Magazine L'écran Février 2018

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L’écran

- Février 2018 -

n°14


Édito

manny CALAvERA

Rédacteur en chef

Chaque année fleurissent ceux qu’on appelle « les marronniers  ». Et je ne parle pas des arbres. En terme journalistique, un marronnier est un article ou un reportage réalisé sur un sujet récurrent et prévisible (et, dans la plupart des cas, un sujet de faible importance informative). Celui sur la rentrée des classes en septembre est sans doute mon préféré : d’une année sur l’autre, on pourrait rééditer les mêmes articles, je suis sûr que l’on y verrai que du feu ! Or, dans l’univers de la presse spécialisée, le calendrier est surtout rythmé par des rendez-vous incontournables (salons, cérémonies et autres « mercato »), tels que nos chers Oscars et autres Césars. Le genre de sujets auxquels on ne peut déroger et qu’on se sent un poil contraints de traiter…serait-ce là aussi des marronniers ? Si en termes de récurrence on est en plein dedans, on a au moins le plaisir de la surprise et de l’émerveillement : au milieu de cette débauche d’ego, de devises, de strass et de paillettes, il y a toujours quelque chose à se mettre sous la dent  ; de quoi stimuler notre cortex ou plus prosaïquement satisfaire nos passions. Et puis, reconnaissons-le, les marches du Festival de Cannes, la Potsdamer Platz de la Berlinale ou encore le Palais du Cinéma du Lido vénitien ont quand même plus de gueule que la ruée consumériste répondant à l’appel des soldes ou la migration chaotique des vacanciers du 15 août… Tout ceci nous emmène à la question des prochaines grandes messes du show-business cinématographique hexagonal et américain, se déroulant tous deux début mars 2018. Les tant attendues listes des nominés ont été rendues publiques fin janvier et, pour l’instant, rien de bien surprenant, à quelques oubliés près. Côté états-unien, Guillermo Del Toro est en état de grâce absolue avec son 14e long-métrage sortant le 21 février prochain : Shape of Water, avec

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Sally Hawkins (Blue Jasmin, Padington ou encore Godzilla) et le marmoréen Michael Shannon (Take Shelter, The Iceman, Boardwalk Empire), « remporte » treize nominations. Il sera vraisemblablement le film le plus récompensé de la cérémonie, même si la surprise est toujours au rendez-vous lors des délibérations (l’an dernier, La La Land de Damien Chazelle était nominé quatorze fois pour au final ne repartir qu’avec « seulement » six statuettes…et sans celle du meilleur film, au terme d’un énorme quiproquo). Sans compter que le film et son réalisateur mexicain sont déjà forts d’un Lion d’Or de la Mostra 2017 et d’un Golden Globe du meilleur réalisateur…la route est donc toute tracée pour ce « Belle et la Bête » version guerre froide, véritable fable allégorique de l’humanité aux prises avec les tentations défiantes des politiques empruntes de xénophobie. Le dernier Nolan est (évidemment ?) pas loin derrière : Dunkerque est cité huit fois. Pas vraiment une surprise non plus, tant les films du britannique font dans le gigantisme artistique aussi bien que dans l’exploration philosophique ambitieuse, érigés en sortes de monuments universels taillés à même la montagne. Le focus dantesque sur la débâcle alliée de Dunkerque (peu traitée au cinéma) tient là une place qui lui était préparée. On citera aussi le moins médiatisé - mais grand vainqueur des Golden Globes - Three Billboards Outside Ebbing, Missouri (affublé de la racoleuse formule « les panneaux de la vengeance » en version française) de Martin McDonagh, qui écope de sept nominations. Un sombre thriller rural, sur fond de crime sexuel non élucidé, dont l’enlisement de l’enquête se voit ardemment et publiquement dénoncé par une mère en deuil prête à tout pour rendre justice à sa défunte fille. La filiation esthétique avec l’œuvre de Joel & Ethan Coen est fréquemment relevée par la presse, même si l’on imagine que la présence de Frances McDormand (égérie des deux frères et femme de Joel) n’y est sans doute pas étrangère. Pour nous autres frenchies, le jeu s’annonce un peu plus palpitant aux César ! En effet : 120 battements par minute (Robin Campillo) et Au revoir làhaut (Albert Dupontel) sont les grands favoris avec chacun treize nominations (tous ces chiffres treize vont finir par porter la poisse à quelqu’un…). Ils rejoignent d’ailleurs Un prophète (Jacques Audiard, 2009), Cyrano de Bergerac (J.-P. Rappeneau, 1990) et Subway (Luc Besson, 1985) dans la catégorie des recordmen du nombre de nominations aux César. Le premier film est un retour militant et émouvant sur les années SIDA et les actions Act-Up dans les 90’s, et est déjà fort d’un Grand Prix du Jury de Cannes 2017. Le second, quant

