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n째101 / novembre 2014 / GRATUIT

nord & belgique Cultures et tendances urbaines


n°101 - novembre 2014

06 -  News Les chats vont sauver le monde, Le téléphone se met au vert, Billets gagnants, Films à trous, Imprimez vos sucres, Dites-le avec vos fringues, BabiPad, La télé à coups de laisse

10 - P  ortfolio Alvaro Tapia Hidalgo, Chili con carne

18 -  Reportage Cinéma ABC, Il faut sauver le soldat porno !

22 -  Rencontres The Puppet Master ; John Maher, ou la reconversion d’un Buzzcocks

32 - Musique Alain Chamfort, tUnE-yArDs, New Build, Foxygen, Ground Zero Festival, Tour de Chauffe, I Love Techno, Chet Faker, Festival les inRocKs, Mos Def, Soirée Embrace, Grand Blanc, SBTRKT, The Skatalites, Benjamin Schoos

54 -  Disques Ariel Pink, Cristian Vogel, Erlend Øye, Etienne Jaumet, Koudlam

Eden, La Saga des Conti, Vers Madrid, The Good Wife, Boardwalk Empire, Lilyhammer

70 -  Exposition Passions Secrètes, Mark Leckey, Lux, Le Labo des héritiers, Sésostris III, Portraits de rue, L’autre de l’art, Martin Parr, Caritas, Panamarenko Universum, L’art dégénéré selon Hitler… Agenda

90 - Théâtre & Danse Lisbeth Gruwez, Antony Rizzi, Phèdre, Henri VI, Les mains sales, Chicks for Money and nothing for free, Journal d’un disparu, Alain Platel, 3-4 petites pièces pour vélo, Maxi’Mômes, Dragging the bone, Hypotyposes… agenda

114 - L  ittérature Rencontre avec Joël Houssin, La Lune Est Blanche

120 -  Livres Andrew Hussey, Richard Yates, Lena Dunham, Isabel Alba, Pacôme Thiellement

122 - Agenda concerts

56 -  écrans

130 - Le mot de la fin

Arras Film Festival, Histoire de la peur,

Friternellement vôtre

Corvina Cafe © John Maher

Sommaire LM magazine -


LM magazine France & Belgique

28 rue François de Badts 59110 La Madeleine - F tél : +33 362 64 80 09 - fax : +33 3 62 64 80 07

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Direction de la publication / Rédaction en chef Nicolas Pattou nicolas.pattou@lastrolab.com

Direction artistique / Graphisme Cécile Fauré cecile.faure@lastrolab.com

Rédaction Julien Damien redaction@lm-magazine.com Marie Pons info@lm-magazine.com

Couverture Alvaro Tapia Hidalgo, Alonso Quijada www.alvarotapia.com Publicité pub@lm-magazine.com

* A Responsive Web Design

Administration Laurent Desplat laurent.desplat@lastrolab.com Réseaux sociaux Sophie Desplat Impression Imprimerie Ménard 31682 Labège Diffusion C*RED (France/Belgique) ; Zoom On Art (Bruxelles)

Ont collaboré à ce n° : Thibaut Allemand, François Annycke, Pierre Bérenger, Elisabeth Blanchet Rémi Boiteux, Madeleine Bourgois, Sylvain Coatleven, Julien Collinet, Mathieu Dauchy, Christophe Delorme, Marine Durand, Florian Koldyka, Benjamin Leclerc, Loudie & Api, John Maher, Raphaël Nieuwjaer, Clément Perrin, Alvaro Tapia Hidalgo, Lina Tchalabi et plus si affinités.

LM magazine France & Belgique est édité par la Sarl L'astrolab* - info@lastrolab.com L'astrolab* Sarl au capital de 5 000 euros - RCS Lille 538 422 973 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. LM / Let'smotiv est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement. Ne pas jeter sur la voie publique.

Papier issu de forêts gérées durablement


© The Pussycat Riot / Hidemyass

News

Cat Power Lancée par le réseau privé virtuel Hyde my Ass, The Pussycat Riot est une campagne censée lutter contre la cyber-censure. Elle se matérialise par des griffoirs pour matous à l’effigie de despotes (Vladimir Poutine, Kim-Jung Un...) et vendues sur le net. L’argent récolté est reversé à une organisation de défense de la liberté d’expression, Index on Censorship. Mais la révolution à un prix : 5 700€… Sinon, on trouve aussi les bacs à litière ornés de la photo des mêmes affreux, pour 4€. Suffisant pour faire chat-virer le monde ? www.thepussycatriot.org

Harold Craston & Kirsty Kenney

Paint it green

Mise au vert pour les célèbres cabines rouges. à Londres il est désormais possible de recharger son smartphone gratuitement dans une Solarbox. Exit les vieux combinés, place aux ports USB et à l’énergie solaire. Six d’entres elles approvisionnent déjà les British branchés. Une façon pour ces vieilles anglaises de rester dans l’air du temps. www.solarboxlondon.org


La couleur de l’argent

© Snøhetta Design / The Metric System

La Banque Centrale de Norvège a demandé à ses concitoyens de plancher sur le design des billets de banque. Autour du thème de la mer, studios de graphistes et amateurs ont concouru pour livrer leurs plus belles esquisses. Le résultat est plutôt réussi. Poissons géants et bateaux fuselés au recto, pixel art au verso : les idées de deux agences (Metric System et Snøhetta Design) ont été combinées pour fabriquer les nouvelles couronnes. www.snohetta.com ; www.themetricsystem.no ; www.norges-bank.no

Film the blanks

© John Taylor

Ces films ont marqué leur époque, tout comme leur affiche. En les délestant de tout élément reconnaissable au premier coup d’œil, John Taylor sollicite notre culture cinématographique. Saurez-vous les reconnaître ? www.filmtheblanks.com (Réponse : Jurassic Park & Little Miss Sunshine) © 3D Systems / The Sugar Lab

Sugar Lab On le sait, tout le monde possèdera tôt ou tard sa propre imprimante 3D. En voici une qui fonctionne avec… du sucre ! Imaginé par un couple de designers, Kyle et Liz von Hasseln, Le Sugar Lab réalise des formes complexes et de toutes les couleurs. Ornements de gâteaux, bonbons parallélépipédiques, celle-ci transforme les confiseries en de petites œuvres d’art, décomplexant au passage les accrocs au glucide. à utiliser avec modération… www.the-sugar-lab.com


© DR

Dites-le avec vos fringues

© DR

© DR

Tendance 2014 : le T-shirt à message. Alors que Julian Assange lance sa ligne de fringues, à Hollywood c’est Nicolas Cage qui fait parler les siennes. Furieux de voir le montage du film dans lequel il a joué (The Dying of the Light) massacré par les producteurs, mais tenu de la fermer par une clause de non-dénigrement inhérente à son contrat, il l’a reproduite sur son maillot. T’as le look Nico !

BabiPad

Marché de niche

Certes, il ne peut pas encore promener le chien, mais servir de baby-foot, oui. La société New Potato Technologies vient d’inventer un accessoire pour iPad 9,7 pouces qui nous renvoie direct au bistrot (avec en prime les bruits de la foule en délire). Huit manettes, quatre pieds, ne reste plus qu’à télécharger l’application et le tour est joué. Attention à la casse quand même…

DogTV : la chaîne 100% canine arrive en Europe. Depuis 2012, les chiens américains sont déjà gavés d’émissions « scientifiquement » pensées pour eux. Soit une série de programmes non-stop conçus pour « relaxer », « stimuler » et « éveiller » le meilleur ami de l’homme… On imagine que les annonceurs qui ont les crocs ont déjà conçu pubs pour croquettes et jouets qui couinent !

www.newpotatotech.com

www.dogtv.com


Actrice, Daryl Hannah


11 portfolio

Alvaro Tapia à fleur de peau

Hidalgo L’horreur colorée ou la grâce écorchée ? La noirceur ou la splendeur ? Le tragique ou le comique ? Alvaro Tapia Hidalgo n’aime rien tant que travailler la dualité, et son œuvre provoque des sentiments étrangement contraires. « Je recherche la beauté dans le grotesque et le funeste dans la beauté », confie l’illustrateur et réalisateur, qui dit poser « un regard sombre sur le monde, en contraste avec une surface colorée ».

A

près avoir étudié le graphisme et le cinéma, puis fait commerce de ses talents une décennie durant dans le monde de l’entreprise, cela fait quatre ans que ce Chilien installé en Espagne se consacre essentiellement à l’illustration. Et avec un certain succès : ses dessins ont été publiés dans le Washington Post, Wired, Rolling Stone, Forbes... à travers ses séries de portraits, peuplées de célébrités (Steve Buscemi, Bela Lugosi, Buster Keaton…) et de quidams, il peint une humanité au nez rouge, inquiétante, exposée comme un clown tantôt triste, tantôt enragé. Angry People explore ainsi le cri « en tant qu’expression de libération, de colère ». Mêlant l’abstrait et le figuratif,

le vectoriel et l’aquarelle, Alvaro Tapia Hidalgo puise ses références dans la peinture et le septième art. Avoue être inspiré par Francis Bacon, mais aussi David Lynch, David Cronenberg et… la boucherie ! « Cet univers me fascine, explique-t-il. Parce que la viande est un aliment, et fait en même temps référence au charnel. C’est à la fois sanglant, choquant, mais aussi alléchant et savoureux. C’est un élément très puissant et dramatique ». Comme si Alvaro Tapia Hidalgo cherchait sous la peau sa propre vision de l’Homme, cet éternel écorché… vif. Julien Damien

à visiter / www.alvarotapia.com


Acteurs, Joe Shishido [Branded to kill] / Alain Delon [Le Samourai]


Actrice, Charlotte Rampling


Actrice, Jean Seberg


Musicien, Elvez


Angry People, Christoph [Germany]


Angry people, Marcelo [Chile]


19 reportage

Cinéma ABC Derrière le rideau

Texte Julien Collinet Photos Julien Collinet & DR

Partis avec 60 € en poche, six passionnés de cinéma indépendant ont entrepris la transformation d’une des dernières salles porno bruxelloises en un lieu d’émulation du 7e art. Retour sur 6 mois d’une aventure folle, entre coups d’éclat et grosses galères. L’affaire est-elle classée (X) ?

9 avril 2014.

La devanture du cinéma ABC, toujours ornée d’une désuète peinture érotique, voit défiler les journalistes. Lors d’une conférence de presse, les membres de la fondation Cinéact annoncent victorieusement le sauvetage de ce temple du porno. L’une des dernières salles d’Europe à projeter ce type de cinéma en 35 mm ! Six mois plus tard, l’équipe a la tête des lendemains qui déchantent. La justice vient de refuser de reconnaître le bail qui avait été convenu oralement avec le propriétaire. « C’est très dur, reconnaît Alice Riou, tout était si bien parti ». Fermé après une faillite en 2013, l’ABC reposait sur un concept unique. Avant chaque séance une strip-teaseuse offrait un show sexy aux spectateurs. « Ce n’était pas le porno d’aujourd’hui, précise Eric Vauthier. Dans les années 1970, >>>


« Faut-il créer une mixité culturelle dans le centre-ville ou la céder aux grandes enseignes et à la spéculation immobilière ? » des couples pouvaient s’y rendre sans que ça ne choque personne ». La salle est située boulevard Adolphe Max, en plein cœur de Bruxelles. « La Mecque du cinéma de genre, s’emballe-t-il. C’était grandiose ! On y trouvait un lieu spécialisé dans le western spaghetti à côté d’un autre diffusant des films de kung-fu ». Ce cinéphile a mal vécu les fermetures des cinémas de quartier dans les années 1990, tués par les multiplexes de la périphérie. Flashback. En février dernier, Eric et cinq autres passionnés apprennent la mise en location de l’ABC. « On s’est dit qu’il fallait le sauver, se remémore Alice Riou. Ce serait dommage que cela devienne un snack ». Une fondation est alors créée, la presse s’enthousiasme pour ce projet « sulfureux » et des anonymes répondent à l’appel aux dons lancé par Cinéact. En quelques semaines, 60 000 e sont récoltés, garantissant une année de loyers. Un accord est conclu avec le fils du propriétaire, qui représente son père hospitalisé. Tandis que le bail doit être signé sous peu, les clés sont remises à l’équipe qui s’attaque au nettoyage de l’endroit. « On a travaillé avec des masques tellement c’était sale ».


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Le projet est ambitieux. On prévoit une programmation non plus seulement porno mais plurielle, « avantgardiste », qui passe notamment par l’organisation de concerts. Les bureaux des étages seront loués à des sociétés de production et des associations de cinéma. « Le but est de créer une bonbonnière c i n é m a tographique. La jauge de 150 places est idéale et le lieu a vraiment de la gueule ». Pas de quartiers ! Mais entre-temps, le propriétaire décède. Les héritiers décident de vendre et posent un cadenas sur les portes de l’ABC. Un compromis de vente est signé avec un promoteur

immobilier. « On nous a littéralement foutus dehors, s’énerve Katia Rossini. On a vécu une aventure incroyable et, du jour au lendemain, tout s’écroule. » L’équipe lance alors une pétition pour sauver le statut de la salle. « L’ABC devient un symbole, s’enflamme Katia. Les pouvoirs publics doivent décider s’ils veulent créer une mixité culturelle dans le centre-ville ou la céder aux grandes enseignes et à la spéculation immobilière. » Un film qu’on a déjà vu…

à visiter / www.abc-cinema.be


23 rencontre

Puppet Master Texte Julien Damien Photo Cécile Fauré

C’est LE produit qu’Arnaud Montebourg a raté lorsqu’il était le VRP du « made in France » : la poupée qui ne dit jamais non. Sous ses faux airs de Dodo la Saumure (« un bon copain », dit-il), Dominique, 58 ans, reste un artisan (presque) comme les autres. Son usine, Domax, est la dernière en Europe à fabriquer des poupées gonflables en latex naturel.

S

eul face à la concurrence asiatique qui inonde le marché du sexe factice, le Nordiste veut croire qu’il a de beaux jours devant lui. « Les Chinois font dans le plastique et le silicone. C’est sophistiqué mais c’est pas beau, grimace-t-il. Aujourd’hui les gens reviennent à la qualité, aux produits du terroir, je pense que j’ai encore ma place ». Dans ce discret atelier de 400 m2, niché au fond d’une ruelle de Courcelles-lès-Lens (Pas de Calais), Dominique façonne en moyenne 900 demoiselles par an. Blondes, brunes ou rousses, celles-ci ont pour modèle une star du X des années 1970 aux mensurations parfaites : 90-60-90. Elles se déclinent en différents spécimens* dont la full doll, fourrée avec des billes, demeure la plus surprenante : « on lui masse les cuisses ou les hanches et hop, les seins grossissent ! » Il est comme ça *les prix varient de 219 à 700€

>>>


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Secret de fabrication. Après avoir lavé les mannequins avec du sel de calcium, Dominique les trempe pendant 5 minutes dans une cuve de latex avant de les laisser sécher 24 heures. Le démoulage est la partie qui réclame doigté et minutie car les poupées sont sans couture et la matière capricieuse. Reste ensuite à assembler les têtes conçues chez un sous-traitant à Auxerre et à ajouter un léger maquillage. Voilà, le tour est joué !

Dominique : tout en gouaille, « sans tabou », et dur à la tâche. Il s’échine « 15 heures par jour » dans sa PME où il fait quasiment tout, tout seul. Oh my god ! Ses clients sont surtout des professionnels (auto-entrepreneurs, gérants de show-rooms). Il livre ses poupées en Autriche, en Allemagne, en France, en Suisse… et négocie actuellement un nouveau marché dans un pays du sud. Son entreprise est donc pérenne : « je fais un peu de bénéfices, j’en vis, sans m’enrichir ». Avant de jouer les Dr Frankenstein du latex, Dominique fut boulanger durant 27 ans, puis s’est improvisé patron

de discothèque. En 2004, un ami lui a proposé de reprendre cette affaire. Forcément, il a dit oui. « Je suis un bon vivant, j’aime la bouffe et le cul ! ». Père de cinq enfants, séparé cinq fois, il est désormais marié à une strip-teaseuse de 25 ans avec laquelle il « fait les salons ». Il y vend sa marchandise, aussi composée de sextoys (150 modèles). Dominique n’a finalement qu’une limite : « le porno, je trouve ça malsain, s’offusque-t-il quand on lui demande. Moi, je fais dans l’érotisme ! Après, j’ai des copains qui font des films hard, j’y vais pour regarder… ». Pas faux-cul pour un poil, contrairement à ses créatures.


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John Maher Tambour battant

Texte Elisabeth Blanchet Photos Elisabeth Blanchet / John Maher

L’Île de Harris, au large de l’Écosse. C’est ici, à Leverburgh, que vit l’ex-batteur des Buzzcocks. Aujourd’hui mécanicien, photographe et occasionnellement musicien, John Maher évoque ses années au sein de la fameuse formation punk rock de Manchester, sa passion pour la Coccinelle, les courses et les moteurs, et ses talents de photographe.


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28 rencontre reportage

S

on atelier de mécano donne sur la magnifique baie de Leverburgh. Aucune trace du passé punk de l’artiste ici. Entouré de machines et de pièces détachées, John répare et construit des moteurs. Sa spécialité ? Les modèles Coccinelle et Transporter de Volkswagen. « En 1977, après la sortie du premier EP des Buzzcocks, Spiral Scratch, j’ai voulu m’acheter une voiture. Le hasard a voulu que ce soit une Coccinelle. Je suis devenu obsédé par cette voiture », se souvient l’intéressé, qui découvre alors le monde des courses de dragsters - ici, des Coccinelles trafiquées. « Lorsque j’ai expliqué que j’avais bidouillé mon moteur, on m’en a commandés… » De câbles en accélérateurs, John devient un expert mondial. Ce qui lui plaît ? L’adrénaline de ces courses de vitesse en ligne droite sur 402 m, la minutie nécessaire à la fabrication «  Le punk est arrivé du moteur. Et la satisfaction du résultat quand on l’entend tourner…

au moment où les gens

Première vague punk. John compare d’ailleurs ces premières courses à la naissance du punk, au printemps 1976. « J’avais 16 ans lorsque j’ai rejoint les Buzzcocks.

commençaient à en avoir marre du rock progressif »


Je débutais à la batterie car j’avais remarqué, dans les petites annonces du Melody Maker que c’était le poste le plus demandé ». Le chanteur Howard Devoto tombe sur l’annonce d’une fille dans la revue musicale. Il l’appelle, pensant que ce serait plus original d’avoir une batteuse. « Elle s’est dégonflée en donnant mes coordonnées à Howard. Il est passé un midi, en me disant qu’ils jouaient de la pop high energy. J’ai répété avec eux le samedi, puis ils m’ont proposé de revenir ». Le tour était joué et l’école finie pour John. L’été 1976, les Buzzcocks commencent fort, en première partie des Sex Pistols. « Le punk est arrivé au moment où les gens commençaient à en avoir marre du rock progressif. C’était vraiment excitant, frais, nouveau. On ne réalisait pas vraiment l’ampleur du phénomène. C’est seulement maintenant, en regardant en arrière, que je me dis : “j’en faisais partie” ! D’ailleurs, Je ne pense pas qu’il y ait eu un mouvement comparable depuis », poursuit-il. >>>


Rangé des voitures. La carrière des Buzzcocks, aussi glorieuse soitelle, est relativement courte. En 1981, le groupe se sépare et John, après quelques tentatives avec d’autres formations, se consacre à ses moteurs. Très occasionnellement il remonte sur scène avec ses anciens comparses, mais toujours avec une idée derrière la tête. « Je me souviens d’une tournée aux Etats-Unis. Je voulais aller voir les spécialistes de Volkswagen à Los Angeles », avoue-t-il en souriant avant d’ajouter : « J’ai toujours pensé que les reformations de groupes, c’était nul. Mais rejouer à Manchester en 2012 m’a permis de revoir des gens que j’avais connus et de me prouver que j’étais encore capable de jouer à toute vitesse ! ».

