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n째83 / mars 2013 / GRATUIT

nord & belgique

Cultures et tendances urbaines


Sommaire Let’smotiv - mars 2013

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n  ews Hey !, des super-méchants, Boucher El Assad, un rouleau compresseur, la fête de l'animation, des burgers inventifs, John Waters...

VIA, Propagand © DR

#83

70 Exposition We Want Jazz, Neo

Rauch, Dix Ans d'Écritures, Walden Memories, Antonio Seguí, Thomas Bayrle, (Focus) Brueghel... Agenda

10 portfolio Jules Julien

80 dossier Lille Art Fair

18 plan rapproché

94 interview Thomas Jolly pour Henry VI

Strip-Tease de Marco Lamensch

22 reportage Road-trip le long de la frontière franco-belge

30 rencontre Le Tour des Flandres de Pierre Josse et Bernard Pouchèle

32 lieu Le Musée du slip 34

m  usique Cody ChesnuTT, Jake Bugg, Nas, Villagers, Adam Green, Foals, Jil Is Lucky, The Weeknd, Yo La Tengo, Lil' Wayne, Mesparrow, Jacco Gardner…

54 cinéma FIGRA, Cloud Atlas,

98  t  héâtre & danse La maison de Ramallah, Libertés de Séjour, Désordres, Peau d'âne, Tabac rouge, Les Rustres, VIA, A. T. De Keersmaeker, P'tit Monde, Elles en rient encore, Les Repérages, The Old King... Agenda

118 littérature Mots de Travers(e) 120 livres The Secret Footballer, J. C. Oates, J. Eugenides, Warhol & Burroughs

122 disques Catholic Spray, DJ Koze, Jennifer Cardini, Poni Hoax, Karl Bartos

No, Camille Claudel 1915, As If I'm Not There

124 agenda concerts et soirées

62 événement Jockum Nordström

130 Le Mot de la fin Auguste Derrière


83

Let’smotiv Nord & Belgique 114 rue Barthélémy Delespaul - F - 59000 Lille tél : +33 362 64 80 09 - fax : +33 362 64 80 07 redaction.nord@letsmotiv.com redaction.bruxelles@letsmotiv.com

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Direction de l’édition / Rédaction en chef : Nicolas Pattou

nicolas.pattou@lastrolab.com

Rédaction : Thibaut Allemand

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Elsa Fortant

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Direction Artistique / graphisme : Cécile Fauré

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Couverture : Jules Julien

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Publicité : pub.nord@letsmotiv.com

administration : Laurent Desplat

laurent.desplat@lastrolab.com

Impression : Imprimerie Ménard 31682 Labège

diffusion : C*RED (France/Belgique) ; Zoom On Art (Bruxelles)

Ont collaboré à ce n° : François Annycke, François-Xavier Béague, Madeleine Bourgois, Sylvain Coatleven, Julien Collinet, Mathieu Dauchy, Auguste Derrière, Sophie Desplat, Hugo Dewasmes, Stéphane Dubromel , Marine Durand, Grégory Escouflaire, Clément Gagliano, Audrey Jeamart, Jules Julien, Florian Koldyka, Aurore Krol, Nicolas Montard, Clément Perrin, Aurore Taddeï, Olivia Volpi et plus si affinités. Let’smotiv Nord & Belgique est édité par la Sarl L'astrolab* - info@lastrolab.com Membre du réseau Let’smotiv Magazines - Let’smotiv est une publication d’Urban Press L'astrolab* Sarl au capital de 5 000 euros - RCS Lille 538 422 973 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. ı Let'smotiv est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement. Ne pas jeter sur la voie publique.

Papier issu de forêts gérées durablement


en Bref

Porte-étendard de l'art actuel, le magazine HEY ! Modern Art & Pop Culture nous invite à quitter le papier glacé pour la Halle St Pierre. Sur deux étages, une soixantaine d'artistes présentent 330 œuvres toutes plus singulières les unes que les autres. Ces « outsiders » contestent les rapports hiérarchiques entre le grand art et la culture populaire. De l'Alien de HR giger aux planches originales de Kirby, voilà un accrochage aux allures de cabinet de curiosit-hey ! Hey  ! Modern Art & Pop Culture part  II, Jusqu'au 23.08, Paris, Halle St Pierre, tlj, lun>ven 10h>18h, sam 10h>19h, dim 11h>18h, 8/6,5€

Real Life Supervillains © Butcher Billy

Un p'tit comics Billy The Butcher, graphiste de son état, s'empare de figures plutôt impopulaires et les croque comme des super-méchants de comics. Ainsi, Hitler, Staline, Georges W. Bush ou encore Mark Zuckerberg sont relookés de pied en cap(e) par le Brésilien. Réflexion sur la banalisation du mal ? Sur la reproduction de l'image ? Sur la culture pop ? Oh, un peu de tout cela. Nous, on attend quand même la version avec Cali. www.butcherbilly.tumblr.com

Telex

Un producteur de cinéma n'attendrait plus seulement qu'un acteur soit bankable, il doit s'avérer JT-able, comprenez apprécié par les médias et donc, invité sur les plateaux qui font de l'audience ! On parlerait même d'acteurs Arthurisables…

Two-Headed Cat, Elizabeth McGrath © Halle Saint pierre

L'art du temps


Tueur en Syrie... Originaire de Homs, le graphiste Fares Cachoux enseignait les arts graphiques aux Émirats Arabes lorsqu'éclata la guerre civile en Syrie. Choqué par la répression, qui détruit une partie de sa région, l'artiste syrien témoigne avec une série d'images éclatantes (ces couleurs, ce contraste) et silencieuses, mais qui en disent cependant long sur un conflit dont l'issue paraît toujours incertaine. farescachoux.prosite.com

Gers Pardoel © Job, Joris & Marieke

Agence Grey © Jeremy Wong, Evan Lim

Syrian Revolution Posters © Fares Cachoux

news

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à rebrousse poils

Arrêt sur images

Marre du chien ou du chat qui perd ses poils, en met partout et ne donne jamais un coup de main pour le ménage ? Cet ingénieux recyclage permet aux animaux de compagnie de se rendre ENFIN utiles ! www.solutions.3m.com

Vous êtes curieux de découvrir les arts numériques ? Les étapes de fabrication d'un film d'animation, d'un jeu vidéo ou le fonctionnement du doublage  ? Direction la Fête de l'Anim' pour trois jours de projections, conférences, ateliers et expositions. De quoi ravir le jeune public comme le grand ! Fête de l'Anim, 14>17.03, Lille Métropole, Divers lieux, 20/5/3€, www.fete-anim.com

Le parlement européen autorise donc les farines animales dans l'élevage. Les poissons vont manger du poulet, les poulets du porc... Bizarrement, les religieux, si prompts à invoquer la "Nature" contre la mariage pour tous ne se sont pas manifestés. Mais, c'est vrai, les grenouilles de bénitier ne sont pas concernées.


news

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Burger de la Renonciation © DR

Canicule burger © DR

À dévorer des yeux Quand deux graphistes ont la dalle, que font-ils ? Eh bien... du graphisme, encore et toujours. Car non content d'imaginer de nouveaux hamburgers aux ingrédients appétissants, le tandem met en scène ses créations aux recettes farcies de jeux de mots sur son site web. Et vend parfois ses créations chez Colette – mais là, le prix nous reste sur l'estomac. www.fatandfuriousburger.com

Baltimore vivant

© DR

Pink Flamingos, Cecil B. Demented, Hairspray, Cry Baby… Outranciers, provocs et camp, les films de John Waters mettent en scène les marginaux. Pourtant, les moustaches les plus élégantes de Baltimore sont les invitées d'honneur de la Cinemateek. L'occasion de découvrir Polyester (1981) en odorama, quelques films fétiches du réalisateur et un one-man show du maître (This Filthy World).

Telex

09.03, This Filthy World + Polyester en odorama // 10.03 Masterclass // 12>23.03 Rétrospective // 15>24.03 Carte Blanche à John Waters, Bruxelles, Bozar, www.bozar.be

L'éditeur 10/18, associé à l'excellent magazine pluridisciplinaire Usbek & Rica, lance la collection « Expliqué aux vieux ». Les quatre premières sorties ont pour thème Facebook, Lady Gaga, mais aussi les moins fonky La Violence ou La Solitude. À lire à la loupe, donc.


portfolio

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jules julien Haïku graphique « Tiens ! LM publie un seul portfolio avec plusieurs artistes ? » s'exclame le béotien. Que nenni ! Répondons-nous fièrement. Mais voilà : Jules Julien est pluriel. et, si son travail s'inscrit, comme beaucoup d'autres, dans des séries, il a été difficile, voire impossible, d'en privilégier une au risque de négliger des pans entiers de son œuvre. Le parcours de ce trentenaire issu du sud de la France paraît classique : des études d'art appliqués, un job dans une agence de publicité... Mais très vite, l'envie de fuir le monde salarié et, surtout, ne plus avoir un patron sur le dos le poussent à voler de ses propres ailes. Amoureux du logiciel de dessin vectoriel Illustrator, le désormais Parisien prend un malin plaisir à dessiner des visages hyperréalistes d'une douceur et d'une finesse incomparables. « L'idée, c'est qu'il n'y ait pas de patte », explique-t-il. Humilité ? Envie de s'effacer derrière l'œuvre ? Plutôt de toucher au plus près la réalité, afin de confondre le dessin et les photographies dont il s'inspire. Après avoir fait ses armes dans la presse gay, en France (Têtu) et outre-Atlantique (Out!), le jeune homme prend du recul, refusant la niche de l'homoérotisme. Jouant sur le contraste entre les aplats de noir et les couleurs douces, son travail repose entre autres sur le subconscient, où des visages dénués de regard arborent des revolvers ou des arbres. Ce travail, qui tient presque du haïku graphique, a séduit les Japonais : « À Tokyo, le public s'enthousiasmait, j'entendais le fameux « kawaii ! » mais en s'approchant, les gens découvraient des détails un peu plus sombres », s'amuse Jules Julien. Qui retourne à sa palette, s'imaginer de nouvelles identités (graphiques, forcément). Thibaut Allemand à visiter / www. julesjulien.com à voir / BLACKOUT, exposition personnelle, 08>30.03, Berlin, Galerie Rise Berlin, riseberlin.com BEYONDERGROUND Festival, exposition collective, 26 & 27.04, Hasselt, www.beyonderground.com HUGO AND MARIE SHOWCASE, Exposition collective, 04>30.04, Londres, Galerie KK Outlet, www.kkoutlet.com, www.hugoandmarie.com Ci-contre : Blackout, 2013, série réalisée pour la galerie Rise à Berlin (Allemagne).


Cadavres Exquis, 2009, Série réalisée pour la galerie Diesel Art à Tokyo (Japon).


Rébus, 2009, série réalisée pour la nuit blanche de la ville de Mayenne (France).


Similing Night, 2010, série réalisée pour la communication du Club Zouk à Singapour.


plan rapproché

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interview

MARCO LAMENSCH Strip-Tease aux rayons X Propos recueillis par ¬ Thibaut Allemand Photos ¬ DR

Diffusée en Belgique (1985-2002) et de façon trop irrégulière en France depuis 1993, Strip-Tease a acquis le statut d'émission-culte. Marco Lamensch hausserait sûrement les épaules, lui qui évite à tout prix les tics, facilités et raccourcis journalistiques. À l'occasion de la parution d'un nouveau coffret rétrospectif, on a voulu en savoir plus sur ce programme vraiment pas comme les autres.


musique

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Quel fut votre parcours avant Strip-Tease ? Rien ne me prédisposait à la télévision. Je suis physicien de formation, et je suis entré à la RTBF un peu par hasard, pour travailler pour une émission scientifique, puis dans une émission de reportages. J'ai donc appris sur le tas durant sept ou huit ans, puis j'ai rencontré le caméraman Jean Libon. De fil en aiguille, nous avons imaginé un programme qui s'intéresserait à notre société. Et Strip-Tease est né.

« On ne prend pas

le spectateur par la main »

Le succès a-t-il été immédiat ? Les patrons de chaîne ne comprenaient pas ce qu'on faisait, mais ça fonctionnait auprès du public. Strip-Tease se voulait informatif, tout en poussant à la réflexion. Il n'y a pas d'indication de lieu, de date, ni de voix-off, par exemple. On ne prend pas le spectateur par la main : si Marc-Antoine se brosse les dents, inutile de l'indiquer dans le sous-titre et de le répéter en commentaire.

est signé d'un réalisateur, qui possède sa propre patte, et sa méthode : certains traînent dans les bars pour rencontrer des gens, d'autres mènent des enquêtes sur un sujet avant de contacter les intéressés. D'autres, enfin, se fient à leur bonne étoile.

Comment trouvez-vous vos sujets? Ça dépend, chacun de nos 850 films ▲


plan rapproché

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Comment se déroulent les tournages ? Il y a généralement trois personnes. Un réalisateur journaliste, un cameraman, et un preneur de son. Au début, on tournait comme au cinéma, avec des pellicules de 11 minutes. Or changer la bobine prenait dix minutes. Il fallait donc rester concentré et savoir quand filmer pour ne pas manquer un événement important. Le montage s'effectue quasiment en direct, donc. Les gens oublient vite la caméra car sur un entretien d'une demi-heure, on peut se surveiller. Mais si vous restez avec eux de sept heures du matin à vingt heures, le naturel revient au galop. Certains ont-il vu leur vie chamboulée, sont-ils devenus la risée de leur ville

lorsqu'ils étaient ridicules ? Je ne pense pas que l'on ait chamboulé la vie des gens. Mais la notion de ridicule suppose deux personnes. C'est une qualité que quelqu'un vous prête ou non. Et ce sont souvent des personnes qui ne sont pas de notre classe, de notre âge ou de notre milieu dont on se moque. Le problème s'est posé avec ces députés visitant la Corée du Nord... Oui, mais il y a un meilleur exemple encore : le portrait du bourgmestre de Bruxelles. Un type important présenté au naturel, dans sa vie quotidienne... La Belgique fut stupéfiée et les journalistes «  sérieux  » nous ont accusés de ridiculiser le personnel politique. Mais


« Les gens oublient vite la caméra »

nous n'avions rien inventé ! Pour en avoir le cœur net, ces journalistes ont rencontré le bourgmestre, qui leur a répondu «  Pas du tout, ils m'ont filmés tel que je suis ! ». La réception de l'émission fut-elle différente en Belgique et en France ? En Belgique, Strip-Tease n'est plus à l'antenne depuis 2002 mais à l'époque, nous étions diffusés en primetime, c'était un programme familial. Et je sais de source sûre que ça a donné lieu à quelques débats dans les foyers. En France en revanche, elle a été estampillée « intellectuelle », et sa diffusion a connu de nombreux changements de jours ou d'horaires. Plus généralement, nous n'avons jamais réussi à filmer des hommes politiques français, par exemple. Les Belges possèdent un sens de l'autodérision qui favorise certains tournages. En règle générale, le Français demande «  Vous allez passer ça  ? », et le Belge « Ça va passer quand ? ». Lorsqu'on pense à Strip-tease, on voit souvent une galerie de farfelus... Absolument. La soucoupe et le perroquet est un film formidable. Ce n'est pas le portrait d'un zinzin, mais l'histoire d'amour

entre une mère et son fils. Bien sûr, le type fait sourire, mais il est touchant. Ce film est poétique et parfaitement filmé. Pourtant, « La Soucoupe...  » nous a fait du tort, car on a vu passer des tas de réalisateurs nous proposant tous les zozos de la Terre. Et proportionnellement, il y a plus de farfelus dans la réalité que dans Strip-Tease.

Retrouvez l'intégralité de l'interview sur www.letsmotiv.com à visiter / www.striptease.france3.fr à voir / Coffret 3 DVD Strip-Tease - vol. 16-1718 (Éd. Montparnasse)


reportage

road-trip franco-belge Texte ¬ Nicolas Montard Photos ¬ Stéphane Dubromel / Collectif Dailynord


HALLUIN Friture, tabac, alcool, prix cassĂŠs.


24 reportage

ABEELE Patty, qui dirige l'estaminet de la douane, aime se déguiser en douanière pour faire peur aux touristes crédules, avant de les mettre en cellule, puis de leur offrir un Picon-bière.

BRAY-DUNES L'ancien poste de douanes est devenu marchand de chocolats... belges.


Jeux sans frontières 1993-2013 : France et Belgique célèbrent les vingt ans de la libre-circulation des biens et la disparition des douanes fixes. Mais justement, que reste-t-il aujourd'hui de ces lignes de démarcation ? Vingt ans après, nous avons pris la route le long de la frontière franco-belge. En voiture.


PASSE-TOUT-OUTRE Ancien poste de douane devenu maison. Le lieu tient son nom d'une femme qui aurait dit à son mari, en voyant les douaniers, de « passer tout-outre ».

JEUMONT Une aubette baptisée La Dwane. La route autorise une petite bifurcation devant le commerce pour acheter des cartouches de cigarettes et repartir aussitôt.


reportage

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Sommes-nous en France ? En Belgique ? Sur cette route de Flandres, entourée de champs dissipés dans la brume matinale, impossible de répondre. Comme bien souvent, le long des 620 kilomètres de la frontière franco-belge, il faut avoir recours au GPS. De Bray-Dunes, dans le Nord, à Mont-Saint-Martin, en Meurthe-et-Moselle, la frontière n’épouse que rarement une logique naturelle, tracée arbitrairement au milieu des champs au gré des conflits et des traités. On ne peut même plus compter sur les postes de douane pour se repérer, comme nous l’imaginions pourtant au début de notre périple à la recherche d'un passé frontalier. Zone menacée 1993 a scellé la disparition de ces fameuses guérites en même temps que naissait l’Europe de la libre-circulation. Bien souvent, les bureaux de douane sont détruits, laissés à l’abandon, ouverts aux quatre vents, sans quiconque à l’horizon. La vie perdure tout de même dans une poignée d’entre-eux. Hétéroclites dans leur architecture comme dans leur destination, certaines aubettes sont ainsi devenues des commerces, vendant chocolats, bières ou tabac à gogo, comme un pied de nez à leur fonction d’antan ! D’autres, transformées en habitations privées, ne sauraient être reconnues, même par un douanier de la grande époque. Enfin, il y a justement celles qui perpétuent le souvenir d'un âge d’or : à Hestrud et Macquenoise, les postes de douane sont devenus des musées et à l’Abeele un estaminet dans lequel la propriétaire, Patty, revêt un costume de l'administration officielle pour amuser les touristes.  Ultimes témoignages folkloriques d’une frontière dont le patrimoine s’effrite. Inexorablement.


reportage

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HEER-SUR-MEUSE Poste de douane devenu habitation privée. Le propriétaire a conservé le decorum.


rencontre

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Pierre Josse Sur la route des Flandres Propos recueillis par ¬ François Annycke Photo ¬ Pierre Josse

né à Dunkerque en 1931, Bernard Pouchèle, fut tour à tour instituteur, employé de commerce, marin, avant de prendre les routes et de consigner ses souvenirs. Entre ce Flamand voyageur et le breton Pierre Josse, fondateur du Guide du Routard et globetrotter averti, le courant ne pouvait que passer. Après huit ouvrages co-signés, le tandem aux semelles de vent a parcouru les terres natales de Pouchèle, au soir de sa vie. Un magnifique témoignage et de belles (re)découvertes. Entre Bernard Pouchèle et vous, c'est une longue histoire... Oui, je l'ai rencontré dans les années 80 lors d'un salon du livre à Paimpol, en Bretagne. Et nous sommes devenus amis. Plus tard, il a travaillé avec moi pour le Guide Du Routard, et nous avons signé des livres sur les estaminets. Mais là, c'est différent : Bernard abordait cet ouvrage sur la Flandre comme le dernier, de manière plus intime. Il revenait enfin en Flandre par le meilleur moyen qui soit, l'écriture.

