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Entraînement spécialisé

Parlez-vous le chien ?

Dossier animal

La vie secrète des combats de chiens au Québec

Animaux exotiques Cacatoès à huppe rouge

Alimentation

5 questions sur l’alimentation naturelle crue


page 2 • avril/mai 2018 • Passion animaux


Éditorial Par : Benoit Ouimet

Chères lectrices, Chers lecteurs,

Je suis bien heureux de vous retrouver pour une nouvelle édition !

Nos amis les animaux nous amènent tant de bonheur. Ils sont toujours enjoués, prêts à s’amuser et à nous donner une dose d’amour. Même s’ils apportent plus de bons moments que de mauvais, cela n’empêche pas qu’ils peuvent devenir une source de conflit au sein du couple. En effet, il suffit de faire un tour dans un centre canin pour voir certaines personnes se disputer à l’égard de leur adorable canidé. C’est du moins ce que Aurélie Massé, zoothérapeute et comportementaliste animal, a observé dans son environnement de travail. Celle-ci a donc allié expérience et expertise pour vous livrer un texte (p. 44) qui suggère quelques pistes d’intervention pour éduquer votre animal au sein de votre couple. D’ailleurs, il n’est peut-être pas rare de voir votre poilu compagnon bâiller lorsque vous vous chicanez avec votre conjoint ou votre conjointe. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Si vous croyez que les bâillements de votre pitou sont synonymes de fatigue ou d’ennui, détrompez-vous. Il arrive qu’ils soient parfois utilisés comme des signaux coupe-circuits, qui remplace le langage chez le chien. Le texte d’Aurélie Massé s’allie donc très bien à celui de Jacinthe Bouchard, formatrice en comportement animal et en entraînement spécialisé : Parlezvous le chien ? (p. 29). Cette spécialiste vous aide à décoder le langage non verbal de votre compagnon, afin que vous puissiez mieux le comprendre. Vous découvrirez que, si les humains n’aiment pas voir les autres se disputer, il en vaut autant pour les chiens !

Et du côté des chats ? Les chats : les gens en sont complètement amoureux ou en sont complètement indifférents. « Il est plate ton chat, il n’est pas sociable ! ». Avez-vous déjà entendu cette phrase de la part de votre entourage ? En effet, certains chats sont craintifs et se cachent sous le lit dès que la visite sonne à la porte. Si c’est le cas du vôtre, je vous invite à bénéficier des conseils de Daniel Filion, spécialiste en comportement félin, qui décortique ce tempérament à travers un dossier nommé Votre chat est-il sociable ? (p. 40). Peut-être qu’il vous suffira de mettre ses conseils en pratique pour que votre minet arrive finalement à se ruer sur vos invités. Donnez-nous en des nouvelles !

Niveau santé, la biologiste Pascale Tremblay nous parle de la polydactylie chez le chat (p. 16), qui se définit comme la présence de doigts supplémentaires par rapport au nombre de doigts observé chez la majorité des autres individus. D’ailleurs, saviez-vous les plus célèbres chats domestiques présentant de la polydactylie sont ceux appartenant à l’écrivain Ernest Hemingway ? Ce dernier avait reçu une chatte blanche à six doigts par le capitaine d'un navire dans les années 1930. Désormais, une cinquantaine de chats descendants de cette chatte fondatrice peuvent être retrouvés sur le site du musée lui étant dédié. Vous pouvez aller à leur rencontre en visant la

maison historique de l’écrivain, située à Key West en Floride. Enfin, le hasard a fait en sorte que nous vous parlons de deux animaux qui font craindre les gens : la mygale et le requin blanc. Peut-être que de lire sur ces animaux vous donnera des frissons ou, à l’inverse, peut-être que ces articles vous réconforteront dans votre phobie… Pour conclure chers lecteurs et lectrices, je vous convie le 5 mai prochain à une soirée-bénéfice au profit de la Fondation Calèche, qui se tiendra dans la belle ville qu’est Nicolet. Un cocktail dînatoire, agrémenté d’un spectacle de l’humoriste et amoureux des animaux, Stéphane Fallu, sera offert afin d’amasser des dons pour former des chevaux miniatures d’assistance aux personnes ayant un handicap. Moyennant l’achat d’un billet de 85 $, les participants auront l’opportunité de contribuer au développement des aidants que sont les chevaux miniatures tout en passant une belle soirée empreinte d’humour et de convivialité. Tous les détails se trouvent à la page 8 du magazine. Comme à l’habitude, n’hésitez pas à nous formuler des commentaires ou des suggestions via l’adresse info@passionanimaux.ca ou encore à suivre notre page Facebook du nom de Passion Animaux Le Magazine. Bonne lecture !

Suivez-nous! Benoit Ouimet Éditeur

Tél.: 450.638.6836 Courriel : info@passionanimaux.ca Le magazine Passion Animaux est publié six fois par année et distribué à 30 000 exemplaires à travers le Québec. Si vous avez des commentaires ou des questions, n’hésitez pas à nous contacter. Éditeur Benoit Ouimet Administration Linda Plante Graphiste Benoit Ouimet

Responsable de la cantine

Punky Baby

Réviseur Lindsay-Anne Prévost Journaliste Mel-Lyna Cadieux, Lindsay-Anne Prévost

Collaborateurs Joanie Asselin, Jacinthe Bouchard, Isabelle Borremans, Manon Choquette, Zoo Ecomuseum, Daniel Filion, Pascal Frochisse, Sarah Gravel, Krystle Lussier, Aurélie Massé, Audrey St-Arneauld, Pascale Tremblay

Imprimeur Solisco Distribution messagerie dynamique

Responsable de la sécurité

Ève Woof Woof

Responsable de la pause Kit Cat

Sacha

Passion animaux • avril/mai 2018 • page 3


Dossier animal Par : Lindsay-Anne Prévost

Animal et travail : les deux font la paire !

Ils s’appellent Choco, Mushi et Gandhi. Gros ou petits, ces chiens possèdent le point commun de pouvoir accompagner leur maître au travail. Une tendance à laquelle tendent de plus en plus d’entreprises au Québec. Dans les grands bureaux à espaces ouverts de l’entreprise montréalaise GSOFT, Mushi déambule fièrement. Force est de constater à quel point cette petite caniche toy de 18 mois donne le sourire à tous les employés lorsqu’elle passe à leur côté. Elle se fait caresser par l’un, se fait saluer par l’autre et assiste même aux réunions.

Guillaume Royer avec son caniche toy du nom de Mushi. Crédit photo : GSOFT

Son propriétaire, Guillaume Royer, est l’un des chanceux au Québec à pouvoir travailler avec son animal domestique. Chez GSOFT, il a simplement fallu que l’un des associés amène son chien pour qu’une dizaine d’employés emboîtent le pas. « L’idée s’est imposée naturellement », témoigne Guillaume Royer, qui travaille comme développeur au sein de l’entreprise. Les membres de l’équipe peuvent s’amuser avec Mushi, mais également avec un labrador, un bouvier bernois et un caniche royal. Bien que les entreprises autorisant la présence d’animaux soient encore rares au Québec, de plus en plus d’organisations semblent suivre la tendance. Parmi elles, on compte entre autres le studio de divertissement multimédia Moment Factory, l’agence de publicité Commun et l’agence de design Bleuoutremer. Dans cette entreprise de Québec, les employés alternent chaque semaine la visite d’un yorkipoo nommé Gandhi et celle d’un labrador du nom de Choco. « Nous avons une philosophie d’entreprise humaniste et la qualité de vie au travail est très importante. Nous avons donc considéré la zoothérapie », explique Mélanie Côté, coordonnatrice chez Bleuoutremer et propriétaire de Gandhi. Effets de la zoothérapie Selon une étude publiée par l’International Journal of Workplace Healt Management, les animaux aideraient à réduire le stress, amélioreraient l’humeur des équipes et favoriseraient les interactions entre employés. Élodie Lavertu, productrice web chez Bleuoutremer, conçoit ces bienfaits. Son labrador lui a permis d’intégrer les troupes de l’entreprise avec plus d’aisance. « Ça enlève de la gêne, dit-elle. Mon chien est devenu un sujet de conversation et ça m’a permis de créer davantage de liens avec mes collègues. »

Pour Guillaume Royer, la présence de son chien lui permet de travailler avec une tranquillité d’esprit. « Ça fait du bien de savoir qu’elle n’est pas toute seule à la maison toute la journée », explique le développeur, qui admet lui aussi avoir fait la connaissance de certains collègues grâce à Mushi.

Élodie Lavertu avec son labrador brun du nom de Choco Crédit photo : Geneviève Lesieur page 4 • avril/mai 2018 • Passion animaux

D’ailleurs, cette dernière fait sourire plusieurs d’entre eux. « Quand on voit un chien, on est plus souriant et on se sent plus détendu », soutient la coordonnatrice de Bleuoutremer, Mélanie Côté. C’est juste de l’amour sur quatre pattes ! Ça met un baume sur le cœur dans un environnement de travail qui est parfois compétitif. »


Favoriser la socialisation Or, si les animaux ont un effet apaisant sur les employés, ils peuvent aussi devenir une source d’irritation. Cela peut être le cas, par exemple, d’un chien qui détruit tous les objets retrouvés sur son passage, qui n’est pas encore entraîné à être propre ou qui aboie à répétition. Selon plusieurs spécialistes, il est préférable d’amener son animal dès son jeune âge afin de favoriser la socialisation. « Si l’animal est bien dressé, il ne sera pas une source de distraction », fait valoir le développeur de GSOFT.

Ainsi, les deux entreprises interrogées par le magazine Passion Animaux s’entendent pour dire que nos amis à quatre pattes peuvent être admis dans la plupart des organisations, à la condition de favoriser le consensus. Chez GSOFT, l’un des trois étages est interdit aux chiens pour ne pas incommoder un collègue allergique. Du côté de Bleuoutremer, Gandhi accompagne sa propriétaire deux jours par semaine seulement afin de limiter les dérangements avec ses jappements. « De mon côté, j’ai fait le tour de l’équipe pour être certaine que personne ne soit intimidé par la présence d’un gros chien », raconte Élodie Lavertu. Pour ce qui est des besoins, tout se déroule généralement pour le mieux. Les maîtres de petits chiens optent généralement pour le « pipi-pad » tandis que les propriétaires des plus gros sortent faire une balade à l’extérieur deux à trois par jour.

Imprévisibles, ces animaux ! En revanche, il faut garder en tête que les animaux sont imprévisibles. Cela laisse parfois place à quelques situations cocasses. Guillaume Royer se souvient notamment d’un gros chien appartenant à un membre de son équipe qui, trop énergique, a foncé à pleine vitesse dans l’un des bureaux à cloisons vitrées de l’entreprise. « Il n’y a eu aucun dégât, mais tout le monde a fait le saut ! », raconte-t-il en riant. Pour leur part, les employés de Bleuoutremer doivent jongler avec un labrador gourmand, qui adore se régaler dans les poubelles… ou encore avec un yorkipoo, qui a laissé une surprise sous le bureau d’un employé il y a quelques semaines. Qu’on le prenne en riant ou pas, ces quelques incidents sont minimes à côté du bonheur partagé avec les animaux. « Au final, c’est surtout pour que nos chiens soient heureux qu’on les amène », conclut Mélanie Côté.

Passion animaux • avril/mai 2018 • page 5


Dossier animal Par Mel-Lyna Cadieux

La vie secrète des combats de chiens au Québec On en parle, on en entend parler et, au final, on les oublie. Pourtant, les combats de chiens restent d’actualité. Contrairement à ce que plusieurs pourraient croire, ce n’est pas parce que l’on ne les voit pas que ceux-ci n’ont pas lieu. Le 18 février dernier, ce type d’activité souvent laissé dans l’ombre est revenu en force avec une annonce concernant l’abandon de 67 accusations contre des hommes dirigeant un réseau de combats de chiens dans le sud-ouest de l’Ontario. L’abandon des accusations, qui fait suite à des retards déraisonnables dans les procédures judiciaires, n’a pas tardé à créer une onde de choc. De nombreux citoyens se sont inquiétés de la manière dont les cas de négligence animale sont considérés d'un point de vue juridique. Loin d’être un jugement adéquat, plusieurs dénoncent un grand manque de rigueur à l’égard d’une situation extrêmement sérieuse et nécessitant une intervention sévère. Avec des lacunes aussi grandes pour traiter des dossiers aussi importants, il n’est pas surprenant d’apprendre que beaucoup de personnes liées de près ou de loin aux combats de chiens échappent à leur condamnation. Cela permet à ce commerce criminel de perpétuer, et ce, dans le plus parfait des silences. Certes, les combats de chiens sont beaucoup plus répandus aux États-Unis. En revanche, il serait illusoire de croire que cette réalité n’existe pas au Québec. Voici quelques cas relevés dans les dernières années.

Une cruelle vérité Le 21 janvier 2015, des agents de police font la sordide découverte de cinq chiens dans un état lamentable dans un stationnement du quartier industriel Chomedey à Laval. En plus d’être d’une maigreur extrême, ces derniers sont entassés dans une cage et souffrent de diverses blessures à la tête et au cou. Âgés d’un à deux ans, tous les chiens ont dû être euthanasiés le jour même et dans les jours qui ont suivi à cause de la gravité de leur état.

Selon l’agent Franco Di Genova et d’après les blessures des animaux, il fait nul doute qu’ils ont été utilisés à des fins de combats. L’emplacement précis de ces derniers reste inconnu jusqu’à ce jour, mais ils se seraient possiblement déroulés à Montréal.

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Malheureusement, ces chiens ne sont pas les seules victimes de cette forme d'exploitation les vouant à une mort certaine. Selon John Goodwin, directeur principal de la campagne « Stop Puppy Mills » de la Humane Society of United States, un chien arrive difficilement à survivre à plus de cinq combats et, dans certains cas, même le gagnant succombe à ses blessures. Enquête au cœur du problème En 2013, la Ville de Québec rapportait que des combats de chiens avaient lieu quelques fois dans des sous-sols de maisons situées dans les arrondissements Beauport, Charlesbourg et le quartier Limoilou. Dans un article à ce sujet, un témoin anonyme ayant déjà fréquenté l’univers des combats de chiens a livré de nombreux détails sur le fonctionnement interne. Selon ses dires, ce milieu est extrêmement dangereux. Les activités auraient lieu dans la nuit et des personnes appartenant à toutes les classes sociales y participeraient. Organisés par des groupes clandestins, la récompense en argent varierait entre 5000 et 15 000 dollars pour le gagnant.

Par contre, il n’est pas facile de faire ses premiers pas dans le milieu. Le témoin rapporte qu’il faut préalablement avoir un contact d’établi dans le domaine pour avoir accès aux pages Facebook et aux sites web sur le sujet. Une fois introduit dans le groupe, le participant doit faire les démarches pour jumeler son chien à un combat. Le processus peut s’avérer très long pour participer aux activités puisqu'une personne sans chien doit se procurer un molosse chez l’un des fournisseurs officiels. Encore une fois, il faut absolument avoir un contact dans le groupe afin de connaître l’emplacement du fournisseur.


