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n째79 / novembre 2012 / GRATUIT

nord & belgique Cultures et tendances urbaines


Sommaire Let’smotiv - novembre 2012

Cassidy © xmen

#79

06 news Publicité sexiste, Metropolis,

Robert Wehrlin, La Ville Magique, Romy Schneider, Art, Science et Fiction (au MAC's), Glissement de Terrain, Futurotextiles, Imaginarium, Fantastic Attraction, Phantasia, Le Vol du Dragon… Agenda

L'union fait la frite, une table misanthrope, Vol au-dessus de la Seine, Le ventre de Google, La récidive de Zidane, Sacha Freddie Baron Mercury, American Graffiti...

14 portfolio

82  théâtre & danse

Les maisons volantes de Laurent Chéhère

22 rencontre avec Lou Doillon 26 mShadow, usique The XX, Hip-Hop Dayz, Twin Alt-J, Aline, Animal Collective, Poliça, Electric Electric, Beach House, Festival Tour de Chauffe, Si ça vous chante, Beth Orton, Allo Darlin', Bat For Lashes, Happy Mondays...

40 rencontre avec Yan Wagner

46 cinéma The Sound of Belgium,

Festival du film d'Arras, Populaire...

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Exposition Ellen Kooi, Robert et

Shana ParkeHarrison, Intranquillités, Science et Fiction, Antoine Mortier,

98

Next Festival, Kiss and Cry, Face Nord, Cédric Andrieux, Hiya, Miss Knife chante Olivier Py, Jean-Claude Dreyfus, Slava's Snow Show, Pré… Agenda  ittérature Tristan Garcia : l Mémoires d'outre-tombe

102 livres Jérôme Skalski, Nick Kent,

Claro, Richard Morgan, Sophie Bramel et Patricia Poiré

104 disques David Shaw And The Beat, Motorama, Daphni, Michael Mayer, Otto Von Schirach

106 agenda concerts 114 Le mot de la fin

Auguste Derrière fait de la réclame !


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Let’smotiv Nord & Belgique 114 rue Barthélémy Delespaul - F - 59000 Lille tél : +33 362 64 80 09 - fax : +33 362 64 80 07 redaction.nord@letsmotiv.com redaction.bruxelles@letsmotiv.com

w w w. l e t s m o t i v. c o m Direction de l’édition / Rédaction en chef : Nicolas Pattou

nicolas.pattou@lastrolab.com

Rédaction : Thibaut Allemand

redaction.nord@letsmotiv.com

Florian Koldyka Elsa Fortant

info.nord@letsmotiv.com

Direction Artistique / graphisme : Cécile Fauré

cecile.faure@lastrolab.com

Couverture : Flying Houses

www.laurentchehere.com

Publicité : pub.nord@letsmotiv.com

administration : Laurent Desplat

laurent.desplat@lastrolab.com

Impression : Imprimerie Ménard 31682 Labège

diffusion : C*RED (France/Belgique) ; Zoom On Art (Bruxelles)

Ont collaboré à ce n° : François Annycke, François-Xavier Béague, Madeleine Bourgois, Clémence Casses, Pascal Cebulski, Laurent Chéhère, Florent Delval, Cédric Delvallez, Auguste Derrière, Hugo Dewasmes, Marine Durand, Grégory Escouflaire, Louis Hertert, Audrey Jeamart, Raphaël Nieuwjaer, Maxime Olivier, Clément Perrin, Stéphane Prigent, Olivia Volpi

Let’smotiv Nord & Belgique est édité par la Sarl L'astrolab* - info@lastrolab.com Membre du réseau Let’smotiv Magazines - Let’smotiv est une publication d’Urban Press L'astrolab* Sarl au capital de 5 000 euros - RCS Lille 538 422 973 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. ı Let'smotiv est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement. Ne pas jeter sur la voie publique.

Papier issu de forêts gérées durablement


en Bref

Fils de pub !

© DR

Old-school et obscène, cette réclame pour un pull-over est tirée de Les pubs que vous ne verrez plus jamais : 100 ans de publicités sexistes, racistes, ou tout simplement stupides, florilège d'affiches immontrables aujourd'hui. Beaucoup sont choquantes, certaines franchement tordantes, à vous de voir.

Graphic Motiv of the Exhibition, Maschinen-Maria (Brigitte Helm), Cinémathèque française

Éd. Hugo, 160p., 14,99)

Telex

Ciné-classic Metropolis, on connait tous : les riches en haut, les pauvres en bas, la révolte, etc. Mais on ira (re)découvrir ce chef-d'œuvre accompagné par l'ONL. L'orchestre donne sa pleine mesure à la partition signée Gottfried Huppertz. Pour l'anecdote, c'est le chef Frank Strobel, présent ce soir, qui a dirigé le réenregistrement de 2010, pour la réédition DVD. Ce n'est pas rien. Et, vraiment, bien mieux que Giorgio Moroder, Bonnie Tyler et Freddie Mercury réunis. Le 12 octobre dernier, ce grand dadais de Pete Doherty cherchait, en vain, une voiture pour l'emmener voir Noel Gallagher à Toulouse. Et la SNCF, Pitou ? Le génie du rail n'a plus le droit de prendre le train depuis une sombre histoire de vol... de chariot de charcuterie. No comment.


news

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Dans le cornet

www.brusselicious.be

Passe moi le sel ! « Contrairement aux apparences, ma femme et moi, on s'entend bien. À table, jamais un mot plus haut que l'autre. D'ailleurs, on ne se parle plus  ». Le temps a passé, ses qualités sont devenues ses pires défauts. Votre conjoint, sans gêne, mange aussi sa soupe bruyamment  ? Michael Beitz a la solution. La spectaculaire Avoid Conversation Dining Table évite de voir la personne assise en face de soi. Un petit coin de misanthropie. www.michaelbeitz.com

© Atelier Zündel Cristea

Jump Around ! « Tout le long de la Seine on passe sous les ponts...  ». Eh bien en voilà un sur lequel il faudra s'arrêter, ou plutôt sauter ! Un ponttrampoline, c'est le projet fou imaginé par le cabinet d'architecture parisien Atelier Zündel Cristea. Une idée qui lui a permis de remporter la troisième place du concours ArchTriumph. Pas d'inquiétude à avoir, grâce aux mouvements des boudins collatéraux, les chutes seraient impossibles. S'envoyer en l'air sur un pont à Paris, on dit oui ! www.zundelcristea.com Un déménagement, ça a du bon. On ouvre une boîte oubliée et c'est la surprise. Il aura fallu 110 ans au National Media Museum pour découvrir dans ses archives le plus vieux film en couleur de l'histoire, produit par Edward Turner, photographe, qui devient donc le père de la couleur au cinéma.

© Michael Beitz

Brusselicious fait place à la valeur sûre, la seule, l'unique, la frite ! Avec un concours de la meilleure fritkot (ou friterie) ou une distribution de cornets vides aux passants, automobilistes et autres quidams, que chacun pourra remplir pour un euro symbolique. Reste à connaître le volume du cornet, évidemment. Mais au fait, la frite, ce ne serait pas la french fries, aux USA ? Ça sème le doute quant à une supposée belgitude… et fera l'objet d'un débat forcément salé.


© Connie Zhou

news

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Sous le moteur Quelque part entre le centre Beaubourg et des Tubulo, voici l'un des nombreux centres de données de Google. Souvent décrié pour ses atteintes à la vie privée ou sa complicité avec des régimes pratiquant la censure, le géant du Web met ces coulisses en scène. Une manière de se refaire une image en dévoilant l'envers du décor ? www.conniezhou.com

Coup de tête

© DR

Exposée depuis septembre devant le Centre Beaubourg, cette gigantesque statue immortalise le geste de Zinédine Zidane. Scandale chez les grincheux invoquant l'esprit sportif et autres fadaises. Zizou, lui, n'a pas encore réagi. Il est un peu lent. Nous, on trouve plutôt bien vu ce rappel monumental, qui évoque les statues équestres célébrant des généraux oubliés. Et pour une fois, il s'agit de célébrer une défaite ! À quand celle de Cantona en karatéka ?

Telex

Au 10 rue d'Arras, à Lille, se tenait autrefois une bouquinerie. Aujourd'hui occupé et réhabilité par un collectif libertaire, le lieu, rebaptisé L'Insoumise, propose une bibliothèque, des projections de films, des débats, des rencontres... www.insoumiselille.wordpress.com


j'veux du Cuir Démentie il y a trois ans, la nouvelle est enfin confirmée : Sacha Baron Cohen incarnera Freddie Mercury dans le biopic consacré à Queen. Pour l'anecdote, Baron Cohen reconnaît s'être grandement inspiré du leader du groupe mythique pour incarner Borat - la ressemblance entre les deux moustaches est d'ailleurs frappante. Produit par Robert de Niro et écrit par Peter Morgan (The Queen, tiens donc !) le long-métrage devrait sortir en 2014.

© DR

news

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Lassé de mettre les assassins au violon, le Mexique compte sur la corde sensible de Pedro Reyes. Cet artiste inspiré a conçu 50 instruments de musique en recyclant 6700 armes à feu, toutes rapportées par les citoyens de Culiacán, qui détient le triste record de criminalité du pays.

© Pedro Franco

www.blog.pedroreyes.net

Telex

© DR

Le chant des canons

La chapelle sixties Que fait George Lucas lorsqu'il n'ajoute pas des micro-secondes en 3D à un épidode de Star Wars ? Il restaure d'autres vieilles bobines, telles que celles d'American Graffiti (1973). Ce film révéla Harrison Ford ou Ron Howard et... donna naissance à Happy Days. C'est surtout l'un des premiers hommages à un âge d'or révolu : celui de l'émancipation des jeunes, des drive-in, des dancings et de la radio, omniprésente. Bref, la vision fantasmée d'une Amérique rock'n'roll.

Tandis que le fan club de Christine Boutin fustige le mariage pour tous, les néo-fascistes russes de Narodny Sobor accusent la marque Vsyoly Molochnik (le joyeux laitier) de promouvoir l'homosexualité. Motif ? Ces briques de lait arborent un arc-en-ciel. Ah oui, forcément...


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Làhaut

Laurent Chehere Mais quelle tornade fait décoller toutes ces tristes maisons de banlieue ? On songe immédiatement à Là-Haut (2009), jolie fable numérique des studios Pixar. « Je pensais plutôt à un film de 1956, Le Ballon Rouge, corrige Laurent Chéhère, auteur de ces clichés poétiques. Pixar lui a tout pompé ». Voilà pour la précision historique. Le plus important ? Ce Ballon Rouge prenait son envol à Ménilmontant, quartier de résidence du photographe. « Un coin très cosmopolite, où l'on peut faire le tour du monde en allant chercher le pain ». Le tour du monde, Laurent Chéhère l'a déjà fait, au cours de reportages au Japon, à New-York ou Copsa Mica (Roumanie), l'une des villes les plus polluées du monde. « Cette série possède aussi une force documentaire, modère Chéhère. Il s'agit de pointer un phénomène. En l'occurrence, de mettre en valeur des bâtiments oubliés, des hôtels de passe ou des maisons borgnes de ce Paris populaire qui survit encore. C'est pourquoi j'ai pris mes photos à Ménilmontant, Pantin ou Belleville ». Ironie de l'histoire : ces maisons n'existent pas vraiment. L'ancien créatif publicitaire shoote des dizaines de bâtisses sous le même angle, avec la même lumière, puis retravaille le tout avec Photoshop pour en construire une seule. En format 120x120cm, ces images prennent tout leur sens, laissant tout le loisir au créateur de cultiver le détail (un graff, une inscription, un personnage...) pour exacerber leur réalisme. Utiliser les artifices pour révéler le vrai  ? Une définition de l'art, en quelque sorte. Thibaut Allemand Flying Houses, jusqu'au 4.11, Paris, Galerie Paris-Beijing, www.galerieparisbeijing.com www.laurentchehere.com


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« Les blessures les plus personnelles sont universelles

»


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interview

lou doillon Promesses Propos recueillis par ¬ Thibaut Allemand Photos ¬ DR, Mathieu Zazzo

Sincèrement, on n'en menait pas large au moment de rencontrer Lou Doillon. Les quelques films et photographies laissaient présager un tempérament volcanique et bien décidé à en découdre. Des dizaines d'écoutes de l'intimiste Places plus tard, on découvrait d'autres facettes, plus introspectives et émaillées de fêlures. Bref, on ne savait sur quel pied danser. On s'inquiétait pour rien : franche et pleine d'humilité, Lou Doillon séduit. Et convainc, surtout. Vous écrivez et composez depuis sept ans déjà, mais n'aviez jamais rien publié. Pourquoi ? Je suis d'un caractère assez late bloomer. J'ai besoin de temps et j'ai attendu d'en avoir envie plus que tout. Jusqu'ici, j'avais rencontré des gens qui souhaitaient simplement exploiter mon nom ou bâcler un projet pour faire du blé. Étienne Daho fut déterminant car il n'avait rien à prouver et désirait produire cet album pour une seule et bonne raison : la musique.

Etes-vous entièrement satisfaite du résultat final ? Je souhaitais surtout enregistrer vite et simplement. Je voulais retrouver l’ambiance des Lp's des 70's qui sont centrés sur une énergie, une rapidité d'exécution – tous les Dylan, les Cohen, le blues... Finalement, les artistes sont partis en vrille dans les années 80, en passant cinq ou dix ans dans un studio. Voire plus avec les Guns N' Roses ! (Sourire.) En ce qui concerne le studio, je suis une bleue, et lorsqu'une chanson ▲


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est écrite, d'une certaine manière, elle est prête. À la limite, si on m'avait proposé des arrangements salsa, j'aurais pu être réticente, mais j'aurais certainement dit « Oh, ben fais voir... ». Mais ça n'a jamais été le cas, heureusement  ! (Sourire.) Étienne Daho a demandé aux musiciens de jouer en retenue, afin de respecter les versions originales guitare-voix. Vos chansons sont le reflet de vos états d'âmes. Êtes-vous tentée par la chronique, la narration, à la manière d'un Ray Davies, par exemple ? J'essaye, et j'y ai pensé, mais ça ne s'est pas fait pour plusieurs raisons. D'une part, le «  je  » est venu naturellement. Mais je ne savais pas comment l'album

serait perçu, j'ai eu un peu peur. Avec ce statut de fille-de, sœur-de, it-girl, modeuse ou je ne sais quoi, j'ai évité de me mettre à la place des gens du coin de la rue. Je me suis donc concentrée sur des drames personnels, amoureux. Car ces blessures-là, les plus personnelles, sont universelles. Vous avez signé pour trois albums. En écrivant de nouvelles chansons, vous êtes-vous découvert des tics d'écriture ? Oui. Par exemple, le mot « places », qui est dans la chanson-titre, se retrouve aussi dans I.C.U. et dans Same Old Game. Mais je ne m'en suis aperçu que récemment. En fait, on découvre des choses sur soi-même, des obsessions.


« Enregistrer vite et simplement un album

honnête »

Et en ce qui concerne la composition ? Depuis un mois, j'ai recommencé à écrire, et c'est très différent  : faire de la musique toute seule, c'est comme jouer un tennis avec personne en face. Je ne suis pas une grande guitariste, je connais seulement quelques accords, mais j'ai beaucoup appris au contact des musiciens. En un an, mon approche de l’instrument a plus changé que durant les six dernières années. De plus, avant, ma voix avait tendance à occuper tout l'espace pour toucher le plus possible. Pour l'heure, l'accueil est chaleureux. Vous ne vous y attendiez pas... Non, je n'en reviens pas. On a été disque d'or en dix jours, et ça marche en France, en Suisse, en Belgique, et pas seulement dans un microcosme modeux ou hypeux. De toute façon, je ne pense pas que ça les intéresse. Pour l'instant, c'est un album populaire, qui plaît aux « vrais gens ». Oh non, je parle comme Sarkozy  ! (Sourire.) Je ne me l'explique pas, ou alors en me disant que c'est un album honnête et humble. Aujourd’hui, on essaie toujours d'embrouiller les gens, en affichant le travail de 300 personnes, sur 42 pistes pour le moindre single... Or, ici, on a simplement travaillé honnêtement.