Les estaminets sont, une fois encore, très présents dans cet ouvrage C'est vrai. Cette région possède des endroits incroyables, comme Chez Wally, un fameux estaminet dont le patron est fan d'Elvis. On y retrouve toutes les classes sociales, les gens se rencontrent, dansent, c'est bon enfant. Une anecdote : à Caestre, Pouchèle entend parler flamand, langue qu'il n'avait pas pratiqué depuis plus de soixante ans. Soudain, au contact des gens, le langage commun est revenu.


théâtre

&

danse

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« c'est un roman, une autobiographie et un testament Un Tour de Flandres est donc une sorte d'archéologie de la mémoire, celle de Pouchèle bien sûr, mais aussi celle littéraire » d'une certaine Flandre qui disparaît.

Le dialogue s'installe entre la Belgique et la France, entre le texte et l'image, aussi... Les paysages ont beaucoup à raconter. Les lumières du Nord sont formidables. Pour la première fois dans nos livres communs, nous avions d'abord le texte. J'ai donc donné carte blanche à l'éditeur pour retenir les photographies en accord avec les mots. Puis, je suis revenu dans la région pour prendre de nouvelles images – il aurait été dommage que le canal de Bergues n'y figure pas, par exemple.

Ce livre saute d'un côté et de l'autre de la frontière. Sera-t-il distribué en Belgique ? Oui. Il ne sera pas traduit, mais sera diffusé dans toute la Belgique. Ce livre est un voyage intérieur. Et malgré la franchise dans le ton, c'est à la fois un roman et une autobiographie. Une sorte de testament littéraire.

À lire / Un Tour Des Flandres : Le Cycle De La Mémoire, de Bernard Pouchèle et Pierre Josse, (Éd. Invenit, 136p., 24€)


Mao 2010 © Agathe Dudragne

Kennedy 2009 © Agathe Dudragne

exposition

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lieu

MUSéE DU SLIP Les dessous de l'histoire Bruxelles compte de bien jolis musées, mais celui de Jan Bucquoy, à un jet de pierre de la Grand-Place, s’avère sans aucun doute le plus cocasse. Et pour cause : on y trouve des slips et des petites culottes, tous légués par leurs porteurs de renom, de la très libérée Brigitte Lahaie au très libéral Didier Reynders. Iconoclaste invétéré, doux anarchiste et cinéaste mutin, Jan Bucquoy n’en est pas à ses premiers délires surréalistes : après le Musée de la Femme (avec de vraies femmes dedans), sa parodie porno de Tintin ou ses coups d’état foireux tous les


Sarkozy en Mobutu 2010 © Agathe Dudragne

Roi Baudoin jaune 1991 © Luc Schrobilgen

21 mai, le voilà pourfendeur du calbute, conservateur improvisé d’un Musée loin de tout fétichisme cucul, dont le geste se veut d’abord « purement philosophique ». Traduction : « démontrer que tous les hommes sont égaux devant le slip – que l’on soit célèbre, riche, puissant ou les trois à la fois ». Calecif à la place du calecif Inauguré en 1990, le Musée du Slip se confond avec le Dolle Mol, café libertaire culte qui sert de QG à notre pitre post-situ. Si le rez-de-chaussée offre au quidam une série de collages montrant des personnages célèbres affublés d’un slip sur la tête (de Kennedy à Sarkozy), l’étage expose vingt-quatre donations de vedettes du showbiz et d’hommes (et femmes) politiques, encadrées et certifiées portées et authentiques. Du slip porté par Noël Godin « lors du 7e entartement de BHL au Salon du Livre de Paris » à la culotte brodée « PS » de la ministre Fadila Laanan, Jan Bucquoy nous délivre un message : à travers ce vulgaire bout de tissu, c’est la démocratie qui est en jeu, parce qu’en slip nous sommes tous libres, et tous égaux ! Grégory Escouflaire

Bruxelles, Musée du Slip, Dolle Mol, 52 rue des Eperonniers, mer>dim, à partir de 16h, gratuit / Présence de l'artiste jeu et sam 16h>22h, www.janbucquoy.be


Š John Ferguson

musique

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musique

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Sweet

soul music

Dans le genre rétromaniaque, Cody ChesnuTT se pose là. À l'heure où le R&B (moderne) vise à l'épure synthétique et futuriste, ce vieux briscard se réinvente en soulman à l'ancienne, entouré d'un groupe ad hoc, avec sous le bras un album définitif enregistré entre Berlin et le studio d'Al Green. ParfaiTT. Oui, avec deux T. Petit évènement de la fin 2012, Landing On A Hundred donnait presqu'à entendre le saphir essuyant la poussière sur le sillon. Comme un trésor forcément caché au fin fond du grenier, ces douze chansons ravivent tout à la fois la soul d'Al Green et de Curtis Mayfield, et collent de furieuses envie de rejoindre une soul all-nighter outre-manche (les états-Unis, c'est un peu convenu, non ?). L'auteur de ce joyau était connu de quelques anciens qui se souvenaient d'un premier essai, modestement intitulé The Headphone Masterpiece (2003), sorte de syncrétisme hasardeux entre hip-hop, pop et soul enregistré dans sa chambre sur un quatre-pistes. Autant dire que ChesnuTT est aujourd'hui méconnaissable. Redemption songs A-t-il pris le train en marche, suivant le vent venu des studios Dap-Tones (pourvoyeurs de rhythm & blues à l'ancienne et responsables du petit succès d'Amy Winehouse) ? Non. Mais en dix ans, la gueule bravache d'hier a changé et accumulé les tuiles (fonder une famille, ce genre). Alors, le natif d'Atlanta est devenu plus responsable, trouvé la foi et refuse désormais de jouer sur scène ses vieux morceaux, aux paroles un brin salace (Bitch I'm Broke, par exemple). Pas plus mal : ses concerts, d'une cohérence musicale parfaite, transpirent la fougue et scintillent de cuivres, s'inondent de larmes et suintent la rage. Vous avez dit soul ? C'est exactement cela. Thibaut Allemand

Cody Chesnutt 03.03, Louvain, Het Depot, 20h, 19/16/14€, www.hetdepot.be 23.03, Lille, L'Aéronef, 20h, 16/11€, +33 (0)3 20 13 50 00


musique

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Jake Bugg Belle gueule, mêche dans les yeux, Jake Bugg trimballe sa six-cordes en Harrington sur à peu près toutes les photos de presse disponibles. Le natif de Nottingham semble jailli d'Awaydays (20), long-métrage typique d'une Albion qui se scrute le nombril, mais dont on envie la fougueuse jeunesse. De jeunesse, il est d'ailleurs question avec notre homme. Ça lui a joué quelques tours, beaucoup n'y voyant qu'un chanteur à minettes. Pourtant, à en juger par l'âge de sa discothèque, on l'aiderait volontiers à traverser la rue : Bob Dylan en ligne de mire, voire horizon indépassable, le petit Anglais aligne de chouettes chansons d'une voix nasillarde. Plagiaire  ? Reste quand même quelques jolies mélodies, des morceaux prometteurs comme repiquées de quelques cassettes du soussol. À suivre, sait-on jamais. Thibaut Allemand

© Kevin Westenberg

© Kevin Westenberg

03.03, Bruxelles, Le Botanique, 19h30, complet !


© Matthew Salacuse

musique

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Le quarantenaire rugissant NAS n'a plus rien à prouver, son aptitude à manier les mots met encore à l'amende le tout-venant du rap contemporain. À la manière du lyriciste-star Rakim, ses initiatives artistiques ont donné au genre ses lettres de noblesse. Tour d'horizon d'un poète hip-hop. Né en 1973 dans le dédale des blocs en brique de Queensbridge à New York, Nasir Jones a grandi très vite, jusqu'à son premier album. Illmatic (1994), a popularisé le recrutement désormais systématique de plusieurs producteurs sur un même disque. Ce chef-d'œuvre inégalé entame d'ordinaire ses concerts (NY State Of Mind, The World Is Yours). Du single Life's A Bitch à son dernier album Life Is Good (2012), on mesure le chemin parcouru. Entouré d'un groupe live à géométrie variable, Nas n'a pas son pareil pour déclencher la ferveur collective. Ses textes, soutenus par un flow caméléon, développent des images toujours poignantes sur des instrus simples. Provocateur, « Nasty Nas » blasphéma à l'occasion Jésus, son meilleur ennemi Jay Z et accusa la chaîne Fox de racisme ordinaire. Entre deux témoignages grinçants fleurant le bitume, il ménage une place à des thèmes universels - la vie, le mariage, la mort. Car l'homme sait qu'il est mortel. Et l'idée l'obsède. D'ailleurs, sa vie de père quadra, divorcé deux fois, l'incite désormais à discourir de sa capricieuse fille Destiny et de ses pairs trop vite passés à l'as, comme son ami d'enfance Ill Will, tué sous ses yeux en 1992. Aujourd'hui comme hier, ces chroniques sociales font mouche. On les apprécie d'autant mieux en concert qu'à travers quelques vidéo-clips. Florian Koldyka Nas 12.03, Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 35€, +32 (0)2 548 24 24


Villagers Voici trois ans, débarquait dans nos vies le frêle Connor O'Brien. Sans coup férir, le Dublinois et les siens ouvraient de petites boîtes finement ouvragées, puis déballaient de petits hymnes pop folk qui firent tourner la tête à plus d'un(e). Un deuxième essai confirmant nos espoirs, les cœurs vont, une fois encore, battre la chamade à l'écoute de chansons fébriles et habitées, délicates et boisées. 05.03, Bruxelles, L'Orangerie, 19h30, complet !, +32 (0)2 218 37 32 // 06.03, Tourcoing, Grand Mix, 20h, 16/13€, +33 (0)3 20 70 10 00

© Alex Vanhee

© Rich Gilligan

musique

40

wim mertens Dernière date de la petite tournée du Flamand seul au piano, avant de le retrouver à travers l'Europe en trio (violon, violoncelle, piano). L'occasion de retrouver une figure de proue des Disques du Crépuscule, dans son plus bel élément : la solitude. L'éternel inclassable (musiques nouvelles  ? néo-classique  ? pop moderne ?), délivre quelques partitions délicates dans le calme et le recueillement. 15.03, Gand, Handelsbeurs, 20h15, 23/20€, +32 (0)9 265 91 65

© Lauren Dukoff

Adam Green & Binki Shapiro Retour à la formule duo pour l'ex-Moldy Peaches. Après une grosse dizaine d'années en solitaire et un album indépassable (le deuxième, Friends Of Mine, 2003), le petit prince de l'antifolk™ s'acoquine avec Binki Shapiro (croisée au sein de Little Joy). Notre crooner de poche et son amie s'imaginent en Nancy & Lee, et séduisent sans (s') emballer. Cependant, Green demeure excellent sur les planches, où ses talents d'entertainer terrassent toujours. 17.03, Tourcoing, Le Grand Mix, 18h, 16/13€, + 33 (0)3 20 70 10 00 // 20.03, Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 19€, +32 (0)2 548 24 24, abconcerts.be


© Steve Gullick

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Le feu sacré À l'heure d'un troisième album en forme de confirmation, la déferlante Foals s'abat sur l'Europe et n'épargne rien ni personne. Difficile de ne pas se laisser emporter par ce math rock mutant, qui n'a pas oublié refrains fédérateurs et mélodies tourneboulantes. Après Radiohead, Foals : Oxford est décidément l'épicentre du rock du futur. Expérimentales, complexes, nourries par l’enchaînement minutieux de mélodies imparables et d'arrangements hors du commun, ces compositions tiennent du génie qui ne s’apprivoise pas dès la première écoute. Un « perfectionnisme maladif » selon Yannis Philippakis, figure de proue de la formation. Un son évolutif, qui se métamorphose au gré de notre humeur et de nos ressentis du moment. En 2008, le groupe sort son Antidotes, un remède à la désolation et l’ennui. L'album surprend par sa sombre mélancolie mais aussi par son énergie furieuse. Un second essai, Total Live Forever (2010) achève d'hypnotiser. Malgré sa densité, le quintette ne perd pas son ardeur ni sa débauche. Sur scène, en témoigne le récent Holy Fire (2013), on ne peut que s'attendre à un déluge dantesque de décibels parfaitement maîtrisé, à un charisme hors-normes et à une folie contagieuse. «  Ehontément funk » promettait Philippakis avant que l'on ne découvre leur dernière merveille. C'est bien plus que ça. Foals, groupe le plus influent, puissant et déterminant de la décennie, transforme en or tout ce qu'il touche et réduit la concurrence en poussière. Plus fort que le feu, donc. Aurore Taddeï FOALS 15.03, Bruxelles, AB, complet ! // 26.03, Lille, L'Aéronef, 20h, 23/19€, +33 (0)3 20 13 50 00


Dr Chance En ces temps de crise du disque, le salut de beaucoup d'artistes, de Madonna à la dernière sensation estampillée « indie », passe par l'utilisation d'un titre dans une publicité. C'est navrant, mais c'est ainsi. Aussi, lorsque son single The Wanderer illustra la réclame Kenzo, on sut que Jil Is Lucky portait bien son nom. Restait à voir s'il toucherait toujours du bois. À l'heure d'écrire ces lignes, nous n'avons eu l'honneur d'écouter que quatre titres de son second album. Pas plus. Le Parisien poursuit dans la même veine pop oecuménique qui fit le succès relatif de son premier essai. En beaucoup plus produit. Pas étonnant : Jason Lader est aux manettes ; un fidèle de Justin Timberlake, Coldplay, Jay-Z... et Lindsay Lohan, aussi. Autant dire que l'ensemble roule droit, ne fait pas de bavure et s'imposera comme la bande-son rêvée de journées ensoleillées chez les amateurs de feel-good pop. On peut le regretter, préférer une musique avec un peu de fond mais, avouons-le, on n'a pas encore disséqué les textes anglophones de ce fin mélodiste à la voix haut-perchée. Qui sait ? Derrière les guitares soyeuses, les rythmes tranquilles et les claviers étincelants, se cachent peut-être des paroles d'une noirceur indicible ? Bon, on en doute un peu, mais on reste tout de même curieux de voir ce que peut donner sur scène un tel travail de studio – on songe en vrac à Phoenix, Supertramp ou, durant Forty Times A Day, à l'album solo de Julian Casablancas, exemple parfait de disque über-produit (par Jason Lader, tiens donc !). À bon annonceur, salut. Thibaut Allemand Jil is lucky 19.03, Bruxelles, La Rotonde, 19h30, 16/13/10€, +32 (0)2 218 37 32 // 23.03, Dunkerque, les 4 Écluses, 20h30, 10/7€, +33 (0)3 28 63 82 40 // 24.03, Roubaix, La Cave Aux Poètes, 18h30, 10/8/6€, +33 (0)3 20 27 70 10

© Sylvain Gripoix

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We Will Folk You Serait-ce la crise, qui oblige à se rabattre sur des guitares acoustiques ? La désuétude du scoutisme, qui jadis dégoûtait à jamais des feux de bois ? Ou encore la raréfaction de barbiers dignes de ce nom ? Toujours est-il que depuis une bonne dizaine d'années, le folk est partout. Un folk sympa, gentillet, plein de clochettes et de chorales de jeunes adultes. Vous savez ce qu'on en pense. Mais en faisant le tri, on tombe sur quelques merveilles et (coup de bol !), le festival We Will Folk You aligne une affiche quasi-parfaite. Au-delà des suspects habituels (Troy Von Balthazar, au hasard), on craque pour la voix brisée de Tiny Ruins et, surtout, pour les vespéraux canadiens Evening Hymns, révélés ici-même voici deux ans. Thibaut Allemand Avec Oh ! Tiger Mountain + Tiny Ruins (28.03, 9/6€) // Troy Von Balthazar + Bony King Of Nowhere + Mathis Haug (29.03, 10/7€) Flying Horseman + Louis Aguilar and the Crocodile Tears + Evening Hymns (30.03, 10/7€) 28>30.03, Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, pass 3 soirs 20/17€, www.4ecluses.com

Il aura suffi d'un tweet pour qu'Abel Tesfaye (et son Wicked Games) soit adoubé par le grand auditoire que constitue la toile. La machine à succès est lancée. Revisitant le R&B des années 2000, les compositions du Canadien dépoussièrent sacrément le genre. Le grain velouté de sa voix jure avec une toile de fond poisseuse, des beats lourds et des paroles crues évoquant la drogue, le sexe et des lendemains de fêtes qui déchantent. Sur certains titres, la mélancolie est habilement entretenue grâce à des samples de Beach House et Siouxsie and The Banshees. Son premier album, Trilogy (2012), compile ses trois illustres mixtapes remastérisées (House Of Balloons, Thursday et Echoes of Silence) et une trentaine de morceaux. Après des débuts sur scène remarqués à Montréal, Coachella et en Europe l'été dernier, nul doute que le prodige des studios transforme l'essai à Bruxelles. Elsa Fortant 14.03, 20h, Bruxelles, Cirque Royal, 32€, +32 (0)2 218 20 15

