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n°91 / dÊcembre 2013 / GRATUIT

nord & belgique

Cultures et tendances urbaines


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#91 Sommaire Let’smotiv - décembre 2013 Melanie De Biasio © Olivier Donnet

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l  a sélection de Noël Pixar a 25 ans !, Brian Epstein en BD, Martin Parr, Lou Reed et le Velvet en trois disques, The Sound Of Belgium, Le cinéma et les ados, Platane, Bernard Pivot...

10 société Les Déboulonneurs affichent la couleur

44 cinéma Censure et Cinéma, Fort McMoney, The Immigrant, Breaking Bad, Suzanne

54 mode Kika Mishto, L'Académie d'Anvers et le MoMu E  xposition Baselitz, Leroy et le MUba, La Braderie de l'art, Vasarely, Corot, Living Objects, Mahjoub Ben Bella, Visions de la Grande Guerre, Guerre et Trauma... Agenda

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16 reportage Santacon : Joyeux bordel !

22 rencontre Jean-Michel Leuillier : Playmobil, en avant les histoires !

28 portfolio Muxxi 34

musique Ásgeir, Deltron 3030, Blaise Bandini, Roberto Fonseca, Melanie de Biasio, Les Fugues Sonores, Keziah Jones, Aline & Lescop

80

théâtre Alex Lutz, Golgota, Festival Noël au Théâtre, December Dance, Les Corbeaux, Soirée Carolyn Carlson, Rêve Générale, Soirée de Gala (Forever and ever)... Agenda

94 a  genda concerts et soirées 98 Le Mot de la fin

La vie en kit de Michael Johansson


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Let’smotiv Nord & Belgique 114 rue Barthélémy Delespaul - F - 59000 Lille tél : +33 362 64 80 09 - fax : +33 3 62 64 80 07

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Direction de la publication / Rédaction en chef : Nicolas Pattou

nicolas.pattou@lastrolab.com

Rédaction : Thibaut Allemand

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Direction Artistique / graphisme : Cécile Fauré cecile.faure@lastrolab.com

Couverture : Mookdok par Muxxi

Elsa Fortant

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Alexis Floret

Publicité :

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administration : Laurent Desplat laurent.desplat@lastrolab.com

Impression : Imprimerie Ménard 31682 Labège

diffusion : C*RED (France/Belgique) ; Zoom On Art (Bruxelles)

Ont collaboré à ce n° : Sandrine Allanic, François-Xavier Beague, Elisabeth Blanchet, Sylvain Coatleven, Julien Collinet, Mathieu Dauchy, Sophie Desplat, Hugo Dewasmes, Marine Durand, Florian Koldyka, Vincent Lançon, Muxxi, Raphaël Nieuwjaer, Pauline Tissot et plus si affinités.

Let’smotiv Nord & Belgique est édité par la Sarl L'astrolab* - info@lastrolab.com L'astrolab* Sarl au capital de 5 000 euros - RCS Lille 538 422 973 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. ı Let'smotiv est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement. Ne pas jeter sur la voie publique.

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© Disney Pixar

news

pochette surprise

Pixar, 25 ans d'animation Pour son exposition inaugurale, le musée d'Art Ludique convie les Studios Pixar (Ratatouille, Toy Story, 1001 pattes, Monstres & Cie...). Ce parcours mêle collages, études de personnages, dessins de recherche au fusain, au feutre ou à la gouache, story-board, sculptures... En tout, 500 pièces originales retraçant cet univers décalé ! T.A. Jusqu'au 02.03, Paris, musée Art ludique, www.artludique.com

ANDREW ROBINSON, KYLE BAKER & VIVEK J. TIWARY Le Cinquième Beatles (Dargaud) Qui était le cinquième Beatles ? Brian Epstein (prononcez Epstine), leur manager, qui le premier a décelé le talent des quatre lads de Liverpool. Ce jeune vendeur juif et homosexuel, improvisé impresario, voulait rendre Lennon et les siens plus grands qu'Elvis –ils finiront plus célèbres que le Christ. Mais qui était-il ? Les trouvailles graphiques et narratives s'enchaînent dans ce comics qui nous en apprend un peu plus, mais ne lève pas tout à fait le mystère sur cet éternel jeune homme, décédé en 1967 à l'âge de 33 ans. S.A. 128p., 19,99€


MARTIN PARR ✪

Les Non-Conformistes (Textuel) Martin Parr a une vingtaine d’années lorsqu’il s’installe avec Susie Mitchel, sa future épouse, à Helen Bridge, petite ville du nord de l’Angleterre. Le couple y demeure cinq ans. Lui derrière l'objectif, elle le crayon à la main, chacun retranscrit l’ambiance, aujourd’hui disparue, de cette cité industrielle du Yorkshire. L’une des particularités de cet endroit est qu’il compte en son sein de nombreuses chapelles non-conformistes, c’est à dire baptistes, méthodistes, etc. Ces lieux de sociabilité seront donc le premier terrain d’observation d’un Martin Parr déjà capable de saisir les situations d’une manière unique, dans un mélange de tendresse et d’ironie so british. Réjouissant. S.C. 168 p ., 35€

Le Velvet Underground au-delà de la Banane, Lou Reed en évitant Transformer et Berlin ? White Light/ White Heat (1968) Vous confondez toujours le beau et l’agréable ? Cours de rattrapage accéléré, en 6 titres taillés dans l’anthracite. Plus quelques douceurs pour se réconcilier au pied du sapin après les 17 minutes de Sister Ray. Lou Reed (1972)  - Trop guilleret pour les fans du Velvet, et pas assez metal pour les séides du Rock’n’roll Animal  …Sans doute, mais les 11 chansons de ce premier essai solo résistent à tout. VU (1985) - Le meilleur des deux mondes : le Velvet avec et sans John Cale. Cette collection d’inédits tient parfaitement la route en tant qu’album. Les vétérans de l’indie citent la banane, mais c’est celui-ci qu’ils écoutaient. F-X. B.

V/A The Sound Of Belgium

(La Musique Fait La Force/N.E.W.S.)

Tandis que paraît (enfin !) en DVD The Sound of Belgium, excellent documentaire de Jozef Devillé sur la New Beat, en voici, peu ou prou, la bande originale. 60 tracks étalés sur 4 CDs, retraçant l’histoire des musiques électroniques en Belgique, de l’EBM de Front 242 à la hard trance estampillée Bonzai. Compilée par Geert Sermon, alias Dr Vinyl (le fameux disquaire électro de Bruxelles), c’est sans aucun doute la meilleure sélection jamais réalisée sur le sujet… Ne manque, bizarrement, que le fameux Flesh du duo A Split Second, souvent crédité comme le premier tube new beat (par accident)… Et peut-être un bon vieux Thunderball, autre tandem-phare de chez Bonzai. Le cadeau de Noël idéal pour tout clubber qui se respecte - et pour le petit neveu fan de Stromæ ! G.E.


Platane platane

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OLIVIER DAVENAS

Teen ! Cinéma de l’adolescence (Les Moutons Électriques) Le cinéma a saisi le potentiel de l’adolescence, variation infinie autour de la quête de soi. Et l’œil du réalisateur n’échappe pas à la fascination effrayée du monde contemporain envers les êtres complexes que sont les ados. Organisé en chapitres thématiques (le corps, la grossesse, le spleen…), Teen  ! sonde, avec un large spectre, l’intimité de personnages aussi divers que Suzanne (Sandrine Bonnaire) d’à nos amours de Pialat (1983) ou Faith (Selena Gomez) dans Spring Breaker d'Harmony Korine (2012). Davenas dresse des ponts bienvenus entre la caricature potache des high school movies et les post-ados inconséquents de la « génénération Y ». M.D. 145 p., 17€.

Résumé de la première saison ? Après un an dans le coma, Eric Judor se lançait dans le cinéma d'auteur. Et n'épargnait ni le monde de la télévision, ni lui-même. Ici, nouvelle renaissance  : revenu du grand Nord canadien avec sa compagne et son beau-fils, il doit affronter la «  vraie  » vie. À la manière de Larry David (Curb Your Enthusiasm) et Seinfeld, de Ricky Gervais (Extras) et Simon Astier (Off Prime), Judor joue sur l'absurde, s'offre souvent le mauvais rôle, mais les guests ne sont pas épargnés Guillaume Canet en play-boy partouzeur... Cette autofiction dévoile ce kamikaze de l'humour sans les masques fantaisistes accumulés depuis l'ahurissant La Tour Montparnasse Infernale. F.K. Platane saison 2 (StudioCanal) 19,99€

Apostrophes À l’heure du zapping permanent et de la promo complaisante, ce coffret rétrospectif de l’émission de Bernard Pivot arrive à point nommé. L’occasion de se souvenir que la télé pouvait être un média exigeant qui prenait son temps. Autres temps, autres mœurs, alcool et tabac étaient encore tolérés. Dans ces douze émissions sélectionnées par le présentateur, on converse, dans une étonnante convivialité, autour de la littérature avec Bourdieu, Lévi-Strauss, Brassens ou Umberto Eco. Diffusée depuis 1975, Pivot met un point final au programme en 1990. Malgré leur qualité, aucune émission littéraire n’a jamais connu pareil succès. Mais le service public et Frédéric Taddeï proposent encore un espace ouvert à toutes les pensées, où l’animateur n’interrompt pas ses invités au nom de la sacro-sainte règle de l’audimat. J.C. Coffret 6 DVD, Ed. Montparnasse, 40€


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interview

Les Déboulonneurs Affichent la couleur Propos recueillis par ¬ Nicolas Pattou Photos ¬ collectif iso, @p.art / Kevin Kro / Collectif des déboulonneurs de Lille

Vous les croiserez peut-être devant le marché de Noël, mais ils ne seront pas là pour faire leurs courses. Les Déboulonneurs protestent contre l’invasion de l’espace public par les messages commerciaux et revendiquent la liberté de réception. « La publicité salit notre cadre de vie, réduit notre liberté de penser et limite notre faculté de rêver  », lit-on dans leur manifeste. Né à Paris en 2005, le mouvement a essaimé sur tout le territoire français : Rouen, Lyon, Montpellier... et surtout à Lille où, nous dit-on, il est le plus actif. Rencontre avec Marion et Mallory, deux membres des Déboulonneurs qui ne tombent pas dans le panneau. Qui sont Les Déboulonneurs ? Quelles sont vos revendications ? Marion : Notre collectif est né en 2006. Nous barbouillons des publicités, à visage découvert, lors d'actions non violentes. Nous souhaitons la diminution de la taille de l'affichage et l'interdiction des écrans en ville. Il s'agit de bannir la pollution visuelle engendrée par la publicité, afin d'inaugurer une nouvelle forme de consommation non imposée. L'espace public n'est pas réservé aux publicitaires ni aux afficheurs, il ne doit pas être marchandisé.

Réclamez-vous une suppression totale de la pub ? Marion  : Nous n'obtiendrons jamais la suppression totale. Alors, je préfère me concentrer sur nos revendications actuelles  : la réduction des annonces à 50 x 70 cm. Ce qui obligerait à s'approcher pour être en contact avec le message. Et l'interdiction des panneaux lumineux, d'ailleurs proscrits par le code de la route. Mallory  : Pourtant, à Forcalquier, une petite ville des Alpes de Haute-Provence, la publicité est totalement interdite. ▲

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Votre colère anti-pub est-elle esthétique ou politique ? Mallory : Les deux. C'est très lié, forcément. Je pense à la surconsommation : on croule sous les pubs de voitures, mais on n'a pas besoin d'en acheter si souvent. Sans parler du sexisme  : l'image des femmes est minable. Actuellement, une campagne pour des collants présente des filles sans culotte, vêtue d'une simple veste, et bien entendu dans des positions hyper suggestives. Serait-ce de la pruderie ? Mallory  : Pas du tout. Ces affiches présentent une érotisation de la vie à marche forcée, d'une vraie laideur. Et quand bien même ce serait de la pudibonderie : l'espace public est à tout le monde, on n'a pas envie d'y voir tout et n'importe quoi affiché sur 4 mètres


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« On attend le procès avec impatience ! »

Clear Channel, qui sont les plus présents à Lille. On choisit l'emplacement, le panneau, le quartier plus qu'une campagne précise, trois semaines avant l'intervention. Nos actions ont pour but de susciter le débat avec les passants. À l'heure où il y a le plus de monde, le samedi après-midi par exemple. Et on prévient même la police !

par 3. Cette pub pour les collants, c'est juste du cul. Faites-vous des différences en matière de publicité ? Lutte contre le Sida et McDonald's, même combat ? Marion  : Quitte à choisir, on préfère barbouiller une affiche commerciale. Sinon, ce serait plus difficile à expliquer. Cela dit, il existe d'autres moyens d'information que la pub dans l'espace public. La presse, par exemple.

Vous êtes-vous déjà fait arrêter ? Mallory : À Lille, rarement. Une fois, les CRS se sont précipités vers nous pour... nous avertir que notre échelle n'était pas droite ! Ils craignaient qu'on tombe. Marion : Cela dit, en juin dernier, la police a arrêté notre groupe suite à un barbouillage. On a insisté pour aller au poste, mais eux n'y tenaient pas trop. Au commissariat, le procureur leur a demandé de nous laisser tranquilles...