« Pour obtenir ces couleurs, je photographie durant les nuits de pleine lune »

Broken Home

La possibilité d’une île. Harris, dans les Hébrides, est l’une des îles les plus éloignées du “mainland”. Fasciné par ce lieu depuis qu’il est gosse, John s’y est installé en 2002 avec son épouse Helen. Un


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endroit idéal pour y cultiver son autre passion : la photographie. « J’ai découvert le travail de l’américain Troy Paiva en 2009, via Lost America, qui immortalise de nuit des coins déserts et abandonnés. J’ai voulu comprendre comment il obtenait ces lumières, ces couleurs. J’ai acheté un appareil et suis sorti les nuits de pleine lune ». Il éclaire des voitures ou des baraques à l’abandon et redécouvre son île. Le paysage ne l’intéresse pas. « Je les utilise comme décor. Il y a toujours une maison, un tracteur, bref quelque chose d’abandonné au premier plan ». Il n’y a personne sur ses clichés : ce sont les traces humaines, de la vie, qu’il aime photographier. Quelle sera sa prochaine aventure ? Pour l’instant, John semble comblé par ses trois activités. La musique demeure là, quelque part. D’ailleurs, il s’y remet à voir / www.theflyingmonk.co.uk avec The Things, formation johnmaherracing.com qu’il a connue dans les années www.buzzcocks.com à lire / 1980. Dans un coin de son ateThe Buzzcocks : Harmony In My Head, lier trône une batterie, laissée Steve Diggle’s rock’n’roll Odyssey, Terry Rawlins & Steve Diggle, Helter Skelter en pension par une amie, qui Ed.,192 p., 2002 parfois reprend du service…

Big Blue


32 musique

Alain Chamfort

Le Phénix Texte Thibaut Allemand Photo Thomas Vassort

Alain Chamfort a 65 ans. Étonnant, non ? On aurait pu dresser le parcours de cet éminent représentant d’une certaine idée de la pop française. On a préféré se demander comment bien vieillir dans ce registre. Pas dit qu’on ait la réponse – c’est un secret bien gardé. Mais on a une petite idée.

L

e vénérable Patrick Eudeline (Père Castor chez Rock&Folk) l’a souvent déploré : « le rock n’apprend pas à vieillir ». Comment ça, The Rolling Stones ? Si vous le dites... Ce que n’a pas demandé Eudeline, c’est comment vieillir dans la pop. Alain Chamfort incarne une réponse bienvenue : il suffit de se réinventer, en toute indépendance. Mod durant les sixties (il jouait dans... les Mod’s), les seventies le voient devenir chanteur à minettes : Claude François lui a signé un contrat mais, jaloux de son succès (qui pourrait lui faire de l’ombre) l’électricien maladroit le lui rendra. Renaissances en pagaille. En 1979, Serge Gainsbourg lui offre Manureva et un succès inespéré. Pas égoïste, Alain Le Govic (pour l’état civil) aide quelques jeunes pousses – il invite

Étienne Daho à la télévision, produit le second LP de sa compagne, Lio, et présente Véronique Vincent et Aksak Maboul à quelques maisons de disques parisiennes. Conjuguant élégance et discrétion, simplicité des mots et accords parfaits, Alain Chamfort n’a plus jamais connu les faveurs des Top 50 et s’est même fait jeter par son label au début du siècle. Qu’importe ! Il n’en fait qu’à sa tête, rend hommage à Yves Saint Laurent tandis que la jeune garde féminine le consacre à son tour (Elles Et Lui, 2012). Comment vieillir dans la pop ? En restant soi-même. Avec un peu de talent, ça devrait suffire.

08.11, Béthune, Théâtre, 20h30, 30/26€, www.theatre-bethune.fr


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tUnE-yArDs Pour aller vite, on pourrait comparer tUnE-yArDs à GaBLé. Même refus des conventions syntaxiques et, surtout, musicales : débarquée voici huit ans avec une pop bricolo barrée et loufoque, l’Anglaise en est déjà à son troisième LP, mis en son par des producteurs de... Frank Ocean et Rihanna. Et ce, sans avoir renoncé à mettre l’imagination au pouvoir. Autant dire que sa pop mutante et solaire abat de nombreuses chapelles musicales ! © DR

02.11, Anvers, Trix, 19h30, 21/18€, www.trixonline.be 03.11, Tourcoing, Grand Mix (+ Moodoïd), 20h, 16/13/5€, www.legrandmix.com

New Build Hot Chip, combien de divisions ? Jamais reconnu à sa juste valeur – contrairement à LCD Soundsystem, formation cousine – cet institut hybride indie pop, electro, R&B, hip-hop... Or, nos laborantins ressentent le besoin d’expérimenter ailleurs – jazz et soul pour About Group, house pop pour The 2 Bears. New Build creuse le sillon de la synth pop britannique aux parfums eighties. Plus classique, donc, mais ô combien réjouissant dans un club comme la Péniche ! 12.11, (+Technology&Teamwork), Lille, La Péniche, 20h, 14/13€, www.lapeniche-lille.com 15.11, Bruxelles, Botanique, 20h, 16/13/10€, www.botanique.be

03.11, (+ Haley Bonar), Bruxelles, Botanique, 20h, 20/17/14€, www.botanique.be

© Cara Robbins

Foxygen En 2014, à quoi bon encombrer nos étagères d’albums des Stones, T-Rex, Pink Floyd, Bob Dylan, The Doors quand tout peut tenir dans une poche ? Non, on ne vous parle pas de l’iPod – cette invention ne fera pas long feu. Mais de Foxygen, formation venue de San Francisco dont la seule et unique motivation est de rendre hommage à ses maîtres. L’avenir, c’était mieux hier, quoi. Triste passéisme ? Sans doute. Mais à écouter leurs divins albums, on leur donnerait presque raison.


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Entre artistes confirmés ou méconnus, Ground Zero fait le pari de l’éclectisme. Avec un but avoué : ouvrir de nouveaux horizons musicaux. Le festival s’étale sur deux semaines dans les grandes et petites salles de la métropole lilloise. C’est qu’il en faut de la place pour accueillir ce joli monde ! Rendez-vous avec trois favoris.

Ground Zero Festival Textes et propos recueillis par Julien Damien Photos DR / Sarh © Quentin Caffier

ALB

Feu! Chatterton

Vous avez forcément déjà entendu l’un de ses titres, ne serait-ce qu’au détour d’une réclame pour une célèbre marque de voiture française (Whispers under the Moonlight et Golden Chains). ALB, alias Clément Daquin, n’en distille pas moins une électro-pop inventive. Ce fin mélodiste féru de synthétiseurs s’est taillé une belle réputation de bidouilleur génial et poétique.

On ne mitraillera pas de compliments le 1er EP venu, tant de groupes ont démenti leurs belles promesses sitôt le cap de l’album franchi, mais difficile de résister à Feu! Chatterton. Le quintette parisien se positionne avec Grand Blanc (voir p.46) comme l’héritier d’un rock français, orphelin depuis les disparitions de Noir Désir et d’Alain Bashung. Les textes, fouillés et déclamés par un dandy moustachu habité (par Higelin et Cantat) sont relevés par un son new wave et une dose d’électro.

29.11, (+ Sarh (lire ci-contre) + Camp Claude), Grand Mix, Tourcoing, 20h, 20,90/19/16€, www.groundzerofestival.fr 28.11, (+ Pendentif), Espace Casadesus, Louvroil, 20h, 12/10/8/5€

03.12, La Péniche, Lille, Complet ! 28.11, Le Poche, Béthune, 20h45, 7/5/4/3€


Interview

Sarh Sarh, c’est une ville perdue dans le Sahel. C’est aussi un projet électronique audacieux, fruit de la rencontre inattendue entre DJ Pone (Birdy Nam Nam, Svinkels) et José Reis Fontao, chanteur-guitariste de Stuck in the Sound. DJ Pone, comment est née cette collaboration ? Il y a 4 ans, dans un club à Paris. Je discutais avec un pote de mes plans musicaux. Là, il me dit : « tu connais le mec là-bas ? Il chante super bien, il faut que tu le rencontres ». Je lui ai fait écouter mes compos le soir même, il a chanté direct dessus, a cappella ! Tout a été ultra simple entre nous. Comment définiriez-vous Sarh ? Comme un voyage onirique, le croisement de nos influences. José est fan de Dead Can Dance, que je ne connais pas. J’adore Radiohead alors que lui n’aime que le 1er album. On a aussi beaucoup de points communs : les Doors par exemple. Welcome to Sarh est un hommage à The end (1967).

Que pensez-vous du résultat ? C’est mon projet le plus abouti, le plus personnel. J’en suis très fier car j’aime la musique mélancolique. José et moi, on traversait chacun une période pas facile à ce moment-là, cela s’entend sur l’album. Et maintenant où en êtes-vous ? José prépare le nouveau Stuck, mais reste concentré sur les concerts de Sarh. L’album vient de sortir, peu de gens le connaissent. C’est par le live qu’on va en faire parler. Ensuite, je pense qu’on retravaillera ensemble. Ground Zero Festival, du 06.11 au 04.12, Le Grand Mix, Tourcoing, La Péniche, Le Splendid, Lille, 18h ou 20h, 27,50/20,90/13/11e Prog : La Roux, Suuns, Alb, Feu ! Chatterton, Sarh, Courtney Barnett, Son Lux, Billie Brelok…


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Tour de Chauffe Texte Julien Damien Photo Eagulls © DR

A

vant d’être un festival accessible à tous (5 € la soirée), Tour de Chauffe est un dispositif qui accompagne la pratique musicale amateur (bilan scénique, mise à disposition d’un studio, enregistrement de deux titres…). En novembre, les 14 lauréats entrent en scène aux côtés de pointures internationales pour un grand oral de passage dans les salles de l’Eurométropole. Ainsi, les Boulonnais de Fools Ferguson mesurent leur son influencé par le Manchester de années 1980 au punk-rock des Anglais d’Eagulls. Les Lillois de Malax mettent à l’épreuve leurs compositions lorgnant vers Thiéfaine à celles de Bertrand Belin, tandis que les Valenciennois de Selenian confrontent leur cloudpop au rock tripé de Wall of Death. 06>29.11, Tour de Chauffe, divers lieux, 5€, www.tourdechauffe.fr 06.11, Mark Berube + Blitzen Benz, Faches Thumesnil, les Arcades, 20h30 07.11, School is cool + My Little Cheap Dictaphone + Feel, Comines, Le Nautilys, 20h 08.11, Elyas Kahn + Manic Maya, Villeneuve d’Ascq, La Ferme d’en Haut, 21h 10.11, Mountain Bike + The Rhinogrades, Tournai, Maison de la Culture, 20h 13.11, Unik Ubik, Courtrai, Muziekcentrum track, 20h15, gratuit 15.11, Eagulls + Fools Ferguson, Villeneuve d’Ascq, La Ferme d’en haut, 21h

16.11, Homeboy Sandman + I Am Many + HD + SP Muzik, Lille, maison Folie Moulins, 18h 19.11, Bertrand Belin + Malax, Comines, Le Nautilys, 20h30 20.11, A2H + Everydayz + FVLL + Numérobé, Roubaix, La Condition Publique, 19h30 21.11, Wall of Death + Selenian, Lille, la Péniche, 20h30 27.11, Naïve New Beaters + What About Washington, Lille, maison Folie Moulins, 20h 28.11, Civil Civic + Momma said so, Villeneuve d’Ascq, La Ferme d’en Haut, 21h 29.11, 20 ans du Studio Ka (Spectrum Orchestrum + Udo und Brigitte + l’Hapax), Faches-Thumesnil, les Arcades, 20h30, gratuit


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I Love Techno Textes Christophe Delorme

Photos DR & © Dennis Ravays Sien Teijssen Barbara Zwerver

Souvent copié, jamais égalé, ce festival demeure THE place to be pour les dévots de la musique électronique. Cette édition se distingue d’emblée par une étourdissante série de Back to Back entre frères d’armes. Petit point en trois rounds et rencontre avec deux entraîneurs avant la montée sur le ring.

Jamie Jones

Rødhåd

Considéré comme un chef de file du nouveau son house (au côté du brillant Seth Troxler) Jamie Jones s’est imposé dans un registre deep. Plus vénéneux qu’il n’en a l’air, le Gallois sait dompter une foule. Son goût pour la mélodie allié à un sens du groove implacable colle tout le monde au mur.

Formé sur la piste de danse du Berghain, ce DJ part avec de sérieux atouts. Désormais résident du temple de la techno berlinoise, il est attendu pour libérer un son puissant et mélancolique. Habitué aux sets marathon (jusqu’à huit ou dix heures), cette prestation resserrée, pétrie de techno, house et dub devrait nous couper le souffle.


Back to Back

08.11, Gand, Flanders expo, 19h, 61e, www.ilovetechno.be Programmation : A. Brehme / Audion B2B Tiga / Boys Noize / Brodinski B2B Gesaffelstein / Clean Bandit (Live) / Daniel Avery B2B Erol Alkan / Dave Clarke / Duke Dumont (live) / Gorgon City / Happa / Jamie Jones / Jeff Mills / Jimmy Edgar / Klangkarussell (DJ Set) / KongKR!Z / Len Faki / Loco Dice / Marco Bailey / Mumbai Science / Paul Kalkbrenner (Live) / Paul Woolford / Paula Temple (Live) / Pfirter / Raving George / DJ Rush / RØDHÅD / Superdiscount 3 (Live) / Ten Walls (Live) / The Advent (Live) / Underworld (Live) / Vitalic (DJ Set)

Audion / Tiga - Comment oublier que Matthew Dear (irrésistible Bowie électronique), est aussi depuis 2004 le chantre d’une tech-house poisseuse, extatique et hypnotique sous le pseudo Audion ? Souvenez-vous de la déflagration provoquée par Mouth to Mouth en 2006. Assurant il y a quelques mois la production du nouvel album de Tiga, il croise ici le fer avec ce dernier. Cette rencontre entre deux figures de l’électronique des années 2000 s’annonce décapante. Brodinski/Gesaffelstein - Golden boys de la scène française, tout le temps fourrés ensemble, ils sont un peu le yin et le yang de l’électro. Tiré à 4 épingles, biberonné à Kraftwerk et Dopplereffekt, Gesaffelstein distille un son martial digne de The Hacker. A priori, tout le contraire de Brodinski, en mouvement perpétuel, qui peut passer du pur dancefloor au hip-hop en un quart de seconde. Emmené par un tel caméléon, la prestation s’annonce jubilatoire. Remember le Sonar, à Barcelone ! Daniel Avery / Erol Alkan - Réunis sous le label Phantasy, Erol Alkan et Daniel Avery sont les figures de proue de la scène électro & pop londonienne. On ne présente plus le premier, et bientôt plus son petit protégé, révélé en 2013 grâce à un EP tout en acid-bass (Water Jump) et confirmé par l’album Drone Logic. Bref, c’est l’histoire de l’élève et du maître qui se retrouvent pour un dialogue à coups de vinyles. Explosif !


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Chet Faker

Flamme à barbe Texte Pierre Bérenger Photo Lisa Frieling

En 2010, on soulignait l’apparition d’un songwriting électronique à l’aune du deuxième album de Matthew Dear. L’année suivante, James Blake paraphait notre thèse d’un premier opus encore plus sombre. C’est en 2012 qu’est apparu le pendant solaire de la lignée, sous une barbe brûlée par le soleil australien. Quand Nicholas James Murphy débarque en Europe, il est déjà une star dans son Océanie natale, sous l’alias Chet Faker. Ce nom parodique, son jeune âge et sa reprise de No Diggity, popularisée par une pub diffusée pendant le Superbowl aux Etats-Unis, ne sont alors en France que de fragmentaires informations partagées sur Facebook dans des buts variés : culture du souvenir de Blackstreet (boys band new jack de la fin du siècle dernier), clin d’œil patronymique au James Dean du jazz, ou vénération très hipster d’une barbe remarquablement fournie. C’est avec la sortie de l’album Built On Glass, en avril dernier, que la focale s’est véritablement fixée sur l’Australien et sa vraie condition de crooner d’un nouvel âge. Chet Faker y règle son compte aux prédictions de « One Hit Wonder » le concernant et fait complètement oublier le côté gaguesque de son pseudonyme, tutoyant sans complexe son collègue Flume. Il déploie sur un paradigme électro-soul une voix cousine de celle de James Blake qui effleure de multiples influences, de la house au jazz west coast. Un éventail dévoilé seul sur scène, dans un artisanat nu11.11, Bruxelles, Le Botanique, Complet mérique qui confirme bien ce qu’on 16.11, Tourcoing, Le Grand Mix, Complet pensait en 2010.


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Festival Les inRocKs Texte Julien Damien Photo The Acid © DR

Question : qu’ont en commun Baxter Dury, Parquet Courts ou The Acid ? Pas grand-chose, effectivement. Si ce n’est de partager l’affiche du Festival Les inRocKs, dont le but est - comme beaucoup d’autres, il est vrai - d’apposer des noms méconnus (parfois injustement) à côté d’une belle grosse pointure. Dans ce sens, Tourcoing n’a pas été snobée par rapport aux autres villes qui participent à l’événement (Paris, Nantes, Toulouse, Lyon, Strasbourg et pour la première fois Londres). Et se voit même offrir l’un des artistes les plus excitants de la programmation en la personne de Baxter Dury (avec Damon Albarn, lui au Casino de Paris). On ne tarissait déjà pas d’éloges sur lui le mois dernier à la faveur de son album, It’s a Pleasure. Dans l’ombre du cockney décadent, on 13.11, Palma Violets, Parquet Courts, se laisse aussi tenter par le rock brut The Orwells, 20h, 20>17€ et urgent des New-Yorkais de Parquet 14.11, Baxter Dury, Ásgeir, Nick Mulvey, The Acid, 19h, 26>23€, pass 2 jrs, 41>35€, Courts, mais aussi par la folktronica Tourcoing, Le Grand Mix, www.legrandmix.com chamanique de The Acid.


