sont encastrés dans les fondations. Ils supportent deux poutres longitudinales qui reprennent les éléments en caisson des planchers, en porte-à-faux des deux côtés. A l’étage, les parois en forme de A soutiennent la toiture et stabilisent le 1er étage. Les divers locaux s’insèrent dans le

Situation

rectangle de manière libre. Les colonnes en mélèze restent visibles, tandis qu’à l’intérieur, l’aménagement en bois est peint en blanc. A l’extérieur, les éléments en bois en retrait reçoivent une lasure sombre afin de souligner les particularités du volume. La façade de l’étage supérieur, exposée aux intempéries, est recouverte par des tôles métalliques oxydées, et ornée, dans les ouvertures trapé­ zoïdales, de rambardes en acier munies d’un motif décoratif en fils de fer.


Architecte Staufer & Hasler Architekten AG, Frauenfeld; Collaborateurs: Marcel Woerz, Enis Basartangil Ingénieur bois Conzett, Bronzini, Gartmann AG, Coire Entreprise bois Kämpf Holzbau AG, Raperswilen Bois mis en œuvre Structure: bois massif 18,3 m³, BLC sapin/épicéa 3,2 m³, mélèze 7,4 m³; Panneaux: trois plis 80 mm 13,5 m³, 27 mm 280 m², OSB 270 m²; Revêtements: façade 120 m², revêtements intérieurs 156 m², sol de balcon en mélèze 51 m² Geschossfläche SIA 416 142 m² Surface de plancher SIA 416 142 m2 Volume SIA 416 805 m3 Durée de construction Mars–décembre 2006 Photographes Heinrich Helfenstein, Zurich, et Roland Bernath, Zurich

1985


Coupe longitudinale

Rez-de-chaussĂŠe

Etage

1986

10 m


Liaison des plaques de stabilisation: les éléments de stabilisation trapézoïdaux de l’étage, en panneaux trois plis de 80 mm, sont liés à la nervure de bord du panneau trois plis 80 mm de toiture, à l’aide de plaques métalliques clouées. La nervure de bord est quant à elle solidarisée aux panneaux de toiture par vis entièrement filetées. A l’étage, les éléments de stabilisation sont fixés aux caissons du plancher (panneau trois plis 27 mm, nervures 100 x 260 mm/Isolation 100 mm, panneau trois plis 27 mm) par des équerres métalliques et des vis autoforeuses.

Poteaux et sommiers: les poteaux sont composés de trois pièces en lamellé collé de mélèze, réunies (3x 200 x 600 mm). Les sommiers de section 200 x 400 mm sont disposés en correspondance de la pièce médiane, et fixé par vis autoforeuses. Les poteaux sont ancrés dans les fondations par tôles engravées et broches métalliques.

1987


Résidences secondaires, rives du lac de Bienne L’intervention remplace une construction existante devenue exiguë pour les jeunes générations de la famille propriétaire. Cellesci ont souhaité disposer chacune d’une habitation, leur permettant à la fois d’être indépendantes et de partager l’espace extérieur. Le règlement de protection des rives du lac a fixé le cadre de l’opération, et imposé la réalisation de deux unités distinctes, la première accueillant deux appartements tandis que la seconde se compose d’un unique logement. Les deux bâtiments sont implantés de manière à ce que chacun puisse bénéficier d’un vaste dégagement vers le lac, avec le Jura en arrière fond. Grâce à cette disposition, de vastes espaces extérieurs s’articulent autour des con­ struc­tions, propices aux rencontres et au partage. Les nouvelles réalisations ont en outre permis de conserver les arbres séculaires qui agrémentent la propriété. L’ensemble reprend la même typologie, la volumétrie étant dictée par le règlement de protection des rives. Ainsi les constructions se caractérisent par leurs pignons entièrement vitrés qui permettent aux appartements de fusionner avec le paysage, et les larges avanttoits qui protègent les façades latérales. La maison sur la rive, comprenant deux logements, se divise en trois zones de locaux. Les espaces latéraux assurent les fonctions de séjour, de salle à manger et de cuisine, tandis que l’élément médian comprend la chambre et les sanitaires de chaque appartement. Un escalier à volée droite dessert une galerie qui