Et la scène, c'est nouveau, en tant que chanteuse ? Oui, mais j'ai eu la chance de participer à deux pièces très bizarres où je jouais lumières allumées, seule face au public. C'est une expérience étrange, mais j'aime voir les visages, les réactions. Désormais, c'est encore différent, les gens commencent à connaître les paroles, à chanter, et je n'ai jamais vécu un truc plus divin de ma vie ! Retrouvez l'intégralité de l'interview sur www.letsmotiv.com 08.12, Bruxelles, Orangerie, 19h30, 21/18/15€, +32 (0)2 218 37 32 À écouter / Places (Barclay/ Universal)


Union Š Matt Wats

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État des lieux Dans la métropole lilloise, grâce aux Hip-Hop Dayz, novembre est synonyme de battles, de graff, de flow et de beats. Mais qu'en est-il le reste de l'année ? Tandis qu'on pose les fondations d'un Centre Eurorégional pour les Cultures Urbaines dans le quartier de Lille Moulins, on se demande si le hip-hop a véritablement droit de cité. Depuis une dizaine d'années, la culture hip-hop bénéficie d'une certaine légitimation : le breakdance franchit les portes guindées des opéras (citons Petites histoires. com, du chorégraphe Kader Attou, en 2010) et le street-art s’expose dans les galeries. Mais quid du son ? Si le rap attire un public croissant dans les concerts officiels (+34%* de fréquentation entre 2010 et 2011), il ne représente que 4% de l'offre des salles de musiques actuelles. La faute à qui ? Aux discriminations persistantes, à une offre jugée (à tort) insuffisante et peu qualitative, au manque de structuration du secteur ? Rania, chargée de communication de l'association Call 911, pointe d'autres causes : « Les rappeurs de la région ne disposent pas de lieux où répéter. Les programmateurs sont donc frileux à l’idée de booker des artistes si peu habitués à la scène ». Certains comptent alors sur le précité Centre (déjà surnommé Maison du Hip-Hop) pour professionnaliser les jeunes talents... à partir de 2014. En attendant Reste évidemment les Hip-Hop Dayz. Douze bougies et toujours la même flamme. On se réjouit déjà du sulfureux plateau Time Bomb and Friends, du nom de la maison-mère de Lunatic, Pit Bacardi, Oxmo... Parmi les artistes présents, citons DJ Mars (co-fondateur du label) et des incontournables (Rocé et Busta Flex). Autre temps fort : le concert de Grems (vieux complice du Jouage) et Bang On !, révélation du label Big Dada et pourvoyeur d’un UK rap dopé aux basses diaboliques. Enfin, on se bouscule pour les mythiques M.O.P, auteurs de Ante Up et Cold As Ice, deux des titres les plus exaltants de la Côte Est américaine. Cerise sur le gâteau ? Le vénérable Dee Nasty au LaM. En espérant ne pas attendre un an de plus pour croiser ces artistes dans des salles dignes de ce nom ! Stéphane Prigent * D’après l’enquête sur la diffusion musicale dans les salles de musiques actuelles en 2011, pilotée par la Fedurok, la FSJ, le CNV, le SMA et le RIF. HIP-HOP DAYZ # 12, du 12 au 25.11, + 33 (0)3 20 911 911, www.call911.fr Lille, maison Folie Moulins : Zoxea + Feini-X Crew + Psykokondriak + Veerus (09.11, 20h) / Union + Beatmaker Contest NPDC... (15.11, 20h) // Lille, L'Aéronef : Time Bomb & friends : Rocé, Dany Dan, Busta Flex, Rocca, Cassidy... (16.11, 20h) / M.O.P, Youssoupha... ( 17.11, 20h) // Lille, Le Biplan : Abass Abass, Nuul Kukk, T.O.X (22.11, 20h30) // Tourcoing, Le Grand Mix : Grems + Bang On! (23.11, 20h) // Hénin-Beaumont, L'Escapade : Seth Gueko, Zekwe Ramos, Al Kpote + Psykokondriak (24.11, 20h30)


Dominique A © DR

Rodolphe Burger © Julien Mignot

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Tour de chauffe Si ça vous chante Durant toute l'année, le dispositif Tour de Chauffe favorise la professionnalisation des groupes amateurs de notre région (bilan scénique, résidences, collaboration avec des ingénieurs du son...). Ce rendez-vous de novembre permet de mesurer le chemin parcouru. Il relève moins du tremplin que du véritable festival : les jeunes formations y croisent de vieux briscards (Troy Von Balthazar, Rodolphe Burger...), et des valeurs montantes (Garciaphone, fleuron du label Kütu Folk). Enfin, il ne s'agit pas d'un festival rock : de l'électro d'HassanK jusqu'au jazz échevelé de DPZ, chaque genre est dignement représenté. Thibaut Allemand

« Si ça vous chante envisage la chanson au sens large » expliquent les organisateurs de la manifestation louviéroise. En quelques jours, se succèdent des pointures du genre (l'insubmersible Arthur H) et francs-tireurs conjuguant le minimalisme aux déflagrations noisy (Dominique A, toujours aussi remuant). En outre, Si ça vous chante invite l'étrange Monsieur Fraize, sorte de clown blanc ubuesque à la fantaisie surréaliste, mais aussi la fanfare cuivrée du Koçani Orkestar et propose, en clou du spectacle, un cinéDj autour du mythique West Side Story (1961) ! Thibaut Allemand

Prog : Troy Von Balthazar... (09.11) // Elephant (10.11) // Stuck In The Sound... (14.11) // Garciaphone + Label Rose (11.05) // Erol Josué... (16.11) // Rodolphe Burger + Les Autres (17.11) // Die ! Die ! Die ! + Mars Red Sky + Poncharello... (23.11) // Kid Bombardos + Let It Bleed... (24.11) // Kinski Elevator + We Are Toxic (28.11) // Filastine + HassanK... (29.11) // Erevan Tusk + Yohav... (30.11)// DPZ + Zytoum... (01.12) 09.11>01.12, Comines, Faches-Thumesnil , Lille, Lomme, Roubaix, Villeneuve d'Ascq, 5€/ soirée, www.tourdechauffe.fr

Prog : Kiss & Drive + Mister Diagonal & The Black Light Orchestra, 15/12e (06.11) // Domnique A, 24/21e (07.11) // Arthur H + La Mordue, 30/25e (09.11) // Monsieur Fraize, 12/10e (11.11) // Le lundi au soleil - West Side Story, : 11/8e (12.11) // Koçani Orkestar, 16/14e (13.11) 06>13.11, La Louvière, Le Chapiteau et divers lieux, de 30 à 8€, +32 (0)6 426 15 00, www.lalouviere2012.eu


alt-J

Ce Dominicain au perfecto clouté balance un heureux mélange de synthés et de riffs rock’n’roll. L'ensemble est contrebalancé par la chaleur de son grain de voix. Contrairement à Forget (2010) coproduit avec Chris Taylor (Grizzly Bear), Confess est un pur produit de Georges Lewis Jr. Sur scène, soutenu par un batteur, un bassiste et une claviériste, la référence new wave domine. Le dandy à la banane gominée manifeste alors son obsession 80's à coups de mélodies entêtantes (Five Seconds) et rythmiques insolentes (Beg For The Night).

Surfant sur le succès massif de son premier essai (An Awesome Wave, 2012), le quatuor anglais foule les scènes des quatre coins du monde pour défendre sa pop créative et aérienne, portée par la voix nasillarde de son leader Joe Anderson. Une œuvre hétérogène où chaque morceau, minutieusement travaillé, invite à se laisser aller. Face au public, les Loiners, pourtant très professionnels demeurent parfois trop appliqués, semblant manquer d'enthousiasme. Nul doute qu'avec le temps cette timidité apparente disparaîtra au profit d'une assurance légitime. 06.11, Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet ! 16.11, Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, Complet !

© Jory Cordy

Twin Shadow

© Tyna Tyrell

musique

30

05.11, Bruxelles, Le Botanique (Orangerie), 19h30, 13€, +32 (0)2 218 37 32

© frank Loriou

Aline

07.11, Lille, La Péniche, 20h, 9€, www.lapeniche-lille.com

Par-delà l'allitération, on aime Aline pour les mêmes raisons qu'Allo Darlin' (voir p.38). D'ailleurs, les deux partagèrent les planches l'an passé – Aline avait encore son nom de jeune fille (Young Michelin) et ce fut l'un des concerts les plus émouvants de l'année. Un idéal indie pop en soi. Des hymnes de poche aux folles ambitions, des ritournelles tourneboulantes, des arpèges cristallins, le tout joué de manière appliquée mais pas toujours en place. Humain, quoi. On tient enfin les héritiers des oubliés Gamine – groupe bordelais à rééditer d'urgence, d'ailleurs.


Futurama 2042. Demain, donc. Les membres d'Animal Collective ont la soixantaine. Geologist et Avey Tare sont rentrés à Baltimore, Panda Bear coule des jours paisibles à Lisbonne, Deakin a mis les bouts on ne sait trop où. Dans les kiosques, Mojo et Rock&Folk affichent Animal Collective en une. Mais pourquoi donc ? Parce qu'Animal Collective fait désormais partie du patrimoine, au même titre que Neil Young ou Paul Weller. Or, sont réédités ces jours-ci tous les albums du collectif, remasterisés, gravés sur vinyles 728 grammes, accompagnés d'un DVD PurpleRay compilant des lives captés à l'i-Phone 5 (une antiquité)... Bref, c'est l'occasion pour les historiens de revenir sur l'impact de la formation à géométrie variable. À l'aube du xxie siècle, cette bande de musiciens hirsutes et hors-normes, amis des pas faciles Black Dice, se réappropriait le freak folk, la noise ou l'electro. Signait des tubes diagonaux trempés dans la réverb' et poussait une génération à danser comme des Indiens, noyés sous des litres de nostalgie acide. Le groupe conservait son intégrité, jouant au MoMA new-yorkais avant d'investir le très DIY Grrrnd Zero lyonnais la semaine suivante, pour un maigre cachet. Et les années vingt ployèrent sous le poids de jeunes formations redécouvrant ces formules magiques et tentant de les recréer, en vain. Mais quid de la fin d'Animal Collective ? Et bien, un beau jour... Bon, nous ne sommes pas en 2042. On ne peut tirer de plans sur la comète. Et alors ? Les voir sur scène, c'est assister à l'Histoire en marche. C'est déjà pas mal, non ? Thibaut Allemand Animal Collective + Prince Rama 09.11, Tourcoing, le Grand Mix, 20h, 26/23€, +33 (0)3 20 70 10 00, www.legrandmix.com 10.11, Anvers, Muziekcentrum Trix, 19h30, 28/25€, +32 (0)3 670 09 00, www.trixonline.be

© Atiba Photo CROP

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© Cameron Wittig

© Christophe Urbain

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Poliça

Electric Electric

Poliça affiche une voix autotunée, certes, mais des plus envoûtantes. Intensifiées par la présence de non pas un, mais deux batteurs, les compositions du groupe offrent des sonorités tantôt nébuleuses tantôt célestes. à la manière de Zola Jesus, le quatuor américain franchit plusieurs frontières stylistiques, flirtant même avec l’expérimental. Une patte et une aura singulières, emblématiques d'un univers empreint de délicatesse et d’ardeur. Rendez-vous avec une œuvre cabossée mais accessible.

Electric Electric centralise toutes les qualités d'un son moderne et brutal, intransigeant et aventurier. Et pour les avoir déjà admirés maltraiter six-cordes, batterie et clavier, on suppose que ces types ont dû grandir pas trop loin de Fessenheim. Du math rock, le trio strasbourgeois conserve les accords en racines carrées et colle à l'ensemble un sens du beat qui tabasse, enrobant le tout de claviers barbelés. Devant cette débauche de violence tribale et festive, cousine de Trans AM et Battles, les peureux tournent les talons et nous, les serviettes.

Festival des Inrocks, avec Electric Guest, The Vaccines, Phantogram 8.11, Lille, L’Aéronef, 19h30, 40/32/23/19€ 18.11, Anvers, Arenbergschouwburg, 16h, 30/25€

© Elizabeth Flyntz

Beach House

Beach House + Holy Other 18.11, Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet !

Papier Tigre + Electric Electric 18.11, Roubaix, la Condition Publique, 19h, 10/8/6€, +33 (0)3 28 33 48 33

Ces Franco-américains cultivent d'abord une atmosphère. L'invitation au voyage manifeste dans leur dernier essai est renouvelée à grand renfort de mélodies épiques. Sur album comme sur scène, le duo s'enrichit d’un batteur. Leur technique interpelle : le guitariste Alex Scally muscle son jeu, et la chanteuse et claviériste Victoria Legrand trouve l’équilibre parfait entre murmures et clameurs. Lumières bleues tamisées et brouillard épais, la mise en scène de Beach House nous enveloppe de pied en cap.


© Jamie James Medina

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Matière grise Affichant des visages placides, les membres de The XX semblent d'une timidité maladive. A défaut de changer la face du monde, l'introspection de ces jeunes gens mal à l'aise est touchante. Reprenant les codes de la new wave qui fait froid dans le dos, le trio londonien jouit aujourd'hui d'une position unique sur l'échiquier pop. « S'il vous plaît, apprenez moi tranquillement, comment respirer. Et je traverserai les océans comme jamais auparavant  ». En péril, Romy Madley Croft lâchait cette sentence au cœur

du séisme XX (2009). à l'ombre de son deuxième effort, Coexist (2012), composé en plein centre des quartiers affectés par les émeutes londoniennes, The XX confirme qu'il est le groupe


talisman de notre époque. Car crise oblige, le trio britannique décline les teintes poivre et sel comme d'autres répètent leurs gammes, jour et (surtout) nuit. La production de l'éminence grise Jamie Smith calibre des titres sur le qui-vive et maximalise le minimalisme. Pour preuve, Romy, petit bout de femme au teint pâle, ne pince sa guitare qu'en alternance au chant, jamais simultanément. Partageant le front de scène, le chanteur et bassiste Oliver Sim, profil bas, diffuse un début de groove caractéristique (Islands,

Chained, Crystalised), rappelant le jeu des fragiles colosses de Young Marble Giants. Moins-disantes, leurs mélodies se mêlent à des textes limpides et mélancoliques, rongés par les liens intimes de deux amis, amants, qu'importe. Aucun effet de manche : ces rythmes syncopés et cymbales étouffées nous plongent dans un spleen ravageur. Magnétique, le live exprime la pleine mesure de cette cold wave sur la longueur, unissant Reunion et Sunset, ou encore Fantasy et Shelter. Un mariage de déraison. Florian Koldyka

The XX 19.11, Lille, L'Aéronef, 20h, complet ! 21.11, Anvers, Lotto Arena, 20h, 132/34€, www.sportpaleis.be


© DR

© Nik Vestberg

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Bat For Lashes allo darlin' L'Islande a donné naissance à Björk, la Nouvelle-Zélande a enfanté Bachelorette et le Royaume Uni, Bat For Lashes. À chaque fois, la situation insulaire et son corollaire, l'isolement relatif, ont semble-t-il décuplé la spiritualité de leurs musiciennes. Entre le profane et le sacré, Natasha Khan tisse la toile d'une pop synthétique et audacieuse – et nous voilà obligés de la comparer, encore, à Kate Bush. Pétrie de spiritualité, cette proche de David Sitek (TV On The Radio) décline des thèmes ésotériques avec une jolie maîtrise vocale et hypnotise son public de sa présence spectrale. Bat For Lashes + Race Horses 26.11, Lille, Le Splendid, 20h, 30€ 29.11, Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 26€

© Jo Metson Scott

Beth Orton

Au fait, pourquoi la pop nous touche tant ? Cette musique nous émeut lorsqu'elle exprime simplement des sentiments complexes. Quand une mélodie colle à l'âme comme un chewing-gum éternellement frais. Quand, passeuse, une formation manie les références sans déférence. Lorsqu'on sait intimement que l'on suivra toute une vie notre meilleur groupe de la semaine. Et quand sur les planches, nos espérances sont surpassées par une bande d'amateurs jouant de main de maître des chansons qu'on aurait rêvé écrire. Pourquoi Allo Darlin' ? Pour toutes ces raisons, entre autres. 24.11, Lille, Le Rouge, 20h, 8€, +33 (0)3 20 55 58 62

On avait découvert cette adepte du grand écart en compagnie des Chemical Brothers, de William Orbit ou de Terry Callier. Depuis 2006 et Comfort Of Strangers, l'Anglaise a délaissé la folktronica et les soubresauts digitaux qui l'avaient consacrée (Daybreaker, 2002). Depuis, elle embrasse une folk élégiaque et bucolique définitivement plus classique. Mais tout aussi émouvante. Guitare chevillée au corps et regard fuyant, sur scène, on pense à Aimee Mann ou Carole King. 21.11, 19h30, Bruxelles, L'Orangerie, 17/14/11€, +32 (0)2 218 37 32


« Je ne cherche pas à séduire les clubs »


interview

YAN WAGNER Deux jours à tuer Propos recueillis par ¬ Elsa Fortant Photos ¬ Marie Athénaïs