© La Mar Taylor

Tiny Ruins © Georgie Craw

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The Weeknd


Š Carlie Armstrong

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SéRIE EN COURS Résumer en une page trente ans de Yo La Tengo revient à tenter de raconter tout Twin Peaks en une minute. Depuis 1986, le trio new-yorkais a fourni autant de saisons et d’épisodes que de cliffhangers, faisant serpenter son scénario musical entre tous les corollaires d’un rock ambitieux et jamais compromis. Dans la série écrite inlassablement par Yo La Tengo, les deux personnages principaux, Ira Kaplan et sa femme Georgia Hubley, sont engagés sur la route de la connaissance du rock. Cette voie, jamais trop escarpée pour les téméraires Hubley et Kaplan – qui fut jadis critique rock – les mena, au fil des épisodes, d’une pop mélodique à une power pop rageuse, d’une noise parfaitement maîtrisée à une dream pop enivrée... Entre deux trajets, dans leur appartement de Brooklyn, sur fond de murs en brique (et pas un décor en stuc logé dans un studio de Hollywood), ils relèvent tous les défis. Nous avons affaire à de fins connaisseurs des arcanes de l’indie, héritiers revendiqués du Velvet Underground – les similitudes sont d’ailleurs nombreuses avec la formation de Lou Reed. Dans les épisodes précédents On avait laissé nos héros, rejoints comme il se doit à chaque saison par un troisième larron, avec I Am Not Afraid Of You And I Will Beat Your Ass (2006), album sans faute marqué par un épisode inaugural héroïque : une hypnotique et grandiose ligne de basse de 10 minutes. Le dernier rebondissement se nomme Fade et s'avère tout aussi léché. Dans ce seizième album plus apaisé, le trio apparaît encore sans une ride, jamais lassé de ses pérégrinations, comme un Jerry Seinfeld qui aurait continué son show en restant drôle. Yo La Tengo écrit donc la série la plus captivante de son genre. Mathieu Dauchy

Yo La Tengo 16.03, Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 25€, +32 (0)2 548 24 24 www.abconcerts.be


© DR

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Lil' Wayne Lil' Wayne ayant décidé de se consacrer pleinement au skate-board, d'aucuns ont pensé que le trentenaire arrêterait le rap et les concerts dans la foulée. Il n'en est rien, le bad boy de la Nouvelle-Orléans s'est rapidement rendu compte qu'il excellait davantage dans le maniement du microphone que dans le passage de ollies flip ou l'enchaînement de rampes. Depuis Tha Block Is Hot (1999), premier LP de Dwayne Michael Carter Jr., jusqu'au dernier en date, Tha Carter IV (2011), le flow fluide et crissant comme le choc d'un board sur un rail s'est imposé comme l'un des plus originaux de ces dernières années, plaçant définitivement le Dirty South sur la carte du rap game. Autant dire que pour tout amateur de hip-hop US qui se respecte, le Forest devrait prendre des airs de Louisiane le temps d'une soirée qui se passera évidemment comme sur des roulettes. Sylvain Coatleven 25.03, Bruxelles, Forest National, 20h, 42€, www.forestnational.be Nouvel album : I Am Not a Human Being II (sortie le 26.03)

des chiffres et des lettres 1982 - Naissance à La Nouvelle-Orléans. 1,68 m - Son pseudo est le fruit d'une double abréviation : Lil' pour little et Wayne pour Dwayne (son vrai prénom). 1999 - sortie du premier album Tha Block Is Hot. 2004, 2005, 2088, 2011 parutions de Tha Carter I, II, III & IV. 2010 - Passage par la case prison : 8 mois ferme pour port d'arme illégal. 27 octobre 2012 - Hospitalisation d'urgence au Texas suite à un malaise à bord d'un jet privé. 3,5 millions - Vente mondiale de Tha Carter IV (explose Kanye et Jay-Z).


saison

2012 2013

CAUET

bAGAd dE lAnn-biHoUé

GAlA HoUlAlA

Soy dE CUbA

lES STEnTorS

MElody GArdoT

jeudi 7 mars 2013

jeudi 21 mars 2013

dimanche 10 mars 2013

samedi 23 mars 2013

samedi 16 mars 2013

samedi 6 avril 2013

théatre

de l’hôtel casino barrière N° licence spectacle : 1037207 - 1007457 - 1007458.

de lille

30 spectacles à découvrir

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H ô t e l C a s i n o B a r r i è r e l i l l e • 7 7 7 P o n t d e F l a n d r e s • Pa r k i n g


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TEEN La dernière fois qu'on a vu Here We Go Magic, on s'est franchement ennuyé. D'habitude, comme tout le monde, on met ça sur le dos de l'ingé-son. Même si, comme tout le monde, on n'y connait que pouic en technique. Ce qui manquait au groupe, donc, c'était sa claviériste, Kristina « Teeny » Lieberson, partie fondée TEEN avec ses frangines et une amie. Revêche, dissonant et divinement chanté par ladite Kristina d'un timbre hiératique, le premier LP séduit sans tout à fait convaincre mais, a priori, tout est réuni pour une bonne claque sur scène. On essaie ? 26.03, Lille, La Péniche, 20h, 9/8€, + 33 (0)3 20 57 14 40

© Emma Picq

mesparrow

Vague sosie de Brian Jones (le parfum de chlore en moins), ce Hollandais ouvre une brèche dans l'espace-temps et en profite pour reprendre le savoir-faire de quelques SARL ayant mis la clé sous la porte : The Zombies, The Left Banke, Sagittarius... Mélodies solaires, accords mineurs et profusion d'arrangements, donc, dans cette pop de chambre orchestrale qui, si elle n'invente rien, permet de redécouvrir un petit métier de jadis : celui d'orfèvre pop. 29.03, Courtrai, De Kreun, 20h, 13/10/7€, +32 (0)5 637 06 44

© Nick Helderman

© Shawn Brackbill

Jacco Gardner

Avec un clavier et une loopstation, Mesparrow esquisse des mélodies chancelantes, superpose les couches de sa voix, et dessine des arabesques folk un brin synthétique - s'y glissent alors de subtiles touches jazz, une pop mutine et abîmée ou du gospel de poche. Pour l'instant, le nom de cette Tourangelle circule de bouches complices en oreilles averties - mais pas de doute, 2013 sera son année.

18.03, Roubaix, La Cave Aux Poètes, 20h30, 10/8/6€, +33 (0)3 20 27 70 10 // 20.03, Amiens, La Lune Des Pirates, 20h30, 10/5€, +33 (0)3 22 97 88 01


cinéma

Les Moissons Du Futur de Marie-Monique © Robin Olivier Chambon, Guillaume Martin Et Roland Théron

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FIGRA

Caméra au poing Déjà vingt ans que le Figra nous ouvre les yeux sur le monde, dans l’écrin privilégié d’une salle de cinéma. Des mines de diamant du Congo à la jungle colombienne, des ouvriers de SeaFrance aux chauffeurs de taxi de Bagdad, cette édition anniversaire nous convie à un parcours tout en contrastes. Deux décennies à la barre du Figra ont permis à l’infatigable George MarqueBouaret, le fondateur et délégué général, de voir évoluer reportages d’actualité et documentaires de société. « On remarque une tendance au toujours

plus long, avec des reporters qui désormais sont aussi réalisateurs. Et bien sûr, il y a une effervescence sur Internet, qui multiplie les possibilités ». Abordé à travers des tables rondes l’an dernier, le web-docu fait (enfin) une


Seafrance, Dernière Manche © François Cauwel, Georges Tillard

arrivée en fanfare, avec un espace de visionnage dédié, et un prix destiné à encourager un projet. Un nouveau format qui n’éclipse pas pour autant les fondamentaux du festival : 62 films en sélection officielle qui revendiquent un journalisme ambitieux, à l’image du grand reporter Hervé Ghesquière, qui préside le jury de la compétition des sujets de plus de quarante minutes. Ne jamais trahir On y retrouve des thème récurrents (les conditions de vie des enfants de par le monde, par exemple), d'autres plus directement liés à l'actualité (pas moins de trois films sont consacrés au malêtre du monde agricole), et des travaux d’une force rare, comme cette enquête sur les bébés volés pendant la dictature argentine. Ces œuvres, caractérisées par leur honnêteté intellectuelle,

se situent à rebours de l’ « information spectacle ». Cette dernière est d'ailleurs au cœur de rencontres entre public et professionnels, en parfaite résonance avec le sous-titre du Figra : les écrans de la réalité. Marine Durand

Prog : Bottled Life de Urs Schnell, Déchets Toxiques, Mortel Héritage de M.-L. Widmer Baggiolini et J.-­D. Bohnenblust, J'ai Le Cœur D'un Autre de Susanna Dörhage et Sandy, Dictature Affective de Karina Marceau, La Cour Des Miracles de J.-­C. Adnet et A. Lasserre, Palenzuela Les Enfants Du Diable de Daniel Grandclément, Argentine, Les 500 Bébés Volés De La Dictature d'alexandre Valenti, Ferme À Vendre d'Edouard Bergeon, Emprise Meurtrière de R. Bozino et O. Pighetti, À Balles Réelles de Roméo Langlois... Festival International Du Grand Reportage D’actualité Et Du Documentaire De Société, 20>24.03, Le Touquet-Paris-Plage, Palais des Congrès. Pass 5 jours 20€, +33 (0)3 21 06 72 00, www.figra.fr


© Warner Bros

cinéma

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CLOUD ATLAS

Par-delà les nuages Trois réalisateurs, près de trois heures, six époques, des acteurs interprétant cinq ou six rôles différents… Cloud Atlas est l’un des films les plus ambitieux, et donc casse-gueule, jamais réalisés. Le défi, tenant de la folie, s’avère pourtant parfaitement relevé ! Porter à l'écran le roman de David Mitchell, La Cartographie Des Nuages (2004), frisait l'inconscience. Or, les Wachowski (Matrix, 1999) secondés ici par l’allemand Tom Tykwer, (Le Parfum, 2006) repoussent les limites du cinéma. Le film met en scène un explorateur en 1849, un compositeur en 1936, une journaliste d’investigation en 1973, un éditeur enfermé dans une maison de retraite en 2012, une clone esclave menant une rébellion en 2144 et un autochtone dans un 2321 post-apocalyptique. Un immense fourre-tout indigeste ? Non, grâce à un scénario brillant et une mise en scène plus que maîtrisée. Cette folle épopée soulève de grandes questions existentielles (la liberté, la vérité, l’amour, la religion, ou encore le libre-arbitre), les protagonistes étant tous confrontés à des choix impliquant leur propre existence mais aussi… le devenir de l’humanité. La construction tentaculaire exige un réel effort de concentration, mais le foisonnement de personnages, de lieux et d’époques prend sens peu à peu. En se laissant porter par la narration, et en acceptant de ne pas saisir toutes les subtilités d'emblée, chaque pièce de ce grand puzzle cosmique finit par trouver sa place, et l’on ressort déboussolé mais convaincu d’avoir vécu une expérience cinématographique inédite. Audrey Jeamart Cloud Atlas, de Lana et Andy Wachowski et Tom Tykwer. Avec Tom Hanks, Halle Berry, Hugh Grant, Jim Broadbent, Hugo Weaving… Sortie le 13.03


© Wild Bunch Distribution

cinéma

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No

Partie de campagne Dernier volet de la trilogie de Pablo Larraín sur la société chilienne sous Pinochet, No aborde la campagne du plébiscite manqué de 1988 qui conduira à la chute du dictateur. Représentant d’un cinéma chilien en plein renouveau, le réalisateur livre ici un grand film sur la communication politique qui donne à réfléchir. René Saavedra (Gael García Bernal) fils d’exilé politique, est un publicitaire talentueux. Skateboard, jeans, baskets blanches, fasciné par l’arrivée sur le marché du micro-ondes, ce jeune homme incarne une certaine idée du tournant libéral des années 80. Au moment où la communauté internationale exige un référendum sur le maintien ou non du Général au pouvoir, Saavedra est contacté par l'opposition (les partisans du "non"). Alors que les opposants souhaitent alerter l’opinion sur les crimes du régime, le jeune loup de la pub impose sa vision d’un concept politicomarketing sur le thème de l’alegria (la joie) : exit les images d’arrestations ou de torture, ses kitschissimes et authentiques clips de campagne, dignes d'une pub pour Coca-Cola, privilégient la forme au fond. Le film s’intéresse ainsi moins à la destitution d’Augusto Pinochet qu’à la vulgarisation de la politique lors d’une bataille électorale. À l’heure du tout-HD, le réalisateur prend le parti de singer le cinéma des années 1980, en réhabilitant le contre-jour, les caméras vintage et un format 4/3 désuet. No oscille constamment entre fiction et documentaire, en maniant avec virtuosité une mine d’archives vidéo, sans jamais désorienter le spectateur. Julien Collinet NO, de Pablo Larraín, Avec Gael García Bernal, Antonia Zegers, Alfredo Castro… Sortie le 6.03


© CADOR

© Arp Films

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Camille Claudel, 1915

As If I Am Not There

De la vie de Camille Claudel (18641943), Bruno Dumont ne conserve que quelques jours. En accolant une date à ce nom chargé de mythes, le titre indique qu'il ne s'agira pas de renouer avec la fièvre romantique qui agitait le biopic de Bruno Nuytten (en 1987, avec Adjani et Depardieu). Quelques jours, donc, où Camille (Juliette Binoche), internée depuis deux ans dans un asile, attend avec anxiété la visite de son frère Paul, le seul à pouvoir l'en sortir. Ce moment de rupture (Camille restera enfermée jusqu'à sa mort), où rien ne se passe ou si peu, Dumont le saisit dans toute sa violence. Par la confrontation du corps (et du jeu) de Binoche à celui des autres internés, par l'abandon progressif saisissant une artiste qui ne créera plus. Parfois plus proche du marbre froid que du bronze agité de Claudel, ce film est néanmoins traversé d'éclats vibrants. Raphaël Nieuwjaer

Certes, un film de guerre est rarement un bijou de légèreté. Mais avec As If I Am Not There, c’est une réelle épreuve que Juanita Wilson choisit d’imposer à son public. Jeune institutrice originaire de Sarajevo, Samira est partie enseigner dans un hameau. Lorsqu’éclate la guerre de Bosnie (1992-1995), elle est faite prisonnière avec les femmes et les enfants du village. Le cauchemar commence. En s’attardant sur le drame des camps de viols - dont les victimes commencent tout juste à être reconnues la réalisatrice irlandaise montre que la solidarité entre les hommes n’est plus de mise face à la barbarie. Il faut dépasser le sentiment de rejet qu’inspire l’horreur montrée sans pudeur, pour apprécier le tournant d’un film plus profond qu’il n’y paraît. Les dialogues sont rares, les plans très beaux, et on s’en souvient longtemps. Marine Durand

Un film de Bruno Dumont avec Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Robert Leroy. Sortie le 13.03

Un film de Juanita Wilson, avec Natasa Petrovic, Fedja Stukan, Miraj Grbic… En salles


événement

Jockum

nordström


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Dossier réalisé par Thibaut Allemand - Image : Untitled (Sans titre), 2006 © DR Photos : Courtesy David Zwirner, New York/London ; Galleri Magnus Karlsson, Stockholm ; Zeno X Gallery, Antwerp © Adagp Paris, 2013

Détaillant l'un de ses tableaux, un crayonné de la vue de son studio, Jockum Nordström explique : « C'est la vue depuis mon studio. Petit, j'aurais voulu être architecte. Ce sont des bâtiments typiques de la banlieue de Stockholm ». On demeure quand même étonné par la paire de fesses géantes qui surplombe les toits. « Oh, ça ? C'est parce que c'était trop ennuyeux sinon ! » lâche-t-il dans un rire. ▲


I

l est ainsi, Jockum Nordström. Reconnu depuis des années dans sa patrie, le Suédois demeure méconnu dans le reste de l'Europe et n'arrive pas à se prendre au sérieux. Les quelque 80 œuvres présentées au LaM cultivent un décalage absurde, voire la private joke (que lui seul comprend, parfois). Le rire, l'humour, pas le genre de choses qu'on croise tous les jours dans un musée d'art contemporain. Cela dit, ne pas s'attendre à s'esclaffer à chaque cimaise. Car derrière cette apparente légèreté, le résident de Stockholm, infatigable travailleur, a constitué une œuvre importante qui mêle les techniques : dessin au graphite, collage, sculpture... « À la différence de nombreux artistes, Nordström ne fonctionne pas par période, mais par cycle, souligne le commissaire Marc Donnadieu. Jockum peut dessiner durant des mois, passer à une autre technique puis revenir au dessin quelques temps plus tard ». Un nouveau monde Bien sûr, ce trait de crayon gris enfantin et presque malhabile, cette absence de perspective et ces œuvres, rappelant parfois l'art brut, pourraient donner du grain à moudre aux habituels détracteurs de l'art contemporain. Mais derrière l'apparente naïveté, et sans avoir l'air d'y toucher, le Scandinave aborde de nombreuses questions. Se juxtaposent ici des Suédois du xviie siècle ▲

Child of Nature (Enfant de la Nature), 2010 © DR Ve dig (Gare à toi !), 2012 © Peter Cox. Balkongen --- En Halsning Till Manet Och Magritte / the Balcony --- A Greeting to Manet and Magritte (Le Balcon --- Un salut à Manet et Magritte), 1998 © DR


Ladder (Échelle), 2009 © DR

© Curt Sjodell

Votre trait semble parfois très enfantin, pourquoi ? Cela prend du temps de bien dessiner, de poser chaque détail, alors parfois, je vais plus vite. De plus, l'absence de réalisme des dessins d'enfant me plaît. Ce n'est pas vraiment un rejet de l'académisme. En tous cas, ce n'est pas une posture.

En aparte Jockum Nordström

Quels artistes vous ont influencé ? Beaucoup ! Je pourrais citer Carl Fredrik Hill et Ernst Josephson. Deux grands peintres suédois qui sont tous deux devenus fous. Sinon, j'aime beaucoup Babar de Jean de Brunhoff, ou Hergé. Surtout pour ses paysages, d'ailleurs. Dans vos œuvres, tout semble mis sur le même plan, comme si tout se valait.


Grave légèreté Une autre constante de l'œuvre de Nordström, c'est cette notion de proximité, d'artisanat, de simplicité : ainsi de ces sculptures de bâtiments façon cages à lapins. Faites de bric, de broc et de vulgaire matériaux plastiques, elles témoignent une fois encore du regard mélancolique de l'artiste sur l'urbanisme actuel. Nordström met en scène des buildings qu'on ne voit même plus – ou qu'on ne veut plus voir. Mais, en contrepoint et fidèle à lui-même, comme pour atténuer la portée critique de ces œuvres, il pose près de ces immeubles d'improbables constructions, sans queue ni tête… en boîte d'allumettes. Des boîtes récupérées chez lui, à l'instar du matériau des tableaux ornant l'une des dernières salles : des collages de figurines dont le fond est constitué de fines lamelles prélevées dans de vieux calepins (de numéros de téléphone, de listes de courses...). Nordström transforme l'ordinaire en art, et fait de l'art son ordinaire. truis avec du matériel de récupération. Je les trouve également inquiétants.

C'est vrai. Il y a évidemment la perspective géographique : le premier plan, l'arrière-plan, etc. Or, je préfère d'abord dessiner ce qui me tient à cœur. On retrouve ça dans la tradition indienne, japonaise, et dans les tableaux du Moyen-âge, aussi.