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Mos Def aka Yasiin Bey

© Mr Mass

Acteur, artiste engagé (cf son soutien aux prisonniers de Guantánamo), Yasiin Bey comme il préfère qu’on l’appelle, a récemment fait parler de lui pour autre chose que la musique. Il aurait été refoulé à l’entrée de son propre pays à l’aube d’une tournée... Sinon, à part un mash-up d’Amerigo Gazaway (The Departure), associant les meilleurs sons de Mos à ceux de Marvin Gaye, on n’a pas entendu l’ombre de son flow sur disque depuis The Ecstatic (2009). Gageons que le New Yorkais rebondira énergiquement sur des compositions pétries de hip-hop, jazz et blues. Sans compromis. 15.11, Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 36€, www.abconcerts.be

Soirée Embrace La Condition Publique se transforme en temple du clubbing made in London ! Nées au printemps 2013 à la Machine du Moulin Rouge à Paris, les soirées Embrace se donnent pour but de réunir les nouveaux courants des musiques électroniques. La liaison est assurée à Roubaix par l’équipe de la Cave aux Poètes, avec une affiche électro-soul (Stwo, The Geek x VRV), deep-house (Fakear), garage (What So Not)… Et ça va faire du bruit. 14.11, Roubaix, La Condition Publique, 23h, 21/19/17€, www.caveauxpoetes.com

Evidemment, on pense à Joy Division, mais aussi à Bashung, Ferré… Bref, pas de la petite bière, à l’image de ce qu’on a entendu sur leur premier EP. Révélés en même temps que Feu! Chatterton (voir p. 36), avec qui ils partagent (au moins) cette exigence du beau texte, porté par une voix venue d’outre-tombe, les Messins de Grand Blanc traduisent tout le désœuvrement de l’époque via un rock sidérurgique (Samedi la nuit), cold wave (Degré Zéro), et une poésie carnassière. 14.11, (+ Persian Rabbit), Béthune, Le Poche, 20h45, 7/5/4/3€, www.lepoche.fr

© Adrien Landre

Grand Blanc


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SBTRKT

Une année sans voyelle Texte Mathieu Dauchy Photo DR

Auréolé de la réussite d’un 1er LP renversant en 2011, l’Anglais Aaron Jerome voulait faire de 2014 l’année SBTRKT, en lançant au printemps l’EP bien-nommé Transitions, puis en teasant tout l’été un deuxième album très attendu… Et enfin avec une tournée mondiale, qui passe par Gand. Des featurings surprenants (Ezra Koenig de Vampire Weekend, Caroline Polachek de Chairlift, mais aussi les habitués Sampha et Jessie Ware, ainsi que Denai Moore, Raury et A$AP Ferg), un artwork fascinant, et le talent d’architecte sonore de SBTRKT : la promesse était grande, mais après une première écoute gourmande, Wonder Where We Land justifie son titre. On se demande si c’est bien le SBTRKT qui nous tirait par le bras vers le dancefloor qui est aux manettes. Ce nouvel opus, alourdi d’interludes, trahit l’excès d’ambition d’un musicien désireux de bien faire… Le syndrome Kanye West aurait-il atteint SBTRKT, qui disperse dans un album trop fourre-tout ses immenses talents de producteur, jusqu’à vocoder la voix de Caroline Polachek ? Celle de Sampha s’avère toujours aussi ajustée à certaines compositions d’une orfèvrerie étourdissante, et on regrette que cette union qui a enfanté la nu-soul la plus fascinante de ces dernières années ne soit pas permanente. Espérons toutefois qu’elle soit reconduite sur scène, comme lors de la précédente tournée. On retrouvera alors le SBTRKT qui, derrière son masque d’apprenti-sorcier, orchestre des basses soyeuses tout en ménageant des effets pop sans pareil sur la scène électro. C’est alors qu’on saura si 2014 mérite ses consonnes de noblesse. 17.11, Gand, Vooruit, 19h30, 25>21€, vooruit.be


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The Skatalites

50th Anniversary Tour 1964-2014 Texte Christophe Delorme Photo Meghan Sepe

Tous les Jamaïcains savent que le reggae vient du ska, et que celui-ci doit énormément aux Skatalites. En mêlant jazz, blues, calypso, mento et des rythmes africains... ils ont tout simplement révolutionné l’histoire de la musique ! C’était en 1964. Dans la foulée, Don Drummond et sa bande ont accompagné la grande majorité des interprètes de leur île via le label Studio One et Guns of Navarone fut le premier vrai titre ska ayant du succès à l’international ! Ce groupe mythique (le mot est faible) fête désormais ses 50 ans de carrière avec une tournée mondiale. Il fait escale à la maison Folie Beaulieu avec un répertoire riche 20.11, Lomme, maison Folie Beaulieu, 20h30, 17>14€, www.ville-lomme.fr de 30 albums. Immanquable.


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Benjamin Schoos éloge de la série B Texte Rémi Boiteux Photo François Mercier

21.11, Botanique (Orangerie), Bruxelles, 20h, 14/11/8€, botanique.be 27.11, CC Chiroux, Liège, 20h30, 12>9€, www.chiroux.be 29.11, La Gelbressée, Namur, 20h, 8>6€, www.gelbressee.be


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à l’heure où sort le luxueux Beau Futur, allons à la rencontre de son maître d’œuvre Benjamin Schoos, créateur de pop ambitieuse depuis une vingtaine d’années, en solo ou accompagné. Avec son nouvel album, il atteint les hauteurs de ses fantasmes haute couture et mauvais genre. On décolle ! Pas aisé de tirer le portrait de Benjamin Schoos : le sujet bouge tout le temps ! Quand il ne chante pas sous son nom, il devient Miam Monster Miam, accompagne les Loved Drones ou pond un titre pour l’Eurovision. Et dirige le label Freaksville Record, sa créature, qui s’offre même une excitante branche afro. Mais ces existences multiples résolvent un but unique : créer une musique de genre, celui de la série B. Ambivalence. « J’ai toujours été attiré par les histoires louches, Lovecraft ou Maupassant », nous confie l’artiste qui s’intéresse à l’ambivalence : « faire de l’authentique avec du faux ». Une définition de la pop que le Belge pervertit en y « injectant de la culture bis ». Cette démarche trouve un aboutissement sur son nouvel opus où, non content de ne pas tenir en place, il voyage aussi dans le temps : « j’aime le Benjamin Schoos, Beau Future moderne et l’ancien ». Et si Beau Futur se pare (Freaksville Record), d’habits SF, son futurisme regarde intensésortie le 10.11 ment dans le rétro. De façon plus transversale à visiter / www.benjaminschoos.co.uk qu’historique, on y croise des références franwww.freaksvillerec.com cophones dans un trip spatial et spacieux qui passe par Gainsbourg, Sheller, Air. Et par Chamfort, convié au milieu d’un rutilant casting : Schoos enrôle du beau linge « comme au cinéma, tu es content de voir Bill Murray faire une apparition ! » Lui qui « ne pense pas que le haut de gamme vaille mieux que le bad gamme en musique » livre un défilé de haute couture pop, à retrouver sur scène, « avec encore plus d’action et toujours de l’entertainment ».


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Disque du mois

Ariel Pink Pom Pom (4AD/Beggars)

Pas à une contradiction près, le trublion Pink sort son album le plus expansif au moment où il dégraisse son alias. Exit le Haunted Graffiti des précédents opus bricolés, Pom Pom est le premier disque d’Ariel Pink tout court. Et tout sauf court, avec ses 17 titres lui donnant l’occasion d’aller fureter partout (glam, new-wave, punk, surf, muzak, pop…) avec un appétit plus dévorant que jamais. Le résultat : sous la pochette-surprise rose et la démesure amusée, un feu d’artifice ininterrompu d’idées, de mélodies, de trouvailles de production, de paroles dadaïstes et de compositions cubistes. La créativité débridée d’Ariel donne le tournis. Et le pire, c’est qu’il a raison de tout se permettre. Même les morceaux les plus blaguesques (Nude Beach a Go-Go ou le génial Jell-O) sont des perles, des diamants tordus, des bonbons pour les oreilles. De jingles absurdes en odyssées zigzagantes, de thèmes scabreux en plaisirs régressifs, c’est aussi bizarre qu’accrocheur, épuisant peut-être mais euphorisant surtout. Assurément l’album pop le plus drôle, généreux et brillant de cette fin d’année. Il y avait le pom pom pom pom de Beethoven, il y a désormais le pom pom d’Ariel Pink. Rémi Boiteux

Cristian Vogel Polyphonic Beings (Shitkatapult)

S’il a marqué la house anglaise de la fin des années 1990 avec Jamie Lidell (Super Collider), Cristian Vogel, vieux routard de la scène électronique, a toujours préféré en solo les chemins de traverse au versant hédoniste et plus prévisible de la culture techno. Une œuvre dont la dernière pierre, Polyphonic Beings, disque aussi captivant qu’indansable, s’inscrit dans la lignée de Eselsbrücke, paru en 2013. Sous l’influence revendiquée des Studies de Stockhausen, l’anglo-chilien dévoile, entre dub concassé et volutes synthétiques, des territoires sombres dans lesquels on s’abandonne les yeux fermés. Il réaffirme son goût pour l’expérimentation et adresse un joli pied de nez à l’uniformisation des productions électro actuelles. Clément Perrin


Erlend Øye

Etienne Jaumet

Legao (Bubbles Records/Differ-ant)

La Visite (Versatile Records)

Pour nous aider à supporter la fin de The Whitest Boy Alive, épatant groupe de pop minimaliste trop méconnu d’Erlend Øye, ce dernier a enregistré Legao en Islande, avec un groupe de reggae du cru... On attendait un album italien puisque le Norvégien expatrié à Syracuse chantait en début d’année La Prima Estate : un morceau primesautier et génial, mais absent ici. Cet album s’inscrit donc avec une certaine grâce, mais sans grande ambition, entre un passé vécu en groupe et un futur en italien. On retrouve dans les 10 pastilles pop de Legao le génie mélodique du binoclard associé au dépouillement classique qu’il applique à tous ses projets. Une carte postale très personnelle à accrocher au frigidaire, en attendant la suite. Mathieu Dauchy

Le natif de Lille a pris le temps de se consacrer à un projet solo après avoir signé la BO du film Loubia Hamra avec son duo Zombie Zombie. Sorte de free jazz électronique, la musique de cet amoureux des machines analogiques perpétue une certaine tradition française du synthprog, à la manière de Richard Pinhas (avec qui Jaumet a d’ailleurs collaboré l’an dernier), tout en renouvelant le genre. Ce multi-instrumentiste explore de nouvelles contrées en ajoutant à ses claviers et au saxophone des boîtes à rythmes, et pour la première fois sa voix (notamment sur La Visite ou l’exploration hallucinée de son propre corps). à l’arrivée, cet album oscille entre envolées contemplatives et incursions plus club (Stuck In the Shadow Of Your Love). Benjamin Leclerc

Koudlam Benidorm Dreams (Pan European Recordings/Sony Music France)

Disons le tout de suite : ce troisième album de Koudlam est sans doute le plus passionnant de son œuvre, déjà plus que digne d’intérêt. Son dernier LP en date (Goodbye, 2009) s’intéressait aux rites, lieux sacrés et ruines à travers le monde – pour le dire très vite. Aujourd’hui, Benidorm Dreams est le fruit de son ressenti face à Benidorm, station balnéaire espagnole ultra-bétonnée où se croisent retraités anglais en quête de calme et jeunesse technoïde en quête de came. On n’a jamais foutu les pieds dans cet enfer sur Terre, mais on veut bien y croire : aux plénitudes des nappes synthétiques, aux délicates touches de piano, répondent beats gabber et sons acid. Le tout manié avec une maestria qui force le respect. Thibaut Allemand


56 écrans

Cinéma

Arras Film Festival

écran large Texte Marine Durand Photo L’Incomprise, Asia Argento © Stefano Iachetti

à l’heure où nous écrivons ces lignes, l’effervescence s’apprête à gagner la Grand’ Place d’Arras. Du 7 au 16 novembre, plus de 100 longs-métrages y sont présentés, entre avant-premières françaises (et belges), ciné-concerts et films étrangers inédits. Comment s’y retrouver ? Le délégué général du Arras Film Festival nous guide dans les salles obscures de cette 15e édition. « On ne sait jamais vraiment d’où va surgir l’extraordinaire », sourit Eric Miot. à la barre depuis 2000, il a vu le public (35 000 personnes l’an passé) s’emparer de la manifestation avec toujours plus d’enthousiasme. Et accepte de nous livrer quelques astuces : « La leçon de cinéma est toujours un moment très apprécié ». Surtout si elle est donnée par une pointure comme le Britannique Stephen Frears, qui fait l’objet d’une rétrospective (des Liaisons dangereuses à Philomena) en tant qu’invité d’honneur. à ses côtés, l’Italienne Asia Argento, qui vient présenter son 3e film, est elle aussi consacrée pour sa carrière audacieuse de réalisatrice, sept ans après son père. Place aux jeunes ! Pour le reste, on retrouve les fondamentaux d’un évènement qui attire désormais au-delà de la région : une sélection tournée vers le cinéma d’Europe de l’Est - « nous avons comblé un vide » - justement dosée entre légèreté et réflexion sur un passé proche. Le nouveau défi des organisateurs ? Développer les rencontres professionnelles, permettant à des cinéastes de présenter leurs projets en cours à des producteurs. En compétition Invités : Stephen Frears (leçon de cinéma, cette année, le long-métrage islan14.11, 14h30, gratuit), Asia Argento (projection & rencontre, 10.11, 18h45, 6/5e + leçon de dais Paris of The North a trouvé cinéma, 11.10, 11h, gratuit) son financement lors de l’édition 07> 16.11, Arras, 6/5/3€ la séance, carte 2013 ! Le cinéma de demain, c’est permanente 60€, pass 10 films 40€, pass 5 films 25€, www.arrasfilmfestival.com aussi à Arras qu’il se crée.


58 écrans

Histoire de la peur

De l’autre côté Texte Raphaël Nieuwjaer Photo Shellac

Un trou dans le grillage, des poubelles étalées dans le parc arboré, une alarme qui se déclenche : il n’en faut pas davantage pour que la peur gagne peu à peu le quartier protégé d’une petite ville argentine. Pour son premier film, Benjamin Naishtat explore avec acuité les tensions sociales de son pays. Comme dans Les Bruits de Recife, film brésilien de Kleber Mendonça Filho sorti en début d’année, la frontière entre quartiers pauvres et riches traverse Histoire de la peur. Il n’est pas difficile d’imaginer les raisons d’une telle préoccupation dans le cinéma sud-américain. L’histoire des conquêtes coloniales a marqué les rapports de classe dans des sociétés affichant de considérables écarts de richesse. Outre le sujet, les deux films partagent une même manière de faire jaillir la tension du plus banal. Mais le projet de Naishtat vise un dépouillement formel plus radical, sans référence au cinéma de genre. La force d’Histoire de la peur est de s’en tenir à un sentiment aussi diffus que puissant, sans autre cause apparente que l’isolement dans lequel la classe dominante s’enfonce. L’existence du quartier pauvre ne passe que par des signes, toujours vécus comme une menace. La tension, culminant lors d’une coupure d’électricité, croît grâce à l’usage du plan-séquence, dont on craint toujours qu’il n’aboutisse à un drame. Naishtat laisse affleurer une société au bord de l’implosion. Nous rappelant au De Benjamin Naishtat, avec Jonathan Da Rosa, passage que cette folie sociale n’est pas Tatiana Giménez, Mirella Pascual... Sortie le 05.11. celle d’un seul lieu.


60 60 écrans écrans

Eden

Remonter le courant Texte Marine Durand Photo CG Cinéma

Explorant la naissance de la French touch, Mia Hansen-Løve s’aventure sur un terrain laissé jusque-là vierge par l’industrie du cinéma. Et, surtout, plonge dans ses souvenirs d’adolescente pour nous livrer un film joliment nostalgique d’une période d’insouciance jamais retrouvée. Elle nous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Et pour cause, la réalisatrice d’Un amour de jeunesse était lycéenne lorsque son grand frère s’est retrouvé derrière les platines des premières raves parisiennes, au début des années 1990, assistant à l’avènement d’un courant électro devenu emblématique. Comme dans les précédents films de Mia Hansen-Løve, Eden est en bonne partie autobiographique. Sous les traits de Paul, jeune DJ passionné de house garage qu’on suit de ses 17 ans à l’aube de la


quarantaine, c’est bien Sven Løve que l’on doit reconnaître, instigateur des soirées « Cheers », résident des « Respect » au Queen (Paris), ex-animateur de radio FG et ici co-scénariste. Lui aussi vécut, comme son alter-ego cinématographique (Félix de Givry, convaincant dans son premier rôle), le frisson de la drogue, les relations amoureuses inconstantes, les dettes et le désenchantement, alors qu’explosaient Thomas et Guy-Man alias Daft Punk. Mêlant fiction et vie réelle, décors recréés avec soin et lieux emblématiques, acteurs débutants et confirmés (Vincent Macaigne, Golshifteh Farahani), Eden aurait mérité une mise en scène plus inventive. Mais parvient à nous emporter De Mia Hansen-Løve, avec Félix de Givry, Pauline grâce à une BO qui donne envie de Etienne, Hugo Conzelman… En salle le 19.11 retrouver l’ivresse des dancefloors.