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à lui, est une adaptation du Goncourt 2013, véritable fresque romanesque et caustique sur l’après-Grande Guerre au cours de laquelle deux soldats démobilisés et laissés-pour-compte se vengent de l’État français en montant une vaste escroquerie ; une œuvre majestueusement réalisée par l’imprévisible Dupontel (également acteur). Derrière les deux coqueluches se succèdent la comédie Le Sens de la fête (Toledano & Nakache) avec ses dix nominations, le biopic Barbara (Mathieu Amalric, cité neuf fois) ainsi que Le Brio (Yvan Attal), Patients (Mehdi Idir et Fabien « Grand Corps Malade » Marsaud) ou encore Petit Paysan, le thriller rural – et premier film – d’Hubert Charuel. N’oublions pas non plus le sensationnel Grave (Julia Ducournau), qui a fait son bonhomme de chemin ces derniers mois, ou la parodie godardienne Le Redoutable, signée par un certain Michel Hazanavicius, qui sont tous deux en lice pour le César de la meilleure réalisation. Au milieu de ces sélections, difficile de passer à côté de la grande nouveauté de cette année : le Prix du Public ! Il s’agit là du prix qui sera remis au film le plus plébiscité par les spectateurs français cette année. Point de suspens donc, on connait déjà le lauréat : Raid Dingue, de Dany Boon (avec ses quelques 4,6 millions de tickets vendus). Une nouveauté censée faire taire les sempiternelles critiques qui désignent la cérémonie comme un rendez-vous élitiste et peu représentatif des goûts des français, où la comédie est souvent la grande oubliée. Manque de pot : on est en France, et cette décision anti-râleurs fait déjà râler. Toujours est-il que nous nous retrouvons face à une académie qui se risque à choisir entre snobisme et démagogie, mais qui brille surtout par un opportunisme tardif des plus troublants (on appréciera le fait que le premier lauréat de l’histoire de ce prix soit réalisé par celui qui, lors de la 34e cérémonie en 2009, se plaignait justement du manque de représentation des comédies populaires dans le palmarès des César). Rendez-vous les 2 et 4 mars prochains pour connaître les heureux gagnants (et les tristes perdants) de ces grandes loteries du 7e art…Des palmarès que vous retrouverez bien sûr sur les réseaux l’Écran, alors : à dans un mois !

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Photo couverture : pixabay.com - StockSnap Chef rédacteur : Manny Calavera Chef de projet : Doriane Job Chef éditorial : Axèle Zuanigh Rédacteurs : E. von Leerenwald, Le Comte Gracula, Eye In The Dark, Arslo, Stella, Fox, The Watcher, Supertramp, Dolores Correctrice : Adeline Dekockelocre


éditorial

Sommaire

PRENEZ PLACE 2

. Les festivals du cinéma extrême, 8 aller et retour aux enfers

. Box-office :

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All the Money in the World de Ridley Scott (2017)

. Le Ring :

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Star Wars VIII, Les Derniers Jedi de Rian Johnson (2017)

. Rétrospective :

. Doris Dörrie

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. Interview :

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par Dolores

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Le Musée des Merveilles de Todd Haynes (2017)

avec Xavier Boisnon, développeur d’applications

À NE PAS LouPER

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Chronique

© capture d’écran - Human Centiped 2

Les FESTIvALS Du CINÉMA EXTRÊME Aller et retour aux enfers Le cinéma est devenu un media familier, apprivoisé, dont la pluralité et l’éclectisme sont aisément saisissables, même pour un spectateur peu attentif qui ne s’attacherait qu’à suivre les massives productions hollywoodiennes, par ailleurs engendrées à un rythme toujours plus soutenu. Il existe pourtant, loin des lumières, tapi dans les recoins les plus poussiéreux de la culture underground - ou plutôt de la contre-culture - un cinéma bien éloigné de toutes conceptions tangibles ou intelligibles au grand public, un cinéma comme expression artistique de l’extrême, un cinéma de la subversion et de la transgression. Celui-ci, précisément, constitue le fonds dans lequel puisent les organisateurs de certains festivals ; que l’on s’intéresse à L’Extrême Cinéma toulousain, dont

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nous reparlerons prochainement, ou bien au Sadique-Master Festival parisien, ceux-ci offrent, chacun à leur manière, une expédition extravagante, perturbante et dérangeante parmi les neufs cercles des enfers cinématographiques, sans guide, sans rédemption et sans issue possibles. Afin de cerner ce que de tels évènements proposent, il convient de se plier à un exercice boiteux puisque pour deviser sur le cinéma extrême, encore faut-il savoir ce que cette épithète « extrême » recouvre ; lâché dans la jungle des mots, sorte de deus ex machina de la rhétorique journalistique, ce terme ne veut après tout plus dire grand chose, à moins qu’il n’en dise à l’inverse trop, c’est-à-dire tout et son contraire. Pour les organisateurs, l’extrême est « un sentiment poussé dans ses derniers retranchements ». Bien que ce cinéma ne constitue pas à proprement parler un genre, ni même un ensemble univoque, il devient perceptible que celuici forme à tout le moins un conglomérat cohérent, aux limites ambiguës, qui rassemble des œuvres d’horizons versatiles mais cristallisées autour d’une volonté de dépassement. Un dépassement par essence pluriel, multiple ; il représente l’audelà des normes, de la morale, des tabous, des résistances physiques et mentales, autant que ce qui déconstruit et déstructure toute cohérence narrative ou toute cohésion artistique. Les œuvres qui émergent prennent la forme de slasher movies parodiques - qui parfois auraient pu rejoindre le cercle des nanars s’ils ne se montraient pas si malsains et prompts à une violence démesurée - ou de torture porn amateurs tournés dans une décharge à la lueur maladive d’une lampe torche, tout en naviguant parfois dans l’expérimentation psychédélique la plus débridée. Des œuvres évidemment condamnées à l’obscurité et à une diffusion laborieuse, clandestine lorsqu’elle n’est pas tout simplement illégale. Quelques incarnations particulières de ce cinéma surnagent cependant au-dessus des autres et obtiennent, à défaut d’une véritable renommée, une relative notoriété, quoique précaire et bien souvent saumâtre. En effet, parce qu’ils ont pu profiter d’un effet de buzz, des titres comme The Human Centiped, Snuff 102 ou encore A Serbian Film ont acquis une certaine visibilité, quand bien même ils restent peu visionnés. Néanmoins ces exemples sont des exceptions, des occurrences peu représentatives d’une variété qui semble hors d’atteinte, mais que la programmation des festivals de l’extrême entend justement promouvoir. Des œuvres aux ressources et aux budgets chétifs se partagent ainsi l’affiche de ces évènements, qui représentent souvent pour les réalisateurs une occasion unique de présenter leurs créations - on pourrait parler de « créatures » - cinématographiques. Toutes les œuvres, en tout cas, sont présentées comme des libations singulières aux quelques téméraires qui oseront tenter l’expérience et qui participeront à la reconnaissance de tout un cinéma déviant.

