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n掳98 / Juillet-ao没t 2014 / GRATUIT

nord & belgique

Cultures et tendances urbaines


GRANDE SCÈNE GRATUITE PASS DE 12€ À 50€

1.2.3 AOÛT 2014

FAUVE≠ BOYS NOIZE SKIP THE USE AGNES OBEL

CASSEURS FLOWTERS

CHINESE MAN ARNO GUSH SURKIN DANAKIL

MORIARTY & CHRISTINE SALEM FRÀNÇOIS AND THE ATLAS MOUNTAINS LES INNOCENTS SAULE RAVING GEORGE

CHRISTINE AND THE QUEENS POKEY LAFARGE WINSTON McANUFF & FIXI MELANIE DE BIASIO JIM YAMOURIDIS GYM

DJ PONE WHOMADEWHO DAVID LEMAITRE NACH SALUT C’EST COOL THE GROWLERS …

70 CONCERTS ET PARCOURS SECRETS PRÉVENTE SUR WWW.LESNUITSSECRETES.COM 1H DE LILLE / BRUXELLES - 2H DE PARIS


#98 Sommaire Let’smotiv - juillet / août 2014

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n  ews Des œuvres à la chaîne, Isaac Delusion, Sweeney Todd, Joann Sfar, Para One, Citrus, Jean-Marc Flahaut, les vélos au plafond de Fahrradhof, Calacas

10

r  encontre Frédéric Héran, Le Retour de la Bicyclette

16

s  tyle Ziferblat à Londres, Gastama à Lille, ViaVia Café à Bruxelles

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r  eportage La ferme aux avions

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p  ortfolio Brooke DiDonato

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Dossier Festivals [Part 2] Panorama 16, Festival au Carré, Main Square, Rock Werchter, Clef de Soleil, Les Ardentes, Gent Jazz Festival, Festival du Conte de Chiny, Les Francofolies de Spa, Pile au

Dour © Kmeron

Rendez-Vous, Blues Peer, Festival de la Côte d’Opale, Cactus Festival, Dour Festival, Irie Vibes Roots, Rock En Stock, Boomtown, 10 Days Off, Esperanzah!, Suikerrock, Lokerse Feesten, Dranouter, Ronquières, Brussels Summer Festival, Les Nuits Secrètes, la Fête des Solidarités, Feest In Het Park, Jazz Middelheim, Pukkelpop, Le Cabaret Vert, les (Rencontres) Inattendues...

76

c  inéma Boyhood, Palma Real Motel, Sunhi, Jimmy’s Hall...

82

E  xposition Fritz Haber – Un esprit en guerre, Les Désastres de la Guerre, Asphalte #1, Rodolphe A. Reiss, Cent ans dans les Balkans, Ravage – L’art et la culture en temps de conflit, Eric Poitevin – Le Chemin des Hommes…, Agenda

98

Le Mot de la fin

Cyclemon, je roule donc je suis


flash info

Nouveau site web Nouvelle adresse postale

98

Let’smotiv Nord & Belgique 28 rue françois de badts - 59110 La madeleine - F tél : +33 362 64 80 09 - fax : +33 3 62 64 80 07

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Direction de la publication / Rédaction en chef : Nicolas Pattou

Direction Artistique / graphisme : Cécile Fauré cecile.faure@lastrolab.com

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Couverture : Brooke DiDonato

Rédaction : Thibaut Allemand redaction@lm-magazine.com

Lina Tchalabi

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administration : Laurent Desplat laurent.desplat@lastrolab.com

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diffusion : C*RED (France/Belgique) ; Zoom On Art (Bruxelles)

Ont collaboré à ce n° : Sandrine Allanic, François Annycke, Elisabeth Blanchet, Julien Bourbiaux, Madeleine Bourgois, Sylvain Coatleven, Julien Collinet, Mathieu Dauchy, Christophe Delorme, Brooke DiDonato, Marine Durand, Elsa Fortant, Audrey Jeamart, Vincent Lançon, Raphaël Nieuwjaer, Olivia Volpi et plus si affinités. Let’smotiv Nord & Belgique est édité par la Sarl L'astrolab* - info@lastrolab.com L'astrolab* Sarl au capital de 5 000 euros - RCS Lille 538 422 973 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. ı Let'smotiv est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement. Ne pas jeter sur la voie publique.

Papier issu de forêts gérées durablement


rubrique à brac

Volkswagen Lemon © Jennifer Beatty / graphikdeziner

news

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100 hoopties Cet été, on est très, très vélo. De cette première brève jusqu’à l’antépénultième page (p.98, donc) en passant par un entretien avec Frédéric Héran (p.10). Pour débuter, voici un extrait de 100 Hoopties de Jennifer Beatty. Cette américaine recrée à peu près tout (Mario Bros, Bob L’Éponge, Joy Division, M. Hulot, Les Dents de La Mer...) avec quelques chaînes de vélo et des catadioptres. http://100hoopties.com

ISAAC DELUSION

Isaac Delusion (Parlophone/Warner) Bravo ! Célibataire, tu as réussi à attirer quelqu'un chez toi. Mais tu le sais, rien n'est gagné. Quelle musique pour l'emballer ? Chaloupée et sexy, pour un flirt endiablé. Mais pas vulgaire non plus, pour la touche romantique. Un peu planante aussi, pour laisser le charme opérer entre deux silences lourds de possibilités. Le doute s'installe en toi : ne dévoiles-tu pas ton jeu trop vite ? Si, un peu. Cette musique doit alors sonner pointue et moderne, prouvant que tu ne penses pas uniquement à gaudriole. Le premier LP d'Isaac Delusion est la solution : léger, folktronique, réjouissant. Et si tes manœuvres de séduction échouent, ces douze titres te consoleront – la BO idéale d’un été sans fin. O.V.


Sweeney Todd

18 & 19.07 + 25 & 26.07, Château d'Hardelot, Théâtre éphémère, 21h, nc

© DR

C’est un morceau de choix du répertoire britannique ! Ce roman a inspiré le théâtre, la comédie musicale, puis Tim Burton. Ici, le metteur en scène Olivier Benezech rêvait de s’attaquer au barbier qui sévit. Au vu de son parcours éclectique (Mozart, Britten, mais aussi Grease  !), on s’attend au meilleur. Le cadre enchanteur du château d’Hardelot sublime l’ensemble. Sanglant, l’ensemble !

Le livre du mois JOANN SFAR

Le plus grand philosophe de France (Albin Michel) Tout droit sortis de l’imagination sans limites de Joann Sfar, un pirate juif hollandais s’élevant contre le système esclavagiste (car on lui interdit d’y participer), un Indien obèse et réduit au rôle de reproducteur qui soigne son membre abîmé, une comtesse libidineuse imposant d’interminables conversations à son cavalier King Charles, tandis que son époux, peu porté sur la chose, ambitionne de devenir le plus grand philosophe de France – parce que « qui croirait vraiment que la France c’est moins grand que le monde ! ». Au-dessus de cette truculente galerie de personnages qui s’affairent sur Terre, Spinoza envoie des petits mots d’encouragements aux pauvres vivants. Et Dieu dans tout ça ? Il s’en fout et préfère jouer au badminton. Très souvent vulgaire, quitte à décontenancer parfois son lecteur, le papa du Chat du rabbin laisse libre cours à sa folie douce dans ce conte jubilatoire. Religion, travers humains ou bon goût, la plume maligne et irrévérencieuse de Sfar égratigne tout et tout le monde sans distinction. On connaissait ses qualités de bédéiste (ah, et de cinéaste aussi), le diplômé de philosophie affirme ici brillamment son talent de romancier. 560 p., 23€. M.D.


news

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PARA ONE

Club (Marble/Because Music) Pierre angulaire du rap français (TTC, Le Klub des Loosers) et adepte des exercices périlleux (la bande originale de La Naissance des Pieuvres), Jean-Baptise de Laubier revisite son précédent LP, Passion (2012), non sans rappeler le principe du Nite Visions (2005) de Soulwax. Elaborées lors de tournées et DJ-sets, donc taillées pour le live, ces onze recompositions capturent des ambiances référencées. Ainsi, quand Albatros titille le UK garage, When The Night nous renvoie à l’acid house et You Too en 1990. Boss de Marble aux côtés de Surkin et Bobmo, le trentenaire ne manque pas d’envoyer une techno plus froide, à l’image de Sigmund ou Compute. Et oui, ça débarque Dans Le Club. E.F.

Jean-Marc Flahaut

© Yasmine Gateau

Stockholm (Les états civils)

Citrus #1 (éditions L'Agrume)

États-Unis, années 70. Patricia Hearst, otage violentée, violée, « rééduquée », archétype du syndrome... de Stockholm, prend fait et cause pour ses ravisseurs, l'Armée du Peuple. Cette fille de milliardaire devient membre du groupe, prend part à des hold-ups, des exécutions... L'a-t-elle vraiment voulu  ? Ce roman court ne livre aucune explication. Sa force tient dans ses ellipses et omissions. Ce roman noir percute la précision scientifique et historique à l’imaginaire façon Alice. Une manière de passer de l'autre côté du miroir. 48p., 12,50€. F.A.

Dernier-né des mooks (XXI, Feuilleton, La Revue Dessinée...), Citrus, édité par l a maison d’édition L’Agrume, offre de larges tribunes aux illustrateurs, dont Tom Haugomat, que vous retrouverez bientôt dans LM ! Ce numéro consacré au football affiche une couverture gentiment acide et gay-friendly et à l'intérieur, on passe de nombreux sujets en revue  : le stade et l'expression politique, la place des ultras dans le Printemps arabe, les liens entre ballon et mafia, une sociologie des vestiaires, voire des articles plus scientifiques sur la trajectoire des ballons. C'est facile d'accès, captivant, éclairant, « ni indigeste, ni indigent ». En un mot, rafraîchissant. 240p., 17,50€. F.A.


© DR

Fahrradhof

photo du mois

Vélo bis. « Que faire de ces 200 petites reines entassées à l’arrière du magasin ? » s’est demandé le gérant de Fahrradhof, boutique de biclous sise à Altlandsberg (dans l’est de l’Allemagne). Réponse : une déco extérieure qui annonce la couleur. à côté, les pompes funèbres ont tenté le coup. C’est autre chose.

© Pierre Buguet

calacas calacas On ne présente évidemment plus Bartabas ; récemment encore, on évoquait le formidable Golgota consacré à l’Andalousie, pour le dire vite. Dans cette nouvelle création, l’âme du cirque Zingaro ne quitte pas l’esprit hispanique. Le chorégraphe équestre s’intéresse au Mexique, au culte des morts et... les met en selle  ! Ces esprits ne font plus qu’un avec l’animal, tournoient et virevoltent au son des cymbales, maracas, clochettes, tambours des chinchineros, fanfares mexicaines et autres orgues de Barbarie... Exubérant et poétique, voici le genre de joyeux carnaval funèbre, d’invitation à la danse macabre qui ne se refuse pas ! 12.08>06.09, Calais, Bassin Carnot, sous chapiteau, mar>sam sauf jeu, 20h, dim, 17h, 32.50€, www.lechannel.fr


rencontre

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« Le choc pétrolier de 1973 a fait comprendre aux gens que le toutautomobile est une impasse ».


rencontre

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frédéric héran Vive la Vélorution ! Propos recueillis par ¬ Sylvain Coatleven Photos ¬ © Cécile Fauré / Robert Doisneau

Mode de déplacement emblématique de la première moitié du xxe siècle, le vélo s’imposera-t-il comme celui du xxie ? Pourquoi les ouvriers et les femmes se sont-ils entichés du biclou ? Pourquoi les Hollandais roulent-ils autant ? Maître de conférences en économie à l'Université Lille-1 et cycliste, Frédéric Héran s’est interrogé sur toutes ces questions et bien d’autres encore. Le résultat est passionnant : à la fois académique et accessible, Le retour de la Bicyclette est le premier livre abordant le vélo sous l’angle des politiques de déplacement. Organisé selon un découpage historique, votre livre présente d'abord le vélo comme une alternative au cheval. Le cheval était réservé à la haute aristocratie en raison des coûts d'entretien (écurie, avoine, palefrenier)... Il est vrai que le vélo est comparé à l’animal dès le début : en 1817, le Baron Drais crée la draisienne, un ancêtre du vélocipède, sans pédales. Les gazettes soulignent qu’il a parcouru le trajet de Mannheim jusqu’au relais de poste suivant (soit 14 km) plus rapidement qu’un cheval.

Pourquoi les classes populaires s’emparent-elles du vélo rapidement ? La principale raison est économique. Le développement est phénoménal, on recense 9 millions de vélos en France à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. De plus, ce mode de transport correspond aux valeurs ouvrières d'effort et d'endurance. De leur côté, les femmes se l’approprient dès la fin du xixe siècle. Elles sortent du foyer et, pour pédaler plus facilement, portent des pantalons. Cet essor est donc révolutionnaire à plusieurs points de vue. ▲


rencontre

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1,5 milliard

d’euros, c’est le chiffre d’affaires du secteur vélo pour 2013, en hausse de 3,1% par rapport à 2012.

2,8 millions,

le nombre de vélos vendus en France en 2013, soit davantage que le nombre de voitures (1,8 million).

89%

des vélos achetés ont pour destination le sport ou le loisir. La mobilité urbaine (vélo de ville, vélo à assistance électrique, vélo pliant) ne représente, selon les chiffres dévoilés par le CNPC, que 11% des vélos vendus, contre 9% en 2013.

+ 24%,

c’est le boom du vélo pliant, qui demeure toutefois un marché confidentiel avec 29 300 unités écoulées.

