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n째68 / novembre 2011 / GRATUIT

nord & belgique Cultures et tendances urbaines


Sommaire

Europunk, X-ray Spex © Coll. Bernard Vidal // Collector, Orozco Gabriel, La DS // Portfolio © Matthias Heiderich

Let’smotiv - novembre 2011 - #68

06 News Jean-Paul Goude, Steve Jobs, Saddam Hussein, Copwatch,

10 Rencontre Roberto Scarpinato : le dernier des juges

Minor Place, Les Enfants de la nuit, les Transmusicales...

16 Reportage Les fantômes d’Ordos

24 Portfolio Matthias Heiderich au pied du mur

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Musique Frànçois & The Atlas Mountains, Hip-Hop Dayz, WU LYF, The Rapture, Little Dragon, la Prog d’Hiver, Keren Ann, Si ça vous chante

46 Cinéma Festival du Film d’Arras, Festival du Film de Gand,

52 Évènement Europunk

Poulet aux Prunes, Polisse

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72 86 88

90 92 98

Expositions La Piscine a 10 ans, Le Musée du Verre, Let’s Dance, Art In Brazil, Manfred Pernice… Agenda Théâtre Festival Next, Instants Critiques, Tigers In The Tea House, Rêves de Lecture, Heureux Qui Comme Ulysse, Festival des Libertés… Agenda

L ittérature Citéphilo Livres Jean Rolin, Barry Miles, Eleanor Coppola Disques The Strange Boys, Joie Noire, Le Vetex, Jonti, Gold Panda, C.Martinez Agenda concerts Le mot de la fin Mark Jenkins : un dernier scotch pour la route


Let’smotiv Nord & Belgique 114 rue Barthélémy Delespaul - F-59000 Lille Tél : +33 362 64 80 09 - Fax : +33 362 64 80 07

redaction.nord@letsmotiv.com Let’smotiv Nord & Belgique est édité par la Sarl Tacteel Membre du réseau Let’smotiv Magazines Tacteel, Sarl au capital de 5 000 euros RCS Lille 501 663 769 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours Directeurs de l’édition : Loïc Blanc & Nicolas Pattou Rédaction : Thibaut Allemand redaction.nord@letsmotiv.com GraphisME : Cécile Fauré - Christophe Gentillon Publicité: pub.nord@letsmotiv.com

Ont collaboré à ce n° :

François-Xavier Béague, Marc Bertin, Camille Bourleaud, Pascal Cébulski, Olivier Clairouin, Mathieu Dauchy, Florent Delval, Cédric Delvallez, Hugo Dewasmes, Matthias Heiderich, Cédric Gouverneur, Mark Jenkins, Vincent La Chapelle, Carole Lafontan, Vincent Lançon, Hakima Lounas, Raphaël Nieuwjaer, Paolo Pontevo, Anna Rizzello, Capucine Saez, Olivier Touron, Olivia Volpi

Couverture : Matthias Heiderich, wwww.matthias-heiderich.de diffusion : C*RED (France/Belgique) ; Zoom On Art (Bruxelles)

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Let’smotiv Bruxelles

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En bref… Jean-Paul Be Good ! Cet homme est absolument nul au jokari. Voilà, c’est dit, histoire de trouver un domaine où Jean-Paul Goude n’a pas excellé. Pour le reste, Goude a tout bon. Tour à tour illustrateur, directeur artistique, photographe, réalisateur, J-P Goude a touché à la pub (les pubs Egoïste ou Kodak, c’est lui), aux défilés gigantesques (le Bicentenaire de la Révolution Française), à la presse comme à la musique. Et marqué de son empreinte l’imaginaire 80’s. Ca valait bien une belle rétrospective parisienne, mêlant 40 ans de dessins, objets, images photographiées ou filmées. Mais aucun jokari. ❥ Du

11.11.11 au 12.01.12, www.lesartsdecoratifs.fr

iPull Au même titre que le gant argenté de Michael Jackson, le pull noir de Steve Jobs est devenu un véritable objet de culte. Depuis sa mort, le 5 octobre dernier, les ventes du petit pull à col roulé noir (marque St. Croix) ont explosé de 100 %  ! Un effet de mode auquel le fabricant – en rupture de stocks – ne s’attendait pas vraiment. Il faut dire qu’en soi, le vêtement du dirigeant d’Apple n’a rien d’exceptionnel. C’est même plutôt l’inverse. Un coup marketing pas piqué des vers, du coup, pour quelqu’un qui gît six pieds sous terre. © DR

Télex

La métropole lilloise accueille son premier salon de mode et mobilier vintage, le Metropolitan Vintage Show, du 18 au 20.11 prochain, à l’ENSAIT à Roubaix. Un événement unique pour les amateurs de mode et de mobilier. Près d’une quarantaine d’exposants venus de Paris, Lille, Lyon et de Belgique sont attendus sur plus de 600m2. Info : +33 (0)3 20 25 64 64

Grace Jones, V magazine, Paris, 2009.

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La Word Academy

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Protéger la langue française, c’est son hobby, à l’Académie française. Dernière en date du crew de Jean d’Ormesson : remplacer le mot «DJ» par... platiniste ! Oui, au même titre qu’un guitariste, par exemple. On a pris connaissance de cette news en checkant nos mails, et on a cru à un hoax. Reste un souci : a-t-on encore le droit de dire «turntablist» ? Pas grave, c’est imprononçable.

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Saddam Hussex

L’arroseur arrosé

Saddam Hussein, icône sexuelle ? C’est en tout cas ce que pensent des producteurs de films pornographiques. En effet, Mohamed Bishr, discret père de famille égyptien, sosie de l’ancien raïs irakien, se dit harcelé par ces derniers, souhaitant l’engager dans leur prochaine réalisation X. Après avoir refusé une offre de 330 000 dollars, reçu des menaces au téléphone, Bishr a été victime d’un enlèvement par un gang masqué alors qu’il se dirigeait vers un café d’Alexandrie. L’infortuné a déjà été contraint de changer à quatre reprises de résidences.

De Rodney King aux (nombreux) lycéens français rendus borgnes après un coup de flashball, on ne compte plus les bavures de cow-boys ayant choisi l’uniforme, faute de canasson. Quelques-uns de ces bourrins affichent d’ailleurs ouvertement leur appartenance à l’extrême-droite sur Facebook et autres sites ou le LOL côtoie le Zieg Heil. C’est pourquoi le site Copwatch (surveillance de flics) a été créé. Certains parlent de délation ou de fichage, mais ces policiers ne cachent rien, si ? En attendant, le très démocrate Claude Guéant trépigne et exige la fermeture de la branche française du site. Peur de se retrouver fiché, Claude ? ❥ http://copwatch.fr.over-blog.com

Dans le cadre de la semaine de la solidarité, le Fresnoy projette 8, le film. Ou autant de courtsmétrages (Gael Garcia Bernal, Gus Van Sant…) réunis en un seul pour illustrer les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement. Réduire la faim, la pauvreté, la maladie… tout ça vaut bien le déplacement, non ?  9.11, Tourcoing, Le Fresnoy, +33 (0)3 20 28 38 00


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Rêve éveillé C’est loin les rêves de môme, leurs forêts enchantées et leurs créatures mystérieuses. Heureusement, la Cie Si et Seulement Si propose le parcours Les enfants de la nuit, transformant ainsi la Condition Publique en vaste « parc d’attraction pour enfant et lampes de poche  ». Miroirs, pluies de météorites, halos de lumière… Un véritable rêve éveillé où, pour le coup, personne ne s’endormira par mégarde. ❥ Jusqu’au 27.11, Roubaix, Condition Publique, 2€, +33 (0)3 28 33 57 57

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Spank Rock © DR

Minor Place

Les Trans

Un an déjà que Minor Place a ouvert ses portes ?! Une bonne nouvelle pour ce disquaire maniaque qui songeait à ranger ses bacs selon la couleur des pochettes de disques. Pour fêter ça dignement, Minor Place convie la crème locale (Cercueil, Ed Wood Jr, Overlow) et les Parisiens de :take: pour un concert dantesque à la Péniche de Lille. Billets en vente à la Fnac et.. non, pardon, chez Minor Place (Lille, 44 rue du Plat), et sur place le soir-même. ❥ 11.11, 20h, Lille, La

Demat, les Bretons ! En décembre, les Trans Musicales de Rennes fêtent leur 33e anniversaire. Un âge christique pour un pèlerinage annuel vers les les groupes de demain, la spécialité des Trans étant la découverte. Ce sera à nouveau le cas, avec Dissonant Nation, Mexican Institute of Sound, Zomby ou les déjà plus connus Stuck in the Sound, Agoria et la tornade hip-hop Spank Rock. Et cette année, la grand’messe bretonne accueille en résidence le précieux label auvergnat Kutü Folk... ❥ Du 30.11 au 4.12,

Péniche

Télex

www.lestrans.com

Une fois de plus, le festival Tour de Chauffe boucle magistralement une année de travail dédiée aux jeunes groupes de la métropole lilloise (résidences, formations, enregistrements). Cette soirée de clôture est soutenue par quelques « vedettes » : Camille Bazbaz, Jazzsteppa, Tahiti 80… 17.11>3.12, métropole lilloise


Roberto Scarpinato Le dernier des juges propos recueillis par ¬ Paulo Pontevo – Traduction : Anna Rizzello photos ¬ Letizia Battaglia


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Depuis vingt ans, Roberto Scarpinato, procureur général à Caltanissette, vit sous protection, entouré en permanence de plusieurs gardes du corps. Dernier survivant des juges anti-mafia de la génération Falcone et Borsellino, assassinés en 1992, il combat le crime organisé en Italie et dans toute l’Europe. Auteur de plusieurs ouvrages, l’ancien magistrat de Palerme nous initie aux secrets de la mafia. Un parrainage, en quelque sorte. Le cinéma et la littérature décrivent souvent la mafia de manière folklorique. Quelle réalité recouvre-t-elle réellement ? La mafia est une organisation criminelle qui a des caractéristiques spécifiques. Son but n’est pas seulement de commettre des délits isolés, mais de contrôler de façon directe ou indirecte certains secteurs économiques, institutionnels ou de perturber le déroulement des élections. C’est une organisation secrète réunissant des personnes de différents ordres (militaire, économique, social) qui mettent en commun leurs ressources. Quelles différences entre les mafias d’hier et d’aujourd’hui ? La mafia est véritablement devenue la forme criminelle gagnante du troisième millénaire. La globalisation de l’économie a profité aux entreprises plus grandes, plus performantes et mieux organisées. L’économie illégale a suivi cette évolution de l’économie légale. Face à une forte demande de biens illicites, les entreprises qui proposent la meilleure offre sont celles qui sont les

mieux structurées – et ce sont donc les mafias. Les formes traditionnelles de criminalité ont disparu. Sur le terrain de la prostitution, nous sommes passés d’une approche artisanale du marché (un souteneur, une dizaine de filles) à un système international. Dans quels secteurs la mafia est-elle la plus présente ? Au-delà de l’activité criminelle, le secteur licite est également concerné. Celui des énergies, fossiles et renouvelables, est le plus touché. Mais il y a également de très forts intérêts mafieux dans le milieu des fournitures sanitaires, la grande distribution, le traitement des déchets, la restauration, le tourisme ou l’immobilier. Les mafias agissent au niveau international, mais ont-elles des liens entre elles ? Oui, et cette coopération répond à deux sortes de besoin. Il s’agit d’éviter les conflits d’intérêts entre les clans et d’installer une division du travail au niveau mondial. Il existe des accords internationaux : des mafias italiennes et


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« La mafia est la forme criminelle gagnante du troisième millénaire. » albanaises, par exemple, mutualisent une partie de leur capital pour acheter une plantation de coca pour dix ans. Ainsi, elles obtiennent le monopole de cette exploitation durant toute cette période et réduisent leurs coûts. Comme une entreprise. Existe-t-il des instruments juridiques pour combattre la mafia sur un plan international ? Au niveau européen nous en sommes au niveau zéro. Il n’existe aucun droit pénal anti-mafia et les décisions qui sont approuvées par le Parlement sont plutôt des recommandations. L’UE reste en retard, en raison notamment de

résistances culturelles. Le phénomène est très fortement sous-évalué par l’opinion publique et les classes politiques qui croient toujours que la mafia est juste une histoire de pizzaioli. Quelles ont été les répercussions de votre travail ? En Italie, nous avons obtenu des résultats exceptionnels contre la mafia militaire, pas contre la mafia politique. Nous obtenons difficilement la condamnation de représentants politiques, même en appel. Ils sont toujours candidats aux élections, toujours élus à l’Assemblée. Les classes dirigeantes sont considérées comme intouchables. >


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Qu’est-ce qui peut inspirer l’envie à un jeune Sicilien d’embrasser la carrière de magistrat ? Franchement, je ne sais pas (rires) ! Je peux dire ce qu’il s’est passé après les assassinats de 92-93. [Note : en 1992, les juges Falcone et Borsellino et leurs escortes sont assassinés lors d’attentats à l’explosif. Au printemps 1993, des bombes explosent à Florence, Rome et Milan et font en tout dix morts et plus de cinquante blessés.] Quand il semblait que l’Etat était à genoux, de jeunes magistrats de toute l’Italie sont arrivés à Palerme. Pour signaler que l’Etat existait et réagissait. Cette vague n’est d’ailleurs pas retombée, il y a encore beaucoup de jeunes qui choisissent de devenir magistrat anti-mafia. Comment supporte-t-on une vie de menace permanente ? La conviction du bien-fondé de votre tâche suffit-elle ? Après l’assassinat de Falcone et Borsellino, j’ai ressenti l’obligation morale de ne pas déserter le champ de bataille. Je devais montrer que ce combat était légitime, qu’ils n’étaient pas morts pour rien. Dans ce combat, l’esprit de vengeance a-t-il une place ?

Palermo

Absolument pas. Le travail de ces juges était un acte d’amour pour la société et contre l’oppression des plus démunis par un système corrompu. Il est nécessaire d’exercer cette fonction avec froideur et détachement. Le magistrat ne doit éprouver de sentiments d’aucune sorte. Vous êtes également auteur. Quelle place l’écriture prend-elle dans votre combat ? Une place essentielle, car l’ignorance et la mystification sont les meilleures alliées de la mafia. Elle a toujours fait croire qu’elle n’existait pas ou s’est cachée derrière des actes de basse


boucherie criminelle pour viser les couches populaires. Tout ceci a conduit l’État à minimiser son action. Dès la fin des années 1970, mon engagement a également été culturel pour faire comprendre aux gens et aux politiques la réalité mafieuse. C’est véritablement un travail d’éducation des masses. / Retrouvez l’intégralité de l’entretien

❥ À voir / Roberto Scarpinato à Paris le 18.11 (maison de l’Amérique Latine) et à Lille le 19.11 (Furet du Nord et au Palais des beaux-arts / Citéphilo). À lire / Le dernier des juges, Éd. La Contre-Allée, 48p., 7e


Un piĂŠton et quelques vĂŠhicules, perdus au milieu des immenses avenues vides d'Ordos.


Photos : Olivier Touron/LigthMediation ¬ Texte : Cédric Gouverneur

La mégapole des steppes

reportage |

Les fantômes d’Ordos 17


C’est l’une des fièvres chinoises du moment : bâtir des villes au milieu de nulle part. Ordos, par exemple, a poussé comme un champignon en plein désert. Écologique, archi-sécurisée et totalement aseptisée, elle souhaite incarner le nec plus ultra de la modernité. Mais pour l’instant, ni le GPS, ni GoogleEarth ne l’ont encore répertoriée... Visite d’une jeune cité qui se rêve en nouveau Dubaï, mais qui attend toujours ses habitants.