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Quelque soit le point de vue porté sur ce cinéma des profondeurs, la perpétuation des différents festivals prouve qu’un public existe bel et bien pour ces incarnations les plus excessives du 7ème art. Les prochaines moutures de l’Extrême Cinéma et du Sadique-Master Festival se tiendront d’ailleurs respectivement du 9 au 17 février à la Cinémathèque de Toulouse et du 9 au 11 mars au Cinéma Les 5 Caumartin de Paris. Enfin, pour ceux qui hésiteraient à rejoindre les salles obscures pour participer à cette sombre bacchanale, notons qu’il existe un ouvrage, Les dossiers Sadique-master, Dissection du cinéma underground extrême, écrit par Tinam Bordage, fondateur du festival parisien, publié par l’éditeur Camion Noir, et qui condense en quelques 540 pages tout un panorama et toute une analyse de cet univers troublant, aussi méconnu que mal connu.

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© lacinemathequedetoulouse.com

- E. von Leerenwald


BOX-OFFICE

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CRITIQuE BOX-oFFICE

All the Money in the World de Ridley Scott, décembre 2017 L'ombRE d'un Géant S’il y a un superlatif assez communément galvaudé lorsque l’on parle d’art, c’est bien celui de “génie”. Le moindre sursaut d’émotion face à une œuvre, la moindre originalité déguisée voit son auteur attribué de ce qualificatif. Il y a, à mon avis, très peu d’auteurs qui méritent ce qualificatif. Si je devais citer sans réfléchir ceux qui en sont dignes parmi les réalisateurs, je dirais Charlie Chaplin, Henry George Clouzot, Alfred Hitchcock, Sergio Leone, Stanley Kubrick, Jean-Pierre Melville, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese... et Ridley Scott. Ceux qui commencent à s’insurger contre l’absence d’autres grands artistes et la domination de cinéastes américains, doivent prendre en compte le fait que je considère l’universalité de l’œuvre comme un critère prioritaire

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(s’il faut avoir fait une licence en cinéma ou en arts plastiques pour apprécier le film, c’est un rejet du côté divertissement du cinéma qui est aussi important que l’aspect technique/artistique). Ce point étant éclairci, revenons à notre sujet principal.

de Jean Paul Getty, le milliardaire dont le petit-fils fut enlevé à Rome en 1973 (évènement qui constitue le sujet du film). Les studios lui imposèrent Spacey, plus bankable, et de sortir le film avant janvier 2018 pour qu’il puisse être nominable aux Oscars de l’année. Le rôle du magnat du pétrole âgé de 80 ans lors des faits nécessitait pour Spacey, 59 ans, un énorme travail de maquillage. Plummer, 88 ans dont 68 de carrière cinématographique avec autant de grands films tels que La chute de l’empire Romain en 1964, La nuit des généraux en 1967, L’homme qui voulut être roi en 1975 et Alexandre en 2004, put reprendre le rôle au bras levé, ayant de plus lu le script lors de la préprod et rencontré Getty lors de galas dans les 60’s. En neuf jours (du 20 au 29 novembre 2017), l’intégralité des scènes avec Spacey fut retournée et le film livré dans les temps.

Ridley Scott, octogénaire hyperactif (son agenda prévoit encore six films jusqu’en 2029 et plusieurs séries pour la télévision), nous livre ici son 25e long métrage en tant que réalisateur. Les conditions de production et de tournage, ainsi que le film lui-même sont autant de preuves de ma sentence initiale. En effet, Tout l’argent du monde (All the Money in the World) s’est retrouvé chamboulé par le scandale sexuel Harvey Weinstein par ricochet : Kevin Spacey, l’acteur principal, fut accusé d’agression sexuelle sur mineur par l’acteur Anthony Rapp, âgé de 14 ans à l’époque des faits. Sony Pictures, la compagnie de production et Ridley se voyaient pris dans un piège économique et politique en apparence inextricable : comment sortir le film et ne pas perdre sa mise tout en oblitérant le scandale ? Et Ridley fit ce qu’il fait de mieux : il filma.

La prestation est re m arqu a b l e   d e   s i mp l i c it é , probablement moins théâtrale que ce que Spacey nous aurait laissé. Le film s’en trouve aussi renforcé dans sa reconstitution de l’époque et de l’affaire. Un souci du détail technique qui est un des traits spécifiques du travail de Scott, ce qui lui attire souvent la critique de «  froideur  » sur ses œuvres. Mais c’est faire fi de la finesse dont il fait preuve dans ses choix de cadrages

Lors de la préproduction du film, le réalisateur anglais souhaitait ardemment avoir Christopher Plummer dans le rôle

