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2013

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nord & belgique Cultures et tendances urbaines


Z'arts up, Watt © Clément Puig

Sommaire Let’smotiv - mai 2013

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n  ews Des bananes tatouées, les 24 heures de l'Hippodrome, Are You Series ?, Deathlocations.com, Nord Magnetic, un oreiller-autruche, une démission très appétissante…

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p  ortfolio Elene Usdin

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r  eportage Roller-Derby

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d  ossier BLN+, Berlin, ville ouverte

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p  ortrait Electro Wind Band

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m  usique Murat VS Biolay, Les Nuits Botanique, Major Lazer, Chelsea Wolfe, My Bloody Valentine, The Black Heart Rebellion, Lana Del Rey, Fivestival, Wazemmes l'Accordéon, Gang Clouds, Violons Chants du Monde, Light Asylum

100 littérature Le Prisonnier de P.

cinéma  Rock The Casbah, Mud, Hannah Arendt, Mama

106 disques The Child Of Lov, !!!,

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56 Exposition Biennale d'art

mural, Stefan Sagmeister, Poétique d'Objets, Spirou de main en main, Kandinsky & Russia, Je t'aime...

moi non plus, Vincent Solheid, Charles Fréger, My home is a castle II, Corps Commun, Jens Olof Lasthein, L'Europe de Rubens... Agenda

78 r  encontre Jean-François Sivadier 82  t  héâtre & danse Kunstenfestivaldesarts, Les Revenants, Rire en mai, Les Extravagants, Prémices, Z'Arts Up, My Abba, zOOm, Orbis Pictus... Agenda

Sérisier, Bring The Noise de S. Reynolds

104 livres Tronches de Vin, L'Enfant qui Rêvait d'Etoiles, Plogoff, Le Linguiste était Presque Parfait

James Blake, Phoenix, Thee Oh Sees

108 agenda concerts et soirées 114 L e Mot de la fin

Hommage à Storm Thorgerson


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Let’smotiv Nord & Belgique 114 rue Barthélémy Delespaul - F - 59000 Lille tél : +33 362 64 80 09 - fax : +33 362 64 80 07 redaction.nord@letsmotiv.com redaction.bruxelles@letsmotiv.com

w w w. l e t s m o t i v. c o m http://www.facebook.com/letsmotivnord.belgique https://twitter.com/LM_Letsmotiv

Direction de la publication / Rédaction en chef : Nicolas Pattou

nicolas.pattou@lastrolab.com

Rédaction : Thibaut Allemand

redaction.nord@letsmotiv.com

Direction Artistique / graphisme : Cécile Fauré

administration : Laurent Desplat

cecile.faure@lastrolab.com

Impression : Imprimerie Ménard

Couverture : Elene Usdin

Elsa Fortant

www.eleneusdin.com

Benjamin Perez

Publicité :

info.nord@letsmotiv.com redaction@lastrolab.com

pub.nord@letsmotiv.com

laurent.desplat@lastrolab.com

31682 Labège

diffusion : C*RED (France/Belgique) ; Zoom On Art (Bruxelles)

Ont collaboré à ce n° : Sandrine Allanic, François-Xavier Béague, Madeleine Bourgois, Sylvain Coatleven, Julien Collinet, Mathieu Dauchy, Sophie Desplat, Hugo Dewasmes, Marine Durand, Audrey Jeamart, Florian Koldyka, Aurore Krol, Clément Perrin, Elene Usdin, Olivia Volpi et plus si affinités.

Let’smotiv Nord & Belgique est édité par la Sarl L'astrolab* - info@lastrolab.com L'astrolab* Sarl au capital de 5 000 euros - RCS Lille 538 422 973 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. ı Let'smotiv est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement. Ne pas jeter sur la voie publique.

Papier issu de forêts gérées durablement


en Bref

La plasticienne Honey a récemment signé une collection de portraits forcément éphémères, puisque réalisés sur des bananes, à l'aide d'une épingle à nourrice (Elvis, Jim Morrison ou Jack Nicholson). À ceux qui voudraient poursuivre ce régime, on conseille également le travail de Phil Hansen qui, lui, reproduit du Michel-Ange ou du Boticelli sur la fameuse musa paradisiaca. Ou enfin Banana Wall de Stefan Sagmeister (au Grand-Hornu, voir p. 60) : une installation constituée de bananes (vertes et mures) dont le message disparaît au fil du pourrissement des fruits. www.hoooneyyyimhooome.tumblr.com

© Honey

Banana Split

24H CHRONO

© DR

« Bon, on va pas y passer la journée, hein ? » Si, et tant mieux. Les 24 Heures de L'Hippodrome, qui durent deux jours en réalité, sont l'incontournable rendez-vous de fin de saison. Le belge Arno ouvre un riche programme : concerts, cirque, théâtre et cinéma – on ne manque pas la version restaurée de L’étrange Créature Du Lac Noir (1954), un grand classique du cinéma de science-fiction en 3D. Citons également la présence de la compagnie québécoise Les 7 Doigts De La Main, avant d'aller danser au Bal de L’Afrique jusqu’aux dernières heures de la nuit. Comme d'habitude, ces vingt-quatre heures passent toujours trop vite.

Telex

31.05 et 01.06, Douai, Hippodrome et Théâtre Municipal, 2>21€, www.hippodromedouai.com Indécent. De Justin Bieber, dans le livre d'or de la Maison d'Anne Frank : « Anne était une chouette fille. Avec un peu de chance, elle aurait pu être une Belieber » (comprendre : une fan du jeune homme). Eh oui, en Histoire, un peu de révision ne fait jamais de mal.


news

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E01S01 Résumé des épisodes précédents : depuis une quinzaine d'années, les séries TV crèvent l'écran  : citons The Sopranos, The Office, Homeland, Boardwalk Empire, Misfits... Et Bozar consacre trois jours au phénomène. Attention ! Pas de stars du petit écran ici, mais des rencontres, projections et conférences avec des pointures (l'universitaire Marjolaine Boutet, par exemple) ou des directeurs de programmes, dont Arlette Zylberberg (RTBF, à qui l'on doit Melting Pot). écriture et production d'une série, réception, focus sur la création britannique... On ne va pas rater un épisode !

Dominoes by Station House Opera © Urska Boljkovac

10>12.05, Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, gratuit (inscription obligatoire), www.bozar.be

Tupac Shakur was gunned down at the intersection of Flamingo Road and Koval Lane in Paradise, Nevada

L'assassiné habite au 21 Via GoogleMap, le site Deathlocations. com localise des lieux où se sont produits de célèbres décès. Des overdosés Hendrix et Morrisson au crashé James Dean en passant par le suicidé Cobain, par exemple. Macabre ? Un peu. Mais nos rues sont pleines de plaques commémorant des fusillés « morts pour la patrie », non ? Disons qu'ici, c'est un peu plus pop. Car pas sûr que le drive-by-shooté Tupac Shakur ait un jour une plaque à son nom, si ? www.deathlocations.com

COMME UN AIMANT 4 jours, 50 projets, 100 représentations... La première édition du festival Nord Magnetic s'annonce attractive ! Prêt pour un retour en enfance avec la troupe anglaise Station House Opera, dont l'installation Dominoes propose une chute de milliers de dominos géants à la frontière francobelge sur deux kilomètres. On ne manque pas le cirque moderne du Collectif AOC, entre acrobaties et numéros aériens qui lancent un défi à toutes formes de gravité ! Nord Magnetic, 17>20.05, Bailleul, Hazebrouck et Flandre intérieure, Divers lieux, gratuit, www.festivalnordmagnetic.fr

Prometteur. En janvier prochain, changement au CCN de Roubaix : le danseur et chorégraphe Olivier Dubois, 40 ans, succèdera à Carolyn Carlson à la direction. On se souvient de sa Tragédie, transe rock et tribale pour dix-huit danseurs nus présentée au Festival d'Avignon en 2012.


news © by Kawamura Ganjavian For Studio Banana Things

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La politique de l'autruche En automne dernier, les Espagnols du Studio Banana lançaient un appel à souscription pour mettre sur le marché l'Ostrich Pillow, ou Oreiller Autruche. L'idée est simple : une grosse cagoule rembourrée masquant les yeux, avec deux trous pour passer les mains. Ainsi équipé et isolé du monde extérieur, on peut piquer un somme dans le train, le bus, l'avion, au bureau... Pratique, non ? Inventif, on espère que le Studio Banana ne se reposera pas sur ses lauriers. www.studiobananathings.com

Quel cake

© DR

Ah ben voilà qui ne manque pas de sel ! Enfin, si, en fait. Chris Holmes, fatigué après des années passées à l'aéroport de Stansted (Londres), a décidé de se reconvertir en pâtissier. Et tant qu'à faire, a présenté sa lettre de démission sur un... gâteau. Il y explique les raisons de son départ (passer du temps avec sa famille, profiter de la vie et autres banalités) et mentionne également l'adresse de son site web – forcément, ça fait du buzz sur les réseaux sociaux... et on tombe nous aussi dans le panneau !

Telex

Clairvoyant. La charmante bourgade de... Belrain, dans la Meuse, vient de dépabtiser sa rue Pétain – la dernière en France, ainsi nommée depuis les années 30. « Je me doutais qu'un jour ou l'autre ça allait poser un problème », a confié le maire.


elene usdin Règlement de contes Diplômée de l’ENSAD de Paris, Elene Usdin se définit comme plasticienne. Après avoir fait ses armes en tant que peintre décoratrice pour le cinéma (Pola X de Leos Carax, par exemple), puis illustratrice pour la presse et l'édition jeunesse, elle se découvre une autre passion : la photographie. Le déclic se produit en 2004. «  J'ai d'abord réalisé des autoportraits. En tant que néophyte, je ne me voyais pas engager des modèles alors que je maîtrisais à peine la technique », explique l'intéressée. En attendant, ce travail en solitaire lui permet de perfectionner, entre autres, la lumière. Il est aussi souvent question de mise en scène dans ces clichés, fruits d'un long travail préparatoire, durant lequel l'artiste imagine le décor, tricote ou coud elle-même les costumes que porteront les modèles. L'inspiration vient au hasard. Sensible aux contes, légendes et mythes nordiques, la Parisienne exprime un grand intérêt pour la nature et le rapport que l'on entretient avec elle dans nos sociétés industrielles avancées. D'où, sans doute, ce jeu sur cette femme sophistiquée, au port altier, arborant fièrement une tête de cerf. Ailleurs, une série de photos réalisée pour le Conseil Régional des Hautes-Pyrénées transforme ce pays en une utopie fantastique, où se croisent femmes-animaux et licornes... Mais, aussi fantasmée soit-elle, la réalité perce toujours sous le rêve – c'est sans doute ça, la magie d'Elene Usdin. Thibaut Allemand

à visiter / www.eleneusdin.com à voir / 06>11.08, Arles, Rencontre Internationales : animation d'un workshop autour de la mise en scène. 13.09.13>02.03.2014, Paris, Musée des Arts Décoratifs, Point de Mire (dans le cadre de Dans la ligne de mire, scènes du bijou contemporain en France) à lire / Elene Usdin stories (éd. Contrejour, parution en Novembre 2013)


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Shock ' n'' Roll

reportage

roller derby

Dossier réalisé par ¬ Olivia Volpi Photos ¬ The Switchblade RollerGrrrls © Sébastien Czeryba - Match de Roller Derby, The Switchblade RollerGrrrls vs La Boucherie de Paris © Mathieu Drouet - www .mathieu-drouet.com Illustrations ¬ Gisèle Sobecki

Dans les enceintes, du rock'n'roll. Sur la piste, déboulent de sacrées gonzesses en patins à roulettes. Petits shorts, collants déchirés, visages peints, corps parfois tatoués. La présentatrice en costard égrène leurs noms : Madame Denfer ! Lady B Hurt  ! Brutal Brunette  ! Le roller-derby, encore un de ces sports-spectacles pour mater les fesses de filles qui se crêpent le chignon  ? Au premier coup de sifflet, la réponse est non. Les chocs et les chutes ne sont pas du chiqué, les blessures sont bien réelles. Les jams  s’enchaînent, la tension monte et les points s’accumulent. Bon, c’est quoi, le roller-derby ?


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ée aux États-Unis en 1935, cette discipline allie course, contacts et un peu de spectacle. Pour l'anecdote, au début, on la nomme également rollercatch et, comme son cousin sur ring, son histoire est faite de hauts et de bas. Dans les eighties, les courses se raréfient, victimes de promoteurs exploitant uniquement l’aspect sexy et truquant les matches. à l'aube des années 2000, ce sport difficile et exigeant est remis au goût du jour. En Europe, l’engouement a même connu un pic avec la sortie, en 2010, du film Bliss de Drew Barrymore. Une charmante bluette qui oublie de montrer les heures d'entraînement, les centaines de gadins et la débrouillardise de certaines. À Lille, par exemple, évoluent les SwitchBlade RollerGrrrls. Leur fondatrice et coach, Marie-Liesse Leclère, alias Witch Wolf, se souvient : « Nous étions un petit groupe de copines qui voulions jouer, mais il n'y avait ni club, ni salle, ni matériel... Alors je me suis formée pour devenir coach. Et nous nous sommes entraînées en extérieur durant neuf mois  ». Pas évident : « Le sol est plus dur et les chutes, plus douloureuses ! ». Quant au matériel, rarissime en Europe, il fallait le commander aux États-Unis, jusqu'à ce qu'une boutique spécialisée ouvre à Gand, tenue par... une joueuse des pionnières Go Go Ghent Roller Girls. Un modèle dans le nord de la France, tout comme les Blackland K' Rollin' de Charleroi. Fair-play Si on échange des coups, on se donne aussi des coups de main. Les roller girls assistent aux matches des autres clubs,

se prêtent les arbitres, s’échangent des informations, se déplacent pour former les équipes tout juste constituées. À tel point qu'aujourd'hui, la Belgique compte dix ligues et la France, une trentaine « Ce sport a connu un développement incroyable grâce à l'enthousiasme des bénévoles : joueuses, arbitres, coaches, supporters...  » se réjouit Marie. Qui s'énerve que l'on « ne parle que des minijupes et bas résilles ! Oui, c’est un sport fun, où les joueuses arborent des peintures de guerre et portent des pseudos. Mais c’est avant tout une discipline de vitesse, de contact, d’endurance et de ▲


ronde de choc

la regle du jeu

Une partie se joue en entre 2 équipes de 14 joueuses et deux mi-temps de 30 minutes. Chaque mi-temps comporte plusieurs jams, qui durent 2 minutes maximum. Chaque équipe envoie 5 joueuses sur la piste ovale, le rink. Commence alors une course de vitesse entre deux jammeuses. Facile ? Non, des blockeuses les empêchent de passer, les poussent hors du rink ou les font tomber. Heureusement, les jammeuses peuvent compter, dans leur équipe, sur la pivot, une blockeuse spéciale. On marque un point à chaque blockeuse dépassée (enregistré par les non skating officials). Onze arbitres veillent au grain, envoyant en prison les fautives. Maintenant, les stratégies : obtenir le lead, profiter d’un power jam… Vous êtes perdu ? Venez donc voir un scrimmage (match amical) ou un bout (match officiel), ce sera plus facile à comprendre sur le terrain.


reportage

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200€

Un casque

bien englobant

protège dent (attaché au casque par une chaînette)

un sh cho ort « a nti c»

partout

rem (très él bourré de égant) Des protections pour les poignets et les coudes

Des pro tect pou io r

solides les genons fréquentet larges pour ux es et de de s glissad s chutes es

Ro ller Boogie

La Playlist de Rage Moss #68 Jimmy Hendrix - Foxy Lady The 5.6.7.8's - Woo Hoo Wham - Wake Me Up Before You Go Go Eagles Of Death Metal Cherry Cola Electric Six - Danger! High Voltage Niagara - Quand La Ville Dort Bonaparte - Quarantine Teddybears STHLM - Cobrastyle Peaches (Feat. Iggy Pop) - Kick'it Sweet - Blockbuster

Des quads

pour encaisser les chocs

stratégie, qui demande beaucoup de détermination ! ». Si vous êtes tentée, préparez-vous à plusieurs entraînements longs et douloureux par semaine, des bleus et des contusions, un matériel qui coûte cher. Ça ne vous fait pas peur  ? Alors voyez les recrutements des ligues locales, et tentez de devenir «  fresh meat  ». Vous apprendrez l’essentiel  : tomber, rouler, freiner, stopper, bloquer. Une fois acquises les compétences de base, à vous les matches. C’est aussi le moment de choisir votre nom de scène, reflet de votre personnalité (« Par exemple, Kelly Diote est très tête en l’air »…). Pas de ligue dans le coin ? Vous savez ce qu'il vous reste à faire…


hi ! My name

is... What ?

Pour impressionner l'adversaire (et détourner un stéréotype féminin), les participantes rivalisent d'imagination en matière de nom d'équipe et de pseudo. petit Florilège.

classement

world cup

2011

Premier tour noi inter national de roller derby sur piste plate, organisé par le magazine Blood & Thunder et accueilli par la ligue de Toronto. 13 équi pes de 20 patineuses représentent les couleurs de leur pays au plus haut nive au. 1. États-Unis 8. Nouvelle-Zélande 2. Canada 9. Allemagne 3. Angleterre 10. Irlande 4. Australie 11. Écosse 5; Finlande 12. Brésil 6; Suède 13. Argentine 7. France

Bad Bunny Rollers (Menin), Blackland Rockin K’Rollers (Charleroi), Bloody Dolls (St Omer), Freaky Mons’ter Derby Ladies (Mons), Go Go Ghent Roller Girls (Gand), Holy Wheels Menace (Liège), Ladies Derbiiitch (Valenciennes), Switch Blade Roller Grrrls, The Infamous Rooligans (Lille), Brussels Derby Pixies (Bruxelles), Les Broyeuses de Chair (Alès), Brain Damage (Angoulême), Nasty Nurses (Aubenas,) Death Pouffes (Montpellier), All-Stars Nothing Toulouse (euh, Toulouse), V’hermines (Vannes), La Boucherie de Paris (Paris). Et plus encore : Beastie Girl, Blondie Furry, Nasty Doll, Sally Broyeur, Scalpel O’Hara, Toxic Tagada, Joan Get 27, Lætitia Castagne, Karla Karschër, Belle Zebuth...


