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n掳05 / juillet - ao没t 2010 / GRATUIT

LYON Cultures et tendances urbaines


Sommaire Let’smotiv - juin 2010 #05

DJ Shadow © DR // Footballworld © Uche Okpa-Iroha // Marie-Claude Pietragalla © DR

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News

12 Sac de plage 18 Evènement Le Rock à Fourvière

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Portfolio Balder Reportage Les nouvelles routes de Memphis

40 Cinéma Mathieu Amalric

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City Guide Quatre capitales européennes

54 Spécial Festival La sélection des festivals de la région

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Mode Once upon a summersday / Peach

116 Exposition Passages, Matt Mullican, Costumes de scène... Agenda 126 Chroniques Livres, cd

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Le mot de la fin


Let'smotiv Lyon 5 place Louis Chazette - 69001 Lyon Tél : +33 482 53 05 71 - Fax : +33 482 53 05 70 redaction.lyon@letsmotiv.com Let’smotiv Lyon est édité par la S.a.r.l. Comme Ulysse Membre du réseau Let’smotiv Magazines Comme Ulysse, S.a.r.l. au capital de 5 000 euros RCS Lyon 518 308 879 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours Directeur de l’édition : Frédéric Blacher ASSISTANTE GÉNÉRALE : Adeline Marconnet Graphiste : Romain Noiry - www.ram-one.com Pub : Frédéric Blacher - frederic.blacher@letsmotiv.com

Ont collaboré à ce n° : Thibaut Allemand, Dominique Bastien, Faustine Bigeast, Loïc Blanc, Nicolas Blondeau, Richard Célèbre, Julien Costes, Audrey Hadorn, Guillaume Jallut, Marie Kubaki, François Lecocq, Hakima Lounas, Adeline Marconnet, Sandra Moisson, Clément Perrin, Aurel Rotival, Gallia Valette-Pilenko Couverture : Balder

Let’smotiv est une publication d’Urban Press, www.urban-press.com 18 rue des Couteliers - 31000 Toulouse Tél : +33 561 14 03 28 - Fax : +33 561 14 25 22 - info@urban-press.com Directeur de la Publication : Laurent Buoro Directeur du Développement : Loïc Blanc

Publicité Nationale : Stéphanie Ganet, +33 561 14 78 37 pub@letsmotiv.com

Rédaction : redaction@letsmotiv.com Rédacteur en chef : Nicolas Pattou Rédactrice en chef adjointe : Léa Daniel Secrétaires de rédaction : Carole Lafontan, Judith Oliver

Régie publicitaire : Proxirégie : salvatore@proxiregie.fr

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En bref…

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Mythique 60’s Après les Summer 70 et 80, Arte se confronte aux années 60, «  big-bang de l’industrie pop » selon l’inénarrable Philippe Manœuvre, hôte des soirées de l’été tous les jeudis soirs. Du 1er juillet au 26 août, la chaîne retrace l’effervescence de cette période. En musique, avec des docs consacrés à Janis Joplin, les Beatles ou le King Elvis. En cinéma aussi, avec les classiques américains American Graffiti et Grease. On remarquera que, pendant ce temps-là en France, si la musique pompait allègrement le modèle Outre-Atlantique (les yéyés), le cinéma se démarquait grâce à la Nouvelle Vague. ❥ www.arte.tv/summer

Label abeille

DR

BEE Records a dix ans. Activiste de l'électro pointue et festive, le label indépendant lyonnais essaime à la Guillotière pour deux après-midi de concerts gratuits fin juillet. L'occasion de faire son miel avec Paral-lel et Noone ou les plus récentes découvertes EBS ou Pierce Warnecke. Une ruche électro et responsable avec buvette équitable et système électrique à énergie solaire. Pour prolonger la fête, la compil des dix ans est disponible depuis mai dernier. Son titre ? BEE comme bucolic eclectic electronic. ❥ 30 et 31.07, place Aristide Briand, Lyon 3e, www.beerecords.com


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Impro graphique Sa mission, il l'a acceptée : réaliser cent affiches en cent jours. C'est le défi que le graphiste et illustrateur Tom Henni est en train de relever cet été. Une sorte de performance en accord avec l'événement pour lequel il réalise ces affiches : Spontaneous, le festival d'improvisation organisé par Et Compagnie pour la 6e année en octobre prochain. Chacune de ces cent affiches sera visible juste avant le festival dans toute la ville. ❥

http://tomhenni.fr

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© Polo Garat

© Tom Medwell

Hugolien

Puissant

Comme à son habitude, le patron du théâtre de la Croix-Rousse a présenté sa saison sur un coup de com'. Si l'on reste assez circonspect sur l'appellation « maison du peuple 2.0  », reconnaissons à Philippe Faure l'excellent choix de proposer uniquement des longues séries avec seulement dix spectacles (contre trente la saison dernière) et de programmer notamment le génial Laurent Pelly pour une adaptation de Victor Hugo : Mille francs de récompense.

Guy Darmet a conçu un véritable feu d'artifice pour la dernière Biennale qu'il dirige : Pina Bausch, Trisha Brown, Bill T. Jones, Alvin Ailey, Angelin Preljocaj, William Forsythe... Ils sont venus, ils seront tous là ! Parmi cette pléiade de stars, surveillons de près la compagnie du chorégraphe israélo-londonien Hofesh Shechter. Une danse physique, puissante, violente, à la fois lyrique et précise. Un univers spectaculaire et cinématographique.

www.croix-rousse.com

www.biennaledeladanse.com


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Endimanché L'île Barbe n'est certes pas Oléron, mais chaque dimanche de juillet y règne un air de vacances. Comme tous les étés depuis onze ans, la MJC Saint-Rambert voisine offre une programmation de musiques de tous styles, de l'afrobeat au folk flamenco argentin en passant par Ravel. Le milieu d'après-midi est réservé aux spectacles familiaux avec du cirque, des clowns et des jongleurs. Une agréable manière de profiter de juillet à Lyon. ❥ Les Dimanches de l'île Barbe, 11, 18 et 25.07, www.mjcstrambert.info

Partage d'essence Parcourir la France voire l'Europe pour ne rater aucun festival, c'est bien joli, mais si chacun prend sa voiture, l'écologie ne sera guère à la fête. Fort de ce constat, le site Covoiturage.fr propose un site gratuit pour que chaque festivalier profite de trajets déjà programmés. Vous choisissez votre événement, votre date de départ et vous voyez si un gentil automobiliste peut vous trimballer. Lyon – La Rochelle vous coûte par exemple entre 30 et 40 € par passager. ❥ www.agenda.covoiturage.fr

Écran total

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Quand le soleil daigne poindre son museau, quoi de plus agréable qu'une séance de ciné en plein air ? L'Institut Lumière renouvelle son été en cinémascope avec quelques classiques grand public (Gloria, Rashomon...) et des raretés (Les Désemparés de Max Ophuls et Grand'rue de Juan Antonio Bardem). L'association Les Inattendus sillonne le quartier de la Guillotière avec une programmation plus engagée (Not for sale, docu sur le profit immobilier) et plus exotique (Gamperaliya, film sri lankais). ❥ www.institut-lumiere.org www.inattendus.com


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Monstres Les deux plus importants théâtres du Grand Lyon ont dévoilé leur prochaine saison, avec au moins deux monstres sacrés : la sensualissime Béart au TNP et le mythique Trintignant aux Célestins. Au-delà des têtes d'affiche, les deux institutions fonctionnent par la profondeur de leur programmation et l'ambition de leurs directeurs-metteurs en scène. On reviendra donc plus particulièrement la saison prochaine sur les créations de Schiaretti et Stavisky. ❥ www.tnp-villeurbanne.com www.celestins-lyon.org DR

Camus mue L'Espace Albert Camus de Bron va enfin troquer sa moquette beigeasse et ses fauteuils marrons délicieusement vintage contre une salle en noir, gris et rouge. Un an de travaux est nécessaire pour remodeler la scène, les gradins et même le bar. Pendant les travaux, le spectacle continue hors les murs avec pas moins de treize lieux différents de représentations dans l'agglomération. ❥ www.ville-bron.fr

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Friche out Huit ans déjà que l'ancienne usine RVI fonctionne en friche artistique autogérée. 30 000 mètres carrés utilisés par une centaine d'ateliers de créateurs en tout genre dans une ambiance enthousiaste et bordélique. Las, le couperet institutionnel est tombé avec ordre d'évacuer le lieu fin juillet pour laisser place à un « projet urbain d'intérêt général ». Pour reloger les artistes, la Ville propose un lieu dix fois moins grand... et en septembre seulement. En août, les « frichards » n'ont qu'à partir en vacances dans le Luberon ! ❥ www.friche-rvi.org


Sac de

plage

Brisons

la glace Impossible de ne pas fondre à la vue de ces glaçons. Pas facile non plus de garder pour soi le refrain made in 80’s, susurré en son temps par l'immense Vanilla Ice. Dégelons donc l’atmosphère avec ce moule aux formes insolites. ❥ Design by Suck UK, 12€

Tempete dans les verres Passé maître en placement de produit, Mykita joue des coudes pour s'imposer dans l'âpre monde de la lunette de soleil. Son dernier exploit ? Habiller d'or le petit minois de Sarah Jessica Parker. Mais toute cette poudre aux yeux ne doit pas faire oublier que Mykita développe une esthétique doucement nostalgique qui colle bien à l'air du temps... ❥ www.mykita.com


Sur le gril ! En quelques années, le barbecue a réussi à se détacher de cette image un peu beauf' qui lui collait à la grille. Désormais, objet de convoitise, pris en main par des designers, il est le symbole de la belle saison. Dès que le mercure monte les sites spécialisés débordent d'accessoires en tout genre, d'ustensiles improbables : plaque à pizza à placer sur les braises, brasero portatifs... Même les marques les plus hype s'y mettent. Au premier rang desquelles Volcom avec ce splendide tablier multi-poches. Pour allumer tout ce qui bouge. ❥

Tablier Super Size BBQ set, 49€

Pas radin pour un son On l'a trouvé, le refrain entêtant de l'été. Une prodigieuse synthèse disco/rock signée Poni Hoax. Même mon chat sourd connaît le gimmick : Keep it coming, we are the bankers... ❥

Poni Hoax, We are the bankers, www.myspace.com/ponihoax

Physiologie des lunettes noires La couverture donne le ton. Au milieu d'une étoile clinquante, de jambes nues et de bottes de cuir, une paire de lunettes. Elles sont mythiques, on les a vues sur des nez d'acteurs, de dictateurs, de militaires ou d'auteurs. Elles nourrissent les imaginaires. Elles protègent : « tout devient formidablement apaisant à l'abri de verres fumés  ». Mais c'est parfois l'inverse : les filtres anti-UV ne laissent pas passer grand chose, créent de la distance avec le monde extérieur. Jérôme Leroy se montre tour à tour dandy, philosophe, justicier, historien, décalé, quand il s'agit d'ausculter ces lunettes noires, symbole futile et parabole d'aujourd'hui. Caustique. ❥ Jérôme Leroy, Ed. Mille et une nuits, 2010, 12€

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Mise au parfum Pharrell Williams est insaisissable. Quand il ne produit pas les albums mainstream de Britney ou de Justin, il engage des duos bien sentis avec Snoop. S’il ne fricote pas avec Takachi Murakami, il donne dans le textile ! C’est ainsi qu’à Tokyo, depuis 2007, la boutique Ice Cream de Pharrell Williams et de Nigo (A Bathing Ape) propose objets design et vêtements streetwear. Un univers fun, sucré et coloré qui fait saliver tous les jeunes Nippons. Cet été, les deux compères remettent le couvert avec une ligne so fresh, à consommer sans modération, et... à garder au frais. ❥

Chez Colette, 100€

Maxi addictif ! La sphère électro s'enorgueillit d'un nouveau duo : Discodéine aka Pilooski & Pentile  ! Singular, nouveau maxi sensuel, cérébral et hédoniste, s'écoute sans modération, sur les pistes humides des clubs (de bon goût) ou sur la plage. ❥ Discodéine feat. Matthias Aguayo, Singular, www.myspace.com/discodeine

Planche de salut Juin 2010, Laird Hamilton, véritable dieu des vagues est en visite en France. Sur la plateau du Grand journal de Canal+, il se jette à l'eau : « It’s bigger than surfing ». De quoi parle-t-il ? Du SUP évidemment, le Stand up paddle. Osant même la comparaison avec un vélo des mers, accessible et plus facile que le surf. Et il n'a pas tort. Véritable déferlante, le SUP rencontre un succès fou. Il a ses clubs, ses fans et ses équipementiers qui planchent chaque année pour glisser un peu de technologie dans leur résine. Le principe est simple. Il « suffit » de se tenir debout sur un surf très large et de ramer pour avancer. Les plus expérimentés s'aventurent aussi dans les vagues. ❥ Allround Fanatic Fly 2010 : 979€


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Fourvière on the rocks texte ¬ Aurel Rotival et Richard Célèbre - photo ¬ DR

Les Nuits de Fourvière se voient souvent reprocher leur éclectisme qui les empêcherait d'être un «  vrai  » festival. Entre Georges Lavaudant, Alain Souchon et Philip Glass, peu de points communs en effet. Mais s'il est un terrain sur lequel la manifestation fait preuve de cohérence depuis plusieurs années, c'est dans sa programmation rock. Après Massive Attack et REM en 2008, Blur et Antony & the Johnsons l'an dernier, 2010 est encore un grand cru avec quelques monstres sacrés plus ou moins fatigués (Iggy Pop et Mark Knopfler, les deux sold out). Avec surtout deux groupes actuels qui méritent largement le détour : The XX et The National.


Double nationalité

À la fois un et duel, The National constitue la meilleure nouvelle du rock adulte depuis Radiohead. Comme le quintette d'Oxford, celui de Brooklyn joue sur la longueur d'une carrière jalonnée d'albums denses indispensables à l'auditeur. Revue de détail en pair et impair.


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Deux villes, deux mondes. Cincinnati dont est originaire The National, est un bled de l'Ohio, état surtout réputé pour être clé dans l'élection majeure américaine. En 2008, Obama y remporte la primaire avant d'être élu président. Grâce au soutien inconditionnel du groupe ? New York devient la ville d'adoption de celui-ci au début des années 2000 et favorise sa créativité. « C'est une sorte d'obsession pour cette ville, son sang coule dans nos albums  », dit d'elle le chanteur Matt Berninger. «  C'est un festival géant tous les jours  », renchérit le guitariste Bryce Dessner. Identifié à la scène newyorkaise qu'il contribue à faire connaître avec la compilation Dark was the night, The National n'en oublie pas pour autant ses origines (Bloodbuzz Ohio sur l'album High Violet). Cinq égale un. Pas de leader revendiqué dans le quintette qui déclare que « ce que fait chaque membre n'est pas si important, mais c'est ce qu'ils font ensemble qui l'est incroyablement plus. » On est loin des formations dominées par une figure >


" Précise sans être précieuse, la voix de Matt Berninger est l'organe idéal du groupe. " charismatique à la Bono ou Robert Smith. «  On ne fait pas de solo pour faire le show, on donne tout pour le morceau, point barre.  » Pas de guerre d'ego donc comme chez les frangins d'Oasis, même si The National est aussi une histoire de frères. Deux fois deux. Bryce et Aaron Dessner d'un côté, Bryan et Scott Devendorf de l'autre, c'est la double fratrie qui compose le combo. Mais comme les trois mousquetaires étaient quatre, The National sont cinq avec le chanteur Matt Berninger. Pas trop dur d'être seul entre deux paires de frères ? «  On se dispute comme les membres d'une famille. On entretient de bonnes relations. » Tant de bonheur fait plaisir à voir. Et pourtant. Cinq albums. En dix ans de carrière et cinq opus, The National révèle la face sombre de son univers au long de morceaux entre les Smiths et REM, qui racontent le manque, le sentiment d'étrangeté, le regret ou la peur. Le tout élégamment chanté par Matt Berninger, dont les inflexions font autant songer à Bryan Ferry qu'à Lou Reed. Précise sans être précieuse, elle est l'organe idéal du groupe. Alligator 13 / Boxer 12. C'est le nombre de morceaux de chacun de ces albums, le premier de 2005, le deuxième de 2007. Précédés de deux autres LP, Alligator et Boxer marquent la révélation du groupe à un public plus large. L'un comme l'autre adoptent le même profil, alternant ballades folk et morceaux rock incandescents, séduisant moins sur une seule chanson que sur la longueur de l'œuvre même si Mistaken for strangers fait office de (quasi) tube sur Boxer. 2010. Cette année marque la sortie du cinquième album, High Violet, plus riche d'arrangements (25 musiciens additionnels !) dont Matt Berninger dit qu'il est leur « version de My Bloody Valentine. » La tournée qui s'ensuit passe par Lyon avec deux soirs à Fourvière. Directeur artistique de la nuit Brooklyn pour laquelle il convie les projets originaux de St. Vincent, nom de scène de l'aérienne chanteuse Annie Clark, Dirty Projectors et la légende soul Sharon Jones à qui Duffy et Amy Winehouse doivent tout, The National est le lendemain en tandem avec Vampire Weekend, autre sensation newyorkaise du moment versant pop sautillante. / ❥