Quelles sont vos cibles privilégiées ? Votre méthode ? Marion : Les afficheurs (détenteurs des panneaux) comme JC Decaux, CBS et ▲


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Mallory : Dans le compterendu, on a tenu à inscrire le mot barbouillage et non pas tag. C'est un acte civique, politique. On n'a pas dessiné une bite, quoi. Qu'attendez-vous donc ? Marion  : Un vrai procès avec les afficheurs. Nous voudrions que nos dégradations légères fassent jurisprudence. On n'attend que ça ! Pourquoi cela n'arrive-t-il pas ? Mallory : Car on ne veut pas nous faire de publicité, justement ! À Lille, un tiers des panneaux sont illégaux. Si l'on prouve que leur existence est interdite, il faudra faire appliquer la loi aux afficheurs. C'est pourquoi ni JC Decaux et consorts, ni la Ville de Lille ne veulent

« La pub porte toutes les tares de notre monde contemporain » monter cela en épingle. Ça représente tout de même 250 panneaux sur 750. On les a compté nous-mêmes. Comment fonctionne votre collectif ? Comment les rôles sont-ils répartis ? Mallory : Nous comptons treize membres actifs, plus tous les soutiens  : nous sommes entre trente et cinquante lors des barbouillages. Marion  : Mais tout le monde ne barbouille pas : Il s'agit quand même d'une dégradation, on prend des risques juridiques, avec un éventuel procès à


la clef. Certains ne peuvent pas se permettre une garde à vue. Ça fait mauvais genre, devant l'employeur... Que répondez-vous à ceux qui ne vous trouveraient pas assez radicaux ? Mallory : Rester complètement à l'extérieur du système pour le bousculer, vouloir tout péter, c'est une manière de procéder qu'on comprend, et qui peut être complémentaire. Nous préférons pénétrer les failles du système et engager un débat public. Du coup, on ne considère pas qu'on casse ou vandalise gratuitement. La dimension pédagogique de nos actions est centrale. Percevez-vous le résultat de vos interventions ? Marion : Oui, par des changements très concrets  : suite à une alerte dans les médias, on a fait retirer des écrans lumineux placés devant un passage pour piétons et la sortie d'une école, à LilleSud. Et les mentalités évoluent : on nous reconnaît, on est même applaudis ! Au-delà des barbouillages médiatisés, quelles sont vos autres actions ? Marion  : Des bâchages : on enrubanne un panneau avec de la cellophane noir recouverte d'un slogan. On a aussi déboulonné un panneau, au sens propre du terme, avec des clefs de quinze. Et puis, on organise des festivals avec les Objecteurs de croissance.

Êtes-vous liés à des mouvements ou des partis politiques ? Marion  : Pas vraiment. Même si certains nous ont apporté leur soutien  : les Objecteurs de croissance donc, des partis de gauche, Le Front de Gauche, Les Verts... Mais on n'a jamais eu le sentiment qu'on voulait nous récupérer. Votre combat n'est-il pas un peu accessoire par rapport à d'autres, tels le droit au logement, le droit des immigrés, des femmes, etc. ? Mallory  : On peut l'entendre. Mais à partir de là, on peut décerner les bons points dans les salons et ne jamais rien faire. La plupart du temps, ce sont ceux qui ne s'engagent jamais pour rien qui sortent cet argument. N'empêche que tout est lié, notre action s'inscrit dans un système global. Si l'on était moins sensible aux réclames, on achèterait moins souvent des produits bas de gamme conçus dans des conditions déplorables. La pub porte toutes les tares de notre monde contemporain. Retrouvez l'intégralité de l'interview sur www.lm-magazine.com à visiter / www.deboulonneurs.org

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reportage

santacon TombĂŠs du ciel Texte & Photos ÂŹ Elisabeth Blanchet


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Chaque année, le samedi avant Noël, des centaines de pères Noël prennent d'assaut les rues de Londres…

« Petit Papa Noël, quand tu descendras du pub, avec tes bières par milliers, n'oublie pas de payer ta tournée...  » : une telle comptine pourrait jaillir de la bouche de milliers de Santas (Pères Noël, en anglais) qui déambulent chaque année dans les rues de Londres, le samedi précédant les fêtes de fin d'année. Cette balade au fil des rues et des pubs porte le nom de "Santacon"... Tournée générale !

« Cela doit faire six ou sept ans que je me déguise en Santa », révèle Tane, 42 ans. « J'adore l'ambiance et l'esprit bon enfant du Santacon  », poursuitelle. « En fait, il s'agit simplement d'un pub crawl (une tournée des pubs) dans Londres, mais déguisé en Santa  ». Né à San Francisco en 1994, l'évènement a traversé l'Atlantique en 2000. Aujourd'hui, il a lieu dans 298 villes de 41 pays. Mais ce sont surtout chez les anglo-saxons que les Santacons font florès. « C'est sûrement dû à la tradition du pub crawl, qu'on ne retrouve pas en Europe continentale par exemple. Et puis, les Anglais adorent se déguiser ! » souligne Tane. Dress Code Mais qui se cache derrière toutes ces barbes et déguisements bon marché ? « N'importe qui, c'est gratuit ! poursuitelle. Le site web donne le point de départ


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et, parfois, des éclaireurs indiquent le chemin à suivre ». Si tout le monde est bienvenu, quelques règles basiques sont à respecter : «  Un simple chapeau ou une barbe ne suffisent pas. Il faut vraiment être costumé de pied en cap. Les elfes et autres tenues liées à Noël sont acceptées  » concède Ian, en charge du website fédérateur des Santacons*. Seconde règle importante  : être aussi généreux que le vrai Père Noël. D'où ces hottes remplies de petits cadeaux distribués en cours de route. Un chemin rythmé par des chants de Noël aux paroles un tantinet paillardes... Juste pour rire Subversif, le Santacon  ? «  Non. Rien de très politique, modère Ian. il s'agit surtout d'un joyeux rassemblement qui s'époumone sur des couplets coquins ». Il y a quelques années, certains y ont vu un pied de nez au consumérisme de masse. Mais selon Tane, l'achat de costumes cheap et la forte consommation d'alcool démontre plutôt le contraire... Pendant que vous lisez ces lignes, le compte à rebours a commencé pour des milliers de Santas. Le samedi 14 décembre, des manèges de Leicester Square aux fontaines de Trafalgar Square, Londres sera truffée de petits hommes rouges ! « Une fois, un Santa a demandé une Santa en mariage devant tous les autres au pied de la colonne de Nelson. J'attends avec impatience le point culminant de cette année », conclut Santa Tane.

à visiter / *www.santacon.info


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JEAN-MICHEL LEUILLIER En avant les histoires ! Propos recueillis par ¬ Nicolas Pattou Photos ¬ Isabelle Leuillier


Tout a commencé avec une bête appendicite à six ans et demi et un cadeau de consolation : une boîte de Playmobil avec cinq cowboys. Une révélation pour Jean-Michel Leuillier, qui se pique de constituer des dioramas avec toute sa famille, soit des mises en situation de sa collection. Le virus ne l'a jamais quitté. Quarante ans plus tard, il est sans doute l'un des plus grands collectionneurs de Playmobil au monde. Rencontre devant le coffre à jouets.

Rome, Egypte - Radinghem, Avril 2010


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Combien possédez-vous de pièces ? Plus d'un million, en comptant les colliers, bottes, épées... En tous cas, plusieurs dizaines de milliers de personnages et animaux. Pour la reconstitution de Danse Avec Les Loups, on a rassemblé 500 bisons sur 40 m2. Nous possédons également énormément de bâtiments, dont de nombreux châteaux médiévaux. Ainsi, on peut concevoir pratiquement n'importe quel type d'architecture, de la place Saint-Marc de Venise jusqu'à la Chartreuse de Neuville en passant par des grands hôtels. Comment stockez-vous tout cela ? Nos collections ne restent pas dans leurs boîtes. Elles sont ouvertes, classées et rangées dans des bacs. Chez nous, on trouve toujours un ou deux dioramas en préparation. L'essentiel du stock est dans un bâtiment sécurisé, suffisamment vaste pour retrouver tous les éléments utiles, distinguer le département Far West du Safari. Avez-vous des pièces préférées ? Oui. Celles qu'enfant, je n'avais pu acquérir. Des boîtes du Moyen-Âge, qui datent de 1974, sous cellophane. Je n'ai jamais pu me résoudre à les ouvrir. Y a-t-il une pièce que vous recherchez particulièrement ? Non. Lorsqu'une série ne me plaît pas, comme celle des agents secrets, j'en achète juste un exemplaire, au cas où j'en aurais besoin plus tard. Presque

tous les thèmes ont été abordés, sauf la Chine, où Playmobil peut mieux faire. Et les Première et Seconde Guerres Mondiales. Ces sujets sont sans doute tabous pour une marque allemande. Avez-vous constaté une évolution dans la fabrication des Playmobil ? Depuis le milieu des années 1980, les personnages sont mieux travaillés (articulation, vêtements imprimés). Sinon, je regrette l'évolution des bâtiments, qui sont nettement moins modulables. J'ai noté ce virage à la mort de Hans Beck, le fondateur de Playmobil. Vous êtes-vous spécialisés dans la conception de dioramas ? Oui. Depuis 2009, nous avons réalisé une quarantaine de dioramas de 120 m2, dont Londres en 1912, les batailles de Little Big Horn et de Bouvines. Pour cette dernière, il ne s'agissait pas simplement de placer 4 000 personnages sur un tableau. On a repris les 17 armoiries de l'époque, les blasons. L'historien Jean-Louis Pelon nous a aidés, et commentera l'installation à l'occasion du 800e anniversaire de la bataille l'année prochaine. Jusqu'à quel point respectez-vous les faits historiques ? Au maximum. Ma seule limite est de ne pas trop détourner l'environnement des Playmobil, en concevant trop d'éléments extérieurs... Ainsi, pour la place SaintMarc, très rapidement identifiable, il a


fallu composer avec des pièces d'églises, de centres équestre. C'est d'ailleurs là qu'on a attiré l'attention de Playmobil France. On leur a commandé tout à coup 2 600 pigeons. Ils ne comprenaient pas ce qu'on voulait faire avec ça.

est une remarquable accessoiriste et costumière. Pour Bouvines, elle a passé trois mois à peaufiner les armoiries. Je n'aurais pas la patience. Même mon père donne désormais des coups de main : il coupe des hippopotames et des crocodiles pour Tarzan !

Combien de temps consacrez-vous à ces expositions ? Trois heures par soir à se documenter, lire, prendre des notes, travailler des micro-scènes, peindre un liseré sur des petits tonneaux. La mise en place dépend quant à elle de la surface. 50 m2 représentent une grosse journée pour deux personnes.

Et vos enfants ? Mon fils nous a toujours vus exposer. Donc pour lui, le Playmo n'est pas un simple jouet. Bon, il réalise quand même un diorama par an : Les Pirates à 6 ans, à 7 ans, L'Âge de Glace et à 8 ans le Marché de Noël... Est-ce une activité onéreuse ? Il faut compter 250 euros pour une série, soit sept à huit boîtes. En quarante ans de collection, c'est le budget d'un couple de fumeurs  : tout notre argent

Comment composez-vous avec la famille, le travail ? Ma femme est aussi acharnée que moi. Je m'occupe de la mise en scène et elle

La troisième croisade - Mont Saint-éloi, mars 2009


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Hotel Royal de la Place - Mont Saint-éloi, 2011

de poche y est passé ! Notre plus gros investissement est l'achat récent de 4 500 Romains et de 2 500 Egyptiens. êtes-vous en contact avec la marque Playmobil ? J'entretiens des relations cordiales avec les responsables français et je sais que le Siège allemand, à Zirndorf, m'a repéré. J'aimerais monter un musée pour exposer convenablement, en perfectionnant le décor et la lumière, mais l'entreprise ne perçoit pas l'intérêt de ma démarche. Pourtant vous apportez un supplément d'âme à leur produit... Eh bien oui. On lui confère une vertu d'enseignement. Il y a des gamins de dix ou douze ans qui ont découvert Philippe Auguste devant « notre » Bataille de Bouvines, ou même les Pictes à à visiter / http://playmojmisaeric.over-blog.com

partir de la IXe légion qu'on a représentée récemment. Un concours de circonstances avec le dernier Astérix, d'ailleurs ! Quels sont vos projets ? 2014 est une année particulière, car elle correspond aux 40 ans de Playmobil. Je vais donc sortir tout le matériel ! À Montreuil-sur-Mer, nous présenterons la fameuse bataille de Zama avec Hannibal, soit 15 000 personnages et animaux sur 250 m². Puis, on célèbrera à nouveau Bouvines, à l'occasion du 800e anniversaire de la bataille. Enfin, on m'a récemment proposé la bataille d'Azincourt pour le 600e anniversaire, en 2015. J'ai de quoi alimenter des projets jusqu'à un âge canonique ! D'ailleurs, je ne peux plus regarder un film ou un monument sans imaginer une adaptation, un prolongement.


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Muxxi Au bout du conte Ça se bouscule, dans la tête de Muxxi. « Des dizaines de créatures font la fête, flottent dans le ciel, marchent sur des nuages ! » Ici, d’étranges personnages à tête pointue se déploient en une explosion de couleurs chatoyantes, dans des compositions souvent symétriques. Pourtant, « la forme la plus naturelle de l’art est celle qui se fait sans règle. J’aime rester spontanée, représenter ce que je ressens et pas ce que je conçois », explique Muxxi - Norma de Leon pour l'étatcivil. C'est à l'université que la jeune Guatémaltèque découvre Photoshop. Depuis, elle crée directement sur écran, sans passer par l'étape du croquis - excepté pour ses collaborations avec Microsoft (une souris), Momiji (des poupées) ou avec la marque de prêt-à-porter espagnole Springfield. Naïf, le style de Muxxi ? En tout cas poétique, enfantin, et tout en contrastes. Ces saynètes surréalistes, conçues au crépuscule, un café à portée de main et Grizzly Bear en fond sonore, laissent échapper une douce mélancolie. À l’image de ces culbutos aux yeux (tristes  ?) cernés de noir, évoluant entre des cheminées fumantes, des ballons et des arcsen-ciel. La dessinatrice trouve l’inspiration dans les jouets en bois de l’enfance, mais aussi dans les tissus traditionnels ou les paysages d’Antigua Guatemala, son « endroit préféré au monde ». À l'étroit dans les couvertures de magazines, son petit peuple magique pourrait bientôt s’évader et prendre vie dans un courtmétrage. Marine Durand à visiter / muxxi.me ou muxxi.tumblr.com - www.mariebastille.com Always Me! Self Evaluation and Self Portrait, éd. Dopress Books, 256 p. The Art of Muxxi, Calendrier 2014, disponible sur Amazon Society6 Artist, Calendrier 2014, éd. Society6, 20$


Illustrations ÂŹ Maoshi & Jun ; Firehead ; A Lovely Day At The Tiny World ; We Make Magic ; Hanging Around ; Our Hiding Place ; Rainbow Queen