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et de lumières : ici, il n’est pas question de chambouler le spectateur par une caméra virevoltante ou un festival de lumières type techno parade berlinoise. Naturel est le maître mot, un contraste saisissant face à ses créations dans le domaine fantastique. Le reste du casting est brillant justement de cette simplicité. Romain Duris, qui joue un des kidnappeurs, s’éloigne parfaitement du cliché du bobo séducteur dans lequel le cinéma français l’enferme et est remarquable, de même que Mark Wahlberg, tout en nuance dans le rôle du négociateur en chef de J.P. Getty. Michelle Williams, en mère courage prise entre deux empires qui s’affrontent financièrement, fait montre d’une grande justesse dans le contrôle des émotions dont son personnage doit faire preuve pour récupérer son enfant. La composition musicale de Daniel Pemberton, jeune compositeur récompensé pour son travail sur les jeux vidéo The Movies et Little Big Planet, est au diapason de la réalisation. Elle sert parfaitement le propos du réalisateur en s’éloignant des effets de cordes symphoniques qui pourraient nuire à une histoire vraie déjà bigger than life. Tout l’argent du Monde n’est certes pas le meilleur film de Ridley Scott mais son existence même et son résultat final sont la marque des plus grandes qualités de son auteur, celles qui font de lui l’un des meilleurs dans son domaine. Il est bien dommage que la distribution du film en France ne soit pas à la hauteur. Tout l’argent du monde est un honnête thriller qui tient la dragée haute à bon nombre de productions existantes et rappelle à notre époque noyée de blockbusters clinquants que certains bijoux se façonnent à la main et à l’amour de son métier.

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- The Watcher


RING

Critique

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LE RING Star Wars VIII : Les Derniers Jedi de Rian Johnson, décembre 2017

En Décembre 2017, une bataille s’est déclenchée. Le huitième épisode de la saga Star Wars est sorti et a provoqué la haine et la colère entre les fans qui se sont divisés. Et alors que la poussière retombe sur les corps effondrés et marqués par la violence des propos que se sont infligés les deux camps... Le comte Gracula emplie de rage et Arslo encore plein d’espoir, s’avancent sur le champ de bataille pour un dernier face à face, pour un ultime débat. Dans une galaxie lointaine...

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Le Comte Gracula : Dès le début ça pue ton truc. Première scène, première tentative d’humour, premier échec. As-tu déjà vu une « plaisanterie » aussi longue et malaisante ? C’est d’ailleurs le soucis de tout ce film ! L’humour est soit lourd, soit inintéressant. Ça fait rêver hein ?

Arslo : Je t’accorde que la première scène utilise un humour trop insistant, j’ai moi-même eu très peur, mais de là à dire qu’il est lourd et inintéressant tout le long, c’est faire preuve de mauvaise foi ! Je trouve au contraire que l’humour s’ajuste très rapidement et devient très réussi ! Luke qui jette le sabre laser ou encore le coup du fer à repasser, ça fonctionne très bien et il fallait oser  !

D’ailleurs le gros point positif de ce film c’est qu’il ose, il fait des choix scénaristiques risqués qui fonctionnent, qui respectent les personnages voire leur donnent plus de profondeur. Par exemple, le Luke que l’on connaissait est complètement désacralisé en étant présenté comme un personnage qui doute et qui fait des erreurs... Bref un Star Wars pour le moins original non ?

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Le Comte Gracula : Tu veux qu’on parle d’originalité ? Très bien. La « mort » de Leia c’est original ? La fin de l’arc avec Luke c’est nouveau ? Je suis désolée mais la prise de risque n’excuse ni le cliché ni l’absurde. Sérieusement, la scène de la cape qui s’envole à la fin est banale à crever, surtout si tu rajoutes l’aspect « coucher de soleil sur l’océan ». La partie Superman/Mary Poppins m’a fait pleurer des larmes de sang. L’occasion de faire mourir Leia était parfaite, paisible, sereine, elle était cohérente avec l’arc de Kylo Ren qui a lancé la mécanique, qui tue sa mère même s’il ne le désire pas ; mais non, on fait pop la Force qui permet de VOLER DANS L’ESPACE !!!

Arslo : Pour ta gouverne : Leia ne vole pas dans l’espace, c’est la Force qui l’attire vers le vaisseau. Et encore une fois  : OUI c’est original ET osé dans la mesure où cette scène divise. Mais visiblement tu fais partie de ces soi-disant fans incontestés et insupportables qui se plaignent pour tout et n’importe quoi dès que l’on touche à leur petit bébé Star Wars soi-disant si parfait à l’origine... À force de te plaindre, tu es passée à côté de la beauté et de la poésie de cette scène. Pour en revenir à Luke, absolument toutes ses scènes et apparitions sont soit bien écrites soit bien mises en scène si ce n’est les deux, le film respecte le personnage et va jusqu’à lui donner une profondeur intéressante, et là encore tu viens pleurer. Et puis MERDE les personnages sont respectés et réussis, je te le prouve en un exemple : Kylo Ren, interprété par un Adam Driver talentueux et bourré de charisme qui incarne un personnage qui casse le côté manichéen vu et revu de Star Wars et donne enfin de la nuance aux choses !

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Emma :

Le Comte Gracula : Arrête, Kylo Ren est un ado capricieux en pleine crise « nia nia nia je suis pas content, je casse tout dans l’ascenseur », Rey est naïve comme pas possible en espérant qu’une minute de discussion avec un ennemi va lui faire se dire « Oh, j’ai peut-être abusé. Allez, je redeviens gentil ça va passer comme sur des roulettes ». Et les personnages secondaires sont au mieux sous-exploités, au pire creux. Finn est un lâche, Poe un crétin arrogant et m’as-tu-vu, Luke est prétentieux et borné - le coup du « sapé comme jamais » après que Kylo l’ait bombardé, sans déconner ? -. Rien à sauver de ce côté-là.

