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n°80 / dÊcembre 2012 / GRATUIT

nord & belgique Cultures et tendances urbaines


Sommaire Let’smotiv - décembre 2012

© DR

#80

06 Ça sent le sapin ! Des idées-cadeaux, des bons plans, des chansons, le duel Saint-Nicolas / Père Noël, une visite au marché de Noël, du vin chaud... et la fin du monde, aussi.

50 L 'évènement du mois

Le Louvre se Lens !

56 Exposition Chagall, Les 30 ans

16 portfolio

26 42 46

Arian Behzadi : la science des rêves

musique

The Hives, Yeasayer, Alain Chamfort, Spain, Chris Cohen, Petite Noir, Stephan Eicher, The Bewitched hands, Gonzales, Jim Murple Memorial, Doomsday, Ennio Morricone

74  t  héâtre & danse Le Prato en fête, Les Multipistes, Les Encombrants font leur cirque, Les Enfants d'abord, Cuisse de Grenouille, Princes et Princesses, le match des Cendrillon, Stomp, December Dance, Pantani, Puz/zle, Agenda

rencontre

Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm, main dans la main

cinéma Les Bêtes du Sud Sauvage, Mais qui a Retué Pamela Rose ?

du Musée du dessin et de l'estampe originale de Gravelines, La Braderie de l'Art, l’Atelier-Editions Fanal, Phantasia, Art, Science & Fiction, Pulsion(s), Anatomie de l'étrange, Magali Koenig, Agenda

92 a  genda concerts et soirées 98

Le Mot de la fin (du monde) Auguste Derrière avait tout prévu !


80

Let’smotiv Nord & Belgique 114 rue Barthélémy Delespaul - F - 59000 Lille tél : +33 362 64 80 09 - fax : +33 362 64 80 07 redaction.nord@letsmotiv.com redaction.bruxelles@letsmotiv.com

w w w. l e t s m o t i v. c o m Direction de l’édition / Rédaction en chef : Nicolas Pattou

nicolas.pattou@lastrolab.com

Rédaction : Thibaut Allemand

redaction.nord@letsmotiv.com

Elsa Fortant Florian Koldyka

info.nord@letsmotiv.com

Direction Artistique / graphisme : Cécile Fauré

cecile.faure@lastrolab.com

Couverture : Rocketman, Arian Behzadi www.arianbehzadi.com

Publicité : pub.nord@letsmotiv.com

administration : Laurent Desplat

laurent.desplat@lastrolab.com

Impression : Imprimerie Ménard 31682 Labège

diffusion : C*RED (France/Belgique) ; Zoom On Art (Bruxelles)

Ont collaboré à ce n° : François Annycke, François-Xavier Béague, Arian Behzadi, Madeleine Bourgois, Pascal Cebulski, Julien Collinet, Auguste Derrière, Marine Durand, Grégory Escouflaire, Audrey Jeamart, Aurore Krol, Emilie Laystary, Maxime Olivier et plus si affinités.

Let’smotiv Nord & Belgique est édité par la Sarl L'astrolab* - info@lastrolab.com Membre du réseau Let’smotiv Magazines - Let’smotiv est une publication d’Urban Press L'astrolab* Sarl au capital de 5 000 euros - RCS Lille 538 422 973 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. ı Let'smotiv est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement. Ne pas jeter sur la voie publique.

Papier issu de forêts gérées durablement


dossier noël

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D i s q u e s

p o c h e t t e s u r p r is e

Coffret Atlantic Soul Legends Tout d'abord consacrée au jazz et au blues à sa fondation, en 1947, la maison Atlantic fit également les belles heures de la soul, hébergeant des labels comme Stax et des artistes comme Aretha Franklin, Otis Redding, Wilson Pickett, Ray Charles, Percy Sledge, Eddie Flyod, Donny Hathaway... Ce coffret de vingt albums originaux en vinyle replica, proposé avec son meilleur master existant, contient outre les nombreux classiques précités, quelques pépites parfois jamais rééditées en CD. Le tout à un prix très raisonnable. (Rhino/WEA), 44,99€

Bérurier Noir Les albums des Bérus, groupe mythique de la scène alterno des 80's, n'étaient plus disponibles depuis un bail – sauf à casser sa tirelire. Bonne nouvelle : les quatre LP studios du duo anarcho, parus entre 1983 et 1989, sont enfin réédités, agrémentés de quelques bonus tracks. Si le tandem a écorné sa légende (la reformation de 2003 et l'album de trop) et échoué à changer la face du monde, il aura mis pas mal d'émeutes et incendies de poubelle en musique. Le cadeau de Noël idéal pour un petit agité, donc. Macadam massacre, Concerto pour détraqués, Abracadaboum, Souvent fauché, toujours marteau., FZM/Coop Breizh, 15€


L iv re s • O b j e t s

Karaoké Culture

La barbe !

Le dindon de la farce

Un essai sur le karaoké ? Oui, mais pas seulement. Entre enquête très sérieuse et évocation de son expérience personnelle, Dubravka Ugrešic pose la question de l'imitation et étend ces recherches à d'autres domaines (cinéma, littérature et peinture...), pour disséquer la disparition supposée des hiérarchies culturelles. Bref, de quoi faire la fête en s'instruisant, ou l'inverse. Dubravka Ugrešic -

Burqa interdite, cagoule prohibée... Très bien, en attendant, il caille sévère ! Heureusement, on a trouvé la solution outre-Atlantique : le bonnet-barbe donne un aspect chic et tendance à l'hiver. Messieurs, renouez avec la virilité brute de vos ancêtres, sans exclure un certain raffinement (notez les tresses, du meilleur effet). Beard head propose également une gamme pour enfants. Au poil !

Qui n'a jamais secrètement rêvé de fourrer... sa tête dans une dinde ? Grâce à Archie McPhee, la transformation devient possible, le risque de salmonellose en moins. Arborez ce masque fièrement en soirée, clope au bec ! Sinon, chewinggums au foie gras, kit du parfait Père Noël et objets farfelus en tout genre ; le site d'Archie est une mine d'idées-cadeaux originales et cocasses. 34,65$,

Éd. Galaade, 136p., 10€

25 à 45$, www.beardhead.com

www.mcphee.com


dossier noël

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B o n s

Supermarché de la Ferraille Voici l'alternative parfaite aux fatigantes courses de Noël. Une parodie de la supérette du coin avec caissières, caddies et rythmé par de courts spectacles. Dans les rayons ? Pizzas en boîte, sauce piquante Subutex-Mex, Miettes de Dauphin garanti sans thon, Foie gras de chômeur... Gare à l'indigestion ! 07 & 08.12, Le Boulon, Vieux-Condé, 19>22h, www.leboulon.fr

P l a n s

Église Libertine Les soirées Libertine Supersport n'en finissent plus de ressusciter ! Enchaînant miracle sur miracle, LS s'est associée à Plastic pour investir la Gesu Church. Une église devenue... la mecque des clubbers bruxellois. Pour le Nouvel-An, ce sont les divins Foals qui seront derrière les platines, ainsi que l'enfant chéri Mickey ou le seigneur Sebastian. Hallelujah ! 31.12, Bruxelles, Gesu Church, 23h>07h, prix & prévente : www.libertinesupersport.be

ça sent À mi-chemin entre Le Guide du Routard et Fluide Glacial, un petit fascicule permet d'appréhender le 21 décembre sans douleurs. Alors...

Ne paniquons pas ! ➊ Évoquons les élucubrations

concernant les Mayas  : un peuple apparemment très évolué, mais qui aurait totalement disparu, ne laissant derrière lui qu'un calendrier confus et alarmant dont on ne connaît pas précisément l'origine : sait-on seulement si ce sont les pompiers ou les postiers Mayas qui l'ont édité ?

le sapin ➋ Le calendrier maya indiquant la fin du monde ne serait en fait qu'une vieille grille de sudoku ! ➌

Les études récentes s'accordent pour dire que la fin du monde ne pourra advenir que lorsque le Luxembourg aura gagné la coupe du monde de football.

Au cas où : N'oubliez pas de rendre vos livres à la bibliothèque. Aucune excuse ne sera acceptée ! Extraits de L'Apocalypse Sans Douleurs, de John-Harvey Marwanny, dessins de Tony Papin, Éd. Marwanny Corporation, 48p., 5€


On attend toujours sa grande fresque américaine (un album par état, vous vous souvenez ?), mais le Tino Rossi indie préfère signer un 2e LP de Noël. On s'était déjà fait avoir la première fois  : des jolis autocollants, un beau livret, mais des chansons qu'on n'écoutait jamais le reste de l'année. Et celui-ci ? Eh bien, pareil.

Sufjan Stevens - Silver & Gold: Songs for Christmas, Vols. 6-10 (2012)

Le + mignon

playlist Playlist de noël Les cinq kids de Gary, Indiana, ne pouvaient échapper au traditionnel album de Noël. Même en tant que Témoins de Jéhovah ! Habituel mélange entre reprises et chansons originales, cet album est devenu un classique. Qui sait si Michael, des années plus tard, susurra ces chansons à une tripotée de gamins dans son ranch de Neverland ?

Comment la violente dispute d'un couple d'immigrés irlandais largués dans les rues de la Grosse Pomme a-t-elle pu devenir LA chanson de Noël par excellence  ? Ça tient à cette mélodie crève-cœur, ces paroles inspirées, ce duo entre le rocailleux Shane McGowan et la séraphique Kirsty McColl. On ne fera jamais mieux.

Album (1970)

Jackson 5 - Christmas

Of New York (1987)

Le + frisé

The Pogues - Fairytale

Le + déchiré

Les Chaussettes Noires en costumes rouge, et quatre chansons dédiées au vieux barbu. Sur l'air de Ce n'est qu'un au revoir. Comment dire, sans vexer personne. Disons qu'on sait mieux pourquoi, après ce 45 Tours embarrassant, Eddy Mitchell s'est dit qu'il ne rentrerait pas ce soir.

Dernier (1961)

Les Chaussettes Noires – Noël De L'An

Le + yéyé

Dans nos contrées, la chanson de Noël est un peu ringarde. Elle a été plus souvent chantée par Tino Rossi que par Brel, par la Compagnie Créole que par Bashung. Mais dans les pays anglo-saxons, c'est un exercice très prisé, auquel se sont livrés le rappeur Kurtis Blow, les métalleux Iron Maiden, les légendaires Otis Redding, Lennon ou Bowie. Entre milliers d'autres. En voici quatre.


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Colonne 1 - Gayla Peevey, I Want a Hippopotamus for Christmas - Band Aid, Do They Know It's Christmas  ? - The Beach Boys, Christmas Album - John Lennon and Yoko Ono, Happy Christmas (War is Over) - The Jackson 5, Christmas Album - Colonne 2 - David Bowie and Bing Crosby, Peace on Earth/Little Drummer Boy - Sufjan Stevens, Silver & Gold  : Songs for Christmas - Captain Sensible, One Christmas Catalogue - Bruce Springsteen, Santa Claus Is Coming To Town - Colonne 3 - Wham, Last Christmas - Les Musclés, Le Père-Noël des Musclés - Kurtis Blow, Christmas Rappin' - Colonne 4 - Paul McCartney, Wonderful Christmastime - Elvis Presley, Elvis' Christmas Album - Florent Marchet, Noël's song - The Black Arts, Eddie Argos + Black Box Recorder, Christmas Number One - Les Chaussettes Noires, Noël De L'An Dernier - Colonne 5 - The Temptations, Silent Night - The Pogues, Fairytale Of New York - Tracey Thorn, Tinsel and Lights - Stevie Wonder, What Christmas Means To Me - La Compagnie Créole, Bons Baisers de Fort de France.

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VS Curriculum vitae

St Nicolas, c'est Nicolas de Myre, né à Patara (dans l'actuelle Turquie). Un mec bien qui a sauvé des enfants et devint le saint-patron de pas mal de monde (des marins aux avocats). Le Père Noël est plus jeune. Né en 1821 dans un conte de l'Américain Clément C. Moore. D'adaptation en adaptation, sa légende s'écrit et il atterrit au Pôle Nord. Budget

Le budget de St Nicolas a certainement été voté par Madame Merkel  : trois oranges, deux spéculoos. Pas de quoi se relever la nuit. Le Père Noël fait chauffer la carte bleue une seule soirée, mais enchaîne les plans Cofidis le reste de l'année. Cinéma

Si le gros joufflu a plus souvent été porté à l'écran, la paire se retrouve dans deux films d'horreur (Saint, en 2010 et Père Noël Origines, 2011). Qui ne sont jamais diffusés le 24. Étrange. Bilan

Si on fête volontiers Noël, notre préférence va à son rival : lui, au moins, on ne le verra jamais avachi devant un supermarché, à empester l'alcool.


merce lilloise du com © Fédération

marché de noël Nous sommes allés au Marché de Noël la bouche en cœur et des étoiles plein les yeux. On y a croisé des chalands désespérés et fatalistes mais, c'est vrai, sans langue de bois. On est alors revenus un peu abattus. Manquerait plus qu'on nous dise que le Père Noël n'existe pas ! « Il y a 5 ans l'artisanat représentait 95% de mon stand, aujourd'hui c'est une toute petite partie... Tout le monde fait la même chose : des churros, des beignets, du vin chaud. Ce manque d'originalité risque de tuer les marchés de noël. »

« J'adore le marché de Noël de Lille car il dure dans le temps. Il y a une bonne ambiance en interne, on fait attention aux uns et aux autres, on se soutient. On est tous assez fragiles alors on s'épaule. » Nathalie (Neuville-en-Ferrain)

Bruno (Ruoms)

« Il y a de moins en moins d'artisans et de commerçants. Ce sont les forains qui ont pris le pouvoir sur le marché. Avant nous avions une clientèle un peu huppée mais aujourd'hui... Si vous imaginiez le nombre de Bidochons... J'en ai filmés en cachette et montrés à mes amis. Nous avons fait une soirée Dany Boon ! » Myriam (Nice)

« En effet, on trouve aussi tous ces produits à Aubervilliers... Un mauvais souvenir ? Oui, la tempête, les chalets qui se retournent, qui se font cambrioler... toutes ces choses là. » Frédéric (Wimereux)


Glühwein Préparation : Portez à ébullition le miel, les épices et l'orange ensemble. Laissez frémir quelques minutes, puis retirez du feu. Versez le vin rouge dans une casserole et ajoutez-y la préparation précédente. Laissez le tout chauffer en veillant à retirer du feu juste avant ébullition. Versez la préparation dans un petit mug. Bonne dégustation !