© Vera Pálsdóttir

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L'enchanteur On aurait souhaité vous épargner les clichés sur l'Islande – terres de glace et de feu, de traditions et de modernité, ce genre, mais on s'y vautre à nouveau pour vous présenter Ásgeir Trausti. Ce jeune prodige de 21 ans qui souffle le chaud plutôt que le froid est devenu l’artiste le plus populaire d’Islande devant Björk et Sigur RÓs. Doté d'une voix séraphique, Ásgeir évoque avant tout les envolées célestes d'un Justin Vernon (Bon Iver). On y devine le mal-être et la souffrance, l'envie d'ailleurs et le romantisme à fleur de peau. Une vie pas facile, donc. Tout faux : choyé par une famille de musiciens (Papa joue de l'accordéon, Maman tient l'orgue à l'église du coin), le jeune homme commence à faire du boucan avec ses copains à l'âge canonique de... dix ans, avant de se tourner vers un folk plus fragile, plus précieux, plus ténu, aussi. Armé de quelques chansons écrites dans sa chambrette, Ásgeir, poussé par quelques amis, dégote un producteur et publie deux merveilles, Dýrð Í Dauðaþögn (2012) et l'anglophone In The Silence (2013). Combien ? Depuis, le jeune homme a fait du chemin, tournant sans relâche sur les scènes britanniques en compagnie de groupes comme Of Monster And Men ou d'artistes reconnus tels l'immense John Grant (The Czars). Au point, parfois, de voler la vedette à certains d'entre eux – mais chut  ! Pas de nom. C'est qu'il est difficile de rester insensible à cette voix cristalline, à ces arrangements nacrés et à ces chansons tombées du ciel. Une fois encore, cette petite île perdue en plein océan Atlantique accouche d'un génie briseur de cœurs. Question : combien de talents l'Islande couve-t-elle encore ? Pauline Tissot

Ásgeir 03.12, Bruxelles, Botanique, Witloof Bar, 19h30, 14/11/8€, www.botanique.be


© Michael Donovan

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Les pendules à l'heure Pendant que les ministres de François Hollande passaient l'été à songer à la France de 2025, trois génies américains imaginaient le monde en 3040. Avouez que ça a un peu plus d'ambition, non ? Bref, voici venu le grand retour de Deltron 3030. En l'an 2000, paraissait Deltron 3030, album démentiel et projet fêlé mené par un rappeur surdoué, Del The Funky Homosapien, un producteur inspiré, Dan The Automator, et un turntablist et beatmaker malin, Kid Koala. Le triumvirat imaginait le monde de 3030. Certes, dans le hip-hop, les concept-albums centrés autour de personnages fictifs ne manquent pas. Deux exemples  ? La guerre opposant The Infesticons aux Majesticons imaginée par Mike Ladd, ou Kool Keith et son personnage de gynécologue extra-terrestre qui voyage dans le temps (rien que ça !), Dr Octagon. Un projet co-réalisé avec Q-Bert et… Dan The Automator, justement. En fait, ce premier essai de Deltron 3030 annonçait déjà le grand bazar de Gorillaz : phrasé rap, mélodies pop, arrangements jazzy, guitares hawaïennes, featurings de Damon Albarn et Hafdis Huld ou… samples de William Sheller ! Mais treize ans après, un second Lp en poche, la formule ne sera-t-elle pas essoufflée ? Non. Les compositions – qui évoquent la vie en 3040, donc - sont toujours aussi malignes et balèzes, les invités se bousculent (citons Albarn, encore, Mike Patton, Jamie Cullum, ou le revenant Zack De la Rocha, de RATM). Reste à savoir si cet album parfaitement produit passe le cap de la scène, privé de ses invités... Thibaut Allemand Deltron 3030 10.12, Bruxelles, VK, 19h30, 20/17€, www.vkconcerts.be


© Laetitia T

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Le rythme et la matière À Calais, au moment de changer de millénaire, quelques-uns avaient le regard braqué sur un rivage bien moins blanc que les falaises de Douvres. Pour Blaise Bandini et d’autres, c’est à Detroit qu’aboutissait l’horizon, et c’est la techno qui promettait de le dépasser. Depuis, son horizon n’a cessé de s’élargir. « Nous étions une petite bande à Calais à écouter de la techno de Detroit, celle de Jeff Mills et Carl Craig, à 140BPM… J’imagine mal qu’on puisse écouter cette musique sans un jour se mettre aux platines » lance Noé, qui s’installe à Lille en 2004 - année de l'ouverture du Kiosk. Étudiant en biologie le jour, Noé devient Blaise Bandini la nuit - un pseudonyme emprunté à l'écrivain américain John Fante. Et parcourt l'Europe, de la Cité des Papes (Avignon) à La Mecque (Berlin). « Quand tu es DJ, tu t’y sens à la maison. Il y a une effervescence folle… Tant de soirées, et un niveau incroyable ». Désormais docteur en biologie moléculaire, Blaise dissèque les nombreux tutoriels et explore chaque recoin du logiciel Live : mixage, mastering, design sonore… Sur un tempo passé de 140 à 120 BPM et avec la méticulosité qui le caractérise, il lance ses premiers tracks en ligne. Très vite, le label montréalais Mode33 les remarque et les signe. Le site Beatport les étiquette « deep house » ou « tech house ». De facture classique, ces morceaux renferment l’amour d’un orfèvre pour une musique chimique et bien vivante. Et visent des horizons bien plus lointains que ces satanées côtes anglaises. Mathieu Dauchy BLAISE BANDINI 06.12, Lille, Le Rouge, Blaise Bandini B2B KLM 11.01, Lille, Moog Analogic Bar, Live et DJ-Set à écouter / Notes From the Attic, Mode 33 Records, disponible sur le web


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Roberto Fonseca Où l'on reparle du Buena Vista Social Club. Ce groupe de vieux musiciens a bénéficié d'une reconnaissance tardive. Mais agit désormais comme un passeport pour les jeunes pousses qui y ont fait leurs classes. Pris sous l'aile du regretté Ibrahim Ferrer, le pianiste Roberto Fonseca a dépassé le simple stade de curiosité en plaçant sa technique prodigieuse au centre d'un croisement musical. Autrefois cérébral et conceptuel, Fonseca dresse désormais des ponts entre Cuba et l'Afrique, comme sur son dernier album, YO (2012). Accompagné ce soir des cubains Joel Hierrezulo (percussions), Ramses Rodriguez (batterie), Yandy Martinez (basse), Jorge Chicoy (guitare électrique) et du malien Bassekou Kouyate à la kora et au n'goni, Roberto Fonseca ouvre, une fois encore, le jazz aux quatre vents. De magnifiques courants d'air. Vincent Lançon 08.12, Arras, Théâtre, 17h, 20/12€, www.tandem-arrasdouai.eu

L'ombre de Nina Simone plane de façon évidente sur le deuxième album de Melanie de Biasio. Composés avec l'aide de Pascal Paulus, les sept titres de No Deal (2013) furent enregistrés en trois jours, mais mûris pendant deux ans. Et ça s'entend. Ajoutez à cela une formation classique, un passage éclair dans un groupe de rock à 15 ans et vous obtenez des orchestrations d'une virtuosité rare, nourries de blues ou de triphop. Tantôt sombre, tantôt lumineuse, la voix de cette Carolo nous entraîne dans les abysses comme dans les airs. Aujourd'hui installée à Bruxelles, la flûtiste décrit sa musique comme autant de matières : cachemire, soie, velours et bois. Le marbre ? Non. Ce n'est certainement pas le public qui dira le contraire. Elsa Fortant

22.12, Bruxelles, Ancienne Belgique, Complet ! 31.01, Louvain-La-Neuve, Ferme du Biéreau, 20h30, 19$

© Franck Loriou

© Carlos Pericas

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Melanie de Biasio


Les Fugues Sonores

Keziah Jones

Bien connu des amateurs de jazz et de musiques aux oreilles grandes ouvertes, le collectif Muzzix investit Le Métaphone le temps d'une soirée... les yeux grands ouverts. Le premier soir, sont projetés des classiques du muet des années 20, suivis de quatre courtmétrages sur le thème de l'homme et la machine. Le lendemain, si l'on déplore l'absence d'Enki Bilal à Being Human Being (un bédé-concert assuré toutefois par Murcof et Erik Truffaz), on est impatient de découvrir Fantômas (1913, de Louis Feuillade) mis en musique par le duo de Djs Electromentale.

Cinq ans après Nigerian Wood, Keziah Jones offre un 6e album particulier : Captain Rugged. Comme d'autres artistes avant lui, le songwriter décide d'agir sous la coupe d'un personnage fictif qu'il nourrit depuis dix ans. Vêtu d'une cape, son alterego révolté, le Capitaine Fracasse en français, met en lumière les clichés sur l'Afrique et lui tire le portrait. Sur scène, le père de la blufunk épure ses compositions. Afronewave, premier single de son dernier essai, annonce les couleurs : bluesy, funky et rock !

20& 21.12, Oignies, Le Métaphone, ven, 18h30, 5/2€, sam, 20h30,15/12€, www.9-9bis.com

Aline + Lescop

Lescop © Thomas Robin

© DR

Erik Truffaz © David Wolff-Patrick

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10.12, Lille, l'Aéronef, 20h, 27,5/22,7€, www.aeronef-spectacles.com 13.12, Anzin, Théâtre Municipal, 20h, 27,50€

L'année 2013 fut celle de Dunkerque, Capitale Régionale de la Culture. Mais entre nous, ce fut avant tout celle d'Aline, qui, dès le 7 janvier, marquait ces douze mois de son empreinte en publiant Regarde Le Ciel. Un appel qui fut entendu puisque cette même année, c'est Gamine, son parrain putatif, qui laissait espérer une éventuelle reformation... Bref, Aline (et le jeune intrépide Lescop) sont sur la Grand'Place de Dunkerque. Avouez que pour un concert (quasi) gratuit, ça a quand même plus de gueule et d'élégance que Guetta ou Mahé, non ? 21.12, Dunkerque, Place du Gal de Gaulle, Chapiteau, 20h30, 5€, www.lebateaufeu.com et www4ecluses.com


Joan Blondell dans Gold Diggers of 1933 © DR

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And... Cut ! Censure et Cinéma

Contrôle continu La censure ? Des messieurs bien mis validant des œuvres à grands coups de tampons, ou dégainant les ciseaux pour nettoyer des bobines susceptibles de dévoyer nos chères têtes blondes. L'image est d'Épinal, et très éloignée des – nombreuses – réalités qu'a recouvert la censure dans l'histoire du septième Art. Durant trois semaines, le Cinéma Nova se penche sur la question, avec érudition et légèreté. Revisitons près d'un siècle de censure... en creux. Et voyons comment le cinéma a survécu et, mieux, comment il a pu se renouveler grâce à elle. Oui, c'est paradoxal. Prenons l'exemple d'Hollywood. Dans les années 1920, on retrouve des allusions au métissage, à l'homosexualité, des actes sexuels, de la drogue... Un vent libertaire souffle sur la colline, auquel le Code Hays tente de mettre fin dès 1930. Au point de devenir, lui aussi, sujet de moqueries ! Renforcé en 1934, les cinéastes usent alors de sous-entendus et de subtilités. Une création sous contraintes, en quelque sorte. Et chez nous ? Parce qu'il serait trop facile et banal de se gausser des Américains, on découvre ici comment la Belgique (dont la Constitution interdit la censure) contourne le problème avec le cachet « enfant admis ». En France, Histoire d'A (1973) prône la désobéissance civile et sera projeté clandestinement par un réseau cinéphile. Enfin, l'humour est aussi au rendez-vous avec A Scandinavian Warm Night : projection de films érotiques danois et bobines du monde entier mêlant scènes coquines et kung-fu sur fond de bordels scandinaves. Aujourd'hui, la censure, de l'histoire ancienne ? Pas vraiment : des lobbies conservateurs surveillent toujours les écrans. Les coupes répondent aussi à des considérations économiques. Un film court et simpliste se vend mieux, encourageant un phénomène d'autant plus pernicieux : l'autocensure. Vincent Lançon Jusqu'au 22.12, Bruxelles, Nova Cinéma, programme complet : www.nova-cinema.org


© DR

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Fort McMoney

Révolution narrative Véritable jeu-documentaire, Fort McMoney propose de prendre le contrôle d’une ville champignon qui a construit sa force économique sur l’exploitation sauvage de réserves pétrolières. Une aventure d’un genre nouveau qui promet aux internautes une immersion totale et une liberté unique. Fort McMurray, Alberta, Canada. Température hivernale : -30°C. Pourtant, la population a triplé en 15 ans, l'économie est florissante et le salaire moyen, deux fois plus élevé que dans le reste du pays. Une success-story puisée sur la troisième plus grande réserve de pétrole au monde : 1,5 millions de barils de pétrole brut en sont extraits chaque jour. Mais cette prospérité a un coût écologique considérable. Si le sujet paraît complexe, le réalisateur David Dufresne entend bien « intéresser des gens aux questions de transition énergétique et de capitalisme débridé, grâce à une forme ludique ». Au cours de ses missions, le joueur peut interroger les habitants et dicter la future politique de la ville. Reprenant l’interface et les codes du jeu vidéo, Fort McMoney repose avant tout sur un solide travail journalistique. Deux ans d’enquête, 55 interviews et 60 jours de tournage ont ainsi été nécessaires. Forte d’un budget conséquent, d’une atmosphère léchée et de plus de neuf heures de vidéo, l’aventure offre un parcours différent à chaque joueur nécessitant un véritable investissement. « Il n’y a aucune raison que le Web devienne un espace futile incapable d’offrir de la réflexion » conclut David Dufresne. Julien Collinet www.fortmcmoney.com, de David Dufresne, Produit par TOXA, ONF, avec Arte, gratuit


© Anne Joyce, Wild Bunch Distribution

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The Immigrant

Un cœur trop pur Marginal aux Etats-Unis, James Gray a toujours peiné à monter ses projets. D'où des éclipses parfois longues, que le cinéphile français subit avec fébrilité. Après le bouleversant Two lovers (2008), il n'est hélas pas certain que The Immigrant comble toutes les attentes. 1921, Ellis Island. La Statue de la Liberté est à portée du regard d'Ewa (Marion Cotillard) et de sa soeur, Magda, jeunes Polonaises fuyant leur pays récemment ravagé par la guerre. Alors que Magda, malade, est mise en quarantaine, Ewa est accueillie par Bruno (Joaquin Phoenix), entrepreneur de spectacles au bras long et aux motivations obscures. Prête à tout pour libérer sa soeur, Ewa travaille pour Bruno : couturière, « statue de la liberté » dans un de ses shows dénudés, prostituée enfin. Ce chemin de croix ne corrompt jamais la pureté d'Ewa, animée d'une détermination aussi froide qu'implacable. De quoi rendre ce personnage peu aimable, au regard des tourments qui agitent Bruno, rongé par le mal. Et c'est sans doute le problème de cette œuvre bancale. Si Gray affirme signer un film de femme, il se passionne pourtant moins pour la figure monolithique d'Ewa que pour celle, dostoïevskienne, de Bruno. « Si tu lèches mon coeur, tu n'auras que du poison sur la langue  », avoue-t-il. Aux certitudes d'Ewa, répondent les élans contradictoires de Bruno, qui désire tout autant la sauver que la dégrader, l'aimer que l'humilier. Le vrai cœur de ce film déséquilibré bat sous la grande carcasse du bouleversant Phoenix, mais on peine à l'entendre. Raphaël Nieuwjaer The Immigrant, de James Gray Avec Joaquin Phoenix, Marion Cotillard, Jeremy Renner...