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dossier

Huit heures de route selon Mappy, cinq ou six pour les plus frimeurs, une douzaine pour qui aime les beaux paysages. Bref, Berlin, c'est pas la porte à côté. Alors, pourquoi ne pas faire venir Berlin en France ? Certains ont essayé. Ils ont eu des problèmes. Mais ici, c'est de l'esprit berlinois dont il s'agit : un subtile mélange de liberté totale et de créativité sans limite, de noctambulisme tous azimuts et d'ouverture sur le monde. Le temps d'une petite semaine, Lille et Tourcoing se mettent à l'heure berlinoise. Toujours un temps d'avance, donc.

« U

et propositions de tous poils. « C'est ce qui nous a intéressé à Berlin, explique Benoît Olla, directeur de l'Aéronef. S'il n'existe pas vraiment de scène berlinoise, il y a vraiment un esprit berlinois. Il se caractérise par un bouillonnement permanent, la transformation constante et renouvelée de la ville qui, malgré la gentrification de certains quartiers, ne s'est jamais arrêtée  ». Sans remonter jusqu'à Bowie, Iggy ou Lou Reed, citons

n lieu aux allures de squat berlinois » On a entendu cette expression toute faite un nombre incalculable de fois de la part d'autoproclamés branchés. N'empêche, on est bien obligé de le reconnaître, Berlin fourmille de ce genre d'endroit ouvert la semaine dernière, certainement fermé la suivante, et proposant dans l'intervalle des soirées (et des journées) où se mêlent artistes ▲


expo

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Fondateur du regretté Club Maria (haut-lieu techno de la capitale), porteparole du Parti Pirate, Ben de Biel est aussi et avant tout un photographe sensible, dont l'œil acéré saisit des moments d'Histoire sur le vif. Ainsi de la série présentée à Lille. Ces grands formats furent pris à Berlin entre 1990 et 1994. Pourquoi ? Car cette période correspond à une courte parenthèse enchantée : la chute du Mur ouvrait à la fois un champ des possibles et de nombreux squats. « Je suis moins photographe que documentariste », préciset-il. Oh, tout n'est pas rose dans ces images en noir et blanc. Le photographe, qui se promène souvent l'appareil en bandoulière, « au cas où », n'omet pas de témoigner de scènes d'une tristesse insondable : la pauvreté au coin de la rue, tout simplement. Appartements délaissés et oisiveté, ruines et vies rangées, Ben de Biel immortalise une société en mutation. T.A.


L'Aeroneferplatz Cette reconfiguration de la salle n'accueille pas des pans du Mur, ni ne rentre de force la fameuse Berliner Fernsehturm (cette tour-antenne symbole de Berlin-Est). Mais nous permet de passer d'une activité à l'autre, à l'image du .HBC. Ainsi, un véritable restaurant gastronomique est installé sur scène. Dans ce Bal Beton, entre d'énormes boules de... béton, des projections vidéos et au son de DJ's, on peut déguster, au hasard, un praliné glacé de maquereau fumé et un consommé de foie de volaille. On est loin de la traditionnelle currywurst mais,

Shaun Mulroney © Dr

tout de même un exemple-type de ce que Berlin peut offrir, avec le .HBC, sorte de complexe informel regroupant une galerie d'art, un cinéma, un restaurant gastronomique, une salle de concert, un studio d'enregistrement... avec pignon sur la célèbre Alexanderplatz ! Si l'endroit est aujourd'hui fermé, c'est son équipe qui se charge de transformer l'Aéronef « pour emmener le public dans ce qui pourrait être un séjour de trois ou quatre jours à Berlin » poursuit Benoît Olla.

Schneider TM © DR

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rassurez-vous, on en trouve certainement du côté de la Cuisine Mobile, ce délicieux snack situé dans l'entrée de l'Aéronef... où s'exposent également des portraits réalisés par Ben de Biel, figure de la photographie berlinoise. Mais ce n'est pas tout ! L'artiste expose également de grands formats du Berlin de la période 1990-1994 également sur la mezzanine (voir encadré p. 29). De là-haut, on apprécie aussi les concerts situés dans un Aéroclub agrandi. Vous ne visualisez pas ? C'est un peu le principe, l'idée étant que le lieu soit méconnaissable. Pendant trois soirées, vous verrez défiler un vaste panorama de la création germanique  : sensualité martiale (le duo DAF), post pop brindezingue (Mouse On Mars), déflagrations technopunk (T. Raumschiere), ou hédonisme le plus fin (Matias Aguayo). Enfin, saluons la venue d'un véritable précurseur kraut en la personne de l'ex-Kraftwerk, Neu! et Harmonia Michael Rother. Il est ici accompagné de ses dignes rejetons, Camera, dont le rock motorik abat tous les murs. On se prendrait même à rêver de la venue surprise de son vieux complice Dieter Moebius... On a le droit de rêver, non ? T.A.


Le

Nourri au disco, étudiant à Cologne dans les années 1990, proche de Michael Mayer et Jürgeen Paape, il était tout simplement impossible pour Matias Aguayo d'échapper à la techno. Adopté par le prestigieux label Kompakt dès 2002, il devient moitié de Zimt puis de Closer Musik. Indépendant, il crée son label, Cómeme, en 2009. Ceux qui l'ont applaudit la même année au Name vous le diront, l'homme embraserait une pelouse verdoyante. En pleine production de son prochain album, le musicien prend quelques minutes pour évoquer la culture berlinoise. Quelle est votre rapport avec l'Allemagne et Berlin en particulier ? Je suis né au Chili en 1973. La même année, Pinochet prenait le pouvoir et mes parents sont devenus réfugiés politiques à Cologne. À deux ou trois jours près, nous aurions pu venir en France. J'ai depuis beaucoup voyagé en Europe et en Amérique du sud, mais j'ai passé la plus grande partie de ma vie en Allemagne. Même si aujourd'hui je vis avec ma femme à Berlin, j'imagine bien revenir un jour à Cologne. Quelle est la place des musiques électroniques à Berlin ? Très, très importante ! Pour prendre l'exemple du label Kompakt, autrefois situé à Cologne, c'est comme une grande bande de potes. Les acteurs de cette scène se ▲

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« à Berlin, le public est prêt à écouter des sonorités complètement folles »

connaissent presque tous et depuis longtemps, Michael Mayer et moi depuis qu'on a 20 ans ! Et ce son... il est si important, c'est traditionnel et profondément ancré dans nos villes. Pour autant, je ne suis pas uniquement DJ, j'aime chanter, jouer d'un instrument, des percussions, avec d'autres musiciens.

Quelles évolutions vous ont marqué ces vingt dernières années ? Les DJs sont devenus plus conservateurs que le public, qu'ils sous-estiment. Certains artistes courent après l'argent, la célébrité, se plaignent de leurs chambres d'hôtels. Autrefois, nous étions moins difficiles et plus libres. Plus positif, les structures indépendantes étant désormais connectées, on peut créer en Amérique Latine et se produire en Europe. C'est le projet de mon label Cómeme, faire perdurer la culture techno, fondée sur le « créer ensemble ». © Dr

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Et en traînant vos baskets sur les pistes berlinoises...? Le public est très ouvert et prêt à écouter des sonorités inhabituelles ou complètement folles. Je constate aussi une standardisation. Les premières soirées techno, c'était un joyeux mélange de body builders, de yankees, de drag queens, d'hétéros, de queers, de vieux artistes, de riches, de pauvres... Les gens oublient de vivre pleinement le moment présent, privilégiant les photos... mais heureusement 18.05, Lille, l'Aéronef, 22h, 40/30/25/20/ ils restent curieux ! E.F. 16/11€, www.aeronef-spectacles.com s uvé pro t ap rlin e is) s Be tropol Vu uis e dep rte/M (A holz uch

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Situé dans un ancienne centrale électrique, le Berghain, aux plafonds hauts de douze mètres, est la Mecque techno berlinoise. Parmi les résidents, citons Ben Klock ou Efdemin, présent à Lille (18.05). http://berghain.de

Même si on ne parle pas la langue de Goethe, on ira au Kino International, pour admirer les affiches de films peintes à la main. Puis on traverse la Karl Marx Allee pour boire un verre au Café Moskau, luxueux café de la RDA conservé dans son jus. www.kino-international.com, www.cafemoskau.com La Teufelsberg, ou Montagne du Diable, est une colline artificielle construite par les Américains à Berlin-Ouest. La NSA y a installé une de ses plus grandes stations d'écoute, afin de capter tous les signaux émis par le Bloc de l'Est. Elle est aujourd'hui à l'abandon et ouverte au public. Le Spreepark (ou Kulturpark Plänterwald) était un grand parc d'attractions inauguré en 1969.


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Architecte de formation, le Suisse Maxime Boillat s'est installé à Berlin en 2001. Un temps DJ, il est « tombé dans la restauration », et finit par diriger le restaurant du .HBC. Quel est le rapport des Allemands à la gastronomie ? On revient de loin ! Il y a encore vingt ans, c'était la catastrophe : pommes de terre, viande grasse... Mais les choses ont changé, de nombreux chefs se sont installés à Berlin. L'Allemagne est désormais le deuxième pays comptant le plus de restaurants étoilés, juste derrière la France. Malgré tout, nous n'en sommes encore qu'aux prémices. L'amour de la bonne bouffe demeure minoritaire, les Allemands conservent un rapport très utilitariste à la nourriture. Ils ne comprennent pas comment nous pouvons passer des heures à table.

responsabilité à Hugo de Carvalho, qui est brésilien, et Antonio Lamarca, qui est germano-espagnol. Un sacré melting-pot ! Disons que nous essayons de twister la cuisine traditionnelle, en réinterprétant des plats typiques, comme les œufs à la moutarde. Nous ajoutons des épices venues d'ailleurs, par exemple. Vous êtes sommelier. Y aura-t-il des vins allemands à BLN+ ? Bien sûr. L'Allemagne produit des vins d'une grande richesse, dont les cépages remontent à la conquête romaine. Les Riesling allemands surpassent leurs homologues alsaciens. Il y a également des pinots noirs, ou Spätburgunder, qui sont fantastiques, et plus minéraux. Enfin, je présenterai quelques vins sucrés, la spécialité du pays. Cela dit, là encore, les Allemands sont plus consommateurs de bière que de vin ! T.A.

Que pensez-vous avoir apporté sur le plan gastronomique à ce pays ? Je ne suis pas cuisinier, je laisse cette Projet Bal Béton © Unit-Berlin et Nicolas Defawe En 2002, son dernier propriétaire, Norbert Witte, importe de nouvelles attractions depuis le Pérou. Mais les douanes retrouvent 180 kg de cocaïne dans les structures d'un manège. Depuis, Norbert est en taule et le parc, à l'abandon. À noter qu'on y croise la dernière attraction Groquick, rachetée à Mirapolis ! www.spreepark.de Où peut-on faire du vélo, du frisbee, du jogging, mais aussi une rave géante ? À Tempelhof, bien sûr. Fondé en 1923, abandonné en 2008, cet aéroport est célèbre pour avoir été celui du pont aérien durant le Blocus de 1948-49. Depuis 2010, il a été reconverti en immense aire de loisirs. www.tempelhofer-park.de

+ Vernissage Bal Beton : Berlin 1990 – 1994, Ben de Biel + Debmaster + Marklion, 15.05, Lille, L'Aéronef, 19h, grat + Michael Rother presents The music of Neu! and Harmonia (avec Camera), Planningtorock, Anika, 16.05, Lille, L'Aéronef, 20h, 16/11€ + D.A.F. + Schneider TM Vs Jochen Arbeit + Rechenzentrum + DDDXIE, 17.05, Lille, L'Aéronef, 20h, 19/14€ + Mouse On Mars + M. Aguayo + T. Raumschmiere + Efdemin + DAT Politics + Digital Vandal (VJ), 18.05, Lille, L'Aéronef, 22h, 16/11€ + Douze tables, un Dîner, Pique-Nique pour tous, Meggie Schneider, 12.05, Tourcoing, MUba, 18h, grat + Unconventionnal Networking, 13.05, Tourcoing, Imaginarium, 18h30, grat + Création & jeu vidéo à Berlin, 15.05, Tourcoing, Imaginarium, 12h30, grat + Vernissage exposition Gerd Rohling, 16.05, Tourcoing, Hospice d’Havré, tlj sf mar, 13h30>18h


Monoblok © DR

© LaCuisine

Orchestre d'Harmonie de Lille-Fives & Hervé Brisse © DR

electro wind band


Les plus avertis d'entre vous avaient déjà eu vent de ce projet dès 2006, lors du festival Fanfares du Monde. Le DJ producteur Monoblock s'était associé à l'Harmonie de Fives pour des relectures de classiques électroniques. Ces jours-ci, paraît le premier essai de l'Electro Wind Band. Autant être clair : ça valait la peine d'attendre.

portrait

Tout d'abord, une mise au point : si chacun connaît le prinELECTRO WIND BAND cipe de la techno (des boutons, des figures rythmiques, (Babaorum Records) des nuits blanches), beaucoup n'y connaissent que pouic Remix / en harmonie. C'est simple : « Une fanfare comporte des Poney Part 1 - Vitalic cuivres et des percussions. Ajoutez des bois, vous avez The Sky was Pink une harmonie. Puis des cordes, et vous obtenez un orNathan Fake (James chestre symphonique  », nous éclaire le chef d'orchestre Holden Remix) Hervé Brisse. Ce dernier avait déjà modernisé le réperWindowlicker - Aphex toire de l'harmonie de Fives et accompagné quelques Twin figures de la chanson française (Arno, La Grande Sophie Originaux / Straighthead - Monoblok ou François Morel). Plus surprenant, l'ensemble de cin& PSLKTR quante musiciens s'acoquine avec Monoblok, dont les Warped - Monoblok productions co-signées avec PSLKTR sont playlistées par, entre autres, The Hacker ou Oxia. Le but  ? Donner une nouvelle dimension à des standards électroniques (Poney Showcase Part 1 de Vitalic, The Sky Was Pink de Nathan Fake dans 23.05, Lille, Magazine sa version remixée par James Holden, et enfin WindowClub, 19h30, gratuit, licker d'Aphex Twin. Un véritable challenge remporté haut www.magazineclub.fr la main ! Pour tout dire, l'apparition de cet EP très attendu www.facebook.com/ a mis la rédaction en émoi. Car ces titres incarnent une véElectro-Wind-Band ritable fusion entre électronique et organique. L'ensemble conserve ainsi une légèreté et une énergie propres au dancefloor. « Je suis intervenu, avec mes machines pour atteindre certaines fréquences subsoniques » confie Monoblok. En attendant, ces partitions ont déjà fait le tour des diverses harmonies du Nord-Pas de Calais et d'ailleurs. Y aura-t-il une suite  ? Un album, de nouvelles compositions  ? Les deux parties le souhaitent. Reste à accorder leurs agendas. On touche du bois ! Thibaut Allemand

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Jean-Louis Murat

Benjamin Biolay Il était une fois deux provinciaux qui ont d'abord traîné une image de gendre idéal. Et pourtant... à l'origine. Murat voit le jour à Chamalières, le fief de Giscard d'Estaing (dur...) mais grandit un peu plus loin, à Murat-le-Quaire, dont il tire son pseudo (ouf !). Le Lyonnais Biolay passe par le conservatoire, enchaîne les groupes pop au lycée, avant de devenir arrangeur pour l'Affaire Louis Trio en 1995. Malentendu. à la sortie de Cheyenne Autumn (1989), on présenta Murat comme un romantique inoffensif (Si Je Devais Manquer De Toi, etc.), tandis qu'en 2000, Biolay orchestrait la réanimation du difficile Henri Salvador (Jardin d'Hiver). Mais Jean-Louis avait déjà tenté sa chance de manière plus obscure (avec le grinçant Suicidez-Vous, Le Peuple Est Mort, en 1981)  ; quant à Benjamin, il eut tôt fait de rappeler ses origines working class et est encarté au PS – ce qui ferait de lui un type de gauche... Grandes Gueules ? Dans ses interviews, Murat a dégommé à peu près l'intégralité du paysage musical francophone. Et si Biolay tira à vue sur Delerm ou Bénabar, il déclare aujourd'hui « j'étais aussi bien alcoolisé. Aujourd'hui, je suis apaisé, réconcilié avec cette école, ils sont réellement très doués ». Sincère contrition ou dernière ironie ? Liaisons dangereuses. Entre deux collaborations élégantes (Jennifer Charles, Isabelle Huppert...), Murat aligne un tableau de chasse plus étonnant  : Mylène Farmer, Carla Bruni... Benjamin a élu Françoise Hardy, Juliette Gréco, mais aussi élodie Frégé, Isabelle Boulay ou le pitre Orelsan. Et maintenant ? On reste circonspect sur la Vengeance (2012) de Biolay, après un doublé de haute volée (Trash Yéyé, 2007, et l'acclamé La Superbe, 2009). Murat vient de publier son meilleur album depuis des lustres. Jean-Louis Murat - 02.05, Lille, L'Aéronef, 20h, 19/14€ // 05.05, Bruxelles, L'Orangerie, 20h, 23/20/17€ // 16.05, Amiens, Maison de La Culture, 20h30, 36/24/22/15€ Benjamin Biolay - 10.05, Mons, Le Manège, 20h, 35/25€ // 11.05, Lille, L'Aéronef, 20h, 39€ // 18.07, Spa, Francofolies, 12h, 30,50€

© Claude Gassian

© Franck Loriou

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s t i u N s e L Botanique

Suuns Évoquer ces Québécois sans évoquer Clinic ? Pari tenu ! Ce rock synthétique bardé de références à l'art moderne et marqué par le krautrock (à l'instar de Primal Scream ou Fujiya & Miyagi) allie electro minimale, guitares bourdonnantes et un parlé-chanté torturé très, très proche de celui d'Ade Blackburn (Clinic). Ah, perdu.