1988

communique avec l’étage inférieur et permet ainsi à l’ensemble de se fondre dans un volume unique de grande taille. Grâce à l’interpénétration des deux unités d’habitation en plan et en élévation, la galerie médiane est disponible autant pour le logement à l’est que pour celui à l’ouest. Les pièces de jour de la deuxième maison s’ouvrent au nord-ouest, le pignon sud d’entrée ne disposant que d’une fenêtre en hauteur en raison de sa proximité avec la voie de desserte. La galerie à l’étage accueille dans ce cas une chambre et un cabinet de travail, tandis que les volumes latéraux permettent à la partie jour à l’ouest et à la chambre à l’est de profiter d’une hauteur de plafond importante. L’assise des habitations est constituée de radiers en béton sur pilotis. Ceux-ci les protègent d’une éventuelle montée des eaux. Les revêtements intérieurs en bois des murs, des parois et de la toiture, baignés de lumière, créent une ambiance chaleureuse et améliorent l’acoustique des espaces. La protection constructive des façades est telle, qu’elles ne nécessitent pratiquement aucune opération de maintenance. Ainsi les claustras en pignons, qui masquent les pilotis, et les façades latérales déversées, sont habillés de lambris lasurés d’une teinte foncée. Celleci permet aux bâtiments de présenter une forme compacte qui laisse la préséance aux arbres de la parcelle. Avec le traitement naturel des fenêtres des pignons entièrement vitrés, elle offre à l’ensemble une matérialisation harmonieuse.

Situation


Lieu Rives du lac de Bienne Maître d’ouvrage Privé Architecte Kistler Vogt Architekten AG, Bienne; Collaborateurs: Sivlia Kistler, Rodolf Vogt, Matthias Stauffer Ingénieur bois Gehri Holzbau AG, Vinelz Entreprise bois Gehri Holzbau AG, Vinelz Bois mis en oeuvre Structure: bois massif recollé 17,6 m3, BLC 16,3 m3; Panneaux: trois plis douglas 19 mm 492 m2, trois plis sapin/épicéa 27 mm 170 m2; Revêtement de façade: lambris lasuré anthracite 173 m2 Coût CFC 2 CHF 1,26 million Volume bâti SIA 416 1092 m3 Prix/m3 SIA 416 (CFC 2) CHF 1150.– Durée de construction Mars 2008–septembre 2008 Photographe Thomas Jantscher, Colombier

1989


180°

Coupe maison A/B

Coupe maison C

180°

Plan maison C

Plan maison A/B

Galerie maison C 180°

10 m

Galerie maison A/B

1990


Composition toiture: Couverture en ardoise fibro-ciment Lattage 24 mm Contre-lattage 45 mm Panneau de fibres mi-dur Chevron 280 mm/Isolation Frein vapeur Lattage 30 mm Panneau trois plis douglas 19 mm Avant-toit: panneaux trois plis 2× 27 mm Composition façade: Lambris rainé crêté 25 mm, lasuré Lattage, contre-lattage 60 mm Pare-vent Montants recollés 180 mm/Isolation Frein vapeur Lattage, contre-lattage 55 mm Panneau trois plis douglas 19 mm

Coupe façade

1991


Lignum Holzwirtschaft Schweiz Economie suisse du bois Economia svizzera del legno

Rédaction Roland Brunner, Lignum, Mélanie Pittet-Baschung et Denis Pflug, Lignum-Cedotec

Falkenstrasse 26 CH-8008 Zurich

En Budron H6, CP 113 CH-1052 Le Montsur-Lausanne

Conception graphique BN Graphics, Zurich

Tél. 044 267 47 77 Fax 044 267 47 87 info@lignum.ch www.lignum.ch

Tél. 021 652 62 22 Fax 021 652 93 41 info@cedotec.ch www.cedotec.ch

Impression Kalt-Zehnder-Druck AG, Zoug

Bulletin bois, juin 2010 Editeur Lignum, Economie suisse du bois, Zurich Christoph Starck, directeur

Administration, abonnements, expédition Andreas Hartmann, Lignum

ISSN 1420-0252

Le Bulletin bois paraît quatre fois par ­année, en allemand et en français. Abonnement annuel CHF 48.– Publications isolées CHF 20.– Classeur (10 numéros) CHF 100.– Classeur vide CHF 10.– Prix sous réserve de modifications. Les membres de Lignum reçoivent le Bulletin bois et le Lignatec gratuitement. Les droits pour la publication des diffé­rents objets présentés restent réservés aux architectes respectifs. Les informations publiées ont été recueillies auprès des concepteurs.


Bulletin bois 95/2010