Entre New-York et Paris, le cœur de Yan Wagner balance. Mais c'est dans le XVIIIe arrondissement que le jeune compositeur a décidé de poser ses valises le temps d'un album, le premier. Véritable travail d'orfèvre, Forty Eight Hours laisse la place belle à une voix de baryton envoûtante et dévoile des sonorités électroniques, techno, pop et new wave. Mise en lumière d'un artiste énigmatique. Qu'est-ce qui vous a d'abord attiré dans les musiques électroniques ? Je n'ai jamais été fasciné par les guitaristes ou les batteurs. Ce sont les machines et leurs mystères un peu occultes qui m'attirent. Et leur chaleur, aussi : un duo comme DAF n'utilise que des machines, mais ça sent la sueur, ça reste très humain. C'est cette sensation que j'essaie de retrouver, et c'est pourquoi j'ai fait appel à Arnaud Rebotini pour la production. Son rapport aux machines est tout sauf froid, le même qu'un guitariste aurait avec son ampli... Connaissiez-vous bien son travail avant de collaborer avec lui ? Oui, il fait quand même partie du paysage. J'appréciais Black Strobe, mais je ▲

préfère ses deux albums solo. Arnaud possède une approche très instinctive, mais il conceptualise tout et parvient à expliquer tout ce qu'il fait. C'était très enrichissant de travailler avec lui. Il a vraiment joué son rôle de producteur en homogénéisant un ensemble de morceaux composés durant deux ans et manquant parfois de cohérence. Il a trouvé les couleurs générales de l'album. Vous teniez au format album ? Ce projet est très pop. L'album demeure le meilleur format pour écrire des chansons, tout simplement. Sans chercher à séduire les clubs. Vos morceaux évoquent souvent d'autres artistes de la vague électro-

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nique des années 80. Ce sont des références assumées ou des réminiscences inconscientes ? Le fait d'utiliser les mêmes machines que ces groupes crée forcément ces comparaisons. C'est difficile de dire si c'est conscient ou pas... Mais cela ne me dérange pas que l'on entende ces influences, car ça reste mon projet. Ensuite, un album permet parfois de dévoiler ses goûts. Par exemple, le morceau-titre est effectivement un clin d’œil aux Happy Mondays, mais il sonne comme du New Order. C'est un hommage assumé, tout comme à Factory Records. J'aime aussi beaucoup le Mute des débuts avec The Normal, Fad Gadget, DAF, Depeche Mode... C'est d'une clairvoyance incroyable.

patience. Ce n'est pas très pop, mais ça reste catchy, simple et ça sonne. C'est vraiment mon objectif d'être le plus simple possible, mais c'est vraiment très difficile.

Et aujourd'hui, quels autres labels ont vos faveurs ? Aujourd'hui, j'apprécie le label berlinois Cómeme de Matias Aguayo. On y trouve Daniel Maloso, qui est une sorte de DAF mexicain, j'attends son album avec im-

Pensez-vous déjà à un second LP ? Oui. L'album est sorti en octobre, mais était finalisé huit mois avant. Durant cette période, j'ai posé les bases pour la suite. Ce qui est certain, c'est que je ne vais pas me reposer sur mes lauriers !

Connaissez-vous les clubs du Nord de la France et de Belgique ? Non, pas très bien. J'ai joué à Lille, mais plutôt dans des salles de concerts. J'ai l'impression qu'il y a de nombreux clubs dans cette ville, ça offre pas mal de possibilités. Quant à la Belgique, je suis allé à Gand sans connaître vraiment les clubs outre-Quiévrain. J'observe mieux Paris, qui manque cruellement de lieux. Tandis que Berlin ou New York foisonnent d'endroits, pas toujours légaux, mais ça fait du bien.

YAN WAGNER, Forty Eight Hours (Pschent/Wagram) Retrouvez l'intégralité de l'interview sur notre site internet www.letsmotiv.com


© visualantics

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* En partie financé grâce aux internautes, The Sound of Belgium, a été projeté en exclusivité au Festival du Film de Gand le 19.10. Le réalisateur doit impérativement régler tous les droits relatifs aux images d'archives de son film, avant d'envisager une large diffusion en salles. Voir l'appel au don sur www.tsob.be


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il était une fois

la New Beat, une fois Attendu depuis six ans, The Sound of Belgium, documentaire sur la New Beat signé Jozef Devillé, arrive enfin sur nos écrans*. L’occasion de replonger dans cet âge d’or de la musique électronique (19871990), quand la Belgique était ZE place to dance. Aciiiiiid !!! C’est un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître : celui du Boccacio et de l’Extreme, de Lords of Acid et des colliers VW, du fameux « VDB, tu ne vas pas crever ! ». à la fin des années 80, une révolution sonore, sociologique et culturelle plaçait la Belgique au centre de toute les attentions : il aura suffi d’un accident (un 45 tours, Flesh, du groupe EBM A Split Second, joué par un DJ à la vitesse d’un 33) pour que naisse la New Beat. Un cap, que dis-je, une véritable péninsule, puisque de ce beat robotique devenu très vite roboratif pour des millions de jeunes, découleront les années 90, la vague techno, les raves, le clubbing, la liberté et l’émancipation, vécus à fond par une génération, tout un pays dont la devise nationale n’aura jamais si bien sonné : l’union fait la force ! Une force qu'on puisait dans le même tempo toute la nuit, comme une drogue euphorisante. Let there be us En remontant jusqu'à l'aube du xxe siècle, ce documentaire traduit admirablement la passion de la Belgique pour la musique de danse en général et électronique en particulier. Il insiste sur sa situation idéale à la fin des années 80 (aux avant-postes en Europe, pour accueillir les productions en provenance des Etats-Unis ou d'Angleterre). Et sur l'émergence d'un son propre au royaume, plutôt sombre, synthétique mais toujours dansant. En rappelant aussi que l'invention de la bakélite, donc du vinyle, était belge ou encore le rôle des orgues Decap à cartons perforés (de la musique déjà jouée par des machines donc), Jozef Devillé flirte avec l’hagiographie. Mais on aurait tort de lui en tenir rigueur… Sans cette phénoménale histoire, et surtout sans la New Beat, l’électro d’aujourd’hui n’aurait pas la même saveur : co-co-ri-cooo ! Grégory Escouflaire The Sound of Belgium, de Jozef Devillé


Dub

New Age

Ambiant House Post Rock

Ambiant DUB

Ambient

Cybergring

Glitchcore

am

IDM

Balearic Beats Illibient krautrock

Chill Out

IDM

Dark Ambient

minimalisme

HAPPY HARDCORE

HARDCORE TECHNO

EBM

GABBER

MINIMAL TECHNO

INDUSTRIAL

Indetronica

Electronica Dub

NEW BEAT

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n bie

Digital hardcore

HARD TECHNO

SYNTH POP

o n h ec

Laptop Rock

INTELLIGENT TECHNO

t

Bleep techno Schranz

NU TRANCE

DETROIT TECHNO EURODISCO

ITALO DISCO

TRANCE DEEP HOUSE

COOL TRANCE TRIBAL HOUSE

Progressive house

UNDERGROUND EUROBEAT

ELECTROCLASH

TECH HOUSE

GARAGE

SPEED GARAGE

LATIN HOUSE DISCO

BOOTY HOUSE ACID TRANCE

e

s hou

HARD HOUSE

CHICAGO HOUSE

acid HOUSE ACID HOUSE

Microhouse

FRENCH TOUCH

POST DISCO

nu house

D'où viens-tu New Beat ?

Gros plan sur la place de la New Beat dans la galaxie électronique. Quelques titres qui ne demandent qu'à être redécouverts. à vous de (les) jouer ! A Split Second (Flesh), Major Problem (Acid Queen), Edwards & Armani (Acid Drill), Dr. Phibes (Acid Story), Miss Nicky Trax (Acid In The house), Space Opera (Mandate My House)... 


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Arras Film Festival Invités : Costa-Gavras (rencontre le 11.11), Laurent Cantet (rencontre le 16.11), Hiam Abbas (rencontre le 17.11). Le Capital (Costa-Gavras), Foxfire (Laurent Cantet), Main dans la Main (Valérie Donzelli), Mud (Jeff Nichols, La Dernière fois que j’ai vu Macao (João Pedro Rodrigues, João Rui Guerra da Mata),… 9>17.11, Arras, 3 à 6€ la séance, abonnement 5 films : 25€ ; 10 films : 40€, www.arrasfilmfestival.com


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l'autre festival

Un festival de cinéma, c'est quoi ? Des cinéastes et des acteurs transformés en commis-voyageurs  ? Un marathon quotidien de longs-métrages ? Des tapis rouges et du champagne ? Oui, c'est souvent cela. Mais, à Arras l'ambiance est différente : cette 13e édition multiplie les rétrospectives, découvertes, rencontres avec des cinéastes prestigieux et une ouverture sur tout le territoire. Ouvrons le programme.

Engagé Ce souci de l'« humain », selon le terme d'Eric Miot, se retrouve jusque dans la programmation, engagée. En invitant Laurent Cantet et Costa-Gavras, il ne s'agit pas d'organiser un duel de Palme d'or (Missing, en 1982 et Entre Les Murs, en 2008), mais de proposer des films embrassant des sujets forts. C'est encore le cas en 2012 avec une rétrospective consacrée à l'Algérie, de la conquête coloniale à l'indépendance, présentant les points de vue algérien et français. Arras n'oublie pas non plus son rôle de défricheur, grâce à une sélection d'inédits d'Europe de l'Est et du Nord, dont il favorise la distribution. On peut donc apprécier la fête, sans oublier le cinéma. Raphaël Nieuwjaer

© 2011 Europacorp

Avec douze éditions au compteur, le Festival du Film d'Arras n'envisage pas le cinéma de façon opportuniste. Au contraire, comme le dit son directeur Eric Miot, « cette manifestation s'inscrit dans un travail d'accompagnement des films à l'année, avec les publics scolaires ou les petites salles ». Plan-séquence, la structure organisatrice, tient d'ailleurs à sortir d'Arras. Des cycles rétrospectifs ont également lieu à St-Pol sur Ternoise, Berck-sur-Mer, etc. « Notre festival échappe à l'événementiel », poursuit-il. « Nous organisons, à Arras, des rencontres qui vont au-delà de la simple promotion, avec les cinéastes ou lors de tables rondes avec des historiens ».


Mad Women Laissons les mauvaises langues qui pensent que les Français n’égaleront jamais les Américains en termes de comédie populaire. Mieux, envoyons-les justement voir Populaire, le bien-nommé premier film de Régis Roinsard. Ce film drôle et enlevé a le mérite de divertir intelligemment, alors ne boudons pas notre plaisir ! Printemps 1958. Rose Pamphyle (charmante Déborah François) vit avec son père dans un petit village de Normandie. À cette époque, les jeunes filles ayant soif d’indépendance tentent leur chance à Lisieux pour devenir secrétaires. Candidate maladroite, Rose est tout de même embauchée par l’assureur Louis Echard (Romain Duris), fasciné par la rapidité avec laquelle Rose tape à la machine. Il décide même de l’inscrire à un concours et de l’entraîner… hé oui, Populaire a pour cadre les concours internationaux de vitesse dactylographique. Si le film est aussi attachant, c’est grâce à la finesse des dialogues, au scénario parfaitement rythmé, à la reconstitution délicieusement rétro des années 50, et à l’interprétation irréprochable. Tour à tour pétillante, butée, mutine et fragile, Déborah François incarne avec beaucoup de fraîcheur cette nouvelle modernité faite femme. Ainsi, Populaire rivalise haut la main avec les Américains dans leur pré carré qu’est la comédie, en insufflant une touche de charme toute française. Il offre une plongée décalée dans le passé sans jamais virer réac ou franchouillard. C’est tout un art de proposer du bon cinéma populaire ! Audrey Jeamart

Populaire, de Régis Roinsard Avec Déborah François, Romain Duris, Bérénice Béjo, Miou-Miou, Eddy Mitchell… Sortie le 28.11

© Mars Film

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Ellen Kooi Lille, 2012


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des racines et des ailes Judicieuse idée que de confronter les œuvres d'ellen Kooi à celles de Robert et Shana ParkeHarrison. Le trio partage ce même sens de l'étrange, de l'absurde presque, tout en laissant les portes grandes ouvertes à toutes les interprétations. Visite guidée au pays de l'étrange. Au sein d'un espace vitré donnant sur le parc, les cimaises peinent à maintenir douze larges fenêtres ouvertes sur d'improbables d'horizons. Les photographies d'Ellen Kooi, éclatantes de lumières, de couleurs vives et parfaitement scénographiées, ouvrent véritablement le champ de tous les

possibles. Qui sont ces êtres perdus dans des paysages fantasmés ? Qui sont ces gens saisis sur le vif au beau milieu d'un no man's land onirique  ? Renseignements pris, il s'agit parfois de la fille ou d'une connaissance de l'artiste, immortalisées dans la province de Zeeland (Pays-Bas) ou en Italie, par ▲


4 1. Da Vinci's Wings 2000 © Robert et Shana ParkeHarrison, Courtesy de la galerie Jack Shainman, New York 2. Kingdom © Robert et Shana ParkeHarrison 3. Cloud Cleaner © Robert et Shana ParkeHarrison 4. De Houtwielen, ballonnen, 1997 © Courtesy de l'artiste et la Galerie Les Filles du Calvaire, Paris

exemple. De toute façon, l'essentiel est ailleurs : dans cette impression de rêve éveillé, de malaise bizarre, de surprenant mirage suscitée par ces pellicules parfois retouchées – mais pas toujours. Photo-génies Ailleurs, dans une salle entre chiens et loups, on découvre, éberlué et pour la première fois dans nos contrées, dix-sept clichés sépia ou noir et blanc des ParkeHarrison. Enfin, clichés... Le couple américain se définit comme photographe-plasticien  : le tandem

peint, dessine et met en scène avant de coucher sur pellicule et dessiner à nouveau pour obtenir des images. Ici, le surréalisme le dispute à la poésie. Sur chacune de ces œuvres de format modeste, un quidam (en fait, Robert ParkeHarrison lui-même) se débat avec la nature, tente vainement de nettoyer les nuages et confronte, toujours, sa condition humaine à la force des éléments. Une belle façon d'aborder et de sublimer une Nature qui nous domine. À jamais ?