© DR

© DR

« Nous avions rendez-vous, au jardin botanique... » chantait Philippe Katerine en 1996. Près de vingt ans plus tard, on répond toujours présent. À vrai dire, le bâtiment, fierté bruxelloise, la verdure et le panorama valent à eux seuls le détour. Mais apprécier l'ensemble tout en lorgnant sur la scène des « Nuits Bota » redouble notre plaisir ! Thibaut Allemand & Benjamin Perez

AlunaGeorge Il fut une époque pas si lointaine où l'avenir s'esquissait dans les laboratoires de Timbaland et des Neptunes. Ces savants fous redessinèrent les contours de la pop moderne en sacrifiant de jeunes vierges nommées Kelis, Missy Elliott ou Beyoncé. Aujourd'hui, deux Anglais partent à la recherche de ce futur perdu. Les amateurs de Jamie XX ou Solange Knowles n'y résistent pas.


© DR

Ce Montréalais marie la lo-fi cradingue des nineties à une ligne claire très britannique. Imaginez Beck reprenant les arabesques de Maurice Deebank (Felt). Mac DeMarco assure la première partie de Phoenix à San Francisco, a déjà joué au défricheur MIDI-Festival et fut même cité dans Plus Belle La Vie (eh oui!) par Valentin, un autre branleur sympathique.

bertrand belin Armé d’une voix grave et chaude, Bertrand Belin a signé trois albums. Le dernier en date, Hypernuit, a posé ce proche d'Arlt en cousin de Murat et héritier d’Alain Bashung et de Dick Annegarn. Le prochain, à paraître en juin, transformera sans doute l'essai. On n'a jamais aussi bien chanté la ruralité, le feu qui s'éteint et les chemins creux de ce côté-ci de l'Atlantique.

Le G.O. de Baltimore sonne l’heure de la récréation avec son capharnaüm électronique. L’artiste réinvente la notion de concert et invite le public à des jeux et des danses brouillonnes, jusqu’aux farandoles hors les murs. Il place la machine au service d'une performance dont l'absurdité est parfaitement maîtrisée.

© Josh Sisk

mac demarco

© DR

dan deacon

festival LES NUITS BOTANIQUE 30.04>13.05, Bruxelles, Le Botanique (Cirque Royal, Chapiteau, l'Orangerie, la Rotonde et le Museum), www.botanique.be 11.05, Suuns, Cirque Royal, 19h, 20/17/14€ // et 10.05, Tourcoing, le Grand Mix, 20h, 13/10€ AlunaGeorge, 12.05, la Rotonde, 20h, Complet ! Mac DeMarco, 12.05, l'Orangerie, 19h30, 16/13/10€ // 15.05, Roubaix, 20h30, La Cave Aux Poètes, 10/8/6€ Bertrand Belin, 10.05, la Rotonde, 20h, 19/16/13€ // 04.06, Lille, La Péniche, 20h, 11€ Dan Deacon, 06.05, la Rotonde, 20h, 17/14/11€


© DR, Ferry Gouw

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RASTA ROCKETT Diplo et Switch, producteurs américains sans œillère, sont auteurs du plus réjouissant métissage de ces dernières années : Major Lazer. D'un côté, l'electro propre, expérimentale et bien née. De l'autre, un ragga salace et mal élevé. Planqué derrière un personnage (comme Gorillaz avant eux), l'association protéiforme pousse le genre dans ses derniers retranchements, et crée une véritable dance-machine. Usant et abusant des clichés volontiers machistes inhérents à la culture ragga, ces Américains ont créé un personnage fictif si outrancier qu'il devient rocambolesque : le Major Lazer, un Rambo jamaïcain un poil caricatural avec béret, rangers, cartouchière en bandoulière, dont le bras est armé d'un... laser. Ces clins d’œil au dancehall sont rehaussés de grosses touches électroniques contemporaines. Même si Switch s'est fait la malle, les concerts, ou Major Parties, animées par Diplo, Walshy Fire et Jillionaire, déballent le grand jeu : sound system survolté, booty-shakeuses attrayantes, poom-poom shorts suggestifs et, forcément, rhum à volonté. Affranchi de toute pudeur, de tous carcans et de toutes frontières, le crew laisse exploser des flows assassins sur des BPM surdopés - tel Wind Up, issu du récent Free The Universe (2013). Cette surenchère les voit pousser le vice jusqu'à s'entourer de vieux toasters (Shaggy, Elephant Man ou Razz & Biggy), comme de chanteurs issus des scènes rock et house, à l'image de Wynter Gordon ou, plus hypnotique que jamais sur Get Free, Amber Goffman. Un juste équilibre qui laisse un arrière-goût de Jamaïque, même à l'est de l'Atlantique. Elsa Fortant major lazer 07.05, Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet !, www.abconcerts.be


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© Angel Ceballos

My Bloody Valentine Chelsea Wolfe Brune princesse de l’ombre, Chelsea charme par sa voix envoûtante et son regard bleu méduse. On y retrouve un peu de cette autre Amérique, celle de Chan Marshall (Cat Power) ou d'EMA. Sa douce reprise du non moins tendre Burzum offre un voyage entre deux climats, du black metal scandinave au folk désertique californien. Pourtant, la charismatique Chelsea Wolfe reste à part, seule. Éblouissante. 06.05, Antwerp, Trix, 19h30, 17/14€, www.trixonline.be 08.05, Diksmuide, 4AD, 20h30, 14/12/10€, www.4ad.be

Des centaines de bons groupes l'ont un jour cité parmi leurs influences, donc My Bloody Valentine doit être un peu important. Hormis cela, MBV, c'est quoi, finalement ? De bons débuts, puis la baudruche Loveless (1991), un jeu maniaque sur les textures et un travail de malade sur les fréquences, certes. Mais l'ensemble laisse franchement perplexe. Dernière chose : sur scène, MBV joue fort. Très, très fort. Une lutte sans merci contre les limitateurs de décibels. Mais quitte à finir sourd, autant aller voir Manowar : ils sont déguisés en Conan le Barbare, c'est plus rigolo. 04.05, Lille, L'Aéronef, 20h, 27/22€, www.aeronef-spectacles.com

the black heart rebellion Depuis 2004, ces Gantois parcourent l'Europe, mais aussi le Japon, pays très friand de ce post-hardcore (citons Envy). À la fois sombre et planant, lourd et méditatif, s'autorisant des crochets vers les musiques arabes (percussions), le quintette mené par Pieter Uyttenhove nous guide violemment à travers les nombreuses et complexes ramifications du genre.

© DR

03.05, Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 5€, www.legrandmix.com 24.05, Dunkerque, Les 4 Écluses, 20h30, 8/5€, www.4ecluses.com


© DR

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Poupée de Son Le monde se divise en deux : ceux qui la vénèrent depuis la première écoute et ceux qui la haïssent. Les uns dénoncent le coup marketing tandis que les autres saluent le génie créatif. Du calme. En fait, le monde est un peu plus complexe. Il est permis d'apprécier le phénomène à sa juste valeur, sans vociférer. Lana Del Rey, la chute d'une icône 2.0 ou le symbole d'une société qui lèche, lâche et lynche. Formatage. C'est dit. Car après avoir tenté sa chance sous les pseudonymes de May Jailer, puis Lizzy Grant, Elizabeth Grant se rebaptise Lana Del Rey, en hommage à deux icônes fifties (l'actrice Lana Turner et la Chevrolet Delray). Brushing parfait et moue boudeuse, vidéo-clips léchés, le monde est en émoi. Mais ses prestations live mettent fin aux bonnes grâces de la critique et du public. Réifiée, la pin-up reste pourtant une chanteuse, et pas des moindres. À trop débattre du pourquoi de ses lèvres pulpeuses, on en oublierait le plus important : sa voix, unique, et ses productions hyper-travaillées. Born To Die (2012) demeure très abouti et avec le temps, la rousse plantureuse a pris ses marques sur scène, maîtrisant cet instrument hypnotique avec sincérité et pudeur. Après un an de tempête médiatique, durant laquelle cette femme fatale a souvent pensé à mettre fin à... sa carrière, la New-Yorkaise persiste et signe : une tournée à guichets fermés, des participations alléchantes (la bande originale de Gatsby Le Magnifique), un retour en studio... La route est encore longue, mais l'avenir est (peut-être) radieux ! Elsa Fortant Lana Del Rey 31.05, Bruxelles, Forest National, 20h, Complet ! www.forestnational.be


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Fivestival On ne va pas prendre de pincettes : comparé à d'autres quartiers populaires de la métropole lilloise (Wazemmes en tête), Fives est largement délaissé. Cependant, tout au long de l'année, des activistes se préoccupent des riverains (ateliers-vidéo, ateliers-radio, etc.) et bousculent le cours des rues. Tel est le cas, une fois par an, avec le réjouissant Fivestival. Jugez plutôt : exposition du collectif de photographes Skênêa, concerts chez l'habitant et, surtout, un débat animé par le sociologue Jessy Cormont autour de l'évolution, des représentations et de l'identité du quartier. Enfin, c'est dans la légendaire salle des fêtes que se tient un concert des plus cinglés, avec les excellents We Are Enfant Terrible, le dadaïsme pop de Gablé et les ébouriffants Cheveu, chantres d'un rock über-moderne made in Born Bad Records. Give me fives ! Thibaut Allemand

17>25.05, Lille, Quartier Fives, www.fivestival.org 22.05, « Le quartier change, et nous là dedans ? », S. des fêtes, 17h30 projection, 19h débat, gratuit // 24.05, Delbi + Team Wild, S. des fêtes de Fives, 20h, 6/4€ // 25.05, GaBLé + We Are Enfant Terrible + Cheveu, S. des fêtes de Fives, 20h, 10/8€

Né il y a plus de quinze ans, ce festival met l'accordéon à l'honneur, sous toutes ses formes et dans tous les bars du quartier. Bien que l'image du piano à bretelles ait été considérablement rajeunie, l'équipe met un point d'honneur à jouer avec les codes vieille France (de la Pétanque Waz Cup à la promenade cycliste la Caravane Vanne). Et la musique ? Cette année, après la Pologne et les Balkans, on file en Afrique noire. C'est vrai, l'instrument n'est guère usité (sauf chez le Sénégalais Wasis Diop ou le malgache Régis Gizavo). C'est pourquoi le concert de Salif Keita est exceptionnel : la voix du Mali a travaillé avec l'accordéoniste Thibaut Dille. Le fruit de cette rencontre est visible au... Zénith, qui n'est pas exactement un bistrot de Wazemmes. C'est que l'évènement voit grand, comme en témoigne son extension jusqu'à Béthune, le 11 mai. Thibaut Allemand Salif Keita, 17.05, Lille, Le Zénith, 20h, 17/15€ // 07>19.05, Lille, quartier Wazemmes, prog. sur www.flonflons.eu //11.05, Béthune, Théâtre Le Poche et cafés de la ville, www.lepoche.fr

Salif Keita © Prisca Lobjoy

We Are Enfant Terrible © DR

musique

wazemmes l'accordéon


© DR

Dibouk © Bruno Belleudy

musique

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Gang Clouds L'autre jour, coup de fil de Stuart Murdoch à la rédaction. Le leader de Belle & Sebastian était en larmes : «  Je viens d'écouter Time Makes Us Wiser. Depuis combien de temps n'ai-je pas écrit pareille merveille ? Je suis fini. Gang Clouds représente à la fois l'héritage glorieux et l'avenir majestueux d'une certaine école pop britannique ». Oui, parfois, Stuart parle comme certains journaleux écrivent. C'est déroutant. Bref, notre Écossais a pleuré longtemps, longtemps... On était un peu embêté, forcément. Comment le consoler ? Il avait tellement raison. 18.05, Béthune, Théâtre le Poche, 20h30, 5€, www.lepoche.fr

© Jeff Elston

Light Asylum

Violons, chants du monde Si Boby Lapointe disait qu' « avec le violon, il faut choisir : ou bien tu joues juste, ou bien tu joues tzigane », Brastch démontre qu'on peut faire les deux à la fois. Outre le parrain Lockwood, Natacha Atlas, ou Vincent Ségal, c'est le Breton globe-trotter Erik Marchand qu'on attend de pied ferme. Célèbre pour ses collaborations tous azimuts, le chanteur propose une rencontre entre les chants de Haute-Bretagne et les arrangements de la Renaissance. Un saut dans le passé pour s'imaginer un futur ! 29.05>01.06, Agglomération calaisienne, 18> 3€, www.violonschantsdumonde.fr

Ce duo de Brooklyn convoque l'electropunk des années 80. La chanteuse et percussionniste Shannon Funchess (complice de !!! et The Knife) et le clavier Bruno Coviello déclenchent des tornades dansantes. Dans l’œil du cyclone, on discerne l'ombre des Belges de The Neon Judgement ou les Allemands de Liaisons Dangereuses. 21.05, Roubaix, La Cave Aux Poètes, 20h30, 10/8/6€, www.caveauxpoetes.com 20.05, Courtrai, De Kreun, 17h, gratuit, www.dekreun.be


© Shellac Distribution

cinéma

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ROCK THE CASBAH

De guerre lasse Profondément marqué par son expérience militaire dans la bande de Gaza, Yariv Horowitz met en exergue, avec Rock The Casbah, l’absurdité du conflit israélo-palestinien. Un thème certes classique, mais abordé avec finesse dans un premier long-métrage qui se garde intelligemment de tout manichéisme.

E

n 1991, Horowitz était envoyé à Naplouse pour un film « éducatif  » sur Tsahal, destiné à remonter le moral des troupes. Trop subversif, le projet fut abandonné, ce qui n’a pas empêché le réalisateur d'en tirer un documentaire sur le traumatisme d’une génération de jeunes réquisitionnés. Il y a évidemment beaucoup de ces soldats dans les personnages de Rock The Casbah. Au début de la Première Intifada (1987-


1993), Tomer, Ilya, Aki et Isaac quittent leur quotidien d’étudiants israéliens et abordent avec une certaine innocence leurs nouvelles vies de militaires en territoire occupé. Lorsqu’un des leurs est tué, les quatre jeunes hommes sont affectés à la surveillance de la zone depuis le toit d’une maison palestinienne. Commence une éprouvante cohabitation. Cercle de violence Sur ce toit devenu prison, dans l’atmosphère poussiéreuse de Gaza, la caméra se focalise sur les besoins les plus simples de ces jeunes soldats. Ni héroïques ni sanguinaires, ils trompent l’ennui au rythme des tubes rock de

l’époque, et perdent peu à peu leurs illusions, espérant simplement être capables un jour d’oublier. Le propos, pacifiste, a bien sûr été maintes fois traité, ce qui n’empêche pas le film d’être une réussite. La haine entre les deux camps, nourrie des humiliations constantes et des répliques à coup de pierres, est ici montrée avec habileté. D’autant que la stratégie de conquête de l’État hébreu, vingt-quatre ans plus tard, n’a pas changé. Marine Durand

Rock the Casbah De Yariv Horowitz, avec Yon Tomarkin, Roy Nik, Henry David, Lavi Zytner, Yotam Ishay… Sortie le 8.05


© James Bridges Neckbone Productions Inc

cinéma

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Mud, Sur les rives du Mississippi

Ellis Island Deux adolescents, un assassin amoureux, une île. Après Shotgun Stories (2007) et Take Shelter (2011), Jeff Nichols signe un film plus personnel, plus intime. Œuvre initiatique lyrique et puissante, Mud fait entrer son jeune réalisateur dans la cour des grands. Ellis et Neckbone, deux adolescents, font la connaissance de Mud (Matthew McConaughey), un fugitif réfugié sur une île en plein Mississippi. Mud attend Juniper (Reese Witherspoon), la femme pour laquelle il a tué, afin de s’enfuir avec elle. Les deux ados vont alors jouer les intermédiaires... L’idée de ce long métrage était bien antérieure à celles des deux films qui ont mis Jeff Nichols en pleine lumière. L'Américain confie avoir mis un peu de lui, de ses souvenirs et de son ressenti dans chacun des personnages. Tous à leur manière se révèlent profondément touchants, en particulier Ellis, le jeune idéaliste qui croit en l’amour, et Mud, le mystérieux baroudeur au grand cœur, sorte de Robinson Crusoë moderne. Mud est à la fois une superbe chronique sur la fin de l’enfance, le passage à l’âge adulte et le rapport à la nature. Le film flirte aussi avec le polar et instaure une tension palpable. Cette façon de jongler avec les moments d’émotion et la progression dramatique rappelle d'ailleurs les fresques de Clint Eastwood ou de Terrence Malick. Se posant comme leur digne successeur, Nichols dresse le portrait de l’Amérique et de ses contemporains, avec intelligence et sensibilité. Du grand art. Audrey Jeamart Mud, Sur les rives du Mississippi, de Jeff Nichols. Avec Matthew McConaughey, Reese Witherspoon, Tye Sheridan, Sam Shepard, Michael Shannon…