O

rdos-Kangbashi, place Gengis Khan. Les statues de bronze des cavaliers mongols montent la garde devant les trois austères buildings de l’administration locale. Au milieu de ces avenues vides, où chaque bâtiment respire le neuf, les voitures de luxe donnent au voyageur le sentiment d’être transporté au milieu d’un spot publicitaire : la ville est si propre, si vierge, qu’elle paraît artificielle, retouchée par ordinateur. À l’image de Brasilia,

Ordos est un pari, celui d’une ville construite ex nihilo, fruit de la vertigineuse croissance économique de la province de Mongolie-intérieure. Avec de gigantesques ressources naturelles (or, métaux rares, laine de cachemire...), cette région fait figure de véritable Eldorado de la Chine.

Un Dubaï chinois ? En 2004, la découverte de phénoménales réserves de charbon et de gaz naturel donne le vertige aux édiles >


 La nuit tombe sur l'un des immenses chantiers qui entourent la ville.  Les chevaux cabrés de la place Gengis Khan sous le ciel de la steppe.  À l'accueil de la bibliothèque, Cho et Wu attendant les rares lecteurs.


 Sur la place Gengis Khan presque déserte, une publicité cherche à séduire les jeunes actifs.  Dans cette ville d'ouvriers et de fonctionnaires, les familles restent rares.

locaux : à l’étroit dans la municipalité surpeuplée de Dongsheng (300 000 habitants dans 23 km2), les autorités décident de bâtir la nouvelle ville de Ordos-Kangbashi à 30 kilomètres de là, au cœur de la steppe. Un projet pharaonique, pour un coût de près de 600 millions d’euros. Sept ans plus tard, le résultat est devant nous : une ville quasiment vide et qui cherche ses habitants. Prévue pour un million d’âmes, Ordos n’en reçoit pour le moment qu’une trentaine de milliers, éparpillés sur 32km2. Mais la cité n’est pas morte, loin s’en faut : entre les chantiers, les immeubles de bureaux et les tout premiers commerces, elle bruisse trop d’activités pour être définitivement considérée comme une « ville fantôme ».

Luxe, calme et volupté Non loin de la place Gengis Khan, un quartier de pavillons, la plupart inoccupés. Autant la martiale place fait penser à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord, autant ces demeures chics et sans vie évoqueraient le décor de la série américaine Desperate Housewives, le week-end entre deux tournages... Une des rares habitantes, madame Li, nous invite dans son salon : « Je gérais le plus grand supermarché de Dongsheng », explique cette jeune retraitée enthousiasmée par le cadre de vie : « Nous avons acheté cette maison à un très bon prix. C’est beau, c’est neuf. Et surtout, l’air est si pur comparé à une ville chinoise ordinaire. Le quartier est encore un peu vide, mais chaque mois de nouveaux >


 Un quartier résidentiel flambant neuf et encore presque désert.  Ordos et ses environs sont couverts de dizaines de milliers d'arbustes, plantés pour stopper l'avancée du desert.  Deux jardiniers travaillent 9h/jour, 7 jours sur 7, pour 1 800 yuans par mois, et vivent dans un dortoir.


voisins emménagent. Cela sera plus facile dès l’ouverture des écoles et de l’hôpital ».

L’envers du décor En sortant de chez elle, nous rencontrons deux jeunes femmes accompagnées de leurs enfants : Chen et Go expliquent qu’elles œuvrent à la décoration intérieure de ces villas. Leurs époux y travaillent comme maçons et charpentiers, sept jours sur sept, huit à dix heures par jour. Les deux petites familles louent l’étage de l’une des villas, et vivent dans des conditions spartiates : un grand lit en planches, une plaque électrique, des cartons et des caisses de bois... Comme la plupart des employés et ouvriers rencontrés à Ordos, ce sont des mingongs, des travailleurs migrants arrivés des confins du pays, en quête d’une vie

meilleure. Ces deux familles sont emblématiques de la face cachée d’Ordos : si la cité vide ressemble à un décor de cinéma, eux constituent le petit personnel s’activant en coulisses. C’est le versant moins clinquant du miracle chinois : la condition de centaines de millions de « petites mains » qui bâtissent le pays, lors d’interminables journées de travail, dans des conditions de sécurité hasardeuses. Leur maigre salaire, leur absence de relations et de capital ne leur permettront jamais de consommer comme Madame Li la retraitée. Mais à Ordos, nul mingong ne se plaint. Ici, les salaires sont élevés, les offres d’emplois foisonnent. Et dans cette Chine en croissance, même les plus modestes sont convaincus que leurs enfants vivront mieux qu’eux. /


portfolio |

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Matthias Heiderich Berlin Color

Photographie // Berlin, Allemagne // www.matthias-heiderich.de

texte ¬ Carole Lafontan

Avouons-le, de prime abord, on a du mal à croire que ces clichés ont été pris à Berlin. Mais à y regarder de plus près, l’évidence est là. Dans cette avalanche de couleurs saturées, sous ce ciel bleu turquoise, se dessine la belle capitale allemande. Le jeune photographe Matthias Heiderich vient de passer trois ans à arpenter, à vélo, les larges rues et les alentours de cette ville chargée d’histoire, incarnant ainsi le Wanderer, figure majeure du romantisme allemand. Pour Heiderich, tout réside dans le travail de composition, dans cette « harmonie de lignes, de motifs, de couleurs et de formes ». Le tout servi par un sens minutieux du cadrage, ces bâtiments désuets révélant de nouvelles perspectives à chaque cliché. Autodidacte, le jeune Berlinois affiche des passions pour le vintage, le design et avoue également l’influence majeure de la musique sur son œuvre. L’électro épurée du Canadien Tim Hecker ou encore le duo Monolake font partie de ses (p)références sonores. Son plus cher projet ? « Réaliser plus souvent dans le futur des photos pour des pochettes d’albums ». En attendant, on se délecte de (re)découvrir Berlin à travers ses moyens-formats à la poésie rétro-futuriste. Un peu comme si le temps s’était arrêté, suspendu à l’ombre de ces immeubles et de ces courbes. So fantastisch ! /


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IMAGES SONORES IMAGES SONORES

ÉDITEUR RESPONSABLE : MARIEISABELLE COLLART, CENTRE HENRI POUSSEUR  MUSIQUE ÉLECTRONIQUE / MUSIQUE MIXTE, QUAI BANNING, 5, B  4000 LIÈGE

e 1313 FESTIVAL DE MUSIQUE e FESTIVAL DE MUSIQUE ÉLECTRONIQUE LIVE ÉLECTRONIQUE LIVE

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13e FESTIVAL DE MUSIQUE LES 15, 16 & 17 DÉCEMBRE 2011 LIVE ÉLECTRONIQUE LES 15, 16 & 17 DÉCEMBRE 2011

LES 15, 16 & 17 DÉCEMBRE 2011 Théâtre Universitaire Royal de Liège Quai Roosevelt 1b, 4000 Liège

Théâtre Universitaire Royal de Liège Quai Roosevelt 1b, POUSSEUR CENTRE HENRI 4000 Musique LiègeElectronique / Musique Mixte

Entrée 15 € Etudiants, sans emploi : 10 € – Bénéficiaires de l’Article 27 : 1,25 € Abonnement 3 concerts : 30 € Etudiants, sans emploi : 20 €

Entrée 15 € Etudiants, sans emploi : 10 € – Bénéficiaires de l’Article 27 : 1,2 Abonnement 3 concerts : 30 € Etudiants, sans emploi : 20 €

RÉALISÉ AVEC L’AIDE DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE WALLONIEBRUXELLES DIRECTION GÉNÉRALE DE LA CULTURE, SERVICE DE LA MUSIQUE, DE LA VILLE DE LIÈGE, DU SERVICE CULTURE DE LA PROVINCE DE LIÈGE, DE LA MÉDIATHÈQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE, DE LA SABAM, DE DEXIA BANQUE, D’IBIS LIÈGE OPÉRA, DE CYPRES RECORDS, DE L’ÉPICERIE NATURELLE ET BIOLOGIQUE LE TEMPS DES CERISESLIÈGE ET DE LA LIBRAIRIE PAXLIÈGE, EN PARTENARIAT AVEC MUSIQ’3


VENDREDI JEUDI 16 15 DÉCEMBRE DÉCEMBRE  20H30 20H30

SAMEDI VENDREDI 17 DÉCEMBRE 16 DÉCEMBRE  20H30  20H30

PIANO PORTRAITS + EN REGARD

CARTE PIANO BLANCHE + AU CONSERVATOIRE ROYAL DE MUSIQUE DE LIÈGE

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N A [A/UK] Nouvelle œuvre pour piano et électronique G G création Pièce pour piano et électronique bourse du Centre Henri Pousseur

PPièce A [A] pour piano, percussion et support audio VoicesPièce and Piano pour violon et électronique création bourse du Centre Henri Pousseur

N A [A/UK] Nouvelle œuvre pour piano et électronique création J A [M/UK] Mambo Vinko pour trombone solo et électronique P A [A] VoicesH and Piano[CRML] G créationversion de Pantoum pour 6 trombones et Nouvelle électronique

IMAGES SONORES

J-M R Le pianiste Mark est un live habitué des Le pianiste australien Tracesaustralien pour flûtes et Knoop électronique I K [R]Mark Knoop est un habitué des ORGANISATION programmes hors normes. Il nous présente ici trois programmes hors normes. présente ici trois bourse du Centre Henri Pousseur Pièce pour trombone, violon Iletnous électronique réalisée e flûte, compositeurs avec lesquels il et collabore étroitement, avec lesquels il collabore étroitement, Score pour piano électronique live (création belge) aucompositeurs Centre Henri Pousseur en 2011 Centre Henri Pousseur dont deux représentants de laPOUSSEUR jeune avant-garde dont deux représentants de la jeune avant-garde Zap pour guitare électrique CENTRE HENRI Musique électronique / Musique mixte Musique Electronique / Musique Mixtela anglo-saxonne. De Peter Ablinger, il donnera anglo-saxonne. De[CRML] Peter Ablinger, il donnera la P L es (ex-CRFMW) création d’une nouvelle pièce dans sa série des Voices création d’une nouvelle piècede dans sa série des Voices Création pour grand ensemble cuivres graves et VENDREDI 16 DÉCEMBRE  20H30 SAMEDI 17 DÉCEMBRE  20H30 Avec Gilles Gobert et Jean-Marie Rens, l’occasion nous andSecrétaire Piano. and Piano. live électronique générale : M-I C PIANO + CARTE BLANCHE AU CONSERVATOIRE est donnée d’entendre réunis deux compositeurs Direction artistique : S G ROYAL MUSIQUE DE LIÈGE particulièrement féconds de notre pays. Du premier, A RDE [CRML] Quai 5, B - 4000 Liège qui desBanning, opus récents, Le CriC du Scorpion pour trombone trombone M K,  dont la reprise après sa création   [ténor, : M F]   + 32 (0)4 223 d’une 22 98 nouvelle commande du Centre à Bruxelles basse, soprano, baryton et électronique live D C H P,    [ : G G], FESTIVAL IMAGES SONORES, UN NOUVEAU ORGANISATION info@memm.be    [ : A P /  O H, pourTEMPS piano etMUSICAL électronique. Du second, une partie www.memm.be A B, T I, J-F C, Centre HenriS Pousseur C [C ] importante œuvres figurent sur le CD2011 LES 15,des16 & 17quiDÉCEMBRE CENTRE HENRI K A, V POUSSEUR D, N V, G Selon Gilles Deleuze (conférence à l’Ircamqui en sortira M S [A/UK] Musique électronique Musique mixte TheMusique White City pour/euphonium etMixte électronique live monographique publié par Cypres Records Electronique Musique A, J-J /S], I O,  / M 1978), il existe entre les œuvres musicales d’autres (ex-CRFMW) Popular Contexts, vol. 1etpour piano et àsampler à l’occasion du Festival donnera lieu une rencontre B,  / É  C / C H  ÉLECTRONIQUE rapports queLIVE ceux: générés par l’influence, la SP, W [C ]   ’ dédicace avec le compositeur. J-M S, P D dépendance ou la filiation. Ce sont ceux qui se Secrétaire générale : M-I C N A [A/UK] Nostalgik Future pour trombone, violon et dégagent de leur confrontation et dont naît Direction artistique : S G LIEU DES CONCERTS : Nouvelle œuvre pour piano et électronique électronique live (création belge) e et un nouveau type de temps musical. De chaque Théâtre Universitaire Royal de Liège création J A [M/UK] Quai Banning, 5, B - 4000 Liège combinaison d’œuvres surgit un temps distinct qui Quai Roosevelt 1b synthèse ou une généralisation de Mambo Vinko pour trombone solo etdeélectronique Un32programme sur avec beaucoup créations + (0)4 223 22 98 mesure n’est pas une B –P 4000 Liège mais A [A] info@memm.be l’ensemble, qui laisse au contraire subsister par et pour les étudiants, témoignant de la vitalité de e www.memm.be chaque élément dans sa singularité. Ce temps Voices G H [CRML] la synergie entre le CRMLg et le Centre Henri Pousseur. Entrée : and Piano 15 € ORGANISATION musical particulier, qui ne peut éclore que d’une création Nouvelle version de Pantoum pour 6 trombones et étudiants, sans emploi : 10 € combinaison particulière, n’est pas seulement électronique bénéficiaires depour l’Article 27 : 1,25 € ÉLECTRONIQUE LIVE : le musicien soucieux de ce qu’il Centreprécieux Henri Pousseur x Abonnement 3mais concerts :POUSSEUR 30 € qui désire CENTRE HENRI produit aussi pour l’auditeur J-M S, P D Musique électronique / Musique mixteest un habitué des Le pianiste australien Mark Knoop nt I K [R] Musique Electronique / Musique Mixte étudiants, sans emploi : 20 € atteindrehors une nouvelle de ce qu’il es (ex-CRFMW) programmes normes.conscience Il nous présente ici trois LIEU DES : PièceCONCERTS pour trombone, violon et électronique réalisée écoute.Universitaire Ce temps est vécu à la fois comme durée15 et€ Entrée Théâtre es compositeurs avec lesquels il collabore étroitement, Théâtre Universitaire de Liège HenriRoyal Pousseur en 2011 comme événement. Mais l’auditeurC en fait peut- sans emploi au Etudiants, : 10Centre € – Bénéficiaires de l’Article 27 (création : 1,25 € belge) Royal de Liège Secrétaire générale M-I s RÉALISÉ AVEC L’AIDE DE LA: COMMUNAUTÉ FRANÇAISE WALLONIE Quai Roosevelt 1b dont deux représentants de la jeune avant-garde être l’expérience de façon plus profonde encore Abonnement 3 concerts : 30 € Quai Roosevelt 1b, BRUXELLES DIRECTION DE LA CULTURE, SERVICE DE Direction artistiqueGÉNÉRALE : S G B – 4000 Liège comme matériau détaché de la forme, chargé de De Peter Ablinger, il donnera la LA anglo-saxonne. MUSIQUE, DE LA VILLE DE LIÈGE, DU SERVICE CULTURE DE LA Etudiants, sans emploi P : 20 € L [CRML] 4000 Liège PROVINCE DE LIÈGE, MÉDIATHÈQUE DE LAet timbres, deDE couleurs, d’intensités de silences. Quai Banning, 5, B -LA4000 Liège création d’une nouvelle pièce dans saCOMMUNAUTÉ série des Voices EntréeCréation : 15 € pour grand ensemble de cuivres graves et qui de FRANÇAISE, DE LA SABAM, DE DEXIA BANQUE, D’IBIS LIÈGE OPÉRA, nous + 32 (0)4 223 22 98 étudiants, sans emploi 10 € and Piano. DE CYPRES RECORDS, DE L’ÉPICERIE NATURELLE ET BIOLOGIQUE électronique live: ! C’est ce que nous tenterons de faire apparaître e LE TEMPS DES CERISESLIÈGE ET DE LA LIBRAIRIE PAXLIÈGE, EN info@memm.be bénéficiaires de l’Article 27 : 1,25 DE € 13 FESTIVAL MUSIQUE PARTENARIAT AVEC MUSIQ’3 lors du 13e Festival Images Sonores,RÉALISÉ consacré auxDE LA COMMUNAUTÉ AVEC L’AIDE FRANÇAISE WALLONIEBRUXELLES www.memm.be Abonnement 3R concerts : DIRECTION 30 € GÉNÉRALE DE LA CULTURE, er, A DE LA MUSIQUE, DE LA VILLE DE LIÈGE, DU SERVICE CULTURE [CRML] DE LA PROVINCE DE LIÈGE, DE LA MÉDIATHÈQUE DE CENTRE HENRI musiques mixtesPOUSSEUR (électronique live),SERVICE en réunissant ÉLECTRONIQUE LIVE étudiants, sans emploi 20 LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE, DE LA SABAM, DE DEXIA BANQUE, D’IBIS :LIÈGE OPÉRA, DE€ CYPRES RECORDS, DE L’ÉPICERIE Musique Le Cri du ET Scorpion pour trombone ténor, pour Electronique trois soirées/ Musique – cette Mixte année au Théâtre NATURELLE ET BIOLOGIQUE LE TEMPS DES CERISESLIÈGE DE LA LIBRAIRIE PAXLIÈGE, EN PARTENARIAT AVECtrombone MUSIQ’3 basse, soprano, baryton et électronique live Universitaire Royal de Liège – des mondes sonores ÉLECTRONIQUE : différents etLIVE en confrontant les visions musicales RÉALISÉ AVEC L’AIDE DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE WALLONIE2011 15, 16 et 17 décembre J-M S, P D BRUXELLES DIRECTION GÉNÉRALE DE LA CULTURE, SERVICE DE des compositeurs invités. Une plongée dans le Théâtre Universitaire RoyalDEde Liège C S [C ] LA MUSIQUE, DE LA VILLE DE LIÈGE, DU SERVICE CULTURE LA bouillonnement de la création musicale actuelle, É  : M-I C, C H P. PROVINCE DE LIÈGE, DE LA MÉDIATHÈQUE DE LA COMMUNAUTÉ LIEU DES CONCERTS : The White City pour euphonium et électronique live etira et M  / M , Q B, , B –  L