Ingrédients pour 10 personnes :

1/8 de litre d'eau - 1 litre de bon vin rouge (du pinot noir, par exemple) - 150 g de miel - Un bâton de cannelle - Trois clous de girofle - Un peu de noix de muscade râpée - Une orange coupée en petits morceaux


portfolio

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Arian Behzadi La science des rêves On imagine volontiers l'artiste flânant dans la ville, taquinant la muse au hasard d'une ruelle, laissant l'esprit vagabonder pour mieux sublimer le réel, éternel saltimbanque de l'imaginaire... Oui, mais Arian Behzadi ne mange pas de ce pain-là. Entre deux collages inspirés, ce Californien dissèque des grenouilles et étudie la neurobiologie. Et lorsqu'il trouve un créneau dans son emploi du temps, Arian navigue sur le Web à la recherche d'images fortes, «  privilégie Tumblr et Flickr  », et «  traîne beaucoup dans les videgreniers, on y trouve de nombreux livres anciens et des magazines vintage  » qui constituent l'essentiel de son inspiration. De retour devant son écran, l'Américain découpe, duplique, sort ces images de leur contexte original pour y ajouter de la couleur (parfois de simples taches ou quelques aplats) et leur adjoindre un fond de papier froissé ou un paysage. Si l'on reconnaît aussitôt sa patte, Behzadi ne verse jamais dans la formule. Entre affiches de films fantasmés (Howl, le long poème d'Allen Ginsberg, porté à l'écran par Jack Kerouac) et icônes 60's (de Gainsbourg à Brian Jones en passant par Monsieur Spock), le scientifique privilégie l'épure des lignes, la précision des formes, la netteté des couleurs. D'apparence simpliste, ce travail pictural touche instantanément. La marque des très grands. Thibaut Allemand www.arianbehzadi.com


musique

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Faussaires géniaux Nul besoin de dithyrambe concernant The Hives sur scène : garage rock mécanique et parfaitement huilé, classe tirée à quatre épingles et chansons hurlées les doigts dans la prise. Bref, on sait tous à quoi s'en tenir. Ce qui est intéressant en revanche, c'est de se demander pourquoi en sait tous à quoi s'en tenir. Tout d'abord, que sait-on de ces cinq Suédois ? Rien, sauf leurs hymnes incendiaires, qu'on connaît par cœur. Trop beau pour être vrais, mené par un sosie de Mick Jagger ET de Malcolm McDowell période Orange Mécanique (1971), arborant des pseudonymes parfaits (Dr Matt Destruction, ce genre...),

The Hives représentent le groupe fantasmé. À leurs débuts, il y a quinze ans, ce « vieux » rock joué sous amphés détonnait. À l'époque, The Strokes faisaient leurs gammes, The Libertines traînaient en survêt' à Brick Lane et, hormis les attachants Dirtbombs, les hystériques New Bomb Turks ou les


Superbe supercherie Là où les médiocres surjouent le mythe, Howlin' Pelle Almqvist et ses sbires prennent le contre-pied des écorchés en misant sur la carte du pur toc... Ils n'ont strictement rien à dire et, mieux, dévoilent les coulisses de leur succès : ainsi, un mystérieux Pygmalion, Randy Fitzpatrick, les aurait recrutés, lookés et signerait leurs compositions. En un mot ? Nos Scandinaves se présentent

comme des pantins, rien de plus. En cela, The Hives rejoignent la glorieuse caste des grands groupes cartoon (B-52's, Ramones, The Pipettes, The Cramps...). De l'entertainment postmoderne pour les cuistres, un coup de génie pour les naïfs. Or, naïveté et rock'n'roll ont toujours fait bon ménage. Thibaut Allemand

The Hives + The Bronx 07.12, Lille, L'Aéronef, 20h, 30/25€, pass Rock'n'roll (The hives + Spencer + Dandy Warhols) 45/35€, +33 (0)3 20 13 50 00 09.12, Bruxelles, L'Ancienne Belgique, Complet !

© Travis Schneider

poses machos de Jon Spencer, pas ou peu de rock'n'roll sur le devant de la scène.


Yeasayer © Anna Palma

musique

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La Grande Illusion Naviguant dans les méandres de la pop, de l'électro, de la new-wave ou encore du R&B, l'audacieux Yeasayer débarque sur scène avec Fragrant World et nous en met plein la vue. L'occasion pour ces trois virtuoses de manifester leur identité sonore et visuelle avec un nouveau dispositif. Après avoir marqué les esprits en disséminant les titres de leur dernier album aux quatre coins de la toile avant sa sortie officielle, le trio remet le couvert et surprend de nouveau son public. Que nous réserve-t-il ? Bien au-delà du simple concert, les New-Yorkais offrent une performance visuelle immersive à leur image, entre folie et talent. Cette expérimentation psychédélique est le fruit du travail de Casey Reas, artiste et développeur américain à l'origine de Processing, logiciel de création multimédia. Ne voulant pas sombrer dans le schéma classique du grand écran, c'est sur un mur de cristaux évolutif, conçu pour l'occasion, qu'une multitude de teintes et d'images fractales s'entremêlent, se reflètent. De quoi plonger dans une atmosphère kaléidoscopique. Complémentaire du disque, cette ambiance en atténue les rares passages sombres et révèle alors un nouvel angle d'écoute. Yeux fermés, on se laisserait volontiers exalter par la puissance de la musique, mais c'est grand ouverts qu'il faut les garder pour saisir la force de son rapport à l'image. Ouvrons nos chakras, soyons prêts à recevoir, Yeasayer a tant à donner. Elsa Fortant Yeasayer + Trust 08.12, Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h00, 24/21€ +32 (0)2 548 24 00


Chris Cohen

Alain Chamfort Attention... Qui suis-je  ? Top  ! Ancien Mod au sein des Shaker's, je tente ma chance sous mon vrai nom avant que Cloclo, toujours branché, me propose un pseudonyme. Gainsbourg écrit le texte de mon premier tube en 1979. Depuis, je trace mon chemin en solitaire, alliant pop finement ourlée et succès grand public. Lâché par ma maison de disque en 2003, je n'en reste pas moins très actif, entrant au conseil d'administration de la SACEM, collaborant avec Vanessa Paradis ou signant un hommage à Yves St-Laurent. Je reprends désormais mes plus grands standards au piano. Je suis, je suis...

Largué par sa copine, ce Californien croisé dans l'ombre de Deerhoof ou Ariel Pink's Haunted Graffiti signe enfin un LP sous son nom. L'exCryptacize dessine des pop songs limpides et mélancoliques, simplissimes et gavées de trouvailles sonores. Ceci promet un concert où la douceur et la douleur, le sourire et les larmes ne font plus qu'un. Espérons que Cohen trouve vite une nouvelle copine qui lui brise le cœur : de telles chansons valent bien tous les chagrins d'amour. Chris Cohen + ARLT 09.12, Lille, La Péniche, 18h, 11€, www.lapeniche-lille.com

© Terri N Guyen

© Thomas Vassort

musique

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01.12, Lille, Hôtel-Casino Barrière, 20h30, 42/39/36/33€, +33 (0)3 28 14 47 77

© DR

Spain

Au repos depuis plus d'une décennie, Spain reprend vie. Tout doucement, sans tambour ni trompettes. À l'image de sa musique, Josh Haden compose lentement. Incandescent, ce rock feutré mêle soul et jazz et nimbe l'ensemble sous quelques averses de cordes. Humains donc imparfaits, les concerts de ce groupe rare et précieux possèdent ce supplément d'âme indispensable pour toucher et emporter le morceau. 06.12, Gand, Handelsbeurs, 20h15, 22/19,5€, +32 (0)9 265 91 65 07.12, Hasselt, Cultuurcentrum, 20h, 18/16,5€, +32 (0)1 122 99 33


On dirait le Sud

© DR

musique

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C'est un pari que l'on prend ici. De Petite Noir, on connaît quelques titres intrigants perdus sur la Toile. Guère plus. Natif de Bruxelles mais originaire d'Afrique du Sud, ce jeune homme de vingt-et-un ans ne représente sans doute pas le futur de la musique. N'empêche, on a envie de lui faire confiance, l'espace d'un instant... et plus si affinités. Depuis quelques années, l'Afrique du Sud s'invite régulièrement sur la mappemonde pop moderne. Sans remonter aux Soul Brothers, on se souvient du Township Funk de DJ Mujava – dont on n'a plus de nouvelles. Le label African Dope (Felix Laband, Kalahari Surfers...) a beaucoup fait pour promouvoir la génération post-Apartheid. Pourtant, près de vingt ans après, les tensions entre Noirs et Blancs demeurent encore vives. Un exemple ? En octobre dernier, un Noir remportait enfin la version locale de Pop Idol et ce, après huit éditions ! Alors, lorsqu'un artiste adopte le pseudonyme de Petite Noir, on est tenté d'y voir une déclaration d'intention, une affirmation identitaire, un retour aux sources. On est tenté, mais on range nos arguments à l'écoute de cette pop grave, sombre et baignant dans les ambiances glacées d'une certaine école post-punk, rehaussée de percussions traditionnelles. D'un point de vue eurocentré, on se réjouit de découvrir une musique lointaine n'ayant rien à voir avec le folklore pour touristes. Mais on déplore tout de même que cette pop réponde, justement, aux critères de l'hémisphère nord ; comme si le Village Global avait définitivement aboli toutes les frontières. Verdict sur scène, donc. Thibaut Allemand Petite Noir 10.12, Bruxelles, Le Botanique, Witloof Bar, 19h30, 14/11/8€, +32 (0)2 218 37 32 14.02.13, Roubaix, Cave Aux Poètes, 20h, 10/8/6e, +33 (0) 320 277 010


© JB Mondino

musique

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Helvète underground Stephan Eicher relève de ces quelques artistes dont la réception est plutôt étrange. Ce chanteur central à plusieurs niveaux (en termes géographiques, musicaux, d'influences...) fut perçu, dans nos contrées, comme l'homme de quelques tubes. Pourtant, discrètement mais sûrement, il écrit une œuvre profonde et honnête. Retour sur un malentendu. À force de nous demander de le laisser Déjeuner En Paix, on avait fini par le laisser prendre tous ses repas seuls. C'est qu'après ce hit paru en 1991, Stephan Eicher fut classé par les sourds et malentendants comme un simple chanteur de variétés, gentil et inoffensif. Les anciens avaient beau se souvenir de Grauzone, hérauts coldwave suisses, rien n'y faisait. Discret et affable, le poète laissait dire, se fichait de changer la donne et se concentrait sur son art, livrant des albums à un rythme régulier pour une poignée de fidèles. Le tout en expérimentant en compagnie d'une myriade de musiciens venus d'horizons divers. Né en Suisse, chantant indifféremment en français, allemand ou anglais, célèbre dans ces pays pour différentes raisons, faisant le pont entre ancienne génération (Cabaret Voltaire a repris son titre No Escape) et jeunes pousses (la moitié des affreux Cocoon co-produit son onzième LP, l'excellent L'Envolée, 2012), Eicher a un pied dans la musique et l'autre dans la littérature – en témoigne son indéfectible et productive amitié avec Philippe Djian. Pour toutes ces raisons, Stephan Eicher incarne, peut-être encore plus qu'Arno, la figure du chanteur européen par excellence. Ce n'est pas rien. Thibaut Allemand Stephan Eicher 13.12, Bruxelles, Le Cirque Royal, 20h, 40/37/33€, +32 (0)2 218 20 15 19.03.13, Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 36,40/32€, +33 (0)3 20 54 44 50


Gonzales Tour à tour chanteur, rappeur, musicien ou producteur, Chilly Gonzales est intarissable. Avec Solo Piano (2004), le Canadien s'essayait avec succès à la musique de chambre. Trois albums plus tard, le pianiste le plus déjanté de son époque renoue avec son instrument de prédilection. Fines et délicates, les compositions de Solo Piano II lorgnent toujours vers Erik Satie ou Debussy, le format pop en plus (couplet-refraincouplet). De quoi approcher la bête de scène, le virtuose en peignoir de satin (sollicité par Drake, Feist ou Daft Punk)... en douceur. 13.12, Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet ! // 09.04, Lens, Colisée, 20h30, 13 >16.70€ , +33 (0)3 21 28 37 41

© Orlando Dos Santos

Jim Murple Memorial

15.12, Dunkerque, Les 4Écluses, 20h30, 12/9€, +33 (0)3 28 63 82 40

© Melanie Elbaz

© Alexandre Isard

musique

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The Bewitched Hands Plus clair, plus direct, plus pop : le ton est donné. Vampiric Way (2012), second essai de The Bewitched Hands, est tout aussi inspiré que le précédent. Le sextuor rémois, dont la réputation sur scène n'est plus à faire, légitime sa place parmi les grands de la pop psychédélique. La formule magique : un jeu de guitare élégant, une basse coulée, des claviers facétieux et un chant choral fédérateur. Un enthousiasme à toute épreuve, qui plus est, communicatif. 13.12, Bruxelles, La Rotonde, 19h30, 14/11/8€, +33 (0)2 218 37 32

On doit bien l'avouer, nous n'avons pas passé les années 1950 au fond d'un ghetto de Kingston. Croyez bien qu'on le regrette. Nous n'avons donc pas assisté à l'explosion du calypso, du mento, du ska et du rocksteady. Et on le pleure un peu plus chaque jour que Dieu fait. C'est pourquoi la nostalgie cuivrée de Jim Murple Memorial nous réchauffe le cœur. En deux sets et deux heures, la troupe ressuscite les rythmes chaloupés et contre-temps syncopés de ce jazz carribéen. Le futur attendra.