De Margarethe von Trotta, avec Barbara Sukowa, Axel Milberg, Janet McTeer…

© Heimatfilm

Hannah Arendt Oubliez vos a priori sur les biopics. Celui-ci, consacré à la philosophe juive allemande Hannah Arendt, tout en nuances, s'avère brillant. En 1961, Hannah Arendt est envoyée à Jérusalem par le New Yorker, afin de couvrir le procès du dirigeant S.S. Adolf Eichmann. Un voyage qui l’affectera personnellement et professionnellement, puisque les écrits exposant sa théorie sur la banalité du mal lui vaudront rejet (y compris amical) et incompréhension. Tandis que le cours des événements est décrit avec une grande acuité par une mise en scène remarquable de fluidité, se dessine une réflexion passionnante sur le statut d’intellectuel et la liberté d’opinion, le tout rehaussé par l’exceptionnelle interprétation de Barbara Sukowa. À ne pas manquer. Audrey Jeamart

Mama De Andres Muschietti, avec Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau, Megan Charpentier, Isabelle Nelisse… Sortie le 15.05

Si Mama a remporté à la fois le Grand Prix et le Prix du Public au dernier Festival de Gérardmer, c’est sans doute parce qu’il a su allier, dans un impressionnant ballet, frisson et émotion. Plusieurs années après leur disparition, deux sœurs, Victoria et Lilly, sont retrouvées dans une cabane par leur oncle. La famille se recompose tant bien que mal, mais une présence maléfique semble accompagner les fillettes. Si l’on peut déplorer une première partie un peu lisse (la faute au producteur délégué Guillermo del Toro ?), le premier long métrage de l'espagnol Andres Muschietti parvient ensuite à installer une angoisse d’autant plus efficace qu’on se prend d'affection pour cette famille (reconnaîtrez-vous Jessica Chastain brune, tatouée et rockeuse ?), jusqu’au surprenant final, à la fois poétique et très émouvant. Audrey Jeamart

© Universal Pictures

cinéma

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exposition

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biennale d'art mural à ciel ouvert Ci-dessus ¬ Remed Ci-contre ¬ Amose Page 58 ¬ Otek Page 59 ¬ IPNS © BIAM 2013, Collectif Renart

Depuis mi-avril, vous avez forcément croisé ces fresques dans les quartiers de la métropole lilloise, mais aussi de La Sentinelle et Wavrechain-sousDenain. Gigantesques, forcément, rivalisant d'ingéniosité et confrontant plusieurs procédés, ces œuvres sont le fruit d'un pari un peu fou tenu par les bénévoles du Collectif Renart. Retour sur cette belle entreprise, et sur les actions du collectif. ▲


Attention. Il ne s'agit pas de graffiti, mais d'art mural. Plus précis, le terme recouvre de nombreuses techniques (peinture, pochoir, sticker…) et esthétiques (calligraphie, logo, dessin...). En tout, une trentaine de fresques thématiques, réalisées seul ou à plusieurs, relevant autant de la figuration que de l'abstraction, de la calligraphie que du graphisme. Cette exposition à ciel ouvert permet quelques jeux de pistes dans les rues à la recherche des monuments ayant servi de support. On peut également tout embrasser du regard dans un même lieu. La maison Folie Moulins propose une vaste rétrospective photographique de ces fresques immortalisées au format 60x70cm. Les clichés sont accompagnés d'œuvres originales de quelques-uns des 46 Biennale Internationale artistes, locaux et internationaux (Allemagne, d'Art Mural Jusqu'au 15.07, Métropole lilloise, Tchad, Liban, Espagne...), des années 1960 La Sentinelle, Wavrechain-sous-Denain à nos jours. Parmi eux, quelques pointures Projections ciné, performances, ateliers historiques, comme le New-Yorkais Kool publics, expositions, etc. Programme Koor, complice de J-M Basquiat. Ce festival complet : www.biam-npdc.blogspot.fr Rétrospective de la BIAM constitue une première dans la région. Tous 18.05>07.07, Lille, maison Folie de bénévoles, ses organisateurs se lancent Moulins, mer>dim, 14h>19h, gratuit, néanmoins un nouveau défi en le labellisant www.mfmoulins.mairie-lille.fr «  biennale  ». À dans deux ans, donc  ? C'est Vernissage le 17.05, 18h30, avec DJ Dee Nasty tout ce qu'on espère. Thibaut Allemand


Sagmeister INC Poster, 2003 Š Stefan Sagmeister


exposition

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L'enfant terrible Pochettes d'albums, livres-objets, catalogues, affiches, identités visuelles, performances… Tous ces travaux ont un point commun, la vision grinçante et décalée de Stefan Sagmeister. Pour la première fois en Belgique, Le Grand Hornu Images accueille Another Show about Promotion and Advertising Material. Un intitulé cynique qui souligne les accointances entre art et commerce. Le parti pris est simple : le diplômé des arts appliqués de Vienne et du Pratt Institute n'expose que ses travaux de commande et ainsi, nous interroge sur la frontière entre mondes artistique et commercial. Le parcours est divisé en quatre parties : la promotion de la culture, des entreprises, de ses amis et enfin, son autopromotion (et celle de son agence Sagmeister Inc). L'Autrichien se situe «  à la limite entre l'artiste performer et le graphiste pur et dur, selon Marie Pok, directrice de Grand Hornu Images. On ne peut pas identifier une patte Sagmeister, mais déceler sa méthode, qui consiste à inverser tous les codes ». Corps et âme Cette inversion se retrouve par exemple dans cette étonnante affiche publicitaire pour les jeans Levi's : le slogan « We are all workers » sur fond d'engrenages. Le genre de message qui ne vend pas du rêve. Par ailleurs, ce graphiste aime également (se) mettre en scène, se gravant au rasoir un slogan à même la peau. Moins douloureux, la phrase «  self-confidence produces fine results  » présentée sous la forme d'un mur de bananes, évoluant à mesure que les fruits mûrissent. Ou encore cette fresque réalisée en pièces de monnaie sur une place d'Amsterdam, qui n'aura tenu que... vingt-quatre heures. Il en faudra bien plus pour faire le tour de l'imaginaire de cet artiste hors-norme, digne rejeton des pères du pop-art et de l'actionnisme viennois des années 1960-70. Elsa Fortant

Stefan Sagmeister Jusqu'au 18.08, Hornu, Grand Hornu Images, mar>dim, 10h>18h, 6/4/2€, www.grand-hornu-images.be


Ces obscurs objets du désir

De loin, une simple caissette de bois. De près, un ouvrage précieux en marqueterie de tilleul et sycomore. Au LAAC, La Cagette de François Curlet répond dans un même espace au Cageot de Franck Scurti, une œuvre baptisée d'après le texte du poète Francis Ponge, fil rouge de cette exposition regroupant une centaine d’objets détournés. Les années 1960 et 70, avec le mouvement Fluxus, les Nouveaux Réalistes ou le Pop art, sont ici sur-représentées. « Chez ces artistes, le processus de métamorphose des objets par le langage, et donc la poétique, est essentiel », souligne Marion Daniel, la commissaire. Posant des livres sur une barre d’haltères, le collectif Présence Panchounette interroge Le Poids des mots (1982). En 1996, Dana Wyse lance ses pilules à tout faire (Devenir blond, Trouver son point G...) et pose un regard malicieux sur notre quête éperdue de bonheur. D’une salle thématique à l’autre, ces drôles de sculptures suspendues, posées ou accrochées modifient brutalement le statut de l’objet. Le précurseur Duchamp avait redéfini, non sans ironie, les contours de l’art en faisant prévaloir l’idée sur la technique. Ses héritiers ont développé ce paradigme avec une remarquable diversité. Jusqu’à transformer la transgression initiale en nouvelle norme ? Marine Durand Poétique d’objets Jusqu’au 15.09, Dunkerque, LAAC, tlj sf lun, 10h>12h15 et 14h>18h, nocturne le 3e jeudi du mois, 4,5/3/1,5€/gratuit, www.ville-dunkerque.fr

Jean Tinguely, Fourrures, Baluba, 1962, matériaux divers, Musée Tinguely, Bâle © Christian Baur © ADAGP, Paris 2013

Paris, 1913. marcel Duchamp fixe une bicyclette sur un tabouret et montre l'ensemble comme une œuvre d'art. Cent ans après ce premier ready-made, le LAAC explore comment, au fil des époques et des courants, les artistes se sont emparés d'objets manufacturés pour en faire la matière de leurs créations.


LIVIN' GROOM © Janry

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C'est un cas unique dans l'histoire de la BD : Spirou n'est pas le fruit d'un auteur, mais d'un éditeur, Jean Dupuis. Et depuis, le petit groom est passé de main en main, avec plus ou moins de bonheur, alliant tradition et modernité pour mieux embrasser l'époque. Retour sur 75 ans d'aventures. 1938, Marcinelles, banlieue de Charleroi. Âgé de 62 ans, l'éditeur Jean Dupuis désire fonder un journal pour la jeunesse. La mascotte est confiée au dessinateur parisien, Robert Velter, alias Rob-Vel. Mobilisé en 1941, ce dernier laisse les pinceaux à d'autres, moins talentueux. J. Dupuis rachète les droits du groom et met Jigé sur l'affaire. Dès lors, le petit rouquin (« spirou » signifie écureuil, en wallon) vit d'innombrables aventures avec son complice caractériel, le journaliste Fantasio. Chaque auteur apporte sa touche propre : citons Franquin et ses nombreux personnages truculents (le maire et le comte de Champignac, le Marsupilami, Zorglub), l'approche cinématographique de Tome et Janry, la tentative avortée de Chaland ou les relectures éminemment personnelles d’Émile Bravo ou Lewis Trondheim. Enfin, Spirou a traversé les époques en s'en emparant : ainsi de Fournier plongeant notre ami au cœur de la dictature de Kodo Le Tyran, ou, plus récemment, de Yoann et Vehlmann évoquant l'ultra-libéralisme économique (Dans les griffes de la Vipère, 2013). Des documents rares, des esquisses et plus de 60 planches originales (dont quatre signées Rob-Vel), toutes circonstanciées par le regretté Yvan Delporte, offrent de saisir pleinement l'univers du plus sérieux rival de Tintin. Thibaut Allemand Spirou de main en main Jusqu'au 06.10, Bruxelles, CBBD, tlj sf lun, 10h>18h, 8/6/3€, www.cbbd.be


Kandinsky & Russia Grand théoricien de l'art, Kandinsky a bouleversé et mêlé de nombreux courants artistiques, en témoignent ses fameuses « Improvisations  », sorte de partitions chromatiques. Jalonné de nombreux objets traditionnels (icônes, costumes de chamanes...), le parcours se concentre sur la période 1901-1922, qui vit naître l'abstraction. L'influence du maître sur ses pairs et ses liens avec la culture populaire est ici mise en exergue. Une cinquantaine d'œuvres du peintre russe dialogue avec des figures avant-gardistes comme Larionov ou Malevitch. L'ensemble rend justice au génie d'un homme habité par le courant symboliste, la métaphysique allemande et la spiritualité orthodoxe. à noter la présence d'une pièce maîtresse Tableau avec un cercle (1911) : première huile abstraite, une véritable révolution dans l'histoire de l'art, inaugurant l'ère moderne. Elsa Fortant Jusqu'au 30.06, Bruxelles, Musées Royaux de Belgique, mar>dim, 10h>18h30, mer, 20h, 17,5>6,5€, www.expo-kandinsky.be

Un tableau de Norbert Witzgall, Face Object (2011) où Bogart fait les yeux doux à une Lauren Bacall aux contours incertains. L’affiche charme et plante le décor : l’amour. Sans chronologie, le parcours confronte les différents états et formes de ce sentiment infini. Soit un tourbillon charriant désir et passion, tendresse et séparation. Pour en attester, le MUba rapproche des œuvres issues des collections permanentes et des prêts publics et privés. Les techniques sont variées : peinture, photographie, sculpture… Une quarantaine d’artistes partage ainsi sa vision de l’amour, de la plus douce à la plus violente. Les marques physiques traversent la photographie de Nan Goldin tandis que les peintures de Pierre-Yves Bohm révèlent des blessures insidieuses. Enfin, comment résister à l'humour dévastateur de la série de dessins de Diane Thorneycroft ? On aime ! Benjamin Perez

Jusqu’au 17.06, Tourcoing, MUba Eugène Leroy, tlj sf mar, 13h>18h, 5/3€/gratuit, www.muba-tourcoing.fr

Il doit y avoir 50 façons de tuer votre amant, Desperate housewives (Batman's refusal to tap out was his last mistake), 2008 © Diana Thorneycroft

Tableau avec un cercle, Wassily Kandinsky, 1911 © Georgian National Museum, Tbilisi

Je t'aime… moi non plus


Charles Fréger,

Confessions Publiques

Wilder Mann

Passionné par la figure du Christ, comme par cette fête païenne (et autrefois orgiaque) qu'est le carnaval, V. Solheid mêle peinture, dessin, gravure, sculpture et collage. Citons la pièce-maîtresse, un char construit à partir d'un confessionnal, ou ce Jésus gagnant une course cycliste ! Loin de la bête provoc', Solheid perturbe les représentations. Béni soit-il !

Le photographe français Charles Fréger s'intéresse aux rites païens anciens où l'humain redevient animal, par le biais de masques et de costumes d'apparat. De prime abord, on pense à des civilisations lointaines, pourtant ces traditions sont toutes européennes (France, Bulgarie, Finlande, Portugal, Allemagne...). Ces mises en scène évocatrices réactualisent des us et coutumes parfois oubliés.

Bruxelles, Musée d'Ixelles, jusqu'au 26.05, mar>dim, 9h30>17h, 7/5€, www.museedixelles.irisnet.be

Anvers, FotoMuseum, jusqu'au 09.06, mar>dim, 10h>18h, 7/5/1€, www.fotomuseum.be

My Home is a castle II Des fauteuils d'autocar dans un camion citerne, à la Gare SaintSauveur, où l'on aime à flâner et boire un verre. Pour le « fun » ? Justement non. C'est le coup de génie d'Alain Declerq. Car à moins de 150 km d'ici, de vrais migrants tentent d'intégrer de véritables camions pour passer en Angleterre. En plaçant cette souffrance au cœur du divertissement, Declerq nous fait réfléchir. Pari gagné. Lille, Gare St-Sauveur, jusqu'au 31.05, mer>dim, 12h>19h, gratuit, www.lille3000.eu

My Home is a Castle II, maquette du projet, 2013, Courtesy Galerie Loevenbruck © Alain Declercq

Vincent Solheid,

Cerbul din Corlata, Romania, from the series Wilder Mann, 2010-2011 © Charles Fréger

Descente de croix, Vincent Solheid, 2010 © Jean-Jacques Serol

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La Paix étreignant l’Abondance, Pierre Paul Rubens © Yale Center for British Art

Michel Jamsin, Cerbère © Courtesy Jacques Vendred © J. Vandenberg

Corps Commun En associant des collectifs artistiques montois post-soixante-huitards, (Carré d'Art, Cuesmes 68 et Maka) et des graffeurs issus de la scène internationale actuelle, le parcours questionne les associations d'artistes. Pourquoi se forment-elles ? Que disent-elles de notre société ? Réponse en vidéos, archives, graffitis et photographies. Jusqu'au 14.07, Mons, Anciens Abattoirs, tlj 12h>18h sf lun, 4/2€/grat, www.bam.mons.be

Charleroi Suite à son précédent succès White Sea, Black Sea (2010), Jens Olof Lasthein est invité à réaliser un reportage photographique sur Charleroi. En immersion durant plusieurs semaines, l'artiste suédois capte le quotidien de la cité carolo. Ainsi, en une quarantaine de panoramiques couleur, pris sur le vif ou posés, au détour d’une rue ou dans un bistrot, le spectateur plonge dans une réalité mélancolique. Du 18.05 au 22.09, Charleroi, Musée de la Photo, mar>dim, 10h>18h, 6/4/3€, www.museephoto.be

L’Europe de Rubens Pour sa première exposition internationale, le Louvre-Lens met en lumière l'Europe à travers une figure de la peinture baroque flamande, PierrePaul Rubens (1577-1640). Un choix judicieux puisque l'artiste, allemand d'origine, diplomate reconnu, traversa de nombreux pays dont l'Italie, l'Espagne et les Pays-Bas espagnols. Présentés de manière thématique, les 170 dessins, sculptures et objets d'art du peintre, mais aussi de ses maîtres et de ses contemporains, révèlent ainsi les contours historiques, politiques, économiques, religieux et sociaux du siècle précèdant celui des Lumières. Du 22.05 au 23.09, Lens, Louvre-Lens, tlj 10h>18h, sf mar, 9/8€, www.louvrelens.fr

Ouest, Charleroi, Juillet 2012 © Jens Olof Lasthein

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I Saw You Crying © Maria Marshall

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Power ! Photos ! Freedom !

Barthelemy Toguo, Print Shock

Depuis les images de propagande du régime Kadhafi (qui était sacrément photogénique, convenons-en) jusqu'aux récentes scènes capturées par des journalistes-citoyens durant le Printemps Arabe, le FotoMuseum d'Anvers passe au scanner un demi-siècle de photos choc. L'occasion de s'interroger sur la force graphique de ces mises en scène millimétrées, de ces images parfois volées, et de leur conséquences parfois tragiques et/ou libératrices.

Dessin, peinture, installation, performance, photo, vidéo, céramique, collages... On en oublie ! Diplômé d'Abidjan, de Grenoble et de Düsseldorf, B. Toguo est un artiste complet. Ici, le Camerounais prolonge son projet autour des migrations, baptisé The New World's Climax. Soit d'imposants tampons de bois (80x100cm) aux messages déroutants (Passport, No issue, Visas, ou encore Who is the true terrorist ?). À deux pas des ports de Dunkerque et Calais, cet accrochage prend un nouveau sens.