Thibaut Allemand

Ellen Kooi (à partir du 13.11) et Robert & Shena ParkeKarrison (à partir du 23.11) Lambersart, maison folie Colysée, jusqu'au 13.01.2013, mer>dim, 13h30>18h30, gratuit, +33 (0)3 20 00 60 06


Mohamed El Baz, Niquer la Mort Fuck the Deathn, 2012, détail © DR

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Un sommeil agité Empruntant son titre au recueil du portugais Fernando Pessoa, Intranquillités dresse le portrait d'un pays à la mélancolie atlantique, souvent considéré comme méditerranéen : le Maroc. Pourtant, c’est bien au-delà du filtre géographique (et polémique) qu’il faut lire cette exposition. « L’exposition est présentée dans le cadre de la saison culturelle Daba Maroc, mais elle aurait pu exister dans un autre contexte car ces artistes ont plus en commun que leur origine géographique ». Pierre-Olivier Rollin, qui dirige le BPS22 à Charleroi, le sait bien : on ne peut plus penser en terme de vitrine nationale. Le Maroc est un prétexte, « mais ce n’est pas un bon thème. C’est comme les artistes français ou les « artistes végétariens » comme disait Magritte. Nos invités portent tous un regard critique sur le monde, leur sensibilité les rend intranquilles ». Charif Benhelima, Mohamed El Baz, Mounir Fatmi « sont des créateurs en mouvement, curieux, connectés avec ce qui passe dans le monde ». Intranquillités ne présente qu’une dizaine de pièces mais toutes se veulent marquantes. Ainsi, le visiteur est accueilli par 125 cocktails Molotov ornés de noms d’artistes, signé Mohamed El Baz. Le parcours se termine avec la vidéo de Mounir Fatmi, Sleep, d’après Warhol, avec en guest-star Salman Rushdie, endormi et insensible à la fatwa dont il est victime. Pierre-Olivier Rollin déplore d'ailleurs les récents esclandres autour de Fatmi, dont la censure de cette vidéo par l’Institut du Monde Arabe : « Si pour une fois Charleroi peut faire la leçon à Paris, je trouve ça amusant ». Florent Delval Intranquillités - Charif Benhelima, Mohamed El Baz, Mounir Fatmi Jusqu'au 16.12.2012, Charleroi, BPS22, mer>dim, 12h>18h, 3/2/1,25€/gratuit, +32 (0)71 27 29 71


DIY © Didier Knoff

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à vous de jouer ! L'Imaginarium héberge des entreprises, des laboratoires de recherche et des artistes pour stimuler des collaborations inédites. Ni centre d'art, ni lieu culturel, pas forcément voué à la diffusion, cette ruche unique en France ouvre parfois ses portes au public. Actuellement, ce pôle d'excellence image se penche sur le mouvement Do It Yourself (littéralement Faites le vous-même) et ses applications numériques diverses. Bidouilleurs, bricoleurs, traficoteurs de tous poils... cherchent à créer plutôt qu'à consommer. Mais, doit-on considérer le DIY comme un simple système D ? « C'est bien plus que ça », explique Laurent Tricart, coordinateur de l'Imaginarium, « C'est un pied de nez au modèle industriel traditionnel ». Bricoler, Fabriquer, Jardiner, Dessiner, Jouer. à travers ces cinq thématiques, DIY dévoile des technologies innovantes. Ludique, le parcours permet d'appréhender les créations exposées. Du bruit généré par la fermentation du Pruno (un alcool fait-maison) au Lilypad (une écharpe musicale), en passant par l'imprimante 3D (une révolution, vraiment !), l'exposition s'enrichit au fur et à mesure des ateliers de formation ouverts à tous : la construction d'un drone, la création d'un synthétiseur à partir de circuits imprimés ou encore la conception de son avatar 3D n'auront alors plus de secrets pour vous. Alors surveillez de près ces objets hors du commun, destinés à changer notre quotidien d'ici quelques années. Elsa Fortant Jusqu'au 16.12, Tourcoing, Plaine Images, lun>ven, 11h>18h, sam & dim, 14h>18h, grat, +33 (0)3 20 29 89 50 Atelier Drone, 7, 14 et 21.11 18h>21h, 5€ / Atelier Le windowfarm, 17.11, 14h>18h, 5€ / Atelier Atari Punk Console, 17.11, 14h>18h, 5€ / Atelier En plein glitch, 18.11, 14h>18h, 5€ / Atelier RepRap, 24.11 14h>18h, 5€ / Atelier Arkamodding 3, 5.12, 18h>21h, 5€, Démo du logiciel Iannix 17.11, 5€


Robert Wehrlin, Autoportrait nu, vers 1930, huile sur carton. Collection Jacques Wehrlin © Alain Leprince

Le moulin à café, 1995, Collection privée. © Photo Luc Schrobiltgen © Mortier, Sabam 2012

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la transfiguration

Robert

du réel

Wehrlin

Souvent présenté comme une figure majeure de l'abstraction lyrique en Belgique, Antoine Mortier (1908-1999) représente bien plus que cela, et s'affranchit des clivages. Cet enfant du siècle a d'abord suivi une formation de sculpteur, avant de se consacrer tout entier à la peinture à partir des années 40. De ses années de jeunesse, celui qui se définissait comme un créateur de « peinture vivante » a gardé l'amour du toucher et de la matière. Le Bruxellois conserve toujours une référence à la réalité, ce qui le distingue d'un Klein ou d'un Soulages, auxquels on l'a souvent associé – à tort. Aux cimaises des Anciens Abattoirs, réunis de façon thématique (l'objet, le sujet, le nu, le foyer...), dessins, peintures et encres reflètent cette énergie proprement physique, Mortier analysant souvent des formes d'objets concrets pour mieux les... transfigurer. Thibaut Allemand

Associé à l'École de Paris, à cause de son arrivée dans la capitale en 1924, Robert Wehrlin (1903-1964) demeure aujourd'hui plutôt méconnu. Cet artiste suisse fut pourtant un coloriste talentueux, un excellent dessinateur et un graveur d'exception, marqué par l'expressionniste Ernst Ludwig Kirchner, puis par le cubiste André Lhote. Sans s'inscrire dans un genre particulier, Wehrlin s'avérait capable de signer des portraits tout en clair-obscur, de se pencher sur les passants ou les spectateurs d'un théâtre, de dévoiler des paysages plus mystérieux ou de croquer la vie politique avec le même bonheur. Cette exposition, une première hexagonale, devrait sans doute réparer une injustice en dévoilant l'œuvre, mais aussi le processus de création de l'artiste par le biais de croquis, de tableaux ou encore d'études préparatoires. Thibaut Allemand

Jusqu'au 06.01.2013, Mons, BAM, mar>dim, 12h>18h, 4/2€, +32 (0)65 56 20 34

Jusqu'au 13.01.2013, Roubaix, la Piscine, mar>jeu, 11h>18h, ven, 11h>20h, sam&dim, 13h>18h, 8/5€, +33 (0)3 20 69 23 60


S.F. (Art, science et fiction) Parallèlement à l'exposition Science Et Fiction (cf p.72 ), le MAC's propose Art, Science Et Fiction. Cet accrochage va au-delà des supports traditionnellement associés à la SF (romans, BD, films...). Ici, peintures, sculptures, photos ou vidéos, entre autres, témoignent de la vivacité d'un genre né au XIXe siècle. Citons l'art brut fascinant de Jean Perdrizet, les clichés de Kraftwerk signés A. Corbijn, l'inontournable Jetée de Chris Marker ou les êtres post-humains de Jacques Charlier, un Wallon célèbre en Flandre mais trop méconnu chez lui. 18.11>17.02.2013, Grand-Hornu, MAC'S, mar>dim, 10h>18h, 6/4/2€, +32 (0)65 65 21 21

Glissement de Terrain Voici une belle exposition dédiée à la contestation et la remise en cause des idées reçues. Parmi la trentaine d'artistes venus du monde entier, on passe rapidement sur l'épuisant Romain Gavras pour mieux apprécier l'humour noir et la vraie profondeur d'Eric Pougeau, pas très loin du tampographe Sardon. On suit aussi le travail du documentariste Bernard Mulliez, démontrant que l'art et la culture sont parfois facteurs d'exclusion sociale. Pas banal, dans un musée. Et très pertinent, finalement. Jusqu'au 23.12, la Louvière, Musée Ianchelevici, mar>dim, 14h>18h, 3/2€/gratuit pour les Louviérois et -12 ans, +32 (0)6 428 25 30

Sensoree - Kristin Neidlinger, Mood Sweater, 2010 © Roger Dyckmans

Futurotextiles 3 Inaugurée lors de l'ouverture du Centre Européen des Textiles Innovants (CETI), Futurotextiles 3 s'intéresse à l'ultra-légèreté. Design, mode, sport, architecture, mobilier et même transport, les champs d'application et les usages des tissus innovants sont surprenants. Savez-vous qu'on transforme du basalte en fibre naturelle ? Que les matières de demain produiront de l'énergie ? Ce parcours de 1500 m² présente des étoffes qui modifient le quotidien de la planète. Jusqu'au 31.12, Roubaix, CETI, mer>dim 14h>18h, gratuit, +33 (0)3 28 52 20 06

Carsten Höller, Come Dear, Get Something Nice, 1991, collection FRAC Poitou-Charentes © Richard Porteau

Thomas Feuerstein, Manni © Courtesy Galerie Elisabeth & Klaus Thoman, Innsbruck/Vienne

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Entre les murs Aussi rationnelle paraissait-elle, l'explosion urbaine de l'entre-deuxguerres a engendré des mythes. Ces mégalopoles naissantes ont inspiré les chimères d'un monde futuriste, mais aussi les craintes d'une gigantesque Babel déshumanisée. Confrontant plusieurs disciplines et mêlant grands maîtres et artistes méconnus, La Ville Magique propose un formidable panorama des fantasmes suscités par ces cités. Ceci n'est pas une exposition architecturale. Ces deux cent œuvres traduisent le sentiment d'artistes de tous horizons (Paris, Berlin, NY, Londres...) face au chamboulement urbain occidental et, osons le mot, psychogéographique. L'exposition acte la naissance de cette fascination en 1913, année de l'Armory Show (exposition universelle d'art moderne sise à New-York), où se pressèrent plus de 300 artistes européens revenus éblouis par les buildings de la Grosse Pomme. Le parcours s'achève dans la nébuleuse de l'après-Guerre, soit la fin de l'Âge d'or des métropoles, l'essor de l'automobile et des banlieues encourageant une expansion horizontale. Dédale moderne Découpé en chapitres baptisés d'après des bobines emblématiques (Metropolis, Quand La Ville Dort...) et servi par une scénographie ingénieuse (ces hauts panneaux, comme autant de gratte-ciel), le parcours confronte entre autres les photographies de Man Ray, le chef-d'oeuvre de Fritz Lang ou les dessins de l'Italien Giorgio de Chirico. L'ensemble donne à voir ce ce que la verticalité bétonnée, les inquiétants méandres des rues inspiraient aux contemporains. De la solitude du citadin au boulevard du crime, cette promenade s'avère d'une redoutable actualité. Après tout, combien de mythes entourent aujourd'hui les grands ensembles de nos cités dites sensibles ? Combien s'installent à la campagne pour fuir la grisaille urbaine ? Thibaut Allemand

La Ville Magique Jusqu'au 13.01, Villeneuve d'Ascq, LaM, mar>dim, 10h>18h, 10/7€, +33 (0)3 20 19 68 88

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Umbo, Berlin, Symphonie d'une grande ville, 1927, Deutsche Kinemathek, Museum für Film und Fernsehen, Berlin (Allemagne). Photo : DR. © Gallery Kicken Berlin / Phyllis Umbehr / Adagp Paris, 2012


L'important c'est d'être aimée Le Festival du Film de Gand, en collaboration avec la Cinémathèque Allemande, propose une exposition consacrée à Rosemarie Magdalena Albach, plus connue sous le nom de Romy Schneider. Icône du cinéma européen des années 1960, disparue tragiquement voici trente ans, elle demeure aujourd'hui source d'inspiration pour de nombreuses femmes. Focalisé sur la carrière de l'actrice, le parcours retrace les événements, les rencontres qui ont permis l'ascension fulgurante de la plus française des Allemandes. Délaissant les clichés en dentelle de Sissi (1956), l'exposition débute en 1953, année marquant la première apparition de Romy Schneider dans le drame Lilas Blancs. Une soixantaine de films plus tard, la jeune princesse a laissé place à une femme terriblement meurtrie mais resplendissante comme jamais à l'écran. Une Romy dévouée corps et âme au septième art, quitte à n'en pas sortir indemne. Pour preuve, une sélection de souvenirs personnels, de bijoux et costumes, d'extraits de films, mais aussi de clichés jamais publiés, de lettres inédites ou de témoignages de réalisateurs, partenaires et soupirants. Le patrimoine de la comédienne est dispersé à travers les trois pays qui l'ont vu naître, vivre et mourir : l'Autriche, l'Allemagne et la France. En revanche, l'accrochage n'est pas itinérant  : «  Dans l'itinérance, le lieu s'adapte à la représentation, explique Daniela Sannwald, curatrice de l'exposition. Or ici, c'est l'exposition qui s'adapte au lieu ». Et quel lieu ! Le centre provincial d'Art et de Culture - Couvent des Carmes retranscrit à merveille l'ambivalence du mythe Romy. Elsa Fortant festival international du film de Gand - exposition Romy Schneider jusqu'au 13.01, Gand, C. C. provincial Caermersklooster, mar>dim, 10h>17h, 8/6/4€, +32 (0)9 269 29 10

© Gundlach

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© Daniel Rapaich, Ville de Lille

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PRéSENCE DU FUTUR Un OVNI dans la gare Lille Flandres, la rue Faidherbe recouverte d'une voûte stellaire... Dans le cadre de Fantastic, les références à la science-fiction sont légion. Mais, le quartier général des extraterrestres est à Wazemmes ! Du space-opera aux nanotechnologies, Science et Fiction affiche un parcours du 3e type. De quoi est-il question ? « Démontrer les interactions entre science et fiction », explique la commissaire Sophie Lécuyer. Mais pas d’inquiétude : il s’agit davantage de culture cinématographique et littéraire que d’indigestes démonstrations mathématiques. Répartie sur trois étages, Science et Fiction s’ouvre sur une impressionnante collection d’objets utilisés dans les grandes épopées du space-opera, comme le costume de Kurt Russell dans La Porte des étoiles ou la maquette d'un X-Wing de Star Wars… Plus loin, on découvre un autre grand pôle de la SF : l’exploration d’autres sociétés, par le biais d'ouvrages de Ray Bradbury, Aldous Huxley ou Mœbius. Des représentations de mégalopoles peuplées d’humanoïdes recouvrent les murs. L’ensemble est nourri d’extraits de films, de dispositifs interactifs, de focus sur la terraformation, le cyberpunk et les nanotechnologies. Science et Fiction pointe habilement la richesse du dialogue entre science et SF à travers les âges. Et si les mangas ou les jeux vidéo, absents ici, « auraient mérité une exposition à eux seuls », selon Sophie Lécuyer, on en a un aperçu au dernier étage, confié aux roubaisiens Ankama. Conçue comme une balade transmédia, leur installation nous emporte dans un monde fantaisiste nommé Krosmoz. Déroutant. Un voyage à effectuer sans hésitation ! Cédric Delvallez science et fiction jusqu’au 13.01.13, LILLE, M. Folie Wazemmes, mer>sam, 14h>19h, dim, 10h>19h, grat, +33 (0)3 20 78 20 23


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Fantastic Attractions De nombreuses propositions de Fantastic possèdent un aspect ouvertement ludique. Mais derrière cette façade faussement superficielle, se planque souvent une véritable réflexion sur le jeu. En témoigne Fantastic Attractions, qui prend les airs d'une fête foraine pour mieux la pervertir. Ainsi du train fantôme de Sophie Pérez et Xavier Boussiron, des photographies de manèges de Carsten Höller ou du tir à la carabine de Mark Dion. Parmi tant d'autres installations qui engagent le spectateur à devenir acteur (le labyrinthe de Michelangelo Pistoletto) et à se réapproprier les œuvres. Jusqu'au 13.01.2013 , Lille, Gare St-Sauveur, mer>dim , 12h> 19h, grat, www.fantastic2012.com

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Le Réveil du Dragon

08>18.11, Roubaix, la Condition Publique, mar>sam, 14h>18h, grat, +33 (0)3 28 33 48 33, www.laconditionpublique.com

Phantasia Pas encore remis de Surrational, ce poussin géant qui paradait fièrement lors de l'ouverture de Fantastic ? À vrai dire, nous non plus... Raison de plus pour apprécier les costumes ébouriffants de Nick Cave de plus près. Mais, l'Américain n'est pas le seul à bénéficier d'un vaste espace au TriPostal ! Dix artistes venus d'horizons divers ont investi le lieu, et Phantasia tient moins de l'exposition que du parcours. Citons entre autres les fantômes inquiétants de Théo Mercier, les contes surréalistes de Marnie Weber, les vidéos oniriques d'Anton Ginzburg ou la licorne de Børre Sæthre. Bref, une belle promenade au pays du bizarre. Jusqu'au 13.01.2013, Lille, Le TriPostal, mer>dim, 10h>19h, 6/4€/ Pass Fantastic : gratuit, www.lille3000.eu

Créature mythique par excellence, le dragon vient hanter la Condition Publique. Tentons tout d'abord de décrire l'installation impressionnante du plasticien Fred Sapey-Triomphe, sise dans la Halle B. Entre les quatre poteaux massifs, des bâches contiennent de la vapeur sur laquelle est projetée la bête. Son vol (imaginé d'après les chronophotographies d’Etienne-Jules Marey décrivant les mouvements des oiseaux), constitue le clou d'une manifestation émaillée de nombreux rendez-vous (concerts, exposition de croquis, masques, costumes en rapport avec l'animal...).

Nick Cave © James Prinz Photography Courtesy of the artist and Jack Shainman Gallery, New York

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Carsten Holler , Y © Thyssen-Bornemisza Art Contemporary

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Martin Parr, Sans titre, Extrait de la série « One day trip », Coll. du Centre régional de la photographie NPDC © Magnum Photos

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Constant Permeke, Retrospective

Dave Anderson Charleroi

à la lisière des grands courants de son temps, Constant Permeke (18861952) a peint la Flandre profonde avec une palette couleur terre. Cette rétrospective très complète (130 œuvres) traduit le silence des paysages de la Mer du Nord. Les corps écrasés des paysans et des pêcheurs côtoient ici les nus féminins. L'occasion de rendre à Permeke la place qui lui est due.

Quelques mois après le projet Inside Out/Smile, Charleroi est une fois de plus l'objet du désir d'un photographe. Avec Rough Beauty, Dave Anderson rendait déjà son humanité à Vidor, ville paumée au fin fond du Texas. Aujourd'hui, l'Américain saisit la mutation urbaine de la métropole sambrienne, par le biais de ses habitants, posant ou captés sur le vif. Avec une délicatesse et une humanité rares.