13 FESTIVAL DE MUSIQUE ÉLECTRONIQUE LIVE

IMAGES SONORES

exceptionnellement élargie par l’Archipel Nomade

FRANÇAISE, DE LA SABAM, DE DEXIA BANQUE, D’IBIS LIÈGE OPÉRA,


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propos recueillis par Mathieu Dauchy photo ¬ L. Perstowsky

Fràncois & The Atlas Mountains

En pleine ascension Aquarelliste, baroudeur, raveur, ex-Camera Obscura, le Charentais Frànçois Amaury a des choses à raconter. Ce qu’il a enregistré sur une tripotée d’albums, souvent parus en catimini (Plaine Inondable, 2009 et E Volo Love, 2011) a créé une jolie surprise. Avant d’entonner leurs chansons, entre pop solaire et Afrique fantasmée, Frànçois et l’une de ses trois montagnes, le percussionniste Amaury Ranger, commentent leur escalade. Alors, à quoi ressemble cette tournée ? Frànçois  : C’est une petite tournée durant laquelle nous faisons quelques premières parties d’Anna Calvi et qui passe par l’Allemagne. Nous sommes sur la route jusque mi-décembre. Les voyages sont de plus en plus confortables, l’équipe s’agrandit, mais ne jouer que 30 minutes en première partie reste frustrant. Quelles sont vos sources d’inspiration ? Amaury : On aime tous beaucoup le nouvel album de Berg Sans Nipple. Mais sur la route, on écoute surtout Siriusmo, un proche de

Boys Noize et de Modeselektor. F : C’est le problème du van : pour garder le chauffeur éveillé, on est obligé d’écouter beaucoup d’electro ! Et les musiques africaines ? F  : Ce sont les plus belles au monde. Je les ai découvertes avec Ali Farka Touré. C’est une passion commune au sein de Frànçois & The Atlas Mountains. Amaury joue de la callebasse, et on utilise d’autres instruments traditionnels. A  : C’est un liant, une passerelle sur le plan rythmique, qui occupe une grande place sur scène. Chez Domino, vos voisins de palier se nomment Franz Ferdinand,


Animal Collective ou The Kills. Que représente une telle signature ? F : On nous fait plus confiance qu’auparavant. Nous disposons d’un véritable budget et travaillons avec Jean-Paul Romann (Tinariwen) et Antoine Gaillet (M83, Berg Sans Nipple) qui ont mixé nos chansons. Cela vous a-t-il mis la pression ? F : Pas vraiment. J’ai attendu d’avoir bien avancé sur l’album pour le soumettre à Domino. Si ce label l’avait refusé, E Volo Love

serait resté le même, à l’exception du mixage et du mastering. Que peut-on vous souhaiter pour la suite ? F  : Continuer avec une équipe aussi bienveillante. Actuellement, le buzz autour du groupe simplifie sacrément les choses, mais cela ne va pas durer. A  : On a l’intention d’aller au Mali pour se perfectionner. Les musiciens traditionnels sont des tueurs. F  : Il faut aussi souhaiter que le monde n’explose pas. /

François & The Atlas Mountains 3.11, 20h00, Tourcoing, Grand Mix, 11/8€, +33 (0)3 20 70 10 00


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texte ¬ Hakima Lounas photo ¬ DJ Muggs © DR

Won’t stop, can’t stop ? En onze éditions, les Hip Hop Dayz sont devenus une institution. Ce statut de « référent » dont jouit Call 911, organisateur de l’événement, provient-il du savoir-faire de l’équipe ou du manque d’acteurs dans ce secteur ? Un peu des deux ! Avec peu de moyens, l’association se débat pour ménager une place au hip-hop sur la scène lilloise. En 2010, de nouvelles initiatives privées et associatives laissaient espérer une amélioration de la diffusion du rap en métropole. Un an plus tard, on ne peut que déplorer l’échec de cette dynamique. Fermeture de l’Artefact et du Playground, désertion lilloise du label Grey Square (qui avait invité Afrika Bambaataa), mise en sommeil du Kiosk et de l’asso « Wesh! Bien ou bien ? »... Bref, retour à la case départ. Face à ce triste bilan et en attendant l’ouverture du Centre Eurorégional de Cultures Urbaines en 2012, on se réjouit de la survie des Hip-Hop Dayz. En tête d’affiche cette année, les vétérans Onyx et Muggs. Salué pour sa série d’albums Soul Assassins, DJ Muggs est aussi le producteur de Cypress Hill, quand il ne refile pas ses compositions à d’autres rappeurs. Jump Around de House of Pain, c’est lui ! Quant à la venue de Onyx (pilier de la scène hardcore new yorkaise et du label Def Jam), elle nous replonge en 1995, marquée par la sortie de All We Got Iz Us, second album emblématique du trio. 1995, c’est aussi le nom du crew français le plus excitant du moment. Rimes ciselées, flow malicieux et samples triés sur le volet : les six de Paris manient avec brio les codes de leur génération sans renier l’héritage du rap des 90’s. Deux dates pour s’extasier sur les héros d’hier et découvrir ceux de demain ! / ❥

HIP HOP DAYZ 05>27.11, Eurométropole, divers lieux À noter : 7.11, Tourcoing, Grand Mix, QBert vs Muggs + Kenyon (17/13/2€) // 19.11, Lille, Aéronef : ONYX + 1995 + Les Amateurs + Kaotik (17/13/2€). Toute la prog’ sur www.call911.fr


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texte ¬ Cédric Delvallez photo ¬ © DR

Le diable au corps Enfin ! Après un an de jeux de pistes obscurs et de désinformation sur le Net, WU LYF s’arrête dans la métropole lilloise. Le Grand Mix devient le lieu profane d’une messe initiatique entre culte satanique et profession de foi. Au printemps 2010, WU LYF (pour World Unite ! Lucifer Youth Foundation) autoproduit son premier maxi. Partisan des bonnes vieilles méthodes DIY, le groupe boycotte les journaux anglais, fonde son propre label (LYF Recordings), cultivant le secret... et l’attente. Il faut alors choisir son camp : marketing déguisé ou intégrité artistique ? Une partie du mystère se dévoile en juin dernier avec la sortie de Go Tell Fire To The Mountain. Enregistré dans une église, ce premier album rageur rappelle que le quatuor mancunien n’est pas uniquement la hype du moment, mais aussi un groupe soudé affichant une esthétique singulière. Sur scène, pas de frontman façon Oasis. Tous sont alignés, égaux devant le public. Bien que d’une puissance meurtrière, la voix « n’est qu’un instrument parmi d’autres », insiste le chanteur Ellery Roberts. Elle se détache pourtant radicalement de l’ensemble. Tel Lucifer crachant ses tripes sur la BO de l’évangile, Roberts accompagne ses hurlements sanguinaires d’un orgue liturgique, doublé d’une guitare céleste et d’une rythmique péri-africaine toute-puissante... Un contraste particulièrement audible sur le disque, mais qui, malgré l’absence de l’écho naturel du lieu d’enregistrement, se reflète parfaitement en concert. / ❥

Wu Lyf 5.12, 20h, Tourcoing, Grand Mix, 17/14€, +33 (0)3 20 70 10 00


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texte ¬ Capucine Saez photo ¬ © DR

Sans rature Cinq ans sans album, le temps d’un chaos névrotique propice à une création plus intime, plus sombre et plus aboutie. Retour sur un groupe dont le futur s’écrit sur scène, toujours en rythme. Treize ans déjà que le chanteur et guitariste Luke Jenner et le batteur Vito Roccoforte ont fondé The Rapture. Né dans la bouillonnante scène punk hardcore de San Diego, mais rapidement signé chez DFA, le quatuor se voit étiqueté dancepunk, comme tant d’autres en 2003. Construite sur le souvenir de The Cure et le postpunk de Gang Of Four, l’accueillante House Of The Jealous Lovers attire du monde, et renvoie l’Echoes d’un mélange entre electro, punk rock et funk. Pourtant, ambitions musicales divergentes et drame personnel ont assombri les dernières années, et le départ du bassiste Matt Safer, en 2009, laissait peu d’espoir quant à l’avenir des Américains. Contre toute attente, en septembre dernier, le désormais trio revenait avec un nouvel album et Philippe Zdar aux manettes. Néanmoins, Luke Jenner demeure la pointe saillante du triangle. Sa voix aigüe, à la fois fragile et agressive, embrasse l’ambivalence entre mélodies euphoriques et textes plutôt sombres. Face au public, The Rapture n’oublie pas ses anciens succès tels Echoes – standard devenu générique de l’hilarante série britannique Misfits. Basse entraînante, riffs orageux et batterie disco, la recette fonctionne toujours, comme le prouve How Deep Is Your Love ?, véritable machine à danser bousculée par un piano frénétique. / ❥

The Rapture 12.11, 20h, Tourcoing, Grand Mix, 19/16€, +33 (0)3 20 70 10 00 // 14.11, 20h, Bruxelles, Botanique/Orangerie, complet !


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texte ¬ Olivia Volpi - photo ¬ © DR

texte ¬ Vincent Lançon - photo ¬ Nasser © DR

Little Dragon

La Prog d’Hiver

Ce quatuor suédois, mené par une beauté à la voix de velours, produit une pop électronique, entre deux collaborations avec Gorillaz ou David Sitek (TV On The Radio)… Clichés branchouilles, donc irritants ? À première vue seulement : Little Dragon ne vient pas de Stockholm la trendy, mais de Göteborg l’industrielle, la pluvieuse. Et puis, ce groupe préfère collaborer avec des artistes qui n’œuvrent pas directement dans la musique (illustration, mode, poésie....). C’est sans doute ce qui a permis cette évolution sans artifice du premier album Little Dragon (2007), ode downtempo aux petites heures du matin, à un Machine Dreams (2009) osant une synthpop plus industrielle, pour en arriver à ce récent Ritual Union, heureux mariage de la mélancolie mélodique et de l’ambition dansante. /

L’affiche donne le tournis. On ne sait par où commencer : le retour inespéré de No One Is Innocent, peut-être ? Acteurs marquant d’une certaine scène hardcore française au mitan des 90’s, Kmar et ses p’tits loulous refont enfin surface à quelques mois des Présidentielles - le pouvoir tremble. Ailleurs, Zaza Fournier comble les amateurs d’une chanson française néo-réaliste, quand le trio electro-rock marseillais Nasser débarque pour vriller les tympans. Sans oublier la première comédie musicale signée Didier Super, en cheville avec le Boulon voisin. Cette prog d’hiver est variée. Normal : son but est de promouvoir l’organisation de concerts dans le Valenciennois, région un peu oubliée des tourneurs. Mission joliment accomplie. /

09.11, 20h, Bruxelles, Botanique (Orangerie), 19/169/13€, +32 (0)2 218 37 32, www.botanique.be

18 & 19.11, St-Saulve, Espace Athena (sauf Didier Super : Vieux Condé, Le Boulon, 15.11), 15/11€ (pass 2 jours : 25/21€), www.laprog.fr


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texte ¬ Thibaut Allemand - photo ¬ © DR

texte ¬ Olivier Clairouin - photo ¬ Bertrand Belin © DR

Keren Ann

Si ça vous chante

Mine de rien, on n’avait pas encore croisé l’infatigable globe-trotteuse depuis la parution de 101 (2011), jalon majeur et sensuel de l’œuvre de Keren Ann Zeidel. Passons les traditionnelles présentations, évitons de citer à nouveau Biolay et l’infâme Salvador. D’autant que Keren Ann s’est joliment réinventée en créature velvetienne depuis son album éponyme, paru en 2007. La plus française des Israélo-néerlandaises signe des chansons anglophones éclaboussées par la douceur apparente de Suzanne Vega, et teintes au romantisme fané de Marianne Faithfull. Histoire de ne pas tomber derechef en pâmoison, on garde en tête les échos un brin négatifs, lus ici, entendus là, quant à des concerts à l’électricité poussive. Qu’importe : on ira se faire notre propre opinion au moins une fois, si pas cent et une. /

Ce généreux festival envisage la chanson au sens large. « On a choisi de ne pas choisir  », sourit Vincent Dierickx, responsable communication du Centre culturel régional du centre (CCRC), qui organise l’événement. Seul mot d’ordre  dans ce mélange des genres  : le goût du neuf. Après tout c’est bien ce festival qui, en 2007, a programmé Moriarty pour la première fois en Belgique. À la carte cette année  ? En entrée, le concert de Siba e a fuloresta est servi à grand renfort de gastronomie brésilienne. Habituellement dans l’ombre des autres, Bertrand Belin endosse son nouveau costume de scène pour le plat de résistance. Côté dessert, c’est Daan qui s’en charge avec ses spécialités belges. Il ne vous reste qu’à arroser le tout d’un zest d’exposition et d’une once de cinéma. Si ça vous chante. /

24.11, 20h, Lille, le Splendid, 27.50€, + 33 (0)3 20 56 46 16 06.12, 20h30, Bruxelles, Théâtre 140, 30€, +32 (0)273 397 08