© Ursula Coyote, AMC

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Breaking Bad (5e saison)

Franchir la ligne La cinquième saison de Breaking Bad achève le chemin de croix de ses personnages. Émaillée de quelques péripéties capillotractées, l’œuvre de Vince Gilligan voit le professeur de chimie Walter White dépasser la ligne jaune. Dans un ultime twist, il se transforme en Willy Wonka des amphètes. Bref rappel, pour les néophytes : enseignant dans un lycée d'Albuquerque, M. White découvre qu'il est atteint d'un incurable cancer du poumon. Dans l'urgence, ce quinquagénaire décide d'assurer l'avenir financier de sa famille en fabriquant de la crystal meth sous un faux nom. Et se trouve absorbé dans une spirale infernale. Il s'agit, entre autres, de produire toujours plus dans un labo improvisé dans un camping-car et d'éliminer un rival... Son beau-frère, l'agent des Stups Hank Schrader, cherche à démasquer celui qui se cache derrière le pseudonyme Heisenberg. Hélas, la vérité éclate dans des circonstances excessivement fortuites et indignes du jeu de pistes sans faille des premières saisons. Regrettons aussi la faible caractérisation des personnages récurrents (Walt Jr., Skyler, Mary) entourant les rôles principaux (Walt, Jesse, Gus, Hank). A contrario, les nombreux plans larges soulignent avec brio l'isolement d'un homme traqué, préoccupé par le regard des siens sur ses activités mais plus seulement. Car entre les mains de Heisenberg, le pouvoir, si grisant, défie toute morale jusqu'à bouleverser le sens des priorités d'un homme autrefois rangé. Malgré quelques paresses, Breaking Bad entre donc dans le panthéon des séries qui comptent, naviguant entre drame, polar et comédie noire. Florian Koldyka Dès le 06.12, Arte, 22h20 / Dès le 14.12, OCS Choc


© Mars Distribution

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suzanne

L’échappée belle Chérie par un père souvent sur les routes, inséparable de sa sœur Maria, Suzanne fleurit chaque mercredi la tombe de sa mère. Devenue adolescente, elle choisit de garder un enfant arrivé par accident. Mais disparaît quelques années plus tard avec Julien, petit voyou marseillais, pour vivre une passion hors de contrôle. « Suzanne a sans doute manqué d’amour, confie la cinéaste Katell Quillévéré. C’est pourquoi elle a besoin de s’abandonner entièrement à ce garçon  ». À l'entendre, Suzanne a partagé sa vie pendant trois ans. Plongée dans des autobiographies de compagnes de délinquants, elle livre un second long-métrage à la teneur documentaire. La mise en scène maîtrise l’ellipse : on ne verra rien de l’accouchement, de l’apprentissage de la maternité ou de la cavale des deux amants. Puissant, ce hors-champ démultiplie la force d’un récit étalé sur 25 ans. Sara Forestier prête ses traits, sa fougue et la pudeur nécessaire à l’ambivalente Suzanne. «  Il fallait laisser de la place aux émotions du public ». Un pari de taille : rendre attachante, malgré les tabous transgressés, cette jeune femme qui reçoit beaucoup mais donne peu. L'œuvre s’attarde aussi sur le quotidien d’une famille modeste, où l’amour est multiforme : entier entre un père et ses filles, romanesque entre un homme et une femme, et quasiment sacrificiel entre une cadette et son aînée. Porté par une bandeson vibrante, dont la chanson éponyme de Leonard Cohen version Nina Simone, Suzanne impressionne et bouleverse, longtemps après la séance. Marine Durand De Katell Quillévéré. Avec Sara Forestier, Adèle Haenel, François Damiens, Paul Hamy… Sortie le 18.12


Commedia Š Eliz Deram

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Sautoir "clin d'œil" © DR

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kika mishto L'attrape-cœur

Étudiante en philosophie puis en communication, Rebecca Richard travaille pour Le Louvre ou les Transculturelles de Roubaix. Pour partager ses expériences personnelles en toute indépendance, elle crée Kika Mishto en 2011. Loin de la bijouterie traditionnelle, la jeune styliste façonne un monde espiègle et mélancolique. Passons de l'autre côté de la vitrine. « Kika est tiré du film d'Almodovar et Mishto, de Gadjo Dilo : ça signifie cool en roumain. La réunion des deux est un hasard  », explique la trentenaire. Pourquoi le bijou  ? «  Auparavant, je m'exprimais à travers le collage, l'écriture... Mais avec le bijou, les possibilités sont infinies. Dans l’accessoire se niche un partage, comme un don de soi ». Pour Microbes, des boucles d'oreilles incluant des figurines de modélisme au service d'une scène miniature, Kika utilise la résine, son matériau favori, et l'émail à froid. Cette série a d'ailleurs tapé dans l’œil de Colette au Who's Next Paris et d'Agnès B à Tokyo. Medusa, dessinée depuis l'hôpital et réalisée par des professionnels, est une collection sombre mais festive inspirée de la culture latino-américaine, notamment du papel picado mexicain. Toutes ses pièces portent une histoire émaillée de références personnelles à partager avec son acquéreur. Ainsi, chaque couleur de Commedia représente une facette de notre personnalité – et renvoie à l'insoumission d'Arlequin. Artiste, Kika ? Que nenni, «  je n'ai  ni talent, ni technique  ». Pourtant, ses créations, visibles dans sa boutique roubaisienne, sont le fruit d'une belle démarche artistique. Elsa Fortant

Le cœur organique « C'est l'une de mes premières pièces. Réalisé sans moule, chaque cœur est unique, en décalage avec la représentation fade qu'on trouve dans le commerce. C'est une façon de lui faire un pied-de-nez. Je m'inspire aussi du tableau Les Deux Frida (1939) de F. Kahlo, peint suite à des chocs émotionnels. Il révèle un caractère un peu enragé, écorché. Il renvoie à ma vie, à la vie. »

Boutique / 103, boulevard Jean-Baptiste Lebas, 59100 Roubaix, www.kikamishto.com Inauguration le 07.12 (Exposition de Marion Sansonne jusqu'en janvier 2014)


Académie d’Anvers mode capitale Dossier réalisé par ¬ Marine Durand

Antwerp icons - Dries Van Noten © Ronald Stoops

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Les murs de l'Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers ont accueilli Van Gogh, Jan Fabre ou Margiela, mais l'institution n’a jamais été aussi fringante qu’à l’heure de fêter ses 350 ans. Or, 2013 marque aussi le demi-siècle du prestigieux « Antwerp Fashion Department  ». Si la rétrospective au Momu demeure le centre névralgique de l’évènement, Anvers toute entière vibre au rythme de la mode.


à

la tête de l’une des plus anciennes écoles d’art au monde, Eric Ubben tient « beaucoup à ne pas cloisonner les départements  ». Dans ce grand espace ouvert, les talents bouillonnent et se fécondent. À seulement 50 ans, la section mode est devenue la locomotive de l’institution, vitrine glamour d’un savoirfaire qui a fait ses preuves. Chiffres à l’appui : s’il y a près de 40% d’élèves étrangers dans l’Académie, ils sont 80% dans le département fashion. Afficher sa différence Cette solide réputation, l’école la doit à l’intuition, audacieuse à l’époque, du directeur Mark Macken (19131977). En 1963, faisant fi des grincheux, le natif de Diest intègre le « dessin de mode et d’ornement » dans la section des arts graphiques. Le MoMu accorde alors une large place aux croquis de mode, entre défilés de fin d’études et travaux d’étudiants de toutes les générations regroupés par thème. « Anvers se distingue des autres écoles de stylisme par une dimension plus expérimentale et moins commerciale », souligne Eric Ubben. Les élèves y sont encouragés à développer leur personnalité, à explorer leur potentiel en s’éloignant de ce qu’ils connaissent – à la façon des art-schools britanniques. Les « six d’Anvers », le moment fondateur La spécificité de l’Académie s’incarne dans la légende des « 6 d’Anvers » (en fait sept, voir encadré). Ces étudiants, parmi lesquels Walter Van Beirendonck, actuel directeur du département, se retrouvent entre 1976 et 1982 pour bousculer les codes de la mode. « Travailler dur, s’amuser ferme  » est la devise d’un groupe animé par une saine émulation, les yeux tournés vers la France ou la Grande-Bretagne. En 1986, la présentation de leurs collections au British Designer Show de Londres signe la naissance du style anversois. Fière de ses icônes, la Ville a demandé à douze stylistes de choisir une pièce emblématique, magnifiée le temps d’un shooting. Dispersées dans la cité, les photos grand format sont à découvrir au détour d’une ruelle. Comme la cerise sur le gâteau d’anniversaire ? Jusqu’au 26.01.2014, Anvers, MoMu, MAS, Musée royal des Beaux-Arts, M HKA et dans divers lieux. Voir le programme des évènements pour célébrer les 350 ans de l’Académie et les 50 ans du Département de mode sur www.happybirthdaydearacademie.be

L’Académie

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d’Anvers en 6 dates 1663 : Le peintre flamand David Teniers fonde l’Académie royale des Beaux Arts d’Anvers sur le modèle des écoles d’arts et de sciences de Rome, Paris ou Florence. 1885 : Inscription de Vincent Van Gogh, le plus célèbre des élèves. 1963 : Mary Prijot devient la première directrice du département mode de l’Académie. 1980-82 : Les futurs "6+1 d’Anvers", diplômés entre 1980 et 1982, s’affranchissent des codes "traditionnels" imposés par Mary Prijot, allant jusqu’à critiquer ouvertement leur directrice dans la presse. " 1985 : Ancienne étudiante de l’Académie, Linda Loppa donne un souffle nouveau au département mode dont elle devient directrice. La section privilégie une mode plus conceptuelle. 2006 : Walter Van Beirendonck prend à son tour la tête du Département mode, apportant avec lui son culte de la technique et sa créativité sans limites.

à lire / à l’occasion de ce double anniversaire paraît le très bel ouvrage collectif Mode Anvers, l’Académie 50, qui revient en images et multiples anecdotes sur 50 ans de création et d’enseignement au sein de la section mode, éd. Flammarion, 276 p., 50€


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4 Questions à

Wim Bruynooghe Ce Belge de 25 ans est entré à l’Académie d’Anvers après avoir étudié les arts visuels à Bruges. Diplômé en 2013, il travaille actuellement à la création de sa marque, à mi-chemin entre la mode et l’art.

Est-ce l'une des caractéristiques de l'enseignement de cette école ? Oui. On doit y cultiver une sensibilité propre, une singularité. Ce n'est pas toujours évident, mais c'est gratifiant de découvrir, à travers son travail, des choses aussi intimes. Quel est le créateur qui vous inspire ? Cristobal Balenciaga, pour son approche

architecturale de la mode, ses formes fortes et ses volumes. De plus, il créait à une époque où régnait une certaine « politesse vestimentaire » : les gens s’habillaient avant tout pour sortir de chez eux. Comment imaginezvous vos collections ? Je démarre toujours avec une histoire que j'enrichis progressivement : une odeur, des couleurs, un lieu, un moment défini... Ensuite seulement, je commence à dessiner. J’essaie toujours de concilier mon travail graphique avec une réelle recherche sur la matière. L’univers que j’ai imaginé pour mes collections doit rester accessible.

© Lisa Carletta

Pourquoi avez-vous choisi l’Académie d’Anvers ? Pour son approche créative. Je savais qu'elle stimulerait ma propre vision de la mode, au sein de laquelle les arts visuels tiennent un rôle important.


les Six + 1 d'anvers d'Anvers Marina Yee

Une carrière en pointillés pour celle qui a un temps délaissé la création au profit d'un café brocante. Marina Yee se cantonne aujourd’hui à quelques pièces artisanales recyclées, alimentant ainsi l’éternel renouvellement de la mode.

Dries Van Noten

Avec un grand-père tailleur et un papa gérant d’une boutique de mode homme, sa voie était tracée. Remarqué pour le mélange de cultures qui habite ses collections, Dries Van Noten l'Anversois vit toujours dans sa ville natale, où il déploie son talent.

Ann Demeulemeester

à rebours du cliché de la poupée Barbie, on note l'omniprésence du noir et blanc dans les créations de cette fan de Patti Smith. Son vestiaire rock affiche des classiques : bottes à sangles, blouson de motard et jupe longue...

Walter Van Beirendonck

Un physique et un tempérament. Grand expérimentateur, il imprègne de son sens de l’humour ses mailles osées et criardes. également créateur de costumes de scène (U2…), personne n’incarne mieux que lui la mode anversoise.

Dirk Bikkembergs

Pionnier dans le mariage du sport et de la mode, le créateur allemand s'inspire des vêtements militaires. Robuste et énergique, ce style a moulé, sept ans durant, les cuisses musclées des footballeurs de la Squadra Azzura, l’équipe nationale italienne.

Dirk Van Saene

Un style indéfinissable, car entièrement renouvelé à chaque saison, et à contre-courant des tendances. Ses shows sont également déroutants - imaginez des mannequins portant des postes de radio diffusant chacun une chanson différente...

Martin Margiela

Le fameux septième ! C'est le plus secret, mais le plus influent. Issu de la promotion 1981, mais absent du moment fondateur de Londres, il a développé un culte de l’impersonnalité en réaction au fétichisme de la célébrité dans la mode. Signe distinctif : ne répond aux journalistes que par fax, signés « Maison Martin Margiela ».


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4 Questions à

Alice Dupraz-Toulouse Âgée de 21 ans, cette Lyonnaise a réussi le concours en 2009 et achève actuellement sa formation par un stage de six mois chez Kenzo.