Anvers, FotoMuseum, jusqu'au 09.06, mar>dim, 10h>18h, 7/5/1€, www.fotomuseum.be

Vandersteen, conteur d’histoires

Gravelines, Musée du Dessin et de l'Estampe Originale, 18.05>29.09, lun & mer>ven, 14h>17h, weekend et jours fériés, 15h>18h, 2/1€, gratuit – 18 ans, www.ville-gravelines.fr

Willy Vandersteen n'était pas un saint – en témoignent les caricatures antisémites publiées durant la guerre, ou les relents racistes de certaines cases de Bob Et Bobette. Mais il serait stupide de balayer d'un revers de main l'œuvre foisonnante de l'Hergé flamand. Raccourci ? Oui. Sa ligne claire est plus folle, plus azimutée, aussi. L'Anversois, qui aurait eu 100 ans cette année, a élevé la BD au rang d'art majeur.

Maria Marshall : I Love You Mummy / I Hate You

Bruxelles, jusqu'au 01.09, CBBD, tlj sf lun, 10h>18h, 8/6/3€, www.cbbd.be

Hornu, MAC 's, jusqu'au 02.06, mar>dim, 10h>18h, 6/4/2/1,25€, www.mac-s.be

Quinze ans de carrière résumés en douze courtes vidéos, parfois projetées sur (très) grand écran. Ces films en boucle, très courts et souvent muets constituent de belles propositions plastiques. Apparaissent des thèmes récurrents, une volonté constante de surprendre, dans l'économie de moyens comme dans l'usage d'effets spéciaux assez bluffants.


Extases, 2008 © Ernest Pignon-Ernest, galerie Lelong Paris

Ligthdream © Bernard Roig

Circle of dreams, cercle de rêves Cinéaste, musicien, plasticien… et lithographe ! En 2007, David Lynch découvrait la lithographie dans l’atelier parisien Item où travaillèrent Matisse ou Picasso. La célèbre mèche blanche avait déjà présenté certaines de ses œuvres au Musée du Dessin de Gravelines en 2010. Voici 170 pièces sur pierre ou sur bois, et quelques courtsmétrages, le tout demeurant dominé par un onirisme noir et narratif. La Louvière, Centre de la Gravure et de l'Image Imprimée, jusqu'au 19.05, mar>dim, 10h>18h, 6/4/3/1,25€, www.centredelagravure.be

Promesses ?! Tandis qu'est rééditée l’intégralité des planches de L’Apocalypse de Saint Jean par Dürer, voici des estampes contemporaines explorant les croyances et superstitions populaires. Parallèlement, les Ateliers d’Éditions Populaires rééditent des travaux de Tom de Pékin, Anne Van der Linden... Lille, Espace Le Carré, jusqu'au 26.05, mer>sam, 14h>19h, dim, 10h>13h, 15h>18h, gratuit, +33 (0)3 20 74 46 96

Traits de génie

Les amateurs de B. Roig ne tiennent plus en place ! En effet, une dizaine de sculptures/installations issues de collections privées sont ici présentées. Dans la sobriété de l'espace, les néons semblent donner vie à ces moulages blancs, grandeur nature, du corps de son propre père et d'amis. Une belle façon de faire dialoguer le travail du Majorquin avec les œuvres statuaires du roumain Ianchelevici.

Depuis sa création, en 1892, le palais des Beaux-Arts de Lille jouit du legs de Jean-Baptiste Wicar (1762-1834), un célèbre collectionneur, élève de David. Très fragiles, ces dessins anciens sont rarement montrés. Parmi ces trésors ? Raphaël, Michel-Ange, Botticelli, Cranach, Dürer, Holbein, Poussin... L'exposition s'enrichit de créations de l'artiste contemporain Ernest Pignon-Ernest. Mieux : le palindrome présente Extases (2008), installation monumentale inspiré des extases de Marie-Madeleine, entre autres, dans la chapelle du Musée de L’Hospice Comtesse.

La Louvière, Musée Ianchelivici, jusqu'au 26.05, mar>dim, 14h>18h, 3/2€, www.ianchelevici.be

Lille, Palais des Beaux-Arts de Lille, jusqu'au 22.07, lun, 14h>18h, mer>dim, 10h>18h, 6,50/4€, www.pba-lille.fr

Bernardi Roig L’œil du connaisseur


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Christian Astuguevieille Créateur de totems pour des divinités inventées de toutes pièces, Astuguevieille semble obsédé par des civilisations chimériques. Le bronze, l'éponge ou la corde (de chanvre, de coton naturelle ou patinée) donnent naissance à une œuvre-monde où l'on retrouve des bijoux, des meubles, des dessins, des sculptures totémiques ou encore des fresques murales, dont l'une a été expressément réalisée pour cette exposition-événement. Roubaix, La Piscine, jusqu'au 19.05, mar>jeu, 11h>18h, ven, 11h>20h, sam>dim, 13h>18h, 5,5/4€, www.roubaix-lapiscine.com

Les Esprits de la forêt Les Compagnies Pseudonymo et Succursale101 réinterprètent la tradition de la marionnette picarde. À travers six maisons reliées par des tunnels, on croise un atelier-école de manipulation, un éclosoir à créatures minuscules ou la grande chambre des marionnettes. Mieux ! Ou pire : on a soi-même la sensation d'être observé... et si ces esprits hantaient vraiment ces lieux ? Brrr... Roubaix, La Condition Publique, jusqu'au 26.05, mar>dim, 14>18h, 5/2€, www.laconditionpublique.com

Play Again © AFJV

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Play Again Derrière une Game Boy géante, voici une vision multidimensionnelle du jeu vidéo. Le parcours se transforme en salle de jeu, entre grands classiques (Mario Bros), jeux indés reconnus (Limbogame) et découvertes (Hotline Miami). Enfin, cette saison se clôture avec l'interprétation des grands thèmes tels Sonic, Zelda ou Final Fantasy par un pianiste de l'ONL. À fond les manettes ! Tourcoing, Imaginarium, jusqu'au 13.07, mer>ven, 11h>18h, sam et dim 14h>18h, gratuit, www.imaginarium-society.org // Lille Piano(s) Festival /onl Play Again, 16.06, 17h30, gratuit

Jockum Nordström En cinq salles, une vingtaine de dessins au crayon sur papier, près de quarante collages et une dizaine de sculptures en carton, l'expert comme le curieux peuvent se réjouir. Faussement candide, ce travail jongle avec les références culturelles suédoises, relate la vie quotidienne ou s'essaie à l'architecture en réalisant des... immeubles en carton. L'érudition au service d'une naïveté revigorante, le Suédois pousse l'art contemporain dans des retranchements inattendus. Villeneuve d'Ascq, LaM, jusqu'au 19.05, mar>dim, 10h>18h, 10/7€, www.musee-lam.fr


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« Les auteurs travaillent avec de la langue

et du mouvement »


jean-François Sivadier Le monde sur un plateau Propos recueillis par ¬ François-Xavier Béague Photos ¬ Le Misanthrope © Brigitte Enguérand - Répétition du Barbier de Séville, Jean-François Sivadier, Armando Noguera (Figaro) et Eduarda Mela (Rosine) © Frédéric Iovino

Le milieu du spectacle, et les planches, brûlent pour cet homme discret –un metteur en scène n’est pas tenu de toujours camper l’homme de théâtre pour en imposer. à l’approche de son épreuve combinée lilloise (le Barbier de Séville à l’Opéra, et le Misanthrope au Théâtre du Nord), acceptera-t-il de revenir sur son glorieux parcours ? Le théâtre n’est pas une course aux honneurs, et ce n’est pas un personnage qui nous accorde cet entretien. C’est, entre deux répétitions, Jean-François Sivadier. Soit : la personne chargée de servir au mieux « le mouvement des œuvres »... Vous êtes très sollicité. À Lille, vous êtes simultanément au théâtre et à l’opéra. Ne craignez-vous pas le surmenage ? Qu’il s’agisse de l’écriture, de la mise en scène ou de la comédie, je raconte des histoires. Aborder ce travail de différentes manières régénère.

les acteurs à incarner un mouvement qui tient à la personnalité du chanteur ou du comédien. Parce que Carmen n’existe pas autrement. Comment les comédiens abordent-ils concrètement les personnages ? Je ne pars pas de l’idée qu’Alceste est admirable ou pathétique. Et au fur et à mesure que le travail avance, je m’aperçois même qu’Alceste n’est pas un personnage, mais plutôt une suite de comportements qu’on est tous amenés à avoir dans la vie quotidienne. Le Misanthrope concentre toutes les contradictions humaines. Et Le Barbier contient

Comment définiriez-vous votre travail de mise en scène ? Je travaille à partir des comédiens et j’évacue les personnages, afin de ne pas coller à l’idée que l’on se fait des rôles. Pour sortir du discours «  Carmen, elle est comme ça, alors il faut que tu sois comme ça…  », je pousse ▲

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surtout une tension vers la joie, comme les grandes comédies musicales américaines. La vraie profondeur de l’œuvre se situe dans le travail de Rossini. Les textes n'imposent-ils pas de s'appuyer sur une construction psychologique ? Les auteurs travaillent avec de la langue et du mouvement. La psychologie n'est qu'une projection. Ainsi, le chanteur se préoccupe davantage du chef d’orchestre que de savoir pourquoi à tel moment sa « psychologie » voudrait qu’il chante de telle ou telle manière ! Comment diriger, en l’absence de ces repères habituels ? J'ai beau être perfectionniste, je tente de rendre les choses les plus fragiles possible, d’exposer les acteurs au maximum, de les confronter à leurs faiblesses. D’où la simplicité des décors où ils évoluent  : jamais le décor ne doit paraître plus important qu’eux. C’est un outil que les comédiens manipulent et habitent.

Apprécient-ils cet exercice d'équilibriste ? Amener un chanteur, qui n’est pas un comédien, à faire vivre l’espace en dehors du temps de la musique représente un vrai risque pour lui… Dans La Traviata, par exemple, le plus difficile pour Nathalie Dessay fut d’entrer en scène en regardant le public dans les yeux. Je prends énormément de risques avec le corps des chanteurs. Mais ça les stimule. Le Barbier de Séville sera diffusé dans neuf villes du nord de la France et de Belgique, sur Arte et France Inter. Déborder le fidèle public de l’opéra était-il au cœur du projet ? Non, ça s’est présenté ensuite. Mais j’en suis ravi. Une des raisons d’être de ce métier, c’est quand un retraité vient vous voir bouleversé parce que Le Roi Lear lui a ouvert tout un monde alors qu’il n’avait jamais mis les pieds au théâtre. Je souhaite que l’enfant de dix ans et le retraité, qui ne penseront pas les mêmes choses du spectacle, se sentent embarqués dans la même aventure.

Le Misanthrope, Lille, Théâtre du Nord, jusqu’au 09.05, 20h sf jeu, 19h et dim, 16h, 25>3€, www.theatredunord.fr // Le Barbier de Séville, Lille, Opéra de Lille, 14.05>02.06, Complet ! // 18.05, Sur grand écran, Place du théâtre, Lille, gratuit // Et aussi à Armentières, Courtrai (BE), Dunkerque, Hazebrouck, Lomme, Montreuil-sur-Mer, Saint-Omer et Valenciennes, www.opera-lille.fr Et en simultané sur France Inter et ARTE Live Web


Anne Teresa De Keersmaeker, Boris Charmatz, Partita 2 © Anne Van Aerschot

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Scènes internationales Ouvert aux artistes émergents et confirmés, le Kunstenfestivaldesarts investit 21 lieux artistiques bruxellois. En 33 spectacles, dont bon nombre en première mondiale, ce festival unique s’affirme cette année comme un espace de résistance créative internationale. « Replacer la fiction au cœur du réel », c’est en ces termes que Christophe Slagmuylder, directeur du festival, résume la profession de foi de cette dix-huitième édition, traversée de reflets assez sombres, miroirs de nos sociétés en crises. Cette ouverture sur le monde et l'actualité coupe l'herbe sous le pied de potentiels détracteurs qui accuseraient ces démarches artistiques de stérilité. Aucun thème central n'a été choisi – en revanche, la mosaïque de regards et d'interprétations dessine, petit à petit, la ligne artistique (et politique ?) de ces trois semaines. Bien sûr, il est question de liberté et de (sens de la) communauté. Entre autres. Morceaux choisis Une collaboration entre Boris Charmatz et Anne-Teresa de Keersmaeker, Partita 2, ouvre le bal. Dans un espace conçu par le plasticien M. François, le duo donne corps à la Partita pour violon seul nº 2, de JS Bach. Une pièce que Charmatz décrit comme « une architecture vivante à laquelle les danses aspirent parfois, sans jamais égaler le dessin ». Ailleurs, citons Maniac Shadows, une installationperformance de Chantal Akerman. La vidéaste se penche sur l’omniprésence des moyens de communication en soulignant un sentiment de solitude. Avec Magic Bullet, le suédois Markus Öhrn propose un montage des scènes de cinéma censurées dans son pays entre 1934 et 2002. En près de cinquante heures diffusées en continu, voici le moyen de dresser, en creux, le portrait d’une société dissimulant ses petits secrets. Aurore Krol

Kunstenfestivaldesarts 03>25/05, Bruxelles, divers lieux, pass festival : 150€, programme complet : www.kfda.be Partita 2, Kaaitheater, 03, 04, 07, 08.05, 20h30 sf 05.05, 15h, 25/20€ // Maniac Shadow, Palais des B.A., Installation : 04>25.05, 10h>18h, sf jeu, 10h>21h - Performance, 04.05, 22h, 16/12€ // Magic Bullet, Beursschouwburg 07>25.05, 18h, gratuit


© Mario Del Curto

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RETOUR DU REFOULé Thomas Ostermeier, illustre directeur artistique de la Schaubühne de Berlin, poursuit son exploration de l'œuvre d'Henrik Ibsen (18281906). Après La Maison De Poupée ou Hedda Gabler, le metteur en scène s'attaque ici aux Revenants, la pièce la plus scandaleuse de l'auteur norvégien. Et avec une équipe de comédiens français. Une première. Les eaux paisibles du fjord qui borde la propriété des Alvind ne vont pas tarder à se troubler. Oswald, le fils de la famille, est de retour après un long voyage. Il se plaint d’un mal étrange qui le ronge. Bouleversée par la souffrance de son fils, Mme Alvind décide de lui révéler des secrets de famille : l’alcoolisme du père, la syphilis qui l’a emporté… « Par amour pour Oswald, elle avait elle-même mis en place ces vies de mensonges, mais finalement, tout craque » explique Valérie Dréville, qui incarne cette mère courageuse. « Ibsen est un auteur important dans son approche de la place des femmes dans la société. Les questions qu’il aborde, notamment sur les rapports hommes-femmes, sont très contemporaines…  » poursuit-elle. Dans un même élan, les codes bourgeois du secret volent en éclats. Abordant avec véhémence et justesse tous les tabous de l’époque, fustigeant l’hypocrisie, il signait alors son œuvre la plus authentique. Et c’est sans doute cette dissection millimétrée des âmes qui plaît tant à l’esthète Ostermeier. Entre plateau tournant et projections-vidéo de paysages désolés, le Berlinois puise au plus profond de chacun de ses acteurs une humanité salvatrice. Hugo Dewasmes Les Revenants 06 & 07.05, Douai, L’Hippodrome, 20h, 21/17/13/10/9€, www.hippodromedouai.com


les extravagants

rire en mai Outre les poids lourds (Sophia Aram, Gaspard Proust), la seconde édition du festival Rire En Mai témoigne de l'émergence d'une nouvelle scène, qui doit pas mal à l'émission On N'demande Qu'à En Rire. De loin, une sorte de Nouvelle Star de l'humour, avec notes et jury. De près, un divertissement intelligent, mêlant grosse marrade et réflexion sur le jeu, la mise en scène et l'humour, tout simplement. Parmi les révélations de ce programme, citons Les Lascars Gay, Jérémy Ferrari, Vérino... De notre côté, on ne manquera pas Les Décaféinés, duo dont l'humour lunaire se situe réellement à part. Jetez donc un œil à des sketches comme Une panne sur le Dakar, 1789, Les amants de la Bastille ou encore Une jolie vitrine pour Noël. En espérant ne pas être déçu : pourtant très drôle à la télé, Arnaud Tsamère avait signé un one-man show plutôt raté. Thibaut Allemand 09>30.05, Lille, Th. Sébastopol & Splendid Les Décaféinés, Le Splendid, 18.05, 20h, 25€, www.veroneproductions.com

Trois semaines durant, une armée de comédiens, circassiens et artistes d'horizons divers déclare la guerre aux zygomatiques inactifs, livrant des propositions aussi bidonnantes que romanesques. En véritables gladiateurs, les Chiche-Capon reviennent pour la cinquième fois à la charge avec une nouvelle création, LA 432, parodie burlesque de film bollywoodien. Zazie Mode d'emploi se voit confier les rênes d'un rendez-vous devenu incontournable : la Grande Lecture Olipoulienne au Prato (GLOP) qui met fin aux hostilités. Le premier spectacle de la Cie Ivan Mosjoukine, Notes On The Circus, par sa beauté, assène le coup fatal. Quatre interprètes, 80 notes sur le cirque, 80  soli tantôt acrobatiques tantôt théâtraux pour une palette d'émotions incommensurable. Une guerre en dentelle, en quelque sorte. Elsa Fortant Les Extravagants, 29.04>17.05, Lille, Le Prato, 17>5€, www.leprato.fr 29&30.04, Les Chiche-Capon, LA 432 // 03&04.05, Ivan Mosjoukine, Notes On The Circus (complet!) // 17.05, La GLOP, Zazie Mode d’Emploi

NOTC © Ivan Mosjoukine

Les Décaféinés © William Let

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à l’approche du point B © Alexandre Jeanson