24 > 29.11, La Louvière, CCRC, 21/7€, pass : 30€, +32 (0) 64 21 51 21 Prog : Siba e a Fuloresta (24.11) / Bertrand Belin (25.11) / Daan (29.11)…


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texte ¬ Camille Bourleaud photos ¬ Turn me on goddammit - Le viel homme et l'enfant - Au-dessus du volcan Ordre et morale - Le Hussard sur le toit - A tiro de piedra - Prends l'oseille et tires toi

That’s all folks En douze ans, le festival du film d’Arras a fait ses preuves. Le programme de cette année affiche plus de cent films et autant d’invités (Jacqueline Bisset, Jean-Paul Rappeneau...), zoome sur le cinéma de l’Est, la France de l’occupation, des ciné-concerts, avant-premières, inédits... Il se penche en outre sur un genre trop méconnu, au-delà des idées reçues : le cinéma burlesque. « On n’a pas toujours le bagage pour comprendre l’héritage du burlesque », explique Éric Miot, délégué général du festival. C’est pourquoi les organisateurs se veulent didactiques. En huit rétrospectives, incluant notamment loufoque Casino Royale (1967, avec David Niven et Peter Sellers). Ou des films de jeunesse de réalisateurs contemporains comme Woody Allen. « Le burlesque exige une psychologie plus stricte que n’importe quel autre registre au cinéma », disait Charlie Chaplin. Extrêmement codifié et très minutieux, le burlesque (ou slapstick) a traversé le vingtième siècle, depuis sa genèse (Buster Keaton et le cinéma muet des années folles) jusqu’à son revival (les sixties mariant la pop psychédélique aux cartoons). C’est dans cette longue période que se plonge l’évènement. Et un peu plus loin encore. Un spectacle qui fait du bruit Carte blanche est donnée à Fiona Gordon et Dominique Abel, dont La Fée est sorti en septembre. Marqué par le genre, le tandem présente les oeuvres qui l’a inspiré. Enfin, Jacques Cambra et Jean-Carl Feldis signent un spectacle : brisant le cliché selon lequel le slapstick est forcément silencieux, les deux artistes résidents ressuscitent les métiers de bruiteur et de bonimenteur – aux débuts du cinéma, c’était le présentateur qui commentait les films. De quoi chuter en beauté. / ❥

FESTIVAL FILM d'arras 04>13.11, Arras, divers lieux, 6/5€ + 33 (0)3 21 59 56 30, www.plan-sequence.asso.fr


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texte ¬ Raphaël Nieuwjaer photo ¬ © DR

Un automne avec Ingmar Mort en 2007, Ingmar Bergman fut, de Monika (1953) à Saraband (2003), l’une des figures majeures de la modernité au cinéma. Un hommage mérité lui est rendu à Gand. Le mystère reste (presque) entier, surtout pour les francophones stricts (textes et sous-titres en flamand ou anglais). Sempiternelle question : peut-on exposer l'œuvre d’un cinéaste ? Que se joue-t-il entre le défilement d’un film et la mise à plat de documents censés éclairer sa fabrication ? Le génie de Bergman tient précisément dans cette absence de commune mesure. On a beau voir des pages de scénario, des lettres, des costumes, cela n’éclaire en rien. Non que le génie soit inaccessible, mais parce qu’il manque une pensée, une intimité. Derrière une vitre, ce qui fait frémir un chercheur pénétrant dans l’antre du maître n’est qu’un fétiche anecdotique. Voulait-on tripatouiller les affaires du grand Ingmar ? Certes, non. Plus que les extraits de films et d’interviews, souvent intéressants, l’exposition tient à son dispositif central. Quatre murs d’une petite pièce sur lesquels sont projetés des fragments de films. Au centre du réseau, le spectateur est traversé par les images. Les liens plastiques et thématiques se nouent. Les films et les visages se répondent par delà le temps. On expérimente alors, de manière sensible, ce que le reste du parcours échoue à montrer : la conception de la vie et de l’art selon Bergman. L’intelligence de cette installation suffit à éclairer l’exposition. Alors, peut-on exposer l’œuvre d’un cinéaste ? Oui, quand la peine est prise de penser en cinéma. / ❥

Ingmar Bergman : Vérités et mensonges Jusqu’au 15.01, Gand, Caermersklooster, tous les jours sauf le lundi, 8/6/4 €, +32 (0)9 269 29 10, www.filmfestival.be


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texte ¬ Vincent Lançon - photo ¬ © Le Pacte

texte ¬ Marc Bertin - photo ¬ © Mars Distribution

Poulet aux prunes

Polisse

A sa sortie en 2004, la BD Poulet Aux Prunes n’eut pas le même succès que Persepolis, achevé un an plus tôt. Pourtant, cette tragédie familiale renouait avec les thèmes chers à Marjane Satrapi : Téhéran, en 1958, un violoniste dont l’instrument est brisé se laisse mourir. En contant les huit derniers jours de son grand-oncle, Satrapi redessinait une histoire intime, politique et pleine de tiroirs. Cette transposition sur grand écran ne possède certes pas le génie de Persepolis (mettre la bande dessinée en sons et en mouvement), mais évite l’écueil classique du toutréalisme. Minutieuse et léchée, la mise en scène donne corps à la mélancolie des souvenirs et, servie par des acteurs ad hoc, donne envie de redécouvrir ces planches en noir et blanc. En attendant le troisième long-métrage du tandem Satrapi-Parronaud. /

Le quotidien de la Brigade de Protection des Mineurs à Belleville, de nos jours. Sujet casse-gueule - sur le papier. Mais le troisième film de Maïwenn évite admirablement le pathos et le voyeurisme. Son écriture soignée rappelle celle de Steven Bochco (NYPD Blues) et souligne la complexité d’un travail où toute situation peut trouver écho dans l’intimité d’un enquêteur. Fascinante famille « reconstituée », où brille la magnifique relation entre Frédéric Pierrot et Joey Starr, mue par un rare sens du devoir, mais jamais aveuglée par l’idéalisme. Un film d’aujourd’hui et pourtant affranchi de son époque, radiographie d’une société et d’un pays en perte de repères, jouant sur la bonne distance, le sens de l’immersion et une distribution en état de grâce tordant le cou à plus d’un cliché. Un cas d’urgence en somme. /

De Marjanne Satrapi & Vincent Perronnaud. Avec Mathieu Amalric, Édouard Baer, Maria de Medeiros... Sortie le 26.10

De Maïwen. Avec Karin Viard, Marina Foïs, Joey Starr... Sortie le 19.10


X-ray Spex © Coll. Bernard Vidal The Clash, White Riot, 1977 © Coll. privée Rome, Paris La Crème de Skydog © Coll. Kiki Picasso

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a ampfw nzerk an Pa Germ msterdam n o o A gS ée Comin Coll. priv © 1978

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PUNK

texte ¬ Thibaut Allemand

En dépit de nos a priori positifs, posons tout de même la question : une expo sur le punk rock, ça ne sentirait pas un peu le sapin ? Ou le marronnier, tout au moins. Depuis une petite vingtaine d’années, ce mouvement relativement bref a été analysé, scanné, décortiqué, au gré de multiples ouvrages historiques et rééditions mirifiques. Mais Europunk prend les choses sous un autre angle. En délaissant (un peu) la musique, cette exposition itinérante, créée voici quelques mois à la Villa Medici, à Rome, se concentre sur l’aspect visuel du punk en Europe. Vaste programme, promis à un bel avenir. Un beau futur ? >


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Jamie Reid, God Save the Queen de Sex Pistols - 1977 © Coll. Stolper Wilson

attaquer à la culture visuelle punk suppose une certaine vision. Une télé-vision, même, car c’est par la boîte à images que s’ouvre et s’achève ce parcours. De 1976, année de la première apparition des Sex Pistols à une heure de grande écoute en Angleterre à celle de Joy Division en 1978 – début du post-punk. Média dominant de l’époque, la petite lucarne diffuse deux moments où des courants foutrement underground explosent à la face du plus grand nombre. Belle façon pour Europunk de poser des jalons dans une chronologie floue. Entre ces deux instantanés, l’exposition aligne près de cinq cent objets devenus mythiques. Mais pas de fétichisme ici : en réu-

nissant une vingtaine de collections venues des quatre coins de l’Europe, Europunk démontre que la culture visuelle punk fut l’un des derniers courants majeurs du XXe siècle. De nombreux points communs unissent les créateurs de l’époque : outre leur refus du statut d’artiste, tous ou presque détournent des symboles de l’autorité (du portrait de la Reine d’Angleterre à la croix gammée, de la faucille au marteau), et mettent à sac les derniers tabous (pédophilie et inceste compris). Le tout dans un grand éclat de rire. Cette propension à l’humour, que peu d’autres esthétiques ont véhiculé (citons le surréalisme ou le situationnisme) demeure un trait majeur du punk. Enfant bâtard des courants précités, ainsi que de la >


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1- M. McLaren et V. Westwood

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Sérigraphié par le couple et vendu dans leur boutique de King’s Road (Sex), ce T-Shirt fiche un coup à l’über-virilité du mâle façon Marlboro. Datant de 1969, l’illustration est signée du photographe américain Jim French, sorte de Larry Flint gay. Jusqu’alors cantonnées aux sex-shops, ces images prennent un peu l’air, dans la chaleur de l’été 1976.

Two Cowb © Coll. St oys, coll. Seditio olper Wils naries M cLaren, W on estwood

La gallery

1979. Géométrique et clinique, à rebours de l’urgence et de l’amateurisme, cette affiche de concert est marquée par le travail du typographe allemand Jan Tischold. Seul le triplement du visage suggère le vrombissement sonore. Enfin, preuve de l’importance du visuel : Tony Wilson, «patron» de Factory Record (Joy Division, New Order...) désigna ce poster comme la première référence de son label, sous le nom Fac 01. Au même titre qu’un disque.

Manchester, 1978 © coll. Jon Savage

3- Peter Saville

The Factory Russell Club,

Fond uni, formes basiques en trois couleurs, quelques traits droits et des photomatons déchirés : le travail de la chanteuse Elli illustre le caractère incisif et urgent du groupe et se pose pas loin du travail géométrique de Malcolm Garrett pour les Buzzcocks.

© DR

2- Elli Medeiros


Bazooka, Un_Regard_Moderne, n°0, 1978 © Coll. Privée Rome, Paris

violence de Dada ou de la géométrie constructiviste, le punk est aussi le neveu de la démocratisation des moyens de (re)production comme la photocopieuse, permettant l’édition de fanzines ou la distribution de flyers.

Un mouvement protéiforme Jamie Reid est l’auteur du portrait, désormais iconique, de la Reine affublée d’une épingle à nourrice. Le Britannique avait connu l’explosion étudiante du moment 68, fréquenté les art-schools anglaises et fourbi ses premières armes dans la presse alternative. Pour lui, le punk permit de sortir « de la sur-intellectualisation du mouvement situationniste et des mouvement politiques des 70’s. C’était une tentative pour amener ces mouvement dans la culture populaire ». Mission accomplie. Utilisant des supports variés et presque quelconques (pochettes de disques évidemment, mais aussi tracts, affiches, vêtements,

fanzines...), ces créateurs, souvent réunis en groupe, font feu de tout bois. Vingt ans de moyenne d’âge et surgissant des Beaux-arts, les membres du collectif français Bazooka sont invités par Libération avant de pirater le quotidien gauchiste (à l’époque...) en y glissant images magnifiques et slogans nihilistes. Aussi emblématiques soient-ils, ces deux exemples ne sont pas les seuls, et le punk change de visage au gré des pays. C’est pourquoi, privilégiant l’accrochage mural aux vitrines horizontales, qui sacralisent l’objet, Europunk développe plusieurs thèmes : la nébuleuse Sex Pistols, le collectif Bazooka (l’équivalent graphique des Pistols), la politique, et le DIY (ou Do It Yourself). Enfin, vu le rôle essentiel joué par la Belgique dans le post-punk et la new wave, cette édition wallonne accroche également quelques fanzines carolorégiens et des affiches à la beauté froide annonçant des concerts au Plan K – jadis haut lieu bruxellois de l’after punk septentrional.

Jamie Reid, poster Pretty vacant, Sex Pistols, 1977 © Coll. Stolper Wilson

© L'Écho des savanes, n°37, 1977 © Coll. Privée Rome, Paris


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Historien de l’art, critique et professeur d’art contemporain à Tours, il est en outre le directeur de l’Académie de France à Rome (Villa Medici) depuis le 4 septembre 2009 et le commissaire d’exposition d’Europunk. Pourquoi cette exposition ? Il y avait déjà eu des expositions autour de figures majeures et isolées du mouvement punk, comme Malcolm McLaren ou Jamie Reid. Mais elles ne prenaient pas en compte le caractère de création collective et partagée. C’est un art de tous pour tous. Ce qui est très important dans l’histoire de l’art. Est-ce aussi un moyen de le rendre plus légitime ? Si le mouvement punk n’a pas obtenu de crédibilité artistique, c’est que luimême n’y prétendait pas. S’opposant à tous les systèmes établis, il refusait également celui de l’art. Mais selon moi, l’idée centrale de tout mouvement artistique, c’est que des images peuvent changer la vie. Dès lors, le punk

relève de l’ambition artistique, qu’il le veuille ou non. Le punk rock est né aux USA. Pourquoi centrer l’exposition sur l’Europe ? Effectivement, la musique punk rock est née aux USA, mais il y a eu peu de production d’images originales. Elles relevaient de la diffusion classique : photos de groupes, etc. Quant aux autres, elles regardent du côté du grand art (Robert Mapplethorpe, Raymond Petitbone...). Des gens comme Richard Hell, Tom Verlaine ou Patti Smith souhaitent être considérés comme des artistes, font référence aux poètes français. Inclure les États-Unis dans cette exposition aurait donc changé la chronologie, les thématiques... Nous aurions raconté une histoire différente. /

Infos pratiques EUROPUNK Du 22.10.11 au 22.01 2012, Charleroi, B.P.S. 22, mer>dim, 12h>18h, 3/2/1.25€, Visites guidées gratuites (réservation souhaitée) les dimanches 30.10, 27.11, 18.12 et 15.01 à 15h + 32 (0)7 127 29 71, http://bps22.hainaut.be

© Isabelle Waternaux

L'interview


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texte ¬ F-X Beague photo ¬ Le Bassin, Alain Leprince, M.A.I.A.D.