Une fois ces étapes franchies, l’organisateur de l’événement appelle le propriétaire du chien afin de fixer un rendez-vous pour le combat. Par la suite, les deux individus sont invités à se rendre séparément sur le lieu de l’arène, strictement réservée aux propriétaires de chien et aux groupes fermés. Le combat dure généralement 45 minutes et le premier chien à perdre son souffle, à se retrouver sous l’autre chien ou à mourir est considéré comme perdant. À la fin de celuici, les hommes tirent les chiens par les pattes arrière pour les séparer et utilisent de la vaseline pour couvrir les blessures, qui sont ensuite traitées à la maison avec un onguent antibiotique. Il faut environ huit mois pour que le chien s’en remette totalement. Cependant, il est très courant que le perdant meure au combat, succombe à ses blessures peu de temps après ou soit mis à mort par le propriétaire. Les chiens trop blessés sont souvent achevés à coup de masse, noyés ou abandonnés.

chien de combat sauver par une association

le soir dans des parcs à chiens. C’est dans ces moments que les propriétaires pousseraient les chiens à bout afin de les tester. Cette expérience survient dès le plus jeune âge de l’animal afin que celui-ci développe un instinct de survie et devienne plus violent. Les propriétaires désirent d’ailleurs exposer ces chiens à la douleur le plus rapidement possible afin de les habituer à souffrir. Des activités plus proches que jamais Plusieurs vols de molosses ont été rapportés en 2015 au Québec, probablement par des organisateurs de combats. Des témoins indiquent avoir aperçu deux hommes mexicains dans des stationnements d’épiceries et de magasins à grande surface en train de voler des chiens dans les voitures. Certains affirment également que des vols de chiens auraient eu lieu dans les cours arrière de certaines maisons. À ce jour, nous n’avons aucune preuve tangible pour prouver l’authenticité de ces propos. En outre, si ces vols s’avèrent bien réels, il existe possiblement un lien avec les organisateurs de combats de chiens. Depuis ce temps, plus aucune nouvelle concernant des combats de chiens au Québec n’a vu le jour dans les médias. Dans le noir et le silence, des combats voient assurément encore le jour dans notre province. Le problème est loin d’être réglé. Le système judiciaire ferme les yeux et d'autres gardent le silence. Pendant ce temps, ce sont des centaines de chiens qui sont utilisés à des fins d’exploitation cruelle pour le plus grand divertissement des humains.

Cette sombre réalité touche une quantité de chiens beaucoup plus grande que ce que nous pouvons imaginer, et ce, dès leur plus jeune âge. Très tôt, le comportement de certains chiots est testé afin de sélectionner les meilleurs sujets qui deviendront de féroces combattants. Certains témoins rapportent que des rendez-vous auraient lieu tard

Le saviez-vous ? • Au Canada, des Québécois participent aux combats de chiens même à l’extérieur. Certains vont même jusqu’aux États-Unis pour élever des chiens féroces et se faire un nom dans le domaine ; • Le Code criminel impose un maximum de cinq ans de prison pour les combats de chiens. Ce règlement date de 1892 et il est applicable seulement si une personne a été prise sur le fait ou si elle assiste ou si elle organise un combat de chiens.

Passion animaux • avril/mai 2018 • page 7


Des chevaux miniatures à la rescousse des personnes ayant un handicap

Des chevaux qui ont fait leurs preuves Doté d’une très grande intelligence, le cheval comprend et obéit à trois fois plus d’ordres que le chien. Il est d’ailleurs une bonne alternative pour les personnes allergiques à ce dernier. « Le cheval ne court pas après les chats. L’entraînement est plus simple que pour un chien », indique également Jacinthe Bouchard. C’est sans compter qu’il possède une excellente mémoire. Ainsi, il arrive aisément à retrouver son chemin et à se souvenir des situations dangereuses. De plus, le cheval est capable de voir dans le noir et possède une vision panoramique, ce qui lui permet de prendre connaissance de tous les éléments de son environnement. Souvent utilisé en zoothérapie, les équidés ont démontré des résultats encourageants auprès de personnes souffrant d’autisme, du syndrome d’Asperger, d’hyperactivité, d’anxiété ou du déficit de l’attention. Le cheval aide entre autres à augmenter la confiance en soi, éveille les sens et améliore l’équilibre, en plus de briser l’isolement.

En revanche, force est d’admettre qu’il est plus difficile de le loger dans la maison. Bien qu’il puisse habiter sans problème à l’extérieur, une cour clôturée est de mise. « Même s’il n’y a pas de restriction d’un point de vue légal dans les métropoles, les chevaux sont principalement utilisés par les gens qui vivent à la campagne ou en banlieue », admet Jacinthe Bouchard.

Le 5 mai prochain, le magazine Passion Animaux convie les citoyens dans la belle ville qu’est Nicolet pour une soiréebénéfice au profit de la Fondation Calèche. Un cocktail dînatoire, agrémenté d’un spectacle de l’humoriste et amoureux des animaux Stéphane Fallu, sera offert afin d’amasser des dons pour former des chevaux miniatures d’assistance aux personnes ayant un handicap.

Certes, pour venir en aide aux personnes souffrant d’un handicap physique ou visuel et nécessitant de l’aide dans leurs déplacements, on pense bien souvent au chien. Pourtant, le cheval miniature est un aussi bon guide… à la condition, bien sûr, d’avoir une cour pour le loger !

C’est du moins ce que propose depuis sept ans la fondatrice de la Fondation Calèche, Jacinthe Bouchard. « Contrairement au chien d’aide qui a une durée de vie de 12 ans et qui peut travailler de six à sept ans, le cheval vit 40 ans et peut offrir ses services durant plus de 25 ans, explique la fondatrice, qui est une pionnière dans le domaine au Québec. La personne a donc le même animal d’aide pour une majeure partie de sa vie. » Effectivement, il peut paraître marginal d’utiliser le cheval miniature comme animal d’assistance. Pourtant, aux ÉtatsUnis, ils sont des milliers à être utilisés comme guide depuis 1999… comme quoi l’idée a bel et bien fait ses preuves !

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Ressource coûteuse Or, il n’en demeure pas moins que la formation de chevaux miniatures est coûteuse pour les fondations offrant ce type de ressource. Avant d’être offert gratuitement, chaque cheval doit être formé pendant trois ans avec un entraîneur, ce qui nécessite une dépense de 150 000 $. « Il faut payer le foin, les vétérinaires, les entraîneurs… chaque cheval nous coûte très cher », conçoit la fondatrice de la Fondation Calèche. De plus, le nombre de chevaux offerts par année dépend du nombre de portées. En ce sens, les fondations doivent bien souvent rémunérer des employés à temps plein pendant toute la durée de la formation, même si un cheval seulement sera offert dans l’année.

Pour Jacinthe Bouchard, l’idée n’est pas de faire concurrence aux autres types d’animaux d’assistance, mais plutôt d’offrir de nouvelles ressources. Rappelons que la liste d’attente pour obtenir un chien MIRA est de 18 mois. Selon les statistiques de l’association des établissements de réadaptation en déficience physique du Québec, près de 4 000 personnes seraient en attente d’un animal aidant.

Ainsi, moyennant l’achat d’un billet de 85 $, les participants auront l’opportunité de contribuer au développement des aidants que sont les chevaux miniatures tout en passant une belle soirée empreinte d’humour et de convivialité. Les enfants pourront également s’amuser et caresser un cheval miniature, qui fera partie des convives pour l’occasion… une belle manière de voir l’effet de ces mignons équidés sur notre bien-être !


incluant un cocktail dînatoire

Spectacle bénéfice Samedi 5 mai 2018 Au profit de Fondation Calèche et du centre de réhabilitation Zoo Académie de Nicolet

à l’Hôtel Montfort 1141, rue Saint-Jean-Baptiste, Nicolet Pour l’achat de vos billets rendez-vous sur www.zooacademie.com Prix du billet : 85 $ + tx. Inclus le spectacle et le cocktail dînatoire

www.zooacademie.com

Informations : Zoo académie : 819-293-5170 Magazine Passion animaux : 450-638-6836

organisé par :


Nos amis les insectes Par Audrey St-Arneauld Technicienne animalière

La mygale : cet arachnide qui fait craindre les gens Certains en ont une phobie, d’autres les admirent. Personnellement, je trouve que le monde des insectes est fascinant et merveilleux. Permettez-moi de vous présenter une araignée aux multiples tailles, aux mille et une couleurs, méconnue et trop facilement jugée : la mygale. Des milliers d’espèces Il existe près de 1 000 espèces de mygales, réparties dans 144 genres différents. Beaucoup de gens font référence au mot « tarentule » pour parler de cet insecte appartenant à la famille des Theraphosidae, mais il faut savoir que la tarentule — ou araignée-loup — fait référence à une famille différente. En revanche, dans la langue anglaise, l’appellation « tarentula » désigne bel et bien la mygale.

Ces dernières ont des corps massifs et velus ainsi que des crochets, qui leur permettent de s’alimenter et de se défendre. Il existe différentes catégories de mygales comme, à titre d’exemple, celles que l’on appelle « terrestres » qui vont demeurer au sol et d’autres que l’on appelle « arboricoles » qui préfèrent vivre en hauteur. Elles ont des pattes avant élancées et plus larges, qui leur permettent de se positionner parfaitement à la verticale.

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Contrairement aux araignées traditionnelles, elles ne font pas de toiles circulaires aériennes pour s’alimenter. Elles sont beaucoup trop lourdes pour pouvoir se suspendre en hauteur. Les mygales terrestres creusent un terrier et tissent une toile sensitive au-dessus de celui-ci, qui va leur permettre de détecter la présence de proies potentielles et de pouvoir sortir rapidement pour les attraper.

Les mygales arboricoles, quant à elles, se font une toile en forme de tube qu’elles tissent au travers des feuilles et des écorces d’arbres. Elles vont, elles aussi, se servir de cette toile pour détecter la présence de proies. Elles peuvent également se creuser des terriers. Moyens de défense Les mygales peuvent se défendre de différentes façons. Il y a la position de défense ou d’intimidation, la fuite, la projection de poils urticants et la morsure. Pour la position de défense, elles lèvent leurs pattes avant pour avoir l’air plus grandes et impressionnantes. Certaines montrent leurs couleurs vives présentes sous leurs pattes et ouvrent leurs crochets.

Pour projeter leurs poils, elles utilisent leurs pattes arrière qu’elles frottent de façon rapide sur leur abdomen, ce qui va projeter des poils dans l’air et créer des démangeaisons et de l’enflure aux proies sur lesquelles elles se déposent. Dans les cas ultimes, il y a la morsure qui peut se faire sans

venin pour faire fuir son prédateur. En effet, le déclenchement du venin est volontaire chez les mygales. Ce n’est pas parce qu’elles mordent qu’elles injectent automatiquement leur poison.

Les mygales ont la capacité de régénérer leurs membres comme, par exemple, une patte perdue aux cours de mues successives incluant, entre autres, leurs crochets et la glande à venin. Il est donc impossible de prétendre que l’on peut avoir une mygale dite opérée. Lors de la mue, la mygale se retourne complètement sur le dos et s’extirpe de son ancienne cuticule pour faire place à la nouvelle. C’est un processus long et exigeant pour elle. Contrairement aux femelles, qui continuent de muer, les mâles cessent leur mutation une fois qu’ils sont adultes. Ceux-ci vivent environ cinq ans alors que les femelles ont une espérance de vie qui varie de 10 à 20 ans selon l’espèce.

Fait intéressant à savoir : il existe une grande variété de couleurs et grosseurs chez les mygales. Certaines sont très petites et d’autres sont si grosses qu’elles peuvent manger un oiseau. Il y a également des mygales aussi colorées qu’un arc-en-ciel comme, par exemple, la mygale versicolore. Bref, ces araignées gagnent à être connues ! Elles font partie d’un monde fascinant, diversifié et rempli de surprises. Désormais considérée comme « animal domestique », cette araignée saura plaire aux gens aimant la tranquillité et la nouveauté.

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Comportement canin Par : Isabelle Borremans Éducatrice Canine

Chien anxieux : votre animal aussi a des émotions ! L’anxiété est l’un des troubles les plus fréquents chez nos animaux de compagnie. De façon plus complexe, nos chiens vivent du stress, des peurs et des phobies. Laissez-moi vous aider à comprendre les différents termes et comment gérer ces mots tabous. LA BONNE DÉFINITION Le stress est une réaction normale, qui permet à l’organisme de maintenir son équilibre intérieur à l’égard d’une nouvelle situation.

La peur est un sentiment d’angoisse que l’animal éprouve en présence d’un danger réel ou d’une menace. La phobie est une aversion très vive pour l’animal, qui fait suite à un événement marquant. L’anxiété est une inquiétude et une tension, qui est causée par l’attente et l’angoisse de l’animal. Il s’agit d’un trouble émotionnel causant énormément d’insécurité chez nos animaux de compagnie.

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Pourquoi mon chien est-il anxieux ? La génétique de notre animal peut créer des troubles d’anxiété à un moment ou un autre lors de son développement. Il est donc essentiel de choisir un chiot en s’assurant de pouvoir observer son milieu et sa famille.

Plusieurs études scientifiques ont démontré un lien entre la période de socialisation et les troubles d’anxiété observés à l’âge adulte chez le chien. Il est donc recommandé de favoriser la socialisation dès son jeune âge. Un traumatisme est un moment marquant, qui provoque une douleur physique et psychologique chez l’animal : une attaque de la part d’un autre chien, un accident d’auto ou un feu dans la maison, par exemple. Cela peut causer l’apparition de l’anxiété chez l’animal. L’éducation a aussi un rôle primordial. Nous savons depuis de nombreuses années que l’éducation par la force avec l’utilisation d’outils correctifs augmente les risques de trouble d’anxiété et d’agressivité.

Pourquoi mon chien devient-il de plus en plus anxieux ? L’anxiété peut se généraliser et devenir de plus en plus problématique. Par exemple, votre chien démontre de l’anxiété envers le gros chien blanc du voisin. Après un moment, tous les gros chiens blancs provoquent une anxiété. Votre animal peut en venir à craindre tous les chiens ayant du blanc comme marquage. Les conséquences de l’anxiété L’anxiété chronique affecte la capacité d’apprentissage du chien et sa mémoire cognitive. Cela rend la thérapie comportementale plus complexe. La santé de l’animal est souvent touchée, car son système immunitaire est moins fort. Le système urinaire, les problèmes de peau et les problèmes digestifs sont souvent les alliés des troubles anxieux. Ce que vous pouvez changer maintenant Pour débuter, consultez votre vétérinaire. Celui-ci pourra faire un examen physique et vous proposer des recommandations spécifiques en fonction de l’âge de votre animal. Il pourra aussi vous questionner sur ses habitudes en général, son alimentation et ses périodes de sommeil.

Votre chien à des besoins en exercices, qui sont à ne pas négliger. Un chien qui s’ennuie risque d’être plus anxieux. Il est important de respecter une routine pour diminuer l’anxiété de votre compagnon et de gérer l’environnement et les situations que vous savez anxiogènes pour lui. Il va de soi qu’il est important d’éviter les situations propices à son angoisse d’ici à ce que vous entrepreniez une thérapie comportementale avec un intervenant en comportement ou même un vétérinaire comportementaliste.