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Nouveau souffle Première bougie pour Prémices qui confirme son ambition de s’affirmer comme un festival d’envergure nationale. En une semaine, sept spectacles et six compagnies, la jeune création investit plusieurs lieux, dont deux grandes scènes de la métropole lilloise. En 2012, le Théâtre du Nord et La Rose des Vents donnaient naissance à Prémices, ouvrant leurs portes à des jeunes talents pour la plupart formés ou évoluant dans la région. Cette année encore, la moyenne d’âge des comédiens et metteurs en scène des deux lieux prend un coup dans l’aile. La prise de risque est inhérente à Prémices, une partie des spectacles programmés étant créée pour l’occasion. C’est en effectuant un stage dans un service de soins palliatifs que Marie Clavaguera-Pratx a eu l’idée d’à l’approche du point B (28>30.05). Un danseur interprète les derniers jours d’un vieil homme, à travers une succession de tableaux quotidiens. Pour ceux que les salles obscures rebutent, Jonathan Heckel joue sa Modeste proposition (24, 25, 27.05) aux bars des deux théâtres. Tout en préparant des hamburgers et en coupant des rondelles de saucisson, le comédien rapporte un texte satirique de Jonathan Swift, intitulé Modeste proposition sur les enfants pauvres d’Irlande (1729) qui proposait de recourir au cannibalisme. « J’ai travaillé avec un boucher, et j’ai créé le spectacle dans une boucherie. Cela m’intéressait de casser les codes frontaux du théâtre  », explique Heckel. Formé à l’EPSAD (l’école du Théâtre du Nord), le trentenaire présente là sa première mise en scène. Appétissant. Madeleine Bourgois Festival Prémices 23>30.05, Métropole lilloise, Le Théâtre du Nord, Le Théâtre de l’Idéal, La Rose des Vents, Café de la Mairie à Saint-André-Lez-Lille. 12/7/5€, www.theatredunord.fr


L’art à sa porte Les marionnettes trépignent dans leurs boîtes et les comédiens sont descendus des planches, prêts à envahir placettes et ruelles de l’agglomération béthunoise. Allez, parions même sur un rayon de soleil pour que la fête soit plus belle. Z’Arts Up 2013, top départ ! L’effervescence qui gagne chaque année Béthune à la fin mai n’en finit pas d’étonner Julie Laville, de Culture Commune. « Nous mettons davantage l’accent sur la participation des habitants. La spécificité des arts de la rue, c'est cette proximité unique entre le public et les artistes ». Pour cette 14e édition, une vingtaine de compagnies françaises et européennes relève le défi de jouer avec l’espace urbain, le tout rythmé de performances surprises. « Les Béthunois pourraient bien croiser Spider-Man au détour d’une allée, mais je ne peux pas en dire plus », sourit la coordinatrice de Z’Arts up. De la pièce dansée au théâtre d’objets, chacun déballe sa poésie au grand air, à l’image du bal foutraque et décalé que proposent les Barbarins Fourchus. Et comme il fallait bien une exception à la règle, le cirque Aïtal plante son chapiteau place du Général-de-Gaulle, pour un duo acrobatique et théâtral bourré d’humour. Ailleurs, la volonté de bousculer le public est affichée. Ici une chorégraphie franco-sénégalaise sur les violences faites aux femmes, là une adaptation sensible de La Vie Devant Soi (1975). Et pour multiplier les émotions, partez à la rencontre des artistes en amont avec les Z’Ailleurs de Z’Arts up, des représentations plus intimistes dans les communes rurales de l’agglomération. Marine Durand Z’Arts up ! - 14e Festival européen des arts de la rue de Béthune Du 24>26.05, Béthune, divers lieux, gratuit (sf cirque Aïtal, 18/7€) prog. sur www.culturecommune.fr Les Z’Ailleurs : 20>23.05, Fresnicourt-le-Dolmen, Divion, La Couture, Caucourt et Annezin // 24.05, les Barbarins Fourchus, Place de la Communication // 23>26.05, Cirque Altaï, Place du Gal-de-Gaulle // 25&26.05, Révélation, Cie À Part Être, Parking Rue Marcellin Berthelot

Watt © Clément Puig

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zOOm

My Abba Rassurez-vous, ni Mamma Mia, ni concours de sosie ici. Mais une mère de famille dont l'obsession pour les quatre Suédois a fait d'elle la risée du quartier. Et les ennuis commencent vraiment lorsque la télé-réalité s'en mêle... Entre rires et larmes, cette nouvelle création de Tomasz Man (aucun lien) se penche sur les petites misères et grandes solitudes de la Pologne post-communiste.

15>17.05, Roubaix, La Condition Publique, Théâtre de L'Oiseau-Mouche/ Le Garage, Danse à Lille, pass journée/3 spectacles, 10€, sf 15.05, Two Old Men, 20h30, 8€, www.laconditionpublique.com, réservations : +33 (0)7 85 25 99 81/86

22>24.05, Mouscron, Centre Marius Staquet, 20h30 sf jeu, 19h30, 18/14/12€, www.lavirgule.com

Un phénomène tout à fait ordinaire © Pseudonymo

orbis pictus

Proposé par les Rémois de la compagnie Pseudonymo, ce festival dévoile les liens unissant la marionnette contemporaine à la danse, la musique, les arts du cirque, etc… Oui, mais concrètement ? Eh bien, citons Un phénomène tout à fait ordinaire de la compagnie précitée, dont la trame n'est pas sans évoquer l'angoisse de Calderón, ou encore La mort en cage, des Rennais de Drolatic Industry, dans lequel marionnettes chinoises, comédiens proposent un conte humoristique inspiré de diverses traditions populaires.

24>26.05, Lille, maisons Folie Moulins et Wazemmes, programme et prix : www.mfwazemmes.fr et www.mfmoulins-lille.fr, www.orbispictus.fr, www.pseudonymo.eu

Projet Emmanuel Eggermont © Jihyé Jung

© Sébastien Lordez

Un panorama de la jeune création privilégiant les formes hybrides. Chaque jour, se dévoilent trois œuvres « en chantier » et un spectacle abouti. S'il ne fallait en citer qu'un, on pencherait pour Pourquoi Eve vient-elle chez Adam ce soir ?, huis-clos psychédélique mêlant théâtre et planches de bande dessinée. Ah, et Vorspiel d’Emmanuel Eggermont, aussi : une création chorégraphique sur les toits-terrasses de la Condition Publique ! Oui, ce zOOm-ci voit large.


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Karl Marx le retour, M. Poncelet © F. Gardin

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Karl Marx, le retour

Ciao Ciao Bambino

Jusqu'au 25.05 D'après H. Zinn/F. Gardin

Jusqu'au 31.05 S. Ministru

Et si Karl Marx, mort il y a 130 ans, revenait sur Terre ? Qu'aurait-il à nous dire sur son héritage et le monde actuel ? Le comédien Michel Poncelet offre chair et truculence à ce penseur majeur. On croise également, évoquées ou incarnées par ce même Poncelet, des figures comme Bakounine, Engels, ou encore son épouse et sa fille. Une belle mise au... poing. Levé, forcément.

Sébastien Ministru (Cendrillon ce macho) réunit une famille italo-belge pour la veillée funèbre de Ciccio Bello, disparu dans de mystérieuses circonstances. De flash-back en règlements de comptes, l'existence du défunt est racontée par Charles, Carmelo, Nancy, Dirk et Silvana. Larmes et rires se confondent en une joyeuse célébration de la vie. Pour la première fois, l’auteur s'appuie sur des éléments autobiographiques, mais chacun y reconnaîtra un proche.

Bruxelles, Théâtre des Martyrs, mar, 19h, mer>sam, 20h15, sf 12.05, 16h et 18.05, 19h, 16,50/14/10,50€, www.theatredesmartyrs.be

Tout ce que je serai Jusqu'au 26.05

A. Ball/Cie Biloxi 48

L.A., de nos jours. Omar vend son corps aux hommes en changeant systématiquement d’identité. Mais une relation particulière se fait jour avec un jeune américain. Leur histoire d'amour est alors confrontée aux préjugés... Sombre mais pétillant, Alan Ball (Six Feet Under et American Beauty, c'est lui !) signe là un joli conte universel. Bruxelles, Théâtre des Martyrs, mar, 19h, mer>sam, 20h15, sf 18.05, 19h, et dim 05&26.05, 16h, 16,50/14,50/14/13/10,50/9€, www.theatredesmartyrs.be

Bruxelles, Théâtre de la Toison d'Or, mer> sam, 20h30, 22/20/10€, www.ttotheatre.be

Orlando 03>05.05 D’après V. Woolf/G. Cassiers

Créé par V. Woolf, Orlando est un Anglais né à la fin du xvie siècle qui mourut en... 1928, non sans avoir vécu des aventures picaresques, de la Perfide Albion jusqu'en Orient. Cette réflexion sur l'amour, l'art, l'immortalité, possible autobiographie déguisée de son auteure, est ici jouée par l'excellente Katelijne Damen, seule en scène. Mons, Le Manège, 20h, sf dim, 16h, 11/8€, www.lemanege.com


Melanie Daniels © Hichem Dahes

Ciao Ciao Bambino © DR

Les Turbulentes

Kiss & Cry

03>05.05

07>09.05 & 14>16.05 J. Van Dormael, M-A De Mey & T. Gunzig

Danseurs, comédiens, jongleurs, marionnettistes et artistes inclassables permettent aux Vieux-Condéens de redécouvrir leur cité. Citons des performances spectaculaires (la parade Générik Vapeur, baladant une demi douzaine de voitures tirées par un tracteur) ou des spectacles-coup de poing tels Donnez-nous votre argent, trio théâtral absurde sur le monde financier par la compagnie N°8. De quoi courir la ville ! Vieux-Condé, divers lieux, gratuit, prog. complet sur www.lesturbulentes.com

Les 3 Parques m'attendent dans le parking 13>16.05 Jacques Rebotier / Cie VoQue

Dans la mythologie romaine, les Parques sont les divinités maîtresses de la destinée humaine, de la naissance à la mort. Ici, installées sur des valises à roulettes, elles arrêtent le cours des vies d'un seul geste, et dissèquent, en les décontextualisant, les discours de l'entreprise, amoureux ou politiques, tics et autres « éléments de » langage... Rien n'échappe à leur sagacité, le tout avec un humour acerbe. Béthune, La Comédie, 20h, 18/14/8/7€, www.comediedebethune.org

Gisèle attend sur un quai et se souvient. Avec deux mains pour seuls danseurs, Kiss & Cry se déploie au milieu de figurines de plastique et de décors miniatures (entre trains électriques et nuages en coton). Un savant mélange de théâtre, de danse et de cinéma, puisque l'ensemble, « fait-main  », est filmé par des caméras diffusant ces saynètes sur grand écran. Liège, 07>09.05, Th. De la Place, 25>8€ // V. d'Ascq, 14>16.05, La Rose des Vents, 19h sf mar, 20h, 20/15/12/5€, www.larose.fr

Melanie Daniels 14>18.05

Claude Schmitz

Les Oiseaux (1963) d'Alfred Hitchcock a marqué le cinéma d'épouvante. Mais sa suite (Les Oiseaux II) aurait pu être épouvantable... Une équipe de tournage tente de réaliser ce fameux (et fumeux) épisode, lorsque débarque l'actrice censée reprendre le rôle de Melanie Daniels. Et les ennuis commencent... Le metteur en scène bruxellois Claude Schmitz traque les petites mesquineries et scrute les rapports de pouvoir avec un œil averti. Bruxelles, Th. de la Balsamine, 20h30, 16/12€ - Rencontre avec les acteurs le 15.05, www.balsamine.be


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Dansewindows jazz © Frédéric Iovino

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Lucrèce Borgia

Dansewindows jazz

15>18 & 21>22.05 De V.Hugo/L.Berelowitsch

14.05>07.06 Bouchelaghem

Lucrèce Borgia, quel mythe ! De Mérimée à Manara, d'Abel Gance à Tom Fontana... Mais c'est Victor Hugo qui, le premier, s'est approprié cette figure tragique, femme de pouvoir et mère incestueuse en prise avec la folie de la Renaissance vénitienne. Transcendée par le jeu tourmenté de Marina Hands, cette mise en scène nerveuse et volontiers provocatrice retrouve le (proverbial) souffle hugolien !

C. Kosakatani, dont nous parlions le mois dernier (Red Brick B), et B. Bouchelaghem, figure du hip-hop contemporain, s'emparent de compositions jazz mythiques (L. Armstrong, B. Holiday, D. Brubeck...) pour des trios de haut-vol. Meeting Spot, signé Kosakatani, propose des figurations libres en espace public (arrêt de bus, salle d'attente), et Tracks de Bouchelaghem carambole jazz et hip-hop.

Lille, Théâtre du Nord, 20h sf jeu, 19h, 25/20/10/3€, www.theatredunord.fr

Si j’apprends à pêcher, je mangerai toute ma vie 16&17.05

P. de Coulon

Pamina de Coulon, 25 ans, entame une drôle de conférence et nous embarque dans les aventures de l'explorateur Béring, nous explique la différence entre les USA et l'Europe, s'attarde sur l'infini... Elle élève les élucubrations au rang de poésie et nous laisse étourdi. Un peu avant, dans Au Sanglier Des Flandres, le belge Bernard Van Eeghem aura mêlé peinture, théâtre et folklore flamand pour évoquer la Passion du Christ. Arras, 16.05, Théâtre, 20h, 21/17/13/10/9€ // Roubaix, 17.05, Le Garage, 20h30, 12/10/8/6€

C. Kosakatani & B.

Bourbourg, 14.05, Espace Jean Monnet, 20h // Armbouts-Cappel, 25.05 // Coudekerque-Branche, 26.05 // Bergues, 31.05, // Mardyck, 07.06, www.ccn-roubaix.com

It's Going to Get Worse and Worse and Worse, My Friend 22.05 Lisbeth Gruwez/Voetvolk

Inspirée des prêcheurs de bonne parole, la création tire son titre d'un discours du célèbre Jimmy Swaggart, télévangéliste américain. Au son de cette redoutable allocution répond le corps de Lisbeth Gruwez, seule sur scène. Catalyseurs de la violence des mots, les mouvements oscillent entre fureur et séduction. Aussi effroyable qu'hypnotique, le pouvoir de la parole devient alors palpable. Arras, Théâtre, 20h, 21/17/13/10/9€, www.theatredarras.fr // 12.10, Koksijde //15>17.10, V. d'Ascq, La Rose des Vents...


Peau D'âne © Ronan Thenadey

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MacBeth

ou la comédie des sorcières 23.05 & 07>14.06 W. Shakespeare/P. Foviau

Au xie siècle, ce roi écossais qu'on ne présente plus a multiplié les crimes pour conserver sa couronne. Hanté par les spectres de ses victimes, il met le pays à feu et à sang... Bref, on a vu pays mieux gouverné. Après Richard III, P. Foviau s'empare de ce mythe. Et en livre une version dont le texte bilingue est bousculé par des danses tribales, des musiques baroques et rock. Une relecture risquée pour une pièce majeure – et porte-malheur, aussi.

Peau d'Âne 30.05 & 05>07.06 D'après C. Perrault/J-M Rabeux

Après La Barbe Bleue en 2010, J-M Rabeux poursuit son exploration des contes de Perrault en adaptant un texte dérangeant : Peau d’Âne. Ou la promesse d'un roi à son épouse mourante de n'épouser qu'une femme plus jolie qu'elle – ce sera sa propre fille... En parvenant à être drôle avec le pire, Rabeux s’amuse de cet amour ambigu à grands coups de robes excentriques et de guirlandes multicolores. L’humour et la folie pour évoquer un sujet sensible ? On en redemande.