L’enseignement correspondait-il à vos attentes ? Oui, car on ne nous impose pas une vision trop « conceptuelle » de l’art. J’ai gardé à l’esprit un conseil de nos professeurs : prendre du plaisir à créer nos vêtements. Il y a une émulation dans le département, grâce à toutes ces nationalités qui cohabitent. Ce n’était pas effrayant d’avoir 4 ans pour trouver sa signature ? Il ne s’agit pas de trouver

qui l’on est. L’école nous aide à savoir prendre des décisions, à déterminer ce qui nous plaît. Si j’aimais, plus jeune, le côté théâtral des défilés Gaultier ou Lacroix, je me suis éloignée de ce style. Je cherche à pousser la création à l’extrême sans être dans le spectacle. Comment définiriezvous votre travail ? Mon défilé de fin d’études s’inspirait d’un voyage à Beyrouth, où l’opposition entre les séquelles de la guerre et la douceur de vivre est constante. Je l’ai traduite par des contrastes de matière, de la soie avec de la laine bouillie par exemple. Ma méthode évoluera certainement avec mes expériences dans le monde du travail.

© Frédéric Bastin

Pourquoi avoir choisi Anvers ? J’ai été impressionnée par les dessins des élèves et par les costumes ethniques et historiques présentés lors des portes ouvertes. Cette beauté m’a marquée.


shopping à anvers Court-Circuit

Vier Kammenstraat 66

Entrez dans ce temple du streetwear clinquant, dont les accessoires originaux sont la marque de fabrique. Ici, les casquettes mixent imprimé militaire et léopard, les baskets de moins de trois couleurs sont refusées à l’entrée et les coques d’iPhone affichent leur différence. Bon, 40€ la coque, tout de même.

Graanmarkt 13 Graanmarkt 13

Restaurant, galerie d’art, boutique de vêtements et mobilier design, Graanmarkt est un concept-store installé dans l’appartement où vivaient les propriétaires, Ilse et Tim. Les vêtements sont simples et de bon goût, comme ce que l’on a dans l’assiette. Qui a dit hipster ?

Rosier 41 Rosier 41

150 m2 dédiés à la mode au cœur du quartier du théâtre. On ne trouve là que des grands noms, dénichés le plus souvent de l’autre côté de la rue (Dries Van Noten, Ann Demeulemeester). Le luxe à la coule, à découvrir une flûte à la main lors d’un des vernissages organisés par la boutique.

Atelier Solarshop Dambruggestraat 48

Pièces de créateurs habilement suspendues, fringues vintage et mobilier rétro posé à même le sol composent cet intérieur scandinave raffiné et branché. Régulières, les soldes permettent de dépenser ses économies avec moins de scrupules.


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Le Mu ba

Arts en mouvement Tourcoing, sa Grand-Place surplombée par l'église Saint-Christophe et en face, ce centre commercial imposant qui mange la bouche de métro. Bienvenue dans le monde moderne. Pourtant, à un jet de pierre, l'Hôtel de Ville et les jardins attenants sont épargnés par cette course folle. C'est là, face à la mairie, dans une ancienne maison de maître, que le temps semble arrêté. Ne vous y fiez pas : vous êtes au MUBA, un centre névralgique d'art ancien et contemporain.


MUba Eugène Leroy Tourcoing coll. permanente / photo V. Solignac

et plaques gravées). Audacieux et résolument moderne, le musée associe la conservation-restauration, l’exposition et la recherche au sein d'un même lieu. Ainsi est né, en 2010, le Laboratoire Eugène Leroy, où lesdites œuvres sont présentées au public (et aux chercheurs) dans un espace hybride. Une réserve ouverte, en quelque sorte. Un œil averti en vaut deux Tourné vers l'avenir sans faire table rase du passé, l'endroit soutient la jeune création contemporaine issue de la région, et possède une belle devise : « Le regard a la parole ». Dans ces vastes salles aux plafonds hauts, entre les œuvres réalisées in situ de Pat Steir (la montée d'escalier) ou de Sol Lewitt (le Wall Drawing 659, au premier étage), jamais le visiteur n'est pris par la main : ni parcours fléché, ni cartel bavard (et souvent cache-misère). Puisque l'Art (et sa réception) se jouent d'abord et avant tout dans ce que l'œil perçoit, seules les indications élémentaires sont données. Nous voici invités à écouter notre sensibilité, nos émotions... et à pousser les recherches plus loin, si le cœur nous en dit - c'est souvent le cas. Enfin, un véritable programme d'activités aborde les œuvres de manière transversale, par le biais de rencontres avec les arts vivants (musique, danse, poésie, théâtre...). Prochainement, l'ensemble Ictus se produira en ces murs. Le sacre de la rétine, et du tympan. Thibaut Allemand

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our présenter le MUba, il faudrait sans doute remonter au xixe siècle et à la création du Musée de Tourcoing en 1930. Puis évoquer les changements de lieux, les fonds enrichis par d'avisés érudits et la rencontre fondatrice, dans les années 1950, entre le peintre, sculpteur et graveur Eugène Leroy (1910-2000) et le jeune conservateur Jacques Bornibus, qui le défendra passionnément. Impossible aujourd'hui d'évoquer le MUba sans mentionner le Fonds Eugène-Leroy, obtenu grâce à une donation, en 2009, et comptant près de 600 œuvres (tableaux, dessins, carnets de dessins, gravures, sculptures

MUba Eugène Leroy, 2 rue Paul Doumer, Tourcoing, +33 (0)3 20 28 91 60, www.muba-tourcoing.fr, 5/3€, gratuit (pour tous le premier dimanche de chaque mois, lors des Journées européennes du Patrimoine et de la Nuit européenne des Musées). ▲

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Meine gelbe Periode III (Ma période jaune III), 1997, Würth Museum © Georg Baselitz, 2013


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Baselitz / Leroy Tout autre

Quel rapport entre les figures renversées, richement colorées, de Georg Baselitz, et les magmas de peinture auxquels on associe spontanément le travail d’Eugène Leroy ? Aucun. Rien qui traduise visiblement les influences réciproques de deux peintres se vouant pourtant une admiration réciproque. Rapprochement impensable, donc, mais dialogue possible : le MUba fait le pari de la cohabitation. Les trajectoires des deux artistes se sont croisées une première fois en 1961 lorsque Baselitz, en quête de nouveauté, découvre à Paris les tableaux du Tourquennois. Vingt ans plus tard, instigateur d'une exposition à Cologne, Baselitz affirmera avoir "fait" Leroy. On comprend que ces circonstances aient noué des liens étroits entre les deux hommes. Mais, sur le plan de la démarche créatrice, où situer leur terrain d’entente  ? Car c’est bien l’antagonisme des deux univers qui frappe d’abord. Et Rainer Michael Mason, ami de l’Allemand et commissaire de l’exposition, ne cherche pas à le résoudre   : «  Ce qui les unit, c’est une adhésion admirative, c’est tout. Mais il est important de montrer que c’est dans la quête et la découverte du tout autre justement, que l’artiste se déprend des influences pour trouver sa propre écriture… ».

Autoportrait, 1970, MUba Eugène Leroy, Tourcoing Donation Eugène Jean et J.-J.Leroy, 2009 © Muba, Eugène Leroy, 2013, Photo : Florian Kleinefenn

principe d’une exposition commune, n’a accepté l’initiative du MUba qu’avec l’assurance qu’elle prendrait la tournure plus informelle d’une cohabitation. Autant dire que le visiteur n’a pas

Irréductibles Cette exigence d’altérité explique sans doute pourquoi Baselitz, opposé au ▲

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Wir besuchen den Rhein I, (Nous visitons le Rhin I), 1996 © Georg Baselitz, 2013, photo © DR

Eugène et Valentine, 1935-1985, MUba Eugène Leroy, Tourcoing, Donation Eugène Jean et JeanJacques Leroy, 2009 © Muba Eugène Leroy, 2013 Photo : DR

à attendre d’autre éclairage que celui jeté sur les tableaux eux-mêmes. Qui se rejoignent dans la manifestation d’une très grande implication physique des protagonistes : le tumulte de la matière sédimentée, chez Leroy, répond aux nombreux accidents de surface de Baselitz (empreintes de semelles, de pots de peinture…). Ces renversements et ces stigmates de la création en retardent l’appréhension intellectuelle. Qu’on cherche d’abord à les lire, et ces œuvres nous résisteront longtemps. Mais on peut envisager cette résistance comme une libération - des facilités de la narration, de la figure… Alors on se trouve, de part et d’autre, aux prises avec l’acte de peindre, avec la matière, avec la peinture elle-même. Tiens, voilà qui s’apparente à un beau point commun. F.-X.Beague


œuvres commentées par Rainer Michael Mason

par évelyne-Dorothée Allemand

No objektiv nee nee,

coll. part. © Georg Baselitz, 2013

Les dimensions de la toile répondent d’abord à une nécessité physique : c’est un véritable champ d’action, d’investissement corporel -en témoignent les traces de semelles, à droite. La violence de la couleur, jointe à ce format imposant, nous empêche par ailleurs de voir l’œuvre de manière synthétique. Pourquoi l’enfant  ? C’est sans doute le fils de Baselitz. Pourquoi l’assiette du cavalier, en haut, hors du champ coloré  ? Un emprunt à la peinture bohémienne  ?… Peu importe  : ce qui se joue sur cette toile, c’est une bataille entre le haut et le bas, et l’hésitation de notre regard, qui voit cet enfant comme un monstre, et s’accommode de cette monstruosité en détaillant les différents aspects.

Donation Eugène-Jean et Jean-Jacques Leroy 2009 © MUba E Leroy - photo F Kleinefenn

(Pas objectif non non), Georg Baselitz, 1997

Têtes

Eugène Leroy, 1987

Cette œuvre s'intitule Têtes. Or, j'y vois plutôt des seins, des formes rondes, pleines, qui se développent, se multiplient en haut et bas du tableau par une tête et un ventre. Il m'évoque une gravure du même Leroy, un buste de femme aux seins nus, ainsi qu'une peinture de Jean Fautrier aux formes puissantes. Si le sujet est important chez Leroy, il s’abîme peu à peu, s’enfouit dans la peinture, parfois à la limite de l’abstraction. C'est le cas ici : l'osmose des éléments, la relation peinture-lumière, lumière-couleur, couleur-matière maintient cette peinture en gestation. Alors, sans doute, au-delà de cette vision allusive de têtes qui ressurgissent, en accumulant la peinture, Leroy la débarrasse de l'anecdote pour mieux la révéler dans la peinture seule.

Baselitz-Leroy, Le récit et la condensation Jusqu'au 24.02, Tourcoing, Muba, tlj sauf mar. et jours fériés, 13h>18h, 5/3€/grat, www.muba-tourcoing.fr


Waste Landscape © Elise Morin

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La folle journée 2000 m3 de matériaux de récupération et 150 artistes internationaux prêts à en découdre pendant 24 heures ! Comme chaque année, la Condition Publique se transforme en un immense atelier à l'occasion de la Braderie de l'art. Rendez-vous dans les allées où la création est à portée de main. Ni foire expo, ni marché de Noël, cet événement revendique la notion d'art pour tous, grâce à l'acquisition d'une œuvre, de 1 à 300 euros. Quand Régis R, plasticien repéré par Philippe Starck, crée du luminaire à partir de plastique de récupération, les Bruxellois OpenFab et Made In Kit exploitent le bois et le papier en mode DIY. Ailleurs, transparaissent de nouveaux process, mis en lumière à travers un laboratoire éphémère animé notamment par le Meuh Lab, où scanners et imprimantes 3D vrombissent de concert. L'artisanat 3.0, en quelque sorte. Aujourd'hui, le concept de la Braderie de l'art paraît évident, et fut même adopté par Liège, Metz, Nantes, Montpellier et Barcelone. Mais il y a 22 ans, ça n'était pas gagné : « La Braderie de l'Art est une éponge, explique Sabine Duthoit, co-organisatrice. Le mouvement initial, le récup'art, a été rejoint par des graffeurs visant des supports plus petits. Puis par une nouvelle génération de designers travaillant la récup, par choix esthétique ou nécessité économique ». En parallèle, la manifestation se nourrit des recherches de l'équipe d'Art.M, qui propose, depuis trois ans, une Résidence Design. Ainsi, cette année, quatre créateurs appréhendent la place de l'eau dans l'espace urbain. Reste à les rejoindre dans ce grand bain artistique. Elsa Fortant la braderie de l'art 07&08.12, Roubaix, La Condition Publique, 19h>19h, gratuit, www.labraderiedelart.com


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Géométrie variable

Victor Vasarely, Peer-Rouge, 1977 © Museum of Fine Arts Budapest 2013 Vasarely Museum

Adulée pour son audace, puis boudée pour sa trop grande popularité, l’œuvre de Victor Vasarely (1906-1997) a incontestablement bouleversé les fondements esthétiques de l'art abstrait. Aujourd'hui, sous la direction de Serge Lemoine, elle retrouve sa juste place à travers Hommage, un parcours qui s'applique à reconstruire une image, celle du peintre. « La philosophie de Victor Vasarely est proche de celle d'Henry Van de Velde, principal théoricien du mouvement Arts & Crafts, éclaire le commissaire. Développant l'idée que ce qui nous entoure, de l’objet usuel aux bâtiments, doit unir le beau et l'utile, ce qu'on appelle aujourd'hui le design, ils démocratisent l'art  », précise-t-il. Ainsi, le Hongrois concrétise son rôle social à travers un intérêt pour les arts appliqués et de nombreuses interventions dans l'espace public : la façade du bâtiment RTL (1972), la gare Montparnasse, le logo Renault (1972). « Ici, je ne tiens pas compte de ce qui a pollué son image d'artiste, poursuit l'historien d'art. Je préfère montrer le langage visuel, pictural que Vasarely a créé ». Ce langage participe à la postérité des arts cinétiques, inspirant toute une génération, Delahaut et l'argentin Julio Le Parc en tête. Le parcours, thématique et chronologique, débute en 1947 – date de son engagement total dans l'abstraction. À l'huile, au vinyle ou à l'acrylique, les peintures en noir et blanc font face à celles en couleur, permettant de saisir l'évolution du style si familier du père de l'Op Art. Elsa Fortant VASARELY, HOMMAGE Jusqu'au 19.01.14, Bruxelles, Musée d'Ixelles, mar>dim, 9h30>17h, fermé lundis et jours fériés, 8/5€/gratuit, www.museedixelles.irisnet.be