Si vous recevez un billet de loterie gagnant d’un million de dollars et qu’on vous demande de ne pas être content, en serez-vous capable ? Évidemment que non, car votre émotion de joie est incontrôlable. Vous pouvez donc parlez à votre chien, mais sans lui mentir. Par exemple, vous ne pouvez pas dire à votre animal en visite chez le vétérinaire que c’est fini et que vous allez à la maison si, clairement, il faut encore faire sa vaccination. Vous pouvez plutôt le toucher de façon rassurante et calme. Respectez les limites de votre chien Nous croyons souvent à tort que notre animal doit être confronté à ce qui le rend anxieux. Or, il est important de savoir qu’un chien ne doit jamais être « forcé » lorsqu’il est angoissé. La meilleure façon de vaincre son anxiété est de respecter sa bulle et sa limite ainsi que de l’encourager et le récompenser lors de ses bonnes actions. Le contre-conditionnement Le contre-conditionnement est une technique consistant à ajouter un élément incompatible avec le comportement ou l’émotion ressentie afin de modifier l’association déjà créée. Cette technique est très efficace pour changer l’émotion. Le but est d’ajouter un élément extraordinaire quand la situation négative se produit, pour empêcher l’anxiété de prendre la place.

Pour réussir, il faut respecter la zone de confort du chien. Par exemple, si le chien devient anxieux lorsqu’il voit d’autres chiens, il faut d’abord pratiquer le contreconditionnement à une distance qui lui est tolérable. Dès que l’animal voit ce qui lui crée normalement de l’anxiété, une récompense alimentaire lui est offerte gratuitement.

Il n’est pas suggéré de demander quelque chose à votre compagnon, comme de s’assoir lorsqu’il voit l’autre chien. Nous voulons simplement lui faire le message que, dès qu’il aperçoit un autre chien, de la nourriture apparaît automatiquement. Si votre animal est anxieux avec les gros chiens seulement, il est quand même recommandé d’offrir la nourriture à la vue de tous les types de chiens pour généraliser la situation. La médication, oui ou non ? Il est important de parler avec votre vétérinaire, car dans plusieurs cas, la médication est vitale pour l’animal et même parfois pour son gardien. La médication pourrait être suggérée dans les cas suivants : si l’environnement est incontrôlable, si le cas est sévère, si le bien-être de l’animal est touché, si le chien n’arrive pas à modifier son comportement, si l’anxiété de l’animal est difficile à prévoir, si la guérison risque d’être longue et si l’anxiété est dangereuse pour l’animal ou pour nous.

Pouvons-nous rassurer notre chien ? La réponse est oui ! Il est fautif de croire que si nous caressons ou parlons à notre chien lorsqu’il est anxieux, cela va être pire les fois suivantes. L’anxiété est une émotion incontrôlable, vous ne pouvez donc pas l’encourager. Passion animaux • avril/mai 2018 • page 13


Animaux Stars Par : Lindsay-Anne Prévost

JAWS Deux notes, un requin puis un chef d’œuvre Deux notes musicales et un requin. Il en a fallu aussi peu pour que Steven Spielberg marque la mémoire collective avec le film culte Les dents de la mer. Plongeon au cœur d’un chef d’œuvre, qui a changé l’image que nous avons des requins. Plus de 40 ans après sa sortie, force est d’admettre qu’on s’amuse encore à réciter la célèbre bande originale de John Williams pour s’amuser à se faire peur lors d’une baignade dans l’eau.

Sorti en salle en 1975 et inspiré du roman éponyme du même nom de Peter Benchley, Les dents de la mer met en scène des baigneurs dévorés par des requins blancs dans la tranquille station balnéaire d’Amity… et une population hantée par la présence de ces derniers. Le thriller américain, classé comme le plus grand succès de tous les temps pendant deux ans, a permis de donner naissance au premier blockbuster de l'histoire du cinéma.

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La petite histoire Or, il aura fallu que Steven Spielberg fasse preuve de beaucoup d’entêtement avant de récolter les 470 millions de recettes amassés par Les dents de la mer. Tournage difficile en pleine mer, explosion du budget, menace de grèves et retards qui s’enchaînent… les balbutiements sont loin du succès espéré. Les médias qualifient même le film de la « daube de l’année » avant même qu’il soit présenté.

De plus, le requin mécanique surnommé « Bruce » par le réalisateur refuse de fonctionner. Steven Spielberg décide alors de remplacer celui-ci par une caméra subjective. Au lieu de voir le requin, le téléspectateur sera le requin. À d’autres moments, un simple aileron permettra d’appréhender sa présence. Ainsi, dès le premier plan du film, la caméra frôle les profondeurs de la mer et attaque la jambe d’une nageuse. Spielberg poursuit la scène avec une caméra en plongée, mettant en scène la victime qui se débat. Le rythme cardiaque du téléspectateur s’emballe à mesure que les variations musicales de John Williams s’intensifient. La trame sonore, gagnante d’un oscar, permet également de signaler la présence du requin même lorsqu’il est hors champ. Au total, il faut attendre plus d’une heure pour voir le « monstre » au-delà de son ombre. Une idée simpliste qui sera finalement un coup de génie en menant les téléspectateurs à osciller entre angoisse et horreur pendant près de deux heures.

Un mangeur d’hommes ? Même si Les dents de la mer est inspiré d’une attaque de requin survenue le 1er juillet 1916 à Beach Haven, sur la côte Est du New Jersey, le requin n’est pourtant pas le monstre meurtrier à l’affût de la moindre goutte de sang dépeint dans le célèbre thriller. Dans les faits, moins d’une centaine d’attaques de requins sont enregistrées dans le monde chaque année. Le nombre record s’est produit en 2015, avec 98 agressions faisant six morts. C’est largement moins que le nombre d’attaques de serpents et d’hippopotames, qui provoquent respectivement 50 000 et 500 décès par an selon l’Institut océanographique de Monaco.

De plus, son régime alimentaire est principalement composé de poissons. L’homme peut représenter une cible si le requin est en manque de nourriture ou s’il est sur la défensive, mais il ne se nourrit généralement pas de chair humaine. Les morsures peuvent faire suite à une « mauvaise identification » ou à une simple « curiosité » selon une entrevue accordée par la chercheuse de l’Université australienne du Queensland, Blake Chapman, au journal français Libération. De plus, la peau du requin est très rugueuse et un simple frôlement peut provoquer des blessures importantes. Climat de terreur Malgré tout, Les dents de la mer a contribué à faire perdurer l’image diabolique des requins, et ce, sur des générations entières de spectateurs. Rappelons que le film est sorti en salle à l’été. Son impact fut grand à un point tel que les gens refusaient d’aller se baigner de peur d’être attaqués par l’un de ces « mangeurs d’hommes ».

Cette crainte a mené le grand requin blanc à être menacé. L’une des critiques formulées à la suite du film est notamment que les personnages en viennent à résoudre la surpopulation de requins près des plages en les abattant (rappelons que le requin meurt en avalant de la dynamite) plutôt qu’en encadrant la zone côtière. C’est ainsi que l’écrivain du roman Les dents de la mer, Peter Benchley, a décidé de s’impliquer dans la défense des écosystèmes marins. En outre, le film a permis de susciter un engouement pour ces poissons et davantage d’études ont été menées à leur égard.

Il faut dire que certaines espèces de requins sont aujourd’hui menacées par la pêche excessive, notamment pour leur aileron qui est utilisé pour faire une soupe très coûteuse. Selon la liste rouge mondiale des espèces menacées dressée par l’Union internationale pour la conservation de la nature, environ 60 % des requins pélagiques sont actuellement en danger d’extinction. « Un bien mauvais présage pour les océans, car la disparition de ces prédateurs-clés qui trônent tout en haut de la chaîne alimentaire aurait de lourdes conséquences pour les écosystèmes marins », indique Le Fond Mondial pour la Nature (WWF) sur son site web.

« Je voulais réaliser un film qui laisse une trace. Pas au boxoffice, mais dans l'esprit des gens », disait Steven Spielberg au moment de la diffusion de Les dents de la mer. 40 ans plus tard, on peut dire que ses désirs ont été exaucés ! Plus de 400 espèces différentes de requins cohabitent dans les océans C'est en effet plus de 400 espèces différentes de requin qui cohabitent dans les océans. Quand on évoque un requin, on pense souvent au grand requin blanc ou encore au requin-marteau, mais il existe bien d'autres espèces. Du plus petit, le requin pygmée pouvant mesurer jusqu'à 20 centimètres, au plus grand, le requinbaleine qui mesure 10 mètres de long en moyenne. Parmi ces 400, seul 5 d'entre eux ont attaqué l'Homme : le requin tigre, le requin blanc, le requin bouledogue, le requin mako et le requin longimane. Ils ont un sixième sens Tout se passe au niveau des ampoules de Lorenzini, soit des électrorécepteurs (découverts par le scientifique du même nom) situés sur le museau et la mâchoire inférieure. Ces ampoules perçoivent les champs électriques — même les plus faibles — et aident les requins à s'orienter dans l'immensité de l'océan. Elles leur permettent également de détecter tout objet ou être vivant créant du champ électrique. Le requin peut facilement identifier une proie et se diriger droit dessus !

Parfois, les ampoules de Lorenzini les induisent malheureusement en erreur. Les objets métalliques, qui produisent de forts champs, sont attrayants pour les requins. Il arrive donc que ceux-ci ingèrent des boîtes de conserve ou des plaques d'immatriculation. C'est aussi pour cette raison que certains requins s'attaquent violemment aux cages des plongeurs.

Or, non seulement les requins ont plus peur de nous que l'inverse, mais nous ne sommes pas comestibles pour eux ! Pire, alors que le requin tue en moyenne cinq humains par an, nous les humains, massacrons environ 11 000 requins par heure ! Passion animaux • avril/mai 2018 • page 15


Génétique animale Par : Pascale Tremblay Ph. D., Biologiste Comité de la génétique et de la médecine Chats Canada Cats

La polydactylie et les chats d’Hemingway

Les félins sont quadrupèdes, car ils se déplacent sur leurs quatre pattes, et ils sont digitigrades, car ils marchent sur leurs doigts. Les coussinets sur lesquels ils s’appuient sont, en effet, l’équivalent du bout de nos doigts. Ce sont de grands coureurs et l’appui sur les doigts faciliterait la course. Les chats en ont normalement 18 : cinq sur chaque patte avant et quatre sur chaque patte arrière. La polydactylie se définit comme la présence de doigts supplémentaires par rapport au nombre de doigts observé chez la majorité des autres individus. Elle est décrite dans de nombreuses espèces de vertébrés (homme, chat, chien, cheval, bovin, oiseau, reptile).

Les chats polydactyles ont une forme préaxiale de polydactylie, c’est-à-dire que le ou les doigts supplémentaires se trouvent à l'intérieur de la patte où il y a l’ergot (situé plus haut sur la patte, il est l’équivalent du pouce chez l’homme). Ils présentent des doigts supplémentaires sur une, deux, trois ou les quatre pattes (généralement les deux pattes avant ou les quatre pattes ). Le nombre de doigts est variable d'un chat à l’autre. Il peut aller jusqu'à huit, voire plus, mais il ne devrait pas dépasser sept.

Il y a deux types d'apparence physique des pattes chez les chats polydactyles. L'une est connue sous le nom de pattes « en mitaine » (Fig. a), ce qui donne l’impression que le chat a des pouces et l'autre sous le nom de pattes « en raquette » (Fig. b). Sur les pattes avant, l’apparence peut être soit « en mitaine » ou « en raquette » tandis que, sur les pattes arrière, elle est toujours « en raquette ». Le type « en mitaine » de la polydactylie résulte de la duplication de l’ergot et il est fréquent d’observer deux ou trois doigts à la place de celui-ci (Fig. b).Il y a une symétrie des pattes avant, mais elle est très secondaire. Bien qu’on n’ait pas observé trois doigts

supplémentaires sur une patte et un seul sur l’autre, certains chats possèdent une patte avant « en mitaine » et l’autre « en raquette ». La symétrie des pattes arrière est souvent mieux respectée que celle des pattes avant. La présence de cinq à six doigts de pleine longueur à chaque patte arrière est fréquemment rencontrée, mais la présence d’un ergot peut parfois être observée. L’anatomie interne des doigts supplémentaires est très variable. Cependant, en général, chaque doigt supplémentaire présente son propre coussinet terminal (au bout du doigt) et souvent des coussinets palmaires ou plantaires (de paume) supplémentaires. Finalement, la polydactylie n’induit pas seulement des changements au niveau du nombre de doigts, elle entraîne également un remaniement de l’architecture des os du poignet et de la cheville (carpes et tarses, respectivement). Heureusement, elle ne serait pas associée à la boiterie. D’hier à aujourd’hui Darwin parlait déjà de la polydactylie en 1868 dans son livre « The variation of animals and plants under domestication ». Cependant, la première description scientifique officielle de la polydactylie chez des chats domestiques a été faite dans le milieu du 20e siècle seulement

La polydactylie est fréquente chez les chats domestiques américains, mais pratiquement absente chez les chats domestiques européens (effet des fondateurs). En effet, considérés comme des porte-bonheurs par les capitaines des navires, les chats polydactyles auraient été apportés de l’étranger et ils seraient débarqués en Amérique du Nord au 19e siècle ou plus tôt. C’est d’ailleurs peut-être pour cette raison que les chats polydactyles ont de fortes personnalités, car ils proviennent de lignées respectées et choyées en haute mer. Les chats polydactyles sont, par conséquent, fréquemment retrouvés sur la côte nord-est de l'Amérique du Nord. Une étude réalisée dans les années 1970 signalait, en effet, une fréquence élevée de chats polydactyles dans les villes côtières telles que Halifax, Philadelphie et Boston. Les plus célèbres chats domestiques présentant de la polydactylie sont les chats d’Hemingway. Ce sont des chats qui vivent en liberté dans le parc de la maison historique de l’écrivain Ernest Hemingway (1899-1961), à Key West en Floride. L’écrivain a reçu dans les années 1930 une chatte blanche à six doigts par le capitaine d'un navire. Certains des chats qui vivent sur les terrains du musée sont donc des descendants de cette chatte fondatrice. Maintenant, les chats constituent une population d’environ 40 à 50 chats, dont environ la moitié est polydactyle. Les chats ont tous survécu à l’ouragan Irma qui a ravagé la Floride à l’été 2017, car les gardiens se sont barricadés avec eux !

Au Canada, deux races acceptées par le Chats Canada Chats (CCC) peuvent prétendre à une référence historique à la polydactylie : le « Pixie-Bob », première race polydactyle à être reconnue à travers le monde, et le « Highland Lynx », une race en voie de constitution. Ces deux races ont un chat polydactyle parmi l’un de leurs fondateurs. Historiquement, la polydactylie est aussi présente chez d’autres races (par ex. Maine Coon et le chat de l’île de Man), mais ce caractère n’est pas reconnu au Canada. page 16 • avril/mai 2018 • Passion animaux


Génétique Le mode de transmission de la polydactylie est dominant, c’està-dire qu’il faut une seule copie du gène muté sur deux pour exprimer le caractère. Cela explique pourquoi environ la moitié des chats d’Hemingway sont polydactyles. L’analyse génétique a mis en évidence trois mutations responsables de la polydactylie. Une première mutation fut découverte chez les chats d’Hemingway, qu’on appela alors « la mutation Hw ». Cette mutation a aussi été identifiée chez d’autres chats domestiques polydactyles de différentes régions de l’Amérique du Nord ainsi que chez des individus polydactyles de Pixie-Bob et de Maine Coon, ce qui suggère qu'il y a une mutation commune pour la polydactylie féline en Amérique du Nord. Celle-ci serait probablement aussi responsable de la polydactylie observée chez le Highland Lynx. Deux autres mutations furent identifiées chez des chats domestiques provenant de différentes régions de Grande-Bretagne (UK1 et UK2). Par ailleurs, il est raisonnable de penser que les chats de race Manx sont porteurs de ces mutations retrouvées en Grande-Bretagne. Bien que la dominance permette d'expliquer le caractère général, il faut une explication génétique plus complexe pour prendre en compte les différentes apparences physiques de la polydactylie. En effet, bien que porteuses de la même mutation Hw, certaines lignées sont connues pour avoir soit des pattes « en mitaines », « en raquettes » ou être polydactyle aux quatre pattes, ce qui suggère que d’autres gènes peuvent interagir pour produire différentes apparences. Par ailleurs, l’apparence physique ne se reproduit pas de façon identique d’une génération à l’autre.