NUIT BROOKLYN - 12.07, 21h, 27 € THE NATIONAL + VAMPIRE WEEK-END - 13.07, 21h, 27 € Grand théâtre de Fourvière, Lyon 5e, 04 72 32 00 00, www.nuits-de-fourviere.org


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événement |

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Rois du

silence Le buzz monstrueux et assourdissant qui accompagna la sortie de l’album de The XX n’est en rien représentatif de leur musique. Tout de noir vêtus, cachés derrière leurs mèches et le regard penché vers leurs Doc Martens, les quatre Londoniens prêchent plutôt le romantisme timide, le dépouillement, la lenteur épurée et l’économie d’à peu près tout, mots, images, structures… Toutefois, malgré cette froideur apparente, l’enchaînement méthodique et minimaliste des notes se met à dégager une chaleur intense. L’atermoiement laisse place à une puissance retenue qui, toute en subtilité et en discrétion, se situe ailleurs que dans le charisme ou la rage. Les voix pourtant neurasthéniques de Romy Madley Croft et Oliver Sim se répondent, se mêlent, s’éloignent, se rapprochent et se réchauffent. Masculin féminin, noir et blanc, elles sont le calme avant la tempête. Sur scène, le groupe fait front. Aligné, les visages dans l’ombre, le quatuor parvient à donner à sa musique toute sa dimension atmosphérique. Cette discrétion qui fait le charme du groupe lui a souvent été reprochée. Certes, The XX n’inventent rien, même si leur musique ne sonne comme rien de connu. Ils transcendent et digèrent leurs influences, pour finalement ne ressembler qu’à eux-mêmes. Le son des Londoniens ne mérite pas cet engouement, il est fait pour le bouche-à-oreille, pour être murmuré. Comme au bon vieux temps. / ❥

THE XX - 18.07, 20h30, 28€ Grand théâtre de Fourvière, Lyon 5e, 04 72 32 00 00, www.nuits-de-fourviere.org


Balder portfolio |

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L'art et la matière Dessin, collages, pochoirs, typographie // Picardie, France // http://maximusbalder.blogspot.com

Artiste français né en 1973 dans le Nord de la France, vivant aujourd'hui en Picardie, ayant étudié les arts appliqués, le graphisme, la typographie, la communication ou encore les couleurs et ayant abattu ses premières cartes en agence de pub... je suis  ? je suiiiis..  ? Baaaaalder, bien sûr  ! Ça, c'est pour le curriculum vitae façon Julien Lepers. Mais l'essentiel n'est pas là. Ce qui caractérise cet artiste hors normes dépasse son origine sociale ou son parcours professionnel. Sa sensibilité, ses expériences, ses goûts et ses aspirations tiennent en trois mots : la rue, la rencontre et le dessin. La rue s'offre comme un terrain de jeu inépuisable pour Balder qui trouve


texte ¬  Carole Lafontan

là son inspiration et sa matière première (papier, affiche, kraft...). Derrière chaque œuvre se cache un portrait, fruit d'une rencontre que l'artiste traduit par le dessin sur son carnet de croquis avant de l’associer à un support (toile, bois, carton, métal, mur...). « Je suis un réfugié et le dessin est ma terre d'asile », écrit Balder, non sans poésie. Viennent s'ajouter à cette bienveillante trinité un goût affirmé pour le détail, son meilleur atout pour transcrire une émotion, une histoire. Et surtout l'irrépressible besoin de laisser un témoignage sur nos villes. À déchiffrer, à la lecture de chaque fragment de ses créations (collage, jeux de lettres, effets de matières...). /


texte ÂŹ Julien Costes - photos ÂŹ Laurent Moynat

Le nouveau western

Festival de Mirande

reportage | 32


Une porte de saloon claque. Bruit de bottes sur le parquet. L’homme empoigne un tabouret, pose son Stetson sur le bar et commande un verre de… pastis ! Eh oui, nous ne sommes ni dans le Far West, ni à Nashville mais bien dans le Gers. Au Festival de country music de Mirande, le plus grand rassemblement du genre en Europe. Comme chaque année, ils sont venus de toute la France pour danser en ligne et se rêver en Charles Ingalls, Nellie Olson ou Docteur Quinn. En selle, partons à la conquête du grand Sud-Ouest pour savoir qui porte le chapeau.

T

out le monde s’amuse en ce 14 juillet 2009. Les talons et les Stetson tournoient au rythme des nouveaux standards country. Les danseurs en lignes connaissent par cœur la chorégraphie, ponctuant leurs mouvements d’un jovial « Hiii ha  ! ». Drôle de scène qu’on croirait tout droit sortie d’un western. À ceci près que cette foule de cow-boys & girls déchaînés semble galoper après des souvenirs d’enfance, ou, du moins, après l'image d'une Amérique idéalisée. Car ce festival, sur fond de danses en cravate texane et santiags, de belles voitures et de reprises d’Elvis, embrasse généreusement deux siècles de culture et de mythes américains. Réceptacle de toutes nos projections et fantasmes, il a le don de mettre tout le monde d’accord. Du fan de Harley arborant un T-shirt avec Johnny aux aficionados de western.

L’esprit de corps Il faut dire que l’effet de groupe a quelque chose de jouissif. « On danse tous ensemble, en osmose, c’est l’échange, le partage ! », se réjouit ainsi Pierre, professeur à la retraite. Il l’est encore plus quand il est doublé d’une forme de travestissement. Vous trouvez ça régressif ? Bertrand, éleveur en Gironde, lui, assume complètement  : « Certains se moquent. C’est… c’est vrai qu’on joue au cow-boy, mais quand je vois le nombre de personnes qui se déplacent, je me dis qu’il y a vraiment un mouvement. Et puis on rencontre des gens, c’est convivial. Il y a un vrai état d’esprit, on vit la country. » L’arrivée de la cavalerie Du fin fond des États-Unis jusqu’à nous, cette véritable traversée des âges et des cultures n’a pris son réel essor en Europe qu’à l’aube des années 90. >


En surfant sur le succès des soirées du Billy Bob’s Saloon d’Eurodisney, en Seine et Marne, quelques passionnés de danse montèrent les tout premiers clubs de danse country, ou line dance. Puis tout s’enchaîna très vite. Soirées à thèmes, festivals (celui de Mirande fut l’un des pionniers en 1993), concours de danse et clubs essaiment et connaissent un succès croissant. Quinze ans plus

tard, on recenserait 3 millions de « step dancers »… Et tout s’accélère encore depuis trois ou quatre ans : une cinquantaine de festivals, plus de 600 clubs dans le pays et environ une dizaine qui se monteraient chaque mois… On a tous quelque chose en nous... Cet engouement s’explique en partie par les souvenirs télévisuels


du public, plus proche des 40-60 ans que des 20-30 ans. Il faut dire que dans les années 60-70, dans l’Hexagone, les héros n’avaient pas d’arme fatale et ne volaient pas les banques via Internet. Ils portaient un colt et traversaient l’horizon à cheval dans des westerns multidiffusés. Cette imagerie hollywoodienne, relayée par toute une génération d’artistes yé-yé, tels Johnny

Hallyday, Eddy Mitchel, Dick Rivers, mais aussi Sacha Distel ou Joe Dassin, a influencé les premiers fans de country music. Nombre de standards ont été adaptés, devenant des classiques de la variété française («  Marie-Jeanne  » de Joe Dassin est une reprise de «  Ode To Bille Joe  » de Bobbie Gentry !). Puis, à la fin des années 70 et au début des années 80, les séries >


télévisées, de La Petite Maison dans la Prairie (la marraine du Festival de Mirande 2010 sera d'ailleurs Alison Arngrim, alias Nellie Olson !) à Shérif, fais-moi peur, en passant par Dallas, achèvent de revisiter cet Ouest américain débordant de sueur, de sable et de – plus ou moins – bons sentiments.

L’art et la bannière Sous la tenue, l’on croise des gens de tous horizons. Du cadre sup' à l’ouvrier, de l’apprenti cuistot au couple de jeunes retraités, du policier en goguette au Hell’s Angel cherchant – encore et toujours – sa cause, en passant par les membres du fan-club de la série Dallas. Tous sont réunis sous la bannière étoilée. Là, pas de rivalité ni d’autre enjeu


que celui de briller sur la piste. Ils sont tous prêts pour l’édition 2010, qui a lieu du 13 au 18 juillet et dont le programme est plus consistant que jamais : 80 concerts, un show moto, un truck show, un rassemblement de voitures US vintage,

les élections des miss et mister Country, des concours de danse et même… de pétanque ! Gageons qu’un jour les Texans se passionneront de boules, mais joueront-ils à la lyonnaise ou à la marseillaise ? L’avenir nous le dira. /

Festival de country music de Mirande Renseignements et réservations : www.country-musique.com


Mathieu Amalric TournĂŠe


cinéma |

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propos recueillis par ¬ Thibaut Allemand photo ¬ Nicolas Guérin

«  Ça vous dérange si on va dans la cour  ? On pourra cloper tranquille ». Dix heures tapantes, Mathieu Amalric poursuit sa Tournée. Pour présenter son film homonyme, racontant le voyage insomniaque d’un producteur français, Joachim, entouré d’une troupe de danseuses new burlesque. Ce long-métrage lui tient à cœur et aux tripes. Passionné, Amalric ne se livre qu’au détour d’une phrase, évoque le mystère de l’inspiration ou le travail du montage. Se profile, au cours de la conversation, une véritable leçon de cinéma, oblique et décousue.

Comment est venue l’idée de ce film ? D’un article, dans Le Monde d'Elizabeth Lebovici, une journaliste qui sait raconter les histoires. Elle relatait un spectacle new burlesque qui avait lieu au Zèbre de Belleville. L’article était accompagné d’une photo. Philippe (ndlr : Di Folco) et moi avons décidé de projeter une histoire sur ces visages, ces corps… Avant cela, je ne savais pas du tout que ça existait, le new burlesque ! Mais les photos et sa


cinéma |

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description évoquaient quelque chose de politique, qui ne passait pas par le discours, mais par l’humour, l’outrance, quelque chose de contagieux. Toute l’histoire découle donc d’un article et d’une photo ? Non. Il y a eu un autre événement. Ce fut le suicide, en 2005, de Humbert Balsan. On ne se rend pas bien compte, mais ce fut un électrochoc dans le milieu du ciné indépendant. C’était un grand producteur, un type extraordinaire. Je me souviens en avoir discuté avec Paulo Bronco au téléphone. J’avais ces photos sous les yeux et… tilt ! Un film, ça part de rien, en un quart de seconde.

Vous avez alors fait des recherches sur le new burlesque ? J'ai été voir la troupe du Zebre à Nantes. C’est très violent, cette audace, cette énergie… Elles sont comme à l’écran. Entre leurs numéros, elles se baladent au milieu du public, boivent du champagne et veulent regarder le show de leurs copines... Derrière cette exubérance, on sent que ça ne doit pas être facile tous les jours. C’est ce qui m’a touché. Quel est le rôle dramaturgique des numéros des filles, parfois filmés in extenso ? Ce ne sont pas des parenthèses, comme dans les comédies musicales. Nous voulions que les émotions soient vécues et montrées, soit par les filles elles-mêmes, soit par les gens qui regardent depuis les coulisses, ou encore par Joachim, qui est sans cesse sur le départ.

« Les numéros des filles ne sont pas des parenthèses, comme dans les comédies musicales ». Balsan et Bronco ont-ils d’ailleurs inspiré le personnage de Joachim ? Oui. C’est un mélange entre Paulo, Balsan, Jean-Pierre Rassam, Robert Evans, Jean-François Bizot… Tous ces tarés qui sont prêts à hypothéquer leur maison pour qu’un film se fasse, à jouer leur dernière somme au casino pour boucler un budget… Paulo l’a fait ! Je crois qu’il est vraiment là, le geste artistique.

Vous qui clamez toujours faire l’acteur par défaut, et désirez avant tout être réalisateur, vous tenez le premier rôle… C’est vrai. Mais ce n’était pas prévu. Votre film nous plonge dans une tournée sans déboucher sur une véritable fin. Ça donne un côté flottant à votre film. Est-ce volontaire? Flottant, je ne sais pas. Il fallait tout de même que Joachim soit sans cesse dans la course, pour arriver à l’apaisement final. On s’est débrouillés pour cacher le scénario, les chevilles. Dès le départ, on


s’est concentrés sur un segment de tournée. Sinon, on montrait quoi ? Générique, l’avion atterrit, la troupe arrive, on commence, ça finit et tout le monde s’en va… Autrement dit, il n’y a pas vraiment d’intrigue… Jean-Claude Biette, (ndlr : critique aux Cahiers du Cinéma) disait : « Plus il y a d’intrigue, moins c’est intrigant.  » C’est vrai qu’il ne se passe rien, dans ce film. Mais j’ai un goût pour ça. C’est le montage qui donne le rythme : on a ôté tous les moments de vie pure, de contemplation… En virant l’aspect documentaire. Etes-vous fatigué de cette comparaison avec Meurtre d’un Bookmaker Chinois (réalisé par Casavettes en 1976) ? C’est totalement assumé : Joachim se prend pour le héros du film, Cosmo ❥

Vitelli. Parce que ça lui plait de se balader avec des nanas, de porter des costumes à la con, de fumer pour faire comme dans les films américains. Et dès qu’il a un truc important à dire, il prend le micro, comme Cosmo l’aurait fait, avec une voix de crooner… Il frime parce qu’il a peur. Philippe a écrit des tirades démentes pour ces moments-là. Est-il question ici de se créer une nouvelle famille ? Tout à fait. C’est ce que j’avais en tête : le vieux producteur est une sorte de parrain, il a un ami à Paris qui n’est pas son frère, mais… Enfin, tout ceci, ce sont des familles temporaires… C’est comme un tournage  : un précipité de vie très intense, durant un mois et demi, c’est très intime… et puis c’est fini ! On enchaîne avec une autre famille. /

Tournée de Mathieu Amalric, avec Miranda Colclasure, Suzanne Ramsey, Linda Maracini… Sortie le 30.06, www.tournee-lefilm.com


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_ Lisbonne

_ Madrid

Aux 4 coins de l'europe

bars restos hôtels clubs shops festivals lieux culturels

De l'échoppe design à Amsterdam aux afters de Lisbonne, des bodegas de Madrid aux boutiques vintage de Vienne, Let'smotiv a exploré pour vous quatre capitales européennes. Aux circuits touristiques, nous avons préféré les chemins de traverse empruntés par les connaisseurs. Ceux qui permettent de prendre le pouls de la ville. Vous voulez boire un verre  ? Improviser une soirée après un concert ? Visiter des endroits insolites ? Suivez le guide !


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_ Amsterdam

_ Vienne

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Amsterdam Lisbonne Ville circulaire, agencée comme une toile d’araignée, Amsterdam est une des rares capitales où il fait bon se perdre. Où que vous vous trouviez, l’eau guide vos pas. De ponts en canaux, de façades en ruelles, de quartiers historiques en quartier rouge. En selle !

Chargée d'histoire et de tradition, mais résolument tournée vers l'avenir, la cité sise sur la rive droite de l'estuaire du Tage a de bons atouts à faire valoir : accueillante, festive et relativement bon marché, Lisbonne s'impose comme une destination « bué fixe »*! * bien cool

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Madrid

Vienne

Métissée par nombre peuples conquérants, Madrid est la ville de tous les paradoxes. Entre calme matinal et effervescence nocturne, écrins patrimoniaux et modernisme débridé, elle offre aux aficionados bien chaussés un riche parcours culturel et gastronomique.

La valse, le chocolat. Au-delà de ça, Vienne reste méconnue, voire décriée. Certes, palais et églises ont un style baroque débordant. Mais cette capitale offre un visage contemporain séduisant, de lieux culturels en bars branchés, de folie imaginative en démesure créatrice. Visite.