62 écrans

© Sylvain George Noir production

Documentaire

La Saga des Conti

Vers Madrid

Vous souvenez-vous des Conti ? En 2009, les 1120 salariés de l’usine de pneus Continental, sise à Clairoix (Oise), se sont battus huit mois durant pour conserver leur emploi. La mémoire en a conservé quelques images. Celles de Xavier Mathieu, leader du mouvement. Ou celles de ces salariés à bout saccageant la sous-préfecture de Compiègne. Clichés dont se sont régalés les JT, toujours prompts à jouer les chiens de garde... Or, tout l’intérêt de cet excellent film réside dans son approche : au plus près du groupe, Jérôme Palteau donne la parole aux hommes – à propos du labeur, du salariat, de la crise... Ils apprennent à monter un comité, animer une AG, réfléchir à leur travail – et au sens de celui-ci. Ces images et ces paroles sont précieuses. Le combat fut perdu, certes, mais la lutte si belle ! Thibaut Allemand

Depuis 2005, Sylvain George réalise une des œuvres documentaires les plus essentielles du cinéma français. D’abord à Paris, puis à Calais et Ceuta, en Espagne, il a suivi le combat des migrants pour leur survie et le respect de leurs droits (notamment dans Qu’ils reposent en révolte). Toujours dans un noir et blanc abrasif, Vers Madrid enregistre l’invention entre 2011 et 2012 d’une alternative politique concrète à la démocratie représentative. Sur la Puerta del Sol, jeunes et vieux « indignés » se réunissent, composent des groupes de réflexion. Renouant, ici et maintenant, avec la démocratie des Grecs anciens. Loin des images préfabriquées de la télévision, le cinéaste crée un « poème cinématographique d’actualité » avec un montage d’une grande inventivité. Et d’une brûlante intensité. Raphaël Nieuwjaer

de Jérôme Palteau, (Editions Montparnasse), 15€

De Sylvain George, en salle le 05.11, avant-première le 04.11, Kino, Villeneuve d’Ascq, 20h


64 ĂŠcrans


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Série

The Good Wife

La bonne série Texte Florian Koldyka Photo © Craig Blankenhorn/CBS

Après l’adultère de son mari politicien, Alicia Florrick reprend son activité d’avocate. Le tribunal se révèle un terrain de jeu à sa mesure et l’aide à garder la tête haute. De quoi oublier un temps sa condition d’« épouse de », humiliée publiquement. The Good Wife (TGW), est avant tout l’histoire d’une femme. Indépendante et déterminée, la féministe campée par la désarmante Julianna Margulies désapprouve les choix de la direction de sa firme Lockart-Gardner. Aux prises de risque se mêlent maintenant les cas de conscience. Et autres contradictions ad hoc : Alicia, il y a peu bafouée, accepte de nouveau dans sa vie un Peter Florrick charmeur et renaissant de ses cendres politiquement. Elle échouait à revenir aux affaires après le scandale ; elle séduit son ancien camarade Will Gardner pour gagner un poste. Mais trahit à contrecœur ce même Will en montant en catimini le cabinet Florrick-Agos. Bref, dépassée par un quotidien haletant, cette brillante avocate tient à garder le cap tandis que ses enfants encaissent la médiatisation de leurs parents. Le fond et la forme. Tirant le meilleur d’une série procédurale grand public (un cas par épisode), les scénaristes rivalisent d’ingéniosité. Selon une méthode empruntée au duo John Wells-Aaron Sorkin (The West Wing), TGW s’inspire de l’actualité pour aborder différentes questions de société. Malgré un ton sérieux, l’œuvre des époux King n’en conserve pas moins une certaine drôlerie (hilarants seconds rôles de Michael J. Fox & Carrie Preston). Elle mêle harmonieusement le tragique, le suspense et des touches parodiques qui ont toujours été l’un de ses grands points forts. Ajoutons à cela que le propos est soutenu par une caméra alerte et un souci esthétique évident. Chaque De Michelle et Robert King, avec Julianna Margulies, Josh Charles... nouvel épisode est un régal ! saison 5, Téva, dès le 02.11, dim, 20h40


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© HBO

© Rubicon TV, SevenOne International

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Boardwalk Empire

Lilyhammer

Inspirée de l’histoire des mafieux qui ont inondé d’alcool Atlantic City, New York et Chicago dans les années 1920, cette série créée par Terence Winter (l’un des scénaristes des Soprano) et produite par Scorsese n’a pas connu le succès qu’elle méritait. Et cela malgré une réalisation brillante, une parfaite reconstitution de l’époque et une BO sublime. Cette ultime saison commence en 1931, en pleine Dépression. C’est le début de la fin de la Prohibition. Désormais, rien n’empêchera la chute de Nucky Thompson et d’Al Capone, ni l’ascension de Lucky Luciano (le plus grand criminel de l’histoire des USA) et de Meyer Lansky (l’un des fondateurs de Las Vegas). Et c’est avec un peu de tristesse que l’on regarde nos bootleggers préférés se faire zigouiller pour laisser place à une génération de gangsters plus impitoyables encore !

Parrain mafieux new-yorkais, Franck Tagliano décide de se ranger des voitures. Bénéficiant du programme de protection des témoins du FBI, ce repenti joué par l’excellent Steven Van Zandt (Les Soprano) choisit le lieu de villégiature de sa nouvelle existence. Ce sera Lillehammer, en Norvège, rapport au souvenir des JO de 1994. Première production estampillée Netflix, Lilyhammer utilise un procédé sériel classique : le poisson hors de l’eau. On attend et on observe. Dans un environnement rappelant celui de Fargo, cette comédie noire brille par son jeu sur les contrastes. La plongée de cet Italo-Américain un tantinet macho, amateur de pizzas, au pays de la parité homme/femme et du saumon d’élevage est réjouissante. Dans ce microcosme pittoresque, une opportunité se dessine pour Franck, l’homme par qui le chaos arrive... Florian Koldyka

Julien Damien De Terence Winter, avec Steve Buscemi, Stephen Graham, Vincent Piazza…, jusqu’au 25.11, saison 5, OCS, lun, 20h55

De Anne Bjørnstad et Eilif Skodvin, saison 1, Arte, 30.10>20.11, jeu, 20h50


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Passions Secrètes

En pleine lumière Texte Julien Damien Photo Wim Delvoye, Trophy, 1999

Ce sont des trésors longtemps restés cachés. Des pièces pour beaucoup jamais vues et qui témoignent d’un vif intérêt pour l’art dans cette région des Flandres. Jusqu’au 4 janvier, le Tripostal expose 140 œuvres prêtées par 18 collectionneurs issus du Courtraisis. Une histoire de passion. Et de secrets, forcément…

I

l est d’abord question de goût. Celui de Martine Aubry pour l’art contemporain. D’amitié aussi, que la maire de Lille entretient avec ces collectionneurs qui ont accepté d’ouvrir leur caverne d’Ali Baba à l’équipe de Lille 3000. Mus par « l’envie de partager » une richesse qu’on ne soupçonnait pas. On imagine alors la difficulté de la tâche : monter une exposition à partir de 4 000 œuvres pour n’en conserver « que » 140. Des créations de Damien Hirst ou de Gilbert & George ont été retoquées… N’en reste pas moins 80 artistes internationaux dont on découvre parfois un travail inconnu. En plus d’un hommage aux artistes belges (Borremans, Bellinkx, Fabre…), trois parcours se sont imposés (la femme, le miroir et une certaine Amérique). Et surtout un constat : un écosystème artistique très pointu s’est constitué à Courtrai.

Tribu. Qui prête quoi ? Qui sont ces collectionneurs ? « Je ne vous dirai rien ! », nous lâche dans un grand sourire cet homme affable. Son épouse, moins habile au jeu de la discrétion, avoue dans ce qui semble une belle bourde – immédiatement fusillée des yeux – que déplacer les fragiles machines volantes de Panamarenko fut quand même une entreprise périlleuse… On n’en saura pas plus, tant le mystère scelle le milieu. « Ce sont des gens ouverts sur le monde : médecins, avocats, industriels… et ils se connaissent tous, c’est un peu une tribu », confie l’un d’entre eux, qui préfère garder l’anonymat. Motus et bouche cousue. >>>

Jusqu’au 04.01.2015, Lille, Le Tripostal, mer>ven, 12h>19h, sam&dim, 11h>19h, 8/4€, www.lille3000.eu


Passions secrètes

© Maxime Dufour photographies, courtesy Studio Jan Fabre

Œ uvres commentées vid, par Caroline Da l’exposition commissaire de

Jan Fabre The Hanged (Dependens) (1979-2003) « Comme à son habitude, Jan Fabre se met en scène, ici dans un autoportrait fait de punaises retournées. Une œuvre reluisante, qui brille, mais qui évoque aussi une période sombre de l’artiste, qui avait alors des tendances suicidaires ».

Panamarenko Bing of the Ferro Lusto X (1997) © Courtesy SMAK

« Voici une pièce historique de l’artiste anversois. Des engins destinés à survoler la canopée mais qui, bien sûr, ne voleront jamais. Ces œuvres sont évocatrices d’utopie, mais également très poétiques ».

Dan Graham © Maxime Dufour photographies

Rectangle inside ¾ cylinder (2008) « Il est très étonnant de trouver une œuvre comme celle-ci chez un collectionneur. C’est une de mes pièces préférées. Elle se situe entre l’art et l’architecture. Dan Graham joue sur l’utilisation de l’espace et du reflet. Avec le trouble. Il se sert de différents verres, qui vont tantôt réfléchir, tantôt flouter les silhouettes. Un pavillon dans lequel, finalement, l’intérieur et l’extérieur se mélangent ».


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Mark Leckey

Déplace les objets Texte Julien Collinet Photo Sven Laurent

Lauréat du prestigieux prix Turner en 2008, l’artiste anglais Mark Leckey se voit consacrer une passionnante exposition rétrospective - la plus grande à ce jour - au Wiels de Bruxelles. Entre pop culture et ultra consommation.

D

errière ses allures de dandy post-moderne, Mark Leckey consacre bel et bien l’essentiel de son travail au monde actuel. à l’heure où la consommation régit notre quotidien, l’artiste porte comme un étendard son obsession pour les objets qui nous entourent. Il est capable d’exhiber une boîte de conserve de pâtée pour chat, ou de donner vie à un réfrigérateur robotisé dans une œuvre grandiose (Green Screen Refrigerator Action, 2010). à travers différents films diffusés sur de multiples supports, dont Fiorucci Made Me Hardcore (1999), qui retrace l’évolution des danses adolescentes de ces dernières années, l’artiste révèle sa fascination pour la technologie. L’être humain n’existe plus, sinon sous une apparence monstrueuse, pour laisser place aux machines, sacralisées. Outre la pompeuse dénomination de cette rétrospective - Enchanter la Matière Vulgaire - l’ancienne brasserie bruxelloise accueille une des Jusqu’au 11.01.15, Bruxelles, Wiels, Centre dernières expositions itinérantes de d’art contemporain, mer>dim, 11h>18h, 8/5/3/1,25€, gratuit 1er mercredi du mois. Leckey : The Universal Addressability www.wiels.org of Dumb Things.


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2


Lux

Et la lumière fut Texte Julien Damien

« Et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres ». C’est à cause de cette phrase que Michel Nuridsany fut incapable de poursuivre la lecture de la Bible. Et qu’il monta Lux, afin de réunir à nouveau ces deux entités dans un même lieu. à travers cette exposition d’art contemporain et, après Dialogues de l’ombre et Effets de miroir, l’écrivain et critique tente de mettre en forme ce qui n’en a pas.  

D’

emblée, la lumière se fait tension. Essaie de s’échapper via une danse techno de deux grandes tours projetées en vidéo sur un mur gigantesque1. En face, quarante paires de chaussures de bronze alignées sur le sol accueillent des bougies, offrant une vision poétique du photon2. Entre les deux, une ampoule tombée du plafond s’est encastrée dans un bloc de ciment, lequel laisse encore percevoir un mince rayon scintillant3. L’œil du visiteur devra ensuite se heurter à un panneau d’ampoules clignotantes, qui brûle la rétine comme le soleil, pour poursuivre son périple à travers l’exposition4.

1/

Pierre Hyugue

Les grands ensembles (2001) Collection Fonds National d’Art Contemporain 2 / Erik

Dietman

Le proverbe turc (1988-98) Courtesy Galerie Claudine Papillon 3 / Sophie

Dubosc

Couvre-feu (2004) © Sophie Dubosc 4 / Carsten

Höller

Light Wall IV (2007, version restaurée 2013) © DR 5/

T

Momentum 002 : virtual landscape for disembodied spirits, (2011) Production Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains 6/

Pierre Petit

Demain comme hier (2009) © DR 7 / Bérénice

Merlet

Petit salon (2010) © DR 8 / Jeanne

Susplugas

Light house III (2013) Courtesy de l’artiste et de la galerie Valérie Bach, Bruxelles

De l’art d’éclairer. Violente, la lumière s’apaise alors jusqu’à se laisser dompter. Devient un mouvement organique dans un très impressionnant cube de LEDs5. Coule d’un néon dans des assiettes6, nous renvoie à notre peur du noir en courant se cacher sous une table tel un enfant effrayé7. Se mue en cage de diodes pour enfermer, cette fois, le visiteur8. Celui-ci comprend alors que Lux brille par ses contrastes : « l’exposition s’articule autour d’un couple antagoniste : l’un, violent, qui éclate et fait mal, l’autre poétique, proche de l’ombre avec laquelle elle Jusqu’au 04.01.2015, Tourcoing, Le Fresnoy, mer, jeu, dim, dialogue », explique Michel 14h>19h & ven, sam, 14h>21h, 4/3€, www.lefresnoy.net Nuridsany. Lumineux.


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© Studio Carlo Scarpa

Le Labo des héritiers

Le Grand-Hornu Images consacre une exposition aux « fils de ». Ces enfants de créateurs qui ont embrassé à leur tour une carrière artistique. Designers ou architectes, peintres et céramistes, les «  héritiers » explorent en mots et en images l’influence du contexte familial sur leurs pratiques actuelles. Histoires de filiation, de transmission, d’héritage à la lumière de quatre grands noms : les Bakker, Scarpa, Van Severen et Vermeersch. Familles je vous hais ? Jusqu’au 04.01, Grand-Hornu, MAC’s, mar>dim, 10h>18h, 8/4€, www.mac-s.be

Jusqu’au 25.01.15, Lille, Palais des Beaux-Arts, lun, 14h>18h, mer>ven, 10h>18h, sam & dim, 10h>19h, 10>8€, www.palaisdesbeauxarts.fr

Portraits de rue

Jusqu’en février 2015, Valenciennois, avec le Boulon, Centre national des arts de la rue de Vieux Condé, www.leboulon.fr 06>14.11, collage des photos // 08 et 09.11, ateliers créatifs // 15.11, spectacle-voyage à bord du tramway, à la nuit tombée, 3€

© Alice

Le visage des habitants sur les murs, à la faveur d’une installation rappelant la démarche de JR ? C’est ce que propose le groupe artistique Alice, qui a posé son studio photo ambulant en octobre dans le corridor minier valenciennois pour y tirer le portrait des riverains. Et cela risque d’en décoiffer plus d’un de se voir au format XXL sur les façades des maisons, le long de la ligne de tramway Anzin– Vieux Condé. Tu veux ma photo ? Ben tu l’as…

© Londres, The British Museum

Sésostris III S’il n’est pas le plus connu des pharaons, Sésostris III fut l’un des plus ambitieux. Près de 2 000 ans avant J.C, il conquit la Nubie (l’actuel Soudan), délimita les premières frontières de son royaume et réinventa l’état égyptien. 300 œuvres sont ici réunies, dont 200 prêtées par les plus grands musées (Louvre, Metropolitan Museum de New York, etc.), et témoignent d’un règne de cet âge d’or de l’Egypte ancienne.


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L’autre de l’art

à la marge Texte Madeleine Bourgois Photo Atsuko Tanaka, Peinture, 1962, Musée Cantini, Marseille © Musées de Marseille / Almodovar-Vialle

Pour son exposition de rentrée, le LaM nous plonge dans l’art « alternatif ». Et prend le pari de rendre accessible des œuvres qui échappent aux codes et à l’institution. En posant plus que jamais la fameuse question : qu’est-ce qu’un artiste ? 

Q

uel est le point commun entre un graffiti reconnu de Jean-Michel Basquiat et des dessins réalisés par des « fous » au début du xxe siècle ? Ces deux modes d’expression s’inscrivent dans une relecture de l’histoire de l’art qui s’attache à l’« Autre ». à celui qui, souvent sans atelier et sans avoir les honneurs des Beaux-arts, a bousculé le statut d’œuvre. Spécialiste de l’art brut, le LaM a élargi son champ d’exploration grâce à cet accrochage structuré en cinq volets. Bousculer les préjugés. Le circuit permet au visiteur de s’y retrouver dans le foisonnement de formes et de supports, de se concentrer sur l’un ou l’autre des thèmes. La première séquence est aussi la plus attendue : « Anonymes » présente des productions d’ « aliénés » issues de collec-

tions de médecins : collages, dessins, poupées... Puis direction « la rue », où l’on croise donc Basquiat, tandis qu’« Enfance » nous apprend que d’illustres artistes (Picasso, Paul Klee…) se sont penchés sur les créations enfantines. « Le geste » est quant à lui consacré à la recherche d’un retour au dessin primitif comme expression des pulsions profondes. Enfin, « L’origine » interroge davantage nos idées reçues. Car si au xixe siècle la découverte de l’art rupestre a bouleversé la chronologie établie, aujourd’hui les Barbus Müller, énigmatiques visages en pierre retrouvés dans le Massif central, interpellent le visiteur. Quel âge ont-ils ? Leur sculpteur a-t-il été influencé par l’art africain ? Maya ? Le mystère de « l’autre » reste entier. Jusqu’au 11.01.15, Villeneuve d’Ascq, LaM, mar>dim, 10h>18h, 10/7€, www.musee-lam.fr


Paris

Paris. Festival en plein air. 1999 © Martin Parr / Magnum Photos / Galerie kamel mennour

Martin Parr

La Maison de la Photographie de Lille accueille Paris. à travers une soixantaine d’œuvres, le plus célèbre des photographes anglais explore la capitale par le menu. Il tire notamment le portrait des acharnés de l’objectif, les touristes éblouis par la Ville Lumière. Agglutination de visiteurs devant les pièces maîtresses du Louvre ou sur le parvis de Notre-Dame, Martin Parr croque le tout sans mépris mais avec un regard acéré. Ici, le banal flirte avec le mauvais goût sans jamais devenir vulgaire. Qu’il souligne les conséquences du tourisme de masse ou la fashionista parisienne, il s’affirme comme un observateur sans pareil de notre temps, nous plaçant devant ce qu’on ne voit plus. Marie Pons Jusqu’au 23.12, Lille, Maison de la photographie, jeu& ven, 10h>18h, sam & dim,14h>18h. 5/3€, gratuit (- 8 ans), www.maisonphoto.com


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Caritas

Lessive raciale, 2002 © Samuel Rousseau / Musée de Picardie

Histoires, paraboles et rêves

Au départ, une légende : un jour d’hiver, alors qu’il se trouve à la porte de la ville d’Amiens, Saint Martin donne la moitié de son manteau à un mendiant. Le Musée de Picardie se saisit de l’histoire et du thème du partage, pour proposer une exposition-parcours qui envahit la ville. Les visiteurs sont invités à faire le trait d’union entre œuvres classiques et contemporaines (Francis Alÿs, Marcel Broodthaers). Installations, vidéos et sculptures jalonnent ce chemin qui nous mène du Palais de Justice à l’école d’art, de l’Eglise Saint-Leu jusqu’au quartier nord de la ville. La déambulation peut s’agrémenter de visites thématiques, de conférences et concerts. Marie Pons Jusqu’au 18.01, Amiens, Musée de Picardie, mar, ven, sam, 10h>12h & 14h>18h ; mer, 10h>18h ; jeu, jusqu’à 21h ; dim,14h>19h, 5,50/3,50e/gratuit -26 ans, www.amiens.fr/musees


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© Mulier Mulier Gallery

Le Déjeuner, Jules Pascin © Bal, Ville Liège

exposition

Panamarenko Universum

L’art dégénéré selon Hitler

Engins volants bien identifiables : le plus célèbre des artistes-bricoleurs belge expose dans sa ville natale jusqu’en février. Sous le pseudonyme de Panamarenko se cache un inventeur de génie. Chacune de ses expérimentations artistiques répond à des connaissances en sciences naturelles et en ingénierie. Son monde est peuplé de machines conçues pour les airs ou la mer, de drôles d’oiseaux biscornus. Au gré du parcours, on découvre une quarantaine d’œuvres réalisées entre 1965 et 2005. Chaque section présente des pièces monumentales (le sous-marin Pahama ou la Prova Car) mais aussi des dessins préparatoires, sculptures ou maquettes. On entre au cœur du processus créatif de cet artiste à l’imaginaire foisonnant. Décollage pour Anvers imminent. Marie Pons

Cubistes, expressionnistes, surréalistes… Les jugeant « dégénérées » (entartete kunst), les nazis bannirent 7 000 œuvres d’art moderne des musées allemands. Certaines furent détruites, d’autres achetées par des collectionneurs, et 125 d’entre-elles liquidées lors d’une discrète vente aux enchères, à Lucerne, en 1939. On trouva-là des tableaux et des sculptures de Gauguin, Chagall, Matisse, Picasso, Braque… Présent, l’état belge en acquit plusieurs et la Ville de Liège en obtint neuf. Aujourd’hui, la Cité Miroir, inaugurée en janvier 2014, réunit pour la première fois une partie de ces chefsd’œuvre de Lucerne, jusqu’alors dispersés dans des collections publiques ou privées (sauf ceux confisqués aux familles juives) en Autriche, en Allemagne, aux Etats-Unis... Une exposition historique. Julien Damien

Jusqu’au 22.02.15, Anvers, MUHKA, 8/4/2/1€/gratuit -13 ans, mar, mer, ven, dim, 11h>18h, jeu, 11h>21h, www.muhka.be

Jusqu’au 29.03.15, Liège, Cité Miroir, lun>ven, 9h>18h, sam&dim, 10h>18h, 12/8e/gratuit -14 ans, www.citemiroir.be


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Agenda

Le théâtre du crime Le Musée de la Photographie de Charleroi consacre une exposition à Rodolphe Archibald Reiss (18751929). Ce Suisse fut l’inventeur de la photographie judiciaire. Les scènes de crimes qu’il a immortalisées, ensuite conservées dans les cartons de la police helvétique, n’étaient pas destinées au grand public. Crus, violents, ces clichés dégagent pourtant une étonnante beauté. Un formidable travail documentaire sur le début du xxe siècle. Charleroi, jusqu’au 07.12, Musée de la Photographie, mar>dim, 10h>18h, 6>3€/grat. pour les –12 ans, www.museephoto.be Rodolphe A. Reiss, Assassinat Delaporte © Musée de l’Elysée / Institut de police scientifique, Lausanne

Latin Lovers

A nous York

Né en 1960 en Italie d’un rejet de l’industrie culturelle et de la société de consommation, l’Arte Povera ou « l’art pauvre » (en référence aux matériaux utilisés : sable, terre, bois...) n’a rien perdu de sa puissance expressive. Le Frac dévoile 17 œuvres d’une collection acquise grâce à Jan Hoet, le directeur du SMAK de Gand, décédé fin février. L’occasion de croiser des artistes tels que Luciano Fabro, dont le Latin-Lover prête son nom à cette exposition.