Jeff Mills © DR

musique

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Apocalypse now ? Notre heure sonnera le 21 décembre 2012. Les Mayas ont prédit l'inversion des pôles, la digestion de l’Homme par un méchant trou noir, on en passe et des meilleures... bref la fin du monde ! Quitte à y passer, c'est peut-être la dernière occasion de faire une belle grosse teuf. Alors on danse ! Quatre salles (dans l’immense Anvers Expo), quatre styles (techno, electro, drum’n’bass, hardcore) : avec sa bonne trentaine de DJ’s d’envergure, le festival Doomsday n’a rien à envier à son homologue gantois, l’ultra-réputé I Love Techno. Jugez plutôt : Jeff Mills, Robert Hood, Gaiser, Booka Shade, Atari Teenage Riot, Roni Size, Redhead, Mathias Kaden, Crookers, The Advent,… N’en jetons plus, si on doit tous crever le 21 décembre, autant que ce soit sur du bon BPM, les bras en l’air et le cortex en transe. Certains signes ne trompent pas : l'ultime morceau du dernier album du vétéran Jeff Mills (The Messenger, 2012 ) s’intitule Last Of The Human Harvest, et celui du minimaliste Robert Hood (tiré de l’excellent Motor : Nighttime World 3, 2012), A Time To Rebuild… Autrement dit, dans le milieu de la techno, on ne frémit pas devant le calendrier Maya. De Kraftwerk à Daft Punk en passant par Juan Atkins (Cybotron, Model 500), l’extinction de l’Humanité au profit des machines a toujours nourri la psyché électronique… Cela étant, on espère tout de même voir le soleil pointer le bout de ses rayons le 22 décembre. Une autre prédiction évoque une tempête de météorites en 2116. Ce qui laisse un peu de temps. C'est où l'after ? Grégory Escouflaire DOOMSDAY 21.12, 19h45-06h, Anvers, Antwerp Expo, 36€, www.doomsday.be


Les collègues de bureau Sergio Leone (La trilogie Il Etait Une Fois...) - Brian de Palma (Les Incorruptibles) - Terrence Malick (Les Moissons Du Ciel) - Roland Joffe (Mission) - Pier Paolo Pasolini (Salo Ou Les 120 Journées De Sodome) - Giuseppe Tornatore (Cinema Paradiso) - John Carpenter (The Thing) - Roman Polanski (Frantic)

Ennio Morricone

« Mes morceaux sont célèbres car j'utilise des accords simples, sans prétention, très pop. » « Je peux composer une BO bien avant que le film ne soit tourné. Je confronte ensuite mes opinions avec celles du réalisateur. »

Les samplers qui lui doivent une poignée de dollars Bomb The Bass (Beat Diss, 1987) Beats International (Dub Be Good To Me, 1990) MC Solaar (Gangster Moderne, 1997) Amon Tobin (Golfer Versus Boxer, 2000) Jay-Z (So Ghetto, 2000) Wu-Tang Clan (Rushing Elephants, 2007) The Prodigy (The Big Gundown, 2009) Raekwon (Ferry Boat Killaz, 2011)


Les rejetons Secret Chiefs 3 - John Zorn Goldfrapp - Broadcast Alpha - Danger Mouse & Daniel Luppi (Rome)

Le Clan des Musiciens Angelo Badalamenti (Twin Peaks) Lalo Schifrin (Bullitt) Nino Rota (Le Parrain) Maurice Jarre (Lawrence d'Arabie)

Le Professionnel Ennio Morricone, c'est Clint Eastwood en poncho dans le désert. C'est Robert De Niro en gangster opiomane. C'est aussi Belmondo au sommet de son art. Bref, Ennio Morricone, c'est près d'un demi-siècle de cinéma qui s'écoute. Le maestro honore Anvers de sa présence pour diriger, deux heures durant, un grand orchestre et un choeur de cent personnes. L'occasion de revenir sur une longue carrière.

84

ans

500

Plus de musiques de films

70

millions de disques vendus dans le monde

On connaît la chanson Pour Une Poignée De Dollars (1964) Le Bon, La Brute Et Le Truand (1966) Le Clan Des Siciliens (1969) Mon Nom Est Personne (1973) Peur Sur La Ville (1975) Le Professionnel (1981)

Les pâtes préférées du maître du western spaghetti :

Étonnant, non ? - La BO de La Cage aux Folles - Mireille Mathieu chante Ennio Morricone (1974) - La fameuse publicité Royal Canin (et ce berger allemand gambadant à travers champs...)

« Peu importe les pâtes, le plus important c'est la sauce. Ma préférée c'est le pesto de ma femme. 

ennio morricone 22.12, Anvers, Lotto Arena, 20h30, 70/50/35/25€, +32 (0)3 400 40 40


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« Le jeu contredit parfois le scénario et le fait

évoluer ».


interview

VALERIE DONZELLI JEREMIE ELKAÏM La concordance des temps Propos recueillis par ¬ Aurore Krol Photos ¬ Jean Claude Moireau, Wild Bunch Distribution

Après La Guerre est déclarée (2011) Valérie Donzelli signe le plus léger Main Dans La Main. Jérémie Elkaïm campe un miroitier de province face à une Valérie Lemercier directrice des cours de danse de l’Opéra Garnier. Une rencontre improbable et un baiser échangé scellent leur destin. Comme sous l’emprise d’un charme, le couple devient fusionnel, inséparable. Les gestes de chacun se révèlent alors parfaitement synchrones. Une situation propice aux incidents comiques et à la mise à nu. Entretien avec Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm, les yeux dans les yeux. Vous tournez avec une équipe qui revient régulièrement dans vos films. Avez-vous des acteurs à l'esprit pendant le processus d’écriture ? VD : Ici, oui, car le scénario a été pensé pour Valérie, avec qui nous sommes amis depuis plus de dix ans. Nous y songions avant même de réaliser La Guerre est déclarée, mais le succès inattendu de ce dernier a retardé un peu les choses. JE : On s'est retrouvé comme en famille, mais une petite famille qui a invité une amie. On écrit les rôles avec l’idée qu’il ▲

s’agit aussi d’un mini-documentaire sur les acteurs qui vont les incarner. Chacun vient avec son bagage, apporte un peu de lui même. C'est l'une des rares fois où Valérie Lemercier s'engage sur un projet aussi réduit, en termes de moyens et d’équipe. Et elle l’a fait pleinement, enrichissant énormément son rôle. La danse est omniprésente. Pourquoi l’utiliser comme fil conducteur ? VD : J'aime la danse, tant pour son aspect défouloir qu'esthétique. Étudiante,

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j’avais assisté à une conférence de Carolyn Carlson à la fac de Nanterre. Elle expliquait à quel moment un mouvement pouvait basculer dans le geste dansé. Elle disait  : «  Lever le bras une fois ce n’est pas de la danse, mais si l’on répète ce mouvement, alors ça le devient. Et si on le fait ensemble, c’est une chorégraphie ». J’ai gardé cette idée dans ma façon de filmer. Ce n’est pas trop difficile de jouer et de réaliser de front ? VD : Non, car j'ai toujours procédé ainsi. Mais cette fois, ayant un plus petit rôle, j'ai saisi la difficulté de transmettre mes envies. Car jouer rejoint la mise en scène  : on précise l’intention, la coloration d’une scène. à quoi correspondent le narrateur et ces voix off qui décryptent les situations ? VD : Je crois que le narrateur représente la part consciente du film. Sans lui, il serait encore plus foutraque. C’est un film

bavard avec des moments de silence. Car pour apprécier le plein, il faut ménager du vide. Travailler avec Jérémie permet cette précision. Il suscite des émotions que tout le monde a déjà ressenties. L’objet final est-il assez proche de ce que vous aviez imaginé ou avez-vous eu des surprises ? VD : Des surprises, oui ! La scène finale n’aurait jamais vu le jour de cette façon sans la proposition de notre ingénieur du son. Je pensais la tourner dans la rue mais à New York, il aurait été dommage de se priver du toit d’un immeuble ! JE  : Le jeu contredit parfois le scénario et le fait évoluer. Ce qui nous a vraiment surpris, c’est que le film perd son ton burlesque au fur et à mesure  : plus les personnages deviennent libres, plus on s’enfonce dans la mélancolie. Progressivement, ils se mettent en danger pour vivre plus intensément les choses. Ce mouvement émotionnel qui traverse le film, on ne l’avait pas du tout anticipé.

Main dans la main, de Valérie Donzelli - Sortie le 19.12 Avec Valérie Lemercier, Jérémie Elkaïm, Valérie Donzelli, Béatrice de Staël, Philippe Laudenbach, Serge Bozon, François Rollin


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CONTRE VENTS ET MARéES Les Bêtes du Sud sauvage, de Benh Zeitlin Avec Quvenzhané Wallis, Dwight Henry, Jonshel Alexander… Sortie le 12.12


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Un premier film, signé Benh Zeitlin, qui rafle la Caméra d’Or à Cannes puis le Grand Prix du Festival de Deauville… Forcément, une curiosité. Quand de surcroît cette reconnaissance n’est pas galvaudée, on peut légitimement recommander Les Bêtes du sud sauvage à tous les amoureux d’un cinéma sensible et iconoclaste. l’on suit. Un regard enfantin, innocent, se pose alors sur les événements. Celui d’une petite fille courageuse qui a perdu sa mère, fascinée par une légende que l’on vient de lui raconter : celle du retour des aurochs préhistoriques. Étrange et fascinant Ce long-métrage réussit le tour de force de tendre à l’universel alors que le monde dans lequel évoluent Hushpuppy et les siens nous est totalement étranger. Leur mode de vie, leur quotidien sont aux antipodes des nôtres. Pourtant on est bouleversé par l’histoire de cette fillette et de cette communauté. À l’image de son affiche, pleine d’étincelles, ce film est une fête, un hymne à la nature, à la vie, aux sensations. Une explosion d’émotions est promise au spectateur qui acceptera de perdre ses repères et de se laisser guider par la puissance évocatrice des images. De quoi retrouver une âme d’enfant, assurément. Audrey Jeamart

© ARP

Hushpuppy a six ans et vit en Louisiane, dans le bayou, avec son père. Une existence simple et heureuse sur leur petit bout de terre, malheureusement menacé par la fonte des glaciers et la montée des eaux. On tente de les déloger, pour leur bien. Mais la poignée d’habitants que compte la parcelle fait de la résistance. Aller s’installer ailleurs  ? Plutôt mourir  ! Sur cette trame réaliste se greffe une dimension beaucoup plus rocambolesque, mystique, poétique. C’est en effet le point de vue de Hushpuppy, qui intervient notamment en voix off, que


© 2011 Photo Thomas Brémond, Gaumont Lgm Films

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Lourde séquelle Mais Qui A Retué Pamela Rose ? Un intitulé absurde et parfait. à l'image du premier volet, qui était une variation parodique et inspirée de l'univers de Twin Peaks. On attendait la suite de pied ferme. Hélas... Dix ans après avoir résolu l'affaire de cette strip-teaseuse assassinée à Bornsville, les agents Riper (Olivier Baroux) et Bullit (Kad Merad) ont bien changé. Le premier ne fait plus de terrain, mais du gras au FBI. Le second joue de la country dans un village paumé. Lorsque le cercueil de Pamela Rose est dérobé, le tandem reprend du service… et finit par sauver la Présidente des USA. Ce qui aurait pu donner lieu à un jeu sur les suites au cinéma (à la manière de Scream, pourquoi pas ?) s'embourbe dans un long-métrage décousu et plombé par des rebondissements façon Bob Et Bobette. On doit nos rares sourires aux références au premier volet (la Fuego, Stevie Wonder...), le reste se résumant à des gags scatos, téléphonés, pas drôles et, trop souvent, les trois à la fois. Une scène résume la catastrophe : Bullit tente d'enfoncer une porte ouverte d'un coup de pied. Elle se referme en grinçant. Nouveau coup de pied. Elle se referme. Et ainsi de suite... pendant une longue minute. Ce ressort comique, utilisé à bon escient dans Les Simpson ou Bob L'Éponge, tombe ici complètement à plat. Et concentre l'essence (trop ordinaire) d'un film lent à démarrer, répétitif et qui ne sait où il va. Qui a retué Pamela Rose ? Kad et O, qui n'auraient jamais dû rouvrir le cercueil. Thibaut Allemand Mais Qui A Retué Pamela Rose ? - Sortie le 05.12 De et avec Kad Merad et Olivier Baroux, avec Omar Sy, Audrey Fleurot, Laurent Lafitte, Guy Lecluyse...


Le louvre lens Dossier réalisé par Thibaut Allemand et Madeleine bourgois Photos : Kazuyo Sejima + Ryue Nishizawa / SANAA, Tim Culbert +Celia Imrey / IMREY CULBERT, Catherine Mosbach © Iwan Baan

dossier

© AM Ville de Lens

Attention peintures fraîches !


événement musique

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Tout près de ces terrils, soixante siècles vous contemplent ! Annoncé depuis huit ans, le Louvre-Lens ouvre enfin ses portes. Sis dans un bassin minier désormais classé à l'Unesco, ce n'est pas une antenne du prestigieux homonyme parisien, mais un musée à part entière. Avec une politique éditoriale et des choix d'œuvres qui font sens, répartis sur 5 500 m². Le site est quatre fois plus grand. Si on faisait le tour du propriétaire ?

P

our se rendre au Louvre-Lens, une belle allée immaculée trace son chemin au milieu d'enfants gambadant sur une pelouse verdoyante, sous les yeux attendris de leurs parents, confortablement installés sur quelques bancs et... bon, certes, on exagère un peu. Le parc ne verdoiera pas avant deux ans. Le chantier à peine achevé, le Louvre-Lens s'offre dans le plus simple appareil : aéré, lumineux, transparent. Dès l'entrée, on est saisi par la clarté de ce vaste hall. On peut s'y restaurer, consulter un ouvrage à la bibliothèque ou se diriger vers la première des galeries. 1 800 m² consacrés aux accrochages temporaires. L'exposition liminaire porte sur la Renaissance en Europe aux xve et xvie siècles. Peintures, sculptures, objets ou dessins témoignent de l'explosion artistique de cette période. Saluons la scénographie, qui rend la visite aussi agréable qu'instructive. Un peu plus loin, les 2 000 m² de la Galerie du Temps constituent en quelque sorte le pari génial et l'une des innovations majeures de cette structure. L'exposition, semi-permanente, (250 œuvres sont visibles durant cinq ans, une partie est renouvelée tous les 6 mois) se présente comme un parcours linéaire. De quoi oublier tout ce que l'on pensait connaître sur les musées – et sur le Louvre en particulier. Ce genre d'endroit, chargé d'histoire et de dorures, de marbre et de sacralité, peut intimider, voire oppresser le visiteur. Ici, l'expérience offre de tourner autour des œuvres ou d'embrasser l'ensemble d'un simple coup d'œil. À nous, ensuite, de traverser cette salle pour parcourir 6 000 ans de création en 120 mètres. Rampe de lancement Enfin, et ce n'est pas rien, le second coup de génie du Louvre-Lens réside dans son parti-pris foncièrement ▲


Denis Diderot de Jean Honoré Fragonard (1732-1806), Vers 1769 © 2000 RMN / RenéGabriel Ojéda

pédagogique. Ainsi de ces réserves protégées par de larges baies vitrées. Certaines de ces œuvres, considérées comme mineures, seront sorties lors d'une prochaine exposition. On pense alors à ces artistes qui espéraient sans doute une autre destinée pour leur création. Qu'importe  : elles sont toujours mieux ici, qu'au fin fond d'une réserve fermée et inaccessible au public. Derrière d'autres baies vitrées, travaillent les restaurateurs. Leur observation permet de mieux comprendre leur métier et - qui sait  ? - créer des vocations parmi les jeunes Lensois... Quittant l'effervescence du chantier, arpentant les rues désertes, on imagine déjà des cafés remplis aux conversations animées... Raté. Les personnes rencontrées livrent le même constat. Sans critique facile, ni poujadisme : chacun

© d'après une photo d'Antoine Mongaudin

Interview

Vincent Pomarède, co-commissaire d'exposition de la Galerie du Temps.