Et quid de ces constructions en boîtes d'allumettes ? Elles ne représentent absolument rien. Je me suis amusé à les faire tenir en équilibre. C'était juste un jeu. Après avoir enlevé leurs logos publicitaires, je les ai repeintes et collées. Parfois, j'ai besoin de me détendre, de me concentrer sur autre chose. Ce n'est qu'un jeu.

On retrouve souvent de la fumée autour des instruments de musique. Pourquoi ? Parce que les dessiner ne suffit pas, alors j'essaie de leur insuffler un esprit. Mais je dessine toujours en écoutant de la musique. Je peux écouter le même disque deux cent fois de suite.

Et quelle est l'explication la plus étonnante que vous ayez entendue à propos de ces constructions ? Hélas, je crois que les gens pensent à beaucoup de choses, mais ils oublient de m'en faire part !

Vos sculptures rendent un peu claustrophobes. Oui, je comprends. Je m'inspire parfois de buildings existants et je les recons▲

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qui colonisèrent le Nouveau Monde, des tableaux sexuellement explicites, des scènes de chasse, des marins et des navires, des agriculteurs aux champs ou des habitants de banlieues grises. « Lorsque je dessine ces immeubles, éclaire Nordström, ce n'est pas par amour de la modernité. Ces buildings sont laids et tristes. Ce qui m'intéresse, ce sont toutes les vies qui sont là, derrière ces fenêtres. C'est pourquoi on voit tous ces visages ; ces gens, ce sont mes amis, ma famille, c'est moi, tout simplement ». Pas étonnant alors de trouver, dans la salle suivante, de grands collages évoquant les rapports entre l'Homme et les animaux (voir encadré p.69). Subsiste chez cet artiste un optimisme, une envie de reconstruire le monde, lui qui est né trop tard pour devenir pionnier sur le Nouveau Continent.


Spring (Printemps), 2003 Š DR


œuvres commentées par Marc Donnadieu

© DR

Les Animaux et Nous - (2011) Cette œuvre est un collage. Ayant développé une allergie à la peinture, à l'huile ou à l'acrylique, Jockum Nordström dessine au crayon. Il a aussi découpé des figurines colorées à la peinture à l'eau très très diluée qu'il colle sur des feuilles elles-mêmes colorées à l'aquarelle. Ici, il met en relief les rapports entre l'Homme et les animaux. Ces derniers, de toutes espèces, sont disposés en désordre sur la page. En dessous, les humains renvoient à des périodes historiques différentes : un homme nu comme Adam, un colon du xviie siècle, une pin-up, un cow-boy... On retrouve l'idée d'un paradis perdu, comme aux premiers jours de l'Eden, mais aussi les grands rêves des pionniers. Cette notion de bâtisseur est très présente chez Jockum Nordström.

Retour dans le garage avec le détecteur de conneries (Back in the Garage with My Bullshit Detector) - (2000) Ce dessin au crayon représente une scène d'intérieur très classique, avec un personnage central tiré à quatre épingles. C'est, du moins, ce que l'on perçoit immédiatement. Or, en s'approchant, on découvre des images dans l'image, des personnages cachés dans la fresque au plafond, un autre qui passe la tête par la fenêtre... C'est drôle, burlesque, et cela fonctionne presque comme un rébus. C'est une bobine que l'on déroule où se télescopent des éléments incongrus. J'ai également choisi cette œuvre pour son titre, qui n'a rien à voir avec le dessin, mais qui dénote une ironie et une causticité très présente chez Nordström. Les titres ont d'ailleurs été très difficiles à traduire, car il utilise parfois du suédois ancien, pour la sonorité, sans se soucier du sens premier.

© Hort Family Collection, New York, États-Unis

Jockum Nordström. Tout ce que j’ai appris puis oublié Jusqu'au 19.05, Villeneuve-d'Ascq, LaM, mar>dim, 10h>18h, 10/7e, gratuit le premier dimanche du mois, +33 (0)3 20 19 68 88, www.musee-lam.fr

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Portrait Gino Lattuca.

Quand le Jazz est là Photos ¬ Sébastien Marcq Texte ¬ Elsa Fortant


Portrait Richard Rousselet.

Fourmillant de fanfares et d'harmonies depuis les années 1850, la ville de Mons a suscité bien des vocations de musiciens, particulièrement des jazzmen. L'exposition We Want Jazz nous invite à (re)découvrir le genre à travers cinq figures montoises ayant mené une brillante carrière internationale. Rencontre avec le très swing Michel Mainil, saxophoniste, clarinettiste et commissaire de l'événement. « Le jazz est une musique propice au partage, les jazzmen du monde entier parlent le même langage » explique Michel Mainil. Ainsi, le parcours relie quatre générations de trompettistes montois : Albert Langue (chef d'orchestre des Dixie ▲


Portrait Albert Langue.

Stompers jusqu'en 1983), Richard Rousselet (prix Django Reinhart 1964), Gino Lattuca (membre du Middelheim Jazz), Jean-Paul Estiévenart (Django D'or jeune talent 2006) et Adrien Volant (premier prix du concours Albert Langue 2008). Un espace est dédié à chacun, présentant la vision de leur musique de prédilection. Cinq univers se dévoilent à travers un accrochage original, composé de cabines sonorisées (douches musicales) et de 33 tours géants, regroupant entretiens, archives et créations photographiques, la plupart en noir et blanc. Le parcours met en exergue les divergences et similitudes de chaque carrière, avec la trompette pour dénominateur commun. Après le saxophone, la trompette est l'instrument emblématique du jazz. Une belle place lui est donc réservée, depuis le premier didgeridoo (tube de bois) aborigène jusqu'à la « banale » trompette à pistons.


Portrait Jean-Paul Estiévenart.

Six modèles sont présentés dont une pièce maîtresse, qui appartint au meilleur trompettiste de l'année 1954 : Chet Baker. L'âge d'or du jazz est-il derrière nous ? Non, et le meilleur reste à venir, selon Michel Mainil: «  Dans les années 70, en Belgique, seul le conservatoire de Liège possédait un séminaire jazz. Aujourd'hui, au vu du nombre de formations et de leur popularité grandissante, il lui reste de beaux-jours à vivre », conclue t-il, très en verve.

we want jazz Jusqu'au 14.04, Musée des Beaux-Arts de Mons, mar>ven 12h>18h, sam et dim 14h>20h, gratuit, +32 (0)65 40 53 24


Neo Rauch, Die Kontrolle © courtesy Galerie EIGEN + ART Leipzig/ Berlin and David Zwirner, New York © Uwe Walter, Berlin

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LES FIGURES D'UN PEINTRE Jusqu’au printemps, Bruxelles consacre une importante exposition à Neo Rauch, marquant la toute première rétrospective en Belgique d'un génie de la figuration contemporaine. Le rassemblement de ces œuvres monumentales habituellement dispersées aux quatre coins du monde garantit de vivre une expérience unique. Les quelque 70 œuvres présentées ici se dévoilent chronologiquement (à rebours), en sept salles thématiques. Monumentaux, complexes et toujours surprenants, les tableaux de Rauch sont à la fois inspirés par les élucubrations oniriques et surréalistes de Dali, par le trait dur et acerbe de la Nouvelle Objectivité d'un Otto Dix comme par le Réalisme Socialiste en vogue en RDA. Mais Neo Rauch y dépeint un imaginaire prolétarien dystopique - à rebours de l'utopie communiste, donc, et à l'image de la Nouvelle École de Leipzig, qui utilise le réalisme socialiste pour critiquer, de biais, les sociétés autoritaires. Ses mises en scène se lisent comme autant de lendemains de drame. Le peintre démultiplie les scènes de la vie quotidienne au sein du cadre. Divers événements autonomes sont juxtaposés en un même plan, sans pourtant jamais interagir entre eux. La dimension onirique croise ici le fer avec la réalité la plus triviale, sur fond de mort et de traumatisme. Au terme de cette foisonnante rétrospective, on éprouve une profonde inquiétude quant à l'état du monde. Mais, en contrepoint, apparaît la figure divine d'Anima, messagère du merveilleux qui rend à nouveau tout possible. Clément Gagliano Neo Rauch, The obsession of the demiurge, selected works 1993-2012 Jusqu'au 19.05, Bruxelles, Palais des Beaux-arts,mar>dim, 10h>18h, 10/8/6/4€, +32 (0)2 507 82 00


© Pierre Nouvel

La Patience du Tigre © Fred Bernard

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Dix Ans d'Écritures

Walden Memories

Amateurs de BD, jetez un œil à vos étagères. Vous possédez sûrement quelques ouvrages de la collection Écritures. Quartier Lointain de Jirô Taniguchi, Marcinelle 1956 de Sergio Salma, ou Blankets, le chef d'œuvre de Craig Thompson, pour n'en citer que trois. Des auteurs francophones ou étrangers, de l'Histoire ou des aventures (souvent intérieures), témoignages, biographies, fictions... La collection Écritures porte bien son pluriel. L'accrochage qui lui est consacré offre de se promener parmi les couvertures de format géant et d'admirer des planches où le noir et blanc est de rigueur. Alors certes, d'aucuns regrettent qu'un poids lourd de l'édition prenne des allures d' «indé », mais pour le coup, on sait gré à Casterman de nous avoir fait découvrir de sacrées plumes. C'est reparti pour dix ans ? Thibaut Allemand

Après s’être isolé deux ans et deux mois dans une cabane au bord d'un étang dans le Masachussetts, Henry David Thoreau signa Walden ou la Vie dans les bois (1854) le récit d'un homme qui parviendrait à retrouver sa juste place dans la nature. Aujourd’hui, c’est au tour de Jean Pierre Peyret d’isoler son objectif dans la célèbre cabane pour donner une suite à cette fameuse « révolte solitaire ». Walden Memories, s'apprécie comme une ode contemplative (et un hommage à l’auteur américain). Peyret et ses complices ont conçu une installation gigantesque, à géométrie variable, dans la grande nef du Fresnoy. Ils explorent la mémoire du livre, grâce à une forêt technologique sur laquelle sont projetées des bribes de Walden. Les visiteurs quant à eux sont invités à plonger dans l'obscurité pour découvrir des performances visuelles et sonores. Un monde virtuel grandeur nature ! Aurore Taddeï

Jusqu'au 07.04, Bruxelles, CBBD, mar>dim, 10h>18h, 8/6€, +32 (0)2 219 19 80

09.02>31.03, Tourcoing, Le Fresnoy, mer>jeu & dim, 14h>19h, ven>sam, 14h>21h, 4/3€, gratuit dim, +33 (0)3 20 28 38 00


Antonio Seguí – Sombras Influencé par le courant expressionniste et dadaïste depuis les prémices de sa carrière, il y a 56 ans, l'Argentin a progressivement fait évoluer son coup de crayon, de fusain, de pastel et de plume vers un style empreint d'ironie. Ces personnages, combinaisons entrelacées de traits à l'épaisseur variable, délivrent une vision du monde, celle d'Antonio, pleine de tendresse.

Tribal Zone © Ryuta Amae, Aeroplastics

Jusqu'au 20.05, Gravelines, Musée du dessin et de l'estampe originale, tlj sf mar, 14h>17h, sam et dim 15h>18h, 2/1€, + 33 (0)3 28 24 99 70

(Focus) Brueghel

Jusqu'au 20.05, Palais des Beaux Arts de Lille, lun, 14h>18h, mer>dim, 10h>18h, gratuit, +33 (0)3 20 06 78 00

Feuer im Weizen © Thomas Bayrle

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Antonio Seguí, En el caribe © Musée de Gravelines

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All-in-one Tisserand de formation, le plasticien Thomas Bayrle déforme et multiplie des motifs sériels simples, créant des images graphiques à l'apparence pop. Représentations schématiques de corps et d'objets ou encore montages urbains, ses œuvres s'érigent en miroirs critiques de la société de consommation et de l'endoctrinement politique. Dévoilées sur trois étages, les nombreuses techniques et supports utilisés s'entrelacent jusqu'à former un tout, à la manière d'un tissage. La boucle est bouclée. Jusqu'au 19.05, Bruxelles, Wiels, mer>dim 11h>18h, 8/5/3€, +32 (0)2 340 00 53

Réunissant des œuvres issues de collections et de registres différents, l'exposition s'articule autour d'une pièce centrale, une toile peinte en 1595 par le peintre flamand Jan Brueghel dit de Velours, fils de Pieter Bruegel (l'Ancien). Ainsi, c'est au milieu d'estampes originales de l'Ancien, mises en lumière par une vidéo du plasticien Antoine Roegiers, et soulignées par les paysages presque illusoires du japonais Ryuta Amae, que le cœur de l'accrochage, Paysage rocheux avec Saint Jérôme dans sa grotte, prend toute sa dimension.


dossier

Lille

Art Fair Dossier réalisé par Thibaut Allemand Photo : Grace © Jean-Paul Bocaj, Bueno Home Gallery

Sixième édition de Lille Art Fair, seule grande foire française d'art contemporain au nord de Paris. Soit 12 500 m², 120 galeries (dont 30 étrangères) et éditeurs, des centaines d'artistes représentés et plus de 20 000 visiteurs attendus en quatre jours. On poursuit l'avalanche de chiffres, ou on parcourt les vastes allées ?


exposition

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E

n 2008, Lille Grand Palais lançait le pari, un peu fou, de créer une foire d'art contemporain dans la métropole. Et les incrédules d'hurler : « À Lille ? Mais vous n'y pensez pas ! Les gens ne sont pas prêts ! ». Mais LAF fut un succès et, du biennommé Fantastic au fameux LouvreLens en passant par des initiatives plus discrètes, l'art sous toutes ses formes (peinture, sculpture, vidéo, photo, installation, estampe...) fleurit dans le NordPas de Calais, qui demeure la Province

la plus richement dotée de France (120 musées !). Cette sixième édition s'annonce donc d'ores et déjà comme un succès. Pourtant, les organisateurs se tournent vers la création contemporaine asiatique (Norev-over), la nouvelle garde artistique (YIA), mettent en lumière le peintre et sculpteur Marc Perez et invitent l'iconoclaste Hervé Di Rosa, qui n'a pas sa langue dans sa poche, comme en témoigne notre entretien (voir p.84). Belle remise en question, donc.


Cécile Desserle En juin dernier, Abdellatif Kechiche (insurpassable La Graine Et Le Mulet, 2007) était à Lille pour tourner Le Bleu Est Une Couleur Chaude, adapté de la belle bande dessinée de Julie Maroh. Au hasard d'une galerie, il découvre le travail de Cécile Desserle, tombe sous le charme et propose à la peintre de réaliser des toiles pour son film. Présente à la foire (galerie Nicole Gogat), Desserle a gracieusement convié les comédiennes Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. Et si le septième art s'invitait à Lille Grand Palais ? www.ceciledesserle.com

Croquis © Cécile Desserle, Galerie Nicole Gogat Mali, Philippe Hollevout © La Sécu

Ouvert à tous Ne le cachons pas, Lille Art Fair c'est aussi une foire. Et ce n'est pas « grave  »  : les galeristes sont également des commerçants, et les collectionneurs avertis viennent pour y acquérir des œuvres, qui font vivre les artistes. Mais avec un prix d'entrée modique (8€ contre une trentaine à Madrid pour le même type de foire), LAF bannit l'entre-soi. Ainsi, la Nuit de l'Art, tel un vernissage prolongé, permet de rencontrer les artistes au hasard des allées, quand la Print Art Fair, accueillant des micro-éditeurs de lithographies, gravures, sérigraphies, digigraphies ou livres d’artistes, invite chacun à repartir avec une œuvre sous le bras. Plutôt (Lille Art) fair-play, donc.

Temps forts – Vernissage, 06.03, 19h (sur invitation) – Nuit de l’Art (Une rencontre entre les artistes et le public), 07.03, 18h>23h – Nocturne, 08.03, ouverture jusqu'à 23h – Conférences & débats : Collectionneurs et jeunes artistes, un couple qui ne va pas de soi, 10.03, 16h>17h Le catalogue raisonné, 8.03, 16h>17h Le dessin contemporain de la ville, 08.03, 14h30>15h30 L’art peut-il sauver la planète ?, 09.03, 16h - Le dessin contemporain, de l'artiste au collectionneur (LaM), 8.03, 14h30>15h30 > Et tout au long de la Foire : - Ateliers de découverte des œuvres d’Antony Caro (Centre d'Art Contemporain de Bourbourg) - Démonstration d'utilisation d'une presse (Musée du Dessin de Gravelines) - Démonstration des techniques de gravure (Centre de la Gravure de La Louvière)


Car crash traffic © Herve Di Rosa, AD Galerie Portrait d'Hervé Di Rosa © Pierre Schwartz Courtisane à 8 yeux © DR, AD Galerie

Interview Hervé Di Rosa, invité d'honneur de la 6e édition de Lille Art FAir.

On présente toujours Hervé Di Rosa, 54 ans, comme le chantre de la figuration libre. C'est vrai, mais c'était il y a trente ans. Depuis, le Sétois a voyagé autour du monde et confronté son imagination aux savoir-faire locaux. Invité d'honneur de cette édition, le fondateur du Musée International des Arts Modestes se confie. En toute franchise. Fréquentez-vous les foires d'art contemporain ? Jamais ! Ce n'est pas la place des artistes. Je ne veux pas cracher dans la soupe, elle sont évidemment indispensables pour les galeristes, les collectionneurs, les amateurs qui peuvent découvrir et se tenir informés de la création contemporaine. Et bien sûr, galeristes et artistes doivent vendre des œuvres pour vivre. Mais à titre personnel, je n'y vais jamais.


Absolute Art Gallery Fondée à Knokke voici treize ans, cette galerie représente aujourd'hui 25 artistes d'horizons divers, mais appartenant tous, peu ou prou, à la figuration contemporaine. Ainsi du sculpteur Philippe Desloubières, qui transforme l'acier en objet sensuel et sensible, ou du londonien Nick Gentry, dont le travail est axé sur le consumérisme, la technologie, les questions d'identité et d'obsolescence. jetez donc un œil à ses portraits, intrigants. Cette galerie exigeante présente aussi les peintures de Jeff Kowatch, Christine Comyn, Renaud Delorme et Benoît Trimborn. Absolument. Germination 030 A © Philippe Desloubières

www.absoluteartgallery.com

Pourquoi faire une exception pour Lille Art Fair, alors ? Eh bien, la galerie AD, tenue par deux jeunes gens très dynamiques, et Didier Vesse ont insisté pour que je vienne. Cette foire est différente des autres, elle est ouverte à tous. Et j'aime beaucoup Lille et le Nord en général. Le LaM possède la seconde collection d'art moderne en qualité et en quantité après Beaubourg. Et c'est la première fois que sont réunis l'art moderne et l'art brut. Sans parler d'artistes comme Eugène Leroy, par exemple. Que présenterez-vous à Lille ? Des sculptures lourdes et massives que j'ai réalisées au Cameroun, depuis 2003, avec des artisans locaux. Ils travaillent le bois, le bronze... Je n'ai encore jamais dévoilé ces œuvres. Et comptez-vous faire des acquisitions ? Non, je ne collectionne pas, mais je m'intéresse. On peut adorer une œuvre sans avoir besoin de la posséder. Lorsque je suis à Madrid, je vais au Prado admirer Le Jardin Des Délices de Bosch. Ça ne veut pas dire que je veux me le payer ! Il ne faut pas réduire le rapport à l'œuvre à la simple possession.