The Watcher :

Arslo : Encore une fois tu te plains de choses qui sont malinterprétées et tu passes à côté de tant de choses. Tu es à l’image de ce Kylo que tu décris ! Rey est naïve, c’est vrai. Et alors ? Luke était-il conscient dans Un Nouvel Espoir et L’Empire contre-attaque ? Ensuite, es-tu sûre de bien savoir qui est Finn ? Parce qu’au final je ne vois aucune lâcheté dans ses actes. Poe est un crétin arrogant et m’as-tu vu, un Han Solo raté certes mais il a le mérite de ne harceler personne lui... Mais bon on ne va pas épiloguer sur tous les personnages, l’univers en est tellement riche que cela prendrait des heures de plaintes de ta part et je n’ai pas le temps d’avoir la migraine…

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Le Comte Gracula : Ok parlons de choses plus essentielles. Les décors sont vus et revus (la planète où se réfugient les rebelles…), la musique est tellement brillante qu’elle laisse autant de souvenirs qu’un babybel, des références pointues sont tellement appuyées que ça en devient absurde (les dés de Han Solo...) et, pompon sur la Garonne, des personnages font des caméos tellement inutiles qu’ils en deviennent agaçants : C3PO n’est pas un personnage de caméo puisqu’il ne fait que parler. Même l’important est raté !

Arslo : Je suis d’accord avec toi, la musique n’a rien d’exceptionnel même si c’est John Williams qui est à l’œuvre, cela dit ça ne trahit en rien l’univers Star Wars. On l’entend et on est directement plongés dans l’univers. Pour ce qui est des décors, je ne suis qu’à moitié d’accord car la dernière planète fait certes penser à Hoth mais elle est bien plus graphique avec l’idée de ce sel rouge sang qui vient contraster avec le blanc de la neige, visuellement c’est réussi. Je ne te parlerais pas du design des animaux qui sont très simples certes, mais efficaces. Les renards des glaces et surtout les Porgs sont bien plus mignons, drôles et supportables que Jar Jar voire les Ewoks ! Et encore une fois, Rian Johnson nous propose de la nouveauté en termes de mise en scène audiovisuelle (et j’insiste sur ce terme) avec cette fameuse scène où le vaisseau du Premier Ordre se fait couper en deux par celui des rebelles qui le traverse en vitesse lumière sur un fond sonore silencieux. Ça donne une scène avec un impact lourd et un visuel très fort  ! La musique n’a rien d’exceptionnel mais ça n’est pas le cas du travail sur les bruitages.

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Le Comte Gracula : Hum, je t’accorde l’utilisation des silences qui est très maîtrisée, mais on ne sauve pas un film avec ça ! J’ai honnêtement très peur pour et de la suite, sachant qu’il faut également attendre le spin-off sur Han Solo, une quatrième trilogie etc. J’ai l’impression qu’on nous prend pour des cons et que Star Wars n’est qu’une machine à fric et ça a tendance à profondément m’énerver.

Arslo : Tu espérais quoi ? C’est le cas depuis le début ! Je trouve ça tellement facile de critiquer un film qui s’inscrit dans une trilogie encore incomplète. Je te mets au défi de juger L’Empire contre-attaque de la même manière que tu juges Les derniers Jedi. On peut dire ce qu’on veut, ce film propose beaucoup d’idées originales et c’était pas gagné. Et je n’ai pas parlé du fait que l’on nous montre pour la première fois l’impact de la guerre sur le peuple. Il apporte un nouveau souffle très prometteur à la saga. Je pense qu’il ne mérite pas toutes ces critiques virulentes qu’il subit. Et puis, il a également le mérite de diviser ! Et un film qui divise et qui fait débat n’est-il pas au fond, un film réussi ?

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LGDC

Doris © Mexican Times

Dörrie par Dolores


Doris Dorrïe, la caméra pleine d'émotions d'allemagne Doris Dörrie. À moins que vous ne soyez un gros hipster cinéphile (ou que vous ayez fait Allemand LV2 au lycée), il est fort peu probable que vous connaissiez cette réalisatrice. Et pourtant, il serait temps de rétablir une injustice et de parler d’une autrice qui mérite la reconnaissance internationale. Doris Dörrie est une réalisatrice allemande qui officie depuis la fin des années 70 et débute sa carrière comme monteuse et scripte pour le documentaire. Elle s’ancre ainsi très tôt dans une volonté de réalisme, que l’on retrouve jusque dans ses films fictifs qui sont toujours de grandes fresques sociales, où chaque personnage est une métaphore servant un propos politique. Doris Dörrie a aussi réalisé des séries télévisées, mais c’est au cinéma que son art s’exprime le mieux. Elle s’essaye à la comédie dès 1985 avec Im Innern des Wals, un film mordant et ironique adapté d’une nouvelle de George Orwell. Un pari déjà bien ambitieux (et récompensé par la critique lors de sa sortie) pour celle qui n’avait réalisé que des téléfilms jusqu’à présent ! Si la réalisatrice est célèbre dans son pays, c’est uniquement avec le film Kirschblüten-Hanami (Cherry Blossoms dans sa version internationale) qu’elle accède à la reconnaissance mondiale en 2008. Il a été nominé dans huit catégories - dont meilleur réalisateur et meilleurs acteurs - au festival de Berlin, et a remporté un prix dans ces catégories pour le Bayerischer Filmpreis. Et ce film a changé à jamais ma vision du cinéma. On peut dire qu’à 16 ans, j’avais beau me définir comme cinéphile, je n’avais que très peu de notions cinématographiques. Un film se dégustait avant tout pour moi à travers son scénario, et déformation de parcours L oblige, je passais plus de temps à analyser l’écriture des dialogues et les fils rouges narratifs qu’à savourer l’aspect visuel d’un film. Avec Kirschblüten-Hanami, j’ai eu pour la première fois la sensation que quelqu’un me parlait à travers l’écran. J’avais envie de faire des screenshots de chaque plan du film tant tout y était beau, mais surtout, visuellement fort et parlant. Dans Kirschblüten-Hanami, les couleurs sont douces, légèrement sursaturées, irréelles lorsque l’on se promène dans des paysages naturels. Une esthétique en contraste avec le gris et la monotonie de la ville. Cette dualité, pourtant relativement basique, m’a donné à voir, pour la première fois, l’importance du visuel dans la narration au cinéma. Doris Dörrie m’a offert bien plus qu’un immense moment avec un film au scénario parfait, elle m’a ouvert