L’âge du grand bain Pari gagné au-delà de toute espérance. L’implantation d’un musée d’art et d’industrie en octobre 2001 a comblé un manque à Roubaix. Et renouvelé la donne régionale, en proposant, à la croisée des disciplines, de quoi satisfaire l’intérêt du public pour les créations industrielles, architecturales ou décoratives. Deux millions de visiteurs se sont déjà pressés sur les bords du grand bassin de la Piscine. Plus du double des prévisions les plus optimistes. A quoi cela tient-il ? Succès de curiosité ? Attraction du lieu et de sa célèbre verrière ? Pas seulement. Ce musée doit son enviable fréquentation à l’audace d’un parcours qu’il se propose de retracer, à l’heure de célébrer ses dix ans. Une décennie d’acquisitions, de donations et d’expositions, déclinées pour l’occasion en dix « modules mystérieux », et prolongées par la présentation d’œuvres situées au carrefour de l’Art et des arts appliqués (Sculptures-meubles de P. Anthonioz, costumes de scène conçus pour C. Carlson, collection d’objets design dans les vitrines latérales…). Le tout agrémenté d’un programme prévisionnel qui, à court ou moyen terme (céramiques et sculptures de Chagall en 2013, extension du site à l’horizon 2015, comprenant l’aménagement d’une salle consacrée au Groupe de Roubaix), devrait en toute logique renouveler notre envie d’y faire toujours quelques longueurs de plus. / ❥

LA PISCINE A 10 ANS 22.10>8.01, Roubaix, La Piscine, mar>jeu, 11h>18h, ven, 11h>20h, sam>dim, 13h>18h, 7/4,5/3,5 €, +33 (0)3 20 69 23 61


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texte ¬ Cédric Delvallez photo ¬ Aghostino © Philippe Robin, MAV

En toute transparence D’ordinaire réservé aux résidences d’artistes, l’atelier départemental du verre fête ses 10 ans en ouvrant ses portes au public. Six jours durant, l’équipe du musée-atelier de Sars Poteries dévoile ses secrets les mieux gardés. « L’atelier n’est pas conçu pour recevoir du public en permanence  », explique d’emblée la directrice du musée Anne Vanlatum. «  On ne peut pas exiger des artistes qu’ils soient dérangés dans leur création ». Inaugurées en 2001 avec le nouvel atelier, «  les portes ouvertes respectent leur tranquillité tout en offrant une vitrine à leurs méthodes de travail. Néanmoins, certaines techniques, trop longues, ne sont pas présentées », modère-t-elle. Impossible, donc, d’en savoir plus sur le moulage ou la cuisson du verre. Les visites restent concentrées sur le soufflage, plus « spectaculaire ». Notamment lorsqu’il s’agit des œuvres ludiques et colorées de Fernando Agostinho. Déjà présent en 2001, l’invité d’honneur confectionne in situ un somptueux gâteau d’anniversaire qui rejoindra ensuite les collections permanentes du musée, au milieu d’œuvres de Perrin & Perrin, Mélinda Sipos, ou encore de quelques « bousillés » (créations ouvrières du 19e siècle). Sans oublier l’exposition temporaire de Michèle Perozini sur le thème de l’Arctique, Inlandsis. D’autant que le billet de la visite de l’atelier permet également l’entrée au musée. / ❥

10 ans de l’Atelier du verre 23>28.11, Sars Poteries, Musée-Atelier du verre, lun>ven, 13h30>18h, sam & dim, 10h>12h30 & 13h30>18h, 3/1,5€, +33 (0)3 27 61 61 44


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texte ¬ Cédric Delvallez photo ¬ Buck & Bubbles © DD La Cinémathèque de la danse

Danse avec les écrans Autrefois gigantesque dancing populaire, la grande nef du Fresnoy devient le lieu d’un « cinéma exposé » ou d’une « scénographie chorégraphiée  ». Jusqu’à la fin de l’année, le Studio national des arts contemporains sonde le jazz grâce à l’immense collection de films de Jo Milgram. Et impose un dispositif tout en rythme. Au fil de sa vie, Jo Milgram (1916-2005) a réuni quelque soixante heures de bandes où tap-dancers anonymes et grandes figures du jazz se côtoyaient dans les sous-sols de Harlem, Paris, ou sur les plateaux de la Grande Hollywood. Ces virtuoses « ont inventé le corps moderne », explique le co-commissaire d’exposition Alain Fleischer. Leurs mouvements sont « insolites, dissidents, en rébellion », poursuit Patrick Bensard, directeur de la Cinémathèque de la Danse. Une forme de liberté que le Fresnoy s’est également permise dans la mise en scène. Superposés, inclinés ou amovibles, en toile, en filins ou sur les murs, les écrans remuent du sol au plafond ! Partout, des images de Murah Dehn, Vincente Minnelli ou Jean Renoir se disputent l’espace. Qu’il s’agisse d’une démonstration du « pas de l’escalier » par Bill Robinson (Harlem Is Heaven d’Irwin Franklyn) ou d’une danse acrobatique des Nicholas Brothers (Pie Pie Blackbird de Roy Mack), les supports semblent contaminés par les mouvements des sujets. En résulte un cinéma chorégraphié, qui, malgré la difficulté à discerner une bande-son des autres, ne laisse pas le spectateur immobile. / ❥

Let’s Dance Jusqu’au 31.12, Tourcoing, Le Fresnoy, mer>dim, 14h>19h (sf ven & sam 21h), 4/3€, +33 (0)3 20 28 38 00


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texte ¬ Florent Delval - photo ¬ Caetano Dias, Labirinto Secabecas 2010-11 © Marcio Lima

texte ¬ Florent Delval - photo ¬ © DR

Art In Brazil (1950 – 2011)

Manfred Pernice

Comme chaque année, le festival Europalia met un pays à l’honneur. Après la Chine, c’est au tour d’un autre état de la taille d’un continent : le Brésil. Un symbole de modernité. Citons l’utopiste Brasilia, capitale édifiée en mille jours, voici un demi-siècle. Mais le chaos de la dictature militaire (1964-1985) y a longtemps relégué l’art contemporain à la clandestinité. Or, dès les années 1950, Helio Oiticica, tout en conservant la pureté symétrique du modernisme, s’aventure ouvertement vers la contestation. Suivra l’art plus organique de Lygia Clarke ou de Tunga. Cet accrochage permet de revisiter ces ruptures et ces transformations de manière très documentée et chronologique. Les œuvres d’une cinquantaine d’artistes retracent plus d’un demi-siècle d’une scène trop méconnue. /

On reconnaît immédiatement les œuvres colorées et hybrides du sculpteur allemand Manfred Pernice. Des aplats soulignent les agencements géométriques en bois de construction cheap. « Construction »  est d’ailleurs le terme qui désigne le mieux ces objets relevant aussi bien du chantier que du design. En témoigne le point central de cette exposition, l’installation «  Tutti  ». Il s’agit d’une architecture sommaire à mi-chemin entre la maison témoin et le manège. Surmontée d’une plateforme accessible par un escalier et divisée par une cloison, elle fait office de musée en modèle réduit où s’insérent meubles, cadres et objets trouvés sur place. Dans les salles attenantes, d’autres œuvres récentes déclinent ces assemblages très graphiques, marqués par l’inachèvement et la désuétude. /

Jusqu’au 15.01.12, Bruxelles, Bozar, 12/6€, +32 (0)2 507 82 00

Jusqu’au 15.01.12, Gand, SMAK, 6/4/1€, +32 (0)9 240 76 01, www.smak.be


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agenda Van Beirendonck, 1989, King Kong Kooks, photo : Ronald Stoops illus. : Jan Bosschaert

Jean Dubuffet dans le Jardin d'hiver © Fondation Dubuffet, Paris. Photo : Kurt Wyss, SABAM Bruxelles 2011

Walter Van Beiredonck

Dubuffet, architecte

L’ironie et l’autodérision sont les deux piliers du travail de Walter Van Beiredonck. Fluo et baroque, l’univers du couturier belge remet en question le concept même d’élégance. Cette distance ironique vis-à-vis de l’image de soi, et par là, de la société, fait rimer esthétique et politique. Dans cette exposition en forme de collage, la chronologie s’efface pour mettre en avant les idées, et les faire dialoguer avec des œuvres de Mike Kelley ou d’Orlan.

Bien sûr, Jean Dubuffet est le père de l’Art brut. Mais cette expo dévoile un tout autre pan de son travail. 1962 : le peintre installe son atelier au Touquet, délaisse la peinture pour la sculpture et l’architecture. De cette période, le musée d’Ixelles a sélectionné 120 œuvres. Monumentales (La Closerie Falbala) ou à taille humaine (Le Mur Bleu), allusives ou abstraites, elles représentent la partie la moins connue de sa carrière. Mais pas la moins intéressante.

❥ Anvers, jusqu’au 19.02.12, MoMu, mar>dim 10h>18h, +32 (0)3 470 27 70, www.momu.be

❥ Bruxelles, jusqu’au 22.01, musée d’Ixelles, mar>dim, 9h30>17h, +32 (0)2 515 64 21

Le Louvre à Béthune

Bauhaus XX-XXI : un héritage vivant

En attendant l’ouverture de son antenne lensoise, le Louvre s’associe à la Capitale Régionale de la Culture 2011 à travers une exposition en deux volets. Outre une déclinaison du thème des Trois Grâces à partir du tableau de Cranach l’Ancien, des artistes contemporains (Jan Fabre, Louise Bourgeois...) revisitent des collections du Louvre... Ou comment révéler l’influence des maîtres du passé sur les artistes de notre temps.

Né dans la République de Weimar, le Bauhaus révolutionna l’architecture et le design, entre autres. Un siècle plus tard, qu’en reste-t-il ? S’appuyant sur des clichés de bâtiments d’époque, le photographe Gordon Watkinson ouvre un dialogue avec leurs pendants contemporains, et enrichit l’ensemble de textes théoriques, de dessins, mais aussi de luminaires ou de meubles qui ont traversé le temps. Belle façon de faire le tour du propriétaire.

❥ Béthune, jusqu’au 31.12, Lab-Labanque, Chapelle Saint-Pry, 12>19h (sf sam & dim, 10>19h), entrée libre, +33 (0)3 21 63 00 00

❥ Bruxelles, jusqu’au 05.02.2012 , CIVA, mar>dim 10h30>18h (sf mer 10h30>21h) +32 (0)2 642 24 50


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Persona © 1966 AB Svensk Filmindustri / photo: Bo A. Vibenius

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Ingmar Bergman vérité & mensonge

14-10-2011 > 15-01-2012 Provinciaal Cultuurcentrum

B-Excursion: Train + Tram + Entrée En vente dans les gares SNCB

Caermersklooster

www.caermersklooster.be / www.filmfestival.be


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agenda le Temps des cerises © Bruno Braquehais, Barricade porte Maillot le 14 mai 1871 à 5 heures du matin, Coll. Serge Kakou, Paris.

Le Temps des cerises Utopie collective, immense espoir ouvrier réprimé dans un bain de sang, la Commune de Paris demeure un épisode malheureusement occulté de l'Histoire de France. Accrochant une centaine de photos originales et des documents d'époque souvent inédits, Le Temps des cerises constitue donc une immanquable séance de rattrapage. Un véritable travail de Mémoire envers une époque où l'on ne se contentait pas de s'indigner. ❥ Charleroi, jusqu'au 15.01.12, Musée de la Photographie, mar>dim, 10h>18h, +32 (0)7 143 58 10

Mécaniques poétiques, Ez3kiel, Les balles perdues © DR

Michel François 45.000 affiches. 1994-2011 Sous l’objectif de Michel François, sculptures et installations prennent une nouvelle dimension. Surtout lorsque ces clichés sont imprimés en très grand format (180 x 120 cm). Entre 1994 et 2001, le photographe a réalisé une grande affiche à chacune de ses 45 expositions. Les voici réunies. Mieux : les voici offertes, car ces 45 affiches, éditées à 1 000 exemplaires, sont laissées à la libre disposition des visiteurs. De quoi offrir une seconde vie à ces images intrigantes. ❥ Grand-Hornu, jusqu’au 29.01.12, Mac’s, mar>dim 10h>18h, +32(0)65 65 21 21

Paysages d’ici En six parcours-clé (l’habitat minier, les friches industrielles, les voies de communication, les terrils, la frontière et les espaces agricoles), Paysages d’ici mêle son, vidéo et images numériques pour retracer l’évolution de décors moins immuables qu’il n’y paraît. Témoignages d’habitants, marquage d’une frontière nationale artificielle, restes de l’histoire industrielle... Ce voyage dans le passé dessine, en creux, l’esquisse de territoires futurs.

Les Mécaniques poétiques

❥ Frameries, le Pass – Parc d’aventures

❥ Lille, jusqu’au 20.11, Maison Folie de Wazemmes, me>sam 14h>19h, dim 10h>19h, entrée libre, + 33 (0)3 20 78 20 23

scientifiques, lun>ven, 9h>16h (sf mer) et tlj, 10h>18h pdt vac. scol., + 32 (0)7 022 22 52

Un piano dont jaillissent des images. Un biclou dont les freins, la sonnette ou le pédalier font naviguer d’un monde à l’autre. Ces dix installations hybrides, numériques et modulables ont été construites par Yann Nguema (bassiste d’Ez3kiel) avec l’appui de chercheurs lyonnais et grenoblois. Le résultat ? Le fantasme émouvant d’un passé irréel, héritier du courant steampunk et lointain cousin des rêveries de Caro et Jeunet.


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agenda Collector, Orozco Gabriel La DS

Collector Le Centre National des Arts Plastiques, ce sont 90 000 peintures, sculptures, photos, vidéos et meubles design. Collector adresse des clins d’œil aux segments historiques (une Venus de Milo, quelques Matisse ou Man Ray...). Mais se concentre sur ces 40 dernières années en près de 200 œuvres. Un parcours cohérent qui présente la postérité du pop art et du ready-made, avant de retracer l’effacement progressif de la figure au profit de l’épure. ❥ Lille, jusqu’au 1.01.12, Tripostal, mer>dim, 10h>19h (sf ven&sam, 22h), www.lille3000.com

Le modèle a bougé L’effet de flou nimbant un portrait signé Eugène Carrière étonnait Edgar Degas, qui lança : « Le modèle a bougé ?  ». Cette célèbre boutade donne lieu à une exposition ambitieuse. Avec quelques grands noms (Degas, Cartier-Bresson, Duchamp...), et de nombreux supports (peinture, photo, sculpture, vidéo...), le BAM répond à de grandes questions. Sur l’effet de flou, le travail sur le mouvement ou encore l’atelier. Mais aussi sur le rapport entre l’artiste et son modèle, ou la recherche de la muse. ❥ Mons, jusqu’au 05.02.12, BAM, mar>dim, 12h>18h, 6/3€, +32 (0)6 540 53 30

Le Modèle à bougé © Robijns

Paysage mental, le dessin sans dessein Dans le cadre du projet transfrontalier Dessiner-Tracer, le MUba explore les origines mentales de l’art pictural. Dessins automatiques, esquisses, fantasmes... Plus de 200 œuvres sondent l’âme de dessinateurs de notre temps. Corps-objets d’Elmar Trenkwalder, mégalopoles utopistes de Mamadou Cissé... Figuratifs ou abstraits, ces « dessins sans dessein » rappellent que derrière toute œuvre, il y a d’abord les « rêveries intérieures » de son créateur. ❥ Tourcoing, jusqu’au 30.01, MUba, tlj sf mar, 13>18h, +33 (0)3 20 28 91 60

Lanskoy, un peintre russe à Paris Russe blanc émigré à Paris, André Lanskoy (1902-1976) s’est confronté aux diverses innovations formelles du XXe siècle. Rompant avec la figuration, le peintre s’est plongé dans les recherches sur la couleur, la géométrie, la démultiplication des points de vue. Aux côtés de plus de cent cinquante œuvres de l’intéressé, cette rétrospective accroche celles de ses contemporains et maîtres, et permet de saisir avec nuances le cheminement de l’artiste. ❥ Villeneuve-d’Ascq, jusqu’au 15.01.2012, LAM, mar>dim 10h>18h, +33 (0)3 20 19 68 68


texte ¬ Pascal Cebulski photo ¬ Pongo Land © DR

Next Generation Le festival des arts de la scène de l’Eurométropole se joue de toutes les frontières. Théâtre impertinent, hors-les-murs détonnants, performances intimes… Décidément aucune barrière géographique ni artistique ne résiste à cette 4e édition toujours en quête de nouveaux talents. « Vous emmener là où vous n’êtes jamais allés », tel est le souhait du coordinateur du festival, Benoît Geers. Next2011, c’est 48 représentations et autant de voyages. La preuve en deux périples dans des lieux industriels réinvestis. La Maison-Folie de Wazemmes fait office de Pôle sud, nous entrainant sur les traces de l’explorateur Falcon Scott : lunettes vidéo, écouteurs et caméra sur le front, on plonge vers la Terra Nova d’Eric Joris et la Cie Crew. Quant à l’ancienne centrale Transfo, à Zwevegem, elle devient le décor d’un procès franco-belge dont l’incroyable tribunal fut à cheval sur la frontière. Le collectif Berlin offre ainsi au festival sa création la plus électrique ! Et symbolique : sur l’absurdité des frontières. À la croisée des chemins Les limites ? Next les repousse sans cesse, préférant « croiser spectacles et publics », notamment grâce à 30 navettes pour vous rendre, gratuitement (et bien choyés) aux quatre coins d’une Eurométropole élargie à Valenciennes. Au programme, 15 jours de réjouissances en tous genres : de la danse des doigts de Michèle Anne de Mey, filmée par Jaco Van Dormael svp (Kiss & Cry) au bluffant Amnesia, création tunisienne datant d’avant la Révolution... et imaginant la chute d’un régime autoritaire. Finalement, Pongo Land est la parfaite synthèse de Next2011 : on sourit des différences entre un (grand) allemand et un (petit) portugais. Pour mieux dénoncer les limites de la normalité humaine. / ❥