Armentières, 23.05, Le Vivat, 20h30, 18/13/12/7/6€, www.levivat.net // 07.06, Carvin, CC J. Effel, 20h30 // 12>14.06, St-André, le Zeppelin, 20h, 8/5€

Valenciennes, 30.05, Le Phénix, 19h, 13/11/9/5€, www.lephenix.fr // Amiens, 05>07.06, Comédie de Picardie, 7,50/6,50€

Meine Kältekammer

Dopo La Battaglia

23.05 J. Pommerat/C. Wener/ Puppenthater Halle

Spectacle-mosaïque, Ma Chambre Froide de Pommerat contait l'histoire d'Estelle, jeune caissière harcelée par ses collègues. Sainte ou manipulatrice ? Ici, l'actrice M. Bretschneider évolue au milieu de poupées hyper-réalistes mais à la taille enfantine (90 cm). Ce qui renforce le sentiment d'étrangeté de cette mise en abyme du théâtre. Douai, L'Hippodrome, 20h, 21/17/13/10/9€, www.hippodromedouai.com

01.06

Pippo Delbono

Figure du théâtre transalpin, Delbono ne laisse personne indifférent avec sa verve politique et poétique. Entre quatre murs (une cellule ?) se succèdent tableaux tragiques ou burlesques. Les mots de Delbono croisent ceux d'Artaud, Pasolini, Rilke ou Kafka, le rock bouscule des airs de Verdi joués par Alexander Balanescu et chant, vidéo et théâtre s'entremêlent. Après la bataille, la guerre continue ! Calais, Le Channel, 19h30, 6€, www.lechannel.fr


littérature

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UN SACRé NUMERO Que l'on ait vu ou non Le Prisonnier, on a tous en tête l'image de cet homme perdu dans un village apparemment paradisiaque, se demandant (en vain ?) ce qu'il fiche là, pourquoi, et comment s'en échapper. Si la série mythique a déjà fait l'objet de nombreuses études, Pierre Sérisier, journaliste spécialiste des séries pour Le Monde, s'y colle dans un bref recueil. Certainement pas le dernier. Démissionnant sans préavis, un agent secret au service de la Couronne britannique se réveille dans un village artificiel, de type méditerranéen. Dans ce lieu aseptisé, le Rôdeur (une énorme boule blanche), allégorie des forces de l'ordre, étouffe au propre comme au figuré toute tentative de fuite. Entre caméras et couvre-feux, les habitants, dociles et soumis, ne sont plus que des numéros et notre héros devient Numéro 6. La communauté est dirigée par un Numéro 2 chargé de lui apporter bonheur et sécurité. Reste une question, que l'autorité pose sans relâche à Numéro 6 : Pourquoi a-t-il démissionné ? « Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre ! » En entomologiste du petit écran, Sérisier dissèque cette dystopie un tantinet psychédélique. Diffusé en 1967, en pleine crispation des relations Est-Ouest, Le Prisonnier renvoie autant à Kafka qu'à Orwell et symbolise surtout les régimes autoritaires du Bloc de l'Est. On peut également y voir la lutte de l'individu face au groupe, voire à sa propre condition. Outre ces riches analyses, Sérisier apporte des éclairages sur la conception de cette série : acteur, réalisateur, scénariste, producteur, directeur de casting, Patrick McGoohan a sans doute mis beaucoup de lui-même, de son pessimisme et de son indignation dans cette œuvre qui, aussi personnelle soit-elle, tend à l'universel – et n'a pas pris une ride. Florian Koldyka Pierre Sérisier - Le prisonnier. Sommes-nous tous des numéros ? Éd. PUF, 152 p., 12€


© Michel Meeuwissen

littérature

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It’s (not) only rock’n’roll Auteur des remarqués Rip It Up And Start Again (2006), consacré au post-punk, et de Retromania (2011), sur le rapport que les cultures populaires entretiennent avec le passé, Simon Reynolds publie la somme Bring The Noise, 25 ans de chroniques, entretiens et réflexions sur la pop – au sens large. En feuilletant ce recueil, on est d’abord frappé par l’érudition de son auteur. Rock, hip-hop, musiques électroniques... Rien ne semble avoir échappé à son radar musical, et tout est abordé ici avec le même enthousiasme. Simon Reynolds est une machine à disséquer son environnement musical, à penser cet objet mouvant, parfois difficilement identifiable, qu’est la pop. Au final, l’ensemble ressemble davantage à un dictionnaire critique qu’à une vulgaire compilation de ressentis. Car Reynolds donne de l’importance à la musique, lui confère une consistance rarement atteinte. Armé d’un bagage critique et théorique puisant autant chez Barthes que chez Derrida (excusez du peu), nourri aux cultural studies, l’auteur réalise ce fantasme universitaire qui consiste à s’emparer d’une matière non noble pour la transformer en objet parfaitement digne d’intérêt. Disserter sur Dizzee Rascal, penser Morrissey, conceptualiser Pulp, fracasser Blur, voilà notamment ce à quoi invite Reynolds ; et plutôt bien d’ailleurs. Chaque article est accompagné d’une note contemporaine, regard rétrospectif parfois amusant du journaliste sur lui-même ; car, oui, il est parfois arrivé à Simon de se tromper… Et c’est plutôt rassurant. La pop n’est pas toujours une science exacte. Sylvain Coatleven Simon Reynolds - Bring The Noise, Éd. Au Diable Vauvert, 656p., 25€


chroniques

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TRONCHES DE VIN :

LE GUIDE DES VINS QU’ONT D’LA GUEULE (éd. de l’Epure)

Aux antipodes des guides œnologiques rasoirs et prétentieux, un collectif de cinq blogueurs signe Tronches De Vin, un ouvrage qui donne envie de déboucher quelques bonnes quilles entre copains. Un manifeste pour consommer autrement un produit phare de notre patrimoine souvent standardisé.

éclats de verre

« Ce n’est pas la peine de se mettre la pression avec un produit festif  » s’insurge Eva Robineau d’Oenos.net. «  Nous voulons décomplexer le lecteur. » Oubliez donc les Château d’Yquem aux tarifs extravagants, Guns and Rosé, Pom’N’Roll, Barrique White, Va te faire Tronches De Vin ne donne pas de leçons boire, des noms de cuvées d’œnologie, ni de notes, mais propose une humoristiques  qui boussuccession de 117 portraits de vignerons culent le monde ronronnant passionnés. Plutôt que de juger arbitrairedu vin. ment un vin, on parle ici terroir, paysages et La production de vin naturel aventure humaine avec des artisans renconest ultra minoritaire : moins trés dans leur exploitation  : «  Plus que ce de 0,1% des vins français. qu’il y a au fond du verre, on dévoile ce qui se trouve derrière, poursuit Oliver Grosjean, de leblogdolif.com. Un vin reflète le tempérament de son producteur ». Ainsi, pour chaque article, c’est la trombine de l’agriculteur qui est mise en avant et non son pinard. Alors que les scandales alimentaires se succèdent, ce brelan de gourmets promeut des domaines à la production responsable (bio, naturel, c'est-à-dire sans ajout de produits lors de la vinification...). « On souhaite retrouver le gout original du raisin. » Avec un vocabulaire canaille, Tronches De Vin donne soif. Pour boire moins, buvons mieux ! 272p. 22€. Julien Collinet

Selon une étude récente 90% des vins français contiennent des pesticides.


livres L’ENFANT QUI RÊVAIT D’ÉTOILES Y. Alléno, A. Mantoux, P. Rabaté (Éd. 12bis) Le travail du chef Yannick Alléno, 44 ans, est reconnu à travers le monde. Le journaliste Aymeric Mantoux retrace le parcours de cette figure multi-étoilée de la gastronomie française. Sous le crayon gris et le feutre noir de Rabaté, voici le portrait d'un petit Parisien marqué par un cousin cuisinier, amoureux du terroir et de la cuisine de bistrot comme de la restauration de luxe. Ce roman graphique mêlant tranches de vie et de foie gras fait parfois songer aux Ignorants (Etienne Davodeau, 2011). Surtout, cette bande dessinée nous ouvre les portes du monde méconnu des cuisines, où se côtoient grands chefs et petites mains. Une œuvre qui comblera les amateurs de dessin et de saveurs culinaires. 120 p., 15,90e. Benjamin Perez

PLOGOFF Delphine Le Lay & Alexis Horellou (Éd. Delcourt) Contemporaine du Larzac, la mobilisation des habitants de Plogoff est un modèle de résistance et de détermination. Sur cette commune du Finistère sud, le gouvernement Giscard souhaitait implanter une centrale nucléaire. En vain. Déjà documentée (Des Pierres Contre Des Fusils, 1980), cette lutte est contée en BD. On pense (encore !) à E. Davodeau pour ce trait sans fioriture qui sied à ces gens simples, pas forcément politisés, prenant leur destin en main face à une ahurissante occupation policière. Drôle, aussi, de voir ces mères de famille insulter des CRS qui n'en mènent pas large. Une autre époque  ? Peut-être. Mais une fois le livre fermé, on songe à Notre-Dame des Landes : un nouveau Plogoff ? On l'espère ! 192p., 14,95€. Thibaut Allemand

LE LINGUISTE ÉTAIT PRESQUE PARFAIT David Carkeet (Éd. Monsieur Toussaint Louverture) Linguiste à l’étrange institut Wabash, Jeremy Cook étudie le babillage des tout-petits. Tout bascule lorsque Paula, nouvelle puéricultrice, le traite de « parfait trou-du-cul », tandis qu’on découvre, dans son bureau, le cadavre étonnamment tondu de son confrère Arthur Stiph. Celui que tout accuse s’engage alors dans une folle enquête, façon Cluedo, afin de confondre l'assassin, mais aussi de découvrir qui l’a dénigré auprès de Paula pour qu'elle se permette de l'insulter... Enfin traduite, cette comédie policière américaine déroule une intrigue truculente, dans la lignée de David Lodge, et l’on suit avec délectation le maladroit Cook dans ses pérégrinations policières, donc, mais aussi sentimentales et... linguistiques ! 288p., 19€. Sandrine Allanic


chroniques

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THE CHILD OF LOV The Child Of Lov (Double Six Records/PIAS)

En février dernier, Cole Williams, 25 ans, se voyait auréolé du NME Radar Award et ce, sans avoir jamais donné un concert. Pourquoi ? La réponse tient en dix compositions d'une intensité folle. Rien d'étonnant donc, à la présence de Thundercat (ancien bassiste de Flying Lotus), DOOM et Damon Albarn (Blur) sur ce premier album. Expliquant, entre autres, la basse très Gorillaz de Heal, soutenue par une guitare résolument funky pour mieux dévoiler un timbre haut-perché, presque nasillard, qu'on retrouve sur le blues spectral de Warrior. Nourri à la musique noire américaine, de Prince à Stevie Wonder, du gospel au hip-hop, ce grand gaillard s'en fait aujourd'hui l'un des plus sincères défenseurs. Aux côtés de DOOM, il lâche Owl, un rap chaud grâce aux chœurs, mais sombre. Très sombre. Laissant place à une voix masculine éraillée portée par des cors flamboyants, le producteur surdoué canalise un trop-plein d'énergie créative avec Fly, petite mélodie sur fond de grosse symphonie qui, une fois domptée, ne quitte plus l'esprit. Le nôtre reste marqué au fer rouge par ce premier essai qui ingurgite le passé pour mieux cracher le futur. Elsa Fortant

!!! Thr!!!er (WARP/Differ-Ant) Ce cinquième album de !!! devrait faire parler de lui. Pourtant, rien de fondamentalement nouveau dans cette fusion orgiaque mêlant pop, rock, funk et house. Les Américains semblent cependant vouloir aller au bout des choses en révélant dans ce mélange des genres jouissif un potentiel dancefloor exacerbé. La structure même des morceaux s’en trouve libérée, à l’image du tubesque Slyd qui cristallise cette volonté de draguer plus encore les adeptes de beats électroniques. De l’aveu même du groupe, la collaboration avec Jim Eno (Spoon) les a aidé à s’affranchir de leurs schémas habituels. En découle un tracklisting des plus remuants (Even When The Water’s Cold, Californiyeah), taillé pour la scène, qui ne devrait perdre aucun fan en route. Voire en convertir quelques-uns. Clément Perrin


disques JAMES BLAKE

PHOENIX

Overgrown (Republic Records/Universal)

Bankrupt! (Loyauté/Glassnotes)

Avec une voix pareille, James Blake incarne un peu la version cachet d'aspirine de D’Angelo. Autrefois classé au rayon dubstep, l'Anglais s'extirpe de cette niche et démontre une nouvelle fois ses qualités d’orfèvre du son avec des productions aussi marquantes que son organe vocal. Le ton est plus direct parfois (les deux tubes Retrograde et Life Round Here) mais les onze titres donnent encore à penser qu’on est face à quelque chose d’inédit, comme si The XX repeignait en noir les tracks dancefloor de SBTRKT. Le rythme s'emballe deci delà, au détour d'un featuring surprenant de RZA, ou circonscrite à des bouts de piste (Voyeur), mais l'humeur générale est encore à la lenteur et au froid. Même si le cœur, lui, reste chaud. Mathieu Dauchy

Après le raz-de-marée Wolfgang Amadeus Phoenix (2009), Phoenix était attendu au tournant. D'emblée, les Versaillais exorcicent l'angoisse en intitulant ce cinquième album studio Bankrupt! et, surtout, en alignant dix merveilles certifiées tubes potentiels. Plus que jamais héritier des Cars (les guitares sonnent comme des synthés, et vice-versa), Phoenix signe des morceaux apparemment sophistiqués, mais dont les mélodies sont d'une simplicité déconcertante. Donc foudroyante. Épaulés par Philippe Zdar (cinquième membre officieux), les fils prodigues ET prodiges viennent encore de placer la barre très, très haut. Pour résumer, disons que Phoenix signe le disque dont les Strokes ont rêvé, ces derniers échouant de très, très peu. Thibaut Allemand

THEE OH SEES Floating Coffin (Castle Face Records/Differ-Ant) Écouter un nouvel album de Thee Oh Sees, lorsqu’on a beaucoup aimé le précédent, revient à guetter les légères oscillations, les micro-changements d’un disque à l’autre. À l’instar de The Fall, qui n’a rien à voir musicalement mais dont la démarche peut sembler similaire (une somme de différences et de répétitions) le quintette de San Francisco livre régulièrement, parfois deux fois l’an, des disques de garagerock puissants et extrêmement bien écrits. Celui-ci ne déroge donc pas vraiment à la règle et c’est toujours un grand plaisir de retrouver ces mélodies ciselées, ces envolées de guitares saturées, cette alternance de bruit, de fureur et d’accalmies. La nouveauté par rapport aux précédents ? Un sens de la déflagration encore plus abouti. Vivement le suivant. Sylvain Coatleven


agenda

108

concerts Mer 01.05 The Bevis Frond + Rivercrest Anvers, Trix Bar, 20h, 14e Bojan Z Arlon, Entrepôt, 20h, 28/25e Pale Grey Gand, Cafe Video, 21h, gratuit

Jeu 02.05 Grimskunk + Frau Blücher Bruxelles, Magasin 4, 19h, 8e Ostrogoth + Evil Invaders Anvers, Trix Bar, 19h, 12e Albert Blues Band Arlon, Entrepôt, 19h, 13/10e Troy Von Balthazar... Arlon, Entrepôt, 20h, 15/12e The Jim Jones Revue + Scrappy Tapes Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 16/13e Jean-Louis Murat + Titan Parano Lille, L'Aéronef, 20h, 19/14e Rony Verbiest Quartet La Louvière, Le Palace, 20h, nc

Dealers Bruxelles, Madame Moustache, 21h, 8e

Daan Leuven, Het Depot, 20h, 25/22/20e

Party Hardy ! + Losgehen Gand, Culture Club, 23h, gratuit

Electric Electric... Namur, Belvédère, 20h, 10e

Ven 03.05

Terence Fixmer + Raving George + Tommy Four 7 Liège, Halles des Foires, 21h, 30/15/10e

Festival Jazz à Liège : Rêve d'Eléphant Orchestra + Seun Kuti + Mélanie De Biasio + Manu Katché Quartet + ravi coltrane... Liège, Palais des Congrès, 19h, 55/45/35/25e Rachid Taha + Gael Faye Bruxelles, Le Botanique/ Chapiteau, 19h, 20/17/14e Miss Kittin... Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 22/19/16e The Jon Spencer Blues Explosion + Tav Falco Anvers, Trix, 19h, 25/22e V.O. + Sérafina Steer Bruxelles, Le Botanique/ Museum, 19h, 16/13/10e We Are The In Crowd... Anvers, Trix Club, 19h, 18/15e

Shabaaz Lille, Le Biplan, 22h, 6e Agoria Lille, Magazine Club, 23h, 10/5e Manik Anvers, Café d'Anvers, 23h, 9e

Sam 04.05 Cold War Kids... Bruxelles, Le Botanique/ Chapiteau, 19h, 23/20/17e BB Brunes Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 23/20e How To Dress Well + Mesparrow Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 17/14/11e

Mermonte Lille, La Péniche, 20h, 12/11e

Chillow Courtrai, De Kreun, 20h, 15/12/9e

The Headshakers Lille, maison Folie Moulins, 20h, 5,50/3,50e

Zoufris Maracas + Nicolas Jules Arras, Théâtre d'Arras, 20h, 8e

The Glimmers + Fabrice Lig Marchienne-au-Pont, Rockerill, 20h, gratuit

Bombino Bruges, Cactus Muziekcentrum, 20h, 13/10/8/5e

Capsule Bruxelles, Beursschouwburg, 20h, gratuit

Loïc Lantoine + Jef Kino + Les Mauvaises Langues... Lille, Splendid, 20h, 10e

Ibrahim Maalouf Quintet Amiens, Maison de la Culture d'Amiens, 20h, 31/15,50/14,50/14e

The Black Heart Rebellion + General Lee + Errata Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 5e

Sanseverino Boulogne-sur-Mer, Espace Faiencerie, 21h, 17,8/12e

Oxmo Puccino + Rapsodie Lille, L'Aéronef, 20h, 19/14e

Liesa Van der Aa Gent, Handelsbeurs, 20h, 18/15e

Maia Vidal + Mermonte Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 20h, 16/13/10e

Les Sunlights + Les Vinyls.. Mouscron, Centre Cult. Marius Staquet, 20h, 14/12/10e

The Experimental Tropic Blues Band + The Scrap

Festival Jazz à Liège : Lobi + Mulatu Astatke + Pierrick Pedron + Sal la Rocca + Collapse + Machine Mass + China Moses... Liège, Palais des Congrès, 20h, 55/45/35/25e -M- Matthieu Chédid Bruxelles, Forest National, 20h, 50/40e My Bloody Valentine Lille, L'Aéronef, 20h, 27/22e Jóhann Jóhannsson... Courtrai, De Kreun, 20h, 24e


Retrouvez l’intégralité des concerts sur

Bénabar Roubaix, Le Colisée, 20h, 45/41/37/34/8e

Darkstar + Cave Painting... Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 17/14/11e

BRNS + K-X-P Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e

Baden Baden + Saso Péronne-en-Mélantois, Salle des fêtes, 20h, gratuit

Lisa Portelli... Liévin, Centre Culturel Arc En Ciel, 20h, 15/13e

Wasis Diop Lille, Maison Folie de Wazemmes, 20h, 7/5e

Dim 05.05

Diplo Bruxelles, Mr Wong, 22h, 10e

Bénabar Béthune, Théâtre, 18h, 36/30e

Jamie Jones Lille, Magazine Club, 22h, 12/8e

Jean-Louis Murat... Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 23/20/17e

Mer 08.05

Jamie N Commons + Françoiz Breut Bruxelles, Le Botanique/ Museum, 19h, 17/14/11e

Une Rencontre Française : Julie Pasturaud + Carl Ghazarossian Lille, Opéra, 18h, 9/5e

Lun 06.05

Junip + Barbarossa Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 17/20e

!!! (Chk, Chk, Chk)... Bruxelles, Le Botanique/ Chapiteau, 19h, 23/20/17e Chilly Gonzales Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 29/26e Chelsea Wolfe + Heirs Anvers, Trix Club, 19h, 17/14e Daan + Benjamin Schoos Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 23/20/17e Dan Deacon Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 20h, 17/14/11e The Lumerians + Selenian Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/8/6e