BRUXELLES, jusqu'au 20.01.2013, Palais des Beaux-Arts, mar>dim, 10h>18h, sf jeu, 10h>21h, 11/9/6/4€, +32 (0)2 507 82 00

Voices of the sea Après Watercolours et Visions romantiques des côtes de la Manche, voici la troisième étape d’un cycle d’expositions sur les représentations du littoral calaisien. Celui-ci a inspiré de nombreux photographes, dont B. Plossu, P. Lesage, M. Parr ou encore L. Henno, qui présente ici Missing Stories (cf. LM 78). Une petite vingtaine d'artistes et 80 œuvres inspirées, entre autres, par le tourisme, les migrations ou encore la construction du Transmanche. Ou quand l'esthétique rencontre le politique. CALAIS, 17.11>14.04.13, Musée des Beauxarts, mar>sam, 10h>12h, 14h>17h, dim, 14 h>17 h, 4/2€, +33 (0)3 21 46 48 40

CHARLEROI, jusqu'au 20.01.2013, Musée de la Photographie, mar>dim, 10h>18h, 6/4/3€,+32 (0)7 136 46 45

Invasion La lilloise Yz, auteure de la Dame au chien, propose d'étranges installations urbaines en papier mâché : des papillons monumentaux envahissent la Gare St-Sauveur, des fourmis grouillent sur la place des 18 Ponts et... la maison Folie est envahie par des araignées. L'occasion de réfléchir à quelques phobies, mais aussi de repenser la place – menacée – d'insectes pourtant nécessaire au biotope, à la ville comme à la campagne. LILLE, jusqu'au 13.01.2013, Maison folie Moulins, mar>ven, 14h>18h et gare St-Sauveur, mer > dim, 12h> 19h, gratuit, entrée libre, +33 (0)3 20 95 08 82


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Marc Chagall, Pour Vava © Archives Marc et Ida Chagall © ADAGP, Paris 2012

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Fables du paysage flamand Cet accrochage manifeste la visée philosophique, morale et spirituelle, que les maîtres flamands du xvie siècle assignaient à leurs oeuvres. Nous suivons Bosch, Brueghel, Bles et d'autres guides illustres pour entreprendre l'exploration de microcosmes où la foi percute les superstitions et les monstres. Enigmatiques, ouvertes aux interprétations et n'observant aucune convenance canonique, ces œuvres témoignent d’aspirations, de frayeurs et d’un sens du jeu qui ne sont d’aucune époque. LILLE, jusqu'au 14.01.2013, Palais des Beaux-Arts, lun, 14h>18h, mer>dim, 10h>18h, 6,5/5€,+33(0)3 20 06 78 00

Chagall, l'épaisseur des rêves Peintures, dessins, costumes, céramiques, toiles et autres sculptures retracent de manière complète le parcours du peintre né en Biélorussie. L'accent est mis, entre autres, sur la question du volume et sur son amour du trait déstructuré. Une belle introduction pour les néophytes, un délice pour les connaisseurs. ROUBAIX, jusqu'au 13.01.13, La Piscine, mar>jeu, 11h>18h, ven, 11h>20h, sam>dim, 13h>18h, 4,50/3,50€, +33 (0)3 20 69 23 60

Histoire de fantômes pour grandes personnes Avec Mnémosyne, l'historien de l'art Aby Warburg (1866-1929) s'était penché sur la question d'un passé persistant : un ouvrage qui se présente sous la forme d'un atlas réunissant des milliers d'images. Arno Gisinger (Atlas) et Georges Didi-Huberman (Mnémosyne 42) « complètent » ce matériau en proposant de nouvelles cartographies composées d'images fixes ou mouvantes, et concrétisent le concept de « mémoire collective ». TOURCOING, jusqu'au 30.12, Le Fresnoy, mer, jeu & dim, 14h>19h, ven>sam, 14h>21h,4/2€, +33 (0)3 20 28 38 00

Otherworldly Lorsqu'on dit réalité virtuelle, on pense à Tron, Matrix ou K. Dick. Mais cette réalité recréée ne passe pas nécessairement par l'informatique. En témoigne cette quarantaine d'artistes mêlant hyperréalisme et bricolage de haut-niveau. Minutieux, les dioramas de Gregory Euclide, la bibliothèque fourmillant de détails de Charles Matton ou le magasin de violons de Lori Nix sont autant de maquettes et d'installations faites à la main qu'on admire avec des yeux d'enfant. TOURCOING, jusqu'au 07.01.13, Muba Eugène Leroy, tlj sf mar, 13h>18h, 5/2€, +33 (0)3 20 28 91 60


Paradise Isle © Bertrand Delous

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Scène ouverte Novateur, découvreur ; depuis 2008, le festival franco-belge Next s’est forgé une réputation qui dépasse les frontières de notre eurométropole. Cette année, Jan Fabre reprend la pièce-choc qui l’a fait connaître il y a trente ans, tandis que de jeunes artistes présentent leur première production. Les Jan Fabre de demain ? Next cultive sa singularité en invitant des artistes de toute l'Europe, d’Afrique du Sud, du Canada, ou du Japon à jouer sur quinze scènes de Belgique et du Nord de la France. Dans un même élan, le festival franchit les frontières stylistiques. Conçu par la danoise Mette Ingvartsen, The Artificial Nature Projet est ainsi classé parmi les «performances » - en fait, une chorégraphie pour danseurs et objets, remettant en question la domination de l’homme sur la nature. Habitués du théâtre sans parole, les Belges d’Abattoir Fermé proposent quant à eux une pièce « verbale », satire du monde étriqué des collectionneurs d’art. And next time ? Exigeante, cette programmation convoque les grands noms du théâtre et de la danse contemporaine (Pippo Delbono, Dave Saint-Pierre…) et des artistes émergents, sous le label Next generation. Nouveauté de cette édition, la soirée See you next time proposé par le collectif Kissinger : danseurs, comédiens et DJs tentent de briser le rapport frontal entre artistes et public. « Quand on parle de dépasser les barrières linguistiques et culturelles, il faut aussi penser au futur. Voir comment on peut contribuer au dynamisme de l’Eurorégion », explique Benoît Geerts, coordinateur du festival. En 2012, le Phénix de Valenciennes, les villes de Tourcoing et Vieux-Condé entrent dans la danse : un pas en avant dans la « conquête » du territoire. Madeleine Bourgois

Festival Next 15.11>01.12, Courtrai, Tournai, Ypres, Lille, Tourcoing, Villeneuve d’Ascq, Armentières, Péruwelz, Valenciennes, Vieux Condé. Information et réservation : www.nextfestival.eu


au doigt et à l'œil C'est certain, un spectacle comme Kiss & Cry ne se crée pas en un tournemain. Le cinéaste Jaco Van Dormael, la chorégraphe Michèle Anne De Mey et l'écrivain Thomas Gunzig ont imaginé une « nanodanse » où la virtuosité technique éblouit mais ne l'emporte jamais sur l'essentiel, l'histoire. Et quelle histoire ! Celle de Gisèle qui attend sur un quai de gare. Elle se souvient des gens croisés le temps d'une seconde ou quelques années, des vivants et des morts, des amours défuntes... L'originalité de Kiss & Cry tient entre autres à sa chorégraphie, avec deux mains pour seuls danseurs. Certes, le théâtre d'ombres connaît un renouveau (Le Théâtre de l'Ombrelle, Pilobolus...), mais ici, il s'agit de tout autre chose : un savant mélange de théâtre, de danse et de cinéma, puisque ces doigts évoluent entre des figurines de plastique, au milieu de décors miniatures (entre trains électriques et nuages en coton), se promènent en ville, sous une tempête de neige ou sur la lune. L'ensemble, « fait-main », est filmé par des caméras diffusant ces saynètes sur grand écran. Le spectateur peut tenter d'observer les manipulateurs qui, sur scène et dans le noir, s'affairent parmi les fils autour de ces objets. Et se laisser emporter par ces romances singulières, nimbées de musiques puisant dans l'inconscient collectif (de Haendel à Montand). Aussi poétique soit cette création, on n'évoquera pas la proverbiale âme d'enfant, tant on touche ici à la perte, à la nostalgie, au vécu. Bref, une petite merveille, prix de la critique 2011 du meilleur spectacle de danse. Ça s'applaudit des deux mains, forcément. Thibaut Allemand Kiss & Cry 06>11.11, Bruxelles, Théâtre de la Communauté française, mar>sam, 20h15, sf mer, 19h30, dim, 15h, 19/15/10/8€, +32 (0)2 203 53 03 (reprise du 08 au 26.01) // 13>15.12, Charleroi, Ecuries, 20h30, 12/8€, +32 (0)7 131 12 12

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Mano a mano Une scénographie minimaliste – un tatami, quatre gradins – pour laisser toute la place aux corps en mouvement, qui s’appliquent à repousser les limites de la gravité et des capacités humaines. Avec Face Nord, la compagnie Un loup pour l’homme envisage le cirque de manière sensible, explorant la part d’enfance en chacun de nous. Pas de doute, Face Nord est bien une histoire d’ascension. Une escalade des corps qui se courbent, s’accrochent, souffrent. On assiste à une montée en puissance des prouesses exécutées : une colonne de trois hommes superposés qui vacille, un contrepoids poussé à l’extrême et qui flirte avec l’échec... Le duo originel de la compagnie Un loup pour l’homme, Alexandre Fray et Frédéric Arsenault, nous avait bluffés avec les portés acrobatiques main à main d’Appris par Corps, créé en 2006. Les deux partenaires ont décidé de passer au quatuor dans leur dernier spectacle, avec une interprétation toujours -complètement- masculine du nouveau cirque. Au milieu du public, les acrobates jouent des contrastes et passent du combat de lutteurs aux envolées gracieuses (au cours desquelles le voltigeur devient poids plume dans les bras du porteur). L’écriture de Face Nord a été conçue comme une suite de règles du jeu : traverser la piste sans poser un pied au sol, attraper les autres à l’aveugle, guidé par les bruits de pas et les rires des spectateurs… En cinquante minutes, les quatre bonshommes réinventent avec délectation les défis de l’enfance, qu’ils transforment en autant de nouvelles montagnes à franchir. Marine Durand

FACE NORD, Compagnie Un loup pour l’homme Le 13.11 à 20h30 et le 14.11 à 19h30, Armentières, Le Vivat, 18/13/6e, +33 (0)3 20 77 18 77

Bastards © Jaka Ivanc

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© Marco Caselli Nirmal

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cédric

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HIYA elle

Depuis près de vingt ans, le danseur et chorégraphe Jérôme Bel prend un malin plaisir à déjouer les attentes du public. Pas d’effet de surprise toutefois avec Cédric Andrieux, créé en 2009 et régulièrement repris depuis. Comme le spectacle Véronique Doisneau, qui avait déconcerté l’Opéra de Paris en 2004, cette autobiographie éponyme croise témoignages, fragments dansés et regard distancié. Seul sur scène, le danseur Cédric Andrieux joue son propre rôle et s’exprime de manière juste et drôle sur son parcours, ses influences, son identité. Tel un psychanalyste, Jérôme Bel nous faire entendre la voix du danseur, rarement audible face à celles du chorégraphe et du critique. Un abrégé original de vingt ans de danse, taquinant les maîtres Merce Cunningham, William Forsythe et Trisha Brown, dont Cédric Andrieux fut élève et danseur. Pascal Cebulski

Hiya, c’est « elle » en arabe. Après avoir créé Zahrbat, une pièce sur l’exil et le déracinement dédiée à son père, Brahim Bouchelaghem rend hommage à sa mère. À partir du témoignage de cette dernière et de ses souvenirs d’enfance, sa pièce reflète le quotidien des femmes du Maghreb, entre réserve et détermination pour supporter la souffrance du quotidien. Ce spectacle révèle une atmosphère musicale et lumineuse chargée de symboles (ce voile en soie disposé sur scène – la pudeur, les non-dits...). Silence, résignation, violence, entraide : c’est à partir de ces mots chargés de sens que les quatre danseuses ont travaillé pour traduire, tout en retenue, la vie de ces femmes qui se sont battues par amour pour leur famille. Hip-hop et danse contemporaine traversent cette pièce qui joue également sur le silence, bien plus fort que les mots. Clémence Casses

7 & 8.11, Gand, Vooruit, 20h, 7€, +32 (0)9 267 28 28, www.vooruit.be

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21.11, Valenciennes, Le Phénix, 20h, de 22/20/17/13€, +33 (0)3 27 32 32 32 // 23 & 24.11, Roubaix, Le Colisée, 20h30, de 18/15/13/8/6€, +33 (0)3 20 24 07 07


la nuit lui appartient

Bas résille, corset à paillettes et spleen jusqu'au bout des talons aiguilles, quelque part entre Marlène et Ingrid Caven, voici Miss Knife, fabuleuse créature de la nuit. Depuis 1996, l'auteur et metteur en scène Olivier Py incarne ce personnage de cabaret désenchanté et s’amuse à faire et défaire le monde. Lorsqu’il prendra les rênes du festival d’Avignon en 2013, Olivier Py retournera aussi sur les terres natales de Miss Knife, l’incroyable personnage qu’il créa dans la Cité des Papes. Depuis plus de seize ans maintenant, cet ange noir incandescent chante des airs d’une douceur désabusée à un public toujours fasciné. Il donne vie à des poèmes que le théâtre ne pourra, sans doute, jamais dire. « J'aime Miss Knife parce qu'elle représente tous les vécus de toutes les figures de femmes que j'ai rencontrées, admirées ou imaginées » précise l'acteur-chanteur. Les fantômes qui hantent les nuits de la fragile diva servent des romances douces-amères. Sous les traits d'Olivier Py, Miss Knife oscille entre femme fatale et clown triste, vamp et oisillon perdu. Accompagnée d'un quartet jazz, façon cabaret des années 30, elle s’installe sur des coins de scène sans âme. Pourtant, quelques retouches de rimmel et quelques vers (verres ?) plus tard, elle transforme un bout de comptoir défraîchi en music-hall glamour. L’espace d’un tour de chant, Miss Knife illumine nos nuits les plus sombres grâce à sa voix mélancolique et ses paillettes scintillantes. Les diamants sont éternels. Hugo Dewasmes MISS KNIFE CHANTE OLIVIER PY, de et par Olivier Py 14.11>17.11, Bruxelles, Théâtre national, 20h15, 19/15/10/8€, +32 (0) 2 203 41 55

© Alain Fonteray

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© V. Vial

© Harcourt

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Dreyfus-Devos Slava's Snow show Accompagné d'un pianiste, JeanClaude Dreyfus rend hommage à Raymond Devos en interprétant une sélection de ses plus beaux textes, dont plusieurs inédits. Créé pour le festival OFF d'Avignon et actuellement en tournée, ce spectacle souligne le caractère intemporel de l'oeuvre du « Prince des Mots ». Il mêle habilement humour, jonglage, magie, musique et chant. Si peu de comédiens pouvaient reprendre un tel rôle, Dreyfus s'impose ici sans forcer sur la ressemblance. De la haute voltige. 10.11, Béthune, Théâtre de Béthune, 20h30, 28/24€, +33 (0)3 21 64 37 37

©Clinic Orgasm Society

Pré

22>24.11, Lille, Le Grand Bleu, 20h, 13/11€, dès 16 ans, +33 (0)3 20 09 88 44

Fondateur du Licedeï (le célèbre théâtre russe des clowns et des mimes de SaintPetersbourg), Slava incarne l'héritage de Charlie Chaplin et du Mime Marceau. Du premier, ce clown possède l'humanité et le regard tendre mais acéré sur le monde. Et du second, une gestuelle évocatrice et un sens de la mise en scène qui fait passer tous les sentiments sans un mot. Après quatre mille représentations, ce ballet de clowns, son avalanche de couleurs et de tableaux oniriques n'ont rien perdu de leur inventivité et de leur puissance émotionnelle ! 14>17.11, Roubaix, Colisée, 20h30, séance supp. le 17.11 : 16h, et 18.11, 15h et 19h, 8 à 45€, +33 (0)3 20 24 07 07

Premier volet d'une trilogie interrogeant la normalité, Pré dévoile Lala Ferrero, jeune héroïne à la vulve disproportionnée, poilue et fétide. Elle découvre que sa cyprine lui confère un super pouvoir, n'aspire qu'à faire le bien autour d'elle mais connaît pourtant un destin tragique. Les supports utilisés (musique, vidéo, dessin animé et 3D) révèlent l’ambivalence des sentiments humains face à la différence. Le monstre n'est pas toujours celui qu'on croit. Un spectacle brut, à la croisée du concert punk, de la fête foraine et du roman d'amour.