Next2011 Du 18.11 au 3.12, Villeneuve d’Ascq (La rose des vents), Courtrai (Buda & CK*), Tournai (Maison de la culture), Valenciennes (Espace Pasolini, Phénix) et Lille, Théâtre du Nord, 20/7€, www.nextfestival.eu

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texte ¬ Hugo Dewasmes photo ¬ © Manuelle Toussaint / Starface

La radio fait son cinéma au théâtre Dans un décor de salle de cinéma défraîchie, Olivier Saladin et Olivier Broche redonnent vie à Charensol et Bory, critiques de cinéma emblématiques du Masque et la Plume dans les années 70. C’était le temps où le poste TSF trônait dans les salons sur le buffet, posé avec soin sur un napperon jauni. Le temps où la télévision n’avait pas encore envahi les foyers, où les prime-time s’organisaient autour de la radio. Né en 1955, Le Masque et la Plume a traversé les époques jusqu’à aujourd’hui, mais c’est au cœur des années 70 que François Morel a rallumé son transistor. Dans Instants Critiques, il redonne vie aux joutes verbales de deux éminents critiques de cinéma, Georges Charensol et Jean-Louis Bory. Le porte-parole d’un cinéma engagé, vecteur de lutte sociale face au défenseur d’un septième art plus populaire. Leurs affrontements mémorables à propos des films de Bergman, Oury, Godard ou Lautner étaient savamment orchestrés. Au fil des émissions, leurs antagonismes ont rapprochés ces hommes jusqu’à faire naître, comme le dit joliment François Morel, « une véritable histoire d’amitié fondée sur une mésentente parfaite. Ils sont les Laurel et Hardy de la critique, les deux sont indissociables ». Pour redonner vie à ces figures, le metteur en scène peut compter sur ses amis Olivier (Broche et Saladin). Leur numéro de duettistes est alerte, pétri d’humour. On sent une connivence que le temps n’altère pas. À travers cet hommage, François Morel déclare sa flamme de façon singulière au cinéma, avec une pointe (inimitable) de décalage et de tendresse. / ❥

INSTANTS CRITIQUES 9.11, 20h, Feignies, Espace Gérard Philippe, 11/8€, +33 (0)3 27 65 65 40


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texte ¬ Thibaut Allemand - photo ¬ © Marco Caselli

texte ¬ F-X Beague - photo ¬ Laurent Gaudé © DR

Tigers In The Tea House

Rêves de lecture

Créée en 2004, la présentation de cette œuvre fut interrompue au bout de quelques mois suite à la défection de deux des trois danseurs. Heureusement présente sur d’autres fronts, Carolyn Carlson offre une seconde chance à cette mise en mouvement de la méditation et de la pensée zen. Sur des compositions tradi-modernes signées de l’érudit John Boswell, les danseurs (du trio originel, ne reste que le Chinois Zheng Wu) jouent sur l’équilibre des forces : tension et relâchement, action et repos. Selon la chorégraphe américaine « les postures méditatives, créant un Haiku visuel, se diffusent tranquillement pour répondre au besoin d’activation du temps et de l’espace, des images surgissant avec une énergie indomptée ». Nébuleux ? Si peu. Mais sur scène, les danseurs expriment ce que les mots ne peuvent dire. /

Rien ne va de soi dans l’art de la lecture à voix haute : prêter son timbre, ses inflexions, avec l’autorité requise et suffisamment de transparence pour que l’exercice ne se limite pas à une simple délégation de pouvoir. L’incarnation d’un texte ne dispense pas l’auditeur d’en creuser la signification. Exigeante discipline qui méritait bien tout un mois de défense et d’illustration parlée de la littérature contemporaine. La première édition de ces Rêves de lecture met aux prises comédiens (G. Defacque, A. Denis), musiciens, romanciers (L. Sepulveda, L. Gaudé) et poètes performers (V. Tholomé). On regrette l’annulation de la venue d’Elsa Zylberstein, qu’on imaginait sans peine exceller dans l’art de maintenir ce fragile équilibre entre conviction et retenue. /

05.11, 20h30, et 06.11, 18h, Béthune, Théâtre, 14/10/3€, + 33 (0)3 21 64 37 37 09>10.11, 20h30, Roubaix, Colisée, 25/22€, + 33 (0)3 20 24 66 66

14.10>19.11, Dunkerque, divers lieux, entrée libre, +33 (0)3 28 51 40 40 www.lebateaufeu.com


théâtre & danse |

78

texte ¬ Cédric Delvallez - photo ¬ © Éric Legrand

texte ¬ Cédric Delvallez - photo ¬ Amarillo © DR

Heureux qui comme Ulysse

Festival des Libertés

L’Odyssée, son cheval de Troie et ses voyages en mer... Un bien vaste décor pour la scène d’un théâtre. Heureusement, les Fous à réaction [associés] ont réduit son échelle pour renforcer l’intimité avec le public. Depuis 2009, la compagnie lilloise promène mieux qu’aucune autre son théâtre de « proximité » de salles exiguës en cafés intimes. Disponible, mobile, nomade, elle s’arrête aujourd’hui au Théâtre de la Verrière. Et conçoit une habile structure scénique « à la manière d’un couteau-suisse : multifonctions, pratique et légère » pour y intégrer tous les éléments du décor. Adaptant également l’œuvre d’Homère au texte L’Univers, les dieux, les hommes (2002) de Jean-Pierre Vernant, le metteur en scène Vincent Dhelin rappelle que, dans la Grèce antique, l’Odyssée n’était pas seulement contée ou jouée, mais chantée à la manière d’un opéra. /

Pour la huitième année consécutive, le festival bruxellois part en croisade contre l’oppression. Au travers d’un maximum de disciplines et de représentations (66 au total !), les grandes abjections de ce monde sont passées au crible : absurdité de la misère, des guerres «  démocratiques  », du terrorisme... Déjà vu  ? C’est certain. Mais quand les invités ont pour noms George Clinton, Guy Bedos ou Nadia El Fani (Laïcite Inch’allah), il y a tout de même matière à réfléchir. Et justement ! c’est là tout l’objet du festival  : se creuser la tête, tout remettre en question pour « déconstruire les mythes et concrétiser les utopies  ». Vaste projet  ! Heureusement, la diversité des événements ne l’est pas moins. /

16>19.11, 20h30 (sf jeu 19h30), Lille, Théâtre de la Verrière, +33 (0)3 20 54 96 75

17>26.11, Bruxelles, Théâtre National, KVS, +32 (0)2 289 69 00 prog : www.festivaldeslibertes.be


théâtre & danse |

80

agenda Sortir du corps © Frédéric Iovino

Amen (Le Vicaire)

Popup

Jusqu’au 20.11

9.11

R. Hochhuth/J-C Idée

« Comme les fleurs de la terre sous l’épaisse couche de l’hiver attendent les souffles tièdes du printemps, les Juifs doivent savoir attendre en priant, et dans la confiance, l’heure des consolations célestes.  » Voilà la réponse de Pie XII, alerté par un officier SS et un jésuite du sort réservé aux Juifs. Cette pièce classique de Hoccuth, popularisée par l’adaptation de Costa-Gavras, pointe la passivité des autorités politiques et religieuses face à l’horreur. ❥ 20h15 (sf 11, 13, 19 et 25.11, 15h), Bruxelles, Théâtre des Galeries, 24/11€, +32 (0)2 512 04 07

Sortir du corps 8&9.11

V. Novarina/C. Orain

Popup © Sébastien Charlet

B. Annaloro

Les pop-ups sont ces livres en relief qui amusent toujours les mômes. Belinda Annaloro n’est plus une gamine, mais caresse toujours le secret espoir d’y plonger pour de vrai. Au fil des pages constellées d’images oniriques et informatiques, la jeune femme passe d’une scène à l’autre, du marché de quartier au jeu vidéo, du petit jardin à l’hyper-espace. A la fois kawaii et nostalgique, Popup s’adresse aux enfants dès cinq ans, mais ne manque pas de faire à nouveau rêver les grands. ❥ 14h30, Armentière, Le Vivat, 6€, +33 (0)3 20 77 18 77

On se suivra de près 8>19.11

A. Namur/F. Artaud

Cinq comédiens de l’Oiseau-Mouche, serrés dans leurs costumes d’époque comme dans une camisole de force. Progressivement les décors tombent. Puis, sous l’égide de Cédric Orain, la parole se libère des corps. En combinant trois textes de l’auteur francosuisse Valère Novarina (Lettres aux acteurs, Pour Louis de Funès et L’Opérette imaginaire), le metteur en scène nourrit une réflexion nouvelle sur la parole au théâtre. Et bien au-delà. ❥ 8.11, 19h30, 9.11, 21h, Douai, Hippo-

Après Et Blanche aussi (2009), Aurélie Namur et Félicie Artaud poursuivent leur association de la danse et du théâtre. D’un côté, le cadavre d’une jeune femme et son gardien entament une chorégraphie funèbre. De l’autre, le commissariat de police rappelle les codes et les répétitions du quotidien. Aussi, ce « polar existentiel » repose sur la confrontation entre ces deux mondes, l’alternance entre le mouvement et le texte, l’onirisme et le réalisme. ❥ 20h30, sf mer 19h30, mar>sam, Bruxelles,

drome, 8 à 15€, +33 (0)3 27 99 66 66

Théâtre Océan Nord, 10/7,5€, +32 (0)2 216 75 55


théâtre & danse |

82

agenda Austerlitz © DR

Néro 18&19.11

JJ's Voices © Carl Thoborg

JJ’s Voices P. Verhelst

22.11

B.Lachambre / Ballet Cullberg

Dans la mémoire collective, Néron est un monstre, un persécuteur, un fou. Mais qu’en est-il de son enfance, lorsque Rome n’était pour lui qu’un terrain de jeu ? C’est ce à quoi le poète et romancier Peter Verhelst répond dans sa nouvelle pièce. Le petit Néron, interprété par l’imposant Wim Opbrouck, erre dans une Rome miniature à la recherche d’un ami, dissèque de petits animaux par curiosité... Avec, déjà, cet amour de la musique qui ne le quittera jamais. ❥ 20h30, Bruxelles, Kaaitheater, 16/12/8€,

Personnage outrancier et excessif pour les uns, plus grande « blueswoman » de l’Histoire pour les autres, Janis Joplin ne laisse pas indifférent. Et surtout pas le Canadien Benoît Lacambre, qui souhaite explorer les modulations de la voix de la Joplin. Dont les multiples timbres impriment les mouvements du Ballet Cullberg de Stockholm. Poussés dans leurs derniers retranchements, les danseurs expriment toute la douleur de l’icône dans un audacieux spectacle. ❥ 21h, Valenciennes, Le Phénix, 9€,

+32 (0)2 201 58 58

+33 (0)3 27 32 32 32

Austerlitz

Les enfants se sont endormis

18 & 19.11 J.Combier / P.Nouvel / Ictus

22>26.11

Le parcours de l’énigmatique Jacques Austerlitz nous mène à travers l’Europe dans le tourbillon du XXe siècle. Mais Austerlitz est d’abord un personnage imaginé par le romancier W.G. Sebald. Et c’est ici que ça se complique : Jérôme Combier mène l’enquête sur l’auteur et son personnage, s’interroge sur l’existence d’Austerlitz et sur l’histoire du Vieux Continent. Pour ce faire, l’ensemble Ictus (un comédien, six musiciens, un dispositif vidéo, entre autres) a créé un véritable road opera. Pas banal. ❥ 20h, Lille, Opéra, 21/16/12/8/5€,

Après Les Trois Sœurs (2004) et Oncle Vania (2008), Daniel Veronese retrouve le théâtre d’Anton Tchekhov en adaptant La Mouette. Ou l’histoire de Nina et Konstantin qui, pour conquérir la gloire, s’inventent des talents d’actrice et d’écrivain. Débutant telle une comédie, Les enfants se sont endormis sombre progressivement dans la tragédie. Entre amours impossibles et rêves déchus, le réveil sera dur pour les endormis. Il l’est toujours chez Tchekhov. ❥ 20h, sf jeu 19h, Lille, Théâtre du Nord,

+ 33 (0)8 20 48 90 00

23/16/10€, +33 (0)3 20 14 24 00

A. Tchekhov/D. Veronese


théâtre & danse |

84

agenda Alexis, une tragédie grecque © DR

La Vieille et la bête 22>29.11

Grupo Corpo I. Schönbein

À 40 kilos toute mouillée, Ilka Schönbein n’a aucun mal à disparaître derrière ses masques. La comédienne allemande est tour à tour jeune danseuse (La Ballerine), âne triste (Le Petit Âne), ou vieille femme (La Mort dans le pommier, Léna qui ne voulait pas aller dans une maison de retraite). Ainsi, quatre contes se succèdent au rythme de la musique d’Alexandra Lupidi, impitoyable Monsieur Loyal de cette fable où la mort côtoient joyeusement la vie. ❥ 20h, Béthune, Comédie, 18/7€, +33 (0)3 21 63 29 19

Alexis, une tragédie grecque 25.11 E. Casagrande et D. Nicolò/ Motus

Le mythe d’Antigone fut revisité de nombreuses fois. Brecht ou Anouilh l’ont tous deux transposé dans la Seconde Guerre Mondiale. La compagnie italienne Motus, elle, double de ce thème d’un drame récent : l’assassinat d’Alexandro Grigoropoulos, 15 ans, par la police athénienne. Âpres et électriques, les acteurs sont soutenus par des vidéos sous tension (scènes d’émeutes) ou contemplatives (la campagne grecque). Ou quand le théâtre se coltine le réel à en perdre hellène. ❥ 20h, Douai, Hippodrome, 15/13/8€, + 33 (0)3 27 99 66 66

Grupo Corpo © DR

26&27.11

Grupo Corpo

Dans le cadre d’Europalia Brasil (cf. n° 67), la compagnie Grupo Corpo livre deux spectacles que tout oppose. Parabelo (1997) intègre des danses typiquement brésiliennes sur des musiques folkloriques. Tandis que Onqotô (2005), plus expérimental, se base sur un enregistrement du subversif Caetano Veloso, entre tropicalisme et avant-garde. Deux œuvres puissantes et sensuelles qui, apposées l’une à l’autre, dressent le portait d’un Brésil aux multiples visages. ❥ 20h30, sf dim 17h, Roubaix, Colisée, 32/8€, +33 (0)3 20 24 07 07