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les yeux sur ce qu’est le cinéma : un art puissant mêlant la subtilité d’écriture à la maîtrise de la beauté visuelle, où chaque détail concorde pour créer un grand ensemble cohérent qui m’apparaît encore aujourd’hui assez magique. Le cinéma de Doris Dörrie est très émotionnel, sensoriel, intense. Sa mise en scène n’appartient qu’à elle. Elle fait du cinéma d’auteur au sens propre du terme. Chacune de ses œuvres transpire sa subjectivité et se complète pour créer son univers où couleurs criardes, un certain sens du kitsch, amour de la nature et compositions classiques viennent souligner des sujets sociétaux actuels : la crise des migrants en Allemagne dans Glück, le deuil dans Kirschblüten-Hanami ou encore l’acceptation des femmes grosses dans Die Friseuse. Son cinéma est séduisant et s’adresse au cœur des spectateurs bien plus qu’à leur cerveau. Et ça marche : même ses comédies mordantes, comme Die Friseuse, possèdent des passages à fendre l’âme tant ils sont émouvants. Et Kirschblüten-Hanami conte pour moi la plus belle histoire d’amour du cinéma, qui s’écrit au-delà de la mort, avec une justesse et une simplicité qui donnent toute sa poésie à ce métrage tout simplement magistral. Hélas, si Doris Dörrie peut, depuis 2008, produire plus régulièrement des longs métrages, sa carrière reste en dents de scie et sa distribution mouvementée. Saviez-vous, par exemple, que son long métrage Fukushima mon Amour est sorti en début d’année 2017 ? Un film distribué au compte-gouttes, par Bodega Films, tout au long de l’année, dans quelques salles de cinéma en France… Et aucune sur Toulouse. Les critiques qui ont pourtant pu voir ce film ont été très enthousiastes, louant son sens de la poésie et son ode à la fragilité cachée de chaque être humain. Il faudra donc attendre une sortie DVD allemande pour espérer voir ce qui s’annonce comme un petit bijou et prier pour que des sous-titres soient disponibles… Faute de quoi il faudra se contenter de (re)voir en boucle Die Friseuse et Kirschblüten-Hanami. Et il y a largement pire comme destin ! - Dolores

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' - Top 4 du Redac’ -

1 # Kirschblüten-Hanami (2008) Die Friseuse (2010) Glück (2012)

© Axèle Zuanigh

Im Innern des Wals (1985)

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RÉTRO

Critique

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CRITIQue

rétroSPECtIvE Le Musée des Merveilles

de Todd Haynes, novembre 2017 Du CINÉMA COMME SI C'ÉTAIT LA PREMIÈRE FoIS Le nouveau film de Todd Haynes, sorti en novembre dernier, est une expérience de cinéma étourdissante. Il raconte deux parcours séparés d’un demi-siècle mais à la symétrie frappante : l’errance de deux enfants sourds, Rose et Ben, dans le New York de 1927 et dans celui de 1977, tous deux en fugue et à la recherche de quelqu’un. Si dans Carol (2015), le réalisateur américain posait un rythme lent et distillait avec parcimonie les dialogues pour mieux faire parler les regards, il fait ici preuve de la même sobriété pour s’attarder sur des visions.

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Le Musée des Merveilles (en anglais, Wonderstruck) fait référence dans son titre aux cabinets des curiosités, ces pièces encombrées dans lesquelles les collectionneurs exposent des objets rares, témoins d’un lointain passé. Il se regarde comme on pousserait la porte de ces endroits un peu magiques : plus qu’un récit initiatique, le travail de la mise en scène, étonnante d’originalité, nous embarque dans un véritable voyage temporel et sensoriel.

sourde de naissance, évolue dans un film muet car elle n’a jamais connu le bruit, tout comme l’industrie du septième art ne le connaît pas encore (en 1927, on est au bord de la transition vers le parlant). Les moments avec Ben, en revanche, sont tantôt muets, tantôt sonores, selon qu’il se trouve dans le calme d’un intérieur ou dans la frénésie de la rue. Car si Rose semble à l’aise dans ce New York précieux des années folles, Ben, victime d’un récent accident, n’est pas encore habitué à sa surdité, et a encore conscience du bruit autour de lui. L’agitation agressive de la jungle du Queens des années 1970, qui retentit aux oreilles du spectateur mais que lui n’entend pas, exprime parfaitement sa perte de repères.