« Big Apple » croquée à la sauce hip-hop. Artistes new-yorkais mais aussi régionaux dressent un portrait de la « Ville qui ne dort jamais ». Futura 2000, chef de file de l’abstract graffiti, et Ernie Paniccioli, photographe emblématique du mouvement, inaugurent la salle d’exposition de la maison Folie Moulins tandis que des graffeurs locaux investissent la maison Folie Wazemmes.

Dunkerque, jusqu’au 29.03.2015, Frac NPDC, mer>dim, 12h>18h, 4/2e/ gratuit – 18 ans, gratuit jusqu’au 31.12, www.fracnpdc.fr

Lille, jusqu’au 11.01.15, maisons Folie Moulins et Wazemmes, mer>dim, 14h>19h, gratuit, www.mfmoulins-lille.fr

Ce tant curieux musée du monde Le MAC’s accueille une partie de la prestigieuse collection du Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren, actuellement fermé pour restauration. Masques, termitières géantes, animaux en bocaux… L’occasion de découvrir la richesse de ce musée qualifié d’« universel » par le directeur du MAC’s, Laurent Busine. « Parce qu’il contient et conserve tout ce que l’homme ou la nature ont créé dans une partie du monde : l’Afrique centrale, et en particulier le Congo ». Hornu, >18.01.2015, MAC’s, Grand Hornu, tlj 10h>18h, sf le lun, 8/4€/gratuit -6 ans, www.mac-s.be


88 théâtre exposition & danse

Agenda

Camille Claudel (1864-1943) Au miroir d’un art nouveau En 1995, la Piscine fut le 1er musée français à lancer une souscription publique pour l’achat d’une sculpture : La Petite Châtelaine, de Camille Claudel. Il poursuit son histoire d’amour avec la sculptrice en célébrant les 150 ans de sa naissance à travers une exposition qui rassemble 150 œuvres (de l’artiste mais aussi de comparaison) issues de collections publiques et privées. Roubaix, 08.11>08.02.15, La Piscine, mar>jeu, 11h>18h, ven, 11h>20h, sam & dim, 13h>18h, 10/7€/grat -18 ans, www.roubaix-lapiscine.com

Camille Claudel,Portrait d’une Petite Châtelaine, 1892-1896 © Courtesy Jérôme Le Blay

Micronations

Signes des Temps

Une micronation ? Un groupe de personnes revendiquant un territoire, quelle que soit sa taille. Ici une famille vivant sur une plate-forme au large des côtes anglaises, là une communauté libertaire se réappropriant une caserne militaire abandonnée. Le photoreporter Léo Delafontaine a visité douze de ces 800 entités à travers le monde. Son travail invite à la réflexion en ces temps de nationalisme exacerbé.

Alors que l’on célèbre le centenaire de la Grande Guerre, cette exposition s’intéresse aux années qui l’ont précédée (de 1880 à 1913). En bousculant cette Belle Epoque toujours présentée comme insouciante, l’accrochage autopsie à travers 150 œuvres la notion de progrès et interroge le statut d’artiste. On y perçoit un rapport quasi obsessionnel à la lutte : entre les classes, les « races » (sur fond de théories Darwinistes), mais aussi les sexes (Munch, Rodin).

Lomme, jusqu’au 28.11, maison Folie Beaulieu, mer, 10h>12h & 14h>18h / jeu & ven, 14h> 18h / sam, 10h>12h & 15h>18h, gratuit, www.ville-lomme.fr

Mons, jusqu’au 23.11 Musée des Beaux-Arts de Mons, mar>ven ,12h>18h, week-end, 14h>20h, 9/6€, www.bam.mons.be

Drakkars & casques à pointe Avant son déménagement dans un nouveau bâtiment, le musée du verre présente une dernière exposition alliant commémoration de la Grande Guerre et art contemporain. Aux images d’archives de l’Avesnois en 1914-18 répondent deux œuvres de plasticiens : un guerrier viking prisonnier d’un cercueil de verre (L’homme de Repton, de Jean Divry) et six étranges statuettes (Homo homini lupus, de P.J. Delmotte). Sars-Poteries, jusqu’au 31.12, Musée-atelier du verre, ts ls jrs sf mar, 10>12h30, 13h30>18h, 3/1,50€/gratuit -18 ans, museeduverre.lenord.fr


Lisbeth Gruwez La Flamboyante

Difficile à saisir, Lisbeth Gruwez se définit elle-même comme un « projectile ». Elle a donc commencé par nous échapper... En pleine tournée italienne pour AH/HA, sa nouvelle création, on la rattrape finalement dans sa chambre d’hôtel à Modène. Sous ses airs de rockeuse, la danseuse et chorégraphe parle vite et avec enthousiasme. Elle se lève, se rassoit, bondit et se contorsionne à mesure qu’elle évoque son travail. Mise au point à l’occasion d’une carte blanche au Tandem d’Arras/Douai.


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O Texte Marie Pons Photos Lisbeth Gruwez dances Bob Dylan © Didier Olivre / AH/HA © Michel Petit

T

out commence avec Jan Fabre. à 18 ans, Lisbeth est déterminée à travailler avec lui, et personne d’autre. à peine sortie de l’Institut de ballet d’Anvers elle débarque donc dans son bureau pour qu’il l’engage. Mais le sulfureux artiste lui demande de revenir lorsqu’elle aura fait ses premières armes. Le prenant au mot, quatre ans plus tard (après un cycle de formation dispensé par Anne Teresa De Keersmaeker et un passage chez Wim Vandekeybus), elle passe l’audition pour As long as the world needs a warrior’s soul et insiste : « tu m’as demandé de rappliquer et je suis là, tu ne peux pas me refuser, c’est impos« Contrôler sible, il faut que je reste. Il a bien rigolé et il a dit ok. » se souvient Lisbeth. l’incontrôlable et

en tirer une danse ça baigne dans l’huile. Ce coup de force débouche sur une fructueuse collaboration. parfaitement Aux côtés de Fabre, elle apprend à canaliser son énergie, à dépasser ses limites. sculptée » Jusqu’au paroxysme en 2004, lorsque son « grand maître » lui taille un solo sur mesure (Quando l’uomo principale è una donna), « un cadeau magnifique ! ». Sur un lac d’huile d’olive, la danseuse joue de son corps, interrogeant les catégories de genres masculin-féminin. La force de cette performance résidait dans ces perpétuels glissements d’un sexe à l’autre, la danseuse se transformait en un être hermaphrodite, un ange asexué.  Tailler dans le vif. Cette expérience lui a donné envie d’écrire. « Ça se battait en moi, j’avais envie d’aller plus loin, de trancher dans la danse, d’enlever tous les mouvements non-nécessaires ». Alors elle se lance en 2006 avec sa propre compagnie, Voetvolk, (« L’infanterie ») désignant « ceux qui font la guerre à pieds et jettent leur corps dans la >>>


bataille ». à travers nos créations, il s’agit de « contrôler l’incontrôlable, comme la chute, le sentiment de danger ou l’extase, et en tirer une danse parfaitement sculptée ». Extases. Dans sa dernière pièce, AH/HA, Lisbeth dissèque le fou rire en compagnie -pour la première fois- de plusieurs danseurs : «  Le rire c’est contagieux, comme un virus ». Ensemble ils libèrent une palette d’expressions depuis la franche rigolade jusqu’au grotesque monstrueux, «  du sourire discret de Mona Lisa jusqu’au cri horrifique de Munch ! ». Elle présente aussi Lisbeth Gruwez dances Bob Dylan, comme une invitation à une seconde partie de soirée, « vous savez, ce moment où les gens traînent une bière à la main 5.11, 100% Lisbeth Gruwez, Douai, L’Hippodrome // Chicks for money & nothing for free (cf aussi p.98), et matent le dernier concert. 20h // Lisbeth Gruwez dances Bob Dylan, Complet ! / J’aimerais que ce soit un Drugs kept me alive, 21h30, 10€ (voir ci-contre) peu libre et rock’n’roll » 6.11, Arras, Théâtre, If, Complet ! / AH/HA, 21h // Ex/ confie-t-elle dans un souStase Narcisses-1, 22h30, 15€ rire. La sélection qu’elle a 7.11, Douai, L’Hippodrome, Lisbeth Gruwez dances concoctée pour l’occasion Bob Dylan Complet ! / Drugs kept me alive Complet ! / Antigone Sr., 21h30 / DJ SET, 23h40, 10€. est à son image : brute de > 22>23.11, Stage de danse avec Lisbeth Gruwez, décoffrage. De la danse « in Hippodrome Douai. 22/18€, www.tandem-arrasdouai.eu your face ».


Lis

beth

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Drugs kept me alive 5 questions à Antony Rizzi

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Propos recueillis par Marie Pons Photos P. Verbruggen / Wonge Bergmann

Interview

C’est une balade dans un paradis artificiel, prescrite par Jan Fabre pour Antony Rizzi. Des dizaines de flacons de pilules encerclent le performer, arène où il mène un combat pour la survie de son corps malade, envers et contre tout. Inspirée de la vie du danseur américain, qui lutte à coups de substances diverses pour vivre avec sa séropositivité, la pièce oscille entre douceur et ironie cruelle. Comment avez-vous rencontré Jan Fabre ? J’avais 27 ans et je travaillais aux Ballets de Francfort. J’ai passé une audition pour lui sans savoir qui c’était. à l’époque, je n’avais plus envie de danser, je pensais avoir atteint une sorte de palier. Cette rencontre a tout changé. Elle a redéfini mon approche de la danse, mon engagement… tout.

Comment vous a-t-il présenté ce projet ? Je suis arrivé le premier jour sans savoir ce qu’on allait faire. Il a commencé à me poser des questions sur les médicaments que j’ingurgitais, si j’avais expérimenté certaines drogues. Il m’a questionné sur mes rêves et mes désirs. Sur la façon dont je vivais, ma réaction quand j’ai appris ma séropositivité.

>>>


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à partir de mes réponses, il a écrit un texte, le monologue qui est au cœur du spectacle. Comment avez-vous travaillé ? Le premier défi, était d’apprendre les 20 pages de texte, moi qui ne suis pas comédien. J’y parle de l’usage des substances à avaler pour rester en vie, de leur effet sur mon corps. Le texte et nos discussions ont spontanément généré des mouvements. De quoi parle la pièce ? D’un combat. Dans le spectacle je passe par des hauts et des bas, de l’enfer au paradis, tout le temps, comme dans la vie. Dès lors, j’ai appris à composer avec l’enfer mais aussi à vivre

avec mes faiblesses et transformer le négatif en positif. Une révélation en quelque sorte ? Oui. Car il s’agit aussi de se sauver en s’empoisonnant ! Les substances chimiques que j’avale sont le poison nécessaire pour continuer à vivre*. * en anglais « drugs » désigne à la fois le médicament et la drogue. Dans la pièce les deux côtés du mot sont explorés.

Drugs kept me alive de Jan Fabre avec Antony Rizzi 05.11, 21h30 & 07.11, 20h, Douai, Hippodrome, Complet !, www.tandem-arrasdouai.eu 20.11, Bruxelles, Kaaitheater, 20h30, 16/12/8€, www.kaaitheater.be


96 théâtre & danse

© Anne Nordmann

© Nicolas Joubard

Phèdre

Henri VI, l’intégrale

Mariée à Thésée, roi d’Athènes, Phèdre est amoureuse de son beau-fils, Hippolyte. Croyant son mari mort, elle ose avouer sa passion au jeune homme, qui refuse l’inceste, lui-même épris de la princesse Aricie, fille et sœur des ennemis jurés de son père. Contre toute attente, Thésée revient des Enfers, furieux devant tant de trahisons… Deux hommes, deux femmes, et des désirs qui déraillent : tous les ingrédients de la grande tragédie sont réunis. Christophe Rauck creuse ici la question de la responsabilité et du libre-arbitre. Le nouveau directeur du Théâtre du Nord ménage un dialogue entre le vice et la vertu, la passion et la raison. Et surtout met en forme, dans un décor parsemé de meubles d’époques différentes, la musicalité des alexandrins, faisant magnifiquement entendre ce texte de Racine écrit en 1677 et… 1645 vers. Julien Damien

Avant de revenir sur le texte éblouissant de Shakespeare et le drame historique, Henri VI de Thomas Jolly, c’est d’abord une histoire de chiffres : 150 personnages, 12 000 vers, une vingtaine de comédiens et 18 heures de spectacle ! La Comédie de Béthune demeure le seul théâtre de la région à proposer – dans son intégralité – cette pièce qui connut un énorme succès lors du dernier festival d’Avignon. C’est d’ailleurs la première fois qu’on monte en France cette trilogie écrite par un Shakespeare d’à peine 25 ans, dans les années 1590. Le jeune metteur en scène rouennais signe donc ici un morceau de bravoure. Il maîtrise parfaitement cette saga sur fond de guerre de Cent Ans puis des Deux-Roses, sans emphase. Mêlant le tragique au bouffon, il emporte le public. Et abolit le temps. Julien Damien

05>23.11, Lille, Théâtre du Nord, mer&ven, 20h, jeu&sam, 19h, dim, 16h, 25>7€, www.theatredunord.fr

22.11, (cycle 1 : durée 8h30) & 23.11 (cycle 2 : durée 8h30), Béthune, La Comédie de Béthune, 14h, 20/15/8/6€ (pour un cycle), www.comediedebethune.org


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Les mains sales Cette pièce emblématique du théâtre français des années d’après-guerre décrit le conflit moral vécu par Hugo Barine, intellectuel bourgeois devenu militant communiste. Pour défendre ses idées le jeune homme réclame des défis musclés, des actes définitifs. Loin de se réduire à la dénonciation des arcanes d’un parti, ce spectacle est traversé par des questions dont la portée est universelle. Il y est question de la pureté de l’engagement, de la liberté de l’individu… Philippe Sireuil restitue ce texte longtemps délaissé dans toute son humanité. 04>28.11, Bruxelles, Th. des Martyrs, mer>sam, 20h15, dim, 19h, 04&22.11, 19h, 16&23.11, 16h, 16,5>9€, www.theatredesmartyrs.be

Cinq hommes, de la bière et de la mousse à raser. Le décor est planté. Chicks for money est une pièce de mecs, de vrais. Mais au fond, qu’estce qu’être un homme ? Comment parler de la virilité sans confondre avec le machisme ? Jouant sur les clichés pour mieux les détourner (la compétition, le foot, etc.) le collectif gantois Het KIP & Kopergietery se livre ici à un exercice de théâtre très physique. Une performance décapante à la sauce flamande. 05.11, Douai, L’Hippodrome, 20h, 8€,

www.tandem-arrasdouai.eu/fr 27>29.11, Lille, Le Grand Bleu, 20h sf sam

19h, 15/13€,www.legrandbleu.com

© Phile Deprez

© Marc Vanappelghem

Chicks for Money and nothing for free

Leoš Janácek, Journal d’un disparu Nouvelle pioche dans l’œuvre de Janácek pour l’Opéra de Lille, qui signe là sa troisième création d’après le répertoire du compositeur tchèque. Un piano, un chœur de trois femmes et un autre de seize hommes accompagnent les élans amoureux du jeune paysan Janik et de la tzigane Zefka. Pour rendre hommage à cette œuvre d’une puissance expressive rare, on peut compter sur la mise en scène de Christian Rizzo et la direction musicale d’Alain Planès. Entre chants traditionnels populaires et odes à l’amour et à la liberté, cet opéra écrit en 1917 promet un moment enchanteur. 12, 13& 15.11, 20h, 16.11 à 16h, Lille, Opéra de Lille, 23/18/14/9/5€,www.opera-lille.fr


100 théâtre & danse

« Je sonde nos sentiments les plus profonds, les émotions que l’on partage tous »


101 théâtre & danse

Alain Platel

Au bord du monde Propos recueillis par Marie Pons Photos Chris Van der Burght

Alain Platel, chorégraphe et directeur des Ballets C de la B, crée depuis près de 30 ans des pièces fulgurantes. Avec Tauberbach il déclare un nouvel état d’urgence en plaçant six personnages dans une décharge à ciel ouvert. De la construction de cette pièce à l’engagement porté par la compagnie qu’il dirige, l’artiste flamand arrête sa course un instant et prend le temps de se livrer. Comment est née Tauberbach ? D’une désir partagé avec l’actrice Elsie de Brauw, une envie de se confronter à quelqu’un issu du théâtre. Pour cela, j’ai proposé deux supports : la musique de Tauberbach, soit littéralement « le Bach des sourds » et un documentaire, Estamira (de Marcos Prado), consacré à une femme qui vit hors du monde, dans une décharge à Rio. Où cela vous a-t-il emmené ? Nous explorons des thèmes qui sortent du cadre de la danse et du théâtre, en prise directe avec la vie, l’humanité. Comment survivre avec dignité dans un monde indigne par exemple. Les personnages de Tauberbach ont quelque chose à nous dire, à communiquer sans dialogue. Comment cela se traduit-il sur scène ? Une femme, perchée sur une décharge de vêtements, parle seule. Elle est entourée par des créatures qui la séduisent, l’invitent à entrer dans leur monde. Il y a beaucoup de jeu avec la matière : les vêtements, de la peinture, et les corps eux-mêmes qui se métamorphosent, deviennent presque animaux. >>>


102 théâtre & danse

Comment avez-vous travaillé avec les danseurs ? Il y a toujours une période où l’on expérimente. La musique nous a nourris, même si elle n’est pas agréable à écouter. C’était un grand défi et l’on se demandait souvent : est-ce qu’on peut danser là-dessus ? Cela nous invite-t-il à bouger ? Pourquoi l’avoir choisie alors ? D’une manière générale, je suis obsédé par la musique de Bach, que je trouve très sentimentale. Tauberbach m’a énormément impressionné. Cette œuvre chantée par des sourds m’accompagne depuis sept ans. J’ai essayé de l’utiliser dans plusieurs projets mais je n’avais jamais osé. Là, j’ai pensé que c’était le bon moment.