Corot dans la lumière du Nord L'œuvre de Camille Corot (1796-1875) est à jamais liée aux paysages du nord de la France. Grand voyageur, ce peintre parisien avait parcouru l'Italie, la Suisse, l'Auvergne, la Bretagne (entre autres), perfectionnant son savoir-faire de paysager, genre alors considéré comme mineur. À 55 ans, le peintre découvre le Nord. Et n'hésite pas à le réarranger un peu : à l'heure où la révolution industrielle bat son plein, nulle trace des premiers chevalets sur ses toiles. Répartis en six sections (Douai et sa région, Arras et sa région, le littoral de Boulogne-sur-Mer à Dunkerque, la Hollande et les paysages de marais), ces 70 tableaux, une soixantaine de clichés-verre, et des peintures de ses disciples (Dutilleul, Desavary...) donnent à voir le travail d'un éminent représentant de l'École de Barbizon, source d'inspiration des impressionnistes. Thibaut Allemand Jusqu'au 06.01, Douai, Musée de la Chartreuse, tlj sf mar, 10h>12h, 14h>18h, 4,60/2,30€, www.museedelachartreuse.fr

Living Objects Made for India L'agence de designers Doshi Levien pouvait-elle voir le jour ailleurs qu'en Grande-Bretagne ? On en doute. Seule la majestueuse Albion, ce creuset de cultures diverses, pouvait donner lieu à une rencontre aussi riche. Depuis treize ans, à Londres, Jonathan Levien et Nipa Doshi conjuguent leurs talents. Lui est écossais, elle est indienne, tous deux sont diplômés du Royal College of Art. Le travail de ces deux designers célèbre le métissage et l'hybridation culturels. Pour le GHI, le tandem a sélectionné des objets trouvés dans les foyers, bazars et autres boutiques situés en Inde. Ces objets du quotidien sont utilisés pour le nettoyage, les repas, le bain, la prière, le culte de divinités... En mêlant sacré et profane, marketing et artisanat, cette exposition en dit long sur la culture indienne. Et sur le regard porté sur elle par deux artistes, aussi. Thibaut Allemand Hornu, GHI, jusqu'au 16.02, mar>dim, 10h>18h, 8/4/2€, www.grand-hornu-images.be

Shrine for sacred offering © Europalia India / Serge Anton

Le beffroi de Douai, Camille Corot, 1871 © Musée du Louvre / RMN-Grand Palais © Stéphane Maréchalle

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Mahjoub Ben Bella Évènement ! Pour la première fois, Mahjoub Ben Bella est exposé à Lille. Pourtant, cet artiste a décoré 12 km de pavés du fameux Paris-Roubaix, a illuminé 400 m2 de façades au cœur de Lille, entre nombreux autres liens l'unissant au Nord. Ici, des œuvres inédites (peintures, dessins, aquarelles) témoignent d'une créativité renouvelée : travail sur la couleur, diversité des motifs… En sus, les carnets exposés dévoilent une incroyable maîtrise de l'aquarelle.

Visions de la Grande Guerre Trois grandes expositions dévoilent les regards d'artistes marqués par la Première Guerre Mondiale. À des degrés divers : on ne présente plus George Grosz, ni Otto Dix  ; ces deux artistes allemands ont connu – et dépeint – les horreurs de la grande boucherie. Mais le cas du troisième est différent : dans les années 1970, le photographe belge Dirk Braekman développe des tirages pris par un soldat inconnu dans les tranchées. Le résultat est saisissant. Jusqu'au 05.01, Namur, Musée Félicien Rops (George Grosz, vision d’une grande guerre) // Maison de la Culture / Espace Sambre (Otto Dix, Der Krieg) //Maison de la Culture / Espace Meuse (Dirk Braekman), www.province.namur.be

Jusqu'au 12.01, Lille, Musée de l'HospiceComtesse, lun, 14h>18h, mer>dim, 10h>12h30, 14h>18h, 3,50/2,50€, www.mairie-lille.fr

Ronald Ophuis, Beslan II, 2008 © coll. privée, DR

Guerre et Trauma Les soldats revenus du front n'ont pas attendu le xxie siècle pour souffrir de stress post-traumatique. Mais disons qu'on a enfin mis un nom sur ce mal qui frappait les vétérans. L'exposition prend pour point de départ " l'obusite " qui marqua les Poilus. Et établit des liens entre les rescapés de viols, les enfants maltraités, les prisonniers politiques et les militaires. Le tout en photos impressionnantes, cartels instructifs, et œuvres spécialement réalisées pour l'occasion. Non, c'est pas gai. Mais salutaire. Jusqu'au 30.06, Gand, Musée du Dr Guislain, mar>ven, 9h>17h, sam&dim, 13h>17h, fermé 24>25.12, 31.12>01.01, 8/6/1€, gratuit – 12 ans, www.museumdrguislain.be

Otto Dix, La Guerre, peloton montant à l'assaut sous les gaz, 1924 © Coll. Ronny et Jessy Van de Velde, Anvers

Rouge, Mahjoub Ben Bella, 2011 © coll. privée, photo Serge Deleu © ADAGP Paris 2013

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Le Futur commence ici L'exposition inaugurale du FRAC relocalisé sur le port dévoile un (très vaste) échantillon de sa collection - plus de 1 500 œuvres. Une plongée dans les grands thèmes abordés par le lieu, tels les liens entre création et société ou la fonction du design au quotidien, par exemple. Tourné vers l'avenir, sans renier le passé industriel de son environnement, le FRAC s'ouvre au monde... et au public. Dunkerque, FRAC Nord-pas de Calais, jusqu'au 27.04, mer>dim, 10h>18h, gratuit, www.frac-platform.com

Martin Scorsese

Gotta Eat © Kaws

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Tony Oursler : Phantasmagoria Quasi-rétrospectif, le parcours présente les premiers films de Tony Oursler, datant des années 1970-80, les poupées-vidéo des nineties, ou encore les fameux globes oculaires. Investissant le lieu, le plasticien américain dévoile une frise historique retraçant les grandes dates des arts visuels, du Moyen-âge à la 4D, en passant par la fantasmagorie née au xviiie siècle et dont le plus illustre représentant fut le liégeois Étienne Robertson. Hornu, MAC ’S Grand-Hornu Images, jusqu'au 23.02, mar>dim, 10h>18h, sf jours fériés, 8/4/2/1,25€, www.mac-s.be

Après Kubrick et Tati, le Festival de Gand se penche sur le cas de Martin Scorsese. Ce dernier incarne à la perfection ce trait d’union entre le cinéma indépendant américain, mis à l’honneur lors de cette édition, et Hollywood. Le parcours souligne la diversité formelle et thématique d’une œuvre qu’on a trop souvent réduite à des films de gangsters. Costumes, scripts originaux, archives personnelles du maître… De quoi ravir fans invétérés comme cinéphiles éclairés !

Happy birthday, galerie Perrotin - 25 ans

Gand, C. C. Provincial Caermersklooster, jusqu'au 26.01, 10h>17h, sf lundi, 8/6/4€, www.caermersklooster.be

Lille, Tripostal, jusqu'au 12.01, mer>dim, 10h>19h, ven&sam, 10h>20h, 6/4€, 25/20/15/10€, www.lille3000.com

Emmanuel Perrotin ne s'est jamais spécialisé dans un domaine, défendant autant l'art conceptuel, le minimalisme, que le néo-pop art. La liste des artistes présentés ici vaut tous les discours : Maurizio Cattelan, Wim Delvoye, Damien Hirst, Sophie Calle, Jean-Michel Othoniel, Xavier Veilhan, J.R. ou Murakami. Les trois étages du Tripostal reflètent la vision d'un autodidacte qui dormait encore dans sa galerie il y a dix ans.


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André Beaudin, Le Cheval foudroyé, 1955 © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / DR Service presse / LaM © Adagp Paris, 2013

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Andy Warhol : Life, Death & Beauty

À Montréal, quand l'image rôde

En produisant plus de 200 œuvres uniques sur le thème du Christ, Warhol fut le plus productif des artistes de son temps à interroger la foi, le sacré. Omniprésente, la mort dialogue avec la grâce, et forme la sous-couche invisible de ses icônes colorées. Celles-ci tiennent à la fois de l’image pieuse et du masque funéraire (Marilyn, Jackie...). En une centaine d'œuvres, est soulignée la part de spiritualité chez un artiste qui clamait sa superficialité.

Deux ans après sa remarquable exposition consacrée à Michael Snow, la commissaire d'exposition et critique d'art québécoise Louise Déry revient au Fresnoy pour nous ouvrir les yeux sur la création contemporaine montréalaise. On déambule au milieu des cris de huards, et des notes de pianos. Un décor propice à l'épluchage consciencieux d'une vingtaine de vidéos et autres installations sonores.

Mons, BAM, jusqu'au 19.01, mar>dim, 10h>18h, 9/6€, www.bam.mons.be

Tourcoing, Le Fresnoy, jusqu'au 5.01.14, mer>dim, 14h>19h (sf ven et sam, jusqu'à 21h), 4/3€, gratuit le dim., www.lefresnoy.net

Le Siècle d'or de la peinture danoise : une collection française

Picasso, Léger, Masson, Daniel-Henry Kahnweiler et ses peintres

L'Âge d'or de la peinture danoise se situerait entre 1800 et 1850. En 200 tableaux, un collectionneur anonyme dévoile un pan de l'histoire artistique du royaume en proie, à l'époque, à une grave crise identitaire. Une division entre amour du classicisme latin (vues de France, d'Allemagne, d'Italie) et retour au valeurs et mythes nordiques (les rivages, la lande, la patrie rurale...).

Les 30 ans du LaM sont l'occasion de saluer la mémoire du galeriste D-H Kahnweiler (1884-1979), pourvoyeur de la collection Masurel-Dutilleul. Il défendit les premiers cubistes (Picasso, Léger, Braque...) puis, dans les années 1920, Masson, entre autres. Grâce à des prêts exceptionnels de tableaux et sculptures provenant de collections publiques ou privées françaises, cet accrochage revient sur l'épopée d'une galerie emblématique.

Roubaix, Musée d'Art et d'Industrie André Diligent - La Piscine, jusqu'au 12.01, mar>jeu, 11h>18h, ven, 11h>20h, sam & dim, 13h>18h, 9>6€, www.roubaix-lapiscine.com

V. d'Ascq, LaM, jusqu'au 12.01.2014, mar>dim, 10h>18h, 10/7€, www.musee-lam.fr


© Carpentier

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Gendre idéal ? Alex Lutz. Cela ne vous dit peut-être rien et pourtant, vous avez certainement aperçu cet artiste caméléon. Au détour de la mise en scène d'un spectacle, dans des petits rôles au cinéma ou des vignettes à la télé, le blondinet se taille une place parmi les grands noms. Mais profitons de ce one man show pour retenir le sien. Pour être honnête, on ne connait pas grand-chose d'Alex Lutz. Puis, en réunissant les pièces du puzzle, un portrait se dessine, peu à peu. On le retrouve travesti tous les soirs, en clôture du Petit Journal de Canal+, pour La Revue de Presse de Catherine et Liliane. Parfois drôle. Parfois moins. En fait, on avait découvert le zigoto en 2008, avec OSS 117 : Rio Ne Répond Plus, incarnant un faux hippie et vrai nazi. Le Strasbourgeois nous avait marqué, et pas seulement parce que, pour une fois, un nazi était mal fringué. Pourtant, Lutz avait déjà de la bouteille – au mitan des années 2000, il avait déjà mis en scène Pierre Palmade ou Sylvie Joly (qui lui rend la pareille sur ce spectacle). Fausses Pistes Certes, Palmade et Joly ne sont pas les chantres de la modernité. Mais leur confiance en dit long sur le potentiel du jeune homme, désormais âgé de 35 ans et papa d'une petite fille. Papa ?! Et oui, bien qu'on ait du mal à imaginer cette petite chose fragile en père de famille. Cet aspect lisse, cette figure de bon garçon, le comédien en joue volontiers. Endossant tour à tour les rôles de vendeuse de prêt-à-porter, le directeur de casting odieux, ou se remémorant son enfance – et la nôtre, aussi – avec La Petite Souris. Il ne perd jamais ce regard décalé, cette ironie subtile alliée à un sens du rythme et de la formule. La marque des grands noms, en somme. Thibaut Allemand

Alex Lutz 19.12, Roubaix, Le Colisée, 20h30, 35/30/25/23/8€, www.coliseeroubaix.com 05.04, Béthune, Théâtre, 20h30, 28/24€, www.theatre-bethune.fr 19.04, Amiens, Megacité, 20h30, 41€, www.megacite.fr 05.04, Béthune, Théâtre, 20:30, 28/24€, www.theatre-bethune.fr 19.04, Amiens, Centre Expo Mégacité, 20:30, 41€, www.megacite.fr


© Nabil Boutros

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Chemins de croyances Bartabas envisage ses spectacles comme des mondes en expansion, ouvrant son art à la musique, au théâtre, à la danse. Après Carolyn Carlson ou Philip Glass, le fondateur du Théâtre équestre et musical Zingaro invite Andrés Marin, étoile du flamenco contemporain. Ensemble, ils empruntent un singulier chemin de croix, sur fond de Semaine Sainte à Séville. Le Golgotha est la colline sur laquelle les Romains crucifiaient les condamnés à Jerusalem. C'est donc le lieu précis où Jésus de Nazareth serait mort. Ce Calvaire et la résurrection sont commémorés chaque année en Andalousie, l'une des terres les plus farouchement catholiques de la péninsule ibérique. Huit jours durant, une soixantaine de confréries se relaient lors de spectaculaires processions. Cette effervescence mystique est ici retranscrite avec délicatesse et précision grâce aux compositions de Tomás Luis de Victoria (célèbre polyphoniste de la renaissance espagnole), et un éclairage quasi-pictural, jouant sur les ombres et une douce lumière. Cambré et chaussé de sabots, Marin, fier Andalou, avance solennellement, arborant une longue coiffe tel un pénitent. Parfois immobile, jouant des jambes comme des doigts, recouverts de pointes métalliques, il peut demeurer silencieux ou se ruer, se cabrer et chanter d'une voix profonde. Tout près, Bartabas ne semble faire plus qu'un avec le cheval. La force et la puissance des équidés deviennent aérienne légèreté. Loin de la fabuleuse démesure de Calacas, ce spectacle joue sur le non-dit, l'intime, sans jamais monter sur ses grands chevaux. Vincent Lançon Golgota 12>15.12, Amiens, Maison de la Culture, 20h30, sauf jeu, 19h30, et dim, 16h, 36/25/24/18/15€, www.maisondelaculture-amiens.com