Santé La plupart des études ne dénotent pas de problèmes de santé majeurs liés à la polydactylie. Il n’y a pas de relation entre la polydactylie et le nombre de chatons par portée, le nombre de chatons mort-nés ou morts dans les jours suivants et le nombre de malformations. Cependant, les mariages ont eu lieu pour la majorité entre un chat non polydactyle et un chat polydactyle, donc tous les chatons de la portée avaient nécessairement une copie de la mutation. En revanche, cela ne nous permet pas de tirer des conclusions avec certitude sur la santé des chats avec deux copies ou ayant des problèmes aux pattes.

Les chats polydactyles peuvent souffrir fréquemment de griffes incarnées. Cela se produit lorsque les griffes situées sur l’ergot ou les doigts supplémentaires ne s’usent pas aussi bien que les autres. Ces griffes doivent donc être surveillées attentivement et coupées régulièrement afin de prévenir la pénétration dans le coussinet, ce qui peut causer de la douleur et de graves infections. La présence d’un ergot à l’arrière doit aussi être surveillée, car certains chatons ont tendance à les déchirer durant le jeu normal ou la course, ce qui exige un temps de guérison. De la corne sur les coussinets a aussi tendance à se former rapidement chez certains chats.

Pour conclure, il n’y a pas de preuve scientifique que la polydactylie apporte un avantage ou un désavantage évolutif. La sélection artificielle a plutôt permis de maintenir le gène dans la population de chats. En effet, lorsque présent dans une portée, les chatons polydactyles sont souvent les premiers à être adoptés, autant chez les chats domestiques que chez les chats de race pure. Passion animaux • avril/mai 2018 • page 17


Animaux du Québec Par : Zoo Ecomuseum

L’histoire de Moki, le faon orphelin Au Zoo Ecomuseum, chaque animal a une histoire unique et des besoins directement liés à son espèce, sa condition ou sa personnalité. À l’arrivée d’un nouveau pensionnaire, l’équipe de soins animaliers et vétérinaires apprend à connaître chaque animal et lui offre ce dont il a besoin pour être confortable, heureux et en bonne santé. Parfois, l’arrivée de nouveaux pensionnaires est organisée à l’avance. C’est le cas, par exemple, d’un animal qui arrive d’une autre institution zoologique ou d’un animal ayant besoin de soins dans un centre de réadaptation avant d’emménager chez nous. Dans d’autres cas, ce sont des appels que nous recevons à la dernière minute.

Le 13 juin 2017, l’un de ces appels-surprises s’est présenté. Un agent de la faune avait recueilli un faon orphelin et cherchait un endroit pour le placer. Fort heureusement, nous avions de la place pour l’accueillir et c’est ainsi que Moki a fait son arrivée au Zoo Ecomuseum. Âgé d’à peine deux jours, il n’était pas sevré… ni en très grande forme. Nous savions que les 24 premières heures seraient critiques.

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Moki a été trouvé dans la région de Gatineau, sur un vaste terrain appartenant à des particuliers. En nature, les femelles cerfs de Virginie laissent souvent les petits seuls pendant de nombreuses heures durant la journée. Comme les faons n’ont aucune odeur détectable pour les prédateurs et qu’ils sont bien camouflés grâce à leurs taches blanches, cette tactique est très efficace pour assurer leur sécurité. Cela signifie que si vous retrouvez un faon qui vous semble abandonné, il est probablement simplement en attente du retour de sa maman. Par contre, dans le cas de Moki, la réalité était toute autre. Sa mère se trouvait à quelques mètres de lui, malheureusement tuée par un prédateur. C’est toute une chance qu’il n’ait pas été trouvé à son tour ! Les propriétaires du terrain ont donc eu le bon réflexe d’appeler les agents de la faune, qui sont venus chercher le petit. Après son arrivée chez nous, un système a été mis en place afin d’assurer ses boires : pour les deux premières semaines, il allait recevoir du lait dans un biberon cinq fois par jour, incluant très tôt le matin et très tard le soir. Les faons ne sont sevrés qu’à l’âge d’environ quatre mois. Au total, il a fallu 366 boires étalés sur une période de 112 jours pour que Moki soit complètement sevré. L’équipe s’est relayée pour tous les boires afin que le cher faon grandisse en pleine forme ! Une fois les 24 premières heures écoulées et quelques boires plus tard, Moki a finalement repris des forces. Tout au long du sevrage, l’équipe a limité les contacts avec lui au maximum afin d’éviter qu’il ne s’imprègne des humains. Un animal sauvage qui perd ses repères et qui devient trop dépendant des humains peut présenter d’importants problèmes psychologiques à l’âge adulte. En ce sens, la préoccupation première était d’assurer son bien-être à court ET à long terme.

Après quelques semaines, Moki a été introduit aux quatre femelles adultes qui habitent au Zoo Ecomuseum depuis quelques années. Si elles étaient un peu réticentes à la présence de ce nouvel individu au départ, elles l’ont rapidement pris sous leur aile par la suite. Maintenant, le cerf fait partie de la famille au même titre que chacune d’entre elles. Éventuellement, il deviendra le chef du groupe et il représentera bien le prénom qui lui a été donné : Moki, qui signifie « chef » en amérindien.

Aujourd’hui, Moki est un jeune cerf curieux et dégourdi. Il a perdu toutes ses taches blanches à la 12e semaine, un moment significatif pour le passage à l’âge adulte. Dès l’an prochain, des bois devraient faire leur apparition sur sa tête. Après un début de vie difficile, nous sommes très heureux de le voir si bien évoluer !

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Dossier animal Par Mel-Lyna Cadieux

S’y retrouver à travers le projet de loi 128 Il va s’en dire qu’un vent de panique a soufflé sur le Québec lors de la révélation du projet de loi 128 par le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Martin Coiteux, qui interdirait les races de type pitbull et rottweiler ainsi que leurs croisements dans la province. Menaçant d’emporter avec lui des milliers de chiens innocents et de briser à jamais des familles sous le simple prétexte que ces animaux sont nés dans le mauvais corps, le projet a néanmoins été quelque peu effacé de l’actualité. Or, avec l’annonce du début des consultations particulières et auditions publiques du projet, la problématique semble avoir été remise sur la table depuis quelques semaines. Plus que jamais, nous devons nous y opposer et nous tenir prêts à l’affronter. Qu’est-ce que le projet de loi implique ? Si le projet de loi 128 entre en vigueur, celui-ci compte viser particulièrement plusieurs races ainsi que d’imposer des mesures particulières à d’autres. Entre autres, il compte bannir du Québec les races de chiens suivantes : -

Les pitbulls terriers américains ; Les terriers américains du Staffordshire ; Les bulls terriers du Staffordshire ; Tous les chiens croisés avec l’une ou plusieurs des races précédentes ou présentant des ressemblances morphologiques ; - Tous les chiens hybrides issus d’un croisement entre un chien et un canidé autre qu’un chien (loup, coyote, etc.) ; - Les chiens dressés à des fins de protection, de garde, de combat ou d’attaque ; - Les rottweilers ;

En plus de bannir certaines races, le projet de loi 128 compte imposer certaines mesures aux chiens de 20 kilos et plus comme le port du harnais ou du licou ainsi que de prendre des mesures pour tous les chiens ayant mordu, peu importe la race. Comment se préparer ? Après la mise en place de la loi, plus aucun chien appartenant à l’une de ces races ne pourra venir habiter au Québec. Cependant, une clause de droits acquis peut page 20 • avril/mai 2018 • Passion animaux

s’appliquer pour les individus qui possédaient leur animal avant la mise en place du règlement. Par contre, ceux-ci doivent fournir certains documents et se plier à certaines conditions pour être admissibles. Pour l’instant, ces conditions de garde sont encore incertaines, mais certains points sont inévitables. Le processus pour garder son animal devrait coûter environ 800 $ dans l’ensemble et comprendre : - La stérilisation de l’animal ; - L’achat d’un permis de garde de chien potentiellement dangereux ; - La pose de la micropuce à l’animal ; - L'achat d’une muselière.

Les autres conditions de garde restent encore floues et seront annoncées prochainement, mais il est impératif de commencer à vous préparer immédiatement. Si ce n’est pas déjà fait, il est important de faire identifier votre animal à la Ville afin de prouver sa présence sur le territoire avant la mise en place de la loi. Il est aussi très astucieux de faire quelques économies pour être en mesure de couvrir tous les frais à venir, occasionnés par les conditions de garde spéciales.


Sachez toutefois que si un élément a été ajouté à votre dossier criminel durant les cinq dernières années précédant la mise en place de la loi, vous ne serez pas admissible à profiter de la clause de droits acquis. Je vous conseille alors de commencer à penser à une personne de confiance habitant dans une ville n’ayant pas de règlements sur la gestion animalière puisque la Législation Spécifique de la Race (BSL) autorisera qu’on vous prenne légalement votre chien. De plus, il sera impossible de profiter de la clause de droits acquis si vous possédez actuellement et illégalement un chien sur un territoire interdisant déjà les chiens de son type. Dans ce cas, il est fortement recommandé de vite déménager dans une ville ne bannissant aucune race pendant qu’il est encore temps. Par la suite, vous pourrez enregistrer l’animal dans votre nouvelle ville et bénéficier de la clause de droits acquis si le projet de loi est mis en place. Comment agir ? Il est encore temps de s’opposer au projet de loi 128 et de donner votre voix pour défendre les droits des chiens. Avec son application, le projet de loi pourrait annuler la loi 54 sur le bien-être des animaux de compagnie puisque bannir aveuglément des chiens ainsi est loin d’être un geste acceptable envers des êtres sensibles. Quelques gestes peuvent être faits afin de faire bouger les choses : – Signer les pétitions sérieuses et professionnelles seulement pour réunir toutes les signatures aux mêmes endroits et ainsi avoir plus de poids, comme celles de la SPCA de Montréal et de l’Humane Society International (HSI) ; – Écrire au gouvernement et aux élus de la province afin de leur faire part de manière respectueuse et professionnelle vos commentaires et craintes à l’égard du projet de loi 128 ; – Participer aux événements et manifestations sérieuses afin de faire entendre votre voix ; – Contacter votre clinique vétérinaire afin de sensibiliser votre vétérinaire à mettre de la pression sur l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec pour prendre position contre le projet de loi 128 et de parler du problème des morsures de chiens au Québec.

AXIOME PITBULL Le recueil de la vérité

Vérifiez vos sources En cette période très sensible où une politique de panique règne dans la société, il est extrêmement important de savoir vers qui vous tourner pour récolter de bonnes informations et qui éviter.

Les médias peuvent s’avérer problématiques. La faim de sensationnalisme, qui est la volonté de faire sensation avec des nouvelles choquantes provoquant de grosses réactions, les pousse à couvrir énormément de cas accusant les chiens de type pitbull de dangerosité. Même si cela est difficile, vous devez vous abstenir de partager ces nouvelles et publications, car le but premier de celles-ci est justement de faire réagir et de prendre de l’ampleur. N'oubliez pas que de telles nouvelles pourraient aussi influencer négativement des citoyens n'ayant pas de connaissances dans le domaine. Beaucoup de groupes peuvent d’ailleurs partager des informations biaisées et manipulées sur les chiens de type pitbull afin d'effrayer la population et de prioriser la mise en place de la BSL. Méfiez-vous des sites ayant une orientation clairement anti-pitbull ou dirigés par des individus émotifs à l’égard de ce sujet. La science doit avoir le dessus et la peur ne doit plus contrôler les prises de décisions en matière de sécurité publique et de gestion animalière. Je vous conseille de vous orienter vers des sources fiables qui mettent à votre disposition des statistiques prouvées et des informations véridiques, comme les organismes réputés ou les professionnels du domaine animalier.

Malgré nos efforts, beaucoup de personnes tenteront de mettre la faute sur les chiens de type pitbull, mais il ne faut pas oublier ce pour quoi nous militons : une réelle sécurité publique ainsi qu’une réglementation favorable au bien-être animal. La législation spécifique à la race n’a jamais fait ses preuves et ce n’est pas demain que cela va changer. Pour plus d’informations sur « la cause pitbull », la réglementation spécifique à la race et pour rester informé de l’évolution du projet de loi 128, rendez-vous sur ma page Facebook : Mel-Lyna Cadieux - Cause animale.

Disponible GRATUITEMENT en ligne dès maintenant ! mel-lyna cadieux cause animale

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Santé animale au naturel Par : Manon Choquette Phy.D.

En collaboration avec Martine Lavallée B.A.A et TSA

Présidente Zanimo inc.

L’anxiété de séparation

On sait maintenant que les chiens et les chats peuvent souffrir d’angoisse de séparation (ADS), issue bien souvent de relations ainsi que de comportements inadéquats entre l’humain et l’animal. On estime que 30 % des chiens souffrent d’un certain degré d’ADS, menant cette dernière à être considérée comme le trouble le plus répandu chez cette espèce canine. Beaucoup plus rare chez les chats, l’ADS est un phénomène contemporain et se retrouve que très rarement en nature où les règles d’échange, d’attachement et d’apprentissage sont à la base des relations entre les individus d'une même meute ou clan.

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Un animal qui présente de l’ADS démontre différents troubles de comportement dès qu’il est laissé seul dans la maison ou lorsque sa routine est modifiée. L’élimination de l’ADS n’est pas impossible. Elle se fait graduellement, généralement en concomitance avec un suivi professionnel et souvent avec la prise de médicaments. Pour tout propriétaire d’un animal atteint d’ADS, il est important de modifier certains comportements qui risquent de créer un renforcement négatif accentuant ainsi son anxiété.

• Enseignez à votre animal la relaxation : en tout temps, utilisez des petites gâteries pour communiquer et renforcer les bons comportements que votre animal réussit ;

ADS du chat Les chats peuvent ressentir de l’anxiété une fois adulte lorsqu’on les a séparés trop tôt de leur mère, lors d’un sevrage précoce ou lorsqu’on les achète dans une animalerie. S’ensuit des signes d’ADS en l’absence de son maître tels que :

• Établissez une relation plus saine entre vous et lui : votre animal doit être en mesure de vivre sans vous pendant quelques heures. Quand vous êtes à la maison, ignorez ses demandes excessives d’attention ;

• Défécations et urinations à l’extérieur du bac à litière ; • Miaulements excessifs ; • Recherche constante de la présence du maître ; • Refus de manger ; • Reste caché toute la journée.