« Le salut de notre monde passera par le métissage »

Et comment avez-vous conçu votre incroyable décor ? On a voulu rappeler l’environnement dans lequel vit Estamira. On a essayé beaucoup de choses, comme couvrir la scène de bouteilles en plastique, mais c’était compliqué. Puis, on a pensé à


cette mer bariolée de vêtements. Un tel décor crée d’infinies possibilités pour les danseurs, ils l’adorent et moi aussi. Il nous surprend en permanence. Quand ils s’allongent au sol ils disparaissent complètement. Vous semblez particulièrement attaché aux personnages qui se trouvent à la marge, pourquoi ? Je m’intéresse surtout aux êtres qui essaient de vivre et de survivre. à travers eux, je sonde nos sentiments les plus profonds, les émotions qu’on partage tous. La danse permet d’exprimer cela avec une grande richesse.

[ Coup Fatal ] Alain Platel est « tombé amoureux » d’un projet musical en provenance du Congo au point d’en proposer une mise en scène. 13 musiciens et un contreténor mêlent avec fougue partitions baroques, influences jazz, rock et musique traditionnelle. Les chanteursinstrumentistes de Kinshasa se livrent à des danses pleines d’humour narguant le comportement plutôt macho de ces dingues de fringues, aussi appelés sapeurs. Cette démonstration frénétique est chaudement recommandée à « tous les Européens déprimés, qui en retireront beaucoup de joie ! ». — 04>15.11, Bruxelles, KVS, 20h, 25/22/18/13€, http://www.kvs.be / 12&13.12, Lille, L’Opéra, 20h, 23/18/14/9/5€, www.opera-lille.fr / 21.11, Bruges, Concertgebouw, 20h, 32/27/21/16€, www.concertgebouw.be / 18>20.12, Anvers, De Singel, 20h, 26/22/8€, www.desingel.be

Qu’est-ce qui caractérise votre travail ? La recherche d’une certaine «physicalité». C’est un langage que je continue à développer. Au début de ma carrière, il y a 25 ans, j’étais surtout inspiré par l’histoire personnelle des danseurs, d’où ils venaient socialement et culturellement. à partir de VSPRS (2006) je me suis surtout demandé ce qui les habitait. Ce qui m’intéresse c’est ce que l’on a tous en commun. à propos de votre écriture, vous parlez de « danse bâtarde ». Qu’est-ce que cela signifie ? C’est lié à ma façon de travailler avec les danseurs. Une sorte d’exploration collective de la gestuelle, où chacun propose des mouvements, les partage avant de les transformer. Au final, ce que nous obtenons n’a plus rien à voir avec la proposition originale. Cette « danse Tauberbach 19>22.11, Lille, L’Opéra, 20h, 23/18/14/9/5€, bâtarde » renvoie à la notion www.opera-lille.fr (+ 21.11, navette depuis de métissage. Le salut de notre Valenciennes, 18h30, Place Poterne) 25.11, Arras, Théâtre, 20h30, 20>9€, monde passera par le métissage. www.tandem-arrasdouai.eu


104 104 théâtre théâtre&&danse danse

Vincent Warin

3-4 petites pièces pour vélo MeS Pierre-Jean Carrus

Suite pour un homme et un vélo. Ensemble ils dansent et ne font qu’un. Vincent Warin est acrobate, champion de BMX. Esquisse d’un corps à corps qui est une histoire à rebondissements, le spectacle explore le dialogue entre l’homme monté sur roues et sa machine. Dans tous les sens, toutes les dimensions. Numéro de voltige construit comme une suite d’envolées, ces petites pièces sont une symphonie onirique, un pas de deux qui nous enchante. M.P.

© José Luiz Borges

24&25.11, 20h, 27.11, 14h30, Lille, Le Prato, 17>5€, www.leprato.fr


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Maritime © Cie Ptit délices

théâtre & danse

Maxi’Mômes La maison Folie Wazemmes se transforme en vaste cour de récré. Mais, dans celle-ci, les parents sont bienvenus. Maxi’Mômes est un festival qui propose des spectacles, des ateliers créatifs, des espaces de lecture, d’éveil et des animations. Des comptines saugrenues de Mami Chan au théâtre visuel de Marie Liagre, rien ne donnera envie de retourner en salle de classe ! Prog : Le Carnaval des animaux / Cie Tapis Noir, Face de cuillère / Cie Méli Mélo, Plume / Cie Meli Melodie, Les Fonctionn’air / Cie DUT, Kubik / Théâtre de la Guimbarde, D’un monde à l’autre / Marie Liagre, Maritime / Cie Les Petits Délices, Namaskar / Théâtre des Tarabates, Flying Zozio / Cie Méli Mélo 26>30.11, Lille, maison folie de Wazemmes, 5,5/3,5/3/2e (-12 ans), www.mfwazemmes-lille.fr

Miet Warlop entame un rituel. Elle se pose en oracle et rend le public complice. Artiste protéiforme, elle mêle théâtre d’objets, danse et art visuel pour réaliser un tableau vivant monumental. C’est en plasticienne que cette jeune Belge aborde donc le plateau avant d’entamer une performance physique époustouflante . « J’aime l’idée que le personnage principal de mon solo est une amante qui se débat comme une aliénée. Elle donne tout, dans un mouvement infini, jusqu’à l’épuisement » confirme-t-elle. Une expérience fascinante. 20.11, Armentières, Le Vivat, 20h, 21/14/7€, www.levivat.net

© Miet Warlop

Dragging the bone


108 théâtre & danse

Hypotyposes

L’enfance des lettres Texte Marie Pons Photo La Virgule

Après une belle rencontre avec le public en janvier à Tourcoing, JeanMarc Chotteau remonte sur les planches pour une seconde bouffée d’Hypotyposes. Livrée comme la chronique d’enfance d’un passionné de mots, l’auteur-metteur en scène y dévoile les prémisses d’une vocation.

F

ace à ce titre étrange, notre imagination travaille d’emblée. L’hypotypose n’est pas une maladie rare mais une figure de style, précisément la capacité de se représenter en images une chose que l’on entend. Dans cette pièce qu’il écrit et met en scène, Jean-Marc Chotteau entrelace ses souvenirs de jeunesse avec des textes qui lui tiennent à cœur. Sa sœur dactylo y côtoie Victor Hugo, sa grand-mère La Fontaine et son frère cadet, tendrement surnommé «  Calamité », joue à cache-cache avec Prévert et Rimbaud. Dans ce chassé-croisé entre auteurs qui ont nourri son goût pour le théâtre et anecdotes personnelles, Chotteau se retrouve face à son histoire comme devant un miroir. Le public se délecte de ce savant mélange, livré avec humour et une envie folle de communiquer l’amour du beau texte. La création vidéo (Fanny Derrier et Élise Parat) soutient l’ensemble avec poésie - les lettres se font flocons de neige ou épousent l’arrondi d’une cerise, l’imaginaire galope. « Du grand cinoche » résume t-il, mais partagé en toute simplicité. Comme des gamins à qui l’on raconte une histoire, il n’y a alors plus qu’à se laisser porter. Hypotyposes, 27.11>13.12, Tourcoing, la Virgule, jeu. 19h30, vend. & sam. 20h30, 18/14/8€, www.lavirgule.org comme un remède à partager.


110 théâtre & danse

Agenda

Œdipe Roi Antoine Caubet

13.11

à Thèbes, Œdipe mène l’enquête pour retrouver l’assassin du roi Laïos, dans l’espoir de mettre fin à l’épidémie de peste, malédiction qui s’abat sur la ville. Du théâtre antique reste le texte brut. Antoine Caubet y adjoint une efficacité sobre dans la mise en scène, à l’instar du travail de lumière, qui découpe le plateau comme un puzzle. Caubet entend faire résonner la tragédie de Sophocle au présent, « nous mettre à son épreuve, la mettre à notre épreuve ». Lens, Scène du Louvre, 19h, 9/3€, www.louvrelens.fr

Œdipe Roi © Hervé Bellamy

Azimut Cie 111/Aurélien Bory

Nos vies ordinaires 15 & 16.11  

Numéro de haut vol qui met en lumière le Groupe acrobatique de Tanger. Poursuite du chemin entamé avec Taoub en 2004, Azimut se présente comme le dernier coup d’éclat d’une équipe de choc. Soit un dialogue avec la gravité qui multiplie les tentatives d’envols, porté par des chants soufis. Ou comment une nouvelle fois tutoyer les sommets. Calais, Le Channel, 15.11, 19h30 // 16.11, 17h, 6€, www.lechannel.fr

Compagnie Maritime

18 & 19.11

Entre exil, racines lointaines mais tangibles, souvenirs et mémoire, trois femmes relaient leurs histoires. Trois oiseaux migrateurs qui content leurs déplacements, trajectoires de vie sans retour, circulant d’un territoire à l’autre. Elles traversent les pays par l’imaginaire, déroulent le dessin de frontières invisibles. Un voyage extra-ordinaire tissé par un récit qui nous habite longtemps. La Louvière, Le Palace, 20h, 13>10€, www.ccrc.be

Le Portrait de Dorian Gray Fabrice Gardin & Patrice Mincke

Jusqu’au 16.11

Une obsession pour la jeunesse éternelle et la beauté à tout prix, l’histoire de Dorian Gray symbolise le désir d’une grande partie de l’humanité. Le chef-d’œuvre d’Oscar Wilde se lit aussi comme une parabole des relations entre l’art et la vie, entre le Bien et le Mal. « Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer », écrivait-il. Cette adaptation théâtrale met en lumière la dimension fantastique, mais aussi philosophique, de ce portrait atemporel. Bruxelles, Théâtre Royal des Galeries, mar>sam 20h15, dim, 15h, 25>11€, www.trg.be


112 théâtre & danse

Agenda

Have a good day ! 20.11

Rugile Barzdžiukaite

En uniforme, elles répètent les mêmes phrases, le même discours. Elles, ce sont les caissières de supermarché, dont les mots traduisent le malaise d’une société qui place la consommation au centre des rapports, marchands comme humains. Un chant choral en émane, servi par une mise en scène implacable. Dunkerque, Le Bateau-Feu, 19h, 8€, www.lebateaufeu.com Have a good day © Rugile Barzdziukaite

Les particules élémentaires Julien Gosselin

Notre peur de n’être 25 & 26.11

Fabrice Murgia/Cie Artara

25 > 27.11

Il fallait du culot pour s’attaquer aux Particules Elémentaires, l’un des plus ambitieux romans de M. Houellebecq. L’auteur y réglait ses comptes avec Mai 68 en dressant le portrait d’une société enlisée dans une misère sexuelle et affective. Du haut de ses 26 ans, Julien Gosselin s’est lancé et remporte un franc succès. Son adaptation captive par sa justesse et sa modernité

Sensation du « In » lors du festival d’Avignon 2014, Notre peur de n’être offre au public un regard quasi anthropologique sur trois individus paralysés par la société qui les entoure. « On trouve dans mon travail une obsession des nouveaux rapports », explique F. Murgia, dans un monde où « le théâtre représente la dernière expérience collective ». Ultra moderne solitude.

Valenciennes, Le Phénix, 19h, 22/20/17/13€/gratuit, www.lephenix.fr

Mons, Le Manège, 20h, 11€, www.lemanege.com

The Roots Kader Attou / Cie Accrorap

28.11

Kader Attou revient aux racines, recherche l’essence du hip-hop. Onze danseurs déploient sur le plateau un vocabulaire riche et une énergie hallucinante. C’est d’eux-mêmes, de leurs parcours qu’ils extraient la matière de la pièce. Puiser à la source pour forger une danse puissante, éclatante. Roubaix, Le Colisée, 20h30, 37/32/28/23/8€, www.coliseeroubaix.com


114 littérature

Joël Houssin

Le Dobermann a toujours les crocs Propos recueillis par Julien Damien Photo Aurélien Godet

« Les grands voyous comme lui n’existent plus. Aujourd’hui, ils ont fait l’ENA »


1981. Le Fleuve Noir cherche de nouvelles plumes, histoire de coller à une époque en pleine crise. Débarque Joël Houssin. Bim ! Le polar français se prend une balle perdue. Fini les flics en imper gris et les héros proprets qui gagnent toujours à la fin. Place au Dobermann. Yann Lepentrec, son gang de barges et le sanguinaire commissaire Cristini imposent le premier pulp français. Sans morale et avec beaucoup de violence. 30 ans plus tard, les éditions Ring rééditent l’intégrale de ses romans. Rencontre avec un écrivain « enragé ». Comment est né le Dobermann ? J’écrivais des romans de science-fiction à l’époque et on m’a commandé un polar. C’était un « one-shot ». Puis l’éditeur m’a dit : « ton héros n’est pas mort, pourquoi t’en sortirais pas deux autres ? ». Résultat, j’en ai publié 19 en quatre ans... Comment peut-on le présenter ? C’est un voyou à l’ancienne. Il ne respecte que ses propres codes, mais c’est surtout un type très armé. Du coup, ça tourne toujours au duel avec les flics. Dobermann, c’est un western urbain. Les grands voyous comme lui n’existent plus. Aujourd’hui, ils ont fait l’ENA.

Joël Houssin, 61 ans, a écrit une soixantaine de romans (polars et SF) entre 1975 et 1990. Son dernier livre, Loco, a été publié en 2012 (Ed. Ring). Il est également scénariste pour le cinéma (Ma vie est un enfer, de et avec Josiane Balasko) et la télévision (Navarro, Commissaire Moulin, etc.).

Le Dobermann est né en période de crise. Est-ce la raison pour laquelle il est si actuel ? Oui, c’est un anonymous avec des armes (rires). Ce n’était d’ailleurs pas facile de le défendre. Son profil laissait une impression étrange. Certains le considéraient comme un héros d’extrême-droite. Alors qu’il est plutôt du genre « rebelle »… Bien sûr. Mais il n’est vraiment pas politiquement correct. Il n’a pas de règles. Je me sentais très libre quand j’écrivais. Le Dobermann a fonctionné comme une catharsis pour beaucoup. Il est libre, ne baisse pas la tête... Oui, et il a été vite interdit en « centrale » (ndlr : le livre fut interdit en prison sur décision judiciaire). Les bouquins circulaient sous le manteau. >>>


116 littérature

D’anciens détenus s’y projetaient avec plaisir car les voyous gagnaient à la fin. C’est vrai que c’est rare dans les romans (rires). Le Dobermann c’est un peu votre double, non ? Le type qui se défoule à votre place ? J’ai l’impression qu’il fait des choses que beaucoup de gens rêvent de faire. Mais dans la réalité, un homme comme le Dobermann a deux minutes d’espérance de vie. C’est presqu’un cartoon en fait. à lire / Dobermann, l’intégrale volumes 2 & 3 (éd. Ring), sortie le 13.11, 1 350 p., 24€ (chacun) Dobermann, l’intégrale volume 1 (éd. Ring), 1 280 p., 24€

Une suite du film de Jan Kounen (sorti en 1997, avec Vincent Cassel) est-elle prévue ? Oui, j’ai écrit le scénario. Les Américains ont acheté la franchise. Ils veulent en tourner plusieurs. Quand cela devrait-il sortir ? Quand le producteur aura de l’argent…

à voir / DVD, Dobermann (Edition Ultimate, 2008) de Jan Kounen, avec Vincent Cassel et Monica Bellucci, à partir de 9,33€

S’agit-il d’une reprise d’un texte que vous avez déjà publié ? Non, c’est un original. J’ai repris des personnages qui existaient déjà, en tout cas ceux qui ne sont pas morts. Quel plaisir de les retrouver ! Ils sont bien là, intacts, et ils en veulent toujours… Je fais revivre Cristini. Tchéky Karyo est très excité à l’idée de le rejouer. Il était incroyable dans le premier.

Loco, roman de SF publié en 2012, marquait la fin d’une absence de plus de 20 ans. Qu’avez-vous fait pendant tout ce temps? J’écrivais pour le cinéma et la télévision. La raison n’est pas glorieuse : un ou deux zéros de plus sur les chèques. Et en ce moment ? Des scénarios pour la télé. Mais c’est de plus en plus fermé en France. Seuls Canal+ et Arte assurent. Les autres ne font pas leur boulot. Le travail du service public dans le domaine de la fiction est honteux, quant à TF1 n’en parlons pas… Il n’y a plus de liberté pour la création en France. Les scénarios sont complètement formatés. Une bonne raison pour se remettre à écrire des livres très bientôt…


118 littĂŠrature


e

Bande dessiné

La Lune Est Blanche

R

FRANÇOIS ET EMMANUEL LEPAGE La Lune Est Blanche (Futuropolis) 256p., 29€

écemment, Emmanuel Lepage fut officiellement reconnu meilleur auteur actuel de BD par un collège d’experts dont l’auteur de ces lignes est le seul et unique membre. La grande force de Lepage ? Être un dessinateur prodigieux sans jamais verser dans la vaine ostentation. Chaque case fait sens, aucune fresque n’est là par hasard. Maestro de la couleur, du sépia comme du noir et blanc, il nous emmène au Pôle Sud, accompagné de son frère François, photographe - quelques prises de vue s’immiscent ici, et on vous met au défi de les distinguer du dessin... Ce prolongement du Voyage aux îles de la Désolation (2011), nous embarque avec une poignée de chercheurs dans un album qui revient sur l’histoire des explorateurs et dresse le quotidien de scientifiques magnétisés par le Pôle. Magistral, une fois encore. Thibaut Allemand


120 littérature

Livre du mois

Andrew Hussey Guy Debord, La société du spectacle et son héritage punk (Editions Globe)

Tour à tour qualifié par la presse de son temps de, dans le désordre : pape (du situationnisme), gourou, Mephisto (de pacotille), enragé, théoricien, voire de sadique fou (liste non exhaustive), Guy Debord reste surtout, pour qui veut bien apprendre à le connaître, une figure majeure du xxe siècle. Et c’est précisément l’objectif d’Andrew Hussey : comprendre l’auteur de la Société du Spectacle, en ne séparant pas la vie de l’œuvre, ou plutôt la théorie de la pratique. Alors ? Pari réussi ? Pas vraiment, mon général. En premier lieu, il ne faut pas se laisser abuser par le titre français de l’ouvrage, publié en 2001 en Angleterre, qui voit cette référence à un héritage punk sortie d’on ne sait où, remplacer l’originel The game of war. Ici, pas d’élucubrations à la Greil Marcus sur les liens secrets entre punk et situationnisme. Plutôt une bonne chose. Puis, ce texte nous amène surtout à reconsidérer positivement le Vie et mort de Guy Debord, de Christophe Bourseiller, paru en 1999, que l’auteur cite abondamment. Enfin, il est préférable de lire V. Kauffman et son Guy Debord, la révolution au service de la poésie, qui reste sans doute le meilleur et le plus sérieux ouvrage en français sur le personnage. 544 p., 24,50€.