Quel est le parti-pris de cette galerie ? Le parcours est axé sur la continuité du développement de l'histoire des arts. à la fois chronologique et transversal, il expose des œuvres issues de civilisations et d'écoles différentes mais conçues au même moment.

Comment avez-vous effectué la sélection des œuvres ? Ce processus a duré plusieurs années. Transversalité oblige, les œuvres doivent se répondre, à travers des thèmes communs. Certains chefs-d'œuvres célèbres se suffisent à eux-mêmes, mais ne restent pas isolés. Je pense au portrait de Castiglione, par Raphaël, qui illustre l'image de l'intellectuel durant la Renaissance (cf p. 54). À ses côtés, d'autres pièces lui répondent et l'ensemble fonctionne. Un chef-d'œuvre comme La Liberté Guidant Le Peuple fonctionne-t-il comme une « tête d'affiche »


événement

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pour attirer le public ? Non, mais c'est un bon exemple. Le thème de l'art et du politique clôt la galerie. Nous avons cherché une œuvre datant des années 1830, et La Liberté s'est imposée d'elle-même. Ensuite, le travail de communication nous échappe. Notre ambition première est de donner du plaisir, de comprendre leur beauté avant de s'interroger sur le contexte et les parallèles d'une culture à l'autre. Cette mise en parallèle des civilisations est-elle une réaction au climat politique actuel ? Pas de manière directe, mais c'est une petite musique que l'on joue dans toute la galerie. Dire que toutes les civilisations sont exactement pareilles ou ont exercé la même influence serait faux, mais nous les traitons toutes de manière totalement égale. C'est en soi une revendication. Nous refusons le repli sur soi qui touche toute la société. Et l'Histoire de l'art n'est hélas pas épargnée !

La Liberté guidant le peuple (28 juillet 1830) d'Eugène Delacroix © 2009 Musée du Louvre / Erich Lessing Statue de Psammétique © Musée du Louvre, Dist. RMN / Georges Poncet Horloge de table carrée, 16e siècle, © Musée du Louvre, Dist. RMN / Martine Beck-Coppola


Portrait de Baldassare Castiglione, écrivain et diplomate de Raffaello Santi, dit Raphaël (1483-1520) Il s'agit du diplomate Baldassare Castiglione, poète et écrivain. Raphaël invente ici le « portrait d'ami » et réalise l’un des chefs-d’œuvre de la peinture européenne. Il maîtrise à la fois un réalisme sans égal, une sensibilité exacerbée et une virtuosité picturale exceptionnelle. Le tableau est entièrement composé, avec une évidente sobriété, dans une gamme froide de gris, vert olive, noir et blanc. Et remarquez les yeux gris-bleus du modèle, à la fois tristes et sarcastiques. Le peintre signale de manière plus discrète, mais définitive, l’avènement d'un nouveau pouvoir, imposé par la Renaissance et confirmé durant les xviie et xviiie siècles, celui des intellectuels et des scientifiques.

© Musée du Louvre, Dist. RMN-GP / Angèle Dequier

© Musée du Louvre, Dist. RMN-GP / Angèle Dequier

se réjouit de l'arrivée du musée, mais personne ne croit au changement. Selon eux, les touristes visiteront le Louvre-Lens avant de filer à Arras ou Lille. Par manque de distractions (aucun véritable cinéma, par exemple) ou d'infrastructures (seulement deux hôtels pour toute la ville). Surtout, ces riverains se sentent mis à l'écart par la municipalité. EuraLens annonce du changement, dont la construction de plusieurs hôtels supplémentaires mais ici, personne n'en a entendu parler. Problème de communication ? Au fil des conversations, le musée Guggenheim, à Bilbao, ou le Beaubourg de Metz sont évoqués. Les habitants espèrent que leur ville bénéficiera des mêmes effets. On le souhaite aussi. Mieux : on n'en doute pas.

Louis-François Bertin de JeanAuguste-Dominique Ingres (1780-1867) Cet homme assis, massif, les cheveux ébouriffés, les mains fortement appuyées sur les genoux, évoque a priori un riche industriel ou commerçant. Pourtant, ce personnage incarne un nouveau pouvoir, celui de la presse ; écrivain, collectionneur et journaliste, Louis-François Bertin avait fondé le Journal des Débats. Il croyait évidemment au rôle politique de la presse, et il eut la possibilité de prouver ses convictions durant la Révolution des « Trois Glorieuses » (1830). Génialement, Ingres représente Monsieur Bertin dans l’attitude résolue et passionnée de l’homme qui s’apprête à répondre avec gourmandise au contradicteur qu’il vient d’écouter.


Le Louvre Lens en chiffres

0 €

le prix d'entrée pour la Galerie du Temps et du Pavillon de verre, jusque fin 2013

700 000

visiteurs attendus la première année

Tête d’ange, Fragment d’un décor de la basilique de Torcello (Italie) 2e moitié ou fin du XIe siècle., Mosaïque © RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Martine Beck-Coppola

5 bâtiments 22 médiateurs 6 600 arbres 14 millions d'habitants dans un rayon de 200 km

150 000 000 € 

Pourquoi Lens ? Hormis Lens, deux autres villes bénéficient de la politique « hors les murs » menée par le Louvre. Depuis 2006, le musée d’Atlanta (Etats-Unis) a accueilli neuf expositions issues des collections de l’institution parisienne. En 2013, un Louvre ouvrira ses portes à Abou Dabi (Emirats Arabes Unis). Polémique : Le Louvre, une marque comme une autre, prête à l'export ? La décentralisation lensoise, elle, semble motivée par de louables intérêts : poser un regard neuf sur les œuvres et se rapprocher d’un public qui fréquente peu les lieux culturels. Etonnamment, seule la région Nord-Pas de Calais a répondu à l’appel à projets lancé en 2003. Facile d’accès depuis Paris, Bruxelles et Lille, dotée d’un site de 20 hectares, Lens est apparue comme la candidate idéale. Un choix en forme de défi, aussi, dans un bassin minier marqué par le chômage.

coût du projet

88  M€ participation de la région NPDC (59%)

25  % de ressources propres Le Louvre-Lens Inauguration le 4.12 ; Weekend portes ouvertes, 08 et 09.12. Galerie du Temps et Pavillon de verre : entrée gratuite jusque fin 2013. Galerie d’exposition temporaire, 9/8€, gratuit pour les moins de 18 ans, titulaires du RSA, demandeurs d'emploi... ouvert tlj sf mar, 10h>18h, +33 (0)3 21 18 62 62, www.louvrelens.fr

événement

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exposition

Marc Chagall, Amoureux ou La vague à l’âne et à l’oiseau, 1952, sculpture double face en marbre © Archives Marc et Ida Chagall. © ADAGP, Paris 2012

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Une autre dimension Bas-reliefs, costumes, céramiques… L’épaisseur des rêves révèle une facette méconnue de l’œuvre de Marc Chagall (1887-1985), qui pourtant s’intègre en toute logique à son parcours artistique. Les 220 œuvres présentées à Roubaix explorent ce lien passionnant entre peinture et travail sur le volume. De Marc Chagall, on retient souvent le goût des couleurs vives, des paysages oniriques, des animaux imaginaires et des amants endormis. Du galet peint à l’encre de Chine au monumental plafond de l’Opéra de Paris, certaines créatures traversent de nombreuses pièces exposées à la Piscine. Néanmoins, en s'obligeant à créer sur des supports variés, en multipliant les volumes, le peintre a donné une épaisseur supplémentaire à son œuvre. L’exposition débute d'ailleurs avec des croquis de 1920, renvoyant à l'époque où Chagall concevait des décors et des costumes pour le Théâtre Juif de Moscou. D'autres pièces essentielles comme les costumes créés au Mexique pour le ballet Aleko en 1942 (gitans, clowns, chauvesouris...) soulignent les motifs et les couleurs de prédilection du maître. L'artiste considérait ses collages et ses sculptures comme de simples étapes de travail. Une préfiguration de ses tableaux, en quelque sorte. Au regard de la sensualité et de la tendresse qui émanent des bas-reliefs sculptés, cela va bien au-delà. Enfermés tels des gisants dans du marbre de Provence – où Chagall a longtemps vécu –, les Amoureux dégagent autant de chaleur qu’en peinture. Madeleine Bourgois Chagall, L’Epaisseur des rêves Jusqu’au 13.01.13, Roubaix, La Piscine, mar>jeu 11h>18h, ven 11h>20h, week end 13h>18h, 8/5€, +33 (0)3 20 69 23 60, www.roubaix-lapiscine.com


exposition

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interview

Musée de Gravelines 30 ans d'estampes et de dessins Propos recueillis par ¬ François Annycke Photo ¬ Katsushika Hokusai, Sans titre, La Manga © Coll. Musée de Gravelines

Le 23 novembre dernier, le musée de Gravelines fêtait ses trente ans ! Un rendez-vous marquant, en compagnie de nombreux amis artistes, du public, des représentants officiels, ponctué par un prestigieux quintette musical. La célébration se prolonge grâce à une exposition intitulée 30 ans, portrait d'une collection. Paul Ripoche, son conservateur, revient ici sur une histoire née avec le Groupe de Gravelines et dévoile comment se constitue la collection d'un musée. Qu'avez-vous souhaité mettre en avant dans cette exposition rétrospective ? Avant mon arrivée, il n'y avait eu qu'un conservateur, Dominique Tonneau, depuis 1982.  Cela signifie aussi une seule vision de l'établissement. Cette exposition fait le point sur le travail réalisé, c'est un reflet de trente ans d'acquisitions. Elle montre aussi comment notre collection a évolué. Comment s'organise le parcours ? À partir des fondateurs  : Marcel Gromaire, Eugène Leroy, et aussi Charles Gadenne, un des membres du Groupe

de Gravelines (un collectif d'artistes locaux). C'est aussi une promenade au milieu d'œuvres qui jalonnent l'histoire du musée. Autour du thème des animaux, on découvre des pièces du peintre et graveur Katsushika Hokusai ; à côté des miniatures de Giuseppe Pénone, une figure de l'arte povera, on trouve le Gargantua de Gustave Doré ; le thème de l'arbre clôture le parcours. Laboureur, Hecht ou Armand ont marqué l'histoire de la gravure et aussi de notre musée. On revient enfin sur différentes techniques : eau-forte, bois, linogravure... En tout, une centaine


« Ce musée est avant tout un lieu vivant » d'œuvres sont présentées, sur les 14 000 que compte notre collection. Quelles sont les nouvelles orientations que vous voulez donner au musée ? Ce que j'impulse depuis mon arrivée à la direction, il y a deux ans, se trouve ici, dans l'atelier. Je souhaite maintenir une politique d'acquisition forte tout en encourageant la création. Notre capacité à accueillir des artistes en résidence, à les faire travailler sur place en favorisant les rencontres nous distingue des autres musées. On ne peut pas se contenter d'être le seul musée

de France consacré aux estampes. Ainsi, en 2013, nous accueillerons la graveuse Caroline Bouyer et l'artiste pluridisciplinaire Barthélémy Toguo. Un musée est un médiateur entre le public et l'œuvre ; ici, à Gravelines nous ajoutons l'artiste dans ce triangle. Ce musée est avant tout un lieu vivant.

30 ans, portrait d'une collection, Jusqu'au 23.12, Gravelines, Musée du dessin et de l'estampe originale, tlj sf mar, 14h>17h, sam & dim, 15h> 18h, gratuit, +33 (0)3 28 51 81 00 – www.ville-gravelines.fr


24

heures chrono

La Braderie de l’Art 08>09.12, Roubaix, La Condition Publique, 19h> 3h30, 8h30>19h, gratuit, www.labraderiedelart.com

© Philipp

Pousser les portes de la Braderie de l’Art, c’est pénétrer dans la caverne d’Ali Baba de la récup’ et du détournement d’objets. Piochant dans un stock de près de 2000 m³ de matières premières, les artistes et designers sélectionnés découpent, assemblent, peignent ce rebut et le transforment en pièces de design. « Nous sommes ravis de la sélection de cette année, qui offre une grande diversité de techniques » se félicite Sabine Duthoit, du collectif organisateur Art Point M. Outre l'intervention des traditionnels grapheurs, peintres, soudeurs et designers, on s'attend à des sérigraphies, impressions 3D, photographies de déchets (Hervé Dorval) ou bijoux à partir d’objets cassés (Emilie Caie et Iris Japy). Gaëtan Macquet, architecte et plasticien, participe pour la troisième fois : « La Braderie s'inscrit dans la continuité de mon travail quotidien, mais c’est l’occasion de se mettre en danger. Pendant vingt-quatre heures, on avance sans aucune barrière ». Aucune barrière non plus entre les créateurs et le public, marque de fabrique de la Braderie. Notez enfin que, dans le cadre de la deuxième Résidence design de la Braderie de l’Art, vous pouvez choisir parmi cinq prototypes répondant à la thématique de la « pause urbaine », votre prix coup de cœur ! Audrey Jeamart

e Bousbi b

En vingt-et-un ans, la Braderie de l’Art est devenue une véritable institution. Son principe  ? Durant vingt-quatre heures, cent cinquante artistes et designers créent sur place à partir d’objets et matériaux de récupération mis à leur disposition. Qui relève le défi ?