*Source : étude "L'Observatoire du cycle" réalisée par la Commission Cycle CNPC/FPS issue de l'accord de partenariat conclu entre ces organisations. Publiée le Vendredi 04 avril 2014

Pourquoi l’usage du vélo ralentit-il durant les Trente Glorieuses ? Du fait de la motorisation. Et pas tant de la voiture, que des deux-roues. Ainsi, en France, des lobbies très malins ont manœuvré dès les années 1940 auprès du régime de Vichy pour obtenir des décrets très permissifs quant aux cylindrées, à l’âge, à la vitesse... Encore aujourd’hui, la majorité des cyclomoteurs utilisés sont débridés. Pour le vélo, les Trente Glorieuses, sont les Trente Piteuses. Après 1968, n'assiste-t-on pas à un retour en grâce ? Le choc pétrolier de 1973 a fait comprendre aux gens que le tout-automobile est une impasse. Le retour au vélo vient d’en bas et certains gouvernements ont suivi comme en Allemagne, au Danemark ou aux Pays-Bas : remise à niveau des pistes cyclables, etc. Ce mouvement «  bagnoles ras-le-bol  » est-il essentiellement urbain ? Oui. Même dans les banlieues industrielles, ça n’a pas pris. L’ouvrier de Renault ne rêve que d’une chose : s’acheter une Renault. Certaines régions avaient

1861 Bicyclette à pédales

Pierre Michaux France

Draisienne

1817

Vélocipède à 2 roues

1830

années 1870

Karl Von Drais Allemagne

Thomas McCall écosse

James Starley Angleterre

Grand Bi

années 1880

Bicyclette de sécurité John K. Starley Angleterre


« On pourrait coupler davantage l'usage de la bicyclette avec les transports publics »

un retard de motorisation. À Tourcoing la voiture est une conquête récente, se remettre au vélo c’est déchoir, utiliser le véhicule du pauvre. À Courtrai, il y a beaucoup de cyclistes pour d’autres raisons : les Flandres Jacques Tati et sa bicyclette © Robert Doisneau, 1947 ou ‘49 ont connu un développement tardif avec des villes sans tramway. Lorsqu’il n’y a pas de tram et qu’on du vent, et rouler avec un vent de face, est pauvre, on circule à vélo... L’engin c’est comme gravir une côte. Il n’y a est finalement devenu un trait culturel jamais une seule cause. D'abord, c’est constitutif d’une identité. le pays le plus anciennement urbanisé d’Europe. Puis, durant la Première Pourquoi les Hollandais roulent-ils Guerre Mondiale, les Pays-Bas sont autant à bicyclette ? neutres et fabriquent des vélos penLe cliché, c’est de dire que la Hollande dant qu’on construit des armes. En c’est plat. Certes, mais il y a également ▲

années 1890 Tandem

Edward Joel Pennington Angleterre

années 1930 Triporteur

Vélo couché

1930

années 1960

France

Charles Mochet France

états-Unis

Vélo de course


rencontre

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1924, apparaissent les pistes cyclables, initialement pensées pour libérer la route aux voitures. On peut également citer le mouvement Provo, qui contestait la société de consommation et le toutvoiture avant 1968. Ou le choc pétrolier : les Pays-Bas pro-israéliens furent boycottés par les pays de l’OPEP... Il y a des dizaines de raisons.

le nez dans le guidon

PéDALE - #4 - Lance Armstrong, éd. So Press, 6,50€

Quelle place pour le vélo à l’avenir ? Il y a des limites physiques à la croissance, le pétrole n’est pas éternel. Doit-on renoncer à la voiture ? Ce n’est pas la question. En revanche, on pourrait coupler davantage la bicyclette avec des transports publics. C’est de la prospective, mais une piste réaliste pour le vélo en 2050. En attendant, les aménagements cyclables ne relancent pas la pratique. Le levier principal est la modération de la circulation. Celle-ci a été imposée massivement aux PaysBas et en Allemagne. Quand la voiture est contrainte, les gens choisissent un autre mode de transport.

Olivier Razemon, Le Pouvoir de la pédale Comment le vélo transforme nos sociétés cabossées, éd. Rue de l'échiquier, 192p., 15e

Eben Weiss, Bike Snob, chroniques d'un fou du vélo éd. Marabout, 224p., 12,90e

à lire / Frédéric Héran, Le Retour de la Bicyclette, éd. La Découverte, 160p., 17,90€

S. Ehmann, R. Klanten, Velo—2nd Gear Bicycle Culture and Style, éd. Gestalten, 256p., 38e

années 1970

1976 BMX

Vélo pliant

états-Unis

états-Unis

Andrew Ritchie états-Unis

VTT

1976

1994

Pédicycle / Kickbike Hannu Vierriko Finlande


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ZIFERBLAT


style

Time is money Texte & Photos ¬ Elisabeth Blanchet

Un café où tout est gratuit ou presque ? On n’a pas trouvé meilleur plan pour les vacances ! Cet Eden se situe au 388 Old Street, dans le quartier tendance de Shoreditch, à Londres. Notez l’adresse, car aucune enseigne ne traverse la façade. Seul, sur la boîte aux lettres, au milieu des autres locataires, un nom : Ziferblat. Bienvenue dans un troquet où l’on ne paie rien... sauf le temps qui passe. Passé les escaliers grinçants de cette vieille bâtisse, on s’arrête au premier étage. Poussons la porte : autour du bureau de Gaya, la charmante réceptionniste, s’étale une collection de montres et de réveils – normal : Ziferblat signifie cadran, en russe. Là, dans le vaste living-room aux plafonds hauts et larges fenêtres, des tables, des chaises, des fauteuils, des étagères bardées de livres et de DVD... Dans la cuisine, café, thé, boissons non alcoolisées, biscuits, gâteaux, fruits et légumes sont à notre disposition. Oui, on se sent un peu comme chez soi. C’est qu’ici, nous ne sommes pas tout à fait des clients. Service à discrétion Né à Moscou en 2011, le concept s’est répandu dans toute la Russie avant de débarquer à Londres, fin novembre 2013. Succès immédiat. « L’idée, c’est de mélanger des gens qui ne se seraient pas nécessairement rencontrés autrement », explique la gérante Sophie Grodin. Effectivement, la clientèle est variée : des jeunes devant leurs ordinateurs, un couple de touristes, des trentenaires au boulot... « Je viens de quitter mon taf pour monter ma boîte. C’est l’endroit idéal, relax  » explique Bryan. «  Normalement c’est cinq pence par minute avec un maximum de £10 par journée. Pas cher pour Londres ». Seul bémol : le propriétaire voit Ziferblat Londres, 388 Old Street, d’un mauvais œil le fait que l’établissement soit présenté lun>dim, 10h>23h, comme un café, car il n'a pas la licence adéquate. C’est 0>10£, pourquoi Ziferblat fonctionne par réseaux sociaux, bouche www.london.ziferblat.net à oreille – comme une invitation entre amis.


GASTAMA


style

Chambres à part Texte ¬ Elsa Fortant - Photos ¬ © DR

Au fond du Vieux-Lille, dans une vieille bâtisse rénovée de la rue Saint André, un établissement attise la curiosité : l'hostel du Gastama (ou accueillant en espéranto). Un hôtel ? Non. Une auberge de jeunesse ? Non plus. Plutôt une chouette alternative, approuvée par les routards du monde entier et les voisins. Suivez le guide. L'hostel, kézako ? Un lieu d'hébergement qui possède cuisine commune, laverie, chambres collectives (ici de 2 à 8 personnes). Moins luxueux qu’un hôtel, l’endroit n’a pas droit à l’accent circonflexe. « Cela dit, nous ne sommes pas une auberge de jeunesse car nous ne sommes pas une association et n'avons pas de mission éducative, précise Bruno Cappelaere, co-créateur aux côtés de Florence Toulemonde. On reçoit principalement des jeunes voyageurs, des touristes d'affaires, des familles et des groupes...». La particularité du Gastama ? Un accueil détendu, une ambiance cultivant l'idée du voyage (objets chinés), les boiseries (poutres apparentes) et le style industriel (bar en zinc) . Au hasard des rencontres Situés au rez-de-chaussée, le bar et sa terrasse se mettent à l'heure internationale  : on y entend parler anglais, portugais, allemand... « Pour le moment, 30% de la clientèle du bar est celle de l'hostel tandis que 40% viennent sans savoir que nous proposons des chambres. On tente de réduire cette proportion », ajoute Bruno. Des soirées y sont régulièrement organisées  : vernissage, ventes privées ou quizz de culture générale. Et chaque week-end, c'est plein à craquer. Un succès qui s'explique par l'ambiance conviviale grâce aux tables d'hôtes, le large choix de boissons (de nombreux cocktails, douze bières pression – dont la Gastama, brassée à Villeneuve d'Ascq) le tout à des prix raisonnables. The place to be, aurait dit Shakespeare.

GASTAMA 109, rue de Saint André, 59000 Lille Nuit à partir de 21€ Le bar : lun>jeu, 08h>00h, ven, 08h>01h, sam, 08h>02h, dim, 08h>23h30 www.gastama.com


© DR

style

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VIAVIA CAFE À la croisée des chemins Au centre de Bruxelles, à deux pas du quartier populaire Yser, le Viavia café s’imagine comme un lieu d’échanges pour voyageurs du monde entier. Une adresse à l’image du multiculturalisme qui anime la capitale belge. Sous la coupole de verre surplombant la cour intérieure, des clients profitent du soleil et conversent dans différentes langues. D’autres sont concentrés sur leur laptop. Un crochet attaché sur une lourde poutre en acier évoque le passé industriel de cette ancienne miroiterie. Deux habitants du quartier profitent des nombreux jeux de société autour d’une Pils et d’un thé à la menthe. À quelques heures du coup d’envoi du Mondial, le gérant Johan Van Den Berghe s’affaire. Le café n’a pourtant pas attendu Neymar pour se mettre à l’heure de Rio. Chaque mardi, un groupe de Choro donne un peu d’esprit Carioca à l’établissement. Un micro-marché, des expositions et divers concerts sont régulièrement organisés. « Ça peut paraître prétentieux, mais j’ai eu envie de créer un endroit où tout le monde est bienvenu. » explique Johan. Le café est membre d’un réseau international fondé à Louvain. Présents en Tanzanie ou en Indonésie, les Viavia sont des lieux d’échanges pour globe-trotters. Deux associations très actives pour l’accueil des touristes Bruxelles, et néo-arrivants jouxtent d’ailleurs l’endroit. Quittant les Quai de la Houille 9, lieux, on aperçoit un jeune Bruxellois ayant adopté à la mar>jeu, 11h30>1h, lettre cette philosophie et tentant, dans un anglais approxiven>sam, 11h30>2h, dim 14h>0h, matif, de convertir une touriste sud-américaine aux bières viaviacafe.com trappistes ! Julien Collinet


reportage

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reportage

La Ferme aux avions Triste atterrissage texte ¬ Madeleine Bourgois photos ¬ Cécile Fauré, Madeleine Bourgois


reportage

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C’est l’histoire d’une drôle de maison accrochée à l’A25. L’histoire d’un agriculteur fantasque et très bricoleur. Un endroit auquel les Nordistes sont attachés. Visite d’une œuvre d’art brut totale et inclassable, qui risque aujourd’hui de disparaître.

C’

est une drôle et triste expérience de s’approcher de cette maison pour la première fois, de la contempler autrement qu’à 130 km/h sur l’autoroute entre Lille et Dunkerque. Les girouettes ont rouillé et les silhouettes peintes sur les murs paraissent bien pâles. Les créatures de plastique s’affaissent sous le poids des mauvaises herbes. « Encore quelques mois et on ne verra plus rien  », regrette un Steenwerckois. Leur créateur, Arthur Vanabelle, est né en 1922. Fils d’agriculteur, il arrête l’école après le certificat d’études et passera toute sa vie dans cette bâtisse avec son frère et sa sœur, entre célibataires. En 1940, les Allemands bombardent la Flandre. Vingt ans plus tard, l’idée lui vient d’orner sa grange d’un avion en guise de girouette. Sa ferme devient son terrain de jeu, le champ d’expression de son imaginaire où s’incarnent les images marquantes de sa jeunesse  :


« Cette maison est un ovni au milieu de l’autoroute »

portraits enfantins de soldats, chars d’assaut trônant dans la cour et bien sûr, tous ces avions. Ceux-ci sont fait de bric et de broc : boîtes de conserve, tuyaux, enjoliveurs, tout est bon à prendre. Casanier et un peu sauvage, Arthur soignera son petit monde jusqu’au début des années 2000. Entre-temps, l’A25 a poussé à quelques mètres de la ferme qui est devenue, pour les voisins comme les automobilistes, "la maison aux avions". Dans son jus ou au musée ? Pas aussi célèbre que le Palais Idéal du facteur Cheval, élevé au tournant du xxe siècle à Hauterives, dans la Drôme, cette baraque n’en relève pas moins de l’art brut. En tout cas, si l’on s’en tient à la définition de Jean Dubuffet, qui pointe «  des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, de sorte que leurs auteurs y tirent tout de leur propre fond et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode  » (1949). Cependant, Arthur Vanabelle n’en a cure. Le nonagénaire vit désormais avec son frère dans une maison de retraite et souhaite vendre la ferme. C’est sans compter sur Grisha Rosov, fondateur de l’association «  Sauvons la ferme aux avions  ». Le rêve  de cet admirateur zélé : ▲


reportage

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« Encore quelques mois et on ne verra plus rien »

réunir assez de fonds, en s’associant si nécessaire à une collectivité, pour racheter l’endroit, le restaurer et le transformer en résidence d’artistes. Sa pétition compte à ce jour près de 18 000 signataires. Pas question pour la commune ni pour la DRAC d’investir dans ce patrimoine atypique, dont la remise en état serait très onéreuse. Le musée de la vie rurale de Steenwerck est en revanche prêt à rapatrier dans sa collection

une partie des œuvres d’Arthur. Tout comme le LaM de Villeneuve d’Ascq qui, en tant que spécialiste de l’art brut, s’intéresse depuis longtemps à la ferme. Mais pour Grisha Rosov, « dissocier la création du site n’aurait pas de sens. Cette maison est un OVNI au milieu de l’autoroute. Déménager des œuvres au LaM, pourquoi pas, si vraiment on ne trouve pas d’autre solution. » Alors, patrimoine à sauver ou art éphémère, comme le disent certains Steenwerckois ? Quoi qu’il advienne, les avions d’Arthur Vanabelle auront eu le mérite de bousculer les esprits.

www.gricha16.wix.com/maison-aux-avions www.facebook.com/maisonauxavions


portfolio

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interview

BROOKE DIDONATO Au premier plan Propos recueillis par ¬ Christophe Delorme

À seulement 23 ans, l'Américaine Brooke DiDonato s'impose comme une photographe à suivre de très près. Originaire de l'Ohio, désormais installée à New-York, cette artiste dévoile un travail aux multiples facettes, où l'inconscient et les rêves ne sont jamais bien loin. Elle avait pourtant débuté dans la branche la plus "réaliste" de la photographie, comme elle nous l'explique ici.