Serigraphie © Hervé Di Rosa, Alain buyse

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28eme Parallèle - New Order 2012 © François Ronsiaux

Norev-over

After the waves / The waifs / Irina, Svetlana, Tatiana et Anastasia © Vincent Olinet, Galerie Laurent Godin

Initié par Co-Existences, cette exposition itinérante présente les points de vue de 14 photographes et vidéastes européens et chinois. Frappant de constater qu'à plusieurs milliers de kilomètres de distance, une génération s'empare de la technologie 3D, des outils digitaux ou, tout simplement, du camouflage (le fameux Liu Bolin) et ce, pour modifier la proverbiale « perception du réel ». Non, nos rêves ne sont pas encore over. www.coexistences.net

YIA – Young International Artists Le collectionneur Romain Tichit réunit une quinzaine d'artistes de moins de quarante ans, qualifiés d'émergents. Chacun est représenté par une galerie sous la forme de solo-shows. Un parti-pris générationnel et esthétique (installation, peinture, sculpture, photo, vidéo) qui prend ses aises sur 260 m² et dévoile, entre autres, les peintures évanescentes de Nicolas Delprat ou le détournement d'images du tandem Sandra Aubry-Sébastien Bourg. Dites le fort : nous wsommes jeunes,w nous sommes fiers ! Honden © Ellen Kooi, Les Filles du Calvaire


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Sète, France © Li Wei

Galerie Dock-Sud

Lors de sa fondation à Sète, en 2006, la galerie Dock-Sud, fidèle à son nom, s'intéressait aux artistes locaux. Depuis, son fondateur, le photographe Martin Bez, a élargi son horizon. Désormais, ces 260 m² donnent à voir les soubresauts esthétiques de l'Empire du Milieu, par le biais d'une nouvelle vague d'artistes chinois âgés d'une trentaine d'années. Tel le photographe Liu Bolin, l'as du camouflage urbain revêtant toutes les apparences devant un mur ou dans un grand magasin. Arrêtons-nous aussi un instant sur le peintre et sculpteur Shen Jingdong, dont les figurines de soldats communistes, totalement déshumanisés, deviennent de simples jouets de consommation. Vous avez dit subversion ? Oui, et ce n'est pas Li Wei qui nous contredira, lui qui défie la gravité... et le pouvoir en place. Ainsi, ce photographe et performer contextualise toujours ses acrobaties : à l'arrière-plan, on découvre un chantier, un building, traces de la mondialisation galopante. À l'occasion de la foire, sont présentées en exclusivité sept photos réalisées par l'artiste à Sète. Ainsi, derrière le caractère purement esthétique des œuvres des six artistes présentés à Lille, se glissent souvent des messages politiques que les autorités n'ont pas (encore) vus…

Lille Art Fair, 07>10.03, Lille, Grand Palais, jeu & ven, 12h>23h, sam & dim, 11h>20h, 8/6*€, revisite gratuite. (*demandeur d’emploi, étudiant, jeune de moins de 15 ans, famille nombreuse, groupe à partir de 10 personnes, réservation en ligne et détenteur de la carte Accor (sur présentation d’un justificatif) ) // Entrée gratuite le 8.03 pour les femmes sur présentation de la carte Printemps, www.lilleartfair.com


Yves Saint Laurent, 1969 © Jeanloup Sieff, The Estate of Jeanloup Sieff

exposition

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agenda

Voyage à travers les collections de Bavay

L'Origine des choses

Le parcours retrace deux siècles d'histoire de fouilles de 1780 à 1976, soit un patrimoine exceptionnel constitué d'objets archéologiques bavaisiens issus de collections privées comme de prestigieux musées. Outre leur valeur esthétique, c'est le contexte de découverte qui est mis en lumière (archives de fouilles, correspondances, aquarelles...). Toutes les conditions sont réunies pour admirer un patrimoine antique éparpillé autour du globe.

« L’exposition se fera énigme et tentera de remonter à la source de la pensée et de l’acte créateur ». Vaste programme ! Servi par la sélection d'une centaine d'oeuvres issues de la collection du CNAP. L'occasion de se confronter au geste spontané du plasticien Nicolas Schöffer ou à la définition du doute selon Robert Barry. Deux exemples parmi les dizaines d'artistes d'un parcours qui, s'il ne résout pas l'énigme énoncée, pose en tous cas mille et une questions sur... l'origine des choses.

Bavay, Forum Antique, jusqu'au 27.08, tlj 9h>12h, 13h>18h, sf mer et sam mat, 5/3€, + 33 (0)3 59 73 15 50

Bruxelles, Centrale For Contemporary Arts, 07.03>09.06, mar>dim, 10h30>18h, 5/4/2,5/1,25€, +32 (0)2 279 64 52

Yves Saint Laurent Visionnaire

Vandersteen, conteur d’histoires

En osant, dès les années 70, le mélange de pièces de luxe et de vêtements bon marché, YSL fut le premier à traduire en haute couture les bouleversements de la société. Depuis, le tailleur-pantalon, le smoking pour femmes ou la saharienne sont ancrés dans notre patrimoine culturel. Mais sur la centaine de pièces rassemblées, environ 80 n’ont jamais été dévoilées....

Willy Vandersteen n'était pas un saint – en témoignent les caricatures antisémites publiées durant la guerre, ou les relents racistes de certaines cases de Bob Et Bobette. Mais il serait stupide de balayer d'un revers de main l'œuvre foisonnante de l'Hergé flamand. Raccourci ? Oui. Sa ligne claire est plus folle, plus azimutée. L'Anversois, qui aurait eu 100 ans cette année, a élevé la BD au rang d'art populaire.

Bruxelles, Esp. Cult. ING, jusqu'au 05.05, tlj, 10h>18h, mer>21h, 8/6/5€, +32 (0)2 547 22 92

Bruxelles, CBBD, 12.03>01.09, tlj sf lun, 10h>18h, 8/6/3€, +32 (0)2 219 19 80


exposition

Domestic Pond « Fontaine », 2010 © DUENDE STUDIO with Mathieu Lehanneur

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agenda

Plein les yeux !

Choses

Au fil des siècles, le corps fut repoussé au-delà de ses limites au nom d'une certaine élégance. à travers des silhouettes emblématiques, la Cité de de la dentelle et de la mode revient sur cinq siècles de théâtralisation par le vêtement. Costumes, photos, croquis, peintures, extraits de films et pièces de haute couture (Christian Dior, Givenchy, Thierry Mugler) dévoilent des corps corsetés ou dénudés, enserrés ou libérés et ce, pour mieux les mettre en valeur.

Le credo de Mathieu Lehanneur ? Le « mieux-vivre ». Cette idée-phare anime Choses, première exposition monographique consacrée au designer touche-à-tout de 38 ans. Citons entre autres The Island (diffuseur minéral apportant ses bienfaits aux cellules de l’organisme), dB (filtre à bruit autonome), Andrea (purificateur d’air) ou encore C° (chauffage infrarouge intelligent) mettant ainsi en évidence la relation entre la recherche scientifique et le design.

CALAIS, jusqu'au 28.04, Cité internationale de la dentelle et de la mode, tlj sf mar, 10h>17h, 5/2,5€, +33 (0)3 21 00 42 30

Hornu, Grand-Hornu Images, jusqu'au 31.03, mar>dim, 10h>18h, 6/4€, +32 (0)6 565 21 21

Charles Paulicevich, Variation

Circle of dreams, cercle de rêves

Concours canin, salons de l'automobile, champs de foire... Sans jamais prendre de haut ces sujets, ce photographe s'intéresse à la théâtralisation du quotidien et pose un regard neutre sur ses codes et ses artifices. Dans cet ordinaire revêtu de ses plus beaux atours, Paulicevich capte des instantanés de vie. Ni reportage, ni documentaire, ces images s’énoncent comme des formes hybrides, encourageant une analyse plus approfondie.

Cinéaste, musicien, plasticien… et lithographe ! En 2007, David Lynch découvrait la lithographie dans l’atelier parisien Item où travaillèrent Matisse ou Picasso. La célèbre mèche blanche avait déjà présenté certaines de ses œuvres au Musée du Dessin de Gravelines en 2010. Voici 170 pièces, sur pierre ou sur bois, et quelques courts-métrages, le tout demeurant dominé par un onirisme noir et narratif.

Charleroi, Musée de la Photographie, jusqu'au 12.05, mar>dim, 10h>18h, 6/4/3€, grat – de 12 ans, +32 (0)7 143 58 10

La Louvière, Centre de la Gravure et de l'Image Imprimée, jusqu'au 19.05, mar>dim, 10h>18h, 6/4/3/1,25€, +32 (0)6 427 87 27


exposition

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Snake © Sixo

agenda

Epidermiques #2

Christian Astuguevieille

Cette exposition dévoile les relations étroites entre l’art contemporain et le tatouage. Le visiteur évolue des origines de cette pratique jusqu'à l’atelier moderne, en passant par des portraits de tatoueurs et tatoués. On n'omet pas les grands thèmes : vanité, virilité, religion. Enfin, artistes et/ou tatoueurs internationaux présentent des installations, photos, dessins ou films inspirés par leur pratique.

Créateur de totems pour des divinités inventées de toutes pièces, Astuguevieille semble obsédé par des civilisations chimériques. Le bronze, l'éponge ou la corde (de chanvre, de coton naturelle ou patinée), donnent naissance à une œuvre-monde où l'on retrouve des bijoux, des meubles, des dessins, des sculptures totémiques ou encore des fresques murales, dont l'une a été expressément réalisée pour cette exposition-événement.

Lille, maison Folie Wazemmes, 09.03>12.05, mer>sam, 14h>19h et dim,10h>19h, gratuit, +33 (0)3 20 78 20 23, www.mfwazemmes.fr

Promesses ?! Puisque les Mayas n'ont pas tenu leur supposée promesse, pourquoi ne pas se tourner vers Dürer  ? Autour de la réédition de l’intégralité des planches de L’Apocalypse de Saint Jean par le maître allemand, de nombreux artistes contemporains proposent des estampes explorant les croyances et superstitions populaires – le tout avec humour et dérision. Parallèlement, les Ateliers d’Editions Populaires rééditent des travaux de François Ide, Tom de Pékin, Anne Van der Linden... Lille, Espace Le Carré, 15.03>26 .05, mer>sam, 14h>19h, dim, 10h>13h, 15h>18h, gratuit, +33 (0)3 20 74 46 96

Roubaix, La Piscine, jusqu'au 19.05, mar>jeu, 11h>18h, ven, 11h>20h, sam>dim, 13h>18h, 5,5/4€, + 33 (0)3 20 69 23 60

Les Esprits de la forêt Les Compagnies Pseudonymo et Succursale101 réinterprètent la tradition de la marionnette picarde. À travers six maisons reliées par des tunnels, on croise un atelier-école de manipulation, un éclossoir à créatures minuscules ou la grande chambre des marionnettes. Mieux ! Ou pire : on a soi-même la sensation d'être observé... et si ces esprits hantaient vraiment ces lieux ? Brrr... Roubaix, La Condition Publique, 22.03>26.05, mar>dim, 14>18h, 5/2€, +33 (0)3 28 33 48 33, www.laconditionpublique.com


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interview

THOMAS JOLLY Looking for Henry Propos recueillis par ¬ Aurore Krol Photos ¬ Henry VI © Nicolas Joubard - Thomas Jolly © Guillaume Prié

Un demi-siècle de l'histoire d'Angleterre, 12 000 vers, 150 personnages, 25 comédiens et huit heures de représentation. Une folie ? Un défi, un de plus, pour Thomas Jolly. À trente ans à peine, ce metteur en scène, fondateur de la Piccola Familia, s'attaque à la première partie d’Henry VI, cycle fleuve composé de trois pièces de jeunesse de Shakespeare. Et nous donne son point de vue acéré sur le théâtre contemporain. Qu’est-ce qui vous a donné envie de monter cette pièce de répertoire ? Dans Henry VI, chaque scène est un défi. Shakespeare passe de la farce médiévale à l’épique ou au romanesque, du vers à la prose. Ces nombreux registres représentent un incroyable challenge pour un metteur en scène. De plus, si cette pièce est si peu montée, c’est pour de mauvaises raisons, notamment économiques. On touche là aux limites des politiques culturelles françaises qui nous incitent à livrer des objets au format idéal d’une heure et demie, avec peu d’acteurs et peu de décors, sous le prétexte fallacieux que d’autres formats

n’intéresseraient pas le spectateur. Il est inconcevable de délaisser ainsi cette pièce, alors que son histoire est si importante.

Justement, dans quelle mesure demeure-t-elle actuelle ? Elle interroge les qualités requises pour gouverner. Shakespeare nous dit que l’on ne peut pas être assis sur un trône de manière sereine et paisible. Henry est pieux, droit, juste, c’est un souverain magnifique. Et pourtant il se fait terrasser par la guerre de Cent ans, par la Guerre Civile dans son propre pays et par le futur Richard III qui est,

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moralement, le chaos fait homme. Ce pessimisme est riche de leçons aujourd’hui. À l'heure où les systèmes politiques sont à revoir et le pouvoir, à redistribuer, cette pièce nous pousse à imaginer de nouvelles façons de diriger. Beaucoup de classiques ont été réactualisés. Votre version d'Henry VI conserve un aspect historique, notamment l'usage des costumes, pourquoi ? Je ne conçois pas le théâtre comme un art de la reconstitution, mais pas non plus de la reconstitution contemporaine. Il y a des costumes, mais rien n’est précisément datable. Toutes les pièces que j’ai montées sont achroniques, car il ne me semble pas nécessaire de mettre sur le plateau des éléments contemporains pour que le spectateur prenne conscience de l’actualité du propos. Huit heures de spectacle, c’est un défi pour le public. Avez-vous effectué un

travail particulier sur le rythme ? Spectateurs comme interprètes savent qu’ils vont traverser quelque chose ensemble, comme une communauté éphémère. Cela démarre en fanfaronnade, en comédie enlevée, pour aller progressivement vers quelque chose de plus rude et exigeant. Le théâtre élisabéthain maitrisait déjà très bien les codes de l’entertainment, c'est pourquoi je me suis amusé à découper la pièce à la manière d’une saga, plaçant les entractes à des moments-clefs, comme dans les séries américaines. Pensez-vous monter la deuxième partie de l’histoire ? Oui, je ne peux pas m’arrêter de toute façon ! Même si je devais terminer avec un monologue, j’irais au bout d’Henry VI  ! Actuellement les nouvelles sont bonnes, tant au niveau des tutelles que de la réception. On devrait pouvoir monter le deuxième cycle la saison prochaine.

Henry VI 07>09.03, Arras, Théâtre, +33 (0)3 21 71 66 16 // 07.03, Episode 1, 19h30, 21/17/13/10/9€ // 08.03, Episode 2, 19h30, 21/17/13/10/9€ // 09.03, Intégrale, 15h30, 30/25/20/16€


© Yves Kerstius

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À un jet de pierre La Maison de Ramallah d’Antonio Tarantino pose à travers le conflit israélo-palestinien, la question de la monstruosité humaine, sans manichéisme. Aujourd'hui, Pietro Pizzuti, figure majeure du théâtre contemporain italien, s’empare de l'œuvre et nous en offre une version des plus dépouillées. L'originalité de la pièce, c'est son point dfe vue, un trio familial palestinien alors en route pour Ramallah. Sur scène, le train qui les amène à leur destination finale se (dé)matérialise par un éclairage plaçant les comédiens au bord d'un gouffre, comme face au miroir de la complexité humaine. Ainsi, l'action est délocalisée, comme si la zone de guerre n'avait pour limites que les frontières continentales. L'auteur joue sur les amalgames géographiques (le train n’existe pas), temporels (aucun repère), et culturels (la méchouïa et le kebab se confondent presque). Il souligne aussi le fait que les puissances étatiques encouragent la mondialisation des conflits. En revanche, de manière très concrète, l’espace sonore traduit une triste réalité : l’ambiance des check-points et la dureté des contrôles, caractérisés par l’humiliation et l’attente. Mission-suicide à travers cette famille pourtant très liée, résonne la souffrance des peuples pris en étau par des questions géopolitiques qui les dépassent. Une souffrance telle que la barbarie du kamikaze n'effraie même plus, mais séduit... Ponctuée de passages tragicomiques, la pièce dévoile Angelo Bison et Laurence Warin, un père et une mère monolithiques, ancrés dans une réalité terre-à-terre. Quant à leur fille, interprétée par Ana Rodriguez, confondante de pureté et d'innocence, elle est absorbée par le combat et espère, en passant à l'acte, délivrer un message de paix. Une déclaration de guerre à l'éternel recommencement. Elsa Fortant

La Maison de Ramallah 5>30.03, Bruxelles, Le Poche, 20h30, sf mer 19h30, relâche dim et lun, 16/13/11/80, + 32 (0)2 649 17 27


Fantastik Peplum © Pascal Auvé

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Terre d'accueil Une manifestation « artistique, humaine et inattendue » tel est le sous titre de Libertés de Séjour. Artistique, car durant une quinzaine de jours, les créations et spectacles en tous genres se bousculent. Humaine, car il est avant tout question de partage, d'une grande fête populaire. Inattendue, car il offre aux compagnies d'élaborer le programme en tout liberté ! Cette année, la Scène nationale de Calais rend hommage au théâtre d'objet en confiant les clefs de la maison aux ambassadeurs du genre ! Le Théâtre de La Licorne de Claire Dancoisne et ses invités augurent effectivement quelques miracles poétiques. Bricoleurs, sculpteurs, comédiens, plasticiens, musiciens, marionnettes et artistes de tous poils issus de compagnies diverses, investissent les 4 000 m² du Channel. « Les propositions de La Licorne sont exigeantes, généreuses et populaires, commente Francis Peduzzi, directeur du Channel. Je suis admiratif de leur capacité à créer un théâtre immédiat s'inscrivant dans le poétique ». Ainsi, la compagnie propose La Collection, un défilé de haute soudure, dévoilant 20 mannequins nippés de vêtements de fer, paille, soieries et tissus. C'est aussi l'occasion de (re)découvrir leurs récents succès : Fantastik Peplum, Les Encombrants font leur cirque (cf. LM 80). Autres temps forts du Séjour, les interventions de la très engagée Ariane Mnouchkine, à l'origine du Théâtre Aftaab (soleil en dari), créé en Afghanistan en 2005 et metteur en scène du (Le) Dernier Caravansérail (2003), fresque inspirée de témoignages de réfugiés sangattois. De Kaboul à Sangatte, il n'y a qu'une pièce. Elsa Fortant Libertés de Séjour - 9>23.03, Calais, Le Channel, 3€/grat, + 33 (0)3 21 46 77 10 Prog : La fabrique d'images, 9>23.03, ven, sam, dim, à partir de 11h // Rencontres avec Ariane Mnouchkine : De Sangatte à Kaboul, 16.03, 16h30, 17.03, 11h30 // La Collection, 22.03, 21h, 23.03, 20h // Bortsch Orkestra, 23.03, 22h