Sylvain Coatleven

Richard Yates Un dernier moment de folie (Robert Laffont)

Exhumée par Kate Winslet, qui pria son mari, Sam Mendes, de l’adapter au cinéma (Les Noces Rebelles, 2009), l’œuvre de Richard Yates (1926-92) vit depuis une seconde jeunesse, grâce aux éditons Robert Laffont. Après la publication de quatre de ses romans, voici le 3e volet des nouvelles de celui qui fut l’un des plus grands auteurs américains du siècle passé. à travers ces neuf récits, on retrouve le portrait désenchanté de la middle-class américaine des années 1950. Entre vie de bureau ennuyeuse, épouses frappées de bovarysme et relations sociales hypocrites… Yates met en scène des mini-tragédies vécues par des losers qui rêvaient tout trop grand. Au centre du recueil, la figure de l’ancien combattant offre la métaphore triste et sublime d’une « american way of life » cannibale. 180 p., 20€. Julien Damien


Lena Dunham

Isabel Alba

Not That Kind of Girl (Belfond)

La véritable histoire de Matias Bran

Ecrire ses mémoires à seulement 28 ans ? On entend déjà les grincheux hurler à l’entreprise prétentieuse et autocentrée. Ne prenons pas l’ouvrage de Lena Dunham pour plus que ce qu’il n’est : dans Not That Kind of Girl – ni guide, ni même « anti-guide à l’usage des filles d’aujourd’hui », suivant le sous-titre donné à la version française -, la réalisatrice de la série culte Girls couche sur papier ce que personne n’oserait raconter. De ses plans drague glauques à la galère du premier job, chaque chapitre est parsemé de petits dessins d’animaux ou de tampons usagés. Lena, la « voix d’une génération » ? Au moins celle d’une jeune femme qui sait lui parler, avec peu de pudeur, un sens délectable de la tournure et une vulgarité aussi rafraichissante qu’assumée. 320 p., 20€. Marine Durand

(La Contre Allée)

Le livre commence par un suicide, point de départ d’une fresque familiale qui se déploie de 1828 à 1920, en Hongrie et en Espagne. La narration mêle articles de presse, dialogues théâtraux, ou moments de poésie pure. Isabel Alba publie un texte engagé du côté des classes populaires, un roman historique, et un livre de création littéraire qui narre une révolution mondiale débutée en 1917 en Russie et qui s’est propagée jusqu’aux USA, après la Grande Guerre. « Mettons le feu à l’Europe. De ses cendres surgira un monde nouveau. Plus juste. C’est le moment (...), je ne sais pas quand une autre occasion se présentera à nous. Qu’est-ce que tu attends, Franck ? Rejoins-nous. Rejoins l’humanité ». On attend impatiemment le deuxième tome de cette saga. 416 p., 21€. François Annycke

Pacôme Thiellement (ill. Jonathan Bougard) Les Cinq Livres du King (Le Feu Sacré éditions)

Un ouvrage sur Elvis ? Pas la énième biographie en tout cas, même s’il est question de « révélations » (d’un autre genre) au fil de ces inclassables pages. Ce qui n’étonnera guère venant du volontiers mystique docteur ès-pop Pacôme Thiellement. Illustrés par le trait brut de Jonathan Bougard, ces Cinq livres composent un feuilleton où le King surgit en apparitions pour délivrer un message spirituel censé réorienter des personnages réels (tels Beyoncé ou Jacques Chirac) empêtrés dans une improbable guerre d’influence où prolifèrent les Muppets ! Si la figure de l’auteur apparaît peu à peu dans ce récit entre Tao et Hara-Kiri, ce n’est pas qu’un ultime tour de passe-passe narratif : ces délires cachent un cœur battant plus personnel qu’il n’y paraît. Toujours se méfier des apparences. 124p, 18€. Rémi Boiteux


Concer ts

Sam 01.11 Fink Gand, Vooruit, 19h30, 25/23,75e Get Your Gun Bruxelles, Botanique/Witloof, 19h30, 14/11/8e Seekae Bruges, Cactus Muziekcentrum, 19h30, 12/9/7/6,5/5e

Au Revoir Simone Courtrai, De Kreun, 20h, 18/15/12e

Lun 03.11 Foxygen Bruxelles, Botanique/Orangerie, 19h30, 20/17/14e Sebadoh + The Mantles Anvers, Trix, 19h30, 19e

Mer 05.11 Saxon + Skid Row Anvers, Trix, 19h, 27e Spoon Gand, Vooruit, 19h30, 21,75e Daan Bruxelles, Botanique/Rotonde, 19h30, 24/21/18e Héroïque(s) (Orchestre national de Lille) Lille, Nouveau Siècle, 20h, 45>5e

John Legend Bruxelles, Forest National, 20h, 64/46/40/34e

Brit Floyd Lille, Le Zénith, 20h, 56,50>45,50e

Shell Shock, Nicholas Lens & Nick Cave Bruxelles, La Monnaie, 20h, 90/85/60/40/20 /12e

Dorian Wood + Guest Lille, L'Aéronef, 20h, 11/gratuit

Kylie Minogue Lille, Le Zénith, 20h, 78,50e>51e

Julia Lezhneva, Viaggio in Italia Bruxelles, La Monnaie, 20h, 40/30/25/12e

Monogrenade + Dear Criminals Lille, La Péniche, 20h, 12/11e

Tower Of Power Louvain, Het Depot, 20h, 26/23e

Saint-André Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 25e

Tune-Yards + Moodoïd Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 16/13/5e

Shaka Ponk Bruxelles, Palais12, 20h, 40e

Cabadzi + Ben Mazué Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, 5e/gratuit Total Victory + Berlineo.33 Lille, La Malterie, 20h30, 8/6e Kolombo + Dave Davis + Péo Watson Lille, Le Magazine, 23h, 10e Lefto & RBMA present: Lunice, Clap! Clap! & House Shoes Gand, Vooruit, 23h, 16,75e Skudge + Mike Dehnert & Kafim Bruxelles, Fuse, 23h,13/9e

Dim 02.11 Zazuzaz - Bal Swing Lille, Gare Saint-Sauveur, 15h30, Gratuit Arno Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 17h, 35/33/31e

Mar 04.11 Daan Bruxelles, Botanique/Rotonde, 19h30, 24/21/18e Dick Annegarn Lille, Théâtre Sebastopol, 20h, 38>34e Les Belles Sorties : BRNS + Gym Lezennes, Salle Georges Brassens , 20h, Gratuit sur réservation Rebelution Lille, La Péniche, 20h, 12e

Jeu 06.11 Gaspard Royant Lille, La Péniche, 20h, 16/15/14,20 e Karimouche Feignies, Espace Gérard Philipe, 20h, 11/8e Kylie Minogue Bruxelles, Palais12, 20h, 79>42e Novastar Courtrai, De Kreun, 20h, 28/25/22e Renan Luce + Bensé ! Braine-le-Comte, Salle Baudouin IV, 20h, 30>26e

Cannibal Corpse Lille, Le Splendid, 18h, 23e

The Datsuns Muziekodroom Club Gand, Vooruit, 20h, 13/10e

Fink + Douglas Dare Tourcoing, Le Grand Mix, 18h, 19/16e

Kelemen Quartet (strijkkwartet) Gand, Handelsbeurs, 20h15, 22/18/5e

Die! Die! Die! + Rape Blossoms + Maze Bruges, Cactus Muziekcentrum, 19h30, 12/9/7/6,5/5e

Benny Greb Marcq-en-Barœul, Théâtre Charcot, 20h30, 15/13/10e

Beethoven, Symphonie n°3, "Eroica" Lille, Nouveau Siècle, 20h30, 8/5e

Jam session Dunkerque, Jazz Club / Pole Marine, 20h30, Gratuit

Mark Berube + Blitzen Benz Faches Thumesnil, Les Arcades, 20h30, 5e

Tune-Yards Anvers, Trix, 19h30, 18e

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Sharon Jones & The Dap-Kings Louvain, Het Depot, 20h, 28/25/22e


123 agenda

Raphael Imbert Trio Lomme, maison Folie Beaulieu, 20h30, 14/9/8/5e

Ven 07.11 Roubaix Vintage Weekender : Otis Redding London Tribute Show + Jezebel Sextet + Rob Heron & The Tea Pad Orchestra + Lena Deluxe + Dj Mida et Dj mister Phil Roubaix, La Condition Publique, 19h, Gratuit I love Rock’n Pop Lille, Théâtre du Casino Barrière, 19h30, 69>35e En voixture Simone + Kermesz à l’Est La Louvière, Le Palace, 20h, 16/14e Amp Fiddler Louvain, Het Depot, 20h, 19/16/14e Héroïque(s) (ONL) Dunkerque, Le Bateau-Feu, 20h, 12e Josse De Pauw et Kris Defoort Maubeuge, Théâtre du Manège, 20h, 11/8e Les Fatals Picards Lille, Le Splendid, 20h, 25>23e My little cheap dictaphone + School is cool + Feel Comines, Le Nautilys, 20h, 5e Orchestre National de Lille Dunkerque, Théâtre le bateau feu , 20h, 12e Shaka Ponk Lille, Le Zénith, 20h, 45/36e A Failing Devotion + Parisian Walls Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, 9/6e Maya Kamaty Marcq-en-Barœul, Théâtre de la Rianderie, 20h30, 9/6/5e Fatima & Lefto Bruxelles, Beursschouwburg, 22h, 12/10e Andy C + Gunman & Judah + One87 & MC Mush + M&T... Anvers, Petrol Club, 23h, 16/11e

Sam 08.11 Roubaix Vintage Weekender : Les Gris gris+ By the river + Ruth & Adelians + Dj Brother Jam + Dj Joe Tex Roubaix, La Condition Publique, 19h, Gratuit La face cachée de la lune / Cie Inouie / Thierry Balasse / Pink Floyd Calais, Le Channel, 19h30, 6e Arto Lindsay Band Louvain, Het Depot, 20h, 24/21/18e Chapelier Fou + Toner... Mons, Alhambra, 20h, 12e Curiosity Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 19e Kasabian Bruxelles, Forest National, 20h, 36e Muckrackers vs Flutwacht + Fensch Industrial Orkestra + Jason Van Gulick + Swingers... Charleroi, Rockerill, 20h, 8e Quatuor Modigliani Tournai, Maison de la Culture, 20h, 18/14/12/10/7e Sarah Carlier - soul / folk La Louvière, Le Palace, 20h, 13/10e Vundabar Lille, La Péniche, 20h, 12/ 11e Alain Chamfort Béthune, Théâtre municipal, 20h30, 30/26e Andréas et Nicolas + Mr Donuts Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, 9/6e

Lisa Simone Lomme, maison Folie Beaulieu, 20h30, 14/8e Orchestre National de Lille Lens, Le Colisée, 20h30, 17e Elyas Kahn + Manic Maya Villeneuve d'Ascq, La Ferme d'en Haut, 21h, 5 e La Souris Déglinguée Lillers, L'Abattoir, 21h, 15>12e Mano le Tough Lille, Le Magazine, 23h, 10e Marc Houle & Lucas Caroso Bruxelles, Fuse, 23h, 13/10,5/8e

Dim 09.11 Hommage à Moondog Calais, Le Channel, 17h, 6e Caravan Verviers, Spirit Of 66, 18h30, 25e Roubaix Vintage Weekender : Muck and the Mires + Fuzzy Vox Roubaix, La Condition Publique, 19h, Gratuit In times of war and peace, Hartmut Haenchen Bruxelles, La Monnaie, 20h, 40/30/25/12e Cat Stevens / Yusuf Bruxelles, Forest National, 20h, 100/95/90/85/80e Lucius Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 15e Orchestre symphonique de la Monnaie Bruxelles, Bozar, 20h, 40/30/25/12e

Lun 10.11

Cats On Trees + Buddies Calais, Centre Culturel Gérard Philipe, 20h30, 12/7/4e

Dj Vadim + Weeding Dub Bruxelles, VK*, 20h, 12/9e

Charlélie Oignies, Le Métaphone, 20h30, 19/5e

Banks Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 30/27/24e

Héroïque(s) (Orchestre national de Lille) Lens, Le Colisée, 20h30, 17e

Lamb + The Ramona Flowers Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 29e

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Concer ts Selah Sue Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 30e

Journal d'un disparu Lille, Opéra, 20h, 23/18/14/9/5e

The Rhinogrades + Mountainbike Tournai, Maison de la Culture, 20h, 5e

Melanie De Biasio Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 29/26e

The Struts + Jelly Bean Lille, L'Aéronef, 20h, 11e/ gratuit Krakauer’s Ancestral groove Amiens, Maison de la Culture d'Amiens, 20h30, 32/15e Hercules & Love Affair Louvain, Het Depot, 21h, 19/16/14e

Mar 11.11 Admiral Freebee Louvain, Het Depot, 20h, 25/22/20e Chet Faker Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, Complet ! Clipping Courtrai, De Kreun, 20h, 15/12/9e Eagulls + Bad Breeding Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 15e Sizzla & The Firehouse Crew Bruxelles, VK*, 21h, 25/22e

Mer 12.11

Michael Schenker's (Temple of Rock feat ex-Scorpions) Lille, Le Splendid, 20h, 28e New Build... Lille, La Péniche, 20h, 14/13e Peter Gabriel Bruxelles, Palais12, 20h, 80/72/64/56/48e Saule Mons, Théâtre Royal, Mons, 20h, 15e Starflam Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 25e Yodelice Lille, L'Aéronef, 20h, 27,50e

Jeu 13.11 Baxter Dury Bruxelles, Botanique/Orangerie, 19h30, 18/15/12e Christopher Owens Anvers, Trix, 19h30, 12e The Goastt Anvers, Trix, 19h30, 13e Big Flo & Oli + Venomous 2000 Lille, La Péniche, 20h, 12/ 11e

Rencontre avec Jordi Savall Bruxelles, Bozar, 19h, gratuit, sur présentation ticket concert

Cecilia Bartoli Bruxelles, Bozar, 20h, 148/122/88/38e

John Garcia + Waxu+ Steak Anvers, Trix, 19h30, 17e

Irma Lille, Théâtre Sebastopol, 20h, 35>32e

The Orwells Bruxelles, Botanique/Rotonde, 19h30, 16/13/10e Festival Hip-Hop Dayz : La Canaille + Les Tontons Flingués Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 12/10/8e Asian Dub Foundation Mons, Alhambra, 20h, 18e Colin Stetson Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 17e

Journal d'un disparu Lille, Opéra, 20h, 23/18/14/9/5e Palma Violets + Parquet Courts + The Orwells - Festival Les Inrocks Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 20>17e forfait 2 jrs: 41>35e Tamikrest Opwijk, Nijdrop, 20h, 15e The Meteors + Lucky Devils Lille, L'Aéronef, 20h, 16/11/8e www.lm-magazine.com

Toumani & Sidiki Diabate Bruxelles, Bozar, 20h, 12e Mulatu Astatké Lomme, maison Folie Beaulieu, 20h30, 14/8e Richard Bona Lille, Théâtre du Casino Barrière, 20h30, 25e Future Lille, Le Magazine, 23h, 20e

Ven 14.11 Baxter Dury + Ásgeir + Nick Mulvey + The Acid (Fest. Inrocks) Tourcoing, Le Grand Mix, 19h, 26>23e forfait 2 jrs: 41>35e Slow Magic + Odesza + Craft Spells + Yung Gud + Blue Hawaii Bruxelles, Ancienne Belgique, 19h, 19e I love Rock’n Pop Lille, Théâtre du Casino Barrière, 19h30, 69>35e Zola Jesus Bruxelles, Botanique/Orangerie, 19h30, 19/16/13e Asian Dub Foundation Courtrai, De Kreun, 20h, 21/18/15e Childhood Bruxelles, Botanique,Witloof Bar, Bruxelles, 20h, 14/11/8e Détroit (Bertrand Cantat - Pascal Humbert) Lille, Le Zénith, 20h, 33,80e HIPHOP40: Zulu Nation celebrates 40 years of HIPHOP feat. DJ Afrika Bambaataa Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 15e Julien Doré Douai, L'Hippodrome, 20h, 25/15e Lena Deluxe Armentières, Le Vivat, 20h, 7e/ gratuit (- 26 ans) Novastar Hasselt, Muziekodroom, 20h, 25/21e Ozark Henry Bruges, Cultuurcentrum Bruges, 20h, 32/28/21/14e


125 agenda

Perfume Genius Louvain, Het Depot, 20h, 20/17/15e

The Ting Tings Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 23/20/17e

Niro Oignies, Le Métaphone, 20h30, 17/5e

Guy Forsyth Lomme, maison Folie Beaulieu, 20h30, 14/9/8/5e

Toumani & Sidiki Diabate Anvers, De Roma, 20h30, 18/16e

Astonvilla Arras, Le Pharos, 20h30, 9>3e

Grand Blanc + Persian Rabbit Béthune, Le Poche, 20h45, 7/5/4/3e Embrace Roubaix : What so not (Flume) + Fakear + STWO + Point Point + Guest Roubaix, La Condition Publique, 23h, 21/19/17e

Sam 15.11 Joan As Police woman Bruges, Cactus Muziekcentrum, 19h30, 21/18/16/13/5e The Drums Bruxelles, VK*, 19h30, 20/17e Catfish + Lena Deluxe Louvroil, Espace Culturel Casadesus, 20h, 12/10e Festival les Liaisons Musicales - Nuit du Boogie : Nikki & Jules + Paddy Milner + Lucien Oisel + Band Marcq-en-Barœul, Théâtre Charcot, 20h, 15/13e Journal d'un disparu Lille, Opéra, 20h, 23/18/14/9/ 5e Kid Noize + Party Harders... Mons, Alhambra, 20h, 12e Les Mauvaises langues Aire sur la Lys, Le manège, 20h, 15e Mos Def aka Yasiin Bey Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 36e New Build Bruxelles, Botanique/Witloof, 20h, 16/13/10e