TwoDesig ners

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Lignes vives Tout en angles, lignes et aplats, l’art construit, tel qu’illustré (et défendu) depuis près d’un demi-siècle par l’Atelier-Editions Fanal, s’invite au pays des dentellières. Et s’expose, à la faveur d’une importante donation, avant d’aller rejoindre le fonds d’estampes de la Bibliothèque de Valenciennes, en pleine expansion : l’ancien collège des jésuites prend de belles couleurs. à priori, la présentation d’une collection de gravures et sérigraphies issues des ateliers d’un éditeur helvétique n’a rien d’une réjouissance festive de masse. Pourtant, la donation André Schweizer (collaborateur de l’atelier depuis sa fondation, en 1966) peut exciter les rétines bien au-delà du cercle des connaisseurs. Simplicité des formes, netteté des tracés, économie de la couleur : tout concourt au langage universel et au choc visuel. Le premier regard posé sur ces planches en dit aussi long que n’importe quel bagage théorique : nul besoin de savoir que Jean Gorin (le premier à être édité chez Fanal) fut un disciple de Mondrian pour comprendre que, d’une planche à l’autre, les travaux de ses successeurs (Nemours, Vacossin, Morellet, Satoru…) ont prolongé les élans de Kandinsky, de Lissitzky, de Kupka, du Bauhaus… Au-delà du refus de l’effusion personnelle, une même recherche de l’énergie dans la sobriété. Art géométrique, concret, construit ? Les dénominations varient, mais le choix d’œuvres présentées illustre bien plus que des doctrines : la permanence des ambitions qui ont fondé, du vingtième siècle à nos jours, tout un pan de la modernité artistique. François-Xavier Béague Lignes, rythmes, couleurs Jusqu'au 06.01.13, Valenciennes, Musée des Beaux-Arts, mer>dim : 10h>18h (jeu, >20h), 5€/4€, +33 (0)3 27 22 57 20 // Et jusqu'au 26.01.13, Valenciennes, Bibliothèque multimédia, accès libre (dans la limite des places disponibles), réservation : +33 (0)3 27 22 57 00

Jean Gorin © Hugo Maertens

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exposition

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▲ Marnie Weber, Personnages de l'installation "The Whispering Chamber", "The Melancholy Pig", "The Egg Man" and "The Prisoner Bird" © courtesy Marnie Weber, Photographie LeeAnn Nickel

Nick Cave © James Prinz Photography Courtesy of the artist and Jack Shainman Gallery, New York


LE BEAU

BIZARRE Phantasia propose un voyage dans l'art contemporain entre rêve, cauchemar et hallucinations. Onze artistes prestigieux livrent leur version du fantastique, habitée tantôt par des fantômes, des squelettes ou une licorne. Leurs oeuvres tordues ou visionnaires jalonnent un parcours sacrément inspiré. Phantasia*, terme grec complexe, se matérialise ici par l’invasion du Tri Postal par une bande de créateurs et de leurs créatures. Parfois éloignés, ces univers ont pour trait commun la sublimation du réel. Les trois étages du Tri Postal sont hantés par un microcosme protéiforme. L'accueil est d'abord assuré par Théo Mercier qui nous chahute avec ses revenants, ses animaux écorchés. Ses sculptures trompent la mort, placent face à face l'homme et l'animal. à l'étage du dessus, sous des ors patinés, Marnie Weber allonge des mannequins désarticulés, un petit théâtre néo-baroque, flirte avec le grand guignol

et sème le trouble. Dans la salle suivante, l'américain Nick Cave — à la psyché plus apaisée — a accroché ses Soundsuits. L'artiste noir cherche à gommer la couleur de peau, le sexe et la classe sociale avec ces costumes taillés pour la danse que l'on peut tous enfiler et s'échanger. Enfin, notre périple se transforme en quête initiatique avec les films d'Apichatpong Weerasethakul qui part à la recherche des esprits de son Asie natale. Foisonnant et ludique, ce parcours, à défaut de produire du discours, permet de confronter les visiteurs aux mythologies d'artistes à l'imagination débridée. Maxime Olivier

*« Apparaître » est sans nul doute le maître mot qui nous permet de cerner au plus près ce que les Grecs entendaient par phantasia (Le Robert).

Phantasia Jusqu'au 13.01.13, Lille, Le Tripostal, mer>dim, 10h>19h, 6/4€/ gratuit avec un pass Fantastic


Mad Mac’s Genre extrêmement populaire (principalement littéraire et cinématographique), la science-fiction a également constitué une véritable source d’inspiration pour une myriade d'artistes. Réconcilier grand public et art contemporain, tel pourrait être le défi de l’exposition SF [Art, science & fiction]. L’exigence du Mac’s se situe bien au-delà de la simple exhibition d’une maquette d’un Faucon Millenium ou d’un masque de Dark Vador. Les œuvres présentées ne sont ainsi bien souvent qu’une allusion voilée à la science-fiction, comme les portraits des hommes-machines de Kraftwerk ou les sculptures minimalistes de Larry Bell aux formes extra-terrestres. « Notre pari est de tirer le niveau vers le haut, à travers de grands artistes tels que Robert Smithson ou Dominique GonzalezFoerster, qui a récemment exposé dans la grande galerie du Tate Modern, à Londres » explique Denis Gielen, commissaire de l'exposition. Si la virtualité fait partie intégrante de notre quotidien, si les nanotechnologies rendent vraisemblables les fantasmes du passé, ces chimères artistiques n’ont rien d’obsolète. « La SF a beau dessiner le futur, ces pièces nous informent plus sur leurs contemporains que sur l’avenir ». Aussi farfelues soient-elles, certaines œuvres reflètent donc les paradoxes et les préoccupations de leur époque – ainsi du compte à rebours de Gianni Motti annonçant l’extinction du soleil, dans cinq milliards d’années. Des questions écologiques et sociologiques complexes qui s’intéressent moins souvent au sort de l’individu qu’à celui de l’humanité. Julien Collinet

SF [Art, science & fiction], Jusqu'au 17.02, Grand-Hornu, MAC's, mar>dim, 10h>18h, sf 25.12 & 01.01, 6/4€, +32 (0)6 565 21 21

Anton Corbijn, Kraftwerk I, II, III, IV (détail), 1981, Édition de 10. Courtesy de l'artiste et de la Galerie Anita Beckers.

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Edvard Munch, Autoportrait avec un bras squelette, 1895, Londres. Collection privée

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Pulsion(s) Depuis les premières images de la folie au Moyen-Âge jusqu'aux expérimentations droguées de grands artistes (de Baudelaire à Michaux, de Bacon à Pollock), trois musées namurois ont placé l'automne sous le signe des Pulsions(s), Art et déraison. Dernières semaines, donc, pour se pencher sur l'hystérie, par exemple. Depuis son origine médicale, à travers des photographies et des dessins, jusqu'à son impact dans les arts picturaux (Schiele, Munch) ou scéniques (Sarah Bernhardt, Jane Avril...).

Anatomie de l'étrange « Bizarre, vous avez dit bizarre ? »… Au delà d'une simple illustration de l'extraordinaire, Anatomies de l'étrange fait le lien entre science et imaginaire collectif, cultures érudite et populaire. Rites funéraires cohabitent ici avec métamorphoses et monstruosités humaine ou animale. À travers des thèmes tel que le bestiaire fantastique, nous comprenons pourquoi les Grecs croyaient en l'existence des cyclopes, sirènes et autres créatures mythiques. Le parcours amène petits et grands à s'interroger sur l'a-normalité. Jusqu'au 03.03.13, Lille, Musée d'Histoire Naturelle, lun>ven, 9>12h, 14>17h , dim 10>17h, fermé mardis et samedis, 3,5/2,5€

© Magali Koenig

Magali Koenig Milieu de rien

© DR

Jusqu'au 06.01.13, Mons, Musée Félicien Rops, mar>dim, 10h>18h, 8€ (3 expos)/5€, fermé les 24, 25, 31.12, 01.01, www.pulsions.be

Récemment, on évoquait l'humanité du travail de Dave Anderson, présenté au Musée de la Photographie de Charleroi. Ici, pas d'humanité – enfin, pas ou peu d'humains, plutôt. Magali Koenig saisit des instants fugitifs, immortalisant des paysages apparemment délaissés, des lieux vaguement abandonnés, des intérieurs vidés. De la Russie à Cuba, l'Helvète laisse avant tout planer le mystère sur ce qui se passe hors-champ. Et stimule l'imagination du spectateur. Jusqu'au 20.01.13, Charleroi, Musée de la Photographie, mar>dim, 10h>18h, 6/4/3€, +32 (0)7 143 58 10


Suspension © Parke harrisson

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Constant Permeke, Rétrospective À la lisière des grands courants de son temps, Constant Permeke (18861952) a peint la Flandre profonde avec une palette couleur terre. Cette rétrospective très complète (130  œuvres) traduit le silence des paysages de la Mer du Nord. Les corps écrasés des paysans et des pêcheurs côtoient ici les nus féminins. L'occasion de rendre à Permeke la place qui lui est due. BRUXELLES, jusqu'au 20.01.13, Palais des Beaux-Arts, mar>dim, 10h>18h, sf jeu, 10h>21h, 11/9/6/4€, +32 (0)2 507 82 00

Romy Schneider Organisée par la Deutsche Kinemathek–Museum für Film und Fernsehen de Berlin, en collaboration avec le Festival du Film de Gand, cette exposition dévoile des photographies, affiches originales, témoignages, bijoux, scénarii, costumes, lettres inédites et autres souvenirs personnels de réalisateurs et partenaires... Ces précieuses reliques permettent d'aborder la vie et l'œuvre de l'icône. Mais ne suffisent pas à percer son insondable mystère. GAND, jusqu'au 13.01.13, Centre Provincial d’Art et de Culture - Le Couvent des Carmélites, 8/6€, +32 (0)9 269 29 10

Travail, Mode d'emploi L'art contemporain arabe a parfois été mis en valeur sous nos latitudes mais hélas, ce milieu reste largement trusté par les Européens et les Américains. C'est pourquoi Travail, Mode d'Emploi aiguise notre curiosité. Réunissant les… travaux de sept artistes marocains (photographes, peintres, sculpteurs, plasticiens...) ce parcours riche et fourni permet de mieux appréhender la création d'outre-Méditerranée. Un atlas  ? En quelque sorte.

Kooi & Parkeharrison

BRUXELLES, jusqu'au 20.01.13, La Centrale Electrique, mar>dim, 10h30>18h, 5/4/2,50/1,25€, gratuit – 12 ans, +32 (0)2 279 64 44

LAMBERSART, jusqu'au 13.01.13, maison folie Colysée, mer>dim, 13h30>18h30, gratuit, +33 (0)3 20 00 60 06

La néerlandaise Ellen Kooi et les américains Robert et Shana ParkeHarrison partagent le même sens de l'étrange, tout en laissant les portes ouvertes à toutes les interprétations. Les 12  œuvres de la première, sculptant la lumière et parfaitement scénographiées, provoquent un léger malaise. Les 17 clichés sépia ou noir et blanc du couple de photographes-plasticiens confrontent la condition humaine à la force des éléments. Fascinant.


Georg Scholz, Selbstbildnis vor der Litfaßsäule, 1926 © Staatliche Kunsthalle Karlsruhe, DR

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Fantastic Attractions Si Fantastic Attractions prend les airs d'une fête foraine, c'est pour mieux la pervertir. Ainsi du train-fantôme de Sophie Pérez et Xavier Boussiron, des photographies de manèges de Carsten Höller ou du tir à la carabine de Mark Dion. Parmi tant d'autres installations qui engagent le spectateur à devenir acteur (le labyrinthe de Michelangelo Pistoletto) et à se réapproprier les œuvres.

Antoine Mortier, la transfiguration du réel

LILLE, jusqu'au 13.01.13, Gare St-Sauveur, mer>dim , 12h> 19h, gratuit, www.fantastic2012.com

Figure majeure de l'abstraction lyrique en Belgique, Antoine Mortier (19081999) a d'abord suivi une formation de sculpteur, avant de se consacrer tout entier à la peinture dans les années 1940. De sa jeunesse, l'artiste a conservé l'amour du toucher et de la matière. Aux cimaises des Anciens Abattoirs, dessins, peintures et encres reflètent cette énergie proprement physique, Mortier analysant souvent des formes d'objets concrets pour mieux les... transfigurer.