Carpet © DR

© Ronan Thenadey

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Désordres

Peau d'âne

Quel programme ! À l'heure où le féminisme souffre encore d'une image, au mieux ringarde, au pire haineuse, l'association Rencontres Féministes remet les pendules à l'heure. Comment  ? Par le biais, entre autres, du festival Désordres, qui propose une exposition, des rencontres, des ateliers et des débats. Quant aux spectacles, du théâtre d'objets aux chorégraphies pointant les rapports entre danses érotiques et religieuses, de concerts-performatifs à des pièces plus «  traditionnelles  », on ne compte plus les propositions. Cette profusion témoigne d'une réalité : certaines questions (la condition féminine, les inégalités entre les sexes, le machisme ordinaire...) ne sont toujours pas réglées. C'est dommage. Mais en même temps, si ces injustices inspirent d'aussi bons spectacles, eh bien : pourvu que ça dure... Thibaut Allemand

Après La Barbe Bleue en 2010, le metteur en scène Jean-Michel Rabeux poursuit son exploration des contes de Charles Perrault en adaptant un texte moralement dérangeant : Peau d’âne. Le roi a promis à son épouse mourante de n’épouser après son décès qu’une femme plus belle qu’elle. Après de longues recherches, il n’en trouve qu’une dans tout le royaume : sa propre fille ! Décidé à tenir sa promesse, le roi doit affronter le refus déterminé de sa progéniture… qui finira par s’enfuir. «  Je jubile de tenter d’être drôle avec le pire. » explique Rabeux. Car c’est là que réside toute la réussite du spectacle : la morale est sauve, mais la mise en scène s’amuse de cet amour ambigu à grands coups de robes excentriques et de guirlandes multicolores. L’humour et la folie pour évoquer un sujet sensible ? On en redemande. Hugo Dewasmes

Jusqu'au 31.03, Lille, Roubaix, Tourcoing, Programme complet et tarifs sur www.rencontresfeministes.over-blog.org

12>14.03, Dunkerque, Le Bateau Feu // 27> 29.03, V. d'Ascq, La Rose des Vents // 04 & 05.04 Armentières, Le Vivat, // 09.04 Hazebrouck, C. C. Malraux// 30 & 31.05, Valenciennes, Le Phénix


Tabac Rouge Acrobate, musicien, danseur, acteur, metteur en scène, James Thierrée invente le monde étrange de Tabac Rouge. Une société secrète, des cérémonies occultes dirigées par un vieux monarque... Mais les protagonistes de ces rites accepterontils leur servitude ? La quatrième création de Thierrée projette dix comédiens dans un univers onirique, certes, mais finalement pas si éloigné du nôtre, dans sa démesure et ses inégalités... Foudroyant ! 13>15.03, Roubaix, Le Colisée, 20h30, 35/31/28/26/20/15/8€, +33 (0)3 20 24 07 07

It's Going to Get Worse and Worse and Worse, My Friend Inspirée des prêcheurs de bonne parole, la création tire son titre d'un discours du célèbre Jimmy Swaggart, télévangéliste américain. Au son de cette redoutable allocution répond le corps de Lisbeth Gruwez, seule sur scène. Catalyseurs de la violence des mots, les mouvements oscillent entre fureur, séduction et persuasion. Aussi effroyable qu'hypnotique, le pouvoir de la parole devient alors palpable. 01&02.03, Mechelen, KC Nona, 20h30, 12/10/8/6€, +32 (0)15 20 37 80 // 08.03, Courtrai, Buda, 19h30, 13/10€, + 32 56 22 10 01 // 28.03, Tongeren, CC De Velinx, 20h30, 14/12/10€, + 32 12 80 00 40

© Isabelle De Beir

Les Rustres Carlo Goldoni (1707-1793) oppose quatre jeunes femmes vives et malignes à quatre vieux barbons vénitiens et machistes – les rustres, en question, donc. Si elle date de 1760, cette comédie se voit réactualisée par des costumes plus contemporains mais surtout, frappe par son étonnante modernité, dont la légèreté étourdit, éblouit, et ravit ! Jusqu'au 30.03, Bruxelles, Théâtre des Martyrs, mar, 19h, mer>sam, 20h15, sf 23.03, 19h, dim 10 & 24.03, 16h, 16,50/14/13/10,50/9€, +32(0)2 223 32 08 // Mouscron, Centre Marius Staquet, 03>05.04, 20h30, sf jeu, 19h30, 18/14/12/10/8/6€, +32 (0)5 686 01 60

© Luc Depreitere

© Mario del Curto

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Winter Family © DR

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La voie est libre Un pied à Mons, l’autre à Maubeuge. Un œil braqué sur les formes émergentes des arts visuels, l'autre pour sonder les convulsions les plus souterraines du spectacle vivant : festival hybride, VIA se recrée, chaque année, à l’image du monde tel qu’il est, et tel que les galeries d’un musée ne le présenteront jamais : en mutation. Pour sa vingt-septième édition, après une halte montréalaise en 2012, VIA relance son entreprise de prospection tous azimuts, sur un mode résolument expérimental. Avec l’exposition Natures artificielles, tout d’abord : les créateurs y traduisent en œuvres à haute teneur en sciences appliquées l’emprise croissante de la technique sur notre monde sensible. Dans une approche tour à tour hédoniste (Hydrogeny : un détournement psychédélique et biélorusse de l’électrolyse), ou plus inquiète (Fleur de lys, ou le pouvoir hypnotique du champignon atomique…). Science et conscience Le déjà-vu n’a pas sa place non plus du côté de la programmation théâtrale. Appelé à faire valser les étiquettes, VIA propose du pas rangé (les sculptures vivantes et velues de Clédat & Petitpierre), du dérangé (le défi au bon goût des Hommescochons de la compagnie La Scabreuse), et du dérangeant : VIA s’offre à toutes les commotions, pour rénover notre appréhension du réel (Memento Mori, du chorégraphe P. Rambert) et témoigner de ses fractures (le conflit israélo-palestinien, avec Jérusalem Plomb Durci… conçu par la Winter Family comme un « voyage sonore et textuel »). Si le festival fait cette fois-ci la part belle aux innovations françaises et belges, le champ d’investigation reste toujours aussi vaste, pourvu qu’il y ait du sens, de la science - et de la conscience : la ruine de l’âme, elle, n’est pas au programme ! François-Xavier Béague

VIA, festival international 14>24.03, Mons (Théâtre Le Manège, Gare, Centre-ville, maison Folie/Site des Arbalestriers), Maubeuge (Théâtre du Manège, Epace Sculfort/ La Luna,Salle Sthrau), Jeumont (Gare, Centre Culturel André Malraux), Feignies (espace G. Philipe), un spectacle : 11/8€, Pass VIA : 40€, +33 (0)3 27 65 65 40, +32 (0)6 539 59 39, www.lemanege.com


Aux origines L'espace d'une semaine, l'Opéra de Lille propose un cycle exceptionnel, constitué de quatre œuvres de la chorégraphe Anne Teresa de Keersmaeker. Créées entre 1982 et 1987, ces pièces sont le fruit de l’imagination d’une jeune femme qui deviendra une figure majeure de la danse contemporaine. Retour aux sources d’un parcours passionnant. Anne Teresa de Keersmaeker n’a que 22 ans lorsqu’elle crée sa première chorégraphie, Fase, Four mouvements for the music of Steve Reich. Deux danseuses évoluent en lien étroit avec la musique répétitive du compositeur américain, qui se décale peu à peu. L’année suivante, le spectacle Rosas Danst Rosas aboutit à la création de la compagnie Rosas. Quatre danseuses effectuent des gestes inspirés du quotidien, parfois semblables à des tics, suivant toujours les moindres accélérations ou ralentissements du rythme musical. Dans Mikrokosmos, musique et danse se répondent à merveille, deux pianistes et un quatuor à cordes étant installés sur scène. Elena’s Aria tient une place à part dans le parcours de l'artiste : âgée de 24 ans et déjà désireuse de remettre en question ses propres choix, elle délaisse la musique répétitive et intègre de la vidéo au spectacle. Dans le cadre de ces reprises, la chorégraphe danse elle-même Fase et Elena’s Aria. Esthétique épurée à l’extrême, réflexion sur la place et le déroulé du mouvement dans l’espace, la musique et le temps ; tout le génie d’ « ATDK » est contenu dans ces œuvres de jeunesse qui, se faisant écho entre elles, composent un cycle cohérent et harmonieux. Madeleine Bourgois Cycle Early Works Fase, Four Movements To The Music Of Steve Reich (16.03, 20h, 17.03, 16h) // Rosas Danst Rosas (19 & 20.03, 20h) // Bartok/Mikrokosmos (22.03, 20h) // Elena’s Aria (24.03/16h) 16>24.03, Lille, L'Opéra, 22/17/13/8/5€, +33 (0)8 20 48 90 00

© Herman Sorgeloos

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P'tit Monde Dix ans ! Ce festival de théâtre jeune public prend de l'âge, mais pas une ride. à la fois exigeant et populaire, P'tit Monde crée du lien entre les générations en éveillant la curiosité artistique des enfants et ce, dès quatre ans. Le cru 2013 met à l'honneur le théâtre d'objets et de marionnettes. Évoluant au fil des éditions, ce rendez-vous taquine volontiers les contes et mythes enfantins. Ainsi, on (re)découvre déjà les adaptations subversives de deux grands classiques signés Charles Perrault : Peau d’Âne par Michel Rabeux (cf p. 104) et Le Petit Poucet mis en scène par Laurent Gutman. Participative, aussi, la manifestation propose aux plus-petits d'accompagner Tantôt, marionnette à taille humaine, lors de son périple cinématographique en Pays de Flandres. L'enfance de l'art ! Elsa Fortant

2.04, Petit Poucet, 20h30 // 9.04, Peau d’Âne, 20h30 2>13.04, Hazebrouck, divers lieux et horaires, 7/5/4€, +33 (0)3 28 49 52 88, prog. complet : www.centreandremalraux.com

Elles en rient encore

Ce festival défend des spectacles d'humour conçus par des femmes. Et pour des femmes ? Pas seulement. Si on situe à peu près tous « l'humour masculin  » (vannes grasses, rires de vestiaires et odeur de chaussettes sales), à quoi ressemblerait l'humour féminin  ? L'esprit malin de Florence Foresti ou la lourdeur de Virginie Hocq ? Aucune des deux n'étant là, on se fera notre opinion en une dizaine de pièces, de théâtre d'objets, de spectacles de clowns, avec entre autres la quête d'identité de Nouara Naghouche, l'enfance canadienne d'Angela Laurier ou la pièce Modèles de la Cie La Part des Anges, initiée à partir de témoignages de comédiennes et d'extraits de Beauvoir, Despentes, Duras ou Bourdieu. Entendu  : l'humour féminin, c'est du sérieux. Thibaut Allemand 19.03>12.04, Lille, Le Prato, 20h, 17/13/8,5/5e 19.03, Nique La misère de Nouara Naghouche/ 4&5.04, L'Angela Bête d'Angela Laurier / 3>5.04, Modèles, Béthune, La Comédie, 18>7€ Le Petit Poucet © Pierre Grosbois

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La mort, ça m'interesse pas © Cie l'Etourdie

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Les Repérages

© Giacinto Caponio

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Andrea Gallo Rosso © Angelo Bellotti

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Tribuna(a)l

Grâce à un réseau de 16 partenaires culturels répartis dans 15 pays, le festival Les Repérages ouvre une fenêtre rare sur la jeune création chorégraphique internationale. Cette année, le Brésil, la Croatie, la Finlande, l'Italie, la Suisse et le Luxembourg sont particulièrement mis à l'honneur. Ambra Senatore ouvre ce temps forts avec John, un regard ludique mais amer sur la nature humaine. Rudi Van der Merwe pointe quant à lui la violence faite au corps par un jeu d'attaches et de piercings. Nul besoin d'être polyglotte, ici le langage du corps se suffit à lui-même. John, 14.03, Roubaix, La Condition Publique, 20h, 14/7/5€, + 33 (0)3 28 33 57 57 Fest. Les Repérages, 14>16.03, Lille, Divers lieux, pass 25/15€, +33 (0)3 20 20 70 30

« Le dernier juge que j'ai vu avait plus de vices que le dealer de ma rue », chantait le poète. Ici, les deux auteurs, R.Ruëll et J. Verbist ont arpenté les parquets de Liège à Bruxelles, et rencontré des avocats, juges, journalistes, assistants sociaux. La justice est-elle raciste ? de classe ? Faut-il de l'argent ou de la chance pour gagner en justice ? Tribuna(a)l pose de bonnes questions mais n'y répond pas. La troupe mixte, aidée de comédiens non-professionnels, use des deux langues nationales pour peindre un portrait humaniste, certes, mais lucide, d'une société à la dérive. 21>30.03, Bruxelles, Théâtre National, 20h30, sf dim 24, 15h, et mer 27, 15h, 20/16/11€ // 17.04>04.05, Courtrai, Théâtre Antigone

© Helena Gonçalves

The Old King

C'est l'histoire d'un homme seul. Sur scène, mais aussi dans l'immensité du monde. Un roi déchu qui part à la reconquête de sa condition d'Homme. Romeu Rona esquisse des bribes de mots, mais c'est bien le corps du comédien qui s'exprime. Un physique qui se tord, se contorsionne, lutte face à la nature, se défend pour atteindre la station debout et retrouver par là même sa magnificence. Tragique ? Non, mélancolique.

23.03, Calais, Grand Théâtre, 20h30, 15/9€, +33 (0)3 21 46 66 00 // 6>8.03, Villeneuve D'Ascq, Rose des Vents, 20h sf jeu 19h, 20/15/12/5€, +33 (0)3 20 61 96 96


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La Boîte à joujoux © Danielle Pierre

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agenda

La Boîte à joujoux et Le Petit soldat 08 & 10.03 Debussy et Stravinsky / J-C Malgoire/ C.Baggen

Tout d'abord, La Boîte à joujoux est un cadeau de Claude Debussy à sa fille Claude-Emma, surnommée Chouchou. Une histoire enfantine et des symphonies de poche, parmi lesquelles on croise la Marche Nuptiale de Mendelssohn ou Il Pleut Bergère. Quant au Petit Soldat, ce trésor signé Stravinsky est un fabliau pour sept musiciens. Ou quand la Grande musique se fait tout petite ! Tourcoing, Th. Municipal R. Devos, 20h, dim, 15h30, 25/23/10€, +33 (0)3 20 26 86 34

Gaspard Proust 12.03

L'ex-banquier suisse monté à Paris affiche des origines slovènes, un humour acerbe, et s'impose comme la voix de la mauvaise conscience. Ce gendre idéal tire à vue et n'épargne rien ni personne. Et en dépit d'une popularité croissante, Proust se présente en « cartésien désabusé » : « Je pense donc je suis, mais je m'en fous ». Lille, Sébastopol // 13.03, Anzin, Th. Municipal // 17.04, Calais, Grand Théâtre // 23.04, Namur, Th. Royal // 24. 04, Louvain La Neuve, Aula Magna // 04.06, Hazebrouck, Esp. Flandre-Centre A. Malraux

Mystéric 09&10.03

Eric Antoine

« Je suis constamment dans le grand écart. Je touche aussi bien le lectorat cultivé de Télérama que celui, plus populaire, de Télé-Loisirs » explique l’immense Eric Antoine. Celui qu’on a découvert en conférencier azimuté dans Réalité Ou Illusions, présente Mysteric, un spectacle « plus théâtral ». à la croisée des genres, ce comédien, auteur, metteur en scène, prestidigitateur fait succomber les allergiques aux lapins blancs par son humour décapant. Béthune, Th. Municipal, sam 20h30, dim 18h, 36/30€ // 15.03, Caudry, Théâtre // 24.03, Loon Plage, Salle Coluche // 30.04, Rochefort, Fest. Int. Du Rire // 16.05, St-Amand, Le Pasino

Roméo et Juliette 14 & 15.03 W. Shakespeare / D. Bobée Après Hamlet en 2010, David Bobée poursuit sa relecture moderne des textes de Shakespeare. Et voici son Roméo et Juliette. Cette version est parfaitement servie par le jeu physique de 14 comédiens, danseurs et acrobates. En filigrane, se superposent des thèmes très actuels. Une banlieue qui brûle, un pouvoir politique qui néglige la question sociale en privilégiant le fait divers. Douai, L'Hippodrome, 20h, 21/17/13/10/9€ // 19>22.03, Béthune, La Comédie, 20h, 18/14/8/7€


Love Stories, Chambre Des Rêves, Le Monde Nous Appartient © Philippe Lemaire

Roméo Et Juliette © C. Raynaud De Lage

Love Stories

Les Barbares

15 & 16.03

Jusqu'au 08.03

La S.O.U.P.E. Compagnie

Ce parcours « réservé aux adultes » (enfin, à partir de 16 ans) propose des spectacles flirtant avec l'érotisme. Avec entre autres, des marionnettes relatant le quotidien difficile de Jeanne, vendeuse de prêt-à-porter dans le Pigalle des années 50. La S.O.U.P.E. Compagnie propose de plonger Sous le Jupon avant de dévoiler photographies et objets coquins de la Belle Époque. En avril, tu ne découvriras pas d'un fil. Mais en mars ? Lille, maison Folie Moulins, vendredi départs 19h, 20h05, 21h10, sam 16h, 17h05, 18h10, 9/6,50€, +33 (0)3 20 95 08 82

Cie Hamadi

Dans cette dernière création, Soufjan, seul en scène, joue les mots de son père Hamadi. Et s'il traite, une fois encore, de l'immigration, de ces exils forcés ou choisi, ce spectacle ne verse jamais dans le misérabilisme. Au contraire : c'est le désir de liberté et de bien-être, de travail et confort, qui pousse l'Autre, l'étranger, le Barbare à venir en Occident. Le désir de vie, tout simplement ! Namur, Th. Royal, 19h45, 18/15/11€ // 14.03, Nivelles, Waux-Hall // 19>21.03, La Louvière, Centre Culturel Régional // 27.03 Huy, Centre Culturel

Octopoulpe le Vilain 09.03

Cie Pseudonymo

Le Prénom

Comment Nathan Baldwin, un enfant doux, a-t-il pu devenir Octopoulpe le Vilain, la terreur des mers ? Son créateur raconte ses origines : sa naissance dans un laboratoire de biologie médicale, les railleries de ses camarades, la découverte bouleversante de ses pouvoirs... Un théâtre d’ombres léchées, inspiré des comics, servi par un univers sonore volontairement kitsch et les textes savoureux de Laurent Bazin.