ADS du chien Le chien peut souffrir d’ADS suite à un changement de maître ou un changement drastique dans l’horaire ou dans la routine de ce dernier. Les chiens des refuges peuvent également ressentir de l’anxiété, car ils ont une peur constante de se faire abandonner. Les troubles de comportements observés sont :

• Vocalisations ; • Grande agitation ; • Se promène sans arrêt ; • Destruction d’objets par griffures et morsures compulsives ; • Salivation démesurée ; • Défécations et urinations dans la maison. Comment procéder Première chose à faire : consultez un vétérinaire et un spécialiste en comportement animal ! Le vétérinaire pourra prescrire à votre animal, si nécessaire, des médicaments homéopathiques, naturels ou pharmaceutiques qui lui permettront de se détendre. Le spécialiste en comportement animal vous donnera tous les trucs pour éliminer les situations stressantes, de même que ceux visant à améliorer votre réponse quant à la réaction de votre animal. Il est important d’être persistant, peu importe le traitement choisi. L’utilisation d’un harnais anti-stress tel que le « Thundershirt » s’avère aussi un outil intéressant Voici quelques petites actions que vous pouvez prendre : • Changez les routines de chaque départ : les préparatifs de départ ainsi que la façon dont vous vous comportez avant le départ peuvent déclencher l’anxiété. Habituez votre animal à vos absences en pratiquant des entrées et des sorties répétitives dans la maison. D’abord quelques secondes, puis des minutes, puis des demi-heures, etc. Ainsi, on banalise graduellement la source de stress ;

• Soyez vraiment présent quand vous êtes à ses côtés : un animal qui s’ennuie quand son maître est là risque de trouver le temps encore plus long en son absence. Avant de quitter le domicile pour la journée, passez du temps de qualité avec celui-ci. Les jeux lui permettront de dépenser de l’énergie, physiquement et mentalement ;

• Laissez la télévision ou la radio et la lumière allumées pendant votre absence : de plus, à l’aide d’une minuterie, mettez en place un signal qui se déclenchera 15-20 minutes avant votre retour et qui avertira votre animal de celui-ci. Pour les animaux qui supportent une absence de quelques heures seulement, on peut demander à une personne d’aller voir l’animal de temps en temps dans la journée. • Luttez contre l’ennui et offrez un environnement stimulant : si vous êtes la seule source de plaisir pour votre animal, il est naturel que celui-ci n’aime pas trop vous savoir absent. Mettezlui à disposition des jouets stimulants ainsi qu’un bol intelligent pour sa ration de nourriture afin que celui-ci ait un casse-tête à déchiffrer pour se nourrir en votre absence ; • Gardez votre sang-froid face à votre animal anxieux : ne caressez pas votre animal anxieux ou ne le rassurez pas en lui disant des mots doux. Il est important de l’ignorer afin de ne pas encourager son comportement négatif. En rassurant un animal anxieux, on lui signifie qu’il a raison de dramatiser ce qu’il vit ;

• Utilisez une cage : il n’est pas impossible de laisser votre chien dans une cage ou une petite pièce sécuritaire avec couverture, jouets, eau et un biscuit pour une partie de la journée. Cependant, il ne faut jamais utiliser une cage pour punir un animal ou si cela le fait paniquer.

Il est impératif de ne jamais punir un animal souffrant d’angoisse de séparation ! Cela ne fait qu’accentuer son anxiété et ses comportements indésirables. De la même façon, on ne devrait pas récompenser les chiens surexcités en leur donnant de l’attention tout de suite après être le retour à la maison. Il est préférable de laisser l’animal se calmer avant de le récompenser afin de lui enseigner qu’il doit être détendu s’il veut recevoir de l’attention.

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Portrait d’entreprise Par : Par Marie-Claude Marcotte

journaliste

Zanimo :

pour reprendre du poil de la bête !

De Rubis à Zanimo L’étincelle de cette aventure porte un nom : Rubis, une jolie labrador blonde. Appelée à devenir chien-guide, la fondation MIRA confie sa socialisation aux amoureux qui sont séduits aux premiers instants. Il s’annonce alors quatorze mois de bonheur dans leur foyer d’accueil. Seul bémol : la douce et si mignonne quadrupède perd son poil à en exaspérer les maîtres, et ce, malgré la bonne nourriture. « J’en avais partout ! Il fallait que je trouve une solution », raconte Manon Choquette, phytothérapeute et passionnée des plantes. Celle-ci se lance alors dans la préparation d’une recette à croquer que son chien aimait beaucoup. S’en suit une diminution marquante de la perte de poils chez Rubis... et un rêve qui prend forme. Après quelques semaines à tester le produit auprès des autres animaux de son entourage, le couple est convaincu. La formule se révèle efficace en diminuant jusqu’à 80 % la chute de poils abondante. « Eurêka ! », se dit Manon. C’est ainsi que, quelques mois plus tard, la compagnie Zanimo voit le jour. « C’est comme un conte de fées pour moi », révèle l’amoureuse inconditionnelle des animaux de compagnie. La mission reste et restera Si l’entreprise a beaucoup évolué et pris de l’expansion depuis ses débuts, elle a conservé sa mission : celle d’améliorer le bien-être, la santé et la qualité de vie de nos amis à quatre pattes en leur offrant

les meilleurs ingrédients dans des formules efficaces, sécuritaires et éprouvées. « On veut que les gens gardent leurs animaux en santé le plus longtemps possible », ajoute la copropriétaire.

Les produits, tous naturels, sont fabriqués au Québec à base de plantes et d’huiles essentielles. Ils ne contiennent aucun agent de conservation et aucun organisme génétiquement modifié (OGM). « Nos ingrédients sont sélectionnés parmi les meilleurs et sont de qualité humaine, spécifie la phytothérapeute, qui place la sécurité de l’animal et l’efficacité au premier plan. On travaille toujours avec des concentrés de plantes, de glucosamine et de collagène pour avoir rapidement un impact réel sur l’animal. »

Que ce soit un produit permettant de mieux marcher, de se lever et sauter, pour perdre moins de poils ou pour faire disparaître les taches autour des yeux, les résultats sont habituellement visibles dans les 10 jours. Le chien qui ne sautait plus arrive désormais à monter dans le lit, à remonter les escaliers et à sauter dans la voiture. « En général, le commentaire qu’on reçoit est que l'animal a rajeuni », confie Manon Choquette. 25 produits certifiés Zanimo est fabricant et distributeur. Chacun des 25 produits porte un numéro de notification, qui certifie que ses ingrédients sont approuvés, sécuritaires et conformes aux normes de Santé Canada.

Distribués à travers tout le Québec, les produits sont disponibles chez les détaillants indépendants et dans tous les magasins Mondou. Visitez zanimo.com pour les découvrir et connaître les points de vente. Grâce à MIRA, Rubis a semé le rêve de Manon et François. Aujourd’hui, Zanimo poursuit sa relation privilégiée avec l'organisme en l'appuyant à titre de partenaire. (Ce reportage est une courtoisie du journal Le Temps de vivre, dédié aux 50 ans et plus. www.tempsdevivre.ca).

Unis dans la vie et dans l’entreprise, ils ont fondé la compagnie de produits naturels pour chiens et chats Zanimo sur des valeurs et une vision commune. Manon Choquette et François Huneault portent en eux un désir ultime qui les guide et pour lequel ils vaincraient tous les obstacles : celui d’offrir une qualité de vie optimale aux animaux de compagnie jusqu’en fin de vie. Dix-huit ans de passion plus tard, la flamme brille encore. page 24 • avril/mai 2018 • Passion animaux


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Entraînement spécialisé Par : Jacinthe Bouchard

Formatrice en comportement animal et en entraînement spécialisé

Parlez-vous le chien ?

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Lorsque vous décidez d’adopter un chien, vous rentrez à la maison avec cet animal qui représente beaucoup pour vous. Dans les premières heures de cette cohabitation, vous vous rendez compte que le vendeur ne vous a pas donné le précieux mode d’emploi. Rien ne vous indique comment amener ce petit animal à faire ses besoins où il le faut ni à dormir aux mêmes heures que toute votre famille. Il n’existe pas non plus de télécommande permettant de désactiver le chien lorsque vous êtes fatigué. À moins qu’il existe un traducteur pour comprendre votre animal, vous devez vous en remettre à votre sens de l’observation pour vous guider !

Les signaux d’apaisement sont des réactions qui permettent aux chiens de remplacer le langage humain par une attitude qui traduit un message, généralement apaisant. Pour illustrer son fonctionnement, prenons l’exemple de Bijou, un chien de quatre mois qui commence son entraînement dans un centre. Le premier soir, Bijou se tient derrière sa maîtresse et il bâille. À la fin de la classe, la femme discute un peu avec l’instructeur : « Je pense que mon chien s’ennuie ici… » La réponse a de quoi l’étonner ! « Il est un peu craintif, mais il ne s’est pas ennuyé, répond l’instructeur. Voulez-vous savoir pourquoi il bâillait ? » Celui-ci explique alors que le bâillement est en fait « un signal d’apaisement ». Selon l’éducatrice canine norvégienne Turid Rugaas, ces signaux coupe-circuits remplacent le langage chez les chiens. Connaissez-vous l’approche des signaux d’apaisement ? Ces réactions permettent aux animaux de résoudre des conflits potentiels avant qu’ils ne se développent. Le chien réagit au stress que déclenche la situation anticipée. Pendant la classe, par exemple, Bijou était observé par un autre chien et il y a eu un échange de signaux permettant à chacun de décoder qu’il n’était pas une menace pour l’autre. Le bâillement fait justement partie de ces « signaux d’apaisement ». Ici, il a évité que la rencontre ne tourne en conflit, sans qu’un seul aboiement ne fût nécessaire. Fascinant n’est-ce pas ? Une fois qu’ils prennent conscience de ces signaux d’apaisement, les propriétaires de chiens sont surpris de constater à quel point leur animal les emploie. Les deux signaux les plus courants sont le bâillement et le léchage des babines. Bien entendu, votre chien peut agir ainsi pour bien d’autres raisons, mais si vous l’observez la prochaine fois que vous irez chez le vétérinaire ou dans toute autre situation potentiellement stressante, vous reconnaîtrez sans doute l’un de ces signaux.

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Voici quelques autres signaux d’apaisement chez les chiens : Il fait demi-tour avec tout son corps ; il tourne la tête ; il détourne le regard ou il s’intéresse soudainement à quelque chose de fascinant sur le sol. Ces mouvements détournent le chien, qui ressent le stress du contact s’imposant à lui. Il ne veut plus regarder de face « cet inconnu qui fait peur ». Pour calmer sa crainte de l’affrontement, il réagit ainsi avant de faire face. Pour éviter les risques de conflit lorsque votre chien fait face à un autre animal lors d’une promenade, faites un détour ou quelques pas de côté. Les deux inconnus seront moins stressés ou, du moins, ils échangeront des signaux. Un autre signal qui trahit la crainte est la démangeaison soudaine : « Je suis occupé pour l’instant, mais je m’intéresserai à toi lorsque j’aurai terminé… »

Cela dit, les gens peuvent aussi utiliser les signaux d’apaisement. Par exemple, la prochaine fois que votre chien semblera stressé, attirez son attention et bâillez exagérément ou léchez-vous les lèvres à maintes reprises. Vous pourriez être surpris. Votre chien pourrait bien vous répondre avec ses propres signaux d’apaisement ou il se détendra tout simplement. Bien que vous puissiez utiliser n’importe lequel des signaux, les gratouilles et les léchages en public

LA SCIENCE DE L’ÉDUCATION AU PROFIT DU BIEN-ETRE ANIMAL

www.zooacademie.com Jacinthe Bouchard

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pourraient être mal interprétés ! C’est donc sur ce clin d’oeil humoristique que Bijou et maîtresse ont compris que les chiens ne s’ennuient pas, ne sont pas jaloux et ne tentent pas de jouer les justiciers. Ils se communiquent les uns les autres des messages d’apaisement. Le réflexe de défense Comme nous l’avons mentionné ci-haut, votre petit animal possède des modes de communication, une sorte de langage non verbal qui lui permet d’exprimer sa réaction instinctive. Évidemment, au début, vous n’êtes pas familier avec ce code. Il convient donc d’observer chaque micromouvement de votre animal pour mieux le comprendre. Apprendre à reconnaître les signaux de nervosité de votre propre chien est extrêmement utile. Cela vous permettra de l’éloigner de toute forme de stress avant que la situation dégénère, évitant ainsi grognements ou aboiements. Lorsque son stress augmente, il se module en peur. Dans ce cas, le chien peut faire valoir l’un de ses premiers réflexes, qui est le « réflexe de défense ». Le réflexe de défense, comportement adapté aux situations subitement dangereuses, est géré par le cortex primitif et il est stimulé par la production rapide d’hormones, principalement l’adrénaline. Face au danger, les animaux — incluant les Homo sapiens — réagissent de la même façon.

1) Figer : le corps se fige et l’immobilité est complète. En situation de stress, tous les animaux se figent plus ou moins longtemps, avant d’opter pour le réflexe suivant. Exemple : Le jeune enfant regarde le chien en levant les bras et en criant de joie. Le chien se fige. 2) Fuir : le corps se crispe, les jambes se bandent et l’animal disparaît dans un éclair. La fuite est un réflexe de survie qui a fait ses preuves. Cependant, il faut fuir rapidement et courir longtemps. C’est que les prédateurs sont stimulés par le mouvement. Il faut donc être en bonne santé pour les battre de vitesse. De nos jours, le chien est souvent attaché et a difficilement recours à ce réflexe. Il optera donc pour la troisième possibilité. Exemple : L’enfant tente d’attraper le chien pour le caresser. Le chien fuit sous la table.

3) Se défendre : lorsque la fuite n’est plus possible, il faut se défendre et attaquer. Le corps est prêt. Dents, griffes, cris, regard… tout est mis en branle pour se montrer gros, fort et menaçant. Tous les coups sont permis. Le chien, en situation de stress, se fige pour faire fuir l’ennemi, mais l’ennemi est resté. Si le chien a essayé de fuir alors qu’il était attaché, il tentera de mordre l’ennemi. Exemple : L’enfant coince le chien sous la table. Le chien le mord. L’attention à ces signaux d’apaisement vous aidera aussi à détecter ses craintes et ses aptitudes à s’adapter aux situations imprévisibles dans la rue, en classe, au parc ou à la maison. Une fois que vous vous serez familiarisé avec ces signaux, ce sera comme si une partie du monde secret de la communication canine s’était ouverte à vous !


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Soins au naturel Par : Pascal Frochisse B.Pharm, Homéopathe

Maître,

ça me pique !

Comme leurs propriétaires, les chiens et les chats peuvent souffrir de diverses allergies : allergie d’origine alimentaire, allergie de contact, dermatite atopique causée par des allergènes environnementaux ou encore dermatite allergique par piqûres de puces. Comment ça fonctionne ? Le mécanisme de réaction à une allergie est complexe. De façon générale, une allergie entraîne une réaction du système de défense de l’organisme. Le système immunitaire « répond » pour lutter contre le ou les agents responsables (allergènes), mais de façon forte. Quels sont les signes ? • Allergies alimentaires : troubles cutanés et symptômes digestifs comme des vomissements et de la diarrhée ; • Allergies causées par des puces : démangeaison avec grattage, rougeurs et boutons sur le ventre ; • Dermatite atopique : hyper réaction de l’allergie avec du prurit, du grattage (chez le chien), toilettage excessif (chez le chat) et des lésions avec érythème, perte des poils au niveau du museau, des pattes et du ventre. La dermatite atopique est souvent héréditaire ; • Allergies respiratoires : elles se font surtout valoir chez le chat et sont plus rares chez le chien. Rhinite associée à une dermatite atopique, avec des accès de trachéobronchite.