agenda

© Frédéric Iovino

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Antigone

Gaze is a gap is a ghost

Jusqu'au 18.11 J. Anouilh/F. Gardin

15>17.11

L'Antigone d'Anouilh, écrit et créé durant l'Occupation, est nimbé de la tragédie d'alors. À la figure désabusée du roi Créon, s'oppose celle, idéaliste et désespérée, d'Antigone, qui se dresse contre lui au nom du devoir moral. F. Gardin s'attaque à un monument. Épaulé par W. Piette et B. Sens, cette Antigone-là fera date. BRUXELLES, Th. Des Galeries, mar>sam, 20h15, dim, 15h, 13 à 26€, +32 (0)2 512 04 07

Médée 6, 8, 10, 13 & 15.11 M-A Charpentier/ E. Haïm / P. Audi

Trahie par Jason, Médée assassine ses enfants par vengeance. Ce n'est pas rien. Allégorie du mal, sujette à de nombreuses interprétations, P. Audi souligne cette pluralité, aidé en cela par le peintre berlinois J. Meese. Dès lors, si la célèbre partition de Charpentier est respectée par E. Haïm, cette alliance offre une nouvelle dimension à l'un des opéras les plus fantastiques, au sens premier du terme, du répertoire hexagonal. LILLE, Opéra, 19h30, 67/47/29/12/5€, Tarif réduit PASS lille3000, + 33 (0)8 20 48 90 00

Daniel Linehan

L'Américain Daniel Linehan propose une création, finalisée lors de sa résidence à l'Opéra de Lille. Ce spectacle joue sur la dualité : d'un côté, la chorégraphie in vivo. De l'autre, sa retransmission du point de vue des trois interprètes. Soit une confrontation entre les corps et la technologie, entre le présent et le passé. Un jeu sur les niveaux de perception qui radicalise les bases posées par Zombie Aporia, le trio monté récemment par Linehan. BRUXELLES, Kaaitheater, 20h30, 12/10€, +32 (0)2 201 59 59

Dopo la battaglia 20.11

Pippo Delbono

Figure du théâtre transalpin, P. Delbono ne laisse personne indifférent. Et le quinquagénaire n'a rien perdu de sa verve politique et poétique. Entre quatre murs (une cellule ?) se succèdent tableaux tragiques ou burlesques. Les mots de Delbono croisent ceux d'Artaud, Pasolini, Rilke ou Kafka, le rock bouscule des airs de Verdi joués par Alexander Balanescu et chant, vidéo et théâtre s'entremêlent. Bref, Après la bataille, la guerre continue ! DOUAI, L'Hippodrome, 20h, 21/17/13/10/9€ // 22 et 23.11, Villeneuve d'Ascq, La Rose des Vents, 20/18/7€


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© Jaka Ivanc

© Lorenzo Porazzini

Adolphe

Miettes B. Constant / A. Lemaire

Après avoir adapté L'Amant de Lady Chatterley (L'Instant T). Antoine Lemaire se plonge dans Adolphe, de Benjamin Constant. Soit un sommet de l'exploration des sentiments amoureux, des dits et des non-dits, où les remords le disputent aux regrets. Ce marivaudage est servi par une mise en scène originale – micros et vidéos envahissant la scène. De quoi jouer habilement sur les tourments intérieurs de chacun, ainsi que Constant les décrivit admirablement.

22>24.11 Association des clous, Rémi Luchez

À quoi ça rime, un clown ? Et surtout, comment ça tient debout  ? Rémi Luchez connaît bien la question et y répond, tout en équilibre, dans un spectacle aux frontières de l'absurde. Aucune virtuosité inutile ici. Avec quatre bout de bois, une boule d'argile et un peu d'acier, ce fildefériste compose des galeries de portraits émouvants qui ne tiennent bien souvent... qu'à un fil.

BÉTHUNE, La Comédie, 20h, 18 à 7€, +33 (0)3 21 63 29 19

CALAIS, Le Channel, 20h30 sf sam, 19h30, 6€, + 33 (0)3 21 46 77 00

Bastard

Le Comte de Bouderbala

22.11

Duda Paiva

27.11

C'est au rythme de J'Suis Snob de Vian que Duda Paiva déboule sur scène. Dans un sale état : une gueule de bois, rendue plus douloureuse encore par l'apparition d'une vieille danseuse culde-jatte et de son « bon ami » en sous-vêtement. Le reste n'est pas racontable : burlesque, surréaliste, psychanalytique – à la façon de l'Arrache-Coeur (1953) du précité Vian – le Néerlandais repousse les limites de la manipulation d'objets avec classe, cultivant dans un même élan rire et réflexion.

On connait l'histoire de cet ancien basketteur pro, polyglotte, passé chez Jamel et aperçu dans Les Seigneurs (2012). Voici l'occasion d'applaudir ce roi de l'humour pince-sans-rire, passant à la moulinette l'actualité politique ou sportive. Constamment entre New York et Paris, il prend un malin plaisir à confronter les deux cultures, ne ménageant aucune (supposée) communauté. Humble et audacieux à la fois, ce persifleur ne fait pas grincer que les planches.

LILLE, Le Prato, 20h, 17/13/8,50/5€, +33 (0)3 20 52 71 24

LILLE, Th. Sébastopol, 20h, 33€, +33 (0)3 20 54 44 50


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© Florence Delahaye

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L'Art du rire 27.11

Pas de quartier Jos Houben

Jos Houben interroge le rire : pourquoi et comment rit-on ? Une conférence assommante  ? Que nenni  ! L'Art Du Rire chatouille subtilement les zygomatiques. Qu'il mime un camembert, se vautre sur les planches ou défie la verticalité du corps humain, Houben décortique chaque phénomène à l'extrême, poussant l'ensemble jusqu'à l'absurdité la plus totale. Un joli tour de force.

29.11

Toni Santocono

Un terrain vague transformé en jardin par des habitants d'un quartier populaire. La belle vie. Jusqu'au jour où des promoteurs transforment ce bout de verdure en centre commercial. Jusqu'à quel point chacun est-il prêt à résister ? Comptant des figures du rock et du théâtre belges, Pas de Quartier se nourrit également de témoignages de Louviérois. et allie réflexion et bonne humeur.

COUDEKERQUE-BRANCHE, Esp. Jean Vilar, 20h30, 12/9/7€, +33 (0)3 28 51 40 40

MANAGE, Le Scailmont, 20h, 8/6€, +32 (0)6 421 51 21 // 08.12, BRAINE-LE-COMTE, S. Baudouin IV, 20h, 12/9€, +32 (0)6 787 48 93

Singularités ordinaires

Terreur Torero

29.11 C.Rulhes / J.Cassier / S. Barrier (si pas de place, mettre le GdRA)

1er & 2.12 P. Lemebel / Cie La Diagonale

Premier volet d'un Tryptique autour de la Personne, ces Singularités se déroulent en cinq chapitres pour conter trois récits de vie : celle d'un cultivateur octogénaire, d'une danseuse étoile retraitée et d'une femme immigrée combattant le racisme à Marseille. Les trois comédiens se donnent la réplique, mêlant musique et acrobatie. Mieux, ils interagissent avec des extraits filmés des «  vrais  » protagonistes qui ont inspiré la pièce. Du théâtre-vérité ? En quelque sorte.

Chili, 1986. La Loca, travesti exubérant, aime Carlos, un étudiant révolutionnaire. Celui-ci profite de l'hospitalité de La Loca pour projeter un attentat contre le dictateur Pinochet, qui passe sous ses fenêtres chaque soir. À cette relation ambiguë s'ajoutent les monologues du vieux despote. Quelque chose comme Les Mains Sales à la sauce chili ? C'est beaucoup plus subtil, et Esther Molle rend justice au texte engagé et souvent drôle de l'écrivain et perfomer Pedro Lemebel, figure du mouvement queer chilien.

HAZEBROUCK, Centre A. Malraux, 20h30, 10/7/6€, +33 (0)3 28 44 28 58

LILLE, Maison Folie Wazemmes, sam, 20h, dim, 16h, 12/8€, + 33 (0)3 20 78 20 23


littérature

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« Six Feet Under

est un remède à l'ironie moderne

»


interview

tristan garcia Mémoires d'outre-tombe propos recueillis par ¬ Florian Koldyka photo ¬ Warner Bros France / DR - Actes Sud

« Six Feet Under m'a appris à pleurer ». La série-culte a marqué ce début de siècle... et Tristan Garcia, semble-t-il. Il était temps de revenir sur cette chronique grinçante du quotidien de la famille Fisher, propriétaire d'une entreprise de pompes funèbres à Los Angeles. Rencontre avec son premier fan, auteur remarqué de La Meilleure Part Des Hommes (2008), qui consacre au feuilleton de HBO un essai ontologique, Nos Vies Sans Destin. ▲

littérature

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littérature

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« Cette série ne fait jamais la morale,

elle apprend à vivre »

A NOTRE AMI

Pour quelles raisons avez vous étudié cette série ? Je souhaitais lui rendre justice. Elle est moins étudiée ou citée que Les Soprano ou The Wire, les deux autres fleurons du début de l'âge d'or des séries télévisées. Il y a deux raisons à cela. Six Feet Under joue peu avec les codes du cinéma. Elle est moins en prise avec la société dans sa globalité, se concentrant davantage sur la famille et la mort. Plus discrète, elle concerne la classe moyenne, ordinaire. Par ailleurs, c'est aujourd'hui un classique, et se pose la question de l'entretien de sa mémoire. Car de nouvelles séries apparaissent chaque mois et il n'est pas dit qu'à la manière d'un bon film, on revienne régulièrement à ces œuvres patrimoniales.

clair-obscur dans la cuisine de Ruth, la mère de famille. Ensuite, c'est le produit d'un seul auteur, Alan Ball, qui a su insuffler aux scénaristes un même fond idéologique. Aussi, chose rare, la série a su mourir au sens strict. Ici la fin est superbe. Et nécessaire, car comment aurait-elle pu finir autrement ? La mort est le sujet, la mort ouvre la série et la clôt.

Quelles sont les spécificités de Six Feet Under ? Le soin extrême apporté à l'esthétique, qui influencera d'ailleurs Mad Men. La photographie est très inspirée par le travail de photographes contemporains comme Jeff Wall, mais aussi par la peinture occidentale, notamment le

Comment la série évolue-t-elle ? La première saison est la moins parfaite, victime d'un ton satirique. Mais cette dimension cynique du rapport à la mort, qui relève de l'humour noir, disparaît progressivement à partir de la deuxième saison. La systématisation du second degré a un peu gangrené

tristan garcia


toutes les séries d'aujourd'hui. Six Feet Under est en cela un remède à l'ironie moderne. Elle apprend non seulement à s'attacher sincèrement aux personnages, mais elle enseigne aussi le deuil. A-t-elle en un sens libéré votre pudeur ? C'est intéressant comme question car SFU est elle-même extrêmement pudique. Certains lui reprochent un côté coincé, rigide. Certes, l'ambiance n'a rien à voir avec celle des Soprano, mais elle apprend aux personnages ainsi qu'aux spectateurs à assumer leurs émotions. C'est une aventure partagée. Cette série ne juge ni ne fait la morale, mais elle apprend à vivre. Comme Twin Peaks a fait de moi un adolescent alors que j'étais un enfant, je suis devenu adulte avec Six Feet Under quand j'avais 20 ans. Six Feet Under aurait-elle pu exister sans la chaîne HBO ? HBO est peut-être la plus grande aventure industrielle dans le domaine de l'art à la fin du xxe siècle. Au départ dédiée au sport, elle s'est tournée vers la création dans les années 80 et 90 en s'appuyant sur ses abonnés, souvent cultivés, plutôt aisés, de la classe moyenne supérieure. Depuis, elle a brisé à peu près tous les tabous de la télé américaine. Les succès de OZ et des Soprano lui ont permis de s'enrichir, puis de prendre d'énormes risques. C'est fou de produire Rome aux USA, où la culture antique est si faible. Bon, ce fut un échec… Mais HBO soutient ses créations jusqu'au bout, en leur donnant une véritable conclusion. Car la plupart du temps, la fin des séries est bâclée, voire avortée, comme celle de Twin Peaks. Six Feet Under connaîtra finalement un succès mitigé, seulement supportable grâce au triomphe des Soprano !

Y a-t-il un héritage à Six Feet Under ? Oui, notamment dans la littérature américaine. On retrouve son influence dans Freedom (2011) de Jonathan Franzen, avec des arcs narratifs patients et minutieux, et la valorisation des émotions. De toute façon, c'est une série très littéraire. Son ton feutré a aussi marqué le cinéma américain indépendant, comme dans Take Shelter (2011) de Jeff Nichols, qui se concentre sur les crises familiales. En revanche, je ne pense pas qu'elle ait influencé d'autres séries, si ce n'est Mad Men qui est typiquement un sous produit de SFU, ou les personnages secondaires de Breaking Bad. Retrouvez l'intégralité de l'interview sur www.letsmotiv.com

à lire / Tristan garcia, Nos Vies Sans Destin, PUF, 128p., 12€ à voir  / Six Feet Under - L'intégrale (Warner Bros, 2009) 149,99€


livres

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LA RÉVOLUTION DES CASSEROLES Jérôme Skalski - éd. La Contre-Allée On ne va pas vous retracer ici l'histoire de la crise financière, on en connait tous les conséquences : chômage, récession, agonie grecque, Espagne et Portugal au bord du gouffre, sans parler de la montée des extrêmes-droites (Hongrie, Pologne, Grèce encore...). En dépit des manifestations et alternatives proposées par les gauches européennes, les solutions capitalistes pour répondre à une crise du… capitalisme sont présentées comme inéluctables. Seule l'Islande a dit non. Étonnamment (?), cette affaire fut un peu moins relayée. Saluons alors l'initiative de Jérôme Skalski. Habitué des colonnes de L'Humanité, ce journaliste tient la chronique de près de trois ans de changements profonds dans une île aux avant-postes de l'ultra-libéralisme. Là-bas, en 2009, la rue a eu raison du gouvernement en place, mis au pouvoir une femme de gauche et refusé de collectiviser la dette des banques privées. Dans la foulée, une assemblée constituante fut mise en place. La suite se joue d'ailleurs ces jours-ci. Tout le mérite de l'ouvrage de Skalski est de relater, de façon quasi-quotidienne, les actions, avancées, reculs et avanies d'un peuple qui a su se prendre en main pour agir, au lieu de subir. Salutaire ! 108p., 13,50€. Thibaut Allemand

Apathy For The Devil Nick Kent - éd. Rivages Signature renommée du NME des temps héroïques (celui des 70’s), Nick Kent a traversé l’âge d’or du rock en spectre halluciné, faisant table (et plus souvent seringue) commune avec les légendes de son siècle. Mais il en a fini avec la chronique de leurs éclipses –souvent définitives (The Dark Stuff : l’Envers Du Rock, 1996). L’évangéliste ordonne un peu mieux sa charité, désormais, et reprend le fil de l’histoire en commençant par lui-même : Apathy For The Devil obéit aux codes de l’autobiographie, et si l’anecdote y abonde encore, c’est pour décrire cette fois la trajectoire d’un seul homme, curieux de savoir comment le plus perdu des soldats de la cause (lui-même) a fini par se retrouver. Quant à tempérer ses jugements, une autre vie ne sera pas de trop. 339 p., 21,50€. F.-X. Béague


chroniques Tous les diamants du ciel

A PIERRE FENDRE Richard Morgan Éd. Bragelonne

Claro - éd. Actes Sud Traducteur stakhanoviste, écrivain fécond, Claro ne s'arrête jamais. Dans ce dernier roman, l'auteur nous trimbale entre Paris, New-York, San Francisco, Pont-Saint-Esprit et le désert d'Algérie. C'est là que le monde se déniaise à grands coups de drogues et de sexe, avec en bruit de fond la Guerre froide et son lot de paranoïas. Ici, Antoine, qui s'ouvre les portes de la perception après avoir découvert par accident « le pain maudit  », et Lucy Diamond, ex-junkie devenue pasionaria usée, vont être des témoins majeurs de leur temps. Entre lyrisme urgent et délire psychotique, l'écriture rythmique et sonore de Claro transforme ce roman en expérience sensorielle, comme une hallucination sous LSD, entre extase et terreur. 256p., 20€. Maxime Olivier