Mar 07.05 Connan Mockasin + Wave Machines Bruxelles, Le Botanique/ Chapiteau, 19h, 20/17/14e Mathieu Boogaerts + Li-Lo* Bruxelles, Le Botanique/ Museum, 19h, 20/17/14e

Soldout + Vismets + BRNS + Dez Mona + Liesa Van der Aa + Jeronimo… Bruxelles, Le Botanique, 19h, 23/20/17e Richie Hawtin + Sven Väth + Adam Beyer + Chris Liebing + Loco Dice + Pan-Pot... Bruxelles, Tour & Taxis, 20h, 89/48e Dark Dark Dark... Bruges, Cactus Muziekcentrum, 20h, 11/8/6/5,5/5e

Jeu 09.05 Miles Kane + Efterklang... Bruxelles, Le Botanique/ Chapiteau, 19h, 17/20/23e Lescop + yan wagner... Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 14/17/20e Albin de la Simone Bruxelles, Le Botanique/ Museum, 19h, 11/14/17e Talisco Lille, L'Aéronef, 20h, gratuit Spirit Catcher + Ultrasone Marchienne-au-Pont, Rockerill, 20h, gratuit Baro Bialo + Badala Foly Lille, M. F. de Wazemmes, 20h, 3e Fatso Jetson + Yawning Man + Glowsun Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/8/6e

Ven 10.05 Reborn To Conquer + City To City + As It Hurts Liège, InsideOut, 18h, 5e Seasick Steve Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 17/20/23e Justice + Breakbot + Busy P… Bruxelles, Le Botanique/ Chapiteau, 19h, Complet ! Winston Mc Anuff Bruxelles, Le Botanique/ Museum, 19h, 13/16/19e

Erik Satie : Entre humour et dérision Louvain-la-Neuve, La Ferme du Biéreau, 20h, 17/15/12e

La Femme + Pale Grey Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 11/14/17e

Xawaré Lille, Maison Folie de Wazemmes, 20h, gratuit

Benjamin Biolay Mons, Le Manège de Mons, 20h, 35/25e

Chelsea Wolfe... Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 14/12/10e

Pink Martini Bruxelles, Bozar, 20h, 45/40/35/25e

Bicep + Claptone + Mickey.. Bruxelles, Libertine Supersport, 22h, nc

Bertrand Belin Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 20h, 13/16/19e


agenda

110

concerts Suuns + PVT + Valleys Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 13/10e Bjorn Berge Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 12e Roger Molls Lille, Maison Folie Moulins, 20h, nc Bénabar Amiens, Cirque Municipal Jules Verne, 20h, 47e Jacques Higelin Calais, Le Channel, 20h, 15e Tindersticks... Gand, Le Vooruit - Balzaal Vooruit, 21h, 75e The Headshakers Arras, Hôtel de Guines - Maison Folie d'Arras, 21h, nc

Sam 11.05 Suuns + Apparat + Aufgang Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 14/17/20e

The Lumerians Anvers, Trix Bar, 20h, 14/11e Banana Boat Mouscron, C.C. Staquet, 20h, 14/12/10e Thee Oh Sees... Amiens, La Lune des Pirates, 20h, 12/9e The Hussy + The Beards + Thee Marvin Gays Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e

Lun 13.05 Godflesh... Bruxelles, Magasin 4, 19h, 12e Tom McRae... Bruxelles, Le Botanique/ Chapiteau, 19h, 20/17/14e Dark Dark Dark Anvers, Trix Club, 19h, 16/13e Death Grips Courtrai, De Kreun, 20h, 17/14/11e

Darkness Dynamite + Sublime Cadaveric Decomposition Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 10/7e

Mar 14.05

Culture Shock + Maduk... Anvers, Trix, 22h, 18/15e

Lénine Renaud + Zora Lille, Maison Folie de Wazemmes, 20h, 7/5e

Simbad + Lefto + Biaz Bruges, Cactus Muziekcentrum, 22h, 11/8/6/5,5/5e Kenji Minogue Courtrai, De Kreun, 23h, nc

Goldflesh + Hessian Courtrai, De Kreun, 19h, 22/19/16e

Veronica Falls + Dirty Beaches Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Box, 20h, 19e

Dim 12.05

Joe Cocker Lille, Zénith Arena, 20h, 60/44,50e

Pan Aurora Lille, La Péniche, 18h, 5e

Odezenne Lille, La Péniche, 20h, 12/11e

Wasis Diop Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 7/5/4/3e

Mutiny On The Bounty + Ilydaen + Green Vaughan Roubaix, La Cave aux Poètes, 18h, 10/8/6e

Gérard Hourbette + Art Zoyd Douai, L'Hippodrome, 20h, 8e

Daan Bruges, Cactus Muziekcentrum, 20h, 23/20/18/15e

B.B. Brunes Amiens, Cirque Municipal Jules Verne, 19h, 27,50e

Les Tambours du Bronx Calais, Centre Culturel Gérard Philipe, 20h, 5e

Lou Doillon Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 23/20e

Benjamin Biolay Lille, L'Aéronef, 20h, 39e

Two Gallants + Roscoe... Bruxelles, Le Botanique/ Chapiteau, 19h, 22/19/16e

Ghostpoet + Mélanie De Biasio Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 14/17/20e

Fauve + Mendelson Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 13/10e Asa-I-Viata + DJ Boulaouane + Flassh Lille, Maison Folie de Wazemmes, 20h, gratuit

Three Second Kiss... Bruxelles, Magasin 4, 19h, 8e Mac DeMarco + Girls Names + Mikal Cronin... Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 16/13/10e

I Muvrini Lille, Théâtre de l'Hotel Casino Barrière, 20h, 38e

Mer 15.05 Rome, Au Casino Des Muses : Aurore Bucher + Marie Garnier + Violaine Cochard Lille, Opéra, 18h, 9/5e VERNISSAGE DE BERLIN 1990-1994 PAR BEN DE BIEL URBAN SPREE : Debmaster + Marklion Lille, L'Aéronef, 18h, gratuit Vampillia + Nadja Bruxelles, Magasin 4, 19h, 8e


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Mount Eerie Courtrai, De Kreun, 20h, 13/10/7e

Jean-Louis Murat Amiens, Maison de la Culture d'Amiens, 20h, 36/24/22/15e

TANZMANN XO Belgium Festival, HouthalenHelchteren, 11h, 49€

Dub Trio Valenciennes, Le Phénix, 20h, 16/14/13/9e

Wooden Wand + Few Bits Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 11/9/7e

ADULT. + Covox + DJ Stel R... Bruxelles, Magasin 4, 19h, 12e

The Ex & Brass Unbound Gand, Le Vooruit - Balzaal Vooruit, 20h, 12e

Serge Lama Lille, Théâtre de l'Hotel Casino Barrière, 20h, 43e

Agnes Obel... Charleroi, Palais des Beaux Arts, 20h, 28>23e

Ven 17.05

Jacco Gardner + PAON... Charleroi, Centre Culturel Eden, 20h, 11/8e

DIIV Anvers, Trix Club, 19h, 16/13e

Eppo Janssen Courtrai, De Kreun, 20h, gratuit

Médine + Tiers Monde + Akela Battle Angel Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 16/13e

Ian McCulloch Leuven, Het Depot, 20h, 23/20/18e

Craig David Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 28e Mac DeMarco + Sean Nicholas Savage Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/8/6e

Jeu 16.05 The Heavy Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 15/12e Nick Waterhouse... Anvers, Trix Club, 19h, 20/17e Els Biesemans Bruxelles, Bozar, 20h, 14e Michael Rother plays Neu! und Harmonia + Anika DJset + Planningtorock Lille, L'Aéronef, 20h, 16/11e // Pass 2J : 30/20e // Pass 3J : 45/25e Mount Eerie... Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 12e Dutch Uncles Lille, La Péniche, 20h, 11e An Pierle Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Théâtre, 20h, 17e

Ian McCulloch... Gand, Culturell Centrum Vooruit/Theatre, 20h, 22,75e DAF + Schneider TM VS Jochen Arbeit + Rechenzentrum + DDDXIE Lille, L'Aéronef, 20h, 19/14e // Pass 2J : 30/20e // Pass 3J : 45/25e Philip Catherine Gand, Muziekcentrum de Bijloke, 20h, 22/18/5e Salif Keita Lille, Zénith Arena, 20h, 17/15e Lénine Renaud Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 6e Aldebert Lens, Colisée, 20h, 13,50/10e Brassafrik + Blow Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8/6e DJ Secousse Lille, Maison Folie de Wazemmes, 23h, 3e

Régis Gizavo + Gazy Petaka Lille, Maison Folie de Wazemmes, 20h, 7/5e

Sam 18.05

The Heavy Bruxelles, Beursschouwburg, 20h, 15/12e

TIGA + THE MAGICIAN + BRODINSKI + GESAFFELSTEIN + LUCIANO + MATTHIAS

PVT Molenbeek, La Chocolaterie, 19h, 13.5e

Beach Fossils Lille, La Péniche, 20h, 11e Lady Linn Namur, Maison de la Culture de Namur, 20h, 15/12/9e Presque Oui Liévin, Centre Culturel Arc En Ciel, 20h, 15/13/10e Gang Clouds Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 5e Ukandanz + Afro Wild Zombies Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 9/6e Chris Cohen Bruxelles, Madame Moustache, 21h, 5e Mouse On Mars + Matias Aguayo + T.Raumschmiere + Dat Politics + DJ Efdemin Lille, L'Aéronef, 22h, 16/11 // Pass 2J : 30/20e / Pass 3J : 45/25e

Dim 19.05 JAMIE JONES + DAMIAN LAZARUS + INFINITY INK + FRANCESCA LOMBARDO + JAN VAN BIESEN + DIXON + BEN PEARCE + MAX COOPER XO Belgium Festival, HouthalenHelchteren, 11h, 49€


agenda

112

concerts Le Baroque Nomade / JeanChristophe Frisch Valenciennes, Le Phénix, 16h, 10e John Cage Bruxelles, Huis 23, 17h, gratuit sur réservation Crucified Barbara Lille, Splendid, 18h, 20e

Goûter Concert de Young Rival Lille, L'Aéronef, 16h, 5/3/1e

Toots Thielemans Anvers, Arenbergschouwburg, 20h, 38e

Un soir À L'Opéra-comique : Chantal Santon + Clémentine Margaine Lille, Opéra, 18h, 9/5e

Monoblok + Orchestre d'Harmonie de Lille Fives Lille, Magazine Club, 23h, nc

ONL Lille, Nouveau Siècle, 18h, 20h, 8/5e

Ven 24.05

Rabbits + Arabrot... Bruxelles, Magasin 4, 19h, 8e

Master Musicians Of Bukkake + Gull Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 15/12e

Dominique A Bruxelles, Le Botanique/ Orangerie, 19h, 23/20/17e

Crystal Fighters Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 23e

Eric Le Sage Lille, Opéra, 20h, 22/17/13/8/5e

White Fence + Night Beats Bruxelles, Magasin 4, 19h, 14/11e

Young Rival + Shadow Motel Lille, L'Aéronef, 20h, 11e/ gratuit

Daran Arlon, Entrepôt, 20h, 20/18e

Thee Oh Sees Tourcoing, Le Grand Mix, 18h, 13/10e

Green Velvet Anvers, Le Café d'Anvers, 23h, 10e

Lun 20.05 Thee Oh Sees + Night Beats Anvers, Trix Club, 19h, 18/15e Menomena + Bison Bisou Lille, L'Aéronef, 20h, 8/4e Agnes Obel Hasselt, Hasselt Cultuurcentrum, 20h, 26/24e OMD + Metroland Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 38e

Jeu 23.05 XXYYXX + Moodprint + Wesh ! Sound System Roubaix, La Cave aux Poètes, 19h, 12/10/8e Daniel Johnston + School Is Cool Anvers, Trix, 19h, 28/25e Anouk Aiata Lille, La Péniche, 20h, 12/11e Tomorrow's World + Alb Lille, L'Aéronef, 20h, 16/11e

Mar 21.05

Le Baroque Nomade / JeanChristophe Frisch Valenciennes, Phénix, 20h, 9e

ONL Lille, Nouveau Siècle, 12h, 19h, 8/5e

The Dream Syndicate Leuven, Het Depot, 20h, 20/17/15e

Deerhunter... Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Box, 20h, 19e

Ozark Henry Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 33e

Light Asylum + Diederdas Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 10/8/6e

Lénine Renaud Liévin, Centre Culturel Arc En Ciel, 20h, 13/11e

Houndmouth Lille, La Péniche, 21h, 12/11e

Conservatoire de Dunkerque Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, gratuit

Mer 22.05

Gianna Nannini Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 33e Allah-Las + White Mystery Courtrai, De Kreun, 20h, 13/10/7e The Black Heart Rebellion + General Lee Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 8/5e Delbi + Team Wild Lille, Salle des fêtes de Fives, 20h, 6/4e Elliot Murphy Verviers, Spirit Of 66, 21h, 20e Krs One + Halve Neuro Anvers, Petrol Club, 22h, 16/12e

Sam 25.05 Wolf People Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 15/12e Bleached + White Mystery Bruxelles, Magasin 4, 20h, 14/11e Dominique A Lille, L'Aéronef, 20h, 25/20e Suarez Lille, Splendid, 20h, 22e Yves Jamait invite Daniel


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Fernandez + F. Lucas Calais, C.C. G. Philipe, 20h, 5e Gablé + We Are Enfant Terrible + Cheveu Lille, Salle des fêtes de Fives, 20h, 10/8e Dick Rivers Lille, Théâtre de l'Hotel Casino Barrière, 20h, 33e Laurent de Wilde Lomme, Maison Folie de Beaulieu, 20h, 9/5e

America Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 12/10/8e

Workers Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 5e

Mar 28.05

Ven 31.05

Benjamin Britten Lille, Nouveau Siècle, 19h, 8/5e

Condor Gruppe Anvers, Trix Club, 19h, nc

Ozark Henry Gand, Culturell Centrum Vooruit, 19h, gratuit

Nothing But Noise Courtrai, Budascoop, 22h, 11/8e

Animal Collective... Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 25e

Mark Broom + Robert Hood + Pierre (Fuse) Anvers, Petrol Club, 23h, 18/14e

Zucchero Bruxelles, Forest National, 20h, 53/49/45e

Klangkarussell Anvers, Le Café d'Anvers, 23h, 17e

Mer 29.05

Dim 26.05 Jex Thoth Bruxelles, Magasin 4, 19h, 15/12e

Hawzi, Un Héritage Arado-Andalou : Twefik Benghabrit Lille, Opéra, 18h, 9/5e

Bonobo Lille, L’Aéronef, 20h, 16/11e Lindsey Stirling Lille, Splendid, 20h, 25.30e Dead Elvis & His One Man Grave + The Dead Poneymen + Thomas Schoeffler Jr Bruxelles, Magasin 4, 20h, 8e Emma Hallows + Nicolas Quirin Lille, La Rumeur, 20h, 3e BBC Scottish Symphony Orchestra Brugge, Concertgebouw, 20h, 50/39/28/17e

Soir de Navrance # 4 Lille, L'Aéronef, 19h, gratuit

Family of Dog + King Hiss La Louvière, Taverne du Théâtre, 20h, gratuit

CocoRosie Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 27/24e

We Are Toxic Lille, Maison Folie de Wazemmes, 20h, 3e

Kurt Vile & the Violators + Daughn Gibson Bruxelles, L'Ancienne Belgique/ AB Box, 20h, 19e

Teresa Salgueiro Bruxelles, L’Ancienne Belgique/ Flex, 20h, 28e

Jeu 30.05

Do Make Say Think Courtrai, De Kreun, 20h, 15/12/9e Daran + Jeronimo Huy, Atelier Rock, 20h, 22/18e

Lun 27.05 BB Brunes Lille, L'Aéronef, 20h, 27,50e Zucchero Anvers, Lotto Arena, 20h, 55/47/41e Megadeth Bruxelles, L'Ancienne Belgique, 20h, 33e Dark Dark Dark + North

Health + The Haxan Cloak Bruxelles, Magasin 4, 19h, 13,5e Trampled By Turtles Bruxelles, Le Botanique/ Rotonde, 19h, 16/13/10e Pierre Bastien + Pruvost/ Mahieux Duo Roncq, Ciné G. Philippe, 20h, gratuit Lindsey Stirling Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 28e Toto Bruxelles, Forest National, 20h, 62/57e Kanka + Flox + Son of Kick + Dub Invaders + Roots

The Ghost and You + Houndmouth Courtrai, De Kreun, 20h, 10/8/6e Civil Civic + Margaret Catcher + Marvin Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h, 5e Josh Rouse Anvers, Arenbergschouwburg, 20h, 10/8e Arno Douai, L’Hippodrome, 21h, 21/17/10/3e Dutch Floyd Verviers, Spirit Of 66, 21h, 12e Brigitte Bop + M26.7 Lille, Le Biplan, 22h, 6e Aril Brikha + Dj Delano Anvers, Le Café d’Anvers, 23h, 14/10e


le mot de la fin

114

The Dark Side Of The Moon (1973), Atom Heart Mother (1970), The Division Bell (1994), Ummagumma (1969), A Momentary Lapse Of Reason (1987), Delicate Sound Of Thunder (1988)

Storm Thorgerson nous a quittés à 69 ans. Son nom ne vous dit rien ? Pourtant, Led Zeppelin, Peter Gabriel, Paul McCartney, The Cranberries et surtout Pink Floyd ont fait appel à ce brillant photographe illustrateur. Considéré par ces derniers comme un membre du groupe à part entière, il a conçu leurs pochettes d'album les plus mythiques (voir ci-dessus). à visiter / www.stormthorgerson.com


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letsmotiv nord & belgique 85 - mai 2013  

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