Comment êtes-vous devenue photographe ? D'abord, grâce à des cours d'arts plastiques à la fin du lycée, puis en étudiant le photojournalisme à l'Université du Kent. En seconde année, j'ai suivi les cours de David Labelle. Il nous poussait à immortaliser les moments les plus

durs de notre vie. « Si vous ne racontez pas ces histoires, qui le fera ? » nous disait-il. Cette obligation morale a marqué mon travail. Depuis, je m'efforce d'appréhender la douleur, la tristesse, tous ces moments sombres pour les rendre visuellement attrayants. Comment préparez-vous vos prises de vue ? Tout dépend du sujet. En général, je commence avec des dessins préparatoires, puis je multiplie les essais avant d'obtenir l'image désirée. Mais je peux aussi travailler à l'instinct, comme ce fut le cas avec la série Next Door. Je traînais dans le jardin de mon père, dans l'Ohio, lorsque j'ai

« J'essaie de rendre la douleur et la tristesse visuellement attrayantes » ▲

portfolio

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portfolio

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«  Mes photos supposent que le spectateur débarque au milieu d'une histoire dont il ne connaît ni le début ni la fin »

remarqué l'ombre portée des branches sur la maison. J'ai alors imaginé des scénarii en dix minutes avant de me mettre au travail. Est-il difficile de poser pour vous ? La plupart des modèles sont des amis. Heureusement, car on s'y prend parfois à 50 reprises avant d'obtenir un résultat satisfaisant... Beaucoup de mes photos supposent que le spectateur débarque au milieu d'une histoire dont il ne connaît ni le début ni la fin. J'essaie de garder cette idée à l'esprit en composant mes images. Quelle place occupe Photoshop dans votre travail ? Ces derniers mois, j'ai tenu à créer des effets surréalistes de manière artisanale, sans passer par Photoshop. C'est plus difficile mais c'est un chouette défi, et du coup je passe plus de temps avec mon appareil que devant mon ordinateur. Cela dit, j'utilise encore ce type de logiciel en cas d'absolue nécessité. Quelles sont vos influences ou vos modèles ? Mes études de photojournalisme et de sociologie ont sensiblement plus influencé mon travail que des artistes

en particulier. J'aime l'idée d'un dialogue à travers la photo : créer de l'empathie entre le spectateur et le sujet. Sans cette relation avec le public, mes clichés me paraissent insignifiants. Je privilégie l'émotion pour raconter des histoires. Vos œuvres alternent plein air et intérieur. Avez-vous une préférence ? J'ai longtemps pensé que les espaces ouverts, comme les champs, étaient la clé de mon succès. Mais j'ai dû rapidement changer mon fusil d'épaule en m'installant à New-York. Vivre en ville m'a ouvert de nouvelles perspectives et, si la nature et la forêt m'inspirent toujours, j'apprécie aussi le béton et les gratte-ciels. Votre point de vue ou votre sensibilité sont-ils spécifiquement américains ? J'essaie d'adopter un point de vue universel en dépassant les barrières culturelles et linguistiques. Si chaque image revêt un sens particulier pour moi, j'espère que chacun l'interprétera à sa manière.

à visiter / www.brookedidonato.com


Rotterdam

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Folktone

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Boulognes 

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Rouen

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CharlevilleMezier

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Juillet Aout 2014

P s l a v i fest Dossier Spécial

'au 20.07, 1. Panorama 16 [Exposition], jusqu Tourcoing > p.38 naire], 2. Festival au Carré [Pluridiscipli jusqu'au 11.07, Mons > p.40 'au 21.08, 3. Clef de Soleil [Musique], jusqu

Lille > p.42 03>06.07, 4. Main Square Festival [Musique], Arras > p.42 .07, 5. Rock Werchter [Musique], 03>06 Werchter > p.42 naire], 6. Pile au rendez-vous [Pluridiscipli 05 & 06.07 Roubaix > p.50 .07, Liège 7. Les Ardentes [Musique], 10>13 > p.44 10>19.07, 8. Gent Jazz Festival [Musique], Gand > p.46 [Littérature], 9. Festival du Conte de Chiny 11>13.07, Chiny > p.48 [Musique], 10. Festival de la Côte d'Opale 11>20.07, Divers lieux > p.52 12>14.07, 11. Cactus Festival [Musique], Bruges > p.54 16>21.07, 12. Francofolies de Spa [Musique], Spa > p.50 > p.56 13. Dour [Musique], 17>20.07, Dour .07, Gand 14. 10 Days Off [Musique], 17>27 > p.60 .07, Peer > 15. Blues Peer [Musique], 18>21 p.50 22>26.07, 16. Boomtown Festival [Musique], Gand > p.58

art

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25 & 26.07, 17. Irie Vibes Roots [Musique], Handzame Kortemark > p. 58 & 27.07, 18. Rock En Stock [Musique], 26 Etaples – Le Touquet > p.58 >03.08, 19. Esperanzah ! [Musique], 31.07 Floreffe > p.62 31.07>03.08, 20. Dranouter Festival [Musique], Dranouter > p.64 01>03.08. 21. Les Nuits Secrètes [Musique], Aulnoye-Aymeries > p.66 01>03.08, 22. Suikerrock Festival [Musique], Tienen > p.62 01>10.08, 23. Lokerse Feesten [Musique], Lokeren > p.62 02 & 03.08, 24. Ronquières Festival [Musique], Ronquières > p.64 que], 25. Brussels Summer Festival [Musi 08>17.08, Bruxelles > p.64 .08, Hasselt 26. Pukkelpop [Musique], 14>16 > p.70 14>17.08, 27. Jazz Middelheim [Musique], Anvers > p.68 21>24.08, 28. Feest In Het Park [Musique], Oudenaarde > p.68 21>24.08, 29. Le Cabaret Vert [Musique], Charleville-Mézières > p.72 s 30. Les (Rencontres) Inattendue .08 > p.74 [Pluridisciplinaire], Tournai, 29>31 que], 31. La Fête des Solidarités [Musi 30 & 31.08, Namur > p.68


Ere de Repos © Constantin Dubois Choulik

La chute © Faye Mullen antidote © Evangelia Kranioti

téléphérique

©Bertrand Lamarche

Prog : David Ayoun, Léon ard Barbier-Hourdin, Rom ain Baujard, Gabriel Beckinge r, Yasmina Benabderrahm ane, Yasmina Benari, Sebastian Brameshuber, Jean-Claude Brisseau, Elisabeth Caravella , Kai-Chun Chiang, Paul ine de Chalendar, Alexis de Raphelis, Constantin Dub ois Choulik…

Production Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains


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Panorama 16 Comment faire cohabiter, dans un même espace, les productions de deux promotions d’élèves et six artistes-professeurs invités ? Chaque année, c’est le défi que doit relever le commissaire de Panorama, immanquable rendez-vous de la création au Fresnoy. Matthieu Orléan a accompagné dès octobre les 51 projets portés par le prestigieux studio national des arts. Rencontre au cœur du labyrinthe. Au centre, une forteresse immaculée, clinique, à la fois lieu de repos et point de rayonnement. Autour, les œuvres se fondent dans l’architecture unique du Fresnoy, lieu de distraction populaire du début du xxe siècle réhabilité en 1997. Vidéos, sons, algorithmes virtuoses, installations expérimentales… Dans l’édifice de verre et de métal, chaque construction trouve sa place, de la grande à la petite nef, de la mezzanine aux coursives, le long d’un parcours dense que le commissaire a voulu non contraignant. « L’enjeu était de faire de ces machines célibataires un ensemble optimal et cohérent, sans pour autant imposer un circuit aux visiteurs. » Du jamais-vu Comme dans Locus Solus (1914), roman pré-surréaliste de Raymond Roussel et fil rouge de Panorama 16, les créations, complexes et énigmatiques, font parfois appel à des techniques inédites. Un an durant, la Canadienne Faye Mullen a enregistré son corps qui chute, son souffle, sa douleur, qu’elle diffuse à l’intérieur d’une boîte, dissociant le son de l’image. Constantin Dubois Choulik détourne la gestuelle du jeu vidéo : joystick en main mais yeux clos, le cobaye s’aventure sur un terrain purement sonore, plongeant d’une falaise ou secoué par le vent. Mis sur le même plan que les six aînés (Brisseau, McIntosh, Lamarche…), les élèves égalent souvent leurs maîtres. Marine Durand Fresnoy - Studio national Du 06.06 au 20.07, Tourcoing, Le 9h mer, jeu, dim, 14h>21h des arts contemporains, 14h>1 .lefresnoy.net ven et sam, 4€/3€/gratuit. www

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Festival au carré

lorent wanson, c'est presque au bout du monde © alessio mucedda

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Le Festival au Carré démultiplie les talents. Ici, le temps d’une semaine et demie – dépêchez-vous, ça a démarré le 29 juin ! - se croisent théâtre, concerts, danse... Cette 15e édition est un peu particulière, puisqu’elle prend place dans une ville en chantier. En effet, la ville de Mons se refait une beauté avant de devenir Capitale Européenne de la Culture, l’an prochain. Le thème était donc tout trouvé  : En chantier  ! Il ne s’agit pas de faire danser les camions Caterpillar mais de remettre en question nos modes de vies, nos existences, nos corps, notre consommation. Vaste programme ! Cette ligne directrice autorise toutes les libertés et, outre la venue des géants David Murgia et Wim Vandekeybus, ce sont les petites formes, moins en vue, qui titillent la curiosité. Parmi elles, une large place est réservée aux femmes : citons Fesses de Bernadette Appert (on se souvient d’Abattoir et d’Impermanences) mais aussi Elle(s), qui se penche sur les femmes et la séduction. Ailleurs, et dans un tout autre registre, éloge du Mauvais Geste scrute la main de Maradona, le coup de tête de Zidane... Autant de moments où le (véritable) hors-jeu fait irruption sur le terrain et avec, dans la société, ces jeux de mains étant devenus légendaires. Enfin, la musique n’est pas oubliée avec les New-Yorkais de Snarky Puppy et la venue de Balthazar avec Antoine Chance, une nouvelle tête à suivre de près. Bref, un chantier enchanté. Thibaut Allemand Prog : CONCERT : Agnès Jaoui, The Rocking Chairs (29.06) ; Philippe Tasquin & Julie Jaroszewski (04.07) ; Antoine Chance (05.07) ; Sílvia Pérez Cruz (09.07) ; Snarky Puppy (10.07)... / THÉÂTRE : Lorent Wanson & Théâtre Epique (30.06>02.07) ; Giuseppe Lonobile (30.06 & 01.07) ; David Murgia & Cie K (03.07)... / DANSE : Wim Vandekeybus & Ultima Vez (02 & 03.07) ; Serge-Aimé Coulibaly & Cie Faso Danse Théâtre (04.07)... Manège et divers lieux, 11/8€, 29.06> 11.07, Mons, Carré des Arts, Th. Le spectacles : 60€, 5 spectacles : sauf concert d’ouverture, 15€ // Pass 10 35€, 3 spectacles : 24€, www.lemanege.com


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Main Square Et bam ! On cale sur la même page deux poids lourds de l’été, deux festivals immanquables (rayez les mentions vues et revues). Le Main Square tout d’abord, sis à l’historique Citadelle d’Arras, avec en vrac Gesaffelstein, The Back Keys, MGMT, Disclosure, Paul Kalkbrenner... ça y est, ça débute. T’as pensé aux ticketsboisson ? Non ? Ah ben c’est ton tour, fonce, tu vas rater le début ! Prog : Iron Maiden, Alice In Chains... (03.07) ; The Black Keys, Woodkid, Franz Ferdinand, Gesaffelstein... (04.07) ; Stromae, Paul Kalkbrenner, Disclosure, Foals, Mgmt... (05.07) ; -M-, London Grammar, David Guetta... (06.07) 03>06.07, Arras, La Citadelle, 1 jour 49/59€, pass 3 jours 115€, camping une nuit 8€, 3 nuits 20€, 4 nuits 25€, www.mainsquarefestival.fr

Rock Werchter

Et ben voilà. Pendant que tu faisais la queue pour les tickets-boisson, t’as raté Franz Ferdinand. Mais pas grave, puisque les Écossais jouent également au Rock Werchter, qu’on ne présente pas plus que le Main Square. Or donc, tu peux revoir Kapranos et sa bande, si tu ne te laisses pas tenter par Damon Albarn, Eels, Major Lazer, Tune Yards, SBTRKT... à noter que si Metallica déclenche les foudres des habitués de Glastonbury, ici, on les laisse jouer tranquille. Prog : London Grammar, Metallica, Placebo, Damon Albarn, Gesaffelstein... (03.07) ; Arctic Monkeys, Major Lazer, Sam Smith, Eels... (04.07) ; The Black Keys, Agnes Obel, Moderat, M. De Biasio, Trentemoller, Sbtrkt... (05.07) ; Stromae, Metronomy, Franz Ferdinand, Mgmt, Interpol, Babyshambles, Lykke Li... (06.07) 03>06.07, Werchter, Festivalpark, Complet !, www.rockwerchter.be

the black keys

© danny clinch

Clef de Soleil

Oh les relous à côté  ! Ici, c’est tout de même plus peinard. Alors on le répète – mais c’est important – musique classique ne rime pas avec ennui. Il faut simplement se laisser aller, se laisser toucher, porter. Or, deux mois durant, Clef de Soleil propose des concerts intimistes dans quelques endroits idoines (l’Auditorium du Conservatoire, L’Hôtel Hermitage Gantois, le Couvent des Dominicains). De quoi prendre son temps – et son pied. Prog : Sonia Wieder-Atherton (29.06) ; Quatuor Prazak... (03.07) ; Alexander Paley (10.07) ; Claire-marie Le Guay (17.07) ; Duo Melisande (24.07) ; Elena Kuschnerova (31.07) ; Kotaro Fukuma (07.08) ; Vittorio Forte... (14.08) ; Gabrielle Philiponet... (21.08) 29.06>21.08, Lille, Auditorium du Conservatoire, Hôtel Hermitage Gantois, Couvent des Dominicains, Palais des Beaux-Arts, divers horaires et tarifs, www.clefdesoleil.com


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LES ARDENTES Equilibrée. Telle est l’affiche des Ardentes 2014. Entre nouvelles têtes (Circa Waves, Benjamin Clementine...) valeurs sûres (Panda Bear, Agoria...) et révision de l’année écoulée (de Melanie de Biasio à Factory Floor, d’Earl Sweatshirt à Daughter), le festival liégeois affiche des plateaux bien pensés – et se paie le luxe d’inviter Giorgio Moroder ! Rien que pour ça, le déplacement s'impose. Thibaut Allemand

Todd Terje

© Christian Belgaux

Ah ben enfin ! Du Norvégien, on connaissait les très, très, très nombreux remixes (pour Franz Ferdinand, Lindstrøm, Michael Mayer, José González  …). Et l’album  ? Il est enfin paru en avril et remporta le titre de pire pochette de la décennie. Mais s’imposait haut la main dans la catégorie lounge-exotica-calypso-house-funk-disco – créée exprès pour lui.