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Amsterdam

01 © Pieter Stigter

Amsterdam International Fashion Week C'est pas le genre de Let'smotiv de se pâmer devant les gravures de mode. Encore moins de conseiller à ses lecteurs d'arpenter des podiums élitistes. Alors vous imaginez bien que si l'on vous recommande cet événement amstellodamois, c'est qu'il y a une raison. Plusieurs, même. D'abord, en matière de mode, Amsterdam partage avec Anvers une jouissive irrévérence par rapport aux codes établis. Une folie douce qui se manifeste dans des créations avant-gardistes, des collections sculpturales et des défilés complètement barrés. Mais c'est surtout qu'à côté des podiums réservés aux professionnels et aux porte-monnaies garnis, la Fashion Week s'invite « downtown », soit dans la rue. Défilés dans les lieux publics, portes ouvertes d'ateliers de confection, soirées à thèmes (vêtements comestibles, antifashion party, carnaval du massacre, chapeau-chapeau...), expositions de photos, parcours dans des échoppes de créateurs... C'est pas à Paris ou Milan qu'on verrait ça. Prenez par exemple un lèche-vitrine dans le quartier rouge, où quelques créateurs ont posé leurs machines à coudre. Avouez qu'il y a de quoi réconcilier certains hommes avec la mode ! Que les plus prudes se rassurent, les canaux et musées affichent une programmation bien plus sage voire carrément savante (conférences sur l'architecture et la mode...). Bref, un événement à contre-courant. ❥ du 9.07, dès 17h, au 18.07, 20h, Maison de Bonneterie, World Fashion Centre Amsterdam, De culinaire werkplaats, divers parcs et musées. Prix variables. Prog complète sur www.amsterdamfashionweek.com/downtown


Trouw Amsterdam

Wibautstraat 127 www.trouwamsterdam.nl

On aurait pu vous parler du Melkweg, mais vous n'avez pas besoin de nous pour découvrir cette célébrissime laiterie convertie en boîte de nuit. On a préféré vous orienter vers le Trouw Amsterdam, plus underground. Niché dans une imprimerie désaffectée, ce lieu agencé © Giona de Bruijn, Trouwamsterdam project par l'architecte Müller Van Tol change sans cesse de visage. Resto apprécié des artistes, lieu d'expo alternatif, il devient piste de danse le soir (cessions DJ/VJ). Jugez plutôt le programme (www.trouwamsterdam.nl). Si vous passez en juillet, vous y verrez un live de Toro y Moi...

Frédéric Rent a Bike Brouwersgracht 78 www.frederic.nl

Ah charmant Frédéric! Cet attachant amoureux du français saura vous guider parmi son large choix de vé© DR los (10€/j en location, sans pub, typiques) et vous indiquer, sans compter son temps, les bonnes adresses du cru. Mieux ! Il peut vous dégoter, dans son carnet d'adresses, des super plans d'hébergement. Dans une péniche, chez l'habitant... définitivement insolite.

Café brun

Stubbe's Harring

Canal Singel, sur le pont de l'Haarlemmerstraat

L'idée d'un bon rollmops ou d'un sandwich à l'anguille fraîche n'a beau pas séduire tout le monde, c'est un moyen imparable de se préparer l'estomac avant une soirée alcoolisée. N'importe quel Amstellodamois vous le dira : le kiosque à Poissons est une étape obligée. Surtout celui-là !

Keizersgracht 157, +31 20 626 41 91, www.arendsnest.nl

Alternative authentique aux coffee shops, les cafés bruns sont une véritable institution néerlan© DR daise. Pas moins enfumés que leurs célèbres confrères, ces petits troquets intimistes méritent pourtant le détour. Histoire de rencontrer des habitués, et de goûter une de ces fameuses bières brunes qu'affectionnent tant les Amstellodamois (Et l'on s'étonne qu'ils filent pas droit à vélo !). Le ´t Arendsnest, café sis dans le joli quartier de Jordaan, propose ainsi plus de.... 350 mousses locales et quelque 250 variantes de saison. Gare à ne pas tomber le nez dans le canal en sortant !

Coffee shop Au risque de briser vos fantasmes sur l'usage des drogues douces aux Pays-Bas (on vous entend déjà chanter « ce pays de la tolérance »), les coffee shop ne sont pas très appréciés des Néerlandais. Qui préfèrent fumer leur bedo chez eux, voire pas fumer du tout. Mais on ne voudrait pas vous décourager de vous encanailler. Alors autant vous orienter vers l'un des vainqueurs de la cannabis cup, comme le charmant Greenhouse Namaste (waterlooplein 345) ou le célèbre Green House Centruum (Oudezijds Voorburgwal 191).

© Robaard/Theuwkens

Fondation Droog Design

Staalstraat 7b. Droogdesign.nl

Berceau du collectif de designers du même nom, la fondation Droog n'est pas une vulgaire boutique de meubles. À mi-chemin entre musée (quelle collection !), galerie et conceptstore, elle donne à voir des centaines d'objets, dont l'humour engage une vraie réflexion sur la consommation et la récup! À visiter sans modération.


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Lisbonne

© DR

02 © Jimi Eye

Festivais de verão Durant l'année, les Portugais observent souvent de loin les tournées des groupes internationaux. De nombreux artistes négligent leur capitale… Mais, heureusement, deux festivals d'été offrent une belle session de rattrapage. Le premier à dégainer c'est l'Optimus Alive, qui, du 8 au 10 juillet, accueille le meilleur du rock des années 1990. Faith No More, Pearl Jam, Alice in Chains ou encore Deftones... n'éclipsent cependant pas la présence des plus récents Kasabian, The XX, Gossip ou Gogol Bordello. Ni la coloration électro que donnent au festival Simian Mobile Disco, Boys Noize, Crookers, Tiga ou La Roux. Au total, 62 groupes se partagent l'affiche, pour le plus grand plaisir des Portugais, pas peu fiers de retrouver quelques gloires locales (Moonspell, Mão Morta ou encore Buraka Som System) se mêler aux formations internationales. Le SuperBock SuperRock s'installe quant à lui à Sesimbra en bord de mer, à 30 km au sud de Lisbonne pour 3 jours également (du 16 au 18). Comme pour s'adapter à ce cadre idyllique, le chaloupant line-up prend une connotation résolument plus pop (Vampire Weekend, Hot Chip, Empire of the Sun…) et soul (Sharon Jones, Mayer Hawthorne, Jamie Lidell…). Avec en tête d'affiche, Prince  ! ❥

www.optimusalive.com, www.superbocksuperrock.net


Museu collection Berardo et Centro Cultural de Belém

Praça do Império – Départ de Cais do Sodré. - Aut. 15E

Dans le quartier touristique de Belém, entre le monument des découvertes et le monastère des Jerónimos, l'on aperçoit l'imposante enceinte de pierres du centre culturel. Un ensemble architectural aux dimensions outrancières, qui abrite une scène et des salles d'exposition. En plus des riches collections permanentes (Dali, Warhol, Miró ou Picasso), le centre culturel propose régulièrement des expositions thématiques. Entrée gratuite.

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Le tramway N°28

Clubs :

Praça Luis de Camões.

Datant du début du XIX siècle, c'est un véritable voyage dans le temps auquel vous convie le fameux n°28. À destination d'Alfama, plus ancien quartier de la ville, berceau du Fado et dominé par le Castelo São Jorge, l'antique tramway jaune aux banquettes en bois bringuebale dans les étroites ruelles en pente, rasant parfois les murs et offrant au passager un parcours inoubliable.

• Music Box - Rua Nova do Carvalho 24 • Lux - Cais da Pedra • Europa - Rua Nova do Carvalho 22

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Mude

Rua Augusta 24 Baixa Chiado

Ouvert au public depuis avril 2009, le Musée de la Mode et du Design se visite gratuitement. Au rez-de-chaussée, une collection permanente passe en revue les éléments marquants du XXe siècle entre créations de Coco Chanel, J.P. Gaultier, Vivienne Westwood, Le Corbusier ou Azzedine Alaïa. Au premier étage, un focus particulier sur une tendance, un décennie ou un créateur.

Rock ou dance-floor electro, © DR Lisbonne aura de quoi vous ravir. Côté club, on privilégie le tout récent Music Box qui programme depuis 2 ans les concerts les plus pointus et précurseurs. Côté boom basse, il faudra vous rendre au Lux qui pour sa part invite pointures locales et internationales. D'attaque pour l'after ? Alors, rendez-vous à l'Europa pour bien débuter la journée.

Le Bairro Alto

Multi-culturel :

Quartier aux deux visages. En s'y promenant de jour, on se croirait dans un paisible village. Mais, ne vous fiez pas aux apparences  ! Car plus tard c'est bien ici que se retrouvent les noctambules pour démarrer la soirée. De nombreux restaurants de cuisine traditionnelle ou exotique, mais surtout une soixantaine de bars ouvrent leurs portes et accueillent touristes et Lisboètes. Fado, Rock, Bossa, electro... il y en a pour tous les goûts.

Chaque quartier a son lieu associatif où se croisent les disciplines. Le Chapitô destiné aux arts vivants, jouit d'un restaurant terrasse agréable. Braço de Prata est une ancienne fabrique d'armes qui accueille aujourd'hui une multitude d'actions culturelles, expos, concerts et théâtre. Enfin, le Crew Hassan est un haut lieu de la musique alternative lisboète. 

• Chapitô - Costa do Castelo 1 • Frabrica - Braço de Prata • Crew Hassan - Rua Portas S. Antão 159

Les Miradouros La ville aux 7 collines offre de nombreux points de vue appelés ici Miradouro. Notre favori, celui de São Pedro de Alcântara, relie les quartiers du Príncipe Real et du Bairro Alto et livre au regard une partie agréable de la ville. À droite le Castelo São Jorge, en contrebas la grande avenue de la Liberté. De plus, un charmant jardin permet d'y faire une pause ou prendre un rafraîchissement dans l'un des deux kiosques.


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Madrid

Molina et Montoya © DR

03 Erykah Badu © DR

Veranos de la Villa Célébrant, depuis 25 ans l’arrivée de la saison estivale, les « Veranos de la Villa » sont un festival pluridisciplinaire qui rythme la vie madrilène du 29 juin au 22 août. Deux mois de spectacles variés en plein centre-ville, soit pas moins de 180 rendez-vous mêlant musique, théâtre, danse, cinéma et opéra. Bien sûr les concerts se taillent la part du lion, avec pour la seconde année consécutive, le nouvel espace scénique de Puerta del Ángel qui agit comme une grosse machine à remonter le temps : Patti Smith, The Wailers, Nina Hagen, Herbie Hancock, Roger Hodgson… Il faut croire que la nostalgie a de l’avenir ! Swinguant entre soul et jazz, les divas Erykah Badu, Natalie Cole ou Diana Kroll répandent leurs volutes de soie sur les 14 000  m2 du parc, tandis que les Jardins de Sabatini abritent le folklore local. Spectacles de flamenco et de fado (Molina et Montoya, Enrique de Melchor, Carlos Do Carmo ou Arcángel), typiques représentations de Zarzuela, l’opéra-comique espagnol.... « La del Manojo de Rosas » rend ainsi un hommage potache au Madrid républicain des années 30 à travers Paso doble, chotis, habanera et farruca. Enfin l'Auditorium de la Musique du Parc Tierno accueille les jeunes groupes émergents. Une belle occasion de découvrir la scène locale. ❥

jusqu'au 22 août, Puerta del Ángel, http://veranosdelavilla.esmadrid.com


La Promenade de l’art - Círculo de Bellas Artes Sur 2 km à peine, sept siècles de chefs-d’œuvre artistiques vous contemplent. En effet, entre le Cercle des Beaux-Arts (Alcalá, 42) et ses salles d'expositions toujours attentives à l’avant-garde et le Jardin Botanique (Plaza de Murillo, 2), avec ses 30 000 espèces végétales, on trouve la plus belle concentration © Boris Mikhailov d’établissements culturels au monde. Si le Musée Thyssen-Bornemisza, Le Prado et le Musée Reina Sofía sont incontournables, n’oubliez pas de passer à La Fábrica (Alameda, 9), maison d'édition-galerie d'art qui organise chaque année le festival de photographie PHotoEspaña.

Zombie Bar Calle Del Pez, 7

Le Zombie Bar est le dernier rejeton de l’intense vie nocturne de Malasana. L'espace, accueillant et contemporain, attire une clientèle bigarrée, mixant faune trendy et riverains. L'établissement propose un petit déjeuner goûteux et une carte des boissons éclectique. On retrouve à l’arrière du bar le Zombie Burger aux allures de restaurant américain. Ici, vous pouvez vous adonner à vos penchants pour la junk food en baignant dans l'art urbain.

Gaudeamus Café Calle de Tribulete, 14

© Eva Ro

Installé sur les hauteurs d’un immeuble côté, il offre une vue panoramique sur le quartier le plus coloré de la ville. Ses plats traditionnels, à la carte, sont préparés avec des produits issus du marché local, donc de première qualité. En été, il propose des soirées dignes de la movida, très hype, tandis qu'en journée, sa terrasse est une incitation au farniente.

Paulino de Quevedo Calle de Jordán 7

Protégé par ses murs épais, ses hauts plafonds et ses planchers rustiques, ce bar-tapas typique n’oublie pas d’être à la page grâce à son mobilier design. Appréciés debout, au bar ou sur une table haute, les vins du terroir accompagnent une multitude de snacks créatifs, qui, chauds ou froids, relèvent du savoir-faire gastronomique. Tarte poireaux crevettes, croquettes de champignons à la purée de poire ou anchois à la gelée de tomate, voici quelques unes des douceurs qui vous attendent dans ce lieu captivant.

© DR

Hôtel Urban

Carrera de San Jerónimo, 34

Dans un quartier chamarré investi par les bobos, l’original Hôtel Urban déploie son architecture d’avant-garde signée Carles Bassó. L’intérieur art-déco mêle avec brio patrimoine et modernité. Après avoir admiré une impressionnante collection d'œuvres du XIXe, de la Nouvelle Guinée à l’Égypte, l'on découvre ainsi, stupéfaits, le système sophistiqué d'illumination des chambres, qui s'adapte à notre humeur...

Mercado de la reina Calle de la reina, 16

© DR

Une nouvelle oasis gastronomique au cœur de Madrid dans la Gran Via. Ce restaurant élégant est une ode aux saveurs traditionnelles de la région. Vous découvrirez le goût authentique des poulpes grillés à l'huile d'olive ou du croustillant de cochon, tout en regardant le personnel s’afférer dans la cuisine ouverte. La nuit venue, descendez au Club Gin, chill-out confortable à l’ambiance musicale jazz & soul. Là, le gin règne sans partage avec une sélection de plus de 20 marques de prestige.


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Vienne

Peaches © DR

LCD Soudsystem © DR

FM4 Frequency Festival Organisé par la radio de service public autrichienne, spécialiste des musiques actuelles (un équivalent du Mouv' en quelque sorte), le Frequency fête sa 10e édition. Avec, pour nouveau cadre, Sankt Pölten, une ville typique du baroque autrichien, à quelque 60 bornes de Vienne. L'édition 2009 affichait un line-up monstrueux avec Prodigy, Bloc Party, et surtout Radiohead. Cette année, en tête de gondole, on trouve Muse et Massive Attack. Une affiche ronflante, mais à double tranchant : Muse n'est pas Radiohead malgré ses efforts d'imitation et Massive Attack foire un concert sur deux. On mise donc volontiers sur les « seconds couteaux » : l'électro-pop de La Roux, LCD Soundsystem et son glamrock électronique, le set queer de Peaches ou la noirceur incandescente de Black Rebel Motorcycle Club. Au rayon punk, on a l’embarras du choix, entre les Californiens de Bad Religion, Gogol Bordello, dans un style plus gipsy, ou encore les légendes ska The Specials. S'il vous reste des forces, le Frequency propose un programme de nuit avec notamment Paul Kalkbrenner ou l'extravagant Deadmou5. ❥ du 19 au 21.08, St Pölten, Green Park, pass 129e, www.frequency.at


Vintage Flo

4e arr, Schleifmühlgasse 15a www.vintageflo.com

Passer son été à Vienne n'oblige pas à porter le Dirndl (robe bouffante féminine) ou la Lederhose (culotte de peau masculine). Rendez-vous plutôt chez Flo, prêtresse du vintage. Des robes Charleston aux créations des années 80, ces plus de 5000 modèles inspirent les stylistes actuels les plus cotés (Stella McCartney ou Marc Jacobs) comme les productions ciné et télé viennoises.