Science et fiction

MONS, jusqu'au 06.01.13, BAM, mar>dim, 12h>18h, 4/2€, +32 (0)65 56 20 34

De Jules Verne aux récentes découvertes (Boson de Higgs, projet de terraformer Mars), la fiction s'est inspirée de la science, cette dernière dépassant souvent les plus folles extrapolations. Ce parcours aborde cette vaste question selon 3 formes d'exploration  : spatiale, anthropologique et via un univers Transmédia (le Krosmoz), développé par Ankama. Ludique, l'exposition dévoile les reliques de grands films SF (maquettes de vaisseaux de Star Wars, robots et combinaisons spatiales...). LILLE, jusqu'au 13.01.13, maison Folie Wazemmes, mer>sam, 14h>19h et dim 10h>19h, gratuit, +33 (0)3 20 78 20 23

La Ville Magique L'explosion urbaine de l'entre-deux guerres a engendré des mythes. Confrontant plusieurs disciplines, mêlant grands maîtres et artistes méconnus, La Ville Magique propose un formidable panorama des fantasmes suscités par ces cités. Servi par une scénographie ingénieuse (ces hauts panneaux, comme autant de gratte-ciel), le parcours confronte, entre autres, les photographies de Man Ray, l'œuvre de Fritz Lang ou les dessins de l'italien Giorgio de Chirico... V. D'ASCQ, jusqu'au 13.01.13, LaM, mar>dim, 10h>18h, 10/7€, +33 (0)3 20 19 68 88


Secret © Ph. Cibille

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En piste ! Mois de décembre chargé pour le Prato ! Le Pôle National des Arts du Cirque, également surnommé théâtre international de quartier, quitte un temps ses murs de Moulins pour occuper la Gare St- Sauveur. Histoire de monter un chapiteau sur le parvis et de fêter dignement le Nouvel-An. Revue des troupes. Invité par Le Prato, Johann Le Guillerm vient présenter Secret durant douze soirées sous chapiteau. Une impression de déjà-acclamé ? Détrompez-vous. Créé à Calais en 2003, ce solo a été totalement repensé. Envolé, l'attirail gothique façon Edward Aux Mains d'Argent : le Sarthois vise l'épure et la fluidité. Revêtu d'un costume au plus près du corps, l'équilibriste se débat toujours avec des objets incongrus (un petit train transportant des bougies, une tige de fer figurant un serpent...), mais les numéros sont désormais liés entre eux, comme un seul et long poème. Le propos ? Ouvert à toutes les interprétations. On peut y voir une allégorie du rapport entre l'Homme et la Nature, l'Humain modifiant son environnement comme Le Guillerm ses objets de ferraille, pour s'y faire une place. Feu de joie Bien installé à la Gare St-Sauveur, Le Prato poursuit les festivités avec de nouvelles Aventures de Madame Mygalote, un conte pour enfants signé Gilles Defacque, avant un rendez-vous immanquable le soir de la St-Sylvestre. Outre un repas (quasicomplet), chacun est convié à une déambulation nocturne dans les rues de Lille, suivie d'un feu d'artifice conçu par Patrick Auzier de la Cie Lubat (excusez du peu) et un bal animé par La Cie du Tire-Laine. On leur souhaiterait bien de se reposer en janvier mais, là aussi, le début d'année sera chargé... On y revient ! Thibaut Allemand Secret, de J. Le Guillerm/Cirque Ici 12>30.12, mer>dim, 20h, sf jeu, 19h et le 30.12, 17h 17/13/5€ Bus au départ de Hazebrouck (12.12) Béthune (19.12), Tournai (19 & 20.12) Douai (22.12) Les Aventures de Madame Mygalote : L'Île Bleue du Sommeil 26>29.12, 17h, à partir de 5 ans, gratuit sur réservation, Cabaret Réveillon - 31.12 Lille, Gare St-Sauveur, renseignements auprès du Prato : +33 (0)3 20 52 71 24, www.leprato.fr, www.lille3000.fr

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Quel cirque ! Multidisciplinaire : le mot est lâché. Comme un tic de langage, fourretout dans le jargon de la culture. Cela sonne bien, certes, mais ce terme recouvre tant de réalités qu'il ne signifie plus grand'chose. Et pourtant... Au regard du programme des Multipistes, on s'est senti obligé de le réutiliser. N'oubliant pas le passé mais tout entier tourné vers l'avenir, ce festival croise les arts et les savoir-faire et, oui, s'avère multidisciplinaire – et salutaire, surtout. Ainsi de Pour le meilleur et pour le pire, nouvelle création du Cirque Aïtal, où deux acrobates, lui, musclé et massif, et elle, petite et menue, content le quotidien d'un couple, tout en lancés, portés et main à main. Citons également Patinoire, de Patrick Léonard : au milieu d'un fatras d'objets aux allures de vide-grenier, l'ex-pensionnaire du Cirque du Soleil allie comédie burlesque, danse, jongleries, acrobaties, gags visuels et poésie absurde. Ou encore Acrobates, créé en résidence à L'Hippodrome, duo de voltiges mêlant acrobatie au sol, vidéo et création sonore en hommage à Fabrice Champion, trapéziste disparu. Mais c'est sans doute Qui-Vive, de Thierry Collet, qui retient notre attention : trois magiciens mentalistes détricotent leurs trucs et mettent en garde contre les manipulations quotidiennes (communications publicitaires ou politiciennes...). Le tout en conservant une trame théâtrale piquée d'humour. Conviant acrobatie, théâtre, jonglerie, vidéo, danse, magie, on en passe, le festival offre un bel aperçu de la création circassienne contemporaine - et affiliés. Thibaut Allemand Les Multipistes 05 > 22.12, Douai, L'Hippodrome (et Lille, Le Prato et Gare St-Sauveur & Arras, Théâtre), 21/17/13/10/9/8/5€, +33 (0)3 27 99 66 66 Avec, entre autres : Qui-Vive, Thierry Collet, 11 & 12.12, 20h Pour le meilleur et pour le pire, Cirque Aïtal,13 > 15.12, 20h (sf sam, 17h) Acrobates, S. Ricordel & O. Meyrou, 22.12, Gare St-Sauveur, Lille, 20h

Cirque Aïtal, Strates © Mario del Curto

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© Eric Legrand

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De rouille et d'os Il y a douze ans, le Théâtre de la Licorne imaginait Le Cirque de la Licorne - Bestiaire Forain, cirque hors-normes hébergeant des animaux de ferraille. Après une décennie d'itinérance à rouler des mécaniques, les vieux briscards rentrent au bercail. Pour mieux réapparaître dans les environs et raconter leur aventure : Les Encombrants font leur Cirque. Comme nous l'explique Claire Dancoisne, capitaine de la compagnie de la Licorne et créatrice du spectacle, « C'est une re-création, il ne s'agissait pas de monter un spectacle radicalement différent ». Les masques du Bestiaire Forain laissent place à des marionnettes portées, à taille humaine et d'un réalisme à couper le souffle : tous ces vieux semblent prendre vie sous nos yeux ébahis. Pour les montreurs du Cirque de la Licorne, la manipulation relève de la performance. Les vieillards qu'ils animent sont loin d'apparaître « encombrants ». Impertinents, créatifs et insolents, ils retournent sur la piste, plus fantaisistes que jamais. Mais qui dit cirque dit acrobatie, jonglerie et... animaux. Une chose est sûre, tous leurs numéros prennent un tour étrange. Ainsi, les pantins malmènent une ménagerie fantastique où se croisent mante religieuse funambule et boîtes de sardines trapézistes. Ces folles bestioles évoluent sous l'impulsion de leurs dompteurs. En alliant avec tant de grâce des comédiens, marionnettes et objets mécanisés, Les encombrants font leur cirque s'impose d'emblée comme une référence du théâtre d'effigie. Elsa Fortant les encombrants font leur cirque 11>14.12, Béthune, La Comédie, 20h, 18/14/8/7€, +33 (0)3 21 63 29 19 // 21>29.12, Lille, Théâtre du Nord, 21, 22, 28 & 29, 20h00, 23e, 16h00, 27, 19h, 13/7€, +33 (0)3 20 14 24 24 // 05.03, Armentières, Le Vivat, 20h30, 18/13/6€, +33 (0)3 20 77 18 77 // 25&26.04, Bruxelles, Wolubilis, 20h30, 22/20/18,5/13€, +33 (0)2 761 60 39


Les enfants d'abord

© F. Iovino

Les contes traditionnels transmis de génération en génération sont ici bousculés, revisités et leurs nombreuses interprétations, balayées. La chorégraphe Céline Maufroid et la Compagnie Artopie s'approprient respectivement le Petit Chaperon Rouge et Barbe Bleue pour délivrer un tout autre message. Abordées sous un angle des plus poétiques, Lou(p) y es-tu ? et La Barbe Bleue remettent en question la condition féminine, tel un doigt pointé vers la voie de l'émancipation. Un moment d'échange privilégié entre parent(s) et enfant(s). 09>14.12, Roubaix, Le Colisée, dim 16h, lun, jeu, ven, 10h30&14h30, mer 10h30&17h30, 5€, +33 (0)3 20 24 07 07

Cette réinterprétation du film homonyme Princes et Princesses (signé Michel Ocelot), mêle habilement ombres chinoises, projection et apparition de comédiens en chair et en os. Le récit n'a rien à envier aux Contes des 1001 nuits ! On fait escale au Japon, en Afrique, en Perse et en Égypte pour y croiser des fées, des princes, des chevaliers et des voleurs. Un voyage poétique à partager en famille.

© Alexandra Bansard

05.12, Roubaix, Le Colisée, 16h, 20h, 32/28/23/21/8€, +33 (0)3 20 24 07 07

© Laurent Philippe

Princes et princesses

Cuisses de grenouille Cuisses de grenouille, c'est Joséphine, petite ballerine en herbe que ses parents envoient chez une ancienne danseuse étoile russe. Chemin faisant, elle rencontre un maître japonais, une dame en tutu unijambiste, un technicien, un gardien de théâtre... Cette galerie de personnages dévoile les coulisses du théâtre avec une rare poésie. Elle invite surtout les enfants à devenir un jour les acteurs des spectacles qui les ont fait rêver. 08>09.12, Bruxelles, Th. des Tanneurs, 08.12, 20h, 09.12, 16h, 10/7,50/5€, +32 (0)2 512 17 84 // 05>08.06, Calais, le Channel


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Cendrillon

© Cici Olsson

Cendrillon ce macho par Thibaut Allemand

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ous pensiez connaître l'histoire de Cendrillon par cœur  ? Détrompezvous ! Dans cette relecture, la fillette qui porte une minerve manie le portable, la belle-mère devient cougar, le prince est petit et vilain  ! à force d'assumer les pires tâches ménagères, elle sent mauvais au point qu'on la surnomme Cendrier. Après s'être attaqué à Pinocchio et au Petit Chaperon Rouge, Joël Pommerat déleste ce conte ancestral de la mièvrerie de Disney (ni pantoufle de verre, ni citrouille...) et aborde des thèmes autrement plus adultes, tels le deuil – comment vivre après le décès d'une mère ? C'est là l'origine du drame de cette Sandra/Cendrillon. En ce sens, Pommerat se rapproche de la dureté des contes de Perrault et des frères Grimm (la modernité en plus), malaxe la matière première et cultive un léger malaise.

S

ans remonter jusqu'à Bruno Bettelheim (Psychanalyse Des Contes de Fées, 1976), les histoires des Frères Grimm ou de Charles Perrault ont toujours été vectrices de valeurs et de morale. Or donc, Sébastien Ministru détourne l'un des plus célèbres contes, Cendrillon. Certes, Shrek l'a déjà fait. Mais ici, la souillon est un homosexuel qui séduit le prince, gay lui aussi. Dans ce joyeux retournement des valeurs, on retrouve Maman, célèbre travesti et figure des nuits bruxelloises. Servi par une équipe versant volontiers dans l'humour burlesque, Cendrillon Ce Macho constitue un renversement des valeurs amusant, ponctué de clins d'œil au (présupposé) mode de vie gay et aux contes pour enfants. L'antiCage Aux Folles, quoi.

Jusqu'au 31.12, Bruxelles, Théâtre National de la Communauté Française, 20h15 (sf mer, 19h30 & dim 09 &16.12, 15h, sam 22.12, 15h, jeu 27.12, 17h), 20/16/11€, +32 (0)2 203 53 03 // 10>19.01, Lille, Théâtre du Nord // 24>27.01, Mons, Le Manège // 31.01>02.02, Huy, Centre Culturel Régional

19.12>05.01, Bruxelles, Théâtre de la Toison d'Or, mer>sam, 20h30, sf 31.12, 21h30, 25/20/10€, sf 31.12, 30/25/15€, + 32 (0)2 510 05 10

© J. Pohl

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Et notre cœur fait

Attention spectacle culte  ! Parfait condensé de cultures urbaines, Stomp s'érige en critique d'une société avilissante. Sur scène, huit artistes rivalisent de virtuosité dans l'art de la danse, de la comédie, de la rythmique et...de la récupération. Pour fêter 20 ans de lutte contre la morosité, ils nous réservent deux numéros inédits. Jubilatoire. Le succès de Stomp est tel qu'il pourrait facilement combler des Zénith, néanmoins peu propices à la proximité nécessaire avec le public. Ce n'est donc pas un hasard si le spectacle fait escale au Colisée de Roubaix, unique salle française - à taille humaine - qui l'accueille pour la quatrième fois. Pour Steve McNicholas et Luke Cresswell, concepteurs et chorégraphes du show, le message est simple : source de jouissance, la musique est à portée de main, potentiellement partout, alors exaltons la ! Ainsi, il suffit d'un balai, un bidon, une casserole, un tuyau, un zippo, une poubelle ou même un corps... Peu importe l'instrument pourvu qu'on ait l'ivresse. Détournés de leur fonction initiale, les objets de la vie courante donnent naissance à des sons primitifs, conférant à la représentation une dimension tribale électrisante. Les rythmes prodigués ici nous font battre la mesure du pied, irrésistiblement. En adéquation avec ce son estampillé «  de rue  », les huit performers, quasiment muets, incarnent avec humour des personnages tirés d'un quotidien morne, dont on voudrait s'échapper. Stomp nous offre cette possibilité à travers une expérience vibrante, drôle et libératrice. Elsa Fortant Stomp 07>09.12, Roubaix, Le Colisée, 20h30, 46/42/36/33€, +33 (0)3 20 24 07 07

© DR

boom !