© DR

Giorgio Moroder

Peut-on débuter comme bassiste de Johnny Hallyday et révolutionner la musique ? Oui. La preuve avec Giorgio Moroder. L’Italien de naissance et Munichois d’adoption a conté son parcours – en omettant la période Johnny - sur le dernier Daft Punk. On aurait volontiers mis le texte in extenso, mais grosso modo, retenez que l’homme, au mitan des 70’s, touchait déjà sa bille en synthés mais n’avait aucune idée de ce qu’il boutiquait. L'expérience a plutôt bien tourné. De Donna Summer à New Order, Chromatics, la scène de Detroit et l’italo-disco, l'ex-moustachu a eu, effectivement, une petite influence. Légende vivante, quoi.


Timber Timbre

© Fabien Breuil

Ils ont beau jouer les ermites écorchés et se planquer derrière un rideau de fumée pour protéger leurs petits palpitants sensibles, les Canadiens de Timber Timbre cachetonnent aux festivals d’été, comme tout le monde. Pas de procès ici, mais une simple question : ces chansons frappées du sceau du blues et du folk originels, piochant parfois l’inspiration dans la Bible, sont-elles compatibles avec des sacs Eastpack, des toiles de tente et des sonos en plein air ? Un mystère de plus.

© Rick Bahto

© DR

Julia Holter

Julia Holter fait partie de ces artistes qui ne puisent pas seulement dans leur p’tite vie pour composer. Comme Arcade Fire, qui cite Eurydice ? Soyons sérieux deux minutes. L’Américaine, héritière de Kate Bush et proche d’Ariel Pink, peut tout se permettre, cite Resnais et Barbara, Gigi (1944) de Colette ou encore Guillaume de Machaut. Sur le papier ça fait peur. Mais cette multiinstrumentiste délivre une musique lumineuse, tout en collages harmonieux et mélodies aériennes.

Danton Eeprom

Dans le cas du Marseillais, l’idée serait de ne pas forcément citer tous les genres abordés - synth pop, hip-hop, techno made in Detroit... En même temps, c'est utile pour délimiter les vastes territoires abordés. Comme pour tout DJ, on se doit de citer les parrainages et amitiés – Smagghe, Weatherall, Radio Slave... mais ces types-là sont copains avec à peu près tout le monde, non ? Et l'on peut ajouter que Danton Eeprom fêtera ses dix ans de carrière en 2015. Cela rend tout de suite la chose plus sérieuse.

Prog : Cats On Trees, Wiz Khalifa, Mobb Deep, Vale rie June... (10.07) ; Placebo Method Man & Redman, , Vitalic, Giorgio Moroder, Agoria, Jimmy Edgar, The Horrors, Claude Vonstroke, Book Circa Waves, a Shade, Danton Eeprom, Panda Bear, Nathan Fake mae, Iam, Melanie De Biasi ... (11.07) ; Stroo, Timber Timbre, M.I.A, Todd Terje, Caribou, Au Revoir Factory Floor, Mark Lane Simone, gan, Palma Violets, Julia Holter, Joan As A Policewo Danny Brown, Massive Atta man... (12.07) ; ck, Selah Sue, Benjamin Clementine, Cascadeur, Nneka... (13.07) 10>13.07, Liège, Halles des Foires et Parc Astrid, pass 4 jours : 130/120€ // 1 jour  www.lesardentes.be : 60€,


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Avishai © Ariel Efron

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GENT JAZZ FESTIVAL Il y a les festivals dont on se souvient parce qu’on a pataugé dans la boue et mangé des merguez trop cuites au milieu de poubelles pleines – ou l’inverse. Et puis, il y a l’élégant Festival Jazz de Gand où toutes les conditions sont réunies pour rendre la vie douce aux adeptes de la note bleue. Installé au milieu d'une ancienne abbaye (le Bijloke de Gand), debout ou assis sur la pelouse, chacun rencontre des artistes triés sur le volet. Avec ses deux plateaux, la 13e édition demeure à taille humaine. Sur le Main Stage, se succèdent des grands noms tels Bobby Mc Ferrin, Ludovico Einaudi, le saxophoniste Joshua Redman ou le trompettiste Ibrahim Maalouf et ses envoûtantes influences orientales. Sur le Garden Stage, la relève est assurée par la chanteuse britannique à la voix suave Zara Mac Farlane, l’avant-gardiste pop Julia Holter ou encore la vivifiante pianiste japonaise Hiromi. La touche belge est apportée par le jazz métissé de Melanie De Biasio et la fantaisie de Delv!s. Côté cuisine, le Gent Jazz a aussi une fourchette d’avance avec ses plats préparés à base de produits frais ou sa brasserie franco-italienne contemporaine. à l’instar du Thursday Veggie Day instauré à Gand, on inaugure ici un premier dimanche végétarien (13 juillet). Et puis, au restaurant gastronomique Lof (situé dans le Sandton Grand Hotel Reylof), les "déjeuners jazz" sont servis comme autant de concerts intimes composés pour l'occasion. Un régal. Audrey Chauveau Prog : Manu Katché -Eric Legnini - Stefano Di Battista, Bobby McFerrin, Kellylee Evans, Zara McFarlane... (10.07) ; Ibrahim Maalouf, Black Flower, Avishai Cohen... (11.07) ; Dave Holland, Mehliana feat. Brad Mehldau & Mark Guiliana... (12.07) ; Chick Corea-Stanley Clarke Duet, Hiromi : The Trio Project, Joshua Redman Quartet feat. Aaron Goldberg-Reuben Rogers & Gregory Hutchinson... (16.07) ; Ludovico Einaudi, Melanie De Biasio, Julia Holter, Bogus... (17.07) ; Agnes Obel, Michael Kiwanuka, Dez Mona... (18.07) ; Charles Bradley, José James, Gabriel Rios, Delv!s... (19.07) divers horaires, 1 jour 10>19.07, Gand, Centre musical de Bijloke, entjazz.com 42,50/32,50€, pass 3 jours 90,50€, www.g


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Festival interculturel du Conte de Chiny Vous pouvez l'avouer : lorsqu'on vous dit conte, vous songez d'abord aux Frères Grimm et à Charles Perrault. Bref, à ces histoires - édulcorées - qu'on raconte aux enfants pour les endormir et leur glisser une gentille morale au passage. Autrement dit, vous ne connaissez que la partie émergée de l'iceberg. Après tout, ces contes, mythes et légendes ont fondé nos civilisations et ce, de la Bible à Star Wars. Si vous ne nous croyez pas, allez donc faire un tour au Festival Interculturel du Conte de Chiny. Certes, les enfants ne sont pas oubliés et vous trouverez bien le moyen d'émerveiller le petit neveu. Mais ce sont surtout des conteurs tels que Valérie Bienfaisant, Anne Borlée, Dominique Brynaert et Manu De Loeul qui nous intéressent : leurs histoires évoquent librement l'amour, le désir et la sensualité. De plaisir oral il est certainement question. Car la force d'un conte dépend de la qualité de son interprétation. On flirte alors avec un théâtre sans décor, du cinéma sans écran, où seule la diction et le charisme du conteur battent la mesure. À nous d'inventer nos propres images. Ici, on a l'embarras du choix, puisque sont conviés une vingtaine d'artistes. Et pour en finir avec Il était une fois, tournez-vous vers Thomas Delvaux qui dynamite les légendes de notre enfance : un loup qui ne veut plus être "le méchant", BlancheNeige qui largue ses nains... Oui, l'heure de régler les contes a sonné ! Lina Tchalabi Prog : Les dessous du conte, Cabaret Contes... (11.07) ; Barques de l'aube, Perles de liberté, un récit d'esclavage et de résistance au Brésil, Si mon grand-père m'aurait conté, Pieds nus dans l'aube, Paroles de cœur, paroles de conteur, Contes coquins, Un belge exotic, Celui qui sait rire de lui-même n'a pas fini de s'amuser... (12.07) ; Harissa, contes et histoires de Tunisie, Le clin d'œil de la baleine, Ma grand-mère avait des doigts de sorcière, Il était une fois de trop !, Fabricoles imaginaires... (13.07) ; Mademoiselle Joséphine, L'Odyssée pour les nuls, à l'an 2033, qu'est-ce qui se passera ?, Marché du livre & de l'artisanat, Petits pieds et grandes oreilles, Surprises au jardin... (12&13.07) 11>13.07, Chiny, entrée 5€, spectacles 7/4€, www.conte.be

sauf Barques de l'aube 12€,


Pile au Rendez-vous

Miss Kittin © Phrank

musique

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Les Francofolies de Spa En 1985, les Francofolies visaient à défendre les musiques actuelles francophones au sens large. Et aujourd’hui ? Les poids lourds sont présents (Stromae, BB Brunes). Tiens  ! Bruel et Fauve  ? Pas de la même génération, mais un peu le même propos d’écorché vif, non ? Enfin, amusant de constater que d’autres Frenchies ouvrent peu ou pas la bouche, à la façon des Yuksek, Miss Kittin ou du québécois Tiga. Notre tête d’affiche ? Ms Dynamite, ici en DJSet. L’occasion de parcourir l’éventail de ses influences – on doute qu’elles soient francophones. . (16.07) ; Prog : Stromae, Gabriel Rios.. ers, Gaëtan Roussel, Casseurs Flowt ); Renan Luce, MS Dynamite... (17.07 Soan, Grand Corps Malade, SoldOut, set), Machiavel, Girls In Hawaii (+ DJ Compuphonic, Tiga, Julien Doré, Patrick Hooverphonic, -M-... (18.07) ; k, Miss Bruel, STTELLLA, BB Brunes, Yukse (20.07) ; Kittin... (19.07) ; Fauve, Suarez... ers, Cats On Trees, Disiz, Bernard Lavilli The Magician... (21.07) l de 16>21.07, Spa, Place de l'Hôte Ville : Village Francofou 30,50€, 7 de Hôtel de Ville Complet!, Parc s.be heures : gratuit, www.francofolie

Sous la houlette de Christophe Piret et du Théâtre de Chambre, des artistes et des acteurs sociaux travaillent depuis février avec les habitants du Pile (un quartier de Roubaix) pour monter ce festival. Danse, opéra, vidéo, théâtre sont présentés à la Condition Publique et dans des endroits insolites. À ne pas manquer, outre le repas et le salon de musique le samedi, la pièce Les Forçats de la Route, d’après Albert Londres, consacrée au Tour de France... Prog : le Jardin de Trave rse, la Maison du Jardin, la Cie Harmonie use Disposition, Les Forçats De La Route, Cie La Véloce... 05&06.07, Roubaix, Qua rtier du Pile, sam>dim, 14h, gratuit, www.laconditionpubliqu e.com

Arno © Danny Willems

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Blues Peer Né en 1985 aussi, le festival peut s’enorgueillir d’avoir reçu, entre autres, John Lee Hooker, Ray Charles, Bo Diddley, Etta James, Van Morrison... Et on en passe ! À l’instar du folk à Dranouter ou du jazz à Tourcoing, le blues est un horizon, jamais une barrière. Ainsi, sont conviés Elvis Costello ou Amadou & Mariam. Pas les premiers noms qui viennent à l’esprit lorsqu’on pense aux douze mesures. Mais pas les derniers à l’heure d’évoquer l’influence du genre sur les musiques populaires actuelles. Prog : Elvis Costello, Nico Duportal & his Rhythm Dudes... (18.07) ; Los Lobos... (19.07) ; Jeff Beck, Jimmie Vaughan. ..(20.07) ; Arno, Admiral Freebee, Amadou & Mariam... (21.07) 18>21.07, Peer, 21h30 sf ven 23h et lun 21h45, 63/58/48/38€, www.blue sfestival.be


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Festival de la Côte d’Opale

Christophe © Lucie Bevilacqua

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Lorsqu’on boucle un dossier festivals, la bonne humeur et l’optimisme forcés de certains programmateurs peuvent laisser sceptique – on ne vise personne : c’est l’accumulation qui fatigue. Cela fait donc un bien fou de rencontrer quelqu’un comme Patrick Dréhan, qui allie franchise et droiture. L’homme est aux commandes du Festival de la Côte d’Opale depuis 1976. Enfin, la Côte d’Opale, ou ce qu’il en reste. « Nous nous sommes repliés sur le Boulonnais, regrette-t-il. Calais n’accueille plus nos spectacles depuis trois ans, à l’instar de Dunkerque, Berck, Etaples, Le Touquet... La faute à des querelles de leaderships entre les villes ». Ambiance. Malgré cela, et de régulières menaces de baisses de subventions, l’équipe fait contre mauvaise fortune bon cœur et se démène pour proposer un festival de qualité. Et ça marche : tirée par une locomotive populaire (ici, Ben L’Oncle Soul), l’affiche se permet des tours et des détours inattendus  : Christophe en solo à Desvres, de belles découvertes (Nathalia Doco, Finlandia, Harleighblu...) et les intimes de l’évènement (Youn Sun Nah, L. Chedid...). Les concerts ne sont pas tout : Patrick Dréhan donne de sa personne dans des lectures musicales et dessinées, entouré de Bruno Dupont et Michel Dalhenne. Enfin, le clou du spectacle pourrait être la création unissant (entre autres) les Cies Retouramont et La Rumeur à Jeanne Cherhal – on nous parle de voltige et d’acrobaties aériennes... Patrick Dréhan prendra sa retraite après l’édition 2015. Il n’aura pas à rougir du travail accompli. T. Allemand Prog : Plaza Francia (11.07) ; Jehan Saison, Quatre à 4 , Gérard Butcher, Patrick Dréhan, Michel Dhalenne, Bruno Dupont (13.07) ; Projet Intramurock, Jules (13.07) ; Ben L'Oncle Soul & Monophonic (14.07) ; Airelle Besson & Nelson Véras, Youn Sun Nah/Ulf Wakenius (15.07) ; Twin Twisters, Harleighblu, Carmen-Maria Vega (16.07) ; The Smokin' Bones, Emilie Loizeau, Louis Chedid (17.07) ; Finlandia, Jeanne Cherhal (18.07) Cactus in Love, Ballaké Sissoko, Christophe (19.07) ; Akutuk (20.07) Impérial, Salle du Pilbois, 11>20.07, Boulogne-Sur-Mer, Théâtre, Palais 8/16/15/13/8€/gratuit, Salle Damrémont, divers horaires, 22/20/1 www.festival-cotedopale.fr