© Ali Schafler

MuseumsQuartier

7e arr. Museumsplatz 1 - www.mqw.at

Impossible d'aller à Vienne sans faire une halte au MQ, qui rassemble le Musée Leopold (nombreux Schiele), le Musée d'art moderne (pop art, Fluxus et actionnisme viennois) et la Kunsthalle (cet été deux expos d'art urbain : Keith Haring, Basquiat). Mais le MQ, c'est aussi pléthore de boutiques, restos et bars avec des terrasses qui côtoient une installation de sièges géants Enzis, chaque année de couleur différente. © DR

Pratersauna

Palffy Club

Josefsplatz 6, www.palffyclub.at

Waldsteingartenstraße 135 www.pratersauna.tv

L'enfant Mozart s'y produisit en public bien avant la première représentation de ses Noces de Figaro. Aujourd'hui le palais Palffy est un club et bar lounge sur deux niveaux. Le luxe superlatif y est de mise : on peut boire 700 variétés de spiritueux sous un lustre de douze mètres de long, serti de 80 000 cristaux Swarovski, avant de se livrer à quelques chorégraphies agitées sur le dancefloor.

Construit en 1965, le Pratersauna est désormais un endroit culturel et festif : bar branché, restaurant, boîte de nuit et lieu dont l’expression artistique se niche jusque dans ses toilettes. Comme lors du Sanitary tatoo, intervention plastique du collectif AAA. L'été, l'ancien bassin extérieur du sauna se transforme en piscine au bord de laquelle il fait bon boire un verre et danser.

© DR

Phœnix Supperclub

7e arr., Lerchenfelder Straße 35 Tél. +43–660–746 36 49 www.phoenix-supperclub.com

© DR

L'ancien cinéma Phönix arbore aujourd'hui un blanc immaculé et une nuée de canapés hyperboliques dans lesquels les Viennois branchés se font masser. Nonchalamment. En admirant des spectacles visuels ou musicaux et en dégustant des créations culinaires extravagantes. Lumière, son, goût, tout vise à transformer ses bacchanales post-modernes en expérience sensorielle totale. Réservation obligatoire.


special

festivals Dossier

été

Sommaire Ain

Les Temps chauds | Musique Jusqu'au 24.07

Swing sous les Étoiles | Musique

Du 2 au 8.07 - Miribel

Cuivres en Dombes | Musique

Du 23 au 30.07

Woodstower | Musique Du 3 au 5.09 - Miribel

Ardeche

Cordes en ballade | Musique

Du 2 au 14.07

Festival de la Chabriole | Musique 16 et 17.07 - Saint-Michel de Chabrillanoux

Festival de la Pleine Lune | Musique Du 16.07 au 31.07

Les États généraux du film documentaire | Cinéma Du 22 au 28.08 - Lussas

Drome

Saoû chante Mozart | Musique Jusqu'au 23.07 - Saoû

Fêtes nocturnes du château de Grignan | Théâtre

Jusqu'au 21.08 - Grignan

Festival Oasis Bizz'Art | Musique Du 9 au 11.07 - Dieulefit

Les Musicales du Palais | Théâtre

Du 17.07 au 31.07 - Hauterives

Crest Jazz Vocal | Musique Du 1er au 7.08

Isere

L'Arpenteur | Théâtre

Du 2 au 10.07 - Les Adrets en Belledonne

On dirait le sud | Musique

12 et 13.07 - Grenoble

Les Authentiks | Musique Du 12 au 27.07 - Vienne

Cabaret Frappé | Musique Du 20 au 29.07 Grenoble


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Loire . Haute- Loire

Savoie

Du 1er au 10.07 - Saint-Étienne

Jusqu'au 31.07 - Chambéry

Festival des 7 Collines | Danse-Théâtre Festival Bô Mélange | Musique Du 15 au 20.07 - St-Étienne et alentours

Les Nuits de la Bâtie d'Urfé | Musique Du 16.07 au 7.08 - La Bâtie d'Urfé

Les Bravos de la Nuit | Théâtre Du 8 au 14.08 - Pélussin

Festival de la Chaise-Dieu | Musique Du 18 au 29.08 - La Chaise-Dieu

Foreztival | Musique Du 27 au 29.08 - Trelins

Rhone

Festival en Beaujolais | Pluridisciplinaire

Jusqu'au 29 juillet

Un été côté Saône | Musique Du 9 au 13.07 Villefranche-sur-Saône

Fêtes Escales | Musique Du 13 au 17.07 - Vénissieux

La Musique fait son théâtre | Théâtre musical

Du 15 au 25.07 - Lyon

Les Estivales du château | Musique Rencontres musicales de Savoie

| Musique

Du 7 au 29.07 - Albertville et alentours

Musilac | Musique

Du 16 au 18.07 - Aix-les-Bains

Festival des Arcs | Musique

Du 18.07 au 2.08 - Bourg St Maurice

Le Pic sonne | Musique Du 24 au 31.07 - Valloire

Haute Savoie

Musiques en stock | Musique

Du 7 au 10.07 - Cluses

Montjoux Festival | Musique

Du 8 au 10.07 - Thonon-Les-Bains

Les Noctibules d'Annecy | Théâtre

Du 15 au 18.07 - Annecy

Pleins feux festival | Musique Du 21 au 24.07 - Bonneville

Rock n'Poche | Musique

30 et 31.07 - Habère Poche

Guitares en scène | Musique

Du 30.07 au 1er.08 Saint Julien en Genevois


festivals |

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musique

texte ¬ Sandra Moisson

Reines lionnes

Depuis 14 ans, le festival de musiques du monde Les Temps Chauds sillonne les routes de l'Ain, de la Bresse à la Dombes, s'arrêtant dans les villages, les églises et les musées pour proposer des concerts. Au programme cette année, les Mahotella Queens. Ces trois chanteuses sud-africaines, figures emblématiques de la lutte contre l'apartheid, font partie depuis plus de 45 ans de la légende de la musique sud-af' urbaine. Avec Simon Mahlathini, le « Lion de Soweto » aujourd'hui disparu, elles ont inventé au début des années 60 un nouveau style musical, le Mbaquanga, un mélange de musiques traditionnelles, de marabi et de rythm'n'blues. Idoles des communautés noires pendant les années de plomb, les pétillantes reines

continuent de faire vivre le Mbaquanga et d'incarner l'identité musicale sudafricaine aux quatre coins du monde. Retrouvez-les le 17 juillet au Musée départemental de la Bresse, Domaine des Planons, à Saint Cyr sur Menthon, en première partie de Salif Keita. Et le 23 juillet, en concert a capella dans l'église de Buellas. Une autre « Queen of Africa », la chanteuse malienne Rokia Traoré, est attendue pour clôturer en beauté ce festival le 24 juillet sur le site départemental de la Madeleine à Bourg en Bresse. /

PROG : ABAFANA BASE MZANSI, AJIAL M'HAMID, AMARE SAVE, BETHANY & RUFUS ROOTS QUARTET, GANGBE BRASS BAND, INSINGIZI, JAG VIRAG, MAHOTELLA QUEENS, ROKIA TRAORÉ, SALIF KEITA LES TEMPS CHAUDS Jusqu'au 24.07 dans l'Ain, 15 €, 25 €, 30 €, www.lestempschauds.org


Rokia Traoré © Richard Dumas


© C. Matras

musique

Mozart

jusqu’à l’ivresse texte ¬ Audrey Hadorn

Voilà 21 ans que chaque été, il est possible de s’enivrer de Mozart dans un festival bucolique où se réunit la crème des interprètes. Pour cette édition de Saoû chante Mozart, l’événement lève le voile sur l’intimité du compositeur autrichien avec l’atmosphère feutrée de ses compositions pour orchestre ou musique de chambre, des partitions rares et oubliées, mais aussi sa correspondance.


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Mozart, c’est un peu un condensé de virtuosité, de génie et de perfection. Une image dorée, presque inhumaine, colle au musicien et ce dès le 18e siècle. Quelle belle initiative alors que Saoû réincarne le grandiose compositeur avec cette édition intitulée Wolfgang intime. L’Orchestre de Chambre de Toulouse dirigé par Gilles Colliard mettra en regard quelques grandes pièces mozartiennes à des extraits de lettres du compositeur lus par Bruno Marchand, Mozart à découvrir en lettres et en notes loin de l’image lisse des fêtes galantes. Un concert confrontera sa 40e symphonie en sol mineur à la 5e symphonie en si bémol majeur de Schubert, deux mastodontes qui sont

profondément liés tant l’allegro schubertien rappelle l’allegro molto de la (trop  ?) fameuse 40e symphonie. Ces deux chefs d’œuvre seront interprétés par le bel orchestre philarmonique de Baden-Baden dirigé par Philippe Bernold. Mais comment pénétrer cette intimité sans se pencher sur les sonates mozartiennes, modèles esthétiques absolus, complexes et parfaits auxquels la pianiste Marie-Josèphe Jude et le violoniste Jean-Marc Philipps-Varjabedian s’attaqueront. Compositions originelles du maestro presque freudiennes puisque petit, Mozart se mettait au piano et son père l’accompagnait toujours au violon… /

Saoû chante Mozart Jusqu'au 23.07, Saoû et sa région (26), www.saouchantemozart.com


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Ombre

musique

et lumières

texte ¬ Guillaume Jallut

Comment réussir quand on est un jeune blanc-bec venant d'une petite ville de Californie du nord et qu'on est prêt à porter un bouc roux ? Si dans le milieu du hip hop ça pouvait sembler disqualifiant, un individu du nom de Josh Davis a pourtant su se distinguer. Bien qu'il mérite à plus d'un titre une coupe, Davis ne vous dit sans doute rien. Son nom de scène en revanche ravivera forcément quelques souvenirs musicaux. Shadow est DJ et plutôt de ceux qui ont su faire évoluer la musique. Humble héraut du turntablism, l'Américain possède pourtant un CV aux airs de palmarès. En 1992, il fonde son propre label Solesides à seulement 20 ans et signe dans la foulée chez le mythique londonien Mo'Wax. Deux ans plus tard, la légende veut que le journaliste Andy Pemberton invente le terme de « trip hop » pour qualifier son maxi In/Flux. En 1996 Endtroducing… est porté aux nues par critiques et public. Shadow livre avec ce premier

album un monument emblématique d’une nouvelle musicalité et récidive deux ans plus tard avec le collectif U.N.K.L.E en composant presque tous les titres d’une autre référence des 90’s, Psyence Fiction. S’il collabore avec des stars comme Thom Yorke, Richard Ashcroft, Shepard Fairey ou Wong Kar-wai, il propulse parallèlement d’excellents outsiders via son label avatar, Quannum Projects. Icône du crate diggin, capo de l’abstract hip hop, DJ Shadow est pourtant comme son pseudo  : insaisissable. Musicalement architecte, archéologue et metteur en scène, il ne fallait rien moins qu’un théâtre antique pour apprécier dans son jus la performance. /

PROG : Renan Luce, Cœur de Pirate, Karimouche / 12.07, DJ Shadow, Mr Oizo, Shakaponk, General Elektriks, Doctor Flake, Aphte punk / 13.07, Caravan Palace, Pony Pony Run Run, Hocus Pocus, La Mine de Rien / 27.07 LES AUTHENTIKS Théâtre Antique, Vienne (38), www.lesauthentiks.com


Wax Tailor © Zazzo

White Lies © DR


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musique

Créatures du lac

texte ¬ Sandra Moisson

Pour sa 9e édition, le festival rock Musilac à Aix-les-Bains a concocté un programme qui mêle grosses têtes d'affiche et petits nouveaux prêts à leur chiper la vedette. Elevé dans le culte de Depeche Mode, de Soft Cell et de The The, le trio londonien White Lies revendique un genre clairement inspiré de la new wave vintage. Depuis ses débuts, quand ils s'appelait encore Fear of Flyong, le groupe cherche à retrouver le son à la fois léché et rocailleux des années 80. Objectif atteint avec To loose my life, le premier album de White Lies dont l'esthétique ténébreuse s'accompagne de textes propres à réjouir les morts-vivants (dépressifs suicidaires, s'abstenir !). « On aimerait jouer dans un endroit bizarre, en plein

air ou dans une vieille église » déclare Charles Cave, le bassiste. «  Les gens rentrent mieux dans ton univers si tu trouves LE lieu qui fait corps avec ta musique  » renchérit le chanteur guitariste Harry McVeigh. «  On utilise déjà des orgues d'églises, jouer dans ce genre d'endroit serait fort. Ou bien au bord d'un lac entouré de montagnes... » Heu, comme sur la scène de l'Esplanade du lac d'Aix les Bains le 18 juillet par exemple ? Egalement à l'affiche ce jour-là, dans un style plus joyeux, Phœnix et Wax Tailor. /

PROG : DEVENDRA BANHART, BB BRUNES, CŒUR DE PIRATE, PETER DOHERTY,

EIFFEL, FLORENCE + THE MACHINE, GOGOL BORDELLO, RENAN LUCE, -M-, MIKA, PHŒNIX, PONY PONY RUN RUN, WAX TAILOR, PAUL WELLER, WHITE LIES, ZZ TOP

Saoû chante Mozart 16>18.07, Esplanade du Lac, Aix-les-Bains (73), 1 jour 50 €, pass 3 jours 115 €, www.musilac.com


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musique

Soleil noir texte ¬ Audrey Hadorn

Le Festival Pleine Lune reprend ses quartiers dans les douces nuits d’été ardéchoises. De Feloche à la troupe du Cirque Hirsute en passant par Bazbaz, Piers Faccini et le génialissime Dominique A, le festival promet de rendre vos nuits plus belles que vos jours. La pleine lune et ses vertus sont sans doute l’un des plus beaux mystères de l’humanité, pas étonnant alors que le festival qui porte en son nom la beauté de dame Nature regorge d’étoiles toutes plus scintillantes les unes que les autres. Mais dans l’immensité du ciel étoilé, il y en a toujours une qui brille plus que les autres et dans cette 13e édition, c’est Dominique A qu’il ne faudra pas manquer. Textes poétiques, univers romantique pur, le Nantais est un peu à la chanson française ce que Patrick Modiano est à la littérature. Noble ovni mélancolique, toujours inspiré menant une quête dans ses chansons à la recherche du temps et de la beauté. Auteur et interprète de l’un

des plus grands albums de l’histoire de la chanson française intitulé l’Horizon où le chanteur livre un hymne bouleversant à la Bretagne, c’est avec son dernier opus la Musique et la Matière qu’il enivrera les spectateurs. Nouvelle approche du son, textes plus courts et ensemble plus éclectique, Dominique A opère un virage et retourne à ses origines, La Matière sonnant un peu comme La Fossette, l’album qui l’a révélé au grand public avec l’immense ritournelle Le Courage des oiseaux. Et pour ceux qui seraient plus pop ou rock, Gaëtan Roussel, Micky Green et French Cowboy pourront aussi les emmener au royaume des cieux… /

PROG : Bazbaz, Beat Assailant, Cirque Hirsute, Dominique A, Féloche,

French Cowboy, Micky Green, Gush, Imperial Kikiristan, Jill is Lucky, Latcho Drom, Milymee, The River, Gaetan Roussel, Slow Joe and the Ginger Accident, Rachid Taha, Transgunner, Jim Yamouridis Festival de la Pleine Lune 16.07 au 31.07, Ardèche Méridionale (07), www.lapleinelune.com


Dominique A Š Julien Mignot


DR


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Secret

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batave

texte ¬ Gallia Valette-Pilenko

Ça risque d’être l’un des concerts mémorables de l’été. « Le secret le mieux gardé de la pop » passe cet été au Palais idéal du facteur Cheval, dans le cadre des Musicales du Palais. Je veux dire, les Nits, fameux groupe néerlandais qui sévit depuis 1974 sans relâche, distillant une pop ciselée et mélodique, à faire se pâmer les Go-Betweens. Malheureusement (ou heureusement pour les fans) toujours restés confidentiels, ils ont pourtant sorti pas moins de 25 albums depuis leurs débuts. Ils occupent une place de choix dans le panthéon pop, témoin, leur présence fin mai dernier au Festival Europa Vox qui réunit la fine fleur des artistes européens. Leur dernier album, malicieusement intitulé Strawberry Wood, sorti en 2009, sonne comme un délicieux cocktail alliant ballades délicates, mélodies efficaces (Distance) et fantaisies surprenantes (La petite robe noire, en français dans le texte). On pourra découvrir les Nits grâce à

un concours de circonstances dont seul le hasard a le secret. Christophe Bonin, le directeur du lieu et l’initiateur des Musicales du Palais explique simplement que Kent, venu l’année dernière, l’a appelé en lui disant que Henk Hofstede, le chanteur-guitariste des Nits avait vu des photos de son concert au Palais idéal et voulait absolument y faire un concert. « Je suis donc allé écouter les Nits à L’Alhambra (à Paris) cet hiver avec Kent, après le concert, je les ai vus. Et voilà ». C’est que le Palais Idéal du facteur cheval déclenche des réactions bizarres. Mais chut, c’est un secret ! /

PROG : NITS / 17.07, William Sheller / 24.07, Al DeLoner / 31.07, Bernard Lavilliers / 7.08 LES MUSICALES DU PALAIS Palais idéal du facteur Cheval, Hauterives (26), 04 75 68 81 19.