20.03 > 14.04 M. Delaporte & A. de la Patellière

Lambersart, le Colysée, 16h, 4,5/1,5€, +33 (0)3 20 00 60 06 // 19.03, Roubaix, La Condition Publique, 20h30, 12/8€, +33 (0)3 28 33 48 33

Bruxelles, Th. Des Galeries, mar>dim, 20h15, séance suppl. dim 24.03, 15h, sam 30.03, 15h, 24/22/18/14/13/11/10€, +32 (0)2 512 04 07

Une banale dispute autour du prénom de l'enfant à venir crée un joli huis-clos, jouant avec les codes du théâtre de boulevard pour mieux les dézinguer. Incisive et mordante, âpre et hilarante, cette pièce, créée avec Bruel et portée à l'écran, est ici reprise par Martine Wicquet, avec l'excellent Stéphane De Groodt. Nom de nom !


théâtre

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Farenheit 451 © Philippe Delacroix

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agenda

Mordre la poussière

Farenheit 451

21.03

28 & 29.03 D'après R. Bradbury/ D. Géry

Grand Magasin

P. Murtin et F. Hiffler ont proposé, depuis 1982, une vingtaine de formes étranges. Ici, le tandem décide de faire mordre la poussière à ses cauchemars. En 25 rounds chorégraphiées sur un tapis multicolore de 16 m², Murtin et Hiffler combattent divers protagonistes joués par une trentaine de figurants (dont le Président Salengro ou l'ex-Oui-Oui Etienne Charry !). Une rêve-party, en somme. Armentières, Le Vivat, 20h30, 18/13/12/7/6€, +33 (0)3 20 77 18 77

Cette fameuse dystopie où les livres n'ont pas droit de cité (et brûlés par les pompiers eux-mêmes) se voit portée sur les planches. David Géry l'adapte en trois mouvements – la présentation des faits, le quotidien du pompier Montag, puis sa prise de conscience et son entrée en résistance, dans une merveille pyrotechnique où la fin est, chaque soir, unique. Et brûle les planches, évidemment. Valenciennes, Le Phénix, 20h, 22/20/17/13€, +33 (0)3 27 32 32 32

L’Insurrection (qui vient) 28 & 29.03 A.Karschnia/N.Nord d'après Friedrich Schillerc

Ils se re-aiment

Le collectif andcompany&Co imagine une œuvre à la fois revigorante et complexe. En croisant un essai de Schiller à propos de l'indépendance de l'Espagne, paru en 1788, et L'Insurrection Qui Vient (2007), pamphlet signé du Comité Invisible, les acteurs allemands remontent le temps, et imaginent à quoi pourrait ressembler la prochaine révolution. Ambitieux et subversif, réfléchi et impétueux, ce spectacle possède le charme d'une belle émeute entre amis.

Les experts sont formels : Pierre Palmade et Michèle Laroque forment le couple le plus glamour de l'histoire. À côté, Bogart-Bacall, c'est les Thénardier. Après deux spectacles contant l'amour, puis la rupture de ces vraisfaux amants, ce troisième volet présente leurs retrouvailles. Répliques assassines, humour acide et situations ubuesques au rendez-vous. Quelques vieilles dentelles, mais beaucoup d'arsenic, donc.

Douai, L'Hippodrome, 20h, 21/17/10/3€, +33 (0)3 27 99 66 66

28>30.03

P. Palmade, M. Laroque

Lille, Casino Barrière, 20h30, sf sam, 17h, 42€, +33 (0)3 28 14 46 00 // Et le 21.03, Liège, Th. Le Forum, 20h30, 36 à 55€, +32 (0)4 223 18 18


littérature

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LA VIE EN PROSE Parfois réduite à la seule scène slam, la bien nommée Générale d'Imaginaire multiplie les champs d'activités. Dix ans après sa création, il était temps de retrouver ce collectif indiscipliné qui explore tous les territoires géographiques et culturels, à l'occasion de la 10e édition du festival Mots de Travers[e]. Revenir sur la Générale d'Imaginaire, c'est revenir sur le slam. Qui, contrairement aux apparences, ne se limite pas aux seuls poèmes mignons tout-plein de Grand Corps Malade ou aux éloges républicaines du premier de la classe Abd Al-Malik. « Le slam, c'est un dispositif de prise de parole ouvert à tous, explique Stéphane Gornikowski, directeur de la Générale. Il n'y a pas de code, on trouve autant de slams différents que de slammeurs, avec différents niveaux littéraires et artistiques ». La compagnie investit également des zones rurales ou post-industrielles – ainsi de cet atelier associant arts culinaires et littérature à Hénin-Beaumont, ou ces cafés-travail, où l'on aborde moins la quête du bonheur (on laisse ça aux cafés-philo) que la souffrance au boulot. Et l'on n'a même pas cité les talentueux écrivains (Thomas Suel, Amandine Dhée...) membres du collectif. Prise de parole... et de recul Mots de Travers[e] mêle prose et vers, oralité et écriture. Une scène ouverte aux slammeurs de tous poils ou une après-midi dédiée à la poésie. Un concert de la rappeuse Casey et de Mochélan (artiste hip-hop associé à la Générale) mais aussi un battle de courtoisie. Un quoi ? Eh bien, imaginez La Fouin et Booba s'échangeant de (vraies) politesses, et vous aurez une petite idée. Enfin, on ne manquera pas Franck Lepage, présent pour discuter des notions de légitimité et d'illégitimité appliquées aux arts et à la culture – un thème cher à LM. Mieux, le résident breton propose une fameuse conférence gesticulée consacrée à l'éducation populaire. Bref, le genre de festival qui titille l'imaginaire, en général. Thibaut Allemand

Les Mots de Travers(e) 21>24.03, Lille, Roubaix, www.slam-lille.com 21.03, Battle de courtoisie + Casey + Mochélan, Roubaix, La Condition Publique, 19h30, 12/8e // 22.03, La Palabre : débat ouvert sur le légitimité en culture(s), Lille, maison Folie Wazemmes, 9h30>17h30, gratuit // Soirée détournée et scène ouverte, Lille, Musée d'Histoire Naturelle, 20h, gratuit // 23.03, Franck Lepage, Lille, maison Folie Moulins, 19h, 3,5/5,5€ // 24.03, L'Apaise-midi, Lille, maison Folie Wazemmes, 14h, gratuit


© Daniel JOURDANET


chroniques

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THE SECRET FOOTBALLER (éd. Hugo Sport)

Au Royaume-Uni, depuis janvier 2011, un mystérieux footballeur chronique chaque semaine les dessous de la Premier League dans le quotidien The Guardian. Et signe aujourd'hui un livre à la première personne dans lequel il révèle tout. On y apprend que les clichés sur le monde doré des stars du ballon rond sont... avérés (l’inverse eut été décevant). Le corbeau a côtoyé les plus grands joueurs du monde, Prolongations connu l’euphorie des victoires, les salaires à six chiffres et leurs inévitables dérives, Qui est ce footballer secret ? Kevin Davies, Dave Kitson ou comme ce concours de bouteilles de chamPhil Neville seraient les plus pagne à Las Vegas. Si le chapitre sur les suspects. tactiques de jeu est à réserver aux connaisUn site internet (whoistheseurs, les 300 pages de ce récit – au style secretfootballer.co.uk) a été peu travaillé - fourmillent d’anecdotes sur les créé pour l’enquête, et en coulisses du milieu, vécues par l’auteur luiAngleterre, des bookmakers même ou par certains de ses amis, jamais ont pris les paris sur son nommés. Au fil des pages, se bousculent des identité. managers à l’écoute ou carrément détesLa palme du plus grand bizutables, des joueurs expérimentés bizutant teur revient à Cantona, qui les petits nouveaux, des agents moins véreux « assassinait » les nouvelles recrues à Manchester United. qu’on ne le pense, et bien sûr les wags, inimitables compagnes de footballeurs. Mais l’auteur aborde également les faces sombres des championnats européens : les relations compliquées avec les supporters, le racisme dans les stades ou l’homosexualité, impossible à révéler. Surtout, c’est avec beaucoup de tact qu’il raconte la dépression qui touche nombre de joueurs, arbitres ou entraîneurs soumis à une pression intense, et qui ne l’a pas épargné, au crépuscule de sa carrière. 304p., 16,50€. Marine Durand


livres Le Mystérieux Mr Kidder

Le roman du mariage

Joyce Carol Oates (Éd. Philippe Rey)

Jeffrey Eugenides (Éd de L'Olivier)

Un été dans le New Jersey. Katya, 16 ans, est baby-sitter à Bayhead Harbor, une station balnéaire chic. Le vieux Mr Kidder aux « cheveux de neige  » la surprend en train de contempler une vitrine de lingerie. Se met en place un jeu relationnel complexe, dont les règles échappent bientôt à Katya. Manipulée, séduite, flattée, elle ne se détache plus de cet homme énigmatique. J. C. Oates dresse le portrait d'individus esseulés, un riche célibataire en fin de vie, l’autre adolescente issue d’un milieu populaire, grandissant dans un contexte familial douloureux. Le lecteur navigue entre les zones d’ombre de cette relation. Avec, en arrièreplan, les belles et spacieuses villas et l’obsédant « flap-flap-flap des vagues ». 236p., 17€. Madeleine Bourgois

Madeleine, Mitchell, Leonard, tel est le trio amoureux du nouveau livre de l'auteur de Virgin Suicides (1993). On suit leurs questionnements personnels à l'université de Brown, au début des années 80. Roman des sentiments autant que récit initiatique, le livre s'attache à chacun des personnages : l'amoureux éconduit cherchant sur les routes du monde l'oubli ; l'amoureuse extatique qui préfère les histoires difficiles aux relations simples… Chacun est pris dans un tourbillon émotionnel. Au final, on obtient un portrait fin et sensible, mâtiné d'analyses littéraires, de ces jeunes adultes en construction, vivant dans ces passions un apprentissage fondamental pour le reste de leur vie. 533p., 24€. François Annycke

Conversations Andy Warhol - William S. Burroughs (Éd. Inculte) Un nom manque, sur la couverture : celui de Victor Bockris, pourtant seul en cause dans la parution (très tardive) de ces Conversations. Ce familier de la Factory (et premier biographe du Velvet Underground) y transcrit le contenu d’échanges qu’il a lui-même suscités et enregistrés entre les deux phares new-yorkais, au tournant des années 80. Qui ne devaient guère se douter de la postérité qu’on octroierait ainsi à leurs dialogues (de sourds). Entre deux rencontres néanmoins, Bockris recourt au récit, et saisit sur le vif le quotidien de la Factory dans sa dernière incarnation (celle du magazine Interview, lancé depuis les bureaux sécurisés de Broadway) qui, pour le meilleur et le pire, définissait encore l’esprit de la décennie naissante. 185p., 16€. F-X Béague


chroniques

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CATHOLIC SPRAY Earth Slime (Born Bad)

Douze titres pied au plancher, voilà l'expression qui devrait toujours pouvoir résumer un bon disque de garage. Un principe auquel ne déroge évidemment pas Catholic Spray, digne représentant parisien d'un genre vivant peut-être actuellement son heure de gloire (il suffit de penser aux récents albums de Ty Segall ou, plus près de nous, de JC Satàn, pour s'en convaincre). Conformément au cahier des charges, pas vraiment de fioritures ici, plutôt une décharge d'électricité permanente noyée dans une réverbération crasse, laissant la part belle à une morgue pleine de bravoure. Car de la bravoure et de la morgue, il en faut pour se prostituer à Barbès (Hustlin' In Barbès), comme pour devenir des Krokodile Dandies. Et bien que le VU-mètre reste souvent bloqué dans le rouge, et ce pour notre plus grand plaisir, Catholic Spray n'oublie pas qu'une bonne chanson punk rock reste souvent la combinaison d'une mélodie accrocheuse couplée à une bonne montée dans les tours. Et la seule concession, I Stand Still, s'érige néanmoins parmi les trois meilleurs titres du quatuor. Sans doute l'exception qui confirme la seule règle acceptable en matière de lâcher de chevaux : si tu freines, t'es mort. Sylvain Coatleven

DJ KOZE Amygdala (Pampa/Kompakt/La Baleine) Huit ans se sont écoulés depuis le précédent album de Stefan Kozala, alias Dj Koze. Aussi habile derrière les platines qu’en studio, ce qui n’est pas si commun, l’Allemand quitte ses copains de Kompakt pour œuvrer sur son excellent label Pampa. Derrière l’impressionnant cortège d'invités (Caribou, Apparat, Ada, Matthew Dear…) qui jalonne Amygdala, se dégage une subtilité devenue rare parmi les productions actuelles. Laissant une large place aux sonorités organiques, Dj Koze compose son petit monde deep (Das Wort, Homessick, NoooOooo) et délivre quelques pièces dansantes au magnétisme certain (My Plans, Marylin Whirlind), lui qui n’est pourtant pas homme à tubes. L’album house qui annonce le printemps et, sans doute, de beaux lendemains. Clément Perrin


disques Jennifer Cardini Correspondant Compilation 01 (Correspondant/ Modulor) L'exercice de la compilation, une simple question de feeling ? C'est aussi le témoignage d'une scène, d'une esthétique. Figure majeure de la scène électronique française, l'ex-résidente du Pulp Jennifer Cardini publie la première compilation de son label, Correspondant, du nom de ses résidences au Rex. Somme d'artistes discrets mais essentiels (Daniel Avery, Clément Meyer, The Hacker) garnissent cet inventaire fidèle à une certaine idée de la techno : quasi métronome, oscillant entre 125 à 145 BPM. Cardini pose sa griffe visionnaire sur une sélection exigeante de titres sombres comme l'excellente introduction de Jimi After, The Dedicated. Une profession de foi pour les puristes. Florian Koldyka

PONI HOAX A State Of War (Pan European Recordings/Sony Music) Ah, Poni Hoax  ! En 2006 déjà, LM en avait fait son poulain, pariant sur la qualité de ce Quinté + qui voulait faire de la pop durable. Un premier album, Poni Hoax, ambiance néo-disco dark : le dandy blême Nicolas Ker est recruté en dernière minute, improbable frontman à la voix profonde. On avait misé sur le bon cheval : attendu au tournant pour le deuxième (galop d') essai, le sombre mais dansant Images Of Sigrid (2008) confirme Ker comme chanteur, parolier et homme de scène. Voici, enfin, le troisième album, A State of War. Poni Hoax se renouvelle sans se trahir, lorgnant vers les eighties sans parodie, évoquant la guerre avec finesse, jamais sinistre et jamais cheap, toujours aussi pop, volontiers planant, et sans aucun doute très durable. Olivia Volpi

Karl Bartos Off The Record (Bureau B/La Baleine) Qui faisait quoi au pays des hommes-machines, au juste ? Si la part légendaire de Kraftwerk doit tout à un binôme (Ralf et Florian), c’est tout de même au carré que la centrale est montée en puissance. Mais qui se souvient des deux percussionnistes ? Off The Record, conçu dans l’ombre par le troisième mécano, Karl Bartos, redistribue les cartes. Cet album en forme de journal intime et expérimental, entamé aux premières heures de son incorporation (1975), balaie encore plus sèchement que ne l’avait fait Communication (2003) une hypothèse désormais intenable  : que sa contribution au répertoire du groupe ait pu n’être qu’accessoire. Mieux : ses esquisses tutoient des sommets qu’aucun Tour de France ne peut plus gravir. François-Xavier Béague


agenda

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concerts Ven 01.03 AB Bota 2013 : Roscoe + Montevideo + Leaf House + Joy Wellboy + The Peas Project Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 18h, 13e Aéro(point)bar : Clip en carton Lille, L'Aéronef, 19h, gratuit Kaizers Orchestra Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 22/19/16e The Black Heart Rebellion + Vandal X Courtrai, De Kreun, 19h, 13/10/7e Yeti Lane Bruxelles, Madame Moustache, 20h, 5e The Experimental Tropic Blues Band Wattrelos, La Boîte à Musique, 20h, nc Shiko Shiko Comines-Warneton, Le Nautilys, 20h, 2e The Aerial + Velocity Bird Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/8/6e Karim Gharbi en duo Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 12e Kolombo + Compuphonic... Anvers, Café d'Anvers, 22h, 8e BEAT TRAVELLERS  : DJ Storm Lille, Magazine Club, 23h, 5/ gratuit Tony Bruno + Ben MansoN.. Bruxelles, Fuse, 23h, 20/15/10e Dj Keutch + DJ Hughes... Lille, Kiosk, 23h, nc

Sam 02.03 Tahiti Boy + Jaune Lille, L'Aéronef, 19h, gratuit

Bliksem + Yama Anvers, Trix, 19h, 5e Erik Truffaz Quartet Bruxelles, Bozar, 20h, 22e Pendentif Lille, La Péniche, 20h, 9/8e Arno Liège, La Caserne Fonck, 20h, 30/25e Nephtys + B.I.L La Louvière, Taverne du Théâtre, 20h, gratuit Another Belgian Band + Coffee or Not + June Bug Comines, Le Nautilys, 20h, 2e Roscoe + Love Like Birds Charleroi, Centre Culturel Eden, 20h, 13,7e Douglas Firs Bruges, Cactus Muziekcentrum, 20h, gratuit Mick Hucknall Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 49e Skip & Die Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 13/10e

Cody ChesnuTT Leuven, Het Depot, 20h, 19/16/14e

Lun 04.03 Chad Valley Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 13/10e Delphic Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Box, 20h, 16e

Mar 05.03 The Sea and Cake Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 18/15/12e Villagers Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 19/16/13e Olivia Ruiz Boulogne sur Mer, Théâtre Municipal Monsigny, 20h, 26/21/20e Mina Tindle Feignies, Espace Gérard Philipe, 20h, 11/8e

Motorama Namur, Belvédère, 20h, 10e

Gallops La Louvière, Taverne du Théâtre, 20h, gratuit

Gainsbourg Ressuscité Anvers, Petrol, 22h, 10/gratuit

C2C Lille, Zénith Arena, 20h, 29,7e

Tiefschwarz + Audiofly... Bruxelles, Fuse, 23h, 13/9e

Mer 06.03

Marcus Vector + PSLKTR Lille, Kiosk, 23h, nc Simian Mobile Disco Lille, Magazine Club, 23h, 10/5e

Lily Wood and The Prick Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 20/17/14e