Le cadre paraît familier. Médiéval, fantastique, il mêle scènes de guerre, magie noire, êtres de toutes espèces – dragons, esprits... Mais le personnage principal l'est beaucoup moins. Ringil est en rupture de ban. Renié par sa famille, son clan et les représentants de sa classe sociale, il s'accoquine avec des paysans, des mercenaires, des garçons de ferme – qu'il n'hésite pas à prendre pour amants. Car si Ringil a tout du héros viril, l'auteur le place en parfait décalage : par ses orientations sexuelles, les combats où il n'est pas toujours à son avantage... Pan après pan, Richard Morgan fait ainsi exploser les cadres de la Fantasy, réinvente le genre grâce à un souffle épique et une langue drôle et étonnante. 504p., 23€. François Annycke

MODE & TISSUS : HIGH-TECH Sophie Bramel et Patricia Poiré - Éd. Falbalas La mode au microscope… ou presque. Cet ouvrage décrypte les innovations scientifiques qui marquent l'industrie textile du xxie siècle, et dévoile les petits secrets des étoffes qui occuperont bientôt nos commodes. Si le néophyte trouvera quelques réponses à ses questions (quel vêtement prendre pour quel climat, quelle activité ?), l'aficionado restera hélas sur sa faim, les auteures restant trop souvent en surface. Cela dit, de l'apparition du lycra dans les années 1960 à celle du bambou en 2004, du textile qui améliore les performances sportives au tissu anti-pollution, du vêtement-spray au costume lavable sous la douche, voici un véritable répertoire historique et technique de l'évolution de nos fringues, de leurs usages et de leur matériau. 288p., 29€. Elsa Fortant


disques

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DAVID SHAW AND THE BEAT So It Goes Her Majesty’s Ship / Modulor Ancien membre de Black Strobe aux côtés d’Arnaud Rebotini et Ivan Smagghe, David Shaw signe ensuite quelques maxis remarquables sous l'alias Siskid (dont She Has Reasonable Doubts, 2008). Ces coups d’essai flamboyants illustrent déjà son tiraillement entre rock et clubbing, scène et dancefloor, mais quoi de plus normal lorsqu’on est né à Manchester ? David Shaw prend son temps, poursuit pendant plusieurs années une quête qui semble s’achever avec So It Goes, formidable pont entre toutes les influences de son auteur. Cette ambiguïté maîtrisée constitue l’essence même de ce premier LP, sur le fond comme sur la forme. Les textes ramènent souvent à la nature versatile et improbable des sentiments humains (Finders Keepers, Single Serving Friends). Entre l’introspection synthétique de No More White Horses, l’envolée pop de Trance In Mexico, voire la new wave de Like Swans, David Shaw navigue avec brio entre les genres en leur adjoignant le groove en dénominateur commun. Scène ou dancefloor, encore. Après l’écoute du morceau-titre, longue plage et climax conclusif de l’album, on se plait à imaginer à quoi pourrait désormais ressembler un « album de la maturité » de David Shaw and The Beat… Clément Perrin

MOTORAMA Calendar - Talitres/Differ-Ant Rostov-sur-le-Don, son église, sa centrale désaffectée, et Motorama : ses mulots. Ses Field Mice, si vous préférez. Mais la torsion particulière qu’inflige à l’anglais un accent aussi guttural que celui de Maksim Polivanov a vite fait de transporter l’inoffensive mélancolie du modèle britannique sous des cieux bien moins cléments. Quant aux guitares, elles dévident façon ligne claire des chapelets de notes qu’on croirait parfois sorties du balalaïka de Grand Papa. Indé, la musique qui venait du froid ? Ca se tient : The Ukrainians en leur temps, reprenant les Smiths, avaient revendiqué un cousinage des plus convaincants… Trêve de rapprochements pittoresques : ce second album du quintette, simple et touchant, ne coûte à l’auditeur aucun effort d’acclimatation. F-X Béague


chroniques DAPHNI

MICHAEL MAYER

Ahora - Jiaolong/ La Baleine

Mantasy - Kompakt/ Modulor

Pour Dame-Nature, une daphnie, c’est un tout petit crustacé et un caribou, un grand cervidé. Ils n’ont pas grand chose en commun. En revanche, dans le monde de la musique, Daphni et Caribou, c’est Dan Snaith, un musicien canadien qui cherche à jouer ses morceaux digitaux avec de « vrais » instruments.  Pour cet album, il faudra donc sortir percussions, synthés et cloches de vache. Frais et aéré, Ahora oscille entre invitation à la transe light ou à la chorégraphie de bon goût. Oscille, donc, et perd un peu l’équilibre parfois, avec certains titres ici trop longs, là trop vides. Ce résultat inégal gâche un peu le plaisir d'un album pourtant agréable, dont l’ambiance estivale est bienvenue en cet automne pluvieux. Olivia Volpi

À l'écoute du titre d'ouverture Sully, le doute s’immisce. Est-ce bien Michael Mayer, le co-fondateur du célèbre label Kompakt, l’un des fleurons de la minimale, soit le canon techno outre-Rhin ? Allez, il est temps de briser ce cliché concernant les DJs allemands, soi-disant incapables de composer autre chose qu’une bassline répétitive de huit minutes. Son deuxième disque (seulement) en témoigne : à la froideur supposée de la musique électronique, Mayer oppose un kaléidoscope de styles, de la techno aux bandes originales de film. Quelques synthés, de l'ambient... À l’image de son label (apparition du sous-label Kompakt Pop, utilisation de voix...), l’Allemand offre un ensemble cohérent, où s’estompent les considérations dancefloor sans dénaturer le son Kompakt. Louis Hertert

OTTO VON SCHIRACH Supermeng - Monkeytown Records Avant de faire profiter son entourage de ce plaisir coupable, il conviendra de se trouver de sérieuses excuses : le huitième album du germano-mexicain (de Miami) convoque dans une joyeuse collision de stridences acid, de breaks, de blips et de broc tout ce que l’électro peut offrir de plus outré. La récréation d’un déclassé ? L’élégance consiste à ne pas faire étalage de son pedigree, quand on descend en droite ligne du Kraftwerk de Boing Boom Tschak, et qu’on a l’ADN imbibé de l’étrange poésie robotique d’un Bruce Haack (les effets de vocoder de Quasar et Gravitron). A force d’écoutes successives, le vernis bouffon se craquèle, et la beauté de ce collage s’impose. Les excuses sont toutes trouvées, et Otto von Schirach mérite sa particule. F-X Béague


agenda

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concerts Jeu 01.11 Rich Aucoin Tourcoing, Le Grand Mix, goûter-concert, 16h, gratuit/4e Métropolis (Fritz Lang)Cinéconcert : Orchestre National de Lille Euralille, Lille Grand Palais, 16h, 30/24/12e Amanda Palmer & The Grand Theft Orchestra... Anvers, Trix Club, 19h, 19/16e Carmen Maria Vega Beauvais, L'Ouvre-Boîte, 20h, 18/16/13e Dionysos + Team Wild Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Théâtre, 20h, 33e Here we go Magic + Rich Aucoin Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 13/10e

Ven 02.11 Clinton Fearon + Friends Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 23/20e Micachu & The Shapes Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 16/13/10e Liars + The Haxan Cloak Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 20/17/14e Irma + Gael Faye Lille, L'Aéronef, 20h, 18/14e Death Grips + Fujako Bruxelles, Magasin 4, 20h, 12/10e Métropolis (Fritz Lang)Cinéconcert : Orchestre National de Lille Euralille, Lille Grand Palais, 20h, 30/24/12e Herbie Hancock Bruxelles, Bozar, 20h, 63/53/43/15e M83 Bruxelles, L'Ancienne Belgique/

AB Théâtre, 20h, complet Total Warr Lille, La Péniche, 20h, 10e DJ The Uptaker + The Aggrolites... Anvers, Trix, 20h, 19/16e

Sam 03.11 Soan Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 19/16/13e

Laurent Voulzy Liège, Le Forum, 20h, 52/47e

Frànçois & The Atlas Mountains Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 18/15/12e

The Cranberries Esch-sur-Alzette, Rockhal, 20h, 40/36e

Hot Chip Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Théâtre, 20h, complet

Daan Louvain-la-Neuve, La Ferme du Biéreau, 20h, 14/13/8e

The Dead Mantra + Surfer Rosa + Avoxblue Lille, Kiosk, 20h, 5e

Bharati Lille, Zénith Arena, 20h, 65/51/39/34/27e

Godspeed You ! Black Emperor Roubaix, La Condition Publique, 20h, 24/21e

Get Well Soon Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 17/14e Fête de l' Animation : The Popopopos + Ô Superman + Transmission VS Vj Rezo et Piss and Laugh TV Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 9/6e Jagwa Music + Jos Tacovich Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 11/9/7e Biga Ranx + Elisa do Brasil + Miss Toruble + Aphrodite + DJs Lille, Maison Folie de Wazemmes, 20h, 20/18e Singtank + Week End Affair Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/6e

Ok Bonnie Lille, La Péniche, 20h, 9e Johnny Hallyday Bruxelles, Forest National, 20h, 83e Mujeres + Charles Howl + Coubiac + Bronco Billy... Marchienne-au-Pont, Rockerill, 20h Isbells + Mad About Mountains Courtrai, De Kreun, 21h, 14/11/0e Kingstep + Crucial Alphonso + Unlisted Fanatic... Bruges, Cactus Muziekcentrum, 21h, 12/9/7/6,5/5e Kink Live + Tom Dazing... Bruxelles, Fuse, 23h, 11/7e

Monofocus + DJ Barnaby Street Lille, Maison Folie Moulins, 20h

Family Name Party : APM001 + Pachanga Boys + Le Piou Lille, Magazine Club, 23h, 10e

Aba Shanti-I + Forward Fever + Idren Natural Bruges, Cactus Muziekcentrum, 22h, 12/9/7/6,5/5e

C.P. + Cosmo + Phiphi Gand, Decadance, 23h, nc

Flight Facilities Lille, Magazine Club, 22h, 10e Laura Jones Anvers, Le Café d'Anvers, 23h, 10e

DJ Tchado Lille, Etik Club, 23h, 10e

Dim 04.11 Wintersun + Korpiklaani... Anvers, Trix, 18h, 28/26e


Retrouvez l’intégralité des concerts sur

WASP Lille, Splendid, 19h, 28,60e Coheed and Cambria + Fighting With Wire Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 17/14e Lotus Plaza... Courtrai, De Kreun, 20h, 13/10/0e Grizzly Bear + Villagers Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Théâtre, 20h, complet Les Ramoneurs de menhirs + Toxic Waste Lille, Maison Folie de Wazemmes, 20h, 8e

Lun 05.11 Twin Shadow Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 16/13/10e Sam Sparro + Bodyspasm Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Théâtre, 20h, 22e Lambchop Lille, L'Aéronef, 20h, 16/11e Shabazz Palaces + Thee Satisfaction Courtrai, De Kreun, 20h, 12/9/0e Low Sea + Shadow Motel... Lille, Le Rouge, 20h, prix libre

Orchestra + Discover La Louvière, Le Splendide (chapiteau) , 20h, 15/12e Sophie Hunger Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ Flex, 20h, 26e

Pavel Baransky + Modest Moussorgski + Nikolai Alexeev + Dimitri Chostakovitch Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 30/24/12e

Mer 07.11

Efterklang... Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Théâtre, 20h, 23e

Troy Von Balthazar + PAON Bruxelles, Maison des Musiques, 19h, 8e

Meta & The Cornerstones Lille, La Péniche, 20h, 9e

The Maccabees Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Théâtre, 20h, 23e Aline (Ex- Young Michelin) Lille, La Péniche, 20h, 9e Festival Si ça vous chante : Dominique A La Louvière, Le Splendide (chapiteau) , 20h, 24/21e

Boulevard des airs + Barcella Lille, Splendid, 20h, 23,10/20,10e Antibalas + Sorah Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 15/12e Gossip Lille, Zénith Arena, 20h, 44/38,50e

Scorpions Lille, Zénith Arena, 20h, 78,50/59,80e

Julien Doré Lille, Théâtre de l'Hotel Casino Barrière, 20h, 24e

Youngblood Brass Band + PsyKokondriak Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 15/12e

Head Full of Flames Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, nc

Monogrenade + Head Full of Flames Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/8/6e

The Popes + Steve AxelB Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/8/6e Ulko Prod + Little Giorgio Bruxelles, Fuse, 23h, 6/5/2,5e

Juffage + Cheyenne 40 Lille, La Malterie, 20h, 7/5e

Moon Duo... Courtrai, De Kreun, 21h, 10/7/0e

Ven 09.11

Mar 06.11

Jeu 08.11

Festival Ground Zero : Hot Chip + Lescop + Juveniles Lille, L'Aéronef, 19h, 26,40/23,40e

Kosheen Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 19/16e

KaS Product Bruxelles, Magasin 4, 19h, 20/15e

Citizens ! Bruxelles, Beursschouwburg, 20h, 10e Junior Kelly Lille, Splendid, 20h, 21/18e Festival Si ça vous chante : Kiss & Drive + Mister Diagonal + The Black Light

Festival les Inrocks : Electric Guest + The Vaccines + Poliça... Lille, L'Aéronef, 19h, (pass 2j 40/32)/23/19e Lescop Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 17/14/11e Mahler et au delà :

Festival les Inrocks : Michael Kiwanuka + Willy Moon + Wild Belle... Lille, L'Aéronef, 19h, (pass 2j 40/32)/23/19e Alabama Shakes + Dylan Leblanc Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, complet Animal Collective... Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 26/23e


agenda

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concerts Call 911 - Hip-High School #9 : Zoxea + Feini-X Crew + PsyKokondriak + Veerus Lille, M. Folie Moulins, 20h, nc Julien Clerc Maubeuge, Le Manège, 20h, 30/20e Makler et au delà : Modest Moussorgski + Dimitri Chostakovitch + Nikolai Alexeev + Pavel Baransky Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 30/24/12e Festival Si ça vous chante : Arthur H + La Mordue La Louvière, Le Splendide (chapiteau) , 20h, 30/25e Troy Von Balthazar Lomme, Maison Folie de Beaulieu, 20h, 5e Geoff Farina... Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 9/7/5e Handcrafted Soul Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 7/5/4/3e Umek + Dj Fred Hush Lille, Magazine Club, 23h, 10e

I Love Techno : Boys Noize + Vitalic + Erol Alkan + Tiga + Dr Lektroluv + Spank Rock + Netsky + DJ Fresh + Dave Clarke + Joris Voorn + Chris Liebing + Gesaffelstein + A-Trak + Major Lazer + The Magician + Modeselektor + Jamie xx + Flying Lotus + Martyn Gand, Flanders Expo, 19h, 56e

Dim 11.11 Pain + Moonspell... Anvers, Trix, 18h, 28/26e Hugues Auffray Lille, Théâtre Sébastopol, 18h, 43/38e Ewert and the Two Dragons + Rozi Plain Lille, La Péniche, 18h, 9e

Animal Collective... Anvers, Trix, 19h, 28/25e

Seal Lille, Zénith Arena, 19h, 65,30/56,50/42,20e

Tech N9ne Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 18/15e

Royal Republic + Kopek Anvers, Trix Club, 19h, 17/14e

Wes Waltz Lille, Maison Folie Moulins, 20h, 5/3e

Lun 12.11

Hugh Coltman Louvroil, L'Espace Culturel Jean-Claude Casadesus, 20h, 8/6e The Van Jets Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Box, 20h, 19e

Ariel Pink's Haunted Graffiti + Geneva Jacuzzi Anvers, Trix, 19h, 16/13e Festival Ground Zero : Patrick Wolf Lille, L'Église Saint-André, 20h, 15,90e Stick Men Lille, Splendid, 20h, 26e

Chris Lattner + Steve Abot Gand, Decadance, 23h, nc

Festival Ground Zero : Woodkid + Thomas Azier Roubaix, La Condition Publique, 20h, 24,20e

This Is Acid Party feat Antinote Records Bruxelles, The Wax Club, 23h, nc

Les Blaireaux Liévin, Centre Culturel, 20h, 15/13/10e

Anthony B Gand, Culturell Centrum Vooruit, 19h, nc

Pachanga Boys + Horse Meat Disco + Sam Sparro... Bruxelles, Ciné Mirano, 23h, 13/8e

Elephant + L'Hapax Lomme, Maison Folie de Beaulieu, 20h, 5e

Festival Si ça vous chante : Kocani Orkestar La Louvière, Le Splendide (chapiteau) , 20h, 16/14/5e

Laurent garnier + Fabrice Lig... Bruxelles, Fuse, 23h, 11/7e

Softly Spoken Magic Spells + Mood... Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 5e

Mar 13.11

Archive Bruxelles, Forest National, 20h, 33e

AfterLive : Bodybeat Lille, L'Aéronef, 23h, gratuit

Brodinski + Club Cheval... Lille, Magazine Club, 22h, 12/10e

Sam 10.11

Sonata Artica + Battle Beast Lille, Splendid, 20h, 29,70e

Ost & Kjex Live + TraumeR... Bruxelles, Fuse, 23h, 11/7e

KaS Product + Guerre Froide Lille, L'Aéronef, 20h, 13/7e

Festival Si ça vous chante présente La Promenade spectaculaire La Louvière, Quartier de Bouvy, 15h, 10/8e