Massive Attack © DR

Jamie Woon©Phil Sharp Caribou©Jason Evans Prog : Selah Sue, Arsenal, Jamie Woon, Admiral Free bee, M. Ward, The Notwist, Coely, Champs (12.07) ; Caribou, The Afghan Whig s, Mark Lanegan Band, Inter galactic Lovers, Conor Obe rst & Dawes, School Is coo l, Bombino, Jungle By Nigh (13.07) ; Massive Attack, t Mogwai, Banks, Austra (14.0 7) 12>14.07, Bruges, Minnewaterpark, sam&d im, 11h, lundi, 16h, 1 jour 55/52/45/42€, pass 2 jours 88/86/75/73€, www.cactusfestival.be


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Cactus Festival Le Cactus, qui s’y frotte s’y pique ! On le reconnaît, on n’avait pas écrit accroche aussi navrante depuis mars 1987. Mais que voulez-vous, on n’a pas trouvé mieux pour expliquer la longévité d’un tel festival, qui tient contre vents, marées, et grands-raouts-de-l’été. Enfin si, on a une petite idée : il s’agit presque ici d’un antifestival. Vous ne trouverez pas 42  scènes et 458 groupes tapant dans tous les genres. Ici, dans un (proverbial) écrin de verdure, une scène unique aligne des formations souvent rares et une programmation au parti-pris clair et assumé. Oh, bien sûr, on retrouve ça et là une locomotive attirant la foule (Selah Sue) et un grand nom d’hier (Massive Attack, qui a perdu de sa superbe depuis les années 1990). Mais, comme on le voit au reste du line-up, ce sont simplement des passages obligés. La qualité, pas la quantité Car pour le reste, même si le retour de The Afghan Whigs constitue un véritable événement, la prise de risque ET la qualité sont au rendez-vous, qu’il s’agisse d’indie rock (le ténébreux Mark Lanegan, le génie M. Ward) ou de sons d’aujourd’hui (Caribou, la prometteuse Banks). Bref, à l’instar de la Route du Rock de Saint-PèreMarc-en-Poulet, le Cactus se situe sur une relative ligne de crête, celle de l’indie (vaguement) populaire. Non, aussi célèbres semblent-ils, Mogwai, Jamie Woon ou The Notwist ne vendent pas des palettes de disques. Et bien qu’on retrouve certains d’entre eux dans les fêtes foraines évoquées plus haut, on est certain que ça plaît à ces artistes de jouer devant un public attentif et pas tenté par le zapping - une seule scène, ça change tout ! Thibaut Allemand

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Chet Faker © Willy Ward

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© Annika Berglund

TEED © stephanie siansmith

Son Lux ©Mallory Talty


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Dour Festival Commençons par jeter quelques noms en pâture : The Hives, NAS, Goldie, Jeff Mills, Paul Kalkbrenner, Mr Oizo, mais aussi Raekwon, The DJ Producer, Jonwayne, LFO, Bonobo, Johnny Osbourne, Frànçois And The Atlas Mountains... On pourrait continuer longtemps comme ça : rock, hip-hop, electro, techno hardcore, reggae, pop, des légendes et des jeunes pousses. C’est bien simple, Dour a tout (sauf du turbo-zouk, ce qu’on ne déplorera jamais assez). Et pourtant, lorsque vous en revenez, avez-vous vu tous les concerts que vous souhaitiez ? Non, et c’est bien normal. Le festival de Dour lance avant tout de beaux défis – à votre curiosité, à votre résistance et, pour tenir le coup, à la science. La curiosité, tout d’abord : oui, vous étiez venu apprécier les mélopées aériennes de Son Lux, mais voilà que, sous ce petit chapiteau, explose un set breakcore d’une puissance insoupçonnée par un type dont vous n’aviez jamais entendu parler. Certes, vous êtes venus voir The Hives, mais voilà qu’un peu plus loin, un génie méconnu et sa guitare acoustique font chavirer votre petit cœur. Les découvertes sont partout, la tentation permanente et toutes vos stratégies n’y pourront rien. Si à tout ceci, vous ajoutez l’ambiance et les diverses activités improvisées - combats de boue, apéros sur bâche, cap’s, ventre-glisses et autres disciplines jamais reconnues par le CIO – reconnaissez que le Dour que vous aurez vécu n’a absolument rien à voir avec celui que vous imaginiez. Tant mieux ! Vincent Lançon Détroit, Darkside, Son Lux, Chromeo, Chet Faker, Bono bo, Cheveu, Mount Kimb Soulfly, Gui Boratto, Sohn ie, ... (17.07) ; Skip The Use, Paul Kalkbrenner, Fràncois Atlas Mountains, High Tone & The , Little Dragon, Klaxons, Brain Damage, The Notwist, Hercules & Love Affair, Tale Of Us, Claptone, Hudson Mohawke, Totally Enormou Extinct Dinosaurs, Intergala s ctic Lovers... (18.07) ; Girls In Hawaii, The Hives, Rone Mogwai, Jagwar Ma, Fuck , Buttons, Cypress Hill, Stee l Pulse, Jonwayne, John Talabot, Maxïmo Park... (19.07) ; Dub Inc, Casseurs Flowters, Disiz, Phoenix, Breto Acid Arab, Blonde Redh n, ead, Daniel Avery, Mr Oizo , Kaiser Chiefs, Boys Noiz Connan Mockasin, The Subs e, , Tyler The Creator, Len Faki , A Trak... (20.07) 17>20.07, Do ur, Plaine de la Machine 4J : 130/110€ à Feu, Pass // 1J : 60/50€ , www.dour fes tival.be

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Rock en stock

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Misty in roots © sebastien klebaniuk

Irie Vibes Roots C’est un peu le festival incontournable des amateurs de reggae, dub et affiliés. Peu de place est laissée aux autres musiques jamaïcaines (ska, rocksteady, voire boss reggae et autres étiquettes collées a posteriori). Ici, on prête allégeance au reggae post-1970, qui chante Jah et rappelle qu’Haïle Sellassié était un bon bougre, dans le fond. À noter toutefois, la présence des Anglais de The Goldmaster Allstars, qu’on a aperçus en backing band des plus grands (Alton Ellis, The Pioneers, Winton Francis, Dennis Alcapone, Tena Stelin, Owen Gray...). Autant dire que ces tauliers connaissent le métier.

Cette édition est placée sous le signe du jeu de mots, depuis Brassen’s Not Dead (reprises punk à chien du moustachu) et les mix électro-ska-brass band de Boris Viande. Pour une fois, on passe sur Cheveu (c’est très bien, on vous le dit chaque mois) pour ne pas manquer Weedding Dub et on garde un œil sur Youth Club. Ces Anglais marchent sur les traces de Foals – polyrythmies, chorales haut-perchées, le cul entre l’indie rock et la guinche. À l’image de ce festival, tout simplement. Prog : La Rue Ketanou, Hk & Les Saltimbanks, Brassen's Not Dead, Boris Viande, Youth Club, Sorah, In Chtis Fada... (26.0 7) ; Dagoba, Cheveu, Von Pariahs, Dirty South Crew, Weedding Dub... (27.07) 26>27.07, Etaples/Le Touq uet, Chapiteau, 1 jour 15€, 2 jours 20€, www .rockenstock.org

©Stef Beemer

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Boomtown Festival

Durant les Fêtes de Gand, le Boomtown est au rock ce que 10 Days Off est à l’électro : une référence qui claque. Cinq jours, des scènes extérieures gratuites et pas honteuses (The Go Find, Teen, Eagulls, 65Daysofstatic...) et, à Handelsbeurs, on lâche un billet (modique) pour The Hidden Cameras ou The Chills, hérauts du label néo-zélandais Flying Nun. Pas besoin d’en dire plus, vous avez saisi l’enjeu de l’affaire.

Prog : Jah Works, Oferta Especial, Viceroys, Jah Youth ft. Lioness Font s & Prince Livijah/ Uwimana, Movie : Rockers, Dj Desperado, Chalice Soundsystem... (25.07) ; The Goldmaster Allstars, Soulcraft, Pura Vida, Prince Alla & Sylford Walker, Misty In Root s, Jah Shakespear, Ionyouth, Kundabuffi, Kare l Michiels, The Blues Vision, Fonky Tuur & Dj Shan klete... (26.07) 25&26.07, Handzame Kortemark , ven, 18h, sam, 12h, 1 jour 35/30/25/20€, pass 2 jours 45/35€, www.dev-greenforward.be

Prog : 65daysofstatic... (22.07) ; Girls In Hawaii, Amatorski, Son Lux... (23.0 7) ; Eagulls... (24.07) ; The Go Find, Flat Earth Soci ety... (25.07) ; Teen, The Hidden Cameras... (26.0 7) 22>26.07, Gand, Kouter, Hand elsbeurs, 1 jour 8/5€, 5 jours 40€ www.boomtownfestiva l.be


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10 Dayst Off Waltz The Las

Mauvaise nouvelle ! Notre festival de musiques électroniques préféré en Belgique signe sa dernière édition. En 20 ans, il aura programmé 2 000 artistes et rassemblé 200 000 spectateurs dans un lieu unique, le Vooruit. «  Nous sommes heureux d’avoir rempli le rôle d’instigateur, explique son directeur artistique et fondateur, Philip de Liser. Le marché change et nous n’avons pas pu résister à la disparition des sponsors, des subventions, ni à la baisse de la fréquentation. Mais sans amertume, on termine en beauté avec ce plateau ». Voici cinq raisons supplémentaires de leur accorder cette dernière valse. Elsa Fortant

Axel Boman

© Wilhelm Jaresand-Robin Ekemark

©DR

Adoubé par Dj Koze, le Stockholmois balance une tech house solaire traversée de vocaux soul. Surnommé rampa (soit cul, en suédois), nul doute que ce remixeur de talent (John Talabot, Dave Aju) et auteur d'un remarquable premier album (Family Vacation - 2013) échauffera l'arrière-train du public.

Richie Hawtin

Empire artistique à lui seul (alias Plastikman, fondateur du label Minus et Plus 8) ce Canadien aujourd’hui installé à Berlin est l'ambassadeur par excellence de la techno de Detroit. Entre deux montées acid, le DJ délivre un set épuré et hypnotique jamais dénué d’émotion.


Tale Of Us

© Todd Hart

Après avoir donné leur vision de la deep house sur Visionquest (label de Seth Troxler), Matteo Milleri et Carmine Conte défendent une approche plus minimale, parsemée de house, nu-disco ou encore de poprock. Pas étonnant donc, que Mr Hawtin-de-tous-lesbons-coups cherche à en faire ses petits protégés.

Erol Alkan

Daniel Avery

©DR

Agitateur de la scène indie-dance et nu rave londonienne, voici l’un des DJproducteur les plus courtisés des quinze dernières années. D'abord reconnu pour son influence sur la scène Bastard Pop à la fin des années 1990, ce surdoué du mashup et du remix a fondé le label Phantasy Sound (Daniel Avery, Conan Mockasin...). Une ouverture d’esprit qui transpire dans chacun de ses sets orchestrés avec une technique implacable.

© Flavien Prioreau

Digne représentant de la techno à l’anglaise - descendant d’Andrew Weatherall ou James Holden - hébergé par Erol Alkan, le même pas trentenaire dévoile des tracks sombres et puissants. Immersive, sa musique se distingue par un sens du motif répété jusqu'au psychédélisme. Voyage spatio-temporel garanti.

PROG : Dave Clarke, Blac k Asteroid, Perc, Double U Jay... (17.0 7) ; H.O.S.H, Solomun, Karmon, X-ian, Joeri... (18.07) ; Richie Hawtin, Matador, Carlo Ruetz, Whyt Noyz, AMyn & Beaz ar...(19.07) ; Danny Krivit, François Kevo rkian, Joe Claussell... (20.07) ; Mati as Aguayo, Robag Wruhme, Pachang a Boys, Michael Mayer, Elekfantz, Okinawa 69...(21.07) ; Carl Craig, Plaid, Truss, Axe l Boman, Nosedrip...(23.07) ; Funk ineven, Julio Bashmore, Velour, Kowton, The Kelly Twins... (24.07) ; Erol Alka n, Ghost Culture, Daniel Avery, DC Salas, Thang... (25.07) ; Tale Of Us, Mano Le Toug h, Mind Against, Fred Hush, Josh Lasden... (26.07)

17.07>21.07 puis 23.07>2 7.07 Gand, Vo www.10days oruit, off.be

25/20€,


Suikerrock

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© DR

Un camping familial pour darons fanas d’Europe 2. Alors, certes, Simple Minds a publié de bons albums - jusqu'en 1983, en fait. Après, il est bon de rappeler que Madness n’a pas fait que du ska sous amphé, se révélant grand groupe pop. Mais là, quand même, The Jacksons... Sans déconner ?! Oui, on a des doutes sur la mort de MJ. Mais ses frangins, c’est certain, sont empaillés.

ESPERANZAH!

Un autre monde est possible ! Tel est le slogan de ce festival né en 2002. Or, depuis douze ans, l’état du monde a sérieusement empiré. Pas très efficace, Esperanzah! ?... Allez, sus au défaitisme  : la manifestation joint l’acte à la parole (victuailles bio, promotion des échanges équitables entre Nord et Sud). Et pour convertir les foules, convie les habitués du poing levé (Manu Chao) ou des mains dans les poches (Fauve, qui scande son mal-être avec persévérance). Les adeptes du reggae sont aussi dignement représentés par Danakil, Alborosie. Enfin, la bonne parole sera prêchée avec l’ex-Idéal J Kery James. Si avec ça, le monde ne change pas... on reviendra à Floreffe l’an prochain !