Pourquoi j'ai tué Pierre © Nicolas Bomal

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Noël au balcon Noël au Théâtre convie petits et grands à investir de haut lieux culturels bruxellois et wallons. Un festival jeune public de plus, pensezvous ? Pas tout à fait, car celui-ci n'est pas réductible à un seul thème. Rendez-vous avec un théâtre populaire de qualité pour se « souvenir des confitures à la fraise » et « s'accrocher aux nuages ». «  En trente ans, le nombre de compagnies jeune public a triplé, passant de 25 à 75  » explique Cali Kroonen, directrice artistique de la Chambre des Théâtres pour l'Enfance et la Jeunesse (CTEJ), association à l'origine du festival en 1982. La manifestation est à l'image de la scène jeune public bruxelloise et Wallonne : 27 propositions mêlent théâtre d'objets (Terre Ô), d'ombres, de textes et de marionnettes - tel le Night Shop Théâtre explorant le monde des «  vieux  ». Cependant, certaines créations comportent plusieurs niveaux de lectures. Elles s'éloignent du classique conte de Noël pour s'adresser aux pré-ado. Citons Pourquoi j'ai tué Pierre, qui aborde le difficile sujet des attouchements sexuels. Les quatre jours de représentations sont complétés par des lectures et des extras, « afin d'aborder le théâtre de manière conviviale et de montrer la création dans tous ses états, poursuit Cali Kroonen. Chaque partenaire y va de sa proposition : une exposition, un goûter... ». Tandis que Les Zerkiens proposent un montage graphique, Une Compagnie nous invite à pousser la chansonnette ! De quoi passer de joyeuses fêtes ! Elsa Fortant 26>30.12, Bruxelles, divers lieux (CC jacques Franck, Théâtre Marni, Théâtre National, Pierre de Lune, Botanique, Théâtre Les Tanneurs, Théâtre la Belasamine, CC Wolubilis, CC Riches-Claires), 7,5/5/2€, www.ctej.be // 30.12, Pourquoi j'ai tué Pierre (14 ans et +), Cie Transhumance, Botanique, 15h30, 7,5€


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December Dance En 2013, Wim Vandekeybus fête son demi-siècle, et sa compagnie Ultima Vez ses 25 ans. December Dance clôt alors ces festivités en beauté ! Après Akram Khan, Anne Teresa De Keersmaeker et Sidi Larbi Cherkaoui, l'évènement est confié au quinquagénaire inclassable. Célébrant son œuvre, mais refusant l'autosatisfaction, ce dernier se tourne vers de jeunes créateurs (Maud Le Pladec) et des figures comme Jan Fabre (Tragedy Of A Friendhsip, voir LM n°90). Vandekeybus adosse des chorégraphes prometteurs tels Lemi Pinfasio dont le Mau plonge dans les racines des îles Samoa. Citons également la chorégraphe et danseuse Claire Croizé, dont Chant Éloigné se souvient du xxe  siècle et de la modernité naissante, au son de Webern, Schönberg et Debussy. Pour découvrir les talents de demain, c'est ici. Et maintenant. Thibaut Allemand 04>15.12, Bruges, Concertgebouw, MAZ, Stadsschouwburg, Biekorf, De Bond, www.concertgebouw.be

Thibaut Allemand

10>14.12, Lille, Le Grand Bleu, 20h, sauf jeu & ven, 14h30, 13/11/10/9/6€, www.legrandbleu.com

Les corbeaux © Tadeusz Paczula

Spiritual Unity © Danny Willems

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Les Corbeaux Lors d'une performance au Japon, Josef Nadj dansait sur un toit. Lorsqu'un corbeau se posa à ses côtés, le Hongrois y vit un signe et la source d'inspiration de cette création, réalisée en compagnie du multi instrumentiste Ákos Szelevényi. Nadj redessine – au propre comme au figuré – le mouvement et le rythme fugaces de l'animal. Pour ce faire, l'artiste, ancien élève du Mime Marceau, dispose d'un vaste tableau blanc sur lequel il peint avec son corps – se plongeant même totalement dans un bidon de peinture noire. Une image forte, qui renvoie également aux terribles marées noires... Et si en Europe de l'Ouest, l'oiseau est synonyme de deuil ou de désespoir (songez à The Raven, d'Edgar Allan Poe), en Hongrie en revanche, le volatile est symbole de sagesse et de savoirs mystérieux. Ce mythe (re)prend vie dans ce solo aux allures de haïku.


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Soirée Carolyn Carlson Presque dix ans après avoir été nommée à la tête du CCN de Roubaix et quelques semaines avant de le quitter, la chorégraphe américaine Carolyn Carlson présente deux créations très attendues : le solo de Diana Vishneva, composé avec la danseuse étoile, et le duo sauvage, sensuel et débridé de Céline Maufroid et Juha Marsalo. Ce n'est qu'un au revoir, a-t-on envie d'ajouter. Car c'est certain, l'empreinte laissée par la Blue Lady est de celles qui marquent une vie de spectateur.

La compagnie Arsenic crée des œuvres en prise avec notre sombre époque. Ainsi de L'Homme Qui Valait Trente Cinq Milliards (voir LM n°84). Citons également Grève 60, fresque historique relatant la grève générale de l’hiver 1960-1961 contre le programme d'austérité (déjà !), ou Montenero, l'immigration italienne évoquée par des femmes. Trois semaines durant, cette valeureuse compagnie rejoue ces trois pièces, proposant aussi des projections de films (le documentaire Ronde De Nuit, 1984), une croisière sur la Meuse, concerts... On tient le piquet ! Jusqu'au 07.12, Liège, Tilleur, Site Arcelor Mittal et divers lieux, www.arsenic.eu

12&13.12, Roubaix, Le Colisée, 20h30, 25/22/17/8/6€, www.coliseeroubaix.com

© Bruno Dewaele

Soirée de Gala (Forever and Ever) On prend les mêmes et on r'commence ! Après le tabac de Mignon Palace (2011), l'illustre metteur en scène Gilles Defacque nous ouvre les portes d'un music-hall à la fin de la guerre, fait de bric et de broc. Ce spectacle tendre reste franchement circassien : une quinzaine d'artistes de tous poils enchaînent les numéros de voltige, de clown ou de musique. Une revue pétillante, burlesque, rythmée par une bande originale exécutée par l'orchestre du Tire-Laine. Comme on dit là-bas, Wilkommen, bienvenue, welcome... 03.12, Hazebrouck, Ctre Malraux, 20h30, 10/7/6€ // 11>13.12, Maubeuge, Le Manège, 11/8/4€ // 17>19.12, Valenciennes, Le Phénix, 20h, 22>13€ // 21>23.12, 27>29.12, Lille, Théâtre du Nord, 20h, sf dim, 16h, 13>3€ // 1>4.04, Béthune, La Comédie // 25>27.09, Dunkerque, Bateau Feu

L'homme Qui Valait 35 Milliards © Dominique Houcmant

© Christian Kettiger

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Rêve général


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Cabaret New Burlesque © Eric Deniset

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West Side Story

La Revue 2014

L. Bernstein, S.Sondheim,A. Laurents, J. 03>08.12 Robbins / J. McKneely

B. Lefrancq & D. Michels 04.12>26.01

Avant d'être un film culte, West Side Story fut dès 1957 un succès sur les planches de Broadway. La partition de L. Bernstein, les batailles rangées mais dansées des Sharks contre les Jets, et l'amour entre Tony et Maria trouvent un second souffle. Tout est là : les escaliers métalliques, les immenses buildings... Le tout mis en scène par J. McKneely, ancien collaborateur de J. Robbins. Roubaix, Le Colisée, 20h30, sf sam, 15h et 20h30, et dim, 16h, 85>15€, www.coliseeroubaix.com

Un marronnier ? Une branche de gui, plutôt. Comme chaque année, les fêtes s'accompagnent de leur immanquable Revue. Au menu  ? L'actualité de 2013 passée au crible, au fiel et au vitriol d'une savoureuse brochette de onze comédiens, dont Maria del Rio ou Bernard Lefrancq. Une quarantaine de numéros (sketches, danse, medley...) pour tirer un trait sur ces douze derniers mois... et faire le plein d'humour et de pep's pour les douze à venir ! Bruxelles, Théâtre des Galeries, mar>dim, 20h15, matinées possibles sam & dim, 29>11€ (sf 24 & 31.12, 47/43/36e), www.trg.be

Cabaret new burlesque K. Hartl/P. Sorin

04&05.12

On ne vous présente plus le New Burlesque. Quoiqu'on en pense, il est de bon ton d'applaudir ce strip-tease old school repris en main par des femmes girondes, féminines et, dit-on, féministes. Alors, bon. Mais pour le coup, on est curieux de voir ce que la troupe, menée par Kitty Hartl, a concocté avec le vidéaste et plasticien Pierrick Sorin, fan absolu de Buster Keaton (un autre genre de burlesque) et de Méliès. Cette rencontre entre les effeuilleuses et le Nantais peut s'avérer ébouriffante. Arras, Théâtre, 20h, 25/20/5€, www.tandem-arrasdouai.eu

Vortex temporum 05>07.12

À l'origine, une œuvre pour un piano et cinq instruments, composée entre 1994 et 1996 par Gérard Grisey, maître de la musique spectrale. On retrouve ce goût des architectures complexes et des turbulences dans l'œuvre d'Anne Teresa De Keersmaeker. Avec les danseurs de sa compagnie Rosas et les musiciens d’Ictus, elle explore les variations du temps, sa dilatation et son fractionnement. Anvers, deSingel, 20h, 28/24/8€, www.desingel.be // 10>12.12, Lille, L'Opéra, 20h, 22/17/13/8/5€, www.opera-lille.fr


La Brique © Jeremie Bernaert

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agenda

La bibliothèque d'André Dussollier

Petit Robert et le mystère du frigidaire

11&12.12

Cie Brico Jardin

« La chair est triste, hélas  ! Et j'ai lu tous les livres. Autant aller boire des coups. » se lamentait le poète, à peu de chose près. Qu'il se rassure : André Dussollier lui ouvre sa bibliothèque, mêle prose et vers, lisant des extraits de Prévert et Guitry, Musset et Molière, Alphonse Allais ou Henri Michaux. Plus mesuré que Jacques Weber, et bien moins cabot que Fabrice Luchini, André Dussollier nous invite dans son petit univers. On aurait tort de refuser.

Un soir de Noël, un garçonnet nommé Petit Robert rencontre Ramon, un ramoneur qui rêve de devenir Père Noël. Le tandem visite alors l'immeuble via le conduit de cheminée... Onirique, ce spectacle pour petits (et grands aussi) mêle drôles d'objets, films d'animation bricolés, chansons tendres ou burlesques mais aussi rock survoltés. Et quid de ce frigidaire ? Chut... C'est un mystère !

Bruxelles, Wolubilis, 20h30, 40/35/28€, www.wolubilis.be

V. d'Ascq, La Rose des Vents, 20h, 10/7/5€// 19>21.12, Lille, le Grand Bleu, 10h & 14h30 sf sam, 18h, 13>6€, www.legrandbleu.com

Le Tigre bleu de l'Euphrate

La Brique Cie HVDZ/ G. Alloucherie

17.12

12.12

Dramaturge engagé, Guy Alloucherie demeure attaché à sa terre. Ici, la brique (symbole d'une région classée au patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco) constitue le point de départ d'une conférence solitaire. Alloucherie y évoque son parcours d'artiste... patrimonial. Bruay-la Buissière, Le Temple, 21h, 10/8/5/3€, +33 (0)3 21 64 56 25// 13 & 14.12 Calais, Le Channel, ven, 20h30, sam, 19h30, 6€, www.lechannel.fr // et 06.12, Fresnicourt le Dolmen, dans le cadre du Téléthon, www.fresnicourtledolmen.fr

L.Gaudé/T. Roisin

18 & 19.12

Alexandre Le Grand, le seul, l'unique à avoir établi un empire que personne ne reconstituera jamais plus. Signé Laurent Gaudé, mis en scène par Thierry Roisin et magistralement interprété par Frédéric Leidgens, ce monologue est prononcé par le chef de guerre, dans ses derniers instants. Alexandre conte ses voyages dans ces contrées inconnues, ses rêves et ses exploits. L'écriture de Gaudé transmet ce souffle épique, émouvant, voire intimiste. Arras, Théâtre, 20h, 20/16/12/10/9€, www.tandem-arrasdouai.eu


agenda

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concerts Dim 01.12

Mer 04.12

Benjamin Duboc Marcq-en-Barœul, Théâtre de la Rianderie, 11h30, Gratuit

Jacco Gardner... Bruxelles, Botanique/ Orangerie, 19h30, 18/15/12e

Soirée Cabaret «Le Boeuf sur le toit» + Le Roi David Tourcoing, Théâtre Municipal R. Devos, 15h30, 25/23/10$

Travis Anvers, Trix, 19h30, 28/25e

Magma Lille, L'Aéronef, 18h, 25/20/15e Scott Matthew Bruges, Cactus Muziekcentrum, 20h, 16/13/11/8/5e

Le Soldat Rose Lille, Théâtre Sebastopol, 20h, 39/37e Ayo + Citizen Cope Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 30e Magic Malik + Superpoze Lille, L’Aéronef, 20h, 13/7/5e

Thierry 'Titi' Robin Bruges, Cultuurcentrum Bruges, 20h, 18/15/12/9e

Von Pariahs Lille, La Péniche, 20h, 12/11/10e

Lun 02.12

Girls Against Boys Dixmude, 4AD, 20h30, 16/14/12e

Dirty Beaches Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 12/10/8e

Bernie Bonvoisin Amiens, La Lune des Pirates, 20h30, 20e

ONL : Angelich - Trotignon Lille, Nouveau Siècle, 20h, 45 à 5e

Jeu 05.12

Yo La Tengo Louvain, Het Depot, 20h, 25/22/20e

Girls Against Boys Bruxelles, Atelier 210, 20h, 13/6e

Autumn Falls : Kurt Vile and The Violators + Scout Niblett Bruxelles, Cirque Royal, 19h30, 18/15e