Carte blanche à Okay Monday + School is cool Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, 9/6e Danakil + Yassin Odua + Protoje Boulogne sur Mer, Espace de la Faïencerie, 21h, 10/8e Eagulls + Fools Ferguson Villeneuve d'Ascq, La Ferme d'en Haut, 21h, 5 e Soirée Salsa Lille, Théâtre du Casino Barrière, 21h, 5 e 15 Years Turntable Dubbers, Dub Phizix & MC Strategy + Million Stylez + Turntable Dubbers... Anvers, Petrol Club, 23h, 12e Lucy and Tommy Four Seven + Julietta + Rework Bruxelles, Fuse, 23h, 13/11/9e

Dim 16.11 Requiem vêpres solennelles Tourcoing, Théâtre Municipal Raymond Devos, 15h, 26,90e Journal d'un disparu Lille, Opéra, 16h, 23/18/14/9/ 5e Chet Faker Tourcoing, Le Grand Mix, 18h, Complet ! SP Musik + HD + Lauréat Buzz Booster + Homeboy Sandman + I Am Many Lille, maison Folie Moulins, 18h, 5e Ange Lille, Le Splendid, 19h, 28e

Osaka Monaurail + Guest Lille, L'Aéronef, 20h, 16/11/8e

Jack White Bruxelles, Forest National, 20h, 41,75e

Phox Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 15e

Stromae Bruxelles, Palais12, 20h, 44/38e www.lm-magazine.com

Lun 17.11 SBTRKT Gand, Vooruit, 19h30, 22,75e Adult Jazz Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 16/13/10e Bryan Ferry Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 72/66/56e Counting Crows Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 45e Novastar Louvain, Het Depot, 20h, 27/24/21e The Vaselines + Schwervon Lille, L'Aéronef, 20h, 11e/ gratuit

Mar 18.11 K’S CHOICE Anvers, Trix, 19h, 21/18e Mina Tindle Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 16/13/10e Tharaud Solo & Concerto (ONL) Lille, Nouveau Siècle, 20h, 45>5e Sam Amidon Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 15e Noël Akchoté Bruxelles, Les Ateliers Claus, 22h, 12e

Mer 19.11 Joy Bruxelles, Botanique/Rotonde, 19h30, 16/13/10e Le Peuple de l’Herbe... Bruxelles, Botanique/Orangerie, 19h30, 20/17/14e Admiral Freebee Courtrai, De Kreun, 20h, 25/22/19e Bertrand Belin + Malax Comines, Le Nautilys, 20h, 5e Billy Idol Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 55e


Concer ts Mustang (Le Père Noël est-il un rocker ?) Lille, Le Splendid, 20h, Entrée libre Tony Allen Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 20/17/5e Tiken Jah Fakoly + Sundyata Lille, L'Aéronef, 20h30, 29,70e

Jeu 20.11 Novastar Anvers, Trix, 19h, 21/18e A2H + Everydayz + Numérobé... Roubaix, La Condition Publique, 19h30, 5e Amatorski Gand, Vooruit, 19h30, 17,75e Alpage Night 21 : Cosmic Neman + You Man + Dddxie + Marklion Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 12/10/8e Bonafide Verviers, Spirit Of 66, 20h, 13e Bonnie 'Prince' Billy & The Cairo Gang + Xylouris White Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 28e Guts Bruxelles, VK*, 20h, 15/12e Jabberwocky + Pfel + Crayon Lille, L'Aéronef, 20h, 16/11/8e Jamaïca (Le Père Noël est-il un rocker ?) Lille, Le Splendid, 20h, Entrée libre Maxime Le Forestier Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 48/43/38e Nothing Courtrai, De Kreun, 20h, 15/12/9e Parquet Courts + PC Worship Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 21/18/15e Piers Faccini + Vincent Segal + Sonfs of Time Lost Arras, Théâtre d'Arras, 20h, 20>9e

Willow - Album Release Louvain, Het Depot, 20h, 12/10/8e

Vismets Charleroi, Le Coliseum, 20h30, 16/13e

Kadavar + The Picturebooks Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, 12/9e

Babx Béthune, Le Poche, 20h45, 7/5/4/3e

Le Peuple de l’Herbe... Anvers, De Roma, 20h30, 18/16e

Tribute To Iron Maiden By Hi On Maiden Verviers, Spirit Of 66, 21h, 13e

Picardie Mouv + Beat Assailant + Crescendo Amiens, La Lune des Pirates, 20h30, 10/5e Sugaray Rayford Blues Band Hasselt, Muziekodroom, 20h30, 14/12e The Skatalites Lomme, maison Folie Beaulieu, 20h30, 14/9/8/5e

Ven 21.11 Dub FX Gand, Vooruit, 19h30, 17,75e I love Rock’n Pop Lille, Théâtre du Casino Barrière, 19h30, 69>35e Anne Clark & Band + Malcom Nix Louvain, Het Depot, 20h, 24/21/18e Fritz Kalkbrenner Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 25e Gramatik + Gibbz + Russ Liquid Lille, L'Aéronef, 20h, 19/15/14/10e Maissiat + Askehoug Louvroil, Espace Culturel Casadesus, 20h, 12/10/8/5e Nightmares on Wax (Le Père Noël est-il un rocker ?) Lille, Le Splendid, 20h, Entrée libre The Boxer Rebellion Mons, Alhambra, 20h, 14e The Growlers + The Coathangers Charleroi, Eden, 20h, 13/10/8e

Gerd Janson + Mickey + Rick Shiver + Chambray + A.N.D.Y + Daryl Bruxelles, Libertine Supersport, 22h30, 13/8e

Sam 22.11 Sonic City Saturday : Neneh Cherry + Nathan fake + Silver Apples + Vessel Courtrai, De Kreun, 13h, 35/32/29e (pass w.e 53/50/47e) Jean-François Zygel Armentières, Le Vivat, 18h, 7e Aero(point)bar S.H.A.M.E (scène ouverte) + Principles of Geometry Lille, L'Aéronef, 19h, Gratuit Crevasse + Peter Kernel + Chapelier Fou Roubaix, La Condition Publique, 19h, 12/8e Asgeir Anvers, Trix, 19h30, 16e Gramatik Anvers, Trix, 19h30, 21>18e Steve Gunn + Sir Richard Bishop Anvers, Trix, 19h30, 11e Anne Clark Bruges, Cultuurcentrum Bruges, 20h, 24/21/15/9e Charles Aznavour Anvers, Lotto Arena, 20h, 110/90/70/50e

Wall of Death + Selenian Lille, La Péniche, 20h, 5 e

Christine and The Queens (+ Sage) Lille, Le Splendid, 20h, 28,50e

Lenny Kravitz Anvers, Antwerp Sportpaleis, 20h30, 54/49/43e

Elton John Lille, Le Zénith, 20h, 150>67,50e

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127 agenda

Ensemble Sudestada / L'Eraclito amoroso Marcq-en-Barœul, Eglise SaintPaul , 20h, 15/13e Gérald De Palmas Lille, Théâtre Sebastopol, 20h, 44>41e Requiem (Mozart / Ensemble orchestral mosan / Choeurs de l’union européenne) Charleroi, Palais des Beaux-Arts de Charleroi, 20h, 15>12e Ablaye Cissoko / Volker Goetze Calais, Centre Culturel Gérard Philipe, 20h30, 2e Shawn Holt + Tasha Taylor + Wayne Baker Brooks Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, 12/9e Toys in the Forest + Time Killers Lille, Le Biplan, 22h, 6e Lucid Club Night Anvers, Petrol Club, 23h, 8e

Dim 23.11 Koen Claeys Bruxelles, Bozar, 11h, 10e Sonic City Sunday : James Holden + Gold Panda + Dean Blunt + Pional Courtrai, De Kreun, 14h, 35/32/29e (pass w.e 53/50/47e) Blanche Bohémie Calais, Le Channel, 17h, Gratuit Mozart Group Roubaix, Le Colisée, 17h, 35/30/25/20/8e Vincent Niclo Anzin, Théâtre municipal, 17h30, 47/44e Tony Carreira Bruxelles, Forest National, 18h, 52,50>33,50e Suicide Silence + Thy Art Is Murder + Fit For An Autopsy Anvers, Trix, 19h, 20e Shantel & Bucovina Club Orkestar Bruxelles, Botanique/Orangerie, 19h30, 23/20/17e

The Vaselines Bruges, Cactus Muziekcentrum, 19h30, 15/12/10/7/5e Angus & Julia Stone Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 31e Chris Rea Anvers, Lotto Arena, 20h, 55/50/45/40e

Movie Star Junkies + Gabba Lovers Bruxelles, Atelier 210, 20h, 10/7e Nick Mulvey Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 17/14/11e Rodrigo y Gabriela Lille, L'Aéronef, 20h, 35,20e

Emiliana Torrini Louvain, Het Depot, 20h, 24/21/18e

Souad Massi & Eric Fernandez Aulnoye-Aymeries, Théâtre Léo Ferré, 20h, 11/8e

Mister Cover Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 23/20e

The Specials Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 43e

Lun 24.11 Bombay Bicycle Club Anvers, Trix, 19h30, 26/23e Mighty Oaks Charlie Cunningham Bruxelles, Botanique/Rotonde, 19h30, 16/13/10e Protest The Hero +The Faceless +The Contortionist + Destrage It Anvers, Trix, 19h30, 17e Angus & Julia Stone Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 31e Cloud Nothings + Future Of The Left + Ryley Walker Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 13/10/5e Milow Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 20h, 31e The Horrors Louvain, Het Depot, 20h, 23/20/18e

Mar 25.11 Double Nelson + Zoho... Bruxelles, Magasin 4, 19h, 8e Ane Brun Gand, Vooruit, 20h, 19e Boy & Bear Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 20/17/14e Ictus Bruxelles, Bozar, 20h, 16e www.lm-magazine.com

Shemekia Copeland Marcq-en-Barœul, Théâtre Charcot, 20h30, 20/16e

Mer 26.11 Ciné-Concert : Pascal Peroteau Oignies, Le Métaphone, 15h, 8/2e Video killed the Aero bar Lille, L'Aéronef, 19h, gratuit Temples Anvers, Trix, 19h30, 17e Brahim Zaibat Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 43/38/33e Coely Douai, L'Hippodrome, 20h, 8e Girls in Hawaii Liège, Le Forum, 20h, 30/25e Popa Chubby Verviers, Spirit Of 66, 20h, 20e Slash Bruxelles, Forest National, 20h, 46e Suuns + Jerusalem In My Heart + Son Lux + Lucrecia Dalt Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 19>16e Daan Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h15, 33e Soirée Laboratoire Free Hands Lille, La Malterie, 20h30, Gratuit


Concer ts Vincent Niclo Saint-Quentin, Le Splendid, 20h30, 39e

Jeu 27.11 Tinariwen + Staff Benda Bilili Grande Synthe, Palais du Littoral, 19h, 15e Cloud Nothings Anvers, Trix, 19h30, 14e Lucas Santtana Bruxelles, Botanique/Rotonde, 19h30, 17/14/11e Nordmann Anvers, Trix, 19h30, Gratuit

Festival Liaisons Musicales : Le Poème Harmonique Marcq-en-Barœul, Théâtre Charcot, 20h30, 15/13e

Festival les Liaisons Musicales : Françoise Choveaux Marcq-en-Barœul, Théâtre Charcot, 20h30, 9/6e

Le Larron + Monsieur Lune Lille, Le Biplan, 22h, 9/6,5e

« No Limit » : Phogima / Po Lomme, maison Folie Beaulieu, 20h30, Gratuit

Ven 28.11 Dans Dans Anvers, Trix, 19h30, 15e Grand Tremplin + Vismets Louvain, Ferme du Biéreau, 19h30, 8e

Admiral Freebee Gand, Vooruit, 20h, 23,75e

I love Rock’n Pop Lille, Théâtre du Casino Barrière, 19h30, 69>35e

Joey Bada$$ Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 21/18/15e

Alb + Pendentif Louvroil, Espace Culturel Casadesus, 20h, 12/10/8/5e

Les Ogres de Barback Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 29e

Arca Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 17/14/11e

Orchestre National de Belgique Bruxelles, Bozar, 20h, 28/14e

Cantates - Rameau Tourcoing, Auditorium du Conservatoire, 20h, 15/12/10/6e

Pascal Obispo Bruxelles, Forest National, 20h, 55/50/45e Rien + Ed Wood Jr Lille, La Péniche, 20h, 10/11e St. Lô Arras, Théâtre d'Arras, 20h, 8e Sabaton + Korpiklaani + Tyr Lille, L'Aéronef, 20h, 28,60e The Golden Gate Quartet Lille, Théâtre Sebastopol, 20h, 39,80>27,80e Warpaint Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 26/23e What About Washington + Naive New Beaters Lille, m. Folie Moulins, 20h, 5e Ycare Lille, Le Splendid, 20h, 25e

Jaga Jazzist Courtrai, De Kreun, 20h, 18/15/12e Jamie T Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 20/17/14e Karin Park Lille, La Péniche, 20h, 12/11e Louis Delort & The Sheperds Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 34/32e Milow Lille, Le Splendid, 20h, 29,50e Portraits Russes (ONL) Lille, Nouveau Siècle, 20h, 45>5e

Albin De La Simone Lomme, maison Folie Beaulieu, 20h30, 9/5e

Spagguetta Orghasmmond + Stephen O'Maltine + La Jungle... Bruxelles, Maison des Musiques, 20h, Gratuit

Dirk Serries Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h30, Gratuit

Warpaint + After Live de V.Love Lille, L'Aéronef, 20h, 19/14/10e www.lm-magazine.com

Feu! Chatterton Béthune, Le Poche, 20h45, 7/5/4/3e Civil Civic + Momma said so Villeneuve d'Ascq, La Ferme d'en Haut, 21h, 5 e Boufam Caval Lille, Le Biplan, 22h, 7e

Sam 29.11 Tinariwen Lens, La Scène du Louvre-Lens, 16h, Gratuit George Ezra Anvers, Trix, 19h, Complet ! Brunori Sas Bruxelles, VK*, 19h30, 16/13e Dans Dans + Nordmann Bruges, Cactus Muziekcentrum, 19h30, 13/10/8/7,5/5e Stiff Little Fingers Bruxelles, Magasin 4, 19h30, 17/14e Arsenal Hasselt, Cultuurcentrum, 20h, 30e Black Strobe + Les Panties + Raw District + Alex Palmer Mons, Alhambra, 20h, 15e Bal folk Calais, Le Channel, 20h, 6e Ez3kiel - L.U.X + Dorian & the Dawn Riders Lille, L'Aéronef, 20h, 19/14/10e Ictus Bruxelles, Bozar, 20h, 16/12e Jean-Louis Aubert (chante Houellebecq) Lille, Nouveau Siècle, 20h, 59/39e Macbeth (Verdi) / Brett Bailey Douai, L'Hippodrome, 20h, 20>9e


129 agenda

Portraits Russes (Orchestre national de Lille) Pérenchies, Salle de sports Pierre Lecerf , 20h, 15 / 10 (-18 ans) / 5e (- 12 ans) Sarh + Alb + Camp Claude Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 19>16e Sam Smith + Years and Years Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet ! Saxon + Skid Row Lille, Le Splendid, 20h, 33e Scorpions Bruxelles, Palais12, 20h, 86/66/56/52e Aux rythmes des années folles Marcq-en-Barœul, conservatoire de musique, 20h30, Entrée libre Cheb Bilal Roubaix, La Condition Publique, 20h30, Gratuit Hippocampe Fou + Billie Brelok + Poseï Manifest Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, 9/6e Ibrahim Maalouf Béthune, Théâtre de Béthune, 20h30, 30>26e Pixels Party : Turnsteak + DJ pFeL + Bobmo + Teki Latex Beauvais, L'Ouvre-Boîte, 20h30, 11/9/6/3e Renan Luce Namur, Théâtre Royal, 20h30, 34>14e Salvatore Adamo Anzin, Théâtre d'Anzin, 20h30, 40e Spectrum Orchestrum + Udo und Brigitte + L'Hapax Faches Thumesnil, Les Arcades, 20h30, Gratuit

The James Brown Tribute Show Roubaix, Le Colisée, 20h30, 39/35/30/25/8e Tinariwen + Stranded Horse Oignies, Le Métaphone, 20h30, 17/5e Vincent Niclo Lille, Théâtre Sebastopol, 20h30, 47,20>43,20e MUSE by MUSEUM Verviers, Spirit Of 66, 21h, 13e Soirée Best of Rock Lille, Théâtre du Casino Barrière, 21h, 5 e A contretemps + Tcha Limberger Lille, Le Biplan, 22h, 9/6e ASTRAL PROJECTION + X-DREAM + Jan Muller + TRANSWAVE+ Dado + THE MUSES RAPT+ Juan Verdera + YO-EL + All Funghed Up +GOWAX + Dance-a-delic + BONAS & SENSE Anvers, Petrol Club, 22h, 22/8e Pussy Lounge /Ruthless + Coone + Mark with a K + Darkraver + The Viper + Pat B + Korsakoff + Paul Elstak + Mental Theo Anvers, Lotto Arena, 22h, 38,75e Tribal Roots Anvers, Petrol Club, 22h, 22/18e

Dim 30.11 Ensemble Les Surprises Bruxelles, Bozar, 11h, 10e Ciné Musique, avec l'Orchestre Philarmonique de Prague Lille, Théâtre du Casino Barrière, 15h, 42>36e Grupetto Bruges, Cultuurcentrum Bruges, 15h, 15/12/9/6e

Cantates - Rameau Tourcoing, Auditorium du Conservatoire, 15h30, 15/12/10/6e Musiques Nouvelles Bruxelles, Halles de Schaerbeek, 16h, 22/17/12/3e Courtney Barnett Lille, La Péniche, 18h, 14/ 13e Oscar and the wolf + Antoine Pesle Lille, L'Aéronef, 18h, 13/7/5e Vincent Niclo Bruxelles, Cirque Royal, 18h, 46,50/41,50/37,50e Anvil + Support Courtrai, De Kreun, 18h30, 22/19/16e Jean-Louis Aubert (chante Houellebecq) Lille, Nouveau Siècle, 19h, 59/39e Pura Vida Eeklo, N9, 19h, 15/12e BLØF Anvers, Trix, 19h30, 31,50e Blaudzun + Amongster Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 24e Franck Monnet Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 16/13/10e GusGus - Kiko King & Creativemaze Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, Complet ! Pura Vida Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 15e Thus Owls Hasselt, Muziekodroom, 20h, 9/6e

— Agenda — Retrouvez tous les concerts de l’Eurorégion sur

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130 le mot de la fin

Friternellement vôtre

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Ils brodent leur désarroi à même la frite. Philémon Vanorlé et Julien Boucq, artistes résidents à la Malterie, s’emparent d’un symbole régional pour défendre cette structure lilloise menacée de fermeture. Et constituent une cagnotte pour racheter le bâtiment. Soit 2,2 millions d’euros à trouver. Noms d’artistes passés par la Malterie, « SOS » ou messages personnels, chacun peut y mettre son grain de sel pour sauver l’édifice.


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LM magazine 101 novembre 2014 france belgique issuu  

LM magazine, Cultures et tendances urbaines, France, Belgique, Lille, Bruxelles

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