Gantiva, PROG : Outernational, La Chiva Monkeys... Manu Chao La Ventura, Little X aBrakha, (31.07) ; Jah9, Alborosie, Dakh Moriarty & Christine Salem, Plaza ssador, Amba The Francia... (01.08) ; Blitz köl, Danakil, Kery James, Africän Proto rs Mayra Andrade, Les Ambassaeu et – Salif Keita, Cheick Tidiane Seck & Mariam), Amadou Bagayoko (Amadou oo Vood Urban The ; Madrugada... (02.08) , High Machine, Txarango, King Prawn … (03.08) Tone, Anavantou!, Ayo, Fauve

31.07>03.08, Floreffe, Abbaye, 1 jour 39/36/31/28€, pass 3 jours 82/65€, www.esperanzah.be

PROG : Simple Minds, Puggy... (01.08) ; Goose, Madness, Arsenal, School Is Cool, Nina Nesbitt... (02.08) ; The Jacksons, Ozark Henry, Umberto Tozzi... 01>03.08, Tienen, ven, 18h30, sam, 16h15, dim, 15h, 45/39/10€, pass : 90e, www.winforlifesuikerrock.be

Lokerse Feesten

Ici, ont joué à peu près TOUS les noms maousses. Un exemple ? Neil Young. Lorsque Les Vieilles Charrues ont réussi à le dégotter, croyez-nous, c’était la fête dans les bureaux. Ici, non. C’est normal. Faut dire qu’à côté, se pressent The Wailers, 50 Cent, l’ex-Smiths et exElectronic Johnny Marr, Pet Shop Boys, Fatboy Slim ou Motörhead, qui a failli annuler avant de s’apercevoir que Lemmy était immortel. Aucune cohérence, mais un grand nom qui claque chaque soir et dans chaque registre. Le tout en conservant une dimension humaine et populaire, fidèle à l'esprit de fête de village originel. Prog : Fatboy Slim, Kele Okereke (01.08) ; Hooverphonic, Aeroplane... (02.08) ; Motörhead, Within Temptation... (03.08) ; Johnny Marr, Miles Kane, Triggerfinger... (04.08) ; Neil Young... (05.08) ; Girls In Hawaii, Intergalactic Lovers, Patti Smith... (06.08) ; Blink-182... (07.08) ; 50 Cent (08.08) ; Pet Shop Boys... (09.08) ; The Wailers, Sean Paul... (10.08)

01>10.08, Lokeren, divers horaires, 40/38/30/25€, www.lokersefeesten.be


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Ronquières festival

Loudon Wainwright III©Ross Halfin

Cadre parfait et prix über-modique. D’après l’Association des Amis de Pascale Clarke, Woodkid est mystérieux et insaisissable. D’accord, mais il mange à tous les festivals. Son show ? Une sorte de Laibach grand public, pour le dire vite. Nous, on ne rate pas le rock rôdé de The Dandy Warhols ni le folk feutré de David Lemaitre. Sans oublier Gaëtan Roussel, qui s’est réinventé en Gorillaz à lui tout seul.

Dranouter festival Le Dranouter festival fête son 40e anniversaire et demeure toujours aussi rugissant. Une fois encore, rien à dire sur l’affiche, où se bousculent artistes majestueux et nouvelles têtes. Citons quand même deux évènements de taille : la venue de l’immense Loudon Wainwright III (oui, le papa de Rufus, de Martha et de l’insurpassable Daughter). Et enfin, l’apparition de l’attachant Billy Bragg, meneur du Red Wedge, dont le statut de protest-singer a parfois occulté la stature de véritable génie pop folk britannique. PROG : CirCo, Mad Dog McRea... (31.07) ; Loudon Wainwright III, Billy Bragg, Novastar, Boban & Marko Markovic Orchestra, Sam Amidon, Delrue, Wilful Missing, Dip & Dive on The Mess 'O Jive, Monsieur Periné, Les Barbeaux, Eriksson & Delcroix, Hermitage, Walrus... (01.08) ; James Blunt, Flip Kowlier, Richard Thompson, Rocco Granata, David Lemaitre, Joost Zweegers solo, Antwerp Gipsy Ska Orkestra, Damien Dempsey, G'wan, Adrian Edmondson & The Bad Shepherds, King Dalton, Berlaen, Lucky Fonz III... (02.08) ; Fat Freddy’s Drop, Gabriel Rios, Laïs, A La Rum, Geppetto & The Whales, The Stanfields, Stoomboot, Johannes Wannyn... (03.08) 31.07>03.08, Dranouter, 1 jour : 54,95€ // 2 jours : 84,95€ // 3 jours : 107,95€, www.festivaldranouter.be

PROG : Woodkid, Puggy, The Dandy Warhols, Julien Doré, Admiral Freebee, Hollysiz, Robbing Millions... (02.08) ; James Blunt, Hooverphonic, Gaëtan Roussel, Ben L'Oncle Soul, Cats On Trees, Intergalactic Lovers, David Lemaitre... (03.08) 14h, 02&03.08, Ronquières, Plan Incliné, sam, dim, 13h20, 1 jour 35€, pass 2 jours 55€, Plan Incliné, www.ronquieresfestival.be

Brussels Summer Festival Durant une grosse semaine, on court aux quatre coins de la capitale. Certes, la jeunesse est présente Pendentif, auquel on promettait un large succès, mais en vain, hélas. Pour le coup, les vieux portent beau : la mamie rimbaldienne Patti Smith, Suede, qui nous rend plus belle la vie (Brett Anderson est le sosie de Thomas Marci, non ?) et enfin, deux illustres représentants du post-punk made in Belgium  : les hérauts de l’EBM Front 242 et les avant-gardistes soniques Tuxedomoon. PROG : Patti Smith, -M-, Stephan Bodzin... (08.08) ; Ozark Henry, Suede... (09.08) ; Texas... (10.08) ; Patrice, IAM, Pendentif... (11.08) ; Tuxedomoon, Front 242... (12.08) ; Winston Mcanuff, Ayo... (13.08) ; The Spectors... (14.08) ; Cascadeur... (15.08) ; Emiliana Torrini, The Bollock Brothers... (16.08) ; Sergent Garcia... (17.08) 08>17.08, Bruxelles, Place des Palais, Mont jour des Arts, Magic Mirrors, divers horaires, 1 25/20/15€, pass 10 jours 50€, www.bsf.be


Boys Noize ©DR

Agnes Obel © Alex Bruel Flagstad Fauve © DR

Prog : Casseurs Flowters, Boys Noize, Surkin, Arno , David Lemaitre, Gush, Mela De Biasio, Christine And nie The Queens, Dj Pone (01.0 8) ; Fauve, Meridiant Broth Moriarty & Christine Sale ers, m, Agnes Obel, Pokey Lafa rge, Whomadewho, Ravi George (02.08) ; Chinese ng Man, Winston Mcanuff & Fixi, Danakil, Skip The Use, Frànçois And The Atlas Mou tains, The Growlers (03.0 8)


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Les Nuits Secrètes Avec une édition 2013 ayant battu des records de fréquentation, les Nuits Secrètes sont désormais bien installées dans le paysage estival. À tel point que l’équipe pourrait ressentir une certaine pression et se perdre, comme tant d’autres, dans une course à l’échalote – toujours plus de stars, toujours plus de scènes... Eh bien non. Tant mieux. L’an passé, le festival sis à Aulnoye-Aymeries bénéficiait à la fois d’un temps idéal – trois jours sous le soleil exactement - et de deux évènements de taille : la récidive des Innocents et la secte pop The Polyphonic Spree. En comparaison, l’affiche 2014 pourrait paraître sobre. Ce serait oublier que les Nuits Secrètes proposent, sur la grand’place et en toute gratuité, des habitués des Zéniths, à commencer par Chinese Man ou Boys Noize. Mais aussi Fauve, qui en veut tellement à la société que le collectif est présent dans... 26 festivals hexagonaux ! Le Jardin, lui, opte souvent pour les ambiances pop et feutrées (David Lemaitre, Agnes Obel, Melanie De Biasio...) et La Bonaventure accueille Dj Pone (Svinkels, Birdy Nam Nam...). La ville qui ne dort jamais Alors, non, pas d’exclusivité cette fois-ci. Ou plutôt une seule, mais de taille : le centre-ville ayant été refait à neuf, les déambulations urbaines sont l’occasion de (re)découvrir la cité. En parlant de déambulations, justement, les Parcours Secrets sont toujours au rendez-vous, et cette idée de génie (on monte dans un bus sans savoir où l’on va ni qui l’on va applaudir) a fait florès – Le Printemps de Bourges, entre autres, a « piqué » le principe. Enfin, les Nuits continuent le jour : mixes à la Piscine et concerts de petites formations dans les rues l’après-midi. Cette année, nos nuits seront aussi belles que nos jours. Thibaut Allemand 01>03.08, Au lnoye-Aymer ies, gratuit, pass 3 jours 50€/gra Centre-Ville, 17h, 1 jour 13€/ tuit, www.les nuitssecretes .com

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La Fête des Solidarités « J’aim’rais bien, dans ma salle de bain, faire de la musique à la place du bain ». Et ouais. Pas la peine de se mentir : avant le Velvet ou le Wu-Tang, votre disque de chevet était signé Henri Dès. Et le songwriter pour enfants (mais pas que) est bien présent, au beau milieu d’un panel alléchant. Blondie pour la nostalgie, Arno... parce que Arno, mais aussi Stephan Eicher ou encore Mos Def (qui reprend Jimi Hendrix !) - le tout pour une bouchée de pain. Le meilleur endroit où passer le dernier weekend des vacances.

Prog : Stephan Eicher, Les Ogres de Barback, Balkan Beat Box, Tinariwen, Henri Dès... (30.08) ; Arno, Blondie, Babylon Circus, Irma, Coely, Black Bazar, Aldebert (31.08)

30&31.08, Namur, Citadelle, sam&dim, 10h, pass 2 jours 25€/gratuit – 12 ans, www.lafetedessolidarites.be

Feest In Het Park Comme chaque année, les berges des étangs du Donk, à Oudenaarde, vibrent au son de concerts éclectiques qui rendent (un peu) moins pénible la rentrée toute proche. Au programme ? Des pointures internationales lorsqu’il s’agit de stimuler les foules (DJ Hell, Tiga, Booka Shade...). Et une fausse joie : on a sauté au plafond en voyant que Mike Skinner – l’âme de The Streets – serait présent. Mais ce n’est qu’un DJ-Set. Vu les goûts du gonze, de quoi s’envoyer un mix de hip-hop, UKgarage, pop, revival ska et dubstep... Prog : Aloe Blacc, Book a Shade, Tiga... (21.08) ; Macy Gray, Rusk o, Admiral Freebee, DJ Marky Feat. Stamina MC, Magnus (Live), Mike Skinner... (22.08) ; Cee lo Green, Intergalactic Lovers, DR. Lektroluv Visuel Set, Mumbai Science, Yves Deruyter... (23.08) ; Flip Kowlier, The Excitements, Mintzkov ... (24.08)

21>24.08, Oudenaarde, Donkvijver, 1 jour 37€, sauf le dim, gratuit, pass 2 jours 69€, www.feestinheetpark.be

© Bruno Bollaert

Jazz Middelheim

A-t-on vraiment besoin de présenter ce rendez-vous des amoureux de la note bleue – et du café noir, pour tenir le coup lors des jam sessions qui agitent chaque nuit au deSingel. Le reste du temps, le palpitant aura battu au rythme de Herbie Hancock ET Wayne Shorter (excusez du peu). Sans oublier Stacey Kent, Avishai Cohen Trio accompagné de cordes, ou le monument Ahmad Jamal.

Prog : Herbie Hancock & Wayne Shorter, Dave Douglas Quintet... (14.08) ; Avishai Cohen Trio With Strings, Stacey Kent, Thomas Enhco... (15.08) ; La Musique de Toots Thielemans, Jef Neve... (16.08) ; Ahmad Jamal, Enrico Rava & Stefano Bollani... (17.08) 1 jour 14>17.08, Anvers, Parc Den Brandt, jeu>sam, 15h30, dim, 12h30, iddelheim.be 42,50/32,50€, pass 3 jours, 90,50 / pass 2 jours, 72,50€, www.jazzm


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PUKKELPOP 2014 Installé depuis 1985 dans la plaine de Kiewit, près d’Hasselt, le Pukkelpop est un peu le Poulidor des festivals belges en taille : toujours derrière Werchter. Qu’importe : plutôt jeune, le public dévore une sélection très ouverte des artistes les plus sexys du moment. Il faut d’ailleurs compter sur un appétit d’ogre pour goûter les plus de 200 artistes proposés cette année encore, alors voici la sélection du chef. Mathieu Dauchy

© Jamie James Medina

Outkast

Les ATLiens, comme se surnomment Andre 3000 et Big Boi, représentent l’un des récifs les plus incontournables dans l’océan du rap américain. Au repos depuis dix ans, leur première tournée ne s’arrête que dans les plus grands événements de la planète (Coachella, Montreux, Roskilde, mais aucune date en France), et le show est à la hauteur de leur double chef-d’œuvre Speakerboxxx / The Love Below (2003) : dantesque.

© DR

FKA Twigs

Tahliah Barnett aka FKA Twigs, 26 ans et deux EPs au compteur, est promise au firmament de la scène indé avec sa soul spatiale et son R&B éthéré mitoyens du cocon de James Blake. Son EP2, quatre titres d’une profondeur sonore étourdissante, et quelques vidéos sublimes donnent un aperçu de ce dont le futur de la musique sera fait, tout simplement.


Flume

© DR

C’est fou ce qu’on dégotte dans les paquets de céréales australiens. Harley Streten y a trouvé – en même temps qu'un logiciel de MAO - sa destinée de beatmaker. Il peut dire merci aux Chocapic puisqu’il est, à 21 ans, considéré comme l’un des meilleurs de la scène actuelle, mariant bass music lugubre et soul solaire avec une maturité désarmante.

© Justin Vague

Jungle

Le live de la Jungle a déjà prouvé son efficacité à l’occasion de quelques dates printanières. Sorti de nulle part (mais de Londres quand même), le collectif Jungle convoque feu Marvin Gaye sur des productions hiphop à la modernité folle, c’est à dire organiques, chaudes, et au groove saisissant. Désolé Pharrell !

Atomic Bomb !