Causes : l’animal a une réaction aux poussières de maison, aux squames humaines, aux acariens, aux protéines alimentaires, aux pollens d’arbustes ou de gazon fraichement coupé et même à la fumée de cigarette, etc. Quels sont les traitements ? Lorsque l’allergène est connu, la première chose à faire est d’éviter son contact avec l’animal. Si votre chien semble avoir une réaction à sa nourriture, essayez de lui donner une autre sorte. Il en va de même avec les produits de nettoyage pour la maison. page 32 • avril/mai 2018 • Passion animaux

Les principaux traitements consistent à la prise d’antihistaminiques et/ou de corticoïdes ainsi que des traitements de désensibilisation. Et les produits naturels ? Voici pour vous quelques médicaments homéopathiques pour chiens et chats allergiques, qui peuvent le sortir d'une mauvaise passe pendant une crise avant une visite chez le vétérinaire : • L’histamine en dilution homéopathique diminue les symptômes des allergies ; • Le Cantharis contribue à apaiser l’inflammation cutanée, le grattage et les vésicules ; • Le Fagopyrum pour l’irritation cutanée, avec ou sans éruption ; • Le Rhus venenata est utilisé pour la peau rouge, surtout au niveau du ventre et pour les eczémas avec prurit.

On donne plus facilement un complexe homéopathique réunissant ces différents remèdes pour les allergies. Ce complexe, mélangé à un peu d’eau, est à donner dès les premiers signes de la gastro et à répéter aussi souvent que possible.

Si votre animal a soif, la meilleure solution est de mettre une vingtaine de gouttes dans son bol d’eau. Ainsi, il prendra son remède chaque fois qu’il s’abreuve. Diminuez progressivement la prise du remède selon l’amélioration de l’état de l’animal, puis continuez 24 heures après l’arrêt des symptômes. Le traitement peut être complété avec un gel topique, à mettre sur les parties atteintes.


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Animaux exotiques Par : Joanie Asselin Biologiste et Co-Propriétaire chez Éducazoo

Cacatoès à huppe rouge (Cacatua moluccensis)

CLASSIFICATION

Règne : . . . . . . . . . . . . . . . .Animalia Embranchemement : . . . .Chordata Classe : . . . . . . . . . . . . . . . .Aves Ordre : . . . . . . . . . . . . . . . .Psittaciformes Famille : . . . . . . . . . . . . . . .Cacatuidae Genre : . . . . . . . . . . . . . . . .Cacatua Espèce : . . . . . . . . . . . . . . .moluccensis FICHE ANIMALE Longévité : Dans la nature, la durée de vie moyenne du cacatoès est de 70 à 80 ans alors qu’en captivité, il vit en moyenne 60 ans. Puisque la longévité du cacatoès est réduite en captivité, on peut supposer qu’elle influence négativement l’animal.

Provenance : on le retrouve à l’est de l’Indonésie puisque c’est une espèce endémique des Moluques du Sud. Il est présent sur les îles de Seram, Ambon, Saparua et Haruku.

Climat et habitat : on le retrouve dans les forêts tropicales humides et il vit dans les montagnes au-dessous de 1000 mètres d’altitude. On retrouve majoritairement cette espèce sur les côtes, où il trouve sa nourriture. Le cacatoès à huppe rouge aime les longs déplacements et se promène de forêt en forêt nichant dans le creux des arbres. N’ayant pas la morphologie nécessaire pour creuser de grands trous, il utilise ceux qui sont préalablement creusés par les termites, les champignons ou même les pics.

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Régime alimentaire : son alimentation se compose principalement de graines, de noix et de fruits. Prédateurs : l’un de ses plus grands prédateurs est malheureusement l’homme. Ce dernier l’a capturé et le capture encore pour le commerce des animaux de compagnie. Selon des analyses, plus de 70 000 cacatoès auraient été capturés à des fins de vente commerciale dans les années 1980. Même si le tout est règlementé de nos jours, un grand marché noir est toujours présent pour ces oiseaux.

Parmi ses autres prédateurs, on peut compter de grands animaux tels que des serpents, de grands mammifères, des oiseaux de proie, etc. Toutefois, la prédation chez le cacatoès est plutôt rare, car il a un gros bec lui permettant de bien se défendre en plus d’avoir de grandes ailes pour s’échapper. La prédation survient surtout auprès des œufs que les lézards aiment savourer. Ainsi, ils doivent grandement surveiller leur progéniture.

Taille : en captivité, sa taille varie autour de 50 centimètres. On retrouve même des individus pouvant mesurer jusqu’à 70 centimètres.

C’est le plus grand de son genre Cacatua. Sa taille à l’âge adulte dépend beaucoup de la taille de ses parents. Il existe beaucoup d’hybridations, qui mènent à des cacatoès ayant une taille et des couleurs différentes. Caractéristiques physiques : le cacatoès à huppe rouge tire son nom de sa huppe érectile d’un rouge rose sur le dessus de sa tête. Le plumage de son corps est blanc et on peut voir du jaune sous ses rectrices. La couleur de son plumage varie en fonction du métabolisme du perroquet, de son alimentation, mais également de sa génétique. Son bec et ses pattes sont grisâtres.

Dimorphisme sexuel : le dimorphisme peut parfois être difficile chez cette espèce. Normalement, les femelles sont plus grandes et leur iris est brun clair alors qu’il est noir et plus foncé chez le mâle.

Reproduction : la femelle peut pondre jusqu’à trois œufs et les deux parents partagent les soins parentaux. Les deux participent donc à la couvaison qui dure un mois. Par la suite, les jeunes sont prêts à quitter le nid, mais ils se reproduisent uniquement à partir de cinq à six ans.

Saviez-vous que ? SON CRI EST L’UN DES PLUS FORTS CHEZ LES OISEAUX ? Le cacatoès peut répéter les sons et les expressions, mais il émet beaucoup de cris qui sont très désagréables. Ceux-ci portent loin et on peut très bien entendre un cacatoès crier même s’il est à plus de 100 mètres de nous. Le cri du cacatoès peut atteindre 135 décibels, ce qui équivaut au bruit émis par un coup de tonnerre. En effet, il est prouvé que tous les sons au-dessus de 120 décibels sont nocifs et peuvent détruire de manière irréversible les structures de l’oreille interne. LES OISEAUX AIMENT LA HAUTEUR ? L’oiseau utilise la hauteur pour deux raisons principales : limiter la compétition et se rendre inaccessible à certains prédateurs. Tout d’abord, la cime des arbres est inaccessible pour une grande majorité d’espèces, qui ne possèdent pas la morphologie adéquate pour accéder à de telles hauteurs. Puisqu’il y a une faible diversité d’espèces en hauteur, il y a moins d’individus et donc moins de compétition. Ainsi, l’oiseau a un accès privilégié aux ressources dont il a besoin, et ce, sans avoir à engager de combats avec de potentiels compétiteurs. Les oiseaux s’abritent également dans les arbres, car le feuillage leur permet de passer inaperçus. Lorsqu’ils se font repérer, ils utilisent leur capacité à voler pour s’écarter des prédateurs et se protéger. Cela leur permet de rencontrer leur mission ultime : la survie.

Beaucoup de gens affirment que les oiseaux grimpent sur leur tête ou sur leurs épaules pour les dominer. Il est important de dissocier la volonté de grimper et la dominance. Premièrement, il est fautif de penser qu’un oiseau monte sur votre épaule avec l’idée de vous dominer. Dans la nature, les oiseaux ne se perchent pas au-dessus de leurs prédateurs pour les soumettre. En captivité, ils cherchent à grimper puisqu’ils ont une bonne vision des alentours, ce qui les sécurise.

Pourquoi alors vous mentionne-t-on de ne pas laisser un oiseau grimper sur votre épaule lors des premières rencontres ? Il est important de mettre l’oiseau en confiance afin qu’il se sente en sécurité auprès de vous. Si vous le laissez grimper sur votre épaule, celui-ci ira chercher sa sécurité avec la hauteur, mais il ne vous fera pas nécessairement confiance. Ce sentiment est pourtant très important pour un oiseau, car c’est lorsqu’il n’est pas en contrôle que des accidents peuvent survenir. Il ne faut pas sauter à la conclusion qu’un oiseau grimpe sur l’épaule pour dominer. C’est plutôt qu’il n’est peut-être pas en situation de contrôle. À ce moment, il faut le rassurer et le mettre en confiance pour qu’il s’habitue à vous. S’il est à l’aise, il pourra alors grimper sur votre épaule, simplement pour s’amuser sans être instable. La confiance est la base ! Si vous parvenez à tisser ce lien avec lui, vos interactions se feront plus aisément et cela limitera les accidents. Passion animaux • avril/mai 2018 • page 35


On se cultive : GRÉGARITÉ On définit les individus comme grégaires quand ils se rassemblent en société afin d’affronter le monde en groupe plutôt qu’en solitaire. Le fait de vivre en communauté apporte plusieurs avantages.

Dans la nature, les cacatoès se déplacent par groupe. Celui-ci peut atteindre une centaine d’individus chez certaines espèces. Pour le cacatoès, il est beaucoup plus facile de détecter un potentiel ennemi quand on augmente le nombre d’yeux qui repèrent les potentiels dangers. Les cacatoès utilisent un système dit « de sentinelles » : ils montent la garde chacun leur tour pour surveiller les potentiels ennemis. Dès qu’un ennemi est détecté par un individu du groupe, celui-ci émet des cris d’alerte typiques afin d’aviser ses congénères. Cette technique leur permet de s’envoler dans tous les sens, ce qui déstabilise le prédateur et protège la bande. Celle-ci est d’ailleurs utilisée lorsque les cacatoès s’affairent à une tâche : se nourrir, s’abreuver, se laver, soit presque en tout temps. Ce comportement est tellement typique de l’espèce qu’il existe désormais une expression dans le jargon australien : « faire le cacatoès », c’est-à-dire surveiller l’arrivée des autorités pendant les activités illégales. La grégarité permet également de trouver plus facilement un congénère pour la reproduction, de nouvelles sources de nourriture, etc.

L’INTELLIGENCE COGNITIVE Les perroquets sont extrêmement intelligents et plusieurs études démontrent qu’ils sont capables d’effectuer des choix, de raisonner et d’effectuer des tâches du niveau intellectuel d’un enfant de trois à cinq ans.

Même si le cerveau des oiseaux est d’une taille nettement plus faible que celui des mammifères, il a été démontré que la densité de neurones chez les oiseaux est plus élevée. Cela leur permet d’avoir autant de neurones qu’un mammifère !

Une étude scientifique réalisée à l’école vétérinaire universitaire de Vienne en Autriche a souligné leur capacité de raisonner. Ils ont tout d’abord exposé plusieurs cacatoès de Goffin (Cacatua goffiniana) à un choix entre une noix de pécan et une noix de cajou pour révéler que cette dernière était de loin leur préférée. Par la suite, les scientifiques ont fait plusieurs répétitions afin que les perroquets comprennent qu’ils ne pouvaient choisir qu’une seule noix. Ils leur ont ensuite donné un choix : utiliser un outil pour aller chercher une noix de cajou dans un dispositif ou prendre la noix de pécan devant eux. Quand le dispositif était réalisable, les cacatoès préféraient retenir leur pulsion de manger la noix de pécan pour prendre la noix de cajou dans le dispositif. Par contre, quand le dispositif était erroné, ils préféraient prendre la noix de pécan pour s’assurer d’avoir de la nourriture. page 36 • avril/mai 2018 • Passion animaux

Les conclusions démontrent que les cacatoès préfèrent attendre plus longtemps pour manger un aliment de meilleure qualité, si c’est possible. Ainsi, cette étude nous révèle que l’oiseau à des capacités cognitives supérieures et comparables au raisonnement des primates ! Cela m’amène à vous poser cette question : si, avec un plus petit cerveau, l’oiseau arrive à faire des raisonnements aussi complexes qu’un primate, n’est-il pas plus efficace que nous ? Pour voir la vidéo de cette étude, je vous invite à visiter : https://www.youtube.com/watch?time_continue=116&v=_ PmTtB69OOA


Recommandation Éducazoo Avoir un animal, c’est pour la vie. Il faut donc y penser et bien se renseigner. Voici quelques informations pour vous aider dans votre décision. Si vous désirez adopter un animal, pensez aux refuges et aux petites annonces, où beaucoup d’animaux cherchent une famille ! AVOIR UN CACATOÈS, C'EST UN TRAVAIL PLUS QUE TEMPS PLEIN ! Avoir un cacatoès à la maison équivaut à avoir un enfant de trois ans, et ce, pendant plus de 50 ans ! Laisser un enfant de trois ans seul dans sa chambre toute la journée est inconcevable et il en va de même pour un cacatoès ! Vous imaginez donc le contrat...

En plus d’être des dépendants affectifs, les cacatoès sont des hyperactifs. Ils ont donc besoin de beaucoup d’exercices et d’être stimulés intellectuellement. En ce sens, ils doivent être sortis la majeure partie du temps pour être heureux. Très peu d’entre nous possèdent le style de vie permettant de rendre un cacatoès heureux. C’est donc un pensez-y TRÈS bien ! DURÉE DU CONTRAT : DE 50 À 70 ANS, PARFOIS PLUS ! Quand on adopte un perroquet, il faut penser à le mettre sur notre testament, car il vit souvent plus longtemps que nous. Il faut aussi prévoir une personne de confiance que l’oiseau connaît et aime bien et qui possède un style de vie dans lequel votre cacatoès serait heureux. Quand on relocalise un cacatoès, c’est comme s’il perdait ses parents. Il n’est pas rare de voir ces oiseaux se laisser mourir après la perte de leur maître. C’est donc important de considérer la chose avant même d’adopter un perroquet. Vétérinaire : Les soins du cacatoès requièrent un vétérinaire exotique. Il faut compter environ 100 $ la visite, plus les médicaments et les examens particuliers. À noter que les coûts peuvent facilement avoisiner les 1000 $ quand le perroquet tombe malade, car il a une santé très fragile. Coût moyen à l’achat : autour de 2000 $. Il y a beaucoup de variations dans le prix, selon l’âge, le niveau de domestication, l’espèce, etc.

Matériel requis : le cacatoès est un champion de l’évasion ! Il faut donc des environnements expressément conçus pour lui si vous ne voulez pas qu’il détruise votre maison pendant une nuit d’exploration ! Il est préférable d’opter pour une grande cage en métal spécialement conçue pour les perroquets, car la force de leur bec est impressionnante et ils peuvent facilement casser des soudures de métal. Une grande volière est l’idéal afin que l’oiseau dépense son énergie. Si vous le sortez la majeure partie de la journée, vous pouvez avoir une plus petite cage pour le dodo. Allez-y avec la logique. Par contre, l’idéal est de ne pas descendre sous les huit mètres carrés d’habitat. Puisque cet oiseau effectue de nombreux

déplacements dans la nature, il a besoin de bouger et d’être stimulé si vous souhaitez qu’il soit heureux. Il faut donc penser à aménager des perchoirs et des aires de jeux un peu partout à l’intérieur de la maison afin qu’il puisse vous suivre dans vos déplacements. Vous devez également réserver une partie du budget pour acheter des jouets à perroquets appropriés afin qu’il exerce son bec. Un cacatoès ennuyé est susceptible de détruire tout ce qu’il trouvera sur son passage : mur, plancher, ordinateur, meubles, etc.