Dim 03.03

Christopher Owens Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 13/10e

Sunday Happy Funday #4 Lille, L'Aéronef, 11h, gratuit

Patricia Kaas Lille, Zénith Arena, 20h, 39e

Saul Williams Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 15h, 10e

Villagers Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 16/13e

Noa Béthune, Théâtre de Béthune, 18h, 28/24e

Colin Stetson Courtrai, De Kreun, 20h, 13/10/7e


Retrouvez l’intégralité des concerts sur

Mathieu Marthouret Organ Quartet Valenciennes, Le Phénix, 20h, 16/14/13/9e

Jeu 07.03 Lilly Wood and the Prick... Lille, L'Aéronef, 20h, 23/19e Bertrand Belin + Rover Lens, Colisée, 20h, 13/10e Local Natives Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 19/16e Steak Number Eight Hasselt, Muziekodroom, 20h, 15/12e Don Nino... Lille, La Péniche, 20h, 8e Brad Melhdau... Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 33e Nina Van Horn Wattrelos, La Boîte à Musique, 20h, 9/6/3e Roberto AlagnA Lille, Zénith Arena, 20h, 90>45e Ray Lema + Saka Saka Orchestra Roubaix, Le Colisée, 20h, 32/28/23e Jim Murple Memorial 1190 Forest / Vorst, Bar du Matin, 21h, gratuit Hard Bass Dealers Party Lille, Kiosk, 23h, nc Blindhorses Lille, L'Aéronef, 23h, gratuit

Ven 08.03 Toman + Low Vertical Bruges, Cactus Muziekcentrum, 19h, 8/6,5/5/3/2,5e Paul Kalkbrenner Anvers, Lotto Arena, 19h, 34e Melody's Echo Chamber Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 13/10e

Emeli Sandé Lille, L'Aéronef, 20h, 33e

Jones + Claude El Divino... Bruxelles, Fuse, 23h, 12/10e

Chrystel Wautier Quartet La Louvière, Le Palace, 20h, gratuit

Dj Gero + Gym X... Lille, Kiosk, 23h, nc

Steak Number Eight Courtrai, De Kreun, 20h, 16/13/10e

Sam 09.03

MASCOT PARADE + TASTE THE VOID La Louvière, Taverne du Théâtre, 20h, gratuit

Dissident Chaber Calais, Le Channel, 14h, gratuit Everything Everything Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 16/13/10e

Not(e)sisters + Chrystel Wautier Quartet La Louvière, Le Palace, 20h, 12/9e

15reasons + MORPAIN + Stand for Truth... La Louvière, Taverne du Théâtre, 20h, gratuit

Keny Arkana Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 29e

Don Nino + La Colisée Bruxelles, Ateliers Claus, 20h, 10/8e

The Rhythm Junks... Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e

Keny Arkana Lille, L'Aéronef, 20h, 18/14e

Soma + Bison Bisou Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 8/6e François Galland & friends Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 14/12/10e Blanche + Loraine Félix Arlon, Maison de la Culture, 20h, 15e Elephant Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 7/5/4/3e Lee Curtiss... Anvers, Café d'Anvers, 22h, 8e Baauer + Ben Pearce... Bruxelles, Libertine Supersport, 22h, 15/10e Modeselektor + Bambounou... Anvers, Petrol Club, 22h, 12/7e "Ce N'est Pas De La Couille, Voici La New Wave" #15... Bruxelles, Wax Club, 23h, nc Marko + Phiphi + Franky

Ben Sharpa + Poldoore + Bazz Phaz Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/8/6e Steak Number Eight... Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e Hardfloor + Fabrice Lig... Marchienne-au-Pont, Rockerill, 22h, 10e Laurent Garnier... Anvers, Café d'Anvers, 22h, 20e Fred Hush (Dj)... Bruxelles, Le Bazaar, 22h, grat Michael Mayer... Bruxelles, Fuse, 23h, 13/9e art point M : Pao + APM001 Lille, Magazine Club, 23h, 5/ gratuit Carbon Kevlar + David Asko + Deiva & Djos Lille, Kiosk, 23h, nc Ellis Bell Calais, Le Channel, 23h, 3e


agenda

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concerts Dim 10.03 Bagad de Lann-Bihoué Lille, Théâtre de l'Hotel Casino Barrière, 16h, 39/36e Giedré Tourcoing, Le Grand Mix, 18h, 18/15e Ian Hunter Verviers, Spirit Of 66, 18h, 25e

Lun 11.03 Don Vito + Siamese Queens Bruxelles, Magasin 4, 19h, 7e METZ Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 15/12e An Pierle Anvers, Arenbergschouwburg, 20h, 15/12e

Two Door Cinema Club Lille, L'Aéronef, 20h, 28,60e Bloody Beetroots Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 25e Walrus Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 15/12e The Dubtapes Courtrai, De Kortrijkse Schouwburg, 20h, 11e

Jeu 14.03 Bob Log III Leuven, Het Depot, 20h, 8/6/5e Ictus Bruxelles, Kaaitheater, 20h, 16e

Mar 12.03

The Dubtapes Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 14/11/9e

Steak Number Eight... Gand, Culturell Centrum Vooruit, 19h, 16/14,75e

Raggasonic Boulogne-sur-Mer, Espace Faiencerie, 20h, nc

NAS Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 35/32e

The Weeknd Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 32e

Living Colour Verviers, Spirit Of 66, 20h, 25e

Yeti Lane + Joy Wellboy Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/8/6e

Make Do and Mend... Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 15/12e Metz Hasselt, Muziekodroom, 20h, 10/7e Christophe Purves Lille, Opéra, 20h, 22/17/13/8/5e DJ HMD La Louvière, Taverne du Théâtre, 20h, gratuit

Mer 13.03 Egyptian Hip Hop + Antoine Pesle Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 13/10e

Ven 15.03 Les Wampas... Cambrai, Palais des Grottes, 18h, 16/13/ Pass 35e Twin Arrows La Louvière, Taverne du Théâtre, 20h, gratuit Can I Kick It ? : Triptik + Deen Burbigo + Eff Gee + Vicelow + A2H + Jazzy Bazz + Pink Tee Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 16/13/5e Egyptian hip Hop Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 15/12e

The Men Courtrai, De Kreun, 20h, 15/12/9e ONL Valenciennes, Le Phénix, 20h, 28/26/22/15e Wim Mertens Gent, Handelsbeurs, 20h, 23/20e June Bug Villeneuve d'Ascq, La Ferme d'en Haut, 20h, 7/4e Bob Log III + Johnny Dick Arlon, Entrepôt, 20h, 10/8e The Delta Saints Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e Biga*Ranx + El Maestro Calais, C.C. G. Philipe, 20h, 5e Burning Heads... Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 6/gratuit abonnés 4x4 R Wan Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 7/5/4/3e Rogerseventytwo... Anvers, Café d'Anvers, 22h, 8e The Magician Lille, Magazine Club, 23h, 8/5e Cosmo Vitelli + PSLKTR... Lille, Kiosk, 23h, nc Radium + Vandal Kaotik... Anvers, Petrol, 23h, 11.50€ G.M.S + Talamasca... Bruxelles, Fuse, 23h, 15/10e

Sam 16.03 Betizfest : Scratch Bandits Crew + Punish Yourself + Parabellum + Burning Heads + Papier Tigre + Bison Bisou... Cambrai, Palais des Grottes, 14h, 16/13/ Pass 35e Bal Funk : Dj Boulaone + J-Funk + Sidney Lille, Salle des fêtes de Fives, 19h, 4,5/2,5e


Retrouvez l’intégralité des concerts sur

Forest Sessions #4 : Peru Peru + Persian Rabbit + La Goutte + The Black Mantis Project + Marvin Hood ... Lille, L'Aéronef, 20h, 8/4e ZEF Boulogne-sur-Mer, Rollmops, 20h, nc Yo La Tengo Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 25e Camille Arras, Théâtre d'Arras, 20h, 30/25/20/16e Rhyton + The Marvin Gays.. Marchienne-au-Pont, Rockerill, 20h, nc Six Grammes Eight + BMF La Louvière, Taverne du Théâtre, 20h, gratuit Soirée cabaret jazz : Nathalie Loriers Trio Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 12/10/8e Smos + Patrick Schmidt... Anvers, Café d'Anvers, 22h, 7e Les fouteurs de Joie Calais, Le Channel, 22h, 3e Brandy & Kalky... Lille, Magazine Club, 23h, nc

Dim 17.03 Betizfest : Caliban + Tagada Jones + Hatesphere + The Arrs... Cambrai, Palais des Grottes, 14h, 16/13/ Pass 35e Adam Green & Binki Shapiro Tourcoing, Le Grand Mix, 18h, 16/13e

Lille, La Péniche, 18h, 11/10e Killing Joke Anvers, Trix Club, 19h, 23/20e Mesparrow + Liesa Van der Aa Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/8/6e Horse Antlers Gand, Cafe Video, 21h, gratuit

Boney Fields an the Bone's Project Wattrelos, La Boîte à Musique, 20h, 9/6/3e

Jeu 21.03 The Van Jets Gand, Culturell Centrum Vooruit, 18h, 19/17,75e

Mar 19.03

Matmos + Belle du Parvis Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 17/14/11e

Jill Is Lucky + Julien Pras Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 16/13/10e

The Darkness Anvers, Trix, 19h, 27/25e

Anne Sylvestre Valenciennes, Le Phénix, 20h, 17e Les Mauvaises Langues Cambrai, Garage Café, 20h, 6e

Mots de travers(e) : Casey + Mochélan + Battle de courtoisie Roubaix, La Condition Publique, 19h, nc

The Pineapple Thief Lille, La Péniche, 20h, 11/9e

Jonathan Jeremiah Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 24/21/18e

Poliça Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 19e

Magnétix... Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 15/12e

Julos Beaucarne Lillers, L'Abattoir, 21h, 20/15e

Mer 20.03 The Pretty Things Lille, L'Aéronef - Le Club, 20h, 16/11e Rose Lille, Splendid, 20h, 25e Wallace Vanborn + Raketkanon Courtrai, De Kreun, 20h, 15/12/9e

Elmer Food Beat Lille, Splendid, 20h, 25e Sandra Nkaké + Gasandji Arras, Théâtre d'Arras, 20h, 8e Digitalism Bruxelles, Mr Wong, 22h, 10e 202 vs BAF Lille, Kiosk, 23h, nc

Ven 22.03 I Am Kloot Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 18/15/12e

The Van Jets Leuven, Het Depot, 20h, 19/16/14e

MillésimeS : Pascal Obispo Roubaix, Le Colisée, 20h, 45/39e

Youn Sun Nah Quartet Béthune, Théâtre de Béthune, 18h, 14/10e

adam green & Binki Shapiro Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 19e

Wax Taylor Lens, Colisée, 20h, 20/16e

Lun 18.03

William Sheller Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 36/32e

Cheek Mountain Thief

Radio Modern Courtrai, De Kreun, 20h, 13/10/7e The Bony King Of Nowhere Ostende, De Grote Post, 20h, 12e


agenda

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concerts Don't Mess With Monkeys La Louvière, Taverne du Théâtre, 20h, gratuit

Les Stentors Lille, Théâtre de l'Hotel Casino Barrière, 20h, 42/39/36/33e

Zanzibar : Renaud Patigny Namur, Th. Royal, 20h, 15e

Sanseverino Roubaix, Le Colisée, 20h, 32/28/21/8e

The Van Jets Hasselt, Muziekodroom, 20h, 17/14e Benjamin Biolay Amiens, Maison de la Culture d'Amiens, 20h, 15 à 29e

Bortsch Orkestra Calais, Le Channel, 22h, grat BP + Patrick Schmidt Anvers, Café d'Anvers, 22h, 7e

Evelyne Gallet Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 7/5/4/3e

The Soul Messiahs + Garreth Dr Disco... Anvers, Petrol Club, 22h, 8/ gratuit

Balahbon : Die Die Darling Lille, La Péniche, 22h, 4e

Michael Schwarz + Fubar Gand, Decadance, 23h, nc

Whoopers + Jurassic Fight Club + Playmobeat + Gym X Lille, Kiosk, 23h, nc WhiteTeeth + ADJ + Samuel + Dj Kaze + DJ Duck Bruxelles, Fuse, 23h, 13/10e

Sam 23.03 Goûter-concert : Jil is Lucky Dunkerque, Les 4 Ecluses, 16h, 5e (adulte)/gratuit (enfant) Jil is Lucky + Head Full of Flames Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 10/7e Happy New Wave II : The Breath Of Life + Agent Side Grinder + Organic + CZ Marchienne-au-Pont, Rockerill, 20h, gratuit MAtthew Halsall Quintet Bruges, Cactus Muziekcentrum, 20h, 15/13,5/10/7e Hell O Tiki + Tequila Savate La Louvière, Taverne du Théâtre, 20h, gratuit Cody ChesnuTT... Lille, L'Aéronef, 20h, 16/11e Nicole Willis & The Soul Investigators Gent, Handelsbeurs, 20h, 19/17e

Theo Muller + Bruma Lille, Kiosk, 23h, nc

Dim 24.03 Ghentlemen + Dipsy Doodles Gand, Culturell Centrum Vooruit, 14h, gratuit Jean-Michel Dayez + Quatuor Parisii Valenciennes, Le Phénix, 16h, 22/20/17/13e

Mar 26.03 Anthony B & Blazin' Fire Sound Gand, Culturell Centrum Vooruit, 19h, 27/24,74e Wild Nothing Anvers, Trix, 19h, 13/10e Cristina Branco Leuven, 30CC, 20h, 26/25/22/20/15/13e Foals Lille, L'Aéronef, 20h, 23/19e TEEN Lille, La Péniche, 20h, 9/8e Wild Belle Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 20h, 13/10e Superbus Dunkerque, Le Kursaal, 20h, 36e

Mer 27.03 Clock Opera Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 17/14/11e Sir Yes Sir + Kensington Gand, Le Charlatan, 20h, 12/8e

Jill is Lucky + PAON Roubaix, La Cave aux Poètes, 18h, 10/8/6e

Gerald Genty Bruxelles, Le Botanique/Witloof Bar, 20h, 11/8e

Wild Nothing + Darko Lille, L'Aéronef, 18h, 11€/ gratuit abonnés

Perrine Mansuy Quartet Valenciennes, Le Phénix, 20h, 16/14/13/9e

Nosaj Thing... Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 15/12e

Flat Earth Society Courtrai, De Kreun, 20h, 15/12/9e

Lun 25.03

Disclosure Bruxelles, Mr Wong, 22h, 10e

Kaki King Lille, La Péniche, 20h, 9/8e ,

Jeu 28.03

Wild Belle Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 13/10e

Marc Lavoine Dunkerque, Le Kursaal, 20h, 49/42e

Lil Wayne + 2 Chainz... Bruxelles, Forest National, 20h, 43e

IAMX Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 29e


Retrouvez l’intégralité des concerts sur

Compact Disk Dummies Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 15/12e

Hugh Coltman Lomme, Maison Folie de Beaulieu, 20h, 9/7/5e

Niels Hap + Ivo Delaere Brugge, Concertgebouw, 20h, 20e

Alex Toucourt + Tony Melvil Trio + Les Mauvaises Langues Lille, Splendid, 20h, 25e

Axelle Red Hasselt, Muziekodroom, 20h, 34/30e

Willow... Huy, Atelier Rock, 20h, nc

Erik Truffaz Quartet + Bazz Phaz Lille, L'Aéronef, 20h, 18/14e

Skip The USe + Veto Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 22e

Françoiz Breut Lille, La Péniche, 20h, 12/11e

The Hyenes + Calm Before Chaos Calais, Centre Culturel Gérard Philipe, 20h, 5e

Superbus Maubeuge, La Luna, 20h, 16,80e We Will Folk You #3 : Oh! Tiger Mountain + Tiny Ruins Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 9/6, Pass 20/17e La Grande Sophie Seclin, Théâtre des Cordières, 20h, 17/14e Les Femmes s’en Mêlent #16  : Skip & Die + Phoebe Jean And The Air Force Amiens, La Lune des Pirates, 20h, 11/8e

Ven 29.03 Jacco Gardner Courtrai, De Kreun, 20h, 13/10/7e Schwefelgelb + The Feeling Of Love... Marchienne-au-Pont, Rockerill, 20h, nc Anton Walgrave + Lili Grace Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 15/12e The Herbaliser + Dj Boulaone Lille, L'Aéronef, 20h, 16/11e Flat Earth Society Opwijk, Nijdrop, 20h, 20/15/12e

The Headshakers Tourcoing, Hospice d'Havré, 20h, 7/5e Lightnin’ Guy + The Band Of Willies Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e Tribute to Melody Nelson : Holkash Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 14/12/10e We Will Folk You #3 : Troy Von Balthazar + The Bony King Of Nowhere + Mathis Haug Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 9/6, Pass 20/17e CRIMCRUM #20 : Quartet Base + Mahieux "Family Life" Quartet Lille, La Malterie, 20h, 9/7e Grand Jojo Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 32/29e [NU] A. Noclain, C. Pruvost, J. Ternoy, T. Suel Armentières, Le Vivat, 20h, nc Buridane Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 7/5/4/3e David Shaw And The Beat... Lille, La Péniche, 23h, 9e

Sam 30.03 Swans + Xiu Xiu Anvers, Trix, 19h, 28/25e Le Terrier Deniche avec Alex Toucourt + Tony Melvil Trio + Les Mauvaises Langues Lille, Splendid, 20h, 25e The Excitements Bruges, Cactus Muziekcentrum, 20h, 11/9,5/6/5,5/5e One Legged Dog La Louvière, Taverne du Théâtre, 20h, gratuit Jessie Ware Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 25e CRIMCRUM #20 : Quartet Base + Kouma Lille, La Malterie, 20h, 7/5e We Will Folk You #3 : Flying Horseman + Evening Hymns + Louis Aguilar Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 9/6, Pass 20/17e Flat earth Society Bruxelles, Beursschouwburg, 21h, 10e Lucky You Party : Luke + Urban C + Devty + missNoa Lille, Kiosk, 23h, nc

Dim 31.03 Troy Von Balthazar Lille, La Péniche, 18h, 15/12e Walk Off The Earth : Walk Off The Earth + KRNFX Anvers, Trix, 19h, 21/18e Sounds Of Love : John Hébert Bruxelles, Bozar, 20h, 22e Fred Hush (Dj) + Iris Menza + Fur Coat + MARK HENNING Anvers, Café d'Anvers, 22h, 12e


le mot de la fin

130

Les œuvres d'Auguste Derrière, auteur méconnu de réclames au début du xxe siècle, ont été retrouvées au fond d'un grenier par une équipe de graphistes bordelais. Si l'imagerie est forcément surranée, Derrière était un visonnaire, un précurseur, et possédait un sens du calembour à faire pâlir Vermot ! à lire / Les moustiques n'aiment pas les applaudissements et Les fourmis n'aiment pas le flamenco (éd. Le Castor Astral, 13,10€) - à visiter / www.augustederriere.com


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Let'smotiv Nord & Belgique 83 - mars 2013  

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