Sinkane © Phil di Fiore

William Onyeabor, grooveman nigérian des années 1970 et 80, est retiré des claviers mais continue d’être un objet de culte pour les crate-diggers. Parmi eux, un certain David Byrne. L’ex-Talking Heads en a d’ailleurs publié, via son label Luaka Bop, un florilège absolument divin. Pour compléter cet hommage, un supergroupe avec des membres de Hot Chip, LCD Soundsystem, The Rapture et Sinkane reprend sur scène les plus grands tubes du « moog africain ». Délicieusement vintage ! Prog : Atomic Bomb!, Blac k Lips, Cashmere Cat, Disc losure, Editors, Flume, Fritz Kalkbren ner, Janelle Monáe, Jung le, Mac DeMarco, Mumbai Science, MØ, Outkast, Temples, Youn g Fathers, Cut Copy... (14.08) ; Duke Dumont, James Holden Live, Kaytranada, Kurt Vile & The Viola tors, Macklemore & Ryan Lewis, The National, Neneh Cherry, Nina Kraviz, Omar Souleym an, Röyksopp, Thurston Moore, Wild Beas ts... (15.08) ; The 2 Bears, Anna Calvi, Bill Callahan, Buraka Som Sistema, Calvin Harris, Dark side, FKA Twigs, Glass Animals, Jake Bugg, Kavinsky (Outrun Live), Kelis, Portishead, Queens Of The Stone Age, School Is Coo l, Snoop Dogg, St. Vincent, Superdisc ount 3 live... (16.08)

14>16.08, Ha sselt, Kiewit. 85€ (complet sa uf le jeudi), ww le jour, 175€ le pass w.pukkelpop .be


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Thee Oh Sees © DR

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le Cabaret Vert Un festival, c’est parfois de belles aventures humaines – on abhorre cette expression, mais là, elle s’impose. Soit l’épopée de FLaP, petite association décidée à pallier au désert culturel de Charleville-Mézières. Pour situer, une bourgade tellement riante que Rimbaud a préféré la quitter pour se faire couper une jambe à Marseille – on résume, mais l’idée est là. En 2005, a lieu la première édition du Cabaret Vert. Deux jours dont un gratuit, 10 000 spectateurs. Encourageant. Dix ans plus tard, l’équipe soutient toujours les formations locales et affiliées : venu de Reims la bourgeoise, Alb est le bienvenu quand même. Pour le kit de survie, les brasseries et producteurs des Ardennes françaises et belges sont privilégiés – au détriment des petits, des sans-grade, tels Heineken et Kronenbourg. Enfin, le parti-pris écologique (tri, recyclage et tout le toutim) a été récompensé par un Greener Festival Award, organisé par une association britannique. Et les oreilles dans tout ça ? Passé les clauses de conscience (Shaka Ponk, -M-...), on se réjouit de la résurrection de Thee Oh Sees et on revit nos années lycées devant Prodigy. Plus loin, au rayon mélange, déboulent le blues des Touaregs (Tinariwen), le Madchester des kangourous (Jagwar Ma), un funk de robots (BodyBeat) et des années 80 fantasmées par un enfant de la Master System (Kavinsky en live). Aux dernières nouvelles, une vraie salle de concerts verra bientôt le jour à "Charlestown". Mission accomplie, en vert et avec tous. Thibaut Allemand Alb... (21.08) ; , Flume, Joey Bada$$, Metronomy, Die Antwoord l Kids... (22.08) ; Prog : Placebo, -M-, ings, Kavinsky, The Coo Noth d Clou ters, Flow seurs ssel, Kaiser Rou tan Gaë ; 08) (23. The Prodigy, Editors, Cas n... eat, Jagwar Ma, Tinariwe Shaka Ponk, Fauve, Volb 08) Nick Waterhouse... (24. Chiefs, Thee Oh Sees,

21>24.08, Charleville-Mézières, Square Bayard, 14h, sf jeu, 17h, 1 jour 36/32€, sf dim 5€, pass 4 jours 88/80€, www.cabaretvert.com


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© Véronique Pipers

fes pécial tiv als

Les [rencontres] inattendues Troisième édition, déjà, pour ce singulier festival tournaisien. Les rencontres Inattendues proposent des lectures, réflexions et débats philosophiques, entrecoupés d'intermèdes musicaux. « La musique est un langage populaire reposant sur l’émotion plus que sur la raison. Cela rend l’événement accessible au grand public » justifie Frédéric Mariage, directeur musical. Les 27 rendez-vous prennent place dans des endroits majestueux de la cité hennuyère  : la cathédrale NotreDame, la cour de l’évêché ou la Halle aux draps. Autre monument, l’acteur Michael Lonsdale propose une lecture avec un pianiste japonais autour de Nietschze et de Wagner. Enfin, après le Maroc et la Palestine, honneur est une nouvelle fois fait au monde arabe avec la Tunisie. Le compositeur Ziad Benyoussef a la responsabilité d’ouvrir les festivités. Les révolutions arabes sont également au programme, avec une plongée au cœur de l’électro chaâbi, symbole des mouvements contestataires en Egypte. Cap enfin sur la Chine  : l’anthropologue Sophie Faure s’épanche sur l’œuvre de Confucius alors que diverses activités autour du Tai Chi sont proposées. Enfin, si vous ne pouvez-vous rendre à Tournai, c’est Tournai qui vient à vous : trois numéros des très recommandables Nouveaux chemins de la Connaissance sont enregistrés et ouverts au public. Raphaël Enthoven est d’ailleurs présent lors de débats autour de l’art, de la joie et pour une lecture de Proust. Julien Collinet

ert (29.08) ; Bonheur Contes des sages du dés ou le retour de l’âme, e, La méditation on isati Princ du prov L’im joue se g : n Pro musicie n, Quand le philosophe Quel est l’objet de bot, Cha P. & rt et joie avec R. Enthove Rica M. lution de l’altruisme par c B. Coopens... (31.08) en mouvement, La révo que philo musical ave n vers le futur, Pique-ni l’art ?… (30.08) ; Transitio 29>31.08, Tournai, La Halle aux Draps, Four à Chaux, Cathédrale Notre-Dame, Cour, Place et Jardins de l’evêché, salle des Choraux, 0>18€, www.lesinattendues.be


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Boyhood

LA VIE DEVANT SOI Texte ¬ Raphaël Nieuwjaer Photos ¬ INC.IFC Productions I, L.L.C. DR

© Christine Plenus

Un film de Richard Linklater Avec Ellar Coltrane, Patricia Arquette, Ethan Hawke, Lorelei Linklater… Sortie le 30.07.


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Richard Linklater joue avec le temps depuis toujours. Ainsi, le tournage de Boyhood s'est étalé de 2002 à fin 2013. Pendant ces années, les portables sont devenus "intelligents", Harry Potter a trouvé la bonne formule, Obama a remplacé Bush Jr. Dans ce monde en mutation, un enfant grandit et une famille se métamorphose.

À contre-courant de la pratique industrielle qui domine le cinéma, Linklater a réuni chaque année son équipe pour tourner, durant quelques jours, un fragment de la vie de Mason, depuis ses six ans jusqu'à son entrée à l'université. Ce qu'il enregistre ainsi, aucun "truc" habituel (effets numériques, utilisation de différents acteurs,...) ne peut le rendre. Rien de plus élémentaire, pourtant. Le temps passe, transformant les corps et l'environnement. Boyhood procure d'abord une émotion que l'on croyait réservée aux séries, le fantasme de saisir les personnages, leur évolution, en temps réel. Mais ce film offre davantage : la dissolution de la narration dans la vie.

Une rencontre Boyhood aurait pu n'être qu'un grand film sur l'enfance et l'adolescence, une compilation de scènes obligées (disputes des adultes, premier baiser, rupture amoureuse...). Il n'en est rien. La progression est nettement plus sinueuse. Certes les crises, les rituels familiaux ou scolaires traversent l'œuvre mais servent une expérience infiniment plus riche. Où l'on vérifie que la vie continue, quoi qu'il arrive. Une formule de consolation qui se présente à nous de manière concrète. Douze années passent, ont passé, insensiblement et en un clin d'œil. On quitte alors, bouleversé, Mason au seuil de sa vie d'adulte. Avec le sentiment rare d'avoir fait une rencontre.


© Kristyan Ferrer © Urban Distribution

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Palma Real Motel

L’amour à la plage Après un premier film remarqué sur la jeunesse pauvre des ruelles de Mexico (Pièces détachées, 2007), Aaron Fernandez place l’action de son deuxième long-métrage dans un petit motel au bord d’une plage de Veracruz, loin du tumulte de la ville. Languide et maitrisée, cette romance à l’ombre des palmiers dévoile un visage du Mexique rarement montré au cinéma. Sous le ciel capricieux, au bout d’une route reculée longeant les vastes étendues de sable, se dressent les maisonnettes bleues défraichies. Depuis la réception du Palma Real Motel, Sebastian, visage enfantin sous ses boucles brunes, regarde les journées s’étirer. En l’absence de son oncle, le garçon de 17 ans veille sur l’établissement et les allées et venues discrètes des clients de passage, couples adultères ou amants passionnés. Partageant ses longues heures d’attente avant l’arrivée de son prétendant, Miranda, trentenaire aux formes rondes, ne tarde pas à éveiller chez le jeune homme une certaine fascination. Sans chercher l’épate, Aaron Fernandez a l’intelligence de laisser le temps s’installer. Porté par la moiteur des étreintes et la complicité troublante entre les deux personnages, un charme lent se dégage de ce récit d’initiation sensuelle bien plus tendre que sauvage. Se dessine alors, avec délicatesse, un Veracruz sentimental et vivant, à mille lieux des représentations violentes du pays natal du réalisateur. Une œuvre sans prétention qui, à défaut de bouleverser, offre un agréable moment d’évasion. Marine Durand Un film de Aaron Fernandez Avec Kristyan Ferrer, Adriana Paz, Eliseo Lara Martinez… Sortie le 23.07


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Sunhi On peut reprocher à Hong Sang-soo de signer toujours le même film. Or, ce principe de répétitions et de variations constitue l'essence même de son cinéma. Ce quinzième long-métrage ne déroge pas à la règle et relève, comme Haewon et les hommes (2013), de la ritournelle. Etudiante en cinéma, Sunhi revient dans son ancienne faculté. Elle y croise un professeur, un ancien amoureux et un réalisateur. Dans la ronde sentimentale qu'elle déclenche, il n'est question que d'elle – mais, pour l'essentiel, du point de vue des hommes. Tous ces prétendants vident du soju en tentant de saisir ce que la jeune femme possède de si singulier. Les adjectifs se répètent, mais ne qualifient rien : l'identité est une comédie. Insaisissable, Sunhi repartira comme elle était venue, aussi ordinaire qu'énigmatique. Telle l'oeuvre de Hong Sang-soo, une des plus belles du cinéma contemporain. Raphaël Nieuwjaer Un film de Hong Sang-soo, Avec Yu-mi Jeong, Seon-gyun Lee, Jae-yeong Jeong , Sortie le 09.07

Esprit libre et progressiste, Jimmy Gralton revient dans son Irlande natale en 1932, après un exil forcé aux EtatsUnis. Alors qu’il aspire à une vie rangée, l’ex-agitateur charismatique se laisse convaincre par la jeunesse locale de rouvrir le Pearse-Connolly Hall, dancing populaire et foyer culturel géré par la communauté. Dix ans ont passé, la Guerre Civile a laissé des traces, mais les ennemis, eux, sont toujours les mêmes : l’église, les réactionnaires et les riches propriétaires terriens. Malgré un casting impeccable et de réjouissantes scènes de bal, difficile de se passionner pour ce Jimmy’s Hall, fresque appliquée et sans surprises. Retrouvant les plaines gaéliques huit ans après Le Vent Se Lève, Ken Loach ne rend hélas pas hommage à son héros, militant communiste et seul Irlandais jamais expulsé de son propre pays sans procès. Marine Durand Un film de Ken Loach Avec Barry Ward, Simone Kirby, Jim Norton… Sortie le 02.07

© Sixteen Films

© Les Films du Camélia

Jimmy’s Hall


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fritz haber Le combat intérieur Quand la petite histoire se mêle à la grande... Prenons celle de Fritz Haber. Un Allemand pétri de contradictions qui servit à la fois la science et la guerre. De ce destin hors du commun, David Vandermeulen a tiré une bande dessinée titanesque. Celle-ci fait aujourd’hui l’objet d’une exposition retraçant cette trajectoire incroyable et avec, celle de l’Allemagne du début du xxe siècle. Fritz Haber ? Un personnage fascinant. Né en 1868, ce scientifique découvre la synthèse de l’ammoniac (fondamentale pour les engrais) et obtient le Nobel de chimie en 1918. Mais ce compagnon d’Einstein (entre autres) a également mis au point l’ypérite, ou gaz moutarde, cause de nombreux morts durant (et surtout après) la Première Guerre Mondiale. En dépit d’une

carrière brillante, ce Juif allemand et nationaliste fervent est contraint à l’exil par les Nazis - il décède sur la route de Bâle en 1934. Homme de paradoxes et de mystères, Haber a inspiré à David Vandermeulen une bande dessinée aux folles ambitions : un millier de planches, six tomes (dont quatre sont parus), plus de 250 personnages dont aucun ▲


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1. Fritz Haber en officier allemand. Haber fut le seul juif allemand qui accéda au poste de capitaine durant la Première Guerre mondiale. Fritz Haber III, Un vautour, c’est déjà presque un aigle… © Éd. Delcourt 2. Réalisation de la couverture du deuxième tome de Fritz Haber, Les Héros © Éd. Delcourt 3. Soldats allemands déchargeant les bombonnes de gaz moutarde conçues par Fritz Haber, en avril 1915, près de la ville d'Ypres. Fritz Haber III, Un vautour, c’est déjà presque un aigle… © Éd. Delcourt

n’est inventé. Dans cette recherche quasi-scientifique de la vérité, le dessinateur belge a épluché des archives à travers le monde, interrogé scientifiques et historiens, lu et compulsé des dizaines d’ouvrages. Nuages d’images Mais jamais l’artiste n’est écrasé sous le poids des références – au contraire : Vandermeulen ne dessine pas des planches, mais de (très) petites cases aux tons sépia réunies ensuite. Travaillé à la javel, le résultat est idéalement... gazeux. Enfin, nulle bulle ici,

mais des sous-titres et des cartons, façon film muet des années 1920. À l’instar des albums, l’exposition suit le cours sinueux de la vie d’Haber, cet Esprit en guerre, pour dépeindre un portrait de la jeune Allemagne, en huit chapitres : les dernières heures de l’Empire, la naissance du sionisme, la guerre des gaz, les rapports entre science et industrie... Le parcours réunit près de 500 dessins (parfois agrandis), mais aussi des objets (mitrailleuse, masques à gaz...) et une projection de Die Nibelungen (1924) de Fritz Lang. Enfin, on demeure pensif devant cette boîte de 4x4 mètres  : le bureau de Fritz Haber. Des ouvertures permettent de regarder à l’intérieur, mais pas d’y pénétrer. Comme une boîte de Pandore à jamais refermée. T. Allemand

Fritz Haber, Un esprit en guerre 12.07>16.11, Mons, Salle Saint-Georges, mar>ven, 12h>18h, sam & dim, 14h>20h, 2€, www.sallesaintgeorges.mons.be