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musique

Jeunes peaux texte ¬ Sandra Moisson

Le festival Cabaret Frappé fête sa douzième édition. Cet événement défricheur, révélateur de nouveaux talents, promet d'agiter agréablement nos soirées d'été avec une programmation éclectique servie dans une ambiance conviviale au cœur de la cité grenobloise. Le 24 juillet à 22 h, sur la scène du Chapiteau dans le Jardin de Ville, ne manquez pas Lilly Wood & The Prick, alias Benjamin Cotto et Nili Hadida. Ce duo français qui chante en anglais, dans la lignée de Cocoon et The Dø, cartonne avec Down the Drain, le tube issu de leur premier album Invicible Friends. Leur style ? Un mélange électro-pop-folk rafraîchissant qui cha-

touille les oreilles. Des mélodies efficaces et entraînantes. Une voix rauque et envoûtante. Bref, tous les ingrédients nécessaires pour figurer en bonne place dans la playlist été 2010. Juste avant eux, à 21 h, découvrez Peau, un ovni musical made in Grenoble à classer quelque part entre Björk et Émilie Simon. Remarquée lors du festival Les Femmes s'en mêlent, Perrine Faillet titille la curiosité du public et des critiques en mal de nouveauté. L'univers fragile, mystérieux et sensuel de son album Première Mue est promis à un bel avenir. Un concert à voir pour dire « j'y étais ». /

PROG : 340 ML, BALAFON, BEN L'ONCLE SOUL, CHAPELIER FOU, JESSE DEE, ELEPHANZ, FÉFÉ, GANGBÉ BRASS BAND, GENERAL ELEKTRIKS, IDOL, JOSEPH LEON, LILLY WOOD & THE PRICK, LITTLE BIG DJÜ, LULL, MOLECULE FEAT. LEEROY, NOVALIMA, OKOU, PACO VOLUME, PEAU, POLYRYTHMO DE COTONOU, RED & TESSIER & MARINESCU, REVOLVER, SEVILLE 82, SYSTEMA SOLAR CABARET FRAPPÉ 20 au 29.07, Jardin de Ville, Grenoble (38), 16 €, pass 3 jours 36 €, www.cabaret-frappe.com Tous les jours à 19h, concerts gratuits.


Lilly Wood & The Prick © DR


Féfé © DR


Féfé personnel musique

texte ¬ Guillaume Jallut

Féfé n'est pas le vilain petit canard qu'il chante. Il le prouve avec un album sans couac et une série de concerts estivaux qui devrait ramener le soleil qu'il réclame. Ce trentenaire - un jeune à la retraite, selon ses dires - a déjà cumulé quinze annuités de bons et loyaux services musicaux. Chantonneur/pianoteur dans une petite formation soul, il se tourne rapidement vers le rap et rejoint la nébuleuse Saïan Supa. Une belle expérience déjà iconoclaste puisque le crew rallie des membres venant de cités différentes, marie le rap au reggae, au zouk ou au beat box et collabore avec Camille, Patrice ou Will I-Am au lieu des traditionnels coreligionnaires. Cultivant en plus de leur œcuménisme un humour de bon aloi, Féfé et le Saian obtiennent très logiquement de beaux succès : 650 concerts pleins à craquer, un single au top en 2000 et une Victoire de la musique en 2002. Le groupe

cesse d'être en 2007 et si le phénix ne meurt pas, il mue. Loin du Saian la requalification du timide Féfé en véritable chanteur peut enfin s'opérer. Avec entre autres, les encouragements de Patrice qui lui offre une guitare, Féfé devient ce qu'il est le mieux : sincère et authentique. Loin des ego trips des rappeurs contemporains, Féfé vibre d'une humanité sensible qui désarçonne, qu'il parle de ses héros ou du fait d'être père. Réalisé par Dan the Automator (producteur de Gorillaz), son album reflète l'univers chaleureux du Parisien où la soul à l'ancienne est partout présente en filigrane. Celui qui a bien failli être théologien évangéliste puis médecin a trouvé une autre façon d'adoucir nos maux. On l'en remercie. /

PROG : ARCHIMÈDE, ARPAD FLYNN, THE CAPUCINES, DANAKIL, FÉFÉ, FÉLOCHE, IZIA, LITTLE BIG DJÜ, MADAME OLGA, MILA, OAÏSTAR, PM'S BETTER, SANSEVERINO, SENTINEL, SKA NERFS, YODELICE Festival Rock n' Poche 30>31.07, Habère-Poche (74), www.rocknpoche.com

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Ibrahim Maalouf © Denis Rouvre - Roy Hargrove © DR


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Crest

musique

en trompette texte ¬ Sandra Moisson

« Le jazz doit être fun » affirme le trompettiste américain Roy Hargrove qui a joué avec des légendes vivantes telles que Sonny Rollins ou Herbie Hancock. Considéré comme l'un des plus grands musiciens de jazz de la nouvelle génération, il n'hésite pas à s'affranchir du cadre «  classique  » pour évoluer vers d'autres univers musicaux. Du côté de la musique cubaine avec son orchestre Roy Hargrove's Crisol. Ou du jazz funk avec son groupe RH Factor, s'entourant de figures de la scène hip hop : D'Angelo, Erykah Badu... Festival de jazz oblige, Roy Hargrove se produit le 6 août à Crest avec sa formation quintet, pour rendre hommage à la « black

music » avec le groove fluide et élégant qui est le sien. Dans un autre genre, le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf doit être le seul musicien au monde à jouer avec la trompette à quart de ton inventée par son père, Nassim Maalouf, dans les années 60. Doté d'un impressionnant CV en trompette classique (lauréat de trois prix internationaux), sa formation en jazz est autodidacte. Entouré de son quintet, il impose un style personnel et original, un jazz oriental teinté d'accents rock et classique, à découvrir le 3 août sur la scène de l'Espace Soubeyran. /

PROG : ABRAHAM INC FEAT DAVID KRAKAUER, BLUE MOCAMBO TRIO,

ROBERTA GAMBARINI, RENAUD GARCIA-FONS, ROY HARGROVE, MICHEL JONASZ TRIO, IBRAHIM MAALOUF, FRED WESLEY & SOCALLED, YOUN SUN NAH Crest Jazz Vocal 1er au 7.08, Espace Soubeyran (plein air), Crest (26), 27 €, pass 3 soirs 60 € www.crestjazzvocal.com


Les orgues de l'abbatiale Š DR


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Assis au paradis terrestre musique

texte ¬ Audrey Hadorn

Il fut un temps où le Festival de la Chaise-Dieu se consacrait uniquement à la musique sacrée. Aujourd’hui même si le genre demeure incontournable dans la programmation, cette 44e édition peut se targuer d’y mêler des perles de la musique symphonique romantique, moderne et contemporaine. Un melting-pot audacieux et séduisant pour un événement décidément résolu à innover. Unique, c’est sans conteste l’adjectif qui convient le mieux au Festival de la Chaise-Dieu qui, intrépide, n’hésite pas à programmer trois re-créations exceptionnelles d’œuvres baroques rares. Place au compositeur Jan Dismas Zelenka  ! Ses émouvantes Litanies seront interprétées par Václav Luks et son Collegium 1704, spécialistes de la musique ancienne et défricheurs de chefs d’œuvre demeurés dans l’ombre. Quant à l’ensemble Pygmalion, il se saisira de la fabuleuse Missa dei Filli du compositeur, une messe baroque accompagnée de la Messe en si de

Bach avec laquelle elle est tant liée par l’Histoire. L’Orchestre National de Lorraine dirigé par Jacques Mercier proposera le Concerto n°1 pour piano et orchestre de Schumann, avec la pianiste Cristina Ortiz, la sublimissime Symphonie n°5 de Malher et une pièce de Thierry Pécou. Soit une sorte de bouleversant panorama de l’évolution du romantisme du 19e siècle à nos jours… Puis la gémellité artistique de Wagner et Bruckner sera mise en lumière par l’Orchestre National de Lyon dirigé par Josep Pons. Louper ce festival serait un absolu sacrilège. /

Festival de la Chaise-Dieu 18.08 au 29.08, la Chaise-Dieu, Brioude, Le Puy-en-Velay et ses environs (43), www.chaise-dieu.com


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musique

Bio diversité musicale

texte ¬ Sandra Moisson

Dernière débauche estivale et musicale avant la rentrée, le festival Woodstower, qui se tient depuis 2005 dans le cadre bucolique du Grand Parc Miribel-Jonage, renforce sa démarche écologique et sa programmation artistique. Côté concerts, les têtes d'affiche britanniques Archive et Peter Doherty, tout comme nos têtes de gondole nationales Jeanne Cherhal et Olivia Ruiz risquent d'attirer les foules. Pourtant, l'événement de cette 12e édition réside dans la venue de Four Tet. En dix ans et quatre albums, l'Anglais Kieran Hebden, ancien guitariste de Fridge, s'est imposé comme l'un des artistes les plus excitants de la scène électronique mondiale. Programmé cet été à Benicassim, Pukkelpop, Reading, Leeds

et de l'île de Wight (le gratin des festivals européens), il réserve son unique passage en France à Woodstower. Un festival éco-friendly. Outre les gobelets recyclables et les toilettes sèches, l'association Pignon sur rue organise des pelotons cyclistes pour se rendre sur le site du festival en vélo depuis Lyon. Départ chaque jour à 13h30 des terrasses de la Guillotière et à 19h du pont Morand. Retour sous les étoiles à 3h du mat', dans une ambiance épique ! /

PROG : ACID KOSTIK, ARNO, ARCHIVE, BOOGERS, JEANNE CHERHAL, PETER DOHERTY,

FOUR TET, FOWATILE, LEE HARVEY ASPHALTE, THE LOW ANTHEM, PEAU, OLIVIA RUIZ, SUISSA WOODSTOWER 3>5.09, Grand Parc Miribel-Jonage (01), 28 € / 31 €, pass 2 jours 40 €, www.woodstower.com


Four Tet © DR

Jeanne Cherhal © DR


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Carmen Maria Vega © Sylvain Gripoix

Les Estivales du Château À tout dire, Carmen Maria Vega a quand même beaucoup à voir avec celles de Mérimée et Bizet. Le Guatemala n'est pas Séville mais tout de même, Carmen est belle, sulfureuse, fière, ambigüe bref, une personnalité aussi riche que son alter ego romancé. Ce n'est sans doute pas un hasard d'ailleurs si Carmen Maria Vega est aussi à l'aise sur scène. Sa pratique des arts dramatiques sert ainsi à nourrir les personnages haut en couleur qu'elle interprète sur les airs jazz manouche de son guitariste. Souvent drôle et truculente, émouvante par moment, Carmen fonctionne quoi qu'il en soit sans jamais économiser son énergie. Ce n'est pas tout à fait de la chanson, ce n'est pas tout à fait du théâtre, c'est Carmen Maria Vega.

Le bus rouge © Fabrice Flore Thebault

Festival en Beaujolais Le Festival en Beaujolais fête son trentième anniversaire. Il lui fallait donc un maître de cérémonie médiatique en la personne du sémillant Frédéric Lodéon, infatigable raconteur de la musique classique sur France Inter. Au programme comme chaque année, la rencontre des cultures du monde dans toute leur interdisciplinarité : des contes, du théâtre de rue, des fanfares, du cirque, des spectacles de danse, des musiques africaines et océaniennes, du gospel, du jazz manouche et du tango. Un patchwork à savourer en famille aux quatre coins du Beaujolais. Dominique Bastien

Guillaume Jallut

PROG : Awek, Eric Bibb, Johnny Clegg, Vla-

dimir Cosma, Couleur Café, Dialect Music, Earth Wind and Fire Experience, Hocus Pocus, Jean Ngor Maack, Marcio Local, Matt Bianco, Murray Head, Jean Sangally, Tambours de Tokyo, Tambours du Bronx, Carmen Maria Vega, Joe Louis Walker 14.06>31.07, grat, Château des Ducs de Savoie, Chambéry (73), www.estivalesduchateau.com

PROG : BLUE MOON, CŒUR BATTANT ET L'ART

EN MARCHE, ENSEMBLE FUSION DE RAZAS DU PANAMA, ENSEMBLE TOWARA JUNIOR ET THIERNO DIALLO, FLORIN NICULESCU TRIO, IRIS STEVENSON, KAWA MUSICAL CIRCUS, LE NOUVEAU CHŒUR DE CHAMBRE DE SAINT-PÉTERSBOURG Jusqu'au 29.07, 14 à 21€, Festival itinérant, région du Beaujolais (69), www.ccab.fr, 04 74 68 89 38


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Stacie Collins © DR

Swing sous les étoiles Pour un soir, Miribel se métamorphose en banlieue de Nashville. La capitale du Tennessee et de la country music est aussi la ville d'adoption de Stacie Collins. Née en Oklahoma, cette chanteuse tient haut le flambeau d'un genre fort exotique dans nos contrées. Sa country en appelle au blues, au rock et au honkytonk twang, l'accent nasillard adopté par les chanteurs de bars. Miss Collins déploie une belle énergie vocale, épaulée par trois musiciens à la mâle attitude. L'attirail est complet : Stetson vissé sur la tête, jean moulant rentré dans les santiags et harmonica à portée de main. Le tout sur la colline de Miribel d'où ce soir-là la plaine de l'Ain prendra des airs de plaine de l'Ouest. 

Quatuor Debussy © Bernard Benant

Cordes en Ballade Promenade musicale à travers l'Ardèche, Cordes en ballade est sous la direction artistique du Quatuor Debussy, formation bien connue dans la région comme à l'international. Depuis vingt ans, cet ensemble notamment spécialiste de Chostakovitch multiplie les collaborations et projets originaux. Pour son festival ardéchois, il propose deux thématiques : l'une sur les basses avec le violoncelle et la contrebasse, l'autre sur les compositeurs tchèques comme Janácek, Dvorák ou Smetana. Une programmation rythmée par des visites du patrimoine local et des randonnées musicales.

Richard Célèbre

Dominique Bastien

PROG : BLUES BROTHERS SHOW, STACIE

PROG : AMOYEL, BOTTESINI, CAPLET, CHOPIN,

2>8.07, 9 à 24 €, pass 5 soirées : 40 €, Esplanade de la Madone, Miribel (01), www. swingsouslesetoilesmiribel.com, 04 78 55 61 16

2>14.07, grat à 22€, Pass : 25 à 100€, Bourg Saint Andéol et alentours (07), www.cordesenballade.com

COLLINS, GIRALDO PILOTO KLIMAX, TORI ROBINSON / JONIECE JAMISON, TARNÉ SPILARI / FLORENCE FOURCADE QUARTET

DVORÁK, FAURÉ, FONTAINES, GOUTTENOIRE, GRIEG, HAYDN, LISZT, MILHAUD, MOZART, RAVEL, SCHUBERT


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Les Doigts de l'Homme © Joot Miossec © Richard Dumas

Musiques en stock Rencontres Musicales de Savoie Miossec fait partie de ces artistes dont on ne peut oublier un concert quand on en a vu un. Le charisme dingue du Brestois au long cours opère toujours, même si – comme les marins de son Finistère – le bonhomme revient de loin. Ivresse de la désabusion, le chanteur a longtemps écrit la fuite d'un temps qui entraine avec lui la jeunesse, les amis, les amours. Des textes durs, crus, où la musique était aussi nue que les désirs de l'auteur, et des prestations sur scène effroyablement marquantes. Perpétuel insatisfait, l'artiste aux noms d'albums précis comme des verbes a gagné sa rédemption, en explorant des champs musicaux à contre pied, en écrivant pour d'autres (Bashung, Gréco, Dani...) et en vivant une quarantaine assainie par le couple et la paternité.