Temps de manipulation conseillé : Huit à douze heures par jour. Une grande période de temps doit être consacrée à la manipulation et au jeu. Un cacatoès souhaite vous suivre et interagir avec vous le plus souvent que possible. Les perroquets ont normalement un maître, mais ils peuvent s’attacher à d’autres personnes. Ils sont très caractériels et ils peuvent mordre s’ils sont en période de reproduction ou s’ils ne sont pas contents. Ils peuvent infliger des blessures très graves sans mordre fort vu la taille de leur bec et la force de celui-ci. Quand on adopte un cacatoès, on doit être prêt à se faire mordre, car cela va arriver. Il faut investir beaucoup de temps au dressage et être conscient qu'on peut être blessé pendant le processus, ça vient avec le contrat.

Temps requis pour l’entretien : 30 minutes par jour de nettoyage. Il faut se consacrer du temps tous les jours pour nettoyer ses excréments, car un cacatoès défèque presque toutes les cinq à dix minutes afin d’être léger pour le vol. Soins particuliers : taille de griffes, taille des ailes, taille du bec, bains, suppléments (oméga et vitamine).

Alimentation : en captivité, l’alimentation du cacatoès doit être composée en moyenne de 80 % de moulée et 20 % de graines, de fruits et de légumes. Il vaut mieux être vigilant quant au choix de la moulée, car un bon nombre de mélanges vendus en animalerie contiennent trop de graines et ne respectent pas le bon ratio. De plus, il est bien de mettre deux bols à la disposition du perroquet : un pour la moulée et un pour les graines, qui servent de récompenses. Il sera beaucoup plus facile pour vous de contrôler ce que votre perroquet mange. Si vous combinez les deux, votre perroquet aura tendance à trier pour ne manger que les gâteries. Beaucoup de gens souhaitent partager leurs repas avec leur perroquet. Vous pouvez le faire, mais il faut prendre certaines précautions : proscrire tous les aliments contenant du sucre artificiel, du chocolat, de la protéine animale, du lactose, de l’alcool, de la caféine, des oignons, de l’ail, de l’échalote, du persil, etc. Avant de donner un aliment à votre perroquet, assurez-vous de confirmer que cet aliment est sécuritaire à l’ingestion à l’aide d’une liste complète variant selon l’espèce de perroquet.

Passion animaux • avril/mai 2018 • page 37


Santé animal Par : Krystle Lussier Directrice générale et conseillère en nutrition et santé chez Imagine Pet Products et NFH Inc.

La vie avec un animal âgé

Nous aimons tous nos animaux de compagnie et faire face à un chien ou un chat âgé peut être stressant et difficile, tant pour nous que pour notre animal domestique bien-aimé. Comme le dit le Dr Dodman, spécialiste du comportement vétérinaire, « la vieillesse n'est pas une maladie, mais une étape de la vie à travers laquelle doivent naviguer les animaux de compagnie et leurs propriétaires ». Personnellement, ayant perdu plusieurs animaux âgés au cours des dernières années et étant propriétaires d’un boxer de 12 ans avec des problèmes de thyroïde, d'arthrite extrême (genoux et hanches) qui partage sa vie avec deux jeunes chiens actifs et turbulents, c'est quelque chose avec lequel mon mari et moi sommes familiers. L'alimentation, le manque de mobilité, l'exercice, les maladies et les soins de fin de vie : ce sont tous des éléments auxquels nous devons faire face un jour ou l’autre en tant que propriétaire, à mesure que notre animal vieillit et qu’il atteint son âge d'or. Cependant, il existe quelques astuces pour aider les maîtres et les vétérinaires à offrir la meilleure qualité de vie possible aux animaux domestiques.

Besoins et conseils de base pour les animaux âgés Les animaux âgés sont généralement plus sensibles aux températures extrêmes en raison des changements dans leur métabolisme. Puisqu’ils sont plus difficilement capables de se thermoréguler, il vaut mieux les abriter à la chaleur lors des saisons plus froides, écourter les visites à l’extérieur ou leur fournir des vêtements chauds. À l’inverse, il est préférable qu’ils logent dans un endroit frais pendant l’été, car ils sont plus sensibles à la déshydratation et à l'épuisement dus à la chaleur. page 38 • avril/mai 2018 • Passion animaux


Comme les fonctions cardiaques et pulmonaires se détériorent avec l'âge, il est important de se rappeler que seul un exercice modéré est nécessaire. Il se peut que les habitudes doivent être modifiées en fonction des problèmes de santé de l’animal, s’il a des douleurs articulaires ou des problèmes d'arthrite par exemple.

Il faut s’assurer de choisir un régime adapté à l'âge de votre compagnon. Les aliments riches en calories comme les aliments transformés et les gâteries sont à éviter, quel que soit l'âge de celui-ci. Chez les animaux plus âgés, le risque de surpoids entraîne plusieurs effets secondaires négatifs sur sa santé (problèmes articulaires, diabète, santé globale, etc.). Incontinence... oui, au fur et à mesure que notre animal de compagnie bien-aimé vieillit, il est possible qu’il ne soit pas capable de se tenir aussi bien qu'auparavant. Bien que ça puisse être un effet secondaire normal du vieillissement, il est important de parler à votre vétérinaire de tous les signes ou de la quantité de fois que cela peut arriver afin de vous assurer que ce n’est pas dû à un problème plus grave. Par exemple, l'arthrite peut empêcher un chien de s'accroupir suffisamment pour vider complètement sa vessie ou faire en sorte qu’il ne soit pas capable de se lever assez rapidement. La patience ! Au fur et à mesure que notre animal vieillit, il est très important de se rappeler qu'en vieillissant, nous devrons également modifier notre mode de vie. Il faut l’aider à se lever, monter et descendre les escaliers, lui fournir un lit moelleux ou des tapis supplémentaires pour les planchers en bois ou lisses et rester calme quand nous devons ramasser l'urine ou les excréments, car il ne pouvait simplement pas se retenir.

• Oméga-3 (acides gras essentiels) pour : l'arthrite, le dos et les problèmes articulaires tels que les coudes, les genoux, les hanches, la vision, la fonction cérébrale, le système immunitaire, la peau et le pelage, les effets anticancérogènes ; • Probiotiques pour : la digestion, le système immunitaire, les effets du stress, la stimulation de l'absorption minérale (calcium et magnésium), l’amélioration de la consistance des selles, la prévention de la diarrhée et de la constipation, la santé de la peau et du pelage, la fonction cognitive ; • Antidouleurs articulaires pour : la réduction de la douleur aiguë et chronique, l'arthrite et les problèmes articulaires, le traitement des blessures musculo-squelettiques, la récupération postopératoire et la cicatrisation, les troubles inflammatoires chroniques, la réadaptation neurologique et la fonction cognitive ;

• Enzymes digestives pour : la capacité à digérer les aliments commerciaux, les glucides, les protéines et les graisses des aliments commerciaux. Elles améliorent l'absorption des vitamines et autres nutriments, la consistance des selles et réduit les problèmes digestifs ainsi que les symptômes associés à une insuffisance pancréatique exocrine. S'il vous plaît, parlez à votre vétérinaire si vous avez une incertitude ou si vous avez des questions. Après tout, il vous connaît et connaît le mode de vie de votre animal de compagnie. Il est en mesure de vous guider et de vous recommander la marque ou le produit qui, selon lui, serait bénéfique pour les besoins de votre compagnon.

Les suppléments et les médicaments jouent un rôle très important dans la santé et le bien-être de nos animaux domestiques, et ce, à tout âge. La clé réside dans une prévention appropriée, mais rassurez-vous, il existe de nombreux suppléments qui permettent d’aider notre compagnon à être à l'aise, sans douleur et heureux. Certains suppléments que vous devriez considérer sont :

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Par : Daniel Filion

Votre chat est-il sociable ? Votre chat se sauve aussitôt que l’on sonne à la porte et celui de votre ami se rue littéralement sur la visite dès qu’elle entre dans la maison. Comment expliquer que deux chats soient à ce point différents ? Est-ce une question d’éducation, d’expérience ou est-ce que les gènes jouent un rôle encore plus important ? Et comment peut-on transformer un chat craintif en chat sociable ? Le côté génétique Le chat n’a besoin de personne pour survivre. Il n’a aucun besoin d’être en meute pour parvenir à attraper ses proies ou protéger ses ressources. Il peut tout faire seul. Sa domestication à l’homme n’a jamais été instrumentalisée par celui-ci. C’est-à-dire que l’homme n’a jamais utilisé le chat comme un instrument pour accomplir une tâche spécifique, comme chez les chiens par exemple. La résultante est que le chat n’a jamais été obligé de développer sa sociabilité à un point aussi important que le chien. Attention, cela ne veut pas dire que le chat n’est pas un animal sociable, bien au contraire. Il est parfaitement capable de socialiser, ce n’est simplement pas une nécessité. D’ailleurs, le chat domestique est l’une des rares espèces du règne animal à pouvoir passer d’un mode domestique à haret (sauvage) à volonté.

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Période de socialisation En ce sens, il devient important pour le chat d’être socialisé en très bas âge. La période primaire sensible se situe entre deux et neuf semaines. Durant cette période, le chaton devrait être exposé au plus grand nombre d’individus différents possibles et, plus important encore, que chacune de ces rencontres soit agréable. La néophilie du chat, qui fait en sorte qu’il n’a pas peur des choses nouvelles en bas âge, commence à disparaître vers l’âge de six mois et se prolonge jusqu’à un an. Il faut donc profiter au maximum de cette période pour lui faire vivre un plus grand nombre d’expériences et de rencontres avant que celui-ci commence à craindre les choses nouvelles. Cependant, chaque félin aura son caractère spécifique, et ce, même à l’intérieur d’une même portée. Certains seront plus aventureux et exploreront leur environnement plus rapidement, rencontrant ainsi plus d’individus. Ces chatons sont souvent plus sociables que les chats timides ou qui craignent d’explorer. Il faut savoir qu’un chat de plus de huit semaines, n’ayant jamais eu de contact avec l’humain, ne pourra jamais être socialisé (apaisé par la présence de l’homme), mais seulement domestiqué (capable d’approcher l’homme pour obtenir quelque chose). Un chat doit rencontrer un minimum de sept personnes de différent genre et type pour bien être socialisé à l’homme, soit un enfant, un homme, une femme, un adolescent, une personne de couleur, avec une barbe, des lunettes, etc. La méthode de Karsh, appelée « Handling », a

établi qu’il faut un minimum de cinq minutes de manipulation par jour pour aider un chaton à socialiser dès sa naissance. Au-delà de 40 minutes, ça ne donne rien de plus… bien que ça ne nuise pas non plus. Le rôle de maman La mère joue un très grand rôle dans la socialisation des chatons. Si la mère craint l’humain, les chances sont que ses chatons le craindront également. Cependant, lorsque nous avons la possibilité de présenter différentes espèces en bas âge à un chaton (des chiens ou d’autres animaux domestiques, par exemple), il y a beaucoup plus de chances qu’il en aura moins peur une fois adulte et qu’il pourra plus rapidement apprendre à cohabiter avec celles-ci.

Apprendre à socialiser avec ses congénères a aussi son importance. En l’absence de la mère, une autre mère ou même un chat adulte peuvent prendre la relève. Bien qu’ils ne feront jamais un aussi bon travail que la mère de naissance, il vaut mieux faire évoluer un chaton orphelin avec d’autres chats bien socialisés puisqu’un chaton élevé seul ou au biberon développera souvent des traits de caractère extrêmes et sera souvent tenu à l’écart par les autres chats lors des jeux. N’ayant jamais appris à bien contrôler l’intensité de ses interactions correctement via des jeux de combats avec des frères et des sœurs, le chaton orphelin jouera souvent trop « durement » au goût des autres chats, même lorsqu’il devient adulte.

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L’environnement Finalement, l’environnement où évolue le chaton a également une grande importance. Les études ont démontré qu’un chat ayant des capacités cognitives génétiquement plus faibles peut parvenir au même niveau d’intelligence qu’un chat très intelligent s’il évolue dans un environnement stimulant. Plus l’environnement sera riche d’expériences, de textures, de hauteurs, d’individus et d’objets différents, plus le chaton sera désensibilisé et moins craintif de la nouveauté l’entourant dans son environnement. Au contraire, il pourrait même être mené à la rechercher. Conseils pour bien socialiser son chat Notez que cette technique s’applique autant pour un chaton qu’un chat adulte.

• L’arrivée d’un chat dans une maison doit se faire selon une méthode graduelle, surtout s’il y a d’autres animaux. On ne relâche pas un nouveau chat au milieu de la maison en espérant que tout le monde s’entende. Consultez la technique d’introduction d’Éduchateur à www.educhateur.com dans la section « conseils » ;

• Une ou deux semaines après que votre chat soit très confortable dans votre maison, commencez à inviter des amis pour jouer avec lui et le gâter. Assurez-vous que chacune de ces rencontres soit positive. Évitez les groupes pour commencer ; • Aussitôt que l’on sonne à votre porte, donnez des gâteries au chat ou jouez avec lui pour associer la venue de visiteurs à quelque chose de plaisant. Prêtez le jeu à la visite pour qu’ellemême joue avec le chat ;

• Supervisez toujours les interactions avec les enfants, même si tout semble bien se passer. Nombre d’aversions aux visiteurs débutent par une queue ou une oreille tirée par un enfant, que le chat associe à la visite en général ;

• Informez vos visiteurs (enfants et adultes) qu’ils ne doivent pas déranger le chat s’il se trouve dans une pièce ou un arbreà-chat. Ce faisant, le chat saura qu’il a toujours un endroit s’il veut être tranquille, évitant ainsi les associations négatives ; • Trouvez des sons sur le web (YouTube) d’orages et de véhicules d’urgence, de bébé qui pleure ou tout autre bruit qui risque de faire peur à votre chat là où vous habitez. Faitesles jouer à bas volume alors que vous faites manger votre animal. Augmentez très graduellement le volume chaque jour pour désensibiliser votre chat à ces bruits ; • Allumez l’aspirateur à l’autre bout de la maison, voire même dans une pièce avec la porte fermée, alors que votre chat mange. Rapprochez l’aspirateur de quelques mètres à chaque repas pour l’en désensibiliser. N’approchez que si le chat mange sans aucune crainte ;

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• Pour la première année, il est souvent conseillé de se promener avec une pochette de gâteries en permanence dans la maison. Dès que vous voyez votre chat faire quelque chose de bien, vous le récompensez. Il ne faut pas punir ou réprimander. Ignorez simplement les comportements indésirables et renforcez les bons comportements.