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Gonichi KIMURA, Motif de kimono incrusté, premier hôpital militaire d’Hiroshima, vers le 15 août 1945, photographie, Hiroshima, Mémorial de la Paix d’Hiroshima © Photograph by Gonichi Kimura, Courtesy of Hiroshima Peace Memorial Museum

Les Désastres de la guerre

De guerre lasse… À l’occasion du centenaire de la Grande Boucherie, Les Désastres de la Guerre s’intéresse à la manière dont les artistes ont représenté les conflits, des campagnes napoléoniennes à nos jours. Cette visite affecte, ébranle. Mais là réside sa nécessité. Avant d’adopter une progression chronologique depuis les conquêtes (et défaites) napoléoniennes (1803-1815), le parcours s’ouvre sur des images d’un Lens en ruines, datant de 1918. S’égrènent ensuite, au fil de douze séquences admirablement scénographiées, les représentations d’une vingtaine de conflits, en 450 œuvres (peinture, sculpture, dessin, film, et près de 200 photographies) signées Géricault, Goya, Dix, Vallotton, Léger, Richter, Villeglé, Gance... Ceux-ci portant un regard plus ou moins distancié sur les événements. Peu à peu, la célébration de l’héroïsme fait place à une dénonciation de la barbarie, des blessures physiques, psychiques, de la dévastation des territoires. « Chaque guerre est un tournant dans les politiques de représentation  » explique Laurence Bertrand Dorléac, commissaire de l’exposition. La mort en face Face à la violence de certaines pièces, il n’est pas rare de détourner le regard. Plus les guerres sont récentes (Indochine, Algérie, Vietnam), plus le malaise est palpable. Au terme du parcours, l’émotion est vive. L'intérêt de ces représentations est pourtant évident. Si l’exposition ne répond pas à la question «  Pourquoi les hommes font-ils la guerre ? », elle impose cependant la nécessité du témoignage, pour les populations, et les artistes eux-mêmes. « L’art est une catharsis. S’il n’y avait pas de représentation, ce serait pire » note la commissaire. Audrey Jeamart

Jusqu’au 06.10. Lens, Louvre-Lens, tlj sauf le mardi 10h>18h, 9>8€, www.louvre-lens.fr

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© POCH

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Asphalte #1

Des plumes sur le goudron Voici deux ans, JR s’emparait des murs de la ville de Charleroi. Les visages des habitants s’affichaient au format XXXXL. C’était l’édition zéro d’Asphalte, Biennale d’Art Urbain initiée par le BPS 22. Pour sa première véritable édition, une quinzaine d’artistes et collectifs offrent un nouveau visage à la ville. « Cette ville souffre de son image, explique Raphaël Cruyt, co-commissaire de la biennale. Entre la fin de l’industrie, les affaires de corruption, et je ne parle même pas de Marc Dutroux... ». Bref, Charleroi partait de loin. Vraiment ? Entre les accrochages du Musée de la Photo, du BPS 22 ou les folles soirées du Rockerill, cette réputation semble injustifiée. Qu’importe, la cité carolo est désormais méconnaissable, transfigurée par des street-artistes légendaires, du géomètre Boris Tellegen (alias Delta) au fameux Space Invader. Un échange Les artistes ne se contentent pas d’apposer leur savoir-faire dans la commune. Coutumier des collages de silhouettes à taille humaine (de Joe Strummer à Laurel Aitken), le rennais Poch met ici en scène des figures du punk-rock belge. Quant à Steve Powers, il entendit, au hasard des bistrots, "Bisous m’chou" - l’expression locale accueille désormais le visiteur à l’entrée de la ville. À ces créations in situ, s’ajoutent jusqu’en octobre des spectacles de danse, de théâtre – on en passe. « De quoi recréer du lien social », s’enthousiasme Raphaël Cruyt. Dont on tempère l'ardeur : l’art et la culture utilisés en cache-misère, on connaît. « Certains artistes veulent changer le monde, mais n’exposent que dans des galeries et tout le monde s’en fout, rétorque-t-il. Quant à l’argent dépensé, certains s’en scandalisent. Mais les pièces de théâtre qui tournent à perte, personne ne dit rien, car ce n’est pas visible. Ici, au moins, chacun peut profiter des œuvres ! ». Il marque un point. Thibaut Allemand Charleroi, jusqu’au 26.10, toute la ville et l'Eden, le QG/Piscine, la Maison de la Presse, le Vecteur, la Gare et rue de la Montagne, le Rockerill, Charleroi Expos, Charleroi Danses... www.asphalte-charleroi.be


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Rodolphe A. Reiss, Accident, Rivaz, mai 1913 © Musée de l’Elysée / Institut de police scientifique, Lausanne

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RODOLPHE A. REISS, LE THEATRE DU CRIME

Le crime parfait Le musée de la photographie de Charleroi consacre une exposition unique à Rodolphe Archibald Reiss (1875-1929). Ce Suisse fut l’inventeur de la photographie judiciaire. Crus, violents, ces clichés dégagent cependant une étonnante beauté. Un formidable travail documentaire sur le début du xxe siècle. Les premières secondes de la visite et cette confrontation avec la mort troublent le visiteur. « Notre imaginaire, via le cinéma et la télévision, est pourtant imbibé de cette esthétique » souligne le commissaire Daniel Girardin. Certes, mais ici, tout est réel. « Nous alternons les scènes d’homicides avec d’autres, moins extrêmes. Le parcours doit rester supportable et éviter le voyeurisme ». Les images sont présentées sur de grands formats communément réservés aux œuvres artistiques « afin de créer un décalage entre attrait et répulsion ». Conservées dans les cartons de la police suisse, ces photos n’étaient pas destinées à être exposées. À l’inverse d’un artiste ou d’un reporter, aucun recadrage ici. Seule compte la recherche de la vérité. «  Reiss a mis au point un protocole très strict afin d’obtenir un regard scientifique et objectif sur un crime ». Ce travail témoigne également d’une époque. « On pénètre, via ces scènes de crimes, dans les intérieurs à l'aube du xxe siècle ». Universitaire et fondateur, en 1909, de la première école de police scientifique au monde, Reiss a longtemps milité pour expliquer l’origine de la criminalité par la pauvreté et le manque d’éducation, à contre-courant des thèses nauséabondes qui traversaient l’Europe. Bref, un parcours à rebours des clichés. Julien Collinet Jusqu’au 07.12, Charleroi, Musée de la Photographie, mar>dim, 10h>18h, 6>3€/grat, www.museephoto.be


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Cent ans dans les Balkans Le CBBD relate un siècle de bande dessinée yougoslave. Des années 1910 (avec le caricaturiste slovène Hinko Smrekar) à nos jours, en passant par l’âge d’or des années 1930, les bédéistes ont profité de l’apport d’artistes russes, jonglé avec la censure et gardé un œil sur l’Ouest. Vu les aléas de l’Histoire, les planches originales sont rares ici - mais c’est également dans ces trous béants que se dessine l’histoire du neuvième art.

Louvain, M Museum, jusqu’au 01.09, tlj sf mer, 11h>18h, jeu, >22h, 12/10/5€/gratuit, www.mleuven.be

Bruxelles, CBBD, jusqu’au 16.11, tlj sf lun, 10h>18h, 8/6/3€, www.cbbd.be

Eric Poitevin - le Chemin des Hommes On ne célèbre pas la guerre : on la commémore. De la même façon, le photographe Eric Poitevin fit preuve d’une grande pudeur pour... rendre hommage  ? Mettre en lumière  ? Saluer  ? Les derniers Poilus. En 1995, âgé de 24 ans, cet artiste – à l’époque, un gamin, face à ces hommes – immortalisa ces combattants. Un véritable tour de France pour retrouver les survivants et capter leur(s) silence(s) en studio, à la chambre photographique. Cent portraits de même format et de même composition où chacun se détache sur fond noir. Émouvant. Jusqu’au 11.11, Villeneuve d’Ascq, LaM, mar>dim, 10h>18h, 7/5€, www.musee-lam.fr

Mona Hatoum, Bunker © Dirk Pauwels

Captain America © Adi Granov

Sis à Louvain, première ville ravagée par le premier conflit mondial, cet accrochage balaie quatre siècles en une centaine d’œuvres - du xvie siècle à nos jours, des gravures datant de la Réforme à des pièces signées des contemporains Mona Hatoum ou Michael Rakowitz. De Troie à Beyrouth, de la Révolution française à l’Allemagne nazie. Ces destructions – et leurs motifs – variant dans le temps et l’espace, il est hasardeux de tisser des liens entre elles. Au moins, le débat est ouvert.

Éric Poitevin, Sans titre, 1985. André Parmentier, né le 11.03.1896 à Lille, avocat. Collection particulière. Courtesy Galerie Nelson Freeman, Paris. © Adagp Paris, 2014.

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Ravage, L'art et la culture en temps de conflit


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Vingt minutes sous terre © Patrick Guns

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PATRICK GUNS : I KNOW A SONG TO SING ON THIS DARK, DARK, DARK NIGHT

Open Museum : Air Air compose l’habillage sonore pour les différentes salles du Palais des Beaux-arts de Lille. De l’Atrium au sous-sol médiéval, le tandem propose un sound design habile et rêveur, propice au dialogue entre et avec les œuvres. Cette première mondiale berce le musée d’une torpeur salvatrice, et l’on redoute – déjà – le moment où la musique sera coupée...

Un regard acide parcourt l’œuvre de ce Bruxellois, où se croisent dessin à l'encre bic, vidéo, sculpture, photographie et quelques étrangetés. Guns aborde des sujets sensibles (guerre, racisme, colonialisme...). Son travail titille les certitudes et dévoile l’absurdité de notre monde. On rit parfois, mais jaune. Et l’on demeure admiratif face aux Feuilles, silhouettes de soldats se découpant sur l’horizon – le tout en feuilles de rhubarbe.

Lille, Palais des Beaux-Arts, jusqu’au 24.08, lun, 14h>18h, mar>dim, 10h>18h, 6,50>1,50€/gratuit, www.open-museum.pba-lille.fr

Mons, MAC’S, jusqu’au 21.09, mar>dim , 10h>18h, 8/4/2/1,25€/grat, www.mac-s.be

Micro Macro

Destinations Improbables Peintures, sculptures, installations, photographies, vidéos nous emmènent en voyage - terrestre, maritime, spatial, mais aussi intérieur et psychologique. Ces divagations géniales nous entraînent du Musée Ianchelevici au buffet de la gare, sans oublier le centre-ville. Une odyssée où l’on croise la photographe Laura Henno, le plasticien Frédéric Plateus, ou les cinéastes Agnès Varda et Ben Russel. La Louvière, jusqu’au 31.08, Musée Ianchelevici, mar>ven, 11h>17h, weekend, 14h>18h , 3/2€/grat, Château Gilson, ven>dim, 14h>17h, Le Buffet de la gare, centre-ville, www.ccrc.be

Instructif et ludique, ce parcours voyage de l’infiniment petit à l’infiniment grand – et vice-versa… Des 27 œuvres créées par 16 artistes et collectifs, dont Philippe Découflé, on retient surtout l’étonnante carte signée Terreform One. Elle permet de visualiser la courbe démographique mondiale pour le siècle à venir. Ou l’installation glaçante d’Alain Josseau, relatant le drame de journalistes tués depuis un hélicoptère en Irak – leurs caméras avaient été prises pour des armes. Lille, Gare Saint-Sauveur, jusqu’au 14.09, mer>dim, 12h>19h, gratuit, www.lille3000.eu


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Amédée de La Patellière, Femme au balcon, 1930, Collection particulière. Photo : A. Leprince

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Amédée De la Patellière, Le Temps Retrouvé Amédée de La Patellière (1890-1932) laisse derrière lui une œuvre atypique, marquée par une mélancolie diffuse devant autant au romantisme qu’aux recherches formelles du cubisme et de l’expressionnisme – soleils noirs, orages, portraits douloureux... Cette sélection de dessins offerts par les descendants de l’artiste offre de (re) découvrir un maître oublié. Roubaix, Musée de la Piscine, jusqu’au 14.09, mar>jeu, 11h>18h, ven, 11h>20h, sam&dim, 13h>18h, 9/6€, www.roubaix-lapiscine.com

Elmar Trenkwalder, Ornement et obsession

Monte le son ! Interactif et sensoriel, ce parcours en met plein les esgourdes. Dès l'entrée, un jardin suspendu sonore traduit le chuchotement des... plantes  ! Ailleurs, le musicologue Michael Bradke imagine un tunnel nous bombardant de voix étranges. Puis on crée des sons avec les battements de son cœur, les mains posées sur un plateau. Le genre de promenade qui ravit petits et grands ! V. d'Ascq, Forum des Sciences, jusqu’au 08.03.15, mar>ven 10h>17h30, sam>dim 14h30>18h30, 4/2€, gratuit -18 ans, www. forumdepartementaldessciences.fr

Brouillon Kub : les artistes cubistes et la caricature

Immenses, ces céramiques évoquent à la fois des temples hindous, des cathédrales gothiques et romanes ou des façades baroques. En sus, l'Autrichien utilise ET dissimule fragments de corps et de parties génitales au sein de ces constructions. C'est la première rétrospective consacrée à l'œuvre monumentale, aux peintures et dessins d'un créateur qui mêle sacré et humour.

Durant la Première Guerre Mondiale, les détracteurs du cubisme l’écrivaient avec un K et, son principal marchand étant d’origine allemande, ce courant pictural devenu majeur était accusé de trahison avec les "Boches", pour le dire vite. Cent ans plus tard, il est amusant et instructif de voir comment Picasso, Gris, Metzinger, Marcoussis ou encore Duchamp et Villon ont répondu à ses veules attaques – avec le pinceau et, toujours, le panache.

Tourcoing, Muba, jusqu’au 24.11, tlj sf mar, 13h>18h, 5/3€/grat, www.muba-tourcoing.fr

V. d’Ascq, LaM, jusqu’au 21.09, mar>dim, 10h>18h, 7/5€, www.musee-lam.fr


le mot de la fin

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cyclemon - Tu es ce que tu conduis. Tel est le crédo de Romain Bourdieux et Thomas Pomarelle, qui ont imaginé ces vélos reflétant la personnalité de leurs propriétaires, depuis la bicyclette de Pépé, jusqu’au faux biclou. Le reste est tout aussi malin et visible ici : www.cyclemon.com


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Cultures et tendances urbaines - Sorties Lille Bruxelles

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