Une Laborieuse Entreprise 29.11>10.12

H.Levin / C.Sermet

Si le couple est un champ de bataille, le dramaturge israélien Hanock Levin fut son plus brillant conteur. Déjà mise en scène par Christophe Sermet en 2004, cette pièce le prouve une fois encore. Sobriété des décors, âpreté des répliques, le tragique le dispute au rire. Ce couple déchiré, encombré d’un voisin envahissant, pose plusieurs questions, dont, l’une, insoluble : et si la solitude se vivait mieux à deux ? C’est tout l’enjeu de cette laborieuse entreprise. ❥ 20h30, sf mer 19h30, mar>sam, Bruxelles, Théâtre Marni, 20/15/10€ +32 (0)2 737 16 01


littérature |

86

texte ¬ Vincent La Chapelle photo ¬ Carlo Ginzburg © DR

Penser autrement Et de 15 ! Quinze ans que les philosophes s’emparent de Lille et sa région pour en faire la capitale de la pensée. Du 8 au 29 novembre, une centaine de conférences se déroulent dans quinze villes et invitent plus de deux cents intervenants à se pencher sur L’art de faire. Faire, fabriquer, créer. Avec les mains, avec les jambes, avec les bras ; avec la tête également. Au final, toute l’activité humaine se retrouve dans ce verbe. Et Citéphilo le questionne pendant dix jours : l’art, la manière, les moyens. Un questionnement par le prisme de l’économie, des sciences, de la politique, de la littérature. De l’histoire aussi, notamment avec Carlo Ginzburg, invité d’honneur du festival. Né en 1939, cet Italien est l’une des figures de la microhistoire, courant qui s’intéresse davantage aux individus qu’à l’étude des masses, au quotidien du peuple plutôt qu’à celui des puissants. Citéphilo s’ouvre aussi à l’international et aux arts. Roberto Scarpinato et Laetitia Battaglia évoquent avec Isabelle Prévost-Deprez « la justice au quotidien  », et leur combat contre la corruption. Les révolutions arabes sont abordées par Fethi Benslama, les travailleurs précaires par Toni Negri, l’Espagne de Franco avec Alfons Cerverra... Autres contributeurs de poids : les Pinçon-Charlot, habitués du salon du livre du 1er mai à Arras, Pierre Rosanvallon, Philippe Descola, François Boucq, Jacques Roubaud... Ce festival porté par une équipe passionnée propose aussi des concerts de jazz et des projections de films. Tout est mis en œuvre pour repenser le monde. / ❥

Citéphilo 08>29.11, Lille, Lomme, Villeneuve d’Ascq, Arras, Bouvines, Hellemmes... www.citephilo.org


livres |

88

chroniques Le ravissement de Britney Spears

Beat Hotel Barry Miles | Éd. Le Mot et le Reste

Jean Rolin | Éd. P.O.L. L’an passé, on croisait Britney Spears chez Elise Costa, et c’était réjouissant. Ici, le pitch est totalement absurde : sachant Britney menacée d’enlèvement par un commando islamiste, les services secrets français envoient l’agent Rothko pour protéger l’idole. La mission échoue, et l’agent nous conte son voyage depuis le Tadjikistan, où il finit exilé. Bref, un très beau prétexte pour Jean Rolin. Son narrateur nous balade dans le désert moyen-oriental comme dans les gigantesques malls californiens et peint des portraits assez naturalistes de paparazzis. Rempli de micro-détails du quotidien (des montagnes Tadjiks aux recettes de cocktail préférées de Britty) ce roman presque picaresque, à la fois drôle et mélancolique, dresse également un état des lieux de notre rapport aux mondes. 284 p., 17€ Vincent Lançon

Une fois encore, Le Mot et le Reste nous régale d’un sujet précis, original, et largement ignoré jusqu’à ce jour. À savoir l’aventure parisienne de quelques figures majeures de la Beat Generation. Allen Ginsberg, William Burroughs, Gregory Corso ou encore Brion Gysin, tous – sauf Kerouac – sont passés par ce petit relais pourri qu’était le Beat Hotel entre 1957 et 1963. Alors que dans les rues de Paris régnait la crainte des attentats du FLN, cette poignée de poètes, peintres et écrivains, a su créer son propre paradis terrestre au milieu des rats et des cafards, dans l’obscurité et la puanteur. Bourré d’anecdotes hilarantes, Beat Hotel nous ramène à cette époque lointaine où la Bohème avait encore une signification. Et la littérature, le sens de l’humour et de la démesure. 360 p., 23€. Cédric Delvallez

Apocalypse Now, Journal Eleanor Coppola | Éd. Sonatine Ce contrepoint intime au monument de son mari, Eleanor Coppola en avait déjà offert une version avec le fascinant documentaire Hearts of darkness : a filmmaker’s Apocalypse (1991). On se laisse néanmoins embarquer dans ce qui reste une des aventures les plus insensées de l’histoire du cinéma : la réalisation d’Apocalypse Now, de 1976 à 1979. Plus que pour les évènements bien connus (crise cardiaque de Martin Sheen, etc.), la valeur du document, rédigé dans le vif du quotidien, tient à la description d’une étrange position, celle de « femme du génie ». L’écriture, sans éclat, se teinte au fil des pages d’une troublante mélancolie à la Fitzgerald. Les enfants grandissent, et un monde s’achève sans qu’on y ait pris garde. À l’ombre de Francis le nabab poussait Sofia la minimaliste. 260 p., 18 €. Raphaël Nieuwjaer


disques |

90

The STrange Boys Live Music | Rough Trade / Naïve Drôle de nom pour un album studio. Mais on peut le comprendre : sur Live Music, les Texans gardent la simplicité d’enregistrement qui caractérisait The Strange Boys And Girls Club (2009) et Be Brave (2010). Pas d’effet extraterrestre ou de mixage abusif  : 14 morceaux rivalisent d’évidence dans une veine country/blues-rock digne des Rolling Stones (You Take Everything For Granite When You’re Stone). Un côté hillbilly que l’apparition du piano ne fait que renforcer (Me And You, Saddest). Et si la voix de Ryan Sambol, qui rappelait Dylan sur Be Brave, évoque maintenant Doherty (Punk’s Pajamas), le jeune zigomar n’abandonne pas pour autant l’harmonica. Ce troisième album ne sera donc pas celui de la maturité. Dieu soit loué ! Cédric Delvallez

Joie Noire 1 | Desire/Module Joie Noire est le nouvel avatar de Jérôme Caron, qui nous avait habitués à une disco organique et sensuelle sous l’alias Blackjoy. Cette fois le Français explore un univers plus torturé, plus minimal aussi, citant les soundtracks de John Carpenter. Joie Noire extrait néanmoins de ses claviers analogiques dérangés un groove obscur mais véritable et parvient à tirer un maximum de ses nappes passées à la lessiveuse krautrock. À l’instar de son compatriote Etienne Jaumet, on imagine le studio de Caron plein à craquer de claviers vintage et de machines au nom composé de consonnes et de chiffres. Et encore une fois on vérifie que de ce monde dont les artères sont des câbles peuvent surgir des nuances bien humaines. Mathieu Dauchy

L’ORCHESTRE INTERNATIONAL DU VETEX Total tajine | Via Lactea Après le Mix Grill de 2009, le Vetex remet le couvert. Et nous sert son Total Tajine, bien mijoté en deux ans d’interminables tournées. La recette reste la même : la joyeuse tambouille de ska, musique tsigane, cumbia, valses et airs de fanfare bien de chez nous prend simplement, sur 28 titres, deux goûts différents. La première galette est bien épicée, trips à la mode des Balkans. La seconde contient des saveurs latinos et nord-africaines plus douces, moins remuantes. Même relevé de quelques notes d’amertume, l’ensemble demeure sacrément énergique. Les quinze musiciens du collectif franco-belge rivalisent de talents en cuisine pour stimuler vos jambes ! En concert, le 4.11 à Tournai et le 12.11 à Courtrai. Pascal Cebulski


chroniques JONTI

Gold Panda

Twirligig | Stones Throw Records/ Discograph

DJ Kicks | !K7/La Baleine

Nouveau prodige de l’écurie Stones Throw, le Sud-Africain grandi en Australie Jonti possède plus d’un atout dans sa manche : multi-instrumentiste, arrangeur, producteur, chanteur. Son parcours, malgré son jeune âge, force le respect puisqu’il a fait ses premières armes aux côtés de Marc Ronson, des Dap-Kings ou encore de Sean Lennon ! Avec tout le soin nécessaire à un premier album, le garçon a gagné l’admiration de Peanut Butter Wolf ou de Albert Hammond Jr (The Strokes). Il faut admettre que Twirligig distille un charme et une addiction immédiate, rappelant les débuts de Scott Herren (Prefuse 73), troussant de délicieuses miniatures psychédéliques, oscillant entre Beach Boys et Madlib, Daedalus et Boards of Canada, exotica et glitch. Révélation à suivre. Marc Bertin

DJ Kicks, c’est une pochette surprise : on a beau scruter l’emballage, on ne sait jamais vraiment ce qu’il y a dedans avant d’avoir tout déballé…  Cette fois, le label !K7 a invité Gold Panda à mixer ses morceaux favoris. On s’attend à une belle promenade dans les champs éthérés mais fleuris de la musique électronique minimale. Les premiers pas sont ravissants, entre la caution historique d’un Drexcyia stellaire, et les tambours du jeunot Ramadanman. Gold Panda offre même son nouveau morceau, léger et onirique. Au fil de l’écoute, on se prend les pieds dans de sournoises ornières  : monotonie de certains passages, orchestrations ennuyeuses ou agaçantes… La balade avec Gold Panda aurait gagné à être plus courte et mieux organisée. Olivia Volpi

CLIFF MARTINEZ Drive Original Motion Picture Soundtrack | Record Makers/ Discograph Reparti sans Palme d’Or du dernier festival de Cannes, Nicolas Winding Refn peut toutefois se «  consoler  » face à l’unanimité critique et publique de Drive et la partition de son chef-d’œuvre n’y est pas étrangère. Confiée à Cliff Martinez, fidèle de Steven Soderbergh, ce diamant noir aurait du être réalisé par Johnny Jewel de Glass Candy… Les mystères d’Hollywood étant impénétrables et plutôt que de fantasmer la chose, autant se concentrer sur ce score mélancolique et synthétique à souhait, entre Jan Hammer et Wang Chung, écrin aussi précieux que les gants et le blouson de Ryan Gosling. Bel hommage aux productions 80 de Michael Mann, mais aussi à l’atmosphère paranoïaque typique de John Carpenter. Envoûtant, riche, complexe, la porte d’entrée d’un Los Angeles tout sauf solaire. Marc Bertin


agenda |

92

concerts Mar 01.11 Dirty Beaches + DJ Kid Anvers, Trix, 19h, 13/10e Melendi Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 45/40e Yelle + Douglas & The Beauties Lille, L’Aéronef, 20h, 15/10e

Mer 02.11 Ground Zero : Absynthe Minded + Viva Brother Lille, Splendid, 19h, 20e Absynthe Minded Lille, Splendid, 19h, 22e Alice Cooper Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, COMPLET ! Fast Motion + Martin James + The Kerbcrawlers Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 3e The Magnetix Bruxelles, Madame Moustache, 20h, 5e Ground Zero : Patti Smith Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 50e

Femme Lille, L’Aéronef, 19h, 22/18e God is an Astronaut + TBC Bruxelles, VK* Concerts, 20h, 15/12e School Is Cool + Zinger Bruges, Cactus Muziekcentrum, 20h, 13/11e Ozark Henry Liège, La Caserne Fonck, 20h, 27e Alice Cooper Lille, Zénith Arena, 20h, 56,5/45,5e General Elektriks Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 16/13/10e François And The Atlas Mountains + Le Prince Miiaou + Mesparrow Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 11/8e The Black Box Revelation Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, COMPLET Thomas Dutronc Roubaix, Le Colisée, 20h, 39/35/30/27/8e

Ven 04.11

Belleruche + Vegas Bruxelles, VK* Concerts, 20h, 15/12e

L’Esprit du Clan + Komah Bruxelles, Magasin 4, 19h, 14/11e

Bonnie «Prince» Billy Lille, L’Aéronef, 20h, 17/13e

Les Inrocks Black XS : Friendly Fires + Miles Kane + Morning Parade + Foster The People Lille, L’Aéronef, 19h, 22/18e

Saul Williams Courtrai, De Kreun, 20h, 18/15/12e Sammy Decoster Etterbeek, Atelier 210, 21h, 3e

Jeu 03.11 Gablé Roubaix, La Condition Publique, 19h, 2e Les Inrocks Black XS : James Blake + Laura Marling + Cults + La

20h, 9/6e Stupeflip Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 19/16/13e Anfall Norr Lille, La Rumeur, 20h, nc Lofofora Calais, Centre Culturel Gérard Philipe, 20h, 5e Mickey [3D] Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 27/25/23e Radical Slave Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e Orchestre International du Vetex Tournai, Maison de la Culture, 20h, nc So Tasty Lille, Magazine Club, 23h, 5e

Sam 05.11 The Aggrolites Leuven, Het Depot, 19h, 19/16e Hip Hop Dayz : King Go Forth + Pass Lille, Salle des fêtes de Fives, 19h, 4/2e Chokebore Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 16/13/10e Elbow Bruxelles, Forest National, 20h, nc

The Black Box Revelation Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, e

Arid Anvers, Arenbergschouwburg, 20h, 20e

Is Tropical Bruxelles, Le Botanique/Witloof Bar, 20h, 13/10/7e

Orchestre International du Vetex Avelgem, Spikkerelle, 20h, nc

Chokebore Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 17/14e

Oldelaf + Giedré Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 10/7e

Gablé + Le Prince Miiaou Dunkerque, Les 4 Ecluses,

Gablé + BRNS Bruxelles, VK* Concerts, 20h, grat


Retrouvez l’intégralité des concerts sur

Gablé + BRNS + TBC Bruxelles, Beursschouwburg, 20h, grat Siskiyou + Little Elmo Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e Release Party : Softly Spoken Magic Spells Lille, Maison Folie Moulins, 20h, nc DreadZone + Mike Ladd Beauvais, L’Ouvre-Boîte, 21h, 10/5e Cash Béthune, Oxford Dee Nice + Clementine Lille, Magazine Club, 23h, 5e Kink Bruxelles, Libertine Supersport, 23h, nc Robag Wruhme + Pierre Bruxelles, Fuse, 23h, 11/6e

Dim 06.11 General Elektriks+Fowatile Tourcoing, Le Grand Mix, 18h, 17/14e Tokyo Sex Destruction + Pak + Dream Beverly Hills Bruxelles, Magasin 4, 19h, 8e Gablé Liège, La Caserne Fonck, 19h, 11e

17/13e Fountains Of Wayne Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 17/14/11e

Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/8/6e

Jeu 10.11t

Kaiser Chiefs Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, e

Dark Tranquillity + Eluveitie + Mercenary Lille, L’Aéronef, 19h, 22/18e

Braids Courtrai, De Kreun, 20h, 10/7e

Yuck + Jimi Ben Band Roubaix, La Condition Publique, 19h, 2e

The Smashing Pumpkins Bruxelles, Forest National, 20h, 46,5e

Mar 08.11 Silver Apples Anvers, Trix, 19h, 14/11e Etana Gand, Culturell Centrum Vooruit, 19h, 25/21,5e Charlélie Couture Lille, Splendid, 20h, 30e David Bartholomé Lille, L’Aéronef, 20h, grat Alex Winston + Ann Arbor Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 20h, 13/10/7e Wild Beasts Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 18/15/12e

My Morning Jacket Anvers, Trix, 19h, 27/24e Jimi Ben Band Roubaix, La Cave aux Poètes, 19h, 2e Chinese Man Lille, Splendid, 20h, 25,30e Milow Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, grat Lavollé-LarmignatDubreuil Valenciennes, Le Phénix, 20h, 16/14/13/9e Karma To Burn Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e Julien Doré Béthune, Théâtre Municipal, 20h, 33/29e