Les Doigts de l'Homme font voyager le jazz entre rock, chanson et world depuis 2002. Pour ce nouvel opus, ils se recentrent sur leurs origines, et se tournent vers le père du jazz manouche : Django Reinhardt. Le centenaire de sa naissance est l'occasion de lui rendre hommage. Au delà de sa mort, la légende perdure et ce musicien d'exception reste pour un grand nombre une référence en la matière. Les quatre musiciens réunis autour d'Olivier Kikteff interprètent et ré-interprètent le répertoire de ce virtuose qui fit des merveilles de ses doigts mutilés. Qu'elle soit classique, russe, tsigane ou brésilienne, la guitare s'invite cet été sur les différentes scènes des Rencontres Musicales de Savoie. Adeline Marconnet

Guillaume Jallut

PROG : ARNO, JIPÉ DALPÉ, DÔEI, THE DURGAS,

EIFFEL, ELI PAPERBOY REED & THE TRUE LOVES, HEAVY TRASH, THE HYÈNES, MIOSSEC, LE PEUPLE DE L'HERBE, PROYAS, THE RAMBLING WHEELS, SANTA CRUZ, TOKYO SEX DESTRUCTION, VISMETS, WOVENHAND 07 au 10.07, Grat, Place des Allobroges, Cluses (74), www.musiques-en-stock.com

PROG : EMMANUELLE BERTRAND ET PASCAL

AMOYEL, CUNCORDU E TENORE DE OROSEI, LES DOIGTS DE L'HOMME, DUO NEMANJA RADULOVIC ET CHRISTINE ICART, ORQUESTRA DO FUBA, EMMANUEL ROSSFELDER, TCHAÏKADROMENCA, TRIO MICHEL PORTAL, WANG LI 7>29.07, Grat à 18€, Pass : 42 à 106€, Albertville et alentours (73), 04 79 89 75 18, www.rencontresmusicales-savoie.com


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Hindi Zahra © DR

Montjoux Festival

Shibusa Shirazu Orchestra © DR

Entre chanson française et musiques du monde, le festival de la rive du Léman donne une belle idée du métissage. Hindi Zahra, révélation world folk de l'année et Lokua Kanza, génie mélodiste trop peu reconnu y contribuent généreusement. Multi-instrumentiste accompli à la culture musicale boulimique, Lokua Kanza marie l'expertise musicale à la puissance d'évocation sensible des griots africains. Héritière de Nina Simone comme d'Oum Kalsoum, d'Ella Fitzgerald comme d'Oumou Sangaré la jeune Marocaine nourrit quant à elle ses œuvres de sa fibre nomade. Descendant d'une tribu berbère, Zahra dévoile le lien entre le blues touareg et américain. L’étymologie ne s'y trompe pas : « berbère » en grec signifie « étranger ». Le même mot en berbère, « amazigh » signifie « homme libre ».

Festival Oasis Bizz'Art

Guillaume Jallut

Adeline Marconnet

PROG : BUENAVISTA SOCIAL CLUB / OMARA

PROG : LES BIZZ'ART ORKESTAR, DHOAD,

8>10.07, 24 à 30€, Pass 2 soirs : 50€, Pass 3 soirs :69€, Domaine de Montjoux, Thonon-Les-Bains (74), www.montjouxfestival.com, 04 50 71 39 47

9>11.07, 12/15€, Pass 3 soirées : 30/36€, Parc de la Baume, Dieulefit (26), 04 75 90 45 71, www.bizzartnomade.fr

PORTUONDO, LOKUA KANZA, JULIAN MARLEY, ARIANE MOFFATT, YOUSSOU N'DOUR, GAËTAN ROUSSEL, OLIVIA RUIZ, HINDI ZAHRA

Après avoir foulé durant un mois les chemins de la Drôme, Bizz'art Nomade stoppe ses roulottes à Dieulefit. La caravane fait escale et déploie sa piste au Parc de la Baume. Roulottes tziganes, yourtes mongoles et installations plastiques envahissent le parc et réinventent l'espace en véritable musée de plein air. Trois jours où se succèdent sur la piste improvisée spectacles équestres, cirque, danse et musique du monde. Une nuit déjantée à ne pas manquer sera menée tambour battant par Shibusa Shirazu Orchestra, groupe pluridisciplinaire venu du Japon : attention, convoi exceptionnel !

CIE LE FILET D'AIR (MISHKINE), FLAMENCO SUR, LES MAÎTRES TAMBOURS DU BURUNDI, NADARA, QUATUOR DE MIRMANDE, SHIBUSA SHIRAZU ORCHESTRA, SPEED CARAVAN, CHICO TRUJILLO


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JP Nataf © DR

Un été côté Saône

On dirait le Sud

A l'ombre d'Indochine ou de Téléphone éclosent dans les années 80 quelques groupes éphémères comme Gamine ou Marc Seberg. Parmi eux Les Innocents, auteurs d'une poignée de tubes comme Jodie, L'autre Finistère ou Colore. A l'instar de L'Affaire Louis Trio, leur univers dénote une vraie culture pop, bercée de Beatles et de XTC. L'aventure dure jusqu'à la fin des 90s avec deux albums remarqués dont Post Partum. Puis vient le baby blues. L'ex leader du groupe JP Nataf est de retour. Son deuxième album solo Clair le montre plus barbu, plus folk et toujours fin mélodiste. Soutenu par la critique, il ne lui reste qu'à retrouver les faveurs du public. Son passage à Villefranche est l'occasion.

Onzième édition du festival world On dirait le sud qui se tient dans le cadre insolite du théâtre Sainte Marie d'en bas à Grenoble. Deux concerts gratuits avec Kamel El Harrachi, fils du grand chanteur de châabi Dahmane El Harrachi et Natacha Atlas, la diva anglo-égyptienne révélée au début des années 90 avec le collectif Transglobal Underground. Adepte d'un métissage entre tradition orientale et musique électro, la plantureuse chanteuse use en live de ses talents de danseuse du ventre pour insuffler un vent de sensualité à son public. On est certes davantage dans le chromo que dans la pureté artistique, mais sa récente rencontre avec le joueur de oud Smadj laisse augurer d'un vrai renouveau.

Richard Célèbre

PROG : BEBEY PRINCE BISSONGO, JP NATAF, PROHOM, LE TRAM DES BALKANS

9>13.07, grat, Villefranche sur Saône (69), www.villefranche.net

Natacha Atlas © DR

Richard Célèbre

Kamel El-Harrachi, 12.07 Natacha Atlas, 13.07 Grat, Théâtre Ste-Marie-d'en-Bas (38), 04 76 42 01 50


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Popa Chubby © Patricia de Gorostarzu

Festival Bô Mélange Comme les tatouages qu'il arbore, New York colle à la peau de Popa Chubby. Né dans le Bronx, vivant désormais à Brooklyn, il a épongé toutes les influences musicales de la Grosse Pomme pour en faire un style propre. Le blues, le rock, le jazz mais aussi le funk et le rap ont ainsi permis au bidouilleur Chubby de donner naissance au New York City Blues, « une musique crue, urbaine et qui t’en met plein la gueule. Un truc vrai, réel, honnête, sans perte de temps, ni faux-semblant » comme le dit lui-même si bien son auguste popa. Et comme l'écrivait Audiard : « Quand les types de 130 kilos disent certaines choses, les types de 80 kilos les écoutent. » Guillaume Jallut

PROG : YAZID BAHRI, BEN L'ONCLE SOUL,

THE BLOCKBUSTERS, BLUES TEMPO, POPA CHUBBY, PIT MAN, TRIO WINTERSTEIN 15>20.07, 0 à 22€, St Etienne et alentours (42), www.mjc-theatre-beaulieu.com, 04 77 46 31 66

Mariana Ramos © Daniel Anger

Fêtes Escales Du Cap Vert émergeait seule la figure tutélaire de Cesaria Evora. Mariana Ramos s'inscrit dans ses traces tout en acquérant sa propre identité. Née à Dakar, grandie au Cap Vert, elle rejoint ensuite la France. De ce métissage naît sa patte musicale. Chanteuse de morna, la mélopée capverdienne, elle se revendique également de Piaf ou d'Ella Fitzgerald. Sa voix chaude alterne entre portugais et français, dans des compositions qui en appellent à la samba, aux rythmes jazzy ou brésiliens. Sur scène, sa chevelure léonine s'agite au tempo de ses déhanchements. La dame est débordante de sensualité et de générosité. Comment refuser de se laisser entraîner dans son univers tropical, entre fête et langueur ? Richard Célèbre

PROG : Beat Assailant, Carmen Maria Vega, Volo, Mariana Ramos, hommage à Lili Boniche, Porgy and Bess

13 > 17.07, gratuit, Vénissieux (69), 04 72 21 44 51


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Chœur Emelthée / Ensemble Boréades © DR

La Musique fait son théâtre Pour la 8e édition de son festival La Musique fait son théâtre, l'Ensemble Boréades invite le Chœur Emelthée pour une saga en 2 épisodes autour du mythe de Didon et Énée. En plein air dans des parcs des 3e et 6e arrondissements, il nous propose une version revisitée de ce mythe antique sur fond de musique baroque. Bousculant le point de vue du récit de Virgile, cette création s'échappe de la traditionnelle mise en scène de la rupture des deux amants et du suicide de Didon. Ces deux volets retracent leur destin individuel. Le pouvoir, l'ambition, les stratégies, et l'amour trouvent écho dans un contexte contemporain. Une création qui rend accessible à tous mythologie et musique ancienne. Adeline Marconnet

L'Édification de Didon 15 au 18.07, 19h30, différents parcs et jardins des 3e et 6e arrts, Énée auteur de sa légende 23 au 25.07, 20h30, Parc de la Tête d'Or Gratuit, Lyon (69), 04 72 07 96 43

La Rue Kétanou © DR

Festival de la Chabriole Depuis la sortie de leur dernier album À contresens en 2009, les trois membres de La Rue Kétanou ont mis de coté leur projet commun pour explorer individuellement d'autres voies. Pas séparés pour autant, ils prennent plaisir à se retrouver tout l'été en se partageant la scène de plusieurs festivals le temps d'une soirée. Accueillir le même soir le Groupe Batignolles, Florent Vintrigner en solo et la Rue Kétanou en clôture, c'est un peu comme s'inviter chez cette bande de potes pour un bœuf chanson française-rock-rap-tsigane-folk-acoustique ! Le Festival de la Chabriole tente l'aventure... Adeline Marconnet

PROG : BATIGNOLLES, LES CAMÉLÉONS, FULL BAZ'ART, LA RUE KETANOU, FLORENT VINTRIGNER

16>17.07, 8/20€, Saint Michel de Chabrillanoux (07), http://chabriole.site.voila.fr


Femi Kuti © DR

Kaija Saariaho © Ralph Mecke

Festival des Arcs Il propose chaque été depuis 37 ans une programmation classique de haute altitude. Cette édition a choisi de faire la part belle aux compositrices. Mozart, Schubert, Prokofiev, OK mais place à la découverte de femmes de musique telles que Mel Bonis, Lili Boulanger, Louise Farrenc ou Clara Schumann. Toujours attentif aux musiciens vivants, le festival invite également la Finlandaise Kaija Saariaho, déjà à l'honneur aux dernières Musiques en scène, pour une quinzaine de ses pièces dont une création. Dans un tel écrin alpestre, face au Mont Blanc, la musique de chambre prend tout à coup une dimension céleste.

Pleins feux festival Femi est le fils de Fela. Et plus que l'affiliation familiale, il est devenu le véritable dépositaire de la légende Fela Anikulapo Kuti. Si de nombreux « fils de » auraient ployé sous le poids d'une telle charge, Femi lui la supporte. Mieux, il parvient dans le même temps à s'en affranchir. De son papa il a ainsi hérité la subversion politique, celle des dénonciations de la corruption ou des velléités colonialistes des grands trusts, et l'irrésistible afrobeat, faisceau de musiques africaines et occidentales. Artiste à part entière, Femi Kuti a cultivé ces legs en alliant tradition et évolution, en mâtinant ses folles rythmiques d'électro par exemple. Une bonne raison de plus de rentrer dans la transe. Guillaume Jallut

Dominique Bastien

PROG : BEETHOVEN, BONIS, BRAHMS,

GREIF, MENDELSSOHN, MOZART, RAVEL, SAARIAHO, SCHUBERT, SCHUMANN, TAILLEFERRE, TCHAIKOVSKI 18.07>02.08, Grat., Bourg-Saint-Maurice, www.festivaldesarcs.com, 01 40 07 11 48

PROG : GEORGE BENSON, DEE DEE BRIDGEWATER, FEMI KUTI, INNA MODJA, CHINA MOSES ET RAPHAËL LEMONNIER QUINTET, NAOSOL & THE WAXX BLEND, ERNESTO « TITO » PUENTES 21 au 24.07, Pass 2 soirées : 25/35€, Place de la mairie, Bonneville (74), www.pleins-feux-festival.com, 04 50 97 38 37


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Cali © DR

Cuivres en Dombes Voici un festival qui est une incitation à la visite. Du château de Versailleux (sic) à celui de Joyeux, de l'église de Villars les Dombes à celle de Pérouges, Cuivres en Dombes offre un panorama du patrimoine local. Côté programmation, la Batterie fanfare de la police nationale côtoie le German Brass ou Ibrahim Maalouf. Il y a aussi Cali, invité de clôture. Soit. Plus insolite : les Deadmen Orchestra, orchestre lyonnais spécialisé dans les reprises d'artistes trépassés, qui rend hommage à... Michael Jackson. Beat it ou Billie Jean à la trompette et au saxo, c'est funky en diable. Richard Célèbre

PROG : LA BELLE IMAGE, CALI, REINHOLD

Slow Joe © DR

Le Pic sonne C'est la belle histoire de l'année, celle qu'on a envie de raconter à la façon de Slumdog Millionaire. Elle nous vient d'Inde elle aussi, près de Goa, dans une île où vivait Joseph Rocha, surnommé Slow Joe parce qu'il vivait au rythme des éléments. Depuis 50 ans, Joe chantait pour lui, pour le ciel, pour rien. Jusqu'à ce qu'un musicien lyonnais l'entende et décide de s'en occuper. Il forma alors The Ginger Accident pour accompagner le sexagénaire et l'emmena pour la première fois hors de ses frontières aux Transmusicales de Rennes. Depuis, Slow Joe n'arrête pas de tourner et sa voix de crooner fait fondre tous les publics. L'histoire s'écrit encore cet été et le groupe continue sa route des festivals. Richard Célèbre

FRIEDRICH, GERMAN BRASS, IBRAHIM MAALOUF, LE QUINTETTE MAGNIFICA ET LI-CHIN HUANG, LE ROLLIN'S BAND ORCHESTRA

PROG : AMEN FEAT. ZOKA FONCTION,

23>31.07, 5 à 21€, Pass Festival : 90€, Pass 4 concerts : 70€, plusieurs châteaux et églises de la Dombes (01) www.cuivresendombes.org, 04 74 14 05 45

24>31.07, 16€, Valloire (73), www.route902.fr

MARC ANDRÉ LÉGER, JÉRÔME PIETRI, YOUSSEF REMADNA, JEAN SANGALLY, SHAGGY DOGS, SLOW JOE & THE GINGER ACCIDENT, JESUS VOLT


Black Box Revelation © DR

Guitares en scène

Daddy Mory © DR

Foreztival

La bourgade tranquille de Saint Julien en Genevois se transforme quelques jours durant en temple de la Gibson et de la Fender. Toutes les guitares sont à l'honneur : jazz avec Marcus Miller, bossa avec Gilberto Gil et heavy metal avec Motörhead et leur première partie Nashville Pussy. Du velu ! Le même soir, le duo belge Black Box Revelation (guitare et batterie) dont les membres n'étaient pas nés que Lemmy sévissait déjà, joue ses morceaux garage rock, aux inflexions stoogiennes, sauvages et mélodiques à la fois. En Flandres, leur deuxième album Silver threats les a consacrés comme les successeurs des White Stripes. Une étiquette un peu réductrice pour un combo plein d'énergie et de morgue.

« Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau ». La maxime d'Anaxagore de Clazomènes reprise par Lavoisier s'applique étrangement et particulièrement bien au hip hop français. Après les reformations de NTM et de La Cliqua, c'est au tour de Raggasonic de se retrouver et de prendre le chemin de la scène. Le sound system parisien composé de Big Red et Daddy Mory avait connu de beaux jours durant les années 90, avec un premier album disque d'or et des tournées en compagnie de leurs protecteurs NTM, avant de se quitter un peu fâchés en 1998. Rabibochés, les deux MC's devraient être responsables de nombreux départs de feu festivaliers. On murmure qu'ils pourraient même rentrer en studio d'ici la fin de l'été.