Njut ! Six ans déjà que December Dance réveille nos corps engourdis par les premiers frimas grâce à une programmation éclectique et osée. Année paire oblige, le festival se concentre sur une zone géographique : chorégraphes finlandais, suédois, norvégiens, islandais ou danois présentent leurs dernières créations. Cap au nord ! Le Concertgebouw de Bruges confie les rênes de cette édition à une scène contemporaine scandinave qui n'a pas froid aux yeux. Il donne à voir la richesse de la création dans cette région du globe avec 14 pièces signées par des artistes reconnus et des jeunes surdoués. Élevé aux jeux vidéo et à la SF, le Suédois Robin Jonsson s’inspire ainsi de l’univers Blade Runner et examine, dans Simulations, les frontières entre le réel et le virtuel. De son côté, l’israélienne Sharon Eyal met son expérience au service de la compagnie nationale norvégienne de danse contemporaine. Sur scène, son armée de créatures androgynes, combinaisons chairs et lentilles blanches, explore avec une parfaite synchronisation le thème de l’individu face au groupe. Trop sérieux, ces Nordiques ? Direction la Finlande pour gagner en légèreté avec Jyrki Karttunen. Dans Situation Room, jazz, danse classique, contemporaine et comédie musicale se rencontrent pour un spectacle riche en humour. Le chorégraphe clôture également le festival avec Keiju (elfe, en finnois), une rêverie destinée à un public familial, dans laquelle se répondent le danseur sur scène et les images projetées, évoquant avec poésie son inconscient. Marine Durand December Dance, Nordic Waves 06 > 16.12, Bruges, Maz, Biekorf, Concertgebouw et Stadsschouwbug, de 6 à 30€, www.decemberdance.be

G+Âteborg Ballet, Orleob © Ingmar Jernberg

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PUZ/ZLE

Pantani Vu d'ici, Marco Pantani, serait une sorte de Lance Armstrong sympathique (si si!), la poisse en plus. Accusé de dopage, le cycliste vit sa carrière se briser et mourut seul, d'overdose, un soir de St-Valentin 2004, dans une chambre d'hôtel de Rimini. Toutefois, des zones d'ombres demeurent sur ces accusations de tricherie comme sur sa mort  : suicide  ? Meurtre  ? De l'autre côté des Alpes, les rumeurs de complot vont bon train. Marco Martinelli se penche sur la vie, la mort et les exploits du Pirate. Une façon de réhabiliter son nom, à travers les figures de ses parents, d'un journaliste ou de coureurs qui l'ont accompagné. Selon Martinelli, ce texte est « dégénéré », en ceci qu'il mêle enquête, monologues et dialogues, mais aussi musique ou vidéo – avec des images du regretté Pantani, qu'on regardera, désormais, d'un œil différent. Thibaut Allemand 09 & 11>13.12, Mons, Le Manège, 20h sf dim, 16h, 11/8€, +32 (0)6 539 59 39

D'un parcours partagé entre comédie musicale, danses disco, jazz et contemporaine, le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui a gardé le goût de la curiosité, des expériences et des mélanges. Pour son dernier spectacle, Puz/zle, inspiré par et créé dans la carrière calcaire de Boulbon pour le festival d’Avignon, l'Anversois associe onze danseurs à un groupe polyphonique corse, une chanteuse libanaise et un percussionniste/ flûtiste japonais. Les interprètes n’ont de cesse de construire et déconstruire le décor, constitué de blocs de pierre grise. L'ensemble file ainsi la métaphore d’un immense... puzzle dont les mêmes pièces pourraient former différents motifs. à sa manière, toujours aussi généreux et perfectionniste, Cherkaoui montre que les cultures n’ont rien de monolithique. Et que nos vies, heureusement impures, sont formées de multiples identités. Pascal Cebulski Jusqu'au 02.12, Lille, L'Opéra, 20h, sf dim, 16h, 22/17/13/8/5€, +33 (0)820 48 90 00, www.opera-lille.fr

© Koen Broos

© Gardini-Casa Waldes

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agenda © Laika

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La Revue 2013

Opera-Buffa

5.12>3.02.13 M. del Rio, B. Lefrancq, A. Leleux...

7>9.12 W.A. Mozart / Laika et Muziektheater Transparant

La Revue du théâtre est une véritable institution du rire bruxellois. Les comédiens Bernard Lefrancq, Angélique Leleux et Maria del Rio (pour n'en citer que trois sur les dix) tirent à boulets rouges sur la vie politique et culturelle du plat pays. Imitations, chorégraphies et saynètes hilarantes, ces chansonniers revisitent l'année écoulée avec mordant, ironie, mais sans méchanceté aucune. Vivement l'an prochain ! Bruxelles, Théâtre Royal des Galeries, mar>sam, 20h15, dim, 15h, 30/28/24/19/16€, +32 (0)2 512 04 07

Cabaret new burlesque 6>8.12 Dirty Martini, Kitty On The Keys...

Si les amateurs de Dita Von Teese les connaissaient peut-être, le grand public les a découvert dans le film picaresque Tournée (2010). Elles réactualisent la geste de Lili St-Cyr ou Sally Rand, figures du genre burlesque dans les années 30 à 50. Imparfaites et décomplexées, exubérantes et volontiers féministes, ces effeuilleuses pratiquent un genre de strip-tease qui n'oublie jamais de convier l'humour dans le grand lit de l'érotisme. Namur, Théâtre Royal, 20h30, 20/15/10/8€, +32 (0)8 122 60 26

Selon Mozart, son Don Giovanni relevait de l'opéra-bouffe, soit une pièce lyrique au ton léger et volontiers bouffon. Animatrices du festival Libertés de Séjour voici trois ans, deux troupes belges revisitent ce chef-d'œuvre à leur sauce. Orgue Hammond, violon et guitare basse modernisent la partition, tandis que des mets succulents divertissent les papilles. Un opéra (bonne) bouffe, donc. Calais, Le Channel, ven, 20h30, sam, 19h30, dim, 12h30, 6€, +33 (0)3 21 46 77 00

Le Salon d'Achille 18>21.12 D'après A. Chavée / C. Degotte

Malin et pressé, Charlie Degotte avait créé le théâtre-minute qui résumait tout Shakespeare (et ses 1200 personnages) en un seul spectacle  ! Ici, trois clowns, secondés de trois musiciens, passent une vie misérable dans un terril. Une existence tournée en dérision grâce à la langue d'Achille Chavée (1906-1969), figure louviéroise du surréalisme à (re)découvrir d'urgence. La Louvière, le Splendide, 20h, séance supp. le 22 à 15h, 15/10€, +32 (0)6 421 51 21 // 08>13.01, Mons, Le Manège, 20h, sf dim, 16h, 11/8€, +32 (0) 65 39 59 39


agenda

© Sven Etcheverry

théâtre

&

danse

90

Perruques 8.12

Abattoir Jonathan Lambert

C'est avec énergie et humour que l'agitateur du petit écran fait défiler sa panoplie de personnages. Dans ce second one-man-show, Jonathan Lambert (re)donne vie aux rôles créés ces quatre dernières années pour l'émission On n'est pas couché. Avec pour seule signe distinctif une perruque, le comédien incarne successivement une femme cougar, un chirurgien esthétique, un notaire... tous plus fous les uns que les autres. Béthune, Th. Municipal, 20h30, Complet ! // 14.12, Dunkerque, Kursaal, 24.20€, +33 (0)3 28 65 81 81

14.12

B. Appert

Abattoir relève à la fois d'un travail sur la mémoire et sur le quotidien. Bernadette Appert conte ses souvenirs d'enfance (ses parents tenaient un abattoir à Courrières), mêle ce vécu à la fiction, au désir et à la mort. Cette œuvre paradoxale cite Roland Barthes et renvoie parfois à Annie Ernault dans sa mise à nu de l'intimité. Armentières, Le Vivat, 21h30, 18/13/12/7/6€, +33 (0)3 20 77 18 77 // 17&18.01, Arras, Théâtre, 20h, 21/17/13/10/9€, +33 (0)3 21 71 66 16

Les Strauss-Kahn Babysitting Tête De Cire

19&20.12

8 > 20.12

Après avoir investi la Alte Nationalgalerie (Berlin), la Johannesburg Art Gallery et Le Louvre (Paris), la création de Robin Orlyn s'invite au Palais des Beaux-Arts de Lille. Ce spectacle déambulatoire mêle un comédien, un chanteur et quatre danseurs. L'occasion unique de partir à la découverte du musée à travers un parcours jalonné de surprises, guidé par cinq agents de surveillance devenus acteur d'un soir.

On avait déjà applaudi ces soirées polar où des comédiens amateurs prêtent vie à quelques romans noirs. Cette fois-ci, c'est une enquête qui est à l'honneur. Paru cette année, Les Straus-Kahn, signé de deux plumes du Monde, dévoilait la face sombre de l'ancien président du FMI. Brigitte Mounier et ses acteurs se chargent de donner corps à ce tableau édifiant d'un milieu où l'on s'autorise tout.

Lille, Palais des Beaux-Arts, 19h30, relâche le 11.12, 8/13/18€, + 33 (0) 820 48 90 00

Dunkerque, La Piscine, 20h30, 2/1€, réservation obligatoire au +33 (0)3 28 23 70 69

Robin Orlyn

B. Mounier/Atelier Culture


agenda

92

concerts Sam 01.12 Sonic City Festival par Sunns : Sunns + Demdike Stare + Fuck Buttons + DJ Fitz + Naytronix + Han Bennink + Each Other... Courtrai, De Kreun, 14h, (pass 2j : 43/40/37)//25/22e Why ? + Deerhoof + DIIV + BRNS + Clinic Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Box, 19h, 19e Shearwater + Dark Dark Dark Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 20/17/14e Femi Kuti Grande Synthe, Palais du Littoral, 20h, 12/9e Alain Chamfort Lille, Théâtre de l'Hotel Casino Barrière, 20h, 42/39/36/33e Cross Damage + A Lost Fear + Fields of Troy La Louvière, Théâtre de la Taverne, 20h, gratuit John Mayall Lille, Splendid, 20h, 35e Dpz + Le Duc Factory + ... Faches-Thumesnil, Les Arcades, 20h, 5e Nilda Fernandez Lomme, Maison Folie de Beaulieu, 20h, nc The Spinto Band Namur, Belvédère, 20h, 8/6e ONL + Laurence Equilbey... Béthune, Théâtre de Béthune, 20h, 22/18/3e OrcH. National de Barbès Armentières, Le Vivat, 20h, 18/13/6e Alec Empire + Otto Von Schirach... Bruxelles, Magasin 4, 21h, 13/10e Elisa do Brasil + Orgasmic … Dunkerque, Les 4 Ecluses, 21h, 10/7e

Claude Von Stroke + Justin Martin Gand, Culture Club, 22h, 10e Louis Katorz + The Modernists... Anvers, Petrol Club, 22h, 15/10e Prinz + Bartholomeo... Anvers, Café d'Anvers, 23h, 7e Green Velvet + Benji... Ostende, Krush Club, 23h, 10e Tim Paris + Matt Walsh... Bruxelles, The Wood, 23h, nc Seth Troxler + Ellen Allien + Guillaume & The Coutu Dumonts... Bruxelles, Fuse, 23h, 15/10e Classixx + Peo Watson Lille, Magazine Club, 23h, 7€ après 1h/gratuit

Dim 02.12 Sonic City Fest : Tim Hecker + Swans + Clinic + Beak + Sir Richard Bishop... Courtrai, De Kreun, 13h, (pass 2j : 43/40/37)//25/22e Tigran Hamasyan Arras, Théâtre d'Arras, 17h, 8e John Mamann Lille, La Péniche, 18h, 10/9e The Jon Spencer Blues Explosion + Joe Gideon... Lille, L'Aéronef, 18h, 16/11e

Lun 03.12 Happy Mondays Leuven, Het Depot, 20h, 26/23/20e Deep Purple Bruxelles, Forest National, 20h, 46,5e Amy Macdonald... Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 35e Arno Lille, L'Aéronef, 20h, 33e

Mar 04.12 Casualties (the) + Fat Sheep + Red Flags Arlon, Entrepôt, 20h, 15/13e Elisa Jo Lille, La Péniche, 20h, 10/9e Forever King Of Pop Michael Jackson Lille, Zénith Arena, 20h, 56/46/38/29/25e

Mer 05.12 Babebibobu : Les Cris de Paris Lille, Opéra, 18h, 9/5e Saule Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 20/17/14e The Rasmus... Anvers, Trix Club, 19h, 20/17e

Ben'alès + Atmosoul... Lille, Kiosk, 18h, gratuit

Lower Dens + Novo Line Courtrai, De Kreun, 20h, 13/10/7e

Mombu + Gentle Veincut Bruxelles, Magasin 4, 19h, 8e

Amikal Sonic Lille, Tripostal, 20h, gratuit

Autumn Falls : Great Lake Swim­mers + Zammuto... Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 20/17/14e

Hooverphonic Courtrai, De Kortrijkse Schouwburg, 20h, gratuit

Balthazar + Roosevelt Anvers, Trix Club, 19h, 18/15e

Dez Mona Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e

Midnite + Sunrockers Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 25/22e

Seal + N8N Bruxelles, Forest National, 20h, 57e


Retrouvez l’intégralité des concerts sur

The Spinto Band Gand, Culturell Centrum Vooruit, 22h, gratuit

Jeu 06.12 HArd bass Dealers Party Lille, Kiosk, 18h, gratuit

Monster Magnet... Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 28e

Eiffel + Twin Twisters Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 20/17e

Ballets mécaniques : Ensemble Ictus Lille, Opéra, 20h, 22/17/13/8/5e

Epica Lille, Splendid, 20h, 26e

Baba Zula Bruxelles, VK*, 19h, 10e

Balthazar + Roosevelt Courtrai, De Kreun, 20h, 21/18/15e

Menomena + Stacks Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 16/13/10e

Max on Mars Comines, Nautilys, 20h, 3/2e

Wax Tailor + Doctor Flake Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 25e ONL - Neuf Chinoises, Une Française : ONL Lille, Th Sébastopol, 20h, 30 à 8e Lady Linn and Her Magnificent Seven Wattrelos, La Boîte à Musique, 20h, 1 jouet neuf = 1 entréee Spain + Float Fall Gent, Handelsbeurs, 20h, 22/19,5e

Ven 07.12 Back To Glam / Soirée UK Lille, Gare St-Sauveur, 18h, grat Kiko + Dj Tonio... Lille, Kiosk, 18h, 8e Le Réveil Des Tropiques + Radikal Satan + La Otra Lille, La Péniche, 20h, 7e The Hives + The Bronx Lille, L'Aéronef, 20h, 30/25e Jean Jean + Totorro La Louvière, Taverne du Théâtre, 20h, gratuit La France en Chansons Arras, Casino, 20h, 25e

Malick Pathé Sow... Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e MeLL + June Bug Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 7/5/4/3e Bodybeat Lille, L'Aéronef, 23h, grat

The Dandy Warhols... Lille, L'Aéronef, 20h, 23/19e Wim Mertens Leuven, 30CC, 20h, 22 à 10e Nolwenn Leroy Lille, Théâtre de l'Hotel Casino Barrière, 20h, 39/36/33e Hyphen Hyphen + Little Trouble Kids Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 6/gratuiit (abonné) Daan Louvain-la-Neuve, La Ferme du Biéreau, 20h, 20/18/14e

Guti + Samet Vicil ... Anvers, Café d'Anvers, 23h, 12e

General Lee... Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 5e

Sam 08.12

Les Mauvaises Langues Hénin-Beaumont, L'Escapade, 20h, 10/7e

goûter-concert : Hyphen Hyphen Dunkerque, Les 4 Ecluses, 16h, 5€ (adulte) / Gratuit (enfant) Le Père Noël est-il un Rockeur ? : Vegas + Hudson + The K. + Castles + Hepburn + Aero + Gad 80 Thuillies , Salle du Patro, 18h, 1 jouet = 1 place de concert I Got You On Tape... Anvers, Trix Bar, 19h, 13/10e December Jazz : Danièle Copus + Pierre Lafontaine La Louvière, Le Palace, 20h, grat Yeasayer Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 24e