Hypnotic Brass Ensemble Courtrai, De Kreun, 20h, 12/9e

Bass Drum Of Death Anvers, Trix, 19h, 12/9e

Djuma Soundsystem + Dj Fred Hush Courtrai, De Kreun, 22h, 10/7e

Wakey!Wakey! + Rosi Golan Bruxelles, VK* Concerts, 20h, 15/12e

Hip Hop Dayz : Lesly Ja + Pépile Lille, Maison Folie Moulins, 20h, 8/6e

Les Frères Deluxe + One Man Party + Neon + Kill Your Television + Bobo Gand, Decadance, 22h, nc

Erasure Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 28e

Cassius + Peo Watson Lille, Magazine Club, 23h, 5e

Kaiser Chiefs Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, e Dum Dum Girls Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 20h, 15/12/9e

Lun 07.11 Hip Hop Dayz : Dj Qbert + Dj Muggs + Kenyon Tourcoing, Le Grand Mix, 20h,

Mer 09.11

Little Dragon Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 19/16/13e EMA + The Chap Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 11/8e Dum Dum Girls

Ven 11.11 Milow Lille, Théâtre Sébastopol, 18h, 33e StepAddict Sound System + Dooby Dub Quake + Miniman + Barbès.D


agenda |

94

concerts Lille, Maison Folie Moulins, 19h, 6e

Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 17e

Mar 15.11

Reincidentes + Blister + The Astronaut Bruxelles, VK* Concerts, 20h, 16/13e

The Tellers + The Way Days Arlon, Entrepôt, 20h, 15/13e

Girls Anvers, Trix, 19h, 13/10e

Tribal Jâze + Alex Sorrès Amiens, La Lune des Pirates, 20h, 8/5e

Stephen Malkmus Anvers, Trix, 19h, 23/20e

Goose Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 17/14e Tiken Jah Fakoly Liège, La Caserne Fonck, 20h, 29e Hip Hop Dayz : Beatmaker Contest + MC2 Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 6e APM001 + Sir Piou Lille, Magazine Club, 23h, 5e

Sam 12.11 Ed Wood Jr Namur, Belvédère, 17h, 8e Triggerfinger Liège, La Caserne Fonck, 19h, 22e I Love Techno : Carl Craig + Paul Kalkbrenner + Laurent Garnier + Digitalism + Boys Noize + The Subs + Birdy Nam Nam + Brodinski + Cassius + Agoria + Crookers + The Proxy + Canblaster + Gesaffelstein + Fritz Kalkbrenner Gand, Flanders Expo, 19h, 50e Raphael Saadiq Leuven, Het Depot, 19h, 27/24e Orchestre International du Vetex Courtrai, De Kreun, 20h, 10/7e The Rapture Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 19/16e Rival Sons Anvers, Trix, 20h, 17/14e Les Mauvaises Langues

Gong Gong + Gangpol und Mit + Mr Nô Dunkerque, Les 4 Ecluses, 21h, 9/6e Hunting & Collecting + Dillon + Julietta Bruxelles, Libertine Supersport, 23h, nc The Glimmers + Fantome Lille, Magazine Club, 23h, 5e Red D + Pierre + Deg Bruxelles, Fuse, 23h, 11/6e

Dim 13.11c Siskiyou Lille, La Péniche, 18h, 8e Arsenal Liège, La Caserne Fonck, 19h, 22e K’s Choice Leuven, Het Depot, 19h, 33/30e Hard-Fi Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 18/15/12e Within Temptation Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 28/25e

Lun 14.11 Cults Anvers, Trix, 19h, 15/12e Shining + Skiv Trio Courtrai, De Kreun, 20h, 10/7e The Pretty Reckless + Taylor Momsen Lille, Splendid, 20h, nc The Rapture Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 19/16/13e

The Wombats Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 19/16/13e Casiokids Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 20h, 13/10/7e La Prog d’Hiver : Didier Super Vieux-Condé, Le Boulon, 20h, 12/10e Titanic Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 14/12/10e ONL Lille, Théâtre de l’Hotel Casino Barrière, 20h, 30/24/12/8e Ron Carter Trio Roubaix, Le Colisée, 20h, 32/27/24e

Mer 16.11 Jérôme Combier & Frédéric Pattar Lille, Opéra, 18h, nc Nada Surf Lille, Splendid, 20h, 23e Other Lives Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 11/8e Jonathan Wilson Bruxelles, L’Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 12e Pierre Lapointe Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 13/10/7e Scorn + Picore Lille, L’Aéronef, 20h, 10e Vieux Farka Touré Bruxelles, L’Ancienne Belgique/ Flex, 20h, 25/22e Arsenal


Retrouvez l’intégralité des concerts sur

Charleroi, Coliseum, 20h, 23/20e Camille Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 33,8e ONL Lille, Théâtre de l’Hotel Casino Barrière, 20h, 30/24/12/8e Véronique Sanson Roubaix, Le Colisée, 20h, 53/48/44/40e

Jeu 17.11 Suarez Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 19e Cant + Blood Orange Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 20h, 15/12/9e Tour De Chauffe 2011 : Camille Bazbaz + Furieux Ferdinand + Winston Mc Anuff Comines, Le Nautilys, 20h, 5e Jay Jay Johanson Lille, L’Aéronef, 20h, 15/10e Lilly Wood and the Prick Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 21/18/15e Laura Marling Bruxelles, Le Botanique/Witloof Bar, 20h, 17/14/11e Popa Chubby Lille, Splendid, 20h, 28e

Ven 18.11 La Prog d’Hiver : No One Is Innocent + Nasser Saint-Saulve, MJC Espace Athena, 19h, 15/11e Thirty Seconds To Mars Lille, Zénith Arena, 20h, 29,7e Joey Starr Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 26/23/20e Saul Williams + Mc Luvin Lille, L’Aéronef, 20h, 15/10e Susheela Raman Lille, Splendid, 20h, 25e Camille Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 33/30e Moriarty Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 29/27/25e Bernard Lavilliers Bruxelles, Théâtre National de la Communauté Française, 21h, 35/25e The Hacker + Farai Lille, Magazine Club, 23h, 5e

Sam 19.11 La Prog d’Hiver : Charlie Dahl + Malibu Stacy + Zaza Fournier Saint-Saulve, MJC Espace Athena, 19h, 15/11e

Marius Staquet, 20h, 12/10/8e Balkan Beat Box Bruxelles, Théâtre National de la Communauté Française, 21h, 25/20ei Brodinski + Gesaffelstein Lille, Magazine Club, 23h, 5e

Dim 20.11 Jean-Louis Murat Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 23/20/17e Yes Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 41/38e Lun 21.11 James Blake Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 26/23e Shantel & Bucovina Club Orkestar Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 17/14e

Mar 22.11 Catherine Ringer Lille, L’Aéronef, 19h, 28e Rokia Traoré Amiens, Maison de la Culture d’Amiens, 19h, 26/12e Dub Syndicate Leuven, Het Depot, 19h, 16/14e

Kanka + Weeding Dug Lille, Maison Folie Moulins, 20h, 8/6e

Tour De Chauffe 2011 : Tahiti 80 + Pink Falda Villeneuve d’Ascq, La Ferme d’en Haut, 20h, 5e

Marcus Malone Bruxelles, VK* Concerts, 21h, 18/15e

Françoiz Breut Bruxelles, Ateliers Claus, 20h, 8e

The Antlers Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 18/15/12e

Marianne Faithfull Bruxelles, Théâtre National de la Communauté Française, 21h, 35/25e

Hip Hop Dayz : Onyx + 1995 + Kaotik + Les Amateurs Lille, L’Aéronef, 20h, 17/13e

Le Père Noël Est-Il Un Rocker ? : La Rumeur + Milk Coffee & Sugar Lille, Splendid, 20h, nc

Maceo Plex Bruxelles, Libertine Supersport, 23h, nc

Madjo Lille, Splendid, 20h, 19e Ivan Paduart Mouscron, Centre Culturel

Zazie Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 48/45e

William Sheller Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 43/40e


agenda |

96

concerts Mer 23.11

Jeu 24.11

Colloque Sentimental Lille, Opéra, 18h, nc

The Antler King Bruxelles, L’Ancienne Belgique/ AB Village Music, 12h, 20/17e

Shabazz Palaces Anvers, Trix, 19h, 15/12e Autumn Falls : Kompakt + The Field + walls Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 15e Puggy Mons, Lotto Club, 20h, 25/18e Fool’s Gold Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 17/14e Moddi Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 13/9e Spinvis Bruxelles, L’Ancienne Belgique/ AB Théâtre, 20h, 20/17e Autumn Falls : Anika + U.S. Girls Bruxelles, Magasin 4, 20h, 12/10e Tabea Zimmermann + Kirill Gerstein Gent, Handelsbeurs, 20h, 22/18/5e Le Père Noël Est-Il Un Rocker ? : Kaly Live Dub + Lyricson + Ondubground Lille, L’Aéronef, 20h, nc Givers Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 20h, 15/12/9e Herman Düne Lille, Splendid, 20h, 21e Autumn Falls : Forest Fire + Leaf House Bruxelles, Maison des Musiques, 20h, 7e Rokia Traoré Amiens, Maison de la Culture d’Amiens, 20h, 26/12e Zazie Roubaix, Le Colisée, 20h, 55/50e

Low + Bill Callahan + Pinback Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 25/22e Customs Leuven, Het Depot, 19h, 17/14e

Bruxelles, KVS, 21h, 22e The Aggrolites Dunkerque, Les 4 Ecluses, 21h, nc Le Père Noël Est-Il Un Rocker ? : BeatauCue + Les Petits Pilous Lille, Magazine Club, 22h, nc

Ven 25.11

Channel Zero Liège, La Caserne Fonck, 19h, 24e

Big Daddy Wilson + Jeff Zima + Mike Sanchez Calais, Centre Culturel Gérard Philipe, 19h, nc

Loney Dear Bruxelles, Le Botanique/Witloof Bar, 20h, 13/10/7e

Autumn Falls : Fool’s Gold Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 18/15e

Keren Ann Lille, Splendid, 20h, 27,5e Sanseverino Liévin, Centre Culturel, 20h, 25/22/20e

Hip Hop Dayz : Salif + Nakk + L’Indis + Génozik Record Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 10/8e

Soulsister Bruxelles, L’Ancienne Belgique/ AB Théâtre, 20h, 20/17e

Festival Si ça vous chante : Bertrand Belin La Louvière, Le Palace, 20h, 21/7e

Festival Si ça vous chante : Siba e a Fuloresta La Louvière, Le Palace, 20h, 21/7e

Matthew Herbert Bruxelles, L’Ancienne Belgique/ AB Théâtre, 20h, 20/17e

Tour De Chauffe 2011 : Jazzsteppa + DJ Edsik + The Black Mantis Project Lille, Maison Folie Moulins, 20h, 5e Stromae Maubeuge, La Luna, 20h, 15/10e Blitz the Ambassador + Paranoyan Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 13/10e Yuksek Lille, L’Aéronef, 20h, 22e Autumn Falls : Suuns Bruxelles, VK* Concerts, 20h, 16/13e Pablo Moses + Linton Kwesi Johnson

Le Père Noël Est-Il Un Rocker ? : Florent Vintrigner + Les Hurlements d’Léo Lille, Splendid, 20h, nc Coming Soon Baisieux, Centre culturel de Baisieux, 20h, grat Channel Zero Courtrai, De Kreun, 20h, e Suuns Bruges, Cactus Muziekcentrum, 20h, 11/8e Tour De Chauffe 2011 : Olivia Pedroli Faches-Thumesnil, Les Arcades, 20h, 6,8e Mike Ladd + Jonaz Dans La Baleine Roubaix, La Cave aux Poètes,


Retrouvez l’intégralité des concerts sur

20h, 10/8/6e Scott Matthew Arlon, Entrepôt, 20h, 10/8e Zebda Bruxelles, Théâtre National de la Communauté Française, 21h, 25/20e Marco Dos Santos Lille, Magazine Club, 23h, 5e Mucho Gusto Gand, Culturell Centrum Vooruit, 23h, 26,75/16,75e

Ten Years After Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 26/24/22e Daphné + Adrugan Béthune, Théâtre Municipal, 20h, 14/10e George Clinton & Parliament Funkadelic Bruxelles, Théâtre National de la Communauté Française, 21h, 35/25e

21,70e Panda Bear + Gang Gang Dance Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 23/20/17e

Mar 29.11 Aucan Bruxelles, Magasin 4, 19h, nc Selah Sue Lille, L’Aéronef, 19h, 25e

Djul’z + Matthus Raman + MainRo + Pao Lille, Magazine Club, 23h, 5e

Zion Train Bruxelles, Théâtre National de la Communauté Française, 23h, grat

Sam 26.11

Dim 27.11

Rokia Traoré Douai, L’Hippodrome, 20h, 28/23/18e

Little Devils & The Shuffle Blue Flames Calais, Centre Culturel Gérard Philipe, 14h, nc

Socalled Lille, L’Aéronef, 18h, 12/6e

The Gladiators Lille, Splendid, 20h, 20e

Festival Si ça vous chante : Anne Niepold Ecaussinnes-Lalaing, El Tyu, 18h, 21/7e

The Ex Bruxelles, VK* Concerts, 20h, 13/10e

Festival Si ça vous chante : Zongora Ronquières, Péniche Agami, 15h, 21/7e Pinback + Ed Wood Jr Courtrai, De Kreun, 17h, 10/5e Metronomy + Tarwater Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 18h, 22/19e Puggy Lille, L’Aéronef, 19h, 28e Le Père Noël Est-Il Un Rocker ? : Hushpuppies Lille, Splendid, 20h, nc Housse de racket Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 17,70e Scott Matthew Bruges, Cactus Muziekcentrum, 20h, 11/8e Grand Corps Malade Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 39/35/32e Tour De Chauffe 2011 : Frustration Comines, Le Nautilys, 20h, 5e

Autumn Falls : Ed Wood Jr Bruxelles, Magasin 4, 18h, 8e Scott Matthew Bruxelles, Le Botanique, 19h, 20/17e Festival Si ça vous chante : Anne Niepold Ecaussinnes-Lalaing, El Tyu, 19h, 21/7e

Lun 28.11 Monster Magnet + Black Spiders + DJ Kill Anvers, Trix, 19h, 28/25e

Didier Wampas Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 20h, 19/16/13e

Festival Si ça vous chante : Daan Binche, Théâtre Communal, 20h, 21/7e

Mer 30.11 Terre de Saints Lille, Opéra, 18h, nc David Bartholomé Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 20h, 16/13/10e Aucan Lille, La Péniche, 20h, nc Didier Wampas Lille, Splendid, 20h, 23e

Zola Jesus Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 20h, 15/12/9e

Ben L’Oncle Soul Lille, Zénith Arena, 20h, 35/30e

Lisa Ekdahl Lille, Splendid, 20h, 40e

Amatorski Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 18/14e

Nneka Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 24/21e Heather Nova Tourcoing, Le Grand Mix, 20h,

Infra + Sleepthief Lille, La Malterie, 20h, 7/5e The Toasters Lille, Le Biplan, 22h, nc,


le mot de la fin |

98

Mark Jenkins manie l'adhésif comme personne, et il est loin d'être au bout du rouleau. Depuis 2003, le Street Artist américain pertube notre quotidien avec ses « Tape Men » – des moulages grandeur nature laissés dans des lieux ou postures improbables. Scotchant ! à visiter / www.xmarkjenkinsx.com/


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let'smotiv nord et belgique n° 68  

let'smotiv nord et belgique n° 68 - novembre 2011

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