Richard Célèbre

Guillaume Jallut

PROG : THE BLACK BOX REVELATION, JOE

PROG : As de Trèfle, Barrio Populo, Dyna-

30.07>1.08, 35 à 45€, St Julien en Genevois (74), www.guitare-en-scene.com

27>29.08, 17/27€, Trelins (42), www.rockomarais.net, 04 77 24 13 02

BONAMASSA, AL DI MÉOLA, JOHNNY GALLAGHER, GILBERTO GIL, SYLVAIN LUC ET PHILIP CATHERINE, MARCUS MILLER, MOTÖRHEAD

mic Band, Fatals Picards, Guns of Brixton, Goayandi, Mato, Le Peuple de L'Herbe, The Popes, Raggasonic, The Toy Dolls


Pieter Ampe et Guilherme Garrido, DR

En relief

pluridisciplinaire

texte ¬ Gallia Valette-Pilenko

Le Festival des 7 collines recèle toujours quelques pépites. Des objets spectaculaires non identifiés qu’on ne voit pas ailleurs. Pas étonnant quand on sait que le credo du festival consiste à «  bousculer les codes, réinventer les formes et offrir un point de vue singulier sur le monde  ». C’est ici qu’on a pu découvrir l’incroyable performance de Daniel Lineham, jeune performer new-yorkais installé à Bruxelles, qu’on verra un peu partout la saison prochaine (mais pas dans la région, dommage !). C’est ici que le spectateur cu-


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rieux pourra découvrir, entre autres, le premier travail de deux jeunes danseursperformers Pieter Ampe et Guilherme Garrido et de la compagnie néerlandaise United C. Avec la nudité comme point commun, les uns tricotant le duo Still difficult duet en forme de pugilat (comme son nom l’indique), les autres, quatre danseuses, se déplaçant parmi du verre cassé, littéralement Who cycle/Broken glass performance. À voir aussi, le tout jeune collectif stéphanois PARC qui s’essaie à la création urbaine avec des amateurs sur l’une des montées les plus singulières de la ville, celle qui mène au cimetière. Ad lib, annotation musicale signifiant en liberté - en écho d’une pièce plus ancienne, Tempo rubato - veut tisser les mouvements comme des rythmes, pour mieux s’en échapper. Des chorégraphies comme des petites chroniques, disséminées dans un espace qui multiplie les points de vue. Tout comme le Festival des 7 collines. / Festival des 7 collines 1er au 10.07, Saint -Étienne (42), 04 77 32 54 13, www.festivaldes7collines.com


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theatre

Stupre royal «  Il est dix heures et demie et je reçois à l'instant l'ordre de suspendre les représentations du Roi s'amuse. C'est M. Taylor qui me communique cet ordre de la part du ministre. » Tel fut le mot que Jouslin de Lassalle, directeur du Théâtre Français transmit à Victor Hugo. Lui signifiant ainsi que sa pièce était interdite par le gouvernement en place (celui de la Monarchie de Juillet, nous sommes en 1832) et cela dès le lendemain de sa première représentation… Il faut dire que l’œuvre (bientôt pillée par Verdi pour son Rigoletto) est une charge féroce à l’encontre du pouvoir absolu. Elle met en scène un roi, François 1er, qui ne pense qu’aux

texte ¬ Nicolas Blondeau

plaisirs du sexe, au luxe et aux fêtes tape-à-l’œil. Tandis, bien évidemment, que son peuple crève de faim. Rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est qu’il est épaulé dans son entreprise de perversion par un bouffon bossu qui ne songera qu’à le trahir, après que le souverain érotomane aura violé sa fille. C’est François Rancillac, metteur en scène talentueux et reconnu, qui donnera à vie à cette histoire de stupre et de sang dans le cadre somptueux du Château de Grignan. Le rôle du roi sera confié à Florent Nicoud tandis que Denis Lavant devrait s’emparer avec bonheur de celui du Bossu retors. /

LE ROI S'AMUSE 30.06 au 21.08, 21h, 7€/19€ Fêtes nocturnes du Château de Grignan (26), 04 75 91 83 65, www.ladrome.fr


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theatre

L’arpenteur, hissé haut ! texte ¬ Nicolas Blondeau

Antoine Choplin, écrivain dont on vous conseille en passant la lecture, dirige le festival de l’Arpenteur dont ce sera la quinzième édition cette année. Il souligne l’originalité de cette manifestation située dans les hauteurs du massif des Adrets  : «  Le festival a une singularité forte. Due notamment à l’attache essentielle que nous revendiquons au territoire pentu sur lequel se déroule le festival. Nous nous tenons à l’écart de la ville avec la volonté de travailler au plus près des gens. Nous inventons les lieux de représentation qui peuvent être des crêtes de montagne, des lieux de plein air, des bistrots. Public et artistes doivent parfois cheminer de concert pour s’y rendre, ce qui introduit entre eux un autre type de lien.

Mais nous sommes aussi attentifs à défendre des projets exigeants. Les artistes que nous invitons sont reconnus, programmés sur de grandes scènes.  » L’affiche de cette année le prouve avec un fil thématique intitulé «  légers insensés  » qui autorise pas mal d’audace. On notera la présence d’artistes iraniens qui ont créé un spectacle nous offrant un autre regard, plus intime, sur la société iranienne. Sans oublier le théâtre Turak de Michel Laubu faisant assaut d’érotisme, un travail délicat de la compagnie Oiseau Mouche (composée de comédiens déficients mentaux) avec la compagnie du Théâtre de Chambre et enfin Fred Toush, hurluberlu zarb’ qui nous promet de déplacer l’église des Adrets. Si ! /

FESTIVAL DE L’ARPENTEUR 2 au 10.07, 0/12€ (pass 55€), Les Adrets en Belledonne (38), 04 76 71 16 48, http://scenes.obliques.free.fr


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La Bâtie

theatre et danse

livrée aux mythes texte ¬ Audrey Hadorn

Château et jardins Renaissance se parent des arts durant le Festival de la Bâtie d’Urfé. Le théâtre sous toutes ses formes revisite une foule de mythes, notamment le troublant Faust de Goethe. Vendre son âme au Diable porte souvent à conséquences et ce n’est pas Faust qui affirmera le contraire… L’audacieuse Compagnie de la Querelle s’empare de la dimension universelle du personnage pour une création inédite sur les turpitudes de la condition humaine. Une réflexion qui se poursuit avec ni plus ni moins que tout Shakespeare et le Tour complet du cœur, conçu, écrit et interprété par Gilles Cailleau. Soit un one-man-show de trois heures qui passe en revue 37 pièces de l’éminent dramaturge anglais, une œuvre idoine au livre des records en quelque sorte… Tout aussi inattendu, le singulier théâtre d’objets

et de marionnettes du Théâtre Mu narre la tragédie des Montaigu et des Capulet dans un spectacle muet construit à partir de bouchons de champagne. Roméo et Juliette sont alors des amants de liège sur une partition de Prokofiev, poétiquement irrésistible. Les femmes seront aussi à l’honneur avec Irina Brook (capable du pire comme du meilleur) et son Odyssée homérique aux allures de contes délurés ; quant à Marie-Claude Pietragalla, elle danse La Tentation d’Ève et confie : « J’avance, je tâtonne, je trébuche, mais je reste L’Éternel Féminin  ». Reste à savoir si elle parle d’Ève ou d’elle. /

Les Nuits de la Bâtie d’Urfé 16.07 au 07.08, Saint-Étienne-le-Molard (42), 3 créations, 11 spectacles www.loire-nuitsdelabatie.fr


Marie-Claude Pietragalla Š DR


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theatre de rue

Annecy :

la revanche du feu texte ¬ Nicolas Blondeau

Les membres de la compagnie La Salamandre ont-ils écouté les conseils de leurs parents quand ils leur disaient de ne pas jouer avec les allumettes  ? On peut raisonnablement penser que non. Mais si la passion du feu a ses risques, elle leur aura servi, pour ce qui les concerne, à se construire un joli parcours. De Barcelone à Cracovie, on a vu partout en Europe, et même audelà, les créations de cette compagnie de théâtre de rue fondée en 1990 à Besançon. Dans des créations de plein air spectaculaires qui s’adaptent à l’endroit investi tout en gardant une cohérence, un fil directeur lié aux rituels et à la magie du feu. L’année dernière,

une vile météo les avait contraints au silence alors qu’ils étaient attendus aux Noctibules d’Annecy avec leurs Variations sur la flamme. Mais ils reviennent cet été dans ce festival consacré aux spectacles de rue. Ils seront en bonne compagnie puisque l’événement compte plus de 150 artistes, soit une vingtaine de troupes, bien décidés à mettre le feu au lac. Parmi les forces en présence, L’Envolée Chromatique qui envoie en l’air diverses structures gonflables et poétiques ou encore les Philébulistes, des acrobates qui évoluent à l’intérieur d’une double roue de cinq mètres de circonférence. /

LES NOCTIBULES D’ANNECY 15 au 18.07, gratuit, Annecy (74), 04 50 33 44 00, www.bonlieu-annecy.com


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Spécial

theatre

clap clap texte ¬ Nicolas Blondeau

Damned  ! Pour des raisons que l’on ne peut imaginer qu’indépendantes de votre volonté, vous voilà coincé à Lyon durant la deuxième semaine d’août. Avant de vous comporter comme un salarié de France Télécom, ditesvous bien que tout n’est pas perdu. Pour preuve, le festival Les Bravos de la Nuit, manifestation dirigée par Moïse Poisson, offre une alternative à l’aoûtien privé de plage. Pour un peu il y aurait même de quoi lui faire regretter son coin de serviette. D’abord le lieu, non loin de Lyon (une quarantaine de minutes), est agréable. D’anciennes bâtisses majestueuses, de grands arbres diffusant une ombre fraîche

et de beaux points de vue. Ensuite, la programmation tient la route. En tout cas pour qui s’intéresse à la jeune création, aux petits jeunes qui en veulent. Les choix se sont en effet souvent révélés judicieux puisque l’on a vu par exemple passer par ici, pour ne citer qu’eux, Laurent Brethomme et Eric Massé, jeunes hommes reconnus sur nos scènes. Pour cette édition, citons Le Théâtre Luzzi avec On est pas d'ici, la compagnie du P'tit Ballon avec Aigreurs et autres petites acidités, Le Songe d'une Planche à Vif avec Dire Peut être, Les Trobadors Forcis avec Vrac Orchestra, Athra avec La Chambre Noire et Carnages avec L'art de La Séduction. /

Festival LES BRAVOS DE LA NUIT 8 au 14.08, 6€/20€, Pélussin (42), 04 74 57 86 55 www.lesbravosdelanuit.fr


Š Patrick Faigenbaum


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cinema

Documentaire contestataire texte ¬ Audrey Hadorn

À l’heure de la crise et de l’explosion du numérique, les États Généraux du documentaire de Lussas reviennent sur les bouleversements inhérents aux enjeux économiques et aux nouvelles technologies dans la création et les moyens de diffusion. Pointu et passionnant, le programme de cette édition fait encore de ce village d’Ardèche une capitale du documentaire. Plus proche de l’université d’été que du festival, les États Généraux du documentaire de Lussas combinent projections de films et colloques en tout genre depuis 1989. Cette année le cinéaste documentariste Pierre-Oscar Lévy coordonnera le séminaire sur l’écriture numérique. Il confie d’ailleurs au sujet de la révolution numérique  : « J’ai le sentiment que nous, praticiens du numérique, n’en sommes qu’à des balbutiements. Un peu comme les premiers photographes qui singeaient la peinture académique, au lieu d’inventer une nouvelle pratique  ». Un point de vue pertinent qui montre que le numérique peut être un autre chemin Les États Généraux du film documentaire 22.08 au 28.08, Lussas (07), www.lussasdoc.com

parallèle à la pellicule et non une voie de substitution. Des documentaires singuliers réunis dans une sélection intitulée Incertains Regards permettront de rendre compte des nouvelles formes artistiques émergentes dans ce genre qui certes est en pleine expansion au cinéma et à la télévision mais qui subit en conséquence un formatage grandissant. À ne pas manquer les œuvres consacrées à l’Afrique et notamment aux cinéastes venus de ce continent souvent ignoré ou toujours observé par l’œil des artistes européens. À Lussas, petit havre ardéchois, le documentaire est un art qui appartient au monde. /


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Bikini Protest Montre Swatch

Photo : Mike Steegmans // Graphisme : Sarah Delvaux // Maquillage : Charline Vanderweeën // Stylisme : Marieke De Pauw // Modèles : Daphné De Geyter & Emily Jeanne // Production : 4castmedia.be


Jupe Rules By Mary Top O’Neill Veste SkunFunk Chaussures Pointer by Cream Lunettes de soleil MIU MIU Bague Friis&Company Montre Swatch Bandeau Urban Outfitters Boucles d'oreilles Swatch Casque Pioneer Sac Bjorn Borg


à gauche : Jupe Lee / Top Roxy / Chemise Cheap Monday by Urban Outfitters / Tongs O’Neill / Lunettes de soleil Komono / Collier Urban Outfitters / Sac Kipling / Bague Swatch / Montre Swatch à droite : Short Insight / Bikini O’Neill / T-shirt Billabong / Tongs Avance / Bracelet, Boucles d'oreilles, Montre Swatch / Bague Twice as Nice / Lunettes de soleil, Sac Fris&Company by Cream / Foulard NafNaf / Bonnet Esprit / Glace Urban Outfitters


Short Replay Boucles d'oreilles Urban Outfitters Chaussures Kustom Lunettes de soleil Ray Ban Collier Swatch Bague Swatch Bracelet Friis & Company Foulard Roxy Veste Twin-set


Jupe Urban Outfitters Top Esprit Chaussures ASH Lunettes de soleil O’Neill Collier-ceinture Naf Naf Foulard Urban Outfitters Bague Swatch Sac Kipling Montres Ugly Dolls vanaf Serviette BjÜrn Borg


Veste Pepe Jeans / Robe Etam / Foulard Veritas / Chaussures Kickers / Montre Komono / Sac NafNaf / Porte-clĂŠs Kipling


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Shoot of Africa texte ¬ Gallia Valette-Pilenko photo ¬ Footballworld © Uche Okpa-Iroha

Passages offre un large panorama de photographes africains en essaimant dans la ville les travaux d’une dizaine d’entre eux. « Regards partiels et partiaux de créateurs qui nous parlent de singularité et d’universalisme et relient des histoires personnelles au devenir de l’humanité  ». L’événement Passages se veut, comme son nom l’indique, un lieu de convergences et de regards croisés. La photographie africaine se porte bien, merci, les diverses expositions organisées dans le cadre de Passages le démontrent brillamment. Ça fourmille à la Fondation Bullukian, au Musée africain, à la Galerie Georges VerneyCarron, à la galerie Confluences et plus surprenant, au Centre hospitalier Saint-Luc/Saint-Joseph, sur les grilles de l’Université Lyon 2. Dix artistes à découvrir, venus du Nigeria, d’Afrique ❥

du Sud (c'est dans l’air...), de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, des deux Congo restituent leur vision du monde. Comme dans ces collages de Sammy Baloji qui associe d’anciens clichés de l’époque coloniale avec des photographies de mines abandonnées. Il a promené son objectif sur les collections du Musée et s’expose à la Fondation Bullukian. Un regard singulier à l’instar des cinq autres présentés ici, des regards qui s’entrechoquent et se répondent dans un joyeux kaléidoscope. Loin des clichés misérabilistes, mais montrant des réalités à la fois contradictoires et juste, à l’image du monde globalisé d’aujourd’hui. /

PASSAGES Jusqu’au 24.07, 04 72 69 05 00, www.museedesconfluences.fr


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Cosmos sous hypnose texte ¬ Gallia Valette-Pilenko photo ¬ Matt Mullican, Untitled (Cosmology) 1984 © Blaise Adilon

Matt Mullican envahit l’espace de l’Institut d’art contemporain. Au sens propre du mot. Cet artiste américain dont c’est la plus importante exposition en France depuis celle du Magasin de Grenoble en 1990, donne à voir ici une œuvre proliférante. Et ce, dès la première salle. Un très grand « frottage » occupe quasiment tout l’espace au sol, relayé par plus de 1300 travaux épinglés sur les murs (dessins, collages, photographies, etc.) et produit dès le départ une sensation de saturation. Sensation qui ne cessera qu’en arrivant au bout de l'exposition, salle 10, qui reprend les derniers travaux de l’artiste, ses Glass Pieces, de magnifiques sculpturesinstallations en verre. L’aboutissement de ce travail de cosmologie que poursuit inlassablement l’artiste américain, avec comme principaux modes opératoires, l’hypnose et la cartographie. L’œuvre est complexe, ❥

comme l’exposition et s’emprunte comme un labyrinthe, où il est nécessaire de se perdre et se laisser happer par les multitudes de signes et références, les diagrammes, les pictogrammes (existants ou inventés par Mullican) et les vidéos de sa recherche sous hypnose qui ponctuent le parcours. Où il faut aussi lire attentivement le guide de l’exposition, indispensable pour comprendre et accéder à l’œuvre autrement qu’en la survolant. Parce qu’il « vise, dans une entreprise vertigineuse, à contenir la totalité du monde et la totalité de sa représentation  ». Culotté ! /

Matt Mullican/ 12 by 2 Jusqu’au 29.08, Institut d’art contemporain, Villeurbanne, 04 78 03 47 00, www.i-ac.eu


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Roqué + Santos = Eros texte ¬ Gallia Valette-Pilenko photo ¬ Ros Ribas