Biga Ranx Lille, Le Splendid, 20h, 22,80e

Mar 03.12

Arman Méliès Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 12/10/8e

Glasser Bruxelles, Botanique/Rotonde, 19h30, 16/13/10e Ásgeir + Farao Bruxelles, Botanique/Witloof, 19h30, 14/11/8e

Dominique A Lille, Auditorium du Palais des Beaux Arts de Lille, 20h, 25,80e

Katie Melua Lille, Zénith, 20h, 56,50/51/45,50e

Emmanuel Moire Lille, Théâtre de l'Hôtel-Casino Barrière, 20h, 39/36/33/30e

Soirée Tympans et Rétines #2 : Super Castlevania Quartet + « Eraserhead» de David Lynch par Cercueil Lille, L'Aéronef, 20h, 8/4/2e

ONL : Angelich - Trotignon Lille, Nouveau Siècle, 20h, 45 à 5e

The Messiah de GF Hendel Lille, Opéra, 20h, 33/24/17/9/5e

Trust Wattrelos, La Boîte à Musiques, 20h, 20e Stephan Eicher Calais, Théâtre de Calais, 20h30, 38,50e Von Pariahs + Paon Amiens, La Lune des Pirates, 20h30, 10/7e Olivia Ruiz Compiègne, Espace jean Legendre, 20h45,

Ven 06.12 Le Père Noël est un rockeur : Superlux + Abel Caine + Billions of Comrades + Von Durden + Catatonic Trip Mons, maison Folie de Mons/ Espace des Possibles, 18h, un jouet Castles Charleroi, Eden, 20h, Gratuit Cine-Concert : Buster Keaton // Quatuor Debussy Dunkerque, Studio 43, 20h, 12/9/7$ ELVIS BLACK STARS + DEPORTIVO... Charleroi, Le Coliseum, 20h, 19/16e Blouse + Wild Sage Lille, La Péniche, 20h, 12/11/10e The Messiah de GF Hendel Lille, Opéra, 20h, 33/24/17/9/5e Fabien Mary Marcq-en-Barœul, Théâtre Charcot, 20h30, 15/13e Morning Glory... Arlon, L'Entrepôt, 20h30, 14/12e Arman Méliès Béthune, Le Poche, 20h45, 7/5/4/3e Marc Houle Lille, Le Magazine, 23h, 8e


Sam 07.12 La Rumeur Bruxelles, VK*, 19h30, 12/9e Ciné-Concert avec le Quatuor Vertigo Villeneuve d'Ascq, La Ferme d'en Haut, 20h, 7/4/1,5e Couleurs Méditerranée avec Aïcha Redouane et Habib Yammine Lille, maison Folie Wazemmes, 20h, 4e Gogol Bordello + Man Man Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 27e Goran Bregovic Gand, Vooruit, 20h, 21,75e Les Ogres de Barback Charleroi, Le Coliseum, 20h, 25/20e Stubborn Heart Lille, La Péniche, 20h, 12/11/10e Vive Saint Nicolas ! Soirée Spécial Barbus... Charleroi, Rockerill, 20h, 6e Fest-Noz : BigouNight 2 Lomme, maison Folie Beaulieu, 20h30, 5$ Heymoonshaker + John Fairhurst Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, 8/5e Nuit du blues: Harpsliders Mouscron, Centre Staquet, 20h30, 17/15/13e Placebo Anvers, Lotto Arena, 20h30, 49/44e Wasting + Dead Rats + N.A.K. Béthune, Le Poche, 20h30, 5e Fuse presents The Sound Of Belgium (Rave Signal aka JC Bolland... Bruxelles, Fuse, 23h, 11/7e

Dim 08.12 Sunday Happy Funday Lille, L'Aéronef, 10h30, Gratuit

Pascal Obispo Béthune, Théâtre de Béthune, 18h, 43/33e

Mark Padmore Bruxelles, Bozar, 20h, 39/30/25/12e

Roberto Fonseca Arras, Théâtre d'Arras, 18h, 20/16/12/10/9e

Dum Dum Girls Hasselt, Muziekodroom, 20h, 12/9e

festival La Sauce Jack : Mad Professor... Tourcoing, Le Grand Mix, 18h, 14/11e

Ground Zero : VV Brown Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 20/17e

Les Orgres De Barback Louvain, Ferme du Biéreau, 20h30, 20/18/16e

Lun 09.12 Trio « Les Esprits » Adam Laloum, Mi-Sa Yang, Victor Julien-Laferrière Arras, Théâtre d'Arras, 17h, 20/16/12/10/9e will.i.am Anvers, Lotto Arena, 20h, 42e

Mar 10.12 Deltron 3030 Bruxelles, VK*, 19h30, 20/17e Dub Inc. Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 28e Laurent Lamarca + Eddy la Gooyatsh... Lille, La Péniche, 20h, 12/11/10e Keziah Jones Lille, L'Aéronef, 20h, 27,50 / 22,70e ONL : Inédits russes, avec Kalinnikov et Prokoviev Lille, Nouveau Siècle, 20h, 45 à 5e Zazie Lille, Zénith, 20h, 65/55/42,50/25e

Jan Schumacher Quintet Valenciennes, Le Phénix, 20h, 16/14/13/9e Kavinsky Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 25e Malax (Release Party) Lille, maison Folie Wazemmes, 20h, 3e ONL : Inédits russes, avec Kalinnikov et Prokoviev Lille, Nouveau Siècle, 20h, 45 à 5e ShanteL Anvers, De Roma, 20h30, 24/22e Bony King of Nowhere Bruxelles, Atelier 210, 21h30, 10e

Jeu 12.12 Death In June Bruxelles, Magasin 4, 19h, 25/20e Ayo Lille, Théâtre Sebastopol, 20h, 29,70/26,40e BB Brunes + Stereo Grand Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 28e Chancellor Dé Dianga Lille, maison Folie Moulins, 20h, 5e

Mer 11.12

ONL et Capella de St Petersbourg Valenciennes, Le Phénix, 20h, 40/35e

Dub Inc. Liège, Caserne Fonck, 20h, 27/22e

Oldelaf Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 19,80/18/15e


agenda

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concerts Sun 0))) Courtrai, De Kreun, 20h, 25/22/19e An Pierlé Tournai, Maison de la Culture de Tournai, 20h30, 20/18/15/12e Arno Anvers, De Roma, 20h30, 30/28e Baptiste Herbin Quartet Tourcoing, maison Folie Hospice d'Havré, 20h30, 15/10e

Ven 13.12 Tony Melvil et Co Faches Thumesnil, Les Arcades, 19h, 13/10e Vanessa Paradis Lille, Zénith, 19h45, 29 à 65e Brigitte Fontaine Lille, Théâtre Sebastopol, 20h, 38,50/33e Carla Bruni Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 53/45/39e Keziah Jones Anzin, Théâtre d'Anzin, 20h, 27,50e

Lille, maison Folie Wazemmes, 21h, 5e Catholic Spray Villeneuve d'Ascq, La Ferme d'en Haut, 21h, 7/4/1,5e The Magician Bruxelles, Libertine Supersport, 22h, 15/10e DJ Falcon Lille, Le Magazine, 23h, 8/5e

Sam 14.12 Le Père Noël est un rockeur : Noa Moon + Pale Grey + Kid Noize + Primitiv + Unik Ubik + Lady Cover + Christmas Part avec Surfing Leons + Elledelux + DJ Boods + Rockabilly Madman... Dour, Dour Sports, 16h, un jouet Biffy Clyro + Walking Papers Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 23,40/20,40e La Fouine Lille, L'Aéronef, 20h, 29e Tricky Lille, Le Splendid, 20h, 25,30e

Stellar Dog Lille, maison Folie Moulins, 20h, 5e

Dagoba + Hypnose Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, 10/7e

Lescop + Aline Dunkerque, Place du Généralde-Gaulle , 20h30, Gratuit

Thomas Boissy Lille, Théâtre de l'Hôtel-Casino Barrière, 20h30, 27/24/21e

ONL : Inédits russes, avec Kalinnikov et Prokoviev Hénin-Beaumont, Espace François Mitterrand, 20h, grat.

Flashforward : Octave One + Fabrice Lig, Ralph storm Charleroi, Rockerill, 22h, Gratuit

PO ROCK À 4 Marcq-en-Barœul, Théâtre de la Rianderie, 20h30, 9/6e Maissiat + Ttwice Béthune, Le Poche, 20h45, 7/5/4/3e Bal Ah Bon? avec Stereopleasure + Etienne Jaumet (DJ set)

Ricardo Villalobos... Bruxelles, Fuse, 23h, 14/12e

Dim 15.12 Marcel et son Orchestre : C'est ma dernière surprise-party, le film !!! Lille, L'Aéronef, 15h, 8/4/3e

Concert du Nouvel An par l'Orchestre Symphonique De Bruay-La-Buissière Bruay-La-Buissière, Complexe Sportif Léo lagrange, 16h, 6/5/3e David Laisné trio Eliogabal Villeneuve d'Ascq, La Ferme d'en Haut, 17h, 7/4e/1,5e

Lun 16.12 VV Brown Louvain, Het Depot, 20h, 10/8e

Mar 17.12 ONL : Un Noël à Broadway Lille, Nouveau Siècle, 20h, 45 à 5e The Nightingale and The Rose (Schubert, Brahms,Berg, Strauss, Fauré...) Lille, Opéra, 20h, 22/17/13/8/5e Loïc Lantoine + Jef Kino Lillers, L'Abattoir, 21h, 15/12e

Mer 18.12 ONL : Un Noël à Broadway Carvin, Salle Rabelais, 20h, 20/10$ Abd Al Malik Amiens, Maison de la Culture d'Amiens, 20h30, 36/24/15e

Jeu 19.12 Nao Momitani Mons, Le Manège, 12h10, 4/3e ONL : Extraits de comédies musicales... Lille, Nouveau Siècle, 12h30, 8/5e Noël à Broadway avec l'ONL Maubeuge, La Luna, 20h, 20e


Ven 20.12 Les Fugues Sonores - Cinéconcerts : Frigo et la Baleine + The Love Nest Cendrillon Oignies, Le Métaphone, 18h30, 5/2e Jeronimo + Marc Dixon Bruxelles, Botanique/Rotonde, 19h30, 16/13/11e Daan Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 30e Kurt Vile And The Violators Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 16/13e Arbeid Adelt + The Klink + Lescure 13 + Geistform + Implant… Anvers, Trix, 18h, 70/60/40/35/30e Star Warz: Andy C, Youthstar, Mc Nice, Mc Mush, Vicelord, Tesla Gand, Vooruit, 23h, Gratuit

Sam 21.12 IGNATUS ET LES FRÈRES MAKOUYAYA Hazebrouck, Centre André Malraux, 18h30, 10/7/6e

Didier Super Charleroi, Eden, 20h, 6e Les Fugues Sonores - ciné concerts : Fantômas + Being Human Being Oignies, Le Métaphone, 20h30, 15/12e Liesa Van der Aa Bruxelles, Beursschouwburg, 20h30, 12/10e GiedRé + De Saturne Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h45, 12/9e Discobaar A Moeder Anvers, Petrol Club, 22h, 15/5e Seth Troxler... Bruxelles, Fuse, 23h, 14/10e Nous sommes 2014 : Bromance + Marble + Zone Lieu tenu secret, 21h, 30/26e

Dim 22.12 ONL : Un Noël à Broadway Lille, Nouveau Siècle, 16h, 45 à 5e Orchestre National de Belgique, Concert de Noël Bruxelles, Bozar, 18h, 40/32/20/10e

Lun 23.12

Machiavel + RMS Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 27/24e

London Gospel Choir Gand, Capitole, 20h, 79,30/44,30/39,30/34,30e

Florent Marchet et sa bande : Noël's songs Calais, Le Channel, 19h30, 6e

Mar 24.12

Doomsday : Sven Väth, Agoria present Forms, Ben Klock, The Advent, Mount Kimbie, Nathan fake… Anvers, Antwerp Expo, 19h45, 50/42e

Disco 2013 : Shake your Xmas balls ! Bruges, Cactus Muziekcentrum, 23h, 15/11e

Boum de Noël: René Binamé + BAK XIII + Rewinder Bruxelles, Magasin 4, 20h, 5e Charleroi, Le Coliseum, 20h, 19/17e

Mamma Mia

Ven 27.12 Lille, Zénith, 20h, 79/69/59/45/35e Mayhem : house-acid-

techno Anvers, Petrol Club, 23h, 6e

Sam 28.12 Dunkerque 2013 Fête de clôture : Aidan Simpson + Rocky + Delbi + Mr Aya and The Classics Dunkerque, Les 4 Ecluses, 18h30, 5/gratuit Mamma Mia Lille, Zénith, 20h, 79/69/59/45/35e Dunkerque 2013 fête de clôture : Rocky Dunkerque, Place du Généralde-Gaulle , 21h, 5e No Years Eve: Dc Salas... Bruxelles, Fuse, 23h, 7e

Dim 29.12 Capetown Opera Choir Hasselt, Cultuurcentrum, 20h, 24/22e

Mar 31.12 Fuse NYE with Technasia... Bruxelles, Fuse, 22h, 25/20e NYE 14 Deluxe Ostende, Kursaal, 22h, 99/39/25e Star Warz XXL : Dub Phizix et Strategy, Audio, Hamilton, Ulterior Motive… Gand, ICC Ghent, 22h, 29/23e Bal Populaire Dixmude, 4AD, 23h, Gratuit Hertz et ROM - NYE 2013 Anvers, Petrol Club, 23h, 20/16e

Sam 04.01 G.T. Moore et The Lost Ark Band + Pura Vida Dixmude, 4AD, 20h30, 12/10/8e


Some Assembly Required - Hard Hat Diving, 2011 / Assorted Garden Assembly, 2010 / TOYS'R'US - Dingy scale 1:1, 2006 / Engine Bought Separately - Hugin II, 2007 - Installation view: Wir Sind Woanders, Hinterconti, Hamburg (DE)

le mot de la fin

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Michael Johansson - Ah, la Suède et la manie des kits... Après Ikea, voici Michael Johansson. Se souvenant des jouets à monter de son enfance, cet artiste imagine des objets du quotidien sous forme de pièces géantes à assembler. Barque, tondeuse à gazon, sèche-cheveux, tout y passe ! à visiter / www.michaeljohansson.com


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