Tom Deluxx + Deiva & Djos Lille, Kiosk, 23h, 7e Dj Prinz + Jerry May... Anvers, Le Café d'Anvers, 23h, nc

Feldspath Valenciennes, Le Phénix, 20h, 22/20/17/13e


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Mer 14.11 Band of Horses... Anvers, Trix, 19h, nc Still Corners + Xiu Xiu Anvers, Trix Bar, 19h, 14/11e Shantel Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 25/22e Wax Tailor Lille, L'Aéronef, 20h, 24,80e Stuck In The Sound + Mad Insina + Somabogota Villeneuve d'Ascq, La Ferme d'en Haut, 20h, 5e Colin Stetson... Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 15/12e Rupa & the April Fishes Lille, La Péniche, 20h, 10/9e Tryo + Boulevard des airs Bruxelles, Forest National, 20h, 39e Eliades Ochoa Anvers, Arenbergschouwburg, 20h, 29/26e Gravenhurst + BRNS Leuven, Stuk, 20h, 14/12/10e A Brand + Polaroid Fiction Gand, Culturell Centrum Vooruit, 21h, 16/14,75e Joe Jackson... Courtrai, De Kreun, 21h, 35e

Jeu 15.11 Black Cat Joe & Miss Corina Calais, La Betterave, 18h, nc Garciaphone + Label Rose Lille, Maison Folie de Wazemmes, 20h, 5e

Marillion Lille, Splendid, 20h, 33e Punish Yourself Wattrelos, La Boîte à Musique, 20h, 9/6/3e Feldspath + La pieuvre... Douai, L'Hippodrome, 20h, 21/17/13/10/9e Jean Sibelius + Franz Schubert + Jean-Claude Casadesus + Sergey Krilov Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 30/24/12e

Call 911 présente Hip-Hop Dayz #12 : Time Bomb & friends : Rocé + Dany Dan + Busta Flex + Rocca + DJ Cassidy + Mr JL + Boomer + DJ Sek + DJ Mars + DJ Nels... Lille, L'Aéronef, 20h, 2 crédits Loisir/13/7e Still Corners + Soft Crayon Lille, La Péniche, 20h, 12/11e Chain and The Gang... Courtrai, De Kreun, 20h, 13/10/7e

Shackleton + Lumisokea Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 15/12e

Kong + Set The Tone... Bruxelles, Magasin 4, 20h, 14/10e

Here we go Magic Anvers, Arenbergschouwburg, 20h, 12/10e

Alt-J - complet ! Tourcoing, Le Grand Mix, 20h

Digitalism + Villa... Gand, Culturell Centrum Vooruit, 21h, 24/21,75e Marc Ribot's Ceramic Dog Courtrai, De Kreun, 21h, 18/15/0e Broken Back Daddy Calais, La Mauvaise Herbe, 21h BRNS Gand, Culturell Centrum Vooruit, 22h, nc Willaxxx + DJ ND + DJ Ody-C Lille, Magazine Club, 23h, 7e Tom Hades + System D... Bruxelles, Fuse, 23h, 6/5/3e

Ven 16.11 Scrappy Tapes + Hot Chickens Calais, Fast Good – Icéo , 18h, Joe Jackson Anvers, Trix, 19h, 38/35e

Call 911 présente les Hip-Hop Dayz #12 : Union + Beatmaker Contest Lille, Maison Folie Moulins, 20h, 1 crédit Loisir/6e

Les Buddy's Cat Calais, Rest. Les Dunes, 20h, nc

Django Django + Eaux Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 25e

Dispo + Capital Cult... Marchienne-au-Pont, Rockerill, 20h, nc

Shaka Ponk Lille, Zénith Arena, 20h, 35e

Mulatu Astatke Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ Flex, 20h, 28e Restless + Bloodshot Bill Anvers, Trix Club, 20h, 15/12e Maniacx + PsyKokondriak Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, (pass 2j: 15/10€) 9/6e Scratch Bandits Crew + Unno + Pomrad Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/8/6e Erol Josué Faches-Thumesnil, Les Arcades, 20h, 5e Mireilles + Chet Nuneta Calais, Le Channel, 20h, 6e Ariane Moffatt + Starvage Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 10/4/3e

Sam 17.11 Ziqu'au féminin : Jur Calais, Le Channel, 18h, nc Don't Hype Fest. : ’t Hof van Commerce + Les Frères Deluxe + TLP + Trash Radio + Tierkratz + Waxsdolls + Great Mountain Fire... Gand, Culturell Centrum Vooruit, 18h, 16/13e


agenda

110

concerts Wim + Vanessa & Marcel Bruxelles, Recyclart, 19h, nc Skip The Use + Dionysos... Amiens, Zénith, 19h, 15/10e Ziqu'au féminin, La leçon de jazz - Ella Fitzgerald : A. Hervé + Déborah Tanguy Calais, Le Channel, 19h, 6e

Dim 18.11 Rendez-vous.fe & Du vent dans les amygdales Calais, Le Channel, 12h, nc Stijn + Syntherklaas Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Club, 13h, 9/6e

Les autres + Stellar Dog + Rodolphe Burger Comines, Le Nautilys, 20h, 5e

Maurice Bourbon + Le chœur de chambre Cœli & Terra Roubaix, La Condition Publique, 17h, 3e

Rodrigo Y Gabriela Lille, Zénith Arena, 20h, 35e

The Serial Blues Killers Calais, Le Bacchus, 18h, nc

Le Concert d’Astrée Lille, Opéra, 20h, 22/17/13/8/5e

Papier Tigre + Electric Electric Roubaix, La Condition Publique, 18h, 10/8/6e

Selah Sue Leuven, Het Depot, 20h, 25e Call 911 présente HipHop Dayz #12 : : M.O.P. + Youssoupha + Feini-X Crew Lille, L'Aéronef, 20h, 2 crédits loisir/18/14e The Rabeats Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 36/33/18e Imany Lille, Théâtre de l'Hotel Casino Barrière, 20h, 33/30/27e

Dirty Three + Zun Zun Egui Gand, Culturell Centrum Vooruit, 19h, 21/18,75e Christophe Willem Lille, Zénith Arena, 20h, 40e

Miss Djax + Paul Langley... Anvers, Petrol Club, 23h, 10e

Jean-Claude Casadesus JOUE Sibelius + Schubert Anzin, Théâtre Municipal, 20h, 22/20/17/13e Motörhead Deinze, Brielpoort , 20h, 38e Selah Sue Leuven, Het Depot, 20h, 25e Brad Meldhau Boulogne-sur-Mer, Espace Faiencerie, 20h, 18/15e

Mer 21.11

Doro Anvers, Trix, 20h, 25/23e

The Blues Eaters Calais, La Betterave, 18h, nc

Geluid Bakken Diksmuide, Muziekclub 4AD, 21h, 10e

Agoria + Umlaut + Pierre... Bruxelles, Fuse, 23h, 12/8e

Fishbone Bruxelles, Magasin 4, 19h, 12e

Selah Sue Leuven, Het Depot, 20h, 25e

Scratch Bandits Crew + Unno + MC2 Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, (pass 2j: 15/10€) 11/8e

Ziqu'au féminin : Jur Calais, Le Channel, 22h, 6e

Mar 20.11

Lydia Lunch's Putan Club + The Rustle Of The Stars Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/8/6e

Mark Lanegan Band Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 27e

12 Re-Volts + Christophe Hocké + Niels Bovri Valenciennes, Le Phénix, 22h, nc

The XX Lille, L'Aéronef, 20h, complet

Beach House + Holy Other Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, complet

Twin Twisters + Numerobe Calais, Maison pour Tous, 20h, 5e

Zombie Zombie + Marty... Bruxelles, Mr Wong, 22h, 8e

Thee Silver mt. Zion Memorial OrchestrA... Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 16/13e

Broken Back Daddy Calais, Le Singe en Hiver, 21h, nc

Lun 19.11 The Spinto Band Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 14/11/8e

Beth Orton Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 17/14/11e The XX Anvers, Lotto Arena, 20h, 34e The Human League Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 31e La Grande Sophie... Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 30/28/26e

Death + Richie Dagger... Anvers, Trix Bar, 19h, 14/11e

The Bony King Of Nowhere Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 16/12e

Quatuor Hagen Lille, Opéra, 20h, 22/17/13/8/5e

Absynthe Minded + Guest Amiens, La Lune des Pirates, 20h, 11/8e


Retrouvez l’intégralité des concerts sur

Thomas Fersen Roubaix, Le Colisée, 20h, 35/31/28/26/8e

Pauline Croze Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 20/17/14e

Guyger... Calais, Centre Culturel Gérard Philipe, 19h, 5e

Jeu 22.11

Alanis Morissette Bruxelles, Forest National, 20h, 55e

Elzbieta Sikora Valenciennes, Le Phénix, 19h, 9e

Mystery Jets + Oh Othello Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 19/16/13e Brain Damage... Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 16/13e

Call 911 présente Hip-Hop Dayz #12 : Grems + Bang on! + Gaïden & Yoshi Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 1 crédit Loisir/13/10e

Cisco Herzhaft Calais, L'Alhambra, 19h, 6,5/5e

Die!Die!Die! + Mars Red Sky + Poncharello Villeneuve d'Ascq, La Ferme d'en Haut, 20h, 5e

A Brand + Polaroid Fiction Leuven, Het Depot, 20h, 15/13/11e

Colin Stetson... Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 14/11/9e

Lafayette Lille, La Péniche, 20h, 10/9e

Basscrafters + Örfaz... Lille, La Péniche, 20h, 14/13e

Superbus Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 33e

Les Hyènes Wattrelos, La Boîte à Musique, 20h, 9/6/3e

Pony Pony Run Run + Sobo Beauvais, L'Ouvre-Boîte, 20h, 18/16/13e

Chapelier Fou + Two Left Ears Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 10/7e

Daby Touré Wattrelos, La Boîte à Musique, 20h, 9/6/3e Call 911 - Hip-Hop Dayz #12 : A ass Abass + Nuul Kukk + T.O.X. Lille, Le Biplan, 20h, 1/3e The Blues Eaters Calais, Le Bacchus, 21h, nc Little Devils & The Shuffle Blue Flames Calais, La Mauvaise Herbe, 21h Anne Clark Bruxelles, Beursschouwburg, 22h, 20e

Ven 23.11 Fred Chapellier + Rachel Plas + Charlie Fabert... Calais, Centre Culturel Gérard Philipe, 19h, 5e Meshuggah + Decapitated.. Anvers, Trix, 19h, 25/23e

Youssoupha Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 22/19/16e Dominique A Douai, L'Hippodrome, 20h, 30/25/20/16e Allo Darlin' Lille, Le Rouge, 20h, 8e Arrow Haze Bruges, Het Entrepot, 20h, 10e Dragonforce Lille, Splendid, 20h, 24,20e Dominique A Arras, Théâtre d'Arras, 20h, 30/25/20/16e Kasabian Bruxelles, Forest National, 20h, 35e Kid Bombardos + Let It Bleed + Ô Superman Comines, Le Nautilys, 20h, 5e

Sandra Nkaké + Mariama Amiens, La Lune des Pirates, 20h, 13/10e

Maya's moving castle... Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e

KKC Orchestra Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 7/5/4/3e

Les Inouïs du Printemps de Bourges : Auditions Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h

Jungle By Night Courtrai, De Kreun, 21h, 10/7/0e

Call 911 présente Hip-Hop Dayz #12 : Néochrome Hall Stars : Seth Gueko + Al Kpote + Zekwe Ramos + PsyKokondriak Hénin-Beaumont, L'Escapade, 20h, 1 crédit loisir/10/8/7e

Ukandanz + Zea... Bruxelles, Recyclart, 21h, 5e Anne Clark Gand, Culturell Centrum Vooruit, 22h, 24/21,75e Le Libertine Supersport : The Magician + Rick Shiver + Lefrog + A.N.D.Y. Bruxelles, Ciné Mirano, 23h, 13/8e

Sam 24.11 Eddie Taylor Jr. & Steve

Dim 25.11 Midis-Jazz/Midis-Brunch #1 avec le Chef Simon : La Palma Roubaix, La Cave aux Poètes, 12h, 15e Colin Stetson + Jason Van Gulick Tourcoing, Hospice d'Havré, 18h, 13/10e


agenda

112

concerts Superbus Lille, L'Aéronef, 19h, 30e

PVT Gand, Cafe Video, 21h, gratuit

Terry " Harmonica" Bean... Calais, Centre Culturel Gérard Philipe, 19h, 5e

Mer 28.11

Chapelier Fou Etterbeek, Atelier 210, 19h, 15/12e Fink + Rae Morris Leuven, Het Depot, 20h, 19/16/14e Das Pop Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 24/20e

Lun 26.11 The Dandy Warhols Gand, Culturell Centrum Vooruit, 19h, 25/22,75e Shuggie Otis + Sugar Onion Anvers, Trix Club, 19h, 23/20e Bat for Lashes Lille, Splendid, 20h, 30e

Secret Chiefs 3 + a.P.A.t.T Anvers, Trix Bar, 19h, 13/10e Rich Aucoin + Fanny Bloom Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 14/11/8e Kiss the Anus of a Black Cat Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 15e Uncommonmenfrommars Arlon, Entrepôt, 20h, 12/10e Matthew Dear Bruxelles, Beursschouwburg, 20h, 10e Laurent Voulzy Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 55/49,50/44e Kinski Elevator + We Are Toxic Lille, M. Folie Moulins, 20h, 1/5e

30/24/12e Hundred Waters Bruxelles, Madame Moustache, 20h, 11e Laurent Voulzy Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 55/49,50/44e Bat for Lashes Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 26e Edouard Bineau Trio Valenciennes, Le Phénix, 20h, 16/14/13/9e Blood Red Shoes... Courtrai, De Kreun, 20h, 21/18/15e Luz Casal Roubaix, Le Colisée, 20h, 39/35/30/27/8e

Ven 30.11 Graveyard + Spiders Anvers, Trix, 19h, 21/18e

Crusaders of Love + Yussuf Jerusalem Lille, La Péniche, 20h, 8e

Daphné chante Barbara Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 19/16/13e

Chor Kobiet + This is the chorus speaking + Marta Gornika Douai, L'Hippodrome, 20h, 8e

Yohav + Erevan Tusk Lille, M. Folie Moulins, 20h, 1/5e

Daan Leuven, Het Depot, 20h, nc

Kery James Amiens, Maison de la Culture d'Amiens, 20h, 31/14e

Ty Segall + White Fence Courtrai, De Kreun, 20h, 13/10/7e

Ibrahim Maalouf Jeumont, Centre Culturel André Malraux, 20h, nc

Mono + Microphonics Gand, Culturell Centrum Vooruit, 21h, 20/17,75e

The Cranberries Lille, Zénith Arena, 20h, 62/51e

Il était une fois et plus : ONL Lille, Palais Rameau, 20h, 30/24/12e

Jeu 29.11

Ty Segall + White Fence Etterbeek, Atelier 210, 20h, 16/13e

Mar 27.11 Rufus Wainwright Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 32e U.S. Girls + Slim Twig Lille, La Péniche, 20h, 12/11e

Status Quo Deinze, Brielpoort , 20h, 46e Crocodiles Charleroi, C. Culturel Eden, 20h Stupeflip Lille, L'Aéronef, 20h, 24,20e L Armentières, Le Vivat, 20h, 18/13/6e

Autumn Falls : Jens Lekman + Raven & Chimes Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 17/14/11e Filastine + Hassan K + Cheyenne 40 Roubaix, La Condition Publique, 19h, 5e Il était une fois et plus : ONL Lille, Palais Rameau, 19h,

Adrian Sherwood... Leuven, Het Depot, 20h, 12/9e

Bjørn Berge + Dirty Harry Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e Mala In Cuba Bruxelles, VK* Concerts, 20h, 16/13e Secret Chiefs 3 + a.P.A.t.T Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 10/7e


le mot dela fin

114

Les œuvres d'Auguste Derrière, auteur méconnu de réclames au début du xxe siècle, ont été retrouvées au fond d'un grenier par une équipe de graphistes bordelais. Si l'imagerie est forcément surranée, Derrière était un visonnaire, un précurseur, et possédait un sens du calembour à faire pâlir Vermot ! Lu et approuvé par les Brigades du Tigre. à lire / Les moustiques n'aiment pas les applaudissements et Les fourmis n'aiment pas le flamenco (éd. Le Castor Astral, 13,10€) - à visiter / www.augustederriere.com


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let'smotiv nord & belgique 79 - novembre 2012  

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