Vous ne connaissez pas l’artiste hispano-vénézuélienne Mariaelena Roqué ? Alors il faut courir au Musée des Arts décoratifs découvrir cette costumière-sculptrice à l’imagination débordante et aux costumes de scènes absolument invraisemblables. Plus de 150 costumes et parures qui s’apparentent davantage à de la sculpture même si ce sont de vrais costumes de scène, sont disséminés dans les salles du Musée des Arts décoratifs. L’occasion d’arpenter un lieu qui n’est visité que par les touristes alors qu’il contient de singuliers objets, qu’ils soient meubles, bibelots et


autres colifichets. La mise en scène des créations de Mariaelena Roqué les éclaire d’un autre regard. Comme un équilibre toujours près de basculer dans l’affreusement kitsch, mais se situant à la lisière et résonnant d’une étrange beauté. L’exposition ouvre sur deux costumes, ceux qui ont scellé l’alliance entre la plasticienne costumière et le pianiste-démiurge Carles Santos. Une cotte de maille sertie de 150 oranges et un chapeau à cornes de taureau pour le pianiste, une robe de cellophane et papier sulfurisé pour Mariaelena Roqué, qui a eu plusieurs vies et dansait avant de se consacrer à la création de costumes. On le capte facilement en découvrant les mystérieux brassages qu’elle opère entre divers styles, du baroque luxuriant au classique antique, d’influences surréalistes appuyées au répertoire traditionnel de sa région natale, la Catalogne. Délirant, son travail étourdit et enchante les amateurs d’étoffes précieuses et d’invention costumière. Chapeau bas ! / ❥

Sous le signe d’Eros, costumes de scène Jusqu’au 5.09, Musée des Arts décoratifs, Lyon 2e, 04 78 38 42 00, www.musee-des-tissus.com


agenda

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De Eau en bas, du Fort Saint-Jean à la Saône Danse et architecture se sont donné rendez-vous sur le Rocher de l'Aigle les 4 et 5 juin derniers. Les étudiants du CNSMD, de l'école d'architecture et de Studio M se sont appropriés l'espace dans une mise en scène chorégraphique, musicale et plastique. Les projets et vidéos de cette déambulation pluridisciplinaire sont présentés tout l'été pour une séance de rattrapage. ❥ Jusqu'au 30.07, lun>vend, CAUE du Rhône, Lyon 1er, 04 72 07 44 55, www.caue69.fr

Special Mandrake © Mathias Schmied

Solid Sound Mathias Schmied dissèque les comics book des années 70 à aujourd'hui. De son scalpel affûté, il découpe le contenu de ces planches pour n'en garder que le squelette. Les super-héros quittent la narration et ne laissent derrière eux qu'une multitude d'onomatopées et de décors aux couleurs psychédéliques. Un détournement de l'imagerie pop propre à l'univers comics à la limite de l'abstraction. ❥ Jusqu'au 31.07, mar>sam, Olivier Houg Galerie, Lyon 2e, 04 78 42 98 50, www.olivierhoug.com


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Autochromes Lumière et les premiers autochromistes On connait les Frères Lumière principalement pour leur invention du cinéma. C'est à eux que l'on doit également les premières photographies couleur. Né d'un mélange de fécule de pommes de terre, ce procédé révolutionne le monde de la photographie dès 1903. De la réalisation sur plaque de verre au tirage final, l'autochrome est présenté comme le témoin de cette époque industrielle. ❥ Jusqu'au 18.08, mar>sam, Bibliothèque de la Part-Dieu, Lyon 3e, grat., 04 78 62 18 00

La Peau de chagrin, 2009-2010 © Blaise Adilon

L'alalie Tantôt biologiste, tantôt ethnologue, le duo « Art Orienté Objet » se situe à la limite de la science. Marion LavalJeantet et Benoît Mangin mènent une réflexion sur le rapport de l'homme avec son environnement. Un ours polaire en tricot éclairé d'une multitude d'ampoules s'impose comme une mise en scène de la disparition certaine de l'animal. Une anticipation alarmante qui laisse sans voix... ❥ Juqu'au 5.09, mar>dim : 14h>19h, Le Magasin CNAC, Grenoble (38), 2 à 3,5€, 04 76 21 95 84, www.magasin-cnac.org


agenda

Soleil public © Edith Dekyndt

Before Present L'appellation BP désigne un système de datation prenant comme repère chronologique l'année 1950. Désormais, l'homme contemporain est le référent de ce qui était avant / ce qui sera après. Prise de conscience des responsabilités écologiques de chacun oblige. Cette exposition réunit le Collectif BP, Dan Perjovschi et Liam Gillick pour ne citer qu'eux... ❥ Jusqu'au 19.09, mar>sam : 14h>18h30, Villa du Parc, Centre d'art contemporain, Annemasse (74), 04 50 38 84 61, www.villaduparc.com

L'arbre et le lierre © Pierre Malphettes

Paysage avec chute d'eau, Pierre Malphettes Pierre Malphettes trompe la puissance des murs épais de ce palais médiéval en invitant des éléments du paysage à envahir l'espace d'exposition. L'arbre est une figure récurrente dans l'œuvre du sculpteur. En bois, certes, mais en tasseau usiné. C'est en cela que réside le paradoxe : dans ce va-et-vient entre matière première et matériaux industriels... ❥ Jusqu'au 10.10, tlj : 9h30>12h – 14h>18h, Château des Adhémar, Montélimar (26), grat à 3,5€, www.ladrome.fr


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Créateurs & Créatures Cette année, le Festival international du film d'animation fête ses 50 ans. A l'origine considérée comme sousbranche du 7e art, cette discipline s'est définitivement imposée dans le monde du cinéma. Du crayon à la palette graphique, l'exposition retrace son histoire. 50 créateurs proposent une œuvre originale en clin d'œil aux pionniers de cet art et à leurs personnages loufoques et populaires. ❥ Jusqu'au 31.10, Musée-Château, Annecy (74), 2,30/4,90€, 04 50 33 87 30

© Bruno Amsellem, Signatures

Voyages pendulaires des Roms au cœur de l'Europe L'expulsion des Roms du bidonville de Vénissieux en 2007 marque le début de ce photo-reportage. Pour comprendre les raisons d'un exil de près de 20 ans, le photographe Bruno Amsellem s'embarque sur les routes avec ce peuple nomade par obligation. De bidonvilles en squats, de France en Roumanie, il photographie le quotidien de deux familles en quête d'une vie meilleure. ❥ Jusqu'au 24.12, merc>dim, CHRD, Lyon 7e, grat à 4€, 04 78 72 23 11, www.chrd.lyon.fr


chroniques Chronique Du Dancefloor (Libération 1988 – 1999) Didier Lestrade | L’Editeur Singulier

Personnage aux multiples (boules à) facettes, Didier Lestrade est célèbre pour son activisme au sein d’Act-Up et sa bataille fratricide avec le regretté Guillaume Dustan. Mais Lestrade, n’est pas que le moine-soldat présenté par certains. C’est avant tout un hédoniste, conscient d’avoir vécu une révolution musicale d’importance : l’arrivée de la house music en France. Comme beaucoup de mouvements underground avant elle, la house a d’abord touché les marges – ici, les communautés noires et homo de Chicago ou Detroit. Le talent de Lestrade, c’est d’avoir eu du flair. Sa chance, c’est d’avoir bénéficié d’une tribune dans Libération, plus de dix ans durant. Un coin de page, dans lesquel il transmettait sa passion, et partait d’un petit rien (un maxi dantesque, une soirée mémorable) pour aboutir à un grand tout : les rapports de genre ou de classe dans la France de Mitterrand et Chirac, par exemple. Sélection de ces papiers, Chronique Du Dancefloor exhume des tracks oubliés, suit les balbutiements de Daft Punk, s’interroge sur l’avenir d’Aphex Twin et s’emporte contre l’uniformisation (déjà ?) des free-parties. La plume vive, le regard acéré, Lestrade ne fait pas de concession et, malgré des tics irritants (cette manie de coller des mots anglais, pour faire genre), suscite l’enthousiasme. 220p., 12€. Thibaut Allemand

Plossu cinéma Ouvrage coll | Éd. Yellow Now On a connu Plossu comme photographe noir et blanc, puis comme adepte de la couleur (cf portfolio LM n°37). Le voilà révélé dans son rapport au cinéma. Une source logique d'inspiration pour un ado des 60’ (de 16 à 20 ans, il sèche les cours pour aller à la cinémathèque). Mais il est plus étonnant d’apprendre qu’il a tourné plusieurs films... L’intérêt du livre est double. Les analyses critiques nous donnent des pistes de lecture sur les rapports entre images fixe et animée (A. Bergala). L’interview de Plossu (M. Cohen) sur ses films préférés et ses réalisations se situe quant à elle dans un registre plus confidentiel. Le tout illustré de ses images, placées en résonance des œuvres de Godard, Cassavetes, Resnais, Truffaut et quelques autres. 192p., 30€. François Lecocq


LA DERNIÈRE BALADE DE BILLY William Burroughs Jr. | Éd. 13e Note À 14 ans, Billy se défonçait déjà au kif et au majoun. Sa Dernière Balade débute sur l’erreur qui l’a conduit à la Ferme fédérale des stups de Lexington, pour une cure de désintoxication : l’usage de fausse ordonnance. S’ensuit alors une prose digressive à travers laquelle il nous révèle l’absurdité des traitements qui y sont administrés, comme celle du dogme de la sanction. Mais, étrangement, son texte, d'un genre autobiographique, n’est pas âpre. Car, c’est avec une lucidité convulsive et une sagesse édifiante que William Burroughs Jr. interroge la norme et l’oppression dont elle est l’imparable ferment. Pour ébranler nos certitudes et nous inciter à les remettre en cause. 224 p., 19€.

Faustine Bigeast

Mainstream Frédéric Martel | Éd. Flammarion Une étude étalée sur cinq ans, autant de continents et enrichie de plus d’un millier d’entretiens : pas de doute, Frédéric Martel a potassé son sujet. Plutôt vaste, le sujet  : le mainstream, ou courant principal, soit, au hasard et en vrac : Britney, Avatar, Mickey Mouse, CNN, Bollywood et ses dérivés. Martel décrit le fonctionnement de ces industries créatives (et non «  culturelles  ») et les mécanismes qui aboutissent à une uniformisation des goûts et des consciences, d’un bout à l’autre de la planète. Au passage, le chercheur met à sac quelques mythes, tel celui du fameux « ciné indé » US, dont les liens avec les grands studios sont souvent tus. Un livre passionnant, regorgeant d’infos inédites… et qui plaira à tout le monde, on l’espère. 464p., 22,50€. Thibaut Allemand

Carnet Japonais Christian Garcin | Éd. L’Escampette « Enfant nous dessinions des frises ». Adulte, Christian Garcin déroule des récits. Ce qui revient (à peu près) au même. Au Japon, il traverse l’espace et le temps, dans un voyage sentimental d’Hokkaido à Hiroshima où l’on croise des momies, un grand général, « shogun », un petit moine tordu, des dieux cachés, des jésuites et un vieil homme élégant, Monsieur Bushu. Il y a aussi les choses non vues où se dessine, en négatif un portrait de la société japonaise. Entre les motifs de cette frise littéraire, des haïkus, fragiles et beaux comme la poudre colorée des ailes de papillons qui reste sur l’index. Poudre d’escampette que l’on prend d’une traite. « Mesure, clarté et mystère. C’est le Japon ». C’est aussi le style de Garcin. 123 p., 15€. Marie Kubaki

littérature |

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chroniques Uffie

SAGE FRANCIS

Sex Dreams and Denim Jeans | Ed Banger / Because

Li(f)e | Strange Famous Records / Anticon

Assassines ou dythyrambiques, les critiques autour du premier album d'Uffie sont pour le moins passionnées. Chez Let'smotiv, on pense surtout comme Sonic : « on a failli attendre ». Quand, il y a 5 ans, la caution féminine du label Ed Banger dégainait un Pop the Glock irrésistible, on attendait l'album dans la foulée. En guise de consolation, Sex Dreams and Denim Jeans aligne les grands noms : Feadz, Mr. Oizo, Busy P et Mirwais à la production, Pharell Williams a même prêté sa voix sur ADD SUV. Un casting de choc à double tranchant puisque l'album manque aussi d'unité. Électroclash, rock, ballades… attention une esthétique en cache une autre  ! Parmi les 14 titres présentés, retenons surtout le vibrant MC's Can Kiss, le futuriste ADD SUV et le délicat Our Song. En attendant un véritable album. Hakima Lounas

Au sommet du rap américain indépendant, Sage Francis ne lâche rien ! Dans Li(f)e, son nouvel opus, il fustige à nouveau les dérives politiques, en mettant l'accent sur les mensonges qui jalonnent notre quotidien, des croyances aux inventions. Le MC se frotte à de nouvelles familles musicales en s'entourant notamment d'artistes issus de la scène rock/folk des États-Unis : Califone, Jason Lytle (ex-Grandaddy), Chris Walla (Death Cab for Cutie), Calexico, Modest Mouse ainsi que le regretté Mark Linkous. Exit les samplers, les atmosphères sont plus rock, plus évolutives et variées. Les compositions originales alliées au flow impeccable du rappeur révèlent une œuvre inattendue. Dont le très beau The Best of Times en compagnie de Yann Tiersen. Loïc Blanc

CRYSTAL CASTLES Crystal Castles | Lies Records / Last Gang Records Le groupe s'appelle Crystal Castles, le premier opus aussi et le deuxième... également. Un geste surprenant mais édifiant puisqu’il préfigure ce que le duo canadien fait de mieux : être ineffable. Vaisseau fantôme naviguant entre les qualifications musicales (noise, chiptune, punk, house, cold wave, pop), Crystal Castles s’évanouit chaque fois qu'on pense le cerner. Leur second album est aussi intemporel qu’inféodé aux chapelles. Une seule certitude : il s’en dégage une impression glaçante. La cover façon DV horror, la dégaine heroin chic d’Alice Glass, la voix décharnée, les saturations hantées, tout confine à un glauque fascinant et borderline. Comme si dans une sombre uchronie, Lovecraft avait composé sa folie sur Atari. Guillaume Jallut


musique |

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Arandel

Thieves like us

In D | Infiné / Module

Again and again | deBonton / Believe

Arandel est le nouveau projet intrigant d'Infiné, dont l'auteur a souhaité garder l'anonymat. Aucun ego-trip vaguement underground ici, mais le désir de servir une idée audacieuse consistant à produire une musique 100% organique. En bannissant tout appareil MIDI, sonorité synthétique ou sample, In D (clin d'œil au in C de Terry Riley) s'affranchit de la technologie. Un sentiment de légèreté et d'improvisation cohabite avec un état de transe pourtant digne des musiques électroniques. Cet album rivalisant d’instruments et de voix, oscillant entre périodes d'introspection ( #7, #8) et épisodes rythmés (#1, #5), brouille alors nos sens. Au-delà de la performance, une réflexion intéressante sur la création. Clément Perrin

En entendant One night with you, on pourrait croire à l'exhumation d'un inédit de New Order, période Low life. Lourde ligne de basse, fragilité du chant, décrochages rythmiques : tout fait songer au groupe mancunien. Il s'agit pourtant bien d'un morceau du deuxième album de Thieves like us. Le trio américano-suédois a endossé le nom d'un single de New Order dont il assume l'ombre tutélaire jusqu'au mimétisme. Les autres références 80s – Soft Cell, Pet Shop Boys voire Cure  – n'empêchent pas qu'Again and again instille un agréable parfum à chaque écoute, du popisant Shyness au lancinant So clear. Thieves like us : tout est dit, des pillards certes mais dotés d'une vraie personnalité. Richard Célèbre

Push Up The Grand Day of Quincy Brown | Discograph Écoutez l'histoire du cousin fantasmé de Jones (Quincy) et de James (Brown). Un personnage en costard rayé et galurin, directement issu d'un film blaxploitation raconté en douze plages à la façon de la Marilou gainsbourgienne. Push up associe des guitares seventies à des cuivres funky, des rythmiques soul à une flûte traversière. L'album raconte une histoire rêveuse et dépressive tout en installant des ambiances jazz (The pawnshop) ou furieusement groovy (Pressure there !). Les voix soul et le phrasé slam s'accordent à l'extrême musicalité de l'ensemble. Sommes-nous à Detroit au début des années soixante ? Non en 2010 à Paris : Push up est bel et bien un collectif français. Richard Célèbre


le mot de la fin |

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Un truc cool…

Stubbleme

En 2009, Brock Davis s'est lancé un défi : « Make something cool every day ». Cet illustrateur facétieux et photographe hypersensible a terminé l'année en beauté avec 365 créations (photo)graphiques ! Voici un extrait du calendrier très personnel d'un mec définitivement cool.



let’smotiv Lyon n°05 - juillet/août 2010