Que faire pour un chat adulte qui a peur de la visite ? Cela commence souvent par la sonnette ou lorsque quelqu’un frappe à la porte. Votre chat a fait une association avec ce son, qui annonce quelque chose de désagréable ou qui lui fait peur. Il faut donc commencer par désensibiliser et contreconditionner cet aspect en enregistrant sa sonnette sur son appareil mobile. Faites des séances de désensibilisation à très bas volume lorsque vous présentez un repas particulièrement savoureux à votre chat, augmentant le volume de fois en fois. Cela peut prendre trois jours comme trois mois. Allez-y au rythme de votre animal. Augmentez le volume seulement si votre chat n’a aucune réaction et qu’il continue de manger. Dès que la sonnette n’est plus synonyme de terreur, vous pouvez passer à l’étape de la désensibilisation à la visite :

• Qu’importe où votre chat se sauve dès que la visite arrive, allez immédiatement présenter des gâteries ou encore quelque chose dont il raffole à l’endroit où il se cache ;

• Dès que votre chat arrive à manger ses gâteries, déposezen légèrement plus loin de lui pour l’amener à sortir graduellement de sa cachette pour les manger. S’il ne mange pas sa gâterie avant que la visite n’ait quitté la maison, c’est que vous êtes allé trop loin et trop rapidement. Au besoin, fermez la porte de la pièce où il se trouve ;

• Amenez-le à sortir de plus en plus loin chaque fois en déposant des gâteries comme un petit chemin parsemé de récompenses ;

• Avertissez vos visiteurs de ne jamais regarder votre chat ou tenter de l’en approcher s’ils le voient (donnez-en la description). Faites-leur comprendre que personne ne doit faire de cas de sa présence, car cela ne fera que l’apeurer et il retournerait dans sa cachette. Votre chat doit comprendre qu’il n’y a aucune conséquence désagréable à venir voir les gens ;

• Si le chat parvient à venir voir la visite, donnez des gâteries à vos visiteurs pour qu’ils lui en donnent. Ils peuvent également jouer avec son jouet préféré. Chaque chat a son rythme et il faut le respecter. La technique requiert beaucoup de patience, mais avec celle-ci, nous sommes souvent parvenus en trois ans à passer d’un chat qui tremblait sous le lit au deuxième étage dès l’arrivée de la visite à un chat qui se promenait au milieu d’une fête de 30 personnes avec de la musique très forte. Cependant, rappelez-vous qu’il n’est pas nécessaire d’en faire un chat super sociable qui se précipite vers la visite. Le but minimum souhaité est qu’il ne soit plus nerveux en présence d’étrangers dans la maison, même s’il est caché sous le lit.


Zoothérapie Par : Aurélie Massé

Zoothérapeute, comportementaliste animal

En thérapie de couple au centre canin

Se présenter aux leçons d’éducation canine en couple est effectivement un bel exercice d’amoureux. Or, parfois, certains couples se disputent durant les leçons à propos de leur adoré canidé. Disons, avec des gants blancs montés jusqu’aux coudes, que ça met le travail d’équipe à l’épreuve !

Aujourd’hui, j’aborde le délicat sujet des divergences d’opinion quant à l’éducation du chien au sein du couple. Chaque jour, je donne des cours d’éducation ou de résolution comportementale canine. Parfois, je dois dire que j’utilise également mes notions d’éducatrice spécialisée en faisant un brin de médiation douce entre les membres de certaines familles.

Rapidement — et souvent —, la dynamique familiale ou de couple est représentée à travers les exercices que nous faisons. Lorsque je demande à mes clients : « Racontez-moi votre semaine. Comment ç’a été avec Coco ? », des réponses différentes se font valoir la majeure partie du temps. TADAM ! J’ai les versions de chacun. Oui oui, les versions. C’est souvent tout ce dont j’ai besoin pour établir mon plan de match final — après l’évaluation du chien, bien sûr !

Comme pour les enfants, l’éducation de notre animal domestique est souvent liée à nos valeurs. L’amour que l’on porte envers ce dernier nous pousse parfois à mal intervenir auprès de lui. Si l’un des conjoints se rend compte que ses mauvaises interventions empirent la situation avec Coco, c’est lors des cours d’éducation que « le chat sort du sac ». Elles ne sont pas rares les fois où le ton monte d’un cran, par rapport au mauvais comportement de Coco. Laisse à la main et sueur au front, il y a parfois des comptes qui se règlent à même le gymnase. Les propriétaires d’un chien sont responsables de l’éducation de celui-ci et, de ce fait, se mettent une énorme pression lorsqu’ils viennent au centre canin. Malheureusement pour eux, c’est un excellent moyen pour que leur animal perde totalement l’attention, et ce, dès que celui-ci met sa patte à l’intérieur de nos locaux.

Pourquoi agit-il ainsi ? Parce que le centre lui apporte un bonheur olfactif. Ses congénères gambadent au loin, il entend de nouveaux sons ou il aperçoit la superbe toiletteuse qui l’accueille avec des poumons de bœuf en guise de gâterie… tout est là pour perdre la carte du bonheur. En ce sens, le chien a souvent plus envie d’explorer que d’écouter et de répondre à vos demandes. À force de contenir leurs frustrations envers Coco, qui n’en fait qu’à sa tête, les joues des maîtres rougissent bien souvent.

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Des pistes d’intervention Un monsieur entre au gymnase et dit : « Je ne suis plus capable d’endurer Coco. Il jappe sans arrêt. Je lui dis “ non ”, mais il n’écoute rien. Au lieu de le chicaner, ma femme le prend dans ses bras et le berce doucement. » Sa conjointe répond alors : « Comme il vous l’a dit, il n’est plus capable d’endurer Coco et je crois que le chien le ressent. C’est vrai, Coco aboie beaucoup, mais je crois qu’il est dominant et me protège. Je n’arrête pas de dire à mon mari d’arrêter de crier après le chien, puisque c’est encore un bébé. » Bon, c’est évidemment une dramatisation, mais nous ne sommes pas si loin de la réalité. Parfois, je vois Coco bâiller ou se secouer à plusieurs reprises durant les accrochages de ses tuteurs. En langage d’humain, ça veut dire que l’animal essaie de s’apaiser. Votre chien vous entend, il vous voit et décortique vos mouvements. Si vous n’êtes pas constant et que vous n’agissez pas en duo, il va mener le bal à sa façon. À travers mes observations des membres de la famille, je décide quelle méthode de travail appliquer à la maison. La plupart du temps, quand il y a plus d’une personne dans la maisonnée où réside un chien, le devoir de la première semaine porte sur la rectification de la cohésion familiale. Il est important qu’elle soit en place pour bien éduquer notre chien. Éduquer le chien au sein du couple Une problématique que je croise fréquemment lors de mes cours est la façon d’éduquer le chien au sein du couple. Cela peut paraître banal de l’extérieur, mais bien au contraire, ce même désaccord éducationnel peut perturber ou influencer le comportement de votre animal.

Dans cette optique, plusieurs de vos agissements peuvent déclencher ou accentuer certains comportements déplacés de votre chien. Voici quelques exemples : le manque de rigueur, le manque de constance éducationnelle, le manque d’affection, la peur d’un ou plusieurs membres de la famille, le manque d’exercice ou de stimulation cognitive, l’ennuie (chien laissé de côté, carences occupationnelles), etc. Le manque d’affinité de la part d’un ou de plusieurs membres de la famille envers le chien, ou vice versa, est un problème à ne pas négliger. Plus la cellule familiale est grande, plus la rigueur et les procédures à suivre pour éduquer l’animal doivent être claires. Avant d’adopter un chien, je vous suggère fortement de vous consulter en famille ou en couple sur les différentes méthodes d’éducation canine et celles que vous allez appliquer ensemble et en équipe.


Il est important que vous soyez tous à la maison et à l’écoute du non verbal de votre chien. C’est la base pour communiquer avec lui. Pour cela, encore faut-il le connaître et le reconnaître. Une fois cette partie démystifiée, tout devrait rentrer dans l’ordre. Quand votre chien se sent compris, il est beaucoup plus porté à coopérer au quotidien. Tous les membres de la famille devraient être présents au cours sur le langage canin. L’ignorance intentionnelle En outre, il y a des écoles qui ont des pensées divergentes. Choisir un cours dans une école avec des techniques récentes, c’est choisir de travailler en renforcement positif, dans la joie et la bonne humeur ! Les clients hésitent parfois à adopter cette technique, mais il suffit de leur montrer quelques preuves à l’égard de son efficacité pour que ceux-ci aient une ouverture.

Les gens sceptiques sont souvent les hommes. Ceux-ci ont parfois tendance à imposer une fermeté débordante. Que ce soit par la posture, le ton, le timbre de la voix ou simplement par le regard, n’oubliez pas que votre chien vous lit. Oui, il décode chaque micro-mouvement de votre corps pour comprendre vos messages. En ce sens, l’ignorance intentionnelle (tourner le dos, par exemple) est parfois un bon outil pour faire comprendre le sens du mot « non » à votre chien. D’ailleurs, les femmes ont plus de difficulté à ignorer les demandes d’attention de leur adoré. Quand le chien de la famille veut obtenir quelque chose ou simplement de l’attention, il sait

pertinemment qui aller voir… on se reconnaît ? C’est génial pour le lien lorsqu’il s’agit de petits privilèges, mais il ne faut pas prendre votre chien dans vos bras comme un bébé. Encore moins quand il vous gratte les jambes en pleurnichant. Mesdames, essayez de résister fermement aux petits yeux de merlan frit de votre chien pour vous assurer une meilleure alliance future. Avec mes observations et mon expérience comme comportementaliste canin, voici mon principal conseil : prenez le temps de vous asseoir et de réfléchir au plan de match pour votre Coco. Rien de mieux qu’une famille équilibrée pour un chien équilibré. Si vos commandes et vos demandes sont claires envers votre animal de compagnie et que tout le monde à la maison parle le bon langage canin, je ne vois pas pourquoi l’harmonie ne serait pas au rendez-vous. Commencez par le commencement et rédigez en famille une liste de 10 mots clés que vous utiliserez tous avec les mêmes intentions envers votre chien. Il sera déjà moins désorienté vis-à-vis de votre langage verbal. Ensuite, éliminez collectivement le mot « non » de votre langage et remplacez-le par votre ignorance. Dernièrement, venez en famille aux cours d’éducation canine, vous en serez tous gagnants. Il arrive que je tranche dans les conflits en apportant mon opinion, qui est complètement objective puisque je parle pour le bien-être de l’animal. Je ne prends pas parti ni pour l’un ni pour l’autre… moi, je prends toujours pour le chien !

Passion animaux • avril/mai 2018 • page 45


Alimentation Par : Sarah Gravel

5 questions

sur l’alimentation naturelle crue

Vous aimeriez introduire l’alimentation crue dans le quotidien de votre compagnon, mais vous avez certaines inquiétudes ? Dans cet article, nous répondons aux questions les plus fréquemment posées par les propriétaires. En étant bien informé, il sera beaucoup plus agréable d’amorcer la transition vers l’alimentation naturelle. Pourquoi mon compagnon devrait-il être nourri avec une alimentation crue ? Comme nous, les animaux de compagnie méritent de profiter d’une nourriture à la fois délicieuse, fraîche et nutritive. Une bonne alimentation et une bonne nutrition sont aussi importantes pour la santé de votre compagnon que pour la vôtre.

Un régime à base de viandes fraîches, d’abats, d’os, de fruits et de légumes favorise une meilleure santé globale, une page 46 • avril/mai 2018 • Passion animaux

meilleure digestion et une meilleure énergie chez les chiens et les chats. Non seulement les aliments crus conservent tous leurs éléments nutritifs, mais ils sont aussi biologiquement adaptés au système des animaux.

Est-ce qu’il y a des dangers reliés à la salmonelle ou autres bactéries ? Lorsqu’un propriétaire envisage l’alimentation crue pour son compagnon, l’une de ses plus grandes préoccupations est le risque relié aux bactéries. Depuis des milliers d’années, les chiens sauvages se nourrissent de viande crue. Leur système digestif est naturellement conçu pour digérer facilement les protéines animales crues, les abats et les os. Il n’y a donc aucun danger à privilégier un régime alimentaire cru. Par contre, la clé est de savoir comment manipuler ce type de nourriture pour éviter le plus possible la prolifération de bactéries qui y sont naturellement présentes.


Nous recommandons toujours de suivre les règles d’or suivantes : • Décongeler les portions au réfrigérateur ; • Sortir la portion et la laisser à température ambiante environ 5 minutes avant de servir pour qu’elle ne soit pas trop froide pour l’animal ; • Pour éviter les bactéries, ne jamais laisser la nourriture crue à température pièce plus de 15 minutes ; • Remettre au réfrigérateur la portion qui n’a pas été consommée, si c’est le cas. Si la portion en question n’est pas consommée au deuxième repas, jetez-la immédiatement ; • Nettoyer toutes les surfaces de travail ayant été en contact avec la nourriture crue : comptoir, ustensiles, bol, etc. ; • Laver ses mains après avoir manipulé la nourriture crue.

Comme vous pouvez le constater, ce sont des conseils de base similaires à ceux que vous suivez probablement déjà à la maison lorsque vous cuisinez. La manipulation de l’alimentation crue de votre animal ne devrait donc pas être très différente. Est-ce que je peux continuer à nourrir mon chien ou mon chat avec de la nourriture sèche ? Oui. Cependant, il faut toujours nourrir l’animal avec le cru le matin et la nourriture sèche le soir et ne jamais mélanger les deux types de nourriture dans le même bol puisque l’alimentation crue se digère plus rapidement que les aliments cuits tels que les croquettes.

Certains chiens et chats vont bien tolérer cette méthode tandis que d’autres auront plus de difficulté. Il est donc très important de rester à l’affût des signaux tels que les ballonnements, les selles, les gaz, les troubles digestifs et l’énergie de votre compagnon. Est-ce que je peux nourrir mon chiot ou mon chaton au cru ? Certainement ! Nous suggérons de débuter avec une seule source de protéine comme le poulet. Après une semaine, si vous ne remarquez aucun trouble digestif, vous pourrez graduellement introduire une deuxième protéine à son repas. Assurez-vous également que votre animal ait toujours accès à un bol d’eau fraîche. De plus, pour les chiots et les chatons, il faut penser à doubler la portion d’un chien ou d’un chat adulte pour assurer sa bonne croissance. Par exemple, un chien adulte a besoin en moyenne de 2 % à 3 % de son poids alors qu’un chiot a besoin de 4 % à 6 % de son poids. Bien sûr, plusieurs facteurs peuvent faire varier l’appétit de votre animal. C’est pourquoi il faut tenir compte de sa race, son âge, son environnement et son métabolisme avant de déterminer la quantité optimale à lui offrir. Est-ce que l’alimentation crue peut aider à soulager les allergies de mon compagnon ? Un régime naturel cru ne peut qu’être bénéfique pour soulager les symptômes d’allergies de votre animal de compagnie. Très souvent, la nourriture commerciale sèche est fabriquée à base de céréales ou de blé, ce qui n’est pas du tout adapté au système des chiens ou des chats. Cette alimentation entraîne souvent de nombreux problèmes de santé, tels que les problèmes de digestion, d’allergies ou d’inflammation. Un régime cru incluant des viandes fraîches, des fruits et des légumes est donc la meilleure solution pour éviter l’apparition des allergies en plus d’être excellente pour la santé globale de pitou ou minou. Finalement, l’alimentation naturelle crue est le meilleur régime que vous pouvez offrir à votre animal. Les bénéfices sur la santé sont énormes : dentition plus propre, meilleure énergie, pelage brillant, diminution des symptômes d’allergies et bien plus. Votre animal aura plus de plaisir à l’heure du repas et lorsque vous le verrez lécher son bol, vous pourrez considérer cela comme un merci !

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Passion animaux avril/mai 2018  
Passion animaux avril/mai 2018  
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