Le vertige prend au cours du premier quart d’heure : à un moment, le son s’arrête, l’action du plan que nous sommes en train de voir se coupe net, et, sans prévenir, nous voilà transportés dans un film muet. On se sent un peu comme Dorothée du Magicien D’Oz (Victor Fleming, 1939), qui, en franchissant le seuil de sa maison après la tempête, laisse derrière elle le monochrome pour entrer dans le Technicolor : on voyage dans l’histoire du cinéma. Le Musée des Merveilles alterne ainsi entre noir et blanc et couleur au fur et à mesure que se font écho les récits de Rose et de Ben. Mais ce qui surprend surtout, c’est le traitement du son qui diffère selon la perception qu’en ont les personnages.

Les passages d’une ambiance sonore à l’autre, par un raccord inventif de montage ou par le franchissement d’une porte, nous donnent le sentiment de voyager à travers les espaces-temps. C’est parfois si soudain et si déboussolant que cela laisse une impression de fantastique. Les quêtes des deux personnages sont incroyablement symétriques, les menant tous deux, à cinquante ans d’intervalle, au Queens Museum, qui semble être un nœud de connexion spatio-temporelle, où lieux et époques se confondent. En témoigne cette séquence magnifique, quasi onirique, où Ben et Jamie, le fils du gardien du musée, se poursuivent

Par le son, Todd Haynes o p p o s e   n o n   s e u l e m e nt   d e u x époques du cinéma, mais aussi deux expériences de la surdité. Rose,

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à travers les lumières tamisées des dioramas, ces galeries reconstituant différentes ères de l’histoire naturelle. Superbement chorégraphiée, cette course devient un jeu d’ombres fugaces qui vont et viennent de décors en décors, d’époques en époques. Le Musée des Merveilles est avant tout une réflexion troublante sur l’espace et le temps, sur la mémoire des lieux et des objets et sur la répétition des évènements. Il laisse entrevoir tellement de pistes explicatives qu’on est presque déçus de sa résolution finale, qui aurait pu donner plus de place au mystère. Mais on peut comprendre le désir du scénariste et auteur du roman d’origine, Brian Selznick, d’écrire une juste conclusion pour ses personnages. Et ce que l’on retiendra surtout, c’est la grande force de la mise en scène, qui procure un sentiment rare et précieux : celui de découvrir le Cinéma pour la première fois.

© IMDb.com

- Stella


Interview © pixabay.com - Firmbee

La rencOntre Rencontre avec Xavier Boisnon, développeur d ‘applications ludo-éducatives pour Milan Presse.

formé au codage et aux algorithmes et j’ai commencé par me mettre à mon compte, créer des sites par-ci, par-là… À un moment, j’ai rencontré un développeur et j’ai compris que c’était ce qui me correspondait. J’ai commencé à travailler pour Milan Presse en 2006 en tant que prestataire indépendant, du coup je travaille en majorité chez moi. Je

Parle-nous de ton parcours ! X.B. : Je suis autodidacte. J’ai toujours été passionné de jeux vidéo et de musique et j’ai tout appris par moi-même… À ce moment-là je m’intéressais plus à la création, la musique et l’image de synthèse par programmation. Je me suis donc

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En quoi consistent les applications que tu crées ?

© Milan Jeunesse

X.B. : Ce sont des petits jeux et des documentaires pour les 3-6 ans et les 7-10 ans. L’idée, c’est de faire en sorte que l’enfant apprenne quelque chose en s’amusant. On a fait une série de jeux appelée « Les petits métiers de Sacha » qui expliquaient les différents métiers type boulanger ou médecin.

suis bien tombé car les jeux éducatifs me plaisaient beaucoup. Comme j’avais fait des sites, je connaissais bien les techniques du design, de la programmation… J’ai d’abord fait du test puis je suis passé rapidement au développement des applications. Je suis arrivé à un moment où il fallait passer du CD au web, ce qui est très bien tombé puisque c’était mon domaine de prédilection. Maintenant, je m’occupe en partie de l’équipe technique et veille sur les possibilités selon l’évolution des technologies. « Je m’occupe de la totalité du son, depuis le tournage jusqu’à la post­ Et Milan Presse ? la prise production. Mon métier couvre de son, le montage son, le mixage, la X.B. : Milan Presse a été créé en 1980. composition et la production musicale. C’est le huitième éditeur sur le marché Le se consacre l’image et je de réalisateur l’édition jeunesse. C’estàavant tout dirige les sonorités du film. » l’édition et la presse jeunesse. Le coin multimédia représente une petite partie des employés.

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Pour le boulanger par exemple, après une vidéo d’introduction, l’enfant arrive sur un sommaire très graphique avec un boulanger qui se présente lui et son environnement à partir duquel des activités sont proposées. Il va cliquer sur le pétrin et avec différents ingrédients il prépare la pâte, ensuite il met au four etc. Les interactivités restent très simples : on glisse, on clique. On a une série de jeux sur les différentes formes d’arts et il fallait créer des petites œuvres en fonction de l’art proposé. Par exemple, on choisit un fond “sable” et on dessine avec le doigt dessus. « Élève ton Dino », une série où il voit la vie des dinosaures, les nourrit etc, une autre sur le système solaire et des exercices de calcul mental aussi. On


un quiz qui m’a demandé dix jours de boulot. Ensuite, le jeu est récupéré et on peut en changer le contenu pour toujours proposer de la nouveauté. Le plus compliqué n’est pas de faire l’interactivité mais de faire en sorte que l’application marche partout et sur tous les supports. Par exemple, il faut s’adapter aux mises à jour des plates-formes IOS ou Android. C’est la phase de débogage.

est vraiment sur le côté éducatif de la chose. Les parents sont rassurés que leurs enfants aient ces jeux-là car il y a un contexte « sécurité parents » et ils savent que les jeux qui passent parlà sont pédagogiques. Peux-tu nous en dire plus sur le processus de création? X.B. : Ça commence par les scénaristes qui sont en contact avec les développeurs pour voir les possibilités techniques. On envoie ensuite les demandes aux illustrateurs, graphistes et animateurs pour réaliser les animations puis au studio son.