Adam Ant Anvers, JCC Zappa, 20h, 35/28e

Black Sheep + Black Pigeon + Big fat Lukum La Louvière, Taverne du Théâtre, 20h, gratuit

Amikal Party + Otto Von Schirach + Anklepants... Lille, Tripostal, 20h, nc

The Raveonettes Leuven, Het Depot, 20h, 21/18/16e

Hussy Hicks + Mind Lille, Tripostal, 21h, nc Ricky Saï Saï Lille, Waz’ Factory, 21h, 5e Ben Klock +Down Under Bruxelles, Fuse, 23h, 12/8e Surkin + Sam Tiba... Lille, Magazine Club, 23h, 8€ après 00h30/gratuit Hermanez + Joachim... Anvers, Café d'Anvers, 23h, 7e «It’s not a retro party» : Pierre + Storm + Anton S... Lille, Kiosk, 00h, gratuit

Dim 09.12 Ciné Concert de L'Homme Invisible (James Whale ) : Bobik ou Sacha Lille, Gare St-Sauveur, 16h, grat Arlt + Chris Cohen Lille, La Péniche, 18h, 12/11e


agenda

94

concerts Deeper Impakt + Atmosoul Lille, Kiosk, 18h, gratuit Chorale Pop Rock seniors du Grand Mix Lille, Gare St-Sauveur, 20h, grat Ewert and the Two Dragons Leuven, Het Depot, 20h, 5e

Lun 10.12 Petite Noir Bruxelles, Le Botanique/Witloof Bar, 19h, 14/11/8e Crystal Castles Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 23e Martha Wainwright Leuven, Het Depot, 20h, 21/18/16e

Mar 11.12 Fear Factory... Anvers, Trix, 19h, 30/28e Pinback + Will Samson Gand, Culturell Centrum Vooruit, 19h, 23/20,75e The Jon Spencer Blues Explosion... Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 25e Casse noisette Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 48/43/38e Dominique A + Pan Aurora Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 26/23e

Mer 12.12 Les Rêveries de Tristan : Katherine Broderick + Simon Lopper Lille, Opéra, 18h, 9/5e Saint André Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 19/16/13e Limousine Tourcoing, Hospice d'Havré, 20h, 13/10e

Zval And The Savate + konstantine Lille, La Péniche, 20h, 9/8e Corneille Lille, Théâtre de l'Hotel Casino Barrière, 20h, 30/27/24e Séb. Jarrousse Quartet Valenciennes, Le Phénix, 20h, 16/14/13/9€

Jeu 13.12 Eiffel + Twin Twisters Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, complet The Bewitched Hands Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 14/11/8e Moriarty invite : Thea Hjelmeland + Moriarty + Don Cavalli + Mark Kelly Arras, Théâtre d'Arras, 20h, 8e Stephan Eicher Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 40/37/33e Dirty Primitives Lille, maison Folie Moulins, 20h, 3e

Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 7/5/4/3e Ciné concert : Eraserhead de David Lynch : Cercueil Lille, Gare St-Sauveur, 21h, grat Brodinski + Pierre... Marchienne-au-Pont, Rockerill, 22h, 12/10e Bärlin Verlinghem, Café de la Fontaine, 22h, gratuit Pig & Dan + Tofke... Anvers, Café d'Anvers, 23h, 12e DJ Food & DK + Robot Koch... Bruxelles, Fuse, 23h, 12/10e Kölsch + Niels Sagers... Anvers, Petrol Club, 23h, 13/10e Clopio + Renart + Faon... Lille, Kiosk, 00h, gratuit

Sam 15.12 Peter Hook + Blancmange… Anvers, Trix, 13h, 30e

Dionysos Lille, L'Aéronef, 20h, 33e

Le Père Noël est-il un Rockeur ? : Saule + Yew + Gaëtan Streel + Bikinians... Dour, Dour Sports, 14h, 1 jouet neuf = 1 entrée

Ven 14.12

Monoblok & PSLKTR... Lille, Kiosk, 18h, 9/6e

Balthazar + Roscoe... Liège, La Caserne Fonck, 19h, 13,50e

The Herbaliser Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 18/15e

Bettye Lavette Leuven, Het Depot, 20h, 24/21/19e

Rock'N Noël : Loudblast... Liévin, Centre Arc En Ciel, 20h, 1 jouet = 1 place de concert

Marcel et son Orchestre + Sheetah et les Weissmuller... Lille, L'Aéronef, 20h, 23/19e

Marcel et son Orchestre Lille, L'Aéronef, 20h, complet

Diego Pallavas + Justin(e) Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 9/6e Daan Mouscron, C. Culturel Marius Staquet, 20h, 18/16/14e La Jarry + Tony Melvil Trio

Shiko Shiko + Perils of Penelope + Luminocolor Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 8/6/4e Roch Voisine Lille, Théâtre de l'Hotel Casino Barrière, 20h, 47/44/41/38e ONL + Ghislain Abraham Armentières, Le Vivat, 20h, grat


Retrouvez l’intégralité des concerts sur

Mission of Burma... Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 13/11/9e Jim Murple Memorial Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 12/9e Choeur régioN NPDC + ONL Boulogne sur Mer, Salle Omnisports, 20h, 16/12€ Massimo Girardi + BP... Anvers, Café d'Anvers, 23h, 7e Joy Orbison + Pierre + Deg Bruxelles, Fuse, 23h, 12/8e Otto Von Schirach... Liège, Inside Out, 23h, 10e

Dim 16.12

Rotonde, 19h, 16/13/10e Cradle of Filth... Charleroi, Coliseum, 20h, 30/25e Dez Mona + Black Cassette Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Box, 20h, 19e ONL Maubeuge, La Luna, 20h, 18e Hommage à Lou Reed : Lena Deluxe + Binoculars... Lille, L'Aéronef, 20h, gratuit

Mer 19.12 The Flux + Kraantje Pappie Diksmuide, Muziekclub 4AD, 12h, 10/7e

Atmosoul + Ed Awkins Lille, Kiosk, 00h, gratuit

Bel canto en Duo : Sonya Yoncheva + Marin Yonchev Lille, Opéra, 18h, 9/5e

Francesco Tristano Arras, Théâtre d'Arras, 11h, 21/17/13/10/9e

Agnes Obel Louvain, Schouwburg, 20h, 26/25/22/20/15/13/12e

Les Blaireaux + l'harmonie de Roubaix... Roubaix, Le Colisée, 17h, 22/19/17/13/8e

Release Party de Margaret Catcher Lille, m. F. Wazemmes, 20h, 3€

François Virot... Lille, La Péniche, 18h, 6e

Millow Anvers, Arenbergschouwburg, 20h, 24/21e

The Ex & Brass Unbound... Bruxelles, Les Brigittines, 19h, 20/15e

Jeu 20.12

John Mayall Anvers, Trix Club, 19h, 27/24e Bärlin Lille, C.C. Libertaire, 21h, Prix libre

Lun 17.12 Heaven 17 Leuven, Het Depot, 20h, 24/21/18e Millow Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ Flex, 20h, 26e

Mar 18.12 The Hickey Underworld Bruxelles, Le Botanique/

Alpha 2.1 + Meridians Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 14/11/8e Corou de Berra Valenciennes, Le Phénix, 20h, 22/20/17/13e A Brand Anvers, Arenbergschouwburg, 20h, 16/13e

Ven 21.12 Soirée fin du mondE... : Da Octopus + Mixjagger Lille, Kiosk, 18h, gratuit Great Mountain Fire Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 20/17/14e

N. Kruger + W. Lutoslawski... Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 30/24/12e Corou de Berra Valenciennes, Le Phénix, 20h, 22/20/17/13e Fest. Femmes et Migrations : Supafly Ladies + DJ Mikigold... Bruxelles, Espace Maghreb, 20h, 10/8e Doomsday : Crookers + Booka Shade + Jeff Mills + Popof + Mathias Kaden + Robert Hood + Technasia ... Anvers, Antwerp Expo, 20h, 96/36€ Duke Dumont + Thang... Gand, Club 69, 23h, nc, Eddy Oxford + Lovy Upton Bruxelles, Fuse, 23h, 13/10e Darren Emerson... Anvers, Café d'Anvers, 23h, 7e

Sam 22.12 Skriptom + Elecric rescue + missNoa + Mth + Czeski Lille, Kiosk, 18h, 9e Toybloïd + Château Brutal Valenciennes, Le Show room, 19h, gratuit Snoop Dogg Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 42e Funk This Way + Afro Soul Messenger + The Ugly Vip Lille, Tripostal, 20h, gratuit BigouNight #1 Lomme, m.F. Beaulieu, 20h, 5€ Jules X + Only the Lonelies Anvers, Petrol Club, 22h, 15/6e Ce N'est Pas De La Couille, Voici La New Wave #14... Bruxelles, Wax Club, 22h, nc Serge + THF B2B Cleveland Bruxelles, Fuse, 23h, 11/7e Massimo Girardi + Patrick Schmidt + Smos Anvers, Café d'Anvers, 23h, 7e


agenda

96

concerts Dim 23.12 « La merveilleuse histoire d’Henry Sugar » Comines, Le Nautilys, 16h, grat Marchienne de Noël : Benito Band + Philippe Noël Marchienne-au-Pont, Rockerill, 20h, gratuit

Lun 24.12 Christmas Not Christmas Bruxelles, Bonnefooi, 21h, 5e

Mar 25.12 The Fabulous Miss D’s Fabulous Birthday Show Bruxelles, Bonnefooi, 21h, grat.

Mer 26.12 In Dubstep We Trust #2 : DJ Nesia + Henri Pfr & Prega… Bruxelles, Fuse, 23h, 13/10e

Jeu 27.12 Shewby + Guest Lille, Kiosk, 23h, gratuit Twelve + Mad-D & Vista... Anvers, Café d'Anvers, 23h, grat

Ven 28.12 Morgy + Dj Wallace Lille, Tripostal, 20h, gratuit Marcel Dettmann... Anvers, Café d'Anvers, 23h, 15e Traumer + Paul Nazka Lille, Kiosk, 00h, gratuit

Sam 29.12 DJ SAIZ vs DJ FaaB Lille, Tripostal, 20h, gratuit Joachim + Pierre + Deg Bruxelles, Fuse, 23h, 10/6e Jamie Jones + Tofke... Anvers, Café d'Anvers, 23h, 20e Melogusto + Maskarade +

Monoblok + missNoa Lille, Kiosk, 00h, 7/5e

Dim 30.12 Chris Carrier + Geoffroy Mugwump + Sweatshop Bruxelles, The Wood, 23h, nc Atmosoul + Ed Awkins... Lille, Kiosk, 00h, gratuit

Lun 31.12 The Revenge 2012 to 2013 : David Asko + Czeski + Gym X Lille, Kiosk, 18h, 30/15e Le Globe Midnight Tour : compagnie Happy New Air + DJ Asphalte + Malik Berki Lille, Maison folie Wazemmes, 19h, 20/15€ Réveillon de la St Sylvestre à St Sauveur ! avec la Compagnie du Tire-Laine Lille, Gare St-Sauveur, 22h, gratuit Radio A Gogo NYE avec Black Elvis + Miss D... Bruxelles, La Tentation, 23h, 20/15€ ERROR 2012 : Speedy J + Cari Lekebush + Kr!z + Spacid... Gand, Galveston/Artcube, 23h30, 29/23€ Nouvel An de la Péniche ! : Aymeric Lompret + Francisco E Cunha Lille, La Péniche, 20h, nc NEW YEAR EVE avec Dawoonder & Thomas Ray Bruxelles, Madame Moustache, 20h, nc Fables & Fairytales : The Dungeon + Andhim + Don Santos + Massaar... Bruxelles, Brussels Event Brewery (BEB), 21h, 25/20e The Galaxie's Guide To The Discobar

Leuven, Het Depot, 22h, 23/20e Fuse New Year's Eve : Monika Kruse + Marc Houle + Steve Bug... Bruxelles, Fuse, 22h, 25/20e F*chin' Beat NYE 2013 : Dirtyphonics + Audio... Bruxelles, Marivaux Hotel, 22h, 15e uNYghted New Year’s Eve avec Yves V + M.I.K.E. + Dave Lambert ... Gand, Eskimo Fabriek, 22h30, 99/35/30/25€ This was 2012 : Sam De Bruyn + Les Mecs + Fuck My Eardrums + 247... Bruges, Het Entrepot, 23h, 15/10e NYE 2013 at GESU CHURCH : Sebastian, Foals DJ, Mickey... Bruxelles, Libertine Supersport 23h,nc New Year's Eve : Massimo Girardi + Joachim + Bartholomeo + Smos... Anvers, Café d'Anvers, 23h, 20e Louis Katorz + Way + Nils Holgerffun + Black Elvis... Anvers, Petrol Club, 23h, 15/10e Neon + Yamo + Benji + Soulspinnas + Nukov... Ostende, Krush Club, 23h, 10e New Year's Eve au Culture Club : Super Treize ! Moonlight Matters + GuyOhm + Neon & Davidov... Gand, Culture Club, 23h, 15e Speedy J + Cari Lekebush + Kr!z + Spacid... Gand, Galveston/Artcube, 23h, 29/23e Hindu Nights NYE : Taous de Lille + The Modernists + Juliette et ses Baguettes Gand, Culturell Centrum Vooruit, 00h, 25/19e


le mot de la fin (du monde)

98

Auteur méconnu de réclames au début du xxe siècle, Auguste Derrière fut aussi un visionnaire. Fervent lecteur de l'Almanach Vermot et du calendrier Maya l'Abeille, il avait prévu la fin du monde  ! Sachant que notre dernier repas serait forcément frugal, le publicitaire anticipa la restauration rapide. À l'époque, on le prit pour un clown. Vous connaissez la suite... à lire / Les moustiques n'aiment pas les applaudissements et Les fourmis n'aiment pas le flamenco (éd. Le Castor Astral, 13,10€) - à visiter / www.augustederriere.com



let'smotiv nord & belgique - décembre 2012