- Propos recueillis par Fox et Supertramp

© L’Écran

Enfin, il y a l’intégrateur qui réunit tout ce qui a été fait pour le développeur. Il transforme des graphismes bruts en des éléments plus utilisables pour le développeur. Une fois l’intégration faite, c’est au développeur de programmer l’interactivité. Ça part ensuite dans un premier test pour valider que toutes les fonctionnalités y sont et cibler ce qui ne marche pas. On fait beaucoup d‘allers-retours avec les scénaristes jusqu’à avoir une version bêta. C’est pas forcément long en termes de temps, entre trois et quinze jours. Dernièrement, j’ai fait

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À ne pas louper

- L’American Cosmograph -

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69 Rue du Taur www.lacinematheque detoulouse.com

© lacinemathequedetoulouse.com

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24 rue Montardy www.americancosmograph.fr/

Renaud Jerez, plasticien f rançais, investit L es Abattoirs du 16 février au 17 juin. Au travers de sculptures robotiques et de créations animées en passant par la peinture et la vidéo, l’œuvre de cet artiste hors-normes interroge le monde moderne où technologies numériques et virtualité ont transformé la science-fiction d’hier en réalité d’aujourd’hui. Le vernissage de cette installation-exposition aura lieu le 15 février, à 18h. Pour les fans de Black Mirror mais pas que.

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76 Allées Charles de Fitte www.lesabattoirs.org

© Renaud Jerez

La 19e édition de L’ E x t r ê m e   C i n é m a , festival toulousain qui met à l’honneur un cinéma bien particulier, celui de la contre-culture, de la marginalité et autres étrangetés filmiques se tiendra du 09 au 17 février à la Cinémathèque. L’ occasion de découvrir une programmation aussi éclectique que surprenante et définitivement “extrême”.

© IMDb.com

- La Cinémathèque -

Le Cosmo inaugure son nouveau « rendez-vous des possibles », dimanche 11 février à 11h, avec la projection unique de The Ghosts in Our Machine (Liz Marshall, 2013). Ce documentaire canadien suit l’action militante de la photographe Jo Ann Mac Arthur qui rend compte de la relation homme-animal autour de la problématique du spécisme. À l’issue de cette diffusion, s’en suivra un débat en présence de One Voice et de L214, deux associations pour les droits et la défense des animaux.

- Les Abattoirs -

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© KTSFotos

Les pépites du 7ème art

- Cinéma Le 15 : 17 pour Paris (drame, thriller) de Clint Eastwood, sortie le 07 février

Clint Eastwood fidèle à sa thématique de prédilection, le patriotisme américain, signe ici un drame biographique relatant l’attentat du train Thalys du 21 août 2015, déjoué par trois amis d’enfance américains, deux militaires et un étudiant, en voyage en Europe au moment des faits.

Le retour du héros (historique, comédie) de Laurent Tirard, sortie le 14 février

Jean Dujardin et Mélanie Laurent se donnent la réplique en interprétant deux personnages aux antipodes l’un de l’autre. Lui c’est le Capitaine Neuville aussi lâche que dénué de scrupules, elle c’est Elisabeth dont la droiture égale son honnêteté. Ils se détestent et pourtant Elisabeth va devenir, malgré elle, complice d’une imposture en faisant de Neuville un héros d’opérette.

Mary et la fleur de la sorcière (animation) de H.Yonebayashi, sortie le 21 février

Mary, une petite fille de 11 ans, vient d’emménager chez sa grande tante, dans le village de Manoir Rouge. Un jour alors qu’elle se promène dans la forêt, elle découvre une fleur qui ne pousse que tous les 7 ans et qui confère des pouvoirs magiques. On l’appelle « la fleur de la sorcière ». L’un des maîtres incontestés et incontestables

des films de monstres livre une romance The Shape of Water fantastique sur fond de guerre froide. En 1962 (fantastique,   drame) Elisa, jeune femme muette, travaille comme dans un laboratoire gouvernemental de Guillermo Del Toro,concierge qui mène des expériences gardées secrètes. Un jour elle découvre une créature misortie le 21 février homme, mi-amphibien et décide de la libérer.

- Jeux Vidéo Past Cure (action, infiltration, shooter) développé/édité par Phantom 8, sortie le 02 février PC // PS4 // ONE Dynasty Warriors 9 (action, beat’em all), développé par OMEGA Force et édité par Koei Tecmo, sortie le 13 février PC // PS4 // ONE

Apex Construct (FPS, tir), développé/édité par Fast Travel Games, sortie le 20 février PC // PS4 Sword Art Online : Fatal Bullet (action, TPS, RPG), développé par Dimps et édité par Bandai Namco Entertainment, sortie le 23 février PC // PS4 // ONE

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selon nos chroniqueurs

STELLA : Mulholland Drive - David Lynch (2001) FOX : Dunkerque Christopher Nolan (2017) EYE IN THE DARK : Night Call - Dan Gilroy (2014) E. vOn LeeRenwald  : Suspiria - Dario Argento (1977) Le COMTE GRACulA  : Kaamelott série de Alexandre Astier et Alain Kappauf (2005-2009) DOLores : Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi - Rian Johnson (2017) ARSLO : Whiplash Damien Chazelle (2014) SuPERTRAMP : Le Baron de l’Arizona - Samuel Fuller (1950) The WATCHER : American Gangster Ridley Scott (2007)

- Eye In The Dark


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